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Droit économique de l’Union européenne : fiches

Titre 1 : La détermination des bénéficiaires de la libre circulation des personnes.

Ch1 : Le champ d’application personnel

S1 : Les agents économiques.


1ers visés par les traités car directement en lien avec les objectifs des pères fondateurs.

I) La notion de travailleur salarié  


Qualité de travailleur impose 1 égalité de traitement avec les nationaux + notion autonome. Article 45 TFUE : libre
circulation des travailleurs (LCT).

A) Les critères attachés à la notion de travailleur.


CJCE 1986 Lauwrie Blum : 3 critères pour déclencher la qualification de travailleur + le déplacement :
1. Une prestation économique réelle et effective= économique
2. Une prestation exécutée en faveur et sous les ordres d’une autre personne = subordination
3. L’exercice de cette prestation donne lieu à une rémunération = rémunération.
1) La notion de prestation réelle et effective.
 Pas nécessaire d’avoir une activité à temps plein : CJCE 1992 Raulin : CJCE 1982 Levin : si les activités sont
réduites, marginales et accessoiresqualité de travailleur exclue. Durée des activités, caractère irrégulier, durée
limitée des prestations, nb d’heures réduit= éléments à prendre en compte. Même si 5h : peut suffire : CJ 2010
JENC : mais faut prendre cette qualité dans une appréciation globale de la relation de travail : durée, niveau de
rémunération, droit aux congés payés, salaire même si maladie, soumission du contrat à 1 convention coll.
applicable, durée de la relation contractuelle. Pb : perte du caractère marginal.

 Prestation éco : suppose l’exercice d’1 activité éco. Exclusion : activité avec fonction exclusivement sociale : CJCE
1989 Bettray.
Mais s’il y a 1 aspect éco dans l’activité : 1er critère Blum rempli : EX : CJUE 2015 Fenoll : utilité économique.
Les demandeurs d’emplois aussi intégrés : CJCE 1964 Unger : acceptation d’1 activité même potentielle pour
reconnaitre le statut de travailleur.
CJCE 1991 Antonissen : droit des ressortissants UE de se déplacer + rechercher l’emploi + y séjourner.
Conditions : recherche dans délai raisonnable (6mois), active avec chances d’être embauché si le délai fini.
Si reprise d’études après perte d’emploi : statut de travailleur si existe 1 lien entre l’ex activité et études : CJCE
1988 Liar. Qualité peut perdurer après la fin de la relation de travail : CJCE 2003 Franca Ninni-Orasche.
Pas forcément 1 contrat privé (Blum). Qualification d’indépendant dans le droit national peut être salarié en DUE
si elle est fictive : CJCE 2004 Allonby.
Sportifs pro aussi, étudiants dans un cycle de formation pro : CJCE Gravier 1995 ou d’un cycle gal : 1988 Blaizot.

2) L’existence d’un rapport de subordination.


Permet la distinction d’un indépendant :
 Indépendant : libre prestation de service ou LE
 Salarié : libre circulation des travailleurs (art.45).
La nature du lien juridique entre l’employeur et travailleur est appréciée fonctionnellement, non sur statut public ou
privé : CJCE 1974 Sotgiu.
CJCE 1999 Meeusen : rapports personnels/patrimoniaux entre époux n’exclut pas l’existence de lien de
subordination. CJUE 2015 Balkaya : statut de dirigeant de société n’exclut pas un lien de subordination par rapport à
la société.
Conditions où les membres ont été recrutés : nature des fonctions, cadre dans lequel elles sont exercées, l’étendue
des pouvoirs, ctrl dont il est l’objet dans la société, révocation,

3) La rémunération
Peut être en espèce, nature. Tant qu’elle est une contrepartie directe/indirecte de la prestation fournie suffit pour la
qualification de travailleur : CJCE 1988 Stayman. Même pour 1 doctorant sur 1 contrat de bourse si elle constitue 1
contrepartie financière : CJCE 2008 Raccanelli.

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B) Le travailleur européen, un travailleur qui circule.
Activités hors UE sont pas un facteur à prendre en compte : CJ Raulin. LCT s’impose dans les rapports juridiques qui
en raison du lieu où ils sont établis, soit du lieu où ils produisent leurs effet sur le territoire de l’UE : CJ 1994 Walrave
et Koch.
Sauf si le travail garde 1 lien de rattachement étroit avec le territoire : CJCE 1984 Prodest. Le qualificatif de
travailleur n’est retenu que si le ressortissant de l’EM circule dans l’UE pour occuper un emploi.

II) La prestation de service


A) Les formes de la libre prestation de service
1. Active : déplacement du prestataire de son pays d’origine pour prester ses services dans un autre EM : coiffeuse
française en Allemagne.
2. Passive : déplacement des destinataires des services dans un autre EM pour en bénéficier : mamie allemande
chez coiffeuse française. EX : touriste destinataire de service quand se rend ds 1 Etat pour bénéficier de la
prestation : CJCE 1989 Cowan. Assurés voyageant dans un autre EM pour des prestations médicales : CJCE 1998
Kohll.
3. Déplacement du service : EX : consultation d’un avocat par téléphone : ni destinataire, ni prestataire ne se
déplacent : CJCE 1995 Alpin Investments.
La LPS est invocable par les ressortissants d’un EM établis dans un autre EM que celui du destinataire du service ;
une entreprise à l’égard de l’Etat où elle est établie tant que les services sont fournis à des destinataires établis dans
un autre EM.
B) La définition de la prestation de service dans le droit de l’UE
Art. 57 TFUE :
-Dans l’Etat d’origine (UE), le prestataire de service doit avoir un établissement.
-Cette prestation doit se faire contre rémunération.
-La prestation doit être de nature économique peu importe le secteur. Condition appréciée in concreto. Pb de
divergences entre EM sur la conception du SP.
Service d’orthodontie hors structure hospitalière= activité éco : CJCE Kohll.
Prise en compte de la rémunération peu importe qu’il soit presté en fonction d’un coût partiel (caisse de sécu).

Sport : distinction entre le sport pro et amateur. Le sport doit faire l’objet d’une activité éco pour que la disposition
s’applique : EX : si le sport entraine une prestation de service rémunérée. La discrimination concerne pas la
composition d’une équipe nationale car l’intérêt n’est que pour le sport.
Affaire Bosmann 1995 : joueur belge d’un club liégeois en contact avec un club de Dunkerque : ici 2
problèmesapplicabilité du traité (séparation entre foot activité éco et foot activité culturelle). La CJ : peu importe
que les indemnités concernent que les clubs car selon elles on détermine le salaire du joueur. L’exigence de
l’indemnité constitue une entrave à la LCT car empêche ou dissuade les pro d’un EM de quitter leur club
d’appartenance.

La participation d’1 athlète de haut niveau à une compétition internationale peut être 1 LPS même si elle n’est pas
entièrement rémunérée par l’organisation de la compétition.
Prostitution= LPS, CJCE JANY MAIS pas les coffee shops : CJCE 2010 Josemans.
Loteries organisées par les EM dont bénéfices peuvent ê utilisés dans l’IG : LPS car la loterie apporte au joueur
l’espoir de gain et profit pour l’organisateur (but lucratif) : CJCE 1994 Schindler.

NE sont pas des activités éco si indépendantes de tout échange marchand : EX : université financée par l’Etat,
services d’éduction ne sont pas de la LPS car ne sont pas fournies contre rémunération même si les étudiants payent
des redevances= que participation aux frais du système : CJCE 1993 Wirth.
MAIS : Si service d’éducation financé par des fonds privés dans but de réaliser 1 bénéfice = activité économique. Le
bénéfice= qu’1 indice. Intervention d’1 avocat à l’université publique, il y a 1 contrepartie donc : LPS : CJCE 2007
Jundt.

La rémunération : l’élément caractéristique est la contrepartie éco, même si pas payée par celui qui en bénéficie :
CJCE 1991 Drogan.
Faut 1 élément d’extranéité, si tout se localise sur un seule EM= pas de LPS : СJCE 1980 Debauve.
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Le déplacement du destinataire constitue 1 complément nécessaire à l’article 57, même si plus rare en LPS car il y a
plusieurs déplacement : EX : un service est fourni par-delà la frontière par le déplacement du service ou de son
support : Alpin Investments 1995.
C) Le caractère résiduel de libre prestation de service.
Ca oblige à la distinguer des autres libertés, surtout la LCT, la liberté d’établissement et la libre circulation des
marchandises.

1) La différence entre la libre prestation de service et la libre circulation des travailleurs   : l’indépendance du
prestataire.
Indépendance du prestataire déclenche l’application de l’art. 57 (LPS) ≠ Travailleur= lien de subordination (art. 45).
L’appréciation relève des faits : 1 même activité peut être indépendante et salariée. EX : guide touristique engagé à
titre indépendant par 1 bureau de tourisme, mais est un travailleur s’il est mis à disposition des touristes par le
même bureau : CJCE 1997 Settg.
La mise à disposition de main d’œuvre : entreprise établie dans un EM qui effectue une prestation de service dans
l’EM d’accueil et pour ce faire elle détache des travailleurs la mise à disposition de main d’œuvre relève de la LPS :
CJCE 1981 Webb.
2) Différenciation entre la LPS et la LE  : la non permanence de l’activité.
Etablissement : participer de façon stable et continue à la vie économique d’un EM autre que son Etat d’origine et
d’en tirer profit favorisant l’interpénétration éco et socio à l’intérieur de l’EM d’accueil : CJCE 1995 Gebhard.

Prestation de service : l’établissement principal est en France avec des visites dans un autre Etat, mais on revient en
France. Appréciation selon : la durée de la prestation, fréquence, périodicité, continuité. MAIS : Un prestataire peut
avoir une infrastructure dans 1 autre EM à condition qu’elle soit nécessaire pour la mission. La LPS suppose que
l’activité soit temporaire : CJCE 2003 Schnitzer : obligation d’inscription au registre des métiers dans l’EM d’accueil
est contraire à la LPS si l’entreprise n’avait pour but de s’installer dans l’EM d’accueil cela car elle retarde, complique
la prestation. (Ici en cause une législation allemande sur les activités artisanales, l’entreprise portugaise n’était pas
inscrite sur les registres)
2 raisons à faire la distinction :
1. Risque de fraude : entreprise établie nulle part pour pas être soumise à une législation nationale.
2. Risque d’un usage abusif de la LPS : échapper aux ctrl faites aux entreprises.
Si exigence double des qualifications : ça devient une gêne. Donc s’il y a LE, on applique la réglementation de l’EM
d’accueil.
Si on s’établit de l’Allemagne en France : LE, donc application de la loi française.
Si on s’établit en Allemagne MAIS qu’on vient prester des services en France= application de la loi allemande= LPS.
III) Les bénéficiaires de la liberté d’établissement.
Art. 49 : restrictions à la LE des ressortissants d’un EM sur le territoire de l’EM d’accueil sont interdites, de même
pour la création des agences, succursales, filiales.

A) Les personnes physiques.

1) Le champ d’application
Elle permet à 1 ressortissant d’1 EM de travailler de manière indépendante et durable dans un autre EM.
La LE n’est pas applicable à un ressortissant d’1 Etat tiers qui veut s’établir sur le territoire d’un EM.
Ni à 1 européen qui veut s’installer dans 1 Etat tiers, sauf membres de l’AELE (Islande, Liechtenstein, Norvège,
Suisse) : CJCE 2007 Holbock : ici affaire de dividendes perçues par une société Suisse (hors UE).

MAIS un travailleur salarié peut avoir en même temps une activité indépendante et bénéficier de la liberté
d’établissement : CJCE 1988 Stanton : question sur les paiements de cotisations sociales belges des travailleurs
indépendants : Il avait une salariée au RU et cotisait déjà au régime britannique de la sécu et demandait à être
exonéré des cotisations belges. CJ : réglementation qui exonère d’une cotisation au régime des travailleurs
indépendants, les personnes qui exercent une activité salariée dans cet EM (Belgique), mais qui la refuse à ceux de
l’autre EM= défavorise l’exercice d’activités pro et constitue une entrave contraire au DUE. Il est possible pour un
salarié d’accomplir le travail dans un EM et de cumuler les statuts.

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La personne qui veut s’établir selon la liberté professionnelle reconnue par le DUE peut exercer sa profession comme
indépendant, mais elle sera aussi couverte par la LE dès lors qu’elle participe à la constitution et gestion d’une
entreprise sur le territoire d’un autre EM: CJCE 2000 Baars : exerce son droit d’établissement le ressortissant d’un
EM qui détient dans le capital de la société dans un autre EM ou influence les décisions de la société lui permettant
de déterminer les activités. EX : actionnaires majoritaire. Ici néerlandais conteste le refus du service fiscal des PB de
lui accorder un abattement fiscal, alors qu’il détient des participations dans une société irlandaise : même si c’est
une compétence des EM, son exercice ne doit pas être contraire au DUE. Ne pas bénéficier de l’abattement, alors
qu’on le requérant est établi en Irlande constitue une entrave discriminatoire à la LE

2) La définition des travailleurs indépendants (dans le cadre de la LE).


CJCE 2001 Jany : affaire sur la prostitution et permis de séjour. La cour de base de la définition du travailleur salarié
(Lawrie Blum) pour dire que la caractéristique essentielle d’1 relation de travail est l’accomplissement d’un travail
pendant 1 temps en faveur d’1 personne et sous la direction de celle-ci des prestations avec une rémunération.
DONC la vraie différence est l’absence du lien de subordination. Donc l’activité de prostitution est économique.
L’immoralité ne relève pas de la CJUE mais si elle a un caractère économique, elle l’examine dès lors que cette
activité est légalement pratique dans l’EM. Elle dit qu’il n’y a pas de menace à l’OP, mais si l’Etat adopte des mesures
effectives pour réprimer ces activités, cela pourrait être le cas. La CJ a 1 approche globale de l’art. 49.
La directive 2004/38, art. 7§3 : une personne non travailleur indépendant conserve ce statut dans l’EM d’accueil
dans plusieurs circonstances : arrêt maladie, chômage involontaire…
B) Les personnes morales.
La LE vaut aussi pour les sociétés selon le traité : Art. 54 : les sociétés constituées en conformité avec la législation
d’un EM et ayant leur siège statutaire, administration centrale, principal établissement à l’intérieur de l’UE sont
assimilées aux personnes physiques.
Conditions cumulatives pour exercer la liberté d’établissement :
-elle doit être constituée en conformité au droit national de l’EM.
-elle doit avoir son siège statutaire sur le territoire de l’UE.
-elle doit poursuivre 1 but lucratif : il suffit d’une activité rémunérée sans que son objectif soit la maximisation du
profit.
Avec la réunion de ces conditions, la personne morale peut se voir reconnaitre la LE secondaire sur le territoire de
l’UE : Toute discrimination entre la société d’un autre EM et la société d’EM d’accueil est interdite. En plus de cette
condition faut 1 déplacement.

1) La notion de société
Les personnes morales sont définies à l’art. 54§2. C’est 1 notion autonome. Tout groupement ayant 1 capacité
d’action, un patrimoine propre est une société au sens du DUE. Même une association.
Le but lucratif (déf. Large) : exercice intéressé d’une activité économique. Le lucre n’est pas forcément la recherche
du bénéfice. La rémunération contrepartie d’une activité éco suffit. NE tombe pas sous le coup de cette définition :
fondations, associations totalement désintéressées. Même si on ne cherche pas le bénéfice, on peut poursuivre un
but lucratif : EX : asso qui cherche à économiser= but lucratif. Si elle contracte pour trouver 1 local= qualification de
société.
2) Le rattachement de la société.
Définit la « nationalité » de l’entreprise : critère du siège de la société : permet le rattachement à l’ordre juridique de
l’UE.
Le DUE appréhende le siège de la société de manière large :
 siège statutaire= incorporationIrlande, RU= l’immatriculation suffit à désigner la loi applicable (il suffit
juste de déposer les papiers dans cet EM).
 Siège réel (siège social) administration centrale et principal établissement.
Soit on a l’activité réelle sur l’EM, soit on a le siège statutaire. EX : siège statutaire à Bangkok, le DUE s’applique, s’il y
a un siège réel à Strasbourg. Donc, une entreprise exerçant dans un Etat tiers pourra bénéficier de la LE au sens où
elle pourra établir une succursale, filiale.
Avec le siège statutaire le lien est lâche, donc l’établissement principal pourra se situer sur le territoire d’un Etat
tierss.

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Avec le siège réel : il impose d’avoir le siège statutaire au lieu de l’admin centrale.
Une fois constituée conformément au droit national, la société a le droit de s’établir et d’y séjourner dans un autre
EM et de se prévaloir de la LE. Le DUE laisse le choix entre les 2 sièges.

3) La reconnaissance automatique des sociétés bénéficiaires entre EM.


CJCE 2002 Uberseering : société néerlandaise en litige avec l’Allemagne. Elle n’avait pas son siège réel en Allemagne
car elle n’avait pas son siège statutaire là-bas. La cour il y a un effet direct et automatique à la reconnaissance : toute
société créée conformément au droit d’un EM est directement une société (reconnue en tant que telle) dans un
autre EM. Les personnes morales sont assimilés aux personnes physiques : un français avec des conditions
différentes d’acquisition de la nationalité qu’un irlandais, reste européen.
C) La notion d’activité économique dans le cadre de la liberté d’établissement.
Il faut une activité éco rémunérée, indépendante et permanente. La liberté d’établissement ne s’applique qu’aux
activités éco. C’est une liberté fondamentale. Définition large et in concreto : affaire Steymann 1988 : sur la secte :
l’activité doit être indépendante et permanente. Le critère déterminant pour différencier la prestation de service est
le degré d’interpénétration économique.
S2 : L’agent non-économique : le citoyen européen.
La citoyenneté européenne instituée par Maastricht : objectif caractère démocratique + protéger les droits et
intérêts des ressortissants des EM par l’instauration d’une citoyenneté européenne. Le traité donne droit à tout
citoyen de circuler et séjourner sur le territoire des EM de l’UE : art. 21 TFUE. «  Nous ne coalisons pas des Etats,
nous unissons des Hommes  » J.Monnet

Il faut un déplacement d’un citoyen euro vers un autre EM.


Art. 20 : citoyen euro= toute personne nationale d’un EM.
Art. 21 (ex. art. 18 CE) : tout citoyen euro a le droit de circuler et séjourner librement sur le territoire de l’EM, sous
réserves ultérieures définies dans le droit dérivé.
D’abord question sur l’autonomie de ce droit : une personne n’entrant pas dans le champ d’application de la LCT/
LPS peut-elle prétendre sur le fondement de l’article 21 TFUE de circuler/séjourner librement ? Quid de l’effet direct.
CJCE 1998 Martinez Sala : refus de manière indirecte de l’effet direct de l’ex art. 18 : la LPS associée à la citoyenneté.
CJCE 2002 D’Hopp : reconnaissance indirecte de l’effet direct : bénéfice de l’article 18 alors que le requérant n’était
ni travailleur ni salarié, ni prestataire de service.

CJCE 2002 Bumbast : consécration de l’effet direct et autonomie de l’art 21 ex.18. Allemand effectue une activité
salarié, puis indépendante au RU, puis travaille pour une entreprise allemande, mais sa famille reste au RU
bénéficiant de la protections sociale allemande et n’avait pas besoin de la protection sociale RU. Mais titre de séjour
de Bumbast pas renouvelé car l’assurance maladie allemande pas intégrale. PB : travaillait surtout dans des Etats
tiers, donc la LCT était pas applicable. Cour : refuser le droit de renouveler le titre car l’assurance ne couvre pas tout
est une ingérence disproportionnée.
Un citoyen de l’UE qui ne bénéficie plus dans l’EM d’accueil d’un titre de séjour permanent en tant que travailleur,
mais en qualité de citoyen UE, bénéficie du droit de séjour par application directe de l’article 18§1 (21 TFUE).

Il peut y avoir des limitations mais que dans le respect des PGD et la proportionnalité. L’art. 21= application
subsidiaire : s’il y a 1 travailleur= application de la LCT ou LPS.

I) La notion de citoyenneté.
S’ajoute et découle de la nationalité d’un EM sans la remplacer. La volonté est de construire un certain modèle social
européen, mais le pb : la politique sociale dépend toujours des EM.

A) Les relations entre la citoyenneté européenne et la nationalité


1) Le principe  : la citoyenneté européenne en tant que dérivée de la nationalité
L’octroi et retrait de la nationalité= compétence exclusive des EM. La sensibilité de cette question est toujours
actuelle. CJCE 2001 Kaur= idée de répartition des compétences Mais il ne faut pas que sous couvert de règles de la
nationalité, soit portée une atteinte à la citoyenneté européenne.

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2) La compétence nationale relative à la nationalité encadrée par la notion de citoyenneté européenne.
Jamais un Etat ne peut expulser ses nationaux ou refuse leur accès au territoire: 1974 Van Duyn.

a) La double nationalité

 D’1 EM et Etat tiers : refus de la nationalité la plus effective contrairement au DIP classique : CJCE Micheletti
1992 : les conditions octroi/ retrait de la nationalité = compétence de l’Etat, mais elle doit ê exercée dans le
respect du DUE. Enjeu : le champ d’application des règles UE sur la LE ne doit pas varier d’un EM à un autre.

 De 2 EM : CJCE 2003 Garcia-Avello : couple belgo-espagnol invoque la double nationalité des enfants pour
bénéficier de la loi espagnole sur le nom. Le fait de la double nationalité des enfants suffit à appliquer le DUE,
alors même que les enfants n’ont jamais circulé. Mais le refus est disproportionné et risque de constituer une
entrave + but éviter la disparité des régimes juridiques. Contribution au statut unique de citoyen.

b) L’apatride.
CJUE 2010 Rottmann : pb car la perte de la citoyenneté nationale, fait perdre l’européenne. Sont remises en cause
les modalités d’exercice de la compétence exclusive en matière de nationalité. Il faut un respect de la
proportionnalité et en affirmant le ctrl de proportionnalité, la cour fait comprendre de manière implicite que si les
autorités autrichiennes refuse= risque de violation du DUE. Malgré ce ctrl, la cour n’entend pas ériger une nationalité
européenne. La cour exerce son contrôle sur la qualité de citoyen européen et non sur le lien de nationalité. Arrêt
modeste : exclut la nationalité européenne. Riche : ctrl occasionnel sur une prérogative étatique qui ne doit pas
porter atteinte au statut juridique garanti à tout citoyen de l’UE. Le point de départ est la personne.

II) Le contenu de la citoyenneté


Avec la nature différente des pouvoirs et compétences, il y a un ajout d’un contenu spécifique à la notion de citoyen
européen.

A) La citoyenneté politique.
Art. 20-2 TFUE, les droits composant la citoyenneté euro : séjour, circulation, vote et éligibilité aux élections
municipales euro, protection diplomatique, droit de pétition, saisir le médiateur. Art. 24 : présentation d’1 initiative
citoyenne, droit d’écrire à toute institution de l’UE et avoir une réponse. Titre 5 CDFUE : bonne administration et
accès aux documents.

B) Le long chemin vers la citoyenneté sociale.


La citoyenneté dans une démocratie n’est pas que le droit de vote, mais aussi l’accès aux droits sociaux. La différence
de situation entre ressortissants devrait s’atténuer dans une union symbolisée par le statut de citoyen européen.

CJCE GRZELCZYK 2001 : consécration de la citoyenneté euro comme statut fondamental : dès qu’il y a circulation, le
citoyen euro doit bénéficier d’une égalité de traitement avec les nationaux. Passage d’une conception économique à
une conception civile et sociale du DUE.
CJ Martinez Sala 1998 : un citoyen de l’UE qui réside légalement sur le territoire de l’EM d’accueil peut se prévaloir
de l’article 21 (ex. 18) sur la non-discrimination dans toutes les situations relevant du domaine d’application
matériel du DUE.

CJCE 2004 Trojiani : un EM peut conditionner le droit de séjour d’un citoyen de l’UE inactif à l’exigence de ressources
suffisantes, il n’en découle pas qu’il ne peut pas bénéficier pendant son séjour d’une égalité de traitement devant la
prestation d’aide sociale. Même s’il est inactif et n’a pas de droit de séjour en vertu du DUE, mais du droit national =
pourra se prévaloir de l’égalité de traitement.
Directive 2004/38 relative aux droits des citoyens de l’UE et sa famille de circuler et séjourner sur les EM : un
citoyen de l’UE ne doit pas devenir une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale de l’Etat d’accueil.
Art. 14 de la directive. Raison : la prestation sociale est financée par l’impôt. Certains pensent : pères fondateurs ont
voulu limiter le droit de circulation des citoyens inactifs et sans ressources.

Des limites pouvaient être imposées si le citoyen ne manifeste pas de liens d’intégration suffisants avec l’EM
d’accueil : CJUE 2013 Brey : ctrl de proportionnalité du refus avec prise en compte de la situation particulière de la
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personne.

CJCE 2014 Dano : ici le cas est spécial, car il y a soupçon de fraude + idée de lutter contre le tourisme social. Citoyen
européen non national et chômeur peut être exclu du droit de percevoir une aide sociale au motif que sa situation
n’est pas régulière à l’aune des conditions du droit de séjour prévues par la directive 2004/38 : doncsi pas de droit
de séjour fondé sur la directive, l’égalité de traitement plus invocable. Aucune référence à la proportionnalité, on
n’est plus dans l’idée d’une égalité de traitement. Mais : jamais on a dit que le droit de circulation est illimité.
3 types de durées de séjour :
-inférieur à 3 mois : selon la directive, aucun droit social obligatoire pour l’EM (CJ Garcia Nieto 2016).
-supérieur à 3 mois mais inférieur à 5 ans : prestation que si conditions du droit de séjour prévues par la directive
sont remplies : ressources suffisantes propres et assurance maladie complète dans l’EM d’accueil.

Dano est un arrêt de principe confirmé par CJUE 2015 Alimanovic : suédoise intégrée ayant vécu avant en
Allemagne, mais qui se trouve au chômage involontaire. Les autorités refusent de lui verser les allocs, la cour
présume qu’elle n’a pas de ressources suffisantes, donc ne peut bénéficier du droit de séjour européen. Elle est
demandeur d’emploi depuis plus de 6 mois. La CJUE : la directive 2004/38 ne s’oppose pas à une réglementation
d’un EM qui exclut les non-nationaux de prestations à caractère non contributif= pas d’égalité de traitement autorisé
par la CJ. Rupture avec Trojani où c’était un inactif pur : la cour exigeait juste le séjour national pour faire bénéficier
de l’égalité de traitement et un ctrl de proportionnalité, et si refus de l’Etat : prise en compte de la situation du
demandeur, dont le lien d’intégration.
PB : le ppe d’égalité de traitement a valeur constitutionnelle, or, ici on le ramène au ppe de droit dérivé : intérêt ?

CJUE 2016 Commission c/RU : pour violation du règlement 883/2004 (coordination du système de sécu) : le RU
imposait 1 condition supplémentaire : titulaire d’un droit de séjour au sens de la directive, or ici étaient visés des
allocations à caractère contributif. Comme la personne ne remplit pas les conditions de la directive 2004/38, elle ne
peut se prévaloir du règlement 883/2004. La cour : cette mesure peut ê justifiée par la protection des finances de
l’EM si proporitionné : soit disant cas ici.
Critique : hiérarchie des normes, accommodement au futur Brexit, directive prime sur le règlement.
Justification : la CJUE n’avait pas le choix pour sa légitimité vis-à-vis des EM et institutions de l’UE.

S3 : Les bénéficiaires dérivés à la libre circulation des personnes.

I) Les membres de la famille du travailleur et du citoyen.


A) La notion de la famille
Codifié dans la directive 2004/38 avec un élargissement de la notion de famille (les membres) : que le ressortissant
soit de l’UE ou non. CJ 1992 SINGH : britannique dont l’époux est indienelle n’a pu bénéficier du droit au
regroupement familial que parce qu’elle avait circulé d’un EM à un autre.
La famille :

 Conjoint
 leurs enfants de -21 ans ou à charge (même ceux du conjoint)
 ascendants à charge du travailleur et de son conjoint (même s’ils ne sont pas enregistrés tant que la législation
d’accueil assimile au mariage), ni obligation de vie commune : CJ 1985 Diatta.

Les membres hors la définition doivent bénéficier d’un traitement facilitant leur entrée. L’enfant à charge a été
encadré par le DUE, mais approche reste libérale. La preuve peut ê faite par tout moyen. CJ 2007 JIA : la nécessité du
soutien financier de la personne à charge s’apprécie au regard de l’Etat d’origine.
Pour la famille de l’inactif, étudiant, retraités : il faut que le bénéficiaire principal ait des ressources suffisantes et
une assurance maladie complète= pour les bénéficiaires dérivés, c’est pas un droit inhérent.

B) Les droits reconnus aux bénéficiaires dérivés.


Les membres de la famille ont par l’exercice du citoyen UE de son droit de circuler, le droit de l’accompagner et
s’installer avec lui dans l’EM d’accueil (pour tte nationalité) avec des droits nécessaires dans l’EM d’accueil :
scolarisation, libre accès à la profession. Mais il faut circuler : CJ 1990 Dzodzi.
CJCE 2002 Carpenter : ici pas de circulation de la personne, mais la cour estime qu’il est un prestataire de service (ici

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c’est le service qui se déplace), donc il a droit au regroupement familial.
CJCE 1989 Echternach : le membre de la famille du travailleur migrant garde le bénéfice de séjourner dans l’EM pour
continuer ses études, même si la famille est retournée dans l’Etat d’origine, si ne peut les poursuivre dans l’EM
d’origine (évolué depuis).
Droits autonomes par le directive : si décès ou départ du citoyen de l’UE, les membres de la famille peuvent rester
dans l’Etat d’accueil : faut un séjour d’au moins un an (si personne d’un Etat tiers), même si divorce.
CJCE 2008 Metock : si le citoyen a circulé, même si le membre de la famille est entré illégalement, il y a un droit de
séjour.

II) L’extension des droits aux ressortissants d’Etats tiers à l’UE sur la base d’accords conclus par l’UE

1) Les ressortissants d’Etats tiers «  associés  »


Norvège, Islande, Lichtenstein : libre circulation, droit dérivé et jp applicable mais que pour les agents économiques.

2) La libre circulation des personnes invoquée par certains ressortissants d’Etats tiers via un accord d’association.
Accords de 1963 avec la Turquie : CJCE 1990 Sevince : deviennent d’effet direct. Un travailleur turc après une
période d’emploi dans l’EM a le droit à l’accès à toute activité de son choix.
CJCE 1994 Eroglu : Truque, on lui refuse le titre de séjour en Allemagne alors qu’elle remplissait les conditions 9 ans
de résidence et 2 ans d’activité salariée. Le titre de séjour européen devait lui être accordé donc l’accord a un effet
direct.
Ce n’est pas la même liberté que le TFUE : les EM peuvent maintenir des règles nationales en matière d’admission et
séjour : volonté vraie de travailler. Ou ressources suffisantes : CJCE 2004 Panayatova : nécessité d’une autorisation
préalable du consulat/ambassade.

3) L’exception  : les étrangers employés par une entreprise européenne de prestation de service.
Ressortissants d’Etats tiers régulièrement employés par une entreprise de l’UE qui leur fait prester des services dans
un autre EM = droit de séjourner le temps nécessaire à la réalisation de la prestation de service sans aucune
autorisation administrative de travail. CJCE 1994 Van der Elst : ici marocains employés régulièrement en Belgique, or
la France demande une autorisation. L’exiger entrave la LPS.

Ch2 : Le champ d’application dynamique : l’exclusion des situations purement internes.

I) Le principe d’exclusion des situations purement internes


Situation purement interne= étrangère au domaine d’application du DUE sur la circulation et séjour : CJCE 1979
Saunders. Donc il faut une migration intra-UE.
CJCE 1990 Dzodzi : un travailleur qui n’a pas circulé ne peut revendiquer les prérogatives inhérentes à la liberté de
circulation.
CJCE 1984 Moser : la perspective hypothétique d’un emploi ne suffit pas non plus.
CJCE 1993 Brener : si travailleur a son activité, revenus, patrimoine dans l’EM du citoyen alors que la résidence est
dans un autre EM, cela ne suffit pas.
Il faut un élément transfrontalier d’une situation : franchissement physique de la frontière par un salarié,
indépendant, établissement, capitaux, prestation de service. La volonté est de préserver la subsidiarité et la mise en
place d’un marché commun.
Caractéristique de l’UE : ordre de superposition incomplète, faut préserver les compétences des EM. Le DUE est
neutre et objectif : il faut une migration peu importe les raisons subjectives.

II) Les nuances des situations purement internes en matière de libre circulation des personnes.
CJUE 2011 Zambrano (exception) : ici la situation est purement interne. Parents : les enfants sont belges, donc les
parents doivent avoir un droit de séjour dérivé. Or, les enfants n’ont jamais circulé : donc condition de la directive
pas remplies. Parents : se prévalent aussi du fait que leurs enfants sont citoyens au titre du droit primaire. L’article
20 doit être interprété en ce qu’il s’oppose à ce que l’EM refuse à une personne d’un Etat tiers qui assume la charge
de ses enfants en bas-âge, citoyens de l’UE, le séjour dans l’EM de résidence de ses derniers et dont ils ont la
nationalité ou de telles décisions priveraient les enfants de la jouissance effective de l’essentiel des droits attachés
au statut de citoyen de l’UE. Cour : applique le DUE à une situation dépourvue de tout élément transfrontalier.

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Donc : droit de séjour reconnu aux ascendants (parents) d’un citoyen européen qui n’a jamais circulé !
Zambrano a été très relativisé par :

CJUE McCarty 2011 (principe) : britannique avec nationalité irlandaise a toujours vécu en Angleterre. Demande un
titre de séjour en vertu du DUE à son mari (Jamaïque) qui n’avait pas de droit de séjour légal. Elle n’est pas :
travailleur salarié/indépendant, ni n’a de ressources suffisantes : donc ne remplit pas les conditions de la directive.
Cour : ni la directive, ni l’article 21 ne sont applicables.
Cour : Article 21 : pas applicable à un citoyen UE qui n’a jamais circulé. Même si a 2 nationalités, sa situation ne
comportait pas l’application de mesures d’un EM qui aurait pour effet de la priver de la jouissance effective de
l’essentiel de ses droits.
Différence avec Zambrano : c’est une adulte.

Zambrano : démarche analogue à celle de la LCM (similaire à LeGros). Pour la LCP la Cour avait une démarche dans le
sens de l’appauvrissement du lien d’extranéité. CJ Zhu et Chen 2004 : enfant résidait au RU mais a la nationalité
irlandaise. Les parents devaient bénéficier d’un droit de séjour : l’élément d’extranéité était la double nationalité.
Autre précédent : CJ Rottaman : privation totale de la citoyenneté euro, or dans Zambrano : juste privation de la
jouissance.
Ici, c’est le terrain de la citoyenneté : en gros : seule différence est l’âge : McCarty n’a qu’à rejoindre son mari en
Jamaïque, alors que les enfants n’ont pas le choix.

CJUE Dereci 2011 : synthèse Zambrano/McCarty : le critère relatif à la privation de l’essentiel des droits se réfère à
des situations caractérisées par la circonstance que le citoyen UE se voit obligé dans les faits de quitter le territoire,
cela dans l’UE dans son ensemble. Dès que c’est un adulte : ne serait dans la situation de contrainte dans les faits de
quitter l’UE.
En plus : familles peuvent demander la réunion familiale sur la base de l’article 8 CEDH.

A PRIORI : le DUE ne s’applique pas à une situation interne.


MAIS : même s’il n’y a pas eu usage de la libre circulation, il ne faut pas de suite conclure à une situation purement
interne, mais d’abord examiner l’hypothèse Zambrano (en sachant qu’à priori cette jp ne s’applique qu’aux cas ces
enfants.

CJ 2013 Adzo : togolaise vs autorités luxembourgeoises qui refusent d’octroyer un droit de séjour. Elle a 2 enfants
mineurs (nationalité française) nés au Lux d’un père français résidant en France. Elle demande le droit de séjour
dérivé DUE : ne pouvait s’établir en France car n’a plus de relation avec le père. Luxembourg refuse : le droit de
séjour des membres de la famille DUE se limite aux ascendants directs à charge du citoyen de l’UE. Elle n’a pas de
ressources, ni ses enfants. Question : si la mère peut se prévaloir du droit de séjour au sens de la citoyenneté UE et si
le refus était de nature à priver les enfants de la jouissance effective, alors même que le père qu’ils n’ont pas connu,
réside dans un EM (France).
1ère ligne de réponse : Zhu et Chen : ici parents n’entrent pas dans la catégorie des membres de famille car sont pas
des ascendants à charge. Mais l’enfant est détenteur d’un droit de séjour. Ne pouvant pas exercer seul son droit de
séjour, l’effet direct de l’article 21 implique un droit de séjour pour le parent d’un citoyen européen pour qu’il exerce
effectivement la garde et droit de séjour de l’enfant.
2ème ligne de réponse : Article 20 : le statut de citoyen euro donne droit au séjour dérivé des parents s’ils ne
remplissent pas les conditions de la directive ou Zhu et Chen QUE s’il y a une perte de jouissance effective des droits
(Zambrano).

CJ S et O 2012 : ressortissantes d’Etats tiers mariées puis divorcées de finlandais. Elle commence par Zambrano : pas
de privation en droit, puis dans les faits : la CJ renvoie aux juridictions nationalespour les familles recomposées :
situation complexe : pour apprécier le lien, faut pas que prendre en compte le biologique, mais la relation de
dépendance (nouveau critère) entre le ressortissant de l’Etat tiers (ici beau-père) et le citoyen de l’UE : pour voir si
cela aboutit à forcer le citoyen de l’UE de quitter le territoire. Le juge national doit apprécier si le refus de droit de
séjour pourrait conduire à méconnaitre l’effet utile du DUE.
Solution critiquable et restrictive de Zambrano. Mais le droit de l’unité familiale n’est pas absolu.

Titre 2 : Le régime juridique des libertés de circulation des personnes


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Ch1 : Le régime juridique de la LCT.

S1 : Le contenu des droits. 

I) Les droits essentiels : le droit d’entrer, de sortie et de séjour .

A) Les droits d’entrée et de sortie de l’EM.


1) Le droit de sortie.
Le bénéficiaire doit avoir le droit de quitter le territoire de son EM et celui de l’accueil. Droit reconnu sur
présentation de passeport/carte d’identité. Donc : l’administration doit délivrer/renouveler un tel document. Donc :
interdiction pour l’EM où est le travailleur d’imposer un visa de sortie. De même pour les membres de la famille
même si pas ressortissants d’un EM.

2) Droit d’entrée (acquis Schengen).


Dérive du statut de citoyen euro qui suppose le droit de se rendre dans un autre EM.
Peut être limité que : pour des raisons de sécurité publique ou d’OP.
Acquis Schengen : permet passage de frontières sans contrôles permanents mais dans la zone frontalière les ctrls
sont possibles dans cadre de compétence générale de police.
EM : peuvent rétablir le ctrl en raison d’une atteinte à la sécurité publique ou à l’OP.
La police garde un pouvoir : si non présentation d’un passeport/carte lors d’un ctrl il peut y avoir sanction. MAIS : si
amende plus lourde pour les non-nationaux : contestation possible pour entrave à la libre circulation.

B) Le droit de séjour
Droit de délivrance de la carte de séjour : fonction  prouver le séjour et non le constituer. 3 situations régies par la
directive 2004/38 :

1. Le séjour court (-de 3 mois)  : Ne suppose pas d’autres conditions que d’avoir un passeport/carte d’identité
valide. Aussi acquis pour les membres de la famille du travailleur ayant un passeport valide qui accompagnent le
citoyen UE. Mais pour eux, le droit reste encadré par la directive : ê membre de la famille : CJ 2012 Iida : japonais
mari d’une ressortissante allemande qui invoque le lien familial pour obtenir son droit de séjour en Allemagne.
Cour : il est membre de la famille, mais article 3 : s’applique à tout citoyen qui se rend où séjourne dans un EM
autre ainsi que les membres de la famille qui accompagne. Donc : refus car demande droit de séjour en
Allemagne.
Autre possibilité : demander un droit de séjour dérivé sur la base du droit primaire (20 et 21 TFUE) : c’est des
droits dérivés : le refus de leur reconnaissance peut porter atteinte à la libre circulation en dissuadant d’exercer
le droit de séjour. On n’est pas dans l’hypothèse Zhu et Chen, ni Zambrano parce qu’ici il n’y a pas d’atteinte au
fait du refus (la femme s’en fout). Donc refus.
Pas de droit aux prestations sociales et le membre de la famille doit pas ê une charge déraisonnable (art. 14
directive).

2. Le long séjour (+ de 3 mois mais –de 5 ans)   : art 7 directive : tout citoyen a droit de séjourner sur le territoire
d’un autre EM pour plus de 3 mois SI :
-travailleur salarié ou indépendant.
-inscrit dans un établissement pour y suivre à titre principal des études y compris formation pro.
Mais faut : une assurance maladie + ressources suffisantes.
Citoyen UE qui n’exerce plus d’activité salariée : conserve qualité de travailleur si frappé d’une incapacité de
travail pour maladie, accident, avait travaillé un an et se trouve en situation de chômage involontaire+inscrit
dans le service compétent. Aussi si : après avoir été au chômage involontaire pendant 12 premiers mois ;
entreprend une formation pro et si est en situation de chômage involontaire mais faut un lien entre la formation
et activité pro antérieure.
Etudiants : ressources suffisantes+ assurance maladie.
Pour ces séjours : conjoint, pacsé, enfants à charge bénéficient du regroupement familial. Membres d’Etats
tiers : doivent demander une carte de séjour de membre de famille de citoyen, valable 5 ans. En France : loi du
24 juillet 2006 : faut s’enregistrer près du maire de la commune et après 3 mois : démarches admin devant la

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préfecture du domicile.

3. Le séjour permanent  : Instauré par la directive. Avant que salarié, indépendants pouvaient demeurer sur l’EM
d’accueil après fin de leur carrière. Article 16 directive : citoyen+membres de famille après 5ans de présence
continue sur le territoire de l’EM peuvent ont droit au séjour permanent.
Se perd : absence de 2 ans consécutifs.
Exceptions : travailleur atteint âge de retraite peut rester même si n’a que 3 ans de résidence constitue et 12
mois d’activités. Travailleur séjourne depuis 2 ans et cesse pour incapacité permanente de travail= droit de
séjour même si 2 ans pas consécutifs si incapacité est le résultat : accident ou maladie exceptionnelle.
Travailleur : après 3 ans d’activités et séjour, exerce dans un autre EM mais garde résidence sur le territoire de
l’Etat pendant 3 ans pourra obtenir un droit de séjour permanent si démontre que revient régulièrement.
Pas de conditions relatives aux ressources et assurance car : objectif d’intégration.

II) Droit de travailler.


A) L’accès à l’emploi
Droit de : répondre aux emplois, se déplacer à cet effet librement dans l’EM, y séjourner, y demeurer dans les
mêmes conditions que les nationaux.
Règle cardinale : traitement national= égalité de traitement. DONC : droit d’être engagé, traité dans les conditions de
travail pareil qu’un national. Même droits à la formation, licenciement, réintégration, reclassement. Droit aux
mêmes avantages fiscaux et sociaux que ça vienne du contrat ou non.
CJ Martinez Sala 1998 : déduit de la citoyenneté UE : les EM doivent fournir à tout ressortissant de l’UE le même
traitement qu’à ses ressortissants.
Toute discrimination abolie au niveau d’accès et conditions de travail : interdiction : recours aux procédures de
recrutement imposées aux étrangers quotas d’emplois, soumission aux conditions médicales/pro si discriminatoires
par rapport aux nationaux.
Exception : connaissances linguistiques si en lien avec la nature de l’emploi : ici but promouvoir la langue nationale :
CJ 1989 Groener.

B) La reconnaissance des qualifications et des diplômes.


1) Les objectifs et méthodes déployés
Adoption de directives visant à reconnaitre mutuellement des diplômes, certificats, titres= prévu dès T.Rome. But :
faciliter la circulation des pro.
UE : depuis l’origine à la compétence pour organiser cette reconnaissance des qualifications pro.
Directive importante 2005/36 modifiée en 2011 et 2012 pour étendre son champ d’application.
Ces directives concerne la pratique transfrontalière des activités dont l’accès/exercice est soumis en vertu d’une
règlementation nationale à une condition formelle de qualification=activités réglementées. PB : les directives ont eu
des objets et missions parfois diverses selon but et méthode mise en œuvre.
Objet : plusieurs modèles de directives pour opérer un rapprochement des profils de référence exigés par les règles
nationales, organiser l’acceptation d’autres profils professionnels, reconnaitre les autorisations nationales
d’exercice.

Profil de référence : agencement retenu pour combiner des différents éléments de qualification et compétences
exigés pour l’accès à une profession ou son exercice dans un EM.
Méthode employée par le 1er système de reconnaissance : fournir une définition communautaire du contenu
minimal de la formation nécessaire pour la pratique des activités de la profession concernée, en garantissant sur
cette base une reconnaissance auto des diplômes qui répondent à cette caractéristique minimale. Application par
secteurs (directives sectorielles) : médecins, dentiste, vétérinaire, infirmier, sage-femme, pharmacien. Fixation
d’abord : exigences minimales des conditions d’admissions dans les cycles d’études conduisant au diplôme, puis :
liste de connaissance/aptitudes à ê acquises et durée de la formation en nb d’années et horaires de volumes.
2ème directive : tire les conséquences de cette coordination académique en dressant une liste exhaustive des
diplômes délivrés dans l’EM devant bénéficier d’une reconnaissance auto. Les règles sont minimales : DONC : l’Etat
peut imposer des exigences en plus mais l’EM doit accepter les diplômes d’autres EM s’ils satisfont les exigences
minimales. PB : trop de contraintes, donc réticences :
-1ère contrainte : obligation de reconnaitre des diplômes d’un autre EM répondant aux exigences minimales donnant
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le même effet qu’au diplôme de la réglementation nationale= automaticité qui interdit toute évaluation individuelle.
-2ème contrainte : obligation de modifier les règles nationale relatives à la formation conduisant au diplôme de
référence pour les ajuster aux exigences minimales. EX : France : licence LMD. Voire créer une nouvelle formation :
EX : kiné.

2ème temps, autre méthode : acceptation des profils de référence= comparaison et correction des preuves et
qualifications et mise en œuvre dans le cadre d’un système général de reconnaissance dont la 1 ère branche créée par
la directive 89/48 : plus de passage par une définition euro d’exigences minimales MAIS une évaluation des profils
de référence= moins de contraintes/empiète moins sur les compétences nationales.
Aujourd’hui cette reconnaissance est organisée par la directive de 2005 relative à la reconnaissance des
qualifications pro.

2) Le champ d’application
La directive de 2005 : identifie les activités/professions auxquelles elle s’applique dès qu’elles sont réglementées
dans l’EM d’accueil. Organise une reconnaissance auto des diplômes donnant accès directement à l’exercice salarié +
reconnaissance de l’expérience salariée pour les activités industrielles, artisanales, commerciales, professionnelles.

3) Les méthodes.
Principe de comparaison, correction de preuves de qualifications : présomption simple de compatibilité des
formations dispensées par les EM. MAIS : l’EM d’accueil si justifie, pourra user des mesures correctives pour le
demandeur dont la formation présente un déficit démontré quant à la durée, contenu de la formation. EX : test
d’aptitude, stage d’adaptation, reprendre une formation. Les différences de niveaux ne doivent pas excéder le jeu
des instruments correcteurs permettant d’y remédier. Si hors champ de la directive : reconnaissance perd du
caractère au MAIS le droit primaire s’applique  les autorités nationales doivent apprécier objectivement la
correspondance entre les connaissances et les qualifications requises par le droit national et celles acquises dans
l’autre EM.
Si absence d’équivalence (présomption renversée) : EM peut imposer l’acquisition MAIS que des connaissances
manquantes. Reprise depuis l’origine= disproportionné+ entravant. Et le refus de l’Etat peut faire l’objet d’un
recours : CJ 2009 Pesla. PB : EM compliquent la reconnaissance.

C) Les droits sociaux.


Travailleur migrant a le droit : bénéfice des droits syndicaux, éligibilité aux organes de représentation.
Faut coordonner les législations nationales dans le domaine social : règlement de 2004.
Principe : un seul régime de sécurité sociale appliqué, législation appliquée en principe celle de l’EM du lieu de
travail.
Principe d’égalité de traitement : assujettir aux mêmes obligations et faire bénéficier des mêmes avantages que les
nationaux en matière de sécurité sociale.
Mise en place du principe de totalisation des périodes d’assurance, emploi, résidence accomplie sous la législation
de l’EM pour qu’elles soient prises dans celui d’accueil pour ouvrir droit aux prestations.
Principe de portabilité des prestations : renforcement des droits par la directive 2014/54 : vise à améliorer les droits
de la défense du travailleur.

S2 : Interdiction des entraves et des discriminations.


Discriminer= traiter différemment des situations identiques et traiter de manière identique des situations
différentes.
Entraver : obstacles plus subtils mais par leur effet protecteur sont aussi nuisibles : limite l’accès/exercice d’une
activité sur le territoire d’un EM. Elle empêche ou dissuade un ressortissant d’un EM de quitter son Etat d’origine
pour exercer son droit à la libre circulation même si appliquées indépendamment de la nationalité : CJ 1995
Bosmann : elle a une portée plus large que la discrimination en raison de la nationalité.

I) Les discriminations indirectes.


Art. 45 TFUE (ex.39 TCE) : effet direct (Van Duyn 1971).
Un employeur peut aussi en bénéficier pour employer des travailleurs d’autres EM : CJ Clean Car autoservice 1998.
L’interdiction des discriminations vise les mesures étatiques et conventions collectives régissant les conditions de

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l’emploi : Bosmann.
De même pour les contrats entre personnes privées : CJ 1976 Defrenne.
La raison : CJ 2000 Angonese : abolition des obstacles serait compromise si on peut passer outre l’obligation faite aux
autorités nationales par l’exercice de l’autonomie juridique par des associations/organismes non de droit public.

A) Les discriminations directes.


Article 45 : interdit toute discrimination fondée sur la nationalitéseule visée de manière textuelle.
Interdictions absolues opposées aux mesures étatiques= but garantir l’égalité de traitement et ne pas faire subir les
conséquences défavorables par acceptation par les travailleurs non-nationaux de conditions d’emploi et
rémunération moins avantageuses que celles en vigueur dans l’EM d’accueil (lutte contre le plombier polonais).
Seule exception (textuelle) : art.45§4 pour les emplois dans l’administration publique.

B) Les discriminations indirectes.


Discriminations cachées : la différence de traitement n’est pas fondée sur la nationalité mais sur un critère en
apparence neutre qui provoque dans les faits une discrimination. EX : critère ou durée de résidence.
CJ 1996 OFLYNN : lieu d’inhumation (lieu de résidence)= indemnité plus forte si pas de résidence préalable sur le
territoire de la commune = discrimination.
MAIS : les discriminations ont plus de justifications possibles notamment via les RIIG.
PB : déterminer une discrimination indirectetentative de la CJ d’encadrer l’appréciation : donne des indices :
comparer la proportion des nationaux et non parmi les personnes affectées par la mesure : CJ 2000 Borawitz.
EX : conditions plus facilement remplies par les travailleurs nationaux ou risque de jouer au détriment des
travailleurs migrants.
CJ 2004 Merida : problème de double imposition subie par un français employé en Allemagne. Jugé contraire car
dissuade à exercer le droit à la libre circulation : pb affecte plus les français, même si à la base la déduction n’est fait
qu’à cause de l’application « normale » de la législation allemande.
CJ 2010 Bressol et Chevrol : affaire de la Belgique et le flux des étudiants français. Cour : rappelle la compétence
réservée en matière d’éducation qui permet de faire le choix en matière d’accès au système d’éducation. Mais cette
compétence doit s’exercer dans le respect du DUE. Elle estime que la législation est une discrimination indirecte car
le critère de résidence est plus aisément rempli par les nationaux, même si juge que l’objectif (protection de la santé
publique) est jugé légitime.
Souvent problème avec l’article 24§2 de la directive 2004/38= permet de ne pas procéder à l’égalité de traitement :
Cf : TD.
Une discrimination indirecte peut ê le résultat d’une exigence de connaissances linguistiques. Cour : toute exigence
linguistique doit être raisonnable et utile à l’exécution des tâches pour l’emploi. L’Etat analyse au cas par cas.
L’aptitude linguistique ne peut justifier une exclusion auto des ressortissants d’autres EM : la preuve de la
compétence doit pouvoir être apportée : CJ 2000 Angonese : candidat italien bilingue refusé car n’avait pas le
certificat délivré à l’issue d’un examen que dans une province. Pour qu’il y ait discrimination : pas nécessaire que ça
favorise tous les nationaux ou défavorise que les travailleurs d’autres EM : ici on a quelques demandeurs.
La cour recherche d’éventuelles justifications : théorie des RIIG : il peut être légitime d’exiger d’un candidat à
l’emploi des connaissances linguistiques mais limiter la preuve de ces connaissances par un diplôme délivré que dans
une province est disproportionné.
CJ 1994 Scholz : discriminatoires critères de sélection prenant en compte que les activités pro exercées sur le
territoire national et non celui des autres EM. (ici expérience acquise dans l’administration étrangère n’équivalait
pas).

C) Les discriminations envers les ressortissants d’Etats tiers.


A priori permises. L’EM peut opérer une discrimination positive : CJ 2000 Lethonen : joueur finlandais se fait
discriminer par rapport au délai alors que les ressortissants d’Etats tiers non : Cour : c’est certes une entrave
(discrimination positive) mais justifiée par la nécessité de préserver l’intégrité de la compétition. Mais par le test de
proportionnalité la cour estime que la mesure va au-delà du nécessaire : pas très cohérent.
Pas sûr que la proportionnalité de la mesure soit déterminante : CJ Vatsouras 2009 : pas fait mention de cette
exigence : réponse de la cour fondée sur le droit primaire (art. 12 TCE) pour dire que le principe de non-
discrimination ne joue pas entre ressortissants d’EM et Etats tiers. Mais si c’est un bénéficiaire dérivé : égalité de

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traitement appliquée, mais si ressortissant d’un Etat tiers.

II) Les entraves


A) Evolution du concept d’entrave en matière de LCP et notamment des travailleurs.
Discriminations résultent souvent des MSA mais peut aussi concerner les MIA (ex : critère de résidence) et donc se
chevaucher avec le concept d’entrave qui visent les mesures susceptibles de gêner ou rendre moins attrayant
l’exercice de la libre circulations sauf justification par une RIIG+ test de proportionnalité.
Années 90 : Cour interprète l’art. 45 comme interdisant les discriminations ET entraves : progrès ET inconvénient dès
lors que le concept a un contour flou : 1ère apparition de l’entrave en matière de LPS.
PB : la définition de l’entrave n’est pas juridique car est subjective. De base : une mesure qualifiée d’entrave si
conditionne directement l’accès au marché de travail de l’EM : Bossmann.

CJ Graf 2000 : salarié autrichien quitte volontairement son emploi en Allemagne et demandait une indemnité due
par l’employeur si licenciement, résiliation forcée, départ à la retraite. Le refus était contraire à l’article 45 (ex 39
TCE) car constituait une discrimination à la sortie. PB inédit pour la cour car la réglementation ne peut être analysée
sous forme de discrimination directe/indirecte et est non discriminatoire : indépendante de la nationalité et de la
circonstance dans laquelle le contrat a pris fin. La cour juge que l’article 39 TCE appréhende AUSSI les
réglementations indistinctement applicables qui comportent des entraves à la libre circulation. La cour reprend
Bosmann et dit que les MIA ne sont qualifiées d’entrave que si conditionnent l’accès du travailleur au marché du
travail.
MAIS : vite abandon de ce critère de conditionnement direct et juge qu’une mesure est une entrave si elle est
seulement de nature à restreindre l’exercice du droit sans qu’il soit nécessaire de démontrer qu’elle conditionne
l’accès direct au marché. On n’est plus que sur l’accès MAIS aussi l’exercice.
Confirmation : CJ 2010 Olympique Lyonnais : OL dit que les mesures n’empêchent pas formellement le joueur à la
sortie de sa formation de passer un contrat avec un club étranger, mais doit juste être indemnisé. Cela est de nature
à dissuader d’exercer le droit à la libre circulation. Cour : recherche si cette restriction peut être justifiée en
poursuivant un objectif légitime compatible avec le traité, dont les RIIG : ici l’objectif de l’indemnité est jugé légitime.

Même si l’entrave n’est qu’hypothétique n’est pas déterminant : une mesure nationale limitant le regroupement
familial d’un travailleur national qui revient dans son EM après exercice de la libre circulation= entrave car
susceptible de dissuader, avant même que la mesure soit adoptée : CJ SIGNH.
Parfois cour se fait juge de ce qui peut subjectivement dissuader un travailleur d’exercer son droit à la libre
circulation : n’est pas une entrave la mesure qui oblige un travailleur à payer un taxe d’immatriculation pour
important du véhicule de dans l’EM d’emploi : le traité ne garantit pas que le transfert de ses activités dans un autre
EM sera neutre en matière d’imposition : CJ 2004 Weigel. Mais dans Commission c/Danemark 2005 : cour dit que la
même réglementation est une entrave interdite.

B) Intérêt de la distinction entre entrave et discrimination.


Normalement les discriminations ne peuvent être justifiées que sur la base d’exceptions textuelles.
Les mesures non-discriminatoires indistinctement applicables peuvent être justifiées par des RIIG (prétoriennes et
plus larges).
La CJ ne s’attache plus à constater le caractère discriminatoire d’une mesure, mais se contente d’affirmer que celle-ci
est susceptible de dissuader le travailleur d’exercer son doit ce qui la conduit à toujours replacer la mesure étatique
dans le cadre de justifications larges : RIIG + test de proportionnalité.
Dans la majorité des affaires : la Cour devrait qualifier la mesure de discrimination mais dit que c’est une entrave.
PB : maintien du flou. Bénéfice : permet de saisir des mesures restrictives qui échapperaient à la qualification de
discrimination : EX : Lethonen.

S3 : Les dérogations à la LCT

I) Les exceptions résultant des traités.


A) Les motifs de l’article 45§3
Envisagées sous l’angle de l’exception elles permettent aux EM de restreindre la liberté de circulation +de séjour.

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Les institutions euro tentent de limiter les effets de ces réserves, en encadrant le pouvoir des EM.

1) La santé publique.
Directive 2004/38 reprend ce motif et éclaircit en complétant une ancienne directive où la notion de santé publique
visait que les maladies ou infirmités mentionnées dans une liste annexée à la directive : justifiait de manière
exhaustive une exception. EX : tuberculose, syphilis, maladies et infirmités pouvant mettre en danger l’OP, sécurité
publique : toxicomanie, certaines formes de psychoses.
Article 28§1 de la directive : réduit la liste aux maladies épidémiques définies par les instruments de l’OMS. D’autres
maladies pourraient s’y ajouter tant qu’elles font dans l’EM d’accueil l’objet de dispositions spécifiques de protection
à l’égard de ressortissants non nationaux.
C’est apprécié à l’égard de la personne :
-si maladie survient après 3 mois de séjour dans l’EM d’accueil : éloignement du territoire plus justifiéau terme de
3 mois citoyen assimilé aux nationaux (29§2). Cela limite la possibilité d’imposer des crtls médicaux : EM peut
soumettre à un examen médical gratuit dans les 3 mois seulement si indices graves le justifient= plus d’examens
systématiques sur les étrangers.
Eloignement impossible si résidence depuis au moins 10 mois ou si mineur à moins qu’il puisse se fonder sur des
raisons impérieuses de sécurité publique.

2) Les notions d’ordre public et de sécurité publique.


Pas d’OP à l’échelle européenne : chaque EM reste libre de protéger les valeurs qu’il estime essentielles sur son
territoire. Mais la liberté d’appréciation n’est pas discrétionnaire : commission et CJ restent gardiennes des traités et
interviennent dans l’appréciation des EM pour déterminer les excès des mesures.
La notion d’OP s’apprécie strictement car le principe est la libre circulation, liberté fondamentale. La réserve d’OP ne
peut jamais être invoquée quand l’objectif à protéger est économique : CJ Rudy 1975.
Les mesures restrictives, refus d’entrer, exclusion doivent être fondée QUE sur le comportement personnel et actuel
de l’individu. CJ 1977 Bouchereau : toute infraction pénale occasionnant un trouble à l’ordre social ne justifie pas
automatiquement l’expulsion : faut démontrer une menace réelle et suffisamment grave pouvant affecter un intérêt
fondamental de la société. Il y a des conditions de fond et de forme.

a) Conditions de fond.
Appréciation limitée au comportement personnel de l’individu : autorités nationales doivent avoir une appréciation
spécifique portée sous l’angle de la sauvegarde des intérêts inhérents à l’OP. Ne peuvent juste se caler sur une
condamnation pénale sauf si les circonstances qui lui ont donné lieu font apparaitre toujours et ACTUELLEMENT
l’existence d’un comportement réel personnel, menace pour l’OP.
EX : CJ 2008 Jipa : séjour irrégulier d’un ressortissant euro sur le territoire d’un autre EM ne peut justifier en soi une
mesure limitant l’exercice de son droit à la libre circulation, surtout qu’ici l’interdiction de sortie était fondée que sur
le rapport des autorités belges sans se rapporter au comportement réel de la personne au moment de l’adoption de
la mesure restrictive. Jipa jouit du statut fondamental de citoyen de l’UE : le droit de circuler librement est
opposable à son Etat de nationalité. Il ne peut s’agir d’une situation purement interne : surtout que le droit de sortie
est codifié par la directive 2004/38. Un séjour irrégulier passé n’est plus une menace actuelle.
Un EM peut demander des infos sur les antécédents d’un citoyen ou membres de sa famille : doit rester
exceptionnel.
Principes complétant cela :
-principe de non-discrimination : faits d’un non-national ne doivent pas être sanctionnés de manière différente de
ceux des nationaux.
-principe de proportionnalité : directive : EM d’accueil doit prendre en compte des facteurs : durée du séjour, âge,
état de santé, situation familiale, éco, intégration sociale, culturelle, intensité des liens avec l’Etat d’origine avant
d’envisager des mesures d’éloignement.
Mais même en présence de ces facteurs possible qu’une décision d’éloignement soit justifiée : CJ 2004
Orfanopoulos : directive opère une gradation dans les motifs justificatifs et selon la durée du séjour. Elle limite la
possibilité d’éloignement selon la durée du séjour :
-pour un court séjour : tout motif d’OP est admis.
-pour un long séjour : seuls motifs graves d’OP ou de sécurité publique peuvent limiter le droit de séjour : la santé
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publique ne sera plus admise.
-pour un séjour permanent : mesure d’éloignement fondée qu’en présence de motifs graves à l’OP

CJ 1991 Richardt : l’atteinte au fonctionnement des institutions, survie de la population, risque de perturbations
graves des relations extérieures, coexistence pacifique des peuples, intérêts militaires = sécurité publique.

CJ Tsakouridis 2010 : ressortissant grec vivant en Allemagne puis retourné en Grèce. Fait l’objet d’un mandat d’arrêt
émis par l’Allemagne, puis est condamné pour trafic de stupéfiants. Il est déchu de son droit d’entrer et de séjourner
en Allemagne. Question : la situation peut-elle être appréhendée sous l’angle de raison impérieuse de sécurité
publique car ça fait plus de 10 ans (de séjour) donc l’OP est exclu. Cour : le motif de l’article 28§3 est une notion plus
stricte que celle des motifs graves. Elle juge que le législateur de l’UE a voulu restreindre les mesures fondées sur le
§3 à des circonstances exceptionnelles. L’atteinte à la sécurité publique suppose une atteinte de degré
particulièrement élevé. Cour : le trafic de stupéfiants peut avoir des effets dévastateurs. C’est de nature à menacer
directement la tranquillité/sécurité physique de la population= pas le cas dans l’OP. Fallait procéder à un examen
individuel en l’espèce. La mesure d’éloignement est nécessaire : donc il y a bien un ctrl de proportionnalité : que
l’objectif visé ne peut être atteint pas une mesure moins restrictive.

Le ctrl pour des raisons impérieuses de sécurité publique rend compte d’une dimension sociale de la citoyenneté
euro : le citoyen est intégré dès lors qu’il a le séjour permanent, barrière à la mesure d’éloignement.
Elément central : la force du lien d’intégration entre le citoyen et l’EM d’accueil.

b) Les garanties procédurales.


Obligation pour les EM de mettre des voies de recours assurant un contrôle complet de légalité et proportionnalité
pour toute mesure restrictive à la liberté de circulation relative à l’OP ou sauvegarde de la sécurité publique.
La mesure d’éloignement doit être motivée.
CJ Adoui 1982 : impose garanties procédurales d’information : obligation de motiver la décision devant être notifiée
à l’intéressé qui doit comprendre le contenu et les effets. Obligation reprise par l’article 27 de la directive.
Pas d’information si les motifs relèvent de la sureté de l’Etat.
Jamais d’éloignement de son national.

B) Les emplois dans l’administration publique (article 45§4 TFUE).


Indique que les autres § ne s’appliquent pas aux emplois dans l’administration publique. La distinction sur la
nationalité sera validée.
Pour déterminer les emplois qui entrent dans le champ d’application : faut rechercher s’ils sont caractéristiques des
activités spécifiques dans l’admin publique en tant qu’elle est investie de l’exercice de la puissance publique et de la
responsabilité pour la sauvegarde de l’IG de l’EM et collectivités publiques.
Fondamental que le critère d’applicabilité de l’article 45 soit fonctionnel : tienne compte de la nature des tâches,
responsabilités que comporte l’emploi pour éviter que l’effet utile et égalité de traitement soient limités par
l’interprétation national (sorte de notion autonome) : EX : Commission c/Luxembourg 1996.
Cour : les emplois sont ceux qui démontrent une prérogative de puissance publique : l’emploi doit participer de
manière directe/indirecte à l’exercice de la puissance publique + titulaires aient un rapport particulier de solidarité à
l’égard de l’Etat (nationalité).

Cette exception doit être interprétée de manière stricte, mais est large en raison de l’approche fonctionnelle.
Cour : mêmes si capitaines employés par une personne physique/morale de droit privé ce n’est pas de nature à
écarter l’applicabilité de l’article 45§4 dès lors que pour l’accomplissement des missions publiques dévolues, les
capitaines agissent comme représentants de la puissance publique : au service de l’IG de l’Etat pavillon du navire.
Il faut que les PPP soient exercées de manière habituelle par les titulaires et ne représentent pas qu’une part de
leurs activités : CJ 2003 Collège des officiers de la marine marchande espagnole.
La PPP est : capacité d’adopter un acte unilatéral.
Tout exclusion en général, raison d’OP, sécurité publique : ne justifient pas l’exception de l’article 45§4.
Les PPP peuvent être exercées que quelques heures, mais ça doit être de manière régulière.

Emplois non couverts par l’exception de l’article 45§4 :

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-chemins de fer
-cadre infirmier dans les hôpitaux publics
-activité d’enseignant
-activité de chercheur au sein d’institutions publiques de recherche.
-garde particulier dans des entreprises de sécurité.
-médecin spécialiste.

L’exception vise que l’accès à l’emploi : pas opposable aux conditions de travail.
Tout ce qui est modalité de l’emploi : égalité de traitement s’applique : CJ 2005 Marhold.
Dans secteurs régaliens : Cour : admet l’exception pour les emplois de direction de la fonction publique où il y a
souvent participation du titulaire à des décisions exécutoires et donc des actes unilatéraux de PPP.
Faut regarder mission par mission.
En France volonté de faire passer tout le monde par concours : elle a dû intégrer l’expérience précédente, mais cela
ne donne pas plus accès aux emplois dans l’administration publique.

II) Les dérogations jurisprudentielles.


Rf aux RIIG.

A) Une dérogation extensive


1) Une évolution du concept.
Article 45§2 ne prévoit pas la possibilité de justifier les discriminations qu’il incrimine. Les réserves d’OP, sécurité
publique et santé publique (45§3) ne concernent que les droits liés à la libre circulation, droit d’entrée, de séjour, de
demeurer sur le territoire de l’EM.

Le règlement 4492/2011 mettant en œuvre le ppe de non-discrimination des travailleurs ne contient aucune
référence à la réserve d’OP. Alors que la directive 68/368 mentionne la possibilité de limiter ce droit par le motif
d’OP.
Dans 1ers arrêts : Cour estime que les exceptions inscrites au §3 pouvaient justifier une discrimination
directe/indirecte contraire au §2 : CJ 1969 Ugliola.
Avec CJ 1992 Bachmann : elle commence à admettre que les discriminations indirectes peuvent être justifiées par
des RIIG (concept emprunté à la LPS).
Recours aux RIIG se généralise quand la cour affirme que l’article 45 interdit les discriminations et entraves.
On estimait que JAMAIS une discrimination indirecte n’aurait pu être justifiée sur la base de RIIG mais avec le
concept d’entrave on a vu la Cour recherche une justification sur ces RIIG dans le cadre d’une discrimination
indirecte.

2) Une définition de la RIIG aux contours imprécis.


Pas d’arrêts où la CJ admet que la violation au droit à la non-discrimination garanti par l’article 45 est justifiée par la
réserve d’OP. A chaque fois, elle accepté une telle justification au titre d’une RIIG.
Comme pas de définition d’une RIIG : les EM ont une marge de manœuvre large pour présenter cette justification.
Cour : admet largement différents motifs comme des RIIG.
EX : but de favoriser la mobilité des étudiants, garantir le logement, protection sociale des travailleurs, efficacité des
contrôles fiscaux, politique sociale des EM = RIIG : CJ 2012 Krier Frères.
Seuls les motifs purement économiques pourraient être exclus des motifs de RIIG : ex : considérations budgétaires :
CJ 2005 Kranemann ; ou la réduction de recette fiscale.
MAIS : si la personne n’est plus ou recherche un emploi la cour a toujours considéré légitime le motif tiré de la
protection des systèmes de santé tirée de la protection des finances publiques : l’EM peut légitimement refus er un
nb de prestations sociales, dès lors que le citoyen représenterait une charge déraisonnable.
A été refusé le motif de simplification de travail admin : CJ 2003 Salzburger Landesklinik.

La cour peut aussi préférer ne pas se prononcer sur le caractère légitime ou non et se concentrer sur la
proportionnalité de la mesure.

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B) L’application des dérogations.
1) Les conditions.
Pour qu’une mesure contraire à l’article 45 puisse être justifiée elle doit remplir 4 conditions : CJ Dieter Kraus 1993.

1. s’applique de manière non-discriminatoire : la mesure nationale ne doit pas discriminer ouvertement le


travailleur d’un autre EM.
2. se justifie par une RIIG : tout argument qui n’est pas purement éco conduit à s’interroger sur la réalité de
cette condition.
3. soit propre à garantir la réalisation de l’objectif poursuivi. Test de proportionnalité : mesure doit être=
4. n’aille pas au-delà de ce qui est nécessaire pour l’atteindre. nécessaire, adéquate, strictement proportionné

2) L’application aux mesures discriminatoires.


Jp de la cour reste ambiguë sur le point de savoir si une discrimination peut être justifiée par une RIIG OU que par
des exceptions textuelles.
Nul doute que pour la LPS ou LE une RIIG peut justifier une discrimination directe MAIS la cour ne se réfère par à la
qualification « directe » mais à la circonstance que la mesure est entravante : CJ 2003 Lindman.
Pas aisé de savoir pourquoi la cour choisir de qualifier de discrimination directe une mesure créant une
discrimination alors que pour la même mesure elle la qualifie parfois d’entrave.
EX : CJ 2010 SGI= entrave et Commission c/Allemagne du même jour : discrimination directe injustifiable.
Ce flou gagne la LCT même si reste encore protégée de ce flou. Généralement la cour évite de justifier une
discrimination directe sur la base d’une RIIG en matière de LCT. Elle va qu’appréhender ces mesures sous l’angle des
exceptions prévues par les traités.
MAIS : errements possibles : stratégie politique, jurisprudentielle pour laisser plus de marge aux EM.
En toute rigueur la cour ne devrait pas le faire.
CJ 2009 Wolzenburg : ici refus de remise d’une personne faisant objet d’un mandat d’arrêt européen : discrimination
directe claire. MAIS pour préserver l’utilité du mandat, la cour justifie cette réglementation et donne de la
discrimination en fonction de la nationalité une définition plus large du principe d’égalité de traitement : cela lui
permet de trouver une justification objective et valider la mesure.

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Ch2 : Le régime de la liberté d’établissement.

Prévue à l’article 49 TFUE : al2 : comporte accès aux activités non salariées et leur exercice et la constitution et
gestion d’entreprises, dont les sociétés.
CJ : notion d’établissement est large : implique pour un ressortissant de participer de façon stable et continue à la vie
économique de l’EM d’accueil (Gebhard 1995).
JP : le rattachement à un établissement autre le siège possible que si l’établissement présente une consistance
minimale avec des moyens humains, techniques nécessaires.

S1 : Le contenu des droits relatifs à la LE

I) Le droit de circulation.
Droit de quitter l’EM d’origine, créer des établissements secondaires. La LE se secondaire est effective contrairement
à la LE à titre principal. Les entreprises doivent être libres dans le choix des formes d’établissement au secondaire :
tte législation qui incite à l’adoption d’une d’elle = entrave.

A) Le droit d’établissement principal.


Etablissement principal = pouvoir librement déplacer une société d’un EM à un autre : pb : pas de reconnaissance
des personnes morales. Si on veut déplacer l’établissement principal dans un autre EM il faudra se conformer à la
législation de cet EM.
CJ Daily Mail 1988 : le traité ne confère aucun droit à une société constituée selon le droit d’un EM ayant son siège
statutaire à transférer son siège réel (principal établissement) dans un autre EM. Donc : faut la dissolution de
l’entreprise pour la reconstituer conformément au droit de l’EM d’accueil. Daily mail voulait transférer son siège réel
aux PB tout en restant soumis au droit du RU.
Le DUE a voulu rester neutre sur la capacité de constitution d’une société selon le siège réel ou statutaire.
CJ Cartesio 2008 : société hongroise voulait transférer son siège réel en Italie, tout en relevant des dispositions de la
loi hongroise où elle avait son siège statutaire. CJ : le traité ne s’oppose pas à ce qu’une réglementation d’un EM
empêche une société constituée en vertu du droit national de cet Etat de transférer son siège dans un autre Etat
tout en gardant la qualité de société relevant du droit de l’EM selon lequel il a été constitué.
La liberté pour les EM de déterminer les critères de rattachement ne saurait justifier que l’EM de constitution en
imposant la dissolution et la liquidation empêche cette société de se transformer en une société de droit national.
L’Etat d’accueil doit être en mesure de déterminer dans son droit national d’accueillir une société transférée et la
transformer.
Dire que les EM sont tenus de reconnaitre la transformation revient à considérer que c’est une modalité de la LE :
donc on peut y apporter des restrictions.
Droit nationaux : n’ont pas forcément des dispsoitions qui autorisent ou prévoient la constitution d’une société par
voie de transformation transfrontière. CJ : une différence de traitement pas admise selon la nature transfrontière ou
interne de la transformation.

CJ Vale Epitesi 2012 : différence avec Cartesio : ici il y a un changement de droit applicable, alors que dans Cartesio
on est dans l’hypothèse Daily Mail. 1ère fois : la CJ déclare incompatible avec la LE une législation nationale qui refuse
le ppe d’une transformation transfrontière et ses modalités encadrées par l’UE. Une réglementation qui ne permet
pas la transformation d’une société transfrontalière alors que le permet en interne= discrimination.
La mise en œuvre de la transformation reste dans le champ des EM, en l’absence d’une réglementation européenne.
Le droit national ne doit pas la rendre impossible ou prévoir des modalités différentes= principe d’équivalence.

B) Le droit d’établissement secondaire.


Forme gale de création d’agences/succursales. Mouvement de libéralisation important : initié par CJ Segers 1986 :
admettre que l’EM d’établissement applique un traitement différend en raison du seul fait que le siège de la société
est situé dans un autre EM viderait l’art. 58 TCE de son contenu. Innovation : cour se prononce sur les doutes des
autorités nationales : l’article 58 exige seulement que la société soit constituée en conformité avec la législation
nationale et d’avoir le siège statutaire, établissement, admin centrale sur le territoire de l’UE. Donc : peu importe
l’intention de l’opérateur. Rejet de l’existence d’un lien effectif et continu avec l’économie de l’EM où est situé
l’établissement principal de la société. Confirmation dans Centros 1999.
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L’article 58 assimile les sociétés constituées en conformité de la législation nationale aux personnes physiques. L’EM
qui refuse l’immatriculation d’une succursale ayant son siège statutaire dans un autre EM aboutit à l’empêchement
d’exercer la LE.

CJ Uberseering : est incompatible avec la LE le fait pour un Etat de dénier à une société constituée conformément à
la législation d’un EM sur le territoire duquel elle a son siège statutaire, la capacité juridique devant les juridictions
nationales pour faire valoir ses droit : L’EM d’accueil doit reconnaitre mutuellement la capacité juridique que la
société possède en vertu de son EM d’origine (constitution).

CJ Inspire Art 2003 : les raisons pour lesquelles la société est constituée dans le 1 er EM et la circonstance qu’elle
exerce ses activités dans l’EM d’établissement ne la prive pas, sauf à établir au cas par cas un abus, de se prévaloir de
la LE. La cour statut pour la 1ère fois sur la loi hollandaise pour les sociétés de pure forme. Cette compagnie à laquelle
le RU n’impose aucun capital ne peut se voir imposer les exigences du droit hollandais

Bilan Uberseering et Inspire Art : ce sont des jp qui participant au mouvement de reconnaissance mutuelle des
sociétés en dépit de toute disposition nationale qui pourrait y faire obstacle.

CJ Cadbury Schweppes 2006 : La loi du RU (jugée ici contraire) ne peut s’appliquer, sauf à démontrer qu’il y a des
montages fiscaux purement artificiels, soit des comportements dépourvus de réalité économique dans le but
d’éluder l’impôt sur les bénéfices générés par les activités sur le territoire. La cour admet l’abus de droit, mais elle
pose des conditions difficiles à réunir : en même temps, cela permet une application effective du DUE.

II) Le libre accès aux activités professionnelles visé par la LE.


Mise en œuvre de la LE obéit au ppe général de non-discrimination, aspect plus général de l’égalité de traitement.
Article 49 TFUE : il faut traiter les ressortissants de l’UE de la même manière que les nationaux.

A) Les principes et obligations de l’article 49 TFUE.


CJ Sotgiu 1974 : sont interdites les discriminations directes et indirectes. Cour : les articles 54 à 59 s’opposent à toute
disposition qui empêche ou dissuade un ressortissants de l’EM de quitter son Etat d’origine pour exercer son droit à
la libre circulation ET toute mesure nationale, qui applicable sans discrimination tenant à la nationalité est
susceptible de gêner ou rendre moins attrayant l’exercice.

1) L’interdiction des mesures discriminatoires.


a) Le principe du traitement national.
Le ressortissant de l’UE doit être assimilé aux nationaux soumis aux mêmes conditions et bénéficier des mêmes
droits que les professionnels du pays où ils entendent exercer l’activité.
Principe à respecter par l’EM d’accueil et d’origine. Pour les sociétés : la LE vise à assurer le bénéficie du trament
national à un ressortissant qui s’établit même à titre secondaire dans un autre EM pour y exercer une activité non
salariée. Principe appliqué aux conditions d’accès et d’exercice.
CJ Société Papillon 2008 : admette que l’EM applique un traitement différent en raison du seul fait de la localisation
dans un autre EM du siège d’une société viderait les règles relatives à la LE de leur contenu. Seule différence est
qu’on a une société établie dans un autre EM OR, c’est ce que permet la LE.
Justification par une RIIG ? La discrimination selon le lieu du siège de la filiale pour refuser une chaîne ininterrompue
qui justifierait l’intégration fiscale constitue une inégalité de traitement injustifiable et disproportionnée portant
atteinte à la LE.

b) L’interdiction des discriminations relatives à l’accès aux professions.


Contraire à la LE :
-règle selon laquelle seuls les ressortissants nationaux peuvent demander l’attribution de locaux loués par une
municipalité et utilisés par des artisans pour la vente de leurs produits : CJ 1985 Steinhauser.
-conditions de nationalité exigées quant à l’exercice d’une profession telle que l’obligation pour les seuls étrangers
de constituer une société selon le droit national pour obtenir une licence de pêche : CJ 1991 Commission c/Irlande.

CJ Vlassopoulou 1991 : L’obligation de comparaison a été rendue générale même en dehors du champ d’application
des directives relatives à l’harmonisation des diplômes. Il faut prendre en considération le diplôme ou certificat que
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l’intéressé a acquis dans le but d’exercer cette profession dans un autre EM. Application de cette jp aux stages
rémunérés.
CJ Ebert 2011 : pour les avocats (directive 1998) : même s’il y a une directive spéciale ce l’exclut pas pour cette
profession l’application de la directive « diplômes » : on peut cumuler le droit dérivé.

c) Les discriminations fondées sur le siège des sociétés.


Localisation du siège social correspond à la nationalité pour les personnes physiques. CJ : condamne les
discriminations directes nombreuses en matière fiscale :
-bénéfice d’un avoir fiscal aux succursales des sociétés d’assurance établies en France, mais non celles dans un autre
EM = discrimination directejustification que par le traité et non des RIIG.
-législation qui institue un taux d’imposition différent pour l’impôt sur le bénéfice des sociétés selon le lieu
d’établissement ou législation qui soumet des investissements réalisés sur le territoire d’un autre EL où l’entreprise
n’est pas étable, à un régime fiscal moins favorable que celui réservé pour les investissement réalisés sur le territoire
national= discrimination.

Dividendes : pour établir l’existence d’une discrimination, la comparabilité de la situation doit être examinée en
tenant compte de l’objectif poursuivi par les dispositions nationales (Papillon).
-si mécanisme visant à atténuer/supprimer la double imposition : ne peut varier selon que les dividendes
proviennent de sociétés résidentes ou établies dans d’autres EM : on ne regarde pas l’objectif poursuivie, mais on
recherche aussi s’il y a une différence de traitement : EX : CJ Commission c/Espagne 2010.
CJ Denkavit 2006 : La cour confirme le principe selon lequel les dividendes sortantes ne peuvent faire l’objet d’une
imposition plus élevée dans l’Etat source, que les dividendes internes et qu’il peut être pertinent de prendre en
considération si l’EM de résidence de l’actionnaire accorde à celui-ci un crédit d’impôt pour la retenue à la source
prélevée par l’Etat source.

2) Les mesures indistinctement applicables.


La cour ne précise pas toujours la nature de l’entrave sous la qualification de discrimination directe, indirecte ou
entrave. But : se laisser une marge de manœuvre dans l’appréciation des justifications invoquées par les EM : CJ
2007 Raffaele Talotta : on ne peut admettre que l’EM d’établissement puisse appliquer les bases minimales
d’imposition uniquement à l’égard de contribuables non-résidents du seul fait qu’ils disposent d’une résidence dans
un autre EM sous peine de vider la liberté d’établissement de son contenu. Normalement la cour ne devrait pas
examiner une discrimination au regard des RIIG en toute rigueur : mais cela s’explique par la volonté de la marge
d’appréciation.

3) Les entraves.
La distinction entre entrave et discrimination indirecte dès lors que toutes 2 sont indistinctement applicables est
délicate. La jp brouille la distinction au point de faire perdre la spécificité de la notion de discrimination indirecte.
Jp constante : L’article 43 CE s’oppose à toute mesure nationale qui applicable sans discrimination est susceptible de
gêner ou rendre moins attrayant l’établissement (CJ Kraus). L’existence d’une entrave s’apprécie par rapport à ses
effets, peu importe sa qualification en droit interne : CJ 2011 Commission c/Grèce.
La notion de restriction au sens de l’article 49 couvre les mesures prises par un EM qui vont affecter l’accès au
marché pour les entreprises d’autres EM et qui par la même entravent le commerce intra-européen.
Il faut après élimination de la discrimination directe et indirecte rechercher si on affecte la possibilité d’une
entreprise d’accéder au marché de l’EM considéré : CJ 2004 Caixa Banque.
De même pour une législation italienne qui met en place une obligation de contracter pesant sur toutes les
entreprises d’assurance à la demande de tout client potentiel : CJ Commission c/Italie 2009.

Le critère de l’accès au marché est emprunté à la LCM (Keroptika) et avait vocation à devenir le critère de
l’appréciation de l’entrave pour toutes les libertés de circulation. Une mesure est une entrave dès lors qu’elle
dessert l’intérêt économique à exercer certaines activités.
Les règles susceptibles d’avoir une influence négative sur le nombre de demandes introduites ou délivrées a pour
effet de gêner et rendre moins attrayant l’exercice par les opérateurs économiques d’autres EM de leur activités : CJ
commission c/Espagne 2011.

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CJ 2012 Susisalo (législation finnoise sur les pharmacies) : ici intérêt de l’affaire est qu’il n’y avait aucun élément
transfrontalier, mais la cour constate que le litige n’est pas qu’hypothétique. Ici la CJ juge que le régime est
doublement préférentiel au bénéfice des pharmacies universitaires car susceptible de priver un pharmacien privé du
droit d’implanter une succursale dans l’une des 16 zones géographique où les pharmacies universitaires le peuvent.
La cour juge qu’il s’agit d’une entrave.

CJ 2007 Affaire Viking : double problème : déterminer sur le DUE était applicable et évaluer si les restrictions
imposées par une activité syndicale étaient compatibles ou non avec les règles de la libre circulation. PB :
l’organisation d’actions collectives relève d’une liberté fondamentale protégée, qui devrait a priori exclure du DUE.
Les EM sont libres de fixer les conditions d’existence des droits en cause et leur modalité d’exercice, mais dans
l’exercice de cette compétence ils sont tenus de respecter le DUE. La cour constate que le droit de grève fait partie
des PGD du DUE dont la cour assure le respect. Mais cette reconnaissance n’exclut pas des restrictions : article 28
CDFUE : si les EM peuvent limiter ce droit, alors la CJ peut aussi le faire. L’exercice des droits fondamentaux en cause
n’échappe pas à l’application des dispositions du traité et cet exercice doit être concilié avec les exigences relatives
au droit protégé par les traités et conforme au principe de proportionnalité.
 Même si selon les dispositions des traités, la liberté d’établissement vise à assurer le bénéfice du traitement
national dans l’EM d’accueil, elle s’oppose à ce que l’EM d’origine entrave l’établissement dans un autre EM.
Cet arrêt a fait couler beaucoup d’encre car semble signifier que la LE est supérieure au droit de grève. On aurait pu
s’attendre à ce que la cour aille plus loin et dise que la liberté syndicale puisse justifier que la LE cède devant la
liberté syndicale, mais le législateur UE n’a pas de compétence en la matière.
Le rôle de la cour est de protéger la LE et les autres libertés fondamentales+ la cour a pour mission d’assurer un
marché intérieur compétitif.

B) Les mesures prises pour faciliter l’exercice des professions.


Harmonisation en matière de reconnaissance des diplômes.

1) La directive «  service  » 2006.


A été vue de manière péjorative « directive de l’horreur » : rédaction ambiguë et sujette à des confusions.
Elle visait à créer un cadre juridique pour assurer la LE et la libre circulation des services entre les EM. Elle codifie
certaines jurisprudences et donne la définition de l’établissement : «  exercice effectif d’une activité économique
visée à l’article 43 du traité par le prestataire pour une durée indéterminée et au moyen d’une infrastructure stable à
partir de laquelle la fourniture des services est réellement assurée  ». (art.4.5)
Cette directive confirme la portée extensive consacrée par la CJ des entraves prohibées : celles qui limitent l’accès et
l’exercice d’une activité sur le territoire d’un EM. Elle formalise les mesures interdites en LPS et aussi celles en
matière de LE (article 14 et 15 de la directive).

Art. 4.7 définit les exigences prohibées comme toute obligation, condition ou limite prévue dans les dispositions
normatives des EM dans les règles d’ordre ou d’organisation professionnelle.
Elle établit une gradation : article 14 dresse une liste de 8 exigences que les EM ne peuvent imposer à l’accès d’une
activité ou à son exercice et qui seront en toutes hypothèses condamnées.
L’article 15 prévoit des exigences à évaluer : elles ne sont pas en soi interdites : l’autorité nationale suite à une
évaluation soit les supprime, soit les adapte de façon à les rendre conformes à la LE.
Lorsque les différences entre les EM apparaissent trop importantes, la directive a permis de soutenir un besoin
d’harmonisation et d’interventions législatives pour lever des obstacles que la jp ne parvenait pas à dissiper.

Obstacles à la LE peuvent découler de la différence avec les législations nationales quant à l’accès et l’exercice.
Recours aux directives d’harmonisation a été nécessaire.
EX : directive 98/5 : pour la LE des avocats : peut prendre 2 formes :

1. Tout avocat peut exercer à titre permanent sous son titre pro d’origine, à condition de s’inscrire auprès de
l’autorité compétente de l’EM d’accueil et respecter les règles pro de son Etat d’origine et de l’EM d’accueil.
Pour les activités de représentation et défense en justice : admis que l’avocat pourra agir de concert avec un
avocat national, pendant un délai, car il n’est pas aguerri aux procédures de l’EM d’accueil.

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2. Après 3 ans d’exercice : principe de l’assimilation à l’avocat de l’EM d’accueil. L’activité doit être effective,
régulière. Au-delà de 3 ans : il peut accéder au titre d’avocat de cet Etat et faire usage parallèlement de son titre
d’Etat d’origine. Il peut demander à tout moment la reconnaissance de son diplôme pour accéder à la profession
d’avocat de l’EM et de l’exercer sous le titre pro correspondant à sa profession dans cet EM : CJ Ebert.

CJ : possible qu’une réglementation nationale oblige l’avocat d’être membre de l’ordre des avocats de l’EM d’accueil.
Si hors champ des directives : l’exercice du droit à la LE est garanti par le principe de l’égalité de traitement.
Les EM gardent un domaine de compétence : faculté de fixer le niveau minimum de qualification nécessaire dont
pour l’accès à une profession réglementée : CJ 2009 Cavallera.

S2 : Les dérogations à la liberté d’établissement.

I) Les exceptions résultant des traités.


A) Les activités mettant en jeu l’exercice de l’autorité publique.
Article 51 TFUE : exception pour l’exercice de l’autorité publique, comme pour la LCT, mais doit s’apprécier
séparément pour chaque Etat au regard des dispositions nationales applicables, à l’organisation et exercice des
professions, tout en tenant compte du caractère européen de la notion. L’application de cet article est limité aux
activités qui prises en soi constituent une participation directe et spéciale à l’exercice de l’autorité publique : CJ 1974
Reners.
L’exclusion ne peut être étendue à une profession entière, lorsque l’activité qui participe à l’exercice de l’autorité
publique constitue un élément détachable de l’ensemble de l’activité pro. Mais certaines professions sont
entièrement réservées aux nationaux.
Pour les notaires : CJ 2000 Commission c/France, Belgique, Lux, Autriche, Allemagne, Grèce : La condition de
nationalité requise pour l’accès à cette profession constitue une discrimination indirecte par le traité. Mais la cour
limite la portée de la contestation : le fait que les activités notariales poursuivent des objectifs d’IG constitue une
RIIG justifiant d’éventuelles restrictions découlant des spécificités propres à l’activité notariale, pour autant que ces
dernières permettent d’atteindre lesdits objectifs et sont nécessaires à cette fin.

B) Les activités contraires à l’OP, sécurité publique et santé publique.


Article 52 TFUE.
Le ctrl est in concreto.
CJ : refuse de considérer que l’obligation de résidence en Espagne des administrateurs et directeurs d’entreprise de
sécurité soit nécessaire pour assurer la sécurité publique : obstacle qui ne relève pas de l’article 52§1 : CJ 1998
Commission c/Espagne.
De même pour les services de transport médical qui n’impliquent pas un exercice suffisamment qualifié des droits
exclusifs, pour rentrer dans la réserve de l’autorité publique et ne peuvent être justifiés par la santé publique : CJ
2010 Commission c/Allemagne.
L’interprétation est très étroite. Rares exemples : CJ 2001 Mac Queen : fait pour les EM de réserver à des
ophtalmologues le droit d’effectuer sur leurs patients certains examens peut être considéré comme un mouvement
propre à garantir la réalisation d’un niveau élevé de protection de la santé.

II) Les dérogations jurisprudentielles.


A) Les RIIG.
Cour favorable à l’admission des objectifs invoqués par les EM. Les objectifs de nature purement économique ne
peuvent justifier le maintien de restrictions à la LC, mais beaucoup d’objectifs à la limite de l’économie sont admis
(critique).
Raison : lien plus fort avec les autres libertés et la jp n’est pas aisée à suivre : CJ 2011 Commission c/Espagne :
s’agissant de la législation espagnole limitant l’implantation de surfaces commerciales, en soumettant leur ouverture
à un régime d’autorisation préalable justifié par des considérations urbanistiques et environnementales. Cela aurait
pu être admis, mais comme la commission était composée par des membres du secteur commercial le vrai objectif
était économique.
Les RIIG ont été invoquées en matière de la LE et ont été précédemment consacrées dans le cadre de la LPS : pas
rare qu’une RIIG puisse être invoquée simultanément pour les 2 libertés : CJ 2007 Placanica : monopoles publics
afférant aux paris des compétitions sportives et loteries considérés par la cour comme non propres à garantir

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l’objectif de prévention des dépenses excessives liées au jeu.
Les RIIG sont assez multiples :
-protection contre l’utilisation abusive des titres universitaires : CJ 1993 Dieter Kraus.
-lutte contre les pratiques abusives dans le cadre du traitement fiscal des groupes de sociétés.
-efficacité des ctrls fiscaux : cela dès lors que la succursale répond à la fiscalité de l’EM d’accueil et non de l’EM
principal : CJ Futura participations 1997.
-La lutte contre le tourisme de la drogue et les nuisances qu’il entraine : CJ Jossman.
-Motif de maintien d’un service médical hospitalier de qualité, équilibré et accessible : CJ 2009 Commission c/Italie
et Apothekerkammer des Saarlandes.

La prévention d’une atteinte grave à l’équilibre financier du système de sécurité sociale peut être retenu au titre
d’une RIIG, or l’équilibre financier du système de sécurité sociale est surtout envisagé comme un problème
d’équilibre budgétaire des EM : mais la justification est tirée de la directive 2004/38.
Mais la Cour soumettait cela à un test de proportionnalité forte : vérifications Si limiter l’accès à certaines
prestations de sécu devait être démontré par l’EM comme une nécessité au regard du système global de santé et
démontrer qu’il ne s’agit pas d’une charge déraisonnable temporaire.

B) La question de l’abus de droit.


La spécificité de l’ordre juridique de l’UE est d’être intégré dans les ordres nationaux. Donc, l’abus de droit peut être
isolé dans un système, mais pas dans l’autre.
La fraude n’est pas étrangère au DUE : affaire 1979 Knoors (plombier néerlandais qui voulait une reconnaissance de
son diplôme).

a) L’abus de droit.
3 situations :

1. La fraude au DUE : revendication d’un droit sur une base mensongère par falsification, dissimulation ou
manœuvre.
2. Abus de droit : utilisation formellement légale d’un droit, mais on méconnait la finalité de la règle : on la
détourne pour percevoir le droit. (stricto sensu)
Ici, l’objectif poursuivi par la règle est détourné à des fins qui lui sont étrangères : pour la fraude les
conditions formelles ont été instrumentalisées, pour l’abus ces conditions ont été respectées.
3. Fraude au droit national (fraude à la loi) : fraude au droit national au moyen du DUE et aussi examinée par la
cour à la lumière de l’abus du DUE. Ce n’est pas nécessairement un abus du DUE : il faudra le démontrer.

L’exception de la fraude à la loi a été admise pour la LPS si utilisée de manière abusive : CJ Van Binsbergen 1974 : un
EM est en droit de prendre des mesures destinées à empêcher qu’à la faveur des traités certains de ses
ressortissants en tentant de se soustraire abusivement à l’emprise de leur législation nationale.

CJ Singh : les facilités créées par le traité ne saurait avoir pour effet de permettre aux personnes qui en bénéficient
de se soustraire abusivement aux législations nationales et accepte a priori que les EM prennent des mesures
nationales anti-abus. La Cour : finit par consacrer la lutte contre l’abus de droit comme un PGD et confirme que la
fraude au droit national est aussi potentiellement un abus du DUE stricto sensu, en leur appliquant les mêmes
critères d’identification.

CJ Esmeland 2000 : consécration en tant que PGD : Elle donne un critère objectif et subjectif pour le caractériser.
La fraude ne demande que le critère subjectif, l’abus de droit demande les 2 :

-Objectif : mettre en évidence à partir de circonstances objectives d’où il résulte que malgré un aspect formel des
conditions prévues par la réglementation communautaire, l’objectif poursuivi par cette réglementation n’est pas
atteint.
-Subjectif : volonté d’obtenir un avantage résultant de la réglementation communautaire en créant artificiellement
les conditions requises pour son obtention.

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Critères repris dans : CJ Halifax 2006 : la cour consacre l’abus de droit comme un PGD aussi bien pour l’abus de droit
stricto sensu et la fraude à la loi nationale.
Malgré les réticences des avocats généraux à retenir les 2 critères, la cour fait fi : cela contribue au flottement entre
les notions de fraude et d’abus de droit.

b) Le régime.
L’instrumentalisation du DUE (fraude à la loi) = particulier fait usage des facilités du traité pour se soustraire à la
législation nationale. Dans 99% la cour considère qu’il n’y a pas d’abus de DUE. L’instrumentalisation de celui-ci sert
son effectivité.
PB : forum shopping.
Mais les juridictions ne peuvent dans l’appréciation de l’exercice d’un droit découlant d’une disposition UE modifier
la portée de celle-ci, ni compromettre les objectifs qu’elle poursuit, à défaut il y aurait une atteinte à l’application
uniforme du DUE. C’est à l’Etat de démontrer l’abus du droit de l’UE : c’est complexe car il faudra démontrer les 2
critères : témoigne de la volonté de la cour de limiter les mesures anti-abus nationales et de rendre le marché
intérieur plus compétitif.

3 arrêts : Pafitis 1993 ; Kefalas 1998 ; Diamantis 2000 : Cour : précise pour la même législation à partir de quand le
comportement d’actionnaire minoritaire allait devenir abusif au sens du DUE.
Diamantis : seul le comportement frauduleux de l’actionnaire majoritaire pourrait révéler un abus du DUE.
Abus consacré si l’opérateur a le choix entre plusieurs voies internes et choisit celle qui cause un préjudice
particulièrement grave aux intérêts légitime d’autrui et s’avère manifestement disproportionné. Le montage doit
être conçu dans le but exclusif et unique de contourner la législation nationale.
La cour n’a admis que 2 fois l’abus : CJ 1993 Veronica et CJ 1994 Comissariaat voor de Media.
Pour les EM il vaut mieux se placer sur le terrain des RIIG : SGI 2011. Surtout que la lutte contre l’évasion fiscale est
un objectif partagé par l’UE et les EM : dès lors vaut mieux se placer sur ce terrain.

Ch3 : Le régime de la LPS.

S1 : Le contenu des droits.


Elle a un caractère subsidiaire par rapport à la LCM : peut être traitée de manière simultanée par la cour. Elle se
distingue des autres libertés. Cf : début du cours pour la définition.
Cour : l’article 56 TFUE s’applique aux jeux de hasards commercialisés par internet sur le territoire d’un EM d’accueil
par un opérateur établi dans un autre EM même si l’opérateur a mis en place une certaine infrastructure de support
informatique (EX : serveur) et se prévaut de services de soutien informatique d’un prestataire établi dans l’EM
d’accueil : CJ 2011 Dickinger et Franz Ömer. LPS est à distinguer de la LCT : lien de subordination.

I) Les principes communs avec les autres libertés de circulation.


Article 57§2 TFUE : le prestataire peut exercer son activité dans le pays où la prestation est fournie dans les mêmes
conditions que celles que cet Etat imposer à ses ressortissants. Application du traitement national : en cohérence
avec les règles de la LCM l’interdiction des restrictions à la LPS ne peut viser que les mesures étatiques, mais peut
englober l’action des entités privées qui organisent collectivement le travail : CJ 1974 Walrave.

Attention ! En LPS la discrimination peut affecter le prestataire MAIS aussi le bénéficiaire. Les destinataires
bénéficient de ce principe dans l’EM où s’effectue la prestation.
Les mesures qualifiées d’entraves ne sont pas que les réglementations qui portent sur l’activité éco : la cour
appréhende la LPS dans toutes ses dimensions : ce qui est nécessaire pour exercer l’activité sera saisi dans le prisme
de l’article 56.
Pour les personnes physiques : l’exercice de l’activité éco suppose avoir accès à des locaux et le pouvoir d’emprunter
le montant nécessaire pour leur acquisition mais aussi la possibilité de se loger dans l’EM de la prestation.
PB : la règle du traitement national s’accommode mal avec le caractère temporaire de la LPS : celui induit la
spécificité de cette liberté.

II) La spécificité de la LPS.


L’élément temporaire de la LPS révèle que des réglementations peuvent lui être attentatoires.
Si on applique aux ressortissants UE toutes les conditions applicables aux nationaux de l’EM d’accueil alors que des
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éléments sont conçus pour une relation stable on peut aboutir à la méconnaissance du mécanisme de la LPS.
EX : notamment en matière de détachement des salariés : le prestataire de service n’est pas tenu à respecter toute
la législation de l’EM d’accueil dès lors qu’elle a été instituée en considération d’une présence permanente de
l’opérateur sur le territoire de l’EM d’accueil : CJ 1981 Webb.
On ne va pas imposer deux fois la même chose.
CJ : ces réglementations de l’EM d’accueil doivent être objectivement nécessaires en vue de garantir l’observation
des règles professionnelles et d’assurer la protection des intérêts qui constituent l’objectif de celle-ci : faut
démontrer la nécessité et proportionnalité de la mesure.

Le principe : application de la loi du pays d’accueil : nuance et diminution par la jp : Cour : les articles 56 à 57 TFUE
n’impliquent pas que toute la législation applicable aux ressortissants de l’EM d’accueil puisse être appliquée
intégralement et de la même manière à des activités temporaires. On applique la loi de l’EM d’accueil que dans la
mesure où elle ne porte pas atteinte à la LPS.

Règles que l’EM d’accueil peut imposer au prestataire : déontologie, même pour les personnes non établies.
CJ Göritz Intransco International 1998 : si refus d’inscription au barreau, il ne peut y avoir exercice même si est
avocat et est inscrit au barreau dans un autre EM dès lors que règles de l’EM d’accueil étaient applicables : il faut le
respect d’une double déontologie.

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