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PATHOLOGIES

SÉMIOLOGIE

388. Dysphonie
Définition et physiologie
Enrouement ou altération du son laryngé.
Plusieurs facteurs conditionnent une bonne émission vocale :
• des facteurs locaux  : cordes vocales régulières, lisses, souples, de
bonne mobilité s'affrontant parfaitement lors de la phonation ;
• des facteurs généraux  : importance du soufflet pulmonaire ou du
mode respiratoire, âge, sexe, imprégnation hormonale.

Physiopathologie et mécanismes d'adaptation


Deux mécanismes doivent être recherchés de principe devant une
dysphonie :
• une anomalie morphologique des cordes vocales ou du larynx ;
• un défaut d'affrontement des cordes en particulier lié à une immobi-
lité des cordes vocales (paralysie ou blocage).
Le premier diagnostic à évoquer est le cancer du larynx d'autant plus

ORL
que le sujet est fumeur.

Étiologie
• Dysphonie aiguë de l'adulte :
– laryngite aiguë ;
– traumatisme laryngé fermé (hématome cervical, strangulation,
œdème) ;
– plaie cervicale.
• Dysphonie chronique de l'adulte :
– tumeur maligne ;
– tumeur bénigne (polype, nodule, kyste corde vocale) ;
– laryngite chronique ;
– paralysies laryngées uni- ou bilatérales d'origine iatrogène (post-
opératoire cervicale ou thoracique), tumorale, neurologique ;
– fonctionnelle : surmenage vocal, fatigue vocale touchant principa-
lement les professionnels de la voix.
• Dysphonie aiguë de l'enfant :
– laryngite aiguë sous glottique ;
– angiome sous glottique.

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• Dysphonie chronique de l'enfant :
– sténose laryngée congénitale ;
– stridor laryngé congénital appelé également laryngomalacie ;
– kystes congénitaux ;
– papillomatose laryngée ;
– fonctionnelle très fréquente liée à un malmenage vocal.

Diagnostic
Signes fonctionnels
L'interrogatoire précise son mode d'installation brutal ou progressif,
son caractère transitoire ou permanent.
On recherche une intoxication tabagique, une exposition profession-
nelle à des troubles de la voix (enseignant, chanteur, commerçant…),
des antécédents d'intubation, de traumatisme cervical, de trachéoto-
mie, de chirurgie cervicale ou thoracique.
On recherchera toujours également des signes associés qui vont aider
à orienter le diagnostic : odynophagie (douleur à la déglutition), dys-
phagie, dyspnée laryngée, otalgie réflexe unilatérale, fausses routes,
hypersialorrhée, trismus, douleur cervicale, régurgitations, notion de
reflux gastro-œsophagien, toux, altération de l'état général, amaigris-
sement.
Examen clinique
L'examen du larynx se fait par laryngoscopie indirecte. En consulta-
tion, un miroir laryngé est introduit dans la cavité buccale derrière la
luette et le voile du palais, et dirigé vers le bas afin d'apprécier la mor-
phologie du larynx, et la mobilité des cordes vocales et des
aryténoïdes.
Parfois, cet examen est difficile pour des raisons anatomiques ou à
cause d'un réflexe nauséeux important. On s'aide alors d'une fibro­
scopie pharyngo-laryngée (souple) par voie nasale qui est réalisée
pendant la consultation spécialisée. Elle permet une excellente
observation des structures et des mouvements du larynx et de
l'hypopharynx.
Il est parfois nécessaire de proposer une endoscopie sous anesthésie
générale du larynx, pharynx et hypopharynx (tube rigide) à visée dia-
gnostic (éventuelle biopsie) ou thérapeutique.
Un examen ORL complet de la cavité buccale, de l'oropharynx à
l'abaisse langue est également systématique, associé à une palpation
endo-buccale et des aires ganglionnaires cervicales.

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Examens complémentaires
• Radiographie pulmonaire.
• Scanner cervicothoracique.
• Examen stroboscopique des cordes vocales.
• Électromyogramme des cordes vocales.
• Bilan orthophonique.

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