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Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

LICENCE 2

ANNALES

des

ÉPREUVES ÉCRITES 2018

Épreuves à coefficient 3 (écrits de 3 heures) :


• Droit administratif S3 (délestage, 1 session, 2 session)
re nde

• Droit administratif S4 (1 session, 2 session)


re nde

• Droit civil S3 : les contrats (délestage, 1 session, 2 session) re nde

• Droit civil S4 : la responsabilité (1 session, 2 session)


re nde

Épreuves à coefficient 1 (écrits d’1 heure) :


• Droit pénal (délestage, 1 session, 2 session)
re nde

• Histoire des idées politiques (délestage, 1 session, 2 session) re nde

• Droit fiscal (1 session, 2 session)


re nde

• Droit des affaires (1 session, 2 session)


re nde

• Procédure pénale (1 session, 2 session)


re nde

CAVEJ Annales L2 2017-2018 1


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

Droit administratif 1 et institutions administratives


Session février 2018
LICENCE 2

Consignes générales :

Vous réaliserez en trois heures l’une des deux épreuves suivantes.


Votre copie ne doit pas comprendre plus de 6 pages simples. Les pages excédentaires
ne seront pas corrigées.
Aucun document n’est autorisé.

Sujet théorique :

Le juge administratif français, un juge européen de droit commun ?

Sujet pratique : Commentaire d’arrêt guidé : CE, 13 novembre 2013, M. B.

Répondez aux questions suivantes après avoir lu l’arrêt.

1°) Quelle est la nature juridique de l’acte attaqué en l’espèce ? Dans quels autres
domaines de l’action administrative retrouve-t-on généralement ce type d’acte ? (4
points)

2°) Que savez-vous du régime contentieux de l’acte attaqué ? Est-ce que le présent
arrêt se démarque du régime contentieux classique ? (6 points)

3°) Le requérant invoque en l’espèce la violation de plusieurs droits et libertés garantis


par des textes internationaux. A quelles conditions une convention internationale
produit-elle des effets juridiques dans l’ordre interne ? (2 points)

4°) Imaginons qu’une directive européenne, prévoyant que l’objectif de réinsertion


sociale des détenus est un véritable droit opposable, n’a pas été transposée dans le
délai imparti. A quelles conditions le requérant pourrait-il l’invoquer contre le refus
implicite du directeur d’établissement de faire droit à sa demande de changement
d’établissement ? (3 points)

5°) Vous rédigerez l’introduction du commentaire de cet arrêt. Vous indiquerez


également le plan que vous choisiriez pour analyser cet arrêt. Vous mentionnerez les
titres des parties et sous-parties et préciserez quelques éléments de droit dans
chacune des sous-parties (5 points).

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Conseil d'État

N° 338720

Mentionné dans les tables du recueil Lebon


10ème et 9ème sous-sections réunies
Mme Anne Iljic, rapporteur
Mme Delphine Hedary, rapporteur public
SPINOSI, avocat

Lecture du mercredi 13 novembre 2013

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu le pourvoi sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 16 avril et 16


juillet 2010 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. B... A...,
demeurant au... ; M. A... demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler l'arrêt n° 08DA01179 du 2 juillet 2009 par lequel la cour administrative
d'appel de Douai a rejeté sa requête tendant à l'annulation de l'ordonnance du 30 juin
2008 du vice-président du tribunal administratif de Rouen rejetant sa demande tendant
à l'annulation de la décision implicite du directeur de l'administration pénitentiaire
refusant son transfert vers le centre de détention du Port à la Réunion ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Vu les autres pièces du dossier ;


Vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques ;
Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés
fondamentales ;
Vu le code de procédure pénale ;
Vu le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de Mme Anne Iljic, Auditeur,


- les conclusions de Mme Delphine Hedary, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à Me Spinosi, avocat de
M. A...;

1. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que M.A...,

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incarcéré au centre de détention de Val-de-Reuil, où il purge une peine de réclusion


criminelle à perpétuité, a contesté devant le tribunal administratif de Rouen la décision
implicite par laquelle le directeur de l'administration pénitentiaire a rejeté sa demande
de transfert vers le centre de détention du Port, à La Réunion, département dont il est
originaire ; que M. A...se pourvoit en cassation contre l'arrêt du 2 juillet 2009 par lequel
la cour administrative d'appel de Douai a rejeté l'appel qu'il a formé contre l'ordonnance
du 30 juin 2008 par laquelle le vice-président du tribunal administratif de Rouen a rejeté
sa demande comme dirigée contre une mesure insusceptible de recours pour excès
de pouvoir ;

2. Considérant, en premier lieu, qu'eu égard à leur nature et à leurs effets sur la
situation des détenus, les décisions refusant de donner suite à la demande d'un détenu
de changer d'établissement ne constituent pas des actes administratifs susceptibles
de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, sous réserve que ne soient pas en
cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus ; que, par suite, la cour
administrative d'appel de Douai n'a pas commis d'erreur de droit en jugeant que le
refus opposé à la demande de transfert du requérant par le directeur de l'administration
pénitentiaire n'était pas, en principe, susceptible de faire l'objet d'un recours pour
excès de pouvoir ;

3. Considérant, en deuxième lieu, qu'en vertu du troisième alinéa de l'article 10 du


pacte international relatif aux droits civils et politiques et des dispositions des deuxième
et troisième alinéas de l'article 707 du code de procédure pénale, comme d'ailleurs
selon les recommandations du 11 janvier 2006 du comité des ministres du Conseil de
l'Europe sur les règles pénitentiaires européennes, l'exécution des peines privatives
de liberté en matière correctionnelle ou criminelle a pour objet non seulement de punir
le condamné mais également de favoriser son amendement et de préparer son
éventuelle réinsertion ; que l'objectif de réinsertion sociale des détenus n'est
cependant pas au nombre des droits et libertés fondamentaux des détenus ;

4. Considérant que doivent être regardées comme mettant en cause des libertés et
des droits fondamentaux des détenus les décisions qui portent à ces droits et libertés
une atteinte qui excède les contraintes inhérentes à leur détention ; qu'en jugeant,
après avoir souverainement constaté que M.A..., célibataire, sans charge de famille,
n'établissait pas, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en métropole,
avoir conservé une vie privée et familiale dans son département d'origine, du seul fait
qu'une partie de sa famille y réside, que le rejet de sa demande de transfert vers un
centre de détention à La Réunion ne mettait pas en cause le droit du détenu au respect
de sa vie privée et familiale tel qu’il est protégé par l’article 8 de la convention
européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la
cour administrative d'appel de Douai n'a pas commis d'erreur de droit et a exactement
qualifié les faits qui lui étaient soumis ;

(…)

7. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. A...n'est pas fondé à
demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque ; que son pourvoi doit, par suite, être
rejeté, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des
dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

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DECIDE:
--------------
Article 1 : Le pourvoi de M. A...est rejeté.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A...et à la garde des sceaux,
ministre de la justice.

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Droit administratif 1 et institutions administratives


Semestre 3 - Mai 2018

Consignes générales :

Aucun document n'est autorisé.


Votre devoir ne doit pas dépasser 6 pages. Au-delà, les copies supplémentaires ne seront
pas corrigées.
Vous devrez traiter au choix l'un des deux sujets proposés.

• Sujet théorique : Dissertation

Le juge administratif, un juge constitutionnel ?

• Sujet pratique :
Commentaire d'arrêt guidé : CE, 2 décembre 2015, n° 386979, Ecole centrale de
Paris

Vous répondrez aux questions suivantes :

1°) La convention d'occupation du domaine public conclue en l'espèce est un contrat


administratif. Quelle est méthode utilisée pour aboutir à cette solution ? Quelle est l'autre
méthode utilisée pour déterminer la nature administrative d'un contrat de l'Administration ? (5
points)

2°) Les voies de droit ouvertes aux tiers aux contrats administratifs ont profondément évolué
ces dernières années. Après avoir retracé leur évolution, cet arrêt vous semble-t-il novateur ?
(6 points)

3°) Il n'est pas fait mention dans cet arrêt des recours ouverts au préfet et aux élus locaux.
Pourriez-vous expliciter les voies de droit dont ces derniers disposent ? (3 points)

4°) Vous rédigerez l'introduction du commentaire d'arrêt ainsi que le plan détaillé (6 points)

Conseil d'État

N° 386979

Mentionné dans les tables du recueil Lebon


8ème / 3ème SSR
Mme Esther de Moustier, rapporteur
Mme Nathalie Escaut, rapporteur public

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Lecture du mercredi 2 décembre 2015

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu la procédure suivante :

La société Orange a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon de


suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution
de la décision du 27 octobre 2014 par laquelle le directeur de l'Ecole centrale de Lyon a rejeté
sa candidature à l'appel public à la concurrence pour la signature d'une convention
d'occupation du domaine public en vue de la mise en place d'une station de téléphonie mobile,
jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision et d'enjoindre, sur le
fondement de l'article L. 911-1 du même code, au directeur de l'Ecole centrale de Lyon de
cesser la procédure engagée, de la déclarer sans suite ainsi que de ne pas signer la
convention avec les attributaires. Par une ordonnance n° 1409455 du 23 décembre 2014, le
juge des référés du tribunal administratif de Lyon a suspendu l'exécution de la décision du 27
octobre 2014 et rejeté le surplus des conclusions de la demande.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 et 22 janvier 2015


au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'Ecole centrale de Lyon demande au Conseil
d'Etat :

1°) d'annuler cette ordonnance ;


2°) statuant en référé, de rejeter la demande de la société Orange ;
3°) de mettre à la charge de la société Orange la somme de 4 000 euros au titre de l'article L.
761-1 du code de justice administrative.

(…)

1. Considérant, d'une part, qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de
justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une
requête en annulation (...), le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner
la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence
le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute
sérieux quant à la légalité de la décision " ; que lorsque l'acte administratif objet du litige n'est
pas susceptible de recours, cette irrecevabilité affecte tant la demande d'annulation de cet
acte que la demande tendant à sa suspension ; qu'en outre, lorsqu'elle ressort des pièces du
dossier soumis au juge des référés, l'irrecevabilité du recours doit être relevée, le cas échéant
d'office, tant par le juge des référés qu'éventuellement par le juge de cassation ;

2. Considérant, d'autre part, qu'aux termes de l'article L. 46 du code des postes et des
communications électroniques : " Les autorités concessionnaires ou gestionnaires du domaine
public non routier, lorsqu'elles donnent accès à des exploitants de réseaux de communications
électroniques, doivent le faire sous la forme de convention, dans des conditions transparentes
et non discriminatoires et dans toute la mesure où cette occupation n'est pas incompatible
avec son affectation ou avec les capacités disponibles. (...) " ;

3. Considérant que tout tiers à une convention d'occupation du domaine public conclue sur le
fondement de ces dispositions, susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon
suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses, est recevable à former,

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devant le juge du contrat, un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou


de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles ; que la légalité du choix
du cocontractant ne peut être contestée qu'à l'occasion d'un tel recours, exercé dans un délai
de deux mois à compter de l'accomplissement des mesures de publicité appropriées, et qui
peut éventuellement être assorti d'une demande tendant, sur le fondement de l'article L. 521-
1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution du contrat ;

4. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que, lorsqu'une autorité gestionnaire du domaine
public non routier décide de donner accès à ce domaine à des exploitants de réseaux de
communications électroniques, mais choisit de limiter le nombre de conventions
simultanément conclues à cet effet, la légalité de ce choix ainsi que celle du choix des
cocontractants et celle du refus simultanément opposé à un autre exploitant de réseaux de
communications électroniques ne peuvent être contestées, par ce dernier, que par un recours
de pleine juridiction contestant la validité du contrat ; que le candidat évincé n'est, dès lors,
pas recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre la décision par laquelle le
gestionnaire du domaine public n'a pas retenu sa candidature ;

5. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés du tribunal
administratif de Lyon que la société Orange et l'Ecole centrale de Lyon ont conclu, le 24
novembre 1995, une convention d'occupation du domaine public relative à l'installation d'une
station de téléphonie mobile sur l'un des bâtiments de l'école, renouvelée par avenants dont
le dernier arrivait à échéance le 31 décembre 2014 ; que, pour assurer le renouvellement de
cette convention à compter du 1er janvier 2015, le directeur de l'Ecole centrale de Lyon a
ouvert, le 7 juillet 2014, une procédure de consultation en vue de l'implantation, sur le site de
l'école, d'une ou deux antennes-relais, pour une durée de neuf ans ; qu'il a, le 27 octobre 2014,
rejeté l'offre présentée par la société Orange dans le cadre de cette procédure d'appel public
à la concurrence et signé deux conventions d'occupation avec, respectivement, les sociétés
Bouygues Telecom et Free ; que l'Ecole centrale de Lyon se pourvoit en cassation contre
l'ordonnance du 23 décembre 2014 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de
Lyon a suspendu l'exécution de la décision du 27 octobre 2014 rejetant l'offre de la société
Orange ;

6. Considérant qu'il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la demande de la société Orange,
qui contestait uniquement la décision du 27 octobre 2014 par laquelle le directeur de l'Ecole
centrale de Lyon avait rejeté sa candidature à l'appel public à la concurrence pour la signature
d'une convention d'occupation du domaine public sur le fondement de l'article L. 46 du code
des postes et des communications électroniques, était irrecevable (…) ;

7. Considérant qu'en ne relevant pas l'irrecevabilité de la demande de la société Orange, le


juge des référés du tribunal administratif de Lyon a commis une erreur de droit ; que, dès lors,
l'Ecole Centrale de Lyon est fondée à en demander l'annulation ;

8. Considérant qu'il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 821-2 du code de


justice administrative, de régler l'affaire au titre de la procédure de référé engagée par la
société Orange et de rejeter comme irrecevable sa demande tendant à la suspension de
l'exécution de la décision du 27 octobre 2014 par laquelle le directeur de l'Ecole centrale de
Lyon a rejeté sa candidature à l'appel public à la concurrence pour la signature d'une
convention d'occupation du domaine public en vue de la mise en place d'une station de
téléphonie mobile ;

9. Considérant que la présente décision n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, dès lors,
les conclusions à fin d'injonction présentées par la société Orange ne peuvent qu'être rejetées
;

DECIDE:

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--------------

Article 1er : L'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon du 23 décembre
2014 est annulée.

Article 2 : La demande de la société Orange devant le juge des référés du tribunal administratif
de Lyon et ses conclusions devant le Conseil d'Etat sont rejetées.

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Droit administratif 1 et institutions administratives


Septembre 2018

Consignes générales :

Aucun document n'est autorisé.


Votre devoir ne doit pas dépasser 6 pages. Au-delà, les copies supplémentaires ne
seront pas corrigées.
Vous devrez traiter au choix l'un des deux sujets proposés.

Sujet n° 1 : Dissertation

Le juge administratif et la loi

Sujet n° 2 : Commentaire d’arrêt guidé CE, Ass., 30 oct. 2009, Mme A, n° 298348
(extraits)

Après avoir lu l’arrêt reproduit ci-dessous, vous répondrez aux questions suivantes :

1°) Quelle est la nature juridique des actes attaqués ? Que pouvez-vous dire à propos
de ce type d’acte ? (5 points)
2°) Que savez-vous de la transposition des directives européennes et de leur non-
transposition dans le délai imparti ? quelles sont les conséquences d’une telle non
transposition ? (7 points)
3°) Diriez-vous que cet arrêt est un revirement de jurisprudence ou, au contraire, un
arrêt d’espèce ? (2 points)
4°) Vous rédigerez l’introduction du commentaire de l’arrêt reproduit ainsi que le plan
détaillé. (6 points)

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

(…)

Considérant que Mme A a demandé, dans sa requête introductive d'instance,


l'annulation, d'une part, du décret du 24 août 2006 portant nomination dans la
magistrature en tant qu'il la nomme vice-présidente, chargée de l'application des
peines, au tribunal de grande instance de Périgueux, et en tant que, selon elle, il
nommerait Mme B au sein de l'administration centrale, d'autre part de l'arrêté du 29
août 2006 du garde des sceaux, ministre de la justice, portant nomination de Mme B,

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juge de l'application des peines au tribunal de grande instance de Périgueux, en qualité


de chargée de formation à l'Ecole nationale de la magistrature à compter du 1er
septembre 2006 ;

Sur les conclusions de la requête dirigées contre le décret du 24 août 2006 en tant
qu'il nomme Mme A vice-présidente, chargée de l'application des peines, au tribunal
de grande instance de Périgueux :

Considérant que, par un mémoire enregistré le 17 janvier 2007, la requérante s'est


désistée de ces conclusions ; qu'il convient de lui en donner acte ;
Sur la recevabilité des autres conclusions de Mme A :
Considérant qu'à la suite de ce désistement, Mme A a limité ses autres conclusions à
l'encontre du décret du 24 août 2006 à la contestation de la nomination à
l'administration centrale de Mme B ; qu'en l'absence d'une telle mesure dans le décret
attaqué, que fait valoir à juste titre le garde des sceaux, ministre de la justice, ces
conclusions ne sont pas recevables ; qu'en revanche Mme A a intérêt à agir contre
l'arrêté du 29 août 2006, dès lors qu'elle est susceptible d'occuper la fonction à laquelle
Mme B a été nommée par cet arrêté ; qu'ainsi ses conclusions à fin d'annulation de
cet arrêté sont recevables ;
(…)

Sur la légalité des décisions attaquées :


Considérant que Mme A soutient, à l'appui de sa requête, que le garde des sceaux,
ministre de la justice, aurait commis une erreur de droit en écartant sa candidature au
poste de chargé de formation à l'Ecole nationale de la magistrature en raison de son
engagement syndical et aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste
d'appréciation en préférant celle de Mme B ;

Considérant que la requérante invoque le bénéfice des règles relatives à la charge de


la preuve fixées par l'article 10 de la directive n° 2000/78/CE du Conseil du 27
novembre 2000, dont le délai de transposition expirait le 2 décembre 2003,
antérieurement à la date des décisions attaquées, alors que cette disposition n'a été
transposée de manière générale que par l'article 4 de la loi du 27 mai 2008 portant
diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte
contre les discriminations ;
Considérant que la transposition en droit interne des directives communautaires, qui
est une obligation résultant du Traité instituant la Communauté européenne, revêt, en
outre, en vertu de l'article 88-1 de la Constitution, le caractère d'une obligation
constitutionnelle ; que, pour chacun de ces deux motifs, il appartient au juge national,
juge de droit commun de l'application du droit communautaire, de garantir l'effectivité
des droits que toute personne tient de cette obligation à l'égard des autorités publiques
; que tout justiciable peut en conséquence demander l'annulation des dispositions
règlementaires qui seraient contraires aux objectifs définis par les directives et, pour
contester une décision administrative, faire valoir, par voie d'action ou par voie
d'exception, qu'après l'expiration des délais impartis, les autorités nationales ne
peuvent ni laisser subsister des dispositions réglementaires, ni continuer de faire

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application des règles, écrites ou non écrites, de droit national qui ne seraient pas
compatibles avec les objectifs définis par les directives ; qu'en outre, tout justiciable
peut se prévaloir, à l'appui d'un recours dirigé contre un acte administratif non
réglementaire, des dispositions précises et inconditionnelles d'une directive, lorsque
l'Etat n'a pas pris, dans les délais impartis par celle-ci, les mesures de transposition
nécessaires ;
Considérant qu'aux termes de l'article 10 de la directive du 27 novembre 2000 : " 1.
Les Etats membres prennent les mesures nécessaires, conformément à leur système
judiciaire, afin que, dès lors qu'une personne s'estime lésée par le non-respect à son
égard du principe de l'égalité de traitement et établit, devant une juridiction ou une
autre instance compétente, des faits qui permettent de présumer l'existence d'une
discrimination directe ou indirecte, il incombe à la partie défenderesse de prouver qu'il
n'y a pas eu violation du principe de l'égalité de traitement. / 2. Le paragraphe 1 ne fait
pas obstacle à l'adoption par les Etats membres de règles de la preuve plus favorables
aux plaignants. / 3. Le paragraphe 1 ne s'applique pas aux procédures pénales. / 4.
Les paragraphes 1, 2 et 3 s'appliquent également à toute procédure engagée
conformément à l'article 9, paragraphe 2. / 5. Les Etats membres peuvent ne pas
appliquer le paragraphe 1 aux procédures dans lesquelles l'instruction des faits
incombe à la juridiction ou à l'instance compétente. " ; qu'en vertu du cinquième
paragraphe de cet article, les dispositions précitées relatives à l'aménagement de la
charge de la preuve n'affectent pas la compétence laissée aux Etats membres pour
décider du régime applicable aux procédures dans lesquelles l'instruction des faits
incombe à la juridiction ; que tel est l'office du juge administratif en droit public français
; qu'ainsi, eu égard à la réserve que comporte le paragraphe 5 de l'article 10, les
dispositions de ce dernier sont dépourvues d'effet direct devant la juridiction
administrative ;
Considérant toutefois que, de manière générale, il appartient au juge administratif,
dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir
tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction ; que cette
responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de
discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de
la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur
constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes ;
que, s'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre
au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier
principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la
décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination ;
que la conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui
a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de
ces échanges contradictoires ; qu'en cas de doute, il lui appartient de compléter ces
échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de ses allégations, Mme A
se fonde sur des éléments de fait, tenant tant à la qualité de sa candidature qu'à des
procédures antérieures de recrutement à la fonction de chargé de formation pour
l'application des peines à l'Ecole nationale de la magistrature, pour soutenir que cette
candidature aurait été écartée en raison de ses responsabilités syndicales connues de
l'administration ; que ces éléments de fait sont corroborés par une délibération en date
du 15 septembre 2008 de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour
l'égalité, que cette dernière a entendu verser au dossier de la procédure en application

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de l'article 13 de la loi du 30 décembre 2004 ; que, si ces éléments peuvent ainsi faire
présumer l'existence d'une telle discrimination, il ressort des pièces du dossier et,
notamment, des éléments de comparaison produits en défense par le garde des
sceaux, ministre de la justice que la décision de nommer Mme B plutôt que Mme A au
poste de chargé de formation à l'Ecole nationale de la magistrature repose sur des
motifs tenant aux capacités, aptitudes et mérites respectifs des candidates ; que la
préférence accordée à la candidature de Mme B procédait en effet d'une analyse
comparée des évaluations professionnelles des deux magistrates et des appréciations
que comportait l'avis motivé en date du 10 avril 2006 établi, conformément à l'article
12 du décret du 21 décembre 1999 régissant les emplois de l'Ecole nationale de la
magistrature, en vigueur à la date de la décision attaquée, par la commission de
recrutement mise en place par l'école ; qu'elle était également en correspondance
avec les critères fixés préalablement dans la description du poste publiée par l'école,
tenant au fonctionnement et aux caractéristiques de l'équipe pédagogique, ainsi
qu'aux capacités linguistiques requises par ses missions internationales ; que, dans
ces conditions, ce choix, même s'il n'était pas celui du directeur de l'école, dont l'avis
était prescrit par l'article 10 du même décret, doit être regardé comme ne reposant pas
sur des motifs entachés de discrimination ; que, dès lors, il n'est pas entaché d'erreur
de droit ;
Considérant que, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas des
pièces du dossier que le choix de Mme B est entaché d'erreur manifeste d'appréciation
;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A ne peut qu'être
rejetée ;

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Droit administratif 2 et institutions administratives


Semestre 4 - Mai 2018

Consignes générales :

Aucun document n'est autorisé.


Votre devoir ne doit pas dépasser 6 pages. Au-delà, les copies supplémentaires ne seront
pas corrigées.
Vous devrez traiter au choix l'un des deux sujets proposés.

• Sujet théorique : Dissertation

Juge administratif et police administrative

• Sujet pratique : Commentaire d'arrêt : TA Paris, 7 février 2017, n° 1507681, M. X.

TRIBUNAL ADMINISTRATIF
DE PARIS
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
N° 1507681/3-1
___________
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
M. X
___________

Audience du 24 janvier 2017


Le tribunal administratif de Paris
Lecture du 7 février 2017
___________
(3ème section - 1ère chambre)

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 11 mai 2015 et 4


janvier 2016, M. X, représenté par Me Y, demande au tribunal, dans le dernier état de ses
écritures :

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1°) de condamner l’Etat à lui verser la somme totale de 108 406,23 euros en
réparation des préjudices résultant du non versement de 1989 à 2001 de la participation
prévue à l’article L. 442-9 du code du travail ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2000 euros au titre de l’article L. 761-
1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité sans faute et pour faute de l’Etat doit être engagée du fait de la
promulgation d’une loi contraire à la Constitution ; les dispositions inconstitutionnelles de
l’article L. 442-9 du code du travail l’ont privé du bénéfice de la participation de 1989 à 2001,
en méconnaissance des principes d’équivalence des protections et de sécurité juridique du
droit de l’Union, des articles 6, 13 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits
de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l’article 1er de son premier protocole
additionnel ;
(…)

Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 octobre 2015, le 31 mai 2016 et le


29 décembre 2016, le ministre de l'économie, de l’industrie et du numérique conclut au rejet
de la requête.

Il fait valoir que :

- les préjudices invoqués par M. X ne sont pas indemnisables, en application de la


décision rendue le 1er août 2013 par le Conseil constitutionnel ;
- la responsabilité sans faute de l’Etat ne saurait être engagée, dès lors que les
dispositions législatives litigieuses n’ont pas créé pour M. X de préjudice anormal et spécial ;
l’article 61-1 de la Constitution n’a pas eu pour objet de créer un nouveau régime de
responsabilité du fait des lois ; la responsabilité du fait d’une loi inconstitutionnelle n’est pas
susceptible d’être engagée devant le juge administratif ; l’ensemble des recours juridictionnels
dont a bénéficié le requérant suffit à satisfaire aux exigences de l’article 13 de la convention
européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; M. X ne
disposait pas d’un droit patrimonial à percevoir un intéressement pour la période courant de
1989 à 2001 ;

(…)

Considérant ce qui suit :

1. M. X est employé depuis le 16 mars 1987 par la société CDC Gestion, désormais
dénommée société Natixis Asset Management. Par un courrier notifié le 5 février 2015, M. X
a demandé au Premier ministre réparation des préjudices résultant du non versement de 1989
à 2001 de la participation prévue à l’article L. 442-9 du code du travail. Le silence gardé par le
Premier ministre sur sa demande ayant fait naître une décision de rejet, M. X demande, dans
la présente instance, de condamner l’Etat à lui verser une somme totale de 108 406,23 euros
en réparation desdits préjudices.

Sur la responsabilité du fait des lois :

2. En premier lieu, la responsabilité de l’Etat du fait des lois est susceptible d’être
engagée devant le juge administratif pour réparer les préjudices qui résultent de l’application
d’une disposition législative déclarée contraire à la Constitution par une décision du Conseil
constitutionnel statuant dans le cadre de la procédure prévue à l’article 61-1 de la Constitution,
sous réserve que cette décision, qui s’impose aux pouvoirs publics et à toutes les autorités

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administratives et juridictionnelles en application de l’article 62 de la Constitution, n’ait pas


exclu toute indemnisation. A ce titre, le requérant ne saurait soutenir avoir été privé d’une voie
de recours effective lui permettant de faire valoir ses droits, en méconnaissance des articles
6 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales.

3. Par une décision n°2013-336 QPC du 1er août 2013, le Conseil constitutionnel a
déclaré contraire à la Constitution le premier alinéa de l’article 15 de l’ordonnance n°86-1134
du 21 octobre 1986 relative à l’intéressement et à la participation des salariés aux résultats de
l’entreprise et à l’actionnariat des salariés, devenu le premier alinéa de l’article L. 442-9 du
code du travail, dans sa rédaction antérieure à la loi n°2004-1484 du 30 décembre 2004 de
finances pour 2005.

4. Il résulte des motifs de cette décision, relatifs aux effets de cette déclaration
d’inconstitutionnalité que, d’une part, « les salariés des entreprises dont le capital est
majoritairement détenu par des personnes publiques ne peuvent, en application du chapitre II
de l'ordonnance du 21 octobre 1986 susvisée ultérieurement introduite dans le code du travail,
demander, y compris dans les instances en cours, qu'un dispositif de participation leur soit
applicable au titre de la période pendant laquelle les dispositions déclarées inconstitutionnelles
étaient en vigueur » et que, d’autre part, « cette déclaration d'inconstitutionnalité ne peut
conduire à ce que les sommes versées au titre de la participation sur le fondement de ces
dispositions donnent lieu à répétition ». Par ces motifs, ont ainsi été prévenus tant la poursuite
que le développement de litiges opposant des salariés à leur entreprise, tendant soit au
versement, soit à la répétition de sommes au titre de la participation. De tels motifs ne font
toutefois pas expressément obstacle à ce que des salariés puissent demander à l’Etat, sur le
fondement de la responsabilité du fait des lois, réparation des préjudices résultant de
l’application des dispositions législatives déclarées contraires à la Constitution par la décision
précitée du 1er août 2013.

5. Sur ce fondement, M. X soutient que l’application du premier alinéa de l’article 15


de l’ordonnance du 21 octobre 1986, puis du premier alinéa de l’article L. 442-9 du code du
travail, dans sa rédaction antérieure à la loi du 30 décembre 2004, l’a privé de 1989 à 2001,
en tant que salarié de la société CDC Gestion, d’une participation aux résultats de cette
dernière et lui a ainsi causé un préjudice qu’il évalue à la somme de 108 406,23 euros.

6. Toutefois, il résulte des motifs qui sont le fondement nécessaire du dispositif de la


décision précitée du 1er août 2013 que, pour déclarer contraires à la Constitution les
dispositions litigieuses, le Conseil constitutionnel s’est fondé sur la circonstance que le
législateur avait méconnu « l’étendue de sa compétence dans la détermination du champ
d’application de l’obligation faite aux entreprises d’instituer un dispositif de participation des
salariés à leurs résultats » et que cette méconnaissance avait affecté « par elle-même
l’exercice de la liberté d’entreprendre ». A cet égard, comme l’a relevé le Conseil
constitutionnel dans cette même décision, s’il appartenait au législateur de définir le critère
selon lequel des « entreprises publiques » peuvent être soumises à l’obligation d’instituer un
dispositif de participation, il lui restait pour autant loisible de se référer « par exemple, à un
critère fondé sur l’origine du capital ou la nature de l’activité », de sorte qu’aucune disposition,
ni aucun principe constitutionnels ne lui imposaient de soumettre à cette obligation les
entreprises, telle que la société CDC Gestion, dont le capital est majoritairement détenu par
une personne publique et dont l’activité est purement commerciale.

7. Dès lors, eu égard à ces motifs et au pouvoir d’appréciation dont disposait le


législateur, les préjudices allégués par le requérant ne sauraient trouver leur cause directe et
certaine dans l’application des dispositions législatives déclarées contraires à la Constitution
par la décision précitée du 1er août 2013 du Conseil constitutionnel. Il s’ensuit que l’Etat ne
saurait être condamné à réparer ces préjudices.

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8. En second lieu, la responsabilité de l’Etat du fait des lois est susceptible d’être
engagée en raison des obligations qui sont les siennes pour assurer le respect des
conventions internationales par les autorités publiques, pour réparer les préjudices qui
résultent de l’intervention d’une loi adoptée en méconnaissance des engagements
internationaux de la France, au nombre desquels figure le respect des principes généraux du
droit de l’Union européenne et des droits garantis par la convention européenne de
sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. D’une part, si M. X soutient que les dispositions déclarées contraires à la


Constitution par la décision précitée du 1er août 2013 méconnaissent les principes
d’équivalence des protections et de sécurité juridique reconnus par le droit de l’Union
européenne, ces dispositions, qui sont relatives à l’obligation, en droit interne, d’instituer un
dispositif de participation des salariés aux résultats de leur entreprise, ne relèvent pas du
champ d’application du droit de l’Union européenne. Dès lors, M. X ne peut utilement invoquer
à l’encontre de ces dispositions la méconnaissance des principes généraux du droit de l’Union.

10. D’autre part, aux termes de l’article 14 de la convention européenne de


sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « La jouissance des droits
et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune,
fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques
ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité
nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ». Par ailleurs, aux termes de l’article
1er du premier protocole additionnel à cette même convention : « Toute personne physique ou
morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause
d’utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit
international. / Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possèdent les
Etats de mettre en vigueur les lois qu’ils jugent nécessaires pour (...) assurer le paiement des
impôts (...) ».

11. M. X soutient que les dispositions déclarées contraires à la Constitution par la


décision précitée du 1er août 2013 ont institué, sans justification objective et raisonnable, une
distinction entre des salariés placés dans une situation analogue. Toutefois, comme il a été dit
ci-dessus, ces dispositions n’ont pas elles-mêmes fixé de critère selon lequel des entreprises
publiques peuvent ou non être soumises à l’obligation d’instituer un dispositif de participation.
Dès lors, le requérant n’est pas fondé à soutenir que ces dispositions auraient institué une
discrimination prohibée par les stipulations combinées de l’article 14 de la convention
européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article
1er de son premier protocole additionnel.

12. Il résulte de ce qui précède que M. X n’est pas fondé à soutenir que la
responsabilité de l’Etat devrait être engagée du fait des lois.

(…)

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. X est rejetée.

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Droit administratif 2 et institutions administratives


Septembre 2018

Consignes générales :

Aucun document n'est autorisé.


Votre devoir ne doit pas dépasser 6 pages. Au-delà, les copies supplémentaires ne
seront pas corrigées.
Vous devrez traiter au choix l'un des deux sujets proposés.

Sujet n° 1 : Dissertation

Le service public industriel et commercial

Sujet n° 2 : Commentaire d'arrêt CE, 15 nov. 2017, n° 403275, Ligue française


pour la défense des droits de l’homme

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu la procédure suivante :

La Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen a demandé au


tribunal administratif de Lille d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 29 juillet 2011
du maire de la commune de La Madeleine (Nord) interdisant les fouilles de poubelles,
de conteneurs ou de tout autre lieu de regroupement de déchets sur son territoire. Par
un jugement nos 1104998, 1105002, 1105009 du 12 avril 2012, le tribunal administratif
a rejeté cette demande.

Par un arrêt n° 12DA00884 du 27 novembre 2013 la cour administrative d'appel de


Douai a rejeté l'appel présenté contre ce jugement par la Ligue française pour la
défense des droits de l'homme et du citoyen.

Par une décision n° 375178 du 4 novembre 2015, le Conseil d'Etat, statuant au


contentieux, a annulé cet arrêt et renvoyé l'affaire devant la cour administrative d'appel
de Douai.

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Par un arrêt n° 15DA01895 du 5 juillet 2016, la cour administrative d'appel de Douai a


rejeté l'appel présenté par la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et
du citoyen contre le jugement du 12 avril 2012.

Par un pourvoi sommaire et trois mémoires complémentaires, enregistrés au


secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat les 6 septembre, 7 décembre et 15
décembre 2016 et le 20 octobre 2017, la Ligue française pour la défense des droits de
l'homme et du citoyen demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;


2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Madeleine une somme de 4 000 euros
au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
(…)

1. Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que, par
un arrêté du 29 juillet 2011, le maire de La Madeleine (Nord) a interdit la fouille des
poubelles, conteneurs et lieux de regroupement de déchets sur le territoire de la
commune ; que l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté a été poursuivie par
la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen devant le
tribunal administratif de Lille, qui a rejeté sa demande par un jugement du 12 avril
2012, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Douai du 27 novembre
2013 ; qu'après annulation de cet arrêt par une décision du Conseil d'Etat, statuant au
contentieux, du 4 novembre 2015, l'affaire a été renvoyée devant la même cour qui,
par l'arrêt attaqué du 5 juillet 2016, a rejeté l'appel interjeté par l'association requérante
contre le jugement de première instance ;

2. Considérant qu'aux termes de l'article 1er de la loi du 27 mai 2008 portant diverses
dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre
les discriminations : " Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle,
sur le fondement de son origine, de son sexe, de sa situation de famille, de sa
grossesse, de son apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de sa
situation économique, apparente ou connue de son auteur, de son patronyme, de son
lieu de résidence ou de sa domiciliation bancaire, de son état de santé, de sa perte
d'autonomie, de son handicap, de ses caractéristiques génétiques, de ses mœurs, de
son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de ses opinions
politiques, de ses activités syndicales, de sa capacité à s'exprimer dans une langue
autre que le français, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou
supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée,
une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre ne l'est, ne l'a été
ou ne l'aura été dans une situation comparable. / Constitue une discrimination indirecte
une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible
d'entraîner, pour l'un des motifs mentionnés au premier alinéa, un désavantage
particulier pour des personnes par rapport à d'autres personnes, à moins que cette
disposition, ce critère ou cette pratique ne soit objectivement justifié par un but légitime
et que les moyens pour réaliser ce but ne soient nécessaires et appropriés " ;

3. Considérant qu'il résulte de ces dispositions que la seule circonstance qu'une


mesure de police d'application générale affecte particulièrement la situation de
certaines personnes ne suffit pas à lui conférer un caractère discriminatoire ; qu'il

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appartient au juge administratif, saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une
telle mesure, de vérifier qu'elle est justifiée par la nécessité de prévenir ou faire cesser
un trouble à l'ordre public et de contrôler son caractère proportionné en tenant compte
de ses conséquences pour les personnes dont elle affecte la situation, en particulier
lorsqu'elle apporte une restriction à l'exercice de droits ;

4. Considérant que l'arrêt attaqué constate qu'au cours de l'année 2011 le maire de
La Madeleine a été alerté sur les désagréments causés en plusieurs endroits du
territoire communal par la fouille des poubelles destinées à la collecte des déchets ;
qu'il relève qu'une telle pratique porte atteinte à la salubrité publique en provoquant
l'éparpillement, dans les poubelles ou sur la voie publique, du contenu des sacs dans
lesquels les ordures sont déposées et qu'elle perturbe, en outre, le bon fonctionnement
du service public chargé de leur ramassage ; que, pour juger proportionnée la mesure
d'interdiction prise par le maire afin de faire cesser ce trouble à l'ordre public, l'arrêt
retient qu'elle ne restreint l'exercice d'aucun droit ; qu'enfin, il constate que l'arrêté
litigieux ne vise aucune catégorie de personnes et juge que le fait qu'il a été pris dans
un contexte marqué par l'installation à proximité de la commune de personnes
d'origine rom, non plus que la circonstance, à la supposer établie, qu'il aurait été traduit
en roumain et en bulgare, ne sont pas de nature à établir qu'il revêtirait un caractère
discriminatoire ;
5. Considérant que la cour administrative d'appel a ainsi constaté, dans le cadre d'une
appréciation souveraine des faits de l'espèce, l'existence, à la date de l'arrêté litigieux,
d'un trouble à l'ordre public résultant de la fouille des poubelles, et s'est attachée à
vérifier le caractère proportionné de l'interdiction décidée par le maire en tenant
compte des conséquences de cette mesure pour les personnes concernées ; que,
contrairement à ce que soutient le pourvoi, elle n'a pas commis d'erreur de droit en
retenant que les déchets entreposés sur la voie publique en attendant leur collecte par
les services compétents ne sauraient être appropriés par des tiers que dans le respect
des règlements de police édictés pour la protection de la salubrité publique ; qu'après
avoir relevé que l'arrêté ne portait atteinte à aucun droit ou situation légalement
constituée, la cour n'a pas commis d'erreur de qualification juridique en regardant
l'interdiction qu'il édicte qui, portant sur la fouille des poubelles et autres bacs à
ordures, ne visait pas toute appropriation d'objets placés dans celles-ci, mais une
pratique d'exploration systématique des conteneurs entraînant l'éparpillement des
déchets qu'ils renferment, comme une mesure proportionnée ; qu'elle a pu légalement
en déduire qu'il ne revêtait pas un caractère discriminatoire ; que, dès lors qu'elle n'a
pas pris parti sur le point de savoir si l'arrêté avait été traduit en roumain et en bulgare,
le moyen tiré de ce qu'elle aurait dénaturé sur ce point les pièces du dossier ne saurait
être accueilli ; qu'il suit de là que la Ligue française pour la défense des droits de
l'homme et du citoyen n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêt qu'elle
attaque, lequel est suffisamment motivé ;

DECIDE:
--------------
Article 1er : Le pourvoi de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et
du citoyen est rejeté.

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DROIT CIVIL DES OBLIGATIONS


LICENCE 2 FEVRIER 2018

Document AUTORISE : CODE CIVIL


Durée de l’épreuve : 3h

L’étudiant doit traiter, EN SIX PAGES MAXIMUM, l’un des trois sujets suivants :

1 - Sujet théorique - Dissertation : L’imprévision hier et aujourd’hui.

OU

2 - Cas pratique :
Il ne faut pas recopier les faits ou l’énoncé sur votre feuille d’examen. Seuls les
faits utiles doivent être rappelés, dans vos réponses.
Chaque paragraphe numéroté contient un cas pratique indépendant.

NAPOLEON BONAPARTE EN EGYPTE


En cette année 1798, Bonaparte, à la tête de ses troupes, part libérer l’Egypte du joug ottoman
et fait de cette campagne une opération à la fois militaire et scientifique.
1. Parmi la commission scientifique accompagnant le Général en chef, Champollion s’intéresse
à l’écriture des civilisations antiques. Il découvre à Alexandrie sur une tablette une lettre d’amour
envoyée par Jules César à Cléopâtre. Il en fait l’acquisition auprès d’un marchand venu du Caire,
Ramsès. De retour au camp, un autre membre de l’expédition lui fait observer que le document, rédigé
en français, semble d’une authenticité douteuse.
2. Jean-Jacques Riffaud, archéologue, souhaite conduire des explorations en bordure des
pyramides. Le 19 décembre 1798, la Compagnie «les fils de Gizeh » et Riffaud signent deux actes sous
seings privés. Le premier porte vente par la Compagnie à Riffaud du terrain convoité pour un prix de
3.000.000 livres. Le second porte vente par Riffaud à la Compagnie «de différentes parcelles de terrain
(...) dans un site d’activités et sur un lieu à définir », moyennant un prix de 1.300.000 livres, et précise
qu’à défaut de réalisation dans le délai de 3 mois la somme de 1.000.000 € serait immédiatement due
par le vendeur. Seule la première vente est réalisée, si bien que la Compagnie réclame à Riffaud le
paiement des 1.000.000 livres prévu dans le second acte de vente.
3. Alexandre Mérigaud, compagnon de Dominique Vivant-Denon, a versé un acompte de
100.000 livres pour «réserver » un superbe scarabée d’or, laissé en «dépôt-vente » par Emmanuel,
auprès d’un antiquaire d’Héliopolis. Cette pièce porte chance, lui a promis le vendeur habile, Guillaume.
Or, un archéologue de l’expédition a appris à Alexandre que le bijou était maléfique. Entre-temps,
Guillaume est tombé en faillite et se trouve insolvable. Alexandre aimerait pouvoir agir contre
Emmanuel, riche propriétaire.
4. De son côté, l’Anglais Henry Salt s’est pris de passion pour l’Egypte et décide de s’y installer
définitivement. Pour survivre, il souhaite créer un «point-livre » à Mahzan (petite bourgade dans la
banlieue du Caire), c’est-à-dire un commerce de détail afin de développer la culture du peuple. Il
contracte avec un grand éditeur Papyrus » qui promet de lui livrer plus de mille volumes dont tous les

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derniers prix littéraires. Noyé par les ouvrages reçus, souvent peu en adéquation avec les lecteurs
locaux, Salt ne peut faire face à cette convention.

Dominique Vivant-Denon, chef de l’expédition française, consulté par toutes les victimes, vous rend
visite afin d’obtenir de votre part le meilleur conseil sur chacune de ces questions.

OU

3 – COMMENTAIRE D’ARRÊT : Commenter l’arrêt de la Cour de cassation


suivant : Civ., 6 décembre 2017

« La Cour :
Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 24 juin 2016), que la société Hamers, tailleur de diamants, a conclu
avec la société Easydentic, devenue la société Safetic (la société Easydentic), deux contrats
d'installation, de maintenance et de location de matériel de surveillance, le premier n° C 07122303/00
portant sur un lecteur d'empreintes digitales et une caméra ainsi qu'un logiciel destiné à les piloter, et
le second n° C 08011069/00 portant sur une autre caméra ; que la société Parfip France (la société
Parfip), à laquelle la société Easydentic avait vendu le matériel loué, a assigné la société Hamers en
règlement de loyers impayés et en restitution du matériel ; que celle-ci a reconventionnellement invoqué
la nullité des contrats ; que par un jugement du 13 février 2012, la société Easydentic a été mise en
liquidation judiciaire et M. X... a été désigné en qualité de liquidateur ;

Sur le premier moyen :


Attendu que la société Parfip fait grief à l'arrêt de confirmer le jugement ayant prononcé la nullité des
contrats conclus entre les sociétés Easydentic et Hamers et, en conséquence, de prononcer la caducité
des contrats de location financière liant les sociétés Parfip et Hamers alors, selon le moyen :
1°/ que les juges du fond sont liés par les prétentions des parties et ne peuvent modifier l'objet du litige
dont ils sont saisis ; qu'en l'espèce, la société Hamers invoquait la « nullité [des contrats] pour défaut
d'objet » et la « nullité [des contrats] pour dol » ; qu'en prononçant la nullité des contrats pour absence
de cause, la cour d'appel, qui a modifié l'objet du litige, a violé les articles 4 et 5 du code de procédure
civile ;
2°/ que l'absence de cause suppose l'absence de contrepartie convenue ; que lorsque le contrat prévoit
la location et la maintenance d'un dispositif de sécurité biométrique, moyennant le paiement d'un loyer
par le client, en stipulant qu'il appartient au client d'obtenir l'autorisation préalable de la Commission
nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) pour faire fonctionner ce dispositif, ce contrat n'est pas
dépourvu de la contrepartie convenue même si l'autorisation ne peut pas être obtenue ; qu'en jugeant
pourtant, en l'espèce, que l'impossibilité d'obtenir l'autorisation de la CNIL pour l'usage du dispositif loué
privait le contrat de cause, la cour d'appel a violé les articles 1108 et 1131 du code civil, dans leur
rédaction antérieure à l'ordonnance du 10 février 2016 ;
3°/ que n'est pas contraire à l'ordre public le contrat qui prévoit la location et la maintenance d'un
dispositif de sécurité biométrique ; qu'il en va ainsi même si le dispositif de sécurité biométrique objet
du contrat et installé chez le client ne peut pas fonctionner sans autorisation préalable de la CNIL, que
le contrat stipule qu'il appartient au client d'obtenir une telle autorisation, et que cette autorisation ne
peut pas être obtenue ; qu'en jugeant pourtant, en l'espèce, par motifs éventuellement adoptés, que
l'impossibilité d'obtenir l'autorisation de la CNIL pour l'usage du dispositif loué rendait le contrat contraire
à l'ordre public, la cour d'appel a violé les articles 1108 et 1128 du code civil, dans leur rédaction
antérieure à l'ordonnance du 10 février 2016 ;
4°/ qu'en se bornant à affirmer péremptoirement que le matériel fourni ne permettait pas une utilisation
avec enregistrement de l'empreinte digitale sur un support individuel, seule utilisation qui aurait permis
de répondre aux exigences de la CNIL, sans examiner plus avant les conclusions et pièces produites
par la société Parfip qui montraient que le matériel livré était multi-utilisation et pouvait donc fonctionner
avec un support individuel, la cour d'appel a violé l'article 455 du code de procédure civile ;
5°/ qu'en se bornant à affirmer que l'utilisation du matériel livré ne correspondait pas à un fort impératif
de sécurité, dès lors qu'il ne visait qu'à contrôler l'entrée d'un bâtiment dans lequel était exercée une
activité commerciale, et n'était pas proportionné à la finalité recherchée, sans rechercher si les
spécificités de l'activité commerciale exercée par la société Hamers, à savoir le travail des diamants,
ne justifiait pas un impératif de sécurité particulièrement élevé, la cour d'appel a privé sa décision de

CAVEJ Annales L2 2017-2018 22


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base légale au regard de l'article 1108 du code civil, dans sa rédaction antérieure à l'ordonnance du 10
février 2016 ;
6°/ que le dol suppose que son auteur ait volontairement induit en erreur son cocontractant ; qu'en se
bornant, par motifs éventuellement adoptés, à stigmatiser le manquement de la société Easydentic à
ses obligations d'information quant aux conditions à remplir pour être sûr de l'accord de la CNIL et quant
aux délais de traitement des demandes par la CNIL, sans caractériser plus avant que la société
Easydentic aurait volontairement induit en erreur la société Hamers, la cour d'appel a privé sa décision
de base légale au regard de l'article 1116 du code civil, dans sa rédaction antérieure à l'ordonnance du
10 février 2016 ;
7°/ que le dol ne vicie le consentement que lorsqu'il est établi que, sans lui, l'autre partie n'aurait pas
contracté ou aurait contracté à des conditions substantiellement différentes ; qu'en se bornant, par
motifs éventuellement adoptés, à stigmatiser le manquement de la société Easydentic à ses obligations
d'information quant aux conditions à remplir pour être sûr de l'accord de la CNIL et quant aux délais de
traitement des demandes par la CNIL, sans caractériser plus avant que, sans ce manquement, la
société Hamers n'aurait pas contracté ou aurait contracté à des conditions substantiellement différentes,
la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1116 du code civil, dans sa
rédaction antérieure à l'ordonnance du 10 février 2016 ;

Mais attendu, en premier lieu, que, dans les contrats synallagmatiques, la cause de l'obligation d'une
partie réside dans l'objet de l'obligation de l'autre ; que la société Hamers ayant invoqué dans ses
dernières écritures la nullité du contrat pour défaut d'objet, c'est sans modifier l'objet du litige que la cour
d'appel a prononcé la nullité pour défaut de cause du contrat n° C 07122303/00 portant sur la fourniture
d'un lecteur d'empreintes digitales ;

Attendu, en deuxième lieu, qu'un contrat à titre onéreux est nul pour absence de cause lorsque, au
moment de sa formation, la contrepartie convenue au profit de celui qui s'engage est illusoire ou
dérisoire ; qu'après avoir rappelé les conditions auxquelles la CNIL subordonne l'autorisation d'utilisation
d'un dispositif nécessitant d'enregistrer des empreintes digitales dans une base de données centralisée,
l'arrêt constate que le matériel fourni par la société Easydentic à la société Hamers ne permet d'utiliser
que ce type de dispositif et non un enregistrement de l'empreinte digitale sur un support individuel ; qu'il
relève que ce traitement répond à une finalité protégeant un intérêt purement privé tenant au contrôle
des entrées dans un bâtiment privé au sein duquel est exercée une activité commerciale de tailleur de
diamants, et que la technologie utilisée n'est pas proportionnelle à cette finalité, qui pourrait être assurée
par des moyens moins intrusifs et plus facilement maîtrisables, tels que les dispositifs individuels visés
par la réponse de la CNIL ; qu'il en conclut que dans ces conditions, la demande d'autorisation de la
société Hamers était vouée à l'échec ; que de ces constatations et appréciations, la cour d'appel, qui a
ainsi procédé à la recherche invoquée par la cinquième branche et qui n'était pas tenue de suivre les
parties dans le détail de leur argumentation, a exactement déduit que le contrat n° C 07122303/00
portant sur la fourniture d'un lecteur d'empreintes digitales était nul pour absence de cause ;

Et attendu, en dernier lieu, que le rejet des griefs des première, deuxième, quatrième et cinquième
branches rend inopérants ceux des troisième, sixième et septième branches, qui critiquent des motifs
surabondants ;
D'où il suit que le moyen, pour partie inopérant, n'est pas fondé pour le surplus ;

PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi...(…) »

CAVEJ Annales L2 2017-2018 23


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SUJET L2 JUIN 2018

L’étudiant doit traiter, EN SIX PAGES MAXIMUM, l’un des trois sujets suivants :

Sujet théorique - Dissertation : Fallait-il supprimer la notion de cause ?

OU

Sujet pratique 1 : CAS PRATIQUES


Il ne faut pas recopier les faits ou l’énoncé sur votre feuille d’examen. Seuls les
faits utiles doivent être rappelés, dans vos réponses.
Chaque paragraphe numéroté contient un cas pratique indépendant.

Cas pratique : LA JUMENT VERTE

En 2000, au village de Claquebue, naquit un jour une jument verte, non pas de ce vert pisseux
qui accompagne la décrépitude chez les carnes de poil blanc, mais d’un joli vert de jade. Non seulement
sa couleur est admirable, mais, de plus, elle gagne toutes les courses.
1. Le 6 mars 2017, Jules Haudoin, cultivateur et maquignon, souhaite profiter de la renommée
de sa jument verte et la cède à un riche Argentin de passage nommé Guzman. Après livraison de
l’animal, ce dernier a assigné Haudoin au motif que la jument était en gestation et que sa belle couleur
verte tenait à la peinture apposée sur son corps. Haudoin prétend qu’il s’agit d’une « vente à réclamer »
(acquisition du cheval juste après le déroulement d’une course), ce qui suppose un aléa sur l’état de la
jument, et qu’après tout la couleur verte n’était pas si discrète.
2. Haudoin augmente patiemment sa fortune en prêtant sur hypothèque, comme pour rendre
service, avec une bonhomie qui fait oublier, sur le moment, ses taux usuraires. Ainsi, il a consenti à son
voisin Maloret un prêt de 600.000 euros que ce dernier aurait remis à son gendre Lagriffe. Maloret a
des soucis pécuniaires tandis que le jeune Lagriffe fait des études vétérinaires. Haudoin prétend diriger
l'action en remboursement contre ce dernier et avoir été victime d'une simulation.
3. Le 25 janvier 2017, Haudoin a fouillé dans son « trésor » (son grenier) et a confié une
statuette religieuse à un antiquaire parisien, Pierre Lobet, selon le reçu « dans la perspective d’une
expertise et d’une éventuelle acquisition » ; le 6 mars 2017, Lobet a signé une reconnaissance de dettes
de 2.000.000 euros en faveur de Haudoin ; en septembre 2017, Lobet s’est reconnu débiteur d’une
Banque Honoré pour une somme de 1.000.000 euros et s’est engagé à confier à titre de gage, entre
autres biens, la statuette. Haudoin souhaite récupérer la statuette car l’expertise estime qu’il s’agit de
l’esquisse de La célèbre pietà due à Michel Ange… Pour la banque, le reçu du 25 janvier 2018, qui n’a
pas date certaine, dissimule la délivrance de la statuette en exécution d’un contrat de vente constitué
par la « reconnaissance de dette », dépourvue de cause.
4. En 2018, Haudoin a chargé un certain Corenpot de transporter un de ses chevaux de course
de Claquebue à Rouen. Corenpot s’est substitué Lagriffe pour effectuer ce transport, car ce dernier doit
aussi transporter une jument sur le même parcours. Lagriffe a enlevé l’animal et a stationné son camion
sur la voie publique, contact mis, le temps d’acheter du tabac. Un voleur s’est emparé du véhicule et
des équidés. Corenpot invoque une clause contractuelle de limitation de responsabilité à 100 € alors
que le pauvre Lagriffe, qui entendait « rendre un service » n’a rien prévu.
Haudoin est victime d’un vilain mal. Le 2 juin 2018, son ami Philibert Messelon s’approche de sa couche
afin de recueillir ses dernières volontés. Haudoin déclare avoir consenti une promesse de vente de son
cheval Adélaïde à Lobet, sous la condition de sa mort.

CAVEJ Annales L2 2017-2018 24


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La jument verte tomba malade le 2 décembre 2017, s’est traînée un mois languissante, puis creva.
Haudoin suivit le 15 janvier 2018. L’un de ses fils, Ferdinand Haudoin vient vous voir afin d’obtenir le
meilleur conseil sur chacune des cinq « affaires » de son père.

OU

Sujet pratique 2 – COMMENTAIRE D’ARRÊT : Commenter l’arrêt de la Cour de


cassation suivant : Civ. 1ère, 20 octobre 2011

« Sur le moyen unique :


Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 21 septembre 2010), rendu sur renvoi après cassation (1re Civ. 31
octobre 2008, Bull. n° 246), que lors d'une vente aux enchères publiques organisée, le 14 décembre
2004, par la société Daguerre et dirigée par M. X..., commissaire-priseur, assisté de M. Y..., expert, les
époux Z... ont été déclarés adjudicataires, au prix de 1 204 347,20 euros, d'un meuble mis en vente par
la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques (FAGP) et présenté au catalogue sous les
mentions suivantes : "table à écrire en marqueterie Boulle et placage ébène. Elle s'ouvre à deux tiroirs
sur les côtés et repose sur des pieds fuselés. Riche ornementation de bronze ciselé et doré à décor
masques rayonnants, rosaces, frises de fleurs et de feuilles, sabots feuillagés. Estampillé C.I. B... et
J.M.E., époque Louis XVI (accidents et restaurations) H.79 cm. L.93 cm. P.63 cm, mise à prix 60/80
000 francs" ; que soutenant avoir découvert que le meuble avait été transformé au XIXe siècle et non
simplement restauré, les époux Z... ont poursuivi l'annulation de la vente et recherché la responsabilité
du commissaire-priseur et de l'expert ;

Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt confirmatif d'avoir rejeté cette demande, alors, selon le moyen :
1°/ que lorsque le catalogue fait suivre la dénomination d'un objet de la référence à une époque, il
garantit l'acheteur que celui-ci a été effectivement produit au cours de la période de référence et
lorsqu'une ou plusieurs parties de l'objet sont de fabrication postérieure, l'acquéreur doit en être informé
; que la cour d'appel a rappelé que la table était décrite avec la mention "Epoque Louis XVI (accidents
et restaurations)" puis constaté que l'expert était d'avis que la table était seulement "en partie du XVIIIe
siècle" dans la mesure où "le chant des tiroirs était plaqué d'ébène mince effectué au moyen d'un sciage
mécanique, travail du 19e siècle", que la devanture d'un tiroir présentait des traces de "colle moderne",
que la garniture de velours datait du 19e siècle, que "les pieds et leur assemblage témoignaient d'un
travail grossier qui, relevant d'un bricolage, prouvait la transformation intervenue au 19e siècle", que
"certains bronzes dataient du 19e siècle et que tous ont été dorés à cette époque, au cours de laquelle
le plateau a été remanié" ; qu'en décidant cependant que "la dénomination de l'oeuvre et la référence
à la période historique portées au catalogue étaient exactes" la cour d'appel a méconnu les
conséquences légales de ses propres constatations, en violation des articles 2 du décret du 3 mars
1981 tel que modifié par décret du 19 juillet 2001 et 1110 du code civil ;
2°/ qu' il résulte de l'article 2, alinéa 2, du décret du 3 mars 1981 tel que modifié par décret du 19 juillet
2001 que, lorsqu'une ou plusieurs parties de l'objet sont de fabrication postérieure à l'époque indiquée
dans le catalogue de vente, l'acquéreur doit en être informé ; que cette information doit indiquer quelles
parties de l'objet sont concernées ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a constaté que l'expert avait conclu
que la table présentée au catalogue comme étant d' "Epoque Louis XVI" comportait des éléments
fabriqués postérieurement à cette époque à savoir le "chant des tiroirs", "les pieds", "le plateau" et
"certains bronzes" ; que la présence de ces éléments de fabrication postérieure n'a pas été indiquée
dans le catalogue et n'est aucunement révélée par la mention "accidents et restaurations" ; qu'en
retenant néanmoins que "la dénomination de l'oeuvre et la référence à la période historique portées au
catalogue étaient exactes", la cour d'appel a violé les articles 2 du décret du 3 mars 1981 tel que modifié
par décret du 19 juillet 2001 et 1110 du code civil ;
3°/ qu' il résulte de l'article 2, alinéa 2, du décret du 3 mars 1981 tel que modifié par décret du 19 juillet
2001 que, lorsqu'une ou plusieurs parties de l'objet sont de fabrication postérieure à l'époque indiquée
dans le catalogue de vente, l'acquéreur doit en être informé ; qu'après avoir relevé que la table avait
été présentée au catalogue comme étant d'"Epoque Louis XVI" et constaté que selon la conclusion de
l'expert "la garniture de velours datait du 19e siècle", que "les pieds et leur assemblage témoignaient
d'un travail grossier qui, relevant d'un "bricolage", prouvait la "transformation" intervenue au XIXe
siècle", que "certains bronzes dataient du XIXe siècle et que tous ont été dorés à cette époque, au cours
de laquelle le plateau a été remanié", la cour d'appel ne pouvait retenir que les acquéreurs n'avaient
pas à être informés de la présence de ces éléments de fabrication postérieure au motif inopérant que

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les "accidents et les restaurations ne pouvaient être plus amplement décrits, le commissaire-priseur et
l'expert de la vente n'étant pas autorisés à démonter le meuble", sans violer les articles 2 du décret du
3 mars 1981 tel que modifié par décret du 19 juillet 2001 et 1110 du code civil ;
4°/ que l'expert avait conclu dans son rapport que la table "présent ait des manques, des restaurations
et une transformation" et qu'il avait expliqué avoir pu "établir sa construction au 18e siècle et sa
transformation au 19e siècle à la suite d'accidents ou de remise au goût du jour, ce qui s' était souvent
pratiqué au fil du temps et des modes" ; qu'une transformation, ainsi qu'une remise au goût du jour
selon la mode modifient nécessairement la forme et le style originels d'un objet ; qu'en rejetant
cependant la demande de nullité de la vente formulée par les époux Z... au motif que l'expert n'avait
pas précisé si les transformations qu'il mentionnait dans son rapport avaient "modifié ou altéré la forme
et le style originels du meuble", la cour d'appel a dénaturé les termes clairs et précis du rapport et violé
l'article 1134 du code civil ;
5°/ que l'inexactitude ou l'insuffisance des mentions du catalogue suffit à provoquer l'erreur de l'acheteur
et justifie l'annulation de la vente ; qu'après avoir constaté que l'expert était d'avis que la table était
seulement "en partie du XVIIIe siècle" dans la mesure où elle avait été transformée au 19e siècle à
l'aide de certaines pièces fabriquées à cette époque s'agissant notamment du chant des tiroirs, des
pieds, du placage du plateau et de certains bronzes, la cour d'appel ne pouvait rejeter la demande de
nullité de la vente au motif inopérant que les acquéreurs n'avaient pas prouvé avoir fait de l'intégrité de
la table l'élément déterminant de leur consentement, sans violer les articles 2 du décret du 3 mars 1981
tel que modifié par décret du 19 juillet 2001 et 1110 du code civil ;
6°/ que l'inexactitude ou l'insuffisance des mentions du catalogue suffit à provoquer l'erreur de l'acheteur
et justifie l'annulation de la vente ; qu'en déboutant les époux Z... de leur action en nullité de la vente au
motif inopérant que "la modicité de l'estimation était propre à introduire un aléa dans le champ
contractuel et à éveiller l'attention de M. et Mme Z...", la cour d'appel a violé les articles 2 du décret du
3 mars 1981 tel que modifié par décret du 19 juillet 2001 et 1110 du code civil ;
7°/ que la qualité "d'amateur éclairé" n'est pas de nature à rendre l'erreur inexcusable ; qu'ayant retenu,
pour débouter les époux Z... de leur action en nullité de la vente, que ces derniers étaient des "amateurs
éclairés" et qu'en conséquence, ils n'étaient "pas fondés à exciper d'une prétendue erreur sur les
qualités substantielles de la chose vendue", la cour d'appel a violé l'article 1110 du code civil ;
Mais attendu qu'après avoir constaté que l'installation de la marqueterie incontestée Boulle sur ce
meuble d'époque Louis XVI et l'estampille C.I. B... constituaient son originalité, la cour d'appel a estimé
que les époux Z... s'en étaient portés acquéreurs en considération de ces éléments, comme de la
provenance du meuble issu de la collection Salomon de Rothschild ; que ces constatations et
appréciations souveraines suffisent à justifier légalement la décision ; que le moyen n'est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; (…) »

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SUJET L2 SEPTEMBRE 2018

L’étudiant doit traiter, EN SIX PAGES MAXIMUM, l’un des trois sujets suivants :

Sujet théorique - Dissertation : Le déséquilibre contractuel.

OU

Sujet pratique 1 : CAS PRATIQUES


Il ne faut pas recopier les faits ou l’énoncé sur votre feuille d’examen. Seuls les
faits utiles doivent être rappelés, dans vos réponses.

Cas pratique :
1. Las du tumulte parisien, Frédéric M., oenologue de formation, décide de retourner à la terre
et souhaite faire l’acquisition d’un mas en Provence. Emballé par un vieux moulin situé sur le Mont
Ventoux, il signe avec l’agent immobilier Romain P. un « compromis » renfermant la clause suivante:
« les parties déclarent réserver la vente définitive à la réitération de leur engagement par acte notarié ».
Frédéric M. souhaiterait se défaire de cet immeuble, car il a découvert, d’une part, qu’il ne s’agit pas du
moulin jadis habité par Alphonse Daudet (Romain P. le lui avait affirmé au cours de la visite), et, d’autre
part, qu’une parcelle plantée en vigne, coloriée en jaune donc englobée dans les terres cédées sur le
plan présenté par Romain P, ne fait pas partie intégrante du terrain vendu. S’agissant de vignes
classées dans le territoire de l’appellation Baumes de Venise, la valeur de la propriété est de ce fait
inférieure à ce qu’il pensait, même si, globalement, la surface du terrain vendu est bien celle mentionnée
dans le compromis. De plus, le terrain, sans la partie coloriée sur le plan, est composée de parcelles
morcelées, incluant des parcelles appartenant à des tiers, et non une propriété d’un seul tenant.

2. Frédéric M a appris que la cave coopérative de Baumes a manqué à sa parole. En effet, il


avait envoyé son C.V. au Président de celle-ci, qui lui avait gentiment répondu: « Je vous engagerai si
l’actuel caviste, René N. vient à nous quitter ». Or, René N. a été licencié pour motif économique;
toutefois, en réalité, son congédiement est fondé sur le fait qu’il buvait trop pendant le temps de travail.

3. Frédéric M., au cours de la foire de Carpentras, est séduit par une belle fontaine surmontée
d’une statue qui agrémenterait son jardin. La vendeuse, Alida R., lui dit « c’est Andromaque ». Frédéric
M. apprend par la suite qu’il s’agit d’une copie du David de Michelange, et, ensuite, constate que la
fontaine est sculptée dans une matière qui se délite sous la pluie. Frédéric M., bon technicien mais
dénué de toute culture artistique, pensait qu’elle était « en dromaque », pour lui, une variété de marbre.
Il souhaite obtenir l’annulation de cette acquisition.

4. Afin de se remettre de ses émotions, Frédéric M. s’offre une cure de thalassothérapie au Cap
d’Agde. Deux jours après son arrivée, il doit l’interrompre à la suite d’un incendie qui a détruit
l’établissement thermal. Il demande le remboursement des frais payés intégralement d’avance de la
cure et ainsi que du coût de son déplacement. De plus, il a contracté une allergie en raison de produits
contaminés servis au cours du repas pris le premier soir.

5. Son ami, Sylvain F., n’est guère mieux loti : une agence de voyages lui réclame paiement du
solde du prix d’un billet d’avion Paris - Saint Denis. Dans un premier temps, Sylvain F. a sollicité des
délais de paiement. En réalité, il n’est pas satisfait de son voyage : l’avion a eu un tel retard que Sylvain
F. a manqué un important rendez-vous d’affaires. Sylvain demande à Frédéric M. s’il peut encore agir.

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Frédéric M. vient vous consulter afin d’obtenir de votre part le meilleur conseil sur chacun de
ses problèmes.

OU

Sujet pratique 2 – COMMENTAIRE D’ARRÊT : Commenter l’arrêt de la Cour de


cassation suivant : Civ.1ère , 11 octobre 2017

« La Cour :
Sur le moyen unique, pris en sa première branche :
Vu l'article 1315, dans sa rédaction antérieure à celle issue de l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février
2016 ;
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que le 15 juin 2009, M. X... a acquis auprès de la société Garage Rocle
(le vendeur), un véhicule automobile neuf ; que, faisant grief au vendeur de lui avoir dissimulé que celui-
ci avait été mis en circulation le 7 février 2008 entraînant une décote lors de sa revente, il l'a assigné
en paiement de dommages-intérêts ;
Attendu que, pour rejeter la demande, l'arrêt retient que M. X... ne démontre pas qu'il n'a pas été informé
que le véhicule datait de l'année précédente ni qu'il a été victime de manoeuvres dolosives de la part
du vendeur ;
Qu'en statuant ainsi, alors qu'il incombe au vendeur professionnel, tenu d'une obligation de
renseignement à l'égard de son client, de prouver qu'il l'a exécutée, la cour d'appel, qui a inversé la
charge de la preuve, a violé le texte susvisé ;
PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :
CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 4 août 2016, entre les parties, par la
cour d'appel de Lyon ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient
avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Riom ;
Condamne la société Garage Rocle aux dépens (…) »

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DROIT CIVIL 2

Commentaire : Civ. 1e, 9 novembre 2004

REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS,


LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l’arrêt suivant
:

Vu les articles 1382 et 1384, alinéa 5, du Code civil ;

Attendu que la sage-femme salariée qui agit sans excéder les limites de la mission
qui lui est impartie par l’établissement de santé privé, n’engage pas sa responsabilité
à l’égard de la patiente ;

Attendu que Mme X..., enceinte de 35 semaines et demie, a été accueillie, le 25 avril
1998, à la clinique du Saint Cœur, alors qu’elle présentait une rupture prématurée des
membranes ;

Qu’après le déclenchement de son accouchement par un gynécologue obstétricien,


elle a été placée sous la responsabilité de M. de Y..., gynécologue obstétricien de
garde, et de Mme Z..., sage-femme salariée de la clinique ; que l’enfant Benjamin, né
en état de mort apparente, a dû être réanimé et souffre d’une grave infirmité motrice
cérébrale ; qu’après avoir sollicité une mesure d’expertise, Mme X... et M. A..., père
de l’enfant, ont assigné en référé M. de Y..., Mme Z... et son assureur, la MACSF ainsi
que la Clinique du Saint Coeur et son assureur la Mutuelle du Mans assurances IARD,
afin d’obtenir une indemnisation à titre provisionnel ;

Attendu que pour condamner Mme Z..., in solidum avec M. de Y..., la Clinique du
Saint Cœur et la Mutuelle du Mans assurances IARD au paiement d’indemnités
provisionnelles, la cour d’appel relève que la sage-femme dispose d’une
indépendance professionnelle qui en fait plus qu’une simple préposée de sorte que sa
responsabilité professionnelle peut être recherchée en raison des fautes personnelles
commises et que les constatations des experts établissent incontestablement un
défaut de surveillance imputable, en premier lieu, à Mme Z..., ayant retardé la
découverte d’une souffrance fœtale à l’origine des lésions dont souffre l’enfant ;

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Qu’en se déterminant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS

CASSE ET ANNULE mais seulement en ce qu’il a condamné Mme Z... au paiement


d’indemnités provisionnelles, l’arrêt rendu le 16 mai 2001, entre les parties, par la cour
d’appel de Paris ; remet, en conséquence, quant à ce, la cause et les parties dans
l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant
la cour d’appel de Paris, autrement composée.

Dissertation

Condition de cohabitation et responsabilité des parents du fait de leurs enfants


mineurs.

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DROIT CIVIL : LA RESPONSABILITE


LICENCE 2 – SEPTEMBRE 2018

Document autorisé : CODE CIVIL NON ANNOTE AUTORISE


Durée de l’épreuve : 3h

Veuillez traiter l’un des deux sujets suivants :

I Commentaire d’arrêt : Civ. 2e, 10 novembre 2009, n°08-18781

Sur le moyen unique, pris en première et deuxième branches :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Aix en Provence, 20 mai 2008), que le 7 août 1999 M.
X..., invité chez M. et Mme Y..., en compagnie de son épouse et de ses enfants, a été
blessé après avoir glissé sur la margelle de la piscine, alors qu'il effectuait des
plongeons ; que le 15 février 2002, les époux X..., agissant tant en leur nom personnel
qu'au nom de leurs enfants mineurs (les consorts X...) ont assigné Mme Marie
Antoinette Y..., Joseph et Christophe Y..., ayants droits de M. Y... (les consorts Y...) à
la suite du décès de ce dernier, devant le tribunal de grande instance instance en
responsabilité et indemnisation sur le fondement de l'article 1384, alinéa 1er, du code
civil ;

Attendu que les consorts X... font grief à l'arrêt de rejeter leurs demandes alors, selon
le moyen :

1° / que la responsabilité de plein droit du gardien d'une chose est engagée dès lors
qu'il est établi que cette chose a été, en quelque manière et ne fût-ce que partiellement,
l'instrument du dommage ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a constaté « que le pied de
M. X... a glissé sur bord spécialement mouillé de la piscine dont les consorts Y...
étaient les gardiens et n'a pu effectuer son plongeon comme il l'envisageait » ; qu'il en
résultait que le bord mouillé de la piscine sur lequel M. X... avait glissé avait été
l'instrument du dommage consécutif à sa chute ; qu'en écartant néanmoins la
responsabilité des consorts Y..., la cour d'appel n'a pas tiré les conséquences légales
de ses propres constatations et a violé l'article 1384, alinéa 1er, du code civil ;

2° / qu'une chose inerte est l'instrument du dommage subi par une personne à son
contact dès lors qu'elle présente un caractère anormal ou dangereux ; qu'en écartant
en l'espèce tout caractère anormal ou dangereux de la margelle de la piscine dont les
consorts Y... étaient gardiens au prétexte que « les projections d'eau des baigneurs
sur une margelle qui entoure le bassin sont normales » quand ces projections, aussi
normales soient-elles, étaient de nature à donner à la margelle particulièrement
mouillée, même poreuse et adaptée à son usage, un caractère d'anormalité sans

CAVEJ Annales L2 2017-2018 31


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lequel l'accident ne serait pas survenu, si bien que la margelle avait été l'instrument
du dommage, la cour d'appel a violé l'article 1384, alinéa 1er, du code civil ;

Mais attendu que l'arrêt retient que, selon ses conclusions, M. X... effectuait un
plongeon dans le bassin déserté par les autres convives lorsqu'il a perdu l'équilibre sur
le bord de la piscine et ayant mal atterri dans l'eau s'est trouvé dans l'impossibilité de
nager et de remonter à la surface ; qu'il est exclu, au vu des documents médicaux, que
M. X... ait heurté la margelle mais qu'il est constant que M. X... a perdu l'équilibre ; que
la charge de la preuve du caractère anormalement glissant de la margelle incombe à
la victime ; que les projections d'eau des baigneurs sur une margelle qui entoure le
bassin sont normales et de par sa fonction antidérapante, une margelle de piscine
composée d'un matériau poreux ne revêt normalement aucun caractère dangereux ;
qu'il n'est justifié par aucun élément que la margelle était composée d'un matériau non
conforme et inadapté à sa fonction, dans des conditions d'utilisation normales ; que
s'agissant de l'hypothèse selon laquelle la margelle était glissante car saturée d'eau,
il résulte des attestations des personnes ayant assisté au plongeon malencontreux
que M. X... a perdu l'équilibre ou glissé sur la margelle sans qu'il en ressorte que la
margelle était composée d'un matériau inadapté, était saturée d'eau et anormalement
glissante ; que la description de l'état de la margelle sur les photos produites ne révèle
nullement sa dangerosité ;

Qu'en l'état de ces constatations et énonciations procédant de son pouvoir souverain


d'appréciation de la valeur et de la portée des éléments de preuve produits devant elle,
la cour d'appel a pu déduire que la margelle mouillée de la piscine ne présentait aucun
caractère d'anormalité et n'avait pas été l'instrument du dommage ;

D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

II Dissertation

Le rôle causal de la chose inerte

CAVEJ Annales L2 2017-2018 32


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Droit pénal général


Délestage de février 2018
LICENCE 2

Durée de l’épreuve : 1h
Aucun document autorisé

Sujet : répondre aux deux questions suivantes :

1) Le dol général et le dol spécial (10 points)

2) La responsabilité pénale de l’infans (10 points)

CAVEJ Annales L2 2017-2018 33


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Droit pénal général


L2
re
1 session (mai-juin 2018)
Pendant l’épreuve les téléphones et ordinateurs doivent être éteints et rangés dans les sacs posés
dans les travées latérales.

Durée de l’épreuve : 1h
Document(s) autorisé(s) : aucun
Enseignant : M. Bargue

Sujet : Répondez aux deux questions suivantes :

1) Le délit de risques causés à autrui

2) La responsabilité pénale du chef d’entreprise

CAVEJ Annales L2 2017-2018 34


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

Enseignant : M. Bargue

LICENCE 2 – CAVEJ SESSION DE SEPTEMBRE


2018

DROIT PENAL GENERAL

Durée : 1 heure Aucun document autorisé

Sujet : Répondez aux deux questions suivantes :

1) La contrainte (10 pts)

2) La répression de la complicité (10 pts)

CAVEJ Annales L2 2017-2018 35


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

HISTOIRE DES IDEES POLITIQUES

LICENCE 2

Mme. Nelly HISSUNG-CONVERT

Février 2018

* * *

Durée de l’épreuve : 1 heure


Aucun document autorisé.

Veuillez traiter l’un des deux sujets, au choix :

1 – Montesquieu

OU

2 – Charles Fourier

CAVEJ Annales L2 2017-2018 36


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

HISTOIRE DES IDEES POLITIQUES


L2
Mme. Nelly HISSUNG-CONVERT

Lundi 28 mai 2018

* * *

Durée de l’épreuve : 1 heure.

Veuillez traiter l’un des deux sujets, au choix.

1 – Thomas Hobbes

OU

2 – Alexis de Tocqueville

Documents autorisés : Aucun.

CAVEJ Annales L2 2017-2018 37


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

HISTOIRE DES IDEES POLITIQUES

L2

Mme. Nelly HISSUNG-CONVERT

Septembre 2018

* * *

Durée de l’épreuve : 1 heure

Veuillez traiter l’un des deux sujets, au choix :

1 – Les Physiocrates

OU

2 – Pierre-Joseph Proudhon

Documents autorisés : aucun.

CAVEJ Annales L2 2017-2018 38


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


Licence 2 - Cavej

DROIT FISCAL

Session de mai 2018

Durée : 1 heure Aucun document autorisé

Veuillez traiter les trois questions suivantes :

1 – Comment définir l’impôt ? (10 pts)

2 – L’application territoriale de l’impôt sur le revenu (8 pts)

3 – Parmi ces impositions, laquelle procure à l’Etat les recettes les plus
importantes : l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu, la taxe sur la
valeur ajoutée, les droits de succession, l’impôt sur la fortune, la
contribution sociale généralisée ? (2 pts)

CAVEJ Annales L2 2017-2018 39


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


Licence 2 - Cavej

DROIT FISCAL

Session de septembre 2018

Durée : 1 heure Aucun document autorisé

Veuillez traiter les trois questions suivantes :

1 – Impôt de répartition et impôt de quotité (10 pts)

2 – Une fois établi le revenu global net imposable, comment


calcule-t-on le montant de l’impôt sur le revenu ? (8 pts)

3 – Quand fut créée la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ?


(2 pts)

Aucun document autorisé

CAVEJ Annales L2 2017-2018 40


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

Droit des affaires (2017-2018)

Licence 2 – 1re session – 1 heure

AUCUN DOCUMENT N’EST AUTORISE

Vous traiterez des questions suivantes :

1 – Distinguez les usages de fait et les usages de droit (5 points)

2 – Les conditions d’opposabilité de la clause compromissoire (4 points)

3 – Les conditions d’application du statut des baux commerciaux (7 points)

4 – La revente à perte (4 points)

CAVEJ Annales L2 2017-2018 41


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

LICENCE 2 – CAVEJ SESSION DE SEPTEMBRE


2018

DROIT DES AFFAIRES

Durée : 1 heure Aucun document autorisé

Vous traiterez des questions suivantes :

1 – Les actes de commerce par la forme (7 points)

2 – La preuve en matière commerciale (7 points)

3 – Les différents éléments du fonds de commerce (6 points)

CAVEJ Annales L2 2017-2018 42


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

Licence 2 - Cavej
Session de mai 2018

PROCEDURE PENALE

Durée : 1 heure Aucun document autorisé

Veuillez traiter les trois questions suivantes :

- Qu’est-ce que la correctionnalisation judiciaire ? Quelle est la position de la Cour de


cassation à l’égard de cette pratique ? (4 points)

- Quels sont les apports de la loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription
en matière pénale ? Définissez préalablement la notion de prescription. (10 points)

- Les conditions de placement en détention provisoire (6 points)

CAVEJ Annales L2 2017-2018 43


Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

LICENCE 2 – CAVEJ SESSION DE


SEPTEMBRE 2018

PROCEDURE PENALE

Durée : 1 heure Aucun document autorisé

Veuillez traiter les deux questions suivantes :

- la garde à vue : (12 points)

- les modes de preuve en matière pénale : (8 points)

CAVEJ Annales L2 2017-2018 44