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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (UAC)

ECOLE NATIONALE D’ECONOMIE APPLIQUEE ET DE


MANAGEMENT (ENEAM)
NOTE DE COURS DE MATHEMATIQUES (ANALYSE II)

Enseignant : Dr. Jamal ADETOLA


adetolajamal58@yahoo.com
(00229) 97 28 78 29 Bénin

May 5, 2020
Contents

1 Formules de Taylor et développements limités 3


1.1 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Formule de Taylor avec reste intégral . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Formule de Taylor avec reste de Lagrange . . . . . . . . . . . 4
1.2 Développement limité d’une fonction au voisinage d’un point a=0 . . 5
1.3 Développements limités usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Opérations sur les développements limités . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.1 DL des fonctions en un point quelconque . . . . . . . . . . . . 11
1.5 Applications développements limités à des calculs de limites. . . . . . 11
1.5.1 Calcul des limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5.2 Position d’une courbe par rapport àsa tangente . . . . . . . . 12
1.5.3 Développement limité généralisé ou en +∞ ou −∞ . . . . . . 12

2 Equations différentielles 15
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Equation différentielle d’ordre un et classification . . . . . . . . . . . 15
2.2.1 Equation différentielle d’ordre un . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.2 Classification des équation différentielle d’ordre un . . . . . . . 16
2.2.3 Equations différentielles linéaires du premier ordre du type
y 0 + f (t)y = g(t) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.4 Résolution des équations différentielles linéaires du premier
ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 Equations différentielles du second ordre linéaires à coefficients constants 18
2.4 Autres types d’équations différentielles du premier ordre . . . . . . . 21
2.4.1 Equations différentielles à variables séparables . . . . . . . . . 21
2.4.2 Equations différentielles homogènes . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.4.3 Equations différentielles linéaires du premier ordre généralisée 23
2.4.4 Les équations différentielles de Bernoulli . . . . . . . . . . . . 27
2.4.5 Equations différnetielles de Riccati . . . . . . . . . . . . . . . 28

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3 Fonctions de plusieurs variables 30
3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.2 Limites et continuité des fonctions de plusieurs variables . . . . . . . 31
3.2.1 Normes dans R In . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2.2 Boules ouverte, fermée et sphère de R In . . . . . . . . . . . . . 32
3.3 Suites de R In . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.3.1 Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4 Limites dans R In. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4.1 Quelques propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.5 Continuité dans R In . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.5.1 Quelques propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.6 Différentiabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.6.1 Dérivée partielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.6.2 Différentiabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.6.3 Matrice jacobienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.6.4 Dérivées des fonctions composées : règle de dérivation en chaı̂ne
(chain rule) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.6.5 Dérivées d’ordre supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.6.6 Recherche d’extréma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

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Chapter Premier

Formules de Taylor et développements


limités

Dans tout ce chapitre I est un intervalle ouvert de R I . Pour n ∈ NI ∗ , on dit qu’une


fonction f : I −→ R I est une fonction de classe C n si f est n fois dérivable sur I et
f ( n) est continue. La fonction f est de classe C 0 si f est continue sur I et f est de
classe C ∞ si f est de classe C n pour tout n ∈ N
I.

1.1 Formules de Taylor


Dans cette section, pour n’importe quelle fonction, nous allons trouver le polynôme
de degré qui approche le mieux la fonction. Les résultats ne sont valables que
pour x autour d’une valeur fixée (ce sera souvent autour de 0). Nous parlerons
essenciellement de trois types de formule de Taylor.

1.1.1 Formule de Taylor avec reste intégral

Théorème 1.1.1 (Formule de Taylor avec reste intégral) Soit f : I −→ R I,


n+1
une fonction de classe C (I) et soit a, x deux éléments de I. Alors
Z x
f 0 (a) f 00 (a) f (n)
(a) 1
f (x) = f (a)+ (x−a)+ (x−a)2 +· · ·+ (x−a)n + f (n+1) (t)(x−t)n dt.
1! 2! n! n! a
(1.1)

Nous noterons Tn (x) la partie polynomiale de la formule de Taylor (elle dépend de


n mais aussi de f et a) :

f 0 (a) f 00 (a) 2 f (n) (a)


Tn (x) = f (a) + (x − a) + (x − a) + · · · + (x − a)n
1! 2! n!
Remarque 1.1.1 En posant x = a + h (et donc h = xa ) la formule de Taylor

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précédente devient (pour tout a et a + h de I) :
h
f 0 (a) f 00 (a) 2 f (n) (a) n 1
Z
f (a + h) = f (a) + h+ h +···+ h + f (n+1) (a + t)(h − t)n dt.
1! 2! n! n! 0
(1.2)

Exemple 1.1.1 La fonction f : x 7−→ exp(x) est de classe C n+1 sur I = R


I pour
tout n. Fixons a ∈ R
I . On a
exp(a) n 1 h
Z
exp(a) exp(a) 2
f (a+h) = exp(a)+ h+ h +· · ·+ h + exp(a+t)(h−t)n dt
1! 2! n! n! 0
(1.3)

1.1.2 Formule de Taylor avec reste de Lagrange

Théorème 1.1.2 (Formule de Taylor avec reste de Lagrange) Soit f : I −→


I , une fonction de classe C n+1 (I) et soit a, x deux éléments de I. Alors il exste un
R
réel c entre a et x tel que :
f 0 (a) f 00 (a) f (n) (a) f (n+1) (c)
f (x) = f (a)+ (x−a)+ (x−a)2 +· · ·+ (x−a)n + (x−a)n+1 .
1! 2! n! (n + 1)!
(1.4)

Nous noterons Tn (x) la partie polynomiale de la formule de Taylor (elle dépend de


n mais aussi de f et a) :

f 0 (a) f 00 (a) 2 f (n) (a)


Tn (x) = f (a) + (x − a) + (x − a) + · · · + (x − a)n
1! 2! n!
Dans la plupart des cas on ne connaı̂tra pas ce c. Mais ce théorème permet
d’encadrer le reste. Ceci s’exprime par la proposition suivante :

Proposition 1.1.1 Si de plus la fonction |f ( n + 1)| est majorée sur I par un réel
M, alors pour tout a, x ∈ I, on a :
|x − a|n+1
|f (x) − Tn (x)| ≤ M . (1.5)
(n + 1)!

Remarque 1.1.2 1. Dans ce théorème l’hypothèse f de classe C n+1 peut-être


affaiblie en f est “n + 1 fois dérivable sur I”.

2. ”Le réel c est entre a et x” signifie ”c ∈]a, x[ ou c ∈]x, a[”.

3. Pour n = 0 c’est exactement l’énoncé du théorème des accroissements finis : il


existe c ∈]a, b[ tel que f (b) = f (a) + f 0 (c)(b − a).

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4. Si I est un intervalle fermé borné et f de classe C n+1 , alors f (n+1) est continue
sur I donc il existe un M tel que |f (n+1) (x)| ≤ M pour tout x ∈ I. Ce qui permet
toujours d’appliquer la proposition.

On peut utiliser les formules de Taylor pour prouver certaines inégalités.

Exemple 1.1.2 Prouver que pour tout nombre réel positif x,


x2 x2 x3
x− ≤ ln(x + 1) ≤ x − + . (1.6)
2 2 3
Exemple 1.1.3 Prouver que pour tout nombre réel x ∈ [0, π2 ],

x3 x3 x5
x− ≤ sin x ≤ x − + . (1.7)
6 6 120

1.2 Développement limité d’une fonction au voisinage d’un


point a=0
On rappelle la définition suivante :

Définition 1.2.1 Soit f une fonction de R I de R I¯ , on dit que f est définie


I , et a ∈ R
au voisinage de a s’il existe un voisinage V de a tel que V − {a} soit inclut dans
l’ensemble de définition de f . Si une fonction f est définie sur un voisinage de a,
alors elle est définie au voisinage de a. Une fonction définie au voisinage de a est
définie sur un voisinage de a sauf peut- être en a.

Définition 1.2.2 Soit n un entier naturel et f une fonction définie au voisinage


d’un réel a. On dit que f admet un développement limité d’ordre n au point a
(souvent noté DLn (a)), s’il existe des réels c0 , c1 , · · · , cn et une fonction  : I −→ R
I
telle que lim (x) = 0 de sorte que pour tout x ∈ I
x→a

f (x) = c0 + c1 (x + a) + · · · + cn (x − a)n + (x − a)n (x). (1.8)

1. L’égalité précédente s’appelle un DL de f au voisinage de a à l’ordre n.

2. c0 + c1 (x + a) + · · · + cn (x − a)n est appelé la partie polynomiale du DL.

3. Le terme (x − a)n (x) est appelé le reste du DL.

Remarque 1.2.1 1. Avec les notations précédentes (x − a)n (x) = o0 ((x − a)n ).

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 h = x − x0 x0 ∈ R I
2. Par le changement de variable 1
h=
x
on peut toujours se ramener à un développement limité en x0 = 0.
On se limitera désormais à l’étude du développement limité en 0.

Ainsi on a la définition suivante :

Définition 1.2.3 Soit n un entier naturel et f une fonction définie au voisinage


de 0. On dit que f admet un développement limité d’ordre n au point 0 (souvent
noté DLn (0)), s’il existe un polynome Pn (x) de dégré au plus n et une fonction
 : I −→ R
I telle que lim (x) = 0 de sorte que pour tout x ∈ I
x→0

f (x) = Pn (x) + xn (x) (1.9)

Proposition 1.2.1 Le développement limité d’une fonction en 0 lorqu’il existe est


unique.

Preuve
Facile à prouver

Proposition 1.2.2 Soit une fonction f admettant un DL à l’ordre n en 0. Soit un


entier naturel p ≤ n. Alors f admet un DL à l’ordre p en 0 et celui ci est obtenu en
ne gardant que les termes de degré inférieur à p dans la partie principale.

Preuve
Facile à prouver

Proposition 1.2.3 Soit une fonction f admettant un DL d’ordre n en 0. Si f est


paire (impaire) sur un voisinage symétrique de 0, alors la partie principale de son
DL à l’ordre n en 0 ne contient que des puissances paires (impaires).

Preuve
Facile à prouver

Proposition 1.2.4 (DL et régularité : Continuité) Soit f une fonction définie


au voisinage V de 0. On suppose que f admet un DL à l’ordre 1 en 0.
f (x)= c0 + o0 (x). Alors la fonction f se prolonge en une fonction f˜ définie par
 V ∪ {0}
 ( −→ R I
f˜ : f (x) si x 6= 0 continue en 0.
 x −
7 →
 c0 si x = 0

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Proposition 1.2.5 (DL et régularité : Dérivabilité) Soit f une fonction définie
au voisinage V de 0. On suppose que f admet un DL à l’ordre 1 en 0.
f (x)= c0 + c1 x + o0 (x). Alors la fonction f se prolonge en une fonction f˜ définie
 V ∪ {0}
 ( −→ R I
par f˜ : f (x) si x 6= 0 dérivable en 0 et f˜0 (0) = c1 .
 x 7−→ c

si x = 0
0

Proposition 1.2.6 (Formule de Taylor-Young) Soient f une application définie


I ∗ et a ∈ I. On suppose que f est (n−1) fois dérivable
sur un intervalle ouvert I, n ∈ N
sur I et admet une dérivée n-ième en a. Pour tout x ∈ I on a,
n
X f k (a)
f (x) = (x − a)k + (x − a)n (x − a) (1.10)
k!
k=0
avec lim (x − a) = 0
x→a
Cette formule permet de justifier l’existence d’un développement limité. Elle a
donc un int’erêt théorique. Pour calculer effectivement les coefficients de ce DL à
l’aide de cette formule, il faut pouvoir calculer les dérivées successives de la fonction
en 0 ce qui n’est possible que pour des fonctions simples.
Remarque 1.2.2 La réciproque du théorème précédent est fausse comme le montre
l’exemple fondamental suivant. Soit n ≥ 2. Considérons la fonction
R
 I −→ ( R
I
f : xn+1 sin x1n si x 6= 0 Cette fonction admet un développement
 x 7−→ 0

si x = 0
limité à l’ordre n en 0 puisque f (x) = 0 + 0x + · · · + 0xn + xn (x) où (x) = x sin x1n
et pour x 6= 0 |(x)| ≤ |x| → 0. La fonction f est bien continue en 0 puisque
f (x)
lim f (x) = f (0) = 0. Elle est également dérivable en 0 puisque ≤ |x|n −→ 0
x→0 x
quand x −→ 0. Elle est dérivable en x 6= 0 avec f 0 (x) = (n + 1)xn sin x1n − n cos( x1n ).
La fonction x 7−→ f 0 (x) n’est pas dérivable en 0.
Proposition 1.2.7 Une application f qui est n fois dérivable en 0 admet un dévéloppe-
ment limité d’ordre n en 0 de forme
n
X f k (0) k
f (x) = x + xn (x) (1.11)
k!
k=0
avec lim (x) = 0
x→0
Remarque 1.2.3 On déduit de la proposition précédente qu’une application de
classe C ∞ sur un voisinage de 0 admet des dévéloppements limités de tout ordre
en 0.

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1.3 Développements limités usuels
Proposition 1.3.1 On obtient les DL classiques suivants en 0 en calculant les
dérivées successives en 0 et en appliquant la formule deTaylor-Young.

ˆ Fonction exponentielle et hyperboliques

x x2 x3 xn
e =1+x+ + + ··· + + o0 (xn ).
2! 3! n!
x3 x5 x2n+1
shx = x + + + ··· + + o0 (x2n+2 ).
3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 x2n
chx = 1 + + + ··· + + o0 (x2n+1 ).
2! 4! (2n)!
ˆ Fonctions trigonométriques :

x3 x5 n x
2n+1
sin x = x − + − · · · + (−1) + o0 (x2n+2 ).
3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 n x
2n
cos x = 1 − + − · · · + (−1) + o0 (x2n+1 ).
2! 4! (2n)!
ˆ Fonction logarithme :
x2 x3 n+1 x
n
ln(1 + x) = x − + − · · · + (−1) + o0 (xn )
2 3 n

x2 x3 xn
ln(1 − x) = −(x + + + ··· + + o0 (xn )
2 3 n
ˆ Fonction x 7−→ (1 + x)α avec α ∈ R
I :
α(α − 1) 2 α(α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + x + ··· + x + o0 (xn )
2! n!

1.4 Opérations sur les développements limités


Proposition 1.4.1 Soient f et g deux applications admettant des dévéloppements
limités de même ordre n en 0, de partie polynomiale respectives F et G.

1. Pour tout (α; β) ∈ RI 2 , la fonction αf + βg admet un dévéloppement limité


d’ordre n en 0 dont la partie polynomiale est αF + βG.

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2. La fonction f g admet un dévéloppement limité d’ordre n en 0 dont la partie
polynomiale est obtenue en conservant les monômes de degré au plus égal à n
du polynôme F G.

Preuve
Bon exercice de maison.

Exemple 1.4.1 Donnons le dévéloppement limité à l’ordre 3 en 0 de chacune des


fonctions suivantes 2 sin −3 cos, sin cos et tan.
Les fonctions sin et cos admettent en 0 des dévéloppements limités d’ordre 3 :
3 2
•2 sin x − 3 cos x : sin x = x − x6 + o0 (x3 ), cos x = 1 − x2 + o0 (x3 ). Ainsi
2 3
2 sin x − 3 cos x = −3 + 2x + 3x2 − x3 + o0 (x3 ).
3 2 x3 x3 2x3
• sin x cos x : Calculons (x − x6 )(1 − x2 ) = x − − + ··· = x − + ···
2 6 3
2x3
Donc sin x cos x = x − + o0 (x3 )
3
sin x
On sait que tanx = cos x
La division suivant les puissances croissantes à l’ordre 3 de sin par cos donne :
x3 2
x − 6 1 − x2
x3 3
−x − 3 x + x3
2
−x + x
x3
3
3
x5
− x3 + 6)
x5
6

Ainsi
x3
•tanx = x + 3 + o0 (x3 ).

Proposition 1.4.2 (Composée du développement limité) Soient f et g deux


applications admettant des dévéloppements limités de même d’ordre n en 0, de
partie polynômiales respectives F et G. Si limx→0 f (x) = 0, alors gof admet un
dévéloppement limité ordre n en 0 dont la partie régulière est obtenue en conervant
des monômes de degré au plus égal à n de la fonction x 7−→ G(F (x)).

Proposition 1.4.3 (Quotient du développement limité) Soit u une fonction


définie au voisinage de 0. On suppose que

ˆ u admet un développement limité à l’ordre n en 0 dont partie polynomiale est


U.

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ˆ limx→0 u(x) = 0
1
Alors la fonction x 7−→ admet un développement limité à l’ordre n au
1 − u(x)
voisinage de 0 dont la partie polynomiale est obtenue en ne gardant que les termes
de degré inférieur à n dans le polynôme 1 + U + U 2 + · · · + U n .

Proposition 1.4.4 (Quotient du développement limité) Soient f et g deux


applications admettant des dévéloppements limités de même d’ordre n en 0. Si
f
lim g(x) = l 6= 0, alors admet un dévéloppement limité ordre n en 0.
x→0 g
Preuve
f (x) f (x) 1 f (x)
Comme l 6= 0 alors nous pouvons écrire pour tout x ∈ I, = lg(x) = ,
g(x) l 1 − u(x)
l
g(x)
où u(x) = 1 − l .
La fonction u admet un développement limité à l’ordre n
(combinaison linéaire de DL) et limx→0 u(x) = 0. Il suffit d’appliquer la proposition
précédente.

Proposition 1.4.5 (Primitive d’un DL) Soit f une fonction définie sur I un
voisinage de 0. On suppose que :

1. f est dérivable sur l’intervalle I.

2. La fonction f 0 admet un DL d’ordre n en 0 tel que

f 0 (x) = a0 + a1 x + · · · + an xn + o0 (xn ). (1.12)

3. lim f (x) = l.
x→0

Alors f admet un DL à l’ordre n+1 en 0 obtenu en primitivant la partie régulière


du DL de f et en ajoutant la limite de f en 0. Soit
a1 2 an n+1
f (x) = l + a0 x + x + ··· + x + o0 (xn+1 ). (1.13)
2 n+1
Exercice 1.4.1 Déterminer le DL10 (0) de chacune des fonctions suivantes.
1. x 7−→ Arcsinx 2. x 7−→ Arccosx 3. x 7−→ Arctanx 4. x 7−→ Argshx
5. x 7−→ Argchx 6. x 7−→ Argthx.

Remarque 1.4.1 On peut primitiver les DL mais pas les dériver. L’existence d’un
DL à l’ordre n pour une fonction f dérivable n’implique pas toujours l’existence d’un
DL à l’ordre n − 1 pour la fonction f 0 . Voir remarque 1.2.2.

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1.4.1 DL des fonctions en un point quelconque

Une fonction f admet un DL au voisinage d’un point a si et seulement si la fonction


x 7−→ f (x + a) admet un DL au voisinage de 0. Souvent on ramène donc le problème
en 0 en faisant le changement de variables h = x − a.
Exemple 1.4.2 Ecrivons le DL de f (x) = ln(1 + 3x) en 1 à l’ordre 3. Posons
h = x − 1 alors x = h + 1 et on a
3 3h
ln(1 + 3(h + 1)) = ln(4 + 3h) = ln(4(1 + h)) = ln 4 + ln(1 + ) En utilisant la
4 4
formule de DL classique,on obteint  
2 3
3h 3h 1 3h 1 3h
ln(1 + ) = − + + o0 (h3 ). Ainsi
4 4 2 4 3 4
 2  3
3h 1 3h 1 3h
ln(4 + 3h) = ln 4 + − + + o0 (h3 ). Par suite
4 2 4 3 4
3 9 9
f (x) = ln 4 + (x − 1) − (x − 1)2 + (x − 1)3 + o1 ((x − 1)3 )
4 32 64

1.5 Applications développements limités à des calculs de


limites.
Nous donnons ici quelques applications les plus remarquables des développements
limités. On utilisera aussi les DL lors de l’étude locale des courbes param’etrées
lorsqu’il y a des points singuliers.

1.5.1 Calcul des limites

Les DL sont très efficaces pour calculer des limites ayant des formes indéterminées.
Il suffit juste de remarquer que si f (x) = c0 + c1 (x − a) + · · · alors f (x) ∼ c0 au
voisinage de a et lim f (x) = c0 .
x→a

ln(1 + x) − tanx + 21 sin2 x


Exemple 1.5.1 Calculons lim .
x→0 3x2 sin2 x
On a ln(1 + x) = x − 12 x2 + 13 x3 + 41 x4 + o0 (x4 ), tanx = x + 31 x3 + o0 (x4 ) ,
sin2 x = x2 + o0 (x4 ) et 3x2 sin2 x = 3x4 + o0 (x4 ). Donc
ln(1 + x) − tanx + 21 sin2 x = x − 12 x2 + 13 x3 + 14 x4 + x − 13 x3 + x2 + o0 (x4 ) =
5 5
− x4 + o0 (x4 ) ∼0 − x4 et 3x2 sin2 x = 3x4 + o0 (x4 ) ∼0 3x4 . Par conséquent
12 12
ln(1 + x) − tanx + 21 sin2 x 5 4
− 12 x 5
lim = lim = − .
x→0 3x2 sin2 x x→0 3x4 36
Remarque 1.5.1 En calculant le DL à un ordre inférieur (2 par exemple), on
n’aurait pas pu conclure. De facçon générale, on calcule les DL à l’ordre le plus

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bas possible, et si cela ne suffit pas, on augmente progressivement l’ordre (donc la
précision de l’approximation).

1.5.2 Position d’une courbe par rapport àsa tangente

Proposition 1.5.1 Soit f : I −→ R I une fonction admettant un DL en a : f (x) =


c0 + c1 (x − a) + ck (x − a)x + oa ((x − a)k ), où k est le plus petit entier ≥ 2 tel que
k

le coefficient ck soit non nul. Alors l’équation de la tangente à la courbe de f en a


est : y = c0 + c1 (x − a) et la position de la courbe par rapport à la tangente pour x
proche de a est donnée par le signe f (x) − y, c’est-à-dire le signe de ck (x − a)k .

Preuve
Facile

1.5.3 Développement limité généralisé ou en +∞ ou −∞

Soit f une fonction définie sur un intervalle I =]x0 0, +∞[. On dit que f admet un
DL en ∞ à l’ordre n s’il existe des réels c0 , c1 , cdots, cn tels que
c1 c2 cn 1
f (x) = c0 + + + · · · + n + o∞ ( n ). (1.14)
x x x x
Remarque 1.5.2 1. Un DL en +∞ s’appelle aussi un développement asymptotique.

2. Dire que la fonction x 7−→ f (x) admet un DL en +∞ à l’ordre n est équivalent


à dire que la fonction x 7−→ f ( x1 ) admet un DL en 0+ à l’ordre n.

3. On peut définir de même ce qu’est un DL en −∞.


f (x)
Proposition 1.5.2 On suppose que la fonction x 7−→ admet un DL en +∞
x
c1 c2 ck 1
(ou) en −∞ : c0 + + + · · · + k + o∞ ( k ), où k est le plus petit entier ≥ 2
x x x x
tel que x1k soit non nul. Alors limx−→+∞ (f (x) − (c0 x + c1 )) = 0 (ou x −→ −∞).
la droite y = c0 x + c1 est une asymptote à la courbe de f en +∞ (ou −∞) et la
position de la courbe par rapport à l’asymptote est donnée par le signe de f (x) − y,
ck
c’est-à-dire le signe de xk−1

Exemple 1.5.2 Déterminer l’équation des asymptotes de la courbe rerésentative de



la fonction f définie par f (x) = x2 − 1exp x1 .

Exercice 1.5.1 Déterminer les développements limités des fonctions suivantes au


voisinage de x0 à l’ordre indiqué.

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1. f1 (x) = ex 1 − x à l’ordre 4 x0 = 0

2. f2 (x) = ecos x à l’ordre 5 x0 = 0

3. f3 (x) = Shx cos x à l’ordre 5 x0 = 0


ln(x+1)
4. f4 (x) = ex −1 à l’ordre 3
π
5. f5 (x) = sin x cos x à l’ordre 5 x0 = 4

6. f (x) = asinbx − bsinax avec a et b ∈ R

Exercices de fin du chapitre

Exercice 1.5.2 En utilisant la relation th0 x = 1 − thx2 ∀x ∈] − 1, 1[, trouver le


DL à l’ordre 5 au voisinage de 0 de la fonction tangente hyperbolique.

Exercice 1.5.3 Calculer les limites suivantes en utilisant les développements limités.

2
esin x
− cos x
1. lim
x→0 sin2 x
sin(x − sin x)
2. lim √
x→0 x3 + 1 − 1
1 1
3. lim ( − )
x→0 x2 sin2 x
sin x 1
4. lim ( ) 1−cos x
x→0 x
Exercice 1.5.4 On considère la fonction f définie sur R∗ par :
1
f (x) = [2sinx + ex − cosx]
x
.

1. Déterminer le developpent limité de f à l’ordre 2 au voisinage de 0. (Soit C la


courbe représentative de f et A le point de C d’abscisse 0 ).

2. En déduire

(a) Que f peut être prolongée par continuité en 0.


(b) L’équation de la tangente à C en A.
(c) La position de la courbe de f par rapport à cette tangente.

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2
1 + x
Exercice 1.5.5 On considère la fonction g définie par : g(x) = (x − 1)ln
1 − x
1. Détrerminer l’ensemble de définition de g.

2. Déterminer le DL à l’ordre 2, au voisinage de +∞ et −∞ de la fonction x 7→


f (x)
.
x
3. En déduire

(a) Les limites de g en +∞ et en −∞ .


(b) L’existence d’une asymptôte pour la courbe Cg de la fonction g.
(c) La position de la courbe de g par rapport à son asymptôte au voisinage de
+∞ et −∞.

Exercice 1.5.6 En utilsant le développement généralisé, déterminer l’équation de


l’asymptote au voisinage de −∞ à la courbe représentative de la fonction x 7→
r
x3
. Préciser la position de la courbe par rapport à cette asymptote.
x−1

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Chapter Deux

Equations différentielles

2.1 Généralités
Les équations différentielles constituent l’un des chapitres les plus importants de
mathématiques en général et de l’analyse particulier. En effet, elles interviennent
dans plusieurs problèmes de modélisation (économie, physique, astronomie, ingénerie,
hydrolique, météorologiqie etc...). Dans ce chapitre, nous en étudierons un certain
nombre tout en mettant chaque fois le problème en équation.

Définition 2.1.1 Une équation différentielle ordinaire est toute équation impliquant
une fonction d’une variable réelle f et ses des dérivées. Autrement dit, une équation
différentielle est une relation entre la variable x et une fonction inconnue y = f (x)
et ses dérivées y 0 = f 0 (x), y 00 = f 00 (x), ... y n = f (n) (x).

On la met généralement sous la forme

y (n) = F (x, y, y 0 , y 00 , ..., y (n−1) ). (2.1)

L’entier n s’appellle l’ordre de l’équation différentielle (2.1). Intégrer ou résoudre


l’équation différentielle (2.1), c’est trouvée toutes les fonctions ϕ qui vérifient cette
équation. Une telle fonctionb ϕ s’appelle solution, ou intégrale, de l’équation différentielle
(2.1). Le graphe de la fonction ϕ s’appelle coube intégrale de l’équation différentielle
(2.1). Intégrer une équation différentielle revient donc à trouver toutes les courbes
intégrales.

2.2 Equation différentielle d’ordre un et classification


2.2.1 Equation différentielle d’ordre un

Définition 2.2.1 Soit U un ouvert de I × R I 2 et soit F : U −→ R I une application.


Une équation différentielle du premier ordre est une relation de la forme F (x, y, y 0 ) =
0 dans laquelle y est un fonction numérique de la variable réelle x, y 0 est la dérivée

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de la fonction y et I est un intervalle ou une réunion d’intervalle de R I . Résoudre
0
l’ équation différentielle F (t, y, y ) = 0 c’est trouver les couples (I, y), où I est un
I , y une fonction numérique de classe C 1 sur I vérifiant cette équation.
intervalle de R
Définition 2.2.2 On appelle courbes intégrales de cette équation différentielle, les
courbes reprérentatives des solutions de l’équation.
Sous certaines hypothèses l’équation F (t, y, y 0 ) = 0 peut se ramener sous la forme :
y 0 = f (t, y), où f est une application numérique d’un ouvert O de R I 2 . L’équation
y 0 = f (t, y) est appelée problème de Cauchy.

2.2.2 Classification des équation différentielle d’ordre un

Il y a trois classes principales d’équations différentielles du premier ordre.


1. Equations dont on peut séparer les variables(Equations différentelles à variables
séparables).
2. Equations différentelles homogènes(où y 0 ne dépend que du rapport y/x).
3. Equations différentelles linéaires (où y et y 0 sont au premier degré).
Ces dernières peuvent être à coefficients constants ou non, sans second memebre ou
avec second membre. Ces sont les équations différentielles de loin les plus utiles. Car
on les rencontre notamment dans toutes les branches de la physique( mécanique,
thermodynamique, électricité etc ...). On constatera que les équations différentielles
homogènes et les équations linéaires peuvent être ramenées aux équations dont on
peut séparer les variables. En dehors de ces types généraux d’équations différentielles
du premier ordre, il y a un certain nombre d’équations différentielles du premier ordre
de type. spéciaux : Equations de Bernoulli, de Riccati, de Lagrange, de Clairaut,
etc... Nous aborderons les équations différentielles de Bernoulli et de Riccati dans le
dernier paragraphe de ce chapitre.

2.2.3 Equations différentielles linéaires du premier ordre du type y 0 +


f (t)y = g(t)

Définition 2.2.3 Soit I un intervalle ou une réunion d’intervalle de R


I . On considère
l’équation différentielle
y 0 + f (t)y = g(t). (2.2)
On appelle une solution sur I de l’équation différentielle (2.17) toute fonction ϕ
de classe C 1 vérifiant
ϕ0 + f (t)ϕ = g(t). (2.3)

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où f et g sont des fonctions continues sur I de la variable réelle t.

2.2.4 Résolution des équations différentielles linéaires du premier ordre

• Equation sans second membre : Equation homogène


On considère l’équation différentielle suivante définie sur I (intervalle ouvert de
R
I ).
y 0 + f (x)y = 0. (2.4)

Théorème 2.2.1 Les solutions de (2.4) sur I, sont les fonctions y définies sur I
par yH : t 7−→ λe−F (t) où λ est une constante arbitraire réelle et F une primitive de
f sur I.

Preuve
Exercice
• Equation avec second membre

Théorème 2.2.2 Les solutions de (2.16) sur I, sont les fonctions y définies sur I
par y : x 7−→ yH + y0 où yH est l’ensemble des fonctions définies précédemment et
y0 une solution particulière de (2.16).

Preuve
Exercice

Remarque 2.2.1 La recherche d’une solution particulière se faire en général par


la méthode de la variation des constantes. Cette méthode consiste à considérer une
solution particulière de (2.16) sous la forme

y0 : t 7−→ λ(t)e−F (t) .

On a le théorème suivant
Théorème 2.2.3 Les solutions sur I de l’équation (2.16), sont les fonctions définies
sur I par
y : t 7−→ (G(t) + c) e−F (t)
où G est une primitive de la fonction t 7−→ g(t)eF (t) et c une constante réelle.
Preuve
Bon exe de maison.

Exercice 2.2.1 Résoudre sur R


I chacune des éqautions différentielles suivantes
1. y + 2y = t − t + 1 2. y 0 + y = e−t cos t.
0 2

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Remarque 2.2.2 On peut aussi la méthode de superposition pour chercher une
solution particulière d’une équation différentielle linéaire. Elle s’énnonce comme suit
: Si yi est une solution particulière de l’équation différentielle y 0 +f (t)y = gi (t), alors
X n Xn
0
yi est solution particulière de l’équation différentielle y + f (t)y = gi (t), pour
i i
I ∗.
tout n ∈ N

Exercice 2.2.2 Résoudre sur R


I chacune des éqautions différentielles suivantes 1. y0+
2ty = t + sin t 2. y 0 + y = e−t + cos t.

Le théorème suivant permet d’obtenir l’unicité de la solution d’une équation différentielle


d’ordre un.

Théorème 2.2.4 On considère l’équation différentielle y 0 + f (t)y = g(t) définie sur


I. Soit t0 ∈ I et α ∈ R
I , alors il existe une unique solution y de cette équation telle
que y(t0 ) = α.

Exercice 2.2.3 Résoudre sur R


I l’éqaution différentielle suivante
0 2
(E) : y + 2y = t − t + 1 avec y(−1) = 2.

2.3 Equations différentielles du second ordre linéaires à coefficients


constants
Définition 2.3.1 On appelle équation difféntielle linéaire d’ordre deux à coéfficients
constants toute équation différentielle définie sur I par (E) : ay 00 + by 0 + cy = d où
a, b et c sont des constantes réelles et d une fonction de classe C 2 sur I.

On se propose de résoudre l’équation. Pour cela on peut suivre les différnetes étapes
suivantes
Etape 1 : On considère l’équation homogène associée à (E), soit (EH ) : ay 00 +
by 0 + cy = 0. Soit (Ec ) : ar2 + br + c = 0 l’équation caractéristique associée à
l’équation homogène (EH ). On note ∆ = b2 − 4ac sont discriminant. Les solutions
générales de (EH ) sont consignées dans le tableau ci dessous où les λ1 , λ2 ∈ R
I .

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Signe de ∆ Solutions de Ec Solutions générales de EH
∆>0 Deux solutions réelles r1 et r2 yH : t 7−→ λ1 er1 t + λ2 er2 t
∆=0 Une soultion double r0 = −b 2a yH : t 7−→ (λ1 t + λ2 )er0 t
∆<0 Solutions r1 = α + iβ et r2 = α − iβ yH : t 7−→ (λ1 cos βt + λ2 sin βt)eαt
Etape 2 : Pour cette étape, il s’agit de résoudre l’équation avec second membre
(E) : ay 00 + by 0 + cy = d. On a le théorème suivant :

Théorème 2.3.1 Les solutions générales de l’équation (E) sont les fonctions définies
par y : t 7−→ yH (t) + yp (t) où yH est solution de l’équation homogène (EH ) et yp une
solution particulière de (E).

Preuve
Exercice.
Il existe plusieurs techniques pour chercher une solution particulière de (E). On
peut par exemple utiliser les informations du tableau suivant :
Dans ce tableau, P (t) est un polynôme, ω, α, β et k sont des nombres réels d’une
part. D’autre part, Q(t) est un polynôme de même degré que P (t) à déterminer, et
A, B, . . . sont des constantes réelles à déterminer.

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Second membre d(t) Solutions particulières yp (t)
d(t) = a = cte yp (t) = A = cte
 yp (t) = Q(t) si c 6= 0

d(t) = P (t) yp (t) = tQ(t) si c = 0 et b 6= 0
 y (t) = t2 Q(t) si c = 0 = b

 p
kt
 yp (t) = Ae
 si k pas racine de (Ec )
kt kt
d(t) = αe yp (t) = Ate si k pas racine simple de (Ec )
 y (t) = At2 ekt si k pas racine double de (E )

 p kt
c

 yp (t) = Q(t)e si



 k pas racine de (Ec )
kt kt
d(t) = P (t)e yp (t) = tQ(t)e si




 k est racine simple de (Ec )
2 kt
 yp (t) = t Q(t)e si k est racine double de (Ec )


 yp (t) = A cos(ωt) + B sin(ωt) si

 (iω) n’est pas racine de (Ec )
d(t) = α cos(ωt) + β sin(ωt)

 yp (t) = t[A cos(ωt) + B sin(ωt)] si

(iω) est racine de (Ec )



 yp (t) = ekt [A cos(ωt) + B sin(ωt)] si

 (k + iω) n’est pas racine de (Ec )
d(t) = ekt [cos(ωt) + β sin(ωt)]

 yp (t) = tekt [A cos(ωt) + B sin(ωt)] si

(k + iω) est racine de (Ec )

Remarque 2.3.1 1. On peut aussi utiliser au besoin la technique de superposition


pour obtenir une solution particulière à l’équation différentielle.

2. S’il y a des conditions initiales y(t0 ) = z0 et y(t0 ) = s0 , on calcule les constantes


λ1 et λ2 correspondantes en injectant les conditions initiales dans la solution
trouvée générale obtenue. On obtient alors une unique solution au problème.

3. On peut généraliser la méthode que nous venons de décrire pour les équations
différentielles d’ordre deux aux équations différentielles linéaires d’ordre supérieur
à deux.

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2.4 Autres types d’équations différentielles du premier ordre
2.4.1 Equations différentielles à variables séparables

Définition 2.4.1 On appelle équation difféentielle à variable séparée, toute équation


difféntielle pouvant se ramener sous la forme

f (x) + g(y)y 0 = 0 (2.5)

, où x −→ f (x), y −→ g(y) sont des fonctions numériques continues sur I.

Remarque 2.4.1 De la relation (2.5), on peut définir les équations différentielles


du premier ordre en mettant dans un membre tous les termes en x et dans l’autre
membre tous les termes en y. Pour obtenir une relation de la forme

f (x)dx = g(y)dy (2.6)

où f n’est fonction que de x et g n’est fonction que de y. Ceci est donné par :
dy
f (x) + g(y)y 0 = 0 ⇐⇒ f (x) = −g(y) ⇐⇒ f (x)dx = −g(y)dy. (2.7)
dx

Technique de résolution

On considère l’équation différentielle f (x) + b(y)y = 0 et on désigne par A et B les


primitives respectives des fonctions a et b sur l’intervalle I. Pour qu’une application
y : I −→ R I dérivable sur I soit une solution de cette équation différentielle il suffit
que, l’application x 7−→ A(x) + B(y(x)) soit constante sur I. L’équation des courbes
intégrales s’écrit alors : A(x) + B(y(x)) = λ(λ ∈ R I ).

Exemple 2.4.1 Soit l’équation différentielle

x + yy 0 = 0 (2.8)
Z Z
On écrit (2.8) sous la forme xdx = −ydy. En intégrant, on a xdx = − ydy.
On obtient donc x2 + y 2 = 2C où C est une constante réelle. (C’est l’équation d’une
famille de cercles concentriques si la constante est positive)

Exemple 2.4.2 On considère l’équation différentielle suivante définie pour x 6= −1


par :
1−y
y0 = . (2.9)
1+x

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dy 1−y dy dx
On a − = 0, donc en séparant les variables on obtient = .
dx 1+x 1−y 1+x
1 1
Ainsi ln | | = ln |1 + x|. Donc = k(1 + x) où k est une constante réelle.
1−y 1−y
1
On obtient donc pour x 6= −1, y = 1 − .
k(x + 1)
Remarque 2.4.2 On pouvait déjà constater que deux fonctions ayant la même
différentielle logarithmique sont proportionnelle. Ainsi directement on aurait
1
= k(1 + x).
1−y

2.4.2 Equations différentielles homogènes

Définition 2.4.2 Une équation différentielle est dite homogène lorsqu’on peut la
mettre sous la forme
y 0 = f (y/x) (2.10)
où f est une fonction continue d’une variable réelle sur un intervalle ou une réunion
d’intervalle et x un nombre réel non nul.

Une telle équation ne change pas lorsqu’on remplace x par kx ou y par ky où k est
une constante réellle non nulle.

Exemple 2.4.3 Les équations différentielles suivantes sont homogènes :


p
2 2
y dx + (x − xy)dy = 0 et xdy − ydx = x2 + y 2 dx. (2.11)
En effet, elles peuvent se mettre respectivement
p sous la forme
2 2 2
y y /x y + x2 + y 2 y p
y0 = 2
= et y 0
= = + 1 + y 2 /x2 .
xy − y y/x − 1 x x

Technique de résolution

Pour résoudre les équations différentielles homogènes, on peut procéder comme suit
: On pose t = y/x, soit y = tx où t est une nouvelle fonction inconnue. Alors on a
dy = xdt + ydx. On reporte ces expressions dans l’équation différentielle (2.10), tout
en vérifiant la disparition de y. On obtient alors une équation différentielle dont on
peut séparer les variables.
dt
x + t = f (t). (2.12)
dx
Z
dt dx x dt
Ainsi = . En intégrant, les deux memebres on a ln =
f (t) − t x c f (t) − t
x
avec C > 0 où C est une constante réelle non nulle. On déduit enfin y sans une

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nouvelle intégration grâce à la relation y = tx. On obtient alors une équation
paramétrique des courbes intégrales. Dans certains cas, on peut éliminer t et trouver
y explicitement en fonction de x.
Exemple 2.4.4 On considère à nouveau l’équation différentielle
p
xdy − ydx = x2 + y 2 dx. (2.13)
Posons p y = tx, on a dy = tdx + xdt, l’équation (2.13) devient alors x(tdx + xdt) −
txdx = x2 (1 + t2 )dx. En supposant x strictement positif pour fixer les idées et en
p dx 1
divisant pasr x, on obtient xdt+tdx−tdx = (1 + t2 )dx. Ainsi =√ . Nous
dt 1 + t2
vérifions
p que y ne figure plus dans cette équation. Nous obtenons donc x p= C(t +
t2 + 1) où C est une constante réelle supposée non nulle. Ainsi on a t2 + 1 =
x x2 2xt
− t. En élevant chaque membre au carré on a t + 1 = 2 + t2 −
2
. Ce qui nous
C C C
x2 − C 2 x2 − C 2
donne t = . Comme y = tx, nous obtenons finalement y = . C’est
2xC 2C
l’équation d’une famille de paraboles.
Exercice 2.4.1 Intégrer l’équation différentielle suivante (x2 + y 2 )dx − xydy = 0.

2.4.3 Equations différentielles linéaires du premier ordre généralisée

Définition 2.4.3 Soit I un intervalle ou une réunion d’intervalle de R I . On appelle


équation différentielle linéaires du premier ordre toute équation différentielle de la
forme
a(t)y 0 + b(t)y = c(t). (2.14)
où a, b et c sont des fonctions continues sur I de la variable réelle t.

Normalisation des équations différentielles linéaires du premier ordre généralisée

Soit I un intervalle ou une réunion d’intervalle de R


I . Soit a, b et c sont des fonctions
continues sur I de la variable réelle t.
Considérons l’équation différentielle

a(t)y 0 + b(t)y = c(t). (2.15)


• On suppose que pour toute t ∈ I, a(t) 6= 0. L’équation différentielle (2.17)
peut être ramenée sous la forme :
y 0 + f (t)y = g(t). (2.16)
b(t) c(t)
où les fonctions f et g sont définies par f : t 7−→ et g : t 7−→ .
a(t) a(t)
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Définition 2.4.4 L’équation diffrérentielle (2.16) est appelée l’équation différentielles
normalisée de (2.17).

Cette équation normalisée, a fait l’objet du chapitre précédent.

Problèmes de recollement

Soit I un intervalle ou une réunion d’intervalle de R


I . Soit a, b et c sont des fonctions
continues sur I de la variable réelle t.
Considérons l’équation différentielle

a(t)y 0 + b(t)y = c(t). (2.17)


• On suppose pour simplifier qu’il existe t0 ∈ I telle que a(t0 ) = 0 et que I = R I.
Ainsi, pour résoudre l’équation (2.17), on détermine l’ensemble solution y1 sur
] − ∞, t0 [ et l’ensemble solution y2 sur ]t0 , +∞[.
Pour déduire les solutions définies sur R
I tout entier, on étudiera les recollements
possibles des fonctions y1 avec les fonctions y2 . Plus précisement on raisonne comme
suit :
Si y est l’ensemble solution de (2.17) sur R I alors sa restriction sur ] − ∞, t0 [ est
une des fonctions y1 et sa restriction sur( ]t0 , +∞[ est une des fonctions y2 .
y(t) = y1 (t) si t ∈] − ∞, t0 [
Nous définissons donc y comme suit et on vérifie
y(t) = y2 (t) si t ∈]t0 , +∞[
les deux hypothèses suivantes

1. Condition de continuité
On suppose que lim− y1 (t) = l1 et lim y2 (t) = l2 On impose lorqu’elles
t→t0 t→t+
0
existent l1 = l = l2 et y(t0 ) = l.

2. Condition de cdérivabilité
y1 (t) − y(t0 ) y2 (t) − y(t0 )
On suppose que lim− = m1 et lim+ = m2
t→t0 t − t0 t→t0 t − t0
On impose m1 = m2 lorsqu’elles existent.

Les solutions de (2.17) sont alors les fonctions qui vérifient exactement les deux
conditions.

Remarque 2.4.3 1. Les deux fonctions y1 et y2 sont toutes décrites par un paramètre
réel que l’on prendra soin de noter respectivement C1 et C2 .

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2. Il se peut que l’ensemble des solutions obtenu soit vide (dans ce cas on dira qu’il
n’existe pas de solution appropriée), réduit à un seul élément ou décrit par un
ou deux paramètres.

Exemple 2.4.5 On considère l’équation différentielle suivante

(x + 1)y 0 + xy = x2 − x + 1 (E). (2.18)

1. Trouver une solution polynomiale de (E).

2. Intégrer (E) sur R


I.

3. Déterminer l’unique solution de (E) vérifiant la condition y(1) = 1.

1. Trouvons une fonction polynomiale solution de (E)


I P 0 (x) = a.
Posons P : x 7→ ax + b alors ∀x ∈ R

P est solution de E ⇐⇒ (x + 1)a + x(ax + b) = x2 − x + 1


(
a = 1
⇐⇒
a + b = −1
(
a = 1
⇐⇒
b = −2
D’où une solution particulière est donnée

I →R
P :R I, x 7→ x − 2

2. Considérons (x + 1)y 0 + xy = 0 (E0 ).

1
(E0 ) ⇐⇒ y 0 + (1 −
)y = 0 si x 6= −1
x+1
1
Une primitive de la fonction x 7→ ( x+1 − 1) sur R I − {−1} est la fonction
x 7→ (−x + ln|x + 1|). D’où la solution générale de (E0 ) est

y0 = k1 e−x (x + 1) sur ] − 1, +∞[

y0 = −k2 e−x (x + 1) sur ] − ∞, −1[

3. Les solutions sont définies sur des intervalles ne contenant pas −1. Si une
solution de (E0 ) existe sur R
I , alors une telle solution doit coincider de part
et d’autre de −1 avec les solutions obtenues précédemment. Ainsi une telle
solution vérifie : (
k1 e−x (x + 1) si x > 1
y(x) =
−k2 e−x (x + 1) si x < 1

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Avec k1 et k2 des constantes réelles convenablement choisies. De plus on doit
avoir :

 lim y(x) = lim y(x) (1)

x→−1 x→−1+
 lim y 0 (x) = lim + y 0 (x) (2)

x→−1 x→−1

I 2.
La condition (1) est vérifiée pour tout (k1 , k2 ) ∈ R
On sait que : (
0 k1 e−x (1 − (x + 1)) si x > 1
y (x) =
−k2 e−x (1 − (x + 1)) si x < 1
(
−k1 xe−x si x > 1
=
k2 xe−x si x < 1
Ainsi (2) ⇐⇒ k1 = −k2 ⇐⇒ k2 = −k1 . D’où les solutions de E0 sur R I sont
−x
les fonctions définies par : y0 : x 7→ ke (x + 1) avec k une constante réelle.
Par suite les solution de E sur R I sont les fonctions définies par : y0 : x 7→
−x
ke (x + 1) + x − 2 avec k constante réelle.

Remarque 2.4.4 1. On peut étendre la technique de recollement lorsque la fonction


a s’annule en plusieurs points. Il suffira de faire le recollement pour chacun des
points.

2. On peut aussi l’appliquer pour les équations d’ordre supérieur.

Exercice 2.4.1 On considère l’équation différentielle

t2 y 0 + 2t2 y = 1.

Résoudre sur R
I cette équation différentielle.

Exercice 2.4.2 On considère l’équation différentielle

ty 0 − y = 0.

Résoudre sur R
I cette équation différentielle.

Exercice 2.4.3 On considère l’équation différentielle suivante :

(E) : (t + 1)y 0 + y = −(t + 1) sin t.

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1. Prouver qu’une solution y de (E) est nécessairement sous la forme :
−sin t
cos t + C1t+1


 si t < −1




y(t) = 0 si t = −1





−sin t
cos t + C2t+1 si t > −1

2. On suppose que y est de la forme ci-dessus.


Démontrer que y est solution de l’équation différentielle (E).

3. En déduire les solutions générales de (E)

2.4.4 Les équations différentielles de Bernoulli

Définition 2.4.5 On appelle équation de Bernoulli, toute équation différentielle du


premier ordre non linéair pouvant se ramener sous la forme

y 0 + f (t)y = g(t)[y(t)]α . (2.19)

avec α ∈ R
I − {0, 1} et f, g satisfont les hypothèses habituelles.

Remarque 2.4.5 1. Bien évidemment, si α = 0 l’ équation devient une équation


différentielle linéaire avec second membre

y 0 + f (t)y = g(t). (2.20)

2. Si α = 1 alors on peut ramener l’équation sous la forme

y 0 + [f (t) − g(t)]y = 0. (2.21)

On sait résoudre toutes ces équations.

Technique de résolution

Pour résoudre les équations de type Bernoulli, on procède à une transformation


(changement de variable) pour obtenir une équation différentielle linéaire d’ordre 1,
de la manière suivante :

1. On divise l’équation (2.19) par y α et on obtient


y0
α
+ f (t)y 1−α = g(t). (2.22)
y

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1−α 0 y0
2. On procède alors au changement de variable z = y , ainsi z = (1 − α) α .
y
3. On substitue ces transformations dans l’équation (2.19), on obtient

z 0 + (1 − α)f (t)z = (1 − α)g(t). (2.23)

La suite on sait faire.

Exercice 2.4.4 Résoudre les équations différentielles suivantes


1. y 0 + 3ty = 2ty 3
5 et
2. y 0 + y = √
t y
1 √
3. y 0 = y + 2t y.
t

2.4.5 Equations différnetielles de Riccati

Définition 2.4.6 On appelle équation différentielle de Riccati, toute équation différentielle


(non linéaire) du premier ordre pouvant se ramener sous la forme

y 0 + a(t)y = b(t)[y]α + c(t) (2.24)

où a, b et c sont des fonctions continues.

Technique de résolution

Pour résoudre une équation différentielle de Riccati, on peut procéder comme suit :
On peut ramener une équation différentielle de Riccati à une équation différentielle
de Bernoulli par les transformations suivantes
1. Recherche (ou donnée) d’une solution particulière y0 de l’ équation de Riccati.

2. On fait le changement de variable u(t) = y(t)−y0 (t) pour aboutir à une équation
différentielle de Bernoulli de la forme

u0 + A(t)u = b(t)u2 . (2.25)

avec A(t) = a(t) − 2b(t)y0 (t).


1
Remarque 2.4.6 On peut directement poser z(t) = . et transformer
y(t) − y0 (t)
l’équation de Riccati en une équation différentielle linéaire du premier ordre, en z
de la forme
−z 0 + A(t)z = b(t) (2.26)

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Exercice 2.4.5 Résoudre les équations différentielles suivantes

1. y 0 − y + y 2 = 4t2 + 2t + 2.

2. y 0 − 2ty + y2 = 2 − t2 .

Exercices de fin du chapitre

Exercice 2.4.6 Intégrer les équations différentielles suivantes


2 0 2 0 x2 + y 2
(E1 ) : (1 + x )y − (1 + y ) = 0, (E2 ) : y = 2
x + xy
(E3 ) : y 0 − y = (t + 1)et , (E4 ) : y 0 + y = 2sint (E5 ) : (1 + t2 )y 0 − ty = 1 + t2 .
2
(E6 ) : (1 + cos2 t)y 0 − y sin 2t = cos t (E7 ) : y 0 − 2ty = et sin t
(E8 ) : y 00 + 4y 0 + 4y = (t2 + 1)e2t (E9 ) : y 00 + y 0 − 2y = et sin t
(E10 ) y 00 − 4y 0 + 5y = cos 2t − 2 sin 2t

Exercice 2.4.7 Si la population d’un pays double en 50ans, en combien de temps


triplera-t- elle compte tenu du fait que le taux instantanné d’accroissement est
proportionnel au nombre d’habitants.

Exercice 2.4.8 On considère l’équation différentielle


1
(E) : 2ty 0 + y = .
1−t
1. Intégrer (E) sur des intervalles que l’on précisera.

2. Est-il possible de trouver une solution de (E) sur ] − ∞, 1[?

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Chapter Trois

Fonctions de plusieurs variables

3.1 Généralités
Dans ce chapitre nous allons généraliser les notions de limites et continuité aux
I n dans R
fonctions de R I m où m et n sont des entiers naturels tels que m ≥ 1 et
n ≥ 2. Nous allons donner d’abord la définition aux fonctions de plusieurs variables.

Définition 3.1.1 (Fonction de R I n dans R I ) Soit D ⊂ R I n une partie de R I n . On


appelle fonction de plusieurs variables, l’application qui à tout point x = (x1 , x2 , · · · , xn )
associe le nombre réelle f (x).

ˆ Le domaine de défnition de f est l’ensemble D.

ˆ L’ensemble des points {(x, f (x)), x ∈ D} de R


I n+1 est appelé la surface représentative
de f . C’est l’analogue de la courbe représentive d’une fonction d’une variable
réelle.

Remarque 3.1.1 Généralement, si n = 2, on utilise la notation (x, y) et si n = 3


la notation (x, y, z).

Définition 3.1.2 (Fonction de R I n dans RI m ) Soit D ⊂ R I n une partie de RI n . On


appelle fonction de plusieurs variables de R I n dans RI m , l’application qui à tout point
x = (x1 , x2 , · · · , xn ) associe le vecteur

f (x) = (f1 (x1 , x2 , · · · , xn ), f2 (x1 , x2 , · · · , xn ), · · · , fm (x1 , x2 , · · · , xn ))

.
Les fonctions fi 1 ≤ i ≤ m sont appelées les fonctions composantes de la
fonction f.

Définition 3.1.3 Pour a = (a1 , · · · , an ) ∈ D est fixé, on définit la j-ième fonction


partielle de f en a en posant : f˜j,a (t) == f (a1 , · · · , aj−1 , t, aj+1 , · · · , an ). Ces fonctions
ont une seule variable, mais sont à valeurs dans R I ou R I m.

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On notera que les fonctions coordonn ées ont elles-même des fonctions partielles. De
la même façon, les fonctions partielles ont leurs propres fonctions coordonnéees.

Exemple 3.1.1 I 2 dans R


1. Fonctions de R I . Le graphe de f est une surface de
I3.
R

2. Les fonctions de R
I dans R
I sont les fonctions d’une seule variable, à valeurs
réelles.

3. Fonctions de R I 2 . Une telle fonction est un appelé arc paramétré du


I dans R
plan.

4. Fonctions de R I 3 . Une telle fonction est un arc paramétré de l’espace.


I dans R

I 2 dans R
5. Fonctions de R I 3 . Une telle fonction est une surface paramétrée de
l’espace.

Exercice 3.1.1 Déterminer le domaine de définition de chacune des fonctions suivantes


x+y xy
1. f (x, y) = 2. f (x, y) = p
x−y 1 − (x2 + y 2 )

3.2 Limites et continuité des fonctions de plusieurs variables


La notion de limite pour une fonction de plusieurs variables généralise naturellement
la notion correspondante dans le cas des fonctions d’une seule variable. Pour cela
il faut d’abord introduire la notion de norme dans R I n qui généralise la notion de
distance dans RI , et ensuite la notion de boule ouverte dans RI n qui généralise celle
d’intervalle ouvert dans RI.

3.2.1 In
Normes dans R

I n est une application


Définition 3.2.1 Une norme sur R

I n −→ R
N: R I+
x 7−→ N (x)

vérifiant les conditions suivantes :

1. N (x) = 0 =⇒ x = 0R
I n.

2. Pour tout λ ∈ R I n , N (λx) = |λ|N (x).


I et x ∈ R

I n , N (x + y) ≤ N (x) + N (y)
3. Pour tout x et y dans R

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Le couple (IRn , N ) est alors appelé espace vectoriel normé. La norme est souvent
notée k.k.
I n , on a
Proposition 3.2.1 Soit k.k une norme sur R

I n k = 0.
1. k0R

I n , on a kx − yk ≤ |kxk − kyk|.
2. Pour tout x, y ∈ R

Proposition 3.2.2 (Normes usuelles de R I n ) Pour tout x = (x1 , x2 , · · · , xn ) ∈


I n , on définit
R
kxk1 = |x1 | + |x2 | + · · · + |xn |
q
kxk2 = x21 + x22 + · · · + x2n

kxk∞ = {|x1 |, |x2 |, · · · , |xn |}


I n appelées
Les applications kxk1 , kxk2 et kxk∞ ainsi définies sont des normes sur R
I n.
normes usuelles de R

Définition 3.2.2 On dit que deux normes N1 et N2 sont équivalentes lorsqu’il existe
deux constantes positives C1 et C2 telles que

C 1 N1 ≤ N2 ≤ C 2 N2 .

Proposition 3.2.3 Sur R I n (ou tout autre espace vectoreil normé de dimension
finie), toutes les normes sont équivalentes.

3.2.2 In
Boules ouverte, fermée et sphère de R

Définition 3.2.3 On considère l’epace vectoriel normé (IRn , k.k), soit a ∈ R


I n et
r ∈RI ∗+ .
I n,
1. B(a, r) := {x ∈ R kx − ak < r} est la boule ouverte de centre a de rayon
r.

I n,
2. BF (a, r) := {x ∈ R kx − ak ≤ r} est la boule fermée de centre a de rayon
r.

I n,
3. S(a, r) := {x ∈ R kx − ak = r} est la sphère de centre a de rayon r.

Définition 3.2.4 Une partie U de l’espace vectoriel (IRn , k.k) est un ouvert lorsque
pour tout x ∈ U il existe r > 0 tel que , B(x, r) ⊂ U . Autrement dit, tout point de
U est le centre d’une boule ouverte de rayon non nul.

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Définition 3.2.5 Une partie U de l’espace vectoriel (IRn , k.k) est un fermé lorsque
son complémentaire est un ouvert.

Proposition 3.2.4 On considère l’epace vectoriel normé (IRn , k.k).

1. Toute boule ouverte est un ouvert

2. Toute boule fermée est un fermé.

Proposition 3.2.5 1. Toute réunion quelconque d’ouvert est un ouvert.

2. Toute intersection finie d’ouvert est une ouvert.

3. Toute réunion finie de fermé est un fermé.

4. Toute intersection quelconque de fermé est un fermé.

I n est un fermé.
5. Un ensemble fini de point de R

I n est un voisinage d’un point x ∈ R


Définition 3.2.6 On dit qu’une partie V de R In
si V contient un ouvert contenant x.

Définition 3.2.7 Soit A une partie de l’espace vectoriel normé (IRn , k.k). On dit
que x ∈ R I n est un point intérieur à A si A est un voisinage de x. Autrement dit si
A contient une boule ouverte contenant x. L’ensemble des points intérieur à A est
noté Å ou int(A).

Proposition 3.2.6 L’intérieur de A est le plus grand ouvert contenu dans A.

Exemple 3.2.1 int([0, 1[) =]0, 1[.

Définition 3.2.8 Soit A une partie de l’espace vectoriel normé (IRn , k.k). On dit
que x ∈ RI n est un point adhérent à A si tout voisinage de x rencontre A. Autrement
dit toute boule ouverte contenant x contient au moins un élément de A. L’ensemble
des points adhérents à A est noté Ā ou adh(A).

Proposition 3.2.7 L’adhérence de A est le plus plus petit fermé contenant A.

Exemple 3.2.2 int([0, 1[) =]0, 1[.

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3.3 In
Suites de R
I n toute application d’une partie
Définition 3.3.1 On appelle suite d’éléments de R
non vide I de N I n.
I à valeurs dans R

I ∗ . Nous
On se penchera surtout sur les suites où l’ensemble I est équipotent à N
nous intéresserons surtout au conportement de l’image xn pour les grandes valeurs
de n.

Exemple 3.3.1 1. xn = n1 , n+1 2n


I ∗ est une suite de R
I 2.

, n ∈N

2. xn = 1 + (−1)n , cos nπ, n2 + 1 est une suite de RI 3.




3.3.1 Suites convergentes

Définition 3.3.2 (Suite convergente) On dit qu’une suite ( xn ) d’éléments de


I n est convergente vers x ∈ R
R I n si pour tout  > 0, il existe N ∈ N
I tel que pour tout
n > N , on a kxn − xk < .

Proposition 3.3.1 La limite d’une suite, lorsqu’elle existe est unique.

Proposition 3.3.2 L’ensemble des suites convergentes dans un espace vectoriel


normé est un espace vectoriel normé.

Proposition 3.3.3 Dans R I n , comme les normes sont équivalentes, toute suite convergente
pour une norme est aussi convergente pour l’autre norme.

I n.
Proposition 3.3.4 Soit A une partie de R

1. Si une suite d’éléments de A converge vers l alors l ∈ Ā.

2. A est fermé si et seulement si toute suite d’éléments de A convergente admet


sa limite dans A.

Définition 3.3.3 (Suite divergente) On dit qu’une suite ( xn ) est divergente lorsqu’elle
est non convergente.

3.4 In
Limites dans R
Définition 3.4.1 On dit qu’une fonction f :−→ R I est définie au voisinage d’un
I n ∪ {x0 }.
point x0 si x0 est un point intérieur à R

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Définition 3.4.2 On dit qu’une fonction f : U −→ R I définie au voisinage d’un
point x0 admet une limite le nombre réel l lorsque x tend vers x0 si pour tout 
positif il existe η() tel que pour tout x ∈ U ,

kx − x0 k <  =⇒ |f (x) − l| < .

On écrit alors lim f (x) = l.


x→x0

Proposition 3.4.1 On dit qu’une fonction f : U −→ R I définie au voisinage d’un


point x0 admet une limite le nombre réel l lorsque x tend vers x0 si et seulement si
pour toute suite (xn ) d’éléments de U convergente vers x0 , la suite (f (xn )) converge
vers l.

Remarque 3.4.1 Toutes les propriétés de limites des fonctions d’une variable réelle
sont aussi valables pour les fonctions de plusieurs variables.

3.4.1 Quelques propriétés

Proposition 3.4.2 Si f a pour limite l en x0 , la restriction de f à toute courbe


continue (non seulement les droites !) passant par x0 admet la même limite.

Remarque 3.4.2 En pratique, pour prouver qu’une fonction de plusieurs variables


n’admet pas de limite en x0 , il suffit d’expliciter une restriction à une courbe continue
passant par x0 qui n’admet pas de limite, ou deux restrictions qui conduisent à des
limites différentes. Mais pour prouver l’existence d’une limite, il faut considérer le
cas général.

3.5 In
Continuité dans R
Définition 3.5.1 On dit qu’une fonction f : U −→ R I définie sur U contenant le
point x0 est continue en x0 lorsque la limite de f lorsque x tend vers x0 est f (x0 ).
C’est à dire si pour tout  positif il existe η() tel que pour tout x ∈ U ,

kx − x0 k <  =⇒ |f (x) − f (x0 )| < .

On écrit alors lim f (x) = f (x0 ).


x→x0

3.5.1 Quelques propriétés

Proposition 3.5.1 Les fonctions continues de plusieurs variables jouissent des mêmes
propriétés que les fonctions continues d’une seule variable. Les fonctions élémentaires

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telles que les polynômes, les fonctions exponentielles, logarithmiques et trigonométriques
sont continues dans leurs domaines de définition respectifs. La continuité des autres
fonctions s’établit, le cas échéant, en tant que somme, produit, composée, le quotient
(lorsque le dénominateur ne s’annule pas) etc., de fonctions continues.
Remarque 3.5.1 En pratique, lorsque n = 2, il est souvent utile de passer aux
coordonnées polaires pour ramener le calcul de la limite d’une fonction de deux
variables à celui de la limite d’une fonction d’une seule variable. En effet, tout point
I 2 sauf (a, b) peut être représenté par ses coordonnées polaires centrées
(x, y) de R
autour du point (a, b) grâce aux relations : x = a + r cos(θ), y = b + r sin(θ) avec
r > 0 et θ ∈ [0; 2π[.
Proposition 3.5.2 S’il existe l ∈ R
I et une fonction s : r 7−→ s(r) telle que au
voisinage de (a, b) on a
|f (a + r cos(θ), b + r sin(θ)) − l| ≤ s(r) et lim s(r) = 0.
r→0
alors lim f (x) = l.
x→(a,b)

I 2 − (0, 0), on définit l’application f par


Exemple 3.5.1 Pour (x, y) ∈ R
xy
f (x, y) = p .
x2 + y 2
Pour trouver la valeur de la limite de f en (0, 0), si elle existe, il suffit de calculer
la limite d’une restriction à une courbe continue passant par (0, 0) : comme f (0, t
) = 0 pour tout t , si la limite existe en (0, 0) alors elle est nécessairement 0. Pour
vérifier que c’est bien la limite on passe en coordonnées polaires : on pose x = rcos(θ)
et y = rsin(θ) pour r > 0 et θ[0, 2π[ ; on obtient
r2 sin(θ) cos(θ)
f (x(r, θ), y(r, θ)) = p = r sin(θ) cos(θ)
r2 (cos2 θ + sin2 θ)
r
f (x(r, θ), y(r, θ)) = r sin(θ) cos(θ) = sin(2θ)
2
r r r
On a | sin(2θ)| ≤ et lim = 0. Alors lim f (x, y) = 0.
2 2 r→0 2 (x,y)→(0,0)

3.6 Différentiabilité
3.6.1 Dérivée partielle
Dérivée selon un vecteur

Définition 3.6.1 On dit qu’une application f : U −→ R I admet une dérivée en


x0 ∈ U selon un vecteur non nul v (ou dérivée directionnelle selon le vecteur v au

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point x0 ) lorsque la fonction
I −→ R
ϕv : R I
est dérivable en 0.
t 7−→ f (tv + x0 )
f (tv + x0 ) − f (x0 )
Autrement dit lorsque lim existe et est finie.
t→t0 t
∂f
Lorsque cette limite existe, elle est notée Dv f (a) ou (x0 ) et est appellée dérivée
∂v
de f selon le vecteur v en x0 ou dérivée directionnelle de f selon le vecteur v au
point x0 .

Remarque 3.6.1 Si la fonction f est à valeur vectorielle f : U −→ R I m la définition


reste la même sauf que Dv f (a) = (Dv f1 (a), Dv f2 (a), · · · , Dv fm (a))

Dérivée partielle premi


’ ere

Définition 3.6.2 On dit que f : U −→ R I admet une dérivée partielle en x0 par


I n , lorsque
rapport à la j-ième composante de la base canonique (e1 , e2 , · · · , ep ) de R
l’application f admet une dérivée suivant le vecteur ej en x0 .
∂f
Dans ce cas Dej f (a) est notée Dj f (a) ou (x0 ) (se lit dérivée partielle de f
∂xj
en a par rapport à ej ) (ou par rapport à xj ) au point x0 .

Exemple 3.6.1 Pour n = 2, on dira que f : U ⊂ R I 2 −→ R


I admet des dérivées
partielles par rapport aux variables x et y au point (x0 , y0 ) ∈ U respectivement,
lorsque les limites suivantes existent et sont finies :

f (h + x0 , y) − f (x0 , y0 ) f (x, k + y0 ) − f (x0 , y0 )


lim et lim
h→0 h h→0 k
Proposition 3.6.1 Si f : U −→ R I n admet une dérivée partielle par rapport à la
j-ieme composante en tout point de U , on définit alors sur U la j-ieme fonction
Dj f : U −→ RI
dérivée partielle.
x 7−→ Dj f (x).

Proposition 3.6.2 L’existence des dérivées partielles des fonctions de plusieurs


variables jouissent des mêmes propriétés que les fonctions dérivables d’une seule
variable. Les fonctions élémentaires telles que les polynômes, les fonctions exponentielles,
logarithmiques et trigonométriques admettent des dérivées partielles en tout point de
leurs domaines de définition respectifs. L’existence des dérivées partielles des autres
fonctions s’établit, le cas échéant, en tant que somme, produit, composée, le quotient
(lorsque le dénominateur ne s’annule pas) etc., de fonctions dérivables.

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Exemple 3.6.2 f (x, y) = xy 2 − 3xy + 4x. On a D1 f (x, y) = y 2 − 3y + 4 et
D2 f (x, y) = 2xy − 3x.

Remarque 3.6.2 Une fonction peut admettre des dérivées partielles en un point
sans être continue en ce point.

Proposition 3.6.3 Si les fonctions dérivées partielles ∂x f et ∂y f sont continues


sur U , on dit que f est de classe C 1 sur U et on note f ∈ C 1 (U ).

3.6.2 Différentiabilité

Nous donnons cette définition pour le cas n = 2. Elle peut être généralisée aux
autres cas.

Définition 3.6.3 oit f : U ⊂ R I 2 −→ RI . Soit (x0 , y0 ) ∈ D. On dit que f est


différentiable en (x0 , y0 ) s’il existe deux constantes réelles A et B telles que

f (x0 + h, y0 + k) − f (x0 , y0 ) = hA + kB + k(h, k)k(h, k)

avec lim I2.


(h, k) = 0 et k.k est une norme quelconque de R
(h,k)→(0,0)

Définition 3.6.4 Soit f une fonction à valeurs réelles définie sur une partie ouverte
U de RI 2 . Soit (x0 , y0 ) ∈ U . Si f est différentiable en (x0 , y0 ), alors f est continue
en (x0 , y0 ) et admet des dérivées partielles par rapport à x et y en (x0 , y0 ). Dans ce
cas on a A = D1 f (x0 , y0 ) et B = D2 f (x0 , y0 ) et on peut définir la fonction

I 2 −→
df(x0 ,y0 ) : R R
I
(h, k) 7−→ hD1 f (x0 , y0 ) + kD2 f (x0 , y0 ).

Proposition 3.6.4 Soit f une fonction à valeurs réelles définie sur une partie
ouverte U de R I 2 . Soit (x0 , y0 ) ∈ U . Si f est de classe C 1 au voisinage de (x0 , y0 ),
alors f est différentiable en (x0 , y0 ). La réciproque est fausse.

3.6.3 Matrice jacobienne

Définition 3.6.5 (Matrice jacobienne) Soient U un ouvert de Rn et f : U −→


Rp une application qui à tout (x1 , ..., xn ) ∈ U associe (f1 (x1 , ..., xn ), ..., fp (x1 , ..., xn )).
Si f est différentiable en un point x0 = (x1 , ..., xn ) ∈ U , alors la différentielle de f
au point a est l’application linéaire continue de Rn dans Rm ayant pour matrice

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relativement aux bases canoniques de Rn et de Rm , la matrice:
 
∂1 f1 (x0 ) ∂2 f1 (x0 ) . . . ∂n f1 (x0 )
 ∂ f (x ) ∂2 f2 (x0 ) . . . ∂n f2 (x0 ) 
 1 2 0
M=

.. .. .. 
 . . . 
∂1 fm (x0 ) ∂2 fm (x0 ) . . . ∂n fm (x0 )

appelée matrice jacobienne de f au point x0 et notée Jf (x0 ).


Si de plus m = n, la matrice jacobienne de f en x0 est une matrice carrée d’ordre
n.
On appelle alors jacobien de f en x0 , le déterminant de la matrice Jf (x0 ).

Proposition 3.6.5 Soient U un ouvert de Rn et f : U −→ Rm une application de


fonctions composantes f1 , ..., fm .
Si f est différentiable au point x0 ∈ U , alors la matrice jacobienne de f au point
x0 , Jf (x0 ), existe, et df (x0 ) est définie par Jf (x0 ) ; c’est-à-dire que pour tout h =
(h1 , ..., hn ) ∈ Rn , on a:
 
∂1 f1 (x0 ) ∂2 f1 (x0 ) . . . ∂n f1 (x0 )  
 ∂ f (x ) ∂ f (x ) . . . ∂ f (x )  h1
t  1 2 0 2 2 0 n 2 0  . 
df (x0 )h = Jf (x0 ). h =  .
. .
. ..   ..  .
 . . . 
hn
∂1 fm (x0 ) ∂2 fm (x0 ) . . . ∂n fm (x0 )

Remarque 3.6.3 L’existence de la matrice jacobienne de f au point x0 ∈ U n’entraı̂ne


pas que f soit différentiable au point x0 .

Proposition 3.6.6 Soient f : U ⊂ Rn −→ Rm et g : V ⊂ Rm −→ Rp , où U et V


sont des ouverts de Rn et de Rm respectivement avec f (U ) ⊂ V .
Si f est différentiable en un point x0 ∈ U et g différentiable au point f (x0 ) ∈ V ,
alors l’application g ◦ f : U −→ Rp est différentiable au point a, et on a:

Jg◦f (x0 ) = Jg (f (x0 )) × Jf (x0 ) .

3.6.4 Dérivées des fonctions composées : règle de dérivation en chaı̂ne


(chain rule)

Définition 3.6.6
• Premier cas RI −→ R I 2 −→ R I
Soit f une fonction de deux variables admettant des dérivées partielles premières
et x et y deux fonc- tions dérivables de R
I dans R
I :

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f: RI2 −→ RI x: RI −→ R I y: R I −→ R I
(x, y) 7−→ f (x, y) t 7−→ x(t) t 7−→ y(t)
La fonction g : t 7−→ g(t) = f (x(t), y(t)) est dérivable et on a
∂f ∂f
g 0 (t) = (x(t), y(t)).x0 (t) + (x(t), y(t)).y 0 (t)
∂x ∂y
• Deuxième cas R I −→ RI 2 −→ R I
Soit f une fonction de deux variables x et y elles même fonctions e deux variables
u et v admettant des dérivées partielles premières et x et y deux fonc- tions dérivables
de RI dans R I :
2
f: R I −→ R I x: R I2 −→ R
I y: R I2 −→ RI
(x, y) 7−→ f (x, y) (u, v) 7−→ x(u, v) (u, v) 7−→ y(u, v)
On peut définir la fonction composée g(u, v) = f (x(u, v), y(u, v)). Lorsque les
dérivées partielles premières qui interviennent sont définies, on a
∂g ∂f ∂x ∂f ∂y
= (x(u, v), y(u, v)) (v, u) + (x(u, v), y(u, v)) (v, u)
∂u ∂x ∂u ∂y ∂u
∂g ∂f ∂x ∂f ∂y
= (x(u, v), y(u, v)) (v, u) + (x(u, v), y(u, v)) (v, u)
∂v ∂x ∂v ∂y ∂v

3.6.5 Dérivées d’ordre supérieur

Définition 3.6.7 (dérivées partielles d’ordre k)


• L’application f est dite de classe C k sur U lorsqu’elle est de classe C k et ses
dérivés partielles sont de classe C k−1 sur U .
• L’application f est dite de classe C ∞ sur U lorsqu’elle est de classe C n sur U
pour tout entier naturel n. Pour une fonction f de classe C 2 sur U ,
∂ 2f
 
∂ ∂f
(x0 ) = (x0 ) = fxi xj
∂xi ∂xj ∂xi ∂xj

appelé dérivées partielles d’ordre 2. De manière analogue, si f est de classe C k sur


U, on définit les fonctions dérivées partielles d’ordre k.

Théorème 3.6.1 (De Schwarz) Soit f une fonction de classe C 2 sur U . Alors
pour tout x0 ∈ R
I,
∂ 2f ∂ 2f
(x0 ) = (x0 ).
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi

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3.6.6 Recherche d’extréma

Définition 3.6.8 (Extrema) Soit U une partie de E et


f : U −→ R une fonction sur U .
• On dit que f admet en un point a ∈ U un minimum relatif (respectivement un
minimum strict), égal à f (a) , s’il existe un voisinage V de a dans E tel que ∀ x ∈
V ∩ A, f (x) ≥ f (a) (respectivement ∀ x ∈ V ∩ U , x 6= x0 , f (x) > f (x0 )).
- On dira que f admet en un point a ∈ U un maximum relatif (respectivement un
maximum strict), égal à f (x0 ) , s’il existe un voisinage V de x0 dans E tel que
∀ x ∈ V ∩ U , f (x) ≤ f (x0 ) (respectivement ∀ x ∈ V ∩ U , x 6= x0 , f (x) < f (x0 )).
• On dit que f admet un extrémum relatif (respectivement strict) au point x0 ∈ U ,
si f admet au point x0 un minimum relatif (respectivement strict) ou un maximum
relatif (respectivement strict).
- Si f admet au point x0 ∈ U un extrémum absolu, alors f admet en x0 un extrémum
relatif.

Proposition 3.6.7 Si l’application f admet en un point x0 intérieur à U un extrémum


relatif et si f est différentiable au point x0 , alors la différentielle de f au point x0
est nulle; c’est-à-dire qu’on a df (x0 ) = 0.
Un point x0 tel que df (x0 ) = 0 est appelé un point critique de f sur A.

Application
Dans la protique on procède comme suit.
U ⊂ R2 et f : U −→ R une fonction sur U . Soit (a, b) un point intérieur à U .
(i) Supposons que f soit dérivable au point (a, b).
La différentielle de f en (a, b) est nulle, si et seulement si,
∂f ∂f
(a, b) = 0 et (a, b) = 0.
∂x ∂y
si f admet au point (a, b) un extrémum relatif, alors ses dérivées partielles première
en ce point sont toutes nulles.
(ii) - Supposons f deux fois dérivable au point (a, b).
00 00 00 00
Soient r fxx (a, b), s = fxy (a, b), s = fyx (a, b) et t = fyy (a, b) les dérivées partielles
secondes de f au point (a, b). On a:
• Si rt − s2 < 0 alors f ne présente aucun extremum local en (a, b). On dit que
(a, b) est point col (point critique qui n’est pas un extrémum).
• Si rt − s2 > 0 alors f présente un extremum local en (a, b). - Si de plus r < 0,
alors (a, b) est un maximum local.
- Si de plus r > 0, alors (a, b) est un minimum local.

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(b) Soit (a, b) est un point critique de f tel que rt − s2 = 0. Alors on ne peut
pas conclure de l’existence d’un extrémum en (a, b).

Exercice 3.6.1 Etudier l’existence et la valeur éventuelle d’une limite en (0, 0) des
fonctions suivantes :
xy xy x2 y 2
1. f (x, y) = 2. f (x, y) = 2 3. f (x, y) = 2
x+y x + y2 x + y2
1 + x2 + y 2 x3 + y 3 x4 + y 4
4. f (x, y) = sin y 5. f (x, y) = 2 6. f (x, y) = 2 .
y x + y2 x + y2

I2:
Exercice 3.6.2La fonction suivante est-elle continue sur R
xy
 6 (0, 0)
si (x, y) =
f : (x, y) 7→ 2x2 + y 2 ?
0 sinon

Exercice 3.6.3 Soit f : I2


R −→ R
I .
(
0 si y = 0
(x, y) 7→ x
y 2 sin y si y 6= 0

1. Etudier la continuité de f .

2. Etudier l’existence et la valeur éventuelle de dérivées partielles d’ordre 1 et 2.


∂ 2f ∂ 2f
On montrera en particulier que et sont définies en (0, 0) mais n’ont
∂x∂y ∂y∂x
pas la même valeur.

Exercice 3.6.4 On définit la fonction f : [0, 1] × [0, 1] −→ R


I
(
x(1 − y) si x ≤ y
(x, y) 7→
y(1 − x) si y < x

1. Montrer que f est continue sur [0, 1] × [0, 1]

2. Montrer que f admet un maximum et un minimum sur [0, 1]×[0, 1], les déterminer.

Exercice 3.6.5Soit f la fonction définie sur R I 2 par


2
 xy
si (x, y) 6= (0, 0)
f : (x, y) 7→ x2 + y 2
0 sinon

Montrer que f est continue sur R I 2 . Est-elle de classe C 1 sur R
I2?

Exercice 3.6.6 Soit ψ : R I2 → R I 2 définie par ψ(x, y) = (x − y, x + y) et f ∈


I ). Déterminer ∂(f∂x◦ψ) et ∂(f∂y◦ψ) .
C 1 (IR2 , R

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I2
Exercice 3.6.7 On note Ω = {(x, y) ∈ R | x < y}. Déterminer toutes les
fonctions f ∈ C 1 (Ω, R
I ) telles que
∂f ∂f
∀(x, y) ∈ Ω x (x, y) − y (x, y) = x2 − y 2
∂x ∂y
On utilisera le changement de variable u = x + y et v = xy.

I 2 et g : (x, y) 7→
Exercice 3.6.8 Soit f : (x, y) 7→ x4 + y 4 − 2(x − y)2 sur R
xy
R∗+ )2 .
sur (I
(1 + x)(1 + y)(x + y)
1. Montrer que f et g sont de classe C 2 sur leur ensemble de définition, puis étudier
leurs extrema locaux.

2. Ãtudier les extrema globaux de f sur D(0, 4) et de g sur K = [0, 1]2

I 2 \{(0, 0)} par


Exercice 3.6.9 Soit f la fonction définie sur R

f : (x, y) 7→ xy ln(x2 + y 2 )

Montrer que f est prolongeable par continuité en (0, 0). Tracer la surface (avec
python) et déterminer ses extrema.

Exercice 3.6.10 Trouver toutes les fonctions f ∈ C 2 (IR2 , R


I ) vérifiant
∂ 2f ∂ 2f ∂ 2f
−2 + =0
∂x2 ∂x∂y ∂y 2
On commencera par donner la structure de l’espace des solutions, et on utilisera le
changement de variable x = u − v et y = v.

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