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Les différentes acceptions du terme ambiance…

• Approche du sens commun en images (recherches Google-Images - Siret, 2014)


• Saveur, goût : bonne ou mauvaise – l’ambiance du groupe
• Intensité : grosse ou petite – l’ambiance de l’évènement
• Caractère, style : typique, remarquable, banale - l’ambiance du lieu

• Distinguer les composantes du paysage sensoriel par le dispositif


• Musique d’ambiance, température d’ambiance, éclairage d’ambiance,
Ambiances et formes urbaines : parfum d’ambiance, etc.
De la gêne au bien-être
5e congrès national Santé Environnement

Thomas Leduc - Rennes, le 26 nov. 2014


Images dont la propriété intellectuelle n’est pas établie

… les enseignements que l’on peut en tirer Petite archéologie de la notion d’ambiance (Thibaud, 2012)
• 3 perspectives au fondement même de la notion pour mettre en évidence son
potentiel heuristique :

• 3 dimensions de • sémantique historique (Spitzer, 1942)


l’ambiance : groupe, • Ambire (lat.) ce qui entoure ou plus exactement des 2 côtés, connotation
évènement et lieu bienveillante, le milieu protège le sujet ; ambient medium, abstraction
• Résultant de la newtonienne froide et déterministe
conjugaison d’un • Parentés sémantiques : milieu (terme « sobre », tradition scientifique), climat
contexte social, (terme « évocateur », conditions atmosphériques d’abord usage métaphorique
temporel et spatial possible), ambiance (registre « affectif » immédiat, implicite)

• psychopathologie existentielle
• Articulation mise aussi
• Binswanger, Minkowski, Straus : critique radicale de la psychologie
en évidence par le behaviouriste, ne se satisfaisant pas de la distinction entre le psychique et le
réseau sémantique du somatique et remettant en cause les explications strictement fonctionnelles ou
terme neurophysiologiques
(CNRTL/Proxémie) • les pathologies mentales […] constitueraient des analyseurs particulièrement
pertinents pour rendre compte des modes d’exister
Petite archéologie de la notion d’ambiance (Thibaud, 2012) Petite archéologie de la notion d’ambiance (Thibaud, 2012)
• 3 perspectives au fondement même de la notion pour mettre en évidence son
potentiel heuristique (suite) :
• 3 perspectives au fondement même de la notion pour mettre en évidence son
• psychopathologie existentielle (suite) potentiel heuristique (suite) :
• deux principes vitaux règlent notre équilibre mental : la syntonie et la schizoïdie
• La syntonie désigne le principe qui nous permet de « vibrer à l’unisson • psychopathologie existentielle (suite)
avec l’ambiance » (excès -> trouble maniaco-dépressif) • Ce qui est visé ici, ce n’est pas le monde de la représentation mais celui de la
• La schizoïdie, au contraire, désigne la faculté de « nous détacher de cette présence, non pas le quoi du monde environnant mais le comment de notre être au
même ambiance » (excès -> schizophrénie) monde (saisir ce qui relève de l’expérience anté-prédicative du monde)
• distinctions entre 2 formes de spatialité : • 3 idées à retenir :
• l’espace pragmatique et finalisé, celui de nos actions et perceptions, celui 1. En deçà d’un rapport de connaissance, d’objectivation ou de
des objets et des pratiques qui s’y rapportent […] l’espace fonctionnel de la représentation du monde, l’ambiance relève plutôt de la présence au
vie quotidienne (espace orienté, clair, géographique) monde
• l’espace affectif et qualifié, celui de nos humeurs et de nos sensations, 2. L’ambiance renvoie d’abord et avant tout à des tonalités affectives
celui des atmosphères qui nous enveloppent et des sentiments qui nous 3. L’ambiance ne désigne pas le « quoi » de l’expérience mais le « comment »
traversent (espace thymique, noir, du paysage)
• La distinction entre ces deux formes de spatialité ne doit pas nous
induire en erreur. Celles-ci sont toujours simultanément présentes dans
l’expérience de tous les jours

Petite archéologie de la notion d’ambiance (Thibaud, 2012) Petite archéologie de la notion d’ambiance (Thibaud, 2012)

• 3 perspectives au fondement même de la notion pour mettre en évidence son • 3 perspectives au fondement même de la notion pour mettre en évidence son
potentiel heuristique (suite) : potentiel heuristique (suite) :

• esthétique phénoménologique • esthétique phénoménologique (suite)


• L’ambiance convoque une « esthétique environnementale » en aucun cas • développer une physique contextuelle : « Le son situé traverse un espace de
réductible à une esthétique des beaux-arts propagation qui lui donne une certaine qualité hic et nunc ; par exemple : temps de
• L’ambiance permet de revenir au sens premier de l’esthétique, c’est-à-dire conçue réverbération et timbrage pour le son, réflexion particulière, modification de
comme théorie de la perception sensible. Il s’agit alors de restaurer une pensée de température, de couleur, organisation des ombres pour la lumière, turbulences
l’aisthesis qui dépasse le jugement de goût, réhabilite la place du corps, de la particulières des flux de l’air autour de certaines configurations architecturales,
sensibilité et de l’émotion, relativise le poids de la sémiotique et le primat accordé volatilité variable des odeurs en fonction de la vitesse du vent. Le signal
au langage -> esthétique ordinaire (opposition franche à une conception muséale) physiquement isolable a posteriori n’existe qu’à travers cette incorporation spatio-
• Augoyard, Böhme - 3 niveaux d’articulation : temporelle entièrement dépendante des qualités morphologiques et matérielles du
• conjonction dimension « matérielle » et « morale » (manifestation de la co- lieu
présence entre sujet et objet) • si le signal physique n’a d’existence que rapporté au cadre bâti, il n’a
• distinguer l’ambiance, des ambiances (l’unité sensible d’une situation véritablement de sens qu’à partir du moment où il est perçu et filtré par les codes,
préexiste à la différenciation entre les sens) normes, représentations et interactions sociales en vigueur dans le lieu
• L’ambiance relève à la fois de ce qui peut être perçu et de ce qui peut être • l’intérêt porté à la phénoménalité de l’espace construit conduit à développer
produit l’idée d’ambiances architecturales et urbaines. Démarche interdisciplinaire,
approche dynamique (processus en acte de l’habitant comme du concepteur).
Portée de la notion d’ambiance (Thibaud, 2012) « L’environnement urbain n’est pas réductible à sa seule
part technique ou fonctionnelle » (Torgue, 2012)
• Quelle opérationnalité offre l’ambiance pour concevoir, appréhender, décrire
l’ordinaire des jours ? (ibid., p. 113)
• L’ambiance n’est en aucun cas assimilable à l’environnement.
• Conservons l’entrée par l’ouïe – 3 composantes du champ sonore :
• L’ambiance n’est pas non plus d’ordre purement subjectif. Elle ne peut se • les signaux/la matière sonore + l’espace de diffusion/morphologie du lieu de
passer de la matérialité de l’espace construit et aménagé (on parle alors propagation + la perception (« il n’y a pas d’écoute universelle »)
d’ambiances architecturales et urbaines), elle convoque par ailleurs une • La notion de bruit n’est pas une valeur objectivable et « de de fait
dimension anthropologique et collective irréductible à l’expérience individuelle. extrêmement dangereuse lorsqu’elle devient normative »
• Ne désigne qu’une manière de qualifier l’ambiance sonore (« nuisance subie ou
• L’ambiance bien comprise est aux antipodes d’une notion cosmétique. Loin esthétique revendiquée, l’intensité et les autres indicateurs acoustiques ne
d’être un simple surplus de luxe ou de confort, elle aide à penser le versant peuvent caractériser seuls un phénomène sonore »).
existentiel de l’expérience humaine. • Situation + forme + représentation :
• Un lieu, un moment, une relation à un contexte (social, physique, etc.)
• Formes sociales (perçues, vécues, représentées), formes spatiales
(morphologiques, dynamiques), formes sensibles (descripteurs physiques,
psychologiques ou phénoménologiques)
• Action de mise en présence/communication – le monde préexiste en sensibilité
avant d’être représenté comme figuration

Nous pénétrons le monde avec une consistance corporelle qui La perception est une action simulée (Kimmel, 2014)
nous inclut de manière bien plus profonde que la culture
visuelle dominante ne le laisse présager (Bonnaud, 2014) • L’expérience de l’architecture comme paysage abstrait/cérébral  (ibid., p. 154)
• multiplication des registres artificiel/naturel, ouvertures/fermetures, attention au
• Prolégomènes à une psychologie de l’architecture (Wölfflin, 1886, 2005),
proche/lointain/horizon, horizontalité/verticalité/inclinaison, cohabitation des
approche synesthésique du monde et de l‘espace ambiant échelles, orientation/désorientation, rapport au sol/ciel, etc.
• L’organisation de notre structure [corporelle] nous aide à sentir la subtilité des
• Mécanisme de perception et de cognition liés à une représentation du
structures construites et les efforts physiques qui les traversent (ibid., p. 139)
• Nos bronches nous permettent d’entrer en contact avec la réalité thermique et mouvement en référence à Berthoz, 1997 (ibid.)
atmosphérique d’un lieu (ibid.) • la perception est une action simulée, « localiser un objet […] signifie se représenter
• Notre système cardiovasculaire constitue une base de réception des infimes les mouvements (càd les sensations musculaires qui les accompagnent […]) qu’il faut
pulsations de l’animation d’un site (ibid.) faire pour atteindre cet objet » (Poincaré, 1970)
• Notre système végétatif nous permet de contacter la portance substantielle des • Lecture facilitée des dérivées de grandeurs plus que des grandeurs elles-mêmes
biotopes, en lien à la dynamique du vivant qui nous entoure (ibid.) (ibid., p. 158)
• Multiplexage des registres du sensoriel et du perceptif – parade aux stratégies • Lorsque la représentation de l’espace n’est pas facile au sens de cette dérivée, une
d’enveloppement/de captation du regard exploration virtuelle par le corps est nécessaire pour se faire une représentation
• Ces contenus […] élargissent la « bande passante » de notre capacité de réception à mentale adéquate (ibid.)
• Constitution de cartes mentales : visuelle (rétino-topique), sonore (audio-topique),
l’environnement : ils nous donnent accès à d’autres capacités de liens, ouvrant des
relations plus directes, végétatives, biologiques, empathiques à notre environnement motrice, du corps dans le milieu (somato-topique). Allers-retours référentiels
(ibid., p. 142) égocentré / allocentré
Ed. 2015 APR Ademe : Modeval-Urba, Modélisation et évaluation au
service des acteurs des villes et territoires de demain

• Recensement des programmes attenants


A l’heure où le domaine des sens entre en • ANR/Appel à projets génériques : Défi 6 mobilité et systèmes urbains durables,
approches socio-spatiales et impacts sanitaires des dynamiques urbaines
force dans la pensée des sciences • LabEx IMU : Formes urbaines et enjeux de la verticalité
• Anses : nuisances sonores, pollution de l’air, évaluation socio-économique des
humaines et sociales, la notion d’ambiance risques sanitaires et processus de décision publique
• Ademe/Cortea : Connaissances, Réduction à la source et Traitement des Emissions
fait figure de proue et prend véritablement dans l’Air (qualité de l’air extérieur)
• Ademe/APR énergie : Flexibilité énergétique dans les territoires à énergie positive
toute son ampleur (Thibaud, 2012) • Objet de l’APR :
• Problématiques d’évaluation des impacts sanitaires, environnementaux des formes
urbaines et de modélisation de leur performance (en particulier énergétique)
• Axe 1 : Impacts sanitaires et environnementaux et confort des formes urbaines
(impacts physiques et psychiques – stress, inconfort, évitement)

Implication pour les « méthodologistes » (Morandi, 2011) L’ambiance et nos pratiques quotidiennes de recherche

• CERMA – tradition d’études bio-climatiques par les simulations analogiques et • Un acquis patiemment accumulé, valorisé et externalisé… à faire évoluer pour
numériques une intelligence de conception, soucieuse de l'occupant-usager, attentive au
• Années 70 : construction de maquettes + enduit au kaolin pour obtenir, sous forme potentiel de l’existant et ménageant la symbolique, l'histoire et le futur des lieux
de traces blanches, la matérialisation des écoulements aérodynamiques au sol après
passage en soufflerie – croisement analogique vent/soleil par installation de la • Emergence d’une polychromie architecturale saturée : inventaire par dessin
maquette sur le dispositif héliodon (abaque solaire girasol, etc.) d’architecture et restitution par réinterprétation, classification, corrélation au
• Années 80-90 : transition numérique, Ricardo/Solene/Simula + Invent/N3S contexte, appropriation, obsolescence/conservation (Petit et al., 2013)
• « Feu d’artifice technologique » qui a toujours placé l’humain au centre des
préoccupations : « déjà, en 1977, lors de l'évaluation du confort des espaces • Suggestion d'ambiances climatiques urbaines en RV au moyen de textures
extérieurs de la cité Bonnevay à Cholet, l'approche aérodynamique permettait de subjectives : considérations pratiques liées à la conception et la communication de
constater "que les bacs [à sable] étaient systématiquement dans les zones exposées projets urbains, réalisme perceptif, métaphores perceptuelles (Toinon, 2015)
au vent" » (ibid., p. 178)
• « Les nouvelles technologies représenteraient en quelque sorte le (Petit ,2013)
cognitif de nos ancêtres en mieux et externalisé » (ibid. p. 515, réf. à Serre
2005), implication : évolution de la nature des compétences propres
(Vigier, 2013)

(Bouyer, 2009)

(Images d’archive du CERMA) (Images d’archive du CERMA)


« L'idéal-type de la boite étanche à l'air, sur-isolée et dotée de Quels enseignements tirer du crédo hygiéniste ?
prothèses qui assurent de façon régulée des échanges autrefois moins
maîtrisés avec l'environnement » (Ignis Mutat Res, APR 3e session) • Les enveloppes solaires de Ralph Knowles, ou les ambivalences d'un modèle de
régulation des formes urbaines (Siret, 2011)
• Quelques thèses • Le modèle des enveloppes solaires (Knowles, 1974) offre une solution pour la
• Évaluation des impacts directs et indirects des façades et des toitures végétales sur régulation des formes urbaines au regard du droit au soleil
le comportement thermique des bâtiments (Malys, 2012) • Modèle formel régulateur de l’environnement urbain mais aussi modèle idéal
• Représentation langagières et iconographiques des ambiances architecturales, de d’une nouvelle ville en harmonie avec les conditions naturelles – expression d’un
l’intention d’ambiance à la perception sensible des usagers (Drozd, 2011) certain « culte solaire »
• Modélisation et simulation des microclimats urbains - Étude de l'impact de • Technicisation, calcul des gabarits d’ensoleillement dans le cadre de la gestion
l'aménagement urbain sur les consommations énergétiques des bâtiments (Bouyer, de la durabilité -> perte d’une dimension utopique d’un nouveau rapport
2009) ville/nature ; de la contre culture à la planification simplificatrice des enveloppes
• Rayonnement solaire et environnement urbain : de l’héliotropisme au
• Travaux éclectiques désenchantement, histoire et enjeux d’une relation complexe (Siret, 2013)
• La ville verte - Les rôles du végétal en ville (Musy, 2014), projet ANR VegDUD
• Relations environnement construit/rayonnement solaire : évolutions historiques
• Usage de la morphométrie dans la révélation des préférences de mobilité.
prises en compte dans les théories architecturales et urbaines (remède à la ville
Application aux cheminements piétons (Piombini et al., 2014)
industrielle et hygiénisme ; héliotropisme urbain et ville radieuse ; nocivité,
• Unfolding the soundmaps : suggestions for representing and sharing the sensory
technicisation et désenchantement)
form of urban spaces through virtual environments and Web-mapping technologies • discuter la question solaire dans la ville durable, injonctions contradictoires, capter
(Signorelli, 2014)
le rayonnement sans altérer les façades, promouvoir l’éclairage naturel sans
• Les actions artistiques au travers de la ville : recherche sur la musicalité des espaces
surchauffer, éclairer sans éblouir, densifier sans assombrir, diversifier les formes mais
à travers les ambiances sonores et les paysages urbains (Lion, 2014)
maximiser les apports solaires, etc.

La ville, vue immergée, vue zénithale - De l'intérêt d'une approche Motivations « historiques » : accessibilité visuelle
centrée sur le sujet pour la caractérisation de tissus urbains

• Extrait de l'introduction générale de (Nivet, 1999) • Zones de co-visibilité de la cathédrale et de


la tour Bretagne (Morin, 1995)
• Qu'apercevez-vous en regardant par la fenêtre ?

• La campagne qui défile, des toits de maisons, la façade d'un immeuble, le ciel, la
mer, que sais-je encore…

• Regardez encore une fois à travers cette fenêtre et essayez de ne pas donner de
signification à ce que vous voyez. Que voyez-vous, simplement ?

• C'est ici que commence la surprise. Petit à petit les maisons, les arbres deviennent
des assemblages de quasi parallélépipèdes, de sphères, de cylindres. Il n'y a plus
devant vos yeux qu'un ensemble de volumes. En faisant encore un effort, les volumes
bientôt disparaissent, ce ne sont plus que lignes, formes vagues. Le monde est
devenu un ensemble de taches de couleurs, plus ou moins bien délimitées. Images
d'archive
• Voilà parfois ce qu'on peut voir en regardant simplement par la fenêtre.
propriété du
CERMA
Motivations « historiques » : perspectives de mouvement Motivations « historiques » : perspectives de mouvement
• ensemble des changements graduels apparaissant dans le champ visuel de
Analyse morphologique des espaces ouverts urbains le long de parcours –
l'observateur lorsqu'il se déplace (Gibson, 1979)
mesure des variations des formes de ciel (Sarradin, 2004)
• outil pour mesurer l'impact visuel de la tour Bretagne sur l'environement : séquences
visuelles lorsqu’on cherche à voir la tour (Morin, 1995) – mesures d'intermittence

Images
d'archive
du CERMA
Images extraites de (Sarradin, 2004)

Accessibilité visuelle, perspectives de mouvement –


systématisation par les champs d'isovists A visibility based method to assess the shrinkage feeling
in downtown Detroit (Bertrand et al., 2012)
• Logique patrimoniale vs. logique
visuelle, cas du parcours confort OTNM
(Leduc et al., 2010) • « De l'intérêt d'une approche empirique puis systématique à base de
calculs des visibilités dans l'analyse de l'impression d'abandon de la
Shrinking city de Detroit » (Bertrand, 2012),
• Analyse de l'espace urbain depuis un métro aérien (complètement
automatisé, circulation en boucle fermée monorail de 4,7 km),
• Unique sens de rotation
• anti-horaire entre 1987 (date de mise en service) et 2008,
• horaire depuis 2008.
3 approches

• une 1e analyse chronotopique visant à


découper le trajet en séquences
paysagères visuellement homogènes, • Valorisation du
• une 2e analyse chronotopique cherchant Comerica Park,
à extraire et séquencer les éléments du Renovation
saillants du paysage, Center, -10% de
• une 3e analyse de cartographie, par linéaires de
cumuls de visibilités de façades façades
d'immeubles vacants, l'impression abandonnées
générale d’abandon du centre urbain.

Images extraites de (Bertrand, 2012)


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Caractérisation de tissus urbains par l'analyse systématique Analyse systématique de « points de vues immergés » :
de « points de vues immergés » poids du paysage caché
• Approche traditionnelle (concentrée sur les éléments construits) vs. approche duale :
s'intéresse à l'« espace interstitiel », l'« espace ouvert » → approche • Occlusivité, prévisibilité,
proxémique/perceptive/cognitive : legibility et imageability (Lynch, 1960), intelligibility drift et anticipation en tout
(Hillier, 1996) ; point du secteur de la Place
Royale à Nantes
• Conceptions atomiste/plenum (Couclelis, 1992) :
• (Carvalho, Batty, 2003),
• Conception atomiste : l'espace est assimilé à un ensemble d'objets « solides »
Ridges on isovist fields
spatialement bien circonscrits. Les géométries sont découplées et transformables
indépendamment de l'« attributaire » (revêtement, etc.) ; • (Peponis et al., 1997), s-
partitions et slines.
• Conception plenum : pas de matérialisation a priori, définition à base de
combinaison de facteurs, l'espace est vu comme un champ continu où le
chevauchement d'entités est fréquent.

Tutte l’opere d’archittura e prospetiva


Décor pour scène tragique
Sebastiano Serlio (1545)
(Chauvat, 2012)
Retour sur « La perception est une action simulée » (Kimmel, Hypothèse : la ville ultradense est concevable, vivable voire aimable.
Elle répond aux enjeux environnementaux et énergétiques
2014) contemporains
• Ce n’est pas une utopie déterritorialisée et autonome (comme l’écopolis
« fourmilière » imaginée par Rottier en 70)
• Elle intègre tous les aspects de l’urbanité,
• Lecture facilitée des dérivées de grandeurs plus que des grandeurs elles-mêmes • Elle s’inscrit dans un territoire dont elle partage les infrastructures,
(ibid., p. 158) • Elle n’est pas nécessairement la ville de toute une vie ni même de toute l’année
• Lorsque la représentation de l’espace n’est pas facile au sens de cette dérivée, une (dès lors que l’on accepte les migrations saisonnières)
exploration virtuelle par le corps est nécessaire pour se faire une représentation • Des communautés ultra-denses aux modes de vie durables
mentale adéquate (ibid.) • Appréhension sensible de la densité (rapport à la lumière, aux vues du ciel/de la
végétation)
• Objectif : exprimer le potentiel d’un espace perçu à distance – intégration sur la
• Les paquebots sont des exemples considérés comme plaisants (Freedom of the
totalité de l’espace perçu immédiatement (référence aux travaux sur la
sea propose une densité théorique de 400 000 hab/km², soit 10x celle du XIe
perspective de mouvement, Gibson : le processus de perception du « monde
arrondissement parisien)
visuel » résulte d’une série temporelle d’impressions visuelles)
• Réponse aux enjeux environnementaux et énergétiques
• Compacité, minimisation des énergies de déplacement, captation et stockage
• Qualification systématique et composite du « bassin de visibilité » en tout point
collectif d’énergie, etc.
du fragment à l’étude (assimilable à autant de « fonctions de perception »)

(Image d’archive du CERMA)