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INTRODUCTION

1.PROBLEMATIQUE

Les Petites et Moyennes entreprises (PME) sont souvent reconnues comme


des organisations de taille réduite par rapport aux grandes entreprises 1. Elles ont été la
réponse au manque d’emploi et à la difficulté de revenu qu’ont connu beaucoup d’individus
des pays en voie de développement.

En République Démocratique du Congo, les PME constituent une catégorie


d’entreprises longtemps marginalisées, pourtant créatrice de richesses et d’emplois.
D’ailleurs, elles contribuent largement à la lutte contre la pauvreté et constituent 80%
d’emplois dans l’économie formelle de la RD Congo 2. Leur création ne demande pas de
moyens importants, mais avec des ressources propres de l’entrepreneur 3.

Cependant, l’on constate que certains P.M.E réussissent dans leurs affaires au
moment où d’autres échouent. A la question de savoir la cause de la faillite de ces
organisations, les résultats empiriques obtenues dans le secteur des PME révèlent que la
tenue et l’organisation de la comptabilité dans plusieurs de ces entreprises est inexistante,
soit au stade embryonnaire.

Ainsi, la réussite des propriétaires-dirigeants dans cette catégorie d’entreprises


est tributaire de la qualité de gestion pratiquée dans leurs entreprises. Sur ce, l'organisation
interne du service comptable devient une nécessité d'autant plus que la comptabilité est un
outil de gestion efficace pour toute entreprise visant à accroître son chiffre d'affaires.

Par ailleurs, dans le souci de fournir aux différentes parties prenantes une
information qui puisse refléter l’image fidèle du patrimoine de l’entreprise, l’organisation et la
tenue de la comptabilité dans une entreprise doit répondre à sa taille, son chiffre d’affaires et
son volume d’activités4.

L’organisation comptable dont il est question, est l’ensemble des systèmes,


méthodes, techniques comptables, définissant l’architecture matérielle et fonctionnelle légale
qui garantie la fiabilité et l’homogénéité des informations. Sa mise en place dans une
entreprise nécessité l’étude de plusieurs aspects allant de la définition de la forme et du
contenu des documents devant servir de base au recueil et à l’enregistrement comptable, à la
1
GREPME, Les PME, Bilan et perspectives, sous la direction de P.A Julien, Economica, Paris, 1994.
2
LUKOKI LUYEYE, La lutte contre la pauvreté et le développement humain en RDC, Afrique et développement, n 17,
Faculté Catholique de Kinshasa, 2003, p.8.
3
OCDE, Organisation pour la coopération et le développement économique, 2000.
4
BEATRICE et FRANCIS ; Comptabilité Générale, PUG, Paris, 2012, P.27
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précision des procédures comptables y relatives en passant par le choix d’un système, des
méthodes et procédés comptables adaptés à l’entreprise sans oublier la qualité du personnel
chargé de produire les imputations comptables exigées.

Dans la pratique, le processus de mise en place d’une organisation comptable


se fait en deux phases : l’évaluation de l’organisation comptable existante et  la mise en place
d’une nouvelle organisation comptable.

Au regard de ce qui précède, nous nous faisons l'obligation d'analyser


l'organisation et les pratiques comptables au sein d’une petite et moyenne entreprise œuvrant
dans le secteur de commerce dénommée « Auberge VIDIL » en vue d’en dégager les forces
et faiblesses de l’organisation comptable existante.

Du fait que notre étude de cas s’insère dans les réalités d’une PME œuvrant
dans le secteur informel de l’économie, nous essayerons de répondre aux questions
suivantes :

 Est-ce que l’Auberge VIDIL dispose t-il d’un service organisant en son sein la tenue de
la comptabilité?
 Y’a-t-il une nécessité de réorganiser et mettre en place une nouvelle organisation
comptable?

Telles sont les questions auxquelles nous tenterons de répondre au cours de


ce travail.

2. HYPOTHESES

L’hypothèse se définie comme une proposition de réponses aux questions que


l’on se pose à propos de l’objet de recherche. Ainsi, nous présupposons que l’Auberge VIDIL
ne disposerait pas en son sein d’un service de comptabilité. Pour ce faire, il y a une nécessité
de réorganiser et de mettre en place une organisation comptable efficace qui lui permettrait
de maitriser le système d’information de ses activités.

3.OBJECTIFS DU TRAVAIL

Alors qu’une entreprise, personne morale doit payer les impôts et taxes,
l’Auberge VIDIL exploite dans le secteur non structuré de l’économie, en échappant ainsi au
paiement des impôts et taxes du pouvoir Public. Par ailleurs, comment une entreprise payerai-
t-elle ces impôts si elle ignore la situation exacte de ses comptes. Une entreprise sans compte
est exposée d’office à payer plus qu’elle ne le pouvait 5.

5
Martin EKWA bis/sal, SJ, VADE MECUM au gestionnaire de la PME, 2ème revue Cadicec, p.11.
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Ainsi, l’objectif de ce travail consiste à initier la mise en place d’une organisation


comptable au sein de l’Auberge Vidil de manière à le permettre de connaître la situation exacte
de ses comptes pour l’aider à sortir du secteur informel de l’économie vers le secteur formel.

4. METHODOLOGIE DU TRAVAIL

L’élaboration de tout travail scientifique exige des méthodes et techniques de


recherche. Ainsi, dans le cadre de notre travail, nous avons fait usage de la méthode
analytique et systémique.

La première nous a permis d'analyser l’organisation comptable existante au


sein de l’auberge VIDIL enfin d’en dégager ses forces et faiblesses. Ensuite, la deuxième
nous a permis en tenant compte de la taille de la PME sous examen, de proposer une
structure organisationnelle qui puisse correspondre à ses volumes d’opérations, chiffres
d’affaires et ses missions.

Quant aux techniques, nous avons utilisé la technique documentaire et


d’interview. La première nous a permis de constituer la revue de la littérature en consultant les
ouvrages, travaux de fin de cycle, notes de cours et d’autres manuels ayant trait avec notre
travail. La deuxième nous a permis d’interroger certains agents de l’Hôtel VIDIL pour recueillir
les plus amples informations par rapport à notre sujet de recherche.

5. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Le choix de ce sujet a été motivé pour nous permettre d’identifier les problèmes
qui dérangent l’émergence de cette catégorie d’entreprises eu égard aux problèmes socio-
économiques que traversent les entreprises congolaises.
L’intérêt que nous poursuivons dans l’élaboration de ce travail revêt un double
aspect : théorique et pratique.
Sur le plan théorique, notre travail nous permet de concilier la théorie acquise
sur l’organisation comptable aux réalités pratiques sur terrain. Sur le plan pratique,
l’élaboration de ce travail a été pour nous une occasion d’appréhender les techniques et les
mécanismes de la mise en place d’une organisation comptable dans une entreprise. Ce travail
pourrait également permettre aux responsables des PME de se faire une idée sur les étapes
à franchir dans la mise en place d’un service comptable afin de s’assurer de la sauvegarde et
la gestion rigoureuse des opérations comptables au sein de ses organisations.
6. DELIMITATION DU TRAVAIL

Tout travail scientifique est délimité dans le temps et dans l’espace.


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 Dans l’espace : l’Auberge VIDIL a été choisi comme notre champ d’investigation.
 Dans le temps : notre travail couvre la période allant de 2013 à 2015.

7. CANEVAS DU TRAVAIL

Hormis l’introduction et la conclusion, notre travail compte trois chapitres. Le


premier aborde les généralités conceptuelles, le deuxième présente les activités
commerciales de la ville portuaire de Matadi et l’auberge VIDIL, le cadre expérimental de
notre travail, et enfin le troisième essaie de mettre en place une organisation comptable au
sein de l’Auberge VIDIL.

-
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CHAPITRE I : GENERALITES CONCEPTUELLES

Ce chapitre aborde les notions générales ayant trait avec notre thème de
recherche, il s’agit notamment de la notion des petites et moyennes entreprises (PME), de la
comptabilité et de l’organisation comptable.

SECTION 1 : GENERALITES SUR LES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES (PME)

Dans cette section, nous analysons la notion de la PME en mettant un accent


particulier sur ses définitions, caractéristiques, et débouche à son importance dans le tissu
économique.

1.1. Les petites et moyennes entreprises (PME)

Avant de circonscrire la notion de la PME, nous essayons tout d’abord


d’appréhender le concept entreprise de manière générique.

1.1.1. Entreprise

L’entreprise a été définie en droit fiscal congolais, elle vise toute organisation
professionnelle constituant une entité économique d'exploitation. Elle est aussi définie comme
toute activité ou unité de production à but commercial 6.

D’entrée de jeu, nous pouvons dire que l’entreprise est un regroupement


hiérarchique qui met en œuvre des moyens intellectuels, physiques et financiers pour produire
des biens et services conformément aux objectifs définis par la direction en faisant intervenir à
des degrés divers, les motivations, profits et utilités 7.

Pour Venant Patrice KINZOZI et Claude PEROCHON, l’entreprise est une


entité ou un organisme financièrement indépendant produisant pour le marché des biens et
de services.8

De toutes ces définitions, nous pouvons retenir que l’entreprise est toute entité
structurée qui assure la production des produits ou services destinés à l’échange en vue de la
réalisation d’un projet.

6
Larousse, dictionnaire universel, 1996
7
BARREAU et JIBARD G. Economie et organisation des entreprises, éditions Sirey, Paris, 1974 p.55.
8
KINZOZI V.P et PEROCHON, C, Comptabilité générale élémentaire, éd Foucher, paris, 1989, p.70.
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1.1.2. LA CLASSIFICATION DES ENTREPRISES

Il existe plusieurs critères pour classifier les entreprises, mais dans le cadre de
ce travail nous en retenons trois : la forme juridique, la taille et le secteur d’activité.

1.1.2.1. La classification selon la forme juridique

Selon cette classification, on distingue les entreprises privées, les entreprises


publiques et les entreprises paraétatiques.

Les entreprises privées sont celles qui appartiennent aux particuliers. Elles
peuvent être individuelles ou sociétaires. Les entreprises individuelles sont celles dont le
capital est constitué par un seul individu et les entreprises sociétaires ou sociétés
commerciales sont celles dont le capital est constitué par un groupe des personnes, appelées
associés ou actionnaires.

Les entreprises publiques ou du portefeuille sont celles dont le capital


appartient à l’Etat. Celui-ci en désigne les dirigeants, communément appelées mandataires.

Les entreprises semi-publiques traduisent la coopération entre l’Etat et les


personnes privées.

1.1.2.2. La classification selon la taille

Il se pose un problème de choix des indicateurs de la taille. L’effectif des


employés, le chiffre d’affaires et les capitaux investis sont les indicateurs les plus souvent
utilisés pour établir la hiérarchie des entreprises. Ainsi, on distingue les entreprises
artisanales, les petites et moyennes entreprises et les grandes entreprises.

Les entreprises artisanales sont des petites unités économiques exploitées


traditionnellement par leurs propriétaires qui travaillent pour leur propre intérêt, mais aidé par
les membres de la famille et les apprentis.

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont des unités de production


employant une main d’œuvre réduite de (10 à 200 personnes) et exigeant moins des
capitaux. Les propriétaires de PME assument les fonctions importantes au sein de l’entreprise
et confient les autres fonctions à des personnes qualifiées ou non. Dans cette entreprise, le
propriétaire a la facilite de contrôler tout ce qui se passe dans l’entreprise et vérifie comment
les tâches sont exécutées.

Les grandes entreprises, forme moderne d’organisation des affaires, exigent


d’énormes capitaux et emploient une main d’œuvre importante. Vu la croissance et le
développement de l’organisation, le propriétaire est souvent dans l’impossibilité de remplir
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seul toutes les fonctions importantes de l’entreprise et le contrôle des activités. Ainsi, il confie
une partie de fonctions à des personnes qualifiées en matière de gestion pour
l’épanouissement et la pérennité de son organisation. C’est ainsi que les gestionnaires
accordent une priorité à la formation et au perfectionnement des travailleurs.

1.1.2.3. La classification selon le secteur d’activités

Les activités économiques sont reparties en trois secteurs, à savoir : primaire,


secondaire et tertiaire.

Le secteur primaire représente le secteur de base. Il assure


l’approvisionnement des deux autres secteurs en produits agricoles et assimilés. L’agriculture,
la pisciculture et l’élevage forment l’essentiel de ce secteur. L’ensemble de ces activités est
exercé par les entreprises agricoles.

Le secteur secondaire joue un rôle de transformation en produits finis des


matières et autres fournitures provenant du secteur primaire. Les entreprises de ce secteur
sont des entreprises industrielles.

Le secteur tertiaire assure la production des biens immatériels, c’est-à-dire les


services et le commerce. On y rencontre les entreprises de transport, les banques, les
assurances, la commission, etc.

1.1.3. CARACTERISTIQUES DES ENTREPRISES

De la définition ci-avant nous pouvons dégager les caractéristiques suivantes :


l’autonomie, la combinaison des facteurs de production, la production des biens et services, la
vente de ces biens et la répartition des revenus.

1.1.4. APPROCHE DU CONCEPT PETITE ET MOYENNE ENTREPRISE

1.1.4.1. Notions et définitions de la PME

Si le monde politique s’accorde aujourd’hui à penser qu’il faut soutenir, aider et


encourager les activités des PME, et si le débat politique s’oriente d’avantage vers « 
comment » que vers le « pourquoi », il convient néanmoins de disposer d’une définition pour
l’application de différents programmes gouvernementaux.

Certes, il est difficile de donner une définition classique de la PME, car il y a


autant de définitions qu’il y a de Pays. Raison pour laquelle l’on recourt d’un ensemble des
critères à savoir ; quantitatifs et qualificatifs pour définir ou mieux circonscrire la notion des
PME9.
9
NDJANYOU Laurent., Risque, l’incertitude et financement Bancaire de la PME camerounaise ; l’exigence d’une
analyse spécifique du risque, CERAF, Université de PS Change BP 110, Dschang, Cameroun, 2001.
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A. Critères quantitatifs

En considérant le critère quantitatif, la PME est :

 Une organisation qui détient une part relativement petite de son marché ;
 Elle est gérée de manière personnelle par son propriétaire ;
 Elle est indépendante c’est-à-dire non intégrée dans une structure plus grande et
ses propriétaires prennent leurs décisions sans contrôle externe ;
 Une entreprise où les fonctions financières, techniques, économiques et sociales
sont exercées directement par l’exploitant.

B. Critères quantitatifs

S’agissant des critères quantitatifs, la PME est définie comme une unité de
production ou de distribution où la gestion est confiée à un dirigeant entièrement responsable
de l’entreprise dont il est souvent propriétaire et qui est directement lié à vie de l’entreprise. La
PME est ainsi qualifiée par :

 La défaillance structures et mode de gestion qui reste centrées sur la personnalité


du promoteur (entrepreneur) ;
 L’Existence d’une comptabilité souvent facultative ;
 L’importance négligeable du patrimoine qui se confond généralement avec la
personnalité du promoteur ;
 Les difficultés de se développer et d’accéder aux marchés aussi bien de matières
de base que d’écoulement des produits finis principalement dominées par les
grandes entreprises ;
 A la technologie appropriée et adaptées aux conditions et aux réalités locales ;
 La limitation du nombre d’emplois.

Cependant tant qu’au point de vue juridique qu’économique, il n’existe pas à l’heure
actuelle de définitions exhaustives de la PME. Toutefois, afin de mieux pénétrer la réalité
économique des PME, il est nécessaire de faire une synthèse d’un ensemble de définitions
évoquées par ces deux critères.

1.1.4.2 Définition de la PME au regard de la loi Congolaise

La notion des PME ne couvre pas la même réalité partout et pour le monde.
Ainsi, pour le cas de la République Démocratique du Congo, nous allons tenter de circonscrire
une définition spécifique tirée des diverses sources.

En République Démocratique du Congo, la loi n° 73 / 011 du 5 Janvier 1973


instituant le régime d’agrément des PME stipule dans son article 3 que sont considérées
comme PME «  les entreprises industrielles, agricoles, artisanales et commerciales qui sont,
soit la propriété des personnes physiques ou morales de nationalité Congolaise, soit des
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sociétés Congolaises dont le capital est détenu uniquement par de personnes physiques ou
morales Congolaise où le chef d’entreprises est obligé d’assurer lui-même directement toutes
les fonctions qui, dans une entreprise doivent être remplies par un directeur commercial,
financier, de production et un directeur du personnel  »10.
L’administration fiscale considère comme une petite et moyenne entreprise, celle
qui emploi un personnel de moins de deux cent personnes et dont la valeur du bilan ne
dépasse pas l’équivalent en Francs Congolais de 1.500.000 FC 11.

Selon la loi n° 004 du 21 février 2002 portant nouveau code des investissements en
République Démocratique du Congo dans son article 2, la petite et moyenne entreprise est
considérée comme une unité économique constituée soit sous forme d’entreprise individuelle
ou soit sous forme d’entreprise sociétaire dont le seuil de recevabilité du régime général de la
présente loi est fixe au minimum à l’équivalent de 10. 000 dollars américains et au maximum à
l’équivalent de 200. 000 dollars Américains.

L’autre caractéristique définissant la PME est la simplicité de son système


d’information externe, ce système est basé sur des relations informelles que le dirigeant
entretient avec son environnement. La transmission de l’information est plus souvent
directe, Orale et rarement formalisé12.

1.1.4.3. Caractéristiques de la PME

Dans le cadre de ce travail, nous allons essayer d’examiner six éléments


susceptibles de donner les caractéristiques des PME à savoir : la propriété, le degré de
décentration du pouvoir, le capital, la main d’œuvre, la gestion et la taille de la PME.

A. De la propriété

La PME est l’œuvre d’un homme ou d’une famille quelle que soit la forme
juridique adoptée et l’existence d’un objectif particulier de richesse : l’objectif de rentabilité à
court terme est une particularité de la PME. Cela est démontré par l’indépendance de la
gestion de l’entrepreneur et la propriété du capital de l’entreprise.

B. Du degré de concentration du pouvoir

10
KINTAMBU E-G ; la problématique du financement de la micro entreprise en R.D.C, 2004, P.19.
11
Loi n° 06/2004 Du 27 Février 2006 portant régime fiscal applicable aux petites et moyennes entreprises en matière
d’impô t sur les revenus professionnels et d’impô t sur le chiffre d’affaires à l’intérieur, in journal officiel – numéro
spécial – 15 Mars 2006, P 10.
12
JULIEN. P.A, vers une typologie multicritère des PME, in revue international de P¨ME, 1990,3-4 PP 425 – 441.
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Dans la PME, la direction des affaires, la responsabilité en matière décisionnelle,


financière et sociale sont l’apanage d’une personne (l’entrepreneur) ou de deux personnes
(sociétés).

Comme nous pouvons le constater, dans la plupart de définitions vues


précédemment, les auteurs mettent l’accent sur la concentration de pouvoir du propriétaire
dans ce type d’entreprise. Cette situation est due particulièrement à la petite dimension de
l’entreprise et aux ressources détenues en majeur partie par le propriétaire.

C. Du Capital

Par capital, nous entendons les fonds apportés par l’entrepreneur dans
l’Entreprises lors de la création de cette dernière ou pendant son existence.

Les PME sont moins capitalistiques que les grandes. Les immobilisations sont
moins importantes. Ainsi, les P.M.E exigent des besoins en capitaux moins importants pour
leur création.

D. Main d’œuvre

La main d’œuvre désigne l’ensemble des travailleurs nécessaires à l’exécution


d’une tâche donnée.

La plupart des PME utilisent une main d’œuvre moins importante tant en qualité
qu’en quantité. Les responsables de PME ont peur d’employer une main d’œuvre qualifiée
suite au coût qu’elle engendre nonobstant leur apport combien positif dans la croissance de
l’entreprise. La mauvaise qualité de la main d’œuvre ne permet pas la survie et la pérennité de
la PME dans la mesure où elle constitue un obstacle dans l’application des stratégies arrêtées
par la direction.

E. De la gestion

Les P.M.E sont dirigées par leurs propriétaires d’une manière personnalisée et
non par le biais d’une structure managériale formalisée. Dans les pays du tiers-monde, la
gestion des P.M.E est souvient lacunaire pour plusieurs raisons. Premièrement, l’entrepreneur
confond souvent les recettes et les bénéfices. Deuxièmement, l’absence d’une comptabilité
tenue à jour prouve à suffisance cette défaillance de gestion dans les P.M.E. Cela étant, une
fragilité financière se fait remarquer et implique une opposition des bilans des celle-ci à ceux de
grandes entreprise. Il ressort donc de cette opposition le résultat ci-après : le poids plus élevé du
court terme traduit la prédominance de bas du bilan plus nette pour les petites entreprises, que
pour les moyennes. Cette défaillance remarquée dans la gestion conduit facilement les P.M.E à
la faillite.

F. La taille d’une PME


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EN RD Congo, KINTAMBU retient la classification suivante pour les PME 13 :

a. Une micro entreprise est celle qui emploie de 1 à 4 salaires ;


b. Une très petite entreprise est celle dont le nombre des salaires varient de 4 à 11
salariés ;
c. Une petite entreprise est celle qui emploi de 20 à 99 salariés ;
d. Une entreprise moyenne est celle qui emploie de 100 à 500 salariés ;

Au Cameroun la distinction de PME suivant le nombre de salariés se fait de la


manière suivante14 :

a. La plus petite entreprise qui emploie au plus 10 employés ;


b. La petite entreprise qui emploie entre 10 à 25 employés ;
c. La moyenne entreprise est celle qui emploie au delà de 25employés, sans dépasser
100 employés.

En France, on fixe généralement la limite inférieure à dix salariés pour éviter un


recouvrement avec les entreprises artisanales et la limite supérieure à cinq cents 15.

Au Japon, les entreprises qui sont classés dans la Catégorie des PME sont
celles qui n’emploient pas plus de 300 personnes dans le cas des sociétés industrielles et
celles qui n’emploient pas plus de 500 personnes pour els entreprises commerciales et de
services.

Dans le contexte Africain, nous remarquons que l’effectif de travailleurs est limité
pour mieux contrôler l’évolution des activités et assurer la communication. Au sujet de l’effectif
de travailleurs dans une P.M.E congolaise, la loi n’a pas encore traité cette question. Mais, il
semble que le nombre de travailleurs les plus retenus serait de (2 à 100 personnes).

1.1.5.LEGISLATION CONGOLAISE DES PME

A travers ce paragraphe, nous essayons d’appréhender le souci de la part du


législateur de simplifier et d’adapter la législation et réglementation applicables aux PME aussi
bien dans la fixation des conditions d’exercice de leurs activités que dans la définition de leur
régime d’imposition.

1.1.5.1 Conditions d’exercice des activités des PME


La loi exige à toute personne désireuse exercer une activité commerciale,
industrielle, de services, artisanale ou artistique, l’accomplissement d’un certain nombre de

13
KINTAMBU, op cit P.19
14
NDJANTOU, op cit
15
STALEY E. et MORSE, la petite industrie et développement tendance actualité , paris, 1971. P.17.
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formalités en particulier, l’immatriculation au registre de commerce pour la PME, l’obtention


d’une patente pour le petit commerce ainsi que de divers autres documents administratif et
bien évidement, le paiement d’un certain nombre de Taxes 16.

A. Immatriculation au registre de Commerce

Le registre de commerce est institué et régi par le décret-loi du 6 mars 1951.


L’enregistrement de l’immatriculation au registre de commerce relève de l’autorité du griffer du
Tribunal de Grande Instance. Nous abordons ici les conditions à remplir par la PME pour
obtenir la patente et d’autres documents et taxes.

 La demande d’immatriculation

Elle peut provenir soit d’une personne physique, c’est-à-dire d’un individu soit
d’une personne morale, c’est-à-dire une « une société, ou mieux un groupe de personne qui
désire créer une entreprise.

S’agissant des PME œuvrant dans le secteur formel, nous aborderons plus l’aspect de
personne physique et moral.

Ainsi, lorsque la demande émane d’une personne physique elle doit contenir :

 L’identité du demandeur ;
 Le genre d’Activité à exercer (commerce, industrie, artisanat) ;
 Le lieu où est établie l’Activité ;
 Les agences é éventuelles de la « maison mère »

La demande d’immatriculation au registre de commerce émanant d’une personne


morale sera annexée copie des statuts de l’entreprise.

Dans le cas d’une personne morale (une société), l’immatriculation sera


demandée par son ou ses représentante(s). Il s’agit habituellement de l’administrateur ou
du gérant de la société. Cette demande doit contenir les renseignements suivants 17 :

 La dénomination de la Société ;
 L’objet de la société ;
 La nature d’activité à exercer ;
 Le capital à investir ;
 Le lieu et adresse du siège social de la société ;

Des indications précises sur l’état-civil et l’identité de l’administrateur ou du gérant


sont exigées à cet effet.
16
Martin EKWA, op cit

17
Martin EKWA bis, op cit
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Il est évident qu’à la demande d’immatriculation au registre de commerce émanant


d’une personne morale sera annexée copie des statuts de l’entreprise.

Dans le premier tout comme dans le second cas, la demande sera


accompagnée de documents ci-après :

 Un extrait du casier judiciaire ;


 Une attestation de résidence ;
 Une photocopie de la carte d’identité ;
 Une attestation fiscale, en cas de renouvellement de l’immatriculation ;
 Une attestation de célibat ;
 Une autorisation maritale (pour la femme mariée) ;
 Une attestation de sans emploie.

Toutefois, pour l’acquisition de l’immatriculation au registre de commerce, le


montant à payer est de:

 Pour la personne physique 40 $


 Pour la personne Morale 120 $

Pour le dépôt de statut le montant à payer est de 50 $. Mais, pour ce qui concerne
l’inscription complémentaire le montant est 30 $. Et 15 $ est exigé pour le dépôt du procès
verbal d’une Assemblée Générale Ordinaire et 10 $ pour l’Assemblée Générale Extra-
Ordinaire18.

B. La patente

La patente est un document qui émane selon le cas, du gouverneur, de la


mairie, du chef de territoire ou de son délégué. Le régime de la patente est institué par
l’ordonnance - loi n° 0-046 du 08 Août 1990 portant réglementation du petit commerce. Il s’agit
en fait, d’un régime de commerce qui s’applique exclusivement au petit commerce tel que
défini ci-avant, dont l’activité est subordonnée à la détention d’une patente.

Ce document est délivré à toute personne exerçant le petit commerce : il s’agit


de la vente de denrées alimentaires, des marchandises soit de porte à porte ou de place, soit
encore sur la voie publique ou sur les marchés publics. Sont aussi, pris en compte le petit
transport de personne ou de marchandise, petit restauration et petits hôtels.

L’étalage ou l’échoppe placée sur la voie publique tout comme le prolongement d’un
magasin n’est pas pris en compte. De même sont exemptés de la patente les petits cultivateurs
et petits éleveurs qui occasionnellement aux jours fixés par l’autorité locale, viennent vendre
sur les marchés publics les produits de leur élevage ou de la cueillette. La même exemption
bénéficie aux petits marchandises ambulants de produits de consommation courante tels que
18
Informations recueillies au Tribunal de grande instance de Matadi.
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cacahuètes, cigarettes portées en main, aux cireurs de chaussures, aux vendeurs de journaux
à la créée.

1.1.5.2 Autres documents et taxes


a) L’immatriculation à l’identification nationale

Toute personne physique ou morale exerçant ses activités sous le régime du


registre de commerce est obligé d’avoir un numéro d’identification nationale.

L’immatriculation à identification nationale se fait au ministère de l’économie


nationale et du commerce extérieur pour des raisons d’information statistique et pour des
raisons fiscales. En effet, toute entreprise identifiée doit se faire connaître à l’Administration
fiscale et demander la confirmation de son identification auprès de cette dernière.

b) L’autorisation d’ouverture

Un commerçant ou un artisan titulaire d’un registre de commerce ou d’une


patente doit obtenir une autorisation d’ouverture avant de commencer son activité.

c) La taxe municipale

Elle est payée dans chaque zone auprès d’un comptable de l’Etat. Le montant à
payer est généralement le double de celui requis pour l’autorisation d’ouverture.

d) Les documents du service d’hygiène

Lorsque l’Activité exercée porte sur les denrées alimentaires ou d’autres produits
en rapport avec la santé et l’hygiène de la population, il est impératif d’obtenir certains
documents du service d’hygiène. Il s’agit des documents suivants :

 Le certificat de bonne santé : il est exigé aux personnes qui vendent des denrées de
consommation courante. Le Médecin le délivre après un examen médical du
demandeur.
 Le certificat d’aptitude physique  : Il est délivré par un Médecin après examen
médical. Le montant à payer est annuel et se chiffre à dix dollars.
 Un avis d’hygiène : Il est donné avant l’ouverture d’un établissement et après
l’inspection des lieux. Le montant à payer diffère selon les activités exercées.

e) Les documents et taxes de l’environnement ; il s’agit de :

 Le permis d’exploitation : document délivré uniquement aux exploitants des


établissements considérés comme dangereux, insalubres ou un commode. Il est
précédé d’un avis au public et de l’enquête commode et incommode.
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 La taxe rémunératoire annuelle : Elle est payée une fois par an et donne droit au
permis d’exploitation.
 La Taxe Urbain sur la voie et la pollution  : Elle est payée le 1e Janvier de chaque
année par tous ceux qui exerce des activités commerciales, industrielles,
artisanales, et artistique. Le montant à payer varie suivant la branche d’Activité
fixée par le Gouverneur de la province.

f) La Taxe municipale 

Elle est payée en chaque commune auprès d’un comptable d’Etat. Le montant à
payer est généralement le double de celui requis pour l’autorisation d’ouverture.

g) Les documents délivrés par le service de culture et Arts.

Ces documents concernent seulement les artisans et Artistes qui doivent se les
procurer avant de commencer leurs activités.

Il s’agit de :

- La carte d’artiste ou artisan.


- Le permis d’implantation.
- Le certificat de recensement.
- Le certificat d’agrément.
- Frais de publicité.

 La carte d’artiste ou artisan  : est délivrée annuellement à tout artiste ou artisan


ayant été recensé par le service de culture et Arts. Elle s’obtient moyennant
paiement d’une somme d’argent.
 Le permis d’implantation : Il concerne seulement les groupements ou Associations
d’artistes ou artisans. Chaque membre du groupe doit avoir sa carte d’artiste ou
artisan.
 Le certificat d’agrément s’obtient annuellement moyennant paiement d’une somme
d’argent par association.
 Le certificat de recensement  : C’est un certificat délivré une seule fois aux
groupements ou association d’artistes ou d’artisans après paiement d’une taxe qui
dépend du type de groupement. Les troupes théâtrales par exemple. Ce certificat
donne l’autorisation de commercer les activités.
 Frais de publicité : On distingue la publicité occasionnelle de la publicité
permanente.

Lorsqu’un artiste ou un artisan, désireux de faire connaitre ses activités, utilise des
affiches, des pancartes ou des banderoles pour une durée ne dépassant pas trois mois, on
parle de publicité occasionnelle. Cet artiste ou cet artisan doit payer au service de culture et
44

Arts une taxe de publicité dont le montant est bien déterminé et un montant forfaitaire est
demandé lorsqu’on voudrait utiliser plusieurs affichettes.

h) Autres Taxes

 Taxe unique (autorisation d’ouverture),


 Taxe sur les infractions économiques ou la pénalité sur les amandes
Transactionnelles,
 Taxe de points et mesure,
 Taxe de rencaissement sur PME exigé ou délivré par la division de MPEA,

Au regard des différentes formalités administratives à remplir et taxes à payer dans


l’exercice d’une activité commerciale dans le secteur des PME, il sied d’affirmer que les
tracasseries administratives et la multiplicité de taxes restent à ce jour, un grand obstacle pour
l’émergence des activités des PME.

1.1.6. TYPES DES PME EN RDC

Il existe deux types des PME en RD Congo : les PME formel et informel.

1.1.6.1. Les PME du secteur formel

En RDC, il est très difficile de faire une distinction entre l’entreprise structurée
ou formel et non structurée ou informel, pour la simple raison que toutes les deux catégories
d’entreprises évoluent dans les mêmes branches économiques.

A la seule différence entre les deux types d’entreprises, les PME formelles ont
une comptabilité plus viable que les PME informelles du fait qu’elles font souvent l’objet d’un
contrôle de la part du pouvoir public. Par leur paiement des impôts et taxes, elles sont
officiellement reconnues par l'administration du pays. Par ailleurs, les PME œuvrant dans
l'économie structurée ou PME formelles, sont groupées dans la plupart au sein de l'OPEC
(office de promotion des PME congolaises).

1.1.6.2. Les PME du secteur informel

Sont celles œuvrant dans l’illégalité, parce qu’elles exploitent les activités
productrices des biens matériels ou immatériels en dehors des normes légales. Les
entreprises du secteur informel ne sont pas déclarées et ne déclarent pas leur main d'œuvre.
Ainsi, elles travaillent donc dans l’illégalité parce qu'elles ne respectent pas les règles de leur
existence et de leur fonctionnement.

Les PME de ce secteur exercent des activités économiques spontanées


échappant en grande partie au contrôle de l'administration, suivant des obligations légales
44

non recensées dans les statistiques nouvelles, bénéficiant rarement des activités
promotionnelles de l'Etat. Le secteur informel en RDC occupe à l'heure actuelle 25% de la
population active.

Le secteur informel comprend les activités ci-après :

 Les petites ou très petites entreprises qui fonctionnent sur un modèle des activités
modernes : les activités de restauration, de réparation, de transformation ;

 Les activités spécifiques commerciales : petites boutiques, petits vendeurs, coiffeurs,


porteurs, etc.

 les activités de menus services : laveur de voitures, cireurs, coiffeurs, porteurs;

 Les activités de type traditionnel, cultuel, spirituel ou psychologique : guérisseurs,


féticheurs, marabouts, pasteurs, charlatans,...

Un grand nombre de demandeurs d'emploi transitent par ce secteur salarié. Ils


ne peuvent accepter de quitter ce secteur pour l'emploi salarié que si les salaires proposés
dans le secteur salarié sont nettement supérieurs aux revenus retirés dans les activités
informelles.

1.1.7. ROLES DES PME

Les PME sont des acteurs importants à la performance économique et sociale


des plusieurs pays du monde, elles permettent la résolution des problèmes fondamentaux du
développement par l'intégration de la population au processus de développement
économique.

C'est depuis le milieu des années 70 que la PME apparaît comme un vecteur
essentiel de croissance économique et comme un relais indispensable de la grande unité 19.
Ce rôle moteur peut être mieux compris au travers des impacts extérieurs qu'ont les PME sur
l'économie dans son ensemble.

1.1.7.1. Rôle économique de PME

1.1.7.1.1. Augmentation de la consommation des ressources locales

Les PME sont aptes à utiliser les ressources locales. Suite à la faiblesse de
leurs investissements, elles éprouvent des difficultés pour importer les matières qui
nécessitent beaucoup de devise et formalités. Pour pallier à cela, elles se tournent vers de

19
MAKUNZA KEKE E.,  la performance des entreprises Africaines : problèmes et Stratégies de PME en RDC,  Pulaval, 2001, p. 84.
44

sources intérieures d'approvisionnement contribuant ainsi à réduire la dépendance à l'égard


des importations et à accroître le marché intérieur.

1.1.7.1.2. Création des foyers de richesses

L'existence et/ou la promotion des PME constitue pour l'Etat une source importante de
mobilisation de recettes publiques par le biais de la fiscalité. Elle a facilité également la
mobilisation de l'épargne privée.

1.1.7.1.3. Intégration industrielle et innovation technologique

Les PME dans leur version PMI constitue à l'essor de l'industrie et de


l'innovation technologique. Elles sont des vecteurs de diffusion des connaissances, lesquelles
deviennent ainsi accessibles et peuvent être commercialisées par la grande entreprise au
travers de transferts de technologie ou l'acquisition. Elles occupent aussi une place
prépondérante dans la fabrication des pièces et des composantes pour la grande entreprise
en raison de la spécialisation de leur compétence et de leur coût de production.

1.1.7.1.4. Augmentation de la concurrence et la diversité sur le marché :

Les PME par leurs innovations, amènent des nouveaux produits adaptés aux besoins des
consommateurs sur le marché. Ce qui crée une concurrence avec les anciens produits et
amène une diversité sur le marché. Cette situation amène les entreprises existantes à
améliorer la qualité de leur produit ainsi que leur productivité en fin de rester compétitives sur
le marché. Ce qui implique une augmentation du PIB.

1.1.7.2. Rôle social de PME

1.1.7.2.1. Création d'emplois et lutte contre le chômage


Les PME constituent la catégorie d'entreprises longtemps marginalisées pour
tant créatrices de richesses et d'emplois. D'ailleurs, elles contribuent largement à la lutte
contre la pauvreté et constitue 80% de l'économie formelle de la RDC 20.

En RDC, le secteur de PME représente plus de 90% du marché de l'emploi, il


est relativement plus créateur d'emplois et réduit jusqu'à un certain pourcentage de chômage.
La lutte contre le chômage constitue la préoccupation des tous les pays surtout les pays en
voie de développement qui souffrent d'un taux de chômage élevé. La RDC a été victime de
pillage des années 90 et 91 et de retombée de la guerre, c'est ce qui a occasionné la
destruction des unités de production, un départ massif des entrepreneurs, la fermeture des
plusieurs autres entreprises locales. Ce désinvestissement a conduit au chômage ; c'est dans

20
Fédération des entreprises au Congo, journée de PME de Kinshasa du 3 au 5 juillet 2003
44

cet environnement de dégradation du tissu économique que la population s'est lancée dans la
création des petites unités de production entre autre les PME pour se prendre en charge 21.

1.1.7.2.2. Contribution à la lutte contre la pauvreté

La pauvreté constitue aujourd'hui l'un des facteurs incitatifs à la création des


PME, lesquels s'avère dans une certaine mesure comme une stratégie de survie. Ainsi à ce
sujet, l'effort de PME ne peut faire l'objet de contestation, car elle arrive tout de même à faire
vivre la population Congolaise ne fût-ce que satisfaire les besoins primaires (besoin
alimentaire, besoin vestimentaire, etc.).

Les Petites et Moyennes Entreprises congolaises contribuent à la réduction des


inégalités sociales, font vivre les populations surtout les plus démunies. Elles produisent des
biens et offrent des services à des coûts réduits permettant à toutes les couches sociales d'en
bénéficier. Elles valorisent les ressources humaines et les matériels locaux.

1.1.7.2.3. Contribution à l'apprentissage et à la formation

Les PME constituent en fait un terrain où se forment beaucoup d'entrepreneurs


dans des domaines variés tels que la gestion, la commercialisation et tant d'autres domaines
(Par de séminaires). Elle s'avère un lieu propice au développement de l'esprit d'innovation.

En effet, nul ne peut nier le rôle et l’importance de la PME/PMI dans toutes les
économies, car elle permet à la croissance et au développement économique d’un pays par :

 La création d’emplois ;
 la création de la valeur ajoutée ;
 la participation à la distribution des revenus.

SECTION 2 : NOTIONS SUR LA COMPTABILITE

2.1. DEFINITIONS DE LA COMPTABILITE

La comptabilité est un instrument de mesure des faits qui se rapportent à


l'économie, cette mesure de fait nous amène à la gestion d'entreprise. Alors que gérer une
entreprise consiste à utiliser au mieux un ensemble des moyens disponibles d'une manière

21
MAKUNZA KEKE E., op. cit, p. 93.
44

efficace de manière à prendre un certain nombre de décisions cohérentes de l’entreprise


concernant22 :

 Leur financement,
 La gestion des opérations,
 La prise de décision.

L’encyclopédie libre WIKIPEDIA définit la comptabilité comme une discipline


pratique, consistant à schématiser, répertorier et enregistrer les données chiffrées permettant
de refléter et de qualifier, pour un agent ou une entité, aussi bien l'ampleur de son activité
économique que ses conséquences sur l'inventaire de son patrimoine.
La comptabilité en tant que système peut se définir comme un instrument
permettant la saisie, classement et l’enregistrement des opérations commerciales et
financières de l'entreprise pour retracer toutes les transformations subies par les capitaux au
sein de l'entreprise23:

Pour APOTHELOZ & STETTLER, la comptabilité est un outil qui permet la


collecte, interprétation et le traitement des informations relatives aux flux réels et financiers,
mesurables en termes monétaires24.
A la lumière de tout ce qui précède, la comptabilité peut être définie comme
étant un outil de gestion dans une entreprise ayant pour mission essentielle l'enregistrement
du jour le jour des opérations économiques, des entreprises et son environnement 25.

2.2. L’APPROCHE HISTORIQUE DE LA COMPTABILITE26

La comptabilité nous est venue de Babylone (vers 2000 avant Jésus-Christ), de


l’Egypte (2800 avant Jésus-Christ), des hébreux (vers 900 avant J.-C.) de la Grèce plus ou
moins avant Jésus-Christ et de Rome. A cette époque, l’on pratiquait une comptabilité en
partie simple, elle consistait à la tenue d’un compte unique de caisse où chaque opération fut
enregistrée soit en recettes soit en dépenses.

Cette comptabilité ne permettait pas l’établissement de la balance de


vérification et ne fournissait pas des renseignements complets sur la situation interne de
l’entreprise.

22
FAYEL ET PERNOT Comptabilité général à l'entreprise, Paris, éd 1987, P8
23
KINZONZI et PEROCHION, Comptabilité Générale élémentaire, touche Paris, 1979
24
APOTHELOZ Bernard & STETTLER Alfred, Maitriser l’information comptable, volume 1, théorie des
comptes, éditions presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 1998, p.1.
25
VANCIER, Economie, éd. CRP, Kinshasa, p.6.
26
BITEMO MPUANGA E., cours d’organisation comptable, Inédit, G2 Comptabilité, I.S.C/Matadi, 2013-2014.
44

L’expansion des échanges commerciaux et de développement de la pratique


du crédit au Moyen Age due au progrès économique en Europe fut à la base d’une nouvelle
méthode d’enregistrement des opérations économico-financières appelée « la comptabilité en
partie double ».

Elle est l’œuvre d’un certain moine italien, le mathématicien Luca Bartolomé
PACIOLI. Sa méthode consiste à enregistrer chaque opération économique ou commerciale
par une double écriture qui permet de suivre les changements, les variations, les
modifications de la forme d’une valeur.

2.4. ROLE DE LA COMPTABILITE

La comptabilité à plusieurs rôles notamment :

 Rôle économique : Elle consiste à  satisfaire les besoins de la clientèle,

 Rôle social : Elle consiste à rechercher l'amélioration des conditions sociales et


matérielles des agents qui collaborent au fonctionnement de l'entreprise,

 Rôle technique : Celui-ci consiste à produire de biens et services dans les meilleures
conditions par une bonne comptabilité.

2.5. OBJECTIFS ET IMPORTANCE DE LA COMPTABILITE

2.5.1. Objectifs de la comptabilité

La comptabilité offre une multitude avantages à ces utilisateurs. Elle a


également comme objectif de s’assurer de la traduction correcte de l’activité économique de
la firme dans les documents de synthèse produits. Parmi ces objectifs, la comptabilité
permet :

 d'établir à tout moment la situation financière de l'entreprise;

 les analyses des conditions d'exploitation en vue de réduire voire supprimer les faits et
pertes de l'entreprise pour améliorer les diverses sources de bénéfices,

 de fournir les renseignements nécessaires à la direction exprimée en chiffre pour


vérifier le bien fondé des décisions prise par l'entreprise vis-à-vis des tiers,

 de satisfaire aux obligations légales et fiscales.

Sur ce, GRAND& al ; stigmatisent que la comptabilité enregistre les


informations à partir notamment des contrats que la firme passe dans son environnement, elle
44

informe son lecteur de l’existence des contrats que l’entreprise passe sur le marché des biens
et services, du travail et sur le marché des capitaux 27.

2.5.2. Importance de la comptabilité

La comptabilité permet à l'entreprise de connaitre à tout moment, avec une


grande précision, la situation réelle et exacte de l’entreprise. Et permet à cet effet, de faire de
projection sur son futur.

2.3. LES DIVERSES BRANCHES DE LA COMPTABILITE

En fonction des objectifs spécifiques que l’on assigne à la technique


comptable et à la nature des informations demandées, on distingue trois branches de la
comptabilité. 

Hormis les comptabilités spécifiques, l’on distingue la comptabilité générale


ou financière, la comptabilité analytique et la comptabilité budgétaire.

La comptabilité générale enregistre de manière chronologique les opérations


de l’entreprise. Elle permet de déterminer le résultat global de l’entreprise et l’établissement
des états financiers.

La comptabilité analytique a pour objet la détermination de la valeur de biens ou services produits par
l’entreprise et d’analyser les conditions internes d’exploitation. Les informations détaillées fournies par
cette comptabilité permettent la prise de décisions de gestion.

La comptabilité budgétaire permet l’établissement du budget, la détermination


et l’analyse des écarts entre les prévisions et les réalisations.

2.4. FINALITES DE LA COMPTABILITE

La comptabilité répond à six finalités principales, à savoir :

- mesurer la richesse créée par l’entreprise et contrôler son partage ;


- fournir un moyen de preuve dans la vie des affaires ;
- fournir un outil d’aide à la décision;
- fournir une base pour le diagnostic économique et financier ;
- fournir une base pour la synthèse et la prévision macro-économique ;
- fournir un instrument de régulation sociale.

27
GRAND Bernard, Audit comptable et financier, Economica, Paris, 2006, p.106.
44

SECTION 3 : NOTIONS SUR L’ORGANISATION COMPTABLE

3.1. NOTIONS ET DEFINITIONS

L’organisation comptable permet d’assurer l’authenticité des écritures de façon


à ce que la comptabilité puisse servir à la fois d’instrument de mesure des droits et
d’obligations des partenaires de l’entreprise mais aussi d’instrument de preuve et
d’information des tiers. Pour ce faire l’organisation comptable doit assurer :

 un enregistrement exhaustif au jour le jour et sans retard des informations de base;


 le traitement en temps opportun des données enregistrées;
 la mise à la disposition des utilisateurs des documents requis dans les délais légaux
fixés pour leur délivrance.

Dans ce cadre, chaque entreprise est appelée de mettre en place une


comptabilité adéquate à ses besoins.

Pour ce qui de la définition, il se révèle que l’organisation comptable a été


définie par plusieurs auteurs, et Selon GRANGUILLOT et al. «L’organisation comptable d’une
entreprise se matérialise par l’adoption d’un plan de compte, le choix du support et des
procédures de traitement»28.

CASPARD et al, avancent: « qu’il est prévu dans l’organisation comptable une
documentation décrivant les procédures et l’organisation comptable en vue de permettre la
compréhension et le contrôle du système de traitement 29.

3.2. PREALABLE DE L'ORGANISATION COMPTABLE

L'organisation comptable consiste à définir les tâches et à déterminer les


responsabilités en tenant compte de la spécialisation. Et, toutes les tâches doivent être
réparties et demeurer en relation les unes avec les autres par la régularisation organique qui
doit veiller à ce que toutes les fonctions soient en interaction. Les pièces comptables doivent
être rangées, classées par ordre et par nature des opérations de manière à assurer la
transparence des opérations afin de limiter le risque de vol et détournement de fonds pour
faciliter en son sein le contrôle et favoriser le suivi de comptes.

3.3. IMPORTANCE DE L'ORGANISATION COMPTABLE

28
GRANDGUILLOT Beatrice & al., Comptabilité générale : principes généraux, opérations courantes et opérations de fin
d’exercice, 13e édition, GUALINO, Paris, 2010, p. 71.
29
CASPARD B. & ENSELME G., Comptabilité approfondie et révision, 5e édition, LITEC, Paris, 2009, p.614.
44

«La comptabilité n'est pas seulement un ensemble formellement parfait, mais


elle est effectivement le reflet de toutes les caractéristiques patrimoniales de l'entreprise» 30. 
Cet ensemble organisationnel est constitué, en amont de la comptabilité, par un système de
captation et de traitement des flux d'informations et, en aval, par un système de contrôle des
procédures et des enregistrements comptables.

L'organisation comptable d'une entreprise et la régularité de la tenue de sa


comptabilité s'inscrivent dans l'organisation administrative d'ensemble d’une entreprise en ce
qui concerne la collecte des faits comptables à enregistrer, les circuits d'informations, les
vérifications des faits d'exactitude et de vraisemblance et les supports matériels mis en
œuvre, c'est-à-dire qu'une comptabilité régulière ne peut être construite que dans le bon ordre
organisationnel»31. 

3.4. L’ORGANISATION MATERIELLE DE LA COMPTABILITE

3.4.1. Le plan comptable

Le plan comptable est l'ensemble des règles susceptibles de permettre


l'utilisation des comptes au besoin des activités économiques qui deviennent sans cesse
complexe sous l'influence des progrès techniques, des fluctuations monétaires et des
décisions de l'Etat32. Il est aussi une liste des comptes à ouvrir pour enregistrer toutes les
opérations d'une entreprise. Les comptes dans un plan comptable sont classés
méthodiquement, et le titre, le rôle, la nature et la signification de chacun d'eux sont
soigneusement déterminée d'avance 33. Actuellement, le plan comptable spécifique de
l'entreprise doit se référer au plan comptable de l’OHADA.

Après l’adoption d’un plan comptable spécifique, l’entreprise doit définir en


tenant compte du système comptable mis en place, un certain nombre de supports devant le
servir pour la gestion de ces opérations. Les différents supports dont il est question sont
notamment les documents de collecte des informations (pièces justificatives et/ou pièce
comptable), de documents de saisie (journal et grand-livre), les documents de contrôle des
informations (la balance de vérification des informations de sommes et soldes) et les
documents de diffusion des informations (les états financiers de synthèse). 

3.4.2. L’adoption du plan comptable de l'entreprise 

Le plan des comptes de chaque entreprise doit être suffisamment détaillé pour
permettre l’enregistrement des opérations. Ainsi, lorsque les comptes prévus par le système

30
CAUSIN, E., Droit comptable des entreprises, Larcier, Bruxelles, 2002, p.284.
31
CAUSIN, E., Op.cit. p.368.
32
CPCC, Plan comptable général Congolais, éd comptable et financier, 1978, p.20.
33
CHALON, L. et ROLLY, L., Organisation et document du commerce extérieur, 17e édition, Editions des grandes cornes,
Bruxelles, 1972, p.143.
44

comptable OHADA ne suffisent pas au sein de l’entreprise pour enregistrer distinctement


toutes les opérations, celle-ci peut ouvrir toutes les subdivisions. Inversement, si les comptes
prévus par l’entreprise sont trop détaillés par rapport à ses besoins, elle peut le regrouper
dans un compte global de même niveau»34.

Après avoir été informé de mécanismes de la création d’un plan comptable


spécifique de l'entreprise et analysé les faits sous un angle comptable, il y a lieu de
s’intéresser sur les comptes à créer et le jeu de ces comptes qui en résulte, afin d'obtenir un
parfait enregistrement des mutations des valeurs et des résultats qui s'en suivront.

Par un compte, il faut entendre toute unité retenue pour enregistrer une
opération comptable35 . Et tout compte créer doit avoir été reconnu nécessaire de façon à
pouvoir enregistrer tous les mouvements qui lui sont propres. De même, les rapports de
compte entre eux doivent être schématisés pour permettre leurs parfaite compréhension.

En fin, le plan des comptes de chaque entreprise doit être suffisamment détaillé
pour faciliter l'enregistrement des opérations, et permettre la subdivision des comptes
nécessaires pour ses activités de manière à faciliter l'établissement normal des états
financiers et leur contrôle.

3.4.3. Manuel des procédures comptables

Un autre préalable dans la mise en place d’un service de comptabilité dans une
entreprise est la conception de manuel des procédures comptables. C’est l’une des
innovations introduites par le système comptable OHADA. Cette documentation est établie en
vue de permettre la compréhension et le contrôle du système de traitement des informations
comptables36.

Le manuel des procédures comptables décrit particulièrement l'organisation


comptable de l'entreprise en définissant les méthodes de saisie et de traitement des
informations, les politiques comptables ainsi que les supports comptables à utiliser.

3.4.4. Les pièces justificatives

Comme nous l’avons abordé précédemment, la réussite de la comptabilité dans


une entreprise nécessite l’utilisation des pièces justificatives. Ainsi, à travers ce paragraphe,
nous essayons d’analyser ce que l’on entend par la pièce comptable.

3.4.4.1. Notions

34
L’article 18, de l’Acte Uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises.
35
www.procomptable.com/normes/gc1dem, consulté, le…………………………………………….
36
L’article 16 de l’Acte Uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises.
44

La pièce justificative est tout document qui justifie l’existence de mouvement


des valeurs dans le patrimoine d’une entreprise. Elle sert de se fait la base de tout
enregistrement de l’opération dans le journal, car chaque écriture comptable doit être
appuyée par une pièce justificative qui doit la certifier.

Ainsi, les dirigeants de l'entreprise et les auditeurs comptables


peuvent examiner la validité d'un enregistrement élémentaire à travers la pièce justificative de
base voire contrôler la validité de cet enregistrement élémentaire en le comparant à la pièce
justificative de base.

La rigueur et l’exhaustivité de la collecte et de l’émission des pièces


justificatives sont des conditions nécessaires pour garantir la fiabilité et la bonne tenue de la
comptabilité de la structure. Ils constituent les premiers éléments à examiner lors d’un
contrôle financier (interne ou externe).

Tout enregistrement comptable précise l'origine, le contenu et l'imputation de


chaque donnée ainsi que les références des pièces justificatives qui l'appuient 37. Ce dans cet
esprit que l’acte uniforme de l’OHADA précise que chaque écriture doit s'appuyer sur une
pièce justificative datée, établie sur un support de papier ou sur un support assurant la
fiabilité, la conservation et la restitution précise de son contenu pendant les délais requis 38. Il
sied de signaler par ailleurs que les pièces justificatives accompagnent les livres comptables.

3.4.4.2. Sortes des pièces justificatives

On dénombre trois catégories de pièces justificatives, à savoir les pièces


émanant des tiers, les pièces internes et les imprimés comptables.

1. Les pièces justificatives externes

Les pièces justificatives externes rappellent, dans la plupart des situations, les
références des transactions auxquelles elles se rapportent pour être prises en considération
(marché, contrat, commande, abonnement, etc.). Les pièces externes sont toujours des
originaux et il en va de même des justificatifs qui peuvent les accompagner. Les photocopies
(non légalisées) de pièces justificatives sont prohibées et peuvent tout au plus servir à
constituer des copies de dossiers comptables.

2. Les pièces justificatives internes

Les pièces justificatives internes revêtues des visas prévus par la hiérarchie
pour avoir force probante, comprennent: les bulletins de paie, les reçus, les chèques et les
37
FAYEL et PERNOT D, op.cit., p.27.
38
L’article 17, alinéa 3 de l’Acte Uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des
entreprises.
44

ordres de virement, les contrats, les bons de commande, les bons de réception ou de
livraison, les relevés de frais, les états de paiement et les états de rapprochement.

3. Les imprimés

Une liste des imprimés ayant une utilisation comptable doit être dressée au
sein de l’entreprise en mentionnant les références de normalisation pour éviter les confusions
de documents. En principe, les pièces comptables sont normalement établies par la structure
qui fournit le bien ou le service.

Comme nous abordons les documents de collecte des informations


comptables, il y a lieu de préciser que nous pourrons parler indifféremment des pièces
comptables ou des pièces justificatives. Ainsi, nous précisons que du point de vue comptable,
la pièce comptable et la pièce justificative est la même chose, mais à la différence près entre
les deux est que la pièce comptable peut être un bordereau 39 de la description de la pièce
justificative.

3.4.5. Les livres obligatoires et d’autres supports selon l’OHADA

Pour maintenir la continuité dans le temps de l’accès à l’information, toute


entreprise établit une documentation décrivant les procédures et l’organisation comptable.
Cette documentation est conservée aussi longtemps qu’est exigée la présentation des états
financiers successifs auxquels elle se rapporte 40. Conformément à l’article 19 de l’acte
uniforme l’OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises,
les livres comptables et autres supports dont la tenue est obligatoire sont :

- le livre-journal, dans lequel sont inscrits les mouvements de l’exercice enregistré en


comptabilité;
- le grand-livre, constitué par l’ensemble des comptes de l’entreprise, où sont reportés
ou inscrits simultanément au journal, compte par compte, les différents mouvements
de l’exercice ;
- la balance générale des comptes, état récapitulatif faisant apparaître, à la clôture de
l’exercice, pour chaque compte, le solde débiteur ou le solde créditeur, à l’ouverture de
l’exercice, le cumul depuis l’ouverture de l’exercice des mouvements débiteurs et le
cumul des mouvements créditeurs, le solde débiteur ou le solde créditeur, à la date
considérée;
- le livre d’inventaire, sur lequel sont transcrits le Bilan et le Compte de résultat de
chaque exercice, ainsi que le résumé de l’opération d’inventaire.
39
Bordereau est un document généralement établi par un intermédiaire financier contenant un état détaillé des
éléments d’une opération.
40
L’article 16 de l’Acte Uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises.
44

3.4.6. Le délai et les formes de conservation des pièces comptables

3.4.6.1. Le délai 

Les livres comptables ou les documents qui en tiennent lieu, ainsi que les
pièces justificatives sont conservés pendant au moins dix ans 41. On notera aussi que la
prescription des obligations comptables est désormais de cinq ans 42.

Les pièces justificatives sont classées dans un ordre qui est défini dans le
document décrivant les procédures et l'organisation comptable général à la méthode de
classement à adopter.

3.4.6.2. La forme 

L’acte uniforme OHADA précise que les pièces justificatives sont établies sur
papier ou sur un support assurant la fiabilité, la conservation et la restitution précise de leur
contenu pendant les délais requis.

L'absence ou l'insuffisance de pièces justificatives peut mettre en doute la


valeur probante de la comptabilité et entrainer le rejet de celle -ci.

3.4.6.3. Les états financiers annuels

Les états financiers annuels comprennent le Bilan, le Compte de résultat, le


Tableau financier des ressources et des emplois, ainsi que l’État annexé. Ils forment un tout
indissociable et décrivent de façon régulière et sincère les événements, opérations et
situations de l’exercice pour donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière
et du résultat de l’entreprise43.

Le système comptable OHADA a prévu trois modèles de présentation des états


financiers en fonction de la taille des entreprises appréciée selon le chiffre d’affaires de
l’exercice.

Ces systèmes sont : le système normal, le système allégé et le système minimal


de trésorerie. 

 Le système normal : obligation de présenter tous les états financiers pour toute
entreprise dont le chiffre d’affaires est supérieur à 100 000 000 FCFA (près de
200 000$ USA) ;

41
L’article 24 de l’Acte Uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises.
42
L’article 18 de l’Acte Uniforme OHADA du droit commercial général.
43
Article 8 de l’Acte Uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises.
44

 Le système allégé : comporte l’établissement du bilan, du compte de résultat de


l’exercice et de l’Etat annexé, simplifiés dans les conditions définies par le système
comptable OHADA pour une entreprise dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas
100 000 000 ;
 Le système minimal de trésor (SMT) repose sur l’établissement d’un état des recettes
(recette nette ou perte nette), dressé à partir de la comptabilité de trésorerie que
doivent tenir les entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 30 000 000 FCFA
(soit 60 000 $ USA). 

3.5. SYSTEMES, METHODES ET PROCEDES COMPTABLES

Après avoir appréhendé les différents documents qui fondent l’organisation


matérielle au sein d’une entreprise, nous allons à présent analyser les termes génériques qui
forment l’organisation comptable dans une entreprise.

3.5.1.LES SYSTEMES COMPTABLES

3.5.1.1. Notions et définitions des systèmes comptables

Le système comptable renferme plusieurs définitions, mais selon LASSEGUE,


il est un ensemble des modalités d’organisation matérielle de la comptabilité définissant la
forme, le nombre et les articulations des registres 44. Il a été aussi défini comme l’ensemble
organique des registres ou documents permettant l'inscription chronologique des faits que la
comptabilité en a pris connaissance45.

Généralement, on distingue: le système classique, le système journal grand-


livre ou système américain, le système centralisateur et le système informatisée.

3.5.1.2. Système comptable classique

C’est un système qui s’adapte aux entreprises de petite taille et dans lesquelles
les informations à traiter ne sont pas assez nombreuses. Il se caractérise par :

 un journal unique tenu quotidiennement par une personne;


 le report périodique des faits comptables dans le grand-livre;
 l’élaboration de la balance générale périodique, et
 l’établissement des états financiers en fin de période.

Ce type de traitement n'est cependant possible que lorsqu'une seule personne


tient la comptabilité de l'entreprise. Il n'y a qu'un seul journal et un seul grand livre qu'il est
difficile de se partager les taches comptables. De plus, l'essentiel du travail comptable dans le
44
LASSEGUE Pierre, lexique de comptabilité , 6e édition, Editions DUNOD, Paris, 2007, p.767
45
Comptabilité et droit pénal des affaires - OECCA France 1978.
44

système classique est concentré sur les transactions (Achats/Ventes) qui peuvent représenter
jusqu'à 80% des enregistrements comptables. Le schéma comptable de ce système se
présente comme suit :

Figure n°1 : schéma du système comptable classique.

Source : www.unit.eu/cours/kit-gestion-ingenieur/Chapitre-3/Compta-gestion-ingenieur, consulté, lé…………………

3.5.1.3. Système journal grand livre ou système américain

Selon ce système, le journal unique du système comptable classique est éclaté en deux
registres distincts : le journal d’une part et le grand livre d’autre part. Le journal est dans la
partie gauche et le grand livre dans la partie droite, comme l’on peut le voir dans la tableau
suivant :

JOURNAL GRAND - LIVRE


44

N° Date Code Libelles Sommes 52 Banque 41 Client 40 Fsseur 31 Mses

D C D C D C D C D C

TOTAUX

Source : nous - même.

Ce système peut être utilisé dans les petites entreprises où le nombre de


comptes est limité. Le système présente aussi plusieurs avantages notamment le contrôle
régulier de la comptabilité à partie double, la vue globale de la situation de l’entreprise et la
mise à jour des comptes effectués de façon rapide. S’agissant des inconvénients, nous
pouvons citer la difficulté d’utiliser le système lorsque la taille de l’entreprise est grande avec
beaucoup de comptes à manier, car les dimensions du livre étant limitées. Il y a aussi une
forte probabilité d’erreurs et d’omissions lorsque les montants à reporter sont nombreux.

3.5.1.4. Système comptable centralisateur

La nécessité de réduire les délais de traitement des informations comptables


pour améliorer la gestion des entreprises et la nécessité d'une division du travail dès que
l'entreprise dépasse le stade artisanal ont conduit les comptables à imaginer un autre
système qui permet d'éviter les inconvénients du système classique 46. Ce système permet :

 La division du travail et la répartition des tâches comptables (saisie, suivi, contrôle) en


raison de l’existence de plusieurs journaux spécialisés par catégorie d’opérations ;
 Le regroupement des informations de même nature.

Ainsi, il est possible d’utiliser plusieurs journaux auxiliaires regroupant les


opérations identiques. On a le journal des achats, le journal des ventes, le journal de banque,
le journal de caisse, le journal des opérations diverses,...

Dans le système comptable centralisateur, l’enregistrement des opérations


dans les journaux auxiliaires sont effectués par nature et catégorie. Chaque jour, les
enregistrements sont saisis dans les différents journaux auxiliaires avec mise à jour des
comptes individuels des clients et des fournisseurs. Après totalisation des différents journaux

46
http://www.procomptable.com, consulté………………………………..
44

auxiliaires, les totaux ainsi obtenus sont reportés ou transférés, par centralisation,
globalement dans un journal unique, à la fin de mois (le journal général).

Les comptes de tiers : clients et fournisseurs peuvent être regroupés à la fin du


mois sous forme de relevés nominatifs des clients ou balance des clients, et de relevés
nominatifs des fournisseurs ou balance des fournisseurs.

Dans le système comptable centralisateur, lors que la tenue de la comptabilité


est informatisée, la mise à jour des comptes à travers des logiciels spécialisés de gestion
permettent la connaissance en temps réel de la situation de l’ensemble par une simple
consultation. La conception des logiciels de gestion et de comptabilité s’inscrit sur les
principes d’utilisation des procédés informatisés. La figure ci-après, nous informe sur le
schéma de comptabilisation dans le système comptable centralisateur.

Figure n°2 : l’organisation du système centralisateur


44

Source : www.unit.eu/cours/kit-gestion-ingenieur/Chapitre-3/Compta-gestion-ingenieur

Avec ce système comptable, chaque journal auxiliaire est tenu en forme du


journal. Le journal auxiliaire est affecté à chaque genre principal d'opérations. En outre, un
journal auxiliaire des opérations diverses est ouvert pour enregistrer les faits de nature unique
après que toutes les opérations principales aient été enregistrées et portées dans les
journaux spécialisés.

Et pour éviter le risque de double enregistrement, lorsqu’une opération


concerne deux journaux auxiliaires dans l’entreprise, l’on l’utilise le compte intermédiaire dont
notamment : « 58.5 virements internes ». L'intérêt du système centralisateur est qu'il permet
de ne reporter au grand-livre que la synthèse des journaux auxiliaires.

3.5.1.4. Système comptable informatisé.

Lorsque l’organisation comptable repose sur un système de traitement


informatisé, l’entreprise doit recourir à des procédures qui permettent de satisfaire aux
exigences de régularité et de sincérité nécessaire. La validité d’une comptabilité informatisée
44

nécessite que toutes les opérations puissent être suivies du document d’origine au total final
ou inversement47. La tenue de la comptabilité par une entreprise sur le système informatisé,
système relativement récent, présente d'importants avantages:

- Tout d'abord, ce système de par ses techniques facilite le travail comptable, ce qui
signifie une plus grande rapidité dans la production de l'information et une plus grande
fiabilité;

- Ensuite, il offre une meilleure adaptation aux besoins en gestion interne (possibilité de
production d'informations détaillées répondant à des besoins précis);

- Enfin, il permet de mettre en œuvre un système de gestion intégrée.

Tous ces éléments militent vers la généralisation de l'informatique.


L’organisation du système comptable informatisé se présente comme suit :

Figure n°3 : l’organisation du système informatisé

Pièces justificatives

Saisie des pièces justificatives

Traitement comptable Stockage des données


informatisé

Journaux Grand-livre Balance Etats financiers

Source : nous -même

3.5.1.5. Rôles et importance du système comptable

Le système comptable sert de base pour la transmission des informations


comptables utiles à l’ensemble des opérateurs économiques de même qu’à l’entreprise. Ainsi
selon le guide d’application du SYSCOA, la finalité de la comptabilité générale est avant tout
externe, dans le cadre d’une pertinence partagée au service des différents partenaires
économiques de l’entreprise48 :
47
Voir en ce sens l’article 22 de l’Acte Uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des
entreprises.
48
Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, SYSCOA guide d’application, Editions FOUCHER, Paris, 1997, p.671.
44

 investisseurs (associés, actionnaires);


 prêteurs à long et moyen terme, banquiers ;
 fournisseurs ;
 clients;
 salariés;
 Etat.

Le système comptable joue un rôle essentiel en matière d’audit. En effet, elle


fournit des informations de base nécessaires à la connaissance de l’auditeur pour la
compréhension de l’entité auditée. Mais aussi dans le cadre de l’audit légal ou audit
comptable et financier, il sert de support même pour l’accomplissement de la mission.

3.5.2. METHODES COMPTABLES

Les méthodes comptables sont des combinaisons d'écritures permettant de


présenter les faits comptables ou la traduction en écriture d'un fait comptable.

On distingue plusieurs méthodes comptables, notamment : les méthodes


d'inventaire, les méthodes de valorisation des sorties de stocks et les méthodes
d'amortissement des immobilisations.

3.5.2.1. Méthode d'inventaire

On distingue la méthode d'inventaire permanent et la méthode d'intermittence


d'inventaire.

a. Méthode de la permanence d'inventaire consiste à un enregistrement comptable des


mouvements d'entrées et de sorties suivis de leur valorisation, elle permet de
connaître à tout moment la valeur et le volume des entrées, des sorties et des stocks
en magasin ;

b. Méthode d'intermittence de l'inventaire ne permet pas à l’entreprise de connaître les


valeurs de sorties et de stock restant en magasin. Ces dernières ne sont connues qu’à
la fin de l’exercice après inventaire physique.

3.5.2.2. Méthode de valorisation des sorties des stocks

A la sortie des stocks du magasin ou à l’inventaire, les biens interchangeables


(fongibles) sont évalués par l’une des méthodes choisie par l’entreprise.
44

On distingue ainsi les méthodes d’épuisement de lot (FIFO, LIFO), les


méthodes de coût moyen pondéré, les méthodes de coûts standards, etc.

Il sied de signaler que le système comptable OHADA ne reconnait que deux


méthodes pour la valorisation de sortie des stocks, il s’agit de la méthode FIFO et la méthode
dite C.M.P49.

La méthode FIFO considère que le premier bien entré est le premier bien à


sortir, et à la sortie de magasin, on évalue les matières ou les produits aux coûts des entrées
les plus anciens.

La Méthode de coût moyen pondéré consiste dans son principe à calculer pour


chaque stock, le coût moyen pondéré en divisant le cout total des entrées successives par
leur quantité totale et en appliquant ce coût ainsi déterminé à la sortie de la période
considérée.

3.5.2.3. Méthode d'amortissement des immobilisations 

Il existe plusieurs méthodes d'immobilisation. Parmi ces méthodes, nous


pouvons citer la méthode d'amortissement linéaire ou constant, la méthode d'amortissement
progressif, la méthode d'amortissement dégressif, la méthode d'amortissement proportionnel,
etc. En République Démocratique du Congo, l’Administration fiscale reconnait trois méthodes,
à savoir l’amortissement linéaire, l’amortissement dégressif et l’amortissement accéléré. Mais,
la première est la méthode du droit commun et les deux autres sont des exceptions.

3.5.3. PROCEDES COMPTABLES

Par procédure comptable, on entend généralement la technique utilisée par


l’entreprise pour tenir les livres et documents comptables. Quelle que soit la technique
d’enregistrement employée, la procédure comptable comporte plusieurs étapes.

Les procédés comptables sont des techniques d’enregistrement, c’est-à-dire


les modes et les moyens utilisés par l’entreprise pour que les opérations nécessaires à la
tenue des comptes et à l’obtention des états financiers soient effectuées dans les meilleures
conditions d’efficacité.

Dans la pratique, lorsque l’on examine les procédés comptables, l’on voit
directement la manière de saisir et d’exécuter les travaux comptables. En effet, les procédés
les plus usuels sont : le procédé par décalque, le procédé manuel et le procédé informatique. 

49
L’article 44 de l’Acte Uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises.
44

 Le procédé par décalque consiste à enregistrer simultanément une opération sur


plusieurs documents comptables en interposant les papiers carbones ;
 Le procédé manuel consiste à l’enregistrement des livres comptables par la main ;
 Le procédé informatique allège la tâche des travaux du comptable en leur évitant la
routine.

Aujourd’hui, avec le progrès de l’informatique, le procédé informatique occupe


une place de choix dans le traitement des faits comptables.

Section 4 : MISE EN PLACE D’UNE ORGANISATION COMPTABLE

La mise en place d’une organisation comptable dans l’entreprise nécessité


l’étude de plusieurs aspects allant de la définition de la forme et du contenu des documents
devant servir de base au recueil et à l’enregistrement comptable, à la précision des procédures
comptables y relatives en passant par le choix d’un système, des méthodes et procédés
comptables adaptés à l’entreprise sans oublier la qualité du personnel chargé de produire les
imputations comptables exigées.

Dans la pratique, le processus de mise en place d’une organisation comptable


se fait en deux phases : l’évaluation de l’organisation comptable existante et  la mise en place
d’une nouvelle organisation comptable.

4.1. L’EVALUATION DE L’ORGANISATION EXISTANTE 

Dans cette phase, l’on examine si l’organisation comptable existante s’accorde


avec la dimension, l’organisation en général et les besoins de l’entreprise. Car il n’est pas
logique et surtout pas prudent de se lancer directement dans la proposition et dans l’adoption
d’une nouvelle organisation comptable sans se référer à l’organisation type de l’entreprise.
L’expert doit effectuer des analyses sur :

- L’organigramme fonctionnel et les services de l’entreprise ainsi que la description des


postes, particulièrement ceux du service de comptabilité afin de déterminer la
hiérarchie et le niveau de séparation des services (finances, comptabilité, Budget etc.) ;
- Les systèmes, méthodes et procédés comptables utilisés (classique, centralisateur, à
décalque, manuel, informatique) ;
- Le manuel de procédures;
- Le niveau du personnel comptable ;
- La gestion des documents comptables ;
- Le plan comptable spécifique de l’entreprise etc.
44

A l’issue de ces études, l’expert doit dégager les points forts et les points faibles
de l’organisation comptable existante.

4.2. LA MISE EN PLACE DE LORGANISATION COMPTABLE

La mise en place de l’organisation comptable dans l’entreprise doit tenir compte


des renseignements tirés dans la phase d’évaluation. L’expert comptable doit exécuter les
travaux ci-après :

 Evaluation de l’organigramme du service de comptabilité en vue de définir les tâches


(journalières, mensuelles, trimestrielles, semestrielles et annuelles) et préciser les
responsabilités des personnels au sein du service de comptabilité. Les services de la
comptabilité générale sont en principe à séparer des services de la comptabilité
analytique, à la comptabilité budgétaire.
 L’explication sur la gestion des documents comptables, essentiellement :

 Leur circulation ;
 Leur classement ;
 Leur conservation.

 La détermination des critères d’embauche des comptables ;


 Détermination des procédés comptables, système et méthodes comptables;
 Production du plan comptable particulier de l’entreprise et
 Définition de travaux à exécuter dans le service de comptabilité (mensuel, annuel,
semestriel et trimestriel).

Après avoir abordé les travaux à exécuter dans la mise en place d’une
organisation comptable lors que le service de l’organisation comptable existante n’est pas
efficace. Nous allons à présent retracer les différentes étapes à parcourir dans la mise en
place d’une nouvelle organisation comptable.

4.3. IMPLANTATION D’UN SYSTEME COMPTABLE

L’implantation d’un service comptable peut se résumer à travers les onze étapes
suivantes :

- Prise de connaissance de l’entreprise,


- Conception des pièces justificatives internes et sa gestion,
- Création de la liste des comptes spécifiques,
- Schémas de la comptabilisation,
- Choix des moyens de traitement comptable des opérations,
- Saisie des opérations dans des journaux ou bordereau de saisie ou tickets comptables,
44

- Elaboration du grand- livre,


- Elaboration de la balance,
- Justification des soldes de comptes,
- Classement des documents comptables,
- Travaux de fin d’exercice.

CHAPITRE II : PRESENTATION DES ACTIVITES COMMERCIALES DE LA VILLE


PORTUAIRE DE MATADI ET DE L’AUBERGE VIDIL

Le présent chapitre décrit les activités commerciales de la ville portuaire de


Matadi et l’auberge VIDIL, cadre expérimental de notre travail.

Section 1 : PRESENTATION DES ACTIVITES COMMERCIALES DE LA VILLE PORTUAIRE


DE MATADI

2.1 AVANTAGES ET DESAVANTAGES LIES AU RELIEF DE LA VILLE ET A LA


POPULATION ACTIVE

La configuration physique de la ville de Matadi joue un rôle très important sur le


site et sur sa situation économique à travers ses installations portuaire. La ville attire plusieurs
investissements intervenant dans différents domaines. Les étrangers également y trouvent leur
compte dans les différentes activités.

Le relief de la ville est accidenté et se présente sous l’aspect assez uniforme


d’un plateau parsemé, dominé par des collines.

En dépit de ces désavantages, signalons tout de même en passant que


l’appauvrissement de son sol, et les conditions climatiques difficiles, constituent des sérieux
goulots d’étranglement pour toute la mise en valeur des ressources de la ville.

Ainsi, la ville ne doit compter plus que sur le développement de secteurs


secondaires et tertiaires. En ce qui concerne la population active, il sied de considérer d’abord
que, la population de Matadi accroît à un rythme accéléré à cause des plusieurs facteurs qui
découlent de :

 L’exode rural ;
 L’arrivée en foule de population provenant des autres villes et autres provinces attirées
par les activités portuaires.

Mais cette explosion démographique de la ville pose de sérieux problèmes


aujourd’hui notamment :

 Problème d’organisation administrative et technique en ce qui concerne le logement ;


44

 L’environnement ;
 Moyen de transport difficile ;
 L’approvisionnement en eau, en électricité, en produit d’échange et sous-emploi en
grande échelle ;
 Engendrement du banditisme et de la criminalité ;
 Insécurité sociale et politique, etc.

Ceci suite au mauvais rôle de l’Etat providence puisqu’à la veille de


l’indépendance, précisément aux années 50, le peuplement des villes était réglementé. L’on ne
s’installait en ville, qu’après avoir justifié ses ressources de vie par un emploi ou une promesse
ferme d’emploi, ce qui entraînait l’octroi d’un logement et de tous les papiers d’une domiciliation
régulière ou stable.

2.2. DE L’ECONOMIE ET MODE DE VIE DE LA POPULATION

L’économie de la ville de Matadi est essentiellement fondée sur les activités


portuaires. L’importance du port maritime international de Matadi joue un rôle prépondérant
dans l’économie nationale de la République Démocratique du Congo. Ainsi, à travers les
activités portuaires, la ville de Matadi, est l’un des principaux canaux du commerce extérieur de
la République Démocratique du Congo. Parmi les activités portuaires, nous pouvons citer :

 Les agences en douane ;


 Les transitaires d’assurance ;
 Les transporteurs ;
 Les activités manœuvrées telles que (bill of cost); etc.

Hormis les activités portuaires, nous avons plusieurs entreprises publiques et


privées, banques et institutions financières, hôpitaux, ateliers professionnels, entreprises
hôteliers, etc.

2.2.1. Les Entreprises Publiques (Transformées en Sociétés Commerciales)

Il s’agit des entreprises dont l’intégralité des capitaux appartient aux pouvoirs
publics. Certaines de ces entreprises ont été transformées en entreprises commerciales selon
le décret loi présidentielle n° 078/2006 rendu publiques, en 2009. Nous pouvons citer
quelques unes :

2.2.1.1. L’ONATRA (SCTP)

C’est l’Office Nationale de Transport, l’actuel Société Commerciale de Transport


et de Port (SCTP). Son rôle est d’assurer le transport des biens et des personnes vers
Kinshasa et dans d’autres coins du pays. Il assure aussi la gestion de tous les ports de
l’étendue nationale.
44

2.2.1.2. La Congolaise des Voies Maritimes (CVM)

Cette entreprise joue un rôle dans l’économie de la République Démocratique du


Congo, car elle permet l’entrée et la sortie de navires par l’aménagement du canal de
navigation dans la zone divagante qui, à l’état naturel, ne peut permettre de passage de ces
navires. Son activité consiste donc à entretenir la voie fluviale du bief maritime allant de
Banana (embouchure), jusqu’à Matadi.

2.2.1.3. La REGIDESO et la SNEL

Ces deux sociétés ont le monopole de fournir respectivement l’eau potable et


l’électricité dans notre pays. Il faut signaler en passant que les deux sociétés fournissent
péniblement l’eau et l’électricité à la population Congolaise suite au vieillissement de la
tuyauterie ou par manque des produits utilisés pour le traitement d’eau et au vieillissement de
l’outil de production et des matériels de pointe pouvant améliorer la qualité d’électricité.

2.2.2. Autres Entreprises Publiques

2.2.2.1. L’Office Congolais de Contrôle (OCC)

Il a pour missions de contrôler la qualité des marchandises à l’import tout


comme à l’export.

2.2.2.2. L’Office des Routes

Il a pour tâche de construire et d’entretenir les routes de dessertes agricoles


dans notre pays en vue s’assurer le transport des personnes et des produits de la campagne
vers les grands centres de consommation.

2.2.3. Les Sociétés Privées

La plus grande industrie que possède la ville de Matadi, est l’usine de fabrication
de farine de froment dénommée Minoterie de Matadi. Elle ravitaille la totalité de la province du
Kongo Central et les autres contrées du pays en farine. Il existe aussi à Matadi un grand dépôt
de Bralima ces produits sont : PRIMUS, TURBO, FANTA, VITALO, SPRITE, MALTINA, SODA.

Le second dépôt des boissons que l’on trouve dans la ville de Matadi est celui
de la Kongo Central (Brasserie du Congo). Ce dernier ravitaille en produit SKOL, DOPPEL
MUNICH, DJINO, TONIC, EAU VIVE, TOP, XXL, NKOYI.

2.2.4. Les régies financières

2.2.4.1. La DGDA
44

La ville de Matadi, est une ville frontalière dotée d’un port maritime la douane a
pour mission de recouvrer les droits à l’import et à l’export ainsi que d’accise. Elle est donc
l’une de sources génératrice des recettes de l’Etat.

Cet office est aujourd’hui appelé la Direction Générale de Douanes et Accise


(D.G.D.A).

2.2.4.2. La D.G.I

L’activité de la DGI repose sur la collecte des impôts à caractère fiscale. Elle
remplie la fonction de receveur de l’Etat. Effet, l’impôt que la DGI perçoit a un caractère
obligatoire c'est-à-dire, tous les contribuables doivent payer leurs impôts pour permettre au
Gouvernement de faire face à ses dépenses tous ordinaires qu’extra ordinaire selon les
principes ci après :

Rendement : recouvrement ;
Egalité : tout le monde doit payer ;
Interventionniste par pression ou dépression.

2.2.4.3. La DGRAD.

Elle a pour mission l’ordonnancement et le recouvrement de recettes


administratives domaniales, juridiques et de participations. Ainsi que la DGI s’occupe des
recettes fiscales, la DGRAD en cadre les recettes non fiscales constatées et liquidées par les
différents de l’Etat.

2.2.5. Les Institutions Bancaires

Compte tenu des potentialités économiques de la ville de Matadi, cette dernière


regorge 13 banques commerciales plus la Direction provinciale de la Banque centrale du
Congo, pour faciliter les transactions commerciales. Ces institutions sont les suivantes :

2.2.5.1. Les Institutions Bancaires :

 La banque centrale du Congo (B.C.C) ;


 La banque commerciale du Congo (B.C.D.C) ;
 La FBN Bank ;
 La Rawbank;
 La Procrédit bank;
 La banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC) ;
44

 La Trust Marchand Bank(TMB);
 Ecobank;
 La BGFi bank;
 SOFI bank;
 Standard Bank;
 First international Bank (FIBANK)
 Afriland First Bank.

2.2.5.2. Les Institutions Financières non Bancaires :

1) FINCA ;
2) La Caisse d’Epargne du Congo (CADECO) ;
3) La Caisse d’Epargne et de Crédit pour la Réduction de la Pauvreté (CERP), en
liquidation ;
4) La caisse d’action mutuelle d’épargne et de crédit (CAMEC) ;
5) MECREMA (mutualité d’épargne et de crédit de Matadi) ;;
6) La coopérative d’épargne et de crédit (CEAC) ;
7) La société Nationale d’Assurance (SONAS) ;
10) L’institut National de Sécurité Sociale (INSS);
11) COOPEC.

2.2.6. Mode de vie de la Population

Par mode de vie, il faut entendre la manière dont les gens se débrouillent pour
leur survie. Le mode de vie de la population Matadienne est diversifié, c’est-à-dire qu’il y a une
masse laborieuse prestant leurs services dans les entreprises publiques et privées, dans
l’administration publique et beaucoup se trouvent dans la débrouillardise, les jeunes n’ayant
pas encore trouvé d’emplois se font les journaliers auprès des entreprise locales où ils évoluent
dans la manutention ou dans d’autres domaines.

L’agriculture fait vivre la population en milieu urbain et périurbain. Elle se fait sur
la rive droite du fleuve Congo, dans les districts du Bas-fleuve et celui des cataractes. Faute
d’espace suffisant, les agriculteurs s’adonnent plus aux cultures maraichères. En plus de
l’agriculture, il y a aussi la pêche et la chasse. La ville de Matadi est prédominée par
l’implantation d’activités. Ainsi, la plupart de ces unités de production sont des entreprises
familiales. Par conséquent, elles sont gérées habituellement soit par un membre de la famille,
soit par quelqu’un n’ayant pas jusque là l’expérience en la matière. Il se remarque une
cumulation de fonction par un seul individu c'est-à-dire, une personne, exerce à la fois
plusieurs fonctions incompatibles. Car en principe, la personne qui assure par exemple la
vente, ne doit pas assurer en même temps les achats ou garder les espèces pour éviter le
44

détournement, vol etc. ainsi, pour éviter les faille et contribuer au développement économique
et social, à la création de l’emploi et l’amélioration du bien social, la règle d’or des entreprises
modernes devrait être appliquée.

L’implantation des activités de petite échelle est très importante pour


l’amélioration du bien être social et individuel.

Section 2 : PRESENTATION DE L’AUBERGE VIDIL

2.1. APERÇU HISTORIQUE

L’auberge VIDIL à été créé en 2009 avec trois chambres comme une maison
d’habitation, mais plus tard selon la vision de son propriétaire, trois chambres ont été ajoutées
au-dessus pour faire six chambres. C’est vers les années deux milles onze et douze, ainsi
vers 2013 que son fonctionnement normal a eu lieu.

2.2. SITUATION GEOGRAPHIQUE

L’AUBERGE VIDIL est situé sur l’avenue Route Kinshasa N°1510, quartier ville
Basse dans la commune de Matadi, référence l’entrée rond-point Londe, en face de la
DGRAD.

a) Objectif

L’auberge VIDIL a pour l’objectif de rendre moderne la culture de la ville de


Matadi.