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Projet Graine: un facteur du décollage de l'agriculture

gabonaise.
ECONOMIE

L ’agriculture gabonaise est une agriculture de subsistance (destinée à l’auto-consommation, le reste est

commercialisé), pratiquée sur des espaces réduits et ce, par des personnes âgées. Ces caractéristiques
expliquent parfaitement l’incapacité de notre pays à satisfaire l’ensemble de sa population en denrées
alimentaires. De plus, l’Etat gabonais paye le lourd tribu de cette situation, soit 250 à 300 milliards de nos
francs pour les importations annuelles en denrées alimentaires. Cette situation existe depuis plusieurs
décennies et se justifie par la primauté de l’exploitation des matières premières (principalement le pétrole)
au détriment de la diversification de notre économie. Dès lors, la question fondamentale serait celle de
savoir quelle solution envisager pour sortir de cette dépendance vis à vis de l’extérieur en denrées
alimentaires.
A cet effet, une politique de relancement de l’activité agricole est nécessaire. Et au stade actuel, le projet
Graine lancé en personne par le Président de la République Ali Bongo Ondimba en décembre 2014 est la
solution appropriée pour palier aux insuffisances de notre agriculture.

En effet, Graine est un vaste programme dont la finalité est de garantir la sécurité et l’autosuffisance
alimentaire. Il s’inscrit dans la politique de diversification de l’économie du pays à travers l’exploitation de
plus de 200.000 ha en 5 ans (dont 20.000 à 30.000 familles recevront gratuitement 7ha). Il comprend
également un traçage de 3000 km de pistes menant aux plantations, l’intégration d’environ 1600 villages au
plan d’infrastructures de base ainsi que l’implication de 30.000 familles dans la constitution des
coopératives agricoles de ce projet.

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Sur la liste des avantages de ce projet d’envergure, il y a lieu d’ajouter la lutte contre l’exode rural,
la lutte contre le chômage chez les jeunes, la création de 15 à 20.000 emplois ainsi que la
multiplication de la production agricole de plus de 3 fois que celle de l’heure actuelle.

Pour ma part, le projet Graine est une opportunité à saisir pour les compatriotes vivant déjà dans les
zones rurales et même les citadins qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat agricole. De plus, ce
programme arrive à point nommé au moment où le pays éprouve du mal à assurer une production
suffisante en denrées alimentaires. Enfin, grâce à ce projet, il est sûr que le pays connaîtra bientôt de
nouveaux mouvements migratoires vers l’intérieur du pays afin de soutenir lesdites activités
socioéconomique et la population rurale. Ce qui veut dire que le problème de fort taux
d’urbanisation que connaît notre pays actuellement va également diminuer.

En février dernier, le programme national visant à donner un coup de fouet à


l'agriculture gabonaise a atteint sa cinquième étape avec son lancement dans la
province du Haut-Ogooué. Au total, le programme sera implanté dans neuf
provinces.
Le projet agricole Gabonaise des Réalisations Agricoles et des Initiatives des
Nationaux Engagés (Graine), une initiative sur cinq ans lancée à la fin 2014, vise à
favoriser l’entreprenariat agricole en offrant notamment une formation technique aux
petits agriculteurs et en renforçant l’industrialisation de l’agriculture.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Gabon émergent, une stratégie
qui vise la diversification nationale afin de renforcer la capacité de production
agricole locale. 

Le programme est mené par SOTRADER, un partenariat public-privé entre le


gouvernement gabonais (51 %) et le groupe singapourien Olam (49 %), et
s'accompagne d'un vaste éventail de réformes.

Le programme s’intéresse essentiellement aux petits agriculteurs et entend non


seulement leur offrir une aide technique et une formation afin d’accroître leur
productivité, mais également faciliter l’accès à de l’équipement moderne, à des
crédits abordables ainsi qu’à des titres de propriété.

Un lancement séquencé
Le programme a déjà été implanté dans plus de la moitié du pays, soit dans les
provinces de Woleu-Ntem, de l’Ogooué-Ivindo, de l’Ogooué-Lolo, de la Ngounié et du
Haut-Ogooué. Le gouvernement projette de mettre en œuvre l’initiative dans quatre
autres provinces à l’horizon 2020.

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Selon la presse locale, au cours de la première année seulement, le programme
Graine a généré quelque 1 200 emplois et devrait s’étendre sur un total de 200 000
hectares. D’ici 2020, 30 000 habitants répartis sur 1 600 villages devraient participer
à l’initiative.

Début 2016, d’après les chiffres annoncés par des responsables du programme en
février dernier, près de 14 000 personnes, soit plusieurs centaines de coopératives,
participaient à Graine. En allouant aux agriculteurs des lopins de terre de quatre à
sept hectares de superficie, le gouvernement encourage les villageois à constituer
des coopératives agricoles dans le but de réaliser des économies d’échelle et
d’améliorer les revenus et les cultures à cycle long.

Des agriculteurs formés


Au cours des 12 derniers mois, grâce au soutien du gouvernement gabonais, plus
d’une centaine d’agriculteurs ont déjà suivi une formation agricole en Malaisie. En
collaboration avec l'Autorité du développement foncier de la Malaisie (FELDA), ce
sont au total quelque 2 500 Gabonais qui devraient participer au programme en Asie.
De retour au Gabon, ces agriculteurs dûment formés occuperont des postes de
direction au sein des nouvelles coopératives.

Alors que le gouvernement cherche à importer de nouveaux outils agricoles,


SOTRADER et Olam International ont signé fin août dernier un contrat de 140
millions de dollars avec l’entreprise d’équipement américaine Caterpillar. Ce contrat
confirme l’achat de 475 bulldozers : 50 machines ont été livrées au port d’Owendo en
novembre 2015 et le Gabon devrait recevoir chaque mois entre 30 et 40 machines
supplémentaires.

« Les machines qui serviront au développement des terres rurales dans le cadre du
programme Graines sont exemptées des droits de douanes, a souligné à OBG
Philippe Fievez, directeur général de Tractafrique Equipment, le partenaire de
Caterpillar en Afrique francophone. Tout se déroule comme prévu et nous
rencontrons très peu de problèmes de congestion dans les ports. »

Les bulldozers serviront à dégager les 200 000 hectares de terres agricoles visées par
le programme Graine, ainsi que 3 000 km de routes pour accéder aux futures
plantations.

Les répercussions du programme


L’initiative vise avant tout à accroître la contribution de l’agriculture au produit
intérieur brut (PIB) ainsi qu’à réduire les importantes importations alimentaires du
Gabon.

En effet, à l’heure actuelle, le Gabon importe entre 250 milliards de francs CFA (381
millions d’euros) et 300 milliards de francs CFA (457 millions d’euros) de denrées
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alimentaires par an, soit entre 60 et 80 % de la consommation nationale, selon les
chiffres avancés par l’Organisation mondiale du commerce et le gouvernement
gabonais. Ainsi, le pays est particulièrement vulnérable à la fluctuation des prix et
aux pénuries de ressources.

Le programme Graine met l’accent sur la production agricole à petite échelle et


compte faire passer la contribution de l’agriculture au PIB de 5 % à 20 % d’ici 2020.
De plus, le programme s’est fixé un objectif de réduction des importations
alimentaires de 50 %.

Priorité à la transformation
Parallèlement au lancement de Graine dans la province du Haut-Ogooué, une
nouvelle zone économique spéciale (SEZ) dédiée à la production alimentaire et
agricole est en cours de développement à Franceville, chef-lieu de la province, et
devrait permettre de tirer des profits.

Selon la presse locale, la zone économique spéciale vaste de 50 000 hectares, qui
cherche à attirer les investissements directs étrangers, est financée par le
gouvernement gabonais et coûte près de 355 millions d’euros. Au cours des derniers
mois, d’autres zones économiques spéciales (SEZ) d’agriculture sont parvenues à
sécuriser des investissements directs étrangers. Par exemple, à la mi-novembre, la
société indienne 17H Life Resources Overseas a signé une entente de partenariat
public-privé de 60 milliards de dollars avec le gouvernement gabonais afin
d’améliorer les infrastructures destinées à l’élevage (couveuses, installations pour la
transformation, etc) au sein de la SEZ de Nkok.

L7H Life Resources Overseas Pvt Ltd compte acquérir une parcelle de 10 hectares au
sein de la ZES pour son unité de transformation ainsi que 150 hectares
supplémentaires pour ses activités d’élevage. Elle envisage également de développer
1 600 hectares de plantations de maïs pour l’alimentation animale.

Selon Alain Rempanot, directeur général de la Chambre du commerce du Gabon,


l’élevage présente un fort potentiel dans la mesure où la viande constitue toujours un
élément clé du régime alimentaire des Gabonais.

« Alors que la population consomme de la viande, le Gabon est contraint d’en


importer, car il ne dispose pas des capacités de production suffisantes, a-t-il expliqué
à OBG. Une meilleure communication entre les investisseurs multinationaux présents
au sein de la SEZ et les entreprises nationales privées permettrait d’aider à partager
les risques et les bénéfices liés à ces nouveaux investissements. » 

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Projet GRAINE au Gabon : Les
fruits tiennent la promesse des
fleurs
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Libreville, Lundi 6 février 2017 (Infos Gabon) – Le projet GRAINE constitue déjà une
réussite dans les provinces où il a été implémenté avec de bonnes récoltes en
perspective.

Alors que l’aventure ne dure que depuis moins de trois ans, le projet GRAINE voit déjà pointer à
l’horizon ses tout premiers trésors. Implémentée dans les provinces de la Ngounié, de l’Ogooué-
Ivindo, le Haut-Ogooué, la Nyanga et le Woleu-Ntem, la Gabonaise des réalisations agricoles et
des initiatives des Gabonais engagés (GRAINE) devra bientôt couper ses premiers régimes de
plantain et déterrer ses premiers tubercules de manioc.

Conçu sous la forme d’un programme socio-économique, ce projet est le fruit d’un partenariat
entre l’Etat gabonais et la multinationale Olam dans le but de lutter contre la dépendance
alimentaire du Gabon de l’étranger. Surtout quand on sait que l’importation des denrées
alimentaires est évaluée à près de 300 milliards de FCFA par an. Ce programme est mis en
œuvre par la Société gabonaise de transformation agricole et développement rural (SOTRADER
SA). Il bénéficie aussi de l’implication de plusieurs coopératives spécialisées dans la culture du
manioc, de la banane et du palmier à huile.

Dans les localités de Ndendé, Makokou et Oyem où le projet est en pleine expansion avec de
vastes hectares des plantations, 453 coopératives ont été répertoriées. 75 d’entre elles
seulement sont déjà en activité avec la mise en exploitation de 837,5 ha de terre. Les 378 autres
restent encore confrontées aux spécificités purement techniques relatives aux titres fonciers en
cours d’établissement.

Avec ses 40 hectares de superficie plantée, la coopérative Essoko Y’Etankabyabe à Makokou est
la plantation expérimentale du programme GRAINE. «Lorsque le projet est arrivé, nous étions
pratiquement les premières personnes à s’être lancées. C’est ici, que GRAINE a été lancée. Ce
qui nous a motivés, ce sont les perspectives de développement du village que le projet devait à
terme procurer. Nous étions déjà dans un projet similaire et cela a été facile pour nous.
Aujourd’hui, nous sommes fin prêts à la récolte, nous attendons juste le feu vert de la

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SOTRADER pour débuter », explique Brice Bokaza, vice-président de la coopérative Essoko
Y’Etakanyabe.

La plantation de palmier à huile de Fera implantée au nord de la localité de Ndendé, avec ses 58
000 hectares de superficie, se présente, de l’avis des dirigeants de SOTRADER, comme étant
«la plus grande d’Afrique». Sur les 58 000 hectares de superficie, seuls 30 000 hectares sont mis
en valeur pour la culture. A terme, il est prévu que ce projet revienne à 60% à la population et à
40% à la plantation industrielle.

«A long terme, on compte continuer la culture. La particularité avec cette plantation est que la
SOTRADER plante le palmier à huile puis par la suite, elle rétrocède les surfaces plantées aux
populations locales à hauteur de 7 ha par membre», explique un ingénieur. «Lorsque vous avez
vos 7 ha de palmier à huile, la seule chose que vous avez à faire, c’est de procéder à l’entretien
et la SOTRADER se charge du reste», ajoute-t-il.