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Équations aux dérivées partielles

par Paul RAPIN †


Lauréat de l’Institut
Ingénieur de l’École Supérieure d’Électricité
et Jean-Claude LACHAT
Direction Recherche et Développement Société Sollac

1. Méthode classique................................................................................... A 650 - 2


1.1 Principe de résolution ................................................................................. — 2
1.2 Expression des dérivées partielles............................................................. — 2
1.3 Résolution .................................................................................................... — 3
1.4 Établissement du système linéaire ............................................................ — 4
2. Autres méthodes...................................................................................... — 5
2.1 Généralités ................................................................................................... — 5
2.2 Méthodes d’annulation de l’erreur............................................................. — 5
2.2.1 Méthode de collocation...................................................................... — 5
2.2.2 Méthode des moindres carrés........................................................... — 6
2.2.3 Méthode des moments ...................................................................... — 6
2.2.4 Méthode de Galerkin .......................................................................... — 6
2.2.5 Méthode de Rayleigh-Ritz .................................................................. — 7
3. Conclusion ................................................................................................. — 8
Références bibliographiques ......................................................................... — 8

n grand nombre de phénomènes est régi par plusieurs variables. Par


U exemple, l’amplitude d’un point d’une corde vibrante est fonction du temps
et de l’abscisse de ce point.
Dans des cas plus compliqués, la relation entre les variables qui interviennent
est de la forme :
ϕ = f (x, y, z etc.) (1)
En outre, elle n’est définie que par des dérivées partielles des variables x, y, z
multipliées par des coefficients qui peuvent être des constantes ou des fonc-
tions de ces variables.
Par exemple, l’amplitude y d’un point d’abscisse x, en fonction du temps t,
est, pour une corde vibrante, donnée par :
∂2 y 1 ∂2 y
--------------- = -------- ------------- (2)
∂x 2 c 2 ∂t 2
T
2 - 1993

où c = ------ (3)
ρ
avec T tension de la corde,
ρ masse volumique du matériau constituant la corde.
Les champs physiques sont également décrits par des équations aux dérivées
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partielles, qu’il s’agisse de la distribution d’une grandeur dans l’espace en régime


stationnaire ou de sa propagation.

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ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES ____________________________________________________________________________________________________

Les méthodes de résolution peuvent être classées en deux catégories :


— méthode classique calquée sur celle des équations différentielles
linéaires (§ 1) ;
— méthodes faisant appel à des connaissances mathématiques avancées ; leur
exposé détaillé est du ressort des ouvrages spécialisés [1] [2] ; on en donnera
seulement le principe (§ 2).

1. Méthode classique 1.2 Expression des dérivées partielles

L’équation aux dérivées partielles du second ordre étant la plus Le développement en série de Taylor appliqué à la fonction ϕ (x, y ),
fréquente dans de nombreuses applications, on se limitera à son pour une valeur y 0 de y, soit ϕ (x, y 0 ), autour du point (x 0 , y 0 ), s’écrit :
étude. ∂ ϕ ( x0 , y0 )
Soit ϕ (x, y ) une telle fonction et A (x, y ), B (x, y ), C (x, y ), D (x, y ), ϕ ( x, y 0 ) = ϕ ( x 0 , y 0 ) + ( x – x 0 ) -------------------------------
∂x
E (x, y ), F (x, y ) et G (x, y ) des fonctions des deux variables x et y. (6)
Une équation différentielle typique s’écrira, par exemple : ( x – x0 ) 2 ∂ 2 ϕ ( ξ , y0 )
+ ----------------------- ------------------------------
2 ∂x 2
∂2 ϕ ∂2 ϕ ∂2 ϕ
A ( x, y ) ----------2- + B ( x, y ) ----------------- + C ( x, y ) -----------2- x0  ξ  x
∂x ∂x ∂y ∂y avec
(4)
∂ϕ ∂ϕ Pour simplifier l’écriture par la suite, posons ∆x = h différence finie,
+ D ( x , y ) -------- + E ( x , y ) -------- + F ( x , y ) ϕ = G ( x , y ) en sorte que, si l’on fait croître x de ∆x autour du point d’abscisse x 0 :
∂x ∂y
Une telle équation, pour être utilisable, c’est-à-dire donner une x = x0 + h (7)
expression de ϕ (x, y ) ou une série de valeurs numériques de cette l’expression (6) s’écrit alors :
fonction, doit être complétée par la connaissance de conditions rela-
tives à la fonction ϕ ou ses dérivées. Dans l’équation (4), les deux ∂ ϕ ( x0 , y0 ) h 2 ∂ 2 ϕ ( ξ , y0 )
variables indépendantes étant x et y, les conditions seront données ϕ ( x 0 + h, y 0 ) = ϕ ( x 0 , y 0 ) + h ------------------------------- + ------- ------------------------------- (8)
∂x 2 ∂x 2
le long d’une courbe dans le plan xOy. Cette courbe peut être fermée
ou ouverte. ou, en négligeant le terme du second degré et en séparant
On distingue trois types principaux d’équations aux dérivées ∂ϕ (x 0 , y 0 )/∂x, on obtient approximativement :
partielles du second ordre, suivant le signe de :
∂ ϕ ( x0 , y0 ) ϕ ( x 0 + h, y 0 ) – ϕ ( x 0 , y 0 )
∆ (x, y ) = B 2 (x, y ) – 4 A (x, y ) C (x, y ) ------------------------------
- = --------------------------------------------------------------------
- (9)
(5) ∂x h
— si ∆ (x, y ) < 0, l’équation est dite elliptique ; L’équation (7) utilise une différence finie positive. On parle de
— si ∆ (x, y ) = 0, l’équation est dite parabolique ; différence vers l’avant. Pour mieux encadrer le point sur lequel on
— si ∆ (x, y ) > 0, l’équation est dite hyperbolique. travaille, on peut utiliser également une différence vers l’arrière en
Dans la plupart des applications industrielles, A (x, y ), B (x, y ), etc. posant :
sont des constantes. On se trouve donc en présence d’équations d’un x = x0 – h (10)
seul type.
Dans ce cas :
Mais il s’agit de fonctions, celles-ci, suivant les valeurs de x et de y,
peuvent être positives, négatives ou nulles dans différents inter- ∂ ϕ ( x0 , y0 ) ϕ ( x 0 , y 0 ) – ϕ ( x 0 – h, y 0 )
valles. L’équation différentielle n’appartient plus à une classe unique. ------------------------------
- = -------------------------------------------------------------------- (11)
∂x h
Il faut préciser l’intervalle de x et de y que l’on étudie.
■ Calcul de ∂ 2  (x 0 , y 0 )/∂x 2
On applique les résultats précédents à ∂ϕ (x 0 , y 0 )/ ∂x :
1.1 Principe de résolution ∂ ϕ ( x 0 + h, y 0 ) ∂ ϕ ( x 0 , y 0 )
∂ 2 ϕ ( x0 , y0 ) ---------------------------------------- – -------------------------------
∂x ∂x
---------------------------------
- = -----------------------------------------------------------------------------
- (12)
L’équation aux dérivées partielles est transformée en équation aux ∂x 2 h
différences finies, en vue d’obtenir un système d’équations linéaires.
Pour l’équation (9), on remarque que l’on a utilisé la différence
On évaluera séparément chaque dérivée partielle première ou vers l’arrière. L’abscisse du point calcul est donc :
seconde, en considérant comme constante la variable sur laquelle
on ne travaille pas. x0 + 2 h – h = x0 + h (13)
et, comme on donne un accroissement résultant h, on peut écrire :
∂ ϕ ( x 0 + h, y 0 ) ϕ ( x 0 + h, y 0 ) – ϕ ( x 0 , y 0 )
---------------------------------------
- = --------------------------------------------------------------------
- (14)
∂x h

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L’expression (12) devient donc : ■ Autres dérivées partielles


On trouve aisément, en raisonnant comme précédemment, en
∂ 2 ϕ ( x0 , y0 )
---------------------------------
- = appelant ∆y = k la différence finie telle que :
∂x 2
ϕ ( x0 + h , y0 ) – ϕ ( x0 , y0 ) + ϕ ( x0 , y0 ) + ϕ ( x0 – h , y0 ) (15) y = y0 ± k (23)
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
-
h2 ∂ ϕ ( x0 , y0 ) ϕ ( x0 , y0 + k ) – ϕ ( x0 , y0 )
------------------------------
- = ---------------------------------------------------------------------- (24)
soit approximativement : ∂y k

∂ 2 ϕ ( x0 , y0 ) ϕ ( x 0 + h, y 0 ) – 2 ϕ ( x 0 , y 0 ) + ϕ ( x 0 – h, y 0 ) ∂ 2 ϕ ( x0 , y0 ) ϕ ( x0 , y0 + k ) – 2 ϕ ( x0 , y0 ) + ϕ ( x0 , y0 – k )
---------------------------------
- = -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
- ---------------------------------- - (25)
- = ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
∂x 2 h2 ∂y 2 k2

■ Erreur de troncature l’erreur de troncature est :


● Sur ∂  (x 0 , y 0 )/∂x
– k 2 ∂ ϕ ( x0 , η )
4
On reprend l’expression (8) en isolant le terme que l’on a négligé : E = ------------- ------------------------------
- (26)
12 ∂y 4
∂ ϕ ( x0 , y0 ) 1
  = – --------
h ∂ ϕ ( ξ, y ) 2 2
- – ---- ϕ ( x 0 + h, y 0 ) – ϕ ( x 0 , y 0 )
------------------------------ - ------------------------------ 0
(16) avec y0 – k  η  y0 + k
∂x h 2h ∂x 2

∂ 2 ϕ ( x0 , y0 )
Cette erreur de troncature a donc pour valeur : ----------------------------------
∂x ∂y 4 hk
1

- = ------------- ϕ ( x 0 + h , y 0 + k ) – ϕ ( x 0 – h , y 0 + k )
(27)
h ∂2 ϕ ( ξ, y 0 )
– -------- ------------------------------ (17) – ϕ ( x0 + h , y0 – k ) + ϕ ( x0 – h , y0 – k ) 
2 ∂x 2
l’erreur de troncature est :
avec ξ tel que x 0  ξ  x 0 + h .
1 ∂ 4 ϕ ( x0 , y0 ) ∂ 4 ϕ ( x0 , y0 )
● Sur ∂ 2  (x 0 , y 0 )/∂x 2 E = – ----- h 2 ---------------------------------
- + k 2 ---------------------------------- (28)
6 ∂x 3 ∂y ∂x ∂y 3
On utilise le développement en série de Taylor en utilisant les
termes suivant celui en ∂ 2ϕ (x 0 , y 0 )/ ∂x 2 : en négligeant les termes d’ordre supérieur en h et k.
∂ ϕ ( x0 , y0 ) ( x – x0 ( x0 , y0 ) )2 ∂2 ϕ Exemple : équation de Laplace
ϕ ( x, y 0 ) = ϕ ( x 0 , y 0 ) + ( x – x 0 ) ------------------------------ - + ----------------------- ---------------------------------
-
∂x 2 ∂x 2 ∂2 ϕ ∂2 ϕ
(18) - + ------------ = 0
----------- (29)
( x – x0 ) 3 ∂ 3 ϕ ( x0 , y0 ) ( x – x0 ) 4 ∂ 4 ϕ ( ξ , y0 ) ∂x 2 ∂y 2
+ ----------------------- ---------------------------------
- + ----------------------- ------------------------------
6 ∂x 3 24 ∂x 4 Cette équation est elliptique, car :
On se limitera à ce développement, que l’on pourrait prolonger B 2 – 4 AC = – 4 < 0
si cela était nécessaire.
En différences finies, cette équation prend la forme :
Dans le calcul de ∂ 2ϕ (x 0 , y 0 )/ ∂x 2, on a utilisé successivement la
différence finie en avant et la différence finie en arrière. ϕ ( x 0 + h, y 0 ) – 2 ϕ ( x 0 , y 0 ) + ϕ ( x 0 – h, y 0 )
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
-
L’erreur pour x = x 0 + h est donc, d’après l’expression (18) : h2
(30)
h 2 ∂ ϕ ( x0 , y0 )
2 ∂ ϕ ( x0 , y0 ) ϕ ( x0 , y0 + k ) – 2 ϕ ( x0 , y0 ) + ϕ ( x0 , y0 – k )
- – ϕ ( x 0 + h , y 0 ) + ϕ ( x 0 , y 0 ) + h ------------------------------
------- ---------------------------------- - + -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- = 0
2 ∂x 2 ∂x k2
(19)
h 3 ∂ ϕ ( x0 , y0 ) h 4 ∂ ϕ ( ξ , y0 )
3 4
= – -------- ---------------------------------
- – -------
- ------------------------------
6 ∂x 3 24 ∂x 4
ou, en appelant E l’erreur après division par h 2/2 :
1.3 Résolution

h ∂ ϕ ( x0 , y0 ) h 2 ∂ ϕ ( ξ , y0 )
3 4
- – -------- ------------------------------
E = – ----- --------------------------------- (20) On rappelle que le problème consiste à calculer la valeur de la
3 ∂x 3 12 ∂x 4 fonction ϕ (x, y ) en différents points de l’espace où règne le champ
étudié. Ce champ peut être un champ de contraintes à l’intérieur
Pour x = x 0 – h, on trouve facilement que : d’un solide, une distribution de potentiel dans un diélectrique, une
répartition de température dans une canalisation, etc.
h ∂ ϕ ( x 0 , y 0 ) h 2 ∂ ϕ ( ξ, y 0 )
3 4
- – -------- ------------------------------
E = ----- --------------------------------- (21) En principe, on ne connaît que la surface (problème à deux dimen-
3 ∂x 3 12 ∂x 4
sions) ou le volume (problème à trois dimensions) et les conditions
ou, en ajoutant les expressions (20) et (21), puisque l’on a appliqué aux limites (températures sur chaque face de la canalisation, force
les deux différences finies : extérieure appliquée à un solide, etc.).
On partira donc d’un maillage, superposé à la surface ou inclus
h 2 ∂ ϕ ( ξ, y 0 )
4
2E = – -------- ------------------------------ dans le volume à l’intérieur duquel on mène le calcul (figure 1).
6 ∂x 4 Ces quadrillages peuvent être très divers, suivant les conditions
géométriques du problème.
h 2 ∂ ϕ ( ξ, y 0 )
4
soit E = – -------- ------------------------------ (22) Pour montrer l’utilisation de la méthode, on se limitera à un
12 ∂x 4 maillage plan, dont les mailles sont des carrés égaux, ce qui signifie
avec x0 – h  ξ  x0 + h que les différences finies suivant Ox et Oy sont égales (figure 2) :
∆x = h = ∆y = k (31)

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Figure 1 – Maillages d’une surface


et d’un volume

Si l’on pose h /k = 1, l’équation s’écrit :


ϕ i + 1, j + ϕ i – 1, j + ϕ i, j + 1 + ϕ i, j – 1 – 4 ϕ i, j = L (34)
L’équation (34) au premier nœud (i = 1 ; j = 1) s’écrit :
ϕ 2, 1 + ϕ 0, 1 + ϕ 1, 2 + ϕ 1, 0 – 4 ϕ 1, 1 = L (35)
ϕ 1, 0 et ϕ 0, 1 situés sur les bords du maillage sont assimilables à des
conditions aux limites. On les fait passer dans le second membre,
on change tous les signes et l’on pose :
ϕ 0, 1 = L 0, 1 et ϕ 1, 0 = L 1, 0 (36)
L’expression (35) s’écrit donc (en supposant nulles les valeurs
aux limites) :
4 ϕ 1, 1 – ϕ 2, 1 – ϕ 1, 2 = L 1, 0 + L 0, 1 (37)
Laissant j = 1, on fait successivement i = 2, ..., n – 1, d’où les
équations :

Figure 2 – Maillage plan à mailles carrées – ϕ 1, 1 + 4 ϕ 2, 1 – ϕ 3, 1 – ϕ 2, 2 = L 2, 0 



– ϕ 2, 1 + 4 ϕ 3, 1 – ϕ 4, 1 – ϕ 3, 2 = L 3, 0 
La fonction ϕ sera déterminée aux nœuds du maillage.  (38)
........................................................... 
■ Notations 
– ϕ n – 2, 1 + 4 ϕ n – 1, 1 – ϕ n – 1, 2 = L n – 1, 0 + L n, j 
Pour rendre plus facile la programmation sur ordinateur, on adop-
tera une notation plus commode que celle utilisée précédemment. Bien entendu, s’il existe des conditions aux limites supplé-
● Les valeurs de la fonction à un nœud, défini par l’intersection mentaires, forces extérieures par exemple, on les retranche aux
d’une ligne horizontale d’indice i et d’une ligne verticale d’indice j seconds membres.
sont notées ϕi, j ; au point P de la figure 2, par exemple, la valeur de On fait ensuite j = 2 et l’on reprend les valeurs successives de
la fonction ϕ sera notée ϕ 4, 3 . i = 1, 2, ..., n – 1 :
● Les valeurs des conditions aux limites sont notées de même L i, j ;
par exemple, au point R, la condition aux limites sera notée L 3, 0 . – ϕ 1, 1 + 4 ϕ 1, 2 – ϕ 2, 2 – ϕ 1, 3 = L 0, 2 

– ϕ 2, 1 – ϕ 1, 2 + 4 ϕ 2, 2 – ϕ 3, 2 – ϕ 2, 3 = 0 

– ϕ 3, 1 – ϕ 2, 2 + 4 ϕ 3, 2 – ϕ 4, 2 – ϕ 3, 3 = 0 
1.4 Établissement du système linéaire  (39)
............................................................. 

– ϕ n – 2, 1 – ϕ n – 3, 2 + 4 ϕ n – 2, 2 – ϕ n – 1, 2 – ϕ n – 2, 3 = 0 
On reprend l’équation (30) avec : 
– ϕ n – 1, 1 – ϕ n – 2, 2 + 4 ϕ n – 1, 2 – ϕ n – 1, 3 = L n , 2 
ϕ ( x0 + h , y0 ) = ϕ i + 1 , j 
ϕ ( x0 – h , y0 ) = ϕ i – 1 , j  On poursuit ainsi jusqu’à épuisement des valeurs de j.

ϕ ( x0 , y0 )  Le système d’équations linéaires ainsi obtenu peut être traité par
= ϕ i, j  (32) les méthodes usuelles. Cependant, il existe des techniques permet-
ϕ ( x 0 , y + k ) = ϕ i, j + 1  tant de réduire considérablement les temps de calcul, notamment

 par un choix judicieux de la manière d’explorer le maillage [1] [2].
ϕ ( x 0 , y – k ) = ϕ i, j – 1 
■ Remarque 1 : on souligne que l’exemple traité est relatif à une
équation elliptique.
k2
------2-  ϕ i + 1 , j – 2 ϕ i, j + ϕ i – 1 , j  + ϕ i, j + 1 – 2 ϕ i, j + ϕ i, j – 1 = L (33) Le traitement des équations paraboliques et hyperboliques suit
h
un processus analogue :
avec L valeur aux limites, éventuellement nulle. — écriture de l’équation aux dérivées partielles sous forme
d’équations aux différences finies par utilisation des relations (6) et
suivantes ;

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— choix d’un maillage ; Une équation quelconque peut toujours se mettre sous la forme :
— établissement du système d’équations linéaires par parcours
systématique du maillage ; E=0
— résolution du système linéaire. Si l’on dispose de méthodes analytiques pour trouver les solu-
tions, ces solutions portées dans E donnent :
■ Remarque 2 : les expressions (6) et suivantes ne sont pas les
seules que l’on puisse utiliser. Il peut être intéressant d’appliquer E0 ≡ 0
des différences en avant pour une dérivée partielle, et des diffé-
rences en arrière pour les autres, et non l’une et l’autre dans une Si cela n’est pas le cas, si l’on se donne une solution arbitraire,
même différence partielle, comme on l’a fait pour l’expression (15). mais approchée, on obtiendra :

■ Remarque 3 : on trouvera dans la littérature l’expression opéra- EA = R


teur de différence. On sait qu’un opérateur est l’indication abrégée La différence :
d’une opération à effectuer.
 = E 0 – EA
Exemple : l’opérateur de différentiation D indique l’opération de
différentiation par rapport à la variable indépendante : est l’écart ou l’erreur qu’il s’agit d’annuler.
Une équation aux dérivées partielles peut se mettre sous la forme :
d dy d2 y
D = --------- ; Dy = ---------- ; D 2 y = -----------2- ; etc. A (u 0 ) = p (43)
dx dx dx
L’opérateur de différence est défini par : u 0 est la solution exacte renfermant les coordonnées x 1 , x 2 , x 3 (nota-
tion courante en calcul tensoriel pour x, y, z ) d’un point du domaine D
δf ( x ) f ( x1 ) – f ( x0 ) dans lequel l’équation aux dérivées partielles est étudiée. p est un
---------------- = ---------------------------------
- opérateur différentiel.
δx x1 – x 0
xi ∈ D (44)
sans que l’on cherche la limite du rapport quand x 1 tend vers x 0 .
Ce domaine est limité par une surface S qui impose à la fonction u
des conditions aux limites :
B (u ) = q (45)
2. Autres méthodes On a :
xi ∈ S (46)
2.1 Généralités
Si u 1 est une solution approchée :
Ces méthodes ont pour trait commun que l’on se donne a priori A (u 1 ) = p
une fonction qui paraît répondre aux conditions aux limites et satis-
faire à l’équation aux dérivées partielles à résoudre. on prend alors pour u 1 un ensemble de fonctions linéairement
Une telle démarche est fréquente dans l’étude des vibrations de indépendantes :
plaques, par exemple, pour obtenir les pulsations propres (cf. article u 1 = Σ αk Φ k (47)
Vibrations [A 410] dans ce traité). Si l’on porte cette expression dans l’équation différentielle (on
Exemple : plaque carrée, de côté a, encastrée sur les bords. rappelle que p est un opérateur), on a :
On admet comme solution de l’amplitude : A (u 1 ) – p ≠ 0
w (x, y, t ) = W (x, y ) sin ωt (40) Le problème revient donc à choisir les αk pour que :
avec W (x, y ) = α x 2 (a – x )2 y 2 (a – y )2 (41) A (Σ αk Φk ) – p ≈ 0 (48)
qui respecte les conditions aux limites suivantes :
Il existe pour cela plusieurs méthodes.
W ( 0, y ) = W ( a, y ) = W ( x, 0 ) = W ( x, a ) = 0 

∂W ∂W ∂W ∂W  (42) 2.2 Méthodes d’annulation de l’erreur
----------- ( 0, y ) = ----------- ( a, y ) = ----------- ( x, 0 ) = ----------- ( x, a ) = 0 
∂x ∂x ∂y ∂y 
2.2.1 Méthode de collocation
La fonction ainsi obtenue n’est presque jamais la solution exacte.
On utilise alors un ensemble de fonctions linéairement indépen- Les fonctions Φk étant choisies (fonctions trigonométriques,
dantes qui doivent former une suite complète. polynômes, etc.), on introduit leur ensemble dans l’équation aux
dérivées partielles à résoudre.
On rappelle la définition : un ensemble de fonctions Φ 1 ( x ),
Φ2 (x ), ..., Φn (x ) est dit linéairement indépendant s’il n’existe aucune On choisit un certain nombre de points également distribués
des constantes a 1 , a 2 , ..., an (dont l’une au moins n’est pas nulle) dans le domaine D.
pour lesquelles : Pour chaque point, l’équation aux dérivées partielles :
a 1 Φ1 (x ) + a 2 Φ2 (x ) + .... + a n Φn (x ) = 0 A (u ) – p = 0 (49)
si un tel ensemble de constantes existe, les fonctions sont linéaire- doit être vérifiée. Si elle ne l’est pas, on écrit que, pour chaque
ment dépendantes. point en question, l’expression obtenue doit être nulle. Cela donne
Cet ensemble de fonctions doit satisfaire aux conditions aux autant d’équations linéaires que l’on a choisi de valeurs de x i .
limites du problème et présenter un degré suffisant de continuité.

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Sous une forme plus générale, on peut utiliser la fonction de Dirac 2.2.3 Méthode des moments
(qui relève en réalité de la théorie des distributions) définie par :


+ Le terme moment est emprunté à la statistique.
δ ( x ) dx = 1 pour  → 0 On utilise la relation (49) :
–
δ(x ) = 0 (50)
pour x ≠ 0

et
δ(x ) = ∞ pour x = 0  wi d D = 0 i = 1, … , N
D
autrement dit, l’idéalisation d’une fonction très grande dans un
wi est pris, dans le cas d’un problème à une dimension, dans la suite :
intervalle très petit qui détermine une aire totale égale à 1.
On conçoit que, pour discrétiser une fonction Φx , il suffit de la x, x 2, ..., x N (56)
multiplier par la fonction de Dirac.
En remplaçant  par sa valeur, la relation :
On écrira donc que :

 A ( Σ α k Φ k ) – p  δ ( x i ) dD = 0 (51)

D
A ( u 1 ) – p  x i dD = 0 (57)
D
donne les N valeurs des αk à partir des N relations ainsi obtenues.
ce qui exprime que, pour un xi donné, la solution par les αk Φk
vérifie l’équation aux dérivées partielles :
δ ( xi ) = 0
2.2.4 Méthode de Galerkin
pour x ≠ x i

et  δ ( x i ) dD = 1
(52) Les fonctions de pondération adoptées sont celles qui permettent
d’approcher la fonction cherchée.
i étant successivement pris égal à 1, ..., N. Les relations (47) et (48) conduisent à :
Les Φk étant des fonctions des xi , on aura des équations linéaires N
en αk .
Exemple
 = A
∑k=1
αk Φk – p
 (58)

∂2 Ψ ∂2 Ψ
------------ + ------------ = 0 On écrit que le résidu est orthogonal aux fonctions Φi , avec i ≠ k :
2 2
∂x 1 ∂x 2

  ∑
N
On pose :
Ψ = a 1 Φ 1 (x 1 , x 2 ) + a 2 Φ2 (x 1 , x 2 ) D
A
k=1

α k Φ k – p  Φ i dD = 0 i = 1, …, N (59)

On aura à calculer : Si A est un opérateur linéaire, on est conduit à un système


linéaire dont on tire les αk .

 D
∂2 Φ1 ( x 1 , x 2 )
a 1 ---------------------------------------
∂x 1
2
∂2 Φ1 ( x 1 , x 2 )
+ a 1 ---------------------------------------
∂x 2
2
∂ 2 Φ2 ( x1 , x2 )
+ a 2 -------------------------------------
∂x 1
2
-
Exemple : équation de Poisson

∂2 u ∂ 2 u
(53) - = c
----------2- + ----------- (60)


∂2 Φ (x 1 , x 2) ∂x ∂y 2
2
+ a 2 ---------------------------------------
2
δ ( xi ) d D = 0
∂x 2 Conditions aux limites (figure 3) :
u = 0 pour x = 0, x = a, y = 0 et y = b
Les fonctions Φ1 et Φ2 seront, selon la nature du problème, des
polynômes, des fonctions trigonométriques, etc. On prend comme approximation :
u 1 = α x (x – a ) y (y – b )
2.2.2 Méthode des moindres carrés = α (x 2 – ax ) (y 2 – by ) (61)
L’intégrale (59) s’écrit ici :
On minimalise l’intégrale du carré de l’erreur.


a b
∂ 2 u1 ∂ 2 u1

Soit F cette intégrale : - + ------------ – c ( x 2 – ax ) ( y 2 – by ) dx dy = 0
----------- (62)
0 0 ∂x 2 ∂y 2
F =  D
 2 dD = D
A ( u 1 ) – p   A ( u 1 ) – p  dD (54) On calcule les dérivées partielles :

Comme [formule (47)] : ∂u 1 


------------- = α ( 2x – a ) ( y 2 – by ) 
N ∂x 
u1 = ∑ αk Φk ∂ 2 u1 

k=1 - = 2α ( y 2 – by )
----------------
∂x 2 
F est minimale si :  (63)
∂u 1 
∂F ------------- = α ( x 2 – ax ) ( 2y – b ) 
----------- = 0 (55) ∂y 
∂α k 
∂ 2 u1 
Comme il y a N coefficients αk , si A est un opérateur linéaire, on - = 2α ( x 2 – ax )
---------------- 
∂y 2
a un système linéaire duquel on tire les αk .

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L’intégrale (62) devient : Substituons dans F l’expression de y :

 π πx
a b
--------- = ----- α 1 cos  -------- + --------- α 2 cos  ------------
dy 3π 3πx
2α ( y 2 – by ) + 2α ( x 2 – ax ) – c  ( x 2 – ax ) ( y 2 – by )dx dy = 0 (64) dx        
0 0

que l’on peut intégrer par parties. La solution est : d 2y π 2 πx 3π 2


= –  ----- α 1 sin -------- –  --------- α 2 sin ------------
3πx
------------
dx 2       
5 c
α = ----- -------------------- (65)
2 a2+b2 1
d’où F = ----- E I
2
d’où la fonction solution :



5 c ( x 2 – ax ) ( y 2 – by ) π
 ----
2 πx 2 2
- α 1 sin  -------- +  --------- α 2 sin  ------------
3π 3πx
u 1 = --------------------------------------------------------------
- dx – Py 0 (73)
2 (a 2 + b 2) (66)           
0

Valeur au milieu de la poutre :


2.2.5 Méthode de Rayleigh-Ritz π  3π 
y 0 = α 1 sin  ----- ----- + α 2 sin  --------- ----- = α 1 – α 2 (74)
  2   2
Cette méthode consiste à chercher une fonction rendant station-
naire une fonctionnelle.
∂F π 4  
------------ = -------- 2 α 1  ----- ----- – P = 0
EI
Si f est la solution exacte, on tente de l’approcher par une série
  2 
de fonctions Φi , affectées des coefficients de pondération αi : ∂α 1 2 
 (75)
f ≈ f 1 = α1 Φ1 + α2 Φ2 + ...... + αN ΦN ∂F 3π 4  
------------ = -------- 2 α 2  --------- ----- + P = 0
(67) EI
∂α 2 2    2 
Les Φi , linéairement indépendantes, satisfont aux conditions aux 
limites et sont des éléments d’un espace de fonctions. Elles doivent 2 P 3 2 P 3
être suffisamment dérivables et continues. d’où α 1 = -----------------
-; α 2 = ------------------- -------
- (76)
E I π4 81 E I π 4
On prend comme fonctionnelle :


x2
F = I ( f, f x , x ) dx (68)
x1

avec f (x 1 ) = f (x 2 ) = 0
I étant une fonction,
fx = ∂f / ∂x
On remplace f par son expression approchée (67).
Pour que F soit stationnaire, il faut que :
∂F
----------- = 0 i = 1, 2, …, N (69)
∂α i

On obtient ainsi N équations linéaires d’où l’on peut tirer les αi ,


si F est une fonctionnelle quadratique.
Exemple : poutre sur deux appuis, chargée en son milieu par un
effort concentré P (figure 4). Figure 3 – Conditions aux limites pour l’équation de Poisson
On prend comme fonctionnelle l’énergie potentielle :



1 d2 y  2
 ---------
f = ----- E I - dx – Py 0 (70)
2  dx 2
0

L’allure générale d’une telle déformée suggère d’approcher la solu-


tion par des fonctions trigonométriques (on pourrait aussi essayer des
paraboles, des chaînettes, etc.) qui ont, en outre, l’avantage de se
dériver et de s’intégrer facilement. On prend donc :

πx
y = α 1 Φ 1 + α 2 Φ 2 = α 1 sin  -------- + α 2 sin  ------------
3πx
(71)
     
Figure 4 – Poutre sur deux appuis, chargée en son milieu
qui satisfait aux conditions aux limites :

πx πx 
— pour x = 0 ; -------- = 0 , sin  -------- = 0 et sin  ------------ = 0
3πx 
       
 (72)
πx πx 
— pour x =  ; -------- = π , sin  -------- = 0 et sin  ------------ = 0
3πx
       

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3. Conclusion connaître les méthodes de résolution des systèmes linéaires pour


pouvoir, dans chaque cas particulier, choisir celle qui conduira au
temps de calcul minimal et à l’erreur minimale.
Cette revue trop rapide des méthodes d’intégration des équations Les autres méthodes exigent avant tout un flair mathématique ou
aux dérivées partielles montre que la méthode classique, bien que une longue expérience des problèmes traités pour choisir la ou les
laborieuse, conduit à des résultats fiables. Toutefois, il faut bien fonctions répondant aux conditions posées. La résolution des sys-
tèmes linéaires auxquels on est conduit soulève les mêmes problè-
mes que ceux rencontrés dans l’application de la méthode classique.

Références
bibliographiques

[1] COLOMBO (S.). – Les équations aux dérivées


partielles. Masson (1976).
[2] KAMKE (E.). – Differentiale Gleichungen.
Lösungs Methoden und Lösungen. Part 1 und
2. Akademie Verlag (1956).

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