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SAS (série littéraire)

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Pour les articles homonymes, voir SAS.

SAS

Auteur
Gérard de Villiers
Pays
France
Genre
Aventures, Espionnage
Date de parution
1965-2013

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SAS est une série de romans d'espionnage (deux cents ouvrages publiés
entre 1965 et octobre 2013) écrite par Gérard de Villiers, parfois qualifiés de « romans de gare »
à cause de leur style léger et de leur lecture rapide. La série est intitulée ainsi en référence au
prédicat honorifique Son Altesse Sérénissime du héros de la collection, Malko Linge.
Selon la Revue des deux Mondes, « si l'on mesurait le talent au nombre d'exemplaires vendus,
SAS écraserait James Joyce au compteur (...) et SAS tient, dans l'imaginaire national, une place
qu'occupe James Bond chez nos voisins d'Outre-Manche »1.
Les quatre premiers romans de la collection SAS parurent d'ailleurs simultanément sous une
présentation fortement similaire à celle des James Bond en plein succès à la même époque :
couverture en bristol blanc comportant juste, outre le nom de l'auteur et le titre, un dessin au trait
du personnage principal.

Sommaire

 1Titres de la série
 2Contenu et caractéristiques des romans
 3Structure habituelle des romans
o 3.1Introduction
o 3.2Développement et fin
o 3.3Sort des personnages féminins
 4Personnages récurrents
 5Publication
 6Couverture des livres
 7Éditions étrangères
 8Publicité
 9Adaptations au cinéma et en bandes dessinées
 10Notes et références
o 10.1Notes
o 10.2Références
 11Voir aussi
o 11.1Articles connexes
o 11.2Liens externes
Titres de la série[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Liste des romans de SAS.

Contenu et caractéristiques des romans[modifier | modifier le code]


Le héros de la collection, Malko Linge, est un agent de la CIA et un prince autrichien, propriétaire
du château de Liezen2 et fiancé à Alexandra Vogel, une blonde sulfureuse. La référence
au Special Air Service n'est pas loin car Malko est un soldat souvent envoyé en territoire ennemi.
Ces romans ont la particularité de mêler voyages exotiques, sexe et intrigue violente. Les propos
sont parfois considérés comme racistes envers certaines populations, ou plus exactement
certaines cultures. La cible privilégiée de Gérard de Villiers est le communisme, mais on a vu
Malko combattre avec une égale conviction des nazis expatriés3, des néonazis, des escadrons
de la mort, des narco-trafiquants, des islamistes radicaux et toutes sortes de méchants, dépeints
sans complaisance. De même, bien que Malko soit agent de la CIA, certaines dérives de cette
organisation ou de la politique extérieure des États-Unis ne sont pas tues. Chaque roman tente
de coller au plus près de l'actualité immédiate.
Chaque ouvrage donne l'impression que l'auteur fait preuve d'une grande précision documentaire
et d'une connaissance privilégiée de la géopolitique. Le lecteur peut avoir l’impression d’une
découverte, d’une plongée dans la réalité, que lui dissimuleraient les médias.
Plusieurs romans concernent des coups d'État ayant eu lieu (L'ordre règne à Santiago), ou ayant
avorté (Putsch à Ouagadougou) ; d'autres évoquent l'assassinat programmé de personnalités
politiques de premier plan (Kill Henry Kissinger ! (SAS no 34), Mort à Gandhi (SAS no 81), Tuez
Rigoberta Menchu (SAS no 110), Tuez le Pape (SAS no 142), Tuez Iouchtchenko (SAS no 158).
Le tome 194 (Le Chemin de Damas - seconde partie) se termine sur un coup de théâtre : Malko
désobéit aux ordres donnés et fait volontairement échouer une mission tendant à organiser un
coup d'État contre Bachar El-Assad.
Le dernier volume de la série (La Vengeance du Kremlin - no 200 - 2013) est tout à fait
représentatif de la plausibilité des informations de l'auteur et de la qualité de ses enquêtes. Dans
cet épisode en effet, il est question du suicide d'un oligarque russe, Boris Berezovski, réfugié à
Londres. L'enquête menée par Malko conclut à un meurtre, contrairement à la version officielle.
Cinq mois après la publication de cette aventure, la justice britannique reconnaît que l'éventualité
d'un meurtre n'est pas à écarter et paraît plausible4.

Structure habituelle des romans[modifier | modifier le code]


Introduction[modifier | modifier le code]
De nombreux romans commencent par une introduction très agressive :

 un chantage5 ;
 un suicide par défenestration6 ;
 un meurtre par étranglement7,8 ;
 un meurtre par étranglement dans un ascenseur9 ;
 un interrogatoire avec tortures suivi de meurtre10 ;
 un assassinat par balle11 ;
 un assassinat par empoisonnement12 ;
 un assassinat par égorgement13 ;
 un assassinat par décapitation14 ;
 un viol15 ;
 un viol suivi d'un double assassinat16 ;
 un attentat terroriste17 ;
 l'explosion d'une voiture piégée18 ;
 un détournement d'avion19 ;
 l'empoisonnement à grande échelle des habitants d'une ville américaine 20 ;
 la perte d'un navire ou d'un sous-marin21 ;
 un homme qui se fait dévorer par une panthère22 ;
 un homme qui se fait écraser le corps par un éléphant23 ;
 la mise en place d'une intrigue mettant en scène :
 l'arraisonnement d'un navire chargé d'armes18 ;
 un ordre difficile à exécuter venu d'un chef d'État24 ;
 la perte d'un engin spatial25 ;
 le passage à l'Ouest d'un transfuge soviétique 26.
Développement et fin[modifier | modifier le code]
Le développement de chaque roman est très souvent émaillé de scènes de violences
entrecoupées de scènes sexuelles ou de torture, avec de multiples rebondissements.
La fin de chaque roman donne lieu, très souvent, à une conclusion amère et sans illusions.
Sort des personnages féminins[modifier | modifier le code]
Dans de nombreux romans, une femme courageuse qui a grandement aidé Malko est assassinée
ou grièvement blessée par ceux qu'il combat. À titre d'exemples : Lili Hua27 ; Jill28 ; Carole Ashley ;
Phœbe29 ; Po-yick30 ; Daphné31 ; Mary-Linh et Chi-Tu32 ; Swanee33 ; Birgitta34 ; Solweig9 ; Anjeli et
Jane35 ; Oliveira36 ; Jennifer7 ; Tina37 ; Androula 38 ; Ann Grimm10 ; Leïla Galata 39 ; Jessica40 ; Jane
Baron et Sopia Sen41 ; Galina42 ; Zahra Sirb43 ; Nada, Tamara et Slavica44 ; Dorothy45 ;
Ruxandra46 ; Nilufer, Mimoza et Sergueva47 ; Larissa et Irina48 ; Marina 49 ; Maureen Kieffer50.

Personnages récurrents[modifier | modifier le code]


Si Malko Linge est le héros de la série, il est aidé par plusieurs personnes : Chris Jones et Milton
Brabeck, ses gardes du corps de la CIA (« baby sitters ») qui interviennent dans un tiers des
romans environ, ainsi que par Elko Krisantem, son majordome turc, ancien tueur à gages.
Malko a comme correspondants au niveau décisionnel de la CIA, David Wise (Directeur de la
Division des Plans et Opérations) dans les romans des années 1960 et 1970 ; son interlocuteur,
à partir du milieu des années 1990, est Frank Capistrano.
Alexandra Vogel, la compagne de Malko, apparaît parfois dans certains ouvrages, ou est
évoquée lorsque Malko la trompe, le plus souvent sans aucun état d'âme.
Malko rencontre dans ses aventures des femmes « croqueuses d'hommes » :

 la comtesse Samantha Adler (Amok à Bali, Le Bal de la comtesse Adler) ;


 Mandy Brown (Carnage à Abu Dhabi, Coup d'État au Yémen, Arnaque à Brunei, Les Canons
de Bagdad, Au nom d'Allah). Dans le roman Opération Lucifer (SAS no 122, 1996), il est
indiqué, au sujet de Malko : « Il songea que s'il avait écouté toutes les somptueuses salopes
croisées au cours de ses missions, de Mandy Brown à Exaltation Garcia, il aurait pu
constituer un harem » (chapitre 17, p. 223).

Publication[modifier | modifier le code]


Dans le numéro 3758 de la Revue des deux Mondes, paru en juillet-août 2014, ayant pour
principal sujet d'étude et de réflexions la série SAS, portant le titre : « G. de Villiers : enquête sur
un phénomène français », un article de Robert F. Worth (en), Le romancier qui en savait trop,
initialement publié dans The New York Times du 30 janvier 2013, affirme : « Bien que Gérard de
Villiers soit pratiquement inconnu aux États-Unis, ses éditeurs estiment que la série SAS s'est
vendue à environ 100 millions d'exemplaires dans le monde, ce qui en ferait l'une des séries les
plus vendues de l'histoire, comparable aux James Bond de Ian Fleming. SAS remporte sans
doute la palme de la longévité des séries de fiction écrites par un seul et même auteur. » 51.
D'après un article52 paru dans l'édition du 3 janvier 2007 du journal Libération, chaque volume
serait tiré à plus de 200 000 exemplaires à sa sortie. Gérard de Villiers publiant cinq ouvrages par
an, et tous les stocks étant rapidement épuisés au bout de quelques mois chez les revendeurs
agréés, Gérard de Villiers vendrait ainsi plus d'un million d'exemplaires par an uniquement en
France.
Les romans, qui ont été publiés par Plon puis par les éditions Gérard de Villiers, paraissent au
rythme de quatre par an à partir de 1969 puis cinq par an à compter de 2007 ; ils sont vendus en
librairie, notamment dans les gares) ou par abonnement. Des recueils thématiques de plusieurs
romans sont également disponibles, ainsi qu'une anthologie de passages érotiques.
À plus de 80 ans, Gérard de Villiers continuait à sillonner le monde avant d'écrire chaque épisode
de la série. Un voyage s'est notamment déroulé au 2e trimestre 2012 au Mali, en vue de la
préparation du tome 195 Panique à Bamako53. À l'occasion de la parution de cet ouvrage, Jeune
Afrique a mis en ligne une longue interview de Gérard de Villiers (écrite et en vidéo)54.
Un article de janvier 2013, paru dans The New York Times revient aussi sur la longue et
prolifique carrière de l'auteur55 et sur l'intérêt que portent les services secrets du monde entier à
ses écrits. En effet, certains des événements décrits dans les aventures de Malko se sont
étrangement reproduits, parfois presque à l'identique. Ainsi Le Chemin de Damas, tomes 1 et 2
parus en 2012, est considéré comme prophétique. Le quotidien y déclare entre autres : « (Le
roman) décrit une attaque visant un des centres de commandement du régime syrien, près du
palais présidentiel à Damas, un mois avant qu'une attaque en tout point semblable ne tue
plusieurs cadres du régime, s'enthousiasme l'auteur de l'article. C'était prophétique, m'a confié un
spécialiste du Moyen-Orient, fin connaisseur de la Syrie, qui préfère ne pas être nommé. Ce livre
vous donne une vision claire de l'ambiance qui règne au sein du régime, de la façon dont les
acteurs agissent, d'une façon que je n'avais jamais vue auparavant. »56
En octobre 2013 paraît le 200e et dernier opus de la série, l'auteur étant décédé le 31 octobre
2013 et ne souhaitant pas que son héros lui survive57.
Depuis le début de la série, le succès était au rendez-vous. On estime qu'entre 120 et 150
millions d'exemplaires de SAS ont été ainsi vendus58.

Couverture des livres[modifier | modifier le code]


Les toutes premières couvertures étaient blanches avec un dessin simple au trait, toujours le
même, et un titre écrit en majuscules, très semblables dans leur design à celles des James
Bond de la même période. Les quatre premiers titres furent lancés en même temps, accréditant
l'idée d'une série destinée à durer. Le dos et le coin inférieur droit de la couverture des premières
éditions comportaient une effigie de James Bond, à la base de laquelle s'incrustait le nom de
l'éditeur (Plon).
Les couvertures des éditions récentes sont noires et comportent la photographie d'une femme
munie d'une arme à feu. Cette photographie est détourée selon la forme des initiales SAS (et
pour l'édition allemande avec la seule lettre M - pour Malko). La personne photographiée peut
évoquer un personnage du livre, sans être pour autant en relation avec le titre (par exemple sur
la couverture des Amazones de Pyongyang est visible l'une des Nord-Coréennes auxquelles fait
référence le titre, L'Ange de Montevideo expose une femme qui se déguise en religieuse, La
Blonde de Pretoria présente une femme noire et brune).
Plus tard, dans les années 2000, un commentaire succinct écrit de la main de Gérard de Villiers à
l'encre dorée apparaît sous la photo.
Parmi les différents photographes ayant collaboré à ces couvertures on peut citer Helmut
Newton, Francis Giacobetti et plus récemment Thierry Vasseur59. Depuis 2010, le
photographe Christophe Mourthé a repris la série.

Éditions étrangères[modifier | modifier le code]


En Italie les traductions sont publiées depuis 1968 par Arnoldo Mondadori Editore dans la
collection Segretissimo (it).
Aux États-Unis, une douzaine de titres a été publiée dans les années 197060 (Pinnacle Books).
En 2014, Vintage Books publie deux romans SAS en américain, The Madmen of Benghazi (Les
Fous de Benghazi) et Chaos in Kabul (Sauve-qui-peut à Kaboul), dans une traduction de William
Rodarmor. D'autres titres ont suivi.

Publicité[modifier | modifier le code]


L'auteur fait assez fréquemment de la publicité pour certaines marquesnote 1. Au début, il s'agissait
uniquement de promouvoir une compagnie aérienne scandinavedont le sigle (SAS) était
identique à celui de la série :
Magie noire à New York, 1968, chapitre V, pages 34–35 :
« En dépit du confort du DC-8 des Scandinavian Airlines qui l’avait amené de New York à
Copenhague en six heures, il n’avait pas fermé l’œil de la nuit, tournant et retournant son
problème dans sa tête. Le copieux petit déjeuner servi par une belle hôtesse blonde ne l’avait
pas remis d’aplomb. … Dans une chambre de repos mise à la disposition des passagers par les
Scandinavian Airlines, il avait pris une douche et s’était rasé. Deux heures plus tard
somptueusement enfoncé dans un fauteuil de première d’une Caravelle de la Scandinavian, il
décollait pour Vienne. Même le repas gastronomique n’avait pas réussi à lui rendre son allant.
C’était pourtant bon de retrouver la viande cuite à l’européenne, du vin vieux - il avait vidé
presque entièrement une bouteille de Mouton Rothschild 1955 - et le service impeccable d’un
grand palace. »
Après Malko voyage sur UTA :
Escale à Pago-Pago, 1969, chapitre I, page 8 :
« La Nouvelle-Calédonie, c'était déjà le bout du monde, mais enfin les confortables DC-8 de
l'UTA vous y emmenaient facilement d'Europe ou de Los-Angeles. »
Idem, chapitre III, page 2161 :
« Vingt-huit heures de jet, même dans les DC-8 confortables de l'UTA, cela secouait un
homme. »
Par la suite, une compagnie aérienne française fait voyager Malko.
Voir Malte et mourir, 1979, chapitre II, page 14 :
« Pour tromper son attente, Malko se plongea dans un dépliant posé sur la table. « Air France
Vacances ». Cela lui donna brutalement envie de partir. De s’évader de ce petit bureau et de sa
vie pleine de contraintes et de dangers. Il parcourut le document. Aux prix proposés par Air
France, il pouvait même emmener Krisantem. 2 000 frs pour les Antilles, 990 frs pour Athènes, 1
100 frs pour Istanbul, tout cela au départ de Paris-Roissy. C’était un moyen élégant de remercier
le Turc de ses bons et loyaux services, sans le forcer à prendre un charter à la fiabilité douteuse.
Il acheva de lire le dépliant stupéfait. À son retour de Malte, il pourrait aller faire un saut à New
York en repassant par Paris, pour 1 900 frs ! Moins de 400 dollars. C’était incroyable de pouvoir
s’offrir de tels prix alors que tout augmentait partout. »
Les romans, par le biais du personnage du prince Malko Linge, promeuvent d'abord une marque
de champagne, avant[Quand ?] de vanter les mérites d'une société française qui vend des
équipements aux professionnels de la sécurité.

Adaptations au cinéma et en bandes dessinées[modifier | modifier le


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La série a connu deux adaptations au cinéma :
 SAS à San Salvador, réalisé par Raoul Coutard, sorti en 1982,
 SAS : L'Œil de la veuve réalisé par Andrew V. McLaglen, sorti en 1991.
Certains romans ont par ailleurs fait l'objet d'adaptations en bande dessinée :

 d'abord par les éditions Arédit/Artima dans la série Flash espionnage :


 Samba pour SAS (1973)62,
 SAS à Istanbul (1976)63,
o o
 Opération apocalypse (Flash espionnage n 8064 et n 8165, 1977).
 puis par les éditions Glénat66 :
 Pacte avec le diable (2006),
 Le Sabre de Bin-Laden (2006),
 Mission Cuba (2007),
 Bin Laden, la traque (2007),
 Polonium 210 (2008),
 L’Espion du Vatican (2008).