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La méthode des éléments finis (MÉF) [1] est une manière numérique de résoudre certains

des problèmes de physique. C'est une méthode qui permet de déterminer une solution
approchée sur un domaine spatial, c'est-à-dire qui permet de calculer un champ (de scalaires,
de vecteurs, de tenseurs) qui correspond à certaines équations et à certaines conditions
imposées.

La méthode consiste à découper le domaine spatial en petits éléments, également appelés


mailles, et à rechercher une formulation simplifiée du problème sur chaque élément, c'est-à-
dire à transformer le système d'équations quelconque en un système d'équations linéaires.
Chaque système d'équations linéaires peut se représenter par une matrice. Les systèmes
d'équations pour tous les éléments sont ensuite rassemblés, ce qui forme une grande matrice ;
la résolution de ce système global donne la solution approchée au problème.

La quantité de calculs nécessite l'emploi d'un ordinateur.

Théorie et pratique
Les logiciels modernes utilisant la méthode des éléments finis bénéficient d'une interface
graphique rendant leur utilisation relativement simple. Par ailleurs, un certain nombre de
tâches sont automatisables. On peut donc quasiment lancer un calcul sur ordinateur sans
connaître la méthode.

Cependant, le modèle utilisé risque d'être inadapté au problème, on aura donc un résultat très
éloigné de la réalité. L'utilisateur doit avoir des connaissances suffisantes pour être en mesure
de

◾ maîtriser le modèle, c'est-à-dire utiliser les options permettant de représenter le plus


fidèlement possible la réalité ;
◾ contrôler la qualité du résultat, détecter les résultats manifestement erronés ;
◾ interpréter les résultats, et éventuellement les post-traiter, c'est-à-dire utiliser les résultats
pour faire d'autres calculs.

D'autre part, les premières versions de ces logiciels utilisaient un langage de programmation
(langage DMAP pour Nastran, MAPDL pour Ansys, Code_Aster). Si les fonctions principales —
les plus couramment utilisées — ont été intégrées dans l'interface graphique, certaines
opérations ne sont possible qu'en entrant des instructions. Dans le cas d'une utilisation
avancée du logiciel, il faut donc s'intéresser au langage de programmation.

L'utilisation d'un logiciel de résolution par la méthode des éléments finis est donc faussement
simple, ce qui n'est pas sans poser problème :

[…] l'utilisation de plus en plus fréquente de ce genre de technologie par des personnels
non spécialistes ou inadéquatement formés commence à être une source d'inquiétude
très sérieuse, compte tenu des enjeux de sécurité sous-jacents. De manière générale,
utiliser un logiciel quelconque pour résoudre un problème d'ingéniérie sans en
comprendre le fonctionnement est très dangereux […].
Jean-Christophe Cuillière, Introduction à la méthode des éléments finis, Paris, Dunod,
2011 (ISBN 978-2-10-056438-5), p. 3-4

On peut essayer de déterminer des compétences minimales requises en fonction de


l'utilisation. Définissons trois niveaux d'utilisation en mécanique (le niveau 2 inclut le niveau 1,
le niveau 3 inclut le niveau 2) :

1. Élémentaire :

◾ calcul sur une structure de poutres (p. ex. treillis) ;


◾ calcul volumique sur une pièce isolée.
2. Avancé : résolution de problèmes linéaires, surfaciques et volumiques impliquant plusieurs
pièces en contact.
3. Expert : mécanique non linéaire (contact pouvant adhérer ou glisser, grandes
déformations, écrouissage, viscosité, …), problèmes multiphysiques (recouvrant plusieurs
domaines d'application à partir de la même géométrie), développement de méthodes de
post-traitement automatisée, méthodes d'optimisation de formes, …

Les compétences requises recommandées sont :

1. Élémentaire :

◾ statique : connaissance des liaisons mécaniques (degrés de liberté, efforts


transmissibles), résolution de problèmes isostatiques (graphique et analytique),
représentation des efforts par les torseurs ;
◾ résistance des matériaux, théorie des poutres (Euler-Bernoulli) : courbe de traction
uniaxiale, courbes des efforts de cohésion, contraintes et déformations en
sollicitations simples (traction/compression, cisaillement, torsion, flexion simple),
utilisation des formulaires de flexion, contraintes en sollicitations composées
(traction/compression-flexion, flexion déviée, flexion-torsion), concentrations de
contraintes, matage, flambage ;
◾ mécanique des milieux continus, théorie de l'élasticité : principe de Barré de Saint
Venant, contraintes équivalentes de von Mises et de Tresca ;
◾ dessin assisté par ordinateur : manipulation du logiciel pour simplifier la géométrie
(édition des esquisses, des fonctions d'extrusion, de révolution) ;
◾ mathématiques : repère (géométrie analytique), similitudes (rotations, translations,
homothéties), équations différentielles simples, intégration de fonctions
polynomiales ;
◾ éléments finis : choix des éléments de maillage, contrôle de la qualité du maillage,
contrôle de la cohérence des résultats.
2. Avancé :

◾ statique et résistance des matériaux : travaux virtuels, résolution de problèmes


hyperstatiques, pression de Hertz, essais mécaniques, théorie des poutres épaisses
(Timoshenko), éléments de théorie des plaques et des coques ;
◾ mécanique des milieux continus : tenseurs des contraintes et des déformations,
contraintes principales, coefficients élastiques, énergie de déformation, critères de
ruine ;
◾ mathématiques : matrices, changement de repère, intégration par partie, interpolation
polynomiale, équations aux dérivées partielles ;
◾ éléments finis : connaissance des différents types d'éléments et de leurs degrés de
liberté, notions de matrice de rigidité et de points de Gauss.
3. Expert :

◾ mathématiques : théorème de Green, méthode de Gauss-Legendre ;


◾ éléments finis : formes intégrales forte et faible, connaissance des langages sous-
jacents du logiciel utilisé (DMAP, MAPDL, Code-Aster).

Principe de la méthode

Équation aux dérivées partielles

Un certain nombre de problèmes physiques sont décrits par des équations aux dérivées
partielles (ÉDP) sur un domaine spatial, un volume. Il s'agit d'une généralisation des équations
différentielles aux fonctions de plusieurs variables. Par exemple, si l'on a une fonction de trois
variables ƒ(x1, x2, x3), l'équation suivante :

est une équation aux dérivées partielles. Cette équation est assortie de conditions aux limites :
valeurs de la fonction ou de ses dérivées partielles en certains points.

Notons que

◾ la fonction ƒ peut être une fonction vectorielle,


◾ l'équation fait souvent intervenir des dérivées secondes ∂2ƒ/∂x2i ou ∂2ƒ/∂xixj (voire
d'ordres plus élevés),
◾ et que les coefficients ai et A ne sont pas nécessairement des constantes mais peuvent
être des fonctions.

La résolution exacte, analytique, de telles équations devient vite impossible manuellement. Par
contre, si l'on découpe le domaine spatial en petites cellules, appelées « éléments finis » (ÉF),
on peut résoudre simplement l'ÉDP sur chaque élément.

Démarche générale

La méthode des éléments finis (MÉF) consiste donc à :


◾ découper le modèle spatial en éléments finis : c'est le maillage ;
◾ écrire une version simplifiée de l'ÉDP sur chaque élément fini ; notons que les conditions
limites d'un élément ne sont pas connues, on ne connaît que les conditions globales ;
◾ rassembler les expressions des ÉDP locales pour appliquer les conditions aux limites du
problème.

On retrouve la démarche générale analyse-synthèse.

D'un point de vue pratique, la mise en œuvre de la méthode comporte les étapes suivantes :

1. Analyse du problème : définition de l'objectif du calcul, recherche des zones pouvant poser
problème, éventuellement calcul manuel avec un modèle très simplifié pour avoir un ordre
de grandeur du résultat.
2. Définition du modèle de calcul : la géométrie du système est dessinée avec un logiciel de
dessin assisté par ordinateur (DAO). Si le modèle numérique (= sur ordinateur) existe déjà
(par exemple pièce dessinée par un bureau d'étude), il faut simplifier la géométrie afin
d'avoir un calcul :

◾ plus rapide (modèle « léger ») ;


◾ ne présentant pas de singularités : les singularités sont des points particuliers se
comportant mal vis-à-vis de l'algorithme de calcul ; en ces point-là, les résultats sont
en général éloignés de la réalité.
3. Maillage : découpage du modèle en éléments finis ; il convient de choisir des formes
d'éléments adaptés, permettant d'avoir un maillage régulier, et de vérifier la qualité du
maillage. Le maillage est fait par l'ordinateur suivant les paramètres définis par l'utilisateur.
4. Calcul, fait par l'ordinateur.
5. Affichage des résultats, vérification de leur cohérence et post-traitement.

Maillage

Le maillage (meshing) consiste donc à découper l'espace


en petits domaines appelés éléments finis. Dans le cas
général, on utilise des éléments volumiques (3D), mais on
peut :

◾ utiliser des éléments surfaciques (2D) si la pièce


étudiée est une coque (shell), c'est-à-dire si
l'épaisseur est petite devant les autres dimensions
(typiquement un rapport 1/10) ;
Pièce volumique maillée par des
◾ utiliser des éléments linéïques (1D) si la pièce tétraèdres
étudiée est une poutre (beam), c'est-à-dire si ses
dimensions transverses sont petites devant la
longueur (typiquement un rapport 1/10).

On utilise plusieurs types d'éléments finis. Dans un premier temps, retenons qu'il y a
principalement deux types d'éléments pour les coques et
les volumes :

◾ les éléments carrés (coques) ou cubiques


(volumes) : ils permettent un maillage régulier et
efficace (on a une bonne précision avec peu
d'éléments) ; comme il n'y a pas de raison que les
formes soient régulières (en particulier que des
côtés/arêtes soient parallèles), on parle plutôt de
quadrilatères ou d'hexaèdres ; Exemples d'éléments finis linéaires

◾ les éléments triangulaires (coques) ou tétraédriques


(volumes) : ils permettent de s'adapter aux formes
complexes.

Un élément fini est une maille ; il est défini par ses nœuds, c'est-à-dire les sommets pour un
polygone ou un polyèdre.

La MÉF consiste à calculer les valeurs de la fonction ƒ — solution des ÉDP — aux nœuds ; on ne
recherche pas la valeur en tout point de l'espace, mais uniquement en certains points.

La MÉF est donc une discrétisation du problème.

La fonction ƒ est une fonction vectorielle de dimension d. En chaque nœud, il faut donc
déterminer d valeurs. On dit que le nœud a « d degrés de liberté ».

Interpolation des fonctions

Donc, on s'intéresse aux valeurs de la fonction ƒ uniquement aux nœud du maillage. La valeur
aux autres points est ensuite déduite par interpolation polynomiale.

Sauf cas exceptionnel, dans une interpolation, plus on s'éloigne des points connus, plus l'écart
avec la valeur théorique est important. Donc, plus le maillage est grossier, plus l'erreur
commise en dehors des nœuds est grande.

Considérons un élément donné dont les nœuds sont numérotés de 1 à n ; on note ƒi la valeur de
la fonction au nœud i. Ce sont ces valeurs ƒi que l'on veut déterminer par la MÉF.

Au sein de l'élément, on remplace donc la fonction par son interpolation, sous la forme

où les Ni sont des fonction qui ne dépendent que de la forme de l'élément fini.
On utilise différents types d'éléments finis ; pour chaque type, on a un élément de référence,
qui est l'élément fini dont les coordonnées des nœuds valent 0, 1 ou -1. On peut dire en quelque
sorte que l'élément fini réel est l'élément fini de référence déformé et placé dans l'espace. Les
fonctions Ni sont tabulées pour les éléments de référence ; on applique ensuite un changement
de repère.

La MÉF consiste à remplacer la fonction recherchée par son interpolation entre les
nœuds. Les fonctions d'interpolation pour les éléments de référence sont
connues.

On écrit souvent cette opération d'interpolation sous la forme d'un produit matriciel :

sur un élément fini donné,

Formulations intégrales

Le système d'ÉDP peut s'écrire

les fonctions Ri étant appelées « résidus ». Pour une fonction ψi arbitraire, dite « fonction de
pondération », on a ψi×Ri(ƒ) = 0 et donc a fortiori

Ceci constitue la forme intégrale forte. Les fonctions sont notées W par analogie avec les
travaux virtuels. On choisit les fonctions de pondération de manière judicieuse afin de faciliter
la résolution ; ce ne sont pas nécessairement des fonctions connues, elles peuvent contenir la
fonction ƒ.

Les ÉDP sont en général d'ordre 2. Les fonctions résidus contiennent donc des termes du type
∂2ƒ/∂x2. À une dimension, on peut faire une intégration par parties :

.
Cette opération permet :

◾ de faire apparaître les conditions aux limites ƒ'(x1) et ƒ'(x2) ;


◾ de diminuer l'ordre de dérivation de 1.

Pour des intégrales de volume, l'équivalent de l'intégration par partie est le théorème de
Green :

◾ est le domaine spatial considéré ;


◾ est la frontière de ce domaine ;
◾ nx est la composante selon x du vecteur normal à et pointant vers l'extérieur.

Les conditions limites apparaissent dans l'intégrale sur la surface.

Lorsque l'on applique le théorème de Green aux fonctions Wi, on obtient la « forme intégrale
faible ».

La forme intégrale faible permet de diminuer d'un degré l'ordre de dérivation et fait
apparaître les conditions aux limites. Le choix de fonctions de pondération ψi
judicieuses facilite la résolution.

Matrice de rigidité

La méthode consiste donc à résoudre le système d'équations

les fonctions Wi étant les formulations intégrales faibles des fonctions résidu pondérées (les
fonctions résidu étant les fonctions originales du système d'ÉDP).

Sur un élément fini j donné, on ne travaille pas sur la fonction ƒ elle-même mais sur son
interpolation linéaire

.
La formulation intégrale faible fait de ce fait intervenir les intégrales des fonctions Nk qui sont
connues. Ainsi, la fonction Wi est une fonction faisant intervenir (pour simplifier, on reprend la
forme à une dimension) :

On obtient ainsi une équation matricielle de la forme :

F = K·U

◾ U est le vecteur contenant les valeurs de la fonction solution du système d'équations (Wi
= 0) aux nœuds de l'élément (U n'est pas la fonction ƒ, en raison des fonctions de
pondération choisies) ;
◾ F est le vecteur contenant les valeurs représentant les actions extérieures sur l'élément
fini (action des éléments voisins, actions à distance, et conditions limites si l'élément est
à la surface) ;
◾ K représente la loi de comportement de l'élément fini ; ses composantes sont connues et
se calculent à partir de la forme de l'élément fini et des propriétés de l'espace (propriétés
du matériau si c'est un milieu matériel).

Si l'élément fini a n degrés de liberté, alors l'équation s'écrit avec les composantes :

La méthode des éléments finis a d'abord été développée pour la résistance des matériaux. Dans
ce domaine, Fi est une composante d'une force qui s'exerce sur un nœud i et Ui est une
composante du déplacement d'un nœud. On a un rapport évident avec la loi des ressorts

F = k·Δl

où k est l raideur du ressort. De fait, la matrice K est appelée « matrice de rigidité. »

Comme indiqué précédemment, on ne connaît pas les conditions limites pour un élément fini
quelconque. On connaît donc la matrice K, qui est caractéristique de l'ÉF, mais rien sur F ni sur
U.

Lors de la synthèse, les vecteurs F locaux sont mis bout-à-bout pour former un vecteur global
Fg, contenant toutes les composantes de tous les ÉF. De même, les vecteurs locaux U viennent
former un grand vecteur global Ug, et les matrices de rigidité locales viennent former une
matrice globale Kg. Cette opération est appelée « expansion-assemblage ».
On a ainsi un système linéaire de la forme

Fg = Kg·Ug

qui contient les conditions aux limites (valeurs imposées de Fg ou Ug).

Habituellement, dans une équation matricielle comme celle-ci, soit l'on connaît entièrement Ug
et l'on cherche Fg, soit l'on connaît entièrement Fg et l'on cherche Ug. Ici, c'est différent,
puisque certaines composantes de Ug sont connues et d'autres pas ; et certaines composantes
de Fg sont connues et d'autres sont inconnues.

Par exemple, en résistance des matériaux, au niveau des appuis, les déplacements U
sont imposés (égaux à 0), et les actions des appuis F (forces) sont inconnues. Aux points
d'application des forces de contact, les actions F sont connues mais pas les
déplacements U.

Mais on se retrouve globalement à résoudre un système linéaire.

La MÉF fait donc une linéarisation du problème.

Exemples d'application
Les quatre principaux domaines pour lesquels on a recours à la MÉF sont :

◾ la résistance des matériaux ;


◾ le transfert de chaleur;
◾ la mécanique des fluides (CFD : computational fluid dynamics) ;
◾ l'électromagnétisme.

Résistance des matériaux

Historiquement, c'est le domaine pour lequel la


MÉF a été inventée.

Le système d'équations aux dérivées partielles


est fourni par les équations de la statique (les
efforts extérieurs s'exerçant une un élément de
matière s'annulent) :

Équilibre mécanique d'un élément de matière


◾ σi est la contrainte normale s'appliquant à la face normale à l'axe i ;


◾ τij (i ≠ j ) est la contrainte de cisaillement s'appliquant sur la face normale à l'axe j et
orientée selon l'axe i ; on a τij = τji ;
◾ FVi est la composante selon l'axe i de la densité de force volumique, en général le poids :
FVx = FVy = 0, FVz = ρg
ρ étant la masse volumique du matériau et g l'accélération de la gravité.

Les conditions aux limites sont de deux ordres :

◾ déplacements imposés : en général, on impose que le déplacement de certaines


surfaces soit nul ; ce sont les endroits où la pièce étudiée est fixée à son support
(appuis) ;
◾ forces surfaciques imposées : ce sont les efforts extérieurs.

Le déplacement d'un point sous l'effet de la charge est représenté par le vecteur

On impose donc un champ de déplacement sur une surface Su. On relie ce déplacement aux
contraintes (grandeurs de l'ÉDP) par le passage aux déformations :

, par exemple et

et l'utilisation de la loi de Hooke :

σ = H·ε

où H est une matrice de coefficients d'élasticité, caractéristique du matériau ; σ et ε sont des


vecteurs dont les composantes sont respectivement les contraintes et les déformations.
On impose des efforts surfaciques (des pressions)

sur une surface Sf. Si le vecteur normal unitaire à la surface


est notée

alors l'équilibre de la surface impose


Équilibre d'un élément de
matière ayant une face libre sur
laquelle s'exerce une force
surfacique

Notons bien que

la solution de la méthode des éléments finis est le champ de déplacement .

C'est ce que calcule l'ordinateur. Ce champ est transformé en champ de déformation ε (avec la
définition fournie ci-dessus), puis le champ des contraintes σ est calculé avec la loi de Hooke.

Étude de la flexion Champ de Champ de


d'une poutre déplacement calculé contraintes calculé
encastrée

Transfert de chaleur

C'est le domaine pour lequel les équations sont les plus simples.

L'équation aux dérivées partielles est l'équation de la chaleur (équation de Fourier) :


◾ T est la température ;
◾ t est le temps ;
◾ D est le coefficient de diffusivité thermique caractéristique du matériau ;
◾ P est un terme de production de chaleur volumique ;
◾ ρ est la masse volumique du matériau ;
◾ c est la chaleur massique du matériau.

En régime stationaire, on a

Les conditions limite consistent à imposer :

◾ des températures sur certaines surfaces ;


◾ des sources chaleur ou des puits (pertes de chaleur par convection par exemple) sur
d'autres surfaces.

Mécanique des fluides

La simulation numérique des écoulement est en générale


appelée MFN (mécanique des fluides numérique) ou bien
CFD (computational fluids dynamics).

Étude de la chute d'une goutte par


méthode du volume de fluide (VoF).
On utilise parfois la méthode des éléments finis, mais la plupart du temps, c'est la méthode des
volumes finis qui est utilisée : les équations différentielles ne sont pas résolues de la même
manière. Dans le cas des logiciels munis d'une interface graphique, on voit peu de différence
avec un logiciel d'éléments finis, mais dans tous les cas, le traitement de la géométrie du
système est très différent : on ne peut pas simplifier les détails de la même manière, et la
stratégie de maillage obéit à des impératifs différents.

Électromagnétisme

Algorithmes de résolution
La méthode étant posée, les logiciels ont recours à des méthodes numériques — calculs
approchés — pour effectuer les calculs. Nous présentons ici quelques méthodes utilisées
classiquement.

Un modèle d'éléments finis peut contenir dix mille, cent mille voire parfois plus d'un million
d'éléments. Le nombre de calcul est très important, la résolution est donc extrêmement
gourmande en ressources et en temps : plusieurs heures voire plusieurs jours de calcul, et peut
nécessiter le lancement d'un calcul parallélisé sur un superordinateur. L'utilisation
d'algorithmes de calcul performants n'est donc pas inhérent à la méthode des éléments finis,
mais est toutefois indispensable pour des raisons de performance.

Intégration

De manière intuitive, pour résoudre une équation


différentielle, il faut inverser le processus de dérivation
c'est-à-dire calculer une intégrale. Dans le MÉF, les
intégrales sur les éléments finis sont calculées de manière
approchée, numérique. On utilise en général la méthode de
Gauss-Legendre :

Une fonction ƒ étant définie sur l'intervalle [-1 ; 1], on


peut approcher son intégrale

.
Exemple de points de Gauss pour
un domaine d'intégration carré.
Les points xi sont appelés « points de Gauss ». Les
coefficients ωi sont des constantes. Les valeurs des xi et des
ωi dépendent du nombre de points n que l'on considère.
Plus ce nombre est élevé, plus le calcul est précis, mais plus il est long.
Cette méthode se généralise aux fonctions de plusieurs variables. La figure ci-contre montre un
exemple de carré avec quatre points de Gauss (il y a plusieurs possibilité) ; les coefficients de
pondération ωi sont ici tous égaux à 1. Soit ƒ(x, y ) une fonction définie sur [-1 ; 1]2 ; on peut
approcher son intégrale par

ce calcul est exact si ƒ est un polynôme de dergé inférieur ou égal à trois, c'est-à-dire
comportant des termes de la forme xi×yj avec i + j ≤ 3.

Ceci se généralise pour d'autres formes (en particulier triangle) et pour des intégrations sur des
volumes (cubes, tétraèdres, prismes droits, …).

Bien évidemment, il n'y a aucune raison pour qu'un élément fini ait ses frontières aux
coordonnées 1 ou -1. On fait donc un changement de repère pour relier l'élément fini du
maillage à un élément fini de référence. Ce changement d'espace de coordonnées dans le
contexte dérivée/intégrale fait classiquement intervenir les matrices jacobiennes.

Rappelons que l'on ne travaille pas directement avec la fonction ƒ mais avec son interpolation
linéaire ∑j = 1m Nj·ƒj (si l'élément fini a m nœuds). Le calcul de l'intégrale — à une dimension x
— devient donc

Rappelons que tout comme les xi et ωi, les Nj sont tabulées pour les éléments de référence. On
peut faire ressortir les inconnues :

les coefficients αj étant connus.

Notes et références
1. en anglais, on trouve les abréviations FEM (finite elements method) et FEA (finite elements
analysis)
Introduction < > Rappels de mécanique

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