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Université de Carthage

Ecole Nationale d’Ingénieurs de Carthage

Support de cours

CONSTRUCTION MECANIQUE
Génie Mécatronique

Ahmed KACEM
Maître‐assistant à l’ENICarthage

Année universitaire : 2017/2018


Ecole Nationale d’Ingénieurs de Carthage Ing. Mécatronique
Chapitre

1 Pièce mécanique 
 
I. Formes techniques d’une pièce mécanique 
Arbre : élément contenu de forme cylindrique ou non.  lamage
Alésage : forme contenante cylindrique ou non.  
Evidement :  vide  prévu  dans  une  pièce  pour  en  diminuer  le  poids  ou 
pour réduire la surface d’appui.  alésage
Chambrage :  évidement  réalisé  à  l’intérieur  d’un  alésage  afin  de 
chambrage
réduire  la  portée  de  l’arbre  (diminution  du  frottement).  Il  peut  servir 
bossage
également de réserve de lubrifiant. 
Collet : couronne en saillie sur une pièce cylindrique.   arbre
Collerette :  bord  rabattu  d’une  pièce  (extrémité  d’un  tube)  qui  assure  la  collet

liaison avec une autre pièce. 
Lamage : logement cylindrique à fond plat destiné généralement à noyer un 
élément de pièce (noyer une tête de vis cylindrique par exemple). 
Fraisure : évasement conique à l’extrémité d’un trou. 
épaulement
Bossage : saillie prévue sur une pièce afin de limiter une zone d’appui ou de  chanfrein

contact. 
Epaulement : changement brusque de la section d’une pièce afin d’obtenir 
une surface d’appui. 
Entaille : enlèvement d’une partie d’une pièce par usinage. 
Encoche : petite entaille. 
embase
Rainure :  enlèvement  de  matière  long  et  étroit  réalisé  dans  une  pièce  et 
destiné à réaliser différentes fonctions : positionnement entre deux pièces, 
mise en place d’une languette, etc.  semelle
évidement
Saignée : entaille profonde et de faible largeur. 
fraisure
Gorge : dégagement étroit, généralement arrondi à sa partie inférieure, exécuté 
sur une pièce cylindrique. 
Embase : élément d’une pièce destiné à servir de base. 
Semelle : surface d’une pièce généralement plane et servant d’appui.  
Nervure : partie saillante d’une pièce destinée à en augmenter la résistance ou la 
rigidité. 
 
 
 

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Lumière : petit orifice pouvant par exemple servir de ventilation. 
Trou  oblong :  trou  plus  long  que  large  terminé  par  deux  demi‐
cylindres. 
Méplat : surface plane sur une pièce à section circulaire parallèle à son 
axe de  révolution. 
Tenon  :  partie  d’une  pièce  faisant  saillie  et  se  logeant  dans  une  rainure  ou  une 
mortaise.   tenon
Téton : petite saillie de forme cylindrique. 
mortaise
Mortaise :  évidement  effectué  dans  une  pièce  et  recevant  le  tenon  d’une  autre 
pièce de manière à réaliser un assemblage. 
Queue d’aronde : tenon en forme de trapèze pénétrant dans une rainure de même 
forme et assurant une liaison glissière. 
Languette :  tenon  de  grande  longueur  destiné  à  rentrer  dans  une  rainure  et 
assurant, en général, une liaison glissière. 
Décrochement : surface en retrait d’une autre surface et parallèle à celle‐ci. 
Dégagement :  évidement  généralement  destiné  à  éviter  le  contact  de  deux 
pièces suivant une ligne ou assurer le passage d’une pièce. 

 
Eléments  de  localisation :  Le  pied  de  positionnement,  le  locating  et  le  macaron  servent  à  positionner 
deux pièces l’une par rapport à l’autre au sein d’un mécanisme. 

 
 
 
 
 
 
 

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Chanfrein : petite surface obtenue par suppression d’une arrête sur une pièce. 
Arrondi : surface à section circulaire partielle, destinée à supprimer une arrête vive. 
Congé  :  surface  à  section  circulaire  partielle  destinée  à  raccorder  deux  surfaces  formant  un  angle 
rentrant. 

chanfrein arrondi congé

Application 
 
Indiquer le nom de chaque forme ou élément des pièces suivantes. 
 

(b)
(c) (d)
(i)
(j)

(a)

(e) (h)
(k)
(f)
(g)

(m)
(n)

(l)

(o)
(p)
 
 
 
 

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II. Représentation d’une pièce mécanique sur dessin technique 
II.1. Représentation orthographique 

II.1.1. Projection orthogonale
Dans le système de projection orthogonale, l’observateur se place perpendiculairement à l’une des faces 
de l’objet, appelée vue de face. A partir de cette vue, il est possible de définir cinq autres vues. Le plus 
souvent trois vues, parfois moins, suffiront pour définir la plupart des objets. 

En pratique, on choisit les vues les plus représentatives et qui comportent le moins de parties cachées. 
Les parties vues de l’objet (arêtes, surfaces) sont dessinées en trait fort. Les parties cachées sont tracées 
en traits interrompus. 
 

II.1.2. Représentations particulières
Vue partielle : Dans certains cas, une vue partielle est suffisante pour la compréhension du dessin. Cette 
vue doit être limitée par un trait continu fin ondulé ou rectiligne en zigzag.  
Vue  interrompue :  Pour  un  objet  très  long  et  de  section  uniforme,  on  peut  se  borner  à  une 
représentation des parties essentielles. Les parties conservées sont rapprochées les unes des autres et 
limitées comme les vues partielles. 
Demi vue et un quart de vue : Pour souci de simplification, une vue comportant des axes de symétrie 
peut  n’être  représentée  que  par  une  fraction  de  vue.  Dans  ce  cas  repérer  les  extrémités  des  axes  de 
symétrie par deux petits traits fins perpendiculaires à ces axes. 

Vue partielle Vue interrompue demi vue quart de vue

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II.2. Représentation en coupe 
Les coupes et les sections permettent d’améliorer la clarté et la lisibilité du dessin, il est ainsi possible de 
mettre en évidence : (i) des formes intérieures, (ii) des épaisseurs et (iii) des détails locaux. 
On  imagine  la  pièce  traversée  par  un  plan  sécant  (plan  de  coupe),  on  dessine  en  les  hachurant  les 
surfaces situées dans ce plan. Une section représente exclusivement la partie de la pièce située dans le 
plan sécant. Une coupe représente la section et la partie de la pièce située en arrière du plan de coupe. 

 
II.2.1. Coupe 
On définit, à l’aide d’un trait mixte fin, fort aux 
extrémités,  la  trace  du  plan  de  coupe  qui  est 
repéré  par  des  lettres  majuscules.  Celles‐ci 
serviront  à  désigner  la  coupe.  Le  sens 
d’observation  doit  être  indiqué  par  des 
flèches. 
  En  général,  on  ne  dessine  par  les  contours 
cachés,  ou  traits  interrompus  courts,  sauf  si 
ceux‐ci  sont  indispensables  à  la 
compréhension. 
 Les hachures apparaissent là ou la matière a 
été coupée. Elles sont tracées en trait continu fin et sont de préférence inclinées à 45° par rapport aux 
lignes générales de contour. Elles ne traversent pas ou ne coupent jamais un trait fort et ne s’arrêtent 
jamais sur un trait interrompu court. 
 On ne coupe jamais une nervure lorsque le plan de coupe passe dans le plan de sa plus grande surface.  
 On ne coupe jamais les pièces de révolution pleines telles que bille, vis, arbre, 
axe, écrou, etc. 
  Hachures 
 
 
 
 

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II.2.2. Coupes particulières 
Demi‐coupe :  Les  vues  en  demi‐coupe  sont  particulièrement  intéressantes  dans  le  cas  des  pièces 
symétriques.  Dans  ce  cas,  la  moitié  de  la  vue  est  dessinée  en  coupe,  afin  de  définir  les  formes  et  les 
contours  intérieurs,  alors  que  l’autre  moitié  reste  en  mode  de  représentation  normal  pour  décrire  les 
formes et les contours extérieurs. 
Coupe  locale :  Elle  permet  de  montrer  un  détail  intérieur  en  trait  continu  fort 
sans couper la totalité de la pièce. La zone coupée est délimitée par un trait fin 
coupe locale
ondulé.  
Coupe brisée à plans parallèles : Elle apporte un grand nombre de renseignements et évite l’emploi de 
plusieurs coupes normales. Le plan de coupe est construit à partir de plans de coupe classiques parallèles 
entre eux. 
Coupe brisée à plans obliques : Le plan de coupe est constitué de deux plans sécants. La vue en coupe 
est obtenue en ramenant dans un même plan tous les tronçons coupés par une rotation. 

 
II.2.3. Section 
Dans  une  section,  seule  la  partie  coupée  est  dessinée  (là  où  la 
matière  est  réellement  coupée  ou  sciée).  On  distingue  les 
sections rabattues dessinées en trait fin continu sur la vue et les 
sections sorties dessinées en trait fort à l’extérieur des vues. La 
section sortie peut être placée dans sa position normale ou en la 
reliant au repérage du plan sécant au moyen d’un trait mixte fin 
(dans ce cas le repérage n’est pas nécessaire). 
 
 
 

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Application 
 
Le dessin ci‐dessous représente le dessin de définition incomplet d’un support en vue de face, vue de 
droite et vue de dessus. 
1) Compléter la vue de dessus. 
2) Compléter la vue de face en coupe A‐A. 
 
 
 

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Chapitre

2 Liaisons mécaniques 
 
Le  contact  entre  deux  pièces  mécaniques  différentes  crée  une  liaison  mécanique.  En  fonction  de  la 
forme des surfaces mises en contact, on obtient différentes liaisons. 

I. Torseurs associés aux liaisons mécaniques 
I.1. Torseur cinématique 
Soit  deux  solides  S1  et  S2  en  mouvement  relatif,  et  O  le  centre  de  la  liaison  considérée.  Le  torseur 
cinématique associé au mouvement de S2 par rapport à S1 est en O : 

ΩS2/S1  ω x  x  ω y  y  ωz  z  ωx  Vx 


   
τ C  S2/S1 =    et noté    τ C  S2/S1  = ω y   Vy   
    ω   V   

 VO  S2/S1  Vx  x  Vy  y  Vz  z   O z z 
O

 Avec  ΩS2/S1 est  le  vecteur  vitesse  angulaire  instantanée  du  solide  S2  par  rapport  à  S1  et  VO  S2/S1   est  le 
vecteur vitesse linéaire instantanée du point O appartenant au solide S2 par rapport à S1. 

Exemple : Torseur cinématique d’une liaison pivot glissant 

Les deux solides S1 et S2 ont une liaison pivot glissant si au cours de leur mouvement relatif une droite D2 
de S2 reste confondue avec une droite D1 de S1. Le mouvement de S2 par rapport à S1 se décompose en : 
 
‐ rotation autour de (O, x )   ΩS2/S1 = ω x x  
 
‐ translation suivant (O, x )   VO  S2/S1 = Vx x  
Le torseur cinématique s’écrit en O : 

ωx  Vx 
τ C  S2/S1= 0    0   
0    0  
O 

I.2. Torseur statique 
Soit  deux  solides  S1  et  S2  en  mouvement  relatif,  et  O  le  centre  de  la  liaison  considérée.  Le  torseur 
statique (ou torseur d’action mécanique) s’écrit : 

R S2S1  X x  Y y  Z z  X    L 


   
τ S  S2S1 =    et noté    τ S  S2S1 = Y    M  
    Z    N  
O M O  S2  S1
 L x  M y  N z   O 

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Avec  R S2S1 est le vecteur représentatif de l’effort exercé en 0 par le solide S2 sur le solide S1 et  MO  S2/S1  


est le vecteur représentatif du moment au point O, des forces de contact exercées par S2 sur le solide S1. 

Exemple : Torseur statique d’une liaison pivot glissant 

Dans l’exemple précédent de la liaison pivot glissant parfaite, aucun effort ne s’oppose à la translation de 
  
S2  suivant  l’axe  (O, x )  alors  qu’aucune  translation  n’est  possible  suivant  les  axes  (O, y )  et  (O, z ).  De 
même, aucun moment (en supposant le frottement nul) ne s’oppose à la rotation de S2 autour de l’axe 
  
(O, x ), alors qu’aucune rotation n’est possible autour des axes (O, y ) et (O, z ). D’où  l’écriture du torseur 
statique associé à la liaison pivot glissant en O : 

0    0 
τ S  S2S1 = Y    M  
Z    N  
O 

II. Liaisons mécaniques élémentaires 
Schéma normalisé  Forme 
Désignation de la  Torseur  Torseur 
particulière 
liaison  2D  3D  cinématique  statique 
conservée 

0    0  X   L   
   
Encastrement  0    0    Y   M   En tout 
0    0   Z   N  point de 
  O  O  l’espace 
 

ωx   0  X   0  En tout 


Pivot d’axe     
 ou  0    0    Y   M   point de 

(O, x )  0    0   Z   N  (O, x ) 
O  O 

0   Vx  0   L  En tout 


Glissière d’axe     
 0    0    Y   M   point de 
(O, x )  0    0   Z   N  l’espace 
O  O 
 

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ω x  Vx  X   L 
   
0    0    Y   M  
0    0   Z   N 
En tout 
Hélicoïdale  ou  O  
 O point de 

d’axe (O, x )  avec  (O, x ) 
avec 
p
V   ω p
x 2π x L   X 

p : pas de la vis  

ω x  Vx  0   0  En tout 


Pivot glissant     
 0    0    Y   M   point de 

d’axe (O, x )  0    0   Z   N  (O, x ) 
O  O 

Rotule à doigt   0    0  X   L 


   
de centre O 
 ω y   0    Y   0   Au point O 
bloquée en  x   ω   0   Z   0 
O z  O 
 

ω x   0  X   0
Rotule de     
ω y   0    Y   0    Au point O 
centre O  ω   0   Z   0 
O z  O 
 

0    Vx  0   L 
    En tout 
Appui plan de 
 0    Vy    0   M   point de 
normale  z   ω   0   Z   0  l’espace 
O z  O 
 

Linéaire  ω x   Vx  0   0 


annulaire de     
ω y   0    Y   0   Au point O 
centre O et de  ω   0   Z   0 

direction  x   O z  O 
 

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Linéaire 
rectiligne de  ω x   Vx  0   0  En tout 
droite de     
 0    Vy    0   M   point de 
 
contact (O, x )  ω   0   Z   0  (O, x , z ) 
et de normale  O z  O 

Ponctuelle de  ω x   0  X   0 En tout 


   
centre O et de 

  ω y   Vy    0   0    point de 

normale  x   ou  ω   V    0   0  (O, x ) 
O z z  O 

III. Classification des liaisons mécaniques 
III.1. Liaison complète, liaison partielle 
La liaison est complète lorsqu’il n’y  a aucune possibilité de mouvement entre les pièces liées. Dans ce 
cas, il n’y a pas de degré de liberté. Une liaison est partielle lorsqu’il y a possibilité de mouvement entre 
les pièces. Dans ce cas, les pièces peuvent bouger les unes par rapport aux autres. 

Liaison complète Liaison partielle
 
III.2. Liaison rigide, liaison élastique 
Une liaison rigide assure aux pièces assemblées une position relative bien déterminée, constante dans le 
temps. Une liaison élastique permet, au contraire, un déplacement relatif limité des pièces assemblées. 
La position relative des pièces est fonction de l’intensité des sollicitations extérieures. Ce type de liaison 
permet d’amortir les chocs et de réduire les vibrations provoquées par des sollicitations variables dans le 
temps. 

Liaison rigide Liaison élastique
 

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III.3. Liaison par adhérence, liaison par obstacle 
Une liaison est par adhérence lorsqu’un phénomène d’adhérence s’oppose à la suppression de la liaison. 
Elle est par obstacle lorsque la rupture d’un obstacle est nécessaire pour supprimer la liaison. 

Liaison par adhérence Liaison par obstacle
 
III.4. Liaison démontable, liaison indémontable 
La liaison est démontable lorsqu’on peut séparer les pièces sans endommager les surfaces ou l’organe de 
liaison.  La  liaison  est  indémontable  lorsque  la  séparation  des  pièces  entraîne  la  détérioration  de  leur 
surface ou de l’organe de liaison. 

Liaison démontable Liaison indémontable
 
III.4. Liaison directe, liaison indirecte 
Dans  une  liaison  directe  les  pièces  sont  conçues  pour  tenir  ensemble  sans  l’intervention  d’une  autre 
pièce. La liaison est indirecte lorsqu’elle nécessite un ou plusieurs éléments intermédiaires pour assurer 
la liaison. 

Liaison directe Liaison indirecte
 
IV. Schéma cinématique 
Le  schéma  cinématique  est  une  représentation  plane  ou  spatiale  des  liaisons  entre  les  différents 
éléments d’un mécanisme. Pour construire ce schéma, on dessine les symboles normalisés des liaisons 
en  respectant  les  caractéristiques  géométriques  relatives  des  différentes  liaisons  (parallélisme, 
orthogonalité, perpendicularité, coaxialité,…).  

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Pour établir un schéma cinématique il faut : 

1)  A  partir  de  dessin  d’ensemble  du  mécanisme,  déterminer  les  classes  d’équivalence  cinématique 
(groupes de pièces liées entre elles par encastrement). 
2) Analyser les liaisons entre les différentes classes d’équivalence (Etablir le graphe des liaisons). 
3)  Positionner  les  liaisons  schématisées  selon  l’orientation  qu’elles  ont  sur  le  dessin  d’ensemble.  On 
donne  au  schéma  une  forme  qui  ressemble  au  mécanisme  réel  ;  il  est  important  de  respecter  les 
orientations des symboles par rapport aux normales et axes des liaisons. 
 
Exemple : Etau 
 

9 2 Glissière

8 1 Vis CHC M5 à téton

7 4 Vis F/90

6 4 Goupille

5 1 Mors fixe

4 2 Mâchoire
3 1 Mors mobile

2 1 Vis de manœuvre
1 1 Traverse

Rep Nb Désignation

 
 
 
1) Repérage des classes d’équivalence 
E1 = {1 
E2 = {2 
E3 = {3 
 

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2) Analyse des liaisons entre les différentes classes d’équivalence (graphe des liaisons). 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3) Exécution du schéma cinématique plan : 
 
 
 
 
 
 
 
 
Application 
 
Le  dessin  ci‐dessous  montre  le  mécanisme  de  commande  des  soupapes  d’un  cylindre  de  moteur  à 
explosion. 
La came (1) agit sur la soupape (6)  par l’intermédiaire de linguet (2), de la tige (3) et de culbuteur (4), 
articulé  autour  d’un  axe  solidaire  de  la  culasse  (0).  La  soupape  (6)  est  guidée  dans  une  bague  de 
bronze. La soupape est appliquée contre un poussoir réglable (5) par les ressorts (7‐8). 
 

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1) Compléter le schéma cinématique de ce mécanisme : 
 

 
2) Donner les torseurs cinématiques et statiques des liaisons suivantes : 

Liaison  Torseur cinématique  Torseur statique  Liaison  Torseur cinématique  Torseur statique 

......    ....... ......    ....... ......    ....... ......    .......


       
0/2  ......    .......   ......    ....... (4‐5)/0  ......    .......   ......    .......  
......    ....... ......    ....... ......    ....... ......    .......
.......   .........   .......   .......  

 
3) Cocher les bonnes réponses.  
La liaison entre les pièces (4) et (5) est :  

 complète           partielle           démontable           indémontable           rigide           élastique 

 
 

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Chapitre

3 Tolérance et ajustement 
 
I. Cotation tolérancée 
L’imprécision inévitable des procédés d’élaboration fait qu’une pièce ne peut pas être réalisée de façon 
rigoureusement  conforme  aux  dimensions  fixées  au  préalable.  Il  a  fallu  donc  tolérer  que  la  dimension 
effectivement  réalisée  soit  comprise  entre  deux  dimensions  limites.  La  différence  entre  ces  deux 
dimensions constitue la tolérance ou l’intervalle de tolérance (IT). 
On affecte à la pièce une dimension nominale (d) et l’on définit chacune des deux dimensions limites par 
son écart par rapport à cette dimension nominale. 
Ecart supérieur (ES) : ES = dmax ‐ dnominal 
Ecart inférieur (EI) : EI = dmin ‐ dnominal 
 
 
 
 
 

II. Ajustement 
On  parle  d’ajustement  lorsque  l’on  assemble  un  arbre  et  un  alésage  de  même  cote  nominale.  Un 
ajustement  est  composé  de  la  cote  nominale  commune  suivie  des  symboles  correspondants  à  la 
tolérance de chaque pièce en commençant toujours par l’alésage. Ex : 60 E8 f7 

Le  diamètre  ou  cote  nominale  sert  de  référence 


(ligne  zéro)  pour  positionner  les  intervalles  de 
tolérance  (IT)  et  les  écarts  supérieur  et  inférieur. 
Pour  chaque  dimension  nominale,  il  est  prévu toute 
une  gamme  de  tolérances.  La  valeur  de  ces 
tolérances est symbolisée par un numéro dit qualité. 
La position de l’intervalle de tolérance par rapport à 

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la  ligne  zéro  est  symbolisée  par  une  ou  deux  lettres.  Suivant  la  position  relative  des  intervalles  de 
tolérance, un ajustement peut être avec jeu, incertain ou avec serrage. 

Ajustement avec jeu Ajustement avec serrage Ajustement incertain

Alésage

Arbre Ligne zéro

JeuMax= AlésageMax - Arbremin SerrageMax= ArbreMax - Alésagemin JeuMax= AlésageMax - Arbremin


Jeumin= Alésagemin - ArbreMax Serragemin= Arbremin - AlésageMax SerrageMax= ArbreMax - Alésagemin

Le  choix  d’un  ajustement  se  fait  en  fonction  du  jeu  ou  du  serrage  désiré,  et  en  fonction  du 
fonctionnement des deux pièces : 
Guidage ordinaire ………………………………………………………………. H7/f7 
Guidage précis pour mouvement de faible amplitude ………… H7/g6 
Positionnement d’une pièce par rapport à une autre …………. H7/h6  
Immobilisation d’une pièce par rapport à une autre …………… H7/p6 

Dans le système alésage normal, la position pour les tolérances de tous les alésages est donnée par la 
lettre H. L’ajustement désiré est obtenu en variant pour l’arbre la position de la tolérance. 
Dans  le  système  arbre  normal,  la  position  pour  les  tolérances  de  tous  les  arbres  est  donnée  par  la 
lettre h. L’ajustement désiré est obtenu en variant pour l’alésage la position de la tolérance. 

Système alésage normal Système arbre normal
 

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Application 
Compléter l’étude pour les ajustements suivants : 

 
 
Ajustement piston/axe : ………………………….. 
Alésage 
Cote tolérancée  ES=…………..........mm  Alésage Maxi=……..…….mm   
    IT=………………..mm 
…………………………  EI=…………...........mm  Alésage mini=……..……..mm 
Arbre 
Cote tolérancée  es=………………….mm  Arbre Maxi=……..………...mm   
    IT=……………..….mm 
…………………………  ei=………………….mm  Arbre mini=……..…………mm 
 
Il s’agit d’un ajustement ……………………… 
L.Z. 12  
Calculer donc : 
………………………= …………….…….. = ………………..………… = ……….……… mm 
………………………= …………….…….. = ………………..………… = ……….……… mm 
Ajustement bielle/axe : ………………………….. 
Alésage 
Cote tolérancée  ES=…………..........mm  Alésage Maxi=……..…….mm   
    IT=………………..mm 
…………………………  EI=…………...........mm  Alésage mini=……..……..mm 
Arbre 
Cote tolérancée  es=………………….mm  Arbre Maxi=……..………...mm   
    IT=……………..….mm 
…………………………  ei=………………….mm  Arbre mini=……..…………mm 
 
Il s’agit d’un ajustement ……………………… 
L.Z. 12  
Calculer donc : 
………………………= …………….…….. = ………………..………… = ……….……… mm 
………………………= …………….…….. = ………………..………… = ……….……… mm 
 

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Chapitre

4 Cotation fonctionnelle 
 
Tout  ensemble  mécanique  demande  une  analyse  complète  afin  de  mettre  en  évidence  les  conditions 
nécessaires  à  son  bon  fonctionnement.  Une  étape  importante  de  cette  analyse  est  la  cotation 
fonctionnelle qui permet : 

‐  de  faire  un  choix  raisonné  entre  les  diverses  dimensions  géométriques  impliquées  dans  le 
fonctionnement ; ces dimensions sont appelées les dimensions fonctionnelles. 

‐ de coter et tolérancer les dimensions fonctionnelles de chaque pièce en respectant toujours l’emploi 
prévu  dit  les  conditions  fonctionnelles.  Une  fois  cotées  et  tolérancées,  les  pièces  pourront  être 
fabriquées. 

La  cotation  fonctionnelle  est  donc  une  étape  indispensable  entre  la  conception  et  la  fabrication  d’un 
produit. 

I. Définitions 
I.1. Cote condition ou condition fonctionnelle 
Soit un assemblage entre deux pièces prismatiques (1) et (2). Deux cas sont possibles : 

Cas 1 C2
Cas 2
C2

1 1
2 2

C1 J C1
 
 
Cas 1 : la pièce (1) doit pouvoir coulisser dans (2). Dans ce cas, la condition dimensionnelle assurant le 
bon fonctionnement est C2 > C1 ou encore J > 0. 

Cas  2 :  la  pièce  (1)  est  assemblée  dans  (2)  (liaison  complète  par  adhérence).  Dans  ce  cas,  la  condition 
dimensionnelle assurant cette liaison est C1 > C2 ou J < 0. 

Le vecteur J traduisant une condition de fonctionnement, il est appelé cote condition. 

I.2. Cote fonctionnelle 
Une cote fonctionnelle est une cote tolérancée appartenant à une pièce et ayant une influence, dans la 
mesure où elle varie dans son intervalle de tolérance, sur la valeur d’une cote condition. Dans l’exemple 
précédent C1 et C2 sont deux cotes fonctionnelles. 

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I.3. Surfaces terminales et surface d’appui 
Les surfaces terminales précisent les deux extrémités d’une cote condition.  

Une  surface  d’appui  est  une  surface  de  contact  entre  deux  pièces  successives  qui  sert  de  limite,  ou 
d’extrémité, à des cotes fonctionnelles. 

I.4. Chaîne de cotes 
Elle  rassemble  toutes  les  cotes  fonctionnelles  ayant  une  influence  sur  la  valeur  d’une  même  cote 
condition.  L’ensemble  de  ces  dimensions,  ou  « maillons »,  disposées  en  série,  bout  à  bout,  forme  une 
boucle ou un circuit fermé comme une sorte de chaîne en collier. 

Surface d’appui Surfaces terminales
1 Représentation vectorielle
2
C1 J
C1 J C2
C2 Chaîne de cotes

II. Représentation vectorielle des chaînes de cotes 
II.1. Principe 
Lorsque l’ensemble des cotes fonctionnelles d’une même chaîne est repéré, il est possible d’adopte une 
représentation vectorielle en respectant les règles suivantes : 

R1 : la cote condition est représentée par un vecteur double trait J et les cotes fonctionnelles C1 ,C2  , … 
par des vecteurs simple trait. 

R2 : la chaîne de cote part de l’origine du vecteur condition et aboutit à son extrémité. 

R3 :  le  sens  positif  est  donné  par  l’orientation  de  J.  Celui‐ci  est  limité  par  deux  surfaces  terminales 
appartenant à 2 pièces différentes. 

R4 :  Le  vecteur  condition  J  est  supposé  égal  à  la  somme  de  tous  les  vecteurs  cote  fonctionnelles  de  la 
chaîne. 

R5 :  Chaque  cote  fonctionnelle  doit  appartenir  à  une  seule  et  même  pièce ;  elle  ne  peut  pas  être  une 
dimension mesurée entre deux pièce différentes. 

R6 : Il ne peut y avoir qu’une seule cote fonctionnelle par pièce et par chaîne. 

R7 : Une même cote peut être cote fonctionnelle pour plusieurs chaînes différentes. 

R8 : Sauf cas très particulier, il ne peut y avoir qu’une seule cote condition par chaîne de cotes. 

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Chaîne de cotes

Représentation vectorielle de la chaîne de cotes

II.2. Calcul des jeux 

Le  vecteur  condition  J   est  supposé  égal  à  la  somme  de  tous  les  vecteurs  cote  fonctionnelles  de  la 
chaîne. On peut donc écrire : 

J  C1  C2  ......  Ci  Ci1  .......  Cn  

Dans le cas général, les vecteurs sont tous parallèles entre eux. La projection sur un axe parallèle et de 

même sens que  J  permet d’obtenir une relation algébrique définissant le jeu : 

J = (Ci+1 + …… + Cn) – (C1 + C2 + …. + Ci) 

Le  jeu  J  est  maximal  si  les  dimensions  des  vecteurs  positifs  sont  maximales  et  si  les  dimensions  des 
vecteurs négatifs sont minimales : 

Jmax = (Ci+1 max + …… + Cn max) – (C1 min + C2 min + …. + Ci min) 

Le  jeu  J  est  minimal  si  les  dimensions  des  vecteurs  positifs  sont  minimales  et  si  les  dimensions  des 
vecteurs négatifs sont maximales : 

Jmin = (Ci+1 min + …… + Cn min) – (C1 max + C2 max + …. + Ci max) 

L’intervalle de tolérance sur le jeu (IT J) est égal à la différence entre le jeu maxi et le jeu mini. C’est aussi 
 

la somme des intervalles de tolérances de toutes les cotes fonctionnelles de la chaîne : 

IT J = Jmax – Jmin = (C1 max – C1 min) + (C2 max – C2 min) + … + (Cn max – Cn min) 
 

IT J = IT C1 + IT C2 + … + IT Cn 


       

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II.3. Cas des formes coniques 
La position axiale des formes coniques, cylindriques ou prismatiques, exige l’emploi d’un plan de jauge 
(plan  de  référence  permettant  la  cotation).  Les  cotes  théoriques  nécessaires  à  la  définition  de  ce  plan 
doivent être encadrées. 

 
J C2

C2
C1
C1

III. Méthode de détermination des chaînes de cotes 

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IV. Exemple 
Articulation cylindrique 
Le dispositif se compose d’un bâti fixe (3), d’un axe ou pivot (1) serré et bloqué 
sur (3) et d’une billette (2) pouvant tourner librement autour de (1).  

Le  jeu  J1,  nécessaire  au  fonctionnement,  évite  le  serrage  et  garantit  la  libre 
rotation de la pièce (2). 

 
Application numérique : C1 =  25         0,50             C2 =  24        0
 ‐ 0,4       

J1 max = C1 max – C2 min = 25,5 – 23,6 = 1,9 mm 

J1 min = C1 min – C2 max = 25 – 24 = 1 mm 

IT J1 = IT C1 + IT C2 = 0,5 + 0,4 = 0,9 mm 


     

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Applications 
Exercice 1 
La  figure  ci‐contre  représente  le  fond  d’un  réservoir.  Le  couvercle  (2) 
ferme  un  réservoir  contenant  un  fluide  sous  pression  (5  bars).  Le 
serrage  du  couvercle  est  réalisé  par  une  série  de  boulons  identiques 
(3 + 4) et l’étanchéité assurée par un joint torique (5). 
1) Donner le rôle de la cote condition J2 
………………………………………………………………………………………………………… 
2) Tracer la chaîne de cotes relative à la cote condition J2 

 
 
Exercice 2 
Les deux coussinets (44) et (45) assurent le guidage en rotation entre l’arbre fixe (46) et la roue dentée 
(49). L’arbre (46) est en liaison d’encastrement avec le bâti (1). 

 
1) Donner le rôle de la cote condition Ja. 
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… 
2) Tracer la chaîne de cotes relative à la cote condition Ja. 
3) Etablir la relation qui permet de déterminer l’intervalle de tolérance IT de la cote condition Ja. 
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… 

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Chapitre

5 Eléments de liaison mécanique 
 

I. Liaison par filetage 
Un assemblage par éléments filetés comprend : 
‐ une ou plusieurs vis (le filetage intérieur étant réalisé dans l’une des pièces assemblées, 
‐ une ou plusieurs vis avec les écrous correspondants, constituant des boulons, 
‐ il est souvent adjoint, dans l’un et l’autre cas, une ou plusieurs rondelles. 

I.1. Filetage 
Un filetage est obtenu à partir d’un cylindre ou d’un trou sur lequel ont été réalisées une ou plusieurs 
rainure hélicoïdale. La partie restante est appelée filet. On dit qu’une tige est filetée extérieurement ou 
filetée et qu’un trou est fileté intérieurement ou taraudé.  
En  construction  mécanique,  les  filetages  sont  souvent  utilisés.  Ils 
permettent d’assembler d’une manière démontable deux pièces ou 
de  transmettre  un  mouvement.  Une  tige  filetée  est  aussi  appelée  Tige filetée Trou taraudé

vis et un trou taraudé écrou. 
 
Caractéristiques : 
Le diamètre nominal correspond au plus grand diamètre du filetage (φd) ou du taraudage (φD). 
Le pas est la distance qui sépare deux sommets consécutifs d’une même hélice. 
Il existe plusieurs types de profil du filet :  

triangulaire trapézoïdal rond carré


 
Le profil métrique ISO à filet triangulaire est utilisé pour la majorité des pièces filetées. 

Pas Pas

 d  D

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Si  on  observe  une  vis  avec  un  filetage  à  droite,  le  filet  monte  en  allant  de  la  gauche  vers  la  droite  et 
inversement pour un filetage à gauche. Le serrage d’une vis à droite est réalisé en tournant la tête dans 
le sens des aiguilles d’une montre et inversement pour une vis à gauche. 
Habituellement un filetage ne comporte qu’un filet. Toutefois, sur un même cylindre, on peut exécuter 
plusieurs filets. 

 
Désignation d’un filetage : 
Symbole M suivi du diamètre nominal et du pas séparés par le signe de multiplication. 
Exemple : M8 x 1,25  Filetage à profil métrique de diamètre nominal 8 et de pas 1,25. 
 
Représentation et cotation d’un élément fileté : 

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I.2. Vis d’assemblage 
Les  vis  d’assemblage  sont  utilisées  pour  réunir  deux  ou  plusieurs  pièces  les  unes  sur  les  autres  par 
pression mutuelle. Le serrage le plus énergique est obtenu par les têtes hexagonale H et carrée Q. La vis 
à  tête  cylindrique  à  six  pans  creux  CHC  présente  l’avantage  de  pouvoir  être  logée  ou  noyée  dans  un 
lamage. Les vis à tête fraisée (F, FB, FHC) permettent des centrages éventuels. Les vis à fente (C) ont pour 
avantage la simplicité (serrage par tournevis) et peuvent être facilement noyées. 
 

 
 
Désignation d’une vis d’assemblage : 
Type de vis Md x l ‐ classe de qualité 
Exemple : Vis à tête hexagonale M12 x 80 – 4.6  Vis H, d = 12, l = 80, classe 4.6. 

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I.3. Vis de pression, de guidage ou d’arrêt 
La forme adaptée de ces vis permet d’assurer différentes fonctions mécaniques : pression, blocage, etc. 
Pour les petits mécanismes faiblement sollicités, elles peuvent servir de vis d’arrêt ou de guidage. 

Vis de pression Vis de guidage Vis d’arrêt

Pour ces vis, il existe plusieurs modes d’entraînement (tête hexagonale réduite HZ, tête carrée réduite 
QZ, sans tête à six pans creux HC, etc.) et plusieurs types d’extrémités. La vis à téton court (TC) permet 
d’effectuer un serrage énergique, la vis à téton long (TL) permet d’effectuer un guidage en translation, la 
vis  à  bout  tronconique  (TR)  est  utilisée  dans  le  cas  d’un  positionnement  précis  ou  pour  effectuer  un 
guidage en rotation, la vis à bout plat (PL) est utilisée pour des serrages fragiles et peu fréquents, la vis à 
bout cuvette (CU) améliore l’adhérence et interdit tout déplacement. 

 
Exemple de désignation d’une vis de pression, guidage ou arrêt : 
vis sans tête ISO 4766–M5x12–14H (sans tête fendue, bout plat, d = 5mm, L = 12mm, qualité 14H) 

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I.4. Ecrou 
I.4.1. Ecrous de serrage manœuvrés par clés ou à la main 
L’écrou  hexagonal  H  est  le  plus  utilisé.  L’écrou  borgne  protège  l’extrémité  des  vis  contre  les  chocs. 
L’écrou a portée sphérique autorise des défauts limites de perpendicularité, il s’utilise avec une rondelle 
a portée sphérique. L’écrou à embase évite l’emploi d’une rondelle.  
Les  écrous  serrés  à  la  main  sont  utilisés  pour  un  démontage  rapide,  sans  outils  appropriés  et  ne 
nécessitant pas de forts couples de serrage. L’écrou à oreilles est l’écrou serré à la main le plus connu. 

 
I.4.2. Ecrous de freinage  
Le maintien de pièces par vis et écrou nécessite une attention particulière quant au risque de desserrage. 
Les vibrations, chocs ou dilatations de la vis risquent de désolidariser vis et écrou. Il faut donc un freinage 
de l’écrou qui évite la formation éventuelle du jeu dans les filets et la rotation de l’écrou.  
Le  freinage  peut  être  réalisé  en  utilisant  un  deuxième  écrou  appelé  contre‐écrou  pour  maintenir  le 
contact  d’une  façon  permanente.  Pour  l’écrou  à  créneaux,  le  freinage  est  réalisé  par  l’intermédiaire 
d’une  goupille  cylindrique  fendue  passant  dans  l’un  des  créneaux  de  l’écrou  et  dans  un  trou 
préalablement percé de la vis. Pour l’écrou à encoches, la rondelle frein a sa languette qui se loge dans 
une rainure de l’arbre. Une des languettes de la périphérie est rabattue dans une encoche de l’écrou. 

Contre‐écrou Écrou à créneaux Écrou à encoches


 
 

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I.4.3. Désignation 
Type d’écrou Md – classe de qualité 
Exemple : Ecrou hexagonal M12 – 8  Ecrou H, d = 12, classe 8. 

I.5. Rondelle 
I.5.1. Rondelle d’appui 
Elle augmente la surface d’appui, réduisant la pression de serrage et le 
marquage des pièces les plus tendres. 
La rondelle plate est la rondelle d’appui la plus utilisée. Elle s’interpose 
entre la pièce à serrer et la tête d’une vis ou l’écrou. 
Désignation d’une rondelle plate : 
Rondelle plate – Type (S, N, L) – d (diamètre nominal de l’élément fileté) 
Exemple : Rondelle plate – Type S – 12  rondelle plate, série étroite, d = 12 

I.5.2. Rondelle frein 
Le freinage de l’écrou est amélioré par l’élasticité de la rondelle. La rondelle Grower existe avec des becs 
qui s’incrustent dans la matière de la pièce ou sans bec. Le freinage par rondelle à dents est obtenu par 
incrustation des dents dans les pièces assemblées et par l’élasticité générale. 

Rondelle Grower Rondelle à dents
 

I.6. Boulon et goujon 
Un  boulon  est  composé  d’une  vis  et  d’un  écrou  de 
même  diamètre  nominal.  L’écrou  normalement 
utilisé est l’écrou hexagonal. Les pièces à réunir sont 
simplement percées de trous lisses. On obtient ainsi 
un  assemblage  économique  de  plusieurs  pièces  par 
pression des unes sur les autres. 
Lors  de  conception  d’un  assemblage  par  boulon,  il 
faut  prévoir  un  diamètre  de  trou  de  passage 
supérieur  au  diamètre  nominal  de  1  à  2 mm.  Afin  d’éviter  le  desserrage  de  l’écrou,  il  faut  prévoir  un 
dépassement de la vis suffisant (≈ 2 pas). 
 

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Un  goujon est  composé  d’une  tige  filetée à  ses  deux extrémités  séparées  par  un  tronçon  lisse  et  d’un 
écrou de même diamètre nominal. Les goujons sont utilisés en remplaçant des vis lorsque le métal de la 
pièce est peu résistant ou lorsqu’il est nécessaire de faire des démontages fréquents. 

I.7. Calcul des charges supportées par les vis et les boulons 
La charge de traction (F) supportée par la partie filetée de la tige est donnée par l’expression suivante 
(formule approchée) :  

Fmaxi  0,9 . Re  . S eq  


Re : limite élastique du matériau (MPa), 
Seq : section résistante de la tige filetée (mm2), 
0,9 : taux de charge de 90% (marge de sécurité de 10%). 
La  charge  (F)  s’obtient  par  serrage  au  montage :  le  couple  de 
serrage (C) est exercé sur la tête de la vis par  une clé. La formule 
suivante donne une relation approchée entre le couple de serrage 
(C) et l’effort (F) : 

C  0,16 . p  0,583. ff  . d2  0,5. ft . Dm  . F  


p : pas (mm) 
d2 : diamètre sur flanc (mm) 
ff : frottement au niveau du filetage 
ft : frottement entre tête (vis) et support (pièce) 
Dm : diamètre moyen au niveau de la tête 

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II. Liaison arbre‐moyeu 

II.1. Goupille 
Une goupille est une cheville métallique qui permet d’immobiliser 
une  pièce  par  rapport  à  une  autre  ou  assurer  un  positionnement 
relativement précis d’une pièce par rapport à une autre. 

Une  goupille  permet  aussi  de  lier  en  rotation  un  arbre  avec  un 
moyeu sous couples modérés. Dans ce cas, elle peut faire office de 
sécurité,  seule  pièce  qui  case  en  cas  de  surcharge.  Il  existe  plusieurs  types  de  goupille :  cylindrique, 
conique, cannelée, élastique, etc. 

Dimensionnement : 
Une goupille est généralement sollicitée au cisaillement. 
Si  S  est  l’aire  de  la  section  d’une  goupille  cylindrique 
cisaillée par un effort T, la contrainte de cisaillement est 
donnée  par  τ  =  T/S.  Soit  Rpg  la  résistance  pratique  au 
cisaillement du matériau de la goupille. La contrainte de 
cisaillement  τ  doit  être  inférieure  à  Rpg.  Or  pour  une 
goupille cylindrique S = 2 π r2 donc T   2 π r2 Rpg. 

Application 
Déterminer l’effort résultant limite qui peut supporter une goupille cylindrique en acier de diamètre 
5mm  et  de  Rpg  =  90  MPa.  Calculer  le  diamètre  d’une  autre  goupille  cylindrique  qui  doit  résister  au 
même effort résultant limite mais du matériau différent (R2pg = 75 MPa). 
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II.2. Clavette 
Un clavetage entre un arbre et un moyeu nécessite une rainure de 
clavette  dans  l’arbre  (1)  et  une  rainure  de  clavette  dans  le  moyeu 
(2). La clavette (3) peut avoir plusieurs formes. 
Les  clavettes  parallèles  sont  simples,  économiques,  elles  sont 
souvent  utilisées.  Le  couple  transmissible,  bien  que  plus  élevé 
qu’avec les goupilles, reste limité. 

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La clavette permet donc la liaison en rotation. Aucun mouvement de rotation n’est donc possible entre 
l’arbre  et  le  moyeu.  Un  ensemble  rondelle  et  vis  de  fixation  monté  en  bout  d’arbre  empêche  tout 
mouvement de translation entre l’arbre et le moyeu. 

  Forme A Forme B Forme C


Clavette parallèle Clavette disque
 
Les clavettes disques sont utilisées aux petits diamètres (d < 65 mm), sous de faibles couples et le plus 
souvent avec des arbres coniques. En fonctionnement la clavette est parfaitement maintenue. L’usinage 
de la rainure est facile, mais la rainure, profonde, engendre un affaiblissement de l’arbre. 
 

 
 

 
Désignation d’une clavette parallèle : 
Clavette parallèle forme (A, B ou C), a x b x L 
Exemple : Clavette parallèle forme B, 14 x 9 x50 
Dimensionnement : 
Une clavette est généralement sollicitée au cisaillement et au matage.  
Pour  qu’une  clavette  résiste  au  cisaillement,  il  faut  que  la  contrainte  de  cisaillement  τ  =  T/Sc  soit 
inférieure ou égale à la résistance pratique au cisaillement du matériau Rpg. Sc = lu a (lu est la longueur 
utile de la clavette : lu = L−a pour une clavette forme A, lu = L pour une clavette forme B et lu = L−(a/2) 
pour une clavette forme C) donc T   lu a Rpg. 

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Pour vérifier la résistance au matage d’une clavette, il faut vérifier que la pression de matage P = T/Sm 
soit inférieure ou égale à la pression de matage admissible du matériau Pmax. Pour une clavette logée à 
moitiés égaux, Sm = lu b/2 d’où la relation T   lu Pmax b/2. 
Il faut éviter de prendre une clavette de longueur totale L supérieure à 1,75 d avec d est le diamètre de 
l’arbre claveté. a et b sont déterminées par le diamètre de l’arbre (voir tableau ci‐dessous). 
d de – à  6 à 8  9 à  11 à  13 à  18 à  23 à  31 à  39 à  45 à  51 à  59 à  66 à  76 à  86 à  96 à 
(inclus)  10  12  17  22  30  38  44  50  58  65  75  85  95  110 
a  2  3  4 5  6  8 10 12 14 16 18  20  22  25 28
b  2  3  4 5  6  7 8 8 9 10 11  12  14  14 16

Application 
Déterminer le couple maximal transmissible sans risque d’une clavette parallèle forme B 8 x 7 x 40 
 On donne d = 30 mm, Rpg = 180 MPa et Pmax = 85 MPa 
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………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
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………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
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II.3. Cannelures 
Pour transmettre des couples importants, on peut mettre deux clavettes opposées. Si cette solution est 
insuffisante, on utilise des cannelures, véritables clavettes taillées dans l’arbre. 

Cannelures

Moyeu
Arbre cannelé

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III. Anneau élastique (circlips) 
Les  anneaux  élastiques  permettent  la  fixation  axiale  ou  l’épaulement  d’éléments  de  machines  sur  des 
arbres ou dans des alésages. Ils ont la forme d’anneaux fendus dont l’élasticité permet le montage et le 
maintien en position après assemblage. 
Avantage : faible coût, économie de matière, usinages standards, faible encombrement axial. 
 
III.1. Circlips extérieurs et intérieurs 
Très utilisés, ils peuvent supporter des efforts axiaux assez importants et sont bien adaptés aux grandes 
vitesses de rotation. Leur montage exige une pince spéciale à becs avec ergots. 
 

 
 
III.2. Anneaux d’arrêt 
Ils ressemblent à des cavaliers. Leur montage se fait radialement, sans outil spécial. Ils ne sont pas 
adaptés aux vitesses élevées. 
 

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Application 
Pour  établir  la  liaison  complète  entre  le  pignon  (1)  et  l’arbre  (2),  de 
diamètre  au  bout  φd  =  30  mm,  nous  utilisons  une  clavette  parallèle 
forme C de longueur L = 40 mm et une vis à tête hexagonale de diamètre 
nominal M10. 
 
1) Rechercher les cotes caractéristiques de la section de la clavette et des rainures de clavetage. 
a  b  F G

…………………….  ……………………  ………………….  ………………….. 

 
2) Déterminer les cotes caractéristiques de la vis. 

Diamètre  Diamètre de  Implantation  Longueur  Longueur  Implantation  Longueur du  Longueur de 


nominal (d)  trou de  minimale (Jm)  minimale (lm)  réelle (l)  réelle (J)  taraudage  perçage 
passage (D)  (p)  (q) 

…………………….  11 mm  ……………………  ………………….  ………………….  …………………..  …………………..  ………………….. 

 
3) Terminer les deux vues en coupe et donner la désignation de la clavette et de la vis. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Désignation de la clavette : …………………………………………………………………………… 
 
Désignation de la vis : ……………………………………………………………………………………. 

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Longueurs normalisées (l) d’une vis à tête hexagonale 

Implantation minimale d’une vis Longueurs du taraudage (p) et de perçage (q)

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