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RESEAUX RADIO MOBILES

Généralités sur les réseaux mobiles


Un réseau de téléphonie mobile est un réseau permettant un usage simultané d'un grand nombre
de téléphones portables ou de terminaux connectés, mobiles ou statiques, et ce même en cas de
déplacement à vitesse élevée.

La technologie radio utilisée vise à partager un spectre hertzien entre de multiples usagers,
eux-mêmes répartis dans différentes cellules radio en fonction de leur situation spatiale. Ainsi,
pour communiquer depuis un téléphone portable, il faut se trouver à portée d'une antenne-
relais investie par son opérateur mobile de sorte à réceptionner un signal radio suffisamment
puissant. La qualité du signal est représentée par de petites barrettes généralement situées en
haut à droite sur l'écran de son mobile. Ces dernières sont accompagnées d'un signe
correspondant à la technologie réceptionnée par le téléphone sur le pan du territoire où il est
utilisé (H+, Edge, 3G, 4G...).

Quand un appel est émis depuis un téléphone portable, celui-ci recherche prioritairement
l'antenne-relais de son opérateur la plus proche afin d'établir une liaison radio. Le procédé est
identique lors de la réception d'un appel, à la différence près que c'est l'antenne-relais et non
plus le mobile qui prend l'initiative de la liaison. Pour cela, l'opérateur a besoin de savoir dans
quelle cellule du réseau se trouve le destinataire de l'appel. A cette fin, les téléphones portables
"se signalent" en permanence au réseau.

L'apparition du réseau mobile a constitué un bouleversement majeur dans les systèmes de


communication puisqu'il a offert la possibilité de téléphoner et de se déplacer en même temps.
Toutefois, plus l'utilisateur s'éloigne de l'antenne la plus proche, plus la qualité de la
transmission en pâtit. Afin de remédier à ce désagrément, le mobile évalue continuellement la
qualité des signaux se trouvant à proximité. En dessous d'un certain seuil, celui-ci peut alors
basculer la liaison vers une autre antenne de l'opérateur, plus proche ou moins surchargée. On
appelle ce procédé un transfert intercellulaire (Handover ou Handoff).

Les fréquences radios représentent un bien public. Il est du rôle de l'état de décider de leur
assignation pour chaque usage (téléphonie mobile, TNT, etc) et pour chaque acteur sur une
durée limitée. L’organisme compétent en la matière est l'ARCEP (Autorité de Régulation des
Communications Électroniques et des Postes). Il est en charge de la régulation du secteur des
télécoms et procède à des appels à candidature lors des ouvertures de bandes de fréquences.

Evolution des réseaux mobiles


La première génération de réseau mobile 1G a été marquée par l’utilisation de la modulation
analogique. Elle exploitait l’Accès Multiple à Répartition de Fréquence – AMRF comme
technique d’accès au réseau. Basé sur la commutation de circuit, le 1G était très limité au niveau
capacité du réseau et n’offrait que la voix comme service.
Bien que le 1G ne soit pas normalisé, il existait plusieurs variantes selon le pays et la
disponibilité des ressources fréquentielles.
AMPS (Advanced Mobile Phone System) utilisé en Amérique du Nord, elle opérait entre 824
MHz et 849 MHz en liaison montante et entre 869 MHz et 894 MHz en liaison descendante.

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NMT (Nordic Mobile Telephone) utilisé en Russie, elle opérait dans la bande des 900MHz,
et offrait un débit 1.2Kbps.
TACS (Total Access Communication System) utilisé en Europe, comme substitution de
l’AMPS, elle travaillait dans la bande des 900MHz.
Les réseaux de la première génération ont été les premiers à permettre à un utilisateur mobile
d’utiliser un téléphone de façon continue, n’importe où dans la zone de couverture d’un
opérateur.
De nos jours, les mobiles emploient pour la plupart d'entre eux 3 technologies basées sur les
réseaux cellulaires d'antennes, à savoir : le GSM, l’UMTS et le LTE.
Le GSM (Global System for Mobile Communications) ou le PLMN (Phone Land Mobile
Network, aussi appelé 2G (deuxième génération) : il utilise les bandes de fréquences
comprises entre 900 MHz et 1800 MHz. Dans sa forme la plus aboutie (EDGE) son débit se
limite à 200Kb/s. Il représente le symbole du passage de l’analogique au numérique. En termes
d'usages, la 2G est suffisante pour appeler et envoyer des SMS, voire des MMS (bien qu'il faille
faire preuve de patience). Le réseau 2G est par ailleurs précurseur dans le transfert de données
par paquets. Les débits généralement observés en 2G sont de 9.6Kbits/s.
Le réseau GPRS (de l'anglais General Packet Radio Service), aussi appelé 2,5G, offre une
amélioration notable en matière de débit par rapport à la 2G (171,2Kbits/s théorique, 40Kbits/s
généralement en pratique). Le standard GPRS est précurseur sur l'internet mobile. Il permet
en outre de facturer l'utilisateur au volume échangé plutôt qu'à la durée de connexion, lui
permettant de rester connecté sans surcoût. Le GPRS, à l'instar de la 2G, est diffusé sur les
bandes de fréquences 900 MHz et 1800 MHz
Evolution du GPRS, le réseau EDGE (Enhanced Data rates for GSM Evolution) utilise en
émission des bandes de fréquences comprises entre 876 MHz et 915 MHz, contre 921 MHz et
960 MHz en réception. Le réseau EDGE, aussi appelé 2,75G, a permis d'assurer la transition
entre la 2G et la 3G en offrant des débits pouvant atteindre 384Kbits/s en théorie mais plus
souvent 100Kbits/s en pratique. L'EDGE a été développé dans le but d'optimiser la partie radio
du réseau mobile au niveau des données et d'améliorer les débits de téléchargements.
L'UMTS (Universal Mobile Telecommunications System), aussi appelé 3G (troisième
génération) : plus performant que le GSM dans le traitement du signal, l'UMTS peut fournir
des débits allant jusqu'à 40Mbits/s avec le H+ qui en est la version la plus récente. L'UMTS
utilise des bandes de fréquences comprises entre 900 MHz et 2100 Mhz. Avec un débit de
1,9Mbits/s, la 3G a complètement démocratisé l'utilisation de l'internet mobile (navigation
web et réseaux sociaux, envoi de mail, échange de photos...). Sa mise en place, au début des
années 2000, coïncide d'ailleurs avec l'avènement des smartphones, qui offrent un meilleur
confort de navigation et présentent une meilleure ergonomie que les téléphones portables de la
génération précédente.
La 3G a connu trois améliorations successives avec la 3G+ (aussi appelée HSPA, High Speed
Packet Access), le H+ (HSPA+) et le H+ Dual Carrier (DC-HSPA+). Il s'agit d'évolutions de
l'UMTS visant à bénéficier de meilleurs débits : 3,6Mbits/s pour la 3G+, 5Mbits/s pour le H+
et 10Mbits/s pour le H+ Dual Carrier. Ces avancées ont permis d'aller plus loin dans les usages

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internet, avec notamment la possibilité de visionner des vidéos instantanément, sans patienter
le temps du chargement.
Le LTE (Long Term Evolution), aussi appelé 4G (quatrième génération) : cette
technologie, la plus moderne actuellement commercialisée, offre des débits jusqu'à 6 fois
supérieurs à la H+ dans sa déclinaison la plus moderne (4G+). Elle utilise les fréquences 2600
MHz, 1800 MHz, 700 MHz et 800 MHz. Avec un débit théorique de 150Mbits/s et un débit
pratique de 40Mbits/s, la 4G donne aux usagers l'opportunité de surfer à très grande vitesse.
Toutefois, son déploiement se limite pour l'heure essentiellement aux zones densément
peuplées. La 4G permet de transférer des fichiers lourds, visionner des vidéos en HD, "live-
streamer", etc.
Comme le GSM et l'UMTS, la norme LTE a connu des évolutions qui ont abouti au
développement de la 4G+. Celle-ci offre des débits pouvant atteindre 1Gbit/s à l'arrêt et
100Mbits/s en mouvement.
L'arrivée de la cinquième génération de réseau mobile (5G) est d'ores et déjà à l'œuvre. Les
Sud-Coréens se sont lancés les premiers dans cette aventure dès 2018 lors des Jeux Olympiques
d'hiver, en proposant la 5G aux sportifs et aux journalistes présents dans le parc olympique. La
5G offre des débits nettement supérieurs à la 4G+, pouvant atteindre jusqu'à 20Gbits/s. De quoi
permettre de nouveaux usages : généralisation de la UHD (Ultra Haute Définition), voitures
autonomes, télémédecine, Internet des objets... Elle permettra de connecter simultanément un
très grand nombre d'objets, ce qui accélérera notamment le développement du secteur de
la domotique.

Figure 1: Evolution des réseaux de communication mobile

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Architecture du réseau GSM

Figure 2: Synoptique de l'architecture GSM

La norme GSM décrit des systèmes numériques de communication avec les mobiles dont le but
est d’offrir au public des services de télécommunication avec une couverture continue sur de
vastes territoires. Cette disponibilité du service est basée sur la localisation automatique du
mobile et sur les accords d’itinérance entre opérateurs : l’itinérance (ou roaming) est la
possibilité pour un abonné de recevoir des services d’un réseau auquel il n’est pas abonné. On
désignera souvent un réseau GSM par l’acronyme PLMN (Public land mobile network). Le
réseau nominal de l’abonné mobile (celui qui lui a alloué l’abonnement) est le HPLMN (Home
PLMN) et, en situation d’itinérance, le réseau visité est le VPLMN (Visited PLMN).

La station mobile
Pour recevoir des services de télécommunications quels que soient ses déplacements à
l’intérieur d’une zone de service définie par un opérateur ou même par plusieurs opérateurs
ayant passé des accords mutuels (accords d’itinérance), l’abonné mobile utilise une station
mobile constituée de deux éléments séparables :
▪ Un équipement mobile qui fournit les capacités radio et logicielles nécessaires au
dialogue avec le réseau, possédant un identifiant international unique : le code IMEI
(International Mobile Equipement Identity). Sa puissance d’émission est comprise entre
0.8 et 8W.
▪ Une carte amovible, dite SIM (Subscriber identification module, module
d’identification de l’abonné) qui contient les caractéristiques de l’abonné et de ses
droits, en particulier son identité internationale constitué de 15 chiffres, l’IMSI
(International mobile station identity), la clé de cryptage KI et la clé d’authentification
composée de 4 à 6 chiffres que nous connaissons tous : le code PIN. Une station mobile
est donc constituée de l’association SIM + Téléphone mobile.

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Figure 3: Station mobile

Transmission radio et canaux logique


Le système GSM peut fonctionner dans trois bandes de fréquence ; dans chacune de ces trois
bandes la structure des canaux radio est la même. La couche physique définit l’ensemble des
moyens de transmission et de réception physique de l’information. Pour l’interface radio du
GSM, cette couche assure notamment des fonctions de codage correcteur d’erreur et de
multiplexage des canaux logiques.
L’interface radio du GSM utilise l’Accès multiple à répartition dans le temps (TDMA, Time
Division Multiple Access) ou multiplexage temporel. Dans le cas du GSM un canal radio
fournit 8 intervalles de temps appelé time slot. Les structures de trames et multitrames, supports
des canaux logiques utilisent la succession de ces intervalles de temps.

Figure 4:Trame TDMA

Les principaux canaux logiques sont les canaux de trafic (TCH, Traffic channel full), utilisés
pour transmettre la voix ou des données, les canaux de signalisation dédiés (SDCCH, Stand
alone dedicated control channel) et les canaux de contrôle communs CCCH, (Common control
channel) ; et BCCH, (Broadcast control channel).

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Figure 5: les canaux logiques

Base Station System (BSS) : Le sous-système radio


Dans la première architecture des réseaux GSM elle est appelée RAN (Radio Access Network)
qui signifie réseau d’accès. C’est la partie du réseau qui permet de collecter le trafic des
abonnés.
L’aire de service est partitionnée en petites zones géographiques nommées cellules (zone de
couverture). Chaque cellule dispose pour sa couverture radio d’une station de base (BTS, Base
transceiver station). Chaque BTS comprend une ou plusieurs porteuses qui fournissent un canal
de diffusion BCCH, obligatoirement un canal de contrôle commun CCCH, des canaux de
signalisation dédiés (SDCCH) et des canaux de trafic (TCH).
Chaque station de base (BTS) est reliée à un contrôleur de station de base (BSC, Base station
controller) ; un BSC et les BTS qui lui sont reliés constituent un sous-système radio (BSS, Base
station system). Chaque contrôleur de station de base (BSC) est relié à un commutateur du
service mobile (MSC, Mobile services switching center).
D’un point de vue physique, les informations circulent entre mobiles et station de base (BTS),
mais d’un point de vue logique, la station mobile communique avec des entités du sous-système
radio (BSS) et avec le commutateur du service mobile (MSC).
La station de base (BTS) gère la transmission radio (modulation, démodulation, égalisation,
codage correcteur d'erreur) et réalise l'ensemble des mesures radio nécessaires pour vérifier
qu'une communication se déroule normalement. La capacité maximale d'une BTS est de 16
porteuses (limite technique rarement atteinte pour des raisons de fiabilité). Ainsi une BTS peut
gérer au maximum une centaine de communications simultanées. Elles sont utilisées pour
couvrir les zones urbaines denses avec des microcellules. II s'agit d'équipements de faible taille
qui permettent de mieux couvrir un réseau dense comme le quartier d'une ville à forte densité
de population. Le rayon de couverture d'une cellule varie entre 200m en milieu urbain et 30 km
en milieu rural. Une cellule est au minimum couvert par la triangulation de trois BTS.
L'exploitation de la BTS se fait soit en local soit par télécommande au travers de son contrôleur
de station (BSC).

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Figure 6: Schéma d'une station de base

Le contrôleur de station de base (BSC) est l'organe intelligent du sous-système radio. Le BSC
gère une ou plusieurs stations de base et remplit différentes fonctions de communication et
d'exploitation. Pour le trafic abonné venant des BTS, le BSC jour un rôle de concentrateur. II a
un rôle de relais pour les alarmes et les statistiques émanant des BTS vers le centre
d'exploitation et de maintenance Pour le trafic issu du MSC, le BSC joue le rôle d'aiguilleur
vers la station de base destinataire. Le BSC est une banque de données pour les versions
logicielles et les données de configuration téléchargées par l'opérateur sur les BTS. Il organise
la supervision, l’allocation et la relâche des canaux radio, ces deux dernières actions étant
généralement effectuées conformément à des commandes reçues du commutateur du service
mobile (MSC). Le BSC pilote enfin les transferts entre deux cellules ; il avise d'une part la
nouvelle BTS qui va prendre en charge l'abonne « mobile » tout en informant le HLR de la
nouvelle localisation de l'abonné

Figure 7: Contrôleur de stations de base

Le commutateur du service mobile (MSC) gère l’établissement d’appel, la relâche d’appel et


tout ce qui est lié aux identités des abonnés. Les deux principales interfaces externes du BSS
sont, d’une part, l’interface radio vers la station mobile et, d’autre part, l’interface A vers le
MSC.
NB : Le Backhaul Network ou Réseau de collecte en français désigne la partie du réseau
chargée de la distribution, la collecte et le transport des données utilisateurs vers le réseau
coeur et ou le réseau dorsal (Backbone).

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Network Sub-Système (NSS) : Le sous-système réseau


Dans l’ancienne architecture il est appelé Core Network (CN) pour réseau cœur. Il constitue
un backbone du réseau GSM, c’est-à-dire l’artère principe où circule tout le trafic des abonnés.
Les entités fonctionnelles qui suivent font partie du sous-système réseau d’un réseau GSM :
▪ L’enregistreur de localisation nominal (Home location register, HLR),
▪ L’enregistreur de localisation des visiteurs (Visitor location register, VLR),
▪ Le commutateur du service mobile (Mobile services switching center, MSC).

L’enregistreur de localisation nominal (HLR)


L’enregistreur de localisation nominal (HLR) est une base de données qui assure la gestion des
abonnés mobiles. Tout abonné mobile est enregistré dans un et un seul HLR, lequel contient
notamment, de façon permanente, la description de ses droits au service. Le HLR connaît la
localisation, évidemment continûment variable, de l’abonné mobile, sous la forme de l’adresse
du VLR où l’abonné mobile s’est localisé avec succès pour la dernière fois. Cette information
lui est fournie par l’enregistreur de localisation des visiteurs (VLR) où se trouve l’abonné
mobile. Deux données sont liées à tout abonné mobile et sont donc stockées dans son HLR :
l’identité internationale de l’abonné mobile (International mobile station identity, IMSI) et le
numéro d’appel de l’abonné mobile (Mobile station international ISDN number, MSISDN). Le
HLR est rattaché à une base de données, l’AUC qui gèrent les clés de cryptage KI des abonnés.
Les informations dynamiques relatives à l'état et à la localisation d'un abonné sont actualisées
en permanence. Ces informations sont particulièrement utiles lorsque le réseau achemine un
appel vers l'abonné. Le réseau commence par interroger le HLR pour prendre connaissance de
la dernière localisation connue, de l'état du terminal (On / Off) et de la date de ces données
avant toute action. La mobilité constitue la différence essentielle entre le réseau filaire et le
réseau de radiotéléphonie. Ainsi sur le réseau mobile, l'opérateur doit interroger les différentes
bases de données (HLR) afin de localiser un abonné pour établir une connexion. Un réseau
GSM comprend un ou plusieurs HLR suivant le nombre d’abonnés et l’organisation du réseau.

L’enregistreur de localisation des visiteurs (VLR)


L’enregistreur de localisation des visiteurs (VLR) est une base de données associée à un
commutateur MSC. Il stocke localement les données nécessaires aux appels entrants et sortants
des abonnés mobiles qui sont enregistrés dans sa base de données. Ces abonnés mobiles sont
ceux qui se trouvent dans ses zones de localisation (Location Area, LA).
Le VLR a pour mission d'enregistrer des informations dynamiques relatives aux abonnes de
passage dans le réseau, ainsi l'opérateur peut savoir à tout instant dans quelle cellule se trouve
chacun de ses abonnés. Les données mémorisées par le VLR sont similaires aux données du
HLR mais concernent les abonnés présents dans la zone concernée.
Le VLR conserve les éléments suivants : l’identité internationale de l’abonné mobile (IMSI),
le numéro d’appel de l’abonné mobile (MSISDN) et la zone de localisation où l’abonné mobile
a été enregistré ; il conserve également une copie partielle du profil de service de l’abonné
mobile et des données pour l’authentification et le chiffrement de cet abonné.
Ce stockage est temporaire, il prend fin typiquement quand l’abonné mobile s’enregistre dans
un autre VLR.

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Le commutateur du service mobile (MSC)


Le commutateur du service mobile (MSC) possède une interface avec le sous-système Radio
(BSS), il possède également des interfaces avec les réseaux fixes. C’est un commutateur
numérique capable d’effectuer toutes les fonctions nécessaires à la gestion des appels en
provenance ou à destination des abonnés mobiles localisés dans son aire, de plus il gère la
mobilité de ces abonnés. Pour ce faire, il utilise un enregistreur de localisation des visiteurs
(VLR) et dialogue avec les enregistreurs de localisation nominaux (HLR). Chaque MSC
possède un VLR associé. Les échanges de signalisation entre ces entités sont spécifiés dans
“l’applicatif du service mobile” (Mobile application part, MAP) ; l’interface entre MSC et VLR
est généralement interne, en revanche le protocole MAP est utilisé pour les dialogues entre HLR
et VLR.
▪ Fonction VMSC : Un MSC peut implémenter la fonction VMSC (Visited MSC, MSC
visité). Pour une station mobile donnée, le VMSC est le MSC qui contrôle le système
radio (BSS) par lequel celle-ci communique avec le réseau GSM ; la station mobile
utilise donc un VMSC pour tout appel entrant ou sortant et plus généralement pour toute
communication impliquant un lien radio dédié avec un réseau GSM.

▪ Fonction GMSC : Un MSC peut implémenter la fonction GMSC (Gateway MSC, MSC
passerelle). Nous expliquons comment elle se traduit dans le cas d’un appel entrant en
provenance du réseau téléphonique commuté public.
Le RTCP identifie que l’appel est dirigé vers un abonné mobile, en conséquence il le
route vers un GMSC.
A l’aide du numéro appelé reçu du réseau téléphonique, le GMSC déduit l’enregistreur
de localisation nominal (HLR) de l’abonné mobile demandé. Il requiert alors de ce HLR
un numéro d’itinérance de station mobile (Mobile station roaming number, MSRN) afin
d’acheminer l’appel vers ce MSC.
Ce MSC établit alors un lien dédié de signalisation puis un circuit dédié avec la station
mobile appelée, il joue alors pour cette station mobile le rôle du VMSC d’arrivée.
Côté réseau la connexion comprend alors, au moins, un commutateur du réseau
téléphonique (RTCP), le MSC passerelle (GMSC) et le MSC visité d’arrivée (VMSC).

Transfert intercellulaire (Handover ou Handoff)


Quand un canal radio point à point (TCH ou SDCCH) est alloué à la station mobile, elle remonte
continûment au réseau des mesures radio permettant au réseau de juger de la qualité du lien
radio et de cellules candidates pour un éventuel transfert. Quand le réseau détecte la nécessité
d’un transfert, il envoie au mobile la description du canal radio qu’il doit prendre. Le handover
peut avoir lieu entre deux cellules gérées par le même BSC, entre deux cellules gérées par deux
BSC différents reliés au même MSC ou même entre deux cellules gérées par deux MSC
différents. Il existe deux formes de handover : le soft handover et le hard handover.
La procédure de handover dans un réseau GSM est appelée Mobile Assisted Handover
(MAHO). Elle est de type hard handover car le nœud mobile coupe la connexion avec sa station
BTS avant de se connecter à la prochaine station BTS (Brake-Before-Make), ce processus se
passe en fraction de seconde de telle sorte que les deux interlocuteurs ne se rendent pas compte
que leur communication a été rompue.

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Il existe trois types de handover en GSM : Intra-BTS handover, Inter-BTS handover et Inter-
MSC handover. Dans le premier mode, il s’agit d’un cas de handover à l’intérieur de la même
cellule. Le nœud mobile ne change pas de BTS, il change juste le canal de fréquence sur lequel
il est attaché. La cause peut être l’interférence ou le changement de secteur dû au déplacement
de l’abonne autour de la BTS. Dans le deuxième mode, un nœud mobile sort du rayon de
couverture de la cellule courante. Deux cas se présentent : soit le nœud mobile change de BTS
tout en restant dans le même BSC et dans ce cas, c’est ce dernier qui gère le handover ; soit le
nœud mobile passe d’une BTS gérée par un premier BSC à une autre BTS gérée par un autre
BSC et dans ce cas, le MSC gère le handover et finalement, le troisième mode de handover aura
lieu quand un nœud mobile change de réseau. Les deux MSC qui sont concernés pour la gestion
des cellules en question (cellule courante et cellule destination) négocient ce cas de handover.

Figure 8: Processus du handover

Localisation et itinérance (roaming)


En mode de veille la station mobile GSM écoute continûment son environnement radio, quand
elle détecte, au moyen de la lecture des BCCH, qu’elle a changé de zone de localisation, elle
déclenche une procédure dite de mise à jour de localisation dont le but est d’informer le réseau
de ce mouvement. A l’issue de cette procédure, dans un cas mettant en jeu deux VLR différents,
le nouveau VLR a enregistré la présence du mobile, le HLR connaît l’adresse de ce VLR et les
données concernant ce mobile sont effacées dans l’ancien VLR. Les données de service
nécessaires au nouveau VMSC et concernant l’abonné mobile sont copiées du HLR au nouveau
VLR. La mise à jour de localisation réussie permet à l’abonné mobile d’accéder à ses droits à
des services de télécommunication dans l’aire contrôlée par le VMSC incluant le nouveau VLR.
L’itinérance GSM utilise exactement les mêmes mécanismes, l’itinérance c’est la mise à jour
de localisation avec un dialogue HLR-VLR où ces deux bases de données n’appartiennent pas
au même réseau : vu d’un abonné mobile donné il s’agira d’un dialogue entre son HLR, situé
par définition dans son HPLMN, et un VLR situé dans le VPLMN sous la couverture duquel il
se trouve.

Fonction de sécurité
L’authentification permet au réseau de vérifier l’exactitude de l’identité annoncée par une
station mobile, cette vérification, basée sur un procédé cryptographique classique, est
déclenchée à l’initiative du réseau grâce à des données copiées du HLR au VLR. Elle est

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typiquement utilisée pour tout établissement d’appel et pour la plupart des mises à jour de
localisation. L’algorithme d’authentification reste sous le contrôle de l’abonné à contrôler
même quand celui-ci est en itinérance, en particulier parce que cet algorithme est dans le SIM.
Le chiffrement empêche un pirate d’écouter ce qui est transmis sur l’interface radio, il est
déclenché à l’initiative du réseau, grâce à des données copiées du HLR au VLR, il opère sur la
couche physique de l’interface radio.
L’EIR (Equipment Identity Register) est une base de données annexe contenant les identités
des terminaux (IME). Il peut par exemple refuser l'accès au réseau à un terminal si celui-ci
perturbe le réseau ou si celui-ci fait l'objet d'une déclaration de vol.
L’AUC (AUthentication Center) mémorise pour chaque abonné une clé secrète utilisée pour
authentifier les demandes de services et pour chiffrer (crypter) les communications.
L’EIR et l’AUC sont souvent considérés comme partie intégrante du sous-système
d'exploitation et de maintenance (OSS).

Sous-système d’exploitation et de maintenance (OSS)


L'administration du réseau comprend toutes les activités qui permettent de mémoriser et de
contrôler les performances d'utilisation et les ressources de manière à offrir un niveau correct
de qualité aux usagers. On distingue 5 fonctions d'administrations :
▪ L'administration commerciale : La déclaration des abonnés et des terminaux, la
facturation, les statistiques ...
▪ La gestion de la sécurité : La détection des intrusions, le niveau d'habilitation ...
▪ L'exploitation et la gestion des performances : L'observation du trafic et de la qualité
(performance), les changements de configuration pour s'adapter à la charge du réseau,
la surveillance des mobiles de maintenance ...
▪ Le contrôle de configuration du système : Les mises à niveau de logiciels, les
introductions de nouveaux équipements ou de nouvelles fonctionnalités ...
▪ La maintenance : Les détections de défauts, les tests d'équipements ...
Deux niveaux de hiérarchie sont définis dans la norme GSM. Les OMC (Operations and
Maintenance Center) et le NMC (Network and Management Center). Cette organisation a été
définie afin de permettre aux opérateurs télécoms de gérer la multiplicité des équipements
(émetteurs, récepteurs, bases de données, commutateurs ...) et des fournisseurs.
Le NMC permet l'administration générale de l'ensemble du réseau par un contrôle centralisé.
Les OMC permettent une supervision locale des équipements (BSC /MSC / VLR) et
transmettent au NMC les incidents majeurs survenus sur le réseau. Les différents OMC assurent
une fonction de médiation.

Duplexage
Dans le système GSM, le duplexage se fait en fréquence (FDD : Frequency Division Duplex).
La bande de fréquence totale allouée au système est séparée en deux sous bandes d'égales
importances (bande montante uplink et bande descendante downlink), lesquelles sont séparées
par un intervalle fréquentiel qui est attribué au système et cette séparation facilite le filtrage et
la séparation des voies montantes et descendantes et crée un écart que l'on appelle « écart
duplex ».

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Dans le système GSM/DCS, deux bandes de fréquences sont utilisées, l’une autour des 900
MHz et l’autre autour de 1,8 GHz.
Dans le GSM 900 et le EGSM (Extend GSM, GSM étendu) l'écart duplex vaut : DWduplex = 45
MHz, et dans le cas de DCS 1800, il vaut : DWduplex = 95 MHz.
Le GSM 900 (ou bande 900) correspond aux bandes de fréquences 890 MHz – 915MHz en
voie montante (uplink) et 925MHz – 960MHz vers la station mobile (downlink)
Le EGSM (ou bande 900) correspond aux bandes de fréquences 880 MHz – 915MHz vers la
BTS (uplink) et 935MHz – 960MHz en voie descendante (downlink)
Le DCS 1800 (ou bande 1800) correspond aux plages de fréquences 1710MHz – 1785MHz en
uplink et 1805MHz – 1880MHz en downlink.
Un canal de transmission correspond à la ressource radio qu'il faut utiliser pour supporter une
communication téléphonique. Il est dit simplex lorsqu'il se rapporte à un slot de trame sur une
porteuse et duplex lorsqu'il correspond à deux canaux simplex.

Figure 9: Liaison duplex

Un canal fréquentiel correspond à une porteuse modulée qui occupe nominalement 0,2 MHz.
Pour le GSM 900 nous obtenons 124 canaux de 200kHz par voie, pour le EGSM nous obtenons
174 canaux espacés de 200kHz et pour le DCS 1800 nous obtenons 374 canaux de 200kHz par
voie.
On note par fd la porteuse supportant la voie descendante ou la fréquence descendante ; et fu la
porteuse supportant la voie montante ou la fréquence montante. Chaque porteuse GSM ou DCS
est identifiée de manière unique par un numéro n, désigné par le sigle ARFCN, codé sur 10 bits
conformément au plan suivant où la fréquence descendante est exprimée en MHz :
▪ Pour 𝒏 ∈ [𝟏, 𝟏𝟐𝟒] : 𝒇𝒅 = 𝟗𝟑𝟓 + 𝟎, 𝟐𝒏 ; dans le cas du GSM 900.
▪ Pour 𝒏 ∈ [𝟗𝟕𝟓, 𝟏𝟎𝟐𝟒] : 𝒇𝒅 = 𝟗𝟑𝟓 + 𝟎, 𝟐(𝒏 − 𝟏𝟎𝟐𝟒) ; dans le cas du EGSM.
▪ Pour 𝒏 ∈ [𝟓𝟏𝟐, 𝟖𝟖𝟓] : 𝒇𝒅 = 𝟏𝟖𝟎𝟓, 𝟐 + 𝟎, 𝟐(𝒏 − 𝟓𝟏𝟐) ; dans le cas du DCS 1800.

Rédigé par MASSALA MBOYI Gilles Yowel, Ingénieur en Réseau & Télécom, Mai 2020 12
2020.
RESEAUX RADIO MOBILES

▪ fu = fd - DWduplex dans les trois bandes.


Le numéro de canal peut changer durant une communication lorsque la qualité devient
insuffisante (saut de fréquence ou frequency hopping).

Figure 10 : Résumé des principales propriétés de le couche radio GSM

Rédigé par MASSALA MBOYI Gilles Yowel, Ingénieur en Réseau & Télécom, Mai 2020 13
2020.