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La fonction ludique s’agit à replacer dans un ensamble plus gaste de practique linguistique courantes

et utilisées en autres temps comme calembours, charades, devinettes… qui n’appartiennent pas en propre à

la culture des rues mais relèvent plus largamente d’un plaisir et d’une jouissance du verbe que concernent à

differents degrés toutes les categories sociales et tous les groupes humains. Cette fonction permet aux jeunes

de l’utiliser plutôt « par jeu que par besoin de code » (Merle, 2000 : 52), ce que Bachmann et Basier (1984)

définissent comme « innocente gymnastique linguistique » (p. 172).

1. Croissance sur le reste de la société

Comme on dit, la langue des cités dénote donc une « fracture linguistique » née de la fracture

sociale. Mais aussi les jeunes de situation sociale plus aisée utilisent le verlan. Il existe aussi un verlan

édulcoré à l’usage des femmes, des enfants et des médias, où le cryptage se fait à partir de la langue

standard, mais n’est pas facilement compréhensible à ceux qui n’ont pas une practique quotidienne. On peut

dire que le verlan n’est pas un langage totalement mystérieux, mais il reste hermétique à ceux qui ne le

connaissent pas et il permet parler de sujets tabous en public sans scandaliser à tous ceux qui ne le

comprennent pas.

Le verlan s’emploie dans des circonstances de plus en plus variées. Il a grand vitalité, il est entré

dans toutes les couches de la population. Les lycéens des beaux quartiers emploient le verlan avec une

fonction différente : «se démarquer des parents, jouer aux durs… » . (Clavet, 94: 64) Ils veulent se

distinguer, le fait de poivoir dire « nous ne parlons pas comme vous » marque la différence avec parents,

professeurs, adultes en géneral. Malgré du tout, un spécialiste reconnaîtra l’origine sociale de qui parle le

verlan pour à sa façon d’utiliser le code.

C’est remarcable une enquête menée dans classes de troisième de deux collèges de zone d'éducation

prioritaire du Val d'Oise sur l’usage du verlan. Quand on a demandé si ils parlent verlan avec les copains, on

a affirmé parler le verlan si la plupart le parle. Il y a une fonction de connivence à l’intérieur du groupe des

pairs. Les élèves justifient le non emploi du verlan avec un adulte par un sujet du respect. Sans doute, les

adolescents qui parlent le mieux verlan sont les plus déviants par rapport aux normes sociales et scolaires en

particulier. Cette relation entre ce parler et les jeunes les plus fait qu’ un élève dit: « Avant je le parlais

mais j'ai arrêté car je pense qu’on voulait imiter les racailles des cités qui se croient supérieurs et respectés
par tout le monde et pour avoir un style. Mais j'ai découvert que je n étais pas comme eux, c'est pour ça que

j'ai arrêté » .

D’un autre côté les étudiants utilisent le jeu du langage automatiquement parce qu’il était une

habitude et aussi on l’utilise avec humour, créativité et originalité, ainsi pour passer le temps, montrer colère,

insatisfaction, pour attirer l’attention, pour être different. Le verlan s’associait à être snob et on l’emploie

aussi parce que ça sonnait mieux. (Leikowit 1991, 63)

Qui chance par rapport à la fonction cryptique ?

La nature des informations est different, parce que elle est éloignée de la banlieue, les actions illégales

comme les vols ou le trafic de drogues. (Leikowit 1991, 62)

En ce qui concerne à la fonction identitaire est aussi loin de la culture de la banlieue, on parle verlan

surtout comme rébellion à petite échelle d’un milieu bourgeois.

Cet extrait resume vraiment la relation d’ autres collectifs avec le verlan: «Bien que les mots

verlanisés soient considérés par les lycéens comme innatural et impolite,« n’est pas du français »,

« n’importe quoi », « dégradation intempestive » (Lefkowitz, 1991 : 57-58), le verlan exerce sur les jeunes

Français de souche une certaine attirance en suscitant le sentiment de transgression des interdits établis par la

société. Les adolescents y trouvent un outil permettant d’affirmer une autre vision du monde face aux

adultes, ce que Lefkowitz désigne comme « small-scale symbol of revolt » (1991: 61)» 1

Ainsi, on trouve dans le vocabulaire des lycéens plusieurs créations verlanesques.

4. CULMEN DEL ALEJAMIENTO DE LA BANLIEUE : EL VERLAN EN LA PUBLICIDAD

En 1987 la SNCF (Societé Nacional de Chemins de Fer) a lancé une campagne pubicitaire qui montrait

comme des adolescents caucasien veulent se moquer d’un guichetier, mais, cet homme, d’une quarantaine

d’années, est capable de répondre en verlan. Ce spot montre les preuves de la connaissance du verlan. Le

guichetier, à ce moment là adulte, a compris sans problème la langue des jeunes parce que il a été jeune

aussi.

Certains annonceurs utilisent le verlan comme langage de la rue. Ils créent des slogans avec les mots

à l’envers pour faire passer des messages vers les adolescents. Par exemple, le fabricant de cuisines Vogica a

un spot télévisé où un adolescent dit « cagivo » tandis que sa mère s’adresse à la caméra en disant: « Il

1 Évolution du verlan, marqueur social et identitaire, comme vu dans les films : La Haine (1995) et L’Esquive (2004)
ventana dire Vogica » . (Guide de la communication pour l’entreprise, Rémi-Pierre Heude. Maxima. Paris,

2005) (pág. 83)

Qui sais-je ? Louis-Jean Calvet. L’argot. Puf (1994)

LES PARLERS JEUNES EN CLASSE DE FRANÇAIS

Marie-Madeleine Bertucci

Armand Colin | « Le français aujourd'hui »

2003/4 n° 143 | pages 25 à 34

Article disponible en ligne à l'adresse : https://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2003-4-page-

25.htm

David Lepoutre, Coeur de banlieue. Codes, rites et langages. Odile Jacob, 1997