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Les microclimats urbains et la demande énergétique du bâti

Conference Paper · June 2006

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Emmanuel Bozonnet
La Rochelle Université
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Les microclimats urbains et la demande énergétique du bâti

Emmanuel Bozonnet

LEPTAB. – Université de La Rochelle - Pôle Sciences et Technologie – Avenue Michel


Crépeau – 17042 La Rochelle Cedex 1

RESUME. Les systèmes de conditionnement d’air participent pour une part importante à la demande énergétique des
bâtiments, notamment en été. L’objectif de cette étude est de définir par des simulations thermoaérauliques l’interaction du
microclimat urbain avec le bâti et sa demande énergétique de climatisation dans le cas d’une rue canyon. Le modèle choisi,
de type zonal, nous permet de décrire les paramètres de température et de vitesse d’air dans la rue, avec un degré de
précision intermédiaire entre la modélisation CFD fine et les approches nodales simplifiées. Le couplage des effets du vent et
de la convection naturelle a été étudié dans le cas d’une rue canyon sur 28 jours. Nous concluons sur l’importance de la
modélisation thermoaéraulique pour la détermination de l’effet d’îlot de chaleur urbain, ainsi que la demande énergétique
des bâtiments.
MOTS-CLÉS : énergétique du bâtiment, microclimat urbain, modélisation zonale.

ABSTRACT. The building energy demand is greatly affected by air conditioning systems, mainly during summer. The
objective of this study is to define the interactions between urban microclimate, buildings and its air conditioning energy
demand, by simulation of heat and mass transfer in the typical case of an urban street canyon. A zonal model is chosen for
heat and mass transfer modeling. This approach, midway between accurate fluid dynamics codes and simple nodal models,
allows us to describe, accurately enough for building energy study, thermal and wind speed parameters in the street. A
coupled study of wind and natural convection in a street canyon is completed on a 28 days period and compared with
experimental data. The consequences of heat and mass transfer in the canyon on the heat island evolution are discussed, as
on the building energy demand.
KEYWORDS: building energy, urban microclimate, zonal model.

1. INTRODUCTION
Par le passé, la conception des bâtiments était souvent liée au maintien d’une ambiance intérieure
de confort thermique, définie principalement par des paramètres hygrothermiques. Ainsi, le bâti
traditionnel, voire la ville elle-même à l’image de la ville de type méditerranéenne, ont-ils été adaptés
pour répondre aux sollicitations du climat. Cette démarche est à nouveau d’actualité avec l’émergence
de préoccupations environnementales qui ont suscité des études plus approfondies sur la demande
énergétique des bâtiments, liée aux systèmes de conditionnement des ambiances. Grâce à
l’informatisation, ces études ont été affinées par l’élaboration de nombreux codes informatiques pour
la simulation des ambiances intérieures permettant des calculs détaillés dès la phase d’avant-projet.
Toutefois, la prise en compte des conditions climatiques aux abords des bâtiments est souvent limitée
aux seules données de stations météorologiques de référence pour le site de la construction, ou
réglementaires, sans prise en compte du couplage entre climat et bâti. L’objectif de l’étude exposée est
de définir par des simulations thermoaérauliques, l’interaction entre microclimat urbain, bâti et
demande énergétique de climatisation dans le cas typique d’une rue canyon. En effet, les dissipations
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thermiques des bâtiments participent de façon significative au dégagement de chaleur anthropique et


donc à l’amplification du réchauffement urbain en conditions estivales, Figure 1.

Figure 1 – Phénomène d’amplification de l’îlot de chaleur urbain et système de climatisation.


Cette densification des villes et l’accroissement général des consommations énergétiques entraînent
un cercle vicieux de réchauffement (Figure 1) d’autant plus que les charges de climatisation
augmentent avec le « réchauffement microclimatique ». L’étude des phénomènes climatiques et des
écoulements d’air à différentes échelles atmosphériques, nous permet de préciser les phénomènes
microclimatiques à l’échelle de la ville, de la rue et du bâtiment. Deux applications possibles de cette
approches ont alors été étudiées : l’une afin de caractériser l’évolution de l’effet d’îlot de chaleur en
lien avec l’architecture du site et le choix des points de mesure, et l’autre afin de quantifier la demande
énergétique des bâtiments.

2. DU CLIMAT AU MICROCLIMAT URBAIN

2.1. L’ETUDE DES VENTS DOMINANTS A DIFFERENTES ECHELLES CLIMATIQUES


En milieu urbain, les mouvements d’air sont fortement perturbés par de nombreux obstacles de
formes diverses. Cette perturbation atmosphérique peut être abordée à différentes échelles, selon la
représentation simplifiée de la Figure 2.

Figure 2 - De la modélisation météorologique à la modélisation microclimatique,


jusqu’à l’interface bâti / environnement proche.
Loin du sol, à plus de 1000 m, les perturbations sont faibles et le vent est sensiblement parallèle
aux isobares, ce qui correspond à l’équilibre géostrophique entre la force de Coriolis et la force du
gradient de pression. Plus près du sol, les forces de frottement sur le sol rugueux réduisent la vitesse
du vent et sont sources de turbulence. Sur un site homogène, comme en zone rurale (Figure 3), la
rugosité est identique en tout point : le vent moyen ne dépend a priori que de l’altitude au point
considéré et peut être modélisé par une loi logarithmique (Gandemer, 1981).

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Figure 3 - Profil de vent dominant moyen en site homogène et en site urbain (Plate et Kiefer, 2001).

Le vent moyen entre les bâtiments est très affaibli et la modélisation empirique de ces écoulements
s’inspire de l’écoulement d’air sous la canopée forestière (Nicholson, 1975). Le niveau moyen des
constructions, qui font obstacle à l’écoulement, permet définir une sous-couche atmosphérique
d’écoulement fortement perturbé, canopée urbaine (Figure 2). Dans la suite, nous avons retenu des
modèles proposés pour l’étude de la dispersion des polluants (Hotchkiss et Harlow, 1973; Nicholson,
1975) que nous avons développé dans un code de calcul au cours de notre étude. La combinaison de
ces modèles selon des scénarii simples a été définie de façon à pouvoir définir les écoulements dans
une rue canyon, comme le montre le schéma à la Figure 4a. L’utilisation de cette approche nécessite
toutefois de connaître les paramètres qui caractérisent la morphologie du site étudié, et nous nous
somme basé sur des mesures effectuées sur les canyons urbains étudiés dans le cadre du projet
Urbvent (Allard et Ghiaus, 2004). Les évolutions de vitesse moyenne obtenues montrent une bonne
cohérence avec les valeurs mesurées, comme dans le cas représenté à la Figure 4b. Le modèle
développé ici nous a donc permis d’estimer l’évolution de la vitesse d’air en tout de la rue canyon en
fonction des paramètres caractérisant le site et des données météorologiques disponibles pour
l’extérieur de la ville.

a) b) Vitesse d'air [m/s]


3
simulatio
mesur
2

0
6 12 18 24 30 36 42 48 54 60 66 72
temps [h]

Figure 4 – a) schématisation du modèle de vent dans la rue ; b) application au cas de la rue


Kaniggos : évolution sur 3 jours de la vitesse moyenne calculée et mesurée au centre de la rue.
Cette approche permet d’estimer rapidement l’évolution de la vitesse d’air sur une période d’étude
cohérente avec les études d’énergétique du bâtiment et dans notre cas d’étude sur 28 jours.
Néanmoins, cette estimation simplifiée ne tient pas compte du couplage avec les autres paramètres
climatiques, et donc des phénomènes de convection naturelle qui peuvent être significatifs dans le cas
de faibles vitesses d’air. L’effet de l’interaction de ces autres paramètres climatiques est présenté au
paragraphe suivant, et le modèle a ensuite été développé en tenant compte de ces couplages.

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2.2. L’ILOT DE CHALEUR URBAIN : UN PHENOMENE DEPENDANT DE NOMBREUX PARAMETRES


Ce phénomène d’îlot de chaleur urbain peut être bénéfique en période hivernale eu égard aux
besoins de chauffage, mais, en période estivale, il devient critique pour le confort thermique à
l’intérieur des bâtiments ainsi que pour la demande énergétique exigée par la climatisation. Il
s’observe tant sur les températures d’air mesurées sur différents sites, Figure 5a, que sur les
températures de surface, Figure 5b.

a) b)

Figure 5 – (a) Points de mesure de l’écart de température ∆Tur avec la station météorologique : en
toiture (∆Tur,toiture) et dans la cavité de la rue canyon (∆Tur,canyon). (b) Température de surface pour la
ville de Providence d’après une image du satellite Landsat 7 de juillet 2001.
Comme pour la température d’air, l’effet d’îlot de chaleur observé au niveau des températures de
surface, Figure 5b, est bien corrélé avec la morphologie urbaine. Pour le caractériser, de nombreux
auteurs (Landsberg, 1981; Oke, 1987; Montávez et coll., 2003) ont retenu l’écart de température ∆Tur
entre le milieu urbain et le milieu rural. Cependant cet écart théorique est en pratique difficile à définir
étant donnée la forte hétérogénéité du milieu urbain. Dans la suite, nous présentons les différences
importantes observées entre les températures en toiture et dans les rues étudiées, selon les écarts
définis ici ∆Tur,toiture et ∆Tur,canyon (Figure 5a).
La concordance de nombreux facteurs recensés par Oke peut expliquer ce phénomène d’îlot de
chaleur : absorption accrue du rayonnement solaire due à la géométrie et « piégeage » du rayonnement
solaire, effet de la pollution atmosphérique sur l’absorption du rayonnement infrarouge, sources de
chaleur anthropiques, diminution de l’évapotranspiration du fait de la faible végétalisation des surfaces
urbaines, et affaiblissement du vent dû constructions. Parmi ces facteurs, l’effet des sources
anthropiques (production de chaleur des véhicules, des bâtiments et des industries, ainsi qu’au
métabolisme humain) est mal connu et difficile à évaluer. En moyenne, sur une ville, cette production
de chaleur est généralement inférieure à 100 W/m2 (Fan et Sailor, 2005), mais elle peut varier
fortement en fonction de la densité urbaine (Sailor et Lu, 2004) et atteindre localement des valeurs
beaucoup plus élevées. Cette influence est plus importante en période nocturne ou hivernale (Offerle et
coll., 2003), car la durée et l’intensité d’ensoleillement sont alors réduites. En été, la charge
anthropique peut donc devenir négligeable par rapport à l’ensoleillement en journée qui est l’un des
paramètres principaux de l’effet d’îlot de chaleur.

Finalement, les conditions microclimatiques auxquelles sont soumis les bâtiments peuvent être très
différentes des conditions météorologiques données par une station de référence, et une étude tenant
compte de l’ensemble de ces phénomènes s’avère nécessaire.

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3. UNE MODELISATION COUPLEE DU MICROCLIMAT URBAIN


Dans l’étude du comportement thermoaéraulique d’une rue au cours d’une saison, des périodes de
ventilation due à un écoulement dominant de grande échelle alternent avec des périodes de stabilité
atmosphérique pour lesquelles l’ensoleillement devient le principal moteur des écoulements locaux.
Entre ces différentes périodes, une superposition de ces phénomènes peut se produire, sans
prédominance de l’un sur l’autre. Nous nous somme proposé d’intégrer dans un modèle de type zonal
(Bozonnet et coll., 2002) deux phénomènes climatiques essentiels : l’ensoleillement (Bozonnet et coll.,
2005) et les écoulements dominants dus au vent. Cette approche est intermédiaire entre les modèles
fins à codes de champ et les modèles simplifiés à quelques nœuds de calcul. Elle a pour avantage de
permettre des études d’un niveau de précision cohérent avec les études d’énergétique du bâtiment sur
des périodes longues, de l’ordre de quelques mois, et de grands volumes, ici à l’échelle d’une rue. Le
calcul couplé est mené selon la procédure itérative représentée Figure 6.

Figure 6- Schématisation du couplage des phénomènes thermoaéraulique.


Le couplage proposé a été développé au travers de différents codes de calculs développés en C++
et du programme de calcul solaire Solene développé par le Cerma (Antoine et Groleau, 1998). Les
calculs sont menés parallèlement sur le volume d’air et sur les parois du domaine considéré, façades et
sol urbain. L’effet des écoulements dus aux vents dominants (présenté en 2.1), ainsi que les données
d’ensoleillement, sont intégrés et couplés à la résolution itérative du problème au travers des bilans
d’énergie et de masse sur le volume d’air et les parois.

4. DU MICROCLIMAT URBAIN A LA DEMANDE ENERGETIQUE DU BATIMENT


Le couplage des modèles a été appliqué au cas réel de la rue canyon Dervenion à Athènes, sur 28
jours en période estivale. Les données expérimentales utilisées proviennent du projet Urbvent
(Santamouris et coll., 2001) au cours duquel 4 autres canyons urbains ont été étudiés.
4.1. COUPLAGE DE L’ILOT DE CHALEUR ET DU CLIMAT AUX ABORDS DES BATIMENTS
Le phénomène d’îlot de chaleur observé en toiture, caractérisé par ∆Tur,toiture défini Figure 5a, s’est
révélé régulier et périodique pour tous les cas d’étude du projet Urbvent. Le modèle proposé pour
définir cette variation diurne, représenté Figure 7, sert d’entrée pour le modèle permettant l’estimation
de la température dans la rue.

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Vitesse moyenne
écart de température en toiture ?T ur,toiture [m/s]
écart de température écart de température dans le canyon ?T ur,canyon
3
10
[°C]
2.5
8
2
6

4 1.5

2 1
Cas de la rue 0 0.5
temps [h]
Dervenion -2 0
(Athènes) 0 48 96 144 192 240 288 336 384 432 480 528 576 624 672
10 août 6 sept

Figure 7- Évolution sur 28 jours de la vitesse moyenne de vent (courbe pleine gris clair) en toiture et
des écarts de température ∆Tur,toiture (trait discontinu) et ∆Tur,canyon (trait continu), définis Figure 5a.
L’effet d’îlot de chaleur, caractérisé par l’écart de température ∆Tur , est périodique (diurne) en
toiture comme le montre l’évolution de ∆Tur,toiture (Figure 7), avec un maximum la nuit. Dans la rue, le
calcul (évolutions comparées de la Figure 7) prédit une forte atténuation par rapport aux toitures. Cette
différence s’explique en partie par le confinement par rapport aux apports solaires dans l’espace du
canyon. De plus, les variations du vent dominant, courbe pleine sur la Figure 7, montre la corrélation
entre les périodes de faible vitesse d’air et d’amplification de l’effet d’îlot de chaleur dans la rue
(∆Tur,canyon) qui atteint ou dépasse parfois le phénomène observé en toiture (∆Tur,toiture).
4.2. CONSEQUENCES SUR LA DEMANDE ENERGETIQUE
Le calcul des charges climatiques sur le bâti peut être mené traditionnellement à partir des données
météorologiques de l’évolution de température, donnée par la station météorologique sur 28 jours. De
façon simplifiée les différents flux thermiques dans les parois peuvent être calculés en tenant compte
des apports solaires, des changes par convection et des transferts par conduction dans la façade
considérée par un modèle de type 3R2C (Roux, 1984). Mais comme le montre la Figure 7, la
température extérieure et donc les charges climatiques peuvent être fortement différentes sur le site
considéré.
Nous avons donc effectué le calcul de la demande énergétique pour les charges climatiques en
façade de bâtiment heure par heure et selon 4 méthodes de calcul :
CAS 1 Selon la température de référence de la station météorologique
CAS 2 En tenant compte de l’effet d’îlot de chaleur du site avec la température en toiture
CAS 3 En tenant compte du détail des transferts thermoaérauliques par la modélisation zonale du volume d’air dans la rue
CAS 4 Identique au cas 3, mais en tenant compte en sus de la charge anthropique sur le microclimat du fait du
fonctionnement couplé des climatiseurs (implantation schématisée ci-après) sur l’espace confiné du canyon.

La demande énergétique calculée heure par heure pour le cas de bâtiments climatisés dont la
température intérieure a été maintenue constante, est représentée Figure 8b de façon intégrée sur la
période de 28 jours, pour chaque façade de part et d’autre de la rue et pour chacun des 4 cas exposés.

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[%] 180 Demande énergétique globale relative au cas de référence


(a). (b). 160
140
120
100
80
60

CAS 1
CAS 2
CAS 3
CAS 4

CAS 1
CAS 2
CAS 3
CAS 4
40
20
0
Façade NE Façade SO

Figure 8- a) Maillage et positionnement des climatiseurs de fenêtre dans la zone étudiée ;


b) Comparaison, en pourcentage, de la demande énergétique calculée sur les 28 jours d’étude pour
les différents niveaux de détermination des conditions extérieures par rapport au cas de référence.
Les résultats obtenus, Figure 8b, ont démontré l’importance de l’effet d’îlot de chaleur :
accroissement de la demande énergétique de 32 à 36 %, pour chaque façade et par conduction
thermique uniquement, par rapport au cas de référence. La prise en compte des phénomènes de
transfert thermoaéraulique dans la rue apparaît aussi comme un facteur décisif pour le calcul de la
demande énergétique, comme le montre le cas 3 qui tient compte de la relative fraîcheur dans le
confinement du canyon. Enfin, cette simulation a permis de quantifier l’impact relatif du
fonctionnement de la climatisation, cas 4, sur les conditions de température extérieure, et donc la
demande énergétique en façade de bâtiment qui s’est révélée supérieure de 44 à 53 %, pour chaque
façade, par rapport au même cas de référence. Finalement, le choix d’une température extérieure fixée
peut donner des résultats fortement sous-estimé (cas de référence) ou fortement surestimés (cas de la
température en toiture). Ce cas d’étude de prise en considération du couplage des phénomènes pour
l’estimation de la demande énergétique démontre l’importance de l’interaction entre microclimat,
système de conditionnement des ambiances habitées et demande énergétique.

5. CONCLUSION
Notre étude de l’impact du microclimat urbain sur le bâti nous a amené à définir ses spécificités et
l’effet d’îlot de chaleur urbain. À l’échelle microclimatique, la morphologie de la ville et des bâtiments
intervient sur les écoulements d’air et l’ensoleillement. Le choix du cas typique de la rue canyon nous
a permis d’étudier l’interaction du bâtiment avec son environnement proche, ainsi que d’établir une
estimation de la demande énergétique liée aux transferts thermiques par conduction en façade pour des
bâtiments climatisés. Les résultats confrontés à ceux obtenus par des méthodes classiques ont montré
l’importance d’une modélisation affinée des conditions thermoaérauliques aux abords des bâtiments
dans l’étude de la demande énergétique en période estivale (différences estimées supérieures à 50%
localement).
L’ensemble du travail réalisé dans cette étude ouvre de nombreuses perspectives avec d’une part le
développement original de modèles déterministes pour les vents dominants et l’ensoleillement,
modèles qui pourraient être affinés et développés sur d’autres configurations d’étude. D’autre part, les
applications et perspectives dans l’étude énergétique des bâtiments et des microclimats urbains sont
nombreuses : étude de systèmes alternatifs à la climatisation (p.ex. ventilation naturelle), optimisation
de systèmes et de matériaux de construction, traitement du microclimat urbain et des surfaces urbaines
(p.ex. impact de la végétation ou de plans d’eau).

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