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COMMUNAUTE DES COMPAGNONS DE SAINT

AUGUSTIN- NKOL AFAMBA-NDIBISSONG


MERCREDI DES CENDRES

Sommaire

  Bénédiction des Cendres  

  Textes de la Messe  

  Office  

  Liturgique  

   Liber Sacramentorum  

   le Guide dans la liturgique  

Bénédiction des Cendres

Feria Quarta Cinerum Mercredi des Cendres


I Classis 1ère Classe
ad S. Sabinam Ste-Sabine
¶ Ante Missam benedicuntur cineres facti de ¶ Avant la messe, on bénit les cendres des
ramis olivarum sive aliarum arborum, rameaux d’olivier ou d’autres bois bénis
præcedenti anno benedictis, hoc modo : l’année précédente, de cette façon :
In Choro, dicta Nona, Sacerdos indutus Au chœur, après None, le prêtre, revêtu de la
Pluviali violaceo, vel sine Casula, cum chape violette, ou sans chasuble, avec les
ministris similiter indutis, procedit ad ministres revêtus de la même façon, s’avance
benedicendurn cineres in vase aliquo super pour bénir les cendres posées dans un récipient
altari positos. Et primo cantatur a choro sur l’autel. Et d’abord, le Chœur chante :
sequens Antiphona :
Antiphona. Ps. 68, 17.
Exáudi nos, Dómine, quóniam benígna est Exaucez-nous, Seigneur, car votre miséricorde
misericórdia tua : secúndum multitúdinem est toute suave ; selon l’abondance de vos
miseratiónum tuárum réspice nos, Dómine. bontés regardez-nous, Seigneur.
Ps. ibid., 2.
Salvum me fac, Deus : quóniam intravérunt Sauvez-moi, ô Dieu, car les eaux sont entrées
aquæ usque ad ánimam meam. jusqu’à mon âme.
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V/.Glória Patri. Repetitur Exáudi nos.
¶ Deinde Sacerdos in cornu Epistolæ, non
vertens se ad populum, manibus iunctis (quod ¶ Ensuite, le prêtre, du côté de l’Epître, sans se
servatur etiam in orationibus omnium tourner vers le peuple, les mains jointes dit :
benedictionum quoad manus iunctas) dicit :
V/. Dóminus vobíscum. Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. Et avec votre esprit.
Orémus. Oratio Prions.
Dieu Tout-Puissant et Eternel, pardonnez à
Omnípotens sempitérne Deus, parce ceux qui font pénitence, montrez-vous propice
pæniténtibus, propitiáre supplicántibus : et
míttere dignéris sanctum Angelum tuum de àduceux qui vous supplient ; et daignez envoyer
ciel votre Ange afin qu’il bénisse et
cælis, qui bene+ dícat et sanctíficet hos sanctifie ces cendres, en sorte qu’elles soient
cíneres, ut sint remédium salúbre ómnibus remède salutaire pour tous ceux qui
nomen sanctum tuum humilíter implorántibus, unimplorent humblement votre saint nom et qui,
ac semetípsos pro consciéntia delictórum
suórum accusántibus, ante conspéctum divínæ parce qu’ils ont conscience de leurs fautes,
s’accusent eux-mêmes, déplorant en présence
cleméntiæ tuæ facínora sua deplorántibus, vel de votre divine clémence leurs actes coupables
sereníssimam pietátem tuam supplíciter ou sollicitant avec insistance et supplications
obnixéque flagitántibus : et præsta per votre très douce miséricorde. Faites qu’en
invocatiónem sanctíssimi nóminis tui ; ut, raison de l’invocation de votre très saint nom,
quicúmque per eos aspérsi fúerint, pro tous ceux sur qui ces cendres auront été
redemptióne peccatórum suórum, córporis répandues pour la rémission de leurs péchés,
sanitátem et ánimæ tutélam percípiant. Per reçoivent la santé du corps et obtiennent pour
Christum, Dóminum nostrum. V/. Amen. leur âme votre protection.
Orémus. Oratio Prions.
Deus, qui non mortem, sed pæniténtiam
desíderas peccatórum : fragilitátem O Dieu, qui ne voulez pas la mort des pécheurs
condiciónis humánæ benigníssime réspice ; et mais leur pénitence, considérez avec la plus
hos cíneres, quos, causa proferéndæ grande bonté la fragilité de la nature humaine ;
humilitátis atque promeréndæ véniæ, et daignez, selon votre miséricorde, bénir ces
capítibus nostris impóni decérnimus, cendres que nous avons résolu de déposer sur
bene + dícere pro tua pietáte dignáre : ut, qui nos têtes comme une marque d’humiliation et
nos cínerem esse, et ob pravitátis nostræ pour obtenir le pardon, afin que, reconnaissant
deméritum in púlverem reversúros que nous ne sommes que poussière, à cause de
cognóscimus ; peccatórum ómnium véniam, nos iniquités, nous méritions d’obtenir de votre
miséricorde la rémission de tous nos péchés et
et prǽmia pæniténtibus repromíssa, les récompenses promises à ceux qui auront
misericórditer cónsequi mereámur. Per fait pénitence.
Christum, Dóminum nostrum. V/. Amen.
Orémus. Oratio Prions.
Deus, qui humiliatióne flécteris, et O Dieu, qui vous laissez fléchir par
satisfactióne placáris : aurem tuæ pietátis l’humiliation et apaiser par la réparation,
inclína précibus nostris ; et capítibus inclinez favorablement votre oreille à nos
servórum tuórum, horum cínerum aspersióne prières, et répandez la grâce de votre
contáctis, effúnde propítius grátiam tuæ bénédiction sur vos serviteurs dont les têtes
benedictiónis : ut eos et spíritu compunctiónis auront été touchées par l’aspersion de ces
répleas et, quæ iuste postuláverint, efficáciter cendres, en sorte que vous les remplissiez de
tríbuas ; et concéssa perpétuo stabilíta et l’esprit de componction, et que vous leur
intácta manére decérnas. Per Christum, accordiez l’effet de ce qu’ils auront justement
Dóminum nostrum. V/. Amen. demandé et qu’ils conservent perpétuellement
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stable et intact ce qu’ils ont reçu de votre main.
Orémus. Oratio Prions.
Omnípotens sempitérne Deus, qui Ninivítis, in Dieu Tout-Puissant et Eternel, qui avez en
indulgence porté remède aux maux des
cínere et cilício pæniténtibus, indulgéntiæ tuæ votre
Ninivites faisant pénitence sous la cendre et le
remédia præstitísti : concéde propítius ; ut sic cilice ; accordez-nous avec bonté de les imiter
eos imitémur hábitu, quaténus véniæ de telle mani ère en leur conversion, que nous
prosequámur obténtu. Per Dóminum. parvenions à obtenir votre pardon.
¶ Ensuite, le célébrant, après avoir imposé
¶ Postea Celebrans, imposito incenso in l’encens dans l’encensoir, asperge trois fois
thuribulo, ter aspergit cineres aqua benedícta, d’eau bénite les cendres, en disant
dicendo Antiphonam Aspérges, sine cantu et l’antienne Asperges, sans chant ni psaume, et
sine Psalmo, et ter adolet incenso. les encense trois fois.
Deinde dignior Sacerdos ex Clero accedens ad Ensuite, le plus digne des prêtres du clergé
Altare, imponit cineres Celebranti non monte à l’autel, impose les cendres au
genuflexo. Si vero non adsit alius Sacerdos, célébrant debout. S’il n’y a pas d’autre prêtre,
ipsemet Celebrans, genibus flexis coram le célébrant lui-même, à genoux devant l’autel,
Altari, sibi ipsi cineres imponit in capite, nihil s’impose lui-même les cendres sur la tête, sans
dicens, et cantatur statim a choro : rien dire, et aussitôt, le chœur chante :
Antiphona. Iœl. 2, 13. Antienne.
Changeons de vêtements, couvrons-nous de
Immutémur hábitu, in cínere et cilício : et du cilice, jeûnons et pleurons devant
ieiunémus, et plorémus ante Dóminum : quia cendre le Seigneur ; car notre Dieu tout
multum miséricors est dimíttere peccáta miséricordieux est prêt à nous remettre nos
nostra Deus noster. péchés.
Alia Antiph. Ibid., 17. Antienne.
les prêtres et les ministres du Seigneur
Inter vestíbulum et altáre plorábunt sacerdótes Quepleurent entre le vestibule et l’autel et qu’ils
minístri Dómini, et dicent : Parce, Dómine, Epargnez, Seigneur, épargnez votre
parce pópulo tuo : et ne claudas ora canéntium disent :
peuple et ne fermez pas la bouche de ceux qui
te, Dómine. chantent vos louanges, ô Seigneur.
Sequitur Responsorium : On enchaîne le répons
Responsorium. Esther 13 ; Iœl. 2. Répons.
Supprimons par nos progrès dans le bien les
fautes dont nous nous sommes rendus
Emendémus in mélius, quæ ignoránter coupables par ignorance, de crainte que surpris
peccávimus : ne, subito præoccupáti die soudainement le jour de la mort, nous ne
mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et le temps de faire pénitence et ne
inveníre non póssimus. Atténde, Dómine, et cherchions
puissions le trouver. Prêtez attention, Seigneur,
miserére : quia peccávimus tibi. et ayez pitié, parce que nous avons péché
contre vous.
V/. Ps. 78, 9.Adiuva nos, Deus, salutáris Aidez-nous, ô Dieu, notre sauveur, et pour
noster : et propter honórem nóminis tui, l’honneur de votre nom, délivrez-nous,
Dómine, líbera nos. Atténde, Dómine. Seigneur.
V/.Glória Patri. Atténde, Dómine. Gloire au Père. Prêtez attention, Seigneur.
¶ Sacerdos vero, dum cantantur Antiphonæ et ¶ Pendant qu’on chante les antiennes et le
Responsorium, detecto capite, primo imponit répons, le prêtre, la tête découverte, impose
cineres digniori Sacerdoti, a quo ipse accepit, d’abord les cendres au plus digne des prêtres,
deinde Ministris paratis, genibus flexis coram qui les lui avait imposées, ensuite aux
Altari, dicens : ministres parés, à genoux devant l’autel, en
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disant :

Genesis 3, 19. Memento, homo, quia pulvis es, et Souviens-toi, O homme, que tu es poussière et que
in púlverem revertéris. tu retourneras en poussière.
¶ Postea veniunt alii, primo Clerus per ordinem, ¶ Ensuite viennent les autres : d’abord le clergé
deinde populus : et genibus flexis ante Altare, par ordre, ensuite le peuple, et à genoux devant
singulatim recipiunt cinerem a Sacerdote, ut l’autel, ils reçoivent chacun les cendres du prêtre,
dictum est de Ministris. Completa cinerum comme on l’a dit des ministres. Une fois terminée
impositione, Sacerdos dicit : l’imposition des cendres, le prêtre dit :
V/. Dóminus vobíscum. Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo. Et avec votre esprit.
Orémus. Oratio Prions.
Concéde nobis, Dómine, præsídia milítiæ Accordez-nous, Seigneur, d’entrer par de saints
christiánæ sanctis inchoáre ieiúniis : ut, contra jeûnes dans les rangs de la milice chrétienne, de
spiritáles nequítias pugnatúri, continéntiæ sorte qu’ayant à lutter contre les esprits mauvais,
muniámur auxíliis. Per Christum, Dóminum nous soyons munis des secours que procure
nostrum. l’abstinence.
¶ Deinde dicitur Missa.

Textes de la Messe

Ad Missam Messe
Ant. ad Introitum. Sap, 11, 24, 25 et 27. Introït
Vous avez pitié de tous, Seigneur, et vous ne
Miseréris ómnium, Dómine, et nihil odísti haïssez rien de tout ce que vous avez fait, et vous
eórum quæ fecísti, dissímulans peccáta les péchés des hommes à cause du
hóminum propter pæniténtiam et parcens illis : dissimulez
repentir et vous leur pardonnez, car vous êtes le
quia tu es Dóminus, Deus noster. Seigneur notre Dieu.
Ps. 56, 2.
Miserére mei, Deus, miserére mei : quóniam in Ayez pitié de moi, ô Dieu, ayez pitié de moi, car
te confídit ánima mea. mon âme a confiance en vous.
V/.Glória Patri.
Oratio. Collecte
Seigneur, à vos fidèles, d’entreprendre
Præsta, Dómine, fidélibus tuis : ut ieiuniórum Accordez,
avec la piété convenable, la pratique de ces jeûnes
veneránda sollémnia, et cóngrua pietáte énérables et solennels et d’en parcourir la
suscípiant, et secúra devotióne percúrrant. Per vcarri ère avec une dévotion que rien ne puisse
Dóminum. troubler.
Léctio Ioélis Prophétæ. Lecture du prophète Joël.
Iœl. 2, 12-19.
Hæc dicit Dóminus : Convertímini ad me in toto Voici ce que dit le Seigneur : revenez à moi de
corde vestro, in ieiúnio, et in fletu, et in planctu. tout votre coeur, avec des jeûnes avec des larmes
Et scíndite corda vestra, et non vestiménta et des lamentations. Déchirez vos coeurs, et non
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vos vêtements, et revenez au Seigneur, votre
Dieu ; car il est miséricordieux et compatissant,
vestra, et convertímini ad Dóminum, Deum lent à la colère et riche en bonté, et il s’afflige du
vestrum : quia benígnus et miséricors est, mal qu’il envoie. Qui sait s’il ne reviendra pas et
pátiens, et multæ misericórdiæ, et præstábilis ne se repentira pas, et s’il ne laissera pas après lui
super malítia. Quis scit, si convertátur, et une bénédiction, l’offrande et la libation pour le
ignóscat, et relínquat post se benedictiónem, Seigneur, notre Dieu ? Sonnez de la trompette en
sacrifícium et libámen Dómino, Deo vestro ? Sion, publiez un jeûne, convoquez une assemblée.
Cánite tuba in Sion, sanctificáte ieiúnium, le peuple, publiez une sainte réunion,
vocáte cœtum, congregáte pópulum, sanctificáte Assemblez
rassemblez les vieillards, réunissez les enfants et
ecclésiam, coadunáte senes, congregáte nourrissons à la mamelle. Que le nouvel époux
parvulos et sugéntes úbera : egrediátur sponsus les
quitte sa chambre, et l’épouse son pavillon.
de cubíli suo, et sponsa de thálamo suo. Inter Qu’entre le portique et l’autel, les prêtres,
vestíbulum et altare plorábunt sacerdótes ministres du Seigneur, pleurent, et qu’ils disent :
minístri Dómini, et dicent : Parce, Dómine, épargnez votre peuple, et ne livrez pas
parce pópulo tuo : et ne des hereditátem tuam in "Seigneur,
oppróbrium, ut dominéntur eis natiónes. Quare moqueries desànations.
votre h éritage l’opprobre, pour être l’objet des
Pourquoi dirait-on parmi
dicunt in pópulis : Ubi est Deus eórum ? Zelátus les peuples Où est leur Dieu  ?" Le Seigneur a été
est Dóminus terram suam, et pepércit pópulo
suo. Et respóndit Dóminus, et dixit populo suo : éson
mu de jalousie pour son pays, et il a eu pitié de
peuple. Le Seigneur a répondu et dit à son
Ecce, ego mittam vobis fruméntum et vinum et peuple : Voici que je vais vous envoyer le blé, le
óleum, et replebímini eis : et non dabo vos ultra vin nouveau et l’huile, et vous en serez rassasiés et
oppróbrium in géntibus : dicit Dóminus je ne ferai plus de vous un sujet d’opprobre parmi
omnípotens. les nations. C’est ce que dit le Seigneur tout-
puissant.
Graduale. Ps. 56, 2 et 4. Graduel
Miserére mei, Deus, miserére mei : quóniam in Ayez pitié de moi, ô Dieu, ayez pitié de moi, car
te confídit ánima mea. mon âme a confiance en vous.
Il a envoyé du ciel son secours et il m’a délivré ; il
V/. Misit de cælo, et liberávit me, dedit in a couvert d’opprobre ceux qui me foulaient aux
oppróbrium conculcántes me. pieds.
Sequens Tractus dicitur in Missis de Feria II, IV Le Trait suivant est dit aux messes des lundis,
et VI usque ad Feriam IV Maioris Hebdomadæ mercredis et vendredis jusqu’au mercredi de la
inclusive, præterquam Feria IV Quatuor Semaine Sainte inclue sauf au mercredi des
Temporum. Quatre-Temps
Tractus. Ps. 102, 10.
Dómine, non secúndum peccáta nostra, quæ Seigneur, ne nous traitez pas selon nos péchés, et
fécimus nos : neque secúndum iniquitátes ne nous punissez pas selon nos iniquités.
nostras retríbuas nobis.
V/.Ps. 78, 8-9. Dómine, ne memíneris Seigneur, ne vous souvenez plus de nos anciennes
iniquitátum nostrarum antiquarum : cito iniquités ; que vos miséricordes viennent en hâte
antícipent nos misericórdiæ tuæ, quia páuperes au-devant de nous, car nous sommes réduits à la
facti sumus nimis. dernière misère.
(Hic genuflectitur) V/. Adiuva nos, Deus, Aidez-nous, ô Dieu notre Sauveur, et pour la
salutáris noster : et propter glóriam nóminis tui, gloire de votre nom, Seigneur, délivrez-nous et
Dómine, libera nos : et propítius esto peccátis pardonnez-nous nos péchés, à cause de votre nom.
nostris, propter nomen tuum.
+ Sequéntia sancti Evangélii secundum
Lecture du Saint Evangile selon saint Mathieu.
Matthǽum.
Matth. 6, 16-21.
5
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : lorsque
Cum ieiunátis, nolíte fíeri, sicut hypócritæ, vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre, comme
tristes. Extérminant enim fácies suas, ut les hypocrites, qui exténuent leur visage, pour
appáreant homínibus ieiunántes. Amen, dico faire paraître aux hommes qu’ils jeûnent ; en
vobis, quia recepérunt mercédem suam. Tu vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense.
autem, cum ieiúnas, unge caput tuum, et fáciem Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave
tuam lava, ne videáris homínibus ieiúnans, sed ton visage, afin qu’il ne paraisse pas aux hommes
Patri tuo, qui est in abscóndito : et Pater tuus, que tu jeûnes, mais à ton Père qui est présent dans
qui videt in abscóndito, reddet tibi. Nolíte le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le
thesaurizáre vobis thesáuros in terra : ubi ærúgo rendra. Ne vous amassez pas des trésors sur la
et tínea demólitur : et ubi fures effódiunt et terre, où les voleurs percent les murs et dérobent.
furántur. Thesaurizáte autem vobis thesáuros in Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni
cælo : ubi neque ærúgo neque tínea demólitur ; la teigne ni les vers ne consument, et où les
et ubi fures non effódiunt nec furántur. Ubi enim voleurs ne percent pas les murs ni ne dérobent. Car
est thesáurus tuus, ibi est et cor tuum. là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.
Ant. ad Offertorium. Ps. 29,2-3. Offertoire
Je vous exalterai, Seigneur, parce que vous m’avez
Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me, relevé et que vous n’avez pas réjoui mes ennemis
nec delectásti inimícos meos super me : à mon sujet. Seigneur, j’ai crié vers vous et vous
Dómine, clamávi ad te, et sanásti me. m’avez guéri.
Secreta. Secrète
Fac nos, quǽsumus, Dómine, his munéribus Nous vous en supplions, Seigneur, faites que nous
offeréndis conveniénter aptári : quibus ipsíus soyons préparés comme il convient à vous offrir
venerábilis sacraménti celebrámus exórdium. ces dons avec lesquels nous célébrons l’institution
Per Dóminum. de ce vénérable sacrement.
Præfatio de Quadragesima ; quæ dicitur usque Préface du Carême jusqu’au samedi avant le
ad Sábbatum ante Dominicam Passionis dimanche de la Passion inclus, selon les rubriques.
inclusive, iuxta Rubricas..
Ant. ad Communionem. Ps. 1, 2 et 3. Communion
Qui meditábitur in lege Dómini die ac nocte, Celui qui médite jour et nuit la loi du Seigneur
dabit fructum suum in témpore suo. donnera du fruit en son temps.
Postcommunio. Postcommunion
Percépta nobis, Dómine, prǽbeant sacraménta Que les sacrements que nous avons reçus nous
subsídium : ut tibi grata sint nostra ieiúnia, et donnent, Seigneur, le secours, afin que nos jeûnes
nobis profíciant ad medélam. Per Dóminum vous soient agréables, et servent à notre guérison.
nostrum.
¶ Deinde Sacerdos absolute dicit : Orémus. Et ¶ Ensuite le prêtre dit : Prions. Et le diacre (s’il
Diaconus (si in officio Diaconatus serviat) accomplit son office) tourné vers le peuple, les
versus ad populum, iunctis manibus, mains jointes, dit : Humiliez vos têtes devant
dicit : Humiliáte cápita vestra Deo.Alioquin ipse Dieu. Autrement, c’est le prêtre lui-même, debout
Sacerdos, stans in eodem loco ante librum, et au même endroit devant le livre et sans se tourner
non vertens se ad populum. vers le peuple qui le dit.
Oratio.
Inclinántes se, Dómine, maiestáti tuæ, Jetez un regard favorable, ô Seigneur, sur ceux qui
propitiátus inténde : ut, qui divíno múnere sunt s’inclinent devant votre majesté, afin que ceux qui
refécti, cæléstibus semper nutriántur auxíliis. ont été nourris de vos dons divins soient toujours
Per Dóminum. soutenus par les secours célestes.

Office
6
Lectioi 1ère leçon
Léctio sancti Evangélii secundum Matthǽum. Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu
Cap. 6, 16-21
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : En ce temps-là Jésus dit à ses disciples :
cum ieiunátis, nolíte fíeri sicut hypócritæ, Lorsque vous jeûnez, ne vous montrez pas
tristes. Et réliqua. tristes comme les hypocrites. Et le reste.
Homilía sancti Augustíni Episcopi Homélie de saint Augustin, Évêque.
Liber 2 de Sermóne Dómini in monte, cap. 12
tom. 4
Il est manifeste que ces préceptes tendent à
Maniféstum est, his præcéptis omnem nostram diriger toute notre intention vers les joies
intentiónem in interióra gáudia dírigi : ne foris intérieures de peur qu’en cherchant au dehors
notre récompense, nous ne prenions modèle sur
quæréntes mercédem, huic sǽculo le monde présent et ne perdions la promesse
conformémur, et amittámus promissiónem d’un bonheur d’autant plus solide et plus ferme
tanto solidióris atque firmióris, quanto qu’il est plus intérieur. Par cette promesse,
interióris beatitúdinis, qua nos elégit Deus « Dieu nous a prédestinés à être conformes à
confórmes fíeri imáginis Fílii sui. In hoc autem l’image de son Fils » (Rm 8, 29). Mais en ce
capítulo máxime adverténdum est, non in solo chapitre de l’évangile, il faut surtout remarquer
rerum corporeárum nitóre atque pompa, sed que ce n’est pas seulement dans l’éclat et le
étiam in ipsis sórdibus luctuósis esse posse luxe des choses corporelles mais jusque dans le
iactántiam ; et eo periculosiórem, quo sub négligé d’une tenue de deuil qu’il peut y avoir
nómine servitútis Dei décipit. jactance et avec d’autant plus de danger qu’elle
trompe sous l’étiquette du service de Dieu.
R/. Je suis venu aujourd’hui près de la source
R/. Veni hódie ad fontem aquæ, et orávi et j’ai prié le Seigneur en
Dóminum, dicens : * Dómine, Deus Abraham, d’eau, disant : * Seigneur, Dieu d’Abraham, vous avez
tu prósperum fecísti desidérium meum. accompli mon désir.
V/. Igitur puélla, cui dixero, Da mihi aquam de V/. La jeune fille donc à qui je dirai : Donne-
hýdria tua, ut bibam : et illa díxerit, Bibe, moi de l’eau de ta cruche, pour que je boive, et
dómine, et camélis tuis potum tríbuam : ipsa qui me dira : Buvez, seigneur, et je puiserai de
est, quam præparávit Dóminus fílio dómini l’eau pour vos chameaux ; c’est celle-là que le
mei. Seigneur a préparée au fils de mon maître.
R/. Dómine, Deus Abraham, tu prósperum R/. Seigneur, Dieu d’Abraham, vous avez
fecísti desidérium meum. accompli mon désir.
Lectio ii 2e leçon
Qui ergo immoderáto cultu córporis atque Celui-là donc qui éblouit par un culte
vestítu, vel ceterárum rerum nitóre præfúlget, immodéré du corps et du vêtement et par le
fácile convíncitur rebus ipsis, pompárum clinquant d’autres objets est du fait même
sǽculi esse sectátor, nec quemquam fallit facilement convaincu d’être un adepte des
dolósa imágine sanctitátis. Qui autem in pompes du siècle. Personne ne se laissera
professióne christianitátis, inusitáto squalóre ac prendre à ses simagrées de sainteté. Que dire de
sórdibus inténtos in se óculos hóminum facit, celui qui dans sa profession de christianisme
cum id voluntáte fáciat, non necessitáte attire sur lui les regards des hommes par une
patiátur : ex céteris eius opéribus potest cónici, malpropreté hors de mise et cela
utrum hoc contémptu supérflui cultus, an volontairement sans y être réduit par la
ambitióne aliqua fáciat : quia et sub ovína pelle nécessité ? L’ensemble de sa conduite prouvera
cavéndos lupos Dóminus præcépit : Sed ex s’il agit de la sorte par mépris d’un luxe
frúctibus, inquit, eórum cognoscétis eos. superflu ou par une certaine ostentation. Le
Seigneur en effet nous recommande de nous
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garder des loups qui viennent à nous déguisés
en brebis. « Vous les reconnaîtrez à leurs
fruits » [1], dit-il.
R/. La parole du Seigneur se fit entendre à
R/. Factus est sermo Dómini ad Abram,
dicens : * Noli timére, Abram : ego protéctor Abram, disant : * Ne crains pas, Abram, je suis
ton protecteur et ta récompense grande à
tuus sum, et merces tua magna nimis. l’infini.
V/. Ego enim sum Dóminus Deus tuus, qui V/. Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait
edúxi te de Ur Chaldæórum. sortir d’Ur des Chaldéens.
R/. Noli timére, Abram : ego protéctor tuus R/. Ne crains pas, Abram, je suis ton protecteur
sum, et merces tua magna nimis. et ta récompense grande à l’infini.
Lectio iii 3e leçon
Lorsque, par suite de quelques épreuves, ils
Cum enim cœperint aliquibus tentatiónibus ea commenceront à se voir dépouillés et privés des
ipsa scílicet illis súbtrahi, vel negári, quæ isto avantages que, sous couvert d’austérité, ils
velámine vel consecúti sunt, vel cónsequi avaient obtenus ou désiraient obtenir, alors
cúpiunt : tunc necésse est ut appáreat, utrum apparaîtra nécessairement s’il y avait un loup
lupus in ovína pelle sit, an ovis in sua. Non dans la peau de la brebis ou une brebis dans la
tamen proptérea ornátu supérfluo debet sienne ! Mais il ne faut pas pour cela qu’un
aspéctus hóminum mulcére Christiánus, quia chrétien cherche à flatter les regards des
illum parcum hábitum ac necessárium étiam hommes par les ornements superflus, sous
simulatóres sǽpius usúrpant, ut incáutos prétexte que les hypocrites aussi usurpent trop
decípiant : quia et illæ oves non debent pelles souvent cet extérieur austère et contraint afin de
suas depónere, si aliquándo eis lupi se tromper les naïfs, car les brebis ne doivent pas
cóntegant. se dépouiller de leur peau si parfois les loups
s’en revêtent.
R/. Movens Abram tabernáculum suum, venit R/. Levant sa tente, Abram vint et habita près
et habitávit iuxta convállem de la vallée de Mambré, * Et il bâtit là un autel
Mambre : * Ædificavítque ibi altáre Dómino. au Seigneur.
V/. Dixit autem Dóminus ad eum : Leva óculos V/. Or le Seigneur lui dit : Lève les yeux et
tuos, et vide : omnem terram, quam cónspicis vois ; tout le pays que tu aperçois, je te le
tibi dabo, et sémini tuo in sempitérnum. donnerai, à toi et à ta postérité pour toujours.
* Ædificavítque ibi altáre Dómino. Glória * Et il bâtit là un autel au Seigneur. Gloire au
Patri. * Ædificavítque ibi altáre Dómino. Père.* Et il bâtit là un autel au Seigneur.

COMMENTAIRE, DE LA LITURGIQUE

Hier le monde s’agitait dans ses plaisirs, les enfants de la promesse eux-mêmes se
livraient à des joies innocentes ; dès ce matin, la trompette sacrée dont parle le Prophète a
retenti [2]. Elle annonce l’ouverture solennelle du jeûne quadragésimal, le temps des
expiations, l’approche toujours plus imminente des grands anniversaires de notre salut.
Levons-nous donc, chrétiens, et préparons-nous à combattre les combats du Seigneur.

Mais, dans cette lutte de l’esprit contre la chair, il nous faut être armés, et voici que la
sainte Église nous convoque dans ses temples, pour nous dresser aux exercices de la
milice spirituelle. Déjà Saint Paul nous a fait connaître en détail toutes les parties de notre
défense : « Que la vérité, nous a-t-il dit, soit votre ceinture, la justice votre cuirasse, la
8
docilité à l’Évangile votre chaussure, la Foi votre bouclier, l’espérance du salut le casque
qui protégera votre tête [3] ». Le Prince des Apôtres vient lui-même, qui nous dit : « Le
Christ a souffert dans sa chair ; armez-vous de cette pensée [4] ». Ces enseignements
apostoliques, l’Église aujourd’hui nous les rappelle ; mais elle en ajoute un autre non
moins éloquent, en nous forçant à remonter jusqu’au jour de la prévarication, qui a rendu
nécessaires les combats auxquels nous allons nous livrer, les expiations par lesquelles il
nous faut passer.

Deux sortes d’ennemis sont déchaînés contre nous : les passions dans notre cœur, les
démons au dehors ; l’orgueil a fait tout ce désordre. L’homme a refusé d’obéir à Dieu ;
toutefois, Dieu l’a épargné, mais à la dure condition de subir la mort. Il a dit : « Homme, tu
n’es que poussière, et tu rentreras dans la poussière [5] ». Oh ! Pourquoi avons-nous oublié
cet avertissement ? À lui seul il eût suffi pour nous prémunir contre nous-mêmes ;
pénétrés de notre néant, nous n’eussions jamais osé enfreindre la loi de Dieu. Si
maintenant nous voulons persévérer dans le bien, où la grâce du Seigneur nous a rétablis,
humilions-nous ; acceptons la sentence, et ne considérons plus la vie que comme un
chemin plus ou moins court qui aboutit au tombeau. A ce point de vue, tout se renouvelle,
tout s’éclaire. L’immense bonté de Dieu qui a daigné attacher son amour à des êtres
dévoués à la mort, nous apparaît plus admirable encore ; notre insolence et notre
ingratitude envers celui que nous avons bravé, durant ces quelques instants de notre
existence, nous semble de plus en plus digne de regrets, et la réparation qu’il nous est
possible de faire, et que Dieu daigne accepter, plus légitime et plus salutaire.

Tel est le motif qui porta la sainte Église, lorsqu’elle jugea à propos, il y a plus de mille
ans, d’anticiper de quatre jours le jeûne quadragésimal, à ouvrir cette sainte carrière en
marquant avec la cendre le front coupable de ses enfants, et en redisant à chacun les
terribles paroles du Seigneur qui nous dévouent à la mort. Mais l’usage de la cendre,
comme symbole d’humiliation et de pénitence, est bien antérieur à cette institution, et
nous le trouvons déjà pratiqué dans l’ancienne alliance. Job lui-même, au sein de la
gentilité, couvrait de cendres sa chair frappée par la main de Dieu, et implorait ainsi
miséricorde, il y a quatre mille ans [6]. Plus tard, le Roi-Prophète, dans l’ardente contrition
de son cœur, mêlait la cendre au pain amer qu’il mangeait [7] ; les exemples analogues
abondent dans les Livres historiques et dans les Prophètes de l’Ancien Testament. C’est
que l’on sentait dès lors le rapport qui existe entre cette poussière d’un être matériel que la
flamme a visité, et l’homme pécheur dont le corps doit être réduit en poussière sous le feu
de la justice divine. Pour sauver du moins l’âme des traits brûlants de la vengeance
céleste, le pécheur courait à la cendre, et reconnaissant sa triste fraternité avec elle, il se
sentait plus à couvert de la colère de celui qui résiste aux superbes et veut bien pardonner
aux humbles.

Dans l’origine, l’usage liturgique de la cendre, au Mercredi de la Quinquagésime, ne


paraît pas avoir été appliqué à tous les fidèles, mais seulement à ceux qui avaient commis
quelqu’un de ces crimes pour lesquels l’Église infligeait la pénitence publique. Avant la
Messe de ce jour, les coupables se présentaient à l’église où tout le peuple était rassemblé.
Les prêtres recevaient l’aveu de leurs péchés, puis ils les couvraient de cilices et
répandaient la cendre sur leurs têtes.

Après cette cérémonie, le clergé et le peuple se prosternaient contre terre, et on récitait à


haute voix les sept psaumes pénitentiaux. La procession avait lieu ensuite, à laquelle les
pénitents marchaient nu-pieds. Au retour, ils étaient solennellement chassés de l’église
par l’Évêque, qui leur disait : « Voici que nous vous chassons de l’enceinte de l’Église, à
cause de vos péchés et de vos crimes, comme Adam, le premier homme, fut chassé du
9
Paradis, à cause de sa transgression ». Le clergé chantait ensuite plusieurs Répons tirés de
la Genèse, dans lesquels étaient rappelées les paroles du Seigneur condamnant l’homme
aux sueurs et au travail, sur cette terre désormais maudite. On fermait ensuite les portes de
l’église, et les pénitents n’en devaient plus franchir le seuil que pour venir recevoir
solennellement l’absolution, le Jeudi-Saint.

Après le XIe siècle, la pénitence publique commença à tomber en désuétude ; mais


l’usage d’imposer les cendres à tous les fidèles, en ce jour, devint de plus en plus général,
et il a pris place parmi les cérémonies essentielles de la Liturgie romaine. Autrefois, on
s’approchait nu-pieds pour recevoir cet avertissement solennel du néant de l’homme, et,
encore au XIIe siècle, le Pape lui-même, se rendant de l’Église de Sainte-Anastasie à celle
de Sainte-Sabine où est la Station, faisait tout ce trajet sans chaussure, ainsi que les
Cardinaux qui l’accompagnaient. L’Église s’est relâchée de cette rigueur extérieure ; mais
elle n’en compte pas moins sur les sentiments qu’un rite aussi imposant doit produire en
nous.

BÉNÉDICTION DES CENDRES

Sainte-Sabine ? C’est sous les auspices de cette sainte Martyre que s’ouvre la pénitence
quadragésimale.

La fonction sacrée commence par la bénédiction des cendres que l’Église va imposer sur
nos fronts. Ces cendres sont faites des rameaux qui ont été bénis l’année précédente, au
Dimanche qui précède la Pâque. La bénédiction qu’elles reçoivent dans ce nouvel état a
pour but de les rendre plus dignes du mystère de contrition et d’humilité qu’elles sont
appelées à signifier.

Le chœur chante d’abord l’Antienne, qui implore la divine miséricorde.

Le Prêtre, à l’autel, ayant près de lui les cendres mystérieuses, prononce les Oraisons par
lesquelles il demande à Dieu d’en faire pour nous un moyen de sanctification.

Après ces Oraisons, le Prêtre asperge les cendres avec l’eau bénite, puis il les parfume
avec l’encens. Ces rites étant accomplis, il reçoit lui-même de ces cendres sur la tête par la
main du prêtre le plus qualifié dans le clergé qui dessert l’église. Celui-ci les reçoit à son
tour du célébrant qui, après les avoir imposées aux ministres de l’autel et au reste du
clergé, les distribue au peuple.

Lorsque le Prêtre s’approchera pour vous marquer du sceau de la pénitence, acceptez avec
soumission l’arrêt de mort que Dieu lui-même prononcera sur vous : « Homme, souviens-
toi que tu es poussière, et que tu rentreras dans la poussière ».

Humiliez-vous, et rappelez-vous que c’est pour avoir voulu être comme des dieux,
préférant notre volonté à celle du souverain Maître, que nous avons été condamnés à
mourir. Songeons à cette longue suite de péchés que nous avons ajoutés à celui d’Adam,
et admirons la clémence de Dieu qui se contentera d’une seule mort pour tant de révoltes.

Pendant la distribution des cendres, le chœur chante deux Antiennes et un Répons.

La distribution des cendres étant terminée, le Prêtre conclut par l’Oraison suivante :
« Accordez-nous, Seigneur, d’entrer par de saints jeûnes dans les rangs de la milice

10
chrétienne, de sorte qu’ayant à lutter contre les esprits mauvais, nous soyons munis des
secours que procure l’abstinence. »

A LA MESSE

Rassurée par l’acte d’humilité qu’elle vient d’accomplir, l’âme chrétienne se laisse aller à
la confiance envers le Dieu de miséricorde. Elle ose lui rappeler son amour pour les
hommes qu’il a créés, et la longanimité avec laquelle il a daigné attendre leur retour à lui.
Ces sentiments sont le sujet de l’Introït, dont les paroles sont empruntées au livre de la
Sagesse.

Dans la Collecte, l’Église demande pour ses enfants que la salutaire pratique du jeûne soit
par eux accueillie avec empressement, et qu’ils y persévèrent pour le bien de leurs âmes.

ÉPITRE.
Ce magnifique passage du Prophète nous révèle l’importance que le Seigneur attache à
l’expiation par le jeûne. Quand l’homme contrit de ses péchés afflige sa chair, Dieu se
laisse fléchir. L’exemple de Ninive l’a prouvé ; et si le Seigneur pardonna à une ville
infidèle, par cela seul que ses habitants imploraient sa pitié sous les livrées de la
pénitence, que ne fera-t-il pas en faveur de son peuple, qui sait joindre à l’immolation du
corps le sacrifice du cœur ? Entrons donc avec courage dans la voie de la pénitence ; et si
l’affaiblissement des sentiments de la foi et de la crainte de Dieu semble faire tomber
autour de nous des pratiques qui sont aussi anciennes que le christianisme, et sur
lesquelles il est pour ainsi dire fondé, gardons-nous d’abonder dans Je sens d’un
relâchement qui a porté un terrible préjudice à l’ensemble des mœurs chrétiennes.
Songeons surtout à nos engagements personnels avec la justice divine qui ne nous
remettra nos fautes et les peines qu’elles méritent, qu’autant que nous nous montrerons
empressés à lui offrir la satisfaction à laquelle elle a droit. Nous venons de l’entendre :
notre corps que nous flatterions n’est que cendre et poussière, et notre âme, que nous
serions si souvent portés à lui sacrifier, a des droits à réclamer contre lui.

L’Église, dans le Graduel, continue d’épancher les sentiments de sa confiance envers le


Dieu de toute bonté ; elle se flatte que ses enfants seront fidèles aux moyens qu’elle leur
propose pour le désarmer.

Le Trait est cette belle prière de David, que l’Église répète trois fois par semaine, dans le
cours du Carême, et qu’elle emploie pour désarmer la colère de Dieu dans les temps de
calamités.

ÉVANGILE.
Notre Seigneur ne veut pas que nous recevions l’annonce du jeûne expiatoire comme une
nouvelle triste et affligeante. Le chrétien qui comprend combien il est dangereux pour lui
d’être en retard avec la justice de Dieu, voit arriver le temps du Carême avec joie et
consolation. Il sait à l’avance que s’il est fidèle aux prescriptions de l’Église, il allégera le
fardeau qui pèse sur lui. Ces satisfactions, si adoucies aujourd’hui par l’indulgence de
l’Église, étant offertes à Dieu avec celles du Rédempteur lui-même, et fécondées par cette
communauté qui réunit en un faisceau de propitiation les saintes œuvres de tous les
membres de l’Église militante, purifieront nos âmes et les rendront dignes de participer
aux joies si pures de la Pâque. Ne soyons donc pas tristes de ce que nous jeûnons ; soyons-
le seulement d’avoir, par le péché, rendu notre jeûne nécessaire. Le Sauveur nous donne
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un second conseil que l’Église nous répétera souvent dans tout le cours de la sainte
Quarantaine : celui de joindre l’aumône aux privations du corps. Il nous engage à
thésauriser, mais pour le ciel. Nous avons besoin d’intercesseurs : cherchons-les parmi les
pauvres.

Dans l’Offertoire, l’Église chante notre délivrance. Elle se réjouit de voir déjà guéries les
plaies de nos âmes ; car elle compte sur notre persévérance.

L’Église commence aujourd’hui l’usage de la Préface quadragésimale.

Les paroles que l’Église fait entendre dans l’Antienne de la Communion sont un conseil
important qu’elle nous donne. Durant cette longue carrière, nous aurons besoin de
soutenir notre courage ; méditons la loi du Seigneur et ses mystères. Si nous goûtons la
Parole de Dieu que l’Église nous proposera chaque jour, la lumière et l’amour iront
toujours croissant en nos cœurs, et lorsque le Sauveur sortira des ombres du sépulcre, ses
clartés se réfléchiront sur nous.

Tous les jours du Carême, excepté les Dimanches, avant de congédier l’assemblée des
fidèles , le Prêtre prononce sur eux une Oraison particulière, qui est toujours précédée de
cet avertissement solennel : Humiliate capita vestra Deo. Humiliez vos têtes devant Dieu.

Liber Sacramentorum

Depuis le temps de Saint Grégoire, ce jour inaugure la sainte quarantaine, et il est aussi
appelé in capite ieiunii ; au IVe siècle, il marquait le commencement de la pénitence
canonique que les pénitents publics devaient accomplir, afin d’être absous le jeudi saint.
Selon les rituels du VIIe siècle, le matin de ce jour, les pénitents se présentaient aux
prêtres députés à ce ministère dans les différents titres et dans les basiliques patriarcales ;
ils leur confessaient leurs fautes, et si celles-ci avaient été graves et publiques, ils
recevaient des mains du pénitencier un vêtement de cilice rugueux couvert de cendre,
avec l’ordre de se retirer dans l’un des monastères, — une centaine environ s’élevaient
alors dans la Ville éternelle, — afin d’accomplir la pénitence de cette quarantaine qui leur
était imposée. Voilà l’origine des quarantaines qu’on retrouve dans les anciennes
formules de concessions d’indulgences.

Pour le rite de la bénédiction des cendres, le missel actuel conserve encore une dernière
trace de la cérémonie de l’imposition de la pénitence canonique aux pénitents publics. A
l’origine, le concept de la sainteté transcendante de l’état sacerdotal était si élevé et si vif,
que les ministres sacrés n’étaient pas admis dans cette humiliante catégorie. Ce fut vers le
XIe siècle que, dans la cérémonie de ce jour, la discipline de la pénitence publique ayant
cessé, aux pénitents d’autrefois se substituèrent indistinctement le Pape, les membres du
clergé et le peuple romain, qui commencèrent dès lors à marcher pieds nus, et la tête
couverte de cendre, jusqu’à la basilique de Sainte-Sabine.

Au IXe siècle, l’imposition des cendres était encore un rite pénitentiel formant un tout à
lui seul, sans aucune relation avec la station eucharistique. Vers la septième heure, —
c’est-à-dire quand le Romain s’apprêtait à terminer sa journée civile de travail, pour aller
prendre son bain aux thermes et se disposer ensuite à la coena, qui constituait le principal
repas de tout le jour, — le peuple, ayant à sa tête le Pape et le clergé, se rassemblait
d’abord dans le titre d’Anastasie, dans l’étroite vallée comprise entre le Palatin et
l’Aventin, et, de là, au chant plaintif de la litanie, il se dirigeait processionnellement vers
12
la basilique de Sabine. Quand on y était arrivé, l’introït étant omis puisqu’il avait déjà été
exécuté dans le temple de la « collecte », on célébrait le sacrifice eucharistique ; après la
dernière prière de bénédiction, à l’invitation du diacre : ite, missa est, les fidèles rentraient
chez eux et rompaient le jeûne.

Au XIIe siècle, ce rite apparaît beaucoup plus développé dans l’Ordo Romanus du
chanoine Benoît. Le Pontife imposait d’abord les cendres dans le titre d’Anastasie, puis,
en habits de pénitence et nu-pieds, le cortège gravissait les pentes douces de l’Aventin,
jusqu’à la basilique de Sabine, où se célébrait la messe. Avant la communion, un sous-
diacre régionnaire avertissait le peuple : « Crastina die veniente, statio erit in ecclesia
Sancti Georgii Martyris ad velum aureum » [8], et tous répondaient : Deo gratias.
Si le Pape était retenu par des occupations urgentes dans l’episcopium du Latran, un
acolyte, après la messe, trempait un peu de coton dans l’huile parfumée des lampes qui
brûlaient devant l’autel de l’église stationnale, et, se rendant au patriarchium, il se faisait
introduire en présence du Pontife : Iube, domne, benedicere, lui disait respectueusement
le clerc. Ayant obtenu la bénédiction, il présentait le coton en ajoutant : « hodie fuit statio
ad Sanctam Sabinam, quae salutat te » [9]. Le Pape baisait alors avec révérence ce flocon
de coton, et le remettait au cubiculaire, pour que, après sa mort, on le mît dans son coussin
funèbre. Ainsi avait-on coutume de faire toutes les fois que le Pontife n’intervenait pas à
la station.

Collecte ou assemblée à Sainte-Anastasie.

Telle est précisément la signification de cette collecta, qui, dans les anciens Ordines
Romani, est indiquée régulièrement pour chaque jour du Carême.

Le psaume d’introït est le 68e, avec l’antienne : « Écoutez-nous, Seigneur, car votre
miséricorde est bienveillante ; regardez-nous selon la grandeur de votre bonté. »

Les prières viennent ensuite. Ces prières ne se trouvent pas dans les anciens
sacramentaires romains, aussi convient-il de penser qu’elles ont pénétré plus tard dans le
missel romain au moyen des liturgies franques.

Selon une tradition médiévale, les cendres proviennent des rameaux d’olivier bénits
l’année précédente. Le prêtre, après avoir récité sur elles ces prières, les asperge d’eau
bénite et les encense ; puis il les impose sur la tête des fidèles en disant : « Souviens-toi, ô
mortel, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » Durant l’imposition des
cendres, la « schola » des chantres exécute les antiennes et les répons, tirés de l’office
nocturne du Carême.

Quand l’imposition des cendres est accomplie, le prêtre récite la prière de conclusion.

Dans les Ordines Romani du bas moyen âge, il est prescrit que, après l’imposition
générale des cendres sur la tête du clergé et des fidèles, l’on monte en procession et nu-
pieds la colline de l’Aventin jusqu’à la basilique de Sainte-Sabine, sous le portique de
laquelle était alors un petit cimetière. Ces tombes, en un tel lieu, éveillaient tout de suite la
pensée de la mort, et c’est pourquoi la schola chantait le répons funèbre : Immutemur
habitu... ne subito preoccupati die mortis... conservé encore aujourd’hui dans le missel. Le
cortège faisait alors un arrêt de brève durée, pour permettre au Pape de réciter une collecte
d’absolution sur ces sépulcres ; puis il faisait son entrée dans la vaste basilique de
l’Aventin, au chant du répons : Petre, amas me ? avec le verset : Simon Ioannis..., en
13
l’honneur du Prince des Apôtres. Cette mémoire de saint Pierre, à ce moment de la
cérémonie, est étrange ; à moins que ce ne soit un usage papal provenant de la basilique
Vaticane et répété chaque fois que, traversant le portique où étaient les sépulcres, on y
entrait processionnellement ; peut-être a-t-il été suggéré par le fait que, au XIIIe siècle, la
résidence pontificale était à Sainte-Sabine, et, pour cette raison, cette basilique était
considérée comme le siège habituel du successeur de saint Pierre.

au titre de Sabine.

Il fut fondé ou reconstruit sous Célestin Ier par un certain Pierre, prêtre illyrien, mais une
femme appelée Sabine dut y contribuer elle aussi, en sorte que la basilique reçut son nom,
avant même que l’on y transportât, de l’area Vindiciani, les restes de la martyre
homonyme, Sabine.

Grégoire le Grand y intima sa fameuse litanie Septiformis de pénitence, et, au moyen âge,
l’habitation qui y est annexée servit plusieurs fois de demeure au Pontife. Le pape Silvère
y habitait quand il fut exilé de Rome par Bélisaire ; Honorius III (Savelli) la munit de
murailles et de tours qui subsistent en partie aujourd’hui encore ; et à la mort d’Honorius
IV, les cardinaux s’y réunirent pour le conclave qui dura une année environ.

Après ce temps, le prestige de la résidence pontificale sur l’Aventin décrut peu à peu, et
l’ancien palais fortifié devint finalement l’asile paisible des Frères Prêcheurs, qui,
maintenant encore, montrent avec vénération aux visiteurs les cellules jadis sanctifiées
par la résidence de saint Dominique et de saint Pie V.

Sous l’autel majeur, avec les ossements de sainte Sabine et de sainte Sérapie, l’on
conserve les corps des martyrs de Ficulea sur la voie Nomentane : Alexandre, Eventius et
Théodule.

L’introït de la messe est tiré du chapitre XI de la Sagesse (vers. 24-27), où il est attesté
qu’aucun pécheur, quelque impie qu’il soit, n’est jamais exclu de la miséricorde divine,
qui regarde non le péché, œuvre de l’homme, mais la créature, œuvre et chef-d’œuvre de
Dieu : « Vous, Seigneur, vous avez pitié de tous, et vous n’avez de haine contre rien de ce
que vous avez créé ; en raison de la pénitence, vous dissimulez la vue des péchés des
hommes, et vous les épargnez, parce que vous, Seigneur, vous êtes notre Dieu. »

La prière veut consacrer les prémices du jeûne de ce jour : « Faites que vos fidèles
entreprennent ce cours solennel de pénitence avec la piété convenable, et que, pleins de
confiance, ils le mènent à bonne fin. »

On y ajoute [10] deux autres collectes assez anciennes, et d’une profonde signification


théologique, spécialement la seconde, qui touche au mystère si obscur de la
prédestination. La première implore l’intercession des saints : « Défendez-nous, Seigneur,
de tout péril de l’âme et du corps ; et, par les prières de la bienheureuse et glorieuse Marie,
mère de Dieu, vierge sans tache, du bienheureux Joseph, des bienheureux apôtres Pierre et
Paul, du bienheureux N. et de tous les saints, accordez-nous dans votre bonté le salut et la
paix ; afin que, toute hostilité ou erreur étant écartée, l’Église puisse vaquer à votre
service, dans la paix et dans la liberté. »

La seconde collecte, qui est pour les besoins particuliers des chrétiens, se trouve souvent
sous le nom de saint Augustin dans les manuscrits : « O Dieu éternel et tout-puissant, qui
avez l’empire sur les vivants et sur les morts, et qui faites miséricorde à tous ceux que
14
vous connaissez déjà comme devant être vos élus à cause des mérites de leur foi et de
leurs œuvres ; nous vous supplions par une humble prière, afin qu’à ceux pour qui nous
avons l’intention d’intervenir par nos supplications, soit que la vie présente les retienne
encore dans leurs corps, soit que, ayant déposé cette enveloppe mortelle, l’éternité les ait
déjà accueillis, vous accordiez le pardon des péchés, par l’intercession de vos saints et
dans la suavité de votre miséricorde. Par Jésus-Christ, etc. »

Le fruit de ce premier jour de jeûne est l’esprit d’intime contrition et de sincère retour à
Dieu, les signes de pénitence extérieure étant inutiles, quand le cœur ne s’éloigne pas du
péché. C’est précisément ce que nous enseigne Joël dans la lecture (II, 12-19). En signe de
deuil et de douleur, les Hébreux avaient coutume de déchirer leurs vêtements, de
s’arracher les cheveux, de se couvrir la tête de poussière, mais c’est bien autre chose que
cherche le Seigneur, quand il envoie ses fléaux sur les peuples. Il entend alors les inviter à
réformer leur vie, en leur arrachant violemment ces biens naturels, dont ils abusaient pour
s’endurcir toujours davantage dans l’impiété.

Le répons-graduel est tiré du psaume 56 : « Ayez pitié de moi, Seigneur, ayez pitié de moi,
car mon âme met en vous toute son espérance. Dieu envoya son secours du ciel et me
délivra, remplissant de confusion mes persécuteurs. »

En règle générale, les messes quotidiennes n’avaient pas de trait ; celui qui est aujourd’hui
assigné par le missel, et qui sera répété en Carême trois fois par semaine, est de structure
plus récente et irrégulière, puisqu’il consiste en fragments d’hémistiches de différents
psaumes. Il semble avoir été introduit dans la liturgie par le pape Hadrien Ier, qui ordonna
de le réciter à la demande de Charlemagne [11]. Ps. 102 : « Seigneur, ne nous rémunérez
pas selon les péchés que nous avons commis, et selon nos iniquités. » Ps. 78 : « Seigneur,
ne vous souvenez pas des iniquités que nous avons commises, mais que votre miséricorde
se hâte de nous aider, car nous sommes réduits à une grande misère. » Ici tous se
prosternent : « O Dieu, notre salut, venez à notre secours, et, pour la gloire de votre Nom,
délivrez-nous ; pour l’honneur de votre Nom, soyez indulgent pour nos fautes. »

La lecture évangélique vient ensuite (MATTH., VI, 16-21) ; le Sauveur y donne lui-même
les règles pour jeûner avec fruit. L’humble sincérité du cœur, la sainte joie de l’esprit, la
fuite de la vaine ostentation, voilà les conditions de la pénitence chrétienne. Jésus
recommande en outre de recueillir des richesses, non pas celles qui peuvent nous être
ravies par les voleurs, mais celles de la vie éternelle. En effet, se fatiguer jour et nuit, vivre
péniblement pour amasser de l’argent, être toujours à craindre que les malfaiteurs nous le
dérobent, être tourmentés par le chagrin d’avoir un jour à abandonner nos biens sur le
seuil de l’éternité, tout cela n’est-il pas un travail ingrat, vanitas et afflictio spiritus comme
dit l’Ecclésiaste ?

L’offertoire est tiré du psaume 29 : « Je vous célèbre, ô Dieu, qui m’avez délivré du péril,
et qui n’avez pas voulu que mes ennemis fussent transportés de joie par ma ruine ; je vous
ai invoqué, et vous m’avez sauvé. »

Dans la prière sur les oblations, nous supplions le Seigneur de nous accorder les
dispositions convenables, afin que nous lui offrions ce sacrifice solennel qui inaugure les
prémices du saint temps pascal. Dans l’ancienne terminologie liturgique, en effet, Pâques
commençait précisément le jeudi saint par la Coena Domini ; de là vient que le sacrifice
de ce premier jour du Carême est considéré, en une phrase fort élégante, comme le rite
inaugural ou le prélude du cycle pascal : ipsius venerabilis sacramenti celebramus
exordium.
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A la Secrète, on ajoute les collectes suivantes [12] :

Pour demander l’intercession des saints : 


« Écoutez notre prière, ô Dieu notre Sauveur, et, par l’efficacité de ce sacrifice, protégez-
nous de tout péril de l’âme et du corps, et donnez-nous la grâce dans la vie présente et la
gloire dans la vie future. » 

Pour les vivants et les défunts : 


« O Dieu à qui seul est connu le nombre de ceux qui devront être admis à la félicité
éternelle ; faites, par l’intercession de vos saints, que les noms de ceux que nous avons
résolu de vous recommander, comme aussi les noms de tous vos fidèles, soient écrits sans
en être jamais effacés, dans le bienheureux livre des prédestinés. »

Cette dernière prière, qui pénétra dans le missel romain au moyen des liturgies franques,
conserve un souvenir précieux de l’oratio post nomina, c’est-à-dire de la prière
sacerdotale qui terminait, dans les Gaules et en certaines régions d’Italie, la lecture des
diptyques avant que ne commençât le canon. On sait, en effet, qu’autrefois, les noms des
offrants, des évêques, des personnages insignes avec lesquels chaque Église entretenait
une pieuse union de prières, étaient inscrits sur les diptyques, que le diacre récitait à haute
voix après l’offertoire, en sorte que le canon eucharistique n’en souffrait aucune
interruption.

L’usage romain actuel, quoiqu’il représente une innovation, date toutefois de l’époque
d’Innocent Ier, qui, écrivant à ce sujet à l’évêque Decentius de Gubbio, en soutient la
légitimité dans un sens rigoureusement exclusiviste. Pourtant, quoique le Pontife proteste
contre l’innovation liturgique supposée de l’Église de Gubbio, il est permis de soupçonner
que ce fut Rome au contraire qui a changé ses diptyques de place.

Le verset pour le psaume de la Communion appartient au gracieux chant qui sert comme
de préface à tout le psautier : « Celui qui, jour et nuit, médite la loi du Seigneur, portera du
fruit en son temps. » (Ps. I, 3.)

Le psalmiste dit « en son temps » car, durant le Carême, l’on sème les jeûnes et les
pénitences, mais le temps de récolter les fruits de la voie purgative est la sainte fête de
Pâques, qui précisément nous initie aux mystères de la voie unitive.

La série des antiennes ad Communionem durant les messes fériales du Carême, est tirée
du psautier dans l’ordre même des Psaumes, et constitue un cycle spécial. Les exceptions
sont très rares, et représentent des additions postérieures. Dom Cagin, après avoir étudié
soigneusement la question, a conclu que les deux messes des IVe et VIe féries de
quinquagésime, avec les antiennes ad Communionem, tirées respectivement des psaumes
I et 2, appartiennent vraiment au cycle grégorien primitif des messes quadragésimales.

Dans la préface, nous implorons aujourd’hui du Seigneur que le divin Sacrement nous
protège, que nos jeûnes soient acceptés par Dieu, et servent aussi à nous guérir de nos
vices.

On ajoute deux autres post-communion [13] ; la première, pour demander l’intercession


des saints : 
« Que l’offrande du divin Sacrifice nous protège et nous purifie, et que, par les mérites de
la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, du bienheureux Joseph, des bienheureux

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apôtres Pierre et Paul, du bienheureux N. et de tous les saints, elle nous purifie de toute
tache et nous défende contre toute adversité. » 

Pour les vivants et les défunts : 


« Nous vous supplions, ô Dieu tout-puissant et miséricordieux, de nous purifier de nos
fautes par le Sacrement que nous venons de recevoir. Faites que, par les prières de vos
saints, la participation à vos Mystères ne nous soit pas imputée comme une faute, mais
nous obtienne le pardon ; qu’elle nous purifie de toute souillure, qu’elle donne la vigueur
à ceux qui sont faibles, qu’elle soit notre défense contre tous les périls de la vie présente,
qu’elle remette les fautes des fidèles vivants et défunts. Par notre Seigneur. »

Il y avait un rite très ancien, appartenant à toutes les liturgies, même orientales, c’était
celui de réciter, avant de renvoyer l’assemblée, des formules spéciales de bénédiction sur
les catéchumènes, sur les pénitents, sur les fidèles, sur les vierges, etc., à la fin de toute
synaxe. Souvent, à Jérusalem par exemple, à ces invocations était jointe l’imposition des
mains par l’évêque ; si bien que, au dire de saint Augustin, les trois termes de bénédiction,
oratio super hominem et imposition des mains du prêtre, devinrent synonymes. Dans les
sacramentaires romains, cette collecte finale a pour titre : Ad complendum, et l’invitation
précédente du diacre : Humiliate capita vestra Deo rappelle encore sa première
signification euchologique.

Dans la liturgie romaine, ces formules de congé ad complendum se sont conservées


seulement aux féries du Carême, à cause de leur caractère solennel et épiscopal. Lors des
synaxes privées, et toutes les fois qu’il n’y avait pas station, une unique formule pouvait
suffire : le prêtre la savait par cœur et la récitait chaque jour ; les copistes s’en tinrent là
volontiers. C’est précisément la même raison qui fait que nous avons perdu, aux matines
et à l’offertoire, les différentes missae ou prières, par lesquelles on congédiait autrefois les
pénitents, les catéchumènes, les possédés, etc.

Nous avons déjà dit ailleurs combien le peuple tenait à ces bénédictions ; à ce point que, le
pape Vigile ayant été arraché de l’autel de Sainte-Cécile tandis qu’il célébrait le dies
natalis de la martyre dans sa basilique transtévérine, le peuple se souleva, exigeant que la
barque qui devait conduire le prisonnier à Ostie pour le mener ensuite en exil à
Constantinople, ne partît pas avant que Vigile ait récité la collecte ad complendum,
laissant ainsi sa bénédiction aux Romains.

Le rite de la bénédiction qu’on donne maintenant au peuple après la formule de renvoi,


représente une stratification postérieure. Elle dérive de ce fait que, quand le Pape
retournait de l’autel au secretarium, les évêques, le clergé, les moines, etc. se prosternaient
devant lui à son passage, lui demandant tous la bénédiction ; et lui, traçant le signe de la
croix, leur répondait : Dominus nos benedicat.

La formule euchologique ad complendum d’aujourd’hui est très significative :


« Regardez avec bienveillance, Seigneur, le peuple qui est prosterné devant votre
majesté ; et, après avoir daigné le ranimer par le divin Sacrement, fortifiez-le sans cesse
par la protection céleste. »

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Le Guide dans la liturgique

RASSEMBLEMENT
SAINTE-SABINE

Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière.

Le jour des Cendres. La cérémonie liturgique se déroule en deux églises ; dans l’église de
rassemblement, on bénit et on impose les cendres ; dans l’église de station, on célèbre la
messe.

1. La bénédiction des Cendres. — La cérémonie à laquelle nous participons aujourd’hui


n’est qu’un reste de l’action solennelle que l’évêque accomplissait autrefois avec les
pénitents publics. Quiconque avait commis des fautes graves et publiques, devait, au
début du Carême, accepter la pénitence publique ; ce fut l’usage ecclésiastique, du IVe au
XIIe siècle. La pénitence publique consistait surtout dans l’exclusion de la participation à
l’Eucharistie ; en outre, on accomplissait des œuvres de satisfaction ; prières,
mortifications, aumônes. Avant de les exclure de la communauté ecclésiastique, on
revêtait solennellement les pénitents de l’habit de pénitence et on leur couvrait la tête de
cendre ; puis, l’évêque les conduisait hors de l’église, devant la porte. Cette « expulsion
des pénitents « était une cérémonie saisissante qui constituait, pour les fidèles eux-mêmes,
une prédication sérieuse. Plus tard, l’Église adoucit sa discipline pénitentielle ; désormais,
la pénitence s’accomplit en secret. Cependant, depuis le Moyen Age, tous les fidèles
acceptaient volontairement l’habit de pénitent et se faisaient imposer les cendres. Des rois
et des empereurs, par exemple Charlemagne, allaient pieds nus, avec les autres fidèles,
chercher les cendres bénites et entraient ainsi solennellement dans le temps de Carême.

A Rome, la bénédiction des cendres se faisait dans la basilique de Sainte-Anastasie. C’est


dans cette église, située au centre, que l’on conservait les anciennes croix de station qui
servaient aux processions. A l’entrée du clergé, on chantait un Introït qui indique l’esprit
de la bénédiction des pénitents : sans doute, nous devons faire jaillir de notre âme les
pensées et les sentiments les plus profonds de pénitence ; cependant, ces vagues de
pénitence s’apaisent dans ces paroles de l’antienne : « car bienveillant est ton cœur
éternel... » Viennent ensuite les quatre oraisons de bénédiction. Elles ont deux
particularités : elles sont de plus en plus courtes et, dans chacune, s’atténue la sévérité de
la pénitence. La première oraison est d’une belle construction ; elle se compose de trois
parties et la partie médiane est divisée en quatre membres. Elle dit brièvement : que la
cendre bénite soit, pour la communauté pénitente, un moyen de salut efficace, un
sacramental pour le corps et l’âme. La seconde oraison s’étend sur le symbolisme de la
cendre (la cendre symbolise notre nature pécheresse et périssable). La troisième oraison
montre plus d’assurance ; elle implore d’abondantes bénédictions par le moyen de la croix
de cendre. La quatrième oraison nous donne comme modèles les Ninivites pénitents.

Le prêtre distribue ensuite les cendres aux fidèles et, par là même, les bénit pour le temps
de Carême qui commence. La cendre provient des rameaux bénits du dimanche des
Rameaux de l’année précédente. « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu
retourneras en poussière. » Rappelons-nous que ces paroles furent prononcées pour la
première fois au paradis terrestre et adressées à nos premiers parents — ce fut le premier
et triste mercredi des cendres de l’humanité. Pendant la distribution des cendres, le chœur
chante des chants pénétrés des graves sentiments de pénitence. Le prêtre chante, ensuite,
une magnifique oraison (l’antique collecte) ; on sait que cette oraison était récitée dans
l’église de rassemblement (collecta) ; d’où son nom. L’Église rassemble ses enfants en
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compagnies de combat ; chaque paroisse est une escouade ; tous s’en vont, en ordre,
occuper leur poste (statio) et « combattre contre les Esprits du mal » ; les armes défensives
sont « les exercices de l’abstinence ».

2. La messe (Misereris). — Notre escouade se rend à Sainte-Sabine. C’est sous sa


protection que nous commençons le combat du Carême. Sainte Sabine fut une martyre (v.
29 août). Convertie par sa servante, elle confessa courageusement sa foi et versa son sang
pour elle. Elle est aujourd’hui notre modèle et notre alliée dans le combat. La messe est
tout à fait conforme à nos sentiments. L’impression générale est exprimée dans l’Introït :
la confiance dans la miséricorde de Dieu (la pénitence chrétienne est toujours pénétrée de
confiance). L’oraison demande que les fidèles célèbrent convenablement « les vénérables
solennités du jeûne » et les continuent avec persévérance. Nous demandons donc deux
choses : un bon commencement et la persévérance. La leçon est saisissante ; c’est une
scène de pénitence tirée de l’Ancien Testament. On insiste sur deux points : la pénitence
intérieure et la pénitence commune : « Convertissez-vous à moi de tout votre cœur. »
Tous les états doivent prendre part à la pénitence : les enfants, les jeunes gens, les gens
mariés, les prêtres ; ce ne doit pas être une pénitence individuelle, mais une pénitence
commune. Pour finir, nous jetons un regard sur Pâques.

Pour la première fois, nous chantons le Trait de Carême, qui nous accompagnera pendant
tout ce saint temps. L’Évangile est un extrait de la prédication de pénitence du Christ. Le
Christ parle du jeûne secret et découvre, par-là, la plus grande plaie de l’âme, la recherche
de soi-même qui trouve le moyen de s’introduire même dans le jeûne et la pénitence. Si
l’on compare les deux lectures, on pourrait presque y découvrir un contraste : ici, le jeûne
de la communauté ; là, le jeune en dehors de la communauté. Telle n’est pas cependant
l’intention de l’Église ; ce qu’elle veut, c’est montrer et faire éviter les dangers qui
résultent de la communauté. L’Évangile élève nos esprits des trésors terrestres aux trésors
célestes. Le Carême est précisément le temps qui convient pour amasser ces trésors, par la
prière, le jeûne, l’aumône, la pénitence.

La seule pièce de cette messe que nous avons quelque peine à accorder avec nos
sentiments est l’antienne de l’Offertoire. C’est un chant pascal, un chant de victoire (Ps.
29). C’était sans doute l’action de grâces des fidèles : alors que les pénitents devaient
quitter la maison de Dieu, les fidèles, qui étaient restés exempts de la souillure du péché,
pouvaient rester et assister maintenant au Saint-Sacrifice. A la Communion, nous
commençons le premier psaume ; nous continuerons la série des psaumes pendant tout le
Carême. L’antienne recommande « la méditation de la Loi, jour et nuit » ; elle nous
annonce aussi le fruit « en temps opportun » c’est-à-dire à Pâques. L’oraison sur le peuple
(oratio super populum), que nous réciterons désormais tous les jours, est un héritage
liturgique vénérable.

3. Le jeûne qui plait à Dieu. — Telle est à peu près la pensée unique de ce jour : 
 a) motifs du jeûne (Leçon), 
 b) l’âme du jeûne (Évangile), 
 c) valeur du jeûne (Préface).

Le motif le plus profond du jeûne est le péché, c’est pourquoi, aussi, il n’a de valeur que
s’il est uni à l’aversion du péché. Le sens de tout le temps de Carême et de la cérémonie de
pénitence d’aujourd’hui est la réforme de la vie. Le jeûne ne vaut pas par lui-même, ce
n’est qu’un moyen d’arriver à la piété. L’âme du jeûne est l’humilité ; il est sans valeur et
même coupable s’il est au service de l’amour-propre (Évangile). En termes d’une beauté
inimitable, la préface expose l’importance du jeûne : « Par le jeûne corporel, tu réprimes
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les péchés, tu élèves l’esprit, tu confères la vertu et la récompense. » Le jeûne nous délivre
des forces inférieures de l’âme et du corps et, par suite, il renforce l’homme spirituel et
affermit surtout la volonté. Or la volonté est, pour l’œuvre de notre salut, le facteur
humain décisif.

4. Psaume I — Les deux voies. — Le pape Saint Grégoire 1er réorganisa les chants de
communion pour les féries de Carême. Il choisit pour cela les 26 premiers psaumes qu’il
fit succéder dans l’ordre. On les chantait alors en entier. C’est une indication qui nous
montre que, pendant le Carême, nous devons consacrer une attention particulière à ces
psaumes. Nos lecteurs pourraient prendre aussi cette résolution de Carême : apprendre à
mieux comprendre et à mieux réciter les psaumes.

Le premier psaume est l’introduction du psautier. Saint Jérôme l’appelle praefatio Spiritus
Sancti, la préface du Saint-Esprit. Ce psaume, en effet, exprime les pensées principales qui
parcourent la plupart des psaumes : heureux ceux qui craignent Dieu, malheur aux impies.
Nous y trouvons aussi une pensée qu’aimait beaucoup l’Église primitive : la doctrine des
deux voies, la voie de la vie et la voie de la mort. Notre psaume est facile à comprendre,
édifiant et instructif ; il coule comme un frais ruisseau des bois.

Heureux l’homme 
qui ne marche pas dans le conseil des impies, 
qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs, 
qui ne s’assied pas dans la compagnie des moqueurs, 
mais qui, plutôt, a son plaisir dans la loi du Seigneur 
et qui la médite jour et nuit. 
Il est comme un arbre planté près d’un cours d’eau, 
qui porte ses fruits en temps opportun. 
Son feuillage ne se flétrit pas et tout ce qu’il fait lui réussit. 
Il n’en est pas ainsi des impies, il n’en est pas ainsi, 
ils sont comme une paille que la tempête chasse de la terre. 
C’est pourquoi les impies ne subsisteront pas au jugement, 
ni les pécheurs dans l’assemblée des justes. 
Car le Seigneur connaît la voie des justes, 
mais le sentier des impies mène à la ruine.

Plan du psaume. 
I. L’homme craignant Dieu v. 1-3. 
1. Aspect négatif : triple gradation du péché, v. 1. 
marcher — péché 
se tenir — habitude 
s’asseoir — vice. 
2. Aspect positif : la fidélité à la Loi v. 2. 
3. Image : l’arbre fécond, v. 3. 
II. L’impie. 
1. Image : la paille sur l’aire (ou le feuillage desséché), v. 4. 
2. le jugement, v. 5. 
3. Sentence finale, v. 6.

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