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Organisation judiciaire
loi 1-74-338 du 15 juillet 1974 fixant l’organisation judicaire du royaume
tel qu’il a été modifié et complété

Présentation animée par Professeur


LEGDALI TARIK
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Introduction

Selon la doctrine, la justice est un service public dont la mission est de trancher les
litiges entre les personnes conformément au droit positif.
 Si nul ne peut se faire justice soi même, toute personne a le droit de recourir à
la justice pour faire reconnaître son droit.
Ce recours est fait devant les juridiction et conformément à des procédures:
 LES JURIDICTIONS : Une juridiction peut se définir comme un organe dont
l'objectif est de trancher les contestations nées de l'application des règles
juridiques.
 LES PROCÉDURES :Le déroulement d'une action en justice obéit à un certain
nombre de règles de procédure qui correspond à l’ensemble des modalités
de l’introduction de l’action en justice et du déroulement du procès :
procédure civile et procédure pénale
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Introduction

 la justice est un sentiment d’équité. elle est une notion empreinte de


subjectivité selon l’éthique personnelle de chacun.
 Au sens technique, la justice est la fonction qui consiste à juger, à dire le droit
à l’occasion d’une contestation, litige. C’est ainsi que l’on dit que le juge«
rend la justice ». Prise dans ce sens, la justice est une prérogative souveraine
qui appartient à l’Etat.
 la justice stricto sensu désigne l’ensemble des institutions qui concourent à
l’exercice de la fonction de juger : les juridictions, les juges, les auxiliaires et les
administrations de la justice (ministère de la justice, administration
pénitentiaire). Dans ce sens, la justice est un service public.
Chapitre I : Les principes fondamentaux de l’organisation judiciaire 4
I -La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs

 Conformément au principe de la séparation des pouvoirs, la justice constitue l’un des trois pouvoirs à
côté du pouvoir législatif ayant pour fonction d’édicter les règles et le pouvoir exécutif qui doit en
assurer l’application.
 La séparation des pouvoirs est devenue une sorte de mythologie politique, un symbole de respect des
libertés.
 La réalité est que les différentes fonctions législative, exécutive et judiciaire se sont disséminées à
travers les différents pouvoirs
 la fonction législative est assurée par le Parlement, (texte législatif) mais aussi par le Gouvernement via
certains décrets, décrets lois,,… par contre, la fonction de juger n’est plus du ressort exclusif du corps
judiciaire.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs

 La Constitution de 2011 dispose dans son article premier que « le Régime


Constitutionnel du Royaume est fondé sur la séparation, l’équilibre et la
collaboration des pouvoirs… ». De même l’article 107 de la Constitution affirme
que le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir
exécutif et que le Roi est le garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire.
 L’indépendance de la justice est un moyen d'atteindre un objectif majeur, à savoir
conserver la confiance du public à l'égard du système judiciaire
 L’indépendance C’est la liberté de juger à l’abri de toute pression.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs

 L’indépendance figure à la tête des principes régissant tout système judiciaire normal. Cette
indépendance annoncée par l’article 107 C. précité, s’exprime à travers un certain nombre de
dispositions constitutionnelles, notamment :
 La présidence du Conseil Supérieur du pouvoir judiciaire par le Roi, la présidence déléguée étant
confiée au Premier président de la Cour de cassation (art. 115 C.);
 La garantie de l'inamovibilité des magistrats du siège (art. 108 C.);
 La proscription de toute intervention dans les affaires soumises à la justice, le juge ne pouvant
recevoir d’injonction ou d’instruction ni être soumis à une quelconque pression.
 Le juge n’est astreint qu’à la seule application du droit (art. 110 C.).
 Le juge peut en outre saisir le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire chaque fois qu’il estime que son
indépendance est menacée,
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

 En théorie, la règle est que le législateur édicte la norme qui, comme nous l’avons vu en cours
d’introduction à l’étude de droit, est une règle générale et abstraite, alors que le juge est chargé
d’appliquer la règle de droit aux litiges qui se présentent à lui afin de dégager la solution appropriée
(syllogisme juridique). Dans la pratique, la situation mériterait d’être nuancée.
1. Interdiction faite au juge de s’immiscer dans la fonction législative : portée et limites
En principe, les tribunaux ne peuvent prendre directement part à l’exercice du pouvoir législatif ni
empêcher ou suspendre l’exécution des lois à peine de forfaiture, même lorsqu’un texte leur parait
inopportun, néfaste ou mal fait. Les juges peuvent, en leur qualité de citoyen, œuvrent pour en obtenir
la modification, mais ils ne peuvent en tant que juges en écarter l’application.
Ceci étant, se pose les cas d’illégalité des textes, des arrêts de règlement et de l’interprétation des
textes.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

a. Le contrôle de la légalité des textes


Le principe de soumission du juge à la loi peut soulever quelques difficultés lorsque le texte que le juge
est appelé à appliquer est entaché d’illégalité. A ce titre, il convient de distinguer le cas des textes
législatifs de celui des textes réglementaires.
 Cas des textes législatifs
Lorsqu’une loi est contraire à la norme supérieure (la Constitution), elle est dite « inconstitutionnelle ». Le
juge doit-il s’y soumettre pour autant ? La réponse est affirmative et pour cause, seule la cour
constitutionnelle est habilitée à déclarer une loi ou une disposition à caractère législatif comme étant
non conforme à la Constitution. A ce titre deux cas de figure se présentent :
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

 Le contrôle à priori : de la Constitutionnalité de la loi avant sa promulgation. La Cour peut à ce titre être
saisie par le Roi, le Chef du Gouvernement, les Présidents des deux chambres du Parlement ou par le
cinquième des membres de la chambre des représentants ou par quarante membres de la chambre
des conseillers. Il est à signaler que les lois organiques sont systématiquement soumises, avant leur
promulgation à la Cour Constitutionnelle qui se prononce sur leur conformité à la Constitution. Cela veut
dire que dès qu’une loi est promulguée (et publiée au Bulletin Officiel), le juge se doit de l’appliquer,
sauf lorsqu’elle fait l’objet d’un recours pour exception d’inconstitutionnalité.
 Le contrôle à postériori : pour la première fois, la Constitution de 2011 a prévu la possibilité, pour une
partie au litige, de soulever l’exception d’inconstitutionnalité au cours du procès, lorsqu’il est soutenu
par cette partie que la loi dont dépend l’issue du litige porte atteinte aux droits et libertés garantis par la
Constitution. Une disposition déclarée inconstitutionnelle suite à un tel recours est abrogée à compter
de la date fixée par la Cour Constitutionnelle Il est à rapporter que le projet de loi organique fixant les
conditions et les modalités ,de mise en œuvre du recours pour exception d’inconstitutionnalité est en
examen à la Chambre des Représentants.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

 Cas des textes réglementaires:


 La situation est différente lorsqu’un texte à caractère réglementaire parait contraire à la loi, dans ce
cas, la loi a prévenu un recours particulier appelé « recours en annulation pour excès de pouvoir ».
 Ce recours est porté devant les juridictions administratives. Ainsi, lorsqu’il s’agit d’un acte
réglementaire du Chef du Gouvernement, l’examen de sa régularité est du ressort de la Chambre
Administrative de la Cour de Cassation (art. 9 de la loi 41.90).
 Pour les autres actes réglementaires, l’examen des recours pour excès de pouvoir y afférent revient
au tribunal administratif territorialement compétant.
 Si la question de l’illégalité d’un décret est soulevée devant une juridiction de l’ordre judiciaire, le
tribunal sursoit à statuer et diffère cette exception devant la chambre administrative de la Cour de
Cassation pour statuer, avant que le tribunal initialement saisi poursuive l’examen de l’affaire (art.
44, loi 41.90).
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

b. La prohibition des arrêts de règlement .


 Les arrêts de règlement sont des décisions de justice par lesquelles le juge pose, à l’occasion de
l’examen d’une affaire qui lui a été soumise, une règle générale qu’il compte appliquer à
l’avenir. C’est-à-dire qu’il édicte une sorte de règlement qui dépasse le cas et espère qu’il est
appelé à trancher et revêt une portée générale.
 La pratique des arrêts de règlement assez répandue dans les pays du Commun Law, et à
l’époque des Cours parlementaires en France, n’est pas admise en droit marocain.
 A ce titre, il est défendu aux juges de se prononcer par voie de disposition générale et
réglementaire sur les causes qui leur sont soumises.
 En d’autres termes, le juge ne peut fixer des règles en dehors des causes qui lui sont soumises, ni
imposer pour l'avenir la règle retenue au fondement de sa décision ou encore poser une règle
inutile à la résolution du cas. La raison de cette prohibition est qu’en procédant de la sorte, le
juge déborderait le cas d’espèce et s’érige en législateur en édictant une règle générale, ce
qui est contraire au principe de séparation des pouvoirs.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

c. L’interprétation de la loi
 Si les arrêts de règlement sont interdits, le juge est habilité à interpréter la loi lorsqu’elle est obscure
ou que l’on hésite sur son application au cas d’espèce.
 Le pouvoir d’interprétation, qui est le terrain de prédilection du juge, permet à celui-ci de combler
les lacunes de la loi, voire même de l’adapter aux besoins du moment, compte tenu de l’évolution
de la société.
 L’évolution des méthodes d’interprétation, de la méthode exégétique à celle sociologique, a
renforcé la marge de manœuvre du juge en la matière. Cependant, il faut rappeler que
l’interprétation a des limites.
 Le juge peut certes interpréter les textes, mais il ne peut pas pour autant les dénaturer ou les ignorer.
Ceci-dit, la jurisprudence constitue une source non négligeable du droit et peut inspirer le législateur
à l’occasion de l’élaboration ou de la révision des textes.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

2. L’intervention du législateur dans la fonction du juge


 En vertu du principe de séparation des pouvoirs, le législateur ne peut s’immiscer dans le jugement
des affaires portées devant la justice.
 Même le pouvoir reconnu au parlement de recueillir, via des commissions d’enquête, des
informations sur des faits déterminés ou sur la gestion des services, entreprises et établissements
publics, et soumettre leurs conclusions à la chambre concernée, est soumise à la condition que ces
faits n’aient pas donné lieu à des poursuites judiciaires.
 En effet, il ne peut être créé de commission d’enquête lorsque les faits ont donné lieu à des
poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Bien plus, si une commission
a déjà été créée, sa mission prend fin dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits
ayant motivé sa création (article 67 de la Constitution).
 Ceci étant, on peut relever certaines limites à la portée de ce principe, qui demeurent somme
toute, exceptionnelles. C’est le cas notamment des lois à effet rétroactif, des lois interprétatives et
des lois dites de validation.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

a. Les lois à effet rétroactif


 l’article 6 de la constitution, dernier alinéa, la loi ne peut avoir d’effet rétroactif. Cependant, Dans la
mesure où une loi rétroactive a pour conséquence de faire naitre des droits qui n’existaient pas à
l’origine, elles risquent dans certains cas de constituer une immixtion intempestive du législateur
dans le jugement de certaines affaires, dans la mesure où elles auraient été jugées autrement si la
loi n’était pas intervenue, notamment lorsque ladite loi crée des droits nouveaux qui remettent en
cause ce qui est déjà jugé.
 Rappelons tout de même qu’aux termes de e principe admet de rares exceptions, notamment en
matière pénale, lorsque les nouvelles dispositions sont plus bénéfiques.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

b. Les lois interprétatives


 La loi interprétative a pour vocation d’interpréter une loi antérieure en vue d’en préciser le sens et/ou
la portée. Elle produit, par sa nature même, un effet rétroactif dans la mesure où elle s’intègre à la loi
interprétée et prend effet à la date de celle-ci.
 Le législateur peut recourir à une telle loi, lorsqu’il constate que l’interprétation d’une loi, adoptée par
les tribunaux, est très différente de celle qui a été voulue par lui, pour mieux préciser son intention.
 Si cette pratique est légitime en temps normal, elle peut susciter des interrogations dans le cas où il
est fait recours à une loi interprétative au milieu d’un procès pour obliger le juge à statuer dans un
sens donné.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
A- Le rapport entre les pouvoirs législatif et judiciaire

c. Les lois de validation


 Une loi de validation est une loi tendant à rendre valable un acte qui ne l’était pas initialement. Cette
méthode peut être utilisée dans des hypothèses où un acte illégal accompli par l’administration est
différé à une juridiction pour en obtenir l’annulation.
 Le législateur intervient ainsi pour valider rétroactivement l’acte contesté qui deviendra ainsi conforme à
la loi. Cette pratique a pour effet direct, soit de supprimer tout objet à la demande dont le juge a été
saisi, si la loi intervient en cours d’instance, ou de dispenser l’administration d’exécuter le jugement,
lorsqu’elle intervient après le jugement ayant déclaré l’acte nul.
 En règle générale, les lois de validation ont pour objet d’éviter des situations inextricables. A titre
d’illustration, il serait parfois injuste d’annuler un concours et obliger tous les candidats à subir de
nouvelles épreuves, simplement parce que le jury a commis une erreur. Cependant, il y a un risque que
ce genre de loi donne lieu à des abus dans la mesure où l’administration, par le vote d’une loi de
circonstance, obtient du législateur ce que le juge lui a refusé.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
B- Le rapport entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

 Les rapports entre le pouvoir exécutif (l’Administration) et la justice posent des questions
aussi importantes que complexes. Cependant, le principe de séparation des pouvoir
impose deux règles principales, à savoir :
 Le juge ne peut s’immiscer dans les affaires de l’exécutif : c’est la règle de la séparation
des fonctions administratives et judiciaires ;
 Le pouvoir exécutif ne peut pas intervenir dans la fonction judiciaire.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
B- Le rapport entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

Dans la pratique, cette séparation est loin d’être absolue par :


1. L’interdiction au juge de s’immiscer dans les affaires de l’administration
 En principe, les fonctions judiciaires sont distinctes des fonctions administratives. Il s’ensuit que les
juges ne peuvent en aucun cas, à peine de forfaiture, troubler l’action de l’administration. Cette
règle, jadis traduite par l’article 8 du dahir sur l’organisation judiciaire interdisant aux juridictions civiles
d'ordonner accessoirement ou principalement « toutes mesures dont l'effet serait d'entraver l'action
des administrations publiques », était censée traduire en pratique le principe de la séparation des
pouvoirs.
 Ladite règle emporte deux conséquences, la première pose le problème du contrôle juridictionnel
des actes de l’Administration. La seconde, moins importante, soulève la question de l’interdiction
classique faite au juge de délivrer une injonction à une autorité administrative.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
B- Le rapport entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

 la première conséquence
 la règle énoncée par cet article a commencé à perdre de son aura, d’abord avec l’institution du
recours pour excès de pouvoir depuis l’institution des tribunaux administratif par la loi n° 41/90 en
1993.
 L’administration qui échappait à tout contrôle juridictionnelle s’est vue se soumettre à celui-ci,
notamment via le mécanisme du recours en annulation pour excès de pouvoir. avant la
reconnaissance légale de ce mécanisme, l’administré insatisfait d’un acte administratif ne pouvait
que former un recours gracieux devant l’autorité ayant pris l’acte ou s’adresser à sa hiérarchie
moyennant un recours hiérarchique. L’autre solution consistait à s’adresser au juge civile pour
demander des dommages-intérêt en réparation du dommage causé par l’acte jugé irrégulier.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
B- Le rapport entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

 la seconde conséquence
 Il a été considéré pendant longtemps qu’il n’entre pas dans les pouvoirs du juge, y compris celui des
juridictions administratives, d’adresser une injonction à une autorité administrative. Ainsi, le juge ne
peut prescrire à une administration de modifier une réglementation illégale ou même de l’inviter à
revoir sa décision.
 Sur le plan du principe, cette règle subsiste toujours, mais, elle est contournée par la jurisprudence qui
trouve le moyen d’enjoindre à l’administration une conduite à tenir. Parmi les moyens utilisé, la
suggestion de la solution dans la motivation de la décision judiciaire en utilisant le conditionnel (par
exemple le juge utilise l’expression « l’Administration aurait dû procéder de la sorte … »). Une autre
solution est de déclaré la nullité de l’acte avec toutes les conséquences de droit, assortie d’une
astreinte en cas de non-exécution.
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I-La justice et ses rapports avec les autres pouvoirs
B- Le rapport entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

2. Indépendance de la justice à l’égard de l’exécutif


 L’indépendance de la fonction judiciaire à l’égard du gouvernement veut que ni le gouvernement,
et à plus forte raison, les autorités administratives qui lui sont subordonnées, ne puissent donner un
ordre ou exercer une quelconque pression sur un juge pour l’inciter à statuer dans un sens ou dans un
autre.
 La Constitution de 2011 n’a pas manqué de confirmer cette règle en évoquant l’indépendance de
la justice (article 109).
 Les constitutions antérieures évoquaient l’indépendance de la justice, mais la réalité institutionnelle
ne permettait pas de garantir ce principe, en raison notamment des prérogatives assez large que
conserve l’exécutif en matière de gestion de la carrière des magistrats. Faut-il rappeler à ce titre que
le Président délégué du Conseil supérieur de la magistrature n’est autre que le Ministre de la justice.
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II. La justice en tant que service public

 Cette situation est appelée à évoluer avec l’installation en avril 2017 du Conseil supérieur du pouvoir
judiciaire dont le poste de Président délégué est confié par la nouvelle Constitution au Premier Président de
la Cour de cassation. L’absence du représentant de l’exécutif parmi les membres dudit Conseil est un
facteur à même de rendre plus effective cette indépendance des juges. Cependant, ce n’est qu’un levier
parmi d’autres.
 Notons enfin que le texte portant statut particulier des magistrats a été revu aussi bien sur la forme que sur le
fond. Sur le plan de la forme, ce statut est désormais érigé en loi organique par la Constitution de 2011. Sur
le fond, le nouveau statut offre plus de garanties en termes de gestion de carrière, ce qui ne manquerait
pas de consolidé l’indépendance des juges vis-vis de l’exécutif,
 La justice est un grand service public de l’Etat, d’abord de par sa place comme l’un des trois pouvoirs sur
lesquels repose l’Etat, mais aussi en raison des moyens humains et matériels qu’il mobilise (A).
 Il hérite donc des principes classiques du service public auxquels s’ajoutent des principes propres au service
public de la justice (B).
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II. La justice en tant que service public
A. Le service public de la justice

1. La justice : un grand service public


 La justice a toujours été considérée comme un attribut essentiel de la souveraineté. Historiquement, «
toute justice émane du Roi ». De nos jours, et aux termes de l’article 124 de la Constitution, les jugements
sont rendus et exécutés « au nom du Roi et conformément à la Constitution ». On peut donc concevoir
mal que la justice ne soit pas monopôle de l’Etat. Cela implique que « nul ne peut se faire justice pour
soi-même ».
 la justice ne se réduit pas à « dire le droit » (la juridictio), mais implique aussi un pouvoir de
commandement appelé l’imperium en vertu duquel le juge ordonne que tout soit mis en œuvre pour
que son jugement soit exécuté, y compris le concours de la force public pour assurer l’exécution forcée
le cas échéant, Et comme l’Etat est le seul détenteur de la force publique, un tel pouvoir de
commandement ne peut être exercé que par personne investie par l’Etat lui-même du pouvoir de juger.
 Le principe de la justice comme monopôle de l’Etat n’est pas absolu, il admet une dérogation qui prend
de plus en plus d’ampleur, à savoir l’arbitrage.
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II. La justice en tant que service public
A. Le service public de la justice

 L’arbitrage est un mode alternatif de règlement des différends. C’est « un mode de juridiction à base
conventionnelle par lequel les parties choisissent une ou plusieurs personnes privées, au moyen d’un acte
appelé compromis (ou clause compromissoire) pour leur demander de juger, au besoin en équité, le
différend qui les oppose »
 L’arbitrage est régit au Maroc par la loi n° 08.05 relative à l’arbitrage et à la médiation conventionnelle.
2. La responsabilité du service public de la justice
 Les dysfonctionnements de la justice, comme tout service public, peut entraîner de graves préjudices pour
les plaideurs qu’il convient de réparer. En général, il est possible de distinguer trois régimes spéciaux de
responsabilité :
 l’erreur judiciaire : c’est le cas lorsqu’un accusé est condamné par erreur à une peine de prison ;
 la faute personnelle du juge : lorsqu’un juge par exemple aurait perdu des pièces importantes d’un dossier ;
 La Constitution de 2011 reconnait pour la première fois l’erreur judiciaire et prévoit que « les dommages
causés par une erreur judiciaire ouvrent droit à réparation à la charge de l’Etat » (art. 122)..
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II. La justice en tant que service public
B. Les principes généraux du service public de la justice

 L’organisation et le fonctionnement de la justice obéissent à un certain nombre de principes qui ne


découlent pas forcément du caractère de service public que revêtent une importance particulière
au vu de la mission particulière du service public de la justice,.
 Dans ce qui suit, nous passons en revue notamment les principes de l’égalité devant la justice (1), la
permanence ou la continuité de la justice (2), le double degré ou la hiérarchie de juridiction (3), la
gratuité de la justice (4), et le caractère contradictoire de la procédure (5).
En revanche, nous n’allons pas revenir sur le principe de l’indépendance de la justice que nous avons
déjà évoqué en traitant du rapport entre le pouvoir judiciaire et les pouvoirs législatif et exécutif.
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II. La justice en tant que service public
B. Les principes généraux du service public de la justice

1. Le principe de l’égalité devant la justice


 Le principe de l'égalité devant la justice signifie que toute personne a une égale vocation à être
jugée par les mêmes juridictions et selon les mêmes règles de procédure sans discrimination aucune.
Cela implique aussi que tout justiciable est en droit de soumettre librement sa prétention à la
juridiction compétente pour en connaître et que celui-ci doit, à peine de déni de justice, statuer sur la
demande dont il est saisi.
 Ce principe s’applique aussi bien aux nationaux qu’aux étrangers, sous réserve des dispositions du
droit international en matière de la compétence judiciaire.
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II. La justice en tant que service public
B. Les principes généraux du service public de la justice

2. Le principe de la permanence ou la continuité de la justice


 Ce principe veut dire que la justice est rendue au Maroc sans interruption, sans intervalle entre des
sessions périodique éventuelle. Dans d’autres pays tels la Grande Bretagne ou le Canada, les juridictions
siègent à certaines périodes de l’année, par sessions. Au Maroc, elles siègent en permanence toute
l’année.
 Cette règle admet deux dérogations, à savoir les jours fériés et les vacances judiciaires. Toutefois, des
aménagements sont prévus pour assurer la continuité de la justice, notamment en cas d’urgence dans
la mesure où il est possible de saisir le juge des référés, même le dimanche, au besoin à son domicile. De
même, les juges d’instruction assurent une permanence les dimanches et les jours fériés.
 S’agissant de ce qui est jadis appelé les vacances judiciaire, et malgré le fait que les tribunaux
connaissent un ralentissement de l’activité pendant le mois d’août, les audiences sont quand-même
tenues pour juger les affaires urgentes.
 Le projet de la nouvelle loi sur l’organisation judiciaire confirme le principe de permanence de la justice
dans son article 7 que l’année judiciaire commence le premier janvier et s’achève le 31 décembre de
l’année et que les tribunaux tiennent leur audiences sans interruption et s’organise de manière à éviter
toute suspension ou report d’audience.
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II. La justice en tant que service public
B. Les principes généraux du service public de la justice

3. Le principe du double degré de juridiction


 Ce principe signifie que les plaideurs ont le droit de soumettre leur procès pour un second examen à une
juridiction de second degrés (la cour d’appel quand l’affaire est jugé en premier ressort par le tribunal de
première instance).
 Ce principe a pour objet de garantir les droits de la défense en permettant un nouvel examen par une
juridiction supérieure, d’autant plus que celle-ci est censée comprendre des magistrats plus expérimentés
et qualifiés et que la juridiction du second degré tire profit du travail effectué par les juges du premier
ressort pour se concentrer sur le nœud du problème.
 Il y a lieu de rappeler que l’appel est une voie de recours ordinaire.
Toutefois, force est de constater que ce principe admet des exceptions, notamment dans les cas suivants :
 Certaines affaires sont jugées en premier et dernier ressort (sans appel) : l’appel n’est pas possible contre
les jugements rendus par les TPI dans les affaires dont la valeur ne dépasse pas 5000 dirhams
 Un tiers peut intervenir directement (pour la première fois) en appel ;
 Il est possible de formuler des demandes nouvelles en appel;
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II. La justice en tant que service public
B. Les principes généraux du service public de la justice

4. Le principe de la gratuité de la justice


 Ce principe signifie que les plaideurs ne paient pas leurs juges. ces derniers sont des fonctionnaires
payés par l'Etat. Ce principe n’est inhérent à la notion de service public.
 IL existe en effet des services publics dont le coût est pris en charge entièrement ou partiellement
par les usagers. C’est le cas du service postal par exemple. Dans le cas de la justice, c’est toute la
communauté qui contribue à la prise en charge des frais de la justice, fiscalement.
 Cependant, la justice n’est pas à proprement parler gratuite. En effet, le plaideur qui saisit le tribunal
doit avancer une partie contributive aux frais appelée taxe judiciaire (1% des intérêts en jeu)
auxquels s’ajoute les frais de représentation (honoraires d’avocat) et les frais éventuels des autres
auxiliaires tels les frais d’experts, des huissiers, etc.
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II. La justice en tant que service public
B. Les principes généraux du service public de la justice

 Un système d’assistance judiciaire est mis en œuvre pour éviter que les personnes sans ressources ne
soient empêchées de faire valoir leurs prétentions devant la justice. L’article premier du décret royal
portant loi n° 514-65 du 1er novembre 1966 sur l'assistance judiciaire dispose que « Outre le cas où,
conformément aux traités, les étrangers seront admis à son bénéfice, l'assistance judiciaire peut être
accordée devant toutes les juridictions du Royaume, en tout état de cause, aux personnes, aux
établissements publics ou d'utilité publique, aux associations privées poursuivant une œuvre
d'assistance et dotées de la personnalité civile, de nationalité marocaine, que l'insuffisance de leurs
ressources met dans l'impossibilité d'exercer ou de défendre leurs droits en justice ».
 L’assistance judiciaire est applicable à tout litige, aux constitutions de parties civiles devant les
juridictions d'instruction et de jugement et, en dehors de tout litige, aux actes de juridiction gracieuse et
aux actes conservatoires.
 Cependant, la décision accordant l'assistance judiciaire n'a d’effet qu'en ce qui concerne les actes et
opérations accomplis postérieurement à la date à laquelle elle a été prononcée, à moins qu'une
décision provisoire n'ait été accordée auparavant.
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II. La justice en tant que service public
B. Les principes généraux du service public de la justice

5. Principe du caractère contradictoire de la procédure


 Ce principe exige que le justiciable doit avoir été mis en mesure de se défendre et d’être entendu
par le juge. Il suppose le respect d’un délai irréductible pour permettre aux parties de comparaître.
Ce principe est renforcé par le principe de la publicité des audiences.
 Les personnes jugées par défaut dispose d’une voie de recours, en l’occurrence l’opposition.
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III. Evolution historique de la justice au Maroc

Il est d’usage de scinder l’évolution de l’organisation judiciaire au Maroc en trois phases :


 Avant le protectorat (A),
 Pendant le protectorat (B)
 Après le recouvrement de l’indépendance (C).
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II. La justice en tant que service public
A. La période antérieure au protectorat

Avant le protectorat, la justice marocaine était composée de la justice du chrâa, exercée par le qadi,
et la justice laïque, rendue par les pachas dans les villes et les caïds dans les tribus, au nom du Sultan.
1. La justice du chrâa
 Juge de droit commun, le qadi rend la justice en appliquant le droit musulman issu du Saint Coran (la
loi du chrâa).
 Sa compétence au civil était universelle. Les parties pouvaient se défendre seules ou assistée d’un
mandataire (Oukil). Elles pouvaient produire, pour leur défense, des fétouas ou consultations rédigées
par un Mufti ou interprète de la loi.
 L’affaire est instruite à l’audience et la sentence est ensuite rédigée et enregistrée. Cependant, le
juge ne s’occupe pas de l’exécution, les voies d’exécution sur les biens n’étant pas connues en droit
musulman coutumier
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II. La justice en tant que service public
A. La période antérieure au protectorat

2. Les juridictions laïques


On peut distinguer à cet égard les juridictions du makhzen (a) et celles coutumières amazighes (b).
a. Les juridictions makhzen
 A l’origine, les pachas et caïds n’assuraient que les fonctions administratives. Cependant, ceux-ci se sont
vus plus tard attribuer des fonctions judiciaires, exclusivement en matière pénale, empiétant ainsi
progressivement sur les domaines de compétence du qadi. L'intervention de ce dernier s’est limitée au
final aux questions d’état des personnes, aux successions et aux affaires immobilières régies exclusivement
à l’époque par le droit musulman.
 Ceci étant, le plaideur pouvait demander à être jugé par le tribunal du chrâa. Mais dans la pratique, les
justiciables préférait les juridictions des pachas et caïds, plus expéditives, simples et moins formalistes.
b. La justice coutumière amazighe
 Les tribus amazighes avaient conservé leur organisation indépendante en matière de règlement des
conflits.
 Leurs litiges étaient résolus par voie arbitrale sur la base du droit coutumier amazigh en dehors de l’autorité
du makhzen
35
III. Evolution historique de la justice au Maroc
A. La période antérieure au protectorat

3. Les tribunaux rabbiniques


 Les affaires concernant les marocains de confession juive sont traitées par des tribunaux
rabbiniques. Même si la compétence de ces tribunaux confessionnels devait être limitée, en
principe, aux affaires relevant du statut personnel et des successions, elle s’étendait dans la pratique
à tout type de litige.
4. Les privilèges de juridiction
Les Européens, qui en toute logique ne pouvaient être soumis à la justice du chrâa, n’étant pas
musulmans, ne se soumettaient quasiment pas, non plus, aux juridictions makhzen. Ils bénéficiaient d’un
privilège de juridiction régi par un régime de capitulation qui fonctionnait comme suit :
 Lorsque le litige opposait deux personnes de même nationalité, l’affaire est du ressort du consul du
pays en question ;
 Lorsque le litige opposait deux personnes de nationalités différentes, chaque consul applique à son
concitoyen la législation de son pays. Dans la pratique, on composait souvent une juridiction
comprenant les consuls des différentes parties et on appliquait au litige une législation convenue
entre lesdits consuls ;
36
III. Evolution historique de la justice au Maroc
A. La période antérieure au protectorat

 Lorsque le litige opposait un marocain musulman à un étranger, la juridiction compétente est celle de
la partie défenderesse, tout en privilégiant les étrangers :
 Si l’étranger était demandeur, il devait saisir la juridiction marocaine, mais le juge marocain était
assisté du consul étranger ;
 Si le marocain était demandeur, il devait s’adresser au consul du pays dont le défendeur porte la
nationalité. Le ressortissant marocain était alors assisté d’un juge marocain ou de son représentant.
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III. Evolution historique de la justice au Maroc
B. La phase du protectorat

Le Maroc était divisé pendant la période du protectorat en trois zones :


 la zone du Sud où la France exerçait, en vertu du traité signé le 30 mars 2012, son protectorat ;
 la zone Nord et du Sahara dominée par l’Espagne ;
 la zone de Tanger soumise à une administration internationale.
A ces trois zones correspondaient trois types d’organisations judiciaires différentes. Et dans chaque
zone, les tribunaux makhzen coexistaient avec les juridictions française, espagnole ou internationale.
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III. Evolution historique de la justice au Maroc
B. La phase du protectorat

1. L’organisation judiciaire dans la zone sous protectorat français


Dans cette zone, qui est la plus importante, on retrouvait les tribunaux anciens (a) et les tribunaux
français dits aussi modernes (b).
a. Les tribunaux anciens
 Il s’agit des juridictions qui existaient bien avant le protectorat, à savoir les tribunaux chrâa ou du
qadi, les tribunaux des pachas et caïds et les tribunaux confessionnels rabbiniques. Ces différents
tribunaux, compétents en matières civile, pénale et commerciale quand il s’agit des litiges opposant
des marocains, étaient chapeautés par le haut tribunal chérifien.
 L’administration exerçait son autorité sur ces tribunaux via les pachas et caïds qui représentaient le
pouvoir central.
 Il est à signaler aussi que des tribunaux coutumiers avaient été créés en 1930 avec pour vocation de
traiter les litiges sur la base de la coutume en zones amazighes. Cependant, ces juridictions étaient
contestées par le mouvement national qui reprochait au protectorat de vouloir soustraire une frange
de la population à la loi musulmane et semer ainsi la division parmi les marocains (le fameux dahir
berbère).
39
III. Evolution historique de la justice au Maroc
B. La phase du protectorat

b. Les tribunaux français


 Les tribunaux français se composaient des tribunaux de paix, des tribunaux de première instance et
d’une cour d’appel sise à Rabat. Ils connaissaient des matières civiles, pénales, commerciales et
administratives. Les pourvois en cassation étaient portés devant la Cour de cassation de Paris.
 Ces tribunaux étaient saisis par tous les plaideurs, quelle que soit leur nationalité, lorsqu’il s’agit
d’appliquer le droit moderne (droit des affaires, droit de la propriété intellectuelle et industrielle, etc.).
Ils appliquaient ainsi les textes du protectorat, dont une partie est publiée en 1913, notamment le
DOC, les codes de procédure civile et pénale, le dahir formant code de commerce, etc.
40
III. Evolution historique de la justice au Maroc
B. La phase du protectorat

2. L’organisation judiciaire dans la zone sous occupation espagnole


 A côté des tribunaux préexistant, les espagnoles avaient mis en place dans la zone nord des
tribunaux dits « khalifiens » qui comprenaient, à l’instar de la zone du sud, les tribunaux de paix, les TPI
et une cour d’appel installée à Tétouan.
 Ces juridictions organisées sur le modèle espagnol appliquaient des lois inspirées du droit espagnole
(procédures civile et pénale, code des obligations et contrats, code de commerce, etc.). Ces textes
datent pour la plupart de 1914.
41
III. Evolution historique de la justice au Maroc
B. La phase du protectorat

3. L’organisation judiciaire dans la zone internationale de Tanger


 Cette zone était soumise au régime international fixé par la convention de Tanger du 18 décembre
1923 qui avait été signée entre la France, l’Espagne et le Royaume-Uni.
 La justice était rendue dans cette zone par une juridiction appelée « tribunal mixte » de Tanger où
siégeaient des juges Français, Espagnoles et Anglais, chargés de traiter les litiges impliquant les
ressortissants des puissances étrangères. Cette juridiction appliquait des textes spéciaux tels que le
code sur la condition civile des étrangers dans la zone.
 Cette juridiction a été réformée en 1953 en lui substituant une juridiction qui comprenait un tribunal
de paix, un tribunal criminel et une cour d’appel. Au total, 12 magistrats y siégeaient : 2 français, 2
espagnoles, un britannique, un marocain, un belge, un italien, un néerlandais, un suédois, un
américain et un portugais. Ces juges sont nommés par dahir du Sultan, sur proposition de leurs
gouvernements respectifs.
42
III. Evolution historique de la justice au Maroc
C. La phase de l’indépendance

Il est d’usage de scinder cette phase en deux périodes : la première s’étale du recouvrement de
l’indépendance à la loi du 26 janvier 1965 relative à l’unification et à l’arabisation des juridictions (1)
alors que la deuxième couvre la période postérieure à ladite loi (2).
1-De l’indépendance à la loi d’unification et d’arabisation
 Le recouvrement de l'indépendance le 3 mars 1956 a eu pour conséquence l’abolition du traité du
protectorat français et de la domination espagnole ainsi que la fin du régime international régissant
la zone de Tanger, sans pour autant éliminer la diversité des juridictions citée ci-dessus. Pour gérer
cette situation complexe, le législateur a instauré dans un premier temps la régionalisation des
tribunaux.
 les tribunaux makhzen sont érigés en tribunaux de droit commun composés des tribunaux régionaux
et des tribunaux du sadad. L’ordre administratif (représenté par l’autorité exercée par les Caïds et
Pachas) est séparée de l’ordre judiciaire. De même, les tribunaux coutumiers sont supprimés. Enfin, le
haut tribunal chérifien est remplacé en 1957 par la Cour suprême. Les tribunaux de type français sont
devenus des tribunaux modernes.
43
III. Evolution historique de la justice au Maroc
C. La phase de l’indépendance

 A Tanger, l’ex-juridiction internationale a fusionné avec le tribunal de droit commun (dahir du 1er
avril 1957). De même, une cour d’appel y est créée. De même, dans la zone du Nord sous
domination espagnole, la compétence des tribunaux khalifiens fut transférée aux juridictions de droit
commun (dahir du 12 août 1958). En guise de cour d’appel, le ressort territorial de la Cour d’appel de
Tanger a été étendu pour couvrir tous les tribunaux régionaux du Nord (Tétouan et Nador, en plus de
Tanger) en plus des 12 tribunaux du sadad de la même zone. L’ancienne cour d’appel de Tétouan a
été supprimée.
 Malgré l’importance de cet effort de réaménagement du système judiciaire, la dualité de celui-ci
(coexistence des juridictions de droit commun avec celles dites modernes) n’a pu être évitée. Il a
fallu ainsi attendre l’avènement de la réforme de 1965 pour se lancer dans l’œuvre d’unification et
d’arabisation de la justice.
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III. Evolution historique de la justice au Maroc
C. La phase de l’indépendance

 La loi du 26 janvier 1965 fut la première loi d’envergure votée par le Parlement marocain. Son article
premier dispose que « sont unifiés, en vertu de la présente loi, sur l’ensemble du territoire du Royaume,
toutes les juridictions marocaines, à l’exception du tribunal militaire et de la haute cour de justice
mentionnée au titre VII de la Constitution ».
 Le système judiciaire ainsi unifié comprend désormais : les tribunaux du sadad, les tribunaux régionaux,
les cours d’appel et la cour suprême (article 2 de la loi susmentionnée).
 Les affaires rabbiniques sont en premier ressort de la compétence des tribunaux du sadad et en
second ressort des tribunaux régionaux. Ainsi les tribunaux modernes, les tribunaux du chrâa et les
tribunaux rabbiniques ont été définitivement intégrés dans les tribunaux de droit commun (sadad et
régionaux).
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III. Evolution historique de la justice au Maroc
C. La phase de l’indépendance

 Les tribunaux du sadad ont remplacé les tribunaux de paix (l’équivalent des juridictions de proximité
dans la configuration actuelle). Ils connaissaient des statuts personnels (musulmans et israélites en plus
des affaires civiles. Les tribunaux régionaux, qui ont absorbé les anciens tribunaux de première
instance, constituent les véritables tribunaux de droit commun.
 Cette organisation judiciaire a été complétée par le décret royal du 3 juillet 1967 qui a instauré les
tribunaux sociaux pour se substituer aux tribunaux du travail qui furent institués par un dahir du 30
décembre 1957 en remplacement des Conseils de prud’homme dont l’institution remontait à 1929.
 En plus de l’œuvre d’unification, la loi du 26 janvier 1965 a institué la marocanisation et l’arabisation
de la justice. A ce titre, l’article 4 de ladite loi disposait que « nul ne peut exercer les fonctions de
magistrat auprès des juridictions marocaines s’il n’est de nationalité marocaine ». De même, l’article 5
ajoutait que « seule la langue arabe est admise devant les tribunaux marocains, tant pour les débat
et les plaidoiries que pour la rédaction des jugements ».
46
III. Evolution historique de la justice au Maroc
C. La phase de l’indépendance

2. La réforme de juillet 1974 et les réformes postérieures


Le système judiciaire a subi en 1974 une réforme d’envergure avec la publication de nouveaux textes
relatifs à l’organisation judiciaire, à la procédure civile, ainsi que des dispositions transitoires en matière
de procédure pénale.
Les principaux apports de cette réforme majeure et néanmoins inattendue, sont :
 la substitution des juridictions communales et d’arrondissement (voir chapitre II) aux tribunaux du
sadad ;
 le retour de l’ancienne appellation « tribunaux de première instance » qui remplace désormais la
dénomination « tribunaux régionaux » et leur nombre a été augmenté passant de 16 à 54 ;
 la généralisation du principe du juge unique au niveau des tribunaux de première instance.
47
III. Evolution historique de la justice au Maroc
C. La phase de l’indépendance

 Il a fallu attendre 1993 pour assister à une autre réforme de taille, à savoir la création des tribunaux
administratifs institués par la loi n° 41.90. La chambre administrative de la Cour suprême statuait en
appel des jugements de ces tribunaux, jusqu’à la création des Cour d’appel administrative en 2008,
régis par la loi n° 80.03. Dans le même mouvement, des juridictions de commerce ont été instituées
en 1998 par la loi n° 53.95.
 Une autre réforme importante est intervenue avec la suppression de la Cour spéciale de justice, qui
était spécialisée dans les affaires de corruption, détournement et dilapidation des fonds publics et la
concussion. Les attributions de cette juridiction d’exception ont été transférées aux sections
financières instituées au sein de quatre cours d’appel.
 En août 2012, la loi n° 42.10 est venue changer la donne en remplaçant les juridictions communales
et d’arrondissements par les juridictions de proximité. Celles-ci ont la particularité d’être confiée à
des juges de carrière au lieu des juges non professionnels qui siégeaient dans les juridictions
communales et d’arrondissement. Par la même réforme, des chambres d’appel sont créées au sein
des TPI pour statuer en appel sur les jugements des TPI dont le montant ne dépasse pas 20.000
dirhams
48
III. Evolution historique de la justice au Maroc
C. La phase de l’indépendance

Signalons enfin qu’un projet de loi régissant l’organisation judiciaire est en cours d’examen au Parlement.
Ledit projet constitue une véritable refonte de la loi en vigueur. Il apporte des aménagements substantiels
à l’organisation judiciaire, notamment :
 la suppression des chambres d’appel créées au sein des TPI ;
 la création de sections spécialisées en matière administrative et de commerce au sein des TPI, ayant
les mêmes compétences que celles reconnues aux tribunaux administratifs et des tribunaux de
commerce, pour davantage de proximité ;
 unification du parquet au niveau des juridictions de premier degré, sous la supervision du TPI ;
 extension du périmètre des affaires soumises au juge unique en matière de la famille ;
 Le projet rationalise également l’exercice des recours pour exception d’incompétence matérielle (le
tribunal y statue par jugement séparé non susceptible de recours) et précise un certain nombre de
droits des justiciables ainsi que les règles d’organisation et de fonctionnement en interne des
tribunaux.
49
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence

 L’organisation judiciaire du pays est régie par le dahir portant loi n° 1-74-33819 du 15 juillet 1974. Ce
texte a subi une dizaine d’amendements dont le dernier est apporté par la loi n° 58.11 du 26 octobre
2011.
 Le système juridictionnel marocain repose sur le principe de l’unité de juridiction, dans la mesure où il
est chapeauté par la Cour de cassation. Il comprend des juridictions de droit commun et d’autres
spécialisées (les juridictions administratives et celles de commerce).
 Certains auteurs le qualifient de semi-dualiste puisque l’ordre juridictionnel administratif (composé des
tribunaux administratifs et des cours d’appel administratifs) n’est pas parachevé par le Conseil d’Etat à
l’instar des systèmes dualistes où il existe deux ordres juridictionnels (l’ordre judiciaire et l’ordre
administratif) avec un tribunal des conflits qui traite des conflits de compétence entre ces derniers.
50
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence

 Au terme du dahir précité, l’organisation judiciaire du pays comprend ce qui suit:


 Les tribunaux de première instance (au nombre de 83) ;
 Les tribunaux administratifs (au nombre de 7, situés à Rabat, Casablanca, Fès, Marrakech, Meknès,
Agadir, Oujda) ;
 Les tribunaux de commerce (8 tribunaux, situés à Rabat, Casablanca, Tanger, Fès, Marrakech,
Meknès, Agadir, Oujda); - Les cours d'appel (il en existe 21 à date d’aujourd’hui) ;
 Les cours d'appel administratives 2 (situées respectivement à Rabat et Marrakech) ;
 Les cours d'appel de commerce 3 (situées à Casablanca, Fès et Marrakech);
 La Cour de cassation (dénommée auparavant Cour suprême).
 Le siège, le ressort et les effectifs de ces juridictions sont fixés par décret.
 Le dahir régissant l’organisation judiciaire n’intègre ni la cour constitutionnelle ni le tribunal des forces
armées royale ni les juridictions financières.
51
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

Nous traiterons sous cette section les TPI et les Cours d’appel
I- Les Tribunaux de Première Instance (TPI)
1. Organisation
 Chaque tribunal de première instance comprend :
 Un président, des juges dont certains peuvent assurer des fonctions de vice-président et des juges
suppléants ;
 Un ministère public composé d’un procureur du Roi et d’un ou plusieurs substituts ;
 Un greffe ;
 Un secrétariat du parquet.
52
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 Ces tribunaux peuvent être divisés suivant la nature des affaires qu'ils connaissent en « sections des
affaires de la famille », « sections des juridictions de proximité » et en chambres : civile, commerciale,
immobilière, sociale et pénale. Chacune des chambres peut comprendre un ou plusieurs magistrats.
Toutefois, toute chambre peut valablement instruire et juger, quelle qu’en soit la nature, les affaires
soumises au tribunal.
 Le Ministre de la justice peut détacher, dans des localités situées dans le ressort des TPI, un ou
plusieurs magistrats pour exercer à titre permanent et ce, pour une meilleure administration de la
justice. Ces magistrats sont appelés juges résidents.
 Les centres de juges résidents ne sont pas des juridictions autonomes mais font partie intégrante des
TPI.
 Les tribunaux de première instance peuvent être qualifiés selon le type d’affaires dont ils connaissent
en « TPI civils », « TPI sociaux » et « TPI pénaux ». Cette solution est mise en place à Casablanca pour
une meilleure gestion du service de la justice.
53
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 Les TPI civils sont divisées en sections de justice de proximité, chambres civiles, chambres
commerciales et chambres immobilières.
 Les TPI sociaux comprennent des sections des affaires de la famille, des chambres des accidents de
travail et maladies professionnelles et des chambres des litiges de travail.
 Quant aux TPI pénaux, ils sont structurés en sections des juridictions de proximité, chambres
correctionnelles, chambres des accidents de circulation et chambres des mineurs.
54
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

2. Compétence des TPI: les TPI ont une compétence générale :


 C’est une compétence générale qui s’étend à toutes les affaires civiles, immobilières, pénales et sociales.
Toutes les questions relatives au statut personnel, familial et successoral relèvent également de la
compétence du tribunal de première instance, que ces questions mettent en cause des nationaux
musulmans ou israélites ou des étrangers.
 Les TPI sont compétents soit en premier et dernier ressort, soit à charge d’appel, dans les conditions
déterminées par les codes de procédure civile et pénale, et, le cas échéant, par des textes particuliers.
 En matière civile, ces tribunaux statuent en premier et dernier ressorts lorsque le montant du litige est égal ou
inférieur à 5000 dirhams. Dans ce cas l’appel est exclu, mais la décision peut toujours faire l’objet d’un
pourvoi en cassation. Si la valeur du litige est supérieure à ce montant ou si elle est indéterminée, le tribunal
statue uniquement en premier ressort, à charge d’appel.
 En matière pénale, les tribunaux de première instance sont compétents pour juger les contraventions et les
délits. En revanche, les crimes relèvent de la compétence de la Cour d’appel.
 Les chambres d’appel des TPI, instituées dans le cadre de la justice de proximité, statuent en appel des
jugements rendus en première instance par les mêmes tribunaux, lorsque la valeur en cause n’excède pas
20.000 dirhams.
55
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

3. Fonctionnement des TPI:


Le TPI peut siéger en formation collégiale ou en juge unique, selon les cas. La présence du représentant
du ministère public est obligatoire dans certains cas.
a. Formation des audiences
 En règle générale, les TPI siègent à juge unique avec l'assistance d'un greffier.
 Néanmoins, les TPI siègent en présence de trois juges dont un président, avec l'assistance d'un greffier,
sous réserve des compétences dévolues au président du tribunal en vertu de textes particuliers, dans
les actions suivantes :
 actions de statut personnel et de successions à l'exception de la pension alimentaire;
 actions immobilières de droits réels et mixtes ;
 actions de conflit de travail ;
 délits sanctionnés par une peine d'emprisonnement supérieure à deux ans et dont la compétence est
dévolue par le code de procédure pénale au TPI.
56
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 Lorsqu'il apparaît au juge unique que l'une des demandes principale, reconventionnelle ou en
compensation relève de la compétence de la formation collégiale ou se rapporte à une action
ayant un lien de connexité avec une action en cours devant cette formation, il se dessaisit de
l'ensemble de l'affaire par décision gracieuse.
 Le président du TPI est chargé de la transmission du dossier de l'affaire à la formation collégiale.
 Lorsqu'il statue en matière de conflit du travail, le tribunal est assisté par quatre assesseurs dont le
mode de désignation est fixé par décret.
b. Présence du représentant du ministère public
 La présence du représentant du ministère public est obligatoire à l'audience pénale, à peine de
nullité de la procédure et du jugement.
 En toute autre matière, cette présence est facultative, sauf dans les cas prévus par le code de
procédure civile, notamment lorsque le ministère public est partie principale et dans toutes autres
hypothèses prévues par un texte particulier
57
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

2. Les sections des affaires de la famille :

 Après la publication du code de la famille, des sections des affaires de la famille ont été créées au
sein des TPI pour connaître, exclusivement, des affaires de la famille.
 Ces sections connaissent des affaires de statut personnel, des successions, de l’état civil, des affaires
d’homologation et des mineurs, de la kafala et de tout ce qui a trait à la sauvegarde et la protection
de la famille.
 Les affaires relatives au statut personnel des marocains de confession juive sont soumis aux règles du
statut personnel hébraïque marocain, un Magistrat rabbinique statue sur ces affaires..
58
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

3. Les juridictions de proximité :


Les juridictions de proximité sont instituées dans le ressort des tribunaux de première instance et leur
compétence territoriale se répartit comme suit :
 les sections des juridictions de proximité instituées au sein des TPI et dont la compétence territoriale
englobe les collectivités locales situées dans le ressort de ces tribunaux ;
 les sections des juridictions de proximité créées au sein des centres du juge résident (ou siégeant) et
dont la compétence territoriale englobe les collectivités locales situées dans le ressort du centre du
juge résident.
 Lesdites sections se composent d'un ou plusieurs juges et d'agents de greffe ou de secrétariat.
 Elles siègent par un juge unique assisté d'un greffier, hors la présence du ministère public.
 Pour davantage de proximité, des audiences foraines peuvent être tenues dans l'une des collectivités
situées dans le ressort territorial de la section des juridictions de proximité en vue de connaître des
affaires relevant de leur compétence.
59
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 L'assemblée générale désigne des magistrats qui exercent dans les tribunaux de première instance et dans
les centres du juge résident, chargés de statuer sur les affaires relevant de la compétence des juridictions
de proximité.
 En cas d’absence du juge de proximité ou d'un empêchement juridique lui interdisant de statuer sur la
demande, le président du tribunal de première instance ou son dévolutaire charge un magistrat de
suppléer audit juge.
a. Compétences des juridictions de proximité et procédure applicable
 Les règles de compétence et de procédure tant civiles que pénales devant les sections des juridictions de
proximité sont celles fixées par la loi n° 42.10 régissant celles-ci, sauf lorsqu’une loi spéciale en dispose
autrement. Sont également applicables, les dispositions du code de procédure civile et du code de
procédure pénale à moins qu'elles ne soient contraires aux dispositions de la loi susmentionnée.
 Pour faciliter l’accès à ces juridictions, la procédure devant elles est orale, gratuite et exempte de toutes
taxes judiciaires. Les audiences sont publiques. Les jugements sont consignés sur un registre spécial et
revêtus de la formule exécutoire. Ils doivent être rédigés avant leur prononcé et une copie est délivrée aux
intéressés, dans un délai de 10 jours à compter de la date du prononcé. Lorsqu'un jugement est rendu en
présence des parties, mention en est faite dans le procès-verbal de l'audience.
60
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 Le juge informe les parties de leur droit à un recours en annulation du jugement devant le président du
tribunal de première instance dans un délai de 8 jours à compter de la date de notification du jugement, et
ce, dans les cas suivants :
 si le juge de proximité n'a pas respecté sa compétence rationae personae ;
 s'il n'a pas effectué la tentative de conciliation prévue à l'article 12 de la loi 42.10 ;
 s'il a été statué sur chose non demandée ou adjugé plus qu'il n'a été demandé ou s'il a été omis de statuer
sur un chef de demande ;
 s'il a statué alors que l'une des parties l'avait récusé à bon droit ;
 s'il a statué sans s'être assuré au préalable de l'identité des parties ;
 s'il a condamné le défendeur sans avoir la preuve qu'il avait été touché de la notification ou de la
convocation ;
 si, dans une même décision, il y a des dispositions contraires ;
 si, dans le cours de l'instruction de l'affaire, il y a eu dol.
61
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 Le président statue sur la demande dans un délai de quinze jours suivant la date de son dépôt, hors la
présence des parties, sauf s'il juge nécessaire la convocation de l'une des parties pour présenter des
éclaircissements ; dans tous les cas, il statue dans le délai d'un mois.
 Ce jugement n'est susceptible d'aucune voie de recours.
b. Compétence et procédure des juridictions de proximité en matière civile
 Le juge de proximité connaît de toutes les actions personnelles et mobilières dont la valeur n'excède pas
cinq mille dirhams, à l’exception des litiges relatifs au statut personnel, à l'immobilier, aux affaires sociales et
aux expulsions.
 Si le demandeur procède à un fractionnement des droits qui lui sont dus afin de bénéficier de ce que lui
confère la présente loi, il ne sera accédé qu'à ses demandes initiales.
 Si la partie défenderesse formule une demande reconventionnelle, celle-ci ne s'ajoute pas à la demande
principale pour le calcul de la valeur du litige et le juge demeure compétent pour le tout.
62
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 Dans le cas où la demande reconventionnelle excède la valeur de compétence des juridictions de


proximité, le demandeur reconventionnel est invité à se mieux pourvoir.
 Le juge de proximité est saisi par une requête écrite ou par une déclaration orale reçue par le greffier qu'il
consigne dans un procès-verbal qui prévoit l'objet de la demande et les motifs invoqués, conformément à
un modèle établi à cet effet qu'il signe avec le demandeur.
 Si le défendeur est présent, le juge lui expose le contenu de la demande. S'il n'est pas présent, la requête
du demandeur ou une copie du procès-verbal lui est notifiée immédiatement sur ordre du juge. Cette
notification comporte convocation à l'audience qui ne devrait pas être éloignée de plus de huit jours.
 Le juge de proximité procède, obligatoirement, avant l'examen de l'action, à une tentative de conciliation.
Si elle a lieu, il est procédé à l'établissement d'un procès-verbal par lequel le juge constate cette
conciliation.
 Si la tentative de conciliation échoue, il statue, sur le fonds, dans un délai de 30 jours, par un jugement non
susceptible d'aucune voie de recours ordinaire ou extraordinaire, sous réserve des cas de recours en
annulation susmentionnés
63
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

c. Compétence et procédure des juridictions de proximité en matière des contraventions


 Le juge de proximité est compétent pour connaître des contraventions, prévues dans la loi n° 42.10 ;
commises par des personnes majeures, sauf à avoir une qualification plus sévère lorsqu'elles sont commises
dans la circonscription sur laquelle le juge exerce sa juridiction ou lorsque l'auteur y est domicilié.
 L'action publique est mise en mouvement par le ministère public qui transmet au juge de proximité les
procès-verbaux dressés par la police judiciaire ou par les agents chargés à cet effet.
 Les juridictions de proximité peuvent statuer sur les demandes civiles en réparation de préjudice, dans le
cadre des actions publiques accessoires, et ce, dans la limite de la compétence rationae personae
susvisée.
 Lorsque le juge de proximité se déclare incompétent pour statuer sur l'action publique, il renvoie
immédiatement l'affaire devant le ministère public.
 Quant à la notification et à l'exécution des sentences, elles sont assurées par l'autorité administrative locale.
Toutefois, des huissiers de justice peuvent être chargés, à la demande du bénéficiaire, de la notification et
de l'exécution de ces jugements.
64
Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

d. Abolition des juridictions communales et d’arrondissement


 Les juridictions de proximité viennent remplacer les juridictions communales et d’arrondissement instituées
par la loi n° 1-74-338 du 15 juillet 1974 relative à l’organisation judiciaire du Royaume, respectivement dans
les communes rurales et urbaines. Elles se composent d’un juge unique assisté d’un greffier ou d’un
secrétaire.
 Les juges d’arrondissement et les juges communaux étaient choisis soit parmi les magistrats, conformément
aux dispositions du statut de la magistrature, soit parmi de simples citoyens. Dans ce dernier cas, chacun des
juges était assisté par deux suppléants. Les juges non-magistrats et leurs suppléants étaient choisis au sein et
par un collège électoral dont les membres sont eux-mêmes désignés par une commission dans laquelle
siège le caïd ou le khalifa d’arrondissement. Le collège électoral était composé de cent personnes
remplissant certaines conditions fixées par la loi 1-74-338 du 15 juillet 1974. Les fonctionnaires publics en
activité, les avocats, les oukils, les adouls et les agents d’affaires ne pouvaient être membres de ce collège.
 Les juges d’arrondissement et les juges communaux étaient investis par dahir, pour une durée de trois ans,
sur proposition du Conseil Supérieur de la Magistrature.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

II. Les cours d’appel :


 La loi n° 1-74-338 du 15 juillet 1974 relative à l’organisation judiciaire du Royaume fixe l’organisation et la
composition des Cours d’appel (CA).
 Les CA comprennent, sous l’autorité du Premier Président et suivant leur importance, un certain nombre de
chambres spécialisées dont une chambre de statut personnel et successoral et une chambre criminelle.
Toutefois, toute chambre peut valablement instruire et juger, quelle qu’en soit la nature, les affaires soumises
à ces cours.
 Elles comportent également un ministère public composé d’un Procureur Général du roi et de substituts
généraux, un ou plusieurs magistrats chargés de l’instruction, un ou plusieurs magistrats chargés des mineurs,
un greffe et un secrétariat du parquet général.
 En toute matière, l’audience est tenue et les arrêts rendus par un collège de trois Conseillers assistés d’un
greffier, sauf si la loi en dispose autrement.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 La chambre criminelle siège, en raison de la gravité des affaires qui lui sont confiées, avec cinq Conseillers,
un président de chambre et quatre conseillers.
 Les CA, juridictions du second degré, examinent une seconde fois les affaires déjà jugées en premier ressort
par les TPI. Elles connaissent donc des appels des jugements rendus par ces tribunaux ainsi que des appels
des ordonnances rendues par leurs présidents.
 Les chambres criminelles des CA constituent des formations particulières, compétentes pour juger des
crimes en premier et dernier ressort.
III. La Cour de cassation :
 La Cour de cassation (CC) a été créée au lendemain de l’indépendance par le dahir n° 157-223 (2 Rabia I
1377) du 27 septembre 1957.
 Elle est placée au sommet de la hiérarchie judiciaire et coiffe toutes les juridictions de fond du Royaume.
Son organisation et sa compétence sont déterminées par la loi du 15 juillet 1974 fixant l’organisation
judiciaire du Royaume, le Code de procédure civile, certaines dispositions du Code de procédure pénale
et du Code de la justice militaire.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 La CC est présidée par un Premier Président. Le ministère public y est représenté par le Procureur Général du
Roi assisté d’Avocats généraux.
 Elle comprend des présidents de chambre et des conseillers, ainsi qu’un greffe et un secrétariat du parquet
général.
 La CC comprend six chambres : une chambre civile (dite première chambre), une chambre de statut
personnel et successoral, une chambre commerciale, une chambre administrative, une chambre sociale et
une chambre pénale. Chaque chambre est présidée par un président de chambre et peut être divisée en
sections. Toute chambre peut valablement instruire et juger, quelle qu’en soit la nature, les affaires soumises
à la Cour.
 La CC est une juridiction collégiale. a ce titre, les audiences sont tenues et les arrêts rendus par cinq
magistrats. Dans certains cas, cette collégialité est renforcée et les arrêts sont rendus par deux chambres
réunies et dans certaines affaires, par toutes les chambres réunies en assemblée plénière.
 Les attributions de la CC sont nombreuses et diversifiées. La loi a cependant limité son rôle à l’examen des
seules questions de droit : elle contrôle la légalité des décisions rendues par les juridictions de fond et assure
ainsi l’unité d’interprétation jurisprudentielle.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section 1. Les juridictions de droit commun

 La Cour de cassation statue sur :


 les pourvois en cassation formés contre les décisions rendues en dernier ressort par toutes les juridictions du
Royaume ;
 les recours formés contre les décisions par lesquelles les juges excèdent leurs pouvoirs ;
 les règlements de juges entre juridictions n’ayant au-dessus d’elles aucune juridiction supérieure commune
autre que la Cour Suprême ;
 les prises à partie contre les magistrats et les juridictions autres que la Cour Suprême ;
 les instances en suspicion légitime ;
 les dessaisissements pour cause de sûreté publique ou de bonne administration de la justice ;
 les appels contre les décisions des tribunaux administratifs comme juridiction du second degré (avant
l’institution des cours d’appels administratives en septembre 2006);
 en premier et dernier ressort, sur les recours en annulation pour excès de pouvoir, dirigés contre les actes
réglementaires ou individuels du Chef du gouvernement, et les recours contre les décisions des autorités
administratives, dont le champ d’application s’étend au-delà du ressort territorial d’un tribunal administratif.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

Les juridictions spécialisées comprennent les tribunaux administratifs et ceux de commerce :


I. Tribunaux administratifs

 Les tribunaux administratifs (TA) sont régis par la loi 41-90 promulguée par le dahir n° 1-91-225 (22 rabia I
1414) du 10 septembre 1993. Elles sont au nombre de 7 et installés dans les principales régions du Royaume.
 Leurs magistrats relèvent du statut de la magistrature mais font l’objet d’un recrutement et d’une formation
adaptés à leur fonction. Leurs assemblées générales définissent leur mode de fonctionnement interne.
 La juridiction est collégiale. Les audiences sont tenues et les jugements rendus par trois magistrats. Lorsque le
volume des affaires le rend nécessaire, le tribunal peut être divisé en sections spécialisées dans certains
types d’affaires.
 Le Président du TA désigne parmi les magistrats du tribunal et sur proposition de l’assemblée générale du
tribunal, pour une période de deux ans, un ou plusieurs commissaires royaux de la loi et du droit.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

 Ces commissaires doivent présenter, en toute indépendance, à l’audience, des conclusions sur chaque
affaire. Ils contribuent à éclairer le tribunal sur le droit applicable et proposent des solutions. Ils ne prennent
pas part au jugement. Ils ne sont pas chargés de défendre l’administration, mais doivent présenter une
analyse objective et équilibrée de l’ensemble des éléments de l’affaire et guider le tribunal vers une
décision équitable et juridiquement correcte.
Les TA sont compétents pour juger en premier ressort :
 les recours en annulation pour excès de pouvoir formés contre les décisions des autorités administratives ;
 les litiges relatifs aux contrats administratifs ;
 les actions en réparation de dommages causés par les actes ou les activités des personnes publiques les
litiges nés à l’occasion de l’application de pensions et du capital décès des agents de l’Etat, des
collectivités locales, des établissements publics et du personnel de l’administration de la Chambre des
Représentants et de la Chambre des Conseillers ;
 les contentieux fiscaux ;
 les litiges électoraux ;
 la légalité des actes administratifs.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

Par dérogation aux règles de la compétence territoriale, le tribunal administratif de Rabat statue sur
deux sortes de litiges, quel que soit le domicile du défendeur. Est porté devant lui :
 le contentieux relatif à la situation individuelle des plus hauts responsables administratifs, ceux qui
sont nommés par dahir ou par décret ;
 le contentieux qui a pris naissance à l’étranger ou en haute mer et plus généralement en tout lieu
qui n’est pas inclus dans le ressort d’un tribunal administratif.
 Les jugements des tribunaux administratifs sont portés en appel devant les cours d’appel
administratives. Avant la création de celles-ci, c’était la chambre administrative de la Cour Suprême
qui assure cette fonction.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

II. Les juridictions de commerce :


 Les juridictions de commerce (JC) ont été créées par la loi n° 53-95 du 6 janvier 1997, promulguée par
le dahir n° 1.97.65 du 12 février 1997. Ces juridictions fonctionnent depuis mai 1998.
 Les juridictions commerciales comprennent d’une part les tribunaux de commerce (TC) et d’autre
part, les cours d’appel de commerce (CAC).
 Les TC sont actuellement au nombre de huit (Rabat, Casablanca, Fès, Tanger, Marrakech, Agadir,
Oujda et Meknès) et les CAC au nombre de trois (Casablanca, Fès et Marrakech).
 Les magistrats du siège et du parquet des JC sont tous des magistrats professionnels intégrés au «
corps unique de la magistrature ».
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

Chaque TC comprend :
 un président, des vices présidents et des magistrats ;
 un ministère public composé du procureur du Roi et de un ou plusieurs substituts ;
 un greffe et un secrétariat du ministère public.
 Les audiences des TC sont tenues et les jugements rendus par trois magistrats, dont un président, assistés
d’un greffier.
Les CA comprennent :
 un Premier Président, des Présidents de chambre et des conseillers ;
 un ministère public composé d’un Procureur général du Roi et de substituts ;
 un greffe et un secrétariat du ministère public.
 Comme les TC, les CAC peuvent être divisées en chambres et chacune d’entre elles peut instruire et juger
les affaires soumises à la Cour.
 Les audiences des CAC sont tenues et les arrêts rendus par trois Conseillers, dont un Président, assistés d’un
greffier.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

 Les JC ont compétence pour juger de l’ensemble des litiges commerciaux. La compétence territoriale
appartient au tribunal de cette résidence. Les tribunaux de commerce sont compétents pour connaître : :
 des actions relatives aux contrats commerciaux ;
 des actions entre commerçants à l’occasion de leurs activités commerciales ;
 des actions relatives aux effets de commerce ;
 des différends entre associés d’une société commerciale ;
 des différends relatifs aux fonds de commerce.
 Plus généralement, les TC sont compétents pour connaître des litiges portant sur les actes accomplis par les
commerçants à l’occasion de leur commerce et de l’ensemble des litiges commerciaux qui comportent un
objet civil.
 Les TC sont compétents pour connaître des demandes dont le principal excède la valeur de vingt mille
dirhams (20.000 DH).
 Entre également dans la compétence des présidents des TC la surveillance des formalités du registre du
commerce. A cet effet, ils peuvent chaque année désigner un juge responsable du registre de commerce.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

Le registre de commerce :
 Le registre de commerce du Royaume est régi par la loi n° 15-95, promulguée par dahir n°1-96-83 du 15
Rabii 1417 (1 août 1996) formant Code de commerce.
 Les textes essentiels pris en application de la loi n° 15-95 sont les suivants :
 le décret n° 2-96-906 du 18 janvier 1997 pris pour l’application du chapitre II relatif au registre de commerce
du titre IV du livre premier de la loi n° 15-95 formant Code de commerce ;
 l’arrêté du Ministre de la Justice n° 106-97 du 18 janvier 1997 définissant les formulaires de la déclaration
d’inscription au registre de commerce et fixant la liste des actes et pièces justificatifs devant accompagner
ladite déclaration.
 Les registres locaux de commerce reçoivent les demandes d’immatriculation et inscrivent toutes les
personnes physiques et morales, marocaines ou étrangères, exerçant une activité commerciale au
Royaume du Maroc.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

En outre, sont également soumis à l’obligation d’immatriculation :


 toute succursale ou agence d’entreprise marocaine ou étrangère ;
 toute représentation commerciale ou agence commerciale des Etats, collectivités ou établissements
publics étrangers ;
 les établissements publics marocains à caractère industriel ou commercial, soumis par leur statut à
l’immatriculation au registre du commerce ;
 tout groupement d’intérêt économique.
 Le registre central de commerce a pour rôle de :
 centraliser les renseignements mentionnés dans les divers registres locaux ;
 protéger les noms commerciaux par la tenue d’un registre recensant les noms commerciaux et enseignes.
Un certificat négatif constatant l’absence d’antériorité de la dénomination commerciale proposée est
exigé lors des immatriculations ;
 communiquer l’ensemble des informations sur les noms des commerçants, les dénominations sociales et les
enseignes.
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Chapitre II. Les juridictions : organisation et compétence
Section II. Les juridictions spécialisées :

 Le registre central de commerce a l’obligation de transcrire sans délai les mentions qui lui sont transmises
par les secrétaires greffiers des registres locaux, avec une référence au registre local du commerce où le
commerçant ou la société commerciale est immatriculé.
 Le registre central de commerce est habilité à délivrer à toute personne intéressée des copies, extraits ou
certificats des documents déposés auprès de ce registre. Le registre central de commerce est tenu par
l'Office Marocain de la Propriété Industrielle, établissement public crée par la loi 13-99, promulguée par
dahir 1-00-71 du 9 octobre 1420 (15 février 2000).
 Un comité de coordination institué auprès du Ministère de la Justice est chargé de veiller à l’harmonisation
de l’application des dispositions législatives et réglementaires applicables en matière de registre du
commerce.
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Chapitre III. : Magistrats

 Les magistrats sont soumis à un statut qui leur est propre prévu par dahir n° 1.16.41 du 14 joumada II 1437
(24 mars 2016) portant promulgation de la loi organique n° 106.13 relative au statut de magistrature; Ce
texte a été publié uniquement en langue arabe dans l’édition générale du Bulletin Officiel n° 6456 du 6
rajeb 1437 (14 avril 2016), p. 3160.
 Les magistrats portent à l'audience un costume dont les caractéristiques sont déterminées par arrêté du
ministre de la justice.
 Conformément à l’article 24 la loi 1-74-338 du 15 juillet 1974 fixant l’organisation judicaire du royaume « Les
conjoints, les parents et alliés jusqu'au degré d'oncle ou de neveu inclusivement ne peuvent être
simultanément magistrats d'une même juridiction, sauf dispense qui peut être accordée par décision du
conseil supérieur de la magistrature lorsque la juridiction comprend plus d'une chambre ou si cette
juridiction siège à juge unique et à condition que l'un des conjoints, parents ou alliés ci-dessus visés ne soit
pas l'un des chefs de la juridiction; En aucun cas, même si la dispense est accordée, les conjoints, parents
ou alliés visés, à l'alinéa précédent ne peuvent siéger dans une même cause ».
 Tout magistrat dont un parent ou allié jusqu'au degré d'oncle ou de neveu inclusivement est l'avocat d'une
partie en cause ne peut, à peine de nullité du jugement ou de l'arrêt, être appelé à siéger selon l’article 25
la loi 1-74-338 du 15 juillet 1974 fixant l’organisation judicaire du royaume .
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