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la culture en questions

« La médiation culturelle n'a de sens que si l'on


reconnaît la culture de l'autre comme étant traversée

Serge Saada
par ses origines, son parcours de vie, ses habitudes,
ses loisirs, et que l'on ne cherche pas à ce que l'autre
nous ressemble. »

« Vous savez, ce n’est pas pour moi ». L’expression revient souvent chez les

Et si on partageait la culture ?
personnes qui perçoivent les lieux culturels comme des sanctuaires impénétrables.
Lorsqu’elles parviennent à franchir le seuil, elles ont tout simplement l’impression
d’y être entrées comme par effraction.
Fort de son expérience, Serge Saada illustre avec un regard sensible les conclusions
des études faisant apparaître des inégalités sociales dans la fréquentation des
théâtres. Il dépasse toutefois le simple constat pour défendre l’idée du potentiel du
spectateur, d’un spectateur à qui on laisserait le temps de se construire,
d’un individu dont la propre culture ne serait pas jugée comme illégitime face à la
culture instituée.
C’est pourquoi le médiateur culturel a un rôle essentiel à jouer, celui du passeur qui
sait se retirer au moment opportun pour laisser à l’individu la possibilité de
continuer seul le chemin. Le médiateur n’amène rien et surtout pas la culture.
Il doit partir du principe que le public a moins besoin de connaissances que de
conditions pour les partager.
Ce livre, riche en exemples relatifs à de nombreuses situations vécues, montre
comment des actions menées dans l’esprit de l’éducation populaire soulèvent des
questions purement esthétiques à même de faire évoluer les contenus et la pratique
Serge Saada
artistique. Il cherche à réconcilier l’exigence esthétique à la préoccupation citoyenne.
Pour forger son analyse, Serge Saada s’appuie sur deux expériences fondatrices et complémentaires.
Un cours sur le spectateur de théâtre donné au département de médiation culturelle de l’université Et si on partageait
Paris III. Puis l’encadrement d’une formation à la médiation culturelle au sein de l’association Cultures du
Cœur. Par ailleurs, il enseigne l’écriture dramatique et la mise en scène à Sciences Po Paris.

Photo de couverture : Joan Martinez i Serres / Cie Fet a ma / Swap !


la culture ?
ISBN 978-2-916002-20-0
E S S A I S U R LA M É D I A T I O N C U L T U R E L L E ET L E P O T E N T I E L DU S P E C T A T E U R

9 782916 002200 14 euros

www.editions-attribut.fr
Et si on partageait
la culture ?
Essai sur la médiation culturelle
et le potentiel du spectateur

Serge Saada

éditions de l’attribut
Collection La Culture en questions
éditions de l’attribut
43, rue Bayard 31000 Toulouse
www.editions-attribut.fr

ISBN 978-2-916002-20-0
© éditions de l’attribut, juillet 2011, tous droits réservés.
SOMMAIRE

P. 7 Avant-propos
Des spectateurs potentiels au potentiel du spectateur
Première partie
Vers un spectateur possible
P. 11 Paroles d’un non habitué
P. 14 Paroles d’un habitué
P. 17 Entre culture élitaire et culture de masse
P. 24 Arts, culture et loisirs
P. 32 La confusion du spectateur
P. 36 Le vivant et le différé : une crise du temps
P. 41 La participation : éloge du vivant
P. 47 La peur des théâtres, la peur des publics
P. 52 L’artiste et le public, l’artiste et son public
P. 58 Penser avec les œuvres : le spectateur interprète
D eu xi èm e p a r t i e
Le s e nj e ux d e l a m é d ia t io n cu l t u re l l e
P. 65 Légitimité de la médiation
P. 65 L’aventure d’une jeune médiatrice
P. 75 Des lieux et des publics
P. 81 Des principes de médiation
P. 87 Spécificités du médiateur culturel
P. 90 Des exemples pratiques
P. 97 En finir avec le choc et la révélation
P. 101 La métaphore du voyage
Troisième partie
La médiation culturelle dans le champ social
P. 105 Le médiateur socio-culturel
P. 112 La vocation de Cultures du Cœur
P. 116 La culture comme levier d’insertion
P. 119 Les enjeux de la mixité des publics
P. 127 L’accompagnement des publics : la parole aux acteurs
P. 135 Gratuité, autonomie, libre choix : des moyens et des limites
P. 143 Conclusion
AVANT-PROPOS

DES SPECTATEURS POTENTIELS AU POTENTIEL DU SPECTATEUR

« Ce n’est pas pour moi ». Ainsi pensent de nombreuses


personnes qui n’osent fréquenter les lieux de diffusion
culturelle souvent perçus comme des sanctuaires
impénétrables. Lorsqu’elles parviennent à franchir le seuil,
elles ont tout simplement l’impression d’y être entrées
comme par effraction. Dans le jargon culturel, elles sont
appelées, avec ce que cela sous-entend comme
stigmatisation, « non publics », « publics empêchés »,
« publics isolés ». Les barrières symboliques s’ajoutent aux
difficultés économiques et à un contexte social défavorisé
dans lequel il ne s’agit toutefois pas de les enfermer. Car leur
diversité est le reflet même de notre société.
Les lieux de spectacles privés comme publics s'adressent
le plus souvent aux spectateurs potentiels. Ils font l’impasse
sur l'idée qu’il puisse y avoir un potentiel du spectateur,
autrement dit toute la richesse de celui qui reçoit, sa liberté
de penser, sa liberté de dire ce qu’il veut d’une œuvre en
dehors des discours de spécialistes, des médias ou de tout
autre cadre institué.

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ET SI ON PARTAGEAIT LA CULTURE ?

Les chargés des publics affirment manquer de moyens


pour imaginer concevoir et mettre en œuvre des actions
vers de nouveaux publics. Ils manquent d’espace et
de temps pour mener des projets qui iraient au-delà
de la simple communication d’une programmation et
contribueraient à cette mixité tant rêvée des salles de spectacle.
Pourtant, la relation avec le spectateur est encore pensée
par les artistes comme l’aboutissement et parfois même le
sens ultime de leur création. Le théâtre, le cirque, la danse,
les performances, les arts plastiques sollicitent toujours
l’activité du spectateur. Dedans, dehors, assis, debout,
en mouvement, au centre de la représentation, face à face,
en cercle, disséminé, en petit groupe, on explore ces
dispositifs, on en réactualise d’anciens, pour impliquer le
spectateur, le concerner davantage. On l’interpelle ou
l’invective, on le déplace, on le surprend, on lui demande
son avis, on le fait encore monter sur scène, on l’agresse
même parfois pour le sortir d’un prétendu confort ou
d’une supposée paresse des sens. Toutes ces figures sont
explorées par volonté de redonner au spectacle ce qui
semble se perdre régulièrement : la relation scène-salle.
Cependant, si l’on ne cesse de souligner que la fonction du
spectateur est fondamentale, on peut se demander s’il a
toujours les moyens de dépasser la simple confrontation
aux œuvres, si on l’invite à donner sa réponse à toute
proposition artistique.
Au-delà de la statistique, faisant toujours apparaître des
inégalités sociales quant à la fréquentation des lieux
culturels, ce livre défend l’idée d’un spectateur possible, un
spectateur imprévu, à qui on laisserait le temps de se
construire en franchissant des territoires qui lui sont parfois
inconnus. Il s’appuie sur deux expériences fondatrices et
complémentaires. Un cours sur le spectateur de théâtre
donné depuis sept ans au département de médiation

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SERGE SAADA

culturelle de l’université Paris III et la conception,


l’encadrement et le suivi d’une formation à la médiation
culturelle au sein de l’association Cultures du Cœur.
Cette structure nationale a, depuis 2003, et selon un
dispositif destiné aux plus démunis, généré plus de
1 800 000 sorties culturelles et sportives sur tout le
territoire en s’appuyant sur un réseau de 11 000 structures
sociales relais et 9000 structures culturelles.

Ces deux expériences ont fait émerger l’idée qu’il existe


résolument un équilibre possible entre préoccupation
esthétique et préoccupation citoyenne. Tour à tour,
l’une peut renvoyer à l’autre et enrichir la réflexion sur les
publics. Ici, nous proposons de dépasser le perpétuel
débat entre « l’art pour l’art » et l’art au service d’une
cause. Nous verrons comment des actions menées dans
un esprit d’éducation populaire soulèvent des questions
purement esthétiques à même de faire évoluer les
contenus et la pratique artistique. Notre réflexion
s’appuiera principalement sur le spectacle vivant, et plus
précisément sur le théâtre, mais des exemples relatifs aux
autres pratiques (musée, sport…) viendront éclairer
l’analyse. De la même façon, les exemples proposés se
réfèreront principalement à des publics défavorisés, en
gardant toujours à l’esprit que les obstacles qui les
éloignent des lieux culturels pourraient se rencontrer chez
toutes autres catégories économiques et sociales.
Ces expériences n’ont pas toujours une valeur statistique,
elles déplacent néanmoins tout a priori sur le
comportement des publics dits « isolés ».
Ressentir comme évident notre accès aux œuvres, c’est
oublier, voire renier, que nous avons rencontré sur notre
parcours des médiateurs et des médiations, diffus ou
conscients.

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ET SI ON PARTAGEAIT LA CULTURE ?

C’est se comporter avec la connaissance et le plaisir


esthétique comme un parvenu avec l’argent. La compagnie
d’un père qui lit des romans policiers est suffisante pour
donner le goût de la lecture. Un frère ou un ami avec qui l’on
fait des dessins apaisera au musée le regard du visiteur de
demain. Visiblement, beaucoup d’entre nous semblent avoir
oublié toutes ces raisons grâce auxquelles nous nous
retrouvons au théâtre, au musée, ou dans un concert de
musique, avec confiance, disposition, naturel ou attitude.
La figure du médiateur culturel émerge de cette nécessité
éthique et citoyenne de partager les œuvres avec le plus grand
nombre et, conjointement, elle affirme que le rapport aux
œuvres n’est pas essentiellement de l’ordre de la révélation
ou du choc, comme le pensait André Malraux.
Nous nous proposons de défendre l’expérience du
spectateur en tant que pratique évolutive, une pratique
créative qui n’est pas toujours reconnue. Comme l’indique
Primo Lévi dans La clé à molette, « il existe un art d’écouter,
tout aussi ancien et estimable duquel les règles n’ont jamais
été définies ». Ajoutons que la densité de cet art de recevoir
n’est pas réductible aux taux de fréquentation et aux moyens
financiers des publics.
Dans une société où l’individu n’est pas fondamentalement
passif mais sollicité comme être passif, le spectateur peut
encore occuper une place vive. La culture ne peut pas être le
seul remède aux discriminations sociales, pas plus que l’art.
Ce livre a toutefois pour ambition de démontrer comment la
médiation culturelle et ces objets de construction de l’âme
que sont les œuvres constituent un rempart à toute exclusion.
PREMIÈRE PARTIE

VERS UN SPECTATEUR POSSIBLE

PAROLES D’UN NON HABITUÉ

Longtemps, j’ai évité d’aller aux spectacles. J’avais peur d’y


aller seul, de m’y ennuyer. En fait, ça ne m’a jamais manqué
et je n’y pense même pas. J’ai peur de me retrouver entouré
d’habitués qui ont l’air de tout connaître : les acteurs, le texte,
le metteur en scène. J’étouffe vite. Je me sens isolé. Quand je
suis dans une salle, je me demande parfois ce que je fais là et
à quoi ça va me servir. Avec ma façon de m’habiller et ma
façon d’être, j’ai l’impression d’être tout le temps observé.
La dernière fois, j’ai accepté de suivre un ami du lycée que j’ai
retrouvé. J’avais un peu honte car, au bout d’un quart d’heure
de représentation, je n’avais toujours rien compris. Je n’étais
pas placé près de la sortie et je devais rester là. Le comédien,
l’éclairage, la mise en scène, trop d’éléments à la fois. Je sature
vite. À la fin du spectacle, pour ne pas vexer mon ami car
c’était lui qui m’avait invité, j’ai fait mine d’avoir apprécié.
J’ai dit que c’était bien alors que je m’étais très franchement
ennuyé. Quand le public se mettait à rire ou à applaudir, je ne
comprenais pas pourquoi. Je n’allais pas commencer à faire

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ET SI ON PARTAGEAIT LA CULTURE ?

semblant de comprendre alors que j’avais déjà l’impression


d’être exclu. Et puis les rappels, quatre rappels. À chacun
d’eux, je me disais que j’étais sans doute d’une autre planète,
que je ne saurai jamais comment réagir quand il le faut.
À quoi bon applaudir à un spectacle auquel je n’ai presque
rien compris. Cette sortie me montrait que je n’étais pas
adapté au monde du spectacle. Je n’ai pas osé dire à mon ami
que, depuis le lycée, c’était la première fois que je retournais
au théâtre. Lui, il était à l’aise. Il me parlait de tel détail, de tel
autre ; et je ne cessais de me dire qu’on n’avait pas vu la même
chose. Peut-être que c’est moi qui avais décidé à un moment
de ne plus rien voir, de ne plus rien entendre. Au théâtre,
je le reconnais, je manque parfois de confiance en moi, et de
patience aussi. J’ai pris l’habitude de changer de chaîne quand
la télévision m’ennuie, et puis quand je l’éteins, je passe très
vite d’une chose à une autre. Je suis un spectateur impatient.
Il est vrai que je ne vois toujours pas ce que le spectacle
peut m’apporter de plus par rapport à mes activités.
J’écoute beaucoup de musique, je lis peu, mais je m’amuse
déjà bien avec ce que j’aime. Et ce que j’aime, ce n’est pas
toujours ce que tout le monde aime. J’écoute aussi des
disques dont personne ne parle. C’est suffisant pour moi.
Je n’ai pas le temps de rajouter le théâtre, la danse ou les
musées à tout ça. Qu’on ne me dise pas que le théâtre c’est
fait pour tout le monde, j’habite à côté d’un grand théâtre et
ce n’est pas tout le monde qui y va. Des commerçants m’ont
dit que c’était un grand théâtre privé. Moi, je n’ai jamais
vraiment su faire la différence entre un théâtre privé et un
théâtre public. Pour moi, le théâtre public c’est les grands
textes, ceux qu’on était forcé d’étudier à l’école, des textes qui
m’ont toujours un peu ennuyé, et les théâtres privés c’est
avec des acteurs connus de cinéma que l’on voit sur les
affiches. Je serais bien allé voir Lætitia Casta au théâtre,
rien que par curiosité, pour savoir si elle joue bien.

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SERGE SAADA

Je serais aussi intrigué de voir Alain Delon ou Eddy


Mitchell au théâtre, ça devrait être marrant de les voir en
vrai. Les places étaient trop chères, je n’avais pas envie d’y
aller seul et, si j’avais pris les derniers tarifs, j’aurais été mal
placé. Si c’est pour les voir, autant les voir de près.
Quand vers huit heures du soir je passe devant le théâtre de
mon quartier, je vois bien que les gens sont habillés d’une
certaine façon et puis, même ceux qui sont plus
« décontractés », je les trouve différents. C’est comme
un territoire à part dans mon propre quartier. Parfois je
m’arrête pour boire un café et je commence à les classer par
famille. Il y a les gens très bien habillés que l’on reconnaît
tout de suite et puis il y a parfois des jeunes que l’on
reconnaît tout de suite aussi. Les jeunes ne sont pas
habillés « luxe » mais ils ont quand même un style intello ou
baba cool qu’on reconnaît tout de suite. Moi, je ne
corresponds à aucune des deux catégories. Je n’ai pas les
moyens d’avoir un style. Mon ami m’a dit qu’à l’opéra ils
font des places à 5 euros juste avant les représentations.
Et si les bonnes places ne sont pas occupées, on peut les
prendre. Mais, franchement, je me vois mal dans un opéra.
Je trouve ça ridicule la façon dont les chanteurs ont de
bomber le torse, de bouger lentement en chantant, c’est pas
naturel. Mon ami me disait que c’est une vision dépassée et
caricaturale de l’opéra. Il a ajouté que j’avais trop de
préjugés, que je n’étais pas si mal habillé, qu’il suffisait de
franchir le pas. Je l’ai mal pris, je lui ai répondu que j’avais
mes habitudes et qu’elles étaient aussi riches que les
siennes. J’ai essayé de voir un opéra sur la chaîne Arte,
je n’y comprenais rien. Il y a trop de choses à la fois :
l’actrice qui chante haut perchée, le gros monsieur qui
est sûr de son charme alors qu’il est gros et qu’il a du mal
à avancer en chantant. Je n’ai pas la même culture et
je ne trouve pas que la mienne manque d’intérêt.

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ET SI ON PARTAGEAIT LA CULTURE ?

Quand j’achète un disque, je m’intéresse toujours aux


paroles. Parfois je les apprends par cœur, c’est très agréable
de pouvoir les chanter après. Je n’y pense jamais, mais je crois
que c’est aussi une activité culturelle. Le théâtre, c’est trop
cher et c’est comme l’école pour moi. Je préfère garder mon
argent pour aller voir un film avec ma copine. Les acteurs
parlent trop fort au théâtre et pas naturellement.
Je me souviens de la première pièce que j’ai vu au théâtre.
C’était avec mon professeur de français, une pièce de Musset
je crois, Lorenzaccio. Je ne dis pas que c’était inintéressant,
mais on a passé notre temps à se moquer de l’acteur
principal et des actrices qui parlaient avec une « diction du
dimanche », cette façon pas naturelle du tout de parler.
L’acteur principal a passé un bon quart d’heure à nous dire
qu’il souffrait alors que Clint Eastwood n’a pas besoin de dire
un mot pour que tu comprennes qu’il y a quelque chose qui
le chiffonne. Heureusement que le professeur de français
nous avait fait lire la pièce avant, sinon on n’y aurait pas vu
d’intérêt. Je crois que s’il y avait un endroit où il était encore
possible de lire une pièce à plusieurs et d’aller la voir ensuite
ça pourrait m’intéresser.

PAROLES D’UN HABITUÉ

Longtemps, je me suis interrogé sur la raison pour laquelle


je ne fréquentais pas les terrains de rugby. J’ai réalisé
récemment, à l’occasion de la dernière coupe du monde, que
je croyais connaître les règles alors qu’elles s’avèrent toujours
plus compliquées. C’est un sport avec des conventions
précises, qui dépassent le simple interdit de passer la balle en
avant. Ce n’est pas facile pour moi de franchir le pas et de
m’aventurer dans les tribunes d’un stade. Je dois l’avouer,
j’ai des a priori et des appréhensions qui m’incitent à ajourner

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SERGE SAADA

chaque fois l’envie d’assister à certaines rencontres sportives.


La dernière fois, des amis m’ont forcé à aller au stade avec
eux et je me suis vite senti exclu. Rapidement, je commençais
à regarder les tribunes, m’intéressant plus aux réactions du
public qu’à ce qui se passait sur le terrain. J’étais vite mis sur
la touche. Sur le terrain, tout est plus lent qu’à la télévision.
Et puis, sans présentateur, ce n’est pas facile de comprendre
ce qui se passe. À l’entracte, enfin, à la mi-temps, on m’indi-
qua que les deux équipes étaient quasi à égalité et je me suis
demandé si j’allais tenir jusqu’au bout. Quarante-cinq
minutes qui, dans ces conditions, seraient pour moi une
véritable épreuve. C’était l’hiver et mes articulations
supportaient douloureusement ces tribunes non chauffées.
Tout s’est terminé par un repas où j’écoutais mes amis parler
du match en détail, être divisés sur telle ou telle tactique de
jeu, sans que je ne puisse, faute d’être concerné, prendre la
parole. Je préfère aller au théâtre. Je m’y sens bien. J’y vais
souvent, au moins trois fois par mois. Là, je me sens
impliqué. Je suis en éveil dès les premières secondes.
Nous y allons à plusieurs, et c’est toujours l’occasion de
longues soirées qui se terminent au restaurant où nos
conversations n’en finissent pas. Là où d’autres refont le
match, nous, on refait le spectacle. C’est à croire que le
spectacle est vu deux fois, lors de la représentation mais aussi
au café ou au restaurant. Nous prenons du plaisir à analyser
la qualité d’un comédien, à s’arrêter sur la façon dont tel ou
tel metteur en scène a traité la scène III de l’acte III de
La Cerisaie de Tchekhov. Je suis sensible aux choix
scénographiques, à la dramaturgie qui est quand même
essentielle, à l’occupation de l’espace, aux déplacements sur
le plateau et à la façon de gérer le sens d’un texte.
J’ai souvent lu les textes avant.
Il m’arrive aussi d’aller seul au théâtre, ce n’est pas un
problème. Je ne m’y sens pas mal à l’aise. De toute façon,

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ET SI ON PARTAGEAIT LA CULTURE ?

rares sont les fois où je ne rencontre pas quelqu’un.


Je suis souvent invité parce que je connais beaucoup
d’artistes. Des acteurs, des danseurs, des éclairagistes, des
amis avec lesquels j’ai fait mes études ou d’autres amis
rencontrés dans un atelier ou un cours. Je pense qu’il y a
plusieurs types de plaisirs au théâtre. Il y a celui qui découvre
un spectacle avec la candeur de la première fois et celui qui
connaît déjà le lieu, le texte, la démarche, l’artiste. Il y a le
plaisir de la découverte et celui de la reconnaissance ; mais ils
ne sont pas opposés. Quand je connais, je me sens concerné,
je vais plus loin, je m’intéresse aux détails, mais je suis aussi
prêt à l’imprévu et je l’accepte. J’ai intégré l’esprit
d’avant-garde ; cette façon qu’ont les artistes de jouer avec
nos habitudes de spectateur pour les déplacer et nous
surprendre. Il faut simplement accepter de jouer le jeu.
C’est parfois ennuyeux, trop lent, complaisant, mais ce n’est
pas ça qui va m’empêcher d’y retourner. La dernière fois,
j’y suis allé avec un ami qui n’y connaissait rien. Quand on y
va avec des non habitués, il y a toujours le risque qu’ils
s’ennuient. Ils ne voient pas la même chose que nous.
Parfois, ils ne perçoivent pas ce que je juge comme une
innovation et ça me gêne un peu de ne pas pouvoir partager
ce plaisir. En sortant de la salle, ils me regardent comme si
j’étais un étranger parce que j’ai aimé ça. J’ai l’impression
qu’ils ont perçu la moitié de ce que j’ai vu, entendu et
ressenti. Ils se demandent si ce n’est pas une pose que
j’adopte pour me distinguer d’eux alors que, non, j’y prends
un réel plaisir. Il y a certains théâtres que je fréquente
régulièrement, j’ai confiance en la programmation et il y a des
artistes dont je ne manquerai pour rien au monde un
spectacle. Si c’est complet, j’appelle mon réseau. De toutes
façons, les salles publiques que je fréquente sont souvent en
placement libre. Il suffit d’arriver en avance pour être au
cinquième ou septième rang ; ce sont les places d’où l’on voit

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SERGE SAADA

le mieux. Ces dernières années, c’est devenu plus difficile


d’avoir des invitations. Parfois on connaît un comédien ou la
relation public qui peut nous obtenir une réduction.
Nous culpabilisons lorsque nous rencontrons d’autres amis
qui sont prêts à s’inscrire sur la liste d’attente. Je me sens
coupable quand je commence à rechigner à aller au théâtre
avec des amis non habitués, des amis qui ont entendu parler
d’un spectacle relayé par les médias et qui veulent
absolument voir l’événement dont tout le monde parle.
Moi, j’aime parfois me rendre à un théâtre sans être
renseigné. Si cela ne me plaît pas, je sors sans hésiter.

ENTRE CULTURE ÉLITAIRE ET CULTURE DE


MASSE

« Ceci dit, on peut commencer à tirer une idée de la


culture, une idée qui est d’abord une protestation.
Protestation contre le rétrécissement insensé que l’on
impose à l’idée de la culture en la réduisant à une sorte
d’inconcevable Panthéon ; ce qui donne une idolâtrie de la
culture, comme les religions idolâtres mettent des dieux dans
leur Panthéon. Protestation contre l’idée séparée que l’on se
fait de la culture, comme s’il y avait la culture d’un côté et la
vie de l’autre ; et comme si la vraie culture n’était pas un
moyen raffiné de comprendre et d’exercer la vie 1. »

En véhiculant l’art et la culture dans un cadre repérable


pour les publics, les institutions culturelles, tout comme les

1. Antonin Artaud, « Le théâtre et la culture », Le Théâtre et son double, folio


essais, p. 15.

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ET SI ON PARTAGEAIT LA CULTURE ?

médias, sont régulièrement vouées à faire émerger des


courants, des modes et des pratiques culturelles dans lesquels
le spectateur peut se reconnaître ou non. Il n’en dispose pas
moins d’une culture qui lui est propre. Cette culture est de
plus en plus composite, constellaire, vouée à se confronter,
s’élargir, ou s’associer avec d’autres.

L’expérience de l’association Cultures du Cœur nous a


montré que le regard d’un non habitué est toujours salutaire
et enrichissant. Le spectateur novice passe plus de temps à
observer le théâtre, le visite comme un lieu patrimonial,
s’attardant à son architecture et à sa décoration intérieure.
Il regarde parfois avec plus d’attention et d’étonnement ce
que l’habitué a déjà intégré. Il ne prend pas comme allant de
soi tout ce qui s’y passe. Il peut aussi être dépendant des
conventions d’un lieu, s’être fait une idée toute construite de
la culture, une idée intimidante, transmise en douce,
véhiculée par son parcours scolaire, des modes diffus de
privilèges ou de domination qui perdurent et déterminent
son expérience plus ou moins réussie des spectacles.
Ainsi il ne s’autorise pas toujours à accepter ou reconnaître
les propositions artistiques.
Aujourd’hui encore, dans les lieux consacrés, nous
constatons qu’il y a dans la tenue, les gestes et les dispositions
des habitués une façon presque communautaire de recevoir
les œuvres. La salle peut nous placer dans la position de
l’intrus qui, par un mimétisme de celui qui veut se fondre
dans la foule, va peu à peu se tenir plus droit que d’habitude ou
adopter cette même façon de recevoir le texte ou la
musique qui s’adapterait avec les conventions établies de la salle.
Cependant, on aurait tort de parler tout de suite de
distinction. Si nous invitions ce même public en
Seine-Saint-Denis à un concert de hip-hop, il aurait autant
l’impression d’entrer dans un univers tout aussi marqué

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SERGE SAADA

par ses codes, ses habitudes et ses conventions. Qu’elle naisse


dans une cité ou qu’elle soit officialisée par l’institution
ou les médias, la culture est fondamentalement identitaire.
Elle inclut autant qu’elle exclut.
La proximité avec les chefs-d’œuvres du patrimoine
présents dans les musées peut déclencher des émotions chez
les novices que les habitués ont appris à modérer.
Ces publics en oublient la fonction même des musées qui est
de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à ces
œuvres, et certains demandent si ce sont les vrais tableaux qui
y sont exposés.
Ainsi, et nous l’avons ressenti lors de rencontres
organisées aussi bien au Louvre qu’au Palais de Tokyo ou au
Mac Val, musée d’art contemporain de Vitry, le regard du
novice n’a souvent comme référence que les repères
scolaires d’une culture instituée. Il ne s’autorise pas
forcément à tenir un discours devant des œuvres qui ont déjà
été sanctifiées ou d’autres plus contemporaines qui lui
laissent un plus grand espace d’interprétation mais dont il ne
trouve pas la clé d’entrée. Sa liberté de parole se joue dans sa
capacité à accepter des œuvres nouvelles (sans tout de suite
en juger la pertinence), à s’y mouvoir et à se les approprier
au-delà de l’extase du savoir, des critères du beau ou de l’aura
que le temps et le discours critique auraient déposé sur l’œuvre.
La neutralité du visiteur est impossible aussi bien chez
l’habitué que le non habitué. Les réussites auprès du plus large
public d’un musée d’art contemporain comme le Mac Val sont
liées à des choix spécifiques de l’équipe de la direction des
publics. Le droit de parole est accordé au visiteur alors
qu’auparavant seuls les guides étaient autorisés à parler devant
les œuvres, construire un nouvel esprit des visites qui met en
situation le public, tient compte de ses motivations et positionne
leur visite moins dans la transmission d’un savoir que dans la
volonté de mettre en jeu les œuvres.

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ET SI ON PARTAGEAIT LA CULTURE ?

Il s’agit alors de questionner les œuvres avec le savoir des


publics conviés, en étant à l’écoute de leurs attentes
afin de faire émerger des discours personnalisés et libres.
Ils facilitent ainsi la possibilité de ne pas tout de suite entrer
dans les comparaisons, ne pas immédiatement inscrire
l’œuvre dans des filiations. Ils évitent tout aussi bien le
discours de l’érudit qui ne regarderait une œuvre qu’à travers
le prisme de ses acquis que celui du novice qui ne saurait se
départir de ses mécanismes de réception, qui ne dépasserait
pas le « j’aime » ou « je n’aime pas ».
De multiples actions, souvent menées dans des cadres
non artistiques, placent justement ce qui semble avoir été
jugé secondaire, au centre. Ces actions qui visent à
réinventer les faits culturels en dehors de ses cadres
consacrés désenclavent la vision que nous avons de l’art et
tout ce que la tradition ou les lieux et leur officialité ont
contribué à fixer. Elles permettent de surmonter tout
déterminisme social. Elles partent du principe que le regard
reste culturel, que la perception d’une œuvre est comme
filtrée par un itinéraire de vie, une origine, des influences, des
réflexes identitaires, la place que nous donne la société.
Ces actions culturelles contribuent à mettre du vivant dans
tout ce qui serait figé par l’histoire, les traditions ou une
représentation définitive que le spectateur aurait de
lui-même. Elles disent que des passerelles entre
public et art ne se font pas naturellement et visent à
réinventer les conditions d’une rencontre avec les œuvres.
Elles réintroduisent de la relation là où il ne pourrait y avoir
que de l’acquis ou une quête scolaire de connaissances.
Au regard de ces enjeux, l’association Cultures du Cœur
travaille depuis 1998 sur l’accès et l’accessibilité à la culture
pour ceux qui, parmi les plus démunis, s’en sentiraient
éloignés. Les multiples sorties culturelles organisées par
l’association nous indiquent que des privilèges diffus et

20
SERGE SAADA

concrets se poursuivent. Les sorties aux concerts classiques


ont, par exemple, fait émerger deux types de témoignages des
bénéficiaires du dispositif. Les publics soulignent le plaisir
d’être à proximité de musiciens présents, avec un son direct
et une qualité acoustique oubliée par un usage intensif des
supports numériques. Ils indiquent aussi, et cela peut nous
interroger sur les effets persistants des modes de distinction,
le privilège d’avoir accès à un lieu prestigieux avec des gens
d’une autre catégorie sociale. Ils prêtent ainsi à la sortie des
vertus d’élévation sociale indépendamment des contenus et
ne font que souligner à quel point certains lieux sont marqués
socialement.
Mais, si la notion de privilège persiste, certains n’ont
plus besoin de cette rareté illusoire – rareté construite
aussi bien par les médias que par l’idée que l’on se fait de
la culture officielle – pour se créer une culture propre et
personnelle et faire émerger de nouvelles libertés,
de fortes identités culturelles.
Les populations les plus défavorisées sur le plan
économique ont toujours inventé des cultures locales
spécifiques puisant une énergie unique de leur situation
périphérique. Travailler avec elles nous amène à vite réaliser
qu’ils ont une culture tout aussi spécialisée et qu’ils en
puisent une fierté assumée. Par exemple, la culture musicale
des 16-25 ans est celle d’artistes à faible tirage dont on
s’échange les œuvres, puisant une satisfaction identitaire à
écouter une musique à laquelle peu de gens ont accès.
Un atelier d’écriture que j’ai conduit sur une année dans la
ville de Louvres fait ressortir de façon frappante comment
les habitants puisent une vraie satisfaction à vous faire
découvrir une culture faite de loisirs et d’appropriations
beaucoup plus complexes que l’on ne croit. Ils s’indignent
que vous ne connaissiez pas tel batteur de tel groupe, tel
artiste américain qui a révolutionné le rap, tel arrangeur qui

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ET SI ON PARTAGEAIT LA CULTURE ?

mixe comme personne et qui habite parfois dans le quartier.


À l’issue de cet atelier, à force d’être confronté à des jeunes
revendiquant une culture non partagée par tous, une culture
non relayée par les médias, je me suis demandé si les
pratiques culturelles n’étaient pas distinctives par essence,
distinctives et identitaires. La notion de culture élitaire
devient moins pertinente au regard du savoir riche et détaillé
des jeunes rencontrés. Lorsque je les invitais à
m’accompagner au théâtre, je rencontrais des résistances et
une certaine fierté chez eux à ne pas fréquenter
la culture officielle incarnée par ces théâtres qu’ils
nommaient alors « culture de vieux ». Face à l’analyse d’une
culture tout aussi élitiste, ces jeunes me répondaient
que leur culture circulait plus vite.

On peut aujourd’hui se demander de quelle élite il


s’agit lorsque les dernières études 2 montrent que les lieux
de spectacles ont autant perdu les spectateurs les plus
démunis que les spectateurs nantis ? Cette élite qui
fréquente les théâtres est plutôt renseignée qu’aisée.
Elle est surtout constituée d’enseignants, d’artistes,
d’universitaires impliqués au quotidien par les formes
proposées. Une classe moyenne qui sait se déterminer
dans ses choix et qui dispose d’outils, de repères
et de modes de reconnaissance pour accompagner,
comprendre, apprécier ou rejeter un parcours artistique.
Face à la multiplicité des pratiques et des cultures,
la question n’est plus de comprendre comment le public va
fréquenter ou non certains lieux, mais comment concevoir

2. Emmanuel Ethis, Jean Louis Fabiani et Damien Malinas, Avignon, ou le


public participant, l’Entretemps-documentation française, 2008.

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SERGE SAADA

une diversité des pratiques, une mobilité physique associée à


une mobilité sensible, des dispositions plus larges permettant
de dépasser tout repli identitaire et de circuler d’une culture
à une autre. Notre société fait résolument émerger des
cultures comme des bulles identitaires sans favoriser la libre
circulation et l’échange ou l’appropriation de la culture de
l’autre. Cela entraîne des a priori et des appréhensions
indépendants de la nature des œuvres proposées.
La circulation entre les pratiques et la diversité des
pratiques et des publics sont des enjeux récurrents de la
médiation culturelle. Mais ils n’ont de sens que si l’on
reconnaît la culture de l’autre comme étant traversée par ses
origines, son parcours de vie, ses habitudes, ses loisirs, et que
l’on ne cherche pas à ce que l’autre nous ressemble.
Ce n’est pas uniquement à cause des inégalités sociales
que l’objectif de la décentralisation culturelle d’amener
l’excellence artistique au plus grand nombre n’a pas toujours
été accompagné de son autre dessein, celui de la
démocratisation. Au barrage économique s’ajoute le barrage
symbolique qui empêche même de penser que la fréquenta-
tion des lieux culturels officiels puisse manquer un jour.
Dès l’instant où l’on prend conscience que le culturel est
partout, on réalise que, pour beaucoup, la culture diffusée
par les lieux publics ne manque pas.
Les expériences menées avec Cultures du Cœur dans les
territoires les plus divers nous conduisent à conclure que
l’appel à la fréquentation d’une culture officielle ou
reconnue devrait se faire sur la base de la reconnaissance
d’autres pratiques, d’autres habitudes culturelles, quand
bien même relèveraient-elles des loisirs les plus répandus.
C’est la séparation inaliénable entre une culture jugée
légitime et une autre jugée périphérique qui ruine toute idée
de passerelle entre l’une et l’autre.

23
la culture en questions
« La médiation culturelle n'a de sens que si l'on
reconnaît la culture de l'autre comme étant traversée

Serge Saada
par ses origines, son parcours de vie, ses habitudes,
ses loisirs, et que l'on ne cherche pas à ce que l'autre
nous ressemble. »

« Vous savez, ce n’est pas pour moi ». L’expression revient souvent chez les

Et si on partageait la culture ?
personnes qui perçoivent les lieux culturels comme des sanctuaires impénétrables.
Lorsqu’elles parviennent à franchir le seuil, elles ont tout simplement l’impression
d’y être entrées comme par effraction.
Fort de son expérience, Serge Saada illustre avec un regard sensible les conclusions
des études faisant apparaître des inégalités sociales dans la fréquentation des
théâtres. Il dépasse toutefois le simple constat pour défendre l’idée du potentiel du
spectateur, d’un spectateur à qui on laisserait le temps de se construire,
d’un individu dont la propre culture ne serait pas jugée comme illégitime face à la
culture instituée.
C’est pourquoi le médiateur culturel a un rôle essentiel à jouer, celui du passeur qui
sait se retirer au moment opportun pour laisser à l’individu la possibilité de
continuer seul le chemin. Le médiateur n’amène rien et surtout pas la culture.
Il doit partir du principe que le public a moins besoin de connaissances que de
conditions pour les partager.
Ce livre, riche en exemples relatifs à de nombreuses situations vécues, montre
comment des actions menées dans l’esprit de l’éducation populaire soulèvent des
questions purement esthétiques à même de faire évoluer les contenus et la pratique
Serge Saada
artistique. Il cherche à réconcilier l’exigence esthétique à la préoccupation citoyenne.
Pour forger son analyse, Serge Saada s’appuie sur deux expériences fondatrices et complémentaires.
Un cours sur le spectateur de théâtre donné au département de médiation culturelle de l’université Et si on partageait
Paris III. Puis l’encadrement d’une formation à la médiation culturelle au sein de l’association Cultures du
Cœur. Par ailleurs, il enseigne l’écriture dramatique et la mise en scène à Sciences Po Paris.

Photo de couverture : Joan Martinez i Serres / Cie Fet a ma / Swap !


la culture ?
ISBN 978-2-916002-20-0
E S S A I S U R LA M É D I A T I O N C U L T U R E L L E ET L E P O T E N T I E L DU S P E C T A T E U R

9 782916 002200 14 euros

www.editions-attribut.fr

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