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CONSOMMATION ET ÉPARGNE

Consommation et épargne sont étudiées ensemble, au début des manuels d’économie. La


quantité demandée varie en fonction des prix: c’est la courbe de la demande. La
consommation est le fait de consommer des biens et services, généralement dans le but de
satisfaire ses besoins ou ses désirs. Elle représente le moteur de la croissance (déterminant le
plus important du PIB). Elle représente un moteur clé de l'économie à court-terme. L'épargne
est à court terme une renonciation à la consommation immédiate pour la transférer vers
l'avenir. L'individu consomme moins aujourd'hui pour consommer plus demain. Donc elle va
aussi être bénéfique à la croissance économique de demain. Ainsi quel choix faire? Y a-t-il un
juste milieu? L'arbitrage entre la consommation et l'épargne dépend de considérations à la fois
temporelles et géographiques. Il n'existe pas de niveau absolu d'arbitrage favorable à
l'économie. En effet, en fonction de la condition du pays, des entreprises, le niveau optimal
est différent. Faut-il être tenté de relancer la consommation ou inciter à l'épargne ? Dans quel
cas l'augmentation de la consommation va-t-il être plus favorable à la croissance? Et de même
pour l'augmentation de l'épargne? Et de quelles manières surtout peut on créer une influence
positive ou négative sur la propension à consommer ou à épargner ? Nous pouvons observer
que la consommation est indispensable pour assurer la croissance, notamment à court terme et
lorsque l'on est en période de ralentissement, l'épargne est nécessaire aussi pour la croissance
à long terme, et lorsque l'on est en période de reprise.
L'épargne peut être facteur de croissance économique. En effet, l'épargne d'un ménage
peut être soit thésaurisée, soit placée sur un marché financier, et réinvestie ou conservée en
cas de ralentissement de l'activité dans le cas des entreprises. Dans la théorie classique, on
considère que l'épargne est systématiquement placée, que la thésaurisation est absurde. Dans
ce cas là, il est intéressant de considérer l'épargne nette, correspondant aux ressources
restantes après la déduction de la consommation, et des dépenses d'investissement en
logement pour les ménages, du revenu. Ces ressources sont alors disponibles pour financer
l'économie. Toujours placée selon les classiques, elle permet de financer des projets
d'investissement en étant transférée vers les agents à besoin de financement, principalement
des entreprises. Alors facteurs d'innovation, ces investissements conditionnent la croissance
économique.
Je consomme ce que je peux (contrainte de budget) et je consomme ce que je veux (contrainte
d’utilité marginale) sont deux formulations du comportement du consommateur à l’origine de
la théorie des choix rationnels, formulée en 1871. Dans les sociétés de consommation, le
nombre des références en magasin est très largement supérieur au nombre des services que
demandent les acheteurs. En fait, les vrais objets de choix ne sont pas les biens et services mis
en vente sur le marché mais des besoins ou des services plus fondamentaux qu’on appréhende
à travers les caractéristiques ou attributs des produits marchands. Le but ultime des biens de
consommation est de transformer les biens et services mis sur le marché pour sa propre
consommation, le processus complet est qualifié de production domestique. Deux
conséquences importantes du coût du temps pour l’étude de la consommation :
- disparition de la loi du prix unique (le coût d’opportunité varie d’un consommateur à l’autre)
- l’expansion du travail féminin a bouleversé la consommation des ménages (effet-revenu =
hausse du salaire du ménage, effets de substitution très forts) en modifiant rapidement les
structures de consommation au détriment de l’alimentation et autres biens nécessaires et au
profit des loisirs et autres biens de luxe. En outre les ménages ont vu s’élever le prix complet
relatif des activités domestiques et des modes de consommation à forte intensité temporelle
(réaction avec surgelés, fast-food, gardes d’enfants, qui permettent une économie de temps,
moyens de transport rapides...).
Le dilemme épargne / consommation totale est une introduction à la dynamique. En
effet, en épargnant, désépargnant, prêtant, empruntant, je décide de transférer du pouvoir
d’achat aux périodes les plus utiles, compte tenu des anticipations sur mon revenu disponible
et sur mes besoins et compte tenu de mes préférences et des prix relatifs de la consommation
et de l’épargne à des dates différentes. Les mouvements de la dépense totale se trouvent
partiellement déconnectés de ceux du revenu disponible, et font l’objet d’une planification
dynamique. L’incertitude inhérente au futur est très grande, mais le consommateur achète un
peu tout le temps et révise continuellement ses plans en fonction des informations reçues.
De manière générale, une forte hausse de l'activité économique, comme la révolution
industrielle, s'accompagne aussi de transformations démographiques. Les deux phénomènes
sont concomitants. Au XIXe siècle principalement, la croissance démographique a eu un
impact positif sur la croissance économique. En effet, l'augmentation de la population permet
une hausse du taux d'activité. Cependant, deux facteurs, le travail et le capital, sont
nécessaires pour produire. Ainsi, la croissance démographique n'est pas une condition
suffisante de la croissance économique : le capital et surtout le progrès technique occupent un
rôle fondamental dans l'augmentation annuelle des richesses d'un pays. La population d'un
pays est traditionnellement considérée comme un signe et un facteur de puissance : signe de
puissance, car une forte population prouve que le pays est capable d'une forte production
agricole ; facteur de puissance, car cette population est la base nécessaire d'une organisation
étatique et d'une armée nombreuse. Cette vision ancienne a été abandonnée depuis la
révolution industrielle. Dans le contexte plus précis de la croissance économique, il apparaît
que la relation entre croissance démographique (l'augmentation de la population), et
croissance économique (l'augmentation de la production), est en fait complexe et affectée par
de nombreux facteurs sociaux. Le Japon a ainsi vu sa croissance économique spectaculaire
continuer des années 1950 aux années 1980, alors même que la croissance démographique se
ralentissait suite à une forte baisse de la natalité après la seconde guerre mondiale. Que ce soit
du point de vue de l'offre ou de celui de la demande, la croissance démographique ne saurait
expliquer la totalité de la croissance de la production.

Exercices :

1. Trouvez les mots clés du texte

2. Donnez la famille de mots suivants : consommer, épargner, augmenter, croitre,


baisser, produire, investir, enrichir, abandonner, organiser.

3. Donnez de synonymes pour : diminuer, grandir, l’expansion, consommateur, la


hausse, économie, la demande, le coût, la croissance

4. Commentez le paradoxe de Smith sur la question de l’eau et des diamants : Smith


s’étonne de voir les diamants, relativement inutiles, vendus à des prix exorbitants, et l’eau
indispensable, être presque gratuite.