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Les conditions de température élevées généralement rencontrées en période estivale

produisent une évaporation rapide de la surface du béton et en accélèrent la prise.


Différents facteurs climatiques tels que des vents forts, une humidité relative faible, la
radiation solaire ou un surchauffage d'abri provoquent également des effets similaires.
Il en survient des fissurations et une baisse de la résistance à la compression. La norme
CSA-A23.1 spécifie que lorsque la tempé- rature ambiante dépasse 27ºC (à l'ombre) ou que
des prévisions météorologiques affichent que cette température sera dépas- sée, des
précautions supplémentaires doivent être prises lors de la mise en place du béton.
Lorsque la température extérieure dépasse 25°C, il est recommandé de prendre des
précautions de bétonnage.
Quand la température extérieure est supérieure à + 30°C ou inférieure à + 5°C, le béton frais
ne peut être mis en oeuvre sans prévoir des précautions appropriées.
La température du béton n'est en aucun cas supérieure à + 30°C ou inférieure à + 8°C.
En effet, un béton doit durcir et non sécher. Le retrait plastique est un phénomène qui se
produit avant et après la prise du béton.
Sous l’effet de la chaleur, de l’hygrométrie ou de l’action du vent, l’eau de gâchage s’évapore
entraînant des conséquences néfastes sur les propriétés du béton : diminution de la
maniabilité, rapidité de prise, fissuration et baisse de résistances.
Effets sur la qualité du béton et ses conséquences

Perte d'eau prématurée


Le soleil, le vent et l'air sec accélèrent l'évaporation de l'eau de gâchage. Ils provoquent la dessiccation de la face
exposée du jeune béton. Cette élimination d'eau entraîne une diminution du volume du béton et provoque des
fissures de retrait initial.
Une protection contre cette perte d'humidité est d'une importance capitale pour le maintien des qualités du béton.
Hydratation rapide
Le phénomène d'hydratation (durcissement) du béton est une réaction chimique qui dégage par elle-même de la
chaleur. L'apport de chaleur extérieure accélère la réaction, autant cet apport est utile en hiver, autant il peut être
nuisible en été, C'est pourquoi la norme SIA 162 prescrit qu'un béton ayant une température supérieure à 30°C
ne doit plus être utilisé. Un béton très chaud réclame une plus grande quantité d'eau, ce qui évidemment est
préjudiciable à la qualité. Le retardateur de prise, si la température extérieure est très élevée, ne fera qu'empirer
les choses. Il faut au contraire améliorer la consistance avec un fluidifiant en lieu et place de l'eau, et bétonner au
plus vite.
L'hydratation accélérée a pour autre conséquence le développement d'une structure plus fragile et moins dense -
donc plus poreuse - de la pâte de ciment.
Conséquence: résistance et durabilité réduite.
Ajouts d'eau excessifs
L'accroissement de la quantité d'eau de gâchage entraîne avant tout une augmentation de la porosité capillaire et
du retrait. D'ou étanchéité, résistance et durabilité réduite du béton.
Contraintes thermiques
Dans les éléments de construction présentant de grandes surfaces exposées à l'air (dalles), le béton fraîchement
mis en place doit s'échauffer le moins possible. Il doit être refroidi lentement et uniformément tout en le
protégeant de la dessiccation. Ceci permet de maintenir les températures thermiques dans des limites
acceptables. Une différence de température excessive entre le noyau et la surface du béton conduit
inévitablement à une fissuration si les tensions engendrées dépassent la résistance à la traction du jeune béton.

Mesures à prendre par temps chaud

Préparatifs
Sans oublier qu'une bonne préparation diminue le travail de moitié, il est ici primordial d'observer les points
suivants:
- L'étape de bétonnage s'exécutera à un rythme soutenu et sans interruption.
- Les moyens de protection et de cure sont prêts et à portée de main.
- Choisir le moment le plus opportun de la journée ou de la semaine.
Traitement du coffrage
- Fonds de fouille et coffrages ne doivent pas absorber l'eau du béton frais.
- Humidifier suffisamment le coffrage et les armatures.
- Toutefois le béton frais ne devra pas être appliqué sur des flaques d'eau.

Mise en oeuvre
Une opération déterminante
C'est elle qui réunit le savoir faire du maçon et la qualité du béton. La mise en place et le compactage ne
souffrent d'aucune malfaçon et c'est lors de cette opération que le maçon apporte la preuve de sa compétence
professionnelle. Les points par ordre de priorité à observer :
- Temps d'attente minimum entre la livraison du béton prêt à l'emploi et sa mise en place.
- Aviser immédiatement le centraliste de tout changement de cadence de mise en oeuvre programmée.
- En cas d'incident imprévu (panne, cas de force majeure), protéger du soleil et du vent le béton en attente sur les
véhicules et dans les silos de transbordement (arrosage extérieur en continu de la structure en tôle). Un béton
sans adjuvant retardateur doit être mis en place dans les 45 minutes qui suivent la fabrication. Assurer les
conséquences de manière responsable, dans les cas difficiles (renvoyer le béton).
- L'adjonction d'un retardateur ralenti le processus de prise mais nécessite une protection prolongée contre la
dessiccation (couverture).
- Un compactage optimal du béton frais augmente sa qualité et réduit l'évaporation de l'eau.

Cure et protection
Protection contre la dessiccation
L'effet de la cure est déterminant durant les premières heures. Suivant les conditions, la protection doit être
assurée pendant plusieurs jours!
- Une protection immédiate et continue empêche la dessiccation rapide et diminue le risque de fissuration. Elle
augmente la compacité ainsi que la résistance mécanique. Le traitement du béton fraîchement mis en place doit
être entrepris sans délais, soit de suite après le compactage.
- Cette protection doit être maintenue aussi longtemps que possible (plusieurs jours).

Exemple de cure du béton frais: Exemple de cure du béton durci:


a) Aspersion de la surface avec des produits de cure a) Arrosage. Attention: le choc thermique provoqué par
(pellicule de protection superficielle). Peut être la différence de température entre la surface et le noyau
effectuée immédiatement après le compactage du béton favorise la formation de fissures! Il faut éviter
(respecter les instructions du fabricant). un arrosage par intermittence.
b) Recouvrir la surface du béton frais de feuille de b) Maintenir en place les coffrages de mur aussi
plastique, de matelas isolants, de jute ou de sable longtemps que possible et assurer leur humidification
maintenu constamment humide, etc. (surtout ceux en métal).
c) Protéger efficacement les coffrages métalliques
contre l'ensoleillement direct.

BETONS REFRACTAIRES ISOLANTS


BETON REFRACTAIRES DENSES
Afin d’obtenir les propriétés optimales, chaque sac de béton nécessite l’addition d’une
quantité très précise d’eau. Les quantités d’eau sont indiquées sur les notices en vigueur.
Les bétons réfractaires durcissant rapidement doit être ajoutée juste avant l’application. Cette
eau de gâchage doit être potable, exempte d’acides, d’alcali, d’huile ou autres impuretés.
Dans certain cas, il peut être indispensable d’utiliser de l’eau déminéralisée.
La température de l’eau doit être comprise entre 10°C et 20°C ( se rapprochant plutôt de
20°C).
Il faut éviter la contamination par tous matériaux tels que : huile, sel, sucre, borax, autres
bétons réfractaires, mortiers, ciment de Portland et réfractaires plastiques.
L’eau devra être ajoutée lentement et graduellement pour éviter l’obtention d’un mélange trop
liquide, ce qui aurait pour cause de diminuer la résistance mécanique du béton et d’augmenter
son retrait. Un mélange grumeleux peut provenir de l’addition trop rapide d’une grande
quantité d’eau.
Cependant, la quantité d’eau d’addition peut être légèrement différente de celle recommandée
dans la notice. Cette différence est due aux variations normales de la dimension des particules
des différents agrégats composant le béton.
Un moyen simple et rapide pour déterminer si la teneur en eau est acceptable est le test de la «
boule dans la main ». Pour tester une préparation, confectionner dans la main une boule
d’environ 50 à 75 mm de diamètre, la jeter en l’air à une hauteur d’environ 75 mm et la laisser
retomber dans la main ouverte. Répéter cette opération plusieurs fois de suite. Si cette boule
se brise, le béton est trop sec. Au contraire, si elle s’aplatit, il est trop humide dans le cas d’un
béton isolant. S’il « coule » entre les doigts, il est alors trop humide quelle que soit
l’utilisation. En effet, la boule de béton doit juste s’affaisser légèrement sans se fissurer. La
quantité d’eau peut être modifiée de manière à obtenir une « boule » correcte.
Se rappeler qu’un excès d’eau peut réduire de 25 % la résistance mécanique d’un béton après
cuisson et qu’il est pratiquement impossible d’utiliser un béton contenant trop peu d’eau. Il
faut toujours se préserver de la tentation qui consiste à préparer un béton plus « mouillé »
dans le but de le rendre plus facilement moulable.
bétonnage par temps chaud et froid
1 - temps chaud
Pour le bétonnage par temps chaud (ambiance supérieure à 25 °C), les dispositions suivantes
seront appliquées afin d'éviter la perte d'humidité et/ou un raidissement rapide du béton avant
mise en oeuvre.
- Mise en oeuvre en réduisant toute attente.
- Utilisation d'un retardateur de prise ou d'un ciment à faible chaleur d'hydratation.
- Limitation de la température du béton frais. Il est conseillé de faire en sorte que cette
température ne dépasse pas 30 °C, (voir figure 2) soit en utilisant de l'eau refroidie pour le
gâchage soit de la glace en paillette pour tout ou partie de l'eau de gâchage.
- Adaptation des horaires de bétonnage aux variations climatiques diurnes (bétonnage aux
heures optimales, voire la nuit).
Tenir compte de l'influence de l'hygrométrie ambiante comme de celle du vent.
Bétonnage par temps chaud : gâchage à l'eau refroidie à 2 °C :
2 - temps froid
Pour le bétonnage par temps froid (ambiance £ 5 °C), certaines dispositions particulières après
étude seront prises (voir annexe D).
En règle générale, tenir compte des principales recommandations suivantes :
- choisir un ciment à durcissement rapide,
- maintenir un rapport eau/ciment aussi faible que possible,
- employer un adjuvant (ou des adjuvants composés) permettant soit d'accélérer la prise et le
durcissement (mise hors gel),
- réchauffer les granulats en stock ou en centrale. Il est conseillé de ne réchauffer que la
quantité directement nécessaire (danger de gel de l'eau de condensation),
- préchauffer l'eau de gâchage,
- éliminer neige ou glace des coffrages et des armatures,
- au moment du bétonnage, utiliser un béton dont la température est de 5 °C au minimum,
- calorifuger les coffrages pour avoir une résistance thermique d'autant plus grande que les
pièces sont moins épaisses,
- abriter le béton fraîchement coulé du vent et, à la limite, l'isoler dans une enceinte chauffée
en prenant soin d'empêcher une évaporation excessive d'eau.