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1.

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Rapport sur le contexte
socio-économique en Côte d’Ivoire

Partner : Mairie du Plateau


Author : Direction des Services Socioculturels et de la
Promotion Humaine de la Mairie du Plateau

A project implemented by ANAPEC,


CEIPIEMONTE, COLLECTIVITE TERRITORIALE The project is funded
DECENTRALISEE MAIRIE DU PLATEAU, DOLMEN, by the European Union
ODT, UCSP, UCSS
AVANT-PROPOS ......................................................................................................................... 3

INTRODUCTION ......................................................................................................................... 6

CHAPITRE 1 : APERÇU DE LA COTE D’IVOIRE ......................................................................7

SITUATION GENERALE ............................................................................................................... 7

CHAPITRE 2 : PARTICIPATION AU MARCHE DU TRAVAIL ..................................................27

CHAPITRE3: SYSTEME ECONOMIQUE, LA DEMOGRAPHIE DES ENTREPRISES.....................30

I. SECTEUR PRIVE ..................................................................................................................... 30

II. SECTEUR PARAPUBLIC ......................................................................................................... 31

CHAPITRE 4 : SYSTEME DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION.......................................32

CHAPITRE 5 : CARACTERISTIQUES DU MARCHE DU TRAVAIL ............................................38

I. OFFRE D’EMPLOIS ADRESSEES AU PUBLIC EN 2007 ............................................................. 38

II. DEMANDE DE MAIN-D’ŒUVRE ........................................................................................... 43

III. COUTS DE LA MAIN-D’ŒUVRE ENCOURUS PAR LES ENTREPRISES.................................... 47

CHAPITRE 6 : EMIGRATION ET IMMIGRATION .................................................................57

ANEXOS..........................................................................................................................58

BIBLIOGRAPHIE DE RÉFÉRENCE ............................................................................................... 61

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AVANT-PROPOS

Les recherches sur l’analyse du contexte socio-économique et du SIMT de la Cote d’Ivoire se


sont appuyées sur les données statistiques recueillent auprès des différents institutions publiques
et celles du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP). L’élaboration dudit
document s’inscrit dans le cadre de la consolidation de la paix et du rétablissement de la cohésion
sociale, de la relance de l’économie ivoirienne et de l’amélioration durable du bien-être des
populations éprouvées par plusieurs années de crises sociopolitiques et militaires. Ce document
traduit, par ailleurs, la volonté du Gouvernement de réaliser, à l’horizon 2015, les Objectifs du
Millénaire pour le Développement (OMD) pour lesquels la Côte d’Ivoire s’est engagée lors du
Sommet du Millénaire en 2000. Entamé en 2000, le document a vu le jour en Janvier 2009. En effet
le processus d’élaboration du DSRP qui avait abouti à l’adoption du DSRP intérimaire par la
Communauté Financière Internationale en mars 2002, a malheureusement été interrompu par la
crise militaro-politique de septembre de la même année.

Quant au contexte de la Mairie du Plateau, les recherche se sont appuyées sur les données
recueillent et en possession de la Mairie.

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SIGLES/ABREVIATIONS

ACEFI Agence Communale pour l'Emploi et l'Initiative


AGEFOP Agence Nationale de la Formation Professionnelle
AGEPE Agence d'Etude et de Promotion de l'Emploi
AIMSC Appui Institutionnel Multisectoriel à la Sortie de la Crise
AUPC Assistance d'Urgence Post Conflit
BAC Baccalauréat
BAD Banque Africaine de Développement
BDF Banque des données Financières
BEP Brevet d'Etude Professionnelle
BEPC Brevet d'Etude du Premier Cycle
BHCI Banque de l'Habitat de CI
BICICI Banque Internationale pour le Commerce et Industrie de CI
BIT Bureau International du Travail
BTS Brevet de Technicien Supérieur
BTS Brevet de Technicien
CAP Certificat d'Aptitude Professionnelle
CCI-CI Chambre de Commerce et Industrie de CI
CGE-CI Confédération Générale des Entreprises de CI
CITI Classification Internationale Type par Industrie
CITP Classification Internationale type de Professions
CNA-CI Chambre Nationale d'Agriculture de CI
CNM-CI Chambre Nationale de Métiers de CI
CNO Centre Nord Ouest
CNPS Caisse Nationale de Prévoyance Sociale
CSP Catégorie Socioprofessionnelle
DDL Direction du Développement Local
DESS Diplôme d'Etude Supérieures Spécialisées
DGI Direction Générale des Impôts
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
DUT Diplôme Universitaire de Technologie
Ecole Nationale Supérieure des Statistiques et d'Economie
ENSEA Appliquée
EPN Etablissements Publics Nationaux
FAFN Forces Armées des Forces Nouvelles
FANCI Forces Armées Nationales de CI
FDFP Fonds de Développement de la Formation Professionnelle
FIPME Fédération Ivoirienne des Petites et Moyennes Entreprises
FNS Fonds National de solidarité
ICMT indicateurs-clés du marché du travail
IFEF Institution de Formation et d'Education Féminine
INS Institut National de la Statistique

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LMD Licence - Master - Doctorat
Organisation pour Harmonisation en Afrique du Droit des
OHADA Affaire
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMOCI Office de la Main d'Œuvre de CI
PAJD Programme d'Absorption des Jeunes Déscolarisés
PAPC Programme d'Assistance Post Conflit
Projet d'Appui des Personnes Handicapées à la Formation
PAPHFP Professionnelle
PIB Produit Intérieur Brut
PME Petites et Moyennes Entreprises
PMI Petites et Moyennes Industrie
Plan National de Développement du Secteur Etude /
PNDEF Formation
SGBCI Société Générale de Banques en CI
SIB Société Ivoirienne de Banques
SIMT Systèmes Informatifs sur le Marché du Travail
SMIG Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti
UEMOA Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
URES Unités Régionales d'Enseignement Supérieur

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INTRODUCTION
La Côte d'Ivoire est un État d'Afrique occidentale de 322 463 km² (l'équivalent de l'Allemagne),
baigné par le golfe de Guinée au sud (l'océan Atlantique), limité à l'ouest par le Libéria et la Guinée,
au nord par le Mali et le Burkina, à l'est par le Ghana (voir annexe 1: la cartographie de la Côte
d’Ivoire).

La population de la Côte d’Ivoire est estimée à 20,8 millions d’habitants en 2008 dont 26%
d’immigrés provenant principalement des pays de la sous région. Le pays compte une soixantaine
d’ethnies réparties en quatre grands groupes : les Voltaïques, les Mandé, les Akans et les Krou. La
Côte d’Ivoire est un pays laïc où cohabitent plusieurs confessions religieuses dont les principales
sont l’Islam, le Christianisme et l’Animisme.

Les progrès constatés au cours des quinze premières années de l'indépendance ont fait place à
une longue période de récession, favorisée par la chute des cours mondiaux des matières premières
agricoles (café-cacao) et aggravée par divers facteurs dont la crise politico-militaire déclenchée en
2002.

La Côte d'Ivoire reste toutefois un poids économique important pour la sous-région ouest africaine :
elle représente 39 % de la masse monétaire et contribue pour près de 40 % au PIB de l'Union
Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

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Chapitre 1 : APERÇU DE LA COTE D’IVOIRE
SITUATION GENERALE

A. Géomorphologie
La Côte d'Ivoire est située entre 4°30 et 10°30 de latitude nord et 2°30 et 8°30 de longitude
ouest. Son relief s'abaisse selon une ligne NESW.
Le sud est constitué essentiellement de plateaux, comporte quelques reliefs isolés
répartis en cinq grands groupes:
• la Dorsale Guinéenne
• les Plateaux du nord
• la Zone de transition
• les Bas-pays intérieurs
• la Frange littorale

• Climat
Il existe en Côte d'Ivoire deux zones climatiques superposables aux deux types de paysages
rencontrés:
• la savane et la forêt claire du nord dont le climat, de type soudanais, comprend
une saison sèche et une saison des pluies. Ces saisons sont déterminées par la
rencontre entre l'alizé continental appelé "harmattan" et l'air de mousson.
• la forêt dense et humide avec un climat de type guinéen comportant deux
saisons des pluies et deux saisons sèches.

B. Population et démographie

• Population totale

Années T. population
1960 3 444 760
1980 8 419 400
1990 12 610 300
2000 17 281 500
2005 19 244 900
2006 19 673 400
2007 20 122 800
2008 20 591 300

 Croissance de 498% en 48 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de
10 757 307,1. C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (20 591 300) et c'est en
1960 qu'on enregistre le plus bas niveau (3 444 760). Le changement enregistré entre la
première et la dernière année est de 498%.

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Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la période 1960-
2008. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu'en 2010 ces données devraient
être de l'ordre de 20 579 428,7. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette
prévision présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 48 années
présentent une structure relativement simple.
En 1960, par rapport aux données mondiales disponibles, la part relative de ce pays est de
0,11%. En 2008, cette même part est de 0,31%.

• Population de 0 à 14 ans

% de la population
Années
totale
1960 42,626
1970 44,298
1980 45,596
1990 44,709
2000 41,458
2005 41,317
2006 41,208
2007 41,052
2008 40,859
 Chute de 4% en 48 ans
Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 43,7.
C'est en 1982 qu'on enregistre le plus haut niveau (45,6) et c'est en 2008 qu'on enregistre le
plus bas niveau (40,9). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 4%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la période 1960-
2008.

• Population de 15 à 64 ans

(% de la population
Années
totale
1960 55,001
1970 53,259
1980 51,884
1990 52,562
2000 55,309
2005 55,089
2006 55,128
2007 55,216
2008 55,345

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 Croissance de 1% en 48 ans
Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 53,6.
C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (55,3) et c'est en 1982 qu'on enregistre le
plus bas niveau (51,8). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 1%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la période 1960-
2008.

• Population de 65 ans et plus

% de la population
Années
totale
1960 2,373
1970 2,442
1980 2,52
1990 2,729
2000 3,233
2005 3,595
2006 3,664
2007 3,732
2008 3,796

 Croissance de 60% en 48 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 2,8. C'est
en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (3,8) et c'est en 1960 qu'on enregistre le plus
bas niveau (2,4). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de
60%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la période 1960-
2008. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu'en 2010 ces données devraient
être de l'ordre de 3,5. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision
présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 48 années présentent une
structure relativement simple.

• Densité de la population

personnes par
Années
km carré
1961 11,26
1970 16,455
1980 26,476
1990 39,655
2000 54,344
2005 60,518
2006 61,866
2007 63,279
2008 64,752

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 Croissance de 475% en 47 ans
Pour l'ensemble de la période 1961-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 34,3.
C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (64,8) et c'est en 1961 qu'on enregistre le
plus bas niveau (11,3). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 475%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 48 années de la période 1961-
2008. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu'en 2010 ces données devraient
être de l'ordre de 65. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision
présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 47 années présentent une
structure relativement simple.

• Croissance annuelle

% de la
Années
population totale
1960 3,69
1970 4,458
1980 4,694
1990 3,595
2000 2,521
2005 2,129
2006 2,202
2007 2,259
2008 2,302
 Chute de 38% en 48 ans
Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 3,7. C'est
en 1977 qu'on enregistre le plus haut niveau (4,9) et c'est en 2004 qu'on enregistre le plus
bas niveau (2,1). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de
38%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la période 1960-
2008.

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• Population urbaine

% de la population
Années
totale
1960 17,7
1970 28,2
1980 36,9
1990 39,7
2000 43,5
2005 46,8
2006 47,46
2007 48,12
2008 48,78

 Croissance de 176% en 48 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 35,9.
C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (48,8) et c'est en 1960 qu'on enregistre le
plus bas niveau (17,7). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 176%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la période 1960-
2008. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu'en 2010 ces données devraient
être de l'ordre de 50,6. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision
présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 48 années présentent une
structure relativement simple.

• Immigration

nombre total
d'immigrants moins le
Années
nombre total
d'émigrants
1960 99 919
1965 200 000
1970 250 000
1975 350 000
1980 420 000
1985 430 000
1990 325 000
1995 375 000
2000 175 000
2005 -338 732

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 Chute de 439% en 45 ans
Pour l'ensemble de la période 1960-2005, on enregistre une moyenne annuelle de
228 618,7.
C'est en 1985 qu'on enregistre le plus haut niveau (430 000) et c'est en 2005 qu'on
enregistre le plus bas niveau (-338 732). Le changement enregistré entre la première et la
dernière année est de 439%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 10 années de la période 1960-
2005.

 Espérance de vie à la naissance

nombre d'années
Années que les personnes
vivent en moyenne
1960 41,032
1980 55,67
1990 57,379
2000 55,758
2002 55,372
2005 56,516
2006 56,897
2007 57,278
2008 57,761

 Croissance de 41% en 48 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 53,7.
C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (57,8) et c'est en 1960 qu'on enregistre le
plus bas niveau (41). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 41%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 20 années de la période 1960-
2008.

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• Espérance de vie à la naissance pour les femmes

nombre d'années que


Années les femmes vivent en
moyenne
1960 42,472
1980 57,536
1990 59,404
2000 57,536
2005 57,958
2006 58,284
2007 58,61
2008 59,094
 Croissance de 39% en 48 ans
Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 55,4.
C'est en 1992 qu'on enregistre le plus haut niveau (59,6) et c'est en 1960 qu'on enregistre le
plus bas niveau (42,5). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 39%. Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 20 années de la période
1960-2008.

• Espérance de vie à la naissance pour les hommes

nombre d'années que


Années les hommes vivent en
moyenne
1960 39,66
1970 46,198
1980 53,892
1982 54,5
1990 55,45
2000 54,064
2005 55,142
2006 55,576
2007 56,01
2008 56,492

 Croissance de 42% en 48 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 52. C'est
en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (56,5) et c'est en 1960 qu'on enregistre le plus
bas niveau (39,7). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de
42%.

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Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 20 années de la période 1960-
2008.

• Taux de natalité brut (par 1000 habitants)

nombre de naissances
Années
par 1000 habitants
1960 52,972
1970 52,411
1980 48,125
1990 41,031
2000 37,296
2005 35,909
2006 35,518
2007 35,127

 Chute de 34% en 47 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2007, on enregistre une moyenne annuelle de 44,7.
C'est en 1962 qu'on enregistre le plus haut niveau (53,2) et c'est en 2007 qu'on enregistre le
plus bas niveau (35,1). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 34%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 21 années de la période 1960-
2007. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu'en 2010 ces données devraient
être de l'ordre de 33,2. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision
présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 47 années présentent une
structure relativement simple.

• Taux de fécondité (naissances par femme)

Naissances per
Années
femme
1960 7,381
1970 7,886
1980 7,513
1990 6,196
2000 5,152
2002 5,048
2005 4,806
2006 4,726
2007 4,645

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 Chute de 37% en 47 ans
Pour l'ensemble de la période 1960-2007, on enregistre une moyenne annuelle de 6,6. C'est
en 1972 qu'on enregistre le plus haut niveau (7,9) et c'est en 2007 qu'on enregistre le plus
bas niveau (4,6). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de
37%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 21 années de la période 1960-
2007. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu'en 2010 ces données devraient
être de l'ordre de 4,6. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision
présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 47 années présentent une
structure relativement simple.

• Taux de mortalité brut (par 1000 habitants)

Années Nombre de décès


1960 23,804
1970 18,568
1980 12,801
1990 11,13
2000 11,628
2005 11,297
2006 11,105
2007 10,913

 Chute de 54% en 47 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2007, on enregistre une moyenne annuelle de 14. C'est
en 1960 qu'on enregistre le plus haut niveau (23,8) et c'est en 2007 qu'on enregistre le plus
bas niveau (10,9). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de
54%.

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• Taux de mortalité – enfants (par 1000 naissances)

nombre d'enfants qui


Années meurent avant
d'atteindre 1 an
1965 192,36
1970 157,51
1980 115,08
1990 104,49
2000 95,13
2005 90,79
2006 89,9
2007 89,08

 Chute de 54% en 42 ans


Pour l'ensemble de la période 1965-2007, on enregistre une moyenne annuelle de 115,8.
C'est en 1965 qu'on enregistre le plus haut niveau (192,4) et c'est en 2007 qu'on enregistre
le plus bas niveau (89,1).
Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de 54%.
Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 11 années de la période 1965-
2007. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu'en 2010 ces données devraient
être de l'ordre de 74,1. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision
présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 42 années présentent une
structure relativement simple.

• Médecins (par 1000 habitants)

Nombre de
Années
médecins
1960 0,033
1965 0,048
1970 0,064
1985 0,071
1990 0,088
1996 0,09
2004 0,12

 Croissance de 269% en 44 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2004, on enregistre une moyenne annuelle de 0,1.C'est
en 2004 qu'on enregistre le plus haut niveau (0,1) et c'est en 1960 qu'on enregistre le plus

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16
bas niveau (0). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de
269%.

Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 7 années de la période 1960-
2004. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu'en 2010 ces données devraient
être de l'ordre de 0,1. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision
présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 44 années présentent une
structure relativement simple.

• Indicateur de développement humain (IDH)

Années IDH
1975 0,419
1980 0,448
1985 0,453
1990 0,45
1995 0,436
2000 0,432
2005 0,432
2007 0,484

 Croissance de 16% en 32 ans


Pour l'ensemble de la période 1975-2007, on enregistre une moyenne annuelle de 0,4. C'est
en 2007 qu'on enregistre le plus haut niveau (0,5) et c'est en 1975 qu'on enregistre le plus
bas niveau (0,4). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de
16%.

Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 8 années de la période 1975-
2007.
Il s'agit d'un indice composé qui mesure la qualité de vie moyenne de la population d'un
pays. Théoriquement, l'indice va de 0 à 1. Il tient compte de trois dimensions du
développement humain. D'abord, la possibilité d'avoir une vie longue et en santé en se
fondant sur l'espérance de vie à la naissance. Ensuite, le niveau de scolarisation, évalué à
partir du taux d'analphabétisme et de la fréquentation des différents niveaux du système
scolaire. Enfin, le standard de vie, calculé à partir du Produit Intérieur Brut par capital en
tenant compte de la Parité du Pouvoir d'Achat (PPA). La PPA sert « à mesurer le pouvoir
d'achat relatif des monnaies de différents pays pour les mêmes types de biens et de
services. Étant donné que le prix des biens et des services peut varier d'un pays à l'autre, la
PPA permet de comparer plus exactement le niveau de vie de différents pays.

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17
Pour estimer la PPA, on compare le prix d'articles analogues mais, comme les articles
disponibles dans les différents pays et à différentes périodes ne sont pas strictement
identiques, ces estimations ne sont pas toujours solides.»

A ce stade de l’analyse, nous pouvons dire que la croissance démographique rapide de


la Côte d’Ivoire repose sur un croît naturel élevé de 2,6% et une immigration
d’établissement très massive de 14% qui s’est atténuée depuis la crise des années 1980.
Cette dynamique démographique accroît les charges de l’Etat relatives à la demande
sociale. En 2007, cette demande sociale se caractérise par 16% de la population totale à
vacciner (0 à 5 ans) dont 3,5% des moins d’un an, 8,6% de la population totale à scolariser
dans le préscolaire (3-5 ans), 15% dans le primaire (6-11 ans), 14% respectivement dans le
secondaire (12-17 ans) et le supérieur (18-24 ans).

De même, 34% de la population est adolescente et 49% sont des femmes parmi
lesquelles 47% sont en âge de procréer. La population d’origine étrangère représente 26%
de la population totale. La proportion des enfants nés en Côte d’Ivoire de parents étrangers
est passée de 30% en 1975 à 47% en1998. Il se pose en conséquence la question de
l’intégration des immigrés de deuxième et troisième génération.

La population est inégalement répartie sur le territoire national avec près de 78% en
zone forestière contre 22% en zone de savanes. Elle s’urbanise rapidement avec 43% de
citadins en 1998 et 48% en 2007. L’armature urbaine comprend 127 villes dont 8 ont plus de
100.000 habitants. Elle est dominée par la mégapole d’Abidjan qui concentre plus de 44 %
de la population urbaine. La crise politico-militaire a renforcé le poids démographique
d’Abidjan. Les villes se caractérisent presque toutes par un déficit d’infrastructures,
d’équipements et de services sociaux de base.

II. STRUCTURES ECONOMIQUES

• PIB ($US courant)

Années PIB ($US courant)


1960 546 204 000
1970 1 448 630 000
1980 10 174 600 000
1990 10 796 000 000
2000 10 417 000 000
2005 16 363 400 000
2006 17 367 300 000
2007 19 795 700 000
2008 23 413 900 000

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18
 Très forte croissance en 48 ans
Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de
7 921 806 940,7. C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (23 413 900 000) et c'est
en 1960 qu'on enregistre le plus bas niveau (546 204 000). Le changement enregistré entre
la première et la dernière année est de 4187%. Pour effectuer ce calcul, nous disposons des
résultats pour 49 années de la période 1960-2008. En 1960, par rapport aux données
mondiales disponibles, la part relative de ce pays est de 0,04%. En 2008, cette même part
est de 0,04%

• PIB (Parité pouvoir d'achat) par habitant

PIB ($ international
Années
courant)
1980 10 640 900 000
1990 17 268 200 000
2000 26 566 000 000
2005 30 023 100 000
2006 31 181 100 000
2007 32 558 100 000
2008 34 001 100 000

 Croissance de 220% en 28 ans


Pour l'ensemble de la période 1980-2008, on enregistre une moyenne annuelle de
21 222 362 112. C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (34 001 100 000) et c'est
en 1980 qu'on enregistre le plus bas niveau (10 640 900 000). Le changement enregistré
entre la première et la dernière année est de 220%. Pour effectuer ce calcul, nous disposons
des résultats pour 29 années de la période 1980-2008.

• Commerce (% PIB)

Commerce en
Années
% PIB
1960 57,14
1970 64,88
1980 76,18
1990 58,8
2000 73,75
2005 94,64
2006 95,01
2007 87,53
2008 97,34

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19
 Croissance de 70% en 48 ans
Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 71,5.
C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (97,3) et c'est en 1993 qu'on enregistre le
plus bas niveau (55,4). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 70%. Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la période
1960-2008.
Le commerce en pourcentage du PIB est la valeur totale des exportations de biens et
services additionnée à la valeur totale des importations de biens et services, en pourcentage
du PIB. C'est un indicateur très utile pour observer l'ouverture d'une économie par rapport
à l'étranger. Autrement dit, plus ce pourcentage est élevé, plus l'économie de ce pays est
ouverte.

• Importations de biens et services (% du PIB)

Importations
Années
(%PIB)
1960 22,9
1970 29,11
1980 41,18
1990 27,11
2000 33,32
2005 43,59
2006 42,36
2007 40,95
2008 46,29

 Croissance de 102% en 48 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 32,6.
C'est en 2008 qu'on enregistre le plus haut niveau (46,3) et c'est en 1960 qu'on enregistre le
plus bas niveau (22,9). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 102%. Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la
période 1960-2008.

• Exportations (% PIB)

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20
Exportations
Années
% PIB
1960 34,24
1970 35,77
1980 35
1990 31,69
2000 40,43
2005 51,05
2006 52,65
2007 46,58
2008 51,05

 Croissance de 49% en 48 ans


Pour l'ensemble de la période 1960-2008, on enregistre une moyenne annuelle de 38,8.
C'est en 2006 qu'on enregistre le plus haut niveau (52,6) et c'est en 1993 qu'on enregistre le
plus bas niveau (29,4). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est
de 49%. Pour effectuer ce calcul, nous disposons des résultats pour 49 années de la période
1960-2008.

• La dette totale en % du PIB

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21
En décembre 2006, l’encours de la dette extérieure (y compris les arriérés) représentait 73.2
pour cent du PIB. Les arriérés de paiement correspondaient à 21 pour cent du PIB (2.4 pour
cent pour le groupe de la BAD). En 2006, en valeur actuelle nette, les ratios de la dette
totale par rapport au PIB et aux exportations sont estimés respectivement à 85 pour cent et
166 pour cent.
Par comparaison, les repères de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) sont de 50
pour cent et de 150 pour cent. En 2007, les ratios en valeur actuelle nette de la dette
extérieure par rapport au PIB et aux exportations sont estimés respectivement à 64 pour
cent et 124 pour cent, supérieurs aux repères de la soutenabilité de la dette extérieure, de
30 pour cent et de 100 pour cent. La part des créanciers bilatéraux (Club de Paris
notamment) représente 49.4 pour cent de l’encours total de la dette extérieure, celle de la
dette multilatérale environ 30.3 pour cent. L’encours de la dette intérieure, dont la
titrisation a été entamée en 2007, représente 13.5 pour cent du PIB, dont 7.9 pour cent au
titre des arriérés en 2005.
La Côte d’Ivoire est membre de plusieurs organisations d’intégration sous-régionales, dont
les principales sont l’UEMOA et la CEDEAO (Communauté Economique des États de l’Afrique
de l’Ouest). La persistance de la crise politique en Côte d’Ivoire, pays phare de l’Afrique de
l’Ouest, qui contribuait en 2001 pour environ 39 pour cent au PIB de l’UEMOA et 25 pour
cent au PIB de la CEDEAO, a eu un impact négatif sur les pays de la sous-région, notamment
les États enclavés tels que le Burkina Faso, le Mali et le Niger. En 2007, plusieurs années
après le déclenchement de la crise, la part de la Côte d’Ivoire dans le PIB de l’UEMOA ne

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22
représente plus que 34 pour cent. Le pays est éligible à l’initiative PPTE, à la suite de la
reprise de la coopération financière en 2002 avec ses partenaires. Il avait obtenu, dans le
cadre du Club de Paris, un rééchelonnement de sa dette de 2.26 milliards USD, avec
annulation immédiate de 911 millions USD, et une réduction du service de la dette de 2.26
milliards USD à 750 millions USD entre le 1er avril 2002 et le 31 décembre 2004.
L’allègement au point de décision, prévu initialement pour 2003, a été estimé à 345.2
millions USD. Mais la crise déclenchée le 19 septembre 2002 a remis en cause ce processus,
et le pays n’a pas encore atteint le point de décision.

• Seuil de pauvreté
En ce qui concerne l’état des lieux, la pauvreté a été mesurée à travers sa dimension
monétaire qui s’appuie sur l’indicateur de bien-être et le seuil de pauvreté. Cette démarche
a permis d’identifier comme pauvre en 2008, toute personne qui a une dépense de
consommation inférieure à 661 FCFA par jour, soit 241 145 FCFA par an. Aujourd’hui, une
personne sur deux est pauvre contre une personne sur dix en 1985 et le nombre de pauvres
a été multiplié par 10 en l’espace d’une génération. La pauvreté a ainsi connu une hausse
tendancielle passant de 10,0% en 1985 à 36,8% en 1995 et à 33,6% en 1998 avant de
remonter à 38,4% en 2002 puis à 48,9% en 2008, en raison des crises sociopolitiques et
militaires successives.

En outre, la pauvreté est plus accentuée en milieu rural qu’en milieu urbain. Le taux de
pauvreté est passé de 49% en 2002 à 62,45% en 2008 en milieu rural contre 24,5% et
29,45% sur la même période en milieu urbain. La progression de la pauvreté est plus
importante dans la ville d’Abidjan, avec environ 50% en plus, que dans les autres villes qui
enregistrent un peu moins de 20% de hausse. Comme au niveau national, la pauvreté s’est
fortement accrue au niveau des pôles de développement et diffère d’un pôle à un autre. En
2008, huit pôles de développement sur dix ont un taux supérieur à 50% contre quatre en
2002. Parmi ces pôles, celui du Nord est le plus touché par le phénomène de pauvreté avec
près de 4 pauvres sur 5 personnes en 2008. Ce pôle est suivi par ceux de l’Ouest (63,2%); du
Centre-Ouest (62,9%) ; du Nord-Ouest (57,9%); du Centre-Nord (57,0%) et du Nord-Est
(54,7%). Bien qu’ayant des taux de pauvreté élevés, les deux pôles les plus pauvres en 2002,
Ouest et Nord-Est, ont enregistré en 2008 une légère baisse de 1,3 et 1,9 point
respectivement, grâce aux couloirs humanitaires et économiques.

La pauvreté touche, partout, indistinctement les hommes et les femmes, mais elle est
globalement moins élevée chez les ménages dirigés par les femmes. En effet, le ratio de
pauvreté se situe en 2008 à 48,4% chez les hommes et à 49,5% chez les femmes contre
respectivement 38,1% et 38,7% en 2002. Mais la pauvreté selon le sexe du chef de ménage
révèle des écarts significatifs. Comme en 2002, le niveau de pauvreté est plus élevé dans les
ménages dirigés par un homme (49,6%) que dans ceux placés sous la responsabilité d’une
femme (45,4%) en 2008, au niveau national.

N.B. L'analyse de la pauvreté en Côte d'Ivoire est faite à partir d'un seuil de pauvreté relatif.
Obtenu sur la base des données de l’Enquête Permanente Auprès des Ménages de 1985
(EPAM 85), ce seuil était égal à 75 000 FCFA par tête et par an. Ce montant a été évalué à

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23
partir des prix à la consommation relevés sur les marchés de la ville d'Abidjan, sur la période
de février 1985 à janvier 1986. Il correspondait au montant le plus élevé des dépenses de
consommation, de cette année, des 10% les plus pauvres. Un déflateur est appliqué aux
dépenses de consommation pour tenir compte des différences de prix entre les autres pôles
de développement du pays et la ville d’Abidjan.

A chaque nouvelle enquête, ce seuil de pauvreté monétaire est réévalué. Ainsi, les seuils
obtenus sont : 101 340 FCFA en 1993, 144 800 FCFA en 1995, 162 800 FCFA en 1998, 183
450 FCFA en 2002 et 241 145 FCFA en 2008.

ANNEE INDICE DE
PAUVRETE (%)
1993 32,3
1995 36,8
1998 33,6
2002 38,4
2003 44,2
2004 40,3
2005 Pas de donnée
2006 Pas de donnée
2007 Pas de donnée
2008 48,9

1. Agriculture
En 2001, l'agriculture reste un secteur clé de l'économie ivoirienne, occupant 60% de
la population et représentant 34% du PIB et 2/3 des ressources d'exportation.
Les produits traditionnels d'exportation, le café et le cacao occupent toujours la
première place des cultures de rente en Côte d'Ivoire placée au 1er rang mondial pour le
cacao et au 4e rang pour le café.
En dehors de ces principaux produits, les cultures de palmier à huile, cocotier, hévéa,
banane, ananas, coton et anacarde occupent une place non négligeable dans l'agriculture
ivoirienne et leurs produits sont dans leur grande majorité voués à l'exportation.
L'agriculture vivrière permet d'atteindre l'autosuffisance dans les domaines de
l'igname, du manioc, de la banane plantain et des cultures fruitières de manière générale,
ce qui n'est toujours pas le cas pour des denrées pourtant largement consommées par les
Ivoiriens que sont le riz que la Côte d'Ivoire importe encore dans des proportions
importantes (300.000 à 400.000 tonnes par an) ou le poisson, la viande et les produits
laitiers.

2. Industrie
L'industrie représente 20% du PIB et occupe 13% de la population. C'est un secteur
porteur, surtout la branche agro-alimentaire qui représente 22% des investissements nets,
33% du chiffre d'affaire et 24% de la valeur ajoutée du secteur secondaire.
L'agro-alimentaire est la branche la plus dynamique de l'industrie ivoirienne et surtout
celle dont les perspectives d'avenir correspondent à un développement concerté avec

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24
l'agriculture. 37% du cacao et 10% du café subissent au moins une première transformation
sur place. Il y a des perspectives intéressantes dans la fabrication des jus, du
conditionnement des fruits en boîte ou encore de la transformation des fruits en confiture.
L'industrie pétrolière, chimique et para-chimique représente environ 20% de
l'investissement, 58,5% du chiffre d'affaires et 20% de la valeur ajoutée. La Société
Ivoirienne de Raffinage est considérée comme l'unité la plus performante d'Afrique (hors
Afrique du Sud).
Le secteur du textile, lui aussi très dynamique, représente 15,6% des investissements
nets, 13% du chiffre d'affaires et 24% de la valeur ajoutée de l'industrie ivoirienne.

3. Energie
La Côte d'Ivoire s'est positionnée il y a déjà longtemps sur le marché pétrolier et elle a
atteint l'autosuffisance en matière de consommation de pétrole.
Du point de vue du gaz naturel, la production augmente régulièrement et pourra
bientôt satisfaire les besoins de la population et de la production électrique. En matière de
production d'électricité, la Côte d'Ivoire est entièrement autonome et le challenge actuel se
situe au niveau de la fourniture d'électricité à la sous-région.
D'ores et déjà, elle fournit l'électricité au Ghana et des négociations sont en cours
pour une interconnexion des réseaux avec le Mali, le Burkina-Faso et la Guinée.

4. Finances
Seize banques entretenant un réseau de 170 guichets, 7 établissements financiers et
plus d'une trentaine de compagnies d'assurances font de la Côte d'Ivoire une place
financière concurrentielle qui anime toute l'Afrique de l'Ouest.

5. Infrastructures
Des infrastructures marquées par une volonté d'ouverture sur l'extérieur. Plaque
tournante du trafic aérien ouest-africain, la Côte d'Ivoire compte trois aéroports
internationaux, dont l'aéroport Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, entièrement rénové, qui
constitue maintenant le hub de l'Afrique de l'Ouest. Desservie par 25 compagnies aériennes
internationales, la destination Côte d'Ivoire est la plus accessible de la sous-région.
Le réseau routier s'étend sur 70.000 km de routes dont 5.500 km de routes bitumées
et 150 km d'autoroute dont il est prévu un développement en direction du Nord et de l'Est.
Deux ports internationaux, Abidjan et San-Pedro, font de la Côte d'Ivoire la zone de
transit et de transbordement privilégiée de la sous-région. Le port d'Abidjan (13 millions de
tonnes de marchandises) est le premier port thonier de la sous-région.
Enfin un réseau de télécommunication de plus en plus fiable se met en place avec un
leader privé, Côte d'Ivoire-Télécom, qui vient d'installer 290.000 nouvelles lignes et a
modernisé ses équipements (numérisation et fibre optique). La téléphonie cellulaire est en
pleine expansion, dépassant régulièrement les prévisions de développement des principaux
opérateurs.
Enfin, la Côte d'Ivoire dispose d'un nœud Internet et d'ores et déjà le développement
de cybercafés et des abonnements privés signalent l'engouement des Ivoiriens pour ce
mode de communication.

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25

6. La Côte d'Ivoire touristique
La Côte d'Ivoire possède d'énormes potentialités touristiques :
− Le tourisme balnéaire :
Long d'environ 500 km avec des plages classées parmi les plus belles et les plus
contrastées de la sous-région, le littoral ivoirien, présente des plages de sable fin avec des
plantations de cocotiers au sud-est (Abidjan - Bassam - Assinie) et une succession de falaises
rocheuses et de criques sableuses sur les côtes du sud-ouest (Lahou - Fresco - Sassandra -
San Pédro, etc. . 300 000 hectares de plans d'eau lagunaires viennent s'y s'ajouter,
permettant la pratique de tous les sports nautiques et lacustres.

− Le tourisme thématique et culturel :


Avec 60 ethnies, le pays présente une très riche diversité culturelle. La tradition qui
rythme la vie joue un rôle primordial dans l'attrait touristique. Du nord au sud, la Côte
d'ivoire compte de nombreux monuments historiques, aptes à attirer la soif de curiosité et
de savoir du touriste. Les mosquées de Kong et de Kawara, le quartier France à Bassam, la
maison des Gouverneurs à Bingerville sans oublier les monuments modernes, comme la
Basilique Notre Dame de la Paix à Yamoussoukro, la Fondation Houphouët Boigny pour la
recherche de la paix, les grandes écoles de Yamoussoukro à l'architecture futuriste.

− Le tourisme écologique :
La Côte d'Ivoire dispose de huit parcs nationaux (Azagny - Comoé - Banco - Tai -
Marahoué - Péko - Mont Sanglé - les îles Ehotilés). A ces parcs viennent s'ajouter les
réserves de Divo, du Mont Nimba, Lamto et le parc animalier de Abo Kouamékro. Ces huit
parcs couvrent 6 % de la superficie totale de la Côte d'ivoire.

− Le tourisme sportif :
Les sports nautiques, les parcours de golf d'Abidjan, de Bouaké, San Pédro et
Yamoussoukro, le marathon d'Abidjan et de nombreuses manifestations sportives, ne
pourront laisser insensible le touriste sportif.

− Le tourisme religieux :
Inaugurée et consacrée par le Pape Jean Paul II en 1990, la Basilique Notre Dame de la
Paix de Yamoussoukro a déjà reçu plus d'un million de visiteurs. Elle représente pour le
touriste venant en Côte d'ivoire, un point de passage obligé, qui le ravira.

− Le Tourisme jeune et social :


Des structures existent pour organiser pour les jeunes venus du monde entier des
camps de vacances attrayants au contact de la nature et des populations africaines.

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26
Chapitre 2 : PARTICIPATION AU MARCHE DU TRAVAIL

I. EMPLOI ET CHOMAGE

En 2009, la population active en Côte d’Ivoire est globalement estimée à 7 463 000
de personnes. Au cours de la même année, il est dénombré 285 000 fonctionnaires après les
mesures de dégraissage de la fonction publique mises en œuvre une décennie plutôt, en
exécution de la politique d’ajustement structurel prescrite par le Fonds monétaire
Internationale (FMI) et la Banque Mondiale et ce, pour réduire l’impact des salaires sur le
budget de l’Etat.

Cet effectif qui a très peu varié au cours des dernières années laisse une place plus
importante au secteur privé qui emploie 498 906 salariés en 2002, contre 556 678 en 1998.
La baisse enregistrée étant la conséquence des crises à répétition que connaît le pays depuis
1999. De nombreuses entreprises ont fermé ou délocalisé leurs activités, notamment dans
le domaine de l’industrie touristique, du transit et de la banque.

Les structures publiques ou privées, pourvoyeuses d’emplois salariés ne peuvent


toutefois absorber qu’une proportion relativement faible de la population en âge de
travailler. Or, celle-ci connaît une augmentation en rapport avec la croissance
démographique et la structure de la population ivoirienne constituée d’un fort pourcentage
de jeunes. Le nombre de sans emplois (population enquête d’un premier emploi) et de
chômeurs générés par la crise économique reste donc important et la question de l’emploi
demeure en Côte d’Ivoire, un problème crucial de développement.

L’une des solutions envisagées pour remédier au problème du chômage réside dans la
diversification des emplois, par la création d’activités indépendantes génératrices de
revenus, en complément des emplois salariés. Il est noté une multiplication des petits
métiers et emplois précaires. Le secteur agricole animé par 3 893 893 personnes avec 7,5%
de salariés, comprend 52% de travailleurs indépendants, 40,2% de travailleurs familiaux,
0,3% sont constitués par d’autres événements. La population agricole représente 2/3 de la
population active, avec 45% de femmes plus actives dans le domaine maraîcher, pour 55%
d’hommes actives plus présents dans l’agriculture d’exploitation.

Les perspectives d’emploi de la jeunesse sont assez insuffisantes, qu’elle soit diplômée
de l’enseignement supérieur ou sans qualification. En effet, selon les statistiques de la CNPS,
sur 26.000 entreprises déclarées avec 550.000 emplois avant la crise de 2002, le pays ne
comptait plus que 13.124 entreprises en 2006 pour moins de 300.000 emplois, soit une
baisse de l’offre de 44% des emplois du secteur privé moderne au cours de la période 2002-
2006.
Dans le même temps, seul un départ à la retraite sur dix est aujourd’hui remplacé dans
la fonction publique.

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27
Les statistiques les plus récentes issues de l’ENV2008, indiquent que le taux brut
d’activité est de 50,2% en 2008 contre 42,4% en 2002 et 46,0% en 1998. Quant au taux net
d’activité des 15-59 ans, il s’établit à 80,1% en 2008 contre 65,8% en 2002 et 72,5% en 1998.

D’une manière générale, le chômage s’est accru. De 6,4% en 2002, le taux de chômage
de la population active est estimé à 15,7% en 2008. Le chômage des jeunes notamment des
15-24 ans est le plus important. Le taux de chômage de la population active de ce groupe
d’âge est de 24,2% en 2008 et celui des 25-34 ans est de 17,5%. Le chômage touche plus les
femmes que les hommes. Il est plus important en milieu urbain et particulièrement dans les
grandes villes comme Abidjan qu’en milieu rural. En effet, le taux de chômage des femmes
est de 19,8% contre 12,1% chez les hommes. Il est de 27,4% en milieu urbain contre 8,7% en
milieu rural. Le taux de chômage à Abidjan est de 33,2%.

Les travailleurs indépendants représentent la part la plus importante des emplois


(48,8%) suivis par les travailleurs non rémunérés (31,6%) et l’emploi salarié (18,7%). Les
personnes en situation de sous-emploi représentent 23,8% de la population totale occupée
et se décomposent en 18,6% pour la population masculine et 30,9% pour la population
féminine.

Les informations disponibles indiquent que l’emploi à durée indéterminé s’est plus
dégradé en 2006. En effet, sa contribution à l’emploi total est de 14,8% avec 16,8% pour les
adultes et 12,7% pour les jeunes. Au niveau de l’emploi à durée déterminée, une baisse est
observée avec une contribution plus élevée des jeunes que celle des adultes. Avec une
contribution de 68,7%, l’emploi sans contrat reste dominant. Quant aux emplois saisonniers
et occasionnels, leur part demeure faible mais a augmenté en 2006 par rapport à 2002. Au
total, la situation de l’emploi s’est fortement détériorée entre 1998 et 2008.

Quant aux diplômés des différents cycles d’enseignement, ils sont confrontés à des
difficultés d’insertion professionnelle. En effet, selon l’Observatoire de l’Emploi de l’AGEPE,
le taux de chômage des diplômés en 2002 était de 13% au niveau national. Il était
relativement élevé pour les titulaires du BAC (27%), de la Maîtrise (25%) et du CEPE (22%).
Pour ceux de la Licence et du BEPC, ces taux étaient respectivement de 19% et de 16%. De
même, dans l’enseignement technique et la formation professionnelle, ces taux sont
relativement élevés pour les titulaires du BEP (53%) et du BTS (42%). Pour ceux du BT et du
CAP, ces taux s’établissaient à 12,5% et 12,7%.

La situation d’emplois des personnes vivant avec un handicap reste préoccupante. Le


taux d’alphabétisation de ces personnes est de 60,1% avec 62,6% chez les hommes et 55,8%
chez les femmes. Cependant, leur taux d’activité reste faible. En effet, selon une enquête
menée en 2005, le taux d’activité de cette catégorie de personnes est de 11,5% ; ce qui
implique que près de 90% des handicapés en âge de travailler n’exerce aucune activité
professionnelle. Ils sont plus de 70% à rencontrer des difficultés pour trouver un emploi à
cause essentiellement du manque de formation (35,7%) et des discriminations dont ils sont
victimes.

II. SECTEUR INFORMEL

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28
Ce secteur reste dynamique et concerne tant l’agriculture, les services que l'industrie.
Il occupait 4.107.595 personnes en 2002, contre 1.698.300 personnes en 1995, soit une
augmentation de 142% en 7 ans. Cette forte croissance est liée notamment à la saturation
du marché du travail salarié. En dépit de ces évolutions, le taux de chômage reste élevé.

Le secteur de l’emploi ne dispose pas d’outil de collecte de données statistiques et de


projection. Son évaluation est faite à travers les modules « emploi » issus principalement
des recensements généraux de la population et des enquêtes sur le niveau de vie des
ménages.

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29
Chapitre3: SYSTEME ECONOMIQUE, LA DEMOGRAPHIE DES
ENTREPRISES

I. SECTEUR PRIVE

Face au défi du développement économique, la Cote d’Ivoire s’est engagé à faire du secteur
privé le moteur de sa croissance, l’émergence du secteur privé a été accélérée avec la politique de
désengagement de l’Etat des secteurs productifs initiée dans les années 1990. Ces dernières
années, ce secteur a contribué pour près de deux tiers (2/3) à la formation du PIB et à la création
d’emplois modernes.
L’industrie constitue l’essentiel du secteur privé et elle comprend vingt-quatre(24) branches
en 2008, les industries agroalimentaires et chimiques se démarquent respectivement avec 33% et
28,5% du tissu industriel national. Ces deux grands secteurs sont suivis de ceux des industries de
l’énergie électrique et de l’eau, des industries diverses et des industries des métaux de construction
avec respectivement 8,9% et 8% et 5,3% du tissu industriel national.
Enfin, les industries du bois, les industries du textile et de la chaussure, les industries
mécaniques, automobiles, électriques et les industries extractives, 2402 entreprises industrielles de
plus de dix salariés dont 1296 pour la branche agroalimentaire et la pêche.
Le secteur privé s’appuie aussi sur une main d’œuvre qualifiée et jeune, ainsi que sur la
disponibilité de matières premières et d’infrastructures économiques compétitives. A ces atouts
s’ajoute l’existence d’un système financier en développement.
Le dispositif d’appui à l’entrepreneuriat est régi par un cadre institutionnel réglementaire et
juridique pour le développement du secteur privé, cette architecture comprend les chambres
consulaires, les cours d’Arbitrage de Côte d’Ivoire et de l’OHADA ainsi que les structures d’appui et
de facilitation et des organisations professionnelles faîtières.

Le secteur privé est confronté aux difficultés d’accès aux crédits, au non paiement ou au retard
dans le règlement de ses créances vis-à-vis de l’Etat et à l’insuffisance de l’épargne longue. De
même, l’insuffisance des capitaux privés nationaux ne favorise pas le développement de ce secteur,
par ailleurs, les crises successives qui ont secoué le pays depuis 1999 ont eu pour conséquence
l’augmentation du risque-pays, en raison de l’amplification de l’insécurité. Cette situation a entraîné
la fermeture ou la délocalisation de certaines entreprises, l’amenuisement de la production des
biens et services, et la baisse des investissements privés de l’ordre de 35% en moyenne sur la
période de 2003-2006.

Concernant le secteur de l’artisanat, il renferme d’énormes potentialités en termes de


création d’emplois et de valorisation de produits locaux, sources de revenus. En effet, ce secteur
constitue un vaste champ d’activités avec plus de 244 corps de métiers et dispose d’une forte
capacité d’insertion. De plus, il offre des possibilités d’apprentissage à cycle court d’auto-emploi.
Malgré son importance en termes de création d’emplois, l’artisanat est confronté à des difficultés
liées à la faiblesse du cadre institutionnel et réglementaire, au manque de financement des activités
du secteur et une qualification insuffisante de la main-d’œuvre. Ces difficultés sont également liées
à l’insuffisance des actions de promotion et de commercialisation artisanale, à l’absence de système
de protection sociale et à la fragilité des structures d’encadrement.

Dans chaque grand secteur d’activités, coexistent les grandes entreprises et les PME/PMI qui
constituent environ 98% du secteur privé. Au nombre de cinq mille (5000) en 2002, le nombre de

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30
PME/PMI a baissé ces dernières années du fait de la crise. A côté de ce secteur privé moderne,
existe un secteur informel qui, dominé par le secteur tertiaire, joue un rôle prépondérant sur le plan
économique.
En définitif, le secteur privé est confronté à de nombreuses difficultés limitant sa capacité de
création d’emplois et de richesses. Il s’agit de :

(i) l’inexistence d’une véritable politique d’industrialisation et de promotion du secteur


privé ;
(ii) un environnement peu incitatif et peu favorable à la réalisation et au développement des
affaires ;
(iii) une faible compétitive des entreprises industrielles ;
(iv) une insuffisance de financement des activités ;
(v) la faiblesse des capacités techniques et financières des structures institutionnelles, des
organismes professionnels faîtières notamment des PME, des structures d’appui et de
promotion du secteur privé.

II. SECTEUR PARAPUBLIC

L’État ivoirien joue un rôle important dans l’économie du pays tant au niveau légal (réformes fiscales
et budgétaires, renforcement de la réglementation liée aux marchés publics) que par son implication
dans le secteur parapublic et privé où sa présence moins importante que dans les décennies passées
reste cependant significative.

Le secteur parapublic, connait depuis le début des années 1990, une évolution notable. Le nombre
des sociétés d'État et des sociétés à participation financière de l'État, est passé de 200 à 77 en 1996
en conformité avec un vaste programme de privatisation lancé par les pouvoirs publics ivoiriens.

En mars 2006, le pays compte 27 sociétés d'État dont 18 nouvelles parmi lesquelles d'anciens
établissements publics transformés en sociétés dans un souci d'efficacité selon les déclarations
officielles. L'État ivoirien qui reste encore majoritaire dans 13 sociétés, conserve dans 11 autres une
minorité de blocage et concède d'être minoritaire dans 27 entreprises.

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31
Chapitre 4 : SYSTEME DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION
Le système éducatif de Côte d’Ivoire, est fondé sur le modèle hérité de l’époque
coloniale ; il comprend :
(i) l’enseignement préscolaire;
(ii) l’enseignement primaire;
(iii) l’enseignement secondaire général, dont le premier cycle
constitue, avec le primaire, l’éducation de base;
(iv) l’enseignement technique et la formation professionnelle ;
(v) l’enseignement supérieur;
(vi) l’alphabétisation et l’éducation des adultes.

L’enseignement préscolaire est essentiellement concentré dans les zones urbaines et


connaît une expansion rapide. Le secteur privé assure l’accueil de plus de 50% des enfants
scolarisés à ce niveau, mais avec des frais de scolarité relativement élevés.

L’enseignement primaire, d’une durée de 6 ans, concerne théoriquement les enfants


âgés de 6 à 11 ans. Il conduit au certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), tandis
que l’accès au 1er cycle de l’enseignement secondaire, d’une durée de 4 ans, est
subordonné à la réussite à l’examen d’entrée en 6ème.

Le 1er cycle du secondaire est assuré dans des collèges et sanctionné par le Brevet
d’études du premier cycle (BEPC). Le deuxième cycle, qui dure trois ans, se déroule dans des
lycées et il est sanctionné par le Baccalauréat, qui autorise l’accès au supérieur. Le secteur
privé accueille 35% environ des effectifs de l’enseignement secondaire général.

La formation professionnelle et l’enseignement technique se situent essentiellement au


niveau secondaire, même si différentes filières du supérieur sont professionnelles ou
conduisent à des BTS, notamment dans le privé. La formation professionnelle est dispensée
dans différents établissements (Centres de formation professionnelle - CFP - et Lycées
professionnels - LP -, notamment), tandis que l’enseignement technique est assuré dans des
Collèges d’enseignement technique (CET) et des Lycées d’enseignement technique (LET). Le
secteur privé accueille un peu plus de la moitié des effectifs de l’ETFP, essentiellement dans
des centres de formation professionnelle initiale, dont certains, autorisés et reconnus,
bénéficient de subventions du METFP.

L’enseignement supérieur public est constitué de trois Universités (Cocody, Bouaké


et Abobo Adjamé) et de quatre Grandes Ecoles (l'Ecole Nationale Supérieure de Statistique
et d'Economie Appliquée ; l'Institut National Polytechnique ; l'Ecole Normale supérieure ; et
l’Institut Pédagogique National d'Enseignement Technique et Professionnel).

Dans le cadre de la politique de déconcentration et régionalisation, deux Unités


Régionales d’Enseignement Supérieur ont été créées et rattachées, l’une à l’Université
d’Abobo-Adjamé, et l’autre à l’Université de Bouaké. Les universités comprennent des

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32
filières académiques conduisant à des diplômes de licence, maîtrise, DEA et Doctorat, et des
filières professionnelles longues et courtes.

Avant 1992, l'enseignement supérieur restait le quasi – monopole de l'Etat.


L’ouverture d’établissements privés après 1992 a sensiblement modifié le panorama.
Scolarisant presque 24 % des effectifs, dans 38 établissements, le privé offre
essentiellement des cycles de BTS (3 années d'études) dans le domaine tertiaire. La moitié
des étudiants du privé sont pris en charge par l'Etat. Il n'existe pas encore de mécanisme
d'accréditation et d'évaluation de ces établissements.

Trois ministères sont chargés des questions éducatives : le Ministère de l'Education


Nationale et de la Formation de Base (MENFB), le Ministère de l'Enseignement Technique et
de la Formation Professionnelle (METFP) et le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de
la Recherche Scientifique (MESRS). Des activités de formation professionnelle apparaissent
aussi dans les attributions d’autres ministères (Agriculture et Ressources Animales, Santé
Publique, Famille et Promotion de la Femme, Sports). La coexistence des trois grands
ministères entraîne des problèmes de coordination au niveau des missions comme des
actions: elle limite les possibilités d’une politique sectorielle intégrée et cohérente, qui
constitue maintenant une préoccupation de l’ensemble des responsables.

En plus des directions centrales, le MENFB comprend 10 Directions Régionales de


l'Education Nationale (DRENFB), 10 directions départementales (DDENFB) et 130 inspections
primaires qui leur sont rattachées. Les directeurs d'école sont les derniers maillons de la
hiérarchie.

A côté du METFP, différentes structures sont directement ou indirectement


impliquées dans l’ETP : (i) l’IPNETP, qui doit assurer la formation des enseignants de l’ETP,
mais qui dépend de l’enseignement supérieur ; (ii) le FDFP, qui gère la taxe à l’apprentissage
et la taxe à la formation continue provenant des entreprises ; et (iii) l’AGEPE, qui est une
structure du Ministère de l’Emploi et de la Fonction publique ayant pour rôle de développer
les opportunités d’emploi en favorisant la formation des personnes sans emploi.

L’Observatoire de l’emploi, qui dépend de l’AGEPE, devrait être en mesure de


donner des informations précises sur les niveaux des compétences requises par le marché
du travail et de gérer une banque de données sur les différents métiers en Côte d'Ivoire.

Dans sa politique visant à assurer le développement du capital humain, l’Etat accorde


une place de choix à l’éducation et à la formation. Ainsi, en vue d’offrir aux différents sous-
secteurs du système Education/Formation, un instrument commun de politique et de
programmation des actions, le Gouvernement a élaboré en 1997, le Plan National de
Développement du secteur Éducation/Formation (PNDEF) sur la période 1998-2010. La mise
en œuvre de ce plan a permis d’enregistrer des acquis notables.

En effet, dans le souci de faciliter l’accès et le maintien à l’école, des avancées sont
enregistrées, notamment, - les prêts/locations de manuels scolaires en faveur des
défavorisés dès 1998, - la libéralisation du port de l’uniforme scolaire au primaire, - la

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33
libéralisation du marché du livre dès 1999, - la pérennisation et généralisation du
programme de cantines scolaires, et - l’implication des communautés à la gestion des
établissements scolaires.

La loi n°95-696 du 7 septembre 1995 relative à l’enseignement réaffirme le droit à


l’éducation et à l’égalité de traitement de tous, dans le préscolaire, le primaire et le premier
cycle du secondaire général qui constituent l’éducation de base. Le but de la formation est
désormais celle de l'homme et du citoyen. Néanmoins pour les différents degrés
d'enseignement, les objectifs spécifiques développés dans la loi de 1995 intègrent la
préoccupation de développement national avec pour principes la neutralité, l'égalité, et la
gratuité.

Dans le primaire, malgré l’impact de la crise qui a désorganisé les systèmes scolaires
dans les zones CNO, les tendances se sont maintenues sur la période 2002-2008. En effet, le
taux net de scolarisation est passé de 56,5% en 2002 à 56,1% en 2008, avec 58,8% chez les
garçons contre 53,1 % chez les filles. L’indice de parité entre sexes du TNS est de 0,85. En
milieu rural, il est de 49,8% et 68,2% en milieu urbain. En 2008, seulement 21% des enfants
en âge officiel d’aller à l’école ont eu accès aux classes de CP1. Les attardés et les précoces
affectent le taux net de scolarisation.

Dans le secondaire, ce taux est de 26,6% avec 30,3% pour les garçons et 22,6% pour
les filles. Aussi, le rapport filles/garçons dans le secondaire est de 63,9. Dans le supérieur, ce
ratio est de 56,1.

Le taux de scolarisation demeure faible dans l’ensemble des ordres d’enseignement.


Cette faiblesse est liée aux difficultés d’encadrement qui résultent de l’insuffisance des
capacités d’accueil et au mauvais état des infrastructures éducatives inégalement réparties
sur le territoire national.

Ainsi, le nombre d’écoles dans le primaire est passé de 8 975 en 2001/2002 à 9 106 en
2005/2006. Ces infrastructures offrent une moyenne de 43 écoliers par classe en
2005/2006, contre 42 et 40 respectivement en 2001/2002 et 1989/1990. Dans le secondaire
général, le nombre de salles en 2005/2006 est de 15 850 salles de classe dont 8 288 au
privé. L’effectif des élèves dans le secondaire a doublé en l’espace de douze ans, passant de
333 709 en 1989/1990 à 682 461 élèves en 2001/2002. Malgré la crise, cet effectif a évolué
pour atteindre en 2005/2006, 762 151 élèves dont 314 443 au privé. Cette tendance n’a pas
été suivie au niveau de l’effectif des enseignants qui a baissé. Il est passé de 22 536
enseignants dont 2 826 femmes en 2001/2002 à 21 241 enseignants dont 2 740 femmes en
2005/2006. Suite au retrait de l’administration dans les zones CNO à la faveur de la crise
sociopolitique, les enseignements ont été assurés par des bénévoles et volontaires.

Quant à l’enseignement supérieur en 2007, il compte 42 établissements au public dont


3 universités, 2 unités régionales d’enseignement supérieur (URES), 3 grandes écoles, 33
établissements de formation spécialisée et 143 établissements au privé dont 17 universités
et 126 grandes écoles, avec 75% de l’ensemble des établissements concentrés dans le

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34
District d’Abidjan. Le nombre total d’enseignants-chercheurs et de chercheurs était de
l’ordre de 2.400.

Nonobstant ces acquis, de nombreux élèves titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme


équivalent n’accèdent pas à un enseignement supérieur de qualité et ceux formés ne
trouvent pas d’emploi. Cette situation est essentiellement due à la faible qualification du
personnel administratif et technique, à la faiblesse des transferts sociaux, à la violence en
milieu universitaire et à la non maîtrise des flux scolaires et universitaires qui conduit au
surpeuplement des amphithéâtres et des salles de travaux dirigés. A cela s’ajoutent les frais
de scolarité élevés pour de nombreux étudiants des grandes écoles, l’insuffisance des
œuvres universitaires, la forte concentration des capacités d’enseignement supérieur à
Abidjan et l’inadéquation formation/emploi.

Concernant l’enseignement technique et la formation professionnelle, ce secteur qui


compte peu d’infrastructures d’accueil dans le public n’a enregistré aucune nouvelle
construction de 2001 à 2008. Cependant, au privé, le nombre d’établissement n’a cessé de
croître passant de 153 en 2004 à 274 en 2007 dont 54,75% dans le district d’Abidjan.
L’effectif des élèves est passé de 28.066 en 2002 à 48.624 en 2007 avec 23.699 filles.
Celles-ci représentaient 40,86% de l’effectif total au public contre 52,27% au privé. En 2007,
l’encadrement était assuré par 3.324 enseignants dont 582 enseignants assumant des
charges administratives.

De nombreux jeunes et adultes, notamment les filles et les femmes, n’ont pas
suffisamment accès à une formation professionnelle et technique de qualité et ceux qui
sont formés ne sont pas insérés dans le tissu socioprofessionnel. Cette situation est due à
une répartition inappropriée des structures de l’enseignement technique et de la formation
professionnelle, à l’insuffisance et au mauvais état des infrastructures de formation
existantes.

De plus, l’insuffisance d’enseignants et de personnel administratif, d’équipements et


de supports didactiques de même que la faiblesse du niveau et de la qualité de
l’enseignement technique et professionnel accentuent la contre-performance de cet ordre
d’enseignement. Par ailleurs, l’efficacité du système est entravée par l’inadaptation des
formations aux exigences du marché de l’emploi issue de l’insuffisante collaboration entre
les structures de formation professionnelle et le secteur privé, d’une part, l’inexistence
d’une carte scolaire et la faiblesse institutionnelle liée aux changements successifs de
tutelle, d’autre part.

L’enseignement en général s’accompagne de la recherche scientifique qui, depuis


1971, s’est vue assigner pour mission principale l’appui-conseil et l’évaluation des
programmes de développement. Le patrimoine de la recherche scientifique est constitué de
36 structures. Le nombre de chercheurs qui était de 326 en 1998 est passé à 268 dont 35
femmes en 2004, soit une baisse de 17,8%, due à la fuite des cerveaux, aux difficultés de
financement et à la faible valorisation des résultats de recherche. Dans le domaine agricole,
la recherche est parvenue à d’importants résultats, notamment le développement d’un

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35
grand nombre de matériel et de clones améliorés, la production d’énergie solaire, la
valorisation des plantes médicinales, l’amélioration de la qualité de l’eau.

Malgré les acquis enregistrés, la recherche scientifique demeure peu développée et les
produits de la recherche peu valorisés. Ceci en raison de la marginalisation de la recherche,
du faible niveau de financement de ce secteur, du nombre insuffisant de chercheurs, de
l’insuffisance des structures et équipements de recherche et de l’absence d’une réelle
politique de développement de la recherche qui occasionne la fuite des cerveaux.

En marge du système éducatif, coexistent l’éducation de base non formelle et les


écoles confessionnelles musulmanes. L’éducation de base non formelle enregistre 87
Institutions de Formation et d’Education Féminine (IFEF) et est animée par 410 enseignants
d’éducation permanente. Toutefois, les infrastructures demeurent sous équipées. Quant
aux écoles confessionnelles musulmanes, les programmes d’enseignement sont en
inadéquation avec les programmes officiels, ce qui pose le problème de la reconnaissance
des diplômes et d’insertions professionnelles.

Au niveau de la performance, le rendement du système éducatif est encore faible avec


des taux élevés de déperditions scolaires.

Au niveau de l’enseignement primaire, le redoublement concerne annuellement près


de 25% des élèves, soit environ 700 000 redoublants par an. Dans la même proportion, il
réduit les capacités d’accueil de l’école, tout en majorant les coûts de l’éducation pour l’Etat
et pour les familles. Il contribue également à la création de goulots d’étranglement,
notamment l’inscription au CP1, les transitions CM2/6.

De plus, l’enquête MICS 3 révèle que seulement 52% des enfants qui entrent en
première année atteignent la cinquième année. Quant au taux d’achèvement du cycle
primaire, il est passé de 47,7% en 2001/2002 à 42,2% en 2005/2006, ce qui représente une
baisse de plus de cinq points en quatre ans.

En dépit de ces entraves, quelques avancées sont à mettre au bénéfice de ce niveau


d’enseignement. En témoignent les résultats au CEPE qui bien qu’irréguliers se sont
améliorés ces dernières années. En effet, le taux de succès est passé de 33,7% en 1997 à
76,6% en 2006.

En outre, le rendement interne qui durant de longues années a été considéré comme
faible s’est amélioré. Le coefficient de rendement est ainsi passé de 51,1% en 2001/2002 à
68,5% en 2004/2005. Par ailleurs, le coefficient de déperdition qui était de 1,958 en
2001/2002 a chuté pour atteindre 1,459 en 2004/2005.

Tout comme dans le cycle primaire, le secondaire enregistre un fort taux de


déperdition lié aux redoublements et aux abandons.

En ce qui concerne la performance générale de l’enseignement secondaire, seulement


le quart des candidats au BEPC et le tiers de ceux du BAC réussissent aux évaluations

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36
nationales. Cependant, les taux de promotion par niveau dans ce degré d’enseignement se
situent à un niveau acceptable, en moyenne 80% dans le premier cycle public contre 70% en
moyenne dans le second cycle public.

De façon générale, le constat est que le cycle de l’éducation de base rejette près de 10
% de ses effectifs par an. Ce qui renvoie à un détournement de l’école de sa vocation, celle
d’éduquer, de former et d’instruire.

Les conséquences prévisibles à moyen et long terme des déperditions scolaires et


sociales se traduisent en termes de risques sociopolitiques, de coûts socio-économiques et
financiers qui seront difficiles à maîtriser si rien n’est entrepris dans le court terme.

De plus, l’insertion professionnelle des diplômés est en deçà des efforts fournis en
raison de l’inadaptation des profils de formation. Cette inadaptation est due à l’absence
d’un cadre réglementaire de concertation entre les acteurs du secteur privé productif et
ceux de la formation professionnelle et technique.

Au plan pédagogique, l’enseignement supérieur enregistre la mise en place


progressive du système LMD (Licence-Master-Doctorat). Au niveau spécifique du BTS, des
réformes sont en cours en vue d’améliorer l’efficacité et d’accroître l’utilisation des TIC.

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37
Chapitre 5 : CARACTERISTIQUES DU MARCHE DU TRAVAIL

I. OFFRE D’EMPLOIS ADRESSEES AU PUBLIC EN 2007

Les informations tirées de l’analyse des offres d’emplois adressées au public au cours
de l’année 2007 sont présentées ci-après à deux niveaux : au niveau global et au niveau des
groupes de professions les plus demandés.

• Au niveau global

Au cours de l’année 2007, 884 intentions de recrutement ont été adressées au public
par le biais du journal Fraternité Matin. Ces offres ont été plus importantes au cours des deux
derniers trimestres de l’année. En effet, de 131 et 144 au premier et deuxième trimestre, le
nombre d’emplois offerts au public est passé à 299 et 310 au troisième et quatrième
trimestre. Par rapport aux années précédentes, le nombre d’emplois offerts au public est en
hausse. Il était, en effet, de 797 en 2004, 753 en 2005, et 629 en 2006. L’évolution, selon le
trimestre, montre que les deux derniers trimestres de chaque année enregistrent davantage
d’offres sauf en 2004.
Le mode de recrutement, les offres selon le sexe, les offres selon les diplômes, le
nombre d’années d’expérience professionnelle, et les professions les plus demandées.

 Le mode de recrutement
Selon le mode de recrutement, on remarque qu’en majorité les employeurs ne
s’adressent pas directement au public. Ce sont les cabinets de recrutement qui ont fait le
plus d’annonce en 2007. Leurs offres représentent 80,4% de l’ensemble des offres.

 Les offres d’emploi selon le sexe


De plus en plus, les employeurs sont indifférents au sexe des postulants. Seulement
8,7% des offres ont spécifié le sexe du candidat ; le nombre d’emplois spécialement
réservés aux femmes représente 17,2% de ces offres et 1,5% de l’ensemble des offres ce
faisant, les femmes sont concernées par 92,8 % des offres et sont exclues des 7,2 %. Quand
aux hommes, lorsque le sexe du candidat est une condition d’éligibilité, ils bénéficient
davantage d’offres (82,8%). Mais ces emplois spécifiquement réservés aux hommes ne
représentent que 7,5 % de l’ensemble des offres. Dans l’ensemble, les hommes sont
concernés par 98,5 des intentions de recrutement.
Les emplois spécialement réservés aux femmes relèvent des groupes de
professions « professions intermédiaires de la gestion administrative » alors que ceux
spécifiquement réservés aux hommes sont des groupes de professions « techniciens des
sciences physiques et techniques, architectes ingénieurs et assimilés, autres cadres de
direction. »

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38
 Les diplômes exigés
Au cours de l’année 2007, les diplômes les plus demandés sont le Brevet de Technicien
(BT) exigé par 26,5 % des offres, le Diplôme d’Ingénieur 22,3 % le Brevet de Technicien
Supérieur (BTS) par 8,5 % des offres, la Maitrise et le Diplôme Universitaire de Technologie
(DUT) par 4,1 % et 4% des offres. Il faut remarquer que 10% des offres n’exigent pas de
diplôme. Pour plus de détail, se reporter au tableau n° 1 :

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39
« Répartition des offres d’emploi adressées au public en 2007 selon le diplôme exigé ».

Tableau n° 1 : les offres d’emploi selon le diplôme exigé

Diplôme Observations Fréquences


NON EXIGE 89 10.1
BEPC 1 0 ,1
BAC 1 0 ,1
LICENCE 4 0 ,5
MAITRISE 36 4,1
DEA 21 2,4
DESS 16 1,8
DOCTORAT D’ETAT 10 1,1
MBA 7 0,8
CAP 8 0,9
BEP 1 0,1
BT 234 26,5
BTS 74 8,4
DUT 35 4,0
DPECF 1 0,1
DECF 19 2,1
DESCF 8 0,9
DECS 17 1,9
INGENIEUR 197 22,3
DTS (TECHNICIEN SUPERIEUR) 11 1,1
CAPA 1 0,1
MSTCF 20 2,3
ECS (ETUDE COMPTABLE SUPERIEUR) 1 0,1
BTS /DUT 75 8,5
TOTAL 884 100

− Les exigences en nombre d’années d’expérience


Pour 362 offres d’emploi (41%) de l’ensemble, les employeurs n’ont pas exigé
d’expérience professionnelle. Deux, trois et cinq années sont les nombres d’années
d’expérience qui reviennent le plus dans les offres. Pour 6,2 % des offres, il a été demandé
dix années d’expérience professionnelle.

− Les professions les plus demandées


Au cours de l’année 2007, les emplois offerts au public, classés selon la CITP, se
présentent par groupe de professions comme indiqué dans le tableau N°2, ci-après.

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40
− Tableau N°2 : les offres d’emploi selon le groupe de professions

Groupe de Professions observations fréquences


Directeurs 22 2,5
Autres cadres de direction 118 13,3
Spécialistes de l’informatique 34 3,8
Architectes Ingénieurs et Assimilés 92 10,4
Spécialistes des sciences de la vie 10 1,1
Spécialistes des fonctions administratives et 61 6,9
commerciales des entreprises
Techniciens des sciences physiques et techniques 171 19,3
Techniciens et travailleurs assimilés de sciences de la 151 17,1
vie et de la nature
Professions intermédiaires des finances et de la vente 92 10,4
Agents commerciaux et courtiers 12 1,4
Professions intermédiaires de la gestion 74 8,4
administrative
Autres professions 47 5,3
Total 884 100

1. Au niveau des professions les plus demandées

Les offres d’emploi adressées au public en 2007 recherchent en majorité des


professions classées selon la CITP dans le sous-groupe de professions ci-après :

 Techniciens des sciences physiques et techniques


Les intentions de recrutement adressées à ce sous-groupe de professions s’élèvent à
171 et représentent 19,3% de l’ensemble des offres d’emploi adressées aux techniciens des
sciences physiques sont faites à travers les cabinets de placement. Pour l’essentiel, les offres
sont adressées indifféremment aux hommes et aux femmes. Cependant, cinquante offres
(29,2%) sont spécifiquement adressées aux hommes. Dans 6,4 % des cas, ces offres exigent
que les candidats aient des connaissances en informatique. Le nombre d’années
d’expérience demandé est de deux à trois ans. Il n’y a pas toujours une exigence quand à
l’âge mais lorsque cela est fait, l’exigence porte sur la tranche 25- 30 ans.
Ce sous-groupe de profession rassemble les emplois de techniciens en génie, civil,
techniciens en électricité, techniciens en électronique et en communication, techniciens en
construction mécanique et chimie industrielle, etc.

Les groupes de base le plus sollicités sont :


Offres % offres globales
Techniciens en électricité 72 42 %
Techniciens en construction mécanique 63 36,8 %
Techniciens en électronique et en 16 9,4%
télécommunications
Techniciens en génie civil 12 7%

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41
 - Techniciens et travailleurs assimilés des sciences de la vie et de la nature
Dans ce sous- groupe de profession sont classés les agents des eaux et forets. Il reçoit
151 offres soit 17,1 % des intentions de recrutement adressées au public en 2007. Ces offres
sont toutes faites par le biais de cabinets de placement et sont adressées aux professions
classées dans le groupe de base « techniciens agronomes et forestiers ».
Il leur est demandé, aux postulants, d’être titulaires, du Brevet de Technicien (BT) ; il
n’ya ni exigence d’âge, ni d’expérience professionnelle. Les candidats doivent avoir le sens
pratique et la spontanéité.

 Architectes, Ingénieurs et assimilés


Sur un effectif total de 884 emplois offerts, 92 sont adressés à ce sous-groupe de
professions soit 10,7 %.
Les professions classées dans ces sous-groupes de professions sont classées dans les
groupes de base : « Ingénieurs civils », « ingénieurs électriciens », « ingénieurs
électroniciens et des télécommunications », « ingénieurs mécaniciens », « ingénieurs des
mines », « ingénieurs métallurgiques et assimilés ». Les offres sont en majorité faites par
l’intermédiaire des cabinets de recrutement et s’adressent sans distinction aux homes et
aux femmes. Une seule offre réclame expressément une femme. Le diplôme requis est celui
d’Ingénieur. Les qualités humaines demandées aux postulants sont la fermeté, le sens de
l’organisation et le leadership.

 Autres cadres de direction


Les offres d’emploi recherchant des professions classées dans ce sous-groupe de
professions sont au nombre de 118 et représentent 13,3 % de l’ensemble des offres. Elles
sont faites en majorité par l’intermédiaire des cabinets privés de recrutement. Les
employeurs sont indifférents au sexe ; ils exigent cependant des postulants qu’ils aient des
connaissances supplémentaires en informatique ou en anglais et parfois les deux en même
temps. Le nombre d’années d’expérience le plus demandé est de cinq ans (31,4% des
cas).Les postulants ne justifiant que de trois années d’expérience professionnelle peuvent
prétendre à 18,6 % des offres quand 25,4 % des offres sont réservées aux personnes qui ont
10 années d’expérience professionnelle. En termes de savoir être, il est demandé aux
postulants d’être les leaders et d’être fermes. Les principales professions de ce sous-groupe
sont classables dans les groupes de base « Cadres de direction recherche développement »
(21,2 %), « Cadre de direction des services administratifs et financiers »18,6%, « Cadre de
direction personnel et relations professionnelles » (16,1 %). Les diplômés exigés sont
généralement : MBA, la MSTCF, le DECF pour les emplois de cadre de direction des services
administratifs et financiers ; ma Maîtrise, le DEA et le DESS pour les Cadres de direction
personnel et relations professionnelles ; la Maîtrise, le DESS et le Diplôme d’Ingénieur pour
les Cadres recherche développement.

 Professions intermédiaires des finances et de la vente (10,4%)


Le nombre d’emplois à l’intention de ces professions est de 92 soit 10,4% de
l’ensemble des emplois offerts au public en 2007.Ces offres sont faites en majorité par
l’intermédiaire des cabinets de recrutement et davantage adressées aux professions
classées dans les groupes de base « agents commerciaux et agents commerciaux
techniciens ». Il n’y a pas de préférence pour le sexe. Pour plus de la moitié des offres, l’âge

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42
n’est pas une exigence mais lorsqu’il est précisé, la préférence va aux candidats dont l’âge
est compris entre 25 et 35 ans. Les diplômés exigés sont le BTS, le Diplôme d’Ingénieur et le
DUT. Il est exigé aux postulants d’avoir des connaissances complémentaires que sont
l’anglais et l’informatique dans 38% des offres.
Les exigences de savoir –être portent sur la fermeté, le leadership et le sens pratique.

 Professions intermédiaires de la gestion administrative (8,4%)


Les offres classées dans ce sous-groupe de professions représentent 8,4 % de
l’ensemble des offres de l’année 2007.Elles sont adressées en majorité (75,7 %) aux
Comptables et pour 20,3% aux Secrétaires. Les employeurs sont indifférents au sexe (88 %
des cas) ; cependant, 12% des offres s’adressent spécialement aux femmes. Les diplômes
exigés sont le BTS, le DUT, et le BT. En plus du diplôme, il est demandé aux postulants
d’avoir des connaissances en Informatique pour 21% de ces offres, en Informatique et
Anglais pour 20% des offres, quand dans 54% des cas, il n’est pas exigé de connaissances
complémentaires. En termes de savoir, il est demandé que les candidats soient fermes,
aient le sens de l’organisation, et du leadership.
Les emplois offerts au public par l’intermédiaire des journaux est en hausse en 2007
par rapport aux années précédentes. Ces emplois sont davantage du niveau Agent de
maitrise et Cadre. Les diplômes les plus demandés sont le BT et le Diplôme d’Ingénieur. En
plus du diplôme, les employeurs demandent que les postulants aient des connaissances
complémentaires en Informatique et en Anglais. Les candidats à l’embauche doivent
justifier d’une durée d’expérience professionnelle d’une à cinq années. Ils doivent avoir une
capacité de meneurs d’hommes, être rigoureux et avoir le sens de l’organisation.

II. DEMANDE DE MAIN-D’ŒUVRE

Les emplois disponibles sur le marché du travail ivoirien se répartissent en 8,3%


d’emplois modernes, 31% d’emplois informels non agricoles et 60,7% d’emplois de
l’agriculture traditionnelle. En outre, leur répartition selon la situation dans la profession
permet d’établir que l’emploi salarié ne représente que 18,7% des emplois. Cela traduit un
marché du travail de portée limitée où existe un secteur primaire cible de l’ensemble de la
population active parce qu’assurant des rémunérations plus élevées, une garantie du
revenu et de l’emploi et une protection sociale. Dans ce secteur primaire pourtant sollicité,
les emplois sont rationnés, à telle enseigne qu’une part importante de la population active
s’en trouve exclue. Ce reflux de population active se retrouve dans le secteur non structuré
qui constitue finalement un secteur refuge pour la population active.

Une série de données portant d’une part sur les demandes d’emploi enregistrées à
l’AGEPE et d’autre part sur les offres reçues par cet établissement permet d’illustrer la
faiblesse de la demande de main-d’œuvre. Ici, Il s’agit des propositions officielles
d’embauche déposées par les entreprises auprès de l’AGEPE

Demandes Offres
Année d’emploi d’emploi Taux de couverture
2000 7786 1670 21,4%

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43
2001 7416 1357 18,3%
2002 5463 875 16,0%
2003 3531 358 10,1%
2004 4887 209 4,3%

L’on note que les offres d’emploi reçues par l’AGEPE sont largement insuffisantes pour
couvrir les demandes d’emploi qui lui sont adressées. Il faut noter que ces données ne
traduisent qu’une partie des mouvements sur le marché du travail. D’autres sources
permettent de donner les caractéristiques des offres d’emploi proposées par les
employeurs à travers les petites annonces dans les journaux. Une étude réalisée sur
l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur a permis de connaître
les caractéristiques des demandes d’emploi ainsi que leurs tendances.

1. Les difficultés pour recruter les diplômés de l’enseignement supérieur.

On observe que 38% des entreprises interrogées déclarent avoir des difficultés pour
recruter du personnel diplômé de l’enseignement supérieur. Les difficultés sont le niveau de
compétences insuffisant, le manque d’expérience professionnelle, les lacunes graves au
niveau de la formation, le manque de savoir-faire, le manque de dynamisme, le manque de
capacité d’adaptation, le manque de culture d’entreprise et le coût élevé de leur
recrutement. On note que les difficultés les plus mentionnées sont le manque d’expérience
professionnelle (32%), le niveau de compétence insuffisant (17%) et le manque de culture
d’entreprise (15%).

Toutefois, il est plus reproché aux titulaires du BTS et de la licence le manque


d’expérience professionnelle et le niveau de compétence insuffisant. Aux titulaires d’une
maîtrise, il est reproché le manque d’expérience professionnelle et le manque de culture
d’entreprise. En ce qui concerne les ingénieurs, le manque d’expérience professionnelle et
le coût élevé du recrutement constituent les principales difficultés à leur recrutement.

Vu les difficultés mentionnées par les entreprises, il est clair que la formation des
diplômés est mise en cause. En effet, le manque d’expérience professionnelle est lié
essentiellement à un manque de formation pratique. En ce qui concerne le niveau de
compétence insuffisant qui leur est reproché, il est lié à la qualité de la formation initiale.
Ces éléments devraient donc donner une orientation quant aux actions à mener pour
rendre les diplômés de l’enseignement supérieur opérationnels en entreprise. Des études
précédentes ont permis d’établir l’importance de ces éléments dans les offres de
recrutement. Par exemple, une analyse des offres d’emploi publiées dans les journaux
« fraternité matin » et « notre voie » a révélé qu’en 2006, plus de la moitié de ces offres
exigeaient au moins une année d’expérience professionnelle.

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44
2. L’expérience professionnelle, une exigence majeure pour recruter un diplômé de
l’enseignement supérieur

Les réponses obtenues permettent d’établir que les exigences des chefs d’entreprise
en matière de recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur sont par ordre
l’expérience professionnelle, la formation complémentaire et les qualités humaines.
L’observation des données permet d’établir que les ordres expérience professionnelle-
formation complémentaire-qualités humaines (42,2%), expérience professionnelle-qualités
humaines-formation complémentaire (39,2%) occupent les parts les plus importantes. Pour
les diplômés du BTS (49,3%) et de la licence (41,3%), l’ordre le plus important est expérience
professionnelle-formation complémentaire-qualités humaines. En revanche, l’ordre
expérience professionnelle-qualités humaines-formation complémentaire est le plus
important pour les titulaires d’une maîtrise et d’un diplôme d’ingénieur.

Les exigences ainsi formulées par les entreprises pour le recrutement des diplômés
sont conformes aux difficultés mentionnées par celles-ci quant à leur recrutement. En effet,
les entreprises reprochent le plus souvent un manque d’expérience aux diplômés de
l’enseignement supérieur et l’on note que celle-ci occupe le premier rang parmi les
exigences pour leur recrutement. Toutefois, les exigences en qualités humaines et la
formation complémentaires ne sont pas à négliger puisqu’elles interviennent dans le niveau
de compétence et l’esprit d’entreprise tant reprochés aux diplômés.

Les connaissances complémentaires exigées par les entreprises portent généralement


sur l’informatique et l’anglais. En général, elles ne constituent pas les connaissances de base
pour exercer le métier en question mais sont des atouts importants pour son exercice. En
2006, les offres publiées dans les journaux ci-dessus mentionnés exigeaient à 18,28%
l’informatique comme connaissance complémentaire, à 5,88% l’anglais seul et à 10,48% le
couple informatique-anglais. Les entreprises exigent généralement un nombre d’année
d’expérience au delà d’un an.

L’importance de l’expérience professionnelle exigée par les employeurs se confirme


par le nombre d’années d’expérience exigé. Globalement, le nombre d’années d’expérience
exigé est compris entre un et deux ans. Cependant, il est exigé des ingénieurs un nombre
d’année d’expérience plus élevé certainement en raison de l’importance des tâches qu’ils
ont à exécuter et de leur coût. On note que dans l’ensemble, plus le diplôme est élevé et
plus le nombre d’années d’expérience est élevé.

Les données ainsi obtenues sont conformes à celles des études précédentes de
l’AGEPE et en particulier celles portant sur les offres publiques d’emplois. En effet, l’étude
sur les offres publiques d’emploi en 2006 révèle que les demandeurs d’emploi ayant un
nombre d’années d’expérience compris en 3 et 5 ans ont plus de chance d’être recrutés. La
même étude révèle que les emplois offerts aux diplômés du BTS et du DUT exigeaient trois
années d’expérience professionnelle. Ceux qui en revanche s’adressaient aux titulaires d’un
DESS, DECS ou d’un diplôme d’ingénieur exigeaient un nombre d’année d’expérience de
cinq années.

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45
Au delà de l’importance accordée par les entreprises à l’expérience professionnelle en
vue du recrutement des diplômés, il se pose la question légitime de savoir comment les
jeunes diplômés peuvent acquérir cette expérience.

3. De très faibles perspectives de recrutement des diplômés

Les entreprises prévoient de recruter environ 224 personnes titulaires des diplômes de
l’enseignement supérieur. Parmi elles, on peut noter 94 titulaires du BTS, 57 de la licence,
51 de la maîtrise et 22 du diplôme d’ingénieur. On note que la majorité des postes projetés
est le fait des grandes entreprises (voir tableau 21 en annexe). A priori, on serait tenté de
conclure que les BTS ont plus de chances d’insertion dans le secteur moderne. Cependant,
en se référant à leur nombre plus élevé que celui des autres, il apparaît clairement que tel
n’est pas le cas.

Par ailleurs, les prévisions de recrutement ainsi présentées ne représentent qu’environ


3% de l’effectif de cadres et d’agents de maîtrise de notre échantillon, catégories dans
lesquelles les diplômés sont sensés être classés. Les 224 personnes à recruter sont les
prévisions de 80 entreprises, soit une moyenne de 2,8 personnes par entreprise. Si l’on
multiplie cela par 2 800 qui constitue l’effectif approximatif d’entreprises de la BDF, on
trouve 7 840 personnes à recruter. Or, nombre d’entreprises ont disparu sur le terrain. La
différence de 3019 diplômés entre les 10 859 diplômés sur lesquels porte notre analyse et
les prévisions de recrutement n’est pas négligeable alors que ce chiffre ne représente
qu’environ 26% des diplômés sans emploi. Pour tout dire, les perspectives d’emploi ne sont
pas bonnes pour les diplômés de l’enseignement supérieur, les prévisions d’embauche des
entreprises étant loin de pouvoir les absorber tous.

Dans le cadre de recherche d’amélioration des profils et des compétences de


diplômés, et de réduction de leur chômage, autrement dit dans le but d’améliorer
l’employabilité des diplômés, les employeurs sont favorables au recrutement de 296
stagiaires dont 162 titulaires du BTS, 31 de la licence, 48 de la maîtrise et 55 du diplôme
d’ingénieur. Ce nombre de stagiaires avoisine le nombre total de stagiaires dénombrés dans
la structure de l’effectif des entreprises (355) sans toutefois l’atteindre. En faisant les
mêmes calculs que ci-dessus, l’on peut bien se rendre compte que le nombre de stagiaires à
recruter est loin d’être suffisant pour absorber le nombre de diplômés sans emploi, surtout
lorsqu’on sait que certains stages sont offerts à des étudiants en vue de leur permettre de
valider leur diplôme et que d’autres sont des stages pré-embauche, donc peuvent bien se
confondre aux intentions d’embauche déjà déclarées. Dans tous les cas, il ne s’agit que
d’intentions. Pouvoir les concrétiser constituerait un pas en avant.
La durée d’employabilité projetée par les employeurs élimine un nombre important de
diplômés.
Les employeurs situent dans leur grande majorité (84,8%) la durée d’employabilité du
diplômé n’ayant jamais travaillé entre un et trois ans. Sachant que les diplômés enquêtés
ont une durée de chômage qui excède généralement trois ans, il reste clair que beaucoup
d’entre eux n’ont plus assez de chances de s’insérer dans les entreprises du secteur
moderne.

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46
III. COUTS DE LA MAIN-D’ŒUVRE ENCOURUS PAR LES ENTREPRISES

Il n’existe pas à l’Observatoire de données assez fournies sur les coûts de main-
d’œuvre encourus par les employeurs. L’on peut néanmoins rappeler des données sur la
masse salariale collectées lors de l’enquête auprès du secteur moderne privé ivoirien.

1. Distribution de l’effectif et de la masse salariale selon la catégorie socioprofessionnelle


et la nationalité
Au niveau de l’effectif total, les Ivoiriens perçoivent 69,7% de la masse salariale pour
73,4 % de l’effectif ; les Africains non Ivoiriens avec 25,5% de l’effectif perçoivent 12,7% de
la masse salariale et les non Africains qui ne représentent que 1,1% de l’effectif totalisent
17,5% de la masse salariale. En ne considérant que les catégories professionnelles, on
s’aperçoit que la part la plus importante de la masse salariale est perçue par les employés
(21,2%) pour 21,9% de l’effectif. Les Directeurs et Cadres qui ne participent que
respectivement pour 1,1% et 3,5% à l’effectif, engrangent respectivement 18,7% et 19,5%
de la masse salariale. Avec 40,8% des effectifs, les manœuvres ne perçoivent que 11,5% de
la masse salariale.

Au niveau de Chaque catégorie socioprofessionnelle et en considérant la nationalité,


on peut relever que les non Africains perçoivent 63,4% de la masse salariale versée aux
Directeurs et 24,9% de celle versée aux cadres. Les Ivoiriens perçoivent 70,1% de la masse
salariale des cadres, 88,5% de celle des Agents de maîtrise, 84,5% de celle des Employés,
80,7% de celle des ouvriers et 61,3% de celle versée aux Manœuvres ; les Africains non
Ivoiriens recevant 38,7% de cette dernière.

2. Distribution de la masse salariale selon la catégorie socioprofessionnelle et la


nationalité

Selon la catégorie socioprofessionnelle et la nationalité des travailleurs, on relève que


la part la plus importante de la masse salariale est perçue par les employés ivoiriens (17,9%)
qui occupent 18,5% de l’effectif. Les manœuvres ivoiriens qui sont majoritaires dans
l’effectif (24%) ne perçoivent que 7% de la masse salariale. Les directeurs Non Africains
reçoivent 11,9% de la masse salariale alors qu’ils ne représentent que 0,5% des emplois. Les
cadres ivoiriens quant à eux perçoivent 13,7% de la masse salariale.

 Masse salariale moyenne mensuelle du personnel permanent

Directeur 2 382 107


Cadre 956 043
Agents de Maîtrise 425 571
Employés 141 592
Ouvriers 136 881
Manœuvres 58 012

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47
3. Masse salariale moyenne mensuelle par catégorie socioprofessionnelle selon la
nationalité

Tableau : Masse salariale moyenne de l’effectif permanent par catégorie


socioprofessionnelle selon la nationalité

Africain Non
Catégorie professionnelle Ivoirien Ivoirien Non Africain Effectif Total
Direction 1 695 336 1 274 484 3 135 627 2 382 107
Cadres 790 386 818 121 2 211 870 956 043
Agents de Maîtrise 432 204 261 150 635 435 425 571
Employés 147 274 115 291 645 208 141 592
Ouvriers 167 367 65 282 456 071 136 881
Manœuvres 101 759 37 455 166 667 58 012
Total 268 892 73 487 2 409 537 245 187
Source : Observatoire de l’Emploi, Enquête secteur moderne 2001

IV. LES REVENUS ET LES SALAIRES MINIMUMS/GAINS BRUTS ET NETS

Il faut préciser que les informations sur le revenu sont généralement difficiles à
obtenir aussi bien par les enquêtes auprès des unités de production que celles réalisées
auprès des ménages. Par conséquent, pour ce qui est des enquêtes emploi auprès des
ménages, l’on s’en tient pour le moment aux déclarations des individus. En ce qui concerne
les entreprises du secteur moderne, des données sur la masse salariale ont pu être
collectées en 2001. Les informations issues de ces données sont rapportées au point
précédent.

En Côte d’Ivoire, le SMIG est fixé depuis des années à 36 607 FCFA alors que le coût de
la vie ne cesse de croître. Il est donc évident que le niveau de revenu minimum est
largement au-dessus de 36 607 FCFA.

En ce qui concerne les déclarations des actifs occupés issues des enquêtes auprès des
ménages, l’on note qu’une part importante de la population occupée a un revenu inférieur
au SMIG (57,1%). Les actifs occupés ayant un revenu inférieur à 50 000 FCFA représentent
67,4% et ceux ayant un revenu inférieur à 100 000 FCFA représentent 83,2% des actifs
occupés.
En tenant compte du genre, on observe que les hommes ont généralement un revenu
plus élevé que celui des femmes. En d’autres termes, l’emploi des femmes est nettement
moins rémunérateur que celui des hommes.
En effet, dans la population occupée masculine, 50,4% des personnes ont un revenu
inférieur au SMIG contre 71,5% pour les femmes. Les hommes occupés ayant un revenu
inférieur à 50 000 représentent 61,8% de la population occupée masculine et cette
proportion est de 87,1% pour la population féminine. Alors que 79,9% des hommes ont un
revenu inférieur à 100 000, les femmes sont 90,3% à avoir un revenu inférieur à ce montant.

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48
Ces données permettent de dire donc que les femmes ont généralement des revenus
faibles par rapport aux hommes. La situation du revenu tiré de l’emploi est plus critique au
niveau des femmes en Côte d’Ivoire.

Tableau : proportion des actifs occupés des tranches inférieures de revenu mensuelle en
2002

Effectif Pourcentage
Hommes 1 178 157 50,4
Revenu < SMIG Femmes 787 724 71,5
Total 1 965 881 57,1
Hommes 1 445 039 61,8
Revenu < 50 000
Femmes 873 775 79,3
FCFA
Total 2 318 814 67,4
Hommes 1 868 840 79,9
Revenu < 100 000
Femmes 995 336 90,3
FCFA
Total 2 864 176 83,2
Source : ENV2002

On note que dans les activités modernes, les revenus sont nettement plus élevés qu’au
niveau de l’ensemble. En effet, seulement 7,1% de la population occupée dans les activités
formelles ont un revenu inférieur au SMIG. Seulement 16% ont un revenu inférieur à 50 000
et 39,8% ont un revenu inférieur à 100 000. Dans ces activités donc 60,2% des personnes
ont un revenu supérieur ou égal à 100 000 FCFA.
La différence observée au niveau de l’ensemble demeure vraie en ce qui concerne le genre.
En effet, alors que les actifs occupés masculins sont respectivement de 6,7%, 15,4% et
39,3% à avoir un revenu mensuel inférieur au SMIG, à 50 000 et à 100 000 FCFA, ces
proportions sont de respectivement 8,8%, 18,6% et 41,9% pour la population féminine.

Tableau : Proportion des actifs occupés des tranches inférieures de revenu mensuelle dans
les activités modernes en 2002

Effectif Pourcentage
Hommes 26587 6,7
Revenu < SMIG Femmes 8224 8,8
Total 34811 7,1

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49
Hommes 61046 15,4
Revenu < 50 000
Femmes 17412 18,6
FCFA
Total 78458 16,0
Hommes 155997 39,3
Revenu < 100 000
Femmes 39236 41,9
FCFA
Total 195233 39,8
Source : ENV2002

Dans les activités informelles non agricoles, les revenus sont moins élevés que pour
l’ensemble. En effet, 50,1% des actifs occupés dans ces activités ont un revenu inférieur au
SMIG contre 57,1% pour l’ensemble. Ils y sont 64,6% à avoir un revenu inférieur à 50 000
contre 67,4% pour l’ensemble et 85,9% à avoir un revenu inférieur à 100 000 contre 83,2%
pour l’ensemble. On note également dans ces activités que les femmes ont généralement
un revenu plus faible que celui des hommes.

Tableau : proportion des actifs occupés des tranches inférieures de revenu mensuelle dans
les activités informelles non agricoles en 2002

Effectif Pourcentage
Hommes 308407 37,2
Revenu < SMIG Femmes 420235 67,2
Total 728642 50,1
Hommes 452251 54,5
Revenu < 50 000
Femmes 487498 77,9
FCFA
Total 939749 64,6
Hommes 670234 80,8
Revenu < 100 000
Femmes 580617 92,8
FCFA
Total 1250851 85,9
Source : ENV2002

Les activités agricoles traditionnelles génèrent les revenus les plus faibles. En effet,
dans ces activités, 80,9% des personnes ont un revenu mensuel inférieur au SMIG, 87,2%
ont un revenu mensuel inférieur à 50 000 et 94,9% ont un revenu inférieur à 100 000. Les
revenus y sont plus élevés pour les hommes que pour les femmes.

Tableau : Proportion des actifs occupés des tranches inférieures de revenu mensuelle dans
l’agriculture traditionnelle en 2002

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50
Effectif Pourcentage
Hommes 835690 76,2
Revenu < SMIG Femmes 355322 94,6
Total 1 191012 80,9
Hommes 919825 83,9
Revenu < 50 000
Femmes 363337 96,7
FCFA
Total 1283162 87,2
Hommes 1028662 93,8
Revenu < 100 000
Femmes 369071 98,3
FCFA
Total 1397733 94,9
Source : ENV2002

Le revenu tiré de l’emploi est donc très faible en Côte d’Ivoire en 2002. Il l’est
davantage pour les femmes que pour les hommes. En considérant le type d’activité, il est le
plus élevé dans les activités modernes et plus faible dans les activités agricoles
traditionnelles.

V. LE TRAVAIL A TEMPS PARTIEL, TEMPORAIRE ET SECONDAIRE

1. Le travail à temps partiel


En Côte d’Ivoire, le travail à temps partiel peut se définir comme le pourcentage des
personnes qui travaillent en deçà des normes horaires qui sont de 8 heures par jour, soit 40
heures par semaine. Il concerne 23,8% de la population totale occupée selon les chiffres les
plus récents de portée nationale sur l’emploi.

2. Le travail temporaire
Il prend tout son sens dans le secteur formel. Le type d’effectif est déterminé par la
durée du contrat qui lie le travailleur à l’entreprise ; on distingue les emplois permanents
dont les titulaires sont liés à l’entreprise par un contrat dont la durée excède une année et
les emplois non permanents dont la durée de l’embauche est inférieure à douze mois.
Selon cette distinction, au cours de l’année 2001, les effectifs non permanents
représentent 30,70% de l’emploi total.
L’examen au niveau de l’activité montre que les groupes Agriculture, Industries
manufacturières, Industries chimiques et pétrolières, Industries mécaniques, Meubles et
industries diverses, Production et distribution d’électricité Eau et Gaz, Commerce,
Administration et services sociaux et Services ont des parts plus importantes d’emplois
permanents par rapport à l’ensemble.
Les autres groupes d’activités ont des parts d’emplois permanents plus faibles que
ceux de l’ensemble. Le groupe « production et distribution d’électricité, gaz et eau » est le
groupe d’activité qui a la part la plus importante d’emplois permanents (99,58%). Le groupe
Mines, avec 9,20% constituent l’activité ayant le moins d’emplois.

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51
Tableau : Répartition de l’effectif selon le groupe d’activités
et le type d’effectif
% dans Part emplois Part emplois
Groupe d’activités
l’effectif permanents non permanents
Agriculture 12,63 70,79 29,21
Mines 0,46 9,20 90,80
Industries alimentaires 33,51 54,78 45,22
Industries manufacturières 11,16 73,12 26,88
Industries pétrolières 3,39 89,88 10,12
Industrie mécanique 1,05 92,65 7,35
Meubles et industries diverses 0,63 87,39 12,61
Production et distribution d'électricité 6,67 99,58 0,42
Construction 3,60 50,02 49,98
Commerce 10,67 83,95 16,05
Services 13,05 67,92 32,08
Administration et services sociaux 3,19 93,72 6,28
Total 100,00 69,32 30,68
Source : Observatoire de l’Emploi, Enquête secteur moderne 2001

3. L’emploi secondaire

Sur une population totale occupée de 6 100 082 personnes, 738056 exercent une
activité secondaire, ce qui représente 12,1% de la population totale occupée.

4. Le type d’emploi

La définition de l’emploi formel proposée par l’Observatoire de l’emploi est celui


exercé dans la fonction publique ou dans le privé et déclaré à la CNPS.
La répartition de la population occupée selon le type d’activité se présente comme suit
en 2002 : 498 906 personnes ont des activités formelles, soit 8,3% ; 1 862 715 personnes ont
des activités informelles non agricoles, soit 31% et 3 644 569 personnes exercent des
activités dans l’agriculture traditionnelle (60,7%).
La caractéristique des emplois dans l’agriculture traditionnelle et des emplois
informels est précisément de ne pas garantir de protection sociale à leurs détenteurs. L’on
peut dire de ce point de vue que très peu de travailleurs bénéficient de protection sociale
sur le marché du travail en Côte d’Ivoire.

La situation dans la profession


L’on peut vérifier cette réalité au niveau de la répartition des emplois selon la situation
dans la profession.

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52
Une faible part de l’emploi salarié et une forte part de l’emploi indépendant traduisent
une part élevée de l’emploi non protégé.

Répartition de la population occupée selon la situation dans la profession en 2002

Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total


Salariés 884276 227828 1112104 26,0 8,9 18,7
Indépendants 1833294 1072059 2905353 53,9 42,0 48,8
Travailleurs
familiaux 643580 1238022 1881602 18,9 48,5 31,6
Autres 41905 16117 58022 1,2 0,6 1,0
Total 3403055 2554026 5957081 100,0 100,0 100,0
Source : ENV 2002

VI. L'ENVIRONNEMENT DE L'EMPLOI, L'ACTIVITE, L'ETAT D'OCCUPATION DE LA


POPULATION ET LE CHOMAGE A ABIDJAN

L'objectif global de cette étude était d'établir l'état de l'occupation des personnes à
Abidjan, au premier trimestre de l'année 2008. Plus spécifiquement, elle devait permettre
d'évaluer la population active et donner les caractéristiques de ses composantes que sont la
population occupée et les chômeurs. Au terme de cette étude, les principales informations
portent sur : l'environnement de l'emploi, l'activité, l'état d'occupation de la population et
le chômage.

1. De l'environnement de l'emploi
 L'environnement démographique
La population totale de type africain d'Abidjan est estimée en février 2008 à 3 536 470
personnes. Les jeunes occupent la part la plus importante de la population (54,8% de la
population à moins de 25 ans). La population non ivoirienne estimée à 17,7% de la
population totale est composée essentiellement de ressortissants des autres pays de
l'UEMOA et comporte une part plus élevée d'hommes. Selon les communes, Abobo et
Yopougon sont les plus peuplées avec respectivement 25,2% et 24,5% de la population
totale d'Abidjan.
Le niveau d'instruction de la population totale est faible, davantage dans la population
féminine ; cependant, il s'est nettement amélioré par rapport à l'année 2002 ; il est plus
élevé dans la population en âge de travailler, davantage dans la population masculine que
dans la population féminine. Le niveau d'instruction s'est également amélioré dans la
population en âge de travailler féminine par rapport à l'année 2002 ; les personnes âgées de
25 à 35 ans ont un niveau d'instruction relativement plus élevé que celui de l'ensemble de la
population.
L'activité de la population a baissé par rapport à l'année 2002 et les hommes sont plus
actifs que les femmes.

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53
 L'environnement économique
En fin 2007, l'économie ivoirienne a consolidé sa stabilisation grâce à la reprise de la
production industrielle et à la confirmation du redressement du secteur tertiaire ;
l'environnement économique favorable a permis d'atteindre l'objectif de croissance fixé en
2007.
En 2008 (au premier trimestre), sur la base de la normalisation de la crise socio
politique on a espoir d'un environnement économique favorable avec une relance de
l'activité économique.

 La politique de l'emploi
Au premier trimestre 2008, de nombreuses initiatives sont en cours pour favoriser la
reprise de l'emploi. On peut citer entre autres : un cadre de réflexion et d'appui à la mise en
œuvre de la politique de l'emploi est en cours de création, un plan national de
développement de l'emploi et de nombreuses actions entreprises en matière d'emploi dans
le cadre de la réinsertion post-crise.
De l'emploi de la population occupée :

 Le niveau global de l'emploi


Au premier trimestre 2008, Abidjan compte 1 240 337 emplois. Par rapport à 2002, on
note une légère baisse de l'emploi (0,3%), résultat d'une baisse de l'emploi masculin (5%) et
d'une hausse de l'emploi féminin (5,5%) ; les ivoiriens sont relativement moins occupés que
les non ivoiriens et la commune d'Abobo abrite la part la plus élevée des actifs occupés
(25,6%).

 Le ratio emploi-population
La participation de la population en âge de travailler à l'activité productive a fortement
baissé (16,3 points) par rapport à 2002, davantage chez les hommes (20,6 points) que chez
les femmes (12,2 points) ; les hommes participent plus à l'activité productive que les
femmes et le ratio emploi-population est plus élevé à Marcory (55%) et plus faible à
Yopougon (42,4%).

 Le taux d'occupation
On relève une baisse du taux d'occupation par rapport à l'année 2002, davantage pour
les hommes ; il est plus faible (75,7%) et en baisse (5,1 points) dans la population ivoirienne
et plus élevé (92,3%) et en hausse (1,7 points) en ce qui concerne les autres ressortissants
de l'UEMOA par rapport à l'année 2002. Il est plus élevé à Koumassi (83,3%) et plus faible à
Yopougon (72,1%).

 Le type d'emploi
Les emplois informels sont dominants (76,5%), davantage chez les femmes (78,7%)
que chez les hommes (74,6%) ; par rapport à l'année 2002, la part de l'emploi informel a
augmenté chez les hommes et baissé chez les femmes; en revanche, la part de l'emploi
moderne a augmenté chez les femmes et baissé chez les hommes. La proportion des
emplois informels diminue avec le niveau de diplôme.

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54
 Les secteurs d'activité
Selon le secteur d'activité, l'emploi à Abidjan est reparti à raison de : 1,4% dans
l'agriculture, 13,3% dans l'industrie et 85,3% dans les services. Le secteur des services
emploie donc l'essentiel de la population occupée (85,3%). Par rapport à 2002, on observe
un accroissement de la part des services (6,6 points) et un recul de celle de l'industrie (6,4
points) dans l'emploi total et cela davantage au niveau des emplois formels. Dans les
activités informelles, le secteur des services emploie un peu plus de personnes qu'au niveau
de l'ensemble (85,6%) ; les femmes y exercent également plus (92,1%) que les hommes
(78,6%).

 La situation dans la profession


Par rapport à la situation dans la profession des personnes occupées, l'étude rapporte
la distribution suivante : 37,1% de salariés, 3,7% d'employeurs, 45,9% de personnes
travaillant pour leur propre compte, 7,9% d'apprentis, 5,4% de travailleurs familiaux
collaborant à l'entreprise familiale.
On relève donc une part importante de travailleurs indépendants (45,9%), davantage
dans la population occupée féminine (56,6%) et dans les activités informelles (54,6%) ;
l'emploi indépendant a progressé de façon notable depuis 2002 au détriment des emplois
salariés et des emplois de patron.
Les détenteurs de diplômes les plus élevés sont davantage des détenteurs d'emplois
salariés.

 La profession
La répartition des actifs occupés par profession révèle l'existence d'une part importante
d'emplois peu qualifiés.

 Le sous-emploi lié à la durée du travail


Le sous-emploi lié à la durée du travail touche 9,7% des personnes occupées. Il touche
plus les hommes que les femmes ; il est plus important dans les activités modernes. On
observe cependant en 2008, une baisse du sous-emploi lié à la durée du travail par rapport
à l'année 2002 où il touchait 21,4% des personnes occupées.

 Les revenus
Les revenus tirés de l'emploi sont très faibles; ils sont plus faibles dans les emplois informels
et pour les femmes en général.
Par rapport à l'année 2002, les revenus connaissent une hausse de 6,9% mais cette
évolution est contrastée selon le type d'emploi.

2. Le chômage

 L'ampleur du chômage
La population au chômage à Abidjan au premier trimestre 2008 est estimée à 335 128
personnes; elle connaît un accroissement depuis 2002 où cette population était de 253
107personnes. Le taux de chômage en 2008 est de 21,3%. Le chômage est légèrement plus accentué
chez les femmes que chez les hommes, mais en plus forte hausse chez ces derniers. Selon les
communes, c'est la commune de Yopougon qui est la plus touchée par le chômage avec un taux de

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55
chômage de 27,9% ; elle est suivie par les communes de Treichville (25,8%), Marcory (20,9%) et
Cocody (19,6%).
Les ivoiriens ont un taux de chômage supérieur à celui des non ivoiriens et les jeunes
demeurent les plus touchés par le chômage ; leur taux de chômage est de 18,9% pour les 14-17 ans,
31,3% pour les 18-24 ans et de 24,5% pour les 25-35 ans. Les femmes au chômage sont relativement
plus nombreuses dans les tranches d'âge inférieures, et moins dans les tranches supérieures.

 Le Chômage et niveau d'instruction


Les chômeurs ont un niveau d'instruction relativement plus élevé que le niveau de
l'ensemble de la population et ce, davantage pour les hommes que pour les femmes. A
Abidjan, plus les populations sont instruites, plus elles sont touchées par le chômage et le
taux de chômage a tendance à être une fonction croissante du diplôme. Les titulaires du
BAC et du BT mis ensemble ont le taux de chômage le plus élevé (43,5%) ; les titulaires du
BTS, DUT, ou DEUG ont un taux de chômage de 38,1% alors que les sans diplôme ont un
taux de chômage de 13%.

 La durée de chômage
Une part importante des chômeurs est constituée de chômeurs de longue durée. En
effet, 67,2% des chômeurs ont au mois trois ans de chômage. Il y a plus de chômeurs de
longue durée à Abidjan en 2008 qu'en 2002. Par ailleurs, le chômage de longue durée
touche davantage les personnes les plus instruites.

 Les catégories de chômeurs


Les chômeurs sont essentiellement des primo demandeurs d'emploi (78,7%),
davantage chez les femmes (80,8%) que chez les hommes (76,6%) ; les primo demandeurs
d'emploi sont constitués essentiellement de jeunes de 18 à 35 ans (85,1%) ; les primo
demandeurs d'emploi ont un niveau d'étude relativement plus élevé que celui de
l'ensemble des chômeurs.
Les chômeurs ayant déjà travaillé ont passé en général au moins trois ans dans leur
emploi précédent (56,8%) et les hommes ont généralement passé plus de temps dans
l'emploi précédent que les femmes. Il y a plus d'hommes et moins de femmes parmi les
chômeurs ayant déjà travaillé qui sont par ailleurs moins jeunes que les primo demandeurs
d'emploi. Enfin, la plupart des chômeurs ayant déjà travaillé sont sans emploi pour des
causes involontaires (51,3%).

 Les aspirations des chômeurs


Les chômeurs ont exprimé de fortes aspirations pour les emplois salariés, davantage
chez les hommes que chez les femmes, plus pour les jeunes primo demandeurs d'emploi et
d'un niveau d'instruction élevé. Que l'emploi corresponde ou pas à leur profil, les chômeurs
y sont généralement indifférents (52,5%). Le secteur moderne constitue la cible principale
des chômeurs (45,6%), mais une part importante de chômeurs indifférents au secteur est à
noter (27,6%).
Les hommes souhaitent plus travailler dans l'administration publique que les femmes ;
les jeunes aspirent relativement plus à des emplois dans l'administration publique ; plus leur
niveau d'instruction est élevé, plus les chômeurs aspirent à travailler dans le secteur
moderne. Les chômeurs de longue durée sont relativement plus indifférents au secteur.

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56
 Le mode de recherche d'emploi des chômeurs
On note une très faible part de chômeurs inscrits à l'AGEPE (3,5%), généralement
parce qu'ils ignorent son existence (80,9%). Par ailleurs, la majorité des chômeurs (81,9%)
n'ont pas encore participé à un test de recrutement et cette situation est plus marquée chez
les femmes (85,9%).

 Le mode de survie des chômeurs


Les chômeurs sont pour la plupart pris en charge par leur famille (83,7%) et la quasi-
totalité des jeunes chômeurs (14 à 35 ans), d'un niveau d'étude généralement élevé sont
dans ce cas.
En conclusion, l'état de l'occupation des personnes à Abidjan porte les marques de la
crise en ce sens qu'il s'est dégradé par rapport à 2002. L'emploi a baissé alors que la
population s'est accrue, on enregistre un accroissement des emplois informels au détriment
des emplois modernes et une population croissante de chômeurs composée en majorité de
primo demandeurs d'emploi. L'élévation du niveau d'étude n'épargne pas du chômage ; au
contraire, les personnes possédant un diplôme élevé sont davantage au chômage. Les
chômeurs recherchent à priori un emploi salarié et cela dans l'administration ou dans une
grande entreprise du secteur moderne, ce qui traduit leur recherche de sécurité. L'Agence
d'Etudes et de Promotion de l'Emploi est très peu utilisée comme moyen de recherche d'un
emploi parce qu'elle n'est pas connue.

Chapitre 6 : EMIGRATION ET IMMIGRATION

La Côte d’Ivoire est de tradition un pays d’intenses mouvements migratoires internes


et externes. Les migrations internes, orientées généralement du nord vers le sud forestier
plus propice à l’économie de plantation, se sont intensifiées avec le phénomène des
personnes déplacées internes du fait de la guerre qui affecte plus d’un million d’individus
composés en majorité d’enfants et de femmes.
Pour ce qui est de l’émigration, les sources consulaires indiquent qu’environ 161.430
ivoiriens vivent à l’étranger. Son expansion récente serait due aux crises successives. Les
émigrés ivoiriens se concentrent en France, aux Etats-Unis, au Mali et en Italie.

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57
Anexos

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• Annexe 1 : Cartographie de la Côte d’Ivoire

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59
• Annexe 2 : Cartographie de la commune du Plateau

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60
BIBLIOGRAPHIE DE RÉFÉRENCE

Gabriel Rougerie, L'Encyclopédie générale de la Côte d'Ivoire : l'État et l'économie, Nouvelles éditions
africaines, Abidjan, Paris, 1978 (ISBN 2-7236-0542-6)

Koulibaly Mamadou, Le Libéralisme, nouveau départ pour l’Afrique noire, Éditions L'Harmattan, Paris,
1992, 223 p. (ISBN 2-7384-0866-4)

Adji Boukary, L'Afrique à la croisée des chemins, Éditions Éburnie, Abidjan, 2003, 216 p. (ISBN 2-84770-
033-1)

Direction générale de l'Économie, ministère de l'Économie et des finances de la République de Côte


d'Ivoire et , La Côte d'Ivoire en chiffres, dialogue production, Abidjan, 2007

Autres ouvrages

Historique

Gbagbo Laurent, Côte d’Ivoire : Économie et société à la veille de l’indépendance 1940-1960, Éditions
L'Harmattan, Paris, 1982, 256 p. (ISBN 2-85802-203-8)

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OSBA 80)

e e
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Jean Noël Loucou, Côte d’Ivoire : les résistances à la conquête coloniale, Éditions CERAP, Abidjan, 2007,
150 p. (ISBN 2-915352-31-3)

Développements récents

Bernard Contamin, Y.-A. Fauré, La bataille des entreprises publiques en Côte-d'Ivoire : l'histoire d'un
ajustement interne, Karthala Éditions, Paris, 1990, 369 p. (ISBN 9782865372805)

Sery Antoine, Côte d’Ivoire, après la faillite l’espoir ?, Éditions L'Harmattan, Paris, 1990, 200 p. (ISBN 2-
7384-0682-3)

Koumoué koffi Moïse, Politique économique et ajustement structurel en Côte d’Ivoire, Éditions
L'Harmattan, Paris, 1994, 223 p. (ISBN 2-7384-2341-8)

Koumoué Koffi Moïse, Dévaluation et politique de développement économique en Côte d'Ivoire, Éditions
L'Harmattan, Paris, 1996, 175 p. (ISBN 2-7384-3685-4)

Marie-France Jarret, François-Régis Maheu, La Côte d’Ivoire : de la déstabilisation à la refondation,


Éditions L'Harmattan, Paris, 2002, 144 p. (ISBN 2-7475-2484-1)

Paul Koffi Koffi, Le défi du développement en Côte d'Ivoire, Éditions L'Harmattan, Paris, 2008, 289 p. (ISBN
978-2-296-05603-9)

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Structure économique

Dian Boni, L'économie de plantation en Côte-d'Ivoire forestière, Nouvelles éditions africaines, Abidjan,
1985, 458 p. (ISBN 978-2723606066)

Y.-A. Fauré, Petits entrepreneurs de Côte-d'Ivoire: des professionnels en mal de développement, Karthala
Éditions, Abidjan, 1994, 385 p. (ISBN 2865374769)

Rôle de l’État

Joseph Issa-Sayegh, Paul-Gérard Pougoué, Filiga Michel Sawadogo, François Anoukaha, Anne-Marie Assi-
Esso, Jacqueline Lohoues-Oble, Pierre Meyer, Josette Nguebou-Toukam, Akouété Pedro Santos,
Souleymane Sere (préface de Keba Mbaye), OHADA, Traité et Actes uniformes commentés et annotés,
Juriscope, coll. « Droit uniforme africain », 2002, 958 p. (ISBN 2-913556-01-9)

Relations avec le reste du monde

Philippe Mace, Exporter en Côte d'Ivoire, Les Éditions du CFCE, Paris, 2000, 244 p. (ISBN 2-279-41505-4)

Claude Koudou, Vincent Lohouri, Ivoiriens de l'étranger : quelle politique de l'État et quelles contributions
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Données sociales

Christian Grootaert, Réformes économiques et analyse de la pauvreté : l'expérience de la Côte d'Ivoire,


Éditions L'Harmattan, Paris, 1996, 240 p. (ISBN 2-7384-4568-3)

Articles connexes

Économie de l'Afrique

Liste d'entreprises ivoiriennes

Liens et documents externes

Sur les autres projets Wikimédia :


Économie de la Côte d'Ivoire sur Wikimedia Commons (ressources multimédia)

Rapport national sur le développement humain 2004

Perspectives économiques en Afrique 2007, Organisation de coopération et de développement


économiques (OCDE)

 DSRP : Document Stratégique de Réduction de la Pauvrété


 Documents de l’AGEPE

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