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ORGANISATION DE L'UNITÉ AFRICAINE

t. A

Plan d'Action de Lagos


pour le développement économique
de l'Afrique
1980 -2000
II I I II II II II II II
46660
Publié par les soins de l'Institut
international d'études sociales,
case postale 6, CH-1211 Genève 22
(Suisse)

Copyright © Organisation de l'Unité Africaine 1981


SOMMAIRE

Préambule 5

Chapitre premier: Alimentation et agriculture 11

Chapitre II: Industrie 21

Chapitre III: Ressources naturelles 31

Chapitre IV: Ressources humaines 39

Chapitre V: Science et technologie 47

Chapitre VI: Transports et communications 77

Chapitre VII: Questions commerciales et financières 87

Chapitre VIII: Mesures destinées à la mise en place et au renforce-


ment de la coopération économique et technique, y
compris la création d'institutions nouvelles et le ren-
forcement de celles déjà existantes 97

Chapitre IX: Environnement et développement 101

Chapitre X: Les pays africains les moins avancés 105

Chapitre XI: Energie 111

Chapitre XII: Femmes et développement 119

Chapitre XIII: Planification du développement, statistiques et


population 129

Annexe I: Acte final de Lagos 135

Annexe II: Résolution sur le Plan d'Action de Lagos 139

Annexe III: Résolution sur la participation de l'Afrique aux


négociations internationales 141
Préambule

Les effets des promesses non réalisées de stratégies globales de dévelop-


pement ont été plus profondément ressentis en Afrique que dans les autres
continents du monde. En effet, au lieu d'apporter une amélioration dans la
situation économique du continent, les stratégies successives ont mis le conti-
nent dans un état de stagnation et l'ont rendu plus vulnérable que les autres
régions aux crises sociales et économiques dont souffrent les pays industriali-
sés. Ainsi l'Afrique s'est trouvée incapable d'atteindre le moindre taux signifi-
catif de croissance ou un niveau satisfaisant de bien-être général au cours de
ces vingt dernières années. Face à cette situation et déterminés à prendre des
mesures en vue d'une restructuration des fondements économiques de notre
continent, nous avons décidé d'adopter une approche régionale de grande
portée, basée essentiellement sur l'autosuffisance collective.
Ainsi, à la suite d'une série d'examens des problèmes économiques du
continent par nos ministres et par des groupes d'experts, nous avons adopté
lors de notre seizième session ordinaire tenue à Monrovia, Libéria, en juillet
1979, «la Déclaration d'engagement de Monrovia des Chefs d'Etat et de Gou-
vernement de l'OUA sur les principes directeurs à respecter et les mesures à
prendre pour réaliser l'autosuffisance nationale et collective dans le domaine
économique et social en vue de l'instauration d'un Nouvel Ordre économique
international».
En adoptant la Déclaration, nous avons reconnu «la nécessité de pren-
dre d'urgence des mesures pour offrir l'appui politique indispensable au suc-
cès des mesures visant à réaliser l'objectif d'un développement et d'une rapide
croissance économique autosuffisante et autocentrée» et avons déclaré ce qui
suit:
j) «Nous nous engageons individuellement et collectivement, au nom de
nos gouvernements et de nos peuples, à promouvoir le développement
économique et social et l'intégration de nos économies en vue
d'accroître l'autodépendance et favoriser un développement endo-
gène et auto-entretenu.

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»Nous nous engageons individuellement et collectivement, au nom de
nos gouvernements et de nos peuples, à promouvoir l'intégration éco-
nomique de la région africaine pour faciliter et renforcer les rapports
sociaux et économiques.
»Nous nous engageons individuellement et collectivement, au nom
de nos gouvernements et de nos peuples, à créer des institutions natio-
nales, sous-régionales et régionales qui faciliteront la réalisation
de l'objectif d'autosuffisance dans le cadre d'un développement
endogène.
» Plus particulièrement, nous nous engageons individuellement et
collectivement, au nom de nos gouvernements et de nos peuples:
à accorder une place importante à tout ce qui touche au dévelop-
pement des ressources humaines en commençant par l'élimination
de l'analphabétisme;
à mettre la science et la technologie au service du développement
en renforçant la capacité autonome de nos pays dans ce domaine;
à atteindre l'autosuffisance alimentaire, en ce qui concerne la
production et les approvisionnements;
à exécuter complètement le programme de la Décennie des
Nations Unies pour les transports et les communications en
Afrique;
à réaliser un développement industriel sous-régional et régional
endogène;
à coopérer dans le domaine du contrôle, de la prospection, de
l'exploitation et de l'utilisation des ressources naturelles en vue du
développement de nos économies et pour le bien de nos peuples, et
à mettre en place les institutions appropriées pour atteindre ces
objectifs;
à développer sur le plan local les compétences nécessaires à la
direction des entreprises, la main-d'oeuvre technique et les moyens
technologiques afin de permettre à nos peuples de prendre une
part plus grande aux efforts entrepris pour atteindre nos objectifs
de développement sur le plan individuel et collectif;
à coopérer pour préserver, protéger et améliorer le milieu naturel;
j) à veiller à ce que nos politiques de développement reflètent d'une
manière adéquate les valeurs socio-culturelles pour consolider
notre identité culturelle; et
j) à tenir compte de la dimension prospective lors de l'élaboration de
nos plans de développement y compris les études et les mesures
destinées à parvenir à une transformation socio-économique
rapide de nos Etats.»

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y) Nous avons la ferme conviction que ces engagements conduiront à
l'édification, aux niveaux national, sous-régional et régional, d'une
économie africaine dynamique et interdépendante et prépareront ainsi
la voie à l'établissement ultérieur d'un marché commun africain, pré-
lude à une Communauté Economique Africaine.
vi) Ayant décidé d'accorder une attention particulière aux débats devant
avoir lieu sur les problèmes économiques à chaque session annuelle de
notre assemblée, nous invitons ici le Secrétaire Général, agissant de
concert avec le Secrétaire Exécutif de la Commission Economique
pour l'Afrique des Nations Unies, à établir chaque année des pro-
grammes spécifiques et à prendre des mesures en vue d'instaurer une
coopération économique aux niveaux sous-régional, régional et conti-
nental en Afrique.
En vue d'examiner les mesures concrètes pour la mise en oeuvre de la
Déclaration de Monrovia, nous avons décidé de tenir la présente Session
Extraordinaire à Lagos, Nigéria, consacrée aux problèmes économiques de
notre continent.
En examinant ces problèmes, nous sommes convaincus que le sous-
développement de l'Afrique n'est pas inévitable. En effet, c'est là un paradoxe
lorsque l'on tient compte des immenses ressources humaines et naturelles du
Continent. Outre son réservoir de ressources humaines, notre Continent recèle
97 Wo des réserves mondiales de chrome et 85 Vo des réserves mondiales de pla-
tine, 64'o des réserves mondiales de manganèse, 25% des réserves mondiales
d'uranium et 13% des réserves mondiales de cuivre sans parler de la bauxite,
du nickel, du plomb, 20% du potentiel hydro-électrique mondial, 20% du
pétrole commercialisé dans le monde (si nous excluons les USA et l'URSS),
70% de la production mondiale de cacao, 33% de la production mondiale de
café et 50% de l'huile de palme, pour ne mentionner que ceux-là.
Cependant, l'Afrique en dépit de tous les efforts déployés par ses diri-
geants reste le continent le moins avancé. Elle compte 20 des 31 pays les moins
avancés du monde. L'Afrique est exposée aux conséquences désastreuses des
calamités naturelles et aux maladies endémiques les plus cruelles, et victime de
l'exploitation coloniale, vestige du colonialisme, du racisme et de l'apartheid.
En effet l'Afrique a été directement exploitée pendant la période coloniale et
au cours des deux dernières décennies; cette exploitation s'est poursuivie par
le biais des forces étrangères néocolonialistes qui cherchent à influencer les
politiques et les principes directeurs des Etats africains.
Les faiblesses structurelles de l'agriculture africaine dans sa globalité
sont bien connues: faible production et productivité, techniques agricoles
rudimentaires. Cette situation conduit évidemment à l'insuffisance de la crois-
sance agricole et spécialement la production alimentaire, face à la rapidité de
la croissance démographique. Ceci a conduit à une malnutrition et à des pénu-
ries alimentaires graves sur le continent.

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Nous déplorons que notre Continent demeure le moins développé de
tous les Continents et que le produit intérieur brut total de nos pays ne repré-
sente que 2,7% du revenu mondial moyen par habitant de 166 $EU.
Nous sommes préoccupés par la trop grande dépendance de l'économie
de notre Continent vis-à-vis de l'exportation des matières premières et des
minerais. Ce phénomène a rendu les économies africaines très vulnérables aux
influences extérieures ayant des effets néfastes sur les intérêts du Continent.
Ainsi, au cours des vingt ans entre 1960 et 1980, le taux moyen de
croissance de tout le Continent n'a pas dépassé 4,8%, chiffre qui cache des
réalités différentes allant d'un taux de croissance de 7% pour les pays exporta-
teurs de pétrole à 2,9% pour les pays les moins développés. Cependant, si la
prévision mondiale dans le domaine économique pour la prochaine Décennie
doit être retenue, toute la maigre performance de l'économie africaine durant
les vingt dernières années semble être l'âge d'or par rapport au taux de crois-
sance de l'avenir.
Cette situation nous a conduits, à la présente Session Extraordinaire
consacrée aux problèmes économiques de l'Afrique, à une réappréciation
angoissante mais franche de la situation actuelle et de la perspective des condi-
tions économiques africaines. Ce faisant, nous n'oublions pas les contraintes
politiques sur le développement de notre Continent dues à la domination et à
l'exploitation coloniales et racistes. Nous espérons que l'Afrique qui a survécu
aux brutalités de l'impérialisme, du racisme et de l'apartheid est assez résis-
tante pour sortir du malaise économique dans lequel elle se trouve.
L'indépendance du Zimbabwé, après des années de lutte armée enga-
gée par le peuple du Zimbabwé sous la direction du Front Patriotique et avec
le soutien actif de l'Organisation de l'Unité Africaine, constitue la phase
finale de la libération totale du Continent. Cet événement a eu pour résultat
des tentatives répétées et désespérées du régime de Prétoria d'arrêter le cours
de l'histoire et de perpétuer le statu quo en Namibie et en Afrique du Sud elle-
même. La «Constellation» des Etats d'Afrique Australe que l'Afrique du Sud
envisage de créer fait partie de ce plan diabolique, plan qui mettrait des Etats
indépendants sous la même domination militaire, économique et politique du
régime d'Apartheid comme des bantoustans. Nous ne cesserons pas de pour-
suivre avec vigueur la libération des derniers bastions de l'exploitation du
racisme et de l'Apartheid.
La même détermination qui a, pour ainsi dire, virtuellement libéré
notre Continent de la domination politique est nécessaire pour sa libération
économique. Notre succès dans la réalisation de notre unité politique doit
nous encourager à exploiter la force inhérente à notre unité politique. Nous
décidons par conséquent dans le cadre de notre Organisation de conjuguer nos
efforts dans le domaine économique. A cette fin, il convient d'avoir toujours
présent à l'esprit certains principes directeurs fondamentaux:

8
14.
j) Les immenses ressources de l'Afrique doivent être mises en valeur
principalement pour satisfaire les besoins et réaliser les objectifs de ses
peuples.
II convient de mettre fin à la dépendance quasi totale de l'Afrique ou
l'ère des exportations des matières premières. Ainsi donc, la crois-
sance et le développement de l'Afrique doivent être basés sur une
combinaison constituée par les importantes ressources naturelles de
l'Afrique, ses ressources en matière d'entreprises, d'administration et
de techniques, et ses marchés (restructurés et étendus) afin de servir
l'ensemble de ses populations. Par conséquent, l'Afrique doit élabo-
rer sa propre stratégie de développement et doit résolument s'atteler à
sa mise en oeuvre.
L'Afrique doit cultiver la vertu de l'autosuffisance. Ceci ne signifie
pas que le Continent doit faire fi de toutes les contributions extérieu-
res. Néanmoins, ces contributions en provenance de l'extérieur ne
doivent servir qu'à soutenir nos propres efforts, et ne doivent pas
constituer la principale partie de notre développement.
En raison de la nécessité de réaliser une autosuffisance accrué, l'Afri-
que doit mobiliser toutes ses ressources matérielles et humaines en vue
de son développement.
y) Nos Etats doivent chacun entreprendre toutes les activités économi-
ques, sociales et culturelles susceptibles de mobiliser toutes les forces
de nos pays et s'assurer que tous les efforts consacrés au dévelop-
pement et tous les bienfaits qui en résultent sont équitablement
partagés;
vi) Il conviendrait que tous les efforts visant à l'intégration économique
de l'Afrique soient poursuivis avec une détermination renouvelée afin
de créer à l'échelle continentale un cadre pour la coopération écono-
mique si nécessaire à un développement reposant sur l'autosuffisance
collective.
15. Sur la base de ces principes directeurs, nous, Chefs d'Etat et de Gou-
vernement, réunis à Lagos en notre Deuxième Session Extraordinaire consa-
crée aux problèmes économiques de l'Afrique, décidons d'adopter le plan
d'action suivant ainsi que l'Acte final de Lagos. Ce faisant, nous sommes
conscients des énormes efforts qu'il nous sera nécessaire de déployer, aux
niveaux individuel comme collectif, pour atteindre les objectifs que nous nous
sommes fixés dans les présents documents. Nous sommes convaincus que
notre détermination peut nous permettre de vaincre les obstacles que nous
pourrions rencontrer sur notre chemin et que notre Organisation et son Secré-
tariat Général parviendront à obtenir le soutien effectif de la Communauté
Internationale et des Organisations Internationales intéressées.

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CHAPITRE PREMIER

Alimentation et agriculture

Au cours des deux dernières décennies, et au moment où le continent


africain est confronté à une croissance rapide de la population et de l'urbani-
sation, la situation alimentaire et agricole en Afrique s'est radicalement dété-
riorée: la production et la consommation alimentaires par habitant sont tom-
bées en deçà des besoins nutritionnels.
Le déficit en production alimentaire auquel il faut ajouter les pertes
alimentaires post-messiales et des famines périodiques ont conduit à une
dépendance rapidement croissante vis-à-vis des importations des denrées ali-
mentaires qui résultent en un drainage de ressources en devises étrangères et
créent de sérieuses contraintes au financement du développement des écono-
mies africaines. Le fin fond du problème alimentaire en Afrique est le fait que
les Etats membres n'ont pas généralement accordé la priorité nécessaire à
l'agriculture, soit en allocation de ressources, soit en donnant une attention
suffisante aux politiques visant à améliorer la productivité et la vie dans le
monde rural.
Afin d'améliorer la situation alimentaire en Afrique, la condition
préalable fondamentale est la démonstration d'une forte volonté, politique
afin d'orienter un volume beaucoup plus important de ressources vers l'agri-
culture, de mener à bien une réorientation essentielle des systèmes sociaux, de
mettre en oeuvre des politiques qui inciteront les petits exploitants et les mem-
bres des coopératives agricoles à atteindre des niveaux plus élevés de producti-
vité et de mettre en place des mécanismes efficaces pour la formulation des
programmes requis et pour leur exécution. Le développement de l'agriculture
ne devrait pas néanmoins être considéré en isolement mais plutôt intégré au
processus de développement économique et social mettant un accent particu-
lier, pour ce dernier aspect, sur le problème de l'amélioration des conditions
de vie dans le milieu rural.
Pour qu'une révolution agricole effective s'instaure en Afrique il est
nécessaire de faire participer les jeunes et de mettre fin à l'exode rural actuel
vers les centres urbains. Les politiques doivent constamment insister non seu-

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lement sur la nécessité d'améliorer les conditions de vie dans les exploitations
agricoles mais aussi d'augmenter les revenus des exploitants comme un moyen
de rendre l'activité agricole plus attrayante et plus rémunératrice. Bien que la
coopération multinationale doit revêtir des aspects nouveaux, la responsabi-
lité d'une percée dans le domaine de l'alimentation et de l'agriculture incombe
au premier chef à chaque Etat membre agissant dans son propre contexte
national.
Au cours de la période 1980-1985, les objectifs devraient être d'obtenir
une amélioration immédiate de la situation alimentaire et d'établir une base
afin de parvenir à l'autosuffisance en ce qui concerne les céréales et les pro-
duits de l'élevage et de la pêche. Des mesures prioritaires devraient être prises
afin d'obtenir une réduction substantielle des pertes de produits alimentaires,
de parvenir à un degré nettement plus élevé de sécurité alimentaire et d'assurer
un accroissement important et soutenu de la production alimentaire, surtout
en ce qui concerne les céréales tropicales. Une attention particulière devrait
être accordée à la diversification de la production agricole. L'adoption de
mesures urgentes est recommandée dans chacun de ces domaines.

Pertes de produits alimentaires


L'objectif devrait être de réaliser des progrès substantiels en vue de
parvenir à réduire de moitié les pertes messiales.
Les mesures recommandées sont notamment les suivantes:
- Une évaluation précise de l'étendue des pertes de produits alimentaires.
- La formulation de politiques nationales visant à réduire les pertes de
produits alimentaires.
- L'organisation de campagnes grâce aux moyens de communication de
masse afin de diffuser dans le public' les méthodes permettant de
réduire les pertes de produits alimentaires.
- La construction d'installations appropriées de stockage de traitement
et autres facilités.
- L'établissement de services techniques centraux.
- La promotion (au moyen de la recherche, de l'amélioration des infra-
structures et d'incitations en faveur des agriculteurs et des pêcheurs)
de méthodes améliorées de séchage, de conservation, de stockage, de
traitement et de lutte contre les insectes nuisibles.
- L'amélioration des parcours d'élevage et des exploitations.
- La formation de personnel technique pour la lutte contre les pertes de
produits alimentaires, de préférence grâce à des institutions sous-
régionales ou régionales, des séminaires et des stages.

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Sécurité alimentaire
Dans un premier temps, la plupart des pays africains devraient s'effor-
cer de constituer au niveau national des réserves alimentaires stratégiques
représentant environ 10% du total de leur production alimentaire.
Des mesures urgentes devraient être prises par chaque Etat membre
afin d'adopter une politique nationale cohérente en matière de sécurité ali-
mentaire. Les politiques nationales doivent se traduire par des mesures con-
crètes telles que la construction rapide d'installations de stockage, la constitu-
tion de réserve de céréales, l'amélioration de la gestion des stocks de céréales
et l'amélioration des systèmes de prévision et d'alerte.
Afin de parvenir à l'autonomie collective, il faudra conclure des
accords sous-régionaux en matière de sécurité alimentaire analogues à celui
qui a déjà été conclu dans la zone sahélienne. En outre, il est recommandé que
les Etats membres envisagent la possibilité de créer un organisme africain de
secours alimentaire afin d'aider les pays membres en cas de grave pénurie
alimentaire.

Production alimentaire
Le développement alimentaire doit être promu d'une façon intégrée et
devrait prendre en considération les problèmes relatifs au transport et à la dis-
tribution des produits au niveau des consommateurs. L'autosuffisance ali-
mentaire doit prendre en considération la valeur nutritionnelle des denrées ali-
mentaires et résoudre en même temps les problèmes de sous-nutrition et de
malnutrition.
Le système de production agricole devrait être basé sur les program-
mes de réforme agraire adéquats en accord avec les conditions politiques et
sociales prévalant dans les pays respectifs. Une organisation de la production
agricole améliorée doit jouer un rôle prioritaire dans l'accroissement de la
production agricole et de la productivité.
L'OUA, en coopération avec la CEA, la FAO, le FIDA, le PMA et
les autres organisations internationales concernées, devrait entreprendre des
études et présenter des recommandations au prochain Sommet Economique
en vue de la création des organismes régionaux de commercialisation et de
distribution des produits alimentaires.

a) Cultures vivrières
Tous les Etats membres doivent prendre les mesures nécessaires en vue
de la mise en oeuvre du plan alimentaire régional pour l'Afrique adopté par les
Ministres africains de l'Agriculture. Le principal objectif immédiat devrait
être d'obtenir une amélioration quantitative et qualitative de la production
vivrière (céréales, fruits, tubercules, oléagineux, légumes, etc.) afin de rempla-
cer dans une proportion considérable les produits actuellement importés. Par

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ailleurs la production de ces denrées devrait être encouragée dans les pays qui
ont un potentiel pour ces cultures. Plus spécialement, afin de réduire les
importations croissantes du blé et de l'orge, une attention particulière devrait
être portée à la culture des céréales tels que le mil, le maïs et le sorgho.
L'adoption de mesures urgentes est recommandée notamment dans les
domaines suivants:
- La promotion de pratiques agricoles améliorées, en particulier l'utilisa-
tion intensive de combinaisons de facteurs de production améliorés et
de mesures de protection des plantes.
- La modification des structures technico-économiques de production
afin de fournir aux petits exploitants et aux membres des coopératives
agricoles les incitations nécessaires à un accroissement de la produc-
tion.
- Une meilleure utilisation de l'eau pour la culture des céréales dans
le cadre des projets d'irrigation déjà entrepris, et le lancement de
nouveaux projets.
- La conservation des sols et des eaux.
- La lutte contre les inondations et le drainage.
- L'intensification de l'utilisation de meilleurs outils manuels et de meil-
leurs animaux de trait, et la promotion de l'agriculture mécanisée
lorsqu'elle se justifie.
- L'amélioration des infrastructures physiques, y compris la construc-
tion de petits ponts, de barrages, de routes d'accès et de desserte, et
l'amélioration des services d'éducation, de la santé et des autres servi-
ces sociaux, la plupart de ces projets devant être au stade actuel entre-
pris, autant que possible, en faisant appel à une participation volon-
taire fondée sur le principe de l'autosuffisance.

b) Elevage
Dans un avenir immédiat, il est recommandé d'accorder un appui plus
large aux domaines suivants:
- Formation: établissement de centres de formation sous-régionaux et
organisation de stages sur la production zootechnique, le fonctionne-
ment des abattoirs et le développement de l'élevage de la volaille et des
petits animaux.
- Santé des animaux: établissement de services de lutte spécialisés contre
la trypanosomiase, amélioration de la productivité des races trypano-
tolérantes et développement intégré des zones libérées de la mouche
tsé-tsé; établissement d'un centre de production de vaccins et d'un
système régional efficace de quarantaine; création de centres sous-
régionaux de recherche sur les maladies transmises par la tique et amé-

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lioration des services de laboratoires et des systèmes de surveillance des
maladies.
- Sélection des races.
- Prévention et éradication de la fièvre aphteuse.
- Développement des pacages.
- Amélioration des infrastructures.

c) Pêche
L'objectif devrait être d'accroître la production annuelle de poisson
pêché dans les eaux africaines d'un million de tonnes d'ici à 1985, ce qui per-
mettrait d'augmenter d'un kilogramme le niveau de la consommation
annuelle moyenne de poisson par habitant d'ici à 1985.
Les mesures recommandées sont les suivantes:
- La création de flottilles industrialisées de pêche côtière (lorsque cela est
justifié par les ressources disponibles) et l'augmentation de la producti-
vité de la pêche artisanale.
- L'expansion de l'aquaculture.
- L'amélioration des méthodes traditionnelles de traitement.
- L'amélioration des communications entre les points de débarquement
et les marchés, en particulier grâce à la construction de routes peu coû-
teuses desservant les communautés de pêcheurs.
- La réalisation d'investissements en faveur des installations à terre en
particulier les installations de stockage.
- L'expansion des échanges interrégionaux des produits de la pêche.
- L'encouragement de la coopération sous-régionale afin d'évaluer le
potentiel de ressources pour la pêche, surtout en ce qui concerne les
stocks de poissons communs à plusieurs pays ainsi que les ressources
des lacs et des bassins hydrographiques internationaux.
- La formulation de projets communs en vue de l'exploitation ration-
nelle et de la gestion des stocks de poisson à l'échelon sous-régional.
- L'examen et, si nécessaire, la renégociation des accords de pêche en
vigueur.

d) Politique des revenus et des prix


33. Il est fortement recommandé que les Etats membres entreprennent la
formulation et la mise en application de politiques efficaces et cohérentes afin
d'assurer que les prix des dotations agricoles et des produits agricoles fournis-
sent des incitations suffisantes pour les agriculteurs, et en particulier les petits
exploitants, augmentent leur production alimentaire, tout en préservant les
intérêts des consommateurs les plus pauvres. De même, les différentes activi-

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tés inscrites dans le programme d'action recommandé devraient être conçues
et exécutées de manière à obtenir une incidence bénéfique de la répartition des
revenus sur les populations les plus démunies des zones rurales. En particulier
des efforts devraient être faits pour réduire l'écart croissant entre les revenus
ruraux et ceux des centres urbains aussi bien qu'entre les riches et les pauvres
dans le monde rural.

Production forestière
L'objectif devrait être d'intégrer plus étroitement la production fores-
tière et l'agriculture afin d'assurer un approvisionnement adéquat en bois
de chauffage et d'accroître la contribution des ressources forestières dans le
processus d'industrialisation.
Les mesures les plus urgentes qu'il convient d'adopter pour le dévelop-
pement de la production forestière en Afrique sont les suivantes:
- L'élaboration d'inventaires des ressources forestières nationales.
- L'intensification des programmes visant à intégrer les terrains boisés et
les arbres dans les plans d'utilisation des sols et les pratiques agricoles
aux niveaux des villages et des exploitations.
- Un contrôle de l'érosion des terres.
- Une expansion de 10% par an jusqu'en 1985 des zones faisant l'objet
de programmes de régénération des forêts, en accordant une attention
particulière aux terrains boisés communautaires et à l'agrosylviculture.
- Une expansion des réserves forestières de l'ordre de 10% au cours des
cinq prochaines années.
- Une réduction progressive du niveau actuel des exportations des
grumes brutes.
- L'élaboration et le lancement d'un plan régional en vue du développe-
ment et de l'harmonisation des industries forestières.
- Le renforcement des organes régionaux existants qui s'occupent de la
production forestière.
- L'expansion de la formation de spécialistes et de techniciens de la sylvi-
culture ainsi que de gardes forestiers aux niveaux national et régional.
- L'expansion et la coordination entre les pays des programmes de
recherche appliquée.

Recherche
La science et la technologie jouent un rôle essentiel dans le développe-
ment de l'agriculture, et en particulier dans le domaine de la recherche, de la
formation et de la vulgarisation agronomiques. Il conviendrait donc, dans le

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domaine de la recherche agronomique, de placer un accent particulier sur
l'amélioration des races des bovins, des caprins et des oiseaux de basse-cour
ainsi que sur l'amélioration des semences sélectionnées, des engrais, des insec-
ticides et autres produits chimiques appropriés aux conditions africaines.
La recherche agronomique revêt une importance essentielle dans la
transformation de l'agriculture en Afrique. Il conviendrait de renforcer les
instituts nationaux de recherche ainsi que les programmes de coopération
inter-Etats de recherche. Les activités de recherche agronomique doivent être
orientées vers la réalisation de l'objectif d'autosuffisance alimentaire
et l'intégration de la recherche et de la vulgarisation doit être faite de
manière plus effective. En conséquence, les recommandations suivantes sont
proposées:
- La recherche agronomique doit mettre davantage l'accent sur le déve-
loppement et la diffusion de nouvelles techniques.
- Des innovations biologiques, telles que la sélection des plantes et du
bétail ainsi que la lutte contre les parasites agricoles, pourraient accroî-
tre considérablement la production et le rendement agricoles en Afri-
que. Cela fournirait les espèces de plantes, d'animaux et de techniques
d'élevage plus productives et il conviendrait d'y mettre l'accent dans les
programmes de recherche agronomique.
- La recherche dans le passé s'est orientée vers un petit éventail de cultu-
res alimentaires et a négligé bon nombre d'autres cultures autochtones
en Afrique. Cependant, celles-ci sont cultivées par une grande partie de
la population rurale et constituent la proportion la plus importante de
la diététique. II conviendrait dè redresser cette situation.
- La recherche devrait également être intensifiée en ce qui concerne les
tubercules et le soja et l'amélioration de la production et des niveaux
nutritionnels des produits agricoles vivriers.
- La recherche devrait continuer aussi pour les produits agricoles
d'exportations qui non seulement apportent des devises étrangères
nécessaires au développement mais également offrent des matières
premières pour nos industries.
- Il conviendrait d'accorder une attention particulière aux phénomènes
affectant la production alimentaire dans les zones semi-arides en vue de
stabiliser la production dans ces fragiles écosystèmes.
- La recherche doit permettre de mettre au point des variétés adaptées et
des systèmes de production qui assurent une utilisation optimale des
ressources limitées en terre et en eau.
Services de vulgarisation
Il est indispensable de mettre les conclusions des recherches à la dispo-
sition des agriculteurs le plus rapidement possible. Il est donc recommandé:

17
- D'établir des liens plus étroits entre lt recherche et les services de vulga-
risation.
- Aux services de vulgarisation d'accorder davantage d'importance à la
diffusion des technologies existantes.
- De renforcer les services de vulgarisation et de leur fournir des ressour-
ces supplémentaires afin qu'ils puissent atteindre le gros de la popula-
tion rurale au lieu de se concentrer sur un groupe relativement petit
d'exploitations.
- Les efforts de formation devraient porter essentiellement sur les agents
de vulgarisation qui devraient, à leur tour, concentrer leurs efforts sur
le jeunesse rurale et les femmes. Les institutions de vulgarisation et
en particulier les centres de formation d'agriculteurs doivent être
renforcés.

Services agricoles
Il faut encourager l'exploitation et la mise en valeur rationnelle des
ressources naturelles, surtout des ressources forestières, de la flore et de la
faune sauvage en vue d'améliorer les disponibilités alimentaires de. la région
dans le cadre des programmes de développement rural intégré.
Il faudrait créer des institutions disposant de moyens solides pour la
planification et le contrôle du développement rural, le rassemblement des don-
nées, la fourniture de crédit et de dotations agricoles, l'amélioration des trans-
ports, la commercialisation, le développement des agro-industries, le stockage
et le traitement.
La mécanisation agricole a un rôle prioritaire dans l'accroissement de
la production agricole et la modernisation des exploitations. Néanmoins ce
problème doit être étudié très attentivement et devrait être lié au développe-
ment industriel de façon que ceci ne se traduise pas par une plus grande dépen-
dance des Etats membres à l'égard du monde industrialisé. Dans le processus
de mécanisation agricole, une attention particulière doit être accordée à la
traction animale dans les pays qui n'ont pas encore atteint un niveau de moto-
risation approprié.

Ressources
Le total des investissements requis au cours de la période 1980/1985
pour l'exécution des programmes proposés s'élève à environ 21 milliards 400
millions de dollars des Etats-Unis, aux prix de 1979. En outre, les dépenses
consacrées aux dotations agricoles augmenteront d'environ 560 millions de
dollars des Etats-Unis au cours de la même période. Ce niveau de dépense for-
mera seulement une partie des dépenses nécessaires à l'agriculture pour les
années 80 comme contenu dans le document Plan Alimentaire Régional pour

18
l'Afrique (AFPLAN), approuvé par les Ministres de l'Agriculture à Arusha,
Tanzanie, en 1978 et entériné par les Chefs d'Etat et de Gouvernement dans la
Déclaration de Monrovia en 1979. Des ressources supplémentaires seront
nécessaires pour couvrir la deuxième moitié de la décennie qui n'est couverte
dans ce plan d'action que pour la période 1980/85.
Les Etats membres réaffirment leur soutien au FIDA et au PAM. Ils
lancent un appel à la communauté internationale pour qu'elle mette des res-
sources accrues à la disposition de ces Organisations qui devront accorder la
priorité des priorités aux demandes en provenance des Etats membres.
II serait souhaitable d'avoir pour objectif un financement d'au moins
50% des investissements nécessaires au moyen des ressources intérieures.

Mise en application et contrôle


Dans un premier temps, les Etats membres devraient déterminer la
manière dont les recommandations susmentionnées devraient être appliquées
dans le contexte spécifique de leurs pays respectifs. Afin de mener à bien cette
tâche, les gouvernements peuvent faire appel aux services des missions inter-
organisations d'examen dans le cadre de la stratégie, qui devraient être orga-
nisées à cette fin.
Il conviendrait d'accorder une haute priorité au renforcement des
capacités nationales en vue de l'identification, de l'élaboration, de l'exécu-
tion, du contrôle et de l'évaluation des projets de développement agricole. La
FAO, avec la collaboration de la CEA et des autres organismes compétents,
devrait étendre ses programmes de formation dans ce domaine. Il faudrait
également organiser des séminaires et des stages régionaux et sous-régionaux.
Les pays africains devraient élargir leur coopération économique et
technique dans les domaines de l'alimentation et de l'agriculture grâce à
l'accroissement des échanges commerciaux, grâce à des échanges de
main-d'oeuvre et de technologie et à des programmes communs de développe-
ment aux niveaux sous-régional et régional.
Les Etats membres devraient se fixer des objectifs annuels dans le
domaine de l'alimentation et de l'agriculture et créer des mécanismes effectifs
aux niveaux national et régional afin de contrôler les progrès effectués en vue
de la réalisation de ces objectifs. Au niveau régional, ce contrôle devrait cons-
tituer une opération inter-organisations faisant intervenir l'OUA, la CEA, la
FAO, le Conseil Mondial de l'Alimentation et le PNUD.
Dans le contexte de la nouvelle stratégie et objectifs en matière d'ali-
mentation et de l'agriculture, il sera nécessaire de procéder à une évaluation
des projets en cours d'exécution financés par des ressources extérieures en vue
d'assurer qu'ils contribuent effectivement à la réalisation de ces nouveaux
objectifs.

19
CHAPITRE II

Industrie

I. Introduction
Le continent africain, après vingt ans d'indépendance politique de la
plupart de ses pays, aborde la Décennie 1980-1990 dans un état de sous-
développement qui en fait le continent le moins développé de la terre et auquel
il a été réduit par plusieurs siècles de domination coloniale.
Conscients de leur handicap et résolus de poursuivre leur action desti-
née à les sortir du sous-développement, les Etats membres s'engagent à
oeuvrer, au niveau de chacun d'eux et du continent tout entier, dans le sens
d'un développement économique et social global et accéléré.
Dans leurs plans de développement, les Etats membres accordent à
l'industrialisation un rôle déterminant pour ses effets sur la satisfaction des
besoins fondamentaux des populations, l'intégration de l'économie et la
modernisation de la société. A cet effet et pour, d'une part, assurer à l'Afri-
que une part croissante de la production industrielle mondiale et, d'autre part,
parvenir rapidement à un degré d'autonomie collective suffisante, les pays
africains proclament les années 1980-1990 Décennie du développement indus-
triel en Afrique.
Afin de réaliser les objectifs de développement industriel à long,
moyen et court termes, les Etats membres décident de tout mettre en oeuvre
aux niveaux national, sous-régional et régional, dans les domaines des res-
sources humaines, des ressources naturelles, des financements et des institu-
tions de promotion pour assurer les conditions nécessaires à la mobilisation
optimale de l'ensemble des énergies au service de l'action gigantesque ainsi
entreprise.
Les Etats membres entendent déployer leurs efforts en relation avec
le reste de la Communauté internationale dont la coopération sous toutes les
formes est indispensable à leur propre action.
A ce titre, les Etats membres considèrent comme leur dû la contribu-
tion massive et appropriée que les pays développés doivent apporter à l'oeuvre

21
du développement du Continent Africain dont le succès constitue la condition
même de la poursuite du développement des pays avancés et de la préservation
de la paix dans le monde.
56. L'industrialisation du Continent Africain en général et de chaque Etat
membre en particulier constitue une option fondamentale dans l'action glo-
bale destinée à sortir l'Afrique du sous-développement et de sa dépendance
économique. Le développement économique et social intégré du Continent
Africain exige la création d'une industrie dans chaque Etat membre conçue
dans l'intérêt du pays et destinée à se renforcer dans le cadre d'une complé-
mentarité d'action au niveau de la sous-région et de la région. Cette industria-
lisation contribue notamment à:
la satisfaction des besoins fondamentaux des populations;
la valorisation des ressources naturelles locales;
la création d'emplois;
la formation d'une base de développement des autres secteurs écono-
miques;
la création d'un cadre d'assimilation et de promotion du progrès
technologique;
la modernisation de la société.
57. En assurant l'harmonisation des actions de développement et l'utilisa-
tion optimale des ressources limitées des différents Etats membres, la coopéra-
tion industrielle crée les conditions favorables à la réalisation de l'autonomie
collective à l'échelle de la région et de la sous-région tout en offrant un cadre
au renforcement des efforts de chaque pays.
58. Conscients de cette situation et de la nécessité d'oeuvrer dans le sens de
la concrétisation des objectifs de développement, les Chefs d'Etat et de Gou-
vernement réitèrent leur soutien à la résolution adoptée par la troisième Con-
férence Générale de l'ONUDI recommandant à l'Assemblée Générale des
Nations Unies de proclamer les années 80 Décennie du développement indus-
triel de l'Afrique. Ils ont pleine conscience qu'une telle proclamation implique
des obligations pour tous ceux qui y auront souscrit, s'engageant ainsi à
apporter une contribution appropriée aux efforts nécessaires au succès de
cette action. Pour leur part, ils sont déterminés à prendre toutes les mesures
nécessaires pour assurer le plein succès de cette Décennie.
59. Les Etats membres enregistrent avec une grande déception les résultats
négatifs de la troisième Conférence Générale de l'ONUDI. En premier lieu, ils
donnent à cet échec, dont les causes sont par ailleurs connues, sa véritable
signification, à savoir l'impossibilité dans laquelle se sont trouvés les pays
développés dans leur tentative persistante d'amener les pays en développement
à renoncer à leur revendication légitime d'un Nouvel Ordre Economique
International juste et équitable. L'attention doit également être attirée sur
l'attitude négative des pays développés à l'égard des efforts que les Etats mem-

22
bres sont en train de faire pour accélérer l'industrialisation de la région. Cet
échec a mis en lumière, entre autres, la nécessité de l'autonomie nationale et
collective.
60. Par ailleurs, ils tirent de nombreuses leçons, notamment:
la nécessité de promouvoir aux côtés des autres pays en développement
la reconnaissance de leur droit au développement;
la nécessité d'une coopération fructueuse entre les Etats membres
d'une part, et d'autre part entre les Etats membres et les autres régions
en développement;
l'urgence du renforcement ou de la mise en oeuvre par chaque pays
d'une politique nationale de développement fondée avant tout sur le
recours à ses propres ressources;
l'urgence de la mise en oeuvre d'un plan collectif d'industrialisation de
l'Afrique basé sur l'autosuffisance.

II. Objectifs de développement industriel à long, moyen et court termes


61. En application de la Déclaration de Monrovia dans sa partie relative
au développement industriel en Afrique et tenant compte des objectifs fixés
par la deuxième Conférence Générale de l'ONUDI à Lima et de la résolution
pertinente de la troisième Conférence Générale de l'ONUDI à New Delhi rela-
tive à la Décennie du développement industriel de l'Afrique et conformément
à la Déclaration et au Plan d'Action de New Deihi présentés par le Groupe des
77, les Chefs d'Etat et de Gouvernement arrêtent les objectifs de leur dévelop-
pement industriel à long terme (an 2000), à moyen terme (1990) et à court
terme (1985). Ce faisant, ils soulignent la priorité accordée à la création d'une
base industrielle solide et à ses aspects pertinents contenus dans la Déclaration
des Chefs d'Etat et de Gouvernement adoptée à Monrovia.
1. Objectifs à long terme (an 2000)
62. Dans la mise en oeuvre de la stratégie de développement à long terme
correspondant à l'horizon de l'an 2000, l'Afrique se fixe l'objectif d'assurer
au moins 2 t0 de la production industrielle mondiale et ce conformément aux
objectifs de Lima.
63. La réalisation de cet objectif implique la mise en place d'une structure
industrielle au niveau national dans le cadre d'une économie intégrée.
64. L'accent doit être mis sur la nécessité de créer des liens entre l'indus-
trie et les autres secteurs aussi bien qu'entre les différents sous-secteurs indus-
triels afin de promouvoir l'interdépendance entre eux et parvenir à une
industrialisation et à un développement économique global harmonieux.
65. Dans la formulation de la stratégie de leur développement industriel,
les pays africains doivent avoir présents à l'esprit la nécessité de choisir une
technologie appropriée qui sera socialement adaptée, compatible avec la dota-

23
tion en ressources, réduisant progressivement l'excessive dépendance actuelle
de l'Afrique à l'égard des pays développés en matière de technologie.
2. Objectifs à moyen terme (1990)
66. Durant la décennie 1980/1990, les Etats membres se proposent
d'atteindre 1 ,4% de la production industrielle mondiale et en même temps de
mettre tout en oeuvre pour réaliser l'autosuffisance dans les secteurs suivants:
alimentation, matériaux de construction, habillement, énergie. A cet effet, ils
ont arrêté les objectifs suivants:
Création d'une base solide pour un processus d'industrialisation auto-
entretenu aux niveaux national et sous-régional.
Développement des ressources humaines en vue de leur mobilisation
optimale dans le processus de développement industriel.
Production en quantité suffisante d'intrants pour l'agriculture tels que
les engrais, les pesticides, les outils et les machines agricoles.
Production d'une quantité suffisante de matériaux de construction en
vue de la construction des logements urbains et ruraux décents pour la
population rapidement croissante du Continent et en général pour
satisfaire les besoins de l'économie en matériaux de construction.
Développement des industries de biens intermédiaires et d'équipement,
notamment ceux destinés aux autres industries et à la création des
infrastructures.
Transformation et valorisation locales d'une partie de plus en plus
grande des matières premières du Continent.
Satisfaction des besoins de l'industrie en énergie par le développement
de différentes formes d'énergie disponible sur le Continent.
Satisfaction des besoins en produits textiles.

3. Objectifs à court terme (an 1985)


67. Dans la poursuite des objectifs de leur développement industriel à
moyen et à long termes, les Etats membres se proposent de réaliser les objec-
tifs à court terme suivants:
Assurer au moins 1 % de la production industrielle mondiale.
Jeter les fondations du développement par étapes des industries de base
qui sont essentielles pour l'autonomie puisqu'elles produisent des
intrants pour d'autres secteurs. Il est donc important d'entreprendre
des études pour la création de celles de ces industries qui peuvent être
mises en place à court terme sur une base nationale ou sous-régionale et
celles qui doivent l'être à long terme et moyennant la coopération sous-
régionale et régionale. Ls modalités de création des industries de base
suivantes doivent être étudiées et établies:

24
j) industries alimentaires et agro-industries
industries du bâtiment
industries métallurgiques
industries mécaniques
y) industries électriques et électroniques
industries chimiques
industries forestières
industries énergétiques.

III. Conditions de réalisation des objectifs de développement industriel


La réalisation de l'ensemble des objectifs à long, moyen et court ter-
mes fixés par les Etats membres à leur développement industriel exige l'adop-
tion et la mise en place de conditions multiples aux niveaux national, sous-
régional, régional et international.
1. Au niveau national
Le développement industriel de chaque Etat membre est conditionné
par les mesures suivantes:
Conception d'une politique nationale d'industrialisation précisant les
priorités, les objectifs, les moyens humains, financiers et institution-
nels nécessaires.
Etablissement de structures de formation d'un personnel technique
répondant aux besoins à tous les niveaux de qualification.
Octroi d'un rang élevé de priorité à la formation de cadres industriels
africains supérieurs et moyens afin de réduire la dépendance de l'Afri-
que à l'égard de l'expertise étrangère en matière de gestion.
Lancement d'un programme de prospection destiné à inventorier les
ressources du pays et à définir les conditions de leur exploitation.
Mise en place d'institutions chargées de promouvoir l'industrialisation
sur le plan des études, de la recherche, de la normalisation et des autres
activités.
Mise en oeuvre d'institutions financières favorisant un processus de
développement industriel accéléré par des conditions et des procédures
de financement appropriées et tenant compte de spécificités d'un
secteur industriel naissant.
Déploiement de tous les efforts possibles pour que les bénéfices prove-
nant des activités industrielles en Afrique soient réinvestis dans la
région.
Création de structure de coordination et de promotion de la coopéra-
tion industrielle du pays avec les autres pays de la sous-région et de la
région.

25
j) Création de réseaux de petites et moyennes entreprises ainsi que la
promotion active et l'encouragement du secteur non industrialisé.
Prendre des mesures et introduire des stimulants pour encourager et
soutenir le développement de petites et moyennes industries en tenant
compte des besoins de l'utilisation de ressources locales, de l'emploi et
de la diffusion technologique.
Contrôle des activités des sociétés transnationales.
1) Placement d'un accent particulier sur la nécessité pour les pays afri-
cains d'utiliser les matières premières locales comme intrants pour
l'industrie afin de réduire l'actuelle dépendance excessive çle l'Afrique
à l'égard des importations d'intrants industriels.
Choix judicieux de lignes de produits, en accordant la préférence à cel-
les qui contribueront à la satisfaction des besoins fondamentaux de
leur population et aux besoins de leur développement.
Formuler et mettre en oeuvre des mesures politiques pour arrêter le flot
de l'exode rural vers les zones urbaines par la décentralisation de peti-
tes et moyennes industries basées sur les ressources locales vers les
zones rurales et le développement des infrastructures.
Former, encourager et soutenir les entrepreneurs africains pour qu'ils
participent effectivement dans la production industrielle en vue de
contrôler progressivement la propriété de capital dans le secteur.
Utilisation de la recherche et détermination du rôle des différentes
entreprises tant privées, semi-publiques que publiques comme instru-
ments de la mise en oeuvre du plan d'action.

2. Aux niveaux sous-régional et régional


70. Les Etats membres sont convaincus du rôle fondamental de la coopé-
ration industrielle intra-africaine dans toutes ses formes multiples comme ins-
trument d'autonomie et d'accélération du développement industriel pour réa-
liser l'objectif de Lima pour l'Afrique, compte tenu notamment de l'attitude
décourageante des pays développés et des progrès actuels lents de cette coopé-
ration intra-africaine. Les Etats membres ont donc décidé de concrétiser leur
volonté de coopération aux niveaux sous-régional et régional par l'adoption
des mesures suivantes:
élaboration des plans sous-régionaux et régionaux pour la création de
grandes unités industrielles dont le coût de réalisation et le volume de
production dépassent les capacités de financement et d'absorption
nationales;
création d'institutions multinationales à caractère régional et sous-
régional pour réaliser l'inventaire et l'exploitation de ressources natu-

26
relies communes. Les modalités de création de ces institutions doivent
être déterminées par des consultations entre les pays;
c) octroi d'un rang élevé de priorité à la création d'industries multinatio-
nales dans la région africaine, notamment dans des domaines de base
tels que la métallurgie, la fonderie, l'industrie chimique, etc., qui sont
caractérisés par des coûts d'investissement élevés; élargir la coopéra-
tion industrielle bilatérale entre les Etats membres par le biais d'instru-
ments tels que les entreprises communes;
d) renforcement des institutions existantes, notamment:
j) le Centre régional africain de technologie;
le Centre régional africain de conception et de fabrication indus-
trielles;
le Fonds africain de développement industriel;
e) mise en place d'une structure pour suivre les progrès de l'industrialisa-
tion au niveau sous-régional;
f) création d'un centre régional africain de services d'ingénieurs-conseils
et de gestion industrielle;
g) encouragement du commerce des produits manufacturés entre les Etats
membres; adoption de mesures concrètes pour encourager la consom-
mation de produits industriels nationaux et régionaux;
h) renforcement et éventuellement création d'institutions spécialisées
dans le financemefit des projets industriels;
j) réforme des politiques de crédits pratiquées par les institutions finan-
cières opérant dans les Etats membres en vue d'accroître le volume des
crédits allant au secteur industriel national tant public que privé;
création des zones de coopération industrielle dans lesquelles, en parti-
culier, seront supprimées les barrières douanières;
adoption de mesures concrètes pour assurer l'harmonisation des systè-
mes fiscaux ?.ux niveaux sous-régional et régional en vue de faciliter la
coopération industrielle entre les pays africains;
1) création d'institutions multinationales destinées à favoriser les flux
financiers et l'acquisition de technologie vers l'Afrique;
prendre des mesures aux niveaux national, sous-régional et régional
pour permettre l'utilisation de l'excédent des capacités industrielles en
Afrique;
démarrage aux niveaux sous-régional et régional des travaux de recher-
che portant sur de nouvelles sources d'énergie;
utilisation optimale des infrastructures existantes dans le domaine de la
formation avant de s'atteler à la création de nouvelles institutions, et
renforcement de centres de formation existants grâce à leur utilisation
effective par les ressortissants de différents Etats membres;

27
p) échange d'informations entre les Etats membres sur les spécifications
techniques et financières et les coûts afférants aux contrats de réalisa-
tion de projets industriels avec les pays développés comme moyen de
réduire les surcoûts en devises étrangères résultant de la diminution de
la capacité de négociation des pays en voie de développement du fait de
la non-circulation entre eux des informations relatives à ces contrats.

3. Au niveau international
71. Les Etats membres considèrent que la coopération avec les autres
régions du monde est indispensable à la réalisation des objectifs de leur déve-
loppement industriel. Toutefois ils affirment que cette coopération doit être
mutuellement avantageuse et s'instaurer dans le respect des intérêts vitaux du
continent et en particulier de la souveraineté de chaque pays sur ses ressources
naturelles.
72. Dans leurs relations avec les autres régions en développement, les
Etats membres poursuivront notamment:
la promotion des échanges de technologies industrielles;
la mise en oeuvre des programmes communs de formation technique;
la conclusion d'arrangements commerciaux, monétaires et en matière
de paiements en vue de promouvoir les échanges de produits finis et
semi-finis entre eux;
l'obtention auprès des institutions financières qui, comme la BADEA,
sont entre les mains des pays en développement, en particulier des pays
exportateurs de pétrole, de ressources supplémentairés nécessaires au
financement de leur développement industriel;
le renforcement de leur pouvoir de négociation en se concertant avec
les autres régions en développement et en harmonisant leurs positions
avec celles-ci face aux pays développés.
73. Pour les Etats membres la coopération avec les pays développés doit
permettre notamment:
un transfert massif de ressources destinées à financer les projets indus-
triels évalués à leur coût véritable qui tiennent compte des surcoûts de
toutes sortes subis par les industries des pays africains;
acquisition de technologie au moindre coût, compte tenu des facteurs
du coût social et de la dotation en ressources;
les inventions, les brevets et le savoir-faire technique devront être mis
par les pays industrialisés à la disposition des pays du Groupe des 77
sans frais, comme contribution définitive par les pays développés au
développement industriel de ces pays;
le contrôle des activités des sociétés transnationales en vue de les
conformer aux intérêts des Etats membres;

28
l'adoption d'un code de conduite international sur le transfert de tech-
nologie ainsi que d'un code de conduite des sociétés transnationales
préservant les intérêts des Etats membres;
un redéploiement industriel à l'échelle mondiale qui garantisse aux
Etats membres la réalisation des objectifs de Lima;
l'accès plus libre aux marchés des pays développés pour les produits
industriels en provenance des Etats membres grâce à la suppression des
barrières tarifaires et non tarifaires protectionnistes.
En ce qui concerne les organisations internationales chargées de pro-
mouvoir le développement industriel, en particulier l'ONUDI, les Etats mem-
bres demandent que leurs activités soient orientées en priorité vers les pays les
moins développés et que ces organismes soient dotés de moyens tant matériels
que financiers accrus pour leur permettre de jouer un rôle effectif dans la pro-
motion de l'industrialisation des pays africains. En particulier, il convient
d'inviter le Fonds d'Equipement des Nations Unies, qui ne finance pas à
l'heure actuelle des projets d'industries de transformation dans le secteur
public, à modifier sa politique à cet effet, en accordant une importante assis-
tance aux petits projets d'industries de transformation dans les pays africains
les moins avancés sous forme d'octroi de subventions et de prêts «souples» à
long terme.
Ils demandent en outre que des mesures soient prises pour asseoir le
système de consultations de l'ONUDI sur une base juridique et permanente
et conférer aux décisions qui y sont prises un caractère exécutoire. Ces consul-
tations doivent être organisées aux niveaux sous-régional, régional et inter-
national.

29
CHAPITRE III

Ressources naturelles

Les principaux problèmes auxquels doit faire face la région de l'Afri-


que dans le domaine de la mise en valeur des ressources naturelles sont notam-
ment: l'absence des informations sur le potentiel des ressources des vastes
régions inexplorées et l'impossibilité des pays d'obtenir des données plus pré-
cises résultant des activités des sociétés transnationales qui s'occupent de la
mise en valeur des ressources naturelles; le manque des moyens suffisants
(capitaux, personnel hautement qualifié et technologie) pour la mise en valeur
de ces ressources; dépendance étroite vis-à-vis des sociétés transnationales
étrangères pour la mise en valeur d'un nombre déterminé et restreint de res-
sources naturelles africaines destinées à satisfaire les besoins en matières pre-
mières des pays développés; la part insuffisante de la valeur ajoutée provenant
de l'exploitation des ressources naturelles des Etats rnembres due à l'imperfec-
tion des méthodes de fixation des prix et de commercialisation; une très basse
et décevante contribution des ressources naturelles au développement socio-
économique; à cause de ces facteurs, les Etats membres ne sont pas encore en
mesure d'exercer une souveraineté réelle et permanente sur leurs ressources
naturelles.
Au cours des années 80 la stratégie des pays en développement d'Afri-
que dans le domaine de la mise en valeur de leurs ressources naturelles devrait
avoir pour objet:
l'évaluation de leur potentiel en ressources naturelles et l'utilisation des
renseignements sur la répartition des ressources naturelles et sur la
mesure dans laquelle elles peuvent être utilisées dans le cadre des pro-
jets nationaux et multinationaux africains de développement socio-
économique visant à assurer la production de biens et services permet-
tant de couvrir les besoins des Etats membres;
l'intégration de la mise en valeur des ressources naturelles aux pro-
grammes et projets nationaux et multinationaux africains de dévelop-
pement socio-économique afin de mieux exploiter, aux fins de produc-

31
tion, la complémentarité des divers Etats membres en matière de res-
sources naturelles et de promouvoir les relations interindustrielles verti-
cales que la mise en valeur des ressources naturelles peut créer au sein
des économies africaines;
e) la réalisation d'études exhaustives sur les besoins en main-d'oeuvre, en
technologie et en capitaux permettant d'entreprendre des activités de
mise en valeur des ressources naturelles afin que les Etats membres
puissent mettre leurs ressources en commun pour l'exécution des pro-
grammes et projets nationaux et multinationaux de mise en valeur des
ressources naturelles;
le renforcement des institutions nationales et multinationales africaines
existantes s'intéressant à la mise en valeur et à la préservation des res-
sources naturelles, à tous les niveaux, y compris la formation, la
recherche, la production, le traitement, la fabrication, la commerciali-
sation, le financement, etc., et la création de nouvelles institutions;
l'harmonisation des politiques nationales de mise en valeur des ressour-
ces naturelles en vue de créer un environnement favorable aux efforts
de coopération déployés par les Etats membres dans le domaine de la
mise en valeur de leurs ressources naturelles de façon à couvrir les
besoins socio-économiques de leurs populations; et
une collaboration étroite avec la communauté internationale et
d'autres organismes non africains s'occupant de la mise en valeur des
ressources naturelles dans la région afin que les ressources d'origine
extérieure soient essentiellement affectées aux projets de la mise en
valeur des ressources naturelles qui favorisent et appuient les accords
de coopération entre Etats membres en vue de permettre à la région de
tirer le maximum d'avantages des liens économiques établis dans la
région.

Propositions et recommandations générales


78.
j) En reconnaissant le rôle que jouent les ressources naturelles en tant
que base pour le développement socio-économique, les Etats membres
devraient très rapidement prendre des dispositions pour se doter de
toutes les connaissances leur permettant d'exercer une souveraineté
totale sur leurs ressources naturelles. Ceci implique des politiques de
développement de main-d'oeuvre (cadres de tous niveaux) et la mise
en oeuvre de programmes d'institutions pour la conduite des
études sur le terrain et la préparation des inventaires des ressources
naturelles.
ii) Les Etats membres dont l'économie repose essentiellement sur la pro-
duction des matières premières devraient veiller à coordonner et à har-

32
moniser leurs positions dans toutes les négociations internationales
portant sur les matières premières afin de sauvegarder leurs intérêts.
En particulier des mesures devront être prises au niveau de chaque
Etat membre afin que tous les résultats et les données de base, notam-
ment les cartes, films, diagraphies et toutes autres informations obte-
nues par les sociétés transnationa1es étrangères pendant leurs activités
de prospection pour les ressources minérales dans le pays, soient remis
au gouvernement.
Pour la meilleure conservation et utilisation de ces données, un centre
de documentation (Data Bank) devrait être établi à l'échelon national.
y) Pour permettre aux gouvernements africains d'exercer leur souverai-
neté totale sur leurs ressources naturelles, ils devraient prendre toutes
les mesures nécessaires concernant le développement des ressources
humaines et d'infrastructure institutionnelle en vue de promouvoir les
capacités technologiques endogènes; celles-ci permettront d'explorer,
transformer et exploiter leurs ressources naturelles.
L'objectif permanent des gouvernements africains devrait être le
développement et l'utilisation rationnelle de leurs ressources natu-
relles, employant des technologies qui soient appropriées aux condi-
tions locales, et respectant si possible la conservation des ressources
naturelles.
Aux niveaux sous-régional et régional, des mesures devraient être
prises pour une coopération interafricaine effective parmi les Etats
membres, à savoir:
l'harmonisation des programmes nationaux de développement
et d'utilisation des ressources minérales, énergétiques et hydrau-
liques;
l'établissement de facilités communes pour la recherche appli-
quée, les services spécialisés et la formation;
la participation dans les projets multinationaux et entreprises
pour exploration, production ou transformation des ressources
naturelles utilisables.

Ressources minières
79. Les principaux objectifs de développement de la stratégie pour la mise
en valeur des ressources minières pendant les années 80 devraient être:
1) Améliorer la connaissance des ressources minières de l'Afrique par un
inventaire adéquat des ressources existantes et potentielles, une meil-

33
leure prévision des besoins de consommation et des recherches en vue
d'une utilisation rationnelle des réserves connues.
Une attention particulière doit être donnée aux matières premières
minières ayant une importance stratégique pour les industries de base
produisant des biens intermédiaires comme: acier et fer, aluminium,
métaux de base, produits pétrochimiques et fertilisants, ciment, etc.
Dans l'évaluation économique des ressources, il faudrait considérer
les changements structurels qui se sont produits dans le monde comme
résultats des crises énergétiques, l'introduction des nouvelles techno-
logies aussi bien que les besoins accrus pour la consommation locale.
La création aux niveaux national et régional d'un environnement
scientifique, technique et industriel de qualité nécessaire pour assurer
le développement et l'expansion des industries extractives. A cette fin,
le premier effort doit être dirigé vers le renforcement des capacités des
services nationaux géologiques et miniers. En vue d'assurer la promo-
tion des nouvelles méthodes et techniques de recherches, les capacités
nationales doivent être appuyées par des centres multinationaux afri-
cains de mise en valeur des ressources minières.
Corrélation des programmes nationaux de recherches géologiques et
minières à l'échelle sous-régionale et régionale en vue d'augmenter
l'efficacité et l'établissement des activités opérationnelles conjointes.
Les Etats membres doivent, dans la coopération entre eux, attacher
une importance particulière à l'exploitation des ressources du fond
marin.
La formation dans tous les domaines de mise en valeur des ressources
minières aussi bien du personnel hautement qualifié que des cadres
moyens des Etats membres en vue de pallier le manque de
main-d'oeuvre qualifiée et de réduire la dépendance vis-à-vis des socié-
tés transnationales dans le domaine de l'expertise et pour les services
spécialisés.
y) Développement d'un système de transfert de savoir-faire et d'échan-
ges de données scientifiques, techniques et économiques dans les
domaines de la géologie, d'activités minières et économies minières
entre Etats membres, aussi bien qu'avec les autres pays en développe-
ment non africains.

80. Les objectifs esquissés ci-dessus devront être mis en oeuvre à travers les
activités suivantes:
a) Exécution, avant le milieu de 1981, d'études préliminaires concernant
l'évaluation des ressources minières africaines connues et la situa-
tion actuelle de leur exploitation, avec des propositions quant à la
meilleure manière de les exploiter pour répondre aux besoins de la

34
région. La Conférence régionale sur la mise en valeur et l'utilisation
des ressources minières en Afrique convoquée par la CEA à Kampala
(Ouganda) du 6 au 15 octobre 1980 est une des mesures visant à attein-
dre cet objectif.
L'exécution d'études préliminaires sur les besoins en matière de per-
sonnel, de technologies et de capitaux pour les activités de mise en
valeur des ressources minières dans les Etats membres, conformément
aux programmes adoptés à la conférence régionale mentionnée plus
haut, avec des suggestions sur les conditions dans lesquelles il serait
possible de mobiliser les ressources pour leur mise en oeuvre avant la
fin de 1981.
La participation active des Etats membres par leur soutien politique et
matériel au fonctionnement des institutions multinationales africaines
d'exploitation des ressources minières en leur fournissant l'appui poli-
tique et matériel. A cet effet les Etats membres de la sous-région de
l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe qui ne participent pas encore
au centre sous-régional des ressources minières établi à Dodoma
(République-Unie de Tanzanie) sont invités à le faire avant la fin de
1980. Un centre analogue pour la sous-région de l'Afrique du Centre
devra être créé en 1980-1981 pour être pleinement en service avant
1984. L'établissement des centres similaires dans les sous-régions de
l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique du Nord devrait être considéré
après 1982. Ces institutions multinationales de recherches appliquées
sont appelées à renforcer les institutions nationa1s qui se consacrent à
des activités analogues.
Réunions annuelles ou périodiques d'experts des services géologiques
des Etats membres africains pour un examen récapitulatif des résultats
des activités de recherches sur les ressources minières dans la région,
pour permettre àux pays de prendre des mesures appropriées dans le
sens des améliorations nécessaires pendant les années à venir. La pre-
mière des réunions de ce genre sera la Conférence régionale déj à men-
tionnée ci-dessus qui doit avoir lieu en 1980.
Etablissement des comités de coordination conjointe de prospection en
offshore pour l'exploration et l'évaluation des ressources marines.
Préparation entre 1980 et 1983 à l'échelon des pays et sur le plan régio-
nal de l'inventaire des ressources minières de l'Afrique en faisant appel
aux méthodes normalisées de classification de réserves et d'évaluation
des gisements de minéraux.
Un programme régional commun pour la conservation et l'utilisation
judicieuse de la documentation géologique, des rapports, des cartes et
des collections de minéraux.

35
Ressources en eau
81. Les recommandations suivantes sont proposées conformément au
Plan d'Action de Mar del Plata défini au cours de la Conférence des Nations
Unies sur l'eau en mars 1977 et les propositions faites sur la suite à donner à
l'exécution du Plan d'Action en vue d'un développement et d'une gestion inté-
grés des ressources en eau à la Conférence régionale qui a eu lieu en octobre
1978.

A. Renforcement institutionnel
82. Ce problème doit être traité sur les trois plans suivants:
sur le plan national, des comités nationaux de l'eau doivent être créés
en 1980 dans les pays qui n'en ont pas encore;
sur le plan sous-régional, les organisations sous-régionales existantes
telles que les commissions des bassins des fleuves et des lacs doivent
être renforcées. Un réexamen des exigences pour le renforcement doit
être effectué en 1980. A la fin de 1982, ces organisations sous-
régionales devraient être dotées de ressources financières et en person-
nel supplémentaires;
sur le plan régional, un comité intergouvernemental de l'eau dans la
région africaine, approuvé par la Conférence des Ministres de la CEA
à leur cinquième réunion tenue à Rabat en 1979, doit être établi.
B. Etablissement des plans nationaux sur l'eau
83. Les Etats membres doivent entreprendre une action pour formuler des
plans généraux dans les secteurs de l'alimentation en eau et l'agriculture et les
intégrer au plan national d'ensemble pour l'eau. Ceci devrait être réalisé en
1983. Le plan de l'alimentation de l'eau devrait répondre aux aspirations
nationales pour la Décennie internationale de l'eau potable et de l'assainisse-
ment et le plan pour l'utilisation de l'eau dans l'agriculture doit être intégré
dans le plan régional alimentaire pour l'Afrique adopté dans le cadre de la
stratégie régionale du développement.

C. Choix, élaboration et exécution des projets


84. Les Etats membres doivent choisir et préparer les projets d'alimenta-
tion en eau et d'irrigation nécessitant une aide financière extérieure et une
assistance technique aussi bien que des ressources domestiques. Ceci doit être
réalisé sans attendre la formulation des plans nationaux de l'eau.

D. Coopération sous-régionale et régionale


85. Des organisations concernant les bassins des fleuves et lacs communs
aux pays doivent être établies en vue de promouvoir une coopération intergou-
vernementale en matière de mise en valeur des ressources d'eau communes.

36
Les Etats membres ayant besoin de tels arrangements institutionnels
devraient immédiatement entreprendre des négociations entre eux et essayer
de les compléter de sorte que ces nouvelles organisations conjointes soient
mises sur pied en 1983.
Une coopération élargie entre les Etats membres à travers ces organisa-
tions devrait être encouragée pour permettre aux Etats membres les moins
avancés de bénéficier de l'expérience des Etats membres plus avancés de la
région, dans le contexte de la CTPD.

Cartographie et télédétection
La stratégie pour le développement dans le domaine de la cartographie
et de la télédétection est établie de façon à fournir des moyens pour réaliser
une autosuffisance en personnel qualifié dans les différents secteurs d'activités
cartographiques, de faire connaître mieux la situation présente de l'Afrique
par l'intermédiaire des cartes et de fournir les moyens d'établissement et de
renforcement des institutions nationales de cartographie pour permettre aux
Etats membres d'entreprendre des projets cartographiques essentiels pour le
développement.
Action recommandée

Reconnaître l'importance des services nationaux de cartographie et de


les élever à un haut niveau parmi les priorités nationales et de leur
fournir un budget suffisant pour leur fonctionnement; d'entreprendre
une action pour les établir dans les pays où ils ne sont pas encore
créés.
De participer et supporter activement les centres de formation et de
services spécialisés en cartographie en vue de réduire les coûts de for-
mation de la main-d'oeuvre qualifiée tellement nécessaire et de fournir
les services inexistants.
D'utiliser en commun les équipements et services dans le contexte de
la coopération pour aider les nations les moins avancées.
Considérant que la télédétection est un objet important pour l'inven-
taire, la planification et l'exploitation des ressources naturelles, pre-
nant en compte les efforts déjà réalisés en vue d'établir le conseil afri-
cain de télédétection, et les centres régionaux de formation et d'utili-
sation des données, il est vivement recommandé que les Etats mem-
bres participant pleinement au programme africain de télédétection
fournissent un appui politique et matériel pour assurer le succès du
programme.

37
CHAPITRE IV

Ressources humaines

La Conférence a pris connaissance de la situation du développement et


de l'utilisation des ressources humaines en Afrique, qui se caractérise par les
principaux indices suivants: taux élevé de croissance démographique, taux
croissant de chômage et de sous-emploi, pénurie des différentes catégories de
personnel qualifié, taux élevé d'analphabétisme parmi les adultes, déficience
du systèmde formation et manque de coordination entre les politiques et les
besoins de fbrmation ainsi que du financement de la formation au niveau
national. La Conférence a également pris note des différentes recommanda-
tions de la Conférence régionale sur le développement de la formation tenue à
Addis-Abéba en décembre 1979 et dont le but était de fixer des directives spé-
cifiques en vue de mettre sur pied des systèmes d'éducation et de formation
orientée vers le développement.
Reconnaissant la nécessité de parvenir progressivement à l'autosuffi-
sance dans les domaines économiques et autres, la Conférence a souligné
l'importance du personnel qualifié en tant qu'apport aux activités des diffé-
rents secteurs de production et de services de même que dans les secteurs
d'éducation et de formation où ledit personnel qualifié servirait de générateur
pour la transmission de qualifications et du savoir-faire pour ses propres
besoins et pour ceux des autres secteurs.
Le besoin d'accroître le volume d'emplois et de revenu en tant que
moyen d'amélioration du niveau de vie de la population, en particulier de la
population rurale, fut également souligné. A cet effet, il fut jugé nécessaire
d'accorder une attention appropriée au développement des technologies tradi-
tionnelles ainsi qu'aux méthodes de formation pouvant bénéficier aux secteurs
de production à tous les niveaux, notamment au secteur naturel.
L'atout majeur de l'Afrique étant constitué par ses ressources humai-
nes, la mobilisation pleine et entière et l'utilisation efficace de la main-
d'oeuvre (hommes, femmes et jeunes formés ou non) devraient être un instru-
ment de premier ordre au service du développement national et du progrès
social.
On ne saurait exagérer l'importance des qualifications et du savoir-
faire scientifiques et techniques dans le développement moderne. C'est dans ce

39
domaine que les Etats membres sont tributaires à l'excès d'une main-d'oeuvre
scientifique et technique importée. Conformément au principe de l'autono-
mie, il est donc capital que les Etats membres accordent une priorité spéciale à
la formation d'une main-d'oeuvre scientifique et technique à tous les niveaux,
y compris celle des enseignants dans le domaine technique et scientifique et des
formateurs.
L'un des principaux objectifs du développement socio-économique est
l'amélioration des conditions de vie de l'ensemble de la population d'une
nation. Il faut à cette fin que dans toutes les couches de la population les indi-
vidus participent pleinement à la vie productive de la nation et occupent des
emplois rémunérateurs et que soient disponibles tous les services essentiels à
l'enrichissement de la vie de la communauté. La réalisation de cet objectif
exige également l'adoption et la mise en oeuvre de programmes d'aide sociale,
de développement communautaire et de sécurité sociale, ainsi que la mobilisa-
tion de l'ensemble de la population, en vue de promouvoir le développement
des secteurs des travaux publics et des services communautaires.
Vu l'immensité de la tâche à accomplir ainsi que la pénurie des moyens
de formation dans certains domaines et de l'exiguïté des ressources financiè-
res, la Conférence recommanda vivement la coopération entre les Etats mem-
bres en vue de la mise en place et de l'utilisation d'institutions spécialisées de
formation et de recherche, sous-régionales, régionales et multinationales, per-
mettant la formation des Africains dans les domaines spécialisés en utilisant
autant que possible, comme base, les institutions nationales existantes. Tout
en reconnaissant que la coopération et l'autosuffisance collective devraient
être les principes directeurs pour le développement des ressources humaines, la
Conférence souligna que la responsabilité principale dans le domaine de la
formation et de l'emploi devrait être considérée principalement comme une
responsabilité nationale.
Les informations précédentes sur la situation africaine ont attiré
l'attention sur les graves difficultés de main-d'oeuvre et d'emploi dans les
principaux secteurs de développement. Cette situation exige que l'on adopte
des mesures, que l'on fasse preuve de détermination et que l'on déploie des
efforts soutenus, proportionnés à l'ampleur du problème de main-d'oeuvre
qui se pose aux Etats membres, s'ils veulent parvenir à un développement
socio-économique autonome et endogène. Il y a, dans ce domaine, de diffici-
les options à prendre et des choix embarrassants à faire. La nécessité s'impose
de réaligner les priorités de développement pour mettre l'accent sur le perfec-
tionnement de l'homme (ressources humaines), à la fois objet du développe-
ment et gardien responsable du développement socio-économique, fournis-
seur et utilisateur de compétences et des produits et services finals de tout
effort de développement. Le secteur de la mise en valeur des ressources humai-
nes dans la région africaine exige une action concrète, pour jouer le rôle qui
est le sien dans la survie et le développement du Continent.

40
96. La Conférence propose, en vue de discussion et d'adoption éventuelle,
le programme d'action suivant dans le but de permettre aux Etats membres
d'atteindre un certain degré d'autosuffisance dans les domaines du savoir-
faire technique et du personnel qualifié; de garantir la disponibilité au
moment opportun de la main-d'oeuvre compétente nécessaire aux secteurs de
production et de services ainsi qu'aux divers autres secteurs; de mettre à la dis-
position des Etats membres des conseils adéquats en vue de l'élaboration de
leurs politiques et programmes.

A. Au niveau national
97. Traduction des proclamations publiques faites lors des réunions inter-
nationales en programmes d'action nationaux par l'intermédiaire de l'intégra-
tion de la planification et de la programmation relatives à la main-d'oeuvre,
du perfectionnement du personnel, des services de placement et d'utilisation
en un ministère de perfectionnement de la main-d'oeuvre chargé:
d'entreprendre une évaluation et des projections réalistes de la
main-d'oeuvre; la planification, la programmation et le suivi du perfec-
tionnement et de l'utilisation rationnelle de la main-d'oeuvre;
de développer des capacités d'organisation dans le domaine des carriè-
res en vue de coordonner et de planifier les efforts de perfectionnement
de la main-d'oeuvre ainsi que de suivre de façon continue le placement
et l'utilisation de la main-d'oeuvre:
98. L'établissement de politiques et de réglementations globales en ce qui
concerne la formation ne visant pas uniquement à traduire dans les faits les
engagements nationaux relatifs à la mise en valeur des ressources humaines,
mais également à définir le mandat et les fonctions:
d'un organisme opérationnel chargé de l'orientation et de la coordina-
tion administratives de la formation, dont l'effectif se composerait:
- d'un fonctionnaire responsable de la formation et du personnel
de ce centre et de tous les centres qui ont des activités socio-
économiques, ayant une bonne expérience, sachant ce qu'il attend
de sa carrière et qui trouverait une satisfaction dans le meilleur
accomplissement possible de ses fonctions; soutenu en cela par:
- des comités sectoriels/ministériels consultatifs établis au sein des
centres d'activités socio-économiques ou des organismes de pres-
tation de services;
d'un Fonds de formation administré et financé par tous les pays béné-
ficiaires de cette formation, pour garantir que des ressources finan-
cières soient toujours disponibles.
99. L'institution et l'administration d'un conseil consultatif central dont
les membres proviennent des comités sectoriels, chargé de la formation et de

41
l'utilisation de la main-d'oeuvre à bon escient; en outre, il fournira des con-
seils concernant l'utilisation judicieuse des ressources humaines disponibles.
100. L'utilisation du fait que les projets d'activités aux niveaux multina-
tional, régional et sous-régional liés au développement des ressources humai-
nes et à leur utilisation soient incorporés et reflétés dans les principes direc-
teurs des politiques nationales et qu'ils soient définis dans les lois et les plans
nationaux de développement:
Par exemple:
b) L'évaluation des politiques nationales d'emploi en ce qui concerne la
mise en commun et l'échange des compétences africaines.
a) L'institution d'établissements d'enseignement supérieur, multinatio-
naux ou sous-régionaux prévue dans les statuts des universités nationa-
les et dans les lois relatives à l'éducation.
101. L'examen périodique, l'établissement et la mise en oeuvre de pro-
grammes d'activités de formation en matière de développement en s'attachant
aux activités qui ont le plus d'effets multiplicateurs, en accordant la priorité à:
la formation des enseignants scientifiques et techniques;
la formation de fonctionnaires responsables du personnel et de la
formation;
e) la formation du personnel de gestion, d'exécution et d'encadrement;
d) des programmes de formation accélérée dans les secteurs clefs: indus-
trie, agriculture, transports et communications, science et technique,
pédagogie, intégration des femmes dans le processus de développe-
ment, reposant sur:
j) une analyse des tâches et méthodes modulaires de formation à des
techniques garantissant à l'intéressé un emploi ultérieur;
adoption des contingents doubles d'élèves ou d'autres méthodes
permettant d'économiser dans les établissements d'enseignement
secondaire;
programmes non officiels dans le domaine de l'enseignement des
adultes par l'enseignement par correspondance, l'enseignement
universitaire radiophonique, l'éducation ouvrière, etc.;
formation industrielle en cours d'emploi, «usines-écoles» et for-
mation par la participation à des projets de développement.
102. L'évaluation et l'examen périodique des politiques d'enseignement et
de formation, des institutions et du personnel ainsi que des ressources disponi-
bles, réforme et réorientation des programmes scolaires, des disciplines ensei-
gnées et des cours dispensés en fonction des estimations de l'évolution de la
demande future de main-d'oeuvre.

42
103. L'harmonisation et l'intégration des programmes de bourses de per-
fectionnement et d'études et ressources financières nécessaires pour assurer la
formation dans un organe ministériel de façon à garantir que:
j) les ressources disponibles soient utilisées pour répondre aux besoins
de formation les plus pressants, et pour faciliter l'établissement de
possibilités d'études dans les domaines qui ne sont pas du tout ensei-
gnés localement ou qui ne le sont pas suffisamment;
le pays ou l'organisme bénéficiaire puisse déterminer lui-même les
domaines dans lesquels les donateurs doivent fournir des ressources
financières et des institutions destinées à la formation;
les ressources disponibles soient réparties de façon plus équitable et
judicieuse entre les domaines où le personnel qualifié fait gravement
défaut et que les sorties de devises étrangères soient modérées;
les engagements et les obligations contractés par les pays de fournir un
appui aux établissements de formation spécialisée et de recherche
régionaux ou multinationaux ainsi qu'à des programmes de bourses
de perfectionnement et de formation soient honorés.
104. La refonte et la simplification des structures administratives nationa-
les afin qu'elles puissent superviser non seulement leurs propres opérations,
mais aussi l'exécution des activités et des programmes qu'elles dirigent et
qu'elles soient capables d'adapter leurs activités à l'évolution de la demande
intérieure et extérieure des efforts de développement, et ce en prenant les
mesures suivantes:
en évaluant de façon continue les résultats des activités de ces structu-
res eu égard aux efforts nationaux de développement, ce qui obligera
à équilibrer judicieusement l'utilisation des ressources (humaines,
matérielles, financières) ainsi que du plan qu'il est chargé de mettre en
application;
en évaluant et examinant de façon continue la mise en application et
l'efficacité de ses propres règles, méthodes, schémas de communica-
tions et mécanismes et en révisant ceux-ci afin d'obtenir de meilleurs
résultats;
en mettant en place des systèmes et des unités de contrôle des activités
afin d'assurer que les dispositions des points i) et ii) ci-dessus soient
exécutées et institutionnalisées et que des systèmes de communications
ouvertes, le développement des structures d'organisation ainsi que
l'examen, l'analyse et les processus de révision des politiques fassent
partie intégrante du contrôle et du renouvellement des activités;
en luttant contre la prolifération des structures administratives et
organisationnelles, compte tenu des ressources requises par le déve-
loppement économique et de la nécessité de réduire au minimum les
frais d'exploitation des services publics;

43
y) en mettant en place un système efficace d'incitations afin d'attirer, de
garder, de motiver et de former les fonctionnaires et de leur permettre
de progresser dans leur carrière; le personnel ainsi recruté sera motivé
par des normes internes d'excellence dans le travail et par un dévoue-
ment à la cause du développement dans l'exécution de ses fonctions.
En adoptant les programmes et les mesures qui pourront assurer la
diminution progressive de la dépendance des pays africains en ce qui concerne
les experts étrangers et leurs spécialités et en même temps promouvoir la for-
mation des nationaux, dans le domaine de la coopération technique, et se con-
centrer sur l'emploi de l'expertise africaine dans la région.
En développant des programmes pour la formation, d'une part des
populations rurales, d'autre part pour les diverses fonctions des secteurs non
classifiés, et en adaptant ces programmes à la promotion des technologies et
des connaissances locales. Cette mesure devrait permettre la révision fonda-
mentale des méthodes prévalant dans les techniques de formation et dans la
manière d'apprendre des adultes pour l'acquisition des connaissances, le
transfert des technologies et le savoir-faire. Le rôle des méthodes de formation
spontanée et des «médias» dans la formation des populations devrait bénéfi-
cier d'un soutien adéquat.
Etre capable de répondre à la demande croissante de la main-
d'oeuvre technique dans les secteurs de production, spécialement dans les
domaines de l'industrie et de l'agriculture, aussi bien que dans ceux de la
science et de la technologie, de sorte que la proportion des sciéntifiques, des
techniciens et des artisans formés soit de 1 scientifique pour 5 techniciens et
30 artisans.
L'augmentation des chances d'obtenir des revenus et des emplois
rentables pour les jeunes et ceux qui quittent l'école devrait être l'un des prin-
cipaux objectifs des activités de développement dans tous les secteurs de pro-
duction et de services. Une telle politique devrait être renforcée par des com-
pétences réelles et des programmes de formation en gestion dans le secteur non
classifié, en particulier des activités du secteur économique non organisé dans
la périphérie urbaine.
Pour une meilleure qualité des ressources en main-d'oeuvre il fau-
drait accorder une plus grande attention aux programmes d'amélioration de la
qualité de la vie et de la performance des travailleurs par l'amélioration de
l'alimentation, du logement et des soins de santé. Pour atteindre cet objectif,
la main-d'oeuvre indispensable, à tous les niveaux, pour l'exécution des rd-
grammes et des activités contribuant à l'amélioration de la qualité de la vie,
devrait être développée et utilisée efficacement.
Le développement d'une nation exige des efforts collectifs de toute la
population; il faudrait donc prendre des mesures pour assurer la participation
effective et totale de toute la population.

44
B. Aux niveaux régional et sous-régional
111. Les mesures requises à ces niveaux devront nécessairement être axées
sur un renforcement de l'action nationale en facilitant l'adoption des mesures
en vue du perfectionnement et de l'utilisation de la main-d'oeuvre et en four-
nissant des directives à ce sujet. C'est pourquoi la stratégie du programme met
l'accent sur la coopération et l'autonomie collective dans le domaine des res-
sources humaines grâce à:
j) des études sur la main-d'oeuvre et l'élaboration de profils de
main-d'oeuvre et une planification de la formation dans certains
domaines spécifiques et pour certains secteurs de production impor-
tants et services d'appui, ce qui permettra de fournir des directives
pour la formulation et le lancement de programmes de formation
visant à satisfaire les besoins en main-d'oeuvre aux niveaux national et
régional;
un appui aux services d'information et de placement afin de faciliter
la recherche et le recrutement d'experts africains et encourager des
organismes de consultation, comme ceux qui fonctionnent dans le
cadre du programme de la CEA, pour la promotion de l'utilisation
des experts africains et le développement des services de consultants
locaux;
l'adoption de politiques de l'emploi qui permettent les libres mouve-
ments de la main-d'oeuvre à l'intérieur des sous-régions, ce qui facili-
tera l'emploi des excédents de main-d'oeuvre qualifiée d'un pays dans
d'autres pays africains souffrant d'une pénurie de qualifications.
112. Il faudrait apporter un appui efficace aux institutions régionales et
sous-régionales de formation et de recherche et utiliser pleinement leurs instal-
lations en fournissant des fonds aux institutions de formation spécialisée
régionales, sous-régionales et multinationales et en encourageant la formation
des ressortissants des pays concernés dans ces institutions. La coopération et
l'autonomie collective dans le domaine de la mise en valeur des ressources
humaines ne pourront devenir effectives que lorsque les Etats africains met-
tront en commun leurs ressources afin de créer et de gérer de nouvelles institu-
tions de formation et de recherche permettant de satisfaire les besoins en
main-d'oeuvre des secteurs de développement et des unités de production prio-
ritaires ainsi que de renforcer et d'utiliser la plupart des institutions existantes.
113. Il faudrait fournir un appui au programme élargi de formation et de
bourses pour l'Afrique, coordonné et géré par l'OUA et la CEA, qui a pour
objet de former 8 000 Africains en cinq ans, en accordant la priorité aux
besoins en main-d'oeuvre des différents secteurs et unités de production priori-
taires déjà mentionnés; au perfectionnement du personnel d'enseignement et
de recherche des institutions régionales et sous-régionales; au transfert de
l'expérience; à la mise au point d'une CTPD africaine grâce à l'utilisation des

45
centres de formation existants dans la région. Ce programme nécessite un
budget ordinaire minimum de l'ordre de 1,5 million de dollars des Etats-Unis
par an, ainsi que des locaux pour dispenser la formation. Il est nécessaire
d'obtenir un appui des Etats membres à ce programme grâce à:
j) des subventions financières pour le fonctionnement du programme;
Ïi) des bourses de perfectionnement, d'études et de stages, obtenues
par l'intermédiaire de l'OUA et de la CEA au profit d'autres Etats
membres;
lanomination de ressortissants qui bénéficieront d'une formation, au
titre du programme, en prévoyant des modalités d'échange d'étu-
diants et d'enseignants;
la fourniture périodique de renseignements sur les possibilités natio-
nales de formation et d'octroi de bourses offertes aux pays africains
pour la formation de leurs ressortissants.

C. Action au niveau international


114. Le principe de la coopération et de l'autonomie collective que les
Etats membres ont reconnu énonce que, concernant le perfectionnement et
l'utilisation des ressources humaines, les Etats membres doivent s'aider indivi-
duellement et collectivement dans leurs efforts pour la survie et le progrès.
Cependant, l'appui international en faveur du développement des ressources
humaines est souhaitable pour étayer les efforts d'autonomie africaine.
L'assistance doit être considérée comme renforçant les efforts nationaux,
régionaux et multinationaux de développement que les Etats membres doivent
déployer afin de faciliter le développement et le progrès. Dans cette tâche, la
collaboration continue et active de toutes les agences internationales du
système des Nations Unies et d'autres organismes internationaux, intergou-
vernementaux et non gouvernementaux devrait être efficacement mobilisée
pour appuyer les efforts nationaux, sous-régionaux et régionaux pour le déve-
loppement et l'utilisation des ressources humaines.

46
CHAPITRE V

Science et technologie

Le Sommet a pris note de l'historique et de l'évolution des négocia-


tions ainsi que du résultat final de la Conférence des Nations Unies sur la
Science et la Technologie au Service du Développement (CNUSTD).
La conclusion inévitable à laquelle les Etats membres sont parvenus
est que la Conférence n'a atteint qu'une partie de ses objectifs et que le pro-
gramme d'action de Vienne est très loin d'être satisfaisant.
Même si, pour l'Afrique, le résultat de la CNUSTD n'a pas été à la
mesure de ses espoirs, il importe que les Etats membres prennent les mesures
voulues pour participer activement au dialogue faisant suite à la CNUSTD.
Dans le même temps, les Etats membres doivent s'efforcer de formu-
ler une stratégie du développement qui guiderait leurs actions de réflexion et
de planification, et les aiderait à introduire les changements socio-écono-
miques nécessaires à l'amélioration de la qualité de la vie de la majorité de la
population. La réalisation de cet objectif exigeait d'eux qu'ils investissent
dans le domaine de la science et de la technique pour améliorer le niveau de vie
en Afrique et pour alléger la misère qui sévit dans les zones rurales.
L'attention doit être portée sur le rôle de la science et de la technique
dans le développement rural intégré. Ceci peut se manifester par l'octroi de
ressources financières en vue de créer une base en science et technique pour le
développement socio-économique dont l'urgence et l'importance se manifes-
tent dans la conjoncture de l'histoire. Pour toutes ces raisons, les pays afri-
cains estiment qu'il est capital et extrêmement urgent, à ce tournant décisif de
l'histoire, que les planificateurs et les responsables africains fassent preuve de
la volonté politique et du courage requis pour modifier en profondeur et à
long terme la situation actuelle concernant l'utilisation de la science et de la
technique en tant que base du développement socio-économique.
Les Etats membres doivent par conséquent adopter des mesures pour
assurer le développement d'une base scientifique et technologique adéquate et
une application appropriée de la science et de la technologie en vue d'assurer
le développement de l'agriculture, des transports et communications, de

47
l'industrie y compris les agro-industries connexes, la santé et l'hygiène, l'éner-
gie, le développement de l'éducation et de la main-d'oeuvre, le développement
urbain et l'environnement.
11 était nécessaire dans ce contexte, pour les gouvernements, de
prendre également les mesures pour exploiter des marchés locaux des biens et
services du tiers monde et autres pays en développement et promouvoir un
mécanisme pour une coopération bilatérale et/ou multilatérale parmi les
pays africains ou du tiers monde, avec l'effort conscient de promouvoir
l'autosuffisance.
Le Sommet prend note du programme d'action pour la science et
la technologie approuvé sous réserve des considérations supplémentaires
suivantes:
a) Les Etats membres devraient organiser des foires en science et techno-
logie à des intervalles annuels ou bi-annuels. Ces foires donneront
l'occasion:
d'exposer les technologies traditionnelles;
d'échanger des connaissances et expériences parmi les scienti-
fiques et spécialistes en technologie africains;
de promouvoir le transfert des technologies parmi les Etats mem-
bres;
de promouvoir une coopération technique parmi les Etats mem-
bres.
b) Les Etats membres doivent formuler des politiques nationales relatives
aux plans scientifiques et technologiques intégrés au plan de développe-
ment national, et à ce titre la science et la technologie seront des élé-
ments fondamentaux pour le développement de tous les autres secteurs
identifiés dans la stratégie et le programme d'action pour la 3 décennie
de développement.
c) Les Etats membres devraient prendre des mesures pour promouvoir la
recherche et le développement en science et technologie, particulière-
ment par l'octroi des ressources financières nécessaires.
d) Les Etats membres devraient prendre des mesures qui encourageront le
retour dans leurs pays d'origine des cadres supérieurs expatriés et de la
main-d'oeuvre qualifiée.
e) L'Afrique devrait obtenir une allocation totale qui ne soit pas infé-
rieure à 40% du Fonds intérimaire de la science et de la technologie
pour le développement créé par l'Assemblée Générale dans sa résolu-
tion 34/218 pour la mise en oeuvre des projets soumis par le Fonds.
f) Les Etats membres devraient se consacrer à la participation effective
aux activités de l'Année Internationale pour les Handicapés, plus parti-
culièrement au symposium international qui sera tenu en juillet 1981

48
sur la coopération technique entre pays en développement et l'assis-
tance technique pour les personnes handicapées en tenant particulière-
ment compte de l'établissement et du renforcement d'un mécanisme
permettant l'application de la science et de la technique pour la fabrica-
tion des prototypes et nouveaux produits médicaux, éducatifs (général
et technique) grâce à l'utilisation des ressources et des compétences
techniques locales.

Au niveau national

Programme 1: La base nationale dans le domaine de la science et de la tech-


nique au service du développement
123. A la fin de la deuxième Décennie des Nations Unies pour le dévelop-
pement (1970-1979), la plupart des Etats membres ont pris de plus en plus
conscience du rôle de la science et de la technique dans le développement. Un
certain nombre d'institutions dans le domaine de la science et de la technique
ont été créées. Cependant, et malgré les efforts passés et présents, la plupart
des Etats membres ne disposent pas d'une capacité scientifique et technique
nationale suffisante et continuent par conséquent de dépendre du personnel
technique étranger pour l'exécution de leurs activités scientifiques et technolo-
giques. Les raisons pour lesquelles le développement de la base nationale dans
le domaine de la science et de la technique au service du développement reste
à certains égards insuffisant peuvent être attribuées à un certain nombre de
facteurs dont:
j) La persistance de l'ancien ordre économique international et de ses
incidences dans le domaine de la technologie.
L'inefficacité des mécanismes nationaux existants lorsqu'il s'agit de
favoriser le développement de la technologie endogène.
Les effets néfastes de la technologie étrangère importée.
L'imprécision de la politique de la science et de la technique et du con-
tenu de cette politique.
y) L'insuffisance de l'enseignement et des programmes d'enseignement
scientifique en matière de formation de personnel dans les secteurs
essentiels du développement et l'insuffisance des moyens matériels de
formation de ce personnel.
La dichotomie entre technologie rurale et technologie urbaine.
La structure des relations entre le secteur de la recherche-déve-
loppement et celui de la production nationale (en particulier, la per-
sistance de la faveur accordée à la recherche d'intérêt général et à
l'acquisition des connaissances dans des domaines non essentiels).

49
La mobilisation inefficace de la population en matière de transfert de
la science et de la technologie.
L'absence de mécanisme de réglementation des transferts de techno-
logie.
L'insuffisance des ressources financières consacrées à la science et à la
technologie.
Le faible degré de priorité accordé à la science et à la technologie, en
particulier dans la répartition des ressources financières nationales
disponibles.
124. Pour que la science et la technologie jouent un rôle efficace dans le
développement national, elles doivent être utilisées dans un cadre national et
d'une manière coordonnée avec les autres secteurs de l'économie.
125. 11 est par conséquent nécessaire de formuler pour la troisième Décen-
nie des Nations Unies pour le développement une nouvelle stratégie d'établis-
sement d'une base technique et scientifique nationale.

Elément 1.1 du Programme: Création par chaque Etat membre d'un «Cen-
tre» national de la science et de la technologie
au service du développement
126. Dans ce contexte, le mot «Centre» ne s'applique pas nécessairement
à une structure physique monolithique. Ce mot est utilisé comme «abrévia-
tion» pour tout organe ou mécanisme national dont la forme et la nature doi-
vent être déterminées par chaque Etat membre en tenant compte de la struc-
ture et du mode de fonctionnement de ses mécanismes gouvernementaux.
127. La caractéristique principale du «Centre» est qu'il devrait avoir des
relations effectives avec les entités suivantes et en recevoir des apports:
j) L'organisation de planification du développement.
Les institutions d'investissement et de financement.
Les institutions de recherche-développement.
Le système d'éducation et de formation.
y) Les entreprises publiques et privées.
Les mécanismes de la propriété industrielle, les services d'informa-
tions techniques et d'informations sur les brevets.
Les systèmes de normalisation et de contrôle de la qualité.
Les systèmes juridiques.
128. L'objectif global du «Centre» est d'aider le pays à réduire sa dépen-
dance technologique et à promouvoir son autonomie dans le domaine de la
technologie, en trouvant un équilibre favorable du point de vue socio-
économique entre les apports étrangers et les apports de la communauté scien-
tifique et technologique autochtone, apports utilisés par les secteurs nationaux

50
de la production et des services. Pour atteindre cet objectif, le «Centre»
devrait être capable:
de formuler une politique nationale explicite dans le domaine de la
science et de la technologie, qui sous-tende dans ce domaine la politique natio-
nale de développement socio-économique et qui définisse clairement la nature
et les sources des apports étrangers et endogènes nécessaires;

de contribuer à l'orientation et à l'utilisation maximale des apports


endogènes par les activités suivantes:
j) Lancement et contrôle de la politique nationale dans le domaine de la
science et de la technologie et élaboration de plans nationaux dans le
domaine de la science et de la technologie.
Organisation de programmes de formation de main-d'oeuvre en
matière d'élaboration et de planification des politiques scientifiques et
technologiques.
Lancement de programmes en matière de politiques scientifiques et
technologiques dans les domaines suivants:
- mise au point endogène de techniques, y compris la recherche-
développement;
- transfert de technologie;
- mise en valeur de ressources naturelles présentant un intérêt
capital;
- perfectionnement et utilisation de la main-d'oeuvre scientifique et
technologique;
- vulgarisation de la science et de la technologie;
- financement des activités scientifiques et technologiques.
Mise en place des éléments nécessaires au fonctionnement d'un
système scientifique et technologique d'ensemble (par exemple, éta-
blissements de recherche-développement, services d'informations
techniques, services de consultations, usines pilotes et zones expéri-
mentales, organismes de normalisation et de contrôle de la qualité).
y) Identification des besoins de l'ensemble des secteurs de l'économie
nationale du point de vue des biens, des services et des techniques,
besoins qui peuvent être satisfaits grâce à la contribution du système
scientifique et technologique national.
vi) Mise en place d'instruments d'action qui permettent d'encourager les
innovations locales et de rendre l'acquisition de la technologie plus
rapide et moins coûteuse, grâce à la programmation des activités inté-
grées et coordonnées des organismes nationaux scientifiques et tech-
nologiques et à la fourniture de stimulants.

51
vii) Encouragement de la production locale de technique, en relation
directe avec les secteurs de la conception et de la production, et de la
recherche-développement;
c) de contribuer à rationaliser et à réglementer les apports étrangers grâce
aux activités suivantes:
Identification des besoins de tous les secteurs de l'économie nationale,
du point de vue des biens, des services et des techniques dans la pro-
duction desquels entre une part d'apports étrangers.
Acquisition et analyse d'informations sur les différentes sources
de technologie pour les besoins des secteurs de la production et des
services.
Evaluation et sélection de techniques pour les secteurs de la produc-
tion et les secteurs des services.
Séparation des blocs de technologie importée en vue d'accroître pro-
gressivement la part de la technologie autochtone.
y) Encourager l'adaptation et l'absorption des techniques importées.
vi) Négociation d'accords de transfert de technologie, en assurant au
pays une position de force relative.

Programme 2: Mise en valeur des ressources humaines pour la science et la


technologie
La plus haute priorité devrait être accordée au développement des
ressources humaines en vue de la création d'une infrastructure scientifique et
technologique en matière de main-d'oeuvre, de connaissances théoriques et
pratiques, de capacités d'innovation et de production pour absorber et adap-
ter la technologie importée, d'une part, et pour développer au niveau local la
technologie aux fins d'identification, de prospection et d'exploitation des res-
sources naturelles et de transformation des matières premières en produits
finis et semi-finis, d'autre part; cela entraînerait une modification profonde
de l'orientation des programmes d'éducation et de formation au sein d'une
infrastructure sociale nouvelle, dans laquelle les établissements d'enseigne-
ment et les services de santé seraient accessibles à tous et dans laquelle le tra-
vail manuel aurait une valeur sociale élevée.
Au niveau élémentaire, les enseignants devraient disposer d'un maté-
riel pédagogique mettant en relief le rôle de la technologie dans la société
d'une manière simple et expérimentale. A ce niveau, une connaissance de
l'environnement rural et des techniques traditionnelles utilisées par les sociétés
africaines rurales, antérieures et actuelles, pour alléger leurs tâches, devrait

52
constituer une partie importante de l'instruction. Là encore, la méthode
«d'acquisition de connaissances par la pratique» utilisée pour le transfert des
qualifications et des connaissances devrait jouer un rôle important.
Lorsqu'il s'agit d'une formation spécialisée, il faut réorienter les pro-
grammes en vue de former des technologies et non simplement des ingénieurs
dans les disciplines «classiques». Pour ce faire, il faut mettre au point des
cours d'économie, de gestion, de technologie (par exemple sur l'histoire de
l'évolution de la technologie, l'impact de la technologie sur la société, la mise
au point et la diffusion des techniques) et de droit.
Il faut également prendre des mesures pour incorporer des éléments
du programme susmentionné dans les programmes d'enseignement de niveau
intermédiaire, là où le besoin s'en fait sentir de manière aigu, tout en accor-
dant une attention appropriée aux motivations des étudiants. Il faut mettre
l'accent sur les techniques de «dépannage».
En ce qui concerne l'amélioration des qualifications techniques des
chefs d'entreprise, il est nécessaire de s'intéresser aux pratiques en vigueur
dans le domaine de la formation de la main-d'oeuvre technique.
Il faut accorder la priorité la plus élevée à l'acquisition des connais-
sances par la pratique, dans le cadre du transfert des connaissances techniques
et à la «démonstration pratique» dans une situation concrète simulée, en vue
de former du personnel qualifié qui soit suffisamment polyvalent pour résou-
dre les problèmes relatifs aux études techniques dans le pays.

Elément 2.1 du Programme: Etudes des besoins en main-d'oeuvre


Il faudrait effectuer des enquêtes sur la main-d'oeuvre scientifique et
technique afin de déterminer les besoins dans tous les secteurs et la composi-
tion des besoins en main-d'oeuvre spécialisée qui devrait servir de base à leur
mise en valeur.

Elément 2.2 du Programme: Amélioration des qualifications techniques des


chefs d'entreprise
Il faudrait poursuivre les activités suivantes:
j) expansion et intensification de la formation technique dans le système
d'enseignement; méthode d'acquisition des connaissances par la
«pratique»;
introduction de cours de gestion dans les programmes classiques
de formation qui existent actuellement pour les ingénieurs et les
techniciens;
élargissement de la formation des ingénieurs afin de leur donner la
maîtrise des éléments pratiques de la technologie ainsi que des autres
aspects pertinents du processus technologique.

53
Elément 2.3 du Programme: Formation de la main-d'oeuvre dans certains
domaines techniques connaissant de graves
pénuries de main-d'oeuvre
Mise en oeuvre de programmes de formation dans les domaines tech-
niques où il existe de graves pénuries de main-d'oeuvre, tels que la technologie
de la production, la conception industrielle, le génie chimique et la métallurgie
ainsi que dans certains domaines importants pour l'élaboration, l'évaluation,
etc., des projets.

Elément 2.4 du Programme: Elaboration de programmes visant àformer et à


pousser un plus grand nombre de femmes aux
carrières scient fiques et techniques
Elément 2.5 du Programme: Mobilisation du potentiel de technologie adap-
tative dans le secteur traditionnel
Il existe en Afrique un volume considérable de technologie adapta-
tive et de créativité technique dans le secteur mécanique traditionnel.
Il faudrait élaborer des programmes visant à mobiliser ces capacités:
i) pour leur transfert dans les secteurs productifs; ii) pour la formation (en uti-
lisant la méthode d'«acquisition des connaissances par la pratique») de ceux
qui abandonnent leurs études en cours; et iii) pour la formation et l'orienta-
tion techniques de la population rurale en général et des femmes en particu-
lier, afin de leur permettre de résoudre les problèmes techniques qu'elles ren-
contrent quotidiennement dans leur milieu

Elément 2.6 du Programme: Vulgarisation de la science et de la technique


Des campagnes d'éducation des adultes dans le domaine de la science
et de la technologie devraient être organisées en utilisant, si possible, les lan-
gues nationales et en poursuivant comme objectif principal la participation
accrue des femmes des zones rurales à des programmes et à des projets de
technologie agricole et rurale (par exemple: la production, la conservation, le
stockage et l'utilisation des aliments, la nutrition, etc.); il faudrait également
utiliser au cours de ces campagnes la méthode d'acquisition des connaissances
par la pratique.

Elément 2.7 du Programme: Révision des programmes d'enseignement


Des campagnes de révision totale des programmes d'enseignement
devraient être entreprises en priorité par les Etats membres à tous les niveaux
du système éducatif en vue de mieux adapter l'enseignement et la formation
scientifique et technique aux besoins de développement particuliers à l'envi-
ronnement local africain. Les Etats membres devraient définir avec précision
les objectifs de cette révision en mettant en évidence la nécessité d'encourager
les valeurs culturelles traditionnelles ainsi que la compréhension des rouages

54
de la société rurale. Ceux qui sont chargés de réviser les programmes des cours
doivent avoir pour objectif, lorsque leurs suggestions sont appliquées et exé-
cutées, de parvenir à des produits humains ayant des qualifications et des con-
naissances qui les rendent socialement utiles, et qui leur permettent de trouver
un emploi indépendant ou d'être employés par d'autres personnes et de pou-
voir vivre et travailler en harmonie avec leur environnement. La première
phase de cette activité devrait être terminée au cours des deux prochaines
années, c'est-à-dire à la fin de 1981.
Elément 2.8 du Programme: Formation d'instructeurs scientifiques et tech-
niques
Il faudrait créer de nouvelles institutions et de nouveaux programmes
ou renforcer ceux qui existent en vue de former des enseignants et des institu-
teurs dans le domaine de la science et de la technique. Ces activités devraient
être permanentes.
Elément 2.9 du Programme: Arrêt de l'exode des compétences
Les Etats membres souffrent actuellement d'un exode important
résultant de la migration de main-d'oeuvre autochtone qualifiée au profit des
pays développés. Des mesures devraient être adoptées, en collaboration avec
la communauté internationale, pour définir les origines de ce problème et ren-
verser la tendance actuelle.
Dans le cadre des programmes susmentionnés de mise en valeur des
ressources humaines, une attention particulière devrait être accordée aux
besoins en personnel des secteurs suivants, dont on estime que le développe-
ment sera essentiel à court terme:
- matériaux de construction
- produits pharmaceutiques et engrais
- matériel de transports et de communications
- outils et matériel agricoles.

Programme 3: Développement des infrastructures pour une base scientifique


et technologique
La région africaine continue d'être en retard sur le plan technique
et tributaire des pays industrialisés surtout parce que de nombreux Etats
membres n'ont pas pris la plupart des mesures nécessaires pour parvenir à
l'autosuffisance.
Le Sommet prend note des graves conséquences qui imposent de
rompre d'urgence avec les modèles et concepts traditionnels et de s'éloigner
des structures économiques internes non fonctionnelles.
Ces structures ont besoin d'être repoussées et de nouvelles méthodes
conçues pour le genre de processus de développement que l'Afrique devrait

55
poursuivre dans les années 80: le succès de cette approche dépendra de la
volonté politique et de l'engagement dont les Etats membres sauront faire
preuve à cet effet.

Elément 3.1 du Programme: Développement et transfert de la technologie


Il faudrait accorder une attention spéciale au milieu socio-culturel de
la majorité de la population et essayer de satisfaire ses besoins par la promo-
tion de technologies traditionnelles, le cas échéant, le développement de nou-
velles technologies et l'adaptation des technologies importées. L'invention,
l'innovation et la diffusion devraient recevoir une priorité absolue dans ce
contexte. Les capacités scientifiques et technologiques existantes pourraient
avoir un marché, et un mécanisme quelconque permettant de transformer les
capacités en biens et services, pour satisfaire la demande, devrait être élaboré.
Les gouvernements devraient, dans les régions rurales, encourager un
développement équilibré de l'industrie rurale et de l'agriculture afin d'assurer
une demande pour les biens et services ruraux ainsi que pour les technologies
permettant de produire ces biens et services.
La promotion de la recherche-développement devrait être encouragée
dans ce domaine, par la création d'un milieu compétitif dans lequel les recher-
ches entreprises dans les universités et les autres institutions seraient orientées
vers les besoins du développement, et en particulier vers ceux identifiés dans
les zones rurales. Lorsque des inventions pertinentes voient le jour, les chefs
d'entreprises techniques peuvent les transformer en biens de production utiles,
fournissant ainsi un lien nécessaire entre l'innovation et la production.
Des mesures devraient être prises afin que le transfert de la technolo-
gie se fasse dans des conditions générales acceptables pour les pays bénéficiai-
res, et afin d'appuyer une stratégie autonome et indépendante de développe-
ment des capacités locales, scientifiques et technologiques. Les programmes
d'assistance technique et d'aide étrangère devraient être examinés avec soin
par les organismes existants afin de s'assurer que le pays profitera au maxi-
mum de ces programmes et qu'il en résultera un développement socio-
économique équilibré.
De tels organismes devraient réglementer les activités technologiques
et autres des sociétés transnationales dans les pays bénéficiaires, afin de garan-
tir qu'elles apportent une contribution positive dans des domaines tels que le
développement des capacités scientifiques et des technologies autochtones, la
création d'emplois locaux et le transfert des connaissances technologiques et
de gestion aux distributeurs et usagers locaux de biens d'équipement et autres
produits fabriqués par les filiales locales.
a) Il importe de faire des études pour:
i) Identifier les besoins technologiques de la majorité de la popu-
lation.

56
Comprendre le caractère des bénéficiaires locaux de la technolo-
gie, leur orientation et leurs préférences.
Comprendre comment la technologie influe sur le développement,
évolue et est diffusée dans la société ainsi que les techniques
d'adaptation de la technologie, etc.
Comprendre comment les sociétés transnationales opèrent, quel-
les sont leurs structures, leurs politiques et comment celles-ci
influent sur le processus de développement, afin de sensibiliser les
responsables aux sujets susmentionnés (des séminaires et des réu-
nions de travail devraient être organisés à cet effet).
Des politiques rationnelles sectorielles devraient être établies et des lois
promulguées afin de guider le développement et l'utilisation de la tech-
nologie locale et de réglementer le choix, l'écoulement, l'adaptation
et l'usage des technologies importées, les activités des sociétés trans-
nationales.
Des services nationaux devraient être créés ou renforcés pour donner
des conseils en ce qui concerne les choix de développement, le transfert
et l'adaptation de la technologie, et superviser et suivre la mise en
oeuvre des activités ayant trait à la technologie. Les résultats de l'étude
sur la main-d'oeuvre permettront de déterminer l'éventail des qualifica-
tions requises dans ces secteurs; des programmes de formation appro-
priés peuvent alors être conçus afin d'accroître les capacités de négocia-
tion et de renforcer les positions de négociation et aussi d'améliorer les
capacités dans le domaine de l'évaluation, de la dissociation, de l'ins-
tallation, du fonctionnement et de l'entretien de la technologie.
Des encouragements et des prix devraient être promis aux personnes
déposant des brevets d'invention ou proposant des innovations, ainsi
qu'aux personnes travaillant dans les institutions scientifiques et tech-
niques locales et les autres types d'institutions existantes dans l'indus-
trie, etc., et dont les travaux visent à satisfaire les besoins en développe-
ment de la population rurale et d'autres secteurs du développement
négligés.
Le personnel scientifique et technique local devrait être encouragé à
participer aux débats concernant les questions de développement et les
questions scientifiques et techniques, de façon à contribuer à une large
diffusion des réalisations technologiques.
Des registres des technologies importées, classés par secteur et par pos-
sibilités de remplacement à court, à moyen et à long termes devraient
être institués.
Les capacités de négociation nationales devraient être renforcées grâce
à des programmes intensifs de formation, mis en oeuvre avec l'assis-

57
tance de pays du tiers monde, d'organisations régionales telles que la
Commission économique pour l'Afrique, l'ONU et d'autres Organisa-
tions internationales, dans des domaines tels que:
Le code international de conduite pour le transfert de technologie.
Le code international de conduite concernant les sociétés trans-
nationales.
La révision de la convention de Paris sur la protection de la pro-
priété industrielle.
h) Les installations et les connaissances des institutions technologiques
régionales devraient être mises à profit en vue de concevoir une posi-
tion africaine commune dans les négociations avec les sociétés trans-
nationales.
Dans nombre de domaines mentionnés ci-dessus, les Etats membres
peuvent bénéficier de l'assistance de l'OUA et du système des Nations Unies et
des autres Organisations régionales et internationales.

Elément 3.2 du Programme: Acquisition, traitement et diffusion des infor-


mations technologiques
Le manque d'information est l'un des obstacles majeurs à la sélec-
tion, l'acquisition et l'utilisation de techniques appropriées. Une connaissance
du milieu local et du caractère et de l'orientation des cessionnaires est aussi
importante que l'information sur la technologie devant être fournie. On
devrait donc avoir soin de s'assurer que la technologie fournie correspond
bien aux besoins locaux identifiés. Un mécanisme devrait être créé et chargé
d'évaluer et de promouvoir l'acquisition et la diffusion d'informations con-
cernant l'éventail des technologies des procédés et des produits de remplace-
ment disponibles pour une application donnée. Les mesures suivantes sont
proposées:
a) Etablissement ou renforcement d'un centre national d'information
technologique qui s'occuperait de:
j) L'importation de la technologie:
Identification des filiales de sociétés étrangères dans la région et
ailleurs; compilation d'informations sur le fonctionnement des
sociétés transnationales et diffusion régulière de ces informations
auprès des milieux d'affaires; compilation de données sur les tech-
niques à faible coût et autres techniques adaptées, disponibles à
l'intérieur du pays ou dans d'autres pays et régions en développe-
ment; compilation de données sur les investissements étrangers,
les importations, les matières premières, les prix des produits sur
les marchés internationaux, les normes et les questions y relatives,
etc.

58
Données et statistiques sur les capacités technologiques et l'infras-
tructure locales:
Données sur les capacités locales, en vue d'obtenir, adapter ou
produire la technologie requise; informations sur les relations
entre la demande de biens et services et les efforts déployés en vue
de fournir une technologie appropriée (ainsi que les problèmes y
relatifs concernant la compréhension du caractère et de l'orienta-
tion des cessionnaires); information sur les centres susceptibles de
fournir des conseils et des informations techniques, sur les firmes
de consultation technique existantes; sur les organismes de nor-
malisation, etc.
Fourniture des services susmentionnés aux divers secteurs de
l'économie, mais en particulier aux secteurs productifs.
Organisation en commun entre les gouvernements africains et ceux de
pays du tiers monde de programmes de bourses d'études et/ou de per-
fectionnement destinés à des étudiants «en sciences et techniques»,
pour leur permettre de poursuivre leurs études ou de se rendre dans des
centres de mise au point de la technologie dans des pays tels que la
Chine, le Japon, l'Inde, la République de Corée, etc., afin d'acquérir
de l'expérience et de réunir des informations sur l'histoire de la mise au
point des techniques dans ces pays. Ces programmes devraient être pla-
nifiés par des groupes d'experts interdisciplinaires du tiers monde et
des pays africains participants en tant que programmes africains natio-
naux de formation intéressant les universités, les institutions de
recherche-développement, les institutions dans les domaines de l'indus-
trie, de la gestion et du commerce, etc.
Promotion de la création d'associations ou la consolidation de sociétés
et associations locales dans les domaines des sciences et des techniques.
Les centres nationaux d'informations techniques devraient établir ou
renforcer leurs liens avec d'autres centres régionaux similaires des pays
du tiers monde en vue de permettre la circulation et l'échange d'infor-
mations dans tous les domaines liés au développement socio-écono-
mique.
Réalisation, avec l'aide de la CEA, des institutions régionales, d'autres
institutions des pays du tiers monde, d'études sur les services de pro-
motion agricole et industrielle en vue d'améliorer l'infrastructure ser-
vant à la diffusion des informations techniques aux utilisateurs et au
retour des informations vers les centres de recherche-développement et
de production.
Soutien actif aux Organisations telles que l'ESARIPO et l'ESAPA-
DIC, l'OAPI, le CADIB et le PADIS, et renforcement de ces Organisa-
tions régionales africaines qui s'occupent de la documentation et des
informations concernant les brevets.

59
Elément 3.3 du Programme: Mise en place des institutions
Des institutions et/ou des arrangements institutionnels sont nécessai-
res pour le développement tant au niveau national que sectoriel de la technolo-
gie, la réglementation du transfert et de l'adaptation des techniques, la forma-
tion à différents niveaux de la main-d'oeuvre dans le domaine scientifique et
technique ainsi que le financement des activités de développement de la
science et de la technique.
Il faut une volonté politique considérable de la part des dirigeants,

qui doivent être fermement décidés à créer des institutions adéquates et à res-
tructurer et réorienter celles qui existent déj à afin de leur permettre de trouver
des solutions efficaces aux problèmes de développement.
Tous les Etats membres devraient créer, en vertu d'une loi, un organisme
d'orientation générale autonome sur le plan économique et administratif et
prévoir un mécanisme de financement permanent et de création d'autres sec-
tions dans le domaine de l'infrastructure scientifique et technique.
Elément 3.4 du Programme: Marchés
Les Etats membres doivent prendre des dispositions pour exploiter
collectivement les marchés en ce qui concerne les biens d'équipement et de
consommation et les services produits localement dans les pays du tiers monde
et les pays en développement.
Elément 3.5 du Programme: Coopération
Les Etats membres doivent créer un mécanisme pour promouvoir
la coopération bilatérale et/ou multilatérale entre les pays africains ou les pays
du tiers monde dans un effort délibéré pour promouvoir l'autonomie
collective.
Un tel mécanisme devrait permettre d'identifier les domaines d'inté-
rêt commun exigeant une action collective et d'utiliser pleinement les compé-
tences disponibles au sein des organisations régionales et internationales cha-
que fois que des conseils ou d'autres formes d'assistance sont requis.

Programme 4: Mise au point, amélioration et renforcement de la capacité de


production locale
Elément 4.1 du Programme
Les Etats membres devraient prendre des mesures spécifiques et pré-
cises en vue d'une utilisation pleine et entière de la capacité de production
locale dans les ateliers de construction ferroviaire et de construction de l'avia-
tion civile et dans les centres d'arts et métiers, etc., existant déjà dans certains
pays.
Ces mesures devraient aussi prévoir des orientations et des directives
quant à la création de nouveaux ateliers et insister sur la diversification de

60
leurs activités en vue de satisfaire les besoins en pièces de rechange, en outil-
lage agricole nécessaire pour la production dans divers secteurs.
Elément 4.2 du Programme: Mobilisation du potentiel de technologie locale
dans les secteurs structurés et non structurés
162. Les ateliers mentionnés ci-dessus devraient aussi servir de structures
de base pour promouvoir, renforcer et encourager les initiatives individuelles
dans le domaine de la technologie locale du secteur non structuré si l'on veut
qu'il en ressorte une amélioration et une augmentation de la production. En
outre, ces ateliers devraient servir, dans toute la mesure du possible, à donner
une formation professionnelle en cours d'emploi au personnel autochtone,
dans les divers secteurs de la production industrielle.

Programme 5: Promotion du développement rural


Elément 5.1 du Programme: Mise au point de technologie rurale peu coûteuse
163. L'une des caractéristiques communes des populations africaines est
leur forte concentration dans les zones rurales (environ 80% de la
population). Afin d'améliorer la qualité de la vie de ces populations rurales et
d'atténuer les besognes fastidieuses de leur existence, il est nécessaire de met-
tre au point et de diffuser des technologies rurales peu coûteuses.
164. Des moyens et des ressources particuliers devraient être consacrés:
A la mise au point de techniques peu coûteuses pour l'agriculture
rurale et la production industrielle, les transports, les communications
et autres activités devant être entreprises, dans toute la mesure du pos-
sible, dans les zones rurales.
A l'exploitation de sources d'énergie peu coûteuses, en particulier
l'énergie solaire, l'énergie éolienne, la biomasse, l'énergie hydraulique
et la géothermie.
A la création ou au renforcement, comme point de départ du dévelop-
pement industriel, de petites industries et entreprises «artisanales», ces
mesures étant associées à la promotion efficace des capacités de
recherche-développement dans le secteur de l'agriculture et le secteur
des petites industries.

Programme 6: Facteurs scientifiques et techniques requis pour l'activation


du secteur du développement
165. L'Afrique a adopté, pour la prochaine décennie, une stratégie du
développement comprenant les priorités suivantes:
réalisation de l'autosuffisance alimentaire;
mise en place d'une base industrielle solide;

61
intégration physique de la région par le développement des transports
et des communications;
développement des capacités requises pour permettre aux gouverne-
ments d'établir leur souveraineté sur leurs ressources naturelles;
y) établissement de relations équitables et mutuellement bénéfiques entre
les pays africains et le reste du monde;
vi) relèvement sensible de la part actuellement faible du commerce intra-
africain dans le commerce total de l'Afrique.
166. La stratégie africaine a en outre été, pour des raisons pratiques,
décomposée en domaines spécifiques qui méritent une attention immédiate et
spéciale durant la période quinquennale 1980-1985.
167. Les secteurs suivants, qui ont été identifiés comme domaines priori-
taires dans lesquels des mesures urgentes s'avèrent nécessaires, exigent
l'apport de facteurs scientifiques et techniques pour le développement et
l'activation des secteurs. On peut citer parmi les apports essentiels:
j) la recherche-développement;
la mise au point de technologies appropriées;
l'évaluation et la réglementation des technologies qui peuvent être
importées pour les besoins des secteurs;
le transfert des résultats des travaux de recherche et des blocs de tech-
nologie mis au point localement;
y) la mise au point des équipements indispensables et l'implantation
d'installations techniques;
vi) la formation scientifique et technique et le perfectionnement de la
main-d'oeuvre dans les différents secteurs, y compris la transforma-
tion, la production, l'entretien et la réparation ainsi que la formation
du personnel de service.

6.1. Alimentation et agriculture


168. En ce qui concerne l'alimentation et l'agriculture, des activités scien-
tifiques et techniques s'ayèrçnt nécessaires dans les domaines prioritaires
suivants:
- produits chimiques agricoles;
- semences améliorées;
- produits forestiers;
- outils et instruments agricoles;
- techniques de stockage et de traitement;
- technologie de l'irrigation;
- pêche.

62
Elément 6.1 j) du Programme: Création ou renforcement de mécanismes
nationaux
169. Il faut élaborer une politique et des instruments d'action pour le
développement de l'alimentation et de l'agriculture, en insistant sur le déve-
loppement intégré du secteur rural de l'économie, compte tenu, notamment:
de la mise en place d'une infrastructure institutionnelle pour la forma-
tion de la main-d'oeuvre nécessaire, en particulier la formation des
femmes, dans les secteurs prioritaires déterminés (voir éléments 2.1,
2.3 et 2.4 du Programme);
de la mise en place de canaux de communication appropriés entre les
secteurs suivants: agriculture, transports et communications, planifica-
tion industrielle, financement, main-d'oeuvre et emploi, recherche et
autres secteurs pertinents de l'économie;
de la création de mécanismes juridiques au niveau national, chargés de
réglementer l'utilisation des sols-et de promouvoir la coopération mul-
tinationale aux niveaux sous-régional et régional pour l'utilisation de
ces mécanismes nouvellement créés.
170. Ces politiques et instruments d'action devraient également prévoir les
activités suivantes:
- mise au point et amélioration des installations d'irrigation, y compris
la conservation et la gestion de l'eau;
- intensification de l'emploi d'outils manuels améliorés et des animaux
de trait et promotion de la culture mécanisée;
- transformation poussée jusqu'aux stades sinon finals, du moins secon-
daires, afin de promouvoir la substitution de produits alimentaires
locaux aux produits alimentaires importés;
- amélioration des installations de stockage afin de réduire les pertes pos-
térieures aux récoltes et de contribuer à la sécurité alimentaire;
- multiplication et distribution des variétés de semences et des espèces
animales à haut rendement;
- amélioration de la santé animale;
- développement de la pêche industrielle et productivité accrue de la
pêche traditionnelle;
- protection accrue des plantes.
6.2. Industrie
171. Les Ministres africains de l'industrie ont défini six domaines priori-
taires en matière d'apports scientifiques et techniques:
les industries alimentaires et les agro-industries;
les industries des matériaux de construction et du bâtiment;

63
les industries des métaux et des produits métalliques;
les industries mécaniques et des produits mécaniques;
y) les industries chimiques; et
vi) les industries des produits forestiers.
Le développement de ces industries appellerait des mesures devant permet-
tre à une industrie de biens d'équipement de produire du matériel de transport
et de communication, ainsi que des outils et du matériel agricoles, et de manu-
facturer des produits chimiques de base pour la production d'engrais et
l'industrie pharmaceutique, ainsi que des matériaux de construction essen-
tiels, des pièces détachées et des éléments pour les produits indiqués ci-dessus.
Elément 6.2 î) du Programme: Etablissement ou renforcement des mécanis-
mes nationaux d'élaboration de politiques et
d'instruments relatifs au secteur industriel
qui permettraient, notamment:
de promouvoir un développement rural intégré approprié et d'instaurer
des relations interindustrielles verticales à la fois entre les secteurs men-
tionnés plus haut et à l'intérieur de ces mêmes secteurs, les systèmes de
transports et de communications, les équipements de santé, les installa-
tions d'approvisionnement en eau et en énergie, le secteur financier, le
système d'éducation et de formation, le secteur de la recherche, les sec-
teurs de la main-d'oeuvre et de l'emploi et d'autres secteurs pertinents
de l'économie;
de mettre en place une infrastructure institutionnelle pour la formation
de la main-d'oeuvre requise à tous les niveaux, en particulier la forma-
tion des femmes, dans les domaines définis par les ministres africains
de l'industrie (voir en particulier les éléments 2.2, 2.4 et 2.5 du Pro-
gramme);
de mettre en place des mécanismes juridiques pour la réglementation
des importations de techniques, la promotion de la coopération régio-
nale et sous-régionale.
172. Ces mécanismes seraient appliqués dans les sous-secteurs suivants de
l'industrie: produits chimiques, métaux, industries mécaniques, sylviculture,
matériaux de construction et industrie du bâtiment, et rempliraient, notam-
ment, les fonctions suivantes:
évaluer les capacités disponibles dans tous les secteurs indiqués ci-
dessus et élaborer les programmes de formation professionnelle requis,
comme il est indiqué dans les éléments 2.2, 2.3 et 2.5 du Programme en
vue d'une exploitation rationnelle des ressources existantes;
évaluer le potentiel actuel dans le domaine des matières premières, les
moyens disponibles en matière de financement et de débouchés com-
merciaux et la production de biens de substitution des importations
pour les industries;

64
réaliser des études sur l'environnement au niveau local et sur la nature
et l'orientation des cessionnaires et des cédants, en particulier les socié-
tés transnationales, afin de veiller à ce que l'offre de techniques corres-
ponde à la demande (par exemple, création de petites industries) et
d'élaborer des politiques visant à réglementer les activités commercia-
les des sociétés transnationales;
réaliser des études sur les structures mises au point par d'autres pays du
tiers monde, en vue d'accroître les capacités scientifiques et techniques
dans les secteurs industriels indiqués plus haut par la conduite, à l'aide
des résultats obtenus, d'opérations pilotes visant à promouvoir un pm-
cessus d'industrialisation autonome;
examiner les moyens qui permettraient d'assurer le financement au
niveau local des activités scientifiques et techniques dans les sous-
secteurs industriels définis plus haut;
examiner les besoins structurels de façon à tirer le meilleur parti au
niveau national des institutions régionales s'intéressant au développe-
ment des divers secteurs.
Elément 6.2 ii) du Programme: Mise en place ou renforcement des institu-
tions nationales suivantes:
un organisme de consultation en ingénierie et gestion, apte à remplir les
fonctions suivantes: études de faisabilité, évaluation et conception de
projets, choix de matériel, évaluation de contrats, etc.;
un organisme de contrôle des normes et de la qualité;
e) mécanismes juridiques pour réglementer l'importation des techniques
et pour promouvoir la coopération régionale et sous-régionale.

6.3. Ressources naturelles (minéraux, eaux et forêts)


Etablissement ou renforcement d'un organisme national d'établissement
de politiques qui permettront de garantir l'existence de relations interindus-
trielles verticales appropriées entre ces secteurs et d'autres secteurs de l'écono-
mie, afin de promouvoir un développement rural intégré.
173. Cet organisme s'acquittera aussi des fonctions indiquées ci-après:
Elément 6.3 i) du Programme: Secteur des ressources minérales
a) inventaire des ressources minérales (à la fois terrestres et marines) au
moyen de travaux de prospection et de cartographie géologiques et
minérales;

65
prospection, évaluation, extraction et commercialisation des miné-
raux;
négociation d'accords à des conditions satisfaisantes avec des gouver-
nements étrangers ou des sociétés transnationales pour la réalisation
des activités indiquées ci-dessus;
fourniture de matériel et formation, en diversité et en qualité, du per-
sonnel requis, compte tenu des éléments 2.2, 2.3 et 2.5 du Programme.

Elément 6.3 ii) du Programme: Secteur des ressources en eau


établissement d'un inventaire des ressources en eau de surface et en eau
souterraine;
mise au point de techniques spéciales pour la gestion des ressources en
eau, c'est-à-dire rassemblement des données sur les ressources en eau
disponibles et leur qualité, prévision de la demande dans diverses zones
rurales et mise au point et utilisation de techniques de récupération et
de recyclage;
mise au point de techniques pour le captage des eaux rurales, l'approvi-
sionnement en eau pour l'irrigation (par exemple, pompes à main et
autres dispositifs), le traitement des eaux polluées, de l'eau de mer et
des eaux saumâtres et l'élimination des eaux usées;
négociation d'accords de transfert de techniques pour les activités indi-
quées ci-dessus, si nécessaire, mais à des conditions favorables au pays
bénéficiaire.

Elément 6.3 iii) du Programme: Secteur des ressources forestières


établissement d'un inventaire des ressources forestières;
introduction de nouvelles espèces en vue d'une productivité accrue
grâce à des techniques de croisement et de fertilisation;
promotion de la recherche autochtone et étude d'espèces locales dans
certaines zones écologiques;
mise au point des techniques d'utilisation de la main-d'oeuvre appro-
priées et fabrication de matériel pour le défrichage, la plantation, le
débitage et le traitement de rondins de toutes dimensions;
mise au point de techniques de stockage et de préservation des produits
forestiers;
mise au point de techniques appropriées de traitement ou de gestion des
forêts, par l'intermédiaire du système de sylviculture le plus approprié;
formation de la main-d'oeuvre et diffusion d'informations sur la ges-
tion et l'exploitation des forêts.

66
6.4. Ressources en énergie

Elément 6.4 du Programme: Création ou renforcement d'un mécanisme


national,
chargé d'élaborer des politiques garantissant l'existence de relations inter-
industrielles verticales appropriées entre lç secteur de l'énergie et les autres
secteurs de l'économie en vue de promouvoir un développement rural intégré
et de s'acquitter des fonctions suivantes:
établissement d'un répertoire exhaustif des ressources en énergie
(terrestres et marines), grâce à des techniques relevant de la géologie,
de la géophysique, de l'aéronautique. etc., et évaluation du potentiel
énergétique;
évaluation périodique de la structure de la demande et de l'offre s 'agis-
sant de la consommation des ménages ruraux et des secteurs de l'agri-
culture, de l'industrie et des transports, de façon à mettre au point de
nouvelles techniques énergétiques, et planification des futures formes
de gestion;
mise au point de structures efficaces pour la distribution d'énergie;
rassemblement, analyse, évaluation, catalogage et diffusion d'infor-
mations, par divers moyens, sur les techniques disponibles au niveau
local et sur les marchés étrangers pour la mise en valeur de sources
d'énergie nouvelles et renouvelables;
arrangements concernant la formation de main-d'oeuvre à tous les
niveaux, une attention particulière étant accordée à la formation de
main-d'oeuvre relevant des éléments de programme 2.2, 2.3 et 2.5;
arrangements concernant la mise en place d'installations de recherche-
développement et de production pour la production d'énergie à partir
de déchets et la mise au point de techniques de stockage ou de conser-
vation de l'énergie;
mise en place de structures pour la négociation, si nécessaire, d'accords
de transfert de techniques en vue de la réalisation de diverses activités
se rapportant à la mise en valeur des ressources en énergie;
examen de structures qui permettraient de tirer le meilleur parti possi-
ble des institutions régionales et sous-régionales.

6.5 Transports et communications

Elément 6.5 i) du Programme: Appui scientifique et technologique à la mise


en oeuvre du Programme de la Décennie des
Nations Unies pour les Transports et les
Communications

67
6.6 Santé et hygiène

Elément 6.6 1) du Programme: Etablissement ou renforcement d'organis-


mes nationaux chargés d'élaborer des politi-
ques, compte tenu notamment des éléments
suivants:

La nécessité de fournir des soins de santé à la communauté dans son


ensemble et en particulier aux fractions les plus pauvres de la popula-
tion, dans le contexte du développement rural intégré.
La mise au point de techniques répondant à des critères environnemen-
taux et culturels appropriés, de façon à permettre la fabrication à un
faible coût (c'est-à-dire à partir de matériaux locaux) d'équipements et
de médicaments choisis, une attention particulière devant être accordée
à l'acquisition de renseignements concernant les problèmes urgents de
soins de santé et à l'échange régulier d'informations avec d'autres
pays.
L'évaluation des besoins en personnel et en établissements dans le con-
texte du développement rural intégré.
L'établissement de relations appropriées avec les autres secteurs essen-
tiels de l'économie.

174. De telles institutions seraient chargées, notamment, des activités


suivantes:
d'élaborer la réglementation juridique requise;
de réaliser des études intensives (recherche-développement) sur l'effica-
cité de plantes médicinales pour le traitement de diverses maladies
transmissibles et établissement d'un catalogue; une attention particu-
lière devrait être accordée à l'identification des ressources végétales à
usage médical;
de sélectionner judicieusement un personnel de niveau intermédiaire,
dont la formation relèverait des éléments du programme 2.2 et 2.3 et
qui travaillerait avec des chercheurs en milieu universitaire et hospita-
lier, l'objectif final étant de produire du matériel sanitaire à un faible
coût;
d'intégrer la médecine traditionnelle aux structures de la médecine
moderne, en particulier dans les zones rurales, initier les praticiens de
la médecine traditionnelle aux techniques sanitaires de base dans divers
domaines @ar exemple, planification de la famille, prophylaxie, den-
rées alimentaires disponibles dans les zones rurales et possédant une
haute valeur nutritionnelle) et d'appuyer les activités de recherche-
développement dans ce secteur;

68
créer des établissements de formation de personnel paramédical et
infirmier aux niveaux requis et/ou renforcement des établissements
existants;
de coordonner le rassemblement, l'analyse, l'évaluation, le classement
et la diffusion des renseignements pertinents sur la santé obtenus de
sources locales et étrangères;
d'étendre et d'améliorer les installations et les services médicaux et
infirmiers dans les zones urbaines et rurales.

6.7. Habitation et développement urbain


175. Dans ce domaine, il faudrait accorder une attention soutenue à la
mise au point des spécifications (par exemple, les besoins en matière de cons-
truction de bâtiments en ce qui concerne certains matériaux et certaines
méthodes) et aux règlements d'exécution (critères de conception et d'ingénie-
rie) (voir l'élément 6.2 j) du Programme concernant l'industrie des matériaux
de construction).
Elément 6.7 i) du Programme: Création ou renforcement d'un organe
national ayant pour tâche:
de mettre au point un système national cohérent de codes et de normes
ainsi que des techniques et des procédés, etc., à des fins de vérification
et de contrôle de la qualité;
de promouvoir la construction de logements par les habitants eux-
mêmes en leur fournissant des manuels et des codes sur la conception et
les normes, etc., pour construire des unités d'habitation simples dans
les zones urbaines et rurales;
de prendre des dispositions pour faire installer des équipements collec-
tifs, et en particulier l'eau, les réseaux d'assainissement, la voirie;
de prendre des mesures pour promouvoir l'architecture tropicale et pla-
nifier et concevoir des habitations urbaines et rurales;
d'examiner les structures éventuelles devant être établies au niveau
national en vue d'utiliser au mieux les institutions sous-régionales,
régionales et internationales.

6.8. Environnement
Elément 6.8 i) du Programme: Institution de mécanismes en vue d'évaluer
l'incidence des activités de développement
sur l'environnement et de l'atténuer
176. Ces mécanismes couvriront les activités de tous les secteurs mention-
nés précédemment en vue d'atténuer ou même de supprimer leurs effets nocifs
sur la biosphère. Il faudrait par exemple:

69
Mettre au point des techniques en vue de gérer et d'utiliser correcte-
ment les forêts et les pâturages de façon à empêcher que les terres ne
souffrent de l'érosion des sols et des vents.
Prendre des dispositions pour la formation du personnel et la diffusion
de renseignements sur les moyens d'améliorer l'environnement.
Mettre au point des méthodes d'exploitation rationnelle des ressources
naturelles, de façon à prévenir la pollution de l'air et de l'eau.

Elément 6.8 ii) du Programme: Introduction de mesures pour soutenir la


recherche aux niveaux national, sous-
régional et régional en vue de créer des
réseaux destinés à surveiller et à prévoir long-
temps à l'avance les catastrophes naturelles,
afin de pouvoir prendre en temps voulu des
mesures préventives et des mesures de pré-
caution appropriées au niveau national

Elément 6.8 iii) du Programme: Création ou renforcement d'un organisme


national de lutte contre la sécheresse et la
désertification, en particulier grâce:
à la planification et à la gestion d'une utilisation rationnelle des res-
sources en terres, en eau et en forêts, dans le cadre de la campagne de
lutte contre la désertification;
à la mise en valeur d'autres sources d'énergie afin de réduire l'exploita-
tion du bois et du charbon en tant que principales sources d'énergie;
à la mise au point de méthodes novatrices de lutte contre la sécheresse
et la désertification;
à la mise au point du système favorisant les échanges d'informations
scientifiques et techniques dans ces domaines.
177. Il peut être nécessaire dans certains de ces secteurs, préalablement à
la présentation de propositions concernant la nature de l'infrastructure et des
autres moyens requis pour un plan d'action d'ensemble, de:
j) Réunir un groupe de travail d'experts chargé de délimiter les domai-
nes d'action prioritaires et d'élaborer un programme de missions sur
le terrain.
ii) Détacher des missions sur le terrain, chargées de rassembler des infor-
mations sur la situation concernant la recherche-développement et les
établissements de production, la main-d'oeuvre, les éléments techno-
logiques, etc., requis pour intensifier les activités dans les secteurs
prioritaires.

70
Convoquer une réunion d'experts qui examinerait le rapport des mis-
sions et ferait des propositions détaillées pour un plan d'action pro-
gressif aux niveaux national et régional.
Convoquer une réunion intergouvernementale qui ratifierait les
propositions.
Des projets de cette nature peuvent être entrepris par l'OUA ou la
CEA ou par d'autres organisations régionales.

Programme 7: Mobilisation de fonds pour la science et la technologie


Les Etats membres devraient s'attacher à améliorer les mécanismes
de financement existants et à en créer de nouveaux au niveau national, en vue
d'accroître les ressources mises au service du développement de leur capacité
scientifique et technologique et de la mise en oeuvre du programme d'action
pour l'Afrique et afin d'assurer un financement sûr et continu.
Afin de prouver leur volonté et leur engagement politiques, les Etats
membres sont instamment invités à augmenter, au cours de la prochaine
décennie, leur contribution au développement de la science et de la technique
dans leurs pays jusqu'à concurrence de 1 o de leur PIB. Cet objectif pourrait
être atteint notamment par l'application des mesures suivantes:
Elément 7.1 du Programme: Etablissement d'un organisme national de
financement du développement scientifique et
technique
Etablissement d'un organisme de financement du développement
scientifique et technique, chargé de financer les activités scientifiques et tech-
niques et d'accroître les capacités techniques des secteurs pertinents de
l'économie.
Les ressources d c.t organisme pourraient être accrues grâce à:
j) L'augmentation des a1loat1ons budgétaires destinées à la science et à
la technique.
L'allocation d'un certain pourcentage des taxes in'1irectes içrçues sur
les produits d'importation aux activités de recherche-développement
afin de produire sur place des biens équivalents et d'utiliser les res-
sources locales.
L'institution d'un impôt sur le revenu ou le chiffre d'affaires brut
des principales entreprises publiques et privées du secteur de la
production.
L'obligation faite par les gouvernements à toutes les sociétés et entre-
prises à participation étrangère de consacrer un pourcentage fixe (à
déterminer au niveau national) de leurs dépenses totales à des activités
de recherche-développement menées, avec l'approbation des pouvoirs

71
publics, dans ces entreprises mêmes. A défaut, les sociétés devraient
contribuer pour un montant équivalent à l'organisme national de
financement du développement scientifique et technique.
L'agence nationale pour le développement de la science et de la tech-
nique devrait coopérer dans ce domaine avec l'organisme de financement du
développement scientifique et technique. L'une de ces institutions fixera les
priorités de financement, tandis que l'autre affectera les crédits voulus aux
établissements de recherche-développement.

Aux niveaux sous-régional et régional

Elément 8.1 du Programme: Appui aux activités des institutions techniques


intergouvernementales à l'échelon régional et
sous-régional
Plusieurs institutions techniques, régionales et sous-régionales, ont
été créées à la suite de décisions prises par les Etats membres des pays de la
région africaine. Des ressources appropriées devraient être fournies par les
Etats membres et, dans la mesure du possible, par d'autres sources internatio-
nales afin que ces institutions atteignent un niveau maximum d'activité.
L'OUA et la CEA devraient fournir les moyens de coordonner les activités de
ces institutions, à la fois entre les institutions elles-mêmes et avec les Etats
membres. Ces derniers devraient instituer des centres de liaison afin d'assurer
des liaisons efficaces avec les institutions et la CEA en vue d'utiliser pleine-
ment les services de ces institutions.
Voici, à titre d'exemple, une liste de ces institutions:
j) Le Centre régional africain de technologie (Dakar, Sénégal).
Le Centre régional africain de conception et de fabrication industriel-
les (Ibadan, Nigéria).
L'Institut supérieur africain de formation et de recherche techniques
(Nairobi, Kenya).
L'Organisation de la propriété industrielle pour l'Afrique anglophone
(Nairobi, Kenya).
y) L'OAPI (Yaoundé, Cameroun).
Le Centre de mise en valeur des ressources minérales d'Afrique de
l'Est (Dodoma, Tanzanie).
L'Organisation régionale africaine de normalisation.
Le Conseil africain de la télédétection et les centres qui en dépendent
(Ouagadougou, Kinshasa, Le Caire, Ile-Ife, Nairobi).
Le Centre régional de formation aux techniques des levés aériens (11e-
Ife, Nairobi).

72
x) Le Centre régional de services spécialisés dans les levés et les cartes
(Nairobi, Kenya).
La création du Centre de mise en valeur des ressources minérales de
l'Afrique Centrale et du Centre régional de recherche de mise en valeur pour
l'énergie solaire est plus ou moins avancée.
Le succès de ces institutions intergouvernementales dépend en grande
partie des contributions financières fournies par les Etats membres.
Les gouvernements sont invités à prendre des mesures pour assurer le
versement régulIer de leurs contributions aux intervalles convenus, afin que les
institutions puissent mener à bien la tâche que les gouvernements eux-mêmes
leur ont assignée, qui consiste à stimuler le développement et le progrès de
l'Afrique.
La création d'institutions constitue un moyen stratégique et tactique
important pour garantir le progrès coordonné des systèmes socio-
économiques. Les gouvernements africains devraient donc collaborer, chaque
fois que nécessaire, à l'établissement de mécanismes institutionnels dans des
domaines nouveaux du développement scientifique et technique.
Elément 8.1 i) du Programme: Collaboration bilatérale et multilatérale en
matière de science et de technique
Les Etats membres devraient, chaque fois qu'il est possible, collabo-
rer à l'identification et à la mise en application d'éléments du Programme
d'Action pour l'Afrique, ce qui leur permettrait de renforcer encore leurs
capacités scientifiques et techniques.
Elément 8.2 1) du Programme: Réalisation d'études de faisabilité pour l'Elé-
ment 8.2 j) du Programme: Création de
sociétés multinationales d'enseignement
L'histoire du développement technologique de pays comme le Japon,
la Chine, l'Inde, la République de Corée, le Mexique et le Brésil est riche
d'enseignements et devrait servir d'émulation pour l'Afrique.
En particulier, on recommande d'étudier l'institutionnalisation pla-
nifiée de l'apprentissage par la pratique. Il faudrait établir l'équivalent pour
les industries mécaniques des hôpitaux universitaires, dans un premier temps
au niveau sous-régional.
Elément 8.2 ii) du Programme: Création d'instituts / associations sous-
régionaux de consultation technique
L'Afrique dépend toujours énormément d'organismes de consulta-
tion extérieurs pour la planification et l'élaboration de projets de développe-
ment, y compris les études de faisabilité, l'élaboration et l'évaluation des pro-
jets, la conception des projets et la surveillance de leur exécution.
Il existe quelques organismes autochtones de consultants, mais il est
nécessaire de les renforcer et d'accroître leurs moyens.

73
Grâce à la coopération sur les plans sous-régional et régional, il fau-
dra créer des institutions/associations de consultants techniques locaux au
niveau sous-régional en vue d'aider à la création et au renforcement d'organis-
mes nationaux de consultants et de s'occuper de projets multinationaux et, si
besoin est, de projets nationaux complexes.

Elément 8.2 iii) du Programme: Création de Centres supérieurs de formation


et de recherche

Elément 8.3 du Programme: Elaboration de Programmes d'échanges pour la


formation des femmes en vue d'améliorer leurs
connaissances professionnelles
Il y a des sous-régions de l'Afrique réputées pour leurs connaissances
traditionnelles qui sont très évoluées dans les domaines du tissage, de la tein-
ture, de la fabrication locale de jouets et de l'artisanat en général.
Les programmes d'échanges de connaissances et d'expériences entre
les femmes qualifiées dans ces domaines devraient être élaborés au niveau
sous-régional, par les agences spécialisées de l'OUA et par l'intermédiaire des
MULPOCs de la CEA, afin d'importer les connaissances traditionnelles d'une
sous-région à une autre et par là-même de les répandre dans toute l'Afrique.
Elément 8.4 du Programme: Financement régional
Il faudrait faire des efforts particuliers pour assurer le financement
approprié des activités de développement scientifique et technique au niveau
régional. Les institutions suivantes devraient apporter leur contribution dans
ce domaine:
La Banque Africaine de Développement (BAD) devrait, dans l'esprit
de la Déclaration africaine sur la coopération, le développement et
l'indépendance économique, consacrer au moins la moitié de ses res-
sources destinées aux programmes à des projets multinationaux et
également affecter un certain pourcentage de ses ressources au finan-
cement de projets dans le domaine de la science et de la technique au
cours de la période 1980/2000.
La Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique
(BADEA) devrait consacrer au moins un tiers de ses ressources à des
projets multinationaux et un certain pourcentage au financement de
projèts dans le domaine de la science et de la technique au cours de la
période 1980/2000.
Les Banques régionales de développement devraient contribuer à
l'accroissement de la capacité régionale dans les domaines de la con-
sultation, de l'ingénierie, de la conception et de la construction, grâce
à l'exploitation optimale du potentiel existant dans la région.

74
iv) L'OUA et la CEA devraient faire appel à des organismes internatio-
naux de financement et de développement, au PNUD, au Système de
financement des Nations Unies pour la science et la technique au ser-
vice du développement qui a été créé récemment, et à d'autres institu-
tions internationales de financement en vue de financer des projets à
l'échelon régional au cours de la période 1980/2000 qui contribuent
surtout à renforcer les capacités scientifiques et techniques.

Niveau international

Elément 9.1 du Programme: Assistance Financière et Technique


Parmi les groupements régionaux des pays du monde qui forment les
pays en développement (le Groupe des 77), c'est l'Afrique qui est le plus vaste
si l'on considère le nombre des pays qui la composent, c'est elle qui comprend
le plus grand nombre de pays les moins avancés et c'est elle encore qui est la
plus en retard et la plus désavantagée dans le domaine de la science et de la
technique au service du développement. L'Afrique doit donc faire l'objet
d'une attention soutenue et immédiate en ce qui concerne les sommes allouées
et dépensées par le Fonds intérimaire pour la science et la technique, au service
du développement pendant les deux années d'activité de ce Fonds administré
par le PNUD.
Les Etats membres devraient demander une allocation totale qui ne
soit pas inférieure à 40% du Fonds pour exécuter des projets visant à déve-
lopper leurs capacités scientifiques et techniques.
Ci-dessous sont indiquées les propositions relatives à cette allocation:
j) assistance aux pays en vue d'élaborer et d'exécuter les projets décrits
dans l'élément 1.1 du Programme;
assistance aux pays en vue d'élaborer et d'exécuter les projets décrits
dans les éléments 2.2 et 2.5 du Programme;
assistance aux pays en vue d'élaborer et d'exécuter les projets décrits
dans les éléments 2.3 et 2.4 du Programme;
assistance aux pays en vue d'élaborer et d'exécuter les projets décrits
dans l'élément 5.1 du Programme;
y) en vue d'une assistance préparatoire du PNUD et des grands projets
réalisés avec la collaboration des organismes d'exécution appropriés
décrits dans l'élément 6.1 i) 6.8 iii) du Programme;
en vue d'une assistance préparatoire du PNUD et des grands projets
réalisés avec la collaboration des organismes d'exécution appropriés
décrits dans l'élément 8.1 du Programme;
assistance préparatoire pour la création de complexes industriels;

75
assistance préparatoire pour la création d'institutions ou d'associa-
tions sous-régionales décrites dans l'élément 8.2 ii) du Programme;
pour l'élaboration et la mise en application par l'intermédiaire des
organismes et institutions spécialisées de L'OUA et des MULPOCs de
la CEA, de programmes d'échanges d'expérience entre les femmes
qualifiées qui ont été décrits dans l'élément 8.3 du Programme.
Les Etats membres devraient unir leurs efforts à ceux d'autres pays
du tiers monde pour modifier la structure des organismes de financement
internationaux pertinents en vue d'établir un meilleur équilibre et de mieux
répartir le pouvoir au sein de ces organismes. Il convient d'exiger que l'Afri-
que soit adéquatement représentée au niveau de la prise de décisions dans le
système de financement des Nations Unies pour la science et la technologie au
service du développement qui vient d'être créé.
Les Etats membres devraient fournir un appui actif et participer aux
efforts visant à établir une banque du tiers monde pour la science et la techni-
que au service du développement.

Autres sources de financement

j) Les Etats membres sont priés de continuer à rechercher de plus en plus


de fonds auprès des organismes régionaux et internationaux de finan-
cement qui ont déjà financé des projets de développement, tels la
BIRD, la Banque Mondiale et le FIDA. Il faudrait s'effôrcer d'exécu-
ter surtout des projets multinationaux ou des projets fondés sur la col-
laboration d'Etats membres ou bien d'Etats membres et d'autres pays
du tiers monde.
ii) Il convient de créer de nouveaux fonds régionaux pour la science et la
technique et de renforcer ceux qui existent, comme le Fonds spécial de
l'UNESCO pour les projets de recherche-développement en Afrique,
et le Fonds du développement industriel de l'ONUDI.

76
CHAPITRE VI

Transports et communications

Historique
Les Etats membres ont toujours reconnu que les transports et les
communications étaient l'un des secteurs les plus importants, dont le dévelop-
pement dépendait non seulement de la croissance dans d'autres secteurs, mais
également de l'intégration socio-économique de l'Afrique et de la promotion
du commerce intra et extra-africain.
En raison de l'importance toute particulière du secteur des transports
et des communications pour l'économie de l'Afrique, on a adopté, lors de la
Conférence des Ministres de la Commission économique pour l'Afrique en
mars 1977, une résolution en vue de la proclamation d'une Décennie pour les
transports et les communications. Cette résolution a été approuvée en premier
lieu par le Conseil économique et social, puis par l'Assemblée Générale de
l'Organisation des Nations Unies qui, en conséquence, a proclamé la «Décen-
nie pour les transports et les communications en Afrique (1978-1988)». Cette
résolution a été ensuite adoptée par la Conférence au Sommet des Chefs
d'Etat et de Gouvernement de l'OUA à Monrovia en juillet 1979.

Stratégie générale
Les principaux objectifs de la stratégie pour la Décennie, tels qu'ils
ont été définis lors de la Conférence des Ministres des Transports, des Com-
munications et de la Planification de la CEA en mai 1979, sont les suivants:
Les Etats membres doivent s'employer à:
promouvoir l'intégration des infrastructures dans le domaine des trans-
ports et des communications en vue d'augmenter les échanges intra-
africains;
assurer la coordination entre les différents systèmes de transport en vue
d'accroître leur efficacité;

77
e) ouvrir l'accès aux pays enclavés et aux régions isolées;
harmoniser les réglementations nationales et réduire au minimum les
obstacles matériels et non matériels en vue de faciliter la circulation des
personnes et des biens;
encourager l'utilisation de ressources matérielles et humaines locales,
la normalisation des réseaux et de l'équipement, la recherche et la pro-
pagation de techniques adaptées à l'Afrique en ce qui concerne la cons-
truction des infrastructures pour les transports et les communications;
t) promouvoir l'industrie africaine dans le domaine de l'équipement pour
les transports et les communications; et
g) mobiliser des ressources techniques et financières, au cours de la
Décennie, en vue de promouvoir l'expansion et la modernisation des
infrastructures pour les transports et les communications en Afrique.
208. Ces objectifs doivent être atteints grâce à l'exécution des projets clas-
sés selon le potentiel qu'ils offrent pour résoudre les problèmes rencontrés
dans 1es transports et les communications en Afrique:
a) i) projets régionaux
projets sous-régionaux
projets nationaux ayant des incidences régionales ou sous-
régionales;
b) projets en faveur des pays les moins avancés, enclavés, insulaires, nou-
vellement indépendants, des Etats de première ligne et autres pays
d'Afrique australe dirigés par la majorité;
e) projets intéressant plusieurs pays.
209. Lors du Sommet, il a été décidé d'exécuter le programme de la
Décennie en deux phases.

Phase I: 1980-1983
- continuer l'exécution des projets en cours de réalisation;
- exécuter les projets qui ont déjà été identifiés et étudiés et qui n'atten-
dent que leur financement;
- déterminer les études de faisabilité et les études économiques d'autres
projets et rechercher des sources de financement.

Phase II: 1984-1988


- continuer l'exécution des projets commencés pendant la première
phase;
- financer et exécuter les nouveaux projets;
- financer et identifier d'autres projets nouveaux.

78
Mécanisme de mise en oeuvre de la Décennie
Afin d'assurer une mise en oeuvre convenable et réussie de la Décen-
nie, des mécanismes de coordination et de surveillance ont été mis en place aux
niveaux régional et sous-régional. Ces mécanismes fonctionneront de con-
cours avec les structures nationales existantes ou prévues.
Au niveau régional, c'est la Commission économique pour l'Afrique
(CEA) qui a été désignée, lors de l'Assemblée générale de l'Organisation des
Nations Unies, en tant «qu'institution directrice» ayant la responsabilité
générale de tout le programme de la Décennie, y compris la coordination de
l'exécution dudit programme à tous les niveaux et l'aide en vue de la mobilisa-
tion des ressources nécessaires.
Pour mener à bien cette tâche, la CEA fera appel à la coopération de
toutes les organisations des Nations Unies concernées, de l'OUA et des orga-
nisations régionales africaines dans le domaine des transports et des communi-
cations grâce à un Comité de coordination inter-institutions.
Toujours au niveau régional, une Conférence des Ministres africains
chargés des transports et des communications sera convoquée tous les deux
ans, afin de suivre l'exécution du programme de la Décennie et de définir les
moyens de mobiliser les ressources nécessaires.
Au niveau sous-régional, la CEA a établi en 1977 des centres multi-
nationaux de programmation et d'exécution de projets (MULPOCs) dans cinq
sous-régions de l'Afrique (Afrique de l'Est et Afrique australe, Afrique de
l'Ouest, Afrique Centrale, Afrique du Nord, Communauté des Grands Lacs).
Ces MULPOCs serviront à coordonner l'exécution du programme de la
Décennie du niveau sous-régional.
Dans chaque MULPOC, les Ministres des Transports et des Commu-
nications respectifs examineront tous les ans la mise en application des projets
retenus pour la Décennie.

Le programme de la première phase


Afin de contribuer au succès de la Décennie des Nations Unies pour
les transports et les communications en Afrique, la CEA a eu la responsabilité
de définir le travail de base pour la première phase du programme, c'est-à-dire
identifier les projets pour les différents sous-secteurs des transports et des
communications.
Ensuite, ces projets ont été examinés et approuvés lors de la Confé-
rence des Ministres des Transports, des Communications et de la Planification
qui s'est tenue à Addis Abéba en mai 1979.
Puis l'ensemble des projets et leur coût ont été publiés dans deux
volumes intitulés: «Stratégie globale et plan d'action - Première phase (1980-
1983)».

79
Le Volume I comporte une analyse de l'état actuel des différents
modes de transports et moyens de communications en Afrique et on s'est
efforcé d'y formuler les recommandations spécifiques sur la base desquelles
les projets ont été identifiés.
Le Volume II comprend une description technique de chacun de ces
projets ainsi qu'une estimation de leurs avantages et de leur coût. Ce dernier
volume est, en fait, divisé en 12 tomes correspondants aux 12 sous-secteurs des
transports et des communications qui ont été analysés.
Le nombre des projets prêts à être exécutés au cours de la première
phase est de 450 pour les transports et de 100 pour les communications.
Le coût des 550 projets qui sônt prêts à être exécutés et celui des étu-
des relatives aux 221 projets restants s'élève à 8,85 milliards de dollars des
Etats-Unis, répartis dans les différents sous-secteurs comme il est indiqué au
tableau suivant (en millions de dollars des Etats-Unis).

A. Projets relatifs aux transports


En millions de $EU
I. Routes et transports
routiers (ROP) 1 796,19 20
II. Chemins de fer et transports
ferroviaires (RAP) 3 223,10 36,5
III. Transports maritimes (SHP) 320,04 4
IV. Ports maritimes (HAP) 2 240,76 25
V. Transports aériens (AIP) 632,74 7
VI. Transports par voies d'eau
intérieures (INP) 86,20 1

VII. Transports multimodaux (MMP) 43,15 0,5


Total partiel 8 342,19 94

B. Projets relatifs aux communications


VIII. Télécommunications (TEP) 223,48 2,5
IX. Communications par satellite (SAP) 0,38 -
X. Radiocommunications (radio et
télévision) (BRP) 169,41 2
XI. Main-d'oeuvre et formation pour
les télécommunications (MNP) 76,13 1

XII. Services postaux (POP) 44,35 0,5


Total partiel 513,75 6
Total général 8 855,94 100

80
Examen des projets retenus, secteur par secteur
La majorité des projets retenus lors de la Conférence des ministres
concernent les objectifs spécifiques relatifs aux principaux problèmes rencon-
trés dans les modes de transports ou les moyens de communications.

Routes et transports routiers


Les projets de ce sous-secteur ont pour objectif de promouvoir la
jonction des réseaux nationaux avec ceux des pays voisins. La plupart d'entre
eux concernent la route transafricaine prévue (ses voies principales et ses rou-
tes de desserte) qui doit, par la suite, servir de réseau efficace pour le transport
des personnes et des biens, ce qui facilitera les échanges et les communications
à l'intérieur et entre les Etats membres.

Chemins de fer et transports ferroviaires


Ces projets doivent permettre d'augmenter l'efficacité des services
ferroviaires actuels. Ils comprennent la remise en état des voies actuelles
d'acquisition de nouveau matériel roulant et des programmes de formation à
tous les niveaux en vue d'améliorer les techniques d'exploitation et de gestion.

Transports maritimes
Les Etats membres ne se sont intéressés que depuis peu de temps aux
transports maritimes. Ils ont besoin d'une assistance technique pour mettre au
point les différentes activités nécessaires en vue d'améliorer les transports
maritimes.
En outre, on a approuvé un vaste programme de formation de la
main-d'oeuvre grâce à la création de deux écoles navales régionales et de collè-
ges nautiques nationaux.

Ports maritimes
Il est nécessaire d'entreprendre un vaste programme de remise en état
des ports africains et d'acquisition d'équipement moderne, afin de répondre
aux besoins d'un trafic croissant.
Les projets portuaires ont été choisis à cet effet. De plus, dans plu-
sieurs projets identifiés, on a souligné l'importance de la formation pour tou-
tes les catégories de personnel portuaire.

81
Transports aériens
Le développement de l'infrastructure du transport aérien en Afrique
exige que l'on améliore et fournisse les services que nécessitent les Etats afri-
cains pour satisfaire aux normes minimales requises pour la mise en opération
des avions clés dans cette région.
La majorité des projets retenus concerne l'agrandissement et la
modernisation des aéroports.
On a souligné l'importance des projets de formation et recommandé
la création de quelques écoles régionales.
On a également tenu compte de projets d'assistance technique pré-
voyant la constitution d'équipes spéciales devant entreprendre des missions
consultatives ad hoc et des activités d'étude permettant de promouvoir une
meilleure intégration des transports aériens sur le continent.

Transports par voies d'eau intérieures


Les projets retenus sont soit des études pour déterminer la navigabi-
lité potentielle des rivières et des lacs africains, soit des investissements en
faveur des projets en cours (par exemple la création d'écoles de navigation flu-
viale, la remise en état des ports, l'acquisition d'embarcations).

Transports multimodaux
Parmi ces projets, le plus important est l'étude en vue de déterminer
la portée d'un Institut des transports et les conditions de sa création.

Télécommunications
Les projets du sous-secteur des télécommunications comprennent en
premier lieu la poursuite de la mise en place du Réseau panafricain de télécom-
munications (PANAFTBL) en ce qui concerne les itinéraires qui ont déj à été
étudiés et, en second lieu, l'étude d'itinéraires supplémentaires.
D'autres projets concernent l'amélioration de la gestion dans le
domaine des télécommunications, les systèmes d'exploitation et d'entretien
ainsi que la création de télécommunications rurales.

Communications par satellite


Les Etats membres souhaitent mettre en place un système régional
de communications par satellite pour l'Afrique pour compléter le système
PANAFTEL.
Pour atteindre cet objectif, on a prévu une étude de faisabilité sur un
système de satellite régional ainsi que des séminaires et des stages sur les com-
munications par satellite au cours de la première phase.

82
Radiocommunications
Les projets retenus concernent la mise en place et l'amélioration
d'Instituts de formation pour les radiocommunications, le perfectionnement
de la main-d'oeuvre, la fourniture et l'expansion d'installations de radiocom-
munications dans les zones rurales et les échanges de programmes.

Services postaux
Les projets approuvés prévoient notamment la formation du person-
nel, la mise en place de centres de tri postal et de centres régionaux de transit,
le développement des services postaux ruraux, l'extension des services de chè-
ques postaux, de caisse d'épargne postale et la création d'ateliers de fabrica-
tion de matériel postal.

Formation et perfectionnement de la main-d'oeuvre dans le domaine des


télécommunications
Il est important de disposer de personnel qualifié dans les domaines
de l'exploitation et de la gestion pour avoir des systèmes de communications
efficaces. Au cours de la première phase, il sera nécessaire de créer des centres
de formation aux niveaux national et sous-régional pour les divers domaines
des télécommunications et d'organiser des séminaires et des stages à orienta-
tion spécifique.

Impact escompté de I'UNTACDA sur la situation alimentaire en Afrique,


le développement agricole et industriel, l'exploitation de ses ressources natu-
relles en coopération entre Etats membres
Si le programme d'action de la Décennie, la stratégie à suivre pour sa
mise en oeuvre ont pour objectif de favoriser et d'instaurer ou de rétablir les
courants d'échange de biens, d'informations et de personnes entre pays afri-
cains, ils sont en fait à la base de la politique du continent et qui vise pour
l'essentiel dans le domaine économique:
- l'autosuffisance alimentaire,
- l'industrialisation,
- l'exploitation de ses ressources naturelles, notamment minéralogiques.
Cette politique, pour être efficace, ne peut manquer de prendre en
considération la complémentarité potentielle entre pays et zones indépendam-
ment des frontières, impliquant une étroite coopération entre producteurs et
consommateurs et naturellement existence et création de réseaux de transports
et de communications interconnectés, ce que précisément 1'UNTACDA se
propose de concrétiser.

83
Dans les pays industrialisés qui se sont développés harmonieusement
au fil des siècles, les phénomènes économiques, agricoles, industriels ont tout
naturellement engendré les infrastructures de transports et de communications
en leur insufflant l'impulsion en rapport avec leurs besoins et leurs impératifs.
Il n'en est pas de même de l'Afrique, continent qui doit rattraper un retard
considérable dans tous les domaines pour se porter au diapason des pays déve-
loppés. Ce ne sont pas ses industries embryonnaires rapidement dépassées par
des technologies en constant progrès et ses efforts dans les domaines agricole,
forestier, minier qui peuvent à la fois, au rythme où va le monde, satisfaire à
leur propre équilibre et dégager les ressources nécessaires à créer, développer,
voire maintenir cet outil essentiel à leur expansion que constituent les trans-
ports et communications. Cet outil se place ici en amont du développement,
les immenses potentialités du continent se prêtent alors à une exploitation
rationnelle avec quelque chance de plein épanouissement.

La Conférence pour les annonces de contributions


Après que les ninistres africains eurent donc approuvé ce pro-
gramme et afin de préparer la Conférence pour les annonces de contributions
que devait convoquer le Secrétaire général des Nations Unies, la CEA a pris
l'initiative:
- le 31 juillet 1979, d'une rencontre avec les Ambassadeurs des pays
industrialisés accrédités auprès du Gouvernement éthiopien;
- début septembre, d'une réunion avec les responsables de CEE/FED et
du groupe ACP à Bruxelles, lequel a pris à cet effet une résolution;
- courant septembre et jusqu'à début octobre, dans la foulée des réu-
nions de Bruxelles, des missions de sensibilisation ont été envoyées
auprès des pays industrialisés et institutions de financement pour leur
expliquer la genèse, les objectifs et les perspectives de la mise en oeuvre
de la Décennie, le programme des actions et investissements à entre-
prendre et pour stimuler leur intérêt pour une aide accrue à l'Afrique
en vue du financement de ce programme;
- à New York, avant la Conférence pour les annonces de contributions,
d'une réunion du Comité inter-institutions de coordination (12 novem-
bre 1979) et d'une «pre-pledging» (13 novembre 1979).
La Conférence pour les annonces de contributions du 20 novembre
1979 s'est traduite par:
a) des apports fermes, provenant exclusivement des pays africains, d'un
montant de 155 588 dollars des Etats-Unis;

84
b) l'annonce de contributions au développement des transports et com-
munications en Afrique sous forme d'aide bilatérale par quelques pays
industrialisés, le Nigéria (pour son propre programme) et plusieurs ins-
titutions internationales de financement porte sur un programme
d'environ 6,3 milliards de dollars des Etats-Unis.
248. L'Assemblée Générale des Nations Unies avait désigné la CEA
comme «organisme directeur» de la Décennie des transports et communica-
tions en Afrique et, pour ce faire, la CEA en collaboration avec l'OUA doit
jouer pleinement le rôle qui lui revient, à savoir un rôle de coordonnateur,
d'animateur et de catalyseur. Elles doivent aussi préparer régulièrement le
rapport sur l'exécution du programme de la Décennie, et prendre dès à présent
les dispositions pour la préparation du programme de la deuxième phase, et
pour ce faire des moyens doivent être mis à leur disposition. Les pays africains
et les bailleurs de fonds doivent leur permettre de jouer le rôle qui leur a été
assigné:
l'un des rôles essentiels de la CEA en collaboration avec l'OUA sera de
veiller à ce que les pays africains, à qui il appartient l'initiative de la
Décennie et qui ont établi, voire approuvé le programme, lui accordent
la première priorité, et qu'ils l'inscrivent effectivement dans leurs plans
nationaux de développement;
les pays donateurs et les institutions de financement ayant marqué leurs
préférences pour les actions bilatérales, les Etats africains doivent
prendre l'initiative d'introduire auprès des différentes sources de finan-
cement des projets retenus pour la première phase, arriver aussi à un
consensus entre pays concernés pour des projets d'intérêt sous-régional
et régional pour ce qui est de leur financement et de leur exécution; et
qu'ils permettent à l'OUA et à la CEA de participer à toute consulta-
tion entre tout Etat africain et tout pays ou organisme donateur sur les
projets relatifs aux transports et communications;
pour permetttre à la CEA de préparer des rapports sur l'exécution du
programme de la Décennie, rapport à soumettre respectivement à
l'ECOSOC et à la Conférence au Sommet des Chefs d'Etat et de Gou-
vernement de l'OUA, les pays africains et les bailleurs de fonds doivent
fournir à la CEA les informations nécessaires dans la forme que celle-ci
fixera;
dans le but de mobiliser les ressources financières nécessaires pour la
réalisation des projets autres que nationaux et pour les études spécifi-
ques, il y a nécessité de tenir, sous l'égide de la CEA, des réunions tech-
niques consultatives avec des groupes des pays donateurs et des institu-
tions de financement sur des programmes spécifiques, cela avec la par-
ticipation des gouvernements, des institutions du système des Nations
Unies, de l'OUA et d'autres organisations intergouvernementales afri-
caines concernées;

85
afin de participer positivement à l'exécution du programme de la
Décennie, il serait souhaitable que les pays africains examinent la pos-
sibilité de dégager une partie du budget sur leurs propres ressources
nationales et sur les aides extérieures;
il est souhaitable de tenir le plus rapidement possible et, si nécessaire,
avant les Sommets des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'OUA, la
réunion du Comité inter-agences de la Décennie.

86
CHAPITRE VII

Questions commerciales et financières

A. QUESTIONS COMMERCIALES
Commerce intérieur
249. Une attention particulière devrait être accordée au commerce inté-
rieur et à l'amélioration des conditions dans lesquelles ce commerce a lieu
actuellement, de telle manière qu'il puisse apporter une contribution optimale
au développement socio-économique des Etats membres. A cette fin, des
mesures devraient être prises, le cas échéant, afin de:
promouvoir le commerce intérieur au niveau national en tenant compte
en particulier des potentialités du marché rural;
rationaliser les circuits de distribution afin, en particulier, de réduire au
maximum le nombre des intermédiaires et d'assurer le contrôle de ces
circuits par le biais d'entreprises nationales privées ou publiques ou de
ces deux à la fois;
maintenir un équilibre entre les investissements dans le secteur du com-
merce intérieur et les investissements dans les secteurs productifs de
telle sorte que la croissance du premier n'entrave pas celle des seconds.

Développement du commerce intra-africain


250. En ce qui concerne le développement du commerce intra-africain qui
doit constituer l'élément essentiel de la stratégie actuelle, il est proposé les
mesures ci-après:
i) Réduction ou élimination des barrières commerciales
a) Les pays intéressés devraient engager entre eux dès que possible et au
plus tard en décembre 1984, dans le cadre de leurs MULPOCs respec-
tifs situés à Gisenye, à Yaoundé et à Tanger, des négociations en vue
d'établir des zones d'échanges préférentiels appropriées ou d'autres

87
institutions semblables; la création d'une zone d'échanges préférentiels
pour les Etats d'Afrique du Nord devant recevoir la priorité voulue.
Des négociations entre les sous-régions devraient commencer au plus
tard en 1985, en vue de réduire progressivement et d'éliminer finale-
ment les barrières commerciales existant entre lesdites sous-régions, en
prévision de la création de zones d'échanges préférentiels ou d'autres
institutions semblables à la fin de 1984.
Les groupements existants ayant pour objet l'intégration économique,
et qui ont franchi le stade des accords instituant des zones d'échanges
préférentiels devraient bénéficier d'une aide leur permettant de parve-
nir à des accords favorisant entre eux une coopération plus étroite.
Au cours du processus de réduction et d'élimination finale des barriè-
res commerciales, on devrait mettre un accent particulier sur les échan-
ges de produits essentiels, tout en veillant à ce qu'aucun pays ne tire un
avantage indu de la mise en oeuvre des mesures de libération.
Les Etats membres devraient s'efforcer d'éliminer, d'ici à l'an 1990,
tous les obstacles au commerce qui aboutissent à la limitation de leurs
échanges réciproques.
Les Etats membres devraient s'accorder mutuellement, le plus tôt pos-
sible, le bénéfice de la clause de la nation la plus favorisée dans le cadre
de leurs échanges intra-régionaux.
Tous les droits de douane appliqués par les pays membres dans le cadre
des échanges intra-africains des produits vivriers de base (céréales,
café, légumineuses, sucre, viande, maïs, poisson, graines oléagineuses,
riz, sorgho, thé, huiles végétales, etc.), devraient être réduits à compter
de décembre 1984 au plus tard, et un mécanisme régional pour négo-
cier, tous les deux ans, de nouvelles réductions de ces droits devrait être
créé.
Tous les produits alimentaires originaires des Etats membres devraient
être dispensés de l'application des barrières non tarifaires réglementai-
res en vigueur à partir de janvier 1982, sauf pour ce qui est de la régle-
mentation sanitaire.
ii) Mécanismes et mesures en vue de faciliter et développer le commerce
a) Pour limiter l'usage des monnaies étrangères et promouvoir les échan-
ges intra-africains, l'OUA, la CEA et les autres organisations compé-
tentes devraient entreprendre, le plus tôt possible, des études sur l'offre
et la demande des principaux produits constitutifs des échanges intra-
africains, en vue d'aider les gouvernements à mettre au point des arran-
gements dans le domaine des échanges des produits agricoles et non
agricoles aux niveaux sous-régional et régional avant la fin de 1985.

88
Les pays africains devraient s'efforcer de créer au plus tard à la fin de
1983 des organismes spécialisés dans la commercialisation de leurs
principaux produits d'exportation et d'importation, l'objectif final
étant de créer, pour chaque produit principal, avant la fin de 1985, des
conseils sous-régionaux et régionaux d'acheteurs et de vendeurs.
Des études devraient être faites par la CEA, l'OUA et les autres organi-
sations compétentes et des mesures devraient être prises en vue de créer
des moyens adéquats de stockage et de çonservation des produits ali-
mentaires aux niveaux national et sous-régional, au plus tard à lafin de
1984.
Au niveau sous-régional, des associations de sociétés commerciales
d'Etat, appelées à devenir l'Association régionale africaine des sociétés
commerciales d'Etat, devraient être créées, au plus tard, à la fin de
1985, qui harmonisera leurs politiques et procédures, et se chargera de
grouper les importations de produits clés qui leur sont destinés.
Les gouvernements devraient encourager et faciliter la création de
chambres de commerce nationales (là oi elles font défaut) y compris
les sociétés commerciales privées ou d'Etat, en vue de promouvoir des
associations sous-régionales partout où il n'en existe pas encore et con-
venir de s'efforcer de mettre en place, au plus tard en 1985, une fédéra-
tion africaine de chambres de commerce.
Etant donné la nécessité de prQmouvoir leur commerce extérieur en
général et leur commerce intra-africain en particulier, tous les pays, qui
n'en disposent pas encore, devraient s'employer à créer des conseils de
promotion des échanges, qui s'occuperaient de mettre en place des cen-
tres en associations sous-régionales et de renforcer les activités de
l'Association des organisations africaines de promotion commerciale.
Les pays devraient s'efforcer, afin d'abaisser le coût des actions à
entreprendre dans le domaine de la promotion des échanges, de mettre
en place, par l'intermédiaire des associations sous-régionales et de
l'Association des organisations africaines de promotion commerciale,
des services communs d'études de marché, de diffusion d'informations
commerciales et de formation d'experts en promotion du commerce
extérieur.
Les Etats membres devraient s'efforcer d'implanter sur leurs territoires
les maillons de chaînes de leurs activités industrielles se trouvant actuel-
lement hors d'Afrique, afin de mieux exploiter les potentialités du
commerce intra-africain.
j) Les pays africains devraient créer des banques de données sur le com-
merce aux niveaux sous-régional et régional.
j) Les pays intéressés devraient se doter le plus tôt possible d'organismes
nationaux de normalisation.

89
k) La composition de l'Organisation régionale africaine de normalisation
(ORAN) (qui compte pour l'instant 19 pays), devrait être élargie, de
façon à représenter tous les pays africains, avant la fin de 1982.
L'ORAN devrait être chargée de définir des normes africaines pour
tous les produits intéressant le commerce intra-africain. La CEA four-
nirait au besoin les conseils et l'assistance nécessaires.
1) Des foires commerciales et des campagnes publicitaires devraient être
organisées au moins une fois par an aux échelons national, sous-
régional et régional; une attention particulière devrait être accordée à
la diffusion de renseignements sur la qualité des produits africains. A
cet égard, l'ORAN devrait faire fonctionner un projet régional
d'homologation du marquage des produits africains en vue de certifier
la qualité des produits et de les promouvoir. Une campagne perma-
nente intitulée «Achetez les produits africains» devrait également être
lancée avec tous les moyens voulus sous l'égide de l'OUA et de la CEA
dans le cadre des foires commerciales pan-africaines, à partir de la pro-
chaine foire qui se tiendra en 1980. Afin de promouvoir les produits
africains, la participation à ces foires devrait être limitée aux seuls pays
africains.
Les Etats membres devraient identifier les produits dont la consomma-
tion est la plus forte dans les zones rurales, en vue de promouvoir leur
production à grande échelle et la vente de ces produits dans le cadre des
échanges intra-africains.
La CEA et l'OUA devraient entreprendre des études sur le commerce
frontalier dans la région afin d'examiner dans quelle mesure il est sus-
ceptible d'apporter une contribution optimale au développement socio-
économique du continent.
Les pays africains devraient explorer et exploiter toutes les possibilités
de transformer les matières premières locales en vue de leur commer-
cialisation dans la région de l'Afrique.
Les pays africains devraient prendre toutes les mesures appropriées (y
compris l'organisation de foires commerciales et de campagnes) pour
promouvoir aux échelons régional et sous-régional le commerce des
produits consommés dans les zones rurales.
Les pays africains devraient créer des entreprises de distribution là où il
n'en existe pas, avec les installations de stockage nécessaires, pour les
principaux produits entrant dans le circuit des échanges intra-africains
aux niveaux national et sous-régional.
Les pays africains devraient créer des entreprises multinationales afri-
caines de transport et des centres de fret dans toutes les sous-régions,
avant la fin de 1985, et un traitement préférentiel approprié devrait leur

90
être accordé, en ce qui concerne le commerce des produits à l'échelon
intra-africain.
s) Les pays africains devraient collaborer en outre à la création et à l'amé-
lioration de réseaux de transports et de communications communs; ils
devraient par ailleurs offrir des facilités en matière d'assurance aux
commerçants autochtones, afin que l'acheminement des marchandises
soit plus rapide et plus efficace et que celles-ci soient préservées en
cours de transport.
iii) Création de sociétés multinationales de production et d'entreprises con-
jointes africaines
Il est proposé:
Qu'étant donné le potentiel considérable qui existe pour le développe-
ment des échanges à l'intérieur de la région africaine, on accorde la
priorité aux investissements dans les secteurs productifs, comme pre-
mière étape vers l'expansion des échanges intra-africains.
D'encourager la coopération dans le domaine du traitement des
matières premières locales, en créant des sociétés multinationales ou
conjointes.
Que les pays concluent des accords à long terme d'achats et de fourni-
tures aux fins de promouvoir le commerce entre eux.
iv) Création d'un Marché Commun Africain
Les mesures ci-dessus mentionnées, y compris celles concernant la mise sur
pied d'arrangements sous-régionaux et le renforcement de ceux qui existent
déjà, sont censées préparer la voie vers la création d'un Marché Commun
Africain.

Commerce international
251. Des mesures doivent être prises pour diversifier aussi bien sur le plan
géographique que structurel les systèmes actuels du commerce en Afrique. Ces
mesures doivent comprendre:
a) Exploration et exploitation des possibilités dans le domaine du com-
merce et de la coopération économique avec les autres régions et pays
en développement. Le Sommet a pris acte de l'adoption de la proposi-
tion concernant l'instauration d'un système généralisé des préférences
commerciales entre pays en développement, proposition adoptée par la
réunion inter-régionale de la CEPD tenue à Genève en mars/avril 1980.
La création par les réunions inter-régionales d'un Comité sur le
système généralisé des préférences commerciales implique que l'Afri-
que doit être suffisamment préparée pour les négociations. Les Secréta-
riats de l'Organisation de l'Unité Africaine et de la Commission Eco-

91
fornique pour l'Afrique sont donc appelés à fournir le soutien logisti-
que nécessaire à la participation de l'Afrique aux négociations sur le
SOCP entre pays en développement.
La promotion et le développement du commerce et de la coopération
économique avec les pays développés à économie planifiée en tenant
compte du droit des Etats membres de déterminer leurs propres politi-
ques dans ce domaine.
Contrôle du commerce extérieur par les structures nationales, que ce
soit par l'intervention de I'Etat ou par le biais de sociétés locales, pri-
vées ou de ces deux manières à la fois.
Etablissement d'un nouveau cadre d'échanges commerciaux au niveau
international, y compris la conclusion d'accords sur de nouveaux prin-
cipes et règles gouvernant, entre autres, les ajustements structurels, les
traitements préférentiels consentis aux pays en développement ainsi
que l'élimination des mesures protectionnistes destinées à entraver
l'accès des produits manufacturés et semi-manufacturés en provenance
des pays en développement sur les marchés des pays développés.
Réglementation du fonctionnement des sociétés transnationales dans la
région afin, en particulier, d'éliminer toutes les formes de pratiques
commerciales restrictives ainsi que de contrôler la fixation des prix de
transfert.
D'ici l'an 2000 la part de l'Afrique dans la production industrielle
mondiale devrait atteindre 2% et des efforts devraient être faits pour
accroître la part de la région dans le commerce mondial des produits
manufacturés dans le cadre de l'objectif de 30% qui a été fixé pour
l'ensemble des pays en développement.

B. QUESTIONS FINANCIÈRES
252. Au niveau national, de nouvelles politiques monétaires devraient être
élaborées, là où elles se révèlent appropriées, et devraient porter notamment
sur les points suivants:
Restructuration et réorientation complète des programmes et des poli-
tiques des institutions monétaires et financières importées en Afrique
(c'est-à-dire les banques centrales, les banques commerciales, etc.) afin
de mieux les intégrer dans les objectifs de développement de chaque
pays.
Les Etats membres doivent veiller à ce que les fonds financiers disponi-
bles soient rationnellement utilisés en prenant des mesures appropriées
de lutte contre le gaspillage des ressources financières sous toutes ses
formes.

92
On devrait encourager les banques commerciales nationales et d'autres
institutions financières appropriées à consentir des prêts, y compris des
prêts à court terme, aux exportateurs de produits entrant dans le com-
merce intra-africain.
Intégration du secteur monétaire dit moderne (urbain, d'importation et
d'exportation) au reste de l'économie.
Création de mécanismes institutionnels orientés vers la mobilisation
des ressources financières internes, en particulier sous la forme d'épar-
gne nationale.
253. Au niveau sous-régional, on propose que les mesures suivantes soient
prises:
que chaque sous-région étudie les accords de coopération financière
qui existent entre Etats membres en vue de les fondre en un système
multilatéral sous-régional de compensation et de paiement, au plus
tard à la fin de 1984;
que, dans le cas des sous-régions où il n'existe pas encore d'accords de
paiements institutionnels, les Etats membres entament les négociations
à la fois sur des accords de compensation et de paiements, et sur la
création de zones d'échanges préférentiels, et à la fin de 1984 au plus
tard;
qu'après la conclusion d'arrangements de compensation et de paie-
ments institutionnels au niveau de toutes les sous-régions, les Etats
membres entament des négociations en vue de relier entre eux ces
arrangements sous la forme d'une Union africaine de paiements avant
la fin de la présente décennie;
que des institutions de financement de développement soient créées
dans toutes les sous-régions desservies par les différents MULPOCs, au
plus tard à la fin de 1984;
prendre des mesures coordonnées concernant la création de marchés
financiers aux niveaux national, sous-régional et régional;
l'Association des Banques Centrales Africaines doit, en coopération
avec les Banques Centrales des Caraïbes et du Pacifique, le Secrétaire
Général de l'OUA et le Coordonnateur du Projet, conformément aux
recommandations de l'ONU, prendre les mesures utiles pour la réalisa-
tion de la Banque du Commerce Extérieur et d'Investissement des Pays
ACP.
254. Au niveau régional, on propose que les mesures suivantes soient
prises:
a) que les moyens financiers de la Banque Africaine de Développement
soient renforcés afin qu'elle puisse fournir une plus grande assistance
aux pays africains et en particulier aux moins avancés de la région;

93
b) qu'un Fonds monétaire 'africain soit établi;
e) qu'un Fonds africain de garantie mutuelle et de solidarité soit créé.
255. Au niveau international, les Etats membres devraient:
intensifier leurs efforts en vue de la reprise des négociations interna-
tionales sur une réforme fondamentale du système monétaire inter-
national;
prendre les mesures nécessaires en vue de parvenir à l'établissement
d'un cadre financier international adéquat pour soutenir leurs efforts
de développement;
lancer un appel aux pays industrialisés et aux institutions financières
internationales pour accroître et améliorer considérablement l'assis-
tance et l'aide financières accordées à l'Afrique.

C. PARTICIPATION AUX NÉGOCIATIONS INTERNATIONALES


256. Les mesures suivantes devraient être prises:
Il est urgent que les Etats membres prennent des mesures nécessaires
pour accroître leur participation effective aux négociations économi-
ques internationales.
Une approche intégrée des négociations internationales devrait être
adoptée afin d'assurer aux pays africains le maximum d'avantages pos-
sible. Toutes les mesures proposées dans différents domaines de négo-
ciation devraient être cohérentes entre elles et compatibles dans un
cadre global pour l'ensemble des négociations concernant l'instaura-
tion d'un nouvel ordre économique en Afrique et à l'échelle mondiale.
Les Etats membres devraient prendre des mesures pour établir des
structures adéquates en vue de la formation de hauts fonctionnaires
qualifiés dans le domaine des relations et des négociations économi-
ques internationales.
Tous les Etats membres devraient mettre en place des structures et
mécanismes appropriés pour surveiller l'application et le respect des
accords et arrangements réalisés par des négociations internationales.
Des mesures devraient être prises pour créer, à l'échelon national, sous-
régional et régional, un mécanisme permanent d'information, de con-
sultation et de coordination concernant ces négociations.
257. Au niveau régional, on rappelle que le Comité ministériel sur l'éva-
luation des progrès réalisés dans le domaine des questions commerciales et
financières internationales, dont la création a été décidée par la conférence des
Ministres africains du commerce à sa sixième session, aura les responsabilités
suivantes:

94
Suivre la mise en application de la stratégie africaine dans le domaine
des questions commerciales et financières internationales (y compris les
questions commerciales et financières intra-africaines) faisant partie
intégrante de la stratégie globale de développement pour l'Afrique.
Coordonner, harmoniser et définir la position des pays africains à
l'égard des problèmes relatifs aux questions commerciales et financiè-
res internationales dans le cadre du développement.
Examiner régulièrement les progrès réalisés en ce qui concerne la mise
en application des accords multilatéraux conclus entre les pays afri-
cains et le reste du monde dans le domaine des questions commerciales
et financières internationales.

95
CHAPITRE VIII

Mesures destinées à la mise en place


et au renforcement
de la coopération économique et technique
y compris la création d'institutions nouvelles
et le renforcement de celles déj à existantes

On s'est avisé très tôt de la nécessité de créer des institutions suscepti-


bles d'aider les Etats membres à développçr collectivement les moyens et
infrastructures indispensables pour assurer leur développement économique et
social, qu'ils n'étaient pas en mesure de créer individuellement en raison de
leur pauvreté. Au nombre des premières institutions de ce type créées par la
CEA figurent la Banque Africaine de Développement (BAD), l'Association
des banques centrales africaines et l'Institut africain de développement écono-
mique et de planification (IDEP). La BAD, dont tous les Etats africains indé-
pendants sont membres, est devenue, après des débuts plutôt difficiles, un
outil utile en matière de développement; la Banque a diversifié ses activités
et ses ressources. Toutefois, d'autres institutions n'ont pas connu le même
succès.
Les diverses institutions créées, à la demande des gouvernements
africains, dans des domaines tels que les ressources naturelles, la science et la
technologie, le commerce, l'industrie, la formation, les ressources humaines,
les transports et les communications ont toutes subi le contrecoup de l'absence
de suivi dans l'exécution des décisions politiques. Cette absence d'un suivi réel
s'exprime de diverses façons; le plus souvent, après avoir insisté pour qu'une
institution soit créée, nombre de gouvernements africains, y compris ceux qui
ont approuvé le document juridique portant création de l'institution, s'abs-
tiennent d'en devenir membres ou, lorsqu'ils le deviennent, négligent de lui
apporter le soutien financier et matériel nécessaire. Il s'ensuit une paralysie de
l'institution et un désenchantement, qui hypothèquent l'autonomie collective
des pays africains. Les Etats membres doivent prendre conscience du fait que
le succès ou l'échec des institutions créées à leur demande pour leur développe-
ment commun repose dans leurs mains.

97
Il est un élément nouveau encore plus alarmant, à savoir le fait que
les donateurs qui s'étaient engagés à fournir une assistance à différentes insti-
tutions au moment de leur création ne semblent plus maintenant vouloir four-
nir cette assistance que si le nombre des membres de ces Centres augmente de
façon qu'ils aient un caractère vraiment sous-régional ou régional. On pense
également que les institutions susceptibles d'en devenir membres sont dans
l'expectative et ne décideront qu'au vu de leur évolution. Le cercle vicieux
malsain qui est apparu est celui qui constitue un obstacle à l'établissement et
au développement des institutions multinationales.
Les institutions multinationales créées sous les auspices du secrétariat
de la CEA, à la demande des gouvernements africains, connaissent toutes des
difficultés financières alors qu'elles fonctionnent essentiellement grâce aux
contributions versées par les membres.
De toute évidence les difficultés auxquelles se heurtent les institutions
multinationales africaines ont principalement pour origine deux raisons, à
savoir l'insuffisance du nombre de leurs membres, qui a des incidences sur
leur situation financière, et le peu d'empressement apparent de certains mem-
bres à verser leurs contributions. Il est incontestable qu'en raison de la modi-
cité des ressources des pays africains les institutions conçues aux fins de coo-
pération collective, telles que celles dont il a été fait état dans le présent docu-
ment, sont indispensables pour assurer le développement économique et social
de l'Afrique. Il est donc nécessaire de se doter de moyens permettant auxdites
institutions de s'assurer de la participation de tous les Etats membres intéres-
sés et d'obtenir les ressources financières nécessaires pour qu'elles fonction-
nent efficacement.
Les institutions multinationales particulièrement touchées sont celles
dans le domaine des ressources naturelles tels que le Centre régional de forma-
tion et des levés aériens, le Centre régional de services spécialisés dans les levés
et les cartes, le Centre de mise en valeur des ressources minérales de l'Afrique
de l'Est, et le Conseil africain pour la télédétection. D'autres institutions mul-
tinationales également touchées par le manque du soutien politique et finan-
cier sont notamment le Centre régional africain pour la technique, l'Organisa-
tion régionale africaine de normalisation et l'Association des organisations
africaines de promotion commerciale.
Cependant, étant donné que le rôle important joué par un certain
nombre d'institutions multinationales dans le développement socio-éco-
nomique en Afrique ne peut pas être nié, des mesures doivent être prises
pour s'assurer que des nouvelles institutions multinationales ne soient créées
qu'après un examen minutieux sur leur nécessité, leurs objectifs et activités et
lorsqu'il y a une indication claire qu'elles auront le soutien aussi bien politique
que financier de la part dès pays africains. En ce qui concerne les institutions
multinationales existantes elles doivent, elles aussi, obtenir le soutien politique
et financier des pays africains. Il est par conséquent proposé de suivre les

98
points suivants en vue du renforcement des institutions multinationales exis-
tantes et l'établissement des nouvelles institutions:
j) Le Secrétaire exécutif de la CEA et le Secrétaire Général de l'OUA, en
étroite coopération avec le PNUD et les principaux donateurs,
devraient entreprendre une évaluation des objectifs et des activités des
différents organismes multinationaux existants créés sous l'égide de la
CEA, en vue de faire des propositions concernant leur efficacité et
l'opportunité de les maintenir en service et de donner des conseils sur
les moyens de rationaliser, de coordonner ou d'harmoniser leurs acti-
vités ou sur les nouveaux types d'organismes multinationaux qu'il
faudrait créer.
Les organismes multinationaux existants devraient être renforcés en
leur fournissant rapidement l'appui politique et matériel de tous les
Etats africains qui ont participé à leur création étant donné que, en
l'absence d'un tel appui, les objectifs visés lors de la création de ces
organismes multinationaux ne pourraient pas être atteints.
Aucun organisme multinational nouveau ne devrait être créé si son
établissement n'a pas fait l'objet d'un examen approfondi et si les
possibilités offertes par les organismes nationaux ou par les organis-
mes multinationaux existants ou par la transformation des organis-
mes nationaux en organismes multinationaux n'ont pas d'abord été
pleinement envisagées.
265. Par ailleurs des mesures adéquates devraient être prises pour l'utilisa-
tion d'institutions et mécanismes existants ou à créer dans le but de promou-
voir la coopération technique d'une part entre pays africains et d'autre part
entre ces derniers et des pays non africains en développement, conformément
au Plan d'Action de Buenos Aires sur la coopération technique entre les pays
en développement (CTPD).

99
CHAPITRE IX

Environnement et développement

266. Les recommandations essentielles pour promouvoir un développe-


ment socio-économique environnementalement sain dans le plan d'action
pour l'Afrique dans le contexte de la stratégie de Monrovia pour la décennie
de développement 1980-1990 sont résumées ci-dessous:
Les gouvernements africains doivent identifier les domaines prioritai-
res dans leur pays concernant l'environnement pour un effort concerté
pour confronter les problèmes de l'environnement.
Le Plan d'Action au niveau national devrait incorporer le développe-
ment des politiques, stratégies, institutions et programmes pour la pro-
tection de l'environnement.
La coopération régionale pour résoudre les problèmes de l'environne-
ment ayant des effets à travers des frontières est recommandée et les
Etats membres doivent chercher le soutien, conseil et ressource finan-
cière internationaux pour réaliser les actions d'évaluation et l'aménage-
ment de l'environnement.
267. Les domaines prioritaires d'intérêt environnemental qui demandent
l'action immédiate en Afrique sont les suivants:
Assainissement de l'environnement et la santé environnementale et uti-
liser les rebuts urbains pour la production des biogas pour approvision-
nement en eau potable sain: l'action est nécessaire pour économiser
l'énergie et la conversion de l'ordure en engrais; la lutte contre les
maladies transmissibles par l'eau, le contrôle de la pollution de l'eau
qui parvient des émanations agricoles et industrielles, pour la provision
de l'eau potable saine et l'enlèvement des contaminants de la nourri-
ture et des drogues.
Désertification et sécheresse: promotion des programmes de reboise-
ment avec des espèces locales et des espèces exotiques adaptables
devant servir de brise-vent, les herbes locales pour la stabilisation du
sol; l'exploitation de l'eau souterraine pour l'irrigation; maintien de la

101
capacité de charge des terres arides; établissement des stations de sur-
veillance météorologique et hydraulique; renforcement des systèmes
stricts d'aménagement des terres.
Déboisement et dégradation du sol: les actions préventives doivent être
prises pour convaincre les agriculteurs locaux à incorporer dans l'agri-
culture itinérante les pratiques pour alléger la production de bois et de
charbon comme source d'énergie; autre action alternative demandée
implique la création des lots de bois autour des centres urbains comme
combustibles et l'usage d'autres sources d'énergie comme biogas, éner-
gie solaire et le vent.
Pollution marine et conservation des ressources marines: contrôle de la
pollution venant des déchets industriels situés sur la côte et du pétrole
provenant des bateaux; un contrôle plus strict de la pêche dans la zone
économique par les transnationales étrangères.
Habitat: meilleur planning des villes et des villages pour l'allocation de
l'espace pour les facilités, ventilation des maisons et la construction des
maisons à moyen coût avec le matériel local; élaboration des projets de
développement rural utilisant la technologie appropriée pour alléger
l'exode rural.
Mines: établissement d'un programme de la réhabilitation des zones
exploitées par l'enlèvement des tumulus, remplissage des mares pour
extirper les maladies transmissibles par l'eau et le contrôle des empoi-
sonnements par les métaux lourds et toxiques dans les zones exploitées
et en pleine culture.
Pollution de l'air: établissement des stations pour la surveillance de la
pollution de l'air des usines, automobiles et des moteurs électriques uti-
lisant du charbon; contrôle de l'importation des industries pollutives
(ciment, raffineries, tanneries); maintien d'un niveau de contrôle pour
la qualité de l'environnement; et lutte contre le bruit.
Education et formation pour l'environnement, législation et informa-
tion, élaboration des programmes nationaux pour l'éducation environ-
nementale pour développer une conscience environnementale parmi la
population; amélioration des législations et le renforcement des lois
visant à protéger l'environnement; et la collecte et dissémination des
données sur l'environnement pour surveiller l'état de l'environnement
en Afrique.
268. Au niveau national, le Plan d'Action demande aux Gouvernements
de définir des options politiques, stratégies et programmes réalistes pour
incorporer les considérations environnementales dans le planning du dévelop-
pement. Pour l'élaboration des institutions, un mécanisme national de coordi-
nation pour surveiller des problèmes de l'environnement, pour développer
l'éducation environnementale et les programmes de formation et conseil sur la

102
législation en matière de l'environnement, devrait être établi dans chaque
pays. Le travail du secrétariat pourrait être renforcé par un comité national
pour l'environnement pour conseiller les gouvernements concernant les politi-
ques de normes des niveaux nationaux de la qualité de l'environnement et la
formulation et l'exécution des programmes nationaux pour affronter les pro-
blèmes environnementalement prioritaires et les liaisons avec les organismes
internationaux en matière d'environnement.
La coopération régionale et sous-régionale devrait être renforcée par
l'établissement d'un comité intergouvernemental en matière d'environnement
appuyé par son groupe des experts techniques comme un corps sectoriel subsi-
diaire de la commission régionale (CEA). Un tel corps pourrait examiner le
programme régional de l'environnement, fixer les priorités d'action dans la
région et dans les MULPOCs sous-régionaux, et chercher les ressources finan-
cières pour l'exécution du Plan d'Action agréé surtout pour combattre les pro-
blèmes de l'environnement à travers les frontières.
Le Plan d'Action demande aux Etats membres de collaborer avec les
organisations internationales en matière d'environnement et avec les pays
industrialisés pour l'assistance technique afin de résoudre les problèmes envi-
ronnementalement prioritaires. La coopération internationale est aussi néces-
saire dans l'approvisionnement de l'équipement éducationnel sur l'environne-
ment, les facilités de formation, l'équipement scientifique pour établir les cen-
tres de surveillance, développer la législation pour la protection de l'environ-
nement et une banque des données pour l'information sur l'environnement
des pays de la région.

103
CHAPITRE X

Les pays africains les moins avancés

La Conférence au Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement


approuve les conclusions et recommandations de la Conférence sur les problè-
mes et perspectives des pays africains les moins avancés contenues dans la
Déclaration adoptée par cette Conférence sur la stratégie, priorités et pro-
grammes pour les pays africains les moins avancés'.
L'exposé des représentants des différents pays africains les moins
développés concernant l'expérience de chacun des pays africains les moins
avancés démontre l'existence de problèmes communs qui appelaient des
méthodes similaires d'action. Il a été aussi admis que la mise en oeuvre avec
succès du nouveau Programme d'Action détaillé nécessitait l'évaluation de
priorités dans le domaine de la politique intérieure et en matière d'aide inter-
nationale. Par conséquent, la Conférence a reconnu la nécessité urgente pour
les pays africains les moins développés de réaliser les objectifs et d'adopter les
mesures suivantes:
les pays africains les moins développés doivent assumer la responsabi-
lité première en matière de développement de leur économie et les Etats
membres doivent apporter leur appui politique total en vue d'atteindre
ces objectifs;
des réformes sociales et économiques doivent être entreprises par ces
pays mêmes afin que les bénéfices de tous les efforts productifs soient
équitablement répartis entre toutes les couches de la population et en
vue de garantir la pleine participation de la population au processus de
développement;
l'accroissement des capacités nationales doit être accéléré afin qu'ils
puissent utiliser rationnellement leurs ressources naturelles et exercer
un contrôle total sur celles-ci, d'une part, et qu'ils puissent mettre en
place une infrastructure scientifique et technique solide pour promou-

'E/CN 14/775.

105
voir une croissance et une transformation économiques rapides, d'autre
part; et
d) les pays africains les moins développés doivent se doter le plus rapide-
ment possible d'une économie indépendante et autonome.
273. Pour atteindre les objectifs énumérés ci-dessus, les domaines
d'action prioritaires devraient comprendre:
le développement de l'agriculture en vue non seulement d'atteindre
l'autosuffisance alimentaire mais aussi de produire un excédent suffi-
sant. L'accent devrait être particulièrement mis sur la production
accrue de céréales dont l'acquisition provoque de nos jours une sortie
importante de devises. Vu le gaspillage dans les pays africains - envi-
ron 30 à 40 o des produits alimentaires en raison de la médiocrité des
méthodes de traitement de commercialisation et d'entreposage et du
manque de moyens de transport - il est nécessaire de lancer un pro-
gramme intégré englobant la production, la transformation et la com-
mercialisation des produits agricoles et en même temps l'apport massif
d'investissements pour l'irrigation, la formation des agriculteurs à
l'utilisation de techniques nouvelles, la formulation de politiques des
prix afin d'inciter suffisamment les paysans à produire davantage et
finalement la mise en place d'un réseau approprié de transport. Etant
donné que bien des pays africains les moins développés souffrent
d'insécurité alimentaire chronique, il faut mettre l'accent sur les pro-
grammes nationaux, sous-régionaux et régionaux concernant la sécu-
rité alimentaire;
la transformation de l'industrie en secteur principal de l'économie
nationale pour mettre fin à l'état actuel de sous-développement.
L'accent devrait être mis sur l'établissement d'une solide base indus-
trielle étroitement liée à l'agriculture tout en donnant la priorité à la
transformation des matières premières produites localement et à la pro-
duction des intrants indispensables à l'agriculture;
e) le développement des moyens de transport et de communication en
mettant un accent tout particulier sur le renforcement des capacités
locales pour la construction et l'entretien des routes de desserte en vue
d'assurer la production et la distribution efficaces des biens et services.
Il faut insister tout particulièrement sur la nécessité d'améliorer les ser-
vices de transit en faveur des pays sans littoral, et les transports multi-
modaux. En raison de la situation particulière de ces pays, il est
demandé aux pays cités de mettre à leur disposition des facilités en ce
qui concerne leur accès à la mer et les aménagements portuaires. Le
développement accéléré des moyens de transport et de communication
est non seulement un premier pas essentiel vers la réalisation de la coo-
pération et de l'intégration régionales, mais aussi un moyen de désen-
claver les pays sans littoral;

106
la mise au point de programmes nationaux d'enseignement et de for-
mation en vue de répondre aux besoins véritables dans les domaines de
la production; de la commercialisation intérieure et extérieure et de
l'exploitation des produits;
la mise en valeur du potentiel énergétique, en particulier les énergies
renouvelables, de façon à réduire leur dépendance vis-à-vis des sources
extérieures;
l'amélioration de leur système de planification pour le développement
et l'administration, notamment la collecte, le traitement et la diffusion
de données en vue de renforcer la capacité nationale en ce qui concerne
la formulation et la mise en oeuvre des plans et des programmes ainsi
que pour faciliter l'examen des progrès accomplis aux niveaux régional
et international;
le renforcement des efforts déployés en vue de réparer les conséquences
de la sécheresse et de lutter contre la désertification.
Les conditions internationales dans lesquelles les pays africains les
moins développés ont dû soutenir leur économie ont été extrêmement difficiles
et certainement caractérisées par un certain degré d'exploitation auquel il était
difficile de résister. Les pays les moins développés n'obtiennent pas un prix
équitable pour leurs produits et ne bénéficient d'aucune protection contre le
coût croissant de la technologie et des produits d'importation essentiels, y
compris le coût du pétrole.
Le Sommet approuve les recommandations suivantes:
a) Il conviendrait que les pays développés accroissent sans tarder et dans
les proportions appréciables le volume, en valeur réelle, de l'aide publi-
que au développement destinée aux pays africains les moins dévelop-
pés, de façon que ces pays puissent procéder à des changements écono-
miques et sociaux et véritablement progresser au cours des années 80.
A cet égard les pays donateurs devraient:
s'engager à fournir une assistance financière et technique, auto-
matique et régulière, à chacun des pays africains les moins déve-
loppés à des conditions très privilégiées;
rationaliser les procédures d'octroi de l'aide de façon à réduire les
délais dans l'approbation des projets et le versement des fonds;
adopter des critères pour la sélection et l'évaluation des projets
tenant compte des conditions et des besoins des pays africains les
moins développés;
s'abstenir d'appliquer des critères non économiques pour décider
de l'octroi de l'aide;
y) créer un mécanisme chargé de vérifier que les pays donateurs res-
pectent leurs engagements en matière d'aide;

107
effacer toutes les dettes contractées jusqu'à présent par les Etats
membres sans discrimination;
faire des efforts accrus pour fournir des aides aux pays africains
les moins avancés.
b) Il conviendrait de créer d'urgence au niveau international des mécanis-
mes appropriés, en vue de financer les besoins en pétrole des Etats
membres les moins développés, de réduire la charge que ces besoins
représentent actuellement pour leur balance des paiements et de leur
garantir la sécurité de leurs approvisionnements en pétrole.
276. La prochaine Conférence des Nations Unies sur les pays les moins
développés offre à la communauté internationale une occasion sans précédent
d'examiner de façon exhaustive et détaillée les traits historiques et géographi-
ques et les facteurs. économiques prédominants des pays les moins développés
et de s'engager dans un processus international irréversible dans le sens d'une
croissance économique réelle et de la justice.
277. Le Sommet approuve par ailleurs les recommandations suivantes:
les programmes par pays envisagés dans le nouveau programme subs-
tantiel d'action en faveur des pays les moins développés devraient
s'intégrer harmonieusement dans les plans et les programmes de déve-
loppement existants des pays africains les moins développés et ne
devraient pas les démanteler;
en prévision dela Conférence des Nations Unies qui se tiendra en 1981,
les pays les moins développés devraient être invités non pas à prépa-
rer des programmes détaillés pour l'ensemble de la Décennie 1980-
1989, mais plutôt à se concentrer sur les cinq premières années de la
Décennie;
la Conférence des Nations Unies sur les pays les moins développés ne
devrait pas dégénérer en une occasion où les pays pauvres seraient obli-
gés de mendier l'aide dont ils ont besoin. Cela serait contraire à la
notion d'interdépendance économique internationale. La Conférence
des Nations Unies devrait souligner la nécessité d'adopter, sans plus
tarder, des mesures de coopération en vue d'aider les pays les moins
développés dans leurs efforts pour parvenir à l'autosuffisance et à une
croissance autonome. Les préparatifs et les mesures prises en vue de la
présente Conférence devraient tenir compte de la souveraineté des
Etats participants.
278. En ce qui concerne le rôle de la CEA au cours de la troisième Décen-
nie des Nations Unies pour le développement dans le cadre de la Stratégie afri-
caine pour les années 80, la CEA, en tant qu'instrument principal de l'Organi-
sation des Nations Unies en Afrique, sera chargée, en collaboration avec
l'OUA, de promouvoir et d'appliquer des mesures visant à faciliter une action
concertée en faveur du développement socio-économique de l'Afrique. En

108
outre, compte tenu de la Stratégie africaine du développement adoptée dans le
cadre de la troisième Décennie des Nations Unies pour le développement et du
mandat imparti aux commissions économiques régionales par l'Assemblée
générale dans ses résolutions 32/197 et 34/206, iI devenait impératif pour la
CEA d'apporter tout son appui aux efforts de développement des pays afri-
cains les moins développés. De plus, les deux tiers environ des pays les moins
développés du monde se trouvaient en Afrique et ils constituaient presque la
moitié des membres de la CEA.
279.
La CEA a un rôle spécial à jouer au nom des pays africains les moins
développés en matière de contrôle, d'examen et d'évaluation de la mise
en oeuvre du nouveau Programme d'Action détaillé, conformément à
la résolution 5 (iii) du Groupe intergouvernemental de la CNUCED
pour les pays les moins développés,
Au sujet de la préparation de la prochaine Conférence des Nations
Unies sur les pays les moins développés prévue pour 1981, il a été
reconnu que la CNUCED détenait le rôle principal en tant qu'orga-
nisme mondial des Nations Unies désigné par l'Assemblée générale
pour préparer la Conférence. Mais la CEA étant la Commission régio-
nale comptant parmi ses membres les deux tiers des pays les moins
développés du monde, la CNUCED devrait collaborer étroitement avec
l'OUA et la CEA en vue de la préparation de la Conférence.
Tout en reconnaissant que le PNUD, les organismes spécialisés et la
CNUCED étaient responsables de la mobilisation des ressources au
niveau mondial, la CEA et l'OUA devraient être associées aux diverses
consultations entre donateurs et bénéficiaires, y compris les tables ron-
des envisagées pour l'élaboration des programmes par pays.
280. Etant donné le grand nombre de pays les moins développés se trou-
vant en Afrique et afin d'assurer de façon efficace la surveillance, l'examen et
l'évaluation des activités régionales et internationales pour le compte des pays
les moins développés, il a été décidé par la Conférence des Ministres de la
CEA d'instituer en tant qu'organe auxiliaire de la Commission une Confé-
rence des Ministres des pays africains les moins développés. Les sessions de
cette Conférence devraient se tenir quelques j ours avant la Conférence des
Ministres de la CEA. En outre, afin d'accroître la capacité de la CEA d'entre-
prendre le travail technique continu qui devrait être effectué pour le compte
des pays africains les moins développés, il serait nécessaire de renforcer la
capacité du secrétariat de la CEA à assumer des responsabilités supplémentai-
res. En conséquence, un service spécial responsable de problèmes particuliers
des pays les moins développés et de la surveillance de la mise à exécution des
mesures spéciales en faveur des pays africains les moins avancés devrait être
créé au sein du secrétariat de la CEA.

109
Il a été recommandé que la CEA développe ses activités concernant
les modèles de projection pour les pays les moins développés, étant donné que
des modèles représentaient un instrument efficace pour la programmation et
la formulation des politiques. Elle a également recommandé d'inclure dans
l'étude annuelle des conditions économiques et sociales en Afrique une section
spéciale sur certains pays africains les moins développés, qui comprendrait un
examen de la mise en oeuvre des mesures spéciales en faveur des pays africains
les moins développés.
Il est nécessaire de réviser la classification actuelle des pays les moins
avancés à partir d'une étude approfondie de la situation socio-économique de
tous les pays concernés. 11 est particulièrement recommandé qu'une étude de
la situation socio-économique des pays africains qui ont déjà demandé à être
inscrits sur la liste des pays les moins avancés dont Djibouti, Guinée-Bissau,
Guinée équatoriale, So Tomé et Principe et Seychelles, soit accélérée afin que
tous ces pays soient reconnus comme moins développés.
Les trois critères utilisés actuellement pour identifier les pays les
moins avancés ne permettent pas de saisir tous les aspects du niveau de déve-
loppement socio-économique de ces pays et il est recommandé en conséquence
de définir d'autres critères socio-économiques pour mieux appréhender les
réalités des pays les moins avancés.

110
CHAPITRE XI

Energie'

La situation énergétique africaine est devenue préoccupante. Le


rythme de la consommation d'énergie s'accélère de plus en plus au point de
susciter une certaine inquiétude sur l'approvisionnement énergétique futur du
continent. Le renchérissement continu des prix des hydrocarbures a eu des
incidences graves sur les économies des pays africains.
En ce qui concerne la région africaine, les principaux problèmes tou-
chent les points suivants:
- l'absence dans la plupart des pays d'une politique énergétique, de pro-
grammes de développement énergétique à court, moyen et long termes;
- le manque d'intégration des activités énergétiques aux efforts natio-
naux globaux pour les plans de développement;
- la nécessité de dresser un bilan exhaustif de toutes les ressources éner-
gétiques, de leur potentialité, de leurs possibilités de développement
et d'utilisation et des besoins énergétiques, y compris les équipements
adéquats;
- l'urgence d'un inventaire des ressources humaines disponibles en Afri-
que et nécessaires dans le domaine énergétique;
- la nécessité d'entreprendre des actions communes entre les pays afri-
cains pour le développement et l'utilisation des ressources énergétiques
existantes en Afrique. Ce qui pose comme préalable l'initiation et le
développement d'une coopération énergétique aux niveaux sous-
régional et régional;
- la pénurie de moyens financiers pour réaliser les projets de développe-
ment énergétique;
- la nécessité d'intensifier l'exploration des ressources en hydrocarbures
et en charbon notamment dans les régions qui n'en ont pas fait l'objet
jusqu'à présent;

La Conférence a noté les réserves formulées par l'Algérie, le Gabon et le Nigéria.

111
- l'opportunité d'accroître l'utilisation des hydrocarbures pour les
besoins pétrochimiques et les transports, au lieu de les employer
comme sources pour la production d'électricité;
- les difficultés qui existent en Afrique dans le transport de l'énergie, le
manque de standardisation dans le domaine de l'électricité, la pénurie
des cadres qualifiés (scientifiques - techniques - de gestion) et les prix
élevés que les gouvernements africains sont obligés de payer pour
l'importation de l'énergie et de l'équipement;
- l'absence d'un cadre adéquat de concertation et de coordination qui a
rendu difficile l'application des recommandations adoptées dans le
domaine de l'énergie par les réunions précédentes.

Ces divers points soulignent l'urgence du problème de l'énergie et


la nécessité de lui trouver des solutions adéquates à court, à moyen et à long
termes. Ces solutions pourraient être définies dans le cadre des pbjectifs
suivants:
- accroître rapidement et dans des proportions croissantes la disponibi-
lité des ressources énergétiques en Afrique pour assurer un développe-
ment endogène et auto-entretenu;
- diversifier les sources d'énergie;
- trouver une solution urgente au problème de l'approvisionnement en
hydrocarbures afin d'éviter que les pays africains les plus démunis ne
voient leur existence en tant qu'Etat souverain menacée;
- assurer aux zones rurales de meilleures conditions de vie grâce à une
meilleure utilisation des ressources énergétiques et en visant l'autosuf-
fisance alimentaire.

En fonction de ces objectifs, on peut dégager les priorités suivantes,


dans les domaines ci-après:
- mise en valeur et utilisation des combustibles fossiles (hydrocarbures,
charbons, lignite et tourbe);
- intensification de la mise en valeur des ressources hydro-électriques du
continent;
- mise en valeur des sources nouvelles et renouvelables d'énergie (éner-
gies solaire, éolienne, géothermique et énergies contenues dans la bio-
masse et autres);
- utilisation de l'énergie nucléaire.

Une volonté politique capable de promouvoir une véritable coopéra-


tion et une solidarité agissante devra être affirmée. C'est dans cet esprit que le
plan d'action suivant est proposé.

112
a) A court terme
289. Approvisionnement des pays africains en hydrocarbures
- Tout doit être mis en oeuvre pour assurer l'approvisionnement stable et
garanti des pays africains en hydrocarbures.
- Des dispositions doivent également être prises pour que les pays afri-
cains producteurs de pétrole intensifient leur aide aux autres pays afri-
cains, dans la mesure du possible, par la formation de cadres et techni-
ciens du pétrole et pour la prospection et l'exploitation des gisements
d'hydrocarbures.
- Il est également recommandé de mettre à la disposition des Etats mem-
bres qui le désirent des experts africains, conformément à la Conven-
tion Interafricaine de 1975 de l'OUA établissant le Programme de Coo-
pération Technique en Afrique.
- S'agissant du prix des hydrocarbures, et pour marquer la solidarité
africaine, diverses modalités peuvent être retenues pour en alléger les
effets notamment sur la balance des paiements: établissement de tarifs
préférentiels, création d'une caisse de compensation alimentée par
des contributions africaines, et éventuellement des contributions exté-
rieures, dont le Fonds de l'OPEP prévu pour compenser partielle-
ment les déficits des balances de paiements et financer des projets de
développement.
- Il convient de relever qu'il existe des problèmes en rapport avec
l'absence d'infrastructures pour le stockage et la distribution ainsi
qu'avec l'existence d'intermédiaires et la pénurie des cadres techniques.
Pour éviter les risques de détournement, les négociations doivent se
faire directement entre pays producteurs et pays importateurs.
- Pour pallier les difficultés nées des transactions monétaires, on peut
envisager que pour les pays importateurs la possibilité d'utiliser leur
monnaie locale pour les paiements ou d'utiliser le système de troc soit
étudiée'.

b) A moyen et long ternies


290. Combustibles fossiles
Des efforts dans ce domaine devraient inclure:
- Intensification des explorations géologiques et géophysiques dans les
pays non producteurs.
- Evaluation des ressources connues d'hydrocarbures et de leur poten-
tiel.
1
La Conférence a noté les réserves formulées par l'Algérie, le Gabon et le Nigéria.

113
- Exploration des hydrocarbures au large des côtes.
- Mise en valeur des zones connues pour leur richesse en charbon et
exploration de nouvelles zones dont les conditions géologiques sont
similaires.
- Evaluation des réserves en charbon et intégration de l'emploi du char-
bon dans le plan national concernant l'énergie.
- Création d'un mécanisme pour la coordination des activités et l'établis-
sement des politiques concernant le développement national et l'utilisa-
tion des hydrocarbures.
- Création d'instituts de formation et de recherche dans le domaine
de l'exploration, de l'exploitation et de l'utilisation des combustibles
fossiles.
291. Mise en valeur des ressources hydro-électriques
Les mesures à prendre dans ce domaine devraient comprendre:
- Inventaire des ressources hydro-électriques de tous les pays africains,
en tenant compte de divers aspects: production d'électricité, irrigation,
pêche, navigation, etc.
- Etude des centrales hydro-électriques que l'on pourrait construire et
établissement de plans généraux pour des bassins fluviaux tout entiers,
en vue d'une exploitation optimale des ressources, qui doit comprendre
l'électrification des régions rurales.
- Etablissement de petits projets économiques intéressants de centrales
hydro-électriques de faible puissance dans les régions rurales.
- Nécessité entre pays africains voisins d'exploiter en commun les ouvra-
ges hydrauliques, en tenant compte de certains paramètres générale-
ment négligés: préservation de l'environnement, problèmes sanitaires,
réinstallation des populations déplacées.
- Evaluation des besoins à satisfaire eu égard aux investissements impor-
tants à consentir. Pour le transport de l'énergie électrique sur de lon-
gues distances, il faudra penser pour l'avenir aux possibilités offertes
par les lignes en courant continu.
- Etude de l'internationalisation (statuts) des ouvrages dans le but
d'assurer la sécurité dans l'alimentation en énergie électrique.
- Dans la recherche de financement, donner aux projets un caractère
sous-régional et éventuellement régional, pour mieux profiter de la
priorité souvent accordée aux entreprises présentant ce caractère.
- Dans la recherche de solutions aux problèmes énergétiques, donner la
priorité aux sites à grande potentialité hydro-électrique comme Inga en
raison de leurs immenses possibilités permettant d'envisager l'intercon-
nexion des réseaux d'un grand nombre de pays africains.

114
- Création de conseils nationaux pour l'électrification des régions
rurales.
- Progrès sur la voie de la normalisation du matériel d'alimentation élec-
trique et intensification de l'interconnexion des réseaux (y compris la
réduction du nombre de voltages actuels).
- Fabrication de matériel électrique adapté aux besoins des pays africains
pour lequel on utilisera des matières premières locales.
Mise en valeur des sources nouvelles et renouvelables d'énergie
Dans ce domaine, les mesures suivantes sont proposées:
- Intensification de l'exploration géothermique à l'aide des méthodes
modernes d'exploration.
- Poursuite des recherches scientifiques et technologiques en vue de
l'application à l'industrie des ressources géothermiques comme source
d'électricité pour le chauffage, la cuisine, l'extraction des minéraux et
la production de l'eau et de la vapeur.
- Création d'installations pilotes pour la production d'énergie géother-
mique.
- Etudes de la possibilité et de la faisabilité d'utiliser les lames de fond et
l'énergie thermique des océans, y compris la recherche sur les techni-
ques à employer pour ces formes d'énergie.
- Intensification des recherches relatives à la transformation de l'énergie
solaire en énergie mécanique ou électrique; étude des possibilités des
dispositifs de chauffage solaire et de distillation solaire des eaux salées;
création et mise au point d'instruments pour mesurer la radiati6n
solaire et construction de stations modernes.
- Création d'un mécanisme sous-régional et régional pour la coopération
et la coordination des activités concernant l'énergie solaire en Afrique.
Utilisation de l'énergie nucléaire
Les actions dans ce domaine comprennent:
- Les pays producteurs de combustibles nucléaires devront penser à la
préservation de leurs ressources pour l'avenir.
- Il convient de former les cadres techniques nécessaires et de promou-
voir la recherche, en vue de bien suivre l'évolution de la technique dans
ce domaine, et d'être à même de faire le choix approprié, le moment
venu.
- Il convient d'envisager pour l'avenir l'utilisation de l'uranium produit
en Afrique comme source d'énergie pour la construction de centrales
nucléaires dans le cadre de projets communs à des pays voisins, à cause
de la taille des filières susceptibles d'être disponibles.

115
Modalités de mise en oeuvre
294. En vue de la mise en oeuvre rapide et efficace du plan d'action pro-
posé, les recommandations suivantes ont été approuvées:
j) La création de toute urgence d'une Commission africaine de
l'énergie' chargée:
de coordonner toutes les activités entreprises dans le domaine de
l'énergie en Afrique; d'aider les Etats africains à formuler et à
coordonner des politiques et des programmes de l'énergie et de
servir de centre de collecte des données et de diffusion des rensei-
gnements se rapportant à l'énergie sur le continent;
de favoriser l'établissement de toute urgence d'un inventaire
exhaustif de toutes les ressources en énergie du Continent;
de favoriser l'établissement d'un organisme africain de l'énergie
nucléaire en vue de suivre le progrès de la technologie nucléaire,
de formuler et d'harmoniser les programmes d'exploitation de
l'énergie nucléaire en Afrique et d'assurer la formation de la
main-d'oeuvre dans le domaine nucléaire;
de promouvoir la création d'un centre régional de l'énergie géo-
thermique, chargé d'aider les pays africains à explorer et à exploi-
ter leurs ressources géothermiques;
de constituer un cadre approprié à la mise en oeuvre des recom-
mandations faites à des réunions antérieures dans le domaine de
l'énergie.
L'établissement éventuel d'un Fonds africain pour le développement
de l'énergie qui servirait expressément à financer l'exécution de pro-
jets énergétiques en Afrique.
La création immédiate d'un Centre régional de l'énergie solaire dont
les objectifs sont définis dans l'acte constitutif déjà approuvé par la
Cinquième Conférence des Ministres de la CEA qui s'est tenue à
Rabat en mars 1979. A ce sujet il est urgent d'inviter tous les Etats
membres à accélérer la signature dudit acte constitutif en vue de ren-
dre le Centre oférationnel dans les meilleurs délais.
Les ressources renouvelables d'énergie telles que l'énergie solaire,
l'énergie éolienne, la biomasse et la géothermie devraient recevoir une
attention particulière et les activités de recherche et de développement
dans ces domaines devraient être intensifiées.
y) Une attention particulière devrait être accordée aux problèmes de la
réforestation à la suite de l'utilisation intensive du bois de chauffe et
du charbon de bois comme principale source d'énergie.
La Conférence a noté la réserve formulée par le Nigéria.

116
L'utilisation de ressources hydro-électriques devrait obtenir la plus
haute priorité en particulier par le développement de petites unités de
production hydro-électriques.
Les possibilités nationales de contrôle et de gestion des activités relati-
ves aux hydrocarbures devraient être renforcées.
Les pays africains devraient entreprendre une action commune de
développement et d'utilisation des ressources énergétiques disponibles
sur le continent par la coopération et la solidarité en vue d'assurer leur
développement économique et leur survie.
Une priorité devrait être accordée à la mise en oeuvre rapide des
recommandations et résolutions déjà adoptées sur les problèmes de
l'énergie.

L'Angola a fait des réserves concernant ce chapitre.

117
CHAPITRE XII

Femmes et développement

La Deuxième Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs


d'Etat et de Gouvernement a pris note du Rapport de la 2 Conférence régio-
nale africaine sur les femmes et le développement ainsi que des stratégies
proposées.
Il est reconnu l'importance d'accorder une attention particulière à
l'aspect féminin dans l'analyse de la situation et aux mesures à entreprendre
au titre de chacun des secteurs (Industrie, Agriculture, Commerce, etc.) précé-
demment examinée. Car l'action à entreprendre pour répondre aux préoccu-
pations des femmes africaines ne doit pas être une action marginale séparée de
la problématique du développement global.
Aussi, les programmes féminins entrepris aux niveaux national, sous-
régional et continental doivent-ils être diffusés le plus largement possible.
Il a été souligné que les activités entreprises au cours de la première
moitié de la Décennie de la femme ont été insuffisantes malgré les efforts four-
nis dans la région.
Il a été admis que les stratégies relatives aux femmes devraient porter
sur les domaines suivants: l'agriculture et la nutrition, l'artisanat et les petites
industries, l'emploi, l'éducation et la formation, les sciences et la technologie,
le commerce, les ressources naturelles notamment l'eau, l'énergie, la santé et
la vie familiale, les mass média, la création de mécanismes nationaux et sous-
régionaux pour l'intégration des femmes dans le développement.
Des mesures devront être prises pour intégrer les femmes au plus haut
niveau de la prise de décisions administratives.
Les Etats membres doivent accorder une attention particulière et un
soutien efficace à l'organisation panafricaine des femmes et veiller à ce que
cette organisation puisse assumer pleinement son rôle. A cet effet, le Secré-
taire Général de l'OUA, en collaboration avec la CEA et d'autres instances
compétentes, devra apporter l'appui nécessaire à l'OPF pour la réalisation de
son programme d'action.

119
Des mesures devront être prises aussi pour alléger les tâches des fem-
mes rurales dans les travaux domestiques, et assurer des services d'assistance
aux femmes travailleuses.
Considérant le très grand nombre de secteurs à couvrir, les domaines
suivants ont été retenus pour la période 1980-1985:
Mécanismes organisationnels
En vue de rendre les mécanismes nationaux fonctionnels, il est néces-
saire que les Etats membres fournissent des ressources et du personnel techni-
que adéquats. L'expérience acquise permet de dire que la diversité des structu-
res socio-politiques et économiques des pays membres requiert une formule
moins rigide quant à la création de ces dispositifs. Ces dispositifs devraient
être considérés comme corrects à partir du moment où les organisations créées
pour répondre aux besoins des femmes sont fonctionnelles, compétentes sur le
plan technique et qu'elles atteignent les femmes rurales. Une stratégie qui
devrait compléter l'efficacité des dispositifs créés consiste en la promotion
d'unités de femmes dans les ministères et les commissions de la planification,
ce, afin d'alimenter et de confronter les plans de développement nationaux
avec des données sur les femmes, ainsi que d'intégrer un plan d'action dans les
stratégies nationales. Au cours de la deuxième moitié de la Décennie, l'OUA
et la CEA se préoccuperont tout particulièrement de la création ou du renfor-
cement de ces unités de femmes, en collaboration avec les Etats membres.
La stratégie pour 1980-1985 entraînera le renforcement du Pro-
gramme de chaque MULPOC en faveur de la femme et en fournissant du per-
sonnel et des ressources pour leurs projets. Une grande priorité sera donnée à
l'encouragement des facultés de recherche. II faudrait renforcer leur rôle de
coordonnateurs des programmes des femmes de façon qu'ils deviennent les
principaux agents de liaison entre les Etats membres des sous-régions et le
CARFF.
La stratégie du CARFF doit inclure la mise sur pied d'une division
distincte de la CEA pour la femme. Le Centre s'efforcera d'employer les insti-
tuts de recherche et de formation en place dans la région, en tant qu'instru-
ments de réalisation de ses programmes. L'OUA et la CEA fourniront une
assistance tant a) dans l'aménagement des programmes des institutions
s'orientant vers les femmes que b) dans l'introduction de programmes qui
répondent aux besoins spécifiques des femmes, tels que la planification du
développement et la promotion d'agents intermédiaires. Parmi les institutions
concernées figurent l'IPD, I'ENDA, le CAFRAD, 1'Arusha Management Ins-
titute ainsi que le Centre d'études pour les familles africaines.
Puisque la collecte des données reste toujours un instrument impor-
tant de la planification, l'OUA, le CARFF/CEA coopéreront et coordonne-
ront leurs activités avec le Centre pour le développement social et les affaires
humanitaires, ainsi qu'avec l'Institut international de formation et de recher-
che pour les femmes.

120
Education et formation
308. Implications dans la planification et dans les politiques
Tous les projets en vue d'élargir et de diversifier l'éducation et la for-
mation des femmes et des filles doivent être planifiés et exécutés dans le
contexte d'une planification nationale globale pour répondre aux
besoins en main-d'oeuvre.
Les politiques et programmes nationaux d'éducation doivent bien
prendre connaissance des objectifs en matière d'économie nationale et
d'emploi, afin d'offrir une éducation et une formation qui équipe-
raient les femmes en vue de leur participation efficace à la vie économi-
que. Il faudrait tenir compte du nouvel ordre culturel international lors
de l'élaboration des programmes nationaux d'enseignement et de
formation.
309. Education scolaire
On devrait faire des efforts particuliers pour s'assurer que les filles à
même d'atteindre des niveaux plus élevés d'éducation ou de formation
spécialisées reçoivent une éducation et une formation convenant à leurs
aptitudes, et ce, en offrant des bourses de longue durée à celles dont les
parents ne peuvent faire face aux frais.
On devrait incorporer dans les programmes scolaires des garçons et des
filles des matières particulières comme la nutrition, la législation des
familles et l'éducation sexuelle.
Dans le cadre de la lutte contre la délinquance juvénile, il faudrait éten-
dre les activités extrascolaires (amélioration des terrains de jeux, des
ciné-clubs, etc.), et il faudrait accorder aux activités manuelles et cultu-
relles la place qui leur revient dans la formation intellectuelle en vue de
développer le sens esthétique et le sens du travail bien fait.
310. Alphabétisation
Puisque l'analphabétisme parmi les femmes constitue les entraves prin-
cipales à leur participation à la vie économique de l'Afrique, on devrait
adopter des programmes dynamiques en vue d'éliminer l'analphabé-
tisme et on devrait décider des dates auxquelles cet objectif serait
atteint.
Au cours des campagnes contre l'analphabétisme, on devrait mettre
l'accent sur une instruction élémentaire et sur des notions d'arithméti-
que, lesquelles soient fonctionnelles, ainsi que sur l'enseignement de
matières qui présentent un intérêt spécial pour la communauté.
En application de la Charte Culturelle d'Alger, il faudrait mettre au
point des programmes fonctionnels d'alphabétisation dans les langues
nationales. A cet égard, il faudrait faire appel à l'UNESCO en vue

121
d'obtenir du matériel pédagogique pour les institutions nationales, qui
soit adapté aux langues d'enseignement nationales.
d) Il faudrait faire en sorte que des postes radio à transistors et des docu-
mentations peu onéreux et gradués dans leurs niveaux soient dispo-
nibles. Les programmes de radio et de télévision devraient aussi
comprendre plus d'émissions sur l'éducation civique et politique des
femmes.
311. Education des adultes
Les programmes d'enseignement pour adultes devraient être orientés
vers une meilleure prise de conscience des femmes au sujet de ce monde
nouveau de la science et de la technologie ainsi qu'à leur pleine partici-
pation à ce domaine.
On devrait encourager les femmes, par le biais des programmes d'édu-
cation pour adultes, à prendre part aux activités des syndicats et à être
informées de leurs responsabilités civiques.
On devrait faire en sorte que des services adéquats s oient disponibles
dans la communauté afin de permettre aux femmes de poursuivre leur
éducation avec la possibilité de suivre des cours dans les domaines de la
nutrition et de la santé familiale.
312. Formation
On devrait augmenter le nombre et la variété des institutions pour fem-
mes, en tenant compte des différences de niveau d'éducation des fem-
mes qui n'ont pas du tout d'éducation, des possibilités existantes
d'emploi, ainsi que des possibilités futures d'emploi dans le contexte de
la croissance industrielle et de l'avancement technologique.
On devrait encourager la formation professionnelle, et lui accorder de
la valeur.
On devrait former les agents de vulgarisation de l'agriculture, les tra-
vailleurs sociaux, les agents du développement communautaire et tous
les autres agents ruraux dans l'optique des besoins des femmes rurales.
On devrait insister sur la formation des instructeurs, et faire en sorte
qu'elle soit prioritaire, d'accès égal pour les filles et les garçons à quel-
que niveau que ce soit, et qu'elle s'attache particulièrement à la techno-
logie agricole appropriée.
On devrait offrir aux femmes une formation dans le domaine de la pro-
motion, de la gestion et de l'administration des coopératives.
313. Formation pour des emplois dans les secteurs traditionnels et moder-
nes de l'entreprise, du commerce, de l'industrie et de l'artisanat
a) On devrait fournir aux femmes qui travaillent déjà des possibilités de
formation au cours d'emploi, afin de les préparer à des postes de super-

122
vision et de gestion. Les chambres de commerce et de l'industrie
devraient participer à cette multiplication des possibilités.
Les femmes devraient être formées à tous les aspects du fonctionne-
ment des petites industries, des méthodes commerciales, de la commer-
cialisation et des coopératives grâce à l'organisation de conférences, de
séminaires et de cours en vue d'échanger des opinions sur les expérien-
ces vécues dans les différents pays.
Il faudrait encourager la méthode de l'apprentissage dans le domaine
de la formation artisanale.
314. Formation des femmes à leurs rôles multiples
Les institutions de formation professionnelle devraient aménager leurs
programmes et horaires en fonction des rôles multiples des femmes en
tant qu'épouses, mères, citoyennes et travailleuses;
Organisation de programmes de formation de cadres de direction et
cadres d'internat à l'intention des femmes, lesquelles doivent être
encouragées à jouer un rôle actif dans les activités villageoises.

Emploi
315. Dans les zones rurales. - Les gouvernements africains commencent
à prendre conscience des rôles économiques joués par les femmes des zones
rurales, et ils prennent actuellement des mesures pour améliorer cette contri-
bution des femmes. Néanmoins, la situation des femmes rurales ne semble pas
s'être beaucoup améliorée depuis 1975. Il est impossible, à cause des difficul-
tés d'accès dans les zones rurales, que l'information et la formation atteignent
beaucoup de femmes rurales: l'absence de transports et de marchés sûrs pour
écouler le produit de leur ferme et les produits artisanaux a tendance à faire
diminuer leur productivité. Les stratégies suivantes sont suggérées.
316. Le plan alimentaire régional pour l'Afrique met l'accent sur les rôles
importants que les femmes peuvent jouer dans la promotion d'aliments de
substitution nutritionnelle. Afin de renforcer les recommandations du plan
d'action concernant le travail des femmes en zone rurale, les stratégies suivan-
tes sont proposées conjointement avec le plan régional alimentaire:
- A partir d'une recherche ininterrompue, promouvoir la reconnaissance
et la documentation sur la contribution des femmes à l'agriculture en
tant qu'activité productive contribuant au produit national brut, parti-
culièrement en termes de vivres.
- Reconnaître dans les plans nationaux que les femmes sont des instru-
ments vitaux pour résoudre la crise alimentaire, et prendre les disposi-
tions nécessaires pour mettre en valeur les compétences des femmes et
réduire leurs tâches.

123
- Grâce à un choix de technologies appropriées, rendre le travail des fem-
mes plus productif et moins onéreux, améliorer les techniques tradi-
tionnelles de conservation et de stockage des produits alimentaires.
- Elaborer des programmes appropriés de formation afin de familiariser
les femmes à des technologies nouvelles et à des technologies amélio-
rées convenant à leur situation et à leurs ressources.
- Accorder une attention prioritaire à l'emploi dans les zones rurales en
vue de retenir les jeunes femmes qui, pour échapper à la vie morne et
pénible de la campagne, vont en ville chercher l'aventure, grossissant
ainsi les rangs des chômeurs.

Il faudrait accorder une attention particulière à l'expansion des coo-


pératives de femmes, surtout les coopératives agricoles qui s'occupent de la
vente, des travaux et de la production. II conviendrait de former un plus grand
nombre de vulgarisatrices.

Les zones urbaines. - Les femmes qui travaillent dans les zones
urbaines occupent soit des emplois indépendants dans le commerce ou dans
des petites entreprises, soit encore des emplois rémunérés. Malgré les lois et les
articles des constitutions soutenant le contraire, beaucoup d'employeurs con-
tinuent à préférer les hommes aux femmes dans certains secteurs et à certaines
catégories d'emplois où les décisions sont prises. On pourrait augmenter les
emplois indépendants pour les femmes par un système de garanties ou de prêts
permettant de monter de petites et moyennes entreprises dans les zones rurales
et urbaines. Les stratégies suivantes sont suggérées:
Assurer une éducation et une formation adéquates.
Assurer des facilités de crédit et des fonds pour acheter des semences,
permettant ainsi aux femmes d'avoir un emploi indépendant.
Campagne en vue d'un changement dans les mentalités et dans les cou-
tumes ayant trait aux femmes et à l'emploi.
Accorder les indemnités de maternité de façon à donner aux femmes et
aux filles les mêmes chances.
Engagement des gouvernements aux niveaux de la planification afin
d'améliorer la collaboration des femmes dans le domaine de l'emploi,
ce en incluant dans tous les plans nationaux des mesures pour favoriser
l'emploi des femmes.
Il convient d'améliorer les dispositions de la législation actuelle du tra-
vail portant sur les femmes qui travaillent dans les zones rurales et
urbaines.
- Il faudrait charger les syndicats d'assurer la formation de jeunes
femmes travailleuses.

124
- L'Etat devrait élaborer une législation du travail et un code social
adaptés à la situation de l'Afrique et garantir qu'ils soient appli-
qués.
3l9 Les cours de formation en cours d'emploi et de perfectionnement
organisés par les employeurs devraient tenir compte des responsabilités fami-
liales des femmes et il faudrait donc prendre des dispositions à ce sujet.

Communications et mass média


320. A ce propos, le plan d'action (régional et mondial) rete un guide
utile en vue d'opérer une sélection constructive des priorités, ce en accord avec
les réalités des plans et des budgets nationaux. Outre les plans, on devrait, au
cours des années 80, accorder une attention particulière aux domaines
suivants:
Formation des femmes à des carrières dans le journalisme, et forma-
tion spéciale des journalistes dans des problèmes concernant particuliè-
rement les femmes.
Augmenter les possibilités d'accès des femmes aux média.
e) Etablissement de réseaux sous-régionaux et régionaux en vue d'échan-
ges de renseignements entre les femmes et les organes gouverne-
mentaux.
Analyse des moyens de communications traditionnels et développe-
ment de ce thème à partir d'une exploitation systématique, ainsi que
l'adaptation de ces média dans la promotion de l'intégration des fem-
mes au processus de développement.
Etablissement d'échanges d'expériences plus systématiques entre les
Etats membres.

Santé, nutrition et vie de famille


321. Pour l'avenir, on propose les mesures ci-après:
Encourager la recherche sur la médecine traditionnelle et promouvoir
cette dernière de façon à réduire la dépendance en médicaments impor-
tés de l'étranger et prendre des mesures pour éviter l'importation mas-
sive de médicaments dangereux en assurant la promotion de la fabrica-
tion locale des produits pharmaceutiques requis.
Améliorer la formation aux médecines traditionnelles et celle des
agents de la santé familiale. On devrait opérer le recrutement et la for-
mation au niveau du village afin de préparer des villageois à fournir des
soins essentiels à leurs communautés en tant qu'agents de la santé.

125
Renforcement des centres pour la formation du personnel de la santé et
pour la recherche, accorder de l'attention aux techniques d'organisa-
tion pour dispenser des soins de santé primaires.
Renforcer les centres de santé maternelle et infantile en les dotant d'un
personnel qualifié plus nombreux et de moyens matériels accrus, de
façon à faire le meilleur usage des produits locaux.
Il faudrait créer des centres nationaux pour les handicapés physiques
de façon à assurer leur réinsertion sociale.
Encourager l'analyse et les échanges d'expériences par pays grâce à des
études de cas analytiques portant sur les domaines suivants:
- approches et modèles ayant eu de bons résultats;
- méthodes et techniques pour obtenir la participation active des
communautés;
- méthodes pour identifier, former et apprécier les agents de la
santé communautaire.
Mettre en valeur des technologies pour l'approvisionnement suffisant
en eau salubre.
Encourager autant les hommes que les femmes à s'intéresser à de meil-
leures méthodes de production alimentaire afin d'améliorer la situation
nutritionnelle de la communauté.
Créer des facilités de soins appropriées pour les enfants d'âge pré-
scolaire, lesquels seraient encadrés par un personnel ayant reçu une
bonne formation et y inclure un programme systématique de formation
pour les travailleurs des garderies.

Recherche, collecte et analyse des données


Les domaines d'études identifiés dans le Plan d'Action sont toujours
valables, particulièrement parce que des recensements et des études au niveau
national ont été entrepris depuis 1975. Avant qu'on recommence à en faire, il
est important de souligner aux directeurs nationaux des statistiques l'impor-
tance de faire des analyses par sexe afin d'identifier les secteurs propres à une
action touchant les femmes, et tout particulièrement dans les domaines du
sous-thème sur l'emploi, la santé et l'éducation. Dans le passé, l'absence de
telles analyses par sexe a empêché l'identification des besoins spécifiques aux
femmes.
On devrait effectuer plus de recherches sur les femmes en tant que
productrices d'aliments, sur les façons culturelles qu'elles utilisent et les
moyens de les améliorer, sur les femmes pauvres (citadines et rurales) qui ont
des rôles multiples à jouer, ainsi que sur les femmes en tant que chefs de ména-
ges, et ce à la lumière des nouveaux accents qui ont été mis sur le développe-

126
ment depuis 1975, et tout particulièrement dans les domaines de la réfrme
agraire et du développement rural, aussi bien que dans celui du développe-
ment par alternance et du nouvel ordre économique international. Des recher-
ches sont requises dans les domaines suivants:
- les méthodes propres à promouvoir l'initiative personnelle dans les
zones rurales et urbaines;
- la recherche en matière de collecte des données en agriculture, dans les
petites entreprises, etc.;
- les méthodes de conservation et de stockage;
- les études de projets de développement intégré en vue d'assurer une
meilleure exploitation des parcelles familiales.

324. Afin d'exécuter les activités formulées par le Plan, pour le reste de la
Décennie, d'appliquer les stratégies énoncées ci-dessous:
Coopération entre les institutions de recherche en place, les organisa-
tions non gouvernementales spécialisées (telle que l'Association afri-
caine de femmes pour la recherche sur le développement), les agences
internationales et le CARFF, en vue de favoriser les buts communs de
recherche.
Création et promotion d'organes de recherches dans les dispositifs
nationaux, et surtout en s'assurant de leurs capacités techniques afin
d'entreprendre des recherches alignées sur les priorités nationales.
Encourager la collecte de bibliographies annotées et la dissémination
des résultats des recherches et de leur conversion dans des programmes,
en promouvant des réseaux d'information à l'échelon régional, intensi-
fier le rôle du CARFF en tant que centre d'échange d'informations sur
les femmes et le développement de la région, et création de mécanismes
efficaces pour permettre l'échange d'informations entre la Commis-
sion régionale pour l'intégration des femmes au processus de dévelop-
pement et les Comités sous-régionaux en la matière des MULPOCs et
des Etats membres.
Favoriser la recherche sur les changements d'attitude en vue de la
pleine participation des femmes dans tous les secteurs de la société, et
diffuser les résultats de cette recherche grâce, entre autres, à la création
de petites unités de communication et d'information dans les institu-
tions engagées dans cette recherche.
On devrait mettre l'accent sur l'échange d'informations à propos des
changements économiques et de leurs répercussions sur les femmes; on
devrait insister aussi sur les mesures à prendre pour surmonter leurs
conséquences négatives, cela en accord avec les thèmes du nouvel ordre
économique international.

127
Mesures législatives et administratives
325. Les stratégies doivent donc à l'avenir être dirigées vers:
La création d'organes adéquats qui seraient responsables du contrôle
et de l'étude de l'exécution des clauses des lois stipulant l'égalité de
traitement entre hommes et femmes. Toute contravention devrait être
punissable.
L'uniformisation des divers systèmes juridiques régissant le mariage,
les relations personnelles dans la famille et l'héritage, afin d'éliminer
les contradictions et les incohérences.
Une des raisons pour lesquelles les femmes n'osent pas faire valoir
leurs droits est la peur des complications et des dépenses entraînées. On
devrait créer, dans les zones urbaines et rurales pauvres, des centres
d'assistance légale dont le personnel serait composé de juristes adhé-
rant au principe de l'égalité entre les sexes. L'assistance juridique
devrait y être gratuite et on devrait y proposer des discussions. Les fem-
mes devraient y être informées de leurs droits.
La réorientation des agents de l'ordre sur la nécessité de faire appliquer
les dispositions concernant l'ordre de traitement pour les femmes.
La publication de documents sur les droits et les devoirs des hommes et
des femmes dans la société en tant que maris et femmes ainsi que de
leurs droits de père et de mère à la maison. Ceci devrait être fait tant
par le biais de campagnes des média, que par une large circulation de
brochures ayant trait à ces problèmes.
Les femmes et les filles devraient être plus conscientes que les hommes
des désavantages apportés par des institutions telles que la polygamie et
la somme d'argent à verser pour acheter la mariée, ainsi qu'elles
devraient se rendre compte que ces pratiques diminuent le statut du
mariage; aussi doivent-elles reconnaître qu'elles doivent entreprendre
des démarches pour abolir les vieilles coutumes, traditions et préjudices
qui tendent à leur donner une position inférieure au sein de la famille
Les organisations de femmes doivent alors accorder une priorité aux
forums de discussions ainsi qu'aux autres techniques d'éducation et de
communications de masse, ce, afin d'éduquer l'opinion publique sur
les valeurs des femmes en tant qu'êtres humains.
On devrait accorder une attention spéciale à la situation légale des fem-
mes dans l'apartheid, en prévoyant, entre autres, des fonds de défense
légale.
Les pays qui ne l'ont encore fait devraient promulguer un code de la
famille.
Les femmes devraient participer au processus d'élaboration des lois de
façon à garantir que la législation soit mieux adaptée aux réalités.

128
CHAPITRE XIIi

Planification du développement,
statistiques et population

Planification
Ce qui est le plus souvent absent de ces plans, c'est la partie relative à
la mise en oeuvre, partie qui porte d'habitude sur les besoins en main-d'oeuvre,
les besoins techniques, les incidences financières plus clairement définies, un
calendrier d'exécution, un système de surveillance continue et l'harmonisation
avec les plans de développement économique des pays voisins tout comme aux
niveaux sous-régional et régional. L'absence d'un tel plan de mise en oeuvre a
fait que les plans de développement économique de la plupart des pays afri-
cains ne se trouvent pas seulement à la merci des changements politiques et
économiques du monde, mais qu'ils ne peuvent pas être réalisés.
La réussite de l'élaboration et de l'exécution d'un plan de développe-
ment économique dépend, dans une large mesure, de la mobilisation de toutes
les compétences techniques nationales. Une infrastructure institutionnelle
nationale de développement économique doit, par conséquent, être solide-
ment construite pour servir de cadre approprié à la mobilisation de l'ensemble
de la population, de l'expertise technique en particulier, pour tous les domai-
nes des activités de développement économique.
En fonction des priorités nationales, des ministères, délégations,
directions, organisations, commissions techniques et associations profession-
nelles compétents doivent être créés au sein de cette infrastructure institution-
nelle de développement économique.
Compte tenu de ce qui piécède, le plan d'action suivant est adopté:
a) Les Etats membres doivent élaborer des plans nationaux de développe-
ment économique en tenant compte des priorités et objectifs des plans
de développement économiques nationaux à court, moyen et long ter-
mes, bien définis et en accord avec les plans de développement écono-
miques aux niveaux sous-régional, régional et continental.

129
La préparation de plans de développement doit également être fondée
sur des plans sectoriels et l'accent doit être mis sur le développement
national et collectif, autonome et auto-entretenu ainsi que sur la main-
d'oeuvre, la technologie, la planification financière qui doit être bien
définie dans une période de temps bien définie.
Les dispositions institutionnelles pour la mise en oeuvre, l'évaluation et
la surveillance continues du plan, aux niveaux global et sectoriel, doi-
vent être clairement définies pour qu'il y ait une coordination appro-
priée et pour éviter un dédoublement des efforts et double emploi des
ressources. A cet égard, il convient de mettre l'accent sur les données et
renseignements statistiques concernant la population et les ressources
naturelles comme base de l'élaboration de la politique et la planifica-
tion effectives.

Planification
Les piètres résultats obtenus par l'Afrique au cours des années 70 et
les sombres perspectives d'avenir pour les années 80 si les anciennes politiques
et orientations étaient maintenues sont causes d'une grave inquiétude. C'est
pourquoi le scénario planifié proposé par le Secrétariat de la CEA pour l'Afri-
que pour les années 80 et qui est conforme à la résolution 332 (XIV) de la
5 réunion du Conseil des Ministres/Quatorzième Session de la Commission et
adoptée par la Conférence des Chefs d'Etat lors de sa dernière réunion à Mon-
rovia en 1979 est un scénario consistant qui incite à l'action.
Selon le scénario prévu, l'Afrique en développement connaîtra une
croissance d'environ 7% par an au cours des années 1980. Les principaux pays
exportateurs de pétrole dont le PIB représente 40% du PIB total de l'Afrique
viennent de connaître selon les prévisions une croissance de 8% environ tandis
que les pays non producteurs de pétrole connaîtront une croissance d'environ
6% par an au cours de la même période. La croissance globale a d'autres
objectifs importants de développement sectoriel et diverses implications en
matière de politique. La production agricole devrait augmenter de 4% par an
tandis que l'industrie devra connaître un taux de croissance de 9,5% par an
pendant la période 1980/90. Les exportations devront également accuser une
croissance réelle d'environ 7% par an tandis que les importations devront être
maintenues à des taux de croissance inférieurs à 8% par an, ce qui entraîne
une réduction à moins de 1,2% du taux d'élasticité des importations.
Il est nécessaire de mettre en pratique au cours des années 1980 le
concept de l'autonomie collective aux niveaux sous-régional et régional sur-
tout en ce qui concerne l'autosuffisance alimentaire, le commerce, l'industrie
et le financement du développement. Tous les efforts devraient être déployés
pour promouvoir la coopération régionale et l'intégration physique par la
mise en oeuvre rapide de la décennie des transports et communications des

130
Nations Unies pour l'Afrique, en particulier pour les Etats membres sans litto-
ral ou insulaires.
Pour les années 1980, l'accent devra être mis sur le développement de
l'agriculture et les agro-industriels, le développement des infrastructures
socio-économiques, la coopération, l'élimination de la pauvreté des masses, le
chômage, le sous-emploi et la satisfaction des besoins fondamentaux.
Les Etats membres devraient accorder une grande priorité à l'étude
complète et approfondie de leur potentiel en ressources naturelles spéciale-
ment en ce qui concerne l'agriculture, l'exploitation minière, l'énergie, l'eau et
l'environnement.
Dans le domaine de l'agriculture, il est demandé aux Etats membres
individuellement d'élaborer des plans alimentaires pour faciliter la réalisation
de l'autosuffisance en ce qui concerne la production alimentaire. Les efforts
devront être orientés vers la réforme agraire, la mécanisation adéquate, l'éta-
blissement des prix avantageux pour les produits agricoles, l'installation des
facilités adéquates de stockage, la distribution et la transformation des pro-
duits agricoles, l'utilisation rtionneI1e des ressources humaines et le dévelop-
pement des centres de recherche scientifique s'appuyant sur des services de
vulgarisation adéquats.
Pour l'industrie et surtout la grande industrie (à savoir les industries
métallurgiques, chimiques et pétrochimiques), des études sur la capacité d'uti-
lisation devraient être menées pour servir de base à la mobilisation des res-
sources et la dotation de projets aux niveaux sous-régional et régional. Il est
également nécessaire d'identifier les types d'industries de substitution aux pro-
duits importés qui peuvent être réalisées au niveau multinational.
Dans le domaine de l'énergie, il faudrait entreprendre des travaux
d'ajustement de l'offre et de la demande en Afrique et faire des prévisions à
court et à long termes afin de permettre l'élaboration d'un programme régio-
nal pour la production, la consommation et la conservation de l'énergie.
Les Etats membres devront mettre sur pied des systèmes régionaux
pour la mobilisation des ressources nationales en vue du développement et,
comme point de départ, il est proposé de créer des mécanismes adéquats de
mobilisation et de canalisation des ressources à partir des Etats membres excé-
dentaires, particulièrement les pays excédentaires exportateurs de pétrole vers
les pays déficitaires et spécialement les Etats membres les moins développés.
Des efforts devraient être déployés en vue de consolider les mesures
de lutte contre la sécheresse et la désertification.
En matière de transport, le fait de créer des réseaux de communica-
tions entre les pays enclavés doit être considéré comme une priorité et une
étape fondamentale de l'intégration physique et économique de l'Afrique.
En matière de technologie, l'accent doit être mis sur l'acquisition, le
développement et l'utilisation de techniques génératrices d'emplois intensifs,
cet aspect devant être pris en considération durant la sélection et l'exécution
des projets.

131
En matière de formulation et d'exécution des plans, des mesures adé-
quates devraient être adoptées en vue d'assurer la consolidation du mécanisme
de planification à l'échelon national ainsi qu'une meilleure intégration des
plans nationaux au sein des sous-régions. Cela faciliterait la concrétisation de
l'autonomie collective.
Un plus grand appui politique devrait être accordé à l'exécution des
plans de développement et tous les efforts visant à assurer une meilleure ges-
tion de l'économie.

Statistiques
Les pays africains devraient de toute urgence renforcer leur infra-
structure en matière de statistiques en vue d'une prise de décision efficace et
d'une bonne planification. A cet égard, il leur est instamment demandé de for-
muler des programmes de développement de la statistique qui devront être
incorporés dans les plans nationaux de développement. Ces programmes doi-
vent comporter une liste des besoins en données qui soit conforme aux réalités
et aux priorités.
Afin de mobiliser les ressources extérieures en vue de la mise en
oeuvre du Programme africain concernant la mise en place de dispositions
d'enquête sur les ménages, de la série de recensements de la population et de
l'habitation de 1980 ainsi que du système de comptabilité nationale, les gou-
vernements africains devraient réaffirmer leurs priorités dans lesdits program-
mes et assurer l'appui financier de contrepartie nécessaire.
Chaque Etat membre devrait instituer des mécanismes appropriés
pour la collecte, le traitement, l'évaluation, l'analyse et la diffusion des don-
nées. Ces mécanismes devraient permettre l'établissement de liens étroits entre
les personnes qui rassemblent les données, les analystes et les utilisateurs.
11 est Souhaitable qu'une base de données statistiques soit constituée
dans les différents pays en vue du stockage et de la recherche de l'information.

Population
Des mécanismes adéquats devraient être créés partout où cela est
nécessaire pour assurer une plus grande intégration des variables démographi-
ques dans la planification du développement, tenant compte du doublement
prévu de la population de la région entre 1975 et 2000 et de l'impact sur la pla-
nification économique et le développement.
Les Etats membres devraient attacher davantage d'importance à
l'analyse des données démographiques pertinentes que contiennent les opé-
rations de recensement de 1970 et 1980 ainsi que d'autres enquêtes démo-
graphiques.

132
Les ressortissants des pays africains doivent être formés en matière
de collecte et d'analyse des données démographiques. A cet égard, des mesu-
res de soutien devraient être prises pour les centres de formation existants.
Une meilleure collaboration doit s'établir entre les démographes, les
planificateurs et les statisticiens dans leurs activités au niveau national et des
mécanismes doivent être établis spécialement à cette fin.
L'exode rural actuel est excessif et exige qu'un programme de répar-
tition géographique planifiée et l'aménagement du peuplement soit élaboré.
Ce programme doit être lié aux olitiques et aux programmes d'établissements
humains et de développement rural intégré.
Les niveaux actuels de fécondité et de mortalité constituent un grave
sujet de préoccupation. Ils se traduisent par des taux de croissance élevés
qui ont des incidences sur la satisfaction des besoins de la majorité de la
population.
Tout programme en matière de population qui tende à améliorer la
qualité de la vie devrait s'appuyer sur une connaissance de base élémentaire,
laquelle aborde les plus importants facteurs sociaux, économiques et démo-
graphiques se rapportant à la famille; on devrait encourager les recherches sur
les thèmes suivants:
caractéristiques de la population et la façon dont elles sont perçues
dans certains pays, afin de fournir une connaissance d'ensemble de
base pour servir de contenu aux programmes adoptés dans ces pays;
facteurs socio-économiques et culturels influençant les concepts de
développement et de croissance en matière de population et autres
questions socio-culturelles;
sources identifiables de concepts ayant des rapports avec la population
(exemple: famille-groupe d'âge, groupe d'adultes, mass média, etc.);
circuits de communication appropriés pour la diffusion des innova-
tions et des nouveaux concepts dans le domaine de la population;
valeurs effectives, croyances, tabous et traditions qui contrôlent le pro-
cesstis de prise de décision au sein de la famille dans des pays choisis et
la façon dont le niveau de compréhension des questions de population
influe sur ces valeurs et attitudes;
contingences de renforcement gouvernementales et publiques et leurs
implications dans le domaine de la population dans des pays africains
sélectionnés.

133
ANNEXE I

Acte final de Lagos

Nous, Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation de l'Unité Afri-


caine, réunis à Lagos, Nigéria, en la deuxième Session Extraordinaire de la
Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'OUA, consacrée exclu-
sivement à l'examen des problèmes économiques de l'Afrique,
Considérant les dispositions pertinentes de la Charte, notamment celles
relatives aux objectifs de l'OUA visant à coordonner et à intensifier la coopé-
ration et les efforts des Etats membres pour offrir de meilleures conditions
d'existence aux Peuples d'Afrique;
Rappelant les diverses résolutions et déclarations adoptées au cours de nos
précédentes conférences au Sommet stipulant que le développement et l'inté-
gration économiques du continent africain constituent une condition essen-
tielle pour la réalisation des objectifs de l'OUA, en particulier ceux formulés à
Alger (septembre 1968), Addis-Abéba (août 1970 et mai 1973) et à Libreville
(juillet 1977);
Rappelant notre décision de Libreville, en juillet 1977, relative à l'adop-
tion de la Déclaration de Kinshasa de décembre 1976 portant création d'une
Communauté économique africaine, objectif qui devrait être atteint dans un
délai de 15 à 25 ans et par étapes successives;
Rappelant notre Déclaration d'Engagement de Monrovia «sur les princi-
pes directeurs et les mesures à prendre en faveur de l'autosuffisance nationale
et collective dans le développement économique et social en vue de l'instaura-
tion d'un nouvel ordre économique international» et qui, entre autres, appelle
à la création ultérieure d'un marché commun africain, qui serait le prélude à
une Communauté économique africaine;
Notant que l'évolution intervenue dans les relations économiques inter-
nationales et dans les négociations globales entre les pays développés et les
pays en développement confirme le bon choix de l'Afrique de promouvoir
un développement collectif, auto-dépendant et endogène et une intégration
économique;

135
Notant également les progrès en cours dans le domaine de la coopération
économique entre pays en voie de développement et spécialement la création
d'un Comité sur le système généralisé de préférences commerciales entre les
pays en développement en ce qui concerne en particulier la région africaine;
Notant les initiatives déjà prises en vue de la promotion de la coopération
et de l'intégration économiques intra-africaines aux niveaux sectoriel, sous-
régional et régional;
Convaincus de la nécessité d'une coordination progressive au niveau conti-
nental des activités économiques existantes et futures ainsi que de la promo-
tion de l'intégration sur la base de secteurs pris individuellement,

CONVENONS de ce qui suit:

Du programme
Confirmons notre pleine adhésion au Plan d'Action adopté lors de la pré-
sente Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouver-
nement visant à la mise en oeuvre de la Stratégie de Monrovia pour le dévelop-
pement économique, social et culturel de l'Afrique et définissant, entre autres
mesures, celles relatives à la création de structures régionales et au renforce-
ment de celles déjà existantes, en vue de l'établissement ultérieur d'un marché
commun africain, prélude à une Communauté économique africaine.

De la mise en oeuvre du programme

A. De la Communauté économique africaine

Nous réaffirmons notre engagement de créer d'ici l'an 2000, sur la base
d'un traité à conclure, une Communauté économique africaine afin d'assurer
l'intégration économique, culturelle et sociale de notre continent.
Cette Communauté a pour buts de promouvoir le développement collectif,
accéléré, autodépendant et endogène des Etats membres, la coopération entre
eux et leur intégration dans tous les domaines économique, social et culturel.
En conséquence, nous donnons mandat au Secrétaire Général de l'OUA:
de mettre sur pied le plus rapidement possible un Comité de rédaction
au niveau ministériel pour élaborer le projet du Traité portant création
de la Communauté économique africaine;
de soumettre ce projet à notre examen lors de notre prochaine confé-
rence au sommet en 1981.

136
B. Des étapes de la mise en oeuvre

En vue de cet objectif ultime, nous nous engageons:


1. Au cours de la décennie des années 1980:
à renforcer les communautés économiques existantes et à créer
d'autres groupements économiques dans les autres régions de
l'Afrique, de manière à couvrir l'ensemble du continent (Afrique
centrale, Afrique orientale, Afrique australe, Afrique du Nord);
à renforcer de façon effective l'intégration sectorielle au niveau
continental et en particulier dans les domaines de l'agriculture, de
l'alimentation, des transports et des communications, de l'indus-
trie et de l'énergie;
à promouvoir la coordination et l'harmonisation entre les groupe-
ments éconômiques existants et futurs en vue de la création pro-
gressive d'un marché commun africain.
2. Au cours de la décennie des années 1990:
à poursuivre les mesures visant à une plus grande intégration
sectorielle:
- harmonisation de nos stratégies, politiques et plans de déve-
loppement économique;
- promotion de projets communs, en particulier dans les domai-
nes économiques mentionnés ci-dessus;
- harmonisation de nos politiques financières et monétaires;
à poursuivre les mesures préparant la voie à l'établissement d'un
marché commun africain et celles susceptibles de permettre la
réalisation des buts et objectifs de la Communauté économique
africaine.
En vue de la mise en oeuvre du Plan d'Action pendant ces étapes, nous
chargeons le Secrétaire Général de l'OUA, en collaboration avec le Secrétaire
Exécutif çle la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, de
prendre toutes les mesures appropriées, conformément à la Stratégie de Mon-
rovia, dans sa partie II, paragraphe 7, et de présenter un rapport d'activités à
la Session de notre Conférence de 1982.
Fait à Lagos (Nigéria) avril 1980.

137
ANNEXE 11

Résolution sur le Plan d'Action de Lagos

La Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation de


l'Unité Africaine réunie à Lagos les 28 et 29 avril 1980 en sa deuxième Session
Extraordinaire;
Constatant les facteurs de toutes sortes qui entravent le développement du
Continent africain et compromettent ainsi gravement l'avenir des peuples qui
le composent;
Rappelant la «Déclaration d'Engagement» de Monrovia sur les principes
directeurs et les mesures à prendre pour l'autosuffisance nationale et collective
autodépendante dans le développement économique et social pour l'établisse-
ment du nouvel ordre économique international;
Consciente de la nécessité d'adopter et de mettre en application dans les
meilleurs délais un programme visant à l'intégration économique de l'Afri-
que, compte tenu de ses besoins urgents en matière de développement écono-
mique, social et culturel;
Réaffirmant que conformément à la Charte de l'OUA le rôle de l'Organi-
sation est d'harmoniser les politiques des Etats membres et de définir les prio-
rités communes en matière de développement, de coordonner, de contrôler et
d'aider à la mise en application de ces politiques et priorités dans les domaines
économique, social et culturel,
ADOPTE le Plan d'Action pour la mise en oeuvre de la Stratégie de
Monrovia dénommé Plan d'Action de Lagos.
LANCE un appel à tous les Etats membres pour qu'ils mettent en
oeuvre les mesures nécessaires pour l'application aux niveaux national, sous-
régional et continental du Plan d'Action de Lagos.
DEMANDE à tous les Etats membres de l'OUA et au Groupe africain
aux Nations Unies de défendre ce plan.
CHARGE le Secrétaire Général de l'organisation de l'Unité Africaine,
en collaboration avec le Secrétaire Exécutif de la Commission des Nations

139
Unies pour l'Afrique, de prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter
la mise en application du Plan de Lagos en s'appuyant sur les institutions spé-
cialisées de l'OUA avec l'assistance technique et financière des Agences spé-
cialisées de la CEA et des organismes nationaux et internationaux appropriés.
5. DEMANDE au Secrétaire Général de l'OUA de prendre toutes les
mesures nécessaires pour:
la préparation et la convocation des Commissions appropriées de
l'OUA;
la préparation et la présentation à la Conférence des Chefs d'Etat et
de Gouvernement de rapports périodiques sur les progrès réalisés dans
l'exécution du Plan d'Action par les Etats membres;
la préparation et la présentation, à la prochaine session budgétaire du
Conseil des Ministres, des incidences financières et organisationnelles
relatives à la mise en oeuvre du Plan d'Action.

140
ANNEXE III

Résolution sur la participation de l'Afrique


aux négociations internationales

La Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation de


l'Unité Africaine, réunie en sa 2 Session Extraordinaire consacrée aux pro-
blèmes économiques de l'Afrique, tenue à Lagos, Nigéria, les 28 et 29 avril
1980,
Consciente de l'absence d'industrialisation de nos pays, de la nécessité
actuelle d'exporter des matières premières et d'importer des biens d'équipe-
ment indispensables à notre développement;
Déplorant la spéculation à la baisse opérée par des intermédiaires sur
nos produits de base qui sont actuellement nos seules sources de revenus en
devises;
Consciente de l'importance des négociations économiques internationales
sur le développement socio-économique de l'Afrique et du rôle que doit jouer
l'Afrique dans ces négociations pour sauvegarder ses intérêts;
Déplorant l'absence de volonté politique et l'attitude négative des pays
industrialisés dans les négociations internationales sur la restructuration de
l'économie mondiale, en vue de l'instauration du Nouvel Ordre Economique
International;
Rappelant la réunion ministérielle du Groupe des 77 qui s'est tenue à New
York du 11 au 14mars 1980 et les décisions importantes prises à cette réunion;
Rappelant la résolution de la 32e Session du Conseil des Ministres de
l'OUA tenue à Nairobi (février 1979) relative à la nécessité de renforcer les
structures du Département des Affaires Economiques de l'OUA, notamment
ses bureaux de liaison de New York, de Genève, de Bruxelles,
1. LANCE un appel aux Etats membres de l'OUA pour qu'ils participent
pleinement et efficacement aux négociations économiques internationales,
notamment à la 11e Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale des

141
Nations Unies et aux négociations globales sur la base du Plan d'Action
adopté à la 2e Session Extraordinaire de la Conférence des Chefs d'Etat et de
Gouvernement de l'OUA (Lagos, 28 et 29 avril 1980).
RÉAFFIRME son appui au projet d'ordre du jour soumis par le
Groupe des 77 pour les négociations globales.
CHARGE le Secrétaire Général de l'OUA, en collaboration avec la
CEA et les autres institutions nationales et internationales appropriées,
d'apporter l'appui logistique et technique nécessaire au Groupe africain dans
les négociations internationales, en particulier en dotant les bureaux de liaison
de moyens matériels et humains appropriés.
DEMANDE à l'OUA et aux autres pays en développement, dans le
cadre du dialogue et de la concertation, de renforcer leur solidarité en vue
d'obtenir sur le marché international une juste rémunération de nos produits
de base.
DEMANDE en outre au Secrétaire Général de l'OUA de faire rapport
régulièrement au Conseil des Ministres et à La Conférence des Chefs d'Etat et
de Gouvernement de l'OUA sur la mise en oeuvre de la présente résolution.

142
ANNEXE IV

Motion de remerciement

La Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation de


l'Unité Africaine, réunie en sa Deuxième Session Extraordinaire à Lagos,
Nigéria, les 28 et 29 avril 1980,
EXPRIME ses remerciements sincères et sa profonde reconnaissance au
Président Shehu Shagari, au peuple et au Gouvernement de la République
Fédérale du Nigéria pour leur accueil chaleureux et fraternel qui a facilité le
déroulement rapide et couronné de succès de ce Sommet Extraordinaire;
EXPRIME sa reconnaissance, en particulier pour tous les moyens mis à la
disposition des délégués participant, pour l'efficacité ainsi que pour la qualité
des services rendus;
SE DÉCLARE entièrement satisfaite de l'atmosphère fraternelle et cor-
diale qui a prévalu au cours de la conférence ainsi que de la cordialité et de
l'ouverture d'esprit avec lesquelles le Président Sédar Senghor du Sénégal a
dirigé les travaux du Sommet.

143

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