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Chapitre 05 - Etude des circuits lineaires dans

l’approximation des regimes quasi stationnaires (ARQS)


Ce chapitre donne les bases d'une discipline à part entière de la physique, l'électricité. on présente les
phénomènes physiques à un niveau élémentaire, puis les lois fondamentales des circuits et celles des dipôles
les plus importants.
L’électrocinétique est l’étude du mouvement de porteurs de charges dans la matière. L’étude des
mouvements individuels des charges électriques, et de leurs interactions avec la matière, est en général difficile
à mener. L’étude pratique des circuits électriques consiste à adopter des modèles simples et opérationnels,
traduisant le comportement électrique macroscopique des composants dans les circuits
Deux grandeurs sont essentielles pour décrire les mouvements ordonnés de particules chargées : l’intensité
du courant (qui caractérise le mouvement) et la tension (qui est la cause du mouvement).

I. Le courant électrique ?
A. La charge électrique
1. La charge électrique est quantifiée
Historiquement, ceci a été vérifié par l'expérience de Millikan (TD04). La charge de tout objet (isolable) est
un multiple de la charge élémentaire : q = z e, avec z ∈ Z
Ceci ne s'applique donc pas aux quarks que l'on ne sait pas séparer les uns des autres...
Charge élémentaire : e = 1,6022.10–19 C.

Q1)Rappeler le nombre de charge des particules fondamentales.


électron z = ……, proton z = ……, neutron z = ……, positron z = ……,

noyau de l’hélium : ……, quarks up (u.) z = ……,, quarks down (d) z = ……,.

2. Densités de charge électrique

Soit un volume élémentaire d autour du point M, portant la charge dq, la densité volumique de charge en M
𝑑𝑞
est : 𝜌 = 𝑑𝜏 .(avec d au minimum de l'ordre de 10–24 m–3, dq sera grand devant la charge élémentaire e).
Son unité SI est C.m–3.
Q2)Calculer le diamètre d’une sphère de volume 10–24 m–3. Comparer avec l’ordre de grandeur de la
taille d’un atome.

Si ni est la concentration volumique (nombre par unité de volume en m–3) des particules de charge qi, la densité
volumique de charge s'écrit encore : 𝜌 = ∑𝑖(𝑛𝑖 𝑞𝑖 ).

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Q3)Déterminer la concentration volumique en atome de cuivre pour un fil métallique en cuivre. En
déduire la densité volumique de charge totale et la densité volumique de charge de conduction
(on considérera qu’un seul électron par atome
participe à la conduction).

Remarque : Dans un volume V, la charge est 𝑞 = ∭𝑉 𝜌 𝑑𝜏. Cette écriture signifie simplement que la charge
q est la somme d'un nombre infini de charges infiniment petites. Le signe  est utilisé ici parce que le

volume élémentaire d = dx dy dz est le produit de trois différentielles, ce qui implique qu'il faut effectuer
trois intégrations, sur les valeurs de x, sur celles de y et sur celles de z pour obtenir q.

B. Intensité d'un courant électrique


Un courant électrique traduit un déplacement ordonné de porteurs de charges sous l'effet d'un champ électrique
extérieur. (notamment par la force de coulomb F=qE)
1. Densité volumique de courant
→ → → →
La densité volumique de courant en M est 𝑗 = ∑𝑖 (𝜌𝑖 𝑣𝑖 ) = ∑𝑖 (𝑛𝑖 𝑞𝑖 𝑣𝑖 ), 𝑗 est en A.m–2.
avec, pour le ième type de porteur de charge, au point M :
qi : charge de ce type de porteur de charge,
i : densité volumique de charge mobile (en C.m–3),

𝑣𝑖 : vecteur vitesse moyen (en m. s–1),
ni : concentration volumique (en m–3).

Q4)Un fil électrique métallique est parcouru par une densité volumique de courant de 107 A/m². La
densité volumique de porteurs est n = 1029 m-3. Déterminer la vitesse moyenne des porteurs de
charge.

2. Débit de charge à travers une surface


Soit une surface S à travers laquelle circule un courant d'intensité algébrique i. Considérons une portion de
conducteur de section droite S parcouru par un courant I engendré par des particules de densité volumique de charge
mobile 𝜌𝑚 et vitesse d’ensemble v.

La petite charge dq qui traverse S pendant le temps dt a donc pour


expression: dq = v 𝜌𝑚 S dt.
L'intensité du courant traversant la surface S dans le sens défini par
𝑑𝑞
la flèche est 𝑖 = 𝑑 𝑡 = 𝑣 𝜌𝑚 S .

L'intensité du courant électrique traversant S dans le sens défini par la flèche est donc lié au débit de charges
à travers S.
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L'intensité du courant est une grandeur algébrique qui se mesure en ampère (A). 1 A correspond à un débit de
charge de 1 C par seconde.
Q5)On considère un courant d’intensité i = 12 mA dans un fil de cuivre. Déterminer la charge Q qui
traverse une section de ce conducteur en τ = 3,4 s et en déduire le nombre de porteur de charge
correspondant.

3. Mesures et ordres de grandeur

Pour mesurer une intensité le plus simple est d'introduire un compteur de charges au point intéressant : il s'agit
d'un ampèremètre (en série).

II. Potentiel électrostatique, tension électrostatique ou différence de potentiel


électrostatique
A. Différence de potentiel électrostatique ou tension électrostatique
L'état électrique d'un point A d'un circuit électrique est caractérisé par une grandeur que l'on appelle le
potentiel électrique du point A et noté VA. Son unité SI est le volt (symbole V)

La différence de potentiel électrostatique (d.d.p.) entre deux points est aussi nommée u
tension électrostatique entre ces deux points. On peut la définir par une flèche :
La tension u définie par la flèche ci-dessus est 𝑢 = 𝑉1 − 𝑉2 (On peut aussi M1 M2
la noter u12).
Q6)Sur le schéma ci-dessous, les trois cercles représentent des dipôles ; pour deux d'entre eux, les
différences de potentiel à leurs bornes sont indiquées. On choisira le poteniel VA=0. Calculez les
potentiels aux points du circuit et la différence de potentiel (ou tension) aux bornes du dipôle
placé entre A et D.

B C

A D

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B. Ordre de grandeur et mesure d’une tension
1. Ordre de grandeur

2. Potentiel électrique et tension


On ne peut pas facilement mesurer un potentiel, comme pour l'énergie, car il est défini à une constante additive
arbitraire près. De plus c'est la variation d'énergie entre deux points qui est importante. C'est pourquoi on
mesure des différences de potentiels.
Analogie: on mesure les altitudes par rapport au niveau de la mer.
On dit que le sommet du mont blanc est à 4807m et que l'épave du Titanic
est à -5000m.
Nous utiliserons un voltmètre qui détermine la différence de potentiel, la
tension, entre ses bornes.
3. Masse d'un circuit
On pose arbitrairement le potentiel nul quelque part dans le circuit.

La masse se symbolise par et représente le point du circuit où le potentiel est choisi comme nul.

Q7) Reprenez le schéma de la question précédente et calculez les potentiels aux points du circuit et la
différence de potentiel (ou tension) aux bornes du dipôle placé entre A et D en prenant une masse
au point D.

B C

A D

III. Régime stationnaire, approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS)


A. Régime stationnaire
En régime stationnaire, toutes les grandeurs physiques sont indépendantes du temps (sauf bien entendu
les coordonnées des porteurs de charge).
→ →
Les dérivées partielles par rapport au temps de ni, i, 𝑗 , 𝑣𝑖 , T etc... sont donc nulles en chaque point.
Cette approximation consiste à dire que l’intensité du courant est du coup la même en tout point d’un fil (branche de
circuit).
Q8) Comment s’appelle cette dernière loi en électrocinétique ?

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B. Régime quasi-stationnaire
L'approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS) concerne aussi les régimes "lentement"
variables. L'électricité ne se propage pas instantanément. La vitesse de « mise en route » des électrons est
d'environ c = 3,00.108 m.s-1.

Considérons deux points P et M d’un fil distants de


L ; le signal, de célérité c, se propage de P à M en une durée
τ = L/c ; l’approximation des régimes quasi-stationnaires
conduit à considérer que les états électriques en P et M sont
identiques. On revient à négliger τ devant T, période du
signal.

Concrètement, en régime sinusoïdal permanent (courant alternatif sinusoïdal), on peut appliquer cette
approximation tant que la fréquence est suffisamment basse pour que la période T soit grande devant τ. On
peut également raisonner en longueur (longueur d’onde et longueur du circuit).
Q9)Déterminer les longueurs caractéristiques pour une fréquence de 50 Hz et 1 MHz. Discuter si on
peut appliquer l’ARQS suivant les dimensions du circuit.

Cette approximation est très largement vérifiée dans les cas usuels en TP.

IV. Etudier un circuit électrique


A. Les dipôles, convention générateur ou récepteur
Un dipôle est un composant quelconque qui se branche sur un circuit à deux endroits.

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Il y a deux conventions possibles pour étudier la relation courant-tension
d'un dipôle. Elles sont appelées convention générateur et convention récepteur.

Un dipôle est dit en convention récepteur lorsque les


flèches représentant la tension et le courant sont dans des sens opposés.

Un dipôle est dit en convention générateur lorsque les flèches représentant la


tension et le courant sont dans des sens opposés.

Q10) Rappeler la loi d’Ohm en convention récepteur et en convention générateur.

B. - Lois constitutives et caractéristique d’un dipôle


1. Dipôles linéaires
Un dipôle est linéaire si et seulement si u est une fonction affine de i ou est lié à i par une équation
différentielle linéaire.
En régime stationnaire, les dipôles linéaires sont les conducteurs ohmiques (u = R i) et les générateurs
et récepteurs linéaires (u = R i – e avec la convention récepteur).
En régime quasi-stationnaire, il faut ajouter les bobines et les condensateurs.
2. Caractéristique
Lorsque la caractéristique existe, c'est la relation (éventuellement la fonction) qui à i fait correspondre u, ou
celle qui à u fait correspondre i.
Le dipôle est actif si pour i = 0, u ≠0. Lorsqu'il est passif, sa caractéristique passe par l'origine des axes.
Le point de fonctionnement d'un dipôle est le point de coordonnées (u,i) correspondant à son fonctionnement
dans le circuit considéré.
Beaucoup de dipôles n'ont pas de caractéristique, c'est par exemple le cas si la relation entre u et i est une
𝑑𝑖
équation différentielle, par exemple, pour une bobine (u = R i + L𝑑𝑡).

3. Décrire un circuit
Pou décrire un circuit, on utilise un vocabulaire dédié :
- Le nœud : Un nœud principal est un point de jonction entre au moins 3 dipôles.
- La branche : un tronçon de circuit compris entre deux nœuds.
- La maille : Une maille est un ensemble de branches formant une boucle fermée en ne passant pas
deux fois par le même nœud.

Q11) Voici un circuit « complexe » : Dénombrez


les nœuds, branches et mailles.

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C. Exemples de dipôles
1. Le résistor
Un résistor est caractérisé uniquement par sa
résistance R > 0 en ohm (Ω) ou sa conductance G = 1/R
en siemens (S). En convention récepteur, la relation
courant-tension d'un résistor s'écrit :

U = + R.I

Une résistance « infinie » s'oppose à tout courant quelle que soit la tension à ses bornes : c'est
équivalent à un interrupteur ouvert.

Une résistance nulle peut faire passer un courant sans faire perdre d'énergie aux électrons : la tension
est nulle entre ses bornes, c'est un fil électrique.

Rq : les fils électriques utilisés en TP ont une résistance de l'ordre de 0,1 Ω.


2. Les générateurs idéaux
La caractéristique d'un générateur idéal de tension continue de force
électromotrice (fém) E.

La caractéristique d'un
générateur idéal de courant continu de cém η.

3. Les générateurs réels


Tout générateur ou récepteur linéaire peut être modélisé de deux façons
différentes.

Modèle de Thévenin
Avec la convention récepteur et e fléché dans le même sens que i, u
l'équation de la caractéristique est 𝑢 = 𝑅𝑖 − 𝑒.

e Ri
R
i  i

u
−e
Si le pôle + est du côté de la pointe de la flèche e, alors e > 0. C'est à ce
cas que correspond le tracé ci-dessus.

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Modèle de Norton

i i
Gu

u
G
−e u

Avec la convention récepteur et  fléché dans le même sens que i, l'équation


de la caractéristique est 𝑖 = 𝐺𝑢 + 𝜂.
Si le c.é.m.  est fléché comme sortant du pôle + , alors  > 0. C'est à ce cas
que correspond le tracé ci-dessus.

Équivalence des deux modèles


𝑢 𝑒
𝑢 = 𝑅𝑖 − 𝑒 ⇒ 𝑖 = 𝑅 + 𝑅. Les deux modèles représentent donc le même dipôle si et seulement si 𝐺 =
1 𝑒 1 𝜂
et 𝜂 = 𝑅 (ou 𝑅 = 𝐺 et 𝑒 = 𝐺).
𝑅
La tension à vide est la valeur de u pour i = 0, (coupe circuit dans sa branche). On la mesure en plaçant
directement un voltmètre (de résistance infinie) entre les bornes du dipôle non connecté à un circuit. Sa valeur
𝜂
est −𝑒 = −𝑅𝜂 = − 𝐺 .
L'intensité du courant de court-circuit est la valeur de i pour u = 0 (court-circuit réalisé en reliant les
deux bornes avec un conducteur ohmiques de résistance négligeable). On la mesure en plaçant directement un
𝑒
ampèremètre (de conductance infinie) entre les bornes du dipôle. Sa valeur est 𝜂 = 𝐺𝑒 = 𝑅.

Q12) Déterminer les caractéristiques du générateur de thévenin et de Norton pour une pile
électrochimique dont la caractéristique est représentée ci-
contre.

4. Autoinductance pure ou bobine


Il s'agit du cas idéal d'une bobine de résistance nulle.
e
L
i
u

Dans le cours de deuxième année, on démontrera que si i varie, la


bobine est le siège d'un phénomène d'autoinduction. La f.é.m.
𝑑𝑖 𝑑𝑖
d'autoinduction est 𝑒 = −𝐿 𝑑𝑡. La relation entre u et i est donc l'équation différentielle linéaire : 𝑢 = 𝐿 𝑑𝑡

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Ordres de grandeur : L varie de quelques μ H (1spire) à quelques mH (1000 spires sans noyau de fer).
L est d'environ 1 H pour une bobine de 1000 spires avec noyau de fer.
L compris entre 10 H et 100 H pour les électroaimants.

Q13) Déterminer la tension u aux bornes d’une bobine idéale orientée en convention récepteur
à travers laquelle circule un courant i(t) = Im cos (ω t + φ).

5. Capacité pure ou condensateur

C
i

q −q
u
Rappels : Un condensateur est constitué de 2 armatures séparé es par un isolant le "diélectrique".
https://phet.colorado.edu/sims/html/capacitor-lab-basics/latest/capacitor-lab-basics_fr.html

Il s'agit du cas idéal d'un condensateur parfait, c'est-à-dire parfaitement isolant (de conductance nulle).
Par définition de la capacité d'un condensateur, 𝑞 = 𝐶 𝑢. q étant la charge accumulée sur l'armature où arrive
𝑑𝑞 𝑑𝑢
le courant d'intensité i donc 𝑖 = 𝑑𝑡 et la relation entre i et u est l'équation différentielle linéaire : 𝑖 = 𝐶 𝑑𝑡 .

6. Bobines et condensateurs réels


Bobine de résistance non négligeable
On peut l'assimiler à une autoinductance pure en série avec un conducteur ohmique.
En réalité, il faudrait modéliser la bobine en ajoutant en parallèle une capacité due au vernis isolant
qui se trouve entre les spires. Mais cette capacité est négligeable pour des fréquences pas trop élevées. D'autre
part, pour une bobine avec noyau de fer, si le courant est intense, L varie avec i et le dipôle n'est donc plus
linéaire.
Dans les limites où ce modèle est valable, on a les deux schémas équivalents :
di
L,R L Ri
dt
i
L R
u i

u
Par addition des tensions aux bornes des deux dipôles élémentaires imaginaires R et L, on a donc :
𝑑𝑖
𝑢 = 𝐿 𝑑𝑡 + 𝑅 𝑖.
Q14) Déterminer la tension u aux bornes d’une bobine réelle orientée en convention générateur
à travers laquelle circule un courant i(t) = Im cos (ω t + φ).

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Condensateur réel (avec conductance de fuite)
i
du
C Gu
dt Cu
u C
− Cu G

Si le diélectrique d'un condensateur n'est pas un isolant parfait, un courant le traverse. On peut alors le
modéliser comme une capacité pure en parallèle avec un conducteur ohmique.
Q15) Que donne la loi des nœuds ici ?

V. Aspect énergétique
A. L’énergie et la puissance
1. Définitions
L'énergie est une grandeur bien spécifique qui peut prendre différents aspects : cinétique, potentielle,
électrique...
L'énergie se conserve : elle ne peut ni se créer ni se détruire, seulement s'échanger ou changer de forme.
Elle s'exprime en joule noté J.
La puissance est la vitesse à laquelle s'échange une énergie. Plus la puissance est élevée, plus il peut y
avoir d'énergie rapidement.
Si P est la puissance reçue par un dipôle, alors l’énergie qu’il absorbe est :

2. Déterminer des puissances


Soit un dipôle quelconque. La puissance échangée est proportionnelle au produit de la tension entre ses bornes
par l'intensité du courant qui le traverse. La puissance s'exprime en watt noté W.
La puissance électrocinétique reçue par le dipôle est 𝑃 = 𝑢 𝑖
Si u et i sont fléchés dans le même sens on a bien sûr 𝑃 = −𝑢 𝑖.

B. Caractère générateur ou récepteur ?


En convention récepteur, si P > 0 le dipôle reçoit de l'énergie électrocinétique de la part du reste du circuit.
Si P < 0, il fournit de l'énergie électrocinétique au reste du circuit, c'est un générateur.

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Q16) Donner le caractère de ces dipôles :

C. Transformation d’énergie
Dans tous les cas l'énergie électrocinétique reçue sera intégralement transformée en autres formes d'énergie :
- en énergie thermique uniquement pour un conducteur ohmique,
- en énergie thermique et en une autre forme d'énergie (chimique, mécanique, électromagnétique), cédée à
l'extérieur ou accumulée dans le dipôle pour les autres dipôles.

Ceci est valable au sens algébrique du terme, un récepteur reçoit de l'énergie électrocinétique alors qu'un
générateur peut en fournir au reste du circuit. (On reviendra sur ces notions de générateur et de récepteur plus
loin dans le cours d’électrocinétique).

D. Cas particulier de la dissipation par effet Joule


La chaleur n'est pas un type d'énergie : les résistors ne peuvent donc pas dissiper l'énergie électrique en
chaleur !
Une énergie d'un certain type est dite dissipée lorsqu'un dispositif la transforme en un autre type qui n'est plus
récupérable.
Le fait que les résistors dissipent l'énergie électrique est appelé effet Joule. Ce sont les générateurs qui
ont pour rôle d'injecter de l'énergie dans le circuit et, notamment, de compenser les dissipations d'énergie
électrique causées par les résistors.

La puissance électrique reçue (et donc la puissance dissipée par effet Joule) vaut : 𝑃𝑟 = +𝑅𝑖 2
Q17) Retrouver cette expression.

E. Généralisation
Avec la loi d'Ohm généralisée (convention récepteur, e fléché dans le même sens que i) : u = R i – e.

La puissance électrocinétique reçue du reste du circuit est P = u i = R i2 – e i = Pth + Pu = Pth – P ' .


Pth = R i2 représente la puissance, toujours positive dissipée par effet Joule.
Pu = – e i représente la puissance dissipée par un autre effet (mécanique, chimique ou autre).
P ' = e i représente la puissance électrocinétique engendrée dans le dipôle.
Si Pu > 0 (donc P ' < 0, e et i de signes contraires) le dipôle est un récepteur, il consomme de l'énergie
électrocinétique par effet Joule et par un autre effet.
Si Pu < 0 (donc P ' > 0, e et i de même signe) le dipôle est un générateur, il consomme de l'énergie
électrocinétique par effet Joule et il engendre de l'énergie électrocinétique par un autre effet.
Si Pu = 0, il s'agit d'un conducteur ohmique.

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Sommaire
I. Le courant électrique ? .............................................................................................................................................. 1
A. La charge électrique .............................................................................................................................................. 1
1. La charge électrique est quantifiée.................................................................................................................... 1
2. Densités de charge électrique ............................................................................................................................ 1
B. Intensité d'un courant électrique ........................................................................................................................... 2
1. Densité volumique de courant........................................................................................................................... 2
2. Débit de charge à travers une surface ............................................................................................................... 2
3. Mesures et ordres de grandeur .......................................................................................................................... 3
II. Potentiel électrostatique, tension électrostatique ou différence de potentiel électrostatique .................................... 3
A. Différence de potentiel électrostatique ou tension électrostatique ........................................................................ 3
B. Ordre de grandeur et mesure d’une tension .......................................................................................................... 4
1. Ordre de grandeur ............................................................................................................................................. 4
2. Potentiel électrique et tension ........................................................................................................................... 4
3. Masse d'un circuit ............................................................................................................................................. 4
III. Régime stationnaire, approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS).................................................... 4
A. Régime stationnaire............................................................................................................................................... 4
B. Régime quasi-stationnaire ..................................................................................................................................... 5
IV. Etudier un circuit électrique .................................................................................................................................. 5
A. Les dipôles, convention générateur ou récepteur .................................................................................................. 5
B. - Lois constitutives et caractéristique d’un dipôle................................................................................................. 6
1. Dipôles linéaires................................................................................................................................................ 6
2. Caractéristique .................................................................................................................................................. 6
3. Décrire un circuit .............................................................................................................................................. 6
C. Exemples de dipôles.............................................................................................................................................. 7
1. Le résistor.......................................................................................................................................................... 7
2. Les générateurs idéaux ...................................................................................................................................... 7
3. Les générateurs réels ......................................................................................................................................... 7
4. Autoinductance pure ou bobine ........................................................................................................................ 8
5. Capacité pure ou condensateur ......................................................................................................................... 9
6. Bobines et condensateurs réels ......................................................................................................................... 9
V. Aspect énergétique .................................................................................................................................................. 10
A. L’énergie et la puissance ..................................................................................................................................... 10
1. Définitions....................................................................................................................................................... 10
2. Déterminer des puissances .............................................................................................................................. 10
B. Caractère générateur ou récepteur ? .................................................................................................................... 10
C. Transformation d’énergie .................................................................................................................................... 11
D. Cas particulier de la dissipation par effet Joule .................................................................................................. 11
E. Généralisation ..................................................................................................................................................... 11

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