Vous êtes sur la page 1sur 2

CHAPITRE 11

Dès le début et tout au long de cette épître, l’auteur, pour appuyer ses thèses, fera
appel aux fidèles du passé et à l’alliance sous laquelle ils ont vécu. Il vient juste d’inciter ses

lecteurs à la persévérance. Pour consolider son argumentation, il se lance à présent dans un

long discours à la manière helléniste. Il passera en revue une liste de croyants qui sont restés

fidèles, au milieu de situations particulièrement difficiles, à une promesse dont ils n’ont pas

vu, finalement, l’accomplissement. Mais ceci n’a affaibli en rien leur assurance. C’est au

moyen de cette foi, ancrée dans l’espérance, qu’ils ont été justifiés. En montrant ces exemples

de foi profonde de personnages respectés, l’auteur espère convaincre ses lecteurs que cette foi

est non seulement importante, mais qu’elle est nécessaire, à cause des meilleures promesses

de la nouvelle alliance sous laquelle ils vivent; l’auteur veut aussi les convaincre des
conséquences graves qu’entraînerait une chute éventuelle de leur part. La foi — une foi qui
produit la persévérance — est donc la clé de leur vie.

Versets 1-3: «Or, la foi, c’est l’assurance des choses qu’on espère, la démonstration de

celles qu’on ne voit pas. C’est à cause d’elle que les anciens ont reçu un bon témoignage.

C’est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la parole de Dieu,

de sorte que ce qu’on voit ne provient pas de ce qui est visible.»

Ce passage présente la seule «définition» de la foi dans les Écritures, bien qu’il corresponde à
des descriptions dans d’autres textes (voir Jc 1.27; Jn 4.24; 17.3). La foi comporte donc une
assurance (hupostasis) et une démonstration (elegchos). le sens du terme hupostasis par son
utilisation au 3.14 (ou 4.16), où il est traduit par confiance. Dans le cas où cette confiance
ne suffirait pas, à elle seule, à convaincre, elle s'accompagne de la «démonstration» que les
principes en considération sont véritables et dignes d’être acceptés.

Humainement parlant, l’objet de notre foi n’est pas prouvé visuellement, d’où la nécessité de
croire sans voir. assurance se traduit chez le chrétien par une certitude, en fait la seule
certitude possible dans un monde tel que le nôtre. Les données sur lesquelles notre foi se
fonde sont certes invisibles (2 Co 4.17-18), elles s'avèrent pourtant au-dessus de tout soupçon
et dignes de confiance.

C’est vers cette foi assurée que l’auteur appelle ses lecteurs. Il les invite à persévérer

afin d’obtenir l’accomplissement des promesses (10.36) et de sauver leur âme (10.39). Par

cette foi ont vécu les anciens, les hommes et les femmes dont l’auteur s’apprête à parler.
Mais avant d’aborder ce sujet-là, il présente le champ plus large de la foi. C’est la foi,

dit-il, qui nous donne la conviction que le monde a été formé par la parole de Dieu. Tout le

monde, hormis les plus simples d’esprits, admet que le monde existe. Le monde est là et nous

y vivons. Mais d’où vient-il? Sur cette question les hommes de science s’acharnent depuis

toujours, de même que les hommes religieux. Et ces derniers sont convaincus que ce qu’on

voit ne provient pas de ce qui est visible. Ils ont mis leur foi en Dieu et en sa parole qui
présente ainsi les choses. Mais personne n’ayant pu voir Dieu en train d’établir l’ordre de

55 Voir surtout SPICQ, p. 182 et LIGHTFOOT, Neil. Jesus Christ Today, Grand Rapids,
1976, pp. 204-206, pour un examen plus complet de ces termes.

l’univers, tout devient question de foi en lui. Ce que la science ne peut comprendre.