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TELECOMMNUNICATIONS PAR SATELLITE

Notion de Signal
Un signal est une grandeur physique dont la variation dans le temps transporte une information.
On peut citer le signal lumineux (lorsque le support de transmission est un faisceau lumineux),
vibratoire (lorsque le support de transmission est une onde mécanique image des efforts
dynamiques d’un solide en mouvement), sonore (lorsque le support de transmission est une
onde acoustique), électrique (le phénomène physique est l’électricité) ou encore radio (lorsque
le phénomène qui transporte l’information est une onde électromagnétique du domaine
Hertzien). Un signal est caractérisé par son amplitude, sa fréquence et sa phase. Si on considère
la notation mathématique d’un signal sinusoïdal :
𝒚(𝒕) = 𝐀 . 𝐜𝐨𝐬(𝛚𝒕 + 𝛉)
𝐀 désigne l’amplitude du signal, 𝛚 désigne la pulsation (𝝎 = 2𝝅f où f désigne la fréquence),
𝛉 désigne le déphasage du signal par rapport à l’origine.

Figure 1: Représentation d'un signal

Notion de spectre du signal


Le mathématicien français Joseph Fourier (1768-1830) a montré que tout signal périodique de
forme quelconque pouvait être décomposé en une somme de signaux élémentaires sinusoïdaux
(fondamental et harmoniques, les harmoniques étant les multiples du fondamental) autour d’une
valeur moyenne (composante continue) qui pouvait être nulle. L’ensemble de ces composantes
forme le spectre du signal ou bande de fréquence occupée par le signal (largeur de bande). La
somme de ces sinusoïdes est connue sous le terme de série de Fourier. Si S (S désigne le signal)
est une fonction du temps, on peut écrire :
+∞

𝑺(𝒕) = ∑ 𝑺𝒏 . 𝐬𝐢𝐧(𝐧𝛚𝒕 + 𝛗)
𝒏=𝟎
La représentation graphique d’un signal réel en fonction du temps reste assez « illisible ». Elle
ne favorise pas l’analyse car tous les termes sont superposés. On a besoin d’un outil
mathématique supplémentaire. La transformée de Fourier, lorsqu’elle s’applique à une
fonction du temps donne pour résultat une autre fonction dont la variable est la fréquence. Cette

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nouvelle fonction est appelée spectre. Le spectre est la représentation de l’amplitude d’une
grandeur en fonction de la fréquence. On le détermine par la relation suivante :
+∞
s(f) = TF(S(t)) =∫−∞ 𝐒(𝐭). 𝐞−𝟐𝐢𝛑𝒇𝐭 𝐝𝐭.
Par exemple, le spectre d’un signal sinusoïdal est un pic à la fréquence du signal comme on
peut le voir sur la figure suivante :

Figure 2: spectre d’un signal sinusoïdal

Un signal étant la somme de plusieurs sinus, son spectre sera par conséquent une succession de
fréquences caractéristiques du signal de départ. Il y a complète dualité entre l'espace temporel
et l'espace fréquentiel qui est représenté par la transformée de Fourier. Cela implique l'existence
de la transformée de Fourier inverse :
+∞
e(t) = TF-1(E(f)) = ∫−∞ 𝐄(𝐟). 𝐞𝟐𝐢𝛑𝐟𝐭 𝐝𝐟
NB : la transformée de Fourier rapide (en anglais : FFT ou Fast Fourier Transform) est
un algorithme de calcul de la transformation de Fourier discrète.
La transformée de Fourier introduit la notion de spectre d'un signal qui est la caractéristique
fréquentielle d'un signal. Un signal peut être ainsi défini dans deux espaces, soit temporel soit
fréquentiel. En pratique, on mesure le spectre d’un signal à l’aide d’un équipement analogique
appelé : analyseur de spectre.
Caractéristiques des Ondes
Une onde peut se définir comme étant la perturbation d’un phénomène physique qui peut se
propager dans un espace fini ou infini. On peut citer les ondes acoustiques, mécaniques,
hydrodynamiques et les ondes électromagnétiques (qui nous intéressent en particulier dans ce
cours). En se propageant, une onde est susceptible de transporter une information, par
conséquent elle constitue un signal.
Peu importe le type d’onde considéré, elles possèdent toutes cinq caractéristiques communes :
la longueur d’onde, la fréquence, l’amplitude, la période et la vitesse.
La longueur d’onde (λ) correspond à la longueur d'un cycle complet d'une onde. C’est la
distance qui sépare deux points identiques de l’onde à un instant donné, soit deux points situés
à la même amplitude. Sans perte de généralité, on peut l’interpréter comme étant la distance
parcourue par l’onde pendant une unité de temps. Elle s’exprime par unité de mesure de
longueur.

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Figure 3: Longueur d'onde

La fréquence (𝑓) est le nombre de cycles produits par une onde par unité de temps. C’est le
nombre de fois que le phénomène physique se représente identiquement à lui-même par unité
de temps. Elle est inversement égale à la période (𝑝)qui désigne le temps au bout duquel le
phénomène physique se reproduit identiquement à lui-même. Les scientifiques ont établi une
unité de mesure correspondant à la quantité de cycle par seconde, soit le hertz (Hz). Un cycle
qui se déroule en une seconde correspond à 1 Hz.
La longueur d'onde et la fréquence sont intimement liées. Plus courte est la longueur d'onde,
plus il y a de cycles par unité de temps, donc plus la fréquence est grande :
𝒇 × 𝛌 = 𝐂, où C = 3×108 m/s (la célérité de la lumière dans le vide)
Dans le cas d'une onde sonore, la fréquence de l'onde influence la tonalité du son. En effet,
plus la fréquence est élevée, plus le son entendu sera aigu. À l'inverse, une basse fréquence
représente un son grave. Le son perceptible par l'oreille humaine est dans un intervalle de
fréquence compris entre 16 Hz et 20 000 Hz.
L'amplitude (A) d'une onde correspond à la hauteur maximale atteinte par l'onde par rapport
à l’axe des abscisses. L'amplitude dépend de l'énergie transmise par l'onde. Plus la quantité
d'énergie transportée par une onde est importante, plus l'amplitude est grande.

Figure 4: Amplitude d'une onde

Introduction aux ondes électromagnétiques


Le rayonnement électromagnétique correspond à l'ensemble des radiations émises par une
source qui peut être soit le soleil, soit la surface terrestre ou océanique ou l'atmosphère, ou
bien encore le capteur satellitaire lui-même, sous forme d’ondes électromagnétiques ou de
particules.

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Un rayonnement électromagnétique est l'une des nombreuses formes sous lesquelles l'énergie
se propage dans l'espace. La chaleur d'un feu, la lumière du soleil, les rayons X utilisés en
médecine, ainsi que l'énergie utilisée pour cuire les aliments dans un four à micro-ondes sont
toutes des formes de rayonnement électromagnétique. Bien que ces sources d'énergie semblent
très différentes les unes des autres, elles ont toutes en commun le fait de se comporter comme
des ondes.
Un bon moyen pour comprendre les ondes est de penser aux vagues de l'océan. Une onde est
simplement une perturbation d'un milieu physique ou d'un champ consistant en une vibration
ou une oscillation. La vague de la houle de l'océan, et le creux qui suit invariablement, sont
simplement une vibration ou une oscillation de l'eau à la surface de l'océan. Les ondes
électromagnétiques sont similaires, à ceci près qu'elles sont en fait formées de 2 ondes oscillant
perpendiculairement l'une par rapport à l'autre. Ces deux ondes sont respectivement des champs
électrique et magnétique couplés en oscillation. La propagation des ondes électrométriques est
régie par les équations de Maxwell (voir cours de physique des ondes).

Figure 5: Modélisation d'une onde électromagnétique.

Spectre électromagnétique
Le spectre électromagnétique regroupe l'ensemble de toutes les ondes électromagnétiques en
fonction de leur longueur d'onde et de leur fréquence.
Les ondes électromagnétiques, contrairement aux ondes mécaniques, n'ont pas besoin d'un
support matériel pour se déplacer. Selon leur longueur et leur fréquence, les ondes
électromagnétiques se classent en différentes catégories. Celles qui sont les plus connues sont
celles de la lumière visible puisqu'elles sont perceptibles par l'œil, mais il existe aussi d’autres
formes de rayonnements que l'œil ne peut pas percevoir.

Voici à quoi ressemble le spectre électromagnétique :

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Figure 6: Spectre électromagnétique

Tableau 1: les rayonnements électromagnétiques

Rayonnement Gamma X U.V. Visible I.R. Micro-ondes Radio


Traitement Radiographie, Stérilisation Eclairage, Télécommande Satellite, Radio,
Utilisation du cancer inspection des instruments laser, à distance cellulaire, TV,
bagages chirurgicaux écran four cellulaire

Généralités sur les antennes


Une antenne est un dispositif électronique qui permet convertir une énergie électrique en
rayonnement électromagnétique et inversement. C’est un dispositif d'émission et de réception
d'ondes radio, c'est-à-dire qu'elle agit dans l'interface radio en transformant les signaux
électriques en ondes radioélectriques à l'extrémité émettrice, et collecte l'énergie du signal
électromagnétique pour le traitement au niveau du récepteur.
La répartition dans l’espace de l’énergie rayonnée ou reçue est caractérisée par le diagramme
de rayonnement de l’antenne.
Le gain d’une antenne est le rapport entre la densité de puissance moyenne rayonnée par
l’antenne dans la direction (,) et la densité de puissance à rayonnement isotrope, les 2
antennes étant alimentées par la même puissance. On peut le calculer à l’aide de la formule
suivante :
𝟒𝝅𝑨
𝑮=
𝝀𝟐
Où 𝝀 désigne la longueur d’onde d’utilisation de l’antenne, et 𝑨 est la zone efficace de l'antenne
(surface effective). Elle est calculée comme le produit de la surface du réflecteur de l'antenne
et de l’efficacité de l'antenne. L'efficacité de l'antenne, à son tour, fait référence au niveau de
rayonnement de la puissance qui lui est fournie. En théorie, l'efficacité de l'antenne le niveau
maximum serait de 100 %, bien que dans la pratique, un chiffre d'efficacité typique puisse se
situer dans la fourchette de 60–70%.
En général, le gain d’une antenne s’exprime en décibel (dB) :

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GdB = 10log(G)
A noter que le décibel est également une unité acoustique qui permet de quantifier la puissance
sonore.
Une antenne isotrope n'a pas de gain, donc GdB = 0 dB (GdBi = 0 dBi). C'est une antenne
imaginaire (idéale) qui rayonne uniformément dans toutes les directions. Son diagramme de
rayonnement est une sphère parfaite.
Si une antenne possède un gain de 2,15 dB par rapport à l'antenne isotrope, on dit aussi qu'elle
a un gain de 2,15 dBi (décibel isotrope).
Lorsqu’on établit une liaison radio entre deux points éloignés d’une distance d, on peut évaluer
l’intensité du champ électrique E au niveau de l’antenne de réception :

Figure 7: Liaison Radio point à point

Avec une antenne d’émission isotrope, une surface S au niveau du récepteur reçoit une densité
de puissance P telle que :
P.S = P0 (P en W/m2 et S = 4𝜋d²)
Comme l’antenne d’émission a un gain G1 dans la direction utile, la densité de puissance
devient:
P. 𝟒𝝅d² = G1.P0
On montre que la densité de puissance en un point est reliée au module du champ électrique E
par :
E² = 120𝝅. 𝑷
L’antenne de réception caractérisée par sa surface effective A2 reçoit une puissance Pr :
Pr = A2.P (en Watt)
En décibel watt, on obtient : Pr = P0 + G1 + G2 – 20log(f) – 20log(d) + 147,5 (en dBW). C’est
la formule de Friis. Cette formule est également connue sous le vocable d’équations des
télécommunications.
Dans le schéma de la figure 7 on suppose que l’émetteur est un satellite géostationnaire de
météorologie ou de télédiffusion qui pointe vers une antenne parabolique (récepteur) vers le
sol. On appelle Puissance Isotrope Rayonnée Equivalente (PIRE), la quantité :
PIRE = G1.P0

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Dans un système de communication radio la puissance isotrope rayonnée équivalente (PIRE)


EIRP en anglais, est définie dans la direction de l'antenne où la puissance émise est maximale :
c'est la puissance qu'il faudrait appliquer à une antenne isotrope pour obtenir le même champ
dans cette direction.
La PIRE maximale autorisée est spécifiée par l’autorité de régulation des télécommunications
de la zone géographique concernée.

Présentation de la technologie VSAT


Le VSAT (Very Small Aperture Terminal) est une technique de transmission de données par
satellite. C’est un moyen particulièrement adapté à la diffusion d’informations sous la forme de
data, de sons ou de vidéo. Il peut gérer au niveau du réseau des applications haut débit pouvant
atteindre des vitesses de 20 Mbps en voie descendante (downlink) et de 78,8 Mbps en voie
montante (uplink). Ce mode transmission est dit asymétrique.
Le réseau de type VSAT est constitué d’une station terrestre principale (HUB), des stations
VSAT distantes et d’un segment spatial sur le transpondeur satellite.
Le Hub est le point le plus important du réseau, c’est par lui que transite toutes les données qui
circulent sur le réseau. Les stations distantes permettent de connecter un ensemble de ressources
au réseau ; Dans la mesure où tout est géré par le hub, les points distants ne prennent aucune
décision sur le réseau. Le segment spatial, quant à lui, représente les liens établis vers et depuis
le satellite. Les informations du Hub sont transmises au transpondeur du satellite de
communication qu’il retransmet aux stations VSAT distantes. Inversement, ces dernières
envoient des informations via le même transpondeur satellite à la station Hub.
Le terme backhaul désigne la partie du système satellitaire qui assure les communications
terrestres entre les stations terriennes et les équipements locaux de commutation.

Figure 8: Structure VSAT

L’équipement VSAT est composé de deux éléments : l’IDU (InDoor Unit) et l’ODU (OutDoor
Unit). Ces éléments sont reliés un câble coaxial. Le câble doit être le plus court possible pour
limiter les pertes dues à l’effet Joule.
Le rôle de l’IDU est de transformer le signal reçu à partir de l’antenne parabolique afin qu’il
soit exploitable par un ordinateur. De même le terminal numérique va « traduire » le signal en
provenance de l’ordinateur pour qu’il puisse être relayé par l’antenne parabolique. Le type

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d’IDU utilisé pour les infrastructures VSAT bidirectionnelles (liaison full duplex), c'est-à-dire
les liaisons où il y a nécessité d’un chemin aller-retour simultanément (ex : VoIP, web, e-
learning…) est le modem (modulateur-démodulateur). Le type d’IDU exploité pour les services
VSAT unidirectionnel (liaison simplex), c'est-à-dire les liaisons avec un chemin allé simple
(ex : Télévision, Radiodiffusion) est le décodeur.
L’ODU est une antenne parabolique équipée d’un récepteur et d’un émetteur de fréquence
radio. En fonction du débit souhaité et de la position du satellite, les antennes (les réflecteurs)
ont un diamètre de 90 cm à 3 mètres. On y retrouve les accessoires suivants :
- OMT (Orthogonal Mode Transducer) ou Feed: Ce dispositif placé dans la source de
l’antenne partage le signal entre le BUC et le LNB, c’est-à-dire son rôle est de faire en sorte
que le signal à émettre arrive du BUC, afin qu’il soit rayonné, et le signal reçu de pouvoir être
acheminé vers le LNB afin d’être converti en courant électrique.

Figure 9: Connectique Feed - BUC - LNB

- BUC (Block Up Converter) : Cet équipement est également placé dans la source de l’antenne,
il rayonne ou émet les signaux modulés et amplifiés à l’aide de l’antenne.

Figure 10: Block Up Converter

- LNB (Low Noise Block) cet équipement qui se place dans la source permet de recevoir ou de
capter les ondes électromagnétiques à l’aide de l’antenne.

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Figure 11: Low Noise Block

Figure 12: Connexion ODU-IDU

Pour que le réflecteur puisse concentrer le maximum de puissance sur le feed, il est nécessaire
que son axe soit aligné avec celui du transpondeur du satellite où le maximum de puissance est
rayonné (vecteur de Poynting). Il faut donc pointer l’antenne suivant deux angles : l’élévation
(ou tilt) et l’azimut.
L'azimut fait référence à l'angle de rotation horizontal que doit avoir une antenne parabolique
au sol pour pointer vers un satellite spécifique. L’élévation est l’angle de rotation vertical.

Figure 13: Pointage d'une antenne

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Les satellites
Un satellite de télécommunication est un corps céleste qui peut être considéré comme une sorte
de relais hertzien. En effet, il ne s’occupe pas de la compréhension des données : ce n’est qu’un
simple miroir. Son rôle est de régénérer le signal qu’il a reçu et de le retransmettre amplifier à
la station réceptrice. Le satellite offre également une capacité de diffusion, c'est-à-dire qu’il
peut retransmettre les signaux captés depuis la terre vers plusieurs stations. La démarche inverse
peut également être effectuée ; il peut récolter des informations venant de plusieurs stations
différentes et les retransmettre vers une station particulière. De plus, il est également possible
d’établir des liaisons directes entre satellites. Donc pour résumer on peut dire qu’un satellite est
un élément spatial qui a pour rôle de produire ou relayer des données vers différents récepteurs
terrestres.
Pour éviter un chaos total dans le ciel, une réglementation internationale spécifique et stricte a
été mise en place par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT-T) concernant la
répartition des fréquences ; elle fait partie intégrante du règlement international des
radiocommunications. Cette réglementation définit notamment la position orbitale des satellites
et les bandes de fréquences qu’ils doivent utiliser et respecter.

Les fréquences
La première bande qui a été utilisé par les satellites commerciaux fut la bande C. Elle est
aujourd’hui fortement encombrée. Cette bande est divisée en deux sous bandes ; la plus basse,
pour les flux descendants (satellite/terre) et la plus haute, pour les flux montants (terre/satellite).
Dans le cas d’une communication full duplex, il est nécessaire de disposer de deux canaux par
connexion dans chaque plage de fréquences. Cette bande est surtout utilisée par les opérateurs
pour leurs liaisons intercontinentales.
La bande Ku est la plus récemment utilisée, donc pas encore encombrée. L’inconvénient de
cette bande est qu’elle est très sensible aux orages ; l’eau de pluie absorbe les signaux. Par
contre cette bande, est peu sensible aux parasites urbains et est donc préconisée pour
l’utilisation des stations VSAT en ville.
La bande Ka permet l’utilisation d’antennes très petites. Cette bande est surtout utilisée par les
terminaux mobiles de type GSM.
La bande L est principalement destinée aux satellites en orbite basse. Les bandes de fréquences
de la bande L ont été définies par la conférence mondiale (CAMR) de 1992 pour le service
mobile par satellite.
La bande X est réservée aux applications militaires.
Une bande n’est rien d’autre qu’une gamme de fréquences comprises entre une fréquence
minimale et une fréquence maximale encore appelées fréquences de coupure.
Un satellite peut recevoir le signal de l’émetteur sur une bande B1 et le transmettre au
destinataire sur une autre bande B2.

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Figure 14: Dénomination des bandes de fréquences

Les orbites
L’orbite est la trajectoire suivie par un solide autour d’un astre en passant toujours par son
plan équatorial.
L’orbite du satellite est une ellipse dont le centre de la Terre est un des foyers. Le point le plus
proche de la terre est appelé périgée et le point le plus éloigné est appelé apogée. Le satellite
se déplace d’autant plus vite qu’il est proche de la terre. D’après la troisième loi de Kepler, on
peut déduire la période de révolution d’un satellite sur son orbite par la relation suivante :

𝒂𝟑
𝑇 = 2𝝅√ , avec µ = G.MTerre = 3,986.1014 m3.s-2
µ

Figure 15: Orbite d'un satellite

Les principales solutions pour placer les satellites sur les orbites de la Terre sont LEO, MEO,
GEO et HEO.
LEO (Low Earth Orbit) désigne la position la plus basse que les satellites peuvent occuper par
rapport à la surface de la Terre. Les satellites situés sur cette orbite fournissent des services de

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données à large bande avec le plus faible retard possible. Les satellites LEO se trouvent
généralement à moins de 5000 km de la surface de la Terre ; la plupart des satellites sont situés
entre 500 et 1600 km. Les solutions typiques apportées par les satellites LEO sont orientées
vers les missions de sauvetage, les appels vocaux et les transferts des masses de données.
MEO (Medium Earth Orbit) se situe entre les orbites les plus basses et les orbites les plus hautes,
à une distance comprise entre 10 000 et 20 000 km par rapport à la surface de la Terre.
Logiquement, les valeurs de retard de la transmission radio sont plus longues que dans le cas
de LEO.
GEO (Geostationary Earth Orbit) fait référence à un angle de satellite géosynchrone avec une
inclinaison nulle. Cela signifie qu’en pratique le satellite semble rester au-dessus d'un seul point
de l'équateur terrestre. L'orbite de géostationnaire fait référence au plan équatorial. Elle a une
forme elliptique, et son périgée est à 200 km et son apogée à 35 870 km. L'avantage de cette
solution est qu'elle fournit une zone de couverture permanente sans variations pendant
l'utilisation des services fournis par le satellite aux utilisateurs finaux.
Une orbite spéciale est HEO (Highly Elliptical Orbit), qui est, contrairement à toute autre
variante mentionnée précédemment, très elliptique. La Terre est dans l'un des deux points
focaux de l'ellipse. Elle est également appelée « extrem elliptic Orbit » (EEO).

Figure 16:Les différents types d'orbites

Selon l'association UCS (Union of Concerned Scientists), 2063 satellites opérationnels étaient
en orbite autour de la Terre au 1er avril 2019. Le plus ancien encore en opération est un satellite
amateur américain, Amsat-Oscar 7 (AO-7), lancé le 15 novembre 1974. La cadence des
lancements s'est brusquement accélérée ces dernières années, avec 378 satellites lancés en 2017
et 375 satellites en 2018. Cette prolifération est liée à deux phénomènes : d'une part, de plus en
plus de pays s'intéressent à l'espace. L’Angola a ainsi lancé son premier satellite en 2017,
destiné à fournir des services de communication (radio, télévision, voix) et
d'Internet haut débit au-dessus du continent africain et d'une partie de l'Europe. D'autre part, les
satellites se miniaturisent avec l'apparition des nanosatellites pas plus gros qu'une boîte à
chaussures.

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Schéma de principe d’un satellite

Figure 17: schéma de principe d'un satellite

Le bilan de liaison (link budget)


Nous appelons bilan de liaison l’équation permettant de calculer le rapport signal utile sur bruit
en sortie du récepteur en fonction de tous les paramètres qui influent sur la puissance de l’onde
émise. Toute liaison satellite se décompose en deux parties : la liaison montante c’est à dire le
transfert du signal depuis la station émettrice terrienne vers le satellite, et la liaison descendante
c’est à dire le transfert du signal du satellite jusqu’à la station réceptrice terrienne. Nous avons
donc deux bilans de liaisons distincts. Pour chacun des deux nous retrouvons le paramètre G/T
qui désigne le facteur de mérite de l’antenne, G est le gain de l’antenne et T est la température
de bruit de tout le système ramené à l’entrée de l’antenne en degré Kelvin. Notons également
que dans le domaine spatial nous parlons beaucoup de PIRE ou Puissance Isotrope Rayonnée
Equivalente qui rappelons-le, est le produit de la puissance fournie à l’entrée de l’antenne
d’émission par son gain. Comme les puissances et les antennes utilisées sont très diverses d’une
station à une autre, la PIRE fournit un paramètre commun permettant une vraie comparaison
directe et objective entre stations différentes de la même manière que le facteur G/T. Nous
avons donc introduit les deux paramètres fondamentaux d’une station d’émission - réception
satellite : le G/T pour la réception et la PIRE pour l’émission. Le satellite est caractérisé de la
même façon.

Figure 18: synoptique d'une liaison via satellite

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Bilan de liaison pour la voie montante


Soit (C/N)m le rapport signal sur bruit au niveau du satellite :
𝐺
𝐶 𝑃𝐼𝑅𝐸𝑠𝑜𝑙 (𝑇 ) 𝐿𝑚
𝑠𝑎𝑡
( ) =
𝑁 𝑚 𝑘𝐵
PIREsol = PIRE de la station terrienne émettrice = Puissance fournie à l’antenne Pe × Gain de
l’antenne Ge.
(G/T)sat = facteur de mérite du satellite.
Lm = paramètre dépendant de la longueur d’onde 𝛌 du signal transmis et de la distance Dm
entre la station sol émettrice et le satellite :
2
𝛌
𝐿𝑚 = ( )
4𝝅𝑫𝒎
k = constante de Boltzmann = 1,38×10-23 W/Hz/K
B = bande passante équivalente de bruit, soit en bonne approximation la bande passante des
filtres pour le type de modulation utilisée.

Bilan de liaison pour la voie descendante


Soit (C/N)d le rapport signal sur bruit au niveau de la station de réception sol :
𝐺
𝐶 𝑃𝐼𝑅𝐸𝑠𝑎𝑡 (𝑇 ) 𝐿𝑑
𝑠𝑜𝑙
( ) =
𝑁 𝑑 𝑘𝐵
PIREsat = PIRE du satellite = Puissance fournie à l’antenne Psat × Gain de l’antenne Gsat.
Psat peut se déterminer avec (C/N)m calculé précédemment et la puissance du bruit Pbruit du
transpondeur du satellite. Dans ce cas : Psat = (C/N)m+Pbruit.
(G/T)sol = facteur de mérite de la station sol.
Ld = paramètre dépendant de la longueur d’onde 𝛌 du signal transmis et de la distance Dd
entre le satellite et la station réceptrice :

𝛌 2
𝐿𝑑 = ( )
4𝝅𝑫𝒅
k = constante de Boltzmann = 1,38×10-23 W/Hz/K.
B = bande passante équivalente de bruit, soit en bonne approximation la bande passante des
filtres pour le type de modulation utilisée.
Ce bilan de liaison ne prend pas en compte le bruit superposé au signal lors de la liaison dans
le sens Terre → Satellite. Nous faisons comme si la liaison montante n’apportait pas de bruit.
Il faut donc voir ce bilan de liaison comme indépendant du premier.

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Bilan de liaison global


Le rapport signal sur bruit de la liaison global se déduit des deux derniers par la formule
incontournable dans les communications spatiales :
𝑪 𝟏
=
𝑵 𝟏 𝟏
𝑪 + 𝑪
( 𝑵) (𝑵)
𝒎 𝒅

C/N est le rapport signal sur bruit en sortie du récepteur de la station terrienne. Cette formule
est en fait générale et s’applique pour toute liaison utilisant un transpondeur linéaire spatial ou
terrestre.
Ces quelques formules fondamentales permettent de mieux comprendre comment sont
calculés les bilans de liaison dans le domaine spatial. Elles permettent de dimensionner les
antennes et les émetteurs des satellites en fonction de la mission visée c’est à dire du type de
transmission (analogique, numérique …), de la couverture, de l’accessibilité etc…
Les logiciels de calcul de bilan de liaison se basent sur ces équations.

Figure 19: Réseau multiservice par satellite

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