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MOOC Evaluation

Environnementale

La construction progressive d’un droit de l’évaluation


environnementale
1) L’affirmation de la nécessité d’étudier les impacts sur l’environnement des activités
humaines

A l’origine, les évaluations environnementales ont pris en compte ce qu’il était commun d’appeler les
« impacts sur la nature ». Il en est ainsi par exemple aux Etats-Unis dans la loi « Environmental Policy
Act » de 1969 ou dans la loi française de 1976 sur la protection de la nature. Cette dernière introduit
pour la première fois dans le droit français une référence à l’étude d’impact.

Nous devons au droit international cette intégration de l’outil que constitue l’étude d’impact au sein
des systèmes juridiques nationaux. En effet, l’étude d’impact a été mise en avant au plan international
comme l’instrument privilégié de mise en œuvre du principe de prévention des atteintes à
l’environnement, notamment dans le plan d’action adopté le 16 juin 1972 lors de la Conférence de
Stockholm sur l’environnement.

Le programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) a toujours incité fortement les états à
introduire l’évaluation environnementale dans leur législation 1.

Après la Conférence de Stockholm, l’Acte final de la conférence d’Helsinki du 1er août 1975 adopté par
les pays européens, le Canada et les Etats-Unis, présente l’évaluation des incidences d’actions sur
l’environnement comme une mesure nécessaire à la protection de l’environnement.

La Déclaration de Rio de 1992 donne à l’étude d’impact une reconnaissance notable en y consacrant
son principe 17 : « Une étude d’impact sur l’environnement, en tant qu’instrument national, doit être
entreprise dans le cas des activités envisagées qui risquent d’avoir des effets nocifs importants sur
l’environnement et dépendent de la décision d’une autorité nationale compétente »

Dans les années 1990, plusieurs conventions internationales vont introduire l’étude d’impact parmi les
obligations des Etats, surtout à l’échelon régional. Elles forment deux blocs : les études d’impact
transfrontalières et les études d’impact relatives aux mers régionales et au milieu marin. De ce fait
l’étude d’impact va devenir à la fois un instrument généralisé au plan national et systématiquement
évoqué dans les institutions internationales.

2) L’étude des impacts dans un contexte transfrontière

1
Résolutions du Conseil du PNUE 11/7 du 24 mai 1983, 12/14 du 28 mai 1984, 13/18 du 24 mai 1985.
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Environnementale

La plus connue et en réalité la seule au monde exclusivement consacrée aux évaluations


environnementales est la Convention d’Espoo du 25 février 1991 sur l’évaluation de l’impact sur
l’environnement dans un contexte transfrontière. Elle détaille la procédure imposée aux Etats pour
l’évaluation préalable de leurs projets nationaux à effets internationaux.

Il est intéressant de noter également qu’une convention internationale introduit le principe de l’étude
d’impact sur la biodiversité, non seulement au niveau des effets transfrontières mais également en
dehors de tout impact transfrontière. Il s’agit du Protocole de Chambéry du 20 décembre 1994 à la
Convention sur la protection des Alpes de 1991 qui porte sur la protection de la nature et l’entretien
des paysages. Son article 9 « atteintes à la nature et aux paysages » impose la prise en considération
des résultats de l’étude d’impact lors de l’autorisation des projets. Cette extension de l’étude d’impact
à des projets nationaux sans effets transfrontières se retrouve à la fois dans le droit de l’Union
européenne avec la directive 85/337 du 27 juin 1985 codifiée par la directive 2011/92/UE présentée
au début de ce module.

3) Les conventions de mer régionales

Depuis, la Conférence de Rio de 1992, les conventions sur les mers régionales disposent toutes d’un
article sur l’étude d’impact préalable inspiré de l’article 206 de la Convention sur le droit de la mer.

Ainsi, la Convention de Barcelone de 1976, telle que modifiée en 1995 sur la protection du milieu marin
et du littoral de la Méditerranée, dispose en son article 4-3 c) que les parties contractantes
« entreprennent des études d’impact sur l’environnement concernant les projets d’activités
susceptibles d’avoir des conséquences défavorables graves sur le milieu marin et qui sont soumises à
autorisation des autorités nationales compétentes ».

La biodiversité est particulièrement prise en considération dans le Protocole de 1995 relatif aux aires
spécialement protégées et à la diversité biologique en Méditerranée. L’article 17 de ce protocole
prévoit que : « Au cours des procédures qui précèdent la prise de décisions sur des projets industriels
ou autres projets et activités pouvant avoir un impact affectant sérieusement les aires et les espèces
protégées et leurs habitats, les parties évaluent et tiennent compte de l’impact possible, direct ou
indirect, immédiat ou à long terme, y compris de l’impact cumulatif des projets et des activités
considérées ».

Pratiquement tous les pays du monde disposent désormais d’une procédure d’étude d’impact
devenue un élément fondamental du droit commun de l’environnement.

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