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MOOC Evaluation

Environnementale

Les acteurs de l’évaluation environnementale

Par son caractère itératif, le processus d’évaluation environnementale implique de nombreux acteurs,
qu’il s’agisse des acteurs du projet ou des autorités publiques. Le processus d’évaluation
environnementale repose sur l’interaction entre ces différents intervenants.

On peut dénombrer six acteurs principaux qui interviennent chronologiquement de la façon suivante :

• Les maîtres d’ouvrage qui se responsabilisent autour d’une démarche d’intégration de


l’environnement ;
• Les bureaux d’études et tous ceux qui détiennent de la connaissance (experts...) ;
• Les autorités compétentes en matière d’environnement qui sont consultées en vue
d’une évaluation externe ;
• Le public qui est informé et consulté ;
• L’autorité décisionnaire.

Leurs rôles respectifs peuvent ainsi être présentés au fur et à mesure des étapes constituant le
processus d’évaluation environnementale.

1. L’élaboration du projet

Le premier objectif du processus d’évaluation environnementale est d’assurer la prise en compte de


l’environnement dès l’élaboration d’un projet. L’objectif est donc de responsabiliser le maître
d’ouvrage en assurant l’intégration de l’environnement dans la réflexion autour de la conception de
son projet.

Le processus d’élaboration du projet impliquant de procéder à de nombreux choix, aussi bien


opérationnels que techniques, il est nécessaire que la donnée environnementale soit intégrée pour
permettre de procéder à ces choix de manière éclairée et respectueuse du milieu dans lequel le projet
s’intégrera.

Dès lors, il appartient au maître d’ouvrage d’obtenir et d’agglomérer la donnée environnementale afin
d’identifier les caractéristiques du milieu éventuellement impacté par le projet ainsi que lesdits impacts
correspondant aux différentes options envisageables pour la réalisation de son projet.

Cette donnée environnementale sera compilée dans l’étude d’impact et servira, dans un premier
temps, de support à la réflexion du maître d’ouvrage.

2. La réalisation de l’étude d’impact


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Dans la mesure ou le maître d’ouvrage ne dispose bien souvent pas de la compétence technique et de
l’expertise nécessaire à la réalisation d’une étude d’impact, cette tâche incombe le plus souvent aux
bureaux d’études et aux experts.

En effet, le code de l’environnement impose que l’étude d’impact comporte « Les noms, qualités et
qualifications du ou des experts qui ont préparé l'étude d'impact et les études ayant contribué à sa
réalisation » (article R. 122-5, II, 11° du code de l’environnement).

Ces études doivent donc être réalisées par du personnel qualifié et détenteur de la connaissance
environnementale afin de garantir des informations et une analyse pertinente des impacts
environnementaux potentiels.

3. L’avis de l’autorité environnementale

Fort de la connaissance acquise au moyen des informations contenues dans l’étude d’impact, le maître
d’ouvrage procède à l’élaboration de son projet final en s’appliquant à justifier les choix qu’il a réalisé
au regard des impacts environnementaux engendrés par les variantes retenues.

A ce stade, l’étude d’impact et les choix retenus sur cette base constituent un ensemble de document
dont la technicité ne le rend pas accessible à un large public. Par conséquent, pour faciliter l’accès de
ces documents au public d’une part, et à l’autorité en charge d’autoriser ou non le projet d’autre part,
l’étude d’impact est transmise pour avis à l’autorité environnementale.

Cette autorité doit impérativement présenter d’importantes garanties d’indépendance et être dotée
d’une expertise particulière en matière d’environnement. Elle est chargée d’émettre un avis sur la
qualité de la prise en compte de l’environnement dans les projets. Cet avis est rendu public et intégré
au dossier d’enquête publique. Il peut faire des recommandations en vue de réduire les impacts
négatifs sur l’environnement et la santé humaine.

L’objectif poursuivi est d’informer le public, d’éclairer la décision de l’autorité chargée d’autoriser le
projet mais aussi d’accompagner le maître d’ouvrage en soulignant les points positifs et négatifs du
projet au regard des impacts environnementaux.

Cette démarche d’accompagnement peut aussi intervenir en amont de la réalisation de l’étude


d’impact dans la mesure où le code de l’environnement prévoit la possibilité pour le maître d’ouvrage
de saisir l’autorité environnementale afin qu’elle rende un avis sur le champ précise le degré de
précision des informations nécessaires pour l’étude d’impact.

4. La consultation du public

L’une des finalités principales du processus d’évaluation environnemental consiste à informer le public
concerné par le projet, de la façon dont l’environnement a été pris en compte dans l’élaboration dudit
projet, et de la façon dont le maître d’ouvrage a mis en œuvre des mesures d’évitement, de réduction
et de compensation de ses impacts environnementaux.
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Fort de l’éclairage apporté par l’avis de l’autorité environnementale, le public doit ainsi être rendu
destinataire des informations concernant le projet, parmi lesquelles l’étude d’impact ainsi que l’avis
précité. Le public est ainsi à même de donner son avis et d’émettre des observations sur le projet.

5. L’autorisation ou non du projet

A ce stade, la quasi-totalité du processus d’évaluation environnementale a été réalisée. Il s’agit alors


de tirer toutes les conséquences de ce processus et de prendre la décision d’autoriser, ou non, le projet.

Afin que cette décision puisse tirer pleinement parti de ce processus, l’ensemble des informations sont
transmises à l’autorité publique décisionnaire. Elle dispose ainsi, pour prendre sa décision, de
l’ensemble de l’information environnementale, de la justification des choix effectués par le maître
d’ouvrage, d’un éclairage quant à la qualité de ces éléments par une autorité indépendante et
disposant d’une compétence particulière en matière d’environnement ainsi que de l’ensemble des
observations émises par le public et les collectivités territoriales concernées.

C’est donc au regard de l’ensemble de ces éléments que l’autorité publique décisionnaire, préfet ou
collectivité territoriale, fait le choix d’autoriser ou non le projet. Afin de s’assurer que l’autorité
décisionnaire a pleinement tiré les conséquences de ce processus, la décision prise in fine doit être
motivée afin de permettre de justifier du sens de celle-ci

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