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Comment on condamne un

innocent : l'acte d'accusation


contre le capitaine Dreyfus /
Bernard Lazare

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Lazare, Bernard (1865-1903). Auteur du texte. Comment on
condamne un innocent : l'acte d'accusation contre le capitaine
Dreyfus / Bernard Lazare. 1898.

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BERNARD LAZARE.

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GALERtE DU THÉÂTRE FRANÇAtS

-m'.
COMMENT ON CONDAMNE
UN INNOCENT
t.!tl.)<
Dans deux mémoires j'ai défendu le capitaine
Dreyfus condamné à la déportation perpétuelle pour
un crime qu'il n'avait pas commis.
Je l'ai défendu en m'appuyant sur des faits etn0npa$
en idéologue j'ai montré que nulle charge ne s'éle-
vait contre celui qui était accusé d'un honteux et
abject forfait, sinon l'attestation d'experts récu&a-bles-
lui attribuant ~n bordereau, qu'il n'avait pas, qu'ii
,ne pouvait pas avoir écrit. Lorsque) pour la preNMt&rô
fois, j'ai parlé, nul ne m'a voulu croire; on a p'easé que
pour les besoins d'un~ <tauseje dissimulais la vérité
cependant si cette causée n'eut pas été défendable, si
ce n'avait été celle d'un innocent je n'eusse pas
accepté de la soutenir~
Les plu&bieaveiUantsonipu dire que j'élevais
la voix en faveur des juifs sur lesquels on faisait fp-
-tomber, après le sang du Christ versé par Pilais, le
crime qu'un des leurs avait commis. Si le capitaine
Brey&tseut étéc<o'upable,je n'aurai cet~es pas peignis
sams protester qu'on tendit respoBsabte de sa faMfte
une race à laquelle je suis fier d'appartenir, yè n'aiurai
,pas pour cela soutenu centre toute évidence une in-
démontrable i.~ocetME.e:. Mats, je l'ai dit déjà~ je ae
jgttaide pas pûm~.tfn tcaitre.~veux arra<ch~ un mar-
,tyr atU supplice qu'il n'a pas- mérité.
Si j'ai pa~, c'est que~ ma conscience me coŒaMn-
<~aitt.de preadjce la défense d'un homme que' ri<en
n~accusait~ qju'~n a'v~t&ï'rachéy sans qu'il ait jamais
pu pjRo.teste~~à ses~ pa-ronts' et à ses amis; qu'on avait
j,eté d~as mM~bastiHe.,qu'OQavait jMigé sous les voû-
te!S.d'unepiri$on.portes- CiLosas~~pas assez cependant
pour que la vérité ne s'évadât pas un jour, q~'on
avait. expo&é aux cr&chats d'un peuple égatré par le
fanatisme et la colèce, conduit pafU!ne poi~n~ede

d~nce~
coquins dontt la. raga.,da' fou.rbs~ie et la haine ne veu-
lent pas encore aujourd'huidésarmer devant l<évî'-
J'ai parlé parce qu'il mutait démontré que le droit
avait, été méconnu, la justice violée; j'ai parlé pour
le salut d'un seul, mais au nom du salut de tous;
pour qu'on rendit la liberté à celui qui est au bagne,
mais pour sauvegarder la liberté de chaque citoyen.
Maintenant la preuve est faite que je ne me* suis
pas trompé et que je n'ai jamais cherché à tromper
ceux auxquels je m'adressais. L'acte d'accusation
dressé contre le capitaine Dreyfus vient d'être pu-
blié, il vient de provoquer l'indignation et la colère
de tous ceux qui ont souci de la vérité et de l'équité.
C'est un des plus monstrueux monuments de la sot-
tise, de la bassesse et de 1 infamie des hommes il le
faut perpétuer pour que jamais plus un pareil ne puisse
être édifié.
Il contient pour toutes charges le bordereau qui
n'a pas été écrit par le capitaine Dreyfus, le borde-
reau qu'il a toujours nié, le bordere&u que quatorze
experts ont refusé de lui attribuer, le bordereau qui
est de l'écriture du commandant Esterhazy, selon le
propre aveu de celui-ci.. Tout le reste n'est qu'un
ramas d'insinuations misérables, d'allégations men-
songères, de racontars sans valeur, de propos injus-
tifiés, un ramas que l'accusation elle-même a été obli-
gée de rejeter, ~ie retenant pour unique preuve que
le bordereau.
C'est pour cela qu'un homme a été séparé du
monde, qu'on l'a rayé du nombre des vivants, c'est
pour cela qu'on l'a interné aux antipodes, seul, sur
un rocher perdu, pour cela qu'on vomit tous les
jours son nom, qu'on.en fait le symbole de l'infamie
et de la trahison, qu'on en soufflette une nation.
C'est pour cela qu'on couvre de boue ceux qui pren-
nent là défense de l'innocent et du martyr, pour cela
que des misérables salissent et insultent celui qui
veut arracher son frère au sort qu'il n'a pas mérUé.
Je publie ici encore cet acte d'accusation et si je
lui donne une publicité nouvelle, c'est pour montrer
de quel tissu de mensonges il est composé. Ueces
mensonges je ne rends pas responsable le pauvre
esprit qui l'a écrit, simple enregistreur des volontés
et des désirs d'un autre. Mais il est quelqu'un qu'il
faut souffleter avec cet écrit monstrueux, il est un
infâme qui doit être stigmatisé et marqué au front.
II est un gredin à qui désormais chacun devra
refuser la main c'est le JeSries, le Lanemas qui
a machiné ce drame abominable, qui a menti,
qui a sali. qui a torturé, c'est M. le commandant
marquis <tu Paty de Clam je me trompe, le
colonel du Paty de Clam, car quand il a eu accompli
sa besogne de bourreau, on a cousu un galon de plus
sur sa manche.
Le temps n'est plus des allusions ni des insinua-
tions discrètes, elles ne servent qu'à assurer l'impu-
nité au tortureur qui doit être châtié, ~'est M. du
Paty de Clam, qui le premier désigna le capitaine
Dreyfus, sur l'unique comparaison de l'écriture du
bordereau et de la sienne, c'est lui qui procéda à son
arrestation alors qu'il n'avait pour la justifier que le
témoignage contradictoire de deux experts, c'est lui
qui le maintint dix-sept jours au secret, ne reculant
devant rien pour lui arracher l'aveu d'un crime qu'il
n'avait pas commis. !1 avait machiné une comédie
indigne en faisant comparaître celui qui était désor-
mais sa victime dans un cabinet tendu de glaces,pour
surprendre une émotion qui ne ~intpas,une émotion
qu'il inventa plus tard.; il voulut entter dans son ca-
chot là nuit, armé d'une lanterne sourde, sans qu'on
le prévint, dans l'espoir d'arracherà la surprise ce que
la surprise ne pouvait pas dire. Il dut aussi regretter
le temps où l'on pouvait appliquer le supplice des
brodequins, du chevalet pu de l'estrapade; il y sup-
pléa de son mieux, par Finsulte, par la torture morale
par la séquestration absolue.
Il fallait que cet homme put montrer le capitaine
Dreyfus comme un monstre prêt à tout, et sa pauvre
imagination n'a été capable aue de mettre. dans le
dossier, des rapports de police anonymes, incontrô-
lés, incontrôlables, tissus de bas et indigents men-
songes. que les juges, que le ministère public repous-
sèrent le jour'du procès comme indignes de les
arrêter.
Mais nul ne sut alors la sentence des juges et quel-
qu'un aidé d'une presse indigne avait fait l'opinion
Qui, par une lettre anonyme révéla à la L~~ P~f~~
qu'un ofûcier j'iii avait trahi, qui communiqua aux
joumau~ par morceaux, ces rapports de policiers
dont le tribunal ne vp.ulutp~St qui, sinon celui qui
les faisait fabriquer par ses acolytes, qui, sinon le
même misérable le commandantdu Paty de Glam,
Mais ce n'est pas tout. Un, jour, j'essayai de soa-
leyer la pierre de ce tombeau qu'il avait creusé et
daB~s lequel il avait espé'ré~ ensevelir un homme en
même temps que sa propre infamie, c'est alors que
commença la plus ténébreuse des machinations. I)e
tous côtés, ou insinu.a que de formidables preuves
existaient contre le cap~taiae Dreyfus., des preuves
si terribles, si eifroyabtes que si une seule était pro"
du~te, te sang d~un million d'hommes coulerait.
J'avais pu connaître un dossier; mais il était un dos-
sier Secret, dossier formidable, qu'on avait été
obiji~é da soustraire à l'avocat et & l'accusé. C'est c.e
dossier qu'aujourd'hui brandissent les marchajnds,
de patriotisme a tant la ligne. ils en m.enacent ceux
qui; ne veulentpas permettre que justice ne soit
pas rendu.
tl n'existe, il n'a jamais existé d'autres, preuves,
coi~re le capitaine preyîus que, le bordereau écrit
par te comm~nda~t Esterlia~. J'afnrme~ mois
de septembre 1,896, le. bordereau seul saurait au
dossier. On prétend, que d.epuis d'autres pièces ont
été trouvées, un moment opportun quand parut
mon premier mémoire: on prë.te.njd que d'autres,ont
été fournies, quandîe b.ruit se répandit! de Tint.er-
véntioa de M.. Scheurer-K~stner.. en6n u~e demièfe;.
p~ècea été communiquée par le commandant Bste-
rha~y lui-même~ quelques jours avant qu'o~ le miît
en. cause. Quelle était cette pièce?, pétait une
prétendue lettre du majoc Panizzardi, attaché milir
taire. à l'ambassade d'Italie, .à M, de. Sqhwart~-
Koppént attaché militaire à l'ambassade d'Alle-
magne. Que disait cette .lettre: «Tu pars pour Berlin,
je pars pour .R.ome, à notre retour nous, nous occu-
perons de Dreyfus.
Voila le papier ridicule volé par un mysténeux
personnage aux archives. dQ la. guerre, dans l'intérêt
de celui .qui demain sera jugé, dont le générât BiHd
a donné reçu au commandant Esterhasy, voilà le
papier pour lequel sans dout<& <m veut faice le huis
cloa!t
Cette lettre est un faux du c~t~mandant Esterhazy,
et s'il est dans ce fameux dos&ier secret des lettres
du capitaine Dreyfus établissant aacuilpabilUé) lettres
incontestablement de récriture de ,bordereau ce
bordereau qui est de l'êcrituM d'Esterha~y j'ac-
cuse le commandant Esterhazy de les avoir fabri*
quée&, j'accuse le colonel dm Paty de Clam d'avo~
été son complice et d'avoir cpmposé ce faux dossier
que. des attachés ~d'Etat*ntajor protaonent .<:hezM.
Henri Rochefort et que des.mMustres des affaires
étrangère~ entrouvrent pOMr;M. Judet~ alors que la
communication en à été f~sée à M~ S~heurer-
Kestner.
Des papiers: Norton'forgés paar deux miaérablee,
voilà de que l'on trouvera dans le dossier secret, si
ce dossier secret n'existe pas seulèment dans l'imagi'-
nation 4e ceux qui en ont parlée si on n'a pas mya~
fine le toujours mystiôabie et ingénu M. Roche~ort~
si on n'a pas mystiôé tout ce pays pour servir de
basintérêts empêcher les cesp~sabilités d'êtca éta-
bHëa.les bourreaux, lè~tourmenteurs', les coquina
etijesincapaMes d'être <:hat~és..
Aujourd'hui donc trois questi~ms se posant et je
ne me lasserai pas de lespoM~ AVez~vous condamné
le capitaine Drey~u&a~ tes'jEMts énoncés dans l'acte
d'accttMtîon dressé contre tuipa~ le rapporteur
Bessonid.'0rmeschevHlë? Cet a)cte l'accuse uniq~e-
mteNt ~d'avoir! écrit unborder~au qui est de récf~
tare dut) autre, et la: ré'vd'sictn de so& procès doit
être faite. ;f!
L'avez-vous conddïnn'é' en. exhibaht' devant r.
tes
membres du conseil, ~npseutdo-docuBMnt cachée
l'accusé et à son avocat? Vous avez~commis une
Dreyfus ose
monstruosité sans nom, et la révision du procès
plus que jamais.
Anyrmcz voùs'que depuis unan des preuves péremp'
toires de culpabilité ont été decouvertes contre le
capitaine Dreyfus ? Alors ces pièces sont fausses,
<t
elles ont été fabriquées pour les besoins de la cause,
il faut les montrer, les discuter, il faut que les scélé-
rats de qui elles émanent soient punis et que le pro-
ces de leur victimesoit révisé.
Pour cela, il ne suf6t pas de faire passer le com~
mandant Esterhazy. devant un conseil de guerre, il
faut mettre la main au collet de celui qui a machiné
le procès Dreyfus, de celui qui, à ia veille de l'inter-
pellation Castelin en novembre ïS~é, écrivait au
commandant Esterhazyqu'il allait être dénoncé à la
tribune comme traître. Il faut mettre la main au collet
de ce fabricateur coutumier de lettres anonymes, de
celui qui signe des télégrammes de menaces du nom
de femmes qu'il a jadis diRamées, il faut mettre la
main au collet du complice de Sounrain.
Qu'on ouvre une enquête sérieuse sur les agisse
ments ducolonel du Paty de Clam, ce jour-là la lu-
mière ser.t faite sur le procès du capitaine Dreyfus
et sûr celui du commandant Esterhazy.
L'état-major général aura beau envoyé M. PaufSn
de Saint~Morel chez M. Rochéfort le colonel
Hentyà i~c~ <%<' P<< le colonel du Paty de Clam
à l'Fc/of~ il ne pourra échapper aux trois questions.
que j'ai posées et à leurs conséquences..
Qu'espère-t-il? empêcher la, lumière de sefaire~
la vérité d'éclater, les coupables d'être punis II ne
le pourra pas malgré sa puissance,malgré ceux qh!il
a enrégimenté, malgré les journaux à ~a solde, mal-
gfésesmenacesetsesrodomon.tadea.
Contre la vérité il faut d'autres adversaires,et c'est
vainement qu*on fermera les portes du tribunal, vai-
nement qu'on voudra, empêcher les témoins de par-
ler, vainement qu'on'décharnera la canaille, qu'elle
soitantisémiste ou patriotarde, qu'elle ait pour gé-
rant un Drumont ou un Rochéfort. fr
Tantqu'on n'aura pas tout dit, il est des hommes
qui parleront, je serai de tceux-là; rien ne pourra
m'arrêter et justice sera rendue.
.'<
Bernard*t<AZAMB. t''t..>,
f.~77' ~1
t
J~f.~OM~~
,1

t~ /d!~M~M
M~M~ ~CW-
J9~~M d'Ormes-
cheville, ~M/
111' étais servi en
mes deux premiers mémoires.
y~Û~M~ notes qui ~~MCM-
trent l'inanité et le mal fondé des allégations
et des ~«~M~ qu'il contient. ~M~M~ on
les aura on comprendra que M. le com-
~j9W.y~ ~o~M~M~ gouverne-
ait
déclaré terminant
en son réquisi-
toire orZ~j~M! morales ont disparu, il M<?
reste plus que le bprderèau, mais cela suffit.
Que lesjugesprennentleurs loupes
Z~/M~M sont aujourd'hiti la en-
tière, elle dira bordereau, qui~d!<?
~M~~7)~
damner ~< ~M~
déportation
~OM~ con-
un
/~77<? dans une ~M~j~<?~ la terrible
~M~ ~A~.
r~APP~RT
-s~ ~ëM.
f~'
~ey~fe~, o~t~ &~<<M<
'pë~M~t< ~'ar~~tc, ~api~i~ ~'S~A~'c')' <~e
~Ofr~&, ÏMCM~~ ~'<tUO~~ des ~~A!~&-
~?6 OMCM<~e<Ki~es ~e~~WM~S WP~C «M ou ~~M~MMt'S
a~ûM~ <~s ~~a~CM ~~M~e~ ~~is le <
!o!e ~f
~r~~ ~< 'eHë
~pe~fer ~M ~cy~& ~s Aos~tif~ ou
la ~t«~')'e <~oM!ë~ j~~ce e)t j~!r ~~M~
efes ~ccM~ett~ ~t/ ~o~7'<M-
'M%/b~M!t~ ~oH~ë ~dff~. ~~ir~ ~«fe~M~ w~~j~~e
~e ~Ps~-ts, «~f~ti&~ f~
M. le capitatïie Dreyfus est mculpé <i'avp!r,
en 1894,
pr.aUqu~es tnachtnâtio~s~u.entrete'nLu<~es inteUitgences
avec un ou plusieurs agents, de, (puissances étrangères,
dans le but de leur procurer les, moyens de commettre
des hostilités ou a entreprendra, la guerre contre la
France en leur ïtvrant des'doeusietnts secrets.
~La ba;se de l'accusation'poft6e contre le caplt&ihie
Drery~M est u'me ~ttre-NUs~i~' Act~te sut-' du papier
pël~ric (i) n'on st~oéb'ët a~tï ~té~, qui se ~tfeu~ au
daaaler; étaMIssaMi ~e dèa'd'o<Mtinettts Hii~tâirea coft!-
Sdentiels ont 'été b~résÈt ~n'à~ent d'une puMsance
~tram~ere (~ M.j~ ~énérîtI~Go~se~ a~'o'~chef d'~at'-
TBta;'or géa~âl ée l'a'M~~e~'eatfc les n~In&d~ael cet~
lettre se t'p<ya~àit~ l'&.r~ml~s 'p~r'~ole de sa'MM, ~'e
1$ octobM det<ntef, a MJte ~o~~m'dan't du Paty de
'Clam, chef'de ba<!aHlo's d'Mf«ater]!e hof~ eâdre< délégué
le j'4 octôbfe t&94 pà~e t~a~tre'de l'a g-ue~re,
~oothme ofâeler de pol~~ndÏciait~e, â:l'oSet <d<e' ppoëédeir
l'imstf~c'tlûa iautvt~ cohtre'te capitAt~'e Dreyfus. Lors
'de 1.? aal!sM de cette lettre mis~t'veJiM-. td géaférat <~onsë
.à ~r~c'à M. ro~cSer;'dë'po!Ice~ud!clair'é,délësu~ et
-précité qu'ètl'e ~và:t été'adressée 'A 'Ù~o pùtss'ànc'é étran-
ge et ùu~'llë lui était.~t~ct'uc'; tna'i's'~ùë, d'aptès"lës
ordres fbi-nicis dé M. 'tû'nii'ntstrè' de la guerre, !ï'në
pouvait !n'd!quer par diib~'nt'èyens ce document étàft
to~be e'n sa po88e8s:bh~~Ms't'ôriquedébité de l"ëtï<:tuëte
.â'tàqûelle il fut procé-d~'dans Iès'Bùreaux'deT&Kiâ)Of
de l'armée se trouve consigné dans le rapport que M. le
commandant du Paty de Clam, officier de police judi-
ciaire, délégué, a adressé à M. le ministre de la guerre
le 31 octobre dernier, et qui fait partie des pièces du
dossier. L'examen de ce rapport permet d'établir que
c'est sans aucune précipitation et surtout sans viser
personne a /'nor< que renquête a été conduite. Cette
enquête se divise en deux parties une enquête prélimi-
naire pour arriver à découvrir le coupable, s'il était
possible, puis l'enquête réglementaire de M. l'ofëcier de
police judiciaire, délégué. La nature même des docu-
ments adressés à l'agent d'une puissance étrangère en
même temps que la lettre missive incriminée permet
d'établir que c'était un.officier qui était l'auteur et de la
lettre missive incriminée et de l'envoi des documents
qui l'accompagnaient, de plus, que cet officier devait
appartenir à l'artillerie, trois des notes ou documents
envoyés concernant cette arme (3).
De l'examen attentif de toutes les écritures de
MM. les officiers employés dans les bureaux de l'état-
major de l'armée, il ressortit que celle du capitaine
Dreyfus présentait une remarquable similitude avec
l'écriture de la lettre missive incriminée. Le ministre
de la guerre, sur le compte rendu qui lui en fut fait,
prescrivit alors de faire étudier la lettre missive incri-
minée en la comparant avec des spécimens d'écriture du
capitaine Dreyfus. M. Gobert, expert de la Banque
de France et de la cour d'appel, fut commis à fin
d'examen et reçut de M. le général Gonse, le o oc-
tobre 180~, des documents devant lui servir à faire le
travail qui lui était demandé. Quelques jours après Ja
remise des documents, M. Gobert demanda à M. le
général Gonse, qui s'était rendu chez lui, le nom de la
personneincnminée. Celui-ci refusa. naturellement, de
lui donner. Peu de. jours après, M. Gobert fut invité
à remettre ses conclusionset les pièces qui lui avaient
été confiées, la prétention qu'il avait manifesté ayant
paru d'autant plus suspecte qu'elle était accompagnée
d'une demande d'un nouveau délai. Le 13 octobre, matin,
M. Gobert remit ses conclusions sous forme de lettre
au ministre; -elles sont ainsi libellées: « Etant donnée
la rapidité de mes examens, commandée par une extrême
urgence, je crois devoir dire: La lettre missive incri-
minée pourrait être d'une personne autre que la per-
sonne soupçonnée. a La manière d'agir de M. Gobert
ayant inspiré une certaine méfiance, le ministre de la
guerre demanda à M. le Préfet de police le concours de
M. Bertillon, chef du service d'identité judiciaire. Des
spécimens d'écriture et une photographie de la lettre
missive incriminée furent alors remis à ce fonctionnaire,
qui fit procéder à leur examen en attendant le retour
des pièces confiées à M. Gobert. Dès la remise de ces
pièces par M. Gobert, elles furent envoyées à M~ Bertil-
lon qui le i octobre, soir, formula les conclusions qui
sont ainsi libellées « Si l'on écarte l'hypothèse d'un
document forgé avec le plus grand soin, il appert mani-
festement que c'est la même personne qui a écrit la
lettre et les pièces communiquées, )En exécution de
l'ordre de M. le ministre de la guerre en date du 14 oc-
tobre 1804. M. le commandant du Paty de Clam procéda
à l'arrestation du capitaine Dreyfus.
Avant d'opérer cette arrestation, et alors que le capi-
taine Dreyfus, s'il était innocent, ne pouvait pas se
douter de l'accusation formulée contre lui, M. le com-
mandant du Paty de Clam te soumit à l'épreuve sui-
-vante II lui fît écrire une lettre dans laquelle étalent
énumérés les documents figurant dans la lettre missive
incriminée. Dès que le capitaine Dreyfus s'aperçut de
l'objet de cette lettre, fson écriture jusque-là régulière,
normale, devint irrégulière, et il se troubla d'unp façon
manifeste pour les assistants. Interpellé sur les motifs de
son trouble, il déclara qu'il avait froid aux doigts. Or, la
température était bonne dans les bureaux du ministère
oA
op. Ïc
le capitaine D e yétait
Dreyfus était arrivé
arrivé depuis
depuis un quart
dheure et les quatre premières lignes écrites ne pré-
sentent aucune trace de l'influence de ce froid j[4).
Après avoir arrêté et Interrogé le capitaine Dreyius,
M. le. commandant du Paty de Clam, officier de police
judiciaire délégué, pratiqua le même jour, i'$ octobre,
une perquisition à son domicile. Cet ofBcier supérieur
n'ayant entendu aucun témoin, ce soin nous incomba,
et, en raison du secret professionnel de l'Etat qui lie
M; le 'ministre de la guerre, l'enquête, dans laquelle
nous avons: entendu 2~ témoins, fut aussi laborieuse
que délicate. (5).
t! appert des témoignages recueillis par nous que ïë
capitatne Dreyfus, pendant les deux années qu'il a pas-
sées cOïnme stagiaire à l'Etat-Major de l'armée, s'est
fait remarquer dans dinérents bureaux par une attitude
des plus indiscrètes, (6) par des allures étranges qu'il a,
notamment, été trouve seul à des heures tardives ou en
dehors de celles anectées au travail dans des bureaux
autres que le sien et où il n'a pas été constaté que sa
présence fût nécessaire~).
Yi ressort aussi de' plusieurs dépositions qu'il s'est
arrangé de manière à. faire souvent son service à des
heures en dehors dé celles prévues par le règlement, soit
en demandant l'autorisation à ses chefs, pour des rai-
sons dont on n'avait pas-alors à vériner t'exactitude, ~bit
en, ne démandant pas cette autorisation. Cette maniéré
de procéder a permis au capitaine Dreyfus de se trouver
souvent seul dans les bureaux auxquels il appartenait et
d'y chercher ce qui pouvait Tintéresser. Dans !<e même
ordre d'idées, il, a pu aussi, sa~ 'être vM de personne,
pénétrer dans d'autres 'bureaux q~ue le siéû pour des
motifs analogues (8).
il a été àus$i remari~ué par ~n chef ~6 section que,
pendant spn! stage au bureau, lé capitaine Drettuë
s'étà~. surtout .attache à Tétudè des dossiers 'de mobiÏï~
satioU, et cela au d~nmën't du service comrant à ce
po~ntqu'e'& quittant' ce ~'rëau il possédait'~out lën)y~*
térë de la Concentration suric réseau de l'Est en tethps
de,~errè''(~
t,'e~amen aussi Mé~ ~tée lë~'cohcl'os~ons à formuler
au; s~et dé ~aIcttT'é-~i~~v'eint~imI~éé:appartiennent
évjdemmentplus.pàrtîcuïiérémentau~ei~rtsen éër~
tureë! cependant, à pré~ilëre vU~ Sabord, et à t'a Ibupie
ensuite, il nous est përtMs'dé ~Iré que l'écriture dè~ce
document présente n;mé très grande similitude âvëé
diverses pièces ou lettres ë~rites par lecapItaIùeBreyiM$.
et qui se trouvent au dossier. ~L'ihclIhâisMi de l'écriture',
son graphisme, le manque de date et de coupure dés
mots eh deu;: à la un des agiles, qui sentie propre dé~
lèpres écrites par'lé capIt$:Iné'Dreyfd:~ (voir sa lettrë~àu~
procureur de îa Ré~ubUquC de Versailles et les lettre~
ou cartes à sa nancéë qui se trouveht au dossier); s'~
trouvent; en ce qui 'concerne ta sighature, eHe thànq~ue'
.'JI,.
parce qu!elle devaitmanquer.'B~a sa ~ëpbsitîon, M.' le
cotonet Fabre, chefd~o 4' bureau'dë't'Eta~-ma~ordeï'ar-
<nee. dit qu'il & été frappé de ta aimNhuder d'6<*rltttre qui
triiate entre la lettre-'miasive iherMnee et tes documents
écrits par le capitaine !)feyfua'pendant son stage au
~'bureau. ¡
M. le Iieutenan~cotoa~ d'AbdvfHe, sous-chef cht
même bureau, dit, dams sa depë~tïôn, que ta fesseit~-
btance de récriture de la lettre tnertoamee avec tes' d<
eume'nts de compannaon était 6'appâ~ite (ïo)'.
En ce qui concerne tnessiettrs les experts, en notts
repartant à la première phase de retK~ête, c'e~-à-tNre
aN eonamencemeat du thdts d'octobre derïMër, nous
tFouvons d'abord ta îettye de M. Gobert précité, doîït&L
teneur est très Tagtte,d~MtNtivc.
Le ËbeMe des coMohisiens~ de cet expeft gïgninë qtte ïa
lettre anonyme qa~n a eKaminëe pout parCaïteïnao~ êtréott
ttfétpepasdehtpeï~onaa~MPiminee. <a
Nest & remm~o~qNeM. ~ob<f)~aM$u,pa~rmi tes d~-
<MmMnts de œ)~p<MM~aaéCN~sde!a main da capitathe
ii~yfus, un tpavaM~n~taM < ~~es sur les tMesti~ &
pfeMdfe en ~a~jM !~c <~c~f8 p~M~ ~re /%<? a«jf<
peMes. a CedocotmentiqtHceatpurteoa expose dëtaH~dés
Mssout'ees data Banque Ae P~ne~ en ca~ de gaerre'atMrà
ifBTcamaat beaaMopyaMea~Mt de' M. Gobent, ea Mi~n~ ~e
<BB qN'~ a été ea~~ a WB«aq«a~e FHHM8' et qtt~ ea é~
aN~uKt'tMÏ t'expe~Mt eeMtutes. !~capi!ain~Br~{~ ayant
pooriaiMaam t~avai~ ee~sakef le haut pef~M~e)(JFe la
~nqtMdeFMBe~8~pr~~ùad~n~<~etaN~saenië~~a<
cément été connued'un ceftaiMM~M~ct'etnpÏoyes (M~C'eat
thème, sans doato~ cô~ttqu~nëBé ?. ~obetrt a nous
t~pondre, daNs som ie~efre~atoHM~~qu'H Avatt pfeasanM Î6
m~pEt-de la peMdnne M~o~néC) é M!r~ de etnto~per~
aMtineHe, .mais que 0~ a'en a ëa Mana~aà~c~: Td~<~CM
tt't'<M que M. ~obept, atnM q&a n~~ !'avoïî~ tottjot~
~ar mn mctif i~aoré ahM~; 'a'deœaHdé à M. ~KOëntt
SoNaey soua-chef'd'~at~Major~lp n~ d~ ta' per~nB~
incrimmée. A quel mobile a-t-il obéi en cette circonàtanee~
On peut Mréà ee'jm~t Mett ~ea hypeàéaes. M~pdt~ûns
dire-itouteMs qa~ 'Mite~ demander ~on~aip& a~ ~é~ira
~tn-expert en éMitmrM'; peMMX de supposer qu~ ià lottt'a
c~~te~renda 4e €h~rt au <ai~aftre, êt<tMïo d'aMîëara
sans prestation de serment, ~t à,titre de simple rensei~na-
ment.a été rédigéesousl'empire de présomptions contraires
à la règle suivie en la matière par les praticiens. Par suite
de ce qui précède, cette lettre compte-roudu nous semble
entachée, sinon de nullité, au moins de suspicion. Son sens
dubitatif ne lui donne d'ailleurs, au point de vue juridique,
aucune valeur propre; elle ne comporte ennn aucune dis-
.cussion technique permettant de comprendre sur quelles
données M. Gobert a pu baser, son appréciation. Nous
ajouterons que M. Gobert, invité à nous fournir des explioa*
tiens techniques sur son examen, s'est dérobé; qu'en
outre, avant de prêter serment il nous a déclaré que, si
nous l'avions convoqué pour lui confier une spconde ex"
pertise, régulière cette, ipis, dans l'affaire Dreyfus, il s'y
refusai'. Nous avons dressé procès-verbalde en dire à toutes
fias utiles ou de droit. Ainsi que nous l'avons dit précé-
demment, parallèlement eu travail d'examen conné à M.
Gobert par le ministre de la ~uerre~ M. BertiUcn, chef du
service de Fidentité judiciaire, chargé BtUssi d'un premier
examen, avait formulé, le 13 octobre 1894, ses conclusions
comme il suit <,Si l'on écarte l'hypothèse d'un document
forge avep le plus grand som, il appert mHtntenanttpte
c'est la même personne qui a écn~la lettre et les pièces
iacriminées.N Dans son rapport du 83 du même mois,
établi après un examen plus approfondi et portant sur !un
plus grand nombre de pièces,M. BertiUona ibrmulé les
conclusions suivantes qui sont beaucoup pl<M a~fmatives~
< La, preuve est faite, ,péremptoire,vous savez quelle éta!t
mon opinion du premier jour elle est maintenant absolue,
complète, sans réserve aucune~*JI
Le rapport de M. Charavay, expert en écritures presse>
tribunal de la Seine, commis après prestation de serment,
conclus~onstq~i
~el~~()~~ ont
comporte d'abord une discussion technique détaillée et les
en résultent sont ainsi
qui e~ ïormutée? a Etant
ainsi. for.muléet&
données le~)0onstatations noiée& dans le présent rappca~;
j~ expert soussigné, conclus, que la pièoe. iucfiminée n* d
est de la même m~in que les pièces de comparaison dé
2à$0:.
Le rapport do M. Teyssonnières, expert en écritures près
le t~buna.l, commis après prestation de serment comporte
comme le précédent une discussion technique détaillée des
p~ces à examiner;ses conclusions sont ainsi formulées:
«En conséquence d& ce qui précède, nous déclaron,s~ sur
notre honneur et conscience que l'écriture de ta piôcb
incriminée n"i émane de la même main qui a iracéïécri-
tuMdespiêcesde2ô30.<
Le rapportdë M. PéUëtier, expert en écritures préaïe
tribunal civil de première instance de la Seine et ta Cour
d~appei de Paris, commit après bréstation de serment, qui
portait sur la comparaison de l'écriture du docuntent in-
criminé avec celle de deux personnes, comporte comme tes
précédentsune discussiontechniquerelativementrestreinte
des pièces~ a examiner; ses conclusions sont ainsi fbif-
Tnuieos: <En résumé, nous ne nous croyons pas autorise
à attribuer à l'une ou à l'autre des personnes soupçonnées
le document incriminé."
I! est à remarquerque Messieurs lès experts en écritures
Charavay, Teyssonniéres et Pelletier ont été mis en rap-
port ie jour de !eur prestation de serment à ïà préfecture
de police, avec M BerttMonq~t les prévint qù'it se tenaït
à leur disposition pour la' remise de certaines peïures dont
les photographies n'étaient pas encore terminées et q~i
avaient une grande importance au point de vue des com-
paraisons âMreentre les écritures. Des trois experts pré-
cités, deux seulement sont revenuË voir M. BertiDon pour
tecevoir cotnmunicatMn de ces péturéis, ce sont Messieurs
Charavayet Teyssonniêres; le troisième, M. PeUétiër, ne
6~est pas présenté et a Ïait son travail, qui portait cepen-
dant sur ta comparaison de deux écritures au Heu d'une
<iv<)C Ïa iettre missive incriminée; ~ans aider des docu-
ment que devait M remettre M. BertiMoa et qui bRraÏéht
cependant att moins autantd'intôrôf pour lui que pour ses
cbMégues. (i2).
Le capitaine Dreyfus a subi un ton~ interrogatoire de-
vant M. rofncier de ponce judiciaire ses réponses com-
portent bon nombre dé contradtotions, pourne pasdtrC
phts. Parmi eties, it v eh a'qui sont particuiiéremënt inté-
ressantes à relever KM, notamment celte qu'it 8t au moment
de son arrestation, Ïe d 5 octobre dernier, lorsqu'on le tbuitlà
et qu'it dit « Prenez mes c!e&, ouvrez tout chez moi/vous
ne trouverez rien La perquisition, qui a été pratiquée à
son domicile, a amené ou a peu de choses pré~, le résultat
indiqué par lui. Mais il est permis de penser que, si aucune
lettre, ntéme de &un:He, sauf Celtes des ~ancaiUes adrea'.
.sees~ Drey~, aj~cone npte, mé~e de.~Mtrnias~Hjra.
.C~nt ~te t~ouvëe&dons pe~cperqmsi~o~ c'est que tout ~B
quiaurah pu ~re ea ,qae!qjue. <agpB cn~pMtpettant aurait
me cache bu détruit de tout t<'mpa~S).ToiMtrinterro~totrp
.bi1~e~a~t
aubi,devant ~~I.
M. ~.l'~f
rofpc~er
ji~le~ f do ~1,j~ic,ir~e~t,ém,aiU~
de,p~j<tdictoir~est émaiHe; de
jd~Bpt~tions pera~s!a~tes et ausa~~e pp~eptatic~sdu 0)p<-
~ine Dreyfus <?o~tt~ !e ptume qui ~u~est repFOphô. Au.~é-
!M<t do çpt ~tenro~io!M,t8<M<M! DrpyfuaavMt d'a~d
(j~ qu'Htu! seo<JMa<tvaga0!~eBt~con~tredan~le d~ca-
meattncnnt!ne t'écrïtOM d'un o'ïj~oteretB~oy~daoa~
jr~M~: d~ l'~ja~-nM~rd~ Fann~e paia. aevant tMaa. a
dpctaf~ rebre~cet~ aHé~at~nauï, d'~Ueurs~deYai~tpt~~
Ï~r ~te-tnétoe en présence d~Ja dtMembtat~ce oo~p~~
et évidente du type graphique de t'éc~~pe d)9 ~~ar~s~
~v~ceM~dudQCHn~tMtet'tmi~).
~he autre repoo~e extfaqrdtnatMt faite au. con~d~ pce~
N~terfQga!otr<t«t ma~te~ue~vant nQua, estoette !<
B~M*
ta~ve a i'M~cu~te .4?a docH~fM~~~reta
jBonSd~btieï~
qu~ d'après le ca~~HftB.D~yfu~auraMBt pa& ét4j;f)~
sûreté parité aM 2" ~t~eau de t'~t-tna~ ~éRoq~ o~ù
i~ faisait son, sta~. Cette a~gation d'~séca~té p'a.~
joonnrm~ ;par awuR fëaMMn, CBteMdu è ce s~~ eMe de~~t f~
~epeï)da~ ~oir b~ da~s i'e~pnt ;de MMi, ~uteur~
e~~ie ewBa dans te pcen~ier MtM~c~~tojn~des Mponseaa!)'-
~lument tocohëret~es~jteïÏea que,e~Ues-c! ;a ]~e)3, e?:pa)r<&
se t<pent,ta;~eit!te n~siye iB)~in(tmée est t'~vpe d'-UB
6tu~atCQ~ (Mt a <~e!'cbé imiter ~oo je~t~e. La !~tf9
mis~ve tocrMMtp~a pM) ôtre ~taMta à ~aMe do fre~me~
<jtp j~MW écrtture ~ec so~ ,MM8 ré~pis.pou~ ~pr
toer.uo iout qjHji .pacait~teieHre. ~'ep.se!~b~de ta !e
~HBite~ ,q~ a
no ressentbte pas à cobn écriture on n'a môme pas eber<}h~

Dans i~terrogafoM'ej jsn~i davaat ) nc~Hs, tes). m&-


ponses du c~~M'~ t)r~~s e~t t(~ôu~~p~tpnuea.a~~
<tap grand~i~c~ et il. ast~tte de) s'en~ndra cpn)pté
papteno~b~MOSK~~d~~p~r~~
Ïe'pr~és~er~aJ. Quand c~pHatn<e:eyfua.has~'?d~u~
aM~nn~ttOQ~jH.8,~n)pjee8saAt ~e~otne~t d~ i'aM~nuer.par
.dtts~Fasps vagues pu QïBt~rpUti~epSt~ssayant t<~j<HNraïha~
gré ~tes noaob~epvatKWs..daqtteatM~ner (~
J~ .conversât~ saw ôfr~ d'atHeucs ip~M tthratut~f t~-
d'ct~
ppas~ ce sy~àitte~s!' ao~ n~ y ~9a ~8. aoratt.:pML
:a~6ir des conséquence~ fâcheosea pour !a tbrme même de
~'(18). j,:
l'in~errôgato~, étant donnée l'habiteté Au oapita!ne t)rey-
Si on compare les réponses que nous a Battes le chpita!ne
Dreyfus avec les déposttiôhs de quelquestémoins en~dus,
H en résulte <*e!te pémb!e impt~ssion, p'bsi qu'il vpi~ sou-
véhtla~érH6 et que toutes les Ma qù'H se sent ~ré de
pfës, H s'en ti~e sans fK)pdëdifn6tnté,gràceâla souplesse
4é86nesprit(l<}}.
Ëtl somi~e, H résume dé !a d~pos!ti0n de plusieurs ~é*
thoins, que te capitaine Dtfeyfua a atHré~suf hii ta juste sus-
piC!ôn de ses camarades qui te lui ûnt thontM d'une fa~oh
bien nette: comme le capitaine Bot~!enger,'ën ne fêpoh-
~antpas aux ques~ons ihaiset~es qu~! tùi posa su)" des
araires Secrètes ou conndentMuèsqu'iÏ traitait; ou encore
c~nme le Capitame Bessé, le \byànt travaiUer dans soï~
Bureau té 8 septe~tbre dernier sur du papier particuïtéf au
Heo' de te faire sur un ~ocuh~ent~iniiMpê à cMui qu'it ~ït
à niettre à jour, lui en nt t'obser~ation ou eticôro !e câpiL
t~tïé'Maistre, tui dtsaht qu'Ului conMnuhiqueraît iëa tfa*-
conadenHots dontîï pe~rrait êtt~ eMar~é, Mats isur
ip~ë et dans soh bupèau seuïemeht. Ïi sëmMe quo'ce
:sv~énid de iinretagê,'dé conversations 'indn<crètés'wù'tuès,
~Tn~èsti~atiohs 'en dehors de ~e dont était enar~e/qùe,
p~~iquaiiie capitaine'Dreyfus', était Surtout base sur 'ià
Jlëûessîtêdëàe pr~ut~fle ptus de rénsëtgnëtnehts~d~'ers
~ossib~ orauTt~u ebrits; a~aht de' .tëtiMmef''gôh 'sta~' à
.rétat.majordera~éè. Cette attMudë~t&~heét';àhb(n!~ë
~ïttïs de Vaè, présenta une ~aMde'~natôgie'a~eécette
dé~ 'peraoh~és qu~ pratiquent' l'ësp'ÏOnhage.'Â'u'ssS, en de-
Abrs de la s4wnlitode -rëaïar~uableêe ~fUtre Au captiaïnè
Breytus avëc'eeMe du'~dea~ëQ't ihRritni~è.' cëMe atUt'ud~
-à'~ unifactè~rsôrî~ù~sonpa~f~rs~u'U s'es~'à~ 'de
~;ïnètt~ eti état d'arreatàUbh' d'~trutre'cûn~rë iui (t?)'.
~ïJà ccnduite 'privée d'à capitaine B'fëyfQ~est~oin'd'~rè
~ëmp!aiT~ avant son 'ïhàpiagë, d6pùt& i884'notatntneht,
te trouve eu tet~ôas~ata~es ~~c une femine-X., pl~us

.iii.
~q~ètut, <nar!<?e, riche, dohaan'tdëis'repas auxquels il
~6ohv!é, car $8t:t'àtnt de M.' 'négociât à' Paris.
L~ relations dont~l -vient'd~~pan'lé~urérent'fortion'g-
tétn~. A iattïé~ë'ép~què; Te'~pit~ë Dreyïus est egaM-
<n6ut!ôn relations ~pcÛn~fentmeDida, aussi plus âgé~
<! 1
que lui, mariée, fort riche, qui a la réputation de payer ses
amants et qui, à la fin de 1890, fut assassinée à Ville-
d'Avray parWtadimirotT. Le capitaine Dreyfus, qui était
alors à l'Ecole de guerre et qui venait de se marier, fut
cité comme témoin dans cette scandaleune affaire, qui fut
jugée par la Cour d'assises de VersaiHes, le 25 jan-
vier 1891 (18). Pendant son séjour à l'Ecole de pyrotech-
nie de Bourges, il a pour maîtresse une femme mariée,
il en aune autre à Paris, également mariée et qu'il ren-
contre quand il y vient. En dehors de ces relations, avouées
par le capitaine Dreyfus, parce qu'il n'a pu les nier, il
était, avant son mariage, ce qu'on peut appeler un. cou-
reur de femmes, il nous l'a d'ailleurs déclaré au cours
de son interrogatoire. Depuis son mariage a-t-il changé
ses habitudes à cet égard? Nous ne le croyons pas,
car il nous a déclaré avoir arrêté la femme Y. dans
la rue, en 1893, et avoir fait connaissance de la
femme Z. au Concours hippique, en 1894. La première
de ces femmes est autrichienne, parle bien plusieurs lan-
gues, surtout l'allemand; elle a un frère officier au service
de l'Autriche, un autre est ingénieur, elle reçoit des ofn-
ciers c'est une femme galante, quoique déjà âgée, le
commandant Gendron nous l'a déclaré. Le capitaine
Dreyfus lui a indiqué sa qualité, l'emploi qu'il. occupait
lui a écrit et &utdes visites et finalement s'est retiré
parce qu'elle ne lui a pas paru catholique ensuite il l'a
traitée de salle espionne; et après son arrestation, son
esprit est hante par l'idée qu'elle l'a trahi.
En ce qui concerne la femme Z. bien que le capitaine
Dreyfus prétende n'avoirjamais eu avec elle que des rela-
tions passagères, il est permis de croire le contraire, si on
se réfère aux deux faits ci-après reconnus exacts par lui au
cours de son interrogatoire i" une lettre écrite par cette
femme en juillet ou août dernier vie,u capitaine Dreyfus se
terminant par ces mots A la à la mort qu'il
y a environ quatre mois il a proposé à la femme Z.. de
fui louer une villa pour l'été, à la condition qu'elle serait
sa maîtresse. L'idée du capitaine Dreyfus en lui faisant
Cttte onre était sans doute de faire cesser ses relations
avec un médecin qui l'entretenait. La femme Z. était ma-
rice ou passait pour l'être. Le capitaine Dreyfus nous a dé-
claré avoir rompu avec elle parce ou'U s'était aperçu
qu'elle en voûtait plutôt à sa bourse qu à son coeur (19).
Bien que le capitaine Dreyfus nous ait déclaré n'avoir
jamais eu !e goût du jeu, il appert cependant des rensei-
gnements que nous avons recueillis à ce sujet qu'il aurait
fréquenté plusieurs certes de Paris où l'on joue beaucoup.
Au cours de son interrogatoire,,il nous a bien déclaré être
alléau Cercle de, la Presse, mais comme invité, pour y
dîner il a aMrmé n'y avoir pas joué.
Los cercles-tripots de Paris, tels que le Washington-
Club, le Betting-Club, les cercles de l'Escrime et de la
Presse n'ayant pas d'annuaire et leur clientèle étant en
gênerai peu recommandable, les témoins que nous aurions
pu trouver auraient été très suspects nous nous sommes
par suite dispensé d'en entendre (20).
La famille du capitaine Dreyfus habite Mulhouse. Ses
pères et mère sont décédés il lui reste trois frères ett 'trois
sœurs. Les sœurs sont mariées et résident: l'une à Bar-le-
Duc, l'autre. à Carpentras et la troisième à Paris. Ses
frères exploitent une filature à Mulhouse l'aîné, Dreyfus,
Jacques, âgé de 50 ans, n'a pas opté pour !a nationalité
~ancaise.
M. Dreyfus Raphaël, père du capitaine Dreyfus, a opté
pour la nationalité française le 13 mai 187~, à la mairie
de Carpentras (Vaucluse). Cette option a entrainé celle de
ses enfants alors mineurs, ainsi qu'il appert du duplicata
t!e l'acte d'option qui se trouve au dossier.
Le capitaine Dreyfus est venu habiter Paris en 1874
il a été successivement élève au collège Chaptal et à
Sainte-Barbe, puis Ha été reçu à l'Ecole polytechnique
eu 1878 avec le n* i 78 et en est sorti sous-lieutenant d'ar-
<lerie avec le n* 138 il est ensuite allé à l'Ecole d'appli-
cation où il est entré avec le n" 38 et d'où il est sorti avec
le n 3~ classé comme lieutenant en second au 31' régi-
ment d'artillerie en garnison au Mans, il- y fait le service
du i" octobre 1888 à la fin de 1883, époque à laquelle il
fut classé à la 4* batterie à cheval, détachée à Paris. Le
i8 septembre 1889, il est nommé capitaine au 21' régiment
d'artillerie, adjoint à l'Ecole centrale de pyrotechnie mili-
taire de Bourges le 21 avril 1890, il est admis à l'Ecole
de guerre avec te n* 67, d'où il est sorti en 4892 avec le
n. 9 et la mention a Très bien e. De 1893 a t894, il est
~fagiMire à l'état-mfjor de l'armée.
Lors.des examens de sortie de l'Ecole de guerre, le oa..
pitame Dreyfus R prétendu qu'il devait à la cote, dite
d'amour, d'un général exwminateui', d'avoîreu un numëc&
~~rieur â celui qu'il opérait 'obtemf il cherche alors à
<a<e'er un !ncident en récla'mant contre cette cote et partant
'cOMtM le généra! gai la lui a~ait donnée. Il prétendît
que cette <;ote, quiëtai't 5, !ut avait été donnée de part~
pris et en ra:Mn de ta 'reHg~onA laqueltë il appartient il
attriba~mém'.) au général ~examinateur en question des
propos qu~awatenas à <? sQ~t.L'in~dent qu'il cp66
'n'eut pas ia suite qu*it espérait mais. depuis cette ép'o~
que, M n'a cesaé de ~e plaindre, se difant victime d'une
inJMBtice qu'il traite même à roccasioh d'infamie. Il esti
remarquer que la ,cote; dont soit plaint le capitaine Dr~y~
'f~ était secrète; on s'étonne à bon drott qu'il ait pu lu con-
naître si ce n'est pas une indiscrétion qu'il a commise M
provoquée. Comme l'indiscrétion est !e propre de son ca~
Mctére, nous n'avons pas' lieu de noup étonner qu'il ait
pa'conMdtre cette coi~ secrète (81).
Lest~otes suoeessives'otjtenues par 16 capitaine Dre!yfu<s
depuis son entrée' au service sont généralement hb'h~S,
~uelqNetbis même excellentes, à Fexc6ptioh dé ~ceîl~a qui
lui <mt cté donneies par M. !e colonel Vabre, chef du 4~0~
reauderétat-majordo l'armée~.
En tce'qui concorme tes voyagea~ft~Mpitaitte DreyfUs, 8
résulte de ses aéciarations à l'interrogatoire qu'il pou'vait
se rendre en Atsàoe em cachette, à 'peu près qùAn4 i~ le
voulait, et que les autorités aHémandes férmaîént le~
yeMMM'saftrësenee.Getto ifacutté de voyager ctan~st~
nemént qu'aiva~t le' capitaine Drëyius contraste beaucoup
a'~olescHt'ticuMés~'eprou'vaient~lamôme époque ~t'd'ë
tout temps tes ofuciters ayant'à se rendre en Alsacep0u~
oMemr des aM'MrisatiOns' ou 'd~s passeports des autoL
~ités~temMndes; ~Uepcut ~vbif'ù'Aéràtson que le p6~~
temps qu'a duré~que~e'no'n~us'a paspermi~ d'apprd~-
fondir(~.
Ën~'qu'i conoer~'e tés i!~sih~t!ons d<t capitaine Drey-
fus far des ~its d"'am0t~a~e 'qui s'é pratique~ait~dt
%ël<Mt lui au nnn~stére dé ia ~~erre~ ~Ites nous semblent
~'voir~en pouf 6bj<ët dH lui 'ménager ~n moyen de dé~nse
s'i'l !étatt' at'rôté Mn jour porteur dé documents secrets
ou contlde'<ttets(24). C'est s~ùs dbute cette préoccupation
~airaWme'né A'no p~s d'éguisef d'avantage son écriture
dan~ le document incna~n~ Par~ontre, tes quetques a~
MtMn~vpiontairea qu'H y.a mtrpduitës ont pour ph~
en
de ~i permettre deTar~uQr de tqux pour cas plus 'N~-
probab!e oa !e docutnpnt epr~s,étre parvenu a désunion
~ratt retour au nunist~r~pa~~uita de ~u'oonata~nce~ o~
p!ré\~esp<r~i(85).
Ouant re~tiyes à ï~ connaissancequ'avait
aux preuves
ï~ cMpitahe Ui'eyfu$ ~s ~ojtëspu document enumere?
!a lettremt9siveitMr~!née et qui ~ont accompagnée,
)e prenuer interrogatoire ausiM .bien que c'?lut qn'it a subi
tïpvattt nous etaMtssent tnatg)*~ les. den~M<.ipo~ su)~tHe8
~U yappposëest qu'~l~it parfaitement en mesm~ de
les. 'ournir..
Si uous examinons ce~uptes ou ~ocumept~noun trou-
vons d'abord ia no~e sur !ë :frèw ~ydf&utique du. 1~0. L'ai-
da iion produite parie capitaine Dreyfus au 8.ujnt de cet
en~n tojwbe, surtout si ~oncoMsMére qu'il lut .a ~fu~e a9
procurer, soit la direaMon derartiHerte, soiLdan~ <~
cp~yersiations avec des officiers .d~ soo ~rnte., éte<[nents
n~ssairea pour être en césure de produire itanoAe en
Question. (~.
Ensuite vient une n~tesur tes. troupes de couverture,
avec ta restriction que quelques mod'ficatioua,seront appor"
t~es par le nouveau pian. J~ noua paraît ,imMpsstbte.que îe
(~ptta.ine Dreyfus n~a~ pas e~ con~issanoe des tnodti~ca,-

Mractéreconndènti~Mais noo;aJ~soÏUj~ et
tions apportées au fonctiôn~~en.t du ccimM~and~ment de~

(.
jtr~apes de couverture au n~ts d.'avrn. jEatt ayanU eu un

ofOcters empbyes 4 ret~t-p~j.or dp ~a~ayau~ aa~te


pu s'en entretenir entre eux e~.en~a préa~~
~~ce qui. conce.rueta. note sur ~e~a~tf~tiun.auxfo?~~
tes

t~attous de l'artiUérte, doit s~agir da !& suppression d~s


~P~it,~hQl~~tlet des m?,fl~a~l~r~
pp~tonniers et ,J~~ ~od~atMu~e~ resu~ il~n, L,. llesJ¡
H es~ inad"
1~t\d~
~s~ibie q'~un ot~p'er~en~ a~nt. et~.empipye a~
m~~tet' bureau d~ fe(at-ma)or.de t'arn~p ait pu ~Q d~in-
teres'ëe)f.des suites .u~e, pareMe tr~n~~artnattou.a.u pota~
~e t'~ndrer que~uea setna~ës avan~ qu'e~ ne tienne
'~uur ce qui est de h not? su,r Madagascar, qui pr~aen.'
~t 'un. ~rand ioterét pour une puMaance én'ah~e
~nttnë tout !e fa~a~d~ prévoir, una ~x~dttiou. y av~jL
~e'envoyée au cotaoMncej~pnt ~9.1.8~ ie.capttuine th'~y-
fus a pu facilement se la procurer. En eHet, au mois die
février dernier, lé caporal Bernollih, alors spcrétairé do
M. le colonel de Sancy.chefdu 2' bureau de ?'état-ma)or
deFarmée, fît une copie d'un traçait d'environ 28 pages
sur Madagascar,dans ranUchambro contiguë au cabinet dé
cet officier supérieur. 1~'exécuUon de cette copie dura envi-
ron cinq jours, et, pendant ce laps de temps, minute et
copie furent laissées dans un carton placé sur la table-
bureau du caporal précité à la nn de ses séances de tra-
vail. En outre quand, pendant les heures de bureau, ce
gradé s'absentait momentanément, le travail qu'il taisait
restait ouvert et pouvait par suite être lu, s'il ne se trou?
vait pas d'oMciers étrangers au deuxième bureau ou incon-
nus dé lui dans l'antichambrequ'il occupait. Ce gradé nous
a déclaré dans sa déposition, mais sans préciser de dates,
que le capitaine Dreyfus, qu'il connatssait; était venu
quatre ou cinq Cois dans cette antichambre pour voir M. !lé
colonel de Sancy, pendant qu'il faisait son stage à la sec"
tioh allemande. Ce document encore pu être 'ù par te
capitaine Dreyfus quand il a été réintégré a la section an-
glaise qui s'occupa~ alors de Madagascar, en raison de ce
qu'il a été placé temporairement dans un carton de casier
non fermé (29).
Uuant au projet de manuel de tir de l'artillerie de cam-
pagne du t4 mara i894, le capitaine ~reytus a~ reconnu
au cours de son premier interrogatoire s'en être ëhtreteXMt
bureau
à p'ù~eut~ reprfsosavecunoMcter
dereprise. supènéupdu
savecun offt~lers~perleur, deuxième
du ,deuXlén.u~
bureaurésumé,'les
de rétat-major de l'armée
éTéments de l~ccusaMon
(30).
En portée contré le
capitaine Dreyfus sont de deux sortes éléments moraux
et éléments matériels. Nous avons exa~thé les premiers;p
les seconds consistent dans làlettt~ )ciss:vé inonm~
née, dont les examétis par la majorité dë~ experts ausM~
bien que par nous et par les témoins qun'dht vue, a p)~é-
senté, sauf des dissemMancesvoIbnïjàiré~unosimilitude
complète avec l'écrituM authentique uù Mtpit&iMe Dreyfus,.
En dehors de ce qui précède, nous pouvons dire que le
capitaine Dreyfus possède, avec des connaissances t~ès
étendues, une mémoire remarquable, <ttu'<it parte plusieurs
langues, notamment l'allemandqu'il Mttt à ibnd, et l'itaUën
dont il prétend n'avoir plus que de vaguer !<otio)is qu'tÏ
est de plus doué d'un caractère très souple, vo~e même
obséquieux, qui convient beaucoup dans les relations d'es-
pionnage avec les agents étrangers,
Le capitaine Dreyfus était donc tout indiqué pour la mi-
sérahie et honteuse mission qq'il avait provoquée ou accep-
tée, et a laquelle, fbrt heureusement peut-être pour la
France, Ja découverte de ses menées a mis nn.
En conséquence, nous sommes d'avis que M. Dreyfus,
AMrod, capitaine breveté au 14' régiment d'artillerie,: sta-
giaire à l'état-major de l'armée, soit mis en jugement, sous
accusation d'avoir, en 1894, à Paris, livré a une puissance
étrangère un certain nombre de documentssecrets ou con-
fidentiels intéressant la défense nationale, et d'avoir ainsi
entretenu d~s intelligences avec cette puissance ou avec
ses agents pour procurer à cette puissance ïes moyens de
commettre des hostilités ou d'entreprendre la guerre contre
la France.

1. MM..
Crime prévu et réprimé par les articles 7j6 du Cod<
péna!, 7 de la loi du 8 octobre 1830. 8 dé la Constitution
du 4 novembre 1848, l~dela loi du 8 juin 18&0, i89et ?7
du Code de justice militaire. w

Mt à Paris te 3 décembre
~e jRàppOf<eur,
ij' Stgné.'D'ORMESCHEVILLB.
i ..1.
NOTE~ aJ.i
i)
a jamais achetajamais eu entre tes mains.
Jamais !e Mpitaiae Bre~fus n'a possédé du papier peture

2) Le capitaine Dreyfus n'a jamais eU de rapports avec d<*s agents


M n'M
'i'
d'oae puissance ~<r"agen?, l'accusation n'a. à aucun moment, pu é<abt<r
des raiattons suspectes que le capitaine Dreyfus aurait pu avoir avec~tet
agents de t'étraager Si c~& relations avaient ex~eté~ l'acte d'accusation
n aurait pas manque de les mentionner et de tes prouver.
3) Ma été étaNi d'une fa~on pêremptoir~ Me ces documenta éma-
naifnt tous, non d'un officier d'état-major, mats d'un officier de troane
peo au courant des chMas de !arti)~ie~~puisqH'n ignorait !es termas ea
usage dans cette arme, Mtiseu'MprQposatt une note sur le frein hydrau-
UQùe de <20, ~eio qu!aneurë,~apt6 la ??<% enqnestMn.auxgràudes
ntanœnvrett <to t'Est en i8~e6 assistaient tes attachés militaires des
puissances étrangères qui ont pu se rendre compte par eM-memes da
ta maoière dont fonctionnait la pièce de i 20 muni de son frein.
Il est prouvé maintenant (tant par son propre aveu que-par divers
témoignages;que !e commandant Hsterhazy a eu en sa possession le ma-
nuetdet'rde!'attiHer!e,objetde la dernière note. Il se l'est procuré
d'une~acM anornM!e,<wqu'iia~itressortir dans son bordereau en écri-
vant <t ce dernier document est extrêmement difficile à se procurer. »
Il n'est difMie a se procurer que poor un officier d'infanterie e) non
pour un officier d'artiHerie. On satt aussi que M'te commandant Ester-
haxy attait ses /)'tM au camp de Chaloas pour suivre des exercices 't'ar-
~iUerie De même, en qualité de major de son régiment, M* le com-
mandant Esterhazy pouvait facilement faire une note sur les troupes d<
couverture. Quant à ta note sur les modifications aux formations de l'ar-
tillerie, le premier venu non militaire même poavait la fournir
puisque te 10 mara 1894 (le bordereau est de mai 94) le projet de loi rela-
tif à l'organisation de l'artillerie et du génie, parlant de la <t suppression.
des pontonniers) études tmodiSeaMaas~m résultant e, a été défosé sur
le bureau de la Chambre La commission de l'armée en était saisie le 16
mars < 894 et tous les députés, tous les sénateurs, tous les journalistes
avaient le projet. La note sur Madagascar est sans importance aucune,
chacun pouvait la faire avec les documents mis dans le publie, ce n'était
même pas des officiers qui au ministère de la guerre étaient chargés d.
colliger des rapports sur la question. Du reste le bordereau avait si peu
de valeur que son destinataire l'a déchiré et jeté au panier.
4) Tout ceci est mensonger, la lettre dictée par M. du Paty de Ctam
au capitaine Dreyfus est &u dossier. Elle est écrite d'une écriture nette,
régulière et calme. Le trouble du capitaine Dreyfus n'a existé que dans
l'imagination da oommaadant du Paty.
!!) On voit que le capitaine Dreyfus a Men été arrêté aprf's deux dé-
clarations contradictoires d'expeft, et qae tes seuls étéments que possé~
dait)M. du Paty de Ctam quand~H a conclu & t'ordfe d'informer étaient
le bordereau wr lequel les expeata ne e-'eatoadaient paa. li n'avait aa~
cua. autre fait, aucun témoignage. MM lequel il pouvait s'appuyer poar
déclater le capitaine Drey fus MMpabte.
&) Ce n'est qa&tors do passage du capitaine Drey6ta au 4e bureau qu&
so)t attitude fut ju~Se indiscrète par le commandant Bertin, qui était en
mauvais termes avfc lui. Le commandant 9e!)tin M'a pu apportM* en t)~
moignage aucun fait justifiant ce qui était chez lui une impression. Il a
ët~ reconnu que le capitaine Dreyfus n'avait demandé à aucun officier
coBMnuoicatioade travaux confidentiels.it emprunta. seulement une jour
à un officier, le capitaine Maietre, un trawait d~etade personnet sur le
jeu de la guerre il lui avait d'aitteurs prêté Ici-même certains de ses
travaux personnels. C'était un échange de bons procédés entre coU~gues.
7) H n'y a que te c<Mnnmndant du~ Paty de Gtam qui a prétende avoir
rencontre le capitauM DMyfusaa aoirdaas an bureau a une heure ou il
n'aurait pas dû être. H a ft< reconnu que le capitaine Dreyfus venait ce
soMa. rendre compte au capitaine Gorvisart de travaux dont ii avait été
cba~é de surveillen t'autograpMei.
8) Le capitaine Di'eyfusneNt son~secviee à une heure qui n'était pas
son~tMtMe habituette. que du 15 ac~t aa X~ septembre, pendant le sé-
jour de sa femme à Ho~tgate. H venait alors au ministère vers midi
a~M l'autorisation dUitieutenant~cotonet Boucher. commandant
MeMier-Muoa, arciorant au buream avant t'heur~ a. tMUvé deax fois. te
capitaine Dreyfus déjà arrivé. Nul n'a jamais pu attester la présence du
capitaineDrey.fus a uneheut~iMéguitère à n'importe qaetteautreépoqms
ni aaté<'ioufea tadâeouverte de bordereau ni <~nteotporaine ni posté-
rieure~ Ktd ne l'a jamais va prendre qoeique chose,'nul ne t'<t jamais
vu fouiller quelque part. Tout ce que dit l'acte d'accusation constituedes
insinuation); sans preuves.
ToHatesdQcumentsconNdeNtie!&Ottsecrotssontd'ai!!eurs en~Tmésdan~
des armoiresfennaet à clefetpessédaBi, en outre, unebarre' de far et un,
cannas à secret. Pour pouvoir. fouillér dans les armoires, il faut dette
conaa!tre i" Le mot des cadenas à secret; 3* La clef dea armoires. Or
IMScier stagiaire ne connait jamais que te mot det'armoi~eptacéedans
ta. pi~oa où il travaille. Pendant son séjour au 3" bureau le capitaine
DMytoa ue conaaissatt' que te mot de l'armoire située dans la section
des manœuvres. Le capitaine Souriot qui travaillait en face de tui, te
capitaine Hirschauer et le commandant Mercier-Miton ont pu témoigner
qu'Us ne ravMent: jamais vu oGe*;pé qa'a son travail habituel. Ces insi-
nuationsmeasrngeres sont t'oeuvre du: commandant du Patyde Clam,
qui~n'a jamais pu les justiBer qu'on disant avoir rencontré un soir dans~
son bureau,, entre 6 et & heures, te capitaine Dreyfus, it a ét~ étabti
que, ce soir-ta~ te capitaine Dreyfus venait remettre au capitaine Cor~
visasCt le trahit demandé par cet officier et dont it est question ptos haut.

9) Nous avons déjà dit qa~ te capitaine Dreyfus' était en mauvais


termes~avec son! chef. de section, dn~ bureau, le commandant Bertm~
Quand le capitaine Dreytu~arciva aa 4° bureau, it n'y trouva nen'&'faire*
En enot.il n'y eut plus de nouveaux plana dans l'hiver 1893-94. Le capi-
taine Betin. son prédécesseur, dit au capitaine Dreyfus, en lui ouvrant
tes portes toutes grandes: « Lisex; voyez comment nous avons fait jadia,
voyez comment nous faisons maintenant, cela vaudra mieux que tous les
discours que je pourrais vous faire, » C'est une pratique constante
envers tous les stagiaires dans les bureaux de la guerre, Au 4' bureau,
le service était si peu absorbant, qu'on dut donner aux stagiaires un tra-
vail Uctif de transport, de concentration, auquel le capitaine Dreyfus fut
appelé à participer. C'est là le seul mystère de concentration des troupes
dans t'Est qu'il ait pu connaître.
10) On voit que tous tes officiers des bureaux de la guerre se piquaient
de graph logie et puisque leur opinion sur l'écriture du bordereau était
à ce point faite, il eut été inutile d'avoir recours aux experts.
it) Le capitaine Dreyfus jt'a jamais été à la Banque de France il n'a
jamais consulté personne dans cet établissement. Jamais aucun témoin
n'a pu en témoigner.C'est là une insinuation mensongèreencore, de l'ac-
cusation, insinuation malveillanteaussi pour l'honorable M. Gobert
12) Est-ce une garantie d'indépendance pour des experts que de tra-
vailler sous la direction de M. BertHloe.quteatnotoirement atteint delà
monomanie consistant à trouver dans tonte écriture à expertiser la
marque du faux, de la fabrication ou du déguisement d'écriture? est à
remarquer que tes exporta qui n'ont pas subi l'influence de M. Bertillon
n'ont pu conclure en leur Ame et conscience que )e bordereau était de
l'écriture du capitaine Dreyfus. L'expertise de MM. Charavay et Teys-
sonniëres est suspecte par cela seul qu'ils ne l'ont pas faite d'une fa~on
indépendante. Itsn'ont fait que refléter les manies de M. Bertillon. Cette
même influence, M. Bertillon a été chargé de l'exercer sur tes experts
qui ont été commis a~'examen comparatif desécriturea du bordereauet
du commandant Esterhazy. Tout autre commentaireserait superSu.
i3) En quoi cela constitue-l-il une contradiction? « Fouillez chez moi,
fouillez toute ma vie, vous ne trouverez rien !< dit le capitaine. Le rap-
porteur constate qu'au cours des perquisitions rien ne fut trouvé et il
voit là une fontradictiOM. Méat d'ailleurs faux qu'aucune lettre de fàmule
et aucune note de fournisseurs n'aient été saisies au cours de cette per-
quisition. Toutes les notes de fournisseurs, depuis 1890. existaient dans
les tiroirs du capitaine Dreyfus et dans son portefeuille se trouvaient
toutes tes lettres de familleimportantes relatives sa fortune. Les procès-
verbaux de saisie doivent le constater.
i3M*) Un soir, le commandantduPaty de Ctam montât au capitaineDrey-
fus une ligne d'écriture Je ca~ psrtM' en NtOttŒMwe~. Ce n'est pas mon
écriture, s'écria-t-il. Alors, reprit le commandant du Paty de Clam,
dites-nous quelle est cette écriture. Je n'en sais rien, repondit le capi-
taine Dreyfus, conduisez moi au ministère, peut-être trouverai-je. M. du
Patyy ayant opposé a cette demande une Bn de non-recevoir, le capi-
taine Dreyfus crut se rappeler que l'écriture qu'on lui montait res-
sembtait vaguementà celle d'un officier, Maia jamais il n'eut l'intention
de l'accuser. 11 croyait à ce moment, non qu'il s'agissait d'une lettre,
mais d'un vol de documents émanants de plusieurs ofnders.
14) Jamais le capitaine Dreyfus n'a parte de la lettre missive iacri-
minée puis qu'i! i~nor.)it toujours qu'i! s'agissait d'une lettre d'envoi.
Il croyait, comme nous t'avons dit, qu'il s'agissait de documents votes =
et qu'on avait pu prendre des brouillons lui appartenant pour les réu-
nir et en faire un tout. II n'avait pas vu le bordereau lorsqu'il faisait ces
instruction.
réponses. M du Paty do Clam ne te lui montra qu'à la Onde son

i5) On posait en enet au capitaine Dreyfus des questions insidieuses


extraordinaires contre lesquels un homme démoralisé par te se-
cret le plus abso'u qui lui était imposé depuis près de huit semaines,>
en proie à la fièvre, ancabté par l'horreur de l'accusation portée contre c
lui, ne poavait se détendre.
IC) Aucun fait n'est donné là. Les allégations du commandant d'Or- v
meschevillerestent dans le vague et jamais il n'a pu les préciser.
i7) Jamais aucun officier n'a témoigné de suspicion au capitaine
Dreyfus, sinon depuis la campagne d'insinuations .tbominabtes menée
contre'tui par M. du Paty de Clam dans tes bureaux du ministère de la
guerre. En ce qui concerne le capitaine Boullenger, le capitaine Dreyfus =
le rencontrant, se bom< à lui demander ce qu'il y avait de nouveau
4' bureau c'est ce que M. d'Ormeschevitte appelle une question=
au =

indiscrète.
Pour le capitaine Besse, le capitaine Dreyfus lui répondit qu'il tra- >
vaillait sur la carte même qui lui avait été remise par le commandant
Mercier'Miton. Le fait a été prouvé. Quant au capitaine Maistre, ita été
établi qu'il n'a communiqué au capitaine Dreyfus que des travaux per-
sonne!s et non confidentiels. Tous ces faits ont été constatés a l'audience,
18) les relations que peut avoir eu avant son mariage le capitaine
Dreyfus avec Mme X constituent-ettf's une charge quelconque ? Qui
t'afnrmera? Quant à Mme Dida, il est absolument faux qu'elle ait été la
maitrest-e du capitaine Dreyfus. Cité comme témoin dans t'anaire
Wtadimiron. te capititine Dreyfus attesta qu'it avait connu Mme Dlda
sans avoir jamais eu avec elle que des rapports mondains ordinaires.
19) Toutes ces altégations contenues dans tes rapports de potice, non
datés, non signés, quelques-uns même écrits à la machine à écrire,
introduits par le comm ~ndant du Paty de Clam dans le dossier, ont été
reconnues fausses et te commissairedu gouvernement n'a pas voulu les
retenir dms son réquicHoire. ·
20) Le capitaine Dreyfus ne jouait jamais. li a été établi que depuis
huit ans it a'avait mis tes pieds dans un cercle. Il est abominable de
prétendre que l'on s'est dispensé d'entendre des tém"ins parce que ces
témoins auraient été peu recommandables. La vérité est qu'en déses-
cerde.
poir df ca"se on y.a a renoncé, vu que le capitaine Dreyfus ne fréquentait
aucun
2i) Tout ce qu'affermait le capitaine Dreyfus relativement a ta cote
d'amour à 'lui donnée par le générât Bonnefonds est rigoureusement
exact. Les propos de ce général sur ce point ont permis au capitaine
Dreytus~
oou~ré MM tl.pruteataau~sdt~gdu~rulLehellin
l~qu$1te
coa~ Ïaqu~t!e qu it y eut indietcretiea dj& sa part, de delli~nane. Loraq
cannait cetjte cote
)t protesta auj~rëadugemerat.LeMHn deMoone, Lotsqaa
le capitaine Dreyfus raco~ ce~ au comptaf~aat rapporteur, ce!m-~
)ujt <toona un démenti et !e nïena~a~e cher tés~nëraux Boanefonds
~eb~tMade Monoe. Le eapttame Dreyfus îMbt~et.MSg~WH:
a~u'a;~t pu ceaB~ner ses dires, M fHM~t) p~ (sK~.
22) Il est a remarquer que ce ne fut que pendant son séjour au 4' bu-
reNt qoe te ca{ata}ne i)'Myfua ext -de pta)H!a!s~t( aates ~aee au eecMaao-
dant Bertht, a!Mc lequel M ~a~, cornât~ n~us !'awBa dit, w maa~
va~ateHaes~
23) Ceci est nn odieux menson~. Le capitale preyfusad4c!ar~qne
depuis la loi sur-les passeports, c'est-dire aepuïs i886 oti <~87, tous
sea passeports lui avaient, j~ refusds. U a'a pu entrer ea ~kaoe q~en
emptoyantdes aubterfums, c'est-a-<uM eo prenant !e tmia juaatt'~ Ba!~
e
et allant Bâte à Muthouse, ou il évttait de se montrer au dehors, res-
tait ctwx ~Bs fr~ret.. ~n !'(Npa<dj9atptans, !e tt~itaiaeDfeyfuseat aM
quatM foia a Muthouae~ dw~ tWi8'<b<a lafa de la Maladie et lors. de~ la

<
MOftde'sojM~M.
Jatmais~ captt~ O~ttM
t<wchaot des fa~<fa'B<~ai~ q~i' as'
(a~attHS~ a qufX QMO&a(at
set~ieet pratiq~ au.tnws~M d$
la guerre. Aucun témoin ne l'a pu attester. Il n'avait aucun Btoyeo da
d~fen~ à se créer, D'aiMeuK< t'a-Kmjamat&wu eBjtpcftec an.doeu-
n~aot~~ou.conadentk~?~t-W~!Bais.tMav6~heztni?
~) p'est ta ta. tMo~e de. S<tt)tpm, Naus now djtapenseroM dia-
ats~awa.,
~yoirta.note3.
87) ~auteardul~~rea~Qtt,suNptè~ntGettB~ vagtue. Qne~ ~âés
m(~S<?ati6M feront apjMr~es au nouveau. p)a~.U n~ntumère pas ces
iao<mcaHo<ts dont H peut, sa quitté d'oî&cter de troupe, avoir entenda
pattBr. L'aecttaatton n'ajaN~ais pu, d'a~Ïeu~t a'eateuaresur la SMaipjça-
tion'd~cèKe-ndtë, et te bordereau ne <a!sant aucune a!!usion au com-
mandement des troupes de couverture ni au fFacHoBpetnent de oe oojm-
m~etnènt.
.~)'Vo!rlanote9.'
29) On voit que tout visiteur du ministère ae ta guerre pouvait, s~M
difficulté, prépare connaissance du travail du caporat BernoUn.
39`jv"~ete~tl'accusàtion'tnedt:
3~H/ac~ d'accusatton ment'.d~üâisvi~ 'a~itatda Dreyfti$
Jamais ?ccapitaine ~'areconnu
Dreyfus n'a recotl~u
s'être entretenu aumanuBtdn.M~avec unbMcter auperieur dë~état-
majo~ de l'armée. Cet oMcief sup~Heur,le commandantJeanne!, n'a paa
été' <tppei4 comme ten~B, malgré~ la aemaude'du capitaiM.Dreyfus. R
ressort d'aiih'urs de la teneur du bordereau que ce manu&Me nr' a ëte
<~mpruat~ h un ofBcier d'art~rie d'up corps.de tcMpe~ Jamais !6o%pï-
t!~ne Dj~y~ n'a emprunte c~ a~uct, jaMt~~ raccttsatiaa n a nu ~a)'
?? ~'ttjeja't teAM de rethpi~er. ? en .sa ~a!W 4'ôfBcier.d'~t-majef
B ne l'a jamais possédé. est établi, au contraire, des aujourd'hui. que
le commandant Esterhazya emprunté ce document à ua oMcier d'artitte-
tie de corps d'an troupe.
Faisons observer, en terminant, qu'en <894 le capitaine Dreyfus n'a
jamait été aux mimoMvres, alors que le commandant Esterhazy y est
otté deux fob en juin 1894, aux man<Buvres de cadres de son régiment.
et en aoat i89~ sur sa demande, au camp de CMtons pour a~sMter aux
ecotM à feu de la bri~de d'artillerie.
Toutes ces notes reproduisent tes témoignages des vingt-sept ofnciers
invoqués par le générât Billot & la tribune. On voit qu'aucun n'a pu
apporter un fait a la charge du capit"ine Dreyfus. Je dé8e qu'on puisse
etter un autre témoignage sinon celui du commandant Henry qui dé-
ctare tenir d'une personne honorable qu'il ne voulut jamais nommer,
(H déclare que le képi d'un militaire devait ignorer <M que contenait sa
tête) qu'un officier trahissait.
tt est faux que d'autres faits à la charge du capitaineDreyfus aient été
produits en dehors de l'accusation, il est faux aussi que le capitaine
Dreyfus ait fait des aveux.
On prétend que le capMaine Lebruu'Renautta reçu ces aveux au mo-
ment de la dégtadation. On prétend qu'il t'adéctaré~danaun rapport
existant au ministère de la guerre. Pourquoi ce rapport n'a t-it pas été
pubtié ? Paice que ce rapport n'existe pas. Je mets au dé6 qui que ce
soit de le produire
H tt'~ <~<tMMMS eM ea dehors du bordereau de charges contre le e<~M-
taine Df~M.
Le capitaine
<t~M dont il es<
D!< a'e ~MM~ aMM<. n
MiMeetK.
ne poMsati afOMer un
< )

PMie. tatp. A. R~tf, 3, tM dt FoM.


Texte déténoré reHure défectueuse
MP~ 43-120-11