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LA

MANAGEMENT DE
PROGRAMMATION
PROJETS
ARCHITECTURALE 2012/2013

La programmation, une démarche stratégique de questionnement


de la demande, d’aide à la décision politique et à la conception
spatiale. Elle se développe de manière itérative tout au long d'un Pr SASSI
procès de projet architectural ou urbain. Elle vise à développer une BOUDEMAGH
double attitude, critique et de veille pour des professionnels qui Souad
gravitent autour et dans le monde de la production architecturale et
urbaine.
MASTER MANAGEMENT DE PROJETS PROGRAMMATION Dr SASSI BOUDEMAGH Souad

TABLE DES MATIERES

I. INTRODUCTION

II. LA COMMANDE EN ARCHITECTURE

III. LA PROGRAMATION ARCHITECTURALE

IV. LES PROCEDURES D’INSCRIPTION

V. LES PROCÉDURES DE FINANCEMENT

VI. PROGRAMMATION DES BATIMENTS PUBLICS

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I. INTRODUCTION :

LA PROGRAMMATION

La programmation consiste en l’acte de programmer l’ensemble des actions, des


opérations que l’on prévoit de faire selon un ordre et des modalités déterminées. Le concept
de programmation renferme les notions respectives de prospection, de prévisions,
d’anticipation et de planification. Tout projet réussit prend naissance avec un bon
programme ; c’est l’évidence sur laquelle s’accordent tous les acteurs de tout projet, qu’il soit
architectural ou urbain.
La programmation, une démarche stratégique de questionnement de la demande,
d’aide à la décision politique et à la conception spatiale. Elle se développe de manière
itérative tout au long d'un procès de projet architectural ou urbain. Elle vise à développer une
double attitude, critique et de veille pour des professionnels qui gravitent autour et dans le
monde de la production architecturale et urbaine.
François LOMBARD1 énonce vers les années 70 quelques principes simples en rapport avec
le concept programmatique, qui sont toujours d'actualité:

-toute réalisation doit être précédé par une phase " étude de faisabilité", au cours de laquelle
s'élabore le concept programmatique;

- la rédaction du programme doit être adaptée à la phase de conception concernée: programme


général ou de base pour l'avant projet sommaire, programme détaillé pour l'avant projet
détaillé, programme définitif pour le projet d'appel d'offre;

-la conception, en réponse à ces programmes, ne se limite pas à la conception architecturale,


mais concerne aussi les équipements et la gestion, qui doivent être en parfaite symbiose;

-l'adéquation entre le programme et le projet doit être contrôlée tout le long du processus, sous
peine de voir dévier son orientation initiale.

Entre les années 1970 et 1980, la programmation s'est développée dans le cadre de certains
ministères, en interne ou en faisant appel à des bureaux privés spécialisés. L'exigence

1
LOMBARD François, architecte, ingénieur, enseignant dans le domaine de la programmation et de
l’architecture.

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"programme" s'étend aussi des ministères aux collectivités locales. La France est le seul pays
au monde à avoir systématisé la démarche programmation/concours pour l'ensemble de la
réalisation de ces constructions publiques. Désormais, programmateur et concepteur sont deux
entités juridiquement dissociées; dans le processus architectural, l'analyse est ici coupée de la
synthèse.

L'évaluation des bâtiments en service, à la fois qualitative et quantitative, constitue une source
d'information pleine d'enseignement.

LA DEMOGRAPHIE, ELEMENT DETERMINANT DANS LA DEMARCHE DE


PROGRAMMATION

Pour la programmation d’équipements en termes d’infrastructures, de bâtiments collectifs, de


logements, il est impératif de raisonner en termes de démographie. Tout changement dans
l’évolution de la courbe de croissance de la population affecte la courbe de croissance du
parc immobilier, du parc des infrastructures. Ceci est une des conséquences du fait que
l’investissement dans le bâtiment est un investissement pour l’usage, pour l’usager,
l’investissement pour les infrastructures est un investissement pour le transport, les biens et la
fabrication, et que l’investissement pour les industries est un investissement pour les produits
destinés aux usagers. Il y a une liaison macro-économique directe entre le logement,
l’équipement immobilier et les conditions que sont l’infrastructure, l’industrie et les services.

L’évolution démographique génère une demande sociale qui elle est transformée en
commande. La médiation ou le passage de la demande à la commande consiste en la façon
dont ces demandes vont être formalisées, canalisées vers un certain nombre d’équipements,
vers un certain type d’infrastructures, vers un certain type de réalisations, avec des modalités
organisationnelles ou techniciennes différentes vis à vis des différents types de maitres
d’œuvres2 .

Cependant la manière de passer de la demande sociale à la commande varie considérablement


d’un pays à un autre, d’une société à une autre et d’un contexte culturel à un autre. Ceci avec
les différences qui peuvent exister entre la prise en charge de certains de ces besoins par le
secteur privé ou les secteurs privés et le secteur public, mais aussi par des systèmes
associatifs ou communautaires, par des systèmes d’investissement avec retours immédiat de
2
Les enjeux de l’ingénierie en Europe, HAUMONT Bernard, in Cahiers RAMAU n°1, de la Villette, Paris 2000, p
36.

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l’investisseur ou au contraire avec un retour sur investissement qui tient à l’exploitation de


l’équipement.

II. LA COMMANDE EN ARCHITECTURE.

La commande est un paramètre majeur pour la phase de diagnostic architectural. Une


phase complexe et d’importance décisive pour le déroulement des opérations conceptuelles.
Elle est d’autant plus importante que l’adéquation aux contraintes mêmes de la commande et
de son contexte opérationnel doit être considérée comme ‘la seule condition d’une liberté de
création’3.

1. Définition de la commande :

La commande architecturale peut être considérée comme l’interface mettant en relation


le travail de l’architecte et les vœux du client .Cette même relation qui varie d’un contexte à
un autre et dépend essentiellement de la distribution des rôles au sein de la société dans
laquelle s’effectue l’activité de production architecturale.
COX Oliver avance à ce propos que : « La définition inadéquate de la commande constitue la
principale cause de gaspillage des ressources et de mauvais fonctionnement des bâtiments construits par le
passé .Cela pose un problème sérieux quand les investissements sont importants et lorsque les coûts de
réparation des défauts constatés sont élevés .L’inadéquation peut provenir de l’ambiguïté de la commande ou
4
d’un manque d’exhaustivité et de consultations lors de sa préparation. »
La notion de commande reste cependant problématique étant donné l’ambivalence qui
caractérise la responsabilité de cette même commande. Car si apparemment cette
responsabilité incombe au client, il n’est pas du tout évident que celui-ci soit capable de
l’assumer et pour plusieurs raisons. Ce qui revient à dire que l’architecte endosse d’une
manière ou d’une autre une part de cette responsabilité. C’est la raison majeure de la plupart
des litiges ultérieurs.
Pour ces mêmes raisons, la définition d’une méthode d’établissement de la commande
peut sembler nécessaire, mais elle reste difficile à déterminer de manière unique,
généralisable indépendamment du client ou de la nature du projet à concevoir et quelques soit

3
LEBAHAR Jean Charles, LE DESSIN D’ARCHITECTE, Simulation graphique et réduction d’incertitude, Ed
Parenthèses, France, 1983, p.35.
4
COX .Oliver, ‘Brief making in action’, in Northern architect, 1968, cite par CONAN.Michel, Concevoir un
projet d’architecture, Ed l’Harmattan, PARIS, 1990, p109.
L’auteur a traduit ‘brief’ par ‘commande’.

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l’architecte et l’organisation de son agence. La nature et la diversité des modalités de


définition de la commande architecturale effectivement mises en œuvre demeurent dans la
majorité des cas difficiles à cerner. Il ne peut y avoir de méthode systématique d’élaboration
de la commande. Néanmoins les recherches ont démontré que des recommandations peuvent
améliorer sa définition.
Nonobstant ce fait, les différentes analyses ayant porté sur la phase de la commande
arrivent à en distinguer différentes situations pouvant être caractérisées eu égard à trois
ensembles de variables relatives à l’architecte, au client et au bâtiment en question, de
manière respective.
Michel CONAN distingue comme suit les trois batteries :
 L’architecte :
* Appartient au secteur privé ou au secteur public.
* La taille de l’agence.
* L’organisation et la répartition des responsabilités dans l’agence.
* Les attitudes vis-à-vis des autres acteurs du processus de construction et qui sont concernés
par la définition de la commande : utilisateurs, maître de l’ouvrage, décideurs…
* Des préférences relatives à la méthode de conception.
* Le type de formation à la gestion d’opérations.
 Le client :
* S’il appartient au secteur privé ou au secteur public.
* La taille de son organisme.
* Selon que le client et l’utilisateur se confondent ou non.
* La taille du programme à construire.
* Le niveau d’expertise dont il dispose pour définir la commande.
* L’organisation du client pour la passation de la commande.
 Le bâtiment :
* Sa taille.
* Son coût.
* Les délais et les sources de financement.
* Le niveau de complexité et de technicité requis pour les usagers auxquels il est destiné.
* Le moment de libération du site.

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Il est évident que dans les trois batteries de variables, chaque élément est intimement lié
au système socio-économique et surtout à la culture architecturale et constructive, dépendante
bien sur de ce même système. Ceci sera explicité dans le cas Algérien.

2. les effets de la commande sur la pratique de l’architecte et le rôle moteur de l’Etat.

Les architectes sont donc contraints, dans leur activité, de répondre à une demande dont
aussi bien l’évolution que les changements leurs échappent pour une large part, ce qui les
oblige, parfois même, d’avoir des agissements et des pratiques pouvant contrer la conception
qu’ils se font de leur métier.
Une mutation de la commande eu lieu en France. Ce pays à son tour a connu la
multiplication des centres commerciaux et lieux de loisir ; un développement directement lié à
la spéculation des programmes de construction de bureaux. Cependant la France se distingue
des Etats-Unis par le rôle joué par les acteurs publics dans l’utilisation de plus en plus
fréquente de l’architecture à des fins de communication qui se substitue à l’approche soit
sociale soit quantitative des architectes Modernes.
En effet, contrairement à ce qui s’est passé aux Etats-Unis, concernant la responsabilité
de l’Etat dans l’intérêt nouveau que les architectes se sont vu obligé de porter à la commande
privée, devant le déclin des politiques publiques, en France même le passage du Modernisme
au Postmodernisme s’est fait en grande partie à l’intérieur même de la commande publique.

Dans son ouvrage sur les architectes et la commande publique, Florent CHAMPY
mentionne plusieurs raisons rendant l’Etat français responsable de cette mutation5. La
première en est la multiplication des concours, rendus obligatoires par le décret du 20 Janvier
1980 pour toutes les constructions d’une certaine importance ; Or le concours implique pour
l’architecte la recherche de l’originalité formelle qui lui permettrait de se distinguer de ses
concurrents; ce qui va plus dans le sens d’une architecture faite pour ‘séduire’ rapidement le
regard. La deuxième raison est la contribution de l’Etat à faire évoluer les critères
d’appréciation et de jugement concourant fortement à la promotion de l’architecture dans les
médias. La médiatisation de l’architecture a aussi revalorisé la fonction symbolique de celle-
ci. Il y a eu aussi une autre raison, c’est la décentralisation des maires des grandes villes et
les présidents des assemblées territoriales qui se sont pris au jeu de la compétition des grandes

5
CHAMPY Florent, Les architectes et la commande publique, Ed PUF, Paris ,1998.

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villes pour le statut de capitales régionales entraînant une surenchère de programmes de


prestige, occasion à laquelle ils se sont découverts une vocation de maître de l’ouvrage.

3. le client :

Le client, l’acteur dont la fonction associée à la réalisation de la construction constitue


principalement la définition des besoins ainsi que le financement et le choix de l’architecte,
est conventionnellement et juridiquement nommé maître de l’ouvrage. Ce client peut être une
ou des personnes physiques ou personnes morales publiques ou privées, ou même leur
mandataire. Parce qu’étant fondamentalement le propriétaire du projet, il n’en est pas
forcement l’utilisateur.
Les architectes estiment en général que l’incompétence du client à préciser la définition
de sa commande constitue le principal écueil à surmonter lors de cette phase du travail. C’est
ce qui amène très souvent les architectes à se substituer à leur client6.
Cette incompétence est attribuée à une multitude de causes, à savoir : l’absence
d’expérience, le manque d’assurance et l’instabilité de l’avis, l’incompréhension des
exigences propres à la situation, les préjugés et idées préconçues, l’incapacité de visualiser les
choses. Mais cela peut essentiellement être causé par cette situation pratique qui fait que le
maître de l’ouvrage chargé d’établir le programme de la commande n’est pas l’utilisateur, ou
pire encore dans une situation de délégation de maîtrise d’ouvrage7. Outre ces causes
énumérées, les sources de difficultés les plus importantes perçues par les architectes sont les
problèmes liés à l’organisation du client, à la difficulté de communication entre client et
architecte. Sans oublier les problèmes suscités par la bureaucratie et la réglementation,
calendrier de travail, questions de coût…etc.
Cependant, et malgré cette grande diversité de situations, il apparaît selon Michel
CONAN que les architectes, surtout dans les grandes agences, se font une idée à priori de la
manière de conduire la définition de la commande selon le type de client auquel ils ont
affaire ; distinguant à cette fin quatre types de clients :

6
CONAN. Michel l’a souligne dans l’étude des relations entre Wright et ses clients .que c’était aussi son cas.
CONAN. Michel, Frank Lloyd Wright et ses clients, plan construction, Paris, 1986.
7
Une loi de 1985 sur la maîtrise d’ouvrage publique en France interdit aux personnes de droit public désireuses
de faire concevoir un édifice par un architecte de déléguer l’élaboration du programme et la détermination de
l’enveloppe financière de l’opération. In CHAMPY Florent, Sociologie de l’architecture, collection Repères, Ed
La Découverte, Paris, 2001..p.17.

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Le client ordinaire dont c’est la première ou la seule occasion de sa vie de consulter


un architecte-Le client habitué- Le client expert –Le client extraordinaire8.

* Le client ordinaire : Commande en général un petit bâtiment, ignore les contraintes de


la construction, le rôle qui lui incombe dans la définition de la commande et ce qu’il peut
attendre de l’architecte. Dans ce cas, l’architecte doit s’informer en même temps que se
substituer a lui pour définir la commande.

* Le client habitué : Passe le plus souvent une succession de commandes pas nécessairement
de même nature, mais toutes liées à un même domaine d’activité. Ce qui lui permet d’acquérir
une certaine connaissance des modalités du travail et des compétences d’un architecte avec
qui il établi une relation de travailleur facilitant la communication mutuellement.

* Le client expert : Celui-ci a non seulement l’assurance qu’il sait précisément ce dont il a
besoin mais il se sent compétent pour l’organisation du processus de construction. Il s’agit le
plus souvent d’un maître de l’ouvrage public chargé d’un vaste programme de construction.
Il s’appuie souvent sur les compétences d’architectes qu’il emploie dans son organisme pour
définir des programmations élaborées avant de passer la commande à l’architecte.
Les clients experts revendiquent généralement la responsabilité de la définition de
la commande, se considérant comme spécialistes dans leur propre domaine.

* Le client extraordinaire : Il cherche à se construire un bâtiment qui se distingue


manifestement ; par sa taille, sa complexité, le prestige qui s’y attache ou par la valeur
symbolique de sa fonction dans la ville.

4. l’attribution de la commande :

L’attribution de la commande architecturale de la part du maître de l’ouvrage s’effectue


selon deux modalités :
Pour le maître d’ouvrage public, le concours est une forme réglementée d’accès à
la commande. Pour le maître d’ouvrage privé le marché de gré à gré est la pratique générale.
Néanmoins ces deux formes peuvent coexister dans certaines circonstances de production des
projets et de l’expérience des maîtres de l’ouvrage dans le domaine. Bien sur, sous certaines

8
CONAN. Michel, Concevoir un projet d’architecture, Ed l’Harmattan, PARIS, 1990.

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conditions. En effet le marché de gré à gré existe dans la commande publique aussi et le
concours dans le secteur privé.
Le concours domine comme étant la principale procédure d’attribution de la commande en
architecture et sa mise en œuvre. Les raisons en sont que cette procédure clarifie les rapports
entre maître de l’ouvrage et maître d’œuvre en plus de l’avantage qu’elle a de faire penser
qu’une décision rationnelle est prise dans des circonstances d’émulation saine et intense. Cela
amène l’Etat à se positionner en arbitre garant de l’équité.
Il est reconnu que dans sa forme la plus courante, le concours permet de relativiser la
solution architecturale tout en favorisant l’émulation, en faisant apparaître plusieurs réponses
à un même problème. Nonobstant ce fait, deux inconvénients majeurs sont reconnus à la
procédure de concours ; le premier étant l’accentuation de la césure entre programme et
conception du fait de la suppression de l’interactivité entre client et concepteur ; Le deuxième
est une tendance à la « séduction plastique des réponses » et au travail sur l’image9.
D’autre part, le concours s’adapte aux intentions du maître de l’ouvrage par sa diversité de
formules ; du concours sur esquisse au concours conception construction, même si cette
procédure est très rare. Celle-ci est usitée pour des impératifs techniques rendant nécessaire
l’association de l’entrepreneur aux études de l’ouvrages dont la finalité majeure est
une production dont le processus conditionne la conception et la réalisation, ainsi que des
ouvrages dont les caractéristiques comme des dimensions exceptionnelles ou des difficultés
techniques particulières exigent de faire appel aux moyens et à la technicité propres des
entreprises . Cependant, certains architectes restent réticents à l’égard de cette procédure,
les uns de peur d’une forme de monopolisation du marché par les mêmes, les autres
appréhendant d’être économiquement et psychologiquement des sous- traitant de l’entreprise,
en plus du fait que l’architecte ne peut plus être maître à bord du chantier et de surcroît ne
peut assister le maître d’ouvrage. D’ailleurs, un des prolongements de cette procédure est le
marché d’entreprise et de maintenance par lequel un entrepreneur est chargé de la réalisation,
du financement et de l’entretient de l’ouvrage. Ce qui correspond à une certaine tendance à
la privatisation des services urbains ; les collectivités locales délèguent au privé la gestion
d’un certain nombre de services urbains.
Pour la commande publique le concours est aussi un outil de régulation orientant vers
l’innovation dans le cas d’appels d’idées ou concours d’idées. Bien que ceux-ci engendrent

9
Tapie Guy, Les architectes ; Mutations d’une profession, l’Harmattan, Paris, 2000..p.29.

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d’innombrables abus contre les architectes démunis d’appui particulier, les privant de toute
équité dans la répartition de la commande.
Le concours de projet est fondamentalement le plus équitable ; ne favorisant pas l’abus de
pouvoir de l’administration comme le concours d’idées, n’est pas ‘dégénéré’ comme la
consultation ou le concours ‘alibi’ destiné à duper l’opinion publique et à imposer « les
architectes du prince ».
Malgré cela, même le concours de projet n’échappe pas réellement à la règle des pratiques
de favoritisme ; Le marché se partage, en général, entre les grands architectes, et on est
vraiment loin des objectifs de transparence, d’équité et d’ouverture de la commande qui
étaient à l’origine la motivation de ces concours. Que ça soit en France ou en Algérie, seuls
les grands architectes réputés ont la possibilité d’emprunter la voie du concours. Pour les
architectes débutant (les petits bureaux d’études tel qu’ils sont dénommés par les
administrateurs algériens), cette voie représente un investissement qu’ils ne peuvent assumer
d’autant plus qu’ils ne sont jamais assuré de décrocher la réalisation même s’ils sont lauréats.
Et ce n’est nullement une question de compétences ! Sans oublier, que de surcroît, les échecs
successifs et inévitables ont un coût inestimable.

5. la commande publique

La commande publique regroupe les équipements publics, le logement social collectif,


les espaces publics et les concepts de villes.
La commande publique d’équipements a toujours été convoitée parce que prestigieuse du
fait qu’elle soit réellement l’expression d’un marquage spatio-temporel de l’autorité et du
pouvoir. Une expression directe du rôle de l’architecte dans le projet politique.
Néanmoins une diversification de régulation de l’attribution de la commande publique
montre que celle-ci a beaucoup changé et qu’elle n’est plus restreinte à la seule production
symbolique ou aux monuments réservés aux élites.
Dans son ouvrage sur les architectes et la commande publique, Florent CHAMPY
dégage en fait trois modes définissant autant de rapports avec les architectes :
- L’innovation spatiale et sociale introduite par le concours et ouvrant les brèches de
la commande aux jeunes architectes.
- L’efficacité du service orienté vers la recherche fonctionnelle et la mise aux normes
privilégiant les spécialistes du secteur.
- Le grand projet qui incarne l’œuvre et fait appel à la signature prestigieuse.

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6. la commande publique en Algérie

A/ Les acteurs de la gestion de la ville


A.1 Les acteurs publics locaux

Ce sont les principaux initiateurs de toute action ou projet dans la ville, et se déclinent comme
suit :

A.1.1 Personnes publiques : constituées de trois catégories :


a) L’Etat : disposant d’un pouvoir de souveraineté exerçant sa compétence sur
l’ensemble du territoire national et possède le pouvoir de déterminer les compétences
et les règles de fonctionnement des autres acteurs publics et privés ainsi que ses
propres compétences.
b) Les collectivités locales : elles se distinguent des autres personnes publiques par le
fait qu’elles n’exercent leurs pouvoirs que sur une partie du territoire (compétences
territoriales). Elles sont administrées par des élus désignés par suffrage. Les
collectivités fixent elles même le champ de leurs compétences en fonction de l’intérêt
de la population et du territoire qu’elles couvrent et représentent. Bien évidemment,
dans le respect des prérogatives attribuées par l’Etat en respectant les libertés
accordées par la loi.
c) Les établissements publics : qui sont régis par trois principes
- Le régime de la spécialité : l’établissement public a un « objet social » défini
par l’arrêté qui le constitue. Il ne peut élargir le champ de ses compétences.
- Ils sont créés par l’Etat. Sauf exception prévue par le code des communes
concernant les régies de services publics locaux.
- Il est attaché à un autre ou à plusieurs autres personnes publiques.
A.1.2 Les sociétés publiques
Elles rassemblent les sociétés dont le capital est détenu totalement ou majoritairement par des
personnes publiques. A l’échelle nationale, c’est le cas des sociétés nationales telles qu’ Air
France, Air Algérie, Sonelgaz, SNTF, BNA, etc.

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ETAT COLLECTIVITES LOCALES


PERSONNES
PUBLIQUES
ETABLISSEMENTS PUBLICS
ACTEURS PUBLICS

NATIONAUX LOCAUX
SONELGAZ SYNDICA INTERCOMMUNAL…
BNA…

SOCIETE A SOCIETES SOCIETES SOCIETES


CAPITAL PUBLIC NATIONALES RATTACHEES A D’ECONOMIE
DES MIXTE
ETABLISSEMENTS LOCALE
PUBLICS

Figure 1 : Les acteurs publics

A.2 Les structure de conseils


Elles englobent les différentes agences d’urbanisme, de l’environnement, les organisations
locales et les comités (comités de quartiers, les Co-villes…), les commissions consultatives.

A.3 Les associations


Les associations sont consultées sur les documents d’urbanisme. Elles ont la possibilité
d’exercer un recours pour excès de pouvoir contre un document d’urbanisme, une autorisation
d’urbanisme, ou une opération d’aménagements. Leurs missions sont diverses et s’insèrent
dans un processus de participation, information, consultation…

A.4 Les acteurs privés


Ils englobent les bureaux d’études, aménageurs, consultants, sociétés de services, les
industriels, les promoteurs, les agriculteurs, investisseurs relevant du secteur privé.

A.5 Le citoyen
Ce sont les habitants d’un territoire déterminé, jouissant de droits civils et accomplissant des
devoirs.

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B Les modes de passation des marchés publics

Les modes de passation des marchés publics tels que définis par la réglementation des
marchés publics balisent l’attribution de la commande publique en Algérie10. Un nouveau
cadre législatif et réglementaire est venu braquer de l’éclairage sur certaines zones d’ombre
grâce au décret présidentiel N°02-250 du 24 Juillet 2002 qui a reconduit pour l’essentiel les
disposition de l’ancien décret exécutif N°91-434 du 11 Novembre 1991 en introduisant des
nouveautés le modifiant et le complétant. Et enfin une version plus récente du code des
marchés publics apparaît à travers le décret présidentiel n° 10-236 du 28 Chaoual 1431
correspondant au 07 Octobre 2010.
Parmi les points les plus importants de ce décret il y a l’institution du ‘marché d’étude’ de
manière séparée du marché de services, les réaménagements et les précisions sur le gré à gré,
les nouveaux critères de choix ajoutés aux critères précédemment existant et maintenus (Art
47) ainsi que l’institutionnalisation du cahier des charges. Ce même décret a connu des
modifications en vue d’amélioration et de compléments apportés par le décret présidentiel
n°03-301 du 11 Septembre 2003 qui abroge un ensemble de textes antérieurement en vigueur
et qui sont essentiellement : l’ordonnance N°67-90 du 17 Juin 1967 et le décret exécutif
N°91-434 du 11 Novembre 1991.
L’article 25 du décret présidentiel n° 10-236 du 28 Chaoual 1431 correspondant au 07
Octobre 2010 précise donc que les marchés publics sont passés selon la procédure d’appels
d’offres qui constitue la règle générale ou la procédure de gré à gré. D’après les articles 21 et
22 l’appel d’offre est la procédure visant à obtenir des offres de plusieurs soumissionnaires
entrant en concurrence et à attribuer le marché au soumissionnaire présentant les offres jugées
les plus favorables, alors que le gré à gré est la procédure d’attribution d’un marché à un
partenaire cocontractant sans appel formel à la concurrence. Et l’article 28 précise les formes
sous lesquelles peut se faire l’appel d’offre : l’appel d’offre ouvert ; l’appel d’offre restreint ;
la consultation sélective ; l’adjudication et le concours. Il est à noter que l’article 34 définit le
concours comme étant « …la procédure de mise en concurrence d’hommes de l’art en vue de la réalisation
1
d’une opération comportant des aspects techniques, économiques, esthétiques ou artistiques particuliers » . Le
concours est donc reconnu par le législateur comme étant une procédure réglementaire
d’accès à la commande spéciale, distinctive et spécifique pour la mise en compétition
d’hommes de l’art. Décret présidentiel n° 12-23 du 24 Safar 1433 correspondant au 18 janvier
2012 modifiant et complétant le décret présidentiel n° 10-236 du 28 Chaoual 1431
correspondant au 7 octobre 2010 portant réglementation des marchés publics. Le présent
décret a pour objet de modifier et de compléter les dispositions du décret présidentiel n° 10-236 du 28
Chaoual 1431 correspondant au 7 octobre 2010, susvisé.
Les dispositions de l’article 7 du décret présidentiel n° 10-236 du 28 Chaoual 1431 correspondant au
7 octobre 2010, susvisé, sont modifiées et complétées comme suit :

10
REGLEMENTATION DES MARCHES PUBLICS, Décret présidentiel N°02-250 du 24-07-2002. Décret
présidentiel N° 10-236 du 28 Chaoual 1431 correspondant au 07 Octobre 2010 portant réglementation des
marchés publics.

14
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« Art. 7. Les marchés publics sont conclus avant tout commencement d’exécution des prestations. En
cas de péril menaçant un investissement, un bien du service contractant ou l’ordre public, le
responsable de l’institution nationale autonome, le ministre ou le wali concerné peuvent, par décision
motivée, autoriser le commencement d’exécution des prestations avant conclusion du marché.
Une copie de la décision citée à l’alinéa précédent est transmise au ministre chargé des finances et à
la Cour des comptes. Lorsque l’urgence impérieuse ne permet pas de formaliser le marché, l’accord
des deux parties est confirmé par un échange de lettres.
En tout état de cause, un marché de régularisation est établi dans un délai de six (6) mois à compter
de la date de signature de la décision susvisée, lorsque l’opération dépasse les montants cités à
l’alinéa 1er de l’article 6 ci-dessus et est soumis à l’organe compétent de contrôle externe des
marchés ».

En fait, le dernier décret N°03-301 est orienté dans sa philosophie de balisage des
procédures de passation des marchés, de manière conjointe, par l’expérience vécue du fait
que certaines notions ou modalités ont pu donner lieu à interprétation ou à mauvaise
application, ainsi que par l’évolution économique du pays. Il a réellement été impulsé par des
détournements et des contournements des articles préexistants ; les administrateurs
s’adonnaient presque à une forme de ‘corruption légalisée’ de sorte que toutes les procédures
mutaient en général au gré à gré en faveur des mêmes maîtres d’œuvres fermant toutes les
portes du marchés public à un très grand nombre d’architectes.
Dans les tableaux comparatifs qui suivent, nous avons essayé de mettre en exergue
les changements apportés par cette nouvelle réglementation :
Art. 43. Le service contractant a recours au gré à gré simple exclusivement dans les cas suivants :

- quand les prestations sont exécutées dans le cadre des dispositions de l’article 7 du présent décret ;

-quand les prestations doivent être exécutées d’urgence, et ne peuvent s’accommoder des délais des
procédures de passation des marchés publics, à condition que les circonstances à l’origine de cette
urgence n’aient pu être prévues par le service contractant et n’aient pas été le résultat de manœuvres
dilatoires de sa part. Dans ce cas, le recours à ce mode de passation exceptionnel doit être approuvé,
au préalable, en réunion du Gouvernement ;

-quand les prestations ne peuvent être exécutées que par un partenaire cocontractant unique qui
détient soit une situation monopolistique, soit à titre exclusif, le procédé technologique retenu par le
service contractant, soit pour des considérations culturelles et/ou artistiques. Un arrêté conjoint du
ministre chargé de la culture et du ministre chargé des finances précisera les prestations qui relèvent
des considérations culturelles et/ou artistiques ;

-dans les cas d’urgence impérieuse motivée par un danger imminent que court un bien ou un
investissement déjà matérialisé sur le terrain et qui ne peut s’accommoder des délais des procédures
de passation des marchés publics, à condition que les circonstances à l’origine de cette urgence
n’aient pu être prévues par le service contractant et n’aient pas été le résultat de manœuvres
dilatoires de sa part ;

-dans le cas d’un approvisionnement urgent destiné à sauvegarder le fonctionnement de l’économie


ou les besoins essentiels de la population, à condition que les circonstances à l’origine de cette
urgence n’aient pu être prévues par le service contractant et n’aient pas été le résultat de manœuvres
dilatoires de sa part ;

- quand il s’agit d’un projet prioritaire et d’importance nationale. Dans ce cas, le recours à ce mode de
passation exceptionnel doit être soumis à l’accord préalable du Conseil des ministres, si le montant du

15
MASTER MANAGEMENT DE PROJETS PROGRAMMATION Dr SASSI BOUDEMAGH Souad

marché est égal ou supérieur à dix milliards de dinars (10.000.000.000 DA),et à l’accord préalable pris
en réunion du Gouvernement,si le montant du marché est inférieur au montant précité ;

-quand un texte législatif ou règlementaire attribue à un établissement public un droit exclusif pour
exercer une mission de service public. La liste des établissements concernés sera fixée par un arrêté
conjoint du ministre chargé des finances et du ministre concerné ;

-quand il s’agit de promouvoir l’outil national public de production. Dans ce cas, le recours à ce mode
de passation exceptionnel doit être soumis à l’accord préalable du Conseil des ministres, si le montant
du marché est égal ou supérieur à dix milliards de dinars (10.000.000.000 DA), et à l’accord préalable
pris en réunion du Gouvernement, si le montant du marché est inférieur au montant précité.

FORMULE DE GRÉ À GRÉ SIMPLE

Dispositions du code des Dispositions du code des Dispositions du code des marchés
marchés publics 2007 marchés publics 2010 publics 2012

En cas de situation Maintenu tel quel Maintenu tel quel


monopolistique ou détention
licence de procédé

Dans le cas d’urgence impérieuse A condition que les circonstances Maintenu tel quel
motivée par un danger sur un à l’origine de cette urgence
investissement ou un bien n’aient pu être prévus par le
service contractant et n’aient pas
été le résultat de manœuvres
dilatoires de sa part

Approvisionnement urgent A condition que les circonstances Maintenu tel quel


destiné à sauvegarder le à l’origine de cette urgence
fonctionnement de l’économie n’aient pu être prévus par le
ou les besoins essentiels de la service contractant et n’aient pas
population été le résultat de manœuvres
dilatoires de sa part

Dispositions du code des Dispositions du code des Dispositions du code des marchés
marchés publics 2007 marchés publics 2010 publics 2012

16
MASTER MANAGEMENT DE PROJETS PROGRAMMATION Dr SASSI BOUDEMAGH Souad

Quand il s’agit d’un projet Le recours à ce mode doit être Le recours à ce mode doit être
prioritaire et d’importance soumis à l’accord préalable du soumis à l’accord préalable du
nationale conseil des ministres conseil des ministres.

Sachant que le montant du


marché est supérieur ou égal à 10
milliards de dinars algériens avec
un accord préalable pris en
réunion du gouvernement.

Promouvoir l’outil national public Le recours à ce mode doit être Le recours à ce mode doit être
de production soumis à l’accord préalable du soumis à l’accord préalable du
conseil des ministres conseil des ministres.

Sachant que le montant du


marché est supérieur ou égal à 10
milliards de dinars algériens avec
un accord préalable pris en
réunion du gouvernement

FORMULE DE GRÉ À GRÉ Après consultation

Dispositions du code des Dispositions du code des Dispositions du code des


marchés publics 2007 marchés publics 2010 marchés publics 2012

Cas non définis et non limités, 1/ Quand l’appel d’offre à la Maintenu tel quel
laissés à l’appréciation du concurrence s’avère
service contractant (maître infructueux.
de l’ouvrage) qui doit justifier
2/ Marchés d’études, de
le choix de la procédure.
fournitures et de services
spécifiques dont la liste est
fixée par arrêté conjoint
Finances- Ministère concerné.

SOURCE : Code des marchés publics 2007, 2010 et 2012 ;

Art. 44. Le service contractant a recours au gré à gré après consultation dans les cas suivants :

- quand l’appel à la concurrence s’avère infructueux : lorsqu’il est réceptionné une seule offre ou
lorsqu’aucune offre n’est réceptionnée ou si, après évaluation des offres reçues, aucune offre ou
seulement une offre est préqualifiée techniquement. Dans ce cas, le service contractant peut soit
relancer l’appel d’offres, soit recourir au gré à gré après consultation.

17
MASTER MANAGEMENT DE PROJETS PROGRAMMATION Dr SASSI BOUDEMAGH Souad

L’annulation de toute procédure de passation de marchés publics ou lorsque les montants des offres
sont excessifs ne constituent pas des cas d’infructuosité. Le service contractant est tenu, dans ces
cas, de relancer la procédure d’appel d’offres. Le service contractant est tenu d’utiliser le même cahier
des charges de l’appel d’offres, à l’exception :
. de la caution de soumission ;
. du mode de passation ;
. de l’obligation de publier l’avis d’appel à la concurrence.
La lettre de consultation doit mentionner les modifications suscitées.

En plus des (3) trois opérateurs économiques qualifiés au moins, le service contractant doit consulter
tous les soumissionnaires qui ont répondu à l’appel d’offres, sauf exception dûment motivée. Dans ce
cas, un groupement d’entreprises ne peut être constitué que d’entreprises consultées

-pour les marchés d’études, de fournitures et de services spécifiques dont la nature ne nécessite pas
le recours à un appel d’offres ;

- pour les marchés de travaux relevant directement des institutions nationales de souveraineté de
l’Etat .La liste des études, fournitures, services spécifiques et travaux cités aux 2ème et 3ème tirets du
présent article est fixée par arrêté conjoint de l’autorité de l’institution nationale de souveraineté ou du
responsable de l’institution nationale autonome ou du ministre concerné, selon le cas, et du ministre
chargé des finances ;

.-pour les marchés d’études, de fournitures ou de services déjà attribués qui font l’objet d.une
résiliation, et dont la nature ne s’accommode pas avec les délais d’un nouvel appel d’offres ;

-pour les opérations réalisées dans le cadre de la stratégie de coopération du Gouvernement, ou


d’accords bilatéraux de financement concessionnels, de conversion de dettes en projets de
développement ou de dons, lorsque lesdits accords de financement le prévoient. Dans ce cas,
le service contractant peut limiter la consultation aux seules entreprises du pays concerné pour le
premier cas ou du pays bailleur de fonds pour les autres cas.

*Le recours par le service contractant au gré à gré après consultation, dans les cas prévus aux 2ème,
3ème, 4ème et 5ème tirets du présent article, doit se faire sur la base d.un cahier des charges
soumis, préalablement au lancement de la consultation, au visa de la commission des marchés
compétente.
Si aucune offre ou seulement une offre est réceptionnée ou si, après évaluation des offres reçues,
aucune offre ou seulement une offre est préqualifiée techniquement, la procédure de gré à gré après
consultation est déclarée infructueuse.
Si après avoir relancé la procédure d’appel d’offres ou de gré à gré après consultation, il n.est
réceptionné ou préqualifié techniquement qu.une seule offre, le service contractant peut, dans ce cas,
continuer la procédure d’évaluation de l’offre unique.

Il est tout aussi important de mentionner le soin accordé par cette réglementation au
contrôle interne et externe quant aux opérations pré contractuelles et au choix et qualification
du partenaire cocontractant. Ainsi le contrôle interne s’effectue à travers deux commissions
instituées auprès de chaque service contractant, il s’agit de la commission d’ouverture des plis
(C.O.P) et de la commission d’évaluation des offres (C.E.O). Pour assurer un maximum
d’efficacité au contrôle exercé par ces deux commissions internes, le nouveau texte dispose
que la qualité des membres de l’une est incompatible avec la qualité des membres de l’autre.

18
MASTER MANAGEMENT DE PROJETS PROGRAMMATION Dr SASSI BOUDEMAGH Souad

Le cumul de membre de deux commissions est interdit. La nouvelle démarche d’évaluation


des offres se déroule, en fait, en trois étapes :
- Une évaluation juridique qui permet d’éliminer les offres non- conformes à l’objet du
marché et au contenu du cahier des charges.
- Une évaluation des offres techniques qui permet un classement technique des offres et
éventuellement l’élimination de celles qui n’ont pas atteint la note minimum prévu
par le cahier des charges.
- Ouvertures des offres financières des soumissionnaires pré qualifiés pour retenir
conformément au cahier des charges l’offre économiquement la plus avantageuse.
Nous parlons bien sur de prestations techniquement complexes. Parce que c’est la moins
disante pour les prestations courantes par euphémisme elle est dite la mieux disante.
Il est bien beau que l’ouverture des offres financières des soumissionnaires vienne après
l’évaluation des offres techniques et la première sélection, cela laisse paraître que le coté
conceptuel l’emporte dans les jugements. Malheureusement dans les concours c’est l’offre
financière qui inverse, souvent, complètement les classements et décide du projet lauréat ; Le
problème est que ce déroulement des faits n’est pas complètement innocent.
Dans le cadre de recherches doctorales11, notre enquête nous a révélé que les concurrents
qui l’emportent dans la phase de l’offre financière ont eu mot du montant à respecter. Pourvu
qu’ils traversent la première sélection avec le minimum de points requis et ils auront la
possibilité de pouvoir passer à l’offre financière.
Seulement, le comble de l’aberration, c’est que en réalité et dans la plupart du temps,
ce paramètre financier fini par ne jamais être respecté ; le témoignage suivant est très
éclairant quant à ce point précis : « …dans certains secteurs, pour palier au problème de l’urgence, le
respect de certains délais, on fait passer des travaux sans faire passer un avenant sans rien du tout parce qu’on
peut pas attendre, on passe à l’action ensuite on régularise, et il nous arrive de régulariser des situations avec
des pertes d’argent et de temps, tout ce qu’on pensait gagner…et on perds énormément en qualité… on accepte
des travaux supplémentaires qui n’étaient pas prévus sans même pas discuter les prix. Et on s’aperçoit après
que le marché lui-même est dépassé…le dossier financier est chamboulé en totalité. On arrive avec une structure
qui est fonctionnelle peut être la première année mais après…je vous donne un exemple, on a des structure qui
sont achevées, fonctionnelles, qui sont toujours inscrites en réalisation et on intervient avec des réévaluations

11
SASSI BOUDEMAGH Souad, Evolution de la profession d’architecte…pour une légitimation de l’expertise,
Thèse de doctorat d’Etat, Département d’architecture de Constantine, 2006.

19
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pour des travaux de réfections et de réparation à l’intérieur du projet qui n’est même pas clôturé on entame déjà
la réhabilitation dans un projet qui est en cours de réalisation» B.S (responsable DPAT).12
Ce qui est encore très important à signaler de ce qui est précisé par la réglementation
c’est que la commission d’analyse des offres peut proposer, au service contractant, le rejet de
l’offre retenue, si elle établit que l’attribution du projet entraînerait une domination du
marché par le partenaire retenu ou fausserait, de toute manière, la concurrence dans le secteur
concerné; A condition que le droit de rejeter une offre de cette nature soit indiqué dans le
cahier des charges de l’appel d’offres (Article 111 du décret présidentiel 02-250).
Malheureusement la même réglementation précise que la C.E.O n’est pas un organe
délibérant et que le pouvoir décisionnel en matière de choix appartient au service contractant
représenté par la personne responsable du marché (le maître d’ouvrage) bien que la
commission des marchés compétente pour le contrôle externe peut remettre en cause le choix
du cocontractant.
Mais l’avis de la commission des marchés demeure intimement dépendant et
uniquement éclairé par les conclusions de la commission d’évaluation des offres qui elle-
même est instituée par le service contractant et de surcroît est tenue de se conformer, dans ses
jugements, au cahier des charges conçu et rédigé par le même service contractant. Cela tombe
sous le sens que le dit cahier des charges ne mentionne que ce qui favorise les désirs du
contractant : le maître d’ouvrage, qui ne laissera, évidemment, aucune marge à la C.E.O
d’aller contre ces ‘projets’ !
Art. 126 . Les dossiers qui relèvent des attributions des commissions des marchés sont soumis
au contrôle a postériori, conformément aux dispositions législatives et règlementaires en
vigueur ».

Pour être plus précis, il existe deux types de concours en Algérie : les concours de maîtrise
d’œuvre (études et suivi) lancés par voie de presse par les maîtres d’ouvrage, administration
et pouvoirs publics ; et le prix national d’architecture et d’urbanisme qui émane du Ministère
de l’Habitat. Du fait d’être produit d’un circuit national et centralisée la sanction en est
distinctive et prestigieuse pour les lauréats, constituant une opportunité de se faire un nom et
de redorer leur carrière, d’étoffer leur capital social et leurs réseaux relationnels, ce dernier est
fondamentalement un moyen d’attiser les ambitions et les volontés des architectes pour faire
valoir leur qualité professionnelles et architecturales.

12
IDEM.

20
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III. LA PROGRAMATION ARCHITECTURALE

La programmation fait partie intégrante de la commande architecturale et urbaine.


C’est la puissance publique qui maitrise les programmes comme elle maitrise les sols et leur
gestion. En effet, la commande, qui va formaliser la demande s’appelle le programme. Elle
définit les besoins, la fonction du bâtiment, son contexte économique, sa valeur culturelle, le
terrain ou elle se situe, ou le bâti à restructurer. Le programme porte en lui de façon implicite
les désirs que le projet va transcender dans sa réalisation.

L’architecte a investi les fonctions de programmation architecturale en parallèle avec


celle d’assistance à maîtrise d’ouvrage. Il le fait de manière naturelle comme continuité
logique de sa mission et surtout pour assurer un maximum de cohérence dans son travail.

LE PROGRAMME

« Le programme n'a pas la brillance intellectuelle et le statut culturel du projet. Celui-ci est exposé
sans le programme et s'accommode de le résumer par son seul intitulé …Toutes les attentions sont réservées au
projet... La noblesse de la pensée est placée dans l’acte de conception,... Il y a des raisons à cette situation.
Dans leur majorité, les programmes de concours sont essentiellement et naturellement soucieux de définir
quantitativement les valeurs d’usages espérées du bâti. Le document qui en résulte est austère, nécessaire et
sans ambitions culturelles. La maitrise d’ouvrage est réduite aux acquêts techniques, comme si la revendication
des valeurs symboliques, attendues de l’œuvre construite était une limitation de la liberté de création de
l’architecte. Cette manière d’attribuer la responsabilité des valeurs au projet, au détriment du programme, a
des conséquences sur le traitement des sols et la vision de l’espace public.

La stabilité, la réinterprétation ou l’invention des programmes sont des facteurs déterminants de la


morphogenèse urbaine. Les valeurs symboliques, l’expression sociale, l’avenir de la ville doivent être défini
par la maitrise d’ouvrage et le programme doit en être la représentation. Qu’ils en soient absents est le signe
que le mode de production de la ville est un non-sens qui se réfugie dans chaque œuvre. »13

1. Enjeux de la programmation architecturale

Toute opération architecturale suppose des choix à faire. Ces choix exprimés dans le
programme ou cahier des charges, qui est donné à l’architecte ou maître d’œuvre et sur
la base duquel celui-ci élabore le projet. « La rédaction du programme est à ce titre une activité

13
La ville est notre seul avenir. (BERGER Patrick, NOUHAUD Jean-Pierre, FORMES CACHEES DE LA
VILLE, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, Paris, 2004, PP212/213).

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politique : Elle consiste à choisir à arbitrer entre des objectifs concurrents, d’une façon qui n’est jamais neutre
14
par rapport à la définition des objectifs de l’administration. » .
L’étude du programme et de son évolution est révélatrice de la politique de l’administration ;
Ils permettent, en fait, de mettre en évidence la répartition du pouvoir entre services dans la
définition de ses préférences et de ses objectifs.
Les travaux de sociologie de la décision montrent que le schéma : prescription –réponse n’est
pas neutre, et que l’énonciation des problèmes et la recherche de leurs solutions peuvent
rarement être clairement séparés.
Le projet doit répondre à des exigences souvent contradictoires. Le travail du concepteur
consiste à proposer un choix et une hiérarchisation des besoins, en tenant compte du plus
grand nombre de paramètres.

2. la programmation en Algérie

En Algérie, l’article 17 de l’arrêté interministériel du 15 Mai 1988, portant modalités


d’exercice et de rémunération de la maîtrise d’œuvre en bâtiments pour le compte des
administrations publiques et des établissements publics à caractère administratifs , stipule que
c’est au maître d’ouvrage d’élaborer le programme de toute opération :
Article 17 : Le maître d’ouvrage élabore le programme de l’opération sur la base duquel sont
lancées les (ou la) consultations de maîtrise d’œuvre. Le programme établi à partir d’une ou
plusieurs études de définitions, indique les besoins, les objectifs et les conditions auxquelles
doit satisfaire l’ouvrage .Il doit en outre fixer les caractéristiques fonctionnelles et techniques
correspondantes.
Le programme comporte les quatre (04) parties suivantes :
1 - Les données physiques essentielles :
-Plan de situation et plan topographique,
-Etudes préliminaires du sol,
-Les voies et réseaux existants,
-Relevé d’ordre climatique et sismique éventuellement.
2 - Les besoins à satisfaire, concernant notamment les surfaces, volumes, relations,
nécessaires à la couverture des exigences fonctionnelles, ainsi que les objectifs en matière de
coût, de délais et de qualité des ouvrages.

14
CHAMPY. Florent, op.cit., p147.

22
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3 - Les contraintes qui résultent des diverses réglementations d’ordre technique, urbanistique
ou autre, qui s’imposent au maître d’œuvre, ainsi que les prescriptions techniques et
fonctionnelles, lorsqu’elles affectent les coûts des ouvrages, lorsqu’ils sont normalise.
4 - Les exigences d’ordre technique et architectural.

Le texte de l’article utilise l’expression ‘programme de l’opération’ pour préciser que


chaque opération exige d’avoir son programme spécifique relatif à ses spécificités, ainsi qu’à
sa localisation, son fonctionnement, son financement et les délais qui lui sont fixés. Dans le
même esprit, l’article 9 du titre I du décret présidentiel N°02-250 du 24 Juillet 2002, qui
institue le cahier des charges, précise que ce dernier en plus de contenir les cahiers des clauses
administratives générales (CCAG) et du cahier des prescriptions communes doit comprendre
le cahier des prescriptions spéciales qui fixent les clauses propres à chaque marché.
Pour revenir aux études de définition ; ces études sont menées par le service contractant,
le maître de l’ouvrage tel que défini par la réglementation. Elles ont pour objectif de cerner
les besoins à satisfaire, le choix de terrain, la faisabilité dans le temps et l’espace de
l’opération, l’opportunité de l’opération, l’impact du projet sur l’environnement, l’inscription
de l’opération.
Sur le plan ‘ technico- juridique ‘le processus d’élaboration du programme architectural a tout
l’air d’être clair et précis, complet même. Précisons surtout le détail d’importance majeure
qui est qu’en termes de formulation de besoins, d’objectifs, des conditions auxquelles doit
satisfaire l’ouvrage ainsi que des caractéristiques fonctionnelles et techniques
correspondantes, le maître d’ouvrage s’en remet à l’utilisateur lui-même. D’ailleurs en
pratique, c’est la seule référence, le maître d’ouvrage suit à la lettre sa formulation et l’en tient
pour responsable.
Le programme de l’opération se traduit au cahier des charges en termes administratifs.
Cependant ce cahier des charges est bien loin de contenir le programme de l’opération tel que
défini par l’article 17. Il se restreint en définitive au POS15 comme référence fondamentale et
unique et comme seule contrainte pour le concepteur. Un POS qui a été élaboré par des
architectes non spécialisés pour ce genre de travail de conception (nous en avons eu
la confirmation au cours de l’entretien que nous avons eu avec K.N architecte membre
permanent des commissions PDAU et POS), et qui de ce fait est plus un écueil ou une entrave
à la bonne formulation de la commande, qu’un outil d’aide à la conception.

15 15
POS : Pla n d’occupation des sols dont les procédures d’élaboration et d’approbation sont fixées par le
décret exécutif n°91-178 du 28 Mai 1991.

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MASTER MANAGEMENT DE PROJETS PROGRAMMATION Dr SASSI BOUDEMAGH Souad

Quand le maître d’ouvrage lance un concours pour l’étude et suivi d’un projet il se base
uniquement sur un programme très sommaire, mal défini avec comme unique référence pour
lui l’enveloppe allouée au projet. Ce maître d’ouvrage n’arrête pas un cahier de charges
détaillé comme il se doit d’être (exigences techniques, types de matériaux, spécificités
techniques et architecturales ou de mise en œuvre) pour pouvoir s’y référer lors des
évaluations des offres et la comparaison des prix proposés par les concurrents. La référence
au moins disant reste un non sens parce qu’elle n’est pas justifiées par des jalons conceptuels
imposés à tout le monde. En plus, avec l’accumulation de points d’ambiguïté tel que celui de
non précision de la catégorie de complexité en vue de la rémunération de maîtrise d’œuvre,
définie par la classification des ouvrages du bâtiment, conformément a l’Arrêté
interministériel du 15 Mai 88 portant modalité d’exercice de la main d’œuvre en bâtiment.
L’offre financière est de ce fait essentiellement tributaire d’un coût d’objectif fictif pour tous
les intervenants16.
Récapitulons donc ; pour les quatre points constitutifs du programme, le premier point
concernant les données physiques essentielles est établi par les études préliminaires menées
par l’organisme responsable en l’occurrence la direction de l’urbanisme. Et c’est le cas aussi
pour le troisième point. Restent le deuxième et le quatrième point qui relèvent de la
responsabilité de l’utilisateur. Quant au maître d’ouvrage, il se charge essentiellement de la
gestion technico- administrative du projet, donc du volet réglementaire, juridique et financier.
C’est surtout le pan financier qui l’emporte dans cette gestion, pour la fameuse procédure
d’inscription de l’opération dans le programme de l’Etat.
En effet, le souci majeur du maître d’ouvrage public demeure, tout au long de l’élaboration
de ces études, cette inscription qui signifie décrocher les crédits pour le financement de
l’opération, ces derniers étant tributaires du montage d’un dossier comportant les études
préalables.
L’inscription de l’opération : Elle est essentiellement régie par la réglementation17 qui stipule
que toute individualisation des projets est subordonnée à la maturation suffisante. Quant au
financement budgétaire, il découle d’une autorisation de programme (AP) et s’exécute à
travers les crédits de paiement (CP).

16
« …j’ai participé a un concours lancé pour l’étude et suivi d’une salle de sport. Sur 13 bureau d’études je me suis retrouvée la plus
disante. Il s’agissait d’un projet à grande portée pour lequel il fallait faire un choix entre la charpente métallique et le Béton précontraint.
J’ai opté pour le Béton précontraint parce qu’il revenait moins cher, en appliquant le taux minimal avec en plus une réduction de 2% j’étais
la seule à avoir proposé l’étude et le suivi à 3 millions de dinars, tous les autre étaient à 1,…millions de dinars… » M.S.

17
Décret exécutif n°93/57 du 27Fevrier 1993 relatif aux dépenses d’équipements de l’Etat, modifié et complété.

24
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L’administration qui est le maître d’ouvrage selon l’article 1 de l’arrêté interministériel du


15 Mai 1988, adresse un dossier pour inscription qui comporte les pièces suivantes :
- Un exposé des motifs,
- Une fiche technique (consistance physique, coût, l’échéancier de réalisation et de paiement),
- L’étude de faisabilité et des études d’impact,
- La stratégie de réalisation conformément au plan national,
- La coordination intersectorielle nécessaire,
- Un rapport d’évaluation comparant les différentes variantes,
- Les résultats de l’appel d’offre pour les opérations de construction,
- Une évaluation du coût en devise et de son mode de financement.

En conclusion, nous pouvons dire qu’il n’y a peut être pas lieu de parler de vice de forme,
mais plutôt de vice de pratique. Parce que sur un plan formel, les études préalables encadrées
par la réglementation ont pour objectif l’assurance de l’existence du besoin à satisfaire, la
définition de ce dernier, la proposition de solutions, leur évaluation et le choix de celles plus
adéquates pour la satisfaction de ce besoin. En évaluant le résultat de la phase programmation,
une simple fiche technique type de composantes spatiales avec des surfaces approximatives si
ce n’est aléatoires (parce que puisées ça et là dans de vieux projets réalisés et jamais évalués
après utilisation) fait figure de programme. Ce qui dénote de la négligence de cette phase par
ignorance de son importance dans le processus de conception, et de l’impact de sa non
maîtrise sur le résultat final. Mais c’est surtout le reflet d’un manque de professionnalisme de
la maîtrise d’ouvrage.
Nous avons eu l’occasion, lors de notre recherche participante, d’être déléguée pour
représenter le rectorat aux réunions de travail de la commission chargée de l’instruction et
l’examen des offres relatives au concours national lancé par la direction du logement et des
équipements publics, et ce pour l’étude des projets 4000 places pédagogiques Nouvelle ville
Ali MENDJELLI et la cité 2000 lits Nouvelle ville Ali MENDJELLI. Ce qui nous a permis de
constater que sans programme détaillé et explicite quant aux exigences fonctionnelles,
spatiales et architecturales, maître d’œuvre et maître de l’ouvrage se trouvent sans références
précises à suivre, sans orientations fondatrices et surtout sans règles à respecter pour la bonne
conduite de l’opération d’évaluation des offres, et c’est ce qui génère les mauvaises surprises.
Des avis d’appels d’offres nationaux sont lancés en vue de l’attribution de missions d’études
et de suivi de projets presque non définis ; parce que quand on dit 4000 places pédagogiques,

25
MASTER MANAGEMENT DE PROJETS PROGRAMMATION Dr SASSI BOUDEMAGH Souad

par exemple, sans préciser pour quel type de faculté, l’objectif reste indéterminé. Qu’en
serait-il du reste ?
La qualité de la réponse architecturale du maître d’œuvre aux attentes du maître d’ouvrage
se trouve, en fait, confrontée à des choix et dépend de la capacité de ce dernier à mener des
études préalables et à préciser ses choix. Cependant, l’article16 du deuxième chapitre portant
sur le contrat de la maîtrise d’œuvre cité dans l’arrête du 15 Mai1988, mentionne que les
critères d’évaluation à retenir peuvent être en particulier la conformité au programme, le coût,
la qualité, les détails l’esthétique et la faisabilité des études. Conformément à cela, dans
l’article 9 qui fixe les critères de sélection, le critère du respect du programme bénéficie de 15
points sur quatre-vingt et vient en seconde position après le point concernant la faisabilité et
fonctionnement du projet avec ses composantes techniques ; ce point qui de surcroît est très
mal défini.
Dans ces conditions de pratique non fondée sur des études précises de définition de
programme au préalable de la part du maître d’ouvrage, même la procédure de concours n’est
plus une procédure en faveur de la promotion de la qualité architecturale étant donné que
les concurrents doivent se conformer à un programme qui n’en est pas un et qu’une fois le
projet lauréat est choisi, la machine est mise en marche pour la réalisation du projet presque
tel qu’il à été présenté.
Actuellement, le maître d’ouvrage opère souvent par une gestion ponctuelle et formelle
sans jamais avoir une vue d’ensemble du projet lors de la programmation. L’esprit de la
réglementation n’est pas respecté et la pratique se limite à une conformité formelle, et le seul
à être pénalisé en fin de compte c’est le maître d’œuvre et l’utilisateur.

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IV. LES PROCEDURES D’INSCRIPTION

Les équipements publics sont constitués par les investissements d'infrastructures


économiques, sociales, éducatives, culturelles et administratives non rentables ou qui ne sont
pas directement productives tels que les routes, les hôpitaux, les logements, les lycées, les
bibliothèques, les bâtiments administratifs, etc.
Pour prétendre à de tels investissements, il convient de solliciter l'inscription de projets et leur
financement selon une procédure appropriée dont les règles sont fixées par le décret n°98/227
du 13 /7/1998 relatifs aux dépenses d'équipement de l'État.
Ce décret élaboré dans le cadre de la mise en œuvre du budget général de l'Etat a pour objet de
déterminer les procédures d'inscription, de financement et de suivi afférentes aux dépenses
d'équipement public de l'Etat .réalisées par les ministères, les institutions dotées de l'autonomie
financière, les administrations spécialisées de l'Etat, les postes et télécommunications au titre
du budget annexe, les établissements publics à caractère administratif et les collectivités
locales.
Les procédures d'inscription des opérations d'équipements publics diffèrent selon qu'il
s'agit d'équipements publics centralisés, dits programmes sectoriels centralisés, d'équipements
publics déconcentrés constitués par les programmes sectoriels déconcentrés et des plans
communaux de développement.

1. LES PROGRAMMES SECTORIELS CENTRALISES (P.S.C)

Les équipements publics centralisés dits programmes sectoriels centralisés (P.S.C.)


concernent les équipements des administrations centrales, des établissements publics à
caractère administratif, des institutions dotées de l'autonomie financière et des
Administrations spécialisées.
L'inscription des opérations d'équipements publics centralisés est subordonnée à
l'accomplissement de deux tâches fondamentales : la première a pour objet la maturation du
projet à réaliser ; la deuxième se traduit, une fois achevée ladite maturation, par la constitution
d'un dossier technique d'inscription dudit projet.

a. La maturation du projet

La maturation constitue le processus conduisant au lancement du projet. Ce processus

27
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prend en compte les phases d'idées du projet (délimitation des contours du problème et
définition des études préalables), d'esquisse du projet (conception générale, choix technique et
évaluation des moyens à mettre en œuvre) et d'étude de faisabilité.
Dans ce cadre, en vertu de l'article 6 du décret n°98/227 du 13/7/1998 relatif aux
dépenses d'équipement de l'Etat, ne devront être proposés pour l'inscription au titre du budget
d'équipement de l'Etat, que les projets ayant atteint une maturation suffisante permettant d'en
déduire la possibilité de connaître un début de réalisation dans l'année.

A ce titre, devront être notamment connus et disponibles :

• l'étude de faisabilité ;
• le mode prévisible de réalisation ;
• les éléments justifiant l'opportunité économique et sociale et la priorité qui leur est
accordée ;
• une évaluation de l'impact sur le budget de fonctionnement de l'Etat pour les exercices
ultérieurs ;
• une évaluation du coût en devise directe et une indication sur son mode de
financement.

b. Le dossier technique d'inscription du projet

La maturation du projet d'équipement étant achevée, le dossier technique du projet à


réaliser doit comporter les éléments suivants :

• un exposé des motifs ;


• une fiche technique comprenant notamment la consistance physique, les
coûts dinars1devises, l'échéancier de réalisation et celui des paiements
• l'étude de faisabilité et les études d'impact ;
• la stratégie de réalisation et le choix retenu dans le respect des objectifs de
développement ;
• la coordination intersectorielle nécessaire
• un rapport d'évaluation, faisant ressortir, le cas échéant, la comparaison des
différentes variantes ;
• une évaluation du coût en devises et de son mode de financement
• les résultats de l'appel d'offres.

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N .B : Le montant de l'autorisation de programme à prévoir pour l'opération sera fixé


au vu des résultats de l'appel d'offres, ce qui signifie que cette opération sera inscrite non
pas au coût prévisionnel, mais au coût réel. Grâce au système du coût réel, on arrive à établir
une estimation exacte du montant de l'opération.

2. LES PROGRAMMES SEC TORIELS DECONCENTRES (P. S. D.)

Les équipements publics déconcentrés de l'Etat dits programmes sectoriels déconcentrés


(P.S.D.) concernant les programmes d'équipements inscrits à l'indicatif du wali dont
l'autorisation de programme par sous secteur de la nomenclature est notifiée par décision-
programme du ministre chargé des finances, conformément au programme annuel
d'équipement retenu par le Gouvernement.
Ne doivent être individualisés par le wali, au titre des programmes sectoriels
déconcentrés, que les projets ayant atteint une maturation suffisante permettant de
connaître un début de réalisation en cours d'année.

Pour cela, devront être connus et disponibles :

• le terrain d'assiette de la construction ;


• les études et les éléments justifiant l'opportunité du projet
• l'évaluation du projet selon les résultats des études
• l'échéancier de réalisation et de paiement ;
• les résultats de l'appel d'offres ou des consultations de l'opération concernée,
conformément à la réglementation des marchés publics.

N .B : Le montant de l'autorisation de programme à prévoir pour l'opération sera fixé au


vu des résultats de l'appel d'offres ou des consultations, ce qui signifie que cette
opération sera inscrite non pas au coût prévisionnel, mais au coût réel. Grâce au système
du coût réel, on arrive à établir une estimation exacte du coût de l'opération.

3. LES PLANS COMMUNAUX DE DÉVELOPPEMENT (PC.D.)

Le programme d'équipements publics relevant des plans communaux de développement


(P.C.D.) s'articule autour des actions prioritaires du développement. Il est établi par les
services compétents de la wilaya après avis des services techniques locaux concernés,

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et réparti conformément à la loi par chapitre et par commune au sein de la wilaya, en


privilégiant les communes les plus défavorisées, notamment dans les zones à promouvoir.
Les opérations d'équipements des plans communaux de développement font l'objet
d'une notification par le wali à l'Assemblée populaire communale pour mise en œuvre.

V. LES PROCÉDURES DE FINANCEMENT

Le financement d’un projet représente l'ensemble des moyens financiers mis à la


disposition des ordonnateurs et nécessaires à la couverture de l'opération inscrite.

' Les dépenses destinées aux opérations d'équipements publics s'inscrivent sous forme
d'autorisation de programme et s'exécutent à travers les crédits de paiement répartis
par secteur et fixés par la loi de finances.

1. LES AUTORISATIONS DE PROGRAMME (A. P.)

D'après l'article 6 de la loi n°90/21 du 15/8/1990 relative à la comptabilité publique, les


autorisations de programmes constituent la limite supérieure des dépenses que les ordonnateurs
sont autorisés à engager pour l'exécution des investissements planifiés. Par dérogation à la règle
de l'annualité budgétaire, elles demeurent valables sans limitation de durée jusqu'à ce qu'il soit
procédé à leur annulation.

C'est une autorisation donnée à l'ordonnateur d'engager, au fur et à mesure des besoins et dès
le départ s'il l'estime nécessaire, la totalité du coût d'une opération donnée même si cette
opération doit être réalisée en plusieurs années.
L'autorisation de programme n'est qu'un crédit d'engagement. Pour que la dépense puisse
être payée, il faut que l'ordonnateur dispose d'un crédit d'une nature différente, corollaire
obligatoire de l'autorisation de programme, et qu'on appelle crédits de paiement.

2. LES CREDITS DE PAIEMENT (C.P.)

D'après l'article 6 de la loi n°90/21 du 15/8/1990 relative à la comptabilité publique, les


crédits de paiement représentent les dotations annuelles susceptibles d'être ordonnancées,
mandatées ou payées pour la couverture des engagements contractés dans le cadre des
autorisations de programme correspondantes.
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3. LA MISE EN PLACE DES AUTORISATIONS DE PROGRAMME ET DES


CRÉDITS DE PAIEMENT

La procédure de mise en place des autorisations de programme et des crédits de paiement


diffère selon qu'il s'agit d'équipements publics centralisés dits programmes sectoriels
centralisés (P.S.C.), d'équipements publics déconcentrés dits programmes sectoriels
déconcentrés (P.S.D.) ou des programmes d'équipements publics relevant des plans
communaux de développement (P.C.D.).

A. LES PROGRAMMES SECTORIELS CENTRALISES

Le financement des équipements publics centralisés donne lieu à la mise en place


d’autorisations de programmes et de crédits de paiements dans les conditions suivantes :

a. Les autorisations de programme

Conformément au programme annuel d'équipement retenu par le Gouvernement, les


programmes sectoriels centralisés sont notifiés annuellement par les services du
ministère chargé des finances aux ministres compétents, aux responsables des institutions
dotées de l'autonomie financière et Administrations spécialisées, par une décision indiquant
l'autorisation de programme répartie par sous secteur de la nomenclature couvrant le
programme neuf de l'année et les réajustements de coûts des programmes en cours de
réalisation. Cette décision de répartition fait ressortir en annexe les autorisations de pro-
me par projet, la consistance physique et/ou autres paramètres et indicateurs concernant
le programme neuf.
Dans la limite de la consistance physique annexée aux décisions-programmes, les
ministères procèdent à la notification des actions aux ordonnateurs placés sous leur tutelle.

b. Les crédits de paiement

Les crédits de paiement correspondants sont mis en place par voie de décision au
profit des ministres compétents, des responsables des institutions dotées de l'autonomie
financière et des Administrations spécialisées, selon les sous secteurs de classification
des investissements publics.
Dans la limite des crédits de paiement mis à leur disposition, le ministre compétent
procède par décision à la répartition des crédits de paiement qui lui sont notifiés, par
ordonnateur placé sous son autorité et par chapitre , quant aux responsables des institutions
dotées de l'autonomie financière et des Administrations spécialisées, ils procéderont,
par décision, à la répartition des crédits de paiement, qui leur sont notifiés, par chapitre.

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B. LES PROGRAMMES SECTORIELS DECONCENTRES

Le financement des équipements publics déconcentrés dits programmes


sectoriels déconcentrés est réalisé par la mise en place d'autorisations de programme,
d'une part, et de crédits de paiement, d'autre part.

a. les autorisations de programme

Les programmes sectoriels déconcentrés concernant les programmes


d'équipements inscrits à l'indicatif du wali dont l'autorisation de programme, par sous
secteur de la nomenclature, est notifiée par décision-programme du ministre chargé
des finances conformément au programme annuel d'équipement retenu par le
Gouvernement. Cette décision fait ressortir en annexe la consistance physique du
programme retenu et/ou autres paramètres et indicateurs. Cette autorisation de
programme notifiée recouvre le programme neuf de l'année et le réajustement des coûts
des programmes en cours de réalisation.
La mise en œuvre des Décisions-programmes s'effectue par voie de décision du
wali.

b. les crédits de paiement

Les crédits de paiement sont affectés par le ministre chargé des finances aux
walis par sous secteur.
Le wali procède, par décision, à la répartition des crédits de paiement qui lui sont
notifiés.

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C. LES PLANS COMMUNAUX DE DEVELOPPEMENT

Le financement des équipements publics relevant des plans communaux de


développement se matérialise par l'affectation d'autorisations de programme et de
crédits de paiement.
a. Les autorisations de programmes
Le programme des équipements publics relevant des plans communaux de développement
fait l'objet d'une autorisation de programme globale, par wilaya, notifiée par le ministre
chargé des finances après concertation avec le ministre chargé des collectivités territoriales.
Les opérations d'équipement de programmes communaux de développement font
l'objet d'une notification, par le wali à l'Assemblée populaire communale aux fins de mise
en œuvre.

b.les crédits de paiement

Les crédits de paiement destinés aux plans communaux de développement sont notifiés de
façon globale par voie de décision du ministre chargé des finances. Le wali, après
consultation des services compétents de la wilaya, assure la répartition de ces crédits
par chapitre et par commune, en tenant compte des orientations et priorités du plan de
développement.
Une fois établies les décisions d'inscription et de financement du projet de travaux, le
maître de l'ouvrage programmera, sur la base d'une autorisation de programme, les études
préalables à la réalisation de ces travaux.

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VI. PROGRAMMATION DES BATIMENTS PUBLICS

1/ QUALITE DES CONSTRUCTIONS PUBLIQUES ET PROGRAMMATION

1.1 LA QUALITE DES CONSTRUCTIONS PUBLIQUES

Un projet de construction publique est réussi si un ensemble de points est réalisé :

 Le service rendu correspond à l’attente du public ;


 L’investissement réalisé et les frais de fonctionnement qu’il engendre sont
compatibles avec les moyens financiers de la collectivité publique ;
 La réalisation finale est de qualité.
L’ensemble de ses points est conditionné par la réflexion des acteurs, avec en première ligne
la maitrise d’ouvrage, sur les éléments de qualité spécifiques aux bâtiments publics.18

a. Maitre d'ouvrage:

Le décret législatif n° 94-07 du 7 Dhou El Hidja 1414 correspondant au 18 Mai 1994 relatif
aux conditions de la production architecturale et à la profession d’architecte, définit le maitre
de l’ouvrage comme suit :

Art 7 – Est désigné au sens de présent décret législatif " maître de l’ouvrage" toute personne
physique ou morale qui prend la responsabilité pour elle-même de faire réaliser ou
transformer une construction sur, un terrain dont elle est propriétaire ou dont elle a acquis les
droits à construire, conformément à la réglementation et à la législation en vigueur.

Art 8 – Est désigné par le présent décret législatif " maître de l’ouvrage délégué " toute
personne physique ou morale mandatée par le maître de l’ouvrage pour faire réaliser ou
transformer une construction.

Comptable des deniers publics, acteur du service public, le maitre d’ouvrage répond de la
réussite d’un projet de construction publique devant ses administrés. Il a en quelque sorte
devant eux une « obligation de résultat ».

18
PROGRAMMATION DES CONSTRUCTION PUBLIQUES, Mission interministérielle pour la qualité des
constructions publiques, LE MONITEUR, Paris, 2001, p 19.

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b. Spécificités de la construction publique :

La construction publique regroupe les équipements publics, le logement social


collectif…etc. En fait, elle est définie comme étant un « outil » parmi d’autres utilisé pour
améliorer ou développer un service public.
Parce que la raison d’être d’un service public est d’offrir aux citoyens des services
communs ou des activités sociales, les espaces offerts par le bâtiment public influencent
fortement la façon dont peuvent être rendu ces services ou se dérouler ces activités, par
ailleurs, la pérennité de l’équipement dans le temps est très importante.
La construction publique à une double valeur pour les citoyens ; elle est à la fois un
symbole institutionnel dans le sens où elle permet une représentation de l’institution publique
qu’elle abrite, et un repère urbain marquant dans la ville. Le flux qu’il polarise et sa masse
souvent imposante comparativement aux ouvrages avoisinant lui confèrent un rôle phare et
structurant dans un tissu urbain.

c. Elément de qualité de la construction publique :

Des spécificités de la construction publique citées ci dessus découlent les éléments de


qualité suivants :
Offrir une image en adéquation avec l’identité du service public
La construction publique doit être facilement repérable pour ceux qui l’utilisent : qu’il
s’agisse d’une école, d’un tribunal, d’une mairie ou d’un parking, sa fonction de construction
publique doit être lisible.
La symbolique qui peut lui être affectée - de par son positionnement dans le site, son
architecture, le traitement de ses abords et de ses espaces intérieurs- doit être en adéquation
avec la réflexion de la collectivité publique/ maitre d’ouvrage sur l’identité propre du service
public abrité.
Maitriser l’urbanité
La construction publique doit s’insérer de manière réfléchie dans son contexte
physique et urbain tout en prenant position dans un contexte historique, culturel, sociologique
et économique. A cet effet, les éléments induits par sa présence, tels que flux de population,
création d’activité, signal, traitement des abords…etc., peuvent être utilisés pour améliorer la
qualité de la ville et la qualité de la vie.

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Adapter parfaitement à l’usage

La conception et le traitement des espaces intérieurs et extérieurs d’une construction


publique doivent être en parfaite cohérence avec les fonctions qui s’y exercent, les activités
qui s’y déroulent, les usages qui s’y développent.
L’équipement public doit être ouvert et accessible à tous usagers, petits ou grands, handicapés
ou valides.
Assurer un service durable
L’équipement public, doit avoir une « durée de vie » suffisamment longue pour
amortir les dépenses publiques engagées, doit aussi prendre en compte les évolutions de la
ville et des usages, cela afin qu’il ne soit pas très vite nécessaire de le restructurer.

d. Les réflexions préalables conditionnant la qualité finale

C’est au cours des étapes préliminaires de réflexion du maitre d’ouvrage sur


l’opération envisagée que se joue la majeure partie de la qualité du produit final . La réussite
de l’opération dépend de la capacité de ce maitre d’ouvrage à envisager globalement un
projet, dépassant la limite des problèmes techniques et du cadre bâti, et à disposer de toutes
les informations lui permettant de faire des choix judicieux. Des informations à recueillir
partant de questionnement fondamental :
Quel site choisir et comment le valoriser ?
Quel service offrir et pour qui ?
Quelle volonté sociale et urbaine dans le projet ?
Quel budget faut-il mobiliser pour améliorer le service ?

1.2 LA PROGRAMMATION AU SERVICE DE LA QUALITE

Pour créer les conditions d’un bon service à l’usager et d’une bonne architecture, le maitre
d’ouvrage doit concilier les problèmes d’organisation du travail avec les attentes de ses
concitoyens, les problèmes financiers avec les enjeux de société, les nécessités techniques
avec les enjeux urbains.
Une démarche de programmation cohérente, en deux étapes, peut l’aider à réduire la
complexité de ces problèmes :

36
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1° des études pré-opérationnelles axés sur la définition du projet de service public dans tous
ses aspects sociaux, économiques et urbains ;
2° des études opérationnelles attachées à la définition précise du bâtiment à réaliser.19

a. Maitriser le projet

Maitriser un projet de construction publique, c’est parvenir à faire en sorte que l’ensemble du
processus contribue à l’atteinte de la qualité finale escomptée.
- Complexité des enjeux
Un projet de construction publique fait intervenir de multiples acteurs, de multiples
partenaires, ayant chacun leur propre logique :
• Des élus ou des hauts fonctionnaires, pour qui le projet recèle des enjeux
politiques, des enjeux de société ;
• Des administrés et usagers du service public, dont les attentes et les besoins
sont disparates et souvent difficile à cerner ;
• Des riverains, pour qui la création ou la restructuration d’un ouvrage crée
diverses nuisances, soulèvent des oppositions ou des enthousiasmes ;
• Des membres du personnel qui exploite où va exploiter le service public, qui
ont leur propre conception de l’outil dont ils ont besoin ;
• Des Co-financeurs, des autorités de tutelles, animés d’intentions encore
différentes ;
• Un maitre d’œuvre, qui cherche à travers l’équipement, à concevoir un
bâtiment exemplaire.

b. Les études de programmation

Les études de programmation ont pour objectif d’aider le maitre d’ouvrage à évaluer
l’opportunité de l’opération projetée, à clarifier, définir et préciser sa commande, à juger de
sa faisabilité et à prévoir les couts probables d’investissement et de fonctionnement.

19
IDEM, p22.

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Etudes pré-opérationnelles
Première étape des études de programmation, les études pré-opérationnelles constituent une
phase d’aide à la décision, de choix qui conditionnent la réussite de l’opération projetée:
- La décision de lancer la phase opérationnelle d’un projet de construction, de fixer les
objectifs et toutes les bases du projet ;
- Aussi, dans certains cas, la décision d’abandonner ou de différer un projet.

Etudes opérationnelles
Deuxième étape des études de programmation. Ces études ont pour objectifs de
produire puis de mettre à jour le programme constructif de l’équipement, c'est-à-dire
l’ensemble des documents, approuvés par le maitre d’ouvrage qui, à chaque étape d’une
opération, exprime la commande constructive à l’adresse du maitre d’œuvre. C’est ainsi que
se fais le développement dans le détail des exigences techniques et qualitatives que le
concepteur doit de respecter pour concevoir et réaliser l’ouvrage commandé.

Le temps de réflexion
Dans le déroulement global d’une opération, la démarche de programmation nécessite
souvent des périodes de maturation. De bonnes études de programmation garantissent au
maitre d’ouvrage la qualité finale de la réalisation et la pérennité de cette qualité.

VII. Mise en place du processus en deux étapes

Pour une meilleure maitrise du processus de projet de construction publique, il faut


savoir sérier les problèmes et utiliser les deux étapes du processus de programmation.
1. Bâtir un projet d’intérêt général, axé sur les services public, autour de
l’opération de construction envisagée et en valider l’opportunité et la
faisabilité.
2. Une fois confirmée la nécessité de la construction, il y a lieu de formuler puis
de transmettre la commande au maitre d’œuvre, de dialoguer avec lieu afin de
perfectionner le produit, et d’assurer un suivi actif de cette commande pendant
la phase d’études et de réalisation.

38
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VIII. Evaluation de la démarche de programmation

L’évaluation de bâtiments existants répondant à des programmes similaires à celui


étudié fait partie intégrante de la démarche de programmation. Elle doit porter à la fois :
-sur la qualité des services rendus ;
-sur le fonctionnement général du bâtiment concernant la localisation des activités et
les systèmes de distribution ;
-sur l’adéquation des espaces aux activités qui s’y déroulent ;
-sur les conditions climatiques, visuelles et sonores de chacun de ces espaces ainsi que
d’ambiances et de confort ;
-sur la flexibilité du bâtiment et ses possibilités de redistribution des espaces ;
-sur la possibilité d’assurer le contrôle, la sureté et la sécurité du bâtiment ;
-sur les performances des équipements techniques ;
-sur les facilités de maintenance.
Elle porte aussi sur l’analyse des couts de fonctionnement et d’exploitation. Elle est
concernée par l’impact du bâtiment sur son environnement, à la fois sur le plan de perception
visuelle et sur celui des avantages et/ou nuisances engendrées.
Cette évaluation, à la fois qualitative et quantitative, construite sur des appréciations
objectives, des enquêtes et interviews auprès des personnes concernées (public, personnel,
intervenant occasionnels, propriétaires et gestionnaires, personnel technique et de
maintenance, voisins et passants), ainsi que des mesures doivent ensuite être comparés à
l’historique du processus de réalisation qui a généré le bâtiment et du contexte économique et
social dans lequel le projet a été réalisé, ceci pour détecter à quel moment du processus ont été
prises les bonnes ou mauvaises décisions20.

20
IBID, p24

39
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2/ LES ETUDES DE PROGRAMMATION

2.1 L’ETENDUE DES ETUDES DE PROGRAMMATION

La démarche de programmation est en elle-même toute une entreprise à mettre en œuvre,


depuis le moment ou s’exprime la demande initiale d’un équipement public jusqu’à sa
réalisation, sa livraison et même pendant les premiers temps de son exploitation et
ultérieurement dans le cadre de son évaluation.

a. Définition de la programmation

Les études de programmation portent sur la définition et le suivi d’une commande


d’ouvrage en réponse à un besoin de service public (construction neuve, réhabilitation,
aménagement urbain ou paysager…). Ces études ont pour objectif d’aider le maitre d’ouvrage
à clarifier, définir, préciser et maitriser sa commande dans sa conception, sa réalisation et sa
gestion. C’est une démarche globale et analytique qui vise essentiellement à anticiper sur les
conditions de vie et d’exploitation de la future réalisation, par la prise en compte, en amont,
du maximum de paramètre qui vont l’influencer. Les études de programmation se concrétisent
par des documents- programmes (cahier des charges concernant le bâtiment, les équipements
et la gestion), relatifs à chaque phase du processus d’élaboration.

Les études de programmation sont également l’occasion, pour le maitre d’ouvrage, de


mobiliser ses partenaires autour d’un projet commun. Ce sont des outils de dialogue.
Elles sont aussi souvent l’occasion de mettre à jour des pratiques ou des méthodes : ce
sont des outils de changement ; ce sont aussi des outils de mémoire21.

b. La programmation, une démarche unique et non reproductible

Tout programme, toute commande passée à un maitre d’œuvre, est le fruit d’une démarche
unique. Ceci oblige le maitre d’ouvrage à mener une réflexion intégrant, à chaque fois, les
spécificités du projet, à savoir :

-le site ;

-les relations avec l’environnement ;

21
IBIDEM, p29.

40
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-l’histoire de l’équipement ;

-les attentes des usagers ;

-le contexte économique régional, etc.

Cependant, il est utile de consulter, en amont d’une démarche de programmation, des


programmes-cadres thématiques tels que ceux réalisés par divers ministères ou collectivités,
ou plusieurs programmes d’équipements comparables.

2.2 LES ETUDES PRE-OPERATIONNELLES

La programmation pré-opérationnelle est une aide à la décision pour la maitrise


d’ouvrage. Elle doit permettre de replacer la demande constructive précise, en tant qu’action
ponctuelle, dans une politique générale à long terme prenant en compte l’ensemble des
paramètres locaux. Le bâtiment est alors considéré comme une solution parmi d’autres,
pouvant aider à atteindre les objectifs d’intérêt général poursuivis.

a. La démarche pré-opérationnelle

Loin d’être un processus linéaire, la démarche est itérative, elle comporte des allers et
retours sans pour autant que ne se perde sa logique et l’enchainement des principales
séquences. En effet lors du concours, du dépôt de permis de construire ou en cours de chantier
tout ou une partie du travail effectué peut être remis en cause, ceci est du au fait que le risque
d’ignorer une des dimensions fondamentales du projet existe toujours. Cette démarche peut
parfois aboutir à la décision de ne pas lancer une opération de construction.

b. Processus général

Les séquences principales du processus pré-opérationnel consistent en :

a. -analyser la demande ; l’élucider, la renseigner, envisager le champ prospectif des


études à mener ;
b. -mener l’ensemble des études nécessaires en envisageant le projet sous tous les
angles ; rechercher, anticiper, évaluer, comparer…
c. -recadrer le projet à partir de ces informations ; clarifier les objectifs, faire le choix,
vérifier la faisabilité…
d. –formuler le projet et le faire valider par la collectivité ; énoncer les axes majeurs, les
objectifs, les contraintes, les attentes à respecter…, au travers du document appelé
« pré-programme ».

Dans le cadre de ces séquences, le processus peut être planifié à travers les étapes
suivantes :

41
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1. Reformulation de la demande ;
2. Détermination du champ des études pré-opérationnelles ;
3. Approche globale du projet ;
4. Affinement des objectifs ;
5. Choix des options ;
6. Test de faisabilité ;
7. Formulation et validation du préprogramme.

2.2.1 REFORMULATION DE LA DEMANDE

Pour un projet d’équipement public, il arrive souvent que l’idée soit mal exprimée, pas
bien définie, concernant l’amélioration ou la création d’un service public. Pour dépasser cette
ambiguïté, il s’avère nécessaire de procéder à ce qui suit :

a. Situer l’origine de la demande

Le contexte qui donne naissance à la demande conditionne les questions principales que
doit se poser le maitre d’ouvrage à propos de l’opération envisagée ; et l’origine de la
demande peut être très variée :

-création d’une zone d’aménagement constituant une première phase d’un plan directeur ;

-urgence due à un événement imprévu ; suite à une catastrophe naturelle ;

-soulèvement de population pour des conditions de vie précaires ;

-désir d’un gestionnaire d’améliorer les conditions et l’état de service rendu ;

-opportunité financière ou foncière ;

-engagement d’un élu ;

-modification de l’usage d’un bâtiment ;

-formulation d’un équipement public en réponse à l’évolution des pratiques sociales de la


collectivité.

b. Faire appel aux professionnels

Par professionnels dans le domaine, il est entendu : chef de services techniques de la


collectivité, services des études et développements, de l’architecture, programmateur, etc. il
est également très utile de faire appel à la personne ou au service qui sera conducteur du
projet en cas de concrétisation.

c. Formuler la demande en objectifs de base de service public

42
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Il est important pour le maitre d’ouvrage, (grâce à l’aide de son conducteur de projet) de
formuler son éventuel questionnement dans cette première étape, pour pouvoir reformuler
correctement la commande de base, c’est à dire l’objectif de base de service public et être en
mesure de recadrer son projet. Qui veut quoi, pour qui, et pourquoi ? Une identification du
demandeur, de l’importance et l’envergure de son projet, des populations touchées, les (Co-)
financeurs et leurs moyens.

d. Constituer le fond de dossier

Il s’agit de collecter l’ensemble des données existantes qui vont fournir au maitre d’ouvrage
et à son conseiller (conducteur de projet) des pistes utiles de réflexion, particulièrement
l’historique de la demande. Les données résultent de sources très varies, telles que :

-correspondances diverses ;

-dossier d’une précédente action n’ayant pas abouti ;

-audit fonctionnel de la structure visée ;

-sondages et enquêtes ;

-études thématiques ;

-règlements et réglementations divers ;

-rapports administratifs ;

-interviews ;

- visites.

Exemple : les données à recueillir sur le projet de création d’un bloc pédagogique en
extension d’une école communale, peuvent être les suivantes :

-plan directeur de l’école ;

-comptes rendu du conseil d’administration ;

-pétitions transmises par l’association des parents d’élèves ;

-rapports émanant du personnel enseignant ;

-plan d’éducation communal ;

-courrier de l’académie (Etat et commune) ;

-procès verbaux récents de la commission de sécurité ;

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-plan d’occupation des sols ;

-certificat d’urbanisme sur l’ensemble des parcelles qui constituent le domaine de


l’institution ;

-dossier de plans de l’existant ;

-diagnostic technique des bâtiments réalisés lors de l’élaboration du plan directeur de


l’école ;

-résultats du dernier recensement de la population ;

-normes et réglementations diverses ;

-interview du directeur de l’école et de son personnel.

A ce stade, le maitre d’ouvrage est en mesure d’apprécier l’étendue de ses connaissances


pour clarifier ses positions et enclencher une opération.

2.2.2 DETERMINATION DU CHAMP DES ETUDES PRE-OPERATIONNELLES

L’étape actuelle consiste à vérifier l’opportunité et la faisabilité de l’opération envisagée et


de faire le bon choix, par le biais du champ d’études nécessaires pour l’approfondissement du
projet.

a. Classer les informations

L’exploitation rapide du dossier constitué précédemment permet de classer les informations


connues dans les quatre domaines :

-les attentes ;

-les objectifs ;

-les contraintes ;

-les moyens affectés au projet.

b. Envisager le champ des études

L’intervention du programmateur à ce stade permet de finaliser cette réflexion, celui-ci doit


pouvoir consulter le dossier complet réuni par le maitre d’ouvrage. En fin de consultation, le
représentant du maitre d’ouvrage dispose de propositions méthodologiques plus précises et
d’éléments complémentaires relatifs au contenu, à la durée et au cout probable des études pré-

44
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opérationnelles. Le programmateur va aider le maitre d’ouvrage à reformuler sa demande en


termes d’objectifs primaires :
Exemple : la commande « créer 3 classes en extension de l’école communale » est en fait
l’expression en termes de solution, du problème suivant : « comment faire face au besoins
scolaires résultant d’un accroissement conjoncturel de la population enfantine ». Cette
formulation moins réductrice que la première, ouvre le champ à des réflexions mieux
adaptées au problème du maitre d’ouvrage.

c. Evaluer le degré de maturité du projet

A ce stade, le programmateur va faire des propositions concrètes d’investigation.

1. Le degré de maturité du projet est fiable


Si le degré de maturité du projet est fiable, les études vont commencer par des
approches générales :
-études d’opportunité ; l’implantation d’un équipement est-elle souhaitable et
correspond-elle à des besoins réels ?
-plans de patrimoine ; l’implantation du bâtiment s’inscrit-elle dans le cadre de la mise
en œuvre d’une stratégie patrimoniale ?
-audit ; quel est le service à rendre ?
2. Le degré de maturité du projet est avancé
Si le degré de maturité du projet est avancé, les études vont porter sur les spécificités
de la future opération.
Au regard des attentes :
-quelles sont les attentes actuelles ? Sont-elles satisfaites ou non ? Quelles pourront
être les attentes futures ou induites ?
-quel est le profil des usagers actuels ? Des usagers potentiels ?
-a t- on envisagé les attentes à plusieurs échelles : quartier, commune… ?
-quels sont les modes de fonctionnement possibles ?
Au regard des contraintes :
-quelles sont les contraintes s’appliquant à l’opération ?
-quelles sont les incidences sur le projet ?
-comment s’affranchir de certaines d’entre elles ?
Au regard des moyens :
-a-t-on recherché tous les modes de financement ?

45
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-quel est le personnel nécessaire au fonctionnement du futur équipement ?


-quels sont les sites susceptibles d’accueillir le futur équipement ?
-quel sera sont cout de fonctionnement ?
-de quel délais dispose- t- on pour le réaliser ?
Au regard des objectifs :
-quelles sont les attentes à prendre en compte ?
-qu’est ce qui donne son sens au projet ?
-doit –on obligatoirement construire ?

d. Arrêter le champ des études


Le maitre d’ouvrage arrête, en connaissance de cause :
-le contexte global dans lequel s’inscrit l’opération ;
- le champ des études pré- opérationnelles et leur durée ;
-la méthodologie employée ;
-les modalités d’association des divers partenaires ;
-Leur cout.
A cette étape, le maitre d’ouvrage accepte que toutes les questions soient posées, y
compris celles susceptibles de remettre en cause le projet.

2.2.3 APPROCHE GLOBALE DU PROJET

Lors de cette étape fondamentale, le programmateur amène le maitre d’ouvrage à se focaliser


sur la réalité de sa commande, tout en lui proposant d’élargir son angle de vision dans
différentes directions.

a. Approcher le projet de façon objective, prospective et comparative

La recherche exhaustive d’informations conduit à mener une réflexion selon trois


cheminements parallèles :

-l’analyse de la situation existante, pouvant servir à évaluer, entre autre choses, l’urgence de
la demande et le contenu réel des attentes ;

-les études prospectives qui, en simulant les évolutions probables dans le temps et dans
l’espace des usages et des usagers, conditionnent la réussite à terme du projet ;

46
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-des études comparatives, qui, tout en offrant des points de repère, ont l’avantage de
relativiser le contexte propre de l’opération en ouvrant le champ à des démarches réalistes
différentes22.

Tableau 2.1- Exemples pour un projet de restructuration d’un service existant


Vision de l’existant Vision prospective Vision comparative
Evaluation des demandes Estimation quantitative des besoins Référence à des ratios et
actuelles futurs ou induits par le projet normes connues en termes de
besoins
Mise en évidence et analyse Remise en cause de pratique Etude comportementale des
des comportements des existante dans un esprit usagers d’équipements
utilisateurs et usagers d’amélioration du service similaires
actuels
Etude de l’organisation et Proposition d’amélioration de Visite d’équipements similaires
du fonctionnement de fonctionnement fonctionnant différemment
l’équipement existant
Analyse du site pressenti Evaluation de l’impact social et Recherche des solutions
urbain du projet, recherche de trouvées pour des équipements
localisation des autres similaires afin de diminuer les
nuisances
Etude des possibilités Recherche de Co-financeurs Exploitation de données
financières et à moyen financières d’opérations (ratio
terme du maitre d’ouvrage cout/m2)
Expertise technique du Etudes de faisabilité technique Référence aux problèmes
bâtiment à réutiliser connus de réhabilitation de
bâtiments anciens
Evaluation du degré Proposition d’un plan d’ensemble Incidences de différents
d’urgence réel pluriannuel de restructuration montages opérationnels sur les
délais de réalisation
Bilan d’exploitation de Simulation de couts d’investissement Interviews de gestionnaires de
l’équipement actuel et de fonctionnement en fonction du réalisations récentes
phasage, du taux de remplissage, du
montage financier
SOURCE : PROGRAMMATION DES CONSTRUCTION PUBLIQUES, Mission interministérielle pour la
qualité des constructions publiques, LE MONITEUR, Paris, 2001, p 19.

22
IDEM, p37.

47
MASTER MANAGEMENT DE PROJETS PROGRAMMATION Dr SASSI BOUDEMAGH Souad

Les études demandant une compétence particulière peuvent être réalisées par des intervenants
extérieurs sous le contrôle du conducteur de projet et du programmateur.

2.2.4 AFFINEMENT DES OBJECTIFS

A cette étape du processus, le maitre d’ouvrage est en mesure d’assumer pleinement ses
responsabilités de décideur et commencer à faire des choix.

a. Orienter ou pas le projet vers une opération de construction

A ce stade, il peut opter pour :

-suspendre ou abandonner le projet, si celui-ci ne correspond pas à des besoins suffisants, ou


faute de solution technique ou urbaine viable, ou encore en raison d’une capacité financière
insuffisante, etc. ;

-confier le projet à un autre maitre d’ouvrage ;

-abandonner l’aspect « constructif » du projet, parce que la réponse à apporter ne passe pas
nécessairement par l’acte de construire ;

-poursuivre la mise au point du projet par la requalification de ses objectifs majeurs.

b. Formuler les objectifs

Un projet d’équipement public repose toujours sur un projet de service à offrir aux usagers, il
peut prendre plusieurs aspects : politique, social, urbain, paysager, économique, culturels,
techniques. En formulant des objectifs forts, le maitre d’ouvrage donne un sens réel à tout
son projet, en valide l’opportunité, donne des bases tangibles à ses choix futurs.

• Projet politique : intégrer le projet dans un programme d’ensemble… ;


• Projet social : cibler une population et définir le type de services public attendu …;
• Projet urbain et paysager : ancrer l’équipement dans un tissu, valoriser un site… ;
• Projet économique : assurer le meilleur usage des deniers publics … ;

2.2.5 CHOIX DES OPTIONS


a. Différents scenarios

Sur la base des objectifs précédemment définis par la maitrise d’ouvrage, le programmateur
peut approfondir les différents scenarios possibles, diverses solutions en termes

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d’avantages/inconvénient. Les plus réalistes font l’objet d’une simulation de leurs modalités
de réalisation. Le programmateur présente au décideur les différentes options possibles,
analysées de façon comparatives sur la base de critères rationnels :

- Couts d’investissements ;
- Couts de fonctionnement ;
- Terrain nécessaire ;
- Délais ;
- Qualité de service ;
- Nuisances ;
- Impact urbain et social, etc.

b. Cinq options « classiques »

- Abandonner ou différer le projet ;


- Retenir un scénario sans travaux ;
- Construire ;
- Restructurer le bâtiment existant ;
- Réutiliser un bâtiment.

c. Des options spécifiques

- Localisation ;
- Type d’équipement ;
- Organisation du service ;
- Cout d’investissement ;
- Montage juridique…

d. Hiérarchiser les objectifs

Plusieurs options peuvent parfois répondre aux mêmes objectifs du maitre


d’ouvrage. C’est au maitre d’ouvrage qu’il appartient de hiérarchiser ses objectifs et
d’envisager les différents critères de faisabilité, ce qui conduit au choix d’une option
préférentielle.

2.2.6 TEST DE FAISABILITE

a. Vérifier et approfondir la faisabilité globale du projet

Les différents aspects de la faisabilité recouvrent des notions précises dont il faut à
cette étape vérifier la prise en compte, sinon des études complémentaires seraient
indispensables à entreprendre.

1- Faisabilité dans le temps : mise en regard des impératifs du maitre d’ouvrage


relatifs à la date de mise en service, avec le planning prévisible de l’ensemble de
49
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l’opération. Proposition d’un planning prévisionnel incluant si nécessaire un


phasage des travaux.
2- Faisabilité dans l’espace : une simulation d’implantation et d’occupation intégrant
les principaux objectifs, potentialités et contraintes de l’opération.
3- Faisabilité technique : elle nécessite parfois de faire l’état des lieux des bâtiments
et des réseaux existants, d’examiner la nature du sol …la plupart de ces études sont
confiées à des professionnels spécialisés en la matière et vont fournir des éléments
pour le préprogramme.
4- Faisabilité économique et financière : elle consiste d’une part à évaluer l’ensemble
des dépenses nécessaires à sa réalisation et à son exploitation ultérieure, d’autre
part, à vérifier la capacité réelle de financement du maitre d’ouvrage.
La maitrise d’ouvrage dispose ainsi :
-d’une première enveloppe prévisionnelle des dépenses d’investissement, incluant
non seulement le cout des travaux mais aussi l’ensemble des dépenses qui leur
sont associées ;
-d’un bilan prévisionnel d’exploitation ;
-d’un diagnostic de ses finances ;
-des éléments nécessaires à l’établissement d’un échéancier financier.
5- Faisabilité juridique : elle porte sur l’organisation de la maitrise d’ouvrage, la
maitrise du foncier et le montage juridique. Elle clarifie le choix du processus de
réalisation.
6- Faisabilité sociale : elle vise à anticiper les conséquences de l’opération sur son
environnement social ; à veiller à l’adéquation entre les objectifs du maitre de
l’ouvrage et l’aspect social du projet ; à prendre en compte les problèmes dus aux
phases transitoires. Cette étude apporte au maitre d’ouvrage les informations
nécessaires à la mise en place d’un plan de communication de l’opération et des
actions concrètes à mener.

2.2.7 FORMULATION ET VALIDATION DU PRE-PROGRAMME

Le préprogramme est la toute dernière étape précédant l’expression de la commande au maitre


d’œuvre : le programme.

a. Synthétiser les études pré-opérationnelles

Le préprogramme est un document à l’usage exclusif de la maitrise d’ouvrage. C’est un


condensé et une synthèse des études pré opérationnelles.

-Formuler le concept programmatique

C’est, la formulation en une phrase ou un court paragraphe, l’essence du projet, ce qui donne
son sens à l’opération ; chose qui nécessite une hiérarchisation des objectifs du maitre
d’ouvrage.

Exemple : un équipement culturel peut, selon le contexte, donner naissance à des concepts
programmatiques très différents :

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-un bâtiment de prestige qui doit accueillir le nouveau centre culturel et dialoguer avec
l’architecture monumentale de la mosquée ;

-un lieu de convivialité et de création ouvert aux artistes de toutes disciplines, favorisant les
différents échanges avec la population locale ;

-un théâtre nécessaire à l’épanouissement culturel de la ville ;

-Formuler tous les aspects du projet

Le préprogramme est un document qui ne se limite pas seulement aux problèmes liés au cadre
bâti. Il aborde les aspects juridiques, les embauches de personnel nécessaires, tous les
éléments d’exploitation du service, les équipements techniques à acquérir, etc. Il exprime, à
l’attention du maitre d’ouvrage et de ses partenaires, les grandes lignes du projet, le concept
spécifique de l’opération et les moyens à mettre en œuvre, tout en affirmant l’opportunité et
la faisabilité de l’opération, en formulant ses objectifs en l’intégrant dans un projet politique,
social, urbain, et économique.

b. Contenu du préprogramme

Le préprogramme contient les données suivantes :


-la genèse du projet et ses enjeux ;
-l’opportunité du projet ;
-ses objectifs ;
-le concept programmatique ;
-les options choisies ;
-la faisabilité du projet ;
-les exigences sociales et fonctionnelles ;
-les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs : enveloppe financière, budget
d’exploitation, terrain nécessaire, montage juridique, embauche de personnel…;
-le planning prévisionnel de l’opération accompagné d’un échéancier financier ;
Sur le plan de la forme, même si c’est un document succinct, le préprogramme peut
comporter en annexe des pièces assez importantes telles que des études réalisées aux
cours des étapes antérieures et ayant donné lieu à la production de documents
intermédiaires.

c. Valider le préprogramme

Le préprogramme énonce les fondements même de l’opération qui sont proposés dans
un premier temps à la discussion des élus ou des financeurs, puis ensuite, à la
validation formelle par la maitrise d’ouvrage.

-Engagements majeurs
La validation du programme constitue un engagement majeur de la collectivité ou de
l’organisme public. Un engagement porteur de gain de temps et d’argent pour le
maitre d’ouvrage.
51
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d. Servir de fondement à l’étape opérationnelle

La validation du préprogramme enclenche la phase opérationnelle du projet. Sur cette


base il devient possible de :
-mettre en place le processus opérationnel ;
-présenter le projet aux organismes de tutelle ou à d’éventuels Co-financeurs ;
-acquérir le terrain ;
-élaborer le programme de consultation du concepteur.

52
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2.2 LE PROGRAMME
A chaque niveau de précision du programme correspond une étape de la conception.
Le programme est un document multiple et évolutif : commençant par être un support de la
consultation de maitrise d’œuvre, c’est un document contractuel qui doit aussi rester un outil
de dialogue entre maitrise d’œuvre et maitrise d’ouvrage.

Venant dans le prolongement des études pré-opérationnelles, la programmation


opérationnelle a pour enjeux d’assurer le lien entre les attentes du maitre d’ouvrage et le
travail de conception du maitre d’œuvre. Alors que les premières (études pré-opérationnelles)
sont essentiellement orientées vers l’aide à la décision pour la maitrise d’ouvrage, la seconde
(la programmation opérationnelle) est tournée vers l’aide à la conception et le suivi tant de la
conception que de la réalisation de l’ouvrage.

 Traduire : la traduction pour un maitre d’œuvre, d’un projet politique et


social, dans une logique de création architecturale et technique.
 Anticiper :- sur ce que pourrait être le cadre bâti proposé par le maitre
d’œuvre ;- sur les évolutions future de la ville et des usages.
 Favoriser et valoriser la création : dans un grand respect des compétences du
maitre d’œuvre.

2.2.1 TROIS NIVEAUX DE PRECISIONS POUR LE PROGRAMME

a) La Loi MOP
La loi sur la maîtrise d'ouvrage publique et ses rapports avec la maîtrise d'œuvre
privée a prévu un affinement successif du programme : Le programme est étroitement lié (et
doit être en cohérence) avec l'enveloppe financière consacrée à une opération. Le texte
prévoit explicitement une étape de la conception (l'esquisse) où le programme peut
encore ne pas avoir été totalement arrêté par le maître d'ouvrage ; le maître
d'œuvre peut proposer plusieurs solutions pour tester la faisabilité et le réalisme
du programme.
 Affiner le programme avec le maître d'œuvre :

Cette possibilité, de préciser le contenu du programme pendant les premières étapes de


la conception permet d'instaurer un dialogue avec le maître d'œuvre autour d'objectifs
de qualité et de rechercher les organisations fonctionnelles dans l'espace.

53
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b) Niveaux de programme et niveaux de conception

Esquisse ↔ programme d’esquisse

A.P.S ↔ programme d’A.P.S

A.P.D ↔ Programme d’A.P.D

Le degré de précision, notamment technique, du programme doit être en rapport


avec les informations nécessitées par le niveau de conception correspondant.
A partir des éléments fondamentaux du préprogramme, le contenu du programme
doit donc se préciser par pallier, allant de plus en plus en avant dans les aspects concrets
et techniques, dans la définition précise de l'ouvrage à bâtir.

PROGRAMME D'ESQUISSE
Le degré de détail d'un programme d'esquisse est conditionné par les informations
nécessaires à la conception de l'esquisse et à l'estimation globale de son coût.
Les études d'esquisse, première étape de la réponse de la maîtrise d'œuvre aux objectifs,
données et contraintes du programme ont pour objet de :
- proposer une ou plusieurs solutions d'ensemble, traduisant les éléments majeurs du
programme, d'en présenter les dispositions générales techniques envisagées, d'en
indiquer les délais de réalisation et d'examiner leur compatibilité avec la partie
de l'enveloppe financière prévisionnelle retenue par le maître d'ouvrage et affectée
aux travaux ;
-vérifier la faisabilité de l'opération au regard des différentes contraintes du
programme et du site et proposer éventuellement des études géologiques et
géotechniques, environnementales ou urbaines complémentaires.
Elles permettent de proposer éventuellement certaines mises au point du programme. Il est
demandé :
— des plans de niveaux significatifs établis au 1/500,
— avec, éventuellement, certains détails significatifs au 1/200,
— l'expression de la volumétrie d'ensemble,
-avec, éventuellement, une façade significative au 1/200.

 Détailler des éléments du préprogramme

Réalisé à partir des éléments du préprogramme, le programme d'esquisse doit donc


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donner au concepteur toutes les informations nécessaires à la conception globale de


l'ouvrage.

Les parties du préprogramme concernant la genèse de l'opération, ses enjeux, son


opportunité et sa faisabilité sont synthétisées de façon à mettre en valeur les éléments
essentiels pour la compréhension du projet de la collectivité publique.

Les objectifs et le concept exprimés dans le préprogramme sont repris,


développés et approfondis en termes d'exigences opérationnelles et fonctionnelles.

Les réflexions pré-opérationnelles sur la faisabilité de l'opération, complétées par les


normes et réglementations, définissent l'ensemble des contraintes de l'opération.
Le planning et l'enveloppe financière prévisionnelle sont précisés. Si nécessaire, les
possibilités ou nécessités de phasage des travaux sont présentées.
En pratique, ce sont tous les aspects importants pour la conception du bâti qui
sont particulièrement détaillés dans le programme
— les différents usagers de l'ouvrage et leurs usages,
— le fonctionnement général préconisé du service public,
— les différentes entités fonctionnelles et les liaisons entre elles,
— la définition et l'utilisation des différents locaux nécessaires aux activités, avec
leur surface utile indicative.
 Définir l'image attendue.
Le programme d'esquisse formule une donnée importante que l'on peut
regrouper derrière le terme des attentes architecturales et urbaines du maître d'ouvrage.
Pour résumer, il s'agit souvent de définir l'image que devra renvoyer l'édifice. Parler
d'image, c'est se référer à la valeur symbolique d'un ouvrage, à l'image qu'il donne de
l'institution (les aménagements extérieurs et intérieurs à la construction contribuent
pour beaucoup à l'image symbolique d'un service). L'image d'un équipement doit, si
possible, être la traduction formelle de son concept programmatique. C'est au maître
d'ouvrage qu'il appartient de « faire passer » au concepteur cette importante donnée.

 Anticiper parfois des données d'un niveau supérieur de précision


Il est conseillé au maître d'ouvrage d'anticiper sur les attentes particulières qui
peuvent avoir des conséquences sur la conception globale du projet ou sur son coût,
même si ces éléments sont plutôt du niveau APS voire APD. En effet, bien que la
réponse que constitue l'esquisse ne fasse pas apparaître clairement ces attentes de niveau

55
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APS ou APD, elles auront été prises en compte pour la conception du parti général et
l'évaluation du coût de réalisation.

Programme d’esquisse

- L’historique et les enjeux de l’opération


- La présentation de la maitrise d’ouvrage, de son projet et de ses objectifs
- Le concept de l’équipement
- L’analyse du site
- Les attentes en termes d’image et d’insertion urbaine
- La description du service à rendre, la présentation des usagers, usages,
pratique et activités
- La définition des espaces nécessaires aux activités, et l’articulation entre
les différentes entités
- Les conditions de maintenance et de fonctionnement
- Le phasage fonctionnel
- L’enveloppe financière prévisionnelle de travaux
- Le planning prévisionnel.

PROGRAMME D'APS
Définition d'un APS : Les études d'avant-projet sommaire ont pour objet de :
– préciser la composition générale en plan et en volume,
– vérifier la compatibilité de la solution retenue avec les contraintes du programme et du
site ainsi qu'avec les différentes réglementations notamment celles relatives à l'hygiène et la
sécurité,
– contrôler les relations fonctionnelles des éléments du programme et leurs surfaces,
– apprécier les volumes intérieurs et l'aspect extérieur de l'ouvrage, ainsi que les
intentions de traitement des espaces d'accompagnement,
– proposer les dispositions techniques pouvant être envisagées ainsi qu'éventuellement les
performances techniques à atteindre,
– préciser un calendrier de réalisation et, le cas échéant, le découpage en tranches
fonctionnelles,
– établir une estimation provisoire du coût prévisionnel des travaux.
Le niveau de définition correspond à des plans établis au 1/200, avec certains détails
significatifs au 1/100.
 Préciser quantitativement et techniquement le programme d'esquisse

Le programme d'APS doit contenir tous les éléments permettant au maître


d'ouvrage de s'engager, si on le lui demande, sur un coût provisoire de réalisation de

56
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l'ouvrage qu'il conçoit.

Le programme d'APS précise donc le programme d'esquisse par une série


d'informations :
— les performances techniques attendues de l'équipement sont décrites
quantitativement en termes de performances à atteindre ;
— le fonctionnement détaillé et définitif de la construction doit apparaître
clairement. Tous les locaux, y compris les locaux techniques ou de service
doivent avoir été répertoriés et dimensionnés.

Comme pour le programme d'esquisse, il est utile que le programmateur anticipe


les éléments de niveau APD susceptibles d'avoir une réelle influence sur la
conception ou- l'estimation de l'APS et les indique dans le programme.

Programme d’APS :

Le programme d’APS doit contenir les mêmes informations que le


programme d’esquisse plus :

- La définition, l’utilisation et le dimensionnement précis de chaque


local (y compris les locaux de service ou locaux techniques) ;
- La précision du fonctionnement à l’intérieur de chacune des entités
fonctionnelles ;
- Des précisions sur les performances techniques générales attendues.

PROGRAMME D'APD
Définition d'un APD :
Les études d'avant-projet définitif, fondées sur l'avant-projet sommaire approuvé par
le maître d'ouvrage ont pour objet de :
- vérifier le respect des différentes réglementations notamment celles relatives à
l'hygiène et la sécurité,
− déterminer les surfaces détaillées de tous les éléments du programme,
- arrêter en plans, coupes et façades, les dimensions de l'ouvrage, ainsi que son
aspect,
- définir les principes constructifs, de fondation et de structure, ainsi que
leur dimensionnement indicatif,
− définir les matériaux,
− justifier les solutions techniques retenues, notamment en ce qui concerne les

57
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installations techniques,
- permettre au maître d'ouvrage d'arrêter définitivement le programme et certains
choix d'équipements en fonction de l'estimation des coûts d'investissement,
d'exploitation et de maintenance,
− établir l'estimation définitive du coût prévisionnel des travaux, décomposés en
lots séparés,
− arrêter le forfait de rémunération dans les conditions prévues par le contrat de
maîtrise d'œuvre.
Le niveau de définition correspond à des plans établis au 1/100, avec certains
détails significatifs au 1/50.

Le programme d'APD doit contenir tous les éléments permettant au maître d'ouvrage
de s'engager sur un coût définitif de réalisation de l'ouvrage qu'il conçoit.
L'ensemble de l'ouvrage doit donc être décrit avec détails et précisions, notamment
sur l'ensemble des performances techniques attendues. Dans le programme d'APD,
le contenu du programme d'APS est précisé par des attentes techniques particulières,
en relation avec les usages et les pratiques :
- les exigences techniques par locaux ;
- les exigences concernant les techniques transversales en usage dans l'ensemble
de l'équipement (téléphonie, GTC ...). . Exemple ci-après.

Programme d’APD :

Mêmes informations que dans le programme d’APS, plus :

- La précision d’attentes technique particulières ;


- Les exigences techniques détaillées par locaux liées aux
usages ;
- Les exigences concernant les techniques transversales.

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EXEMPLES D’EVOLUTION DU PREPROGRAMME AU PROGRAMME D’APD

Tableau2.2-Eclairage d’un espace d’accueil


Préprogramme Rien
Programme d’esquisse L’espace d’accueil est éclairé naturellement et de façon à
ne pas recevoir de rayonnement direct
programme d’APS L’éclairage naturel sera complété par un éclairage artificiel
d’ambiance et par un éclairage artificiel ponctuel,
notamment sur les comptoirs d’accueil et pour la lecture de
la signalétique.
programme d’APD Eclairage :
Ambiance : 20lux.
Comptoirs : 400lux sur plan de travail et 250 lux sur
mobiliers.
Signalétique : 400lux.
La commande d’allumage extinction sera divisée en quatre
zones :
-comptoir information ;
-comptoir inscription ;
Panneaux d’information ;
Circulation générale.
Cette commande peut s’effectuer depuis le poste de
gardiennage et dans l’espace lui-même, à proximité de
l’accès des personnels.

Tableau 2.4-Acoustique d’une salle de spectacle


Préprogramme La salle est prévue à 90% pour le théâtre et accessoirement
pour des spectacles musicaux (petite formation, musique de
chambre)
Programme d’esquisse La salle est prévue pour la voix et pour la musique de
chambre.
Exigence à respecter : acoustique naturelle.
programme d’APS Compte tenu du volume demandé pour la salle, le temps de
réverbération devra être d’environ 1seconde.
L’isolement acoustique vis-à-vis de l’extérieur doit être
d’environ65dB(A), pour obtenir un niveau intérieur
respectant la courbe NR 25 limitée à 27dB(A).
Les équipements de ventilation devront permettre le
respect de cette courbe.

Préprogramme d’APD Temps de réverbération : 1,1 seconde pour la voix ;


1,3 pour les concerts.
Dépassement en fréquence grave : inferieur à 50%.
Early decay time : inferieur à 1 seconde dans tous les cas
de figure.

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Tableau 2.4-Traitement climatique d’un espace


Préprogramme Pour des raisons de budget de fonctionnement, le bâtiment
sera traité en chauffage et ventilation traditionnels plutôt
que climatisé
Programme d’esquisse Pour des raisons d’économie, le réseau de gaz urbain sera
utilisé. Un système de régulation centralisé sera mis en
place.
programme d’APS -assurer 19°C et une hygrométrie de 50% maxi en hiver
dans les locaux occupés en permanence,
-assurer une chute de 4°C par rapport à l’extérieur en été.
Un ensemble de points de contrôle répartis dans le
bâtiment permettra d’adapter le chauffage en fonction de
l’orientation des locaux, de leur occupation, etc.
Préprogramme d’APD Les commandes de chauffage seront également reportées à
un tableau situé dans la loge gardien, pour l’usage éventuel
des locaux hors présence du technicien.
Pour le local « coin café »
-occupation : 3à6 personnes ;
-charge thermique machine : 20W/m2 ;
-régulation : individuelle ;
Fonctionnement : réduit hors occupation ;
-température : données normales ;
Hygrométrie : id ;
Renouvellement air neuf : id.

Pour le local…….

60
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2.2.2 LES ETAPES DE LA PROGRAMMATION OPERATIONNELLE

a) Un processus dynamique

Le processus de programmation opérationnelle est un processus dynamique comportant


différentes étapes :
1° Le maître d'ouvrage formalise un document destiné à la consultation des maîtres
d'œuvre dont le niveau dépend du mode de consultation choisi.

2° Après le choix du projet architectural, le programme nécessite souvent quelques


précisions et adaptations avant de servir de base contractuelle au marché de maîtrise
d'œuvre.

3° Au cours des études ultérieures de conception, le dialogue entre maître d'ouvrage


et maître d'œuvre engendre des mises au point et de nouvelles précisions du
document.

4° Il est impératif qu'un programme soit définitivement arrêté par la maîtrise d'ouvrage
avant que ne commencent les études de projet, bases habituelles de la consultation de
l'entrepreneur de travaux.

5° La vie du programme ne s'arrête pas là. En cours de réalisation, les éventuels


imprévus ou les décisions tardives de la maîtrise d'ouvrage doivent aussi être pris en
compte.

b) Le programme de consultation
Le premier document programme produit par la maîtrise d’ouvrage est un outil de
consultation.
Cette terminologie s'applique ici au programme de concours comme au programme
remis à un maître d'œuvre désigné après une procédure n’ayant pas nécessité une
remise de prestation.
 un document « politique »

Le programme, document qui n'a de sens qu'approuvé par le maître d'ouvrage, recèle
des choix qui relèvent de sa seule responsabilité. Il contient des informations d'ordre
politique, social ou technique qui dépassent souvent le cadre strict de la construction à

61
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réaliser ou du bâtiment à réutiliser. Avec le programme de consultation, le maitre d’ouvrage


dispose d’un document qui exprime, de façon claire et précise :

-ce qui lui est imposé ;

- ce qu’il exige ;

-ce qu’il recommande ;

-ce qu’il suggère.

 Assumer des résponsabilités

Le maître d'ouvrage ne peut se démettre des choix et options qui sont de sa responsabilité à
chacune des étapes de la programmation.

En particulier, il incombe au maître d'ouvrage de vérifier que son enveloppe financière


prévisionnelle est raisonnable par rapport à ses attentes. Dans le cas contraire, la
commande serait faussée, le niveau de qualité demandé étant impossible à atteindre.

 Choix du niveau de précision en rapport avec le mode de consultation

Il est dans l'intérêt du maître d'ouvrage de remettre aux concurrents un document adapté
au niveau de conception demandé, c'est à dire un document suffisamment détaillé pour
permettre une réponse au niveau souhaité, et non pas un document d'un niveau supérieur
de précision.

 Mode de consultation et niveau de programme

Les concours

Le projet retenu après un concours est protégé ; c'est la spécificité de la procédure. On


ne peut plus remettre en cause le parti architectural et technique choisi.
Pendant la période du concours, il n'y a pas de relation directe entre les concurrents et le
maître d'ouvrage. Le programme de consultation est quasiment la seule liaison entre eux.
Il est donc d'une importance capitale de donner dans le programme l'ensemble des
éléments nécessaires à l'élaboration d'une proposition correspondant à l'attente du maître

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d'ouvrage.

 Concours sur APS


Pour permettre au maître d'œuvre de s'engager financièrement, le maître d'ouvrage
doit élaborer un programme d'APS approfondi, ce qui laisse peu de liberté au concepteur.

A l'issue du concours, concepteur et maître d'ouvrage disposent d'une marge de


dialogue assez restreinte. C'est au niveau de l'APS que se fixe le fonctionnement d'un
équipement. Or, le projet issu du concours ne peut être remis en cause. Le dialogue se
trouve donc limité à des précisions techniques du programme et du projet puisque,
fonctionnellement, sauf sur des points très mineurs, le projet ne peut plus évoluer, ce qui
est souvent regrettable.

 Concours sur esquisse


Le programme d'esquisse peut être calibré de façon à profiter largement des apports du
concepteur.

Cependant, ce choix exige du maître d'ouvrage une évaluation fiable de l'enveloppe


financière d'investissement, en rapport avec ses attentes, car le degré de conception
n'est pas assez poussé pour exiger un engagement financier de la part du maître d'œuvre.

 Concours conception-réalisation
Le concours conception-réalisation interdit presque totalement, après la signature
du contrat, le dialogue entre le groupement concepteur-entrepreneur et le maître
d'ouvrage (sauf à prendre le risque d'un avenant).

Le dialogue s'instaure surtout sur les imprécisions du programme de consultation et


intervient souvent au détriment du maître d'ouvrage : a priori, tout ce qui ne figure
pas clairement dans le programme ne fait pas partie de la commande et n'est donc
pas compris dans l'offre financière.

Le programme de consultation, lors d'une telle procédure, doit donc être


extrêmement précis et détaillé. Sauf pour des ouvrages relativement simples
(même si très techniques), il s'agit d'un programme très difficile à élaborer.

Consultation sans remise de prestations


Quand le maître de l'ouvrage a la possibilité de choisir son partenaire sans avoir

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recours au concours (opération de moyenne importance, réhabilitation, etc.), il


dispose d'une occasion de plus large dialogue avec le maître d'œuvre.

Un programme d'esquisse léger est alors tout à fait suffisant. L'avantage est qu'il
pourra être ajusté autant que de besoin par les propositions concrètes de l'équipe de
conception : les documents graphiques stimulent les échanges et améliorent la
perception des problèmes. La dialectique programme-projet peut ainsi être totale et
fort enrichissante ; le concepteur est associé aux études de programmation.

Cas des marchés de définition


Cette procédure, un peu particulière, est une alternative à la procédure classique qui
consiste à élaborer un programme puis à lancer un concours. Elle est
particulièrement intéressante quand le maître d'ouvrage ne possède pas toutes les
informations nécessaires à l'élaboration d'un programme de concours.

C'est souvent le cas quand tous les aspects de faisabilité du projet ne peuvent être
vérifiés sans un travail conjoint de programmation et de conception (ex friche
industrielle à réutiliser).

C'est sur la base d'éléments majeurs du préprogramme que l'on demande à des
équipes programmateurs-concepteurs de mener des études afin de proposer au
maître d'ouvrage une solution pour le programme qui soit cohérente avec les
possibilités de réalisation de l'ouvrage.

Cette procédure a aussi l'avantage de créer une émulation entre les programmateurs qui
entraîne le maître d'ouvrage dans l'exploration de toutes les options possibles pour son
programme. Elle permet de nouer une relation directe entre programmateurs, concepteurs
et maître d'ouvrage et confirme la programmation comme la première étape du
processus de conception d'un projet.

C) le programme base contractuelle du marche de maitrise d’œuvre


A l'issue de l'éventuelle consultation, le programme sert de base contractuelle au marché
de maîtrise d'œuvre. C'est une pièce maîtresse du marché : il arrête entre les parties les
performances attendues de l'ouvrage.

 Effectuer les mises au point nécessaires

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Après une procédure de type concours, il est judicieux de pratiquer une mise au point du
programme ayant servi à la consultation. Celle-ci permet d'intégrer les éventuelles
propositions du lauréat enrichissant certains points mineurs du programme, ou
encore les remarques du jury touchant au programme et visant à améliorer le projet
lauréat, si le maître d'ouvrage les retient.
 Prévoir les ajustements

Le marché doit prévoir l'enregistrement des précisions ultérieures du programme.


Des modifications éventuelles plus lourdes devront bien sûr être contractualisées par voie
d'avenant, en précisant les incidences financières correspondantes sur le contrat.

d) Le programme instrument de dialogue

Au cours des études de conception, il est indispensable, pour la qualité de l'ouvrage


futur, qu'une relation d'échange s'instaure entre maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'œuvre.
Des réunions de travail communes vont permettre, aux uns, de préciser les attentes,
aux autres d'expliciter les choix architecturaux et techniques. En particulier, le
programmateur complète le programme de consultation de tous les éléments
(notamment techniques) nécessaires à la conception approfondie de l'ouvrage.

 Effectuer des mises au point et des précisions programme-projet


Dans tous les cas, les précisions du programme doivent être officiellement approuvées
par la maîtrise d'ouvrage et transmises au maître d'œuvre avant que celui-ci ne rende
les plans de conception du niveau correspondant à la réflexion.

e) Le programme définitif

Le programme définitif est arrêté lorsque le maître d'ouvrage juge, au cours des études de
conception et au plus tard avant le début des études de projet, qu'il n'a plus de directive
complémentaire à donner au maître d'œuvre.
 Approuver un document de référence pour la consultation
de travaux

De même que le préprogramme et le programme de consultation, le programme définitif

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doit être approuvé officiellement. Il recèle en effet des informations qui serviront de points de
repère pour l'approbation finale du projet architectural et technique, mais aussi pour la
consultation des entreprises et la passation des marchés de travaux.

f) Le programme mémoire de l'opération


Il est nécessaire d'assurer un suivi permanent du programme tout au long de la phase de
réalisation.

 Enregistrer les modifications de programme

Il arrive qu'une modification de programme soit nécessaire. La prendre en compte dans


des documents officiels permet de déterminer la part des responsabilités respectives quant
à l'origine des modifications, leurs éventuelles retombées sur les marchés de maîtrise
d’œuvre ou de travaux, tout en clarifiant pour le maître d'ouvrage, les conséquences
(fonctionnelles et financières) de ces incidents et leurs causes.

Causes fréquentes des changements de programme en cours d'opération


− une insuffisance des études préalables ;
− un manque d'implication de la maîtrise d'ouvrage
− une sous-évaluation financière des attentes.

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LE PROGRAMME DE CONSULTATION

Le programme de consultation produit et approuvé par la maîtrise d'ouvrage est


l'expression de la commande publique d'architecture pour le maître d'œuvre.
Il est important que le maître d'ouvrage y précise de façon claire et synthétique, ce qu'il
veut faire, ce qu'il attend, et ce, avant tout détail du programme.
En particulier, il doit exprimer quelles sont ses attentes majeures en termes de fonction,
d'image et d'insertion urbaine.
Le programme de consultation doit s'attacher à faciliter la démarche de l'architecte et à
favoriser sa participation au projet de la maîtrise d'ouvrage, il doit faire ressortir l’idée
principale qui sous-tend la commande, tel que exprimé par Eugène Viollet Le Duc (1814-
1879) dans « Sur l’architecture, sixième entretiens » : « L’idée mère trouvée, les idées
secondaires se classent et arrivent au moment nécessaire ».

a) Objectifs du programme de consultation


Le programme de consultation est le premier outil relationnel entre le maître d'ouvrage et
son maître d'œuvre. C'est, le cas échéant, avec le règlement du concours, la règle du jeu
d'une consultation de maîtrise d'œuvre.
Parmi ses objectifs
 Etre adopté au mode de choix du maître d'œuvre

Sur la base tangible du préprogramme, le maître d'ouvrage a la responsabilité


d'élaborer un programme de consultation adapté aux choix du maître d'œuvre, en
sélectionnant et dosant utilement les informations.
 Stimuler la conception
Le concepteur doit se sentir mobilisé par les objectifs du programme et stimulé par
les contraintes et les exigences réalistes qui lui sont imposées (règles d'urbanisme,
coûts, délais, enjeux...). Le programme doit l’interpeller en termes d’objectifs, d’intentions et
de performances.
 Connaitre ses limites
Dans les contraintes de fonctionnement qu'il fige, le document programme doit
savoir repérer ses limites et prendre en compte l'évolution rapide des usages et des
modes de vie.

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Exprimer toutes les attentes en les hiérarchisant


Le programme de consultation doit être un document synthétique et exhaustif.
Synthétique, pour permettre au concepteur d'aller droit à l'essentiel ; les
enjeux socio, culturel et économiques clarifiés, mais également pour amener le
maître d'ouvrage à hiérarchiser ses attentes et laisser une certaine marge de manœuvre
au maître d'œuvre.
Exhaustif, car la commande se doit d'être complète : exigences, souhaits,
contraintes, performances à atteindre doivent être clairement présentées et élucidées.

b) Plan général d’un programme de consultation

Le plan de programme de consultation présenté ci-dessous est adapté à une opération


courante. L’importance de chaque chapitre peut être différente d’une opération à l’autre, selon
sa problématique particulière. Seul le degré de précision du document différencie un
programme d’esquisse d’un programme d’APS
Préambule
Introduction
Présentation du projet de la maitrise d’ouvrage :
-organisation de la maitrise d’ouvrage
-genèse du projet
-objectif/concept de l’équipement
Fonctions, activités et usages :
-le service
-les publics et les personnels
-les fonctions, activités, usages et leur organisation
Site
-analyse du site-contraintes/potentiels
-attentes urbaines, architecturales, paysagères et environnementales
Espaces nécessaires aux activités
-définition et utilisation des locaux
-organisation fonctionnelle
-exigences particulières
Contraintes et exigences techniques
-conditions de fonctionnement
-conditions de maintenance
-sécurité et sureté

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Contraintes et exigences opérationnelles


-phasage
-calendrier prévisionnel
-enveloppe financière
Annexes

Il est primordial que le programme de consultation :


-clarifie les enjeux sociaux, culturels et économiques du maitre d’ouvrage ;
-présente sans ambiguïté les objectifs en les hiérarchisant ;
-analyse les contraintes et potentialités du site ;
-présente les usagers, aborde les usages et pratiques, ainsi que leur probables évolutions ;
-définisse des performances à atteindre sans prédéfinir de solutions techniques ou
architecturales ;
-stimule la créativité du concepteur.

3.1 LE PREAMBULE

Première étape du nécessaire dialogue entre maitrise d’œuvre et maitrise


d’ouvrage, le préambule doit présenter un résumé des points forts du programme.

Quelle que soit la personne chargée de l'élaboration du programme, le maître d'ouvrage est le
seul véritable responsable du document ; c'est lui qui engage les deniers publics pour le
compte de la collectivité qu'il représente.

Il est important que le représentant légal de la maitrise d’ouvrage manifeste son intérêt pour la
réussite de l’opération et s’exprime dans le programme en exposant son projet de façon à
stimuler leur créativité dans la recherche de la meilleure réponse architecturale à sa
commande.

Exemple de préambule : préambule du programme de consultation pour le siège central d’une


grande banque.
« En ce moment précis où vous prenez connaissance de notre programme, nous souhaitons vous faire partager
quelques une des idées auxquelles nous tenons particulièrement et qui devront vous habiter au cours des
prochaines semaines que vous aller nous consacrer.

Permettez nous d’abord de vous remercier de votre participation à cette consultation, importante pour notre
entreprise et dont la préparation, qui a mobilisé beaucoup d’intelligence, d’énergie, de dévouement, et
d’enthousiasme, nous a longtemps occupés. Elle nous tien à cœur et nous y avons beaucoup donné de nous

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mêmes.

Par ailleurs, sachez que si nous vous avons choisi, c’est que nous vous pensons capable de construire cet édifice
singulier qu’est le siège d’une grande banque. Mais nous savons que c et évènement va, d’une part marquer
profondément la vie et le devenir de notre Entreprise, d’autre part, contribuer à modeler un quartier de paris.

Nous mesurons de la sorte notre responsabilité et insistons pour que vous saisissiez parfaitement ce que signifie
cette commande et sa portée, pour vous-même, pour nous et pour la ville.

Nous avons cherché, en cette occasion, à retrouver le sens d’un acte et d’une relation, la commande
d’architecture. Elle prend la forme des épais volumes que vous êtes en train de feuilleter ; rien n’y manque, tout
semble déterminé, mesuré, calibré ; c’est que l’Art de construire emprunte beaucoup aujourd’hui à la technique.
Cependant, nous savons que l’essentiel, c'est-à-dire l’idée architecturale, celle qui mettra en œuvre les formes,
celle qui s’assujettira les techniques, viendra de vous, de votre capacité à nous comprendre et de la part de
création que vous saurez mettre dans le projet.

Enfin, nous savons que les contraintes du site (bâtir au cœur de Paris et en rive de Seine) alliées aux exigences
nées des besoins d’un client et de sa profonde réflexion sur sa commande, loin de stériliser la recherche ou de
prédéterminer la solution, sont autant de points d’appui pour faire œuvre de création.

Les pages qui suivent n’ont pas d’autre ambition que de réunir quelques idées simples que nous vous demandons
de garder à l’esprit lorsque contraintes et exigences vous paraitrons trop présentes.

Votre client est une entreprise centenaire qui, à travers un acte de refondation, souhaite une image remarquable
de son architecture.

Ses dirigeants et son personnel, imprégnés de culture urbaine, sont attelés aujourd’hui à une grande œuvre de
modernisation et de conquête internationale.

Signe, signal, signature de la banque, ce siège est aussi – faut-il dire d’abord ?- un outil de travail au service
d’un grand projet : la Nouvelle Culture de l’Entreprise.

Eviter la monumentalisation contraire à notre culture, rechercher l’intégration urbaine tout en préservant notre
singularité, donner à l’espace de travail toute l’attention qu’il mérite, ne pas l’asservir aux caprices d’une
recherche formelle mais le rendre intelligible en le pensant comme un morceau de ville hiérarchisé en rues,
places, quartier, voila ce que nous attendons de vous.

Le projet que nous souhaitons devra unifier l’entreprise, mais cette unification ne devra pas se faire aux dépens
de la diversité des espaces.

A ce titre, la conception intérieure des espaces et celle des façades devront apparaitre en profonde harmonie ;
de même la décoration, prolongement ultime de l’architecture, sera-t-elle pensée de manière implicite des
l’origine du projet.

Pour conclure, quand viendra le moment de présenter votre travail, nous savons qu’il vous sera difficile de
résister à la tentation de nous séduire. Sachez que nous tenons plus à l’authenticité de votre projet qu’aux effets
factices des rendus habiles, que nous allons travailler en commun à une œuvre difficile et que notre dialogue
devra s’engager sur un contrat clair où le client et l’architecte joueront chacun pleinement et complètement
leur rôle. »

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3.2 L’INTRODUCTION

Dans l'introduction, le rédacteur du programme présente le document :


Genèse, méthode d'élaboration et personnes qui y ont participé, stade de
maturité de l'étude, questions encore sans réponses...

Puis il évoque de façon succincte sa structure : plan, forme et contenu, ceci afin de
faciliter l'emploi qui en sera fait par les maîtres d'œuvre.

3.3 Présentation du projet de la maîtrise d'ouvrage

Cette partie du programme présente, pour le maître d’œuvre, le projet de la


collectivité publique avec tout ce qui le sous-tend, ainsi que le contexte général de
l'opération.

 Fiche signalétique de l’opération


– le nom de l'opération ;
-son type (construction neuve, réhabilitation, restructuration, extension...)
– son adresse
– la superficie du terrain
-la superficie de l'ouvrage, sa capacité
– les principaux objectifs du maître d'ouvrage
– la date de mise en service prévue
– le coût prévisionnel, etc.
Certaines de ces informations doivent être développées et complétées.

 Organisation de la maitrise d’ouvrage

-Les institutions :( le maitre d’ouvrage, le mandataire, le conducteur d’opération,


l’établissement ou l’équipement concerné par le programme, les autorités de tutelle).

-Les acteurs : (le représentant légal du maitre d’ouvrage, ses collaborateurs ou


partenaires, le conducteur de projet, le programmateur, le gestionnaire de
l’équipement, les membres de l’équipe de projet qui ont participé à l’élaboration du
programme et qui suivront le projet architectural et technique.

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 Genèse du projet du maitre d’ouvrage

Un rapide historique de l’opération : (l’évaluation des besoins, les divers diagnostics,


le choix des options puis du scenario, le choix du site, l’opportunité et la faisabilité de
l’opération)

 Objectifs de l’opération

L’intention générale de l’ouvrage révélée par les études pré-opérationnelles, ainsi que
les principaux enjeux sociaux, urbains, économiques et culturels …

Les objectifs se regroupent toujours en deux domaines : la qualité du service à rendre


et la qualité du cadre bâti et des espaces extérieurs.

Les attentes sont exprimées en rapport avec : l’inscription urbaine du bâtiment, le


traitement de l’accueil, l’ambiance générale, les conditions de travail, le
fonctionnement, la gestion, l’entretien, …etc.

Le concept programmatique de l’équipement est à exprimer impérativement, car il


permet au maitre d’œuvre de comprendre l’essence même du projet du maitre
d’ouvrage.

La durée de vie prévisible de l’équipement : si le service est prévu pour une longue
période ou non, s’il doit être relayé à terme par un autre équipement, s’il est
susceptible d’être sujet à des extensions ultérieures, si le bâtiment peut subir un
changement de fonction à terme ou non…etc.

3.4 FONCTIONS, ACTIVITES ET USAGES

Vie du et dans le futur équipement : les services offerts- les personnes qui vont les
dispenser- leurs activités et leurs pratiques.

 Le service à rendre : la nature, le niveau et les particularités du service à mettre en


place résultent de la politique locale et du conteste particulier de l’opération : culture,
usages, locaux, profils de la clientèle visée, etc.…

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 Les usagers du bâtiment : la réussite d’un bâtiment dépend étroitement de la


fréquentation d’un édifice, de son utilisation et de son appropriation par l’ensemble de
ses usagers.

La présentation des publics ciblés ainsi que du personnel amené à faire fonctionner le
service et/ou à exploiter l’équipement, accompagnée de leurs principales
caractéristiques ainsi que leurs comportements (horaires, localisation, habitudes,
organisation hiérarchique, modes de travail …) et leurs attentes, permet au maitre
d’œuvre de comprendre et de s’approprier les données du programme qui reposent sur
l’analyse des usagers et de leurs pratiques.

Les usagers sont à classer en plusieurs catégories afin de mieux évaluer les besoins
respectifs de chacun, ceci en parlant de la nature et du rythme des rencontres au sein
d’une même catégorie, entre les différentes catégories, leurs horaires, leurs habitudes
et leurs relations. En effet pour une même activité, chacune des catégories d’usagers
de l’édifice a des besoins spécifiques.

Exemple : usagers d’une crèche

Cible potentielle théorique : familles pouvant avoir des enfants de moins de 3 ans.

Cible potentielle réelle : familles ayant des enfants de moins de 3ans dont les deux
parents travaillent.

Catégorie géographique de population visée : la population du centre ville.

Catégorie du public direct : les enfants de moins de 3ans

Catégorie du public indirect : les parents d’enfants de moins de 3 ans

Catégorie de personnel principal : les gestionnaires, permanents, temporaires, et


bénévoles.

Catégorie de personnel annexe régulier : les livreurs, le pédiatre, le médecin


inspecteur…

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Catégorie d’utilisateurs annexes épisodiques : les pompiers, le médecin du travail…

Prospectives : le programme doit aborder le chapitre des évolutions probables,


quantitatives et qualitatives, dans le temps et dans l’espace, des usagers de
l’équipement et de leurs pratiques.

 Fonctions, activités, usages et organisation générale du service :

Un bâtiment public se défini par ses fonctions. A ces fonctions correspondent un


certain nombre d’activités pratiquées selon les usages en vigueur, ce qui peut générer
des process plus ou moins complexes.

Fonctions : une fonction se décrit en termes d’objectifs, de services, de cibles, de


pratiques, d’impacts, d’évolution ou de développement.

La fonction affectée à une partie d’un édifice renvoi à des notions d’utilité, de rôle, de
nécessité fonctionnelle. En général, un espace rempli une fonction unique, Exemple de
fonctions: détente, accueil, enseignement…

Activité : La description d’une activité se fait en termes d’action, d’occupation des


usagers. Il arrive souvent qu’un espace affecté à une fonction précise dans l’édifice
héberge des activités différentes. Exemple d’activité : étudier, faire du sport, lire, …

Usages : Il s’agit des coutumes, pratiques, matériels et espaces liés aux


activités…pratiquer une activité selon les usages propres au contexte nécessite des
espaces adéquats, du matériel, une ambiance particulière, etc.

Process : il s’agit de présenter l’enchainement des actions qui concourent à la


production d’un service.

Plusieurs échelles dans la présentation du fonctionnement :

le programme détaille la vie de l’équipement au travers de ses grandes fonctions, des


relations entre elles, des process particuliers qui vont s’y dérouler, des diverses
activités, des relations entre l’équipement et d’autres services, entre l’équipement et la
ville en passant par la cité et le quartier. Les relations entre les fonctions sont définies

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en fonction de leur intensité, leur fréquence, leur durée, leurs modalités, leurs
interactions et nuisances réciproques.

LA FONCTION D’ACCUEIL

Par essence, un bâtiment public accueille du public ; l’accueil constitue donc une
fonction première et majeure.

De par le fait d’être directement liée à l’appropriation d’un édifice par ses usagers
habituels ou occasionnels, la qualité générale de l’accueil d’un bâtiment est
immédiatement perceptible.

Il est nécessaire d’établir une distinction entre la qualité d’accueil de l’ensemble de la


construction et de la qualité de l’espace affecté à l’accueil.

La qualité d’accueil de l’ensemble du bâtiment


Elle dépend :
— Du choix du site, son exploitation judicieuse : le repérage aisé, les facilités d’accès
et de desserte, les possibilités de stationnement

— Des qualités architecturales et techniques de la construction : la perception globale


de l’identité de l’édifice, la lisibilité des différentes fonctions, le repérage des
accès, le déplacement, la circulation et l’orientation dans l’équipement et enfin la
qualité des espaces d’accueil et de circulation (matériaux, mobilier, éclairage,
colorimétrie, textures, signalétique…)

Accessibilité pour tous


C’est la possibilité d’accéder, de circuler, même de séjourner dans un lieu pour tous :
enfants, personnes à mobilité réduite (femmes enceinte, personnes âgées, handicapés
moteurs, malvoyants) et même les illettrés. Aussi bien pour les parties accessibles au
public qu’aux locaux destinés au personnel.
En Algérie, la Loi du 11 Février 2005 donne un contenu juridique au principe de
compensation et réglemente l'accessibilité. Elle instaure l'accessibilité du cadre bâti, des
transports et des nouvelles technologiques. Les nouvelles technologies, elles-mêmes, doivent

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être accessibles. L'accessibilité, jusqu'alors physique, est renforcée par une dimension
intellectuelle et sensorielle.

Elle pose le principe de l'accessibilité du cadre bâti et de ses abords, mais aussi, elle fixe
l'accessibilité des équipements et des informations qui y sont diffusées. Ce principe
recouvre la possibilité, pour toute personne handicapée, non seulement d'accéder à un
bâtiment et d'y circuler, mais également d'y recevoir les informations et les prestations qui
sont offertes. La loi fait de l'accessibilité l'outil qui permettra et facilitera la participation des
personnes handicapées à la société.

La loi rend obligatoire la continuité de l'accessibilité entre le cadre bâti, l'espace public, la
voirie et le transport en commun. Elle instaure la notion de "chaîne de déplacement ". Selon la
loi, tout obstacle doit être supprimé pour que la continuité de la chaîne du déplacement soit
respectée.
Elle instaure le principe de l'accessibilité pour toute réalisation récente qu'il s'agisse du
bâtiment, des transports ou de la voirie, mais elle élargie ce principe également aux structures
et infrastructures existantes en fixant un délai maximum de 10 ans à compter de la publication
de la loi.

Accès
Ensemble de solutions prévues pour la desserte du site, que celle-ci soit collective,
individuelle, publique ou privée et quelque soit le moyen de transport utilisé, en ayant la
possibilité d’accéder facilement au site, de s’arrêter sans stationner, ou de stationner.

Circulation et signalétique
Pouvoir circuler sans trop de difficulté d’orientation et de repérage.

L’entrée
C’est un espace de transition et de jonction entre l’extérieur et l’intérieur.
Communément appelé « entrée » l’accueil général ou principal abrite de nombreuses activités
qui diffèrent d’un équipement à un autre : réception, orientation, information, attente,
contrôle, communication / exposition, vestiaire/sanitaires, activités commerciales.
Toutes ces activités doivent être identifiées de manière précise, l’espace leur étant
destiné doit être défini aussi bien en termes quantitatifs que qualitatifs et réfléchi quant à son
organisation, au confort des utilisateurs, aux mesures capables d’améliorer le fonctionnement
…etc
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3.5 LE SITE
Pour fournir au concepteur l’ensemble des indications nécessaires à l’inscription du projet
dans un site d’accueil, le programme doit rendre compte du contexte local, des intentions ou
des objectifs du maitre de l’ouvrage concernant cette inscription.
Ces informations portent sur deux volets :
1. les facteurs extérieurs susceptibles d’influer le projet architectural et technique ;
2. l’impact possible du projet sur l’environnement.

5.1. Analyse des contraintes et potentialités du site d’accueil


Contexte général, le terrain, les données physiques, l’environnement, la
desserte du site, la réglementation, les attentes. Les documents à remettre sont variés : textes,
plans, photos, schémas…etc.
Contexte général : Contexte historique, économique et culturel : nombre d’habitants,
ressources économiques, faits historiques marquants, particularités culturelles, typologie
générale du bâti, urbanisme d’ensemble…

Le terrain : énoncer les principales caractéristiques urbaines, foncières, spatiales, historiques,


et symboliques, image, valeur affective, perception… ;

Les données physiques : géotechniques, topographiques, climatiques, risques, inondations,


faune, hydrographie, sous-sol… ;

Environnement : naturel, bâti, culturel, social, administratif ou commercial, opérations


voisines, attentes en matière de haute qualité environnementale ;

Desserte du site : analyse de l’état existant et propositions d’améliorations, voies d’accès, et


zones de stationnement existantes ou à prévoir, réseaux existants ou à prévoir ;

Réglementation : extrait de la réglementation de l’ensemble des points relatifs à l’opération :


règles d’urbanisme, servitudes publiques et privées, contraintes diverses

5.2. Attentes urbaines et architecturales du maitre d’ouvrage

C’est au maitre de l’ouvrage de définir les messages dont est chargée la future réalisation.

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Responsabilité du maitre de l’ouvrage : Attentes en matière d’architecture, si la fonction de


l’édifice doit être visible ou non, si l’équipement doit être un repère ou un signal urbain, s’il
doit participer à la modification de l’image du quartier et dans quel sens, doit il produire des
effets d’entrainement sur son environnement direct sur la ville ou non ;

Orienter la créativité sans la brider : l’essence des attentes, symbolique, l’image attendue ;
l’image attendue de l’édifice pourra ou non traduire la fonction de l’édifice, son rôle principal,
la volonté politique qu’il symbolise…

ex : extrait de l’avant propos du programme d’un palais de justice :

« Le palais de justice constituant, au nord de la ville, la réplique des grands équipements


déjà réalisés au sud, aura un rôle structurant, perceptible des secteurs constitutifs du centre
ville. Élément architectural formant un signal urbain, il doit être avant tout, pour le public et
les justiciables, mais aussi pour les magistrats, les fonctionnaires et les auxiliaires de justice,
un reflet de la fonction judiciaire, traité dans un esprit contemporain, sans luxe ni austérité
excessifs ».

3.6 LES ESPACES NECESSAIRES AUX ACTIVITES

Le découpage en espaces retenu lors de la programmation et les spécificités de chacun d’eux.

1. Informations sur les espaces

- La définition des espaces et leurs grandes caractéristiques pour l’ensemble de


l’équipement et pour chaque entité fonctionnelle ;

- La description de l’organisation spatiale attendue, pour l’ensemble de l’équipement et


pour chaque entité fonctionnelle ;

- La description des différents circuits de personnes ou de matériels ;

- La précision d’attentes particulières par espace dans lesquels vont se dérouler les
mêmes activités.

Tout doit être présenté en tenant compte de la hiérarchisation des exigences du maitre

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d’ouvrage.

Exemple de fiche d’espaces:

Activités prévues :

- Nature, type, hiérarchie, fréquence ;

- Durée, succession ;

- Relations avec d’autres activités ;

- Nuisances… ;

- Nombre d’usagers, de personnels concernés ;

- Leurs évolutions probables.

Attentes quantitatives

- Superficie, volume ;

- Equipement immobilier nécessaire ;

- Mobiliers et matériels prévu.

Attentes qualitatives

- Ambiance souhaitée ;

- Performances techniques attendues à préciser en fonction du niveau du


programme ;

- Préoccupations particulières d’entretien de fonctionnement ou de maintenance.

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Attentes spécifiques

2. Optimisation des espaces

Il est important que l’affectation d’un espace à une activité ou une fonction se fasse en passant
par des simulations d’usages et de rythmes de fréquentations des locaux en considérant les
exigences techniques et spatiales spécifiques à chaque activité, les besoins particuliers en
matériels et équipement et le temps nécessaire à la remise en état du local, à son entretien, à
son aération. En tenant compte des paramètres suivants :

Polyvalence ou spécialisation : la rentabilisation des locaux et le plein emploi engendrent


souvent des complications d’usage ;

L’espace spécialisé est celui qui accueille un groupe d’activités identifiées comme nécessitant
un espace bien particulier et des équipements spécifiques.

L’espace polyvalent est celui qui permet le déroulement, simultanément ou successivement,


d’activités diverses, chacune pouvant nécessiter des équipements spécifiques.

Analyser les pratiques avant de les quantifier : type d’activité, contraintes, équipement,
horaires, publics, usages. En fonction des rythmes d’utilisation des espaces par les usagers et
des seuils admissibles de fréquentation sera déterminée une première ébauche des besoins en
locaux (nombre, superficie ou volume).

Flexibilité : des espaces flexibles sont des espaces neutres qui, tout en étant correctement
équipés techniquement, offrent la possibilité de changer momentanément ou durablement
d’affectation, d’être remodelé à court, moyen ou long terme. C’est concilier l’usage quotidien
et l’usage exceptionnel, l’usage actuel et l’usage futur.

3. Superficies :

Pour indiquer la superficie dans la programmation des bâtiments publics plusieurs termes sont
utilisés.

Surface hors œuvres (S.H.O.) : c’est la somme des surfaces de planchers de chaque niveau-
hors toitures, terrasses, combles, sous-sols non aménageables et balcons-calculés au nu

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extérieur des murs de pourtour.

Surface dans œuvre (S.D.O.) : c’est la surface hors œuvre nette, déduction faite des éléments
de structure (poteaux, murs porteurs, cloisons….) et des éléments techniques (gaines de
ventilation…).

Surface utile (S.U.) : c’est la surface dans œuvre de toutes les surfaces d’activités (surfaces
réèllement utilisées pour l’exercice d’une activité.

Surface Utile : elle recouvre essentiellement la notion de superficie réellement utilisable pour
les activités. Dans le programme, il est préférable de ne donner qu’une fourchette de
superficie. Les surfaces d’accueil résultant d’un élargissement des surfaces de circulation sont
des surfaces utiles.

Surfaces Utiles et annexes : les surfaces annexes ne doivent pas être minimisées ; les
surfaces de circulation, comme la répartition des locaux techniques participent au confort et à
la qualité de vie d’un équipement, à son image et à sa souplesse d’utilisation.

Extensions prévues : Le programme doit prévoir les extensions envisagées à court, moyen ou
long terme, en donnant au maitre d’œuvre toutes les informations nécessaires pour envisager
l’emprise et la localisation des extensions, les caractéristiques provisoires ou définitives à
rechercher, etc.

7/ LES CONTRAINTES ET LES EXIGENCES TECHNIQUES

Il est du devoir du Maitre de l’ouvrage de formuler ses attentes relatives aux aspects
techniques du projet au maitre d’œuvre. Les textes particuliers qui s’appliquent à l’opération,
les règles d’usage et tous les textes réellement nécessaires sont fournis en annexes, en totalité
ou en partie.

Les contraintes d’ordre technique, qui sont imposées au maitre d’ouvrage, différent des
exigences techniques qui résultent directement des choix propres et des moyens financiers
accordés par le maitre d’ouvrage à une opération donnée. Le maitre d’ouvrage explicite ses
choix en insistant sur le but recherché, tout en veillant à la compatibilité de ses exigences avec
les contraintes en procédant à leur hiérarchisation.

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7.1/Les performances à atteindre

Dans un souci d’amélioration du confort et du fonctionnement de l’équipement ou


d’optimisation de l’économie du projet, le MO peut souhaiter aller au delà des prescriptions
réglementaires. Pour cela, le programme peut préconiser des seuils minimaux de résultats à
atteindre tout en laissant une marge au MOE de proposer de meilleures solutions

7.2/Les conditions de fonctionnement

Aussi bien les contraintes réglementaires liées à la nature de l’ouvrage (réseaux divers,
aménagements techniques particuliers, traitement des déchets, etc.) que les attentes
spécifiques liées au confort de l’équipement.

 Evaluer le cout du confort demandé ;

Certaines exigences en matière de confort thermique, acoustique et d’éclairement peuvent


avoir des répercussions importantes sur le cout des travaux ; il est du devoir du MO de savoir
en estimer globalement le cout. Le programme doit fournir des informations sur le
déroulement de chaque activité, sa durée et les effectifs concernés, sur la climatologie locale,
la végétation, le relief et le sous sol, afin de permettre éventuellement sectorisation thermique
du bâtiment.

 Les technologies nouvelles

Il est primordial en matière de programmation de bien mesurer les conséquences réelles du


recours aux technologies nouvelles. Il est donc nécessaire de s’informer préalablement sur les
incidences en matière de cout en consultant des professionnels compétents :
- Cout d’investissement ;
- Cout de fonctionnement ;
- Formation du personnel ;
- Entretien et maintenance ;
- Aménagement de l’espace ;
- Installations techniques annexes ;
- Mesures de protection contre le vol ou les dégradations.
Deux réflexions doivent orienter le MO :

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— Anticiper sur l’avenir en se laissant la possibilité d’intégrer des équipements et des


installations complémentaires sans devoir entreprendre d’importants travaux.
Prescription de plancher ou plafond technique, surdimensionnement raisonnable des
parties techniques, et flexibilité du cloisonnement peuvent être des réponses à ce souci
d’anticipation. Des exigences à faire apparaitre clairement dans le programme.
— L’innovation n’est pas un objectif en elle-même.

7.3/ Les conditions de maintenance d’exploitation et d’entretien

Le MO est souvent gestionnaire du patrimoine bâti, ce qui lui impose de réfléchir des la
programmation à l’utilisation de l’équipement à sa gestion et à l’organisation de sa
maintenance sur les décennies à venir.

 Approche en cout global23 : la collectivité publique supporte, en réalité,


l’équipement en cout global. L’approche du CG prend en compte le cout
d’investissement d’un équipement, mais aussi son cout d’exploitation et de
maintenance (cout moyen annuel peut représenter 10% du cout
d’investissement initial) sur plusieurs années.

Indiquer dans le programme les modalités pratiques de la prise en charge future de l’entretien
des locaux et de la maintenance des équipements techniques permet au concepteur de décider
en connaissance de cause :
- De la localisation et de l’accessibilité des installations nécessitant un contrôle, un
entretien ou un approvisionnement périodique, ou des surfaces à nettoyer
régulièrement ;
- Des matériaux et revêtements des différentes surfaces ;
- Des types d’équipements ;
- Du traitement des espaces extérieurs.

7.4/ Les condition de sécurité et de sureté

Dans une construction destinée à recevoir du public, sécurité et sureté sont deux domaines
dans lesquels la responsabilité du MO est engagée pleinement. Le programme décrit les
performances attendues de la construction concernant sa sécurité et sa sureté et précise les

23
Consulter à ce sujet l’ouvrage »Intégrer la maintenance à la conception des bâtiments publics », MIQCP, Editions du Moniteur.

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moyens qui seront mis à cet effet par le MO.

 La sécurité concerne la prévention et la protection contre les risques


d’incendies, d’inondations ou d’accidents de toute nature. Elle fait l’objet
d’une abondante réglementation, générale ou particulière à certaines
installations. Le programme doit faire référence aux textes et fournir des
extraits de ceux-ci en annexe.

 La sureté concerne la prévention et la protection contre les risques de vols,


d’agressions ou de dégradations. Il existe peu de textes réglementaires
régissant la sureté des constructions à l’exceptions des bâtiments « sensibles »
(palais de justice, gendarmerie, ambassades, banques, etc.), pour ces types de
bâtiments le programme doit préciser les conditions d’accès à certains locaux
et les dispositifs de protections spécifiques attendus (réseau de surveillance,
alarmes, chambres fortes, etc.)

Les problèmes de sécurité et de sureté peuvent être prix en charge par certaines dispositions
architecturales simples, telles que :
- Implantation judicieuse sur le site ;
- Localisation adaptée d’un service à risque ;
- Traitement dissuasif des espaces extérieurs périphériques ;
- Accès et issues auto-défensifs et facilement contrôlables ;
- Une conception intérieure des locaux avec des circulations courtes et éclairées ;
- Des rangements intégrés prévenant l’encombrement des couloirs ;
Il est également utile d’étudier le cout en investissement (logement de fonction) et en
fonctionnement (salaire) d’un gardien.

8/LES CONTRAINTES ET EXIGENCES OPERATIONNELLES

Ce sont les modalités de mise en œuvre de l’opération. Le MO y expose les données en


matière de délais, de phasage des travaux et de couts.

8.1 Le phasage

Les études pré opérationnelles permettent de mettre en évidence la nécessité de découpage de

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l’équipement en plusieurs tranches fonctionnelles dont les mises en service seront décalées
dans le temps. Ce choix peut résulter de motifs techniques, fonctionnels, financiers ou de la
nécessaire continuité d’un service existant pendant les travaux.

8.2 Calendrier prévisionnel de l’opération

Le MO communique au MOE l’échéancier prévisionnel de l’opération. Il explicite les


contraintes de délais particulières. Le planning doit tenir compte les justes et nécessaires
délais des phases jalons :
- De consultation des Maitres d’œuvre ;
- De conception ;
- D’obtention des autorisations et approbations administratives ;
- De consultations des entreprises ;
- De passations des marchés ;
- De réalisation des travaux ;
- De procédures de réception et de livraisons ;
- D’aménagement et équipement des locaux

8.3 Enveloppe financière

Dans une commande d’architecture et d’ingénierie c’est le rapport qualité/prix qui constitue le
critère de choix le plus important. Les exigences et les attentes de la Maitrise d’Ouvrage
exprimées dans le programme doivent être en cohérence avec les moyens dont elle dispose ou
qu’elle consacre à l’opération.
Le programme annonce clairement l’enveloppe prévisionnelle du MO ; le montant
approximatif hors taxe de l’enveloppe financière allouée à la partie travaux de l’opération est
fourni et les montants doivent être mentionnés avec une date de valeur et l’indication précise
des prestations comprises.

9.LES ANNEXES

Les annexes comprennent toutes les parties nécessaires au Maitre d’Œuvre pour concevoir
son projet.
Exemple : Les annexes peuvent réunir :

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– Des plans ;
– Des relevés ;
– Des photographies ;
– Des états des lieux ou expertises techniques de bâtiments existants;
– Des résultats de sondages ;
– Divers règlements et textes ;
– Des études spécifiques, etc.,

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La commande urbaine, dispositif de préparation, de formulation et de


gestion

A partir des besoins exprimés par les utilisateurs et les usagés, le programmiste, s’appuyant
sur des experts et le contexte technique (la législation et les réglementations techniques, les
caractéristiques physiques des espaces et de leurs fonctionnements), va préciser les
performances nécessaires au bon fonctionnement des activités du cadre bâti et de celles de ses
espaces extérieurs.) Sur le plan réglementaire : des contraintes relevant des domaines de
l’urbanisme, de la sécurité, de l’accessibilité, de la thermique, de l’hygiène par exemple
- Sur le plan des performances et des obligations de résultats : des orientations et des
recommandations issues des politiques environnementales, des organisations en relation avec
des objectifs d’usage, d’hygiène, de sûreté,…

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

MOLLARD Claude, CONCEVOIR UN EQUIPEMENT CULTUREL, Ed du


Moniteur, Paris, 1922.
CHAINTREAU Anne Marie et GASCUEL Jacqueline, Votre bâtiment de A à Z, Ed
DU CERCLE DE LA LIBRAIRIE, Paris, 2000.

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