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FACULTE DES SCIENCES

DOMAINE DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES

MENTION PHYSIOLOGIE ANIMALE,


PHARMACOLOGIE et
COSMETOLOGIE

LABORATOIRE DE PHARMACOLOGIE GENERALE, DE PHARMACOCINETIQUE


ET DE COSMETOLOGIE

LPGPC
Mémoire pour l’obtention du diplôme de MASTER
PHARMACOLOGIE

« ETUDE DE L’ACTIVITE ANTIDIARRHEIQUE DE


L’EXTRAIT DH01 CHEZ LE COBAYE »

Présenté par : RANDRIANIRINA Jean Désiré

Le 25 Janvier 2017

Devant le jury composé de :

Président : RANDIMBIVOLOLONA Fanantenanirainy, Professeur Titulaire

Rapporteur : RANDRIANAVONY Patricia, Professeur

Examinateur : RAKOTOARISON Olivier, Maître de Conférences

Année universitaire : 2015-2016


Nom : RANDRIANIRINA

Prénoms : Jean Désiré

Adresse : CU AMBOHIMPO Bloc 124 Porte C 2

Antananarivo 101

E-mail : jeandesire.randrianirina@gmail.com

Téléphone : 032 71 416 23 / 033 25 054 70

« ETUDE DE L’ACTIVITE ANTIDIARRHEIQUE DE


L’EXTRAIT DH01 CHEZ LE COBAYE »

PROMOTION : 2015-2016
OPTION : PHARMACOLOGIE
Rapporteur : Professeur RANDRIANAVONY Patricia
Laboratoire de Pharmacologie Générale, de Pharmacocinétique et de Cosmétologie
E-mail : randrianavonypatricia@yahoo.com

DOMAINE DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES


MENTION PHYSIOLOGIE ANIMALE PHARMACOLOGIE ET COSMETOLOGIE
UNIVERSITE D’ANTANANARIVO
REMERCIEMENTS
Je tiens à exprimer mes remerciements à toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à
la réalisation de ce mémoire.

Ainsi j’exprime mes vifs et chaleureux remerciements :

Au Professeur RANDIMBIVOLOLONA Fanantenanirainy qui m’a accepté d’effectuer mes stages


au sein de son laboratoire et a pris le temps de me conseiller et de m’écouter malgré ses occupations
et ses nombreuses responsabilités. Et je n’oublierai jamais le grand honneur qu’il m’a fait en
acceptant de présider le jury de ce travail. Je tiens aussi à remercier sa famille pour leur sacrifice
durant son absence car il était la majorité de temps avec nous ses étudiants.

Au Professeur RANDRIANAVONY Patricia qui a fait de son mieux pour notre formation durant
nos études à la Mention Physiologie Animale, Pharmacologie et Cosmétologie. Vos conseils, votre
sympathie et votre ouverture avec les étudiants m’ont beaucoup aidé. Je suis particulièrement
reconnaissant pour tous ce que vous avez fait envers moi. C’est un incomparable honneur pour moi
d’être encadré par un enseignant comme vous, que Dieu vous bénisse.

Au Docteur RAKOTOARISON Olivier qui m’a fait l’honneur de siéger parmi les membres du jury
de ce travail, malgré votre emploi du temps très chargé. Veuillez recevoir Monsieur mes sincères
remerciements.

A monsieur NAT QUANSAH et sa famille pour tout ce qu’ils ont fait pour la Mention Physiologie
Animale, Pharmacologie et Cosmétologie dont j’ai largement bénéficié, et de m’avoir aidé à
traduire l’abstract de ce mémoire.

A tous les enseignants de la Mention Physiologie Animale, Pharmacologie et Cosmétologie de la


Faculté des Sciences de l’Université d’ Antananarivo qui ont déployé leurs efforts pour ma
formation. A toute l’équipe du laboratoire LPGPC surtout aux promotions KANTY et
FANAZAVA pour l’esprit de partage et de solidarité vous avez largement contribué à ma
formation, merci beaucoup chers collègues

Je tiens à remercier aussi Monsieur ANDRIATSIMANARILAFY Raphalï et sa famille pour leurs


soutiens durant mes études à Antananarivo, merci de tout cœur.

A mon père et son épouse, à ma mère, à mes frères, et à ma sœur pour leurs affections et sacrifices
qu’ils ont généreusement consentis de faire pour mes études.

I
TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS
TABLE DES MATIERES ............................................................................................. I
LISTE DES FIGURES ……………………………………………………………….. II
LISTE DES TABLEAUX …………………………………………………………….. III
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS………………………………………….. IV
I- INTRODUCTION …………………………………………………………………. 1
II- MATERIELS ET METHODES …………………………………………………… 4
A- PARTIE CHIMIE ……………….………………………………………………… 4
1- Extraction …………………………………………………………………………… 4
2- Criblage phytochimique ……………………………………………………………. 5
B- PARTIE PHARMACOLOGIE …………………………………………………….. 7
1- Animaux d’expérimentation ………………………………………………………… 7
2- Préparation de la solution de Tyrode ……………………………………………….. 7
3- Etude de l’activité de DH01 sur l’accumulation du fluide intestinal ……………… 7
4- Etude de l’effet de DH01 sur la motilité intestinale …………………………………..9
5- Etude du mécanisme d’action de l’extrait DH01 …………………………………… 10
C- EXPRESSION ET ANALYSE DES DONNEES ………………………………….. 10
III- RESULTATS ……………………………………………………………………… 11
A- PARTIE CHIMIE …………………………………..……………………………… 11
1- Rendement de l’extraction …………………………………………………………. 11
2- Résultats du criblage phytochimique ………………………………………………. 11
B- PARTIE PHARMACOLOGIE…………………………………………………….. 12
1- Activité de l’extrait DH01 sur l’accumulation de fluide intestinal ……………………12
2- Activité de l’extrait DH01 sur la motilité intestinale ………………………………. 12
3- Etude du mécanisme d’action de l’extrait DH01………………………………………..
13
IV- DISCUSSION ……………………………………………………………………. 15
V- CONCLUSION …………………………………………………………………… 18
REFERENCES ………………………………………………………………………… 19
WEBOGRAPHIE ………………………………………………………………………..23
RESUME ET ABSTRACT

I
LISTE DES FIGURES

Figure 1. Processus d’extraction de l’extrait DH01 ……………………………………… 4


Figure 2. Gavage d’un cobaye lors des tests in vivo ……………………………………... 8
Figure 3. Appareillage utilisé pour les tests in vitro ……………………………………… 9
Figure 4. Variation du volume de fluide intestinal chez les animaux témoins et traités avec
l’extrait DH01 administré par voie orale aux doses de 150, 300 et 600 mg/kg
(̅̅̅ ± e.s.m. : n= 5; p < 0,05) ………………….................................................................... 12

Figure 5. Variation du relâchement de l’iléon isolé de cobaye contracté avec l’acétylcholine


en présence de l’extrait DH01 injecté dans le bain d’une manière cumulative
(̅̅̅ ± e.s.m. : n= 5; p < 0,05) ………….……………………………………. ……………. 13

Figure 6. Variation de la contraction de l’iléon isolé de cobaye provoquée par


l’acétylcholine injectée dans le bain d’une manière cumulative, en absence et en
présence de l’extrait DH01 aux concentrations de 0,125 , 0,250 et 0,500 mg/ml
(̅̅̅ ± e.s.m. : n= 5; p < 0,05) ………………………………………..…………………...... 14

II
LISTE DES TABLEAUX

Tableau I. Tests utilisés pour déterminer les familles chimiques présentes dans l’extrait
DH01 ……………………………………………………………………………………… 6
Tableau II. Composition de 1 litre de solution de Tyrode ………………………………... 7
Tableau III. Les familles chimiques présentes dans l’extrait DH01 …………………… 11

III
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

Ach : Acétylcholine.
CE50 : Concentration donnant 50 % d’effet.
Coll : Collaborateurs.
°C : Degré Celsius.
E.D : Eau distillée
e.s.m : Ecart type standard à la moyenne.
g : Gramme.
kg : Kilogramme.
LPGPC : Laboratoire de pharmacologie générale et de pharmacocinétique et de
cosmétologie.
Mg : Magnésium.

ml : Millilitre.
mM : Millimollaire.
M : Mollaire.
mg/kg : Milligramme par kilogramme.
ml/kg : Millilitre par kilogramme.
mg/ml : Milligramme par millilitre.
̅ : Moyenne.
n : Nombre d’expériences.
O.M.S : Organisation Mondiale de la Santé.
p : Seuil de probabilité.
µl : Microlitre.
UV : Ultraviolet.

% : Pourcentage.
< : Strictement inferieur.
± : Plus ou moins.
V : Volume.

IV
INTRODUCTION
I. INTRODUCTION
La santé est un des problèmes très intéressants dans l’histoire de l’humanité, le progrès de la
médicine en est le témoin. Pourtant malgré la progression considérable de la médicine,
certaines maladies persistent et provoquent encore beaucoup de décès. Derrière la pneumonie
la diarrhée est la deuxième maladie qui provoque une forte mortalité infantile dans le monde
(OMS, 2009). La diarrhée peut être mortelle surtout pour les enfants de moins de 5 ans, on
compte environ 1,7 milliards de cas de diarrhée chaque année dans le monde; 73% de ces
enfants se trouvent dans 15 pays en voie de développement, y compris Madagascar
(OMS, 2014). Elle tue 760000 d’enfants annuellement, ce qui représente 10% de la mortalité
infantile. Ces chiffrent montrent que la diarrhée représente un problème de santé publique, et
nécessite une attention particulière, surtout dans les pays en voie de développement, où elle
est liée à un manque d’hygiène (BUISSON Y., 2001 ; OMS, 2013).

La diarrhée est caractérisée par l’émission de selles molles ou liquides au moins trois fois en
une journée, ou l’émission de selles trop fréquentes et trop liquides, supérieures à 300 ml en
24 heures (FATTORUSSO V et RITTER O, 2004., JUCKETT G.et coll., 2011). Elle est
accompagnée au moins par l’un des symptômes suivants: douleur abdominale, fièvre, nausée,
selle impérieuse, vomissement, émission de sang. Les selles liquides sont dues à l’excès de
sécrétion ou à l’insuffisance de la réabsorption de fluide au niveau de l’intestin. Normalement
l’intestin grêle résorbe 9 litres d’eau par jour et le colon 0,9 litres pour maintenir le débit fécal
au voisinage de 100 ml par jour (SILRTHORN D.U., 2007). Selon les mécanismes impliqués,
la diarrhée peut être classée en diarrhée osmotique, sécrétoire et motrice. Selon sa durée, il
existe deux types de diarrhée : la diarrhée aiguë et la diarrhée chronique. La diarrhée aiguë
dure quelques jours, tandis que la durée de la diarrhée chronique est supérieure à 4 semaines.
La diarrhée aiguë est due généralement aux infections bactériennes ou virales comme le
Rotavirus, Salmonella ou Escherichia coli qui sont apportés par l’eau ou par des aliments
contaminés (BOUCHAUD O., 2001). La diarrhée chronique est généralement d’origine
fonctionnelle, elle peut être sécrétoire, inflammatoire ou par malabsorption et mal digestion,
elle peut également être due aux parasites ou aux champignons (JUCKETT G. et coll., 2011).

La baisse de la réabsorption peut être due à l’hypermotilité intestinale causée


par l’acétylcholine, la sérotonine ou l’histamine. La décharge de sérotonine peut
être provoquée par certains médicaments, une émotion intense et une anxiété
(MOSTL E. et PALME R., 2002). Tandis que la sécrétion de l’histamine est provoquée par
des allergènes, en se fixant sur ses récepteurs, l’histamine augmente le péristaltisme intestinal

-1-
(MARTEAU P., 2012). L’accélération du péristaltisme intestinal diminue le temps
d’absorption du contenu intestinal à cause de la diminution du temps d’absorption au niveau
du tube digestif et augmente ainsi le volume du liquide intestinal. Dans ce cas on parle de
diarrhée motrice (BUISSON Y., 2001; READ N. W., 2008 ; FORET P. A., 2009). Cette
augmentation du péristaltisme intestinal peut aussi être due à une colopathie
fonctionnelle ou à des causes endocriniennes et/ou nerveuses (BUISSON Y., 2001;
JUCKETT G.et coll., 2011).

La hausse de la sécrétion peut être due à la présence de produits osmotiquement actifs dans la
lumière intestinale qui attirent l’eau de la paroi vers la lumière intestinale et la retiennent dans
l’intestin (FORET P. A., 2009). Ce type de diarrhée se rencontre en cas de prise de laxatifs,
d’intolérance alimentaire ou indigestion. D’autre part, il existe aussi d’autres types de
diarrhée, comme la diarrhée sécrétoire due à l’irritation de la muqueuse intestinale qui
perturbe les échanges au niveau des cellules épithéliales ou à la baisse du taux d’enképhaline
intestinale, responsable de l’absorption d’eau et d’électrolytes au niveau de cette paroi.
L’irritation de la muqueuse peut être due à une infection virale par les rotavirus, entérovirus,
et les adénovirus, ou bactérienne par Escherichia coli, Salmonella, Vibriocholerae, …. Ces
agents pathogènes provoquent des lésions ou des irritations de la muqueuse intestinale et
stimulent la sécrétion hydro-électrolytique à l’origine de la diarrhée (BOUCHAUD O., 2001).

La diarrhée peut être traitée avec les ralentisseurs du transit intestinal, les anti-sécrétoires, les
astringents, les adsorbants, les antibiotiques et les probiotiques. Les ralentisseurs du transit
intestinal améliorent la consistance des selles en augmentant le temps d’absorption d’eau et
d’électrolytes, et diminuent leur émission comme le Lopéramide (Imodium®). Tandis les
anti-sécrétoires inhibent la sécrétion hydro-électrolytique intestinale ou augmentent la
réabsorption comme le Racécadotril (Tiorphan®) qui inhibent l’enképhalinase. Et les
astringents tapissent la paroi intestinal et resserrent les pores, ils diminuent ainsi la sécrétion
hydroélectrolytique dans la lumière intestinale. Les adsorbants Diosmectite (Smecta®) fixent
les toxines et empêchent ainsi l’irritation de la paroi intestinale. Quant aux antibiotiques
(Cotrimoxazole), ils agissent sur les bactéries responsables de la diarrhée. Enfin, les
probiotiques sont des substances d’origine biologique que l’on utilise contre la prolifération
des micro-organismes nuisibles à l’origine des diarrhées infectieuses, par exemple
l’Ultralevure® qui régénèrent la flore intestinale (VRESSE M. et STEGELMANN A., 2001).

-2-
A côté de ces médicaments modernes, les plantes médicinales constituent une source de
molécules actives contre la diarrhée. D’ailleurs de nombreux produits pharmaceutiques sont
issus de plantes médicinales (MARIN B. et CRESTIN H., 2007). Dans les pays à faible
revenus (PNB ≤ 50 $ / an), la plupart de la population a recours à la médecine traditionnelle
surtout dans les zones rurales où la population utilise des plantes médicinales. Ceci vient du
fait du coût élevé des médicaments, de la baisse de leur pouvoir d’achat ou tout simplement
par tradition en se soignant avec des substances naturelles (OMS., 2002).

De nombreuses plantes sont utilisées contre la diarrhée. Par exemple la population Haïtienne
utilise le décocté toutes les parties de Goyave ou Psidium guajava (MYRTACEAE), le décocté
des feuilles et écorce du Manguier ou Mangifera indica (ANACARDIACEAE) (Association
Haïti-Cosmos., 2000). La tisane préparée à partir de la pulpe de fruit de baobab ou Adansonia
digitata L. (BOMBACACEAE) est utilisée dans la plupart des pays Africain contre la diarrhée
(KENNE F.O., 1994 ; MEMVI C., 2005).

A Madagascar, de nombreuses plantes sont utilisées dans la médecine traditionnelle pour


traiter la diarrhée. Par exemple le décocté de l’écorce du Trema orientalisou (Andrarezina ou
Tsivakimbaratra) (ULMACEAE) et du Phylmantus casticum ou (Sanira)
(EUPHORBIACEAE), ou l’infusion de graines de Ocimum gratissimum ou (Romba)
(LAMIACEAE) sont prescrits en cas de dysenterie (PERNET R. et MEYER G., 1957).

Le décocté de l’inflorescence de la plante que nous avions choisie en fait partie. L’analyse
des résultats des enquêtes ethnopharmacologiques que nous avions effectuées dans la région
de Boeny, nous a conduits à émettre l’hypothèse que cette inflorescence possèderait un effet
anti diarrhéique. Des tests in vivo et in vitro chez le cobaye ont été effectués pour vérifier
cette hypothèse.

-3-
MATERIELS ET METHODES
II. MATERIELS ET METHODES
A. PARTIE CHIMIE
1. Extraction
Les inflorescences d’une plante utilisée contre la diarrhée dans la région Boeny ont été
récoltées dans cette région au mois de Novembre 2015. Elles ont été séchées à l’ombre dans
une salle aérée, à la température ambiante pendant 21 jours, puis 250g d’inflorescences ainsi
séchées ont été broyées à l’aide d’un broyeur à marteau électrique au LPGPC de la Faculté
des Sciences de l’Université d’Antananarivo. La poudre ainsi obtenue a été macérée dans un
mélange éthanol - eau (60 :40) pendant 72 heures, à la température ambiante. Le macérât a
ensuite été filtré sur du coton hydrophile et le filtrat a été évaporé à sec à l’aide d’un
évaporateur à la température de 80°C (Figure 1). L’extrait ainsi obtenu a été codé DH01, puis
pesé pour calculer le rendement selon la formule :

𝐌𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐝′𝐞𝐱𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐨𝐛𝐭𝐞𝐧𝐮


𝐑𝐞𝐧𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 % = × 𝟏𝟎𝟎
𝐌𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐝𝐫𝐞 𝐦𝐚𝐜𝐞𝐫é𝐞

250g de poudre
d’inflorescences sèches

Macération avec mélange éthanol-eau (60 : 40)


à la température ambiante
Filtration

Marc Filtrat

Evaporation à sec, à 80°C

DH01

Figure1. Processus d’extraction de l’extrait DH01

-4-
2. Criblage phytochimique
Pour déterminer les familles chimiques présentes dans l’extrait DH01, un criblage
phytochimique a été effectué. Des réactifs spécifiques pour chaque famille chimique ont été
utilisés. Ces réactifs réagissent avec les familles chimiques correspondantes en donnant des
précipités ou un changement de coloration (FONG H.H.S. et coll., 1977) (Tableau I).

Les signes suivants ont été utilisés pour exprimer la teneur des familles chimiques dans
l’extrait :

± présence en très faible teneur

+ présence en faible teneur

++ présence en teneur moyenne

+++ présence en forte teneur

-5-
Tableau I. Tests utilisés pour déterminer les familles chimiques présentes dans l’extrait
DH01 (FONG H.H.S. et coll., 1977).

Familles chimiques Tests Réactifs Observations


ALCALOÏDES DRAGENDORFF, Précipitation
MAYER, WAGNER
Gélatine + NaCl Précipitation verte
TANINS Gélatine + FeCl3 Précipitation
Méthanol bleue
COMPOSES Gélatine 1% Précipitation
PHENOLIQUES
LIERMAN Anhydride acétique + Coloration violette
BURCHARD H2SO4
STEROÏDES ET BADGET Acide picrique Coloration rouge
TRITERPENES KEDDE
SALKOWSKI H2SO4 Anneau de
séparation rouge
WIL-STATER Ruban de Mg + HCl Coloration rouge
FLAVONOÏDES
concentré
HCl concentré + bain Coloration rouge
LEUCOANTHOCYANES
BATH-SMITH marie violacée
ANTHOCYANES HCl à froid Coloration rouge
POLYSACCHARIDES + 3Volumes d’éthanol Trouble
Liqueur de Fehling+ Précipitation rouge
SUCRES REDUCTEURS
Bain-marie brique
Fluorescence à
COUMARINES NaOH 10%
l’UV
Persistance d’une
mousse de 3cm
SAPONINES MOUSSE HCl + Agitation
d’épaisseur après
30mn

-6-
B. PARTIE PHARMACOLOGIE

Pour étudier l’activité de l’extrait DH01, il a été dissout dans de l’eau distillée, et des tests in
vivo et in vitro ont été effectués chez le cobaye. Son activité a été étudiée in vivo sur
l’accumulation de fluide dans la lumière intestinale provoquée par l’administration de l’huile
de ricin par voie orale (ROBERT et coll., 1976; RIVIERE et coll., 1991; MAMINILAINORO
L., 1996). Tandis que des études in vitro ont été effectuées pour étudier son mécanisme
d’action (HAMMAD H.M. et ABDALLAH S.S., 1997).

1. Animaux d’expérimentation

Des cobayes tricolores des 2 sexes, âgés de 3 à 4 mois et pesant entre 300 et 325g ont été
utilisés. Les animaux ont été acclimatés dans l’animalerie du LPGPC pendant 1 semaine avant
d’être utilisés. Ils ont été nourris avec des feuilles fraîches de graminées, puis mis à jeun
pendant 18 heures avant les expériences.

2. Préparation de la solution de Tyrode

Pour assurer la survie de l’iléon isolé de cobaye utilisé lors des tests in vitro, une solution de
Tyrode a été préparée (KITCHEN I., 1984) (Tableau II).

Tableau II. Composition de la solution de Tyrode

Constituants Na Cl K Cl CaCl2 MgCl2 NaH2PO4 NaHCO3 Glucose Eau

mM 8 2 0,2 0,1 0,5 1 1 1 litre

3. Etude de l’activité de DH01 sur l’accumulation de fluide intestinal

L’effet de DH01 sur la diarrhée a été étudié sur l’accumulation de fluide intestinal provoquée
par l’administration de l’huile de ricin par voie orale (ROBERT et coll., 1976). Des cobayes
mis à jeun pendant 18 heures ont été utilisés, ils ont été répartis en 4 lots: un lot témoin et trois
lots traités avec l’extrait. Les animaux du lot témoin ont reçu 10ml/kg d’eau distillée, et ceux
des lots traités ont reçu respectivement l’extrait DH01 aux doses de 150, 300 et 600 mg/kg

-7-
administré par voie orale dans un volume de 10 ml/kg (DIEHL K. H. et coll., 2001) (Figure
2). Après 45 minutes, chaque animal a reçu 1ml d’huile de ricin par voie orale (PANDEY P.
et coll., 2012). Trente minutes après l’administration de l’huile de ricin, les animaux ont été
sacrifiés puis éxanguinés. Ensuite, une laparotomie a été pratiquée et deux ligatures ont été
effectuées : l’une au niveau du pylore et l’autre au niveau de la jonction iléocoecale. La
portion entre les deux ligatures a été prélevée, puis le liquide contenu dans cette portion a été
récupéré dans une éprouvette graduée et son volume a été mesuré (MAMINILAINORO L.,
1996).

La variation du volume du liquide intestinal a été exprimée en pourcentage d’inhibition de


l’accumulation du fluide intestinal selon la formule :

𝑣−V
E % = × 100
𝑣 (MAMINILAINORO L., 1996).

Avec :

 E : effet inhibiteur de l’extrait DH01 sur la diarrhée sécrétoire exprimé en


pourcentage.
 : volume du liquide intestinal du lot témoin, en millilitre.
 V : volume du liquide intestinal des lots traités, en millilitre.

Gavage

Figure 2. Gavage d’un cobaye lors des tests in vivo

-8-
4. Etude de l’effet de DH01 sur la motilité intestinale

Ce test a eu pour objet d’étudier l’effet de l’extrait DH01 sur le péristaltisme intestinal où
l’acétylcholine a été utilisée comme agent contracturant (HAMMAD H. M. et
ABDALLAH S. S., 1997). Cette étude a été effectuée in vitro, sur l’iléon isolé de cobaye.
Après avoir mis les cobayes à jeun pendant 18 heures, ils ont été sacrifiés puis exsanguinés
une laparotomie a été effectuée, et une portion de 3cm d’iléon a été prélevée et placée dans
une boite de pétri contenant une solution de Tyrode maintenue à la température de 37°C, et
aérée avec de l’air à l’aide d’un aérateur. Le contenu de l’iléon isolé a été vidé, ensuite il a été
nettoyé en le débarrassant des mésentères. L’iléon isolé a été monté dans une cuve à organe,
contenant 20 ml de solution de Tyrode aérée avec de l’air à l’aide d’un aérateur et maintenue
à la température de 37°C. Une de ces extrémités a été fixée au fond de la cuve à l’aide d’un fil
de coton inextensible et l’autre extrémité a été reliée à un stylet enregistreur d’un
kymographe (Electric 12 racording drum, PALMER), avec un contre poids de 1g
(MEHMOOD, M. et coll., 2011 ; SHIFERIE F. et SHIBESHI W. 2012) (Figure 3). La
préparation a été laissée se stabiliser pendant 45 minutes. Pendant cette période elle a été
rinçée toutes les 15 minutes.

Contre poids

Tambour Stylet enregistreur

Cuve à organe

Conduit d’aération

Conduit d’eau chaude


(afin de maintenir la
solution de Tyrode
dans le bain à 37°C)

Figure 3. Appareillage utilisé pour les tests in vitro

Après la période de stabilisation, l’acétylcholine a été injectée dans le bain pour réaliser une
concentration de 10-5 M pour tester la viabilité de l’organe et pour le sensibiliser (BORGES

-9-
E.L. et coll., 2003 ; SEYEDEH M. K. et coll., 2013). Puis la préparation a été laissée se
stabiliser pendant 30 minutes. Pendant cette période, elle a été rinçée toutes les 15 minutes.
Après cette période, l’acétylcholine a été injectée dans le bain d’une manière cumulative pour
obtenir des concentrations croissantes allant de 10-11 M jusqu’à l’obtention de la contraction
maximale de l’iléon. Au plateau de la contraction, l’extrait DH01 a été injecté dans le bain de
façon cumulative à partir de 0,1 mg/ml jusqu’au relâchement total de l’organe. Les
contractions de l’iléon ont été enregistrées, puis leur amplitude a été mesurée. La courbe de
relâchement en fonction de la concentration de l’extrait dans le bain a été tracée sur un papier
semi logarithmique, et la CE50 de l’extrait a été déterminée graphiquement.

5. Etude du mécanisme d’action de l’extrait DH01


Le mécanisme d’action de l’extrait DH01 a été étudié en utilisant l’acétylcholine comme
agent contracturant. L’iléon isolé a été incubé dans le bain contenant l’extrait avant de le
contracter avec ce neuromédiateur (HAMMAD H.M. et ABDALLAH. S. S., 1997 ;
MEHMOOD, M. et coll., 2011).

Après la période d’incubation dans un bain contenant l’extrait DH01 à la concentration de


0,125 mg/ml pendant 10 minutes, l’acétylcholine a été injectée dans le bain d’une manière
cumulative à partir de 10-11M jusqu’à l’obtention de la contraction maximale. La même
manipulation a été effectuée avec 0,25 et 0,50 mg/ml d’extrait dans le bain.

Les contractions provoquées par l’acétylcholine en absence et en présence de l’extrait ont été
enregistrées, puis leur amplitude a été mesurée. Les courbes correspondantes ont été tracées
sur un papier semi logarithmique, et les CE50 de l’acétylcholine en absence et en présence de
l’extrait DH01 à différentes concentrations ont été déterminées graphiquement.

C. EXPRESSION ET ANALYSE DES DONNEES


Tous les résultats ont été exprimés sous forme de moyenne ± écart type réduit ( ̅ ± e.s.m).
Puis les moyennes ont été comparées entre elles en utilisant le « test t de Student » avec un
degré de signification p < 0,05.

- 10 -
RESULTATS
III. RESULTATS
A. PARTIE CHIMIE
1. Rendement de l’extraction
Après évaporation à sec du filtrat obtenu en macérant 250 g d’inflorescence, 24g d’extrait
DH01 sont obtenus, soit un rendement à l’extraction égal à 9,6%.

2. Résultats du criblage phytochimique


Le criblage phytochimique effectué sur l’extrait DH01 montre qu’il contient des alcaloïdes,
des tanins, des stéroïdes et des triterpènes en forte teneur. Tandis que les flavonoïdes, les
sucres réducteurs et les composés phénoliques y sont présents en teneur moyenne. Enfin, les
leucoanthocyanes et les anthocyanes sont présents en faible teneur (Tableau II).

Tableau II. Les familles chimiques présentes dans l’extrait DH01

FAMILLES CHIMIQUES TENEUR

ALCALOÏDES +++

TANINS +++

STÉROÏDES ET TRITERPENES +++

COMPOSES PHENOLIQUES ++

FLAVONOÏDES ++

SUCRES REDUCTREURS ++

LEUCOANTHOCYANES +

ANTHOCYANES +

- 11 -
B. PARTIE PHARMACOLOGIE
1. Activité de l’extrait DH01 sur l’accumulation de fluide intestinal
L’administration d’huile de ricin par voie orale provoque une accumulation de fluide
intestinal. L’extrait DH01 diminue le volume du fluide accumulé dans l’intestin des animaux
traités par rapport à celui des animaux témoins. Cette inhibition augmente avec la dose de
l’extrait administré. Le volume de liquide dans l’intestin des animaux témoins est égal à
4,6 ± 0,06 ml, contre 4,1 ± 0,06, 3,4 ± 0,09 et 2,2 ± 0,12 ml chez les animaux traités avec
l’extrait aux doses respectives de 150, 300 et 600 mg/kg (p < 0,05) (Figure 4).

5
VOLUME DU FLUIDE INTESTINAL

4,5
4
3,5
3
2,5
(ml)

2
1,5
1
0,5
0
témoin 150 mg/kg 300 mg/kg 600 mg/kg
DOSE DE DH01 ADMINISTRE

Figure 4. Variation du volume de fluide intestinal chez les animaux témoins et traités
avec l’extrait DH01 administré par voie orale aux doses de 150 , 300 et 600 mg/kg
(̅̅̅ ± e.s.m. : n= 5 ; p < 0,05).

2. Activité de l’extrait DH01 sur la motilité intestinale


L’injection de l’acétylcholine dans le bain d’une manière cumulative contracte l’iléon isolé de
cobaye. L’amplitude de cette contraction augmente en fonction de la concentration de
l’acétylcholine dans le bain, jusqu’à la contraction maximale (100%). L’extrait relâche l’iléon
contracté avec l’acétylcholine en fonction de sa concentration dans le bain (Figure 5).
La détermination graphique de la CE50 de l’extrait donne une valeur de 0,4 mg/kg.

- 12 -
110
RELACHEMENT en % 100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0,1 0,2 0,4 0,8 1,6
Concentration de DH01 dans le bain en mg/ml

Figure 5. Variation du relâchement de l’iléon isolé de cobaye contracté avec l’acétylcholine


en présence de l’extrait DH01 injecté dans le bain d’une manière cumulative
(̅̅̅ ± e.s.m.; n= 5; p < 0,05).

3. mécanisme d’action de l’extrait DH01

En injectant l’acétylcholine dans le bain d’une façon cumulative, l’iléon se contracte, et


l’amplitude de la contraction augmente en fonction de la concentration de l’acétylcholine dans
le bain. A la concentration de 10-5 M dans le bain, la contraction obtenue ne change plus, ce
qui correspond à la contraction maximale considérée comme 100%. La CE50 est égale à
2,5 ± 0,3 .10-6 M. En pré incubant l’iléon dans un bain contenant l’extrait DH01, l’amplitude
de la contraction maximale provoquée par l’acétylcholine diminue et sa CE50 augmente.
En présence de l’extrait à différentes concentrations allant de 0,125 à 0,500 mg/ml,
l’amplitude maximale de la contraction provoquée par l’acétylcholine passe de 81,63 % à
51 % et la CE50 de l’acétylcholine varie de 2,5.10-6 M à 1,2.10-5 M (p < 0,05) (Figure 6).

- 13 -
120
110
100
90
CONTRACTION en %

80
70
60
50
40
30
20
10
0
-11 -10 -9 -8 -7 -6 -5 -4
log Ach (M)

Figure 6. Variation de la contraction de l’iléon isolé de cobaye provoquée par


l’acétylcholine injectée dans le bain d’une manière cumulative, en absence et en présence
de l’extrait DH01 aux concentrations de 0,125 , 0,250 et 0,500 mg/ml
(̅̅̅ ± e.s.m. : n= 5; p < 0,05).

- 14 -
DISCUSSION
IV. DISCUSSION
L’objectif de notre travail a été d’étudier l’activité de l’extrait des florescences d’une plante
utilisée dans la médecine traditionnelle dans la région de Boeny pour traiter les symptômes de
la diarrhée.

L’huile de ricin a été administrée par voie orale pour provoquer la diarrhée
expérimentalement. L’acide ricinoléique contenue dans l’huile de ricin irrite la muqueuse
intestinale, et augmente sa perméabilité, ce qui explique l’hypersécrétion de fluide dans la
lumière intestinale (YOSHIO K. et coll., 1999). Les résultats des tests in vivo que nous avions
effectués montrent que l’administration par voie orale de l’huile de ricin augmente le volume
de liquide dans la lumière intestinale. Par contre le volume du fluide intestinal des animaux
traités avec l’extrait est inférieur à celui des témoins. Ceci nous permet de dire que l’extrait
DH01 inhibe l’accumulation du fluide intraluminal, c’est-à-dire qu’il possède une activité
anti-sécrétoire (ZAVALA M.A., et coll., 1998).

D’une part, l’augmentation de la réabsorption pourrait être due à l’action de l’enképhaline, qui
peut être dégradée par l’enképhalinase. L’inhibition de cette dernière favorise la réabsorption
d’eau au niveau de la lumière intestinale (AKROUM S., 2011). Nous pouvons ainsi émettre
l’hypothèse que DH01 pourrait inhiber l’enképhalinase et favoriser la réabsorption de fluide
dans la lumière intestinale.

D’autre part, cette diminution du volume de fluide intestinal pourrait être due à
l’augmentation de la réabsorption du fluide intraluminal, suite au ralentissement du transit
intestinal. Ceci est la conséquence d’une diminution du péristaltisme de l’intestin. Les
résultats des tests in vitro montrent un relâchement total de l’iléon isolé de cobaye contracté
par l’acétylcholine sous l’effet de l’extrait DH01. Nous pouvons en déduire que notre extrait
réduit le spasme provoqué par l’acétylcholine Cette activité spasmolytique de l’extrait DH01
augmenterait le temps de contact du contenu intestinal avec la paroi, favorisant l’absorption
du fluide et réduit ainsi son volume dans la lumière intestinal.

Comme l’extrait DH01 déprime la contraction maximale provoquée par l’acétylcholine, nous
pouvons dire que l’extrait inhibe l’effet de l’acétylcholine d’une manière non compétitive.
C’est-à-dire que l’extrait contient des molécules se fixant à d’autres récepteurs autres que
ceux de l’acétylcholine. En se fixant sur ces récepteurs, elles déformeraient les
récepteurs cholinergiques et perturbent ainsi sa fixation sur son récepteur
(RAJAMANICKA M., et coll., 2010).

- 15 -
Par ailleurs, la diminution de l’accumulation du fluide intestinal peut être due à la réduction
de la sécrétion d’eau et d’électrolytes dans la lumière intestinale. Ceci pourrait être causé par
les flavonoïdes, car les études effectuées sur l’extrait d’Acacia nilotica
(SANNI S. et coll., 2010), et de Ziziphus oenoplia (YADAV S. et coll., 2016) ont montré que
l’activité anti-sécrétoire de l’extrait de ces plantes pourrait être due aux flavonoïdes qu’elles
contiennent. Elle pourrait également être due aux tanins, qui par leur propriété astringente,
resserrent les pores au niveau de la muqueuse intestinale, les rendent imperméables et
diminuent la sécrétion hydroélectrolytique intraluminale (HAVAGIRAY R., et coll., 2004).
Par ailleurs l’extrait DH01 contient aussi des flavonoïdes et des tanins, et nos résultats
montrent que l’extrait DH01 diminue l’accumulation du fluide intraluminal. Ceci nous permet
d’avancer une hypothèse que cette inhibition pourrait être attribuée aux flavonoïdes ou tanins
qu’il contient.

En outre, ces tanins grâce à leur propriété astringente peuvent diminuer l’excitabilité des
fibres musculaires lisses et la contraction du muscle lisse intestinal. Ceci entraîne le
ralentissement du transit intestinal et l’augmentation de la réabsorption d’eau et des
électrolytes. Ces propriétés des tanins ont été rapportées sur l’étude de l’extrait de Calotropis
gigantea (HAVAGIRAY et coll., 2004). D’autres recherches montrent que des flavonoïdes
diminuent le péristaltisme du muscle lisse intestinal, comme c’est le cas de l’extrait de
Jacquez grapes (VITALI F. et coll., 2005). D’autres études ont rapporté également
l’activité antispasmodique des alcaloïdes de l’extrait de Phyllanthus emblica
(MEHMOOD, M. et coll., 2011), et de Ziziphus oenoplia (YADAV S. et coll., 2016). Cette
famille chimique comporte des composés possédant une activité antispasmodique comme
l’atropine, le Diarsed® utilisés dans le traitement des symptômes de la diarrhée. L’atropine
diminue le spasme intestinal provoqué par l’acétylcholine, augmente ainsi le temps de passage
de contenu intestinal dans la lumière et favorise l’absorption d’eau et d’électrolyte. Elle est
aussi utilisée dans le traitement des douleurs liées aux troubles fonctionnels du tube digestif,
comme c’est le cas de Génatropine® (GOULLÉ J. P. et coll.,2004). Or l’extrait DH01 réduit
le spasme provoqué par l’acétylcholine sur l’iléon isolé, et il contient des alcaloïdes. Or, nous
voyons sur nos résultats que l’extrait DH01 relâche l’iléon contracté avec l’acétylcholine.
Comme l’extrait DH01 est riche en flavonoïdes, en alcaloïdes et en tanins, par analogie, nous
pouvons émettre l’hypothèse que l’activité antispasmodique de cet extrait et son effet sur
l’accumulation de fluide intestinal chez les animaux traités pourraient être dus à ces familles
chimiques.

- 16 -
Comme l’extrait DH01 est un extrait total, son activité antidiarrhéique pourrait être due aux
tanins, aux alcaloïdes ou aux flavonoïdes, soit à une ou plusieurs molécules appartenant à
l’une de ces familles. Ou bien, elle pourrait être due à un effet combiné de deux ou plusieurs
molécules d’une même ou de différentes familles chimiques. Pour élucider son mécanisme
d’action, une purification est nécessaire pour isoler ses principes actifs.

- 17 -
CONCLUSION
V - CONCLUSION

L’extrait DH01diminue l’accumulation de fluide intestinal provoquée par l’huile ricin, et


relâche l’iléon isolé contracté avec l’acétylcholine. Il antagonise l’acétylcholine d’une
manière non compétitive. Ces résultats nous permettent de tirer une conclusion que l’extrait
DH01 possède une activité antidiarrhéique. Le mécanisme d’action de cet extrait ainsi que les
responsables de ces activités ne sont pas encore clairs. Pour cela, des études approfondies sont
nécessaires.

- 18 -
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WEBOGRAPHIE
Séminaires de Phytothérapie Moderne
(Association Haïti-cosmos. 2000)
TABLE DES PLANTES
http://www.antenna.ch/... /Fiches Plantes.pdf
Consulté le 20 Janvier 2017.

- 23 -
ETUDE DE L’ACTIVITE ANTIDIARRHEIQUE DE L’EXTRAIT DH01 CHEZ LE
COBAYE

RANDRIANIRINA Jean Désiré Laboratoire: Laboratoire de Pharmacologie


Adresse : CU AMBOHIMPO Bloc 124 Porte C 2 Générale, de Pharmacocinétique et de
Antananarivo Cosmétologie
E-mail : jeandesire.randrianirina@gmail.com B.P : 8351
Téléphone : 032 71 41623 / 033 25 054 70 E-mail : frandimbi@gmail.com
Encadreur : Professeur RANDRIANAVONY Patricia Domaine des Sciences et Technologies
Université d’Antananarivo

RESUME

Le but de ce travail a été d’étudier l’activité de l’extrait DH01, issu d’une plante utilisée en médecine
traditionnelle contre la diarrhée. Son effet sur l’accumulation de fluide intestinal provoquée par l’huile de ricin
administré par voie orale a été étudié chez le cobaye in vivo, tandis que son activité sur la motilité intestinale a
été étudiée sur la contraction de l’iléon isolé de cobaye contracté par l’acétylcholine in vitro.
Les résultats des tests in vivo montrent que l’extrait DH01 inhibe l’accumulation de liquide intestinal
provoquée par l’huile de ricin. Le volume de fluide intestinal chez les témoins est égal à 4,6 ± 0,06 ml contre
4,1 ± 0,06 ; 3,4 ± 0,09 et 2,2 ± 0,12 ml respectivement chez les animaux traités avec l’extrait aux doses de
150, 300 et 600 mg/kg (p  0,05). Par ailleurs les résultats des tests in vitro montrent qu’il relâche l’iléon isolé
de cobaye contracté avec l’acétylcholine avec une CE50 0,4 mg/kg. Il inhibe l’action de l’acétylcholine de façon
non compétitive et déprime à 51 % l’effet maximal de l’acétylcholine. En présence, de l’extrait DH01 aux
concentrations allant de 0,5 mg/ml la CE50 de l’acétylcholine passe de 2,5.10-6 M à 1, 2.10-5 M
(p  0,05).
Cet effet antidiarrhéique de l’extrait DH01, pourrait être dû à l’une ou à l’autre des familles chimiques comme
les tanins, alcaloïdes ou flavonoïdes qu’il contient.

Mots clés: anti diarrhéique, anti sécrétoire, spasmolytique, cobaye

ABSTRACT
The aim of this study was to investigate the activity of extract DH01, from a plant used in traditional medicine
to treat diarrhea. Its effect on the accumulation of intestinal fluid induced by castor oil administered orally was
studied in vivo in guinea pigs, while its effect on intestinal motility was investigated in vitro on isolated guinea
pig ileum contracted with acetylcholine. The in vivo tests results show that extract DH01 inhibits the
accumulation of intestinal fluid induced by castor oil. The volume of intestinal fluid is 4.6 ± 0.06 ml for the
control animals versus 4.1 ± 0.06; 3.4 ± 0.09 and 2.2 ± 0.12 ml for the animals treated with extract DH01 at
dose 150, 300 and 600 mg/kg, respectively (p < 0.05). In vitro, extract DH01 relaxes the isolated guinea pig
ileum contracted with acetylcholine with an EC50 equal to 0.4 mg/kg. The extract inhibits the contracting
effect of acetylcholine in a non-competitive manner, suppresses to 51 % the maximal effect of acetylcholine.
The extract DH01 at concentrations of 0.500 mg/ml in the bath increases the EC50 of acetylcholine from
2, 5.10-6 M to 1. 2.10-5 M (p  0. 05).
This antidiarrheal activity could be attributed to the tannins, alkaloids and flavonoids present in the extract.
Key words: antidiarrheal, anti-secretory, spasmolytic, guinea pig