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UNIVERSITE ABDELHAMID IBN BADIS –MOSTAGANEM-

FACULTE DE MEDECINE
2EME ANNEE MEDECINE
MODULE: HISTOLOGIE SPECIALE

LES ORGANES DES SENS

DEFINITION ET CLASSIFICATIONS
Les récepteurs de la sensibilité sont des dispositifs qui renferment des composants nerveux réagissent de
façon spécifique à certains stimulus exogènes (sensibilité extéroceptive) ou endogènes (sensibilité
intéroceptive). Ces cellules spécialisées transforment le stimulus en influx nerveux qui sera transmis par des
voies nerveuses sensorielles aux centres nerveux.
Du fait de la grande diversité des stimulus et des récepteurs, plusieurs classifications ont été proposées :
- On oppose la sensibilité protopathique (mal localisée mais vite perçue) à la sensibilité épicritique
(lentement perçue, bien localisée).
- Suivant la localisation du stimulus, on parle de sensibilité extéroceptive ou sensibilité intéroceptive
- Suivant la nature du stimulus, on peut classer les différents récepteurs en : Chémorécepteurs, les
gustorécepteurs, phonorécepteurs, stato- et rotato-récepteurs, tactorécepteurs, thermorécepteurs,
nocicepteurs.
Ces différents types de récepteurs se retrouvent dans 5 organes des sens principaux :
- La peau pour le toucher
- L'oeil pour la vision
- L'oreille pour l'audition et l'équilibration
- Les bourgeons du goût pour la gestation
- L'organe de l'olfaction.
Du point de vue histophysiologique : suivant le nombre et le type des cellules impliquées, on distingue :
 U n organe des sens primaire : L'organe de l'olfaction
Son organisation est la plus simple ; une cellule nerveuse sensorielle vraie, assure le recueil de l'information
et son transport jusqu'au système nerveux central (le bulbe olfactif).
 Trois organes des sens secondaires : Les organes du goût, de l'audition et du tact
L'acquisition et le transport sont effectués par 2 cellules différentes, l'une accessoire épithéliale et l'autre
principale nerveuse (neurone ganglionnaire).
 U n organe des sens tertiaire : L'oeil
Le fonctionnement met en jeu 3 neurones : L'un assure le recueil de l'information, un autre assure son
transport vers les centres supérieurs et il existe 1 élément intermédiaire.

L’ORGANE DE L’OLFACTION
I. Generalites
C'est le seul organe des sens primaire et il s'agit d'un chémo-récepteur extérocepteur.
Il correspond à la muqueuse olfactive ou tache jaune, qui recouvre la partie supérieure de la cloison nasale, la
face inférieure de la lame criblée de l'ethmoïde et la partie moyenne du cornet supérieur.
II. Structure
1. L'épithélium : prismatique pseudostratifié, dformé de 3 types cellulaires :
L es cellules de soutien: prismatiques hautes; ces cellules ont un noyau prés de la surface et portent des des
microvillosités au pole apical. Ells sont riches en mitochondries, reticulum granululaire, glycogène, et en
pigments de lipofuschine responsables de la teinte de la muqueuse. Les faces latérales sont déformées par les
cellules sensorielles.
Les cellules olfactives: cellules nerveuses bipolaires intercalées isolément entre les cellules de soutien.
Le corps cellulaire ovalaire, est à mi-hauteur de l'épithélium.
Le prolongement interne est un axone qui traverse la basale et le chorion pour s'incorporer aux rameaux du
nerf olfactif. Ces rameaux traversent la lame criblée de l'ethmoïde et gagnent le bulbe olfactif.

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Le prolongement dendritique externe se termine à la surface de l'épithélium par un renflement "vésicule
olfactive" qui porte des cils olfactifs baignent dans le mucus épais qui recouvre l'épithélium. Leur membrane
plasmique porte les sites chémo-récepteurs.
Les cellules basales: éléments cubiques, ce sont des cellules de renouvellement des cellules de soutient.
2. Le Chorion
Il repose directement sur le périoste de l'os sous-jacent.
Il est riche en vaisseaux et en fibres nerveuses. Outres des capillaires nutritifs, il existe un large réseau
veineux qui réchauffe la muqueuse.
Le chorion renferme les g landes de Bowman : glandes séreuses qui participent à l'élaboration du film
liquidien recouvrant l'épithélium.
III. Histophysiologie
La perception des odeurs : c'est une liaison physico-chimique au niveau de récepteurs moléculaires situés sur
les cils des cellules sensorielles.
Pour pouvoir être perçues, les molécules doivent être solubles dans le film liquidien qui fixe et solubilise les
molécules volatiles, et rince les récepteurs des cils olfactifs.

L’ORGANE DE LA GUSTATION
I. Generalites
L’organe de la gustation est représenté par les bourgeons du gout enchâssés dans l'épaisseur de l'épithélium
malpighien buccal.
Il en existe environ 2000 chez l'homme, situés sur les flancs du Vallum des papilles caliciformes et
fongiformes, le voile du palais et sur l'épiglotte, quelques uns sur les papilles foliées, sur la face interne des
joues, dans l'épithélium du pharynx…
L’organe de la gustation est un organe de sens secondaire, chémorécepteur extérocepteur.
II. Structure h i s t o l o g i q u e
Ce sont des formations ovoïdes de 80 µ m de haut et de 40 µ m de large, insérés dans l'épaisseur de
l'épithélium et reposant sur la basale. Le pôle supérieur communique avec la lumière de la cavité buccale par
le pore gustatif.
 En microscopie photonique : Il est constitué de 20 à 30 cellules prismatiques hautes de
2 types : des cellules claires périphériques et des cellules denses centrales.
 En microscopie électronique on décrit 3 types cellulaires :
- Les cellules sensorielles de type I : riches en ribosomes et en réticulum granuleux et grains de sécrétion.
- Les cellules sensorielles de type II : riches en réticulum lisse.
Ces 2 types de cellules sensorielles possèdent des microvillosités au pôle apical.
- La cellule basale : cubique basse. C'est une cellule génératrice pour les cellules sensorielles.
Les différentes cellules correspondent en fait à des stades évolutifs d'un même type cellulaire.
III. Innervation des bourgeons du gout
A la partie basale des cellules sensorielles accessoires, des terminaisons synaptiques de fibres nerveuses
correspondent aux dendrites d'une cellule sensorielle vraie nerveuse. Les fibres traversent la basale et
cheminent dans l'un des 3 nerfs crâniens : le nerf VII Bis, le nerf IX ou glosso-pharyngien et le nerf X ou nerf
vague.
Le corps cellulaire se situe dans le ganglion nerveux du nerf considéré.
L'axone des cellules nerveuses gagnent les noyaux dans le bulbe cérébral.
IV. HI itophysiologie de la gustation
Le stimulus est recueilli sur les microvillosités du pôle apical des cellules sensorielles accessoires. Les
molécules doivent être solubles dans la salive, qui assure le rinçage du récepteur pour éliminer les molécules
fixées et permettre la fixation de nouvelles molécules.
Classiquement il existe 4 sensations élémentaires auxquelles correspondent des bourgeons du goût propre : le
sucré, le sale, l'amer et l'acide.
Les bourgeons sont spécialisés dans un goût donné, ou il existe une répartition préférentielle pour certaines
sensations : la base de la langue pour les sensations amères ; la pointe de la langue pour les sensations sucrées
; les bords de la langue pour les sensations acides, la saveur salée est ressentie de façon égale dans toutes les
localisations.
Dr BENSENOUCI . A 2
LES ORGANES DU TACT
I. Generalites
La peau réalise une barrière entre le milieu extérieur et le milieu intérieur. C'est à la fois un organe de
protection et un organe sensoriel, fournissant des sensations tactiles, thermiques et douloureuses.
II. Innervation de la peau et les organes du tact
Les fibres nerveuses sensitives sont issues de la cellule en T du ganglion spinal. Elles peuvent ètres isolées
(terminaisons libres) ou associées à d’autres structures pour constituer les corpuscules tactiles.
1. Les terminaisons nerveuses libres
 Le réseau de Langerhans : Un réseau de fibrilles ramifies entre les cellules de l’épiderme (2e couche).
 L'organe de Merkel : La fibre nerveuse se termine à la partie profonde de l'épiderme en formant des
disques aplatis parallèlement à la basale.
 Le réseau de Ruffini : Un réseau de fibres à la partie externe de la couche planiforme du derme.
 Les paniers de Dogiel : Ce sont des expansions du réseau de Ruffini qui se projettent dans la couche
papillaire du derme.
2. Les terminaisons encapsulées
Ils sont variés, mais tous associent de dehors en dedans :
- Une capsule conjonctive
- Des cellules de soutien névrogliques
- Une terminaison nerveuse dendritique
- Dans certains corpuscules, il existe une fibre sympathique “de Timofeew”, qui a un rôle régulateur.
* Le corpuscule de Wagner-Meissner
Il siège dans les papilles dermiques.
C'est un corpuscule ovoïde, orienté dans l'axe de la papille.
La capsule conjonctive est mince.
A l'intérieur se trouve un tissu névroglique dont les cellules prennent un aspect empilé.
La fibre sensorielle perd sa gaine de myéline à l'entrée dans le corpuscule, se ramifie et monte vers le sommet
du corpuscule en suivant un trajet spiralé entre les cellules.
La fibre de Timofeew forme un réseau en périphérie sous la capsule.
* Le corpuscule de Ruffini
Il siège dans la couche planiforme du derme.
C'est un corpuscule ovoïde entouré d'une capsule conjonctive peu épaisse.
La dendrite sensorielle est très ramifiée. Une fibre de Timofeew a également été décrite à ce niveau.
* Le corpuscule de Vater-Pacini
C'est le plus volumineux de tous les corpuscules du tact.
Ovoïde, la capsule conjonctive, très épaisse, constituée de lamelles conjonctives.
La fibre nerveuse sensorielle se termine par une extrémité unique, renflée en massue.
Il existe une fibre de Timofeew.
* Le Bulbe terminal de Krause
C'est une formation arrondie, entourée d'une capsule conjonctive peu épaisse.
La fibre sensorielle se ramifie entre des cellules de soutien et se termine par des extrémités renflées.
III. H
I itophysiologie
Il y a une diversité de sensibilité cutanée : sensibilité tactile, thermique et à la douleur.
Schématiquement les sensations douloureuses et thermiques sont perçues par les terminaisons libres tandis
que les sensations tactiles sont perçues par les récepteurs encapsulés.
Les voies sensorielles débutent au niveau du récepteur par l'extrémité dendritique du premier neurone
sensoriel. L'influx nerveux remonte la dendrite de la cellule nerveuse sensorielle dont le corps est situé dans
l'un des ganglions cérébro-spinaux. L'axone du neurone sensoriel pénètre dans la moelle par la racine
postérieure, ou il y fait synapse avec le deuxième neurone des voies sensorielles.

Dr BENSENOUCI . A 3
L’ORGANE DE L’AUDITION ET DE L’EQUILIBRATION
I. G énéralités
L'oreille est l'organe de l'audition et de l'équilibration. C'est un organe des sens secondaire.
Pour l'audition, l'oreille est un phonorécepteur extérocepteur.
Pour l'équilibration, l'oreille est un statorécepteur intérocepteur.
A chacune de ces fonctions correspond une branche du nerf auditif : nerf cochléaire pour l'audition et nerf
vestibulaire pour l'équilibration.
 Rappel anatomique : L'oreille comprend 3 parties :
L'oreille externe : c'est le pavillon et le conduit auditif externe.
L'oreille moyenne : elle correspond à la caisse du tympan, et se poursuit par la trompe d'Eustache qui s'ouvre
dans le pharynx. Elle renferme les 3 osselets d'origine mésoblastique.
L'oreille interne : elle est située dans une cavité osseuse de forme complexe “le labyrinthe osseux”
renfermant le labyrinthe membraneux.
Le labyrinthe membraneux comprend 2 parties :
- Le vestibule : avec les 3 canaux semi-circulaires, disposés dans 3 plans de l'espace. Ils
s'insèrent à leurs 2 extrémités sur l'utricule qui communique avec le saccule.
- Le canal cochléaire en bas et en avant, situé dans le limaçon osseux décrit 2,5 tours de spire
autour d'un axe conique osseux, la columelle.
Le labyrinthe membraneux renferme l'endolymphe. Il est séparé du labyrinthe osseux par les espaces
périlymphatiques liquidiens.
La paroi du labyrinthe membraneux (en dehors des plages sensorielles) est formée d'un épithélium simple
cubique bas, reposant sur un chorion vascularisé.

II. Le vestibule (l’organe de l’équilibration)


Il renferme 2 types de zones sensorielles de l’équilibration : les macules et les crêtes ampullaires.
1. Les macules : des plages arrondies, l'une sur le saccule, l'autre sur l'utricule, où l'épithélium devient
prismatique et est recouvert par la "membrane otolithique”.
L'épithélium est formé de cellules sensorielles réparties entre des éléments de soutien :
Les cellules de soutien : prismatiques, de forme irrégulière. Le pôle apical renferme un cytosquelette
développé. Le cytoplasme est riche en granulations cytoplasmiques denses.
Les cellules sensorielles de type I : ont la forme d'un vase. Le pôle basal reste à distance de la basale et
contient un gros noyau rond. Le pôle apical porte un cil vibratile, et 40 à 80 stéréocils dont la longueur
diminue en partant du cil vibratile. Le corps cellulaire fait synapse avec une terminaison d'une cellule
nerveuse. Ce neurone est situé dans le ganglion de Scarpa.
Les cellules sensorielles de type II : Plus allongées, elles ont un aspect cylindrique. Le pôle basal, proche de
la membrane basale, fait synapse avec plusieurs terminaisons nerveuses. Les neurones sont également situés
dans le ganglion de Scarpa.
La membrane otolithique : une couche de substance gélatineuses très hydraté, riche en collagène et en
protéoglycanes. Elle renferme des cristaux de carbonate de calcium : les otolithes.
Les cils vibratiles et les stéréocils les plus long pénètrent dans la membrane otolithique.
2. Les crêtes ampullaires
Chacun des 3 canaux semi-circulaires possède à l'une de ses extrémités une dilatation : l'ampoule.
A ce niveau, il existe un repli osseux “la crête”.
L'épithélium sensoriel est identique à celui des macules.
La coiffe gélatineuse obstrue transversalement la lumière des canaux semi- circulaires. Lors des mouvements
de la tête, elle est entraînée par les mouvements de l'endolymphe et s'incline, modifiant son appui sur l'un ou
l'autre des versants de la crête.
Les neurones sont également situés dans le ganglion de Scarpa.

III. La cochlée (l’organe de l’audition)


Le canal cochléaire a une section triangulaire à pointe interne. Il est séparé de la rampe vestibulaire par la
membrane de Reissner, et de la rampe tympanique par la membrane basilaire. Sur cette dernière repose
l'organe de Corti.

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Le canal cochléaire communique par un fin canal avec la cavité du saccule. Au sommet de la cochlée, les
rampes tympanique et vestibulaire communiquent entre elles par l'hélicotrème.
La columelle contient le ganglion spiral de Corti.
 L’organe de CORTI
C'est la zone sensorielle auditive.
L'épithélium est constitué par plusieurs types de cellules épithéliales spécialisées, dites cellules de soutien, et
par des cellules sensorielles accessoires.
L'épithélium renferme un espace de section triangulaire “le tunnel de Corti”, limité de chaque côté par des
cellules de soutien “les piliers du tunnel”.
De part et d'autre du tunnel se trouvent les cellules sensorielles reposant sur les cellules de soutien (une
rangée de cellules sensorielles du côté interne et 3 du côté externe avec leurs cellules de soutien de Deiters).
Du côté externe existent ensuite des cellules épithéliales très hautes dont le pôle apical se raccorde à celui des
cellules de Deiters “les cellules de Hensen ”.
L'organe de Corti se termine de part et d'autre par les cellules de Claudius. Elles sont associées du côté
externe à de petites cellules basales “les cellules de Boettcher”.
1. Les piliers du tunnel de Corti
Ce sont des cellules épithéliales très hautes.
- Leurs pôles apicaux se rejoignent pour fermer le tunnel.
- Le pôle basal renferme le noyau et s'étale sur la basale.
2. Les cellules de Deiters
Ce sont les cellules de soutien des cellules auditives externes.
Elles sont prismatiques hautes.
Le pôle apical porte une dépression où vient reposer une cellule sensorielle externe.
3. Les cellules de soutien internes
Du côté interne, elles entourent les cellules sensorielles jusqu'à leur sommet.
4. Les cellules de Hensen
Elles sont très hautes et volumineuses.
5. Les cellules de Boettcher
Ce sont de petites cellules basales.
6. Les cellules de Claudius
Ce sont des éléments de transition : d'abord prismatiques puis deviennent progressivement cubiques.
7. Les cellules sensorielles externes
Elles sont disposées en 3, en reposant sur les cellules de Deiters.
Le pôle apical porte environ 80 stéréocils.
Le cytoplasme, riche en glycogène, est pauvre en organites.
Le pôle basal renferme le noyau.
Les fibres nerveuses font synapse au niveau du pôle basal.
8. Les cellules sensorielles internes
Elles sont disposées en une seule rangée, et sont entourées par les cellules de soutien interne.
Leur structure est identique à celle des cellules externes.
 La membrane recouvrante “Tectoria” est une structure gélatineuse, accrochée au limbe spiral, qui flotte
dans l'endolymphe au dessus des stéréocils. Elle est constituée de collagène et de protéoglycanes.
IV. Hitophysiologie de l' Oreille
1. Physiologie de l'equilibration
Les recepteurs des macules sont stimulées par l'appui de la membrane otolithique sur les stéréocils des cellules
sensorielles. Elles enregistrent les positions de la tête ainsi que les accélérations.
Au niveau des crêtes ampullaires, les cellules sensorielles sont stimulées par les déplacements des coiffes,
entraînées par le mouvement de l'endolymphe dans les canaux semi-circulaires. Elles enregistrent les
mouvements de rotation de la tête dans les 3 plans de l'espace.
La voie vestibulaire débute par les dendrites qui entourent les cellules sensorielles accessories; dont le corps
cellulaire est situé dans le ganglion de Scarpa. L'axone se termine dans les noyaux vestibulaires.
2. Physiologie de l'audition
Toute onde sonore fait vibrer le tympan. Son mouvement entraîne le marteau, puis l'enclume et enfin l'étrier.
Les vibrations de l'étrier vont se transmettre à la rampe vestibulaire.

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Du fait de la grande souplesse de la membrane de Reissner, les vibrations de la périlymphe dans la rampe
vestibulaire se transmettent à l'endolymphe du canal cochléaire, puis à la membrane basilaire.
La vibration passe de la rampe vestibulaire à la rampe tympanique par l'hélicotrème.
Les déplacements de la membrane basilaire entraînent l'organe de Corti.
Les stéréocils des cellules sont mobilisés au contact de la membrane tectoria et par les mouvements de
l'endolymphe. La cellule sensorielle de l'organe de Corti transmet le stimulus à l'extrémité dendritique de la
cellule sensorielle dont le corps cellulaire est situé dans le ganglion spiral de Corti.
L'axone de ce neurone se termines dans les noyaux cochléaires du bulbe rachidien.

L'ORGANE DE LA VISION
I. Generalites
C'est le seul organe des sens tertiaire. Il s'agit d'un photorécepteur extérocepteur.
Le globe occulaire est sensiblement sphérique, comprend 3 tuniques concentriques :
- La rétine (interne)
- Le tractus uvéal (la couche moyenne) comprenant la choroïde, le corps ciliaire et l'iris.
- La sclérotique (externe) elle se poursuit en avant par la cornée.
Il renferme 3 milieux transparents :
- Le cristallin - L'humeur aqueuse, en avant du cristallin - Le corps vitré, en arrière du cristallin.

II. La rétine visuelle


C'est une membrane neuro-épithéliale photoréceptrice, pluristratifiée et vascularisée.
 Elle comprend 10 couches, en partant de l'extérieur (de la choroïde vers le corps vitré) sont :
- La couche des cellules pigmentaires
- La couche des cônes et des bâtonnets : renferme les expansions externes des cellules photoréceptrices.
- La limitante externe : c'est un plan riche en desmosomes.
- La couche des grains externes : renferme les noyaux des cellules photoréceptrices.
- La couche plexiforme externe : elle est constituée par les axones des cellules réceptrices et par les dendrites
des cellules bipolaires.
- La couche des grains internes : renferme les noyaux des cellules bipolaires.
- La couche plexiforme interne : c'est une couche d'articulation entre les axones des cellules bipolaires et les
dendrites des cellules multipolaires.
- La couche des cellules multipolaires.
- La couche des fibres du nerf optique : ce sont les axones des cellules multipolaires.
- La limitante interne.
 La rétine renferme 3 types de cellules nerveuses :
- Cellules photoréceptrices
- Cellules de transmission
- Cellules d'association
 Elle renferme également des cellules de soutien et de nutrition.

1. Les cellules photoreceptrices (ou cellules visuelles)


Ce sont les cellules à bâtonnet et les cellules à cône.
De forme très allongée, elles sont orientées perpendiculairement au plan de la rétine et présentent 3 parties :
- Une partie interne (axone)
- Une partie moyenne (le corps cellulaire)
- Une partie externe, à valeur de dendrite, divisée en 3 segments (myoïde, ellipsoïde et photorécepteur).
 Le Segment interne
Il s'étend dans la couche plexiforme externe.
Celui des cellules à bâtonnet se termine par un renflement unique, la sphérule, qui s'invagine pour loger
l'extrémité dendritrique d'une cellule bipolaire.
Celui des cellules à cônes se termine par une extrémité pyramidale portant de petits pédoncules.
 Le segment moyen (ou cytone)
Allongé, il est situé dans la couche des grains externes.

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 Le myoïde (My)
C'est le lieu de synthèse des pigments visuels.
Vers le milieu du myoïde, les cellules visuelles sont réunies aux extrémités externes des cellules de Müller
par des desmosomes disposés dans un même plan et forment la limitante externe.
 L'ellipsoïde (E)
D’aspect strié longitudinalement, très riche en mitochondries allongées suivant le grand axe de la cellule.
 La partie distale photoréceptrice
Située dans la couche n°2, elle correspond soit au bâtonnet, soit au cône.
- Le bâtonnet : un cylindre allongé, il renferme 600 à 900 saccules aplatis régulièrement empilés, en perpétuel
renouvellement. Les anciens se détachent à l'extrémité du bâtonnet et sont phagocytés par les cellules
pigmentaires. La membrane des saccules renferme un pigment photosensible “la rhodopsine”.
- Le cône : plus court, il contient 200 à 300 saccules. Leur membrane renferme un pigment visuel
photosensible “l'iodopsine”.

2. Les cellules nerveuses de transmission


 Les cellules bipolaires
La dendrite fait synapse avec les axones des cellules visuelles dans la couche plexiforme externe.
Le corps cellulaire se situe dans la couche des grains internes.
L'axone fait synapse avec des cellules multipolaires dans la couche plexiforme interne.
 Les cellules bipolaires pour cellules à bâtonnets (à panache ascendant)
 Les cellules bipolaires pour cellules à cones (à panache horizontal)

 Les cellules multipolaires


Elles sont disposées en 1 ou 2 assises (dans la couche n°8).
Le noyau est gros et arrondi. Le cytoplasme contient de nombreux corps de Nissl.
Les dendrites se ramifient dans la couche plexiforme interne.
L'axone s'étend dans la couche n°9 et converge avec les axones des autres cellules multipolaires pour former
le nerf optique.

3. Les elements nerveux d'association


Les cellules horizontales : Le corps cellulaire est situé dans la couche de grains internes. Les prolongements
se ramifient dans la couche plexiforme externe.
Les cellules amacrines : Le corps cellulaire est situé dans la couche des grains internes.
Il porte un prolongement unique qui s'enfonce dans la couche plexiforme interne.
Les cellules interplexiformes
4. Les cellules de soutien et de nutrition
Les cellules névrogliques banales : Ce sont des astrocytes et des microgliocytes.
Les cellule fibres de Müller : Ce sont des cellules névrogliques propres à la rétine visuelle. Elles comblent
les espaces libres entre tous les éléments précédents, de la couche 3 à la couche 10.
Le noyau se situe dans la couche des grains internes.
A leur extrémité externe, elles sont réunies au myoïde des cellules visuelles par des desmosomes.
L'extrémité interne se termine par un pied étalé formant la limitante interne (n°10).
Les cellules pigmentaires
Elles forment une couche épithéliale simple qui repose sur la basale.
Ce sont des cellules prismatiques, dont le pôle basal porte des replis de la membrane plasmique et renferme le
noyau.
Le pôle apical, porte de nombreuses franges qui viennent s'insérer entre les extrémités des bâtonnets ou
affleurer l'extrémités des cônes. Ces franges sont riches en grains de mélanine.
Le pôle apical renferme également des lysosomes et des corps denses résultant de la digestion des saccules
phagocytés.
Les cellules pigmentaires ont un rôle trophique pour les cônes et les bâtonnets qui sont situés dans une couche
non vascularisée de la rétine.

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