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MEFRA – 120/2 – 2008, p. 369-426.

Les établissements de Maurétanie


et de Numidie entre 201 et 33 av. J.-C.
Synthèse des connaissances

Virginie B RIDOUX

Les recherches archéologiques menées au nible et complété par des réexamens de mobilier1 et
Maroc, en Algérie et en Tunisie depuis la fin du des informations issues des sources textuelles
XIXe siècle ont souvent atteint des niveaux anciennes. Il est essentiellement consacré à la
d’époque hellénistique, témoignant de l’occupa- période qui s’étend entre la fin de la deuxième
tion d’un nombre relativement important d’éta- guerre punique et la mort du roi Bocchus II.
blissements dans les royaumes maurétanien et
numide. Les résultats de ces travaux, dispersés LA MAURÉTANIE OCCIDENTALE (fig. 1)
dans de nombreuses publications, méritaient non
seulement d’être réunis et analysés dans leur Le littoral méditerranéen
globalité mais également de subir un réexamen à
la lumière des progrès effectués, en particulier en Rusaddir
matière d’identification et de datation du matériel. Les vestiges de l’antique cité de Rusaddir sont
Le recensement que nous proposons se veut enfouis sous les constructions de l’actuelle ville de
donc à la fois descriptif et critique. Il est basé sur une Melilla et sont par conséquent méconnus. Une
reprise de la documentation archéologique dispo- nécropole, connue sous le nom de Cerro de San

Fig. 1 – Les établissements maurétaniens et numides attestés entre la fin de la deuxième guerre punique et la mort du roi Bocchus II.

1. Nous remercions M. Betrouni (directeur du Patrimoine à Cherchell), S. Bensaada (conservatrice du Musée


Alger), A. Ghessab (ancien directeur de l’Agence Nationale d’Hippone) de nous avoir permis l’accès aux réserves de ces
d’Archéologie), H. Meshoub (directeur du Musée National trois musées.
A. Zabana d’Oran), Y. Rebahi (conservatrice du Musée de

Virginie Bridoux, École française de Rome, virginie.bridoux@ens.fr


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Lorenzo, a été exhumée au début du XXe siècle. Le ici étudiée. Des vestiges datables à partir de la fin
matériel mis au jour, constitué de céramiques du IIIe ou du début du IIe s. av. J.-C. pourraient
campaniennes du groupe B, de céramiques et ainsi correspondre à un sanctuaire dédié à la
d’amphores (Maña C2b) de tradition punique, déesse Tanit. Il s’agit d’un grand édifice orienté
d’unguentaria et de lampes hellénistiques, fut daté nord-sud dont n’ont subsisté que deux cryptes
par M. Tarradell des IIIe-Ier s. av. J.-C. 2. Néan- votives façonnées selon une technique hellénis-
moins, d’après les objets publiés, il semble que tique, en opus vittatum. Cette construction, établie
cette nécropole fut essentiellement utilisée au sur une fosse remontant au moins au IVe s. av.
cours du Ier s. av. J.-C. J.-C., suggère une planification urbanistique. Une
Les fouilles entreprises plus récemment par fosse de décantation d’un moulin à farine, datable
N. Villaverde Vega sur la Plaza de Armas ont vers la fin du IIIe et du début du IIe s. av. J.-C., a
apporté de nouvelles informations sur l’ancien- également été mise au jour (fig. 2).
neté de la cité et son occupation durant la période L’ensemble du matériel récolté dans les

Fig. 2 – Plan général des fouilles de la Plaza de Armas à Melilla (dans Villaverde Vega 2004, p. 1841, fig. 3).

2. Tarradell 1954, p. 253-266; Tarradell 1960, p. 65-73.

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niveaux du sanctuaire est notamment constitué depuis les VIIe-VIe s. av. J.-C. 8, semble avoir été
d’amphores dites du Détroit, d’amphores abandonné vers la fin du IIe s. av. J.-C.
italiennes (en particulier gréco-italiques) et en
moindre quantité de céramiques ibériques, Sidi Abdeslam del Behar
d’amphores ébusitaines (Maña E) et carthaginoises Ce petit établissement situé à l’embouchure du
(Maña D et Maña C2a). Il révèle l’intégration de fleuve Martil, au sommet d’une colline, servit sans
cet établissement aux circuits commerciaux de doute de port maritime pour la ville de Tamuda.
Méditerranée 3. Les fouilles entreprises en 1951 par M. Tarradell
Des découvertes monétaires indiquent par ont consisté en l’ouverture de quatre sondages 9,
ailleurs que la cité frappait monnaie depuis le IIe s. dont l’un d’eux a permis de déterminer trois
av. J.-C., vraisemblablement depuis le règne de séquences chronologiques dans l’occupation du
Bocchus I 4. site.
Le mobilier recueilli dans la phase III, la plus
Emsa ancienne, semble datable des VIIe-VIe s. av. J.-C.10.
Le site d’Emsa est situé près de l’embouchure Dans la phase II le matériel était surtout
de l’oued du même nom, juste à l’est du cap composé de vaisselle à tour sans décor et
Mazari. Sur une colline, à deux kilomètres de la d’amphores, mal documentées. La description de
plage, M. Tarradell découvrit un petit établisse- M. Tarradell nous laisse penser qu’il pourrait s’agir
ment qu’il fouilla en 1952. Un large sondage d’amphores de type Maña B11. Notant l’absence de
permit de dégager un ensemble d’habitations de la céramique à engobe rouge phénicienne,
caractère modeste, construit en pierres et M. Tarradell proposa une datation autour des
constitué de huit chambres rectangulaires 5. IVe-IIIe s. av. J.-C.12. Il faut sans doute élargir cette
Parmi le matériel recueilli l’auteur signale des fourchette chronologique dans la mesure où le
«imitations» de céramiques campaniennes sans réexamen du matériel fait état de fragments
engobe, un fragment de céramique campanienne d’amphores carthaginoises de type Maña C2a
A, des fragments d’amphores qui s’identifient à (Ramon T.7.4.3.1.), dont la circulation est datée de
des Maña-Pascual A4, une lampe de type hellénis- la première moitié du IIe s. av. J.-C.13.
tique et une fibule de la Tène I. D’après un La phase I est représentée par des murs dont
réexamen effectué au Musée de Tétouan, ce mobi- les soubassements sont construits en pierres et les
lier comporte également des amphores italiennes élévations en briques crues. Elle contient un mobi-
Dressel 1 et un fragment de céramique campa- lier datable entre la fin du IIe et les deux premiers
nienne du groupe B 6. Il faut donc pour cette phase tiers du Ier s. av. J.-C. : des céramiques campa-
d’occupation élargir aux IIIe-IIe s. av. J.-C. la four- niennes du groupe B, des fragments de kalathos
chette chronologique proposée par F. López Pardo ibérique, de nombreuses amphores de type Maña
(à savoir le IIIe s. av. J.-C.) 7. C2b (Ramon T.7.4.3.3.) 14, des monnaies de
L’établissement, vraisemblablement occupé Tamuda, Gadès et Tingi. Cette occupation fut

3. Villaverde Vega 2004, p. 1837-1876. F. López Pardo note l’absence des amphores Maña-Pascual
4. Alexandropoulos 2000, p. 193-197. A4, attestées à Emsa, non loin de Sidi Abdeslam del Behar,
5. Tarradell 1960, p. 79-85. et dont le terminus ante quem est situé au Ve s. av. J.-C., ce qui
6. Majdoub 2004, p. 271-272. pourrait indiquer que cette première occupation est au
7. López Pardo 1990, p. 39-40. moins antérieure à ce siècle (López Pardo 1990, p. 39).
8. Le signalement d’amphores de type phénicien dans les 11. Selon M. Tarradell ces amphores se trouvent à Lixus. Elles
réserves du Musée de Tétouan a remis en cause la chrono- sont ainsi décrites par l’auteur : «cuerpo ancho y abombado,
logie du IVe s. av. J.-C. proposée par M. Tarradell pour la cerrando la parte superior con perfil curvo y con boca con
première occupation du site. Majdoub 2004, p. 271. reborde bajo poco marcado». Nous savons avec certitude
9. Tarradell 1960, p. 89-95. qu’il ne s’agit pas d’amphores Maña-Pascual A4, puisqu’elles
10. La phase III fut datée avec réserve par M. Tarradell des correspondent à un type différent des amphores recueillies à
Ve-IVe s. av. J.-C. Parmi le mobilier entreposé au Musée de Emsa (Tarradell 1960, p. 84).
Tétouan M. Majdoub a depuis noté la présence de fragments 12. Tarradell 1960, p. 92-93.
d’amphores phéniciennes qui n’ont pas été mentionnés par 13. Ramon Torres 1995, p. 210-211.
M. Tarradell (Majdoub 1998, p. 290 et n. 31). Ils attestent 14. Ramon Torres 1995, p. 100 et 213.
l’occupation du site aux VIIe-VIe s. av. J.-C. Pour sa part

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détruite par un incendie et l’établissement ne fut est par ailleurs attestée par du mobilier provenant
manifestement pas réoccupé par la suite. des fouilles anciennes. Parmi le matériel d’impor-
tation, la céramique campanienne A est prédomi-
Tamuda nante et certaines formes datent de la première
Tamuda est située sur la rive droite de l’oued moitié du IIe s. av. J.-C.19.
Martil, près de la ville actuelle de Tétouan. En Le quartier ouest, dégagé par C. L. Montalbán
l’état actuel des connaissances, les plus anciennes en 1920, abrite au moins quatre ensembles
traces d’urbanisation du site remontent au IIIe s. orientés nord-sud et délimités par des rues. Encore
av. J.-C. mais quelques trouvailles permettent de visibles lors de l’étude d’A. El Khayari, leur
supposer que cet établissement existait à une examen fut toutefois rendu difficile étant donné
époque bien plus ancienne15. leur mauvais état de conservation et le fait qu’ils
Le site a fait l’objet d’une étude menée par sont en partie enfouis sous des terres alluvion-
A. El Khayari dans les années 1990. Celle-ci naires.
comprend un réexamen des notes et du mobilier L’étude des quartiers est et sud révèle l’exis-
des fouilles plus anciennes et un nettoyage des tence d’un urbanisme régulier au Ier s. av. J.-C.
structures visant à mieux comprendre l’organisa- (fig. 3). En l’état actuel des recherches, aucune
tion des secteurs sud et est. Elle a donné lieu à construction ne correspond au siècle précédent.
quelques sondages complémentaires pour Nous pouvons reprendre les principales conclu-
confirmer la datation de ces quartiers. sions d’A. El Khayari concernant les vestiges
Les secteurs nord et ouest de la cité ont été construits de ces deux secteurs 20.
étudiés partiellement et nous ne disposons que de Dans le quartier sud, un sondage entrepris par
très rares informations sur ces travaux16. Un l’auteur n’a livré aucun matériel antérieur au Ier s.
sondage effectué par A. El Khayari dans le quar- av. J.-C. L’ensemble du mobilier récolté permet de
tier nord atteste de l’existence de plusieurs phases situer les débuts de cette phase avant 50/30
d’occupation. La première est datée du IIIe s. av. av. J.-C., date généralement admise pour la dispa-
J.-C. La deuxième correspond à une pièce datable rition de la céramique campanienne, et de situer
entre 100 et 30 av. J.-C., ce dont témoignent la son abandon vers l’année 40 ap. J.-C.
présence de céramique campanienne tardive, Dans le quartier oriental deux grandes phases
d’amphores Maña C2b, et l’absence de céramique ont été différenciées. La première est datable du
arétine17. Ce niveau contenait des traces de Ier s. av. J.-C., sur la base du matériel récolté lors
destructions violentes, telles des amphores des fouilles de M. Tarradell. Il s’agit notamment
entières écrasées sur place, des nodules de d’une abondance de céramique campanienne du
charbon et des briques crues décomposées. groupe B et de quelques tessons de céramique
M. Tarradell avait déjà signalé dans ce secteur une campanienne A 21. En l’absence de données chro-
épaisse couche de cendres et croyait alors que la nologiques, on ne sait à quelle époque exactement
destruction avait affecté toute la ville. L’étude se situe la seconde phase, postérieure (fin du Ier s.
d’A. El Khayari n’a cependant pas permis de av. J.-C.? Ier s. ap. J.-C.?) 22.
déceler de traces de destructions à l’est et au sud Les quartiers est et sud sont composés d’une
de la cité18. série d’îlots d’habitations (six ensembles dans le
L’occupation du quartier nord au IIe s. av. J.-C. quartier est, neuf dans le quartier sud) dont les

15. El Khayari 1996, p. 196-200 et 249. Signalons notamment la Ce dernier aurait mis au jour des restes de murs d’époque
découverte d’une fibule de bronze de la fin du VIIe-début du maurétanienne mais les résultats ne sont que mentionnés
VIe s. av. J.-C. dans des notes sommaires (Tarradell 1948-1949, p. 185-189;
16. Le quartier nord a fait l’objet d’une campagne de fouilles en Tarradell 1960, p. 118; El Khayari 1996, p. 67-69).
1946, menée par P. César Moran et C. Gimenez Bernal, 17. El Khayari 1996, p. 201-204.
pendant laquelle plusieurs habitations ont été dégagées. Une 18. El Khayari 1996, p. 253.
tranchée fut par ailleurs ouverte dans un dépotoir par 19. El Khayari 1996, p. 125-128.
P. Quintero Atauri dans les années 1940. Des sondages 20. El Khayari 1996, p. 171-177.
avaient également été ouverts dans le camp romain, l’un par 21. El Khayari 1996, p. 152-170.
C. L. Montalbán, les autres par M. Tarradell en 1948 et 1957. 22. El Khayari 1996, p. 252.

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Fig. 3 – Plan des vestiges maurétaniens de Tamuda (dans El Khayari 1996, fig. 65).

murs sont conservés sur une faible hauteur. Ils se Les différents îlots révèlent l’usage de tech-
présentent sous forme de quadrilatères aux niques de construction similaires. On note ainsi la
contours et aux alignements réguliers. Des voies présence de modules de base, l’emploi récurrent de
de circulation, rectilignes et parallèles les unes aux l’appareil rectangulaire irrégulier pour les murs-
autres et présentant en général une largeur régu- limites et les murs de façade, celui du petit appareil
lière, ont été localisées dans les deux secteurs, à moellons quadrangulaires, à éclats intercalaires,
tandis qu’une grande place de forme quadrangu- ou encore à empilements pour les murs de refend.
laire, liée à une rue, dessert les ensembles V à VIII. Des traces d’effondrements de briques crues sont
Les ensembles construits et les voies de circulation visibles. Elles incitent à penser que ce matériau
témoignent d’une orientation homogène. était utilisé pour les parties hautes des murs 23.

23. El Khayari 1996, p. 72-79 et 253-257. La brique crue est nord. Son utilisation fut peut-être généralisée sur l’ensemble
notamment attestée dans les ensembles I et V du quartier du site, ce que M. Tarradell pressentait déjà en soulignant
sud, mais aussi dans le sondage pratiqué dans le quartier l’horizontalité des faces supérieures des murs et la coloration

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L’organisation interne des îlots se présente Des fouilles de sauvetage entreprises au cours
sous deux formes. Certains ensembles sont divisés des années 1990 dans le passage de Las Palmeras
en une série de pièces alignées qui s’ouvrent sur la ont livré des amphores Maña-Pascual A4 et des
rue et qui sont liées chacune ou par groupe de fragments d’amphores gréco-italiques qui
deux ou trois à une pièce au fond. D’autres sont attestent l’occupation du site entre le IVe et le IIe s.
divisés dans le sens longitudinal en deux espaces av. J.-C. 29. Des amphores Maña C2b et ébusitaines
occupés par une suite de pièces dotées d’une (Maña E), datables des IIe-Ier s. av. J.-C., ont égale-
porte. Cette organisation témoigne d’une certaine ment été signalées lors de trouvailles sporadiques
originalité par rapport à l’architecture domestique effectuées sur le littoral. Quelques céramiques
hellénistique et carthaginoise 24. campaniennes et ibériques, ainsi que des
Si nous pouvons attribuer ces constructions à monnaies ibériques et de la République romaine,
une phase d’extension de la cité dans le courant dont le contexte de découverte est souvent
du Ier s. av. J.-C., les limites exactes de la ville à inconnu, confirment l’occupation de la cité à cette
cette époque restent mal connues. Le caractère époque. Les plus anciens témoignages recueillis
partiel des fouilles ne permet pas d’obtenir une remontent à la fin du VIe et au Ve s. av. J.-C. 30.
vision d’ensemble de l’établissement et de l’arti-
culation des différents quartiers les uns par Ksar Sghir
rapport aux autres 25. Aucun édifice public n’a par Situé entre Tanger et Ceuta, le port de Ksar
ailleurs été reconnu sur le site. Mais plusieurs Sghir apparaît comme l’un des meilleurs abris du
éléments architectoniques, tels des fûts de détroit de Gibraltar. En 1953, à l’est de l’embou-
colonnes, des éléments de corniche, un chapiteau chure d’un oued et aux environs d’une usine de
ionique et des blocs taillés ont été réutilisés dans salaison datée des Ier -IIIe s. ap. J.-C. 31, les
les ensembles du quartier sud 26. recherches de M. Tarradell ont permis la mise au
L’ensemble des vestiges, du mobilier céra- jour de fragments de céramique campanienne 32.
mique et des monnaies mis au jour sur le site nous Nous ne disposons pas d’indications supplémen-
indique que dès le IIe s. av. J.-C. Tamuda était une taires sur ce matériel que l’auteur fait remonter
cité qui entretenait de riches relations avec l’exté- aux IIIe-IIe s. av. J.-C. Quelle que soit son apparte-
rieur, en particulier avec l’Espagne, l’Italie et la nance aux différents répertoires de la céramique
Numidie 27. C’est vraisemblablement à partir du campanienne, sa datation doit certainement être
règne de Bocchus I qu’elle débuta ses frappes abaissée au dernier tiers du IIIe s. av. J.-C. 33.
monétaires 28. Le site de Ksar Sghir a récemment fait l’objet
d’une fouille de sauvetage consécutive à la
Septem Fratres construction de la rocade Tanger-Oujda. Des
La ville actuelle de Ceuta recouvre les vestiges niveaux préromains ont été exhumés. Certains
de l’antique Septem Fratres. Les découvertes ont notamment livré des fragments d’amphores
archéologiques préromaines à l’intérieur de la ville gréco-italiques et Maña D. Il semble que ces
sont minces. niveaux soient antérieurs au IIe s. av. J.-C., les

rouge de ces mêmes faces (Tarradell 1960, p. 77; El Khayari dans BAM, 21 (à paraître). Pour une synthèse des décou-
1996, p. 77). Sur l’emploi fréquent de la brique crue dans les vertes monétaires, V. Bridoux, Les royaumes d’Afrique du nord
niveaux préromains de Maurétanie occidentale, cf. de la fin de la deuxième guerre punique à la mort du roi Bocchus II
V. Bridoux, L’architecture de briques crues en Maurétanie occi- (201-33 av. J.-C.) (BEFAR, à paraître).
dentale (Maroc, Ve-Ier s. av. J.-C.), dans Les cultures constructives 28. Alexandropoulos 2000, p. 193-197.
de la brique crue, 3e Échanges transdisciplinaires sur les construc- 29. Bernal Casasola et Pérez Rivera 1999, p. 20-21.
tions en terre crue (Toulouse, 16-17 mai 2008) (à paraître). 30. Bernal Casasola 2000, p. 1137-1151. Pour une synthèse des
24. El Khayari 1996, p. 103-106 et 255. découvertes monétaires, V. Bridoux, Les royaumes... cité
25. Les travaux entrepris auparavant dans les quartiers nord et n. 27.
ouest ne permettent pas d’obtenir un plan cohérent du 31. Ponsich et Tarradell 1965, p. 71-75.
secteur. On ne dispose d’aucun plan intégral des structures 32. Tarradell 1960, p. 125.
du quartier ouest étudié par C. L. De Montalbán. 33. En l’état actuel des recherches, l’arrivée de ces importations
26. El Khayari 1996, p. 92-94. en Maurétanie occidentale peut être datée à partir du
27. Bridoux 2007, p. 422-424 et 429-430; V. Bridoux, Les impor- dernier tiers du III e ou du tout début du II e s. av.
tations italiennes en Maurétanie occidentale (IIIe-Ier s. av. n. è.), J.-C. V. Bridoux, Les importations... cité n. 27.

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céramiques campaniennes ayant été retrouvées en D’après les fouilles opérées par M. Ponsich dans
faible quantité 34. les années 1960, l’établissement aurait abrité un
atelier de potiers entre le Ve et le Ier s. av. J.-C. Les
Tingi résultats de ces travaux, peu documentés, ont été
L’antique Tingi est enfouie sous les construc- remis en question. Un réexamen général du maté-
tions de l’actuelle Tanger. Sur le plateau du riel recueilli dans chaque phase montre que les
Marshan, une nécropole constituée de quatre-vingt interprétations relatives à la chronologie et aux
dix-huit tombes, dont plus de cinquante taillées en productions doivent être revues 41. Les IIe et Ier s.
caisson dans le roc, a livré du matériel datable de av. J.-C. sont toutefois représentés à Kouass par la
l’époque romaine, mais aussi des objets de tradition découverte, dans le secteur dit des ateliers de
punique et quelques monnaies maurétaniennes 35. potiers, de matériel d’époque républicaine (céra-
Nous savons par ailleurs que Tingi frappait monnaie mique campanienne du groupe B, céramique
depuis le règne de Bocchus I ou de Sosus 36. Malgré ibérique, amphores Dressel 1 et Maña C2b) 42.
le peu d’informations dont nous disposons, l’impor- M. Ponsich mit également au jour un impor-
tance de la cité ne peut faire de doute, eu égard à sa tant bâtiment quadrangulaire de 48,50 m de côté,
position stratégique au niveau du détroit de situé sur la partie la plus élevée du plateau de
Gibraltar et aux diverses mentions des auteurs Kouass, qu’il interpréta comme un camp préro-
anciens 37. Quelques témoignages tendent en outre main (fig. 4). Constitué de soubassements en gros
à montrer que la cité fut occupée et fréquentée très blocs de pierre et probablement d’élévations en
tôt par des commerçants étrangers 38. briques crues, à en juger par l’importante quantité
de pisé amoncelée sur les ruines, il serait datable
Le littoral atlantique entre le IIIe et la fin du Ier s. av. J.-C. Selon l’auteur,
«à l’extérieur», furent notamment recueillis des
Cotta tessons de céramique campanienne A et B,
Situé à quelques kilomètres au sud du cap d’amphores de tradition punique et d’amphores
Spartel, ce site a fait l’objet de recherches par augustéennes. Dans les sondages réalisés à l’inté-
M. Ponsich. Des sondages pratiqués dès 1959 à rieur, «peu fructueux», «aucune stratigraphie ne
l’extérieur de l’usine de salaison romaine ont put être relevée». Mais le sol aurait livré des
fourni, selon l’auteur, un matériel qui permet amphores de tradition punique, républicaines, et
d’affirmer que le site était occupé dès les IIIe-IIe s. av. quatre monnaies préromaines 43. En l’absence de
J.-C. 39. L’absence de description relative à ce maté- dispositifs caractéristiques d’un ouvrage militaire,
riel a été comblée par un réexamen de R. Arharbi F. López Pardo a proposé d’identifier cette
qui révèle la présence de céramiques campaniennes construction à un entrepôt d’amphores 44, mais
A et du groupe B parmi ce mobilier 40. cette hypothèse demande confirmation.
La reprise des recherches archéologiques
Kouass devrait permettre prochainement d’éclaircir la
Le site de Kouass est situé sur la rive droite de chronologie et la nature de l’ensemble de ces
l’oued Rharifa, à 7,5 km au nord d’Asilah. vestiges 45.

34. Renseignement oral d’A. El Khayari. d’une thèse de doctorat, sous la direction de M. Lenoir, est
35. Tarradell 1960, p. 126; Ponsich 1970, p. 173-180. en cours.
36. Alexandropoulos 2000, p. 193-197. 39. Ponsich 1970, p. 207.
37. La cité est mentionnée à plusieurs reprises par les auteurs 40. Arharbi 2003, p. 60.
anciens qui font notamment part de son ancienneté et de sa 41. Kbiri Alaoui 2007, p. 45-53.
fondation légendaire. Les références ont été regroupées par 42. Ponsich 1968, p. 231 et 234; Ponsich 1969-1970, p. 77 et 85.
St. Gsell (Gsell HAAN, II, p. 168 et V, p. 255). 43. Ponsich 1967, p. 387-393.
38. Signalons notamment un fragment d’amphore grecque de 44. López Pardo 1990, p. 7-41.
type «Chios», datable de la deuxième moitié du VIIe et du 45. La reprise des recherches sur le site s’effectue depuis 2008
début du VIe s. av. J.-C., dont le contexte de découverte dans le cadre d’une convention de coopération instituée
demeure toutefois inconnu (Hassini 2001, p. 7). La région entre l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du
abrite par ailleurs plusieurs nécropoles préromaines que Patrimoine et l’École française de Rome, sous la direction de
M. Ponsich date des VIIe-Ve s. av. J.-C. (Ponsich 1970, p. 69- V. Bridoux et M. Kbiri Alaoui. Cf. Bridoux, Kbiri Alaoui et
165). Un réexamen, mené par W. Meddah dans le cadre Kermorvant 2009.

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Fig.4 – Croquis des vestiges de Kouass (d’après Ponsich 1967, fig. 5, retouché par M. Kbiri Alaoui 2007, p. 47, fig. 19).

Zilil Le niveau maurétanien 1 est représenté par


La cité de Zilil est située à environ 30 km au une habitation de briques crues dont deux pièces
sud de Tanger, à l’est du village de Dchar Jdid et à ont été dégagées. La date de ce niveau, difficile à
6,5 km du littoral. Les campagnes de fouilles effec- établir en raison de la large période couverte par le
tuées de 1977 à 1980 ont permis de mettre au jour, matériel recueilli (plats à engobe rouge de tradi-
dans le quartier de la «Citadelle», deux niveaux tion phénicienne, céramiques peintes et amphores
d’époque maurétanienne 46. Maña-Pascual A4), a fait l’objet de débats. Des
Plusieurs sondages, dont l’implantation avait analyses au carbone 14 de fragments de bois
été guidée par des prospections géophysiques, ont découverts dans ce niveau ont finalement indiqué
révélé l’existence d’une trame urbaine d’orienta- que la destruction de la maison ne pouvait être
tion nord-ouest – sud-est et une autre d’orienta- antérieure à la seconde moitié du IIe s. av. J.-C. 50.
tion nord-sud (fig. 5). Elles correspondent au Les fouilles de Zilil ont donc révélé l’existence
niveau maurétanien 2. Il s’agit d’un ensemble de d’un urbanisme cohérent, au moins depuis le Ier s.
bâtiments dont les soubassements sont construits av. J.-C. C’est également à cette époque, et visible-
en pierres et les élévations en briques crues 47. Cet ment plus précisément à partir du milieu du Ier s.
ensemble est bordé par deux rues parallèles et av. J.-C., que la cité débuta ses frappes moné-
constitué de plusieurs pièces à vocation artisanale taires 51.
ou commerciale 48. Cette occupation a été détruite L’étendue de l’établissement à l’époque préro-
suite à un effondrement et le matériel retrouvé sur maine et son origine restent inconnues. Mais cette
le sol permet de dater ces vestiges entre 80 et 40 dernière est antérieure au niveau maurétanien 1.
av. J.-C. (céramiques campaniennes, à paroi fine, à En effet, le sol vierge n’a pas été atteint par les
engobe rouge-pompéien, ibériques; amphores sondages réalisés dans le secteur de la «Citadelle».
Dressel 1, de Brindes, Lamboglia 2, Maña C2b, de En outre, quelques tessons recueillis dans diffé-
Tripolitaine; unguentaria à vernis rouge; lampes de rentes couches de remblais (un fragment de
type «Warzenlampen») 49. céramique attique, des lèvres d’amphores cartha-

46. Les résultats de la fouille de Zilil ont fait l’objet d’articles de morceaux de plomb soigneusement entreposés et la
comprenant une description des vestiges et un panorama structure même des bâtiments. Hesnard et Lenoir M. dans
général des principales catégories de matériel mis au jour Dchar Jdid, p. 196.
dans les niveaux préromains. Dchar Jdid, p. 169-219; Lenoir 49. Hesnard dans Dchar Jdid, p. 203-206.
M. 2004, p. 168-194; Kbiri Alaoui 2004, p. 195-213. 50. Sur le matériel du niveau 1, Hesnard dans Dchar Jdid,
47. Hesnard et Lenoir M. dans Dchar Jdid, p. 196; Lenoir p. 201-202. Sur les résultats des analyses au carbone 14,
M. 2004, p. 168. Lenoir M. 2004, p. 175-177. Sur les propositions de datation
48. Cette proposition a été faite suite à la découverte dans la antérieure au IIe s. av. J.-C. pour ce niveau, Kbiri Alaoui
partie centrale de l’ensemble dégagé d’un foyer et d’une 2004, p. 195-213.
fosse disposés côte à côte et contenant d’abondants tessons 51. Alexandropoulos 2000, p. 337.
d’amphores. S’ajoute à cela la présence dans la pièce voisine

.
377

Fig. 5 – Plan d’ensemble du secteur de la citadelle à Zilil (dans Dchar Jdid, pl. V).

ginoises et une lèvre d’amphore gréco-italique) a été mise au jour par M. Tarradell et M. Ponsich.
montrent que l’occupation de Zilil remonte au Leur datation, parfois même leur identification, ne
moins au IVe s. av. J.-C. 52. sont pas toujours assurées.

Lixus Vestiges mis au jour lors des fouilles anciennes


Situé sur la façade atlantique, sur une colline Une enceinte préromaine, entourant la partie
qui domine l’embouchure du fleuve Loukkos, supérieure de la colline de Lixus, serait conservée
Lixus a livré des témoignages d’occupation sur plusieurs secteurs, en particulier le secteur
remontant au VIIIe s. av. J.-C. 53. ouest, caractérisé par une section constituée de
La cité abrite plusieurs monuments publics et grands blocs bien taillés et ajustés à sec, tech-
quelques îlots d’habitations attribués à notre nique qui fut autrefois rapprochée des traditions
période d’étude. Une grande partie de ces vestiges hellénistiques. Un sondage effectué au pied de

52. L’existence de ce matériel est mentionnée sur la page web de scientifique/archéologie/dchar-jdid.


Zilil : www.diplomatie.gouv.fr/culture/culture/culture- 53. Sur Lixus phénicienne, voir Lixus 2001, p. 73-105 et 187.

.
Les établissements de Maurétanie et de Numidie
378 Virginie B RIDOUX

cette section dite «des grands blocs» par M. Ponsich identifia sur la colline de Lixus une
M. Tarradell livra, au niveau des fondations, de la série de temples préromains. Les temples A, B et C
céramique campanienne A et du groupe B, ce auraient été construits aux IIIe-IIe s. av. J.-C. et
qui permit de dater la construction de l’enceinte abandonnés au cours du Ier s. ap. J.-C. 60.
de la fin du IIe ou du début du Ier s. av. J.-C. 54. La Selon l’auteur, le temple A, dont il ne reste que
datation des autres secteurs n’est cependant pas les fondations et la partie inférieure d’un bâtiment
confirmée. rectangulaire construit en blocs de grand appareil,
La grande diversité des techniques employées est composé de deux pièces d’inégales superficies.
au niveau des tronçons actuellement visibles ainsi Un sondage effectué à l’intérieur de l’édifice aurait
que l’irrégularité du tracé de l’enceinte ont toute- livré, mêlé à un matériel plus ancien, de la céra-
fois été soulignées depuis et ont incité à remettre mique datée du Iers s. av. J.-C. et du Ier s. ap. J.-
en cause l’édification cohérente d’une enceinte C. qui préciserait la date de démolition du monu-
selon la tradition hellénistique 55. Selon les obser- ment 61. Toutefois, la datation de M. Ponsich
vations de M. Behel, il s’agirait davantage d’une pouvait être mise en doute dans la mesure où
succession d’éléments indépendants qui seraient à nous ne disposions pas de l’inventaire du matériel
relier aux habitats pour lesquels ils formaient des retrouvé dans chaque couche. La nature même de
murs de soutènement 56. Seule la partie ouest, qui l’édifice restait incertaine.
apparaît comme la plus ancienne, peut en fait être Le temple B est décrit par M. Ponsich comme
attribuée de façon certaine à notre période un édifice rectangulaire comportant une unique
d’étude. Son rôle de limite extérieure à caractère cella. Sa façade sud, la plus élevée, fut construite
défensif a été confirmé par l’étude de M. Habibi, en grand appareil et présente selon lui un carac-
qui a retrouvé, sous les pièces antérieures à la tère hellénistique. L’auteur pensait en outre avoir
maison romaine de Mars et Rhéa, les vestiges localisé les traces d’un escalier dans la partie est.
d’une galerie dont le secteur «des grands blocs» Le monument répondrait donc aux caractéris-
constitue la limite ouest 57. Il s’agit d’un bâtiment tiques d’un temple gréco-romain. M. Ponsich
composé d’un ensemble de pièces comportant un nous a livré une liste du matériel recueilli dans les
long corridor et des accès latéraux. La disposition trois sondages qu’il pratiqua à l’intérieur et à
de ce bâtiment pourrait indiquer une vocation l’extérieur du monument 62. Il semble s’être
commerciale, en l’occurrence des boutiques. Il fut appuyé sur les résultats du sondage 1 pour dater
restructuré et inclus dans une seconde phase de l’édifice. Dans ce sondage, la couche 2, «corres-
construction à la fin du Ier s. av. J.-C. ou au tout pondant à la partie supérieure de la fondation et
début du Ier s. ap. J.-C. 58. au sol du secteur» mais aussi «à la couche
Les autres secteurs de cette «enceinte» sont d’abandon et de destruction», contenait en effet
soit postérieurs, soit trop mal connus à l’heure une grande proportion de céramique campa-
actuelle 59. nienne A et de céramique arétine, ainsi que quel-

54. Tarradell 1957, p. 195-199. 59. Les autres parties au nord du secteur ouest s’incluent, selon
55. Lenoir É. 1986, p. 338-339; Behel 1993, p. 166. l’étude de M. Habibi, dans la phase d’agrandissement du
56. Behel 1992, p. 247. L’auteur, qui a étudié également quartier d’habitation. La réalisation de cette seconde phase a
«l’enceinte préromaine» de Volubilis, a bien montré que les été datée de la fin du Ier s. av. J.-C. ou du début du Ier s.
interprétations précédentes étaient hâtives, basées sur la ap. J.-C. Au nord et à l’est de la ville, les secteurs appar-
présence d’une structure en grand appareil d’aspect monu- tiennent à des zones non fouillées. On peut noter toutefois
mental à laquelle on attribue une filiation hellénistique et qu’à l’est, un tronçon conservé sur deux mètres de hauteur
une fonction défensive par référence aux modèles orien- laisse apparaître une technique de construction semblable
taux. À partir de cette constatation, «la suite du tracé est au secteur «des grands blocs» (Habibi 1995, p. 160-163 et
plus ou moins laborieusement recherchée au sein des struc- 191-192).
tures du site, alors qu’un examen objectif des vestiges suffit 60. Ponsich 1981, p. 32-38 et p. 87-92.
à la remettre en cause». (Behel 1993, p. 167). 61. Il s’agit de fragments de céramique peinte, de céramique dite
57. Habibi 1995, p. 152-163. Cette galerie s’est en effet révélée de type Kouass, de quelques fragments de céramique
indissociable de la construction du secteur dit «des grands campanienne du groupe B, de très nombreux fragments de
blocs», avec lequel elle forme un ensemble cohérent. vases à paroi fine, de lampes républicaines et de huit
58. Datation émise grâce à un sondage pratiqué sous le sol en monnaies maurétaniennes très usées, dont deux du règne de
mortier dans une pièce semblant appartenir à cette seconde Juba II.
phase de construction (Habibi 1995, p. 161-162). 62. Ponsich 1981, p. 36-37.

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379

ques fragments de céramique à paroi fine. Les phénicienne. Les édifices B et C semblent bien
résultats du sondage 2 ne permettent guère de quant à eux appartenir à l’époque mauréta-
confirmer la datation du monument 63. Quant au nienne. D’après les sondages effectués, ils appa-
troisième sondage, l’auteur ne nous livre pas le raissent dans la première moitié du Ier s. av.
détail de la stratigraphie, mais nous fait part de la J.-C. À la même période émergent également
prédominance de céramique arétine et de la dans le quartier une maison et une citerne déjà
présence de quelques éléments d’époque augus- connues par les fouilles anciennes 66 et deux
téenne et tibéro-claudienne, qui permettraient de autres édifices (E et K). Les aménagements effec-
confirmer une démolition au début du Ier s. tués à l’époque d’Auguste ou de Juba II ne
ap. J.-C. modifieront que partiellement ce schéma urbain
Enfin la chronologie du temple C demeurait de et la plupart de ces édifices ne furent désaffectés
datation très incertaine. Dégagé vers 1940, lors des que lors d’une vaste opération urbanistique
fouilles de C. L. Montalbán qui n’a laissé aucune entreprise à l’époque romaine (Ier s. ap. J.-C.) 67.
indication sur ses travaux, son étude a été reprise Si la nature des structures A, B, E et K reste
par M. Ponsich qui pratiqua un sondage mais ne incertaine, l’identification de l’édifice C à un
recueillit aucun matériel pour éclairer la date de temple semble désormais assurée 68.
l’édifice. L’auteur proposa de l’attribuer à la même Nous connaissons par ailleurs un quartier
époque que le temple B en raison des similitudes d’habitations situé au nord-est de la ville. Ces
constatées dans la technique et l’orientation des constructions ont été dégagées par M. Tarradell en
deux monuments. 1954 mais elles n’ont été que partiellement fouil-
Les relations que pouvaient entretenir les lées et n’ont fait l’objet que de descriptions
différents édifices du quartier dit «des temples» succinctes 69. Nous savons qu’il s’agit d’un groupe
et l’évolution chronologique de ce dernier firent de pièces de forme rectangulaire construites en
par la suite l’objet de discussions 64. Des travaux pierres irrégulières sans mortier, dont le plan
de terrain entrepris de 1999 à 2001 par une d’ensemble est mal établi. M. Tarradell proposa
équipe franco-marocaine 65 ont plus récemment avec réserve de dater sa construction entre la fin
permis de reconsidérer la question en s’appuyant du IIIe et le début du IIe s. av. J.-C., et sa destruc-
sur un réexamen des données architecturales et tion sous Claude, ce qui reste à confirmer 70.
les résultats de nouveaux sondages. Malgré une Enfin, l’ensemble 1 des usines de salaison de
stratigraphie généralement bouleversée par des Lixus, situé en contrebas du centre de la cité, avait
fosses dépotoirs tardives ou les fouilles été daté par M. Ponsich du début du Ier s. av. J.-C.
anciennes, qui empêchent d’établir une chrono- Des études postérieures ont montré que cet
logie absolue, et la complexité des structures due ensemble, comme les autres, prit son essor plus
à une occupation ininterrompue de la zone tardivement, à l’époque romaine 71.
jusqu’au Moyen-Âge, un nouveau schéma Si la nature des monuments étudiés par
évolutif de la zone a pu être proposé. Ainsi, l’édi- M. Ponsich reste incertaine et que l’existence
fice A correspondrait à la première phase d’une enceinte cohérente a été remise en cause,
d’occupation du secteur, datable de l’époque on trouve bel et bien à Lixus, dans le quartier des

63. Le sondage 2 comprend quatre couches : une première su- 64. Voir notamment au sujet des temples A, B et C, Rebuffat
perficielle; une seconde ayant livré peu d’éléments, qui s’é- 1985, p. 123-128; Lenoir M. 1992, p. 278; Habibi 1995,
tendent en outre sur une chronologie très large, du VIe au p. 105 et 127-128.
Ier s. av. J.-C. Il s’agit d’«un fragment de campanienne A 65. Sous la direction de V. Brouquier-Reddé (UMR 8546, CNRS-
(forme indéterminée); trois de précampanienne ou attique ENS, Paris Ulm) et A. El Khayari (INSAP).
(forme indéterminée); un d’ibérique peinte et quelques me- 66. Ponsich 1981, p. 62, fig. 15 et p. 65-86; Habibi 1995, p. 121-
nus tessons de céramique grise; enfin, trois de vernis rouge 125.
de bonne facture du VIe siècle correspondant généralement à 67. Brouquier-Reddé, El Khayari et Ichkhakh 2006, p. 2157-
celle trouvée dans les couches profondes de la ville». La 2174.
couche 3 a fourni «un fragment de campanienne A, un bec 68. Brouquier-Reddé, El Khayari et Ichkhakh 2008, p. 129-139.
de lampe punique, quelques tessons de céramique peinte à 69. Tarradell 1957, p. 201-203; Tarradell 1959, p. 34-35.
bandes et à vernis rouge, sans forme déterminée, ni bonne 70. Tarradell 1957, p. 201-203.
qualité». 71. Lenoir M. 1992, p. 274-275; Habibi 1995, p. 170-179.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
380 Virginie B RIDOUX

temples et les secteurs nord-est et ouest, des d’occupation datable à partir de la fin du IVe et
vestiges construits attribuables à l’époque qui nous jusqu’au premier quart du IIe s. av. J.-C. a été
concerne. Ils appartiendraient à un nouvel état repéré 74. Dénommé «niveau punique», il est daté
d’urbanisation, dont la construction a commencé dans ses extrêmes par la présence de céramique
à la fin du IIe s. av. J.-C. 72. attique et par celle des premiers tessons de céra-
mique campanienne A de type ancien. C’est la
Les recherches récentes première fois qu’est mise au jour et bien docu-
La recherche archéologique à Lixus a repris mentée sur le site une phase de cette époque
depuis 1995 dans le cadre d’une mission hispano- constituée de plusieurs couches sans intrusion 75.
marocaine. Elle a donné lieu à la révision des Le sondage dit de l’olivier a également livré des
archives de fouilles de M. Tarradell et du matériel vestiges d’habitations, mais leur plan est difficile-
exhumé par ce dernier. Le sondage du caroubier, ment reconstituable dans la mesure où il s’agit
ouvert par M. Tarradell sur le versant sud de la d’un sondage plus réduit. Le fait que ces construc-
cité, a été étendu et de nouveaux sondages ont été tions soient également datables à partir du second
entrepris (fig. 6). La stratigraphie générale du quart du IIe s. av. J.-C. confirme que le versant sud
versant sud de Lixus est désormais précisée. La de la cité a subi une réorganisation à cette époque.
mise au jour de vestiges d’habitations, dont La quantité de matériel recueilli lors de ces diffé-
certains sont datables des IIe-Ier s. av. J.-C., vient rentes campagnes, en particulier celle des
compléter notre connaissance de l’évolution urba- amphores, indique une activité économique crois-
nistique de la cité dans ce secteur (fig. 7). sante consécutive à la deuxième guerre punique.
Les vestiges de la phase maurétanienne Le mobilier exhumé par la mission hispano-
ancienne, datables entre le second quart du IIe et le marocaine a fait l’objet d’un examen exhaustif. Il
milieu du Ier s. av. J.-C., correspondent notamment est principalement constitué d’amphores produites
à cinq pièces domestiques et un patio 73. Ils dans la région du détroit de Gibraltar, mais aussi
s’étendent sur une largeur de 12 m et une longueur de céramiques ibériques, d’importations italiennes
de 20 m. Ils s’adossent à la pente et s’organisent en et de céramiques à vernis noir de productions
terrasses échelonnées. Dans la partie ouest les murs locales ou régionales. Il constitue un bon support
en pierres ne sont guère conservés en élévation et il d’analyse pour l’étude des relations commerciales
paraît vraisemblable qu’ils étaient complétés par entre Lixus et le monde méditerranéen.
des structures en briques crues. En revanche dans Malgré les problèmes persistants quant à la
la partie est, au niveau du sondage du caroubier, les datation de certains vestiges mis au jour par
murs, bien conservés, sont entièrement construits M. Ponsich, il apparaît que Lixus était déjà une
en pierres. Généralement leurs fondations cité organisée, dotée d’un urbanisme régulier. Des
s’appuient soit directement sur la roche, soit sur découvertes monétaires récentes indiquent par
des vestiges de murs plus anciens. Il s’agit d’un ailleurs que la cité frappait monnaie au moins
appareil irrégulier témoignant d’une construction depuis le milieu du IIe s. av. J.-C. 76.
soigneuse. Le sol du patio, constitué d’un dallage
de petites pierres, présente deux structures Thamusida
circulaires qui révèlent probablement l’existence Le site de Thamusida est situé sur la rive gauche
d’une activité métallurgique. Dans ce même de l’oued Sebou, à 19 km de son embouchure.
secteur, un magasin d’amphores datable à partir du Quatre sondages entrepris en 1961 et 1962 par
dernier tiers du IIe s. av. J.-C. a été identifié. Des J.-P. Morel ont révélé l’existence d’une bourgade
amphores destinées à contenir les produits dérivés préromaine établie sur une élévation de la berge
de la pêche furent essentiellement mises au jour qui forme un plateau assez étendu, ainsi que sur
dans cet espace. une éminence occupée par le marabout de Sidi Ali
Sous certaines de ces constructions, un niveau ben Ahmed 77. Un premier niveau (niveau III) se

72. Ce qui confirme les remarques formulées par M. Habini; 75. Lixus 2005, p. 141.
Habibi 1995, p. 232. 76. Lixus 2005, p. 183-189.
73. Lixus 2001, p. 45-48; Lixus 2005, p 24-32. 77. Morel dans Thamusida, p. 64-67 et 108 à 111.
74. Lixus 2005, p. 144.

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381

Fig. 6 – Plan général de Lixus et situation des sondages de l’olivier (Olivo) et du caroubier (Algarrobo) (dans Lixus 2001, p. 45).

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
382 Virginie B RIDOUX

Fig. 7 – Plan des structures du niveau maurétanien ancien de Lixus. En haut : niveau maurétanien ancien 1 (175-130 av. J.-C.); en bas :
niveau maurétanien ancien 2 (130-80 av. J.-C.) (dans Lixus 2005, p. 22 et 24, fig. 29 et 35).

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383

rapporte au Ier s. av. J.-C., et plus précisément, publication d’ensemble 80. On dispose toutefois de
semble-t-il, aux deux derniers tiers de ce siècle. Il a quelques données relatives aux niveaux archéo-
livré de nombreuses monnaies de Gadès et une logiques préromains mis au jour dans le quartier
grande abondance de matériel (céramiques campa- monumental et surtout d’une analyse préliminaire
nienne, arétine, à paroi fine, à engobe rouge- menée sur le mobilier.
pompéien, présigillée, à vernis noir de productions Les vestiges construits datables des IIe-Ier s. av.
locales ou régionales; lampes «Warzenlampen»; J.-C. restent donc méconnus. J. Boube avait
unguentaria fusiformes; amphores Dressel 1, Maña proposé de dater le temple A, édifice à podium
C2b, Sala I, de Tripolitaine). comportant cinq cellae, du milieu du Ier s. av. J.-C.,
Le niveau antérieur (niveau IV), constitué de mais cette interprétation doit être confirmée dans
scories de fer, de cendres, de parois de briques la mesure où aucune stratigraphie ne nous est
crues durcies au feu, pourrait correspondre à une communiquée et où la datation semble davantage
officine métallurgique. Il contenait essentielle- avoir été émise sur des critères stylistiques. Ainsi,
ment des productions locales ou régionales qui la découverte à proximité d’une corniche à gorge
permettent difficilement d’établir une datation. égyptienne et d’un chapiteau ionique viendrait
Mais l’aspect tardif des céramiques peintes dites de appuyer cette datation. Mais ce critère ne peut
type Banasa a conduit à considérer que ce niveau être pris en compte car cette association existe aux
ne remonterait pas au-delà du milieu du IIe s. av. siècles suivants. M. Euzennat et G. Hallier attri-
J.-C. Le sondage n’a pu être étendu car ces buent cet édifice à l’époque romaine, sur la base
vestiges sont enfouis profondément dans le sol, en d’un sondage et de la similitude constatée avec les
raison des couches épaisses d’alluvions déposées forums de Banasa et de Volubilis 81.
par les crues de l’oued Sebou. J. Boube a par ailleurs signalé les restes d’un
Une mission italo-marocaine a repris ces édifice important dans le niveau le plus profond
dernières années des recherches de terrain. Elle d’un sondage de presque 40 m de longueur
nous livrera prochainement des précisions sur les pratiqué en 1958, entre l’extrémité nord du forum
différentes phases chronologiques attestées dans romain et le rempart mérinide. On ne dispose pas
les sondages de J.-P Morel et sur la construction de plan de ces constructions, datées des IIe-Ier s. av.
d’un rempart, constitué d’un double fossé, aux J.-C. par l’auteur en raison de la présence de
alentours de 80 av. J.-C. 78. nombreux tessons de céramique campanienne du
groupe B et C 82. Étant donné ce que nous savons de
Sala l’arrivée des céramiques campaniennes à Sala, une
La cité de Sala est située sur la façade atlan- datation du Ier s. av. J.-C. paraît plus probable 83.
tique, non loin de l’embouchure du Bou Regreg et Notons par ailleurs que l’existence d’un atelier
incluse en partie dans la nécropole mérinide de monétaire à Sala est attestée depuis l’époque de
Chellah. Quelques tessons de céramique recueillis Bocchus I ou de Sosus 84.
sur le site invitent à faire remonter sa fondation à
l’époque phénicienne 79. Khédis
Les résultats des investigations menées dans le Le site de Khédis, situé à proximité de Sala,
quartier monumental de Sala depuis la première occupe une petite colline qui domine d’une
moitié du XXe siècle demeurent en grande partie quinzaine de mètres les anciens marais de la
inédits. Parmi les secteurs fouillés par J. Boube, vallée de l’Oulja, sur la rive droite de l’oued Bou
seule la nécropole, essentiellement datable à partir Regreg. En 1996, les travaux de la voie de
du milieu du Ier s. av. J.-C., a fait l’objet d’une contournement de Rabat-Salé ont, en partie,

78. Informations orales de A. Akerraz (INSAP) et E. Papi sont attestées.


(Université de Sienne). 81. Boube 1967, p. 328; Euzennat et Hallier 1986, p. 88-89.
79. Boube 1984, p. 166-167. 82. Boube 1959-1960, p. 141-142 (niveau I du sondage).
80. Boube 1999, p. 65-66 et 71. La céramique à vernis noir et les 83. V. Bridoux, Les importations... cité n. 27.
amphores Dressel 1 sont rares dans les sépultures. Mais des 84. Alexandropoulos 2000, p. 193-197.
amphores Sala I, datables à partir du milieu du Ier s. av. J.-C.,

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
384 Virginie B RIDOUX

détruit le site. Les fouilles de sauvetage entre- nombreux fragments d’amphores Dressel 1 et
prises par l’Institut National des Sciences de Maña C2b, ainsi que la céramique campanienne
l’Archéologie et du Patrimoine et la Direction du indiquent que cette occupation correspond au Ier s.
Patrimoine Culturel ont mis au jour un camp av. J.-C. 89.
militaire daté du Ier s. ap. J.-C., les structures Le niveau maurétanien 2 a livré les restes de
d’un petit temple et probablement des installa- près d’une dizaine de murs en briques crues,
tions portuaires. Sous les niveaux d’occupation d’orientation nord-sud et est-ouest. Quatre pièces
du camp militaire, un horizon stratigraphique ont pu être identifiées mais les limites de celles-ci
comprenant un matériel archéologique du Ier s. ne sont pas toujours restituables en raison de la
av. J.-C. a été décelé (céramiques campaniennes présence de fosses d’époque islamique qui ont
du groupe B, amphores Dressel 1, Maña C2b, considérablement perturbé les structures (fig. 8).
Sala I, Dressel 7/11 et Haltern 70). La présence Les murs étaient revêtus d’un enduit d’argile et de
d’un fragment d’amphore Maña-Pascual A4 tend paille, les sols étaient en terre battue et l’ensemble
à démontrer que le site était déjà occupé au était très vraisemblablement couvert de claies de
siècle précédent 85. roseaux servant de support à une couche d’argile
tassée. La fouille a permis de dégager une struc-
L’intérieur des terres ture, probablement un foyer, constituée de galets.
Dans l’ensemble les témoignages récoltés révèlent
Banasa qu’il s’agit d’une occupation domestique relative-
La ville de Banasa est située au cœur de la ment pauvre.
plaine du Rharb, sur la rive gauche de l’oued Détruites par un incendie, les structures se
Sebou. L’existence d’une production locale de sont effondrées sur le sol et ont écrasé le matériel
céramique à l’époque préromaine a été révélée dès sur place. Il s’agit essentiellement de productions
les fouilles de R. Thouvenot, entre 1933 et 1954, locales ou régionales, notamment d’amphores
alors que celui-ci faisait dégager et étudiait les dites d’Extrême Occident ou du Détroit. Ces
vestiges de la cité romaine 86. Les niveaux d’ateliers amphores, ainsi que les céramiques ibériques
de potiers ont été fouillés à partir de 1955-1956 récoltées dans ce niveau, tendent à plaider en
lors de sondages profonds pratiqués au nord et au faveur d’une datation du IIe s. av. J.-C. 90.
sud du site par A. Luquet 87. Ce secteur abritait auparavant des ateliers de
Suite à une campagne de prospection magné- potiers dont l’activité paraît antérieure au milieu
tique ayant révélé une anomalie dans le quartier du IIe s. av. J.-C. La production d’amphores y est
sud, un sondage a été ouvert en 1997-1998 par vraisemblable tandis que celle de céramiques
une mission franco-marocaine 88. Son étude se communes et peintes ne fait guère de doute 91.
poursuit depuis 2003. La reprise des fouilles a
permis d’obtenir une séquence stratigraphique Rirha
comprise entre l’époque islamique et probable- Situé au bord de l’oued Beth, à proximité de
ment le VIe s. av. J.-C. Deux phases d’occupation l’actuelle ville de Sidi Slimane, le site de Rirha a
du IIe-Ier s. av. J.-C. ont été identifiées. fait l’objet de recherches archéologiques dès les
Le niveau maurétanien 1 est mal connu. Seuls années 1950. Une grande tranchée de 15 m de
un mur en briques crues d’orientation nord-sud, long, réalisée sur l’extrémité occidentale de la
conservé sur une seule assise, et un sol en terre colline du site, a permis de différencier quatre
battue couvert d’une mince couche de cendres niveaux d’occupation dont deux d’époque préro-
peuvent être rattachés à cette phase (fig. 8). Les maine. Les découvertes n’ont fait l’objet que de

85. Arharbi 2003, p. 220-234. 1984, p. 11-93).


86. L’auteur ignorait alors qu’il s’agissait de productions locales. 88. Sous la direction de R. Arharbi et É. Lenoir.
Thouvenot 1954, p. 14. 89. Banasa 2006, p. 2148-2149.
87. Ces sondages ont été publiés par A. Luquet, puis par 90. Banasa 2006, p. 2149-2151.
S. Girard, qui reprend les résultats des anciennes fouilles 91. L’étude du matériel recueilli depuis 1997 est en cours.
(Luquet 1964a, p. 117-144; Girard 1981, p. 145-153; Girard

.
385

Fig. 8 – Plan des niveaux maurétaniens 1 et 2 du quartier sud de Banasa d’après Banasa 2006, fig. 1.

remarques préliminaires par M. Euzennat qui, par niveau maurétanien IV a livré, selon S. Girard, de
la suite, a transmis à S. Girard le dossier qu’il avait nombreux tessons d’amphores Maña-Pascual A4,
constitué lors des fouilles 92. Mais les données de cratères à anses bifides dont la production est
exposées par S. Girard à partir de ces documents connue à Banasa, six tessons de céramique
restèrent limitées. peinte «type Banasa» et de la céramique
Le niveau maurétanien III, dans lequel furent commune 94. La présence d’un moyen bronze de
recueillis des fragments d’amphores Dressel 1, Massinissa (201-148) a permis de proposer pour
Maña C2b, et des céramiques communes, est ce niveau une datation de la première moitié du
datable du Ier s. av. J.-C. 93. Antérieur à ce dernier, le IIe s. av. J.-C.

92. Girard 1985, p. 90. 94. Girard 1985, p. 98 et 101.


93. Girard 1985, p. 104-105.

.
Les établissements de Maurétanie et de Numidie
386 Virginie B RIDOUX

Depuis 2005 une mission franco-marocaine l’atelier monétaire de Maqom Shemesh 98 .


œuvre sur le site 95. La reprise du sondage ancien L’ensemble des témoignages relatifs à cette cité
a d’ores et déjà permis de préciser la strati- et à cet atelier indique en effet qu’ils sont à
graphie de ce secteur où ont été documentés rechercher dans la vallée de l’oued Beth 99.
plusieurs niveaux s’étendant du IIIe au Ier s. av. Sidi Slimane a par ailleurs abrité un tumulus de
J.-C. et comprenant des structures en briques près de 47 m de diamètre et 6 m de hauteur,
crues. D’autres secteurs de fouilles ont été aujourd’hui disparu. A. Ruhlman y mit au jour
ouverts sur le tell de la cité et ont atteint des dans les années 1930 un monument funéraire
niveaux du Ier s. av. J.-C. 96. Ces travaux nous rectangulaire de 13 m de longueur, 5,50 m de
fourniront prochainement une meilleure docu- largeur et 2 m de hauteur100. Il était constitué d’un
mentation quant à l’occupation préromaine de couloir d’entrée pourvu de niches et d’un espace
Rirha. Ils permettront peut-être aussi de rectangulaire à ciel ouvert qui donnait accès à la
résoudre deux problèmes majeurs d’identifica- chambre funéraire principale (fig. 9). Les murs
tion : la localisation de l’antique Gilda étaient construits en briques crues, à l’exception
mentionnée par Alexandre Polyhistor dans la de la façade principale et du couloir d’entrée
première moitié du Ier s. av. J.-C. 97 et celle de édifiés en moellons de calcaire. Deux sépultures

Fig. 9 – Coupe et plan du mausolée de Sidi Slimane (dans Ruhlman 1939, pl. I et III).

95. Sous la direction de L. Callegarin et M. Kbiri Alaoui. 99. Le site de la ferme Priou a pu abriter ces deux entités. Ce site
96. Rirha 2006, p. 351-353. est particulièrement méconnu mais des prospections
97. Fragmenta Historicorum Graecorum, éd. Müller, III, 1849, révèlent que son occupation remonte au moins au Ier s. av.
p. 238. J.-C. (Akerraz, Brouquier-Reddé et Lenoir É. 1995,
98. Sur ce problème d’identification, voir en dernier lieu Calle- p. 267-268 et 270).
garin et El Harrif 2000, p. 28-31. 100. Ruhlman 1939, p. 39-70.

.
387

furent découvertes dans la chambre sépulcrale divers sondages entrepris. Ainsi, la quasi-totalité
proprement dite, une troisième dans le couloir, des sections d’enceinte reconnues par l’auteur
une quatrième dans l’antichambre. A. Ruhlmann s’avère être, pour l’essentiel, des vestiges de
en déduisit que ces deux dernières étaient peut- constructions diverses et postérieures à l’annexion
être celles de serviteurs enterrés là pour garder la romaine103. Seule une section en courbe (section
dépouille de leurs chefs ou pour les servir dans 7), retrouvée sous les vestiges d’un temple romain
l’autre monde. Ces personnages devaient occuper (temple C), ne peut être contestée. D’autres
un rang important, si l’on s’attache au soin sections, situées sous le «tumulus»104, semblent
accordé à la construction du tombeau ainsi qu’à bien appartenir au rempart préromain. Elles sont
ses dimensions imposantes. Parmi le matériel constituées de fondations en pierres et d’éléva-
«relativement abondant» recueilli dans le tumulus, tions en briques crues. R. Bouzidi, auteur d’une
une lèvre d’amphore Maña-Pascual A4101 permet étude relative à ce secteur, propose de dater la
de situer l’utilisation de ce monument funéraire construction du rempart entre les années 80 et
jusqu’à la première moitié du Ier s. av. J.-C. 40/30 av. J.-C.105.

Volubilis Les temples


Située à l’intérieur des terres, à une quinzaine Dans le secteur du capitole deux autres
de km au nord-ouest de la ville actuelle de Meknès, sections de l’enceinte identifiée par A. Jodin
Volubilis apparaît à l’époque des rois maures (sections 12 et 13) se sont révélées appartenir à un
comme une cité d’importance dotée de plusieurs temple de grandes dimensions, qualifié de
monuments publics. Les nombreux sondages «punique» (fig. 10 et 11). La divinité qui y était
opérés sur le site ont généralement livré des infor- honorée est néanmoins inconnue106. Ce temple,
mations sur l’occupation préromaine de la cité. dont les tranchées de fondations ont été creusées
Nous nous contenterons de présenter les princi- dans le sol vierge, est bâti en blocs de tuf107. Il
paux résultats de ces travaux et de revenir sur quel- contenait un petit édifice, également en tuf, iden-
ques problèmes de datation ou d’identification. tifiable à un autel, qui fut par la suite intégré dans
l’une des annexes du capitole romain. Le plan
L’enceinte préromaine d’ensemble du monument reste incomplet en
A. Jodin localisait le noyau originel de la cité raison des vestiges postérieurs qui l’ont recouvert.
dans le quartier sud-est de l’éperon. Composé de Il apparaît de forme carrée et peut-être constitué
plusieurs îlots d’habitations, il était entouré selon d’une grande cour à ciel ouvert au milieu de
lui d’une enceinte primitive dite «hellénistique» laquelle se dressait le petit édifice en tuf. Il corres-
dont le tracé aurait constitué, sur plus de 500 pondrait ainsi aux temples africains issus des
mètres, les limites nord et est de la cité. Celle-ci se prototypes sémitiques, dans lesquels la cour peut
serait ensuite étendue vers le sud-ouest puis le abriter un bétyle ou une représentation divine108.
nord102. Ces interprétations, essentiellement basées Le temple n’a pu être daté de manière strati-
sur des considérations stylistiques, ont été pour la graphique mais un four circulaire, construit en
plupart remises en cause suite, notamment, aux petits moellons, était installé sur l’un de ses murs.

101. Identification effectuée à partir des croquis de A. Ruhlmann 105. Bouzidi 2001, p. 216; Bouzidi 2004, p. 1941.
et confirmée récemment par un réexamen du matériel 106. Behel 1993, p. 117-130.
(Arharbi 2003, p. 165). 107. Ce matériau se retrouve en général dans les vestiges préro-
102. Jodin 1987, p. 38-54. mains de la cité, jusqu’à l’annexion. Il apparaît donc caracté-
103. Behel 1993, p. 145-162. L’auteur a repris l’étude de chaque ristique de l’époque maurétanienne et permet de localiser
tronçon. Ses conclusions sont basées sur différentes observa- les constructions anciennes. Cette constatation avait déjà été
tions de terrain qui révèlent l’irrégularité du tracé proposé et faite par J. Boube et A. Jodin (Boube 1967, p. 281-282;
l’aspect hétérogène de ces sections. Elles sont appuyées, Jodin 1968-1972, p. 172-174; Jodin 1987, p. 173-176).
lorsque l’interprétation n’était pas aisée, par des sondages 108. Aux abords du temple furent découverts un autel-cippe en
stratigraphiques pratiqués au pied des structures en ques- molasse et une petite colonne en grès jaune qui pourrait être
tion. Voir aussi, pour les sections du secteur du «tumulus», un bétyle (Ponsich 1966, p. 469-472; Jodin 1987, p. 232-
Bouzidi 2004, p. 1929-1933. 233; Behel 1997, p. 49).
104. Infra p. 389.

.
Les établissements de Maurétanie et de Numidie
388 Virginie B RIDOUX

Fig. 10 – Plan de Volubilis et localisation des principaux vestiges maurétaniens (d’après Euzennat 1989, p. 213, fig. 134).

Il contenait du matériel du Ier s. av. J.-C., notam- stylistiques et iconographiques, propose de dater
ment des amphores Dressel 1, permettant ainsi la série monétaire attribuée par J. Mazard à
d’obtenir un terminus ante quem. Le temple, qui Hiarbas (type Mazard no 94), laquelle ne porte
aurait subi plusieurs remaniements dont le dernier aucune légende relative à un souverain, du milieu
a été daté du début du Ier s. av. J.-C., remonterait du Ier s. av. J.-C., ce qui tendrait à abaisser de
donc au moins au IIe s. av. J.-C.109. nouveau la construction de l’autel 111. Nous
Cette datation a été l’objet d’une controverse. pouvons également revenir sur les remaniements
Des sondages entrepris en 1956-1957 par décelés par M. Behel dans deux sondages, l’un
M. Euzennat auraient permis de retrouver une pratiqué dans l’angle nord-est du temple, l’autre à
monnaie de Hiarbas (81 av. J.-C.) dans le blocage l’intérieur du mur b. Il s’agit de trois sols super-
intérieur du petit édifice en tuf. Selon posés, dont le plus récent est daté du début du Ier s.
M. Euzennat on doit donc retenir le premier quart av. J.-C. par des fragments d’amphores Maña C2b.
du Ier s. av. J.-C. au plus tôt pour la construction Cependant, ces amphores se retrouvent sur les
de ce petit édifice110. Il faut toutefois noter que sites maurétaniens tout au long du Ier s. av.
J. Alexandropoulos, s’appuyant sur des critères J.-C. M. Behel a d’ailleurs lui-même supposé que

109. Behel 1997, p. 43-44. M. Behel, dans Behel 1997, p. 50.


110. Intervention de M. Euzennat après la communication de 111. Mazard 1955, p. 54; Alexandropoulos 2000, p. 188.

.
389

Maroc antique. Ce réexamen a également


démontré l’existence d’un état antérieur mais il
s’agit d’une construction indéterminée114.
Deux autres temples (G et H) ont été identifiés
sur la pente ouest du site mais leur étude n’a
jamais été publiée (fig. 10). On note que l’un
d’eux est constitué d’un podium construit en
grand appareil de tuf, matériau fréquemment
employé dans les constructions d’époque préro-
maine à Volubilis. La datation proposée pour ces
temples est le IIe s. av. J.-C.115.

Le quartier du «tumulus»
Au cœur même de la cité romaine se trouve un
tertre de 40 m de diamètre et 6 m de hauteur.
G. Souville y entreprit des fouilles en 1960-1961 et
découvrit une structure en briques crues
couronnée par un amoncellement de moellons de
Fig. 11 – Temple punique de Volubilis (dans Behel 1997, p. 30, fig. 2). calcaire. Parmi le matériel, l’auteur signala la
présence de céramiques peintes et campa-
niennes116. Le «tumulus» s’avère bien antérieur à
la fabrication des Maña C2b avait pu se prolonger l’époque romaine puisque des édifices romains du
jusqu’au Ier s. ap. J.-C. dans le four no 2 de Volu- Ier s. ap. J.-C. s’appuient sur le monument117. Il est
bilis112. Seule l’absence de céramique arétine dans également postérieur aux années 80-40/30 av.
les sondages du temple peut éventuellement servir J.-C., date de l’édification du rempart qu’il
d’indice chronologique supplémentaire et laisser recouvre. Le fait qu’aucune construction n’ait été
entendre que ce niveau est antérieur au dernier installée sur son emplacement indique que ce
tiers de ce même siècle. Des sondages complémen- monument a été respecté à l’époque romaine, ce
taires seront nécessaires pour éclaircir la datation qui peut révéler l’existence de la tombe d’un
de cet ensemble. personnage important 118 . Néanmoins, aucun
On connaît à Volubilis d’autres temples relatifs élément ne permet d’assurer, à l’heure actuelle,
à cette période. Dans la partie nord-ouest du forum qu’il ait abrité une sépulture.
romain ont été signalés les vestiges de deux petits L’étude de R. Bouzidi dans le secteur du
temples jumelés à cella oblongue, construits en tuf «tumulus» a mis en évidence l’existence d’un
(temples D et E, fig. 10). Un autel précédait le édifice préromain, désormais connu sous le nom de
temple nord. D’après les travaux de M. Euzennat «monument à l’inscription au bouclier punique».
et G. Hallier, ces temples gréco-romains correspon- De plan rectangulaire, ce bâtiment est constitué
draient au stade le plus ancien du forum, datable de d’une série de pièces régulières et ordonnées
la fin du IIe s. ou du début du Ier s. av. J.-C.113. Ces (fig. 10 et 12). Ses soubassements sont construits en
temples jumeaux ont plus récemment été datés de pierres et ses élévations en briques crues. Les
la deuxième moitié du Ier s. av. J.-C. par les modes de communication entre les pièces restent
membres de la mission franco-marocaine qui ont dans l’ensemble méconnus et la nature de l’édifice
consacré une étude aux monuments religieux du n’a pas été véritablement éclaircie. Il peut s’agir

112. Behel 1993, p. 230-239. 117. Bouzidi 2004, p. 1949.


113. Euzennat et Hallier 1986, p. 82-86. Les indices chronolo- 118. M. Euzennat proposa d’identifier le «tumulus» à la sépulture
giques qui ont permis cette datation ne sont pas précisés. d’un chef indigène qui attira près d’elle les premiers habi-
114. Brouquier-Reddé, El Khayari et Ichkhakh 2001, p. 189. tants de Volubilis et devint le centre de la ville mauréta-
115. Bouzidi 2001, p. 229. nienne (Euzennat 1957, p. 52-53).
116. Souville 1965, p. 492.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
390 Virginie B RIDOUX

Fig. 12 – Tronçon du rempart et monument à l’inscription au bouclier punique de Volubilis (dans Bouzidi 2004, p. 1927, fig. 2).

d’un ensemble d’habitations ou d’un espace Nous trouvons sous le mur est du temple
destiné aux activités artisanales édifié, d’après romain C, situé au sud du «tumulus», des traces
R. Bouzidi, entre le dernier quart du IIe et les d’occupation préromaine (fig. 10). Il s’agit d’un
années 80 av. J.-C. Cette datation est basée sur la niveau datable des deux premiers tiers du Ier s. av.
présence d’amphores Maña C2b et l’absence de J.-C., constitué de nombreux fragments
céramique campanienne du groupe B. Des traces d’amphores Maña C2b et Dressel 1 et de quelques
de rénovation ont été observées. De nouveaux tessons de céramique campanienne du groupe
murs sont élevés et l’organisation de certaines B. L’assise d’un mur arasé a été identifiée. Si le
pièces est remodelée. Un four de potier de forme mur sud du temple C recèle bien les restes de
circulaire, dont la chambre de chauffe a été retrou- l’enceinte, les vestiges mis au jour au niveau de
vée intacte, fut aménagé dans l’une des pièces. Ce son mur oriental signifieraient que l’aire d’occupa-
four a livré des ratés de cuisson d’amphores Maña tion du site dépassait alors l’espace délimité par le
C2b. Cette phase de réaménagement inclut la rempart préromain120. Ce même niveau aurait été
construction du rempart et le monument prend suivi d’une phase d’abandon de la deuxième
désormais appui contre l’enceinte. La datation de moitié du Ier s. av. J.-C. jusqu’à la première moitié
cette seconde phase est déterminée par la présence du Ier s. ap. J.-C., date de la construction du
de céramique campanienne du groupe B, de céra- temple romain121.
mique à paroi fine et de fragments d’amphores M. Euzennat avait opéré un sondage dans
Dressel 1 et Maña C2b. Elle apparaît donc anté- cette même zone, à travers le decumanus qui longe
rieure à l’époque augustéenne119. la face sud du monument. Son niveau III recelait

119. Bouzidi 2004, p. 1926-1929 et 1933-1938. niveau très pauvre en matériel et l’absence totale de céra-
120. Ce niveau a été repéré dans un sondage de 3 × 3m pratiqué mique arétine. On peut peut-être abaisser quelque peu la
par M. Majdoub contre le parement intérieur du mur est du date de cet abandon, car en l’état actuel de nos connais-
temple. Il est antérieur aux fondations du temple et corres- sances, les amphores Maña C2b et Dressel 1 s’étendent
pond au niveau III du sondage. M. Majdoub le date de la jusqu’à la fin du Ier s. av. J.-C. et la céramique arétine ne fait
première moitié du Ier s. av. J.-C. (Majdoub 1994, p. 283- son arrivée sur les sites marocains qu’à partir du dernier tiers
287). du Ier s. av. J.-C.
121. Ce niveau d’abandon (niveau II) est matérialisé par un

.
391

deux niveaux d’occupation dont le plus ancien de dater cette phase entre le début du Ier s. et les
était composé de quelques foyers domestiques, de années 40-30 av. J.-C.129.
tessons de céramique campanienne du groupe B et L’insula 11 du quartier sud a également livré
de vases peints. Ce sol avait ensuite été nivelé quelques traces d’occupation d’époque préro-
pour accueillir une couche d’habitat contenant du maine (fig. 10). Une étude menée par R. Arharbi a
matériel de l’époque de Juba II. M. Euzennat permis la mise au jour d’un foyer domestique de la
considérait alors que les foyers n’étaient sans seconde moitié du Ier s. av. J.-C. Le matériel
doute pas antérieurs à 150 av. J.-C., et plus proba- recueilli dans ce niveau était constitué de céra-
blement à l’extrême fin du IIe s. av. J.-C.122. Si l’on mique campanienne du groupe B, de céramique
se réfère à la date d’arrivée des produits italiens à peinte et de fragments d’amphores Dressel 1 et
Volubilis, on peut de préférence attribuer ce Maña C2b130.
niveau au Ier s. av. J.-C.123.
L’occupation préromaine de la cité est égale- Le quartier nord
ment attestée sous la maison au desultor, au sud de Le quartier nord n’a pas livré de témoignages
l’arc de triomphe (fig. 10). Les travaux d’A. Jodin d’occupation avant le dernier tiers du Ier s. av.
ont permis la mise au jour d’un niveau renfermant J.-C.131. En revanche, la nécropole préromaine
de la céramique campanienne A, des céramiques s’étendait manifestement dans ce secteur132. À
peintes et, vraisemblablement, des fragments environ 20 m au nord de l’arc de triomphe, dans la
d’amphores Maña-Pascual A4 124. Ce niveau maison à l’éphèbe, un mausolée partiellement
semble dater de la fin du IIe s. av. J.-C.125. détruit par la construction de cette dernière est
encore visible (fig. 10 et 13). De plan rectangulaire,
Le quartier sud il est construit en moyens et gros blocs de calcaire
Selon A. Jodin, la construction des maisons du détritique intercalés par de petites pierres et
quartier sud date des environs du milieu du IIe s. composé d’une pièce voûtée. A. Luquet proposa de
av. J.-C.126. Cette interprétation, basée sur l’appa- l’attribuer à l’époque de Juba II, quelques tessons
reillage des murs et le mobilier découvert, ne peut de céramique arétine ayant été retrouvés dans le
être considérée comme fiable. D’une part les sol. L’auteur précisait néanmoins que de nouvelles
considérations stylistiques ne constituent pas un recherches seraient nécessaires133. Des sondages
critère de datation solide. D’autre part la nature du entrepris postérieurement contre le mur sud et à
matériel issu des fouilles de ce quartier n’est pas l’intérieur de la chambre funéraire n’ont pas
précisée par l’auteur 127 . Plus récemment, apporté de précisions chronologiques complémen-
M. Majdoub a ouvert un sondage stratigraphique taires. R. Arharbi et A. Ichkhakh ont récemment
dans la rue située entre les insulae 46 et 47, plus rappelé que des stèles funéraires ont été retrouvées
exactement devant le seuil de l’insula 46, dans une en remploi dans des structures datables à partir de
zone laissée par A. Jodin comme témoin strati- 80 av. J.-C. Il apparaît vraisemblable que ces stèles
graphique. La fouille a révélé la présence de deux ont été déplacées de la nécropole. Cette dernière et
niveaux. Le deuxième niveau correspond à une le mausolée seraient donc antérieurs à cette date134.
phase d’époque maurétanienne128, représenté par
cinq couches intercalées par trois sols. Il contient Le quartier est
des céramiques à vernis noir, à paroi fine, des Dans le quartier oriental, des îlots d’habitations
amphores Dressel 1 et Maña C2b, qui permettent datés par A. Jodin de l’époque préromaine ont été

122. Euzennat 1957, p. 48-50. 129. Majdoub 1998, p. 381-384; Arharbi 2003, p. 194-195.
123. V. Bridoux, Les importations... cité n. 27. 130. Arharbi 2004, p. 1973-1975.
124. Jodin 1987, p. 254. 131. Ces témoignages sont issus des sondages des maisons de la
125. V. Bridoux, Les importations... cité n. 27. citerne, des colonnes, du cavalier (Ichkhakh 2001,
126. Jodin 1987, p. 52. p. 131-132, 191-194; Arharbi 2003, p. 187).
127. Remarque déjà développée par R. Arharbi (Arharbi 2003, 132. El Khayari 2000, p. 65-67; Ichkhakh 2001, p. 200-201.
p. 193-194). 133. Luquet 1964b, p. 331-338.
128. Le premier niveau remonte au IIIe s. ap. J.-C. (Majdoub 134. Arharbi et Ichkhakh 2004-2005, p. 303-309.
1998, p. 380; Majdoub 2001, fig. 6 et 8).

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
392 Virginie B RIDOUX

Fig. 13 – Maison à l’éphèbe et mausolée préromain de Volubilis (dans Arharbi 2003, fig. 195, d’après Luquet 1964b, fig. 2 et pl. I, 2 ;
Ichkhakh 2001, fig. 32).

réétudiés par M. Behel, qui n’a pu retrouver de rieur à notre période. De plus, les fragments de
preuve archéologique attestant leur occupation céramique utilisés dans les maçonneries sont attri-
durant cette période. L’étude du quartier est buables à l’époque romaine. M. Behel a montré
rendue complexe en raison des remaniements que les conclusions d’A. Jodin n’étaient pas
postérieurs et des fouilles anciennes. Elle n’a que fondées sur des réalités archéologiques décisives.
rarement permis de découvrir des indices chrono- Ce dernier affirmait pourtant avoir retrouvé les
logiques supplémentaires. La datation d’A. Jodin plus anciens tessons de céramique dans ce quar-
est toutefois remise en question et il semble qu’il tier. Mais il apparaît que les sondages qui ont,
faille plutôt considérer ces vestiges comme une semble-t-il, permis cette interprétation ont tous
création d’époque romaine. En effet, lorsque les été effectués au-delà du quartier étudié par
sondages ont livré du matériel, celui-ci est posté- M. Behel. Les quelques trouvailles préromaines

.
393

faites un peu plus au nord se rattachent, selon ce du Sebou ont ainsi recensé, dans les années 1980,
dernier, au temple «punique», et ne peuvent une série de sites dans la plaine du Rharb. Au
s’étendre à tout le quartier135. nord-ouest de celle-ci, à Sidi Sarrakh (Lalla
Mimouna), des fragments d’amphores Maña C2b
L’étendue de la ville préromaine n’est pas et Dressel 1, datables du Ier s. av. J.-C., ont été
encore bien connue, mais la situation de la nécro- recueillis. Il en est de même sur les sites de la
pole dans le quartier nord nous indique au moins ferme Priou et de Sidi Ahmed Guebbas (Sidi
les limites de la cité dans ce secteur. Il apparaît, Slimane). Ce dernier, situé sur la rive gauche de
pour l’époque qui nous intéresse ici, que la majo- l’oued Beht, a en outre fourni, aux côtés de ces
rité des vestiges ou des niveaux ont été mis au jour conteneurs, des céramiques peintes et ibériques. À
aux environs du centre monumental romain. Aïn Taomar (El Kansera), sur la rive droite de
Ainsi, si l’on prend la basilique romaine comme l’oued el Haoudh, furent récoltées des tessons
point de référence, nous trouvons tout d’abord, d’amphores de type punique et Dressel 1 des IIe et
côté ouest, les temples D et E. Au nord et au Ier s. av. J.-C. À Dar Bel Amri (El Kansera) est
nord-est l’occupation est bien attestée dans le signalée une amphore Dressel 1. Enfin, le site de
secteur du «tumulus». Enfin, au sud-est, nous Koudiat el Haj Driss, situé dans la plaine d’El
connaissons le temple «punique», un four et quel- Haoudh, sur la rive droite de l’oued Lakhenzir, a
ques niveaux d’occupation aux alentours. L’exis- livré des fragments d’amphore Maña C2b, Dressel
tence de niveaux préromains sous l’insula 11 nous 1 et des tessons de céramique peinte138. Des frag-
indique que la cité s’étendait largement vers le ments d’amphores de type Maña-Pascual A4,
sud, tout autant que la ville d’époque romaine. Maña C2b, Dressel 1 et des céramiques campa-
Restent les temples G et H, qui apparaissent niennes tardives ont par ailleurs été découverts
excentrés par rapport à la zone principalement sur quelques sites localisés dans les vallées de
occupée, à l’ouest de celle-ci. l’oued Rdom et de l’oued Khroumane139.
On retiendra qu’en l’état actuel des connais- La mission de prospection italo-marocaine du
sances, les principaux vestiges mis au jour se Rif a plus récemment mis en valeur l’existence
révèlent essentiellement datables du Ier s. av. J.-C. probable de petits établissements dans cette
et que la cité était alors manifestement dotée de région : des amphores Dressel 1 et Sala I ont été
plusieurs temples. Il semble par ailleurs que Volu- recueillies à Ras Kebdana, en face des îles Chafa-
bilis ne frappa pas monnaie avant le milieu du Ier s. rinas; des amphores dites du Détroit, des Dressel 1,
av. J.-C.136. L’ancienneté de la ville est toutefois des céramiques peintes et campaniennes sont
attestée par des inscriptions puniques dont l’une apparues à Bouhout (Mechraa Keiloul); des frag-
permet de faire remonter ses origines au IIIe s. av. ments d’amphores Maña C2b et Dressel 1 sont
J.-C.137. signalés à Dchar Alla Boukar, qui occupe une
colline dominant l’oued Nekour. Celle-ci a proba-
Les résultats des prospections blement abrité une exploitation agricole140.
À M’dik, aux abords d’un marabout situé à l’est
Nous avons jusque là pris en compte les princi- de la route Tétouan-Fnidek, M. Tarradell a
paux établissements actuellement connus. Néan- mentionné la découverte de fragments de céra-
moins, les différentes prospections réalisées au mique campanienne du groupe B, révélant une
Maroc font état de l’existence de plusieurs sites occupation du site au Ier s. av. J.-C.141. Toujours aux
supplémentaires fréquentés ou occupés aux IIe et environs de Tétouan, à Kitzan, sur la rive droite de
Ier s. av. J.-C. l’oued Martil, le même auteur effectua quelques
Les membres de la mission franco-marocaine prospections de surface. En 1930, les travaux de

135. Behel 1993, p. 254-255; Behel 1997, p. 107-111. 138. Akerraz, Brouquier-Reddé et Lenoir É. 1995, p. 267-270,
136. On doit vraisemblablement lui attribuer les monnaies à p. 275-277, p. 285-286.
légende BB’L (Alexandropoulos 2000, p. 342; Callegarin et 139. Lenoir É dans Akerraz et Lenoir É. 1990, p. 219-226.
El Harrif 2000, p. 25-27). 140. Kbiri Alaoui, Siraj et Vismara 2004, p. 582-583 et 588.
137. Camps 1960, p. 423-426. 141. Tarradell 1966, p. 435-437.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
394 Virginie B RIDOUX

construction d’une route avaient fait apparaître les selon Chr. Boube-Piccot, à la première moitié du
ruines d’un site. Nous avons peu d’informations Ier av. J.-C.148. R. Arharbi soulignait récemment
sur ces vestiges. Selon M. Tarradell, les murs et le avec raison la nécessité de mettre en place des
matériel mis au jour s’apparentent à ce que l’on programmes de prospections systématiques et de
trouve à Tamuda142. Des céramiques campaniennes fouilles dans cette zone, afin de recueillir de
du groupe B et des amphores de type Maña C2b ont nouvelles données sur l’occupation de ce terri-
notamment été signalées. Il semble s’agir d’un toire à l’époque préromaine et sur les voies de
simple village. Son existence indique en tout cas le communications qui le reliaient aux principales
développement de l’occupation humaine dans cités maurétaniennes149.
cette vallée au cours du Ier s. av. J.-C.143 Près de Enfin, si l’occupation de l’île de Mogador est
Tanger, sur un plateau qui domine le Cap Malabata, surtout bien attestée à l’époque phénicienne et sous
M. Ponsich a signalé la présence de fragments de Juba II, les fouilles ont livré des fragments de céra-
céramique campanienne du groupe B et de céra- mique campanienne du groupe B qui témoignent
mique arétine144. Il effectua en outre en 1962 des de la fréquentation de l’île au Ier s. av. J.-C.150.
sondages dans un petit établissement agricole de la
région, Jorf el Hamra. Dans le sondage B, sous une Le témoignage des auteurs anciens
couche de destruction datable du milieu du Ier s.
ap. J.-C., ont été exhumés des fragments Pour finir, nous pouvons signaler quelques
d’amphores «puniques» (Maña-Pascual A4), deux cités mentionnées par les auteurs anciens mais qui
fragments de céramique campanienne du groupe B n’ont pas encore été identifiées par l’archéologie.
et une monnaie préromaine de Lixus (Mazard type Pline témoigne de l’existence de Cottae et Lissa,
no 632)145. Ce niveau s’avère datable du Ier s. av. disparues à l’époque de sa source151. D’après les
J.-C. Toujours dans la région de Tanger, non loin de indications fournies par l’auteur ces établisse-
la nécropole d’Aïn Dalia Kébira, sur un vaste tertre, ments sont à rechercher dans la région de Tanger.
M. Ponsich a notamment découvert de la céra- Le nom de Lissa correspond peut-être à l’Exilissa
mique campanienne du groupe B en surface146. Le de Ptolémée152, située par l’auteur à l’est de
réexamen de ce mobilier, mené par R. Arharbi Tanger, ce qui sous-entendrait que la ville fut réoc-
dans les réserves du Musée de la Kasbah à Tanger, cupée par la suite. Cottae pourrait être rapprochée
confirme l’identification de M. Ponsich147. du nom de Cotta. Mais cette localisation ne
Rappelons par ailleurs la découverte, par s’accorde pas avec le récit de Pline, qui suggère
N. Lambert et G. Souville, d’une nécropole une position entre le cap Spartel et Ceuta153.
préromaine à Tayadirt, à 40 km de Midelt, dans La cité de Babba figure dans la liste des colo-
le Moyen-Atlas. Les différents tumuli signalés nies romaines fondées entre les années 33 et 27
sont de datation imprécise, mais l’un d’eux a av. J.-C., au même titre que Zilil et Banasa154. Les
livré une anse de cruche en bronze semblable à deux sites présumés pour l’identification de Babba
celles qui sont attestées sur les sites de Tamuda, sont Sidi Saïd, situé au nord-ouest de Volubilis et
Banasa, Thamusida, Volubilis et probablement Ksar el Kebir, situé sur l’oued Loukkos155. On ne
Sala. La datation de ce type d’objet remonte, dispose d’aucun indice permettant de déterminer

142. Tarradell 1960, p. 95; Tarradell 1966, p. 437. niennes, telles Volubilis et Sala, tandis que Zilil et Lixus
143. L’occupation du site remonte peut-être au VIIIe ou VIIe s. av. étaient qualifiées de colonies, titre qu’elles avaient en effet
J.-C. Voir à ce sujet Gozalbes 1978, p. 15-19. reçu après 33 av. J.-C. (Pline, H.N., V, 2). De même, le terme
144. Ponsich 1964a, p. 282, n. 99; Ponsich 1970, p. 213. oppidum qualifie des cités numides (Pline, H.N., V, 19) et
145. Ponsich 1964a, p. 251-252. ibériques (Pline, H.N., V, 2).
146. Ponsich 1964b, p. 278, n. 82; Ponsich 1970, p. 213. 152. Ptolémée, IV, 1, 3.
147. Arharbi 2003, p. 73-75. 153. Desanges 1980, p. 82.
148. Lambert 1967, p. 267, fig. 1-2; Souville 1968, p. 58, fig. 17; 154. Pline, H.N., V, 2.
Lambert 1970, p. 69, fig. 5; Boube-Piccot 1987-1988, p. 231. 155. Sidi Saïd semble abriter un site urbain romain de certaine
149. Arharbi 2003, p. 206. importance et correspond, selon R. Rebuffat, à l’emplace-
150. Jodin 1967, p. 93. Sur Mogador phénicienne, Jodin 1966. ment donné par Pline, Ptolémée, ou encore le Géographe de
151. Pline, H.N., V, 2. Pline emploie le terme oppidum pour dési- Ravenne (Rebuffat 1986, p. 641-643). Voir aussi p. 658-661
gner Lissa et Cottae. Ce même terme était employé par pour les réserves émises par M. Euzennat à ce sujet.
l’auteur pour désigner au Ier s. ap. J.-C. des cités mauréta-

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395

s’il s’agit ou non d’une fondation ex nihilo. Cette des monnaies numides et des céramiques à vernis
cité commença à émettre des monnaies à partir du noir158. En 1950 des travaux visant à lutter contre
moment où elle fut colonie romaine156. l’érosion ont détruit, tout du moins en partie, la
nécropole préromaine. Quelques objets furent
LA MAURÉTANIE ORIENTALE néanmoins recueillis159.
ET LA NUMIDIE (fig. 1) Par la suite, G. Vuillemot fouilla le monument
funéraire turriforme qui s’élève à proximité de la
Les établissements situés à l’ouest cité. Datable, d’après l’étude des procédés archi-
de l’Ampsaga tecturaux, de la fin du IIIe ou du début du IIe s. av.
J.-C., il correspond très vraisemblablement au
Siga mausolée de la dynastie masaesyle (fig. 14)160.
L’ancienne capitale du roi Syphax157 est située Les travaux de G. Vuillemot ont également
sur la côte oranaise, à 4 km de la mer, dans une porté sur la zone de la nécropole romaine. Les six
boucle du fleuve Tafna. P. Grimal y réalisa des sondages ouverts dans ce secteur ont tous livré du
travaux dès les années 1930. Ceux-ci portèrent matériel datable des IIe-Ier s. av. J.-C. (céramique
essentiellement sur la ville romaine, mais un campanienne, céramique à parois fines, amphores
sondage mené à plus de 4 m de profondeur livra gréco-italiques et Dressel 1) et révélé l’existence de

Fig. 14 – Restitution des mausolées de Siga, du Khroub, de Sabratha, de Thugga, de Jérusalem et d’Agrigente (dans Rakob 1979, p. 167).

156. Alexandropoulos 2000, p. 340-341. 159. Vuillemot 1953, p. 25-33; Vuillemot 1971, p. 39.
157. Pline, H. N., V, 19; Strabon, XVII, 3, 9. 160. Datation proposée par Fr. Rakob suite à une mission consa-
158. Grimal 1937, p. 122, 129-130, 133-134. L’auteur mentionne crée au relevé systématique du site (Bouchenaki et Rakob
la découverte de fragments de bucchero nero. Le réexamen 1997, p. 7-24). On trouve également des descriptions
que nous avons mené sur ce matériel indique qu’il s’agit en précises du monument dans les publications suivantes :
fait de céramique campanienne du groupe B et de produc- Vuillemot 1964, p. 71-95; Rakob 1979, p. 149-155; Rakob
tion locale ou régionale (V. Bridoux, Les royaumes... cité 1983, p. 333-334; Coarelli et Thébert 1988, p. 805-807;
n. 27. Laporte dans Royaumes numides, p. 88-91.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
396 Virginie B RIDOUX

murs anciens. La nature de ces constructions n’a L’auteur a néanmoins exhumé 119 sépultures
cependant pu être identifiée, l’ensemble ayant été riches en matériel et datées des IIIe-Ier s. av.
bouleversé par l’implantation de la nécropole J.-C. Notre réexamen démontre que quelques
romaine. L’occupation du site remonte à une tombes remontent probablement au IIIe s. av.
période plus ancienne, comme l’attestent les J.-C., mais que la grande majorité d’entre elles
niveaux inférieurs de deux sondages qui ont livré s’avère principalement datable du IIe et de la
principalement des céramiques et des amphores première moitié du Ier s. av. J.-C. par des importa-
de production locale et régionale antérieures au tions italiennes, ibériques, ébusitaines et carthagi-
IIe s. av. J.-C. noises166. G. Vuillemot a distingué des sépultures
Dans tous les sondages le matériel préromain individuelles, en majorité des tombes à incinéra-
le plus tardif était constitué d’amphores Dressel 1 tion, des tombes à inhumations en fosses, des
et de céramiques campaniennes du groupe B. hypogées construits, et il a largement décrit les
Cette constatation incita G. Vuillemot à penser rites funéraires observés167.
que la ville avait été détruite vers le milieu du Ier s. L’auteur a par ailleurs mené deux fouilles stra-
av. J.-C., peut-être victime des luttes entre César tigraphiques, dans les terrains Mingeonnet et
et Pompée161. On constate en tout cas l’absence des Tassa, où il mit au jour deux secteurs d’habitat de
céramiques diffusées à partir du dernier tiers du plan rectangulaire.
Ier s. av. J.-C. Strabon indique par ailleurs que la Dans le terrain Mingeonnet (fig. 15) six strates
cité était détruite de son temps162. Néanmoins archéologiques ont été différenciées. Les struc-
G. Vuillemot ne signale pas de traces de destruc- tures du niveau 1 n’ont été dégagées qu’en partie.
tions particulières à Siga. On ne peut donc exclure Cette occupation est principalement représentée
qu’il s’agisse d’un abandon. par trois pièces mitoyennes (A, B, C). Les limites
septentrionales et méridionales de A et B restent
Camarata inconnues tandis que la limite septentrionale de C
À quelques kilomètres à l’est de Siga s’élevait n’a pas été retrouvée. Les toits des maisons étaient
l’établissement de Camarata. Le seul élément en terre, les murs étaient constitués de soubasse-
permettant d’attester son occupation à l’époque ments en pierres et d’élévations en briques crues
préromaine est mentionné par G. Vuillemot qui et les sols étaient en terre battue. Dans la pièce A,
indique avoir découvert «l’anse annulaire d’une une banquette faite de moellons unis par de la
amphore ovoïde punique». Mais aucun dessin ne terre s’appuie contre l’un des murs. De nombreux
permet de vérifier cette interprétation163. fragments de scories furent recueillis sur une
J. Alexandropoulos, à la suite de L. Müller, partie du sol de la pièce B. Néanmoins G. Vuil-
propose d’attribuer à Camarata les monnaies lemot définit cette pièce comme domestique. Cet
portant l’effigie du roi Bocchus I ou Sosus et la habitat fut détruit de façon subite à en juger par
légende KM164. les débris de céramiques sur le sol.
G. Vuillemot a daté ce niveau 1 de la fin du IIe
Les Andalouses ou du début du Ier s. av. J.-C. Il comprenait quel-
Le site des Andalouses est situé à 30 km à ques amphores Dressel 1 et de la céramique
l’ouest d’Oran, au fond d’une large baie bordée campanienne qui, selon l’auteur, était majoritaire-
par une falaise. Il pourrait correspondre aux Castra ment constituée par celle du groupe B, des céra-
Puerorum de l’Itinéraire Antonin165. miques ibériques, une lampe de type hellénistique
Dans les années 1950 les travaux de G. Vuil- et des céramiques communes168. Ce niveau doit
lemot ont tout d’abord porté sur une nécropole donc être daté jusqu’au troisième tiers du Ier s. av.
préromaine, partiellement emportée par la mer. J.-C.

161. Vuillemot 1971, p. 39-78. chaque tombe, accompagné de dessins et d’une description
162. Strabon, XVII, 3, 9. succincte (Vuillemot 1965, p. 337-421). Il est complété par le
163. Vuillemot 1965, p. 33. réexamen d’une partie du matériel au musée d’Oran. Cf.
164. Alexandropoulos 2000, p. 193-199. Bridoux 2006, p. 1651-1670; V. Bridoux, Les royaumes... cité
165. Vuillemot 1965, p. 26. n. 27.
166. Notre étude s’est appuyée sur la publication de G. Vuillemot 167. Vuillemot 1965, p. 157-177.
qui nous a laissé un inventaire des objets recueillis dans 168. Vuillemot 1965, p. 228-233.

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Fig. 15 – Plan et coupe du terrain Mingeonnet aux Andalouses (dans Vuillemot 1965, p. 228, fig. 92).
397
Les établissements de Maurétanie et de Numidie
398 Virginie B RIDOUX

L’occupation du niveau 2 est globalement entre la seconde moitié du VIIe et la première


organisée et construite de la même façon, ce qui moitié du VIe s. av. J.-C. Le niveau 4 peut quant à
signifie que l’occupation 1 a réutilisé les murs du lui correspondre à une occupation du Ve s. av.
niveau 2. Le sol de la partie A était jonché de J.-C.174.
nombreuses scories, témoignant d’une activité de Dans le terrain Tassa (fig. 16), également situé
forge ou de fonderie. Une partie de cet espace était en bordure de la falaise, G. Vuillemot mit au jour
pavée grossièrement de pierres inégales. Entre les cinq secteurs d’habitations de plan rectangulaire
pièces A et B deux dalles rectangulaires en grès dont les structures ont été perturbées par des
devaient correspondre à un seuil. Dans la partie B travaux agricoles. L’ensemble paraît correspondre
ont été mis au jour des restes de plomb, dont une à deux maisons différentes. Le secteur I est le
pièce massive dégradée qui pourrait être un lingot. mieux conservé et ses limites ouest, est et sud ont
Ils indiquent également la pratique d’une activité été retrouvées. L’espace est divisé en deux pièces
artisanale dans cet espace. La pièce C contenait de petites dimensions. Tous les murs mis au jour
quant à elle beaucoup de poteries culinaires et étaient fondés en pierres. Il est probable que les
d’ossements. Cette occupation a subi une destruc- élévations étaient constituées de briques crues,
tion violente par incendie dont témoignent des mais cela n’est pas démontré, les structures étant
briques crues recuites, des cendres et des char- trop arasées. Les sols sont constitués de terre
bons. Le matériel laissé sur place est abondant. Les battue ou parfois de dalles de grès. Dans les
importations italiennes sont nombreuses secteurs I et II la stratigraphie, bien conservée,
(amphore gréco-italique, amphores Dressel 1, permit à l’auteur de déterminer différents niveaux
céramiques campaniennes A et du groupe B). Des d’occupation.
amphores de tradition punique, dont certaines La strate A, la plus récente, a livré quantité de
proviennent de la région de Carthage, un kalathos matériel, amphores de tradition punique (Maña
ibérique et des céramiques modelées complètent C2), italiennes (Dressel 1), céramique ibérique,
le panorama du matériel récolté169. L’ensemble a céramique commune de tradition punique, céra-
été daté du IIe s. av. J.-C. par G. Vuillemot170. Les mique campanienne du groupe B et C, ou encore
progrès effectués depuis en matière de chronologie céramique à paroi fine et lampes de type hellénis-
du matériel ne contredisent aucunement cette tique. La datation de cette occupation a été située
interprétation. par G. Vuillemot vers le milieu du Ier s. av. J.-C.175.
Le niveau 3 contenait, selon l’auteur, un mobi- Il faut l’élargir aux deux premiers tiers de ce siècle.
lier relativement pauvre. Dénué de matériel en La strate B contenait également un mobilier
provenance d’Italie, il est constitué majoritaire- abondant. Les amphores Dressel 1 représentent la
ment par des céramiques de tradition phénico- majorité des amphores mais on trouve également
punique. D’après des dessins de fragments des Maña C2b et une amphore Maña-Pascual A4.
d’amphores publiés par l’auteur nous pouvons Furent également recueillies de nombreuses céra-
désormais mettre en valeur la présence miques de tradition punique dont certaines
d’amphores de type Maña B171. G. Vuillemot a portent souvent un décor de filets peints, des céra-
proposé à titre d’hypothèse pour ce niveau une miques campaniennes du groupe B et plus rare-
datation du IVe s. av. J.-C.172. Elle doit peut-être ment de type A, des céramiques ibériques à décor
être abaissée au IIIe s. av. J.-C. dans la mesure où géométrique et des céramiques modelées. Trois
les amphores Maña B circulent encore à cette monnaies furent également découvertes : seule
période et qu’aucun intervalle ne sépare cette une, de Carthage, datée du début du IIe s. av. J.-C.,
occupation du niveau 2173. Enfin, d’après les était lisible. Le niveau fut daté par G. Vuillemot du
amphores de tradition phénicienne recueillies, les IIe s. av. J.-C.176. Aucun élément particulier ne
niveaux 5 et 6, les plus anciens, peuvent être datés vient contredire cette interprétation.

169. Vuillemot 1965, p. 233-238. 174. Vuillemot 1965, p. 241-246. Amphores Ramon T.10.1.2.1. et
170. Vuillemot 1965, p. 311. T.2.1.1.2. dans les niveaux 5 et 6; amphores Ramon
171. Vuillemot 1965, p. 239-240. T.11.2.1.3. dans le niveau 4 (Ramon Torres 1995, p. 101-102).
172. Vuillemot 1965, p. 313-314. 175. Vuillemot 1965, p. 259.
173. Vuillemot 1965, p. 312. 176. Vuillemot 1965, p. 257.

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399

Fig. 16 – Plan et coupe du terrain Tassa aux Andalouses (dans Vuillemot 1965, p. 249, fig. 101).

La strate C n’a livré que peu de matériel. Les important tas de cendres et de déchets de cuisine
amphores se réduisent à des variantes de ce que témoignant d’une longue occupation. Outre des
l’auteur nomme «amphore ovoïde de type R1» et céramiques modelées sans décor (essentiellement
qui correspondent sans doute pour l’essentiel à des des marmites) ont été simplement mentionnées
Maña B177. On trouve également des céramiques trois séries de vases en terre cuite. Ce sont de
de tradition phénicienne déjà mentionnées dans le nombreux vases puniques comparables à ceux que
niveau 3 du terrain Mingeonnet et des céramiques l’on trouve à Carthage entre la fin du IVe et la fin
modelées178. L’auteur a proposé pour cette occupa- du IIe s. av. J.-C.; des céramiques ibériques à
tion une datation du IVe s. av. J.-C.179. Cependant décors géométriques variés; des céramiques
une datation des deux premiers tiers du IIIe s. av. communes de tradition punique ne présentant
J.-C. semble plus probable eu égard à l’absence que rarement des décors et que l’auteur estima
des céramiques italiennes et à l’absence d’un propres aux «sites puniques de l’Afrique du nord-
remblai d’abandon entre les strates C et B. ouest». Quelques bijoux en argent, comparables à
P. Cintas ouvrit une tranchée au début des ceux de Carthage et d’Espagne, furent également
années 1950 en un point du site qui nous est mis au jour, ainsi que trois monnaies, de Carthage
inconnu180. Il mit au jour deux pièces appartenant punique, de Gadès à légende punique et de
à une maison construite en pierres brutes soigneu- Maurétanie. L’ensemble fut daté par P. Cintas du
sement liées à l’argile, dont les élévations étaient IIe s. av. J.-C. On s’étonne alors de l’absence de
conservées à hauteur d’homme. Les deux pièces céramiques et d’amphores italiennes mais il est
sont séparées par une cloison de briques crues et possible que l’auteur n’en ait pas fait mention
présentent un sol de terre battue. On y accédait dans cette courte note.
par un seuil surélevé que l’auteur ne décrit pas. Signalons également que divers éléments
Devant la porte de la maison, P. Cintas signale un architecturaux étaient déposés dans le parc du

177. V. Bridoux, Les royaumes... cité n. 27. 179. Vuillemot 1965, p. 313-314.
178. Vuillemot 1965, p. 247-259. 180. Cintas 1953, p. 52-57.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
400 Virginie B RIDOUX

domaine des Andalouses. G. Vuillemot décrit ainsi types sont essentiellement datable entre le IVe s. et
des fragments d’une corniche à cannelures et un le début du IIe s. av. J.-C., certains pouvant aller
chapiteau faisant corps avec le tronçon supérieur jusqu’au début du Ier s. av. J.-C. Figuraient aussi
d’une colonne en grès dont l’ordre rappelle le style dans le lot une vingtaine d’objets en céramiques
ionique. Des lettres vraisemblablement ibériques y attiques du IVe s. av. J.-C.; une patère Lamb. 26c
ont été gravées. L’origine de ces éléments reste de l’atelier des palmettes radiales de Rhode datable
inconnue mais il est possible qu’ils aient appar- de la première moitié du IIIe s. av. J.-C.; des céra-
tenu à un monument de style hellénistique181. miques campaniennes de type A anciennes et
L’ensemble des découvertes effectuées moyennes notamment des Lamboglia 27, ainsi
témoigne d’un petit établissement de caractère qu’un bol Lamboglia 33 et une coupe Morel 68,
fruste dont la surface peut être estimée à 3 ha182. productions qui apparaissent sur l’ensemble des
Dans l’état actuel des connaissances, les tombes et sites de Méditerranée occidentale entre le dernier
les niveaux archéologiques ne dépassent pas le tiers du IIIe et le IIe s. av. J.-C. Des céramiques à
second tiers du Ier s. av. J.-C., révélant un abandon vernis noir de production locale ou régionale, des
de l’établissement, dont les circonstances restent à unguentaria et des brûle-parfums complétaient ce
éclaircir. Il n’est pas exclu qu’il soit en relation mobilier qui peut être daté à partir du IVe et
avec les guerres civiles romaines mais, pour le jusqu’au milieu du IIe s. av. J.-C.
moment, aucun élément ne permet de le démon- Comme le remarquait J. A. Santos Velasco, les
trer clairement. L’établissement ne sera réoccupé, céramiques issues de l’atelier des trois palmettes
semble-t-il, qu’à l’époque sévérienne183. radiales furent rarement découvertes en Afrique
du nord. On ne peut dénombrer que quelques
Oran fragments mis au jour à Carthage. Constatant que
Des fouilles clandestines effectuées au début le faciès général de ce matériel coïncidait parti-
du XXe s. par un ouvrier espagnol sur une plage culièrement bien avec celui des sites du Levant et
des environs d’Oran auraient mis au jour une en particulier la région d’Alicante, l’auteur estima
nécropole constituée d’une soixantaine de tombes finalement qu’il fallait sans doute attribuer ce lot
à incinération et d’un lot de matériel important, d’objets à un site ibérique.
dont une grande quantité de céramiques Ces conclusions nous paraissent recevables. En
ibériques. A. García y Bellido conclut que les premier lieu, si la céramique attique du IVe s. av.
sépultures correspondaient à celles de mercenaires J.-C. est bien attestée à Gouraya et Tipasa188,
ibériques au service d’Hannibal184. E. Albertini aucun site numide n’a livré une telle profusion et
émit le premier de sérieuses réserves quant à la une telle diversité de céramique ibérique. De plus,
provenance de ce matériel, alors peu connu en G. Vuillemot a atteint des niveaux assurément
Afrique du nord185. Mais R. Lantier signalait quel- antérieurs au IIe s. av. J.-C. dans les sites voisins
ques années plus tard la découverte de céramiques des Andalouses et de Siga. Nous constatons que le
ibériques dans la région186. mobilier qui figure dans ces strates anciennes est
Le matériel de la nécropole, conservé au essentiellement constitué par des productions
Musée Archéologique National de Madrid, a fait locales ou régionales (amphores Maña-Pascual A4,
l’objet d’un réexamen par J. A. Santos Velasco187. Maña B; céramique commune de tradition
La céramique ibérique est représentée par un large punique). La céramique ibérique de type kalathos y
éventail de formes, tels que des kalathoi, des urnes est sporadique189.
de diverses tailles, des vases bitronconiques, des
oenochoés, ou encore des plats aux décors très Portus Magnus
diversifiés, géométriques et floraux, souvent Le site de Portus Magnus est situé près de
complexes. Dans le Levant ibérique ces différents l’actuelle Bettioua (anciennement Saint-Leu), à

181. Vuillemot 1965, p. 286-290. 186. Lantier 1951, p. 213-217.


182. Vuillemot 1965, p. 284. 187. Santos Velasco 1983, p. 309-349.
183. Sur les vestiges romains, Vuillemot 1965, p. 156-157. 188. Morel 1980, p. 59-61.
184. García y Bellido 1934, p. 366-371. 189. Pour Siga, Vuillemot 1971, p. 71-75; pour les Andalouses,
185. Albertini 1936-1937, p. 297-299. Vuillemot 1965, p. 250-251 et 239-243.

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401

40 km à l’est d’Oran. Le littoral y forme une vaste Chéliff. Mais des monnaies datables du règne de
baie qui se présente comme l’un des meilleurs Bocchus I/Sosus à légende néopunique TMKY
mouillages naturels de l’Algérie occidentale. Mais démontrent son occupation aux IIe-Ier s. av.
l’établissement antique occupe une partie de J.-C.195.
falaise assez abrupte qui domine une plaine
côtière à deux kilomètres de la mer. Cartenna
Les fouilles opérées par M. Vincent dès les Située aux alentours de Tenès, la colonie
années 1930 ont mis au jour deux secteurs d’une fondée par Auguste196 fut manifestement occupée
nécropole constituée de tombes à inhumation en à l’époque préromaine, comme en témoigne la
fosses et datée des IIIe-Ier s. av. J.-C.190. Cependant, découverte de stèles de tradition punique et de
les objets décrits dans la publication de l’auteur quelques tessons de céramique punique197.
correspondent à des vases en céramique sigillée et
des lampes d’époque romaine. En 1953 Kef Smaar
M. Vincent publia une oenochoé de production Le site de Kef Smaar est situé dans l’intérieur
ibérique provenant d’une tombe du cimetière de des terres, à 25 km au nord-est de Tiaret et à
l’est, qu’elle data des IIe-Ier s. av. J.-C. Or la sépul- proximité de la ville romaine de Columnata. En
ture contenait aussi un objet en céramique sigillée 1961 P. Cadenat y mit au jour un dépotoir
et une lampe à volutes qui permettent de dater cet d’époque préromaine. Une tranchée de 20 m ×
ensemble funéraire entre les années 20 av. J.-C. et 2 m, menée jusqu’au sol naturel, a livré une
10 ap. J.-C.191. multitude d’ossements animaux, des céramiques
Quelques éléments témoignent toutefois d’une communes, des unguentaria, quelques fragments
occupation préromaine qui peut remonter au de lampes delphiniformes, de la céramique
milieu du IIe s. av. J.-C. Des monnaies de Carthage campanienne du groupe B, de la céramique à
sont ainsi signalées dans les fouilles de la fin du paroi fine et des amphores Dressel 1 qui
XIXe siècle, tandis que M. Vincent a publié une permettent de dater cette occupation à partir de la
planche sur laquelle figurent quatre tessons de seconde moitié du Ier s. av. J.-C.198.
céramique ibérique à décors géométriques et
l’indication «découverts épars à St-Leu». Nous Gunugu
avons en outre eu l’occasion d’examiner au Musée L’antique Gunugu (Gouraya) se trouve à un
d’Oran six objets en céramique campanienne peu plus de 30 km à l’ouest de Cherchell, sur un
provenant de Portus Magnus et datables du Ier s. petit promontoire qui domine la mer. Deux nécro-
av. J.-C.192. poles, l’une située au sud-est du promontoire,
Enfin, signalons une aire sacrée à ciel ouvert l’autre à 600 m à l’est de ce dernier, ont été succes-
installée au nord de la ville qui a livré, au sivement fouillées entre 1890 et 1933 par F. De
XIXe siècle, des stèles votives néopuniques et des Cardaillac, P. Gauckler, St. Gsell et F. Missonnier199.
urnes contenant des cendres et des os calcinés, Il s’agit principalement d’hypogées construits dans
notamment de petits mammifères et d’oiseaux. le tuf auxquels on accédait par un puits. Chaque
Ces vestiges témoignent d’un culte rendu à Baal chambre contenait plusieurs défunts, parfois plus
Hammon193. de vingt. D’après St. Gsell, trois types de rites funé-
raires sont attestés. Dans le premier cas les défunts
Timici étaient simplement allongés sur le sol, ce qui est
On ne connaît rien de cette cité localisée dans rare. Plus souvent les ossements étaient déposés en
la région de Taougrit194, entre le littoral et l’oued tas sur le sol, sur des banquettes, dans des auges ou

190. Vincent 1935, p. 35-71. 194. Pline, H.N., V, 21. Desanges 1980, p. 181.
191. Vincent 1953, p. 13-20; Balil 1956, p. 84. 195. Alexandropoulos 2000, p. 198-199.
192. Pour les monnaies de Carthage, Demaeght 1899, p. 495. 196. Pline, H.N., V, 20.
Pour les céramiques ibériques, Vincent 1953, p. 20, n. 16 et 197. Vuillemot 1956, p. 15-16.
pl. 2. Pour les céramiques campaniennes, V. Bridoux, Les 198. Cadenat 1972, p. 29-58.
royaumes... cité n. 27. 199. De Cardaillac 1890, p. 246-260; Gauckler 1915, p. 318-325;
193. On trouve un résumé de ces découvertes dans Krandel Ben Gsell 1903, p. 5-51; Missonnier 1933, p. 87-119.
Younes 2002, p. 279-282.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
402 Virginie B RIDOUX

enfermés dans un vase ou une amphore. Il semble des céramiques ibériques et puniques. Des
que les corps étaient soumis préalablement au «constructions à parement de béton» sont égale-
décharnement. Enfin des récipients contenant des ment signalées 205.
restes d’os calcinés témoignent de la pratique de Dans les années 1970 les fouilles entreprises
l’incinération. par une équipe algéro-britannique dans le secteur
Le matériel le plus ancien correspond à des du forum ont révélé l’existence de niveaux
objets en céramique attique du Ve s. av. J.-C. 200. d’occupation préromaine (phases 0 et 1 de la
Mais la nécropole fut utilisée jusqu’au Ier s. av. séquence stratigraphique) (fig. 17) 206. Une lampe
J.-C. comme l’indiquent les importations en punique datée du VIe s. av. J.-C. constitue actuel-
provenance d’Italie (céramique campanienne et lement le témoignage le plus ancien mis au jour.
amphores Dressel 1 notamment 201). Les croquis et Aucune construction antérieure au IIe s.
parfois les photographies publiés par les auteurs av. J.-C. n’a pour le moment été signalée. Vers 200
des fouilles nous permettent de constater qu’un av. J.-C. une muraille doublée d’un fossé de 5 m
mobilier très divers a été mis au jour : une grande de large est édifiée. Elle est identifiée dans la partie
quantité de céramiques communes de tradition sud des fouilles où elle dessine une légère courbe.
punique, des amphores Maña E, des unguentaria Si le fossé a pu être bien mis en évidence, la
de type hellénistique, des bijoux, des amulettes, muraille n’est attestée que par une grande pierre
ou encore des œufs d’autruche peints 202. Ces de taille sur son rebord nord. Cette découverte a
publications anciennes ne nous permettent toute- permis d’estimer la superficie de la ville à cette
fois pas d’étudier les associations de matériel dans époque à 10 hectares. Par ailleurs, dans la partie
les tombes. Dans le journal de fouilles de P. Gauc- nord ont été mises au jour les fondations d’une
kler les objets recueillis dans une même sépulture habitation construite dans le courant du IIe s.
sont brièvement décrits et parfois accompagnés av. J.-C. et agrandie par la suite (phase 1A et 1B).
d’un croquis. Mais ces témoignages ne sont pas Elle est constituée d’une série de pièces organisées
toujours lisibles et s’avèrent d’une utilisation autour d’une cour 207.
limitée. Les tombeaux paraissent en outre avoir Le matériel exhumé lors de ces campagnes a
été utilisés sur une large période. Le journal de fait l’objet d’un inventaire et les fragments les plus
P. Gauckler constitue surtout une source précieuse caractéristiques ont été dessinés. On constate ainsi
pour l’étude architecturale des caveaux. que la phase 1 du secteur du forum, datable entre
la fin du IIIe et du Ier s. av. J.-C., contient de
Iol nombreuses importations et témoigne de la
Iol, rebaptisée Caesarea par Juba II 203, occupe grande ouverture de la cité aux échanges avec la
l’emplacement de l’actuelle Cherchell. Les fouilles Méditerranée. Outre les importations italiennes
effectuées en 1960 sur l’îlot du Phare (îlot Join- signalées par les auteurs (céramiques campa-
ville, fig. 17) ont confirmé son ancienneté, indi- niennes, à paroi fine, amphores gréco-italiques et
quée par le périple de Scylax 204. Les résultats de Dressel 1), nous avons pu identifier, d’après les
ces travaux, restés inédits, n’ont été que briève- dessins publiés, des productions ébusitaines et
ment décrits. Au contact du rocher les couches les carthaginoises. Cette ouverture est confirmée par
plus anciennes sont semblables aux niveaux les nombreuses découvertes monétaires effectuées
archaïques d’Oranie et ont été datées au moins du dans la cité à diverses époques 208.
Ve s. av. J.-C. Au-dessus, un niveau du IIe s. av. Il est vraisemblable que Iol ait abrité dès le IIe s.
J.-C. renfermait des monnaies des rois maures et av. J.-C. un atelier de potiers destinés à la fabrica-
d’Ebusus, des céramiques et amphores italiennes, tion de céramiques communes et peintes 209. La

200. Pour la céramique attique, Villard 1959, p. 7-13; Morel 1980, 203. Pline, H.N., V, 19.
p. 60-61. 204. Geogr. Gr. Min., 111, p. 90.
201. V. Bridoux, Les royaumes... cité n. 27. 205. Vuillemot 1965, p. 334.
202. M. Astruc a publiée une étude sur ces œufs d’autruche 206. Benseddik et Potter 1993.
(Astruc 1954, p. 9-48) Sur les importations du monde 207. Benseddik et Potter 1993, p. 386-387.
punique, voir V. Bridoux, Numidie et monde punique : le témoi- 208. V. Bridoux, Les royaumes... cité n. 27; Ead., Numidie... cité.
gnage du matériel céramique et des monnaies, dans Identifying the 209. Benseddik et Potter 1993, p. 273, 282-285, 302-303;
Punic Mediterranean (Rome, nov. 2008), à paraître. V. Bridoux, Les royaumes... cité.

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403

Fig. 17 – Plan des vestiges antiques et des structures du niveau dit punique de Cherchell (d’après Benseddik et Potter 1993, fig. 1 et 6).

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
404 Virginie B RIDOUX

trouvaille de pépins de raisin dans le comblement nécropoles étudiées par différents chercheurs,
du fossé a par ailleurs incité les auteurs à penser l’une à l’est et l’autre à l’ouest du site 218. À l’est, un
que les habitants de Iol produisaient du vin 210, caveau punique, manifestement respecté par les
découverte qui ne peut toutefois constituer une carriers romains qui ont débité la falaise alentour,
preuve suffisante. gît désormais dans le port de la ville. P. Cintas a
Parmi les nécropoles antiques de Cherchell découvert dans ce secteur des tombes de grandes
étudiées par Ph. Leveau 211, celle du plateau sud dimensions témoignant des pratiques de l’inhu-
pourrait remonter à l’époque des rois maures, eu mation et de l’incinération. Ses interprétations
égard à l’architecture des tombes. En l’absence de chronologiques paraissent parfois trop hautes.
fouilles cette hypothèse n’est pas confirmée 212. C’est le cas de la tombe 1, datée de la fin du Ve s.
Une nécropole préromaine est en revanche av. J.-C. alors qu’elle renfermait une coupe en
signalée par J. Lassus sous des maisons du Ier s. céramique campanienne A datable du IIe s. av.
ap. J.-C., dans le secteur du cap Tizerine (fig. 17). J.-C. 219, ou encore de la tombe 2, datée du début
Selon ce dernier, 35 tombes puniques creusées du IVe s. av. J.-C. mais qui contenait une gourde à
dans le rocher furent découvertes. Elles conte- décor de spirale connue aux Andalouses dans un
naient un important mobilier céramique qui contexte du IIe s. av. J.-C. 220. Quant à la tombe 3,
permettrait de dater cet ensemble des IIIe-IIe s. av. datée de la fin du IVe-début du IIIe s. av. J.-C., la
J.-C. La fouille est demeurée inédite 213. Un lot de présence d’un vase à paroi fine nous incite à
matériel de tradition punique conservé dans les abaisser la chronologie au Ier s. av. J.-C. 221. Finale-
vitrines du Musée de Cherchell a été considéré ment, d’après les descriptions et les croquis de
récemment comme provenant sans doute de ces mobilier recueilli, on peut estimer que la chrono-
sépultures 214. Mais il ne peut être exclu qu’il logie des tombes fouillées par P. Cintas correspond
s’agisse d’objets exhumés dans la nécropole de à une période comprise entre la fin du IIIe et la fin
Gouraya, car ces derniers furent répartis entre les du Ier s. av. J.-C.
Musées d’Alger et de Cherchell 215. Dans la nécropole occidentale une vingtaine de
Le site a également livré une dédicace à grandes fosses creusées dans le roc ont été mises
Micipsa ainsi que quelques textes néopuniques et au jour, révélant une architecture de type punique
des stèles votives révélant l’existence probable mais des rites funéraires souvent de tradition
d’un sanctuaire de Baal Hammon 216. libyque, telle que la pratique du rouge funéraire.
Enfin, rappelons que l’intérieur du territoire de Dans le secteur fouillé par S. Lancel les datations
Iol a été étudié par Ph. Leveau, mais la prospection les plus anciennes sont fournies par du matériel
menée n’a pas fourni de témoignage d’une grec remontant à la fin du VIe s. av. J.-C. Les séries
occupation à l’époque préromaine 217. les plus nombreuses se situent toutefois entre le
IVe et le Ier s. av. J.-C. Le mobilier est essentielle-
Tipasa ment constitué par de la céramique punique à
La cité antique de Tipasa est située à une laquelle se mêlent, à partir de la fin du IIIe s. av.
soixantaine de km à l’ouest d’Alger et à 30 km à J.-C., des céramiques en provenance d’Italie. Les
l’est de Cherchell. L’occupation préromaine est tombes mises au jour par J. Baradez ne semblent
principalement révélée par la découverte de deux pas remonter au-delà du IIe s. av. J.-C. Enfin, une

210. Benseddik et Potter 1993, p. 386. p. 159-220; Lancel 1962-1965, p. 41-74; Lancel 1968, p. 85-
211. Leveau 1971-1974, p. 73-152; Leveau 1982, p. 709-716. 166; Bouchenaki L. et M. 1970, p. 141-159. Sur l’histoire de
212. Leveau 1978, p. 89-108. Tipasa des origines à la fin du IIIe s. ap. J.-C. on peut
213. Lassus 1959, p. 216. consulter l’utile synthèse de S. Lancel (Lancel 1982, p. 739-
214. Djellid 2002, p. 2111-2118. 785).
215. Gauckler 1915, p. 318-325. 219. Cintas 1949, p. 47, fig. 15 (en bas) et p. 48-49. L’objet
216. Sur la dédicace à Micipsa (inscription funéraire néopunique correspond au type 2862d1 de J.-P. Morel (Morel 1981,
en l’honneur de Micipsa, roi des Massyles), Berger 1888, p. 234 et pl. 78).
p. 35-46; Février J.-G. 1951, p. 139-150. Sur les stèles, voir 220. Vuillemot 1965, p. 348.
en dernier lieu Krandel Ben Younès 2002, p. 278. 221. Cintas 1949, p. 40, fig. 12 (en haut à droite). D’après le
217. Leveau 1984, p. 450. croquis l’objet semble correspondre à une forme Mayet III
218. Gsell 1894, p. 377-385; Cintas 1949, p. 1-65; Baradez 1957, (Mayet 1975, p. 29).

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405

tombe découverte par L. et M. Bouchenaki et


datée de la fin du IIe-début du Ier s. av. J.-C. appar-
tient plus vraisemblablement au IIe s. av. J.-C. 222.
Plusieurs sondages ont été ouverts en 1968 sur
la colline du phare par M. Bouchenaki et
P.-A. Février pour tenter de mettre au jour des
niveaux d’habitat ancien. Les fondations d’un
édifice en moyen et grand appareil de nature indé-
terminée sont apparues. Au-dessus de celui-ci nous
savons qu’une couche contenait de la céramique
campanienne. Ces sondages sont restés inédits 223.
Selon J. Baradez une enceinte en grand appa-
reil aurait été édifiée sous le règne de Juba I. En
fait, ces vestiges n’ont pas pu être datés et cette
interprétation n’est que supposition 224.
Enfin, mentionnons la découverte fréquente à
Tipasa de stèles néopuniques qui semblent révéler
l’existence d’un sanctuaire de Baal Hammon dans
la cité 225.
Fig. 18 – Plan du mausolée de la Chrétienne (dans Rakob 1979, p. 138).

Près de Tipasa, sur la ligne de faîte du Sahel


algérois, le mausolée de la Chrétienne domine la
mer et la plaine de la Mitidja. Il s’agit d’un tumulus
monumental érigé en blocs de grand appareil Ikosim
(fig. 18). Sur un soubassement carré de 63 m de La ville actuelle d’Alger recouvre les vestiges
côté s’élève une crèpis circulaire à trois degrés qui de l’ancienne Ikosim. Lors de la destruction du
supporte la construction, ceinte de 60 colonnes quartier de la Marine deux trésors de monnaies
ioniques engagées entre lesquelles sont aménagées furent mis au jour. L’un est constitué de 158
quatre fausses portes. Une couverture à gradins monnaies en plomb et en bronze frappées par la
aboutit à une plate-forme située à plus de 32 m de cité, l’autre de 57 monnaies émises par la cité et
hauteur, laquelle supportait une pyramide ou un les rois massyles 231. Un puits a en outre été fouillé
groupe sculpté. Des traces d’installations cultuelles dans ce même quartier en 1952 par M. Le Glay et
ont été reconnues à l’est du monument, face à L. Leschi. Devenu un dépotoir, il a livré quantité
l’accès de la chambre funéraire 226. Cet édifice appar- de céramiques. Ces découvertes n’ont été que
tenait, selon Pomponius Mela, à la famille royale 227. brièvement mentionnées. Nous savons qu’au fond
M. Christofle le data du règne de Juba II 228. St. Gsell du puits furent recueillies des céramiques campa-
puis Fr. Rakob montrèrent, en se basant sur des niennes qui confirment l’occupation de ce secteur
critères stylistiques, qu’une attribution à Juba II aux IIe-Ier s. av. J.-C. 232.
était peu probable. Le premier tendait à l’attribuer
à Bocchus II, le second hésitait entre ce roi et Rusguniae
Bocchus I 229. Selon nous une attribution à Micipsa Le Cap Matifou, qui ferme à l’est la baie
ne doit pas être exclue 230. d’Alger, a abrité la colonie augustéenne Rusgu-

222. Bouchenaki L. et M. 1970, p. 143-144 et 146; V. Bridoux, Les 227. Pomponius Mela, I, 31.
royaumes... cité n. 27. 228. Christofle 1951, p. 46.
223. Ils sont signalés dans Baghli et Février P.-A. 1970, p. 15-16. 229. Gsell HAAN VI, p. 272-273; Rakob 1979, p. 142.
224. Baradez 1961, p. 195. 230. Sur les raisons qui nous incitent à émettre cette hypothèse,
225. Voir en dernier lieu Krandel Ben Younes 2002, p. 276-277. V. Bridoux, Les royaumes... cité n. 27.
226. M. Christofle a consacré une monographie à ce tombeau 231. Cantineau et Leschi 1941, p. 263-272; Salama et Gérin 1999,
(Christofle 1951). Pour la description du monument, on peut p. 27-51.
aussi consulter Camps 1961, p. 201-205; Rakob 1979, p. 138- 232. Le Glay 1968, p. 14-16.
142; Coarelli et Thébert 1988, p. 765.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
406 Virginie B RIDOUX

niae 233. Seule une importante série de découvertes signalée aux environs de Béjaïa au milieu du
monétaires, recensées par P. Salama, atteste l’exis- XIXe siècle 242.
tence d’un établissement préromain 234. Un trésor d’environ 3000 monnaies puniques
a été mis au jour en 1927. Ce lot, actuellement
Cissi conservé au Musée d’Alger, fait l’objet d’une étude
Situé près du cap Djinet, cet établissement a par A. Soltani. Il est datable de la seconde guerre
livré bien peu de témoignages d’une occupation à punique 243.
l’époque préromaine. Nous pouvons signaler la
découverte de deux petits bronzes de Carthage Choba
punique et d’une inscription néopunique 235. Choba correspond à l’actuelle Ziama
Mansouria, située à mi-chemin entre Béjaïa et
Rusucuru Jijel. Des monnaies de Carthage et des rois
Rusucuru occupe l’emplacement de l’actuelle numides révèlent l’existence vraisemblable d’une
ville de Dellys, à 100 km à l’est d’Alger. Elle est occupation à l’époque préromaine 244.
située sur le flanc oriental d’un promontoire et à
l’est de l’embouchure de l’oued Sebaou. La ville a Igilgili
livré quelques stèles néopuniques où apparaît L’actuelle Jijel, connue aussi sous le nom de
parfois le signe de Tanit, révélant la probable exis- Djidjelli, occupe une petite presqu’île de la
tence d’un sanctuaire dédié à Baal Hammon 236, corniche kabyle. Le site a livré les vestiges d’une
ainsi qu’une monnaie de Carthage frappée vers la nécropole en partie fouillée par J. et P. Alquier
fin du IIIe s. av. J.-C. 237. A. Mascarello signale une puis par M. Astruc 245. Leurs publications nous
quantité de débris de poteries de toutes époques, offrent quelques croquis de matériel et plans de
dont des céramiques du IIe s. av. J.-C. 238. sépultures. Les tombes mises au jour sont des
caveaux précédés de puits rectangulaires ou de
Iomnium simples fosses creusées dans le roc. L’incinération
S’il est désormais acquis d’après une inscrip- et l’inhumation ont coexisté. Le mobilier funéraire
tion qui mentionne le nom de la cité que Tigzirt a recueilli indique une utilisation dès le IVe s. av.
abrité l’ancienne Iomnium 239, les vestiges témoi- J.-C. dont témoignent notamment deux lécythes à
gnant de son occupation à l’époque préromaine se vernis noir 246, et ce jusqu’au Ier s. av. J.-C. comme
résument à des stèles néopuniques indiquant l’atteste la présence d’amphores républicaines.
l’existence vraisemblable d’un sanctuaire de Baal
Hammon 240. LES ÉTABLISSEMENTS SITUÉS À L’EST
DE L’AMPSAGA
Saldae
Saldae occupait l’emplacement de l’actuelle Les établissements du littoral
Béjaïa, située à proximité de l’embouchure de
l’oued Soummam. Strabon signale l’importance Chullu
maritime de ce lieu qui offrait aux vaisseaux un L’antique Chullu, connue à l’époque romaine
excellent refuge 241. La découverte de tombes pour ses fabriques de pourpre 247, occupe l’empla-
«phéniciennes» et de stèles puniques a été cement de la ville actuelle de Collo, sur le versant

233. Pline, H.N., V, 20. 242. Texier 1851, p. 574-575.


234. Salama 1979, p. 135. 243. Soltani 2000, p. 1779-1782; Soltani 2005, p. 35-43. Voir
235. Pour l’inscription, Sznycer 1975, p. 47-68. Pour les aussi Salama 1979, p. 138.
monnaies, Salama 1979, p. 136. 244. Salama 1979, p. 138.
236. Krandel Ben Younes 2002, p. 273. 245. Alquier J. et P. 1930, p. 1-17; Astruc 1937, p. 197-253.
237. Salama 1979, p. 137. St. Gsell a également livré une description du mobilier mis
238. Mascarello 1970, p. 16. au jour (Gsell 1903, p. 47-49).
239. CIL VIII, 20716. 246. Royaumes numides, p. 61.
240. Krandel Ben Younes 2002, p. 272. 247. Solin, XXVI, 1.
241. Strabon, XVII, 3, 12.

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407

oriental d’une large saillie qui se termine au nord Hippo Regius


par le cap Bougaroun. Le site d’Hippone, l’actuelle Annaba, est situé
Après des trouvailles fortuites, des fouilles ont sur le rivage occidental d’un golfe qui, protégé au
été menées par M. Hélo entre 1894 et 1895 dans nord par le cap de Garde, constitue l’un des meil-
une nécropole préromaine 248. Ce dernier nous a leurs mouillages de l’Algérie orientale. Le plus
livré une description des vingt-deux tombes et du ancien témoignage recueilli jusqu’à présent sur le
mobilier funéraire mis au jour, mais sa publication site est un fragment de cratère attique, trouvé en
n’est pas accompagnée de croquis. Cette lacune a surface, mais remontant au moins à la première
été en partie comblée par St. Gsell 249. L’ensemble moitié du Ve s. av. J.-C. 254.
paraît datable entre la fin du IIIe et le milieu du Des sondages ont été réalisés par J.-P. Morel
Ier s. av. J.-C. Il s’agit de simples fosses ou de dans les années 1960 au pied des murs en grand
caveaux taillés dans le tuf auxquels on accédait appareil du front de mer, dans les secteurs de la
par un couloir. Les morts étaient généralement plate-forme des Dii Consentes, de la Platea vetus, de
incinérés mais des ossements non calcinés entassés la Curie et des villas du front de mer. Ces travaux
pêle-mêle furent également trouvés. Divers types ont donné lieu à deux articles, l’un consacré à la
d’objets de tradition punique, des oenochoés description et à la datation des niveaux et des
anthropoïdes particulières à ce site, des céra- structures, l’autre aux principales formes céra-
miques à vernis noir, des figurines en terre cuite et mique recueillies 255.
un nombre important de monnaies carthaginoises Les murs en grand appareil du front de mer
et numides ont été recueillis. avaient été diversement interprétés jusque-là et
souvent considérés comme des constructions
Rusicade phéniciennes ou puniques. Leur étude a permis de
Rusicade occupait l’emplacement de l’actuelle démontrer qu’il s’agissait à la fois de brise-lames et
Skikda (ancienne Philippeville). On dispose de peu de murs de soutènement servant à protéger la ville
d’informations sur cet établissement dont contre la mer et les inondations. Le mur en grand
l’ancienneté est toutefois attestée par le périple de appareil situé à l’ouest de la ville est conservé sur
Scylax 250. Selon un rapport de J. Lassus, des une longueur de 75 m et présente un tracé en
sondages opérés dans les années 1950 ont mis au «zig-zag», scandé par une succession d’angles
jour une «couche archéologique de caractère droits. C’est une construction hétéroclite, mêlant
punique». De «nombreux tessons et cinq des blocs de diverses dimensions taillés dans diffé-
monnaies des royaumes masaesyles de l’ouest» rents matériaux, et qui laissent apparaître des
auraient été découverts à cette occasion 251. bossages au relief plus ou moins important. Les
St. Gsell a par ailleurs décrit des stèles votives résultats des sondages opérés au pied de cette
de tradition punique dans le catalogue du Musée construction indiquent une édification dans le
de Philippeville 252 et rappelé la découverte en 1845 deuxième tiers du Ier s. av. J.-C. Les autres murs
d’un «hypogée phénicien creusé dans la colline du front de mer, à savoir le mur oriental et le mur
qui porte l’hôpital militaire. Comme plusieurs central, sont datables de l’époque romaine. Le
tombes de Collo, il se compose de deux chambres matériel recueilli dans les niveaux de fondation de
se faisant suite [...]. La seconde chambre contenait la plate-forme des Dii Consentes et de la Platea vetus
un cercueil en plomb». Des vases en verre, un pot démontre que ces constructions sont également
en céramique et huit mufles de lion en bronze postérieures à l’annexion romaine.
servant probablement d’appliques à des coffres en Aucun niveau préromain n’a par ailleurs été
bois furent recueillis dans cette sépulture 253. atteint dans le secteur de la villa du front de mer.

248. Doublet et Gauckler 1892, p. 62-63 et 107-109; Hélo 1895, 251. Lassus 1957, p. 147.
p. 343-368. 252. Gsell 1898, p. 28-29. Certaines des stèles portent le signe de
249. Gsell 1903, p. 42-46. Tanit (Krandel Ben Younes 2002, p. 234).
250. L’établissement est signalé par le périple de Scylax sous la 253. Gsell 1903, p. 46-47.
forme Thapsa (Geogr. Gr. Min., p. 90). Voir aussi Silius 254. Morel 1968, p. 81.
Italicus, III, 259; Tite-Live, XXIX, 30, 5-6. 255. Morel 1962-1965, p. 107-139; Morel 1968, p. 35-84.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
408 Virginie B RIDOUX

En revanche, dans le secteur de la Platea vetus, un derniers temps de l’Hippone punique, soit à
mur en grand appareil situé près des thermes du l’époque de la domination des rois numides».
nord, très semblable au mur occidental, peut être Deux lampes à bec d’enclume et ailerons latéraux
daté vers le milieu du Ier s. av. J.-C. et un caniveau ont été publiées 258. Nous pouvons les attribuer aux
a été installé au plus tôt dans la première moitié types Dressel 2 et 2/3 et les dater des IIe-Ier s. av.
du Ier s. av. J.-C. Dans le même secteur, le niveau J.-C. Des tombes puniques sont également signa-
le plus ancien du sondage N contenait un matériel lées par E. Marec. L’une d’elle, découverte en
essentiellement datable à partir du milieu du IIe s. 1948 au pied du versant nord de la colline qui
av. J.-C., hormis un tesson de céramique campa- abrite la basilique moderne, est une sépulture
nienne datable entre la fin du IIIe et le premier taillée dans la roche qui contenait un caisson de
quart du IIe s. av. J.-C. La très grande quantité marbre dans lequel furent retrouvés un squelette
d’amphores italiennes et puniques recueillies à cet et un miroir de bronze. L’auteur mentionne dans
endroit indique sans doute la proximité des entre- le même secteur d’autres tombes simplement
pôts commerciaux de la cité. constituées par des amphores. D’après un croquis
Les recherches sous la Curie ont permis l’un de ces conteneurs semble correspondre à une
d’atteindre le niveau le plus ancien actuellement amphore punique (Maña C2a?) 259.
connu à Hippone. Il est, d’après la céramique
campanienne, antérieur au milieu du IIe s. av. Les établissements du Constantinois
J.-C. Certains tessons peuvent remonter à la fin du
IIIe s. av. J.-C. Au-dessus de ce niveau une couche Tiddis
semble correspondre à un remblayage artificiel Située à une quinzaine de kilomètres de
destiné à exhausser le sol. Ces travaux sont Constantine, la cité de Tiddis a fait l’objet de
datables vers le milieu du Ier s. av. J.-C. C’est dans nombreuses campagnes de fouilles sous la direc-
ce secteur, à près de 2 m de profondeur, tion d’A. Berthier. La monographie consacrée au
qu’E. Marec trouva en 1953 un tronçon de site nous informe de l’existence de nombreux
colonne cannelée, des pierres de tailles et un vestiges préromains. Aucun plan des structures
chapiteau ionique en tuf 256. n’est cependant fourni et le mobilier archéo-
L’étude de J.-P. Morel tend à démontrer que logique n’est que brièvement mentionné.
des travaux importants furent effectués vers le Nous savons néanmoins que le dégagement
milieu du Ier s. av. J.-C. dans la cité. Ils donnèrent de tout le quartier inférieur de Tiddis a livré un
lieu à la construction du mur occidental du front grand nombre de matériel préromain, dont des
de mer, du mur situé près des thermes du nord et fragments de céramique campanienne et
au remblayage du quartier du forum. Il est cepen- d’amphores de Rhodes 260. Des vestiges archi-
dant impossible de déterminer si ces remanie- tecturaux contemporains de ce matériel sont
ments datent des derniers temps du royaume signalés. Il s’agirait de nombreux pans de murs
numide ou s’ils font suite à l’annexion romaine de faits de parpaings unis à des éléments rectangu-
la cité. laires et cubiques avec utilisation de pierres de
Les fouilles menées précédemment à Hippone calage.
ont exhumé des stèles votives dont certaines Selon A. Berthier un rempart préromain
présentent le signe de Tanit. Elles invitent à penser construit en gros blocs non équarris complétés
que le temple de Saturne africain a succédé à un par des dalles épaisses et des moellons est visible
sanctuaire punique dédié à Baal Hammon 257. au pied de la colline. Une porte donnant accès au
Au-delà du fleuve Seybouse des sépultures quartier bas de Tiddis aurait également été
furent mises au jour vers la fin du XIXe siècle. construite à cette époque 261. Le sondage strati-
Selon St. Gsell, elles «appartiennent soit aux graphique effectué à une dizaine de mètres au

256. Marec 1954, p. 364. 259. Marec 1957, p. 93-95.


257. Sur ces stèles, voir en dernier lieu Krandel Ben Younes 260. Berthier 2000, p. 324-325.
2002, p. 231-233. 261. Berthier 2000, p. 39-45.
258. Papier 1887, pl. XXXI; Gsell 1899-1900, p. 4.

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409

nord de ce rempart (dit sondage Guéry) a en effet pas plus que le palais des rois numides,
atteint des niveaux préromains. La liste du maté- mentionnés par les auteurs anciens 268.
riel recueilli nous est précisée. Les couches L’une des plus importantes découvertes fut
profondes contiennent de rares fragments de celle du grand sanctuaire consacré au culte de
céramique campanienne, des monnaies numides Baal Hammon et sa parèdre Tanit. Des fouilles
ou de Carthage, une lampe rhodienne et des ont été opérées sur le sommet de la colline et sur
céramiques modelées. Elles sont datables des une esplanade située à mi-pente. Dans ce dernier
II-Ier s. av. J.-C. 262. secteur les principales constructions mises au jour
Par ailleurs, des stèles puniques et néopu- correspondent à un bâtiment de plan rectangu-
niques invoquant Baal Hammon et présentant laire constitué d’un couloir, d’une petite salle et
souvent le signe de Tanit ou des symboles astraux d’une cour. La fouille a livré de nombreux
ont été découvertes en divers points du site. Il est unguentaria mais aussi des tessons de céramique
donc probable que le sanctuaire de Saturne fut campanienne, des amphores grecques et des
précédé d’un sanctuaire de Baal Hammon 263. monnaies, notamment de Carthage et des rois
Une nécropole mêlant des cercles funéraires, numides. Au sommet de la colline les vestiges
des enceintes rectangulaires, des bazinas et des d’un édifice sont apparus. Des «traces de murs
tombes à incinérations 264 s’implanta sur le flanc bétonnés» sont signalées sous des constructions
de la colline orientale. La datation de ces d’époque romaine et appartiennent à un édifice
ensembles est méconnue, hormis celle des tombes antérieur. Le sanctuaire a livré plus de 700 stèles
à incinération, essentiellement du Ier s. ap. J.-C. votives 269 qui permettent d’établir sa datation,
Dans les autres monuments funéraires le matériel certaines mentionnant l’année des règnes de
est dénué d’importations et principalement Massinissa ou de Micipsa 270. Ces stèles témoignent
constitué de céramiques modelées. Seule une en outre de la présence dans la cité de nombreux
analyse au carbone 14 réalisée par G. Camps sur étrangers venus sacrifier au sanctuaire de Baal
des ossements contenus dans un vase a permis Hammon et Tanit.
d’obtenir des indices chronologiques pour l’une Sur les pentes de Sidi M’Cid, sur la rive
des bazinas. Celle-ci indique une datation du gauche du Rhumel, A. Berthier fouilla un quar-
milieu du IIIe s. av. J.-C. 265. tier d’habitations. Il s’agit d’un îlot de 25 × 21 m
Signalons pour finir que Tiddis a livré une séparé par un mur d’orientation nord-sud
large collection de monnaies numides, carthagi- (fig. 19). Chaque «demi-îlot» s’organise de la
noises et de la République romaine 266 qui nous même manière et comprend cinq logements. Ces
renseignent sur les relations commerciales entre- derniers sont divisés en deux ou trois pièces de
tenues par la cité avec le reste de la Méditerranée. petites dimensions en enfilade auxquelles on
accède par une seule entrée, à l’ouest ou à l’est.
Cirta Selon l’auteur, les murs, faits de moellons, ont
Les vestiges de la capitale du royaume probablement reçu des élévations en terre. Le
numide 267, enfouis sous l’actuelle Constantine, matériel n’est pas publié mais l’auteur mentionne
restent dans l’ensemble méconnus. Rien n’est la découverte d’unguentaria et de lampes de type
venu confirmer l’existence des remparts de Cirta, hellénistique, de diverses poteries de type

262. Berthier 2000, p. 101-109. (Strabon, XVII, 3, 13; Paul Orose, Adv. Pagan., V, 15, 10;
263. Berthier et Le Glay 1958, p. 23-58; Berthier 2000, p. 237- Appien, Lib., 106).
244; Krandel Ben Younes 2002, p. 264-269. 268. Tite-Live, XXX, 12; Appien, Lib. 27; Salluste, Bell. Iug., XXIII.
264. Certaines tombes à incinération appartiennent visiblement à 269. Bertrandy et Sznycer 1987; Bertrandy 1993, p. 3-28;
une époque antérieure. P.-A. Février signala ainsi dans les Bertrandy 2000, p. 1153-1170.
tombes 9 et 17 des tessons de céramique campanienne et de 270. Berthier et Charlier 1955, no 56 à 64; Bertrandy et Sznycer
lampe à bec d’enclume (Février P.-A. 1970, p. 98). 1987, no 4, 69, 87, 124. D’après l’étude stylistique des stèles
265. Pour la céramique modelée de Tiddis, Berthier 1956, conservées au musée du Louvre, Fr. Bertrandy et
p. 147-153. Pour les bazinas, Camps 1956, p. 155-203. Voir M. Sznycer estiment que l’ensemble de ces témoignages
aussi Berthier 2000, p. 163-175. date du IIe s. av. J.-C. Mais certaines stèles pourraient
266. Berthier 2000, 281-299. remonter à la fin du IIIe s. av. J.-C. tandis que d’autres
267. Cirta fut assurément la capitale de Massinissa et de Micipsa semblent datables jusqu’au milieu du Ier s. av. J.-C.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
410 Virginie B RIDOUX

mit en rapport la découverte des deux corps avec les


circonstances de la succession de Micipsa, dans la
mesure où nous savons que son fils Hiempsal fut
tué immédiatement après la mort du roi. Le
mausolée présente en outre des colonnes isolées
dorisantes au-dessus du socle du podium qui le
rapprochent du sanctuaire de Chemtou, datable de
l’époque de Micipsa 275. Le matériel du Khroub nous
invite néanmoins à ne pas écarter pour ce monu-
ment une datation du milieu du IIe s. av. J.-C.

Sigus
Des fouilles clandestines ont été pratiquées
dans la nécropole orientale du site de Sigus, situé à
une trentaine de km au sud-est de Cirta. Parmi le
Fig. 19 – Plan de l’îlot d’habitations et coupe suivent la pente du terrain
matériel transporté au Musée de Constantine sont
à Cirta (dans Berthier 1980, p. 19, fig. 6). signalées des stèles votives puniques et de la céra-
mique campanienne 276.

punique et surtout de fragments de céramique Calama


campanienne A et d’amphores grecques estampil- Nous ne savons presque rien de Calama,
lées qui permettent de dater cet ensemble à partir l’actuelle Guelma. Paul Orose cite néanmoins
de la fin du IIIe ou du début du IIe s. av. J.-C. 271. cette ville dans un récit se rapportant aux événe-
La nécropole de Coudiat-Aty a par ailleurs ments de la guerre de Jugurtha 277. Elle devait
livré des sépultures d’époque préromaine. Ces constituer le principal relais de la route qui reliait
découvertes sont peu documentées mais des nécessairement Cirta à Hippo Regius. À l’heure
objets conservés au Musée de Constantine, céra- actuelle seules des stèles néopuniques, dont des
miques de tradition punique, lampes et lacryma- dédicaces à Baal Hammon, plaident en faveur de
toires en pâte de verre, ont été datés entre le IVe son occupation à l’époque préromaine 278.
et le IIe s. av. J.-C. 272. Deux sépultures à incinéra-
tion ont en outre été fouillées par A. Berthier au Les établissements du nord-est tunisien
sud-ouest de la ville. Elles sont datables du IIe s.
av. J.-C. par des amphores grecques 273. Thuburnica
Le mausolée-tour du Khroub qui s’élève à 14 Située à quelques kilomètres au nord-ouest de
km de Constantine peut être considéré comme le Chemtou, dans la vallée fertile de l’oued
tombeau de Micipsa (fig. 14) 274. Il renferme une Medjerda, entre les montagnes de la Khroumirie
chambre carrée dans laquelle furent trouvés les au nord et les plateaux du Haut Tell au sud,
ossements calcinés d’un homme d’un certain âge et Thuburnica a livré une dédicace privée rédigée en
d’un adolescent. La chambre funéraire contenait grec datable des IIe-Ier s. av. J.-C. 279.
également de la vaisselle en argent, un casque, une
cotte de mailles, des armes, ainsi que des amphores Simitthus
rhodiennes, gréco-italiques et Dressel 1. Fr. Rakob Le site de Chemtou est situé au bord de la
proposa une datation de la fin du IIe s. av. J.-C. et Medjerda. La ville était implantée près des célèbres

271. Berthier 1980, p. 13-26. 68). Rakob 1979, p. 158; Rakob 1983, p. 335-336.
272. Royaumes numides, p. 39-42. 276. Baghli et Février P.-A. 1970, p. 24.
273. Berthier 1943, p. 23-32. 277. Paul Orose, Adv. Pagan., V, 15, 6.
274. Bouchenaki 1973, p. 220-221; Rakob 1983, p. 335; Coarelli 278. Krandel Ben Younes 2002, p. 223-228.
et Thébert 1988, p. 805-807. 279. CIL VIII, 25736.
275. Datation déjà proposée par A. Lézine (Lézine 1960, p. 28 et

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411

carrières de marbre et au carrefour de deux voies ces témoignages A. Krandel Ben Younes a proposé
importantes attestées à l’époque romaine, celle de de dater l’utilisation de cette nécropole entre le IVe
Carthage à Hippo Regius et de Sicca à Tabraca. et le Ier s. av. J.-C. 288.
Au sommet de la colline s’élève un édifice Les recherches archéologiques menées par la
d’envergure de 12 m de long, 5,50 m de large et mission franco-tunisienne entre 1978 et 1985 sous
10 m de hauteur. Il apparaît comme un autel la direction d’H. Broise et Y. Thébert ont porté en
monumental constitué d’une crèpis sur laquelle particulier sur les thermes Memmiens. Dans
s’élèvent deux niveaux (fig. 20). Le premier est l’angle nord-ouest de l’édifice romain une série de
scandé par des pilastres et porte un décor d’armes sondages a permis la mise au jour partielle des
en relief. Le second est ceint par une colonnade fondations d’un grand monument hellénistique
dorique 280. La découverte d’une coupe fragmen- qui a été arasé lors de la construction des thermes
taire à vernis noir (forme Lamboglia 25a) et d’une au IVe s. ap. J.-C. La nature de ce monument reste
monnaie de Massinissa tend à confirmer la data- inconnue (fig. 21) 289. Une série de quatre murs
tion établie sur la base de la décoration archi- d’orientation est/ouest et une autre de deux ou
tecturale, à savoir le milieu du IIe s. av. J.-C. 281. peut-être trois murs d’orientation nord/sud ont
D’après des stèles trouvées sur place Fr. Rakob a été identifiées. Ces fondations sont construites en
estimé qu’il pourrait s’agir d’un sanctuaire à Baal blocs de grand appareil soigneusement taillés et
Hammon et Tanit, transformé à l’époque romaine agencés. Elles sont scandées par des éléments
en temple de Saturne 282. E. Polito soulignait néan- disposés selon un principe directement inspiré des
moins, sans doute avec raison, que la décoration harpes. Elles reposent sur un niveau inférieur en
figurée du monument de Chemtou révélait une gros blocs naturels ou grossièrement dégrossis
fonction commémorative en relation avec la puis- couronnés par une assise de réglage en dalles de
sance militaire numide 283. schiste. L’étude de ces fondations a permis de
Des fouilles effectuées sous le dallage romain restituer la façon dont était organisé le travail lors
du forum de Simitthus ont par ailleurs établi de la construction du monument 290.
l’existence d’une nécropole numide. Un tumulus Les niveaux du monument hellénistique
entouré d’une succession de tombeaux a été daté révèlent que Bulla Regia était au moins depuis le
du IIIe s. av. J.-C. 284 IIe s. av. J.-C. un centre urbain dynamique en rela-
tion avec les centres méditerranéens 291.
Bulla Regia Le niveau 3 correspond à l’état des lieux au
Le bassin moyen de la Medjerda abrite égale- moment de la construction des thermes romains et
ment la ville de Bulla Regia, située à une vingtaine à l’arasement du monument hellénistique. La
de km à l’est de Chemtou sur la voie Carthage- distinction entre le sol 3a, mis en place pour la
Hippo Regius 285. Elle est citée par Paul Orose lors- construction des thermes, et la couche 3b, qui
qu’il relate l’épisode de Hiarbas vaincu par correspond à la destruction ou l’abandon du
Pompée en l’an 81 av. J.-C. 286. monument hellénistique, fut difficile à établir. On
Des fouilles opérées dès le XIXe siècle ont mis trouve ainsi dans ce niveau des céramiques
au jour des nécropoles dans les secteurs est et d’époques romaine et préromaine (céramique
ouest. Les descriptions des tombes et du mobilier campanienne et productions locales ou régionales
sont succinctes. Des découvertes de monnaies de céramique à vernis noir, céramique à engobe
numides, de lampes et d’amphores puniques sont rouge-pompéien; amphores Dressel 1, Lamboglia
mentionnées. Quelques croquis de matériel de 2, ou encore de tradition punique). On ignore
tradition punique nous sont livrés 287. À partir de l’état du monument avant son arasement définitif

280. Rakob 1983, p. 327-328; Coarelli et Thébert 1988, p. 804. Bulla Regia 1, p. 152-161.
281. Rakob 1994, p. 4 et n. 13. 286. Paul Orose, Adv. Pagan., V, 21, 14.
282. Rakob 1994, p. 31-36. 287. Carton 1890, p. 194 et fig. 22, p. 196, 221-223. Voir en parti-
283. Polito 1999, p. 39-70, en particulier p. 62-64. Sur les culier Carton 1892, p. 74-78 et pl. XIV.
éléments qui nous invitent à appuyer l’idée d’une fonction 288. Krandel Ben Younes 1988, p. 2.
commémorative, V. Bridoux, Les royaumes... cité n. 27. 289. Broise et Thébert 1993, p. 149-222.
284. Rakob 1983, p. 327, n. 6. 290. Broise et Thébert 1993, p. 202.
285. La voie romaine est identifiée aux abords de Bulla Regia. 291. Broise et Thébert 1993, p. 377.

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
412 Virginie B RIDOUX

Fig. 20 – Restitution de l’«autel-sanctuaire» de Chemtou (dans Rakob 1979, p. 121).

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413

Fig. 21 – Plan du monument hellénistique de Bulla Regia (dans Broise et Thébert 1993, fig. 171).

mais il apparaît qu’il était désaffecté depuis long- et les deux premières décennies du Ier s. av. J.-C.,
temps, eu égard à l’ancienneté de la très grande l’absence de céramique arétine et surtout la rareté
majorité des fragments recueillis dans le niveau 3. des céramiques à paroi fine, bien attestées dans les
Le niveau 4 correspond à la construction du couches postérieures à la construction du monu-
monument hellénistique. Les sondages l’ayant ment, n’autorisant pas à descendre trop en avant
atteint ont livré un abondant mobilier constitué de dans le Ier s. av. J.-C.
monnaies carthaginoises et romaines, de céra- Deux murs appartenant à une phase anté-
mique punique, de céramique campanienne, de rieure (niveau 5) ont été reconnus (mur 1 et 2bis).
productions locales ou régionales à vernis noir, de Ils constituent les vestiges architecturaux les plus
céramique à engobe rouge-pompéien, d’amphores anciens dans ce secteur. Les auteurs de la fouille
Dressel 1, Lamboglia 2 et Maña C. Ces témoi- ont pu constater à plusieurs reprises que la
gnages ont permis de situer la construction de construction du monument hellénistique avait
l’édifice entre les deux dernières décennies du IIe provoqué la destruction de ces aménagements

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Les établissements de Maurétanie et de Numidie
414 Virginie B RIDOUX

antérieurs dont les murs furent parfois repris en la création d’une trame de rues orthogonales et
fondation. Le niveau 5 a été identifié dans deux une subdivision régulière des insulae en lots indivi-
sondages. Il s’agit généralement d’une alternance duels. Ceux-ci couvrent chacun quelque 500 m2.
de sols à base de mortier de chaux et de niveaux La fouille de l’insula de la chasse aurait aussi livré
d’habitat. Dans les couches inférieures de la un bel exemple de construction en briques crues
construction du monument hellénistique des attribuable à une époque encore plus ancienne 295.
traces de destruction de parois en briques crues À l’époque préromaine Bulla Regia était
ont été signalées à plusieurs reprises. Il s’agissait entourée d’une enceinte dont la date d’édification
donc probablement de structures constituées de reste cependant à préciser. Dans le secteur oriental
soubassements en pierre et d’élévations en briques un tronçon de la muraille est constitué d’énormes
crues. Les couches inférieures de la construction blocs grossièrement équarris et agencés selon un
du monument hellénistique ont par ailleurs livré appareil de type polygonal. D’autres portions sont
des fragments d’enduits peints blancs et/ou rouges construites en blocs taillés ou, semble-t-il, en
correspondant à un décor de type «premier style». appareil harpé. La superficie de la ville à l’époque
Des morceaux de sols constitués de tessons de hellénistique correspondrait ainsi à un peu plus de
tailles diverses noyés dans un mortier (opus 30 ha 296.
signinum) furent également recueillis et appar-
tiennent peut-être à cette phase ancienne. Cette Vaga
occupation n’a fourni que de la céramique Vaga, l’actuelle Béjà, était selon Salluste le
modelée ou locale et n’a pu être datée. marché le plus important de tout le royaume
D’autres niveaux d’époque préromaine furent numide 297. Lors de la guerre de Jugurtha c’est dans
mis au jour sur le site mais nous manquons cette cité que le questeur Sestius fut envoyé pour
d’informations sur ces travaux qui n’ont fait prendre livraison du blé que les Romains avaient
l’objet jusqu’à présent que de quelques descrip- exigé des agents de Jugurtha 298. Une grande fête
tions préliminaires. Nous savons que les quatre en l’honneur des Cereres était par ailleurs célébrée
sondages ouverts dans le macellum ont révélé la dans la cité 299. Vaga fut livrée au pillage, peut-être
présence, sous cet édifice, d’un ensemble de même détruite lors de l’affrontement entre
constructions, dont des murs hellénistiques qui Jugurtha et Metellus 300.
correspondraient à un habitat datable entre la L’archéologie n’a pas encore confirmé ces
deuxième moitié du IIe et le tout début du Ier s. av. témoignages. Une nécropole préromaine a été
J.-C. 292. Une autre construction monumentale fouillée à la fin du XIXe siècle. Des puits creusés
d’époque préromaine semble avoir été identifiée le dans le sol, parfois à une profondeur de 3 m, furent
long du flanc occidental de la rue qui joint les mis au jour. Seule l’inhumation semble avoir été
maisons de la pêche et d’Amphitrite 293. Les pratiquée. Diverses poteries sont mentionnées
recherches sur le grand ensemble «BR no 44» dans ces sépultures, dont des coupes et des patères
montrent par ailleurs l’existence de nombreux à vernis noir, des lampes, des monnaies puniques et
murs hellénistiques à cet endroit 294. numides 301. L’ensemble peut-être daté entre le
Les fouilles de l’insula de la chasse ont permis début du IIIe et le Ier s. av. J.-C. 302.
de reconnaître des installations remontant au
IIIe s. av. J.-C. ainsi qu’une trame orthogonale Thugga
attestée dans l’insula en question et dans l’îlot Thugga (Dougga), située près de Téboursouk,
voisin du paon. Le quartier fut vraisemblablement n’a encore livré que peu de témoignages construits
complètement remodelé à l’époque numide avec d’époque préromaine. Le monument préromain le

292. Khanoussi 1986, p. 327-331. 297. Salluste, Bell. Iug., XLVII, 1.


293. Broise et Thébert 1993, p. 377, n. 23. 298. Salluste, Bell. Iug., XXIX, 3.
294. Hanoune 1991, p. 365-367. 299. Salluste, Bell. Iug., LXVI, 2; Carcopino 1928, p. 13-47.
295. Thébert 1985, p. 328-330; Khanoussi 1986, p. 330; Broise et 300. Salluste, Bell. Iug., LXIX, 3; Appien, Num., 163.
Thébert 1993, p. 216 et 378. 301. Cagnat 1887, p. 39-46.
296. Bulla Regia 1, p. 137-141; Broise et Thébert 1993, p. 378-379. 302. Krandel Ben Younes 1988, p. 2.

.
415

plus célèbre est le mausolée-tour situé au sud de la contenant des stèles, des urnes cinéraires, des
cité (fig. 14). L’inscription libyco-punique qui figu- unguentaria et des lampes. Ces vestiges ont été datés
rait sur l’édifice nous informe que celui-ci a été du IIe s. av. J.-C. 307. Notons que la ville voisine de
construit par l’équipe d’un certain Atban, vraisem- Téboursouk (Thubursicu Bure) a livré une impor-
blablement vers le milieu du IIe s. av. J.-C., comme tante série de stèles anépigraphes et d’inscriptions
l’indiquent les caractères épigraphiques 303. Trouvé néopuniques qui indiquent également l’existence
vide par les archéologues, l’édifice ne peut être d’un sanctuaire de Baal Hammon 308.
assurément considéré comme un véritable Enfin, une enceinte d’époque numide est
tombeau et les avis sont partagés sur sa fonction. Il conservée sur près de 150 mètres dans la partie
pourrait s’agir d’un cénotaphe dédié à la mémoire nord du site. Cette construction n’est pas encore
de Massinissa. bien connue ni datée avec précision 309.
À l’est du forum fut mis au jour un long soubas- Dougga a fourni une riche série d’inscriptions
sement appartenant à un monument quadrangu- libyques, puniques ou libyco-puniques. Ces témoi-
laire rappelant le monument numide de Chemtou. gnages nous apportent des informations sur la vie
Seules deux assises de grand appareil sont conser- religieuse et institutionnelle de la cité et sur les
vées au niveau des murs est et nord. Elles reposent liens qu’elle pouvait entretenir avec le pouvoir
sur une seule assise de fondation. Ces vestiges ont royal 310. La répartition des découvertes épigra-
été datés du IIe s. av. J.-C. 304. Certains auteurs ont phiques et archéologiques tend à montrer que la
proposé de les identifier au sanctuaire élevé par les cité préromaine occupait un espace relativement
citoyens de Dougga en l’honneur de Massinissa, identique à la Dougga romaine 311.
dont une inscription punico-libyque recueillie sur
le site au début du XIXe siècle témoigne de l’exis- Uchi Maius
tence 305. Mais aucun élément ne permet de Une équipe italo-tunisienne a poursuivi un
confirmer cette hypothèse. Quelques chapiteaux programme de recherche à Uchi Maius (Henchir
éoliques, ioniques et des corniches à gorges égyp- Ed-Douamis). Mais la cité d’époque préromaine
tiennes ont par ailleurs été mis au jour dans le demeure encore méconnue. À notre connaissance
secteur du forum, indiquant sans doute la présence les seules informations disponibles signalent l’exis-
de plusieurs monuments préromains 306. tence d’une muraille dont l’origine serait préro-
Une aire à ciel ouvert consacrée à Baal maine et la découverte de céramique ne
Hammon a été découverte par le Dr Carton sous le remontant pas au-delà du IIIe s. av. J.-C. 312.
temple de Saturne (temple B). Son existence fut
confirmée par la trouvaille dans le sol de l’area de Mustis
vases destinés à contenir des offrandes et d’un À proximité de Dougga, Mustis a livré des
important lot de stèles en remploi dans les murs du niveaux d’époque hellénistique suite aux
temple romain ou aux abords du monument. Dans recherches de N. Ferchiou dans les années 1970.
l’angle nord-est de cette area R. Lantier et Cl. Les sondages, exigus, n’offrent qu’une vision très
Poinssot mirent également au jour une favissa partielle. Des restes d’habitat ont été mis en

303. RIL 1. Atban a été considéré comme celui pour qui fut édifié J.-G. 1959, p. 57; Poinssot et Salomonson 1963, p. 70;
le monument, jusqu’à ce que Cl. Poinssot et J. W. Salomon Ferron 1969-1970, p. 95; Rakob 1983, p. 335.
révèlent l’existence d’une seconde inscription. Celle-ci 304. Thugga 1, p. 73.
occupait auparavant la partie gauche de la façade et devait 305. RIL 2; Ghaki 1997, p. 32; Khanoussi 1998, p. 32.
correspondre à la véritable dédicace du monument (Poinssot 306. Saint-Amans 2004, p. 44.
et Salomonson 1959, p. 141-149 ; Ferron 1969-1970, 307. Un résumé de ces trouvailles et les références bibliogra-
p. 83-94). Une relecture de l’inscription RIL 1 a par la suite phiques figurent dans Le Glay 1966, p. 28 et 65; Krandel
permis de confirmer que cette dernière mentionnait l’équipe Ben Younes 2002, p. 163-171.
de construction (Février J.-G. 1959, p. 53-57; Ferron 1969- 308. Fantar 1974; Krandel Ben Younes 2002, p. 153-162.
1970, p. 83-88). St. Gsell avait déjà en son temps émis des 309. Khanoussi 1998, p. 63.
doutes sur le fait qu’Atban ait pu être le personnage pour 310. Voir en particulier les inscriptions RIL 1, 2, 3, 10 et 11.
qui fut édifié le monument, son nom, comme ceux de son 311. Ghaki 1997a, p. 32-33.
père et de son grand-père, n’étant suivis d’aucun titre (Gsell 312. Ghaki 1997b, p. 14-21.
HAAN VI, p. 254). Pour la datation du monument, Février

.
Les établissements de Maurétanie et de Numidie
416 Virginie B RIDOUX

évidence sous un arc romain. Dans le niveau le ont démontré que celui-ci était en fait occupé
plus profond, deux longs blocs disposés parallèle- depuis au moins le VIe s. av. J.-C. 316. De part et
ment jouxtaient un foyer. Selon l’auteur la céra- d’autre du capitole romain, des niveaux des
mique recueillie permet de dater ce niveau de la IIe-Ier s. av. J.-C. ont été mis en évidence.
fin du IIIe ou du début du IIe s. av. J.-C. Par Dans la zone 1 (aile sud-est du capitole), la
ailleurs, un monument à bossage, remanié à basse découverte d’un foyer associé aux restes d’un mur
époque, pourrait remonter à la seconde moitié du constitué d’un soubassement en pierres et d’éléva-
IIe s. av. J.-C. ou au siècle suivant 313. tions en terre crue semble indiquer que ce secteur
abritait une occupation domestique. Le matériel
Zama Regia (céramique à vernis noir de production locale ou
L’identification de Zama Regia avec l’actuelle régionale, céramique campanienne A tardive,
Jama ne semble plus faire de doutes. Situé à 35 céramique punique, lampe républicaine,
km au nord de Mactar, le site fait actuellement amphores Dressel 1A, amphores puniques
l’objet de recherches archéologiques sous la direc- tardives) permet de dater ce niveau entre la fin du
tion d’A. Ferjaoui 314. Ce programme a donné lieu à IIe et la première moitié du Ier s. av. J.-C.
une campagne de prospection dans le but de déli- Dans la zone 2, au nord-ouest du capitole
miter l’étendue des vestiges et il s’intéresse aux (secteurs 7 et 8), l’occupation préromaine est
niveaux préromains du site. Son occupation marquée par les restes d’un mur bâti en pierres, de
depuis le IVe s. av. J.-C. est attestée par des sols argileux, de foyers et de fours destinés à la
monnaies, tandis que des sondages opérés au pied réduction du minéral et la forge du fer. Le mobilier
d’un temple datable de la seconde moitié du Ier s. (amphores puniques, italiennes, monnaies de
av. J.-C. ont mis au jour des niveaux anciens Massinissa ou de ses successeurs) indique une
représentés par des céramiques puniques et des datation du IIIe et/ou du IIe s. av. J.-C.
céramiques à vernis noir. D’après les résultats de ces premières
La découverte d’une stèle punique dédiée à recherches, il semble que l’on assiste à une
Baal Hammon et datable du IIe s. av. J.-C. indique augmentation des importations au cours du IIe s.
l’existence d’un sanctuaire voué à cette divinité. av. J.-C. La céramique de tradition locale reste
Nous savons par ailleurs, grâce au récit de Salluste, toutefois prédominante dans les couches archéo-
que la cité était protégée de bons remparts au logiques et l’équipe hispano-tunisienne travaille
moment de la guerre de Jugurtha 315. actuellement sur l’établissement d’une typologie
de la céramique modelée, abondante dans les
Althiburos niveaux datables du VIe au Ier s. av. J.-C.
Située à 45 km au sud du Kef, dans une région Au sud-est de la ville une nécropole a sans
de grandes plaines céréalières, Althiburos (actuelle doute fonctionné dès l’époque préromaine. En
el Médéina) fait l’objet depuis 2006 d’un l’absence de matériel datant, cette hypothèse
programme de recherche mis en place par l’Ins- s’appuie sur le mode de construction des tombes
titut National du Patrimoine de Tunisie et l’Uni- ou la présence de certains types de céramique
versité de Barcelone, basé sur l’étude des modelée attestés dans le secteur d’habitat préro-
populations autochtones de la région de Sicca main d’Althiburos.
Veneria (Le Kef) et ses rapports avec la civilisation Les résultats des prospections de surface
phénico-punique. Le site avait déjà livré par le menées dans la ville et le territoire environnant
passé des inscriptions puniques, néopuniques, des tendent à montrer que l’établissement préromain
stèles ornées du signe dit de Tanit et un naïskos de s’étendait sur 4 ha au moins. Ils font état d’une
type punique qui témoignaient de l’origine préro- forte concentration de matériel préromain dans le
maine de l’établissement (IIe s. av. J.-C.). Les secteur nord-ouest. Toutefois, il s’agit essentielle-
fouilles et les prospections réalisées récemment ment de céramiques modelées. C’est dans ce

313. Ferchiou 1986, p. 277-285. 315. Salluste, Bell. Iug., LVII, 1.


314. Ferjaoui 2001, p. 837-864. 316. Althiburos 2008, p. 67-113.

.
417

secteur que s’élève un grand bâtiment rectangu- Les résultats des sondages démontrent que le
laire (60 m × 50 m) précédé sur sa longueur sud- sanctuaire fut mis en place entre le milieu du IIe et
ouest d’une structure rectangulaire de 10-12 m de le début du Ier s. av. J.-C. Il était alors constitué
longueur et se présentant sous la forme d’un tertre d’un grand autel mis au jour en partie au nord de
de 7 à 8 m de hauteur. La poursuite des l’escalier du temple romain. Il s’agit d’un massif de
recherches nous renseignera peut-être davantage maçonnerie en grand appareil mesurant au moins
sur sa nature et sa chronologie. 5 m de long. Le sanctuaire correspondait alors
Enfin au nord de la ville les prospections manifestement à un espace à ciel ouvert délimité
révèlent l’existence de quatre petits sites d’habitat par un mur en moyen appareil qui fut retrouvé
et de nombreuses structures funéraires (aires dans plusieurs sondages. À l’intérieur de l’enclos,
circulaires jonchées de pierrailles, bazinas et le sol a livré des traces de mortier de chaux et des
dolmens) qui datent possiblement de l’époque couches de cendres épaisses. Il était jonché de
numide. L’absence de matériel de chronologie tessons d’amphores de tradition punique, mêlés à
précise ne permet pas de confirmer cette hypo- des céramiques modelées et des ossements
thèse pour le moment. animaux qui s’identifient vraisemblablement à des
résidus sacrificiels. Ce sanctuaire était encore en
Mididi activité au milieu du Ier s. ap. J.-C. 319.
Situé à quelques kilomètres à l’ouest de Une aire sacrée à ciel ouvert consacrée à Baal
Mactar, le site de Mididi a livré des inscriptions et Hammon a par ailleurs été mise au jour sur les
des stèles témoignant de l’existence de deux sanc- pentes du ravin d’Aïn el Bab, avec des stèles votives
tuaires, l’un dédié à Astarté, l’autre à Baal et un vase contenant des ossements calcinés 320.
Hammon. Ceux-ci sont probablement datables du Deux tronçons de murs importants, construits
Ier s. av. J.-C 317. en blocs de calcaire, ont été découverts par
A. Lézine entre le mégalithe dit Pauphilet et la
Mactar basilique des Juvenes. Ils pourraient appartenir à
L’occupation préromaine du site de Mactar, un rempart construit au Ier s. av. J.-C. Une édifica-
situé à une centaine de kilomètres à l’ouest de tion sous le règne de Juba I paraît probable mais
Kairouan, a notamment été mise en évidence dans aucun élément archéologique ne permet pour le
le secteur du sanctuaire d’Hoter Miskar, dont le moment de le confirmer 321.
culte est attesté par des inscriptions dédicatoires. Des nécropoles mégalithiques entourent le site
Des sondages ont été ouverts, un premier dans la de Mactar. Il s’agit notamment de dolmens
crypte au sud du temple, un second dans la partie construits avec de grandes dalles de calcaire et
occidentale de la cour et un troisième sur le côté parfois constitués de trois chambres carrées. Les
oriental de celle-ci. Dans ces trois zones le sol corps étaient préalablement décharnés. Les struc-
vierge fut atteint. Dans les sondages de la cour un tures qui ont été étudiées semblent datables assez
niveau d’époque préromaine a été clairement tardivement, à partir de la fin du Ier s. av. J.-C. 322.
distingué (niveau 2). Il est daté du IIe s. et de la Une série importante d’inscriptions libyques,
première moitié du Ier s. av. J.-C. par de la céra- punico-libyques et néopuniques a apporté des
mique campanienne, des amphores gréco- renseignements sur la composition de la popula-
italiques et Dressel 1, de nombreuses amphores de tion et l’organisation municipale de la ville au
tradition punique et deux lampes de tradition début de l’époque romaine 323.
hellénistique. On y trouve également des céra-
miques à vernis noir de production locale ou Le témoignage des auteurs anciens
régionale, des céramiques communes et modelées
produites sur le site. La dernière couche du niveau Les récits des auteurs anciens, en particulier le
2 ne contenait pas de matériel d’importation 318. Bellum Iugurthinum de Salluste, nous indiquent

317. Ferjaoui 1990, p. 113-119. p. 175-180.


318. Bourgeois 1982, p. 17-69. 321. Picard G.-Ch. 1957, p. 33.
319. Picard C. et G.-Ch. 1980, p. 22-25; Picard C. 1982, p. 71-75. 322. Picard G.-Ch. 1957, p. 28-31.
320. Picard G.-Ch. 1957, p. 42-47; Krandel Ben Younes 2002, 323. Picard G.-Ch. 1957, p. 26-27.

.
Les établissements de Maurétanie et de Numidie
418 Virginie B RIDOUX

l’existence d’autres établissements. C’est le cas de située près d’une montagne escarpée, entourée
Sicca (Le Kef) qui ouvrit ses portes aux Romains d’une plaine et contenait les trésors royaux 336. On
après la bataille du fleuve Muthul (oued ne sait à quel établissement correspond cette cité,
Mellègue) 324 ainsi que de Capsa (actuelle Gafsa), peut-être plus probablement située en Numidie
située au milieu du désert, désignée comme une orientale, près de la province d’Afrique où la
grande et forte place dotée de remparts et où plupart des événements se déroulèrent. De plus,
étaient conservés des trésors royaux 325. selon Paul Orose «près de la ville de Calama,
Salluste nous apprend par ailleurs que le roi Jugurtha vainquit A. Postumius, qui convoitait les
Hiempsal I logeait dans une ville appelée Thir- trésors royaux» 337. La description de Suthul ne
mida, qui pourrait correspondre à Thimida correspond pas à Calama (Guelma) mais elle se
Regia 326. C’est ici qu’il trouva la mort 327. L’identifi- situait sans doute non loin 338.
cation de cette cité reste incertaine. St. Gsell et Rappelons également la mention par Apulée
L. Poinssot ont proposé d’y voir Thimida Bure 328 de Madaure dont l’existence est ainsi démontrée
au nord-ouest de Dougga. depuis au moins la fin du IIIe s. av. J.-C. 339, et celle
Thala est également décrite par Salluste dans par Polybe et Diodore d’Hécatompylos, qui semble
son récit de la guerre de Jugurtha. Elle était montrer que Théveste (actuelle Tébessa) existait
grande, riche, et défendue par de solides déjà au milieu du IIIe s. av. J.-C. 340. Enfin, nous
murailles 329. Elle renfermait également une connaissons l’existence de Regiae (Arbal,
demeure royale et des trésors du roi 330. Elle fut Oranie) 341 et d’Aquae Regiae dont l’emplacement
peut-être détruite par Métellus 331. Le fleuve le plus exact n’est pas connu. Selon la Table de Peutinger
proche était à 50 milles (74 km) mais la ville était et l’Itinéraire Antonin elle se trouvait à une
entourée de plusieurs sources 332. Comme le souli- distance de 50 à 60 milles d’Hadrumète, soit entre
gnait St. Gsell, ces indications ne permettent guère 73 et 88 km environ. Elle se situait donc plus ou
d’identifier Thala avec la Thala actuelle, à 50 km moins à la latitude du Djebel Trozza, à une
environ au nord-est de Tébessa 333. Les données quarantaine de km au sud-ouest de Kairouan 342.
dont nous disposons ne suffisent pas pour fixer
son emplacement. Conclusion
Une autre ville, Laris, est mentionnée lorsque
Marius marcha vers Capsa 334. Cette ville est peut- Entre la fin de la deuxième guerre punique et
être celle que des documents postérieurs nomment la mort du roi Bocchus II l’occupation des terri-
Lares ou Laribus et dont les ruines (Henchir toires maurétaniens et numides s’avère donc rela-
Lorbeus) sont situés à 18 km au sud-est de Sicca 335. tivement dense mais essentiellement réduite aux
On connaît aussi la ville de Suthul, assiégée abords des littoraux. La présence d’oueds très
par les Romains après le séjour de Jugurtha à certainement navigables dans l’antiquité 343 et
Rome. Selon Salluste la ville était une place forte entourés de riches plaines a néanmoins parfois

324. Gsell HAAN VII, p. 190; Salluste, Bell. Iug., XLVI, 3. 335. Gsell HAAN VII, p. 232.
325. Salluste, Bell. Iug., LXXXIX, 4-5. Voir aussi XCVII, 1. 336. Salluste, Bell. Iug., XXXVII, 3-4.
326. Salluste, Bell. Iug., XII, 2-3. 337. Paul Orose, Adv. Pagan., V, 15, 6.
327. Salluste, Bell. Iug., XII, 3-5; Florus, I, 36, 4; Paul Orose, Adv. 338. Gsell HAAN VII, p. 172-173.
Pagan., V, 15, 3; Eutrope, IV, 26, 1. 339. Apulée, Apologie, XXIV.
328. Gsell HAAN V, p. 265 et VII, p. 143; Poinssot 1907, p. 470, 340. Diodore, IV, 18, 3 et XXIV, 10, 2; Polybe, I, 73, 1. Sur l’identi-
n. 2. fication de Théveste à l’Hécatompylos mentionnée par
329. Salluste, Bell. Iug., LXXV, 1 et LXXVI, 2. Le nom de Thimida Diodore et Polybe, Gsell HAAN II, p. 95-96; Gsell 1905,
Regia est connu par une inscription trouvée au sud-est de p. 356.
Carthage, à Sidi Al ed Sedfini. CIL VIII, 883. 341. CIL VIII, 21628; Gsell AAA, f. 20, no 33.
330. Salluste, Bell. Iug., LXXXVI, 2-6. 342. Tissot 1888, p. 586-588.
331. Salluste ne l’indique pas, mais Strabon (XVII, 3, 12) 343. Les oueds Sebou et Martil étaient assurément navigables
mentionne Thala parmi les villes détruites au cours des (Pline, H.N., V, 5 et 18). Pline fait par ailleurs état de l’exis-
guerres dont l’Afrique avait eu à souffrir depuis le temps de tence entre Rusaddir et Siga du fleuve Maluane, également
Jugurtha. qualifié de navigable (Pline, H.N., V, 18). Celui-ci s’identifie
332. Salluste, Bell. Iug., LXXV, 2. très certainement à l’oued Moulouya (Gsell HAAN V,
333. Gsell HAAN V, p. 277, n. 4. p. 91-93; Desanges 1980, p. 150-151 et 154-155).
334. Salluste, Bell. Iug., XC, 2.

.
419

favorisé l’installation humaine dans l’intérieur des des occupations mises au jour. Le plan des habi-
terres. C’est le cas en Maurétanie occidentale dans tats et des monuments est en général incomplet,
le bassin de l’oued Sebou, ainsi qu’en Numidie masqué par des structures postérieures. Nous
orientale où une concentration particulière d’éta- disposons en outre de très peu de renseigne-
blissements est notable dans le bassin de l’oued ments, voire d’aucun, pour les cités enfouies sous
Medjerda (fig. 1). des constructions modernes, telles Tingi, Septem
Notre connaissance des établissements reste Fratres, Ikosim, Saldae, Théveste, Calama ou
fort lacunaire, en raison tout d’abord de la rela- encore Sicca.
tive ancienneté des travaux de terrain et de L’avancée de la recherche archéologique est
l’imprécision qui caractérise souvent la docu- très inégale selon les régions et les sites. Mais ce
mentation. Nous pouvons difficilement revenir recensement des découvertes nous permet
sur les datations ou les affiner lorsque les publica- d’obtenir des informations relatives à la vie reli-
tions ne contiennent pas d’informations relatives gieuse et aux rites funéraires pratiqués par les
aux contextes de découverte, de dessins ou de habitants de Numidie et de Maurétanie, aux
descriptions des structures et du matériel recueilli. langues en usage, à l’organisation politique et
Par ailleurs, la plupart des sites ayant été réoc- territoriale de ces royaumes, à l’urbanisme des
cupés, en premier lieu à l’époque romaine, les cités, aux influences extérieures véhiculées et aux
recherches sur les niveaux préromains consistent relations entretenues avec les différentes régions
généralement à pratiquer des sondages qui, bien de Méditerranée 344.
évidemment, nous offrent une vision restreinte

Virginie BRIDOUX

Abréviations
Bibliographiques

SOURCES ÉPIGRAPHIQUES Diodore = Diodore de Sicile, traduit du grec par


A. F. Miot, t. 2-7, Paris, 1834-1838.
CIL = Corpus Inscriptionum Latinarum, Berlin, 1863-. Florus = Florus, Œuvres, t. I et II, texte établi et traduit
RIL = J.-B. Chabot, Recueil des inscriptions libyques, Paris, par P. Jal, Paris, 1967.
1940. Geogr. Gr. Min. = Geographi Graeci Minores (C. Müller éd.),
vol. I, Paris, 1855.
SOURCES LITTÉRAIRES ANCIENNES Paul Orose, Adv. Pagan. =Paul Orose, Histoires (Contre les
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