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MASTER ESIF 2015/2016

Introduction

Section 1 : Notion de la Finance Islamique et les points de


différence au finance conventionnelle
I- Notion de la finance islamique
1) L’économie Islamique
2) Définition et évolution de la finance Islamique
II- La différence entre la finance participative et la finance
conventionnelle
1) Fondements de la finance Islamique
2) Spécificités des systèmes bancaires islamiques et conventionnels

Section 2 : Instruments et structure de la finance participative


I- Les instruments financiers participatifs
1) Moudaraba
2) Mousharaka
II- Les structures de financement
1) Mourabaha 
2) Vente salam
3) L’ijara
III- Les instruments des institutions non bancaires
1) Le sukuk
2) L’assurance Takaful

  Section 3 : Finance participative (Islamique) au Maroc


I- Ouverture du marché financier marocain sur des produis
financiers islamiques appelés alternatifs.

II- La nouvelle loi.


Conclusion

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La finance islamique appartient à un concept plus large, l’économie islamique, une


doctrine économique, qui, comme toutes les autres doctrines (capitalisme,
communisme, socialisme), diffère par son propre système de valeurs. C’est ce système
de valeurs, universelles à la fin, qui fait la particularité de la finance islamique. En
effet, outre la nécessité de répondre aux exigences et aux contraintes réglementaires
exigées par les lois en vigueur (lois bancaires, sécurité financière, lois sur les
sûretés…), les institutions financières islamiques sont tenues de se conformer à des
exigences et à des règles qui trouvent leurs origines dans la loi musulmane ou charia.
Ainsi, la finance islamique est, avant tout, une finance éthique, qui privilégie un
système de valeurs bâti sur la nécessité d’éviter ce qui est interdit, sur un équilibre
entre l’intérêt personnel et l’intérêt public, mais aussi sur les valeurs de l’équité, la
transparence, la sincérité… Ces valeurs sont d’une importance capitale et doivent se
refléter obligatoirement dans les actes et les transactions.

Le Maroc est très en retard par rapport à d’autres pays voisins. Malgré que la finance
islamique est présente dans le jargon de ses autorités monétaires depuis plus de vingt
ans maintenant. Les activités dites islamiques ont fait leur appariation en octobre 2007,
date où le gouverneur de la Banque Centrale du Maroc (Bank Al Maghrib) a autorisé
la commercialisation des produits nommés officiellement « Alternatifs ». Depuis cette
date, ces nouveaux produits n’ont pas pu convaincre la grande masse des
consommateurs marocains, et leur commercialisation a rencontré certains obstacles :
cherté, manque de sensibilisation, manque de compétences, absence de cadre
réglementaires approprié,…Par conséquent, l’impact était clair, à peine 111 millions
MAD en 0188. Mais, la contradiction est choquante : 94% des marocains autrement dit
7 marocains sur 10 sont favorables pour des produits et services bancaires conformes à
la Charia! (selon une étude récente menée par le cabinet Islamic Finance Advisory &
Assurance Services).

Ce travail essayera de développer la question liée à l’émergence de la finance


islamique à l’échelle mondiale et les perspectives de son développement sur le marché
marocain.

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Section 1 : Notion de la Finance Islamique et les points de


différence au finance conventionnelle.
I- Notion de la finance islamique
1) Economie Islamique :

L’économie islamique n’est pas une science, si l’on entend par là un système de connaissance
Fondé sur l’observation et la rationalisation logique des phénomènes réels.

Pour ce faire, et pour souligner le caractère doctrinal de l'Economie islamique, il nous suffisait
donc de dire que «la doctrine est un modèle alors que la science est une interprétation» pour
savoir que l'Economie islamique est une doctrine et non pas une science. Aujourd’hui on parle
de science économique et surtout dans les pays occidentaux car il s’agit d’incorporation des
modèles mathématiques dans l’économie, mais en réalité l’économie n’est pas une science.

L’économie islamique désigne la pratique de l’économie en accord avec les principes de la


doctrine islamique.

Il est donc erroné d'appeler la société islamique, une société capitaliste, même lorsqu'elle
autorise la propriété privée d'un certain nombre de capitaux et de moyens de production. De
même il est erroné de l'appeler société socialiste même si elle (la société islamique) se sert du
principe de la propriété publique et de la propriété de l'Etat, pour certaines richesses et
certains capitaux. Et enfin, il est aussi erroné de la considérer comme un mélange de celle-ci
et de celle-là, donc Le modèle économique islamique est différent du capitalisme et du
communisme. L’argent en Islam est à Dieu et non pas à l’individu ni à l’Etat.

L’économie islamique essaie de créer une harmonie entre l’intérêt personnel et l’intérêt social
en changeant les préférences individuelles en fonction des priorités sociales.

L’Islam a mis en place la zakat comme pilier de l’Islam pour mieux distribuer les richesses et
subvenir aux besoins des pauvres…

Le but de la zakat est de réaliser l’équilibre et la justice sociale, d’empêcher le monopole de


l’argent par les riches et encourager la circulation des biens.

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2) Définition et évolution de la finance Islamique


a- Définition :
Selon le professeur OULD SASS la finance islamique peut être définie comme un nouveau
système financier dont la conceptualisation se construit autour d’une subtile conjugaison entre
l’économie et l’éthique et le droit musulman des affaires commerciales, ses finalités résident
dans la volonté de faire en sorte que les produits financiers soient compatibles avec les
principes juridico-éthique de l’islam.

 Une finance éthique et responsable


La finance islamique est une composante de la finance éthique : c’est une finance qui n’obéit
pas à la seule loi du profit mais répond à des critères tels que le développement durable,
l’environnement et la gouvernance. Ce système est construit autour d’une subtile conjugaison
entre l’économie, l’éthique et la loi musulmane.

Elle s’inscrit ainsi dans le cadre plus général des produits financiers éthiques .elle s’adresse a
tous ceux qui souhaitent une finance plus responsable et qui intègrent dans leurs décision
investissements un certains nombre de critères extra financiers notamment la bonne foi, la
confiance, la franchise …..

 Une finance équitable

Pour la plupart des musulmans. La finance islamique tire ses racine puise son essence même
dans l’esprit de justice, de solidarité, en un mot dans l’équité qui doit régner au sein de la
communauté, entretenant par la même la bonne entente entre les membres de celle-ci.

 Une finance au service de l’économie réelle

A travers son principes d’adossement a des actifs tangibles réels, et a la proscription de


l’incertitude et de la spéculation, la finance islamique permet le financement de l’économie
réelle travers la création de la valeur et constitue un réel soutien a la création d’emploi.

b- L’Evolution des banques islamiques.

le recul de la civilisation islamique au profit de la civilisation occidentale, et sous l’ampleur


du mouvement colonialiste, le capitalisme dominait faisant enterrer au fil du temps un
patrimoine financier d’un passe glorieux .ce n’est qu’en 1956 que les autorités publiques

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Malaisiennes décident d’investir les ressources collectées auprès d’un grand nombre de petits
épargnants dans des projets industriels a travers une expériences appelée le Tabung Haddji .

Une 2ème expérience en 1963 en Egypte dite le Mit Ghamr, initiative privée dont l’objectif
de son fondateur Ahmed al Najjar est d’assurer l’intermédiation entre des ressources
financière d’épargnants et des petits investisseurs locaux (coopérative d’épargne /
investissement) , expérience qui a donne naissance a la 1er banque islamique : la Mit Ghamr
proposant des comptes d’épargne bases sur le partage des bénéfices . Par la suite plusieurs
événements s ont marque le lancement de la finance islamique :

- 1967/1970 : création de l’organisation de la conférence islamique, qui lança l’idée de


la finance islamique.
- Fin 1973 : l’avènement de la banque islamique de développement a Djeddah en Arabie
saoudite : institution de financement de développement fondée a l’issue de la 1er
conférence des ministres des finances de l’OCI convoque le 18 décembre 1973. Cette
institution a pour but d’apporter son aide aux pays en voie de développement et aux
pays moins avances avec des techniques de financement islamique.
- 1975 : naissance de : Dubaï islamic Bank, Kuweit finance house, Bahreïn islamique
Bank.
- 1979 : Islamitisation totale des systèmes financiers du soudan, Pakistan, Iran, les
Emirat, Indonésie, Malaisie.
- Les années 2000 : développement de la finance islamique en Europe, au moyen orient
l’Asie sud est et l’Afrique du nord, par la multiplication des banques islamiques et les
banques qui développe le créneau c’est-à-dire les banques classiques qui créent des
filiales et des produits de la FI
- 2004 : le royaume uni devient leader en occident par sa 1er BI d’Europe ouverte a
Londres : Islamic Bank of Brittan, la France s’attend a accueillir ses premières BI
prochainement.

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II- La différence entre la finance participative et la finance


conventionnelle :

1) Fondements de la finance Islamique :


La finance islamique recouvre l’ensemble des techniques financières et juridiques permettant
le financement de biens ou de service conformément aux exigences de la charia, elle exige par
ailleurs que les transactions financières se fondent sur une activité économique réelle et
prohibe l’investissement dans des secteurs prohibés comme le tabac, l’alcool, le jeu … Elle
incite également toutes les parties à une transaction à partager le risque et le bénéfice ou la
perte. Le rendement du contrat islamique est lié à la productivité et à la qualité du projet, pour
assurer une répartition plus équitable de la richesse.

 La charia, le code de conduite des musulmans


La charia est un ensemble de règles de conduites applicable aux musulmans. Le terme utilisé
en arabe dans le contexte religieux signifie : « chemin pour respecter la loi de Dieu », les
piliers sur lesquels repose la charia sont en nombre de quatre, qui sont :

 Le livre Saint de l’islam, Le Coran


 La Sunna, les enseignements et les actes du prophète Mohamed (SAW) et les
interprétations de Coran
 L’Ijma et le Qiyas

1.1) Les principes fondamentaux de la finance islamique


L’interdiction du prêt à intérêt (le riba) ne constitue pas la seule particularité de la finance
islamique.
Celle-ci repose, en effet, sur d’autres principes aussi importants. Il s’agit là, bien évidemment,
d’une liste non limitative de principes dont les uns sont parfois les émanations des autres.

 L’interdiction du prêt à intérêt (le riba)


L’usure (le riba) a été expressément interdite dans le Coran. Le Prophète a maudit celui qui
prend, celui qui donne, le rédacteur de l’acte et le témoin. Il est interdit, de ce fait, d’exiger un
rendement du simple fait de prêter. L’intérêt est le prix du prêt alors que fondamentalement, le
prêt ne doit générer aucun profit. Cette interdiction est valable aussi bien pour l’intérêt

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contractuel sur le prêt que pour toute autre forme d’intérêt de retard ou d’intérêts déguisés en
pénalités et commissions.

 L’interdiction du risque excessif (Al Gharar)


Les opérations et les transactions doivent revêtir la transparence et la clarté nécessaires, de
manière à ce que les parties aient une parfaite connaissance des valeurs de leurs échanges.
C’est à ce titre que les opérations dont la contre-valeur n’est pas connue avec exactitude,
celles engendrant un risque excessif ou celles dont l’issue dépend essentiellement du hasard,
sont interdites (les jeux de hasard, les contrats d’assurance classique, etc.)

 L’adossement à des actifs réels


La finance islamique est, dans tous les cas de figures, rattachée à l’économie réelle. Toutes les
transactions financières doivent être adossées à des actifs réels et échangeables. Ce principe,
conjugué avec celui de l’interdiction de l’incertitude excessive fait que, par exemple, les
produits dérivés soient prohibés.

 La participation aux pertes et aux profits


Une seule partie ne peut, à elle seule, assumer tout le risque lié à une transaction. De la sorte,
l’autre partie ne peut se prévaloir du privilège de transférer tous les risques sur le
cocontractant.
Le rendement est un corollaire du risque et en constitue la principale justification. C’est à ce
titre qu’on ne peut pas s’engager sur un rendement fixe pour un placement, par exemple.

 L’interdiction des activités illicites


La finance islamique est une finance éthique et responsable. Il en découle l’interdiction de
financer toutes les activités et tous les produits qui sont contraires à la morale islamique :
alcool, drogues, tabac, armement… ainsi que les produits de consommation interdits par les
textes de l’islam (viandes de porc et dérivées).

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2) Spécificités des systèmes bancaires islamiques et conventionnels


Depuis le lancement de la première banque islamique en 1963 en Egypte, les banques
islamiques ont essaye d’appliquer les concepts de la Charia a la finance.il en résulte des
organisations, des opérations financières et des fonctionnements spécifiques.

Dans le tableau ci-dessous une synthèse des principale distinctions entre banques islamiques
et banques traditionnelles :

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Banque islamique Banque conventionnelle

Compte courant Les dépôts des clients Les dépôts des clients
constituent une infinie partie apportent une manne
des ressources de la banque importante pour la banque
islamiques. traditionnelle.

Ne génère aucun intérêt en Génèrent un intérêt produit


contrepartie de la gratuite de mais les services bancaires
Compte d’investissement ou
sont pour la plupart payants.
profit sharing investîmes certains services :(cheque,
accourt –PSIA transferts de fonds …).

Le déposant accepte que la


Dans la banque traditionnelle
banque gère son argent, selon il n’existe pas d’équivalent
un contrat de mudaraba en aux comptes PSIA.
contrepartie des frais de
gestion appelé frais de
mudarib.

Compte d’épargne Le client, à l’instar d’un Dans un compte d’épargne


PSIA, partage les pertes et classique les montants
profits et n’a aucun droit de déposes peuvent être retires à
tout moment.
regard et de gestion sur son
fond. Les banques traditionnelle
ont avec leurs clients des
Relation client –banquier Dans une banque islamique,
relations de créanciers /
le déposant est appartenir et débiteurs.
non créancier

Rôle et opération de la La banque traditionnelle a un


La banque islamique a une
banque rôle d’intermédiaire
fonction de partenaire ou financier .elle collecte des
d’intermédiaire commerciale. fond et les utilise dans des
opérations de prêt.

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Section 2 : Instruments et structure de la finance


participative
La déclinaison des principes fondamentaux de la finance islamique en instruments a donné
lieu à l’apparition de produits et concepts qui lui sont spécifiques. On distingue, d’un côté, les
instruments de financement, et de l’autre, les instruments participatifs. On présentera
également deux concepts qui concernent les institutions financières islamiques non bancaires
qui sont Al Sukuk et Al Takaful.

I- Les instruments financiers participatifs :

1) La Moudarabah :

Cette opération met en relation un investisseur (Rab el Mal) qui fournit le capital
(financier ou autre) et un entrepreneur (Moudarib) qui fournit son expertise .Comme dans
la commandite, la responsabilité de la gestion de l’activité repose entièrement sur
l’entrepreneur.les fonds sont alors investis dans des transactions conformes à la Charia et
les profits générés sont partagés et distribués entre les investisseurs, suivant une
répartition convenue dés la signature du contrat.

En somme, dans le cadre d’un Mudaraba, c’est la banque qui apporte la totalité des fonds,
laissant à son partenaire le soin de la gestion, mais les éventuelles pertes sont entièrement
supportées par la banque, sauf s’il y a négligence de l’entrepreneur, tandis que les profits
sont distribués entre les différents partenaires du contrat, suivant une répartition convenue
dés la signature de celui-ci, pour peu que le capital de départ soit libéré.

Schéma n°1 : Principe de fonctionnement de la Moudaraba

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2) La Musharaka

Désigne le contrat dans lequel deux ou plusieurs parties associent leur capital financier,
humain et/ou physique afin de développer un nouveau projet commercial ou de participer à
une entreprise existante. Leur participation donne droit à la gestion commune du projet et à la
rémunération de leur investissement définie par un partage des profits ou des pertes
occasionnés par l'élaboration du projet.

Au contraire, dans le contrat de Musharaka, le banquier prend une part du capital de


l’entreprise, devenant actionnaire et bénéficiant d’un droit de regard sur la gestion de celle-ci.

Schéma n°7 : Principe de fonctionnement de la Mousharaka

II- Les instruments de financement :

Même si l’application des mécanismes du contrat de dette classique n’est pas autorisée par
l’islam, il existe, en finance islamique, des instruments dont le fonctionnement se rapproche
de celui des mécanismes de crédit bancaire traditionnels avec quelques différences
importantes .la des instruments de financement islamique prévoit une répartition différente
des risques et exclut l’utilisation d’un taux d’intérêt comme moyen de rémunération.

Ainsi les contrats de financement islamique les plus répondus sont :

1) La Mourabaha :

C’est une méthode de financement très populaire. C’est une procédure par laquelle le client
demande a la banque d’acheter une certaine marchandise et s’engage a lui racheter avec un
profit convenu d’avance, en remboursant le financement de la banque a tempérament ou au
comptant.

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2) Al Salam :

La vente Al Salam est une vente à terme, c’est-à-dire une opération où le paiement se fait au
comptant alors que la livraison se fait dans le futur. La finance islamique interdit, en principe,
la vente d’un bien non-existant car celle-ci implique le hasard (gharar). Mais, pour faciliter
certaines opérations, notamment dans l’agriculture, des exceptions ont été accordées. Ce
contrat constitue également une solution pour le financement des intrants de production.
3) L’ijara :

C’est une forme de crédit bail ou le cas échéant de location vente conforme a la charia qui
peut être utilise pour financer toutes sortes d’actifs mobiliers ou immobiliers ainsi que pour le
financement de projet d’infrastructure de longue durée.

III- Les instruments des institutions non bancaires


1) Le suku :
Il s’agit d’un produit financier adossé à un actif tangible et à échéance fixe qui confère un
droit de créance à son propriétaire. Le sukuk est ainsi un produit financier qui s’apparente aux
obligations, ayant une échéance fixée d’avance et étant adossé à un actif permettant de
rémunérer le placement. On distingue deux types d’émissions de sukuks : les souverains (émis
par un État) et les corporatifs (émis par une société ou banque). Les produits sous-jacents des
sukuks peuvent être représentés par des contrats tels l’Ijara, la Moucharakah ou la
Moudharaba.

2) L’assurance Takaful :
Takaful dérive du verbe arabe kafalah (garantir). C’est un concept d’assurance basé sur la
coopération et la protection et sur l’aide réciproque entre les participants. Il est fondé
également sur la mutualisation des risques, l’absence d’intérêt (interdiction du riba), le
partage des profits et des pertes (Moudharaba), la délégation de gestion par contrat d’agence
(Wakala) et l’interdiction des investissements illicites (Haram). Dans l’assurance Takaful, on
différencie les fonds des actionnaires et des sociétaires.

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  Section 3 : Finance participative (Islamique) au Maroc.


I. Ouverture du marché financier marocain sur des produis
financiers islamiques appelés alternatifs :

Cette ouverture ne date pas d’aujourd’hui. En effet, ses prémices ont commencés vers la fin
des années 80.

 1987 : Création de l’association marocaine pour la définition de l’2conomie islamique


 1988 : Journal Notre Economie : Information sur l’économie islamique.
 1989 : Etude sur l’intérêt de l’établissement d’une banque islamique au Maroc.

Depuis, les banques des pays de Golfe n’ont pas cessé de manifester leur intérêt pour le
marché marocain ou une bonne partie de leur épargne s’y investit. A titre d’exemple, la
banque islamique internationale du Qatar a tenté, en septembre 2003, la création d’une banque
Quataro-marocaine.

Profitant des nouveaux réaménagements de la réglementation bancaire, l’institution de tutelle,


accompagné du GPBM (groupement Professionnel des Banques du Maroc) et après avis
formulé le 14 Mars 2007 par le comité des établissements de crédit, avait mis au point trois
produits qui répondent aux spécificités et règles de la Charia.

En 2007 donc, l’autorité de tutelle a décidé de commencer la commercialisation de quelques


produits bancaires islamiques sous l’appellation « produits alternatifs »

Bank AL-Maghreb, par son circulaire du 13 septembre2007, donne l’autorisation aux


établissements de crédit de présenter au public les produits Ijara, Moucharaka et Mourabaha.

Dés la deuxième semaine du mois d’octobre 2007, les premiers produits de financement
alternatifs existaient déjà sur le marché Marocain. C’était Attijariwafa Bank, le leader du
pays, qui avait ouvert ce marché.

Ainsi, Attijariwafa Bank, par sa lettre du 09/10/2007, adressée aux différents responsable,
était le premier à avoir mis sur le marché deux formules bien ficelées, qui sont « Miftah Al

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Kheir », dérivée de Mourabaha pour l’acquisition de biens immobiliers et « Miftah Al


Fath », dérivé de Ijara wa Iqtinaa, pour la location d’immeubles avec option d’achat.

Du coté de la filiale Wafasalaf, qui a visé le segment du crédit auto en lançant « Ijar Al
Wafaa » , il s’agit d’une location avec option d’achat. Pour le principe, le client désigne un
véhicule de son choix que Wafasalaf se charge d’acheter pour lui.

Dar Assafaa est la première société de financement alternatif au Maroc, a annoncé le


lancement de ses activités de financement alternatif au Maroc en juillet 2010. Cette offre
comportera notamment les formules de financement : Safaa Immo, Safaa Auto, Safaa Conso
et Safaa Tajhiz.

II. La nouvelle loi :

Le 25 novembre dernier, après plus de deux années d’attente, le projet de loi n° 103.12 relatif
aux établissements de crédit et organismes assimilés a été adopté à Rabat. Il définit le statut
des banques islamiques au Maroc et précise les produits qui pourront y être commercialisés.
Selon la nouvelle législation, les banques islamiques au Maroc seront appelées comme en
Turquie « banques participatives ». La question du contrôle et de la supervision des
institutions nouvellement créées sera confiée au Conseil supérieur des oulémas. Sur 395
membres que compte la Chambre des représentants, 161 ont voté en faveur du projet et aucun
n’a voté contre.

La finance participative représente un nouveau segment pour la finance marocaine. Son


développement va permettre à la place financière de Casablanca de devenir un hub régional
de premier choix pour la finance islamique.

Par l’adoption de cette loi, l’État marocain envoie un signal très fort en direction de ses
partenaires moyen-orientaux et espère attirer ainsi près de 30 milliards d’euros dans son
économie. Ces capitaux doivent permettre de résoudre le problème de liquidité dont souffre le
secteur financier marocain.

Les décideurs marocains espèrent aussi que le développement de cette finance permettra
d’accroître le taux de bancarisation de la population.

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Avec un taux de bancarisation de 56 %, le royaume dispose d’une réserve de croissance


considérable. Ces raisons suscitent l’intérêt pour ce nouveau marché de nombreuses banques
de la région du Golfe telles que la Banque d’investissement du Koweït, la Banque nationale
du Qatar ou encore Al Barak Bank du Bahreïn. Récemment, le groupe saoudien El Baraka a
manifesté son intention de s’implanter rapidement au Maroc comme il l’a déjà fait en Algérie.

Du côté des banques marocaines, la Banque centrale populaire du Maroc (BCP) et la Banque
marocaine du commerce extérieur (BMCE) se préparent depuis plusieurs mois à créer des
structures spécialisées, alors que Dar Assafaa, filiale d’ Attijariwafa Bank, propose déjà des
produits depuis 2010.

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L’activité financière islamique est devenue mondiale. Les besoins en financement, de


faiblesse du système actuel, inciteront la plus parts des pays à instaurer ce mode de
financement. A l’échelle de la politique économique, nous savons que les pays en voie de
développement notamment le Maroc cherchent de plus en plus à enrayer les pressions
inflationnistes. Pour ce faire, la limitation de la politique de crédit semble être la meilleure
solution. Le système bancaire islamique va justement dans ce sens et peut apporter une
réponse concrète à ce problème d’inflation…
Cependant, dans les faits, il existe deux freins majeurs au développement de la finance
islamique. Premièrement, il semble qu’elle s’éloigne de plus en plus de ses principes et à
tendance à « s’occidentaliser ». Deuxièmement, il y a clairement un manque de soutien et
d’institutions d’envergure internationale prônant les principes islamiques.
Même si la finance islamique apparait comme quelque chose de moins risqué et plus sain, les
désavantages cités ci-dessus font que ce système peut être bien en dessous de son potentiel.

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Wendyan Guy IlBOUDO « La finance islamique et


la finance classiques, Etude empirique : Cas de Dar
Assafaa » Mémoire de Master EMI 2011/2012.
AMAL Mouhsine « Finance islamique :
Emergence d’une Finance alternative. ou en le
Maroc ? » Mémoire de Master ESIF 2009/2011.
« Les banques islamiques : Quelle réalité au
Maroc ? »

www.lafinacepourtous.com
www.memoire.com
www.google.com

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