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CHAPITRE 1 GENERALITES SUR LE COMPRESSEUR

ALTERNATIF A PISTON

Les compresseurs sont des équipements mécaniques permettant d’accroitre la pression


d’un gaz. Ils sont soumis à des contraintes notamment de pressions, de températures et/ou
liées à la nature du gaz.
Il existe deux grandes familles de compresseurs voir figure 2-1.
Il s’agit :
- De compresseurs volumétriques. Dans cette famille de machine on distingue :
 Les compresseurs volumétriques alternatifs à piston, à membrane ;
 Les compresseurs volumétriques rotatifs à palettes, à lobes, à vis, à anneau
liquide.
- De turbocompresseurs. Dans cette famille on a :
 Les compresseurs centrifuges ;
 Les compresseurs axiaux. [1]

Figure 2-1 Classification des compresseurs


Cette figure présente les types de compresseurs les plus couramment rencontrés dans
l’industrie du pétrole et du gaz. [1]

1.1 Description du compresseur alternatif dans les installations pétrolières [1]

Le compresseur alternatif est une machine où le gaz est comprimé dans une chambre
par une pièce animée d’un mouvement alternatif qui peut être :
- Un piston : compresseur alternatif à piston,
- Une membrane : compresseur à membrane.
Suivant notre étude, nous nous baserons uniquement sur le compresseur alternatif à piston
pour son taux de compression élevé et son débit moyen.

1.1.1 Rôle

La fonction principale du compresseur alternatif à gaz dans la production pétrolière est


d’assister et d’assurer le gaz dans les puits producteurs d’huile.
En effet, il existe au niveau des plateformes (PAD) du site des puits éruptifs, semi-éruptifs et
non éruptifs et le rôle du compresseur alternatif à gaz est d’augmenter la pression du gaz
comprimé. Ce gaz servira à la réinjection dans les puits de faible pression c’est-à-dire des
puits ayant un besoin continu en gaz pour mieux produire.

1.1.2 Les différentes parties du compresseur

Le compresseur alternatif à piston se compose de deux parties : une qui regroupe les
pièces en contact avec le gaz et qui participe directement à la compression, et l’autre qui
transforme le mouvement de rotation continu de la machine d’entraînement en un
mouvement alternatif. [5]

1. Partie cylindre [6]


 Dans un compresseur alternatif à piston, la compression est réalisée dans un ou
plusieurs cylindres.
 Dans chacun des cylindres se déplace un piston selon un mouvement alternatif
transmis par la tige de piston depuis la partie mouvement.
 Le piston délimite dans le cylindre deux chambres ou effets dont le volume varie lors
de son déplacement.
 Le gaz à comprimer est admis dans chacun des effets où la réduction de volume liée
au mouvement du piston crée l’augmentation de pression voulue.
 L’aspiration et le refoulement du gaz dans chacun des effets sont contrôlés
respectivement par des soupapes1 d’aspiration et de refoulement dont l’ouverture
automatique est commandée par la différence de pression qui règne de chaque côté de
la soupape considérée.

2. Partie mouvement [7]


La partie mouvement d’un compresseur alternatif fait intervenir les éléments suivant
cf. figure 2-2 :
 Le vilebrequin, animé d’un mouvement de rotation continu communiqué par le
dispositif d’entraînement, tourne sur plusieurs paliers et possède des axes excentrés
appelés manetons sur lesquels viennent s’articuler les bielles.
 Les bielles: c’est la liaison entre le piston et le vilebrequin, elle transforme la pression
du piston en force sur le vilebrequin. Il y a une bielle par cylindre.

1
Soupape: Elle sert à fermer et ouvrir une chambre ou un conduit à la demande.
 La tête de bielle est la partie qui s’articule autour d’un des manetons du vilebrequin.
 Le pied bielle est la partie de la bielle qui s’articule autour de l’axe de crosse.
 Les crosses, appelées aussi coulisseaux, sont guidées par des guides de crosse qui
leur imposent un déplacement rectiligne. Il y a une crosse par cylindre et donc par
bielle. Sur chaque crosse est fixée la tige de piston du cylindre considéré.
 C’est l’ensemble « bielle + crosse + guide de crosse » qui permet de transformer le
mouvement de rotation continu du vilebrequin en un mouvement rectiligne alternatif
qui est communiqué au piston2 par sa tige.
 Les différents organes de la partie mouvement sont logés dans le bâti encore appelé
carter.
4 2
7
1

6
3
8
5
1 Vilebrequin 5 Crosse
2 Liaison bielle / vilebrequin 6 Guide de crosse
3 Bielle 7 Tige de piston
4 Liaison crosse / bielle 8 Piston

Figure 2-2 Partie mouvement

Les différents types de compresseurs à pistons [2]


Il existe deux types de pistons : à simple effet et à double effet.
Si le piston comprime le gaz sur une course alors on dit que le compresseur est à
piston simple effet.cf figure 2-3 (a).
Si le piston comprime le gaz sur les deux courses on dit que le compresseur est à
piston double effet.cf figure 2-3 (b).

2
Piston : Pièce cylindrique mobile, qui sert à comprimer les gaz en vue d'une explosion.
(a) Simple effet (b) Double effet

Figure 2-3 Schéma d’un compresseur alternatif à piston

Nous nous intéressons particulièrement au compresseur alternatif à pistons double


effet du modèle JGE-4 de type de la marque du fabriquant ARIEL.

1.2 Présentation de l’ensemble du skid compresseur gaz

L’ensemble compresseur est constitué des trois équipements suivants :


- Moteur d’entrainement
- L’aéroréfrigérant
- Compresseur à gaz

1.2.1 Moteur d’entrainement [8]

Alors que chaque compresseur a besoin d’un moteur d’entrainement soit un moteur
électrique ou un moteur thermique, dans notre cas il s’agit d’un moteur à gaz CATERPILLAR
G3516 (1265 HP/ 1400 tr/min) voir figure 2-4. Ce moteur est composé de 16 cylindres et relié
au compresseur par un accouplement mécanique.

Figure 2-4 Moteur à gaz CAT G3516


1.2.2 L’aérorefrigérant [4]

L’aéroréfrigérant est un dispositif permettant de transférer l’énergie thermique du


fluide interne vers l’air extérieur. Généralement on utilise cette méthode pour refroidir un
liquide ou un gaz. Il est composé d’une surface d’échange et d’un moyen de ventilation. Voir
figure 2-5.

Figure 2-5 Aéroréfrigérant

Lorsqu’un gaz est comprimé sa température augmente. Cette chaleur se dissipe dans
les différentes parties du compresseur. Il est donc nécessaire de prévoir un système de
refroidissement via l’aéroréfrigérant. Voir figure 2-6 ci-dessous.

Figure 2-6 Circuit de refroidissement du gaz


Ce schéma indique la circulation du gaz à travers l`ensemble du skid moteur-compresseur.
Cet exemple est une compression du gaz qui se déroule en 4 étages avec un cylindre pour
chaque étage.
Lorsqu’on passe d’une étape à une autre, la flèche se rétrécie et le scrubber devient de plus en
plus petit.
Le refroidissement du gaz se fait suivant la loi des gaz parfaits : Toute élévation de
pression entraine simultanément une élévation de température.
PV =nRT
Avec :
- P : Pression
- n :quantité de matière
- R :Constante des gaz parfaits
- T :température

On refroidit pour :
 Eviter toute élévation de température dans le système.
 Pour éviter les cassures des pièces.
 Pour la sécurité des équipements et des personnes.
Le liquide de refroidissement utilisé est le COOLELF CHP SUPRA fournie par TOTAL
MARKETING.

1.2.3 Compresseur à gaz [8]

Pour assurer la compression, on doit installer un compresseur qui a pour rôle


d’augmenter la pression d’un gaz. Dans la station de TSIENGUI, il s’agit du compresseur
ARIEL JGE/4 voir figure2-7.
C’est un compresseur alternatif à double effet à 4 cylindres et 4 étages. Il augmente la
pression du gaz issu du scrubber. A cette pression le gaz est envoyé dans les puits et sert à
leur activation.

Figure 2-7 Compresseur alternatif du type ARIEL JGE/4


1. Description du compresseur

Ce compresseur à gaz est constitué des éléments ci-après :


 La partie cylindre (voir 2.1.2-1)
 La partie mouvement (voir 2.1.2-2)
 Les scrubbers gaz
Le scrubber gaz est généralement installé à l’aspiration de chaque étage du
compresseur. Le nom de « scrubber » est un mot anglais. Il signifie simplement que les
hydrocarbures gazeux qui entrent dans le ballon sont scrubbed (séparés) des liquides
(appelés généralement condensats3) ayant été entraînés avec.

 Les ballons antipulsatoires


Sur chaque étage, nous avons deux ballons antipulsatoires. L’une à l’aspiration et
l’autre au refoulement du gaz. Ces ballons absorbent les crêtes de pressions et de
pulsations. En effet plus la section de conduite est petite et plus les crêtes de
pression augmentent. C’est pourquoi il convient de prévoir des ballons
antipulsatoires pour minimiser ces fluctuations de pression.

2. Principe de fonctionnement du compresseur [3]

 Cycle de compression
Le piston d’un compresseur évolue entre le point mort haut4 (PMH) et le point mort bas5
(PMB) suivant le cycle ci-dessous (cycle correspondant à un tour de l’arbre-vilebrequin).

Figure 2-8 Cycle de compression


3
L’eau, l’huile, les pousssières forment une émulsion de couleur laiteuse qu’on appelle condensats. On les
retrouve après différents étages et il est nécessaore de les éliminer.
4
Point Mort Haut est la position de monté maximum du piston
5
Point Mort Bas est la position de descente maximum du piston
Le cycle de compression du compresseur alternatif à piston à double effet comporte
trois étapes dont: l’aspiration, la compression et le refoulement. Le schéma ci-dessus
(figure2-8) représente un cylindre associé à un piston à double effet. Ce cylindre se compose
de deux chambres et de quatre soupapes dont deux soupapes d’aspiration et deux
soupapes de refoulement. En effet chaque chambre comprend une soupape d’aspiration et
une soupape de refoulement. Pendant le mouvement du piston entre le PMH et le PMB, le
cylindre présente une chambre basse pression où se déroule l’aspiration du gaz et une
chambre haute pression où se déroule le refoulement du gaz pendant sa compression.
On en déduit que l’aspiration et le refoulement s’opèrent instantanément dans les deux
chambres pendant la course du piston dans le cylindre.

 La course du piston
La course du piston de notre compresseur alternatif est la distance du mouvement du
piston dans le cylindre entre le PMH et le PMB. Cela n’est pas la pleine longueur du cylindre.
Voir figure 2-9.

Figure 2-9 Schéma de la course du piston

 Sa formule est déterminée par :


Course piston=d PMH −d PMB
Avec :
Course piston: Course du piston en millimètres (mm)
d PMH : Distance du PMH en millimètres (mm)
d PMB: Distance du PMB en millimètres (mm)

 La cylindrée
C’est le volume de gaz comprimé par le piston dans le cylindre entre le PMH et le PMB.
Sa formule est donnée par :
Cylindrée=V PMH −V PMB

Avec :
V PMH : Volume du PMH
V PMB: Volume du PMB

 La montée en pression
La diminution de volume entre deux(2) cylindres provoque une montée en pression.
Le volume des différents cylindres diminuant à chaque étape, la montée en pression se fait du
1er étage au dernier étage jusqu’à la pression maximale prévue voir figure 2-6. En effet,
lorsque la pression dans le cylindre atteint le seuil de déclenchement du clapet de refoulement,
le gaz se déverse dans un autre cylindre plus étroit que le précédent.
La montée à de telles pressions ne peut s’effectuer que par étages successifs, car les
contraintes imposées en températures et en efforts mécanique ne peuvent être supportées.

Légende : (Voir figure 2-6)


En marron : pression d’aspiration du gaz au 1er étage compris entre 30 à 60 PSI
En vert : pression de refoulement du gaz au 1er étage compris entre 76 à 170 PSI
En rose : pression de refoulement du gaz au 2ème étage compris entre 173 à 510 PSI
En bleu : pression de refoulement du gaz au 3ème étage compris entre 500 à 1160 PSI
En orange : pression de refoulement du gaz au 4ème étage compris entre 1650 à 2120 PSI

 Le taux de compression
Le taux de compression est la proportion entre la pression absolue d’aspiration et la
pression absolue de refoulement du compresseur au niveau de chaque cylindre. Il est constant
sur chaque étage et ne comporte pas d’unité de mesure.

Pression ref
τ=
Pression asp
Avec :
τ :Taux de compression 
Pressionref : Pression de refoulement de l’étage « n » en PSI
Pressionasp : Pression d’aspiration de l’étage « n » en PSI

3. Description du système de lubrification du compresseur

 La partie mouvement [10]


Figure 2-11 Système de circulation et de refroidissement de l’huile du carter du compresseur

Ce système a deux rôles majeurs à savoir, l’un comme un système de lubrification du


bâti alimentant en huile les parties en mouvement du compresseur et un autre celui de
maintenir la pression et surtout la température de l’huile dans le carter via un système de
refroidissement par le refrigerant d’huile. Voir figure 2-10. Cette huile, NATERIA MH40 6,
est fournie par TOTAL MARKETING.
L’huile en provenance du carter du compresseur est aspirée par une pompe à haute
pression (pompe à engrennages) via un filtre en Y, où elle est séparée de ses impuretés et
refoulée à travers une conduite en passant par un T, où dans un premier temps sa température
sera regulée à l’aide d’une vanne de regulation thermostatique (passage directe) et de l’autre
où elle doit se faire refroidir via le refrigerant (passage indirecte) si les conditions normales de
temperature et de pression ne sont pas respectées ( < 80°C) / (56 à 60 PSI).
Cette vanne thermostatique reste normalement fermée et tarée à une température
variant entre 70 - 75°C. Si la temperature est supérieure à 75°C, la vanne thermostatique
restera fermer et cette huile suivra le circuit de refroidissement via le refrigerant avec une
température d’entrée à 80°C (±2°C) pour sortir à 50°C (±2°C) et sera dirigée vers les filtres
6
Huile ayant une très longue durée.
pour retourner dans le carter du compresseur. Ce cycle continue pendant le fonctionnement
normal du compresseur, et assure le maintien et l’intégrité des internes du compresseur.

  La partie cylindre [9]

Figure 2-12 Schéma du système de graissage de la partie cylindre

La partie cylindre est alimentée en lubrifiant par le système de graissage. Cette


huile,ORITES DS270, a une bonne viscosité (permet de garder le cylindre dans son intégrité)
et un excellent pouvoir de lubrification. Elle lubrifie et refroidie les cylindres et les garnitures.
Le système de graissage alimente par gravité en huile deux circuits : les cylindres paires (2/4)
et impaires (1/3) du compresseur et les garnitures associées. La Figure 2-11 montre l’exemple
d’un circuit. L’huile issue du reservoir passe à travers un filtre avant d’arriver à l’aspiration de
la pompe. Le filtre est monté pour empêcher de grosses particules de pénétrer dans la pompe.
Ensuite sur la ligne de refoulement de la pompe, il y’a un disque de rupture qui en cas de
blocage du système, la pression accumulée viendra fracturer ce dernier ( ces disques sont de
couleurs jaune et violet et résistants à des pressions très élevées (3250-3700 PSI)). L’huile
circule alors jusqu’au bloc de distribution. C’est à ce niveau que le lubrifiant est réparti afin
de fournir la quantité exacte d’huile aux cylindres et garnitures. Chaque sortie est dotée d’un
clapet anti-retour pour empêcher l’huile de retourner dans le bloc. Un manomètre située sur le
bloc de distribution permet d’enregistrer la pression du système et un enregistreur est installé
pour rapporter le taux de lubrification dans les différents cylindres.

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