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LES ANTIFONGIQUES


Les antifongiques
Généralités

Les champignons microscopiques sont responsables d'infections appelées mycoses (du grec
mukês = champignon). Ces infections fongiques sont surtout fréquentes sur la peau, les
cheveux et les ongles. La plupart des infections à champignons microscopiques (mycoses)
sont dues à des levures ou des champignons filamenteux.

Dans la plupart des cas, ces infections sont localisées : peau, cheveux, poils, ongles, bouche et
organes génitaux. On parle de mycoses superficielles.

Les mycoses profondes ou systémiques touchent majoritairement des personnes ayant un


système immunitaire affaibli (immunodéprimé) : greffés, malades du SIDA, héroïnomanes,
etc. Ce sont principalement la candidose, l’aspergillose et la cryptococcose. Les traitements de
ces atteintes font appel à des médicaments appelés antifongiques utilisables par voie orale ou
injectable.

Les antifongiques sont aux champignons ce que les antibiotiques sont aux bactéries. Ils sont
donc utilisés pour lutter contre les infections locales ou profondes à champignons
microscopiques. Les antifongiques ou antifungiques, appelés également fongicides sont des
médicaments possédant la capacité de traiter les mycoses c'est-à-dire les infections par des
champignons microscopiques. Les fongistatiques sont également considérés comme des
antifongiques à la limite près qu'ils ne détruisent par les champignons mais limitent leur
développement.

Les antifongiques sont aussi utilisés en agriculture pour lutter contre les champignons des
végétaux sous la forme de sulfate de cuivre etc. Chez l'homme l'iode est souvent employé
comme antifongique pour lutter ou prévenir les candidoses cutanées.

Dans ce chapitre nous aborderons l’étude de quelques antifongiques.

􀂄Historique
􀂉1955: amphotéricineB (amB)
􀂉1957: dérivés azolés à usage local
􀂉1963: 5 fluorocytosine (5FC)
􀂉1988 –90: dérivés azolés à usage systémique : Fluconazole–Itraconazole
􀂉> 2000: formes lipidiques d’amB-
Voriconazole, caspofungine, pozaconazole molécules en développement
6.2.-CLASSIFICATION DES ANTIFONGIQUES
La classification en vigueur les classe en antifongiques naturelles et en agents de synthèse chimique
(antifongiques de synthèse).
1-Les antifongiques naturels
a- Les polyènes : Nystatine, Hachimycine, Natamycine
Pimaricine Amphotéricine B
b-la Griséofulvine
c- la Saramycétine

2- Antifongique de Synthèse.
a- Iodure de Potassium (IK)
b- Sulfamides
c- Analogues nucléosidiques les Pyrimidines (Flucytosine=5-Fluorocytosine ;
Ancotil =Fluoropyrimidine)
d- Azolés (1ère, 2ième et 3ième générations)
Dérivé de l’imidazole Miconazole (1ère Gé), Kétoconazole (2ième Gé)
Antifongiques triazolés Itraconazole Fluconazole Ravuconazole
Posaconazole Voriconazole (3ième Générations)

e- Autres Antifongiques

Les Pyridones (exemple: Ciclopiroxolamine)

Amrolfines (exemple : Locéryl)

Amoniums quaternaires (exemple : Fongéryl)


Sulfure de sélénium (exemple : Selsun)
Les dérivés de la rosaline (exemple : Triphénylméthanes)
Les Allylamines (exemple : Terbinafine)
Les Echinocandines (exemple  Caspofungine, Micafungine, Anidulafungine)
6.3-NOTIONS BREVES SUR LE SPECTRE ET LES
MECANISMES D’ACTION DE QUELQUES
ANTIFONGIQUES

6.3.1-Les antifongiques naturels

6.3.1.1- LES POLYÈNES


Antifongiques isolés des Actinomycètes du sol, sont caractérisés par un nombre variable de doubles
liaisons conjuguées (CH=CH)n à l’intérieur d’un grand cycle lactone auquel est lié un sucre aminé. Leur
structure est proche des macrolides comme l’érythromycine. Voir P29
Quelques membres de ce groupe sont La Nystatine La Hachimycine
La Pimaricine L’Amphotéricine B
Ils sont fongistatiques ou fongicide selon les doses administrées. Ils ont un spectre d’action étendu
essentiellement aux levures telles que Candida et Cryptococcus et aux champignons dimorphes des genres
Histoplasma, Blastomyces, Coccidioïdes. Leur efficacité sur les champignons filamenteux est plus faible.
Cependant l’Amphotéricine B est utilisé contre les moisissures du genre Aspergillus et la Hachimycine est
employé contre les dermatophytes. Les polyènes sont également actifs sur quelques protozoaires notamment
ceux du genre Trichomonas.
Mécanisme d’action : L’action des polyènes s’explique par leur capacité à se complexer aux stérols de la
membrane cytoplasmique de la cellule fongique, entraînant son altération cellulaire, la fuite des ions
potassium et diverses autres particules.
Les antibiotiques polyènes causent (l’éparpillement) la dispersion de glucose, d’aminoacides et
d’ions à travers les membranes phospholipidiques contenant des stérols. Ils sont sans effet sur les
membranes qui ne contiennent pas de stérols. Cette capacité à rendre perméables les membranes renfermant
des stérols rend compte de leur action antifongique. De plus les polyènes perturbent les micelles renfermant
des stérols et de ce fait ils freinent (s’opposent à) l’absorption intestinale des lipides.
Les membranes cellulaires des mammifères contiennent des stérols (notamment du Cholestérol t) et
de ce fait il a été démontré que les antibiotiques polyènes induisent des perforations dans les membranes des
érythrocytes humains isolés ; de plus ils provoquent l’éclatement des érythrocytes lorsqu’ils sont placés en
solutions salées. La sélectivité de l’action des polyènes est due à leur affinité beaucoup plus grande pour
l’ergostérol que pour le Cholestérol. Or l’ergostérol est un stérol très abondant dans les cellules de
champignons alors que dans les cellules humaines c’est le Cholestérol qui est le plus abondant.

6.3.1.1.1- Nystatine (1950/ polyènes)


C’est un antibiotique antifongique polyènique produite par différentes espèces de Streptomyces
notamment Streptomyces noursei. Son nom dérive des initiales de la New York States Board of Health dont
les laboratoires ont été les premiers à isoler la molécule en 1950 (Nystatine).
Mécanisme d’action : Comme tous les polyènes, la Nystatine provoque une augmentation de perméabilité
membranaire entraînant la dispersion de glucose, d’amino-acides et d’ions à travers les membranes
phospholipidiques contenant des stérols. Cela entraîne la mort de la cellule fongique.
La nystatine manifeste une toxicité sélective contre les cellules fongiques en épargnant les cellules hôtes.
Cette sélectivité est due à la faible absorption intestinale et à la proportion phospholipide/stérol dans la
membrane. La résistance à la nystatine n’a pas encore été rapportée.
La nystatine est utilisable sous forme de pommade, crème, gel, poudre, suspensions orales, gouttes pour les oreilles ou les yeux, de teinture et bain
de bouche pour le traitement des affections cutanées. Elle est utilisée sous la forme de cachet ou de mixture buvable pour les atteintes intestinales.
Elle est faiblement absorbée à partir du tractus gastro-intestinal. Une grande partie de la drogue est excrétée par les fèces si elle est absorbée
oralement. Après ingestion, orale, les effets secondaires les plus fréquents sont des nausées, vomissements et diarrhées.

6.3.1.1.2- Hachimycine (1952/ polyènes)


C’est un antibiotique produit par Streptomyces hachigoensis. Il est actif contre certaines moisissures
et levures pathogènes incluant Candida albicans, les espèces de Trichophyton et d’Aspergillus. Il est aussi
actif contre Trichomonas vaginalis. Il est utilisé en application locale sous la forme de crème (d’onguent
pommade) (application topique=médicament qui agit sur le lieu ou il est appliqué sur la peau ou les
muqueuses) Dans les cas de vaginites on l’utilise sous la forme de cachet. Il peut être utilisé par voie orale
mais son absorption est mauvaise. Il est surtout utilisé dans les cas d’affections vaginales dues à Candida et
à Trichomonas.

6.3.1.1.3- Natamycine (polyène)


C’est un antibiotique de type polyène produit par Streptomyces natalensis, trouvé originellement
dans le sol dans l’état du Natal en Afrique du Sud.
Mécanisme d’action : Son mécanisme d’action ressemble à celui de la Nystatine (c'est-à-dire augment la
perméabilité membranaire ; la dispersion de glucose, d’aminoacides et d’ions à travers les membranes
phospholipidiques contenant des stérols) mais il a un spectre d’activité plus large en étant effectivement
active sur une large gamme de champignons, les levures et organismes apparentés.
De plus, elle est anti-trichomonas et de ce fait elle est utile dans les cas d’infection vaginale croisées
incluant un champignon et Trichomonas Vaginalis (Protozoaire femme : vagin et cervix, homme : urètre, et
glande de la prostate).

6.3.1.1.4- Amphotéricine B (1955) polyène (AmB)


C’est un mélange de substances antifongique polyènes produites par diverses souches de
Streptomyces notamment Streptomyces nodosus. Les structures de toutes les composantes n’ont pas encore
été clairement élucidées cependant celle de la molécule la plus active est présentée par la planche P29
Mécanisme d’action : Son mécanisme d’action est similaire à celui de la Nystatine (c'est-à-dire augment la
perméabilité membranaire ; la dispersion de glucose, d’aminoacides et d’ions à travers les membranes
phospholipidiques contenant des stérols).

Cible: membrane fongique􀂄Mécanisme d’action : Augmentation de la perméabilité de la


membrane fongique par formation de complexe avec l’ergostérol entrainant la mort de la cellule
fongique (déplétion en K+ intracellulaire)
L’étape initiale d’efficacité ou de toxicité consiste en une interaction avec les stérols des
membranes plasmatiques, dans lesquelles l’AmB forme des pores. Ce phénomène entraîne une
fuite des constituants cytoplasmiques, en particulier au niveau des ions Na+ et K+. Ces pores
résultent de l’agrégation de plusieurs molécules d’AmB à l’intérieur de la bicouche lipidique de la
membrane cytoplasmique, de manière à former une sorte de cylindre creux par lequel peuvent fuir
les ions et les constituants cellulaires essentiels. La sélectivité de l’AmB pour la cellule fongique
par rapport à la cellule hôte proviendrait d’une affinité beaucoup plus marquée pour les
membranes contenant de l’ergostérol, composant majeur de la membrane fongique, que pour celles
contenant du cholestérol, essentiellement présent dans les membranes de mammifères. Outre cette
faculté de former des pores au travers de la membrane cytoplasmique, l’AmB inhibe l’action
d’enzymes membranaires et elle peroxyde les lipides insaturés.

Il potentialise les effets antifongiques de la rifampicine et de la flucytosine. La rifampicine est


indiquée premièrement comme drogue antibactérienne mais elle exerce in vitro un puissant effet
antifongique en présence de faibles concentrations d’Amphotéricine B. Cet effet potentialisant s’explique
probablement par le fait que l’Amphotéricine B en augmentant la perméabilité des membranes cellulaires
fongiques, permet un meilleur accès à leur site d’action intracellulaire pour les autres antimicrobiens.

Il est utilisé pour traiter les mycoses profondes incluant les infections à Candida albicans. Il est
administré par de lentes infusions intraveineuses. Des cachets et des crèmes contenant de l’amphotéricine B
sont aussi utiles pour la thérapie des infections intestinales et de la peau respectivement.
Les effets toxiques de l’Amphotéricine B incluent des irritations de l’endothélium de la veine, des douleurs et thrombophlébites
(inflammations de parois d’une veine compliquée de thrombose=formation de caillot) au niveau du site d’injection. La vitesse de l’infusion
intraveineuse devra être lente et la concentration pas plus grande que 100μg/ml pour minimiser les effets irritants. Migraines, nausées,
vomissements, diarrhées, refroidissements, fièvres, douleurs musculaires et articulaires, anorexies () et crampes gastro-intestinales sont aussi des
effets secondaires qui peuvent subvenir. Une élévation du taux d’urée dans le sang est habituelle. L’hypotension, la vision floue et des convulsions
ont aussi été rapportées. Certains de ces effets secondaires sont consécutifs à une chute de la concentration de potassium sérique qui est très
fréquente. Des lésions rénales pourraient subvenir en cas d’usages de doses élevées d’Amphotéricine B. Des applications topiques (locales) peuvent
produire des irritations locales, prurits (démangeaisons) et éruptions cutanées (apparition de lésions de cutanées ; de plaques).
L’Amphotéricine B est éliminé (excrété) lentement dans les urines ; il a été rapporté que des traces ont même été retrouvées dans les
urines 2 mois après cessation du traitement.

6.3.1.2- LA GRISÉOFULVINE (1939)


C’est un antibiotique qui fut originellement isolé de Penicillium griseofulvum en 1939. Quelques années
plus tard en 1946, il fut extrait aussi de Penicillium janezwski. Structure voir Ci-dessous

Griséof
ulvine
Elle est active contre les espèces dermatophytes de Trichophyton, Epidermophyton, et
Microsporum qui infectent les couches kératinisées de la peau, les cheveux et les ongles. Elle est donc utile
dans la lutte contre les teignes produites par ces espèces. Par contre elle est inactive contre les autres
champignons et les autres microorganismes. (Les Candida, les mycètes du Pityriasis versicolor et de
l’Erythrasma, les mycètes viscéraux généralisés ainsi que les bactéries). L’apparition de souches de
dermatophytes résistantes à la griséofulvine est rare et le niveau de résistance est peu élevé.
Quelques jours après son ingestion, elle atteint par la voie sanguine la partie profonde de la couche
cornée, puis elle monte rapidement vers la surface. Après 2 à 3 semaines, on la retrouve à mi-hauteur du
derme, incorporés à la kératine en formation. A partir du plasma, la Griséofulvine passe dans les cellules
dans lesquelles le précurseur de la kératine est en cours d’être synthétisé et elle se lie fortement à la kératine
dans la peau, à la racine des ongles et aux follicules des cheveux. Elle possède un effet fongistatique.
Mécanisme d’action : Son mécanisme d’action relèverait d’une inhibition de la synthèse de la paroi
cellulaire et de troubles dans le métabolisme d’acides nucléiques (perturbe l’activité d’ADN polymérase).
Elle agit aussi sur la perméabilité cellulaire des dermatophytes.
On suspect la Griséofulvine de perturber les microtubules. De fortes concentrations de
Griséofulvine causent un arrêt de la métaphase dans les cellules des mammifères par perturbation du
fuseau mitotique. Cette action est partagée avec la Colchicine cependant leurs mécanismes d’action ne sont
pas identiques. On observe chez les cellules fongiques traitées avec de la griséofulvine un certain nombre
d’altérations biochimiques et morphologiques dont on ne sait si elles sont toutes imputables à une
perturbation des microtubules.
Elle est utilisée dans le traitement des mycoses des ongles (onychomycoses) et des cheveux (teignes). La griséofulvine est faiblement
toxique. Cependant en traitement prolongé elle peut produire des céphalées au début (du traitement), une détérioration de la mémoire et du
jugement, de l’asthénie, des troubles digestifs, ou des éruptions cutanées.

6.3.1.3- LA SARAMYCÉTINE
Elle est caractérisée par une structure polypeptidique. Son spectre d’action très étroit ne concerne que les
champignons dimorphiques (dont la forme sexuée est différente de la forme asexuée). Utilisé par voie
parentérale (du Grec : enteron = intestin se dit pour ce qui est introduit dans l’organisme par une voie autre
que le tube digestif exemple par injection), se diffusion tissulaire est bonne. Sa toxicité est réduite. Seules
quelques altérations des tests hépatiques au cours du traitement ont été décrites.

6.3.2- ANTIFONGIQUES DE SYNTHÈSE


6.3.2- 1- Iodure de Potassium (IK)
L’iodure de potassium a été le premier antifongique utilisé dans le passé. Il est actif sur certains
champignons dimorphiques. Il est encore prescrit par voie orale dans la sporotrichose non viscérale. L’iode
est peu soluble dans l’eau mais très soluble dans l’alcool puis les solutions aqueuses d’iodure de sodium ou
de potassium. Les solutions alcooliques iodo-iodurées dites teinture d’iode sont utilisées pour la
désinfection de la peau et des plaies superficielles. Cependant, la toxicité et la causticité (effets de brûlure)
de l’iode limitent son utilisation par voie générale.

6.3.2-2 - Sulfamides
Il s’agit d’un groupe de composés dérivés de la sulfanilamide. Leur activité est due à la position du
groupement SO2NH2 situé en Para par rapport au groupement NH 2.
Les sulfamides sont actifs sur de nombreux champignons dimorphiques pathogènes qui sont des agents de mycoses viscérales profondes, notamment
Histoplasma capsulatum et Blastomyces brasiliensis, ainsi que sur les Nocardia et Streptomyces agents de mycétomes actinomycosiques.

Mécanisme d’action : Les sulfamides sont des analogues structuraux de l’acide para-amino-benzoïque qui
fait partie de l’acide folique, une vitamine importante pour la synthèse de bases puriques et pyrimidiques. Il
y a une inhibition compétitive entre les sulfamides et l’acide para-aminobenzoïque pour la fixation à
l’enzyme qui synthétise l’acide folique.
En présence de sulfamides, les bactéries s’appauvrissent très rapidement en acide folique et cessent de
produire des bases azotées et aussi des acides aminés tels que la méthionine et la sérine.

Structure de base des

6.3.2-3-Fluorocytosine
C’est un antifongique de synthèse à spectre très étroit actif sur quelques champignons levuriformes tels que
Candida albicans et Cryptococcus neoformans ainsi que sur quelques moisissures comme Aspergillus.
Certains champignons ont une cytosine perméase nécessaire à la traversée de leur membrane
cellulaire par la cytosine et d’autres bases pyrimidiques et puriques.
Mécanisme d’action : C’est un anti métabolite qui interfère avec les métabolites normaux de la cellule. Il
entre en compétition avec la cytosine.
Une fois convoyée (transportée) à l’intérieur de la cellule fongique par la cytosine perméase, une cytosine
désaminase transforme (désamine) la 5-Fluorocytosine en fluoro-5-uridine (5-fluoro-uridine) qui est
phosphorylé en Fluorocytosine triphosphate (un nucléotide anormal). Cette dernière inhibe à la fois la
synthèse de l’ARN et (bloque) la synthèse des protéines indispensables à la vie cellulaire fongique
lorsqu’elle est incorporée à l’ARN.

En plus de cette action Il a été aussi démontré que grâce à la cytosine désaminase la cellule fongique peut
désaminer la 5-Fluorocytosine en 5-fluorouracyle. Ce dernier sera ultérieurement transformé acide 5-
fluorouridylique un composé toxique.
La 5-fluorouracyle peut aussi être directement incorporé dans l’ARN de transfert (ARN-t). Cet ARN de
transfert corrompu serait alors incapable de se combiner correctement et avec précision aux aminoacides de
sorte que la synthèse protéique du champignon est freinée.
En bref, Il inhibe la synthèse de l’ARN fongique par compétition avec la cytosine
Après pénétration dans la cellule fongique, la 5-FC est transformée en 5-fluorouracyle (5-FU)
par une cytosine désaminase. Le 5-FU est incorporé dans l’ARN à la place de l’uracyle
conduisant ainsi à la synthèse de protéines anormales et bloque également la synthèse de l’ADN.
L’activité de la cytosine désaminase est négligeable chez les cellules animales d’où la sélectivité envers les
cellules fongiques.
Fongistatique in vivo, la 5-FC est principalement active sur les levures et les agents de la
chromoblastomycose. Son efficacité est limitée par l’existence de résistances primaires et fréquentes (70%
des souches de Candida tropicalis sont résistantes) et par l’apparition de résistances secondaires interdisant
son administration en monothérapie. De plus, elle possède une toxicité hématologique et digestive.
A cause de l’apparition rapide de la résistance des levures au cours du traitement, il est nécessaire d’étudier d’abord son activité in vitro sur les souches isolées ou de l’utiliser en association avec l’amphotéricine. Absorbée par voie orale,
la 5-Fluorocytosine diffuse bien dans le LCR. Elle est administrée à des doses de 50 mg/Kg quatre fois par jour pour traiter des infections fongiques systémiques incluant des infections (profondes) telles que produites par Candida
albicans. Son élimination se fait par voie rénale dans l’urine la molécule restant inchangée sous forme encore active. Elle est habituellement bien tolérée. Cependant quelques effets secondaires ont été décrits  : accidents sanguins, troubles
digestifs (nausées, vomissements), altérations hépatiques, réactions allergiques et éruptions cutanées.

Transformation de la cytosine

6.3.2-4-
Figure antifongiques azolés
: Inhibition de la synthèse de l’ARN fongiquemiconazole,
(clotrimazole, par compétition avec la cytosine
econazole)
La découverte de l’activité antifongique des azolés a constitué une avancée considérable dans la
thérapeutique des infections fongiques superficielles et systémiques. Leur mode d’action est
double. Ils peuvent altérer les enveloppes cellulaires, parois et membranes (blocage des stérols) et
inhiber la synthèse des protéines.
Les azolés de première génération sont des imidazolés dont le miconazole est le représentant le
plus intéressant actuellement. Il est utilisé dans le traitement des mycoses cutanéo-muqueuses à
levures ou à dermatophytes.
Le kétoconazole (Nizoral®), un autre imidazolé, est le principal représentant des azolés de
deuxième génération. C’est le premier azolé bien absorbé par voie orale, mais son hépatotoxicité
et ses interactions avec de nombreuses molécules limitent ses conditions d’utilisation.
Enfin, les azolés de troisième génération correspondent aux dérivés triazolés (Fluconazole =
Triflucan®‚ et itraconazole = Sporanox®). Leurs propriétés pharmacologiques et leur tolérance
généralement satisfaisantes permettent de les utiliser dans les infections fongiques systémiques.
D’autres azolés sont en cours d’évaluation préclinique ou clinique.
Mécanismes d’action des azolés
Tous les azolés inhibent préférentiellement les enzymes du cytochrome P450 fongique,
notamment ceux responsables de la conversion du lanostérol en ergostérol. Cela conduit à une
déplétion en ergostérol au niveau de la membrane fongique conduisant à des anomalies dans
la perméabilité membranaire. La synthèse du cholestérol dans la cellule de mammifère est
également bloquée par les azolés mais seulement à des doses bien supérieures à celles
bloquant la synthèse de l’ergostérol fongique, sauf pour l’itraconazole, expliquant sa plus
grande toxicité, notamment hépatique.
Le fluconazole se caractérise par un spectre ciblé principalement sur certaines espèces de levures (Candida albicans et Cryptococcus
neoformans notamment). L’itraconazole se positionne plutôt comme un anti-aspergillaire.

Leur spectre d’action est très large in vitro. Ils agissent sur les levures, les dermatophytes les champignons filamenteux opportunistes, et
les champignons dimorphiques responsables de mycoses viscérales. Ils sont partiellement fongicides et pour l’instant il n’existe pas de souches
résistantes.

Quelques structures

Clotrimazole
Miconazole

6.3.2-4.1- Clotrimazole
C’est un dérivé d’imidazole, qui fut synthétisé pour la première fois en 1967. C’est un agent fongistatique à
large spectre qui est aussi actif contre les espèces de Trichomonas.
Mécanisme d’action : Le clotrimazole agit en endommageant la membrane cellulaire des champignons
d’une telle façon que le transport des aminoacides est empêché (perturbé) et par conséquent la synthèse
protéique est bloquée.
Sous la forme de crème, le clotrimazole est utilisable pour des applications locales. Il est bien absorbé après ingestion par la voie orale et
est largement distribué à travers les tissus. La drogue est métabolisée dans le foie et les métabolites sont excrétés dans les urines et les fèces. La
crème à base de clotrimazole est active contre une gamme variée de différents types champignon incluant Candida.

Les effets indésirables après une administration orale de clotrimazole incluent de fréquents
retournements gastro-intestinaux et des dépressions douces. La neutropénie () a été aussi rapportée. Ces
effets disparaissent après l’arrêt du traitement.

6.3.2-4.2- Miconazole
C’est un dérivé imidazolé synthétisé et testé pour la première fois en 1969. Comme le clotrimazole
il a un large spectre d’activité antifongique. Il est aussi effectif contre les bactéries à Gram positif. Sous la
forme de crème il est utilisable en traitement local contre toute forme d’infection fongique superficielle et
sous la forme de préparation buvable il est utile dans les cas d’infection fongiques du tractus gastro-
intestinal. Des essais récents d’administration par voie intraveineuse ont donné des résultats prometteurs
dans le traitement des mycoses systémiques.
Mécanisme d’action : Le miconazole agit sur la membrane cellulaire pour empêcher à la fois l’utilisation
de la glutamine comme précurseur des mucopolysaccharides et l’utilisation de la purine comme un
précurseur des acides nucléiques.

6.3.3-LES AUTRES ANTIFONGIQUES


6.3.3.1- Les Pyridones
Ce sont des antifongiques de la famille des Pyridones, actifs sur les levures notamment les Candida. Ils ont
aussi une action antibactérienne sur les dermatophytes, les germes Gram + et les Gram-.
Ils sont utilisés pour le traitement des onychomycoses par solution filmogène pendant 3 à 6 mois environ.
Pour les autres formes (poudre, crème, solution), ils sont utilisés pour les dermatophyties autres que les
teignes ou pour les candidoses cutanées, et pityriasis versicolor

6.3.3.2- L’Amorolfine
C’est un antifongique dérivant de la morpholine.
Mécanisme d’action : Il agit par altération de la membrane des cellules fongiques sur les Candida,
moisissures, champignons noirs
Il est aussi utilisé dans le traitement des onychomycoses (pendant environ 9 mois) ( Locéryl 5%). Il existe une hypersensibilité connue à l’un
des composants. Les principaux effets indésirables se résument en une légère sensation de brûlure mais qui ne nécessite pas l’arrêt du
traitement.

Précautions : éviter l’utilisation en cas de grossesse, d’allaitement, et aux enfants .

6.3.3.3-Sulfure de sélénium
(Exemples : Selsun 2.5%, Selsun Blue 1%) Ce sont des antifongiques actifs sur les agents du pityriasis
versicolor, ainsi que sur les levures impliquées dans le Pityriasis capitis. Ils ont des propriétés anti-
séborrhéiques (avec un état pelliculaire du cuir chevelu), et un effet détergent par son excipient.- Ces
produits ne doivent pas être appliqués sur des téguments excoriés ou inflammatoires. Il existe une
hypersensibilité connue à l’un des composants.
Effets indésirables : irritation cutanée, séborrhée réactionnelle en usage prolongé. Précaution : éviter le contact avec les yeux et les muqueuses.

6.3.3.4-Les Dérivés de la rosaniline


Ce sont des préparations officinales de dérivés de la rosaniline utilisée pour sa bonne tolérance, notamment
dans l’érythème fessier du nourrisson, pour ses propriétés antiseptiques, asséchantes et antifongique. Sa
composition comporte : Soluté de Milian (à 0.25%)= Cristal de violet 0.25g Vert de méthyle
0.25g Eau ou alcool à 60° 100g
Effets indésirables : préparation très salissante pour la peau et le linge. Triphénylméthanes (solution de Milian en solution aqueuse ou alcoolique).
Les indications sont : -Erythème fessier du nourrisson -Intertrigos candidosiques -Dermatoses suintantes, bulleuses ou
vésiculeuses.

6.3.3.5- Les échinocandines


Mécanismes : Ils interfèrent avec la synthèse des parois fongiques. Ce sont des inhibiteurs non
compétitifs de la (1,3)-a-D-glucane-synthétase une enzyme impliquée dans la synthèse de la paroi.

Echinocandines
6.3.3.6-La cycloheximide
La cycloheximide est un antifongique qui bloque la synthèse protéique chez les cellules
eucaryotes. C'est un inhibiteur à la fois de la phase d'initiation et d'élongation dans la synthèse
protéique. Vu son haut niveau de toxicité chez l'humain, il n'est pas utilisé comme
antibiotique.

On l'utilise surtout en biologie cellulaire pour savoir ce qui permet l'entrée dans la phase M (=
MITOSE) du cycle cellulaire. On l'utilise aussi en microbiologie comme inhibiteur de
croissance des mycètes (antifongique) dans la conception de milieux de cultures sélectifs tel
que le milieu Glycérol et extrait de levure additionné de cycloheximide pour isoler les
actinomycètes.

Le cycloheximide est un composé amer comme la quinine et le benzoate de dénatonium[7].

Cycloheximide
Annexes

Le mécanisme d’action du Fluconazole

Le fluconazole inhibe la synthèse de l’ergostérol dans la cellule du champignon. L’ergostérol est un


constituant essentiel de la membrane fongique. L’effet antifongique résulte de cette inhibition.
Stoppant la croissance des champignons, le fluconazole est fongistatique.
Pour qu’un antifongique soit efficace, il faut qu’il arrive en quantité suffisante sur le lieu de
l’infection afin d’atteindre la CMI (qui est la concentration minimale inhibitrice capable d’inhiber
toute culture de bactéries et champignons) et que le champignon soit sensible à cet antifongique. La
diffusion de l’antifongique dans l’organisme est un paramètre important à connaitre lors de la
prescription.
Après administration orale, la résorption digestive du fluconazole est importante (dans les 90%) et
sa biodisponibilité absolue est de 90%. Son absorption n’est pas modifiée par l’alimentation. Les
pics de concentration plasmatiques surviennent entre 0,5 et 1, 5 heures, et sont proportionnels à la
dose ingérée.
Le fluconazole pénètre bien dans tous les liquides corporels, c’est ainsi que chez les personnes
atteintes de méningite d’origine fongique, les taux que l’on retrouve dans le LCR sont équivalents à
80% environ des taux sanguins. Les concentrations salivaires et dans les sécrétions bronchique sont
voisines des concentrations plasmatiques.
Le fluconazole est faiblement métabolisé au niveau du foie, et son élimination se fait par voie
urinaire en majeure partie sous forme active (80%). Sa demi-vie d’élimination est de 20 à 30 heures.
Tous ces paramètres pharmacocinétiques autorisent une prescription quotidienne de 1
comprimé.
The end