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Chapitre.

II Analyse des pétroles et des fractions pétrolières

I.1. Origine et formation


Le pétrole (Petra-oléum) ou huile de pierre, est un mélange complexe d’hydrocarbures
liquides et/ou gazeux ; le pétrole contient également, en proportions assez variables (15 % en
moyenne), des molécules lourdes plus complexes (incluant de l'oxygène, de l'azote et du
soufre) appelées
Résines ou asphaltènes. Le pétrole se trouve emprisonné dans une roche perméable dite roche
Éponge ou roche mère ou aussi parfois roche réservoir.
De nombreux savants se sont penchés sur le problème de l’origine du pétrole. Deux théories
sont nées : celle de l’origine minérale défendue autrefois par de notables savants tels que
Moissan et Sabatier et celle de l’origine organique défendue par Engler et Hofer. C’est cette
dernière théorie qui est considérée aujourd’hui comme la plus vraisemblable. Engler et Hofer
ont obtenu en effet en laboratoire des hydrocarbures à partir de poissons et de végétaux.
Il y’a des centaines de millions d’années, le dépôt des restes végétaux et animaux terrestres et
marins mélangés avec les sels, les boues les micro-organismes et les sédiments sableux
rocheux et argileux formaient un mélange hétérogène dit (Kérogène).
Sous l’action de la pression, de la température et/ou des bactéries et des micro-organismes, le
kérogène s’est décomposé et a mis en évidence l’initiation de milliers de réactions qui ont
conduit à la formation du pétrole.
Poche dans Puits de
la roche pétrole
Fig.I.1 Origine et formation du pétrole.

La partie du sous-sol dans laquelle s’est formé le pétrole est appelé roche mère (fig. II).
Le pétrole a tendance à se déplacer vers d’autres endroits en empruntant un chemin à travers
les roches les plus perméables ou les fissures existant à l’intérieur de ces roches.
L’endroit où s’arrête la migration du pétrole est appelé ‘’piège’’.
Animaux et végétaux Dépôts de
Présents sur Terre restes Couche de
Il y a plusieurs d’animaux et de sédiments Fracture
centaines de millions végétaux (remontée
d’années de pétrole)
Un piège comporte :
-une roche poreuse dans laquelle s’accumule le pétrole, c’est ce que l’on appelle « roche
magasin » ou « roche réservoir ».

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- au-dessus de cette roche magasin, une couche suffisamment ‘imperméable’ pour empêcher
le pétrole de migrer vers la surface ; c’est ce que l’on appelle ‘roche couverture’, (comme
une couche de sel par exemple).

Fig.I.2 étapes de formation d’un gisement du pétrole

I.2. Composition
Puisque le pétrole est une matière organique, alors son pourcentage massique en carbone et en
hydrogène est dominant, n’empêche que certains éléments métalliques ou non métalliques
existent en pourcentage minoritaire tels que : l’azote, l’oxygène, le soufre, le chlore, le
calcium, le sodium, le potassium, le silicium, le phosphore, le nickel, le fer…etc. La
composition élémentaire des pétroles bruts se situe dans les limites suivantes :
- Le carbone : 84-87% ;
- L’hydrogène : 11-14% ;
- L’azote, le soufre, l’oxygène : 0-7%.

I.3. Exploitation et prospection de nouveaux gisements de pétrole


À l’aide des techniques modernes : imagerie satellite, études géophysiques et sismiques…etc;
la découverte du gisement pétrolier reste incertaine, seul le forage pétrolier et l’analyse
géologiques des débris de forage des roches sédimentaires peuvent confirmer la présence ou
non du pétrole.

I.4. Le forage des puits pétroliers


Le forage d’un puits d’exploitation est destiné à confirmer la présence du pétrole. D’autres
puits sont creusés pour délimiter le gisement.

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Le puits est foré à l’aide d’un trépan ; un outil de coupe situé à l’extrémité d’un train de tige
de forage supporté par une tour métallique appelée Derrick. Le trépan est entrainé en rotation
avec une vitesse de rotation qui est fonction de la dureté des roches traversées. De la boue
(mélange d’eau, d’argile, de sels et d’amidon) est injectée en permanence à l’intérieur des
tiges, elle remonte dans l’espace compris entre les tiges et les parois du puits. La boue permet
de refroidir le trépan et d’évacuer les débris de forage.
De retour en surface, la boue est filtrée et réinjectée dans le puits. Figure (I.2). L’analyse
physicochimique des débris de forage permet de qualifier les roches traversées et confirmer à
la fin la présence du pétrole.

Fig. I.2 Schéma d’un appareil de forage

I.5. Récupération du pétrole


On extrait la tige de forage et le trépan ; une colonne de tubage est fixée par cimentation ; des
charges explosives sont fait explosées par impulsion électrique au fond du puits permettant au
pétrole de jaillir sur la surface. On distingue deux types de récupération :
A/Récupération naturelle :

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Quand la pression du gisement est très importante, le pétrole remonte d’une manière normale,
il suffit d’installer des pompes à balanciers ; l’opération continue jusqu’à la récupération de
20 à 30% du pétrole puis la pression du gisement diminue et le débit du brut devient faible
alors on procède à une récupération assistée.

B/Récupération assistée :
Selon la nature des agents mis en œuvre, il existe trois grandes classes :
- Procédés thermiques
- Procédés chimiques
- Procédés miscibles
Leurs mécanismes d’action peuvent être très différents.
Le tableau I.1 représente le mode d’action des principaux
procédés de récupération assistée du pétrole.

Tableau I.1 : Différents procédé de récupération secondaire du pétrole.


Procédés Agents actifs Principe d’action
Thermique Combustion in-situ Diminution de la viscosité
Vapeur ou fluides chauds Production d’énergie
supplémentaire
Chimique Tensio-actifs ou soude Diminution de la tension
interfaciale.
Polymères Augmentation de la viscosité
de l’eau.
Miscible Co2 ou gaz hydrocarboné Diminution de la viscosité
du brut
Bouchon de solvants Diminution de la tension
interfaciale.

I.6. Transport
Après extraction du gisement, le pétrole est transporté par des oléoducs (pipelines) via les
stations de pompage vers les unités de traitement ou les raffineries. Une partie du brut est
exportée vers les pays acheteurs du pétrole à l’aide des navires transporteurs.

I.7. Propriétés physicochimiques du pétrole brut


Le pétrole est un liquide noir visqueux avec des reflets verdâtres ; il est généralement plus
léger que l’eau. Le pétrole est un mélange de millier d’hydrocarbures différents, il est
caractérisé par plusieurs propriétés physiques citons :

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- La masse molaire (150-300) g/mol.


- La densité (0,8-0,9).
Le pouvoir calorifique et la température de congélation qui sont fonction de la teneur et de la
nature des hydrocarbures qu’il contient.
Exemple : Le gisement de Hassi Messaoud
M = 160 g/mol ; Densité = 0,797 ; T(congélation)= -60 °C.
Profondeur moyenne : 2300 m ; Température au fond : 200°C.
Pression du gisement : 100 g/cm2. (1 kg/cm2 = 1 bar)
Composition de la phase huile en pourcentage massique :
Carbone (84-87%) ; Hydrogène (12-14%) ; Soufre (<5%) ; l’oxygène (<1,5%) ; l’azote
(<2%).
Composition du gaz associé au brut en pourcentage massique : Carbone (75%) ; Hydrogène
(25%).
I.8. Classification des pétroles bruts (P.O.N.A)
Les pétroles bruts sont classés en quatre catégories selon la teneur et la nature des
hydrocarbures qu’ils contiennent :
1- Paraffiniques (P) : Ce sont les alcanes saturés de formule générale (CnH2n+2).
Si le nombre d’atomes de carbone (1 ≤ 𝑛 ≤ 4) ces hydrocarbures sont en état gazeux : CH 4,
C2H6, C3H8, C4H10.
Si le nombre d’atomes de carbone (5 ≤ 𝑛 ≤ 16) ces hydrocarbures sont en état liquides : C 5
H12…… C16 H34.
Si le nombre d’atomes de carbone (𝑛 >16) ces hydrocarbures sont en état solide.

Les hydrocarbures paraffiniques peuvent se combiner au chlore en présence d’un catalyseur


pour former des produits de substitution.
-Oléfiniques (O) : Ce sont les alcènes insaturés (avec une double liaison) de formule générale
(CnH2n). On les retrouve dans le produit de distillation du pétrole ou dans les produits obtenus
par craquage.

3- Hydrocarbures naphténiques (N) (CnH2n ):

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Cyclohexane
Diméthylcyclohexane Naphtènes
Ssa
Les carbones sont ici associés en anneau et toutes les valences sont saturées. De ce fait ils sont
assez peu réactifs. (Les naphtènes) ou dans la fraction lourde (naphtènes ramifiés et
polycycles).
4) Hydrocarbure aromatiques (A) :

Benzène Toluène
Les carbones sont associés encore en anneau, mais une valence sur deux seulement est
saturée.
Du fait des liaison doubles, ces hydrocarbures réagissent facilement avec l’acide sulfurique, le
chlore.
Ce sont les hydrocarbures cycliques insaturés (monocycle ou poly-cycles). Ils constituent de
5 à 15% de la fraction d’essence et de 15 à 35% de la fraction Kérosène, comme ils se
trouvent aussi dans les huiles et les bitumes.

I.9. Température et échelles de température (rappel)


Certaines grandeurs caractérisant le pétrole et/ou les fractions pétrolières sont données ou
exprimées en fonction de la température telles que : la densité, la T.V.R, le K U.O.P …etc.
Généralement ces températures sont exprimées en échelles Anglo-Saxonnes qui ont des
relations mathématiques qu’on verra ensuite avec les échelles Internationales.
1.9.1. Échelle Centigrade (Celsius)
C’est l’échelle la plus utilisée quotidiennement, elle est exprimée en degré Centigrade ou
degré Celsius (°C).
Cette échelle a pour origine (0°C) le point de congélation de l’eau distillée et pour le point
(100°C) celui correspondant au point d’ébullition de l’eau distillée sous la pression
atmosphérique. 𝑡 (°𝐶) ∈ [−273,15 ; +∞ [

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1.9.2. Échelle Absolue (Kelvin)


Kelvin a choisi une échelle absolue (positive ou nulle) en se basant sur l’échelle centigrade et
cela pour éviter le signe négatif des basses températures signe qui n’est pas en accord avec
l’équation d’état des gaz parfaits qui est strictement absolue. Cette échelle est la plus utilisée
en thermodynamique.
𝑇 (𝐾) = 𝑡 (°𝐶) + 273,15 (I.1)

1.9.3. Échelle Fahrenheit


C’est une échelle utilisée par les Anglo-Saxons au lieu de l’échelle centigrade. Cette échelle
est couramment utilisée dans l’industrie pétrolière pour exprimer certaines grandeurs qui ont
une relation avec la température.
𝑇 (°𝐹) = 1,8. 𝑡 (°𝐶) + 32 (I.2)
𝑇 (°𝐹) ∈ [−460 ; + ∞ [

1.9.4. Échelle Rankine


C’est une échelle absolue utilisée par les Anglo-Saxons au lieu de l’échelle Kelvin. Cette
échelle est utilisée cela pour éviter le signe négatif des basses températures exprimées en
Fahrenheit. Elle est utilisée dans certaines équations ou relations qui nécessitent le signe
positif telles que l’équation donnant le facteur caractéristique (K U.O.P) du pétrole.
𝑇 (°𝑅) = 𝑇 (°𝐹) + 460 (I.3)

Eau bouillante

Glace fondante

Zéro absolu

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Fig.I.3. Échelles de température

II.1. La distillation (T.B.P)


C’est une distillation fractionnée qui a pour but de déterminer la teneur en essence, Kérosène,
gasoil et en fractions lubrifiantes (huile, graisse) dans le pétrole brut. La courbe issue de cette
distillation T=f (%Volume de distillat) est dite courbe T.B.P (true boiling point), cette
courbe est utilisée dans les calculs des colonnes de traitement et de distillation et leur
planification. La distillation (T.B.P) est utilisée au laboratoire dans un appareil (LPRN-1) ;
cette colonne est équivalente à une colonne à garnissage de 10 plateaux théoriques et d’un
taux de reflux égal à 5. Au début de la distillation (T.B.P) on recueille les gaz dissous qui ne
se condensent pas puis on les analyse par chromatographie. La distillation atmosphérique est
poussée jusqu’à 400°C en notant chaque fois la température initiale et finale de chaque
fraction. Après 400°C on effectue une distillation sous vide du résidu atmosphérique à des
pressions plus basse (5-100 mm Hg). Si le résidu sous vide est encore important (≥ 30%), on
effectue une autre distillation sous vide entre 3 à 5 mm Hg dans un autre appareil équivalent à
2 étages théoriques, enfin on mesure le volume du résidu restant. (Fig.II.1).
La courbe représentative : Température = f (Pourcentage du distillat) issue de cette distillation
est dite courbe de distillation (T.B.P). Cette courbe permet de savoir et de connaitre le
pourcentage des fractions importantes (essence, kérosène et gasoil) dans le pétrole brut.

Mode opératoire de TBP - Fig.II.1- Courbes de distillation TBP


II.2. La distillation (A.S.T.M)

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La distillation (A.S.T.M) = (American Society of Testing Materials) est utilisée pour les
fractions pétrolières (Essence, Kérosène, Gasoil, Fuel).
L’appareil comporte un ballon de 100 ml qui est chauffé par un bec Bunsen ou par une
résistance électrique, les vapeurs de la fraction sont condensées par un mélange d’eau et de la
glace puis recueillis dans une éprouvette graduée. (Fig.II.2).
Au début on note la température d’apparition de la première goutte du condensat, cette
température set le point initial de la distillation, ensuite les températures sont relevées lorsque
5, 10, 20, …, 90 et 95% du produit sont distillés.
Enfin la température maximale enregistrée avant son décroissement est appelée le point final
de la distillation. On mesure le volume du résidu restant dans le ballon. Le bilan de matière
sera : % Distillat + % Résidu + % Pertes = 100 % ou bien sous la forme abréviée :
D % + R % + P % = 100 % (II.1)
En connaissant les pourcentages de distillat et du résidu on déduit le pourcentage des pertes
qui correspond aux fractions très légères qui ne sont pas condensées, ce pourcentage (P %) est
placé au début de l’axe des pourcentages distillés d’où tous les pourcentages de distillat sont
majorés de (P %). La courbe : Température = f (% total du distillat) issue de cette distillation
est dite courbe de distillation (A.S.T.M). La différence entre la température finale et initiale,
permet de comparer les qualités des produits distillés. (Fig.II.3).

Fig.II.2 Appareillage de distillation (A.S.T.M) Fig.II.3 Courbe de distillation (A.S.T.M)

II.3. Le pouvoir calorifique


C’est la quantité de chaleur en Joules ou en calories dégagée lors de la combustion totale d’un
mètre cube, d’un kilogramme ou d’une mole de combustible (pétrole, essence, kérosène,
gasoil, gaz…) Généralement à15°C et sous la pression atmosphérique.
L’unité du pouvoir calorifique est donc : (J/m3), (J/kg) ou (J/mol).

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Chapitre. II Analyse des pétroles et des fractions pétrolières

En d’autres termes, le pouvoir calorifique représente l’enthalpie de Combustion par unité de


volume, de masse ou de mole du combustible à la température de 15°C.
II.3.1. Le pouvoir calorifique supérieur (P.C.S)
C’est le pouvoir calorifique du combustible mesuré ou calculé si l’eau dégagée de la
combustion est sous forme d’un liquide.
II.3.2. Le pouvoir calorifique inférieur (P.C.I)
C’est le pouvoir calorifique du combustible mesuré ou calculé si l’eau dégagée de la
combustion est sous forme d’une vapeur.
Pour trouver la relation liant le (P.C.S) au (P.C.I), on analyse l’exemple du schéma
réactionnel de combustion d’un hydrocarbure gazeux suivant, en supposant que la combustion
dégage (n) moles d’eau :
(P.C.S)
CxH2n (g) + (x + n/2) O2 (g) x CO2 (g) + n H2O (l)
(P.C.I)
n Δ Hv (H2O)

x CO2 (g) + n H2O (g)


Puisque le (P.C.S) et le (P.C.I) sont des chaleurs dégagées, alors il est évident que :
(P.C.S) < 0 et (P.C.I) < 0. D’un autre coté on a : (∆𝐻𝑣) > 0, alors d’après le schéma
réactionnel ci-dessus il vient : (𝑃. 𝐶. 𝐼) = (𝑃.𝐶. 𝑆) + 𝑛 (∆𝐻𝑣) (𝐻2𝑂)
(II.2)
On peut écrire l’équation précédente d’une autre façon en utilisant l’enthalpie de condensation
de l’eau au lieu de son enthalpie de vaporisation, or : ∆𝐻𝑣𝑎𝑝 = − (∆𝐻𝑐𝑜𝑛𝑑), alors il vient :
(𝑃. 𝐶. 𝑆) = (𝑃. 𝐶. 𝐼) + 𝑛 (∆𝐻𝑐𝑜𝑛𝑑) (𝐻2𝑂) (II.3)
II.4. La tension de vapeur Reid (T.V.R)
La tension de vapeur d’un hydrocarbure pur mesure la tendance des molécules à s’échapper
de la phase liquide pour construire une phase vapeur en équilibre avec la phase liquide ; la
tension de vapeur est une fonction de la température. La tension de vapeur Reid (T.V.R)
mesure la teneur en fractions légères dans l’essence et caractérise sa volatilité et les pertes au
cours du transport et du stockage ; elle est mesurée en bar ou en kg/cm 2. (1bar = 0,981
kg/cm2).
La (T.V.R) est la pression développée par une essence placée à 100°F (37,8°C) dans un
appareil clos appelé bombe de Reid. On remplit la cuve d’essence et on la met en contact
avec la chambre à air ; on agite l’ensemble et on place la bombe de Reid dans un bain Marie à
100°F ; lorsque l’équilibre est atteint on lit la pression indiquée par le manomètre ; cette

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Chapitre. II Analyse des pétroles et des fractions pétrolières

valeur correspond à la (T.V.R) de l’essence emprisonnée. (Fig.II.4). Pour des raisons


sécuritaires de transport et de stockage, la valeur de la (T.V.R) est limitée par 650 g/cm 2 en
été et 800 g/cm 2 en hiver.

Fig.II.4 Bombe de Reid pour la mesure de la (T.V.R) des essences.


II.5. Le point d’éclair
C’est une caractéristique essentielle pour le gasoil et le kérosène ; c’est la température à
laquelle les vapeurs du produit pétrolier forment avec l’air sur la surface du liquide un
mélange qui s’enflamme en présence d’une flamme pour une courte durée puis s’éteint sans
que le liquide ne s’enflamme. (Fig.II.5).
Le point d’éclair caractérise la teneur en fractions légères et le taux de danger vis-à-vis du feu.
Pour augmenter le point d’éclair des produits pétroliers, on utilise la vaporisation (extraction)
des fractions légères par injection des vapeurs d’eau dans la colonne à contrecourant
(stripping à la vapeur).

Fig.II.5 Appareillage de détermination du point d’éclair.

II.6. Le point d’écoulement (point de congélation)


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Chapitre. II Analyse des pétroles et des fractions pétrolières

Le point d’écoulement des produits pétroliers (gasoil, fuel-oil, huile) est la plus basse température (en
refroidissant) à laquelle le produit liquide contenu dans le tube à essai ne coule plus lorsque celui-ci
est incliné. C’est un critère important surtout quand il s’agit de l’utilisation de ces produits à basses
températures. (Fig.II.6). Le point d’écoulement augmente avec la teneur en paraffines dans le produit
pétrolier.

Fig.II.6 Appareillage de détermination du point d’écoulement.

II.7. La masse moléculaire


Soit (n) le nombre total des constituants chimiques du pétrole ou de la fraction pétrolière ; et
soient xi et Mi respectivement, la fraction molaire et la masse molaire de chaque constituant ;
la masse molaire moyenne du pétrole ou de la fraction pétrolière est donnée par la relation

n
simple : 𝑀𝑚é𝑙𝑎𝑛𝑔𝑒 = ∑ x i M i (II.4)
i=1

mi
Mi
Et puisque la fraction (xi) molaire est donnée par : 𝑥𝑖 = n (II.5)
∑ ni
i=1

n n
m
∑ Mi M i ∑ mi
i=1 i i=1
⇒ 𝑀mé𝑙𝑎𝑛𝑔𝑒 = n = n (II.6)
∑ ni ∑ ni
i=1 i =1

II.8. La densité du brut


C’est le rapport de la masse volumique du pétrole sur la masse volumique de l’eau distillée
mesurées à des températures données.
D 15
4 = 𝜌(𝑏𝑟𝑢𝑡 à 15°𝐶) / 𝜌(𝑒𝑎𝑢 à 4°𝐶) (II.7)

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Chapitre. II Analyse des pétroles et des fractions pétrolières

La densité est exprimée par les Anglo-saxons par la (Specific gravity SpGr (60/60)) mesurée
par le rapport des masses volumique du brut et celle de l’eau à la même température (60°F).
𝑆𝑝. 𝐺𝑟 (60°𝐹/60°𝐹) = 𝜌 (𝑏𝑟𝑢𝑡 à 60°𝐹) /𝜌 (𝑒𝑎𝑢 à 60°𝐹) (II.8)
D’après les mesures de la densité de l’eau à différentes températures on a constaté que :
𝜌 (𝑒𝑎𝑢 à 20°𝐶) = 0,9982 𝜌 (𝑒𝑎𝑢 à 04°𝐶) (II.9)
Donc on peut tirer d’après les équations (II.7 et II.8) :
𝐷415 = 0,99904 𝑆𝑝. 𝐺𝑟(60°𝐹/60°𝐹) (II.10)

Mesure de la densité par pycnomètres :


Pour effectuer la mesure de la densité du brut et/ou de l’eau au laboratoire, on utilise des
pycnomètres, un bain Marie et une balance analytique.
D’abord, dans une balance analytique on pèse le pycnomètre vide (avec bouchon) bien
rincé et bien séché, soit (m0) sa masse ; puis on le remplie d’eau distillée et on le
place dans un bain Marie réglé à la température de 20°C (comme exemple) puis on le
sèche de l’extérieur et on le pèse, soit (m1) sa masse ; on refait la même chose avec le
pétrole, soit (m2) la masse du pycnomètre avec bouchon, remplie au trait par le pétrole; la
densité du brut à 20°C par rapport à l’eau à 20°C sera :
ρ(brut à 20 ° C) m2−m0
D 20
20 = = (II.11)
ρ(eau à 20° C) m1 −m0

Densité en degré (A.P.I) :


La densité est aussi exprimée en° (A.P.I) par la relation illustrée par l’institut Américain du

141,5 m2−m0
pétrole : ° (𝐴. 𝑃. 𝐼) = - 131,5
SpGr(60 ° F / 60 ° F )
(II.12)
Avec (A.P.I) : American Petroleum Institute.

II.9. Le facteur de caractérisation (KU.O.P )


Les chercheurs Nelson Watson et Murphy de la société : (U.O.P) United Oil products ont
proposé une formule simple pour caractériser les différents familles des hydrocarbures en
calculant un facteur (KU.O.P ) dit facteur de caractérisation qui permet la classification des bruts
selon le critère (P.O.N.A) déjà vu au paragraphe (I.8).

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Chapitre. II Analyse des pétroles et des fractions pétrolières

𝐾𝑈.𝑂.𝑃 = x=
√3 T ° ( R) (II.13)
Sp . Gr(60 ° F / 60° F )❑
T°(R) est la température d’ébullition du brut en degré Rankine.
Exemples :
- 𝐾𝑈.𝑂.𝑃 = 13 ; le pétrole contient des hydrocarbures paraffiniques normaux et iso.
- 𝐾𝑈.𝑂.𝑃 = 12 ; le pétrole contient des hydrocarbures mixtes ou le cycle et la chaine sont
équivalents.
- 𝐾𝑈.𝑂.𝑃 = 11 ; le pétrole contient des hydrocarbures naphténiques purs ou aromatiques peu
substitués.
- 𝐾𝑈.𝑂.𝑃 = 10 ; le pétrole contient des hydrocarbures aromatiques pure.

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Chapitre. III : Dérivées liquides et solides du pétrole brut.

III. Dérivées liquides et solides du pétrole brut


III.1. Produits issus directement de la distillation du pétrole
1/Le gaz du pétrole liquéfié (G.P.L)
C’est un mélange de propane (C3H8) et de butane (C4H10) liquéfié il s’appelle aussi le Bu-Pro
(butane-propane), il sert comme un combustible. C’est le premier liquide qu’on recueille lors
de la distillation (T.B.P) jusqu’à la température de 38°C. Le (G.P.L) est stocké sous la forme
d’un liquide sous pression ; son point d’ébullition varie selon le pourcentage de C3 et C4 mais
il est généralement compris entre -78 et 38°C.
2/ Les essences
Après le départ des gaz C3 et C4, et aux alentours de 40°C la première goutte de distillat
liquide apparait ; lorsqu’on récupère 25% du volume de brut ; jusqu’à environ 205°C, cette
fraction correspond à la fraction des essences.
Il existe plusieurs types d’essences :
- Essence carburant (normal-super) entre 40°C et 190°C.
- Essences spéciales et qui sont utilisées dans les industries de colles, caoutchouc, peintures…
Et dans les extractions des corps gras. Ces essences correspondent à la fraction recueillie entre
135 et 205°C.
3/ Le pétrole lampant
C’est une coupe recueillie entre 2O5 et 285°C contenant les hydrocarbures de C10 à C14, il était
utilisé comme combustible dans les lampes pour l’éclairage et cela avant 60 ans.
4/ Le carburéacteur
C’est la coupe de distillation recueillie entre 165 et 240°C, il est utilisé comme carburant pour
les turboréacteurs d’avions. Cette coupe est dite aussi la coupe du kérosène.
6/ Les gasoils
C’est une coupe de couleur jaune pâle de limites (190 à 360°C).
Le gasoil est utilisé comme carburant des moteurs diesel et comme fuel-oil domestique.
7/ Les huiles lubrifiantes
A 350°C, on risque de décomposer le pétrole (craquage thermique), alors on fait une
distillation sous vide (à150 mmHg) avec un chauffage de l’eau de condensation pour ne pas
risquer le bouchage par solidification de l’huile ; on recueille dans ces conditions les huiles
qui sont employées comme des agents lubrifiants de moteurs, d’appareils et d’engins.
8/ Les bitumes (goudrons)
Le résidu de la dernière étape de distillation est appelé résidu sous vide, il est utilisé dans les
revêtements des chaussées et des toits, il est appelé goudron ou bitumes.

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Chapitre. III : Dérivées liquides et solides du pétrole brut.

III.2. Produits issus indirectement de la distillation du pétrole


D’autres produits sont dérivés indirectement de la distillation du pétrole, ces produits sont le
résultat de certaines réactions lors de traitement et/ou de craquage ; on distingue :
- La paraffine : c’est un ingrédient de protection des conserves alimentaires ; il est utilisé
aussi dans la fabrication des bougies.
- Le soufre : il est utilisé dans l’industrie chimique, pharmaceutique et agricole.
- Le coke : Il est utilisé dans la métallurgie et dans la fabrication des électrodes.

III.3. Spécification des produits


III.3.1. L’essence
La fraction constituant les premiers 25% du volume distillée de brut correspond à l’essence
carburant recueillie entre 40 et 190°C. L’essence est un carburant qui ne doit pas être trop
volatil ni moins volatil pour effectuer un bon mélange explosif avec l’air.
L’essence carburant se compose d’un mélange d’hydrocarbures : C 7 , C8 et C9 il est caractérisé
par un indice connu sous le nom d’indice d’octane.
L’indice d’octane (NO) :
L’indice d’octane ou le nombre d’octane exprime la détonation et le bruit de l’explosion dans
le moteur. Pour mesurer la qualité d'une essence, on mesure les détonations sur un moteur de
laboratoire (Moteur CFR), qui est équipé d'un quartz piezoelectrique dans la culasse charge de
transformer les ondes de choc en courant électrique. Deux hydrocarbures sont utilisés comme
référence : le normal heptane C7H16 et l’iso-octane C8H18. Le premier provoque un cliquetis
catastrophique, on lui a donc attribue un indice 0 ; au contraire, le second se comporte bien
dans le moteur, on lui a donc donne un indice 100. On dit qu'un carburant a un indice
d'octane de 95 par exemple, lorsque celui-ci se comporte comme un mélange de 95% d'iso-
octane et de 5% de n-heptane.
Le tableau ci-dessous présente quelques valeurs de l’indice d’octane pour certains composés
organiques.
Compos n-octane n-heptane n-hexane n-pentane n-butane Super 95 Super 98 iso-octane
é
NO -20 0 30 60 90 95 98 100

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Chapitre. III : Dérivées liquides et solides du pétrole brut.

Le gasoil
Il est recueilli entre 190 et 360°C lors de la distillation atmosphérique du brut ; il est
caractérisé par sa couleur jaune pale, et il est utilisé comme carburant dans les moteurs diesel
à auto-allumage. La qualité du gasoil est caractérisée par un indice dit indice de Cétane.
1/L’indice de Cétane (NC) :
L’indice ou le nombre de cétane caractérise la qualité du gasoil. On attribue { l’Hexa décane
(n-C16) un indice de Cétane égal à 100 et on attribue à α-méthyle naphtalène un indice de
Cétane égal à 0. Le tableau ci-dessous présente quelques valeurs de l’indice de Cétane pour
certains composés organiques.

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