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Lisapo ya Kama

"Le Nègre ignore que ses ancêtres, qui se sont adaptés aux conditions matérielles de la vallée du Nil,
sont les plus anciens guides de l'humanité dans la voie de la civilisation" Cheikh Anta Diop

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La Religion Africaine : de la science à la découverte de Dieu

Il existe une seule religion dans l’Afrique authentique. Quels sont ses fondements? Pourquoi
est-elle appelée animisme? A la fin de cet article, vous ne regarderez plus jamais l’Afrique de la
même façon.
Amen-Râ, Dieu unique de l’Afrique, imaginé sous sa forme masculine (gauche, temple d’Hatchepsout); Et
féminine et masculine à droite (Musée du Louvre)

Nous sommes 200  000 ans avant aujourd’hui. L’homme anatomiquement moderne vient de
voir le jour en Afrique. Il est d’emblée aussi intelligent que les humains actuels. Il naît sur une
terre où le climat est doux, la nourriture est abondante. C’est un homme aux besoins
rudimentaires. La nature dans laquelle il est placé le comble matériellement. N’ayant pas de
souci, il en vient, dans le berceau originel des grands Lacs et de l’Afrique australe, à se poser les
questions fondamentales : Qui suis-je ? Quelqu’un m’a-t-il créé ? Et si oui comment ? Pourquoi
m’a-t-on créé ? C’est l’invention de la philosophie.

Pour répondre à ses questions philosophiques, l’Africain observe longuement tout ce qui
l’entoure. Il constate qu’il y a une Energie. Que toute chose est animée de cette Energie, que
toute vie est vie en raison de cette Energie. Que cette Energie fait briller le soleil, circuler les
vents, réchauffer la terre, fait marcher l’homme et les animaux, fait vibrer les plantes et les
minéraux. Cette Energie circule d’un corps à l’autre, elle ne meurt jamais.
Alors l’Africain comprend que cette Energie est l’ordonnatrice de toute chose, elle est l’origine
de la vie avec qui elle se confond. Cette Energie qui vit dans toute chose, est l’Ancêtre de toute
chose, l’Ancêtre primordial. Si cette Energie a enfanté les êtres comme il le pense, alors cette
Energie a une partie féminine et une partie masculine, car seul un couple peut engendrer. Mais
comment cette Energie, à qui il doit la vie, est-elle venue à la vie ?

Le Noun, l’eau primordiale

Le Kamit observe encore et comprend que c’est de l’eau qu’est enfantée la vie. L’eau est le point
de départ de la vie, elle la renferme à l’état microscopique. Les marres d’eau permettent
l’éclosion de la vie, la semence de l’homme (sperme) est un liquide contenant des germes de
vie. L’enfant conçu, tout comme l’animal mammifère, grandit puis sort du liquide amniotique de
sa mère contenu dans une cavité. L’oiseau qui naît sort du liquide contenu dans l’œuf etc…
Alors l’Africain conclu qu’au début de toute chose il y avait du liquide : Noun en égyptien ancien,
Uthlanga chez les Zulu, Tano chez les Akan du Ghana/Côte d’Ivoire, Nommo chez les Dogons
du Mali.

Les Dogon du Mali, peuple connu pour ses connaissances astronomiques très avancées, considèrent
toujours Nommo, l’eau primordiale, comme la source sacrée

Le Noun était toujours là, personne ne l’a créé, et le Noun avait en son sein toutes les
potentialités de la vie, tous les germes de vie, à l’état désordonné et endormi. Ces potentialités
sont ce que la physique appelle particules. Le Noun était une mer, une soupe de particules se
mouvant de manière désordonnée, et dont le mouvement se terminait dans un trou sans fond,
le trou noir des physiciens occidentaux d’aujourd’hui, que les Bassa du Cameroun appellent
Sonkum. L’Energie vient d’une de ces particules contenues dans le Noun. Cette particule d’où
est venue l’Energie était appelée Atoum par les égyptiens anciens, Nkolo par les baKongo.

Atoum, présent dans le Noun

Atoum, la particule d’où allait jaillir la Création, finit un jour par prendre conscience d’elle-même.
Atoum était d’abord dissimulé dans le Noun donc Caché (Imana/Amen en égyptien ancien). La
prise de conscience d’Atoum, son éveil, représente l’acte fondateur de la Création. En tant que
particule d’où sortira la création, il est symbolisé par un œuf que les Fangs d’Afrique centrale
appellent Aki Ngoss, que les Egyptiens appelaient Souhet, que les Peuls appellent Botcchio’ndé,
et qui inspira le nom du célèbre roi Behanzin du Bénin actuel, pratiquant du culte Vodoun.

Après avoir étudié l’Etat du Noun, après avoir mûri en acquérant le Sia (la connaissance), Atoum
conçut le plan de la création dans son cœur. Et quand le plan fut fini, il décida de sortir du
Noun. C’est l’extraction de la particule créatrice du Noun qui allait engendrer le monde. Atoum
ayant engendré la création par la volonté, la réflexion et la décision, il a donc une âme (Bâ) qui
se situe dans son cœur (Ib). Afin de déterminer le mode et les mouvements liés à la sortie du
Noun, le Kamit observe encore, étudie le ciel (astronomie), et se rend compte que la forme
géométrique de la spirale est omniprésente autour de lui.

Les 4 éléments nécessaires à la vie : Eau, terre, feu/lumière, air, prennent un mouvement en forme de spirale
quand ils expriment leur puissance maximale
L’Energie à son expression maximale, prend la forme de la spirale comme l’ouragan ou les
vagues. La galaxie est organisée en spirale, le champ magnétique du soleil est en forme de
spirale, le mouvement de la Terre autour du soleil dessine une spirale, le fœtus dans le ventre
de sa mère a une position de spirale, l’empreinte digitale est en spirale, même l’ADN (le
savaient-ils déjà  ?) est une spirale. L’ADN se retrouve dans les minéraux, les végétaux, les
animaux, les Hommes. Alors pour l’Africain, la spirale est la forme d’expression maximale de
l’Energie et la forme qui stabilise la création entière. La spirale est l’empreinte du Créateur sur la
création. Le mouvement initial de la Création fut donc une spirale.

De l’infiniment petit (l’ADN) à l’infiniment grand (galaxie), c’est la création entière, qui est marquée du sceau
de la spirale

Atoum est donc sorti du Noun en formant une spirale. Atoum, la particule consciente, après
avoir conçu le plan de la création dans son cœur, a fait jaillir de lui une Energie pour s’extraire
du Noun. Et en tant que particule agissante par son Energie, il prend le nom de Râ/Ré en
égyptien ancien, Sé en Bambara au Mali, Tei en Douala au Cameroun, Ngo chez les baKongo.

Râ, l’Energie créatrice produite par Atoum

Râ, la force issue d’Atoum, dessina alors cette spirale qui allait organiser et ordonner les
particules contenus dans le Noun pour créer la matière, c’est-à-dire toutes les choses qui nous
entoure. Tous les éléments de la création, astres, minéraux, végétaux, animaux, hommes, sont
de la matière, et résultent d’un assemblage de particules. Et c’est l’Energie en forme de spirale
qui a ordonné et assemblé ces particules. L’Energie se propagea dans le Noun en produisant
des vibrations qui ont émis un bruit gigantesque d’où le Hou (le Verbe créateur), Me Kobegue
chez les Fangs d’Afrique centrale.
Râ crée et transforme la matière à travers la spirale

La spirale
Regardez attentivement tous les éléments qui la composent. 0 est le Noun, le néant, 1
est Râ au centre.
Source : La Religion Africaine, de la cosmologie quantique à la symbolique de Dieu;
Mbog Bassong, page 75

Debnen en égyptien ancien, Yereyeti chez les Bambara, le tourbillon des Venda d’Afrique du
Sud, la spirale est la forme géométrique de la Création. Le savant camerounais Eugène Wonyu
dit « Tous les mythes africains de l’origine de l’homme partent soit d’un œuf, d’une spirale ou d’un
néant qui subit des vibrations dues à des énergies cosmiques  » [1]. En étudiant les spirales
présentes autour de lui, le Kamit par des calculs mathématiques réalise qu’il existe un nombre
parfait des proportions de la matière, ce nombre est 1,6. C’est ce que les Occidentaux appellent
aujourd’hui le nombre d’or, le nombre qui représente la loi de l’Univers. Et c’est à partir de ce
nombre d’or que le Kamit va dessiner sa spirale. Pour en savoir plus sur l’origine du nombre d’or
et comment a été conçue la spirale, suivez ce lien.   

C’est Râ, produit par Atoum, qui assembla les particules du Noun pour produire de la matière et
de l’antimatière. La matière est fertile et continue, c’est d’elle que sort la Création. L’antimatière
est stérile et annule la Création en s’opposant à la matière. La droite sur laquelle se trouvent les
chiffres impairs (1, 3, 5, 7, 9) est la matière. La droite sur laquelle se trouvent les chiffres pairs
(2, 4, 6, 8) est l’antimatière. Ces 2 droites sont issues de Râ au centre, elles sont
perpendiculaires, en opposition.
C’est Râ, l’Energie créatrice qui a donc engendré le bien (matière) et le mal (antimatière). Et le
fait que ces droites soient en opposition signifie qu’il y a eu au départ une bataille entre la
matière et l’antimatière. Cette lutte engendra une gigantesque explosion dite tepes seb en
égyptien ancien, big bang pour les Occidentaux. Et c’est finalement la matière, droite plus
longue, qui a pris le dessus.

Architecture Ashanti, Ghana actuel. Image d’un bâtiment photographié à la fin


de la guerre contre les envahisseurs anglais. On voit la spirale sur les murs
La spirale dans l’architecture Haoussa, Nigeria-Niger

Plan d’une maison Kotoko du Cameroun


De l’entrée à la chambre à coucher des parents, on fait un parcours en forme de
spirale
La chambre des parents est analogue à Râ, car elle représente le lieu de la création
Source : Présentation de Mbog Bassong, Ubuntu Mboa 6250

C’est de la matière seule, qui n’est pas neutralisée par de l’antimatière que tous les éléments de
la Création sont apparus. C’est du surplus de matière qu’est sortie la création. La matière fertile
est donc Osiris le bien, Ousiré en égyptien ancien, Osoro chez les Akan, Awzaar chez les Somali,
Ngai Narok chez les Maasaï, Neddo chez les Peuls, Ryangombé au Rwanda. Et l’antimatière
Souté (Seth) est le mal stérile, Ngai Nanyoke chez les Maasaï. C’est Souté qui donnera Satan
dans les religions blanches. Il y a donc eu une bataille entre Ousiré et Souté, tous deux fils de
Râ, au commencement. Et c’est grâce à Maât que la matière a triomphé et que la Création a eu
lieu. 

Maât, fille de Râ, condition de la Création

Maât, fille de Râ, avec sa plume sur la tête. Pour s’envoler vers l’éternité?

Plume de la Maât dans toute l’Afrique


C’est grâce à Maât, fille de Râ, qui est le bras long de la spirale, que la matière va avoir le
dessus, va produire une droite plus longue que celle de l’antimatière. C’est grâce à Maât
qu’Ousiré, à travers son fils Horus – Horo en égyptien ancien, Huur chez les Somali – va
prendre le dessus. C’est parce qu’Ousiré a observé les commandements de Maât – Mbok chez
les Wolof du Sénégal, Fokon’olo à Madagascar,   – qu’il a pu revenir à la vie après sa bataille
contre son frère Souté. Tué par Souté, Ousiré a connu la mort sur la croix de la spirale, puis la
résurrection grâce à Maât. Et à travers Horo son fils, finalement vainqueur de Souté, le surplus
de matière a eu le dessus et la Création a eu lieu.

A gauche : Ousiré/Osoro/Awzaar/Ngai Narok/Neddo; A droite : Souté/Ngaï Nanyoke

Horo fils d’Ousiré, enfant divin né pour sauver la Création, représente donc la continuité de la
matière. Il représente l’éternité de la Création, qui ne continue que s’il respecte les
commandements de Maât comme son père. Chaque nouvel enfant conçu par exemple,
représente la Création qui continue, un assemblage de particules sous l’action de Râ. La
matière créée par Râ avec les particules du Noun, doit être transformée continuellement, elle
doit évoluer, par un principe de Râ appelé Kheper en égyptien ancien.

Kheper, la transformation de la matière créée par Râ

Le Kheper est donc la loi de la transformation, de l’évolution de la matière. C’est ainsi que dans
un processus évolutif, sont apparus les minéraux, les végétaux, les animaux puis les hommes.
C’est ainsi que l’Homme, cette matière assemblée par Râ à partir des particules du Noun, était
d’abord un primate proche du singe, avant de devenir par plusieurs étapes l’humain aujourd’hui,
grâce à la transformation, à l’évolution, en un mot au Kheper.

Râ l’Energie initiale, est donc le maître/la maîtresse de l’Eternité à travers Horus et Kheper. Râ
l’Energie, la Force qui a créé toute chose, donne vie à toute chose, et vit en toute chose, ne dort
jamais. Râ travaille tout le temps. Râ doit continuer – avec sa spirale – la Création à partir des
éléments dispersés du Noun contenant des germes de vie (sperme, sac pollinique, marre d’eau
etc..); et la Transformation de la matière créée. Chaque élément de la création possède ainsi
une partie (Ka) de l’Energie.

9, le chiffre de l’Eternité

Dans tous les rites d’initiation traditionnelle, dans toute l’Afrique authentique, le chiffre 9 est
sacré, car il symbolise Horo, la Création victorieuse de Râ, et Kheper, la transformation continue
par Râ de la matière créée. 9 est le chiffre éternel. Quelque soit le nombre par lequel vous
multipliez 9, vous aboutissez toujours au chiffre éternel 9. C’est le seul chiffre qui donne ce
résultat :

9 X 2 = 18, ce qui donne 1 + 8 = 9

9  X 3 = 27 => 2 + 7 = 9

9 X 7 = 63 => 6 + 3 = 9   

9 X 14 = 126 = >1 + 2 + 6 = 9

9 X 1043 = 9387 => 9 + 3 + 8 + 7 = 27 => 2 + 7 = 9

Etc…

La croix d’Ankh, symbole de la pensée kamit, issue de la Spirale

La croix d’Ankh ou croix de vie est le symbole suprême de la pensée africaine. La tête
représente Râ, l’Energie en spirale. Les bras horizontaux sont Souté, l’antimatière stérile et
principe du mal. La droite longue verticale est Ousiré-Horo, matière fertile et principe du bien.
Ousiré-Horo est plus long que Souté.
L’Ankh avec sa tête (Râ), ses bras horizontaux (le mal), sa partie verticale (le bien)
Au milieu : Le pharaon Kheperkaré Sen Ouseret (Sesostris I), avec des croix d’Ankh dans ses mains
La poupée Ashanti gage de fertilité à droite est en réalité un Ankh un peu modifié
On peut faire l’analogie avec l’humain qui comme l’Ankh est animé par les forces contraires du mal et du
bien. L’humain doit toujours faire triompher le bien avec son cœur, en pratiquant la Maât. Il doit rester
S.Ankh.ka.Râ, c’est à dire celui qui donne vie au ka (énergie) de Râ. S.Ankh.ka.Râ est à l’origine des noms
Sankhara/Sankharé/Sangharé en Afrique de l’ouest

En résumé

Au départ était l’eau primordiale du Noun où se trouvait Imana, la particule cachée, qui s’éveilla
en son nom d’Atoum. Atoum, symbolisé par un œuf, conçu la Création dans son cœur (Ib). Il-
Elle décida grâce à son âme (Bâ) de sortir du Noun pour créer à travers son Energie Râ. Râ, par
son principe du nombre d’or 1,6 dessina un mouvement en spirale et se propagea dans le Noun
en émettant une vibration sonore (Verbe créateur). Râ grâce à son mouvement en spirale
produisit en opposition la matière et l’antimatière. La matière (Ousiré-Horo) eu le dessus sur
l’antimatière (Souté) grâce à Maât. Horo représente l’éternité de la Création et Kheper est la
transformation de la matière créée. Tous deux dépendent de Maât et sont symbolisés par le
chiffre 9. Chaque élément de la création porte une partie (Ka) de l’Energie (Râ).

Râ, Energie créatrice scientifique, vénérée par les Kamits, est donc Dieu. Dieu est cette Energie
à laquelle l’Africain accède à travers un ancêtre mort. Dieu est Imana-Râ/Amen-Râ en tant que
particule cachée devenue Energie. Dieu est Atoum-Râ en tant que particule consciente devenue
Energie. Les Bamilékés du Cameroun disent ainsi que Si (Dieu) est l’Energie consciente. Dieu
ne s’est donc jamais révélé aux Africains, Elle-Il reste Imana (Caché, Invisible). C’est cette
Energie qui donne vie et anime toute chose que le Kamit déifie, d’où le terme animisme que les
Occidentaux utilisent pour désigner la Religion Africaine. Ce terme étant devenu péjoratif, nous
lui préférons Vitalisme, qui rend par ailleurs mieux compte du caractère vital de la force.

L’Africain a découvert Dieu, a été convaincu de son existence, en s’initiant aux sciences. C’est
Dieu qui a donné aux hommes l’intelligence nécessaire pour qu’ils découvrent sa Majesté. Râ a
inscrit dans la nature tous les éléments permettant de remonter jusqu’à lui-elle.

Râ est donc Unique (Energie initiale et totalisante) et multiple (Energie répartie dans chaque
élément de la Création). C’est pourquoi Akhenaton disait à Dieu «  Tu ne cesses d’extraire des
millions de formes de toi même, tout en demeurant Un  ». C’est pourquoi les Fangs d’Afrique
centrale disent «  Et Dieu se multiplia alors comme des champignons  ». C’est pourquoi les
baKongo disent que Dieu vit l’expérience de l’unicité dans la multiplicité. C’est pourquoi il est
écrit sur la stèle du pharaon soudanais Shabaka « Dieu est dans tout ce qui vit ».

Le célèbre pharaon Toutankhamon avec le Cobra sur sa couronne. Le Cobra est un animal qui s’enroule en
spirale. A droite un roi Yoruba du Nigeria avec un serpent enroulé sur sa couronne
Coiffure totémique des Oromo d’Ethiopie reprenant la forme de la tête du cobra

Le Kamit a donc répondu par la mathématique, l’astronomie, la physique etc… à sa question de


départ. Il sait qu’il est sur Terre pour préserver et continuer la vie (Ankh), en respectant Maât
comme Râ le lui a ordonné. Maât est sa philosophie.

Le célèbre sociologue et activiste suisse Jean Ziegler dit ainsi « La cosmogonie africaine affirme
que rien ne vaut la sauvegarde, la permanence, l’expansion de la vie » [2]. Alors que les Européens
et les peuples Sémitiques sont sur Terre pour accumuler de la richesse matérielle d’abord, nous
les Africains sommes sur Terre d’abord pour perpétuer la vie.

Et les écrits religieux furent…  

Ce sont donc les prêtres noirs qui ont écrit les premiers textes sacrés de l’histoire de
l’humanité. Ces textes qui étaient pour eux les paroles qu’auraient dites Dieu, se comprennent
beaucoup mieux au vu de ce qui précède. Exemple en égyptien ancien :

Voici, sous la plume des prêtres égyptiens, comment Atoum-Râ aurait raconté la Création :

Djed medou Neb r Djer, djed ef Ainsi parla le Maître de l’Univers :

« Isou iri i sep paout ntjerou paoutiou Car je fis l’ère antérieure ainsi que les dieux antérieurs

Irry i merouty nebet m ta pen Je fis tout ce que je désirai en ce monde

Ousekh n i im ef Je me dilatai en lui

Tjes n i djeret i Je nouai ma propre main (Maât, la grande courbe de la spirale)


Waï koui Tout seul

Nen messou sen Avant qu’ils ne fussent nés (les autres dieux)

Ini n i r i djes i Je me servis de ma bouche (vibration sonore)

Nen kheper kheperou nebet m ta pen Aucun mode d’existence n’était venu à l’existence en ce
monde

Irry n i irry nebet waï koui Je fis tout ce que je fis étant seul

Nen kheper ky Avant que personne (d’autre que moi) ne se fut manifesté à l’existence

Iriou n ef hena i m bou poui Pour agir en ma compagnie en ces lieux

Iri i kheperou im m ba poui J’y fis les modes d’existence à partir de cette force (qui est en moi)

Tjes n i im m Noun J’y créais dans le Noun

M neni Etant encore somnolent

Nen gemi n i bou aha n i im Et n’ayant encore trouvé aucun lieu où me dresser

Ahat n i ib i Puis mon cœur se montra efficace

Sentet n i m her i Le plan de la Création se présenta devant moi

Iri n I irry nebet waï koui Et je fis tout ce que je voulais faire étant seul

Sentet n i m ib i Je conçus des projets en mon Cœur

Kema n i ky kheperou Et je créai un autre mode d’existence

Asha kheperou nou Khepri Et les modes de l’existence dérivés de l’Existant furent multitude  »
[3].
Imana-Râ, forme masculine

Autres textes édifiants :

« Djed in Râ n Noun Alors Râ dit à Noun

Ntjer semsou kheper n i im ef Ô dieu aîné dans lequel je vins à l’existence

….

Djeded in Hem n Noun Alors la Majesté de Noun dit

Sa i Râ Mon fils Râ

Ntjer aâ r iri sou Dieu plus grand que celui qui l’a fait (Noun) » [4].

« Messou m Noun Quand je naquis dans le Noun


N sep kheperet pet Avant que le ciel ne vint à l’existence

N sep kheperet ta Avant que la terre ne vint à l’existence

N sep kheperet henenou Avant que le tourment (la spirale ?) ne vint à l’existence

….

N messout ntjerou Alors que les dieux (issus de moi  : Osiris, Horus, Maât etc…) n’étaient pas
encore enfantés » [5].

« Râ nou C’est Râ

Ink Ntjer aâ, kheper djes ef Je suis le grand Dieu, venu à l’existence de lui-même 

Kema renou haou ef Il (Râ) composa les noms de ses membres

Kheper my nen ntjerou imyou semsout Alors vinrent à l’existence ces dieux qui sont à sa suite

Ir sef Ousiré Hier est Osiris (déjà mort)

Ir douaou Râ nou Et demain c’est Râ (par son éternité)

Khetem tou heftiou nou Neb r Djer Les ennemis du Maître de l’Univers ont été anéantis

Im ef hena nou sa ef Horo Là il règne avec son fils Horus » [6]

« Ink Ptah Je suis le Créateur

Ink Wa Je suis l’Unique

Ink Nehehe Je suis l’Eternel

Ink Ntjer aa Je suis le grand Dieu

Neb r Djer Le Maître de l’Univers

Neb Nehehe Le Maître de l’Eternité

Ntjer nefer Le bon Dieu” [7]

On voit donc que le lyrisme africain repose sur une réalité scientifique. Ces textes peuvent être
discutés sur leurs bases scientifiques et philosophiques. Il ne s’agit pas de paroles
dogmatiques et intouchables comme dans les religions dites révélées, qui empêchent l’analyse
critique. Et si un élément scientifique ou une spéculation philosophique remettent un passage
en question, il peut être modifié. Le cerveau, l’esprit critique, la rationalité doivent toujours
fonctionner chez le Kamit.

La naissance des religions dites révélées

Lorsque le Blanc sort des steppes froides eurasiatiques et vient au contact du Noir au Proche-
Orient (Noir cananéen), en Arabie (Noir sabéen) et en Egypte, Il découvre l’existence de Dieu tel
que l’Africain l’a le premier théorisé et le pratique. Mais le leucoderme a un accès limité aux
secrets scientifiques et ne voit que les mythes que lui montrent les Africains. Désireux de créer
sa religion mais ne comprenant pas les fondements de Dieu, il passera donc par le mythe de la
révélation pour justifier l’existence de Dieu.

N’ayant pas d’arguments pour expliquer une grande partie de ce qu’il écrit – ici par copie –
dans ses livres, alors il demande à ses adeptes de croire, d’avoir la foi et non de comprendre.
Issu d’un berceau où la femme est vue comme inférieure et la nature est perçue comme hostile,
il supprime la partie féminine de Dieu et retire Dieu de ses créations. C’est ainsi que naissent
les religions dites de la foi, où il faut croire, c’est à dire le judaïsme, le christianisme, et l’islam.

De l’écriture, de la loi, du pouvoir, des arts, de l’architecture

La création s’étant faite par la parole, tout ce qui existe représente la parole de Dieu. Alors
l’Africain invente le premier l’écriture à partir de signes qui sont des éléments de la nature, et
nomme cette écriture  Medou Ntjer  (Paroles de Dieu) en égyptien ancien. Ce que les
Occidentaux appellent Hiéroglyphes. C’est pourquoi cette écriture figure des oiseaux, des
plantes, des hommes, le soleil etc…
Chaque élément de la création étant né de la propagation sonore de Râ dans le Noun, alors chaque élément
représente la parole de Dieu. C’est cette écriture, la première de l’humanité née entre le Soudan et l’Egypte il y a
5400 ans, qui est à l’origine de l’écriture grecque, arabe, latine, cyrillique, hébraïque, perse etc…

L’humain étant doté de la parole comme Dieu alors il est le centre de la Création, le gardien de
l’Univers. Le Kamit déduit quels sont les commandements de Maât et invente la loi et la
justice. L’esprit humaniste et d’harmonie de la Maât fera qu’il bâtisse une société avec égalité
et complémentarité entre la femme et l’homme, absence de système esclavagiste, absence ou
presque de famine, de sans domicile fixe, solidarité renforcée,  absence de génocide, guerre
faisant couler le minimum de sang  possible, rois aimés travaillant pour le bien de leurs
peuples… 

Le roi est l’incarnation d’Horus, il est le principal défenseur du maintien de la vie et ce faisant il
doit faire régner la Maât par tous les moyens, y compris par la force. Il lutte perpétuellement
afin de faire triompher Horus et Kheper. Il est  Neb Maât  (le maître de la Maât),  Mogho
Naba chez les Mossi du Burkina Faso.
Le bélier, animal totémique de Dieu dans la civilisation pharaonique, en partie en raison de ses cornes en spirale
Horus étant le fils de Dieu, alors il est l’agneau de Dieu venu enlever le péché (Souté) du monde. Chaque roi en
Afrique est la réplique d’Horus
Image : le Bélier protégeant son agneau, le Pharaon

Maât reflétant l’ordre et l’harmonie de la Création, le Kamit doit être le reflet de Maât jusque
dans son art. Alors sa musique et sa danse sont belles, harmonieuses et coordonnées.  Et
jusqu’à nos jours il demeure le meilleur danseur et chanteur de la planète, même s’il ne sait plus
pourquoi. Les fondements mathématiques de la Création devant se refléter sur Terre, alors le
nombre d’or et Pi qu’il a également découvert dans son investigation mathématique, se
reflètent dans son architecture.

C’est ainsi qu’il construit la grande pyramide de Gizeh, le plus grand monument de son histoire
et du monde antique. 2 900 000 blocs de bétons pesant jusqu’à 70 tonnes chacun – assez pour
construire 30 Empire State Building – montés sur 147 mètres, tous de tailles différentes, avec
une précision dans la maçonnerie de l’ordre du dixième de millimètre, à l’intérieur sont percés
des tunnels aux inclinaisons absolument parfaites, qui glacent jusqu’à nos jours les meilleurs
architectes du monde. Le nombre d’or et Pi sont présents dans l’architecture de la grande
Pyramide.
La grande pyramide de Gizeh représente l’apothéose historique de la mathématique
symbolique. L’Africain atteint son apogée et civilise la Terre entière avec son Dieu, découvert
par sa science.

Le complexe des pyramides de Gizeh reproduit sur terre la constellation du Lion encore dite d’Ousiré (Osiris),
c’est pourquoi un grand lion (le grand sphinx) s’y trouve. Il s’agit de monuments astronomiques construits avec
des instruments mathématiques perfectionnés. Toute cette science a été découverte par les Africains dans leur
quête philosophique sur les origines du monde
A gauche le pharaon Khoufou qui aurait bâti la grande pyramide, statue du Musée égyptien du Caire.

Le nom de Dieu en Afrique

Bambara & Dogon, Mali ; Jukun, Nigeria : Amma/Ama

Libye ancienne : Amun

Soudan ancien : Amani

baNyarwanda, Rwanda & baRundi, Burundi : Imana

Egypte ancienne : Imana/Amon/Amen

Akan, Ghana-Côte d’Ivoire : Nyamien/Nyame

Douala & Bassa, Cameroun ; Barotse & Lozi, Zambie : Nyambe


Konjo, Congo-Ouganda : Nyamahanga

Fang, Gabon : Nzame

kiKongo, Congos-Angola : Nzambi

Baya, Centrafrique : Zambi

Sangama, Ethiopie : Zabi

Herero, Namibie : Njambi

Pare, Tanzanie : Kyumbi

Conclusion

Nous voyons donc que le concept de Dieu pour les Noirs est scientifique et parfaitement
rationnel. Il repose sur les sciences exactes et la spéculation philosophique. Cette spiritualité
née il y a des dizaines de milliers d’année en Terre sainte (les Grands Lacs et l’Afrique
australe), et qui fut portée à son sommet en Egypte, est commune à tout le continent. Nous
pensons sincèrement que la conception africaine de Dieu est la meilleure, car elle est basée sur
une investigation scientifique recherchant strictement la vérité et ouverte à la remise en
question.

Si nous rejetons cette religion aujourd’hui, c’est parce que nous ne la connaissons pas, parce
que les colons européens et arabes l’ont calomniée et salie, à des fins d’exploitation de
l’Afrique. On ne peut que se sentir incroyablement honoré d’avoir été fait Africain et d’avoir le
sang de nos géniaux ancêtres qui coulent dans nos veines. 

Mais en dehors du plan spirituel, on entrevoit d’autres bénéfices pour l’Afrique. La Religion
Africaine pose les fondements d’une éducation complètement revue, d’un système de société
repensé, d’un système économique repensé, d’une remise à niveau de la place de la femme,
d’une refondation de nos Etats, d’une architecture repensée, de la fondation des conservatoires
de musique, des écoles de philosophie etc…   

On peut imaginer dans les écoles des ateliers sur l’étude physique d’Atoum, l’étude
mathématique de la spirale, ou encore de la grande pyramide. Ou encore des réflexions sur
Maât. Que de sujets excitants ! En remettant l’enfant africain dans la continuité du génie de ses
ancêtres, le taux d’échec scolaire pourrait considérablement chuté, et on aurait autant de
génies que nous en avions il y a 2500 ans encore. Cette science est le chemin vers la
renaissance scientifique du monde noir, vers la renaissance de Kama (l’Afrique) tout court.
Nous remercions infiniment nos ancêtres de nous avoir laissés un tel patrimoine et devons
essayer d’être dignes d’eux.

9 civilisations vitalistes bâties par les Noirs à partir de la science kamite :


La civilisation carthaginoise, Tunisie; La civilisation Shona, Zimbabwe; La civilisation de Danhomé,
Bénin
La civilisation Ashanti, Ghana; La civilisation égyptienne; La civilisation Maya, Mexique  ; La
civilisation de Baroua (Méroé), Soudan; La civilisation de Bénin, Nigeria; La civilisation de la vallée
de l’Indus, Inde-Pakistan

Pour le futur…
Hotep !

Par  : Lisapo ya Kama  © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans
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Notes :

– La Religion Africaine, de la cosmologie quantique à la symbolique de Dieu, Mbog Bassong


– [1] La Religion Africaine, de la cosmologie quantique à la symbolique de Dieu, Mbog Bassong,
page 51
– [2] Idem, page 96
– [3] La philosophie africaine de la période pharaonique, Théophile Obenga, pages 56 et 57
– [4] Idem, page 143
– [5] Idem, pages 29 et 43
– [6] Idem, page 38
– [7] Qu’est ce qu’être kamite? Nioussérê Kalala (Jean Philippe) Omotunde, page 100
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