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UNIVERSITÉ FÉLIX HOUPHO UËT-BOIGNY

.....................
UFR DES LANGUES LITTÉRATURES ET
CMUSATIONS
...................................
DÉPARTEIIENT DES SCENCES DU LANGAGE

LES PROVERBES BAOULÉ :


ESSAI D'ANALYSE ETHNO-
ÉNONCIATIVE

Thèse de Doctorat Unique

Option : Enonciation

PR§EN1'tt PAR :
André-llarieBEUSEIZE

JURY:

Léa N'Goran épouse POAMÉ, Professeur Titulaire, Présidente ;


Jérémie N'Guessan KOUADIO, Professeur Titulaire, Directeur;
Jérôme Yao KOUADIO, Docteur d'État, Maître-assistant, Co-directeur;
Roger Camille ABOLOU, Professeur Titulaire, Membre ;
Firmin AHOUA, Professeur Titulaire, Membre ;
Henri GADOU, Professeur Titulaire, Membre.

Alidjln, 17 AVRIL 2013

~
À notre épouse, Ahossia N'Guessan Nathalie et à nos enfants :
Phamien Ange-Eu loge, Nankia Archange-Or1ie et Maity Pharès-Élie.
• On ne peut s'enivrer du vin consommé par autrui. »

Proverbe baoulé.
SOMMAIRE
4

SOMMAIRE 3
REMERCIEMENTS ........................................................................................•.....•.............. 5
ABRÉVIATIONS 7
INTRODUCTION GÉNÉRALE 8
PREMIÈRE PARTIE PRÉSENTATION DES BAOULÉ, DÉFINITION DU
PROVERBES ET TECHNIQUES D'INVESTIGATION 137
CHAPITRE I PRÉSENTATION DES BAOULÉ 139
CHAPITRE 11190 DÉFINITION DU PROVERBE 190
CHAPITRE Ill TECHNIQUES D'INVESTIGATION ET RECUEIL DE DONNÉES
.......................................................................................................................................... 216
DEUXIÈME PARTIE: APPROCHE ETHNO-ÉNONCIATIVE DES PROVERBES
BAOULÉ 234
CHAPITRE 1 :235 DÉFINITION DE L'ETHNO-LINGUISTIQUE LA
PARÉMIOLOGIE BAOULÉ: UNE STRATÉGIE ETHNO-DISCURSIVE 236
CHAPITRE Il :270 THÉMATIQUE DES PROVERBES BAOULÉ 271
CHAPITRE 111315: PROVERBE BAOULÉ ET SOCIÉTÉ 316
TROISIÈME PARTIE: DE L'ÉNONCIATION A LA PARÉMIOLOGIE:
CONFIGURATIONS ETHNO-ÉNONCIATIVES DES PROVERBES BAOULÉ ... 350
CHAPITRE I ANALYSE ÉNONCIATIVE ET PRAGMATIQUE DES PROVERBES
BAOULÉ 352
CHAPITRE Il: CONFIGURATIONS SÉMANTIQUE ET MODALE DES ÉNONCÉS
PROBERBIAUX 417
CHAPITRE 111516 AU NIVEAU DE LA CONFIGURATION ARGUMENTATIVE,
STRUCTURALE ET POÉTIQUE DES PROVERBES BAOULÉ 516
CONCLUSION GÉNÉRALE 553
BIBLIOGRAPHIE 559
TABLE DES MATIÈRES ............. 595
REMERCIEMENTS
Nous manifestons toute notre gratitude au Professeur KOUADIO N'Guessan
Jérémie, notre Directeur de Thèse. Il a suivi ce lravail jusqu'au bout et il n'a jamais
cessé de nous rappeler les conditions d'une démarche scientifique élaborée dans
la rigueur. Son attitude nous fait penser à ce proverbe baoulé : «L'éléphant
marche-t-il devanl, la rosée peut-elle mouiller le lièvre?», ce qui signifie qu'on est
assuré d'être en sécurité quand on est guidé par un homme d'expérience.
Nous rendons hommage tour à tour au Professeur ABOLOU Camille Roger,
au Docteur d'État KOUADIO Yao Jérôme, professeur de parémiologie à
l'Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, aux Docteurs N'GOTT A
N'guessan Roger, KRA Yao Georges et KOUAME Kouakou qui n'ont jamais
cessé de nous soutenir et de nous encourager.
Nous disons merci à notre famille en particulier à feu notre père HOUACCA
Beuseize Philippe qui a assuré notre éducation dans le respect de la tradition
héritée de ses ancêtres et à ses épouses feu ADIO Claire, KONAN Akissi Bah
Juliette.
À notre frère aîné BEUSEIZE Marie-Joseph et à son épouse, KANGA N'drî
Germaine; à tous ceux qui n'ont jamais perdu patience face au temps interminable
que nous mettons à mûrir pour assumer nos responsabilités.
Enfin, toute notre gratitude à la communauté baoulé des villages de
Samoïkro, Kouakou-Houaccakro, Agba-kouassikro. Nos pensées joviales vont
à l'endroit de nos informateurs pour leur accueil et surtout leur dévouement :
AKIRI N'guessan ; BEUSEIZE Hubert N'guessan ; Nanan N'GUESSAN
Kouadio Jean et à feu N'GORAN Yao Alla, les quatre principaux. Nous vous
remercions.
ABRÉVIATIONS
Dans la présente étude, nous utilisons les abréviations suivantes :

N(s) Nominal sujet


V(p) Verbe prédicat
Ace Accompli
Dèf Défini
Hab Habituel
Prop Proposition
Réd Rédupliqué
Prog Progressif
N Nom
Synt.dét Syntagme déterminatif
Coord Conjonction de coordination
Prob Probabilité
Anap Anaphore
Litt Traduction littérale
8

INTRODUCTION
GÉNÉRALE
L'intérêt pour l'étude des proverbes est très ancien et toujours d'actualité. De
nombreux travaux montrent que le proverbe est un genre communément admis,
pratiqué depuis l'antiquité. En effet, tous les philosophes de l'antiquité savante ont
attaché une importance extrême aux proverbes. C'est sous forme de proverbe que
les prêtres firent parler les oracles, que les législateurs promulguèrent leurs lois,
que les sages et les savants résumèrent leurs doctrines.
Ces maximes de la vie pratique devinrent si recommandables chez les
peuples de l'antiquité que, pour les avoir sans cesse présentes à l'esprit, ils les
inscrivaient sur les monuments publics des villes et même des villages. Ces
inscriptions étaient si nombreuses dans !'Antique que Platon prétendait qu'on
pouvait faire un excellent cours de morale en parcourant cette contrée.
À ces travaux de collection peuvent s'ajouter ceux d'analyse qui montrent que.
Parmi ces travaux, il y a, par exemple, celui de Christine Barras dont l'introduction
met en relief l'intérêt du proverbe. En effet, elle écrit : « Les proverbes reflètent une
sagesse populaire fondée sur l'expérience relative à la conduite personnelle, aux
règles de vie en société et aux comportements dirigés par la volonté ou soumis à la
fatalité. Ils échappent aux frontières et au temps : pourtant on a jugé bon de résumer
cette sagesse en paroles courtes et efficaces, héritage oral transmis au cours des
siècles ... '•
Ainsi donc, les proverbes sont des paroles. Cette réalité, certains chercheurs
dont KOUADIO Yao l'ont déjà manifestée de façon lumineuse en citant un proverbe
yoruba qui stipule que : « Le proverbe est le cheval de la Parole : quand la Parole
se perd, c'est à l'aide du proverbe qu'on la retrouve. •'

Christine BARRAS, Les Proverbes dans les patois de la Suisse Romane, Paris, PUF, 1984 P. 12

Jéfôme Yao KOUADIO, Les Proverbes baoulé (Côte d'lvcire): Types, fonctions et acluaitê, Abidjan,
Dagekof, 2006, P. 328. Le chert:heur précise <JJ8 ce proverbe est aJSSi ~ é • le prOY0fbe des
pro,emes,.
10

Dans les sociétés traditionnelles africaines en effet, les proverbes


régularisent la vie. Cela s'explique par le fait qu'en Afrique, et même de façon
universelle, la parole joue un rôle primordial. Pierre Clastre confirme cette assertion
lorsqu'il soutient que : « en Afrique, le verbe est sacré en ce sens qu'il contient
toutes les valeurs de la tradition. » Il se fait même plus explicite en écrivant:
« Parler est pour le chef une obligation impérative, la tribu veut l'entendre : un chef
silencieux n'est plus un chef( ... ] Ce n'est pas d'esthétique qu'il est ici question,
mais de politique. ( ... J La parole du chef n'est pas dite pour être écoutée. ( ... ]
parce que, littéralement, le chef ne dit, fort prolixement, rien. Son discours
consiste, pour l'essentiel, en une célébration, maintes fois répétée, des normes de
vie traditionnelles. »3
Les propos de Clastres attirent notre attention sur la délicatesse de la parole,
parole structurée pour donner une force à la langue puisque, ayant pour fondement
essentiel le proverbe. En effet, parler, faire « acte » de discours, c'est emprunter
un mode d'action spécifique mais général puisque utilisant un système commun à
tous qui est la langue. Qu'il y ait ensuite des « manières » de dire, des • styles »,
des « formes » qu'on retrouve d'un discours à l'autre, cela ne fait non plus aucun
doute. Repérer certains de ces « procédés », de « ces ingrédients • n'est pas
difficile.
La prise de parole chez les Baoulé rime avec ces réalités dont le proverbe qui
correspond à l'exercice de certains pouvoirs. Cette prise de parole est soumise à
des règles.
La parole doit être énoncée avec des fondements culturels. L'harmonisation
des paroles de l'orateur à des situations publiques précises de la vie correspond à
ce que Dominique Zahan appelle « Une eugénie de la parole »4 . Le proverbe

Pierre CLASTRE, 1974 • La Société contre fÉtat .1 , Paris, Masson, P 174-175

Dominiq.Je ZAHAN, La Oaledique du verbe chez les Bambara, Paris, l"l)rimerie Daratiére, Thèse ès
Lettres, 1963.
présente à leur assentiment ,1•
Pour le Baoulé, mener une argumentation soutenable ne peut se départir du
proverbequis'inscritdanslasituationdecommunicatiOfl.
Le proverbe, intervient 1oujours dans une situation de communication bien
précise qui convoque des arguments mobilisés sous forme de preuve. Et donc,
c'est dans l'optique desef\'irdejustification des thèses que l'on avance qu'on a
recoursauproverbe.Leprovertienes'énoncepasdemaniéregratuite,carilest
usuellement employé dans l'objectifdepi1ier.vgurnentatif, car en conformité avec
uneinstancesupérieureextérieure:lasagessepopulaire
Dès lors, on comprend mieux pourquoi le locuteur baoulé, en grand
stratége,inscritsondiscoursdanslasuprématie,c'est-à-direenprenantappui
sur sa cosmogonie, sur des divinités, en se référant aux sages: la stratégie
ethno-discursivequ'incarneleproverbe.Uneparoleofficiellequiprendcorps
danslemilieuambian\,s'assurelagaranliedelacommunicationdans un!ieu
commun à tous les Baoulé. Ainsi, la parole de l'orateurlrouve protection dans
l'ombred'uneinstancesupérieurequ'estleproverbe.
A ce propos, Schippers estimait que c Les proverbes ont par eux-mêmes un
prixassezgrandpourpouvoirsepasserdeceluiquileurprêteraitunhabile
agencement. Ils ressemblenl aux perles qui, pour être mal enfilées, n'en sont pas
moinsprécieuses.,1
Cette évidence implique que l'emploi de proverbe obéit à des règles. li est
problématiqueetpourtant incontoumable,carc'estbienluiquiapportedel'eauau
moulindel'i0èedeœluiquiledi1enlalorli1ian!e.

Lann10M()N-80llEAIJ,USlfl/dlf~ ~ «~ Pwio.~ 1967.

"
ThcmMSCttll'Pf.RS,,L•~ - - dl~ do.....:iQ;:IJlM<l.lM,- .i
~·~ .• ~ ~ 1,ilUilc.tllilftdlS..,.,,,!.~ dol'lt>;eroi.
~ 199.2.
C'est JXlUr œtte raison que Cauvin, rooordoot affirme nettement que: c Le
proverbeenrobedansunlangagesubtilsonproprecodedontt'émetteursesertpour
enrichirsonmessage1a
Tenant compte de ces deux réalités, on peut dire que le proverbe est un
langage mais un loogage que l'on doit 'interroger', puisqu'ayoot ses propres
réalités. En effet, il prend des toomures allégoriques, donc il n'est pas saisi comme
l'est la pwole ordinaire. D'ailleurs, un proverbe de même que tout ~ de parole
doitsesoumettreauxréglesdelalanguesurtouslesplans.
Or,l'onremarquequ'avecleproverbe,l'onestendroitderespecterd'autres
fondementsd'orgooisationintemequiren'IOientàdesrapportsd'èquivalenœentre
diverspointsdesesconstituoots.Pournous,Nfautl'analysefsuruncertanncrnbre
depoints:
Mener une réflexion linguistique vers les champs contigus de la
syntaxe,delasémantique,del'énonciation,del'écologie;
Leproverbeenoutreouvresurlaproblémaliquedela•signifiance•:
sémantisant \a totalité du matériel verbal, démultipliait les ploos de
l'interprétation. Lesdegrésdesensd'unseule1mêmeproverbepeuven!
s'interpènétre<pourproduiredesdegréshybridesoudeseffetsdesens
différentslesunsdesautres.
Cesdegrésenooalysepavîennentétroitementd'unordresymooliquedu
langage selon le mot de Sperber et Wilson (1989)9 décrit également œ- Rodegem
{1985).•0

Jmr,CALM N.~ lesPfl1l'Oltioo.lM ~ _ ..,...".~ '~dlior9s.t.f'au.1961.P.6


Au-delàdeladescriplionetdel'analysedesspécificitésdecette langue de
spécialité qu'est le proverbe, ce sujet s'inscrit dans un champ d'analyses
linguistiquesconcernantlesliensentrepeuple,cultureetlaigue.Eneffet,nous
avons constaté que les 8<1'Julè utilisent les proverbes quand ils parlent et, ces
proverbes auxquels ils se refèrent contribuent à faire passer le message. Lorsqu'on
observe les proverbes des Baoulé, on remarque qu'il y a une manière particulière
de les construire. Les Baoulé se basent sur leur environnement immédiat, leur us et
coutumes pour construire leurs proverbes. C'est ce qui nous a erenè à nous
intéresser à l'aspect ethf'Krenonciatif; à la fois au message véhiculé et à la
structure des proverbes d'où l'ethoo.énoncialion. Pour vérifier, démontrer la
vèrir::itédel'impressionquenousavonseue,nousavonsvoulurèfléchirsurlesujet
suivant:,Lesproverbesbaoulé:esuid'analyseethno-ênonciatlve»
Notreobjectifpremierestdefaireuneétudequinousconduiraaucœurd'une
réflexionsurlelie11entrelesproverbesbool.Jléetleurcontexted'émergence,à
savoir la culture, le terroir beooë. Il s'agira de prouver que les B<l'Julé, en fàsant
recours au proverbe, utilisent une stratégie fortefficacepourasseoirleur
ayumentation. En d'autres termes, nous voulons prouver que la langue est
fortementlièeàlacultureetauterroir,d'oùlanécessitéd'ètajirunlienentrela
langue,lacultureetlepeuple.
C'estdoncdanscetteperspectivequenousanalysonslesproverbesbaoulè
perçuscorrvneunsocleargumentaire.Encesens,lesmotsetlesconceptsqui
servent à construire le proverbe ne sont pas choisis au hasard. Dés lors, ta
problématiquedusujetpeu1seposerendeuxinterrogations:
1. Comment se déploie la culture des Baoulé dans les proverbes?
2. Les proverbes sont-ils fondès sur une sorte de slTatègie
argumentairepropreaupeuplebaoulé?
Ainsi,lacompréhensiondusujetdevientchoseréelle,voireaiséequandles
notionsessentiellesquientrentd~ssacompositionsontctarifièes. lls'agitdela
notion de proverbes et d'analyse elhno.énonciative
Pourétreenphaseaveclelibellé,nousallonstenterdedéfinircesdifféfentes
notions relativement à notre approche tfléorique et méthodologique.
Lechoixdesméthodesestconsècutifàlamatiéredel'étudeetsurtoutausujetà

C'estpourquoilesméthodes auxquellesnoosauronsrecoursseronldedeux
ordres: les méthodes pour l'analyse du corpus et celles qui sont liées à sa
constitution.Mais,avanttout,précisonsd'abordcequenousentendoospar
canalyseethno.énonciative,
Le terme« analyse e\hno-énonciative, touche certains domaines de la
linguistique ncœrre. Il touche à la sémantique, à la syntaxe, à la
sociolinguistique, à l'ethncûnquisfque (rapport culture, peuple etlallQue) el
surtoutàl'énonciation11carleproverbe,énoncéoralestanalyséininlel/edu
correspondantà:«Touteslesassociationsd'ideesquipeuventseforger,àpartir
d'un mot, avec tous les autres mots du lexique qui présentent un point commun
avec celui-ci. ,11 et in ecu. correspondant aux c liens d'enchainement qui se
nouentdanslediscoursentrelesunitésconsécutif'Squiconstituent!aligriedela
pa-ole.,13(Cornu,idem.cil)Nosanalysesporterontsurlesproverbesdansleurs
élansethno-énonciatils.

.i. .•••• ~ •• - - •••• ~ ~


L'&rràolm, •• 1nnj:,isMO:i1:ilrm>er."'l'Ol!)o,ffl1317;~ffl'l611;tr<lf'Ollil1<J_iaerl.ilrm>er> ••
1l!l6; •• SV-kl_,.....,.,,.,16Zlpil-·~•ffll!&.Ero>:ilb'l<i, •••
-......Umrno<iJ-.....-,dulL.lllg,ti*-"'°'"'!J.fllo.-jonllilul(X)-ruù•
,_,.,,nq,1,,rfOll!rifu,tL\nnMof:8'°PO-dollrldoll~_,,du ••• ~
1. •ododo~ .do- •• Ml!l'Q .dri:>Jadol •••• dol.,a.tll! l>
2. ,,.. . .,œ <ft....,lls:u:ido'eflri'* ,oletdor~ pru,g1m ;.,oQta1~ ,.
a..n..... .,~ ~ dilli\JlO"'octodo>*Ol~ f:8'11dlll!oetr. ....,<:1 .
GR.ISSIN,2(:l )(P.7S

C,,,, _ (JIO,....cilonooont....,,.... .Gecrg,ooCOf!NJ,~ ;.r;dq.-.P.U.F,Porit,2005


P.192
On entend donc par I analyse ethno-énonciative • tout ce qui concoure,
pa1icipe à la compréhension de l'énoncé provefbial en tant que tout
onomasiologique. Delbecque (2002 :59-60) stipule que : 1 Le but principal de
l'analyseonomasiologiqueestdemettreàjourlastructuresou5-i0Cented'un
ensemble de rrots conceptuellement proches, c'est-à-dire de découvrir comment
ces mots s'organisent dans ce qui est communément appelé un chanip lexical. •
En analysant , la structure soos-ja::ente d'un ensemble de mots
conceptuellement proches 1, nous comptons retrouver la I réajité sccee » du
peuple qui les utilise. C'est en cela que Sapir voit certaines p.riculaités liées aux
pratiques du peuple. L'analyse, ethno-ênonciative • se veut à la fois
ethnoliriguisliquecarenréalité,àyvoirdeprès,tcutproverbesentleterrareton
peut dire qu'il est le caque du peuple à partir du moment où~ parle du peuple tel que
lepeupleleveutetl'exige.Lepeuples'entcuredevaleursclassiquesetconnaît,à
n'enpointdoute<,desfomlulesquitirentleursquintesseocesdanssonterroir,deson
müieu amaal\. Cette conception du langage a ravantage de ne pas l'isdef de son
contexte culturel el social, mais au contraire de le présenter comme un lieu privilégié
où l'on peut sàsir le rapport qui existe entre l'homme et le monde qui l'entoore. Le
symbolisme ethno-ênoociatif fait référence à un savoir historique, à des événements
quiontmarquélaviedespersonnesetdelaCOl1Yll'Jnaulé
A travers cette symbolique s'opère un lien entre le locuteur qui emploie le
provertle e1 la communauté qui adhère aux mêmes valeurs que celui-ci. le langage
provefbialestundiscoursbasésurl'expérience,undiscoursdidacliquefondésur
la culture commune des Baoulé. Ce discours régule le vécu du peuple baoulé
comme fondement d'intégration sociae.
Leproverbequifai11'objetdecetteétuôesesituedansuncontexteoral.Le
proverbebaouléestparnature,nonècritllaélédit,puisrépété.lesproverbes
sontdesparolesd'abordprononcées,puistransmisesoralement,degénérationen
génération.Lesprovefbesappa1iennentàl'expressionorale.

Lela,gageproverbialestsouslaréserved'uneambiguiléqui pèsesurtoos
sescara:::tères(!'armedesrhéteursetilestptl"essencepopulaire)unlangagede
groupe,unlangagetechnique,unlangagetradilionnel.
Celangageenquestionn'estcependantpas,pourleBoouléunrooyende
communication à usage interne. , Nul n'est censé ignorer un proverbe. •
C'estdoncunlangagequiavocalionderègnernonseulementsurles
échanges inter-initiés, mais dans la communication du proverbe à tous ceux qui en
sontlessujets{lesnon-initiés).Encesens,onpeutdirequelelangageproverbial
estunlangagepublic,scx:ial,unlangageciviquemaisquiestvoilépaessence.
Il a pour fonction la communication : ce qui est communiqué, c'est la
pensée proverbiale; elleestcommuniquéeaucours d'un acte dans le cadre
foumiparcettelanguedel'oralité:lebooulé
Lesènoocésproverbiauxbaoulécontiennentunebonnepatd'informations
présupposée ou présen1èe comme connue. Il n'est dés lors pas étonnant que les
non-initiés ne puissent pas en tirer grand-chose. Comment expliquer l'abîme entre
l'interprétation littérale de l'énoncé produit et l'inlefprètation nuancée que les
auditeurs en font spontanément.
C'est en réponse à cette situation que Grice (1979: 45-46) a proposé comme
modèle coopératif fondamental de la communication humaine ce qu'il appelle le
principedecoopération".Pourplusdedétail,nousrenvoyonsàcetowrage.
Le tenne de situation sera souvent employé, conjointement à celui de
contexte, pour désigner ce qui perme! de lever les a-nbiguilés. Mais déjà chez
Weil,c'estquelquechosedeplus:lelieuderencontredescoénonciateurs
PourSechehayeetBatly,lasituationestlepointdedépatdel'énonciation,
centréesurlesujetparlant

(H.P!œtCE.•~et.,.,,_....,,_.,~n·ll,Pari&,f'UF.197ll
Ce que Benveniste définit comme, l'appa-eil f~ de l'énonciation ,15 , est
en fin de compte la situation éflonciative, lieu des références : une structure
cemrèe se e locuteur, contenant l'opposition de personne (moi (ici l'émetteur du
proverbe)l1oi(w;iledestinataireduproverbe))etl'oppositionpe<sonne/non-
personne(outroisièmepersonne,foodc11\lapossibilitéd'undiscourssurle
roonde),inlégrantunrroment(maintenant).
Cl.llioli (1971) approfondit • énoncer, c'est construire un espèce, orieflter,
déterminer, établir un réseau de valeurs référentielles, bref, un système de
repérage.111 Lasituationd'énonciation,concepttechnique,estnonseu1ementune
structuremaisaègalementlafonclionderepéredel'éfloncéprovertial:satkhe
c'est del'exptcilerrd'enrerdre compte.
Pour mieux comprendre le discours proverbial, nous allons l'analyser
confonnèment à notre approche théorique et méthodologique. En effet, il existe une
va-iétèd'écoleslinguistiquesdontleC.ercledePraguefonnèa:.itourdeJakobson
Troubetskolquiadonnènaissanceàlaphonologiestructurale;structuraliste
amèficaine de Bloomfield et Hëllis étudie les comportements associés à l'octe de
ccwoncetcn ; le cercle de Copenhague de Hjemslev s'inscrit dans la lignée de
Saussure
Lalinguistiquestructuraleadonnènaissanceàlalhéoriefonctionnellequi,à
son tour engendra la thèorieènonciative. C'est pourquoi une analyse, fructueuse
soit-elle,gagneentransparence,s1nonenctartéquandellesefaitprécéderde
l'exposiliondel'optiondanslaiuetleelles'inscrit
Nous osons croire avec Maingueneau que• l'énoncé proverbial est
Jorcièrement polyphonique s.u

,. ,.. ., ...CI..U a ..l.,APftlPOld~ ...,_ dor-.1en i4omertb rnel- 11ngr., M ....- ,.


in ~ ols.:. a .~ Tom,3-l,f'n,Gaei,o, •• •• ,1971
C'est pourquoi, pour l'analyse des proverbes baoulé, nous f'lOUS inscrivons
dans la théorie de la polyphonie d'Oswald Ducrot. Nous en présentons quelques
aspects:
Lesdeuxnotionsdepolyphonieetd'énonciationsontliéesdepuislestravaux
d'Oswald Ducrot, au début des années 1980. Cette notion d'énonciation dépasse
ceceooen largemen1 la problématique de la pragmatique intégrée, qui en donne
d'ailleurs unedélinitionbeaucoopplusètroitequeladéfinitionlinguistique
traditionnelle comme nous le verrons.
Àl'origine,letemieénonciationdésignelesexpressionsdonlle5ef1Sdépend,
en pa1ie au rooins, de la situation dais laquelle ils sont employés et vaie avec elle
: autrement dit, les expressions qui relèvent de la référence déictique. La
particularitédestravauxdeDucrotsurl'énonciation,c'estd'avoirinslstésurl'aspect
polyplloniquedudiscours,c'est-à-diresurlamulliplicitédespointsdevueexprimès
dansunénoncéunique.Nousexposonscettelhéoriedansceslignesquisuivent
Dans son premier a-ticle sur la polyphonie (cf. Ducrot 1980), Ducrot
commence par distinguer la phrase de l'énoncé : la phrase est une 8fltité abstraite
qui correspond à un ensemble de mots combinés selon les règles de la syntaxe ;
l'énoncécorrespondàuneénonciation plriculièredelaphrase. On parlera, dans
latenninologiedeDucrot,delasignificationdelaphraseetdusensdel'énoncé.
Ducrotenvisagelecasou le sens que l'on attribueàl'énoncéestimpossibleà
dèduiredelasignificationdelaphrasetellequ'elleestconçuep;rleslinguistes.En
effet,pourlatraditionlinguistique,lasignificationdelaphrase,c'estlesenslittéral,
oùl'expressionsenslittéraldésignecequirestestabled'unènoncédelaphraseà
l'autre.
Lapossibilitéquelesensdel'énoncénepuissesedéduiredelasignification
de!aphraseainsientendueamèfle Ducrotàplusieursinnovationsthèoriques
D'une part, la signification de la phrase n'est plus quelque chose que l'on
peutdiremaisbienplutôtunensembled'instructionsqui,àpartirdelasitualion
dediscoors,permettentd'enarriverausensdel'énoncé.
D'autre part, l'intention du locuteur qui produit un énoncé n'est plus de
produireipsofa::tolasignificationdelapllrasemaisdefairedécouvriràson
interkx:uteuruneconclusionprécisequiestcellequ'ilviseenproduis.:11tl'énoncé.
L'énonciation, qui a un grand rôle à tt)uer dans la sémallique de l'énoncé si
ce n'est dans celle de la pllrase, est l'événement historique que constitue
l'appaitiondel'énoncé.Déslors,onpeutdirequelesensdel'énoocè,c'estla
représentatioodesapropreénonciation.
Ladéfinitiondel'énoncé,simplemen\limitéeàl'énonciationdelapllrasedans
lepremiefarticle(cl.Ducrot1980)11,s'estf00difiéedansledemier(cf.Ducrot
1984)1~ : Ducrot y ajoute un critère de délimitation de l'énoncé qui doit faire l'objet
d'un clloix relativement autonome par rapport au choix des autres énoncès. Le
crilèredel'autonomierelativecorrespondlui-mêrreàdeuxconditions,lacohésion
etl'iooépendance
Lacollésioncooespondauf.wtqueleclloixdecllaqueconstituantde
l'énoncé est déterminé par leclloixde l'ensemble de l'énoncé; l'indépeodance
correspondaufaitqueleclloixdel'énoncénedépendpasduchoixd'unensemble
plus vaste dont il seœt un élément. On notera que, dés lors, phrase et énoncé ne
coïncident pas automatiquement.
Si nous revenons au premierarticledeDucrotetàl'hypolhésequ'ilyavance
pourlraiterleproblèmedel'écartentrelasignificationdelapllraseetlesensde
l'énoncé: il propose de considérer que des énoncés entiers ou des fragments
d'énoncésconstituentundiscoursquelekx:uteurattribueàunénonciateurfictif
Cette hypothèse, qui est la base de la théorie de la polyphonie, introduit
divers êtres théoriques qui consacrent l'éclatement, la disséminatioo du sujet

O&waldDUCROT,<,l,wyOM~ >.r'l~ n•:12.Paria,PUf,198().


Si,selon0ucrot,i1fautrejeterlepostulatdel'unicitédusujetpa'lantetsi,
pourlefaire,ilintrcxtuitdiV8fSesentités,ilfautnoterquecesdiversesentités
correspoOOent à des êtres théoriques et non à des iOOividus dans le monde. Oucrol
établitainsiunefrontièreinfranchissableentrelesujetpa'lant,c'esl-à-direl'individu
danslelTIOfldequiproooncel'énoncé,etlelocuteuretlesénonciateursquirestent
quirestentdesêtresthêoriquesetquines'inca-nentpas
Si le sens de l'énoncé est une représentation de son énonciatioo, cette
représentation commence avec les rœqces de la première personne ; ceêes-ci
désignent,saifdanslediscoursrapportéaustyledirect,lelocuteur.
Lelocuteurestdoncleresponsabledel'énonciation:luicorrespondl'allocutaire,
œluiàquis'a:tressel'énoncialion.
D'aitre part, l'énonciation se présente comme création de certains effets, liés
aix ecies il1oc:ulionnaires, qu'elle .n:omplil. Ducrot intrcxtuit, pour rendre compte
desa:tesitlocutionnaires,unnouveaicoupled'étreslhéonques:t'énonciateur,qui
estresponsabledesac1esilloculionnaires,etledestinataireàquis'adressentles
actesilloculionnaires
Dès lors, on peut a:tmettre que, dans le même discours, voire dans le même
énoncé,s'exprimentunepluratitédevoix,cellesdesénonciateurs,c'est-à-direurie
polyphoniequi,selon Ducrot, neseramèriejamaisàunsimplediscoursrapporté
C,omme la notion d'énoncé, les notionsdelocuteuretd'énonciateursubissent un
certain nombre de modifications entre le premier article (cf. Ducrot 1980) et le
demier(cf.Oucrot19B4).
Commençons par la notion de locuteur elle se subdivise dans le dernier
articleendeuxêtreslhéoriquesdifférents,lekx:uteurentantquetel(abrégél)et
lelocuteurentantqu'êtredumoOOe(abfégéA)
le premier est uniquement le responsable de l'énonciation alors que le
second est asst ure personœ complète, c'est-à-dire qu'il est susceptible de se
voirattribuerdespropriètéspaticu!iéres, bienqu'ilresteunétredediscours.Cette
distinctionpermet,detraiterlepllénoménedel'auto-ironie.
L'éfloociateur, quan1 à lui, ne subit pas de modifications dans sa définition
maisDucro1restreintsescapzcités i1n'estptusrespoosabledesactes
illocutionnairesmaisserèduit à l'être ou aux êtresdontl'énOIICeexprime la voix.
Cecipermetd'éviterlarèalisationsimultanéedeptusieursactesi!locutio nnaires
Cette diversification des êtres théoriques et de leurs rôles dans le discours
permet a Ducrot de traiter divers phénomènes linguistiques ou pragmatiques
comme la r.êgation, l'ironie oo le discours rapporté. C'est vers ces diverses
considérations théooquesque110Us allons 110Ustournerpouranalyserles
proverbesbaoulé.

1. PLAN DE L'ÊTUDE

Cette étude se base sur un corpus de 227 proverbes recueillis auprès de


locuteursbaouléappa1enan1àdesdialectesdifférents.LeCOfPusrecuelliaucoors
de cene enquête es1 exploité dans l'optique de mener une analyse ethno-
éflonciative
Cette analyse en question et l'interprétation des données sont précédées
desélémentsthéoriquesdenotreapprochedel'énoocéproverbial.
C'esld'ailleursdansœcadrethèoriquequesesituenotretravail,diviséen
trois pa1ies
Lapremiéfepartiedel'étudeintituléeprésentationdesBaoulé,définition
dul)(O','ertlee!techniquesd'investigationseconstruiraautourdetroischapitres.
Le chapitre premier se chargera de présenter les Baoulé et la langue
baoulé.Lesecondchapitre,sechargeradedéfinirleprovertieetenfin,letroisième
etdernierctiapitreprésenteralestechniquesd'invesligalionetrecueildedonnèes
La deuxième partie intitulée approche ethno-énoociative des proverbes
baouléseconstruiraautourdetroischapitres
ce scntrctersrent:
les8aoulèsd'aprèsleursproverbesetdictoos21J;
les proverbes baoulé(Côted'lvoire): Types, lonclionseta-::tuali1é21.
Proverbes négro-africains et modernité: le cas du proverbe
baoulé (Côted'ivoirel22
C',e corpusquenoosprésentonsaètèenm~reia\iecollectèsparous-
mêrrependaitleuremploi.Ainsi,defa;:orimèthodique,àlasuitedeleurtranscriptioo,
nousferonslatraductionlitlèrae,puislatra:loctionlittèràredes~ etnous
~ erons les cooleX\es ou situations de leur émergerœ. En effet, ragi.menlfiion
i;roveroole est toujoors c en sihJëtion ,, elle c fait inE!Venir l'a:tivité du sujel et celle de
l'aJdioredaislacoostn.d ionmêmedudiscours 123 i:rovemale
Êtreensitualionpourlediscoursproverbialsignifiequelekx:uteurintègre
dans son ènœciatcn noo seulement un certain nombre d'éléments sJtualionnels
qu'illuiparaitnèœssairederappelerautitredeprèmissesmaisencoretraitesoos
forme d'a-::quis présupposé ceux qu'il estime connus de son interlocuteur. Ces
ètapessus-menlionnèessejustifient

Ill. JUSTIFICATION DE LA TRANSCRIPTION PHONOLOGIQUE DES


PROVERBES

Nous noussormies rendu compte des imperfecooos liées à la transcription.


En effet pour un même f)l\"Nerbe, les k>nscha,genti<d'un informateur à lll autre

-
"~ AR8ELBO E.1.u 8ooulil s,r1P<M 1e1n - ..i_ ...._~ œ 0,\ 1!f75.
"JlinlmoY«,KOUADIO,Lu - bn iltfC(Jlt<f_ ,/:f)PM.tw,,:a;,w ll...,_ ,lrtlit\ln,DIQol,.o l,

"_Y.,Koiado,_,..,..._ __ ,1t<a1'*<p,.- tltbn iltfC(Jlt<f- /.Th6M do


Ooc:1o1Md€101,~ do8(:u ü,2010.
"Vv:- • Bcn1,•Sn l6c;ol- 1110P1<11~ dor~ ,.~ n·12,1971.p.12.

"s.lonTYl,IAH.kdlhàMlporKOlJA.IÊK"""""',OpCi.P.119,u,liOn~poulilh,__
....,.ba_,oon...,....,Olllt_nindlcu'doll-·-lou.-i.C'OII~
""'- -" """" p notodlJci9iorldono..,..,"'"• IOnl~ • • - - r~ ~
••• -.--porlo-do~
Néëflmoins, la mèthcde que nous adoptons D.Jt ai king de ce trava'I est un syslème
qui emporte noire a:lhésion: l'AIJ*)abet Phooèlique International ou AP.I (en aigtàs,
I.P A : lntemiD'.lllal Ph':lnetics Asscdétion) revu pa l'Institut Afocain International ou
I.A.1 (en angl.is : International AfricëJ1 lnslitute) pour la transcriptioo des langues
alocaines.Lestonsvaientqualdlernêmeinformateurreirendàplusieursreprisesun
rœme proYefbe. Cha"!ue fl'(lVf!l"be se trouve lllmèroté pœ œs rasons de sirrl>le
maniabilité.

HL 1 CORPUS : TRANSCRIPTION, TRADUCTIONS ET SITUATIONS DES


PROVERBES COLLECTÉS SUR LE TERRAIN

1 lokwlaak ,, ,No

'"' 5
Mille-pattes prendre
2
""""" "°""
'
,,
"" nje

'
""""'6 """"'
7
'""
c Le mille-pattes arrive à traverser la colonne de magnans grflce à
s.esexpressionsmielleuses.1

fllm!Qi
Ayant tord, le vieux Yao sait amadou!!f Ioule l'assemblée. Le chef du
villageétanttréssaüsfa'tluiditleprov!!fbe
,.,
1
""mi Jlridra ..
0,, énoncer+suff.nég provertie
J
""""'

.
-
ijJ'
6
morph.concl oomme
7
• On n'énonce pas un proverbe comme on parie. •

""""
Jeunecottégieflenv.;canœs,N'drijoueauconnaisseurencitantenvrac
desproverbes.Songrandlréreluiditleproverbe.

Jb, lami laljt


1 2 "'J ""'
4 5
0,, dormir+suff.nègon faire+suff.nég rêve
4

1LOl'Squ'onestenéveil,onnepeutrher.1

~ 25

AIJdébutdel'étude, nousavonsdemandéànotrechelcantondenous
citerbeaucoupdeproverbes.llnousénooçaitleproverbe.
4mmo kpll . ,, ... "'
Darne remède grand prendre sortir village
7

.. nûkü
10
,,.
11
sa feuille
10 11

«Onmaluel!Sfeulllescurativesavantleurutilisation.»

5!!!Q!Qi
Koffiseplaintdenepasconnaitrelesplantesqueleguèrisseura pour
traitersamaman.Leguèrisseuràsontourluirappelleleproverbepourdirequece
qu'ilconnaitestunsecretpourlui·même.llfauttoujoursga'derpoursoicequel'on
troove.
5 pridra li aküda no

Proverbe être pensée dans ,...,


3 5

«Leproverbeestunlangagelmagé.•

~
Soos l'éM'bre à palabre, l'emploi de proverbe est régul~. N'dri ne
comprena,triendemandeàsonpéreqlliluiciteleproverbe.

6ben~ Yje kwlü nzl be bomi


On b o lr e + s u f f.n ~ g a u tr u i v e n tr e vin onSilouler+suff.n~
1 2 3 4 6 7

« On ne peut s'enivrer du vin consommé par autrui. »

Em(!!Q!
Accusé de vol, Kouassiestfaceaulribunal. Lechefduvillagechargède
trancherl'affaireluiciteleprovertie
7je
" """"
3
aentet
'"' "'
«Lebienfaitestsuicidaire.»

Planteurdesonètat,levieuxBroufutletuteurdesèlévesdesoovillage
quiont1ousrèussi.Etantmainlenanttrèsàgè,personneparmieuxnevientàson
aide.Prisdeoolère,ilènonçaleprovertie

a, hmi sriml

Tu latiguer+suffnég

«Sltunesouffrespas,tuneriraspas.»
Après de rudes travaux champêtres, on est heureux de se retrouve, tout
heureux tece à un repas copetlx. Gnélllien dit le proverbe à son neveu pour signifier
que sans peine~ n'y a pas de plaisir

9 me timi me fjlmi

On peter+5uffnég on cacher+5uff.nég
4

bo
6
bjo ..
bas chaise
''"'
• Onnepeutcacherlavérltéànotreentourageproche.•

Eml!!2!
La machette de monsieur Diallo a disparu. Le fils de monsieur Sidibé
affirmequec'estsonpèrequil'auraitp<ise.Untémoinditleproverbeârronsieur
Diallo.

101ikel]ga kü ni kloko

Chose qui tue cere Kloko

jt: kü ni klaka
10
Lui tue da-ne klaka morph.concl
10

-
c Le malheur qui frappe dame Kloko frappe également dame Klaka. •

Le fils de Koffi est rentré bredouille de la chasse. MoosieurYaose moque


de l'enfant en disant que son fils viendra avec un gibier. Ce dernier rentre les
mainsvides.MonsieurkoffiènonceleproverbeâmonsieurYao.

,;, be ,.ru
'"'1
On connaitre-+suff.nèg leur face affaire
2

-
cOnnepeutprévoirl'avenir.•

Follement amoureux d'Aya, Guy a proposé aux pa-enls de cette dernière le


rnaiage. Ceux-ci ont refusé sous prétexte qu'il est élève. Aujoord'hui, directeur
d'une société de la place, les pa-ents d'Ayaveulentrevenirsurleurdécision. Le
péredeGuyleurla,celeproverbe

12 boti wumi bwa

Chèvre engendrer .•. nèg mouton


•lachèvrenepeutenfanterunebrebis.1

Er!:!Q!Qi
Filletrèscoorageuse,lapetiteSabineal'habituded'aidersamèreàfarele
ménage. Un jour, sa mère s'absenta. Sabine réussit facilement à rare la cuisine.
Pourlaféticiter,songrand-pèrequiabeaucoupapprécièleplalluiditleprove<be

-
13be klemi baki ngba lj:,lt
1
montrer enfant tous
°'
•lln'estpnconseiHéd'apprendreâparleritouslesenfants.1

~
Kouamé et Allou, deux vieux du village son! en communication, Tout à
coup, desenfantsappa-aissent. Pouréviterquecesderniersècoutentleur
conversation, le vieux AIIOu dit le proverbe à son ami Kouamé.

,,
""1 bumi pidra

On casser.nég
, "'°'"""
3

.
5
,,
6
di
7
aljt
B
prendre manger nourriture ~,.
'" 9

• On n'emploie pas le proverbe comme on mange. •


Adjoua ne fait qu'aligner les proverbes. Surpris par cette mauvaise
usage,sonépouxluirappelleleproverbe.

nne bo
6
Qui va dans lui casse canari roorph.
1

«C'estceluiquivaaurnarigotquipeutcasserlecanari.•

G-ande travailleuse, la petite N'dabla puise de l'eau au marigot pour sa


grand-mère tous lesmatinsavantdefairelavaisselle. A latàche,unjour, il brisa
l'assiette de sa grand-mère. Alors elle se mit à pleurer. Pour la calmer, la grand-
mèreluiciteleproverbe.

16asjt nil)ge l)glo


1
"2 3
"'"'4 5
terre chose rester+nèg haut
4 5

Cequiappartientilatem:nepeutresterenl'air.
Filsdecultivateur,Nananafaitdebriilanlesétudesuniversitaires.lltravaille
dans une entreprise de la place corrrneexperl comptable. Mais la cfise a favorisé
son licenciement Le vieil Amani connëissant sa situation d'origine rappelle le
proverbeàsonpéœ

17 IWE lkwlt kü'

,, .. rouge tue
" """
.. "'"'' "''"
10
termite rouge fuis
10

•Si lebufflerougeatuétamère,tu fuis lorsque tu aperçois la


temiitièrerouge.»

Depuis que le vieil Amooy a été mordu par un serpent, if est sur ses
gwdes même s'il voit une licelle entre les buttes d'ignanes. Son attitude fait pense!"

"'""'"""
18pimjrn Jt
2
kle
3
..
Dieu qui montrer bonheur chemin irorph. Cord

-
• C'est Dieu qui détermine le chemin du bonheur. •

Aimé est gravemen1 fflaade depuis un rmis. Lorsque son père l'envoya
chezleguérisseur,œdemier!uiénonceleproverbe

19ab~ wi si

Guêpe dire piquer elle interroger son nid

-
«Quandlaguêpeveutpiquer,eUeinterrogesonnid.•

Konandésireseprésentercorrvneprésidentdelacoopérativeduvillage.
Le soir venu, i! demande l'avis de sa femme. Il lui dit le proverbe.

20nvje
"""2 altl)gt ..
,.,
1 3
tl.lef+suff.nég caima,
4

1 " '"
«L'eaunepeuttuerlepetitcaîrnan.1
N'guessané!aitunhautcadredansunesociétéprivéedelaplace.Maisla
crise aidëWlt il vent de perdre son emploi. Son dernier fils qui vieflt d'avoir
brillamment son boccalauréat lui demande de l'inscrire eeœ une UniV6f'Sité
européenne comme tous ses devanciers. Le malheureux père lui cite le proverbe

2Jwaka kiir)gba jo'a bo


2 4
unique devenir+flèg
'°''"
•Unseularbrenefaitpaslaforit.•

lssud'unefamilletrés pauvre, le jeune Sanga<é, brillan1 universitaire


est devenu professeurtitulairededroitpublic.Maisileslleseuldelafamille
qui travaille. Venu au village, unpaysanluidi!leproverbe.

24be jaci blo kwb

Üfl laisser feuille forêt Homme mourir village


5 6 7

«Lorsqu'on omet les feuilles curatives en brousse, les hommes


meurent au village médicinales destinies à soigner, l'homme meurt au
vill&ge.•
Revenant de la chasse, N'doman le guérisseur entre en brousse pour
des écorces. Kouakouquil'attendaitseplain1d'avoirtropdurè. Ressorti, il cite
le proverbe

251nûmi cimi l)glo e dilt like '* wû


3 4 5 8 9 10
Oiseau planer air sa nourriture chose être terre côté
3 4 5 6 7 8 9 10

• L'oiseau abe1uplanédanslesairs,sanourrituresetrouvesur
rerre.»

Patrick, un fils du village vil ecneaerent aux U.S.A où il est marié.


Revenu voir sa famille, le chef du village heureux de le retrouver lui cite le
proverbe.

26nntn npt cc

Animal qui connaître COl'pS protéger qui durer morph.


5 6 7

1L'anlm1lquit'est1emettreà1'1briéch1ppe1uxch111eursetdure
longtemps.•
Pendant la crise de 2002, le jeune Yacouba est allé suivre les
affrontements. De retour, son père lui dit le proverbe.

27;, lt tun kuasl


1 2 ""
Il avoir onomatopée il avoir onomatopée
1 2 3 4 7 8

11lyadesveritesqu'onpeutdlresanscninte,parcontre,Yyenaqul
doiventsedireenusantladlplomatie.•

Lejeune Kouassi esttémoind'uneaffairede meurtre. li doittérooignerle


lendemainfa:::eauxdeuxfa-nilles.Oaignantœquipourraitariver,sonpére
s'approchedeluiendisantleproverbe.

28stkndt1 ka'a bo

Onomatopée rester-+suff.nég fourré bas


2

,Lacalebasseauxgrainsnerestepasaufonddufourri.•
Adjoua, jeune collégienne s'est faiteeoceintèe par son voisin de classe
Affoué l'une de ses amies informe sa manan. Adjoua nie tout. Sa méfe lui tece le
proverbe. On a beau caché la vérité, elle finit par toompher du mensonge.

kb,
••8
Qui savoir serpent village qui savoirserpent brousse
4

«Celuiqulconnaitleserpentauvillagelereconnaitnêgalementen
brousse.•

Lorsqu'onal'habitudedetrouverdesdifficu11èsauvillageetqu'onles
retrouveauchamp,onditceprove<be.

301olowlc kaci slr]gt: kla'a


4 5 6
cenèèœ savoir changer ;1 pouvoir+nég
"'"' 6

Kacimi alaka tlni


10
changer+5uff.nég
7
""'"
8
'""
9
"'"'
10
e L e c a m é léo n c h a n g e d e c o u le u r . C e p e n d a n t, i1 ne peut prendre la
couleurdup1gnerangédansunematle.1

A la suite des cérémonies de fiançailles, Koffi se confie à sa belle


famille qui ne manifeste aucune opposition. Néanmoins, il convient d'informer
lafiancéequiasonmotàdire.Neconnaissantpascequ'ellepense,lepèrede
familleénonceleprovefbeàsafllle

31 be tra mà wo be fa ml waka
J 4
Oo n'escalade pas seœeot sur on ne prend pas bàton
3 4 5 6 7

,Onnepeutescaladerleserpentpourprendrelebàton.•

Yaoestaccusédevold'igname.Lesnotablessiégentpourréglerlelitige.
Lechefduvillageavantdeluidonnerlapa-oleluirappdleleprovefbe

kpokpo si v;e di
"" 6
Si tu eotends kpokpo pile aussi manger
7

«Sltuentendsquelqu'unpiler,chercheil'imiter.1
Le jeune N'dri fuit toujours les travaux champêtres. Mais lorsqu'il entend
quelqu'un piler, ilseplaintdefaim. Son pèreluiciteleproverbepourluidirequ'il
fauttravailleravantd'avoirlallOurriture

33ndt l)ga osami


2
Affaire qui demander+nèg toi
3

inû
"
lxlnjour ne dire lui bonsoir

1Evitonsdenous melerdecequinenousregardepas.1

LecoupleKouadioes1entraindesequerellerdanslacourfamiliale. Son
voisinavouequinecomprendriendeleurattitude. Kouadioluirappetle

34b ,, ti l}gltlc
"'3 '"' 6
""'
Aller coucherréfléchir qui ' 5
être intetligenœ àgérnorph.concl
7 B

1Vas,couches-toietréflëchis,voilàtameilleuredessagesses.1
Grand planteur à San-Pedro, monsieur N'gotta décide de vendre sa
plantationdecacaoâmoosieurSylla.Mais,enréflèchissant,ilhésite. Son épouse
lui cite le proverbe.

35a niti kptngbtn ati jo'a fifi.


7 B
1 '
tu marcher vieux chemin tu être+nég humilié
6 7
1 '

«Celulquisuitlesconseilsdesvieu1nes'égarejamais.a

Bénian est un enfant qui aime la compagnie des hommes âgés. Pour
luisignifiercettequalité,sonpéfeluirappelleleproverbe

36ndt saci'a pni.


"'"
Problème empirer+nég sage devan1

«Unproblèmenepeuts'ernpirerenprélencedusage.a

là!!!i>!<!i
Konan,jeune agriculteurasonchampd'ignamedévasté par les vaches
de Sidibé, jeune éleveur. Le vieux Gadeau les convoque le soir pour régler cette
affaire.Undesesamis,depassagesciteleproverbe.
sifwc
""
ta connaissance être

do bo', do dlmi

do do manger+suffnég rrorph.concl/

«Sltuasuneconnalsuncequipratiqueledotuneseraspasune
victimedecettedance.»

lnstituteurdesonétat,Pokouatroisenfantsquidevaientpasserl'entrèe
en sixième. A la ftn de rexeren. ils ont tous réussi à leur examen. Un ami de
l'heureuxpèreluifaitentendreleproverbe.

38oofw< k.>ml do bo ,,
1 2 3
Etranger entrer+flèg do foret dans
1 2 3 4

• L'litranger n'eee pH dans la forit où l'on adore le fétiche Do. •


Pendant l'adoratioo du fétiche c diji ,, Kouadio demande à son péra
pourquoi il a refusé que son ami vienne avec eux. Son père lui répond en émettant
leproverbe.

""1
flt'a
2
bo
3 "'
4
. .
5 6
"
7
bo
8
kliwa

On appeler+nèg forêt
2 3
qui
4
""'~
5
00

6
'"'7
forêt nulle

«Onnedoitpasdèvaloriserl1forêtquinousaservid'1bri.1

Ancienélévedel'écoleprimairepubliqueduvillage,Josephestmaintenant
fonctioonaire à la banque alricane de développement. Pendant ses congés
annuels,ilestallévisiterl'écolequiavusatoiturearrachépa-uncyclone.Lechef
duvillage,pourluidirequ'onattendbeaucoupdeluiluiciteleproverbe

'°" umjm .,.,.,


~ Ion père esprit veiller toi nuit
2 3 4

kusu
10 11
.. ·~
12 13 14
toi même veijller 1oi cœps soleils dans
10 12 13 14
«Sil'espritdetondéfuntpèfeteprotègelanuit,falsautantlejour.,

Gfand cultivateur, Saouré a fait un grand cha-np d'igname pour sa fiancée


Adjooa. Mais cette dernière lui demande encore de planter le gombo, l'aibefgine et
le piment En lui rappelant qu'il s'agit de travail de femme, aeccrë !ui dit le
proverbe.

41 iniimi wuml lajua

Oiseau mettrebas+nèg souris


,
«L'olseaunepeutengendrerlasouris.•

Ojé est le plus paresseux du campement contrairement à son ami Konan


quiadegrandesptantationsclecocaoetd'hèvèa.LefilsdeOjéressemble
terribleme<1tàson pèfe:ilesttrèsparesseux. SonamiKonanènoncele proverbe

,.,, ;, dumi
"" "'4 5
"'6 ' 7
'8
Si paix femme oom dans êtremorp
'"'""' 7 8

•Sion trouve un foyer paisible, c'est bien grice à la femme. •


Yoovi1depuisplusieursdécenniesavecsacoocubine Nsèni, Maisil a fait
quatre enfants extraconjugaix qui sont parfaitement intégrés, contrairement aux
enfantsduvoisintoujoursmaltraitésparleurmaratre. LepéredeYooheureuxde
sabelle-filleluiciteleproverbe.

43waka waka Slfi


'"· ~,, i•
9
Bois tris éléphêrlt dèf casser il laisser son pied
3

-
• Quand l'éléphant brise les arbfes, il met sa patte à l'abri. •

Lesous-préfetdécidedefaireappliqueruneopérationcoupdebalaià
Samoïkro.Klamo,présidentdelajeunessees1désignépourlasuiviedecette
décision. Toutes les femmes devaient balayer. Mais, la mère de Klamo était
absente. Une dame lui demande d'expliquer cette absence. Il répond en
rappelant le proverbe

be be nwiml ,1
"" 1
b,
4
0,, partir on éteindre+flég
""
•Enmourant,onn'êtelntpaslefeu.•
C'est l'étranger lui-!Mme qui ,'auto-demande les nouvelles.

Revenivitdelachasse,N'zuéseprécipitechezlechefpourluiapprendre
qu'ilvientd'abattreunbufflemàle.lechefluiditalorsleproverbe

47aofwt .. ciml
J
ngltnmii

Etrange dire jeiiner+f'lég matin


1 2 J
,. ,;
7 8
futur prendre
7
"""'"
L'étranger qui affirme qu'il ne Jeûnera pas n'aura pu à manger.

Arrivèpourlapremièrefoisenville,Ekoun,habituéaugrosplatdefoutou
estsurprispar!anouvelledonnedelavilleoùsoncousinréside.Eneffetchezœ
demier,ilyaunseulrepasparjour.Assistrèspensif,ilserappelleleproverbe.

48aofwt ctmi pepe nni

Etriviger partager-+suff.nég singe viande


1 2 J
«L'étnngernepartagepaslaviandedesinge.»

VenudesonMalinéi:al,BallasetrooveentièrementintégréauviHageoùila
certains poste de res~ lité. Màs au morrent d'él:loref le fétiche • diji ~. un mien
fréreluicitelepra...ertle

49m:i si s11i su pswe •..,


Oui suivre éléphant rosée frapper+suff.nég lui
1 2 5 6

« Celui qui suit l'eléphant ne peut pas &e mouillé par la rosée. •

Unnotab!educhefacommisunefautegrave.Maisparlaruse,lechefa
rétJssiàétoufferl'affaire.Aceuxquiveulentensavoirplus,lenotab!eleurénonce
leproverbe

so, jaûfwE kaka, di bwa

Tu avoir ami beaucoup tu maiger m::iuton patte.


7

« Celui qui I beaucoup d'amis ne mange que la patte du mouton. •


Pendantlafêtedunowelan,lavieilleAkissipartagelemetsàtousses
voisinessansexception.Lorsqu'elleafinidedonnerlapartdesmembfesdela
familleetqu'elledevaitmainten3fltpasseràsootouràtable,ilréalisequ'elten'a
quiseulpetitrTIO<Ceaudeviandedans!asauce. Sonépouxluirappellete
proverbe.

51. njimà u,
2 3
frère
'""1
j,
2
,, jaOfwt .•.
'"'
être
'""
..•
7
boa

• C'est ton mauvais frère qui est ton meilleur ami. »

Kouéllio est l'infirmier major de Gbalokro depuis un certain temps.


Soutenantquesonpetitfrèredéconne,ill'aexpulséde!amaisonmaisilafaitvenir
le frère de son ami. Son père ayant appris ce forfait et très mécooteol employa le
pwete
5 2 t a lt kpacl ma wlu ,,
7
Mur fendre que cafard entre dans morph.concl

1C'est1orsquelemurestlWrdèquelecatards'ylnCf\lste.•

Lesgemiesdeladivisiondansungroupefootprospèrerl'ennemi.Pourrégler
leslitigesentreparents,lessagesaimentciterœproverhe.

54afùfwt "' •• kil

on taller
"'"'
kü ,,
10 11
Dos l'autre savoir aue
10 11

lit to
12 13 14 15
Tour être arrivé lui
12 13 14 15

• Deux bossus, si l'on taille la bosse du premier, le deuxième sait que


sontouraniveratrèsprochalnement,
Pendant la sécheresse, Kouadio, planteurd'anaca-dieraeusaptantation
dévastéeparlefeudebrousse.Lorsqu'onaapprislanouvelleauvillage,loukou
quiasaptantationjusteàlalimitedecelledeKouadioénonçaleprove!'be.

54be jumJ ab«wlt

Leur rœn atteindre+suffnèg fourche cueillir

Quandlamainn'atteintpas,lafourthecueille.

Pendant la récotte de riz, toute la famille N'dri est allé au champ. Au


envil"Ofldemidi,ungrosaula:;ostesortetprendlafuite.N'drietsesenfantsle
poursuiventlTlaspef'SOOnenepeutl'atteindre.Lechienparcontrerèussiàletuer
N'driditleprovertle

55sr• cisa waka jl pl ümjln


5
Termitëres'appuyer arb<e que gagner force morph.ooncl

lalennitièrenep(end saforcequelorsqu'ils'appuiesurl'arbre.
Père de famille, Yao est sans moyen. Mais il doit inscrire son fils qui
vientd'avoirlebaccalaurèat C'estencemornentquesonèpouselui remet la
somme nécessaire pour l'inscription et le transport Non bin, le vieux Bénian
èflonceleproverbeàYao.Pourluidirequ'onnepeutpa1erdeforcevèritables<VJS
ure ade œququèe

56waka tl j( Jlimi fuli l)glo


1 2 3 4 5 6
Arbre cause uue lia,e montrer+ ace llaut m. Concl

1C'estgrflceàl'arbrequelallaneapugrimper.•

Jeune pays<VJ, Kouassi est au village et aide son père dans les travaux
champêtres. Unjour,sonfrèreainè,hautcadredel'administrationpub!iqueluidi!
de faire son permis et l'engage comme chauffeur à la SOTRA. Tèmcin, un mien
oncle cite le proverbe.

57boli klo
2
Bouc désirer

1 Le bouc désire. 1
Certains désirs incontrôlés peuvent conduire l'homme à sa perte.
Abouba::.:r aime conscmrer les mangues. Par jour, une bonne vil'IQtaine est
consommée. Au réveil, une dia-rhèe survient. Ces! ainsi que sa mère lui cita le
proverbe.

58•
" ...
'" aimer
""'"' intervenir

,Tuaimest'immi1cerdan1lesaffairesprivéesd'1utrul.»

Kouaméetsonépousesontentraindesequereller. Revenanlduchamp,
Kouakou intervient et avoue à Kouamé qu'il n'a pas raison. L'épouse de Kouamé
rétorqueàcelui-eides'occuperdecequ'illeregarde. Ce proverbe convient bien
à cette sâuaüon

"" bbti bo

frapper
""'2
fa'a
"'
décès prendre .•. suff.nég

«Lorsqueleporcannonceundkès,personneneconsldèfecela.•

Toujoors ivre dans le village, Copa est un homme qui n'est pas du tout
considé<è.Alariséedesenfantsquilehuentquotidiennementlorsqu'ilestenétat
d'ébriété avancé, il lui est arrivé un joor d'a-monœr un décès. Mais personne n'y a
cru.Venuduvillagevoisin,unnotabk!aannoocéledécés.Cettesituationconvien\
ererco cupoverœ.

61jaldwt
1
Pauvre
jasomi

quitter-+sllffnèg
-· ..
enfance petit
,,
intéfieur

'
«Lepauvrenequittejamaisl'enfance.•

N'ayantpasréussiàl'école, Bénianestàlamercidetousetnégligéda,s
tout le village. lorsqu'ildisputaitavecunenfantquial'àgedesondernierfils,l'un
desnotablesduchefluidrtleproverbe.
62jaldwt
1
..
Pauvre enfant

« le pauvre aime son enfant mais celui-ci ne uit pas que son père
l'admire.•

Au chômage depuis une décennie, N'gohéssè à deux enfants. Pendant la


fêtedunouvelan,alorsqoechaqueenfantportai1deshabitslleufu,sesenfantsà
luiétaientvêtusdehaillons.Sonépouselançaunsanglotetditleproverbe.

62.ialdwt wodn

Pauvre prendre faire funérailles


'""
1 le pauvre contribue auz frais funétaires par u prkence répétée .u
lleudesfunéfa~lea.•

Pendant les funéfailles, le village cotise pour soutenir la famille éplorée


N'dabian n'avait aucun moyen mais il était très régulier aux funéfailles. Tèrroin,
l'oncleYaoditleproverbe.
63bo njimi abllt
1
regarder+suff.nég
°" 1
"'
.
4
,, bomi ..
prendre regarder+suff.nég ma
°" 6

1 On ne frappe pas l'enfant à la mesure du mal qu'il a commis. •

Très en coléra, Adjo est en train de malmener sa fille. Ceae-ci est blessée
gravement au front. C'est ainsi que le péra revenu des champs énonça le provert:ie

64, alE wuml


""
Qui guerre mourir+suff. nég
3

•Quidêclarelaguerrenemeurtpas.•

&fill!!2!
Jacquesetsonfrèreainèdécouvrentdesabeillesnonloindelaplantation
decafèdeleuroncle.Al'insudesongrandfrère,Jacques!ançaunepierredansla
rucheetserritàl'abri.Soograndfréfeaeulaviesawegroctlèl'intervenlionde
Gnamien qui n'était pas loin. Ce dernier cita le proverbe.
65 b , joml
2
.3
"
o, faire+suffnég
2
""'3 '
..
5
gwa'a
"'"
attribiJ8f+sUff.nég enfant
""

• On n'attribue pas le mal dont on est l'auteur à l'enfant •

MademoiselleAkissiest assisejusteàcôtéd'Alice, une petite fille de six


ans.AkissiapétéeteHeditpourquoiAliceestsiimpolie.Alors,ilconvientdelui
direceproverbe

66b, ., ,,
Enfant mourir

.
6
-..,
3

7
""'
8 "9
oononce-+suff.nég mort
7
""'
c • Si l'enfant est mort sur les genoux de sa mêfe, il est inutile de lui
annoncerledèch.•
.. "" ·~
8
; ..
certains moote ainsi autre

«L'arbreau1fourmit:tandisquecertainesmontent,d'autres
descendent»

Au village, très tôt le matin, un patriactie rendit rëre. Mais à la tombée de


la nuit, une dame donna naissance à deux charmantes jumelles. L'on cite le
provefbequiconvientàcettesituation

"" b,li ..• nùmi


"
Quand mort affiver + ~ être+suff.néglà plus
5

1AprhlepHHgedel1mort,iln'yaplusrienqulvaille.•

Seul espoir d'une famille nomb<euse, Assiénin décède accidentellement


pendantlafêtedepâques.Attristéemaisimpuissantefaceàlamort. lafamilleest
ir.oonsolable.C'es1ainsiqu'unfrèremienén0nçaleproverbe.
70H
·~
3
pas mourir+suff. nèg
3

jasomi konvi

quitter•suff.nèg ta

«Tantqu'on vit,l1tou1nepeutquitlerlagorge.•

Tant qu'on vit, des difficultés se présentent à nous. Instituteur dans un


petit village du centre de la Cille d'Ivoire, Gervais a toujours des problèmes
financiers. Etonnésparcetteréalité,lesvillageoisluidemandepourquoilui,en
tant que fonctionnaire a constamment des problèmes financiers, it répond en
citant le proverbe

11, bo
2
fwtnfwt .,
frapper cadavre•suff main casser

«Situfrappesleparesseux,tutecasseslamain.•
g J]Q !Q i

D e u x o o iis , A lla e t B r o u s'e n c s e n t a u je u d 'a w a lé . A lla mé n e tre n te à z é ro .

P a r i r o n ie , i l d it l e p ro v e rb e à B r o u .

7 2 w a ka l) g a

2 "' '" bll\lJ

Aibre que tu désirer que omb,e

kl ., ,,,
'"'12 bo
10 Il 13 14
Toocher
" '"'
10

Il
""""'
12
bas
13
morph.concl
14

• On se met au pied de l'arbre dont on veut jouir de l'ombre. •

Député de la sous-préfecture, N'dri aime aider quiconque le sollicite


Souvent il cite le proverbe.

''"1
fa'a
" kügba

0,, prendre-+suff.nég main seule


2
'""3
oke'a oWmitl
6"' "
0,, ouvrir+Suff.nég
7
"" '
•Onneprendpasuneseulemainpourouvrirl'anus.»

~
Revenu du marché, Ahou à appelé Akissi pour qu'~le aide à la
décharger. Mais cette dernière ne savait pas qu'elle portait un lourd fardeau
Ahouluirappelleleproverbe.

74a wi kûd[ bl• küdc .,


Tu vouloir coucher femme chercher ta natte

-
• Si tu désires coucher avec une femme, cherche d'abord ta natte. »

Qui désire quelque chose met tout en œuvre pour l'obtenir. Grand
chasseur, Koffi qui le village à minuit et prend la direction de la forêt avec ses
chiens et soo am Kouadio. Un buffle blessé sort en lace d'eux. C'est ainsi qu'il
utilise une poudre magique pour endormir t'animai. Dès l'aube, le village fut
informé. Trés heureux,aprèsavoirégorgél'animal,unnotableduroi

751 klii jiml

Too ventre remplir+suff.nèg demander ta

•Situ n'9 pas msniè, interroge ta main. •


Jeune cultivateur, Kou~ n'a qu'un petit champ d'igname. Très paresseux,
~ va au champ à huit heures et revient à la maison avant dix heures. Pendant la
disette.~ seplainttoujoursdefaim. llconvientdeluirappelerleproverbe: Faire son
mea-culpaavantd'axuseJlesautres

76awltn 119a be kii ait,

Cœur que prendre tuer guerre

,,
7
fami
8
ja'a
9 "'
10
0, prendre+Suff.nég marier~uff.nég
8 9
""""'
10

1 Le cœur qu'on utilise pour la guerre, on ne l'utilise pas pour le


mariage.•

Militairedecarriéra, Kouakou Blé brutatisesouvent safenvne. Une jour,


cettedemièresef.§chaetentraenfanille. llarrivadoncchezsesbeaux-parents
pourprésentersesexcuses.Exaœrbé,sonbeaupéreluiditleproverbe.
77awlcn traie jo ja

Cœur attraper qui être difficile morph.coricl

bo wiilt )o'a
10 11
Affaire bas voir êtresuff.nég difficile
10 11
•Prendrecourageestpénible;maisenlefaisantondêcouvreles
rêsultats.•

laCJéationdel'immenseplaitatioodel'oncle N'driâélétrésdifficile.Ses
deuxépousesêlaentdèsespérèesmaisl'oncle, luiétaita-rnédecourage. Lorsde
lapremièreproduction,l'oriclerappelleleproverbeâsesépouses.

78awltnba
"2 Jo'• like ~
3 4 5
Cœor mauvais f.ire+suff.nég chose
'""5""
«E:trenerveu•n'amngejamalsrten.1

EIDl1!Q!
Président de jeunesse, Y so est tout le temp.s en confronlation ~ec les
jeunesdonlilalacharge.Unjour,uneréunionfutconvoquéeetilfutdémisdeses
fonctions.Enguisedeleçon,sonpèreluiditleproverbe
79be jam i aw 1,nba bl,

lignèe dans femme

• On ne demande pas en mariage une femme issue de la lignée des

Marié à l'insu de ses parents, Attoungbré réalise que sa femme n'a pas
unboncomportementcarfrivole.Enguisedeleçon,sonpèrequis'esttoujours
opposéâcetteunionluiditleproverbe

80 nvje kloakloa nwi

Eoo 1oute éteint

,Touteeaueteintlefeu.1

Très paresseux et décrié par tout le monde Yves est vu comme un bon â rien
Cependant, il es! un grand pêcheur et envoie souvent du poisson oeœ chaque
foyer.Lechefduvillagevoularitmoralisersesdétracteursaéooncéceprovefbe
81ki11gi difwt jo'a koklo
1 2 3
Petit mangeur faire+suff.nég maigre

«Lernangeurdeplusieursrnaigresrationsnernaigritpas.»

Orphetindemèfe,etlepéretoujourspatit,N'zolièsepromènedecouren
courpournégociersapitanœquolidienne.Maisjusqu'ausoir,ilestrassasièetceci
desrnoisdurant.Cettesitualiooconvientauproverbe.

""
..., ti
'" bo
5

""' ventre
'"' """"" " '' ••6
si'a
"' 10
Homme llèant connaitre+oèg dans
10

,Leventreestcommelaforêt:personnenepeutconnaitre
exactement ce qu'il renferme. •
Pendant la ceroeüœ électorale, chaque candidat demar.de aux électeurs
de le voler. Mais personne ne peut savoir ce que pense autrui carie vote est
secret.C'estpoorœlaquimienfrérecitaitceproverbe

83me klû Jimi sjemi

On ventre rempiir+nég gader~uff.nég reste


3 5
•Qu1ndonn'estp11rass11lè,onnepeutenviugergarderle
reste.•

Pour son champ de mais, N'goran a désherbé trois tectees et il lui reste un
lopindeterreenooreimpatant.Ainsi,ildésireajouterquelquesheciaesencore.11
ditleproverbeàsonépouse

84be ti be nwi-nvje
1 2 3
On cracher leur salive

be tafimi

~"'
5
terre on lècher~uff.nég
9
« Quand on crache partetTe, on ne se met plus i lécher cette salive. •

L'une des femmes de N'zi a commis l'adultère. Ce matin, le chef a


convoqué la famille de l'infortunée épouse et le mari cocu. Alors, le chef
demandepardonàN'ziquirefusecatègoriquementencitantleproverbe.

85 ng:,imi jifwt wl nwi-iwe

Charlatan agent dire Saiive qui

mi t, ,;,
9
donner médicament puissance morph.conct

•Lechar1atansoutientquec'estla111tvequldonnelapuis11nce1u
médicament•

la saiive est source de purffication. C'est ainsi que, lors d'un match de
football,unjoueurs'esl~essè.LeguèrisseurutilisesasativelX)urfairele
massage.C'estainsiqu'unmienfrèrecitaleproverbe
"~ bml
""" 2
Tête inacc.nég tomber+5uff.nég
3
nil)Qlumi djo
5
manger"'Suff. l'lèg héritage
""'" 6

«Silatêtenetornbepaslegenounepeutpashériter.1

Le roi est très âgé et certains jeunes voudraient qu'on le remplacecwil


n'est plus prompt dans ses rèectcre. L'un de ses notables mécontent leur tance le
provefbepourdire,duvivantduroilasuccessionesthorsdusujet.

87kil)Qlt kiimi s11i


1
Regard tuer+5uff.nég éléphéWll
2 3

-
«Lorgnernetuepasl'èlèphant•

Le maire de la commune de Bociokro doi1 présenter les nouvelles


conditions pour IX)SSéder une place au mwché. Certains commerçant le critiquent
etletraitentd'escroc.Sonpetitlrère,assispa-mieuxleurditleproverbe
.,.,. "" ' "'
bouche être affaire noir

-
«Unemauvaiseparoleestsourcedemalédiction.•

Tréslà:héparsonfilstrèstruand, le vieux Sahinluilanœdes


malédiclions.Sonépouseluirappelleleproverbe.

91alu

Poole!
la'a

dormir+Suff.nég
·~
3

"'°"""
'

-
« Lepouletnedortpasen brousse.•

lœsqaun enfant commet des gaffes e1 coure se relugier chez le voisin, il


convientdeciterceproverbepoorluiapprendrequ'ilrentreraàlamaison.

,,.
92je
"'
pousser qui prendre
°'"'
üfltn ..
morph.concU
«lon quelebébépou11edesdent1,onpeutle1evrer. »

Koffin'estpasdutoutsatisfaitdesonfils.Elèveenclassedetroisiéme,il
est l'auteur d'une grossesse. Le père menace de ne pluslescolariserencitantle
proverbe.

9Jatofwt wi lalofwt kümwtn

Menteur affinner témoin être comoé derrière

• Le menteur affirme que son témoin te trouve de l'autre c6Ui du


fleuveComoé.»

Grand menteur, personnenecroîtptusaudiredeYWJqui parle toujours en


sebasantsurdestémoinsfictifs.Exacerbèeparsesmensonges,unetantemienne
employaleproverbepoursignifierâbeaumenlirquivientdeloin.

94alwa ja
"
3
.,
Chien patte prog fracturer
si awto atf
9
il connaître sa coor chemin

cQuandlechiensefracturelapatte,ilreconnaltlechemindesa
maison.•

Toojours pati très tôt le matin, N'dri ne revient qu'au environ de dix-huit
heures.Maisunjour,àlachasseunscorpionlepiquaàl'orteitgaucilesibienque
son pied. llcourutà1amaison se faire soigner. Sagrand-méreluidille proverbe
quisigniliequelorsQu'onreocontredesdifficultès,onvoitl'importancedesa
fa-nille

95kini 11ga .. " nja

Plaie qui vooloir ,...,


,, "
chien qui s'installer morph.coocl

claplalequiveuttuermonsieurlechlens'installesursatête.•
LefilsdemoosieurKrcrnoestimpliquédaisuneaffairedevolportantsur
la somme de trente millions de nos francs. Pour être libéré, il faut payer d'abord
ladite somme. Son père, incapable de le faire cite le proverbe.

otekii
"' sja benze

Tu connaître.nég varan regarder lézard


4
1Situneconnaispaslevaran,reg.irctelelèzard.•

N'goraiaunfilsquiluiressemblebeaocoup.Auvillage,lorsqu'onlesvoit
ensemble,onditsouventleproverbe.

97d;,lukwasi kp;, , ..
Ara:.:hiôe hair feuilles
1

1l'arachideadelahainepourse1propresfeuilles.•

""'" "
Riclleplanteur, N'guessan nes'occupepasdesesenfan!squisontlivrès
à eux-mêmes. Il préfère gaspiller dans l'alcool. L'un de ses a-ois lui dit le
proverbe
98, kwo ,,.
' 3
ml
4 5
Je SUIS

2 """'
3
""4' feuilles

katami ml
"' '"" "'
10 11
elles couvrir•suff.nèg
"" ' racines
''"'
10 11

• Je suis le rônler, mon ombre ne couvre pas mes racines. •

Eml!!2!
Ministreelfilsd'unegranderégioo,Amanyàtendoocedes'OCCtJperdela
jeunesse d'autres régions. l.ofsque le chef du villigeluidemandepourquoi il agit
.insi,ilsejustifteenprenantappuisurleproverbe.

99be wû <Iwo ..
,gname eue-eëre
3

"'5
kùdt
6
"''7 1
8
npa'
9 10 "
11
0,, cbercne
""'
feuille
"'""
10
""'
11
,Quandonvoitletube«:uled'igname,inutiledechercherses
feuilles.»

&!!!Q!Q!
Perlda,\uneréunion,alorsqu'onattenclatunnotà:lleduchefpourentamer
la réunion, le chef lui-même surprend l'assemblée. C'est ainsi que le maître de
céremorlieénonçaleproYerbe.

\OOsqi nj(n alowa

Eléphant œsophage
4

Avant avaler rOnier gram

•l'éléphantsebasesursonœsoph,gepouravalerlefruitdu

-
r6nler.»

Cadre des douanes ivoiriennes, Konan abàtitungrarldchàteau au village.


Admiréàcausedesatoiturerouge,unsagedepassageemployaleproverbe.
101uka uka npE kir jide

Aide aide qui


'"4"'
•C'estdansl'entnidequ'onarriveàtuerlabicherouge.1

Emploi
Lesvillageoiss'associentetfond!!fltunG.V.Ctréspuissantquivaau-Oelà
delarégion.Pendantlesréunions,leprésidentaimeciterleproverbepoursignifier
quel'unionfaitlaforce

102klt
'~ ""mi
1 2 3
Crapaud 100Urir+suff.nèg
1
''""
be simi .. " ttndtn
8
savoir+suff.nèg
'" '"' ""'

-
•Tantquelecrapaudn'estpasmort,onnedécouvrepasqu'ilest
long.•

Jeune homme de peu de valeur, Koffi rendît l'àme un malin. Tout le village
attristé lui reod hommage avant de le conduire à sa dernière demeure. On réalise
que les gens attendent votre mort pour vous couvrir d'éloges. Cette situation
correspond au proverbe.

103ebwt ,..
2
lit,

Pm qui émerger
ucja tokpo ,.,
7
éb<écher+suffnèg
6
"'"' "'"'"'
«Lapiérrequilimergen'ébrèchepasleferdelahoue.1

!aIDl!!!li
Pendant la crise ivoirienne, une bombe a été lancée non loin du village
l'onuciaavertilesvillagecisd'éviterlesite.Lechefduvillageconvoquaune
réunionencitantleprovertie.

104anwimwi like

fl\él"lger+suff.nèg nourriture

« Bouche fermée ne mange pas.•

.,,,..
On cite ce provertie l'or de l'enterrement pour dire au revoir au défunts qui
sontincapablesdepa-leretdemanger .

105st '~ dimi f,e nvje nwi


3
Si tu inacc rnani:ier+sulf.nég champ
4 5
npt a nj,i simi lu kil)9a di able.
10 12 13 14 15
donc tu inax savoir.suff né9 que crabe manger mais
9 10 11 12 13 14 15

«Situn'•pasencoreunch_,,ienborœiredel'eau,tuneuumpasque
lecnbemangelemaïs.•

EmQ!Qi
Le petit Kouakou est élève en classe de sixième. Mais un de ses
cousins dit qu'il vole. Son tuteur ne savait pas cela. Un jour, i! détourna cinq
millelrancs.Alors,sontuteurciteleproverbe

106waka kwlaa .
3 '"
Arbre tous tête
"'"4 ""

"' "'" tl.

Palmier on couper--suff,né9 tête

•Onpeutcouperlacimedetout1rbreexceptercelledup1lmier.1t
S!DJ12

Lors d'une réunion, Adjoumani fâché insulte toute rassemblée. Lasque le


chez intervient pour lui dit de se calmer, il annonce des parcies amères à son
endroit.L'undesnotablesintefVientenemployanlleproverbe.
107a kp::, kit n~

Tu haïrgrenouille tu boire.suff.nég

1Situhaieslagrenouille,ilteseraimpossibledebolrel'eaudu
marigot•

S!!!l!!Q!
Arbanga à un chien nommé Prudence. Mais il le déteste à tel enseigne
qu'il ne lui donne jamais à manger. Lorsque son épouse en parle, il trouve
toujours des prétextes. Un jour, allé à la chasse, Prudence a tué une biche. Le
soirvenu,safemmeavantdeluidresserlatableénonçaleproverbe

"'"
,...• ,.
Si ton filet necc prendre+suff.nég ne enlever
3 5

•Silonfiletn'apaspris,nel'enlèvepasdel'eau.•

EmQ!Qi
Au dîner, la petite Arroin n'est pas rassasiée mais comme les plus àgés se
lèvent elle fait comme eux. Sa grand-mère lui dit proverbe
109jomlo je ft sil]gt ni kb fatami
2
Xylophone être intéfessant lui villageconvenir+5uff.nég
2
1Lexylophoneestagréable,malsilneconvlentpasauvillage.,

~
Toujours habillé en haillon comme s'il devait aller au champ, N'zué reste au
village.C'estpourdécrierœcomlX)ftemefltqu'undesesamis1uidilleprovertie.

1101 konjt:n ..
chasse tu •..
1Situch11ses,tudoisitred1irvoy1nt•

111Jaldwt: bwa lani dqi


3
Pauvre mouton avoir+5uff.nèg graisse

1Lemoutondupauvrenepeuts'engraisser.•
f!!!Q!Q!
Brillant élève, Bènian a obtenu son baxalauréat Ai avec la mention bien
lldésires'inscrireàl'Universitépoury poursuivrelesétudesdedroit. Mais sans
moyen, son père lui demande de prèseûee le COfltours de CAFOP en citent le
proverbe
gw,
112 a wii
'"
Tu voir
" "3" "''"
•Leselnes'auto-contemplepas.•

f.!!ll!!Qi
Tout le ca-npemefll le connait pour son extrêmegenUIJesse mais lui-même
nesepronoocepassurcesujet.llpayelesfournituresdetouslesenfantsdémunis
et soigne les maeœs qui n'ont aucun moyen. Cette attitude de Diallo rappelle fort
bienceproverbecariln'estpasuHledefairesoi-mémeseséloges.

115be kt tqi bbfwt?

On demander que fusil être bla,c

•Peut-ondernandersllefusilexlsteenEurope?•

~
Lorsdujeud'unmatchdefootopposantlesèléphantsdeCllted'lvoireaux
silynationaldeGuinèe,ityaeuunecoupuredecourant.L'ondemandaillescore
etseu1Kouakouquiavaitécoutélema1chàlaradioconnaissaitlescore.Alorsille
ditencitantleproverbepoursoutenirqu'onnetraînepassurtoutcequiest
évident

11Sofle f]ga jo ,, ;,
3
Papayer '
qui
5

'"'
waka
" 1 bo
9 10
perche coucher bas morph.concl
6
"'"8 9 10

,C'estsouslepapayerauxfruitSsucculentlqu'ontrouveune
perche.•

!a!m>!oi
N'zikro est un pefü campement agni de la préfecture d'Aboisso. Mais le
binôme café-<:acao a fait de lui un gros village où vivent en paiaite harmonie
allogénesetautochtone.lechefduvillageciteleproverbe.

117dwo aljt ni wawle talje npE fata


2
Igname pilée et baoulé assiette qui aller morph.conct
1 2

-
cC'estl'asslettetraditlonnellequlvalol'lseleplltdefoutou
d'igname.•

Monsieur lritié est très gentil et aimable. Mais son épouse est mèchante. Il
désireépouserunedeuxiémefemmegentille,quipourraitaccueillirsafamille.llest
conseillépwsoo aniKouadioquiciteleproverbepourdirequecertaineschoses
s'attirent mutuellement

nae
11Blome ba
"3 St?

Palmief grain remplir huile récipient


• Une noix de palme peut.elle remplir une poterie d'huile ? •

sJ!!Q!Q1
Seul dans une fcmille nombreuse de fainéa,ts, Boni n'est pas soutenu
dans tout ce qu'il entreprand. C'est pour cela que son père emploi le proverbe.

119dwo ble kt b,

lgnarnenoire quand bdser elle rester terre sous


1 2 3 4 5

«L'ign1menoirerestesousl1terrequ1ndetlesebrise.1

s.!!ll!!2!
Lorsdel'inhumationdelouis,unmienfréreemployaœprcr.erbepourdire
qu'onestincapablederéveillerquelqu'unquiestdécédé.

120asjt nil)ge l)glo


""" 5
rester+suff.nég haut
'""
•loutechose1ppartenantàlaterrenepeutresterenh1ut.1

5!!!l!!2!
LorsdelaCfisepostélectOfaje,despoliciersavaien1tirépa-terrepour
disperser des manifestants. Un ami avait employé le prcr.erbe pour exprimer que
lesba'lesdescendron\.

121 be wù mgba be .... mgb,


2 3 5 6
dire+suff.nég tout
"'"'

-
«Onvoittout,maisonneditpastout•

L'épouse de ,ronsieur Yoo le trompe avec l'un de ses ere d'enfance.


Tém.'.lindel'action,lejeuneAlainveutluiapprendrecela.Maissonpéreledissuade
encitantleprovert>e.

122alu ümi su'u papa

Poulet entendre+suff.nég onomatopée il entendre onomatopée

,Le poulet n'entend pas le bruit qu'on émet pour le dissuader


maisilentendlebruitprovenantducoupqu'onluiadminlstre.1

&.!!lQ!Qi
Enfant,Koffiaimailadmiratlesjeuxdwigereux.lln'èoouteperaonne.Un
jour,ilseblessaàl'orteil.C'estainsiquesagrand-méreluiéoonçaleproverbe.

12Jbe ni . kplimi ..
On et serpent dispoter+Suff.nég chemin
5

-
10nnedlsputepaslecheminavecle1erpenL1

Monsieur Gooo empoisonne les souvent et tout le village le sait. Un jour,


une dispution terrible a eu lieu entre lui et Gnamien. Pour dire à ce dernier de
faireattentioo,soopèreluicitaleproverbe

124 be sidirni wal]ga alo prii

On clôturersuff.nég ren.W funérailles poule face


2 3 4 5

10nnecl6turepaslesfunerlillesduren1n:lenprèlencedel1
poule. 1

5!lll1!Qi
Pendait la crise de 2002, lorsqu"il y avait les affrontements entre les F.D.S
e11esfolœsnouvelles,pourdireàsonfüsqu'iles1difficiledequitterKokopour
Ahou,g nëllsou,levieuxN'daénorlçaleproverbeàsonfils

125 ijalc ,;,


Paier provenir héritage
3
«Lepouvoirdes'exprimeren publics'hérite. •

!amo!!i!
Lors des funéfailles de N'ganan, N'da Kooan, le fils du chef de village
s'exprime avec élégance, seloo la tradition booulé. Agé seulement de seize ans, il
esttrèséloquent.Aceteffetl'undesnotablesduchefciteleproverbe.

126srl lu jwe
3 4
Homme lignage être comme poisson
1 2 3 4

,,
vjemi
6
""'9 "10 11
Il finir+suff.nég dedans janais
"" 10 11

-
c le lignage de l'homme est convne celui du poisson : il ne peut tarir. •

N'dri, à l'instardetoutlesenfootsdeBodokro pensait que Blêlai Koffi le


foun'avait~defamille.Mlis,lorsqu'itfutrenverséparunchauffeurdebadjan,
plusieurspersonnesvinrentchezlechauffeurdebadjans'enquèrirdeses
nouvelles. C'estdepuiscetempsquel'inlortunéchauffeurneœssederépéterle
proverbe à ses proches.

127u Id e kll)ga I lgllnl

Tu avoir montrer esclave sa carmeàsucre


dilt di ndt gwa ..
manger il manger roseau Verser ton COl'pS

1Si tu montres à l'esclave corrment manger la canne à sucre, il


bl'oleraleroseauetenrependnlejussurtoi.»

~
Originaire du Mali, Balla est né à Bodokro. Il maîtrise totalement la tradition
baoulé.Unjour,aprèsledécésduchefetaumomentoùl'onpar1aitdesuccession,
il se propose comme carididat C'est alors que l'un des prétendants lui cita le
proverbe.

128a
'"2
kp;,nwi ni .. ,?

came
3
,,. dépasser morph.concl
" """"
2 3
• 5 6 7

Lacannequetucoupespeut-elletedtpasser?

Eœl1!2!
Enquerelleavecsonépouse,Konanestlrèsamercar,lorsqu'ilparle,eHe
répliqueviolemmen1. Exacerbé, il lui rappela le proverbe dans ne peut se laisser
dominer par son subalterne.
129ka1JQa dwo f~ ctnH
1 2 3
igname champ vaste
'"'"' 2 3
'
Ù IJ9(
,, klû
5 6 7
doonir '
ventre faim
""' Il

1 L'esclave a un vaste champ d'igname mais il dort le ventre creu1t. •

~
Père de nombreux enfants à scoléliser, Loukou dépense tout son a"gent
durant l'année scolaire. Ainsi, malgré sa petite fortune, il se retrouve démuni. Sa
femmeluiciteleproverbe.

130Sl1u:Stkt

.., CÏJÏ

funérailles
4
bo

bas

-
1Levieuxest1Hêauxfunêraillesdujeune.•

Décédé dans la fleur de l'âge, Bertin était un employé de banque


dynamique.Alaveillée,songrand-péfeétaitassisàcôtédelabière.C'estcequia
pousséunsageàrappelerleproverbe.
131ab i• kumtn

Poole tuer+suff.nég. enfant

1 Lapattedelapoulenetuepaslepoussin. •

frlll1!QL
Koffi, enfant de huit ans est allé se baigner au fleuve Bandama réputé
trèsdangereux. llfutsurprisparsonpèrequirevenaitduchamp. Lesoir,alors
qu'il avaitoubliésoo pèrefe récupéra dans lachambfeetlefrappa. Lorsque sa
méresamérevoulaitentrerlesauver,illuirappelaleproverbe.

132kil]gale ba sre'e
1 2 3 4
Peonèœ petite craindre+suff.nég père

•Lilpetitep1nthèrenemlntp11sonpère.•

flnQ!Qi
LesRoisenpaysbaoulésonlbeaucoupcraints.Màsunjour,enprèsence
d'unnolable,l'undesclemierfilsduRoidiscutaitavecsonpère.Lenotablelui
énonçaleproverbe.
133be ba di
"
Oo
"'"" enfant il manger
5
héfitage
6
E!!!Q!Q!
Trèsjeune,lefilsduchefestoutillédansleréglagedeslitiges.llconnaîl
tout, el lorsque son père est absent, personne ne doute de lui. C'est pourquoi un
ooclemienluidisaitleprovert>e

134be Hke kpa mitwiki prti

On ca::her•nèg chose

bonne enfant lace
2

-
,onnecachepascequlestbonil'enfant.•

Guérisseur de son état, Sahin est beaucoop sollicité, même dans la sous
région. Mais un jour, il est tombé gravement mala::le si bien qu'il était impossible
pourluideselever.Plusgrave,ilne11YJntreaucunremédeàsesenfants.Trèsen
colère,sonfrèreaîné!uicilaleprovert)e.

135kptngbtn
1
.•.. 1omw,

v.,, mam pénétrer gourde dedans

.•...•
2 3
mitwiki to'a

Enfant
2
man
3

atteindra hangar

«lamaind'unepersonneigéenepeutpénétrerlagourde;lamain
-
del'enfantn'atteintpaslesommetduhangar. •

Monsieur N'dri, député de la région est un monsieur !rés gentil qui offre
souventdesprésentsauxjeunes.Unjour,aprèsunefortepluie,sonvèhicule
s'estenfoncénonloinduterraindefootbatl.Touslesjeunesayantappriscelalui
donna un coupdemainenenle-.ant le véhicule de la boue L'un d'eux cite le
proverbe

136kptngbtn

Vieux •..
2

..
5
11,
'6 kO
7
..
8
il
"9
....
10
cachette
,

'"6' 7 8 '"'
9 10

-
cl'AmeduvieuxetlamaisonsontidentiquH:ellesconstituentde1;
abris.•

Trésàgè,levieuxMmèes!poursesenfantsunappuiinégatab!e.C'esten
cesensqu'una'Tlimien,Ol'phelindepèreèoooçaieproverbe
137ba kil11gba tra ba ja
2
Enfanl unique dépasser enfants
""'
cSi ton époquearrive,profites-en. •

~
lssu d'une Ianile peusre, A1owlan'élaitpas le bien venu au village car il
était militant d'un parti politique détesté pa le village. Mais son parti eccèee au
pouvcir et il fut nommé ministre. Lorsqu'il anive au village, toot le monde est à ses
pieds. C'est ainsi que N'guessan lui dit le proverbe. Cette expression compte pailTli
les:vt:haismesouexpressionvieillie.

140a bl, lj< to ,;


3
Too lui
""'"'
2
ldemavec139,expres1loncontemporaine.

141alt dja ijre


2
Gtlerre manger+suff.nég herbe
2

claguem:necon10mmepnl'herbe.•

allusion
-
!lyaeubeaucoupdemortspendootlacrisepostélectorale.Faisant
à ce malheur qu'on ne souhaite plus jamais pour notre pays, monsieur
Koua::lio,notreoncle,aemployéleproverbe.
142 aomwl fit, talje
2
veot renverser assietteenargile

ni se kt
6
'"''
dire que calebasse

«Sileventarenveniél'assietteenargile,nepaitepasdela
calebasse.•

EmQ!Q!
Trés riche commerçant, Djindo engrallQ!! des millions par mois. Màs il a
tout perdu aprés la cdse errèe de 2002. A cet effet, un frère mien dit le proverbe

143waka b, mll)gu
4
autreérilre

1L'arbrebrisél)f'endappuisurunautrearbre.1

~
Ayant tout perdu, même son emploi, Bassira se refugie chez son frère,
avectoutesafél"Tlille.Cettesituationconvienlauproverbe
144 akat}I nt'a :ikwlt

Singe avoir+suff.nég rouge


1

•Nn'yapasde1ingerouge.1

EIDQ!Qi
Bénian est un véritable voleur. Il son fils admis à l'entrée en sixième se
retrouve à Bouaké chez son cousin. L'enfant détourne une vingtaine de mille
C'estainsiquesononcleluiciteleproverbe

145 nzwe kwi altl)9( b.11

Eau tuer+Suff.nég caïman petit


1 1

«L'eaunepeuttuerlepetitcaïman.1

f!!!l!!Qi
Groodchasseur,AlqX>lèenvoietoujoorsdugibierauvillage.Unjoor,ilalla
à la chasse et à sa grande surprise, un \ion se dressa clevoo\ lui. Son fusil n'était
pour1ootpaschargé. llselëWlÇaàunarbreettoutàcoupatteintlacimedel'afbre
Le lion, en bas, rugissait. Il chargea rapidement le fusil et d'un coup à la tête,
l'ooimal s'écroula dans une mare de sMQ. Arrivé au village, il explique sa
mésaventure. Le vieux Koldé le félicita en employant le proveri)e.

146be jwa .
Lem derrière prendre+suff.nég enfant

•Quandonn'estplus,onnepeutmettreunenfantaudos.1

~
Atteinte de paralysie, Adjoblé voit sa fillette de huit mois couchée sur
une natte. Elle se rappelle de ses moments de validité et un remords envahit
soncœur.Ellesesouvientinstantanémentduproverbe.

147sri .,.
2
.. Jo k

qui être doux

'""
. mi

qui arracher monde morph.concl


8 9

• C'est l'homme bon qui tient le monde. •

là!!!J>!o!

·- ·
Horrvre très ouvert, Kdou a èlè élu mare de sa ccmrune. u coweotœ lui di'e

148sé kole
Houe et mecte

-
«Lahoueetsamanche.»

Toujours unis, pour le meilleur comme pour le pire, le couple Tanou est
~prècié dans le ~illage. Après qu'il lui eut exprimé sa joie, le prêtre lui dit le

message

149be tumi dwo kp,

On déterrer •. suff.nég igname fois cieux


2 3 4

«l'ignamenepeutêtredéterréeideuxreprises.»

EIDl!!Qi
Enpleinedancepoputaire,u11equerellesurviententreNestoretBrahima
Le premier lance des insolences au second qui lui demande ce qu'il a di\. Nestor
rèlofqueencitantleproverbe

150aeka wû ,,, tru kt pijJ


5
orphelin corps affaire traîner comme ka!X)k
« Ln méuventurn de l'orphelin trainent comme le kapok. •

~
Sansfamille,Koffiaprèsunemalve<sationdevailê\reconduitenprison.Tout
levillageétaitinlormé.Satanteemployaleproverbe

15\nd, f( mi iimjf:n
3
Affaire douce donner force

«Lorsqu'onar1i1on,ondevlentdeplusenplusfort.»

Niang()(an,malicocusoutenupartoutel'assemblée.Lorsdujugement,on
lui donne raison. C'est ainsi que celui qui a commis la faute employa le proverbe.

152altl)Qt filJQI jt
2 3
Gaima-i force qui être

«Lecaîmantiresaforcedel'eau.,

~
Partienvillepourysubiruneopération,levieuxN'dri,notableduchefde
Sa-noikro est obligé de suivre lou\ ce qu'on lui impose. Or au village, il demeure un
dirigeantincontoumable.llcitaleprovert>e.
153nzwe nOmi ,, altl)!lt lt'a fil)gi
6
,., '
être+suff.nèg
3

4
caïman
5
avoir+5uff.nèg force

'
cSil'eaun'existepas,lecaïmann'aaucuneforce.•

(ldem,voirproverbe152)

154kpata b, boli
i<
3
"
Séchoir écrouler' que cabri mool~ surrrorph.concl
4

-
t:C'estquandleséchoirs'écroulequelecabrimontedessus.•

Frappé œ- un A.V.C, N'dabian est maintenant invalide. Chaque lois


cependant, il se rend dans sa plantation de cacao poursuivre ses employés au
travail. Mais, que de désolation: le travail est mal fait. Aucun des cuerers n'est
influencé par sa présence. l:.nervè, il manifesta sa oolére en émettant le proverbe.

155sqi lele jE

Éléphant être jusqu'à que

'
.. ..
On noone-ecc maison fl10fPh.concl
8

c Lonque l'èlèphant est loln, on peut dire qu'U est gros comme une

-
maison.•

Kouakou ressemble à son père deux gouttes d'eau. Mais pendélll une
conversation sous l'a-bre à palabre, un cm lui demande où son père se trouve. Le
vieuxûuraémitlel)r(Werbe.

156asjt: wi ..•...•
J
Terre vouloir promener""5uff,nég

lokp,
"'
...
·- 1
1
prendre
2
•• aller promener

Laterrenevoulaitpas se promener, l'igname en gratte l'a amené en


promenade.»

~
Alors même qu'elle était malade et donc alitée, le fils d'Ahou est allé à la
pèche au moment où le Bandarna ètait en crue, Ahou était obligée d'aller à sa
racherche.LevieuxPokooditàceproposquel'enfantemmènesamérelàoùelle
nedésirepasaller.llémetleproverbe.
157able kùma ,.,
mais grain luer•suff.nég coq
,
1Lesgralnsdemaïsnetuentpaslepoulet.•

gnQ!Qj
Trés brouillon en ville et fréquentant des cmis peu catholiques, N'zrama a
ètè puni. Son père l'a envoyé en va:::ances au village, auprès de son grarid-père.
Arrivé au village, il mène une vie paisible et est heureux. Son grarid-père émit le

''"""
158alo je klü

(;oq dents ètre ventre

1Lesdent1ducoq1etrouventil'intérieurde1onventre.1

~
Agéeseulementded(l(Jzeans,lapeliteAdjoestenceintedeQuatremois
révolus.Sasituationconvientauproverbe.
159fwt tu jacj( dw•

Singe sauter oublief--suff.nég Queue


1
1 Quand le singe fait un bon, il n'oublie pas sa queue.•

~
Artiste musicien, F"ld Roki a produit sa maquette matS n'avcit aucun moyen
pourpasserenstudio.Troispassésanssuite.C'estainsiqu'unjour,ildernaidade
l'aide à monsieur N'zoHè, cadre à la SOTRA qui eccecta spontanément Après le
passage en studio, F"ld Raki est devenu incontournable. Pour avoir son infini
reconnaissanceàN'zoliè,ilciteleproverbe.

1601ike 11gado kwlaml


2 3
Cllose qui aimer toi tu pouvoir..-suff.nèg souder

10nnenêgligepascequinou1estutile.1

(ldern,proverbe159)

161a je bo fit,
1 2
Tudéfèquer enbas il sortir ton visage
1 2

« Tu fais de, excri:ments au fond de l'eau, Ils te remontent au


visage.•
~
I..Q'squ'ilétaitaucollége,Niaigoranfuyallesooursd'alQlais.Acilaquefoisque
leprofesseurentraitenciasse,ilsortalinméd~ tEng<'g édansunesœiété
anéricaine, on ü demande d'amèlO'ef soo rendemool en oogllis. Darro, fun de ses
élTVSdeciasse!uiditleproverbe

162ft , ..
Douceur être
2
"'" "'"'"
• On apprkie aprk avoir goûté. •

Emn!Qi
Pendantlafêtedepâques,onnousproposaplusieurssaucesauchoix
Lorsque mon cousin N'gornn me demanda quelle sauce choisir, je lui émis le
provertie.

16311 tt jofwc la lafimi

Affaire laide faiseur couche!" doonir.-.suff.nèg


5

«Lemalfaiteursecouchemaisnedortpas.•

5!il!!2i
Après avoir empoisonné son coosin, Kolou a tout nié. Mais trois nris
durant, il n'apaslaconsciencetranquilleetunjour, il avoua son forfait. Avant de
prendrelaparole,lechefluiévoqued'abofdleproverbe
Dame Ékcx.m à empoisonné la nourriture de sa rivale. Mais celle-ci
rassasiée n'a pas mangé le repas. La nuit, le fils de Dame Ekoun est alfè manger
la nourriture. Il est envoyé d'urgeoce au C.H.U. La posilioo de cette dame oous fait
penser au proverbe.

167waka kwlaa kii

serpent
- too\
'"3"
«ToutbAtontueleserpent.1

168, ~ •••3 like

fo gagner chœe
2 "'"
di ,.
6 7
remercier
'" """"' ""' "'"

-
cSitugagneslachoseduhaut,remercielevenl•

Cultivateur, Yao est devenu machiniste à la SOTRA grà::e aux relations


du maire de la région. Pour l'exhorter à remercier vivement, son père lui rappelle
leproverbe
169inwiu je jl awlo

En1ente qui refroidir ma.son morph.concl


5

•L1bonneententerendl1maisonlgli1ble.•

&!!!l!!2!
PolygMl!l,N'gadiàunefa-nilleunieoûtoussesenfantsontrétJSSietles
coépouses s'entendent comme des sœurs. Il aime souvent énoncer le proverbe à
qui désire l'entendre.

170sri simi sri klii

Homme connaître--suff.nég homme ventre affaire


4

-
•Personnenepeutimaginercequepense1utrul.•

Trés sëvèœ sur les détaille, Brou était considéré comme un méchant
monsieur. Un jour, Oka devrait fui demander un service. Mais il hésitai!. C'est en ce
moment qu'une tante mienne lui éoooça le proverbe
171waka kan

fruit
"
,Àchaquearbn!,sesfruits.•
EmQ!Q1
Sérieux, travailleur et rassembleur, Adjéï était admiré de tous. Sraka, Soo
premier fils exac1emenl comme son pére. Pendant une causerie avec l'un de ses
amis, ce dernier employa le proverbe.

172n sri jese


" ""'
Je piquer bouche
2

1Jesuisauboutd'unfil. 1

EmQ!Q1
Absenttouslesjourscaabsorbèparsontravail,N'gattan'estprendchez
lui à domicile que les soirs, Lorsqu'on lui demande de justifier ses absences
répétées,ilaimeciterleproverbe

173n .... nni

Je hameçon bout viande


'"'
1Jesuîslemorceaudeviandesuspendu1uboutdel'hameçon.,
(ldem,proverbe172)

174 dl •• bo
3
Manger préparer forêt
1 2
1llangeetdlsquec'estlaforêtqui1mangé.»

~
Président de la coopé(ative du village, monsieur Koffi détourne
régulièrement les fonds alloués à l'achat du matériel agricole. A chaque fois, il
trouve une justification. Unmembredelacoopérativeluirappelleleproverbe

175kondobi .. ngwttlt s51i

Bousier déclarer in\elligeoce nombreux

• Lebousierdéclarequ'ilexisteplusieurstypesd'lntelligence.»

EmQ!Qi
Parti créer une plantation à Duékoué, Bénian a fait ta rencontre de
plusieurs peuples allogènes et autochtones. Chacun à sa manière propre
d'appréhenderlemonde. llsesouvintduproverbe

176111: waka kil ji, me s~i


3
Quand arb<e un erèter bwcnes être beaucoup
1

1Lesbnmchesd'unarbresontnombreuses.»

{idem,proverbe175)
177me dwa

On semer ma:lame

• On sème madame. •

gJ!Q!Qi
Insultée copieusemen1 pw sa rivale, dame Adjo était dans l'obligation de
réagir.Bienavantelleciteleproverbe.

178nzi simi aeka

Alcool connaître+suff.nég orphelin

1Levinnemetpast'orphelinil'abri.•

~
Employéàlasocietéivoiriennedetabac, Dakoury,orphelindepéreetde
mère a été licencié à cause de la guerre de 2002. Son lm Koffi intrigué cita le
proverbe.

179jil)go ni .,. .,, ,,


1
FICUS et iroko ils intérieur
,Leficusetl'irokosontunlsijamais.»
Jam..,;
N'zoetsonépouseconstituentleprototypedecouplesoudé.llsontles
mêmes manières d'appréhender les choses. Yao, célibataire endurci aime leur dire
leproverbe

180 me ~imà pàmj{n kpli bo


1 4
On luir+suff.nèg Dieu puissant bas

,onnepeutéchapperàDieutout-pulssant»

&!l]Q!Qi
Akrouadétournédesmillionsenville.Apréssonforiait,ilserefugiechez
luiauvillagepourfinancerunélevage. Mais, deuxannéesécouléesontsuffiàse
qu'ildescendeauxenfers.llserappelleduproverbe

181 me küml ob

On luer+Suff.nég poulet mauvàs JOUr


2

• On ne tue pu le poulet le jour oû il a commis une faute. »

mgb, k.imi mgba


182be
1
wil
2 3 " 6
On voir too1 dire.nég tout
,Onnerapportepasloulcequ'onvoit.1

~
Un matin, le vieil ldjo était agonisant. Ton les guérisseurs de la sous-
préfecture ont tout essayé mais n'ont pu atteindre le résultat escompté. Sur la route
del'hOpital,sachantqu'itn'yapasgrandespoirpourlui,Aboditleproverbe.

183akplowa Jt bubu ljre


1
Dispute qui cesser-rèc herbe

•C'estladisputequientraineledébroussemenl•

~
le couple Allou se dispute. Lorsque monsieur Allou parle, sa femme
rèpondsibienquedessecrets,jadiscachèssortentaugrandjour.N'enpouvant
plusd'entendrecertainschose,monsieurDjèleurrappelleleproverbe.

famjtn ;,
"'"' "2
Oo
'"2'
,. ,..,
J
dedans
J 4

o,je
6
.7
,,
8
••
9 10
Piquant 00 prendre montrer lui
10
«Lepiquantqu'onôtedupiedduroiluiestprkenté.•

J;mJl!!i!
Un jour, au moment 00 le roi et ses notables étaient en pourparler, l'un des
notables employa le proverbe

185nJla
'"'
Feuille couche< feuille
"''"'"
«OntrouvedesfeuiHesendehor1despremièresdéjiapprédées. •

gnQ!Qi
Nanan se prenait pour le féticheur le plus attitré de la coeuëe. Pour lui
rappelerqueDieuestpluspuissantquelesfétiches,lepasteur,enpleine
évangélisationluidi11eproverbe
186blalt ,,, blalt
2 3
dedans
'" ""''" "' 3

«Lefercoupelefer.•

(ldem,proverbe185)

,,
187:>traa
"'2
Caf~d
·- 3
public
3
''"'
'"
,, ti .... fitomi
10
poulet ils ;1 pouvoir sortir+suff.nég
5 6
'""'
7 8 9 10

• Le cafard aime bien la foule, mais c'est à cause du poulet, qu'il ne


peutpassortir.»

f!m!!Qi
Koffi,jeunegarçon fougueux n'hésite pas â prendre la parole lors des
réunionssousl'arbreâpalabre. Unjour,ilabordau11suje\\aboucréantainsila
tension. Son aîné qui n'intervient jamais en public lui énonça le proverbe

18Bbe
2
""''
3
De singe
"2 3

be djo Oire Wiki

• 5
manger. nég
6
palabre ebe
7

°" 5

«Onn'engagepasdequerelleaveclesingesurunarbre.•

~
Oesjeuriesseretrouventdanslecabaretd'Akissiautourduvindepalrne
Koffiquiestarrivélepremierserévoltedene pas être servi alorsqueKouadio, l'a
déjà été plusieurs reprises. Yao qui sat que koffi et Akissi entretiennent des
relations inHmes di1 le proverbe à Koffi qui a comp<is immédiatement

189asablu ntmi

Dix unis avcir+suff.nég médicaToent

• Dix mains ne possàdent pas de contre-pouvoir. •

Emooi
CMdidataux législatives 1995, Koffi était bien parti pour être élu. Mais, tous
lesccKlressesontliguèscontresapersonne.!lnepouvaitplus.Enrenonçantâla
candida\ure,ilénonçaleproverbe

190boli dl simli alwa ndt nü St?

cabri manger savon chien affaire être dans comment


1 2

-
•Silecabr1mangedusavon,enquoilechienest.Mconcemé?1

Kouakou et sa femme Adjo se querelle tous les jours. C'est ainsi que leur
vcisin execertè leur demande le calme. Kouakou pour lui dire qu"on ne doit pas se
mêlerdecequinenouscorœrnepasemployaleprovertie
191srdwi di'a kOf)go ;,

manger-+Suff. nèg
.,.,.,
3
,.,.
''"'" 2

•Lepoltronnemangepaslapattedububale.1

gJ]Q!Qi
P!anteurd'anacardier,N'driàrèalisèlameilleureventeduvillage.Aveccet
argent, il s'est bâti un duplex. Son petit frère, paresseux vient lui demander de
prêterdel'a-gent.llrappelleteproverbe.

192able-sifwi sja
'"3
Danseur savoir-+suff.nèg
2
'"'
bo .. ,,
7
Son derriè re penche<
'"' 7

-
•ledanseurnesaitpasqu'ilaledenièredetravers.1

Quand on est à l'œuvre, on ne décoovre pas ses défauts. C'est ce que le


vieil homme dit à travers le proverbe
pour m o n tre r chef

6
10

«Onneplumepaslepouletavantdelemontrerauchef.•

fml!!2!
Abandonnéparsonmariquiaiurénepluslareprendre,Adjo,aprèsdeux
anspassésenfamilleaobtenuunautreépoux.Ayantappriscela,l'ancienrevient
sursadècision.l!nègocieavecunnotablequi1uiditencitan\leproverbeque
cen'eslpasquandtoutsegatequ'ilfautvenirvoirlechef

195kl kü

Où serpent
""3 4

kp,
8 9 10
cooper tête morph.conct
10

«C'estàl'endroitoùleserpent16tétuéqu11fautledèc1plter.•

.,,,,.,
Pour des cérémonies de fiançailles, Adingra a rempli Ioule les
conditionsexigéeparlatraditionàl'exceptiondelabouleil\edegin. Un matin,
ilarrivechezlechefaveclabouteiltedegin.Lechef,avantdelaprendrelui
citeleproverbepourluiapprendrequ'ilvenaitdecréerd'autresdifficul!és.
,,.., ""' " "'
bruler-+suff.nèg cuire+suff.nèg
3

•Siçanebrîllepas,çanecuirapas.1

EmQ!Q!
Candida! au boccalaurèat, Baté passe tout le temps dans les boîtes de
nuit. Pour!ui apprendre que beaucoopdemoyensdoiventétredégagès pour ce
quenousvoulons,sonpèreluidi11eprovert>e.

197bo pii, dl ij"

1
Ploog~ dans incontrôlé proo
"' """"' 6

1 Qui mange la sauce avec le foutou uns prècaution finit p.- manger le
foutoounsuuce.•

&!!!Q!Q!
Vainqueur de P.M.U, Kouassi, pauvre cultivateur se retrouve avec une
bonnedizainedemllioo.Maisàlagrandesurprisedetoutlevillage,ilestdevenu
unvèritablefétardc.wtoujoors à l'hôtel ivoire. Enfin de compte, il se retrouve sans
grandechose.LevieilMmè,pourluidirequiagitsoosréflèchirfinitpa-perdrelafa::e
employa le proverbe.

198kpatra
Poisson

•C'estl'eaudanslaquellevitlepoissonquileprotège.»

E!fil!!Q!
Orphelindepéteetdernère,Kouakouestàlariséedesenfantsdesonâge.Unjour,
trèsénervé,iladministraunviolefltcoupàKouassiquiserroquaitdelui.L.arnèrede
cedemiersanschercheràcomprendreluiassenadeviolentscoupsdefouet.Plaintif,
deKouakourappelaleproverbe.

1991ika , .. •• , .,
1
5
Lie, 00
pommade canari
'"'
"'3
6

. '""'
,,
10
•• M

11
lanœr+suff.nég

10
caillou
11

-
,Uoùsegardesapoterled'huile,onn'ylancepasdepierre.»
Ojindo était un jeune travailleur. Mais il était très nerveux. Un jOIJr, il
disputaitavecsonbeau-lréreetprècipitélllment,itsoulevaunema::hette.Eboudan
qui n'était loin de l'action lui rappela le proverbe et il ieta immédiatement la
machettecaronnejouepasaulouchezsesbeaux-parents.

200"" jj_mi klimi


•••
On enlever+suff.nèg beau peau
4

•Onn'enlèvepaslapeaudubeau.1

gJ]Q!Qi
Très généreux, Oussou vient en aide à tous ceux qui scot en difficijtès
financière.Unjcxlr,Kouassiluidema'ldedeluia-:;heterunevoiture. Fêchèe,latante
d'Oussouluiciteleproverbe
201 mitwi kJ srimi aklivi

Gamin petit rire+suff.nèg

•legaminnesemoquepasdunain.•

la!!!ll!o!
Apres sœ èchec au baccalauréat, Yooest à la risée de tout le monde. Son
petitfrèreKonanquiprèsenteraleB.E.P.Cn'estpasenrestesibienqu'ilnema'lque
pasdedireàleurpèredepunirsoograndfrérequin'apasfaithonneuràlaram11e.
Celui-Orètorqueencitantleprovefbe
20 2 k p tn g b tn ti kt u fw t

1
Veux être comme poubelle
4

... lj<
10 11 12
lj<
13
le bon être lui le mauvais être lui
10 11 12 13

, Le sage est comme une poubelle : le bon et le mauvais sont à lu!. •


Emli!Q1
Pendantlescongésdepàques,KouakouetsonjeunefréreKoffivont
soovefltauvillagepourlafêle.Maislorndelas6réedoosante,unebagarreroogée
occasionna beaucoup de blessés. TOIie matin, toutlevillageserassemblachezle
chefpourréglerleconflit.Avoottoutpropos,unnotablecitaleproverbe.
203 be fjami be bo'a je
2
On cacher+suff.nég oo lrapper+suff.nég cheveuxblancs/

,onnecachepuleschevevxblanct.»

~
Ceproverbes'ernploieleptussouventpourdiSStladerceuxquineveulerlt
jamaisreconnaîtrequ'ilsdeviennentadultes

204 be ni sri dimi


On et hom m e m ~ r + 5 u ff.n ég

..
5
•... nimwe

londer+5uff.nég cerœrent
7

«Onnefondeparuncampementquandonnes'entendpas.•

~
C'estenaimantsonprochainqu'onarriveâcréerlesvillages.C'estaudébut
delacrisede2002qu'unp1nntmienmecitaœprovefbepourdirequela
constructiood'unenationfortenepeutsefairepwunseutil)ljividu

205 a fa osjtn wù aja

Tu prendre mouche corps colère


4 5

lub kinî

tu écorcher ta plaie
7

-
«Silutemetsencolèrecontrelamouche,tuécorcherastaplaie.•

N'dri était en train de battre vœnment sa femme. Un sage qui était de


passage el dans l'impossibilité de la sauver de cette violence énonça le
proverbeàN'dri.

206jimjen kpli Jt nv:>lt nzwe

Dieupuissait qui puiser term'teeaumo<ph.concl


7 8

•C'efl.Dieuquipuisel'eaudelatennite.•

le Sous-préfet ayant mis injustemen1 son épouse en prison, un brave


paysa,,pourmaquersadèsapprobationet,animèparledèsirdesignalerl'affaire
enjusticeénonçaleproverbepoursignifierqu'ilexistetoujoursqllelqu'unpouraiôef
lefaible

207 nzwe kpdwt sro'a ja dwawa


2
Eau traverseur inquiéter+suff.nég pied mouiller
3

c Celui qui traverse Il rtvière ne 1'inquiMe pn d'avoir les piedti mouillés.•

Le matin très tôt, sur le chemin herbu qui conduit au ch~. N'gota,
jeune citadin se plaint d'avoir son pantalon mouillé. Son grand pèœ qui partait avec
lui cita le proverbe.

208 .... , ..
cenee-rèo leur corps être+suff.nég peur

1E:treprudentn'estpassynonymed'avoirpeur.1

&!!!Q!Q!
C'estlorsdelacrise postélec!oralede2011 qu'un oncle mien,
dansl'optiquedemevoirauvillagemeditleproverbe.

209 otraa klo

CafcYd aimer public oeoeœ

,., . kwla'1
"""'IO
Poole! eux être il pouvoir-+Suff.nég sortir+suff.nég
10

«Lec,fardalmebienlafoule;icausedetpoulffl,llnepeutsortlr.1

~
C'est à cause des embOches qu'on èvne de faire œrtaines
choses.Celaconvientauproverbe.

210 ab ba gugu kpli kt bu ,,


Poule petit se vanter gros il rester coquille dedans
« Le poussin qui a trop de prétention reste dans sa coquille. •

Y,r,secroitleplusintelligentdevill~e1iln'estpasdutouthumble.
Sonpérevoulantattirersoointentionsurœfaitnégatilluicitaleproverbe.

211 otekù ebwt


"''
Margouillat caillou attendre m(Jr
1

-
« Le caillou destiné au margouillat a heurté le mur.•

Kou<Klioquivoulaitséparetdeuxjeunesquisebagarraientareçuun
coupdepoingquidéchirasalevreinfèrieure.Unsage,témoindelasituatioocitale
proverbe.

212 enm, .. ,, J< jo


"'
6
Fromager difficulté que réussir bon morph.concl
2
'""3 4

« Le fromager genne dans les difficultés.•

SéKlseffort,ilestimpossibledepa1erderéussite.Sep1aignan1d'avoir
Un tuteur trop sévère, paiois méchant, le père d'un èléve lui dit le proverbe

de blo'a
213 kiil)gba iisn:n
"'
Seul jour fumée roogir+suff.nèg calebasse

1Lafuméed'unseuljournebrunitlacalebasse.•

Pendantlacrisede2002,alorsquelesvillageoisétaientsans médicament
pharmaceutiqueetsanssoutien,unconvoihumanitaireleurvientenaide.l'und'eux,
mécontent,citaleprovertie

214 nu diml

Oui charge< cadavre manger+suff.rièg héritage


1 2 3 4 5

«Quiportelecadavren'hèritepas.

215be kiiml ba nl kwlü


1
On tuer+suff.nèg enfant mèra ventre
2

• On ne tue pas pl'H umé mauvais enfant quand il est encore fœtus. •
2 16 ba kûl]gba tra ba ja
2
Enfant unique dépasser enfants cent

•L'uniqueenfantaplu1deméritequecentautresenfanls.1

Jouissantd'uneaisancefinanciéreetgrandhommed'affaire,Sa'akaestle
seulenfootd'uncoupledepaysans.llfitvenirl'eaucouranteetl'éleclricitédansson
village.Sasituationconvientauproverbe

217be nî oke be dlmi imii

Oo et vieillard manger+suff.nég fétiche

•Onnejurepassurunfétlcheavecunvlelllard.1

Jeune très bandit, N'gata aime discuter avec tes vieux et n'a
aucun respect pour eux. Sa grand-mère, pourleconseillerluiditle
proverbe

218be sl'a sri laa,

On connaître+suff.nég homme avant


220 able J1imi ,.
Mais croitre+nég il naître enfant comment

c Le maïs dont la Uge n'a pas poussé peut-il produire un êpi ? •

Élève au collège moderne de Bodokro, lritié, souvent, se retrouve


sans ~ moindre sou. Son père lui cite ~ proverbe.

221 waka kwlaa kü

Bâton tou1 tuer serpent

•loutbitontuelese,penl•

Lorsqu'on est en danger, on ne doit pas calculer les moyens de


defensequis'offfentà1101Js.Unetantemienneaimefairerèférenœàseproverbe

222 kll]Qlt kDmi


1 , '"'3
tuer+suff.nég é~phant
"""' 3
1Lorgnernetuepasl'èléphanl•

Unmairesortant,ayanttrompèlapopulationseretrouveellCOfefaceàeHe
pourlesnoovellesélectionssoutenantqu'ondoitvivresanss'œcuperdescritiques
aimai!citerleprovefbe

223 me wü mgba me k.limi mgba

Oo voir tool on dire+suff.nég tout

,Onvoittoutonneditpastout•

Eml!!2!
tJcnoncleénoncesouventœproverbepoursignifierqu'iln'es1pasbondetoutdire

224 lika .,., •••4


"'3
1

"'" où
2

2
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3
pommade
4
5
canan ...
6


7

. to'a ,,
10
.•..
11
Do lancer+suff.nég ,, caillou
10 11
,Onnelancepasdecailloulàoùsetrouvelecanarid'huile.1

veo ètat chez ses beaux-parents qui luiootdonnéduvinde palme. Une


benne dizaine de litres consommés, sous l'effet de l'alcool, il se met à insulter son
beau-frére.Unsage!uilançaleprove<be

225
"1 2
.,
J
""'4
..
& père gagner corps
"" 4 5

''"" kptnn .. ,,
9 10
il dormir+suff.nég athérure
7 8
"'9" 10

-
•Sitonpêredevientriche,Mne1ecoucherapa11urlapeaud'athérure.1

loukou,élèvetrés vantard se moque toujours des autres n'a aucun


respect pour les hommes âgés. C'est dans cette situation que N'goran qui
aétévictimeluirappellesasituatiOflfamilialeencitantleproverbe.

226 st ,, ,,,
Si tu allumer feu nouvellement
,,
"'
buke
"'10
prendre escargot mettre dedans
8 9 10

-
«SltuaHumeslefeu,n'yjetlepasd'escargol•

Ayaitépousésaconcubk,eilyajusteunmoisetinsistantsurla
cohèsionducouple,monsieurKoffi rappellesouventceproverbeàsa
dulcinée

227 Il .. di

Si tu dire tu maiger douceur

.... 10 11
fw<a
12
..,~
13
Beaucoup tu manger ta mère défunte
9 10 11 12 13

«Situ aimes manger gloutonnement, tu mangeras les os de la mère défunte.•

LepetitOussooesttrèsgourmantetn'hèsitepasàsepromenerdecouren
courpourquémand&rdequoiàmanger.Sagrand-mére,pourluidonnerdesconseils
a im a it s o u ve n t lu ir a p p e le r œ p rov e rb e .

c l e s t r a c e s d e l '1 rb re fru itie r n e d i1 p 1 ra in e n t p 1 1 . 1

P rov e r b e b a o u lt .
PREMIÈRE PARTIE
PRÉSENTATION DES BAOULÉ, DÉFINITION DU
PROVERBES ET TECHNIQUES
D'INVESTIGATION

« La fumée d'un seul jour ne bninit pas la calebnse. •


Proverbebaoulê
Nousdivisonslapremiérepartiedel'étudeentroischapitres. Le chapitre
premier se chargera de la présentation des Baoulé; le deuxième, de la
définition du proverbe et enfin, letroisiémeetdernierchapitre, présentera les
techniquesd'investigationetrecueildedonnées.
CHAPITRE 1
PRÉSENTATION DES
BAOULÉ
1. Géographie
Laconnaissancedel'universgéographiquenéœssitelalocalisationde
resœce, la description du relief, du climat et de la végétation de l'espace. C'est
pourquoiilconvientd'alxlrddelocaliS6flepaysbaouléenC6ted'lvoire.

1.1 La localisation du pays baoulé

Les Baoulé occupent la partie centrale de la Côte d'Ivoire. Avec une


poptllation estimée à 2,7 millions {recensement de 1998), le pays baoulé s'étend
surunvasteterritoirede35000km'etlalallQuebaouléestl'unedesethniesles
plusinfluentesdupaysaveclebété,ledioulaetlesénoufo.
Élërgi au nord et atrophié au su<.I, le pays baoulé a la forme d'un V ou d'un
lrianglerenvasédontlapointeserai\Tiassalé,lescôlés,lesfleuvesBandama(à
l'ooest)e\N'zi(àl'es1),etlabase{aunord) unelignesuivanllehuitiémeparal\é!e
entrelesvillesdeKatiolaetBodolc.ro.Celaluivautlesumomde•Vbaoulé•.
Au Nord, il est limité par les Tagbani:11 et les Djimini; au Sud, pëW les Oida,
les Abidji et les Abbey. Il s'enfonce dans cette partie sous forme de V baptisé« V
baoulé,LapointesudduVbaoulésetrouveseulementà90kmdulittofaldugolfe
de Guinée.
A l'Ouest, par les Gouro et à l'Est par les Agni et les Abron. Dans la partie
norddupayslesbdt,lesg:>li,lessatisran, lesfali,lesfaafwe,lessondo,lesngrn
cohabdentavecles wai, leslagbanan, les Sénoufo, les Koyaka, les Koulango, et
les Malinké.
Au Sud, les Allounou, les Ahua, les Aïtou, les Souamelé vivent avec les
Avikam, les Dida (Sud-Ouest), les Adioukrou et les Abiclji (Sud-Est). A l'Ouest. les
Akoué, les Ayaoo sont en parfaite harmonie avec les Gouro
Enfin, à l'Est les Agba les Ahali-saki, les Ngban et les Anou eœeâenrent
des rapports de bon voisinageavecleursfréresAgni.On reconnaîtnéa,moins que
biend'autresconsidéralionsfontdesBaooléunpeuplesingulier
canen•1:111:
LE PAYS BAOULi;:

(~~-
~---~
:....,.. ...,,
.,J-ç ...: '"":'..:.. ..•.. ,~
- -·= ~
- . -·~-.·:·-. -.,.-_ . .•..-
~

N'p,ssanJén!mie KOUAOlOe1KcuakouKOU.u.ffi ;Par/o,uBaow/#,t..,,,_1,-L.angw«


a,Jn,re,.:l<C6'èd'/w,i"',Paris, L'Hannatlan,ll'.l(M,P,1.
C a1e n •2 11:
LES GROUPES BAOULÉ

l(~JilntrilKOlWJO•KoulloluKOUNÊ:Plftn-•i:lfl-~.i-do
ClJlod'M/n,Pn, L'Hlrmàlar,,200,l ,P.&
st::, slfwl wo do bo'n , do dimi::, (proverbe n·J7)
lsi/lalconnaissance/êtreid0Jbas/dél/do/manger+11ég/!Tlofph,cond/
Situasuneconnaissanœquip,atiquelecdo,,luesà1'abri.
Celuiquiaunéclaireurnepeutseperdredanslesténébres

Lesvilleslesplusimportantesdupaysbaoulésont·

• BOUAKÉ : Elle est située à l'est du lac Kossou, à 400 km d'Abidjan. Sa


superlicieestde23.800km2avecunepopulationesfünéeà333.000
habitants. Oanscetteville,l'industrieteldile(CIDnestlaplusp,atiquée
aveccelledutaboc(SITAB).Ap,oximitédelaville,ilyadesgitesd'or,
deNiobiumetdetantale.

• YAMOUSSOUKRO: C'es1 la capit~ de la Côte d'Ivoire depuis 1983.


Elleestsituéeà250kmauNord-01.1estd'Abidjanavec120.000habitants
Ellepossècieunebasilique{leplusgrandédiliceducultechrétiendansle

""""'1·
DIMBOKRO Située au Sud-Est de varoussoukro, eue a une
populationde31,100habitantsavec8530km2.llyaletextile,lascierie
et le conditionnement du café

SAKASSOU : Située au nord de Bouaké, Sakassou est une ville


symboliqueenpaysbaoulécarelledemeurelesiégedupouvoirrcyal.
Pour{Tiacoh,1983:106) Lesiégeroyalbaouléestlesymboledu
régne el du commandement chez les Akan.

En dehors de celles-d, il y a TOUMODI {carrefour, ville de transition entre


le sud e1 le nord, ville de métissage. Elle est construite sur un important gisement
d'or); TIASSALÉ et BÉOUMI {Cercle de division au temps colonial) qu'il convient de
rappeler
Dansl'organisationfrançaisedela Côted'lvoiredel'èrecoloniale, la zone
habitéeparles8aiuléavaitèlèdiviséeendeuxprincipauxcercles:le1Cercledu
Baoulé• et le I Cercle du N'zi-Comoé •· Aujourd'hui, avec le nouveau découpage
administratif,cettezoneestcomlX)Sèedequatrerégionsquisont:
• La région du GBÊKÊ avec Bouaké comme chef-lieu de région;
• La région du ei;:uER avec Toumodicomme chef.lieu de région;
• La région du IFFOU avec Daoukro comme chef.lieu de région ;
• LarégionduN'ZlavecDimbokrocorrmechef-!ieuderégion.
Et d'un DISTRICT AUTONOME, Yamoussoukro, Gapitale politique de ta Côte
d'Ivoire.

1.2 Le relief

ÀVO'rlepaysageivoirien,leœntredelaC.ôted'lvoire,locatitédupaysbaoulé
conslitueunezonedetraisition.Ces\lazonedesplateauxinciinésduNord(350-
300m) au sud (200îl). Cependant la monotonie du relief de cette région de plateaux
est interrompue par la peserce de buttes aux versants abrupts et au sommet plat
quisurptombentlarégionenvironnantede200à300métres:Cesbuttessontdes
c Boka 1, des monts. Ainsi, il y a I' c Orumbo Boka I à Toumodi el le mont duc
vaeurê s ce êouaâè.
En plus des buttes, ilylacChainebaoulé 1, unechainedecolliriesaux
formesdooœs,dontlahauteursesitueentre500et600métresetquic s'étalent
surptusieursdizainesdekilométres,selonuneorientationS.S.W.N.N.E1depuisla
régiond'lrè(auSud)enpassantparKocoumboetTouirodijusqu'àlarégionde
Booakè
1.3 Le climat

_,
Lepaysbaoulèestsoomisà1'influenceduclimaldit,climatbaouléen1
Ce pays a un régime à quatre saisons avec des précipitations netlement moins
importantes que celles du sud forestier (1200'nm à Bouaké). Le diagramme
ombrothermique de Bouaké fait ressortir :
rexistenœctedeuxmaxima~uvicmétn:!uesaicoorsdesrroisdeJuinet

enjuilletetooût,l'onconstatel'attéfluationde!apetitesaisonséche;
la grande saison sécile commerœ en décembre pour finir en mars.
LaCôted'1voireestsituéeentrel'équateure1!etropiqueducancer.C'est
pourquoi les températures sont élevées. A Bouaké, la rrcyenre annuelle des
températures est de 26,2 degrés et la pluviométrie s'élève à 1095mm sur toute
l'année. Cependant, avec le réchauffement climatique, l'on observe des
perturbationsdestempératuresetdelapluviomètrie.

1.4 La végétation

LazonegèOgraphiqueenpaysbaoulèformeunlriangleOOsavane
forestière. C'est ce qui explique que la végé!atioo soit composée d'arbres et de
hautes herbes : c'est la savane etcœe. Les herbes sont très vertes en saisoo des
pluies,œquitémoignedelarichessedusotetjaunesensaisonsèche.Acette
période, elles brûlent facilement occasionnant ainsl des feux de brousse. C'est
pendantœttepèriodequesepratiqoolachasse.lepaysanchoisitsaportionde
terre poorlesculturesavenir.Cechoixselaitenécorchantunart><e:cequiestun
signifiequelaportiondeterreoûsetrouvel'arbreécorchèestoccupèe. On retrouve
beaicoupderOniersetdelromagersdaisœttezone.
l.s L'hydrographie

SituéaucœurdelaC6ted'lvoire, le pays ba>uléesttraverséparleplus


longfleuveivoirien,le8andama(quis'éteodsur950kilométres)etleN'ziquis'ètend
sur630kilométres. Unimportantbarra;iehydro-électriqueaétécontruitsurlela::
deKossou. Celacérificielau11esuperficiede 1700km'etaétécrééâpartirde
l'aménagement de la vallée du Bnlama (AVB).

1.6 Les Sols

Enpaysbaoulé,lessolssonttantôthumides,tantôtmoinshumides,tant6t
marécageux. ceteres villes faisait patie autrefois de la boucle du ca::ao
(Dimbokro, TouJOOdi, Socanda, Daoukro) sont devenues moins fertiles. Cela est dû
âlapratiquedesfeuxdebrousse.Ainsi,lesculturessontfaitesselonlessols.Dans
larégiondeBouaké,onpratiquelacultureducoton,dutabacetdenoixdecajou.
OimbokroetToumcxli, oncultivelecafétandisquedansles bas-fondsdePrikro, la
riziculture est de mise.

1.7 la faune

Elle est bien fournie en espèce animale. Dans la savane, on trouve


œrtainsrongeurstelsquelesratspalmistes,lessouris,lesporcs-épics,lesliévres
et les aula::o::les communément appelés agoutis
Dans larégiondePrikroet Dimbokro, ont trouve des singes, des buffles.
Partoutdanslepaysbaoulé,ontrouveplusieursespècesd'oiseauxetdese<pents
telsquelavipére,lenajaetdespythonsdaislesmcYécagesetforêtsdeToumodi,
Dimbokro.
Aux alentours de vercusscucc. on a le parc national d'Abo Kouamékro
dontlapremièrepartieavaitétéouverteenseptembre1989
Il. HISTOIRE

l'histoiredesBoouléquitiresonsubstratumdelatraditionoraleseconfond
avec celle des migrations des peuples akan pa-tis du royaume ashanti au début du
XVlllè siècle. Les Baoulé font partie du groupe Akan. En ce qui conœme la
provenancedecegroupe,deuxthésescontrove<séesontètèévoquées.Eneffet,
l'ethnologue ivoirien Niangoran Bouah 29 et l'égyptologue sénégalais CheickAnta
DioplO,soutiennentquelesAkéWlauraitpourorigineégypto.nubienne
Par contre, certains chercheurs tels que Loukou Jean-Nôel, Kouadio
N'guessan Jérémie fondent leur thèse sur l'origine ashanti bblu, octl.lel Ghana.
Coo\rainls à l'exil par une guerre fratricide qui éclata dans le royaume, ils durent
émigrer en Côte d'Ivoire au début du XVIII è siècle (Loucou: 2003). Selon cet auteur,
les Baoulé seraient rattachés au royaume Ashanti de Kumassi, dans l'actuel Ghana
Ennousappuyantsurdessourcesoralesl1ouécrites 32,nousvoyonsque,
les Baoulé à l'instar de tout le groupe Allan, étaient rattachés au royaume central
ash.-iti, dans l'actuel GhéWla Ils durent émigrer à la suite d'un évènement
malheureux:uneguerrefratricideéclatadanslequiroyaume.
Cetteguerredesucœssionsurvinten17J1.Eneffet,alttsqu'ilconduisait
uneexpédiliongueniéraquiavaitpourbuld'uooiefleslribusvoisinessousla~ niére
de Kurnassi, Osèï Tutu trouva la roort. Son neveu Op:iku Wri lui succéda Ma$
l'autoritèdecedemierfutcontestéeparOakon,unautredesesneveuxquiluidispulait
lepouvoir.

a..i<*-CMOP,NlllionsllO-olailln,Poris,--..,Afri<ào>t,1919.

.-..,ya,KOIJKIIO.-~«.,,,.,.,.., •• ,_œ-"9_.,.(Cl,lod'MlnJ
Thèol(IOllo<:l<ned'{lll,Opc.t(7-52
Pendantcetteguerre,Dakontrouvalarrort.lllaissaaprèsluiuneveuve
connue sous le nom d'Abla Polcou. Mais, ayant observé que son royaume était
affaibli et animé pcW l'esprit de belligérance, Abia Pokou organisa son peuple et Je
pçéparaàlaluite.Cefut,alors,ledébutdel'exode
Mais, pendant cet exode, poursuivis par Opokou Waré, un autre
prétendant au trône,laReinee1sespartisansprirentladirectionNord-Ouest.
Ils arrivèrent au bord du fleuveComoédontlatraverséenècessi1ailun
sacrif,ce.Certainsproposérentd'offrirdesparuresenor,d'autrescequ'ilsavaient
de plus précieux. Mais le devin exigea le s;cilice impérieux d'un enfant 33.
C'estainsiquelaReinea:ceptadesacrifiersonuniquefilsqu'ellejetadans
le fleuve qui s'apaisa. Aussitôt, les hippopotarœs se dresséfent corrvne un pont et le
peuple traverna. Abia Pokou, après avoir constaté que !OtJI le monde était à l'abri
traversaàsontourenpronooçantl'expressioosuiva,te:baouli30,cequisignifie
l'enfant est mort d'OU le nom du peuple. Ils èchappéfent ainsi à leurs poursuiva,ts
qui,locsqu'ilsarrivèrentàleurtoursenoyèrentpourcertains,pourd'autresilslurent
malrrenèspardesbuffles,desguépesetdesélépha,ts
Aussitôt intronisée, la Reine répartit son peuple en huit tribus. La première
tribufutœlledesWalèbo.Cettetribudirigeaittoutlegroupeboot1leetétaitcha-gé
dediscuterlesaffairessousunarbreappeléWaëJf,.Ladeuxièmeétaitcelledes
Faafoué,quiformai!l'ailedroitedel'a-mée(fama,droileetfouê,cotéde).
LesSaconstituaientlatroisiémetribu. Trèsbouilla,ts,ilsdoiventleurnom
àœluid'unfruitàsaveurforte~petéaussisà,lepoivre.

cw,,ienAASELBIDEcil!i-JormY.,KOUADKlcpat.P.'9:•0n......._....,Kcmenoilob9,
Hn:i:U,g,11,'iod.i_ UQO.,........,d..,......,_<il ,

c.i..."""""*6s •••
s~K~0N"guoaaa'IJ!ri<TM •• _,No!IILOUKOU~lo-
baouN,•i,.-*jolao,<µ.......,;,,.,.- .œr- -.(<:f . ...._N"__,K..-_
JMntblllOUKOU • .ldlhlYMIAN.L•Dicbonr,o;111~IWIÇlli1,~N.E.J,2003)

w~ ••. wn:_,,_.,.pm.-- •• ~;"""nan~111:COM


oonida(cl. KOU,,\CIOYN:/.limno,âmoit. P.50.)
LesAïtou(ouatoutou)311 fomtaientlaquatriérnetribuquiavaientpour
pfincipalemissiondeplumeflespouletsdelaReir.e
LacinquièmetribuétaitcelledesNanafouèoodessauvages37.
Lasixièrneétai1celledes Agba. Ce groupe était ainsi appelé à cause de
l'écorœdontilsrevètaientetquilesdèvalorisait.Lemaniocenpaysboouléestun
aliment de moindre valeur.
Les Ngban formaient la septième tribu. On les appelait ainsi car ils
marchaient en boitant comme s'ils étaient atteints de ver de Guinée {ngban, vet de
Guinée)
Enfin,lesNzikpli,vaillantsguerriersformaientlahuilièmeetdemièretribu.
LenomNzikplisignifienslkpli(Je/savoir/sebattreJ,c'est-à-direjesaisrnebatlre
AprèsavoirsèjournéquelqootempsdanslarègiondeTiassalé,lesBaoulé
èvoluètent vers le nord, laissant œrtàns d'entre eux sous l'autorité de Tanoh Adjo,
sœur de la Reir.e. Ce fut ainsi qu'ils vainquirent les Kouéni (ou Gouro) dans les
environ de Toumodi, les Malinké à Bouaké qu'ils repoussèrent dans le nord et
ins\altèren11eurcapitaleousiègeroyalàSakassou,sak.a-su,cequisignifiesurla
tombeousurladèpouillemortelle.Cettevilleestsituéeà50kilomètres, à l'ouest de

"'""' Vers 1760, la Reine Abia Pokou rendit l'trne. Akoua Boni lui soccéda. Cette
demière conquit la région aurifère du vecurè à l'ouest Mais elle mourut en 1790.
Vers 1892, les français entrepfirent la conquête du pays baoulé. La
rèsistancefutfaroucheetallade 1892à 1911. Maisassaillidetoutespartetayant
dénombré beaucoup de victimes dans leur camp, le peuple booulé capitula.
llfutdèpossèdèdeleursnombreuxtrèsorsartisliquesetculture\s:lestam-tarns
parleurs de Tiassalè et de Sakassoo, le chasse-mouclle à main dorée du Chef de

Onleoaw ollit- .œ <!,ilignilieleop:'r nilil1..,_ carœ ?l'4'" ô:lnnait..,_ ,l.leis


œ ra n- - ......pma,q.fon- N llrdo_ ll..,._ ~ lin,;.
nassalè,desceotainesdepoidsàpeserl'orprirentladirecliondel'Europe.
Depuis le royaume baoulé dont le siège est Sakassou a connu une
succession de monarques·

• KOUAKOUDjé(1790-1820);
• KOUAMÉToto(1820-1840):
• TOTO Diby, neveu de KOUAMÉ Toto(1840-1870):
• TOTO Yoman, frère de KOUAMÉ Toto {1870-1880) qui sera assassiné par
l'arméefrançaisele22février1902;
• KO!OYO Boni, petit-fils de KOUAMÉ Djè:
• KOUAKOU Anougblè 11, neveu de KOUAMÈ Djé:
• KOUAMÈ Ojè 11, décédé en 1974:
• Le roi Nanan ANOUGBLÉ 111, appelé aussi c Chef supérieur des Baoulé •.
vécutàSakassouavantdedècèderen2003,àAbidjanoùilsetrouvaitaprès
qu'ileutétècontraintdequittersonsiègeèlasuitedel'attaquedeBouakèet
sarègioole 19septembre2002.

Pourêtreenphaseaveclepeupleainsiprèseotéàtraverssagèographie,
sonhistoire,oousprésentonsquelquesuoesdesescouturnesetdesesactivitès
socio-économiquesetensuite,nousprésenteronssalarigue

Il. 1 LES BAOULÉ, LEURS COUTUMES ET LEURS ACTIVITÉS SOCIQ.

ÉCONOMIQUES
LE PEUPLE BAOULÉ ET SES COUTIJMES

La structure de la société baoulé, fort hiérarchisée comportait


essentiellement trois classes:
• Lesagwa,lesrois,constituaittaclassedesnobles;
• La classe des hommes libres ;
• Laclassedesesclaves
Cettedemiéreciasseétail subdiviséeendeuxsous-groupes·
• lesousgroupedesakwa,lescaptifsdeguerre;
• lesous-groupedeskanga,lesesciavesachetés.
Il revenait aux agwa,rois de diriger la société, de prendre les décisions
capitale à sa survieetderéglertous litiges et conflits de la vie du peuple. De leurs
côtés, on trouvait les hommes libres, associés des agwa, el les esclaves, leurs
serviteurs.
Au royoome asha-iti, ta succession était héréditaire, strictement basée sur
le système matrilinèaire. Dans le pays baoulé, cette tradition, héritée du royoome
asha-itiesttou;oursdemiseexcepterlesk:idt,(Béoumi)etlesayaou,(Bouatlé)qui
pratiquent le système patrilinéaire. Mas, en plus de cela, on reconnait on commence
àprendreencomptel'âge:lechefpeutaussisechoisirparmilespef'SOnriesâgées
ayantcertainesqualitèsréquises
Foncièrementanimistes,lesBaoulèontcontinuéàadorerplusieursdieux.
Ces cernes peuvent être classés en deux groupes. D'abord, il y a le Oioo
eeisceneeu : c'est Gnanmien kpli ou Ananganman ou encore Aloulooa, la divinité
primordiale,créatricedu monde: c'est aussi iegroupedeOieuou « l'Éteneldes
Armées,, le groupe de God des Anglais, d'Allah des Arabes ou l'équivalent d'Adonai
des Juifs: c'est le groupe d'Alouko Niamé (ou Nia-nien) Ka:ljo des Agni et Koulotiolo
desSenoufodeCOted'lvoire
Lesecondgroupeestcetuidesdieuximmanents.Parmieux,sesituenten
premiéra position Gnanmien (le Ciel) etAssié(1adéesse Te«e), deux divinités qui
formentuncouple,auraientcontinuéetachevé!'œuvredecrèationentreprisepa-
AloulOua le Dieu Suprême. CieletTerreconstituentuncouplequi, loin d'êtres de
sifr4)1es substances inorganiques, appa-aissent dans un mythe cosmogonique
comme des êtres vivants, ou du moins des forces dynamiq ues dont l'origine divine
n'empêche pas qu'ils soient à l'écoute des hommes.
LES ACTIVITÊS SOCIQ.ÊCONOMIQUES DES BAOULÊ

LesBaoulé,commerçantsdepuisleurpaysd'originecontinuentàexercef
cette a::tvilé. En effet, depuis le centre de la Côted'!voire, ils échangent avec les
autres peuples. Ainsi, ils commerçaient avec les peuples lagunaires en passant par
TiassaléenirJWtantdusel,desfusils,delaverroterie,delapoodre,desJX)teries.
Peupleorpailleurquiapfisl'habitudedel'ordepuisleroyaumeashanti,les
Baoulé, arrivés en Côte d'Ivoire n'ont pas oublièœtte habitude. Les Ailouetles
N'zikpli s'étaient spécialisés dans le travail de l'or les uns fabriquaient des
couronnes,deschasse-mouchesetdescannesdechef,lesautresdesbijooxtels
quelesbagues,leschaines,lesbouclesd'oreilles.
Véritablesartisansnotammentaveclaconfectio ndestatuettesquiincarnent
desdivinitès(ilssontmajoritairementanimistes)etletissagedespagnesbaoulé,les
Baoulésontdevenusdebravesagriculteurs.
Leur aliment de base est certes l'igname, mais ils se sont lancés dans la
cultureduriz,dumanioc,dumais,del'a-a::hideetdutan>.

11.2 PRÉSENTATION DE LA LANGUE BAOULÉ

Si l'onsebasesurlestravaux35deDenisCreissels(1991)quiontconsa::rè
unela-9epartàlarèvisionduschèmadeclassificationgènètiquedeslan9uesnègro-
alricainedeGreebergetauxmodificationsqu'ilasubies,nouspouvonssoutenirque
le baoulé lait part de la branche kwa de la famille Niger-Congo, l'une des quatre
grandesfamilleslinguistiquesducontinen\micain
LafamilleNiger-Congoaaussidessous.groupes. Cessous.groupesetleslangues
du Kordofan sont a'nsi schématisés comme suit:
La famille Niger-Congo a aussi cles sous-groupes. Ces sous.groupes et les
langues du Kordofan sont ainsi schématisés comme suit·

Niger-Congo

Kordofan

KoalibT4ali nlodiTumlllm Kata


~noufou-
Tagbana-Lobi.

(Tymian et Alil, 2003 :13) Proposent le schtma suivant:


Exemples:

Les voyelles

API ORTHOGRAPHE BAOULÉ EXEMPLES


fa,prendre
we,poitine
wt,nager
fi, vomir
to,a:heter
b,ailer
tu,enlever
kan.dire
l!nttn,lourmi
fan,setromper
wun,voir,enfler

Remarques;

Le8aoulèa7voy~lesorales.Pannielles,œr1airiessontconnuesdu
fraoçais,d'autrespa-contresontpas

fa prendre comme doos le mot français bas.


dire comme dans le mot fraiçais préfet
l! mauvais,laidrenvoya,tàplusieursgraphiesenfrançais:ê
dansbête,aidanslait,édanssuccés,etc ...
vomir comme dais le mot fl
to a:heter comme dans le mol tô
lu aller comme dans le mot français os
1TYJUrircomme la gr~hie française ou dans le mot vous.
llyaquatrevoyellesnasalesenbaoulé;cesont:

:correspondauxgraplliesfrançaiseseindanspeindre,ain
danspain,aimdo11sfaim,etc ..
· correspond à oo dans too, om dans compas.
: n'apasclecorrespondantenfrançais
correspondauanfrançaisdansgrand,amdans
champ.en dans tente.

Lesnasalesinetunsontquoo\àellesinconnuesdufrançais.Onlesprooonce
respectivement comme les voyelles i el ou avec cette fois-ci abaissement œ l'uvule
comme si on nasillait

Exemplesclemotsbaou\éavecdesvoyellesnasales
avaler {un comprimé par exemple)
Quatre
oon sentir
atin chemin

'""
Les consonnes
A~ Orthographe baoulé Exempli1ications

bo purger
bordure
"'
'"
fu
gros
gnmper
gowte biche
gb gb gbo puits
janda chaise

kp ""
kp
dire
pleurer,crie<
,"."" ""'""
dam,
placenta
n)'in grandir
"' po• caleçoa
brûler

"'"'
•"' "''"
,, nyandraprovert>e
boisson
'°'

Surces21consonnesconnuespa-leba'Julè,dixsontconnuesdel'alphabet
français et partagent les mêmes propriétés articulatoires. Ce sont:
b,1,1,m,n,p,t,v,z.
Lesconsonnesj,g,gb,k,kp,r,s,cdifférefltdeleursCOfTespond;;wits
français comme l'a ccœtaé (kouamé. op. cit.)

11.2.2 le système tonal

Al'instardeslangueskwa,leba>ulèestunelaogueàton. Cela n'implique


quecettelaogueusitelahauteurmélodiqueàdesfinsdistinctives.Eneffet,quenous
soyonsauniveaulexicalouauniveaugrammatical,~tonsjouentunrôledistinctif
Ces tons ne sont pas du tout stables dans la chaine parlée comme le
soutiennent TymianetAJiicUn\onhautpeutêtrerèalisèmoyen,v~rebasselon
son environnement: cette instabilité rend loorde et difficile â manier leur
notation.»,

Ennoosappuyantsurceconstat,nousavonsprislaresponsabilitède
noter que les tons grammaticaux et les tonsdontl'ambiguilè phonologique est
diffi<:ilement levée par la situation de communication.
Le système tonal du baoulé se compose de trois tons IX)OCtuels
phonologiques qui sont:

letoohau\ n
Exemplesdetoosponctuelshauts:
jècdent, sa ,puiser,

letonbasf]

Exemplesdetonsponctuelsbas:
b6 ,forêt• wà 1ici1

Le ton moyen[-]

EKempledetonsponctuetsmoyens:
tro e saœe s bla 1femme1

Outre ces tons pcrcnee c-oessusmosrës, la lwigue possède des tons


modulés dont la durèe n'est pas aussi longue qu'une séquence de deux tons

"""""'
Tonmodulédescendant [Al
llestprochedutonhau!maiss'endistingueparsamodulationdescendante.
Aulieud'étretendu,lavoixseretà:henettement

Exemple kpà, bon


Ton modulé montant Fl
llserapprocheasseznettementduton bas. Néwimoinslavoixesttendue
et remonte légèrement.
Exemple bi, enfan1

Ces tons modulés ne sont pas phooologiques en baoulé. Toutefois, on


constatequ'ilssontquelquesloisdistinctifs:
Exemples: bo cpurgei-1 bo ,forêt• œ e resse e
11.2.3 Le système phonologique

a) Tableau phonologique des voyelles

POSITION
ANTERIEURES CENTRALES POSTERIEURES
Orales Nasales Orales Nasale Orales Nasales

'""""
Mi-Fermées le
Mi-ouvertes

b) Tableau phonologique des consonnes

~la I Labo 1 Dentales 1 Palatales 1 Vélaires 1 La~


biales dentales vélares
Ocdusiveslp b t d le j lk g lkpb

Fricatives
Vibrantes

Nous précisoos que dais œt1e étude, nos transcriptions suivront ~ principes de
l'aphabetphonétiqueintemalio113,A.P.l
Lanasalitées\unepropriétédecertainesvoyelk!setconsonnes.Lessoos
{nJ, (Jl]sont à l'iniUaledes vaiationscombinatoires des phonèmes/ 1/, ~ let/wl au
contact d'un son nasal comme l'illustrent es exemples suivants :

(lavie)
,., (ici) qgwi
lqwl
luku
N
(foula"d}
,.
niikii (froisser)

;, (vendredi) pi (gagner)

~ /pl

11.2.4 La Structure syllabique des mots

Lebaouléétantunelangueàsyllabeouverte,aucunmotnerentredansson
système s'il ne se soumet à cette régk!. Celle-ci s'établit comme suit
Lasyllabedetypev•

'"
Lasyllabedetypec.v
ja (vendredi)
wa {ici)

Syllabeàstrt1eturec.c.v
nwi (bollClle)
wta (porter)

4(1. c....- ~ ,- ..,~.-:11)àlllf,(m~ (paa~ -

. ..••..•....
on~Clâll~ •• .,,{Jt..,...,.rS'lCn:llc..- --UIW...., •••
Syllabeàstructurec.v.c.v
fefe (sifflet)
sm(tailler-rèdupliquer)
Syllzbeàstnx:turec.v.c.v.c.v.
sakasaka {désordre)
fitafita (blanchatre)

11.2.5 La morphologie des bases lexicales

On utilise soit ra dérivation, soit la composition pour former le mot baotJlé

11.2.5.1 La morphologie des dérivés

On distingue

11.2.5.2 La dérivation par préfixation

Selon Kouadio et Creissels (op. cil. p.29), trois types de dérivations se


partagentlafonnationdesrnotsbaoulé.Cesontn;aetai.
Ces p.-éfütessecombinefll au rOOical vefbal ou nominal pour toujours donner
undérivé1101T1inal.
Ainsi,ona:
a+radicalverbal exemple 1-ft fatigue<ft fatiguer
a+rOOicalnominal exemple a-nwi porte<nwibouche
a+rOOicalvefbal exemple a-np1 réunion <jase réunir
n+radicalverbal exemple n - zami plainte < dmi se plaindre.

11.2.5.3 La dérivation par suffixation

Trois suffixes concourent à la formation des dérivés suffixés selon


K o u a d io e t C re is s e ls . l l s 'a g it d e ljt ,w lt , w a o u l t . U n e f o is a jo u té à la b a s e ,

c e lle -c i c h a n g e d e c a té g o rie g ra m m a tic a le

Le s u ffix e l jt .

R a d ic a l v e rb a l + l}t

E x e m p le t u t u -ljt terr a in d é b r o u s s é < t u t u d é b ro u s s e<

(Le s u ffix e o o m in a lise le v e rb e ).

Le s u ffix e w lt

R a d ic a l v e rb a l• w lt - b - w lt lie u d e d e s tin atio o < lo a lle < { w lt e s l

d o n c u n s u ffix e n o m in a lis a te u r)

S u ffix e w a o u l t

Le r ad ic a lve rb a l• w a o u lt :

E x ~ k a -w a / l t m o rs u re < k a m o rd re

lls 'a g it a u ss i d u n o m v e fb a l

11.2.5.4 La base parasynthétique

Onappellebaseparasynthéliquecellequiadmetàlafoislaprèsencede
prèfixeetdesuffixe.Labase,dansœcasd'espécesetrouveentredeuxaffixes
(Préfixe-Base-Suffixe).
Exemples
a•Radical•l)I: exemplea-bja-ljtOOQiM<bia sedoucher.
a• Radical• twf: exemple a·b- twt réprimande <tub réprimander.
n+Radicalverbal+ljt n-za-1)1: affût<sa secache<.
i+Radicalverbal+ljt:exemplei-ja-ljtlieuderèunion<ja,
rencootrer{se)

11.3 La morphologie des composés

En baoulé, la composrtion peut se ramener à:

• La succession de deux noms (radicaux nominaux)

swa+ja < swa.ja 1pilier1


/maison/pied/
bwe + nvie < bwe- nvje I morœ 1

Inez/eau/

• La succession de trois noms

Nom+ nom +nom: exemple bi swajuma travail de prison


<bi+swa+jiimi
/excrèmentlmaison/travail/

• La troncation de l'un des radicaux

npraa < jraliwa e teo œ bœusse s


/Prèfltlrüler/être/ /Prèflbnller/acc{lci/

• La juxtaposition de verbe et nom

laka + fwE trompeur < lakafwt laka tromper+ fwt agent

• La juxtaposition de nom et adjectif


ak:>-jimi poule! < akJ (poulet)+ ;m1 (mâle)
bwa·blt brebis < bwa (mouton)+ bit (femelle)

Comme cor,glomérès on cite·

beci interdit<beon+ciinterdire
mbukt doute< n(m)Je+bupenser+ktque

11.4 Les différents types d'énoncés

Onadeuxtypesd'énoncèsenbooulé:Lesénoncèssimplesetlesénoncés
complexes.

ll.4.1 Les énoncés simples

Parmi ceux--ci, on distingue les énoncés nominaux qui admettent comme


prédicatsdesconstituantsnonverbaux.Cesconstituantspeuventêtre:

• Un présentatif

t.b.min définit le présefltatif comme« une construction qui met en relief une
unité linguistique donnée, pe- un procédé spécifique, un adveroio-pronominalou
même un nom tout simplemenl.'1 ,

Exempled'énoncèsnon-verbaux·
(1) Kofi (il) voiciKofi.
/Koffi/voici/
(9) alo (un)poulet.
/poulet/
(10)kofi (interpellation).
Kofi

Onnoteqœleconstituë11tp.lë11tlafonctiondeprédicatdnl'éocn:énominal
peutêlre:

Unnom(exemples9et10)
Un pronom (exemple 2)
Unadverbe(exemplekofi kùsu)
/Kofilaussil
Unprésentatif(exemple5)

Pourconclure,onretientquel'énoocêbaoulêobéitàlastructureN(S), V
(P). Dans cette strocture, c'est le prédicat qui dispatclle le rôle des autres éléments
del'ênoncê.Deuxsortesd'énoncésexistentdanslalangue:lesénoncésàprêdicat
nonverbaletlesênoncésàprédicatverbal.Analysonsdonclesènoncêsàprêdica1
verbal

11.4.2 Les énoncés verbaux

Soit la phrase suivante

{11)j[si lali N'guess.m s'estcouché


N(S) V(P)
/N'guessan/dormir-occ/

LeconstituantèliquetèV(P)cootientunèlémentessentielquenous
désignonspél"lesymboleV(la}.lln'estpropreàl'énonciationquelorsqu'ilesl
complété par la marque du mo<phéme du temps 00 se situe l'action qu'i! décrit
End'autrestermes,dansleparadigme'ldelaconjugaison,unemél"que
aspec\o-modale es\ affectée à Pà] dormir, à l'infinitif. Le constituant V(P)
commande l'accool du N{S).
C'.efaisant,ilestbienptacèpourêtrel'élémentcentral

Le schème N(S) + V(P) + N(E)


(12) kouadio n~i nz.i -- Kouadioabulaboisson.
/Kouadiolboirelalcooll
V E
Le schème N{S) • V{P) N(E) + N(E)
kouadion~iyaoinz.i'n ....• KouadioabulaboissondeYoo
S V E1 E2
/Kouadio/boire/Yool Pron/boisson-défl
Lesphrasesoùlafonclionprédicativeestremptiepél"unesérieverbale:

Le schème N(S) + V + V + N(E)


){p))

Exemple: kuajo n~ kpt yao


V1 V2 E
/Kouadio/boire/couper/yoo/
......• KQuadioboitsansendonneràYoo

o.,-..., ••• ~ P',IOlowgo.lo~ IO<ll* il:c<:n m er.....,,,_ d!Olffllw;qJpe,_,r


ctllfflLW aw,c..,..rili~ <tm i,o,c'INl.....,pon,b dn.lom lm t- (d.- ""
cil:P.245)
le schème N(S)-+ V• N(E) • V
1 (Pl 1

Exemple kuajosubububa
/Kouadiolprogldanserlvenir/
KouacHo vient en dansant

11.4.3 Les phrases complexes

Selon Kouamé • les phrases complexes du ba::iulè résultent de la parataxe,


lacoordinationentredespropositions,etdelasubordinationd'unepropositionàune
autrep,-opos~ion.'3•
Dans la parataxe, , deux phrases syntaxiquement indépendantes sont
liées dans un rapport de subordination implK:itegrlK:e à l'emploi d'une courbe
mélodique commune qui dispense de l'usage d'une conjo11Ction. Comme cela se
produiraitsi!esdeuxphrasesétaientmaintenuesséparèes,onabouttàlesunir
dansunrapportdedépenda11Cequiserévéleraitdansl'hypotaxeparl'emploidela
conjonc~on.",

Exemple:
(15)belabekaci
/on/dormir/Proo/changer/
Onchangequandondort
Celasignifiequelanuitporteconseil

lloul!:olJ K()JAI.É ,~ ClP.125.

Geo,ge,t.l()JNN,~ClP.24!
11.4.4 La coordination

La coordination est une opération grammaticale qui consiste à lier deux


mots, deux groupes de mots ou deux propositions ayant même nature et même
fonction.
Exemple:
(16)bwanibolibediijre
/moutonlet/chèvre/ilslmangerlherbel
Lemoutonetlachèvrebroutenldel'herbe.

11.4.4.1 La conjonction qui établit un lien de


subordination
ChezMartinet,elleestuneexpansionquiestcaractériséeparlefaitquela
fonc!ioodel'élémentajouté nese retroovepasdansunélémentpré-existantdans
ce même cadre.

Exemples:
{17) ekûl]gbadidwoagbaavje
/luilseuUma,gerhablignanelmanioc/riz/
---,. Il mange à la fois l'igna-ne, le manioc et le riz.

La conjonction est un procédé consistant a relierdeuxeléments


thématiques de même nature (catégorie grammaticale) (Cf. exemple 17). Exemples.

11.4.4.2 la conjonction d'addition.

Elleintervientsurtoutlorsquelestermesàcoordonnerpatagentlamême
catégoriegrammaticale(nominale).Cestermesenquestionsontindépendantsl'un
del'autre
(1 8 ) k u a s in i a k is i m a j a s o

ll<ouassile\/Akissililslêtre(<fX/pied/suff.surl
-+Kouassie\Akissisesont~ès.

Kouassi et Akissi accomplissent la même action de manière indépendante


Le faitqu'ils~ ennentà la classe des noms, ils pewent être additionnés.

11.4.4.3 La conjonction de réciprocité

Cetteopèrationsecoostruitàpwtirdesassertionsdanslesquellesles
actants jouentunefooctionsymétrique

(19)kuakuniajuabenjlbewü
/Kouakoulet/Adjoua/ils/rega"der.<fX/leur/corps/
•...• KouakouetAdjouaseregardent

Cetteconstructionestlamiseencoojonctiond'uneassertiondanslaquelle
kouakouregardeAdjoua
Kouakouestagen1e1Adjoua,patientetd'uneautredanslaquelleAdjoua
estagentetKouakou,patient.

11.4.4.4 La conjonction de comparaison

Enbaoulé/kt/alesattributsdeconjonction.llpeutintroduireàlafoisdes
propositions et des nominaux. Il joue le rôle de comparaison.
Exemple:
esrojwe kresisa
/iUchanter/acc/chanson/cornme/son/pére/ainsV
---- Il chante comme son père
ll.5ANALYSE DE CAS DE VARIATIONS DE CERTAINES
CARACTÉRISTIQUES SOCIOLINGUISTIQUES

Avaicée naguère par Lilias Hamburger et repris par Delafosse, l'hypothèse


de l'unité originelle des tallgues amcaines n'a jamais été pleinement confirmée mais
n'apasnonpluséletolalemenlrejelée.
LebêKlulé,objetdecetteé1udeconfirmelerejetdeœttehypolhése.
En effet, ladiversitédiaîectalecontribueàfairedisparaîlresimili1ude
morphosyntaxiques et lexicales. Kouamè prévient que : • Selon une des vues
sociolinguistiques,auseind'unesociétédonnée,lespratiqueslinguistiques
inhérentesauxusagesd'unelanguesontl'objetdevariationsconstantessurtrois
axesetdonnentnaissanceàtroistypesdelectes:
Leschronolectes sur l'axe temporel, les dialectes sur l'axe spati.ietles
sociolectessurl'axesociaj . .cs.
Bienquelebaoulèenfaitsesubdiviseendialectes{environunesoixantaine
(cfcarten•2,1esgroupesbaoulè)etquel'intercompfèhensionsoitcenesparfaite,
noL1Snousappuyonssurcettehypothèsepourfondernotrevuev.-iationnistedela
languebalu!é.Eneffet,lalanguebaou!édanssesstratificationssocialesdiffère
seloonousd'ungroupeàunautreselon(l"age,lesexe,lafonctionsocio-culturelle,
la situation de communication etc .), comme nous allons le voir dans les pages qui
suivent:

ll.s.1 Les variations

Troisconsidérationspermettentdecomprendrelesvariationsdelalangue:
Ladésignationdeœrtainsconœptsdelaprononciationetde
certaines constructions phrastiques
Leniveausocial(aQe)

KOUAMEK<ukou,~Cil.P.126.
Le niveau temporel {changements sémantique, morpho.
syntaxique).

u.s.i.i La variation dialectale

Lalanguebaouléestsubdiviséesurl'étendudupaysbaoulé{cf.
carte n" 2). Le e tractionnementlinguisfiquee s a occasionné la formation
dediatectesgéographiquementconnusdon\nousprésentonsquelques-uns
etlesvillesoûilssontparlés:

DIALECTES VILLE-CENTRES

g,, Boookro
oualebo
MO '"""'°"
Prikro
Ailoo Tiébissou(ailoudan)
Ailou,faafut Toornodi(ailou/kan'an)faafw!:
nan'nanlwE Tiébissou(nan'nanlwt)
Nan'nan1w€ Yamoussouk.ro(nan'nailut)
N'zipli Didiévi
sonœ M'lmiakro
kooc Béoomo
Ncljébonouan
TIOOdiekro
"'""
agba Oirnbol(ro

''°"''
Ay,oo Booaffè
Yamoussoukro
,.,
"""' Diabo, Nandjitxmou
satiklan Botro

11.5.1.2 La variation liëe au lexique et au son

La dialectalisation é1ant de mise dans cette langue, les différentes


réalisatiooslexicalessefontselonlesdialectes. C'estcequiestmisenévidence
àtraverslesmotssuivants:

nvje,pa1erg:lliœntral
Eau ~ nzje,p;Ylerg:ili-agbanü.
nzwe,autrespa1ersbaoulè

gbekle, pMeffali
Souris igif!, parteragba
~ gbolde, autrespa1ers.

'elifla,pa1erélai(empruntdioula)
Oignon ;ene, pa1eragba
jaba, parlerfali(empruntdioula)
jaa,jawa pa1erg:ili(empruntdioula).
~

Pourcertainesdésignalions,Jeparleragbadifféredesautres

Lesautresparlersbaoolé Pa-leragba
Soleil yja .....
Dos vilwi Si
Cnese bja Kinigll
O iie n a lu a Adua

Banane m id i ,n i d a bana

Os o v je bow ue

Le p a r1e r f a a fw t r e n d le c o n c e p t d e , no s ta lg ie , p a r le te rm e a w la le ,w <4 t b o

p a r a w la d o e , l e 9 ::>li p a r a w lad o e t t 'ai;ib a p a r a w lad w t . 3 1Jb a e t a k w t a p p e lle n ! le

riz a w u e ta n d is q u e f a li,9 ::i li,d is e n t a v je .

L e s v a riatio n s p h o n é tiq u e s in te rd ia lec la le s s o n t in co m m e n s u ra b le s ·

A lte r n a n c e 1- d

ba o u lé N o rd ( g ::>li,b d e ,f a li, s atiklli e tc ... ) ba o u lé E s t ( ag b a )

la ljt: dadjt: e coctear e


dw o Iwo cigname•

...
a s e la asenda
lwl
cremen::iement,
cgraisse1

Altemance0-b
baouléNord(g::>li,k::id!:,falielc ... ) - baouléEst(agba)

.,•....
utu butu
botwi
buk1
e verser e
,anus,
caider,

Altemancew-b
baouléNord(g::>li,bdt.,falietc ... ) - baouléEst(agba)
busu ctrembler,
wakasu bakasu cescrèment,
kokowe kokobe clèpre•
Altemaicea-(
Ba>uléNord aecué êst
«buffle,

Pourplusdedétails,nousrenvoyonsà(Koua'llé,Ol).cit.P.P.65-70).
Entreparterd'unmêmegroupe,laréalisaliondecertainssonsoucertains
conceptspeutvaier.AinsidanslebaouléEst,lesagbalajradisen\Huwa (papier),
aluku(onze)tandisquelesagbasaci.ve,prononcentHja,aluku.
Chez les glli, le l)a'ler central dit waka tandis que l'adomje, (une autre
variantedumêmedialecteprononcejaka.

11.5.1.3 Quelques cas de variations grammaticales


Nousprésentoosiciquelquesdifférenciationsspécifiques aux parlers glli,
a;,ba,ailou,sondo.Lescaslesplusvisiblessontsurtou!lesdifférentesformesde
l'inaccompli négatif et de l'adverbe de temps «encore» qui se présente différemment
d'une variente dialeclaEl à une aitre comme résumé ceœ le tableau ci-dessous:

nnjisro'ajwe/Je/encorelchanter+suffnég/
glli chanson
Jen'aipaseocorechanté

nnisromijwe
Agba /Je/enc:ore/chanter+suffnéglchanter
Jen'aipasencorech.vité.

n srolimijwe
/Je/chanter+encore+suffnèg/chanson
Jen'aipasencorech.vité

mi nisromijwe
/Je/encoretchanter-+-nèg/chanson.
Jen'aipaseocorechanté.
1
Remarque:
LesystèmedelanégationseréalisesousdeuxformesselonCreisselset
Kouadio (op.cil. 19171~1

Lanégationverbaleserésumedelafaçonsuivante:
....• (verbe+ 'a (dans un débit rapide) exemple ou verbe: bo, f)ll'98fdonne bo'a.
Dans un débit lent, on aura bo,ptl'ge,donne boml. On relève ainsi avec cette
fomluleque:
Eng:lli,l'adverbedetempscenoore,estnji.
En agba, l'adverbe de 1emps, encore, est [ni].
En ailou, Le morphème de l'inaccompli est entre la base lexicale to
L'a:lverbe de temps n'est pas matérialisé(•)
Enfin, en soodo, le suffixe de l'inaccompli est [ma]. (ni] est l'adverbe
de temps. Le prooom [n)est rendu autrement pa [mij contrairement
ooxautresdialectes.Ladiffèrencialionentrecesdialectescoricerne
lanégationcr.e ... pasencore,.

11.S.1.4 La variation liée à l'usage

Nous nous intéressons à la manière dont, à une époque et dais un milieu


socialdonné.seréalisentdansledisoourslesstrocwresdelala,gue.Eneffel.d'une
manière générale, un même individu parle différenvnent dans des contextes sociaux
différents. Sa façon de parler et son répertoire linguistique révèlent SOfl origine

,Jlrinielf- Kamo•Doriaer...-.°"'"'*""'"~
.,..._..,....,,l.A,1977 tl~tfurlpMltt
/ga'nfacile/cl'OSe/pounir/leur/dent' llacilement
ne profite guère.

abukal]galuflejimjt:nkplinji1 Idem
Niveau courait
otinûllu/casser/crabe/bêle.lDieu/voir/ Bienmalacquisneprofite
(Jeunesse)
ton/anus/
''"'
11.5.1.5 La variation liée à l'âge

Deuxtypesdevaiatioossepartagentl'airlexicologiquebaoulé. llsdiffèrent
selon l"àge et occupent la bipotaisation vrai/ faux. En fait, il existe un classement
eccciè seco lesexigencesqueluiconférelamanièredeprononœr :lesclasses
d'àge rendent différemment le réel. Les pôles sourd I sonore se relaient
constwnment. La classe sourde, plus difficile à proooncer se substitue à la classe
sonore,pluslacileàarticuler.Onassisteàceteffetàdesvaiabonspl'lol'létiquesl
phonologiques comme le prouvent les exemples ci-dessous :
i) Assimilationdelabiovélairelgb/àlalabialefo/
Correspoodantedans:
Glose
ngb:, , nba bouillie

ngbabwa > nbabwa chaussure

gbabuku, babuku cuisine

Utifisationdusonfit]enlieuetptacedepjcjdans:

nDljl: > nz:,jt:marque


iii) Auniveaumorphosyntaxique,utilisationdephasestronquées:

mmje urine pour signifier n wi n bje •...• Je veux uriner.


/Je/vouloir/Je/passer/

kpidJcigna-nebraisée•pourdire
n wi n di kpidJ •...• Je voudrais manger de l'igname braisée.
/jeNouloirfielmangerflgnamebraisée/

iv) Lesystèmedelanégationestégalementtouché.

l'enrantdira:nwOnensidimi •...• Jesuisenbonnesantè.


/moi/corpsJdistribuerlrooi/

Enlieue1plcœde:n wiinrnsidimimi
lmoik:Ofps/distribuer-+nég/rool
.•..• Jenesuispasenbonnesantè.

Lanègationestdoncmiseenveilleuse,maisleloculeuravenisait
bienquel'enfantn'exprimepasautrechose que, Je ne me porte
pes ben s.

• l'inYef'Siondelanègationestbeaucoupplusfrèquente.Eneffet,enbaoulé,
comme nous l'avons vu dans les pages prècédantes, la négation suit
directement la base lexicale, mais du point de vue pratique, on peut se
retrouverfaceàcertaineréalitèd'agrcl"Mlaticalité·

-nkpitasu/Je/frotter/sur/---.Jefrotte
-nkpita'asu/Je/frotter"'ilég/sur/ •...• jenefrottepas.
-. 'n kpitasuma /Je/frotter+sur+suff.nég/-.(construc!ion
phrastique agrammaticae et non attestée.)

v) Emploi fréquent du pronom indéfini be/me, on.


Ce pronom s'efl'l)loiedans la phraseet)Ouelerôledenominal
sujet.lls'utiliseenlieuetplacede/e;l/ilouelle

Exemple:
Laconstructionsuivante:kuasl,ninisln:lkpeî
/KouassiJGrand-pére!Progloorelcigarette/
-.Kouassi,gréWld-péreestentrcindefumeJ.

Ce prooom me/be s'emploie en lieu et place de eux: elles, leur, les, lui. Ce
pronom pemiet de désengager celui qui l'emploie. L'émetteur poovcit dire
simplement·
kuasl,kofisin:ikpeï.

On pourra dire·
elidilimelwo/dwo
fll/maoger+acc/leur/igname.
-. Il a mangé leur igname
Au lieu de:
e dili n dwo lil/mél'lgerlmonflgnarne.
-. Il a mangé mon igname.

Certains verbes employés en lieu et place d'autres verbes rendent la


phrase agrammaticale. C'est le cas suivant : jo (!cire)-,. sumâ (saluer)
bejo yao like > •œ suma yec like
lonlfaireMoo/chose/onsaluerh'aolchose/
-c co sauevec
Par contre, d'autres étant synonymes peuvent se substituer sans qu'il y a't
changement de sens. C'est le cas de tn (allumer) et u (allumer)

Lesdeuxformessuivantessontdoncattestées:
tr:,sinwi "' u sinwi
/allumer/feu/bouche/ /allumer/feu/bouche/.
-.Allume le feu
Au niveau phonétique, nous coostatons, la vaiation suivante dans les
parlersjeunesdeBouaké:
Assimilationduson[wl]auson~],par1erjeunedeBouaké:
awlomijlml > alom:iJUal
•...• Sorte de plante herbacée. (Nom scientifique ocimum viride
{cf.Oictionna'reBaoulé-França'sop.cit.p.116))

Lalangueétantunea::tivitéd'écha,geetdecomrrunication,sonusagealmet
desrestrictions.Ainsi,selonlesrrœursdelaCOfMlllnication,lesjeunesn'ontpasle
droitdedire~l)"OVefbes.C.etlel)"ohibitionnesevetralevéeques'ilsutilisentoes
formulesdepaitessedugenre:

kaHc{suivide)nipldrajc'nbu'aprû;,
/néglproverbelque/je/Cassénég/1igure/morph.conel/
-.Jem'enexcuse:Jenepeuxdiredeproverbeenvolreprèsence

ninlmü
} SEmisi'aoj;,ijaciictmlafinltjobaki
nsimû
Lessages /si/nég/savoir•suffnég/paôef(Je/encore/être/petit/
/voos/pa-donner/vous/distribuerlmoi/.
--Lessages,sijenesaispasm'exprirrer,sachezmepardooner
Ma_Jlisa'llœn'estpas/préf+figure/affaire/morph.concl/.
--,.Jenemefoutspasdevous.

Lajeunesse,paœttemaniéred'introduirelaparoleooptutôtcleladel'ralder
participe du point de vue éthique à une sucœssK>n digne ce, par cette manière, les
sagessontprêtsàl'a:cueillir,àl'ini!ier.
De manièfe récurrente, on observe des idées tootes faites, des banalités
dont l'évocation rewce soit à la plaisanterie, soit à la moquerie, soit à la
condamnation etc ...
C'estlecasdecertaineslocutionsdont:
agbagbaragba {Empruntdioula),c'es1chaud.Expressionvieillie
provenantde
/agbalakaba/,c'estdéjàchaud
--,.Qnenavud'ootres. {Plaisanterie)
n tu'a bue nû min: ni kondu simli
/Je/enlever/nez/dansJpoils/avecJsortedeptanteJsavon/.
-,.Je t'ai viré (Moquerie)
wa je wa tri nil
/lu/déféquer/lu/asseoir/dedans/
-c tu es déféqué et tu t'y es assis. (Condamnation)
,lactttkpa
/pardonner/vilairubon/
--+Jetedemandebeaucouppardon.(Ptaisanterie).

Couramment, l'on assiste à une formation hybride ou une alternance


co::liqueen mi!ieujetJne. Parsoncara::tèrede bilinguisme, les jeunes s'y plaisent
souvent. Enpan.:K:han!lebaoulé(leurlëVl91.1ematerne!le)aufrançais(leurlang1.1e
seconde), les jeunes arrivent à se démarq1.1er des hommes âgés lorsqu'ils veulent
communiquer sans que ceux-ci comprennent leur conversation. À cet effet on peut
entendre dire·
kofi njisttzolifammeplL
/Kofi/regarde/cettefjOlie/fernme.lmelplaill.

Pour dire : Kofi regarde; cette jolie femme me plaît. Le canal dans lequel
lesjeunesseretrouvenlestoodésibienqu'ilsrespectentlestabouscarenréalité,
touteparolen'estpasadmisedupointdevueéthique
Un autre phénomène est une création ad~tée en milieu jeune. Elle consiste
àatOuterunesyllabeâchaquesyllabedelaphrasetoutenrecooduisaralavoyelle
delasyllabeainsiquelaconsonnechoisie.Eneffetceparlersecretsecaractéfise
principalement par l'ajout d'un suffixe- tv, avec V" voyelle, ra:lical identique à la
voyellefinaleduradical.Onobserveraàceteffetque:
nfatabt::ijitidérivedel'énoocéprimaire
nfabji
/Je/prendre/proglenlever/
--Jeprendraipourenleva.
abbjeteblotodérivedel'énoocéprimaire
alojeblo
/tu/allerltagotlforêtl
--Tuvasàlarecherchedefagot.

llexisteunsociolectesem~ableaubaouléstandard,lebaouléauqueltousse
conforment.(Kouamé,op.cit p.).Ainsi,ilexisteunchoixpourlesdifférents
niveaux.Pourdire«Jesuisenrégle,parexemple,ondira:
nsa'abu
/rroi/main/être/cassée/
•...• Mamainestcassèe
Cetteexpressionestattestèeparl'usage

11.6 La variation sémantique liée au temps

Lalanguebaotlléévolueseloncertaif\Scritèresdontleplusimportantest
l'adaptationdetatanguefa:eauxréalitésactuelles.L'analyseesquissèedanscette
partieportesurdeuxsériesd'unitésquenousvoulonsmettreenpa"alléle:unesérie
originelle et une série actuelle. En effet, on observe d'une pari un certain nombre de
variatiof\S sémantiques d'un seul et même mot comme le prouve le tableau I ci-
œssœs.
On assiste à différentes appellations d'un seul et même terme selon le
temps. La mise en pa"allèle des deux sèries ne pose, la ptuparl du temps, aucun
problème sémantique majeur. A un \erme nouveau correspood généralement un
termeancienouptusieurstermesanciens

--
11.6.1 Changement de sens

11111'
walui-mma
loutfruit

ng.1lc Balafre vaccin (en médecin)

Talje Ma-mite(enargile} Ustensile de cuisine

Oiseaubl::n::
k:tn:igbt (dioula,bn~ oiseaulgtx, Pique-bœuf

-1
-- --
11.6.1.1 C hangem ent d'appellation

SEIE-.i..E SEIEM:IIB1E
IIOI'

tabli(empruntfraiçais)
'"'' Didipl~

nini-iniimi kl:,gbc/oiseau/blêWIC/
Pique-bœuf
lbœuf/oiseauJ dudioulabn:igbt

Chien bltn ou cwa ou jomo Alwa

Perdrix Koci kùdalo

v ••• bmi/glh.l Vtri

Bouteille pàdulb:.d~ bouteli

Ciseaux apaswtlkakpt Sizo

Lit Mgba

Avion alapla(anglais,airplare) AvjJ

Souris Agofi ,,...


Tête ,~ Ti
bbfwt-nzwe
Pafum Paliftn
/blanc/eau/

ll.s.1.2 Quelques comportements langagiers en


situations de communication
LeBaoulé,àl'instardetouteslessociétèsmobilise\aléTigueenl'orientant
vers des images ou des attitudes selon des situations de communication. (Kouamè,
op. cil. p.150) manifeste que savoir employer ces expressions imagées est signe de
respect envers son interlocuteur mais aussi preuve d'une bonne maitrise de la
la,gue
Ainsidonc,pourrendreleconceptd'allerauw.c onnedirapas
nbje/Je/allerldéféquer/
Traductioolittérale:Jevaisdéféquer
Cette expression est synooyme d'irrespect. On emploiera plutôt des
euphémismes pour rendre cette réalité. On les ufüise dans les cormnmicalions
d'inférieur à supérieur. On dispose de plusieurs manières de le dire: Ainsi, oo a

nbwaka su /Je/aller/a-bre/surl.
Litt:Jevaissurl'artl<e
n bati nü /Je/vais/chemin/dedans/
Litt:Jevaisdanslechemin
nbondusi /Je/vais/àcôté/derrièrel
Utt:Jevaisàlapoubelle.
n lu mmo ndri su /madame/ N'dri I sur /dèpôt d'ordures/
Litt:Jevaissurlesordures
n,ubmamlijlkojolE
/Jelprog/aller/MadameAlrenan/condolèancelfaire/.
Litt: Je vais p,ésenter mes condoléances à Madame Amenan.
Différenciatioflauniveauvert>a.
vjl n kpi: walcbo
lsoleiVpron-reprise/crierl
Le soleil brille.
vjlnbo :fali
/soleil/Proo-repriseslfrapper/
Lesoleilbrille.
On note que tous rendent le même phénomène à travers ces différentes
réalisations.

Conclusion partielle

l'analysedescasdevariationssociolinguistiquesnousapermisdevoirqu'il
existe des variations lexicales, poollètiques et des changements de sens. C.ette
thèses'avèrejustfièeencesensqu'ilexisteplusieursgroupesbaoulé.Plusieurs
auteurs dont Kouadio N'Guessan Jérémie et Kouamé Kouakou (op. cil) l'ont déjà
démontré. Toutefoisœtteanalysenepeutsedèpartirdel'ethnolinguistique
CHAPITRE Il
DÉFINITION DU
PROVERBE
Ce mol renvoie à l'assuraoœ, la solidité, en un mol au soutient. Tout comme
ndr!i,ndwiquimaintientl'arbre,leproverbeassure,encrédibilisantl'argumentation
quel'ontientgràceàsacohérencee1âsalimpidilé. C'estleproverbequisupporte
tout ce qu'on tient comme propos
La démarche de l'l\ooorable Kouassi s'avère logique. Cependant lorsque
nous lui demandons pourquœ sommes-nous passés de n pi dri .tpidra, il demeure
impuissant. Nous réalisons en ce momentquefaire des recherches en tradition orale
n'estpaschoseaisée.Acepropos,KouadioYao(op.cit.p.48)dira:• Lessources
d'infomlationsdignesdelcinesontpasàportéedemain,surtoutquelesanciens,
gardiensdelatradition,sontquelquefoismoinspro,'ixes,voiremuetssurcertains
sujetsparcequ'ilsensontplusoumoinsigllOfants. 1 Cenevisiones\confirméepar
le proverbe suivant

mmo are kpli befa frte kwb be niikii i nJll (proverbe n"4)
ldame/remédelgrand/on/prendre/sortir/\tillage/on/malasquerlsalfeuille/
•l'ondoitmalaxerlesfeuillesdestinéesàsoigrier.,
llfautlOujoursgarderpoursoicequel'ontrouve.

CelasignifiequeleBaoulénelivrepassessecretsaupremiervenu.
Mais comment sommes-nous passés den pi ndri .il pi ndrli ensuite à
pidra?
Aprèsanalysedesstructuresquiroosootélèprésen1êes,roosavonspufaire
œconstat:
Au-delà de la métamorphose (passage de phrase à nom), il y a eu
également ellipse de la nasale [n] qui a permis le passage de pidri àpadra.
Lebaouléetl'agnideuxlanguessœursdèrivèesdel'ashanti,(thèseratiliéepardes
auteurs célèbres tels que (Kouadio et Kouamè 2004; Niangoran Bouah 1983:
Loucou19netc ... ))51,présententdessimil~udes.Se1onnosenquêtes,1'agniserait
plus proche de l'ashantique le baoulé. En effet. en ashanti, le mot proverbe est
ajladra.Leproverbeenagniestajlàclra.llyaplusdenasalenagniqu'enbaoulé.
Nous pensons que [a] et [a] sont des réalisations d'une seule et même
voydlequiseréalise[a]encontexteoralet[a]encontextenasal.Le[a]del'agniqui
précèdeJladraserai1doncunpréfixeetc'estluiquiaétémisenlieuetpla:::edu{a]
deJladrapourainsidonnerJladra
Pa..-ailleurs,selon leBaoulé, leproverbejoueunrôlejuridique.Clflentend
souventdire

pldrakp,nd,nii
/proverbeJcouper/affaireldedansJ
Leproverberoupeaffaire
,Leproverbedécanlelessitua!ions.1
lesbet!igéranlss'acco,dentlorsqueleproverbeestannoncé
Cetasupposequeleproverbeamèneauconsensus. li dissipe les colères
car il convainc pa..- sa clarté et sa logique interne. Il est considéré comme une véfité
acœptéedetous

J1ldrawoniw1Eatisu
/proverbe/étre/véritèJroute/sur/
•leproverbesetrouvesurlechemindelavérité.,
leproverbe,pa..-saclarté,renforcelavérité.
Ainsidonc,lestra::esdelasourceduproverbesontconnues.Mais
comment est-il défini pa..- les Baoulé?

o.rmmiio: •••••• fllw:IIJMpfcrigino<INllrQ.Ml~ ponont·<mftq..-llbaoùttl

.,,.,......., .. ~
r'9'i""11:dkD;llrQ.MIIOIU'S(p.i ~ ,,er""*1j .C e1epw ,.it •• j,.d k !*"llu-ori1Jine
1.2 Définition de jrâdra selon la vision baoulé

Le mol proverbe, J1idra, signifier ail, selon l'entendement du sage baotJlè


unemè1aphoredontlesenscachèn'estpasunique.Enlait,lelangageproverbiat
comprend plusieurs niveaux. A lasupposiüon globale d'une réalité unique, se
substitue rcbserveton de plusieurs • couches , linguistiques. Ces couches
recoovrent un champ potentiel de sens. ênee sont assimilables à une métaphore
dontonferaitunusagesocialetqui,àchaquenouvelleutilisation,redonnevieà
unemétaphorecodifièeparavance.Onn'entendsooventdire

J1idratiaküdanOij:,lt(proverben•s)
/proverbe/être/pensée/dans/parler/
cleproverbeestlapél"oledelapensèe.,
End'autrestermes,leproverbeestunlangageconnotè

Cela suppose, du point de vue so:::iotinguistique qoe le langage proverbial


estunlangagedesadultes.lla,parlejeudessynonyrnes,ptusieursniveauxde
langue
LesageBooulésaitunechoseen!'employant:donnerdupoidsàsesdires.
leproverbeestuneparoled'expérience:c'estlelangagedessagesquienfontleur
ë4)anage. Utiliser un proverbe, selon la civilisation baoulé, c'est faire preuve de
sagesse, d'élévation d'esprit. C'est pourquoi son utilisation évolue de pair non
seu~ntavecunemaîtriseparfaitedelalangue,maisaussietsurtoutunemaîtrise
des us et coutumes. Les jeunes nepeuven1employerleproverbesansuneformule
d'excuse du genre:

nini mü, n si mü i mü jaci n bu'a mü supidra


/sages/les/mes/péres/eux/vousJsuff.ptur/pa-donner/jeJemployer->f!èg/vousJ
sur/proverbe/
Les sages, mes pères excusez-moi, il n'es! pas dans mon intention
d'énol1Cefœproverbeenvotreprèsence
C'estdansl'expériencetirèeduvécuquotidienqoolesageBaoulérègleles
lili!}es,donnedesconseils,éduqoolesplusjeunes.Leproverbereflétedoncune
sagessefondéesurl'expérieflcerelativeàlaconduitepersonn~le.auxréglesdevie
qui régularisent la société.
Ou'enest-ilduproverbevuparlesautrescivilisations?

1.3 Le proverbe vu par les autres civilisations: point de


littérature

Comme souligné ci- haut, en Côte d'Ivoire, la Linguistiqoo ne s'est pas


encoreouverteàlaparémiologie,Enûccidentparcontre,~ies'yestouvertedepuis
des siècles. Selon Frank Alvarez-Pereyre (1982), , la prise en compte des énoncés
proverbiauxparlalinguistiqooestuneentreprisecapitale
Mais, poursuit-il il convient de situer les proverbes dans leur contexte
ethnolinguistique avant toute autre approche.•
Au dire de John Jsoc, les proverbes peuvent se diviser en deux grandes
catégories: les proverbes généraux, qui expriment une idée morae ou pratique,
vraieégalementdoos tous les pays, etles proverbes particuliers, qui doivent leur
naissance à un événement historique, à une coutume locale ou à une aventure
spéciale. Les proverbes généraux sont les mêmes chez tous les peuples, coovne
par exemple:

benwivjekw1ünzibebomi(proverben•6)
lon/boire+nég/autruil'o'entre.lvinlon/saouk!f"'ilég.l
c On ne peut s'enivrer du vin consommé par autrui. •
On ne peutconnaitrelapenséed'autrui
Exempie:,Aide-toi,lecielt'aidera.•

Enbaouléaussi,lemêmeproverbesedit
okaawlûnipimjtnoka:,
laideltoila...ant/et/Dieu/aiderltoi/

Lesprovert>esparticuliers,aucontraire,ontuneoriginalilètoutespècialeet
qui cara::tèrise le lieu ou l'occasion de leur naissance, comme par exemples:
Ce n'est pas qu'en Grécequel'ondisait:
Mn'estp11donnéàtoutlemonded'allerenC-Orinthe

AuDanemark,ondisait:
Toute eau va à l'océan et tout or à la bourse du riche. (Proverlie
danois).
EnChine,onentendceci:
«Letravaildelapenséeres1embleaufO(tlged'unpub:l'eauest
troubled'abordpui1,ellesedarifle.•,etaussi:
c On accuse jamais uns quelque peu mentir. •

EnMadagascar,unprovefbeslipu\eque:
• Le chagrin est comme un trésor: on ne s'en ouvre qu'à ses inUmes. •
ChezlesBambaraduMali,onaffinneque:
cleperroquetnepeutmangerlemilques'ilseposesurleplantde
mil.•
Cela demeure une vérité universelle mais compte tenu de leur habitude
alimentairenouspouvonsenfaireunproverbeparticulier.
Aveccesproverbes,noussentonsleterroird'oùilsson1tirès.leprovertie
neparlequedupeuple,desaculture,desamariiérederaisonnersesproblemes.
C'estpourquoi Pico1{1878)pensaitdèjàqueclesproverbes,enunmottoutesles
parcelles de la !angue populaire ou même les pensées imageantes occupent le
premierrangdesrecherchescarétantlesocledelasagessepopulairedespeuples).

Lelangageprovefbialest,enmajetJrepa-tirunlegsdelatralition.la
spécialilédulangageprovertlialesten~ainscfitedansl'histcire.Partantdecette
idée, on peut dire que des langues qui ont une origine commune telles que l'Ashanli,
le Baoulé et l'Agni pourraient avoir les mêmes façons d'èf'loncer leurs proverbes
Le langage provefbial, c'est en somrre, écri1-il, ce qu'on veut transmettre
d'esthètique,debeauens'appuyantsurlesjeuxsty!isliquesquelalanguenousoffre
Mémesileproverbes'inspiredesperfomlaoceslangagièrestrèsdiverses,
œquicompte,c'es11afinalité,lesensduproverbeconsidéréconvneuneactivité
particulière de l'Homme. De ce rait, le langage proverbial requiert une e spéci1icité
que!uiconlè<entdesfins ,. Par conséquent, il est un langage spécialisé. C'est
pourquoi il faut le prendre comme un langage technique, principalement par ce qu'il
nomme, secondairement par la façon dont il ëocrce (c'est-à-Oire surtout par son
vocabulaire,parfoisdanssondiscours.).
llcomprendptusieurs"couches"linguisUques
Cloant à Breal (1877), il affirmait de manière irooique qu' • en fait, le
proverbe, je pense comme l'ami de Don Quichotte : il faut les oercre par groupes.
C'est comme les fraises des bois, qui doivent être mangées à temps échelonnés ,.
Cela implique, bien entendu qu'il faut étudier les proverbes de manière méthodique.
Pournégocierunemeilleureapprochelhématique,onpeutsebasersurdes
questions·
De quoi Je proverbe parle-il? Comment parle+-il de ce thème? Avec quels
norens communicationnels, linguistiques le fait-il?

Auniveaustylistiqueetpsychologique,ons'intéresse,selonMouninaux«
effets produits par le message sur le récepleur., Alors? Si tel est le cas, il va
fatloirquelerécepteurpuisses'iml)fégnerdusensvèhiculéparleproverbe
Pourcela,SperberetWilson(1986:242)52,estirren1qu'auniveaudela
réœplionetdelarétroaclion,leproverbenécessiteuneactivitéessentielle
d'inférence.
Pourcela,laconvnunicationpcl"lebiaisd'unprovertieestgaranlieparle
respect du priocipe de pertineoce, (thème emprunté à Grice) selon lequel une
informalionpertinentepourunindividuestuneinlormationquimodifiee1améliorela
reprèsentatiooglol:lalequecetindividuadumonde
Sonia Fournet pense de son côté qu'un proverbe est usuellement
employédansl'objectifdeservirleprojetargumentatifdeceluiqui!'emplrne,de
lerendrevalidecarenconformitéavecuneinstancesupérieureextérieure.
Avec le proverbe, on légitime ses dires par des moyens linguistiques
propres à chaque peuple
Onnesedésigneplussujeténonciateurmaiscelui-ciseraituneinstar.ce
extéf'ieuresurquions'appuiepourdonnerplusdepointàsespropos
Aposteri0fi,leproverbeestleserviteurdel'argument,de1arhétorique
Avantdeconvaincte,ilfautunregardlinguistiquesurlesmotsetlesénoncésqui
restituentunsensooenlibéreunautre,déœleruneintention(dulocu\eur)retracer
le cheminement d'une pensée.
Enootre,chezleBaoulè,l'idéalsousl'arbreàpalabren'estpasd'avoir
raison. Pour gagner un procès, il fooL comme le précise AdM! (1997) « 11 importe
moinsd'avoirbienagiquedebienparlerSJ•,ilfautconvaincre,persuader.
Au dire de Salah Mejri, des énoncés pmverniaux dans une langue comme
l'arabe(dialectaleoulittérale)serésumentàuneanalysefraclionnelleavecleton
apodictiq ue lyrique.
Gouvard Jean-Micl\el {2007) présente une définition des propriétés
sémantiques des énoncés proverbiaux. li propose un processus d'argumentation
révélé parle proverbe dans unesitua\iondecommunicalion. Partant du postulat
selonlequellelangageproverbialestunactelinguistiqueencequ'ilmetenœuvre
pa l'expression et pour la communication, la langue naturelle dans laquelle
communiquent les sujets du discours, il précise que ce discours appartient à
l'usage de la langue
Le proverbe relève de la grammaire, de la syntaxe, du style, etc ... n
apparait,conformeàlafonc\ioncommunicalivedecelle--<:i;ilapparaitdésqu'une
personne produit un énoncé qu'elle destine, comme message, à une autre
personne.
Les proverbes grecs dont on trouve les premières traces en {470-399
avant Jésus-Christ) et qui seraient tirés du latin médiéval viendraient selon certains
d'unedéformationprogressivedelatraductiondel'expressionlatinedePlutarque
cBarbanonfacitphilosophum,,quisignifieclabarbenefaitpaslephilosophe.,
En d'autres termes, avoir une baroe touffue n'est pas synonyme de sagesse.
Decepointdevue,onpouITTitaffirmerqu'ilsdatentdestempsirrmémoriaux
Aristote {84 -322 avant Jésus-Christ) s'intéressa! aux proverbes et les mettait même
enrapportaveclamaxime.LelatinEustathiusvoyaitdanslacf;b.Jla,,(lafable)unc
proverbedéplié,.
Ngandu-Myango (2000: 10), analysant les proverbes Mutânga(Lega
dukivu-Maniemaducongo), avait vu que:
cL'intérêtpourl'étudedesproverbesesttrésancienettoujours
d'actualité comme le montre le débu! du !ivre des proverbes de la Sainte Bible
(Nouvelle édition d'après la traduction de LouisSegond) ·

Proverbe de Salomon, fils de David,


Roid'lsraël,
Pourconnaîtrelaparoledel'instruction,
Pourconnaîtrelapa-oledel'intelligeoce;
Po nœ cevo r oes ecœ s œ to o seos,
Dejustice,d'équitéetdedroiture:
Pour donner aux simples du discernement,
Au jeune homme de la connaissance et de la réflexion
Que le sage écoute, et il augmentera son savoir,
Etceluiquiestintell'!}Mtacquerradel'hWHeté,
Poursaisirlesensd'unproverbeoud'uneénigme,
Desj)i1'01esdessagesetdeleurnsen1encesr.<.,

llressortdecetteconsidérationbibliquedes points communs avec la


définition donnée parles Baoulé: parole des sages: parole d'expérience.
Cependant, l'onconstateuneréê'iité: tenter une approche définitionnelle
duproverbeestuneentreprisecolossale.KouadioYao(op.citp.55)nousleditde
manière concrète en ces ternies • Cette complexité est manifeste à traver.;
l'historique du mot,. Eneffet,lemotproverbevientdulatinprovertlium,etilétait
ecpeu pourlapremièrefoisda<1s les écrits français au Xllésiéclemomen1oùil
existediversdéfinitionsselonlesauteurn.
Etd'ailleurn,s'engagerànevoirqu'uneseu!edéfinitionseraituneentreprise
réductionnel!eàpartirdumomentoùellese<aitiexciusive,voir«timitée,.Cauvin
{1980)neditpasautrechoselOfSqu'ilaffirme:,Tenteruneapprochedéfinilionnel!e
du proverbe, c'est accepter de tomber dans le pointillisme définitionnel... , On se
contentera donc de citer certains auteur.; en commeotant eurs approches
L'Abtlé Prévost cité pa Zigui (1995: 285) analyse le proverbe comme élan\
c Une maxime ou une sentence courte et sensée, fondée ordinairement sur
l'expérienceetcapabled'instruireetdecorrige<.•
Quant à Littré (1885), il appréhende le proverbe comme une • sentence,

~wtA'l,l,lJT~t.o...J,..-a1A9t41-.....P>vil.Bet;<µt.lti'Jtl.
,000
maxime exprimée en peu de mots et devenue commune et vulgaire. t avait de
terrninerqu'•ilestsouventunesentencerevétued'unemêtaphoreouunepeUte
parabole.•
Leméritedelapremièredéfinilionsesituedanslavisiondel'aspectmoral
duproverbemaiseHe metsousveilleusesoncaractèrepopulaireainsiquesoné!an
stylistique (le provertieest une parole métaphorique.) La seconde définition ne
signalenilaparoled'expérienceetdesa;iessepopulaire:
(On tire des leçons dans son milieu ambiant: on pourrait par exemple
se référer à la flore, la faune etc ... ) à laquelle se ramène la vision
baoulé, ni de la mo!"ale dont parle 1'Abbé cèvcet En outre, elle minimise
le proverbe en le coosidérant comme une e maxime devenue vulgaire. t
Littré,avilissaitleproverbes'enprenddoncàtoutelaculturepuisqu'il
demeure, Le cheval de celle-ci. t De manière corollaire, il s'attaque à l'un des arts
verbauxlesplusanciens.L'aspectpositifdeladéfiniliondelittréc'esldereconnaître
lecaractérebrefduproverbe
Néanmoins, l'insuffisanceobservéedanslesdéfinijionssupraseracahin-
cahacombléepard'autresmaniéresplusraisonnablesd'apprécierleproverbe
Premièrement, le Pelitlarousse(2001) propose: c Le proverbe vient du
mot latin provetbium qui signifie court énoncé exprimant un conseil populaire, une
véritédebonsensoud'expérienceetquiestdevooud'l.lsaQecommun.t
Deuxièment, LeOictionnaireuniversel, Hachette, Édicef,(1995)définitle
proverbe en ces termes:, FOfmulefigée,souven\métaphorique, exprimant une
véritéd'expérience,uncooseil,etconnudetoutungroupesocial.t
Cette deuxième définition reprend !a première sans \outefois omet!Je de signaler
queleproverbeest,unconseil.tCetaspectsedécouvredanscertainsproverbes
baoulé
Troisiémerrent, Rodegem cité par Calvin {ib.cit) soutient que:« Il y a dans
tout proverbe rythme, image et norme. ), sans touteftis s'aventurer dais son champ
définitionnel
Cette définition souligne les traits caractéristiques des proverbes africains
en général et en particulier de œux des Baoulé qui, on le sait suffiswnment sont de
source orale. En effet, Rodegem présente dans sa définition les aspects les plus
pertinents du provefbe que sont les ima;ies, ta nœrre, le rythme et la ','érité généfale
qu'ilrenferme.Rienqu'àvoirceproverbeinfra,onréalisequenosdiresson!
soutenables

be n:ITII vje ktù nz.i be bond (proverb n"6)


loruboire+nég,lautrui.lventre/alc:ool/onlsooulé+nég.l
1 On ne s'enivre pas du vin consommé !la' autrui. •
Onnepeutsavoircequepensel'autre

Ce proverbe lire son fondement dans l'expérieoce. Celui qui assiste le


saoulard nepeutguéres'imbiberd'alcool, C'est donc pa-rapportàsaculture
!inguislique que l'on comprend avec aisance le proverbe. Pour œ qui est du rythme,
ce proverbe présente un binarisme pllonique qui 1 { ... ) consiste dooc en une
répébtiondesonsidentiquesdansdifférentesséqueocesd'unmèmeproverte.,Le
binarismephoniqueenquestiondècouledufaitque,dansl'énoncé, le pronom be,
onprésentdanslapremièreproposilionestreprisdansladeuxiéme.
Quatrièmement, le proverbe selon Maurice Meloux, Dictionnaire des
proverbes, semences et maximes, Paris, Larousse, (1960 :377) « désigne une
véfité sociale ou de fait, exprimée en peu de mots, ou bien une expression imagée
de la philosophie pratique, ou bien une parole mémo<able, ou bien eocore un vers
ouundistiquecélèbrepasséenproverbe.1
Cettepositionaètèdéjàèpouséeparlesauteursantiquesdont(Aristote,
Sophcx:le,Théophraste,Quintilien,Cicéron).Eneffet,poureux,leproverbeexprime
unconceptvrai.L'idéedevéfitèrenfermèeetexpriméepa'leproverbeestacceptée
parlesrhéteursquienfontlabasedel'auctoritasduproverbedanslediscours.Le
proverbeestunèlèmentuliledelavie,parcequ'ildonnedesconseilsreconnusvrais,
delaphrasenominale,lesproverbeslatinsquantàeuxpouvaientseprésenter
sous formes de phrases complexes : exemple (Quem di diligunt adulescens
moritur,dumualet,sentit,sapit);cequiesttraduitpar:
cQuandonestaimédesdieux,onmeurljeune,danstoutesaforce,danstous
sessensetdansloutsonbonsens1
Lesprocédéslesplusfrèquentsobservésdanscesdeuxtypesde
proverbes sont: L'allitèration,labreveté,l'elipse,tarépètitiondesmots,l'assonax:e,
leraccourcid'expression,laprésentationenproi:o srtioninfinitive.
Enfin, certains auteurs antiques comme Pline, Sénèque, Quintilien, Lucrére,
Virgile, Horocepaleursoucideconcisionetleursrecllerchesstylistiquesrecréent
oucréentdesexpressionsprover~ales.Ainsiseconstitueuntrèsordeproverbes,
d'origine généralement populaire, mais souvent aussi réélaborés par la cullure
savante.
Leproverbeoffreuncooseildesagessepratiqueetsecontentede
caraclériser,paunefomluleimagéeetvaiable,selonlesépoquesetl'usagedela
langue, une situation, un Homme ou une chose. Un conseil peut en découler mais
par eüe-mërne, l'expression proverbiale ne le contient pas. 1 Comme on le voit, il
n'y a pas unedéfinitioncompléteetdéfinitive: iln'yaquedesdéfinitionsqui se
complètent
Si les documents publiés pa les parémiologues remplissent certaines
cooditions, il leur manque généralement les commentaires permettant d'être en
harmonie avec lesdéfinitionsdanslaculturequilesaproduites. lnversement,les
définitions recueillies et abondarrirnent commentées par les parémiologues,
péclleraientplutôtpartaforme.
Pour le Baoulé, le termepà:lra, proverbe est un terme qui, même dans le
vocabulairecourant,estconstanmentconfonduaveclesautresformesbrévesdela
littérature orale que sont la sentence, l'adage, la nmime, le dicton, l'aphorisme,
l'apoptltegme,l'expressionproverbiale.
NèMmOins la devinette a une autre appellation, à savoir l)IIWa-kpekpll
/conte/courV.
Alors.Quellesdifférencesexisle-t-ilentreleorovefbeellesautresfomles
brèvesdelalittèratureorale?
11. D IFFÉ R EN C E S ENT R E PR O V ER B E ET LES
A U T R E S G E N R ES B R E FS D E L'O R A LIT É
ii.i Le proverbe et la ser,teï,1;e

Lasootenceestissued'untermedulalinalciensententiaesignifiant
1Formuleènonçalltsolennellementl#leréglederrn-ale.1.Ledictionn.ireuniversel
(1995) la dèfind comme : • une décisKlO de justx:e : jugement rendu par une aulOrilé
canpétenle. •
Pour Maloux (1987 :7), la sentence est« une vérité morale ou de fait,
exprimée en peu de mots, ou bien une expression imagée de la philosophie
pratique, ou bien une parole mémorable ou bien encore un vers ou un distique
célébre.,
AJnsidoncdéfinie,lasentencerirreavec'courtephrase'et'véritégénérale'
Pour KouadioY~(op.cit.p.71), MUS devons retenir que: c Le proverbe et
la sentence se ressemblent étrangement. Leur seule différence repose sur la
présence de l'image dans le premier et sur !'abseoce de celle-ci dans la seconde. ,
Cela se vérifie dans

jekümelbe(proverben"7}
/bienfait/tuer/les/
1Lebienfaittue.1
Fairedubien,c'est(quelquesfois)s'exposeraumal
Ou dans

aftmi,asrimi(proverben"B)
ltu/fatiguer+5uff.négltulrire+5uff.nég/
1Si tunesouffrespas,tuneriraspoint.,
Pasdeplaisirsanspeine
ll.z Le proverbe et l'adage

Le Gr.w l Dictionnaire teousse (1991) définit l'OOage comme


formule fa:ile à retenir, él'IOl1Çant une régie de conduite, empruntant au droit
coutumier ou écrit., Bien entendu, en nous appuyant sur cette définition, il
s'appa-enteàlasentencecarilénonceunerègledecooduite,seréléreàlamorale
et au droi1 cou1u~ ou écrit. Il œ contient pas d'image.
Exemples

me timi me ijami me bo bja wii (proverbe n•9)


lon/peter+suffnég/on/cachef+suffnég!1eurlbas/chaise/e!le/
10uandon1anceunpet,onnepeutlecacheràlachaisesurlaquelleonest
assis.•
Unsecretsuparunproctieestunpolichinelle.

ntnntnak:Jmemllnmltnl
tcadeaulpouletton/exigenœ/anap/
On netate paslepouletquel'onareçuenoffrande
On nediscutepasdupoulelquel'onareçuencadeau.
Leproverbeetl'adageontencommun unaspectnoonatif, une valeur de
véritégéoéfaleetuncontenumoral.lisdivergentenœsensquel'unestirnagè(le
proverbe)tandisquel'autrenel'estpas

11.J Le proverbe et la maxime.

Maloux, (op.cit.p.6) voit en la maxime:• une proposition générale exprimée


noblementetoffrantunavertissementmoraj,sinon,unerègledeconduite.1
Bon nombredeconsidèrationsmilitentenfaveurdel'opliondans laquelle
proverbe et maxime sont synonymes. Mais, vue de prés. la maxime à l'instar de la
sentence, et de l'adage n'est pas imagée. Cauvin (1981 :79) avoue que « La
maxime ou locution sentencieuse est identique au proverbe, sauf qu'il n'y a pas
d'image•
La maxime selon la vision de Kouadio Yao (op.cil.p.73), s'app.vente
étroitement aux proverbes car, hormis le f~ qu'elle ne comporte pas d'image
s'assimile au proverbe, car elle a une valeur normative et générale. Elle est rythmée
comme le prouve l'éooocé ci-<lessous :

besi'abeprüsa(proverben"11)
/onlcOflnaitre+suffnég/leurlfcœtaffaire/
«Onneconnaitpasleproblémequisedresseradevant.,
Onnesaitpas!'avenir

11.4 Le proverbe et le dicton

SelonKouadioYao(op.cit.p.)ledictonest«réservéaudomaioedutemps
et de la santé, donnant des recettes, des conseils, portant sur la manière
d'a:::complircerlainestà::hesetsurlaviecourantepourqu'onsacM!biense
comporter ff1 famille et sur le plan mofal, il contient une vérité. ,. Le dicton en
somme diffère du proverbe car il est direct et ne se présente pas de manière
imagée.
Exemplification:

gbolde wi e ft'n tl me dl me Ji mtn kplo ase


/souris/dire/sa'douceurlanap/être/onlmanger/onfieterlpeau//terreJ
«Lasourisdéclarequec'estparcequ'elleestdélicieusequ'onnejettepas
sapeauquandonlamange.,
Toutecllosebonoeentrainenécessairementlajalousie

benze wl e kwla kof_ie bo HrJ9t e dwa sll)!II nü


/1/aranldire/il/pouvcir/butte/faire/maislsa/queue/mèlanger//dans/
,Levaranprétendfairedesbuttes,maissaqueuetraînanteles
mèlarige.)
A chacun son talent

Cesdeuxexemplesnouspermettentdesoutenirqueledictonestrythmèet
normatif. En effet, les deux énoocès CN1\ un rythme binaire et CN1\ en commun de se
basersurdesconstatsoudesquali\éspourdirequelquechosedevèridique.

11.5 Le proverbe et l'aphorisme

L'~horisme est une proposition concise résumant un point essentiel d'une


théorie, d'une morale. L'aphorisme est défini comœe e une phrase sentencieuse qui
résumeenquelquesmotscequ'ilyadeplusessentielàconnailresurunequeslion
;désignesouventl'énoncèsuccinctd'une vérité banale. 1 (Auge, Gillon, Hollier,
1961:479)

boll wuml bwa {proverbe n•12)


/cilévre/engendrer+fléglmou\on/
•lachévren'enfa,tepasdemou1on.,
llconviefltdetraiterchaiuepersonneselonsadescendance.

Ce n'est que l'absence d'image constatée avec l'apllorisme qui est la


diffé<enceentrel'aphorismeetleproverbe.

11.6 Le proverbe et l'apophtegme

Selon le dictionnaire universel (1994), l'apophtegme est une c maxime mémorable


d'un personnage èmnent , L'apophtegme content un conseil ou un
enseignement, la présence d'une norme à respecter, une valeur de vérité, un
rythme. L'apophtegme n'a pas d'image et, contrairement au proverbe qui est
po!)lllaireetanonyme,ilaunauteuridentifié.Exemples:

kondobiwiol)gaswawa'ntifaniifanii
lb ousier/décicM"eflbagage/cha-gernenVêtreJvariè/
clebousierdéclarequ'ilyademultipleslêçonsdeporterlefardeau.1
Les gens intelligents n'ont pas la manière d'analyser leurs problèmes.

ufuwibeselikbnini,Jtlekwlakwlaeninî
/chef/dire/village de on a dil/bœuf~Uêtre/nouS/1:ouslnotre/bœufl


cLechelaffirmeque1emoutonduvillagedebeselikronousappartient

Lebiendelacommunautèdoitêtrepartagèàtous

L'auteur prèsumè du premier èfloocè est 1e lxlusier (nom donné à divers


coléoptères qui pondent leurs œufs dans des excréments ; certains comme le
scarabéesa:rè,roulecesderniersenlxlules).Lefaisant,iln'aqu'unobjectifàsavoir
:donnervieàsespelits.
On peut admettre qu'il est un œsonneœ illustre. Et alors sa pensée
apparait comme un enseignement qui est le suivarit Chacun raisonne ses
problèmes comme bon lui semble.
Cet eneeçrement devient une loi morale que chacun de nous doit adopter
L'auteur du deuxième èooncè est un personnage illustre car il s'agit dans la
hiêrarchiebaoulèdequelqu'unquiappartientàlaclassedesnobtes,agwa. Le
chef,àtraverscettepensèenousprodigueunenseignement:lepar1age.

11.7 Le proverbe et la devinette.

La devinette, l)gwa ba /conte/petit/, petil conte ou l)gwa kpekpé


/conte/court/, conte court, peut être appréhendée comme une question que l'on
pose pw jeu pour faire deviner la réponse. Il s'agit essentiellement d'un jeu
d'observationdelanatureetdelasociété.Onparticipeàuneséancededevinettes
dansl'optiqued'enrichirl'expérienceetd'attirer1'a1tentiondesplusjeunesdansla
connaissance de la nature et du fonctionnement de l'espécehumaine, du règne
animal
La devinette est synonyme d'énigme servant de moyen ritualisé
d'enseiqnemerrt Eneffet,ellepa1icipeàdestypesdeleçonsèducativespardes
jeux bien assaisonnés d'images réfléchissantes toujours en rappori avec les
réalitèssocio-culturellesdumilieubaoulé.Oeternpsàautre,cesénoncésconcis
peuvent être agrammaticaux et leur caractère ambigu contribue à relever la
réflexion pour parvenir à une solution, levant ainsi l'équivoque. Par exemple, un
poseurdedevinettesdit:

nlnl jlmjrn kpli ni mm1 mu me lo alE kiilt me li kle'n li kiil)gba


/rroo/Dieu/eVenfants~ls/partir acc/guerre/leur/lêtelchapeau/êtrefun/
Mon Dieutout-puissantetseserifantsvontenguerreavecunchapeau

Uninterklcuteuravertirépond:kpuka
Unautreposeladevinettesuivante

nktttkrtr:klt
/rroo/onomatopéelgaucheJ
Madêmarcllen'es1plusdroite.
Unepersonnechoisiedansl'auditoiresoutient
kofjenüatî
/champ/dans/chemin/
Lechem'ndeschamps.

Lorsque!'in1er1ocuteurnede',iinepaslaréponseauproblémeposé,il
s'avooe vaincu et s'en remet à l'émetteur en prononçant cette formule:

aninik:,.jt
/lon/bœuf/un/Voici/
Voiciunbœufpourtoi.
Etauposeurdedevinettesdedire
gadagadabi
Onomatopée imilévlt la déma-che du bœuf.

En général, la devinette est employée parles jeunes, le soir après les


1ravauxchampé1reetledîner,tandisqueleproverbeestemployépa"lesadul1es,
lorsdesdébats,deslitiges,desfunérailles,partoutOOlesvieuxseréunissentde
maniéresotennelle.
Elle est très proche du conte, l)gwa, dont elle ne diffère que par sa
longueur.Tandisqueladevinetteestcourteetconcise,leconte,lui,est
relativement long, comme le prouve l'exempte suiveu:

nimil]gwakûo
/vdci/monlconte/un/morph.concU
Voicil'undemescontes.

Kllnl,akJjEsqibelatutulibel)gonigwa
lgrillon/coqletlèléphantlils/aller!débroussaillerlleur/palabre/pla::e/
Gri!lon, Coq et Eléphant sont allés débroussailler leur champ de combat
cinkiibelotutultbefltkliniiwillomi
/jourlunflls/allerldébroussailler/ils/appelerlgrillonlilldire/illaller/pas/
UniOur,ilsdevraentallerledébroussailler.llsappeJèrentdoncGrillonquirefusa.

jf:alonis11ibelotutuliJ
/alors/coq/e~èphanl/ils/allerldébroussaillerlmorph.concll
Alors, CoqetElèphantsontallésledébroussailler.

jtbew;,llrigoniltultJ
/alorslilslaller/palabre/lui/faire/morph.conclf
Alors,ilssontalléssebattre.

ikliktiniiklininisqljtbetuliJ
/sa'pramiére/fois/gri!lon/elléléphanl/qui/ilslsebattre/morph.Concll
Pourlapremiérefois,GrillonetEléphantsesontbaltus

jtkliniboli sqiJ
/aiofs/grillonlfrapper/élèphant/nlOfph.ConcU
Alors,GrillonfrappaEléphant.

lo kiiklininlalobetuliJ
/ensui!e/gril\on/et/CCXj/ils/sebattre/morph.Concll
Ensuite, GrillonetCoqsesontbattus

jtklinlJftlja,buJfatiHalotiafjtn
laiofs/grillonlillprendrelson/piedlongle/illgratterlcoq.ltête/milieuJ
C'estainsiqueGrillonaprissonooglepourgratteraumilieudelatêtedu
Coq.
j(imojanufftej(ltitisuclWii
/alofs/son/sar,g/qui/sortir/être/saltête/clessuslpcintue/
Ainsi,lesangquisortaitsetransformaencrête.

j(alukusumis:iliklinivisi.
/alors.lc<:>qllui-aussi/il/piquer/grillon/dos/deniéra/
Alors,CoqpiqualedosduGrillon

jdcklinivisikiimli
/étre/grillonldoslderrière/trou/mofph. C.OncU
C'estcequiexpliquequeGrillonlX)SSédeuntrouaudos

Coovne le proverbe, le conte baoulé enseigne la bonne cooduite car il


apprend au plus jeunes comment se comporter en société selon les lois de la
tradiUon, mmla. Le conte éduque à travers la distraction et attire l'attention des
jeunessurcert3nesqualitèsoudéfautsdesanimauxdelaraune.Laquasi-tolali1é
descontescontiennentdeschants.
Ainsidonc,parsonca-a::téreludique,ilattirelesieunesencesensqu'il
présente une série de valeurs d'ordre moral ou éthique. Il est aussi, tout comme
lesautresgenrescourtsdelalit1éralureoralelevéhiculedelavisiondumondedu
peuple baoulé. Celle vision du monde est, comme l'avoue Calame-Griaule 1

l'ensemble des représentafons à travers lesquelles un groupe humain donné


perçoit!aréalitéquil'entoureetl'interpréteenfonctiondesespréoccupations
culturelles~ .•
Selon les Attié, le proverbe, a ëcra comprend sémantiquement, le
proverbe et les formes comme l'adage, la maxime, le dicton ou la sentence. Chez
CHAPITRE Ill
TECHNIQUES D'INVESTIGATION ET
RECUEIL DE DONNÉES
TECHNIQUES D'INVESTIGATION

1 Qui chef'C he trouve et jamais n'abandonne. 1 Les kx:uteura Baoulé sont


unaiimessurcefaHquar.dilsdisent:

bekûdcjcbeptni:i
lonlchercherlavanl/on/trouver/anaphlmorph.concl/
Oncllerched'abord avantd'accédefaurésultat.
llfautsemerpourrécdter

Cette maxime devenue IX)pulaire dit que la recherche cècèœ la


découverte. Déjà avec Platon (Giorgias 503D), cette iôée é1ait sans équivoque •
Chercherd'abordavantdetrouver. •
A l'inverse, Cocteau recommande ceci • Trouver d'abord, chercher
ensuite., En outre, le chercheur, avoue une pensée populaire a, Déjà trouvé
ce qu'il cherche ; le problème c'est comment y parvenir. , Cette pensée
signifierait pour Dunes(1977)quel'inspiration, l'intuitionouleflairon\unr61e
essentieldansladècouver1e,quetoutesolutiondoitêtreéclairèepourêtre
accessible.
ChezleBaouléd'ailleurs,lechercheurdécowretootensonge. La grande
épreuve pour lui c'est de trouver ces plantes qu'il a vues en songe sur le terrain.
Ou'enesl-ildesrecherchesetfectuéessurleslang1.1e5?
Penot(1989:10),avertiqu'itexistedesdifficuttèsencequiconcemel'aiaysE!
d'une IMgue non écrite. C'est en cela qu'~ signale certaines limites en ces termes : 1

Ouandooaa'faireàdescorpusdelangueorale,itnefautpass'àtendreàcequeles
chainess'aiayselltinlègralemenl•
De ces positions, oo peut èvenluellement signaler une évidence qui
s'impose absoturrent: on ne trouve rien par hasard sais recherche préalable
D'ailleurs,unproverbelatinleditsibiencExnihilonihil.,
C'est pourquoi nous pensons que chercher exige du chercheur des étapes
préalables:Patirdessourcesdéjàexistantes.
Les premiers travaux sur une langue sont perçus à cet effet comme un socle
surlequels'appuielechercheurpourpaveniràsesobjectils.Avrjrdesinfoona!ions
sur la lalgue. Etoot nous même kx:uteur natif Baoulé, noos ne pouvons pourtant pas
affirmer d'égo que nous maîtrisons tout. Selon l'expression de Vaéry cité par
Kouamé (op cil: 36) c Nous ne pouvons pas être tête complète et parfaite dia:léme
,. Deux sortes de documentations s'imposent à noos:
Lapremièrerenvoieauxécrits sur la langue baoulé. La deuxième, àla
ccrece ces œneèes surie leten

1.1 La documentation écrite

Coovne on peut le vrjr, la bibliographie sur le baoulé est assez abor.dante.


li y a plus de cent ans paraissait la première étude linguistique sérieuse sur la
langue baoulé. Cetteétudeaétéentrepriseparl'administrateuretgralldafricanis1e
MauriceOelafosse
Le baoulé, à notre sens, demeurel'unedeslanguesivrjriennes les plus
décrites. Cependant,certains eweux coœnoent oee cwreces anciens,œuvres
de missionnaires ou administrateurs pionniers en la matière, errés de leur
enthousiasme plus que des méthodes d'une Science encore naissante, comme en
témoignel'ouvrageduPéreCarteron(1965). Eneffet,surl'espritetleslimitesde
sontravail,lePéreCarteronstipule:
cCespagess'adressentavanttou\auxmissionnaires,prêtres,fréres,
religieuses,pourlesaiderdansleurtravailquotidienenpaysbaoulé;ilreste
intimement !ié à un souci d'évangélisation et à des préoccupations d'utilisation
pratiquedelalanguebaoulé.
Ce n'est donc pas untravailscientifique.57 •

De plus, la grande majorité des ouvrages lorsqu'ils sont anciens,


concernent le vocabulaire ou des rudiments de conversation; lorsqu'i(s son!
modernes, traitent~ plus souvent de phonétique, morphologie ou lexicotogie. les
travauxsurlasyntaxesontbeaucoupplusra-es,cequiesttoutàfailnOfmal.En
fail,ilfautquelaphonotogieetlastructuredelalangueaientétéétabtiesau
préalable, ce qui n'a été fait de manière systématique qu'à partir du travail
fondateurdeKouadioN'guessanJ. et teoe oessese pubtiéen 1977.
Parmilesècritssurlalangue,lacultureettasociétébaoulé,~schercheurs
abordentl'étudedelalanguedefaçonmélhodique.
Maisaucunn'ouvrage,selonnousn'abordelalanguedanssonaspectènoociatif
ettrèspeul'aborden\danssonaspectsocioti119uistique.

l.1.1 Les documents à facette linguistique

Cesontdesouvragesquiabordentlalanguedefaçonscientifique.Ainsi,
depuislavasteétudedeKouadioetCreissels(1977)quidemeurel'ouvragede
baseoffrantuntableaugénéraldelalangue,ilyaeud'autrestravaux.Ainsi,Yao
Kouaméprèsenteralala119uesuivantlamélhodedelalinguisliquegèf'lérative.

l.1.2 Les documents à facette ethnolinguistique

Ces documents ouvrent une nouvelle approche de la langue et permettent


d'appréhendercertainsdecesaspectsnonencoredèveloppésjusqu'àune
époque récente le!ienpeuple,cul1uree\langue, C'es1-à-direl'aspect

C.ClMIQl •••••• o.a_,,.pt,:n:,bJq.loet~ <l"'pa,lerblcùll,l- .;i!od'"°"""'lA


1977-lllrQ.JO~
ethnolinguistique.Nousavoosentreautres

Guerry, LaViequotidiennedansunvillagebaoulé!il.
Aroelbide, lesBaoulèsd'aprèsleursdictonsetproverbes•
Kouadio Yao, les Proverbes baoulé (Côte d'Ivoire) : Considératioos
générales,stuctures,types,fonctionsetActualit~ 1
Etienne(P), LesÉlèmentsdestatutetlescritèresdedifférenciation
socialechezlesBaoulé82{règiondeBouaké)(1975).
Kouacou(A),Sagesseafricaineaupaysbaoulé 113 (1973)

1.1.3 Un document à facette sociolinguistique

Kouooié Kooakou, le discours juridique baoulé Analyse


sociolinguistique8<(2005)

1.1.4 Les documents à facette didactique

Judith Tymian dans n wan yrfo (1978) présente un modèle


grammaticaldelalanguesous formedecours

KOUAOIOYao,WPit,,,o,t,esWo<M(Cl,lod',,..,.J·(lWl:lidit-;,6,»r-.JIIU<Ulm,l)'Jltl.
- o1-...n-c11~ <11Uti •••• C)do,!JrwenMcll~ ~ cll
~MocllmH,2002.

KOOAM~l(Oùlllo:w ,U~ ~ -·MlilyM~ ThioepculoOx:loralnqJO,


~ doCoooclt',,l,bqa,\200S.
Kooadio N'guessan Jérémie et Kooané Kouakou écrivente kan
baoulé66 en2004
En2003,ungroupedechercheurshé!éroclitessousladirecbonde
KooadioN'guessanJérèmie, JudithTymianetJeanNOêl Loukou
confeclionnentleDictionnaireBaoulé-français

1.2 La collecte des données sur le terrain

Fairel'analyseethno-énonciativedesproverbesbaoulérevientà
ressortirlesdifférentespropriétésqui,danscettelanguegouvernen11esunités
proverbiales. Cette étude suppose la prise en compte de certains facteurs tels que le
• sujet pariant -rece asoocscours.
Provost-Chauveau (1971 12) affirme à ce propos« Le sujet parlant
s'inscrit en permanence à l'intérieur de son propre discoors, en même temps qu'il
y inscrit I' • autre ,, par les marques énonciatives. ) Ce « sujet pa1ant • 001
égâement être anaysé dais ses dimensions soc:dogiques r• s'inscrit dans une société
et réagit en tm:oon de celle-Cil: et psychologiqoo (tenir compte de ses états d'trne)
S'ilestsûrqoolestravaixdéjàeffectuèsconstituentunappuipournous,en
retour la réalité du le!Tain neOOtpas être éca1ée. En effet, robjet de la liry;iuistiqoo étant


Ounelangueàtraditionorae.~vafalloirrapp-œherlalinguistiquecscierœdeterrarl
• à cette langue-là l'cralité est plus générëkrnent la ma-que corrm.me de klus les

Tout~ estàsonorigine,uniro;luitdelaparole,etlaparoleaétélevélliculede
satransmssitw 1

KOUAlllON'~-OIKOOAMtKoul,kCMJ.•b'li..o.lo,~Ol- •• c.lrtt/'- ,
Pari1,L~ 2004

. .---~~l·--·"" '· .. _..


c••• ~ ronP"U......,GftiinN~- •••••• ..,..,..,rlOPICl~W~.._
ll(J'"lfr1dollll)llfdo(JOnoli--po1-,i:,qn,<J{tnotlil<JJ1ciW•D..--,P.:m
paupQollt'...,
L'oo doit savoir cfmJei les dé~ tëires de œtte pa'Ole IX)Ur recueillir non
seulement lesprove,bes m.:isoossi savoir les employer en situation. li estdair, l'enquête
deterrains'avèrelllilepotl"uneétudedeœtteenvergure.
llfrutéludierlaquestionens'2"KfYanlsurdescsages 118,,let.t demanderdes
inb'mooons.
Lessageseux-mémesl'avouentsouventencestermes·

beklemllaldngbaoj31t(proverben"13)
/On/montrer/enfantltouslpa1erl
lln'estpasconseillerd'apprendreàpa1eràtouslesenfants.
lln'es1pasconseilléd'énoncerœrtainesvéritésauxenfants

Celasignifiequ'onrielivrepasdelactolessecretsdelalaigueaupremier
venu. llfautcôtoyerlessages,êtrecurieux, négocier leur confiance. On a réalisé
quelacol~tededonnéesries'estpasfaitesansprobléme,étantentenduquenous
sommes en contexte oral

1.3 Difficultés rencontrées sur le terrain lors de la


collecte des données

Cootrairernentauxlaoguesécritesoù nous disposons d'une bibliographie


variée et pléthorique (résumés de solutions, propositions poor une meilleure
analysedesdonnées,abondanced'ouvragesuniversitairesetd'arüclesde
spéciai'ités ... ),leslanguesàtraditionoraleclonllebaoulé,objetdecetteétude
s'appréhendentautrement En effet, le chercheur en linguistique africaine est, la
plupart du temps compa-é à juste litre à, un préhistorien face à un gisement sans
straligraphie,(Leroy,1966)
Ici, ledépositairedela!ariguereprésenteunebibliothéque'l,unsavant Ce
n'estqueparrapportàluiquetoutsemesureets'acceple.Encequiconœmeles
enregistrernentsquenoosavonseu,aucund'entreeuxn'apuciteruneœntainede
proverbesdefaçonsuccessive.llsledisenteux·mêrnesenœstermes

bebumlpldraktbefadialjt:sa(proverben•13)
/Qn/casserlnég/prove<belcomme/on/prendre/marigerlnourrilure/cela.
,Onneparlepasenproverbecomrneonmarige.1
leprove<beprends'inscritdansunesituationd'énonciation

Nous nous sommes aperçu que le proverbe, employé dans une situation
précise était beaucoup plus compréhensif. Or, ces situations ne pouvaient être
provoquées.
llfallaitsesoumettreàdesréglesetparticiperàdesdêbatssousl'abreà
palabre,êtreauclairdelunepourècouterlesconteurs,ècoutercertaines
chansons
Nousnepouvoosavoirsatislactioodenosinformateursoo::asionnels.Les
infoonateursprir.cipauxquiétaientplusdisponiblesavaientlesmoyensderemplir
cettetàche
Mais,àforœdetravail~rdefaçoncontinuelle,gagnèparlesoucidemieuxfaire,
il s'expose àlafatigueoccasionnantainsi l'arrêt de l'enregistrement Nousnoos
sonvnes rendu compte qu'il fallàl tenir compte des différentes variantes dialectales
du baoulé et définir~ sous-groupe ethnique auquel appartient chacun de nos
informateurs.leproverbe,quanditestconsignéparécrit,trésviteonestacculéà
des problèmes de classement, de manipulation du corpus. Il y a la questioo de
l'in\erprétatioo et même de la traductioo. Que va-1-on en tirer?

M.eionfaileo\HAMPATEM M 'lll<b.J q.i...,_,V _,Nri<Jlt,..,... ...,.q.i.....i111"'"~


q.ibrüio .Le- .:1.IIMQO• ll~ doll<Misalicn:c"lllu,- dolllndlicn.
Pourunchercheurquipateparfaitementlalangue,lerepèragedeprovertie
estfa-::ile.Enfait,lacitationd'unproverbeesttoujoursannoncèeparavance.Cela
s'accentue pour un chercheur étranger à la langue qui demeure beaucoup plus
prudent,pluscurieux

1.4 Solutions proposées

Pourdécouvrirlesproverbes,ilfautalleràlasource,oovriruneenquêt&,
participation(uneenquêteoûlechercheurdoitêtreoctif,curieu:i.,poserbeaucoupde
queslioos).Néanrrtins,rondoitsegarderdeprovoquerl'énonciationdesproverbes,
s'effo'œrdesaisirleproverbedésqu'ilseprésenteànousdoossesdifférentes
dimensions~. Le chercheur doit IT'ù llrer qu·~ s'intéresse aux proverbes el clésire
partk;iperàdesconvernationsparseméesdeproverbes.Sefaireexpliquerendétaille
proverbe par un informateur qui maitrise le la,gage proverbial. Montrer qu'il est
disponible;ildoitêtreprésentpendantdesheuresdeconvernationsk>rsdes
événements du village telles que les jugements sous l'abre à palabres, les funéra'!les,
etc ... Preodretoo1proverbeouformulesapprochootesetéviterdesuivreœrtaines
considérationsoccidentalistes:
distinctions faites entre proverbe, sentences, diction, maxime et: ... Toul énoncé
recensé par le chercheur comme proverbe doit a,,ol le consensus de la tradition. Les
Baoulé eux- mêmes le valklef11 en disant
J1idra3
/Proverbe/mclfph.Concll
Ceci est un proverbe.
Néanrrdns c'est la devinette qu'il nomme.
l)gwakpekpé

c.- ..011 1. .. ...,,,,.d!t oài~ P1t.M 'ICa<M"l(jp.! i- -•<ll~ ,)<Ji- ••im ncé
,,,. - cr,rrpo;,,fl(llili<trvrnl, .- . e1- œ r.,,_ ,.,,,.,IIICflP OU",<1111- ...
(~oltP,11)
/conteltourtlrédupll
Conte court.

On s'attelera à uli!iser un magnètophooe pour l'enregistrement en vue


d'une transcription phonétiquecooecte. Bien entendu, l'enregistrement suivi de
cette transcriptioo pour aboutir à l'analyse linguistique proprement dite ne sera
possibtequegrateàuntravailsurleterrainquiapourbutdelesatteindredans
toutesleursréalitésaumomentdeleurproduction.

1.5 L'enquête de terrain


1.5.1 Techniques d'enquête

Latranscriptionet!'analysedesproverbesontrévéléqueseulelaméthode
departicipalionintense(poserdesqueslionspertinentessurtoutcequiest
incompris)permettaitunemeilleureapprochedel'énoocéproverbtal,Eneffet,cetle
éludemenèesurlebaoulé(langueorate)nepeutseréalisersanscertainscritères
de base. Elle part tout d'abord d'un questioonaire systématique portant sur des
énoncésprovefbjaux,d'énoncésspontanéssaisisensi!ualionlorsdesdébats,de
doonéesd'originevaiableetexploitésdemaniéreplusoumoinssystématique
le questionnaire systématique a constitué un matériau de travail énorme
sans rapport avec une quelconque grille préétablie. Seuls les informateurs
dépositairesdelatradilionontétéapprochés.
En contrepoint de l'étude, nous avons soumis ce queslionnlire sous forme
de liche à remplir directement avec l'aide de l'informateur. Cependant, cette
méthoderapidequidevaitprésenterl'avantagedepouvoirrendreexpliciteunlarge
échanlillonnaged'énoncésproverl)jauxauprésdeplusieursinfonnateurs,s'est
avérèeextrêrnementpeufructueuse:lesdiffèrentsprovertlessonttoustraduitsde
ma,iéresimilaire
Dais un deuxième temps, nous avons adopté uoe méthode beaucoup plus
lente màs plus productive, qui consistai à faire situer chaque exemple dans un
contextesituationnej,àlecomrrenteravecl'infoonateurencherchantàl'Ol)IX)Sefaux
constructionsQuisemblaients'enrapprocher, auxbesoinsàfaireproduirei:-usietJrs
autresexemplesd'emploisetsituations
Pouratteindrecesoojectifs,oousnoussorrmesappuyèssurlamèthode
d'observation prop:>sée pa- Gauvin (1980). C'est un outil d'ana'yse de type
ethnolinguistique, tout comme celui d'Arbelbide (op .cit p.30) qui permet de faire la
comparêisondesdiffèrentessitua!ionsd'ènoncèsproverbiaux.
Cepeedart, bien qu'étant une méthode d'analyse ethnolinguistique cette
grilled'anayse J)'èsente leca""ac1ère linguistique des proverbes car, C'est dans la
langue que \a tradition a choisi les schèmes. Une analyse linguistique des énoncés
permet de définir les différents schèmes sélectionnés tra:Jitionnejlement. Ces schèmes
sontàlabased'unetypologie.C,elle-cinenousdonnepaslecontenu,maislesCOOres
prèfèrentietsdelapensèe.,(op.cit.p.25)
Laméthodeconsistedoncàdélinirunetypologiedesproverbes
Cette typologie est faite selon des critères linguistiques (contrôlés pa-les
emplois)Etlerendcomptedesdifférentsaspectsdesprovefbes:relationàlatradition,
àlasituatioo,àl'émetteurourécepteur.Ondéfinitpourchaquetypelespcrticulaitès
danschacundecesdomaines,{op.cit.p.25).Danscetteètude,lalanguecibleesl
lebaoulécentralcorrespondootessenliellementà1'usagelaplusrèpa,duec'est-Oire
le paner des régions de Sallassou, Bouaké, Dimbokro, Bodokro, Toumodi,
Yê'IT"OOssoukro,ek: ...
Néanmoins, nousprècisonsqu'etlen'eslpasexclusivec'est-à-direnemet
pasl'acœntsll!'unparlefparticu!ier.C'es!donclalangueba::iulétetlequ'elleestparièe
du Nord au Sud, d'Est en Ouest sans omettre le Centre que nous étudions.
AcePfOIX)S,ilfallaitvoirlalanguedupojntdevuedialectal.Mais,unconstal
estdair:auseindesdialectesdecettelangue,l'intercompréhensionestparfaite.C'est
pourquoi1adifféreociationdialeciaeestenrevanchetréspeuprononcéeca"",entreles
différents pa1ers des gens se reconnaissent comme appartenait à l'ethnie baoulé. ,
akotobetinininwindikifwi
/notable/eux/sont/Roilbouche+dedans/affaire/pa-leurl.
Lesnotablessontlesporte-parolesduRoi.

S'ildoi!s'exprimer,iln'apasgrandechoseàdire:Celaestdûàlatroclition
baoulé. Pour être dans les rayons de la Cour Royale, il faut suivre le protocole et
avoirunedemandedevisiteauprèsdeSnotables.

l.5.1.1.2 Le respect des lois établies

Peuple foncièrement tourné vers l'agriculture. les Baoulé sont toujours


pœoœupès par les différents travaux agricoles des zones de savane. Certains
jourssontfavorablesauxtravauxchanpétrescikpa,1our/bon/. Etant donné que
pendant ces jours, toot le village est au chanp, nos enquêtes n"étaient pas
possibles
D'autresnesontpasfavorables cjll:/jour/mauvais/. On ne travaille pas
œsjours-tà.llsvarientd'unerégion,d'unvillageàunautre 71.0nnevapasau
champlescjll:carc'estpendantcejourqu'ondonneàmangerauxfétiches. On
doitresterencommunionaveceuxenlesadorant
Lelendemaindelavisiondelahuîtrecorrespondégalementàuncikcar
enlefaisant.Sil'onvaenbrousse.unmalheurs'abaltrasurlefautifettoutesa
desœndaoce.Lesgéniessortentleursenfantsenpleinebrousse;parconséquent,
onèvited"allerauchanppournepaslescroiser,lesdéranger.

l.5.2 Les différents types d'entretiens

Les entretiens réalisés sont au nombre de deux. Ceux que nous avons eus

~--<lfl-.0.lt ••..• lE«mOl)Of'lda,mortNCl~ ~IIÎIIIÔ••·kilomil:rll


œ-.ii.1.e-Mant1tjw"œ.......,t,i,ron,-...,.im.,~
avec nos différents informateurs.
Nouslesnommonsentretiensprincipaux.llsonteulieuàBodokroe\dans
certains village de cette Sous-préfecture (Samoïkro, Kouakoo-Houaccakro),
Bouaké et à Abidjan
Lesentretiensdirects:lls'agissaitderecueilliràn'importequ'elleoccasion
ijugementsous l'arbre à palabre, réunionfamiliale,entretiens de notables etc ..
tout ce qui entre dans le registre de la pa-ole proverbiale. Pendant ces entretiens,
leq1.1estionnaireétaitdirectement administré au chef du village ou à un de ses
notables
llssesonldéroulésdansuneambiancefratemelle.
Lesentretienspournousétaientcapitauxcar,toutcomme1abibliothèque
oill'ontrouvelesavoirconsignédans les livres et encyclopédies, le vieillard Baoulé
;oue valablement le rôle de bibliothéquen. D'ailleurs, le sage Baoulé le reconnaît
en ses termes:

bbfwf:n1Jgwltlln'wofluwanil
/Blanc/intelligence/repriselêtre/livre/in1érieurel.
Lesavoirdublancsetrouveconsignédanslefivre.

wawle l}!IWl[I[ n mitl gbuJgt:


lbaoulélintelligence/reprise/àcôtède/chaisel
l'intelligencebaoulécôtoielachaisetraditionnelle.
LesavoirduBaoulés'ocquiertencôtoyantlessages

Auvillage,onnousatoujoursconseilléqu'ilestmieuxd'allerverslesgens
quiontunepalfai1econnaissancedelalangue,delacullureetdeschosesdu
passé.
l.5.3 Le lieu principal d'enquête : Bodokro

ChoisirBodokrocorrmerégionprincipaled'enquêten'es\pasneutre:
Lapremièreraisonvientduraitqu'et1eestnotrevillenataleetnous
sommes familiaisés assez étroitement aux 72 villa-;ies de la Sous.
Préfecture
Ladeuxiémeestunfa:::teurhistorique:leBaoulédeSakassou,le
waltbo est généralement considéré comme le pa1er central, C'est
d'ailleurslewaldioquiabriteletrôneœntral.C'estencel~queles
grandsliligesdèpassantlacompétencedeschelscantonssontjugés
etsolulionnés;Ceciparcequec'es\àSakassouquelaReinenaurait
résidé.SakassouestactuellementlacapitaleduPaysbaoulé.
Lesgoliseraientvenu,setonlessourcesoralesdeg:>liblenu{Unvillageactuetde
Sakassou). C'est de là qu'un des cousins de la Reine nommé Nanan Gbodo parti
àlachasse,découvritlarichessedeœtteterre.Nevoulantplusretourner,ilcréa
Gbodokb (le village de Gbodo) qui deviendra plus tard Bodokro par déformation
administrative.llyadoncun!ienhistoriqueentreSakassouetBodokro
Maisavantd'aborderd'autresraisons,n'est-ilpasnécessairedeprésenter
Bodokro?
Bodokroestenclavè parleskoyaka au Nord (Tièningbouè) par legblo
au Sud {Nanguibonou), le k:Xlt (aller vite) à l'Ouest (Bèoumi) el le satiklan (qui
défiveraitselonlatraditionOfaledegolibesatisr!i)C'est-à-direleshommesde
mainsdesgo!i(Botro)
Bodokro,sil'oos'entientau recensementgénèraldelapopulatiofletde
l'habitat du département de Bèoumi de 1998, lait partie de la région de la vallée du
Bandama et compte 39.532 habitant sur les 72 villages que compte ta Sous-

AIIII.Îlldoll'"""ctJlb O. lulJ(lb doo_...i'"",µ,,e1o~ lldllla"'*" -


...,,,........__ l'Dm l.llRoirlo1'«1 U;...,.ooopol411e.(duù ou:l978]
préfecture.
Au totaj, quatre di<leC!es principaux se pa-tagentl'air linguistiqueg~i
Ce sont:
Leg~i.dialectecentral{17.211 habitants)
L'andomiê ou nvienwan (au bord de l'eau sûrement le Baida-na) est
ledeuxiémedialecteimporta,tavec9.267habitaits. Ce groupe est
plusprochedubdE:d'oùilprovient.
Le troisième appelé stWle compte 7.460 habitants.
Enfin, lequatriêmeetdemiergroupeestoriginairedeBouaftè. llest
appeléagbanuetfait1.311habitants
Précisons que Mory Touré, commerçant Haoussa créa Marabadiassa au
Nord de Bodokro. Marabadiassa compte actuellement 4127 habitants.
La position de Bodokro qui communie non seulement avec trois autres
parlers baoulé (bdr, gblo, satisran) mais aussi le byaka. Cette cohabitation permet
dejustffierlephènomèned'emprunt
En plus, Bodokro regorge d'une forte communauté étrangèfe (Malien,
Bèninois,Nigelian,nigèrienetBurkinabè)àcausedelafertilitèdesonsol.

1.5.3.1 Organisation du corpus


l.s.3.1.1 Les informateurs principaux

Lamajeurepartiedeladocumenlationdecelravaildedescfiplionesllefruit
delacotlaborationé!roiteetsympathiqueentrenosinformateursetnous
Ce sont:
AKIRI N'GUESSAN : Il est né à &rl"d.ro (du diouta sarnanyi-
défense d'élépl\ant- le village où l'on venait ocheter de flvore) vers
1945 et y demeura jusqu'à l'âge de vingt ans. C'est à cet âge qu'J
quittasonvillageJX)UrBouaké,ensuiteAbidjaio.i~exerœson métief
d'électrben batimet1t Il est analphabète. Au moment de !'enquête,
nousl'avonstrouvèauvillageoùilétailal\épourlafêtepascale.
C'est en sa compagnie que nous avons mené nos premières
enquêtes à Samoikro. Cet informateur nous a beaucoup intéressés
carilmaitriseavecaisanceetsuffisancesalanguematemetle.On
peut l'avouer, il détient le secret de bon nombre de provertles.11
s'est toujours montré a::cueillant et disponible malgré son métier
quin'estpasdutoutrepos.MêmeàAbidjanoùilréside,ilatoujours
été disponible.

BEUSEIZE N'GUESSAN HUBERT: Il es\né à l(ouiiu)u .HotJaxakro


en1963,depèreetméreg:ili.ltesttitulaired'unelicenced'Anglais
(oplionlinguistique)etestProfesseurdecettedisciplineaucotlége
SaintViateurde Bouaké. llesttrilingueca~ maitrise le g:>ti, le
fralçais et l'anglais. Etant nous mêmeéb:Jdianten linguistique, il nous
aétéprécieuxca-Wn'apaslaidenouscorrmuniquerl'expèrierœ
qu'~ a non seulerrent de sa langue rnalemelle, mais aussi et surtout
desprcr.oertiesfaisan1pafoisdesincursionsdanslascience
linguistique.

NANAN N'GUESSAN KOUADIO JEAN : Il est né vers 1945 à


Boookro. Il effectua des études supérieures en sciences
agronon'iql.leS. Actuel chef de cank>n g:>ti, cet iofonnateur s'est
montré ouvert à noos pendant que nous étions en ca;hette au villaJe
(Saro1Kr0)enoctobre2002àcausedelaguerre.llnousatoujours
reçuetatoujoursappréciéletravailquenousavonsàcœurde
réaliser ca-disait-lt, le proverbe est la langue des hommes cultivés et
dessages.AA!jdjanoù~s'estins~provisoirement,ilnousa
guicièsroceàtetoutetaspectdesproverties
N'GORAN YAO ALLA : OOJinaire de Sakaisou, d'origine aajra
(.mfwr:lxlnoo)œpolciernèen 1956estouvertàDJleperaonoequi
s"111téresseàlalaoguebérJulé.llnousaététrésutilecarconnaissant
pafatement l'histire du peuple bérJulé, Y s'est beau:oup ~

"'"'"'"'
DEUXIÈME PARTIE :
APPROCHE ETHNO-ÉNONCIATIVE
DES PROVERBES BAOULÉ

• Le vrai puisatier ne se soucie pas de comment trouver 11 nappe phréatique,


mais comment éviter l'éboulement »
Cettedeuxiémepartieseconstruiraautourdetroischapitres.
le premier chapitre portera sur une tentative de définition de
!'ethnolinguistique et ensuite, i1 mootreraque la parémiologie baoulé est une
stratègieethno..discursive.
ledeuxiémechapitreferalathèmatiquedesproverbes. llquestionde
montrer comme à travers les thèmes, les proverbes baoulé développent des
concepts
le troisiémechapitreexamineral'incorporation des proverbes baoulé
dans la société baoulé
CHAPITRE 1:
DÉFINITION DE L'ETHNO-LINGUISTIQUE
LA PARÉMIOLOGIE BAOULÉ : UNE
STRATÉGIE ETHNO-DISCURSIVE
Selon Schapira ~ Les proverbes peuvent se diviser en deux grandes
catégories: les proverbes généraux, qui expriment une idèe morale ou pratique,
vraie ègalemen1 dans tous les pays, et les proverbes particuliers, qui doiwmt leur
naissance à un événement his1orique, à une coutume locale ou à une aventure
spéciale. ,,~
Les proverbes gér.éfaux se retrouvent les mêmes chez tous les peuples
Avantd'étrevraispa-toutlesproverbesgéflérauxontétévèrifiésetocceplédetous,
puisque,obèissantàcef\ainesnormesetvaleursculturetles
Certains exemples de proverbes paraissent plosifs en ce sens qu'ils
s'afaptentdecultureenculture.Onpourraitciterparexemple:
Aide-toi,lecielt'aidera,enfra-,çaisquia:.tmeldesCOl'l"espondancesaussi
bienenbaoulé,endioulaqued'autreslangues.
Lesproverbesparticuliers,aucontraire,ontuneoriginalitéloutespécialeet
quicaractériselelieuoul'occasiondeleurnaissance
Ce n'est qu'en Grèce que l'on disait : c Il n'est pas donné à tout le monde
d'alleràCoonthe. ,~
Fortdoncdeceta,l'esquisseethnolinguistiquedesproverbesbOOOJléen
questionvasefaireentroisétapes·
lapremièreétapevad'aoofddéfinirl'ethnolinguistiquedemanièreconcise
etbréve,etensuite,prouverquelaparémiologiebaouléestunestratègieethno-
discursive.Enfin,nousdiscuteronsdufooclionnerrentdesproverbes,dontl'usage,
à y voir de prés, se for.de sur la culture commune des Baoulé. Cette culture institue
des représentations du monde plus ou moins complexes. En effet, ces modèles
mettent en activité des constructions faisant intervenir divers éléments de la nature,
det'histoire(leproverbeactualisel'histoire),delaviequolidienne

SCHIIPIRA(C~"""'9rt>e.•~•~•.in,._n•139,Pn,,i...,,...
Ainsi,compaions-nouslesproverbesbaouléàdes, encyclopédies orales
et informelles 116qui prennent forme aufildesintenv::lionsettissentlatoiled'un
savoirpratiqueetglobal,carsocio-culturellemen!investi.

1. L'ETHNOLINGUISTIQUE : DÉFINITION ET
CONSIDÉRATION GÉNÉRALE

• Langue et culture 1, • linguistique antllropotogique 1, csociolinguistique1,


clangue, pensée et réalité 1, sont autant de domaines qui intéressent
l'etllnoiinguislique.Ceslormulaboosexprimaitlesrelalioosentreleslanguesetles
cultures,ausensleptuslargedutemiesupposentqu'àcllaquelangueilexisle
certainesparticularitésqu'onnepeutdécouvrirnullepar1
l'etllnolinguistiqueestdonccl'étudedumessagelinguistiqueenliaison
avec l'ensemble des circonstances de la conmunlcanons" (Pottier, 1974: 3)
ou selon!e Dictionnaire Universel (1993) « l'étude des langues etdu langage
descivilisationssansécriture.1
Partantdecesconsidérationsdéfinitionnelles,ceva-et-vien1entrela
langue etla société, Edward Sapir {1968 :71) l'a somptueusement souligné, el nous
nous sommes efforcés de relever dans son œuvre trois fonctions qui pouvaient
intéresserl'ethnolinguistique .

Le~ <1111- ..prqn •11oociW bad i_ . dlnolom arall,e,,p o\oou..,_. ,<1111_


ou<llll~ Ler61olOCilljoui19 m prtM111:a bad i- .en- """ 8ânbio . ~
dol~~ ••. """"*- •••• ~~ •••••• -. ••••••••• dol
......._.,....,,.,,.,...,,... prqn ,11...,.. ..- .. i,- l.<n<J{onpn l,onse...U...aJPfO'llltllpour
...,..puœcnidts.
1.3 Ethno linguistique et fonction expressive du
langage

La fonction symboliqueé!ucidéeci-hautautoriselepassageduchampde
l'expèrienceàceluidulangageetéclaircitlecadregéfléfaldel'ethnolinguistique.En
dècortiquantavecexactitudecequ'estlelangage,Sapirdègageu11edesesfonctions
importantes,nègligéeparleslinguislesenl'occurrence,lafonctionexpressiveen
cestermes·
c La p;.'Ole ordinaire est directement exprassive et les régies purement
formejles qui prèsident à l'ooangement des sons, des mots, des formes
grammaoca!es, et des phrases dcivenl toujours être conçues comme intimement
mêlées à des symbolismes expressifs volontaires ou spontanés. , (ibidem. cit.p. 36).
Partaotde cetteconsidéfation que Sapir nous propose, on peut en effet cnez les
Baoulédistinguerdansleuruniverslangagiefdeuxdirections
ils défendent une distinction fondamentale entre aij lotn ou
ojaltdi'iquisignifielecbavardage1clevefbiagecreux,et
j*dilc, ocre de détenir , la parole, la langue • et la manipule avec
aisanceetsuffisance.Leuranalyserévèlecequ'ilssignifientdans
lespenséesetlessentimentsdeœuxquilesutilisentoudeœuxqui
lesécootenldanst'aireculturellebaoulé.
Ainsi, reconnaissons avec les Baoulé que oproa·a est le discours
déconnectédetouslesrélérentsculturelsbaoulé.EntëWllque«discoursdèsordooné
, ou« discours impropre,, il est le langage ecetè de sa fonction ceneee
d'instrument de communicatioo. ueœ ce type de discours, il n'existe aucun socle,
a.icunappuilègitima,t(absencedeproverbe).
Ouantàj:,l,dili,ilestlediscours«organisé,,discoursexpressif.Cetype
dediscoursestsoutenuparleproverbe.
Lerhéleur,seloolavisionduBaoulésoolieotsesproposaveclesprovert,es.
Onnepeutcbienparler,sansprovefbe.LesBaouléd'ailleurssouliennentcelaen
disait s'agissant d'un jeune homme

cgbilltnl)g11ioj:tkpaeojJnJ1EI buniijlidra,.
fieunehoom-e/quilsavoir/parler/bien/il/par1er/el/intègrerldans/proverbel
Ceieuneestèloquent:enparlant, ils'app(liesurdesproverbes.

Le jeune llofrvne qui sait s'exprimef le fait en se basait sur es proverbes.


Maisquaoddit-onquequelqu'uns'exprimebien?Autremenldit,quefaut-il
à un locuteur baoulé pour atteindre le statut de jJIEdifwi (mot composé de deux
lexémes-jJIE (parole), difwt. {ma,geur), lui-même composé de di (manger) et du
suffixefwi,agent
PouratteindrecestatuLilfautanalyserlesstratégiesdiscursivesqu'il
rrobilisepouratteindresonobjectif.
Il. LA PARÉM IO LOGIE BAO ULÉ : UNE
STRATÉGIE ETHNO -DISCURSIVE

Lesproverbesbaoulèsontautantdeleçonsurlavie,levécuquotidienpar
conséquent, lerefletdelaculturebooulè,desamat1ié<ed'app<éhenderlemonde,
en témoigne l'affirmation de Kouadio YatJ (op. cil. p 129): c Pour peu qu'on
s'intèresseauxproverbesafricains,ons'aperçoitquelavieestdanslesprovefbes.
En effet, auxyeuxdesAfricainsengénéraletaux yeux des Baoulé en pa1iculier,
les faits et gestes des Hommes et des bêtes, l'état des choses, tels qu'ils sont
présentés doos les proverbes, sont souvent considérés comme le calque de ce que
rrootrelaviequotidiennedanslaréalitè.>
LesproposdeKouadioYaosejustifientàpartirduioornentolllesproverbesmettent
enscènelasociélé,renseignentsurlemilieuécologiQue,leshabitudes,les
croyarœs, la technologie du peuple, en un mot la vision du monde
C'estdoncunesourceimportootepoorlesethnologues
Tout discours (ou presque)est un aclede comrn.mication parconséQueot ~
estpo,1 eurd'infoimationsquipermettentà chacundesesitUE!l'etdesituerl'autre
dans le moode. Selon certaines ierceocee plus ou rrcins nouvelles en sociologie, en
psychologiesociale,enanalyseconversationnelleetenlinguistique,lespropriètèspar
esqueïes le locuteur construit sa représentation du monde sont défendues
argumentalivement en fonctioo des interloc:utoora, cle la situatioll, de l'anbianœ, des
finalitésvisées,etc.(cf.Ptoofo,1990;Shotter,1993;Viocent,2000).
Lacoostructiondesdiset:lursrepose surdesliensdediversesnatures
établis par le locuteur entre ses objectifs à atteiridre et différents objets du monde
Cesliensenquestionseconstruisentsouventenfaisantrecoursàcertainesdonnées
basées sur des pa-a'Tlètres ethnologiques propres au peuple. Ce soot donc ces
différentes manières de manipuler la langue, de l'orienter vers , des symboles >
coonusdetousquison!appeléesstratégies.Eneffet,l'énonciateurproverbialbaoulè
esttréshabilepoursuggèrerdesproverbesdanssondiset:lurs,sonargumentaticm
ou pour défendre un point de vue. Ceproverben'estvalableques'ilestemployé
dans un contexte bien déterminé ; en outre l'éme1teur doit employer des images
connues, acceptées dans la communauté.
Il invente, reforroole et adapte des proverbes selon sesotljectifs
a'QUmentatifs. Le la,gage imagé rime avec le proverbe. Il existe des tournures
discursives qui correspondent à ce que nous pouvons appelé circu~ énonciatif. En
faitchezle8aoulé,laprisedelaparoleoudumoi11Sl'inl8fYentionenpublic,nclcnU
bwaltestenrapportdeconformitéàl'exerciced'uncertain pouvoir. Ainsi,elleobéit
àdesrégles
La parole, 1 art oratoire I doit être bien dite au bon moment A ce propos, àtlai
rappelaitsuccinctementqu'ils'agitd'unereugéniedelaparole.1
On peut donc être tenté de dire que la parémiologie beouè se tisse
nécessairementautourdedeuxdirections.L'utilisationduproverbeJ1adrapour
1 s'exprimer avec discernement, sagesse. C'est donc ret de disposer
sesidées,destimulerl'auditoireàsacause;
2. consolioer ses dires pour que la parole pa-vienne aux effets escomptés
surlesauditeurs.Encesel\S,l'onappuiesesdiressurdesvaleurs
coences de tous : des valeurs communautaires enviroonementales,
cosrrogoniquesetc ..
La stratégie, c'est comment le Baoulé mobilise et la langue, et son
environnementsocioculturelpouratteindrecequ'ilqualiflede,vélité,.
Examinons comment cette stratégie se construit dans l'argumentation·

kt vja n' wa b akisi WJ nzwe sait bla nü IJ


/quand/soleil/prog/allerftomber/Akissi/aller/eaolpuiserlmarigoVdans/là-bas/

ctn kù ljt nu wa ju swa nwi su IE et Jkü I ja'n selill


/)our/ul'll1ui/quand/aller/atteindre/maisorubouche/suri\àljuste/alors/son/piedldéflgtiss
~,
jtbli:,,nzweum:,otisuboli
/eUtomberlmo<ph.concl/eau/canari/quilêtre/sur/casser/

ajwa nu sja nzwe nil atj si sri


/Adjoua/qui/connaitre+nèg/eau/ôans/chemin/prog/rire/

jr: akisi bu supà:lrasekf:: nu:, nzwenil jt: bo u:,


/eVAkissi/employerlsur/proverbe/dire/que/:
/qui/al\ef/eau/dans/qui/casser/cana'ilmorph.concll

Akissi,jeunefilletravailleusepuisecl\aquejourdel'eauaumarigotpoursafarnille,
avantquelesoleilnetombe.Maisunjour,àpeinewrivéeauseuildelamaison,elle
s'écroula et le canari d'eau se brisa. Ad joua qui ne connait même pas le cneœn du
marigolriait.S'adressan1àcettedemière,Akissiditleproverbe:

mnnzweniljtboso (proverben"15)
,C'estceluiquivaaumarigotquipeutcassesouventlecanaris. >

C-e luiquisemetàl'œuvrerencontredesdifficultésàl'exercicedesontravail.Akissi
qualiliebienlasituationqu'elletraverse:cceluiquineportepasdecanarinepeut
lecasser,.Ellerenoncetoutens'excusanlc C,e n'estpasmafaute:c'estparce
quej'aiportélecanaricarj'aivoulu donneràboireàtoutemafami11equecelaest
arrivé,. Parle proverbe,Akissiédairelasltuation: il en fait comprendre un aspect
qui pourrait être inconnu d'Adjoua. Adjoua par cette stratégie doit comprendre
qu'Akissi est arrivé à une situation qui ne relève plus de son essor et en même
temps,elleclaniesoninoocencecelleditqu'ellen'apasfaitexprés,
Laparèmiologiebaoulèestuncasdestratègieethno-discursivedansla
mesure où le kx:uteur Baoulé commence son argumentation soit en citaot d'emblée
unproverbe,soitenpassantparunedémonstrationlogico-pragmatiqueappuyéepar
unproverbe.
Coovne on le constate dans l'a-gumentation supra Comme on le voit, dans
l'échangelinguisliquelapertinencedudiscoursetsacfédibililèdépendentdela
façon dont l'énonciateur proverbial Baoulé méne son a-gumentation, l'enplive pa-
les provert>es oeos l'optique d'atteindre un effet perlocutoire. Tout proverbe est
marqué culturellement car en réalité, les termes m~ur(s) d'un proverbe son!
codifiés et ilscachootdescha-ges semeotqoes. l'espritde l'auditoire est donc
préparé d'avance puisque le peuple partage le même environnement
Cependant,cettepaémiologieexige,hormislecasdejoutesdeproverbes
d'êtreènoncèdoosunesituationconcréted'emploi.Eneffet,toutlocuteurBaouléa
une présence d'esprit C'es! pourquoi il dit un proverbe à propos d'une situation
donnéequicadreavecsesproposetnonpourdireunproverbehorsdesoncontexte
précis
lelaitquesanssituationd'emploi,lelocuteurneditpasdeproverbeprouve
que le proverbe est énoncé à propos et non pas de manière gratuite. Autrement dit,
celuiquiemploiunproverbes'inscrittoujoursdlYlsunelogiqueetestdèterminèen
lonctiondecettelogique.C'estpourquoiils'appuiesurlacosmc,;ionie,lazoologie
pourdonnerplusdepoidsàsesdires

11.1 Les références cosmogoniques, zoologiques en


rapport avec les proverbes baoulé

l'intelligence humaine s'appuie, dais le dire proverbial, sur des réalités


liées au monde animal, végétal, les peuples voisins pour amener son interlocuteur à
adhérer à son opinion, Cette ressource verbale qu'est le proverbe a une efficience
argumentative redoulable dans la mesure où elle offre un cadre interprétatif à
l'activitéderéférenciassions
Ce cadre de renvoie, de référenciassions par le jeu des images représente
unedescriptiondumondebooulédanslaquellechacundesparticipantsreçoitune
place attribuée. La cosmogonie, la faune, la flore sont des éléments indiciels
auxquelsl'onserapporteselonlavisiondupeuplebooulé.Cesénoncésproverbiaux
sont les suivants:

11.1.1 Proverbes relatifs à ta cosmogonie.

Pc.1: asjtsunir]geklmil}Qwlo(proverben·16)
lterrelsurkhose/rester-+nég/haut'
1 Ce qui appartientàlaterrenepeutresterenl'air.,
Onnepeutfuircertainesréalitésquinousdétermil"l!lflt.

Pc.2 awt :,kwkkwini,1wiisn,:,kwlt1~i(proverben°17)


lbufflelroliQeltuer/la/méreJtu/y(jrl1ennite/rouge/lu/luir/
1Silebufflerougetuetaméraetquetuvoislatermiterouge,tu
fuiras.,
Cluandonavuledaiger,ondevientplusprudent

Pc.3: pimitnjtkleonzwe1ij:,(proverben°18)
/Dieu/qui/montrer/Booheurkhemin/rraph.ConcV
1C'est0ieuquidéterminelechemindubonheur.1
Nulnec.onnaitcequedemainsera

11.1.2 Proverbes relatifs à la faune

Pfa.1 :ab:lwisl,:,wustsa(proverben•19)
/guêpe/dire/piquer/elle/interroger/nid/
«Cluandlaguêpeveutpiquer,elleinterrogesonnid.,
t'ondoitconsultersafamilleavantdesortirenpublic.
Pfa.2:nvjekîimialu1giba(proverben°20)
/eaultuer+nég/caiman/petiV
cl'eaunepeuttuerlepetitcaiman.,
Chacunestàl'abrilorsqu'ilsetrouvedanssonbiotope.

Pfa.3:ndroijawukaümj(n(provertien"21)
/oiseau-mouche/aider/force/
cl'oiseau-mouchecontribueàlaforce.,
L'union fait la force

11.1.3 Proverbes relatifs à la flore

Pft.1 befa'anvjelaabegwa'aavje{proverben"22)
/onlprendre+nég/eau/avanVon/semer+néglrizl
c On ne sème pas le riz d'aujourd'hui avec la pluie d'autrefois, ,
Onnepeutseglorifierdecequ'onétaitootrefois.

Pll.2 wakakîh]gbajo'abo{proverben"23)
/arbreluniqueldevenir+fléglforêU
cUnseula1>renefaitpaslafofê1.,
Ladiversitéestunevaietlrinestimable

Pfl.3: bejaciareblo,sriwukwll{proverben"24)
1onnaisser/feuille/lorét/Hommelmourirlvillagel
c Quand on est en brousse et qu'on omet les feuilles médicinales
destinées à soigner, l'Homme meurt au villal18. ,
Toutesoc1edenégligenceconduitàlapertedequelquechosedevaleur.

Selonlecrilérederéférenciation,lelocuteurs'appuiesurlecosroospoor
soutenir ses dires. Ain~ donc, en ce qui concerne les proverbes relatifs au cosmos
(Pc),nousrelevonsqu'en

Pc.1: asjcsuni1Jgeka'angwlo(proverben•15)
1Cequiappartientàlalerrenepeutresterenl'air.1
Onabeauduréàl'étrangeronestœrtainderetournerunjourau
village.

Lalerre,as}Cdèsigneunepuissance:ladivinitéterrestreautourde
laquelle tout se ramène. C'est!aterrequi reçoittout;c'eslencoreellequi abrite
les morts. C'est la divinité féminine opposée àplmjtn, ciel, divinité masculine. Par
rapprochement, on peut admettre que l)gw1o, la haut est un dieu intermèdia're,
beaucoupptusprochedeladivinitéterrestre.Ceproverbeestvalidéparcertaines
rèalitéstellesque:

inüml clml l)gw1o, e dilt like wo ujt wü wa (proverbe n·2s)


/oiseau/ptaner/air/sa/nourrilure/chose/êtrei1erre/c6\èflci/
«L'oiseauabeauptanédanslesairs,sanourrituresetrouvesurlerre.1
Nulnepeutfuirsoncadredevie

Selon la vision cosmogonique du peuple baoulé, la Terre, asjtetle Ciel,


pimitn, loin d'être de simples représentatioos idéologiques apparaissant sous
foonedemythesinaccessiblesconsttuentdesêtresvivantsquivoient,analysent
toutcequ'onfaitsurlerre.
La Terre est une force ir.êvitable pour les morts de même que pour les
vivants.Cettemaniéredeprojetersesdiressurdesobjetsducosrrosousurlesfaits
religieux confère au proverbe une l)tlissance inesLimable. Ainsi, (Pc.1), (Pc.2) et
(Pc.J)exprimenttoosl'idèed'incontoumabilitè.
"'
Ainsi,en(Pc.2),l'absencedu bufflerougeesttoujourssignedeprudence
qu.n lonaétéunefoistémoi11desdégâlsqu'ilacausé.Enbrousse,ilexisteune
ressemtfanceétrciteentrelebufflerougeetlatermitière. C'estpourquoi,celuiqui
setrouveunpeuéloignédelatermitièrepourraitlaconfondreaubuffle.Ucherchera
àsernettreàl'abridudanger.Ceproverberelatifàlatemiitière(quineprodui\aocun
mal à l'Homme) s'utilise quand on veut attirer l'attention d'un jeune qui n'a ja-nais vu
ledangerenfcr::e.llenseignelaprudence;c'esldonclafonctionéducativedu
proverbequimiseenjeu
De même, (Pc.J) s'awuie sur la nolioo inconditionnelle de Dieu pour
ra-nener à la raison certains faiseurs de bcmheur tels que les k:,mjtn, les ng:,1mi
et les ozwe-Jifwt qui se compo(lent comme des demi·urges. Cette série
d'enseignements s'achève par la leçon de l'existence du plus fort que soi.
Lerenlorcementdestermesoodesidéesbaséssurlacosrnogonieestun
jeuquiconsisteàprendreappuisurdesèlèmentsducosrnosauxquelsleBaoulése
réfère comme entité divine pour valider son point cle vue ou plutôt, donner plus de
poids à ses dires. Cette stratégie ethno-discursiva s'oriente évidemment vers des
noHonsrituelles~lesquelesdivinitésdeciel,pimjtn,lesdivinitésdeterre, asjf:,
les divinités d'eau, nzwe-b,, les divités de roche, ebwt, les divités d'<Wres, waka-
nda, etc .•. selon leur croyance
Ce phénomèrie est également observé en se référant au monde animal. En
effet, les Baoulé se référent au monde animal pour soutenir leurs dires comme en
témoignentlesprovefbesr~atifsàlafauneci-dessus.Ainsi,avec{Pfa.1), « Quand
la guêpe veut piquer, elle interroge son nid > est r~atif à la famille. Ce proverbe
révéleunenouv~letactiquedepersuasioodanslediscoorsbaouléconsistantàvoir
lapositiondelaguêpequiquittetoujourssonnidavantd'at'6raffronterundanger,
d'at'6rsedéfendrefaceparexempleàl'envahisseur.
LeBaou\éanalyse,inlerprèteconvnefl\danssonentouragezoologique,la
guépe pm:;éde quand il est en face d'un danger. Pa cœsêquent, l'Homme s'appuie
sur son enviroonement. les éléments qui l'enviroorient IX)Ur apporter la preuve de
ses dires proverbiaux.
De même, cette idée s'observe également au sein d'une fëmille unie: l'un
desmeml::N"esnepeutprendreunedécisionsansconsultatioopréalablelesautres
membres.
Avecle{Pfa.2),l'expériencequotidienneroontreque,L'eaunepeutpastuerlepetit
caiman,oudumoins,,L'eaunepeutpasconstituefundangerlX)urlepelitcaîman
1Eneffe\,l'eaun'estqu'unoutilr.écessaireàlaviedupeti\caîman:etleconstitue
même soo biotope. Par, l'Homme peut se noyer dans l'eau. Ce proverbe révèle donc
diversaspectsducara:tèreducaïman.Lecaïmanvitdansl'eau,parconséquent,il
maitriselanage.Cetaprouvequelorsqu'onal'habitudedecertaineschoses,etles
constituentdessourcesd'épanouissementspournous.
Le proverbe (Pfa.3} « L'oiseau-mouche contribue à la force • est un cliché
delavéritéselonlaquellecl'unionfaitta!orce1,deuxassocièsvalenlmieuxqu'un
Cette idée soulève la philosophie baoulé seloo laquelle la vie ne peut se
mener sans lesautresetlepére, aidé par un fils, deux fils, troisfils,dixfilspourront
vaincreungrandchampd'ignamepourainsinourrirtoutlevillage.
DuJX)intdevuegéflèral,larélérenceanimalièrerendplusclairles
caractères distinctifs de ses animaux. L'étude des caactéres des animoox amène à
direquelesproverbesbaouléconstituentunproduitdel'imagination. En effet c'est
aprésunelongueobservatioodeleurenvironnementquelessages Baoulé.aidés
encelaparleurexpérienceontputrouversesformulesquitieflnentlieudeproverties
aujourd'hui. Cette même réalité semble s'apparenter au proverbe relatif à la nore
Les proverbes relatifs à la flore ont un lien avec la médecine traditionnelle
Eneffet,l'onestsansignorerquelesplantes,setonlavisionba:niléconstituentun
~ très important en matière de médecine. Cette réalité est perçue dans le
provefbe(Pll.3)selonlequel
Quand on est en brousse et qu'oo omet les feuilles médicinales destinées à
soigner, l'Homme meurt au village
11.2.1 Proverbe et statut social

Chez le Baoulé, oo dit de quelqu'un qu'il s'exprime bien,:, si lje,


/11/savoir/pa-ler/, lorsqu'il paie en proverbe, en langage irn.-;ié. Les stratégies
uliliséesparcederniersedislinguentdanslessous-entendus,lesai'lusionset,il
existe toujours des troces d'incompréhensions au niveau de l'auditoire dans la
mesure où le langage qu'il utilise s'avère différent du langage ordinaire qui,
naturellement, est plus ouver1 à la compréhension.
Le proverbe est déjà codifié, valiôé par la communauté. Ainsi donc, faire
rec:o ursaulangageirn.-;iéestsynonymed'uliliserleproverbe;celui-ciesttoujours
valiôéparlesanciens.Plusoovieilli,pluson~endàparlerenfaisantrecoursau
proverbe.lesplusjeunesapprennentàparlerenproverbeetsepeffectionnenttout
aulongdelavie.Entendreunproverbesous-entendchezleBaouléqueceluiqui
l'emploiepossèdeuneaisancequ'ilmetenjeudanslamaitrisedelaparole.lladonc
lepouvoirdejugement,decoercitionquiprendsasourcevèritabledanslaparole.
Leproverbeactualiselatradilionparcequec'estcequiestvaliôéparla
tra:l~ion qu'il véhicule. li est une boossolecar rappelant certaines données de cette
culture particulière
Parconséquenl,lorsqu'ooseréféreàlui,onalalX)SSibi!itèdefairepreuve
demaîtrisedelalar19ue,desonaptitudeàs'exprirneretàsefaireentendre,deson
élégaoceauseindeœttecommunautéoùlaparolecristalliseunegrandepartiede
laconnaissanceetdupouvoir
la parole proverbiale n'est pas la coomunication ql)Ojjdienne : c'est une
paroleautrequin'arienàvoiraveclediscoursquolidien.C'es\unlangagesoutenu.
C'estcetypedelangageauquell'onserèfèrelX)urprendrelesgralldesdècisions
sous l'arbre à palabre comme illustré ci-dessus:

wawleniipidrajtbefadij:ilE:i
i1:laoulé/dansJprovefbe/que/oo/prendrelmanger/affaire/mofph.coodJ
.c·estleprovertiequiestumiséenpaysbcK>ulèpourréglerlesli!iges.1
Recouriràunproverbesignifieenbaoulé,cherchefàsolutionnerunlitige

Le discours proverbial est donc l'une des formes de communication à


laquelle l'on a recours pour justifier ce qu'on dit. Celui qui s'exprime en provefbe
maitrise le langage juridique baoulé, il a de l'audience, il est crédible et mérite
respect.llchangedestatutsocialca,connaissan!latradilion,ildevientmaitredela
paole;elalapossibilitédedevenirporte-pa-oledesonvillage,porte-paroleduroi.
Leproverbeentantqueperformaocediscursifselondesurplusieursniveauxde
raisonnementAlors,analysonssescaractérisliquesauxniveauxrationnel,idéatique
et expressif ou stylistique.

ll.2.2 Au niveau rationnel

On dit d'une parole qu'elle est rationnelle lorsqu'elle n'échappe pas à la


logique, au bon sens. Elletissesatoiledans le raisonnement. Habermas cité par
Windisch (1990 :104) définit la rationalité convne • Une disposition de sujets
~ esdeparleretd'agir.Elleappaaitdaisdescomportemenlsauxquelsonpeut
attribuerde"bonnesraisons".11a
Cela suppose qu'on peut juger la rationalité de façon o~tive. Pour cette
raison, analysons certains proverbes au niveau rationnel. l'accent sera mis sur
l'aspectdiscursifdelarationalitéauseindesproverbes.Encesens,nousverrons
le lien étroit de cette dernière avec l'activité argumentative. En effet, l'argumentation
proverbiale consiste à mobiliser les raisons, leslondementsdetouteexpression
c'estceprocessusquivalidelesdires,lesproposquel'ontientetquipeuvootêtre
sujets à contestation. Néanmoins,onnotequeceluiquiemptoieunproverbeviseà

11 LIWl~ UPril..._:!Mfotllmdtll~ eldtf_.......,~


i.. ..n,L',i,gol1Hornnl,!99CI
foodersesdiressurlavéritédanssadémarcheargumenla!ive.
Ainsi donc, on découvre larationalitéproverbialedanslacommunication
proverbiale.Eneffet,selonletermedePerelman(1978:47),onlombedanscequi
estrationnellorsqu'onveut:
cfonder,apporterlesraisonsd'undire,c'estvouloirpersuaderun
in1er1ocuteur ou même l'auditoire universel et a-river à un consensus. 179

Larationalitèsedislingueauniveaudelavéritèdesproposilions

nnrn nu siwü usajtt wt dsiJ (proverbe n"26)


/anima.lqui/c:onnaitre/corps/protégerlqui/salcome/lordre/morph.
roocl/
c C'est l'animal qui sait se mettre à l'abri du danger qui a une corne
considèrable.1
Laprudencenooséca"tedudanger

Essayonsdonc,demettreceproverbeensituationd'énoocialion
Prenons,pourillustrercelauneréllexioocriliqueadresséeàunjeurie
imprudent.

LejeuneKuajo, loujourstrèsimpulsif,cherchaitàvoirquitiraitlorsquedescoups
decanonretentissaienletqueloutunchacuncherchaitàsemettreàl'abri.11s'était
précipité pourdécouvnret faire front. Songrand-pére,qui avait assisté à la scène,
lui dit alors ironiquement: c C'est l'animal qui sait se mettre à l'abri du danger qui a
unecomeconsKlérable.1
LejeuneKuajo,voyantsongrëm-péreaveclacheveluretoutebln heà
tout compris. C'est la prudente qui permet à l'animal d'échapper au chasseur. Cet
énoncé, qui met en valeur l'idée de prudeoœ comme vertu observée, telle que celle

'"(CH)PERELWIH.~ }ulldit/ul.Pwil,Nlllw,,1978,P.41
quicaractéfiselesanimauxles plus prudents en paysbaoulèetquiestmiseen
valeur dans les contes populaires (nja gbamb, le lièvre astucieux; nja akltmja,
monsieur l'écureuil ; nja aktdu, monsieur l'waignée, etc ... ) s'oppose ici à
l'imprudence, à l'agi1atioo bruyante qui condurt à la mort prématurée, voire
provoql.lêechezcertainsjeunes.
Legrand-pères'estréféréàceproverbepournepasdiredesmots.wners
delacritiquequ'i!vouJaitfaireàsonpetit-fils
Laralionalitédeceproverbedugrand-pèresetroovedoossoncaactére
implicite ou déductif. Elle est aussi relative au complément d'information que le
grand-pèreestsusceptibledefournir. Le proverbe est dit rationnel à partir du morœnt
oùceluiquil'emploieeslcapabled'•apporterdelxlnnesraisoos,uneprétentionà
lavalidité.1 110 Ainsi,lescomplémentsd'informalionwivantspeuventê\reapportés

nntnmJliwiisasaa:
/animal/quilconnaîtrelcorpslprotége,/durerl
l'animalquis'estsemettteàl'abriéchappeauxchassoors.
S'opposeà:

nnrn mo si'c wii usa a:mi


/animci/quilconnaitre+fléglcoqis/proléger/durer-+nég.1
l'animalquinesaitpassemettteàl'abrinepeutéchapperauxchasseurs
Enréalité,lediscoursrationnels'inscritdansunaccordmutuelentre
participants.
Lespropostenusétantlogiquesetvéridiquess'inspirentdansla
communicatiooetvisentunconsensusparunaccordmotivé,etoildoitêtreaccepté
le meilleur argument contraignant. Le niveau rationnel des proverbes évolue de
paireavecleniveauidèatiqueetilsentretiennentdesrapportstrésé\roits

lliW NOISCH,Op.Cil.106
11.2.3 Au niveau idéatique

Laprofoodeurdesidèesmanifestèeauseindesproverbesvaloriseceux-
cienlesrendantpertinents,crèdiblesetsuscepliblesd'adhésioo. Eneffel,tout
lcx:uteurquiutiliseleproverbes'appuiesurunsoclequiadelaconsistance
puisque,basésurdesidéespertinentesreconn1.1esdetouteslacommunauté.
Ainsidonc,desraisonsd'ordrepsychologiquesentretiennen\lesvaleursde
vérité de l'énoncé proverbial, au niveau idéatique. C'est son statut de langage
soutenu qui prendattacheaveclesrepéresenvironnementauxdulcx:uteurBa'ltllé
(faune,llore,divinitésetc .... )quiconféreauproverbesadimensionidéatique.
LeBaouléétablituneoppositionentrediscoursidéalquisebasesurdes
réalités sociales, mentaes et p:,litiques üugements sous l'arbre à palabre) et
disooursordinairequin'aaucunetraceproverbiale.Lepremiertypequis'inspiredu
niveauidéatiqueestundiscoursquiarnéliorelesproposets'inscritauniveau
poétiquetandisquelesecondtype,quiestlaplupartdutempslediscoursdela
jeunesse,lespéjore.L'acceptaliondoncdesproposd'uninterlcx:uteurestfonclion
doncdelaprofondeurdesidéescontenuesdanslesproverbes.Sesidées
représentent un véritablefaisceaudesensqui neselaissentpassaisir
concrètement. Elles sont imagées et leur compréhension est liée aux contenus
sémantiques véhiculés œ- la tradition.
Ainsidonc,lediscoursidéatiquesolidifielesdiredeœluiquit'emploie.11
renforcelapositiondecelui.cietaffaiblit,cefaisantlapositiondudiscoursadverse.
Enrévélantsesinsuffisancesauniveaustylistique/expressif.
Plus coocrètement, l'énor.cè proverbial comporte un côté informatif et un
OOtéargumentatif. C'est le premie(OOtèquirenfermelesidéescontenuesdans le
proverbe.Dariscertainscas,ooobsefvequedestermes,desidèessont
expressément consolidées pour persuader les interlocuteurs de leur validité. Le
proverbesuivantleprouve·
:, lt tun c:,,:, lt tun kwasi (proverbe n"7)
/il/être/onomatopée/onomatopée/il/étreJonomatopée-heurterl
cllyadesvèritèsqu'onpeutdiresanscrainte,parcontre,ilyenaqui
doiventsedireenusantdediplomatie.,
Onnepeuttoutdire

Lepremierc6téduproverbe,:,lttunc:,représentelabaseduproverbe
encesensqu'ilreferrnel'idéemajeureduproverbe.
C'est par simple déduction qu'on a pu trouver le second. Ce prowbe
exprime nettement la vision que les Baoulé se font de la vérité. A la question de
savoirest.œqu'onpeuttoutdire?
leBaoulérépondparnondeJT\éYliérevoilée:ilyadesvéritésquipeuvent
semerlazizanieauseinduvillage,delafamille.llfautdoncuserdediplomatie,c'est-
à-dire mentir lasquecela sjrnœse. le niveau idéatique s'affilie, le plus souvent au
niveauslylistiquequ'ilconvientdevdr

11.2.4 Au niveau stylistique

les proverbes expriment mieux la pensée, les sentiments du locuteur. lis


renvoientleplussooventàdesoonstruclionssyntaxiquesquileursontpropres.Ces
constructions s'appuient sur un niveaustylistiqueQuimetlalangueà un niveau
soutenu et qui fait que la parole proverbiale n'est pas saisissable comme !'est la
pa"oleordinaire.Cequiporteàcroirequel'éfloocéproverbialbaouléestunecréation
rhétoriquequis'opéfedelafa;onsuivante
Auplanesthétique:laconstruclionbaséesurlabeautédulangage
relévedel'imaginairelinguistique;
AJ.Jplandiscursif:ilexisteunemobi!isationdiscursivedeleçonstirées
du milieu cmbiant. Ces constructions s'Miculent le plus souvent
auteurdessyntagmessuiv::wits
11.2.4.1 L'opposition des termes au sein du proverbe

C'est unmoyenfortprolixequientredanslaconstructiondesproverbesde
lalanguebaoulé.C'es!l'exempleduprovertleci-<lessous
stktstktka'asusn:bo(proverben•2ai
/oflomatopée/res\er"'ilég/lourré/bas/
,Lacalebasseauxgrainesnerestepasaufonddufourré.•
On a beau cectë la vérité, elle finit à triompher du mensorge.

l'on oppose llktstkt, ollômatopée lien au bruit produit par une calebasse
contenant des grains de mais secs à susrt, le fourré qui désigne par essence
l'endroit touffu d'un bois. Cette opposition constitue en elle-même un procédé
important de création de proverbe. Elle a pour bu\ de recourir aux contenus
sèmantiquesdestermesmisenoppositiooetapourbutdestimulerlarecherchede
l'a-gumentation

11.2.4.2 L'existence d'un parallélisme avec identification


de termes

nu si wo kwb, rru si wo blo (proverbe n•29)


/qui/savoir/étreNillage/qui/savoirfétre/brousseJ
,Celuiquiconnaitleserpen!auvillagelereconnaitraégalementen
brousse.,
Lavéritélriomphetoujoursdulieudel'acte.

On a une structure rythmique qui marque profondément la structure


syntaxique binaire. la double qualification de l'expression rru si wo qui est
redupliqué semble unir de noms, préalablement opposés. En effet, kwb, village
convnelieul'labituel,fréquentésembleseconfondreautermeblo,tYOussequin'est
fréquentéquelorsdestravauxagricoles
Le Baoulé considère le village et la brousse comme deux mondes
complémentaires:lepremierestungreniertandisquelesecondestle!ieuoùl'on
cherche sa pitaoce quotidienne. Une bonne récolte, en brousse, au champ est
synonyme de triomphe, de joie au village cala disette prendra congés
ce proverbe èœoe les valelrs rrorales corrme l'honnêleté, le travàl, le
O'.X .lrage. Eneffet, êlJCUll horrrnecigneneootsevaiterdeneCO'lnaîtrequelevib;)e: il
ootaJSSicoonaîtrelatrousse.

11.2.4.3 L'existence de mots expressifs au sein des


proverbes

Selon Ngandu-Myango I les mots expressifs sont la négation, les


idèophones et les onomatopées. Ils scot uëlsês ... , pour indiquer lecara::tère
pe,suasifdesénoncésoul'emphase31. 1 Onretrouvesesmotsdanslesproverbes
baoolé. Dans cette langue, ils expriment la plupan du temps un ordre, une loi dans
lecadredelanégation:uneimitationdebruiLquandils'agi1d'onomatopée.
Cenainsa:lverbessontfavorablesàlaconstructiondelanégation.C'estce
quiestmisenexergueàtraversleprovertiesuivant

bef1'1nvjel1'1begw1'11vje(proverben°22)
lon/prendre+flég/eau/autrement/on/semer+néglrizl
cOnn'arrosepa;lerizaveclapluied'autrefois.•
Lepresligedisparun'estplusd'actualilé

La négation, dans la majeure partie des proverbes baoulé exprime une


vérité érigée en loi, compte tenu de la vérité qu'ils renferment. Ainsi, l'ordre y est
exprimécarsadispositionlogiquel'exigeétroitement·

a, ~ l,W ,/& ,Op.C it.P.8!5 .


On n'arrose pas lerizaveclapluied'autrefois. L'adverbe construit le sens
delanégation:sansl'adverte,ona·

befa'anvjebegwa'aav;e•
/on/prendre-+flég/eau/onlsemer+nég/riz/
•,onn'arrosepaslerizavec!apluie. •

Ce qui est faux, déWIS la rresure où le riz est une plante herbacée qui se
développe plus aisément dans les eaux stagnantes. Certaines négations sont
exprimées sans tootefois recourir à l'adverte. Ce qui est mise en exergue à travers
le proverbe suivant:

metramiwo su mefamiwaka (proverbe n"31)


/on/enjamber-tilég/sapenl/sur/on/prendre+nég/arbreJ
,Qnnepeutenjamberleserpentetprendreunbatondestinéàletuer. •
llfautrésoudreleproblèmequiseprésenteimmédiatementànousavant
toutechose.

Ce proverbe, basé sur l'expérience acquiseseprésentesousformedeloi,


d'ordremisàladispositiondesplusjeunes;d'oùsalonclionéducative.,Situveux
enjamberleserpent,ilte mordra certainement: il donc, il n'es! pas prudent de le
faire.,Qu'enest·ildesonomatopéesauseindesproverbes?

Les onomatopées expriment en réalité l'aspect du bruit émis par un otijet,


un animal. Ces bruits imités renferment des idées et celes-ci inca-rient le sens du
proverbe.Voyonsce!aàtrave<sleproverbesuivélll:

uatikpokposivjedJ(proverben"32)
/si/tu/entendre/onomatopée/piler/aussi/manger/
Situentendskpokpo,pileaussietma,ge
Hfautsecontenterdupeutqu'ona.

kpokpo, onomatopée relative au bruit du pilon. C'est donc le bruit qu'on


entend lorsqu'on pile qui est ici mise en exergue. On doit, toul comme la pescnne
qui est en train de piler de l'autre côté du village se mettre à piler. Que pile+elle?
Duriz,avje?D.Jfodou~ .dviooaljt?DurT13"1œ,agba?Dufotiou
banane,nida,Ek:
Personnenepeutsavoiraujustecequel'onestentraindepiler,setrouve
loin du lieu de recte. Le JT"()t expressif est l'onomatopée kpokpo qui sous.entel'\d •
tlnefautpasêtreenvieux 1,carl'ondoitseréjouirdesequ'ila

11.2.5 La saisie de la parole traditionnelle

Pourcompl"endrelapa-oletradilionnelle,cellequiestparlèeparlessages,
bonllO!Tlbredeconditionss'avèren\nécessairesetubles.Eneffet,lemondebaoulé
est un monde mystèrieux. De l'Homme adulte qui s'entretient fa-nitièrement avec ses
pairssoosl'tffleàpalabreduvillage,despierres,desrochesquijonchenlles
sootiersàlafloreetàlafaunedessavaiesetdesforêts,toutestparole
Lessaventquidé!iennentsepouvoirpa1entàceuxquisaventlesentendre.
En fai1, si le message conenu dais le trébuchement du vieux sur une pierre en
prenantlaroutedeseh~ nousresteinaccessible,silachuted'unebranchede
l'arbreal1,1'.w lcooudel'arbrewlonvi1,\outcommeleratquiapparaîtenpleinjour
demeurentpournousunens~ed'exemplesdénuésdetootesignification,c'est
parce que nous ne sommes par initiés au décodage de ces différents messages
Nous nesoovresquedesnoninitiés
ja ë m i s i
lnous/avons/préparer+suff.nég.lfeu/
, Nous ne nous sommes pas approchés des sages. 1

C'est-à-diredeceuxquiclétiennentlasourcedusavoir.
Al'opposésetrouventlaclassedes,iniMs1.

be~isi
ms1prepwer1teu1
cllsontcôtoyélec'est-à-direlessages.1

Celaimpliquequeceuxquiontapprochélessagescléliennentlesa't'OÎr,de
ce pas perçoivent distinctement ces différents langages. On pceta également
ajouter, àce qui précède la eoton d'habitus92comme facteur d'initiation à la sagesse
populaire.

Onaentreautres:
dil}gW I

/manger/conte/
~ ter des contes

Peo<mtcettepèriode,ronenseigneauxplusjeunesdesattitudesàlenir.
ConlesetlègooclescontritxJootàlafOOTiéÛlllde bJtHorrmeàtrutplcWlducœix, de
l'intelligen;eetdel'esprit
Toutcorrvnelelangageproverbialquiditdemaniérevoiléeetcodéeson
enseignement, le conte apprend la vie, la conduite sociale à travers des
représentations imagées basées sur certaines qualités des animaux biens connus

,_
a:z. TOlfflll0cidogilJll~-·ll •••••••• d'""'-oodôo.~•-~<1n
Aceniveau,ontrouveles/ljJltdi'ifwt/,c'est-à-direcequipa1eenfaisant
fidesréféreoc:eslangagièresconvaincantesdontle proverbe.Ouedevions-oous
retenirdecesdeuxespèœsaveclesproverbes?

11.3 Les caractéristiques essentielles de ij;,ltdâ'âfw( et sa


mise en rapport avec les proverbes

ljJbltdi'Hwtdésigneessentiellementleverbiagecreux. lci,savaleur
prirrordialeestpriseenCOfll)te.Derait,lesbaoulèemploien\cetteexpressioopour
indiquerd'unemanièredistinctivetoutflotdeparolesquinerenvoiepasl'al.lditeurà
desréférentsculturelsblenconnudelui.
Parler donc de ijJltdi'lfwt, c'est maquer une oppœition entre les soos
p,t<luilsparunlocuteuretlesréférentscultuœlsaixquelscessonsdevraiefl!renvoyer.
Oésb's,l'énoo::éwivant:

ndt 1191 osa mi WJ a.,ii ni oui lnii (proverbe n• 33)


/affaire/qui/demanderrégi1:oi/bonsoirlne/dire/bonsoirl
•L'affairequineteconcemepasèvitedelaprendrepourtoi.•
Evitonsdenous menerdesequinenousregardepas.

Contien1 une OOUble infOONful : par r~ de la fonre verbale œanA


(demarde + suff nèg), le sujet parlalt inbme son aidiklire que l'llomme en question
parle beax:oop à te1ense;;ine qu·~ s'irmisœ dalS tJ1eaffaire qui n'est pas la tienne. c.e
qui rapparente à un hcmne insensé, QUi est en train de perdre la conscierœ
Pli' la mêrre occasr:in, 1 suggère que lediscoors de cet hcmne re renvoie à
aJCUne réalité sœiae ba:lulé. Ainsi, cet irdvidu prooorœ un discolr.i en déséquitreqi.i
s'apparenle au laigage des enfools dont la ccoreeseœ des vaellrs Clfuelles resle
patMe,oupourmiew:cire.~
Onretienldetoutœquiprécède,queselonlavisioobaoulèljJltdJ'i,•le
veroiage•oucbavardage1estundiscoursencpature•,undiscoursc
irrespec\ueux•coupédesv~urssociales,desbasesculturelles,politiques,
religieux,idéo!ogiquesetphilosophiquesbaoulé
Onar~ quelesénoncési:ro:l~dalsleverœgenevéoojentar.::un
seece ne ven.vit pas à P'OP)S. ÜJ rroins, ce genre de disoourssurgitsa-.s kmemenl
IIC0'1'Â001desouignerque,du~ntdevuesccdinguistxiue,cettesœiététm.JéaJ
mcdèleaganisaloonel très centralisé et b'ès hiéra-chisé, 1 ij;,kdi'i • est le looga;Je des
csriboga•hmmehes\a11/«desgensd'erl--bas1«deshcm'nesincules1,dela!Œse--
cla;se,c'es\-à-diredescalétpiess<riae5oorooèesdontlespl)p)Sn'aitar.::unep:)llée
sœee. CestlX)lll'quoi lest rae,da'!Sœgenrede discrusde VŒapparailre des
proverbes.Màsqu'enest-idesjlltdifwr:,lesdépositairesdelalargue,delapa'Ole?

11.3.1 Les caractéristiques essentielles de jJIEdifwf et sa


mise en rapport avec les proverbes.

Ce tenne, j:,11:difwt renvoie au fàseU" de c pa'Ole ,. En tw que lei, H est


fén<roateur du discrurs socialisé qu vient à propœ, de ma,ière hooile. Ce discours est
respectueux des oomes etvaeursculturelles, poktiques aJXquelles Hcooesin,d. Delà,
ils'ensuitquec'estlafa:::u!tèd'utiliseflespa-olesàbctlescient C'est d'ailleurs cette
fa::ulté qu'un sujet partant me! en exergue qu~ il soutient ses pœœ pw ~
avecleproyerbesln.vit:

blabunptüngwltkpi:,(Proverben•34)
1a1er/roucherkéfléchir/qui/être/intell~ êgê/rrorph.concl/
«Vas,Couches-!oietrèfléchis,voilàlameilleuredessagesses
Lanuitclonneconseil.1

Cet énoncé co,tient, du ~nt de vue inbmalionnel une multitu:le de


renseignements·
•d'unepatpa-lechoixsuccessifdetroisverbesàr~ atifkJall(y,la,oot.ehef,
bu, téllédrle sujet ~ t infame son alb::utare qu'il coonett la portée de ces

"""'·
L'efTlOdelasérie-..erbaeqliesti.respocificiiè:s~ ueduba':lulé
romaré'leàdie~lebéruèeslmtdnses~ dedécisi::xl(etœlaestpqreàW
~ - Le ca.d'qiré!hée etde Prcrnêtt)éell3 eeœ la rrr,lhoklgie~ ue le P'OOffl.), ca-
l refuse de se ecrœ ceos la~
Poche" {1996) parle de sèmantaxe pour qualifier linguistiquement ces
formes(lasérievert>a!e);
d'autre part, comme le dit un proverbe·

rab:wisiJostsa 1(Proverben•19)
labeille/dire/piquer/elle/demaiderlsonlnidl.
10uandlaguêpeveutpiquer,elleinterrogesonnid.1
Avantdeposeruna.:te,ilfau\COflsultersesproches

Le sujet pa1ait aura le concours de ses proches qui pourront l'àdée et


l'amener à une meilleure prise de décision. Chez le Baoulé, tout ~tige, fiançailles,
maiage en un mot tout ce qui touche à la vie de ce peuple est la plupart du temps
ramener à ce proverbe. QuaidleRoiparle,dil-On cil a parlé 1etnedoitplusrevenir
sursadècision.C'estpourquoiilnedoi1passetromper.LaboocheduRoines'oovre
pasn'lrlportecormient.Dèsqu'onenteodsavoix,ondoits'enteodreàuneparole
sensibleetrorte
Pouratteiodrelestatutdej.lkdifwl:,ilnesuffitpasd'avoirunevoixencore
moinsunelx>uche.llfautêtreinitièàla1pcl"OletraditionnellebérJulé1ca-les

13 Dlnlll~ ~ .•o.,ia,_.._d'_•d'Epi'rl!No.L"tw:rmlo_..lœi.-<111,.'*"",
(f.i •••••••••.• dirmfllolouOJCiolp!lJ"lo<tmola,,:- °""'"""Zaa.aigoor,u,,,,ili,<1111
.,............,..,...lotdlo<ll-••-Pranit,1,o,-~ull~taloCW.-.OJ
c.._._,(1J111"9'1Jdi!M :>'8illobe,(f.i •••.•• ,_ (Cl.[)domtidl.n,,n!ll.
élralgersquineparlentpaslalaoguebooulé,lajeunessedontlaconnaissancedes
référentsculturelsres\epauvre,le1i1J9lifwt:~'inintelligent)dontlequotientintellectuel
restedéficitairen'enproduisentpas.L.afonctioncommunicativeprônéeiciestfermée
auxcnoninitiés,
Elle permet aux membres de la communauté linguistique c initiés, d'entrer en contact
lesunsaveclesautres.

eslwawlénllngwltlt
/11/connaitre/baoulé/dans/intetligence/
llconnaîllessecretsdelalanguebaoulè.

c Les initiés• articulentdessonsvoc:auxdouésdesignificationpourtransmettredes


faits de l'expérience. Le proverbe épouse son environnement. Analyser un proverbe,
c'estdonclairepar1erlanature,l'expèriencevécuedumilieucmbiant
Ainsidonc,j:>kdifwt:estlaparo!e.fortedesvieuxquis'Ol)IX)Seàlapél'Ole-ludiquedes
enfants non initiés. C'estuneparolequivadepaireaveclaconnaissancedesfaits,
uneparolequiinlefpré\elesloisdelanature. C'estœtaspec\enrichisscfl\deœtte
paroledesinitiés,dessagesqu'unkx:uteurmetenavantquandilaffirmeque

anitikpingblnatj_1uajo'aftnftn(proverben•35)
fl.u/ ma-cher/vieuxlchemin/sur/tu/être + suif nég/ dévalué/ c'est-à-dire:
cCetuiquisuitlesconseilsdesvieuxnes'ég~ejamais.,
llfautloujoorsseréfèreràlatraditionpours"ép.oouir.

lci,lekx:uteurenquestioninformesonauditeurqueles'lieuxayant
étéiritiéspar!'apprentissagesoigneuxdescanonsmultiplesmèritentrespect
;ensuivëWltleurspas,l'onestsûrdenepast>mbefdansunpiège.Les
proverbes booulé, Jlidra contiennent donc un enseignement qui porte à la
fois sur la linguistique, sur la connaissa,œ du rrilieu naturel et sur la morae
socialequ'ondécoovreàtraverslesdifféreotesconfigurationsdelaparole

11.3.2 La configuration interne de 1a parole.

Daosl'universculturelbénllé,j.lltdimrecouvrelX)Urlesujetpaiêlltune
série d'aspects de p.vole. La parole baoulé comme dans toutes les la-,gues se
présen!e comme un discours avec deux niveaux:
lefondetlaforme;
lesensetlestyle
LaparoleoujJltenbénllé,sil'onconsidèrecesdetJxniveauxpeu1être
affectèed'unquali!icatif.Onaurapa-exemples:

jJltd'ülparolelproprel
00
jJltséi/paroleldroitel
c'est-à-Oire·
a-,laparolepropre•
b-•lavérith
jJltfi.fi
/parolelextravagante/,c'est-à-Oire·
a elaparoe quis'ècarte dela norme e.
c

b-clapa-oleinsenséeoulemensonge•
Ainsi, les bénllé assirnlent la vèrité à la parole propre. Cene parole est
eseescorèe parla masse d'inroonations digne de foi qu'ellevèhK:ule. On la considère
comme semblable à un creuset dans lequel on pjise le savoir.
Parcontre,laparolequis'écartedetanonneeslcrue,sauvageets'apparente
au mensonge. Elle n'est pas assaisonnée, enjolivée de proverbe. D'où le refus des
bénilédelaconsidérerparœqu'ellemariquedesoningrédientessentiel:leprovertle
L'élocutionsenoteaussipa-j:,1ta:;compagnéd'unadjeclif.Ainsi:
jJltsakasaka.
/pafole/mèlangèe+réd/
1Laparolemèlangée1carcr;tériséeparundébitprécipité,ouparole
irréfléchie
jJlt séi
/parole/droite/
Laparoledroitequiatteintsacibleoulaparolenonnale.
Ici, cette parole est dense, pleir,e d'enseignement et de savoir. On aboutit
ainsiàdeuxniveauxdelangueoustylesliésàdesnotionsouconsidérations
sociolectales

11.3.3 La configuration sociolectale de la parole.

Pami ces éléments observés dans la langue, ~ faut compter les proverbes.
Eneffet,exprimantlanotiondesociolecte,letennejJlt,laparole,désignecelleql.i
est foodèe sur les J)ircipes culturels propres aux membres duœ même catégorie
sociale. C'est ce trait spécifique Oanguesoutenue)qui est mise en relief quand un
locuteurstipule,parexemple
lgW l jJI[
lroiJ /parole/
Lalangueroyale,c'est-à-dire:•lesociolectedupalais,,,lesocio1ecte
parlé par• lesommet,
Ce type de parole ne se construit pas en dellors des proverbes. C'est
uneparole«traditionnelle,quicachedessecretsdelacivilisation.lln'estpas
faciled'yentrer,decomprendrecequ'onditaujuste.
uestfortutiledementionnerqu'àceniveau,cetteparoles'emploiepour
désigner1outcequiestsagesseetcontribueàappréhenderaumieuxlaparole
des sages, voir comment ils règlent les litiges. Cela est mis en évidence à travers
le proverbe suivant:

ndEsaci'1kp,:nprü(Proveroen°36)
/probléme/empirer+nég/sageldevanV
c Un problème ne peut s'empirer en présence du sage. 1

Lesagetrouvesdutionàtoutlitige.

Le sage qui a une maitrise parlaite de la culture, de la langue est


beaucoup respecté. En sa présence, 1ous les litiges sont généralemen\
solutionnés, Il dispose de toutes les astuces pour calmer les mécontentements.
11 nous revientd'explicitercertainesastucesàtraverslesthèmesqu'ilabordedans
lediscoursproverbiale;d'oùlathématiquedesproverbesbaoulé
CHAPITRE Il :
THÉMATIQUE DES PROVERBES
BAOULÉ

c C'est sous le papayer aux fruits succulents qu'on trouve une


perche.•

Proverbebaoulè
THÊMATIQUE DES PROVERBES BAOULÊ

Lathèorieculturelledelasociolinguistiqueestfondèesur«t'identitè
culturelle, les représentations linguistiques, les attitudes. Pour les tenants de
cette théories, les groupes sociaux manifestentleurklenütèculturelle par des
èlèmentsobservablesdanslalanguequesontleschants, les légendes.les arts
culinaires,lesrècitsmylhiques ... 11ri

Oanscettepartie,l'oti;ectifquenousnousassignonsestd'analyserle
Henentreproverbeetcosmogonie.
Le deuxième niveau permet de faire une étude thématique des
proverbes en établissant les fondements du rapport schème-thème de la langue
On s'accordera sur des principes primordiaux quant à l'étude thématique et
structurale des proverbes
situerleproverbeparr~ auxautresproverbes.
Voir que les schêmes qui les incarnent ne sont pas exclusivement
propres à la tradition. (Cauvin, 1980) neditpasautrechosequêWld il
préciseque·
•llyaunlienentrelesstructureslinguistiquesetlesstructuresdes
proverbes. Ce tien peut être élucidé par une étude de la langue, menée au même
litre que l'étude ethnosociologique •• Arbelbide (1975), s'appuyant sur !a
tradilionproverbialebaoulé,aprésunelOngueexpérienceacquisauprèsdes
sages,proposeuneclassificationthématiquedesproverbesbaoulé.
Nous en reconduisons douze pour mener cette étude. Ces thèmes sont :

cw,;.,AABELBIOE,Op.Cl.18.
•J ta rotonœ Oeu
b) Lafamille
C) L'étranger
d) Lesvieox

•J
n
"'"""
Lasolidarité
g) ladiscrétion
h) Lapauvreté
Lemal
Lavie et la mort
k) Laviolence
1) Lesfinsetlesmoyens.

l.1 Proverbe et cosmogonie.

Les Baoulé éla'lt foncièrement anirristes, nous nous demoodons quelle


image de Dieu œ people nous donr.e-1-il ? Comment ce peuple appréhende Dieu
selonJeurvuecosroogonique .
La notion de Dieu si souvent primée ne cadre pas avec la réalité. En
effet,1eBaoulévivantavecplusieursdedivinités81 (lokoswe-banzr,-dii-lllo·
1osi - asjt- alu- ptH· mme - busu - arekpli -miwi-kpaci asjc et nous en
passons) rassemblés sous le vocable d'amwi/amwrn, puissants et redoutables,
abandonnés le plus souventdès qu'elles ne donnent pas le résultat escompté
onl laissé des neces dans de nombreux proverbe qui évoquent des divinités
comme par exemples ·

., ~ ~ -- - d'"'- i>ril~ ""~ aq.Ml•'- ••• -.-dll


civihab>s
st;,sifwtodobo'n dodimi;,{Proverben•J7)
/si/la1connaissance/êtreldolbasAAl/manger-.suffnég/mof'ph.coocl/
•Situasunecoonaissanœquipratiqueledo8" tuneseraspasunevictime
decettedanse.,
Lorsqu'on a un proche au sommet de l'.:Vbre, on reçoit les meilleurs fruits

Cette personne connue possède une puissance divine. Parconsèquent,


ildèfendratoutessesconnaissances. Ledotuelesnon-inilièsmaisildemeure
unféticheprotecteurpourtouthommequilepratique.Onl'adoreenfaisantdes
sacrificeshumainscommeleprouveleproverbesuivant:

aofwf:bmidobonii(Proverben"38)
létranger/enlrer+flég/dolforêt/dans/
•L'étrangern'entrepasdanslaforêtoù1'onadorele•do,,.
Lenon initiénedoitpasvoirle, do».

Cetteforê1enquestionn'estquepourlesiniliès
S'ilviolecetteloi,ilnesortiraplusdecetteforêtsacret.
Lorsqu'oneslélranger,onnes'aveoturepasendeslieuxjugèssocrets
Ceproverbeconseilledefréquenteruneforêtqu'onconnaitpouréviterde
sepe«lre.
LesBaouléselon(lllukou, op. cil. p.40)on1unevisionglob,jeducosmos
Pour ce peuple, le cosmos estconstituédetroiseotitès, toujours selon ce
même auteur.
Ce sont:
Le ciel, pimitn, monde de l'esprit des a-chi-divinités;

• l'JllllU,"ll: aipa!W g,o uro...,..,_C'esl,.... <Jwtiq;elllletrwnt.rlMnoninililt:s oo- puà .C.


~ comrme11..:rira tunair i<:lltlllo"'"*' ~ d'llllhlà1.
fa:,kwlt,te«erouge.
L'onsesertdetypedeterrelT'O uilleavecdel'eaupourlT'O nterlesmurs.
fa ble, sable noir - nini bi, excrémeflt de bœuf servent de peinture
et aussi consotiden1 les murs et le sot qui résislent ainsi aux
intempéfiesclimatiques(harmattan,ptuie,sécheresseelc ... )
Les rnèdicanents, are
Le BoK>Ulé se soigne traditionnellement avec des plantes rnèdicinales, la
peau, certains aganes d'animaux.
Lorsque quelqu'un est gravement malëœ, on consulte d'abord une divinité
~ communémeflt bmjr:n, be j ozwe, /on/enleverlman1eur!, c'est-à-dire qu'on
consulte pour œrœoœr à l'esprit des défunts ce qui ne va pas et qu'est-ce qu'i faJt
pour le traiter.On peutègalemer11seconfierauxdema,/sauver/enfanUsurleptan
ret~ieux.
Les aliments, aljt
L'aliment de base des Booulé est J'~nane. Il existe différents sertes
d'~nanies,Lesignarneslesptuscultivéesenpaysbooulésonl:
lokp,-florido-trela-jabwu-kponi-kokoasjt-kltl)gltetc ...
Lerizestconsommèpendantlesmariagesetlorsdesveilléesfunèbres
desdèfunts.Onleprèpareavecduharicote1onledislfibueàtou\eslesfamilles
du village. Le manioc est consommé pendant la disette ijuin-juillet-août et
septembre)
La boisson la plus prisée est le vin de palme, mme nzl.
Levincvalpierre,etlaliqueurappelèedéidèisontusitèsdemanièfe
symbolique(mariage,dècès)

l'èlevage,nntntalt/animat!èlever!
L'élevage n'a pas une grande imporiance en pays baoulé. On élève
justepourrecevoirdesètrangers,pourlesfé1esdefind'annèeoudepàques
etsurtoutpourlessacrifices.

omjtn be wi be mi be ablbwa
/defunts/ils.ldire/on/donnefl1eurlpoulet/mouton/
--+Lesdèfuntsexigentunpouletlrrouton.

Onélévedonclespoulets,ak,;lesrroutons,bwa;lescabris,boli;les
pintades,Jonjt;lescanards,labu;lesporcs,Jolotietc ...
Lachasse,konjtn
Lachasseétantimportan\e,lechien,alwaestunanimaldecompagnie
dontlerôleestderendrelachassebeaucoupplusfructueuse.Lagrande
chasseestuneactivitépraliquéeàpartirdedècembrejusqu'enrévrier(saison
sèche). On met le feu en brousse pour débusquer les animaux. Cette chasse

--
concernelegrandgibier:
Lephacochere,blobluti

l'anlilope,flete
Lesinge,pepe
Lebuffle,awt
Lagazelle,wh.l nLetc ..
Lapeütechassequantellesefailréguliérementautourdeschampsou
même à l'intérieur des champs. Elle concerne les petits rongeurs comme ·
Leporc-épic,fule
Lehérisson,jukuni
l'agoutl,kptma
LaSO<l"is,gbekle/gbokle
La pkhe, nzwe dilt /eau/mange</
LapêchesepratiquedansdegrandsfleuvescommeleN'zi(régionde
Dimbokro), le kiimwrn, Comoé (région de Prikro, Daoukro) et dans le mgbannan,
Bandama (région de Béoumi, Bodokro).
Lespoissonspêchéssontsurtout:
lecatpe,akpo
Lesi/ixe,jweble,/IX)isson/noir/
Beaucoup de Baouléonl pour totem le silure car celui qui en mange
peutappor1erunmalheurdanslevillage
Le mâchoiron, ngondro, plus gros et koko fJefje, plus petit
Lacueillette,wakammatilt,la-brellruitlcueillirl
Lacueillelleestprincipalementuneactivitélaisséeauxoubliettes.Elle
estsurtoutpratiquéeparlesfemmesetlesenfants

bom:lni ou boble
/forêt/fraiche/ lforéVnoire/
-Laforêt dense .
bolaa
fforêVavanU
•...• Ancienneforêt
kact
/savane/

....,
Lasavane.Danscetypedesavane,ilyaleschiefldeflts.

,,,,,,.,,
•...• Lasavanehefbacée.
C'estdanscetypedesavaneoùsepratiquentlesdifférentescultures
vivrières. Notonsquel'igname,dwollwoestlaculturedebaseenpaysbaoulé.
V+ennentjusteaprésleriz,avje/awqepratiquédanslesbas-fonds,bblnvje
ba.
me/be gwa avje/awqe falu /nrwe ba nii
tonJsemer/riz/bas-fond/dansJ
--+lerizsesémedanslebas-fond
Lemaïs,able,lemanioc,agbasontdesnourrituresdedisette
l'arachide,lapoiredeterre,lechouetlatomatesepratiquentdeplus
en plus de nos jours. Dans ces différents types de végétations, il y a des
animauxféroces.Ouandonestmenacè,laforêtoulasavanepeutse1Vird'abri.

1.2 La famille

Le thème famille ne doit pas être appréhendé comme celle admise par
l'Occident. Chez les Baoulé, elle ne se réduit pas au père, à la mère el aux
enfants.Ellerenvoieégalementàlanotiondeparenté,mêmeèloignée(toulle
village). C'estdoncunthémecentralquicontientdessous-thémes tels que la
femme,lepère,lesenfants,lesparents, etc .. C'estpourquoil'onentend:
sri ble osu tiktjwe sa, e vjemi le(Proverbe n" 126)
"1ornme/noirllamille/êlreJcomme/poissoni1ui/elle/finir+nèg/jamais/
clelignagehumainestsernblableàceluiJXMsson:ilnepeuttair.•
La famille africaine ne tisse aucun lien avec la famille nucléaire.

Lepère,sjrapportetoutàlafamille. l!nourritsafamille,l'entretien,la
protège. Cela s'aperçoit avec le proverbe suivant:

"asl umjtn usa a lu l)9Wl, a kusu usa a wii vja nii (proverbe no40)
/si/père/espritlveiller/toiJnuitftoi-rnêrneMlilleflloi/corps/soleilsldansJ
1Sil'espritdetondéfuntpérateprotègelanuil,faisautantlejour.1
Aidertousceuxquiœuvrentànotrebonheur.

On necroisepaslesbraspourtoujoursattendrel'aidedesgens.Hfaut
sebattredesoncôtépouravoirlebonheurprévu.
Lelienqu'entretiennentlepéreetsesenfantstranscelldelavieet
s'introduit dans l'au-delà. Lepére,mêmedécédéprotègesesenfantslanuitcar
lanuitrimeaveclasorcellerie.
Ainsi,l'éducalionapportéeparlepéreestjugéeparlasociété.Sil'enfant
est mal éduqué, la faute lui incombe comme le signalent les proverbes
synonymiques suivants:

inümi wumi lajwa (proverbe n"41)


loiseaulmettrebas+flég/souris/
rl'oiseaunepeutengendrerlasouris.1
Tel{le)pèreJrnére,tel(le)fils(fille).
o,"
boli wumO bwa
/caori/mettrebas/fooutoo/
,Lecabrinepeutengendrerlemouton.1
ldem(proverbeprécédant).

Cette idée traduit le fait que lorsqu'on a des enfants mal éduqués, la
faute incombe au père qui est le maître de la famille et vice versa. Ces proverbes
synonymes ont un sens péjoratif (mauvais caractère des enfants) et mélioratif
(enfantsbienéduqués).n_iln,laméra
ElleapportebealiCoupdesoinauxenfants.C'es1ellequifai\asseoirla
famille par ses conseils. Ainsi, la représentation que le Baoulé se fait de la femme
estperçueàtraversleproverbeci-dessous:
stawlo'njobladuminiiti:i(proverben"42)
/si/maisonldéf/paix/femmelnomldanslêtrehn'xph.concV
« Si la pax est, c'est grà:e à la femme. •
C'est la femme qui stabilise le foyer.

Dans l'entendement du Baoulé, c'est gràce à la femme qu'il existe la


stabilité au sein de la famille. C'est elle qui stabilise le foyer car l'homme est
toujours parti. EHe fait la cuisir.e, apporte son affection aux enfants. Elle leur
donnedesconseils,!esèduque.Maiscomptetenudesaféminité,eller.epeut
prendrecertainesinitiatives.Parexemple,quandondoitmariersafille,c'es\à
sonépoux,iwûchefdefamillequel'ons'adressed'abord.Aluidefairelecompte
rendu à son épouse, Ji. La femme, en outre ne tend pas de piège comme le
slipuleleproverbesuivant:

blas:imi1j1
/lemmel!endre/piége/
«Lafemmen'étendpasdepiège. •
lln'appa1ientpasàlaferrmedejouerlesr61esassignésàsonmari.

Laraisonavancéeestquelematérieldechassenedoitpasêtretouché
par la femme. En effet, le contact avec le corps de la femme diminuerait, selon
!'entendementduBaou1éseschancesdecapturerdugibier.
La famille résiste à tout. Elle demeure forte et unie gràce à la femme
Certains enfants de la même famille pour qui les parents ont souffert peuvent
échouer dans la vie, mais d'autres réussiront et mèneront une vie heureuse
C'estdoncuneleçonderéalismetiréedel'expériencequotidienne.
Cequiestimportantc'estl'aspectd'é1ernitéquel'onpeutcons1aterdanscertains
proverbes:
wakawakasqi'nbu ,jaciija(proverben"43)
/bois/bois/éléphant/déf/casser/il/laisserlsonlpied/
• Quand l'éléphant brise les etœs. il met sa patte à l'abri. •
On nepeuts'enprendreànotrepropreessence.
C.ette pensée traduit que la famille est une entité éternelle. Elle ne
disparait jamais. D'ailleurs.les Baoulé en ontuneconsidèrationfortètroite. Au
sein de la famille, on pardonne tout, même si on est en train de mourir. On ne
doit pas mourir avec des idées divisionnistes comme le prouve le proverbe
suivant

bewubelu,benwisi(proverben"44)
/on/mourirlon/pa1irlon/éteindre+nég/feu/défl
•Enmourant,onn'éteintpaslefeu.,
Enmourant,ondoitléguersesconnaissanœsàsesenfants

C'estlefeuquisertàcuirlanourrituredelafamille.llréchauffelàoùle
froid existe resserrant ainsi les tissus familiaux divisés. Avanl de mourir, on
pardonne tout. Ce proverbe évoque la solidarité africaine tant vantée par les
européens
Les enfants doivent considérer leurs géniteurs. Quelque soit la faute
commise par ceux-ci. ils doivent pardonner, même oublier en prenant un
nouveau dèpartavec eux. On ne doit jamais quitter son père et sa mère car
quiconque viole cette 1~ aura la malédiction. Le proverbe suivant l'énonce
nettement:
alunw1tulnlsfn,JkiliwJiwObJn (proverben"45)
llourmipuanle/auJl:lquitter/salmère/défldonc/il/dire/son/corps/sentir/
•Lafourmipuantedésirantquittersamèreaffirmequecettedernièresenl
mauvais.,
lorsqu'oninjuresamèrelpèreons'exposeooxmalèdiclioos.
lln'yanideuxpères, nideuxmères:ondoitconsidérersesgéniteurs
lls'agitdoncdelafonctionéducahveduproverbe.

1.3 La notion d'étranger

L'étranger est un être plein de mystère et en tant que tel, il mérite


considératfOnetrespect.Outrelesrenseignementsquerenfermentlesproverbes
ci-dessous

(o) aofwt t tiwii ja siJ(prove<ben"46}


létranger/lui-même/déchirer/corps/pied/derriére/morph. Concll.
,C'estl'étrangerlui-mémequisedemanclelesnouvdles. •
L'étrangerestclasséselonsonattitude.

(p) aofwtwicimil)Qlimiiiwa fadi(prove<ben"47}


létranger/àirelavoir/pourtotem+
néglmatinlilhm'ph.futur/P rendre/manger/
,L'étrangerditqu'ilnejeûrieJapas;iln'aurapasàmanger.•
L'étrangern'arienàexigeràseshOtesses

(q) aofwtctmipepenntn(proverben"48)
/étra,ger/partager+nég/singe/Viande/
,L'étrangernepa1agepaslaviancledesinge.•
Onnecoofiepasunedesresponsabilitésàœluiqu'ooneconnait

On note les observations suivantes : Ces proverbes ci-dessus mettent


enexerguedeuxpositionsdel'étranger.Eneffet,en(o),l'étrangerestdansune
position d'autonomie. li est donc dans une posturepositive. llestraredese
demander des nouvelles soi-même. L'étranger est donc comme un cosmonaute
quiapparai1surlalune.Cesontlesnon-étrangersquil'intégrentdansleurmitieu
enpartantdelaconditionqu'ilacceptedevivrecommeeux,derespecterleurs
usetcoutumesenvigueur.
En{p),ilestdansuneposturededépendance:llnepeutquese
soumettreaujeûne.lln'apaslechoix.llest,enfail,dans une position passive
toutcommel'énoncé(q)oùl'étrangern'estpasàmesuredepartagerlaviande
desinge.Pourlefaire,ilfautconnaîtrelahiérarchieduvillage;distinguerles
moinsâgésetlesptusàgés.
Dans la tradition, il faut savoir distinguer les classes d'âge. Cela
demeure capital dans la vie. C'est en se soomettant aux plus âgés qu'une
personneacquiertdelavaleur. C'estdoncunenormevalorisante. Toutefois, il
existedesvelléitésd'incidencequipeuventsubvenir:celuiquiestappeléàle
faire,s'ilsetrompebénéficiedel'indulgencedespersonnessagesetdonc,ilest
vite excusé.

1.4 Les hommes âgés

Les hommes âgés sont assimilés à la sagesse. Ce sont les maitres des us
et coutumes. C'est pourquoi ils sont dignes de respect. A con1r00o, le proverbe,
privilège des anciens, fait également office de rite d'inrtiabon de la communauté.
Pour l'apprenti de la vie (le jeune), il apparaît souvent comme une
énigme à ruminer, une parole à décrypter, un sens à produire. Appartiendra
vraimentaucercledesvieux (lessages)celuiquiauraréussiàintégrer,danssa
proprelanguepersonnelie,cesmystéfieusesouéclairantesformula!ionsvenuesdes
tempsimrnérrooaux.Procédonsdoncâl'analysedesprovefbessuivants

fr) nu si s11i su Jlilwe bo't 1 (proverbe n• 49)


/0\ii/suivre/éléphaiUmorph-continu/Rosée/Frapper•nég/pron/
• Celui qui suit l'éléptia,\ ne peut être mouillé par la rosée. ,
Celuiquiaungra,dmaitrees!àl'abfidecertainsdangers.

(s) kpcngbmtikcofwtsa
MeuxJ être/comme/poubelle/elle/
• Le vieux est comme une poubelle: il doit tout accepter. •
Lesagedoittoutacœpterettenterderésoudretootlitige

(1) ndc nci'a kptnprù(proverben"36)


laffairelgMer + négNieuxJdeva,t/
•Aucunproblèmenepeutdégènérerenprèsencedusage.1
Lesageépargnedesgermesdedivisioo.

(u) be je tutu be jomi konjf:n ab:,lc


11eor/dentla,-a::her•réd/leur/faire•néglchasse/mêchance\é/
cOuandonn'aplusdedents,onnefaitpasraterlachasse.•
llfautpenserauxautres

M benioke be dimi imwi


/oo/etlvieux/oolma,ger+nég/!étiche/.
•Onnejurepassurleféticheavecunvieux. •
L'ondoitrespecterlesplusàgés.

Le proverbe (s) fonctionne comme si A= B. Noos sommes avec Kouadio


Yao op.cil. {P.110) dans les proverbes de constatation c Les proverbes de
constatation sontalorscettecatégoriedeproverbes qui se fondent sur
l'observation,l'expérienceetlaréalitédesfaits,ousurlavérificatiooauthentique
de ces faits. ,1111 Cette structure simple, rudimentaire des proverbes a été le ga-anl
deleurdiffusion,deleurreproductibilitéàl'infini.Leuravantageestlefaitqu'i1s
peuventêtrecolportésmêmesileursenses1obscurou«perdu 1.

Ils sont accessibles et aisément mémorisables (s), (1), (u) et {v). Ainsi
dor.c, ses proverbes relatifs aux hommes âgés entretiennent un lien avec la
sagesse,lesrèglementsdelitiges, l'hèritage. llsrappellentquecesontlesaînés
qui accèdent à l'héritage, ajaetdoncàlagestiondelacommunau\é. La qualité
pourlefaire,c'esll'expèrience,lasagesse,l'intelliger.ceelnonlaforcephysique
A la tkhe, i!s sont protégés par les divinités comme le prouve le proverbe {v)

1.5 Les amis


Leconceptd'amitiéestsecondaireàceluidefamille(cf.b).Leproverbe
ci-dessous le prouve:

jawüfwt nünü üfle, e nümi mmoja


lamilessuyer/sueurAlfessuyer-+-suffnég/sang.l.
•L'arniessuielasueurmaisn'essuiepaslesang.,
L'existencedel'hypocrisieentraînelaméfianceentreamis

Fortdoncdecela,ilestoonseilléd'avoiroonfianceensespa-entslrieux
qu'ensesamis.L'usagedes proverbes{portantsurl'amitié)danslesinteractions
vefb~sontd'actualitéettrèsproductif.
L'on doit retenir qu'en réalité, même si nous rerconnons beaucoup de
oontrariété(l'amiqu'onaidepeutdevenirunennemi),dedéceptioopèniblel'onne
doitpasperdredevuecertainesréalitès.Eneffet,iln'yaquelesparentsqui
puissentlivrerleursprogénituresauxattaques,auxpratiquesdesortellerie.
propositions qui semblent s'exclure mutuellement

Les lexèmes njamâ (frère) etjaüfwr: (ami) sont en compa-aison. On trouve


que·
nji(frère)>jaûfwt(ami)danslamesureoùoo ne dit jamais
n njlmi laa --+ Mon ancien frère.
/mon/frèrehn:ien/
Mais,onpeutdirenjaiilwE:Laa -,. Monancienami.
fnnl/ami.lancien/

1.6 La solidarité

La famille exprime l'idée de solidclité comme l'indique le proverbe suivant:

taltkpacij[atruwlun0a{proverben•s2)
/murtrendrelqueJcafard/entre/daos/m;)fph.conci/
•C'estlorsquelemurestfissuréquelecafardpeu\ypénétrer.,
Lesgermesdeladivisionentrainentéclatementdelacellulefa-ni!iale.

lci,ils'aJild'unemétaphore:tllt,lemurestassimiléâlafa-nille
pour dire que ceuec constitue un bloc ; qu'elle est soudée comme une
maisoo.Lorsquec'estlecootraire,onassisteàsadécadence,àsondèclin
acœntuéparlesgermesdedivision.L'union,cebkx:estvisibleauseinde
la famille à patir du moment où :
Depuis le noyau familial jusqu'à l'ensemble du groupe en
transitant par le village, il existe un lienfratemelquiobligetousles êtres
humainsàt'union.Cecipan::equ'ilsfonttouspartied'ungroupedon!ilsne
peuventsedésolidariser.Lesproverbessuivantquinesontquedes•
reprèsen!ationssymboliques1entreleshoovnesl'attestent:

{1}afiifwt:np!lstbeukûsikiisilu.iljl:wato i (proverben.53)
/bossus/deuKfsi./on/laille/un/derriére/l'autre/savoir/que/son/lour/être/
arrivernui/
,Deuxbossus,sil'ontailietabossedel'un,l'autresaitquesontour

L'onfaituneprojectionsurlemalheurdesonprochain

{2) besajiimil,1bkw1tti (proverben.54)


/leur/main/atteilldre+suffnég/fourchelcueillir/
Ouandlamainn'atteintpas,lafourchecueille.•
Lalimitedeloutectioseentraînelarecherched'autressolutions

(3) sre cisa wakaj{ pililmjt:n:, (proverben"S5)


/termitière/s'appuyer/art>re/que/ gagnerlf0«:e/morph.concl/.
•latermitièreneprendsafo<cequelo<squ'ils'appulesurl'art>re.,
Onnepeutpwlefdeforœvéritablesansuneaideconjuguée.

(4) wakati jl: plmifuli l}glo :,(proverben"S6)


lartlrelcause/que/liane/montrer+suffa::c/haut/morph.ConcU
•C'estgrateà!'ëltrequelali~apugrimper.,
Gfàceàl'êidedesunsetdesautres,l'onatteindsesobjecbfs.

Un très grand nombre de proverbes recueillis en annexes parlent de la


solidarité, Le proverbe (1) est long. Sur le plan syntaxique, on rema-que une
structure un peu plus complexe qu'à l'accoutumée. Le sens coule de source ; ,
Ouandlacasedetonvoisinprendfeu,aide...Jeàl'éteindre.1Lebossuquiasa
bossetranchéesubildéjàladouleur.Parcontre,cetuiquiestàsescôtésestgagné
par la peur de voir sa bosse tranchée comme celle du premier. Il existe une
solidaritèdanscequipeutarriver
Lasolidaritéseprésenteenprovertle{2)sousformebipolairedugenre:
Pôle(+):abkwlt(quiestdanslapossibilitèdecueiltir)etPôle(-):sa(qui
est dans l'impossibilité de cueillir). C'est d'ailleurs àcausedecetteimpossibili1é
quep61e(-) abesoindepôle(+).C'estcequiestaussimiseenévidenceàtravers
provertle{3)(entresre-etwaka+).En(3),waka,arbrereprésentelep61e(+)et
nyanman,liane,lep61e(-).lalianera'llpantes'appuiesur!'a1xepouratteindrele
hautlasolidaritèestdoncuneopèfationquiconsistèàapporterunappuilàoùil
existe une limite.

1.7 La discrétion

Ce terme, abordé déjà par Kouadio Yao (op. cil. p 210- 216) doit être
appréhendé comme étant la latitude d'une personœ qui sait garder secret. Comme
l'ir.diquentlesproverbesci-dessous:

boli klo(provemen•s7)
/bouc/désirer/
cleboucdèsire.,
Aimerdefaçonexagéfée,nonvoiléeentraînedesconséquences
facileuses.
a ta nù bwa (provertlen"S8)
fîu/aimer/dedais/intervenir/affaireltroover/\oil
1 Tu aimes t'immiscer dais les affaires privées d'autrui. >
trediscretestbènéfique.
SE bbti bo st sri fi fa'a su(provertlen"59)
/si/porc/frapper/décésitiornme/aucun/prendre+suffnég/sur/
1Silepoo:ainonœundécès,personnen'ycroit.,
Lebavardn'estpasprisausérieuxcarilsedèvalorise.

Celui qui parle tropn'estpasoonsidérécarlebavardagecreuxentrainela


pertedelapersonnalitéduconcemé.lln'auraaucuncrèditâl'instarduporcquine
fai1quegrognerd'uneminu1eâl'autresaisraisonvalable.Lapa-oleestdotéede
puissance. 1 Elle est eau, feu, saig et sperme, puissance charnelle, pussece
spirituellequimeuttoutevieetagitsurleschoses. ,(Zahai, 1963:P15-33).C'est
cequijustifielefaitquelesBaoulén'admettentpasleverbiage.Onfaitusagedela
parolequandnécessitéilya.

l.s La pauvreté/ le pauvre

Pourpeuqu'ons'intéresseâcethéme,ons'apefÇOitquelavieestfondée
autourdedeuxpôlesantagonistesquesontlarichesseetlapauvreté.Lepauvre,â
y voir de p<és est ccœaérè comme un enfant. Il est mal vu et plus, dais sa famille
son point de vue ne compte pas. Comme le démontre les proverbes ci-dessous·

l.8.1 Son comportement

jaldwtjasomlrnitwikinû(proverben"60)
lpauvre/quitter+suffnég/enfanœ/intérieur/
•lepauvrenequittejarnaisl'enfarice.>
Le pauvre a le comportement d'un enfant.
Ce même proverbe admet une autre variante:

jaldwE IE'a kpcngbtn


/pauvre/avoir+suffnég/àgel
1Lepauvren'estjamaisàgè.•
uesucuœœ excu cu reoe ees reeœnseoe

Le pauvre en effet est appréhendé comme un enfant. On le chwge de


corvée au délrimenl de rentsot qui a ses parents riches. Pour faute de rooyen
financier,leseffortsfournisparlepauvrenesontpasappréhendèsparsespropres
enfants.Ceux-cipensentplutôtqu'ilnefoumitaucuneffortàleurégêl"d.C'estl'idée
vèhiculéeparleproverbesuivant:

l.8.2 La relation du pauvre en tant que père et ses enfants

jaldwt klo wa (proverben.61)


lpauvre/aimer/enfanll
,Lepauvreairnesonenrantmaiscelui-<:inesaitpasquesonpére
l'admire.,
C.ert.ainseffortsfournisparlepauvrenesonpasaperçu.

De même, sans moyen, il peut se rendre utile juste par sa présence lors
des funérailles, comme le prouve le proverbe suivant ·

jaltfwt ft wodrt jo st (proverben·62)


lpauvre/prendre/fesseJpour/laire/funérailles/morph.Condl
clepaivreprendsesfessespourfairelesfunérailles.1
Lepauvreoontribueauxfraisfunèrairesparsaprésenœrépétéeaulieudes
funèrcilles.

Laprésenœpefldantlesfunt:rcillesesttrèsimportante.
Lepauvre,parsontravcilpeutchangerdestatutsocialensedoonantau
travcil. C'est eœt que lorsqu'il a un grand champ d'igname, il change de
statut au fil du temps. Il s'enrichit au fil du temps. Le proverbe suivant
l'atteste·

be faajalt be se:. nü bewi a di jümi nia jliati


/on/prendre/ta,'patMeté/oofdira/llj/dedanllon/dirll/1u/mangefl1ravail/el!tu/g3JOO

'"""

• Quand on te traite de pauvreté, on veut te dire de travailler p0IX chMger de
sla\ut.1

1.9 Le mal

cenens proverbes exl)fiment !'idée du mal. Nous tâcherons d'abord d'en


relever, ensuite montrer ce que le Baoulé pense du mal.

benjimiab:iltbefabomiba (proverben•GJ)
/on/regarder+suffnéglmal/lon/prendre/frapper+suffnéglenfanU
c On ne frappe pas l'enfant à la mesure du mal qu'il a fait •
Laviolencephysiquen'estpasindispensableàl'éducationdel'enfant.

:ikpcalcwumi{proverben•64)
/qui.ldèclarer/guerre/mourir+suffnég/
cOuidéclarelaguerrenemeurtpas. •
L'auteurdumalsemettoujoursàl'abri
be }omi sa tt be gwa'a baki su (provefbe n• 65)
/on/faire+suff.nég/chose/mauvaiselon/attribuer+suff.nég/enfanUsur/
cOnn'attribuepaslemaldontonestl'auteuràl'enfant.•
On tloit être responsable de tout œ qu'on fait.'

Sans doute, les provefbes qui soulèvent l'idée du mal comme ces trois
illustrèsci-hautsontrêcurrents,procluitspardesin!erlocuteursvariés,dansdes
entretiensdontlesthémessonttrèsdiffêrents
LaprOOuctionetl'interprêtationdeœrtainsd'entreeux,qu'ils'agissede
proverbes partant directement du mal ou de ttlémes approchants (malheurs, mort
etc ... ) peuvent avoir des fonctions plus directement idéologiques et juridiques
(sous forme de loi que la communauté doit admettre). En effet l'on reconnait qu'il
ne s'agit pas seulement de proverbe destiné à séduire l'auditoire el à le capter. On
peut y voir aussi plus fondamentalement un mode d'expression visant à
communiquer plusieurs éléments d'information, plusieurs points de vue à la lois {il
estin1erditde,onnefaitpasça ... ).
l'êl"IOnciationdecilestinterditde•;•onnefaitpasça•suiviedela
descriptiond'unepratiqueoud'unesituationdifférentedecellesd'unailleurs,est
manifestement tributaire de la situation inte<culturelle. On peut donc considérer,
danscertainscas,qu'ils'agi!d'énoncèslégitimantetexplicatifs.
De manière corollaire on remeoue également dans ces mêmes exemples
desênoncêsproverbiaux~tualisantdesnormessocialespropresaupaysbaoulé

, On ne frappe pas l'enfant à la mesure du mal qu'il a fait. •


«Onn'attribuepaslemaldontonestl'au1euràl'enlanl.•
~ui qui n'obéit pas à ces régies s'écarte de la norme préétablie. Ces
énoncés donnent comme on l'a dit précédemment un ceecère juridique à la
situationdecommunicalion.llspartagentavecd'autresénoncèsuneconstructionou
unemiseenreprèsentationderiormessociales.
1.10 La vie et/ou la mort

Les problèmes généraux se trouvent regroupés sous les thèmes sous


deux thèmes opposés la vie eUou la mort. Chez les Baoulé convne chez bon
nombre de peuple, la vie, ngwa est positive. C'est pourquoi elle rime avec la joie,
laréjouissancedéslanaissance.Certai11CScérémoniesdontlasortiedubébé,ba
ngwlojileleprouve.Lavieévojuedepaireaveclaléconditéetladescendance.
Par contre, la mort, avjeljt est cruelle et constitue un malheur pour la
fa"rulledudéfunt.Ellerimeaveclamalédictionetlasoœellerie,carlamortchezle
Baouléestplusculturelle(oninterrogeledéfun\surcequiadûcausersamort,be
swa kpata, /on/cha"ger/corps/, on lui donne à manger ca il vie toujours, on l'inhume
depréférenceenbordurederoutepourqu'ilestlachancedevites'enaller)que
naturelle(ontrouvetoujoursdesraisonspourexpliquerlamortd'autruiqu'onjuge
mystérieuse)
Onpeutfairel'hypothésesekJnlaquellecesthémesrécurrentsdelavie
el/oulamortsontissusd'unereprésentationnourrisd'une
«baouléité1oud'unesituationproprement«baoulé1,circulentetsontproduits
àparfüd'undiscours,d'uninter-discoursetd'unespaceidéologique
La diversité de ces thèmes nous incite à penser que le chéW'llp des thèmes
et des représentationspossiblesestrelativementouvertetvariable,sansêtre,sans
doute illimité. Néanmoins, il faut admettre que toutsefaitautourdedeux notions
aitagonistes,deuxréalitésàsavoirlavied'unepartaveclanaiSSéM'lcequisymbolise
la joie, la gaieté et d'autre part la mort qui symbolise la finitude, le malheur. C'est
pourquoi, chez le Baoulé lorsqu'il y a mort d'Homme, il faut nécessairement voo;er
les lannes. Voyoos ces thèmes à travers ces proverbes :

bawunijasubebotstkii(proverben•66)
296

/e n f a n t/ m o u rir lm é r e lp ie d l s u r lo n l a n n o n c e + s u f f n é g / m o rt/ p lu s J .

c S i l 'e n f a n t e s t m o rt s u r le s g e n o u x d e s a m é r e , i l e s t in u t ile d e lu i a n n o n œ r

le d é c è s . 1

Q u a n d o n a s s is te à la mort d'un proche, on attend plus qu'on nous le


l'annonce.

abaldwt wu e jil)gu ablldwt je sje ji:, (proverbe n• 67)


/matfaiteur/mourirlsonlwri'malfaiteurlqui/en!erreri1ui/morph. ConV.
« Quand le malfaiteur meurt, c'est son ami malfaiteur qui !'enterre. ,
Quand on fait du mal, on a des difficultés, même au bord de la tombe

ojraavjewakanuvjefunptvjejra(proverben"68)
Jfourmi/une/arbrellandis que/une/monte/autre/descendre/
cl'arbreauxfourmis:tandisqueœrtainesmon!El!l\,d'autresdesœndent.,
Lavieestconstruiteaitourdeuxentitèsopposèes:lanaissanœet!amort

ktvjebaliufinümiltkü(proverben"69)
/OJa,d/mortlaniver+acc/rien/être+nég.làlplus/
cAprèslepassaeedelamort,iln'yaplusrienquivaille.,
Hormislamort,riendegravenepeuttroublerl'exis1encehumaine.

st i nji wumi til)ga jasomi a konvi (proverbe n• 70)


/si1'u/paslmourir .•. suffnég/loux/quitter+suffnég/t&'gorge/
«Tantqu'onvit.latouxnepeutquitterlagorge.,
Tantqu'onvit,desdifficultésseprésententànous

La naissance, auljeen baouléestàlafois unerupturethématiqueetun


1enposé.Laentrainelamort,avjelj(,uneconséquencea-nére(situationobligatoire
quel'onpeutgloserpar:(C'estparcequ1onestné[qu'Jondoitfofcémentmoufir
C'estcequiestrenduparleproverbesuivant:
actli actmgbtn asjt dijemgba
/lu/durer •. acdtuldurerlrienflerre/mange</nousltous/.
«l'ondureenvain,laterrenousdévoœratous.,
l'Homme demeure impuissant rece à la mort

l'énoncé présente en lui-même un caractère de généralité que nous


retrouvons dans d'autres exemptes. On a pu constater qu'il n'y a pas, à proprement
parler, une stabilité ou un figement d'une formule: le Baoulé n'admet jamais la mort
:voilàpourquoiilfautl'expliquereninterrogeantledéfuntlui-mêmesurcequiadû
provoquer sa mort.
Danslemotavje!jE,(lafinitude,lamort),ilnes'agitpasicid'unmo\oud'un
thème qui cristallise un, référent social, dans un débat public, qui circule
extensivement et don\ la signification fait objet de débats, de polémique {un
dialogismeausensbakhtinien).Ladéfinitiondonnéeautermede, formule,pa
A.Krieznes'apptiquepasici:
A un moment donné, une séquence verbale, formellement repérable et
relativement stable du point de vue de la description linguisüquequ'on peut en
faire, se met à fonctionner dans le discours comme une séquence polysémique
Portée par les usages qui l'investissent dans lesenieuxdiscursifsCOf'ltradictoires
Ainsi,onpeutdire:

avjelj(njAvjett
llinitudelêtre/linir/mal/
-.Lafinitudel'amalterminé.
li est devenu misérable

C'est-à-direils'estappauvril;ilestdevenuridiculeouitn'aptusde
rèpoodant. C'esldoncuneanalogiecar, àl'imageducadavrequine peut réagir,
celui,<:iestdansl'impossibllitédefaireen\endresavoix.

l.11 La violence sous forme de loi, mmla

Laviolence,dupointdevuedet'Ofganisationinternedelasociétéestrégie
pardesinterditsobservèsdaislaviecourante.Cesinterditsseprésententsous
formesdeviolencesqu'onregrotJpeendeuxphases:

1.11.1Phase 1-Violence physique

1) bebomi sri fc
/onJfrapper+suffnég/homrre/blessure/
On ne blesse pas un homme.

2) sri mmoja gwami


/homme/sanglverser+suffnég/
Onneversepaslesanghumain.

3) bebomibesinibeni
/onlfrapper+suffnég/son/père/
Onnefrappenisonpére,nisamére.

1.11.1.1 La violence physique avec les proverbes

1bofwtnfwtasabu(proverben°71)
ttu/frapper/cOOavre+suffJt~main/casserl
cSitufrappesleparesseux,tutecasseslamain.•
llestinutled'agresserceluiquies!saisdéfeflse.
« On se met au pied de!'arbredooton ve1.1tjouirde l'ombre.,
On se fait aider par quelqu'un qui ales moyens.

befa'abesakûl)gbabeoke'abeotiJmiti. (proverten•73)
/on/prendre+suffnèg/salmain.l\Jne/on/ouvrir+5uff.nég/leurliY1us/
«Onneprendpa5uneseu~mainpourouvrirfa,us.1
On se donne tous les moyens IX)Ur l'obtention d'une chose imJX)rtante.

awiaküdtblaküdtJbE. (provertien•74)
/tu/vouloirttu.toix herllemmeJchercherlta/natte/
cSitudèsirescoucheravecunefenvne,cherched'abordtanatte.1
Oui désire quelque chose met tout en œuvre.

aklüjimiosaasa(provertien·7s)
ltonlventrelremplir•suffnèglclemmdeo'la/mainl
«Situn'espa5rassasié,interrcgetamain.1
Fairesonmea-culpaav;yitd'rœuserlesautres

llfautétreendurante\s'armerdecourageetdedélerminationpouravoir
ce qu'on recherche. Néanmoins,l'onreconnaîtqu' • à l'impossible nul n'est tenu
,.Voilàpourquoiquandlesforcesphysiquesetintellectuellesnousfontdéfaut,on
nepeutinsister.Laraisonenestque,àl'imageduchasseurdebufflequi,enétant
vigilantn'oubliepasparcontrequ'ilnelautpaspoursuivrel'animaldeprès.llarrive
parfois, en effet qu'on n'a pas les moyens de ce qu'on veut réellement.
C.Onclusionpa1ieHe
La thématique des proverbes baoulé qui nous a conduit dans certains
domaines à savoir (agriculture, droit, économie, poliliqlle, religion; ..... ) nous a
permisdefaçonimplicitedevoirlesfonctionssocioculturellesvéhiculèesparles
proverbes.Ainsi,onpeutretenir·
/w plan Mucatif: le provefbe éduque et donne une meilleure
orientation à la jeunesse.
/w plan moral: leproverbeestunerègledeconduitesociale. En
cela, il montre comment se comporter vis-à-vis d'autrui, au village ;
enfamille(vis-à-visdesonpère,desaméredesesfrèrese\sœurs
etc ... )
/wplanreligleu1,leproverbeinc..-nantdescodesdebonne
conduiteestaussiuneloireligieuse.
/wplanjuridique,leproverbeestunerègledeconduite
Pourtoutescesraisons,nouspensonsqueleproverbeestincontournable
dans la société baoulé. Voilà pourquoi il intervient avec effica:itè
danstooslesdomainesdelaviedupeuple;mêmequandils'agitdu
corps humain
11.PROVERBE ET SÊMANTIQUE DU CORPS
HUMAIN

L'analysedelaprécédentepartie,rondéesurdeuxtermesopératoires:
oj:>ltdi'i,cleverbiagecreuxcet/j::oltdifwtlcledé1enteurdelaparole,nous
apermisd'avoirunenotionde!aparole.Cettepartieserviradesoclepourrendre
compted'autrestraitsessenlielsdecettenotiondelaparolebaoulé.
Lesproverbesanaysèstoutauloogdecetravailnepeuventêtretotalement
et essentiellemefll compris sans au prèaable chercher à comprendre • le monde
ba:>ulé ,, former I une boule de neige, avec les Baoulé eux-mêmes. Nos ooa)'ses
s'appuierontsurlesorgaiesduCOfp.$humain.
En fait, !es intéressés eux-mêmes, m:intes fois, utilisent des organes du
corps humain dans de nombreux proverbes pour exprimer leurs idées. Ils
établissement en outredesliensentrelesquali1ésou défau!sdecesorganese1
t'idéerecherchée.L'objectifqu'onsefixec'estd'analysercertainsdecesproverbes
pourcernerlesrapportsentrecesorganesetlaparoleproverbiale

11.1 Les proverbes et le cœur

Pour l'esprit baoulé, awltnba, cœv, est le lieu de l'élaboration du courage, comme
leprouventcesél'!Oncéssuivants
awltn1J91befakii1k,bef1mlja'abla{provefben•76)
/cœur/queloo/prendre/brerlguerrelon/preodre+suffnèg.lmarierlfemme/
«Lecœurqu'onutilisepourlaguerre,onnel'uliliseparpourlemariage. •
Audoitétredouxaumariage

awltntrakjcjoja:>,sabowiikjomlja(prOV€fben•77)
/cœtJrlattraper/qui/êtrelôifficilelrro<ph.concl./affaireJbas/voir/êtresuff
négldifficilel.
«Prendrecouragees1péflible;màsenlefaisantonvoitlesrésultats.,
Avecladétenrination,onréaisedegrandeschoses.

Selon les Baoulé, quand oo estfàché, lecœur prend un volumetrés


considérable; ce qui lait circuler rapidement le sang. C'est ce volume que le cœur
prendquipermetdesupporteroud'affronterbravementledanger,lasouffrance.
Oncomba1doncaveccourageetbravourelesvicissitudesdelavieavec
lecœur.Lecœurjoueunrôleimportantdansl'expressiondelapersonnalité.AillSi
lesBaoulédisentgénéralementd'unepersonne

bjll)gaiawltnbantikekle
Jhomme/ci/sonlcœur/Anap/éttelfortl
C'est-à-dire·
cœthommeestbrave,,
c cet homme est courageux,.
Cetteexpressionproverbiale,trèsusitée,recouvredeuxa:::ceptions:
En premier lieu, pasonemploi,lesujetpaiantinformersonauditeurque
l'homme en question a une rl'lefllalité très forte. En second lieu, il lui fait
comprendrequeœlui-ciestsansretenueetque,parconséquent,ilnefaut
pas le provoquer. Pourmanifesterlesdifférentstypesdepersonnalités,le
peuple baoulé utilisoot des locutions comprenant \e terme de « cœur ,
Ainsi, pa-exempleondis~ngue·

nzutjtmiawltnbabenklüul
/Poorql.lOi/esl/ce
que/mon/cœur/cuirlmon/ventre/comme/morph.cood/.
Pourquoisuis-jesifkhé?
«Celuiquinelafdepasàcefkhef,lenerveux,aune
températureimpulsif.lls'agitdoncdel'u!itisationducœurdansle
seospéjoratif.

• Proverbe et utilisation du cœur dans un sens péjoratif

1wltnbattjo'alikeje(proverben·78)
/cœmlgroslfaire-+flèglchose/arraigerl
Groscœurn'arrangejarriaisrien
Avoiruneattitudederevancha-dnecontribueàrien.
awltnbattlcœurl!aicll.
c Le mauvais cœur 1 , le méchait, le sactiqoo 1, s'app.vente à

awltnbable /cœur/noir/ouàa<Nlaibadâlcœurlgros/
c Un cœur noir I c'est-à-dire c un méchant. ,
Puisquelecœurctouche•l'individudanssapersonnati1é,ilestaussiau
œntredecertainesconsidèrationsoucroyances.Eneffet,sesréactionscoostituent
unesourœ~ lairededivinitéqueleBaoulèscruteettraduitdaisuncertainsens
En fait, ses palpitations régulières sont appréhendées comme signe de l'immar,erœ
cuo ëvèoereotœ mecves açure.
Ce qui semble présager une nouvelle triste, même amer. Le cœur vu sous
cetangles'assimileàlanègativitépuisqoosourcedemataise,dematédiction.Par
ailleurs,lecœurappréciédefaçon péjoratiflaissedestracesindétébilesdans
certainesfa-nilles.Lascx:iétébaoulérecommande,encequiconcemelemariage
d'éviter les familles qui sont nerveuses. Certains pensent qu'il s'agit d'un acte
héréditaire comme le prouve l'exemple suivant

bejamiawltnblttosunûbla(provefben"79)
tonlmaier-.nég/cœurllaidltignée/dans/femmeJ
1 On ne demande pas en mariage une femme issoo de la lignée de ceux
quipossédeungroscœur.1
On cherche plutôt cetle qui est issue d'une famille avec un bon cœur.

• Proverbe et utilisation du cœur dans un sens mélioratif

awknbatikljEbefajab}i::,
/cœurllenDque/on/prendre/marier/ga-oon/lTIOl'ph.concl/
1 C'est avec un cœur tenace qu'on parvient à ëcouser son homme. 1

Lapatienceestincontournabledanslaviedecouple.
LecœurapJ'lfècièdefaçonmèlioratifèvoluedepaireaveclesexpressions
suiva,tes:
awltnbafb::, /cœurl1empèfé/
Le cœur modéré.
1Celuiquiaunca-cr::tèrecalme,lendre,

Ce type de cœur est assigné aux persoones qui possèdent un esprit


modéré, un tempèramment calme. Il possède beaucoup de qualité. Du point de vue
familial, on lie ce genre de cœur aux œsoores de bonne réputation, apte à diriger
Lesenseignementsdonnéspa-les proverbes baooléquiparientducœur
portent sur prudence pour éviter les piéges dûs à l'énervement. Ils invitent
l'cK!olescent à être discipliné, rangé IX)Ur imiter valablement les a::fultes car demain,
c'estluiquiprendraletrône
C'estdoncuneleçondesavoir-vivresuggérèeparlecœurquiestchargé
dedistribuélesansdanstooteslespartiesducorps.Ainsidonc,l'artdedirigerse
fait avec abnégation, socrifiœ volontaire de soi comme le dit le proverbe suiva,1

be/me fa'a awlmba tt be/me sjemi kil


/on/prendre+f1ég/cœur/mauvaislon/diriger+nèg/vill811ef
,Onnedirigepasunvillageavecunmauvaiscœur.,
Oiriger un peuple c'est mettre de côté tout engagement irréfléchi.
Lecœur,entrelientdesraplX)ftsavecleventre

11.2 Le ventre

Les Baoulé désqrent pli" ce thème l'abdomen et ses organes annexes. Sur
leplandumécanismedelaparole,desidées,leventrejoueunrôleessenliel:c'es\
le sëge des secrets. Dans l'enteooement des Baoulé, les replis des intestins,
l'obscuritéobservéeàl'intérieurduventrefontdecelui-ciunevèritableca::hettepour
lessecrets.DèslOfS,ondira·

bekw1Qtlktbosa[1rifi1i'anU)(proverben°82)
/leurlventre/être.lcoornelforélle/hornme/néoottonnaitre-.oèg/dansJ
, Le ventre est comme la forêt: personne ne peut connaitre exa::tement ce
qu'ilrenferme.,
Personnenepeutsavcircequepenseaitrui

be/me kw1ii jiml, be/me sjemi nvwtn (proverbe n• 83)


/on/ventrelremplir+nèg/on/gafder/reste/
cOJandonn'estpasrassasié,onnepeutenvisagergélderlereste.•
On ne peut envisager le futur qu'en se basant sur le présent.

le premier exemple compare le ventre humain à une forêt cdense,


(personne ne peut dénombrer exactement les espèces anirnaes ou végétales qu'elle
ca:he). C'est pourquoi, en la traversant, on peut ne rien voir dans la mesure où tous
les animaux sont lef'rés de peur de voir l'Homme.
Un1elénoncévéhiculedesinlormations:enfait,quandlelocuteurparlede
si'a, (connaitre+suff. nég/,celaimpliquel'obscurilé, l'absence de lumiéra. C'est
doncl'étatdecequiestdifficilementmaîtrisable.Qu'est-œquelejeunequiaencore
laforce,lecouragepense+il?Veut-ildésobéiràlatradition?Personnenesaurait
rêpondrecorrectementàcettequeslionsiœn'estqueluiseul. Ainsi, le ventre est
assimiléàunrrondedifficileàmaîtrseroùcseshabitants>(lessecrets)neselivrenl
pes eu pœmer venu
Deœtteraçon,lesproverbesbaoulénevisentpasàl'acquisilionpureet
simpledeconnaissancesdésincarnéesparraplX)ftaurrondeetàl'environnement
immédiat (comme c'est souvent le cas pour l'enseignement formel hérité de la
colonisation), mais plu!O! à la sagesse, pen;ue comme un savoir-faire ethnique
spontané qui donne à pense la cognition10 comme activité concrète de tout
l'organisme (cf. Varela, 1996). Le deuxième proverbe parte de l'immédiat et du futur
Doit.on privilégier le futur au détriment du présent? Le proverbe répond
négativement car c'est bien en fonction dece qu'on aen main qu'on cherche ce
qu'onn'apasencore.
Ou'enest-ildelasaliveobservéedanscertains proverbes?

11.3 La salive.

La salive est à la fois perçue comme:

• Une souillure ou une salissure:

betlbenwinvjet11ase,betafimi(provertien·84)
lon/cracher/leur/bouche-+eau/on/lécher+suff.nég/
Quand on crache par \erre, on ne se met plus à lécher cette salive
Ouandooprendunedècision,onnerevientenarriéra,
Pourlebaoulé,lasaliveconsmueuneimpuretélorsqu'ellesortdelabouche

110.

--
En~ c'eo1talaallllœtam allr9-- - .. .pa-le<J.iolonacq.;,,i..-.- - I'
30 8

;elledoitdoncétreévitèe. C'estpourquoiceluiquilaissecoulersasalivependant
qu'il donestconsidèrécomrneimpropre,sale

• Un élément de bénédiction ou de purification

En tsot qu'élément de bénédiction, d'ingrédient médical, la salive est


constanmenl utilisée dans les libations et les serments. Dais le cas bien précis de
labénédiclion,ungrand-péreparexemplequienvoiesonpefü-filsàlajarre,legrand-
péteaprèsavoirbudel'eauenmetunepelitequanti!édanslabooche,l'imprégne
desaliveetarroselevisagedesonpelit-filsenprononçaitdesparolestellesque:

jekpao
/Etrelbon/morph.ConcU
KeUSSIS.

nivjekii:indt
lmorpll.nég/mortltuerltoi/vite/.
cOuetamortn'aitpasviteraisondetci •
Cesparolesquinesootquedessoullaitslortifiefltl'enfantetilestbéni
par les divinités comme le prouve le proverbe suivant:

IJQ.l imi jifwt: 1 nwi nzwe ;t: mi are ta a (proverbe n• 85)


/cha1atan/agenl/sa/lx>uche/eau/que/donnerlmédicamenl/puissance/morph

·""""
c Lechéliataiutilisesasalivepourdoonerlapuissanceau médicament. 1

Lasaliveestsoorcedepurification
Ouedit-ondelatéte?
, ""''-'''"''"" "• ,,,,.,..,,.,
, _ •. ., •. _ ··- - - - - •... - ··- 1..- 1-
'-" ..
,, ,, .. ,, ..
.1- 1 - -1..- U - - :-

Latêteœcupeuneptcr::eimportantedupointdevuedelahiérarchisation
delasociêtèqu'ilconvientderespecter.Elledèsignelesonvnet,ledroitd'ainesse
etreprésentelesymboledelachefferiequiestdemisedanscettesociêlèoumieux
encorelecentreinévitabledepassagenècessairedusage.Cetteimportancedela
lèteestrriseenexerguedansleproverbesuivant·

atre n_il bmi nù nil)glùmi di'a aja (proverbe n• 86)


/lête/être-+suffnég/lomber-+suffnég/genou/manger+suffnégh'léritage/
•Silatêtenetombepaslegenounepeutpashériter.,
Sileroivitonnepeutparlerdesuccession

Ouencoreparunproverbesynonyme:

betiottbeja kp:>ltswam.ikle
11eurltête/être/là/leur/genou/porternég/chapeau/
cOuandlalèteestlà,legenouneportepaslechapeau.,
Sileroivi1onnepeutpa1erdesucœssion

Autrement dit. en toute chose, il faut respecter la hiérarchie que la


communaulè nous impose. Par cet énoncé proverbial, le kx:uteur informe son
auditeur(imprudent)quelatêtevientavanttootautreorganedontlegeoou
Ellenedoitdoncpasêtrelaissèepourcompteàcausedesagraldeur.C'est
elle, comme le cventre, qui est le «réservoir des secrets", qui est le siège de la
rèflexion,delapensèeetdesprisesdedècisionquigouvemefllloutelacorrmunautè.
On leditsouventavecœtteexpression:
aünOmiasu
na/têtelêtre•suffnég/\oi/surl.
Littèraement trOOuit pa : • ta tête est absente,, c'est.èœe tu es insensé,
tudeviensfoo

End'autresterrres,quandonnerespectepaslesastucesetcoutume,ones!
en marge de la société, on devient comme celui qui est déœfvelè, qui a pefdu la tête
;quidevientfoo.
Du point de vue de la hiérarchie couturriére, seuls les Hommes intelligents,
ceux qui ont la "tête peœeue" sont acceptés, Ga c'est la tête qui est le siège de
l'entendement. C'est d'ailleurs àœ niveau que les idées mûrissent. Effectivement. une
fois cette opération est axomplie, ces idées deviennent des lois ou du moins une ligne
de conduite à suivre, pace que la tête, tout corrme le cœur est Félêment pensant du

11.5 La bouche

Sinousconsidéronslesproverbessuivants:

(n1) ngwldtwobenwi(proverben•88)
/intelligenceJêtreAeur/bouchei
cl'intelligencesetrouvedanslabouche.,
Parlapa:-ole,ondistingueceuxquisontinte!ligents.

(n2) benwiwauJtbebofelimia(proverben•sg)
lleurlbouche/s'assembler/que/onllrapper/siffleVmoq>h.cond,I
•C'estlorsquelesdeuxlèvresserencontrentqu'onarriveàsiffle.,
C'estl'unionquirendplusfort.
a. Labonriebouche.

Cequisignifielesbonnesparolesprofessées.Elle(cettebouche)entredais
lecadredelabènèdiclion

Négative -be nwi tt lu H WJ b


11eur/boochen'aklelprendrenui/allernà-bas/.
D. œe emecves sot s'eceœœ rcus.

Ainsi donc, si un pa-en~ âlasuited'un différend avec son fils, décile de l"001)re
uni!atètaementloutrapJX)'tcl'lecœdemier,s'~décidedeseréconcilieravecU,~doil
sesoumettreauriluel~ encasdeviolationd'unsemientllcroc.heraunpeudesa
sa!iveenprocoiçantœspa'des:

be nwi tt ti onzwe ble (proverbe n• 90)


/leur/boocheJmauvaiselêtreJaffaire/noirl
1Unemauvaiseparoleestsourcedematèdiction. t

Unemauvaiseparoleestsourcedemalèdiction

Ce owete s'appaente 3:

benwitttiduw1t
11eur/boochelmauvaiselêtrelpoison/
«La"mauvaisebouche"estunpoison. t

Unemauvaiseparoleestsourcedemalédiction.

CelaimplN:iuelX)(lrlekx:uteurBal'lulèunechœe:laviesœialequis'appuie
surdesréglesêtabliesn'ailmetpasœrt.ainespardes;œspa'desenquestialsontdes
signesquit.worisentl'établissementdermall\'ase5relaoosscdaes•,detensicnentre
irerrb'esdedifférentesfa-nilles.
Cesqllelquesexemplesquiétalfosentunerelationentrelaboochenwl,en
balulé et la parole, j31t ne font que rendre explK;ite l'importa-iœ de la conception de
laparole.Eneffet,l'Horrrnesignalesonin1égritéphysiqueàautruiparcequisortde
sa bouche, c'est-à-dire par la bonne utilisation de la parole guidée par des lois. (Chez
leBéKlUlé,ilyacequ'onpeutdlreetœqu'onnedoitpasdire(chosesnuisibles)).La
parole nuisible, loindefavoriserl'essordugroupehumain l'enlraîneàt'abîme, àla
ruineenunrrot,àlaguerre
Aveccetteanayse,onvoitsedessinerenminiatureunrrodéleconceptuel
del'universdudiscoursenusagepeOOaitlamiseenordredesoc:bvitéslMgagière
en milieu béKlUlé. Ce modèle incomplet pourrait être perfectiooné par une étude plus
détaillée .

••• ., ' -- -'--·- -· ,_ ·---··-


._,w., u 0w11,..:, Ow • ,a 1a 11~ •• .,

LesdentsetlalanguesymoolisentlesrapjX)(tssociauxoolavieensociété
Onnepeutpa:"ledesdentssansparlerdelalMgue.C'estâpeupréssemblableàla
vie de couple entre l'homme et la fenme.
L'appailion des premières dents chez l'efllait est synonyme de
reclassement du point de vue nutritionnel. Ca", en effet ce sont les dents qui penne\tefl\
decouper,dedéchireretdebroyerlanourriture.Aussi,enest_.ldelapousséeetde
la chute des dents qui ont toujours revétu une certaine importaiœ inscrite dans les
ritessigni1icatifs.ChezlesBéKlUlé,lapousséedesdentschezunbébéestsignede
réjouissancecaronyvoitundébutdesocialisation.Onpourraitparexemplelesevrer
convneleprooveleproverbesuiva,t:

jefiltnptfaiifltnkpdtba->(proverben•92)
ldenVpousser/qui/preOOre/sein.lcouper/venir/morph.concl/.
c C'est la poussée des dents qui entraine le sevrage.•
Toutchangementroorphologiqueentraînedenouvellesdisposrtions

~a signifie qu'on ne peut pas sevrer l'entait qui n'a pas encore ses
premièresdents.Unrite,parcontreestexécutédurootlachutedespremiéresdents:
un ainé intime à l'enfoot de se mettre reœ à la case et de jeter pe-œsse le toit sa
dent. Le geste ainsi effectué signifie que l'enfant a fait une demande auprès de ses
aïeulsafinqu'ilsluifoumissentdesdentsaussisolidesquecellesdesa:lultes
Latoituresymbotiselehautparoppositionausdquisymboliselebas,c'est-
à-dire!achutedes dents. Précisons toutefois que la chute des dents delait(cllez
l'enfoot)s'opposeàlachutedesdentsduvieilla-d.Lesouhaitdechacunestdepouvoir
vieilliret,rourir,sinonavectoutessesdents,dumoinsavecsesincisivese\ses
caninesoopla::e.Lachutedesdentsestsourœd'humiliatioocarellecontraint la
cvictime, à rire sous cape dans une assemblée. Elle fait appel à bons nombres
d'injures ronme

enijedralou
/il/et/dent/enlevée/comme/
Avecsabouchesansdent
C'est donc avec regret, amertume que l'on réalise qu'il n'est pus apte à
consorrmer certaines nourritures telle que la via-ode comme le prouve le pwete ci-
dessous·

anjikt1lt'ajen'tlajokonjEn1balf:
/tu/regarder/que/tu/avoir-+suffnégl<lent/tUITaire/chasse/mécllar.celèl
«Peux-tut'en1eniraulaitquetun·aspasdedentspourfaireraterla
chasse?,
On ne peut gêner le bon fonctionnement de ta société si on est ircapable
d'assumersabonnemarche
Cela implique que si ron n'a pas de dents pour consommer la vi.rode, certains
(ceuxquiontleursdents)peuventlefaire.Ainsidonc,s'iestdémontréqu'fexisteune
étroiteharm::inieentreproverbesetcertainspartiesducorJX>,inefautpasperdrede
vuecelienétroitentreproverbesetlasociéléquilesproduit
LavisionquelesBaoulédéveioppentaveclesproverbesnepeutsedépartir
delasociété;d'oùlanéœssitédesavoirlelienentresesproverbesetlasociétéqui
lesincarne.
l"U A l"''.UTDC: Ill
VI 11"\r 1 1 n.L. Ill
Le but de cette partie est de montre< que les proverbes chez les Baoulé
peuvent se<Vir comme média d'une culture qui ne peut se défaire de la société qui les
produit Depuis belle lurette, les travaux coœecrès aux proverbes de l'Afnqueont
rarementdépassélestadedelacollecte,delatranscriptionetdelatraduclion-
inte!'prètalion,danslecadredespréoccupationsd'ordreethnographiqueoulillér.ire
dontafait!'oojetlatradilionoraE!africaine
n nous incombe de présenter une caroctèrislX!ue originale du proverbe
baoulé, son interactivité sans oublier de discuter du fonctionnement des proverbes,
dont l'usage se fonde sur la culture commune des inlerlocuteurs. En effet, les
proverbes institutionnalisent des rep<ésentations du monde baoulé pus ou moins
complexes.Cesmodélesenqueslionlibéralisentdesconstn.ciionsfaisaitintervenir
diversélèmentsdelanature,del'histoire,delaviequotidienne.

PROVERBES. MILIEU ET RÉALITÉS SOCIO-


HISTORIQUES

L'obtectifquenous noos assignonsestderrontrerqu'ilexisteunrapport


entrelesprovert>esetl'histoiredupeuple.Celasevoitdaisleproverbe:

atorwt wl I lalofwt wo kiimwtn si {proverbe n• 93)


lmenteur/affirmerlsonllèmoinlétrelcomoè/derrièrel
• Lementeuraffirmequesontémoinsetrouvedel'autrecôtédufleuve
oomoè.,
L'èquivalentdeceproverbe,enfrançais,est:
"Abeaumentirquivientdeloin"

Ce proverbe nous rërnène è la période de la traversée du fleuve Comoè


comme le souligne (Alfred Koua::ou, 1973 : P 48-49). • Des lroma;iers et d'autres
arbresquiètaierltenlxln:luredel'eausecouchèrent;deshippopotamessortisde
l'eaus'alignèrent,quiseNanldelX)lll,quiderooeaix,etlesfugitifstraversérentle
Camé.,
Latraverséedupeuplebaoulé,d'aprèslessourœsoraesetécritess'estfaite
de mMière mystérieuse. Le menteur, en utilisai\ ce proverbe sait qu'aucun Baoulé ne
peutvouloirallerdel'autrecôtéde\ari\'eca-œlaluirappelleradessouvenirsarrers
dontclascènedel'enfantquiaétéjetêdansleneuvepourquelepeupletraverse.•
Parallélement,ils'crJiticid'unpa,del'histoiredeloutunpeuple,enseignée
danslesècoles,maisdtffuséedemanièreinformetleparceproverbe,enunracwJrci
saisissant et enrobé d'humour.
Au second niveau le même proverbe est employé dans un contexte où le
locuteur affirme que c le menteur• décline sa responsabilité dans une situation
donnéeca-ils'crJilenrèalitéd'untémoinficüf.Leproverbeestdoncemployépour
notilie<à uniodividusapa1dereslX)llsabilitèdansles problèmes auxquels âse trouve
confronté.Ennousappuyantsurœproverbe,nouspouvonsaffirmerdoncqu'il
actualisel'hisloire.

1.1 Proverbe et milieu ambiant

Ilre œs eçcos dais son milieuambiantestsourœdeproverbesca-,en


réalité tout ce qui nous environne exprime, en 'lérité une possibilité de remaqœ par
rapport à notre expèriencequ'oo adu vécu. lmprégnédelaréalitéambiante, le
proverbeconstitueuntérroignageirremplaçablesurlesinstitulions,lesystèmedes
valeurs, la vision du monde propre à la société booulé.
Onaainsirrisenévidencedanslesproverbeslaprojectiondessys\èmesde
valeurs,delaculturematérielle
Desprovefbesmettantenexerguelafauneetlafloreenpaysboouléontété
repertoriés.Onpeutaussietc'estfooprécieux,éludieràtraversœsproverbesles
institulions,lesanimaux,lesvégétauxdispa'USQJenvoiededispailion.Leproverbe
dansœcas précis,enraisondesonca-actéreconseNateurrestel'undestémoins
prévilégiés de la littérature orâe. Archive de l'histoire, le proverbe ~ ait pour nous
levéhiculedecettehis\oireetdecepasestlechenalprivilègiéparlequelsetransmet
la connaissarœ œ leur passé. La faune tout conme la flore est matérialisée à travers
desprovefbesdemëKJièrecorrétative.
On cite entre autres

• des animaux comme le chien, cwa ou alwa


alwajalubu[esleawloati](proverben"94)
/chien/patte/prog/fr.cturerlil/connailre/sa.lcoor/chemin/.
1 Quand le chien se fracture la patte, il connait le chemin qui mène
chezlui.,
Quand on rencontre des difficultés, on voit l'importance de sa famille.

Lechien,animaldorrestiquenereconnaitlacoursdesonmaitrequelofsqu'il
est 'liolenté. Cest en ce moment qu'il court et entre chez lui. Par ailleurs, lofsqu'on
meun oans I aoanoon, on emptOte ce meme terme

ewuliktalwasa
nvrroorir+suff.acclcomme/chien/lui/.
Il est mort comme un chien

kànil}QawikünjacwanJltl!tisu:,(proverben"95)
lplaie/quilvouloir/luer/monsieurlchien/qui/s'installerltêtelsur/morph.concl/
Laptaiequiveuttuermonsieurlechiens'inslallesursatête.
Lorsquequ'unemalcEieveutavilir,eOesurgitaurnomentoùonesten
difficulté.
Ainsi,ilnepourrapaslalécheretdoncellevas'w:iroodir.Lechien,dil-ooen
léchantsaptaielacouvreclesalivequiestunaritibiotique.

• Le varan, benze et le margouillat, otelûl sont mis en comparaison·


asjabenzenjlotekû(proverben"96)
flu/connaitresuff.néglvaran/regarder/ma-gouillaY
,Situneconnaispaslevarari,regardelemargouillat.,
Situneconnaispaslepére,regardlefils.

lcilesdeuxreptilessontmisencomparaison. Lepremefdevientdepjusen
plusrareetestenvoiededisparitioncarsachairesttrèsdélCieuse. Pa-contre, le
deuxième est beaucoup fa-nilier Cél le Booulè ne le consonme pas. De manière
sirrilaire on dit cela quand le fils ressemble étroitement au père. Le fils ressemi:.e au
pére;aO!Ssituneconnaîspaslepèreregardelefils
Certainsvégétauxfontappelàl'idéed'ingratitude.C'estœquiest
symbolisèàtraversleproverbeci-<lessous:

d:,lukwasi kp:,lnpa'n (prooJerben°97)


/arachide/haïr/sesffeuillesldéf./
cl'arachideadelahainepoursesfeuilles.,
Certainespersonnesonloojoursétéingrates.

Chez le B:ni\é, l'arachide et le pistachier abondamment leurs feuilles dès


qu'ils portent des fruits prés à la consorrmation. Les feu~les jooent un role importait
déslagerrrinationdujeuneplarit.Eneffet,ellesprolègentcontrelesventsviolents,
lespluies.Ainsi,lesBaoulégénéralementdisentd'unepersooneingrate:

atilud:,lukwasiu
/tu/être/comrre/pis!achierlcomme/.
,Tuescommel'arachide.,
C'esl-à-dire:
1. ,Ellen'estpasreconn.issante,; oumieuxenc:ore;
2. •Pourpar\erdequelqu'unquin'aimepassesparentsgéniteurs1
Cetleexpres.sioo,trésusilée,recouvredeuxa::œpoorlS:enlffllierieu,pa-son
empb, le sujet pa1alt l1bme son adteurque l'l'o rrme en question a oo ~
inhumain, qu'iestsa,s scruptM!etque, pa-C0038:luent I ne fait pasltifaireoonfiarœ
Ceirove,beestsynonymede·

n ti kwe, ml npa be katarni mi odwi be su (proverbe n•98)


i1eJsuis/rônierlnosJfeuille/elles/couvrir•nég/meslracines/elles/sur/
« Je suis le rônier, mon ombre ne couvre pas mes racines. 1
Oa'd ones1riche,ons'occupeplulôtdespersonnesquinesontpasdesa
proprefarille.

l'ontredu rônierccovre plulôl les racines desaJtres paùeS. l'cwrt>re du rOnier


symooiserëài,leadloleteslp:YÇUcorrmeunsigneprérronil(Jrededèsl<tiisation
D'aileurs, da1s ce cas précis, on sig~ que le Ba:lulé considè'e le rônier
corrmeunenounillrededisettenrtrorrnelefTlëllio::.Entaitquetel,ilnepeut
k)lae(rentCOlM'r lafaimd'unêtrehumain.Celasecoostateâpri"dumorrentOOc'est
quaid on fait les ootles el qu'on met rign.me en lene que ce fi'uit rriiri, prêt â la

"""""""'·
L'ignëm8,nourri1uredebasedu8aouléestdistinguèeclanslesprovert,es
convneleprouveleproverbesuivant:

be wù dwo ba, be kùdt mtn I npa kil (proverbe n• 99)


/onlvoirfigmvne/on/cherche/sa'feuille/anaphlplus/
• Quand on voit le tubercule d'igname, inutile de chercher ses
feuilles.1
Quandonal'essentiel,l'assessoirn'estplusutile

Cela veut dire que c'est le tuberrue d'ignare qlJ est conscmrnèe et noo ses
feuiles : et on:, si la /xhe, kete:i ou le lapin sawage, gbirnb consomne les feuiles
saistoucheraitubero.ie,lepays.r1n'apasàse~ndre.
des animaux inexistants de nos jours en pays teoué sont matérialisés à
traverslesproverbes

sqi njt:n i alowa je rntn kwe rnrna J (proverbe n• 100)


/èléphanl/voir/son/œsophage/avooVavalerlrônier/grain/mofph.concl/
«l'è~phantsebasesursonœsophagepouravalerlefruitdu
rônier.,
On mesure toujours ses capacités avant d'agir

ukaukal1jltkijideJ{proverben"101)
/aide/aicle/qui/luer/biche/morph.concl/
cC'estdansl'entraidequ'onariveàtuerlabicllerouge.
l'unionfaitlaforce.,

klc nji wumi be simi kt ti ttndtn (proverbe n• 102)


/crapaud/étre/rnourir+r.ég.lon/savoir/que/étre/loog/
«Tantquelecrapaudn'estpasrnort,onnedècouvrepasqu'ilest
.,,,,.
Lesgensattendentvotrernortpourvouscouvrird'èloges.

1.2 Proverbes, activités et vie quotidienne

Les proverbes du corpus (voir Voh•.me !) prouvent nettement que le Beni~


est tourné vers le secteur prmaire. En effet le pays baou~ foncièrement locaisé en
zonedesavanepratiquel'agriculture,etcetaestmarüfestedanslesproverbesqui
suivent:
rSitun'aspasencoreunchampenbordurede1'eau,tunesauraspas
quelecrabemangelemaïs.1
llfautvivreuneexpériencepourmieuxapprécier\aréali\é

Ce proverbe loin de nous apprendre l'acte du crabe nous apprend que


le sol arrosé e1 humide est prisé pour la semence du riz. Le riz tout comme le
mais n'est qu'au second plan. C'est l'igname qui est considérée car étant la
nourriture de base du peuple. Cettethésetrouvesamotivation dans un certain
nombredepratiquesdontlaféted'ignamepratiquéedanscertainesrégionsde
l'est du pays baoulé.
• Certaes arbres peuvent être taillés, même au sommet. Par contre le palmier
faitexceptionàcetterégleàcauseduvinqu'ilproduit.

waka kwlaa me kpt ti mme me kpu ti (proverbe n• 106)


/artire/tous/on/couperltêtelpalmier/on/couper+suffllégltêtel.
rÛflpeutcouperlatêtedetoutarbre,excepterœlledupalmier.,

En pays baoulé, le vin de palme est le meilleur pour ses attributs


nutritionnels. li peut remplacer le lait maternel quand le nouveau-né perd sa
mère.
Certains amphibiens semblent incontournables à cause de leur biotope : ils
viventda11Sl'eau,ilsypondentydéféquent:e1C ... c'estlecasdela
grenouille.En effet, même si elle n'entre pas dans les habitudes alimentaires
duBoou~.iln'enderneurepasmoinsqu'ellevrtdanslemarigot,sourced'eau
que ce peuple consomme. C'est ce qui est mis en évidence avec le proverbe
suivant:
a kp:, kit a n:wi nvje/nzwe (proverbe n• 107)
ltu/haïr/grenouille/!u/boiresuffnég/eau/
1Situhaieslagrenouille,ilteseraimpossibledecoosommerl'eaudu
marigot,
Onnepeutseservirdequelquechosequiappartientàsonennemi.
Danscetteeaucependant,onymènelapêche.Onycaptureplusieurs
sortes de poissons dont(akpo (carpe), kokofjefje{Macnoiron,jweble (si/ure)
etc .. ,,)) avec un filet comme le démontre le prnverbe suivant.

uanunjifami,nlji(proverben°108)
/si/lonlfiletlavoir+néglprendre+néglne/enleverl
cSitonfiletn'apaspris,nel'enlèvepasdel'eoo.,
Hfautperœvérerpouratteindresonobjecbf.

L'activité musicaleyestprabquéeaveclestambours(kltn)instrument
principâ mais aussi des instruments modernes tets que l'accordéon, la guitare
eic ... Certains instruments parmi lesquels le xylopllone a èté emprunté aux
voisinsdunord(tagbana,sènoufo).C'estl'exempleduproverbeci-dessous:

jomlo je ft, sil)gt nl kwb fat.ami (proverbe n• 109)


fxylophonefétrelintèressantlmais/luilvillagelcoovenir+nègl
clexylophoneestagréable,maisilneoonvientpasauvillage.
Lachasseyestpratiquée

srikiijt:kiis'll)lbedl:,
lh omme/unlquiltuer/l'éléphantlellils/manger/rnorph.concl/;
• C'est un homme qui tue l'éléphant et tout le monde en mange.
Toutlemondes'approprielavictoire.,
En d'autres termes, l'idée de solk!arité, de partage est véhiculée à
traversceproverbe.Soulignonsquelechasseurestceluiquiabatlesanimaux
férocesetleprouveenpartageant!achairàtoutlevi\lage.Leschasseursetles
guérisseursdanscettesociêtétravaillentdeconcert.Enfait,ilpeutarriverqu'un
guérisseur ait besoin d'une partie d'un animal pour faire un médicament. li est
intêressantdesoulignerquepourl'espritbaoulê,lesinstrumentsdechassesont
do1ésdepouvoirspluriels,entreautresceluidefavoriserlac!airvoyarice

adikonjcnawûase(proverben•110)
i1uhnangerlchasse/lu/voirllerre/.
«Situchasses,tudoisêtreclairvoyant.,
le clairvoyant désigne un type pa1iculie< d'homme répugnant dans la
sociétébaouléàcausedesespouvcirsmystiques.Onleditsouvent:

etinûkpi
lsaJtête/dans/couper/.
Litt:«satêtecoupe1,c'est-à-dire1unêtredoublédepuissance,,capable
deprévoir
Lamétallurgieestauservicedel'agricul1ure. Onfabriqueladabapourfaire
desbuttes·

likel)gakatanjagbimbpisu,tokpo'nwaJ
/chose/qui/couvrirhablmoosieurAièvreJfigure/surldaba/dèf/avoirlenlever/
«Lachosequicouvremonsieurliévreaétéôtéeparladaba.,
Lavéfitéfinittoujoursàvoirlejour.
le secteur teftiaire n'est pas en reste. Le commerce de graine de palme,
d'huilerougeetderou1eauxfildecotoo(cache-sexe)alimentai11esma-chés.

a wO ab nTgwabo I ntwtntla (proverbe n• 112)


/lulvoir/poulelmère/mfflé/basfa.;on/comportement/êtrelm:)(ph. ConcV
Si tuvoisunemère-pouleaumarchè,c'estècausedesoncaroctère.
Tout ce qu'on fait se repercute sur nous d'une manière ou d'une autre.

gwaboctlttimlliketolt(proverben•11J)
lma(chélbasfdurer/étre+suffnég/chose/ocheterl.
1Resterlongtempsaumarchèn'estpassynonymed'ocheter
beaucoupdechoses.,
Durerentravail!antn'estpassynonymedebienfairecetravail
Pour (KouadioYao, op.cil. p. 259) c ces liens (avec le secteur tertiaire)
existenlpuiSQu'avantqu'ilnedevienneunpeupled'agficulteursenCôted'lvoire,
le peuple baoulé était autrefois commerçant: il était spécialiste du commerce en
Gold Coast ; même è son arrivée dans son nouveau pays, il continua cette
octivilé avec les peuples lagunaires ,. Ainsi, il importait du sel comme le montre
leproverbesuivan1:

njisemilewûlunjok(proverten•114)
/seUdire+nèg/sonlcorps/quefJe{être/dèlicieuxl
1Leselnes'au1o-con1emplepas.,

La consommation du sel, ulitisé pour assaisonner ou conserver les


alimentssefaitèdeuxniveaux:
• Au niveau culinaire, il est signe d'agrémefl! de goût et symbolise !'harmonie.
Leselvègètal(mmebl:,)/Palrrier/Potasse/remplocevalablementleselmain

Au niveau de l'élevage (1T'O Uton, cabri, bœuf etc ... ) le sel, grace è sa saveur
piquanteèpourrôledeprotègerlesanimauxdecertainesmalaliese1deles
rendresèdentaires.llsbougentpeuets'engraissentbeaucoup
• Desël'lTlesèfeuimportèes(tqi)oudefabncalionartisanale(gbel}Qe)existent.
même de nos jours.

be osa kt tqi o bi:,fwt? (Provefl:ie n" 115)


/on/demander/quelfusiUêtrei1:liancJ
~ Peut--oo demander si le fusil existe en Europe ? 1

°'1netrainepassurtoutcequiestévident

Celasignifiequelefusilestimp011é;ilestpuissant.C'esta:nsiquependan\
la chasse des animaux féroces (jraa (lion)), (WOJIÎ (python)), (ki1Jg1le
(pantllére)} el même {l'éléphant {sqi)), on fat recourt à cette arme
redoutable.
Par contre pour les animaux tels que (/eral palmiste (ote), t'é<:ureuil
(aj:,lt), l'au/acode (kptm1), les oiseaux etc ... ) on utilise le /gbe11ge/, moins
perfofmant.-LapoterieV1 constitueuneactivitédetaille
L'eauàboireestconservéedansunejarre,avecsoin/nvjeu//eau/récipienU.
De même le vin de palme /mme nzl/ /palme/ boisson} y est égalemen1 conservé
lnzlst/lboissonlrécipienU.

be:, nvje nii kpt kii1Jgb1 be boml u


/on/aller/eau/doosllois/une/on/casseetsuffnég/caiai/
Quandonvaunefoisaumarigo~onnecassepaslecanai.
Unefoisn'estpascoutume.

Des assiettes traditionnelles, talje de (ta /élever/et a1jt (aliment))


servent comme ustensiles de cuisine. Celui qui reçoit sa nourriture dans ces

111 - ~ ~ Plill*f'f.O.op.OlP.2$)1i.8acùo,lflll'- ·ll- •••poleries


dell"*" â/Rtinlnrt- flf'l~ •• 18èrl-.ai6<te1* .•••••• ~1.a-•
...•...
on1~1~ondonwl,.,P*faPll'OOl1N~ œmriM,.la~OCJl'l"l)llitWQI
ustensilesesthonorècommeleprouveleproverbesuivant

dwo aljt ni wawletalje npt fata a (proverbe n•117)


figname/maigeflet/baoulé/a;sietteJallerlmorph.concU.
cC'estl'assiettetradilionnellequivalofiseleplatdefoutoud'igname.,

Ainsi, œla veut dire qu'il y a certaines choses qui s'attirent mulueHement.
L'huiledecuisine,d'esthéliqueestégalementconservéedansunrécipientàcet
effetcommelelaissecomprendreleproverbeci-dessous:

lomebak0ji1Jgost:(proverben•118)
/ooixdepalme/grain/remplirhiuile/récipientl
cUnenoixdepalmepeut-elleremptirunepoteried'huile?,
Peut-0nréussirsanst'aidedesautres?

Ennousfonda,tsuruneproximttèdesignifiants,noussuggéronsqu'i!existe
des séries conceptuelles, JT'()livées mythiquement (en baJulè) entre ce qui sert à
fabriquerlapoteriec'es!-à-direla,terrerouge,,faJkwlcooasjtJkwtt(laterre),centre
d'intérêtpopuptaife,dontlacuisson:

asjtbewajtjotaljen~
tterreJcuiteJquildevenir/assiettelan~h/.
cC'estlaterrecuitequidevientl'assiette. •
Etasjtbewal!erreJcuiteJ---.la\errecuitec'est-à-direst,(lapoterie)

Lorsqu'ils'agitdudomainedelapoterie,onpet1tappliquercenedistinction
devenootra:litionnelleentre«laterre,,entilévivantequipeutservirdecultureetlac
terrecuite,quisymbolise,laterremorte,,incapabtedefairepousseruneptante,la
terrenonc~tivable.Ensortantdudeu1,laterrecuitedoitêtredure.
(cf.l'exemple suivant):

SEr)gabelitiketewa
/poterietquikuire+~ !re/durelêtre/
clecanaricuitestdur.1
Ainsi,lorsqu'ilsebrise,cepassagesymboliselafinitude
Leproverbesuivantexpli(!uecetétatdefait·

dwoblektbuejaasjtwii(proverben"119)
flgname/noire/quand/casser/elle/rester/lerrelsous/.
,L'ignamenoirerestesoustaterrequandeHesecasse.1
Oneslincapabledereveillefquelqu'unquiestdécédé

Mais, précise-t-on, el\eensortiradésqu'on entamera la disette. Cette


fois-eielleseradéterréeavecunsoinjaloux.SelonleBaoulé,toutcequi
appartient à la terre lui revient obligatoirement. Bon nombre de phénomènes
expliquentcelétatdefaitcomrneleprouvedeproverbesuivant·

asjtsunîrigekamingwlo(proverben°120)
/lerre/sur/chose/rester•suffnéglhaut'
«Toutect.oseappél"lenantàlalerrenepeutresterenhaut.1
Quetque soit le nombre d'années mis, on retournera au village.

On peut supposer que la visualisation de la terre est passée du stade


figuratif {la terre perçue comme telle) au stade non figuratif (symbole et vision
qu'ellelivreaupeuplebaoulé).Celas'expliquet>ienentenduparlesgestes,les
a!titudes,l'utilisationrépétéedel'espacequiestautantdetraitselhnolinguistiques
essentiels. Bon nombre de lois devenu langage juridique baoulé {Kouamé, op.cil)
portelesgermesd'unelangued'expériencevécue:

bewiimgbabeki'imgb1(proverben•121)
/onvoir/loutJonldire•suffnég/louV
c0nvoittout,maisonnedilpastou1.1
Pouruneq1.1eStionmorale,onnedoitpastoutdire.

C'estcequiexpliquequeleBaoulèestbeaucouplentdanssesprisesde
décision : il doit réfléchir longuement comme l'avoue le PfOverbe ci-dessous :

tolabunpttlngwltltkpnnj~
lallerlcoucherlréflèchirlquilêtre~ntelligence/suprême/anaphl.
, Dorrniretréfféchirestlepèredel'intelligence.,
L'intelligence sccrère. c'est de bien méditée sveot toute prise de décision

benlwobekplimiati (proverben"123)
/on/et.lserpenVon/disputer/chemin/
« On ne dispute pas le chemin avec le serpent. 1

Ons'exposeàdesrisquesquandooestp(essé.

besidimiwar)gauatoprü (proverben"124)
lonlclôturer/suff.nég.lrenardllunérailles/poule/face/
«Onneclôturepaslesfunéfaillesdurenardenprésencedelapoule.1
Onn'exposepaslefaibleaprèsnousavoiraidés

Car, ses anis renards venus l'accompagner à sa dernière demeure peuvent


ladèvorer.Cesparolesproverbialesboouléquidébutenlparlepronompersonnel
indéflnidelatroisiéfrepersonneon,be,ontunlienpatentaveclajuridctionbaoulèet
sesinterdits
Elles supposent toutefois, chez l'enquêteur, une grande familiarité avec
tout le COfltexte culturel de la communauté étudiée convne le pensent certains
ethnolinguistes tels que (G. CalOO)e.Griaule, l.J. Dorais, P-F Lacroix, A. Monod)
etc ... Mais comment se lait l'organisation socio-politique chez les Baoulé?

1.3 Les classes sccic-polltlques dans les proverbes


baoulé

Daislasociétébaoulé,latrOOilionoraleassurelacohésionetlemaintiendu
groupe. On la définit conme un héritage de patile.
oj:,lt/ij:,ltflaja(proverben•12s1
/parler/provenir/héritage/.
Lepouvoirdes'exprimerenpublics'hèrite.
Parler dans les assemblées populaires se fait par lignée
En fait, le notable qui parle au nom de tout le peuple a hérité lui-même soit
de son père, soit de son grand-père. La pa-ole baoulé s'inscrit dans la même
optique que le peuple banbaraque (Zahan, 1963 125) qualifie de« legs des
ancêtres, de doctrine efficoce et incontestable servant de norme aux actes
accomplis aujourd'hui 1. Elle jouit d'une importance attribuée â l'assise de la
sociétéquidemeureunrefletvivantdesprèoccupalionsdupeuple
Lerôlesocio-politiquejouéparleproverbedemeureeneffetconsidérable.
Imprégné des réalités culturelles, il constitue un tèmoignage irremplaçable,
indéléb41e sur les institutions, le système des valeurs, la vision du monde propre à
la société baoulé.Les proverbes, de toute évidence projettent le système de
parenté, de la culture matérielle, des institutions religieuses ou politiques. Ce
caractéreindé!éb41esesignaleàpëltirdumomentoùonpeut,etc'estfortprécieux
étudier à travers certains proverbesdesinsti1ulionsactuellemen\disparuesouen
voiededisparitiondont,enraisondesoncaractéreconservateur,ilresteuntèmoin
privilègié.Lesystèmedesvaleurspropreàlasociétébaouléestdistinguédansles
proverties,à~usieursniveaux:
On retient que l'étrangeté du phénomène lient au fait qu'aocun de ces
motsoutermesn'estinconnu.llsfon1touspa1iedenotrevocabulairequotidien.
Prisséparémenl,ilsontunsensbienprècis,maisleurax:umulalion,leur
concrétion en syntagmes inamovibles semble soudain les priver de leur sens
d'origine. Selon (Kouamé, op.cil. 315): c la signification du mot reste comme tel
dans les deux modes d'usage. C'est ainsi que \OtJt usage générique du mot ne
laissepasapparaitreleflousèmantique.,
Destennesfortsusilésavecunoudeuxsensdifférentsdansle
vocabulaire usuel:
Sensjuridique autre sens usuel
kll)gacesc/ave1 Personnevenuedunordivoin8n
OIUc/ignage, rrece.ee ...
{Kouimé, ibidem. cit)

kil)gakbnjir11wi1iimla
lesclave/village/acc/1ncendieo'!uidire/sumlaJ
c Quand le village de l'esclave prand feu, on ne dema'lde ~us ce qu'il
contenait,
Lorsqu'onn'apaspusauverl'essentiel,onnes'occupepasdel'ax:essoire.

sri osuü ktjwe II evjemi nzwe nîi de (proverbe n"126)


hlommenignage/être/comme/pcisson/comme/iVfinir+flég/eau/dansJ
jamais/
c Le lignage de l'homme est comme celui du poisson: il ne peut tarir. •
Lelie<ldeparentéestlellementvastequ'ilsemblenepas~ erde
limite.
Pour le Baoulé, /kil)ga/c esclave ,symbolise l'être piétiné qui a perdu
toutesadignité.llestdéshumanisé.llestsous!adépendanceabsoluedumaître
lagwa ou famjtnl qui peut en disposer comme de tout autre bien. Les esclaves
étaient très souvent des prisonniers de guerre tombés en servitude ou leurs
descendants.Lorsqu'onalesmoyens,onpeuta:::heterunesclave.
llexis1edescoutumesdevenutextedeloiobservéjusqu'ànosjoursdivers
malheursmena:::enlceluiquitransgresselarégle
Ainsi,lecoupable(parcequ'illivrelessecretsdupeupleàl'esclavequiva
tôtoutardrenverserlahiéfarchie)peutprovoquerlamortdesesparents,dupére
de famille, de sa rrèe. d'une personne de sa famille maternelle, ou sa propre mort.
C'estcequiestexprimédemanièreattènuèeàtraversleprovertesuivant:
u: a Ide kil)Qa i i1J9lini di ltedi ndtgwa a wù {proverbe n°127}
itu/montrer/esclave/caririeàsucre/rnarigerflUm;rigerlroseauNerser/\OII/COfps/
cSitumontresèl'esciavecoovnentmarigerlacaineèsucre,ilbroieraleroseauel
enrependralejussurtoi.,
Onne/ivrepaslessecretsdelafamilleàl'esclave.

Ainsi donc, dans l'entendement du peuple ba:xilé, l'esclave dont la


connaissarice des référents cultixels reste pauvre est tout le temps oorriné conme le
montre le proverbe ci-dessous

akpt:kp~nlatraJ?(proverben"12B)
ltuJcouper/canne/eUanaph/prendre/rmphcond/.
cTacannepeut-elletedèpasser?,
Onnepeutselaisserdominerparsonsubalteme

Il résulte de cela que l'escalve a une roncbon essenbellement de


soumission. Ayant le statut d'homme inférieur, on réalise que tout ce qu'il
entreprend appwtien\àsonmaitre. C'estcetaspectdusta!utdel'esclavequ'un
lcx::uteurmetenavantquandildèclMe:
L'homme àgè est le symbole de la sagesse. L'expression de cette vérité se
matérialiselaplupartdutempspar:

kbsukpmgbm
lvi!lageJsurl\tieuKI.
• Le plus àgèdu village.,
Expressionrenvoyantenfaitauchefduvillagecarlevieillardestpris,
dans l'entendement du peuple baoulé comme intelligent, contrairement au jeune
symbolisèparlafouguecomme1'indiqueleproverbesuivant:

kptngbtnoltndtsacimi
/Vieu)(fêtre/là'affairelsolutionnerl
•Enprèsenceduvieux,toutliligeestsolutionné.,
Levieillard,pa-diplômatieréussitàraprocherceuxquisootenconflit
Lesage qui maitrise les usetcoutumesetqui les met en pratique est
protégé par les divinités ; contrairement au jeune qui, avec le modernisme les
banalise.Pourlenonrespectdecertainstraitsculture\sjugéscaduquesparla
jeunesse,celle-cis'expose
llseraitfortintèressantd'avoirl'inventairedesrépertoiresparàgeet
d'ententerl'explicationparrapportàunsystémedecatègoriessymboliques;les
causes de la mort des jeunes en pays baoulé. Le problème n'a, à notre
connaissanceétésoulevéparaucunchercheur. Lejeune, en fait ne meurt pas
maissedonnelamol'I
Or les observations que nous avons pu faire personnellement mettent
en évidence, d'une pari part le non respect des us et coutumes, d'autre part
l'utilisationirrespectueusedetouteslesformesde•paroles,entregénérations
différentes. La parole mal usitée est source de discorde et même de mort comme
lesoutientdeproverbesuivant:
benwikûbe
r1eur/bouche/tuer/eux/.
rlabouctletue.,
Cetuiquiparletrops'expose
C'eslcequeleproverbeci-dessousexpose:

stktstktwJciji stbo(proverben.130)
/Vieux/aller{,eunelfunèraillesitas/.
1Lefaible{vieux)estallèauxfunèraillesdufort(jeune).1
Lamortn'admetriendelogique.

C'est le vieux qui devait en toute logique ètreinhumé parle jeune qui
assisteplutôtauxfunèrai11esdecedemier. Certains proverbes, par l'entremise
de certains aramscx nous montrent la puissance des hommes âgés qui jouent le
rô!edeprotecteurduplusfaible(lajeunesse).
Ainsi,lapanthèresymboliselapuissanceetlapoule,quantàelleestlesymbole
de la mère protectrice.

alcjakûmtnwa(proverben•1J1)
/Poule/patte!tuer/suff.nèg.lenlanV
Lapattedelapoulenetuepaslepoussin
Ûflestàt'abriquandonsetrouveavecsamèregénitrice.

kil)galebasro'tsl{proverben•132)
/PcW1thére/petite/craindre+suffnè91père/
•lapettepanthèrenecraintpassonpère.,
lo<squ'onOOtoieloujoursledanger,lapeurs'èloignedenous.

Ainsi,danscetélan,unechosedemeureclaire:lajeunesse,apriorin'a
aucun pouvoir réel, surtout en présence des vieux. Outre les individus bien
douèsetapprècièscommetels,onrencontredanslaplupartdesvillagesbaoulè
de véritables professionnels de la parole dont le rôle est prècisèmenl de
transmettrelatradiliondupeuple.
Cesindr'lidusenqueslionutilisentvolonliersl'expressiooimagèe,laquelle
est liée dans leur culture à une symbolique complexe; ce trait, joinl aux
circonstancesquien1ourenterigènérall'acquisitioodelasagessepopulaireparles
proverbesestmatérialisèe pa- un vocabulaire conçu à cet effet. Ce vocabulaire
élaborèfaitressortirunesortedeooupleantagoniste,dootlesforcess'exercenten
sens contraire.
Labornepositive(•)estcel!eoùl'onlocaliseleshommesagèssupposés
sagesetlabornenégative(-)prendencomptelajeunessequi n'a pas encore
domptélesusetooutumes.

BORNE H ! BORNE (-)


kptngbtn/vieuxl bakifenfantl
befakptngbrnnitijefwajibefakpt ntibakaminjisimingwldt
ndtnû lje{êtrefpetiVie/connaitre+nèg/inlelligence
lon/prendre/VietJxletllêtelblanche/onf Littér--.Jesuisteune,jene
oouper/affaireldansJ nesuispasencoreinlelligent.
littér--.onfaitrecoursoovieuxavec Celaimpliquequ'ètantjeune,onne
ses cheveux blancs pour résoudre un maîtrise pas les us et coutumes de
problème. mëJliéresuffisante
Celaimpliquequelesageestoonsidérè
Comme l'ultime recours pour le règlement
de certains conflits. Ceproverbes'emploiepourse donner une
liceflœ,pourseoowriravanttouteprisede
I
Lorsque les cooflits sont solutionnés et parole : comme le soutient le proverbe ci-
q u 'o n l 'o o 1)1o ie , ils 'ag it d 'u n e d e m a n d e : la de sso u s :

ja m ! d e vin de pa lm e . Ic i la m ousse i n û m i k i k 'a tf:a e k w la 'a tu

s y m b o lis e le s c h ev e u x b la n c s . A p rès le /o is e a u /p e tiU a v o ir laile / 11/p o uv o ir l s 'e n vo le r/

rè g le m e n t d e co n flits , \o u t le m o n d e d o it L 'o is e le 1 n 'a p as d 'a ile ,i ln e p e u t s 'e n v o ler

ê tre h e u re u x e t s e lo n l'e n te n cie m e n t d u g b â ft!:n /je u n e/

Bao u lé , le v in d e pa lm e d o n n e la p ie : c 'es t g bJ fl, n b o ko ije e t a 'a n ù a g b a

la b o is s o n s u p é rie u re rie u n e /faire /b u tte s ~ V m ettr e +s uff.n è g l

d ed a n s/ m a n io c /

nini /Q u atre / q u a tre / L ittè r - --,.Le j e u n e f a it d e s b u tte s

---,.n i n i o ll s i l]g l a k oto o j J i n w i d 'ig n o o -e : ilo m e l d 'e n fo u ir, u n e b o u rg e d e

f ü /ê tr e lla/m a is /p o rte- pa ro le / p a ie rts a/ m a n io c a u p ied d e la b u tte .

bouche/ Le j e u n e ,p a r s o n in e x p é f'i e n c e o u b lie q u 'a u

l ittè r - L e R o ie s t pré s e n t m a is s o n P o1e - p ied d e la b u tte d 'ig n a m e , i l f a ut p ré vo ir l e

pa ro le s'e x prim e à s a p la c e m a n io c , n o u rritu re d e d is e tte .

- -. le R o i,le c h e f d o it p a rle r q u e t rès peu

-~ d o it é tre m y s tiq u e .

C e vo c a b u lair e n 'es t p as e x h a u s tif. L 'e ss e n tie l p o u r n o u s était d e v o ir

co m m e n t, s 'o p è re le d ro it d 'a in e s se c h e z. le b a o u lé . L e s v ie u x s o n t as s im ilé s , à

ju s te t itre , à d e s m o n u m e n ts .

T o u t d o it s e faire s e lo n M?tlr a :c a d c a r c 'es t e u x q u id é tie n n e n t le s se c re ts d e

la t ra :litio n

E n !a d é te n a n t, ils la p e rp é tu e n t p ou r q u 'e lle s o it co m m u n iq u ée a u x

g é n é fa tio n s f u tu res . L es j e u n es a p pr e n n e n l a u p ré s d 'e u x .L a t ra :lilio n , f o rt le ce la

n e le s m e t p as a u x o u b lie ttes c a r c i ls s o n t le s fu lu rs s a g es • d 'a i!le u rs e \ c 'es t u n

p ro v e rb e q u i le d it :
betaba,ldiaja(provertien"133)
/onlélevef/enfant/iVmangerhléritagel
«Onprépwel'enfantàlasuccession.,
Lorsquel'enfanlestbienéduqué,ilremplacevalablernentlesage

On accorde des égards à la jeunesse pendant l'exercice de ce pouvoir.


l'enfantdoitsuivrelesétapespourprétendreplustardprendrelerelais.Onnedoit
rienluicacher.Onnotecetteprèoccupalionàtraversl'éooncèquisuit:

befi'a like kpa mitwiklprii (proverbe n"134)


/on/cacher-+nég/chose/bonne/enfanl/faceJ
« On ne lait pas les bonnes choses en absencedel'enfantquidoitêtre
associéàtout.,
l'enfant,futurresponsabledoitparticiperàlaviedelacommunauté.

Ce qu'il faut retenir c'est qu'il existe la solidarité et la complémentarité entre jeune
etvieuxcomrneleslipuleleproverbesuivant:

kptngbtn11s~tomw1nilatiki11to'1kpatasu(proverben°135)
/Vieux/mainlpénétrer/gourde/dedansJenfanVmainlatteindre/hang;y/surl
« Lamaind'unepersonneàgèenepeutpéf'létrerdans une gourde, la main de
l'enfantn'atteintpaslehautduhangar.,

Cette solidari1é et cette complémentarité s'aperçoivent à plusieurs niveaux


de la vie sociale. Même s'il est reconnu que ce sont les hommes âgés qui prennent
laparoleenpublic,l'oodoitreconnaitrequecertainsjeunespossèdentdehautes
fonctions rituelles et sociales
Levieux,fortdesonexpérierœestassocièaujour,àlalurtièredupeuple,
à l'éclairai;ie. llestaussi pour ego, le ra;sembleur. llest, par ailleurs le« dedans,,
l'homme agé est l'intérieur de la màson protectrœ (abri contre le soleil, la pluie, le
vent) et demeure jXIUr le baoulé un guioe incontournable.
C'est cette réalité qui est matérialisé pa- le proverbe suivant

kp,:ngb,:n wawt ni sua beti kun beti fiawlt{provefbe n"136)


lvieux/OO'le/el/maison/ils/être/un/il/ê!re/cache\1e/
,L'àmeduvieuxetlamaisonsontidentiques:ellesconstituentunabri. •
QuandonOOtoielevieilla-d,onestprotégê.

Celasedécouvredeplusenplusàtraversœrlansconseilsd'expériencequ'ilslivrent
àlajeunesse.

1.5 Quelques conseils donnés par les sages à travers


les proverbes

Lesvieux,ensebë6antsurl'expêriencevécueontpuétêtllircertainesrègles
de conduile à tenir. Ce sont d'ailleurs ces brdions èducatives qui consttuent une ame
sectète en leur IX)SSeSSion. Q...o de plus normal quëlld on set qu'il est corrme une
p::iubelle il ocœple k>utœ qu'on kli poocse. Quand~ y a Wge, c'est à lui qu'il revient de
calmere5ces~,.
CestjXIUrqutionaflinne:

kptngbtntiktufwtsa,ikpatilj(ib:tiljt(provert>en·202)
/vieux/êtrelcomme/poubelle/comme/1eibon/êtrenuilmauvais/êtrenui/
, Lesagees1corrme une poubelle: lebonetlemauvaissontàlui.,
Celasignifiequelesagedoitêtreun médiateur.
LasagesseduvieuxBooulêlranscendeleternpscarils'adaiitef~à
toutes les réalilês connues du monde traditionnei et moderne. Cette parole se pose
comme un contournable car c'est elle qui attribue les conduites à tenir. Nous en
avonspourpreuveleprcwert>esuivait·
kpcngbtn nwi nû nee i et mgbtn i mlimi
/vieux/bouche/dedans/affa're/il/durer/lil/durerflnitilemenV11/perdre+nég/
•laparoledusagenes'effritepasmalgrèladurée.,
Lesparolesdessagesreprésententuneboussole.

Cetteparolequiesllavél"itèrèsisteautemps. Kouadiosoutient
cCerteslepuitsdesagesseserapportantàdesfaitsetsituationstraditionneOes;
rnaisilnefautpasseméprendre:lasagessedesproverbesseprolongedansle
présent et donc dans le rrcnde moderne. )512
Nousenvoulonspourpreuve!'énoncé·

beijamibebo'aje(proverben"20J)
/on/cocher-+suffnég/on/frapper-+suffnég/cheveuxblancs/
«Onnecochepaslescheveuxbtancs.,

Ledènotèpremierdel'énoncéprésenteunevéritéd'expérience:

Cettevériléapprendàl'enfantquelorsqu'ilseraàgé,ilnepourracachersescheveux
blancs.Parcontre,ledéno\ésecondprèsentelasituabond'emploi:afindesefa're
jecoe.ïeveexvec norcnses cheveuc
Un jeune homme qui a l'âge du fils de Yao lui reproche de vouloir cacher sa
vieillesse;c'estencemomentlàquecejeuneciteleproverbeàsonadresse.
Enfait,l'èmetteurduproverbeconseillequelavieillessenepeutêtreévitée
carelledefl"eu re un passa;ie obligatoire. En somme, les conseils donnés par les vieux
seprèsententsousdeuxaspeclsappa'emmentcontradicloires:
• ils demeurent partisans des institutions anciennes, traditionneHes

• ~OlWl!OYac.Jélm Op.CitP.300
lamanièredevoirlemondes'obseNedansJesprovertes:

benlsridimibebo'animwe(proverben°204)
/on/el/homme/manger+ suif nég/on.lfonder + nég/campemenl/
• On ne fonde par un campement quand on ne s'entend pas. i

Celasignifiequec'estenaimantsonprochainqu'onarriveàcréerles
villages.
Autrement dit, il faut être solidaire pour vivre ensemble. Chez le Baoulé, la
famille nucléaire (père, mère, enfant) observée en Europe n'existe par. la famille,
c'est la lignée, la desœf'ldance. C'est même l'ensemble des gens ayant des lieos de
saigd'alliaice,d'amitièdepatronageetunispar1asolidarité
Juste au dessus de cette structure, le campement nà'nwe peut être crèe
seulemen1parunrassembleur.C'estcequeleproverbeveutdiretoutmembrede
cettechaineconstitueunmaillonessentieletpersonnenepeuts'excluredecette
chaîne sans être excommunier. Ce qui arrive à un membre de la famille, c'est bien à
tout le monde que cela arrive. C'est cette idée qui est rendue par·

afaosjl:nwiiajaabbakini (proverben°205)
/tu/prendre/mouche/corps/colère/tu/écoo:ller/loilmême/la,'plaie/
•Situ te mets en colàre contre 11 mouche, tu écorcheras ta plaie.•

Cela implkjuequ'en faisant le mal à un membre de la farriile, tu te lais du mal


toi-même.
• lesCOflseilsqueJesvieuxdonnen1restentdefaçonindélébileune
constanteriH:réationquidemeurepoorlepeupledestextesdelois.
Oanslessociétésbaoulé,latra::litionvéhiculèeparun
cverbe i,aküdanülpll/pensèe/danslpanerlc'est-à-direle
langagesoutenueltrésvalorisép;;,Jesproverbes.llseveut
invnuablee1chatié.
Lapennanencedesthémestelsqueéflumérésci-dessouspa1icipentàla
fonctionéducativedesprovert>es:

,,.,
jlmjrnkplijtunvJltnzweJ (proverben°206)
/Diew1outlpuissantlqui/puiseri1emiite/e3ll/Jrorph.concl./
1C'est0ieuquipuisel'eaudelatermite. •
Hexlstetoujoursquelqu'unpouraiderlefaible.

L'évidence

nzwe kpdwt sro'a ja dwawa (proverbe n"207)


leaw'ltaverseurflnquiéter+suffnég/Piedlmouiller•suff;y;c/.
1Celuiquitraverselariviérenes'inquiètepasd'avoirlespieds
mouillés.•
Ondoitètretoujoursprêlàrécoltercequ'onsème

Laprudenœ

sasabewüti'1srt(proverben°208)
/cacher•rédneur/corps/étre•suffnég/peur/
1Êtreprudentn'estpassyoonymed'avoirpeur. •
Êtreprudent,c'es\d'ailleursestunsigned'inlelligence

L'importance de l'Homme
sriübleükpatrasika 3kwlE
lh omme+tête-+11oirlêtribonldépasserlargentljaune/
, L'Homme est mieux que l'or. ,
L'Homme est ce qu'il y a de plus prècieux sur terre

La contrainte

otraaklonzranû,alobeüikwla'afitemi (proverben.209)
/cafan:l/aimer/public/dedans/pou\el/eux/11/pouvoir~uffnéglsorlir+suff/
• Le cafard aime bien la foule; à cause des poulets, il ne peut so1ir. ,
C'estàcausedesembûchesqu'onévitedefairecertaineschoses

La Ponctualité

alomlndc adigbokledwa
ltu/aller+suffnéglviteltu/mcll)8ef/sourisl{lueue/
cSitunevaspasvite,tumangeraslaqueuedelasouris.,
Lechoixseprèsenteàceluiquiestponctuel

L'humilité

alo~gugukplielubunû(proverten•210)
/pou\e/petiVsevanlef/gros/iVresterlcoquil\eldedans/
,Lepoussinquiatropdeprétentionrestedanssacoquil\e.,
Etrehumilitéestunevertucardinàe

L'innocence

otekûebwtajl tait (prove<ben"211)


/mwgouillatfcail!ou~Vattendre/rrMJr/
• Le caillou destiné au magouilla! a heurté le mur. •
Parfois,lavictimeestinoocente.

La grossesse

nultü'aba
/grossesse/étre+néglbébél
«Etreengrossessen'estpassynonymed'avoirunbébé. •
Lesoohaitneseréalisetoujourspas

Lecourage

npm,1ftniijt:jokp1J(proverben°212)
/fromagerldifficultéldanslquelréussirlb on/morph.rooc/.
« Le fromager germe dans les difficultés. •
Sanseffort,ilestimpossibledepa1erderéussi1e

Lanourriture

aljt:traasuajosil)grrfwt
/nourriture/dépasserl\oi/surl1u/devenirlsot/.
«Ouandtumangestrop,tudevienssol•
Toutabusestnéfastepourl'OfQanisme.
Ondoitpref'ldrejustecequiestbonpourl'OfQ3flisme.

• Lapatience
historiques,ettoutcelotnepeutsedèfairedelaculturequileconditionnee11e
détermine. En effet, c'est la manière de coocevoir le monde qui détermine le
proverbe. Les c thèmes 1quilesenri';hissentneserecensentpasexnihilo; ilssonl
fournispalasatiresociale:

jaldutjasomi mitwi ki nii


/pauvre/quitter+suffnèg/enfanceJdedansl
clepauvrenequittejamais!'enfance.1
Quandtuespauvre,ontechagedecorvéessanssepréoccuperdeton
âge.
• L'hèrit19e

Elle rocs montre comment la société est structurée et nous éclaire sur les
fonctioospotitiquesduproverbe.

nu swa fwtn dlmi aja (provertie n°214)


/qui/charger/cadavreli!Jmanger~uff.néglhéritage/
cQuiJX)rtelecadavren'héritepas.1
l'héritagesefaitdefaçonmélhodique.

Lasuccessionautr6nen'aja-naisétéundéhatchezleBaoulé.OnnaitRoi
maisonneledevientpas.L'héritierestdoncconnud'avance

Lesmaladiesde1avie

betwawiibebje
11eurlpenis/enflerflls/urinerl
cMémequandlavergeestooflée,onurine.1
Réalisef,ondoitsedépassef
llchroniquedeshautsetdesbu

mmkpi;,bo
lmonde/apogèe/anaph/dèclin/
•Lemondeatteintsonapogéeensuitesoodéclin.1
Aprèslagrandeur(lavie)suitledéclin(lamort).

Conclusion partielle
La reneœe importante qui ressort de reœren des conseils donnés pa-
les sages est que ces conseils appa-aissentclairement soit comme des supports de
leurs expériences vécues soit comme des lois communautaires. Cette qualité des
sagesn'estpasunfaitisolècarilexistebeletbienunsupportdelaparole:le
proverte.Ainsi,lajeunesseseradivisèeendeuxclassesopposèes:
Laclassedesinitiés,be~isi,nls/prèpa-ersuff.acclleu/,ilsontcôtoyè
lefeuc'est-à-direlessages.Acetteclasseseralèguèlespouvoirsde
succession au niveaudelacllefferie(pouvoirdeparlerau nom de la
communauté, remplacer un notable etc ... )
La classe des non initiés, bat:wi si,!1ls/prèparer+nèglfeu/, ils n'ont
pas côtoyé le feu c'est-à-dire les sages. Aucun pouvoir de prise de
décision ne sera occordè â cette classe. L'étude du lien entre proverbe
baoulé et société baoulé entraine comment le Baoulé énonce ses
proverbes: ce qui nous conduit illéluctablement â la configuration
ethno-énonciativedesprovertesbaoulé.
TROISIÈME PARTIE :
DE L'ÉNONCIATION À LA
PARÉMIOLOGIE: CONFIGURATIONS
ETHNO-ÉNONCIATIVES DES
PROVERBES BAOULÉ

«Celuiquisoigneunfiguierenmangeralefruit,etceluiquigardesonmaitre
serahonoré.•
LouisSegond,LaSainteBible,op.CitcProverbesChapitre27,Verset1B,
p.662.•
L'objet de la troisième partie de cette thèse porte sur les configurations des
provertiesbaoulé.
Nousavonspurepertoriersixgrandstypesdeconfigurationquesont:
• Laconfigurationéncmciative;
• Laconfigurationpragmatique;
• Laconfiguratioosémantique;
• Laconfiguratioomodale;
•laconfiguralionstructurale;
•Enfin,laconfigurationpoétique.

Nouslestraiteronsenlesregroupantentroischapitres:
Le premer traitera les configurations énonciative et pragmatique; le
deuxième, des configurations sèmantqeee et modale el enfin, le troisième
s'occuperadesconfigurationsstrllCluraleetpoétique.
CHAPITRE 1
ANALYSE ÉNONCIATIVE ET
PRAGMATIQUE DES PROVERBES
BAOULÉ
1. ANALYSE ÊNO NCIATIVE ET
PRAGM ATIQUE DES PROVERBES BAOULÉ

Produrt pour servir non seulement comme 1echnique de mise en forme du


discours, mais aussi comme média d'une culture de l'ouverture (en lisait le proverbe
on peut savoir la manière d'app<éheoder le monde d'un peuple), le léflQage
proverbial attire tant d'engooemen1 parce qu'il est hemètique, diffile à comprendre.
Le proverbe b~ulè dispose à notre sens cuœ violeoœ pragmatique qu'aucun type
ouuneformedediscoursriepeutégal&r,taolsurleplëWlculturel,moral,religieux,
juridique. C'est pourquoi on a souvent recours au proverbe pour soutenir une
argumentation.llpossédesonvocabulaire,sonstyle.
Decepas,lelinguisteaurapourtOCt.e,dupointdevueèoonciatifdefcire
ressortirlesreprèsentations implicite ou les présupposés vèhiculès parl'èrioncè
prove<bialqui,selon(Landowski,1992:48)estun«la,gageenacte,.
La logique de Port-Royal par ailleurs fait la difference entre sujet de
l'énonciationetsujetdel'énoocé.
Dans la glose de Petrus, l'affirmation du sujet de l'énonciation est e
affirmai 1et,affirmants,,celledusujetdel'énoncè
Surleplanontologique,ilestimpossibtederattacherlesujetqui~omplil
desacteslir,guistiques(ilaffirme,nie,possèdecSesintentions),aucogitocartèsien
(celui à qui le message est adresser à sa manière de penser), même si la prise en
compte de certains des phénomènes que les linguistes traitent sous le chapitre de
l'énoociaoons'effectue,chezlesphilosophesciassiquesetjusqu'àHusserl,dansle
développement d'une problématique de la subjectivité (Kerb<at-Orecchioni) ,
demeure d'actualité.
Selon Guillaume (1964: 9) c Par de oombreux IX)ints, le discours est acte,
laformeestleproduitd'opératioospsychologiques,intérêt~urladynélflique) ... •
l'énonciatiOflduproverbefaitensortequecesënoncéssoientprisen
chargeparunénonciateuruniversetcarœluiquireçoitpeutnepascomprendrele
vocabulaire du peuple. Pw conséquent, le proverbe se présente comme un message
àlafoisnouveauet,déjàdit 1. llestdoocc polyphonique, (N0lke, 1993),etla
pensée imageante présente ses ènoncés proverbiaux cormne exploitant et
mobilisant avant tout l'èvocation des souvenirs, des rappels appelès mèmoire
ccëecûse.
llnefaitpascroirequeleproverbebaoulèn'exploiteraitquedesprototypes
effectivement enrscoès dans la culture et la mèmoire commune. Il suffit de dire que
le proverbe se donne comme un discours déjà dit même si ce n'est pas le cas, un
discours qui traite d'un monde dont les entités insisteraient sur des réalités
communément partéfjées.
Unetelleanalysequipartdeladéfinilionquel'ondonneàl'ènonciation
etàlapragmatiquepourraêtremenèeàbonportensuivantnosbasesd'analyse
dedonnèes

l.1 Analyse de la configuration énonciative

Pour les énonciativistes, la structure même du langage est le reflet des


conditionsquileconstituent,doncdeslonctionsqu'ilremptit Tout{marques,choix
des roots, ordre des mots, prosoclie) est l'expressk>n d'une modalité de recte
ènonciatif,d'opèrationsmentales.
C'ErufX)IIQlri'/gwx.(1!111 12).ifrrneque:croo:tedesutmlnëfunesl
vcmtarea::irrrne lacxrrmmicaion elle-rrèœ 1; c le irédica.éma"lede ra:tr.Moo ~
(p.rlantj,, c[ut~ de)ri:lée~ délenrinedumêmecoupla~ de
ctia:iueSt.t:isla'llifdansTerdlaînementgèoèra,.Demême,Baly(1952:46}coo;tilroo:te
desrmtsa::irrrne~ delai:rogressilnourêl"lk :ipê6:rl.
Culioti{1987: 29),qui faitdel'copèration ,unconceptmètatinguistique
(àinterprètationcognitive),permettantd'effectuerdescalculs,etnonpassimplement
psychologique,alaformulationlaptusclaire:cunènoncè(iciproverbial)estun
agencement de marqueurs fonnets, traces d'opération ,.
C'est d'ailleurs ces e marqueurs formels•. ces c traces d'cpèretons e qu'il
convientd'analyserdanslesproverbesbaoolé.L'analyseconsisteraàrepèrerles
traces énonciatives véhiculées par les embrayeurs {(les modalités, la subjectivité,
(Keroratûrecchiooi:1977))
L'étudeestdiviséeendeuxpaties.Lapremièreestconsacrèeaurepérage
desinstanœsénonciativesdesénoncès.C.esma-q uesformellessontaussides
èlèmenlsquioontribuentàdétemiinerlesrapportsénonciateurlénoncè.
Oaislasecoodepartie,l'étl.ldeseconsacrCJaàmettreenexergueles
roodalitésobservèesdanslesproverbes.

l.1.1Au niveau de la Configuration déictique de l'énoncé proverbial

1.1.1.1 Le parcours du repérage des instances énonciatives

On appelle configuration dèictique l'ensemble des éléments dont sont


constitués les déictiques. On note avec Barry (2002: 103) que •l'énonciation du
discours est un processus de mise communication corrélative d'un sujet de parole à
un auteur. Cette construction relationnelle s'opère dans un dynamique assez
mouvante d'esquives et autres manœwres stratégiques, qui détef'm nent le rôle et
laplacedechacundespartenaires.1Poursapart,danssathèoriedel'énonciation,
Benveniste admet que toot discours implique comme condition prè~ e l'existence
d'unlocuteur(iciceluiquiènonceleproverbe)quiénonceuneallocution(icil'énoncé
proverbial)etposeàsontourunallocutaire{ici,œluiquireçoitleproverbe);les
actantsdel'énonciationsesituentdansunespaceetdansuntempsdéterminésau
moment où etle a lieu. (Cornu, 2005 : 208) propose illustre cela avec le schéma
suivant:
ÉNONCÉ
ÉMETTEUR CANAL ou
MESSAGE

Les premiefs éléments constitutifs d'un procès d'ènoociatK>n sont: le


kx:utoor,celuiquiénonceell'alkx:utaire,œluiàquiesta::lressél'énoncé;quitous
delà sont nommés indifféramment, interlocutoors.
A partir delà, on peut concevoir l'organisation des formes linguislXjues
indicielles. Nous allons ènder successivement deux indices :
Lesunitéslinguistiquesdontlesensnepeu\êtreperçuqueparunretourà
lasitualiood'énonciationquipermetd'identifie<leorréfèrent:Cesontlesdéictiques
ou embrayeurs. On les définit comme des signes qui renvoient à leur propre
ènonciatK>n.Onditparfoisqu'ilslarèflèchissent
Au regard de ce qui précède, notre itinéraire choisi pour le repérage
énonciatif portera sur les ma-ques de personnes. Le pronom neutre be/me, on el le
pronom a, tu car leor occurrence est beaucoup plus élevé dans notre corpus
L'ènonciationseveutunretouràl'individupar1ant,serévèlantdanssasingu1aritè,
par sa parole même. L'énonciation est alors à chercher dans les traces el les
marquesquelesujetdel'ènonciationlaissedelui-mêmedanssonènoncè,dansson
propredire,enpar1ant. Oansl'irrmensemajoritédescas,lesènoncésproverbiaux
sont porteurs de menues de temps et de personne qui les aicrentdirectement dans
la situation d'énonciation
l.1.2 A u nivea u des dé ictiq u es et du pro n o m neu tre be/m e, on .

Ledireproverbialatouj()ursjouéungrar.drôleda'Y!slestyleoraloireetdonc
dansl'argufl'lef11ation.lls'agrtd'unprocédéutiliséparlelocuteurpourobtenir
l'assenfünent de l'interlocuteur. Le locuteur se sert préalablement de la vérité. Il
recourt coostarment à l'ancrage énonciabf neutre, à la personne neutre behne, on
etàsesdifférentescar~lérisationsqu'ilpourraîtavoir.
be/me revient de maûëœ récurrente dans le discours proverbial. Nous
voolonsvoirsidanslecadredesproverbesbooulèlesynchrétismeestobservé.Soit
le proverbe suivant:

benwiwJIJjcbebofelimi:,(proverben•ag)
/on/boucheJunirlque/lrapperlsiffletlrraph.concV
cPoursiffler,onrassembleleslèvres. •
C'estdansl'unionqu'onréalisedegrar.desœuvres.

La personne be/me, on est un embrayeur. On appelle embrayage


l'ensembledesopératioos par lesquellesunénoncés'ancredanssasituation
d'énonciation. Les embrayeurs sont appelés aussi éléments cléicliques ou pélfois
éléments ir.diciels les éléments qui, dans l'énoncé marquent cet embrayage
Lecritèredelarélérencetextue!lenereléveaucunedésignaiionexplicite
ôebelme,oo.Cependant,be/rne,onpeulêtrequesujelEneffet,dansceproverbe,
belmedésigneceuxquidoivents'unir.
Ainsi le pronom neutre be/me renvoie à l'agent du faire que le locuteur
prescril De fait, si on considère ce schéma suivant
z{doil/peut}faire/êtrey
z{nedoitlpeutpas}fairelêtrey
z-,. be/me, on renvoie à• Ioule la communauté • ou à c un ou plusieurs
individus particuliers.,
358

Ou poinl vue ethnologique, si nous faisons une projection, be/me, on


renvoie à des instances énonciatives suieartes
lesancêtres,ninimu,/sageshro<phplurl
DaRSœcasd'espèce,onfaijrecourtàunénoocédetypelX)lyphonique

nini be wi be nwi WJll jt be bo felimi::,


plurldirelon/bouche/unir/que/frapper/slfflet/morph.condJ
----.Lessa;iesavouentqu'onnepeutpasréaliserdegrandescho.sesSMS
unionl)féalable .
Lepéradulocuteur,n/misi,/rooo/père/

n/mi si wl be nwi w:is:, jE be bo felimi::,


/mon/pèreJdire/orutlooclle/unir/qoe/lrappeflsifflet/morph.concl/
•...• Mon pére soutenait qu'il n'y a pas de forœ réelle sets union p,éalable .
L'assemblée,lepeupleenunmot,levinagetoutentier,1.J,1,kwfa
ipa, kwb i wi be nwi WJll jt be bo felimi J

/assembèeMllage/éW1aph/dire/orubouche/unirlqfflapperlsifflel/morptl.concl
•...• L'assemblée,levillagereconnaîtquesansunion,onnepeutrienréaliser.

La projeclioo du pronom be/me, on, pronom syrichrétique confirme l'aspect


synchrétiqueduonbaoulèquirègorgeplusieurssujetsénonciatifs.
En effet, dans le cadre d'une assemblée, be/me, on peut renvoyer à nous si
lelocuteurestdanscetteassemblée.
On emploie be/me, nous lofsqu'on est en groupe, pour demander une
permissionrnousoousretirooslX)urnouscoocerter).Hs'agi\doncd'uneformule
depoitesse.Onl'emploietrèssouventaulribunal.
Dans œgenre d'énoncé, on assiste à une distance maximale ce-e locuteur
qui dit le proverne pa-ait, il nous semble, extérieur à son discours
Il n'est pas fortement invesb dans œ qu'il dit et n'assume pas complètement
--
,Cequ'onnec:onsamiepasestdoncuntllefn.)
Cnnepeutinsister~ fàemwigerquelquechœeàquelqu'un.

be,oodésigœ,jeQUr-el'l'.lllle<ista'œ~ desooénoo:::é 1
l'ln:.m!criJinelest·

ktnse'aktndmletincljf:til
- - c«d/

,.....,_
....• Qm:lfllSisES1.rlefàtquejenerri.:rgepa;,c'estpaœquec'estgêrmlde

---
besaniilaljtkptbe,be;nm,lblo

Qm:lbn<n.UIEcnipe,b.Jœcbspaslejee".
Olnepeutrejetetsooertfa11.
be,oodésigœ,tu,üc'est-à<ielapem,ne~ooootrejee>
l'énoo:: écriJinelest:

----
nwajosall:,nkwla'1J'tblo

-+Jenepeuxpasrejeterrrœenfaitpaœqu1acormisll1E!faœ.
L'emploidebe,dufrinldevuesituationr.elrevèleque,selonlasituation
d'emploi, il est l'équiv3entdeje, n;
tles\doncunpronomsynchrétique.
tu, w:,: il,ji; nous.je: vous, lmü; ils, elles, be

1.1.2.1 Au niveau du pronom n,je

Au niveau du pronomn,je, l'appnx:heènonciativerevientàsuivre, parle


repéraged'indicateurslinguistiqueseldiscursifs,lesprocessusdetransformation
qu'opérel'individulorsqu'i!metlatangueendiscours,lorsqu'llutiliselalanguepour
direunproverbe.Toutproverbeneprendsensqueparréférenceàlasituation
d'énonciation.Ainsi,avecl'énoncéproverbialsuivMI:

nsri jese kU nwi(provefben•m)


/Je/piquerllil/urvbouche/
«Jesuisauboutd'unfil.,
J'aiunboulotquim'oc:cupe.
Si on part du prédicatsra, piquer, qui est à la forme pronominale, on obtient

n,jesujetquisetrouveau bout du fil. Dans ce cas, l'action est réfléchie.


Elle~esurlesujeténonciateur.L'aclionpeutcontinuer.Danscecas,l'énoocéest
inachevé,incompléte. laquestionquiprouvecelaestlasuivante:

nsrljesekUnwlnzu?
f)e/piquer/Nlurubouche/quoi/
cOu'aj.je!Tisauboutdufil?•

nsrljesekiinwlaflema
!je/piquerllil/urvbouche/perle/
J'aimisdesper\esauboutdufil.(Parexemple)
C'est le je, n qui paie qui dit:« n erë jese kO nwa •. Il s'agrt donc
d'énonciationactuetleousubjectivité.

les femmes le font très socveot pour pouvoir porter leur cache-sexe surtout
aprésavciraccooché.Da-,sœcasd'espéœ,lesujetjouelerôledelaperle.Len,
sujetestégale,mêmeestconfonduàlaperle.ldaveccepvb,lesujeldel'énoncialion,
n,jen'estpaseffacé.Eneffet,nde
nsrijelekùnwi,lelœuteurentantquetelnepeutêtreaulxlutdufit.lls'agit
doocd'uneimagepourdirequ'onadesresponsabilités.A.insidooc,lesujetde
l'éraciation n'étant pas ella:::é , on assiste donc à un <iscours lralspwail
àsèrrentoo::essi~âautrui.
Onpeutaussidire:

w,wle se lu.: n srijese kù nwi, s'agissait du discœrs rapporté.


/Booulé/dire/que/

Pa-Ier d'un je, n pour le même, c'est-a-dire qui réfère à celui qui parie
présupposel'existenced'unautrecasoùje,nestunautre,maistoutcecirelévedela
stratèg,e de canouffage de rorateur. En effet quand un orateur prononce je, n dans
sonallocutionsondiscours~ tengénéralâunrnooèlepolémique.~assurece
qu·~ dit sôWIS aucune prise de distance ou de masque
Avecleprovefbesuivant:

~imi l)gltnmll n b kpu e kete alagba


ldemainlmalinf)e/allerAavef/d/durcirlcaleçoo'
•Demain,jelaverailecaleçondll!citcedemier.1
Q.i'onnegagnerienenremettantâdemainceaqu'onpeutfairedans
l'irrmédiat
Sionaaffaireâunproposrapporté,l'énoncéseralesuivant·

ewiiJtimil]glmrnün bkpueketealagba
fll/direJdemain/mainlil/futureAaver/durcir~
--.11.p,,ouequejelelaver.ilecaleçonlelendemainledurcit
Lesujelje,nn'estdoncpassujetd'origine.Onpeulfairelesobservalioos
suivantes •n• apparait comme l'empreinte du sujet parlant dans l'énoncé. Toutefois,
rappelons-le,noireapprochedel'énoncéproverbials'inscrildarislepostulatselon
lequetl'énonciaüonestunacted'interlocutionquiinsttuedansl'actedela
communication deux pôles nécessaires: le pôle émetteur et le pôle destinataire.
Ainsi,danslecas précisdesènoncèsprécitès,l'émetteurnepourraitêtre
quel'ènonciateurproverbial,c'est-à-direceluiquialaparoleetquiènoncele
provertiee\ledestinataire(celuiquireçoitleprovetbe)seralerécepteur.
Logiquement le n (jede !'émetteur) qui renvoie parfois au sujeténoociateur,
pafoisàe,ilsevidedesasubstanceselondeuxma,ières

Soit il s'abseflte. Dans ce cas d'espèce n, je n'existe que pour la forme


lln'existepaspourunepersonneprédétemiinêemaisseulementpour
celuiquiestconcemêparcettecsituationp(éciset,cequiestmiseen
exergue parle proverbe:

iJ1imi l)QlmmO n lu kptl e kete alagba.


Soit il s'allège au point de devenl" ftottariL comme emporté par l'activité
énonciative.Len del'émetteurda,scecasd'espécenerenvoieplusau
sujet-Originel(So).Enrêalrlé,iln'estqœlesinu\acre,Ca""celuiquichoisil:
de dire n n'est précisément pas ce n mais un autre. Oanscecas,I
s'agitd'unproposrappol'\èdugenre

bewi: 1.J,imi l)glmniln lu kptl eketealagba.


/on/oireJdemaiMTléÜl/lU/futuritwerldurcir/caeçon/
--+Mettreàdemaindurcitleraeçon
Le n,jen'estdonc pasl'énonciateur, il est seulement une trace. C'est le
destinatairequireprèsentelen.
Benveniste(1966)13remarquequ'onappe!lesooventnon-personnecette
traditionnelle troisième œsœme. de maniéra à souligner qu'elle se troove dans une
toutautresphèrequelecoupleje{tu,lescoênolltiateurs.n,jedéictique,pa1icipede
lanaturedesindexencesensqu'ilsedésignedefaçonpa1iculièrequ'enp<éseoce
d'unréféren1
Entre n,;eet un individu qoolconque parlant de lui-même à un momen1
déterminé,larelationestunerelationdefait:la~ationrésultantdecequecet
individu prononce le mot n, je. Ainsi, les dèictiques fonl pare de ce que Jakobson
appelle des • structures doubles ,. Ils combinent deux fonctions. Ce son1 des
symboles-index.

Résistant à l'illusion référentielle, refus de la plénitude du sujet, l'énoncé


proveri:lialtendàdevenirunénoncéoùlessujetsnesontqu'apparents.
Il se désigne comme acte d'éooœiation et par là rend présente l'instance
énonciatrice. Pour lrigaray, • Le procès d'éooœiation ainsi envisagé sera dècrit
comme une distance ~atve mise par le sujel entre lui-même et cet énoncé. ,114
Dans la situation d'éooœiation, n, je se trouve à une distance maximum de
l'énoncé. En effet n, je considère son énoncé comme partie d'un monde distœt de
lui-même. Il identifie alors le n, je d'énonciation à d'autres n, je diW le temps et
!'espa:eetœtteiden!ificationpeutêtrepar1ielleoul0tale.C'estainsiquepour {I
lriga-ay)leje,ntendalorsâdevenirleilformeldel'énoncé.,Ainsiproverbedevienl

ipimieb kpuwaketeialagb,
klemain/illlutur.1averlallerldurc:ir/sonkaleçonl
Demain,laveradurcirasoncaleçon.

Onpeutdoœdire:l'émetteuroul'énonciateurduproverbeest ici relégué


aurangdekx:uteur,c'est-a-diredesimpleinstoocephysique95.Cetteobjectivation

!l5 C.q.iM1~ p.-lot.;iqJln"y11)Mdtc!loocp.-lo114M~ d"onfepn«r41i1uti!


(- ~ dtr"""""'J:llsitulliond"llnonciali<wltepn..,bloclopr<d,l;t1lln'f•i»>
del'énonciateursemanifested'unc:6tépa-lavaleurdetémoignage(œluiquiénonce
leproverbesai1qu'iln'arieninventé.llnefaitqueprononcerla,sagessedesnations

L'énonciation, selon le mot de Benveniste (1974) neserédui1 pas à une


simple transmission d'information, mais implique, entre autres, de la pat du
locuteurunecertainemanièredep(èsenterlecontenudesonénoncè.Pa-contre,
toutlocuteurBaoolèsaitqu'ilnefaitqueleprononcerdansunesituationprècise
quicadreavecsespropos;Maingueneau(1987:125)soutientque«L'ènonciation
proverbialeaussisupposeuneruptureentreletexteetsooènoociation:dans(lou\
proverbe),onpeutpaieJ,d'auto-repèragedel'énoncèparrapportàlui-même 1.

1.1.3 Sujet énonciateur et discours rapporté

Lestra:esdepersonnesétantmatèrialiséesdediversesla,onsauseindes
proverbes,ilconvienld'endéduirelesmoclalilésquis'yprêtent.Lesujeténonciateur
quenousavonsappeléèmetteurnesedésignepassujetd'originedel'énonciation
Enréalité,louteparolediteproverbialeadéjàétéprononcéebienavantpa-une
personnetiefce.
Lesènoncésproverbiauxprésententdesmarquesd'uneimplication,d'une
prisedeposilioodukx:uteurdansl'énoncé:c'estcequel'ooappelle«moclalisation

De fait l'attitude du locuteur iece à son éooncé peut évoluer entre deux
p61esselonqu'ils'yimpliqueouqu'ils'endètoche.CesdeuxpôlesselOnBenveniste
{Problèmes de linguistique gènéfale, 1) possèdent deux plais d'ènoociation :
l'ènonciationdediscoursquicorrespoodàladistanceminimaledukx:uleurpar
raplX)(làl'énoncé,etl'ènoncia!ioohistoriquequicorrespondàladistancemaximale.
Apartirdeœcritérede distanciation, on peutcaoctériser les provert>es

dllc,ri-ago.(d.S~ Rct,on,1991)pw-pluldlldolall.
selonleurapparteflanœàl'unoul'ootretyped'énonciation.
Ainsi,danslecasprécisdesénoncésreœnsèsenannexes,l'émetteurest
bien celui qui emploie le proverbe en tant qu'a-gument coome le dit si bien un
proverbeyorubacitéparKouadioYoo(op.cilp.328)1leproverbeestlechevalde
la parole .... ,
L'émetteur ainsi désignénepourraétresujetd'originecarlasituation
decommunicationtellequereprésentéenedisposed'aucunetraceénonciative
nouspermettantdel'appréhenderdanstoutesadimension.
Ainsi donc, les relations entre les personnes et les circonstances de
l'énoncia!ionpeuventamenerlelocuteuràutiliserdesformesdétournées.Nous
admettrons donc qu'il cons!itue, du point de vue discursif, une e instance
projetée,(Kouamé,op.cit.p265).Cesénoncéssontconçusparunepersonne
ouungroupedepersonnesetilssontrévélateursd'uneidéologie,d'une
conception du savoir à un moment donné. On reconnaît là un élément de la
définition de l'énonciation qui, selon (Benveniste, op. cit.1974: 13)est « l'acte
même de produire un énoncé[ ... ] cet acte est le fait du locuteur qui mobilise la
languepoursonproprecompte.•
Ainsi, l'énoncé proverbial apparait comme un discours rapporté sur le
modèle : X wi { }, où X désigne cette instance projetée et wa direN, Signifiant
déclarer, décréter, décider, proclamer etc ... Comme le souligne Kouamé {idem
cit.P.266).
Toujours selon ce même auteur I Dans de tels discours, (cet élément)
constitue la source énonciative véritable et permet à celui qui l'énonce de
légitimer son message. • {ibidem, cil. P. 266). On l'utilise pour soutenir un
proverbe ou donner plus d'argument à ses propos. Dés lors on comprend
pourquoi cette expression est productive. Les exemples suivants permettent

as OUpoin1<1o-... œ r.....,...- ,N n'...ipu ..,Y1111>1,"""""' l ionlltracu 1. ,ffançù PI'"•'*-•


cl. Cniisselat ~ouado.~ .cit. p. 160.
d'éclairer nos propos·

sn wa st n pin lo p.l ovje (a)


/verdeterreldire/QueJje/gréWldir/je/vëis/gagnerlos/
, Le ver de tefl'e avooe qu'il aira un squelette lornqu'il sera grard. •
Certainssouhatsnepeuventjan;jsseréaiser.

gboldewa eft nti bedi bejinv:n kploase (Il)


/sourisklirelsa'douœur/élrek:>n/rM'lglonf,eler+MJ!pe~
clasourisdécia-equec'estpaœqu'eleestdélicieusequefoonejettepas
sa peau quéWld on la mange. •
Laréussiteattireloujotx"slajaoosie
kkw.lsril)glküNiejo'tjaktl)glltr)9tlsa (c)
/crapaldkléclwenhcmneJquilluerocc1ui/illfaire/être/rM/queh.Ji/
co..dlerAui.tonvnel
1Lecrapaudavouequ'festmalxdeletuerquedelefcirecouchersursoo

-
dœ.,
Certans maix jugés an<Xlins sont plus graves que œw: qu'on qualifie de

kondobi wa OIJ91 swawa ti fanüfanO (d)

1
lb ousief/déclwerlbagagelcil<l'{lernel'll être/vériableJ
Le bousiefdédarequ'ityademuttil*:sla:;:onsde l)':lrlerlefaroealJ
llexisteplusieurssortesd'intelligences.•

kondobi wllJWWt s!lli


/OOUSierlproclanernnte1ligerœ.teaucoup/
cletx>usieriro;lcmequel'illelligerœestdivergente.•
klem.

Cesproverbesontpourpremierterrnesoitdesanimauxgbok1e, souris
proverbe(b), kit crapaud, proverbe(c)soildesinsectescommeleprouvenlles
exemplesproverbe(d)et(175),soitdesmollusquesproverbe(a),verdefe1Te.En
rèaitè,ils'agitdepersonnification;onnefaitquecollerdesintenlionsauxaoimaux,
auxinsectesouauxmollUSQues

Enproverbe(a),lesujeténoociateurquiprooonœsrr,verdeterresait
qu'ils'agitdetoutepersonnea'Tlbitieusequiseprojettedansunfutur
radieux;
lesujeténonciateurduprovertie(b)quiemploiegbokle,sourissaitque
œtenneraméneàtoutepersonnequia réLtSSitmaisquiestexposée
àlajalousieouàlasacellerie;
lls'agitenproverbe(c)dechoixentrediffèrentstypesdemal,tandis
qu'enproverbe(d),lesujetènonciateurkondobireprèsentelest~hes
vaiables
Enfin,leproverbe175par1ededifférentstypesd'intelligencese!onles
us et coutumes
Lepointcommunentrecesdiffèrentsproverbesestqu'onrapportela
paroledesanimaux,insectesoumollusquesquinefontquedirequelquechose
d'unesituationvécue.L'instanceprojetée,désignéeiciparlavariationxqui
renvoieà/srU,/gbokle/,/klel,lkondobi/conduisentàunsyntagmedugenre-
xditceci
Lesujeténonciateurestdoncceluiquisecachederriérecette
représentationetquisefaitsymbo!iser. L'énonciateurselon le mot de Patrick
Oendale(2004)estdéfinitcommel'êtredediscourscensé c prendre(ounon)
en charge« un point de vue. 1 li ya,danscecasd'espéceunchangement
d'énoncia1eur dans ce discours rapporté au style direct. L'opération
grammaticale qui nous est soumis est la transformation du discours non
rapportéd'egoenundiscoursrapporté.Ainsi:

Slnpin lop.lovje
/silje/gra-Klir~ gagrerfosl
--Sijegra'ldis,j'amiunsquelette,(discoursx)
Nonrawc,rté{styledirect),devioot:

iwi Sl&Jll e lopl ovje


M/dire/illprog/gagnerlosJ
-+ Il affirme qu'il eea un squelette lorsqu"~ graooira, discour.; rapporté {style
indirocl)deYient.?'l)VerbeSuivait:

srtwi Sl npi nlopl ovje


Lestracesdepersonnelll(iQestremplacépar/srt/etln/Ue). llya
donc une distance normaleenlrel'émetteuretson énoncé dans ces énoncés
proverbiaux. Dans ce cas, l'énoncéreçuparledeslinatairen'estp!usambigU
Celui-ei est mieux disposé à comprendre l'énoncé et son contenu. La
réinterprétation devient en ce moment plus aisée. Des raisons d'ordre
polyphoniquee11inguistiquesur!esquellessontfondéeslavaleurdevéritéde
ce type d'énoncé rapporté implique une analyse beaucoup plus pertinente
Ainsi,ondistinguedeuxdiscours:

Lediscominitial
-~ y

Oral,conversationdirecte
Message1:Slnpinlopiovje(!JOIX)Sdesn,Wlt"deleml).
/sL/je/graidirf.ie/avoir/gagner/os/
-- S.jegraldisjepossécleraidesos

2) Lediscours,rapJX)(1an1,
y--~,

Oral:conversationdirecte.
Message1

xwà uepiebpàovje
/x/direlsL'il/grandir~Llproiga;nerlosl
-xavooesijegrandijepo.sséderaidesos.
En1,Koli,leklcutetJrdltquekluechoseàkouadio.
En 2, Kooaôio le destinëtaire est devenu locuteur et informe le nouveau
destinàaire,KooanparexetTl)le
• de l'existence d'un messa;e de Kofi, u n pin kJ pl ovje et de la
naturede ce messa;e (J)Ollr me dire).
Nous rappelons que tout acte d'énonciation comporte les paramètres
suivantsquiconditionnentlaforrnedel'énoncé:
Lelocuteur(œluiquiproduitl'énoncè);
Ledeslinataire(celuiauqu~s'adressel'énoocé);
Lecode(latariguedanslaquellel'ènoncèestformulé);
lasituation(letempse!lelieudel'ènonciation.
Lorsqu'undiscoursinitialselrouveintégrédansundiscoursrapportant,les
paramètres de l'acte d'énonciation initial sont ITIOOifiés. Ce sont les paramètres
de l'acte d'énonciation rapporta'ltequis'appliquentàl'ensembledefénoocé,y
comprisaodiscoursrapjX)rté. Cela implique certains décalages, qui peuvent
être pus ou rrrins importants selon la distance QlJÎ sépare les paramètres de la
premére énonciation de ceux de la seconde.
11. A U N IV EA U D E LA C O N FIG U R A TIO N
PO LY PH O N IQ U E D E L'Ê N O N C É PR O V E R B IA L
BA O U LÉ

11.1 Définition et analyse des marques poiyphoniques

Lesstratègiesdiscursivesemployéeslttsqu'onulitiseleproverbeetlei.lrs
effets escomptés permettent d'analyser l'emJ*)i des proverbes ccrnme une marque
d'influenœCfédibilisantetlégitimantlediscoursdans un~an polyphonique. la
polyphonie,c'estlapluralitédevoixdansuneproductionlinguistique.Plusieurs
a.i1eursdontMaingueneau(1993JetN01ke(1993)ontpuconfirmercettelhése
On eolend pa-polyphonie, Ioules lessouiœsenonciativesètrangéfes au
proverbe auxquelles fait référence l'énonciateur proverbial et qui s'insèrent
harmonieusement dans son discours sans faire l'objet d'une évaluation négative, voire
d'unediscussionoud'unrejet.Cesformuleslugéequilortiflentleprcwerbesevent
d'argument d'autorité, apportent une doctrine oo des pensées auxquelles adhère
l'auditoire.
BakhHne s'intéresse à la polyphonie comme circulation des discours, d'un
pointdevuequir~iel'obsefvationsociolinguistiqueàl'étudedesdifférentesformes
linguistxiues(genres,styles,constructionslinguisliquesparticulières)qu'emprunte
œttepolyphoniecorchestralet.l'originedecephénomènedoitétrecherchéedans
le cwactère intrinsèqooment dialogique du discours : tout discours éla'lt adressé, il
porteenlui,sousdifférentesfomles,lesmarquesdeœtteadresse,ducadrequ'elle
sedonne
Lerôledelapolyphonie,chezDucrot,relévedavantagedudispositif
théorique:lapolyphonieestconsti1Utifdel'énonciationentantqoecetle-ciestinscrite
dans la langue ;c'estlaconnêissanœdelalanguequi estleœntred'intéfét etle
recoursàlanotiondepolyphonieOOtpermettred'ex~iquerdesdonnéesdetangue.
En effet. dans les énonces proverbaux, puseurs •voix, se font entendre
simultaiément Ainsi donc, elle ouvre la voie à une analyse à la fois intertextuelle ou
transtextuelleetàcequecertainsqualifientd'hétèrogénértélinguislique.
Se1onPr8te(2005:6),lathéoriedel'hétèrogènéitéènoociativetelleélaborée
pa- Authier-Revuz suppose que, 1 tout discours est constituvement hétérogéne à
crusedelaprésenœdediscours1autres,,c'est-à-direquerinterôiscoursautantque
le dia<>Qisme au sens balctinien rendent COIT'()te de la prcxluction de discours. 111

C.ela dit même si tou1 récil et toute a-gumeotation Ofdinaire constituent


toujours des paroles singulières èmsesen situatioo. Nous vooons ~moins, dais
l'optique!X)lyphoniquequiestlanotre,voi"maintenants'iln'existepas,enlamatiére,
certainesrégulaités susœptiblesdecorrespondreàquelques styles argumentatifs
ptusgénéraux,ptuscrèdibilisants
S'a'jssant du discours proverbial, il est d'une hélérogénèité constitutive
im~ pbble.
Acetitre,lelocuteurquiemploieunpvbs'attéleraàutiliserunmélangede
dema(cherationneUeetdeprocessusd'influence.Unechoseestdesotliciterle
raisonnement, une autre d'exercer des pressions, voira de manipuler oo d'intin»ôer
soninterloc:uteur.
Oléroo {1983: 83) souteot que , Souvent, l'a-gumenta!ion cherche à
construire, elle lai1 alors appel à la logique à la démonstration, à l'explication : elle se
veut crédible et cohérente. tM C'est en cela que l'a-gumentation proverbiale se
crédit:Mliseavecdesexpressionstellesque:

njawi/wtn Monsieurdi1

rll (C)l'REITE,,M liyoldor«gori- - dol- dollCŒndoju:llic:e ll'1>- do!)IWl'iinl


lnsWa dol.,,,,.,,.... Ol.ltJlflOl'N l1.f'llil.Ccnla.n"opôciai,:cokq.,oN 'LS,2005,P.6.
lrroosieur/dire/
ninibelmewi/wtn Lessagesdisent.
PROVERBE
lsages/ilsi<!ire/
lqnnbelmewi/wtn LesHomrnesàgésdisent.
/vieux/ils/dire/
Cesformulessous-entendentquel'onrapporteunpropos.Leproverbenese
consoliôe que lorsqu'~ se réfère à une fol'TTl.lle figée et citée corrme appui, comme
preuve.Cesformulesstèréolypéessontsûesdetousetutilisèesix,orsedonnerune
protectio n, se mettreà!'abideladisgressioo,êtreansi protégé pwlessages en
mèritait leur confiance. Cela se véfifie dans les àtalions de proverbe, de dictons
poptJlaires, d'anecdotes, de contes comme éléments lègitiments poo- soutenir un
propos,unpointdevueouix,orrefuterunethèse,unerègle,etc ...
Ce sont des énoncés complets, destinés à la ré-appropriation au cours de
situatonsénonciativesquirégulentlaviedesindivid us.Lesproverbesontix,or
fonction de modifier \a relation sémanliQue construite dans reeoece discursif, en y
apportantdesconnassancesquiproviennentdess.woirsencydopéchquestelsqu'ils
sesontsédimentèsdanslacorrmunautéaufildesâges.
Dans ce type de schéma (cf. plus haut), on peul soutenir que le locuteur,
personnesubjectives'effacedevantlapersonnenon-subjective,instarœsupérieure
Cequisevèrifieàtraversleproverbesuivan!:

(X1) Ul)Qaleburo'tsi
/panthère/pe~te/crandre+nég/père/
e Lapefile penthêœ re crantpes sœ pèœ..e
Lacohabitationeffa:elesgeonesdelacrante.
Pourdonnerpu5decontena"œàœproverbe,oos'attéleraè~ la
bnruesùvante:
njawi/wtn•X1
Dans une situation d'emploi, par exempte, un sage s'exprimait en œs
termes:
c nini lwajo eni wa gbifttn kii beli kptu ndt.nuagwa n k.lpt I wa'n
kl.jtbjlkptngbtnkiifitelibesu.iwi:
wawlebebupidn beselu: kil)galeba sro'tli •
e Le chef de vi/JageKooadioetson filsainésontentrainde se disputer.
Quand le roi parle, son fils réplique. Ainsi. un sage les vit. //dit :les Baoulé on/161
prol'8/be qui stipule que: la petite panthére ne aaint pas son père•
llyalapréseoœd'un je quicite{je,lelocuteur)quisereféreànja,monsietJr
ouà8aJulé:ilyadoncpolyphonie.Ledireprovemial,pourciterRodegem(1985:76)
est c un agir sur puisqu'H erecte l'llorrune de sa propre IX)Sition en le domptant
psychologiquement. 1

A cet effet, l'ènonciation proverbiale étant pakis objet de débat tendancieux


foooésueleccmbatdes~umentsquientrentencolision,encoolrontation,ilserait
utilepourlelocuteurdechercheràsefairerallier.Lelocuteurjouedonc,ilconvientde
le dire, sa crédibilité à travers l'utilisation de l'expression rituelle de rèféranœ nja
monsietJrquiluipermetd'évilertouteattaiue. C'estdoncuneformuledeprotectionet
desécuritéloogagère
Ainsi donc, en s'effaçant pour faire fusion, blocavecnja, monsieur, H rejette
touteres!X)nsabilité:cequ'Hdi1nerengagepointpuisqu'ilsereféreàuneinslalce
supérieure. Ses propos donc, ses a:1es a:comptis ne viennent plus de lui.même !MS

ptutôtviennentd'unepersonnenonsubjective,transcendantaje,unepersonne
supérieure qui le couvre et au nomdela:iuelleila plusdepersoonalitéetagitparla
parole proverbiale
Laséductionqu'apportelerecoursauproverbeagrémentédeformulesf,gée
parl'énonciateurproverbialBaoulèpouvoirquiséduitEneflet,l'esprildel'auditeur
estséduitparleplaisirqueluifoumitl'écouted'uncénoocésavanl1.llseretrouve
ainsidanslecerdediscursifdel'énonciateurproverbal,puisquecoovaincu,e!
œveneoteœtscoccreëce.
nja,monsie!l"unemarqued'adhésionaudiscours
Losqu'un locuteur emploie nja Xn, monsieur Xn, il vise à créer une
fusionentrelui,jelocuteurdel'énoncialionavecceréférérituet
JXlp<Jlaire.Ainsi,le,elocuteurétablitl'unanimiléautourdesesdires
Néanm6nspournégocierl'adhésiondel'inter1ocuteuràsesdires,le
locuteuravaitlalX)SSibilitédeseréféreraupronomindéfinimeibe,on.
Maisdufaitdesavaleurindéfinietdesonflourélérentiet,ilarecour1à
d'autres expressions plus crédibles.
Q-<lessous,quelquesdonnésquimilitentcontrelechoixdeme/be,on
• Le locuteur choisit me/be, on à la place de nja Xn, monsie!I" Xn
Danscecasd'espéce,lastructuredel'éoonciaOOllprovertlialeseprésenle
comme suit
me/bewi/wtn .•. {Proverbe}
bewilwt:ndwoblu,belu:'tblu
/on/dire/tgmme/dix/on/compter•llég/dix/
On ne comp1e pas dix fois dix ignames
Ce qui est établi comme vérité est indélébile
Or,dansl'entendementduBaoulébewilwtn,onditestemployèpa-œlui
qui tient des propos mensoogés. A ce sujet, ses dires n'ont aucune valeur ce be
wilwtn,onditnerenvoieàaucuneréféfenceréelle.C'estcequiestll"isenéviôence
encestermes:

a fa be/me wl a ki ndt ato ka W.l nwi


/lu/prendre/orJdire/luJdireJaffaire/mensonge/rester/tMM:luchel
1Situemploiesoodit,lemensongeresteracolléà1abouche.,
Les propos tenus par celui qui emploie "on dit" soot entachés de
mensonges
On ne peut pas se méfier de quelque chose qu'on côtoe coura,vnent.
Dans cette patie, notre objectif sera de mettre en exergue les outils d'analyse
:locuteur,énoociateur,doubleéoonciationnotammentQavoixdeœluiquiàutiliséet
œlt.i qui remploie). On teotera également de p!OIX)Ser des descriptions ~nguistiques
finesdema"Queursdialogiquesfldyphoniques;et,d'êtudierlafa;ondontlesgenres
dudiscoursetlesdiscourssontstructurésauregardderhétérogénéitéènonciative.
On retiendra que dans loul proverbe, il existe un dialogue interne. Ce
dia'°'3ueest définiparlaph.ralilédesvoixàl'intérieurdel'énoncéqUaboutit
nècessaireàl'intertextualité

11.2 Le proverbe perçu comme intertexte

Le proverbe pris sous cet angle ifustre le rapport implicile entre


l'intertextualité,rhétérooQieetl'hétérogéfléitéénonciative.Enfaisaitrecoursaurrot
de (Maingueneau, 1993: 154) qui définitl'intertextualilé comme• Présence effective
d'un lexte dans un autre•, l'intertextualité i~ustrée ici par chaque énoncé proverbial,
estunealtéfitéma"Quéeouroontrée;
LaconfiguralionduproverbeestconstruiteparlelocuteuretsecomJX)Sede
quatreéléments,àsavoirlelocuteurlli-mêmeettroistypesd'entitésconstruitespar
celui-0.llfautcomprendred'embléecertainesnotions:
Lelocuteur(L):LelocutetJrentantqueconstructetJr(mêmesiici,iln'a
pas construit de proverbe, il ne fait que le proooncé) assume la
responsabilitèdel'énoociation.
Le locuteurconstruftlesélémentsdontsecomJX)Selaconfiguration
IX)lyphonique(correspoodentprobablementaulocuteur(1outcourt)
chezDucrot.)).AinsisinousprenonsleJ)fOvelbesuivant,ondistingue·
nti11gonsaci'atro
/je/êtrelhuite/je/gàter+néglsauœ/
,Jesuisl'huile,jenepeuxendoomagerlasauce,
Laoonfigurationpolyphoniqueestconstruiteautourdevoixplurielles
quisechevochen\.llyaleje,n,c'est·à-Oireceluiquiuflliseleproverbe
; il y a égaemeflt ceux qui pensent être dans cette position.
Lespointsdevuesontdesentitéssèmantiquesporteusesd'unesourœ
(vaiables)quel'onveutfaireadmettre.(Lessourœscooespondentaux
ènonciateurs de Ducrot.). On range ce phènornèlle dans le cadre de la
polyphonie parce qu'on peul illa'yser ce type d'énonciation comme une
sortedemiseenscèneparlaquellel'ènonciateurfaitentendreparsa
tx>ucheunpef'SOnnagequipa1eraitséfieusementetdontilsedistancie,
par le ton et la mimique, au moment même où il lui donne la parole
Endisant:

srtfwtdimikol)goja
/peureux/manger+flég/bubaie/pattel
• Le peureux ne peut consommer la patte du bubale. ,

Le peureux ne peut consommer la patte du bubale, à propos d'un JX)ltron,


l'énonciateurattribuelaresponsabilitédecetteparoledèpla::éeàunautre,qu'ffmet
enscènedanssonénonciation.llses.isidecetènoncéqu'iladresseàfinterlocuteur
(ce demier se seü corœmè)
lls'agild'unènoncéironique.Mangueneau(op.citp153)slipuleàseproposque:•
Dans le cas d'une énonciation proverbiale ironique, ondevraitainsidistinguertrois
VOÎX.J

Lavoixanonymedu• on ,delasagessedes nations;ici,srdwtqui


estadresséàtouslespeureux
Celle d'un personnage ridicule qui dirait sérieusement le proverbe:
Celle de l'ènonci1eurqui met en scénedans sa proprepërole la voix
précédentedontilsedistancie.
Ainsi.dans
btlizlfamafamalizlb.f:
lgauche/laverldroiteldroite/laverlgauche/
• Lesdeuxmainsselaventréciproquement,
On voit un éoonciateur qui dans sa prop-e vcix lait entendre, ëNeC un ton
ca-a::léristique, la voix d'un autre qui est posé carme resccœeoe de l'énoncé. Dais
lecasdeœpro'lllfbe,«l'autre,es\uneinslalcevaloriséedontseréclarne
indirectement!'énoncia\eur.
L'éoonciateurpeutêtresourcedesrepèragesdelasituationd'éoonciation.
Ceasevcitpa-exempleauni'fflal.ldudiscoorsrapponé.Eneffet,quandonrapporte
au discours direct les propos de quelqu'un, on ne se pose pas comme responsable
des propos que l'on avance, ni comme le point de repère (Po) de leur aocrage dans
la situation d'énonciation.
Leproverhe,c'estavanttoutledired'unetie«:epersonnequiatraversêle
temps el qui résiste au 1emp.s. Il a été véhiculé de « bouche à oreille •. de ,
générationengênération•

Jlldratibjlvjekliind[
/proverbe/êtreJmonsieur/aussi/ve<itre/propos/
cleproverben'estqueleproposdequelqu'un.•
Entantquetel,leproverbedanscettelanguedet'oramêestdrt•culturaliste
1.Eneffet,ayantunrapportaveclaculture,lemilieuambiantdeslocuteurs,ildevient
sourcedejustilicationdesdiresdeslocuteursdelaléWlQue.C'estcequiillustrele
rapportimpliciteentrel'intertextuali1ê,l'hé1érologieetl'hètêrogénêitêênoociative.
Définie généralement comme « Présence effective d'un tex1e dans un autre
•(Maingueneau,op.ci!:154),l'intertextualitémiseenexergueparlesênoncès
provesbiaux baoulé, est une altération marquée ou montrée ; elle se présente comme
une conception du moode (propre au peuple ba:>ulê) dans une ênonciaCion et se
lrOl.lvedansunerelationlogiquedecauseàeffetavecl'hètérologie.L'intertextualité
estaussiobsffiêedanslapolyphonieprovesbialeetlediscoursrapportê.
11.3 La polyphonie proverbiale et discours rapporté

Nousan;iysonslediscoursraplX)l'té.Eneffet,leprove<beJX>,Seleprobléme
de l'insertion d'ure situation d'énonciation dans ure autre. Comme chaque unité
discursiven'a,pardéfinilion,qu'unseulsujetd'éflOncialion,ilseraquestiondevoir
la possibilité que la langue confère lorSQu'elle inscfit plusieurs• voix• dans la même
énonciation.
Précédemment (cf analyse de n, je), nous avons implicitement admis que
le•sujetpar1ant•estunique,c'est-a-direquecha:iueénoncéproverbialnepeut
étrerapportéqu'àunseulauteur,identiqueaulocuteur,celuiquidit,n,(ie)esten
effet responsable dece quüènœce.
C'est d'ailleurs cette thèse que Ducrot met en cause pour rel'\dre comp1e de
certains faits énonciatifs. Pourcetauteureneffet• ilyapolyptioniequandon peut
dislinguerdansuooénoncialiondeuxtypesdepersonnage,lesènonciateursetles
locuteurs••. Onpeutd'ailletJrsavecDucrotdistinguerl'unicitédusujet:
Cettedislinctionsefaitàpartirdurromentoùl'énonciateurappuiesapa-ole
sur celle d'un autre. Le sujet pa1an~ en effet à son raisonnement; mais il s'appuie
sur un proverbe (produ~de la memoire collective) pour étayer ses dires. On distingue

lesujetpa1anlphysique(sansintérêlpourl'anatyselinguistique),
le locuteur (objet linguistique). On pourrait se dema'lder
éventuellement comment la polyphonie se manifeste--elle dans un tel
discours.

11.3.1 Le dispositif d'énonciation

KouadioYao (op. cit.p. 119-216) a fait une classification des proverbes


baoulé en trois types.

•OOCROTOtnld,~ Cil.P.«.
lesprovertlesdeconstatation:
les proverbes logiques;
et les proverbes moraux.
Cetteclassificalions'avérefondéecarenréalité,el\epermetd'avoirunevue
d'esl)fitsur\erolejouèparlesproverbesdanslacommunica!ion.Parcontre,onne
peul dasser valablement les proverbes selon nous sais prendre appui sur leurs
valeurssèmantiques.Enconsidérantcetaspec1,nouspouvonsregrouperlesdew:
premierstypescarilexisteunepossibilitédelesadditionnerpourenfaireuneunité.
Pour nous, il faut regrouper les provefbes baoulé selon deux types à savoir: le
proverbeàunéfloncéetceluiàdew:énoncés:
Le premier type admet pour caroctéristique de communiquer un message à
traversunephrase,uneinterrogation,uneintefjection,uneobsefvationdelanature.
IIC01Tespondàladéfinitionduproverbequedonnelelarousse(2000),c'est-à-dire
un I court énoncé exl)fimant un conseil populaire, une vérité de bon sens ou
d'expérience ... ,,comrrec'estlecasaveclesexemples:

Maj:,11 wisajak l1'a d:,


lécureuiVavouerlprobléme/malheureux/avoir + nég/heure/
cl"ècureuilavouequelemalheurn'apasdepèriode.,
Dansl'existencehumaine,lesembùchesviennentsarislrierdepèriode

(w) an vje nn,n mgboko


/jour/aussiNic11de/beaucoup/
,Unjour,ilyauraassezdeviandedanslasauœ.,

Onpeutsongeràunlendemainmeilleur(nécessitéd'espéf'erquandtonvit).
Lesecondtype,pluscourantestceluiquiretiendra pourbiendescas
notreattention.Eneffet,leproverbedecetypefonctionnedefaçoninterac!ive,
selon une modalité d'action-réaction. Ce type de proverbe donne lieu à une
véritable mise en scène au cours de la conversation comme dans le proverbe (v)
ci-dessus.

11.3.2 la polyphonie dans la langue baoulé: la diversité des


instances : sujet, locuteur, énonciateur.

Un locuteurAci1elepremierénoncé,laissantlesoin à son interlocuteur


B, censé connaître le proverbe, de le compléter explicitement ou mentalement.
Deuxpossibilitésseprésententàce!effet ·
Oul'interlocuteurconnaîtleproverbeetdooscecas,réptiquepa'"le
deuxièmeéfloncé,cequiapourconséql.leflœdeclôturerlasessio ndu
proverbee!decfaireavancerledébat1entrelesinterlocuteurs;
Ou l'interlocu\eurdécèleuneintenlionourepèreunintéfét, retrace le
cheminemef11 d'une pensée, démasque le sens et saisi l'essentiel.
(647}locuteurA:

jomlo je ft sal]gE ni kb fatami


/xylophone/être/agréable/maisftui/village/aller+nég/
clexylophoneestagréable,maisilneconvientpasauvillage.,

LocuteurB:«nzutitakwlabunsupidra:i,
/pourquoi/étre/que/tu/casser/moi/sur/proverbe/
Etpourquoiutilises-tuleproverbe?
LocuteurAquiexpliquelechoixdesonproverbeaffirmeaulocuteurB·
cllfautunendroitpourchaquechose.Tuneméritespasd'êtredoosce
village,
Ainsi donc, comme nous venons de le vcir, au niveau de !'émission, chaque
proverbeestlefruild'unlravailàlafoisindividuetetcotlectif.
Travail individuel, ClY, quand bien même les proverbes sont censés être
lavoixdel'èoonciateur(locuteurA,une(ouplusieurs)autre(s)voix(locuteurBpar
exemple). Ce qui exige de nous une analyse de 1a structure polyphonique des
ènoncésproverbiauxproduits.Bieriavan\tout,prèciSOflsquelaScapoline est une
lhèorieènonciative,sèmantique,discursive,structuralisteetinstructionnelle.
Lastructurepolyphoniquedel'ènoncéproverbiatquisesitueauniveaude
lalé:flguedonnedesinstructionsretativesàl'interprétation.Auniveauinter<Etionnet,
eritrediffèrantslocuteursc.ommuniqucW1tsapparaitlaconfigurationpolyphonique.
En général, l'individu qui prononce le proverbe et qui se manifeste comme
cje•dcW1sl'éfloncéestaussicetuiquiprendencflargeceténoncé.Cettenotionde
cpriseencharge•associedeuxtypesd'opérations:
Etreàlasourcederepéragesénol'lciatifs,ancrerl'énoocèdansla
situation d'énonciation:
Se poser en responsable de l'acte de parole accompli (assertion,
requéte,Ofdre,question,etc ... ).
Direunprovert>eparexemple:

be mjlmjl kini e bu su e wuml


/on/panser/plaie/sa-'ctoûte/elleJguèrir+négl
claplaiequiestsoignèeavecsacroûtenepeutsecicatriser.•
Ondoitattaquerlematparlaracine.

lci!'ènonciateurenprononçantceproverbefaitentendreàtraverssapropre
voixuneautrevoix,cetledeclasagessedesnations,àlaquelleonattribuela
respoosabilitédel'énoncé.l'éflonciateurn'expliquepaslasourcedeceténoncé·
c'est au co-énonciateur d'identifier le proverbe comme tel.
Ens'apJXJYantàlafoissur~propriétèslinguistiquesdel'énoncèetsursa
mémoire:
Sursamémoireparcequeleproverbeappartientàunstockd'énoncés
connus comme tels par l'ensemble des usagers de la langue. On est
œnsélesconnaîtreaumêmetitrequelelexiquedelalangueoules
autresformesbrèvesdela!ittératureorale;
Surlespropriétèslinguistiquesca-leproverbeestsoumisâœrtaines
contraintesquilestabilisentetfacilitentsamémorisation.
Ainsi, poor un proverbe comme:

lnùml faa aja waka wu(i)


loiseai/prendre+suffnég/coiéte/artire/dlté/
• L'oiseaunesefà:hepascontrel'art>re.,
Onnepeutpasseséparerdesafamille.

On prop:,sele~ ed'interprétation suivante


Lesinstruclionscontenuesdanslasignmcation:
Dans l'oiseau ne se 1actie pas contre l'arbre, il y a l'idée de l'impossibilité
de se ïëcter contre l'a'bre. Cette idée est celle qui motive l'emploi du
proverbe,c'estellequiconstituelasourcesémantiqueprincipaledu
locuteurquiuti\iseleproverbe
Lesrelationsentreoiseaieta'bresontd'ordredépendantEneffet
celui- ci se nourrit (l'oiseai) des fruits de l'arbre. C'est également l'a'bre
quil'abrite(ilfai1SOflnidsurlesbrancllesdel'artire). Le feuillage le
protègecontretoutesin1empéries(ven\,pluie,soleil).
Le co (n) texte en permet la saturation qui, elle, fait partie de
l'interprétation
Les stratégies interprétatives régissent la saturation el parlalt
l'interprétation(dans leslimitespermisespa-lesinstructionsposées
parla signification).
Ainsi,sionditleproverbe(i),l'onpeutsongeroufaireallusionàquelqu'un
d'incontournable(arbre)quiatouslesmoyensetunautrequi ne peut vivre sans
le premier. Un tel proverbe conduit à comprendre qu'on peut, quand on vit
ensemble avoir des frcenpéhenscns avec un proche. Mais il ne faut jamais
omettrelavoiedelaréconciliation
llyador.c~locuteurquiditleproverbed'unepa1etd'autre~récepteur
duproverbequileréceplionneetenfaitsien.lls'appuiesurleproverbepourfaire
entrerunestua\ionparticuliéredansuncadregénéralpréétablienlaissantauco-
énonciateurlesoindedéterminerlarelalionentrelesdeux.Ainsiceproverbeest
conventionnellement associé la si1ua\ion dans laquelle c il faut enecue e mal pw
la racine.,. Celaestconnudetoutlemonde. llyador.cplusieursinterprétaions
relatives au proverbe. A partir de ce moment, chacun s'approprie le proverbe. Il
existedoncplusieursvoixquis'interpénétrent

11.3.3 Les différentes manifestations de la polyphonie dans


le discours proverbial baoulé

Laplupa1desmanisfeslationsdelapolyphoniedanslediscoursestliée
àlacombinaisondeplusieursfacteurs,linguistiquesetpragmatquesplusoumoins
étroitement rattachés (Rubattel; Verschueren). La polyphonie dans ~ discours est
fonction de quatre manifestations qui se décrivent comme suit:
Laprésencedesêtresdicursifsdaisleproverbe
Lesêtresdiscursifssontdescpersonneslinguistiques,présentesdans
lediscoursoccasionnéparleproverbe.Ainsi,lofSd'undébat,sil'onéoonceun
proverbe,nouspouvonsfaireallusionàtroispersonnesauniveaudediscours.Ce
sont·
Le locuteur: C'es!lelocuteurouémetteurde l'énoncé, (lo). llaun point
de vue qu'il veut faire pao1ager. Ce point de vue porte sa maque sémantique (celle
du locuteur).
l'allocutaire:C'estl'alloculairede!'énoncé,(ao).C'estàluiqu'estadressé
leproverbe,ma5,iln'estpassuietpassifdef'énoncé. llasaversionsémantique
qu'il suggère à l'assemblée
Lestiers:
c.esontlestiersindividuels.!lssontdedeuxordres
• Lestiersindividuels:prèsentsl~del'èmissionduproverbe.llpeu!
s'agir par exempte de toute l'assembtée (lors d'un ju9emenl) ;
•Lestie<scollectils:C'es!-à-direlesindividushètèrogènes
Exemple:On(be)(desindividusqu'onneveutpasdèsi9ner)

begwatronünjibeiml
/onlmettre/sauce/dans/selon/enlever+suffnègl
,Onnepeutex!raireleselquiaétémisdanslasauce.•
Ou homogènes (d.-is le cedre des lois)

Exempte:befa'abewiibefa'as~ tukpt
/onlprendre•nég!,eur/corps/onlprendre/égâer+suffnèglconscritl
,Onneprendpasprétextedesataillepourju9eruncooscrit •

TootérwJOCéproverbialconduitinèluctablemantàlanoOOOdeprésuppo.sition
Pour Ducrot, la présu~ constitue un processus qui p(ésenledeuxénonciateurs,
E,et&,lepœmierétantrespr:t1Sëtiedulrlsupposéetleseool'ld,dulX)Sé;&serait
assirriléau • locuteur •et E, àon, 1'0pflioncommune.

Ainsi dans proverbe suivant, u nvje b b:,lt gwarnl


/si/eaultomberlrosèe/verser•suffnégl
•S'ilpleut,laroséenepeuttomber.•(Prèsupposé)
llfautdistinguerleperaonnagedel'•énonciateur1quisoutient:

nvje brnl b:,lt gwa


/eaultomber+suffnéglrosèe/verserl
•.•• c·est-à-direc Larosèe\ombequandilnepleutpas•(Vrai)(Posé).
A~oiron,œ!uiquiS01Jtientqu'àprésent:
• b:ilt gwaml nvje ma si b n ti. •
/rosée/lombef+suffnèg/pluie/qui/prog..iomberlpourquoi/
-....C'est-à-dire,Larosèenetombepascarilpleut. ,(Vrai)

•lci,l'énonciateurcoincideavecleclocuteur•.Siloutlocuteurest
énonciateur,enrevanche,touténonciateurn'estpaslocuteur.(On
peut,sa-isêtrebaouléénoncerdesprovertiesbaoulé).

Poussée à son terme, la disjonction locuteur/ énoociateur (cf. Ducrot


1989),surlabasedeladissociationentrea:::tualisationdéictiqueeta:::tualisation
modale (!a première rapportée au locuteur, la seconde à l'énonciateur), explique
que, si un énoncé n'a qu'un centre déictique, il peut en revanche comporter
plusieurs centres modaux
Cette disjonction entre en jeu dans les postures èroocetves qui
cara:::térisentlesretatonsentreénonciateurstetlesqu'etlessenouentautourde
l'expression des points de vue, indépendamment des relations horizontales ou
verticales entre locuteurs

Rubattet propose de définir !a eo-ènoncialion conrœ e La co-construction


par les eo-ènonciateurs d'un point de vue qui se donne comme point de vue
commun et partagé la sur-énonciation comme l'expression d'un point de vue
intera:::tionnetlement dominant, surplombant, d'un encrcteteue sur l'autre, et la
sous-énonciation comme l'expression d'un point de vue intera:::tionnetlement
dominé. , Pour unecompréllension plus large, Maiysons les quatre manifestations
dulocuteurdanslediscoursproverbiat
LesquatremMifestationsdulOcuteur
Sinousleprenonsleproverbeci-<lessous
gboldekalfitanîi
/souris/mordre/elle/soofflerldedans/
•lasouristemortensoufflantlablessure.>

Ondistinguelesmanifestationssuivantes:
Le locuteur : C'est lui l'auteur de l'énonciation, perçue comme un
événementhistoriqueassociéàunesituationénonciativeavectou\ce
que cela implique.
L'énonciation proverbiale est perçue à cet effet comme événement
historique dans la mesure où certains proverbes portent les traces de l'histoire et
s'inscriventdansunesituationrésistanteautemps.
'Letocuteurdel'#inoncé,(lo):saseulefonction,c'estd'êtresource
del'énonciation,aumomentprécisdel'énonciation.
Exefll)ledetracelinguistique·

n(1i) jo vje tja n(si)pi vje


/Je/morph.Prog+faire/aussilétre-+suffnèg/Je/morph.prog/gagner/aussi
,Jesuisentraindefaireaussin'estpassynonymed'avoiraussi.>

n,je, lamarquedulocuteurdel'énoncéproverbial. lls'agitd'indicede


personne. Benveniste disfinque e je , et I tu > comme les véritables personnes de
l'énonciationdanslamesureoù ilsseréférentrespectivementàunec réaiitéde
discours,.(1974:252).

lelocuteurOi):L'indicei(étantdifférentdeo)renvoieàl'énoncé
concerné:Laseulefonclionde{li)estcelled'êtreauteurd'uneactivité
énonciative antérieure ou ultérieure
Exemplesdetraceslinguisliques:
njolivjeti'anjlilivjeproverbe5
/Jelfaire+suffocclaussi/être+l'légf,efgagner+suffocclaussil
--.J'aifaitaussin'estpassynonymed'enavoir
Lelocuteur(fi)semanifesteàtraverslesdeuxproposilionsde1'énoncè

njolivje
/JeJfaire+suffocclaussi/
----,J'enaifait
----ollestaussil'auteurd'uneactivitèénoncialiveantèrieure.

ti'a npili vje


/être+ nèg~e/gagne<+suff occlaussi/
--.N'estpasavoiraussi.

Lelocuteurestl'au\eurd'uneactivitéénonciativeultérieure
Le locuteurginérique (Lg): Il est présenté comme ayant tous les
aspects d'une personne complète. li peut« ccnsmne s une image
générale de lui-même ou une image de lui à un autre moment de son
histoire.C'estlecasdesproverbesprèsentéssoosformedeloi
Exemple:
betibenwinvjebetafimi(proverte)
/on/cracher/leurlboucheleau/on/lécher•suffnèg/
«Ouandonacra:::hé,onneseremetpasàlécherceracha1. •

Le pronom be, on est générique. Chacun des interlocuteurs se projette


danslasituationdediscours.lls'auto-envoieœtteidèeducrachat,qui,unefois
sortie de la bouche ne doit plus y retoorner. En d'autres termes« quand l'on
reconnaitsafaute,ilnedoitpluslareprendre.•
Ce type de p<overbeestdonc défini d'ap<és un paramètre personnel (à
savoir le p<onom neutre be, on un paramètre temporel et un paramètre modal et à
pourobjectifdenie<laréaHsationd'unactevirtuel(quiesticiinte<dit.)

11.4 le degré d'intégration linguistique

Au sein d'un segment linguistique portant une voix, il existe des degrés
d'intégrationsyntaxiquevariable.Sinousconsidéronslerapportdediscoursau
style direct, ce discours surgira à l'ensemble de l'auditoire comme effectivement
tenu, ou encore comme expriment la position d'un locuteur à qui on l'attribue, en
l'intégrant syntaxiquement sous la forme d'une pure et sim~e assertion. Ainsi, si
nousconsidèronslep<overbesuivant·

{X1)alowiabopiiti'tewlut11inùklutiJ
/coq/dire/grandeur/être/quelillentrerlpoulailler/danslbaisserlêtrelmorpll
concV
Lecoq dit: 1C'es\poursim~erespectqu'ilbaisselalêleenentrantdans
sonpoulailler.•
L'intégration syn1axique minimale manifeste l'autonomie énoncia1ive
propreaulocuteur"rapporté'. Contrairement,s'agissantdelaprésupposition
sttimlabopltialokcn'tntiase
/silêtre+11églrespecUêtre/coqlbaisser/tête/base/
1Sicen'estpaspartrespect,lecoqnebaisserapaslatête.,

L'intégration syntaxique est maximale, mais aucune trace de


reproduction d'un discours n'y est signalée. Utiliser l'énoncé (X1)' dans une
situationd'énonciationramèneàprésupposer(X1)",c'est-à-direàfaireentendre
unénonciateurquiseraitresponsablede!apositionexpriméeen(X1)"
(Xt)'abtiabopinncn
/coqlêtrelgrandeurlanimall
clecoqestunanimalrespectieux.,

(X}'iti'tluwlulqiniikluli:,
/illêtrelque/quandlentrer/poulaillerrb aisserltê!e/!TlOfph.concV
,Cestpourquoiilbaisselatêteenentrantdanslepoulailler.,

Selon Charolle (1990:16) , l'intégration syntaxique, mais aussi


discursive,engendredesphénomènesdeportéedelapriseenchargedesvoix
présentées. , Ainsi dans (X), la position exprimée par le nom abopa (emprunt
dioula exprimant grandeur, par extention sémantique, respect) peut.il être
attribuéau locu1eurquiprononceleproverbemaisaussiàab,coq.Onpourrait
donc obtenir:

ml akJ mi abopi ti't n wlu n tqi nû n klu n tl nj~


hnoi/coq/malgrandeurlêtrel{lue/keJentrer/monlpoulailler/danslje/baisser/m
altête/morph.Coric:11
, Moicoqc'estpourlerespectquet9baisselalêteenentantdansmon
poulailler.,
Lecoq prend enchargelaresponsabilitéde l'énor;cétandisqu'en(X),
ceténoncéestinterprétableaussibiencommeprisenchargeparleakJ,lecoq
queparle!ocuteurquienrapportelepropos.Encemoment,prêtedesintentions
aucoq.llexistedeuxsourcesdevoixprésentées:ilyadoncpolyphonie.

11.5 Source de voix présentée au sein d'un proverbe

Sinousfaisonscasdudiscoursrapportédirect,lavoixqu'ilfaitentendre
comme celle d'un locuteur,quipeuts'interpréterplusoumoinsexpressément
désigné est celle de la sagesse des nations. Des locuteurs spécialisés comme
selon X, d'après X, pour X, à en croire X, X dit que, etc ... ouvrent des portées
énonciativesspècifièes
A côté du marquage verbal permettant d'identifier !'origine empirique de
la voix, toutes les voix n'ont pas le même statut linguistico-pragmatique, du
discoursprésentécommetenudanslediscoursrapporté,ausimplepointdevue,
dans la présupposition
Ainsidonc,avecleproverl>esuivant:

kondobiw.ir]gwEIEntif1nllf1nü
lbousier/décla-er~ntelligences/anaphléter/diferentes/
«Lebousierdèclarequech<K::unestintelligentdesafaçon.1
llexisleplusieurssortesd'intelligence

Lasourcedevoixprésentèeestcelledubousier.Maisaudelàdubousier,voix
matérialisée,ilyacelledeceluiquiutiliseleproverbepourassouvirsesprojets
argumentatifs.End'autrestermes,lelocuteur-utilisateurduproverl>efaitparler
lebousierpourprendreunedistancemaximumavecsonpropreénoncè
Parailleurs,lavoixpeutêtreassociéeàunetroisiéme personne
grammaticale.on, l>e,maisaussià la deuxième personne, au destinataire du
propos, cas de figure spécifique nommée diaphonie (Roule\). La diaphonie est
l'attribution, plus ou moins légitime, et plus ou moins explicite, de positions au
destina1aired'undisrours

bekümibattiniklü{proverl>en"215)
/on/luernég/enfant/mauvaislsalmèrelvenlre/
,Onnetuepaslemauvaisenfantdansleventredesamére.1
Onnedoitpasempêcherquelqu'undedirecequ'ilpense.

Lesvoixprésentées,on,beelbatt,mawaisenfant
La diaphonie connait les différentes formes et degrés de discours
rappor1és,delarepriseexplicitedeproposeffectivementtenus, que l'on peul
parfaitementcomprendreetfaireaccepterparledestina1aireàquionl'attribue
Ladiphonieauseindesproverbesseprésentesousplusieursformes
Ainsi,ellepeutêtreeffective

wo kplomtn wii sri flrù


/serpenUdépouiller+11égJcorps/homme/présence/
• Le serpent ne se dépouille pas en présence de l'Homme. ,
llyadessecretsqu'onnedoilpasfairesavoir

Les voix présentées, wo I serpent et sri/ Homme défoontrent qu'il s'agit


dediaphonieeffectiveenœsensquecetteassertionestvraie.Leserpentapeur
de l'Homme. Ce qui implique que la présence de œluk:i entraine la fuite du serpent.
Ainsi,ellepeutêtreeffective

ewiekOdtkotwaapitole
mldirefdlchercher/nombrilf1l/avoirlllerniel
cllvoulaitunnombril,ilaobtenuunehemieombilicale.1
llnefau\passesouhaiterlemal.

L'ênonciateur(responsabledel'actedeparole)dontlecje1n'appa-ai\
pas, commeilestderégledanscesgenresd'écrits.Leecrénonciateureste,il.
On mentionne deux situations d'énonciation·
L'énonciateur,celuiquiparle:~buflidra
/qui/énoncer/proverbe/
-+l'énonciateurduproverbe.
Le ecrénollciateur este, il: mii be bu wü fladra
permettantdeprovoqueroud'accroitrel'adhésiondesespritsauxthésesque
l'oo présente à leur assentiment, (cf. Danon Boileau, 1976: J).
Pour Alii et Bouacha (1981 : 4) , Argumenter, c'est chercher non seulement
àconvaincreoupersuadermaisaussiàconstruireuncertainmodedereprésen!alion
visantàagirsurunaOOitoire.1
Lesétresdiscursifs(êd)son!lessourcesdepointsdevueencesens
quechacunpossèdesonar9ument,samaniéredecomprendreunproverbe.Les
sources de poin1 de vue existent égatementcomme des entités sémantiques (Les
êtres discursifs n'existent pas comme élément formel chez Oucrot.)
Liens:Lesliensénonciatifsrelientlesêtresdiscursifsauxpointsde
vue. (Les liens n'existent pas comme élément formel chez Ducrot,
mais sont mentionnés par des termes tels que être associé (identifié
à ... )Dnaboutitàlaformulesuivante:

Fonnegénéraled'unpointdevue
{x] Ougc(p))
Où x symbolise la source, Juge le jugement et p le contenu.

Toutproverbeesttoojoursmarquéparunpointdevuedanslamesureoù
œluiquil'utilisenevisequ'unechose: faire admettre sa vision. Ce point de vue
renvoieàl'expressionlinguistiquedesperœptionssetonlestermesdeGuillemin-
Flescher,laperceptionsuppose·
•Untermerepère,quicoincideavecl'originedelaperception:
•Untermerepéré,quicorrespondaucontexteouàl'élémentperçu;
• Un rereteur qui établit une localisation entre ces deux termes.
(Guil1emin-Flescher, 1964:74)
Sinoussymbolisonsparxletermerepére(=focalisateur,ousujetdela
perception,ouènonciateur),parPletermerepéré(=sensfocaliséouobjetperçu
1 compris) dans une ou plusieurs propositions P, alors la perception renvoie
inéluctablementàlastructure:
X (verbe de perception et I ou de procès mental) P. Ce schéma rend
compte de la prédication d'une perception, mais œn des conditions grâce
auxquellesuneperceptionestreprésentée,danst'élémentP.Laperceptionétant
la vision, la manière individuelle de comprendre ou de saisir le sens d'un
proverbe
Autrement dit, pour un même proverbe, ta manière d'appréhender le
sensvaried'unindividuàl'autre.llexistedonc,dupointdevuesémantiqueune
confusion:Celle.t:ipartdusensréelquedoitavoir\eproverteauxsensadoptés
parleslocuteurs.C'estunetelleconfusionquesemblefaire Van0ijk(1985:2)
lorsqu'ilvoitdans1'analysedudiscoursl'é!udedecl'usagerèeldulangagepar
deslocuteursrèelsdansdessituationsréelles1,oùl'onappréhendecle
discours comme mode d'interaction dans des situations socioculturelles trés
complexes 1. lbidem.cilp. 2
Ladiphooiepeutêtrerestrictive

11jf:tr.>kwt1'1be
/nourriture/charge/èpuisef+flég/onJ
1lorsqu'oochargedelanourritureoones'épuisepas.1

CeluiquilachargequilaporteestsOrderattraperlaforceperdue.
Lesvoixprèsen1ées,aljl:tr:>,be,prouventqu'ils'agitdediaphooie
restrictiveencesensquelavèracitéd'unetelleassertiondépenddupoidsdela
chargedenourritureetaussidelaforcephysiqueduchargeur
Pour un même proverbe e1 pour un même sens, il peut avoir des
variationsparrapportauniveaudelangue.Ainsi:
Avec le proverbe aofwf: swami fwf:n ja
létranger/charger+suffnég/cadavre/pied/peutsignifier:
ChezunlocuteurA:L'étrangernechargepaslespie<lsducadavre.
(Sensadoptè 1).
ChezunlocuteurB:L'étrangerneJ)(endpaslespiedsduca:lavre
(Sensa:lopté2)
ChezunlocuteurC:Lenoninitiénepeutpasconduireoudirigerlecadavre
au cimetière. Gar pour le faire, il faut connaitre les données rituelles,
maitriserlessentiersoupassagesobligatoiresbieflavant
C'estparlespiedsquelesporteursconduisentlecadavreaucimetiéreet
non par la tête. (Sensrèel)
Pourleprovert>e346 bektn',nmil)gltl e tttt?
/onlgriller+suffnéglarachide/elle/crépiterl
Peut signifier:
ChezunlocuteurA' L'arachidepeut-ellecrépitersansêtregrillée?
(Sens adopté1)'
ChezunlocuteurB :l'arachidepeut-elleêtregrilléesanstoutefoisêtre
au feu? (Sens adopté 2)'
Chez un locuteurC': Peut-onconnailrelaréussitesans1'aided'autrui

(Sens réel)'
Ill. A U NIV EA U D E LA C O N FIG U R A TIO N
PR A G M A TIQ U E D E L'É N O N C É PR O V ER B IA L
BA O U LÉ

D'un point de vue général, l'intention de tout locuteur qui emploie un


proverbeestdeconvaincre.lelocuteur-énonciateurduproverbeapportedes
raisons,desjusmications,àl'appuidesesprètentionsàlavaliditèparl'effetde
séduction rhétorique que le proverbe lui octroie. C'est en ce sens quel'èooncé
proverbial s'organise nécessairement autour d'une structure pragmatique qui
déterminesafo<œ•d'expressivitèréférentielle,.Atitred'exemplevoyonsles
difficultèsquesoulèveleproverbesuivant:

bakii1]gbatrabaja(proverben•216)
/enfantlunique/dèpasser/enfants/centl
1L'uniqueenfantaplusdemèritequecentautresenfants.,
Laqualitèestmieuxquelaquantité
Cela renvoie à:
•(xety)(xestunenfanty(lacentained'enfants)-x comparèày--+
x,>y)
Austin (1970 27} s'appuie sur une distinction pamii les énoncés
aff1rmalifs entre ceux qui décrivent le monde et ceux qui a:x omplissenl une action
:lespremierssontditsconstatifs,alorsq1.1elessecondss0fltperformalifs.
Nousclassoosceproverbepél"milesènoncèsconstalifs.Eneffet,ilpeut
recevoir une valeur de vérité: ainsi il est vrai si et seulement si l'unique enfant
possèdep!usdemèrite.Lesvaleursdevéritèattribuèesauxéooncèsconstatifs
dèpendentdesconditionsdesuccèsprimitives.Pourvaliderceproverbe·
L'enfan1enquestiondoitêtreunmodèle;
lldoildonnerenvie;
Avoiruneaisancefinancièrepours'occuperdetoutelafamille
Exemple
Unique enfant issu d'un mariage, Kofi a toujours été premier de sa classe
Contrairement, les enfants de ITIOflS~ur Yao le voisin (une douzaine) ne foutent
rien.C'estdanscecontextequel'onemploieleproverbe.
La comparaison effectuée à l'échelle linéaire porte sur la qualité {de
l'enfantunique)etnonsurlaquantité.Lastructurex(enfantuniq1.1e)>y(centaine
d'enfants)estfausséesil'onsereféreàlatradilionbaouléquiprétendvaloriser
l'espècehumaineetmettrelematérielensecondplan.llestdoncclair;certaines
expressions, en dehors de leur emploi normal peuvent être utilisées dans le
discours. Ce n'est donc pasl' c exsesscn s c ba kungba ,/enfant/unique/qui
apparait dans la vision de celui qui reçoit le message mais bien un mot tou1 à fait
autrequiportesurla1valeur,decetenfantunique.
Ce proverbe repose sur un contexte qui reflète la logique humaine. La
valeurdecentcontrelavaleurd'un,etaussiqu'unseula::quisestmeilleurque
centpossibilités.lasituationèvidentedanslastructurelinguistiqueestqu'unseul
acquisestmieuxquecentperdus
Ducrotcitépa-Cervoni(1992: 119) rejettelaconceptionselonlaquellela
langue sert à la communication au sens étroit du terme, c'est-à-Oire à la
transmissiond'information.Eneffet,leproverbe

me kunmi l)gatt et.Ett?


/on/griller+suff/arachide/elle/crépiter+rédl
c L'arachidepeut-ellevraimentcrépitersansêtregrillée?,
Onnepeutréussirsanslesoutiendesautres.

Poselaquestiondesavoirsil'afochidepeutcrépitersansêtregrillée.Ceténoncé
est un performatifimplici1e où le verbe griller, r kan I n'est pas explicitement
employé:
mekttnngattyttltt:>
/on/griller+acc/arachidelavantlcrépiter+inacc/morph.concl/
•...• Qngrillel'arachideavantqu'ellenecrépite

Lefaitquel'arachidepuissecrépitersafls étregrilléeposeun problème


logiquecariln'yaquelefeuquipuissejouerœrôle.Eneffetbrillantétudiant
ayan!flnisesétudes,lejeuneN'Gorann'aaucunappui.Aprésplusieurs années
sanstravail,ilestauvillage,àlafiséedetou1\emoode.
Dans ce cas d'espèce, le locuteur fait bien autre chose qu'infooner le
destinatairedesondésirdesavoir. C'estplutôtledestinatairequidoitdonnerdes
informationsaukx:uteur.Lelocuteurinstaurepourledestinatairel'obligationde
répondre.llluiassignelerôled'informateur.
C'est en ce sens que (Ducrot, 1980 128) affirmait que, la langue
comporte,àtitreirréductible, toute une panopliederôlesquelelocuteurpeutse
choisir pour lui-même et imposer au destinataire • les pôles de la commun_ication
au cours d'un débat sous l'arbfe à palabre entretiennent un rapport
d'interdépendanœ.Eneffet,unproverteestusuellementemployédansl'objectif
de servir le projetargumentatildeceluiqui l'emploie, de la rendre valide car en
conformitéavecuneinstancesupérieureextérieure:La,sagessepopulaire,.!I
existe une structure pragmatique au sein de l'énoncé proverbial et sa
compréhensiondépendnécessairementd'une,retenlion-cognitive,.
Nous pouvons dire que l'unité proverbiale soumis à notre réflexion, se
construit nécessairement autour de sept séquences prototypiques, à savoir des
séquences de types polyphoniques soutenant l'argumentation et obéissant aux
objectifsrecherchésparlessujets-énonciateurs.Ci-dessousexposées,cessept
péniesséqoontie!les(étiquetèesPn)décélées:
(P1) est inca-né pa- une expression, kx:ution figée, dont les termes,
originellement distincts, forment une unité complexe, restant indissociables. Cette
structuredemeuretréspeuproductiveetdupointdevuepratiquepossède,pourla
plupart des cas, uneexpressiooéquivalentebeaucoupplusouverteâla
compréhension.C'estlecasdel'exemple

gogoligo towago
/?ltrouver+toi/?/,expressionfigéeprovenantdel'expressionvieillie
gofagofaltto::iJtagofagofa::i
/faire le malin/trouver acc/loi/que/luffaire le malin/morph. concl/
Sitonépoquearrive,profites-en.
Exploitetontempsleplusutilepossible.

Cette expressioo qui a perdue ses repères sénmtiques peut être rendue
eaerentce :
abltlJtto:'.ldi
ltalépoque,iuiJtrouverhab/toi/mangerhab/
-Exploitetontempsleplusutilepossible
(A) N1 - Ni (synt. Dé!.), ou N, coord. N2 Complété/complétant

Exemple : H ni k::ilt !houe/ et maoche/ Exemple gule dwa. /animal


?/queue/
En (A), ces deux noms juxtaposés (N, - N2) forment une unité fonctionnelle
compa::te. C'est le cas du proverb gule dwa ~a queue de l'animal gule). Dans ce
type de proverbe, le premier ternie est complété par le second. C'est dooc le terme
centralquiestcomplété.llssontdansunrapportdedépendaocel'undel'autre.
Néanmoins, ici l'image du proverbe est portée par le second nom (nom
déterminant). L'axent est mis sur le fait que cette queue (dwa) est longue, donc
traînante. O'ailleursc'estcetteimaQBquidénote lalenteurdecetanimalqui, en
traînantderriéreluisaqueueselaisserattraperparlesautresanimauxprédateurs
Le type A met en exergue deux noms formant un bloc.
Le type B, quantàluiassociedeux noms qui seooordonnentpourabootir
à une expressK>ll figée. li s'agit d'une coordination associative car l'image du
proverbe n'est que la résultante de l'image que porte le nom N1 plus celle que porte
N,.
Ce type de proverbe associe deux symboles simples contenus dans les
noms qui entrent dans la composibon du proverbe. La structure pragmatique (Pi)
suivantlesmoclèlesci-dessous·

NS VP (nèg)NO
Exemple:
altdi'aijre
/guerre/manger•suffnègfherbe/
c Laguerreneconsommepasl'herbe. •
NS VP(nèg) NC
Exemple:
ak:i lami blo
lpouletldormir+suffnèglbroussel
clepouletnedortjamaisenbrousse.•
Nous sommes en présence de deux sous- types conformément à leurs
structures. lls'agitdusous-typeAoùlenomquisesitueaprésleverbe(toujours
porteur de suffixe nèga~ij est soit objet, soit circonstant Au plan rythmique, les
énoncés entrant dans ce cadre sont assez brefs. li s'agitàceteffetd'un rythme
courtàdeuxvoletsphonatoires:
le premier prenant en compte le NS et le second, le reste de !'énoncé
C'estd'ailleurscettedivisionquiportelesimagesdu pvb. NS(ak:>; alt)-Cesont
lestraitsspéciauxcaractérisantcesnomsquiportentlesimages.
le VP (nèg) forme une image complexe avec le NO oc le NC. Il est sans
doute chimérique de prétendre ramener au seul NS l'étude du symbole qui réside
essentiellement mais pas exclusivement dans l'oppositioo que poorrai1 311oir NS 1
NC.
Les deux sous types cumulent du point de vue de leurs structures
pragmatiquesdeuxsortesd'informations:
Le sous-type A dénote l'ensemble des sémes renvoyant à l'effet de la
guerre. Ces sémes en question frisent la violence, la mort.
Lesous-typeBdénotelestatutparticulierdu NS/ak:J/quiestétroitement
lié à la domesticité
Cessous-typesnecontiennentquedesimagessimplesqueportentles
différents NS. L'ossature de (P•) se résume comme suit·
NS VP Pron NO
,,.,.....
d:Jlukwasikp:leJla
lpistache/détesterhablsalfeuille/morph.Concll
-Lapis\achedétestesespropresfeuilles
NSVP, Pron 1/l,
Exemple

wakabukistmil)gu
/arbre/casseracc/adosseracclunauterarbre/
cL'arbrebriséprendappuisurunautrearbre.•
Cesstructuressontessentiellementforméesd'unnexusconstituédedeux
termes dont un principal

d:Jlukwasikp:l (A)
wakabu {B)
Ce terme principal est un nexus verbal qui a pour sujet un nom. C'est
d'ailleurs ce nom qui porte l'image du proverbe. On distingoo deux sous- types selon
queleproverbepossédeunoudeuxverbes
Le NSdéno\eunedespropriété{s)duréfèren\: d:>lukwasl-Pourquecesfruits
mûrissent,cetteplantedoitnécessairementsedébarasserdesesfeuilles
lwaka/- doit avoir dans son environnement immédiat d'autres arbres. C'est
l'idèedesolidaritéquiestmiseenexergueici.llseraitin1èressantdeconsidérerles
NS /d:>lukwasi et waka/ comme des coonotations symboliques el d'appréhender
leursvaleursréellesconvoecellesdontlesBaouléenfontécho
A cet effet, on pourra noter pour d~ukwasi l'idée d'ingratitude. Le fait de
laisser tomber ses feuilles {signe de dégéf'lérescenœ) est l'image du proverbe. Avec
lesous-typell,ils'agitdelasolidarité.
Du point de vue rythmique, le sous- type A n'admet pas de césure
contrairement au sous-type BoûilexisteunecèsurejusteaprèsleVP, (bu). Le
VP1 n'est que la résultante du VP1 ; C'est donc VP, qui implique VP1. Celui- ci est
doncdépendantcieVP,.
(PS)obéitauxstructuressuivantes·
(A) NS VP{nég) a
Exemple·
akatja nt'a :>kwlt
/singeJavoirnonacc•suffnéglrougel
-+lln'yapasdesingerouge
(8) NS VP (n~) NO Q
Exemple:

nvje kwialtlJQl ba
/eaultuernonacc-+suffnéglcaimanlpetill
«l'eaunepeu\noyerlepetitcaïman.>

Entreradanscecinquièmetypetoutproverbequis'inséredans une des


structures ci-dessus. Lepremiersous-typeestconslituéd'un nominal en fonction
desujet(NS) ;d'unverbeenfonctiondeprédicatportantlamarquedelanégation
et d'un adjectif. Le second est constitué d'un NS. D'un VP portant la marque de la
négation.O'unllOmnalenfonctiond'objetetd'unadjectif
Dans cette espèce de proverbe, l'unité qui porte l'image est le NS
Toutefois,unerelationsymboliquesembles'installerd'unepart!'
Entre/akatja/et/:lkw1dpourle{sous-typeA)etd'autre~entre/nv',e/et
le syntagme qualificatif lalUJ9E bal{sous-type B). /akatj~{singe) véhicule des
conceptsparmilesquelsl'ondècéle[Laid-malin-adroit-grimpeur,,,Jquinesontque
clestraitsdel'imageduproverbe
(P6) obéit à la structure
Pron NC VP {nég) NO
Exemple:
besinjwaba
11eur/derriére/prendrenonacc+suffnég/enfanU
c Quandonn'estplus,onnepeutmettreunenfantaudos.,

Est admis dans ce type six, tout proverbe dont le schème est mentionné ci-
dessus, Généralement, c'est autour du NC (Nomin~circonstant) que tout se
construit
NC est donc l'élément central anour duquel se construisent les images, les
éventuels symboles du proverbe. Le NC, si l'on veut s'exprimer en terme
compréhensible est lwil, le dos. Ce type six entre dans le cas des proverbes
comportant un seul symbole sifl'l)le. L'axent est mis sur recucn de dorloter un
enfantquisous-tenddemaniéreimplicitelapositionantérieuredel'enfant.lldoit
étresurlespiedsouentrelesmainsdeceluiquilecajote.sîconnotel'insaisissable.
Onveutdirequ'ilfautlaprèsencephysiquedeceluiquiveutcajote<l'enfan1.Cequi
implique que !'absent ne peut le faire. Du point de vue rythmique, les énoncés
proverbiauxclecetypeassezbrefsontconstituésdedeuxpropositionsoucésures.
lastructurepragmatique(P7)estde:

NS Prép NC VP NC
Exemple
<08

àl)glochaut,.llestdoncciair-l'archisymboler.eferaprendreleschosesquilui
sont proches. On voit que pour un même archisymt:d e, il y a au moins deux images
danscecasd'espéœhégaleAse1bestopposèàAs.

111.1 Signification logique et sens pragmatique

Se1onGnce(1979:36),«pourmieuxexpliquerlesénoncès,ilfautd'abofd
rendre compte des usages de connecteurn comme et ou, si à partir de l'hypothèse
deleursignificalionlogique. • PrellO!lsl'exemplede« et s. ni, en baoulé. Tout
locuteurBaoulésaitquelaplupartdesusagesdenisontinclusif.
Poorque la proposition (Q) sot vree. les deux propositions doivent être
vraie, ce qui est le cas dais (X) qui ne peut s'interpréter comme M

(X) silnikole
/houe/eUmanche/
«Lahoueetsamanche. •

(Y) siiukole
/houe/ou/manche/
«Lahoueoulamanche.,
l'explicationpragmatiqoodeet,nien(X)estinclusif.Lahoueeneffetne
peul se défaire de ta manche et les deux ne constituent qu'une seule entité
indissociable.
Parcontre,en(Y)l'explicationpragmatiqueausensexc!usifdeou,anu,
est la suivante: le sens exclusif de ou est une implicature quantitative ou
implicature scalaire, Cette implicature est définie par Grice (op. cil. P. 47) comme
• uneimplicaturequantitativequel'ontired'uneexpressioninférieurementliée,
quiniel'expressionquiluiestsupérieurementliée. 1 lci,lechoixs'impose:soit
lahoue,soitlamanche.
Pourobtenirlesensexclusifdecou 1,ilsuffitdeconsidérerque«ou 1
estletermeinférieurementlié,dansuneéchellequantitative,âcet1.Sionpeu1
dire qu'une proposition (P) et (Q) implique logiquement (P) ou (Q) (chaque fois
que (P) et (Q) est vraie, {Pl ou (Q) est vraie)), on dira que (P) ou (Q) implique
conversationnellementlanégationde(P)et(Q)
Dire c houe et manche s, proverbe originel, c'est donc communiquer que
ehoue oumancbe s est tacx. Néanmoins,lelocuteur,enentendantl'énoncés9
lu kole, 1 la houe ou la manche •. comprend qu'on lui communique 19 ni ko1e
carcesdeuxtermesentreliennentunrapportdedépendancemutuel~.

lll.2 Pragmatique et sémantique aspects vériconditionnels


et non vériconditionnels.

L'interprétationpragmatiquedesénoncésprovert>iauxrelévedesaspects
non parendroit~ursaspec\svèricolll:litionnets,Ainsi, prenons leproverbe(A)ci-
dessous qui nous permettra de faire la différence entre les aspects
véricooditionnelsdelaphraseetcequiestcommuniquèparl'èr.oncé,àsavoirses
aspectsnoovériconditionnets:

{A) betu'adwokpifll.
/on/déterrer+nég/igname/fois/deux.l
cl'ignamenepeutêtredéterréeâdeuxreprises.•

(A) Implique logiquemenl (A)' car chaque fois que (A) est vraie, (A)'esl

(A)'betudwokpikûl]gbact
/on/déterrer/îgnamelfois/un/seulemenU
«Onnedéterrel'ignamequ'uneseulefois.,
l'éooncé(A)'implique(A)"et(A)'"suivëWJts

(A)"betudwokptnsi
Ion/déterrer/igname/fois/trios/
--.Ondéterrel'ignameàtroisreprises.

(A)"'betudwokptni
/on/déterrerflgname/fois/quatre/
--.Ondéterrel'ignameàquatrereprises.

Et cela parce que (A), énoncé de base se contente de dire qu'on ne


déterre pas l'igname à deux reprises mais n'impose pas une limite. C'est
pourquoi si {A) est vrai, elors il en est de méme pour les autres énoncés. Mais,
cependaot,lelocuteur,qui,danslasituationou(A)es\vrai,énoocerait(A)',(A)"
et(A)"',pourrai1êtreaccusédenepasavoir1outdit,quandbienmêmeilaurait
dit quelque chose de vrai. Pourquoi cela est-il ainsi?
Celaparceques'ilavaiténoncè(A)",ledeslinataireauraitétéautorisè
à conclure (A)', à savoir déterrer l'igname qu'une seule fois. Nous tirons cette
conclusionsurlabasedelarèglepçagmatique,larègledequantiléquinous
demandededonnerl'informationlaplusforte.
Ainsi, si l'on déterre l'igname qu'une seule fois, et que le locuteur affirme
qu'on ne déterre pas l'ignamequ'uneseulefois,il ne respecte pas!a règle de
quantité mais se comporte de manière non coopérative. Cette règle n'est pas
une régie logique ou sémantiquesurtout.surlesaspects véricondilionnelsde
l'énoncé
Elleporteplu1ôtsurlesaspectsnonvériconditionnelsdel'énoncé
proverbial.
Onpeutladémontreràl'aidedelanégation. Silelocuteurénonce(A),
il implique normalement (A)'"'

betu'adwokptnJl~ct
/on/déterrer+nègligname/fois/deux/seulemenU
« Onnedèterrepasl'ignameunefoisseulement. 1

Cet énoncé implique (A)', {A)" et (A)"' et dans ce cas, (A) est fausse à
causedelaloidelanègationdelalogiqueclassiquedonnèeen(A)""
(A)'"' non (Pet non-P). Comment eicœ un énoncé nié peut-~ ne pas ètrec
faux?Larèponseestsimple:lanégationneportepassurlapropositionnièe,mais
surcequel'assertiondeceténoncéimpliqueparlarègledequantité,àsavoir:
{A)' be tu dwo kpc kOgba CE. Cet énoncé qui est l'implicalure de (A), n'est donc pas
une partied la signification de (A), à sevor un aspect vèœcnditicnnet du sens,
puisqu'ilest(A).((A)=(A)J.

111.3 Les actes performatifs constatifs au sein des


proverbes

La thèse d'Austin s'appuie s'appuie sur une distinction parmi les


ènoncésaffirmatifsentreceuxquidècriventlemondeetceuxquiaccomplisssent
uneaction.Ainsi,analysonslesproverbessuivants:

benîokebedimiimù(proverben•211)
/on/ellvieillard/on{jurer+nèg/fétiche/
«Onnejurepassurunlé!icheavecunvieillard.,

aekawündtn'truktJ1iJ:>{proverben"137)
/orphelin/corps/affaire/1rainer/commel!(apok/
«Lesmalheursdel'orphelintraînentcommelekapok,
Lepremierproverbeestditconstatifalorsquelesecondestperformatif.
En effet, en {217), il estpossiblederecevoirunevaleurdevérité. Ainsi, (217)
estvraisietseulementsibe,on,n'apasraison.
Un proverbe ledit

ndifimiunmjrn
/affaire/douce/donner/fo«;e/
clorsqu'onn'araison,ondevientdeplusenplusfort.•

Par contre, lesecondnepeuti:iasrecevoirunevaleurdevérité.Enfait,


l'orphelinquistrichen'aaucunepression,onl'IE!peutpas!uiimposerquelque
chose.
Austin (op.cil. P. 65) trouve trouve qu'il ne faut pas s'attarder sur
l'oppositionénoncésconstatifseténorlCésperformatifs.llvautmieuxdistinguer
entrelesdifférentsactesquel'onpeutaccomplirgraceaulangage.Onpeutainsi
distinguertroistypesdelangage
Les actes locutionnaires que l'on ecccrœut dés lors que l'oo dit
quelquechoseetindépendammentdusensquet'oncommunique;
Lesactesillocutionnairesquel'onaccomplitendisantquelquecl!ose
etàcausedelasignificationdecequel'ondit;
Lesactesperlocutionnnairesquel'onl'onaccomplitparlefaitd'avoir
ditquelquechosee\quireléventdesconséquencesdecequel'on
adit;
Ainsi,sil'onrevientàl'exemple(217),supra,lesimplefaitd'avoirénoncé
le proverbe suffit, même à l'absence d'un destinataire, à accomplissement d'un
actelocutionnaire.
En revanche, on a accompli par l'énoncé du même crcvete un acte
illocutionnairedeconseil sietseulementsil'onl'aprononcéens'adressantàun
destinatairesusceptibledecomprendresasignificationetcetacteillocutionnaire
neseraheureuxquesilesconditionsdefélicitéquiluisontrattachèessont
remplies
Enfin on aura par l'énonciation du proverbe (217) accompli un acte
per1oculionnaire uniquement si la compréhension de sa signification par le
destinataire a pour conséquence un changement dans ses croyances par
exemple,ilpeutêtrepersuadè,grbàl'ènoncia~onduproverbe(217),quele
locuteuraunecertainebienveillanceàsonégard.HestrespectueuxdslOisétablies
:ledroitd'ainesseentreautre.Cesactesperfonnatifsabootissentleplussouvent
àdesimplicatures

111.4 lmplicatures généralisées et particulières

LOfsqu'onattribueunesignificlionminimaleâuneexpression,etondèrive
pragmatiquement, via une maxime de conversation, sasignification en usage, on
appelleraunetetlesignilicationuneimplicature
Lesimpticaturesgènèfalisèesetparticulières. Oanscetyped'implicature
dite généralisée, la forme linguistique est attachée à l'implicature. Ainsi, le
quantificateurquelques(X)implicite•paslousles(X)•.Ondiraque(1)implicite,
demanièrequantitative{2):

(1) otekiivjetiti:>kwlt
/margouillaYcertain/têtelêtre/Touge/
« llyadesmargouillatsàtêterouge. •
-Certainsproblémessontdifficilesàsolutionner

(2)otekübemgbabetlti'a:>kwlt
lmargoillats/eux/lous/il~l1ê1es/être•nég/rougesJ
•...• Touslesmargouillatsn'ootpaslatêterouge.
Onnoteraque(2)n'estpasuneimplicaturesémantiquede(1):toutesles
situatioosdanslesquelles(1)estvrainegarantissentpaslavéritéde(2),comme
lemontre(3),quin'estpasunénoncécontradictoire:

(3) oteküvjemübetlti:>kwh
lmargouillats/certains/euxlleursltéteslétre/rougesl
....• eertaismargouillatsontlatêterouge

Cet exemple confirme une propriété des implicatures


conversationnelles ellessontdesaspectsnonvériconditionnelsdusens.
Plus précisement, elles peuvent être annulées, sans produire de
contradictlon.(3)estlaformepluriellede(1).
• Lesimplica1uresparticuliéres

Danscetyped'implicature,ils'agitd'unedéductionque!'ontired'un
énoncé primaire. Ainsi,sinousprenonsleproverbe 152:
(152)altl)gtfil)gijtltnvJe
lcaimanlforcelêtrel?/eaul
•lecaimantiresaforcedel'eau.•

On peut également exprimer proverbe (152) en ces termes

nvjenûmilta1tr)gtlt'aflgi
/eaulêtre•nég/?/caiman/avoir•nég/force/
«lecaimann'apasdeforcesansl'eau.,

111.5 Présupposition et implicature

On définit généralement une présupposition sémantique comme le


contenu sémantique qui ne varie pas sous la négation. Ainsi, (a) comme {b)
présuppose(154)

kpatabujtbolifusu:i
lsèchoir/écrouler/quelcabrilmonter/sur/morph.concl/
, C'estquandleséchoirs'écroulequelecabrimontedessus. 1

(a) bolikwla'a kpatasufu


/cabrilpouvoir+nêg/séchoir/sur/monterl
• Lecabrinepeu1pasmontersurteséchoir.,

(b) fustkpataabumibolikwla'asu
lsi/séchoirlêtre/écrouler+nêg/cabri/pouvoir+flêglsur/monter/
,Silesèchoirnes'écroolepas,lecabrinepeutpasyac:cê<ler.1
Sinousprenonslarêglesuivante:

1 Une conditionnelle contrefactuelle de forme logique- si (P), (0)


présupposelafaussetéde(P) ,.Ainsi, pour aneindre e bolifukpatasu
,, le cabri monte sur le séchoir, (P), il faut préalablement (0),, kpata n
buli,,leséchoirs'estécroolé.
Sileséclloirs'écrouledonc,cetadonneunepossibilitéaucabrid'y<t:;Oéder.
Maiscetan'es1pastoujour.;lecas:l'anlècédent,laconditionl'\ellepeutêtrevrai,
auquelcaslaconditicxmellecontre-foctuelleneprésupposepaslafaussetédeson
antécédent,maisl'implicitcorwersationnellement.(C)sembleêtreunlelexemple,
quiimplicitelavêlitêdesonantècèdent

sikpatabubejaci'abolifu'asu
/si/séchoir/écrouler/orulaisser•nég/cabri/monter+nég/sur/
,Silesèchoirs'écroule,onnelaissepaslecabriyaccèder.,
Presupposéetimplicatureconcourentdemaniéfemutuelleausensdu
provefbe. La configuration pragmatique du provefbe entraine une analyse du
contenusémantiquepourmieuxl'appréhender.
CHAPITRE Il :
CONFIGURATIONS
SÉMANTIQUE ET MODALE
DES ÉNONCÉS
PROBERBIAUX
1. ANALYSE DE LA CO NFIG URATION
SÉM ANTIQ UE DES PROVERBES BAO ULÉ

Produit pour convaincre c'est-à-dire amener l'auditoire à accepter


l'argumentation que l'on mène, le langage proverbial existe parce qu'il n'est pas
compris de 1out le moode. En effet, tout comme le langage juridique qui pour (Frison,
1993):cestendehofsducircuitnatureld'in!efC0"1prêhensionquicaractériseles
échanges naturels entre les membres d'une même communauté linguistique. ,100,
lelangageditproverbialneselaissepascernerd'emblée.
C'est d'ailleurs ce qui expliquelavariétéd'interprétationsoud'approches
sémantiques d'un seul et même proverbe. En effet dans le cas de l'échange
linguistiqoo, l'interpré1ateuradmetlX)urpointdedépartcequ'ilentend. lls'appuie
sursonsavoirmultiple(delalanguebaoulé,delaculture,desoninterlocuteur ... ),et
surtoutsurlasituatiood'énonciation
Selon (Pottier, 1992: 17) c Il va identifier les éléments discursifs pour
construire une hypothèse de sens qui le conduit à comprendre le message, c'est-à-
dire à le prèsenter mentalement, àleconceptualiser en se dètachant rapidement des
signesdelalanguenaturellequ'ilaidootifièetquiluion1servidetrempHnpourla
compréllensioo. ,101
Notre approclle de la sémantiqt1e proverbiae sera centrée sur la
diversificaûon en phases du sens lexical. En effet, on insistera sur une conception
stratifiée de la différenciation lradi!ionn~le des prédicats et aussi des arguments,
c'est-à-dire!'orientationdusensselonlatradiüonbaoulé.Enoutre,ondéterminera
la façon don1 s'y investissent des rôles et des foocbons thématiques œ divers

,.. s....iPOTTlER.~gj,tér•.P.U.F.Pn.19'32.
D ifféren ll': 5
Î
m,_
im a g l': d 'u n

provl':rhf':.
Sens

{ ,------== ====-----,
*Sensquatenaire
{S3)
•scnstcrtiaire(S2)
•sens secondaire
(St)

Pourplusd'èlucidation,ilestnècessairedecomprendretaportèesemantiquedu
proverbe

l.1 La portée sémantique du Proverbe

Lesensdesproverbesrestelargementouvertetinassignableparavance
àundegrèprècisetunivoquedegénéricité. Pourcefait,on prendraencomp!eles
structures sémantiques qui se rattachent fondamentalement à divCfS niveaux
discursifs. Comprendre d'une part, l'organisation interne et les conditions de
formation de la valeur lexicale, el d'autre part, accéder à des modèles de
constroctiondu sens qui soient autre chose que de simp'es décalques de!a
structureencons1ituantslexico-syntaxiques,revientàsoutenirquec'estlavaleur
sèmanüque duterme cenna'w quiinfluencelecfildudiscours.1

103 C.dtdlrtrililo:Nicào(Ji_ lo....,.~ àJ~ C-Lmilll>icalon"Olll*~


•••• l:1jolnl'l'IOMo.
Chercher à saisir le sens d'un proverbe revient, non seulement à
comprendrel'orientationculturellequelepeupleetsaculturepensentdumot,mais
aussi à l'appréhender comme un entonoir
Il y a le sens primaire ou base (So), domaine de compréhension du grand
public et le sommet qui est très restreint (Sn): c'est le domaine réservé aux sages,
aux Hommes avertis
Decefail ilestquestiondetenterd'éllJCiderle sens général du proverbe
etd'endéduirelesemplois possibles qu'il peut avoir.Ainsi pourleproverbe46
suivant
14iolelejtbekleswa:>
/éléphanUêtre•habljusqu'àJquelonlmontrer•acc/maisonlcataphore/
Lorsquel'éléphan1estloin,on peutdirequ'ilestaussigroscommeune
maison.
Quandlachosedèsignéen'estpasprésente,onlacompareàcequiest
présent.
On aura poursenslittéralousens premier, parmi tant d'autres cc'esten
absencedel'élèphantqu'onledécritparlamaison.•
Comme le pense Pottier (op. cil. p 116), il existe une double adéquation
encequiconcernelechoixdessignesdansunelanguenaturelle:
• Référentielle le signe doit intégrer les traits retenus du monde réel ou
imag1n.mi;
• Structurale : le signe doit être pertinent, distinctif, dans son séméme, par
rapportàceuxd'autressigllesvoisins.Acela,ilfautajouterqueleproverbe,
pa'Ole allégorique ne peut véritablement se détacher de la culture. C'est
pourquoinousl'an~sonsnonpasuniquementavecl'orientatiooquenous
imposent les sèmes, mais aussi et surtout avec les différentes considérations
propres au peuple.
Ainsi,dire,cetanimalestunélephant,14i•supposeéventuellementqu'il
correspood à l'idée qu'on se fait du signer étéphant • dans une compétence
lexicaleissuedel'expériet1ceréféfentielle. lles1plusadéquatquelesanimauxqui
lui soot comparables «hyppopotame•, nzi-s4i ou ,buffle,, awi: par exemples
puisqu'onperçoitundossieretcomtatel'existenced'uneénormitéextrêmequiles
lie.
La représentation imagée de ce proverbe serai1 donc analysée comme un
symboledespécification.Eneffetonad'unepar11'éléphant,ariimalénorrrequise
déplace; d'autre par1 la maison, œuvre humaine immobile qui, elle aossi a des
dimensions considérables. La maison est r énorme ) comme l'éléphant. La
comparaison est ici à l'échelle linéaire. Elle s'effectue dans un cadre spécifique
quetquepeuraléquifaitfidesau1resconsidéfationstellesque:
A= Eléphant B = Maison A est comme B.
Néanmoins,onreconnaitqueAn'estpasBetBn'estpasA
AestcompareràB.
Mais,AdifférentdeB(surbonnomb<esdepoints).
Néanmoins, on reconnait que A n'est pas B et B n'est pas A. A-B. Mais
A"#B(surbonnombredepoints)
Ainsidonc,onretiendraque:
Ceproverbedènotedanssesemploismultiplesunerelationdéduisante
entrelaspécifica1ioninsolited'unêtrevivanl,àsavoirl'éléphan1,etle
trait dominant qui le caractérise. Cetraitentoutétatdecause, est sa
dimenson importante. Le locuteur qui utilise ce proverbe tout comme son
interlocuteurvoitdansl'imaginairelamassedel'éléphant.
L'éléphant est évidemment énorme co-nme la maisoo. Le terme central c
est
éléphant , est utilisé de manière consciente par le locuteur. Il sait que ce nom
évœateur et réfère à un champ précis de lexèmes dont [ANIMAL - ces - Grand -
animé-mot:ile-lort ... ]parmid'autres
Ceperidant, maison fait appel à [OBJET - vaste - inanimé - immobile] parmi
d'autres.lles1doncvériliéqu'ilexis1euneopposilionpartielleentreéléphante\
maison. li n'y a que la dimension qui semble les unir car nous avons trois oppositions.

ÉLÉPHANT
MAISON
(1) MOBILE opposèà immobile
(2) ANIMAL opposé à objet
(3) ANIME opposèà Inanimé.

Pa contre, on retiendra fNf!I:. le sens secondaire qu'il fart èvidooment comprendre •


qu'il n'est pas nèœssairedecherchefsiloincequiestsi proche.,

Conclusion partielle

ToutproverbemetenconfronlationunEmetteuretunRéœpteur.Ooosœtte
confronlakln,dupointdevueculturel,l'échangenesefaitpasdemaniêreclœe.
Tout membre du groupe où la conversation se déroule est concerné e1
c'est méme cet état de fait qui implique la variation de sens découlant d'un même
proverbe. L'analyse sémantique du proverbe conduit inéluctablement à l'analyse
de son contenu.

l.2 Organisation des différents aspects du contenu


du proverbe
Leproverbe,actedelangageadmetdeuxniveauxqu'ilconvientd'entenir
absolument compte. Ces niveaux sont les suivants :

l.2.1 Niveau des supports physiques


C'es1 l'aspect verbal : noos sommes à ce niveau dans le domaine de
l'audilion,doncauplanphonéliqueaveclestons,lessons,letimbre.Aspectvisuel
: nous sommes avec les inftexioos éventuelles

l.2.1.1Niveau des éléments différentiels

Phonérres, rythrres contenant des, connotateurs 1. On convient avec


(G~mas, 1970:95)queclesconnotateurssontdesuni1ésquiappatiennentàl'un
oul'autredesplanssuivants
Phonologique formedel'expression;
grammatical : fom1educontenu;
phonétique :substancede!'expression;
sémantique substance du contenu
Le proverbe intervenant dans les merectcns verbales partaoJe bien des
aspects de la connotation qui, selon Martinet est définit comme suit : c Il s'agit de
l'ensembledesvaleursaffeclivesd'unsigne,del'effetnondénotatifqu'ilproduitsur
l'interlocuteur ou lele<.:teurdetoutcequ'untennepeutévoquer,S1Jggérer,excite<,
impliquerdefaçonnetteouvague.•'°'

Avecleproverbe156:
asj(wiwllml lokpaft i k::iwll
llerre/vouloir+non.acc/promener+non.acc+-suff.nég/sorte
d'igname/pœndreAui/ailer-tflon acc/promener-+non ace/
1 La terre ne voulait pas se promener, l'igname en graffe l'a amené en
promenade.•
L'enfant emmène sa mère lâ où elle ne désire pas aller.
On a des informations que nous recevons dés son audition. Mais, nous

-r.wrrtE'l.a....<11~ 1**'• Pn.- Cdn.1IIUI.P.11.


constatons que l'information sémantique est mise en forme par les axes sémantiques
constitutifs des sémèmes (signifiés) découpent le référent Ce que décrit l'arialyse
sémantique dans un rresseae proverbial, c'est la mariière doot les sèmes sont
articulés en sémèmes véhiculés par des signifiants lexicaux eux- mêmes orgariisés
enénoncé
lasubstanceducontenu,ceseraitàlarigueurleréféfent,encoreque
celui-Gi soit organisé antérieurement au langage. le proverbe 156
s'articule autour de deux éléments essentiels â savoir asj!:, terre
immobileetlokpa.
La sémantique proprement dite (ou sémasiologie) que Hosctistrasser
opposeàl'onomasiologie 1lllrecherclleselonKouamè«lecontenu,(lasigniflcation)
desmots,lesrapportsentrecescontenus,etlestransformationsdesens. ,,œ
On ~mait, en ce qui conœme ces éléments notionnels affirmer que le
~ qui introduit le proverbe est c pa;sif, ca ayant lecaa:tère essentiel de subir.
Lesecoodest«a:tif,cwayaritlapropriétéd'agirendépla;antleprerrief.Onp;,lera
dansœcasdepro.,erbepassifdéfinicorrmeleproverbequiasonpremierterme
(termecentrat)passif.
•Auniveaudessupportsphysiques,l'aspectverbatOOilsfaitentendre:
{Hjtwiwlimilokpa ft i k:> wlilt)
Lecaractére(qualitèsonorespécifiquedelavoix)dépenddel'èmetteur.

Et, selon le mot de Benveniste c La langue n'est pas un répertoire immobile que
chaque locuteur n'aurait qu'à mobiliser aux fins de son expression propre,. Il
faut prendre en compte bon nombre de facteurs dont l'étal d'humeur du locuteur

,Ill.

-
Sek:n~ .•• ...-..•• œr~1rçuaqJ0..,.., •• 1J1<:n"""r~..,
<tJ"""""""wnrqns,ion,""......,..,.~ ~ ond- pculllJlf\'IW...,~
C'estd'ailleurscetè\atquijustifie!a hauteurmèlodique
Nous faisons une légère entorse à la théorie glossèmatique•o1 de
Hjelmslev. Pourcetauteur,lecontenudumessage(iciproverbial)s'analyseen
deux paramètres:
• Lecootenucorrespondàlasignificationdumessage;c'estdoncla
substance du proverbe. Cette théorie distingue tout d'abord la
formeducontenuquin'estautrequel'organisationdessignifiés
(paramètre!);
• Ensuiteaupanrnètrell,elledistinguelasubstanceducontenu(qui
n'estpaslinguistique)etcorresporx!auxrèfèrentsdessignesdu
message. Pour chercher le contenu du message proverbial, il faut
compteraveclematèrielphonique
Lerôlequ'onassigneauxunitésphoniques,c'estd'êtreconstitutives,depa-
leurvaleurdistinctivedessignifiantslexicaux
De ce fait, face est de reconnaitre qu'elles concourent essentiellement mais
avec détours (en combinatoire) seulement: Ce ne sont pas des unités significatives,
à l'établissement du message proverbial. Un dlangernerit phonique véhicule deux
typesd'inlamations·
• CellesquirelèventdelafonctionreprésentaUve(Troubetzkoy)
ouréfèrentielle(Jakobson),dontlessupportssignifiantssont
leSphonèmes;
• Celles qui proviennent de la fonction émotive, ou expressive.
Il convient en ce qui corœme l'analyse sèmaitique d'un message proverbial d'élargir
le chël'Tlp de vision et de compréhension en tenant compte de certains aspects
extralinguistiques tels que les mouvements du COfPS et aussi aux expressions du
visage. En effet, ce message apporte une infoonation supplémentaire tout en
continuant de donner une information linguistiQue en situation d'énonciation. Ainsi
donc le proverbe 156 dénoté simultanément :

• Lacolère:

Exemple d'approche:
Deux rtvaes hàlitent la même maison, mais n'entretiennen1 pas de bons
r.worfS.L'enfantd'uned'entreetlerentreda11Slachart>redel'autre.AJlëW1tlechercher,
eejece epwete
11 y a une persor111furon ca asjt, terre représente la mère de l'enfoot et lokpa,
ignémeprécocere!YèSenlesonenfail
11 peut écJaemef1t signifier la lendresse:
Dans ce cas d'espèce, la mère magnifie son enfant devait sa rtvae qui n'en
~ pas.l'étalém:lOOOneldulocuteurestdorcunilldiceptécieuxpourévaluerla
la;onOOl'ltsesituelesujetd'énoocialion.L'intooaliooestunfa::1eurCél;)ital.Elleestassez
évocatriœpourdéteminerl'étaldesentimentdeceuxquisontheureux,9rœ.-esoo
exubérants

, Un sentiment de dépendance totale

On remarquera à cet effet qu'une partie de la volonté de l'homme est tenue par une
forœètraigère.Ainsi,onpeutdéciderdenepointfairequelquechoseetàcausede
certans facteurs indépendants de la volonté faire aulreme<lt. Comme on pourrait s'y
attendre,lescatégoliesimpliquéessontmultiples,lesoppositionss'aticulentdais
des dimensions différentes et plus brumeuses faisant ainsi a~ à des structures
symboliques telles que asjl:, lokpa. Il faut dire qu'en ce qui concerne ces structures
symboliques,qu'auseinduproverbe,cesmots(quiimpliquefltdesidèes)deviennent
à leur tour, au moyen de leurs éléments phoniques des reproducteurs de l'idée
centralisatriceetsoumettenttouslesmotssecondairesquilesa:::compagnentpour
ainsi arriver au sens prop,emen1 l)Mè. Selon (pottief, op.cil. p. 41) ,L'isosèmie est
l'harmonie sémantique établie entre plusieurs lexies., Ainsi en est-il du proverbe
157·

/maîs •grain/tuer+ suff nég/roql

. 1~·
~ 1
To.itescesrela!o'lsprisescleuxàdeuxs'inscriventdaisunelogKjue
sémanti!ue. Eles son1 , sëtisfaisantes , et ne ~ t aco cœère d'inlerprétào'l
Contrairementaull(Nerbe158

ak::ijeoklù

/coq/dents/être/ventre/

Lesdentsducoqsetrouventàl'intérieurdesonventre.
Ce provertiesignifiequ'~ faut digérer les colères qui entraînent la perte.
On distir,gue une MOmalie (anisosérrie selon le rrot de Pottier) au niveau
desrelationsqu'entretiennentlestefTflesdel'éooncé«lesdentsducoq1(quien
réalité n'existefl\ pas). Mais cette MOmalie tente d'être corrigée c ces dents oo
q1.1estion sont dans le ventre du poulet.,; donc invisibles.« Dent, est donc une
anomalieimpticite.
C'est donc une métaphora1œ pour pa'ler de jabot où se ramollisent les

l.b m (~ <il.P.213)diln tlllmiillphcn ocm no1111"'9 b d u lllO- ,d'""""9o - dM ct;lllt1


q.;,..dol1r'l lnd ondodu:w pkllian l9 iiii lq.icn œ t..,...,ecrm u i,r_ d'..,oaJ10nnO
Clld'Ll'll ••• •• _ _ ,.,.C....~ ~ •• .. ..... .,_dolll,,.. ,... ..(Jlllllpn,'q >I
d'~ :·Ll- - 111- "*""""""' " """""'_ _. ••• IIW!lilut.,(~
aliments ; ensuite un ren11ement. qui secrète des enzymes di9fsüves, est lui-même
accolé à un gèsief, très musculeuxcompem;a,tainsi reëseoce de dents. Il serait donc
indiql.lè d'a,alyser la vaeur sémantique des prove<bes

1.22 Valeur sémantique et proverbe

Il est fort utile de savoir que tout provertie véhicule une valeur sèm.rltique qui
lui est propre. Mas, le sens ici défendu ne correspond pas nécessairement au norme
oucritèredevérité.!lenrésulteunetypologietrèsparticulièredescondilionsdevèritè
ouintervientlarelationausujet,larelationau«code•culturel,larelationàl'univers
quifaitappelàdessuppositions
•Larelationausujet:
Considèronslesappellationssuivaites:
L-Vérité, Vraie pour~ locuteur,. On-vérité, vraie pour au moins un
locuteurpossible,U-véritécvraiepourtoutlocuteur.,

• On considéfe une relaUon au code linguisUque : Proverbes


analytiqt.1esvraisenvertudeleursens·

fwEtuejaci'Edwa(proverben"159)
/singeJsauter•acc/il/oublier•nonaccJsuffnéglqueue/
,Quandlesingefaitunbon,iln'oubliepassaqueue. •
Onnepeutmettreauxoobliettesunechoseimportante.

Ceproverbeàpoursynonyme:

likem::idow::iakwla'asasu(proverben•16o)
/chose/quilaimer/toiltu/pouvoir+-nég/souder/surl
,Onnenégligepascequiestutilepournous.,
Idem.
ajenvje/nzueboeflteaplma1u(proverben°161)
nuldéféqueracc/eaulenbasflllsortiraccJtonlvisage/surl
,Tufaisdesexcrémentsaufonddel'eau,ilsteremontentauvisage.,
Toutcequ'onfaitdemauvaisnousrattrapetôtoutard.

Ce proverbe a pour synonyme:


ndtttsaci'akptngbtnflrii
/affairelgrave/empirer-+néglvieillard/facel
« Uneaffairegravenes'empirepasenprésenceduvieillard.,
Lesagereconcilielou1cequisontenconflie.

ftomenwi(proverben"162)
/douceur/étreacc/teurfbouche/
«l'~ tion(d'uresaucepa-exemple)n'estpasobjective;elledèpendde
loutunchacun.,
Onrepeutjugerquelqu'unseloncequ'onpense
Ceproverbeapoursynonyme
ben:l.mlvjeklùntlbeboml(provert>n°6)
/on/boire-+nég/autruilventrelboisson/on/saouler+nègl
«Onnepeuts'ennivrerduvinconsommépartautrui.,
Idem.

Proverbes analytiques faux


On appelle proverbe analytique faux les types de proverbe qui sont
discutables;c'est·à-Oirequeleurvaleurdevéritén'estpasvérifiée,
comme par exempte:
• P r o v eril e s a n a ly tiq u e s n l v r a ls n l f a u 1

a jl i l )g lo l ik e a d i l a a o m w i a s e ( p ro v e rb e n " 1 6 8 )

/tu /g a g n e r a c c /lla u tlc h o s eJtu lm a n g e r + non a c cJre m e rc ie r

a c cJv e n t/le r re /

1 S it u g a g n e s l a c h o s e d u h a u t, r e m e rc ie le v e n t. ,

C e p ro ve rb e a p o u rs y o o ny m e :

a jl i m w a e l a a s r i k p a a s e

/tu /g a g n e r/c h a n c eJm a g n ifie rlto n /h o m m e /b o n l b a s /

1 S it u r é u s s is ,i l f a u t r e m e rc ie r t o n b ie n fa ite u r. ,

N ifa u1

Q u a n d c 'e s t e ffe c tiv e m e n t le v e n t q u i fa t to m b e r la c h o s e

u a o m w i j t o j ili i j a s e

/s i/v e n tfq u ila n a p h lto m b e r+ a cc / e l~ lte rreJ

N i V ra i

Q u a n d c 'es t q u e lq u 'u n q u i g rim p e e l fa it to m b e r la c h o s e

u s r i t f u li w a ka s u j t j ili a s e

/s i/h o m m e /q u ilm o n te r+ a:,c/ ar b re /s u r/q u ilto m b e r+ a c c /le rr e/

u a n ji d im i fje n zw e n w l a s ja k t k i l]g l d i a b le

/s i/tu /m a n g e r n o n a ce + n é g /c h a m /e a u + b o u c h e /tu /s a v o ir + n o n +

n é g /q u e /c ra b e /m a n g e r /m a is /.

1 S i t u n 'as p a s c u ltiv é a u b o rd d e l 'e a u , t u r.e p e u x s av o ir q u e l e

c ra b e m a n g e d u m a is . •

N lf a u x
Sile récepteur du messagen'apaseuéchodecelaou n'en a pas fait
l'expérience, Dans ce cas, leproverbeestnifauxquandilestinscrit
simultanèrnentdansdeuxconceptsantagonistes

Nivrai
Siquelqu'und'autrequiadèjàfaitcetteexpérienceluiafaltsavoir
cela
Remarque
Larelationàl'universcontrit>ueaumoinspartiellemenlànousguider
parrapportàlavèracitèdeteloutelproverbe.Leprovert>eest
déclarèvraiàprioriquandilestt>asèsurunsavoirincontournat>le,
dèfenduparlaculture.Parcontre,ilestdéclarèfauxquandilprète
leflaf'ICaudèt>atetàunevèrificationempiriqueoùtoutOOmmene
reconnaî1passavèracitè.llestditnivrai,nifauxquandils'inscrit
simultanèmentdanslesdeuxconceptsantagonistes.
La réflexion étant individuelle, etle se développe en elle-mêfre,
indépendamment des humeurs de celui qui l'opère et surtout indépendamment de tout
destinataire. On ne ~ réfléchit pas I comme quelqu'un (de manière identique). La
réflexion pour eœve- le sens du proverbe concerne de ma,ière indifférente tous ceux
quienprennentconnaissaice
Faireusagedeproverbe,bienentendu,c'estèt>at>liruneretationentre
locuteuretinterkx:uteur.Leprove<be,entantqu'actedeparolecréeentre
interkx:uteursdesobligationsnouvetles,descontraintes,uncertainnomt>red'aspecls
concourent à prouver le rôle décisif des proverbes. On y trouve trois aspects
fondamentaux qui se détaillent ccmme suit:

Leprovert>epeutservirdelangagedeconfronta!ionpouraprés
aboutir à convaincre l'auditoire
llpeutservirdelangagedeformatioo.
Laréflexionaboutitàunecertainelogiquediteque!quefois,
logiquenaturelle,donccindéba1table,peutapparaîlrecomme
composante du proverbe.

Grandeestladiversitédulangageproverbialauquellaconfrontationfait
recourir.L'analysedesstructureslogiquesobsefVéesestlonctiondulocuteurquise
trouve confronté à des prétentions à la vâidité et qui essaie de faire vaoir ses
prètentionsàlavâidilèauprésd'unin\er\ocuteur.Lemodélequisemblerécurrefll,efl
ce qui corœme les proverbes baoulé est le suivant:
Exemple:
sri siml (srlklüsa)(proverben"170)
N V Expression Figée
/homme/connaître•nég/homme/Ventre/affairel
cPersonnenepeutimaginercequepenseautrui.,

Quoique de manière assez rigide, on pourrait èveoneëerœnt avoir des


formesplusoorroinsapprocha,tes.Lesénoncésprovertiauxrepertaiéssont
synthétiquement plus ou m::iins vrais ou faux ou aialytiquement plus ou rroins vrais
oufauxsit'onveutraisonnerefltermesderroinslogiqueaupluslogique.
Laquesliondelavéritépaelleinémedépasseieca:Jredeladiscussion:lout
éooncéprovemalpeutDensOrêtreentachéd'erreuroud'awroximation,ouencore
être VOOlltairement faux, du IX)int de vue de sa logique interne. Ce que nous
représentonsàl'aidedecetteéchelleci-Oessus:
VRAI

waka kl. ni mma-Chaquearbreases propres fruits


larbrelun/eUfruit/
be tumi dwo kpi RJll. ....• L'igname se déterre qu'une fois
lonldèterrer+négflgname/fois/deu,c/
ak:>laablo ....• Le coq ne se couche pas en brousse

FAUX
/coq/dormir•nég/brousse 1

C-esproverbesè'IO!ueflltousdufauxauxmoinsvraisjusqu'auvrais.Lavaleur
sém.-itiqueduproverbedépendd'unceru.innombredefaitsqui,d'ailleursluisont
imputa~ .
La valeur de vérité des èroocés que nous avons analysés précédenmeflt est
inscrite dans un élan purement IOgique. Cependant. à la diffèreoce des prècèdents,
l'objectivation de la valeur de véri1è résulte, ici, d'une théorie implicite du sujet
énor,ciateuretducontextelsituatioflde1'énonciateurduproverbe
Pourexpliciterœspropriétésattribuées àlasituationd'énonciation,nous
fondonsnosanalysessurlathèorieinlormationnelledéveloppéepardesauteurs
comme D.x:rot, Anscombre, Hagège, etc et la théorie de l'cYgumentalioo de Raccah
Soient donc les énoncés:

nsri jesekünwl(r1)(proverben"172)
(je/piquer/fil/un/bouche/
cJesuisauboutd'unfil.1
J'ai du travail
Ce proverbe signifie j'ai une fonction.
Oui a pour synonyme

ntikowatinnl(proverben"173)
4elêtre/hameçon/boutfviande/
«Jesuislemorçeaudeviandesuspenduauboutdel'hameçon.1
Idem

ditl.bo(proverbe174)
/manger/prèparer/forêU
«Mangeetditquec'estlaforêtquil'afait.1
Laforêtdensenepeutêtremailrisêe:ellecachebeaucoupdechose.
Pourvaliderœsénoncès,lerécepteurtenteradereconstruireàpartirdefaits
observablesdanslastruclureénonciative,selonlesopèfationssurYantes:
une opération de reconstruction pragmatico-structurale de
l'énonciation:
une opération argumentative mettant en relation le 'sens zéro' au
'sensn'(cf.S<:hémap.185)del'énoncéproverbial:
àl'aidedecessensrétrospectifs,onferal'effortdeconnaitredans
l'environnement physico-culturel {psychologique du sujet, du
contexte de l'énonciation).
Se1on(N01ke,o.p.cit. p.17), tooténoncécontielltdemultiplestraœsdela
prèsenced'uneautresourœd'énoneiation.C'estdOnc!'orientationimposèeparrces
traœs en question, qui glide le sémantisme g~ de l'énoncé.
Authier-revuz (1992: 105) ne dit pasautrechoselorsqu'ilsoulientque«
Tootdiscoursestconstitwement hétérogèneàcausedelaprésenœdediscours
autres,c'est-à-direquel'inter-discoursautantqueledialogismeausensbaktinien
rendenlcomptedelaproductiondudiscours.,
Encequiconc:emelediscoursproverbialbaoulè,onconstatequ'ils'agit
d'un discours rigide, homogène qui recourt à l'usage de: style direct cf. proverbe
R,etRisupra)oudestyleindirect

Exempleproverbe175suivant:

kondobiwlngw1tlts:>nli
/bousier/dèclarer/intelligence/nombreux/
1Lebousierdèclarequ'ilexisteplusieurstypesd'intelligence.1
A pour synonyme:

kt waka kü ji, i sama me slli (proverbe n•176)


/quand/arbre/unlarrêter/là/sesldroiturelbeaucoup/
1Lesbfanchesd'unarbresontnombfeuses.,
lls'agitd'unepersoonificationdaislairesureoùonfaitparlerleboosier
L'élément phrastique qui fait parler le bousier est wa, dire Ca" ici le locuteur se base
sur la parole rapportée pour transmettre sa propre parole. En roolan1 les excréments,
Ive en erëœ eo eeoceu Maisil a-riveàvoirlechemin.
S'agissant des proverbes ci-dessus énumèrés, ils sont foncièrement
hétérogéoes.°'1seretrouvedansundiscoursdialogiqueausensbaktinien du terme
Eneffet,ilsapparaissen1corrmedesrèponsespropresàunesituationd'énonciation.
Cesontdesrèponsesàdesquestions.Unepremiérapossibilitèconsisleà
opposer le dialogal en tant que dialogoo externe dont la manifestation la plus
saillanteestl'alternancedestoursdepa-olesrèfèrantàdeslocuteursdiffèrents;au
dialogalentantque,dialogueinterne,,quel'onpeutdèfinirparlapturalitédesvoix
àl'intèrieurd'unseuletmêmeènoncé.
(Nolke, op. cit, pp 2-8); ou encore pa- l'hètèrogènèitè énonciative. If apparaîl
cependant qu'on I entend des voix I nonseulemenldansdesènoncèsquisemblent
rèpondreàdesquestions,desdemcn:lesd'èctaircissementsquepourraitformuler
l'interlocuteuràl'oral,etpourlesquelsooparleradecdialogismerespoosif,selonles
termes de Jacques ëes (2004). On recourt donc néœssairemeol à l'inter-<Hscours à
pMir du mcment où les pcvertes servent d'argument pour OOopter ou réfuter une
thése.AlorsHcorwientdes'interrogersurleconlenuduproverbe

1.2.3 Etat des mutations de sens au sein des proverbes

A la base de l'<11alyse sémailique, on pose la distinction entre le sens virtuel


del'énoocéproverbiëietl'étaldesmutationsdesens.Cfleguy(2001). Soounacte
proverbialcontenantunverbeetunobjet

medw1mo(provertien•177)
/on/semer ace/madame/
c On sème madame. 1

Lorsqu'onqueslionnemadame,ellerépondra.

Le sujet (s) est un personnage générique contrairement à roti;et (o) qui est
une supposition de personnage que le kx:uteur possède dans son 'paradigme' de
clloix.Lesujetn'existequ'àcausedel'oti;etetvisversa.Oeuxsortesd'ènoncés
provertiauxexistent.Onobservealctsdeuxformesd'énoncésmarqu<11!larelation
entre(s)el(o)quisont·
• Énor.cémarquantuneséparation,uneruptureentre(s)et(o);
On notera
((s)·--(o))(Ladiscontinuitédestraitssymbotiselarupture.)
Exemple·

nzisimiaeka(proverben•118)
lalcooUconnaitrenonacc+néglorphelinl
clevinneconnaîlpasl'orphelin.1
Levinsaoulesansfairedelri
nzisjaaekas'écrira((S)···(o})si(s)estrepfésentéparaeka

• Ênoncémarquantl'unionentre(s)et(o) seranoté({s}-(o)), (Le


traitcontinumatérialisel'union.(s)e1(o)son1enrelationd'union
etHestlesymboledecetteunion

Exemple: senik:>le(proverbe148)
/houe/et/manche/
Lahoueetsamanche.
llydeschosesquis'appellentmutuellement

""'
jil)gonialam'ablanii(proverben°179)
/ficus/elliroko/eullunis/intérieur/
cleficusetl'irokosontunisàjamais.1
Idem
Ainsi, comprendre le sens d'un proverbe revient de maniéra implicite à
chercher à comprendre le sens des mots qui entrent dans sa composition. On
considèrequelesensglobaldel'énoncéproverbialnepeu1seconstruireendehors
du sens Qu'occupe chaque unité. A cet effet, le choix des mots ne se fait pas de
mllliérefortuae
Unedescriptiondurrotisoténepermetpasdecomprendrecoomen11essens
des constitulllts de l'énonce se combinent pour constituer un sens complet. tl est
difficilededèduire,corrmeleconçoivent(BaylonetFabre,1978),lesensdel'énonce
à partir de la signification (considérée comme un tout en soi) des mots. Le nom, à cet
effetneserapasrrisenrelationavecunenotion.llfautprévoirl'effetdurrotdansle
contexteotl~estemployé

• Statutdesunitketleurlmpactsurlesensdupn,verbe
Lesunitésentré:lltdanslaconstitutiondesproverbesreléventdepleindrOO
duleJOQuedelalangue.Néanmoins,dansœcas,Nn'apparaîtpasabsurdede
s'interroger,àsav<irsicertainesd'entreellesnesontpasduressortdelasèmantique
intentionnelle;c'est-à-diresicertainesdeleursiropriétésneconduisentpasàposer
l'hypothésed'unemarquedansrénoncéprovertlialsous.jacentàl'énoncéconsicléré
comme tel.
Cette marque que porte l'énoncé proverbial le cerecïèese directement à tel
enseigneQuenousrenvoyonsranalysedesproverbesàunmécooismeusueldontla
nvseenœuvresectàreaboutiraitàlarèalisationd'unillocutoire. Aus~n{1970)
constateQuecTouténoncéaunevaleurd'tcie,partieconstitulivedesonsens.,On
désignera , illocutoires dé!'ivés ,, les actes illoctJtoires non primitifs a::complis par
une énonciation de proverbe. On parlera dans œcas d'espèce de dé!'ivalion
illoctJtoire selon Austin. On rencontre à priori trois types d'actes illocutoires dans
l'é:llalysedesprovert>es:

• Actesillocutoiretprimitifs

Cesontlesactesillocutoiressoutenusparunemarquesous-jacenteQuiles
désigneconcré1ement. C'est l'exemple de la marque, ordinative, Qui, pour Mounin
(op. cit. p.58) est, ceue Qui exprime l'idée de commandement, de prescription. On
obéit à des régies. ,Onpeu1mettrecelaenévidenœàtraverscertainspro','erbes:

me wldimi Jlimitn kpli bo (RJ)


/onfluirnonacc+Suffnég/Dieulbas/
, Onnepeutéchapperàüieutoutpuissant. •

me tumi dwo kpt Jll(R4) (proverbe n"149)


/onldéterrerlnonacc+Suffnéglignameflois/deux/
,Onnepeutdéterreruneignameàdeuxreprises.,
af,miasrimi(RS)(proverben"B)
/tu/faliguernonacc+suffnég/tu/rirenonacc+suffnégl
cPasdeplaisirsanspeine.,

Les énoncés provefbiaux ordinatifs se caractérisent œ- la présence


obligatoire de suffixe négatif /mil (maque de la négation) qui exprime l'idée
d'inte«liction. Nousn'hésitonspasàqualifiefde'sémanlique'la1olalitédescontenus
connotésparlmaJ.Sachargeinformationnetleesteneffetfortvél'Îable
Eneffet,lesuffixelmi/peutexprimer:

l'interdiction

Exemple:
me kîimi ak:> abal, ctn (R6)
/on/tuernonacc+suffnéglpouletlmauvaisJjourl
,Onnetuepaslepouletlejourol/ilacommisunefaute.,
De même, pour corriger SClf1 fils et l'emmener à la raiSClfl, il faut atteOOre que
lacoléresedissipecarenagissantsurplace,onrisqued'êtreextrêmementdur.
Lesuffixelmiljouelerôledecatalyseurde prèdcat, etàintefpt"êterl'acte
qui s'y prête comme l'apotc,,;iie du mal
Ces énoncés performaHfs 50f11 à la fois des actes de parole et aussi ils
imptiquentdesgestes(ftma)quitraduitlecoorage.letravailenunmot.
(R3), (R4) et (R6) soot des informations que le locuteur adresse au
destinataireluifaisantpartd'unerequêtequ'iladressesoitàunHetS,soilàl'auditoire.
Parcontre,esteffectivementunerequêteadressséeàa

Un conseil
be wil mgba be kimi mgba (R7)
lon/voiraccltoul/on/dire/oonacc-.suffnég/loul/
,Qnvoittout:onneditpastout. 1

mi qui a subi une mutation rrophologiqueàcausedesondébitrapide


devieo\li/.Lesproverbesdeœtypeexprimentunconseild'expérieoce. Le locuteur
rapporte un acte qu'il a accompli dans !e passé

Unconstatdevenuvéritégénérale

nvjekiiml1IE1JQEba(R8)(proverben°20)
/eau/luernonacc-.suffnéglcaiman/petil/
cl'eaunetuepaslepetitcaiman.1

me nl.ml w4e kwtii nzl me bomi {R9) {proverbe n"6)


/on/boire non acc-.suff nég/autrui/ventrerboisson/on/enivref
acc-.suffnégl
, Üf1 ne peut s'enivrer de la boisson consommée par une tierce
personne.,

ces énoncés se distinguent des autres modalités à partir du moment où ils


nerévélentpastantlesrelatioose11trelocuteuretdesünatairequel'attitudedu
kx:uteurvis-à-visdesonpropreénoncé.Eneffe!,l'assertionestl'actedeparolepar
lequel!elocuteurdonl"l8uneinfoonatioo,formuleunjugementsurquelqu'unousur
quelque chose en les prèsen\arlt comme vrai. L'assertion implique un jugement sur
lavaleurdevéritéducontenude('éooncé
Quetquumarqueur,dedériYationquiinfluencentlesens

Cetypedemarquesestappropriéàlaprèsenced'unemarquededérivatiOfl
On rema-que que /bubul, a !a différence des expressions monosémiques
est polysémique. On peut par exemple la convertir a être en mesure de dévoiler ;
releveraugrandjOIJr;fairedécouvrirtoutcequiestcaché.Lesensduproverbe
s'inscritprincipalementdansuncodequ'ilfautcllercherâcomprendre

1.2.4 Sens du proverbe, langage émaillé de codes.

Le langage provefbial s'appréhende comme un loogage feutré et pa-semé


de code. Le code tout comme le message proverbial dénote en effet, l'un, le système
conventionnel de symboles et de règles constructives crèce auxquels le message
proverbiaipeutêtreproduitetcorrectementinterp<été;l'autre,touteinstanc:ede
communication usitant le code. Ainsi, sl nous preoons l'exemple suivant:

beluf1mjtnjanilovjebef1kleji(proverben"184)
/on/ôteracc/roi/pied+<lans/piquanUon/prendretermlmontrernonacc/lui/
«Sensliltèral-lepiquantqu'onenlévedupiedduroiluiestprésenté.1
•...• Sens code- lorsque le Roi commet des fautes, il faut les lui signifier.

Enutilisantl'éooncésupra,nousproduisonsunesuitephonique(son)ou
graphique représentée comme ci-haut. (cf. Kerbrat, op. cit.p.25)
Lepoidsréeld'unproverbenedoitpassecoolondreâsoosenslittèrai
uniquement (même si celui-ci paraît prilOOfdiat). Ce proverbe est synonyme de
conseiller, informer ou mettre au coerent Ce même proverbe peut, par ailleurs avoir
des forces ilkx:utoires différen1es: (sanction, mise en garde, avertissement).
A ce niveau précis, nous sonvnes dans le domaine de l'humeur personnel
du locuteur. Fort justement, on J))lmait se mettre à continuer l'inventaire des
attitudescontradicloiresethautementconnotées,quiserencontrentd'unlocuteurà
l'autre ou chez un même kx:uteur selon la variation que pourrait avoir son
tempérament (faible ou robuste).
Lesensduproverbeprendencomp\ecertainscootourstelsquel'état
d'amepsychologiquedulocuteur.llyaàépierladistinctionqu'ilconvientde
faireentrel'universextra-!inguisliquedusenset la représentation sémantique
particuliéredecesens(danscecasd'espèce,lesenss'enveloppedela
connotationissuedelatraditionbaoulé)devenantainsideplusenplus
complexe. Le sens est donc une réalité à la fois argumentative issu de la
sémantique culturelle pour s'ériger en chaine compréhensive, le proverbe
adoptel'aptitudeàsereprésenterdemaniérelimpide.C'estpourquoileproverbe
se glisse toujours dans laconversationetintervientpoursolidifierune
argumentation
Sémantique : la désignation du sens du proverbe doit être conçue comme
unpointfocal(mêmes'ilyadesinterprétations,ellesdoivootsefairedansunseul
etmêmecanal)qui peut être interrompu ceœ sa transmission parla pensée, en
différants IX)intsdesondéveloppement.
Lasaisiedusensestplusoumoinspa-tielle, tardive ou pëccce seœ le
degré de sens visé lors de la réalisatkln de l'acte proverbial. En ce qui concerne le
sensquisesitueensurface,onremarquelaprésenced'unesorte1d'espacevide1
ouclibre1,faisanlconY11uniql.lefmutuellementl'intérieurell'extérieur.
Ainsi:
bef1mlnvjel11megw11avje(proverben•22J
lontprendrenonacc+Suffnég/eau/autrefois/on/semernonacc+Suffnèglriz/
,Onnepeutsemerlerlzaveclapluled'autrefois.•

Ce sens ainsi libellé emporte avec soi un dynamisme de compréhension


selon lequel on appréhende au sein du proverbe lui.même la pa-œtle de sa
substance.Néanrroins,onreconnaîttoutefoisquelepropreduproverbeestdesortir
de cette simplicité
Enpa,antdecettesimplicité~ative,lesensseraitàceteffetuneouverture
beaucoupplus,globalisante,,selonlemotdeG. Flischer(2005:78),unpointde
vue légèrement eu-œssus du sens supra, un point de vue plus soutenu et
hautementreprésentatif.llprèsenteuneétudeplusfouilléedeseffetsdusensqu'il
vafalloir«puiser•danssapropreculture(us,tra:lition,coutumebaoulè). Le sens,
danscecasprècissetrouveâchevalentresémaitiqueetetlmoh11guislique.
Dansunloogageplussoutenu,ceproverbepeutsignifier:
«lnutiledesevcV1lerdelagloirepasséequandonestprésentementdans
l'incapacité.• On remarque asst que le discours proverbial produit admet une
structurer,olyphonique;elleestdueàl'usagedudialogismeetàsesnombreuses
sourcesèmettrices.C,eluiquiusiteleproverbeàsavisiondusens;cetuiquireçoit
leproverbealuiaussi!asienne
llproduitundiscoursàlafois
Dialogal(ils'adresseàsoninterlocuteurquiluirèpond);
Explicatif(parsoucid'interprétation,ilpeutexpliquercequ'ilentend
àsesinter1ocuteursmémesilesensn'estpasàdiscuter):
Argumen1é et persuasif (en réfutant certains point de vue de son
inter1ocuteuràl'aided'exemplesenrichisdeproverbes):etc .•.
C'est ce que souligne (leguy, op. cit. p.198) « Dans l'argumentation
proverbial, pour avoir le dernier mot ou ooer trancher une discussion, le
rècepteurpeutêtreamenéàcapitulerdevantlasoliditéde!'argumentaliondont
reuprewe scnmtenccoieo.»
Ainsidonc,leproverbepeutargumenteruneopinion,commenterunfait
ou commenter une observation. Il peut apparaître dans une succession de
plusieurs proverbes ayant le même sens ou des sens complémentaires, selon
une progression prèciseallantparexempleducommentairejusqu'àlacrilique
ouverte. Un proverbepeutservird'explicationâun autre, etil peut y avoir des
compétitionsdeproverbesetdesjou1esora1oires.
De ce fait, le proverbe ne peut admettre un sens unique dans la meure
où il peut être utilisé dans des situations différentes. c Chaque citation d'un
proverbeenactualiseetenrichitlesens:touten restantdansleslimitesd'un
champdesenspotentielhorsduquell'emploiduproverbenepourraitêtreadmis
comme pertinent, chacun utilise l'énoncé pour la communication actuelle.1
(Leguy,ibidemcit.p.259)
c'est d'ailleurs cela qui permet de s'adapter aux réalités nouvelles.
Cependant, si la situation permet d'éclaircir le sens d'un proverbe, l'émission du
proverbevientaussidonnersoninlerprétationenvenants'yappliquer,d'oùlaplace
centraleduproverbedansl'inter1ocution.ltexistedoncunecrelaliondusujet
parlantausens.,.Ainsidonclesproverbesrangésdupointdevuedelasynonymie
évoluentdansunmêmecanald'interprétation
Par exemple:
a) nj'lalanjlasi(proverben•1aS)
(1) {2)
/feui!le/toucher/feuillelderriérel
cleféticheprécédelefétiche.1

Admet pour synonyme :

b) blalEkpEblalEnii(proverben·186)
(1) (2)
/fer/couper/fer/dedans/
«Lefercoupelefer.1
lci,i!yal'idéededureté:i1existeeneffetdesmélauxplusdursquelefer
Onpeutciterl'acierappeléblaltjaswa/ler/garçon/etl'or,sika:>kwlclargenVrougel.
L'analyse sémantique de la structure interne de b) en référence avec le
savoirencyciopédiQuedeceluiquidoitinterpréterb),permetdesavoirquedansb),
le fer {1) qui cccpe le fer (2) est sot l'acier, soit l'or. Autrement dit, du point de vue
qualitatif,cesdeuxderniersmétauxontbeaucoupplusdevaleurquelefer.
Ce procédé linguistique est une répétition d'un même terme dans le but de
favoriser l'émergeance d'un double sens dais l'énoncé. Donc l'exemple d'analyse
en b) pennet de constater que dans a), il y a l'idée de supériorité mystique, emploi
supertatifde(2)ena)etde(1)enb).
Lesensde(a)estdonc·
llexistedesdivinitésplusrortesqued'autres.D'ailleurs,c'estœsensque
l'onre!ientlorsqu'onévoque(a)et(b),engénéral
llexisleclonc,poortout proverbe, unerelationdusujetoommuniquantau

1.2.5 Relation du sujet communiquant au sens.

llexisteunerelationdusujetcommun(luantausoosduproverbe.C'estce
quifondeladifféreoceentreaspectsocialdusensetaspectindividueldusens.Nous
venons de voir en (comme déjâ sutrmentionné) que tout langage proverbial est
parsemé de code. Or, tout acte de langageestproduitpa-un individu qui est en
situationdecsujetCOfMluniquant•
Ceci éclaircit la double valeur du signe dont parle Saussure (reprise dans
des ternies différents par d'autres linguistes sens /effets de sens,
senslsignifications,etc ... ),ca-,puisquel'énoncéproverbialestproduitparun
individu,ilestrelatifàindividuetdoncleréfèrent,sensdupvbestsaisidansune
expérience C>Oginale qui caractérise le discours (spécificité) ; mais, en même tant.
l'individu est un sujet communiquant qui sait pertinemmoot qu'il doit faire partager
cetteexpèrienceetseseradanslerapportd'intercompréhensionques'élabol"8fa
une sorte de mise au point sémantique qui ceectensea la larigue proveroiale
(consensus).
Etdefai1,étudierlesensd'unproverbed'unelanguearnèneàlX)Serun
constat llyadanstoutproverbe,aussispécifiquesoit·il,unepaideportêe
sémantique convnun à tous les individus d'une même communauté
sociolinguistique. En soome, le sujel communiquant se retrouve en face d'un
phénoménequis'appuiesurdesdualités:
• Lesensduproverbesetrouveàl'intersectiond'undoubleprocessusde
symbolisalion:l'unextemeetréférentiel(sensconnotéquin'estpasàla
portéedetous),!'autreinterneetstructurel(senslittéral,plusfacileà
cerner)
Cette symbolisation est nécessairement double dans la mesure oû le sens
nait d'un acte de définition original et individuel (dimension
monophooique) e1 d'un acte de définition en rapport avec d'autres
individus ou encore plus large, la communauté baoulé tocte entière
dimension polyphonique). Lesensduproverbe,comptetenudetoutses
détailsestàlaloisrelatil(iln'apasdevaleursémantiqueensoi,mais
seulement par rapport à des considérations énumérées supra),
nécessaireetplusoumoinsmotivé.
En d'autres termes, le sens du proverbe nait dans un usage ou emploi.
(C'est ce qui lait qu'un seul et même proveibe peut expliquer plusieurs situatio ns
différentes) et s'établit en même temps dans une somme de relations
d'intercornpréhension(lemessatJeprovertialvéhiculédoitêtrecompris).Sinonle
sujet communiquant doit en rendre nécessairement compte par l'argumentation qu'il
méoe

• Le sens du proverbe perçu comme valeur transférée.

Du JX)intdevuesémantique,leproverllepeutêtreanalysécorrmeuncreux
contenant un ensemble de sens. Bien vrai que la signif"cation ~ttérêie constitue le
minimum nécessaire pour assumer la ccmmunication d'une notion plus vaste, e5
signilicationspériphériquesousecondaires(S,,S2,S.,, ... ,Sn)quifrisentcequeroo
appelle communément , interprétation ~ peuvent être appréhendées comme une
sortedepyranideévolutived'oû(S.)estconsidérecomnelesoclesurlequels'appuie
le sautressens
Ceci se justifie à partir du momen! où dans le matériel que nous offre le
systèmegénêraldelalangue,nousopéronsunchoix.D'ailleurs,,onnepartepasà
un enfantconvne oo parle à ure grcl'lde œrsoere s. à une personne cultivée comme
à une persoone inculte. L'analyse propramen\ dite nous impose la toche
d'interprétation des choix !ail par l'usage, qui ne vise que l'effial:ité de la
communication. Si le c jeu , rie consiste qu'en cela exclusivement, l'on pourrait être
tentédeneconsidérerqool'intercompréhension.Ceseraituntempssoitpeuréduire
lagrafldeurduproverbeetd'ailleurs,plusloin,lerestreindreàdesidéesnoo
évœatriœ s.°'1nes'étefldrapasd'avantageetl'oovoudrabienreconnailreque:
l'acUvitéparémiologiqueconsisteàclairepar1erlemondeambian!
mais,d'unefaçonoblique,parrapportautangageditordinaire,pour
'labriquer'cemondebaooléenyprojetantunevisionoriginafe,celle
du sujet communiquant.
Selonlathéonesocialedelasociolinguisliqoodéveloppéep..-Labov,
Cohen, et le tout récemment repris par Abolou, (2008), une langue varie selon le
temps, ra sccëté etrespece. Le proverbeentantquefaitdelangueconnaitdes
variationssociolectales.Toutefois,ilestclassédansleregistresoutenu,voire
Ofatoiredelalangue:
Celte activité rhé1orique (aux mains des rhéteurs) met en jeu des
mécanismes qui reposent tous sur ce principe de transferts
sémantiques, transfert qui se diversifient ensuite dans des types
particuliers:
L'o<ientationquelelocuteurdonneàsondiscoursnepeutêtre
décodée que dans la mesure où l'on reconnaît un appui
conventionnel(conventionsocio.culturelledulangagedansson
entier,crééeparleslacommunautébaoulé).
Letransfertneselaissedécoderquedanslecontexteparticu!ier
du discours produit.
S'il n'es! ni repris à soo compte pa- la tolaité de la 0010011.m auté linguistique
niparungroupe,oodiraquel'onaaffaireàuntransfertàcaractèreifldividuel,qui
reste, en quelque sorte, la propriété de celui qui l'émet La valeur sémantique autour
delaquelleseporteledétiatestM lisa!iondesin1a9e5,dumatérielgraM'laticalet
l'ordre des mots qui coosttuent l'énoncé proverbial. Poor la descfipbon de ce
mécanisme, comparons ces types d'éooocés proverbiaux:

:>tn1 klo nzr1 nü ak:> be ti e kwla frtemi (proverbe n"187)


/cafard/aimer+éventuel/public/dans/poulelsf1ls/cause/il/
pouvoirnonacc+suN nég/sortirnonacc+Suftnégl
1lec1fardalmeblenl1foule,m1i1c'esticausedespo11Jet1qu'il
nepeutpassortir.»
Cesontlesembûchesquiempéchentlaréalisationdecertainescl'loses.

Letransfertdesens(quisenourritd'interprétationspartantduproverbe
soorce) de ce proverbe se réalise avec ses fomles proverbiales synonymes. On cite
parmi tant d'autres:

a) :>tr11ni1k:>bedj1millk1wlt
/cafardlel/poulet/ilslvivrenonacc+Suftnéglensemble/lieu/unique/
• Lecafardetlapoulenepeuvenlfréquenlerlemêmelieu. •

b) st:>traafitenzranüak:>bedii
/sUcafa1d/sortir/publicJdans/pou!ets/ils/manger+habJ1uil
«Silecafardsortenpublic,lespouletslemangeront.,

(aetb)fontbe!etbienfiguredefcrmesprovafbialesèpartirdumomentoù
e!les inca-rient spontalément une vérité à valetJr universelle. Ce proverbe est une
prédicationdansla:!uellenousotlservons
Lestermescentrauxautoursdesque!ssecoostruitlesens·
(:>traa < ak:>) (Cafard< Pou/et). C'est la conjonction de coordination lnj/
(et)qui,dansl'exemple(a)contribueèasseoirlarela!ionentre/"1raa/
et /ak::il: relation qui. en fait est un rapport de force exprimant
l'incapacitèducafarddesedonnerunelibertè.Enfin,en{b),t'ènoncè
supprime cette relation existant en (a)ets'introduitparleconditionnel
{st),si.L'idèevèhiculèeparcetteformeconditionnelleestquelecafard
nedoi\passortirenpublic;cequiestrendupar·

a) u::itrufitenzranü + ak::ibedii
Partie conditionnée Résultat obtenu

Ainsi, Austin affirme que l'assenion d'une proposition (p) implique la


condition desincèritèquelelocuteurcroiteffectivementenlavéntède(p) ;or cette
conditionn'estpluspertinentedèsqu'ils'agitdel'assertionprobabiliste
Sinoussupprimonslu/,onobtient:

::itrufltenzranü • ak::ibedll
Mémesicesfomlesproverbialesl'\8sonlpasidentiques(absencede/stl),
elles ont la même chwge sémantique. Ces formes proverbiales se construisent en
tout état de cause en combinant deux propositions qui se complètent Ces énoncés
ainsicoostruitssontcomplexescarayantdeuxproposilions:lapremièrees\lapartie
condilionnée;ladeuxièmeestlerèsultatobtenuouprobable.(Voirci-haut).
Si nous proposons une analyse exclusivement lexicale en procédantè ~
désarticulation systématique des idées répertoriées, nous obtenons !'éclatement des
structures sémantiques du proverbe. Cette méthode d'approche est cependant
incapabled'enrendrecomple
Parailleurs,lorsquenousvisonslesquestionsrelativesaucontenudu
proverbe,sinousobservonsqu'enréalitèlesensn'estquelarèsultanteessenlielle
de systèmes de relations complexes, nous obtiendrons que ces méthodes ne
puissentqu'endonnerqu'unerep<ésentaliontrèspauvre.llestdoncplusraisonnable
de considérer le sens de l'èr.oncè proverbial comme une structure non close, ouverte
dont les éléments qui entren1 dans sa composition se définissent par l'ensemble de
leursrelations
De même, on peut considèfe< le proverbe comme un contour d'intonations
entredifférentesposes(statraafitenzranii(Pose1),ak:lbedil(pose1)).lesens
de l'énoncé provertiat doit s'analyser comme une succession d'interprètabons. Nous
partonsdufaitqu'ilyaprisedeparoledulocuteur,puisdèroulementd'uneséquerœ
d'argumentaüonsvisantàconvaincrel'auditoire.
Lesensduproverbe,sil'ons'enbentàcetteorientationdépeodradel'élan
argumentatif du locuteur-employeur du proverbe. Le sens dans ce cas porte
l'empruntedecedernier.Obsefvonsàœteffetlesdifférentsemploisd'unseulet
même proverbe:

benipepebedjaiitrewakasu(proverben•1a8)
/on/eUsinge/onlmangernonacc+suffnég/palabre/arbre/sur/
«Onn'engagepasdequerelleaveclesingesurunarbre.1
Autrement dit, on ne peut combattre celui qui se trouve délls son biotope.
On peut proposer les emplois suivél'lts:

EmQ!QL!
Unchefdevillagereçoitsescolléguespourréfléchirsurlesvoiesde
développement du canton entief. Il donne son point de vue qui est contesté par un
autrechef.Alofs,ilditleproverbepoursemettreàl'abridescontestalions.

~
Des jeunes se retrouvent dans le cabaet d'Allissi autour du vin de palme.
KoffiquiestarrivélepremiersepleindenepasêtreservialorsqueKoua:lio,l'adéjà
été plusieurs fois, YaoquisaHquekoffietAkissientretiennentdesrelationsintirnes
dit le proverbe à Koffi qui a compris immédiatement.

Lesdifférentsemploisdeceproverbesonttouspermis. Tou1efois,untel
proverbes'inscritdansuncadreprohibitifoùleJl(OCésrépondàunptjetdonton
affirme la défense, l'annulation ou le souhait de sa •Non-réalisation,. Ce type de
proverbeestd'ailleurscomparableàuneoctionstupidetelleque1apprendreànager
èun pceso».
Ce proverbe oppose diaroétra!ement deux personnages fictifs à savoir !bel
(on), autre que le singe: et (pepe), le singe lui-même qui symbolise tout l'espèce
{n'importe quel singe).
Se1on(Pottier,op.cit.p.224)1lorsquenousavonsuneintenliondemessage,
le contenu conceptuel est composé des grandes lignes événementielles (le schème
anéiytique) et des choix de visées énonciatives qui accompagnent et contrôlent
constamment l'énonciation.,
Les schèmes liés au nom lpepe/, singe ne sont pas visibles d'emblée. Ils
sontclairemen\misànupa-ceuxquiconnaissentlesvertusdusinge,c'est-à-<lire
[souplesse-mobililé-rapidité-ledondesauterdebrancheenbranche,etc ... ]. Ce sont
ces schèmes ou traits qui explicitent, qui rendent compte de la situation initiale en la
rendant moins abstraite. C'est dans le même élan que s'inscrit le proverbe suivant:
1wlmb1m:>bef1kii1IEbef1j11bl1
lcœurlque/onlprendre+nonacc/luer/guerre/onlprendre+nonacc/
épousernonacc+suffnég/femme/
• Lecœurutilisépourfairelaguerrenedoitpasêtreutilisèpourle
ma11age.,

A la guerre on est dur et rigoureux: aveclafemme,ondoitêtredouxet


indulgent,(preuvequ'elleestdifficileàsupporter).Ceproverbes'utilisedanslecadre
ounconset1, L·onmmenoppo5100noeuxconœp1Sasavoir 1iaguerree11emanage
sèmes virtuels; c'est pour cette raison qu'il iocame le sens externe.
Onauradoncen(S,),onnecroitplusaux!amentatioosduporccariles1
toujoursentraindegèmir.llestaclifauxgémissements.lln'yapasdeconstruction
desensendehorsdelavisiondelacommunautéetsatradition. le passage d'un
sens (So) à un sens (S.) ne se fait pas en dehors de ce qui est socialement
acceptoole.
Lesproverbesbaoulénesootquedespa1iesdel'ordresocialbaoulé.C'est
pourquoi {Cauvin, op.cil :460) stipule que, il faut être de la culture pour comprendre
immédiatement ce que l'on veut dire. Cela n'est pas inné, on l'apprend. 1

le contenu coorotë est un ensemble de valeurs plus ou mcins stables


centrales ou périphériques qui se veut comme un support de compréhension et
d'interprétation
lesensditlittératestdècooèenpremlergraceàlacompétencedusujet
pa1ant. C'est ce que (Kert>rat.Qrecchioni, op. cit. p.135) appelle sens intentionnel
qui,~èvedel'implicitediscursifetsedéduitdu(Sé1),autermed'unraisonnement
complexe et has.rdeux, qui s'appuie sur un certain nombre d'indices que l'on
appellera (S.') 1. le sens ne peut s'appréhender en dehors des modalités
énonciativesliéesauxprovefbes

1.2.6 Sens, situation énonciative et tentative de traduction.

Tout proverbe se situe dans un cadre énonciatif. Il s'imoose à nous


d'éluciderlesmodalilésdudiscoursàsavoijr:
• Celui qui parle ûel:
• Celuiàquil'ons'adresse(tu).
(Ch.raudeau, op.cil. p.132)affirmeàcepropos :c La situation énonciative
est l'ensemble des circonstances de communication qui président à la production du
discours. Elle garantit donc la valeur communicatrice du message linguistique en
constituaotautourdecelui-ciunensembledenon-Oitquiconditionnesasignification
globale.1
coent es pw erœ s c -oesscus :

a) asabtunE'aare(proverben"189)
/préf/main/dhdavoir non acc+suff nég/médicamenV
Traductionlittérale:dixbrasn'apasdemédicament.

1- Touscontre1oi,tunepeuxrien.
Traduction interprétative
2- l'unionfaitlaforœ

(b) bolidisimlialwandtoniist(proverben"190)
/cabri/manger hab/savon/chien/affaire/être ace/dans/comment/
Traductionlittérale:silecabrimarl!ledusavon,enQuoilechienest-il

""""""'
Traductioninterprétalive:onnedoitpassemêlerdeœquinenous
concerne pas.

(c) srdwtdi'akol)goja(proverben"191)
/poltron/mangernonacc+suffnéglbubale/pattel
Traductionlittérale:lepo!tronnemangepaslapattedububale.
lln'irapasà!achassedepeurdesefaireattaquerparlebubale
(Hypothèse)
Un Hommedoitendosserlaresponsabilitédesesactes.
Lesensleptusétargiconsisteraàappréhenderleprovefbed'un point de
vue , hors contexte • par les membres d'une méme communauté ayant une
compétence culturelle et linguistique suffisante. Cette disposilioo nous permet de
mener certaines réflexions sur les énoncés proverbiaux supra. D"ailleurs, Benveniste
embcitantlepasd.-issathéoriedel'éflonciation adme1quelediscourssefiœlle
autourdelroisaxes:
• le pôle Emetteur suppose celui qui a la tâche d'annoncer le
proverbe;
• il émet obligatoirement un message ;
• l'émetteur s'adresse à un Rècepteur (il peuts'adresseràtoutun
public)
Sil'onsebasesurœtteconsidération,lesproverbes(a.b.c)exprimentle
procès de maniéfe multifomie. En ce qui concerne le proverbe (a), le rècepleur n'est
pas quantifié et isolé en tant que signe désigné. Comme il s'adresse à tout le monde,
onditqu'ilestinclusif.
Avecleproverbe(b),l'èmetteurestreprésentépar/boll/.Toutefois,ilne
nousditpasquiaujustemaisilnousindiqueunensembledepersonnesjouant
unrôleactif.
Par contre, /alwal renvoie au rècepteur c'es1-â-dire à celui à qui
s'adresselemessage.CepOleàuncaractérepassifcarexprimantla'neutralité'
parrapportàl'acliondupremierterme.
Ce proverbe exprime le procés comme l'opposition de deux binômes
(connoté/nonconnoté)quisontdansunrapportd'exclusionintrinséque.Enfin,le
proverbe (c) matérialise l'action de communication réalisée par un individu
/srEfwl) qui est en situation de sujet communiquant Cet aspect ramène ainsi à
lapolyphoniedontparlentcertainslinguis1esdontN0lke,Bakhtine, Ducrotetc ..•

1.2.7 La valeur d'actualisation des proverbes.

Rappelonsque,danstouténoncé,c'estleprédicatquidispatchelerôle
des autres termes. Il exprime le point de vue de l'émetteur el nous pouvons
affirmer qu'il est l'ac\ualisateur du procès. Nous avons respectivement [nt'a
(nègation),di(affirmation),etdi'a{négation)respectivementpour(a), (b),(c).J
lepointdevuedel'émetteurestdéjàexpriméetmisenexergueparcet
aspectduprédicatouplulôtlaliaisonentreleprocésetlepointdevuequenous
appelons ,situation- repère, (Cuholi Celui-ci peut s'observer sous diverses
formes.Ainsi·
•enproverbe(a).lasituation-repèreestlasituationconstruitepar
larelationrepérelasablu/:
• eriproverbe(b),cettesituation-repéreestmatérialisèeparlbolidl
Simll/:
• enfin en proverbe (c), elle est représentée par /srdwEI. Cette
valeurenquestionpeutrenvoyeràl'anaphore
Essayoos dm: de vcir ccmnent cette ~ s'effectue. Soient les
provert)essuivants:

able-sifwtsiak,eboacja(A1)(proverben•192)
/danseur/savoirnonaccJquelsonlderriérelêtreacclpenchet/
T.L Ledanseurnesaitpasqu'ilalederrièredetravers
T.110uandonestàl'œuvre,onnedécouvrepassesdéfauts
T.120nréaliseplusdedéfautsquandonestàlabarre.

blatik,ajeotresasit:>efanJ1a(k){proverben•19J)
/femme/être+hab/comme/palme/régimenui/sl/tomber+non
acc/illprendrelfeuillel
T.l La femme est semblable au régime de palme : s'il tombe, il revient
avec une feuille.
T.11 La lemme épouse son environnement
T.1211nefautpasresterlongtempsloindesafemme

Ces proverbes supra otéesent à la valeur de reprise. Il s'agit de


l'anaphore qui, pour (Mounin, op. cil. p.27) n'est que c la reprise, dans le
discours, d'un segment d'énoncé par un mot qui y renvoie (souvent un pronom)
,,.
Ainsidonc,en (A1) ab1e-sifwt si'a kt e bo a cja
(1) (2) (3) (4)(5)(6) (7) (8)
Les constituent de l'énoncé sont disponibles de manière ordonnée.
chacun occupant une position précise. Les constituant/able-slfwt/, (position,)
estreprispar/e/,{position•).leproverbeoriginelestdonc:

/able-sifwtsl'aluablesifwtboacja/ouencore/ableslfwtsi'akte
b:ib:>boacjal

Cependant, on ne peut pas obtenir le sja lu able-sifwt bo a cja/ car le


message initialement produit en {a1) est complètement mise à l'écart. On obtient
alors avec cette transformation impropre cil ne saitpasqueledanseura le
derrière de travers.• alors qu'en réalité on à Ile danseur ne sait pas qu'il a le
derrière de travers,. Toutefois, la marge de possibilité de réussir cette
transformation s'avère réduite. Elle demeure possible et réalisable si et
seulementsi!esin1erlocu1eursidentifient/able•sifwü
(Ledanseur).Sicetteconditionestremplie.alorsunefotmeèventuelle
duproverbeserait/esi'akieboacja/.

En (Al), /kil {comme) établit une relation de comparaison entre lbla/ (/a
femme, élèment compa-è) et /aje otrel (le régime de palme, élément compa-ant)
Ces deux termes pa-tagent les mêmes propriétés, à savoir l'idée c d'épouse<
rapidement son environnement.,
Partant, l'interprétation assignée aux substances dèpend de leur statut
respectil.Lessubstancesnepeuvents'analysersansanalysepréalablede

,œ Go<f9MMOONN.~aP.27.
l'énoncé entier. Autrement dit, il n'existe pas de comp(éhension basée uniquement
surlenomooleverbe. lln'existepasdecomp(éhensionexciosive.Ainsidonc
L'analysedelable-sifwt/de(A1)noosamèneàposerqoe
par sa position. on peut dire qo'i\ est (N.S). C'est on nom générique 110;
par la valeur du prédicat qui est spécifique (il spécifie ordinairement le
nometl'affectedesapropriété)
Onposeenretouràtraversceproverbe:

me tutumi ak:> wQ ni ma fa ma kle kptn (A3) (proverbe n•194)


/on/plumer non.acc-tfed-tSuff.nég/pouleUcorpslavanUde/prendre
acclpour/montrernonacc/chell.
T.L On ne plume pas l'oiseau avant de le montrer au chef.
T.L Ce n"estpasquandtoutsegàlequ"il faut venir voir le chef.

ktmekQwol:>tmekpttl nJ:l(A-o)(provefben•195)
/où/onltueracclserpent/là-bas/on/couperacc/lête/lui/
T.L C'estàl'endr04toù!eserpentaététuéqu'ilfautledécapiter.
T.! llestmieuxd'achevernostêchesquotidiennesdansletemps.

uaramiebeml(A5)(proverben•t96)
/si/il/brûlernonacc+nég/iUcuirenonacc+l'lèg/
T.LSiçanebrûlepas,çanecuirapas.
T.1Beaucoupdemoyensd!Mtêtredégagèpourcequenousvoulons.
On note que
(A4)estlaformeréduitedel'énoncéoriginal:
ktmekiiwol::>lmekpt(wos::>n)ti::>(195)
/serpenl/lui/
Ou encore/kt mekiiwo IOJtme kpt [e/i]ti::,
/sa/tête/(latêteduserpentenquestion)

La fonne /e/ {i~. devient /ri à cause de son enwoenemem. Toutefois qu'il
y a eu assimilation, !a position de l'élèmenl qui s'efface est matérialisée par le
symbde [e]. Les locuteurs avertis on en conscience qu'il existe un élément en
moins.lwol,termecentralquioccupelaposition4estunsubstantif.Onpar1ede
n'impol1e quel serpent Il est en position de complément. L'actualisation
sémantiqued'unrootdépenddeplusieursfacteurs
« Tout passe comme si le contexte actualise certains sèmes du signifié
et en offusquait d'autres., (H. Besse)
Pris globalement, ce message proverbial ramêne nettement mais pas
exclusivementauxinterprétationssuivantes:

/kt me kii wo (kwlaa) 1::, t me kpt (wo s::, me) U mu::,/


C'estàl'endroitoùlesserpentsontélétuésqu'onlesdécapite.

L'information porte sur le lieu (uniquement) où la décapitation doit


nécessairement se réaliser. H s'agit d'une interprétation spécifique du
lieul::>t(c'estlà).Onobserveunesortedeglissemen!dulieuquidevrait
êtreinclusif(n'importeoù)maisnel'estpasenréalité.

Sidonc:/akiiliwol/tui1uer+suffaccJserpent/
llurgequetuledécapitessurlech.vnpcarons'exposesicetteréglen'est
pas respectée. Leserpentpeutmcrtlres'~ n'estpaseffectivemeotmort. C'est donc en
ledècapitarl\qu'onserassure.Cette interprétaOO!ldécouledufaitquequelquescitle
message proverbal, 11 existe une IOQK!ue 11T'4)110te ccœe: ICI celui du serpent que ron
consiôèfe comme daogeœux, sinon mortel. (As) distille le message proverbial

• unmessageconditionnèquiseprésentesouslaformesuivan\e:
Lacuissooestconditionnéeparlabrûlure.Quandc'estbrülé.c'estsurque
c'est cuit. L'emploi de/stl(sil devant un pronom n'est donc pas neutre: il est
sûrement lié au rôle que « l'éme1teur-énonciateur • désire faire jooer au segment
qui exprime leconditionnel. l'énonciateurétablitde manière implicite (peu1-é\re
sanslesavoir)un1ienprivilégiéentrecesdiffèren\esoccurrences.Celaimplique
quepourquelepoissonpassede!'étatnoncuitàl'étatcuit,ilfautqu'ilpasseau
feu. /West donc la trace matérielle d'une opération de fléchage (Culioli, 1982) et
exprimeunedéterminationparticuliére.
Cette opération recherchée (la cuisson) es\ toujours secondaire, car
faisant appel àunepremiéreopéralion(lamise au feu). l'information, à savoir
/belc/(cuisson,actiondecuire)n'estpasauto-suffisante.Elleseprésenteausein
du procès comme dépendante du repère lui
Ce repé<e qui noos est présenté est exprimé pa- le prédicat /rami/ de par
son sens. La partie qui suit, parsapriseencomptedelamodaliténouséctairera
davantage.

• Représentation matérielle du procès exprimé en (AS)

_T_
,_

Cuisson Être brûlê e Êrre cuit

Ce schéma cependant, risque d'être trompeur car incomplet: il présente


unordrelinéairequil'estquepartietlement.Eneffet,lavateur(p')validéeen(To)

résultebiendufranchissementdansletempsdelabomemarquanllafindu

procés:pourêtrecuit,ilfautavOrétéaufeu

Mais cela suppose du même coup une représentation préalable du procès


parrapportàlaquelleonpuissedirequeletermeestatteinten(To):
c Ètrecuil a ce n'est pas forcémentc l:trebrulé •
Leprédicatra,brulermarquedoncicideux faitsquinesontpassurle
même plan et qui sont pourtant inclusifs : d'une par 'brûler' implique la cuisson
extrême et d'autre part la cuissoo n'implique pas la forcément la brulure.
D'une certaine manière, on peut parler d' 1 état résultant• dans la mesure
oùen(To)enréalité,onestdansunesituationoùleprocésaétéstabilisé(cen'est
quelacuissonetnoolabrulurequel'onrecherche).ToutprOYerbeconlient
nécessairemenl des modali1és en son sein

1.2.8 Interprétation et sens de proverbe

lnterprêterunênoncéproverbialimpliquepourledestinataireàvoirquetles
sontleshypolhésespertineri\es,àsavoircellesquilontl'objetdel'intention
communicative du locutetJr
Sinousadmettonsleproverbe132suivan!

waka ti no fl'1 ndre


/arbrenêteldedans/pousser+nég/champignonl
c Leschampignonsnepoussentà!acimedel'arbre. •

OnposeavecN01ke{2005)quetou1énoncéestsoomisainterprétationsi
sonsensn'estpassaisissabtedefacto.L'interpré\ateurpourluiest:
c Un être du discours qui, par une interprétation
(abstraite)de l'énoncé, reformule le point de vue
complexe{hiérarchiqueet/ourelationnelnen point de
vuesimpleutilisabledansunpointdevuerelationnel.•
L'interpréteurestdonc.sil'onsebasesurlesproposdeNolkeceluiqui
contribue à éclairer le sens d'un énoncé en le ra-nenant à une schématisation
simple à partir des représentations qu'il se fail lui-même. Le discours appél'aîl ici
comme une activité complexe ; non seulement les représentations peuvent se
modifier au cours de la schématisation, mais ercoe les niveecx de représentation
sesuperposentcarvariantd'uninterpré!euràunautre;d'unniveaudelangueà
unautre.Ainsidonc,onoblient

Poet oe vue r : [x) (Vrai(waka(m:incn)ti nü fi'a ndre))


Arbre/frais/tête/dedans/pousser+nég/champignonl
,LeschampignonsllE!poussen1pasàlacimedel'arbrefrais1
• Vrai.(Conclusionimplicitée).

Pour avoir une large vision du processus d'interprétation, il faut, au-delà


des implications de renoece. définir avec précision son ou ses explicitations.
Explicitaüonra-néneàunehypolhèsedesensquel'énoociateurestsusceplible
d'avoir.Ainsi,ceproverbepeutrecevoirunevaleurdevéritélorsqu'onluiattribue
des modifications qui clarifient son sens. Lesexplicitations,quel'oo peut donner
au proverbe se formulent comme suit:

Point de vue 2 : PP] (injustifié (waka {11.pl:>wa) ti nii fi'a ndre))


/arbre/décomposé/tête/dedans/pousser+néglchampignon/
,Leschampignonsnepoussentpasàlacimedel'arbredécomposè1(faux).
(li s'agit d'une explicitation).
l'énoncévraiserait:wakakp:>watlnOflndre
/arbre/décomposé/tête/dedans/pousser/champignon/
« Lechampignonpousseàlacimedel'arbredécomposè.,
(lls'agitd'unecooclusionimplicitée)

Point de vue a : [lo] peut-être (waka (kee)ti nû fi'a ndre))


/arbre/sec/têteldedans/pousser+11èg/champignonl
(Une possibilité)
S'ilpleutbeaucoup.(lls'agitdoocd'uneprèmisseimplicitée).
Avecceproverbe,l'interJ)fètationestfonctioodel'adjectif~léàwaka,
arbrecaleproverbeoriginelnepréciseriendetoutcela.lladoncpoursynonyme
l'énoncévrai(conclusionimplicilée)supraoulepointdevue3s'ilnepleutpas
beaucoup, s'il n'y a aucune possibilité d'humidité ou encore le point de vuer
(conclusionimplicilée).
L'énoncé proverbial complexe a la structure 'peut-étre {P)' ou Pa sa propre
structure polysémique. Proverbe132estvr;isietseulementsinousavoosaff;ire
àunabrenontouchéquin'asubitaucunealtèrationetencoresinousnesommes
pas dans une saison pluvieuse. Pa cootre, il devient faux s'il s'agit d'un abfe qui
a subi diverses altérations, un arbre gisant à terre. C'est en cela que
l'agumen!ation demeure une forme cadinale de schématisation selon le mot de
Maingueneau. En effet, argumenter, c'est chercher à modifier les représentations
d'un sujet en provoquant son adhésion au point de vue que l'on s'est librement
imposé. On ne peut le faire avec des déductions f'lècessaires, mais à l'aide
d'inférences'"·
Gizeappelleéclairage « l'ensembledesprocèdésdiscursifsquidoivent
conduirel'au<liteur-lecteuràinfèrerunjugementdevaleur. 1121

1"1~·Ru .•....•.. , •...•.•• _..,.....,..~ •. ~••.•. --·~··s,;.


t_......,1981.P.olS.
lci,lepointdevueducsufetpa1ant,surla,grimpéeduchemn,estle
présupposéquepeutvéhiculerlesuffixedenégation(adefwa(débitra~de)de
fumi)). llseraitplusexpressif,selonlemotdeGuillaumededire:

ati (kwlami) fu'a waka (proverbe x')


/chemin/pouvoir•sufflgrimper+suffnéglarbre/
,Lechemlnnepeutgrimpersur!'arbre.,
Ce qui est clair. en revanche. c'est que dans les deux cas, le locuteur
pèseote comme vraie l'impossibilité du chemin de grimper à l'arbre ,. En effet, les
deux énoncés, SOIJS les formes différentes, disent la même chose sur l'avis du
locuteur. Selon Koua-né, la valeur de vérité est inscrite dans une perspective
phénoménologique ... ,111 l'objectivationdelavaleurdevéri!é re!èveseloncet
auteurd'uriethéorieimplicitedusujetéoonciateuretducontexted'énonciation.
La valeur de vérité se rattache donc non seulement à la structure
pragmatique mais aussi à la structure linguistique. Toutefois, l'orien1ation
assignéeàl'énoncédépenddes•orientalionsargumentatives ,de la valeur
présuppositionnelle d'inférence linguistique virtualisée par la compétence
modale du sujet énonciateuretsur le contexte, nécessaire à la réalisation de
la performance.
Lavaleurprésuppositionnellequiest,enfaitliéeausens,dérivedes
in!01TI1ationsvéhiculéespart'énoncé.Maislaconstrucliondusensestdépernlante
del'expérience,culturelle ,du locuteur. Cela renvoie bien entendu à ce que le
locuteursaitdumoode, de sa culture, delasituationdel'énoocia1euretd'autres
valeursextralinguistiques
Ces différentes considérations pourraient en partie rendre compte de
l'interprétatioo sémantique de l'énoocè proverbial produit. On retiendra avec
Raccahque:
a) • Tout énoncé, du fait même de son énonciation, se présente comme,
enprincipe,destinèàsuggérerunecooclussiooouuneclassede
conclusion;
b) lorsqu'un énoncé Ese présente comme destiné à suggérer la
cooclusion C. il le fait en vertu d'une régie d'inférence graduelle,
présentée comme partagée par l'ensemble des interlocuteurs, et
présentée comme générale. ,111
Soitdoncl'énoncéproveroiatsuivant

bejetutubejo'akonjtnab::ilt
/on/dent/arracher+redupl/on/faire +suffnég/gibier/méchancétè/
c Onnefaitpasraterlachasseparcequ'onn'apasdedents.,
Lavalktationdusensestnécessairemenlfonc!iondeseffetsvirtuels
concomitammefll appréhendée ta,t au niveau pragmatique que linguistique.

1.2.9 Emploi et signification des proverbes

Lanotbld'empbcleprovert,eest~ e;l'onsedemélldes'~existeune
signification en detm de l'erTl)loi ou plu!Ot si c'est l'etJ'llb qui CMdilionne toute
~nification.
Ooconsidé<equeleproverbehors-con1ructeestenvisagédanssaglobalité
etleproverbeensituation,c'est·à-direceluiquis'insèredanslediscoursestpartiel
dans la mesure où il devient singulier CN de plus en plus particulier. Peut-être
pouviolls-nousdèduirequelasignificationduproverbehors-contexteestinclusive
tandisquesasituationenoontexteestexclusive.

,,, (P.Y)RACCN1.~œ11_,,,...,___,...,~,_..._l.imogee,C..-Cl*IS.2002.

"'
Certains linguistes ou philosophes du laf'lgage Aliietfortune(1981: 19)
voientunliensubjectifentrelelocuteuretsonénoncè, llssoutiennentquedu j'.)()nt
de vue de la théorie linguistique, un langage doit être conçu comme un système de
règlesetdeprocédésquipermeltentd'Rulerd'exprimerdescroyanœsetdes
attitudes, mais qui ne sont pas destinés essentiellement à les communiquer.
Considéronslesénoocésp!'(Werbiauxsuivants

kür]gbajoja (g1)
/seullêtrehabldouloureuxJ
,Êtreseulestdouloureux.,
Ê1reorphelinetlemalleplusdouloureux

wakakiinimma(gi)(proverben•m)
/arbre/un/et/fruit/
,Unarbreetonlruit.,
Achacunsesdéfautsetsesqualilés

ftomenwl(gJ)
/douleur/être hab/leur/bouche/
1Ladouceursetrouvedanslabouchedetoutunchacun.,
lllautgoûtersoi-mêmepourmieuxjuger.

t.esdiverssignificationsdel'énoncéproverbiatrélèventdesinterprètalions
(il s'agit donc d'un domaine purement subjectif). Nous sommes au niveau de
l'orientatioo argumentative du locuteur, si bien qu'il parait incommunicable dans
son entière entité à pa'tir du moment où il n'y a pas une« piste sémanbque unique
, mais plutôt« des pistes , que l'on modèle selon sa culture. Dans ce cadre-ci oo
se heurte à une anbiguilé inhérente, à plusieurs vagues d'interprétatioos. Le
proverbe est appréhendé comme une substance sur laquelle le k:x:uteur s'appuie
pourtracerlessillonsdel'inte<prétatioo.
Too1énoncéproverbial hors-contexte est une succession d'unités
abstraitesaupointoùl'onn'estpasconcrétementuneappréhensionsuffisanteet
constantedesesimages,engros,detoutsonsens.
lldevientunjeudetransformationoolelocuteur(l)enestlecentre
d'inertie.lladopteàceteffetsespropresaspirationsàlaréalitéquid~raits'inscrire
en contexte.
En un mot l'ambiguité de l'énoncé est comparable à un nux d'interprètatioos qui
n'estlevéquelorsqu'onl'intègredansunesituationprécise.

l.2.10Les proverbes en situation

Seul l'emploi justifie le sens du message proverbial et dissipe les


incompréhensions. Les proverbessemettentainsiaucœurdelascénographie
énonciative. Ils fonctionnent souvent de conserve, créant la sphère de
compréhension.Danslecadredesoninsertiondanslediscoors,lespointsdevue
du locuteur foncUonnent en réseau eVou en relais contribuant à la mise en
cohérenceisotopiquede!'universdesidèesexpriméesetàlalisibiliteduproverbe
Encesens,laconjonctiondespointsdevuedulocuteuraideàlaconstructiondes
interprétations du récepteur
lepointdevueassertif(quiindiqueuneassertion(propositionquel'on
considèrecommevraie))correspondàl'expressiondesparoles,pensées,opinons
et jugements propre au peuple baoulé. C'est d'ailleurs ce qui domine lors des
débats.
Ainsidonc,sinousrevenonsauproverbe(g1):

kii1Jgbajoja(g1)
/seul/être/hab/douloureux/
cÊtreseulestdouloureux.1
Autrementdit,êtreorphelinestlemalleplusdouHlureux.
S'ilestconvenuchezlebaouléqueceproverbenes'emploiequepour
ponercompassion auxCN'phelins, ilen résulte quesesemploissontvariabteset
multiformes, On l'utilise pour dire qu'on n'a personne derrière soi-même, même si
nousrejoignonsl'idéeénuméréeprimitivement.

-
~
Exemples·

Kofivien1de perdre sa mère iles1 inconsolable, le village qui est


venuluipor1ercompassionluiditleproverbe(g1).

Le petit N'guessan, orphelin de père et de mère s'amuse avec les


autres enfants de son àge. Comme tout bon enfant, il arrive qu'ils en
viennent aux mains. C'est ainsi que N'guessan a frappé le fils
d'Adjoua; cette dernière, sans chercher à comprendre administre de
violentscoupsàN'guessan. Enpteurant.cedernierditle proverbe
(g1),

Ainsidonccesdeuxemptoismettentleproverbe(g1}ensituation.Lorsque
(g1)n'estpasensituation,onobtientdessensgéné1iques.Lesensgénériquefait
appelàlaconootation. Cependant,ensiluation, le sens devient spécifique. Onse
retrouveàceteffetdansladénotation.11estdairquedansunconceptdonné, un
proverbemisensituationévduedanscettesituationet,àœteffetreçoitunevaleur
sémantique unique de celle-ci
Cette vaet.lr en tao\ que I lumière , qui vient éclairer le raisonnement que
l'on lient s'intègre à la logique interne et intervient dans la cohérence sérnaolique du
discoors. Néanmoins, cette catégorisation sémantique qui est dans et pour le
discoorsn'estpaslaseuleàs'a:tualiserselonlecootexte. D'ailleurs.tandis que le
proverbequioesetrouvepasencontextes'inscritdansuncha-npd'interprétations,
lesensduproverbeensituationse«détoche•dugrandtoutetméme,s'ilsortdu
décodeur, le message proverbial peut, dés cet instant s'appréhender comme dénué
de toute nuance ou a-nbiguilé. On aOOIJtit donc à la compréhension minimale.

Ainsi:
Leproverbequin'estpasensituationpossédedessensquiluisont
sémantiquement apparentés el, pris de manière globale ces sens en
questionconstiluentlechampsémantiQuedeceproverbe.
Leproverbeensituations'inscri!dansuoelogiquequenousappelons
,logiquederaisonnemenl•quiapourfonctiond'étiminerlessensqui
lui ressembtentdu point de vue du signifiantnè de ladirectioo du
discours.Parlejeudesorganisationsdesphrasessinondesidées,le
proverbes'érigeensupportdecrislallisationconnotativepotentielle
quin'apourobjecbfqued'éclairerlesensdudiscoursdanssaphase
contextuelle.
Ainsi,onréalisequeleproverbehoracontexteestconditionnéparles
intentionsdulocuteurquil'emptoie.
Maisquandilestactualisédansundiscours,ilsetrouveauboutduc
raisonnement logique • unique que ron mène. Le proverbe hors contexte crée
toujours un enrichissement du point vue sèmaniqte : il est clair qu'au sens dit
primairedel'unitéproverbialsesurajoutentd'a.itrestypesdesensévotuantdansle
même contexte avec le premier et ces sens d'ailleurs ne sont que ce que pourrait
faire penser l'unité proverbial.
Par contre. en contexte, l'orientation logique du raisonnement du
locuteur jour un rôle sélectif. En effet. parmi les sens d'un même
proverbe attachés vir1uellement au signifié de ce proverbe, elle
élimineceuxquines'adaptentpas.
Ainsi, cette désambiguisation contient en elle-même la notion essentielle de
non a::hèvement, puisque aucun message provertiial n'apparait de manière gratuite
et le discoors qui se tient s'inscrit dans une éventuelle logique interne au
raisonnerTlefltinc.vnéeparlaconfigurationmodaledel'éfloncèproverbial.
11. ANALYSE DE LA CO NFIGURATIO N
MO DALE DE L'ÉNO NCÉ PROVERBIAL

11.1 Concept de modalisation en proverbe et trace déictique

Tout énoncé a des mwques de modalité; oe seretce que par le mode du


ve<bequiindiquequelleattitudel'ènonciateuradopteàl'éga-ddecequ'ilditouquelle
relationilétablitaveclec;o.ënonciateuràtraverssooacted'énonciation.Lefailque
tout énoncé ail une valeur Male montre que la parole ne peut représenter le monde
quesil'éoonciateur,directementounonmarquesaprésenceàtravefScequ'ildit.
Le concept de modalisatioo permettra un approfoodissemeo1 de la
signiflcationdesrègJesdudiscours.Leconceptderrn::lalisationnouspemiettrade
mener une analyse plus p<écise des moyens phrastiques utilisés pour trOOuire le
procès d'énoociatioo. Ainsi, nous allonsvcirqueœrtains énoncéscontienneo\des
marquesquitraduisentuneprisedepositiondulocuteur.

besi'asrl1aa,bese'aktajokoklo (proverben"218)
/on/coonaître+nég/homme/avantlonJdire+nég/quelillavoirlmaigrirl
cSionneconnaitpasunepersonneavant,onnepeutsavoirsielleamaigri.,

bla wu ba e wü si e wüzt'l wü sî (proverbe n°219)


/femme/accoucher/bébé/mari/derrière/il/concevoir/mari/derrière.
c La femme peut enfanter en absence de son mari et non concevoir. •

ablepimi:>wubast? (proverben.220)
lmais/croitre-+suffnéglfairenaitrelenfant/comment
clemaisdontlatigen'apaspoussèpeut·ilproduireunèpi?•
On distingue des modalisateurs formalisés: En proverbe 218 (laa, avan~ et
(si, derrière) qui sont des a:lverbes spatiaux. Cependant en proverbe 220 on a la
modalisation de l'attitlide du sujet comme l'opposition accompli / non accompli des
formes verbales. En effet, pimJ étant la forme négative du verbe pl et wu étant la
fonre positive, ces choix opérés pa- le locuteur ne sont pas neutres.
C'est pourquoi U. Weinreich suggéra que c la modalisation est la marque
quelesujetnecessededonneràsonénoncè.ldentifiéeauprocésdel'énonciation,
ellereposesurl'idéedecontinu, maislesmodalisateurssontdesunitésdiscrètes
retrouvéesdanslesénoncés.•
En(proverbe218), l'él\000ateurporteunjugementsurl'étatdechosequ'il
évoque,enlesituantsuruneéchellequivadel'effectifàl'impossible(rrodali1édite
logique),carpourdirequequelqu'unadépéri,ilfautbienavantconnaitrecedern~.
En proverbe 219, oo constate le même fait: il faut la p<ésence de monsieur pour que
ma::la-ne soit enceinte même si elle peut occoucher sans lui
Lorsqu'unlocuteurprononceproverbe(O)',ildooneuneinformationsûre,
coostatée.S'ilécritparcontre:

besi'asrlbesemlktajOkoklo
lonfconnaitre+Suffnéglhommelon/dire+néglque/il/avoir/dépérirl
« Quandonneconnaîtpasquelq'un,on nepeu1direqu'iladèpéri. •
En d'autres termes, onnepeutporterdejugemeritsurune personne
sanslaconnaitre.

Deux in1erprètatioos sont possibles qui rèposent sur l'ambiguîté du


verbesi,connaitreporteurdesuffixenègatif,ml.Soitils'agitdeconnaitredans
le sens devoir(quelqu'un) et donc ici encore, on est dans uneinformatioo sûre,
oubienils'agitd'unesupposi1iondelapartdel'énollCiateur,quin'apaspu
vérifier la vérité du fait qu'il allège rèocrce mais qui le considère comme
probable
Il exprime ici son point de vue sur le contenu de l'énoncé. Il faut
connaîtreauparavantquelqu'un(bienleconnaître)avantdeseprononcersur
sonétatactue!.Leproverbecontientunadverbe,laaavantquimarqueladurèe
dans le temps. Celasupposeunrapportdecohabitationavecl'êtreenquestion,
sri. Dans ce proverbe, l'action de l'adverbelaa, avant porte surie nom srâ en
précisantlafaçondeseconduirepourconnaîtrec~uidootonparle.Enmême
temps, il apporle un jugement de valeur du locuteur, qui exprime donc, comme
ci-dessus,sonpointdevue:
En{O)',l'adverbeinexistant(a)neportepassurl'énoncéquisuit,il
n'indiquepaslafaçondeseconduirepourconnaîtresramaisprécisetoutefois
l'attitudedulocuteurlorsqu'ilproféresonjugemen\:

aslmisriasemtnkokloo
/tu/connaitre+fléglhomme/tuldire+nég/maigrirl
1lci,l'absencedelaa,avaot,atténuelavaleurdevéritéduproverbe.1

Lesujelénonciateurnemodalisepassesénoncésduseu!pointdevue
delapfiseenchargeassertiveoududegrédecertitudedesaréalisation:il
porteaussidesjugementsdevaleur.Lesénoncésci-dessousleprouvent:

beniaktnbeslmiblot:>akplowa {b1)
lon/el/fourmipuantelon/danser+suffnéglbrousse/là-bas/disputel
1 Onnedisputepasdequestionsdebrousseaveclalourmipuante.,
A chacun son biotope.

atinfumlw1k1 (b2)
/chemin/grimper+suff.nég/arbre/
•lecheminnegrimpepasl'arbre.•
Ces énoncés peuvent être constamment associés à une appréciation de
l'énonciateurdanslamesureoùils'agitd'unevéritéd'expèrience
Milner(1978:97)118 amontréqu'ilnefautpasconfondrelesemplois,
référentiellementautonomes 1danslesquelsl'énonciateurattribueuriepropriété
définissable hors contexte et les emplois non autonomes référentiellement. En
effet,ceséllôncèssupranesontquedesaffectsapprèciatifsdel'énonciateur
qui sont intrinsèquement liés à l'acte même d'énonciation
Ces affects sont soit liés à l'intonation, soit au rythme du débit, soi1 à
l'intensité de la voix. Cesonl autant de révélateurs det'attiludedu locuteur. En
effet,cesproverbespeuventêtreprononcèssurdestonsdifférentsquitraduisent
pw exemple la satisfaction, l'étonnement ou l'indignation.
Enproverbe(a2),ilpeu1s'agirduptushautdegrédansl'apprèciationdequelque
chose. Ce jugement est présenté comme indispensable, le destinataire ne peul
qu'y souscrire
L'assertion:
alifu'awaka
/chemin/monter+nèg/arbre/
clecheminnepeutgrimperàl'arbre.,
Appelle éventuellement la contestation

atifuwaka
/chemin/monter/a<bre/
•...• Lechemingrimpeàt'arbre.

Alorsl'affirmationalifu'awaka,peuttoutauplusattirerlaréplique:

,,e ..loln-Ooo.doKNER.,o.r-..ab::i.llicnJ,~:..,dt!ar'(ITM ••••.••.•••.•• ,,inL-


Pw. 196!l
debienp;Yler,
Chez le Baoulé, communiquer, c'est faire partager des valeurs, des
apütudeset,desimages,issuesducontenudepenséequel'ondoilenloutpoint
devuedistilleràunpubtic,àunepersonnecibte.llvas'endirequecelanese
déroule pas n'importe comment. li s'inscrit dans une situation d'él"IOnciation et entre
p<écisément dans le processus de modatisation qui n'est pas une opération figée
Malgrécesvariations,deuxdonnéessubsistentàchaquefois·
1) LarelaUoodel'énonciateurduproverbeaucontenudeson,dit•
(contenu propositionnel):

11.1.2 Relation de l'énonciateur à la relation prédicative

• La relalion de rér(l!IQateur ill.l i;o-énQnciatelJ": relation inter-subjective. Bouscaen,


et Chuquet précisefl\ que, dans les faits, chaque expression de la modalité

...
privilégiel'unedecesdeuxdonnées,sansquel'ootresoittotalementabsente

Toutefois, malgré ces faits généraux de situation de communication, les


proverbes baoulé admettent des particularités dues aux réalités sociocu!!urelles.
Pourmettreenexerguecespa1icularitès,nousempruntoos, pour la circonstance
une partie des analyses des modaux 111 de Culioli ce elles nous semblent
savcrnmentexplicite.Ainsi

wakakwlaa kii wo {proverben°221)


/bâton/loul/tuerhab./serpenl/
,Toutbatontueleserpent,
c.elasopposequelorsqu'onestendanger,oodoilseservirdetoutcequ'oo

(J)BOUSCAA:E N • IJ)CK X)Jfl,G,_ _,.ot,._ &'IIN'S,G a p,u r.,,,,_ ~ .f'llrill.


~ 19111.P.36.

- CUJ()U,PaJ,,....~ dtf ••••••••••••• Plril,~ 1990


asooslamai11poursedèfern:lre.

kal)glt küml s4i (provefbe11°222)


/regard/tuerhab/éléphanl/
clor911err.etuepasl'èléphant.1
L'ondoitvivresanss'occuperdescriliques.

me wû mgba me klmi mgba (proverbe n"223)


lon/voirhab/toullon/dire11011acc+suff11èg/toutl
cOnvoittou\01111edilpastoul.1
Le proverbe (221) s'inscrit dans la modalité de type \ ou modalité
d'esseton telle que définit par Culioli. L'ènoncè présenté comme une assertio11
admet comme supports les 11ominaux waka, arlYe et wo, serpent. Le prédicat kû,
tuersertdeliaisone11trew1kaetwo.E11fait,l'è11011Céproverbial,dé11uédetoote
prècisioo se modé1e comme suit·
waka kü wo (retationprèdicalive).kwlaa,étantunctout1gè11èrique,
nefaitquerenforcerleprocés.Àconditicmdepréciserqu'ils'agitd'u11
pronom illdèfi11i d'un genre ben pocticulief, ceâe du nœn en fonctio11
d'objet. Sa fonctio11centrale de noyau du gr01Jpe nomi11al e11traîna11t
alorstoutetaretationda,st'ide11tification.E11effetnousledècrivoos
comme, repère sèmantiQueessen~ • d'ur,e autre relation IIOffli11al ou
comme c propriété avérée • du NO cens les deux cas ·

D'unepart,ityabie11 dèsignatiood'une«valeurgénérale •lenomwaka


estrame11éàsespropriétèsgé11èralesdedèsignation,c'est-à-direkwlaaècartesa
«valeurdiffére11telle1;
D'autrepart,kwlaadu110msupposebienunepréconstruclio11:e11ta11tque
repère ou propriété c avérée •, il est parfois posé comme vrai préalableme11t à son
esseton en r;
waka(vje)kù wo(vje)(certainsbâ1onstuentcertainsserpents.Ceque
nous refoonulons en soutenant que le modal du nom (qui du pcint de
vue sémantique n'est pas neutre) marque une dissociation entre
l'existence(œquiestvrai,toutbâlonnetuepasdefactotoutserpent)
et la désignation (ce qui est dit ou retenu comme provefbe). Le procès
dans œ cas d'espèce est préconstruit en tant qu'èvènement et fait fi des
réalités:Larelationprèdicati.-e /wakakiiwo/ramèneâlaformeacti.-e
carlepremierlemielwaka/jouelerôled'argent,occupan\laposition
{NS). Contrairement à Iwo/ qui joue le rôle de patient- occupaot la
posilion(NO).
On peut déjà ccœr en rema-que que (221) étant une assertion positive, la
relation prédi<:ativeengendred'un marqueur spécifique: marqueur d'affirmation,
/kwlaa/ qui n'est qu'une opération de fléchage111. Le marqueur d'affirmatioo sera
définitcommelapositionsubjectivequ'àl'énonciateurdesoutenirlavéracitéd'un
proverbequ'ilconsidèrecommechors-débat,c'est-à,direhors-0bjetàdiscussion.
Cepel'ldant(221)nepeuts'inscriredanscecontexte.Eneffet.desqueslionstelles

'"' wakaonijf:kiiwoonT o?
lb âton.1equel/quiltuerhab/serpentl1equeJ.Jmorph.conc/
« Quel bâtonest-ilcapabledetuerquelserpent?,

waka kwlaa kwla kii WOJli?


Jbâtonftoullpouvoirlluernonacc/serpentlmâle/
cToutMtonpeut-iltuerlepython?,
Tellesson11esinterrogationsquimettentendoutelatènacitèduproverbe
{221)

Exni,e...,lillrral,r...,.--,r....,_~--~IJWOIIIIU<U.pr::,.r-
(q,6,'M iondo~ ):l'H • .tswv- oarrno~ (~ do<µ llbionj.ca deuc
~ ~ tœ~c.6ol•"f1'.*lt~ •- OI~
Onestdonctentédedirequ'auseind'unprovertieprisdanssonentité,toutevérité
quet'oo peut suggérer« absolue, ne l'est que partiellement
Le proverbe serait donc un jeu de vëeur que l'on apprécie pa proximité
référentiel~.
Quand le proverbe est accepté pa' une marge considérable de la
communauté, on parlera dans ce cas d'espèce de proverbe symbolique
communautaire ou culturel.
S'il n'est pas accepté que pa' un c sujet- énoncia\eur, particulier (on
par1eraplutôtdeproverbecodé).
Lepremierestplusouvert;~secondl'estmcins
Le problème de la véracité, on le voit, pourrait être également débattu selon la
direction de la logique c formelle, découlant dela sémantique c culturel,. La
sémantique dite c culturelle • doit être appréhendée comme la maniéfe d'habiller
le sens de toute la communauté. En effet, avec ce proverbe (221) il faut comprendre

,,
qu'entoutechose,c'estlepcWdonquidoitêtreprioritaire.Ceproverbes'appcWente

stsajaltwafliw:>t.:ik:>t>ltbowaft
/silaffaire/lriste/progl
Mais quelle comparaison peut-on faire entre forme acceptée et forme à
déba1? Nous ne passerons pas en revue tous les cas de distorsion entre ces
deux formes el nous nous contenterons de rappeler, à travers un exemple,
quelquesorientationsessentielles.Soitleproverbesuivant·
kil)glt kwi s4i (222) kwi fkù + miJ
A B
Ce proverbe peut être analysé de différentes manières mais, voyons le
~ntdevuededifférentslocuteursenposantquelqueséquivalencesde(222)
liéesauxinterprétationsqu'ilestsusceptibledeposséder
srikp:>:> a wumi
/homme/haine.ltoi/tu!mourirnona::c+suffnégl
«Onnemeurtpaslorsqu'onesthait.,

Cela sous-entend que le terme A de {222) ne peut influencer le terme B


C'est pourquoi le prédicat porte la marque de la négation. Les interprétations
possibles d'un seul et même proverbe correspondent de manière subUle à une
desintention(s)dediscoursetsontpropresausujeténonçant(Je)ou
interprétants(Tu).
Pour Bourdieu « Le pouvoir des mots réside dans le fait qu'ils ne sont pas
prononcésàtitrepersonnelparceluiquin'enestqueleporteur:
Leporte..paroleau\Ofisénepeutagirpa-lesmotssurd'autresagentset
par l'intermédiaire de leur travail, sur les choses mêmes, que pece que
saparoleconcentrelecapitalsymboliquea::cumulèpa-legroupequi
l'amandatéetdontitestlelondédepouvoir.1 12:l
Ainsi,silesmotsontunpouvoir,c'estparceque!'on reconnait en ceux
quilesprononcentlepouvoirdelesénoncerpourassouvirleursbesoins
argumentatifs.

Toolefois,sansnégliger!'irnportanœdescoo::lilionsinstitutionnetlesde
producliondudiscoursproverbialpourquesonautoritésoita::œptée,onpeutaussi
relever que le style formulaire n'est pas sans incidence sur l'assentiment qu·~
déterminecilezledestinatairedumessage.1:M
• Enanalyse,onposeavec:(222):

,~ &:udeu((l).eill•,.,,.,<:f.....,.. •• 1ewq.,er-...::,M<>,lll'"Qllglli.J...-C•WCl!hlrlp11dêlégoll,or,œ
~<J.i,......,.,.,~ ,.,..Ollllln"~i:,Nœ_.....,....,;.,.1a,..-
__,.li-9.i~Wdoco.noCuabœ.,.,_.,..,
(Bi) 1 st a lt f11191 aomwi kwla fami :l
/si/tu/avoirnonacc/force/'lentlpaslprendrenonacc+suff
néglmorph.Concll
Lechoixdeslji,é/éphantn'estpasfortuitC'estàcauseclesa massequi
symbotiselaforce.En(222),,l'énonciateurporteunjugementsurl'étatdechose
qu'ilévoque,enlesituantsurl'échellephysique. lls'agitdoncd'unemodalitédite
logique{Leventnepeutemporterl'éléphantquifaitdestonnes)

(222)2 ndt ft mi ilm)(n


laffaireldouxldonner+acc/forcel
cAvoirraisondonnelaforce, le pouvoir.,

En (222)2, l'énonciateur accompli une énoociation qui vise à agir


directement sur le co-énonciateur par son énoociation même.
Quand on a raison, on est aidé cle tous, même des dieux. On acquiert la
force puisqu'on est soutenu pa- tout le monde l'union fait la force. Il s'agit d'une
rro:lalitéjustificative.

Onposepour(22J)quel'énoociateursupJX)Sé{me)setrouveoonfrontéà
un événementquidéclenchedesapart uneopérationderéservepa1iculiéreq1.1e
l'on résume par:

me kimi rngba
/on/dire+suffnég/toutl
cOnneditpastout.,
11.1.3 Présentation de la modalisation conclusive au sein du
proverbe n°223.

Auseinde(223),l'information(l)queleprocès(P) libelleseprèsenteen
deuxvotetsoupropositions(Prop):

• La première proposition (Prop1) admet une obligation de façOOe. me présenté


en position initiale est considérée comme base du procès. wû, le prédicat est
l'agent qui a::compm le procès. Donc la réalisation de l'action dépend de lui
seul.C'estdonc\uiquiestl'agentdefairemgba

• La seconde proposition (PrQPl) me est toujours la base de la proposition.


Néaimoins, le prédicatâsavoirkama n'est pas l'agent du procès. li semble
étreplutôtpatientduprocèsetrrgbaagentpoursonca-aclèreaclif.

• Le procès (P) se présente à la lecture de ces obselvations comme suit:


{P)=Prop1 + Props

Notabene:llfautlire

- Leprocésdèclenchéaupointd'origine{•)arriveaupointviséou

-- :Leprocèsdéclenchéaupointd'originen'arrivepasàtermeet
retourneàsabaseoupointd'origine.

(223)seraitendéfinitiveréductibleàme wû mgba (phase active du procès)


puisque/ me kimi mgba/ n'est que sa pllase passive. On se trouve donc dens es
modalités fondamentales de la phrase car il s'agit c'cre modalité assertive
Les modalités propositionnelles
Ce sont les modalités établies comme suit:
Deux propositionsindépenda,tescoordonnéesparunerelative·
Exemple

tal[kpacijt:>traawtuniio
lmur/fendrelQuelcafardlentrerldedans/morph.concl/
c Quandlemursefissure,lecafardyaaccès. •
Sans germe de dividion, la famille demeure unie
Ce quljmplque que

u tait a kpaciml :>traa kwlml nii w1u


/si/mur/il/fissurer+négkafard/pouvoir+flég/dedanslentrerl
«Silemurn'estpasfissuré,lecafardnepeutyentrer.•
Personnenepeutconnaîtrelessecretsd'uriefamilles'ilyal'entente

On peut les associer en les mettant sur le même plan oece que les unes et
lesautresontunesignificationessenciellementroodateetparfaitementexplicile.

• Proverbeentrantdanslecadredelamodalitédetypell.
Comme le précise Culioli cité par Bouscaren et Cbuquet,
«l'énonciateurtendverslavalidation;aveclecontingent,ilseplaceàégale
distaocedelavalidationetdelanon-validation:illesenvisagetoutesdeux
comme possibles. Cette absence de certitude a très souvent une valeur
argumen1ative,voirepolémique:elles'inscritdansun«dialogueimplicite,avec
cequel'énonciateursupposequesonco-énonciateurpense.,11S
Soient les proverbes suivants

me ti me nwi vje met.E ase,me taliml (C,)


/onlcueilliracc/leur/boucheleaulonnéchernonacc•suffnég/
Quandonacraché,onneseremetpasàléchercecrachat.
Quanclonreconnusafaute.onnedoitplusrecommencer.

a wü ak:> ni gwa bo e nzwm ti :> {C2)


/lulvoirhablpoule/mèrelmarchélbas/son/caractére/présentatif/
Tuvoisunemèrepouleaumarché,c'estàcausedesoncaractère.
Enayantunmauvaismauvaiscaractére,oorisquedeperclrelaface.

alowa me bu'c alj( sarigt e wla me klù {CJ)


/haricotlon/consiclérer-t-flonacc•nég/nourriture/maisflllballonner
problleurlventrel
Le haricot n'est pas considéré comme une nourriture, mais il fait
ballonner le ventre
Onsous-estimantquelq1.1echose,onenliredesconséquencesamères.

abl. wi si e wost sa (C.)


/abeille/vouloirnonacc/piquer/il/interrogernonacclnidl
•Avantd'allerpiquer,l'abeilledemandeconseilàsonnicl. •
Avanttoutechose,ilfautconsulterlesproches

Larelationpréclicative,désormaisnotée(Rp)estlelienqu'entretiennent
unterme(nom)etunprédicat{trèssouventleverbe).

1<'5 (J)BOUSCARENOl(J)C!lUOUET,~Ci.P.31
Leprédicatanalysédefaçonglobaledésigneleverbeetsesargumen\s.Ausens
restreint, il ne fait allusion qu'au verbe apprécié comme étant le vrai relateur
mettantenrapportdeuxtermes.
En (C1), la {Rp) se présente comme suit:

(1) me ti me nwi vje(rpt)


(2) me tafiml (rp:,)

(Rp,) apparail sous la forme N (ici un pronom me) et V, li. la relation


crëccenve
(Rp)estdoncN·V.
Onpeutexpliquerlavaleurargumentalivedel'énoncéparlesverbesqui
présentenldesargumentsayantpourfoncliondeluiapporterunedétermination
ou une précision
lcil'a<gurnentestmenwinvje.
En {Rpi) nous avons toujours un élément nominal/ N (me) el le verbe
cette fois-ci porteur de la marque de la négation ma, (tim1i). Le
proverbe(C,)peutdoocêtreparaphrasé commesuit:
(stJ me ti me nwl vje me tafiml (C',)
Si (C,) avec si, la marque de la cofldition. (Si on a craché, on ne se met
pas à lécher ce crachat) el si semble établir une relation de cause à effet. la
p<éconstruction de (C1). présenté ici comme un simple conseil, confère à l'éooncé
lavaleuréthique(Sciencedesmœursetdelamoralebaoolé);déslorsentantque
savoirinter-subjectif,lapropriétéestsupposéeconnuedetoutelacommunauté;
ceprésupposéd'évidenceprendalorslaformed'unecreproche1lorsque
l'interlocuteurmanifesteignoranceoupolémique
efataktasls::i
fi{(lmporte•acc/que/tlJ/savoiracc/çaJ
cîudevraislesavoir.•

Ce préconstruit a pour rôle de permettre è l'énonciateur d'utiliser


l'énoncé comme un moyen de justification et la désignation qualitative de (Rp1)
(me tafima) comme la bonne valeur. Selon que (Rp1) (me ti me nwa nvje)
s'articuleèuncontexteaveclequelelleestdansunerelationd'adéquation(siC,
est respecté) ou d'opposition, (s'il ne l'est pas), cette valeur argumentative
fonctionnera
• Soit comme justification, soit comme contradiction
Touteslesnuancescoostatives,conclusives,justificatives .. coosliluent
de simples spécifications contextuelles de la {Rp). L'opération de désignation
d'un repèreeffectifmarquéeparl'emphasedu pronom/me/l'amènedecette
manièreèjouerlerliledeconnecteurdiscursif;ilsertdetermeintroducteurdes
deux (Rp). Ce que l'articulation perd en explicitation, l'énoncé le gagne en
argumentatioo.
Nous sommes donc dans les modalités de type (2) qui posent une idée
regardanteexplicitetellesquecelledupossibte,duprobable
Du point de vue usuel, la sémantisalion se fait autour du sujet de
l'énol'ICéme(on). Le(NS)estdoncthémalisé
Bouscaren et Chuquet ne disent pas autre chose quand ils soutiennent
queclesujetdel'énoncésertdepointdedépartèlarelalionprè<licative:C'est
lui qui est repéré par rapport è la situation d'énonciatioo: de façon moins
technique,c'estdirequelesujetdel'énoncé, dans ce cas, estletermeè propos
duquelondi1 quelque chose. >11>SCe procè<léexige la connaissance des mots
qui participent au procès en tant que constituants du proverbe. Il fait appel

1:a IJ)BOUSCAAENtl(J)O fJCJJET,Op.C.CP.1l


Exemple: me (wü ak:> ni gwabo) e ntwtn tl :l
/on/voir+flon.acclpoule/mère/marchè+bas/son/caractèrelprèsentatil/
• (Si) on voit une mère poule au marché, c'est à cause de son
cerectëre.»
Énoncé grammaticalement acceptable. On dit que certains éléments
peuvent s'altemer. Cependant, une combinéison telle que

' me (wi si) me tafimi


lon/vooloirpiquernonac:c/on/1èchernonacc+suffnèg/
•...• On veut piquer on lèche pas', qui est un énoncé grammaticalement
inac:ceptable.Onditqu'ilssont•exclusifs•
· Lasecondemèthode
Toutes les suites appartenant à un même pa-adigme ne peuvent être
combir.èes car elles expriment le même bloc a-gumentatif. On noie qu'un proverbe
est constitué d'arguments: !'ordre horizontal représente les relations entre les
classes d'équivalence à l'intérieur d'un même proverbe. L'ordre vef!ic:at, la
combinaison que pourrait avoir les consttuants de différents pa-adigmes de deux ou
ptusieursproverties.Unetellea,alyserenvoieàdesconsidèrations
Les constituants entrai! dans un même paradigme n'admettent pas un
r<W(Kt de sens spècial; de même, les constituéWlts qui forment les paradigmes
n'entretennerü pas nécessairement le même type de relations granmalicales. C'est
pourquoi, s'~estadrrisqueleproverbebaoulèestunecanbinaisondemotschoisis
(maismarquèsselonl'idèequ'onveutexprimer)enretour,touteslescombinaisonsne
sont pas acceptables conme rattestent les constructions 0- dessous:

mebu'taljt J ewostsa (1)'


a [ ti me nwi nYje sal)9t e wla me kwlû' (2)etc ...
(1) a me bu'i al}E e wost sa'
Pron Pron VP, N Pron VP2 N
(2) a ti me nwi nvje H l)!!( e wla me kUi'
Pron VP, Pron N N coord Pron VP2 Pron N

Lalanguen'acœptepascetypedeconstruction.C'estcequiexpliqueieur
agrammaticalitè. Le proverbe, comme l'a fait rema-quer Adam est , une entité
relativement autonome, dotée d'une organisation interne qui lui est propre et donc
en relation de dépendance ândèpenderce avec l'ensemble plus vaste dont elle fait
partie.,121
Onnoteèlasuitequel'unitéprovefbi<lesesubdiviseenvoletsargumentatif
et /ou sémantiques traduisant !a volonté recherché par la tradition qui l'incarne.

11.2.1.4 Visées énonciatives et présentation de modalités

Lamodalitéèpistèmique
C.ette modalité exprime le degré d'adhésion du c Je • vis-à-vis de son
proJX)S.Ellefaitappel\rèssouventàcertainesexpœssionstellesque:
1 Selonmoi,P,;
e D'aprèe mcl.Po eic ...
Lessensdeviennentdesmotsdepensée:
e reue eennmenrcue s s :
cJesensqueP •:
e Je vois que Po etc ..
(P) mi alE~gE ba, n si kE nvje kwla'a n kii (Expression tirée du proverbe
37)
fmoi/caimanlpetilfje/savoir/que/eau/pouvoir+nég/moi/tuerf
--.Jesaisquel'eaunepeutpasmetuer,déclarelepetitcaiman.
li s'agit d'un processus métaphorique. Il existe une comparaison implicite
eue tout ce qui peut être emporté par l'eau et le pefit caiman qui est ici mis à l'abri.
Parrapportà{P)sesi1uen11essaisiesépis1èmiques:
(P)

(Imaginer) -(Penser) -(Croire) -{Savoir)


Lecaimanimaginequel'eaunepeutl'emporter
Lecalmanpensequel'eaunepeutl'emporter.
Lecaïmancroitquel'eaunepeutl'emporter
Lecaïmansaitquel'eaunepeutl'emporter.
Par contre, à l'autre extrémité de l'axe continu, il se peut que nous
apprenions que
clepetitcaîmanaétéemportéparl'eau,(castrèsrare):

1ltr)gtb1wüsidl'tl
lcaiman/petit/corps/malade/lui/
-.LepeUtcalmanétantmalade
Entre ces deux savoirs se trouvent les indécidables, en particule( tout iJ<01X>S
prospectif.

ctnvjenzwekwl1kii1IU)gtb1
IJOurlautre/eau/pouvoir/\uer/calmanlpetitl
-.Quelquesraresfois,l'eaupeuttuerlepetitcaïman.
Lescarrésépistémiquesfoodéssurl'êtreetleparaitre,surleceriainetl'exdu
sonldesbasesàpartirdesqueHesonpeutconstruiredesfl'OOalitéscomplexes:
(X) être emporté par l'eau -- Vouloir éviter A (emporter par !'eau)
El être (8) (effectivement emporter par l'eau)
,EviterA,étantici ,nepasquelecalmansoitemportéparl'eau
La modalité axiologique
Cette modalité correspond en premier lieu au jugement de valeur porté par
t'énonciateur sur soo i:ropos (et même sur les modali1és antérieures). Les moyens
d'expression sont multiples et souvent paralinguistiques Qntonation difficilement
rèpertoriables,emphasephoniqueougestuelle,typograptiiephatique ... )
Lebon,lebien,lebeau,qualificationssubjectives{quiriepeuventêtreni
vraiesnifausses)surrnodalisentlesvefbesmodaux.

{g)sritibletikpatrasika:>kwlt
/Homme/êtrelbon/dépasser/argenVrouge/
• L'Homme est mieux que l'or. ,
Ici, lelexémeaxiologiqueestkpa,bon. Toutlexémeaxilogiquepeutentrer
dansdesformessyntaxiquesmultiples.Ainsi

nbuktsritibletlkpatrasika:>kwlt
~el penser/que/
•Jepenseque(g),

befa'asrltiblebesiizii'asika:>kw1E
/on/prendre+nég/on/mesurer"'iléglargenVrougel
c On ne peut pas coroeer l'Homme è l'or. ,
lci,l'énonciateurprenantappuisursonexpérienœduvècutrouveque
l'homme est supérieur è l'or
L'Bcmme= boo : L'or =bon
Mais Homme> Or
Nouspouvonsfocaliserunedescomposantesdiscursives
sritible}f:tlkpatrasikl:>kwl,
/Homrne/quilêtre/bonldépasserlargenVrouge/
c C'est l'Homme qui est mieux que l'or. •

bekwla'afa'asikl:>kwltbesilzilmisritible
/on/pouvoir+nég/prendre+nég/argenVrougelon/comparer+nég/
Homme/
c Il n'est pas possible de comparer rcr à l'Homme. ,
Ces formes syntaxiquement modatisées ont une motivatioo évidemment
a-gumentative.

11.1.5 Valeurs modales et effets argumentatifs

La modalité sera appféheodée comme : , une assertion complémentaire


portanlsurl'énoncéd'unere!ation.,121Benveniste
(Palet,19B6:47)ajo.Jle:,Cxidéfinillesmxlalilésdé11Sleslhéories
glëml\alicaleclassiquesauniveaJsuperficieldela~~ :laformesèma11iQue
des modalités et lelK distributm syntaxique s'identifie alors oo sens et au comJX)rtemeflt
syntaxiquedesvefbesmodaux ... ,1:i;

Mais cette classe nucléaire de modaux peut être erenœe pa- les
leJ:icalisationspèriphèriQues,dansd'autresvefbes,nonplusqualiliéd'cauxiliaire,,
dans d'autres séquences morphologiques et mêmedanslestypesd'in1ona\ion et
d'idiosyncrasies stylistiques.,
CesdéfinitionsnousélTlènentàfairecertainesrem.vques:
D'abord. enlendons pa-énoncé prover~al toute effectuation du système
sémantique et interprétatif. Entrer dans cette considération renvoie assez
SJX)lltanément à, creuser l le trou des compoants essentiels de l'énoncé proverbial.
Ces composants essentiels en question nesonl autres que le verbe et ses ecteus.w
Ensude, dans cette orientation, les modaux peuvent être perçu conme des
verbes,abstraits1,c'est-à-direquelesensqœnousvoulonsaffecteràcesverbes
ne pourrait valablement s'eϏneooer de tact> car tout est choix mais , choix
embrigadé I œ- la tradition. Pour ajout, on tient à précise< qœ la relation
qu'entretiennentlesdifférentsconstituantsduproverbeestfonctiondeleurspropriètés
sémantiques, comme le prouvent les exempes suivants

anjidijckiiw:>:J {d1)
/toinui/mangerhab/quiftuerprob/\oi/morph.concl/
Celuiàquituteconfies,c'estluiquitetueparadoxalement
L'amitié vraie doit se mener avec méfiance

ablemakwiak:>(di)
lmaïs/grain/tuernonacc+Suffnég/poulel/
Legraindemaïsnepeuttuerlepoulet
Pourpunirquelqu'un,onneluioffrepascequ'ilaime

wa tra ki1Jg1le dwa (dl)


ftu/saisiracc/panthérefqueue/
-+Tuassaisilaqueuedelapanthére.
(Déduction) •..•. Situ ne la tues pas, elle te tuera.

mrnkpi bo(d4)
/monde/chauffer .•. hab/pronanap/caerhab/
Lemondeconnaitàlafoislagrandeuretladécadence.
(Oéductionj •...• Oansladécadence,ilyaunregretdeneplusappartenir
à cette grandeur

me kunmi l)!lab: etrtl? (e1)


/on/grillernonacc+Suffnég/arachide/ellekrépi!erprob/
cl'arachidepeut-ellecrépitersansêtregrillée?,
Onatoujoursbesoind'autruipourêtrequelqu'un.

m:>onvjeniijesi'akljwesii{En)
/commelêtrehab/eau/dans/nouslsavoirnonacc+Suffnég/que/poissonl
pleurer ace/
c Commeilvitdansl'eau,l'onignorequelepoissonpleure.,
(Déduction) •...• Onne peu\sentiravecexacliludelesdouleursdel'autre

aklifl::ind::ileleaklinpi(e,)
/lu/essuyeracc/baobabf)ussqu'à/tulessuyernonacclfromagerl
c Tu te frottes longtemps au baobab, tu te frotteras un jour au
fromager.,
(Lebaobabal'écorcelissetandisqueleframagerestépineux.)
(Déduction)-> Ouandon s'a11aqueaufaiblesans raison valable, on
finirapars'attaqooraufort.

alwarn:>nll)gojtenwiblo:>(e.)
/chien/quilboire•acclhuile de palmek!uilsa.rtxiuche/rougir+acc/lTIOfph.
Concl/
1 C'estlechienquiboi11'huiledepalmequialemuseaurouge.,
(Oédoction) •...• C'est celui qui est à l'œuvre qui peut s'y tromper.
waka m::> la asjE wü nv::>lt medi {11)
lb oislqui/coucher+acc/sol/lermitelelles/mangernonacc/
cleboisquigitausolestdèvorèparlestermites.,
(Déduction) •...• Avec la paresse, on s'expose aux dangers.

ak::>t4înübl.elawlt::> (b)
/pou!eVpoulailler/dans/sentiracc/sa/couchet\e/morph.concl/
clepoulaillersentmauvais:pourtantc'es\lacouche1tede1apoule.,
(Oéduction) •...• on nedoitpasêtreenvieux.

boliklo(fa)
/bouc/vouloir ace/
clavolontèdubouc.1
{Dèduction)-----C'estnotredèsir,notrepassionquiseréalise

atikisato'akpatasu(fa)
/enfanVmain/atteindrenonacc+suffnég/hangar/sur/
clamaindel'enfantn'atteintpaslehangar."
(Dèduction) •...• L'enlantnemaîtrisepaslalanguedusage.

PROVERBES PREDICAT(S)

(d1) (di;kü)
(d2) (kwü)
(d3) (tra)
(d4) ( ••• :bol
{e1) (kwuna,;tE:tt)
(e2) (o;si'a}
(e3) (kli+;kli-)
500

{e4) {n)n;blo)
{11) (la;di)
1n1 (bJn)
{Di {klo)
{14) (to'a}

La technique d' c e11Cllàssement 1m des éléments contitutifs d'un énoocè


provefbial produit• brouille les pistes I des différents domaines modaux (p,édica\-
N(S)- N(O)) en produisant des troosferts de sens de toutordre.
Néoomoins,onobservequecebrouillageprésentecertainesévidences
constantesetquelasélectiondesmodauxattribuéeàootrelexiquesefaitausein
duvastestoci(desconnotationsassociativesdontuneunitéestsusceptibledese
charger. Il est clair : le modal agit en cela, il domine l'énoncé et même arrive à le
métamorphoser sémantiquement
L'orientationnotreseradeccirconscrire1œtteétudenonpasàsonaspect
modal uniquement. mais aussi de la mel'l!lf dats sa phase énonciative en touchoot
l'aspect sémantico-pragmatiqoo. OJelque soi\ la ligne directrice que nous nous
imposons,leraisonnementdevaitseficelerenadrnettantqueleproverbe,avecdes
conceptions de présupposition est pe<çu comme un« espèce non clos et abstrait. 1.

Onaboutitauxcouplesca1égorie!ssuivantquiobtiennentleurvaleurspècifiqueselon
des contextes d'emplois:

• Pmverbe(d,):
lecoup\ede!)fèdicatsestlesuivant:
(dl/manger/; kûltuer{J

131 ,.,...,.gilnlnlllllfrml,1- 0lll •••• <J)ênâ,>'l(IJ-·--~-~din,aft


~ (\ü ~ Mcui,.~ ClP.12'ol
L'---.....Ol"lra.a...,,,......,,,iciOllloam,on1•~ ruPl"""'bl1- -
.,01<1,i.,,,...,.ll"""""*'"dtro!rmoi
[dl) (Aspect positive symbolisant ta communion, la fraternité, l'union)
[kii]{Aspectnégativesymbolisantl'éliminationphysique,!ema!)
Le premier prédica1 [di] a une torcûon implicative. En ce moment, on
obtientlastructure-[Ouandxfaityalorsxsubily]carc'estlOl'S(luex
communie avec y que y réussit à l'éliminer.
l'élloncècontrairedonnedollC:

la nji dlmi nJlt kwi :)/ ou bien /st a nji dimi , kwi :)/
,S'iln'existepasderapportsentrevous,ilnepeutletuer.•

L'inserliondesdeuxprédicatsde(d1)nousdonneunnoyausémique
Les constituants dece noyau sémique semblent exclusifs en ce sens que leurs
aspects ne sont pas exploités simultaiément. L'aspect du premier ldir' conditionnant
lesecor,dlkiilleprécèdeetl'introduit
l'énonciateurduproverbe(d1)asserteavecœrtitl.ldequeleprocèsviséen
11ul/seprcxluiraàunroomentulléf'ieur{cooditionl'léparledéroulementdeldi/).Du
point de vue temporel, il existe un hiatusentreldiletr1wl:leprocésenclenché
virtl.lellement avec /di/ se réalisera certainement avec une projection dans le futur.
Ce qui signifie que /kii/ n'a d'existence qu'au travefS d'une reprèsentatioo
condilionnéepar/dil./dl/étantleprédicat,larelation[ltkiiw:>::i](quitetue)est
dore dans une position résultative. Nous posfüons que le prédicat donnant le rôle
desautresconstituantsdel'énoncéproverbialestcentreduprocèscarc'es!delui
etparluiquetoutsefiœlle
G<eimas soutient qu' • il représente le noyau, c'est.ë-cœ la relation
constitutivedel'énoncé,relationdontlestermesOOOUtisantssootdesoctants.•
Notreinterventionagiradansladirectionquepeutprendreleproverteselon
lestransformationsqu'ilpourraitsubir.Etd'ailleurs,lesdifférentesconfigurationsqu'il
peut accepter seront appréhendées et considérées comme des types de • substance
rro:lale,,dupointdevuesyntaxique
Soitleproverbe(di)obéissantàlastructure:

ablemakwiak:>
NS VP NO
lmais-o,g rain/luernona:x:lpouletl
,Legraindemaisnepeu\tuerlepoulet.,
la relation qui existe entre NS et NOestanalysèecorrvne non réalisée.
Néanmoins, il faut p(éciserqueJ\wi/de lkiimi/, le suffixe lmi/re-Oriente la direction
duprocès.Voir(di)'.

(d2)'ablemakiiak:>
/maïs-o,g rain/luerl'IOnacclpou1el/
•Legraindemaistuelepoulet.1

Le procès est vu comme une éventualité, une possibilité. Il prend en compte


unecertainesituationénonciative.Cettedemërepourraits'enrichirdeprécisionsi
nousouvronslesdiffèrentesconfigurationsduprocés
(d2)supposequeNOestdansunesituatiol'lfavorable. VPdonneuneidée
deNOdanslebutd'allètiofersasituationdesécuritéilestèl'abri).
Le procès exprimé est envisagé comme vérité essentielle
Remarque:
Le proverbe (d2) découle àcebtredelamodalitéd'autoritècar: si
/akll est en position NS, le VP ne peut porter la marque de la
négation. Si /ablemaJ est en position de NS, alors VP porte
obligatoirementlamarquedelanègation
Cette fluctuation signalée rentre alors dans une logique rigoureuse de
condilionnerrent par lecootenu sémaotique du verbe; si le verbe ne porte pas de
marquedenégation,distinguerlesujetrevientàsingulariserlesupportdela
l'argument[n slwèlkt]nefaitquerenforcerleprocés.Cependant,pourexpnmer
unsouhai1onobtiendra

(di)"'e fata kt latraklr)galedwa/


/il/mieuKlque/ {di)

Ou encore
n klo kt/ atraklr]galedwa/
~eNouloirlquel (di)

llestdoncclair:leproverben'apasunsensuniquepuisqu'ilpeutetreuli!isé
dansdessituationsdifférentes:Leguyavoueque
cChaquecitationd'unproverbeenactualiseetenrichitlesens:touten
restant dans les limites d'un champ de sens potentiel hors duquel
l'emploi du proverbe ne pourrait être admis comme pertinent, chacun
umisel'éllOncépourlacommunicationactuelle .• 1ll
Lasituationpermetd'éclaircirlesenduproverbe.
LescatégorisationsdtYersesutilisèest'attesten\.Lesujetparlantperçoit
égaiements les différences d'emploi, de valeur de jugement qui distingue chacun de
ces expressions de toutes les autres. On comprend donc que les arguments (a) qui
seconstruisentootourde(di)·

Cü ol.f il.JY.U - ""'1.IN 8*•.tll.lof: _ _ _,_ .,....,._ ,,Pllil.~ 2001.

'·"'
(d,) D--- -----c: J
(d,) D---
(Alda)) 0-----
définissen11'orientaliondel'ènoncéproverbial(d3)etcetteorientationàpotJr
vecteurlelocuteur.enonciateurQuiémetdesvaleurssllQgéréesselonœQu'ilvise
Cesvaleurss'inscriventdanslasiluationd'énonciation.

Ducrot(1972:366)dironsàcepropos: « Onadmettraque,pourcertains
tours particuliers d'inféraoce particulièrement senties par les sujets par1ëWlts, son\
pa1iein1égrantedeleursensoutendentàledevenir., 133
En gros, les arguments (A) de pwerbe (dl) sont des formes de modalités.
Lelocuteuralapossibilitédechoisirsespropresoptionsselonl'orientation
argumentative qu'il veut imposer à son interlocuteur. Les {A) autour de (dl) modifient
son contenu sémantique car ils portent toutes les intentions de l'énoncé
Selonnoséllalyses.troisinstancesdiscursivessontinscritesdansla
signiflcationinvaian\eduproverbed'origine:

Premièrement, il existe une instance modalisante qui opère une


modalisationzéroducontenuempruntédel'énoncé:
Deuxièmement, la modalisation zéro est un refus de prendre en charge
cecontenu,comptetenudesobligationsargumen1atives:
• Troisièmement, l'instance mèdiatisante est le sujet cognitif qui construit le
discoursprovert>ialenletèlèguidantselonsaviséeargumentative.
PourN0lkecœtteinstarœempruntel'épistél"filuedel'ènoncéàl'instance
source et met en scène l'instance modalisante qui opère la modalisation zéro de
l'énoncé. l'instarœ sot.rœ est responsable de l'énoncé primaire dont le coueeu
èpistémique est emprunté par rnstace médiatisalte et soumis subséquemment à la
mod~satioo zéro par l'instance modatisante. , 131

Ainsi,leproverl:>e(e3)es1construitselonlemodéled"opposilioflsurvant·

-
aklifl:>nd:>lete aklinru:n

Prop,

fl:>nd:>,baobabquiauntronclisseauquetonpeuts'adossersansdangere\nJltn,
fromagerquiportedespiquantsetdonc,lefaitdes'yadossers'avéredar,gereux(il
estpossibtequ'onseblesse).
Lenominasujetquiestun pronom(tu)estpa1icutier. Eneffet,ceprooom
n'estpasletuordinaire.llnes'OOressepasàunepersonneciblemaisprendune
toomuredéterminéeparceluiquiénonœleproverbe.Leprocèsqu'illCOOleleprédicat,
kli (se frotter) est un processus qui commence par /fl:>nd::,/, a1>re doux et s'achève
sur nJltn,arbrea;iressifcarpossédantdespiquants.
Lelocuteuraffirmeavecœrtitude
Dans cet énoncé, il y a un locuteur (celui qui parle) et un récepteur
symbotisèpalaJ(tu)àquilekx:uteurs'adresse.Cestdonc:larelationentrelaJet
sonac\eJX)Sé/kli/(sefrotteràquelquechose)quies\miseenexergue.
C'estdoncuneretationp(édicativequiguideleprocésexprirné;unerelation
entrelesujetetleprédicat
Ce faisant, nous nous retrouverons dans le domaine de l'assertion de
modalisation au sein de la relation prédica~ve et cette assertion est exp<imée dans
sa forme progressive certaine.
Le proverbe (eJ) s'articule comme un énoncé à deux entrèes appelées
propositions(prop1elprûp2)
Ces propositons entretiennent un rapport d'implicalioo prop1 implique
prcpa, nécessairement La valeur de la propriété de la prop, s'inscrit de rneoèœ
logique dans une modalité prévisionnelle car l'on opère une projection de la prop1
quiaboutiraàlaprOl)2.
Leproverbe{eJ)apourstructure·
A-Faitx --- A-feray

Ainsi /a/ (tu), se trouve doos une modalité d'identflcation de l'être agent. On
se demande

wijtkwlaklinpt:nnjl ?
/quilest-ceque/pouvoir/sefrotterlfromagerldèf-morph.concll
-,Quipeut-ilsefrotteraufromager?
Onan'iveaveccettequeslionàlaréponsesuiva,1e:
sril')ga klifl=>nd::>njl?
/homme/quiNrotter non acc/baobab/dèf. Morph concU
C'estceluiquisefrotteaubaobab
C'est dans cette même logique que s'est constru~ (d4)
mtnkpl::ibo
/monde/chaufferhab/pronanapJcasserhab/
mrnkpi(grandeur)I mrnbo(dècadence)
Prop1 Propi
Ladéca::lencen'estquelasuitelogiquedel'étatdegrandeur.C'estdoocle
prédicatpriocipallkpl/(chauffet)quidéterminelerepérageduprèdicatsecondaire
/bol(casser,finit)c'est-à-direledédin.Cesdeuxpropositioossontl!flvisagéesdans
une suite logique et s'inSCl'ivent étroitement dans une relation d'implication
relationnelle

11.1.6 la notion d'implication relationnelle

PourMotmincl'implicationestlarelationlogiqueentredeuxproposilions
telleque!'uneentrainel'autreparuneconséquenœnécessaire.,1JS
Dans un énoncé, la catégorisation selon le mot de Ducrot se fait à deux
niveaux·
, leniveau1
C'est ce que oous appelons So (cf. Approche sémantique des pwetes
baoulé).AcenrJeau, nousnoussit110nsàl'intérieurdusensoriginalc'est-à-direle
sens littéral, le sens en déhors de tout commentaire. En clair, c'est ce qu'on dit de
man~eexplicite.
• leniveau2
C'est celui de laconootation. C'est le domaine des sous-entendus, des
commeotaires, des présuppositions.

Nolabene
Leniveau2,plusprofondestleniveaudesintentionsdulocuteur.Ceniveau
ptusvasteprendencompteleniveau1.
Ainsil'éooncéproverbial{fi).
atikisato'akpatasu
/enfanUmain/atteindrenonaccJsuffnég/hangar/sur/
Lamaindel'enfantn'atteintpaslehangar
llestdifficileàunenfantdecomprendrelefonctionnementdelasocièté.
S'appréheOOe comme suit
Pourle locuteur, le raisonnement n'est pas que le hëllQa- puisse être à la
pcœe de l'enfant. D'ailleurs, le choix des unitès lexicales /atikl/, /kpata,' est
évœateur,doncpaslortuit.Eneffet·
latikil(enfanijramènedupointdevuesèmiqueà:
{Petit de taille, naif} estdoncopposèàhangar,
{Hauteur considérable.}
/kpatal(hanga,)adoocunehauteurcoosidérable.Hn'estpasàlaportèe
del'enfant:d'oùlechoixduprédicatlto'a/(deto/atteindre/+unsuffixenègatif).11
n'estpaspossiblequel'enfantpuisseatteindrelehanga-(lieuoùlebaoulèmetses
aliments à l'abri des enfants, des animaux domestiques)
l\existedoocuneimplicationrelationnelleentrecesdeuxuni1éslexicaes;
elleneseconstruitpasendèhorsduprédicat.
Laquestionn'estplusalo(sdetenterdedifférencierdeuxnotionslexicales
qui semblent s'exclure: mais d'expliquer comment l'opération modale que constitue
l'aspectnégatifduprédicatdèlemlinelesensdel'ènoncèproverbial.
L'énoncè(f4),catikJsato'akpatasu,,présupposebienqœ!'enfootne
peut atteindre l'hanga-parcequ'~ est ,court, ou parce qu'il n'a pas la taille nécessaire
àceteffet.ParfoislesfacteurssJtuationnels etphysico-culturelssecombinentpour
prèsupposeruneprogression:unenfivit,çaabesoifl,depa-lesloisdelanaturede
grandircava.td'êtregraid•{etenfin,atteindrelehangw).Seull'emJiojparticipeà
lacomprèhensiondumessageproverbial
11.1.7 Les phases énonciatives des proverbes

Unènoncéproverbials'inscritàdeuxniveauxessentielsoudirections
de gravitation Le premier où l'énoncé est réalisé parrappor1 à des éléments
extra-linguistiques ;lestyleformulairea, àceteffetpoorl)femièrefonctionde
rassurerlerécepteurpardesmotsauxréfèrentsambigus.131
Le deuxième où l'énoncé est appréhendé comme un message aussi
hermétiquequepossibleaveccertainementcellefois-ciunobjectif:
s'ouvrir à la compréhension. Ces deux orientations s'introduisant
spontanèmentdansleschèmadurepèreconstitutifquiapourbut
principal d'activer le champ organisateur de l'énoncé proverbial.
Ainsilesénoncés(h)ci-dessous

trobonzwejiaekapjvje::>(h1).
/sauce/ frapper hab/ eau/ que/orphelin/gagner
habJaussilmorph.conctl
--+C'estquandonsetrompepourmet1reassezd'eaudanslasauce
qu'onendonneàl'orphelin

be fjamibebo'aje(proverben"203)(h2)
/on/cacher/non acc+suff nég/onffrapper non acc+suff
nèg/cheveux/blancs
«on ne ceutcecneries cneveus uancs.»
-c-La vieillesse ne peut êfre èvitèe

·--
l'lu ll"'91'!1beri(Dt~ .Cie...- ••.• • ~ ~ .Xlel<XIII.SU g,o\1900,l19681
1211'1, ••• ..,,, .~ ••• --~dl!l!l~/!l~<it,M..,,,,._d_lCla
ak::,jeoklû(hl)
/pouletldentlêtre/acc/vente/
-.Lesdentsde!apoulenesontpasvisibles.
---Elleestdonclibredemàchersesalimentslàoùelledésir
Appellentauxanalysessuivantes
Le repère constitutif (le topic ou thème) se manifeste à travers les
énoncés(h)commesuit.
(h1) admet pour information primaire [tro bo nzwe]
NS VP NC
(h2)admetpourinformationprimaire [befjami]
NS VP
(hl) admet pour information primaire [o klü]
VP CC
Letopicouthémeserésumedoncauseindesproverbesàlaproposition
prédicative.Maisilfootajouterqueleproposnes'inscritpasforcèmentdanscet
ordre. Il apparait clair: le topic est le centre de l'éooncée proverbial Cô' c'est par lui
queprendatta:hetoutèlanargumentatifdel'énoncéproverbial.C'estparluiqueles
différences notionsorienla!esdel'énoncé, sinon du procès partent pour atteindre
d'autresramifications.C'estpourquoilespropos;

(h1)[ytaekaJ1ivje::,J
(h2)(bebo'aje]
(hi)[ak::ijeJ.

Semblent incomplets et demandent à être thématisés, contrairement aux coupures


(lopic) ci-haut où la proposition du point de vue sémantique apparaît plus/moins
recevable
S'iestreconnuquec'estautourdeltro/,(sauce)-(je/(chevelurebléllehe)
/klü/ (vootre) respectivement de (h,), (h2), (hl) que se font les llèchages, ron ne doit
pas perdre de vue l'aspectdesvertes/bo/-/fpml/eVoJcar ils prédiquent surie
propos(ilSrendentcompted'unesituations)
Au sein du message proverbial, c'est le topic (thème) qui dètemlne et c'est
le propos qui est dêterrninè. Le propos est ici, ce qui est présenté comme argument.
Letopiccontientdesmarqueorsquiluisontspécifiques.Encequiconcemele
prèdicatqu'ilprésente,onpeuttirerœrtair.esinformations. En(h1), bollrapperhabJ.
On a la forme verbale simple (positive). Mas le NS est prèseotè ceœ sa
phase spécifique, c'est-à-dire déterminé (tro). Nèanrr6ns, cette spécificité peut
éventueOemenl s'appréhendef comme gènèrique eeœ la mesure où il est
polysèmique.En(h1),/ljlml/cachernonacc•suffnèg/.Lalormeverbaleestorientèe
(négative).
llestàl'impératifgènèrique.LeNSestprèsentèdanssaphase,généfique
/melonn'estpasseulementpourunepersonne.llestJX)urtoutlerrondeàlafois.
(hl),ak:>jelJX)uleVdenV
N N
Lafooneverbaleestsimple(positive), LeNS lak:>je/estlajuKlaposition
deux noms dont le premier est déterminé par le second.
Lepremierestlenomcentral,lesecondnefaitquelespècifier.
Le NS es! donc spécifique. Tout en maintenant à travers ces exemples
suprasesdifférentsaspeclsprédicatifu,lesbasesverbalesportéesenanalysesne
sont pas essenliel!ement l'élément capital du procès. L'a-gument NS s'inscrit soit
danslespécifique,soitdans\egénèriqueetclètientlatraced'accordduprèdicatcar
c'estparluiqu'ilsesingulaiseousepluralise.
Nous avons constaté, que la valeor d'un énoncé dépend de sa visée
énonciative. Du fait, certains proverbes ont une visée plus gèr.èralisari1e que
d'autres.Troistypesdevisèessepatagentlesproverbes:
Lavisèegénéralisante:
Larelationentrelespropositioosde(h2)/mefjami//bebo'1fe/estposée
comme relevant d'un lait d'expérience ou d'une démonstration du genre (on ne peut
ca::her le soleil du revers de la main). Celte glose mootre que non seulement
l'énoncéproverbialestposéenliaisonavecunèooncécfictil>quiprècède,mais
bienplus,quecetènoncéprècèdentfonctionnecorrvnelepointdedépart,lerepère
constitutif â partir duquel est asserté l'éooocé lui-même
Plusexa::tement,t'énoncécfictif>(dugenreonnepeutca::herlesoteildu
reversdelamainquiparticipeàlacompréhension)s'articuleiciàuneviséepréatable
de l'énoncé (hi) lui-même. L'énoncé (hi) a une proposition principae sars laquelle
ladeuxièmenepeutexister:
(tro bo nvje). Ici la proposition Ut aeka Jll vje ::i) est présentéecomme une
simple conséquence. Elle est donc secondée par rapport au repère à la
proposition principale
Lavaleur injonctivedelapropositionprincipaledécouledoncdece
repérage particulier, comme cooséquence d'une relation prédicative qui est visée par
laprincipaleaupréalable.Onpa1edoncdeviséegénératisaitelorsquedansun
énoncéproverbiat,uneproposition(P)gloseuneautre,explicitesavenll8
LaviséeparticulOOsantesouslormehypothétique
Cettestructuresupposequeleprocèsenquesliooeslincertainouilyades
obstaciesàsaréalisation.Pour qu'ilprenneuneautrevaleur,ilfautquelecontexle
préatableaitconstruitœtteviséeàlaquelleilvas'articuler.
C'est le cas de
stmejafa'awüsubja proverbe(y),
/si/onlréunirnonacc/prendrenonacc/corps/sur/chaise/
-+S'ilyauneréunion,prendslachaisequiteconvient.

stanz:::injifaminiji provefbe(x)
-+Sitonfiletn'apaspris,nel'eolévepasdel'eau
Cesènoncèsintroduitspar(Sl)si,(rna(Quedecondition)sontposésdans
unevisiond'a':tualitè.Donc,dire·si"aol'S,c'estposerquelapropositionintroduite
pw 'si' entraîne inéluctablement la deuxième proposition. Autrement dit c'est la
propositionintroduitepw(si)quifaitappelàl'aMudeàtenir. Cequiexptiqueque
cettederniérepropositionnepeutêtreeffectivequ'avecconditioninéluctable.Dire
proverbe{x)ci-dessous,c'estsous.entendreuncontraireouunénoncêantonyme:

stanz::>fajl
/siltonlfiletlprendreinacc/enlevernonacc/
....• Siton filetprend.enlève-le del'eau
Oùt'onvoHunevaleurdecooditionil'lèluctabte.Maissil'onparaphrasait
le sous-entendu par:

sl'lanz::>fanlwaji
/seulement/ton/filet/prendre/donc/toi/enlever/
•...• Tuenleveras1onfiletdel'eauseulements'ilprend(unpoisson)

Encemoment,leproverbesetrouvedansuneconditionexclusivepuisqu'il
n'y a pas de condition &Jtre que la prise de poisson. De manière approximative,
proverbe (y) s'explique comme suit: Il y a deux propositions dais cet énoncé qui suit

stmeja{Prop1J •...• sionseréunit


/si/on/réunir/
faawû su bja(Prop2) •...• prendslachaisequitesied.
/prendreacc/corps/sur/chaise/.
PROP1 envisage PROP2 dans une vision prospective, puisque le point de
dèpai du procès est en PROP2 comme intentionnalité. Il y a mise en perspective
d'intentionnalité de PROP2 pa rapport à PROP,. On voit d'ailleurs qu'on ne peut pas
inverserlesdifférentespropositionsdel'énoncê:
' s l f a a w ü s u b ja m e j a

{Si) PROP1 PROP1.


Cet énoncé agranmatical n'es! acceptable que si la PROP1 est introduite
pwsi/u/{conjonctionintroduisantunepropositionsubordonnèecondilio nr.elle)du
genre,faawüsubjaS(mejaprelldslachaisequitesiedsionseréunit
Remarque·
On remarque qu'il y a une double symétrie â pa1:ir de l'explication ceusee
Explicalioncausale/Explicalionfinale

PROP1 et PROF'i ont même vision d'effectivité même si les positions


conceptuelles qui les incarnent sont diwnétraleme!ll inverses·
PROP1 parce que PROP1
Prendslachaisequitesiedparcequ'onseréunit---.estur.eexplication
causale et non conséquentielle du fait de la position conceptueHe PROP1 •...• PROPV
s'ilprendlachaisequiluisied,c'est(donc)qu'ilyaréunion.Cetaveutdireque
lorsqu'ooseréunit,aieslecouragededirehoflnêlemefl\cequetupensesêtrela
véfité.Cesanalysesnepeuveots'èclaircirsansvisioopréalabledelaconliguration
argumentative des proverbes
CHAPITRE Ill
AU NIVEAU DE LA CONFIGURATION
ARGUMENTATIVE, STRUCTURALE ET
POÉTIQUE DES PROVERBES BAOULÉ
1. AU NIVEAU DE LA CO NFIGURATIO N
ARGUM ENTATIVE DES PROVERBES

Perelman définit l'argumentation comme suit:


c L'argumentation se propose d'agir sur un auditoire,demodifierses
convictionsousesdispositions,parundiscoursqu'onluiadresseetqui
viseàgagnel'adhésiondesesprits., 131
Autrement dit, nous pounioos supposer que, auseind'unprocessus(par
processus. nous entendons désigner le mécanisme logique naturel mis en ~a::e)
argumentatif, un locuteur (L) tente de faire admettre une conclusion factuelle (C) à
uninterlocu!eur(l)parlebiaisd'unaiyument(A).Parfactuelle,oousdésignonsune
cooclusion exprimant une demande c'ectcn c'est-à-Oire ce que John Seël1e a
appeléunoctedirectif,d<V1ssaversiondelathéoriedesoctesdelangage.
Uneconclusionfa:tuellepeutêtreunedemanded'actiofl:
• Nonmodalisèe
(b) wak1(m:>,1Jga]susamakiigbasun'kpa
/arbre/qui/produire/branche/unique/sur/pron.catJrompreJ
•...• Quand!'arbreproduitsuruneseuleb<anche,celle-cifinitparrornpre.
(b)'efata'aktwaka'n suukül)gbasu
ftl/bon+nég/que/arbre/pron.cavproduire/branche/unique/surl
_, Il n'esl pas bon que l'arbre fruilier p,oduise ses fruils sur une
seule branche.
_, (CONCLUSION)
Laconclusiondelaséquenceci-dessusestregiepaunverbed'aclion,su,
cproduire,pousser,donnerdesfruits•.

Ce verbe contribue àcrèeruneargurnootalion que nous pourronsqua'ifier


de non modalisée. En effet, une conclusion non modélisée peut, bien que très
SJX)l'adiquemenl,êtreuneinterrogativedébutantpar
nzuli't, pourquoi,exprimantunactedirectifindirect. Exemple:
(l,)stwakasusamakiil]gbasuekpa
/si/arbreJproduire/brancheJunique/sur/elle/rompre/
Sil'arbfefaitsesfruitssurunebranche,labranchefini\parrompre.
ti't waka sama'n kpa :i?
/pouquoi/arbre/branche/pron.cat/romprelmorph.concl/
Pourquoilabrancherompt..elle?

• Modalisée
siwaka1usamakii11gba1uekpa
/si/arbre/produire/branche/uniqueJsur/elle/rompre/
Sil'arbrefaitsesfruitssuruneseulebranche,celle-cifinitparrompre.

(l,)'ltiefata'akt:iJos:i
/donc/il/bon+nég/quelêtre/ainsil
Alors,celan'estpasenvisageablequ'ilensoitainsi

L'oction modalisée n'est qu'une simple prévention. Fournet définit la


p<évenlioo comme • Un ensemble de mesures destinées à éviter un événement
qu'on peut prévoir et dont on pense qu'il entrainerait un dommage pour l'individu ou
lacoOectivité.•'J&

Dans ce cas, la demande d'action se situe dans un futur possible,


hypothétique, sr. non immédiat L'exemple préœdent peut donner lieu 3l.JX des
interprétations,d'oùlanécessilèdeconnaitrelecontextee11escéfllllio,suivant
lequel se déroule l'énonciation.
Si«l'arbrefaitsesfruitssuruneseulebranche,celle-cifinitparrompre,
induit1pourr.epasqu'ellerompt,ellenedoitpasporterplusieursfruitsàlafoissur
une même branche. ,, il s'agit alors d'une conclusion argumentative
Enrevanche.siœtactedirectifindirectn'apaspourobjectifl'.r tion
immédiate de l'inter1ocuteur, il n'a pas une valeur argumentative mais préventive.

---. efat1'1ktw1k11usamakiir)gbasu
/il/bon+néglque/arbre/produire/ellelbranchelunique/sur/
•...• 11n'estpasconseillèquel'arbrefruitierproduisesuruneseulebranche.

l.1 Proverbe et argumentation quasi-logique

L'argumentation quasi-logique est celle qui tisse un lien étroit avec le


schéma de la logique fomlelle et des sciences exactes. Cette argumentation fa't
appelle généralement à la cohérence dans ce qui est avancé comme propos.
Ceta se vérifie à partir du moment où on ne dit pas n'importe quoi, et
n'importe où. Ce qui fart qu'en général, ce qui est avancé comme propos est
inattaqua~e.puisque,protégéparlalogiqueinterne.!lexistedanslesproposdu
locuteur qui utilise l'argumentation quasi-logique la qualité logique, démonstrative,
sootena~e,doncirréfutabledesesdires
Imaginons une situation d'emploi du proverbe quasi-logique sujyant:

nja jwe si nzwe wt Hl]Ql e si'a mikü nzwe wt


lmonsieur/poisson/savoir/eau/nager/mais/il/savoir+flèg/pimenV
eau/nager/
« Monsieur le poisson sa! bien nager mais pas dans la sauce pimentée. •
l'induc1ion,ladéductionoul'analogiepourdéfendreunethèseau
moyen d'~guments. L'argument quasi-logique intretient un lien étroit
avec l'argument par hypothèse.

l.2 Proverbe et argument par hypothèse

1.2.1 La mise en place d'un mécanisme enthymémique au


sein des proverbes.

Foomet donne la définition suivaite c Dans la langue d'origine,


enthymème signifie un syllogisme qui n'a qu'une seule prémisse, la mineur le plus
SôiJVOOI, iJ'l 6C la conclusiai, la majeur était soos-entendue comme parf2itement
èvklente., 15
Lerôledetoutea-gumentation,c'estd'unirlegènéralaupaticulier.Eneffet,
dansl'exemple(b), ce qui permet le passage de (b)O. laconclusion (13)'. dans le
domaine du particulier, c'est l'enchaînement, sur le mode de l'inférence, de règles
deconduitesgénéralesimplicitestellesque1s'ilyatropdefruitsuruoetlranche,
ellefinitloujourspa:-rompre,détruisantainsitooslesfruits.cCetafinitdoncmal,
or si une chose finit mal, cela n'est pas souhaitable, •...• si cela n'est Pa5 souhaitable,
onneledésirePa5etdoncondoitagirenconsèquence.,
Lesproverbessontlareprésentationexplicitedecesexpéfiencesvécues,
de ces normes connues et communément acceptées qui gèflèrnnt l'action, la
conduitedetootunchacun.Enelfel,unénoncéproveroialestunephrasefigée
anonyme qui exprime un enseignement ou un avis, qui soitd'oolre moral ou l)(atique.
Ainsi,leprovefbedésignè{l.)'concourtàlajuslificaliondefl•).Lepassage
du général au partx:u!ier est généralement autorisé par la rrise en place d'un
mècanisme déductif appartenan1 à la logique naturelle similaire au sylogisme dont
l'énoncéproverbialestlaprémissemajeure.
Le syllogisme, exposé par Aristote constitue la base de l'argumentation
déduclivequicontraint!'interlocuteurà~ epterlalhèseproJX)Sêeenleconduisant
demanièrenécessairedesprincipesauxconsèquences;its'agitd'unargumentqui
comprelld trois propositions (deux prémisses la majeure et la mineure, et une
conclusion)ettelquelaconclusionestdéduitedelamajeoreparl'intermédiairede
la mineure.
Le principe du syllogisme est que ce que l'on affirme légitimément pour un
toutpeutaussiétreaffinnépourlesparte5decetout.Sinousprenonspourexemple
leproverbem,onpeotfairelesobservatio nssuivantes

bekibonilejokù
/on/associer/assemblée/dedans/il/devenir/un/
cEns'unissant,onnedevientqu'un.,

Nous obtenons:

Majeure:bekibonilejokil{m)quiveutdire·
stbeklbonilbejlfiJ}gi
/süon/assembler/on/frapperldedans/on/avoir/fOl'ce/
,Ondevientrortens'associant. 1

Mineur: bejifil)gl
/on/gagner/force/
,Onobtientdelaforce.•
Conclusion: anwiuti kpa
/union/être/boni
«S'unirestdoncavantageux. •

lls'avérenécessaire,afindeconnaitrelerôteduproverbeauseindu
processusargumentatifddéterrninerlernessagequ'ilvéhictJle; autrementdit,ce
que nous appelons son «schéma agumentatil ,. Nous dégageons trois types de
shémas possibles pouvent représenter la majeure d'un enthymème (cf. Fournet, op.
cit1999):
Ceuxquiexprimentunerelationdecause~effet.
Proverbe(b)Sil'arbrefaitsesfruitssuruneseulebrancheellefinitpar
rompre.
Si(P),alors(Q) .•...• End'autreslermes,c'est(P)quientraine(Q).
Ceuxquiexprimentunerelationdeooncession.

asabesibu'aakpanzawi
/retourlbriser+11ég/margouillatldos/
~ Retounerenarriérenebfisepasledosdumargouillat. •
---. Bien que le margouillat retourne brusquement pour éviter le danger, il
n'a pas de séquelle.
Bienque(P),(Q)n'existepasdutout.bumi,baseverbàe•sllffixenégatif.
Ceuxquiexprimentunerelationdesupériorité

blallkplblal,nü(proverben·186)
lfer1/oouperlfer'2/dedansl
Lefer,coupelefen
Fer1 > Fer2, {P)>(Q).
1.3 Proverbe, préconstruction et configuration
argumentative

Selon (Bouscaen et Chuquet, 1 oo appelle préconstrui! une relation


prédicative IX)Sée comme validée ce- rapport à un repère origine externe à l'énoncé
encours,etdoncpasrepéréedirectementparapportàl'origineènoncialivedecet
énoocé s
On peut, toujours selon ces mêmes auteurs, parler d'une relation construite
antérieurement ou présentée corrrne I déjà construite , sans qu·~ y ait d'interprétation
strictementchronologiqueàdormeràcestermes:ils'agitbienptutôtd'undécalage
depta,sentredeuxsériesd'opérations,tasecondeintervenaitsurla~ re.
Comment ce procédé s'effectue-t--il au sein des relatives ?
Construction des relatives.
Pour (Mounin, op.cil p, 285) « On appelle relatif ou pronom relatif celui qui
rattache un syntagme dit relatif à un élément précédemment énoncé ,. Soient donc
\eséooocéssuiva,ts:

twil)gametom:iboefjami (i,)
/fusil/qui/on/!irerhableVcasserhabfil/cachernonacc•suffnégl
, Lefusilquepeutatteindresacibleestvisibleàl'œilnu.•

trofcjtcwcnJidanjl.(i2)
/sauce/dèlicieuselquiilirerhablpieds/deux/morph,concl/.
,C'estlasaucedélicieusequiattirelachaisetraditionnelle.1

wakam:isusamaküQgbasunkpa (hl
/arbre/qui/fteurirhab/branche/uniquelsur/pron.anapfromprehabl
«L'arbrequilaitsesfruitssuruneseulebranchefiniraparrompre.,
Lesrelativesauseindesénoncésprovert,iauxsuprasernatéfialisent à
travers les lexèmes ll)!la I 01), /yt/ (12 ) e\/rro/ ~l)

Dans les èoncés (i), la proposition subordonnée est disposée comme suit:
(i1)1Jgameto~boefjami
(i2)jtcwtnjidanj~
(iJ)m:>1u11m1kiil)gbasunkpa.

En ~1), la proposition relative introduite par ll}ga/ se rapporte à la


proposition principale ltwiJ et le détennine. !~al en fait est un 00\algame entre un
prooomreprèsentantlesubstantifdedépartltwVetuneoonjonctionquimarquela
subordination du syntagme (me temc bo e fjaml] au substantif ltwV
Idem pour (il)où /walt.a/représenteJtwi/eUm:>/, le pronom relatif.
Par contre en (il), ljt cwtn jida njl/se rapporte celle lois-ci à un syntagme
qualificaliVtroftl(saucedélicieuse)etledéterminegrà::eaupronomrelatifljt/./jtl
est un pronom relatif qui est un ëVnalga"Tle entre un pronom qui représente le
syntagme qualificatif .tro ft/ et une conjonction qui marque la subordination du
syntagme [cwm jida nJl.] au syntagme qualificatif.

LadétennlnaUon nominale

lenom,parsapertinencedupointdevuedénotatifestaucootredecette
opération.PourmieuxlecerneJ,ilimportedel'analyserdanscertainsdesesaspects.
C.etteentrepriseenréaliténe peutseréaliserqu'envisionnan1toutl'énoncédans
sonentitépourétreenphaseaveclal1esinfoonation(s)vèhicu~s).Ainsi,on
comprendàtraverscesénoncés:

me1l'agbifltnklii ü1)
526

/on/connaitrenonacc+suffnég/jeunehomme/ventre/
Onnevoitpasàl'intérieur(duventre)d'unjoligarçon.
--+Persooneneconnaîtvéritablementcequepenseautrui

srifisi'1blakebofi1)

/homme/néa11Uconnaitrenonacc+suffnèg/venirhab/fonds/.
-Personnenepeutsavoirpourquoionl'appelle .
Est-œpourunmolifgraveoupourrecevoiruncadeau?

. ,, di'a iJre

/guerre/mangernonacc/suffnég/herbe/
claguerrenetuepasl'herbe.,
C'est plutôt l'homme qu'elle tue: il faut donc réfléchir avait de la déclarer.
Ladisposiliondesénoncésintroduitsparn,ets'<K:hevantsur112s'él1ic:ule
rècessererent anour de m.
01) ceseue n1 comme définitoire de l'énoncé entief mais s'inscrivant dans
legènérique.n1eneffeln'estdoncpasdéfinida,ssonenti1èréelle:ilestexistant
IX)Ur toos ca il ne se spécifie pas. /me/ (n1) est donc l'ensemble des ooms (N) à qui
le locuteur s'adresse.
En {ji), la situation, bien que n'élalt pas gènèrique s'inscrit
approximativement dans le spécifique. /1rl fi/ (ni) n'étant pas étendu à tout le
rronde diris la mesure où il n'est pas en soi /1rl fi/ {personne) est considéré comme
un nom à valeur sémanHque vide ou neutre. En (jJ) n1 s'interprète comme du
particulief.lls'agitd'unesituationdeguerreetnond'uneautrechoseenvisagéedans
Jeprocès.
llestclairquec'estl'ooentationqueprendleprώsquileconditionneca-
lesénoncès(J)avecâleurentrée(ni,ni,ru)peuventinstantanémen\seréaliser
autrement
Laposilionde/Nls'expliqueetn'eslpasfor1uite.Toutefois,l'ondoitsignaler
que les noms qui introduisent le procèssontdansunrapportdirectavecleprédical
(portant un suffixe négatif) comme !'atteste le schéma suivant:

l N1+VP(avecsuff.nég) 1

Lenominalintroducteurduprocèsestsoitdansunerelaliond'intervalidation
c'est me,onquivalicleleprédicatenposition(2)/si'a/.C'.esnominauxâdéterminer
ont un statut hybride. Ils relèvent à la fois du nom (ni) et du nom (112). A y voir de
près, ils fomlent un couple compact à l'intérieur duquel n1 influence étroitement le
choixden2.Lechoixde(lb)estfonciérementrattachéauxvaleurscoonotativesque
peutbienlX)uvoirprendre(n1).C'eslœquiestmiseenévidenœâtravefSl'énoocé
0,1,

a1E di'a ijre


n1 VP ru
La guerre a:lmet pour champ sémantique
Guerre" {(Ensemble des lexèmes coonotant la violence)).
Guerre= {{VIOience; tire; mort, peur, traumatisme)}
L'IK>mme demeure la cible visée. Ce qui nous ramène a l'énoncé suivant:

altdlsrledi'aijre
/guerre/manger ace/ homme/ iU manger non ace + suff néglherbel
c La guerre tue !'homme et ne fat rien à l'herbe. ,

Lechoixde(al,)nepeutimptiquerlelexéme/srl/ilimpliqe/ijre,'àcause
528

deV(P)porteurdusuffixenégatiflal
C'estpourquoionnepeutavoir:

/al, di'a sri/


/guerre/mange, non ace + suff nég/ homme/
, La guerre ne tue pas l'homme (qui n'est pas un pœverbe de la
léllgl.l el

lesp(éconstructionssontdespartiesoudesphasessurlesquellesle
locuteursefondepourmenefuneargumentationsoutooable.Ellesévoluentdepaire
aveclesstructuresdesproverbesqu'ilconvientd'analyser.
Il. A U N IV EA U D E LA C O N FIG U R A TIO N
STR U C T U R A LE D E S PR O V ER B ES BA O U LÉ

11.1 Au niveau syntaxique

bonfipO,adilfl(proverben•197)
/plong6f-dans/incontrôlé/tu/mang6f/pron/sa'lssauce/
c Oui mange la sauce avec le foutou SiYIS prècaltion finit par manger le
foutousanssauce.,
Quiagi\sa,sréfléchirfinitparperdrelafcœ.
La premiéf'e proposition semble lonclionner surie roode impératif:
• bo nil pil • mange la sauce sans précaution ,
orenréalité,lastrutureprofundeest·
!! !. bonUpü1situmangeslasaucesaisprécaution,
si tu
Ladernièrehypothéseestoonfirmèecarceproverbedonneunconseil,une
leçoodevieensociété.
Plus précisementcelui de ne pas être émotiff..:e à un problème. C'est donc
uneleçondeluciditè,deconlrôledesoifcœàunévèl'leffient.
Certainsproverbesfonctionnen\sousformesdelois,mmla,oud'interdil
ciljt. La structure générale Qui se dégage avec ces proverbes est On-suivi de
l'interdit

~ [ioml11ttbe gwa'abaki su]

Interdit.

Dansœttestructureinteme,leprédicatestsuividesuffixenégatif:
• nji/regaderldonnenji+(ml)
• jo /f;ireldonne,io-+ (mi)dèbutlentou
jo+(a),dansundèb4trapide.
Lastructureinterneduproverbeest:
Pron1 Préd, N1 Prom Ni Prèd1

ak:>ja kwtn wa proverbe198


/poule/patte/tuer+suffnéglenfant'
1Lapattedelaix>ulenetuepaslepoussin.1
Lacooeclionqu'oninnigeàunenfantnepeutletuer.Ainsi,lastructure
intemeduproverbeest:

N N Préd
lika 1)91 be l)90 se o lt be to'a lt ebwt (proverben.224)
!lieulow1eurlpomrnade canarilêtre!lè I on!looce, + néglla/cailloul
,OnnelancepasdecalloulàoiJsetroovelecan~d'huile.>

• lastructureintemeduproverbeest:
N Adv Pron N Préd Adv Pron PrèdAdv N.

11.1.1 Structure linguistique et proverbe: analyse des


tonnes polyphoniques
ll.1.1.1 Lecasdelanégation
Enlinguistiq ue,lanégation(dulatinnegaœ, nier)1«1 estuneopètationqui
consiste à désigner coome fausse une proposition préalablement exprimée et non ;
elle s'oppose à l'affirmation. Ainsi définit la négation dans certains proverbes ne
JX)rtepasobligatoirementsurl'ensembled'unephrase;ellene!X)ftequesurle

• Nior:dn~-n'lllpm ••••• n'- ••• : ••••••••••••• IMlll,(d.~


~ .~ .1979~
Ce que dit la proposition, me nj!'lna ce'n su, ne s'oppose pas à me n::i. bla
L'enchaînement discursif que réalise (PROP1) a ainsi lieu non pas sur la
positionde(E2)attribuabteàt'inter1ocuteur,maissurcellede{E1),quiportele
contenu(PROP1).
On s'en convainc en considérant l'anomalie de proverbe X, me n:l bla me
njâ œ'n su. Lanègtion, ma, de nja.Mest, ici dite pdèmiqueen ce sens qu'elle
permetl'iôentificationde(PROP,),Ducrot(op,cij.217)

11.1.1.1.1 La négation métalinguistique

Elle vient contrèdire un énoncé effectivement prononcé, Celte négation à


pourcaroctèristique,entre autres,depermettred'annu\efexpticitementles
présupposésdel'énoncépositifCOfreSpondan\etd'offrir,explicitementlàaussi,un
effetmajorail

Considèronslesproverbes(w,)et(W?)suivaits:

(W1) inOmi fa'a aja waka wil


/oiseawYâcher+<iég/nervosité/atre/corps/
cl'oiseaunesefàchepascontrel'arbre.•

(W2) me Jimi klimi kplo


/on/enlever+nèg/beau/peau/
cûnn'en~epaslapeaudubeau.1

{w1)cootrèdill'ènoocèpositifcinQmifaajawakawil 1, cl'oiseause
fâche contre l'arbre. On notera qu'il contrèdit expti<:itement dans une deuxième
partie (en fait, l'oiseau est toujours sur l'arbre, il n'a jamais quitté l'arbfe). le
présupposécl'oiseausefâchecontrel'arbre1serapossiblequesiunautre
locuteuraeffectivemen\prononcé,L'oiseau,depuisteljoursefâchecontrel'arbre

(W2) contrédit l'énoncé pos1tif, me jiml kllml kplo, • On enlève !a peau


dubeau,.Maiscequetanégationmétalinguistiquepermetau-detàdelasimple
contradiction,c'es\d'ajouterexpticitement:

me p kllmi kpto e wu
/on/enlever/beau/peau/i!lmourirl
«Quandonenlévetapeaudubeau,ilmeurt.1
Dans ces deux proverbes, la négation joue un rOleJXl,Sijif.

ll.1.1.2 La négation polémique

El!esedifféreociedelallégationmétalinguistiqueparlefao:tquel'énoncé
positifcorrespondantn'apasàêtreeffectivementpronoocè.
Soientlesproverbessuivants:

(68)1katj1nr'1:>kwlt
fchimpanzé/avoir+néglrouge/
clln'existepasdechimpoozérouge.,

(69)asi'abenzenjlotekii
/tulconnaitre+néglvaran/regardef/margouillaU
cSituneconnaispaslevaran,regardelemargouillat.,

Comme l'indique si bien Ducrot, le présupposé·


cakatjatl'1w1f1np1,
fchimpanzélêtre+nég/sorleldewd
«lln'yapasdeuxsortesdelT\a'!joui11at,
N'estpasinvalidépar(68)et(69)abienuneffetabaissafltdutype·

asi'abenzeftislzl.otekii
/tulconnaître+nég/varan/proodrenui/comparer/margouillav
cSinetuoonnaispaslevarafl,comparesleaumargooillat,

Ne pas connaître le varan (effet abëissant) conduit à le comparer au


margouillat Cependant bien de trëits le distinguenl largement du margouillat. La
notioodenégationdanscesdeuxproverbesci-dessusestintimementliéeàcellede
vérité, envisagée coome l'adéquation entre une représentation mentale (ou son
expression) et son objet dans un monde référent ; on parle de sémantique
vèriconditio nnelle.
Selon0Jcrol,cetteanalyseestpolyphoniquepuisqu'ellesupposequele
locuteur(L)amisenscènedeuxénonciateurn:

L'éflonciateur(E1),àqui(L)sedistancie,quicakatjant'a:>kw111,(II
n'yapasdechimpanzèrouge)ou ,asibenzenanjaotekiikii1(Tu
connaîslevaran,inutilederegarderlemargouillat,
Dans ce cas d'espèce, en effet, le locuteur de l'énoncé négatif ne
contrédit pas un autre énoncé effectivement prononcé par un autre
locuteur: il met en scène deux énondateurs (E,) et (Ei), ce dernier
auquel il s'assimile, niant un énoncé qu·~ prête à (E,). Les effets de la
négation polémique sont égatementdifférents de ceux de la négation
métalinguistique: alors que la négatioo métalinguistique permet de
contredirelesprésupposésdel'énoncépositifetauneffetmajorantla
négatio npolèmiqueauneffetabëissantetnecontréditpasles
présupposés. Qu'enest-ildlanégationdescriptive?
11.1.1.3 La négation descriptive

Pour Ducrot que nous reprenons largement, un dérivé dèlocutif de la


négationpolèmique,c'est-à-Oirequ'enl)foduisantunénoncénégatif,onattribueau
sujetun(pseudo)propriétéquijustifie!apositiondukx:uteurdanslanégation
polémique correspondante.
Ainsi,sil"IOUsconsidéronsl'exernple (69),danslanégationdescriptive,le
locu\eurnemetpasooscénedeuxénonciateursmaisilattribueàbenze,varëVJla
pseudOi)rojlriê\équijustifiéraitla positiondulocuteurdanslanégation polémique
correspondëVJte. Tous ces cas de négations sont inscrits dans des structures
polyphoniques.

11.2 Analyse de quelques structures de proverbes

Quand on boit au marigot, on ne regarde pas la befge. On a un imaginaire


correspondaitàlaconclusionproposéeparPROP1.
PROP1 impose une marque de conduite à PROP2. On abouti au schéma suivant:

N.B: la ligne continue représef11e l'a:te à réaiiser et la ligne discontinue, la conduite


àtenirpourréaliserl'actedelatignecontinue.
PROP1, du rnl de vue virtuel apparait comme une condition sous le schéma fixe
suivait

1 Si PROP1 Alofs PROP1.


Sionboi!aumarigotalors,onnereg.Ydepaslaberge.lcicetteloivirtuelle
qui n'est pas en train de se réaliser est validée par l'imaginaire. Ce qui donne
PROP2.- PROP1.

me njl ce'nsu men,nbla


PROP2 PROP,

Imaginaire correspondant au proverbe, ce que nous représentons comme si:

men~bla j
-----~

PROP2 non encore réalisée (cw non accompli) (rro::idalitè nègatve njlmi, nji'i
débitrapide).Leklcuteurconstruit

Lesêtresdiscursifsavecleurspointsdevue;
Il imagine la scène où il fait• jouer• ces ectecre. S'il trouve la situation
exacte, alorsilvalideleproverbe. Lelocuteurpourraitéventl.lelement
construirelecentredéic!iquedel'énoncéproverbialqui,entaitque
valeurpardéfautestceluidulocuteur:

Exemple: me n:l'I w4e kl(l nzl me bomi provefbe n°6.


/onlboire+suffnég/autrui/ventre/boison/onlsaouler+suffnég/
• On ne peut s'enivrer de la boisson consoomée par autrui. ,
Devient

nkwlan:l'i w4e klc nzl n boml


/Je/lX)uvoir/lxlire+neg/autrui/Ventre/boisson/Jeisaouler+nég/
« Je ne peux m'enivrer du vin consommé: par autrui. 1

mereprèsentedonctousceuxquiutilisentleproverbe.
Selon(Berrendonn8f,1981:33)onpeutlierpolyphonieetprèsupposition
nens covete n'sz:

taltkpacijtotraawlunü::>
/mur/cass8f/quekafard/entr8fldedans/rrorph.Concl/
,C'estquandlemurestfissuréquelecafardyentre. •

On nepeutpassecontent8fdev0runprèsupposénègatifimposéparle
(s)verbe(s),àsavOrquelaproposilion:,talt kpacimi ::>traa wluml nû• (est
vrai)
Le locuteur peut rédiger et utilise< des séries d'èquivaente de ce genre tout
ensachantquelanègalionestunmarqueurquialapropriètédepc,terseulementsur
un élément dèlirr.lé.
La modalité du verne (qu'elle soit négative oo positive) fonctionne ainsi
comme distributeur de sens
C'estdoncunestructureouorientationsémantique.C'estencelaquel'on
voitlaresponsa~litédel'ènonciationenjoignantunernodalitèauverbe.Lelrx:uteur
peut conjointement exptk:iter le motif qui le poosse à aller vers telle interprétation
plutôt que telle autre

11.2.1 Quelques types de structures polyphoniques observés


au sein des proverbes baoulé

Pourloutproverbedon\lekx:u\eurd'origine{lo)n'eslp~responsabte,
t'interprétetendàè1ablirunliendenon-respoosabilitéen(lo)etleproverbe.La
structure du proverbe renformetoujours au moins un point de vue. Il existe une
instruction indiquant comme valeur sémantique par défaut que le kx:uteur (lo) prend
laresponsabilitédes'adapteràunpointdevuedelastructureduproverbe(selon
sesdifféren1espropositions).
• Lamonophonien'apasêtêobsefVéedansaucunproverbe.Eneffet,
toutproverbeest,ànotresens,polyphoniquepuisqu'ilestun
discours autre. D'ailleurs, c'est poorquoi son énonciation est
précédéedeformulesfigéestellesque
nini/kp,ngb,n bewl OIJ bien kaflE o qui sont des formules de
polilessequidonneplusdepoidsau proverbe. Ondistinguepél"contre
deux types de structures polyphoniques en ce qui concerne les
proverbes baoulé à savoir

• Lapolyphonieintemequenousdistingoonsdansleproverbe39 ci--
dessous:
kiZE kit kami dr)Qt e ni alakü fataml
lb ienquelcrapaudlmordre+suffnég/mais/il/el/caleçon/convenir+nég/
18ienquelecrapaudnemordepas,ilneconvientpasdel'introdure
dansuncaleçon.,
Selon Ducrot,on parie de polyphonie I quandonpeutdistinguerdans une
énonciationdeuxtypesdepersonnages,lesênonciateursellesloculeurs.,
Parc locuteur,, Onentendraunêtrequi,dcl"lsl'énoncéestprésenlé
comme son responsable.
Les1énonciateurs1sontcesêtresdontlesvoixsontprésentesdans
l'énonciation sans qu'on puisse nêanOOns leur attribuer des mots
précis: ils necpaflenbdonc pas vraiment. m34sl'ênonciationpermet
d'exprimerleurpointdevue
Ainsidonc,nousestimonsquelesdiresd'unênonciateurpeuventcontenir
unevariêtêdevoixsous-.ja::entes,provenantdesonopinionpersonnelleetselon
sesprojetsargumentatirn
Lelocuteurquis'approprieleproverbe39prononcedenombreusesaulres
voixquinesontpaslasienne
Lapolyphonieestintemepwœqueici,avecleproverbe39klt,crapaud,
supposéêtreleclocuteur,estmatériatisédemanièredirectequoiq11enousnoos
retrouvonsdanslape<sonnification
Parcontre,lapolyphonieestditeeldemequand110usneretrouvonsaucune
1tra:e1dulocu\eurcommel'indiqueleproverbe5ci-dessous:

gogoligo towago
!? /trouver+toi/?I
rSitontempsarive,profitesen.,

OJ!ofsqu'onseretrouvedanslestyleindirect,c'est-à-direquandon
reprendlesproposd'autruicoovnedansleproverbeci-Oessous

nja rigondro wi n ni', n nt mi pima.


/Monsieurlmachoiroo/déctare/moilpersonllel}elavoirlmes/yeuxl.
clemachoironavo11equ'illX)SSédedesyeux.,

Cesdifféren1esstruc:turessonttoujoorsconstruitesdansunechaine
imposéepardesmotslogiques.
Danscertainsproverbes,desmotsintroduisentunerelatOnclogique,qui
s'appuie sur un syllogisme. Ces connecteurs impliquent un argument, fonctionnanl
comme prémisse ~ure, qui a la forme d'un lojX). En terme scapotine, ces, Topoi
,ontlalormesuiva<1te:
Qù,top,signifierilestgér.éralementvraique,
Cequisematérialisedanslesproverbessuivants

u: a si ptn wü e lami kptnn kplo su (provertien"225)


/si/tonlpèrelgagne,/coq,s/ildormir+suffnéglathérureJpeau/surl
-Sitonpèredevientriche,ilnesecoucherapassurlapeaud'athérure

statrosîofltnifabukejinü (prcwerben"226)
/si/tu/allumer/feu/nouvellemenVne/prendreJescargot/mettrekledans/
c Situ allumeslefeu,n'yjettepasd'escargol •

stiwi adi ft kakaadi1nî fwtn ovje (provefben"227)


!si/tu/dire/tu/manger/douceur/beaucoup/lulmangerltalméreldéfuntelos/
, Si tu aimes trop la bonne chair, tu mangeras les os de la mère défunte. ,

Cesénoncéssupraintroduitsparleiootlogiquest,si(conjonction
introduisantunepropositionsubordonnéecondilionnelle))obéissentàunelogique
intemeappeléesifictionnel.

11.2.1.1 La structure des énoncés fictionnels

On peut éventuellement pa1er d'implication dans \a mesure où on a la règle


[onJ(Top(siPalorsq))estvérifiée
• si-Tonpèredevien1riche-A1ors ....• ilnesecoocherapassurla
peaud'athérure
• si-tuallumeslefeu - Alo(s •...• tu n'y jetteras pasd'esca"got
Celte logique flctionnelle dont pa1e N0lke ne pourra être comprise si nous
n'analysonspaslesproverbes.l'énonciateursefondai1surlaprudenœattriblleune
lignedeconduiteausujetrécepteur.
l'énoncéseprésentesouslafonnesymétrique
11.3 Proverbes et préconstruction

Selon Bouscaren et Chuquet con éll}Pelle préconstruit une relatioo


prédicative posée comme validée par rapport à un repéra origine externe à l'énoncé
encours,e1doncpasrepèréedirectementparrap!X'(làl'origineénonciativedecet
ènoœè ew.
On peut, toujours selon ces mêmes auteurs, parter d'une retation
cons1ruite antérieurement ou présentée comme c déjà construite • sans qu'il y ait
d'interprétation strictement chronologique à donner à ces termes : il s'agit bien
plutô!d'undècalagedeplansentredeuxsériesd'opérations,laseconde
intervenant sur la première. Comment ce procédé s'effectue-t-il au sein des
relatives?

11.3.1 Construction des relatives

Pour (Mounin, op.cil p. 285) c On appelle relatif ou pronom relatif celui


qui renecbe un syntagme dit relatif à un élément précédemment énoncé ,. Soient
donclesènoncéssuivants:

tlli J)ga me te mo bo e fjami (h)


/fusil/qui/on/tirer llabJetlcasser hab~Ucacher non ace +suff nég/
clefusilquepeutatteindresacibleestvisibleàl'œilnu.,

trohyicwtnjida:>(il)
/sauceJdélicieuse/qui/tirerhabJpieds/oeu:wnorph,concll.
cC'estlasauœdélicieusequiattirelachaisetrOOi!ionnelle.,

''1· BOUSCAAEN(J)•CHUaJEl(J),Op.CilP.43
danssonentitépourêtreenphaseavecla/lesinlomlation{s)véhicu~(s).Ainsi,on
comprendàtraverscesénoncés:

mesi'agbifltnkwlii 01)

/on/connaîtrenonacc+suffnégljeunehomme/ventrel.
On nevoitpasàl'intèrieur{duventre)d'unjoligarçon.
-.PersonnenecOfmaîlvéritablementœquepenseautrui·

srlfisl'ablakebo 01)

lhommer'néaritlconnaitrenonacc+suffnég/venirhab/londs/.
,Personnenepeutsavoirpourquoionl'appelle.•
Est-eepourunmotifgraveoupourreœvoiruncadeau?

.,, di'a ijre ~)

/guerrelmangernonacclsuffnég/herbel
claguerrenetuepasl'herbe.•
C'est plutôt l'homme qu'elle tue: il faut donc réfléchir avant de la déclarer

Laclispositiondesénoncèsintroduitsparn1ets'achevantsurn2s'al1icule
nécessaremen1autourden,
ij1) présente n, comme définitoire cle l'énoncé entier mais s'inscrivarit dans
legénérique.n,eneffeln'estdoncpasdéfiniclarissonentitéréelle:ilestexistant
pour lous ce il ne se spécifie pas. /meJ (n,) est donc l'ensemble des noms (N) à qui
lelocu1eurs'adresse.
En(p),lasituatiOn,bienquen'étantpasgér.énques'inscrit
approximativement dans le spécifique. /sfanfi/(n1) n'étant pas étendu à tout le monde
dans la mesure où il n'est pas en soi /sra fi/ (personne) est considéré comme un nom
àvaleursémanbquevideou neutre. En ÜJ) n1 s'interprète comme du particulier. Il s'agit
d'unesituationdeguerreetnond'unea.itrechoseenvisagéedansleprocès.llest
cicirquec'estt'orientationqueprendleprocésquileconditiormecarlesénoncés(J)
avec à leur entrée (n1, ru, nJ) peuvent instantanément se réaliser aeerœnt
Lapositionde/Nls'expliqueetn'estpasfortuite.Toutefois,l'ondoilsignaler
que les noms qui introcluiseo1 le procès sont dans un rapport direct avec le prédicat
(portant un suffixe négatif) comme fattes1e le schéma suivant:
Lenominalintrcxlucteurduirocéseslsoitdansunerelationd'inlefvalidation:c'esl
lme/(oo)quivalideleprèdicatenposition{2)/si'al.Cesnomina.ixàdétermineront
un statut hybnde. Ils relèvent à la fois du nom (n1) et du nom (m). A y voir de pres, ils
fOfflll!nt un cou pie compa;t à l'intérieur duquel nt influence étroitement le choix de ru
Lechoixde(ru) estfonciérementratta::hè auxvaleursconnotatives que peut bien
pouvoirpreodre(n1).C'estcequiestmiseenévidenœàtravessl'énoncé(p)·

ait di'a ljfe


n1 VP ru
La guerre a:lmet pour champ séman1ique.
Guerre={(Ensembtedeslexémesconootan11aviolence)}
Guerre={(VIQ!ence;!ire;mort,peur,traumatisme)).
L'homme demeure la cible visée. Ce qui nous ralléne à l'énoncé suivant:

altdiuiedi'aijfe
/guerre/manger ace/ homme/ il/ manger non ace+ suff nég.lherbeJ
la guerre tue l'homme et ne fait rien à l'herbe. Lechoixde(alt) ne peut
imptiquerlelexème/srilil imptiqelljre/àcausedeV(P) porteur du
suffixenègatif/aJ
C'estpourquoionnepetJtavoir:
/ali di'a sri/
/guerreJmangerflOflacc+suffnég/hOmmeJ
-.Lagoerrenetuepasl'horrwne(quin'estpasunpmvert,edela
langue).
Lespréconstructionssontdespa1iesoudesphasessurlesquellesle
locuteur se fonde pour mener une argumentation soutenable. Elles se basent sur
l'esthétique,c'est-à-direconfigurationpoétique.
111. AU NIVEAU DE LA CONFIGURATION POÉTIQUE
DE L'ÉNONCÉ PROVERBIAL

L'emploi des proverbes par le Baoulé comme procédé cœtcœ se justifie par
l'irnpactpsychologiquequ'ilsproduisen\surl'auditoire.Lechoixstratègiedu
proverbe qui appwaît comme un véritable rooyen rhétorique permet à l'énonciateur
proverbia1Baouléd'étendresoncimpœssiondesérieux,quientouresaconduite
discursive,en~ itan1sespa-olesd'unevaleuresthétique.Leprove<bebaoulé
disposed'uneviolencepragmatiquequ'aucungenrenecourtnepeutègaler.Cette
violenceserèaliselél'ltauniveaustructmal,qu'auniveaustylistique.
Le langage proverbial est un langage voilé, riche en hyperooles,
métaphores, compa-aisons, connotations. Tel qu'il se présente à tout locuteur
~ulé,nousosonsdirequ'ils'agitd'unlangage't'Oilé,unlallgagequiditclemaniere
subllle ce qu'on dit de manière bnnae. Nous en avons pour preuve le proverbe
SUÎVéWllparexemple

ajekp:>gb:>gwtkpigbinü
/graindepalmeJ?lverserl?/dans/
c Les grains de palme tombent juste en bas du palmier. •
Onrèservetoujoursàsesproc:hescequ'onadebon

Ce langage proverbial est construit avec at En effet l'énonciateur de œ


proverbeestunpéredefanillefaliguèpa,le!X)dsdel'aQe.lls'a::lresseàsonpetit-
filsquiluidemande~rqooiiaprélérècédersapla,lationdeca:ooàsonfilsaulieu
de la remettre à un manœuvre qui, chaque jour travail sans repos.
Tout conme les grains mûrs du palrrier qui robent SéflS âler loin, la
plélltationduvieilla-drevientàsonfils.LeCél"acïirepoètiquesetroovenotifiédansce
quelevieillél"dnesecontentepasseulementdediresapenséemaisdeladirebiefl.
Ce faisant, le proverbe S1Jrgit doos l'a-gumentation et tout locuteur perçoit ses réalitès
esthétiques que Memel-Fotêdéfinitcomme, La théorie positivedel'at ,m
C'estlavaleuresthétiquequiconfère un pouvoiràl'éoonciateuriroverbial
Baouléquichangedestatu1devenantainsimitk.ifwt,/affaire/diseur/.lla:quiestle
statut de juge.
Labeautédulangageproveroiatba:lulésetrouvedoVJsl'artd'agencerleS
idéesdansl'argumentatioo(stratégieethno-discursive)pourainsiabootirauproverbe
Leproverbeainsiénoncéjouitdeplusieursvertusdoollapolitesse,l'euphonie,l'emploi
d'image, la métaphore etc ...
Nous pouvons soutenir nosdiresparquelquesexemples

111.1 Le cas de la politesse

Dais une assemblée, les plus jeunes ne peuvent employer de proverbe sans
loutefoisrécouriràuneformulerituelledugenre:

nlnimiilnsimiinbu'amiisupidra
/sagespluriel/mesJpèfe/je/énonca-+nèg/vous/sur/proverbe/
, Lessages/mespères,jen'éfloncepasdeproverbeeflvotre
présence.,

Cettelormulesig:niliequelejeuneestpolietrecoonaitqu'il n'a pas le droit d'utiliser


les proverbes en prèsenœdes sages qui les maîtrisent mieux quelui. C'est donc une
permissionQuidooneledroitd'employerlesproverbeseflprèsenœdesplusagés.

HlrTisMEMB..fÔTE,L'- d'lnlMltliliql.e ~ Rw.Jodollwanlà<I'~ ...,...


alricaire,.ll,q a,NEA,19TIP,1l
111.2 le cas de l'euphonie

L'euphonie est définitronme une succession harrrooieuse de SOflS dans un


mot,unephrase.C'estdoncunefiguredeslylequiconsisleàfairedessonsunjeu
afind'atteindrel'agréable,l'esthétiqoo.
Onobservel'euphoniedanslesproverbesbalulé.Noosenproposonsdeux

111.2.1 l'euphonie dans le mot

gogotigo towa go
Réduplication Repriseenfind'énoncé
•Sitonépoquearrive,profitesen.•
Lasuccessionharrrooieusedesonsevérifieaveclasylabeinitialegoquise
réduphquetroisfoisdesuitedéllslemotetprendfinauboutdel'énoncé.Oupointde
vuerythrrique,œttestructurefai!appetàdeuxprocédés laréduplicaliondela
premiéresyllabeetlareproducliondeœttesyllabeenfind'énoncé.C,etteréduplication
estunelormed'insistanceetparti:::ipeainsiàl'esthétiquedel'éooncé
De même, le cas de figure supra est perçu dans le proverbe suivant où nous
avonsdesformesonomatopéîques:

stktstluka'asusrtbo(prove<ben"28)
/onomatopée-bruitdufeuillage/rester+fléghlefbelbas/
•l'animalquiremuelefeuillagefiniraàêtreaperçu.•
Lavéritétriomphetoujoursdumensooge

111.2.2 l'euphonie dans la phrase

l}gakûnjaklokojtkiinjaklaka:>(proverben"10)
/ce qui/1uer/monsieur/kwloko/qui/tuer/monsieur/kwtaka/morph. Concll
,.,
1 Ce qui tue monsieur Kloko tue aussi monsieur Klaka. •
llnefautpasserèjouirdumalheurdel'autre

l'euphooiesetrouveauniveaudurrotkii,ti.e rquiapparaîtàdeuxreprise
dans la phrase. Cela pour sigrilie< qu'il s'agira du même sort. Les deux noms ici
sembiefltseconstruireautourd'oppositions:lavoyelleo,postérieuœ,orale,ni-femiée
eta'TOlldieopposéeàlavoyellea,centrale,on~.ouverteetneutre.

111.J les images dans les proverbes baoulé

Lesproverbesbaouléseconstruisentselondessymbolesethnolinguistiques
qui ca::hent des images. Si parler est un art qui se fait autour de stratégie, l'on
remarque que, cooœmant le langage proverbial, il existe des formes, des styles qui
fonlquecetypepa1iculierdela'19ages'écarteducircuitl'l0ffl\aldecomprèhensionet
c'est cela qui découle à la polysémie puisque son cllamp séma"ltique est beaucoup
plusélargiqueceluidulangageorainaire.
l'ènonciateur provefbial Booulé, en se basait su ria violence pragmatique du
proverbefaitdes1incantations1enprononça,tœrtainsmotsquipossèdentdes
valeursdivinescarsonobjectifestd'inftuenœrparlaforcedesimagesentuiapportôfl\
uneleçondevietiréedupatrimoineculturelbaoulé.
Ces images entretiennent étroitement des rapports avec la poéticitè
puisqu'ellepa1icipeàlaconstroctiondullouproYerbial.Ellesseconslru~ lautour
demotsquicaj'Jtal~ tlesensdetoutfénoncéprovf!mal.Plusquelesdelalittèrature
orale, le proverbe ba."x lléestchargéd'uneforœ Poétique et symbolique telle qu'il
s'affiche comme un reservtir inépuisable de documents culturels, linguistique et
stylistique.Pourillustrercetteaffirmation,onpeutcilerleproverbesuivant:

bekle'aaltr)gtnzweniiali
/onlmontrer+11ég/caima,/eau/dans/chemin/
, On ne montre pas les chemins du fleuve au caïman. 1
Onnedoi1pasenseignercequiestdèjàconnu

Ce proverbe se construit en partant de ce que pense le peuple baoulé du


caïman, altl)QE. Pour qu'on apprenne les chemins du fleuve au caïman, c'est que
celui<inesatpasnageretaussiqu'ilsoitendehorsdesonmilieuambiant
On abouti\ àladèduction suiva,1e: noussorrrres dans l'eau, biolopedu
caïman et donc c'est inutile d'apprendre les chemins du fleu'le à celui qui les connait
déjà. llestinutiledemontrerles irc,cédures langagiers à celui qui lesconnaildèjà
(emploi), elle caïman, altl}gt, devient le symbole de tous ceux qui possèdent la
maîtrise de quelq1.1e chose. Le caïman est donc l'image du proverbe, c'est une
métaphore employée pour ceux qui ont la maitrise d'une octivitè.

111.3.1 Un cas de métaphore

bonflpü,adiiff
lplonger-danslincontrôlè/lu/manger/pron/sanssaoce/
« Qui mange la saoce avec le foutou sans précaution finit pëM" manger le
foutousaissaoce.1
Ouiagitsa,s rèfléchirfinitpëM"perdrelafoce.

Oupointdevueryttvrique, noosavonsunèooncèbinaire·
bonüpii Prop, - un trisyllabe.
adilff Prop2-unquadrisyl!abe

Le rythme et la rime en ront un exem~ prototyJjque: on esssie à une


relation de causiiitè car c'est bien prop1 qui entraine inéloctablement prop2. C'est
doncuneconstructionhypothétiquemêmesijlafooneoriginelleconnaitdeuxeltipses
(st a /si'ftîJ. L'absence de ces mots à l'intérieur du proverbe ne nuit aucunement à
lacompréhensionetàlasyntaxe. Lerythmeestobservédansleproverbesuivant

stjl wo'a prO, piswe bo'a :,


/éiephanl/être/!oi/devanl/roseelfrapper-t-f'léglmorph.Cond/
« Quand l'éléphant se met devant toi, la rosée ne peut te mouiller. ,
Ones\àl'abridudangerquandunplL1Sfortnousprotége.

Ce proverbe a un rythme en deux temps dans une sorte de symétrie ou le


~..-.cernent entre pôles lexi:aux. L'idée ici est qu'~ y a une implication (conséquence
logique)entreleprernefpôlellOrTlinalslli(qui,pa-sonénormiléréussitàenlever
toutelarosée)etjlâswequidevientdefactoneutratisée.

/me/be wun 11'.!9'1!


{1)

PROP1
{2)
/
Ceritrede
Symétrie -
{1)
kl'I

PROP2
mg9!I
{2)
"'
l!s'agitd'unesyrnétrielexicale[me •.• mgba]
l!s'agitd'unesyrnétrielexicale[me •.• mgba]
On cooœe corrvnunément deux inflexions mélooiques dans l'énoncé : une
partie a;œodante (ts protase), prop1 e! une pa-1ie descendante Q'apx!ose), pr0p2. Le
pointleplusélevédelamélooieestappelétocmé(ITT:1ba)
lci,l'énonciateurpuisedanssonexpérieoce,danssonvécuquotidien,eten
même temps,~ tire une conclusion: c On ne doit pas tout dire• cailexistedes dires
quisontarnoraux.lts'agitdoncdem:xlalitèconclusive.
Dans ce sdlèma, les prédicats des dtfférentes propœilions sont opposés
sémootiquemen!:
/wQ/(+)aunevaleurpositivetandisqueka(-)adrnetunevaleurnégative
Lesujeténonciateur/me/nefaitquesesituerparrapportàl'orientation
sémantique du prédicat. /me/est la forme qui entre en r translation
invariabte1coovnel'attestelareprèsentationci-dessous:

/me wu mgba Centre de k.l'I mgbal


(1) (2) 1 Symème (11
Ji')

Ep L_J L__J
PROP,

Il s'agitd'unseulelmêmesujetquipassedelaproposition1àlaproposilion2.

/me wu mgba Centre de kl'I mgba/


(1) (2) Symétrie (1') (2)'
Ep
PROF':2

Il s'agitd'unseule1mémesujetquipassedelaproposition,àlapropositioni
Cependait, mgba suit c une translation variable I CiY il varie selon qu'il soit dais telle
ou telle proposition. tlesttantôtpositifen Prop,, tantôt négatif en Propi,.Alavérité,
noosconvenoosq1.1elerythmedesproverbesbaouléestlonc!ioodeleursstructures
etsefonde!aplupa1dutempssurlebinarismedes proverbes. C'est ainsi que le
discoursprovefbialviseàprt'd ultchezsonrécepteurl'adèqualiondescanoosdes
valeurs esthétiques.
1 Les proverbes baoulé : essai d'analyse ethno-énonciative »
estunsujetquinousaamenèàréflèchirsurcet.vtverbalprop<eaupeuplebaoulè
Leproverbebaoulèdispose,ànotresensd'unevôeoœpragmatiquequ'aucuntype
ouformedediscoursnepeutégaler,tantsurleplanculturel,IOOfal,religieux,juridique,
etc. C'est pourquoi on a souvent recours au proverbe pour soutenir une
argumentation.
Leproverbebaouléestunmooèledediscourspréetoo!ietsuiviparl'individu
qui côtoie les sages, dépositéires de la tradition, dépositaire de l'art oratoire. C'est
donc un phéoomène groupolectal. C'est pourquoi nous avons trouvé que la stratégie
ethnodicursiveincaméeparlesproverbesestquelquechosederéificative,quelque
chose qui s'apprend
L'intérêtqueprésenteœtteanalysepourlesBooulèetau-delà,lesafiicains
montrentlebienfoodèd'unelellepréoc:cupation.
Il va falloir qu'on comprenne en effet que si la parole demeure un instrument
privilégiédel'exercedupouvoirenpaysbaoulé,lei:roverberestepourelleunsocle
inèbrarllab!e. La stabilité d'une telle relation qui résiste au temps nous anéne à parler
de complémentarité.
Le but que nous nous sommes proposés d'atte1ndre tout au long de ce
travailaètèOOuble:deprimeabord,lecheminnotreétaitdedévelopperdespreuves
queleproverbebaouléengendredanssonemploiungenrediscursifetqu'ilnous
raut, une lois cette hypothèse confirmée, entreprendre une analyse ethno-
énonciative de cette catégorie de discours. Pour ce faire, nous nous sommes
appuyés sur trois principes fondamentaux capables de nous mener à un résultat
probant,enl'occurrence·
• Premièrement, la tâche que nous nous sommes assignés était de
trouverlabasethéoriquesurlaquellecetteétudequiseveutethn0-
èoonciativedevràtsefonder;
• Deuxièmement en tao\ que raisoonement lié à la culture, à la
tradibon,leproverbeestaussil'armedesrhèteursquierifontbon
usage. Danscecadre-là,ilfallaitvoirs'iln'existaitpasundiscoors
propreauxpraticiensduproverbe;c'estd'ailleurspourquoinoos
avons parlé de stratégie elhno-énonciative. Par stratégie, il fallai1
entendre comment le Baoolé mobWse et sa langue, et soo
environnement(spatial,sociocultuel)pouratteindrecequelegroupe
qualifiedevéfité;
• Troisièmement, le proverbe se résumant essentiellemen\ à l'aptitllôe
àdiscerneretàadmettrelepoinldevued'autrui,ilseJX)Seune
question en effet, du point de vue sémantique, il y a des
interprètationsquel'onsefaitcarleprovefbeenréalitéparaitambigu
quand il est hors emploi. L'ambiguï1é se situe non du côté de
!'Émetteur (celui qui énonce le proverbe est sur ses gardes) mais
plutôt du côté du Récepteur(qui ne connait pas les intentions de
!'Émetteur)
En ce qui concerne la base théorique, nous nous sommes, (tout en essayant
d'êtrelibra),appuyèssurunelinguistiqueénonciativequi,bienqu'ayantune
clémarche naturellement linguistique avait des ramifications extra-linguistiques
(pragmatiques)quitientcomptedesaspectssocioculture!sdupeuplebaoulé.
Concernantladeuxièmeconliguration,elles'appuie nécessairement mais
pas exdusivement sur une vision sé<Notique du pro'o'efbe par rsppœt à la fois à ce
que1'onpenseetaussiàcequiest(tradilion,société,culture)prop<eaubaoulé,
!anguecible
Cettecooskléfalion aexigédenousdevoirquelanotiondeprovefben'est
pas liclé!e trait par trait à celle de /pidra/ ca nous ne sommes pas S1Jr le même
te«ainsocioculturel.Eneffet,leterme/pidra/quirenvoieà1'expressionvieille,nj1i
ndrl /Je/avoir/racine/, elle-Olême de/ml jl jriwltl /Jelavoir/siêgel ; signifierait
avoir des arguments solides pour soutenir ses dires, prend en compte les autres
genresdelalittéfatureoraleàsavoirlaloculionproverbiale,lasentence,ledicton,
l'adage, la maxime, !'aphorisme, l'apophtegme, la devinette. En effet, tenter chez le
Baouléd'enfaireuneanalyseséparatisteseraitbienentenduenlaireunevision
occioentaliste
L'existenced'unediversitédubaouléayantéléprouvé(clcarten•2-1es
groupes Baoulé), noos nous sommes imposés d'en faire un bref apel'ÇtJ
sociolinguistique.

Lasingularitédecetravailquenouséll/onsappelé«Lnproverbes
baoulê-nsaianalyseethno-ênonciative•nes'aperçoitpasdans«lafouille
méthodique• de son aspect sémantique dans la mesure où cet a ne peut se réaliser
en dehors des considérations ethnolinguistiques. Pour nous,cettesingu!aritése
conçoit fort évidemment dans bien des cas, dans la mesure où, le proverbe est un
aspectparticulierdu!angageauxmainsdesdépositairesde!alanguequil'usiteau
moment opportun.
Contrairement à ce que pensent certans linguistes qui soutiennent que
toute langue se construit autour d'universaux, l'on doit admettre qu'il existe
beaucoupdeparticulclitèsquifontquel'analyseethnolinguistiquedemeureencore
un terrain fort propice dans le domaine des proverbes. Ce n'est que dans une
situation discursive qu'ils surviennent: tous les peuples n'ont pas la même manière
de recourir aux proverbes
Langue et culture, nous semble-t-il sont inlimernent!iées. Les schèmes qui
soutendentles crceertes , sentent le terroir, la localité, l'environnement baoulé
toutcourt.
Danscelangageen.cte,pouratteindrelesobjeclifsqu'ons'estassigné,
lesstratégiesmisesenjeuincarnentleschoixlexicaux
Au niveau sémio.-pragmatique, ces expressions dites proverb4ales
combinent aussi bien la sémantisation (aspect du sens), la rtiétorique (l'art de
mieuxs'exprimer,deprendrelaparo!eenpublicetconvaincresooal.lditoire)etle
discursil(lesproverbesensitualion).
Certainsproverbesintervenantsouslormedeloisontintroduitsparbe,
on. Ce choix qui incarne la neutralité s'explique comme suit : dans ce pronom
neutre (pronom personnel indéfini), on distingue la présence d'un• je I effacé
s'adressantàun«tu,effacéquiestlesignedugénéfique,c'es1-à-direle«tu,
universel. Le prédicat de ce type de proverbe porte toujours la marque de la
négation,signedelaprohibition-{ilestinterditde

bekwibab:inikwlû
/on/tuer+suffnég/enfanVmauvêlsisa/rnèrefventre/
Littér ......• On ne tue pas un mauvais enfant dans le ventre de sa mère.
(Peut-êtreva-t-ilchangerunjour?)
Lanégationquiestunefoonediscursivedonnelapossibilitéderendreau
mieux l'interdit
Lalittèraritèdesproverbesrattachèeàlavisionstylistiqueserarnèneou
dumoinstouchel'unicitédesmessagesqu'unbkx:socialpenseavoirhéritèdeses
aocêtresetqu'i1estendroitdetransmettreoralementd'unegènèrationàuneautre.
Lalittèraitédes proverbesestsimilêlreàcettepartiedelatraditionorae
dans laquelle se résume la, fonction poétique du langage 1, seton le mot de Roman
Jakobson comme celle dans laquelle : c l'accent est mis sur le message ~r son
compte,. (1963, 218). En termes plus explicites, 1e proverbe nous est présenté
comme une mise en forme apte à être réglée, un système de codage culturel propœ
àchaquelangue,àchaquecoutume,àchaquemilieuambiant.d'unfondpuisèdans
la tradition.
Le message proverbial, transmis par la tradiliôn peut être dans ce cas
d'espèced'ordreéllthropologique(ilvafatloirréfléchiràl'entitèhumaine),sociat(la
sociètéco-dirigeleproverbe),historique(transmissiondesvestigesdispérUspropres
àunpeupledonrléauxgènèrationsfutures),ouèlhiqueéducationnelle)(leproverte
renfennepleind'enseignements,surtoutlièsàlamorale).
Aussi, nous nous sommes ~puyès sur une approche énonciative
notamment guidée par la théorie de la polyphonie. Cette théorie nous a permis de
comprendre que ceœ ce type pa1iculier de discours qu'est le prove!'b e, il faut
prendreencomçte•deuxvoixquisefeuilletteflténonciaUvemeot. ,143 D.x:rot(1989
14)
Enfin,Certainsproverbessemblentseretrouverdanstou1eslescultures.
C'est pourquoi ils ont uncara::tére d'universel. C'est pourquoi nous croyons è la
~esseenseignéeè\raversleproverbebaoulésuivant:

waka m:> su mma e osu vjemi proverbe 49


/art>re/qui/pousser/fruits/sallra::ellinir+suffnègl
L'arbrefruitierauncara::téreétemel
Toutechoseutileèl'humaniténepeutdisparaitre.
Poursignifiefque toute œosre de l'esprit ne peut disparaître. Il faudrait, bien
eotendu, pour corroborer cette hypothèse, tare une étude ethnolinguistique
pousséequi,d'avance, nous semble passionnante
BIBLIOGRAPHIE
LES INFORMATEURS PRINCIPAUX

Desinformateursetdessagesnousontpermisdecollecterootrecorpus.
Nous citons:

M.AKIRl(N'guessan), Originaire de sercno. Sous-Préfecture de


Bodolcroilest névers1945.Nousl'avons
rencontréàSamoikro,pendantlescongèsde
Pà!ues2002.

M. BEUSEIZE (N'guesun Hubert), Né en 1960, nous avons eu plusieurs


efltretiensavecœtinfonnateur.D'abord,en
ma-s2004,avrii2005etdepuisœttedate
nous nous sommes revus le 10 septembre
2012. lln'acessèdenousdonnerdes
inlormationsuti~surlesProverbesbaoulè

Nanan N'GUESSAN (Kouadio Jean), il est né en 1945 à Bodokro, il est l'cr::1uel


Chef-Canton de cette tribu. li nous a reçu la
première fois en pleine crise, en Octobre
2002,âSamoîkrooùilestailèserefuger.

N'GORAN (Yao Alla), La cinquantaine environ, cet informateur


n'Mlé nageai\ aucun effort pour nous
reœvoir.llnousareçule20Décembre2012
pour la dernière fois, ca- il rendra l'ême un
rooisplustard,le17Janvier2012.
N'GUESSAN (Koffi dit Nanan), originaire de Bouaké et prècisementdu village
deKpotchi-Takikro,delatriOOFaafwt,ilest
un érudit de la tradition orale baoulé. A
Abidjan,nousavoos~usieursséancesde
travail avec lui

BOOOUA (Kouakou Aya), originairedeTiébissoudelatribuAi1ou,nous


la rencontrons reguliéremenl dès que nous
avonsdesdifficultés.E!leestdécédèeen
février2011.

SIAGBÉ (GbayoroJustin), originairedeKounahiri,cejeuneétudianten


a,glaisapunousaiderdefaçonvaillanteen
nousguidantsurJesthémesscientifiquesque
portait notre résumé.

Il. TRAVAUX RELATIFS AUX AKANS ET AUX


BAOULÉ

ADIKO (Assai Céles~n Virgile), L'tpopoo de la Reine Pokou, Abidjan,


Imprimerie, 1971

AMON (D'Aby François.Joseph), Croyances religieuses et coutumes jl.Xidiques


des Agni de la Côte d'Ivoire, Paris, Editions
GP,Maisonneuveetlarose, 1960, 184P.

ARBELBIDE(Cyprien), Les Baoulé, le11résistanceâlacolonisation,


64220,Uha-te,s.d.(sa,sdate).
ASSOl(A.V),