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4 Mesures directes et indirectes


Dans cette leçon nous allons discuter de comment nous pouvons mesurer la teneur en eau du sol
qui a été définie dans les leçons précédentes.
Mais, avant d'entrer dans le détail des différentes méthodes de la mesure, nous allons récapituler
quelques généralités de la métrologie, et définir clairement certains termes utilisés dans cette
leçon.
Ainsi nous allons expliquer la différence qui existe entre méthodes directes et indirectes. On va
également développer des termes métrologiques telles que la précision de la mesure, l'exactitude
de la mesure, la résolution, l'extension et l'espacement de la mesure. On consacre également un
peu de temps pour expliquer la fonction de mesure. Chaque mesure est malheureusement affectée
par des erreurs de mesure. Dans le domaine de l'ingénierie, il est important d'être capable de
quantifier ces erreurs.
Nous introduirons quelques notions relatives à la quantification des erreurs de mesure de la teneur
en eau du sol, et nous allons appliquer cela à un cas concret.
Finalement, au terme de cette leçon, nous allons illustrer, sans vouloir entrer dans les détails,
quelques méthodes directes et indirectes pour déterminer la teneur en eau du sol.
La table des matières étant bien remplie, commençons cette leçon sans tarder. D'abord, prenons
un peu de temps pour bien comprendre la nuance qui existe entre mesures directes et indirectes,
une notion importante lorsqu'on discute les différentes techniques de la mesure de la teneur en
eau du sol.
Pour rendre concrète la discussion, prenons l'exemple simple de la mesure de la masse d'eau dans
un réservoir, comme un seau d'eau. La mesure directe de la masse peut se faire en mettant le
réservoir vide et ensuite rempli sur une balance. La lecture de la balance nous donne ainsi une
mesure directe de la masse d'eau du réservoir.
Il s'agit effectivement d'une mesure directe car aucune relation indirecte n'intervient dans la
lecture de la masse sur la balance.
Une autre façon pour déterminer la masse d'eau consiste à déterminer le volume du réservoir, en
mesurant le diamètre ainsi que la hauteur de la lame d'eau. On peut être obligés de passer par une
telle approche par exemple lorsque nous ne disposons pas d'une balance qui coûte cher, mais des
règles de mesure plus simples et moins couteuses.
Ainsi, en utilisant la masse volumique de l'eau, on peut calculer la masse d'eau à partir de son
volume. Le fait qu'au moins un calcul intervienne dans l'estimation de la masse, justifie de
considérer cette méthode comme étant une méthode plutôt indirecte.
Le désavantage des mesures indirectes se situe dans l'erreur de mesure. En effet, le fait qu'une
relation supplémentaire intervienne dans le calcul de la propriété qu'on souhaite caractériser, peut
être une source d'erreur, notamment si cette relation est incertaine.
Dans notre exemple, l'incertitude sur l'estimation de la masse peut devenir importante s'il y a une
incertitude sur l'estimation de ce paramètre du diamètre, de la longueur ou de la masse volumique.
Ainsi, l'incertitude associée à la mesure deviendra plus importante lorsqu'on utilise des méthodes
indirectes. Il faut toutefois nuancer un peu cette discussion : même avec la balance, la mesure de la
masse ne se fait pas d'une façon complètement directe.
En effet, si on utilise une balance mécanique par exemple, c'est la masse qui mettra en mouvement
un mécanisme qui a été calibré préalablement par le constructeur de la balance. Pour ce faire, le
constructeur utilise des objets massiques de référence qui, à leur tour, sont calibrés sur le kg de
référence qui se trouve bien protégé dans le Bureau International des Poids et Mesures à Paris.
Donc la mesure avec la balance n'est pas non plus réellement une vraie mesure directe. On doit
donc considérer les notions de mesure directes et indirectes plutôt comme des notions relatives. Et
c'est dans ce sens-là que cette notion sera utilisée dans la suite de notre discussion.
Nous proposerons d'abord des méthodes de mesures directes, car il s'agit en général des méthodes
de référence. La majorité des techniques utilisées en pratique par contre, sont plutôt des mesures
indirectes.
Une deuxième propriété métrologique concerne la rigueur avec laquelle la méthode permet de
caractériser la teneur en eau du sol.
En effet, la mesure s'accompagne toujours d'erreurs et la valeur mesurée ne reflète pas
nécessairement la valeur réelle de la teneur en eau du sol. On est confrontés à des erreurs
aléatoires et des erreurs systématiques.
La précision et l'exactitude de la mesure sont deux propriétés qui permettent de caractériser ce
type d’erreur : la précision fait référence à l'erreur aléatoire, l'exactitude à l'erreur systématique. La
nuance qui existe entre l'erreur aléatoire et l'erreur systématique peut être illustrée par la figure ci-
dessus.
Lorsqu'on répète plusieurs mesures avec une méthode donnée, les valeurs mesurées vont
généralement se concentrer autour d'une valeur moyenne de la mesure. Ceci peut être
appréhendé par l'histogramme des mesures, qui représente le nombre de réalisations de mesures
autour d'une certaine valeur. L'histogramme relatif approche la densité de probabilité de la
mesure.
La variance et l'écart-type associés à la courbe de densité de probabilité de la mesure est un
indicateur de la précision de mesure. Même si la valeur moyenne autour de laquelle les mesures
vont se concentrer peut-être bien identifiée facilement, il est possible que cette valeur moyenne
s'écarte de la vraie valeur de référence à cause d'un biais de mesure.
L'exactitude est la propriété qui permet de caractériser cette notion de la mesure. Elle indique donc
le biais systématique qu'on peut obtenir avec une certaine méthode de mesure.
Ces notions peuvent facilement être illustrées avec des réalisations dans le jeu de fléchettes. Vous
voyez dans le diapo trois expériences possibles, chacune caractérisée par une précision et une
exactitude.

Ainsi, on peut voir qu'on a, à gauche, des expériences précises mais pas exactes, au centre, des
expériences exactes mais pas précises, et à droite des expériences exactes et précises. Comme on
va développer plus loin, la mesure directe de la teneur en eau du sol par méthode gravimétrique
sera assez exacte et précise.
Une troisième catégorie des propriétés métrologiques de la mesure de la teneur en eau du sol, est
une catégorie relative aux échelles de mesure. On introduit ici la notion de la résolution, de
l'extension et l'espacement de mesure. La résolution est une expression de la surface, du volume
ou de la longueur du temps concerné par la méthode de mesure. On parle de la résolution spatiale
élevée lorsque la granulométrie spatiale de la mesure est très fine. On parle d'une résolution
temporelle faible lorsque le temps élémentaire de la mesure est assez élevé.
L'extension est une expression de la surface totale, du volume total ou le temps total caractérisé
par la méthode de mesure. L'espacement est une expression des distances (dans le domaine de
l'espace ou le temps) des centroïdes des mesures répétitives. Ces notions peuvent, plus facilement,
être illustrées par la figure ci-dessus.

L'abscisse caractérise le temps ou l'espace, l'ordonnée, la valeur de la teneur en eau mesurée et la


taille des cercles la résolution d'un capteur utilisé. Si on fait référence à la mesure de la teneur en
eau par méthode gravimétrique, cette taille correspond à la taille de l'échantillon.
Par cette figure, on voit clairement que la résolution fait référence à l'empreinte élémentaire de la
mesure, l'espacement fait référence à la distance entre ces mesures élémentaires et l'extension fait
référence à la taille totale du domaine qu'on souhaite caractériser.
Une autre notion importante permettant de caractériser une méthode de mesure est la fonction de
mesure. La fonction de mesure est la caractéristique qui permet de transformer le signal brut
élémentaire en signal mesuré. Elle dépend, entre autres, de la résolution de mesure. On vous invite
à découvrir certaines des notions relatives à cette fonction de mesure dans la suite de cette leçon.