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L2 S3

2007/2008
Mathématiques

Séries: corrections de quelques exercices de la feuille 6 (séries de


Fourier)

Par Thomas Duyckaerts. L’auteur décline toute responsabilité en cas de faute de calculs
sur les coefficients de Fourier.
P∞
Exercice 6. Déterminer une suite de réels (an ) telle que ∀x ∈ [0, π[, sin(x) = n=0 an cos(nx).

Correction. Il suffit de trouver une fonction 2π-périodique


P∞ f , égale à sin sur [0, π[ et dont
le développement en série de Fourier est de la forme n=0 cos(nx). Une telle fonction doit
être paire, on prolonge donc la fonction sin↾[0,π[ , en posant
f (x) = | sin x|.
ce qui donne bien une fonction paire et 2π-périodique sur R, qui de plus est continue (en
effet, f est continue sur [−π, π] et f (−π) = f (π)). Puisque sinus est positive sur [0, π[ on a
bien f (x) = sin x sur cet intervalle.
Soit (an )n≥0 la suite des coefficients de Fourier pairs de f . On remarque
f (x) = − sin x, x ∈] − π, 0[, f (x) = sin x, x ∈]0, π[.
Donc f↾]−π,0[ se prolonge en une fonction C 1 sur [−π, 0] (la fonction −sinus) et f↾]0,π[ se
prolonge en une fonction C 1 sur [0, π] (la fonction sinus), ce qui montre que f est C 1 par
morceaux. La fonction f étant également continue, on en déduit, par le théorème de con-
vergence normale X
f (x) = an cos(nx).
n≥0
(où la convergence de la série trigonométrique est normale).
Il reste à calculer les an , ce que nous laissons au lecteur... On doit trouver
2 4
a0 = , an = − 2
si n est pair, an = 0 si n est impair.
π π(n − 1)
(ce qui permet de vérifier que la convergence est bien normale!)
Finalement:

2 4X 1
∀x ∈ [0, π[, f (x) = − 2
cos(2kx).
π π k=1 4k − 1

Question subsidiaire: en faisant x = 0 dans la formule précédente, on trouve l’identité



1 X 1
= 2
.
2 k=1 4k − 1
Sauriez-vous retrouver cette formule par un raisonnement élémentaire (en particulier sans
utiliser de séries de Fourier)?
1
2

Exercice 9. Soit f une fonction 2π-périodique et de classe C 1 .


a) Soit n ∈ Z, calculer cn (f ′ ) en fonction de cn (f ).
Correction. La fonction f étant C 1 , une simple intégration par parties nous donne
Z +π +π
in +π

1 1
Z
′ −inx −inx
f (x)e dx = f (x)e + f (x)e−inx .
2π −π 2π −π 2π −π
 +π
De plus f (x)e−inx = 0, la fonction x 7→ f (x)e−inx étant 2π- périodique. D’où
−π

cn (f ′ ) = incn (f ).
R 2π
b) Supposons 0
f (x)dx = 0. Montrer
Z 2π Z 2π
2
|f (x)| dx ≤ |f ′(x)|2 dx.
0 0

Correction. L’hypothèse s’écrit aussi c0 (f ) = 0. Par l’égalité de Parseval sur f ′ ,


Z 2π X X X
|f ′ (x)|2 = 2π |cn (f ′ )|2 = 2π n2 |cn (f )|2 ≥ 2π |cn (f )|2 ,
0 n6=0 n6=0 n6=0

car dans la somme précédente n est non nul, et on a donc toujours n2 ≥ 1. On conclut en
utilisant Parseval sur la fonction f .
Exercice 10. On considère l’équation différentielle (E) : y ′′ + 4y = | sin |.
a) Écrire la fonction t 7→ | sin t| comme somme d’une série trigonométrique.
Réponse D’après l’exercice 6, corrigé plus haut,

2 4X 1
∀x ∈ R, | sin x| = − 2
cos(2kx).
π π k=1 4k − 1
b) Résoudre pour n ∈ N l’équation différentielle y ′′(t) + 4y(t) = cos(nt).
Correction On commence par rechercher une solution particulière ỹn de l’équation. On va
chercher une solution Y de l’équation
(F) Y ′′ (t) + 4Y (t) = eint ,
puis prendre ỹn = re Y .
On rappelle que l’équation Y ′′ +aY ′ +bY = eλt admet une solution particulière de la forme
ceλt si λ2 + aλ + b 6= 0. Dans le cas contraire1, on a une solution particulière de la forme
cteλt (si λ est racine simple de l’équation=, ou ct2 eλt (si λ est racine double de l’équation).
1
On distingue donc deux cas. Si n 6= 2, alors (in)2 + 4 6= 0 et on montre que Y (t) = 4−n 2e
int

convient, ce qui donne la solution particulière


1
ỹn = cos(nt), n ∈ N \ {2}.
4 − n2
Si n = 2, on cherche une solution de (F) de la forme Y = cte2it . Un calcul direct montre
que Y = 4it e2it convient, d’où la solution particulière
t
ỹ2 = sin(2t).
4
1la forme précédente ne marche pas car eλt est solution de l’équation homogène y ′′ + ay ′ + by = 0
3

Il reste à donner la solution générale de l’équation différentielle. Si n 6= 2, la solution


générale est  
1
y(t) = + A cos(nt) + B sin(nt),
4 − n2
et si n = 2,  
t
y(t) = A cos(2t) + + B sin(2t).
4
Dans les deux cas, A et B sont des paramètres réels.
c) Déduire des deux questions précédentes une solution particulière de (E), puis sa solution
générale.
Correction rapide. D’après les deux questions précédentes, une solution particulière de
l’équation est formellement2 donnée par

2 4X 1
ỹ(t) = ỹ0 (t) − 2
ỹ2k (t),
π π k=1 4k − 1
c’est à dire ∞
1 t 1X 1
ỹ(t) = − sin(2t) + cos(2kt).
2π 3π π k=2 (4k − 1)(k 2 − 1)
2

Posons pour k ≥ 2
1
fk (t) = cos(2kt).
(4k 2
− 1)(k 2 − 1)
Pour vérifier que ỹ(t) est bien solution
P∞ de l’équation, il suffit, d’après le théorème de dérivation
des séries, de montrer que la sérieP k=2 fk converge simplement, que chacune des fonctions
fk est deux fois dérivable et que k≥2 fk′′ converge uniformément sur R. Toute ses assertions
sont claires. On remarque en particulier que quand k tend vers +∞,
2
4k 2

′′
4k 1
|fk | = − cos(2kt) ≤ ∼ ,
(4k 2 − 1)(k 2 − 1) (4k 2 − 1)(k 2 − 1) k2
P ′′
et donc que fk converge normalement sur R.
La solution générale de l’équation (E) est donc

1 1 1X 1
y(t) = A cos(2t) + B sin(2t) + − sin(2t) + cos(2kt).
2π 3π π k=2 (4k − 1)(k 2 − 1)
2

Question subsidiaire. Chercher la solution générale de (E) sans utiliser les séries de Fourier,
en résolvant y ′′ + 4y = | sin t| pour t ≥ 0 puis t ≤ 0.
Réponse. On devrait trouver pour deux paramètres réels a et b,
1


 a cos(2t) + b sin(2t) + sin t, si t ≥ 0
3

y(t) =  
1 1
 a cos(2t) + b + sin(2t) − sin t, si t ≤ 0.


3 3

2C’est à dire si la série converge et la dérivation terme à terme sous le signe


P
est valide