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Sexisme

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Le sexisme désigne l'ensemble des préjugés ou des discriminations basés sur le sexe ou par extension, sur le genre d'une personne. Le terme peut-être utilisé soit pour les
deux sexes soit pour les deux genres. Il s'étend au concept de stéréotype et de rôle de genre, pouvant inclure la croyance qu'un sexe ou qu'un genre serait intrinsèquement
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supérieur à l'autre . Dans sa forme extrême, il peut encourager le harcèlement sexuel, le viol ou toute autre forme de violence sexuelle . Le sexisme évoque également la
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discrimination de genre sous la forme des inégalités homme-femme .

La thématique du sexisme est abordée par différentes disciplines comme l'analyse des médias, la sociologie, les sciences politiques, la psychologie, ou encore, la
philosophie.
Sommaire
Définitions et étymologie
Étymologie
Définition
Acception au féminin

Origines du sexisme
Rôle de genre[pas clair]
Approche de la psychologie évolutionniste
Approche essentialiste
Approche de la sociologie constructiviste
Stéréotypes de sexe et de genre
Définition
Contenu
Origine
Maintien
Conséquences
Menace du stéréotype
Effet de contrecoup

Formes de sexismes
Théorie du sexisme ambivalent
Sexisme hostile à l'égard des femmes
Illustration d'humour sexiste
Sexisme hostile à l'égard des hommes
De la part des femmes
De la part des institutions
Sexisme bienveillant
Illustration du sexisme bienveillant à l'égard des femmes
Illustration du sexisme bienveillant à l'égard des femmes enceintes
Illustration du sexisme bienveillant à l'égard des hommes
Complémentarité entre le sexisme bienveillant et le sexisme hostile
Conséquences du sexisme ambivalent
Conséquences au niveau des performances
Conséquences sur l'estime de soi
Mesure du Sexisme Ambivalent : L’Ambivalent Sexism Inventory (ASI)
Les sous-échelles du sexisme hostile
La sous-échelle du sexisme bienveillant à l'égard des femmes
La sous-échelle du sexisme bienveillant à l'égard des hommes
Sexisme moderne et néo-sexisme
Sexisme moderne
Néo-sexisme
Liens entre les différentes formes de sexisme
Sexisme et système patriarcal
Réification et hyper-sexualisation des femmes
Réification sexuelle à l'égard des femmes
Réification d'autrui
Le face-isme
L'effet d'inversion
Auto-réification et auto-sexualisation
L'auto-réification
L'Auto-sexualisation
Conséquences de l'auto-réification et de l'auto-sexualisation
Conséquences de l'auto-réification
Conséquences de l'auto-sexualisation
Médias et Hypersexualisation
Développement de l'hypersexualisation
Influence médiatique
Pornographisation
Porno chic
Conséquences de l'hypersexualisation
Difficultés psychologiques et physiques
Transformation en objet de fantasme
Violences et agressions sexuelles
Prévention et lutte contre le sexisme
Sanctions pénales des actes sexistes
Sensibiliser la société aux manifestations de l'hypersexualisation

Développement du sexisme chez les enfants


Rôle des jouets
La littérature jeunesse
Mouvements sociaux en lien avec le sexisme
Le mouvement féministe
Le mouvement masculiniste
Le mouvement queer
Domaines de manifestation du sexisme
Économie et différences salariales
En France
Langage
Droit et politique
Justice
Conditions de travail
Précarité de logement
Mesures conférant une prérogative ou un devoir à un genre
Critiques
Non-mixité
Sexualité et mariage
Polygamie
Religion
Évolution de la représentation de la femme dans l'histoire des religions

Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Lien externe

Définitions et étymologie

Étymologie
Selon le bibliothécaire Fred R. Shapiro (en), le terme « sexisme » a très probablement été inventé le 18 novembre 1965 par Pauline M. Leet durant un « Student-Faculty
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Forum » au Franklin and Marshall College (en) . De manière plus spécifique, le terme sexisme apparaît durant la contribution de Pauline Leet nommée « Women and the
Undergraduate ». Elle définit celui-ci par comparaison au racisme, établissant que : « When you argue ... that since fewer women write good poetry this justifies their total
exclusion, you are taking a position analogous to that of the racist—I might call you in this case a 'sexist' ... Both the racist and the sexist are acting as if all that has
happened had never happened, and both of them are making decisions and coming to conclusions about someone's value by referring to factors which are in both cases
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irrelevant . » Ce discours a été traduit en français sous le titre Sexisme, le mot pour le dire ! .

Selon la même source, la première fois que le terme « sexisme » apparait à l'écrit se situe au sein du discours de Caroline Bird « On Being Born Female », qui a été publié le
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15 novembre 1968 dans Vital Speeches of the Day . Dans ce discours, elle dit : « There is recognition abroad that we are in many ways a sexist country. Sexism is judging
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people by their sex when sex doesn't matter. Sexism is intended to rhyme with racism . »
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Le mot apparaît ensuite pour la première fois dans un dictionnaire américain en 1972 (American Heritage School Dictionary) .

Définition
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Le sexisme peut être défini comme l’adhésion à des croyances discriminatoires ou préjudiciables basées sur le sexe . Il peut également être considéré comme recouvrant des
attitudes, des croyances et des comportements qui soutiennent l’inégalité entre le statut des femmes et celui des hommes. Ces croyances peuvent être structurées sous la
9, 10
forme d'une idéologie légitimant les rôles traditionnellement assignés en fonction du genre .

Dans le cas où cette croyance concerne la haine des femmes on parle de misogynie,
Dans le cas où cette croyance concerne la haine des hommes on parle de misandrie.
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Le terme machisme quant à lui réfère à l’idéologie justifiant la domination des hommes sur les femmes et leur attribuant un rôle de maitre . Bien qu'il n'ait pas de nom
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spécifique, le pendant féminin du machisme consacre la suprématie des femmes sur les hommes et vise à créer une société qui reflète cette supériorité .
13
La sociologie a examiné le sexisme comme une manifestation à la fois au niveau individuel et institutionnel . Des comparaisons ont été établies avec d'autres systèmes
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idéologiques de discriminations agissant aux mêmes niveaux, telle que le racisme . Selon Schaefer, le sexisme est perpétué par l'entièreté des organisations sociales les plus
13
fréquentes . Les sociologues Charlotte Perkins Gilman, Ida B. Wells, et Harriet Martineau ont décrit les systèmes aboutissant à une inégalité de genres, mais sans utiliser le
terme 'sexism' encore inexistant. Des sociologues, ayant adopté le paradigme fonctionnaliste telle que Talcott Parsons, expliquent les inégalités de genre comme la
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conséquence naturelle des modèles dimorphiques de genres .

Acception au féminin
Le mot sexisme est parfois utilisé pour définir uniquement son acception au féminin. Ainsi,

Les Psychologues Mary Crawford et Rhoda Unger définissent le sexisme comme un ensemble de préjugés tenus par des individus et englobant les
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attitudes et jugements négatifs à propos des femmes comme groupe . Peter Glick et Susan Fiske ont inventé le terme de sexisme ambivalent pour
décrire comment les stéréotypes concernant les femmes peuvent être à la fois positifs et négatifs et comme ces stéréotypes orientent les
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comportements individuels .
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L'autrice féministe Bell Hooks définit le sexisme comme un système discriminatoire ayant pour résultat de désavantager les femmes . La philosophe
et féministe radicale Marilyn Frye définit le sexisme comme « a attitudinal-conceptual-cognitive-orientational complex » de suprématie masculine, de
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chauvinisme masculin et de misogynie .
On peut trouver l'explication de ce particularisme auprès du sociologue australien Michael Flood (en) qui affirme que la misandrie ne pourrait pas être équivalente à la
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misogynie, selon lui, en raison de l'absence notamment du cadre historique, législatif ou institutionnel de ce dernier . C'est également ce que souligne David Gilmore :
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l'absence de réification justifierait l'absence de terme unique définissant le concept de sexisme misandre. Selon lui le terme de « misandrie » serait un équivalent de
« misogynie » pour définir la haine des hommes, mais il serait utilisé trop peu couramment pour en être le parfait lemme.

On peut enfin noter un consensus universitaire qui définirait le sexisme misogyne comme prédominant sur le sexisme misandre en termes de conséquences sociales. [réf. à
confirmer] 22.

Les arguments en faveur de cette acception sont toutefois remis en cause, entre autres par Anthony Synnott, professeur de sociologie qui se consacre à l'étude de la
masculinité au XXIe siècle. Effectivement il définit le terme de misandrie en fonction de plusieurs notions, notamment l'histoire et la loi. Pointant la trop grande invisibilité de
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cette notion, alors que les comportements associés sont culturellement acceptés, voire normalisés, il estime que la misogynie engendre la misandrie . Il qualifie d'ailleurs
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les travaux de Nathanson et Young sur ce sujet de « majeurs » . Leurs écrits (une trilogie sur le thème de la misandrie écrite par deux professeurs de sciences des
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religions de l'université McGill ) expriment effectivement l'idée que la misandrie serait le produit direct de la volonté de privilégier le point de vue féminin . Cela
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engendrerait une baisse des interactions entre hommes et femmes dans le domaine social, ce qui deviendrait la norme . Certains s'appuient sur ces écrits pour affirmer qu'à
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la fin du XXe siècle, la société s'est transformée, et est devenue misandre , notamment dans le domaine de la publicité et du cinéma/télévision . En conséquence, la vision
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des femmes en tant que victimes de violences sexuelles (notamment au cinéma) serait plus misandre que misogyne . Ces écrits ont également influencé une relecture du
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rôle joué par les hommes dans la fiction .

Origines du sexisme
Le concept de sexisme a été élaboré à la fin des années 1960 par la deuxième vague féministe. Il s'agissait de rendre compte de la spécificité du rapport de domination exercé
sur les femmes. C'est à cette période qu'est reformulé le concept de patriarcat, élaboré celui de sexisme et que l'accent est mis sur la sphère privée comme lieu privilégié de la
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domination masculine : le « privé et politique » .

Rôle de genre [pas clair]

Approche de la psychologie évolutionniste

Selon l'Encyclopédia Universalis, la psychologie évolutionniste est une orientation et un courant de pensée mettant l’accent, dans l’explication de l’esprit et du
comportement de l’Homme, sur les adaptations mises en place à l’époque préhistorique par la sélection naturelle, et qui constitueraient aujourd’hui le socle génétiquement
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inscrit de la nature humaine .

Il est a noter que cette approche est, contrairement à l'approche essentialiste, non-globalisante. Elle ne prétend pas expliquer "la nature" de l'homme en fonction de son genre.
Elle cherche plutôt à fournir une explication évolutionniste à la sur-présence genrée de certaines caractéristiques. En ceci, elle s'oppose à l'idée de tabula rasa souvent
défendue au sein de la sociologie constructiviste.
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L'origine biologique du lien social/femme et mécanique/homme est, par exemple, défendue au sein de la psychologie évolutionniste .

Approche essentialiste

« L’essentialisme est la tendance à voir les membres d’une même catégorie (par exemple, tous les hommes et toutes les femmes) comme partageant des caractéristiques
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profondes et immuables qui déterminent qui ils sont. » .

Pour les partisans de l’essentialisme, les différences entre hommes et femmes (que ce soit sur leur manière de penser, de ressentir ou encore d’agir) seraient donc
biologiquement fixées et immuables. Ce sont leurs différences biologiques qui détermineraient leurs différences psychologiques. La domination masculine s'expliquerait par
une supériorité par essentielle (ou naturelle) des hommes sur le « beau sexe », admiré mais relégué aux tâches subalternes et sans grand intérêt (bavardages et commérages).

Deux raisons permettent d'expliquer la popularité de l'approche essentialiste. Tout d'abord, le sexe est sous-tendu par une dichotomie explicite (généralement visible) : on est
soit une femme, soit un homme, ce qui n’est pas le cas pour d'autres catégories sociales. Du point de vue de l'approche essentialiste, les femmes et les hommes sont donc
biologiquement divisés. Il existe une opposition claire entre les deux sexes, que l'on distingue très facilement, contrairement à d'autres catégories pour lesquelles les
frontières sont plus floues. Par exemple, la religion n'est pas une catégorie bien distincte, on peut changer de religion au cours du temps. Ensuite, des caractéristiques
physiques évidentes (y compris les organes génitaux) différencient les hommes et les femmes. Par exemple, les hommes sont plus grands et pèsent plus lourd que les
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femmes .

L’essentialisme divise les hommes et les femmes en catégories mutuellement exclusives, et de ce fait renforce la perception des deux sexes comme biologiquement opposés.
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Dans l'approche essentialiste, c'est la nature qui l’emporte sur la culture .
Approche de la sociologie constructiviste
35
Pour les défenseurs du constructivisme, ce sont principalement les croyances culturelles qui seraient à l’origine des différences comportementales entre les deux sexes .

Ainsi, les constructivistes mettent en avant diverses théories. On peut par exemple citer la théorie de l'apprentissage social, selon laquelle les nouveaux comportements sont
acquis via un processus d’observation : en observant la manière dont se comportent les autres personnes (et dans ce cas précis, les autres personnes du même sexe), on
acquiert de nouveaux comportements similaires. Cette théorie explique que les enfants découvrent et apprennent ce que c’est qu’être un homme / une femme via
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l’observation des personnes du même sexe qu’eux .

Une autre théorie est celle de la « socialisation du genre ». Il s’agit d’un processus dans lequel les enfants découvrent les identités féminines et masculines. Cela s’explique
principalement par le fait que dès leur venue au monde, les enfants sont traités différemment selon qu’ils soient de sexe masculin ou féminin. Les enfants jouent un rôle actif
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dans ce processus .

Les constructivistes mettent également l’accent sur la manière dont la société communique les croyances culturelles, partagées par tous, sur la manière dont les hommes et
les femmes devraient se comporter. Ces croyances culturelles touchent des domaines multiples tels que les couleurs (ex : rose pour les filles, bleu pour les garçons) ou
encore les métiers (ex : docteur pour les garçons, infirmière pour les filles). Ces croyances culturelles sont à l’origine de ce que l’on appelle des « schémas de genre » : ces
schémas guident les perceptions que les gens ont d’eux-mêmes et des autres (leur comportement, leurs préférences, etc.) et forment leur vision du monde social, ils
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apparaissent dès l’enfance et persistent à l’âge adulte .

Par ailleurs, on peut relever trois catégories d'acteurs qui joueraient un rôle capital dans la transmission des croyances culturelles qui influencent les enfants, à savoir : les
médias (ex : la télévision, Internet, etc.), les figures d’autorité (ex : les parents, les professeurs, etc.) et les pairs. Étant donné que ces acteurs renvoient à des croyances
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culturelles, ils joueraient indirectement un rôle dans l’apparition des stéréotypes de genre .

Le constructivisme, via un mécanisme d'apprentissage des rôles sociaux, des valeurs, des normes et des attentes culturelles d'une société, peut expliquer l'apparition de
certaines formes de sexisme.

Stéréotypes de sexe et de genre

Définition
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On peut définir le stéréotype en général comme « une croyance concernant les traits caractérisant les membres d’un groupe social » . En particulier, les stéréotypes de sexe
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(tout comme les stéréotypes de genre) aboutissent à attribuer des qualités ou des fonctions distinctes aux femmes et aux hommes , niant ainsi la possibilité pour les uns ou
pour les autres de posséder des attributs étendus et communs aux deux sexes.

Les stéréotypes de sexe sont à la fois descriptifs et prescriptifs. D’une part, la composante descriptive des stéréotypes de genre concerne les attributs constitués à partir des
croyances que les gens ont de ce à quoi [pas clair] devraient ressembler [pas clair] les membres d’un groupe (exemple pour les femmes : émotives, dépendantes, passives,
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faibles, non compétitives, non confiantes) . Autrement dit, ils suscitent des attentes relatives aux comportements que les hommes et les femmes sont susceptibles de
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présenter (exemple : les femmes aiment acheter des chaussures) . D’autre part, la composante prescriptive est composée des comportements qui sont appropriés pour le
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groupe cible (exemple : les femmes doivent avoir de bonne compétences relationnelles, elles doivent être passives et dociles et doivent coopérer avec les autres) . Cette
dimension des stéréotypes de genre impose aux hommes et aux femmes de correspondre strictement et uniquement à des rôles et attributs stéréotypés, sous peine d’être
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perçus comme étant déviant par rapport à leur genre (exemple : les hommes doivent avoir un travail, ils ne peuvent pas être des hommes au foyer) .

Pour un groupe qui souscrit à cette vision stéréotypée des genres, il est plus grave de violer un stéréotype prescriptif plutôt que descriptif (exemple : un homme au foyer est
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plus sévèrement jugé par le groupe qu'une femme qui n'aime pas acheter des chaussures) . Tous les stéréotypes incluent des composantes descriptives et prescriptives mais
les stéréotypes de genre sont plus prescriptifs que les autres. Cela est dû au fait que les individus côtoient de plus en plus les deux genres. En effet, en observant et en
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interagissant avec les autres, ils développent une multitude d’idées complexes à propos de comment les membres de chaque genre doivent se comporter .

Contenu
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Les stéréotypes de genre peuvent être associés à des attributs incluant :

Les caractéristiques physiques : par exemple, les hommes sont forts et les femmes sont délicates ;
Les rôles sociaux : par exemple, les femmes s'occupent des enfants pendant que les hommes gagnent un salaire ;
Les centres d’intérêt : par exemple, les femmes aiment faire les magasins et les hommes aiment regarder des émissions de sport ;
Les métiers/occupations : par exemple, les hommes sont des ingénieurs, des agents de change ou des mineurs alors que les femmes sont
institutrices, infirmières ou femmes au foyer.
Par ailleurs, les stéréotypes portant sur des groupes sociaux peuvent être abordés selon deux grandes dimensions : la « chaleur » (le groupe est-il chaleureux, sociable, ouvert
et sympathique ?) et la compétence (le groupe est-il intelligent, travailleur, efficace et autonome ?). Ces deux dimensions peuvent être croisées avec le statut social relatif
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entre deux groupes et la compétition entre ceux-ci, ce qui aboutit à la matrice suivante :

Modèle de Fiske
Statut faible Statut élevé
Compétition faible Émotion : Pitié/Compassion (Préjugé paternaliste) ; Stéréotype : Émotion : Fierté, admiration ; Stéréotype : Compétent et
= amitié Incompétent mais chaleureux chaleureux
Compétition forte = Émotion : Haine/Dégoût (Préjugé méprisant) ; Stéréotype : Émotion : Jalousie, envie (Préjugé envieux) ; Stéréotype :
inimitié Incompétent et froid Compétent mais froid

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Le modèle de Fiske porte sur les stéréotypes en général mais peut également s'appliquer aux stéréotypes de genre. Selon ce modèle, par exemple, les femmes au foyer sont
considérées (sous un angle stéréotypé) comme très chaleureuses mais peu compétentes. Ceux qui adhèrent à une vision stéréotypée les prendront donc en « pitié » ou
éprouveront de la compassion pour elles. A contrario, toujours selon le modèle de Fiske, le groupe « féministe » sera perçu comme plus compétent mais plus froid, pouvant
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susciter des réactions de jalousie chez les individus adhérant aux stéréotypes de genre .

D'autre part, la théorie des rôles sociaux d'Eagly offre une autre typologie du contenu des stéréotypes de genre. En effet,
Eagly considère que les stéréotypes portant sur le sexe féminin concernent des traits dits « communaux » (centrés sur le
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relationnel et l'affectif) tandis que ceux sur les hommes sont « agentiques » (relatifs à l'indépendance et à l'autonomie) .
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On peut dès lors constater que les stéréotypes de genre sont complémentaires . En effet, les femmes sont essentiellement
stéréotypées comme étant sociables, chaleureuses et axées sur les relations humaines (plus que les hommes) alors que les
stéréotypes concernant les hommes les définissent comme étant compétents, indépendants et axés sur la réussite (plus que
les femmes). En d’autres termes, les stéréotypes de genre attribuent à chaque groupe un ensemble de qualités que l’autre
groupe ne possède pas. En outre, ces qualités propres à chaque groupe contrebalancent les faiblesses attribuées par les
stéréotypes de genre (exemple de stéréotype complémentaire : les femmes sont chaleureuses mais peu compétentes alors
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que les hommes sont indépendants mais peu sociables) .

Une étude menée en 1974 et reconduite en 2000 aux États-Unis a déterminé les adjectifs stéréotypés les plus souvent
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attribués :

Au sexe masculin : dominant, indépendant, ambitieux, agit comme un leader, prêt à prendre des risques,
agressif, compétitif et athlétique ;

Au sexe féminin : affectueuse, enjouée, compatissante, sensible aux besoins des autres, douce,
sympathique et aimant les enfants.
Exemple d'affiche de propagande
Cette étude met en évidence le clivage entre les traits communaux (ou de « chaleur ») chez les femmes et les traits représentant un stéréotype de genre
agentiques (ou de « compétence ») chez les hommes. concernant les femmes.

Origine

Le processus de naissance des stéréotypes de genre peut être expliqué par la théorie du rôle de genre d’Alice Eagly. Cette théorie repose sur deux aspects structurels : la
division du travail et la hiérarchie sociale basées sur le genre. Selon Eagly, ces facteurs structurels fondés sur le genre génèrent des représentations partagées socialement sur
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les hommes et les femmes . Par exemple, l’éducation des enfants réclame des qualités de pourvoyeur de soin et de tendresse, entre autres. Or, comme ce sont les femmes
qui ont longtemps hérité de cette tâche de par leur grossesse, il est socialement attendu d’elles qu’elles soient douces et qu’elles prennent soin de leur entourage pour remplir
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leur rôle . Cette répartition genrée des rôles sociaux expliquerait l’émergence des stéréotypes de genre mais également les différences de comportements entre les genres en
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créant une réalité correspondante . En effet, les individus sont élevés dans l'idée d'endosser les traits dictés par ces rôles de genre (exemple : on apprend aux filles à être
chaleureuses et sont récompensées lorsqu'elles agissent de la sorte). Par la suite, ces mêmes individus adoptent les traits qui leur ont été appris sur base de leur genre, ce qui
augmente l'intensité avec laquelle ils démontrent des comportements correspondant à ces rôles (exemple : lorsque les femmes deviennent mères, leur rôle social les incite à
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adopter des comportements de pourvoyeur de soin) .

La théorie des rôles sociaux d’Alice Eagly présuppose que les stéréotypes de genre proviendraient de différences réelles entre les hommes et les femmes. Ce « noyau de
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vérité » des stéréotypes de genre a été remis en cause par Hoffman et Hurst . Pour les besoins de leur expérience, ils ont imaginé une planète fictive composée de deux
groupes : les Orinthiens et les Ackmiens. Pour une moitié des sujets de l'expérience, les Orinthiens travaillent en ville tandis que les Ackmiens s'occupent des enfants. Pour
l'autre moitié des sujets, les proportions sont inversées : les Ackmiens sont travailleurs et les Orinthiens s'occupent des enfants. Chaque individu de chaque groupe
imaginaire présentait des traits de personnalité concernant soit la chaleur, soit la compétence, de sorte que chaque groupe obtienne globalement le même ratio
chaleur/compétence. Les traits de personnalité étaient donc équivalents entre les deux groupes, seuls les rôles sociaux différaient. Il n'y avait pas de différence réelle entre les
Orinthiens et les Ackmiens, le « noyau de vérité » n'était alors pas présent. Pourtant, les sujets de l'expérience attribuaient plus de chaleur au groupe s'occupant des enfants et
plus de compétence aux travailleurs alors que les groupes avaient été construits pour être équivalents sur ces deux dimensions. Autrement dit, les participants stéréotypaient
les groupes alors qu'ils n'y avaient pas de différence de personnalité entre les Orinthiens et les Ackmiens. Hoffman et Hurst ont tiré la conclusion que les stéréotypes de
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genre seraient le résultat d'une inférence effectuée par les individus : ils permettent d'expliquer, voire de justifier, la manière dont l'environnement social est structuré .

Maintien

Le processus de maintien des stéréotypes de genre s’opère notamment via un mécanisme de prophétie autoréalisatrice. Cette « prophétie » consiste en un cercle vicieux
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composé de quatre éléments :

L’auto-stéréotype : les individus se conforment volontairement aux stéréotypes d'un groupe déterminé. Les hommes et les femmes intègrent les
stéréotypes dès l'enfance et adaptent leur comportement en fonction ;

La confirmation : les individus constatent que les autres membres du groupe se conforment également aux stéréotypes de genre et suscitent des
comportements qui vont dans leur sens. Ce processus renforce les stéréotypes en les faisant apparaître comme étant corrects et justifiés
socialement ;

La conformité : les personnes subissent la pression du groupe pour agir conformément aux stéréotypes de genre définis par le groupe. Les personnes
déviantes (c’est-à-dire qui ne se conforment pas aux stéréotypes de genre) risquent la sanction du rejet social : elles peuvent être exclues du groupe.
Pour éviter cela, les personnes déviantes emploient des contre-mesures pour être réintégrées dans le groupe (y compris l'adhésion à l'opinion
erronée du groupe). La crainte de répercussions incite les déviants à faire usage de « tromperie », c’est-à-dire qu’ils dissimulent le fait qu'ils ne sont
pas conformes aux stéréotypes. En conséquence, les personnes les plus à même à dénoncer les stéréotypes de genre sont les moins susceptibles
de le faire à cause de la menace du groupe ;

La permission : les individus sentent qu'il est légitime d'utiliser les stéréotypes de genre dictés par le groupe pour percevoir le comportement des
autres. En effet, si la société estime que le sexisme n'est pas un grand mal, les individus sexistes n'éprouveront pas de scrupules à utiliser les
stéréotypes de genre pour justifier leurs actions et leur discours.

Conséquences

Les stéréotypes de genre peuvent avoir différentes conséquences sur les hommes et sur les femmes.

Menace du stéréotype

Les travaux sur la menace du stéréotype sont relativement récents. Ce courant de recherche ambitionne d’étudier les conséquences des stéréotypes sur les individus qui en
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font l’objet .

La menace du stéréotype représente donc l'effet qu'un stéréotype peut avoir sur une personne visée par celui-ci. Par
conséquent, le stéréotype associé à un groupe aurait un effet direct sur lui-même. De nombreux domaines et groupes sont
touchés par la menace du stéréotype, notamment celui de la différence de genre.

C’est un phénomène complexe impliquant multiples facettes. Schmader, Johns et Forbes ont développé en 2008 un modèle
pour tenter d'expliquer comment la menace du stéréotype influence la performance dans des tâches cognitives et
sensorimotrices. La mémoire de travail joue un rôle crucial pour la bonne efficience de ces tâches. Les auteurs ont essayé de
mieux déterminer ce qui pourrait la perturber.

Le fait d’être confronté à cette menace du stéréotype provoquerait du stress, une plus grande surveillance de soi, des
pensées et des émotions négatives, une motivation afin de ne pas se comporter de manière conforme avec le stéréotype et
des efforts pour éliminer les pensées négatives. Finalement, l’ensemble de ces efforts consommeraient d’importantes
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ressources en mémoire de travail et entraîneraient donc une baisse de performance .

On remarque par exemple que les femmes performent en moyenne moins bien que les hommes lorsqu’elles passent la tâche
de la figure complexe de Rey-Osterrieth (exercice consistant à reconnaître des figures en trois dimensions) et que cette Mary Blade enseignant les
mathématiques à la Cooper Union en
étude est présentée comme un test de géométrie. A contrario, lorsque cette tâche est présentée comme un test de
46 1946.
mémorisation ou un exercice de dessin, les différences entre hommes et femmes ne sont plus observées .

Une autre étude a aussi montré que, lorsqu'on fait travailler deux groupes de femmes sur un même exercice de
mathématiques, le groupe auquel on aura préalablement précisé que les filles ne réussissent généralement pas l'exercice récoltera de plus mauvais résultats que dans celui où
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rien n'est dit .

Les différences de comportement entre homme et femmes pourraient donc être modifiées à cause de cette menace du stéréotype.

Effet de contrecoup

De par la menace que peut représenter le groupe si un individu ne se conforme pas aux stéréotypes de genre (surtout concernant leurs aspects prescriptifs), ces derniers
peuvent engendrer un effet de contrecoup (backlash effect en anglais), c'est-à-dire des « représailles économiques et sociales suite à des comportements qui vont à l'encontre
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des stéréotypes de genre » . Cet effet de contrecoup a été particulièrement étudié dans le cadre du travail car c'est notamment dans ce domaine que les stéréotypes de genre
sont particulièrement prégnants.

Tout d'abord, il faut rappeler que la composante prescriptive des stéréotypes de genre fait que toute violation de ces derniers est sévèrement punie et engendre des réactions
négatives de ceux qui y adhèrent, même de façon plus ou moins inconsciente. Ce côté prescriptif est particulièrement problématique pour les femmes sur leur lieu de travail.
En effet, puisque ces stéréotypes ne leur attribuent que très peu de traits de compétence (ou traits « agentiques »), elles sont obligées d'aller à l'encontre de ces stéréotypes
dans le but d'évoluer dans leur carrière. Elles seraient forcées d’agir « comme des hommes » (c’est-à-dire en adoptant des comportements davantage axés sur la compétence
que sur la chaleur et les relations humaines) afin de percer sur un lieu de travail. Même si ces femmes sont généralement perçues comme compétentes, elles peuvent être
mésestimées par leurs collègues, qu’ils soient féminins ou masculins. Par exemple, les femmes qui réussissent dans une fonction de manager sont perçues comme étant plus
hostiles et égoïstes que leurs homologues masculins. Bien que les hommes subissent aussi l'effet de contrecoup s'ils n'agissent pas en fonction des stéréotypes de genre, ils ne
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doivent pas nécessairement aller à l'encontre de ces derniers pour avancer dans leur carrière puisque les stéréotypes leur attribuent naturellement des traits de compétence .
48
L'effet de contrecoup des stéréotypes de genre aurait tendance à saper la carrière des femmes à tous ses niveaux dont, entre autres :

L'entretien de sélection et la négociation du salaire : dans ces situations, il est nécessaire de savoir se mettre en avant et de défendre ses
compétences. Or, si les femmes agissent de cette manière, il se peut qu’elles soient perçues comme étant inamicales (puisque s’éloignant des
stéréotypes de genre), diminuant donc leurs chances d’être embauchées. Pourtant, les hommes qui s’affirment lors d’un entretien sont perçus comme
compétents. Cela soulignerait une pression exercée sur les femmes pour se montrer modestes. Même lorsqu’elles sont engagées, elles ont tendance
à moins négocier leur salaire et à accepter une offre plus basse que les hommes qui ont le même profil de compétence.
L'obtention de promotions et les entretiens d’évaluation : dans ces cas, l’effet de contrecoup sur la carrière des femmes se traduit par le phénomène
du plafond de verre (une barrière invisible qui les empêche de monter les échelons hiérarchiques) alors que les hommes, au lieu d’être freinés,
verraient leur évolution professionnelle accélérée via un « escalator de verre ». Cette divergence peut être expliquée par les sanctions infligées aux
femmes qui se comportent de façon agentique. Par exemple, Ann Hopkins (en), une femme ayant réussi sa carrière de comptable, s’est vu refuser
une promotion à cause de son comportement trop « masculin ». À la place, ses évaluateurs lui ont proposé de suivre un séminaire pour apprendre à
parler et à s’habiller « comme une femme ». Autrement dit, le fait de violer les stéréotypes de genre peut avoir des conséquences négatives sur les
bilans d’évaluation et sur les promotions inhérentes.
Même si l'effet de contrecoup est particulièrement ressenti par les femmes, il faut noter qu'il peut également concerner les hommes dont le comportement ne correspondrait
pas aux normes fixées par les stéréotypes de genre. Il peut par exemple s'agir d'hommes qui présentent plus de traits « communaux » (ou de chaleur) que de traits
48
« agentiques » (ou de compétence). Dans ce cas, ils seront jugés encore plus sévèrement sur leur lieu de travail que les femmes dont le comportement est agentique .
Formes de sexismes

Théorie du sexisme ambivalent


49
Le sexisme ambivalent comprenant le sexisme hostile et le sexisme bienveillant est issu de la théorie du sexisme ambivalent développée par Glick et Fiske en 1996 . Celle-
ci postule que les relations entre les genres sont caractérisées par deux éléments :

des différences de pouvoir,


50
une interdépendance entre les hommes et les femmes .
D'une part les hommes dominent au sein des différentes institutions dans la société, ce qui constitue le pouvoir structurel. D'autre part, les hommes sont dépendants des
femmes en ce qui concerne les besoins affectifs, les besoins de reproduction ainsi que pour gérer l'éducation des enfants, ce qui constitue le pouvoir dyadique.

La coexistence de ces deux pouvoirs entraînerait une ambivalence au niveau des attitudes traditionnelles envers les hommes et les femmes. Celles-ci présenteraient des
composantes à la fois hostiles et bienveillantes. Selon cette vision, le sexisme pourrait mêler des sentiments positifs à des sentiments antipathiques envers une même
50
personne quel que soit son genre .

Sexisme hostile à l'égard des femmes


51
Ce sexisme hostile découle du pouvoir structurel et correspond, lui, à la conception traditionnelle du sexisme , c’est-à-dire qu’il se caractérise par des attitudes
explicitement négatives envers les femmes, qui sont considérées comme des manipulatrices et des séductrices. Il peut se manifester au travers de comportements tels que :

le harcèlement sexuel ;
les violences physiques (notamment violence conjugale) ;
l'humour sexiste ;
les remarques sexistes ;
Celui-ci aurait pour objectif de punir les femmes ne respectant pas leurs rôles traditionnels liés au genre.

Illustration d'humour sexiste

Les auteurs d'une étude réalisée auprès de 244 enfants d’école primaire (CM2) interprètent l’ensemble des dessins collectés comme relevant d'« humour pour dénigrer
l’autre, en général la footballeuse. Cette dernière était significativement plus souvent dessinée sans les atours sportifs habituels. Pas de maillot numéroté, pas de short mais
une jupe, pas de crampons aux chaussures, etc. Maquillée à outrance parfois, elle est fréquemment renvoyée à des signes extérieurs à la pratique sportive. Un dessin mettait
en scène la footballeuse sous les traits d’une mamie au nez crochu, penchée sur sa canne. »

Lorsqu'un autre dessin collecté « soulignait la confrontation entre le footballeur (prénommé Roméo) et sa Juliette. Le joueur avait une cible dessinée sur le short et la joueuse
expédiait manifestement le ballon dans cette direction sensible alors qu’il criait apeuré : - pitié, pitié ! - » cette posture anti-masculine chez une enfant de dix ans n'est pas
perçue par les auteurs de l'étude comme de l'humour sexiste mais plutôt comme révélatrice de tensions existant sur les terrains sportifs en France au début des années
52
2000 .

Sexisme hostile à l'égard des hommes

Le sexisme hostile à l'encontre des hommes justifie le pouvoir des hommes par dérogation de celui des femmes. Il se caractérise par des attitudes explicitement négatives
envers les hommes qui ne satisfont pas aux clichés de pouvoir et de dominance lié à leur genre. Ceux-ci sont alors considérés comme manipulés et faibles. Il aurait pour
53
objectif de punir les hommes ne respectant pas leurs rôles traditionnels liés au genre .

Les hommes en perçoivent les effets au quotidien :


Note 1 54
les hommes sont plus exposés à des situations de pénibilité physique au travail ;
54
les hommes sont plus touchés par les accidents du travail ;
54
pour un même fait, les hommes sont plus souvent présumés coupables là où les femmes bénéficient plus souvent de relaxe ;
pour un même fait, les hommes condamnés le sont plus souvent à de la prison ferme là où les femmes obtiennent plus souvent de la prison avec
54, 54
sursis ;
54
Les femmes bénéficieraient d'une image de victime, mais pas les hommes ;
les hommes subiraient plus de pressions sur le lieu de travail, où l'on considère qu'il est normal qu'ils finissent tard ou qu'ils travaillent à temps
54
plein ;
Les femmes sans-domicile bénéficient généralement de conditions d’hébergement plus stables que les hommes.
les hommes sont victimes de remarques sexistes lorsqu'il est question de leur statut de père au sein de leur emploi. Ainsi Noam Leandri, président de
54
l'Observatoire des Inégalités note que « Peu d'hommes prennent un congé paternité et lorsqu'ils le font, cela peut être perçu de manière négative » .

De la part des femmes

Une étude portant sur 503 femmes se déclarant comme hétérosexuelles a mis en évidence une corrélation entre carences affectives et sexisme hostile à l'encontre des
55
hommes .

Des femmes adoptent des attitudes sexistes à l'égard des hommes en ayant des idées, attitudes, actes ou préjugés et en généralisant les hommes à leur seul genre. On peut
ainsi citer la féministe intellectuelle Valérie Solanas qui écrit dans son pamphlet SCUM Manifesto que « Le mâle est un accident biologique : le gène Y (mâle) n’est qu’un
gêne incomplet, une série incomplète de chromosomes. En d’autres termes, l’homme est une femme manquée, une fausse couche ambulante, un avorton congénital. Être
homme c'est avoir quelque chose en moins, c'est avoir une sensibilité limitée. La virilité est une déficience organique, et les hommes sont des êtres diminués, incapables
56
d'émotion. » Elle y propose aussi de « supprimer le sexe masculin » .

Elles peuvent aussi développer des attitudes hostiles à l'égard de la domination et des abus dont les hommes peuvent faire preuve à leur égard, ou dans d'autres cas, certaines
37
développent des attitudes positives en réponse au rôle protecteur qu'adoptent les hommes .

De la part des institutions

En France, suite à l'Affaire Jacqueline Sauvage une proposition de loi de la députée Valérie Boyer, soutenue par des associations féministes, avait pour objet de légitimer le
concept de légitime défense différée dans un contexte de violences conjugales, mais uniquement au bénéfice des femmes. L'avocate Isabelle Steyer soutenait qu'« Il faut une
57
discrimination positive pour ces femmes » . Pour Luc Frémiot, avocat général, une application aux seules femmes victimes de violences conjugales constituerait une
rupture inconstitutionnelle d'égalité devant la loi, puisqu'il existe aussi des hommes victimes de violences conjugales, physiques ou morales, ponctuelles ou habituelles, et
58, 59
que nul n'entend leur reconnaître pour autant le droit de tuer leur partenaire par surprise et de façon différée en invoquant ensuite la légitime défense .

Sexisme bienveillant
60
Le sexisme bienveillant, parfois appelé effet « les femmes sont formidables » (« Women are wonderful » en anglais), est un phénomène observé par Alice Eagly et
61 62
Antonio Mladinic en 1994 , puis théorisé dans la notion de sexisme ambivalent par Peter Click et Susan Fiske en 1996 .

Contrairement à l’idée qu'il est possible de se faire du sexisme traditionnel [pas clair], le sexisme bienveillant à l'encontre des femmes se caractérise par une attitude
63, 64
subjectivement positive et attendrie des hommes envers les femmes . De même que le sexisme bienveillant à l'encontre des hommes impose une dépendance de
53
l'homme vis-à-vis de la femme qu'il se devrait d'idéaliser tel un être « pur » à protéger .

L'homme ne laissant pas une femme réaliser des tâches dans le jardin, en cuisine, par exemple, prétextant qu'elle risquerait sinon de se blesser est
un exemple concret de manifestation du sexisme bienveillant à l'encontre des femmes.
La femme qui impose à l'homme de réaliser des tâches dans le jardin, en cuisine, par exemple prétextant qu'elle risquerait sinon de se blesser est un
exemple concret de manifestation du sexisme bienveillant à l'encontre des hommes.
Cette forme de sexisme découlerait du pouvoir dyadique [pas clair] et par conséquent, de la relation d’interdépendance existant entre les hommes et les femmes qui induirait,
notamment, un sentiment de dépendance sentimentale d'un conjoint envers l'autre lui permettant d’être épanoui. Cette dépendance affective favoriserait le sexisme
bienveillant car elle les amène d’une part, à reconnaître qu'un genre précis est une ressource précieuse qu’il faut protéger et d’autre part, à donner de l’affection aux
51
personnes qui satisfont leurs besoins . Le sexisme bienveillant vise, en réalité, à récompenser les femmes et les hommes qui respectent les rôles sociaux issus de l'Histoire
63, 53
sociale liés au genre .
65 66
Le sexisme bienveillant est rarement vécu comme un préjugé et se trouve de la sorte mieux accepté , il est aussi plus difficile à percevoir car plus discret . Ce dernier
serait donc bel et bien une forme implicite de sexisme car il repose sur la domination traditionnelle d'un genre et partage quelques-uns des présupposés du sexisme hostile, à
savoir que les personnes sont mieux adaptées à certains rôles et à certains espaces en fonction de leur genre, qu’elles sont ainsi prédisposées comme étant « plus fortes » ou
51
« plus faibles » et par conséquent que cela justifie la bienveillance à leur attribuer . En fait, le sexisme bienveillant peut même se révéler plus néfaste que le sexisme
51
hostile, puisqu’il peut être utilisé pour compenser ou légitimer le sexisme hostile .
67
Le concept de sexisme bienveillant appliqué aux femmes condamne la galanterie, comme étant un processus d'asservissement des femmes .

Le sexisme étant une discrimination et la bienveillance constituant une forme d'attention aux autres, le caractère implicite du sexisme bienveillant rendrait la lutte contre le
63
sexisme plus difficile et résiste donc aux dispositions législatives relatives au sexisme .

La bienveillance, aux conséquences négatives, est difficile à distinguer de la gentillesse.

Illustration du sexisme bienveillant à l'égard des femmes

Une étude récente relative aux expressions verbales et non-verbales manifestées chez les hommes sexistes quand ceux-ci conversent avec des femmes a mis en évidence que
les hommes sexistes bienveillants sont plus patients, plus souriants et complimentent davantage les femmes dans leurs conversations. Ceci n'est pas du tout le cas pour les
sexistes hostiles, pour lesquels les corrélations sont d'ailleurs négatives si nous reprenons les dimensions relatives aux sourires et aux compliments. Les sexistes bienveillants
68
montrent également plus d'expressions verbales d'affiliation (accessibilité, comportements amicaux, chaleur) et semblent plus à l'aise avec ces dernières . On peut classer la
69
dénonciation des pratiques de mansplaining dans ces illustrations du sexisme bienveillant . La notion de galanterie est parfois considérée comme liée au sexisme
70
bienveillant .

Illustration du sexisme bienveillant à l'égard des femmes enceintes

D'autres auteurs démontrent que plus les hommes sont sexistes bienveillants, plus ils sont restrictifs à l'égard des femmes enceintes. De la sorte, ils leur imposent toute une
série de règles arbitraires concernant leurs actions afin de protéger leur santé mais en réalité, elles ne courent aucun risque. À titre d'exemple, le mari de la femme enceinte
71
va interdire à sa femme durant sa grossesse de conduire parce qu'il juge selon lui que cela est trop risqué .

Toutefois, du sexisme hostile peut également se manifester à l'égard des femmes enceintes et mères. Par exemple, une femme qui reviendrait de son congé de maternité et
qui avait souhaité une promotion avant son départ peut ne plus l'avoir parce que son patron juge arbitrairement qu'elle n'est plus capable de gérer de telles responsabilités ou
qu'elle n'est plus intéressée puisqu'elle est devenue mère.

Illustration du sexisme bienveillant à l'égard des hommes


Dans une étude portant sur 488 étudiants au sujet du sexisme ambivalent à l'encontre des hommes, il a été noté que les
femmes qui ne s'identifiaient pas comme féministes étaient plus facilement portées à faire preuve de sexisme envers les
hommes que les femmes qui se déclaraient elles-mêmes féministes. Il a aussi été noté que les femmes qui ne s'identifiaient
pas comme féministes étaient plus susceptibles de faire preuve de bienveillance envers les hommes, alors que les femmes se
64
qualifiant de féministes soutenaient la cause féministe en faisant usage d'arguments misandres .

Complémentarité entre le sexisme bienveillant et le sexisme hostile

Les sexismes hostile et bienveillant forment une combinaison puissante: ils articulent récompenses et punitions pour que les
victimes aient conscience de la place qu’elles doivent occuper. En isolation, le sexisme hostile seul amènerait de la
rébellion. En revanche, le sexisme bienveillant permettrait d’affaiblir la résistance des victimes à l’égard de l'autorité par
51
son côté gratifiant .
51, 63
Du reste, les deux formes de sexisme sont corrélées positivement d’après les recherches empiriques . Il semble
d'ailleurs que les femmes adhéreraient d'autant plus au sexisme bienveillant dans des sociétés dans lequel le sexisme hostile
chez les hommes est intense. En effet, c'est dans ce type de société que la protection par les hommes, et donc le sexisme
37
bienveillant, leur apparaissent comme les plus précieux .

Le sexisme bienveillant est fréquent


Conséquences du sexisme ambivalent à l'égard des femmes enceintes.

Le sexisme ambivalent peut avoir des conséquences négatives sur les performances et sur l'estime de soi

Conséquences au niveau des performances

Le fait d'être confronté à des formes de sexisme bienveillant pourrait exercer des effets négatifs sur la performance. Il semblerait, en effet, que le sexisme bienveillant soit
72
plus dommageable que le sexisme hostile en ce qui concerne les performances .

Le sexisme bienveillant opère grâce à deux mécanismes : d'une part, les individus valorisent les compétences sociales de la femme et d'autre part, ils dévalorisent sa
performance dans les aspects typiquement associés aux hommes tels que la puissance, l’indépendance, l’intérêt de l’accomplissement personnel. La présence conjointe de
ces deux mécanismes entraîne une détérioration cognitive.

En effet, le sexisme bienveillant engendre dans l’esprit des femmes des pensées intrusives liées au doute de parvenir à réaliser la tâche. Cela entraîne une surcharge mentale
72
qui consomme une partie des ressources cognitives qui ne peuvent donc plus être utilisées pour se concentrer sur la tâche en question . Par conséquent apparaît une
détérioration de la performance à la tâche puisque les femmes adoptent la croyance qu'elles ne sont pas compétentes pour accomplir certaines tâches davantage associées au
rôle masculin.
73
Par exemple, dans une étude menée en Belgique , des femmes sont amenées à réaliser des entrevues de sélection en vue de l'obtention d'un poste dans une industrie
chimique au sein de laquelle la population est majoritairement masculine. Le recruteur va adopter avec ces femmes différentes attitudes :

des attitudes associées au sexisme bienveillant considérant que les femmes devront être davantage aidées
des attitudes associées au sexisme hostile considérant les femmes comme le sexe faible
des attitudes non sexiste
Lors de cette entrevue, il leur est proposé une tâche de résolution de problème géométrique dans laquelle elles doivent trouver le chemin le plus court pour se rendre d'un
point à un autre sur une carte. Cette étude montre que la performance des femmes dans la condition hostile est meilleure que dans la condition bienveillante.

Ils en concluent donc que le sexisme bienveillant va avoir un impact négatif sur les performances. Ce qui n'est pas le cas pour le sexisme hostile qui est néanmoins source de
préjudice, ou encore pour les attitudes non sexistes.

Conséquences sur l'estime de soi


74
Une étude réalisée aux Pays-Bas a montré l'influence du sexisme bienveillant sur l'estime de soi des femmes .

Au cours de cette étude, les participantes sont tout d'abord amenées à lire un texte faisant soit référence à du sexisme bienveillant, soit à du sexisme hostile. Deux groupes
sont ainsi constitués: un groupe de femmes exposé au sexisme bienveillant et un autre groupe exposé au sexisme hostile.

Le texte bienveillant indique que les femmes :

sont des êtres purs


ont une sensibilité morale plus grande que les hommes
doivent être chéries et protégées par les hommes
complètent les hommes grâce à l'amour qu'elles leur donnent
Le texte hostile indique lui que les femmes :

sont trop facilement offensées et qu'elles interprètent de simples remarques comme étant des remarques sexistes
exagèrent les problèmes qu'elles rencontrent dans la sphère du travail
crient trop facilement à la discrimination
ne savent pas apprécier ce que les hommes font pour elles
Les participantes sont ensuite amenées à répondre à des questions sur l'estime de soi et sur les compétences.
Les résultats obtenus à la suite de cela indiquent que les femmes exposées au sexisme bienveillant ont une perception d'elles-mêmes plus négative en ce qui concerne l'aspect
« réalisation de tâches » (aspect habituellement associé aux hommes). Elles se décrivent également davantage en termes relationnels (aspect traditionnellement associé aux
femmes) que celles exposées au sexisme hostile.

En conclusion, les femmes exposées au sexisme bienveillant s'estiment plus orientées « relationnel » et moins orientées « tâches » que les femmes exposées au sexisme
hostile. Cela est en accord avec les caractéristiques traditionnellement associées à chaque sexe par les stéréotypes de genre.

Mesure du Sexisme Ambivalent : L’Ambivalent Sexism Inventory (ASI)


75, 53
Deux échelles ont été conçues par Glick et Fiske . Celles-ci visent à mesurer les différences individuelles du sexisme ambivalent (hostile et bienveillant). Celle
consacrée à l'hostilité à l'encontre des femmes se compose de 22 items. Celle consacrée à l'hostilité à l'encontre des hommes se compose de 20 items. Tous les items sont
évalués à travers une échelle de Likert. Chaque échelle est répartie en deux sous-échelle du sexisme : la sous-échelle du sexisme hostile (SH) et la sous-échelle du sexisme
bienveillant (SB).

Les sous-échelles du sexisme hostile

La sous-échelle du sexisme hostile à l'encontre des femmes se compose de 11 items. Ceux-ci visent à évaluer la perception négative à l'égard des femmes selon laquelle elles
rechercheraient à avoir du contrôle sur les hommes.

La sous-échelle du sexisme hostile à l'encontre des hommes se compose de 10 items. Ceux-ci visent à évaluer la perception négative à l'égard des hommes selon laquelle ils
53
rechercheraient à avoir du contrôle sur les femmes .

Items de la sous-échelle du Sexisme Hostile à l'encontre des femmes

« Sous l’apparence d’une politique d’égalité, beaucoup de femmes recherchent en fait des faveurs spéciales »

« La plupart des femmes interprètent des remarques comme étant sexistes »

« Les femmes sont trop rapidement offensées »

« Les féministes veulent plus de pouvoir que les hommes »

« En général, une femme n’apprécie pas à sa juste valeur ce qu’un homme fait pour elle »

« Les femmes recherchent le pouvoir en ayant le contrôle sur les hommes »

« Les femmes exagèrent les problèmes qu’elles rencontrent au travail »

« Une fois qu'un homme s'est engagé, la femme essaie de le tenir en laisse »

« Quand les femmes perdent une compétition honnête contre un homme, elles se plaignent pourtant d’être l’objet de discriminations »

« Il y a beaucoup de femmes à qui cela plaît de taquiner sexuellement les hommes »

« Les féministes ont des demandes tout à fait exagérées »

Items de la sous-échelle du Sexisme Hostile à l'encontre des hommes

« Les hommes doivent toujours se battre pour obtenir un meilleur contrôle de notre société »

« Même les hommes sensibles veulent des relations de couple de type traditionnelles »

« Les hommes prétendent être pour l'égalité des sexes, mais ils ne peuvent rien faire pour »

« La plupart des hommes réagissent comme des enfants »

« La plupart des hommes seraient perdus sans les femmes pour les guider »

« Les hommes réagissent comme des enfants lorsqu'ils sont malades »

« Lorsqu'il sont en position de force, les hommes agressent sexuellement les femmes »

« Les hommes ne font preuve d'aucune moralité lorsqu'il s'agit pour eux d'obtenir une relation sexuelle »

« Lorsqu'un homme aide une femme, c'est uniquement pour lui prouver qu'il est meilleur qu'elle »

« Les hommes essaient généralement d'avoir le dessus sur les femmes lors de conversation »

La sous-échelle du sexisme bienveillant à l'égard des femmes

Cette sous-échelle est composée de 11 items décrivant la femme comme une personne à adorer et à protéger. Ils se répartissant en trois dimensions. Ces dernières évaluent en
fait les différents aspects du sexisme bienveillant : l'intimité hétérosexuelle (IH), la Protection Paternaliste (PP) et la différenciation de Genre (DG).
Dimension Différenciation
Dimension Protection Paternaliste Dimension Intimité Hétérosexuelle
Complémentaire de genre

« Lors d’une catastrophe, les femmes


doivent être sauvées avant les « Quel que soit son niveau d’accomplissement, un « Beaucoup de femmes ont une
hommes » homme n’est pas vraiment « complet » en tant que espèce de pureté que la plupart des
personne s’il n’est pas aimé d’une femme » hommes n’ont pas »
« Les femmes devraient être protégées
et être aimées par les hommes » « Les gens ne sont pas vraiment heureux dans leur « Les femmes, comparées aux
vie s’ils ne sont pas engagés dans une relation avec hommes, ont tendance à faire
« Une femme parfaite doit être mise sur une personne de l’autre sexe » preuve d’un plus grand sens moral »
un piédestal par son compagnon »
« Tout homme devrait avoir une femme qu’il adore » « Les femmes, comparées aux
« Les hommes devraient subvenir hommes, ont tendance à être plus
financièrement aux besoins des « Les hommes sont « incomplets » sans les cultivées et à avoir plus de bon-
femmes, quitte à sacrifier leur propre femmes » goût »
bien-être »

La sous-échelle du sexisme bienveillant à l'égard des hommes

Cette sous-échelle est composée de 10 items. Ils se répartissent en trois dimensions : Maternalisme (M), la différenciation de Genre (DG), l'intimité hétérosexuelle (IH).

Dimension Différenciation Complémentaire


Dimension Maternaliste Dimension Intimité Hétérosexuelle
de genre

« Chaque femme a droit a un


partenaire masculin pour la chérir »
« Les hommes sont plus disposés à se
« Même lorsque les deux conjoints travaillent, la
mettre en danger pour protéger les
femme doit s'occuper de son mari à la maison » « Une femme n'est pas satisfaite
autres »
sans relation amoureuse
« L'homme se doit d'apporter une sécurité romantique »
« Les hommes sont plus disposés à
financière à la femme »
prendre des risques que les femmes »
« Chaque femme a droit à un
« La femme devrait s'occuper de l'homme à la homme qu'elle puisse aimer »
« Les hommes ont moins le droit de
maison, sinon il s'effondrerait »
s'effondrer dans des situations d'urgence »
« Les femmes ne sentent
incomplètes sans les hommes »

Sexisme moderne et néo-sexisme


Le sexisme moderne et le néo-sexisme correspondent à une forme actuelle du sexisme. Ces deux formes du sexisme sont relativement proches et sont sous-tendues par les
mêmes croyances :

Ils nient tout d'abord le fait que la discrimination à l'égard des femmes constitue un problème.
Ils considèrent que les femmes ont des demandes relativement exagérées.
63
Ils trouvent que la société octroie des faveurs spéciales à l’égard des femmes .

Sexisme moderne

Le sexisme moderne est un concept inventé par Swim et al. Il correspond au fait que certains individus pensent que la discrimination à l'encontre des femmes et que l'égalité
76
entre les femmes et les hommes ne constituent plus un problème .
77
Le sexisme moderne se fonde sur trois mythes :

Les inégalités ne seraient ni douloureuses ni graves ;


Le véritable sexisme ne serait que très peu répandu dans la société ;
Les femmes aimeraient leur statut inférieur et opteraient librement et consciemment pour ce dernier.
Le sexisme moderne engendre des réactions négatives et un manque de soutien à l'égard des personnes qui se plaignent de sexisme. Il peut donner lieu à des réactions
78
défavorables quant aux efforts effectués en vue de réduire les inégalités. Par conséquent, le sexisme moderne semble en partie maintenir les inégalités .

Néo-sexisme
79
Le néo-sexisme serait un conflit entre des valeurs d’égalité et des vestiges de croyances et de sentiments négatifs envers un genre. Il affecterait le genre féminin , et le
80
genre masculin tel que le souligne le philosophe Pierre-André Taguieff .

Les individus néo-sexistes seraient donc empreints d'égalité mais conserveraient néanmoins des sentiments négatifs à l'égard d'un genre. En outre, le néo-sexisme se réfère à
79
des caractéristiques dites « externes », soit à la tâche et non à l'individu .

Liens entre les différentes formes de sexisme


Le sexisme moderne et le néo-sexisme ont des caractéristiques communes avec le sexisme bienveillant : tous trois ne s’affichent pas de manière explicite, comme le fait le
sexisme traditionnel. En revanche, le néo-sexisme et le sexisme moderne diffèrent du sexisme bienveillant parce qu’ils donnent l'illusion d'une égalité entre genres tout en
63
omettant la discrimination touchant les femmes. Le sexisme bienveillant, quant à lui, se dissimule sous une apparence chevaleresque mettant les femmes sur un piédestal .
Sexisme et système patriarcal
81
Le système patriarcal est un système dans lequel les hommes exercent « un contrôle structurel sur les institutions politiques, juridiques, économiques et religieuses » . Il se
base sur six structures : l’emploi, le travail domestique, la culture, la sexualité, la violence et l’État. Ces structures sont indépendantes mais il existe des interactions entre
elles, et ces interactions sont à l’origine de différents types de patriarcats, regroupés entre deux extrémités : d’un côté le patriarcat privé, de l’autre le patriarcat public. Le
patriarcat privé englobe les tâches domestiques qu’on associe à la femme, qui est ainsi maintenue dans la famille mais exclue de l’espace public. Le patriarcat public, quant à
82
lui, comprend le travail salarié et l’État, il ségrègue et subordonne la femme dans l’espace public . Pour les féministes, le patriarcat est « un système de domination des
83
hommes sur les femmes permettant d’expliquer la prévalence des inégalités hommes-femmes ainsi que leur continuité dans l’histoire » . On peut donc mettre en lien direct
ce concept avec celui de sexisme.

Selon la théorie de la justification du système, les stéréotypes de genre et le sexisme bienveillant permettraient à trois
41
mécanismes de maintenir un système patriarcal et de le justifier :

La justification des rôles : les stéréotypes de genre induisent l’idée que les personnes sont
particulièrement adaptées pour endosser les rôles genrés prescrits pour eux par la société. Ils
« rationalisent » en quelque sorte les différences entre les hommes et les femmes. Cette « justification
des rôles » légitime le système en le faisant paraître non seulement comme équitable mais également
41 36
naturel et même inévitable . Ce processus a été mis en évidence par l'expérience d'Hoffman et Hurst
qui ont, pour les besoins de leur recherche, inventé un monde divisé en deux groupes : l'un travaillant et
l'autre gardant les enfants. Même en dotant ces deux groupes de traits de personnalité égaux (il n'y avait
donc pas de réelle différence entre les deux groupes autre que le rôle social), les sujets de l'expérience
avaient tendance à stéréotyper le groupe travailleur comme étant plus compétent mais moins chaleureux
que le groupe s'occupant des enfants. Les sujets de l'expérience, à travers les stéréotypes de genre,
expliquaient et justifiaient le rôle social de chaque groupe (c'est-à-dire le fait de travailler ou de s'occuper
41
des enfants) .

La cooptation : le sexisme bienveillant empêche les femmes de réprouver un système qui ne considère
pas leurs compétences. En effet, de par l’attribution de qualités positives aux femmes, elles peuvent se
41
sentir « avantagées » et soutenir alors le système qui les flatte, du moins en partie . Par exemple, elles
pourraient se sentir complimentées et accepter une remarque (pourtant sexiste) les décrivant comme
74
« pures », « délicates » et « devant être chéries par les hommes » . Contrairement à la justification des
rôles, ce processus de cooptation ne fonctionne que concernant les traits socialement désirables promus
par le sexisme bienveillant (en particulier, ceux qui considèrent leur « chaleur » et leurs traits
41 Exemple d'affiche de propagande qui
« communaux ») .
valorise le rôle des femmes au foyer
La complémentarité des stéréotypes de genre : l’idée que chaque groupe se voit attribuer à la fois des dans l’effort de guerre.
attributs positifs et négatifs légitime le système en le rendant juste, équitable et équilibré aux yeux des
individus et, plus spécifiquement, à ceux des femmes. De fait, alors qu’un système sexiste nie toute
aptitude féminine qui sort du champ purement domestique et familial, le fait que ce même système
attribue une valeur hautement positive à ces domaines est censé compenser le pouvoir attribué aux
hommes en termes de statut et de pouvoir social. Par exemple, c'est par la haute valorisation de ces
qualités domestiques (via les stéréotypes de genres) que certaines femmes choisissent d'être femmes au
foyer à temps plein, confirmant et adhérant de cette façon à une société sexiste. Autrement dit, les
stéréotypes de genre soutiennent un système sexiste en considérant les hommes et les femmes comme
étant « complémentaires mais égaux » et en postulant que le rôle de femme au foyer ne serait pas
inférieur à celui d'un homme qui travaille. Cette idée de société « égalitaire » provenant des stéréotypes
41
de genre semblerait toutefois être un point de vue assez récent .
Il faut néanmoins noter que ces trois mécanismes ne sont pas autosuffisants, il faut qu'ils agissent en interaction pour être
efficaces. En effet, la complémentarité des stéréotypes de genre ne peut justifier un système sexiste que si elle est soutenue
41
par le processus de justification des rôles ainsi que par celui de cooptation .
41
La théorie de la justification du système suppose que le sexisme est une conséquence d'une société inégalitaire . D'autres
travaux démontrent le contraire : le sexisme produirait les inégalités et non l'inverse. Dans cette ligne de conduite, une étude
internationale menée en 2005 et 2007 dans 58 pays s'est penchée sur la relation entre le taux de sexisme et la présence
d'inégalités au sein d'un pays. Les résultats démontrent que les inégalités entre les genres sont renforcées lorsque le sexisme
hostile augmente dans une société. Autrement dit, si deux pays ont un niveau d'inégalité identique au départ et si le niveau
de sexisme est plus élevé dans l'un que dans l'autre, le pays avec le niveau de sexisme plus élevé verra les inégalités entre
84 Exemple d'affiche de propagande qui
les genres se marquer davantage avec le temps .
valorise le rôle des hommes à la
guerre ou à la mine dans l’effort de
Réification et hyper-sexualisation des femmes guerre.

La réification (fait de considérer les femmes comme des objets) et l'hypersexualisation (fait de donner un caractère sexuel à
la femme) sont des formes de manifestation du sexisme qui peuvent entraîner des conséquences préjudiciables pour les femmes.

Réification sexuelle à l'égard des femmes


La réification est un processus cognitif à travers lequel un individu s'évalue ou est évalué par les autres comme étant un objet. Ainsi, le corps d'une personne devient la
85
principale représentation de son identité . Ce processus découle de la théorie de la réification développée par Barbara Fredrickson et Tomi-Ann Roberts en 1997 et qui vise
86
à étudier les effets entraînés par le fait d'être considéré comme un objet .

Ce processus de réification peut, comme les stéréotypes, affecter certaines catégories de personnes (femmes, minorités ethniques...). Ainsi, par rapport aux hommes, les
85
femmes auraient plus tendance à être victimes de réification sexuelle et par conséquent elles seraient davantage vues comme étant des objets sexuels . À force d'être
considérées comme telles, les femmes en viendraient à percevoir leur propre corps comme étant destiné au désir d'autrui.
Réification d'autrui

La réification d'autrui consiste pour une personne, à évaluer le corps ou des parties du corps d'un individu comme étant des objets.
87
La philosophe Martha Nussbaum identifie 7 façons de considérer une personne comme un objet :

L'instrumentalisation: il s'agit de traiter une personne comme un objet


Le déni de l'autonomie: le fait de considérer une personne sans autonomie
La passivité: traiter une personne comme manquant de capacité à agir (agentivité)
L'interchangeabilité: la personne est vue comme interchangeable avec des objets
La possession: l'autre est considéré comme étant quelque chose qui peut être possédé
Le déni de subjectivité: ne pas considérer les sentiments et les expériences d'une personne pourtant réifiées
La violabilité: traiter une personne comme si elle n'avait aucune limite à son intégrité
Trois autres catégories ont été ajoutées par Rae Langton à celles de Nussbaum :

Réduction au corps: identifier une personne suite à son corps ou à certaines parties corporelles
Réduction à l'apparence: considérer une personne selon son apparence physique
88
Réduction au silence: se comporter avec une personne en considérant cette dernière comme incapable de parler ou de nature silencieuse
Par rapport aux hommes, les femmes auraient plus tendance à être victimes de réification sexuelle et par conséquent elles seraient davantage vues comme étant des objets
85
sexuels .

Deux éléments permettent de démontrer cela : le face-isme et l'effet d'inversion.

Le face-isme

Force est de constater que les hommes et les femmes ne sont souvent pas représentés de la même manière que ce soit dans les publicités, dans les articles de journaux, dans
89
les portraits et les auto-portraits, ou encore dans les dessins .

Dans la publicité, il n'est pas rare que le corps de la femme soit mis en avant. Même s'il arrive, dans certains cas, d'apercevoir le corps d'un homme dans une publicité, un
constat marquant peut être fait : les compétences de l'homme sont davantage mises en avant (homme d'affaires par exemple). Ce qui n'est pas le cas pour les femmes qui sont
89
bien souvent réduites à la simple image d'un corps .

De plus, les représentations des femmes laisseraient davantage apparaître, en plus du visage, une partie du buste. Ce qui n'est pas le cas pour les hommes. Les représentations
90
de ces derniers laisseraient uniquement apparaître le visage. Ce phénomène porte le nom de face-isme .

Il a d'ailleurs été démontré que la vision d'un visage plus proéminent serait associé à des qualités comme l'intelligence et l'ambition. Les photos des hommes, laissant
90
apparaître uniquement le visage, maintiendraient donc la présence de stéréotypes de genre .

L'effet d'inversion

Les objets et les corps (ou visages) humains sont analysés différemment par notre cerveau. Ainsi, les objets sont analysés selon un mode analytique, c'est-à-dire en tenant
uniquement compte des parties constituantes de ceux-ci. À l'inverse, les personnes (corps ou visages) sont analysées selon un mode configural. Cela signifie que les relations
spatiales entre les différentes parties du corps sont prises en compte. Il est, par conséquent, plus facile de reconnaître des objets présentés à l'envers que des visages ou des
89
corps humains puisque le traitement des objets ne tient pas compte des relations spatiales (mises à mal lors d'une inversion de l'image perçue) .
91
Ainsi, une étude réalisée en Belgique a montré que les femmes en petite tenue seraient davantage analysées selon un mode analytique que les hommes en petite tenue. Par
conséquent, ces dernières seraient davantage associées à des objets que les hommes.

Cela a pu être démontré en présentant des photos de femmes et d'hommes en petite tenue à des étudiants. Une première photo leur était montrée à l'endroit. Ensuite, cette
même photo, accompagnée d'une photo identique mais présentée en miroir leur était montrée soit à l'endroit, soit à l'envers. Ils devaient alors dire laquelle des deux photos
montrées en deuxième lieu correspondait à la première image. Il a pu être constaté que les photos présentant un homme étaient plus facilement reconnues lorsqu'elles étaient
présentées à l'endroit et moins bien reconnues lorsqu'elles étaient présentées à l'envers. Cela montre que le corps de l'homme est donc analysé comme étant un tout. Tandis
que pour les images présentant une femme, celles-ci sont bien reconnues, tant à l'endroit qu'à l'envers. Le corps des femmes sexualisées serait, dès lors, analysé de manière
91
analytique tout comme le sont les objets .

Auto-réification et auto-sexualisation

L'auto-réification
85
L'auto-réification consiste à se percevoir soi-même comme un objet en adoptant, pour cela, le regard d'un observateur extérieur .

Cette manifestation du sexisme touche davantage les femmes que les hommes. Par conséquent, ces dernières porteraient une plus grande attention sur leur apparence, leurs
vêtements, leur maquillage, etc sous le poids de l'auto-réification. Elles s'imposeraient également une alimentation stricte ou pratiqueraient du sport de manière intense pour
être satisfaites de leur image et pour modifier le regard que les autres portent sur elles.

Il existe deux types d'auto-réification:

L'auto-réification « trait » : signifie que certains individus accorderaient une plus grande importance à leur image que d'autres. En d'autres mots, tout
le monde ne perçoit pas de la même manière son apparence.
L'auto-réification « état » : qui sous-tend que certains contextes engendrent ou amplifient l'auto-réification.

L'Auto-sexualisation
85
L'auto-sexualisation correspond à l'ensemble des actions entreprises par une personne afin de mettre en évidence sa fonction sexuelle .

Cette stratégie, étant guidée par des buts individuels comme la recherche d'attention, peut être associée à la stratégie du faible. En effet, celle-ci est utilisée pour compenser
un manque de pouvoir ou encore pour acquérir de bonnes relations sociales. Ainsi, elle est souvent utilisée par des femmes se trouvant dans une position sociale faible. Afin
d'y voir plus clair, donnons l'exemple de deux femmes hétérosexuelles s'embrassant en soirée afin d'attirer l'attention des hommes ou encore des magazines affichant des
85
femmes à moitié dénudées .

Conséquences de l'auto-réification et de l'auto-sexualisation

Conséquences de l'auto-réification

L'auto-réification entraîne différentes conséquences psychologiques sur les femmes :

Augmentation de l'anxiété :
L'auto-réification augmente l'anxiété des femmes par rapport à leur sécurité physique, c'est-à-dire leur peur d'être violées ou agressées. Elle augmente également leur anxiété
quant à leur apparence physique. Celles-ci ont en effet peur de la manière dont leur corps va être jugé et regardé.

Sentiment de honte :
L'auto-réification amène aussi un certain sentiment de honte chez les femmes vis-à-vis de leur corps étant donné qu'elles se comparent à des standards de beauté et ne les
atteignent pas.

Diminution du flow :
L'auto-réification diminue la capacité des femmes à être totalement absorbées dans des activités mentales et physiques complexes (=le « flow »). Ainsi, ces activités ont
tendance à être interrompues quand leur apparence ou une fonction de leur corps fait l'objet d'attention de la part d'autrui.

Diminution de la conscience des états corporels :


Elle diminue également la capacité des femmes à prendre conscience de leurs sensations internes telles que la faim, la soif, etc.

Apparition de troubles mentaux :


L'ensemble des éléments ci-dessus ainsi que les expériences extérieures de réification sexuelle peuvent mener à des problèmes mentaux tels que les troubles des conduites
92
alimentaires, la dépression et des troubles sexuels .

Le schéma suivant permet d'illustrer le mécanisme de l'auto-réification et ses conséquences :

Conséquences de l'auto-sexualisation

L'usage de la stratégie d'auto-sexualisation, souvent utilisée par des femmes se trouvant dans une position sociale faible, entraîne des risques. En effet, elle peut rendre
encore plus vulnérables au harcèlement et aux violences sexuelles. De plus, cette stratégie maintient les femmes dans leurs rôles d'objet sexuel et justifie donc leur position
85
subalterne .

Médias et Hypersexualisation
L'hypersexualisation (en anglais « sexualization ») consisterait à donner un caractère sexuel à un comportement ou à un produit qui n'en a pas en soi. Elle se caractérise par
un usage excessif de stratégies axées sur le corps dans le but de séduire et apparaît comme un modèle de sexualité réducteur, diffusé par les industries à travers les médias,
93
qui s'inspirent des stéréotypes véhiculés par la pornographie : homme dominateur, femme-objet séductrice et soumise .
94
Pour l’APA (American Psychological Association), il y a hypersexualisation lorsque l'un des quatre critères suivants est rencontré :

la valeur d’une personne dépend uniquement de son comportement sexuel ou de l’attirance sexuelle qu’elle dégage, excluant d’autres
caractéristiques ;
une personne est assujettie à une norme qui assimile l’attraction physique (strictement définie) au fait d’être sexy ;
une personne est sexuellement dépersonnalisée, elle est davantage considérée comme un objet sexuel (c.f réification) que comme une personne
apte à agir de façon indépendante et à prendre des décisions ;
la sexualité est imposée à une personne de façon inappropriée.
95
Elle peut prendre diverses formes :

une tenue vestimentaire qui met en évidence des parties du corps (décolleté, pantalon taille basse, chandail moulant, etc.) ;

des accessoires et des produits qui accentuent de façon importante certains traits et cachent « les défauts » (maquillage, bijoux, talons hauts, ongles
en acrylique, coloration des cheveux, soutien-gorge à bonnets rembourrés, etc.) ;

des transformations du corps qui ont pour but la mise en évidence de caractéristiques ou de signaux sexuels (épilation des poils du corps et des
organes génitaux, musculation importante des bras et des fesses, etc.) ;

des interventions chirurgicales qui transforment le corps en « objet artificiel » : seins en silicone, lèvres gonflées au collagène ;
des postures exagérées du corps qui envoient le signal d’une disponibilité sexuelle : bomber les seins, ouvrir la bouche, se déhancher, etc. ;
des comportements sexuels axés sur la génitalité et le plaisir de l’autre.
Cette surenchère à la sexualité est présente dans tous les aspects de notre quotidien et concerne tant les hommes que les femmes, bien que ces dernières soient plus touchées.
L’hypersexualisation serait également une tendance à ramener l’identité des individus à leur seule dimension sexuelle, c’est-à-dire au fait d’avoir un sexe et des relations
96
sexuelles .

Développement de l'hypersexualisation

C'est un phénomène qui se développe chez les jeunes adolescents et adolescentes qui adoptent des attitudes et des comportements sexuels jugés trop précoces comme
97
l'utilisation précoce d’éléments issus de la mode féminine adulte ou encore « des attitudes de petites femmes sexy » .

Ces pratiques s’inscrivent dans des transformations plus générales. En effet, les enfants revendiquent aujourd’hui une autonomie plus précoce et en bénéficient, non
98, 99
seulement du fait de l’évolution des modèles familiaux, mais aussi par l’arrivée des nouveaux médias de masse et des nouveaux outils de communication .

Cette autonomie s’exprime sur de nombreux plans culturels que ce soit dans les domaines de la musique, des nouvelles technologies ou encore de la mode.
L’hypersexualisation du corps des jeunes filles interroge par conséquent les modalités contemporaines de construction des adolescents. Plusieurs travaux de recherche se
sont penchés sur cette question et ont mis en exergue les liens existant entre médias et construction de la sociabilité. Certains montrent, par exemple, qu’en s’identifiant au
100
modèle des stars de la musique et du cinéma, les filles expérimentent et s’approprient les codes de la séduction corporelle . D’autres insistent sur le fait que les
101
adolescents utilisent les médias, notamment la musique pop, pour explorer les limites de la séduction et apprendre à devenir des adultes .

Des chercheurs remarquent que les mères des enfants des classes supérieures se montrent bien plus critiques à l’égard de ce phénomène qu’elles trouvent trop précoce. Cela
implique, selon elles, un danger aussi bien physique que scolaire. Elles tentent par conséquent de le retarder et, dès lors qu’elles acceptent l’usage de vêtements issus du
102
vestiaire féminin adulte, l’accompagnent au plus près .

Les recherches féministes s’attachent aussi à dénoncer le discours sur l’apparence proposée aux « préadolescentes » par les médias et, plus particulièrement, des magazines.
Elles insistent sur l’idée d’imprégnation idéologique liée aux médias qui, sous couvert de libération sexuelle et d’épanouissement de soi, prépare en réalité les filles à leur
103, 102
place asymétrique dans les rapports sociaux de sexe .

Les médias joueraient, au moment de l’entrée dans l’adolescence, un rôle essentiel dans la socialisation vestimentaire des filles et, plus particulièrement, dans leur prise en
compte des normes dominantes de la féminité. Nombre de ces figures féminines issues de la chanson pop, ou encore du monde du RN’B qu’affectionnent les filles au
102
collège, leur proposent un modèle de féminité axé sur une apparence hypersexualisée .

Influence médiatique

L'hypersexualisation serait donc en partie véhiculée par les différents médias. Or, les médias, avec le concours d’autres institutions sociales, sont des agents de socialisation
qui contribuent à l’intériorisation des normes de conduite, à la construction de l’identité et à l’élaboration de références communes. De nombreux spécialistes soulignent les
dérives possibles d’un « sexocentrisme » relayé par les médias qui véhiculent une image du corps à travers le culte de la performance sexuelle et de l’apparence physique.
De plus, la publicité et les médias utilisent, en général, de plus en plus des représentations de la femme et de l'homme « objet sexuel » à des fins strictement commerciales.
104
Cette pratique modifierait les rapports sociaux égalitaires entre les femmes et les hommes .
105
Une étude Belge analysant la presse, des publicités, et des programmes (clips, téléréalités, dessins animés, feuilletons) à destination des préadolescents nous enseigne
que :

L’utilisation et le choix de ces supports sont marqués par une forte distinction entre les sexes. Des préférences sont nettement affichées par les filles
pour la presse, les clips et les téléréalités.

Les messages à caractère stéréotypé sont présents dans tous ces supports à plus ou moins forte dose. Les clips vidéo étant le support où ces codes
sont surreprésentés.
Les filles sont surexposées aux messages à caractère sexiste de par leur préférence pour les supports qui en véhiculent le plus.

Dans la presse pour filles de 8-12 ans, les messages véhiculés, bien que présentant des stéréotypes, ne sont pas encore clairement dans le registre
de la « sexualisation » explicite car un contrôle et une régulation des contenus et des images sont présents. Toutefois, on retrouve dans la presse
pour adolescentes de nombreux messages sous-jacents centrés sur le du corps et l’apparence
Outre une représentation des femmes souvent près d’une fois et demie supérieure à celles des hommes (248 femmes pour 152 hommes dans les publicités et 92 femmes pour
72 hommes pour les clips), l’analyse de ces programmes met en avant une mise en scène morcelée du corps. Le corps de la femme est présenté sous forme de « plans
coupés », parties du corps anonymisées et sexualisées. Les plans courants étant ceux des fesses, des seins, de la bouche. Cette présentation des personnages féminins
renforce donc l’idée de la femme en tant qu’objet sexuel.

Les Clips de R’n b et de Rap présentent également des images très clivées entre les femmes et les hommes. Les hommes sont généralement présentés comme décontractés,
aucune partie de leur corps n’est spécialement mise en avant généralement. Les femmes sont quant à elles plus souvent présentées avec des postures évoquant la
105
sexualité .

Pornographisation

La pornographisation peut donc se comprendre comme un processus qui a permis de transférer certaines valeurs (comme le culte de la performance sexuelle, l’importance
donnée à l’apparence physique, les stéréotypes de l’homme viril et de la femme-objet) ainsi que certaines pratiques (comme la dissociation entre l’agir sexuel et les
sentiments, les danses lascives, les mimiques faciales et positions corporelles suggestives, une grande diversité de pratiques sexuelles avec un grand nombre de partenaires
106
différents, des façons de s’habiller) du monde de la pornographie vers la société en général par l’intermédiaire des médias . Ces attitudes comprendront des
107
caractéristiques sexuelles dont les codes seront issus du monde de la pornographie et seront clairement identifiables grâce aux stéréotypes sexistes mis en œuvre .

Porno chic

Le « porno chic » est un exemple de cette pornographisation de la culture. Le « porno chic » désigne une pratique publicitaire qui puise son inspiration directement dans la
pornographie. Le but principal de cette publicité, outre le fait qu’elle vise à élargir la clientèle, est de retenir l’attention du public et d’influencer son opinion à l’égard de la
marque. Le « porno chic » est né aux États-Unis au début des années 1970 pour désigner les productions les plus élaborées de films pornographiques, un genre qui sortait à
l'époque d'une semi-clandestinité et commençait à être autorisé à la diffusion dans des salles de cinémas. C'est un phénomène qui touche beaucoup la publicité des produits
haut de gamme, de luxe (parfums, haute couture, mode, etc.). Il consiste en une représentation considérée par ses détracteurs comme souvent déshumanisée de l'être humain
108
en utilisant tantôt la nudité, tantôt la soumission ou encore l'asservissement sexuel .

La stratégie du « porno chic » des grandes marques de luxe a pour objectif de susciter un désir chez le consommateur tout en lui faisant mémoriser la marque, ce pourquoi la
provocation est très utile. En impliquant fortement le consommateur, le shockvertising (publicité provocatrice) garantit la remarquabilité de l’annonce et augmente son taux
108
de mémorisation .
108
Toujours selon ses détracteurs, on distingue généralement trois formes de publicité porno chic :

La publicité égalitaire : dans ces publicités, les femmes sont bien identifiées par leur féminité, mais ne sont pas dans un schéma de domination (ni
dominante, ni dominée). Ces publicités qui ne sont pas discriminantes seraient très peu nombreuses. [réf. nécessaire]

La publicité discriminante : ces publicités sont les plus nombreuses, ce sont les plus stéréotypées puisqu’elles contiennent les images de
discrimination. En effet, les hommes et les femmes, ont un rôle discriminant dans ces publicités. Ce serait généralement les femmes qui seraient
méprisées. [réf. nécessaire]

La publicité agressive : elle se distingue par un arrière-plan morbide (maladie, …) ou mortifère (mort). Elles se réfèrent à des pratiques sexuelles
agressives, allant dans le sens d’une domination d’un sexe par l’autre. La femme serait souvent représentée sous la forme d'une position animale et
parfois elle pourrait être perçue comme un objet. [réf. nécessaire]

Conséquences de l'hypersexualisation

Difficultés psychologiques et physiques

Les jeunes adolescents subiraient diverses pressions des médias et de leur entourage. Ils deviendraient dépendants de l’appréciation des autres et, par le fait même,
vulnérables avec des conséquences néfastes sur leur santé mentale. Cette survalorisation de l’apparence et de la séduction comme mode de rapport à l’autre comporterait
également des risques pour la santé physique des jeunes filles comme des troubles des conduites alimentaires, l’utilisation récurrente de régimes amaigrissants dès le plus
jeune âge, la consommation de drogue et d’alcool, le tabagisme, le recours aux chirurgies esthétiques, les relations sexuelles. Selon des études, même si les filles sont
109
meilleures dans plusieurs domaines, leur estime de soi serait plus faible que celle des garçons .
94
L'APA (American Psychological Association) distingue trois types de problèmes de santé mentale rattachés à la l'hypersexualisation chez les jeunes filles :

Les troubles des conduites alimentaires

La faible estime de soi

La dépression.
D'autres enjeux identitaires comme l'insatisfaction face à leur image corporelle serait également une des conséquences de ce processus d'hypersexualisation entraînant des
94
comportements à risques (malnutrition, comportements sexuelles sans protection...) .

L'hypersexualisation toucherait également les hommes et mènerait à une diminution de l’attirance pour leur partenaire, mettrait en péril la capacité d’être empathique avec
94
leur partenaire féminin et interférerait sur leur capacité à conserver une relation .
Transformation en objet de fantasme

L’hypersexualisation renforcerait également les stéréotypes sexuels et l'idée selon laquelle la femme doit être soumise et l’homme doit avoir le pouvoir. Ce phénomène
entraînerait également une compréhension plus mécanique du corps (un corps malléable que l’on peut et doit modifier à des fins esthétiques et sexuelles). La sexualité
deviendrait également un simple rapport de communication et de consommation dans la société.

En conditionnant l'image des hommes et des femmes, les médias accentueraient donc les inégalités de genre dès le plus jeune âge. Ce processus d'hypersexualisation
s'impose donc comme un véritable argument marketing auprès de marques.

La ligne de sous-vêtements « Jours Après Lunes », lancée en janvier 2011, propose des soutien-gorge à partir de quatre ans. La marque « Abercrombie & Fitch » propose
également des bikinis rembourrés vendus « dès 7 ans ». Les fillettes peuvent même allaiter leur poupée « Breast Milk Baby » à l’aide d’un débardeur avec tétons intégrés. La
110
marque Tammy (Etam pour les 8-16 ans) a également commercialisé des strings pour enfants .

Ce phénomène de sexualisation précoce serait pour certains auteurs l'une des explications du sexisme. Selon eux, puisque les enfants apprennent du monde des adultes,
ceux-ci sont vulnérables face aux compagnies de marketing. Or les modèles et les produits qu’on leur propose sont très sexualisés tels : poupées, vêtements, jeux, dessins
animés et télé-réalités diffusées aux heures de grande écoute. Outre cela, ce phénomène contribuerait à la demande de plus en plus croissante de pornographie en mettant en
109
scène des mineurs .

Cependant, d'après certains auteurs, il serait important de mentionner que si les jeunes s’inscrivent dans de telles démarches ou sont tentés de le faire, c’est que ces
comportements servent de support à leur sociabilité. Y adhérer serait non seulement pour eux une manière d’affirmer qu'ils grandissent, mais aussi de marquer leur adhésion
102
aux normes du groupe dans lequel ils sont insérés .

Violences et agressions sexuelles

L’hypersexualisation contribuerait également à l'augmentation des violences et des agressions sexuelles. Un nombre grandissant de magazines, vidéos, calendriers, jouets,
vedettes de la chanson, sites Internet pornographiques et publicités de toutes sortes accentueraient quotidiennement le message que le corps des filles et des femmes peut être
109
utilisé, exploité, vendu, agressé .

En effet, la surexposition des jeunes à des contenus pornographiques peut être vécue comme une « effraction psychique » sur un plan psychologique. Les représentations
véhiculées dans la pornographie autour de la violence et de la domination sur les femmes en particulier induiraient une certaine forme de légitimation de la violence entre
108
pairs. Ces mécanismes sont à l’œuvre dans le cyberharcèlement, le harcèlement sexuel entre adolescents et toutes les pratiques déviantes .

Prévention et lutte contre le sexisme


Le dispositif pénal, par exemple en France, permet de sanctionner les actes sexistes. Face à l’apparition de l’hypersexualisation, il convient de développer la capacité
94
d’analyse des jeunes et leur esprit critique en encourageant l’éducation aux médias et au décodage publicitaire .

Sanctions pénales des actes sexistes

En France, l'article 621-1 (https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=F599F8ABF9AE4FADEEF9E8A9D692102C.tplgfr34s_2?idArticle=LEGIARTI0


00037287956&cidTexte=LEGITEXT000006070719&dateTexte=20181025) du code pénal permet de punir les actes sexistes.
111
La Loi 2018-703 du 3 août 2018 vise à renforcer la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

L'outrage sexiste se matérialise par le fait d'imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui soit porte atteinte à sa dignité en
raison de son caractère dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

Sensibiliser la société aux manifestations de l'hypersexualisation

Des dispositions de nature juridique peuvent contribuer à prévenir les risques. En outre, la sensibilisation auprès de la société et surtout auprès des jeunes, en montrant
l'impact de l'hypersexualisation, serait selon divers auteurs [réf. nécessaire] un moyen utile de lutte contre ce phénomène. De nombreuses pétitions voient d'ailleurs le jour pour
un meilleur contrôle face à l’érotisation des images d’enfants dans toutes les formes de publicités. Au Royaume-Uni, par exemple il est maintenant interdit aux enfants d'être
112
l’égérie des marques avant 16 ans .

Au Québec, les articles 248 et 249 de la Loi de protection du consommateur interdisent la publicité télévisée destinée aux enfants de moins de 13 ans. En Suisse, la publicité
est interdite aux enfants de moins de 12 ans. En France, face à un message publicitaire jugé non conforme (contenu sexiste, hypersexualisation...), il est possible d’adresser
une plainte à un jury de déontologie publicitaire (JDP) qui statuera sur son bien-fondé au regard des règles déontologiques que la profession s’est fixées.

En 2013, sur les 606 plaintes adressées au jury de déontologie publicitaire, 438 ont été considérées comme recevables. Il y a donc, de plus en plus, une lutte pour sensibiliser
112, 104
la société face aux effets de ce phénomène d'hypersexualisation .

Certains spécialistes expliquent également l'importance de discuter avec notre entourage de la question de l’hypersexualisation, les sensibiliser aux messages communiqués
dans les vidéos, la musique, les magazines, la publicité, les télé-réalités, les concours des plus belles filles, etc. Ils mentionnent également l'importance d'éviter la promotion
109
de produits sexistes .

D’autres outils didactiques développés par plusieurs organismes et chercheurs, par exemple ceux du projet « Outiller les jeunes face à l’hypersexualisation : Osez…être soi-
113, 114
même » sont également mis en place dans le but sensibiliser les gens. Le « Y des femmes » produit également plusieurs outils qui peuvent servir à cette
115
sensibilisation .
Diverses vidéos de sensibilisation analysent et préconisent des solutions afin d'attirer davantage l’attention de notre société sur les conséquences néfastes du phénomène
116, 117
auprès des jeunes filles et des femmes .

Développement du sexisme chez les enfants

Rôle des jouets


Les objets du quotidien sont fondamentaux dans l’explication de l’apparition du sexisme chez les enfants, puisqu’ils induisent déjà chez eux des stéréotypes que ces derniers
ne soupçonnent même pas. En effet, ces objets rendent concrètes les différences qui existent entre les filles et les garçons. Ce phénomène est très bien illustré dans les
magazines de jouets qui sont publiés en période de fêtes de fin d’année : on distingue clairement les jouets destinés aux filles et ceux destinés aux garçons, les premiers étant
47
la plupart du temps de couleur rose, les seconds de couleur bleue .

La littérature jeunesse
Les livres sont également importants. Ils touchent en effet les enfants de manière très précoce. Ainsi, il existe déjà des livres pour les tout petits enfants, ce sont souvent des
livres d’images, cartonnés ou en tissu. Par la suite, quand ces mêmes enfants grandissent, ils passent alors aux bandes dessinées, et plus tard encore aux histoires de plus
grande envergure sous forme de romans. Ce qu’il est important de soulever ici, c’est que les garçons et les filles n’occupent pas des places égales au sein des livres, en
118
particulier dans la littérature jeunesse. En effet, une étude menée en 1994 montre que les personnages féminins y sont largement sous-représentés (en termes de
proportions, dans la littérature jeunesse, les personnages principaux de sexe féminins ne représentent que 40 % des cas). De façon contradictoire, on y retrouve toutefois
davantage de mères et grands-mères que leurs équivalents masculins, alors que le versant du monde du travail est, quant à lui, en grande partie constitué de personnages de
sexe masculin. Par ailleurs, dans ces histoires, les personnages féminins sont limités en termes de métiers, puisque la plupart du temps elles exercent des métiers en lien avec
l’enseignement, les enfants ou la vente (caissière, etc.). À l’opposé, les hommes y occupent souvent des postes divers et variés, et qui les valorisent d’un point de vue social.
Ces représentations renvoient des modèles d’identification différents aux jeunes filles et aux jeunes garçons : les premières n’ont d’autre choix que de constater qu’elles sont
absentes de la littérature jeunesse (ou de s’identifier à un personnage de sexe masculin), et les seconds n’ont que très peu de modèles féminins auxquels s’identifier.

Mouvements sociaux en lien avec le sexisme

Le mouvement féministe
e
Le mouvement du féminisme, apparu au, plus ou moins, XV siècle avec Christine de Pisan, Marie de Gourney au
e
XVII siècle, a pris de l'ampleur après la Première et surtout la Seconde Guerre mondiale, permettant une avancée vers
l'émancipation des femmes et la visibilité et la critique de plus en plus grande des phénomènes de discrimination sexiste,
quels que soient ses domaines. Malgré ce processus général amorcé d'abord dans les sociétés de l'Europe du Nord et de
l'Amérique du Nord dans les années 1960, et suivi plus tardivement dans l'Europe latine (en particulier dans les pays
méditerranéens où des régimes conservateurs, tels le franquisme, l'Estado Novo de Salazar ou le régime des colonels en
Grèce étaient en place) et en Amérique latine (où des dictatures militaires conservatrices étaient aussi en place, parfois
national-catholiques).
13 des 19 premières femmes
Les premières revendications ont porté sur le droit à l'éducation. Marie de Gournay, dans L'égalité des hommes et des députées au monde, élues aux
femmes (1622), réclame l'accès à l'éducation pour les femmes et affirme que leur prétendue infériorité ne tient qu'au fait élections législatives finlandaises de
1907.
qu'elles n'aient pas accès à l'école. L'égalité hommes-femmes est le principal objectif du féminisme. Dès le XVIIIe siècle, les
e
féministes réclamèrent le droit de vote des femmes, mouvement qui se poursuivra au début du XX avec les suffragistes
e
(couramment désignées par le terme péjoratif « suffragettes ») au Royaume-Uni, pour ne l'obtenir qu'au milieu du XX siècle (1945 pour la France par exemple). Le
mouvement revendique aussi l'égalité dans la sphère du droit personnel (mariage, divorce, autorité parentale, etc.), à l'autonomie économique et financière (droit au travail,
droit d'utiliser un compte bancaire, etc.), et à la disposition de son corps, déliant la sexualité de la reproduction sexuelle (révolution sexuelle avec l'apparition des différents
moyens de contraception et luttes pour le droit à l'avortement...).

Ce mouvement n'a pas été restreint aux pays occidentaux, émergeant par exemple en Égypte dans les années 1920 (fondation de l'Union féministe égyptienne par Huda
119
Sharawi en 1923), en même temps qu'aux États-Unis, ou en Tunisie (Tahar Haddad) . Il n'a cependant pas eu autant d'influence dans ces pays qu'en Europe ou aux États-
Unis. En Amérique latine, il a aussi été considérablement retardé. Depuis peu, on voit cependant des ébauches de mouvements en faveur des droits des femmes se diversifier
dans le monde entier. On peut ainsi citer le congrès sur le féminisme musulman à Barcelone du 3 au 5 novembre 2006, ou encore une série de lois indiennes du
120
25 octobre 2006 qui ont modifié l'essentiel du droit de la famille dans un sens égalitaire .

Aujourd'hui, le féminisme en France lutte pour conserver le droit à l'avortement, il a pour but l'émancipation complète des femmes et la totale égalité entre femmes et
hommes. Il lutte contre la construction de genre qui perpétue le modèle de la domination masculine. Ailleurs le féminisme lutte toujours pour le droit à l'éducation des filles
(parce que près des trois cinquièmes des enfants non scolarisés dans le monde sont des filles), pour l'acquisition de leurs droits politiques, pour la libre disposition de leurs
corps, etc.

Le mouvement masculiniste
Le masculinisme (également appelé hominisme) est un mouvement issu de pays francophones dont le but est d'intégrer la préoccupation de la condition masculine à la
préoccupation de la condition humaine en général.
Certaines revendications masculinistes dénoncent les jugements en matière de divorce ou de séparation qui auraient selon
eux tendance à favoriser les femmes. Le droit des pères, notamment en ce qui concerne la garde des enfants, y serait
insuffisamment reconnu. Ainsi, si d'après Gérard Réverend, président de l'association Les papas=les mamans, à peine 1 père
sur 5 (20 %) demande à avoir la résidence principale de son enfant, en 2009 selon le ministère de la Justice seulement 1
121
enfant sur 12 (8 %) est confié au père contre 74,6 % à la mère et 16,9 % en résidence alternée aux deux parents .

Pour les masculinistes, les violences contre les hommes, en particulier conjugales, ne sont ni reconnues ni combattues par
122
les pouvoirs publics . Au Canada, jusqu'en 1999, seules les femmes étaient interrogées lors d'enquêtes importantes sur la
123, 124, 125, 126
victimisation en milieu conjugal . Ils dénoncent également la sur-mortalité masculine, résultante d'une sous-
prise en compte de la santé des hommes [réf. nécessaire].

Le mouvement queer
Les positions queers (désignant les personnes LGBT, soit les lesbiennes, gays, bisexuels et personnes trans) mettent l'accent
non seulement sur le genre, mais aussi sur tous les phénomènes d'inter-genre ou encore de « troisième sexe » : transidentité
(lorsque le genre subjectivement ressenti entre en conflit avec « le sexe naturel ») [réf. nécessaire], intersexuation
« Vous pouvez serrer messieurs,
(hermaphrodisme, etc.), dragqueens, etc. [réf. nécessaire], et soutiennent que la division même de l'humanité entre hommes
mon corset est en Valeine. » Les
d'un côté, femmes de l'autre, est une bipartition socio-historique ayant des effets de violence symbolique et parfois concrète Dessous Élégants, 1915.
dans l'imposition de catégories juridiques (c'est un homme ou une femme?) pour des personnes intersexuées) [réf. nécessaire].

Les Principes de Jogjakarta réaffirme en citant les mots de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination à l'égard des femmes qu'il faut « abroger l'idée de l'infériorité ou de la supériorité de l'un ou l'autre sexe
127 [réf. souhaitée]
ou d'un rôle stéréotypé des hommes et des femmes » .

Domaines de manifestation du sexisme

Économie et différences salariales


Hijras à New Delhi: une catégorie trans
Concernant les systèmes de retraite, les retraites par capitalisation (fonds de pension) désavantagent [pas clair] traditionnelle de l'Inde. Les différences
mécaniquement les femmes, contrairement aux systèmes par répartition, en étant calculées en fonction de l'espérance hommes/femmes sont-elles naturelles?
128
de vie . Ainsi, au Chili, en 2008, la différence entre une femme médecin et un homme ayant cotisé à un fonds de
pension depuis 1981, date de son instauration par la junte militaire, sur les mêmes bases, était flagrante : 550 euros
128
pour une femme et 945 euros pour un homme . En France, les inégalités sont aussi criantes puisqu'en 2011 selon la DREES, un homme touche en moyenne une pension
129
42 % plus élevée qu'une femme (en moyenne 1603€ pour un homme contre 932€ pour une femme) .

Le BIT préconise une rémunération égale entre les hommes et les femmes (principe À travail égal, salaire égal).

Cependant, toutes les statistiques relatives à la rémunération signalent un net désavantage aux professions historiquement féminines. À
130
poste identique, les salaires des femmes sont souvent inférieurs à ceux des hommes dans plusieurs pays . Des politiques tentent de
pallier ce déséquilibre par la promotion légale de la parité [réf. souhaitée].

L'exercice du pouvoir en entreprise ou en politique est historiquement masculin et possède un salaire élevé [réf. nécessaire].
Infirmier ou infirmière :
une profession
En France historiquement féminine
D'après l'INSEE les salaires des femmes sont en moyenne plus faibles que ceux des hommes à mêmes poste et niveau de formation
131 131
équivalents . Si cette différence de revenus est généralement attribuée aux discriminations , d'après plusieurs études celle-ci serait
liée à la présence d'un enfant dans le foyer familial. Ainsi

En 2012, un rapport de l'OCDE établit qu'en France la différence de salaires entre femmes et hommes travaillant à temps plein dans la tranche 25-44
132
ans était quasiment nulle lorsque aucun enfant n'était présent dans la famille . La différence s'établissait alors à 13 % en défaveur des femmes-
mères par rapport aux hommes-pères lorsqu'un ou plusieurs enfants étaient présents dans le foyer.
En 2016, le cabinet Glassdoor spécialisé sur le marché de l’emploi établit que à poste égal la différence de salaires entre femmes et hommes est
quasiment nulle (0,4 %) lorsque aucun enfant n'est présent dans la cellule familiale. En revanche, les femmes qui ont eu au moins un enfant gagnent
133
12,4 % de moins que les hommes .
La méthodologie des ces études est discutée, ne prenant pas en compte le niveau d'études des sondés, le taux horaires des heures supplémentaires ou encore les
134
performances .

Langage
Les usages linguistiques, comme l'utilisation du masculin grammatical (ou plus rarement du féminin grammatical) dans les langues comportant le neutre ou l'absence de
titres professionnels ne faisant pas référence au genre (voir féminisation des noms de métiers en français) sont également considérés par des linguistes comme Marina
135
Yaguello comme des formes de sexisme.

Droit et politique
En France, malgré de régulières mesures sur la parité, les femmes politiques ne représentaient encore dans les années 2000
qu'une minorité des gouvernants. Leur égalité juridique n'est venue que dans les années 1960-70 (permission d'utiliser un
136
carnet de chèque sans l'autorisation du mari , responsabilité parentale, etc.).

Diverses mesures législatives ont été prises dans plusieurs États pour promouvoir l'égalité homme-femmes. Le Parti
travailliste britannique proposait ainsi, en 2010, la promulgation de l'Equality Bill (en) qui reprendrait la plupart des
mesures promulguées antérieurement, en en ajoutant quelques-unes; le pape Benoît XVI s'est durement opposé à cette
137
proposition de loi .
Fight sexism (« Combattre le
La discrimination fondée sur le sexe est anticonstitutionnelle et illégale dans de nombreux pays. Dans les États-membres du sexisme ») — graffiti sur un mur de
Conseil de l'Europe, elle tombe sous le coup de l'article 8 (vie privée et familiale) et de l'art. 14 de la Convention Turin.
européenne des droits de l'homme. Mais même dans les pays ayant établi l'égalité des sexes dans la loi, il peut rester des lois
conférant une prérogative ou un devoir à un genre plutôt qu'à l'autre, par exemple concernant :

la transmission du nom [réf. nécessaire] ;


les obligations militaires (pour la Cour européenne des droits de l'homme, cf. Konstantin Markin c. Russie, 22 mars 2012 : condamnation pour
violation art. 8 et 14 en raison d'un refus d'accorder un congé parental à un militaire, qui officiait en tant qu'opérateur radio) ;
la dispense de certaines épreuves dans l'accès à certaines professions [réf. nécessaire] ;
l'âge de la retraite [réf. nécessaire] ;
les droits de rentes ou de garde en cas de divorce et de veuvage [réf. nécessaire].
138, 139
ou encore l'existence de services, de lieux réservés à un des sexes .

Justice
54
Pour un même fait, les hommes sont plus souvent présumés coupables, alors que les femmes bénéficient plus souvent de relaxe ;
pour un même fait, les hommes condamnés le sont plus souvent à de la prison ferme, alors que les femmes obtiennent plus souvent de la prison avec
54, 54
sursis ;
54
les femmes bénéficieraient d'une image de victime, mais pas les hommes .
Antoine Mégie, maître de conférence à l'université de Rouen et spécialiste de la justice antiterroriste, note que « d'un point de vue global, la justice est marquée par un biais
de genre quant aux poursuites des femmes et pas seulement dans le domaine du terrorisme ». « Lorsqu'on prend en compte l'idéologie de Daech, on considère que ces
femmes semblent être écrasées par la domination masculine alors même que dans l'histoire de la violence politique, notamment avec Action directe, les femmes ont toujours
140
été centrales. » .

D'après Marc Juston, juge aux affaires familiales à Tarascon, « les juges ne sont pas contre les pères » mais restent dans un « schéma où il est acquis que la mère doit garder
121
son enfant et que le père doit se battre pour obtenir davantage » .

Conditions de travail
141
Les hommes sont plus exposés aux conditions de travail pénibles que les femmes ;
54
les hommes sont plus touchés par les accidents du travail ;
les hommes subissent plus de pressions sur le lieu de travail, où l'on considère qu'il est normal qu'ils finissent tard ou qu'ils travaillent à temps
54
plein ;
les hommes sont victimes de remarques sexistes lorsqu'il est question de leur statut de père au sein de leur emploi. Ainsi Noam Leandri, président de
54
l'Observatoire des Inégalités note que « Peu d'hommes prennent un congé paternité et lorsqu'ils le font, cela peut être perçu de manière négative »

Précarité de logement
142
Les femmes sans-domicile bénéficient de conditions d’hébergement plus stables que les hommes. Ces derniers constituent la quasi-totalité de la population des sans-abri .

Mesures conférant une prérogative ou un devoir à un genre


De telles mesures sont parfois présentées comme étant « positives » envers un genre.

La Constitution Européenne spécifie en son article II-81 qu' « est interdite toute discrimination fondée notamment sur le sexe (...) », mais qui précise en son article II-83 -
spécifique à l'égalité entre femmes et hommes - que « le principe de l’égalité n’empêche pas le maintien ou l’adoption de mesures prévoyant des avantages spécifiques en
143
faveur du sexe sous-représenté » .

Avec comme argument de leur apporter plus de sécurité ou de confort certains pays acceptent l'instauration de mesures en faveur des femmes. Cela peut concerner les
144, 138, 145, 146 147, 148
moyens de transport , les places de parking .

En Chine et en Corée du Nord des mesures similaires ont été prises avec comme argument de faciliter les manœuvres automobiles aux femmes en leur proposant des
149
emplacements plus larges et une signalisation plus voyante .

En France, suite à l'affaire Jacqueline Sauvage un projet de loi proposait de modifier la loi sur la légitime défense pour en exclure le critère de riposte immédiate en cas de
58, 59
violences conjugales lorsque la victime était une femme. La loi n'a jamais vu le jour .

Critiques
139
Ces mesures ont été souvent dénoncées, avec comme argument soit que cela constituerait une discrimination à l'encontre des hommes soit que cela conforterait les
150, 147, 151
clichés de la femme fragile ou maladroite .

Non-mixité
Il s'agit d'une pratique consistant à organiser des rassemblements réservés aux personnes appartenant à un ou plusieurs groupes sociaux considérés comme opprimés ou
discriminés. Lorsqu'ils se réclament de l'anti-sexisme, ces rassemblements excluent la participation de personnes appartenant à d'autres groupes considérés comme
potentiellement discriminants (ou oppressifs) conformément, à la théorie de la dominance sociale — comme les personnes hétérosexuelles, cisgenres ou les hommes —,
avec comme motif de ne pas reproduire les schémas de domination sociale et ainsi libérer la parole.

La non-mixité est utilisée par certains groupes se réclamant de divers courants militants, notamment dans le féminisme, le mouvement LGBT, les mouvements de minorités
de genre.

Cette pratique fait l'objet de critiques, y compris au sein même de ces mouvements, car jugée comme étant excluante et discriminante pour certaines catégories de personnes.

Sexualité et mariage
Les diverses méthodes contraceptives (pilules, préservatifs, stérilets) et l'avortement sont illégaux dans de nombreux pays. La morale dominante et la loi y dénient le plus
souvent à la femme un pouvoir de disposition total de son corps en matière de procréation [réf. nécessaire]. Dans ces pays le divorce peut y être limité, notamment au divorce
pour faute à la demande du mari. Certaines sociétés admettent également des sévices corporels à l'encontre des femmes, à la discrétion du mari [réf. nécessaire].

En France le divorce fait polémique, notamment concernant le droit de garde des enfants. Sur ce point, en 2013 une étude du Ministère de la Justice démontre que dans
152
toutes les configurations de divorce concernant un ou plusieurs enfants, les pères sont désavantagés par rapport aux mères .

Polygamie

La polygamie est presque toujours exclusivement polygyne (un homme pour plusieurs femmes).

La polyandrie n'existe que dans quelques rares sociétés comme les Guanches aux îles Canaries, ainsi que dans des peuples minoritaires ou aux faibles effectifs (comme au
153
Mali) .

Un peu moins d'un tiers des pays tolèrent la polygynie sans l'encourager ouvertement. C'est le cas non seulement de la totalité des pays à forte population musulmane (à
l'exception de la Turquie et de la Tunisie où la polygamie est interdite), mais également de quelques pays animistes africains. Quelques États autorisent aussi la polyandrie.

Selon Jacques Attali (Amours. Histoires des relations entre les hommes et les femmes, 2007), « la polygynie est encore autorisée - ou tolérée - aujourd'hui, dans des pays
représentant près du tiers de la population de la planète. Seulement 10 % des hommes y ont plusieurs femmes, essentiellement les plus riches ». À titre d'exemple, un des
pays à autoriser la polygamie est le Qatar où pourtant, il y a déjà un manque de femmes. En effet, au Qatar, il y a 3,39 fois plus d'hommes que de femmes (voir CIA
Factbook Qatar)... Autre exemple, l'Inde où il y a pourtant un manque criant de femmes (CIA Factbook Inde).

Chez les Juifs ashkénazes, la polygamie a définitivement été interdite pour les Juifs ashkénazes au XIe siècle par Rabbenu Gershom, l'un des pères de la tradition rabbinique
ashkénaze. Cette interdiction a également été adoptée par les Juifs séfarades.

Religion
La majorité des grandes religions actuelles, dans leurs textes fondateurs ou leurs pratiques, attribuent des fonctions différentes à la femme et à l'homme. C'est le cas pour les
154 154
trois religions monothéistes : christianisme, judaïsme, islam . C'est aussi le cas de l'hindouisme , du bouddhisme, ou du confucianisme [réf. nécessaire], mais pas celui de
la religion bahá'íe. Plusieurs contre-exemples se trouvent dans des religions anciennes, telles que l'ancienne religion égyptienne, le shintoïsme à ses origines, l'ensemble des
cultes de la période néolithique, et dans des créations récentes telles que la Wicca, ou néo-paganisme. Les religions des cultures amérindiennes matrifocales, toujours
pratiquées aujourd'hui par des amérindiens et des adhérents du néopaganisme, s'articulent autour d'une égalité dans la différence, voire d'une certaine prédominance de la
femme et de la Nature, tandis que les hommes trouvent leur place à la périphérie (chasse, défrichage, affaires diplomatiques) [réf. nécessaire]. La réalité politique
contemporaine des réserves amérindiennes, entourées de systèmes capitalistes et patriarcaux, fait en sorte que ces rôles périphériques, autrefois subordonnés à la gestion
surtout féminine du politique et du sacré, deviennent prépondérants et contribuent à subvertir ces religions amérindiennes matrifocales [réf. nécessaire].

Certaines religions amérindiennes encouragent le jeu avec les rôles sociaux de genres [réf. nécessaire].

Évolution de la représentation de la femme dans l'histoire des religions

À l'époque néolithique, la majorité des divinités étaient féminines [réf. nécessaire], la capacité d'enfanter étant probablement ressentie comme magique, et liée
symboliquement à la fertilité de la terre [réf. nécessaire]. Selon Élisabeth Badinter, la divinisation des femmes connait son apogée avec le développement de l'agriculture, pour
ensuite connaître une période de basculement vers, dans un premier temps, une parité des statuts entre les IVe et IIe millénaires av. J.-C. puis vers les religions
« monothéistes et mâles » concomitantes à l'avènement du patriarcat. Élisabeth Badinter met en doute l'explication de Jean Przyluski, qui y voit les conséquences de la
découverte des mécanismes de la sexualité et attribue notamment cette évolution à la montée d'une classe guerrière à l'âge du bronze, soit mixte comme dans le cas des
155
celtes, soit essentiellement masculine .
Dans le cas du shintoïsme, c'est Amaterasu, la déesse-mère, qui est la divinité à l'origine du monde. Dans l'ancienne Europe, du paléolithique au néolithique, Marija
156
Gimbutas relève elle aussi, à travers l'analyse de l'art, de nombreux cas de cultes dédiés aux divinités féminines . Dans l'hindouisme, on trouve un contre-exemple avec la
157
persistance du culte de la déesse-mère avec les traditions liées aux kumaris dans la vallée du Népal .

La légende du Livre des Anciens, présentée par Hiramash dans La Magie d'Hénok, se sert du mythe égyptien de la lutte entre Horus et Seth pour symboliser le renversement
du pouvoir matriarcal (Seth) au profit du pouvoir patriarcal (Horus) il y a environ 7000 ans de cela. Cette légende contemporaine, mêlant mythologie égyptienne et lecture
originale du Livre d'Hénoch, avance une thèse d'anthropologie politique, expliquant que les États, nécessairement policiers et gaspilleurs des ressources naturelles, sont une
création typiquement masculine et patriarcale qui va à l'encontre du fonctionnement naturel du cerveau humain, fait pour évoluer dans des groupes de moins de quarante
personnes sur le mode coopératif. C'est pourquoi, selon cette légende, la notion d'État est à terme condamnée, quelle que soit son utilité et sa légitimité philosophique. C'est
cette domination masculine qui fait passer pour indispensables les valeurs de bestialité et de hiérarchie sociale que connaissent la plupart des sociétés contemporaines.

Notes et références

Notes
1. La pénibilité, physique, est entendue par le fait de travailler de nuit, d'avoir un travail répétitif, d'avoir un travail physiquement exigeant et enfin d'être en
présence de produits nocifs, le tout de manière quasi-permanente (enquête Santé et itinéraire professionnel).

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typically against women, on the basis of sex".
« Sexism », dans Encyclopædia Britannica, Online Academic Edition, 2015 Defines sexism as "prejudice or discrimination based on sex or gender,
especially against women and girls". Notes that "sexism in a society is most commonly applied against women and girls. It functions to maintain
patriarchy, or male domination, through ideological and material practices of individuals, collectives, and institutions that oppress women and girls
on the basis of sex or gender."
Ann E. Cudd et Leslie E. Jones, « Sexism », dans A Companion to Applied Ethics, London, Blackwell, 2005 Notes that Modèle:"'Sexism' refers to a
historically and globally pervasive form of oppression against women."
Gina Masequesmay, « Sexism », dans JodiO'Brien, Encyclopedia of Gender and Society, SAGE, 2008 Notes that "sexism usually refers to
prejudice or discrimination based on sex or gender, especially against women and girls". Also states that "sexism is an ideology or practices that
maintain patriarchy or male domination".
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and women are constitutionally different, sexism takes these differences as indications that men are inherently superior to women, which then is
used to justify the nearly universal dominance of men in social and familial relationships, as well as politics, religion, language, law, and
economics."
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106. MCNAIR B., Mediated Sex: Pornography and Postmodern Culture, London & New York: Arnold, 1996
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110. « Hypersexualisation: "Certaines mères instrumentalisent leur fillette innocente" » (http://www.lexpress.fr/styles/psycho/hypersexualisation-certaines-mer
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118. Brugeilles, Cromer et Cromer, « Les représentations du masculin et du féminin dans les albums illustrés ou Comment la littérature enfantine contribue à
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121. Lucie Soullier, « Pourquoi les pères divorcés obtiennent rarement la garde de leurs enfants », L'express, 18 février 2013 (lire en ligne (http://www.lexpres
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122. Hommes battus, les oubliés des violences conjugales (http://www.francesoir.fr/dossier/2007/11/09/hommes-battus-les-oublies-des-violences-conjugales.
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123. Enquête sur la violence envers les femmes effectuée par Statistiques Canada en 1993
124. Enquête publiée par le Comité canadien sur la violence faite aux femmes au début des années 1990
125. La violence envers les conjointes dans les couples québécois, 1998 produite par l'Institut de la statistique du Québec et publiée en 2003
126. La nécessaire compréhension entre les sexes, Paul-Edmond Lalancette, Québec, 2008, (ISBN 978-2-9810478-0-9) [réf. non conforme]
127. Le Préambule des Principes de Jogjakarta
128. Manuel Riesco, Séisme sur les retraites en Argentine et au Chili (http://www.monde-diplomatique.fr/2008/12/RIESCO/16613), Le Monde diplomatique,
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129. « Etat des inégalités femmes-hommes concernant les retraites » (http://retraites-femmes.fr/pourquoi-cette-campagne/etat-des-inegalites-femmes-homme
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131. Les inégalités de salaires hommes-femmes : du temps de travail aux discriminations (http://www.inegalites.fr/spip.php?article972&id_mot=104)
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133. https://www.20minutes.fr/societe/1848263-20160519-france-femmes-enfant-mieux-payees-meres
134. https://www.bustle.com/articles/149657-demystifying-the-gender-pay-gap-report-from-glassdoor-seeks-to-shed-new-light-on-the-causes
135. Marina Yaguello, Les mots et les femmes, Paris, Payot & Rivages, 2002.
136. carnet de chèques pour les femmes (http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=31643) Le guichet du savoir, 14 novembre 2008
137. Martin Beckford, Pope attacks Labour laws on equality (https://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/politics/7133053/Pope-attacks-Labour-laws-on-equ
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138. http://madame.lefigaro.fr/societe/compagnie-aerienne-indienne-vistara-place-du-milieu-plus-attribuee-aux-femmes-manspreading-080817-133549
139. http://www.g-e-s.fr/base-de-documentation/actions-en-cours/campagne-pour-la-desexuation-des-places-de-parking-2016/
140. https://www.franceinter.fr/proces-des-bonbonnes-de-notre-dame-cette-affaire-a-transforme-la-politique-penale
141. http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FHPARIT12j_F3travail.pdf
142. « L’hébergement des sans-domicile en 2012 », Le Monde, 2 juillet 2013 (lire en ligne (https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281324), consulté le
11 mai 2018).
143. http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank_mm/dossiers_thematiques/referendum_2005/3tce.pdf
144. https://www.voyages-sncf.com/services-train/intercites-confort-tranquilite-nuit
145. https://www.valeursactuelles.com/societe/allemagne-des-wagons-reserves-aux-femmes-dans-les-trains-60495
146. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/04/28/97001-20100428FILWWW00397-malaisie-des-wagons-reserves-aux-femmes.php
147. http://madame.lefigaro.fr/societe/des-places-de-parking-reservees-aux-femmes-une-mesure-sexiste-040815-97667
148. http://www.lequotidien.lu/politique-et-societe/des-places-de-parking-reservees-aux-femmes-au-luxembourg
149. https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/01/05/un-parking-pour-femmes-avec-des-places-de-stationnement-plus-larges_1287554_3216.html
150. http://www.aufeminin.com/news-societe/allemagne-des-places-de-parking-reservees-aux-femmes-font-polemique-s1514919.html
151. http://www.lequotidien.lu/politique-et-societe/des-places-de-parking-reservees-aux-femmes-au-luxembourg
152. https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/12/12/la-garde-alternee-pour-les-enfants-de-parents-separes-progresse-lentement_4333117_3224.html
153. Voir les articles Polygamie et Polyandrie
154. Monique Dumais, « L’autre salut : femmes et religions », Recherches féministes, Revue Recherches féministes, vol. 3, no 2, 1990, p. 1-10 (ISSN 1705-
9240 (http://worldcat.org/issn/1705-9240&lang=fr), DOI 10.7202/057603ar (https://dx.doi.org/10.7202%2F057603ar), résumé (http://id.erudit.org/iderudit/
057603ar), lire en ligne (http://www.erudit.org/revue/rf/1990/v3/n2/057603ar.pdf))
155. Élisabeth Badinter, L'un est l'autre. Des relations entre hommes et femmes
156. (en) M. Gimbutas, The Language of the Goddess, Londres, Thames and Hudson, 1989, 388 p. (ISBN 0-500-01480-9)
157. (en) M.R. Allen, « Kumari or "Virgin" Worship in Kathmandu Valley », Contribution to Indian Sociology Delhi, vol. 10, no 2, 1976 (résumé (http://cat.inist.f
r/?aModele=afficheN&cpsidt=12779562))

Voir aussi

Bibliographie
Asylon(s) numéro 1, octobre 2006 (dir. Jane Freedman), cf. entre autres Jérôme Valluy, « Les persécutions spécifiques aux femmes : Quelles
connaissances ? Quelles mobilisations ? Quelles protections ? » [lire en ligne (http://www.reseau-terra.eu/rubrique102.html)]
Évelyne Sullerot, Quels pères ? Quels fils ? chez Fayard - réédition 1995 en livre de poche).
Christiane Olivier, Les fils d'Oreste, ou la question du père (Flammarion 1994)
Élisabeth Badinter, XY - De l'identité masculine (réédition livre de poche 1995).
Nicole Bédrines, Régine Lilensten, Claude Rose Touati, Idées reçues sur les femmes, coll. « Anthologie de l'humour involontaire », éd. Hier et
demain, 1978, 192 p. - (ISBN 978-2-7206-0047-0)
Jacqueline Feldman, Le Jeu du dictionnaire: sexualité et sexisme du Petit Larousse, coll. « Esquisse », Montréal, Éditions l'Étincelle, 1981, cop. 1980,
175 p. (ISBN 2-89019-162-1)
Irigaray, L. (1990), Sexes et genres à travers les langues, Paris, Grasset & Fasquelle
Niedzwiecki, P. (2000), Le Langage au Féminin, Paris, Castells Éditions.
Silencieuse(s), BD de Salomé Joly et Sibylline Meynet
Dossiers, monographies

Dossier de l'Express (http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/violenceconju/dossier.asp?ida=433633) sur les violences conjugales, introduit par un


article d'Élisabeth Badinter
Racisme et sexisme ; Femmage à Véronique De Rudder, Nicole-Claude Mathieu et Colette Guillaumin, Journal des anthropologues 2017/3-4 (n° 150-
151), 320p ; Éditeur : Association Française des Anthropologues (ISSN 1156-0428 (http://worldcat.org/issn/1156-0428&lang=fr))
Articles connexes
Angry white male
Antiféminisme
Condition masculine
Culture du viol
Déficit de femmes
Droit des femmes
Égalité des sexes
Féminicide
Genrisme
Hétérosexisme
Intersectionnalité
Masculinisme
Masculinité
Matriarcat
Misandrie
Patriarcat
Rôle de genre
Séparation des sexes
Cybersexisme
Sexisme dans le jeu vidéo
Sexisme en Inde
Sexisme sur Wikipédia
Test de Bechdel
Test de Finkbeiner
Violences conjugales
Violences sexuelles au travail

Lien externe
Notices d'autorité :
Bibliothèque nationale de France (http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb126475549) (données (http://data.bnf.fr/ark:/12148/cb126475549)) ·
Bibliothèque du Congrès (http://id.loc.gov/authorities/sh85120591) · Gemeinsame Normdatei (http://d-nb.info/gnd/4116483-0) ·
Bibliothèque nationale de la Diète (http://id.ndl.go.jp/auth/ndlna/01075698)

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