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Ecole Nationale d’Ingénieurs de S ousse

Chapitre

4 Eléments de liaison mécanique 
 

I. Liaison par filetage 
Un assemblage par éléments filetés comprend : 
‐ une ou plusieurs vis (le filetage intérieur étant réalisé dans l’une des pièces assemblées, 
‐ une ou plusieurs vis avec les écrous correspondants, constituant des boulons, 
‐ il est souvent adjoint, dans l’un et l’autre cas, une ou plusieurs rondelles. 

I.1. Filetage 
Un filetage est obtenu à partir d’un cylindre ou d’un trou sur lequel ont été réalisées une ou plusieurs 
rainure hélicoïdale. La partie restante est appelée filet. On dit qu’une tige est filetée extérieurement ou 
filetée et qu’un trou est fileté intérieurement ou taraudé.  
En  construction  mécanique,  les  filetages  sont  souvent  utilisés.  Ils 
permettent d’assembler d’une manière démontable deux pièces ou 
de  transmettre  un  mouvement.  Une  tige  filetée  est  aussi  appelée  Tige filetée Trou taraudé

vis et un trou taraudé écrou. 
 
Caractéristiques : 
Le diamètre nominal correspond au plus grand diamètre du filetage (φd) ou du taraudage (φD). 
Le pas est la distance qui sépare deux sommets consécutifs d’une même hélice. 
Il existe plusieurs types de profil du filet :  

triangulaire trapézoïdal rond carré


 
Le profil métrique ISO à filet triangulaire est utilisé pour la majorité des pièces filetées. 

Pas Pas

 d  D

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Si  on  observe  une  vis  avec  un  filetage  à  droite,  le  filet  monte  en  allant  de  la  gauche  vers  la  droite  et 
inversement pour un filetage à gauche. Le serrage d’une vis à droite est réalisé en tournant la tête dans 
le sens des aiguilles d’une montre et inversement pour une vis à gauche. 
Habituellement un filetage ne comporte qu’un filet. Toutefois, sur un même cylindre, on peut exécuter 
plusieurs filets. 

 
Désignation d’un filetage : 
Symbole M suivi du diamètre nominal et du pas séparés par le signe de multiplication. 
Exemple : M8 x 1,25  Filetage à profil métrique de diamètre nominal 8 et de pas 1,25. 
 
Représentation et cotation d’un élément fileté : 

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I.2. Vis d’assemblage 
Les  vis  d’assemblage  sont  utilisées  pour  réunir  deux  ou  plusieurs  pièces  les  unes  sur  les  autres  par 
pression mutuelle. Le serrage le plus énergique est obtenu par les têtes hexagonale H et carrée Q. La vis 
à  tête  cylindrique  à  six  pans  creux  CHC  présente  l’avantage  de  pouvoir  être  logée  ou  noyée  dans  un 
lamage. Les vis à tête fraisée (F, FB, FHC) permettent des centrages éventuels. Les vis à fente (C) ont pour 
avantage la simplicité (serrage par tournevis) et peuvent être facilement noyées. 
 

 
 
Désignation d’une vis d’assemblage : 
Type de vis Md x l ‐ classe de qualité 
Exemple : Vis à tête hexagonale M12 x 80 – 4.6  Vis H, d = 12, l = 80, classe 4.6. 

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I.3. Vis de pression, de guidage ou d’arrêt 
La forme adaptée de ces vis permet d’assurer différentes fonctions mécaniques : pression, blocage, etc. 
Pour les petits mécanismes faiblement sollicités, elles peuvent servir de vis d’arrêt ou de guidage. 

Vis de pression Vis de guidage Vis d’arrêt

Pour ces vis, il existe plusieurs modes d’entraînement (tête hexagonale réduite HZ, tête carrée réduite 
QZ, sans tête à six pans creux HC, etc.) et plusieurs types d’extrémités. La vis à téton court (TC) permet 
d’effectuer un serrage énergique, la vis à téton long (TL) permet d’effectuer un guidage en translation, la 
vis  à  bout  tronconique  (TR)  est  utilisée  dans  le  cas  d’un  positionnement  précis  ou  pour  effectuer  un 
guidage en rotation, la vis à bout plat (PL) est utilisée pour des serrages fragiles et peu fréquents, la vis à 
bout cuvette (CU) améliore l’adhérence et interdit tout déplacement. 

 
Exemple de désignation d’une vis de pression, guidage ou arrêt : 
vis sans tête ISO 4766–M5x12–14H (sans tête fendue, bout plat, d = 5mm, L = 12mm, qualité 14H) 

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I.4. Ecrou 
I.4.1. Ecrous de serrage manœuvrés par clés ou à la main 
L’écrou  hexagonal  H  est  le  plus  utilisé.  L’écrou  borgne  protège  l’extrémité  des  vis  contre  les  chocs. 
L’écrou a portée sphérique autorise des défauts limites de perpendicularité, il s’utilise avec une rondelle 
a portée sphérique. L’écrou à embase évite l’emploi d’une rondelle.  
Les  écrous  serrés  à  la  main  sont  utilisés  pour  un  démontage  rapide,  sans  outils  appropriés  et  ne 
nécessitant pas de forts couples de serrage. L’écrou à oreilles est l’écrou serré à la main le plus connu. 

 
I.4.2. Ecrous de freinage  
Le maintien de pièces par vis et écrou nécessite une attention particulière quant au risque de desserrage. 
Les vibrations, chocs ou dilatations de la vis risquent de désolidariser vis et écrou. Il faut donc un freinage 
de l’écrou qui évite la formation éventuelle du jeu dans les filets et la rotation de l’écrou.  
Le  freinage  peut  être  réalisé  en  utilisant  un  deuxième  écrou  appelé  contre‐écrou  pour  maintenir  le 
contact  d’une  façon  permanente.  Pour  l’écrou  à  créneaux,  le  freinage  est  réalisé  par  l’intermédiaire 
d’une  goupille  cylindrique  fendue  passant  dans  l’un  des  créneaux  de  l’écrou  et  dans  un  trou 
préalablement percé de la vis. Pour l’écrou à encoches, la rondelle frein a sa languette qui se loge dans 
une rainure de l’arbre. Une des languettes de la périphérie est rabattue dans une encoche de l’écrou. 

Contre‐écrou Écrou à créneaux Écrou à encoches


 
 

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I.4.3. Désignation 
Type d’écrou Md – classe de qualité 
Exemple : Ecrou hexagonal M12 – 8  Ecrou H, d = 12, classe 8. 

I.5. Rondelle 
I.5.1. Rondelle d’appui 
Elle augmente la surface d’appui, réduisant la pression de serrage et le 
marquage des pièces les plus tendres. 
La rondelle plate est la rondelle d’appui la plus utilisée. Elle s’interpose 
entre la pièce à serrer et la tête d’une vis ou l’écrou. 
Désignation d’une rondelle plate : 
Rondelle plate – Type (S, N, L) – d (diamètre nominal de l’élément fileté) 
Exemple : Rondelle plate – Type S – 12  rondelle plate, série étroite, d = 12 

I.5.2. Rondelle frein 
Le freinage de l’écrou est amélioré par l’élasticité de la rondelle. La rondelle Grower existe avec des becs 
qui s’incrustent dans la matière de la pièce ou sans bec. Le freinage par rondelle à dents est obtenu par 
incrustation des dents dans les pièces assemblées et par l’élasticité générale. 

Rondelle Grower Rondelle à dents
 

I.6. Boulon et goujon 
Un  boulon  est  composé  d’une  vis  et  d’un  écrou  de 
même  diamètre  nominal.  L’écrou  normalement 
utilisé est l’écrou hexagonal. Les pièces à réunir sont 
simplement percées de trous lisses. On obtient ainsi 
un  assemblage  économique  de  plusieurs  pièces  par 
pression des unes sur les autres. 
Lors  de  conception  d’un  assemblage  par  boulon,  il 
faut  prévoir  un  diamètre  de  trou  de  passage 
supérieur  au  diamètre  nominal  de  1  à  2 mm.  Afin  d’éviter  le  desserrage  de  l’écrou,  il  faut  prévoir  un 
dépassement de la vis suffisant (≈ 2 pas). 
 

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Un  goujon est  composé  d’une  tige  filetée à  ses  deux extrémités  séparées  par  un  tronçon  lisse  et  d’un 
écrou de même diamètre nominal. Les goujons sont utilisés en remplaçant des vis lorsque le métal de la 
pièce est peu résistant ou lorsqu’il est nécessaire de faire des démontages fréquents. 

I.7. Calcul des charges supportées par les vis et les boulons 
La charge de traction (F) supportée par la partie filetée de la tige est donnée par l’expression suivante 
(formule approchée) :  

Fmaxi  0,9 . Re  . S eq  


Re : limite élastique du matériau (MPa), 
Seq : section résistante de la tige filetée (mm2), 
0,9 : taux de charge de 90% (marge de sécurité de 10%). 
La  charge  (F)  s’obtient  par  serrage  au  montage :  le  couple  de 
serrage (C) est exercé sur la tête de la vis par  une clé. La formule 
suivante donne une relation approchée entre le couple de serrage 
(C) et l’effort (F) : 

C  0,16 . p  0,583. ff  . d2  0,5. ft . Dm  . F  


p : pas (mm) 
d2 : diamètre sur flanc (mm) 
ff : frottement au niveau du filetage 
ft : frottement entre tête (vis) et support (pièce) 
Dm : diamètre moyen au niveau de la tête 

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II. Liaison arbre‐moyeu 

II.1. Goupille 
Une goupille est une cheville métallique qui permet d’immobiliser 
une  pièce  par  rapport  à  une  autre  ou  assurer  un  positionnement 
relativement précis d’une pièce par rapport à une autre. 

Une  goupille  permet  aussi  de  lier  en  rotation  un  arbre  avec  un 
moyeu sous couples modérés. Dans ce cas, elle peut faire office de 
sécurité,  seule  pièce  qui  case  en  cas  de  surcharge.  Il  existe  plusieurs  types  de  goupille :  cylindrique, 
conique, cannelée, élastique, etc. 

Dimensionnement : 
Une goupille est généralement sollicitée au cisaillement. 
Si  S  est  l’aire  de  la  section  d’une  goupille  cylindrique 
cisaillée par un effort T, la contrainte de cisaillement est 
donnée  par  τ  =  T/S.  Soit  Rpg  la  résistance  pratique  au 
cisaillement du matériau de la goupille. La contrainte de 
cisaillement  τ  doit  être  inférieure  à  Rpg.  Or  pour  une 
goupille cylindrique S = 2 π r2 donc T   2 π r2 Rpg. 

Application 
Déterminer l’effort résultant limite qui peut supporter une goupille cylindrique en acier de diamètre 
5mm  et  de  Rpg  =  90  MPa.  Calculer  le  diamètre  d’une  autre  goupille  cylindrique  qui  doit  résister  au 
même effort résultant limite mais du matériau différent (R2pg = 75 MPa). 
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 

II.2. Clavette 
Un clavetage entre un arbre et un moyeu nécessite une rainure de 
clavette  dans  l’arbre  (1)  et  une  rainure  de  clavette  dans  le  moyeu 
(2). La clavette (3) peut avoir plusieurs formes. 
Les  clavettes  parallèles  sont  simples,  économiques,  elles  sont 
souvent  utilisées.  Le  couple  transmissible,  bien  que  plus  élevé 
qu’avec les goupilles, reste limité. 

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La clavette permet donc la liaison en rotation. Aucun mouvement de rotation n’est donc possible entre 
l’arbre  et  le  moyeu.  Un  ensemble  rondelle  et  vis  de  fixation  monté  en  bout  d’arbre  empêche  tout 
mouvement de translation entre l’arbre et le moyeu. 

  Forme A Forme B Forme C


Clavette parallèle Clavette disque
 
Les clavettes disques sont utilisées aux petits diamètres (d < 65 mm), sous de faibles couples et le plus 
souvent avec des arbres coniques. En fonctionnement la clavette est parfaitement maintenue. L’usinage 
de la rainure est facile, mais la rainure, profonde, engendre un affaiblissement de l’arbre. 
 

 
 

 
Désignation d’une clavette parallèle : 
Clavette parallèle forme (A, B ou C), a x b x L 
Exemple : Clavette parallèle forme B, 14 x 9 x50 
Dimensionnement : 
Une clavette est généralement sollicitée au cisaillement et au matage.  
Pour  qu’une  clavette  résiste  au  cisaillement,  il  faut  que  la  contrainte  de  cisaillement  τ  =  T/Sc  soit 
inférieure ou égale à la résistance pratique au cisaillement du matériau Rpg. Sc = lu a (lu est la longueur 
utile de la clavette : lu = L−a pour une clavette forme A, lu = L pour une clavette forme B et lu = L−(a/2) 
pour une clavette forme C) donc T   lu a Rpg. 

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Pour vérifier la résistance au matage d’une clavette, il faut vérifier que la pression de matage P = T/Sm 
soit inférieure ou égale à la pression de matage admissible du matériau Pmax. Pour une clavette logée à 
moitiés égaux, Sm = lu b/2 d’où la relation T   lu Pmax b/2. 
Il faut éviter de prendre une clavette de longueur totale L supérieure à 1,75 d avec d est le diamètre de 
l’arbre claveté. a et b sont déterminées par le diamètre de l’arbre (voir tableau ci‐dessous). 
d de – à  6 à 8  9 à  11 à  13 à  18 à  23 à  31 à  39 à  45 à  51 à  59 à  66 à  76 à  86 à  96 à 
(inclus)  10  12  17  22  30  38  44  50  58  65  75  85  95  110 
a  2  3  4 5  6  8 10 12 14 16 18  20  22  25 28
b  2  3  4 5  6  7 8 8 9 10 11  12  14  14 16

Application 
Déterminer le couple maximal transmissible sans risque d’une clavette parallèle forme B 8 x 7 x 40 
 On donne d = 30 mm, Rpg = 180 MPa et Pmax = 85 MPa 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 
 

II.3. Cannelures 
Pour transmettre des couples importants, on peut mettre deux clavettes opposées. Si cette solution est 
insuffisante, on utilise des cannelures, véritables clavettes taillées dans l’arbre. 

Cannelures

Moyeu
Arbre cannelé

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III. Anneau élastique (circlips) 
Les  anneaux  élastiques  permettent  la  fixation  axiale  ou  l’épaulement  d’éléments  de  machines  sur  des 
arbres ou dans des alésages. Ils ont la forme d’anneaux fendus dont l’élasticité permet le montage et le 
maintien en position après assemblage. 
Avantage : faible coût, économie de matière, usinages standards, faible encombrement axial. 
 
III.1. Circlips extérieurs et intérieurs 
Très utilisés, ils peuvent supporter des efforts axiaux assez importants et sont bien adaptés aux grandes 
vitesses de rotation. Leur montage exige une pince spéciale à becs avec ergots. 
 

 
 
III.2. Anneaux d’arrêt 
Ils ressemblent à des cavaliers. Leur montage se fait radialement, sans outil spécial. Ils ne sont pas 
adaptés aux vitesses élevées. 
 

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Application 
Pour  établir  la  liaison  complète  entre  le  pignon  (1)  et  l’arbre  (2),  de 
diamètre  au  bout  φd  =  30  mm,  nous  utilisons  une  clavette  parallèle 
forme C de longueur L = 40 mm et une vis à tête hexagonale de diamètre 
nominal M10. 
 
1) Rechercher les cotes caractéristiques de la section de la clavette et des rainures de clavetage. 
a  b  F G

…………………….  ……………………  ………………….  ………………….. 

 
2) Déterminer les cotes caractéristiques de la vis. 

Diamètre  Diamètre de  Implantation  Longueur  Longueur  Implantation  Longueur du  Longueur de 


nominal (d)  trou de  minimale (Jm)  minimale (lm)  réelle (l)  réelle (J)  taraudage  perçage 
passage (D)  (p)  (q) 

…………………….  11 mm  ……………………  ………………….  ………………….  …………………..  …………………..  ………………….. 

 
3) Terminer les deux vues en coupe et donner la désignation de la clavette et de la vis. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Désignation de la clavette : …………………………………………………………………………… 
 
Désignation de la vis : ……………………………………………………………………………………. 

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Longueurs normalisées (l) d’une vis à tête hexagonale 

Implantation minimale d’une vis Longueurs du taraudage (p) et de perçage (q)

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