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Master de recherche : Commerce International et Logistique

Projet fin de matière

Régime de change et développement


économique
À quelle dimension le choix d’un régime de change favorise la
croissance économique ?

Réalisé par  Encadré par 

BERDIK Ayoub Mr : ESSAHLI Abdelghani

Année universitaire 2019-2020


Remerciement

Je remercie tout d’abord, ALLAH le tous puissant qui nous a

donné la force, la patience, et la foie d’accomplir ce projet

de fin de matière.

Ainsi mes profonds remerciements vont à

Monsieur ESSAHLI Abdelghani,

mon encadrant dans ce projet de fin de matière, pour ses

conseils sa patience et son soutien qu’il m’apporté tout au

long de la réalisation de ce travail, ainsi pour sa générosité

en matière de formation et d’encadrement.

Merci infiniment

2
Table des matières
Remerciement.............................................................................................................................. 2
Introduction générale................................................................................................................. 4
Chapitre 1 : régime de change, définition et classification................................................6
Introduction :............................................................................................................................ 6
Section 1 : Définition et catégories des régimes de changes.......................................7
1) Définition..................................................................................................................... 7
2) Catégories des régimes de change......................................................................9
3) Avantages et Inconvénients des régimes de change....................................10
Section 2 : le taux de change............................................................................................. 13
1) Taux de change effectif nominal........................................................................13
2) Taux de change effectif réel.................................................................................14
3) Méthodologie de calcul du taux de change effectif réel et nominal.........15
Chapitre 2 : politique de change au Maroc et contexte international.........................17
Introduction :.......................................................................................................................... 17
Section 1 : Le système Monétaire International............................................................17

3
Introduction générale

La politique de change est un élément crucial de la politique économique, vu


son importance sur les échanges commerciaux d’un pays d’une part, et sur la
stabilité, la croissance, et la compétitivité de l’économie d’un pays d‘autre part.
Cette politique de change se traduit d’abord par le choix d’un régime de change,
ce dernier a été depuis longtemps le sujet de débat de la politique économique,
d’où chaque régime de change présente en effet des vertus et des limites.

Au cours des années précédentes, un bon nombre d´économies émergentes ont


été forcées de passer à un régime de change plus flexible, notamment au cours
des années 90, d’où certains pays réalisaient une union monétaire (l’Union
Européenne), qui a contribué à une grande modification du système monétaire
international. D’autres pays émergents, revenaient à un système de change
beaucoup plus rigide (cas de l’Argentine), ou inversement abandonnaient l’ancrage
qu’ils avaient établi généralement sur le dollar, pour revenir au flottement, suite à
des crises financières (Mexique, Brésil, pays asiatiques, etc.).

En outre ces choix de système de changes sont très importants pour conduire les
choix de la politique économique d’un pays, notamment en termes de marge de
manœuvre des autorités monétaires, et d’ajustement macroéconomique. Ainsi que
l’objectif ultime de la politique économique, par l’intermédiaire d’un
régime de change optimal, est de parvenir à la croissance économique le plus
rapidement et le plus durable possible.

Le Maroc, depuis l’instauration de l’euro, a beaucoup bénéficié d’un avantage


substantiel dû à l’amélioration de la valeur de l’euro face au dollar, dans la mesure
où le fardeau de la dette extérieure s’est nettement atténué, car la dette est libellée
et payable en dollar. De même, les importations du pétrole exprimées en dollar
donnent un léger avantage au profit du Maroc, vu que la valeur de l’euro s’est
amplement appréciée face au dollar, vu aussi que les recettes des exportations
marocaines, les transferts des MRE, les recettes touristiques sont très
majoritairement en provenance de la zone euro.

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Ainsi depuis que le Maroc a adhéré à l’article (VIII : section 4) (1) du FMI en 1993, qui
autorisé la libre convertibilité du dirham pour les opérations courantes, les
mouvements de flux en devises lies aux opérations de commerce extérieur
(importation, exportation, etc.) ont connu une expansion remarquable.
L’assainissement des finances publiques ainsi que l’effort de diversification et de
stabilisation des échanges extérieurs et des capitaux opérer par le royaume ces
dernières années lui permettent d’entamer cette période sereinement. La transition
vers un système de change flottant pose quelques inquiétudes dans un contexte
d’incertitude mondiale, mais le Maroc saura-t-il tenir la révolution de sa croissance
économique par le biais de cet instrument de la politique économique ?

Nous trouvons d’abord que le choix de ce sujet par notre cher professeur est
justifié par :

 Le fait que l’activité de change constitue l’une des activités de marché les plus
risquées, notamment en raison de l’existence de positions de change non
couvertes.
 Ainsi que de l’instabilité accrue des cours de devises.
 La complexité de ce domaine et l’insuffisance des études réalisées sur la relation
entre, la croissance économique, les exportations et le taux de change.

Dans le présent travail, nous vérifions la relation entre le taux de change, et


l’économie marocaine, en particulier l’effet qu’a eu la fluctuation du taux de change
sur la croissance économique marocaine.

Ainsi, notre projet sera axe sur les points suivants :

Présentation dans un premier chapitre les définitions et les régimes du taux de


change. Le second chapitre sera consacré à l’étude de la politique de change au
Maroc dans un contexte international. Et dans un troisième chapitre on va aborder
avec un cas pratique, l’impact d’un régime de change sur le développement
économique au Maroc.

5
(1) https://www.elibrary.imf.org/view/IMF013/00417-9781557753731/00417 9781557753731/ch08.xml?
language=en&redirect=true

Chapitre 1 : régime de change, définition et


classification

Introduction :

Le change est l’acte par lequel s’effectue l’échange de monnaies de différentes


nations, il permet le passe d’une monnaie nationale à une monnaie étrangère selon
le besoin. Toute entreprise ayant une activité internationale, est obligée pour régler
ses transactions avec l'étranger, de vendre des unités de sa monnaie de référence
pour acheter des devises, et inversement lorsqu'une entreprise étrangère lui achète
un produit ou un service, d’où la notion de régime de change pratiquer par leurs
pays est très importante.

Il n’existe pas un système de change optimal pour tous pays, mais au moins un
régime optimal pour chaque pays. Ainsi le régime de change optimal est celui qui
permet à la réalisation des objectifs de la politique économique à s’avoir : la
croissance économique ; le plein emploi des facteurs de production ; la stabilité des
prix ; et enfin l'équilibre extérieur de la balance commerciale comme se figure dans
le « carré magique » de Nicholas Kaldor (2).

Donc le taux de change est considéré aujourd’hui à la fois un moyen de régulation


monétaire, et un outil par excellence de compétitivité extérieure d’un pays.
L’analyse de la compétitivité-prix d’un pays s’appuie traditionnellement sur la
mesure du taux de change effectif réel de sa monnaie. A cet égard, et compte tenu
du contexte d’ouverture du Maroc sur l’extérieur, le suivi de la compétitivité
économique, particulièrement la compétitivité-prix, devient primordial pour sa
croissance économique.

Alors, Dans ce chapitre, nous allons passer dans une première section quelques
notions relatives au taux de change notamment quelques définitions, des variétés
de régime de change, et ensuite dans une deuxième section on va voire les types
de taux de change à s’avoir le taux de change effectif nominal, et le taux de change
effectif réel.

6
(2) http://richesse-et-finance.com/le-carre-magique-de-nicolas-kaldor/

Section 1 : Définition et catégories des régimes de changes 

1) Définition 

Le système de change désigne l’ensemble des principes et règles qui organisent le


cadre dans lequel la valeur nominale de la monnaie domestique est déterminée.
Cette valeur appelée taux de change nominal peut être déterminée par rapport à
une ou plusieurs monnaies étrangères ou par rapport à une marchandise comme
l’or où l’argent (3). Par conséquent, le système de change guide les interventions des
autorités monétaires et la banque centrale en général sur le marché des changes et
éventuellement l’usage de la politique monétaire pour défendre ou influencer
l’évolution du taux de change. En effet, il existe un continuum de régimes de
change, allant du libre flottement à la fixité extrême. Depuis 1999, le FMI distingue
huit types de régimes de change :

1) Cas d’absence de monnaie l´égale propre :

Ce type de régime recouvre ici deux situations .Dans le premier cas, une devise
étrangère s’avère être la seule monnaie ayant cours légal dans le pays. Ainsi,
l’Equateur, la Panama, le San Salvador ont adopté le dollar américain comme
monnaie l´égale. On parle, pour ces pays, de régime de dollarisation. Le
Monténégro et le Kosovo avaient pour leur part adopte le Deutsche mark, avant de
retenir désormais l’euro. Dans le´ second cas, le pays est membre d’une union
monétaire (comme la zone euro) ou d’un mécanisme de coopération monétaire
ayant adopté une monnaie commune ayant cours légal dans chacun des pays
membres.

2) Régimes de caisse d’émission :

Un régime de caisse d’émission (4), est un système de change fixe par rapport à une
monnaie étrangère, dite monnaie d’ancrage, qui est par ailleurs assorti d’un certain
nombre de règles institutionnelles de fonctionnement. Et particulier, les autorités
monétaires s’engagent à émettre la monnaie nationale pour un montant
strictement équivalent aux réserves de change libellées dans la monnaie de
référence. On distingue les régimes orthodoxes et hétérodoxes .Dans les deux cas,
les règles sont inscrites dans une loi qui garantit la crédibilité du système .Pour
changer de régime, il faut en effet une nouvelle loi. La différence entre le régime
orthodoxe et hétérodoxe se rapporte à la possibilité offerte (dans le régime
hétérodoxe) ou non (régime orthodoxe) a la banque centrale de financer l’Etat et

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de refinancer les banques privées. Ainsi si, le système orthodoxe fonctionne sans
marché monétaire mais avec un marché interbancaire .Il correspond à un système
de banque libre.

3) Régimes de flottement impur :

L’autorité monétaire influe sur les mouvements du cours de change par des
interventions sans spécifier ni s’engager à annoncer au préalable quelle sera la
trajectoire du taux de change.

4) Régime de parité fixe traditionnelle :

Dans ce cas, le pays rattache sa monnaie, officiellement ou de facto, à une


monnaie unique (plus de 30 cas ont été dénombrés par le FMI) ou à un panier de
monnaie (plus de 13 cas), le taux fluctuant à l’intérieur d’une bande étroite de ±1%
autour d’un cours pivot fixe.

5) Les systèmes de parités mobiles :

Le taux de change de la monnaie est ajusté périodiquement dans de faibles


proportions par rapport à un taux préannonce ou en réponse aux variations de
certains indicateurs économiques sans qu’un taux central ou que des marges de
fluctuations autour de ce dernier ne soient définis.

6) Les systèmes de bandes de fluctuation fixes :

Le cours de change de la monnaie est maintenu à l’intérieur de bandes de


fluctuation fixes supérieures à 1% de part et d’autre d’un taux central également
fixe, officiel ou de facto, c’est le cas de Danemark, de Chypre ou encore de la Libye.

7) Les systèmes de bande de fluctuation mobiles :

Le cours de change de la monnaie est maintenu à l’intérieur de certaine marge de


fluctuation de part et d’autre d’un taux central qui est ajuste périodiquement par
rapport à un taux fixe préannonce ou en réponse aux variations de certains
indicateurs économiques.

8) Le flottement indépendant :

Le cours de change est déterminé par les marchés des changes. Les interventions
de change sont davantage destinées à modérer le taux de change ou à en éviter
les fluctuations indésirables qu’à le situer à un niveau particulier (5).
(3) https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/theories-economiques/change-fixe-
change-flottant-les-deux-types-de-regime-de-change/

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(4) Yum K. Kwan & Francis T. Lui : Les régimes de caisse d’émission sont-ils performants ? Le cas de Hong-Kong Revue
d'économie financière / Année 2004 / 75 pp. 153-178.
(5) Larbi DOHNI & Carol HAINAUT : les taux de change déterminants, opportunités et risques / 1er
Edition 2004, Bruxelles : De Boeck – pp (19-20).

2) Catégories des régimes de change 

Ces types de régime de change sont généralement regroupés en trois grandes


catégories à savoir :

1) Le régime de change fixe :

Dans un régime de change fixe, le cours d’une devise est fixé par rapport à un
étalon (souvent une monnaie ou un panier de monnaies) par la banque centrale
qui émet cette devise.

Le cours ainsi fixé est appelé le cours pivot (ou parité fixe) et constitue le taux de
change de référence autour duquel une certaine marge de fluctuation peut être
autorisée (de plus ou moins quelques pourcents). Les autorités monétaires sont
tenues de défendre le cours pivot pour le maintenir à l’intérieur de la marge de
fluctuation autorisée. Des modifications du cours pivot (dévaluation ou
réévaluation) peuvent néanmoins être autorisées sous certaines conditions.

2) Les régimes de changes flexibles :

Dans lesquels le taux de change d’une monnaie par rapport à une devise de
référence est déterminé librement sur le marché de changes par le niveau de l’offre
et de la demande de devises. Ceci est le cas des monnaies de pays avec des
économies qui sont souvent grandes, tel que le dollar américain ou la livre sterling.
Dans ces régimes, aucune intervention de la Banque Centrale n’est enregistrée et
l’équilibre du marché se fait à travers un ajustement du niveau du taux de change.

3) Le régime intermédiaire :

Constituent un compromis entre ces deux régimes extrêmes. Plusieurs variantes


existent mais l’idée c’est de combiner les avantages associes aux deux régimes, et
de minimiser les inconvenances de ces deux régimes. Dans cette catégorie, on
retrouve les régimes à parité mobile, les régimes d’arrimage à un panier de devises,
les régimes de change avec ancrage fixe mais ajustable et les régimes de
flottement impur ou on assiste à une intervention des autorités monétaires pour
soutenir la monnaie nationale contre toutes fluctuations (6).

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(6) Madagascar : Choix de régime de changes / (FMI 1 Juin 2017)

3) Avantages et Inconvénients des régimes de change 

Il n’y pas de régime de change idéal car chacun comporte à la fois des avantages
mais aussi des inconvénients qu’il faudra en tenir compte. Le régime de taux de
changes fixes est-il meilleur que le régime de taux de changes flottants ou vice
versa ? Voyons les avantages et des avantages des deux régimes face aux différents
chocs.

Réactions aux chocs nominaux et réels :

Sous un régime de taux de change avec une fixité totale, un pays qui subit un
choc inflationniste (donc une augmentation des prix) voit sa compétitivité baisser et
doit s’ajuster. Avec une fixité partielle, un choc inflationniste entraîne plus souvent
la dévaluation, mais si l’inflation est récurrente, les d´évaluations deviennent trop
fréquentes, et donc la fixité n’a plus beaucoup de sens. De plus, elles s’accélèrent à
cause des mouvements spéculatifs. Donc, la fixité et en particulier la fixité partielle
ne réagit pas nécessairement bien face à des chocs nominaux.

Un choc réel est, par exemple, l’augmentation du prix du pétrole. Le choc de


l’OPEP a entrainé, du jour au lendemain, des déficits considérables de la balance
commerciale dans les pays industrialisés. Certains pays ont dû faire face à des
déficits plus importants que d’autres et chacun devait se réajuster par rapport à ce
choc réel. Dans une telle situation, la dévaluation n’est pas assez souple et les
changes flottants sont beaucoup mieux adaptes car ils permettent, grâce au
marché des changes, de trouver le nouvel équilibre. Donc, la fixité des taux de
change est relativement rigide face à des chocs nominaux et réels.

La volatilité :

A court terme, les taux de change sont très volatiles car les taux d’intérêt et les taux
de change varient plus vite que les prix et les salaires. Les dépréciations et
appréciations ont tendance à être exagérées. La volatilité augmente l’incertitude, ce
qui entraîne une baisse de l’activité des échanges commerciaux. Dans une situation
où il y a des chocs importants dans l’économie mondiale, des réajustements
d’équilibre sont nécessaires mais il est difficile d’attribuer une incertitude au taux de
change flottant plutôt qu’au choc réel lui-même.

10
Dans un régime à taux de change fixes, les chocs entraînent un changement des
taux de change réels. Les changes fixes ne sont donc pas à l’abri de l’incertitude sur
le taux de change réel.

L’inflation :

Le régime des taux de change flottants ne crée pas non plus un incitant à baisser
l’inflation. Cet argument souvent entendu en défaveur des taux de change flottants
n’est pas nécessairement convaincant : dans la lutte contre l’inflation, le taux de
change flottant ne change rien. Il faut plutôt essayer d’avoir une banque centrale
indépendante et de voter des lois sur l’équilibre budgétaire (par l’établissement de
contraintes qui empêchent le parlement de voter des déficits budgétaires).
Néanmoins, le taux de change fixe peut servir à réduire l’inflation. Un système de
changes fixes peut permettre à un pays à forte inflation de se “lier les mains” et de
convaincre les agents économiques de la détermination des responsables de
politiques économique de lutter contre l’inflation, car le différentiel d’inflation
conduirait à une appréciation réelle de la monnaie nuisible´ a la compétitivité.

La mobilité des capitaux :

Un avantage important du système de change flottant est de permettre une très


grande mobilité des capitaux. Le système des taux de change fixes de Bretton
Woods
n’était pas bien conçu puisque, dans la mesure où la fixité était partielle, les
réajustements de parité étaient possibles et, conjugues avec la liberté des
mouvements de capitaux, ils pouvaient entrainer facilement la spéculation. En taux
de changes fixes, les spéculateurs ne prennent pas de risque. Si on anticipe une
dévaluation d’une monnaie dans une semaine, le seul risque est qu’elle n’ait pas
lieu. En taux de changes flottants, une fuite des capitaux entraine une hausse de la
demande des devises et donc une hausse du prix de celles-ci, c’est à dire une
dépréciation de la monnaie, la cause initiale de la fuite. Le spéculateur prend donc
des risques en taux de changes flottants. Beaucoup de restrictions aux mouvements
des capitaux avaient été établies dans le système de Bretton Woods et cela avait
des effets négatifs sur l’allocation des ressources.

FIGURE (1) : La géographie des régimes de change en 2015

11
Source : http://www.blog-illusio.com/2017/02/quelle-est-la-geographie-des-regimes-de-change-en-ce-debut-de-vingt-
et-unieme-siecle.html

Les tableaux suivants les synthétisent tels qu’ils sont rapportés en général dans la
littérature économique :

FIGURE (2) : avantages et inconvénients du régime de change fixe.

Avantages Inconvénients
Simple à mettre en œuvre Perte de l’indépendance de la
Réduit les coûts de transaction et les politique monétaire en l’absence de
risques de change. contrôle de capitaux.
Plus encourageant pour le Absorption de chocs réels non
commerce et les investissements. possibles via le taux de change.
Fournit un ancrage crédible pour la Risque d’attaque spéculative et de
politique monétaire. forte dévaluation en cas de mobilité
Meilleure maîtrise de l’inflation et de de capitaux.
ses anticipations. Abandon du taux de change en tant
Baisse de l’incertitude liée aux qu’instrument de stabilisation de la
fluctuations des taux de change. conjoncture.

Source : Patrick Imam, 2012. "Exchange Rate Choices of Microstates," The Developing Economies, Vol. 50(3).
pp. 207-235

FIGURE (3) : avantages et inconvénients du régime de change flexible.

Avantages Inconvénients
Le pays conduit sa politique Incertitude sur le taux de change,
monétaire de façon indépendante. implications pour le commerce et
Les forces du marché jouent un rôle l’investissement.
dans la détermination du taux de Nécessité de trouver un ancrage
change (pas de distorsions). nominal alternatif.
Ajustement plus facile aux chocs Risque de volatilité excessive.
réels. Risque de coûts élevés des

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Moindre risque de crise de change dépréciations et appréciations.
et/ou de crise bancaire. Risque d’inflation.

Source : Patrick Imam, 2012. "Exchange Rate Choices of Microstates," The Developing Economies, Vol. 50(3).,
pp. 207-235

Section 2 : le taux de change

Le taux de change désigne le rapport d’échange entre deux devises. L’observation


du taux de change nominal (par exemple, 1 euro = 0,96 dollar) est souvent
complétée par le calcul du taux de change réel, qui corrige le change nominal par
l’évolution de l’inflation dans chacune des deux zones. Le taux de change bilatéral
est également souvent complet par le taux de change effectif. Par exemple, le taux
de change effectif de l’euro est obtenu en pondérant ses taux de change bilatéraux
(vis-à-vis du dollar, du yen, des autres devises) par la structure du commerce
extérieur de la zone euro (part des importations et des exportations libellées dans
la devise considérée).
Les fluctuations du taux de change ont une influence directe sur les couts des
importations et des exportations. Une baisse du taux de change renchérit les
importations et peut stimuler les exportations en diminuants leurs prix, la hausse
des taux fait baisser le prix des actions, et donc appauvrit les ménages et les
entreprises, et un taux trop bas favorise la formations des bulles financières et
immobilière et constitue le canal essentiel depuis les années 1990.

L’analyse de la compétitivité-prix d’un pays s’appuie traditionnellement sur la


mesure de son taux de change effectif réel. Ce dernier permet d’établir dans quelle
mesure les variations des taux de change, des prix ou des couts, dans différents
pays étrangers influencent la position compétitive du pays concerne. Une
appréciation du taux de change effectif réel (TCER) est associée à une perte de
compétitivité et une dépréciation de cet indice traduirait un gain.

1) Taux de change effectif nominal 

Le taux de change nominal représente la valeur de la monnaie nationale d’un pays


par rapport à une autre monnaie. La variation du taux de change d’une monnaie a
l’égard d’une seule devise étrangère reste, toutefois, d’une signification et d’une
portée limitée dans la mesure où la variation par rapport à d’autres devises pourrait

13
s’opérer différemment. D’où la nécessite de suivre l’évolution du taux de change
non seulement à l’égard d’une seule monnaie mais vis-à-vis des devises de
l’ensemble des principaux pays partenaires et concurrents, à travers le taux de
change effectif nominal (TCEN).

Défini comme la moyenne pondérée des taux de changes bilatéraux d’une


monnaie vis-à-vis de celles des principaux partenaires commerciaux et concurrents,
le TCEN permet d’indiquer dans quelle mesure le taux de change nominal de la
monnaie nationale évolue par rapport à ces pays.

2) Taux de change effectif réel 

Le TCER d’une monnaie est défini comme le taux de change effectif nominal
rapporte aux Prix relatifs entre le pays considéré et ceux des principaux pays
partenaires et concurrents. Le TCEN ne permet pas, isolement, de refléter
l’évolution de la compétitivité d’une économie dans la mesure où une
augmentation des prix intérieurs, plus importante par rapport aux pays partenaires
et concurrents, n’est pas prise en compte par cet indice. Les changements des prix
intérieurs par rapport à ceux des partenaires commerciaux ou concurrents ont les
mêmes effets qu’une modification du taux de change nominal.

Ainsi, par exemple, si les prix augmentent plus vite dans un pays par rapport à
l’étranger, la compétitivité de ses exportations est affaiblie si cette hausse n’est pas
compensée par une dépréciation de son taux de change nominal. D’où l’intérêt de
concevoir l’indice du TCER, défini comme l’indice du TCEN d’une monnaie ajuste
par un indice des prix, ou de couts, relatifs des principaux pays partenaires et
concurrents.

FIGURE (4) : Taux de change effectif nominal et réel Du MAD (2000-2015)

14
Source : Direction des Etudes et des Prévisions Financières, Ministère de l’Economie et des Finances ”Décomposition de
la compétitivité structurelle du Maroc : Marges intensives et extensives de nos exportation” Mars 2016 page 13.

3) Méthodologie de calcul du taux de change effectif réel et nominal

Le calcul du TCER du dirham s’est effectué selon les étapes suivantes :

 Etape 1 : Choix des pays à retenir pour l’établissement de l’indice


Supposent que l’économie nationale échange avec (n) pays, donc ces (n)
pays constituent la zone géographique de référence.

 Etape 2 : Détermination des poids attribues aux pays de l’échantillon


Apres avoir établi la part de chaque pays dans les échanges commerciaux
entre les pays de l’échantillon, y compris le Maroc, il a été procédé au calcul
des poids attribués, au niveau de l’indice du TCER, à chacun de ces pays. Ces
pondérations reflètent à la fois l’importance de chaque pays dans les
échanges commerciaux du Maroc et son degré de concurrence sur les
marches tiers.

 Etape 3 : Choix de l’indice des prix ou des couts

15
Plusieurs indices de prix ont été dénombrés pour servir au calcul du TCER du
dirham : prix de gros, prix à la
consommation, déflateur du PIB, cout unitaire
de main-d’œuvre, taux de salaire moyen, indice des valeurs unitaires à
l’export, cout unitaire dans l’industrie manufacturière, déflateurs de l’industrie
manufacturière.
L’utilisation de ces indices pour le calcul du TCER a et´ e restreinte par un
certain nombre de limites qui relèvent soit d’un manque de données
disponibles, particulièrement pour les pays en développement,
soit d’une périodicité établie sur une base autre que mensuelle,
soit d’une incorporation de produits taxes ou subventionnes, soit de
l’utilisation de paniers ou de pondérations
différents pour établir un indice de prix .
Compte tenu de ces limites, l’étude s’est basée
sur l’indice des prix à la consommation pour le calcul du TCER du dirham, en
raison de sa disponibilité, sur une base mensuelle, pour tous les pays de
l’échantillon. D’ailleurs, le Fonds Monétaire International (FMI) utilise cet
indice pour établir les TCER des monnaies de la majorité de ses pays
membres.

Calcul des TCEN et TCER d’une monnaie :

L’indice de TCEN est calculé comme suit : T C E N =

Avec :

 n : nombre de pays
 eit = Eit / Ei0 : l’indice du taux de change à la période t rapporté au taux de
change à la période de base t=0
 Eit : la valeur en monnaie du ième pays partenaire du dirham au temps t
 poidsi : le coefficient de pondération relatif au ième pays, tel que
 Õ : moyenne géométrique

16
L’indice de TCER est calculé comme suit : T C E R =

Avec :

 pit = Pit / Pi0 : l'indice des prix relatifs à la période t rapporté à l'indice des prix
relatifs à la période de base ;
 Pit : l'indice des prix du i ème pays rapporté à l'indice des prix du Maroc (indice
des prix relatifs).

17
Chapitre 2 : politique de change au Maroc et
contexte international
Introduction 

L’après Bretton-Woods à été marque par une ruée vers la flexibilité. Au début des
années 90, la tendance été de fixer le taux de change par rapport à une ou un
panier de devises. La succession des crises qui se sont déclenchées lors des années
90 a fait ressortir la vulnérabilité des systèmes intermédiaires juges trop fragiles face
aux crises. Les pays devraient désormais adopter l’une des solutions extrêmes. Dans
cette perspective, l’évidence empirique montre qu’il est difficile de maintenir un
système de fixité à long terme dans un contexte de globalisation des flux de
capitaux libéralises. Ces systèmes de fixité ont été juges comme étant insoutenables
et générateurs de crises. A cet égard, certains pays émergents et en
développement ont été forces à passer vers plus de flexibilité. Pour d’autres pays, le
chemin vers la flexibilité a été beaucoup plus serein et la transition vers des régimes
plus flexibles était en grande partie déterminée par le degré d’ouverture
économique et financier.
Alors, Avant d’aborder les aspects techniques de la reforme de régime de change,
il importe de connaıtre l’environnement international et national dans lequel sont
prises les décisions des trésoriers d’entreprises. Nous aborderons donc dans un
premier point le système monétaire international, et dans un deuxième point le
régime de change national.

Section 1 : Le système monétaire International 

La notion du système monétaire international évoque l’idée d’organisation. Il peut


être défini comme « l’ensemble des mécanismes et des procédures permettant
d’ajuster l’offre et la demande de devises pour obtenir à la formation d’un prix : le
cours de change »(1).

Donc un système monétaire international représente l’ensemble des mécanismes et


des institutions qui visent à organiser et réguler les échanges monétaires
internationaux autour d’un régime de change. L’objectif de cette section est de
décrire la politique de change menée par les autorités monétaires marocaines
après l’effondrement du système de Bretton-Woods. Donc pour cela une
présentation du contexte de l’évolution du système monétaire International nous
sera également d’une grande utilité permettant une meilleure compréhension de

18
l’environnement international et national dans lequel sont prises les décisions en
matière de change.

1) Aperçu historique 

On distingue généralement quatre périodes :

 entre 1850 et 1914 : Le système monétaire dit de l’étalon or s’est mis en


place.
Il reposait sur la convertibilité-or de chaque monnaie et correspondait à un
ensemble de parités fixes.
 à la suite de la conférence de Gênes en 1922, un système alternatif dit de
l’étalon de change or a été progressivement mis en place. Il permettait aux
banques centrales de garantir la convertibilité de leur monnaie grâce à la
détention d’or ou de monnaies de réserve convertibles en or (la livre sterling
notamment). cependant, ce système a échoué dans sa tentative de rétablir
des cours de change fixes(2).
 Des 1944, la conférence de Bretten Woods a mis en place de nouvelles
règles de fonctionnement basées sur une plus grande coopération
internationale, avec notamment la création du Fond Monétaire
Internationale (FMI). Le principe de l’étalon or de change or était conserve,
mais assoupli puisque les parités de change devise relativement au dollar
américain pouvait varier de plus ou moins 1%. Divers palliatifs furent mis en
œuvre sans succès et le 15 aout 1971, la convertibilité-or du dollar a´ et´ e
suspendue.
 Apres une période de transition, le système de change flottant fut
définitivement adopte des 1973 et entérine par les accords de Kingston en
1976. Il faut noter, toutefois, que certains pays ont choisis de lier leur
monnaie à d’autres (dollar américain, franc français puis euro . . .) ou de
mettre en place un mécanisme de coopération monétaire limitant les
variations (système Monétaire Européen avant la mise en place de l’euro) (3).

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(1) : Jacqueline Ducret, Gestion du risque de change, e-thèque 2010

(2) Arvisent Philippe : Finance international, Edition Dunod-2004. P26

(3) : ABBASSAT Mourad : Le Régime de change au Maroc et le Passage vers un système de change plus flexible

2) le système monétaire Actuel

Le régime monétaire international a par la suite évolue, avec la fin de la


convertibilité du dollar en or et donc de l’ancrage sur l’or (1971), le flottement
généralise des monnaies des pays avances (1973), entérines par les accords de la
Jamaïque (1976), l’émergence d’une coopération monétaire européenne (1979),
l’adoption temporaire d’une cible de change par certains pays du G7 (1985, 1987).
Et enfin, au cours des années 1990 et des années 2000, la création de l’euro, la
généralisation du modèle de la banque centrale indépendante, l’adoption par
beaucoup d’entre elles de stratégies de ciblage de l’inflation et l’importance
grandissante des économies émergentes, dont les préférences et les choix sont
différents de ceux des économies avancées(4).

Le régime actuel se caractérise ainsi par :

 Une convertibilité presque universelle du compte courant, une généralisation


graduelle de la convertibilité du compte financier et des capitaux de plus en
plus mobiles entre les pays avances et les pays émergents, à l’exception
notable de la Chine.
 Un flottement presque général des monnaies dans les pays avances mais la
persistance d’une peur du flottement dans beaucoup d’économies
émergentes ou en développement, à l’exception de l’Amérique Latine et de
certains pays européens.
 Une fourniture de liquidités en cas d’urgence assurée par les différentes
facilites de financement du FMI mais aussi par les accords de swap bilatéraux
et les accords régionaux (en particulier l’Initiative de Chiang Mai en Asie).
Toutefois, depuis la crise asiatique a la fin des années 1990, c’est surtout
l’accumulation de réserves de change, dans un objectif d’auto-assurance au
niveau de chaque pays qui a prévalu, en particulier en Asie.
 Une surveillance et une coopération monétaire au niveau régional (Union
Européenne) ou multilatéral (FMI, G20), dont l’efficacité est cependant
contestable(5).

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(4) Voir McKinnon (1993) pour une caractérisation des régimes de la deuxième moitié du XXème
siècle.
(5) Agnes Benassy-Quere, Emmanuel Farhi, Pierre-Olivier Gourinchas, Jacques Mistral, Jean Pisani-
Ferry, Helene Rey, Reformer le système monétaire international 2011. (PP10-11).

Section 2 : Le système de Change au Maroc

1) Histoire

Le Maroc s’est engagé, depuis le début les années 80, dans un large processus
de libéralisation de son économie qui à toucher quasiment tous les secteurs. Ces
mutations se sont suivies d’ajustements croissants des stratégies de change qui
visent à remédier au souci majeur qui est l’arbitrage entre une monnaie faiblement
volatile et des mis-alignements limites. Durant cette dernière décennie, en se
référant a la typologie établie par le FMI dans son rapport annuel «  Exchange
Arrangements and Exchange Restrictions », le Maroc a et adopte encore, sous une
forme ou une autre, un système d’arrimage, par rapport à une seule monnaie ou
un panier de monnaies, même si les pratiques réelles mettent en évidence un effort
et une volonté particulière de la part des autorités pour transiter vers des régimes
plus souples.

L’évolution de la politique de change s’est généralement accompagnée de


plusieurs mesures visant les restrictions des mouvements des flux de capitaux.
Aussi, l’euro représente la plus grande pondération de son panier de référence
reflétant la situation géographique du pays et sa dépendance vis-à-vis de ses
partenaires commerciaux.

Durant les trois dernières décennies, le Maroc a opté pour une politique de change
active, qui va de la stabilité à la dépréciation puis du contrôle à la libération. La fin
étant la correction des déséquilibres externes. Les mesures entreprises ont conduit
à une convertibilité partielle du dirham et à la création et la libéralisation du marché
de change(6).

2) L’évolution de la règlementation de change au Maroc

Selon SLAMTI Ahmed(7), trois périodes caractérisent l’évolution du contrôle des


changes au Maroc :

 La période de mutation (1956 à 1967)  : de l’après indépendance


marquée par la préparation du pays pour la prise en charge de sa propre

21
destinée économique et financière, marquée par des décisions
nationales, d’une part pour protéger le patrimoine du pays et assurer son
développement économique.

(6) Hassan ESMAK, ‘’Les perspective d’un régime de change au Maroc : vers une plus grande flexibilité” IOSR Journal of
Economics and Finance, Mar.-Apr. 2016. (PP 120-121)
(7) SLAMTI Ahmed, ‘’Le nouveau marche des changes au Maroc et le cambisme international”, Casablanca : Forma
conseil plus, 1997. (P 137)
L’Etat marocain doit unifier son unicité territoriale et monétaire, par la
création de la banque du Maroc par substitution à l’ancienne banque d’Etat
et constitution du dirham comme nouvelle unité monétaire : 1 Dh=100
centimes = 100 anciens francs marocains ; et fixant sa parité a 175.61 mg
d’or, en plus de l’appartenance du Maroc a la zone franc jusqu’en juillet
1959 et le départ des étrangers a provoqué l’hémorragie des devises et des
désinvestissements.
 La période de transition (1967 à 1983) : marquée par l’utilisation de
contrôle de change comme instrument de politique monétaire et de change.
Et aussi par la réglementation du commerce extérieur et des transferts des
étrangers et MRE, et marque aussi par les chocs pétroliers déstabilisant la
balance des paiements. Mais l’inflation au plan mondial aggravée par la
hausse du prix du pétrole et les chocs pétroliers ont entraıne le des équilibre
généralisé de la balance du paiement. Ainsi, les réserves de change
marocaines ne cessèrent de s’effriter jusqu’à atteindre un seuil critique en
février/mars 1982, les autorités monétaires ont dû réajuster à la
baisse. Le cours du dirham par rapport aux principales devises cotées afin de
donner une impulsion nouvelle aux exportations tout en freinant les
importations. A partir du 17 Mai 1973, et après avoir été rattache au France
français (FF)par un coefficient fixe le dirham a et´ e rattache à un panier de 9
devises dans lequel le franc français (FF) rentrait pour une part importante
(38% EN 1973) et déclinante au profit du dollars US qui y pesait 15% en
1973 et 32% en 1980 alors que le franc français passait a un poids de 25%.
 La période de réajustement (1983 à 1993)  : Caractérisée par le Programme
d’ajustement structurel (le PAS). Le Maroc a été contraint de rééchelonner sa
dette extérieure aussi bien auprès des bailleurs de fonds` publics que privés.
Ce rééchelonnement a été accompagne par la négociation d’un PAS avec le
FMI pour la période de 1983´ a 1993, dont l’objectif était de réduire les
déficits budgétaire et du compte courant et reconstituer les avoirs extérieurs
pour assurer le règlement de la dette extérieure. Dans le cadre de ce PAS,

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un des objectifs consistait en le renforcement de la compétitivité de
l’économie marocaine. A cet effet, les autorités ont procédé à 3 dévaluations
successives entre 1980 et 1985 ; Ces mesures n’étaient pas sans
conséquences sur le plan social.

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