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PINDARE

Pythiques (III, IX, IV, V)


<< ÉRASME >>
COLLECTION DE TEXTES GRECS COMMENTÉS
publiée sous la direction de Robert FLACELIÈRE, membre de l'Instititt

III, IX, IV, V)


Édition, introduction et commentaire
de

JACQUELINE DUCHEMIN
Professeur à l'Université de Paris

PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE


r 08, BouLEVARD SAINT-GERMAIN,
PARIS-VIe
DÉPOT LÉGAL
1re édition • • • • • • 3e trimestre 1967
TOUS DROITS
de traduction,, de ,reproduction et d'adaptation
reserves pour tous pays
© 1967, Presses U,iiversitaires de France
AVANT-PROPOS

Ce Choix de Pythiques comprend essentiellement les trois


Odes triomphalesécrites par Pindare en l'honneur de Cyrénéens :
la plus ancienne, la IXe, en l'honneur du coureur Télésicrate,
la IVe et la Ve en l'honneur du roi de Cyrène, Arcésilas IV,
vainqueur à la course des chars. Il nous a paru préférable de
les donner dans l'ordre où elles ont été composées, remettant
la IXe avant les deux autres, qu'elle a précédées de douze ans.
A ces trois Odes cyrénaïques a été jointe l'Épître à Hiéron
dite IJJe Pythique. Quelque peu antérieure, selon nous, à la
IXe Pythique, elle présente avec celle-ci d'intéressants points
de contact, d'une part en ce qui touche les deux divinités,
guérisseuses l'une et l'autre, Apollon et son fils Asclépios, de
l'autre du point de vue des sources littéraires, en particulier
des mythes d'héroïnes empruntés à Hésiode. Nous l'avons
donc laissée à sa place chronologique normale, la première,
comme une pièce introductive à ce choix de poèmes.
BIOGRAPHIE DE PINDARE (il

Pindare est né à Cynoscéphales, bourg voisin de Thèbes,


au cours de la 65e Olympiade, soit entre 520/19 et 517/16.
Comme il nous apprend lui-même (fr. 193) qu'il naquit au
moment de la fête Pythique, l'année 518/17, troisième de
l'Olympiade, est, sans conteste, celle de sa naissance (2). Si
l'on donne leur sens littéral aux expressions de ce fragment
(comme le fait la Vie ambrosienne, qui nous l'a conservé), nous
devons fixer en août-septembre 5 18 sa venue au monde. Son
père se nommait, selon les uns Daïphantos, selon d'autres
Skopélinos ou Pagondas (3), sa mère Myrtô ou Kléodiké. De

(r) Notre principale source (à part quelques indications éparses) est constituée
par cinq Vies transmises par la tradition manuscrite : a) une Vie en hexamètres,
dite Vie métrique, sans doute la plus ancienne (voir J. lRIGOIN, Histoire du texte
de Pindare, p. 36), incluse par Eustathe dans celle qu'il a lui-même rédigée; b) la
Vita Ambro.riana, incluse dans l'Ambro.rianu.rA de PINDARE;c) l'article Illvaixpoi;
du Lexique de SuroAs (x 0 siècle); d) la Vie mise par Eustathe de Thessalonique
(xrr 6 siècle) en tête de son Commentaire,aujourd'hui perdu, aux œuvres de Pindare;
e) celle du grammairien byzantin Thomas Magister (xrrr 0 -xrv 0 siècles).
(z) Voir dans C. GASPAR,Es.rai de chronologie pindarique, p. z sqq., la discussion
concernant la chronologie de Bœckh, qui, de façon erronée, faisait remonter
quatre ans trop haut la Jre Pythiade : il se trouvait alors amené à décaler d'une
Pythiade la naissance de Pindare, pour ne pas supposer qu'il ait composé à seize
ans son œuvre conservée la plus ancienne, la X 0 Pythique.
(3) Eustathe préfère ce dernier nom, pour sa consonance typiquement thé-
baine (cf. Épaminondas). Les tenants de Skopélinos précisent qu'il était joueur
de flûte et enseigna lui-même les premiers rudiments à son fils. Le nom de
Daiphantos a pour lui d'avoir été celui du fils de Pindare.
4 PINDARE

la Ve Pythique ( 1 ), on infère que sa famille, qui appartenait


évidemment à l'aristocratie thébaine, descendait de ces fameux
Égides, qui jouèrent un grand rôle dans les invasions doriennes
et célébraient traditionnellement le culte d'Apollon Karnéios.
Suidas lui donne un frère, Érotion, et, d'après la Vie métriqz1e,
il avait pour frère jumeau Éritimos, athlète et chasseur
valeureux.
La Vie d'Eustathe et la Vie ambrosienne(2) rapportent sur
son enfance et sur sa vocation poétique de gracieuses légendes :
enfant, une abeille aurait commencé à édifier sur ses lèvres,
pendant son sommeil, ses rayons de cire (3); songe ou réalité,
l'épisode aurait déterminé sa vocation poétique. Selon les uns
(Eustathe), son père le confia, pour apprendre le chant et la
musique, à Lasos d'Hermione (4); selon d'autres, il alla étudier
dans Athènes, soit auprès d' Agathoclès, soit auprès d' Apollo-
dore (V. A.); celui-ci, durant une absence, le chargea, enfant
qu'il était (1tcx.t3l
ovTt),de diriger à sa place les répétitions d'un
chœur cyclique: ce fut un tel succès que le jeune Pindare devint
célèbre (3tcx.Ô6Y)TOV)d'un seul coup.
Ses rapports avec Athènes, inaugurés de si bonne heure et
si brillamment, ne pouvaient en rester là. Il chanta plus tard

(1) Voir les v. 69-81, le commentaire au passage et la Notice à cette Ode.


(2) Celle-ci semble être une émanation de celle-là, qu'elle résume à peu près,
reprenant parfois des parties de phrase entières.
(3) D'après la Vie métrique,il était tout petit et sa mère l'avait déposé endornû
sur le sol. La Vie ambrosienneraconte, d'après Istros et Chaméléon, que la scène
aurait eu lieu sur !'Hélicon où, enfant encore, il suivait la chasse et, fatigué,
se serait endornû. Selon d'autres, il aurait eu un songe.
(4) La Vie métriqtte dit qu'il fut d'abord l'élève de Corinne; Suidas parle
aussi de Myrtis, poétesse locale. PLUTARQUE (De Gloria Atheniensium, XIV, 347 f),
rapporte l'anecdote bien connue des critiques de Corinne à ses débuts.
BIOGRAPHIE DE PINDARE 5

la cité de Pallas en termes si magnifiques ( r) et les Thébains


lui en surent si mauvais gré que - ses biographes l'affirment,
mais ce n'est peut-être qu'une légende - ils le condamnèrent
à une amende de r ooo drachmes, que d'ailleurs les Athéniens
acquittèrent. Isocrate nous apprend qu'Athènes récompensa le
poète par le titre de proxène et un cadeau de ro ooo drachmes (2).
Thèbes, on le sait, avait pris parti pour l'envahisseur perse.
Pindare appartenait, par ses origines familiales, à cette aristo-
cratie qui accueillit Mardonios et laissa tant de morts à Platée.
Nous ne savons quelle fut l'attitude personnelle de Pindare :
on écrit souvent qu'il passa ces années hors de Thèbes, à Égine
sans doute. Son œuvre, du moins de façon implicite, semble
indiquer qu'il ne partagea pas l'orientation politique de sa
patrie (3). Le début de la VIJJe Isthmique, dont tout fait penser
qu'elle suit de près Salamine et Platée (4), témoigne à la fois
d'une grande tristesse et d'un grand soulagement, tout en pro-
clamant la valeur de la liberté pour les hommes. La ve, plus
explicite, en célébrant un Éginète, loue magnifiquement l'île

(1) Il s'agit du célèbre fr. 76 Snell= Schroder, qui nous a été conservé par
une allusion d'ARISTOPHANE(Cav., 1329 et scholies), fragment de l'un des
Dithyrambes aux Athéniens, dont il constitue vraisemblablement le début :
-;-
0 -rcx:1
ÀL1tcxpcx:1
xcx:1tocr-rérpcxvoL
xcx:1&ol3LµoL,
'EMcx3oc; ~peLcrµcx,xÀeLVCXL'A0iivcx:L,3cx:Lµ6vLOV
7t''t"OÀLe0pov,
selon le texte restitué par Bœclch.
(2) Antidosis, 166. Selon le pseudo-ESCHINE (Lettre IV, 3) et PAUSAN!AS
(I, 8, 4), une statue lui aurait été élevée par les Athéniens.
(3) On connaît l'anecdote, rapportée par ses biographes, suivant laquelle les
Spartiates entrant à Thèbes, auraient épargné sa maison sur l'ordre du roi
Pausanias. Mais il y a peut-être là un doublet du trait attribué par PLUTARQUE,
da.ns sa Vie d'Alexandre, au roi de Macédoine, grand admirateur de Pindare.
(4) Voir J. DucHEMIN, Pindarepoète et prophète, p. 147 sqq.
6 PINDARE

et la cité dont les marins ont sauvé la Grèce sous la pluie meur-
trière d'une grêle sanglante (v. 49-50), allusion évidente au
célèbre combat naval. Tout cela est, certes, à l'honneur de
Pindare. Nous aurons l'occasion d'en reparler à propos de
la JXe Pythique(1).
Mais la chronologie voudrait que nous eussions parlé
d'abord du moins des œuvres de jeunesse. A vrai dire, il est
malaisé de distinguer chez le poète thébain des périodes. Si
nous ne savions que la Xe Pythique a chance d'être la plus
ancienne des Épinicies (2), nous ne le devinerions pas, malgré
tout ce que d'autres ont su y reconnaître a posteriori. S'il est
question, à propos de la poésie pindarique, d'une évolution
ou d'une division en périodes, il convient de se placer pour en
parler dans la perspective des victoires célébrées et, plus encore,
des personnalités chantées. Le poète à ses débuts a, comme il
est naturel, pour premier client, soit un Thébain, Strepsiadès
(VJJe Isthmique), soit un Thessalien (3), Hippocléas (Xe Pythi-
que), puis l'Argien Théaios, les Éginètes Sôgénès et Deinis (4).
Mais, très vite, aux athlètes d'Égine ou d'Orchomène de
Béotie, viennent se joindre des vainqueurs venus de lointains
pays : la XJJe Pythique (490) chante Midas d'Agrigente et la
Jre Néméenne (48 I) chantera Chromios de Syracuse, signes
avant-coureurs des clientèles royales, celle d'Hiéron de Syracuse

(1) Voir ce qui concerne, dans la Notice à cette Ode, l'allusion si importante
de Pindare au précepte du Vieillard de la Mer (p. 66 sqq.).
(2) Elle est la plus ancienne des Odes sûrement datées. Toutefois, pour
GASPAR, la plus ancienne serait, pour des raisons intrinsèques, la Ve IsthmiqtJe,
et la suivante la X 0 Néméenne pour Théaios. La X 0 Pythique ne serait alors que
la troisième.
(3) Parent ou protégé de l'illustre race des Aleuades, Héraclides de Thessalie.
(4) X 0 Néméenne, VII 0 et VJII 0 Néméennes.
BIOGRAPHIE DE PINDARE 7

(JJe et IJJe Pythiques,477/76 et 476; Jre O!Jmpique,476), ou celle


de Théron d' Agrigente (JJe et IJJe O!Jmpiques, toutes deux
de 476). En ces années qui suivent les grands événements de
Salamine et d'Himère, la renommée du poète s'étend aux
limites du monde grec, et nous le voyons tour à tour célébrer
des athlètes de renommée universelle, comme Télésicrate de
Cyrène (JXe Pythique,474), ou Diagoras de Rhodes (VJJe O!Jm-
pique (1), 464), ou des rois puissants, ajoutant à la clientèle des
princes de Sicile celle du jeune monarque de Cyrène, Arcé-
silas IV, avec la JVe et la Ve Pythiques,l'une et l'autre de 462.
C'est aussi l'époque de ses grands voyages. Il alla en Sicile, nous
le savons, et dirigea lui-même, à la cour de Hiéron, l'exécution
des grandes Odes triomphales, la Jre O!Jmpiqueen particulier, à
l'occasion du triomphe de Phérénikos; sans doute dirigea-t-il, au
cours du même voyage, celle de la JJe et de la IJJe O!Jmpiquesà la
cour de Théron d' Agrigente. Peut-être en fut-il de même pour la
Jre Pythique.Nous dirons à propos desJVe et Ve Pythiqitesles fortes
raisons de penser que Pindare présida lui-même à l'exécution, en
l'honneur du roi Arcésilas, de l'une, en tout cas, de ces deux
Odes, dont il est évident que la seconde fut composée sur place.
Pindare mourut dans un âge avancé, à l'apogée de son génie
et de sa renommée, au cours d'un voyage en Argos, appuyé,
raconte Suidas, sur le bel adolescent Théoxène de Ténédos,
auquel il avait adressé un Seo/ionpassionné, dont Athénée nous
a conservé un important fragment (z). Est-ce une légende?

(1) C'est cette Ode qui fut gravée en lettres d'or dans le temple d'Athéna
à Lindos.
(2) Le fr. 123 (ATHÉNÉE, XIII, p. 564 e et 601 d). Ce Théoxène aurait peut-être
été le jeune frère de cet Aristagoras de Ténédos, auquel est dédiée la XJe Néméenne:
voir GASPAR, op. cit., p. 170-171.
8 PINDARE

Ses biographes citent à l'appui une épigramme où l'on voit


ses :filles rapporter à Thèbes ses cendres. Avait-il atteint, comme
certains l'ont assuré, l'âge de quatre-vingts ans? La date de
la VIJJe Pythique (446), combinée avec celle de sa naissance,
oblige à penser qu'il dépassa de toute manière les soixante-
douze ans.
Sur sa renommée comme sur sa piété, les Vies rapportent
des légendes aussi gracieuses qu'édi:fiantes. C'est l'histoire du
dieu Pan parcourant les vallées du Cithéron et de !'Hélicon en
chantant un Péan de Pindare, et le poète de composer pour lui
un chant dont les biographes donnent le début (fr. 95 des
Parthénées).C'est aussi la légende de Déméter reprochant au
poète, en songe, de ne pas l'avoir célébrée, seule de tous les
dieux : et Pindare d'offrir à la déesse un chant écrit pour elle
(fr. 37 d'un Ifymne à Perséphone). On connaît aussi l'histoire,
racontée par le Scholiaste à la IJJe Pythique, de Pindare élevant
de ses deniers, près de chez lui, un temple à la Grande Mère,
en l'honneur de qui chantaient des jeunes :filles, probablement
les :filles du poète (1). Enfin, tous les biographes, et ceci n'est
nullement légendaire, s'accordent à rapporter les honneurs
extraordinaires qu'Apollon, dans son sanctuaire delphique,
accorda au poète qui fut avec un tel éclat son chantre et son
héraut. A Delphes, chaque jour, au moment de fermer le
temple, le membre du clergé chargé de cet office appelait à
haute voix Pindare, l'invitant à venir prendre part au festin
du dieu. Le dieu aurait même, d'après la Vie métrique, offert
au poète, pour son voyage de retour à Thèbes, <<provisions de

(r) Voir notre commentaire à la JJJe Pythique, v. 77 sqq. On voit dans ce


passage Pan associé à la Grande Mère.
BIOGRAPHIE DE PINDARE 9

route et vin agréable >>.Pausanias, de son côté, devait voir à


Delphes <<le trône de Pindare >>,trône de fer où, chaque fois
qu'il venait à Delphes, le poète venait s'asseoir pour chanter
ses poèmes en l'honneur d'Apollon (X, 24, 4). N'oublions pas
non plus que le jeune Daïphantos, fils du poète, avait été
daphnéphoreà l'une des fêtes qui, tous les neuf ans, honoraient
à Thèbes Apollon Isménien. Pindare, d'après la V. A., avait
composé l' Hjmne chanté à cette occasion par la procession
accompagnant le porteur du laurier sacré : le fr. 94 b des Par-
thénées nous donne un échantillon du genre, dont Proclos a
parlé, décrivant longuement les détails de la fête ( 1 ). Il y aurait
beaucoup à dire sur l'esprit delphique de Pindare, et même, à
notre avis, sur la part qu'il prit, au moins autant qu'Eschyle, ce
contemporain si proche de sa pensée, à l'élaboration même de
cet esprit. Nous nous bornerons ici à renvoyer aux volumes
cités dans notre bibliographie.

(1) Voir A. PUECH, t. IV de son édition, p. 168-169.


LA LANGUE DE PINDARE (r)

Il n'est pas question de traiter ici, même de façon sommaire,


du vocabulaire pindarique, si riche en termes poétiques, épiques
en particulier et où foisonnent les &1t0(.~ On trouvera
e:tp'Y)µtvO(..
les principaux de ceux-ci indiqués au long du commentaire.
La langue de Pindare est une langue littéraire, c'est-à-dire
qu'elle n'a été nulle part parlée telle quelle. Langue de la grande
lyrique chorale, elle est à prédominance dorienne. Mais elle a
en même temps une couleur éolienne prononcée, ce qui ne peut
nous étonner, si nous songeons que la Béotie (comme aussi la
Thessalie) est dans l'aire des dialectes éoliens. A ces deux
groupes d'éléments, Pindare ajoute, sans parler de formes rares
plus ou moins isolées, de nombreuses formes épiques, emprun-
tées aux textes homériques et hésiodiques; parmi ces formes,
outre l'ionien et diverses formes archaïques ou archaïsantes,
on reconnaît surtout de l'éolien.
Dans la phonétique pindarique, le son ix., qui domine en
dorien, est abondamment représenté : µ&v un peu partout,
7t0(.V'rq_, (IV, 94, épq. 7tf)O'rf)07t0(.a~v),
1tpo-rp01tO(.a&v des ex. de cp&µ~,
y.iµe:v (III, 91), uniipxe:v (IV, 20 5, 24 5), des noms propres,

(1) Nous n'avons emprunté nos exemples qu'aux Pythiques étudiées dans
cette édition. Nous avons, d'autre part, laissé de côté les problèmes relevant de
la transmission des textes, notamment celui du rajeunissement par les copistes
des for111es dialectales.
12. PINDARE

'AcrxÀ(J..rtL6v(III, 6), Il(/.."Alou(III, 4) et le dieu 'AÉÀLoç (III, 24;


IV, 144, 241). Ajoutons l'expression rc&XELµ&xEL't'E (IV, 245)
et la forme &y'Yjµ(J..L (= ~yÉoµ(J..L,IV, 248). Le 't' pour crest fréquent
(ToL pour croL, etc.).
On trouve des mots doriens : quelques invariables, cLv
pour oôv (µtv cLv,III, 47; cLv't'LvL,IV, 297), &'t'E(= &cr't'E,IV, 64),
rco't'l pour rcp6:; (IV, 24; cf. rto't'Lcr't'cx.~wv, IV, 1 37); un crxéx.rt't'ov
pour crx'Yjrt't'pov(IV, 15 2), plusieurs yÀÉ<j)(J..pov pour ~ÀÉ<j)(J..pov
(cf. È:ÀLXO"(ÀE<j)&pou, IV, 172).
L'éolien est représenté notamment par le traitement Èoîcr(J..
pour oôcr(J..,Mo'i'.cr(J..,
KpÉoLcr(J..,
'Apf0oLcr(J..pour Moucr(J..,etc.; les finales
des participes en -(1..LÇ, Àùcr(J..LÇ, (III, 2 7), rt(J..rt't'IX.V(J..LÇ
T6crcr(J..LÇ (IV, 9 5),
(IV, 100 ), les doubles cr (o"AÉcrcr(J..L,
X(J..'t'(J..µL&v(J..LÇ les
't'EÀÉcrcr(J..L),
doubles v dans les adj. <j)(J..Evv6ç, XÀEEvv6ç;les désinences donnant
les infin. ~µµEv(J..L,~µµEv, etc.; l'usage de l'esprit doux dans des
formes &µ(J..p,etc., ou les pronoms personnels; la préposition Èv
pour Etç (IV, 2 58; V, 38); le mot purement éolien <j)~p(III, 4;
IV, 119), etc.
Pindare présente aussi de nombreuses caractéristiques de la
langue épique, notamment l'absence de contraction, dans des
formes nominales, v6oç, rc"A6oç,&oLô&,etc., ou verbales, après
chute de consonne intervocalique, du type ~ELrtEvou El)XE(J..L,
etc., un vocalisme e, dans ~"(EV't'(
véµE(J..L, o) ( 1), une forme ÔÉxov't'(J..L
(V, 86; cf. urcÉÔEX't'o,IX, 9); des formes d'ionien familières à
l'épopée, µouvoç, ~Eîvoç, etc., des invariables de l'épopée, &'t'&p,
etc. Pindare, du reste, associe des formes différentes d'un
l5<j)p(J..,
même mot, rc6pcrwou rcp6crw, cependant que chez lui Ècr0"A6ç dispa-

(1) C'est une forme artificielle, déjà refaite chez Homère. Voir P. CHANTRAINE,
d,,
Morphologiehistoriq11e Grec, p. 179.
LA LANGUE DE PINDARE

raît au profit d'ècrÀ6ç. Ajoutons une certaine tendance a11x


formes syncopées, telles que &.yxoµlcroct (IV, 54),
(IV, 9), &.µv&crzt
1tocpcp&µzv (IX, 43), IXÀL7tÀll.X't"ou
(IV, 14).
De ces remarques, il ressort que la morphologie pindarique
est à la fois riche et variée. La première déclinaison présente,
à côté de formes purement doriennes comme yÀwcrcrocc; ou 0ocÀ&crcr~,
des génitifs masculins soit du type dorien, Oôpocv(~oc (III, 4) ou
<DÀzyooc (III, 8), soit du type homérique (éolien) comme Kpovl~oco
(IV, 171) ou oclxµoc't"iio (IV, 12). On trouve des génitifs pluriels
doriens, 1tocv't"o~oc1tiiv,
u~L7tE't"iiv,
et des datifs épiques, Aoc't"ol~octcrtv
ou ~zcr1tocrovoctcrtv (IV, 267). La deuxième présente, bien entendu,
le type éolo-dorien Àoc6c; ou voc6c;,des formes épiques de génitif
singulier, type v6cr't"otoou NzlÀoto (1), ou de datif pluriel,
~µt0Éotcrtv ou cptÀÉotcrtv.La troisième présente des formes
épiques anciennes, telles que &.ptcr't"Yjzc;, ~occrtÀ~L,
~occrtÀ'ljocc;,
etc.,
avec des formes doriennes va6c;, vat, et des accusatifs pluriels,
de type dorien comme cp&'t"îç (III, 112), ou homérique, en même
temps qu'attestés en dorien et en éolien, comme 't"Ép~tocc; (IX, 19).
Au datif pluriel, il y a coexistence du crclassique et du crcrhomé-
rique, parfois dans un même groupe de mots : çlcpzcrtvoô~'&.x6v-
(IV, 147-48); le mot 5pvtc;(avec élargissement dorien x),
't"Ecrcrtv
fournit deux formes remarquables de datif, l'un de type x6pocçt
(opVLÇLV, V, 112), l'autre à finale épique (àpvlxzcrcrL,IV, 190).
Sur &.v~p,on trouve un datif &.v~p&crt (du type des nombreux
cppoccrl)en même temps qu'une forme ofv~pzcrcrt (V, 64). Mais
les formes les plus remarquables sont à coup sûr celles de ces

(1) Ces fonnes se rencontrent surtout dans la /Ve Pythique,dont elles contri-
buent à attester le caractère épique (aussi iiÀ(o~o, IX, 94, citation d'Hésiode).
Le génitif en -o~o était, semble-t-il, la forme ancienne du génitif dans le thessalien
oriental : cf. CHANTRAINE,Morphologie,p. 19.
PINDARE

quelques datifs du type 0e:pœ1t6v"t"e:crcrLv (IV,


(IV, 41 ), ÈÀ06v"t"e:crcrL
(V, 50), d'un effet poétique extrêmement
30), 1te:"t"6v"t"e:crcrLv
recherché.
Mêmes remarques du côté de la conjugaison. Les indicatifs
présentent de multiples formes doriennes, le fréquent cpœµl et
le rare lcr<iµL (IV, 248), à côté des cpœv'Tl,cptpov'TL,ÉXOV'TL, Èv"t"l
et de l'homérique Ècrcrl. Nous relevons un futur éolien, vwµcx.-
croLcrLv(IV, 18), des aoristes doriens, Ëcpœ,x.œ"t"tÔœ, etc.,
Ëcr"t"<Xcrœv,
éoliens comme È1tt"t"ocrcre: en IV, 2 5, ou une forme isolée,
("t"6crcrœL)
refaite, Èx.8L8cx.crx.'f)crEv
(IV, 217 ), à côté de l'usuel 8L8cx.~<XL(III, 4 5).
Relevons aussi de nombreux aoristes passifs à voyelle brève
(3 e pl.) à la manière homérique, fréquents surtout dans la
]Ve Pythique(cpü"t"e:U0e:v, IV, 69; x.pl0e:v, IV, 168; µlye:v, IV, 261;
Ëcp0œpe:v,III, 3 5), ainsi que les aoristes à double cr, à la fois
homériques et éoliens, du type cppcx.crcr<X"t"E (IV, 117) ou 0e:µLcrcrœµt-
vouç (IV, 141), et quelques formes remarquables d'aoriste en -x.œ,
8wx.œv (IV, 116) ou 0'f)x.cx.µe:voç (IV, 29). Une mention particulière
doit être faite pour Ëyvov (IV, 120; IX, 79 ), forme d'aoriste
radical à laquelle la langue d'Homère offre des formes compa-
rables (1). A part un subjonctif dorien Ëp<i"t"<XL (IV, 92) et des
optatifs éoliens qui n'ont rien de notable, les autres formes
personnelles offrent peu de chose. Il n'en est pas de même au
participe, où la gamme est complète, peut-on dire, avec l'inté-
ressante forme homérique (<i éolien) &.1toupœç(IV, 149), le part.
pft dorien ye:ye:vvœµtvoL(V, 74) et les notables formes éoliennes
de part. pft x.e:xÀcx.8oV"t"/XÇ (IV, 179) et 1te:cpplx.0V"t"/XÇ
(IV, 183)
réunies dans un même passage. Du côté des infinitifs, les formes

(r) Ex. ~ôixv (HoM.), ~aov (llis.), qui, pense M. CHANTRAINE (Morphologie,
p. 365), << doivent appartenir au vieux fonds éolien du dialecte >>.
LA LANGUE DE PINDARE

éoliennes abondent, depuis les ~µ,µ,Evai-~µ,µ,Ev,jusqu'aux formes


secondes comme &yayÉv, etc., en passant par les innombrables
,
presents '
<J'UVEfLEV, '
7t'êl<J')'..EfLEV, '
cpaLVEfLEV .
ou aoristes, 0êlVEfLEV,
1
0'EfLEV
crx_E
a6µ,Ev. Notons encore un inf. aor. ionien épique, ÈvEÏ:xai (IX,
53) et une forme épique d'inf. pft. contracte yEywvEÏ:v(1).
L'anaphorique dorien viv et le démonstratif xEÏ:voç sont
chez Pindare d'usage courant. Aux personnels et possessifs
le dorien fournit des formes de ze pers. sg. (-ru, -roi d'où l'homé-
rique -rÉoç, et un datif -riv, III, 84 et IV, 275), de 1re pl. (&µ,6ç
et &µ,É-rEpoç),de 3e sg. (tv, IV, 36), tandis que le possessif
homérique et dorien é:6ç est abondamment employé, en regard
d'un crcp6çau pl. (V, 102). L'éolien, lui, fournit des personnels
à esprit doux, &.µ,µ,Eç,&µ,µ,iv,i5µ,µ,i,tous dans la IVe Pythique( 143,
155, 167, 259).

(r) Cette forme était refaite déjà dans le dialecte homérique : voir CHAN-
TRAINE, op. cit., p. 206.
L'ŒUVRE ET L'HISTOIRE DU TEXTE

Les diverses biographies de Pindare donnent des listes


d'œuvres, différentes en apparence, mais sans doute assez pro-
ches, remontant toutes à l'édition d' Aristophane de Byzance.
Les det1x principales, l' Ambrosienneet celle de Suidas indiquent
dix-sept livres de poèmes; leur comparaison permet de retenir
en tout cas : les Ifymnes, les Péans, le 1er livre des Dithyrambes,
les Prosodies,les Parthénées,les Ifyporchèmes,les Encôn1ia(1), les
Thrènes et les Épinicies ou Odes triomphales: celles-ci, on le sait,
comportent quatre livres. Nous ne pouvons même aborder ici
les questions de classement et d'authenticité, nous bornant à
renvoyer le lecteur à l'ouvrage très complet et très documenté
de J. Irigoin (2). Nous traiterons à propos de chacune des
Pythiques étudiées dans ce volume les problèmes qu'elle pose.
Rappelons seulement que les Épinicies sont réparties entre les
quatre grands Jeux, Olympiques, Pythiques, Isthmiques et
Néméens, et, à l'intérieur de chaque recueil, classées suivant
le rang des destinataires.
· est vraisemblable que le poète, une fois l'Ode composée,
e11 faisait exécuter deux copies (3), comportant des notations

(1) Ou Éloges; ils sont souvent dénommés Scolies dans les citations.
(2) J. IRIGOIN, Histoire du texte de Pindare, Paris, 1952.
(3) Outre la ou les siennes propres. Elles durent être toutes exécutées sur
papyrus, matière courante pour les transcriptions.
PYTHIQUES
2
18 PINDARE

musicales, l'une à l'usage du chorodidasca!e(1), l'autre, parti-


culièrement soignée, à l'usage du destinataire, et qui, restant
la propriété de ce dernier, constituait en fait l'édition originale.
Diverses copies circulèrent, jusqu'aux éditions systématiques
des Alexandrins Zénodote et Aristophane de Byzance. La
lyrique chorale n'étant plus exécutée, les notations musicales
disparurent. On indiqua seulement la séparation des strophes
et la cô!ométrie(2). Aristarque, au IIe siècle, et son école, puis
Didyme, contemporain d' Auguste, sont les grands commenta-
teurs anciens de Pindare, et leurs travaux sont à l'origine de nos
scholies.
Les manuscrits

Grâce aux travaux d' A. Turyn et de J. Irigoin, l'histoire


du texte de Pindare est désormais bien établie. Au long d'une
tradition ininterrompue à travers les manuscrits médiévaux
et les éditions de la Renaissance, tout remonte pour nous à
l'édition d' Aristophane de Byzance et à ses travaux, à travers
ceux des écoles d'Alexandrie et de Pergame. Après Didyme
et ses successeurs, les manuscrits et leurs scholies nous resti-
tuent encore ceux des grands Byzantins, Manuel Moschopoulos
et Maxime Planude d'une part, de l'autre Thomas Magister
ainsi que Démétrius Triclinius, que nous avons plus d'une fois

(1) Maître de musique et de ballet, chargé, lorsque le poète ne le faisait pas


lui-même, de diriger les répétitions et de présider à l'exécution. Cette première
copie devait certainement comporter aussi des indications chorégraphiques.
(2) Jusque-là les poèmes lyriques étaient écrits comme de la prose, sans
aucune séparation de vers ou de côla. Les manuscrits n'ayant transmis que la
côlo,nétrie,on sait que c'est Bœckh qui, dans son édition de 1811, restitua les vers
pindariques, tels que les éditeurs les transcrivent encore aujourd'hui.
L'ŒUVRE ET L'HISTOIRE DU TEXTE

l'occasion de nommer, tant dans nos notes que dans nos appa-
rats critiques. Mais l'événement capital, l'accident majeur de
cette tradition est, à l'époque des Antonins, la constitution
d'un Choix, dont nous ignorons l'auteur, et qui, en ne conser-
vant que les Épinicies, a fait disparaître le reste de l'œuvre
pindarique (1).
Ce Choix, édité avec un commentaire, a donné naissance à
deux recensions, !'Ambrosienneet la Vaticane, qui sont à l'origine
des deux familles de manuscrits. L' Ambrosianus A (mscr. du
XIIIe siècle) est l'unique représentant de la première : il ne
contient que les O(ympiques (sauf la XIVe) et comporte des
scholies.De l'archétype vatican procèdent deux recensions, l'une
complète, l'autre dite raccourcie, qui ne contient le plus souvent
que les O(ympiqueset les Pythiques : encore celles-ci n'y figu-
rent-elles pas toujours toutes. La recension complète est essen-
tiellement représentée par deux manuscrits, B (Vaticanus Grae-
cus I 3 12), sur papier oriental, de la fin du x11e siècle, avec
scholies, et D (Laurentianus, 32, 52), sur papier italien, du
x1ve siècle; dans la même branche, mais issu d'un autre proto-
type, C (ParisinusGraecus2774) représente l'édition planudéenne,
mais s'interrompt avec le côlon67 de la Ve Pythique.La recension
raccourcie est à l'origine d'une branche elle-même bifide :
d'un côté, signalons surtout l' Athous Iberorum I 6 I (l' A d'Iri-
goin, le <I>de Turyn), E (Laurentianus 32, 37), codex en papier
oriental, vers 1300, et F (Laurentianus 32, 33) de la fin du
x111e siècle ; de l'autre G (Gottingensisphi/. 29), sur papier
oriental, du x111e siècle, le plus ancien après B, et H (Vaticanus
(1) On sait que cette période s'est signalée par toute une série de Choix (citons
notamment ceux des TRAGIQUES), qui ont influé de façon décisive sur la conser-
vation - ou la perte - de quantité d'œuvres.
STEMMA SIMPLIFIÉ

Éd. Aristophane de Byzance


- 100
1
Choix des_Épinicies
111• s,
Archelype v.atican
Archétype ambrosien

recension complète (Translittérations)


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recension'

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pouios / D \ Tricilnius /

N. B. - Sauf A, seuls sont portés les témoins cités dans l'apparat : d'où les branches sans sigles
L'ŒUVRE ET L'HISTOIRE DU TEXTE 2.1

Graecus41) d'une part, de l'autre enfin V (ParisinusGraecus2403).


Obligée de nous limiter à cette nomenclature sommaire, nous
joignons un stemma simplifié, inspiré de celui de J. Irigoin.
Ajoutons que nous avons, pour l'établissement du texte, utilisé
les recensions d' A. Turyn.
LES JEUX PYTHIQUES

Les Je11x Pythiques occupent le second rang des grands


Jeux panhelléniques, immédiatement après les Jeux Olympiques~
avant les Isthmiques et les Néméens: l'Apollon delphique vient
aussitôt après le Zeus d'Olympie. En fait, les Jeux étaient nom-
breux dans la Grèce archaïque et classique, et certaines scholies
de Pindare en donnent d'importantes listes. Mais on ne
connaît guère, le plus souvent, que les quatre grands, à cause
de leur caractère panhellénique, à cause aussi de l'existence des
Odes triomphales.Pourtant, même chez Pindare, il paraît y avoir
des tl,piniciessuscitées par des victoires moindres : tel semble
être le cas de la JJe Pythique, dédiée à Hiéron, dont l'occasion
fut peut-être une victoire aux Iolaia de Thèbes (1). Nous devons
retenir surtout l'esprit agonistique des Grecs, qui a chez eux,
en toute matière et en tous temps, multiplié l'éclat des compé-
titions, et qui n'était sans doute pas exempt, du temps de
Pindare encore, de souvenirs archaïques et de croyances en la
puissance des vieilles magies ou de la faveur des dieux conférant
l'immortalité (2).
Sans que cela soit indiscutablement démontré, une expli-
cation générale de l'institution des Jeux peut être trouvée dans
des célébrations funéraires en l'honneur d'êtres héroïques ou

(1) Voir la Notice à la IJJe Pythique,à propos du rapport des dates des deux
poèmes.
(2) Voir J. DucHEMIN, Pindare,poète et prophète,IVe partie.
PINDARE

divins. Ce serait le cas pour les Jeux Olympiques, institués


d'abord autour du tombeau de Pélops (1). Ce serait aussi le
cas pour les Jeux Pythiques, institués par Apollon au moment
où il venait de tuer le Serpent Python et de prendre possession
de Delphes, ou Pythô, pour y établir son sanctuaire. L' I-fymne
homériqueà Apollon, dans sa deuxième partie, dite Suite Pythique,
raconte la légende qui s'y rapporte. Les croyances delphiques
veulent que le dieu se soit retiré dans la vallée de Tempé pour
s'y purifier du meurtre de Python, dieu chthonien possesseur
de l'emplacement sacré avant lui, et qu'il ait ensuite institué
les Jeux en commémoration. Le double aspect des cultes chtho-
niens, l'agraire et le funéraire, ne se laisse jamais entièrement
dissocier, et l'on peut s'attendre à retrouver à Delphes le culte
de la Terre Mère : le prologue des Euménides d'Eschyle offre
effectivement la synthèse, due au clergé delphique et présentée
sous les couleurs les plus pacifiques, des occupations succes-
sives du sanctuaire et de l'oracle par Gaia, puis Thémis, et,
après Phoibé la Titanide, par Phoibos Apollon. Comme dans
les autres Jeux, l'aspect agraire est symbolisé par la couronne
au feuillage toujours vert : elle est faite, à Delphes, d'une
branche de laurier - l'arbre d'Apollon - rituellement coupée
dans la vallée de Tempé par un jeune garçon (2). Il est attesté
aussi par le rite de la cpuÀÀoÔoÀta,dont la JVe Pythiquefournit, en
l'honneur de Jason après son exploit, le modèle exemplaire (3).
(1) Voir les deux articles de R. VALLOISsur !'Origine des Jeux Olympiques,
R.B.A., 1926 et 1929.
(2) La branche du laurier sacré était également à Thèbes l'objet d'un culte,
On la portait processionnellement dans la daph,zépho.-ieen l'honneur d'Apollon
Ieménien. On sait que PINDAREécrivit des Parthénéespour ces fêtes, et notamment
lorsque son fils, le jeune Daiphantos, fut daphnéphore.
(3) Voir le v. 240 et le commentaire qui s'y rapporte.
LES JEUX PYTHIQUES

Apollon étant le dieu citharède et musicien (1), le premier


&.ywvinstitué par lui fut, selon la tradition, celui du nomecitha-
rédique,chant accompagné de la cithare, auquel furent adjoi11tes,
en 590, une épreuve d'au/étique, c'est-à-dire de flûte (2), et,
tout à fait épisodiquement, d' aulodie,chant accompagné de la
flûte. La série des épreuves athlétiques fut introduite en 591/90,
lorsque, au cours de la première guerre sacrée (commencée
en 594/93), Delphes et les Jeux passèrent sous le contrôle des
_Amphictyons, avec la prise de Crisa par Eurylochos. Celui-ci
prit sans doute modèle sur Olympie et les épreuves instituées
furent à peu près semblables. Énumérons les diverses formes
de lutte et de pugilat, avec leur combinaison, le pancrace, le
lancer du disque et du javelot, puis les différentes sortes de
courses : la course du stade, à laquelle s'ajoutent des variétés :
diaule (parcours double), dolichos,hoplitodromos(la course en
armes de Télésicrate ), la course des chevaux montés, très
spectaculaire (3), enfin la dernière et la plus prestigieuse de
toutes, la course des chars : ces deux dernières avaient lieu dans
la plaine dite de Crisa ou de Kirrha (cf. P. III, 74), au pied des
pentes du Parnasse descendant vers la mer (4). Le magnifique
Aurige de bronze retrouvé à Delphes nous donne l'image des

(1) Voir J. DucHEMIN, Hermès et Apollon, Paris, 1960, passim, et plus parti-
culièrement ce qui concerne les rapports avec Hermès, inventeur de la lyre, et
le récit de l'Hymne à Hermès (Jre partie, chap. J 0 r).
(2) La XII 0 Pythiquechante la victoire de Midas d' Agrigente à cette épreuve.
(3) C'est à cette épreuve, mais à Olympie, que triompha Phérénikos, l'alezan
doré de Hiéron, lorsque Pindare le chanta (Jre Olympique}. Mais il avait déjà
triomphé à Delphes, deux fois d'après les scholies. Voir la 111°Pythique,v. 73-74,
le commentaire à ces vers et la Notice.
(4) Sur les monuments de Delphes et sur le site, voir l'important volume
de P. de LA CosTE-MESSELIÈRE, Delphes,son texte et ses illustrations (Paris, 1957).
26 PINDARE

vainqueurs à la course des chars, tel Carrhôtos menant l'attelage


d' Arcésilas.
Les Jeux Pythiques, qui revenaient anciennement à chaque
ennéaétéride,c'est-à-dire, dans notre façon de compter, tous les
huit ans, furent réorganisés en 591-90 selon un retour pentaété-
rique, soit tous les quatre ans, comme les Jeux Olympiques, et
fixés la troisième année de chaque Olympiade. La fête avait
lieu en été, au mois delphique de Boucatios, correspondant au
Metageitnion des Attiques, soit, pour nous, en août-septembre.
L'organisation était confiée aux hiéromnémons,représentants des
cités grecques à l' Amphictyonie delphique. C'étaient ceux-ci
qui envoyaient des messagers proclamer, comme pour Olympie,
la trêve sacrée et inviter les cités grecques. En qualité d'agotto-
thètes, ils veillaient sur les préparatifs et sur l'application du
règlement des Jeux. Ils suivaient les épreuves, et faisaient
proclamer et couronner les vainqueurs (1), qui avaient ensuite
le droit de consacrer au dieu leur statue en ex-voto, et de faire
chanter leur victoire par un poète lyrique en renom, Pindare,
Simonide, Bacchylide ou tout autre, soit avant de quitter le
sanctuaire, soit - et ce devait être le cas le plus fréquent -
à leur retour dans leur patrie, au milieu de leurs amis et de leurs
concitoyens (2). C'est à cet usage que nous devons les Épinicies,
parmi lesquelles les Pythiques, de Pindare.

(1) L'&ywv de Delphes était cr-recpcxv(TI)ç,


comme celui d'Olympie, après avoir,
dit-on, été XP'YJµCX"t"L"t"'Y)Ç,
c'est-à-dire doté d'un prix en argent.
(2) Sur chaque cas, voir les Notices des différentes Odes, Il y a parfois, nous
nous en rendrons compte, de délicats problèmes à résoudre.
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

Éditions à consulter :
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A. Turyn, Oxford, 1944 et 1948, crit.
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C. GASPAR,Essai de chronologiepindarique,Bruxelles, 1900.
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PINDARE

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J.H. FINLEY, Pindar and Aeschylus, Cambridge (Mass.), 1955,
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G. MÉAUTIS, Pindare le Dorien, Neuchâtel, 1962.
C. M. BowRA, Pindar, Oxford, 1964.
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W. JAEGER, Pindare le héraut de jl'aristocratie, dans Paideia, t. i, p. 246-264,
trad. fr., Paris, 1964.
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R. VALLOIS,L'origine des Jeux Olympiques, R.E.A., 1926 et 1929.
A. PIGANIOL, Le sens religieux des jeux antiques, Scientia, 1930.
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Sur la ive Pythique :
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dans les Mél. Desrousseaux,Paris, 1937.
Sur les ive et ve Pythiques :
F. CHAMOUX,Cyrène sous la mo11archie
des Battiades, Paris, 1953.
Sur la ixe Pythique :
H. J. RosE, iolaos and the Myth of the ninth Pythian Ode, dans Classical
Quarter/y, 1931, p. 156-161.
CONSPECTUS SIGLORUM

B . ... Vaticanus Graecus 1312 ....... . fin XIIe siècle


G .. . Gottingensis philo/. 29 ......... . x11Ie siècle
V .. . Parisinus Graecus 2403 ........ . fin XIIIe siècle
C . ... Parisinus Graecus 2774 ........ . vers 1300 (1)
E ... Laurentianus 32, 37 ....... ••••• vers 1300
tl> • • • Athous Iberorum 161 (2) ...... . vers 1300
D ••• Laurentianus 32, 52 .••.••....•. début x1ve siècle
Vaticanus Graecus 41 ......... . 1er quart x1ve siècle
H •••
Laurentianus 3 2, 3 3 ...... •••••• 2d tiers x1ve siècle
F •••
I: • • • leçon attestée par les Scholies ...
Codicum variae lectioneshoc modo notantur :
Bi : B in linea Bac : B ante correctionem
B 8 : B supra lineam BPc : B post correctionem
Bm : B in margine B1 : B prima manus
BYP : B cum nota ypcx.cpe:"t'cx.~ B2 : B secunda manus, etc.

Editiones praecipuae :
Aldina, Venetiis, 1 51 3 Hartung, 18 5 5-5 6
Calliergi, Romae, 1 51 5 Tycho Mommsen, 1864
Erasmus Schmid, 161 6 Christ, 1869 et 1896
Beck, 1792 Schroeder, 1900, etc.
Heyne, 1798 Puech, 1922
Bœckh, 1811-1821 Turyn, 1944 et 1948
Bergk, 1 842, etc. Snell, 195 3 (4e éd. 1964)

(1) L'examen du papier permet de le dater de 1280 à 1330.


(2) J. Irigoin le dénomme A.
LA IJJe PYTHIQUE

DATE ET CIRCONSTANCES

Ce poème n'est pas une Épinicie, quoi qu'ait pu écrire le


Scholiaste (voir l'apparat critique), pour qui la mention au v. 74
du fameux étalon Phérénikos implique que la JJJe Pythiqueest
destinée à le célébrer : le sujet serait traité bien tard et bien peu !
Le poème est en réalité une Épître à Hiéron malade,et le passage
où il est question de Phérénikos rappelle des victoires anté-
rieures (cr-re:cpcx.voLç)
remportées par l'alezan doré (1;cx:v060pL1;) que
célébra aussi Bacchylide (V, 37). Une note liminaire du Scho-
liaste fait, en effet, allusion à deux victoires pythiques du
fameux étalon, en 482 et 478 : c'est à cause de ce rappel que les
manuscrits ont joint ce poème aux Pythiques I et II (r). Il est,
d'autre part, impossible de ne pas donner toute son importance
au silence (2) de Pindare sur la victoire olympique du même
cheval en 476 : évidemment, celle-ci n'avait pas encore eu lieu.

(1) Il est bien inutile de supposer avec Wilamowitz que notre poème date
seulement de 474, et difficile de le suivre (comme le font Puech et Snell) quand
il imagine qu'un échec de Phérénikos à cette date était venu obscurcir ses triomphes
antérieurs : pourquoi, dans ce cas, Pindare ne mentionne-t-il pas Olympie ? Et
l'étalon, déjà vainqueur à Delphes en 482, devait en 474 avoir dépassé son &xµ1J.
(2) Burton juge ce silence sans importance!
PINDARE

Après Gaspar et avec Turyn, nous plaçons donc la composition


de l'Épître dans les premiers mois de 476. L'étalon, vainqueur
naguère (1to't'e:)plutôt que jadis, à Pythô, était, quand Pindare
la composait, entraîné, peut-être engagé déjà en vue de la
compétition olympique. Qui sait si le poète n'avait pas déjà été
pressenti pour la célébration d'une victoire tant souhaitée ?
Nous le croyons d'autant plus que Pindare était déjà en
Sicile, où il était venu en personne apporter à Hiéron la
JJe Pythique chantant la victoire d'un de ses chars à une course
thébaine ( 1) : les v. 3 sqq. le font entendre sans ambiguïté, et
les v. 67 sqq. ne les contredisent nullement (2). L'Épître à
Hiéron fut présentée au roi peu après. On comprend générale-
ment - à tort selon nous - que les v. 68 sqq., avec les irréels
µ6)..ov,xcx.Téocx.v, impliquent que Pindare n'est pas venu
è1;tx6µcx.v,
alors en Sicile. Il faut voir le passage dans son ensemble : la
série des irréels commence au v. 6 3 (fvcx.t')et tout est suspendu
à la disparition de Chiron, qui rend impossible au poète d'ame-
ner avec lui le guérisseur souhaité. La notion d'irréel ne porte
pas sur le voyage même. Elle est exprimée par le participe &ywv,
mis en relief au centre du passage (v. 73). Le poète veut dire
que si, en arrivant (comme en fait il est arrivé), il avait amené
avec lui<< Hygie (la Santé) nimbée d'or>>, il serait apparu plus
éblouissant qu'un astre du ciel. Dans le reste de la phrase,

(1) Peut-être aux Io/aia. Ce poème, lui non plus, n'est pas une Pythique. Gaspar
établit de façon très vraisemblable, à partir de considérations historiques et
politiques, rapprochées de l'examen du texte (cf. P. II, 58 et P. III, 70), qu'il
date de la fin de 477 ou du début de 476.
(2) Le 1téµ1te,txLdu v. 68 n'implique pas que Pindare ait simplement envoyé
le poème : il l'a <<accompagné >>,dans une véritable 1toµ1t~, et Hiéron lui-même
ira (&.v,6µevoi;,v. 71) à la rencontre du cortège.
LA 1118 PYTHIQUE 33

Pindare entrelace savamment les regrets et les allusions aux


réalités consolantes, parmi lesquelles les triomphes antérieurs
de Phérénikos, gage de victoire olympique ( 1 ).

UN MYTHE THESSALIEN. L'INSPIRATION HÉSIODIQUE

Le mythe est consacré au dieu de la médecine, Asclépios :


rien que de naturel dans une Épître à un illustre malade. Mais
le poète ne s'est pas borné à célébrer le fils d'Apollon et de
Coronis. Il nous a longuement raconté les amours du dieu et
de la belle Thessalienne, fille du cavalier Phlégyas. La trahison
de Coronis fut cause de sa mort. Mais le courroux d'Apollon,
qui poussa le dieu à envoyer Artémis percer de ses flèches
l'amante d'Ischys l' Arcadien (il tua lui-même le fils d'Eilatos),
n'alla pas jusqu'à laisser périr l'enfant qu'elle portait en son
sein. Sur le bûcher où ses proches avaient placé la jeune femme,
il retira des flammes le futur Asclépios et le confia au Centaure
qui devait l'élever et lui enseigner l'art de guérir (2).
Pindare avait trouvé cette légende chez Hésiode qui, dans
les Éhées, avait raconté les amours et la triste fin de Coronis.
Mais il apporta lui-même au récit d'importants changements.
Loué en cela, nous dit le Scholiaste, par Artémon (F. Gr. Hist.,
569, 5), et fidèle à son souci majeur de respecter la majesté

( I) PINDARE chanta cette victoire au cours de la même année 4 76, par la


Jre Olympique: contrairement à ce que l'on a quelquefois pensé, les v. 20-21 de
ce poème n'impliquent nullement que le poète assista à la course; mais ils
indiquent sans doute qu'il connaissait le cheval et l'avait vu courir à l'entraîne-
ment, avant qu'il ne fût transporté à Olympie.
(2) L'Iliade (XI, 830-832) nous apprend déjà que Chiron avait enseigné au
jeune Achille l'art des remèdes apaisants.
PYTHIQUES 3
34 PINDARE

divine, au lieu de faire apprendre au dieu la trahison par un


corbeau, l'auteur de la IJJe Pythique précise bien qu'Apollon
connut par lui-même l'événement, n'ayant besoin de nul
intermédiaire en son esprit omniscient (v. 27 sqq.). Le fr. 123
d'Hésiode permet de conjecturer qu'au mariage solennel (1)
de Coronis dans les Éhées, Pindare substitua la honte d'une
union clandestine (cf. v. 1 3 : xpuo3o:.v1tcx"t'pôc;),la jeune fille
n'ayant pas attendu, dans sa folie, d'être donnée en mariage
par son père au mortel qui, de l'aveu du dieu, aurait servi de
nourricier à l'enfant divin (2). Le châtiment fut terrible. Il
s'étendit même à toute la région, comme l'indique rapidement
le v. 36, à propos duquel le Scholiaste fait allusion à une peste
envoyée par les enfants de Létô. On se souvient que dans
l'Iliade le dieu avait ainsi puni l'entêtement d'Agamemnon à ne
pas rendre Chryséis à son père.
Bien qu'adressé à un roi demeurant au-delà des mers, le
mythe de Coronis reste fortement marqué par sa localisation
thessalienne. La jeune fille habite près des sources de l' Amyros
et tout près des escarpements du lac Boibias : celui-ci, sous le
nom de Bo~o[cx).[µ.vcxest désigné dans l' Alceste d'Euripide
(v. 590) comme le lac sur les bords duquel Apollon garda

(1) Ainsi commence le fr. 123 Rzach des EJ1ées:


T"ijµoç exp'&.yyeÀoç'tj11.6ex6p0'.~ tp"ijç &1tè iO(v,6ç X,À.
Le corbeau, évidemment, s'était régalé des reliefs du festin nuptial : d'où son
témoignage. Mais le dieu, pour prix de son funeste message, l'aurait rendu noir,
de blanc qu'il était.
(2) Comme Amphitryon pour Héraclès ou Xouthos pour Ion. On voit dans
la VJe Olympiquele roi Aipytos, qui joue le rôle de nourricier de la jeune Évadné
(fille de Pitané et de Poseidon), aller consulter l'oracle de Delphes sur l'enfant
d'Évadné, Iamos, précisément fils cl'Apollon.
LA IJJe PYTHIQUE 35

les troupeaux d'Admète (1). On connaît par ailleurs l'attache-


ment personnel de Pindare aux légendes thessaliennes. Il y a
là tout un complexe mythique où non seulement le Centaure
Chiron, mais Apollon lui-1nême jouent un rôle important.
Qu'il nous suffise de renvoyer à la JXe Pythique et au point de
départ, dans la version pindarique, du mythe de Cyrène.
Il n'est pas douteux, par ailleurs, que ce mythe ne renferme
à l'adresse du roi de Syracuse un enseignement que le poète
tient à formuler. Il est inséré, à la façon d'une gigantesque
parenthèse, entre les deux expressions du regret de Pindare
sur la mort de Chiron, Chiron le dieu guérisseur sur lequel le
poète se flatte que ses chants auraient pu agir, afin de procurer
à Hiéron un médecin capable de guérir ses maux, sans démesure
et sans empiétement sur le vouloir divin : le mot crwcppeùvest
lei important. On sait que, dans la IVe Pythique (2), le poète
insiste, par la bouche de Jason, sur la valeur morale de l'édu-
cation donnée par Chiron. Précisément, Hésiode avait laissé
un poème dit Enseignementsde Chiron,dont Pindare s'est inspiré
dans la VJe Pythique, à propos du jeune Thrasybule, neveu de
Théron d' Agrigente. Mais les dieux, sans doute, ne voulaient
pas vraiment délivrer l'homme des maladies, de la vieillesse et
de la mort. Cette vérité, mise en relief dans toute l'œuvre hésio-
dique, est illustrée par le double destin de Chiron lui-même et
d' Asclépios. Le premier, pour avoir trop souffert d'une blessure
affreuse, souhaita la mort et l'obtint. Le second, pour avoir,
contre les lois de Zeus, ressuscité un mort, fut frappé de la

(1) Cet exil d'Apollon, justement, n'est pas sans rapport avec Asclépios :
e dieu avait tué les Cyclopes, qui avaient fabriqué les foudres de Zeus dont
Asclépios avait été frappé.
(2) Voir les v. 102 sqq.
PINDARE

foudre. Comment, dans ces conditions, même un Hiéron pour-


rait-il échapper à la maladie, et à son lot de souffrances ? Ni
Cadmos, ni Pélée, favorisés des dieux, époux chacun d'une
déesse, n'ont pu éviter leur part de malheur. Le poète, certes,
pourrait, si Chiron vivait encore, intercéder auprès de lui. Il
peut invoquer la Grande Mère et Pan. Mais il ne peut obtenir
des dieux l'impossible ( 1 ).
,
DOXOLOGIE ET MEDECINE

Les analogies sont grandes entre les traits de l'Apollon


guérisseur esquissés aux v. 63 sqq. de la Ve Pythique et ceux
que le poète prête ici à son fils Asclépios. La figure de Chiron,
le Centaure des montagnes connaisseur de simples, nous reporte,
en arrière-plan, à ces temps pastoraux et mythiques où il faut
souvent remonter pour comprendre d'importantes personnalités
divines (2). Mais, alors que les pouvoirs de guérison ne repré-
sentent qu'un aspect de la physionomie d'Apollon, Asclépios,
lui, est spécialisé dans la médecine, héritant des traits ancestra11x
empruntés aux mythologies les plus archaïques et aux plus

(1) Le poète, on le sait, est, selon Pindare, le héraut des dieux, distributeur
de gloire, artisan d'immortalité. Voir là-dessus J. DuCHEMlN, Pi1zdarepoète et
prophète, plus particulièrement la dernière partie. Il songerait à intercéder auprès
de Chiron pour obtenir un guérisseur, comme il intercède auprès d'Apollon et
de Zeus, par le truchement des Muses et des Charites, et obtient d'eux, au bénéfice
de ceux qu'il chante, le don de l'inspiration poétique. Il est en cela, à sa manière,
l'héritier des antiques magies. Dans une perspective parallèle, le poète semble
ici faire remonter une double chaîne de bienfaits touchant la santé des hommes à
Apollon et à Zeus son père (Acx:,otôcx. et ncx.-i;tpoç,
v. 65). On ne peut s'empêcher
de faire le rapprochement avec Théog., 80-103, où Hésiode, par l'inte1111édiaire
des Muses, fait remonter à Zeus l'inspiration qui guide les rois, au fils de Létô
celle des poètes.
(2) Voir J. DuCHEMIN, Hermès el Apollon, le chapitre<< Magie et médecine>>.
LA IJJe PYTHIQUE 37

antiques magies. La Strophe 3 est, à notre connaissance, le


passage le plus important consacré par Pindare à la divinité
qui soulage les souffrances humaines. C'est une véritable doxo-
logie,symétriquement construite autour de cette dense et magni-
fique formule : Àucratç èi)..)..ov &_)..)..o[lùv&xtlùv J ~çaye:v. Il ne s'agit
ici ni de miracles ni de magie. Répondant aux v. 47-50 énumé-
rant les diverses formes de souffrance physique, les v. 50-5 3
énumèrent les diverses méthodes en usage pour guérir, dans
un détail et dans des termes si exacts et si précis que l'on ne
peut douter de leur référence expresse à l'art de la médecine,
tel que pouvait le connaître Pindare, dans des milieux qu'il
serait intéressant de déterminer. Les vers du poète constitue-
raient, le cas échéant, un document précieux sur la préhistoire
de la médecine grecque, quelques décennies avant Hippocrate
et les plus anciens traités du Corpus hippocratique ( 1 ). Ils sont
d'une part à rapprocher d'un passage du Prométhéeenchaîné,où
le Titan s'attribue l'invention de tous les arts utiles à l'humanité,
dont celui de la médecine (2). De l'autre, il est bon de les
comparer à ce que l'épopée, l'Iliade surtout, nous apprend des
traditions relatives à la médecine héroïque (3).
L'auteur de la JJJe Pythique est également soucieux de la
médecine, au sens précis du terme, et de la chirurgie, qui est
à peu près seule envisagée par le poète homérique. Si l'Ocfyssée,

(1) Voir R. JOLY, Hippocrate et la médecinegrecque,Paris, 1964, où l'on trouvera


une utile bibliographie.
(2) Prométhée,v. 478 sqq.
(3) Le travail de Ch. DAREMBERG, La médecinedans Homère, Paris, 1865, est
très documenté et toujours utile. Voir, du même auteur, l'étude État de la
médecine entre Homère et Hippocrate, Paris, 1869, en particulier les p. 23-25
consacrées à Pindare.
PINDARE

à part quelques allusions sur lesquelles on discute (1), ne pré-


sente guère que des préparations magiques, l'Iliade, excepté au
chant XI (2), parle surtout des blessures de guerre et de leur
traitement immédiat : comme chez Pindare, elles sont cau-
sées tantôt par le bronze acéré, tantôt par les pierres de jet.
Parmi les soins qu'envisage Pindare, nous reconnaissons l'appli-
cation de préparations calmantes, dont l'Iliade parle à diverses
reprises (3), ainsi que les pansements et bandages, également
familiers aux poèmes homériques (4). Pindare y ajoute des
opérations plus graves, amputations et peut-être ablations,
ainsi que tout l'arsenal de la chirurgie correctrice, avec peut-être
une allusion à des appareils (~cr-racre:vop0ouç, v. 53). Mais à ces
interventions chirurgicales, le poète thébain joint la mention de
boissons médicinales (npocravéa 1t[vov-re1.ç),dont l'usage avait
moins intéressé ses prédécesseurs (5). Or, c'est justement sur
ce dernier terrain que Pindare rencontre Eschyle. Dans le
passage du Prométhée cité plus haut, il n'est question que de
maladies, et non plus de blessures de guerre. Le poète y envisage
trois formes de mélanges adoucissants, à prendre solides ou
liquides, ou encore par absorption cutanée : il s'agit bien de
médecine, et les remèdes, parfois destinés à l'usage externe
), le sont plus couramment à l'usage interne (~pûlcrtµov
(x_ptcrT6v

(1) DAREMBERG, op. cil., p. 89 sqq.


(2) La captive de Nestor, Hécamède, prépare pour Machaon blessé un breu-
vage réconfortant, curieux mélange à base de vin de Pramnos (XI, 638 sqq.).
(3) IV, 190-191 (èrtt0~cre:tcp&pµccx.cc)et 218-219 ('Y]rttcc
cp&pµccx.cc
rr&crcre:);
XI,
830-832; XV, 394; XVI, 27-28.
(4) Iliade, XIII, 595-600; cf. Odyssée,XIX, 455 sqq.
(5) Voir chez DAREMBERG, op. cil., p. 84 sqq., une longue discu~sion à ce
sujet. Même si, comme le veut notre auteur, la médecine interne était bien connue
du poète homérique, le poème n'y fait guère allusion.
LA IJJe PYTHIQUE ~ 39

ou 1ttcr-r6v). Seul Pindare, on le voit, est complet, unissant


souvenirs épiques et préoccupations civilisatrices. A son érudi-
tion littéraire, il joint des soucis et des connaissances plus
immédiats. Certes, il n'omet pas les incantations, ces è1tixot~ix(
d'antique origine, renouvelées sans doute à son époque par les
Pythagoriciens ( r) et qu'il n'a jamais oubliées. Mais nous
remarquons bien la parenté de son esprit avec celui d'Eschyle (2).
Ajoutons que l'un et l'autre poète ont - à des dates différentes,
il est vrai - séjourné en Sicile, et qu'une influence sur l'un et
sur l'autre des courants de pensée siciliens n'est nullement
exclue (3).
LE MÈTRE

La IJJe Pythiqueest écrite, comme d'ailleurs la IVe et la IXe,


dans le rythme dactylo-trochaïque (4) que Pindare, on le sait,
a tellement affectionné qu'il l'a employé vingt fois dans ses
Épinicies, sans parler des Péans et des Dithyrambes. La combi-
naison est, de fait, naturelle, le dactyle et le trochée appartenant

(1) Sur les Pythagoriciens et leur influence en Grande-Grèce et en Sicile,


voir P. BoYANCÉ,Le culte des Muses chez les philosophesgrecs, Paris, 1936. Sur les
rapprochements que l'on peut faire entre la secte et certains aspects de la poésie
pindarique, voir J. DucHEMIN, Pindare poète et prophète, notamment p. 90, n. 1;
p. 292, etc.
(2) Bien qu'un ouvrage comme celui de J.H. FrNLEY,Pindar and Aeschylus,
Cambridge (Mass.), 1955, insiste plutôt sur les différences, le rapprochement
d'ensemble et les analogies n'en demeurent pas moins.
(3) Pour des raisons qui touchent à la pensée du poète, nous attribuons le
Prométhéeaux dernières années d'Eschyle et à sa période sicilienne. Telle est aussi,
pour des raisons politiques, la conclusion de M. MÉAUTIS(L' authentidté et la date
du Prométhée enchaîné,Neuchâtel-Genève, 1960).
(4) On disait autrefois << dactylo-épitritique >>,donnant à certains éléments
souvent mal interprétés, le nom d'épitrites.
PINDARE

l'un et l'autre au rythme descendant. Les combinaisons possibles


dans le détail varient à l'infini. La tragédie l'emploie peu, sauf
dans les passages statiques. Mais il convient parfaitement au
style grave et soutenu de la poésie pindarique, d'allure si
fréquemment religieuse.
SCHÉMA MÉTRIQUE DE LA IIIe PYTHIQUE (1)

I:-rp. =
I -v-- -vv-vv- V
di tro+ hémiépès
2 -v-- -vv-vv-- di tro+ tri da
-v-- -v-
V
+ di tro + cré
v
3 --vv-vv- prosodiacon
4 -vv-vv-vv-vv-- penta da
-v-- -v-- -vv-
V
+ 2 di tro + chor.
5-v-- -vv-vv-- -v-
v
di tro + tri da + cré
6 -vv-vv- -vv- (2) -v-
V
hémiépès + di tro + cré
7 -vv-vv-- -v-- V
tri da +di tro

'E1t.
I -v-- -vv-vv-
V
di tro + hémiépès
2 di tro + cré
V
2 -v-- -v-- -v-
3 -v-- -vv-vv-- -v-
V
di tro + tri da + cré
4 -v--
v
-vv-vv--
V
di tro +tri da
5 -vv-vv-- -v-- -v- V
tri da + di tro + cré
6 -vv-vv-- -v-- -v-
V
tri da + di tro + cré
7-vv-vv-- -v0-vv-
V
tri da + hémiépès
8-v-- -vv-vv-- -v-v di tro + tri da + di tro
9vv-vv-- -0-- -v-
V
tri da acéphale + di tro + cré
(1) On trouvera dans le Traité de nzétriquegrecquede A. DAIN tous les éléments
de base nécessaires à la lecture et à la compréhension de nos schémas.
(2) Voir v. 6 le problème de texte : )'ULCXpxsoçou yuLcxpxsülV.
III

IEPONI l:YP AKOl:101

''H0e::ÀOVX(pwv~ XE <'I>~Àup(aix.v, Str. 1

e::t xpe::{i)vToü0' &µ.e::TÉpix.ç &.1tà yÀ{J)crcrix.ç


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e::usix.cr 0ix.~e::1toç,
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I<:;, 1 > I<:;, K 1
0 yovov e::upuµ.e::ooV"t"IX. povou, 5
, 1
~&crcrix.~cr( "t"' rlpxe::~vIlix.Àlou cp~p' ix.ypo"t"e::pov

1. XlpCùVIXSchr. : XEtp- codd. 11<l>LÀup[accvBergk : <l>LÀÀup-codd.


8
(<l>uÀÀup- <l>) 11 4. EÙpuµ.éaov-rcc
: EÙpuµ.éaov-roç <l>E C.

1. <l>LÀup(accv
: le Centaure Chiron est fils de Kronos et de !'Océanide Philyre;
cf. P. N, 103. Sur le détail de sa légende, cf. APOLLONIOSRH., II, 1231 sqq.
2. et XPEWV: s'il est permis. &µ.E-répccç = ȵ.rjç. XOLv6v: qui intéresse tous les
hommes. 3. -ràv &.1t0Lx6µ.Evov:dans le Prométhéedélivréd'EscHYLE, le Centaure,
atteint d'un mal incurable, descendait aux Enfers pour permettre au Titan d'en
remonter. 4. Oùpccv[acc... Kp6vou: voir, dans la Théogonie,les généalogies hésio-
diques. IlccÀtou : il y a chez Pindare tout un fonds de mythes thessaliens localisés
sur le Pélion. Sur Chiron, voir aussi les P. IV et IX. Sur sa science des simples et
de la médecine, cf. Il., IV, 219 et XI, 832. èépXELV: ce mot fort rappelle peut-être
une royauté mythique aux pouvoirs magiques. qirjp(cc)thess. = 0rjp(cc).&:yp6-rEpov:
sur les mots de la famille d'&.yp6ç, voir P. CHANTRAINE, Études sur le vocabulaire
44 PINDARE
I
VOOV EXOV'r
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IXVopWV
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't"ÉXVIXLÇ 'A1t6"A"Awvoç. X6"Aoç o' oùx &."At0Loç 2.0

vw8uv(aç G 1 H Triel. : 't'€X't'ov' &vw8uv(aç <I>EG2 CV 1 't'€XVOV


6. 't'€X't'OVC(
&vw8uv(aç BHYP V 2 11 yuLapx[Oç vel (vw8uvLéiv)yuLapxlwv, ut conj. Her111ann
11 7. ~poa Schr. : ~pwa codd. (&pwa B) 11 cxÀxnjpa : cxÀEXnjpa B<I>E 11
9. 'EÀEL0u(~ : EiÀ- C 11 10. 61t' Hermann : u1t'codd. 11 11. 'A·taa Mosch.
Triel. : 'At8ao codd.

grec, p. 3 3 sqq. 5. &v8pwv (j)LÀOV : comme Prométhée chez Eschyle. otoç Èwv :
valeur causale du participe. 6-7. Thème du demi-dieu guérisseur Asclépios,
dont la douceur (~µEpoç apprivoisé, ou p. ê. qui apprivoise) calme la douleur
(vw8uv(aç). A rapprocher de la louange d'Apollon guérisseur, P. V, 63 sqq.
8 sqq. Généalogie d' Asclépios. D'après les scholies. Asclépios avait pour
mère, selon les uns, Arsinoé, fille de Leukippos, selon les autres, Coronis, fille
de Phlégyas. ARISTIDE,dans son ouvrage sur la Fondation de C11ide,aurait tenté
une synthèse aux termes de laquelle Arsinoé, étant jeune fille, s'appelait Coronis
(F. Gr. Hist., 444, 1). 1tplv 't'EÀ€crcraL:avant d'arriver à ter111e. µa-rpo1t6Àep: qui
prend soin des mères (&1ta!;). 'EÀEL0u(~ : Ilithye, ancienne divinité de la Crète
(cf. P. FAURE,Fo11ctionsdes ca11er11es crétoises),plus tard rattachée en subalterne au
culte d'Héra; elle présidait aux naissances. 10. 'Ap-rEµ(8oç : rôle de la déesse
dans la mort des femmes; cf. HOMÈRE,Il., VI, 428. Dans le massacre des Niobides,
Apollon tua de ses flèches les fils de Niobé, Artémis les filles. 11 sqq. èv
0aÀcx.µepembarrasse les Scholiastes, qui veulent le supprimer, tantôt comme
contradictoire avec 'A. 86µov, tantôt comme pléonastique. Essai de conciliation :
IJJe PYTHIQUE 45

y(ve:'t'tXL 7ttXL3wv ~L6c;. 'A 3' &1tocpÀtXupt/;tXLcra:


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oLtX 7ttXp0évoL Cf)LÀÉoLcrL
v É't'tXLptXL
( ' (
e:cr1te:pLtXLÇ ':,, 0' tXOLotXLÇ.
U7tOXOUpLse:cr , </!> ~ tX/1./1.tX
, "\"\ ' 't'OL

12. &.1toqiÀa.up(i;a.Lcra.
Er. Schmid : -a.cra.codd. 11 14. &.xe:pcre:x6µ(f
cl>EGH :
B ( ?) CV 11 16. vuµqi(a.v Mosch. : vuµqiLi>(a.vcodd.
&.xe:Lpe:x6µCf

étant dans sa chambre, elle fut frappée par la déesse et descendit chez Hadès.
-réxva.Lç'A1t. le dieu fait agir sa sœur. i>(é) = i>fi: c'est que. d,),.(0Loç = 1JÀL0LOÇ
:
vain (sens rare : cf. EscHYLE, Ag., 366). 12. &. i>(é) : valeur analogue de la
particule (sch. = ya.p). &.1toqiÀct.up(i;a.Lcra.,
de (j)Àa.upoç( &.1ta.1;).&Uov se comprend en
référence au mariage que le dieu ne pouvait manquer de faire lui-même conclure
à Coronis, afin de choisir la race illustre où naîtrait son fils, ainsi que le mortel
qui serait son père nourricier (cf. notre Pindare, p. 111 et n. 1), comme Xouthos
pour Ion dans la pièce d'Euripide. 13. xpuôi>a.v1ta.-rp6çpeut grammaticalement
être rattaché à ce qui précède ou à ce qui suit, et les Scholiastes se sont partagés.
Er. Schmid l'entendait avec la suite. Les modernes sont dans l'ensemble d'accord
pour le lier à ce qui précède, solution mieux adaptée à tout le passage, cf. 16 :
oùx ~µe:Lv'x-rÀ ; ya.µov désigne alors une simple union et non un mariage régulier.
Sur tout ceci, voir la Notice. 14. &.xe:pcre:XÔ[LCf:cf. Isth., I, 7 à propos du même
<I>o°Lôoç; comme dans certains mythes, la longue chevelure est sans doute ici
symbole de puissance; cf. aussi P. IV, 82, à propos de Jason.
15. cr1tépµ.a.0e:ouxa.0a.p6v: le pur éclat caractérise le divin (voir Pindare,IIIe par-
tie, chap. I). 16. vuµqi(a.v: cf. P. IX, 118, vuµqi(ov &vi>pa.. 17. ùµÉ:vct.LOÇ: le
chant nuptial; on connaît le cri rituel 'îµ~v c1'îµéva.Le: (cf. EuR., Tr., 331), d'où
ici ta.xa.v. &.ÀLxe:ç( = ~À-) : du même âge qu'elle. 18. (j)LÀÉ:oLcrLv= (j)LÀoucrLv.
19. Ù1toxoup(~e:cr0(a.L) ou Ù1toxop(~- signifie d'ord. cajoler comme un enfant. Les
scholies le glosent par 1ta.(~e:Lvxa.l :x_ope:ue:Lv et expliquent l'emploi du radical
xop- comme une allusion soit aux jeunes mariés, soit aux jeunes, garçons et
PINDARE

20 ~ pC<'îo 'îû'JV &1te:6v'î<ùV • o ta xal 1toÀÀo l 1tix0ov. 35


''E O"'t"L OS
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YJEU~É<ùv ~, oôx. &1t'îE'îC<L, xÀÉ7tTEL -ré µLv

24. ,cxu,av : ,oLcxu,cxçcac ,oLcxu,cxv~ 11&cf,cxvMosch. : cxù&,cxvcodd. (fort.


0
Ba ) &FCX1'CXV
IX.1'CXV Mommsen 11 28. XOLViiVL : XOLVWVL B 11yvwµcxv : yvwµcx
CV 111tL0Ci>v Er. Schmid : 1te:1tL0wvcodd.

filles, composant les Chœurs (cf. Danaïdes, fr. 43 : crùv x6poLç ,e: xcxl.x6pcxLç;
HÉsYcH1us: xoupL~oµtvcxLç:uµe:vcxLouµtvcxLç). 20 sqq. Est-ce un discret conseil
du poète à Hiéron? Cf. 0/., I, 144, au même : µ'1)X€1'L1tcx1t,cxLve: 1t6pcrLov.
22. 8cr,LÇ : antécédent à tirer de &.v0pCi>7tOLcrLV. cxtcrxuvCù: déshonorer, plus
fort que mépriser.
25. À:YjµcxK. : périphrase désignant Coronis; cf. P. VIII, 45; Ném., 1, 57; ID,
83. 26. &1t' 'Apxcxitcxç: il s'agit d'Ischys, fils d'Eilatos (cf.v.31), lui-même fils
d'Arcas. 27. crxo1t6ç: chez Homère, le guetteur (Od., XVI, 365); chez Pindare
lui-même, cf. 0/., I, 54 : les dieu."{ 'ÜÀuµ1tou crxo1to(. µ'1)Àoi6xep: à cause des
sacrifices. ,6crcrcxtç: aor. éol. de même sens que ,ux Ci>V; cf. P. IV, 2 5 et X, 3 3.
28. Les scholies louent Pindare de n'avoir pas suivi Hésiode (fr. 223 Rzach), chez
qui le dieu est renseigné par un corbeau. Voir à ce propos la Notice. xoLviivL:
de xoLvcxv,subst. (&1tcx~,c. XOLVCi>V : cf. XÉN., Cyr., VII, 5, 35), de même sens
que !'adj. XOLVCùV6ç. Cf. sch. XOLVCùV6ç ,oü 'A1t. ovoüç &cr,Lv,car le dieu sait par
lui-même. 29-30. Voir les paroles de Chiron, P. IX, 42 sqq., et l'anti-
IJJe PYTHIQUE 47

ou, 0eoç
' ou, ~~po~oç
'

K cxt ~o~e yvouç ''I crx.uoç E'•t/\<X~tocx


' ' 1
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c.,etvtcxvxot~cxv ex eµtv ~e ooAov, 1teµ- ,

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eç , , ' 1tcxpcx
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xp'Y)µvotcrtv epxet 7t<Xpevoç · ocxtµCùvo e~epoç <::,> ,,

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35
7tOMOI.è1tcxupov, &µéi
ô' ~cp0cxpe:v · 7tOM(J.Vô' [èv] ~pet 1tup è; év6ç
,
cr1tepµ1Y.~oç , 0opov
ev ' cxtcr~Cùcrev
, .J. UA<XV.
"•

'A·., , , ~etx.et
/\/\ e1tet , 0'ecrcxvev
, i:c.,UAtVCp
•' Ep. 2

33. 0uoLcrixvcodd. : 0uloLcrixvSchulze 11 36. &µii ô' : &µ~ y' C 118peL


Mosch. : Èv 8peL codd.

thèse Cyrène-Coronis. 30. ltpyoLç-~ouÀixîi;préfigure l'antithèse sophistique


ltpyov-À6yoi;.
32. çeLvlixvxo[-rixvreprend çifvoudu v. 25 et -r&v &1te6v-rCùv du v. 20. èl0eµLv
o6Àov: Ischys est au moins aussi coupable que Coronis, et le Schol. nous apprend
que le dieu le tua lui-même. 33. 0uoLcrixv:forme éol. (cf. HÉs., Théog., 131:
otôµix-rL0uTov, pap. 7); autres exemples H. H., 560 0utCùcrL,A. RH., Ill, 755
lt0uLev. 34. AixxifpeLixV, résidence de Coronis, près des sources de l'Amyros.
BoLÔLcxÔoi; : cf. EuR., Ale., 590, BoLolixÀlµvix,ainsi nommé de la Nymphe BoLÔ't)ti;,
nous dit le Scholiaste. ôixlµCùvô' (ôif, au sens de ô~) !-repoi; : xixxo1toLOÇ ôixlµCùv,
dit le Scholiaste qui cite CALLIMAQUE, fr. 91 : où 7tCXV'!EÇ,
&M' oôi; ltcrx,evw-repoi;
ôixlµCùv. 35. Èi; xixx6v : èi; xixxoupy[ixv. 36. 1toÀÀot è1tixüpov : d'après
les scholies, Apollon et Artémis envoyèrent une peste sur la région; cf. llis.,
Tr., 240. &µii ou &µ~, comme &µix (forme périspomène selon l'usage dorien);
cf. 01., III, 21; Ném., V, 11; VII, 78. 36-37 rappellent certaines comparaisons
homériques. 37. èv0op6v de èv0p~crXCù,seul exemple chez Pindare. &:tcr-rCùO"EV:

aor. gnom1que.
38. -relzeL çuÀlvep: le bûcher est semblable à un mur, bâti de rondins: voir
PINDARE

cruyyoVOL XOUpixv, crÉÀIXÇ3' &µcpÉ3p1XflE:V


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'A cpixLcr't"OU,
, , , ,, 'A , • •
't"O't" E:E:L7tSV 7t0/\/\WV.
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OLX't"pO't"IX't"(pIXVIX't"(pfl1X't"poç t-'1XpSL0cruv I '0
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Toùç µÈv <].}v, 8crcroL µ6"Aov ixÙTocpuTwv Str. 3


É"AxÉwv çuvixove:ç ~ 1to"At0 xix"Ax0 µÉÀ'YJTe:TpwµÉvoL 85
~ xe:pµix3t 't"'Y)ÀE06Àep
~ 0e:ptv0 1tupt 1te:p06µe:voL 3ɵixç ~
XE:LfLWVL,ÀUCTIXLÇ &"A"Aolwv
èt."A"Aov &xÉwv

40. Àtx.Ôpov : Àa:upovBE l l "t"6"t"'


~e:L1tsv e:1r.svB<DEGH 11 41. &µàv
CV: -ro"t"e:
ccac : &.µàv BHCPC V È[J.6v<DE 11 43. 1tpw-rcp codd. : "t"pL"t"tx."t"(:l Aristarchus
(cf. Il., XIII, 20) "t"pL"t"(p
Hartung 11 44. 8LÉ(jla:Lve:: C2 11 48. l;uv&ove:ç:
8Lscpa:ve:
cruv&ove:çB /;uv&ov"t"E:Ç cac vHac ( -ovve:çHPC).

les vases peints. Èv: sur. 39-40. crÉÀa:ç 'Acpa:Lcr"t"ou:cf. EscHYLE, Prom., 7. Valeur
inchoative d'&.µqié8pa:µe:v. 40. ÜÙXÉ"t"L X"t"À:je n'aurai plus en mon cœur la force
d'anéantir ma race. Voir la Notice. 41-42. Constr. ôÀÉcrcra:L ... 0a:vtx."t"Cù
et
'
µa:"t"pàç.•. 1t&0q;. 42. ~a:pe:lq; ..• 1t&0q;: cf. P. V, 63, ~a:pe:Liivv6crwv, à propos
d'Apollon. 43. Voir la Notice. 44. 8Ltcpa:Lve: exprime l'éclat des flammes
s'entr'ot1vrant pour laisser passage au dieu. 45-46 renvoient aux v. 5 sqq.
M&yv"f)"t"L : habitant de Magnésie, région et ville de Thessalie.
47 sqq. A rapprocher de P. V, 63-64, où il s'agit d'Apollon lui-même.
47. é1v= oi'iv.µ6Àov aor. à valeur de pl. qu. pft. a:Ù"t"O(jlU"t"CùVtÀxÉwv: plaies non pro-
voquées, ulcères. 48. l;uv&ove:ç,mot du vocabulaire hésiodique, se dit d'un mal
(Théog., 595 et 601). 7tOÀLcj} = Àa:µ1tpcj>(schol.). 49. x_e:pµ&ç:pierre de jet, dans
un combat (cf. Sept, 300; Bacch. 1094). 50. ~ 0e:pLvcj> 1tupl... ~ xe:LµwvLpeut
s'ente11dre des saisons excessives; le Scholiaste préfère l'expliquer par des sy1np-
tômes de maladies, glosant 0e:pLvc'i') 1tupl par "t"cj>
1tupe:"t"cj>
(la fièvre) et xe:LµwvLpar
't'cj>pLyo1tupÉ"t"cp (fièvre avec frisson) : cf. "t"Oplyoç (chez Hippocrate). 50-51. La
IJJe PYTHIQUE 49

i~ayEv, 't'OlJÇ f1.ÈV f1.1XÀIXXIXÎ:Ç


È7tlXOLalXÎ:Ç&.µcpÉ7tCùV,
\ ~\ I I
't'OUÇ OE 1tpocr1XVEIX7tL-
.,, yuLOLÇ
VOV't'IXÇ, Y) ' '
7tEp1X7t't'CùV , 0EV
7t!XV't'O
, , .__, ~ 3L , ,
cpapµaxa, 't'OUÇ OE 't'Of1.1XLÇ op 0ouç.
1;,(j't'(X(J'EV 95

•A"A"Aà xÉpaEL XIXL crocpta aÉaE't'IXL. Ant. 3

55 ''E't'piX7tEV xat XEÎ:Vov iiyâ:vopi µicr00


):pUcrOÇ
\ ,EV \ '
):EpcrLV (f)IXVELÇ
~---·· EX
ot.Vop 0'IXVIX't'OUxoµLcr!XL
'
lt,"' ' .. I
,,oYJ IX/\CùXO't'IX. \
):EpcrL "''
o ,,
apa KpOVLCùV
I 100

PL4JIXLÇ ai' &.µcpoî:v &.µ1tvoàv cr't'ÉpvCùV xâ:0EÀEV

52. rre:pcx.rr-c-wv
EHC : rre:pt&.ic-,wv BWGV 11 55. ~-c-pcx.rre:v
: l-c-pcx.rr-c-e:
W 11
xcx.lXELVOV Bœckh : x&.xe:ï:vovcodd. 11 57. ocÀwx6-c-cx.
Er. Schmid : écx.Àwx6-c-cx.
codd. 11plljJcx.tc;;
B : -ljJ~c;;G -ljJcx.c;;
WEHCV 11x&.8e:Àe:v
Mosch. : xcx.8e:The:vcodd.

formule Àucrcx.tc;;..• ~1;cx.ye:v


est au centre d'une véritable doxologie d'allure
liturgique. On songerait à << Lève-toi et marche >>.Œ. le sens littéral de
Àucrcx.tc;;.51 sqq. Énumération des procédés de guérison : incantations
( &rrcx.ot3cx.ï:c;;),
potions ( rrlvov-c-cx.c;;),
applications ( rre:pcx.1t-c-wv),
la chirurgie enfin
.•• ôp8ouc;;). 51. µcx.Àcx.xcx.ï:c;;...
(-c-oµcx.ï:c;; &.µcpérrwvsuggère des enveloppements
lénifiants, sur lesquels étaient récitées des incantations. (dor. =
52. rrpocrcx.v~c;;
rrpoCTYJV~c;;)
: incliné vers, d'où salutaire ou doux; en ce sens, est uni parfois
à ~3uc;;et comporte une idée agréable : plus qu'à des potions amères, on peut
penser à des sirops. 53. cpcx.pµcx.xcx.
: des préparations, pommades, onguents ou
liniments, dans notre contexte; rre:p(t)cx.rr-c-wv indique les pansements et bandes
protégeant les membres malades après application des cpcx.pµcx.xcx.. -c-oµcx.ï:c;;
lcr-c-cx.cre:v
ôp8ouc;;: ce raccourci recouvre deux opérations distinctes, unissant la chirurgie
des amputations (ou parfois des ablations) et les redressements obtenus par des
appareils correcteurs.
54. crocploc: la science; il semble qu'en outre ce mot soit ici porteur de
valeurs morales. 55. cpcx.ve:lc;;
: beauté précise de l'image qui prépare le v. 57.
56. o:v3p(cx.): suivant les scholies, il s'agirait d'Hippolyte; on cite d'autres noms:
Capanée ou Lycurgue (STÉSICHORE, fr. 16), Glaucos, Tyndare, d'autres encore.
xoµ(acx.L:cf. P. IV, 1,9: ~uxiv xop.(~Q:~, 66-67,Constr.tx ~v~-rou(XÎ.(ôX6't'cx.;

PYTHJQV~S '
PINDARE
, ,
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CùXE:CùÇ, CùV oe:
<:-' '
xe:plXUVOÇ' '
e:ve:rrxLµ'i'e:v µopov. ,,, ,
105

Xp~ ' E:OLXO't'/X


't'/X ' , '
7t1Xp
31XLµ6vwv µ1Xcr't'e:utµe:v 0v/X't'IXÎ:Çcpp1XO'Lv
f \ ~f \ d ' \ "
60 yvoV't'/X 't'O 7tC<p 7tOooç, 0 L/XÇ e:Lµe:v /XLO'/XÇ.

M~' cpLÀ/X~ux&., ~Lov &.0&.v/X't'OV Ep. 3


cr1te:ü3e:, TIX.V 3' è:µ1tp1XX't'OV&v't'Àe:L µIX)'_IXV/XV. l 10
,
EL <:-' , ,,
oe: crwcppwv /XV't'pov
,, , ,,X'
E:V/XL E:'t'L Lpwv,
,
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cpLÀ't'pov <È:v> 0uµ~ µe:"ALycx.pue:ç
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't'L ~ ' 't'OL' xe:v
' '0ov
µLv 7tL
X/XL vuv È:crÀoÎ:crL1t1Xp1Xcrx_e:ï:v
&.v3pcx.crLv0e:pµiiv v6crwv
~ 't'LV/X A1X't'ot31X xe:XÀ"fjµtvov ~ 7t/X't'tpoç.
Ir\./XL
' xe:v e:v
' V/XUO'LV
' µo/\OV
'· 'I OVL/XV
' 't'/Xµ
' V(ùV 0(Xr,..(XO'O'/XV
'• 120

58. èvÉo-xLµ\jiE(v)
<l>EGcac V: ÈvÉO"Xl)4JE(v) cP0 11 59. cppcx.o-(v
BH ÈvÉO"Xl)fL4JE
Bœckh : cppEo-L codd. 11 60. yv6v-rcx.: yv6v-rcx.çHP0 11 64. èv suppl. Mosch. 11
66. x.cx.tvuv Er. Schmid : xcx.tvüv codd. 11Èo-Ào°Lo-L C 11 68. -rocµvwv
: Èo-6Ào°Lo-L
Mommsen : -r:ɵvwvcodd.

noter la valeur de &:pcx.. p(\jicx.Lç


(s. e. -ràv XEpcx.uv6v)
8L' &µcpo°Lvo--ré:pvwv. 58. ivÉo--
XLfL4JEV seul exemple de ce verbe chez Pindare; AP. RH., III, 15 3 (au propre)
et 765 (au fig.) confirment la leçon. 59. µcx.cnEué:µev= µcx.o--rEUELV: rechercher;
constr. -rcx.èoLx6-rcx. cppcx.o-(v. 60. -rà 1tocprro86ç, développé par la fin
0vcx.-rcx.Lç
du vers, s'oppose à -rwv oc1tE6v-rwv du v. 20. Elµé:v : sens d'appartenance.
61. \jiuxcx:: âme, sens familier à Pindare. 62. o-,c.:ü8E,ici : rechercher
(trop vite); cf. Jsth111 ., IV' 13 : 0"7tEU8ELV ocpE'!OC'J.
~µ1tpcx.X'!OV est &1tcx.1;
au sens
passif (= possible à accomplir); &v-rÀEÎ:vveut dire épuiser l'eau amassée
au fond d'une embarcatio11. 63 sqq. Reprennent les vœux du début. 8é: =
a~ renvoyant à 1 sqq. &:v-rpovaux flancs du Pélion : cf. Is., VIII, 42.
64. cp(À-rpov:la poésie est une incantation. 67. Acx.-rot8cx.
: Apollon. 1tcx.-r:Époç :
son père, i. e. Zeus. Voir la Notice. XEXÀl)µÉvov: litt. portant le nom de (cf.
SOPHOCLE,fr. 107). 68. -rcx:µvwvau sens fort (cf. 0/., XIII, 57; Is., VI, 22)
signifie ici frayer la voie. 68 sqq. Les verbes à l'ind. aor. µ6Àov, xcx.-rÉÔcx.v(v. 73)
et ÈÇLx6µcx.v (v. 76) expriment un irréel passé. On en a parfois conclu que le poète
n'était pas encore allé en Sicile quand il écrivit ces vers. En fait, le<<coefficient
IJJe PYTHIQUE

'A pe:
'0 oLcrocve:1tL
' ' xpocvocv
' çÉvov,

70 8ç }:upocx6crcrcxLcrL vɵe:L ~occrLÀe:oç, Str. 4


1tpocàç &cr"t"oî:ç,où cp0ovÉwv &yoc0oî:ç, 1;e:(- 125
~' 0ocuµoccr"t"oç
voLç oe: ' 7tOC"t"îJP·
,
T0 µÈ:v ~L~üµocç x_ifpL"t"CXÇ
' I e <-y- I I ,I
e:L XOC"t"E:UC(V.l )'LE:LOCV ocywv x_pucre:ocv
~ µov
XCù ' "t"' oce:' '0,ACùVII u 0'LCùVOCL
''y ,FI.OCV '
(J"t"E:Cf>OCVOLÇ,
, ,
"t"OUÇocpLCJ"t"e:uwv
, K' rn '
,
-ve:pe:vLxoç EAEV LPPC'f7tO"t"e:,
,,,
' I , I
75 . occr"t"e:poç
oupocvLou
\ "\. I 1 1
cpocµL"t"î)ACXU)'E:O'"t"E:pov
XE:LV(pcpocoç 1 35

't:' ,
e:sLxoµocv (.), 0'UV 7t0V"t"OV
xe: t-'oc 1
7tE:pC(O'OCLÇ.
1

•A"l"I'
n.A11. , 't:' 0CXLµe:v
e:1te:usoccr ' e:ywv
' ' e:
'0''EAW Ant. 4

69. 'Apé0otcro:v Bergk : 'Apé0oucro:v codd. 11 71. l;elvotç ~È: : l;elvoLç -ri::
GH 11 73. 'Yy(sto:v scripsimus 11 76. n-6v-rov : n-6pov CV.

d'irréalité>> porte bien plutôt sur les participes qui dépendent, 't"CX[-LVCùV de µ6Àov,
&ywv de XO:'t"éoo:v etn-spcxcrcro:LÇde è:1;tx6µo:v.Le sens est: si en débarquant (comme
je l'ai fait), je t'avais amené la Santé nimbée d'or, je serais apparu à tes yeux, quand
je suis arrivé, plus lumineux qu'un astre du ciel. A propos de l'incidence possible
sur la date du poème, voir la Notice et J. DucHEMIN, Pindare, p. 143, n. 1.
69. 'Apé0otcro:v : une scholie obscure, au texte corrompu, semble mettre la
légende de la nymphe changée en source en rapport avec Apollon. l;évov,
comme l;s(votç (v. 71) indique bien que le poète était à ce moment l'hôte
d'Hiéron. 73. 'Yy(sto:v personnifiée (&ywv). x&µov : le Chœur = le poème.
o:!yÀo:\I:l'éclat; cf. 0/., XIII, 36, à propos d'une victoire à la course, a!yÀo: n-o~&v;
le plur. cr't"scpcxvotç semble indiquer qu'il y a eu plus d'une victoire de Phérénikos;
voir la Notice. 74. n-o't"é : <<naguère>> plutôt que<< jadis >>.K(ppq: : les courses
de chevaux avaient lieu, pour les Jeux Pythiques, dans l'hippodrome de la plaine
de Kirrha. 75. &cr't"époçoùpo:v(ou = le soleil.
77 sqq. cx:ÀÀ(cx) : le raisonnement est : puisque la santé d'Hiéron ne peut être
restaurée ni par Chiron ni par Asclépios, que reste-t-il au poète ? Réponse :
1) invoquer la Grande Mère et Pan (v. 77-79); z) prêcher la résignation (v. 80 sqq.).
77-78. èn-su1;o:cr0ocL Mo:Tp( : Rhéa avait à la fois dans ses attributions, selon les
PINDARE

Mœ-rpt, TOCV xoupœ~ nœp' tµov np60upov cruv


Ilavl µfÀnOVTIX~ 0œµœ
cre:µvœv ' 0e:ov' e:vvux
, 1 ~(X~.
80 E ,~ oe:
Il-' -.Aoywv
' cruve:µe:v
' xopucpœv,
' • I'e:pwv,

' 0'œv e:n~cr-r~,


op ' ' µœv0'œvwv o~cr'l' 0œ npo-re:pwv' •
EV nœp''"I'EO'AOV
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œAA œya o L, -rœ xœAœ -rpe:'t'av-re:c_; 1,1, ''1:
e:sw.

78. µéÀTTOVTCX:L CV 11 79. 0e:àv : 0e:wv vel


: µéÀTTOVTL 0e:ii.v cac 11
81. acx:tov-rcx:L
: aéov-rcx:L
E.

scholies, le pouvoir de faire croître ou décroître la maladie et celui de purifier


de la µcx:v[cx:.
Les mêmes scholies racontent qu'il y avait un temple de Rhéa près
de la maison de Pindare; d'après Aristodème, il l'aurait lui-même fait édifier
après avoir eu dans la montagne, au cours d'un orage, une vision de la déesse.
78. xoüpcx:L : probablement les filles du poète, IIpw-roµ&xîJ et E6µ1)-rLÇ,avec leurs
compagnes. 1tcx:p'lµov 1tp60upov: leur cortège passe devant la porte du poète en
chantant un Parthé11ée.crùv Ilcx:v(: Pan était le parèdre de Rhéa et lui était préci-
sément associé par Pindare dans un Parthé11ée(fr. 95 Snell); cf. WrLAMOWITZ,
Hiero11u11dPindaros, p. 1298), et peut-être était-il adoré avec elle dans le temple
voisin de la maison de Pindare. 0cx:µ&: en grand nombre (cf. Il., XV, 470) ou
fréquemment. 79. lvvuxtcx:L:
les mystères de Rhéa étaient nocturnes. 80. )..6ywv
xopucp&v: cf. À6ywv xopucpcx:(, 01., VII, 68; aussi 01., I, 13, également adressée à
Hiéron, apé1twv..• xopucpixç&pe:-rii.v &1to1tcx:crii.v;
ici aussi l'image est celle d'une fleur
droite sur sa tige; comprendre : si tu es capable de saisir (cruvéµe:v,de O'UVL'Y)µL:
faire un rapprochement, d'où comprendre), droite et dans son vrai sens, la fleur
des paroles. 1tpo-répwv : allusion à Homère, dont le poète rappelle le passage Il.,
XXIV, 527 sqq. 81-82. Pindare interprète le passage homérique en compre-
nant qu'il y a trois tonneaux, un pour les biens et deux pour les maux, sur le seuil
de Zeus. 82. -rixµèv = -rixcpcx:ÜÀcx:
(sch.). x6crµ(i) = µe:"t'ix
x6crµou (sch.). 83. -rix
xcx:Àix i~w : image des vêtements que les sages portent en présentant
-rpé~ixv"t'e:ç
iu dehors le meilleur côté,
IJJe PYTHIQUE 53

Tlv aè: µo'r:p' e:ùaatµovt<XÇ f1te:'t'<XL. Ep. 4


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"(<X()'t'OL 't'U()<XVVOV
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160
µe:À1toµe:vav Èv è)pe:t Motcrav xal Èv É7t't'<X7tùÀOLÇ
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X<XL 7t<X()

85. "t'Ot BGHC 2 : om. <I>EC 1 V 11 86. II6"t'µoc; scripsimus : 1t6"t'µoc; 11

87. lyev"t'' GH Triel. : èyéve"t'' B ( ?) <I>ECV 11 88. µocv Mosch. Triel. : ye


µocv codd.

84. "t'LV:
dorien= croL(ou cré). µo ~p' eù?>-:une part de bonheur. 85. Àocyé"t'ocÇ,
et Y.yw;les scholies semblent lire tantôt )...ocyé"t'ocv
de )...oc6c; se rapportant à "t'upocvvov
(i. e. Hiéron), tantôt Àocyé"t'ocç"t'upocvvoc;,
en opposition à 1tÀoU"t'OÇ. 86. II6"t'µoc; :
le Destin personnifié. Les scholies, qui ne transcrivent pas le mot, font intervenir
" ~
7tAOU"t'OÇ dans 1eur commentaire.
. 87 • J!..yev"t'' = eyeve"t'o.
' ' 1tocpoc
' : aupres
' de. P'l'
e ee
et Cadmos sont parmi les héros les plus chers à Pindare. Une longue scholie est
consacrée à Cadmos, roi légendaire de Thèbes. Pélée, lui, est un héros dont la
geste se développe en Thessalie. 88. CX.V"t't0éep K&8µep : Cadmos fut emporté
aux Champs-Élysées sur un char attelé de dragons, en compagnie de son épouse
Harmonie, fille d'Arès et d'Aphrodite. Pélée, lui, partagea, d'après EURIPIDE,
Andr., 1254 sqq., l'immortalité de Thétis auprès de Nérée. 89. ot = oÙ"t'ot.
90. µeÀ1toµevéiv èv èîpet s'applique à Pélée, èv t7t"C'OC7tUÀOtÇ 0·~ooctc;,à Cadmos.
91-92. 'Apµov(ocv... 0é"t'tV : chiasme. WILAMOWITZ rattache le nom d'Harmonie
à celui d'une ancienne divinité agraire (Pit1daros,p. 58). En fait, pour Pindare,
elle est bien la personnification de l'harmonie; cf. Pindare, p. 13 5. yocµev =
lyYJµev. 92. eùoouÀoU : cf. llis., Théog., v. 23 3 sqq. XÀU"C'OCV: voir l'Iliade et de
nombreux passages chez Pindare lui-même.
93 sqq. xoc10eol x"t'À: le Vase François montre le cortège des dieux se rendant,
chargés de présents, aux noces de Thétis et de Pélée. Dans l'Iliade, XXIV,
59 sqq., Zeus rappelle l'événement et précise qu'Apollon y joua de la phorminoc(x?>.-
54 PINDARE

166
I , d~ d~
cre:ê/.~Ç e:v e:opcx~ç,e:ovcx't'E:
95 3ÉÇCX\J't'O, ~~OÇ 3~ XIX.P~\J
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'~µe:p't'O\J '

100 Ant. 5

94. ~a:crLÀ:'ija:c; I: 11 100. &.Oa:vcx:-ra:


codd. : ~a:crLÀe:Ï:ç : à:Ocx:va:-roc;
<I>E.

cra:v-ro:quoique sur la terre, il s'agit du banquet sacré des dieux. 94. Kp. 1ta:î:-
aa:c;~a:crLÀ'ija:c;
désigne sans doute, outre Zeus, Poseidon et peut-être Hadès. On sait
l'importance de Kronos dans la théologie pindarique. taov, glosé dans les scholies
par iOe:cx:cra:v-ro,suggère une vision béatifique. xpucrta:Lc;: valeur divine des sièges
d'or. lava: : cadeaux de noce; le mot désigne souvent la dot. 95 sqq. Les
scholies rappellent que Cadmos fut métamorphosé en serpent et mourut, et
que Pélée termina misérablement sa vie dans l'île d'Ikos (cf. CALL., fr. 372. Pfeif-
fer), ce qui contredit les scholies au v. 88. LlLoc;aè: xcx:pLV : par la faveur de Zeus.
at= a~. 96 7tpO't"€pCùv xa:µIX't"CùV
: chacun d'eux avait été exilé de chez lui. ~cr-ra:-
cra:vàpOœvxa:pala:v : cf. Sur,um corda. 97. 't"OVµtv: Cadmos. Ouya:-rpe:c; lp~µCù-
cra:v: ses filles privèrent Cadmos de sa part de bonheur. 98. e:ùcppocruva:c;µtpoc;:
cf. µoî:p'e:ùaa:Lµovla:c;(v. 84). a:L-rpe:î:c;
: trois sur quatre connurent les plus grands
malheurs : Agavé, qui tua son fils Penthée; Autonoé, épouse d'Aristée et mère
d'Actéon; Ino qui, selon certains, jeta dans un chaudron son fils Mélicerte;
selon d'autres, c'est son époux Athamas qui l'y jeta; Mélicerte devint le dieu
marin Palémon et Ino la déesse marine Leucothée. &.-rixp:toutefois. 99. 0uwvq: :
Sémélé, la quatrième, mère de Dionysos, est rituellement appelée Thyoné, nom
que les Anciens rattachaient à Oue:Lvet à 0ucx:ae:c;;ils lui donnaient aussi parfois
le nom de Dioné (cf. EURIPIDE, Antig., fr. 177); pour d'autres, Thyoné était le
nom d'une des nourrices de Dionysos.
100. -rou aè: 1ta:î:ç: le fils de Pélée (s'oppose à -ràv µtv du v. 97), i.e. Achille.
µ6vov: le Scholiaste raconte curieusement qu'il y en eut d'autres, mais que Thétis
IJJe PYTHIQUE 55

-r(X't'EV Èv <l>0(q: 0é-r~ç, èv 7tOÀéµep -r6-


180
~o~ç IX7t0 ~uxixv À~7t6)V
'l' ' /
wpcrev 1tup~ xix~oµevoç
' A ~ /
EX uixvixwv yoov. E' ~1 / ,,
~ oE voep -r~ç EXE~

0vix-r&v ixÀe<0e(ixç oa6v, XP~ 1tpoç µixx&.pwv


-ruyx&vov-r' ei5 1tixcrxéµev. ,,At..ÀO't'E a' ixÀÀO~IX~1tvoix(
(,,1 ~ ''
105 U-r ~7tE't'IXVixveµCùv.
1
' ÜÀOOÇ [a'J oùx Èç µixxpov &vap&v ~PXE't'IX~
olç 7tOÀuç, ei5-r' &v È1t~op(crix~ç~7t)l't'IX~.

~µ~xpoç Èv crµ~xpo~ç, µéyixç Èv µeyœÀo~ç Ep. 5


,,
Ecrcroµix~, ,
'~'' O ixµcpE7tOV't'
't'OV '' cppixcr~v
, IX~E~ ,
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oix~µov,, I
XIX't''''0eµixv
IXCTX)lCTCù 1
Ep1X7tEUCùV I
µIXXIXVIXV.
IIO
'
E~ ~I
OE ; ~
µo~ 7t/\OU't'OV e\
<B \
EOÇ ixupov ' f ~
opEc.,IX~, 1 95

102. wpcre:vV Mosch. Triel. : wpcre: C wpcre:vÈv B<l>EGH fort. wpcr' Èv


(cf. Il., XXIV, 38) 11 105. Ù4JL1tE:'t"CX.V
: Ù4JL1tE:'t"WV
B 1115).ooc;Triel. : /)).ooc;3'
codd. 11 106. otc; Heyne : 5c; codd. crwc;Emperius (crœàc;Schr.) 11È1tLoptcrœLc;
8 2 1
Bœckh : È1tLop(crœc;B<l>GHC V È1tLop~crœc; <t:>iEÈoptcrœc;C •

les fit périr en voulant les immortaliser par le feu. 101. 't"6ÇoLc;: l'arc d'Apollon,
selon les uns, et, selon les autres, de Pâris guidé par Apollon. 102. <i>pcre:v
...
y6ov: Pindare (Is., VIII, 57 sqq.) montre les Muses chantant le thrène d'Achille.
D'après Od., XXIV, 47 sqq., le thrène fut chanté par Thétis et les Néréides.
103. ~Xe:L:sens fort; avec v6ep: connaît. 104. e:Ùconstruit cx:rràxoLvoü,ou portant
seulement sur nœcrxéµ.e:v: prendre en bonne part (tout) ce qui vient des dieux.
3' = 3~, aussi bien. 105. Constr. 6).ooc;cx:v3pwv.È1tLop(crœLc; : seul exemple du
composé chez Pindare qui, par ailleurs, emploie trois fois le simple, notamment
fr. I 29, xpucréoLÇxœp1toî:c;~e:opL66c;.ôc;(1t0Àuc;)est impossible à côté de e:ù't"' &v.
D'où diverses corrections, dont la plus acceptable est celle de Heyne otc; 1t0Àuc;.
107. crµ.Lxpoî:c;et µ.e:yœÀoLc; au neutre. 108. ~crcroµ.œL : conseil à Hiéron.
cx:µ.cpé1toV't"(cx)
: qui prend soin, selon une conception quasi platonicienne du 3œ(µ.wv.
109. 3œ(µ.ov(œ)construit cx:1tà xoLvoü. 110. 1tÀoÜ't"oV : pour le Scholiaste, Pindare
invite discrètement Hiéron à se montrer généreux. Le passage s'applique-t-il al1
PINDARE

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112. ~œp1t~aov' codd. : ~œp1tœaov' Schr. 11 114. )'LVWO'XO[J-EV


B<I>EC :
. &. a' &.pe:-rœEr. Schmid ex Scholiis :
YL)'V·GHV 11&.pµocrœv,)'LVWO'XO[J-E:V
&pµocrœv• yL(y)vwcrxoµÉvœa' &.pe:-rœ
codd.

roi? à Pindare lui-même? BURTON,Pythian, p. 87-89, en discute longuement. En


fait, il semble bien que l'épode entière s'applique à Hiéron, sous le couvert de
réflexions personnelles du poète : ce n'est pas lui-même assurément que celui-ci
compare à Nestor, ni surtout à Sarpédon. Ceux-ci - le Sage et le Vaillant -
ont été chantés par maint poète, dès avant Homère. 112. cpœ-rLç
(r), ace. plur.
en appos. à Nestor et Sarpédon (<<ces grandes renommées >> Puech); cf. 0/.,
I, 29. 113. È:1téwvxe:Àœae:vvwv P. IX, 90. -réx-rove:ç
: cf. Xœp(-rwv xe:ÀœaEVvii.v,
clpµocrœv: métaphore du charpentier. crocpo(désigne les poètes (ceux qui savent).
114. &.pe:-rœ : la valeur. -re:Àé0e:Lexprime la plénitude, xpov(œ la permanence.
115. Le moyen 1tpœ!;œcrO(œL) reprend le conseil à Hiéron.
LA IXe PYTHIQUE

La JXe Pythique est la plus ancienne des Odes cyrénaïques


de Pindare. Les scholies nous apprennent qu'elle fut composée
à l'occasion d'une victoire remportée à la 28e Pythiade, c'est-à-
dire en 474. Elle suit de près le retour de Sicile, et l'on verra
plus loin les conclusions que l'on a cru pouvoir en tirer. Le
vainqueur, Télésicrate de Cyrène, l'avait emporté à la course
en armes, avec casque, jambières et bouclier (1). Rien n'indique,
au contraire (2), que Pindare soit allé à Cyrène pour chanter
cette victoire.
,
LES MYTHES THESSALIENS. HESIODE ET PINDARE

Les scholies nous apprennent que le sujet de cette Ode est


tiré de l'une des Éhées hésiodiques, dont elles nous gardent le
fragment initial :
~ otYJ <1>0[ri
Xixp[-rwv &1to xrxÀÀoç ~xoucrix
Il YJVE:LoÜ1tixp' 6~wp xixÀ~ vix[e:crxe: Kup~VYJ
(Fr. 128 Rzach.)

(1) PAus., VI, 10, 2. Il devait obtenir à la 30° Pythiade le prix de la course
du stade. D'après le Scholiaste, on pouvait voir à Delphes sa statue, dont le casque
rappelait la victoire de 474.
(2) Voir le commentaire à la 4° triade.
PINDARE

De même que la belle Coronis de la JJJe Pythique, Cyrène


est donc une héroïne thessalienne (r). On connaît la prédilection
de Pindare pour les légendes de la Thessalie et du Pélion.
Chiron est l'une de ses figures familières, et l'on sait que, sans
parler d'Asclépios (P. III) et de Jason (P. IV), nombre de héros
chantés par Pindare, Pélée, Achille, etc., furent les élèves du
Centaure courotrophe.
Nous ne devons pas nous étonner davantage que Pindare
ait emprunté cette fois encore son sujet à l'œuvre d'Hésiode.
On connaît assez les affinités, qui ne sont pas seulement géogra-
phiques, des deux poètes. Il y a tout lieu de penser que les
œuvres épiques transmises sous le nom d'Hésiode et conservées
au Val des Muses, au pied de l'Hélicon (2), jouaient un rôle
capital dans l'éducation poétique donnée à Thèbes. Inverse-
ment, les légendes régionales, béotiennes et surtout thessa-
liennes, devaient être, dans le Corpus hésiodique, particulière-
ment représentées (3).
Ces constatations permettent de nous faire une idée de la
façon dont travaillait Pindare. Le poète possédait un réper-
toire, préparait, avant toute commande, des ébauches, des
morceaux à peu près rédigés, qu'il pouvait insérer ensuite en
les adaptant, selon les Jeux, le dieu à honorer, le vainqueur et
la ville à chanter. Fidèle au dieu de Delphes, il a groupé, en vue

(1) Elle est fille d'Hypseus, roi des Lapithes, lui-même fils du fleuve Pénée
et petit-fils d'Océan. La mère d'Hypseus était la Naïade Créuse, fille de la Terre.
Voir les v. 14 sqq. Chez VrRGILE (Géorg., IV, 316 sqq.), Aristée va trouver sa
mère sous les eaux du Pénée, qui s'écartent devant lui.
(2) Comme les poèmes homériques à Chios.
(3) Sur tous ces points, consulter J. SCHWARTZ, Pseudo-Hesiodeia, 1960.
Ajoutons que les mythes, comme les invasions, passèrent de Thessalie en Béotie.
LA IXe PYTHIQUE 59
de projets à venir, des épisodes apolliniens. Familier de la poésie
hésiodique, sa pensée a dû, à une certaine époque, graviter
autour des Éhées, auxquelles il a pu s'intéresser plus parti-
culièrement dans les années 476-474. Nous pouvons nous
imaginer dans cette perspective comment a pu être élaborée
l'Ode pour Télésicrate. Si le poète avait en attente un mythe
thessalien, inspiré d'Hésiode, narrant les amours de Cyrène et
d'Apollon, rien de plus facile pour lui que d'en transporter
l'épilogue, selon les thèmes, affectionnés de lui (1), du Voyage
et du Paradis, dans la patrie de son client, faisant, peut-être
le premier, de la nymphe Cyrène l'éponyme de la cité (2). Sans
aller forcément jusque-là, de bons esprits ont pensé que le
voyage nuptial du dieu et de la nymphe en Libye était un
apport personnel de Pindare (3). De fait, à notre connaissance,
on n'en trouve pas trace avant lui.

HISTOIRE ET LÉGENDE

Quelle réalité historique se cache sous le récit des amours


de Cyrène et d'Apollon et de leur voyage en Libye ? Certains
historiens ont songé à une colonisation prédorienne remontant
aux temps mythiques, venue, pensent les uns (4), du pays des

(1) Voir J. DucHEMIN, Pi11darepoète et prophète, notamment p. 303 sqq.


(2) Peut-être F. CHAMOUX a-t-il raison quand il expose (Cyrènesousla monarchie
des Battiades, p. 126-127) que le rapport de nom entre la nymphe chasseresse et
la cité est purement fortuit, le substantif indigène qui désigne à la fois l'asphodèle
et la source Kupa; ayant pu donner, par une forme de dérivation attestée ailleurs,
le nom de Kup~Vî) à la ville.
(3) C'était la thèse d'E. LüBBERT dans son étude De Pindari studiis Hesiodeis
atque Homericis, Bonn, 1881.
(4) GERCKE, Die Myrmidonen in Kyrene, dans Hermes, 1906.
60 PINDARE

Myrmidons, pour les autres (1) du Péloponnèse. Divers textes


y font, semble-t-il, allusion. Le Scholiaste d' Apollonios de
Rhodes (II, 498) raconte qu'Eurypyle, roi légendaire de Libye,
voyant sa contrée en proie aux ravages d'un lion, offrit son
trône à qui le délivrerait du fauve. Cyrène, arrivée avec Apollon,
tua le lion et devint reine. D'après Justin (XIII, 7) résumant
Trogue Pompée, Cyrène aurait été rejointe par des Thessaliens
envoyés par son père à sa recherche et qui se seraient fixés
auprès d'elle (2). Mais, comme le fait remarquer F. Chamoux,
rien de tout cela n'apparaît avant l'époque hellénistique (3), et
les sources les plus vénérables sont à coup sûr celles qu'il réunit
sous le vocable de << tradition hésiodico-pindarique >>. Cette
synthèse est cependant bien arbitraire. Entre Hésiode et Pindare
un laps de temps mal connu, mais long, s'est écoulé (4), et l'on
ne saurait les confondre. Il est constant qu'Hésiode a traité
des amours de Cyrène et d'Apollon. Mais a-t-il pour autant
traité du fabuleux voyage en Libye ? Nous avons vu que ce
dernier thème a chance d'être pindarique. Au surplus, depuis
Pindare, les de11x thèmes sont restés étroitement unis. Si des

(1) MALTEN,Kyrene, Berlin, 1911.


(2) On cite également ISIDOREDE SÉVILLE,Étyn1ol., XV, 1, 77.
(3) Op.cil., p. 73 sqq., notamment p. 79. C'est également à une époque assez
tardive qu'apparaît un monument figuré présentant Cyrène et Eurypyle nommé-
ment désignés. Il s'agit du relief votif dit de Lysanias, trouvé près de Benghazi
(CHAMOUX,p. 279). On y voit disti11cte1nent Cyrène en chasseresse et Eurypyle
en guerrier grec. Ce relief, d'après F. Chamoux, présente aussi des figures qui
pourraient être les Anténorides. Faut-il, dans ces conditions, rejeter entièrement,
comme le fait l'historien de Cyrène (p. 90-91), l'existence d'une colonie pré-
dorienne? Nous ne saurions en décider.
(4) Même si l'Ébée de Cyrène était interpolée, comme le suggère assez
gratuitement G. MÉAUTIS(Pindare le Dorie11,p. 211), rien ne permet de supposer
qu'elle ne remonte qu'au vi 0 siècle.
LA IXe PYTHIQUE 61

changements y ont été introduits, ils ont été dûs au désir de


renchérir inspiré par le patriotisme local. C'est ainsi que Calli-
maque (H. Ap., 88) a placé en Cyrénaïque les combats de la
nymphe contre les lions. Il en est résulté qu'après lui des textes
d'allure historique ont adopté des variantes de sa version, basées
sur la vraisemblance plus grande de la présence de lions en
Afrique (1). Des érudits modernes ont même repris ce point
de vue, et l'on trouvera dans l'ouvrage cité de F. Chamoux
les éléments d'une importante polémique avec Malten à ce
sujet (2).
UNIONS DIVINES ET HUMAINES

Quoi qu'il en soit de ces différents points, Pindare a forte-


ment insisté sur l'aspect d'hiérogamie de cette union gracieuse
de la nymphe et du dieu. La région choisie, certes, est prospère
dès l'abord, riche en troupeaux et en récoltes (v. 6-7). Mais si
elle ne l'était pas, elle le deviendrait du fait de ce mariage sacré
auquel préside Aphrodite elle-même, elle qui, nous le savons,
possédait en Cyrénaïque plusieurs sanctuaires (3), en particulier
à Cyrène même, où son culte était, semble-t-il, rituellement
associé à celui d'Apollon. On se souvient que la Ve Pythique
fut chantée dans la cité yÀuxùv &.µ.cpt (v. 24).
x~1tov 'Acppo8L't'IX.Ç
Divin ou humain, le thème du mariage est au premier plan
dans notre poème. Traité une première fois dans le mythe de
Cyrène et d'Apollon, il l'est à nouveau à la fin de l'Ode, dans
une perspective plus personnelle à Télésicrate. Une tradition

(1) La Grèce archaïque avait encore des lions dans sa faune, et point n'est
besoin d'expliquer le lion de Némée par des influences orientales.
(2) Voir le chapitre déjà cité, notamment ses conclusions 1 p. 90-91,
(3) Voir F, CHAMOUX, op. cit., p, 2.67-2.69,
62 PINDARE

familiale est à l'origine de ce dernier récit, piquant et agréable


dans sa couleur locale, puisqu'il s'agit de l'exploit d'un ancêtre,
Alexidame, qui gagna à la course la main d'une royale .fiancée.
Rien de commun sans doute (malgré quelques exégètes) entre
le roi Antée et le géant que tua Héraclès. Sous le récit de la
course et de l'hymen d' Alexidame court, comme en .filigrane,
la légende de Danaos mariant ses .filles aux fils d'Égyptos et
laissant chacun choisir son épouse dans l'ordre d'arrivée à la
course du stade : &.y0v nuptial, sur lequel Antée avait voulu
calquer les noces de sa .fille. Pindare avait-il des intentions
plus mystérieuses ? Conseillait-il un mariage? Faisait-il allusion
à des fiançailles, peut-être thébaines ? Nous ne saurions le
dire (1). Mais peut-être qu'avant tout le poète a voulu dans
cette fin mettre en œuvre des thèmes agonistiques : ceux-ci ne
devaient pas manquer dans les traditions locales d'Irasa ou
d'ailleurs, et le mythe de Pélops et d'Hippodamie, s'il est pour
nous le plus connu, n'est évidemment pas isolé.

DIVINITÉS COUROTROPHES ET BIENFAITRICES. ARISTÉE

Le panthéon pindarique est ici multiple et varié. A côté


des dieux olympiens que sont Apollon, puis Aphrodite et
Hermès, outre l'évocation de Zeus, invisible mais présent

(1) A. PuECH passe en revue, dans sa Notice à cette Ode (t. II, p. 131), les
diverses hypothèses qui ont été for111ulées.Voir infra, ce qui concerne la digression
thébaine. Ajoutons que l'hypothèse de fiançailles thébaines de Télésicrate ne
nous semble pas déraisonnable, notamment au vu du v. 75, avec l'épithète [µ.e:p-rœv
appliquée à a61;°'v(ou ~61;°'v) et l'emploi du verbe &ye:Lv(&y°'y6v-r'), qui est le
terme propre en parlant d'un époux qui emmène chez lui la nouvelle épousée. En
même temps qu'une explication de la célébration thébaine, il y a là un rappel
d'Apollon emmenant Cyrène.
LA IXe PYTHIQUE

au v. 53, le poète a introduit des divinités d'un tout autre ordre,


empruntées aux mythologies antérieures, par le canal d'Hésiode
vraisemblablement. Au premier rang est le Centaure Chiron,
le bon Centaure ami des hommes, venu d'une tout autre tradi-
tion que les Centaures monstrueux et paillards, les :fils de la
Nuée, qui attaquèrent les Lapithes. Être bienfaisant par excel-
lence, il est :fils de Kronos et de !'Océanide Philyra (1). Il
enseigna aux hommes la médecine, et c'est lui qui instruisit
le demi-dieu Asclépios. Chiron était aussi une divinité couro-
. trophe, rôle plus couramment dévolu à des déesses, et qu'il doit
peut-être lui-même au voisinage de sa mère et de son épouse
Chariclo. Mais la JXe Pythique ne le présente pas comme l'édu-
cateur d' Aristée. Le rôle est cette fois confié à des déesses, à la
Terre et aux Heures, filles de Thémis. Nous n'avons pas lieu
de discuter ici pour savoir si la Terre est aussi Thémis, comme
dans le Prométhée d'Eschyle. Il est sûr, en tout cas, que les
déesses courotrophes sont toujours, en quelque mesure, des
déesses de la nature, figures de la Terre-Mère. Elles n'allai-
tent pas le jeune Aristée; mais, comme l'avait fait Thémis
pour Apollon dans l'Ifymne homérique,elles le nourrissent de
nectar et d'ambroisie, mets réservés aux dieux et conférant
l'immortalité.
La 3e antistrophe nous apprend beaucoup sur ce demi-dieu
dont parlera longuement Virgile au chant IV des Géorgiques,
et dont la légende, si l'on en croit le poète latin, a mystérieuse-
ment croisé celle d'Orphée. Rien de tel chez Pindare. Mais
tout n'est pas clair pour autant. Le poète suggère un double

(1) On connaît le respect de Pindare envers Kronos, que, dans le mythe de


la JJe Olympique,il fait régner sur les Bienheureux.
PINDARE

rapprochement, l'un avec Zeus, dont il possédera l'immortalité,


l'autre avec Apollon, dont il possédera la sainteté (1). Tout cela
est assez énigmatique, surtout sil' on réfléchit qu' Aypzuç et N 6µtoç
sont des épiclèses d'Apollon Chasseur et Berger, cependant
qu' 'Aptcr't'aÏoç est une épiclèsede Zeus. On sait que la distance
est parfois bien faible entre les épithètes rituelles des dieux
et les noms propres de personnes différentes, héroïques ou
divines (2). D'où la difficulté d'élucider entièrement le passage
et de choisir entre les diverses façons d'écrire, de ponctuer et
de comprendre qui ont été proposées.
Heureusement, Aristée nous est par ailleurs connu. Divers
poètes (3), outre Pindare, en ont parlé, et Nonnos, dans ses
Dionysiaques (4), narre longuement une légende qui n'a fait
que s'enrichir au cours des siècles. D'après Apollonios (5), il
fut élevé par Chiron, puis par les Muses, qui lui apprirent l'art

(1) Voir les v. 63 sqq. et le commentaire qui s'y rapporte.


(2) Il peut arriver qu'une épithète rituelle, ou épiclèse,se détache pour donner
vie à un être nouveau. Ce put être le cas parfois pour 'Aype:ui;;et N 6µLoi;;,si l'on
en croit le passage de JusTrN déjà cité (XIII, 7), suivant lequel Cyrène aurait eu
d'Apollon quatre fils, dont trois s'appelaient Aristée, Agreus et Nomios. Il se
trouve dans d'autres cas qu'un dieu absorbe à la fois la personne et le nom, sous
forn1e d'épiclèse,d'une divinité dont il a évincé le culte à son profit : tel le dieu
Kcxpve:î:oi;;,
absorbé par Apollon qui prit son nom, ainsi conservé comme épithète
du dieu vainqueur, et dont il fit (plus exactement, dont les clergés firent) un
héros satellite.
(3) Pas seulement des poètes. P AUSANIAsnarre ses bienfaits (VITI, 2, 4) et
conte son expédition, avec des Grecs, en Sardaigne, où étaient déjà venus des
Libyens.
(4) NoNNos, Dio,zys., V, 212-5 52, raconte, greffées l'une sur l'autre, l'histoire
d' Aristée et celle d' Actéon, son fils. Le chant XIII (v. 2 53-308) le montre parti-
cipant à l'expédition de Dionysos en Inde : il y vint le dernier, ulcéré de ce que
les dieux avaient donné la palme au vin, et non au miel,
(1) Argon., II, 500 sqq, Voir aussi les scholies,
LA IXe PYTHIQUE ~

du guérisseur et du devin, puis le mirent à la tête de leurs


nombreux troupeaux, dans les plaines de Phthie. Il fut appelé
par les habitants de Kéos, qu'il sauva de la sécheresse. Le
premier, il découvrit le miel et éleva les abeilles ( r ). Il finit,
par accumulation, par être considéré comme l'inventeur de
toute civilisation, un peu comme le Prométhée d'Eschyle ou le
Palamède d'Euripide dans les pièces qui portent leurs noms.

LA DIGRESSION '
SUR THEBES
ET L'INTERPRÉTATION DE LA 4e ÉPODE

Les développements qui séparent les deux mythes sont


loin d'être clairs et n'ont cessé de susciter la discussion. Certes,
on ne peut sérieusement prétendre que l'Ode ait été exécutée
à Cyrène : le -rcx.vôzdu v. 91, au milieu d'un contexte où il
n'est question que de Thèbes, ne peut laisser le moindre doute
sur une célébration à Thèbes. Quant au futur ÔÉçz-rcx.~ du v. 73,
à propos de Cyrène qui accueillerale jeune vainqueur, il est d'une
entière clarté. Et l'usage constant du pronom pindarique ne
permet d'appliquer-rcx.vôz qu'à la ville où le poème est exécuté (2).
Par contre, les v. 76-79, par lesquels s'introduit la <<digres-
sion thébaine >>, sont de toute manière assez obscurs, par
l'emploi de ~ex.~&, puis surtout par la présence de Xê1..~p6ç et du
membre de phrase où il est enchâssé. Il faut comprendre, à

(1) On se souvient que chez Virgile, à la suite de la 1nort d'Eurydice qu'il


avait involontairement provoquée, ses abeilles étaient mortes et que Cyrène
l'envoya consulter Protée.
(2) Il faut, pour arriver à cette interprétation (Cyrè11e), opérer sur le texte
une correction des plus arbitraires : Hermann proposait de lire au lieu d'e:Ùx.Àe:'ti;o:(
dépendant de cpo:µ.[une 2° personne e:Ùx.Àe:'ti;o:ç,faisant de cpo:µ.lune incise dans
la bouche du poète.
PYTlIIQUES 5
66 PINDARE

notre avis, que le poète oppose les grandes destinées aux mille
mythes et celles où l'exploit isolé peut donner matière à de
riches variations, régal pour initiés. Télésicrate, certes, appar-
tient à la première catégorie. Mais l'opposition ainsi annoncée
introduit un développement antithétique sur Iolaos, l'homme
d'un seul exploit, puis sur Héraclès, dont les travaux sont si
nombreux que seule une langue émoussée (xeùcpôç)resterait à
court. Entre les deux est rappelée la divine maternité d' Alcmène.
Le poète ensuite rappelle une dette restée mystérieuse ( 1) envers
les héros thébains et la sot1rce de Dircé. La partie la plus
obscure est l'allusion au mot du Vieillard de la Mer (sans doute
le Nérée d'Hésiode), selon qui l'on doit louer même son ennemi
quand il a bien œuvré pour le bien commun. A qui s'appliquent
les v. 90 sqq. ? Certains, forts de la correction d'e:ùxÀ.e:ti;o:L
en
au v. 91 (2), l'appliquent à l'athlète qui a glorifié sa
e:ÙxÀe:•ti;o:ç
patrie, Cyrène, et, par sa victoire, a su éviter le silence impuis-
sant, apanage des vaincus (3). Mais tout repose sur une correc-
tion arbitraire. Et il ne serait peut-être pas de très bon goût
de parler, en un tel jour, des ennemis de Télésicrate. Si cette
hypothèse était fondée, la mention d'Égine et de Mégare serait
l'amorce de l'énumération de victoires poursuivie en 97 sqq. (4).

(1) La combinaison du futur X<.ùµcxcroµcxL et du participe aoriste 1tcx0wvindi-


quant une antériorité relative ne permet pas de décider si la grâce, objet du vœu,
est déjà reçue ou encore i recevoir.
(2) Voir supra, p. 65, n. 2.
(3) Les scholies citent à l'appui le fr. 229 : \ILXwµe:voL&ypu/;(~ ÔÉÔE\l't"CXL.
(4) Même, d'après WILAMO\VITZ, la mention d'Iolaos au v. 79 serait un
rappel d'une victoire antérieure de Télésicrate (cf. Pindaros, p. 264). Le \IL\/ du
v. 80 désignerait alors Télésicrate et "loÀcxovserait le sujet du verbe cx't"Lµcxcrcxv't"cx.
L'allusion aux lolaia de Thèbes avait déjà été proposée par l'un des Scholiastes.
Si séduisante soit-elle, elle est douteuse.
LA IXe PYTHIQUE

Mais il est trop clair que tout le passage s'applique à Pindare


lui-même, et la littéralité du texte offre, sans rien y changer,
un sens satisfaisant. Reste toutefois une grosse difficulté d'inter-
prétation. Pourquoi le poète tient-il à rappeler qu'il a célébré
à diverses reprises sa patrie ? En un mot, de quoi se justifie-t-il ?
On a dit souvent que le voyage en Sicile, d'où le poète
était récemment revenu (r), avait suscité de violentes critiques
de ses concitoyens, qui blâmaient l'éloge des tyrans siciliens.
Cela est possible, encore que les Thébains dussent connaître
les obligations d'un poète d'épinicies. De toute manière, le
raisonnement ne nous paraît pas convaincant. Il nous semble
choquant de voir Pindare se qualifier d'ix0p6ç en face de ses
concitoyens et plaider coupable en rappelant les services rendus.
Par contre, l'évocation du mécontentement des Thébains lors
de l'exécution du fameux Dithyrambe aux Athéniens nous paraît
bien plus susceptible d'apporter une solution au présent pro-
blème. C'est Gaspar (2) qui a appelé l'attention, sur ce rappro-
chement éclairant. Même si l'histoire de l'amende n'est qu'une
légende, l'impression produite à Thèbes par ce poème, pour
lequel les Athéniens avaient attribué à Pindare les magnifiques
récompenses que l'on sait, devait être vive. L'ennemi le plus
détesté, pour les peuples comme pour les individus, est toujours
le plus proche : Thèbes et Athènes n'ont pas échappé à la règle.
Gaspar estime avec raison que Pindare ici se justifie bien moins
d'avoir chanté Hiéron que d'avoir chanté les Athéniens. Mais

(1) En fait, la date de ce retour ne nous est pas connue avec précision. Nous
savons seulement que le poète était en Sicile en 476. Voir notre Notice à la
IJJe Pythique.
(2) Essai de chro110/ogie
pindarique,p. 111-112. GASPARplace avec vraisemblance
la célébration du Dithyrambe aux Grandes Dionysies de 474.
68 PINDARE

il ne semble pas avoir tiré lui-même les plus intéressantes


conséquences. Parnell, dans son Commentaire ( r ), a fort bien
vu ce que l'on n'avait pas compris jusque-là: c'est qu'en parlant
de l'ennemi qui a bien œuvré pour le bien commun (-r6 y'&v
i;uvéj)nenov&µevov eù), et dont on doit saluer les mérites ïtcx.v-rl
0uµéj) cruv-re a[x.q. - on notera la fermeté de l'expression - le
poète ne parle nullement de lui-même, mais d'Athènes, qu'il a
eu raison de louer pour sa conduite au moment des guerres
Médiques, bénéfique à la Grèce entière : il faut savoir le
reconnaître et lui rendre justice. En même temps, et à diverses
reprises, il a chanté sa patrie, dont l'isolement moral doit cesser,
et dont le passé glorieux doit, lui aussi, être rappelé, par la voix
du plus illustre de ses fils, à travers le monde grec.

LE MÈTRE

Comme la IJJe et la [Ve Pythiq11e,la [Xe est écrite dans le


rythme dactylo-trochaïque qui domine dans les Épinicies et se
prête fort bien à leurs caractères généraux, notamment au
développement des récits mythiques, com1ne celui des amours
de Cyrène et d'Apollon, et même à l'épisode final narrant
l ''cx.yÜJv
' d'I rasa.

(r) T. II, p. 209. Il nous paraît bien étonnant que cette suggestion ait été
si vite oubliée.
SCHÉMA MÉTRIQUE DE LA IX 0 PYTHIQUE

1 vv---
V
vv-vv-- V
hémiépès acéphale + tri da acéphale
2 -v-- -v--- V
di tro + tri tro catal. (1)
3 vv-v- vv-vv--
V

V
hémiépès acéphale + tri da acéphale
4 -vv-vv---vv-vv-- hexamètre dactylique
5 -v-- -vv-vv-- di tro+ tri da
-v-- -vv-vv-
V
+ di tro + hémiépès
6 -vv-vv-- -vv-vv- V
tri da+ hémiépès
6a --vv-vv-v énoplios
7 -v v-v v- -v-v -v- V
hémiépès + di tro + cré
V V
8 -v-- -v-- -v-- -v-- 4 di tro

'E1t.
1 --vv-vv-- -v- V
énoplios + cré
2 -vv-vv-- -v-- tri da+ di tro
-v-- -vv-vv-
v + di tro + hémiépès
3 -v-- -vv-vv-- -v-
V
di tro+ tri da+ cré
4 -v-- -v-- 2 di tro

5 -v--
V
-vv-vv--
V
-v- V
di tro+ tri da + cré
6 -v-- -vv-vv-
v di tro+ hémiépès
7 -v-- -vv-vv-- di tro+ tri da
-v-- -v- v + di tro + cré
8 -vv-vv~ hémiépès
9
vv
v-- -vv-vv--
V
di tro+ tri da

(1) Ou pentapodie catalectique.


IX

TEAE~IKPATEI KîPHNAIQI OilAITOLlPOMQI

'E0l"ACù za"Axœcr1ttôa Ilu0tovtxav Str. 1

crÙV ~a0u~WVOtO"tV&yyfÀÀCùV
T e:Àe:crtxpœ't"'Y)
Xap t 't"E(J(Jtye:yCùve:Ï.
V
''"AB
o ,, ~
utov avopa ~ i: '
otCùst1t1tou ' Kupavac;
cr-re:i:pavCùµa ' • 5

5
' O zat-rae:tç
-rav ( ' ' '
ave:µocri:papayCùv
Èx Ila"Atou x6À1tCùV 1to-rt Aa-rotôac;
tf
ap1ta0" 1
, ,, , , 0' , ,
EVELXE't"E XPUO"E{p1tap EVOVaypo-re:pav 10

6a ôti:pp<p, -r60t VtV 7tOÀU[L~Àou

6. &.p1tcxcr'Triel. : &.pr-cxcrev
codd.

1. xcxÀXIX0"7tLÔCX
: Télésicrate avait vaincu à l'o1tÀL't"OÔp6µoç,
avec casque, jam-
bières et bouclier (cf. PAus., VI, 10, 2). 2. &.yyÉÀÀ0v:le poète est un messager,
un héraut (cf. J. DucHEMIN, Pindare, p. 29 sqq.). 3. XcxpL't"ecrcrL
: sur les Charites
inspiratrices, cf. J. DucHEMIN, op. cit., p. 54 sqq. 4. A propos de Cyrène, cf. HÉ-
SIODE,fr. 128 Rzach: Xcxp('t"0Vèt.1toxix.ÀÀOÇ è:xoucrcx.
oÀÔLov:les Charites sont avant
tout déesses de l'abondance. ÔL0~L1t1tOU : conductrice de chevaux, i. e. de chars.
Kup&vcxç:à la fois la ville et la nymphe ('t"a.v). 5. xcxL't"a.eLç : cf. xpucroxcxl't"cxç.
&veµocrcpcxp&y0v est un &1tcx~;cf. crcpcxpcxyéoµcxL (2 ex. Od.) et crcpcxpcxyLÇ0 (r ex.
Théog.= soulever avec bruit). Le mot fait penser à l'enlèvement d'Orithye
par Borée. 6. &ypo't"Épcxv:
chasseresse. 6-7. Sont à la fois un rappel exact des
richesses de la Cyrénaïque (troupeaux, blé, silphium) et une évocation des Paradis
72 PINDARE

xœl noÀuxœpno'T&'Tœç0~xz 3Écrno~vœvx0ov6ç


,.,, œnz~pou
p~1.:,œv
( ' ' '
'Tp~'Tœv '
zu-
' 0'••
'Y)pœ'Tov ' ~
œ/\/\O~crœvo~xz~v.

'Ynt3zx'To 3' &p-yup6nz~' 'Acppo3["t"œ Ant. I

10 .6.&À~ovç,e:'i:vov0e:o3µ&'TCùV
' I ' I \ f
oxe:Cùve:cpœn'Toµe:vœ xe:p~ xoucp~.
xœ[ crcp~vÈnl -yÀuxe:pœ'i:çe:Ùvœ'i:çÈpœ'TCXV ~&Àe:vœtaw, 2.0

1;uvàv cxpµ6~o~crœ6e:C9'TE:-y&µov
[-L~X ,
0E:V'Tœ '
XOUp~ 0' 'Y·"' ' e,
'l'E:OÇe:upuu~œ,
''oç Aœn~0~ ' ' • ' ';' (), ., 1
œv une:pon/\CùV'Tou-rœx~ç'Y)V1-'œcr~/\e:uç,
14 a Èç, 'Qxe:œvou -yÉvoç ~pCùÇ
15 3e:ü'Te:poç · 8v no'Te: II[v3ou xÀe:e:vvœ'i:ç Èv n'Tuxœ'i:ç
Nœtç e:Ùcppœv0e:'i:crœ II 'Y)VE~-
ou ÀÉxe:~KpÉo~cr' ~'T~X,e:v,

8. -rpL-ra.v<DGH : -rpt-r&-ra.vBEV 11 10. ÛEo8µ&-rwv: 0Eocr86-rwvV 0e:o-


8w-rwv E 11 13. fJ-LXÛÉv-ra. BE : fJ-LXÛÉV"t"L
<I>GHV fJ-ELXÛÉv-ra.
Schr.

d'abondance. 7. 8Écr1t0Lva.v: Cyrène y régna. 8. -rpt-ra.v: pour le Scholiaste,


il y a trois parties du monde, l'Europe, l'Asie et la Libye, autrement dit
l'Afrique.
9. 'Acppo8L-ra.:cf. P. V, 24, où la Libye est dite xix.rro(ç)'Acppo8(-ra.ç;il y avait
un sanctuaire d'Aphrodite à Cyrène; cf. F. CHAl\fOUX,Cyrè11e,p. 267 sqq. &pyup6-
TTE~a. est une épithète des déesses marines, comme Thétis. L'accueil par la déesse à la
descente du char évoque les scènes d'apothéose héroïque fréquentes sur les vases
peints. 10. ÇEÎ:vov: c'est, dit le Scholiaste, le premier voyage du dieu en
Libye. 0Eo8µ&-rwv: fait sans doute par Héphaïstos. 12. ÈTTL... ~CX.ÀEV:elle<<jeta
sur >> la couche nu11tiale. Tout le passage décrit une hiérogamie. 13. 1;uvov
y&µov : cf. xotvov y&µov, P. IV, 223. fJ-LX0Év-ra.: le passif s'emploie rarement en
parlant de l'union elle-même. 13-15. Sur la généalogie d'Hypseus, roi des
Lapithes, voir la Notice. 15. IItv8ou : en Thessalie. On connaît les affinités
de Pindare avec cette région, où s'arrêtèrent les Doriens avant de venir en Béotie.
De là l' expressio11 XÀEÉVVa.ti;.
IXe PYTHIQUE 73

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7t()(Upov È1tt y ÀEcpci.potç
tl ) l' (/ \ ,~
U7tVOV ()(V()(AtCTXOtCT()(
pE7tOVT()( 7tp0Ç ()((ù.

19. ôe:[nvû)V: ôe:î:nvov G 8 V 1 11 o(xouptiiv codd. ~ : otxouptwv B otxoptiiv


Mosch. metri causa FotxoFopiiv Schr. o(xocxpiiv Wil. 11 23. ncxpÉxotcrcx<I>
Triel. : ncxpÉxoucrcxBEGHV 11 24. yÀe:cpcfpotçV : ~Àe:cpcfpoLç B<I>EGH 11
24-25. ncxupov : tSnvov V 11 tSmov : ncxupov V.

17. I'alaç 0uycx,'Y)p,en rejet sur l'épode, est certainement très important aux
yeux de Pindare. Peut-être y a-t-il là un reste des généalogies hésiodiques. o ÔÉ:
comme Chiron, Hypseus est un xoupo,p6cpoç. 18. ncxÀL[J.Ocxµ.ouç,
que les uns
appliquent aux tisseuses, les autres aux navettes, se rapporte à oôouç et rappelle
la formule homérique : [cr,ov tnotxoµ.Év'YJV(li., I, 31, etc.). 19. otxouptiiv :
tel est le texte des manuscrits confirn1é par les scholies; mais il fait difficulté
pour la métrique; sernble être l'adj. otxouptoç plutôt que le subst. otxouplcx.
Les scholies tantôt glosent Ôe:L7t'Vû)V otxouptiiv par o1xoôe:crnotvc7:ivou otxou ôe:cr-
1to~oucrwv(É,cxtpiiv), maîtresses de maison, tantôt hésitent à faire porter ,Éptj;Lcxç
sur ÔEL7t'Vû)V ou sur É,cxtpiiv. 20. &x6v,e:crcrtvet la suite font entrer Cyrène dans
la catégorie des héros tueurs de fauves, Héraclès, Achille, etc. 21. µ.cxpvcxµ.Évcx:
terme homér. 23. ~oucr[vx,À: cf. CALLIMAQUE, H. Ap., 91 : è'.v0cx
ÀÉov,cx'îtj;'Y)'tçl
P. ~ üLVLV
xcx,e:ne:cpve:,
' 1-'0û)V ' E'upunu'À oLo. 25 • pe:nov,cx
'' ' aw
npoç ' ~ : se rapp. a' unvov.
"
L'emploi de pÉnw a gêné scholiastes et commentateurs, qui ont discuté pour
savoir si elle rentrait tard ou se levait tôt : peut-être les deux ! Son sommeil
court et tardif << s'i11cline >> vers l'aurore sans jamais l'atteindre, ce qui serait
dépense ( &vcxÀ[crxotcrcx) inutile.
74 PINDARE

K'LXE VLV ...


' ' 7tOT'
AEOVTL ' '
supucpcxpsTpcxç Str. 2

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CXÇo
'1-' 0ELO'CX
CX7t00'7tCXO'
' ~ ' ...
(f)U't'ACXÇ

ÔpÉwv xsu0µwvcxç ~XEL O'XLOtVTWV; Ant. 2


1 11-' , ... ~ , , 61
35 "fEUE't'CXL
o CXI\Y.CXÇ CX7tELpCXV't'OU.

'Ocr(cx xÀuT~V zÉpcx oL npocrsvsyxsr.'v


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~pcx xcxl Èx ÀszÉwv xsr.'pcxL µsÀLcx~Écx7tOLCXV;
>)

36. ocrlcx<I>V: OO'LCX


BEGH 11XÀU"t'IXV
<I>Vl\1osch. : XÀE:L"t'CXV.

26. x[xe: VLV : le Scholiaste ajoute tv 'Tep II 'YJÀLep.


Sur la localisation en Thessalie,
voir la Notice. 27. 1tcxÀcxL0Lcrcxv : à main nue, comme à la palestre. Cf. la suite.
28. a"t'e:pèyxtwv : contredit, dans sa lettre, les v. 20-21. Thème mythique à rap-
procher des exploits d'Achille enfant (IJJe Né111éen11e). 29. µ.e:y&pwv: désigne
l'antre (cf. crtµ.vov &.v"t'pov,v. 30) de Chiron, et non, comme l'a cru Bœckh, le
temple du dieu à Delphes. 30. <l>LÀup[ôcx: cf. P. III, 1. 31. èlye:L:le combat se
prolonge. xe:q:>cxÀif: on trouve d'ordinaire Ouµ.(l ou q:>pe:v[. µ.6x0oc;: travail, exploit,
puis danger. xcx0u1te:p0e: : elle a le cœur au-dessus du danger. 32. xe:xe:lµ.cxv"t'cxL:
image d'une tetnpête. 33. &v0pw1twv : êtres humains, hommes ou femmes.
&1tocr1tcxcr0e:ï:crcx
: image du rameau que l'on cueille. q:>U"t'Àcxc; : race (R. q:>Uw).
34. opt.wv X't"À: les vallées ombreuses du Pélion. 35. ye:ue:"t'CXL
cx.Àxiic;
: cf.
Il., XX, 2 58 : ye:ucr6r.Le:0'cx.ÀÀ~ÀWV xcxÀx~pe:crLv èyxe:lncrLV. 36. OO'LCX : loi divine.
Cf. oùx oO'L'YJ, Od., XVI, 423; XXII, 412; mais ici la phrase est interrogative.
37. 'Yjpcx= att. àpcx; cf. P. IV, 78. xe:ï:pcxL: cueillir. 1tolcxv : dorien = 1t6cxv.
IXe PYTHIQUE 75

T'ov OE
~' K'EV't'tx:Upoc;:-- ' œyœvq.
1.,œµEV'f)Ç, ' ~
XÀtx:pàv YEÀCXcrcrtx:LÇ
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I1EL0ouç tEpiiv (flLÀO't'CX't'WV,
<I>o~ÔE, xœl ~v 't'E 0Eo~ç 't'OU't'O x&v0pwnoLç ' ~
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~'t'ptx:7tE µE(ÀLXOÇ opyà. 7ttx:pcpcxµEv't'OU-
't'OV "I'/\oyov. K oupύ
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ÈÇEpW't'~Ç, & èlvœ; xùpLov 8c; 7tCXV't'WV't'ÉÀoç 80

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EV 0(Xf\tx:crcrq.
"I ' '
Xtx:L 7t0't'tx:µo~ 't'œµœ0OL
LÇ ,I,'


38. XÀœpov Mosch. ~ : XÀtœpov codd. XÀOœpovSchr. 11Ilet0oüç; scr1p-
simus 11 41. &µcpœvôovEr. Schmid : &µcpœôovcodd.

38. ~œµev~ç;: litt.<<à l'esprit puissant>>; cf. P. IV, 10, à propos de Médée. XÀr:t.p6v:
les Anciens ont hésité, pour cet &nœ/;,entre deux sens traditionnels également
inexpliqués : noÀUet YJÔU, ce dernier plus vraisemblable ici. Le lemme des scholies
donne bien XÀœp6v,mais les manuscrits donnen! XÀtœp6v,également inconnu.
µ'Ïj-rtvÉcxv( &µelôe-ro) : répondit (en montrant) sa sagesse. 39. xÀœ'tôeç;,dorien=
xÀetôeç;(ionien XÀî)tÔeç;).Constr. xpun-rœl xÀœtôeç;[epéiv cptÀo't'tx't'CùV. Sur l'image
des clefs, cf. P. VIII, 3-4. Èv-rl: appartiennent à. crocpéiç;
: qui sait; l'épithète convient
au dieu, donc à son art de persuader (personnifié, d'où Ilet0oüç;). 41. œtôé:ov-
-r(œt) : sujet 0eol et àév0pCùnot,à tirer du texte. &µcpœvô6v: aux yeux de tous.
eùvéiç;: une couche.
42. (jieuôet 0tye'tv : pour le datif, cf. P. VIII, 22, &pe-rœ'tç;0tyo'tcrœ.On connaît
le respect du poète pour la vérité, ainsi que pour la véracité divine. 43. nœpcpcx-
µev : valeur du préfixe. 43-44. Il y a mélange de constructions, avec une sorte
de prolepse. 44. xuptov -rÉ:Àoç; : l'accomplissement souverain. 46 sqq. Style
liturgique. On rapproche ce passage d'un oracle cité en HnTE, I, 47. xù)n60ev
PINDARE
, ' ~
XU!,L()(CJ'LV pL7t()(LÇ
, , L
"t' ()(Ve:µwv
.. I
X/\OVE:OV"t'()(L,

xèJ) "t'L µtMe:L, xw1t68e:v

~CJ'CJ'E:"t'()(L
1 e:0 X()(0op~Ç.

50 EL ~~ XP~ X()(L 7ttxp crocpov CX.V"t'Lcpe:p(ç()(L,

Èptlù. "t'()(1)"t'~ 1t6CJ'LÇ rxe:o ~(X(J'CJ'()(V Str. 3


I Il> \ 1-,.-,. < ' I
"t'()(Voe:, X()(L !,LE:/\/\E:LÇ U1te:p 7tOV"t'OU 90
~LOÇ ~;oxov 7t0"t'L XCX7tOV Ève:LX()(L.
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' .,_ 0'YJO'E:LÇ,
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e:1tL ' ()(ye:Lp()(LÇ
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55 V()(CJ'Llù"t'()(V OX OV E:Ç ()(!,LCf)L7tE:oOV. 95


~ OIl>' e:upu/\e:Lµwv
vuv , .,_ ' ' ' CJ'OL A LU\)()(
7t0"t'VL()( e'
11>'1:" , .,_, , Il>' , '
oE:sE:"t'()(L E:UX/\E:()( VU!,L(f)()(V Olù!,L()(CJ'LV EV xpucre:OLÇ

1tp6cppwv, rv()( OL x0ovOÇ ()(ÎCJ'()(V

48. zw1t66e:v Er. Schmid : x' &-rt 1t66e:v B<DEGH z& -rt 1t66e:v L x&-rt
1to6[ V 11 52. u1tÈ:p1t6v-rou : u1te:p1tov-rlouGH 11 55. crot : -rot Schr.

(= xo:t 01t66e:v; cf. v. 48, xw= xo:t o): et les causes (de l'avenir). 50. e:iXP~ :
s'il est permis. 1t&pexprime la comparaison. croqi6v: celui qui sait. &v-rtqie:p(Çw :
se mesurer avec.
51. 1t6crtç 'Cxe:o: constr. attributive. ~iicrcro:v: cf. v. 15. 53. b.tôç xii1tov :
désigne la Libye. Cf. P. IV, 56, où la Libye est dite Ne:[Àoto1ttov -rɵe:voçl(povlôo:.
D'autre part, Pindare considère Ammon, dieu qui règne en Libye, comme iden-
tique à Zeus : cf. P. IV, 16 : b.tôç Èv''Aµµwvoç 0e:µÉ0Àotçdésignant la Libye, et
le fr. 36"Aµµwv 'O).uµ1tou ôécr1to-ro:.Sur tout cela, voir la Notice. 54. &pzé-
1t0Àtv: Cyrène régnera sur la ville qui portera son nom. 54-55. Ào:ôv&ye:lpo:tç
vo:crtw-ro:v:allusion aux colons venus de Théra. Cf. la Ve F_ythiqt1e. 11ais ici le poète
ne chante pas encore les Battiades. 55. lîz0ov &µqil1te:Ôov: Cyrène est bâtie sur
une hauteur (cf. P. IV, 8, et la discussion sur le sens. Voir aussi, à propos de P. V,
82 sqq., la tradition, transmise par le Scholiaste, du À6qioç des Anténorides) et,
de part et d'autre, domine une plaine. Atouo: est ici la réalité géographique et sa
personnification. Cf. v. 69. Voir aussi P. IV, 6. Libye était fille d'Épaphos, fils de
Zeus et d'Io, et mère de Busiris, Agénor, etc. crot ou -rot, dat. désignant Apollon.
56. ôwµo:crtvÈvzpucrÉotç: la Libye est présentée comme un séjour d'apothéose. Sur
la valeur sacrée de l'or, cf. J. DucHEMIN, Pindare,p. 193 sqq. 56-56 a. ôé1;e:-ro:t
JXe PYTHIQUE 77
>
IXU"'C'LXIXI '0
CJ'UV"'C'E/\E ,t
ELV e:vvoµov "\ ~ f
o<ùp'Y)O'E"'C'IXL, 100
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OU"'C'E
1tixyxixp1t<ùV <flU"'C'CùV
V'Y)-
7t0LVOVou"t'' &.yvw"t'ix 0YJp&v.

T60t 1tixî.'aix "'C'ÉÇE"'C'IXL,


8v XÀU"t'àç 'Epµix.ç Ant. 3
60 '0 povotç
EU ' ''Q pixtcrt XIXL
' r !XL~
' 105
, '"'.I. \ ''l ' \ , ,,
IXVE/\CùV<flLAIXÇU7t0 fL!X"'C'EpOÇ
OLCJ'EL.
T ixl a' È1ttyouv(atov 0ixYJcrifµe:vixt ~pÉcpoç ixùyixî.'ç,

60. "OpixLO'L: &pe:crL<I>11 rixtq: Mosch. Triel. : yix(' B yii <I>EGHV 11


62. 01X'l]0'1XfLEVIXLBergk : 0'1]0'1XfLEVIXL 1 GH 0ixxϵ,EVIXL
<I>E B 01JX!XfLEVIXL
E 2 GYP HYP V xix-r01JX!XfLEVIXL Mosch. tv01JX!XfLEVIXL Triel. 1tpocr61Jxixµ,1::vixL
Schr. 11 ixùyixT,; Bergk (e -roL,; 15µ,µ,ixcrL
in scholiis) : ixu-rixT,; vario spiritu
codd.

1tp6cppwv: cf. v. 73, Cyrène à son tour recevra Télésicrate (e:tlq:>pwv ÔÉ/;e:-rixL).
ot :
Cyrène. z0ovo,; ix!crixv : une part de sa terre. 57. cruv-re:ÀÉ0e:Lv
: importance du
préfixe. Comprendre c. un inf. consécutif: pour lui être adjoint (cruv) comme un
apanage et dans sa plénitude (-re:ÀÉ0e:Lv), i. e. en pleine jouissance. ~vvoµ,ov: soit
en légitime possession (v6µ,o,;), soit comme son domaine (voµ,6,;). A l'appui de
ce dernier sens, cf. la glose d'un des Scholiastes ( O'UV't"EÀoÜcrixv ixù-rn) tv 't"IX

voµ,ixL,;xixl. ve:µ,~cre:crL. 58. v~1t0Lvov: dépourvu de, &1tix/;en ce sens. &yv&-rix :
ignorant de, au sens actif.
59. 1tixTôix: Aristée. 'Epµ,ii,; : Hermès est souvent chargé de semblables mis-
sions. C'est lui qui remit Dionysos à Silène, transporta Ion, fils d'Apollon et
de Créuse à Delphes, etc. Sur ce dieu, messager des dieux, voir J. DucHEMIN,
Hermès et Apollon. 60. e:ù0p6voL,;"OpixLcrLxixl. rixtq:: déesses courotrophes,assises
sur leurs trônes, selon une forme très répandue de représentation. Gaia est la
mère de Créuse, elle-même mère de Cyrène. Les 7 ÜpixL sont pour Pindare, comme
pour Hésiode (Théog., 901), filles de Zeus et de Thémis. Sur tous ces points,
voir la Notice. 62. 01X1JO'!XfLEVIXL: <<s'étant prises à (le) contempler >>avec admi-
ration (cf. sch. 0ix•Jµ,ixcrixcrixL
-ro ~pÉcpo,;)de 0ix~oµ,ixL(01JÉOfLIXL = 0e:&oµ,ixL),et non
point, comme on l'a cru parfois, 01Jcrixµ,e:vixL, de 06:w, allaiter. Le passage de
l'Hymne à Apollon (v. 123-125), qui a été allégué à l'appui de cette opinion, précise
PINDARE

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XG(.LG(.µ,upocrLG(.V l 10

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Z'ljvG(. XG(.Là:yvov ,ArroÀÀ(J)V'' &.v3pa.crL xa.pµ,G(. (j)LÀOLÇ
,, '' 'ï
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'AyptG(. XG(.LN6µ,Lov, ToÏ:ç 3' 'ApLcrTG(.LOV XG(.ÀEÎ:V.>> 115
,, , , \ ,,
''Qç G(.p EL7C(J)VEVTUEV TEp-
' f 1 , 1
7CVG(.V
'(G(.fLOUXpG(.LVELV
TE/\EUTG(.V.

'QxELG(. 3' ÈrrEL"'(OfLËV(J)V~3'YJ 0Ec7)v Ep. 3


rrpix.çLç 63ot TE ~PG(.XELG(.L.
KE'i:vo XEÎ:v' if- 120

fJ,G(.P3LG(.LTG(.CTEV
• 0G(.Àa.µ,ep 3è: µ,tyEv

64 a. post êJ..yxLcr,ovdistinxit Bœckh 11 67-68. wxe:î:'o:


..• 1tpéx.~Lc; ' -
: (ùXELCXL
GH.
1tp&~e:Lc;

qu'Apollon ne fut pas allaité, mais nourri (précisément comme Aristée) de nectar
et d'ambroisie :
•~•11
0 Uo u.p''A TTON\CJJVCX
,..,.., XPU<Jcxopcx
, 0'î)<JO:,Oµ'Y)TI)p,
,
cx.ÀÀcx0lµLc; vlx,cxp ,E xcxt &.µôpo<JL'Y)V
Èpcx,EL'ltJV
'0 CXVCXTY)<JLV
CX , \ ETTî)p<-,CX'rO.
XEP<JLV ' , t:'

Certains manuscrits donnant 0îjxcxµe:vcxL (0cxx-),des éditeurs ont suppléé un préfixe,


car une syllabe manque pour la scansion. Mais il n'y a pas de doute sur le texte
que lisaient les Scholiastes. cxùycxî:'c; (et non cxù,cxî:'c;),
restitué par Bergk, était
évidemment le texte connu de celui des Scholiastes qui a glosé par ,oî:'c;oµµcxcrLV.
63. cr,cx~OL<JL = cr,cx~OU<JL. 63-64. Joindre &.0cxvcx,ovZrjvcx, comme &.yvàv
'A1t6ÀÀwv' : les déesses en firent un Zeus immortel et un Apollon très saint, en
distillant sur ses lèvres le nectar et l'ambroisie. Le Scholiaste ajoute qu' Aristée
inventa le miel, qui est une part de l'immortalité. 64 a. xcxpµcxèx.YXL<J,OV: la joie
la plus proche au cœur de ses amis; cf. x&pµcx,0/., II, 109, à propos de Théron.
oTTcxovcx µ~Àwv: avant lui, les bêtes n'avaient pas de pasteurs; cf. NoNNOs, Dionys.,
V, 261-667. 65. 'Ayplcx: c'est Aristée qui aurait inventé la chasse; cf. NoNNOs,
/oc. cit., 229-241. 'Aype:uc; et N6µLoc;sont des épithètes d'Apollon.' ApLcr,cxî:'oc; est
une épiclèse de Zeus. Il y a correspondance en chiasme avec les v. 64-65 (Zrjvcx..•
'A1t6ÀÀwv). 66. lv,ue:v : sujet Klv,cxupoc; (v. 38).
67. Comprendre wxe:î:'cx ... ~ÔîJ. 68. oôol représente le thème mythique du
IXe PYTHIQUE
- 79
' 7t0AUXpUcr<p
EV • , Ae'LUUOCÇ ,,LVOCXOC/\/\LCT"t'OCV
•• , '•
7t0ALV
1

ocµ.q:is1tEL
' ' XAELVOCV
"I ' ' '0·
"t'' OCE /\OLÇ. 125

KOCL' vuv EV ' Il u 0~


<.ùVL' VLV ocyoc
' 0'sq. KocpvELOCOOC
'~
'' su'0 OC/\E
ULOÇ "I ~ ' t: "t'UXCf
L cruvsµ.sL'-oE 1 •
'' 0oc VLxoccrocLÇ
sv ' ' '
ocvsq:iocvs K upocvocv,
'
• ,, ~'!:
oc VLV suq:ipwv OE'-:,E"t'OCL
xocÀÀL-yuvocLxL 1t&."t'pq.
A'!:
Ll.0'-:,0CV< '
Lµ.sp"t'OCV ' '
ocyocyov"t'' ' \
OC7t0 A "I ~
UE/\(f)<.ùV.
75
'A ps"t'OCL
' O~• OCLEL
' ' µ.syoc/\OCL
,• • , 0OL•
7tO/\uµ.u Str. 4
~ocLà: o' È:v µ.ocxpoÎ:crL 7tOLXLÀÀELV
' ' crotpoLÇ
ocxooc ~ • o( os
~' x.ocLpoç
' oµ.oL<.ùÇ
( , 1 35

71. vuv Triel. : vüv codd. 11 Kcx:pvEtcx.3cx:


Er. Schmid : Kcx:pvtcx.3cx:
codd. 11
75. ~61;cx:vscripsimus 11 78. &.xocx.
: &.x6vcx:
Wil. (ex 0/., VI, 82).

voyage, à peine développé ici, car il l'a été dans la 1re triade. 3tcx:[-rcx:crEv : sens
&1tcx:1; mener à son terme. µ.(yEv= ȵ.[x0'Y]O"CX:V.
de 3tcx:L'rCX.û.), 69. Atoucx:ç:cf. v. 55.
1t0Àuxpucrep: la Libye est aussi pays de soleil. 70. &.µ.cpÉ7tEL : sujet Kup&vcx:.
&.É0Àotç:les prix remportés dans les Jeux. 71. xcx:[vuv x-rÀ: et justeme11t c'est à
Pythô ... Kcx:pvEtcx.3cx:
: on ignore si le nom de Carnéade, père de Télésicrate, est en
rapport avec l'épiclèse d'Apollon Kcx:pvE'i:oç. 72. EÙ0cx:ÀEt peut être une allusion
précise à la cpuÀÀoooÀ[cx: honorant le vainqueur. cruvɵ.EtÇE : cf. 0/., I, 22, 1tpocrÉ-
µ.ELÇE. 73. &.vi::cpcx:vE : sorte d'épiphanie divine de Cyrène, ville et nymphe, pro-
voquée par la victoire de Télésicrate. 74-75. xcx:ÀÀtyuvcx:txL 1tcx.-rpq:
tµ.Ep-rcx.v
(~61;cx:v)indiquent que le jeune vainqueur sera, en rentrant chez lui, un parti très
recherché. &.ycx:y6v-r(cx:):il ramènera chez lui la Gloire, comme certains la Victoire
ailée sur les représentations figurées des vases peints.
76-77. 1t0Àuµ.u0ot s'oppose à ~cx:Lcx., qui lui-même s'oppose à µ.cx:xpotcrL.
Pour le sens de ~cx:L6ç, cf. Perses, 1023, oü il s'oppose à 1toÀÀo(.1totx[ÀÀELV: orner,
s'entend du poète. 76-78. Comprendre : orner, en de longs développements,
des exploits isolés (~cx:tcx.), voilà de quoi offrir (un régal) aux initiés ( crocpo'i:ç);
c'est que l'occasion détient l'essentiel de chaque sujet. En d'autres termes : le
poète doit s'adapter à la circonstance, savoir faire (brièvement) de nombreux
récits, ou mettre longuement en valeur l'exploit isolé. La suite des idées est, pour
80 PINDARE
\ ~ I
''Eyvov no--rs' X.iXL
7t!XV't"OÇSXSL X.O(JU(fl!XV, ' 'IoÀiXov
80 OUX.
'''' IX't"LfLIXO"IXV't"IX
VLV S7t't"IX7tU/\OL
( 'i

0~0iXL • --r6v, Eùpucr8~oç Ènsl x.scpiXÀtX.V


É1tp1X8scpiXcry&vou &.x.µ~, x.pUYJiXVÉvsp8' uno y'rJ..v
8I a 3LcppYJÀtX.'t"IX
, AµcpL--rpuwvoç
O"tX.fJ.IX'rL,
7tlX't"(J07ttX.'t"Cù(J
ÉV8iX o[ I;7t!X(J't"WVÇÉVOÇ 145
x.e:I--ro, Àsux.(nnoLcrL KiX3µs(wv µs--roLx.~criXLÇ&.yuLiXIç.

T SX.S
l <
0~ \ z \ ~
X.IXL YJVLfLL"(SLO"IX Ant.4
Èv fLOVIXLÇw3IcrLV 'AÀx.µ~viX

79. ~yvov Ahrens : ~yvwv codd. 11 80. &"t"tfJ.lXCTO:V"t"O: B 1 11


: lX"t"tµwcro:V"t"O:
EüpucrO'YjoçMosch. Triel. : -Oéoç codd. (-Oéwç H).

le reste du passage : Thèbes a su que le xo:tp6ç a donné la gloire, pour prix d'un
unique exploit, à Iolaos (suit le récit de cet exploit), tandis qu'il réunissait sur
la tête d'Héraclès tant d'exploits que seul un sot n'emplirait pas l'univers en le
louant. On a beaucoup discuté sur ce passage. Nombre de commentateurs,
notamment Burton (cf. aussi Puech et la Notice de son édition) entendent par
~o:ttX<<quelques traits >>,ce qui est possible; mais 7tOtXtÀÀe:tv 11epeut, en aucun
cas, signifier<< faire un choix>>. Pour Burto11, xo:tp6ç ne peut avoir le sens temporel
(occasion, moment) et ne l'aurait ja1nais chez Pindare. Il le rend par the right
mark et l'entend comme du fléau, juste au n1ilieu de la balance. Le xo:tp6ç peut,
en effet, être ici ce qui peut également ( 6µoLc,>ç,le mot i1nportant du passage)
faire pencher le destin vers l'un ou l'autre lot. 80. vtv re11voie à xo:tp6ç, et no11
à Télésicrate, comme le voudrait Burton, qui accepte l'hypothèse des Io/aia;
ce pronom est sans doute le sujet d'&"t"tµ&cro:v"t"o:
... 'l6Ào:ov plutôt que le contraire.
Mais les commentateurs se sont divisés. Sur tous ces points, voir la Notice.
Sur les honneurs rendus à Thèbes à Iolaos, cf. Is., V, 32-33. 81. xpu410:v: sujet
tiré de 0'Yjôo:t. 82. "A.cr&µo:"t"t:dans le tombeau d'Amphitryon.
s. e, o[ 0Y)Ôo:'i:ot
1to:"t"po1ttX"t"Wp
: le père de so11 père Iphiclès. I:1to:p"t"&V~évoç : il s'agit encore
d'Amphitryon, qui, étranger à Thèbes, vint s'y fi.,:er, en<< hôte des Spartes>>, nés
des dents du dragon semées par Cadmos. ÀEUXL7t7tOtcrt : où passent les blancs
chevaux, vision à la fois pittoresque et sacrée.
84. ot : Amphitryon; on l'accentue, car il est sur le même plan que Z'Y)VL.
IXe PYTHIQUE 81

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oLouµCùv ' cr0'e:voç ULCùV.
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88. &è Hermann : &(~)et codd. &µix Bergk 11 0pÉ41ixv"t"o


: 0pÉ41ix,o B 11
91. eûxÀe·t~ix~: eûxÀÉ"C~ixi;
Hermann.

86. a~auµwv: Héraclès et Iphiclès. cr0évoi;utwv : cf. t,; Tî)Àeµixxo~o dans l'Oc!Jssée.
Très juste pour Héraclès, l'expression l'est beaucoup moins pour Iphiclès.
87. xw,:p6,;s'oppose à cro,:poî:ç(v. 78). Voir la note aux v. 76-78. cr1"6µixµ~ rrep~-
oixÀÀe~: ne lance pas dans tout l'univers ses louanges (litt. <<sa bouche >>);noter
l'indic. aprèsµ~. 88. ~~pxix[wv ù3ix"t"wv:la source deDircé (ancienne déesse sans
doute avant d'être la marâtre d'Amphion et Zéthos) est la source sacrée de Thèbes.
&è= &et. 89. "t"oÎ:cr~ désigne les héros thébains, Héraclès, Iphiclès, Iolaos, ainsi
que les eaux de Dircé. "t"ÉÀe~ov: se rapporte à x&µov s. e., ace. d'objet interne à tirer
de xwµixcroµix~; le mot désigne ce qui sera accompli sur les stipulations ( Èrr[) d'un
vœu. xwµixcroµix~ : ce futur se rapporte-t-il à un avenir lointain ou au présent
immédiat? Nous l'ignorons, comme nous ignorons à quoi fait allusion le "t"~rrix0chv
ÈcrÀ6v.S'agit-il d'un heureux retour dans sa patrie? de Thèbes louée par sa
bouche? De toute façon, le passage reste mystérieux. Voir notre exposé dans la
Notice. 89 a. Xixpl"t"wv: les Charites, inspiratrices du poète autant que les Muses,
sont des déesses d'Orchomène en Béotie, donc de sa région natale. Cf. la XJVe
Olympique, qui leur est consacrée. 90. µe ne peut évidemment s'appliquer qu'à
Pindare. 91. Nlcrou ... À6,:pep: la colline de Nisos désigne Mégare, où régna le légen-
daire Nisos au cheveu d'or ou de pourpre, qui fut trahi par sa fille Scylla. eûxÀet~ix~
est un &rrix~chez Pindare. On cite seulement, par ailleurs, un exemple chez Sappho,
ainsi que, chez Tyrtée, un exemple d'eüxÀet~w. Le mot dépend de ,:pixµlet ne peut
PYTHIQUES 6
82 PINDARE
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(JL"fêl.ÀOV cpuywv •
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s'appliquer qu'au poète. Hermann le corrigeait en eùx)l·c~IXÇ s'adressant à l'athlète.


Voir la Notice.
92 • crLylXÀ ov
' 1Xµ1XX1XV
' ' ne peut, d ans notre texte, s ' app 1·
[ IXV''EPY0 cpuywv 1quer qu ' au
poète : Pindare se loue d'avoir, en fait, non en paroles, évité le silence impuissant.
C'est à tort que les scholies appliquent ces mots à l'athlète vainqueur, qui a,
par sa victoire, évité le silence honteux des vaincus, abandonnés à leur impuis-
sance (cf. le fr. 229). 93. o5vexev : on a longuement disserté pour savoir si
l'allusion contenue dans ce passage s'applique à Télésicrate ou à Pindare lui-
même et en quel sens. Les érudits sont loin d'être d'accord. Sur l'ensemble du
problème, voir la Notice. 1ti::1tov1XµÉ:vov ne s'applique pas forcément au travail
dt> l'athlète ou du poète. Il s'agit d'Athènes : voir la notice. tv ~uvéj') : dans la
communauté, i. e. dans la cité. 94. cxÀ[oLo yé:pov't'oç : appellation du vieux
Nérée. A. Puech, qui suggère indistinctement Nérée, Glaucos ou Triton, rap-
proche du texte de Pindare l'inscription d'un bronze archaïque d'Olympie (cf. sa
note ad locum). Il pense que la yvwµ'Y) dont il s'agit provient d'un poème archaïque.
Elle pourrait, à notre avis, provenir d'Hésiode, qui loue Nérée dans la Théogonie
(v. 233, etc.). 96. Construire 1t1XV't'L 0uµéj') cruv 't'E ÔLXCfavec 1Xtvei:'v(v. 95). 97-
103. Liste des victoires de Télésicrate. 't'EÀE't'IXÏ:ÇwptiXLÇ: les fêtes qui reviennent
à une époque déterminée de l'année. Le Scholiaste affirme que la précision
Il1XU&ôoç désigne les Panathénées : mais si cela était, le poète insisterait bien
davantage. Puech y voit, un peu vite peut-être, l'indication d'une fête locale
cyrénéenne : certes, Hérodote appelle Athéna une déesse de Libye adorée près
du lac Triton, et signale un sanctt1aire de la déesse à Cyrène. On connaît, d'autre
part, le Bain de Pallas de Callimaque. Il est m<i.laisé de trancher, bien que des
précisions données par les scholies sur les v. 101 et 102 puissent donner à penser
que 't'EÀE't'IXÏ:Ç IllXÀÀ!XÔoçdésigr1e globalement des solennités athéniennes qui seront
détaillées ensuite. 98. e1ôov : on a parfois pensé que le sujet était le poète ou
le Chœur. Mais le mouvement du texte ne laisse pas d'hésitation : le sujet est
JXe PYTHIQUE

1 75
100

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98. Ëxcxcr-rcxt<l>EP B 8 V Mosch. Triel.
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Ëxrxcr-rcxBac H 11 101. -r' seclus. Mosch. Triel. 11 103. C1v Hen11ann : ouv.
11 106. ''IpcxcrcxHeyne (ex Hdto IV, 15 9) : "Iprxcrcrrxvcodd. et Sch. 11 ante
'Av-rcx[ou distinxit Heyne, post 'Av-rcx[ou Turyn.

ncxp0s:vtxcx[,également sujet d's:tSxov-ro. wi; : exclamatif. 99. ncxp0s:vtxcxl: pour


ncxp0évot. Ëxcxcr-rcxt : m. à m. << chaque groupe de jeunes filles >>.E. des Places
suggère << chacune pour soi >> (Pronom, p. 87). 100. Reprend la suggestion
des v. 73-75 et prépare le mythe final.
101. '0).uµn[otcrt : ne peut évidemment désigner, sans autre forme de procès,
les Jeux Olympiques. Le Scholiaste l'a bien vu, qui suggère, au lieu des Jeux
de Pise, ceux d'Athènes, auprès du sanctuaire de Zeus Olympien. 102. I'iii;
&é0Àoti; : ici aussi, le Scholiaste pense à des fêtes athéniennes, en s'appuyant sur
l'autorité de Didyme. 103. Èntxwptoti; s. e. &ywcrt désigne toujours les Jeux
régionaux d'un pays : de Cyrène, cette fois, puisque c'est la patrie de Télésicrate.
Le mot fournit une excellente transition vers le récit mythique de l'&ywv d'Irasa.
104. i[41cxv&xs:'tcr0cxt: étancher sa soif; cf. Il., XXII, 2. np&-r-rEt'J: faire payer.
105. oTot est peut-être exclamatif. Alexidame, ancêtre de Télésicrate, fut, paraît-il,
vainqueur dans cette compétition. Mais le pluriel semble indiquer qu'il ne fut
pas le seul de sa race à concourir. Cf. Éwv np. 106. ''Ipcxcrcx: cette ville e~t
citée en HDTE, IV, 159, sous la forme -rœ ''Ip:x.crcx,qui seule cadre ici avec la
PINDARE
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wv, 8croL yrxµopo[ O'~~V ~À0ov.

113. É:ÀEL\I
GHP 0 Triel. : ÈÀ0erv BEFHac V.

métrique, malgré la leçon des manuscrits et le lemme des scholies. Nous adoptons
la coupure des scholies, qui con1prennent rr:6ÀLV'Av,oi:tou, isolant xoupoi:v.
Sur Antée lui-même et sur le thème du mythe agonistique, voir la Notice.
108. cruyyovoL: non point<< parents>>, mais<< du pays>>, par opposition à ~etvwv.
109. "Hooi:çou ~ooi:ç: on peut hésiter, la déesse étant suggérée par l'épithète
xpucrocr,ecp&vouet le nom commun par le v. 110. 111. cpu,euwv suit la méta-
phore végétale. 112. xÀetv6,epov : noter le comparatif. 6.oi:voi:6v x,À: c'était le
sujet de la trilogie d'Eschyle, la Da11aïde,dont les Supplia11tessont la première pièce.
113. OLO\I : joindre à wxu,oi:,ov y&µov. ,ecrcroi:po:xov,oi:
xoi:lox,w: en ôtant des cin-
quante, précise le Scholiaste, H ypermestre qui épargna Lyncée, etAmymone, qui fut
aimée de Poseidon. Sur cette légende fameuse, voir la Notice. ÉÀELV : doit être pré-
féré à ÈÀ0eî:v pour des raisons métriques. La ponctuation proposée par Bergk, avant
ne laisse guère de signification possible à rr:plvµé:crovœµoi:p. 114. &rr:oi:v,oi:
É:Àeî:v,
xop6v : toutes les jeunes filles. &ywvoç : la lice, originairement le lieu du rassem-
blement, i. e. du concours. oi:ù,[x(oi:): sens spatial. 115. cruv: valeur adverbiale.
&é:OÀoLÇ : joindre à rr:oawv. 116. TLÇ: l'u11 ou l'autre, suivant leur ordre
d'arrivée. crcptv: Danaos.
JXe PYTHIQUE
----
,1 '1'' ''1'1'1' A1e , 1'7' 1
0 UT{J) o e:o~oou ~ouç cxpµos{J)V xop~ Ep. 5
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vuµcp~ov cxvopcx · 7tO't"~ ypcxµµ~..... µe:v
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crTixcre:xocrµ~crcx~ç, TÉÀoç ~µµe:v &xpov, 210

e:Ine: 3' È:v µÉcrcro~ç &ncxye:cr0cx~,8ç '&v 1tpû}'t"OÇ0op6}v


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120 cxµcp~ 0~ 't'<XUCTE~E 7tE7tÀO~Ç.
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' Ev0' 'A"Ae:;l3cxµoç, È:ne:t cpuye: "Acx~41YJpàv 3p6µov, 215

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noÀÀcx 3È np6cr0e:v n,e:pcx 3É;cxTo Nlxcxç. 220

118. ypixµµéf: ypixµ[.LIXVV 1 11 123. µÈ:vBoeckh: µe:v codd. 125. 7t"t"Ep1X


;
nixpix V 11 N[xixç : v1xixv V Mosch.

117. o6"t"w: comme Danaos. è3[3ou, complément x6pixv, à tirer de x.6pq &pµ6-
~wv : cf. v. 13. 118. no"t"t ypixµµéf : cf. npàç "t"Épµixcr1v,v. 114. Cette ligne
marque à la fois le départ et l'arrivée, après le tour complet du stade. "t"ÉÀoç ...
&xpov: à la fois le but et le sommet de l'épreuve. 119. Èv µÉcrcro1çrépond à
cruv, v. 115. 0opwv : plutôt qu'au départ, s'applique au sprint final. 120. &.µcp[:
des deux mains (Dissen). Le simulacre de rapt est complet. 121. qiuye: : le
coureur de tête semble fuir, poursuivi par le peloton. 122. xe:3vcx.v: chè-
rement conquise. xe:1pàç ÉÀwv X"t"À : esquisse du cortège nuptial. 123. 31'
8µ1Àov : les <<Nomades >>font la haie. tnnEU"t"IXV: faut-il entendre qu'ils sont à
cheval ? Alexidame, en ce cas, va sauter en selle et emporter avec lui sa conquête.
3txw: lancer; cf. 0/., X, 72. 124. ~n1: adverbial; joindre à 3txw. C'est la descrip-
tion de la qiuÀÀoooÀ[ixprimitive. 125. 7t"t"EpixN[xixç : on connaît les nombreuses
représentations de Victoire ailée. Avec cette fin, comparer celle de la XIV 0 Olym-
pique, où l'envol des feuilles suggère de façon analogue celui de la victoire.
CIRCONSTANCES ET RAPPORTS
DES IVe ET ye PYTHIQUES

Ces deux Pythiquescélèbrent une même victoire, remportée


en 462 à Delphes par le quadrige du roi Arcésilas de Cyrène.
D'après les scholies, l'aurige Carrhôtos était le propre beau-
frère du roi. S'il est rare de voir deux Épi1iiciesconsacrées à une
même victoire, le fait n'est pourtant pas isolé : tel est le cas des
O(ympiquesII et III. Le problème important ici est de savoir
laquelle de nos deux Pythiques est antérieure à l'autre, et l'on
aimerait connaître en détail les circonstances de chacune,
d'autant que la IVe, par sa longueur absolument inusitée et par
son caractère épique, autant que par l'intercession finale en
faveur de Damophile, reste en elle-même une énigme.
D'après les scholies, une faction avait, à Cyrène, essayé de
renverser Arcésilas. Ayant maté la rébellion, le roi exila ses
adversaires, dont Damophile, qui alla se réfugier à Thèbes.
Parent du roi, Damophile n'est pas un comparse : il ne peut
être que le chef de la faction adverse, et nul doute que la
révolution manquée ne dût le porter au pouvoir, non comme
roi peut-être, mais plutôt comme chef d'une aristocratie ( 1) se

(1) Ceci est bien souligné par F. CHAMOUX, Cyrène soits la monarchie des
Battiades, p. 195 sqq.
88 PINDARE

substituant à un roi jugé trop proche du peuple. A Thèbes, il


se lia d'amitié avec Pindare, ainsi que cela ressort de toute la
fin de l'Ode et particulièrement des derniers vers. D'après
l'historien Théotimos ( 1 ), Arcésilas, sous couleur d'escorter
à Delphes ses chevaux de course, avait chargé un noble Cyrénéen
du nom d'Euphémos ou Euphamos (2) de recruter des merce-
naires pour la ville d'Euhespérides (3). Euphémos étant mort
en route, c'est Carrhôtos qui ramena mission et mercenaires,
après avoir commandé à Pindare le poème triomphal. Nous
pouvons sans peine inférer que Carrhôtos était lui-même un
ami de Damophile. Rappelons-nous en quels termes, dans
la Ve Pythique (v. 73 sqq.), le poète rappelle le rôle joué, dit-il,
par <<les Égides, mes pères >>dans la colonisation de Théra et,
par suite, dans la fondation de Cyrène. Il y eut sans doute à
Thèbes tout un milieu thébano-cyrénéen, avec lequel Pindare
avait, de par ses origines familiales, des affinités, au sein duquel,
tout naturellement, Damophile s'établit, et où vint le visiter
Carrhôtos.
On a longuement discuté sur les rapports et sur l'ordre
effectif des IVe et Ve Pythiqttes. Nous avons bien des raisons
de penser que la IVe fut écrite à Thèbes. Sa longueur même
écarte toute idée de composition rapide. Elle fut, sans nul

(1) Voir CHAMOUX,op. cit., p. 174 et 11. 1.


(2) C'était évidemment un noble de haut rang. Il devait, pensons-nous, se
présenter comme un descendant de l' Argonaute Euphamos. D'après la scholie
au v. 276, il était non seulement chargé de recruter des mercenaires, mais c'est lui
qui devait prendre part à la compétition pythique. Carrhôtos n'a été, dans son
double rôle, qu'un suppléant.
(3) Ville proche de Cyrène, où Arcésilas se ménageait un refuge, et ot1, plus
tard, il devait bel et bien être assassiné. Sur toutes ces péripéties et sur les incer-
titudes de datation, cf. CHAMOUX,op. cit., notamment p. 175 et p. 200 sqq.
RAPPORTS DES JVe ET Ve PYTHIQUES 89

doute, lentement mûrie. Le mythe, dans ses développements


majestueux, est issu de cette Thessalie voisine, dont Pindare
connaît et affectionne le riche fonds légendaire. Dévot du
Centaure Chiron, chantre de Pélée autant que de Cadmos ( 1 ),
il avait déjà, quand il avait fallu chanter un athlète cyrénéen (2),
emprunté à la mythologie thessalienne les amours de Cyrène
et d'Apollon. Il a fait de même ici, et le mythe des Argonautes
se laisse aisément rattacher à la légende de la cité des Battiades.
En même temps, par l'épisode de Théra, escale prestigieuse
sur la voie des destins, il touche, nous l'avons vu, à ses propres
traditions familiales. Assurément les liens amicaux du poète
avec Damophile, ainsi qu'avec Carrhôtos et peut-être aupa-
ravant avec Euphémos lui-même, s'étaient enrichis de toutes
ces circonstances, qui ne seront pas sans effet sur ses rapports
personnels avec Arcésilas et sur son voyage à Cyrène. Nous
pouvons dès lors penser que la JVe Pythiqtte,œuvre de longue
haleine, a pu préexister, pour de longues parties, à la commande
de Carrhôtos. Ce durable monument d'une amitié déjà ancienne,
qui nous rappelle, mutatis mutandis, celle de Dion et de Plato11,
Pindare sut aisément l'adapter à une conjoncture nouvelle.
Tout nous invite par ailleurs à penser, malgré Gaspar (3),
que la Ve Pythique fut écrite à Cyrène. Gaspar ne croyait pas
que le poète eût vraiment visité Cyrène. Il pensait que les deux
Odes furent écrites à Thèbes et emportées en même temps par
Carrhôtos et Damophile rentrant dans leur patrie. Il y a de

(1) Voir la JJJe Pythique, son texte et sa Notice. Voir aussi,passim, J. DucHE-
MlN, Pindarepoète et prophète.
(2) C'est la JXe Pythique, en 474, en l'honneur de Télésicrate. Voir cette Od~
et la Notice correspondante.
(3) Essai de chronologiepindarique, p. 147-148.
PINDARE

grosses objections à cette façon de voir. Il nous a toujours,


à la lecture, paru évident que Pindare avait séjourné à Cyrène
et qu'il en décrivait le site pour l'avoir vu de ses propres yeux
(v. 89 sqq.). Précisément, F. Chamoux a démontré, à la lumière
des fouilles archéologiques, l'exactitude des descriptions pinda-
riques ( r ). Il nous paraît assez vraisemblable que le poète ait
exalté la beauté de la ville, en ait précisément loué l'urbanisme,
à la demande expresse d'un souverain soucieux de sa propa-
gande (2). Un fait, en tout cas, est certain : Pindare a écrit à
Cyrène la Ve Pythique. Mais nous ne croyons nullement pour
cela qu'il y ait aussi écrit la IVe, et nous ne sommes pas, sur ce
point, d'accord avec le sentiment de F. Chamoux (3), non plus
qu'avec son hypothèse suivant laquelle, écrite à Cyrène, la
JVe Pythique serait postérieure à la Ve. On le sent même tenté
de lui contester son caractère d'Ode triomphale : outre le début,
cependant, le v. 2 70 notamment ne laisse pas de doute.
Il y a plus. Outre les raisons suggérées plus haut à l'appui
d'une composition thébaine, et le problème de l'ordre des deux
Odes étant ipso facto réglé à nos yeux (4) par la certitude de la
composition dela ve à Cyrène, nous ne sommes en rien persuadée
- au contraire - que le poète obtint la grâce de l'exilé. Chargé
d'une mission délicate, il échoua, pensons-nous, dans sa négo-

(1) Cyrène, p. 176-177. De ce fait, l'Ode constitue pour les archéologues,


concernant les points douteux comme pour les découvertes ultérieures, un
document de premier ordre.
(2) Voir itifra, la Notice particulière à la Ve Pythique.
(3) Op. cit., p. 176-177. Notamment, la présomptio11 avancée touchant le v. 8
ne nous paraît pas convai11car1te, et nous avons eu déjà l'occasion de l'écrire
(cf. Pindare, p. 141-142).
(4) Nous ne pouvons penser que Pindare soit arrivé à Cyrène les mains vides
pour écrire sur place ses deux poèmes.
RAPPORTS DES IV 0 ET Ve PYTHIQUES 91

ciation. Il y a toute présomption que le caractère violent du


jeune roi répugnait au pardon, et rien ne nous indique que
l'année 462 ait précisément marqué le début d'une ère de paix
à Cyrène. Mieux : certains passages de la ve
Pythiq11eévoquent
sans ambiguïté les ennuis que Carrhôtos eut à souffrir. Sans
doute font-ils allusion à quelque mouvement de mauvaise
humeur du roi envers un beau-frère dont il n'avait pas approuvé
l'insistance en faveur de l'exilé ( 1 ). Notons aussi que le poète,
dans son second poème, décrit avec complaisance - chose
rare chez lui - les détails de l'exploit, avant de conclure, sur
un mode énigmatique, à l'adresse de l'aurige vainqueur, que
tout le monde a sa part de lutte et de peine dans l'existence.
Si notre hypothèse est juste, il est clair que la JVe Pythique
devenait sans objet. Dès lors, l'Ode magnifique, enrichie de
tant de précieux joyaux, et dans laquelle le poète avait mis
vraiment tout son cœur, ne pouvait plus être chantée à Cyrène
devant le roi, sa cour et son peuple.
0
L'Inscriptio placée en tête des Scholia vetera à la V Pythique
' . , .
apporte a nos vues, pour une importante part, une ser1euse
confirmation. Le poème est bien, dit le Scholiaste, le second
qui fut écrit par Pindare à l'occasion de la victoire d'Arcésilas,
et c'est le roi lui-même qui<< demanda au poète d'écrire encore
une deuxième Épinicie >> (2). Les raisons données, à savoir le
caractère de récit épique (ôL~y'Y)µo:)plus que d'éloge du premier
poème, avec la présence de la 1to:pzxoo:crLç ( digression
ÔL1Jy'Y)µo:-rLx~
narrative) sur les exploits de Jason, sont en elles-mêmes plau-

(1) Voir notre Notice au poème.


( 2) Cf. DRACHMANN, t. II, p. I 72 : &ÔÉYJO"EV
C(lJ't"c7:,
X.C(l 0€\J't"Epov ypcx(j!C(L
, I
ETTLVLX.OV.
92 PINDARE

sibles, et semblable aventure n'est pas isolée dans la carrière


de Pindare ( I ). Mais, au-delà de ces motifs officiellement
avouables, il y a lieu de rechercher une cause plus profonde.
La supplique écartée, il fallait remplacer le poème jugé inop-
portun. Les rapports officiels du poète et du roi n'en furent
pas, en apparence, altérés. Pindare écrivit sur place un nouveau
poème, le plus classique, le plus officiel possible, celui-là même
qui fut exécuté, sans doute aux fêtes d'Apollon Carnéen, et
pour lequel il tira l'admirable parti que nous savons des beautés
architecturales de la cité. C'est Damophile (nous le savons par
le Scholiaste) qui régla le prix de la JVe Pythiq11e,et quand
Arcésilas, deux ans après, triompha au quadrige olympique, un
autre que Pindare chanta cette nouvelle victoire.

(1) Que l'on songe à Hiéron confiant à Bacchylide plutôt qu'à Pindare, et
cela après la Jre Pytbiq11eet la Jre Olympiq11e,
le soin de chanter la victoire suprême,
celle de son quadrige à Olympie.
LA IVe PYTHIQUE

Du point de vue littéraire, la JVe Pythiqueest unique dans


l'œuvre de Pindare (1). N'était la facture lyrique, on y verrait
presque un chant épique, d'autant qu'elle est écrite en mètre
dactylo-trochaïque. Si l'on met à part la fin, consacrée à la
supplique pour Damophile (v. 262-299) et les tout premiers vers
célébrant la victoire d' Arcésilas (v. 1-8), l'ode est uniquement
constituée par le mythe, qui représente 2 54 vers consacrés à
l'expédition des Argonautes.

LE MYTHE ET SES SOURCES

Pindare avait sans doute une prédilection personnelle pour


la légende des Argonautes. Les Minyens d'Iôlkos en Thessalie
étaient les ancêtres de ceux d'Orchomène (2), elle-même métro-
pole de Thèbes. Il se peut que le poète, très au fait -son œuvre
entière le montre - des antiques légendes thessaliennes, ait
de son propre mouvement rêvé d'un poème plus ample que
ses ouvrages ordinaires. L'expédition de Jason était connue de

(1) Outre sa longueur, le Scholiaste note deux caractères qui la mettent à


part : la supplique finale, et l'invocation du début à la Muse.
(2) La ville a été chantée par PINDARE, en particulier dans la XIVe Olympique:
Xap('t'EÇ 'Epxoµe:voü, TTt/.Àt1.(y6vwv (v. 4).
M(vuiiv ÈTTLCiXOTTO(
94 PINDARE

l'épopée : l'Oc!Jsséenous en fait foi, avec les quelques vers (1)


du chant XII qui ont permis de parler d' Argonautiques préoc!Js-
séennesou préhon1ériques,et qui nous attestent que, dès la forme
la plus ancienne, la protection d'Héra favorisait Jason. Au
v1e siècle, le poète épique Eumélos de Corinthe avait mis la
légende de Jason en étroit rapport, dans ses Corinthiaques (2),
avec sa patrie, où il faisait naître Aiétès et où se fixaient Jason
et Médée après l'expédition: la tragédie en a gardé des traces (3).
Pindare n'eut garde de reprendre cette localisation. Par contre,
il utilisa certainement les Catalogueshésiodiques (4) énumérant
les Argonautes et faisant allusion à certains épisodes, qu'il
passe d'ailleurs, le cas échéant, sous silence, comme celui de
Phinée et des Harpies. Il connaissait aussi la Théogonie, qui,
énumérant les épouses des dieux, donne comme enfants au
Soleil et à !'Océanide Perséis Circé et Aiétès, père de Médée
(v. 956-962), puis raconte (v. 992-1002) les exploits de Jason
et la conquête de Médée par le héros, qui lui donne pour fils
Médéios, lui aussi élevé par Chiron (5). L' Aigin1ios, attribué à
Hésiode et consacré à l'antique héros dorien (6), faisait allusion

(1) Od., XII, v. 69 sqq., où il est dit que seule 'Apyw 7t0CO"LµéÀoucroc,cin-
glant vers le pays d'Aiétès, échappa aux Planctes. On admet que ces premières
Argonautiques servirent de modèle à plusieurs épisodes odysséens, notamment
à ceux qui tournent autour du séjour chez Circé. Cf., outre K. MEULI,
Oqyssee 1111dArgonautica, Berlin, 1921, G. GERMAIN, Genèse de l'Oqyssée, Paris,
1 954•
(2) Cf. Epicorum GraecorumFrag!f1enta,Kinkel, fr. 2, 3, 9. Voir l'ouvrage de
E. WILL, Korinthiaca, 19 55.
(3) Voir la Médée d'EuRIPIDE.
(4) Fr. 52-64 Rzach et K 2 Merkelbach. Voir J. SCHWARTZ,Pseudo-Hesiodeia,
Leyde, 1960, p. 48 5 sqq.
(5) Ni Pindare ni aucun autre poète n'a, par ailleurs, parlé de ce fils.
(6) Voir P. V, 72 et notre co1nmentaire.
LA JVe PYTHIQUE 95

à l'arrivée de Phrixos en Colchide (1). Pindare connaissait


aussi, dans les Éhées (2), le passage où le poète nomme Méls::io-
niké, mère d'Euphamos, l' Argonaute fils de Poseidon. Il est
probable que Pindare, comme d'habitude, s'inspira abondam-
ment du poète d'Ascra. S'inspira-t-il de l'Élégie de Mimnerme (3)
où il était question d' Aia? des Argonautiques du Crétois Épimé-
nide (4)? Nous ne saurions le dire. Et peut-être connut-il par
Phérécyde de Syros la tradition du µ,ovoxp~1t~ç(v. 75) dont
Pélias devait par-dessus tout se méfier (5).
De fait, Pindare semble en avoir usé très librement avec
la tradition poétique. Deux groupes de faits ou de récits l'inté-
ressent ici : les uns concernent Iôlkos et la race de Jason; les
autres touchent, de façon proche ou lointaine, la fondation
mythique de Cyrène : parmi ceux-ci, l'histoire de Battos et de
l'oracle de Delphes ne fournit à notre poème qu'une allusion
(v. 53 sqq.), et c'est surtout la Ve Pythique qui s'en inspirera.
Dans la IVe, Pindare a surtout développé la légende d'Euphamos
et de la motte de terre, reçue d'un dieu qui avait pris la forme
du roi mythique Eurypyle. On sait comment, par suite de la
négligence des serviteurs, la précieuse motte se perdit dans la
mer à Théra : d'où la nécessité pour les descendants d'Euphamos
de passer par Théra pour aller, avec un retard de treize géné-

(1) Fr. 184 Rzach.


(2) Fr. 143 Rzach, donné par le Scholiaste au v. 20, qui le cite d'après le
poète AsCLÉPIADE.
(3) Fr. 11 Diehl.
(4) Epic. Gr. Fr., Kinkel.
(5) Le récit du Scholiaste est assez long. Il en résulte que chez PHÉRÉCYDE
c'est Jason lui-même qui, interrogé par Pélias sur ce qu'il ferait à sa place, répondit
hardiment qu'il enverrait celui qui représente un danger à la quête de la Toison
d'or : Pélias ne fit que suivre ce conseil.
PINDARE

rations, coloniser Cyrène. D'où l'importance de la prophétie


de Médée dans l'économie de l'Ode. D'où la place - nous le
verrons - donnée par Pindare à l'épisode des Lemniennes.
Mais Pindare n'eut pas que des sources littéraires. Il dut
voir à maintes reprises à Olympie le coffre en bois de cèdre
sculpté et orné de figures d'or et d'ivoire que Pausanias (V,
17-19) décrit longuement et qui est connu sous le nom de coffre
de Cypsélos. Ce dernier, qui fut tyran de Corinthe au v11e siècle,
aurait été caché enfant par sa mère dans ce coffre pour l'arracher
à ses ennemis, et ses descendants auraient, au vie siècle, consacré
le coffre historié dans l' Héraion d'Olympie. On y voit repré-
sentés en grand détail les Jeux funèbres en l'honneur de
Pélias ( 1), ainsi que de nombreuses scènes de la mythologie
et de l'épopée, dont le mariage de Jason et Médée : celle-ci est
assise sur un trône auprès de Jason, et Aphrodite est debout
auprès d'elle. Une inscription dit :
' 11'
M'Y)OSL(XV 'I (X(Jù)V
' '
yaµsst, '·
XS/\S'C"(XL 11''
O 'A cppoo
11''L'C"(X.

Cette inscription correspond bien au traitement du mythe par


Pindare, puisque chez lui la déesse intervient et enseigne à
Jason les charmes qui subjugueront Médée.

LA C01f POSITION DU POÈME

La composition de cette ode semble d'abord complexe et


touffue. On se trouve en plein mythe dès le début de la 1re a11ti-
strophe, et ce mythe - la quête de la Toison d'or - occupe le

(1) C'était un thème épique. Nous savons par le Scholiaste d'APOLLONIOS


DE RHODES(I, 45) que les Anciens attribuaient à Ho11ÈRE lui-même un poème
des ]e11xde Pélias.
LA JVe PYTHIQUE 97

poème presque entier, puisque seule s'en détache, à la fin, la


supplique pour Damophile (v. 262-299). Mais il s'en faut que
le mythe soit pris en son début. Lorsque le poète l'aborde, les
Argonautes ont presque terminé leur expédition. Ils sont à
Théra, une de leurs dernières escales sur la voie du retour.
Dès lors, tout s'ordonne selon les lois de la composition régres-
sive, chère à Pindare, certes, mais dont il n'a jamais usé avec
tant d'éclat. La prophétie de Médée (v. 13-56), qui se situe
comme un extraordinaire retour en arrière par rapport au
1tpoo(µ.Lov, où le poète a rappelé l'oracle d'Apollon ordonnant
à Battos la fondation de Cyrène, s'ordonne elle-même de façon
à la fois régressive et presque symétrique, de façon à mettre en
relief sa partie centrale, la rencontre du dieu Triton (v. 28-40 ), les
parties extrêmes du polyptique étant constituées par l'annonce
de la fondation de Cyrène (v. 13-18) et celle de la colonisation
future de Théra (v. 48-56). Après une partie de transition où
il salue Arcésilas, s'insère la partie essentielle du mythe, dont
le poète avait détaché un épisode, capital à ses yeux ( 1 ), par la
reprise au commencement (T(ç y~p &.pxix... , v. 70 ). De fait, ce
commencement remontera plus haut qu'au début de l'expédi-
tion, puisqu'il narre les craintes de Pélias et l'arrivée de Jason,
et que celui-ci remontera, dans son discours au roi, jusqu'à
l'usurpation du trône et à son éducation chez Chiron.
Symétriquement à la prophétie, qui constitue le début du
poème, la supplique pour Damophile en constitue la fin. Elle
s'insère au moment précis où le poète, bouclant la boucle, en

(r) L'épisode de la prophétie ne nous est pas connu par ailleurs. Était-ce
une tradition cyrénéenne? Pindare l'a-t-il imaginé? Nous l'ignorons, ne croyant
pas devoir prendre pour assurée l'existence, postulée par certains, de prétendus
Dits de Médée...
7
PYTHIQUES
PINDARE

revenait aux unions lemniennes et à la descendance d'Eupha-


mos, les v. 2 52 sqq. renvoyant aux v. 5o sqq. de la prophétie.
Si l'on étudiait de près cette fin, entre l'énigme du chêne et
l'image finale, on verrait que la virtuosité en est aussi raffinée
que celle du début. Mais l'essentiel est la partie centrale de l'ode,
la plus considérable, puisque, sur les treize triades de l'ensemble,
elle occupe en gros les triades 4 à II incluse. Par contraste avec
l'encadrement du poème, l'architecture de cet ensemble est extrê-
mement simple. On dirait un fronton dorique. Au centre ( I ),
les deux figures de Jason et de Pélias, face à face, dans la
sérénité plus qu'humaine que le héros impose à la scène. La
montée vers cette partie centrale est faite d'une suite de tableaux :
les craintes de Pélias, la première apparition de Jason (fJ-ovoxp~1t~ç),
la scène de genre de l' &:yop&, la première rencontre de Jason
et de Pélias, Jason reconnu par les siens, le festin du yfr.voç des
Aiolides. De l'autre côté de la scène centrale, on trouve succes-
sivement le défilé des plus nobles des Argonautes, le départ
du navire Argô, le voyage, symbolisé par le passage des Sy11tplé-
gades, l'arrivée et l'effet sur Médée des charmes d'Aphrodite,
les exploits confrontés d' Aiétès et de Jason, l'enlèvement de la
Toison, le voyage de retour enfin, s'achevant sur la perspective
de la lignée royale issue des noces len1niennes. De part et
d'autre, la succession des scènes s'appuie sur une figure haute-
ment représentative, celle que les sculpteurs représentent cou-
chée à chaque extrémité : d'un côté la prophétesse, de l'autre
Damophile, l'homme dont le retour est dû au bonheur de
Cyrène. Rien de plus sobre et de plus beau que cette structure

(1) Au centre approximatif du mythe, mais très exactement au centre du


poème, dans la septième des treize triades.
LA IVe PYTHIQUE 99
d'ensemble, qui fait sauter aux yeux la leçon de l'ode : leçon
de mesure et de clémence donnée au roi de Cyrène par l'exemple
de Jason et de sa modération surhumaine devant Pélias.

LES CHOIX DE PINDARE

Le mythe est avant tout un enseignement. Il n'est un récit


que par occasion. Comme pour la composition, tous les choix
de Pindare sont commandés par ses intentions profondes.
Nous le verrons clairement en étudiant sa liste d' Argonautes
et son choix d'épisodes.
Alors que chez Apollonios de Rhodes ( I) les compagnons
de Jason sont au nombre de cinquante-quatre, Pindare n'en
énumère qu'une dizaine. Il les classe selon un ordre rigoureux,
selon la hiérarchie des dieux dont ils sont fils : Héraclès et les
Dioscures, fils de Zeus; Euphamos et Périclymène, l'un fils,
l'autre petit-fils de Poseidon; Orphée, fils d'Apollon; Échion
et Érytos, fils d'Hermès; Zétès et Calaïs, fils de Borée, en mar-
quent les degrés. Aucun enfant de mortels n'y figure. Aucun
compte n'est tenu des paternités mortelles d' Amphitryon ou
de Tyndare. Même les cousins de Jason, venus pourtant le
visiter, Admète fils de Phérès (2) et Mélampos fils d'Amythaon,
n'y figurent pas. Mopsos n'est pas nommé, le devin qui
joue cependant, semble-t-il (v. I 89 sqq.), un rôle éminent
dans la conduite de l'expédition. Même Pélée, si cher à Pin-

(1) Évidemment le poète alexandrin a voulu, au contraire, donner une liste


exhaustive, probablement enrichie depuis le temps de Pindare, et en tout cas
dressée à l'aide de recherches de bibliothèque 1
(2) Admète, en tout cas, figure dans la liste d' Apollonios.
100 PINDARE

<lare ( 1 ), est oublié. L'explication est évidente : le poète désire, en


ne nommant que quelques héros de valeur exceptionnelle, mon-
trer ce que fut, dans la légende, l'expédition d' Argô, et rehausser
d'autant par là l'illustration de la ville et des rois de Cyrène.
Il est d'ailleurs remarquable qu'à part Jason lui-même et
Euphamos, aucun ne joue dans le poème un rôle quelconque.
Même constatation du côté des aventures et des exploits
traditionnels. Comment en serait-il autrement, puisque le poème
en est au v. 156, soit à un peu plus de la moitié, lorsque Pindare
met dans la bouche de Pélias la première mention de Phrixos
et de la Toison ? La légende, supposée connue, est résumée
en moins de trois vers (v. 159-161). Entre les multiples épisodes
d'une route aventureuse, le poète en choisit un très petit
nombre : l'étape des Argonautes à l'entrée du Pont-Euxin
(v. 203-206), où ils s'arrêtèrent pour un sacrifice propitiatoire
avant le passage des Planctes ou Sy111plégades, et ce passage, lui-
même décrit avec autant de sauvage grandeur que de brièveté
saisissante. L'arrivée chez les Calques est narrée très vite, et
d'une manière très personnelle à Pindare, avec la bataille des
héros contre <<les Calques au noir visage >>en présence d' Aiétès.
Mais le poète insiste surtout sur les cl1armes d'Aphrodite, par
lesquels Jason sut inspirer l'amour à Médée, en n1ême temps
que l'oubli de ses parents (2). Même brièveté pour les deux

(1) Après Héraclès et avec Cadmos, Pélée est le héros le plus souvent chanté
par Pindare. Or la tradition constante, même jusqu'à CATULLE( Épithala,ne),
le donnait parmi les Argonautes. Et sur le coffre de Cypsélos, on voyait, d'après
Pausanias, Pélée se mesurer avec Jason durant les Jeux funèbres de Pélias 01, 17).
(2) Le long récit d'Apollonios racontant l'intervention d'Éros envoyé par
Aphrodite, à la prière d'Héré et d' Athéné, est certaine1nent sa contribution
originale à l'évolution de la légende. On peut l'inférer de l'importance, dans tout
son chant III, de l'analyse psychologique.
LA IVe PYTHIQUE IOI

épisodes de la conquête proprement dite, le labour avec les


taureaux magiques aux sabots de bronze et le rapt de la Toison
arrachée aux dents du dragon. Le voyage de retour n'est évoqué
que par deux épisodes, les deux qui se rapportent à la fondation
de Cyrène : l'un, celui d'Euphamos, est traité, nous l'avons vu,
hors de sa place normale et mis ainsi en relief; l'autre, celui
des Lemniennes, est déplacé de l'aller au retour ( 1) : on sait
qu'il se rapporte à la colonisation de Théra; annoncé aussitôt
après la prophétie (v. 5o), il est traité à l'autre extrémité de
l'Ode, en place à peu près symétrique (v. 251-262). L'ensemble
de l'itinéraire, moins complexe à la vérité qu'il ne sera chez
Apollonios, n'est pas sans poser, lui aussi, de nombreux pro-
blèmes, ne serait-ce que par les libertés que prend le poète avec
la géographie comme avec la tradition (2).

,,
JASON ET MEDEE

Jason, à aucun titre, n'est fils, d'un dieu. Sa destinée en est


d'autant plus remarquable. D'Eole, fils d'Hellen, lui-même
:fils de Deucalion (3) et petit-fils de Prométhée, naquirent
Athamas, père de Pl1rixos et d'Hellé, Salmoneus et Krétheus.
Ayant pris pour épouse Tyrô, fille de son frère Salmoneus,
Krétheus en eut trois fils, Aison, père de Jason, Phérès, père

(1) La tradition dont Pindare s'est écarté est attestée par le Scholiaste. Voir
le commentaire au v. 252.
(2) Le Phase, le fleuve Océan, la mer Érythrée, Lemnos : voilà, certes, un
o!µoc;;~pixxt'Jc;;
(v. 248); le poète nous laisse le soin d'intercaler le passage en Libye.
L'ouvrage d'E. DELAGE sur la Géographiedes Argonautiques est également très
utile au lecteur de Pindare.
(3) Deucalion fut, après le déluge, l'ancêtre d'une nouvelle race d'hommes.
Cf. OvroE, Métamorphoses,livre I.
102 PINDARE

d' Admète, et Amythaon, père de Mélampos ( I ). Mais, avant


d'épouser Krétheus, Tyrô avait eu de Poseidon (2) deux fils
jumeaux, Nélée (père de Nestor) et Pélias. C'est ce Pélias qui
ravit à Aison ses biens et son royaume.

Hélios Prométhée Poseido,1


1

Deucalion
1

Hellen
1

Aiolos
1
1
Krétheus Athamas Salmoneus
1

1 1
Phrixos Bellé Tyrô
1-------.----.-----~I !,______,_~
1 1 1 1 1
Circé Aiétès Aison Amythaon Phérès Pélias Nélée
1
1 1
Chalciopé Aiédée Jason l\félampos Admète Alceste Nestor
ép. Phrixos etc.

GÉNÉALOGIE DE JASON

Jason, nous l'avons vu, se montre envers Pélias d'une


extraordinaire modération, puisqu'il lui réclame seulement son

(1) On l'appelle plus souvent Mélampous. Devin remarquable, il opéra de


nombreuses guérisons. Ses aventures auraient été célébrées dans la Mélampodie.
(2) Elle figure, au chant XI de l'Odyssée, en tête des Dames qu'Ulysse ren-
contre au royaume des Morts; elle y raconte ses amours avec Poseidon.
LA JVe PYTHIQUE
""- 103

royaume, lui laissant les i1nmenses biens et les troupeaux


d' Aison. La plus grande partie de la scène est occupée par les
croq;iwvt1tÉwv de Jason, et c'est là-dessus que le poète veut surtout
insister. Mais Jason est aussi le héros qui accepte une mission
extrêmement périlleuse et d'une nature toute particulière. Le
poème de Pindare est, sur ce point, riche d'enseignements que
ses successeurs ne conserveront pas. D'où son exceptionnel
intérêt au point de vue mythologique et religieux. Élève de
Chiron, chef des xoüpot qui l'accompagnent à la conquête de
la Toison, Jason subit avec eux une série d'épreuves qui vont
faire d'eux des héros. Pour lui personnellement, il s'agit en
même temps d'une épreuve royale : que l'on songe au fan1eux
agneau d'or des Atrides (1). A la conquête du trône s'ajoutera
pour lui l'union avec la fille d' Aiétès. Mais il y a beaucoup plus
dans cette quête ordonnée par Pélias. Celui-ci invoque un
songe : Phrixos lui est apparu et lui a commandé de faire revenir
de Colchide, non seulement la toison d'or du bélier, mais son
âme restée là-bas, cela pour apaiser la colère de ceux qui sont
sous la terre (v. 159 sqq.). Ainsi orientée, l'expédition n'est
plus seulement un voyage aventureux dans un pays lointain,
même fabuleux : c'est un équivalent de la Ne:xuiixhomérique,
un voyage dans l'au-delà. Nous avons parlé ailleurs (2), dans
cette perspective, de divers mythes pindariques : la frontière
est ténue entre les contrées fabuleuses et le pays des morts ou
le pays des dieux. Le mythe argonautique, comme le mythe
odysséen, s'éclaire également à des comparaisons avec les

(1) Cf. Électre, v. 926 sqq. Sur le thème du bélier magique, voir
EURIPIDE,
J. ÜRGOGOZO, L'Hermès des Achéens, R.H.R., 1949. Voir également (avec
précaution) R. Roux, Le problèmedes Argonautes, Paris, 1949.
(2) Voir Pindare, p. 303 sqq. : les p. 307-308 concernent le voyage de Jason.
104 PINDARE

mythologies égyptienne ou sumérienne et avec des œuvres


comme le Poème de Gilga,nesh. La quête de l'âme de Phrixos,
à notre connaissance, ne sera pas évoquée ailleurs que
chez Pindare, faute d'être comprise. Elle est pour nous très
éclairante.
Le personnage de la Médée pindarique doit être replacé
dans une perspective du même ordre. Elle est bien différente
de celle que peindront les Tragiques, bien différente aussi de
celle d' Apollonios, pure création littéraire. Il est bien malaisé
de savoir ce qu'était, avant Pindare, la Médée des poètes. Le
M~asLixv&Gcrcpupov d'Hésiode (Théog., 961) ne nous apprend pas
grand-chose. Quant au passage consacré aux amours de Jason
et de Médée (v. 992-1002), nous pourrions tout aussi bien en
inférer que Médée n'a été pour rien dans le triomphe de Jason,
mais qu'après son exploit le héros l'a simplement reçue de
son père, conformément à la volonté des dieux. Les Corin-
thiaqtteset le coffre de Cypsélos connaissent le couple mythique.
Mais le rôle de Médée, tel que l'a conçu Pindare, n'est peut-être
pas de tradition ancienne. Était-elle déjà l'habile magicienne de
la famille de Circé, capable de rivaliser avec elle? Rien ne nous
l'apprend. En fait, il est possible que Pindare ait pris modèle,
pour cette figure, sur la Circé odysséenne. En tout cas, l'une
et l'autre appartiennent au type très ancien (il remonte jusqu'à
la Siduri du Gilgan1esh)de la déesse chargée d'instruire le héros
sur ses épreuves, de le guider sur les voies de ce monde et les
routes de l'au-delà, en l'aidant à franchir les pas difficiles (1). Et
l'art de Médée, chez Pindare, ressortit moins à la magie, telle

(1) Celle-ci est, on le sait, abonda1n1ne11t représentée dai1s la mythologie


' .
egypt1enne,
LA JVe PYTHIQUE 105

que pourront l'entendre les Tragiques ou Théocrite (1), qu'à


l'art de bon aloi et au savoir quasi divin d'une descendante du
Soleil instruite des secrets de la nature.
Deux traits, précisément, nous paraissent porter sûrement
la marque pindarique. L'un est négatif: c'est le silence observé
sur le caractère violent de Médée, comme sur les meurtres que
les poètes ultérieurs lui attribuent sans ménagement. Or, nous
avons tout lieu de penser que Pindare les connaissait: du moins
le v. 2 5o est la preuve qu'il était au courant du meurtre de
Pélias. Il l'a interprété comme voulu par les dieux (2) et n'a
pas dit un mot des autres, sans doute à dessein. L'autre trait,
positif celui-là, est sûrement un apport personnel de Pindare :
c'est le don prophétique attribué à la fille d' Aiétès, et qui l'élève
véritablement au-dessus de la condition mortelle : elle est dite
~aµ.e:v~c_;au v. 10 (3), et la suite note qu'elle proféra ses paroles
<<de sa bouche immortelle>>. Ce don de prophétie s'accompagne
d'une majesté indicible qui, dans tout le début du poème, fait
de Médée l'égale du Tirésias sophocléen. Fille d' Aiétès et
<< reine des Colques >>(3Écr1to~vaK6Àzwv, v. II), Médée semble
offrir l'aspect d'une déesse dont le héros, par la faveur des
dieux, a eu l'honneur de faire son épouse. Le nom même de
Médée, comme celui de sa mère '13u'i'.a (4) viennent à l'appui
d'une semblable interprétation.

(1) THÉOCRITE, dans les Magicie11nes, a repris tel détail de la IV 0 Pythique,


l'Luy!; magique, qui s'intègre au refrain.
(2) Voir notre commentaire à ce vers et au mot TieÀtococpov6v.
(3) C'est le mot même que PINDAREapplique au Centaure Chiron, au v. 38
de la JXe Pythique.
(4) 'lôuï:oc, la Savante, est fille de Téthys et de l'Océan. Elle fait partie, nous
dit HÉSIODE(Théog., v. 345-346, trad. P. MAZON), de cette<< race sainte de filles
PINDARE

LE MÈTRE

La JVe Pythique (1) est écrite dans ce rythme dactylo-


trochaïque, d'allure grave et soutenue, qui convient si bien
au déroulement et au ton de ses épisodes successifs, et, plus
encore peut-être, à la partie finale sur Damophile. Le rythme
ici, comme la langue, les caractères et la composition, concourt
à l'impression grandiose faite par un ensemble d'inspiration
très proche de l'épopée.

qui, avec Sire Apollon et les fleuves, nourrissent la jeunesse des hommes (&:v~pixc;;
xoupl~oucrL)et tiennent ce lot de Zeus même>>.En d'autres termes, 'I~uî:ix est une
divinité courotrophe.
(1) Comme la III 0 (voir la Notice à cette Ode) et la IX 0, mais à la différence
de la ve : comparer ce qui est dit du mètre dans la Notice à cette dernière.
SCHÉMA MÉTRIQUE DE LA IVe PYTHIQUE

V
I -v-- -vv-vv- di tro + hémiépès
2 -v-- -v·.J-vv-- di tro + tri da
V
-v-- -vv-vv- + di tro + hémiépès
3 -v-- -vv-vv-- di tro + tri da
-v-- -v--
v + 2 di tro
v V
tétra da + di tro
4-vv-vv-vv-- -v--
5-vv-vv-- -v-- v -v- tri da + di tro + cré
6-v-- -v-- -vv-vv-vvv 2 di tro + dim. da catal.
,
-v-- -v- -v- 2 di tro + 2 cre
-v-- 2 di tro

'En.
I -v-- -vv-vv-- di tro + tri da
-v-- -v- v + di tro + cré
2 -vv-vv-- -v-- tri da + di tro
-vv-vv- v + hémiépès
v
3-v-- -v-- -vv-vv- 2 di tro + hémiépès

4 -vv-- -v-- -v-- di da+ 2 di tro


-vv-vv- v + hémiépès
v penta da acéphale + di tro
5--vv-vv-vv-- -v--
6 -v-- -v-- -vv~ 2 di tro + di da catal.

7 -v-- V -vv-vv- di tro + hémiépès


-v vvv - -v-- V
+zditro
IV

APKE~IAAQI l(îPHNAIQI APMATI

~ ' '
.::.iaµe:pov µe:v '
XPîJ cre: 1tap , avopL
, Il- ' ,-..
CflL/\(p Str. 1

O""t"IX[LEV,
e:ùL1t1tOU~acrLÀrj'C Kupcxvaç,
,,
ocppa 'Y
Xù)[LIX'-:.OV"t"L'
cruv 'A pxe:crL/\Cf,
,-..
Mo~cra, Aa"t"oL~iXLO"LVocpe:L).6µe:vov TIu-
0wvt "t"' iXtJÇYJÇoùpov lJfLV(J)V, 5
''0 IX 7t0"t"E
EV 1 '
XPUO"Eù)V A'
ULOÇ , ~ 1tape:opoç
IXLE:'C"ù)V , Il-
,
oux , Il-'
a1tooaµou 'A 1tO/\/\(J)Voç
,-..-.. ' ''Le:pe:a
"t"UXOV"t"OÇ
5

1. cre: om. E 11 3. C(UÇT)Ç C.


: C(UÇC(LÇ

1-2. crcx:µ,e:pov,
rapproché de XCù[J,CX:~OV't"L,
est interprété par le Scholiaste en
fonction de la supplique pour Damophile. &:v8ptcp[Àepserait introduit alors in
çaptationem benevole11tiae. 2. cr't"&µ,e:v
: la Muse préside la fête, debout à côté de
celui qu'elle loue. X.Cù[J,CX:~OV't"L
évoque la fête joyeuse et le festin. AC('t"o[8C(LO"LV
: à
l'ombre du culte d'Apollon, Artémis avait aussi le sien à Cyrène, étroitement
lié à celui de son frère. Voir F. CHAMOUX,Cyrène, p. 311 sqq. 4. Une longue
scholie raconte l'histoire des deux aigles se rejoignant au centre de la terre et
rappelle que leurs effigies en or étaient consacrées dans le temple de Delphes.
5. Apollon était bien à Delphes, et non en voyage chez les Hyperboréens : gage
I 10 PINDARE

x.p~crev otxLcr-r~pcxB&-r-rov 10
,
xcxpnocpopou Ae'Luucxç, 'Lepcxv
,
, ,
v'a.crov wç ~a'YJÀL7tWVx-rlcrcrZLZV eucxpµcx-rov
n6ÀLv èv &pyLv6ev,L µcxcr-r4'>,

XCXL
, , M \' ,
't'O 'Y)OZLCXÇ
,, , ,
Z7t0Ç cxyxoµLcrtxL Ant. I

10
</2<;:,.I \ \ <;:,. I
euooµ~ xcxLcruv oexcx-r~ yeve~ " YJ- ~ 0' 16
pcxLov,A ,'LYJ't'CX , 7t0't'Z y1.:,cxµZVYJÇ
't'O '

8. &pyLv6e:v-rLcodd. (cf. Il., II, 647, 656) : &pye:vv6e:v-rL


conj. Schr. 11
9. &yxoµ[crix.LMommsen : &yxoµ[crix.L0'codd. (È:yx. C).

de la véracité plus grande encore de l'oracle. 6 sqq. D'après HoTE, IV, 155,
Battos alla consulter l'oracle pour guérir son bégaiement. 11ais le Scholiaste,
d'après MÉNÉCLÈs DE BARCA (F. Gr. Hist., 270, 6), signale qu'il s'agissait de
l'état politique de Théra, où deux factions se disputaient le pouvoir, et d'où
le parti de Battos venait d'être chassé. 6. XP'YJCTEV otxLcr,'Y)pŒ.Bcx.,,ov : prolepse;
rapprocher ces mots de wç x,[crcre:Le:v ... xix.l&yxoµlcrix.L; cf. 01., VII, 32, 1tÀ6ove:Irre:.
te:pcx.v:d'après HrÉROCLÈs(F.H.G., IV, p. 430), les colons venus de Lacédémone
l'avaient consacrée à Apollon. La légende dit aussi que Cadmos, parti à la
recherche d'Europe, sa sœur, s'y arrêta et y éleva des autels à Poseidon et Athéna.
On sait aussi que l'île, très riche en vignobles, est constituée par le demi-cratère
(le reste est affaissé) du fameux volcan de Théra (= Santorin); la mer y est
toujours agitée. 7. wç ~a'Y)ÀL1tchv x-rlcrcre:Le:v
(et plus loin &yxoµ[crix.L, v. 9): wç
n'est pas un simple équivale11t de iS-rL, mais comporte la même nuance d'intention
(c'est un ordre) après XP'YJCTEV, que, en 0/., VII, 42-43, wç (ixv) x,[crix.Le:v ... xix.l...
tcx.vix.Le:v,
après ~v-re:LÀe:v xpéoç; optatif de concordance; aoriste ponctuel exprimant
l'ordre précis donné pour tout de suite. 8. &pyLv6e:v,Lµix.cr-rép : transposition de
l'expression homérique oi50ix.p&poup'Y)Ç (Il., IX, 141); pour les uns, c'est une
métaphore, pour les autres, une allusion au sein blanc de la nymphe; ce pourrait
être les deux à la fois, la poésie n'excluant rien; cf. entre autres, STUDN1CZKA,
Kyre11e,Leipzig, 1890, p. 167; PUECH, n. ad I.; NoRwooo, Pindar, p. 35 et 38;
CHAMOUX,Cyrène, p. 177-178; DucHEMIN, Pi11dare, p. 142, n. 3. La forme
&pyLv6e:v,ix. est attestée chez Homère (Il., II, 647, 656) avec un!. Ici la métrique
demande un î.
9. &yxoµlcrix.L: voir la note a11v. 7. Le mot signifie ramener au jour. Voir la
Notice à propos de la prédiction de Médée. 10. ~cxµe:v~ç: cf. P. IX, 38, à
JVe PYTHIQUE III

' )'(XÇ
'TOU TCO't"E - 'E TCCX(flOLO
, ,
X.Op(XV

15
>
(X <J
I
't"I::CùV
''Y
p L1.,(XV ' 0
(flU't"EU<JE(J(XL µEÀ , e
'IJŒLµupo-rov
A ' >
ULOÇ EV '' AµµCùvoç 0EµÉ0ÀoLç.

,AV't"L' 11' , '


OE/\(flLVCùV o~, ', '
Ef\(XXUTC't"EpU)'CùV,,
LTC- Ep. 1

TCOUÇ &µEL~(XV't"EÇ 0oixç, 30

ixVL(X -r' &v-r' ÈpE-rµ&v ô(-


qipouç 'TE vCùµixcroL<JLV cxEÀÀ6n:oÔ(XÇ.

14. œÀLTTÀIXXTOU
B<I>GH: IXÀLTTÀœyx-rou C 11 16. è:vom. G
EV IXÀLTTÀéyx-rou
11 17. È:ÀIXXUTTTe:puywv <I>.
: -TTTÉ:pwv

propos du Centaure Chiron; à rapprocher de Z:&0e:oç, P. V, 70, etc. 11. &.0ixvrx-


-rou : les scholies citent à l'appui le grammairien alexandrin Chairis et (à tort) la
Théogonied'Hésiode; selon Asclépiade, toutes les prédictions de Médée s'accompli-
rent. 12-13. ~µ.t0É:otcrtv
... 0e:c7)V:
voir v. 171 sqq., la liste des Argonautes et leur
ascendance. 14. 'E1t&cpoto x6pixv : la Libye, fille d'Épaphos, lui-même fils de
Zeus et d'Io : cf. le Prométhée e1ichaî11éd'EscHYLE. 15. plZ:ixvcpu-re:ucre:cr0ixt,
méta-
phore végétale (cf. 42-43); sur sa valeur, voir J. DucHEMIN, Pi1idare,p. 238 sqq.
µ.e:À'Y)crlµ.opo-rov:
dont les mortels se soucient, d'où glorieuse (de la même manière,
'Apyw TTIXGL[J-É:ÀOUO'IX, Od., XII, 69); se rapporte à plZ:ixvplutôt qu'à x6pixv; les
villes << plantées >> par Cyrène sont, d'après les scholies, 'A1toÀÀwvlixet Te:u-
xe:tpix. 16. ''Aµ.µ.wvoç: la périphrase désigne la Libye. Pindare était un dévot
d'Ammon : cf. le fr. 36: ''Aµ.µ.wv 'ÜÀU[J-TTOU 8é:cr1to-rix.
17 sqq. Métaphore prolongée sur l'échange dauphins-chevaux. Le poète, sou-
vent (cf. XJ 0 Ném., 37 sqq.), inverse l'ordre normal. La double métaphore continue
aux v. 24-2 5 par &yxupixvet xa:Àtv6v.Le parallélisme chars-navires suggère celui de
la nef Argo et du char vainqueur. 17. LTTTTOUÇ 0o&ç: les cavales ou juments sont
plus rapides à la course, comme les chiennes à la chasse. 18. &.e:U61to8ixç: cf.
112 PINDARE

Ke:~voç ~pv~ç Èx.-re:Àe:u-r&cre:~ µe:yix"Aiiv1to"A[wv


20 µix-rp61toÀ~v0~pixv ye:vÉcr0ix~,-r6v 1to-re: 35
Tp~-rwv[~oç Èv 1tpoxoix~ç
/\~µvixç 0sep
"I' ~ ixve:p~
' ' 'I:'> '
e:~ooµe:vep ~
yix~ixv I:', I:'>'
o~oov-r~
çe:[v~ix1tpCf)pix0svEücpixµoç x.ix-rixoix[ç
l:'>'t: ,
oe:c.,,ix-r ,,
- ix~cr~ov oI:'>',' , Kpov~wv
E7t~ o~
'
Ze:oç 1tix-r~p ~x."Aixyçe:~pov-r&v
,,,,, 'ï'
'
ixv~x. ixyx.upixv 1to-r~ xix/\x.oysvuv Str. 2
vixt x.p~µv&v-rwvÈ1tÉ-rocrcre:,0oiiç 'Ap-
~ X1X/\~VOV
youç "\ ' OWOEX.IX OE 1tpo-re:pov
I:', ' I:', I:', 1 '
1

22. Eucp1Xµ.oçB : Eücp'Y)µ.oç<PEGHCV 11XIX't"IXOIXLÇ Turyn (cf. fr. 192, 39) :


XIX't"IXOIXÇcodd. 11 23. 1Xlcriov : 1Xtcr[1Xv
conj. Schr. 11 25. xpiµ.vixv't"CùVBGP 0 H 2 :
Gao H 1P0 Xp'Y)µ.VIXV't"CùV<PECV Xp'Y)fl,IXV't"CùV
xp Lfl,IXV't"CùV H 1ac 11 È1tÉ't"ocr
( cr)E B 2
GHCV : ~1tocrcrEB 1 E È1tolcrcrE <P È't"tcrcrEEYP.

Né,n., I, 6 et fr. 221. 19 sqq. Constr. XEÎ:voç èîpviç ••• 't"6v T.O't"E
••• "Eucp1Xµ.oç...
8ÉÇIX't"'.Souvent èîpviç signifie présage: cf. AR., Oiseaux, v. 719 sqq. 19. ÈX't"EÀEU-
: le présage provoque lui-même son accotnplissement; de ce verbe dépend
't"IXO"EL
YEVÉcr01XL. 1toÀ[wv comprend les villes fondées par Cyrène; cf. v. 15. 20-21. TpL-
't"Wvl8oç ••• ).[µ.v1Xç:cf. les Argo11a11tiq11es
d'AroLLON10s DE RHODESet les recherches
d'E. DELAGE sur leur Géographie, notammer1t sur l'emplacement du lac Triton.
21 sqq. Noter la construction de 8bcoµ.1XL (8ÉÇIX't"', v. 23) avec le datif
(aussi P. XII, 5; cf. If., II, 186), exprimant peut-être le plaisir de celui dont on
accepte le présent. 21. 0:::cj): évidemment Triton, dieu du fleuve ou du lac qui
porte son nom (voir les scholies), et où, selon certaines traditions, serait née la
déesse Athéna (1Xl't"LOVexpliquant l'épithète Tpt't"oyÉvELIX); il prétendra plus loin
être Eurypyle, fils de Poseidon, comme Euphamos lui-même : cf. le fr. 143 des
Éhées. D'après E. DELAGE,op. cit., p. 221 sqq., le lac Triton n'est autre que la Petite
Sebka, à l'ouest de Benghazi. 22. ÇE[VLIX,attribut de y1Xî:1Xv
: en présent d'hospi-
talité; les deux mots dépendent à la fois de 8i86v't"L et de 8ÉÇIX't"'.
24-25. 7tO't"Lv1Xt,en la remo11tant le long du vaisseau. X1XÀxoyEvuv: à l'époque
légendaire, l'ancre est généralement u11egrosse pierre, cf. v. 191. 25. È1tÉ't"ocrcrE =
È1tÉ't"UXE:sujet 0E6ç (à tirer de ÛEcj}); cette forme est un ix1t1XÇ;cf. È1tL't"ocrcr1Xç
(P. X,
52). 25. Pour la métaphore, cf. 17 sqq.
IVe PYTHIQUE 113

cxµÉpaç Èç'Qxe:avou cpÉpoµe:v vw- 45


~, yataç
-rwv une:p ' ' '
e:p'Y)µwv
' '"A
e:tva tov oopu,
<::,! µ'Y)oe:crtv
t<::, avcrnacrcrav-re:ç
' ' ~
aµoiç.
'

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T ou-raxt ' ';. <::, '
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avopoç atootou npocro't'tv
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0'Y)Xaµe:voç · cpt"A'twv o<:-' e:ne:wv
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c.,,e:tvotçart -r' e: t ' I
e:ue:pye:-rcxt
~e:'i:'nv' Ê7tCX"'("'(ÉÀÀOV'rt
7t('W'rOV. 55

'A"A"A~', ' vocr-rou


"" ycxp ' '
npocpcxcrtç y "Auxe:pou
~ Ant. 2

XWÀUE:V µe:'i:vcxt.CD&-ro~' Eûpü7tUÀOÇ rcxt-


'
cxo:x_ou ncxtç ' 0't-rou 'E vvocrtocx
~ cxcp '<:-

26. Èp~µwv : Èp~µou <D8 E \ \ 27. i::tv&Àtov Mosch. Triel. : ÈVIX.Àtovcodd.


Schr. \ \ &vcr1t&crcraVTEÇ
ÈVVIX.Àtov Mingarelli : &vcr1t&craVTEÇ
BGC &cr1t&craVTEÇ
V
&vacr1t&craVTEÇ<DEH \ \ &µot'ç 11osch. Triel. : &µoî:ç codd. (wµoî:ç C) \ \
30. &pxE"t"OB~ : &pxE"t"(Xt<I>EGHCV 11 ÇEt\/OtÇB : 1;lvotç <I>EGHCV.

26. è1;'.Oxi::ci;voü: du fleuve Océan, à travers le désert; cf. A. RH., IV, 1380 sqq.
E. Delage, Géographie,cite notre passage et traduit << de l'autre côté des plaines
désertes de la terre>>. 27. EtVIX.Àtov86pu : cf. EuR., Cycl., 15 et 19. µ~8i::crtv:
rappelle la signification du nom de Médée. 28. TOU"t"CXXt renvoie à ~vLxa, v. 24.
Sur le sens, cf. P. IX, 14. oto1t6Àoç : solitaire, terme homérique (cf. Cycl., 74,
oto1t0Ài::Î:v).cpat8Lµav: l'éclat est sacré. 29. Le dieu a pris les traits d'Eurypyle,
roi de Cyrène. 30. ÈÀ66VTEO'O'tV,éol. = ÈÀ6oücrtv, cf. 6i::pa1t6VTEO'O't\l
au v. 41.
31. 8i::t'1tv' est peut-être une allusion au banquet des Kapvi::î:a, qui commémore à
Cyrène la venue des colons de Théra; cf. P. V, 77 sqq. È1tayylÀÀoV"t"t= -oucrt :
actif. Noter la place de 1tpwTov.
32. Mais (&ÀÀcx)il ne put en être ainsi, car (y&p). 1tp6cpacrtç: ils en avaient la
vision comme devant ( 1tp6) les yeux. 33. cpcx"t"o
: sujet, le dieu. Eùpu7tUÀoç, roi
légendaire de Libye au moment où Cyrène s'installa, d'après le Scholiaste d'APOL-
LONIOS,II, 498. Voir Notice et notes de la JXe F_ythique.F. Chamoux (op. cil.,
p. 279) mentionne un relief votif du IVe siècle trouvé à Benghazi, où l'on voit
Cyrène et un guerrier, Eurypylos. nommément désignés. rrxta6xou : les scholies
8
PYTHIQUES
I 14 PINDARE

e:µµe:vcxt· ytvwcrxe: o e:ne:tyoµe:vouç• cxv


,, ' ~'' ' "I\

o,:., e:u
' 0uç
1 ' ' l:
cxpncxc_,cxtç '
cxpoupcxç
1
60
35 oe:/;t-rzp~ npo-ruxàv çÉvtov µ&cr-re:ucre:oouvcxt.
' ,:., cxnt
0 uo ' '0Y)O-E: ' 'tv, CX/\1\
'·'' Y)pwç
,, ' ' cxx-rcxtcrtv
e:n ' ~ 0opwv,
'
' ( .... ,, '
XE:tpt Ot xe:tp CXVTZpé:tO"O:tÇ
oÉ/;cx-ro~wÀcxx.cxocxtµov(cxv.
Ile:u0oµcxt o' cxÙTIXV XCXTCXX.Àucr0e:~crcxv
èx ôoùpcx-roç
èvcxÀ(cxv~iiµe:v crùv &'AµCf
t f t ...,. if 1 T
e:crne:pcxçuypep 7tE:ACX)'E:t
crnoµe:vcxv• Y) Ep. 2
' vtv w-rpuvov
µcxv ,, 0cxµcx
'
Àucrtn6votç 8spcx1t6v-re:cr-
I
crt1J(flUÀIXÇCXt.
TWV o' è'Acx0ov-rocppe:ve:ç.

B1 cao rrpocr-ruxàv H 11 36. LV Hetn1ann :


35. 7tpo-ruxàv : 7tpOTUX6:>V
VLVcodd. 11 39. ÈvœÀlœv Thiersch : ÈvœÀ[q: codd. 11 40. <'0-rpuvov Mosch.
Triel. : o-rpuvov codd.

soulignent que toute la Libye était le domaine sacré de Poseidon, à qui s'était
unie la nymphe éponyme. 34. &v = &v&:. 36. LV( F LV),datif, attesté seulement
au fr. 66 d'Hésiode ('1v œù-rc"r);cf. le nom. Lou t chez Sophocle (fr. 427). 37. OL
dépend-il de 8s~œTO? cf. V. 21-23. 8œLµov[œv: 0e[œv (scholies). 38. 7t'Eu0oµœL:
le Scholiaste se demande si c'est encore lvfédée qui parle, après avoir appris la dispa-
rition de la motte, ou si c'est le poète qui déclare l'apprendre de la tradition
poétique. Il est clair que c'est Médée elle-même qui vient de l'apprendre, ou,
mieux, l'apprend des dieux qui l'inspirent au moment même où elle parle : cf. le
mot ~œµev-fiçexpri111ant ses dons de prophétesse. 38 sqq. xœ-rœxÀucr0eî:crœv •••
~êiµev... crrroµsvœv : les aor. rendent la rapidité de cette disparition.
40. Écrrtspœç : rien n'empêche que Médée parle le soir aux Argonautes, au
moment même de l'accident. ~ µ&:v : exclamation et formule de serment.
41. ÀucrL1t6voLç: les commentateurs ont hésité entre deux sens : a) qui
relâchent leur effort (Christ; cf. HORACE, Odes, III, 27, 16 :jaJJ1t1/isoperum solutis);
b) qui nous déchargent des travaux, d'après les Scholies, cf. EuR., fr. 1019 :
8ouÀOLO'L y&:pTE ~wµev OLÈÀEU0epoL). TWV8'ÈÀo:9ov-roqipsvec;: le thème de l'oubli,
important chez Pindare, se retrouve 0/., VII, 45 sqq. La version d' APOLLONIOS est
JVe PYTHIQUE 115

,
xaL vuv EV , ~o
, ,.,...;:;s:-•,,8 , ,
ac:p L-rov vacrep xExu-raL
A e1
Luuaç 75
Eûpux6pou crnËpµa nptv &paç. EL -yàp o'l-
xoL VLV ~/XÀE 7ttXp x86VLOV
''AL?>a cr-r6µa, TetLvapov Elç LEptXv E{Sc:paµoç tÀ8wv,

45
'' ,L1t1tapxou
uLoç , II ocrELoawvoç
"'' ,, i:
avas, 80

' no-r ' E'upwna


-rov ' T L-ruou
~ 8u-ya-rrip
'
-rLx-rE Kac:pLcroü nap' ox8aLç,
I
't"E't"pa-rwv 7t(l,,LOCùV
X
I~ ) )
E7tL"(ELVO[LEVCùV
/ Str. 3
-,, I < I ">. IB 1 ,\ ~ >
aLµa OL XELV(l,,V/\(/,,UEcruv U(/,,V(l,,OLÇ
EU-
pE'i:av &1tELpov. T6-rE "(tXp [LE"(<XÀaç
Er_,av
'i: Lcr-rav-raL
' A axEoaLµovoç
"' ' 'A p"(EL-
'
,.,_ xaL'
ou TE XOA7tOU Muxrivav.
~

2 2
42. xix[ vuv Triel. : xixt vüv codd. 11 &cp0t-rov: &cp0[-repH C 11 43. sùpu-
z6pou BGHvac Mosch. : -xd>pou <I>ECvP0 Triel. ~ 11 47. è1tL)'ELVoµÉ:VCùV :
è1tLyLv- Schr.

différente en IV 1731-65. Voir la Notice. 42 sqq. &cp0L-rov cr1té:pµixrappelle


p[~ixv cpu-rsi'icrscr0ixL
du v. 15 et fait songer à la naissance de Rhodes (0/., VlI).
xé:zu-rixL:noter le pft. 1tplv 6pixi;: remarquable emploi de 1tplv comme préposition.
Cf. ARRIEN, Anab., III, 18, 6 : 1tplv cpcxoui;. 44. Tix[vixpov:ville de Laconie où
régnait Euphamos et où il y avait une entrée des Enfers, z06vLov cr-r6µix.
46. Eôpd>1tix: plusieurs héroïnes mythiques portèrent ce nom; la fille de Tityos
n'a rien de commun avec la fille d' Agénor et de Téléphassa, qui fut l'amante de
Zeus et la mère de Minos. KixcpLcroü : le Céphise de Béotie, qui passe à Orchomène;
cf. 0/., XIV.
47. è1tL)'ELVoµÉVCùV, de -ys[voµixL, &1tix1;pour è1tLylyvoµixL. 47 sqq. Si
Euphamos avait pu faire ce qui lui était prescrit, ses descendants à la quatrième
génération seraient partis de Laconie pour coloniser la Libye. Mais, à cause de la
faute commise, les colons n'iront, dans un premier mouvement, qu'à Théra.
48. ix'Cµcxot : sa race. x(s) •.• Àcx.OE,
irréel. 49. è1;ixvlcr'"t'IXV't"IXL
: le présent nous
fait assister à ces mouvements colonisateurs des peuples touchés par l'invasion
dorienne, mythiquement désignée comme le retour des Héraclides. Héraclès était
le propre beau-frère d'Euphamos, celui-ci ayant épousé Laonomé, fille d' Alcmène
116 PINDARE

Nüv "(E µÈv cxÀÀoacxniivxp~-rôv EUp~crE~yuvcx~xwv


ÈV ÀfXEO"~V yfvoç, or XEV 't"CXVaE O"lJV't"~[L~0EWV
~
vcxcrov '•0'OV't"EÇ't"EXWV't"CX~
El\ 1

Cf)W'îCXXEÀCX~VEcpfwv 'TCEa[wv
~ I T'
OEO"'TCO't"CXV, \ , 1
OV [LEV'TCO/\Uxpucrep > , ~ I
'TCO't"EV OW[LCX't"~ 95
ih
\l!O ~e ' vcxcrE~
~uoç exµ I 0'E[L~crcr~
v

55 Ant. 3

50. µÈv Mosch. Triel. : µàv codd. 11 54. &µvo:crsLCV (cf. Pyth., I, 47) :
&µµvo:crsLB<l>GH&vo:µvo:crsL E 11 55-56. xp6vep ûcr't"Ép<p Er. Schmid : xp6vep ô'
0
ûcr't"Ép<pcodd. 11 Post xp6vep ûcr't"Ép<pdist. Thiersch 11 &yo:yÈv <l>EP Mosch :
&yo:ysLVCV 2 ayo:ys BEaC GH èl.yo:ysv V 1 Triel.

et d' Amphitryon. 50 sq. &U.oôo:niiv... yuvo:Lxwv:les Lemniennes qui, unies aux


Argonautes, leur avaient donné des fils qui, plus tard, allèrent comme colons à
Théra. Cf. v. 254 et la Notice. 51-52. ot xsv ... 't"ÉXWV't"O:L : noter l'emploi du
tour syntaxique d'éventualité. 't"O:vÔs ... viicrov: l\fédée parle à Théra. 52. xsÀo:Lvs-
cpÉwvnsô[wv: les commentateurs ont proposé deux explications : a) plaines bien
arrosées, d'où fertiles; b) à cause des nuages, ou de l'immensité des plaines,
dont on ne voit pas la fin. On pourrait aussi comprendre : les plaines de Zeus
aux sombres nuées (cf. v. 56: n°Lov't"ɵsvoçl{pov[ôo:). F. Chamoux note que l'épi-
thète est parfaitement en accord avec le climat et le paysage de Cyrène. 52-
53. cpw't"o:
..• Ôscr1t6't"o:V
: il s'agit de Battos, descendant d'Euphamos. 53. noÀu-
xpucrep : cf. à propos de Pythô, TTOÀuxp~µo:'t"OÇ, Il., IX, 404. 54. &µvo:crsL:
&µvo:w (&no:ç) = &vo:µLµvflcrxw: Phoibos rappellera l'antique obligation, afin
qu'elle ne soit pas, une fois de plus, oubliée.
54-56. Les scholies liaient 0ɵLcrcrLv ... xp6vep ÔÈ:(= ô~) ûcr't"Épep••• &yo:yÉv.Mais
voir l'apparat critique. 55. XO:'t"O:OO:V't"O:
: ayant débarqué (au port de Pythô).
56. &yo:yÉvinf. dép. de ciµvo:crsL qui prend valeur impérative. Lier 0ɵLcrcrLv &yo:yÉv:
pour obéir aux lois sacrées imposées à Euphamos, et qui n'ont pas été accomplies,
Battos, à qui Phoibos aura rafraîchi la mémoire, devra, quoiqu'un peu tard (xp6vep
ÔÈ:(= ô~) ûcr't"Épep),conduire ( &yo:yÉv)les colons en Libye. noÀsLÇ: 1toU.ouç.
Ns(ÀoLo.•• Kpov(ôcx:le Nil, étant un dieu, est assimilé à Zeus, pense le Scholiaste. Il
JVe PYTHIQUE 117

-;-Hpœ M'Y)aELCf..Ç
È1tt(ùV üTLXEÇ. ''E1tTCf..- 100

1;œv a' CX.XLV'Y)'TO


L üL(ù7t~
fipoEÇ CX.VTL0EOL7tUXLVtXV fl,Y)TLV
XÀùOV'TEÇ.
-;-Q µcx.xœp ulÈ Ilo'Auµvcx.u'TOU, crÈ a' Èv 'TOÜ'T{p'A6yc.p
60 XP'YJcrµàç &p0CùuEV µe'A(crcrœç
~EÀcpLaoç 11.ÙTOfl,CX.T(p
XEÀcx.a~).
t\ ' , , ' ,~, '
Cf.. üE xœLpELVEü'TpLÇ Cf..UOCf..üêf.Lüêf.
7tE7tpCùf1,EVOV
(). .,,, ,, K '
t-'OCüL/\EœµcpœvEv upœv~,
I IO

aucr0p6ou cpCùV(XÇ
CX.VCf..XpLv6µEVOV
7tOL- Ep. 3
' 'TLÇ
Vêf. ',, Eü'Têf.L1tpOÇ
'0- ECùV,

61. 0'€ scripsimus : crecodd. 11Ècr-rpl.çBœckh : Èç -rpl.ç codd. 11 62. Kup!XV!:f:


-IXÇ B<J>PC.

doit, dans la pensée de Pindare, s'agir de Zeus Ammon (cf. v. 16). 57. fJ (pix) :
le Scholiaste y voit un exemple de ce que les Anciens appelaient le crx'iJµ.ix
TILvaixpLx6v, le poète donnant à un verbe au sing. un sujet au plur. Faisant ve11ir
îJ de fJµ.t, il glose Èrr:Éwv cr-r(xeç par cr-rLxoµ.u0(ix.Pour d'autres, il s'agit d'un
adverbe affirmatif, comme au v. 78. cr-r(xeç, tout naturellement, puisqu'il s'agit
d'un oracle. lrr:-rix1;ixv : expression corporelle du 0&µ.ooç, renforcée encore par
O'LWTT~. 58. rr:uxLvixv µ.'iJ-rLV:cf. rr:uxLvéj>
&xtV'Y)'t"OL 0uµ.éj>,v. 73. µ.'ij-rLv,cf. v. 262
àp06~ouÀov µ.'ij-rLV; comprendre ici (l'expression d') une profonde sagesse.
59. ut€ IloÀuµ.v&cr-rou désigne Aristotélès Battos. cr€ a' (= a~). 60. (J)p0w-
crev : guérit. µeÀ(crcrixç D.eÀ<p(aoç: le terme d'abeille fut souvent appliqué à
certaines prêtresses ou prophétesses des cultes du monde grec (cf. Ch. PrcARD,
Éphèse et Claros), peut-être à cause de la vertu prophétique attribuée au n1iel;
cf. par exemple H. à Hermès, v. 553-554; voir J. DucHEMIN, Pi11dare,notamment
p. 2 50 sqq. ixù-roµ.ix-r<p:la Pythie répond d'elle-mên1esur un point sur lequel elle n'a
pas été interrogée; cf. CALL., fr. 264, ixù-rwp'Y)Ç à propos du trépied delphique, qui
parle de lui-même. XEÀixacp:cf. Xixp(-rwv xeÀixaevviiv, P. IX, 89. 61. Constr. 0'€•..
rr:err:pwµ.évovx-rÀ; il se peut que le pronom porte aussi sur zix(peLv, mais cela ne
s'impose nullement. rr:err:pwµévov.•• ixµ.<pixvev ( = &vÉ<p'Y)VEV):l'oracle d'Apollon est
bien un rappel des prédictions antérieures. Construire rr:err:pwµ.évovKup!XVl:f,
63. rr:oLvix: rançon, d'où remède.
118 PINDARE

'l'H µcx,\cx
,. DY)~' µe:Tcx
' xcx~
' vuv,
~
c'r.i't'e:cpo~v~xcxv0ɵou'Î)poç &xµ~,
ncx~cr~' 't'OU't'o~ç
' '' ~
oyooov 0'•• '
CX1\1\E~ µe:poç 'A pxe:cr~/\CXÇ
,-.. • 115

~ µe:v
't'CJ) ' 'A 1t01\1\WV
'•• '' 't'E TIU0'W XUOOÇ
CX ~~ 't:
Ec..,
, ' ,,
cxµ<p~X't'~OVWV e:nope:v
< ~
~1t1toopoµ~cxç. I 'A no' o~· cxU't'OV
' ' e:yw ' ' M o~crcx~cr~
, 120
\\ I I - \ I
XCX~ 't'O 7tCX"fXf)UCJOV VCXXOÇ Xf)~OU. µE't'CX"(l'.Xf)
xe:'i:vo nÀe:ucrcxv't'WV M~vuiiv, 0e:6noµ-
no[ crcp~cr~v 't'~µcxl <pü't'e:u0e:v.
l \ , \ ~Il;: ;. I
T ~Ç "(l'.Xf)cxpxcx OEc..,CX't'O
VCXU't'~,\~CXÇ; Str. 4
I ~\ I ~ ~ ,~1
't'~Ç oe: x~vouvoç xpcx--re:po
~ç cxocxµcxv't'oç 125

~~cre:v &"Ao~ç;0Écrcpcx't'ovfiv ITe:"A[cxv

64. cI:i-rEBergk : éhcr-rEB om. <I>EGHCV 11 &xµ~ CV Mosch. : Èv &xµ~


B<l>EGH 11 65. -rou-rotç: -rou-rouTriel. 't"EO
î:ç Wil. 11 66. &µcptx-rt6vwvBœckh :
-x-ru6vwv codd. 11 70. &pxcx 8é:1;cx-roE 10 Ill : &px'È8é:1;cx-ro <l>EGHV1 &pxè:
B 1 &px'Ê8é:1;cx-ro
'' 8é:1;cx-ro B 2 V 2 Mosch. Triel.
C &px'YJ8é:1;cx-ro

64. Constr. ~ a~
et µcxÀcxµE't"CX
renforcé par xcxl.vüv : longtemps après, et
maintenant encore. cI:i-rE : dor. = cx-rE.cpotvtxcxvOé:µou: cf. Is., IV, 17 sqq. Sur
l'image et les couleurs, voir J. DuCHfilIIN, Pindare, au chap. <<Images et Sym-
boles >>. 65. ily8oov µé:poç : apposition à 'ApxEcrLÀcxç qui est le huitième
descendant de Battos : cf. HorE, IV, r 59 sqq. 66. Èç : par la main de. &µcptx-
-rt6vwv : orthographe des inscriptions; le Scholiaste y voit l'équivalent des &yw-
voOé:-rcxt(en fait les hiéromné,nons)désignés par douze peuples grecs. 67. &1to...
8wcrw : je le consacrerai aux Muses : il leur est dû (&1t6). 8wcrw a deu.,;:
compléments ( cxù-r6vet v&xoç) que le poète met sur le même plan. Sur le
rôle des Muses dans la louange et surtout l'immortalisation des héros, voir
J. ÜUCHEMIN, Pindare, IV 0 partie. 68-69. µE-rcx: à la conquête de. l\ltvuiiv :
voir la Notice. L'éponyme légendaire des Minyens, 11:inyas roi d'Orchomène, était
fils de Poseidon et de Tritogéneia, fille d'Aiolos; cf. Od., XIV, 19 et Is., l, 56.
crcptcrtvdésigne les Argonautes, et non, comme le croit le Scholiaste, les Cyrénéens.
70. Tlç ycxp : le poète interroge la Muse, à la façon d'Homère. 8É1;cx-ro s. e.
cxù-rouç. 71. x(v8uvoç : risque héroïque. &8cxµcxv-roç o.:Àotçappartient au vocabu-
IVe PYTHIQUE ~

è1; &:ycx.uwvAloÀLô<X.V 0cx.vɵsvxe[-


pECJCJLV~ ~OU/1.CX.LÇ &.xvaµ1t't"OLÇ.
-;-H11.0sôt OLxpu6ev 7tUXLVC]) µav't"suµcx.0uµC]),
\'
1tcx.pµscrov o',,µcpcx.,,oveuoevopoLo
'":-'<:- '0' sv µcx.Tspoç;
pY) '
\ , ~ ,
75 't"OV µovoxpY)7tLoCX.
7tCX.V't"CùÇ
Èv cpuÀcx.x~
crxs0éµsv µeyaÀ~,
E0't"' av cx.l1tELVWV
&.nà CJ't"cx.0µwv
Èç; EÛÔSLSÀOV 13 5
x06vcx.µ611.nXÀEL't"<X.Ç
'Icx.wÀxoü,
'O
1;eî:'voç;cx.'l't"'luv &.cr't"6ç;. o' ~pet. xp6vep Ant. 4
,, ' ' ~ ~ ~, ' \ ,,
LXE't" cx.Lxµcx.LCJLV
OLouµcx.LCJLV
CX.VYJP
sx-
Ècr0àç; ô' &_µcpo't"Épe<.
1tcx.y11.oç;. µLV gxev,

72. &x.v&µn-roLçB<l>EGV (cf. Po., fr. 70, 12; BACCHYL.,IX, 73) : &yv&µ-
-roLçH &x.&µnoLç C &x.&µn-roLçHermann 11 77. 'l~À:v.oü Bœckh : 'lwÀx.oü
codd. 'l~Àx.oü Schr. I J 78. ~pc.1.Schr. : ixpc.1.codd. àpc.1.Bœckh 11 79. &µcpo-
-rÉpc.1. <DC2 •
<DE : &µcp6-re:povcett. 11 lixe:v : è:crx_e:v

laire du Prométhéed'Eschyle; valet1r magique ou sacrée du terme : cf. l'&ôc.1.µ&v-


-rLvovixpo-rpovd' Aiétès, v. 224. 0Écrcpe1.-rov: cf. v. 73 sqq. 72. &yc.1.uwv AtoÀLÔiiv:
il s'agit, non point de Salmonée, par qui Pélias descend d' Aiolos ou Éole, mais
de Kréthée, frère de Salmo11ée et père d' Aison, lui-même père de Jason. Voir la
Notice et le Tableau généalogique. L'Otfyssée, XI, 23 5 sqq., raconte l'histoire
de Tyrô, fille de Salmonée, épouse de Kréthée, qui fut aimée de Poseidon.
&x.v&µn-roLç, inflexible, d'où irrésistible (cf. &yve1.µ1t-roç). 73. 7t\JX.LV<j} ... 0uµ0: cf.
v. 58. '
74 • µe:crov ' "'' l''oµcpc.1."oç
oµcpc.1."ov: "'' qui. marque 1e centre. e:uoe:vopoLo
•11-,11- µc.1.-re:poç:
'

c'est la Terre. 75. µovox.p~1tLÔe1. : voir la Notice; la x.p'1j1tLÇ est une sorte de
demi-botte. '7tœV-rwç: de toute manière, renvoie au v. 78. 76. e1.t1te:Lvwv ..•
cr-re1.0µwv: sur le Pélion, près de Chiron. e:ùôe:te:Àov: bien visible, plutôt
qu'exposée au couchant; les deux sens sont donnés par les scholies. Cf. 0/.,
XI, 111, appliqué au mont Kronion. 77. x.Àe:L-riiç'Ic.1.(ùÀX.oÜ: c'est la ville où
règne Pélias; elle est, pour Pindare, peuplée de Minyens, ainsi qu'Orchomène;
elle est située en Thessalie, au pied du Pélion. Voir la Notice.
" ' = e:L-r.
78 • CI.L't" '' ' wv
,.. = ouv.
,.. c,e:Lvoç
t: ~ " · Jason est 1es d eux à 1a
: en frut,
... c.1.cr-roç
fois; en lui, tout est double, ambigu; cf. les vers suivants. ~pc.1.ou~ pc.1.,épq. et
lyr. = àpix ou &pix. 79. è:x.1te1.yÀoç : stttpt111dus,en bonne ou mauvaise part. Sa
120 PINDARE

80
,, M , ' , '
a Te: ayv'f)TCùVe:1t~XCùp~oç
apµo- I

~o ~cra 8a'f)TOIcr~ yulo ~ç,


> \ ~\ "\
~ I I I
aµcp~oe: 1tapoaAe:~ crTe:ye:Tocpp~crcrovTaçoµôpouç·
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oùaè: xoµiiv 1tÀ6xaµo~ xe:p8tVTE:Ç({>XOVT' ay l\aO ~ 7 145
rJ.ÀÀ,&1tav VWTOVxaTal8ucr-
'
crov. T axa ~, e:u
O
, 0uç
\ '~wv
'
I
È:crTCX8'f)
yvwµaç r/.TapÔcx.XTO~O 1te:~pwµe:voç 150
È:v &yop~ 7tÀ~80VTOÇOXÀOU.
' ' , ' ' ,., ' '-'' ,,
T ov µe:v ou y~vCùcrxov· 01t~soµe:vCùv0 e:µ- Ep.4
1taç T~Ç e:l1te:vxat T6ae:·

,, ,
codd.
82. X.Ep0tv-rEÇ: x.cxp0tv-rEÇes Schr. 11 c\>xov-r' Bœckh : OLXOV"t"

beauté surnaturelle inspire une crainte sacrée : cf. ÔTTL~oµlvwv, v. 86. 80. l\1cxy-
v~-rwv: Pélias règne en Thessalie, au pays des Magnètes; cf. P. III, 45, le Centaure
de Magnésie. &pµ6~oLcrcx:le vêteme11t est bien à la taille de son corps admirable.
8oc:ri-ro°LcrL
( = 0riri-r-), de 0ritoµcxL( = 0EcxoµcxL) : mot à valeur visuelle, fréquent
chez Pindare (Ném., I, 35 : 0cxri-rcxv etc.); cf. aussi HÉs., Théog., 31.
11:çcxl'.yÀcxv,
81. 7tcxp3cxÀ[q: (nom. tex,s. e. 3op&, peau de panthère= 1tcxp3cxÀLç); voir Il., III, 17,
la façon dont Pâris est vêtu. cr-rlyE-ro•.. iîµ~ pouç : il éloignait de lui, i. e. il était
protégé contre (seul ex. chez Pindare, et très rare ailleurs). Noter l'image
cpp[crcrov-rcxç, que le Scholiaste glose à tort et platement par cpp[crcrELV 1toL0Üv-rcxç.
82. où3è x.oµiiv x.-rÀ: de même Achille avait conservé sa chevelure, destinée au
Sperchios, en cas de retour de Troie (Il., XXIII, 144); cf. aussi les
x.cxprix.oµ6wv-rEç 'AxcxLo[d'Homère. 83. Valeur de l'image d'éclat fla1nboyant:
cf. J. DucHEMIN, Pindare, II 0 partie, chap. II (<<Or, lumière et couleurs >>).La
chevelure de Jason est elle-même une toison d'or. EÙ0uç= Eû0u (cf. Is., VIII, 41).
crcpE-rlpcxç : réfléchi; mais Pindare l'emploie souvent avec valeur non réfléchie.
84. i1:cr-r&0ri : il s'arrêta, debout et immobile comme une apparition. 85. TTÀ~ -
0ov-roç iîxÀou : notion d'heure; cf. &:yopiiçTTÀ'Y)0oucrriç.
86. y[vwcrx.ovsujets. e. les habitants d'Iôlkos. ÔTTL~oµlvwv s. e. cxù-rwv:regarder
avec une crainte respectueuse, de CÎTTLÇ ( = revere11tia;cf. 01., II, 6). Cf. P. II, 17;
Is., III, 5; d'après le Scholiaste, tous se retournent en lui lançant des regards
craintifs; il s'agit du 0&µooç provoqué par sa beauté surhumaine et par l'éclat
IVe PYTHIQUE I 21

(( Oo TL 7tOU oi'î-roç 'A1t6"A"Awv,


''1-' µcxv
ouos 1 xcx/\xcxpµcx-roç
"\ ' ' e:cr-rL
' nocrLç
' 1 55

'Acppo?J(-rcxç• Èv 3t Ncx.;ep cpcxv-rl 8cxvs'i:v ).L1tcxp~


'lcpLµe:3s(cxç ncx'i:?Jcxç,
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CX'JCXr..,.

Kcxl µà:v TL-ruàv ~tÀoç 'Ap-rtµL?Joç 8~psucrs xpcxL1tv6v, 160


't:' , , f ' ,
Er..,cxvLxcx-rou cpcxps-rpcxçopvuµsvov,
~cppcx TLÇ Tl'.XVÈv 3uvcx-r0 l'.flLÀOTCX.-
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1tpo-rpo1tcxocxv E1\LCXÇ

89. 'E1ttCXÀ,a Schol. Od., XI, 309 : 'EqitcxÀ,(cx) codd. 11 90. xpcxt1tv6v :
,e:p1tv6v C 11 94. 1tpo,po1t&3cxvBGH : 1tpo,po1té:3cxv<I>1tpo,po1t&3'1)vECV.

qui rayonne de lui : tous le prennent pour un dieu. 87. 'A1t6ÀÀwv: ils pensent
d'abord au dieu &xe:pcre:x.6µ'1)c;,
xcxÀxcxpµcx,oc; : c'est Arès, époux d'Aphrodite et,
par Harmonie, épouse de Cadmos, ancêtre des rois légendaires de Thèbes.
88. cpcxv,t= cpcxcrl.Àt1tcxpif: grasse, brillante. 89. Sur les fils d'Iphimédée et
d' Alôeus, autrement dit les Aloades, célèbres par leur beauté, voir HoM., Od.,
XI, 3 ro sqq. Leur orgueil, car ils étaient fils de Poseidon, était sans bornes,
et, tels les Géants, dont ils avaient la taille, ils voulurent attaquer les dieux en
empilant le Pélion sur l'Ossa. Ils périrent sous les flèches d'Apollon. Voir aussi
APOLLODORE,Bibliothèque,54 et 55, où, après avoir résumé le passage de l'Otfi1ssée,
le mythographe raconte qu'ils convoitèrent, l'un Héra, l'autre Artémis; ils
enchaînèrent même Arès (cf. aussi Il., V, 385 sqq.). Mais Artémis, se changeant
en biche, les fit périr par ruse à Naxos : croyant l'atteindre, ils se percèrent
mutuellement de leurs flèches. 90. Tt,uov: d'après l'Otfyssée (XI, 576), Tityos
expia dans les Enfers l'outrage fait à Létô; selon PHÉRÉCYDE(F. Gr. Hist., 3, 56)
il fut tué par Apollon et Artémis. 92. ~pfi,cxt, subj. éol. et dor. attesté aussi
chez Sappho. A tout le passage, Chairis reprochait, d'après les scholies, de
joindre aux comparaisons avec les dieux des comparaisons avec des mortels.
94. ycxpuov= y~puov : cf. 01., II, 96 : ycxpue:,ov,à propos de Simonide et Bac-
122 PINDARE

95 tx.e:-ro 0"7tE:ù~(ùV.T cxcpe:


~' O:lJ'TLX.O:
7t0:7t'TCX-
' '
VO:LÇO:pLyVlù'TOV ,,;;:.,
7tE:OL/\OV
s:- i: ~ ' ' ' s:-' K· ' s:-' 0uµc.p
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µovov O:fL(j)L 7tOOL. /\E:7t'TlùVoe:
~e:î:µo: 1tpocr~ve:1te:. (< Ilo(o:v yo:î:o:v, c1 ~e:î:v'' e:üxe:o:L
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7tO:'TpLo ,, ' 'TLÇ
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7tlùV cre: xo:µo:Lye:vllùv 1tOÀL~Ç 175
È~o:vrjx.e:vyo:cr-rp6ç; 'Ex0(cr"t'OLO"Lµ~ (jJe:u~e:O"LV
I ' \ I
100 XO:'TO:fLLO:VO:LÇ
E:L7tE:
ye:vvo:v. >)

95. 7tG(7t't"CXVG(LÇ
Bœckh : 7tG(7t't"~VG(Çcodd. (-f;vG(c; B) 11 97. 1tpocr+iver.e
EGHCV :' rtpocre[vertE <D1tpocrÉvE1tEB 1tpocrÉvvE1tEMosch. Triel. 11 98. r.oÀtëic; :
7tO't"E Fëic; conj. Herwerden CV 1 (-V'Y]Ç V 3) : -µLCXVG(Ç
11 100. XG('t"G(µLcxVG(LÇ
B<DEGH.

chylide. ~µt6voLç : les mules so11t les plus rapides; l'attelage est semblable à
ceux des rois homériques; voir, en Il., XXIV, les attelages de Priam.
1tpo-rpo1tcxÔG(V, <<en trombe>>; &1tG(Çen ce sens; dans l' Il. (XVI, 34, etc.), indique la
déroute. R. 1tpo-rpÉ1tw, pousser en avant (mules et chars). 95. -rcx<pE:cf. 0&µ~oç,
il frémit de peur. rtG(rt't"CXVG(LÇ: ce mot signifie d'ord. <<jeter des regards de tous
côtés>>; chez Pindare, il a d'habitude t1n sens plus restreint (cf. 0/., I, 117); ici,
plutôt <<aviser >>. &:plyvw-rov : cette chaussure ne lui est que trop connue :
cf. v. 75 sqq. 96. x.ÀÉ1t-rwv : dissimulant. 97. EUXEG(L: emploi homérique.
98. &:v0pw1twv ici désigne une femme, la mère de Jason. xG(µG(tyevÉwv, qui est
un &rtG(Ç, fait sans doute allusion à des légendes archaïques sur l'origine de
l'homme, par exemple à la tradition de la création postdiluvienne de Deucalion.
1t0Àtëiç : cette épithète a bien inutilement exercé la sagacité des commentateurs :
rien à voir avec ce<< ventre chenu >> qu'en désespoir de cause risque un traduc-
teur; rien à voir non plus ni avec un soi-disant mépris affiché par Pélias (\'.;:'ilam.),
ni avec l'âge des parents de Jason (I Ierma11n ou Bœckh); tout simplement
l'adjectif 1t0Àt6c; désigne un blanc lumineux, et, comme tel, s'applique couramment
chez Homère et après lui, soit à l'éclat des armes, soit à l'écutne de la mer.
Hésiode (Tr., 477 et 492) l'applique au printemps, Euripide (Or., 13 76) au ciel,
Apollonios (III, 27 5) à l'air. Nous connaissons bien, par ailleurs ( Pindare, pas sin1),
la valeur surnaturelle de l'éclat. Au reste, les Scholiastes n'ont pas d'hésitation sur
la valeur honorifique de l'épithète, qu'ils glosent par -rtµ[G(ç, Cf. aussi schol.
P. III, 48, qui glose 1tOÀLcj'lXG(Àx.cj'lpar Àcxµ1tpepcrLÔ~pep. 100. X.G('t"G(µtcxvG(LÇ:
Pélias
IVe PYTHIQUE
-
Tov aè: 0i:xpcr~crlXLÇ &.yi:xvo~crL À6yoLÇ Ant. 5
&a' &.µe:(c.p0YJ• (( <l>i:xµl aLai:xcrxi:xÀli:xv X(- 180

pwvoç ,,
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105 OU'T E7tOÇ EX'Tp1X7tEJ\0V XELVOL(J'LV EL7tWV Lxoµi:xv
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101. 0ixpcnicrixtç B : 0apcr-ficrixçcvcorr. 0app-ficraç <DEGH 11 102. Xlpwvoç


Schr. : Xe:lpwvoç 11 104. È:x-re:Àlcrixtç B : È:x-re:Àlcrq:ç
G è:x-re:Àlcraç<DEHC È:x-re:-
À€crcrixçV 11 105. È:x-rpcx.n-e:Àov
Heyne: è:v-rp- codd. et Sch. e:Ù-rp-Er. Schmid 11
8 8
106. &pxalav xoµ.l(wv : &pxo:v &yxoµ.l(wv Chaeris 11 xoµ.l(wv : xaivl(wv BG H •

ne doute pas que Jason ne soit d'une race illustre. Le ton est plus agressif
- il a peur - qu'insolent.
101. 0apcr-ficrixtç: ayant pris de l'assurance. &.yavo'i:crtÀ6yoiç: paroles tranquilles,
calmes (comme les mains d'Hiéron domptant les pouliches, P. II, 7). 102. 8i8:x-
crxaÀtav : il a existé un poème hésiodique intitulé Xe:[pwvoç un-o0·~xcxt,auquel
Pindare a fait d'autres allusions (cf. Schol. P. VI, 22). Il semble qu'ici le Précepte
soit, comme le pense l'un des Scholiastes, 'AÀ-fi0e:tix.otcre:iv,futur. 103.XixptxÀw,
épouse du Centaure, et fille, soit d'Apollon soit de Persès l'Océanide, ainsi que
<DiÀupcx,sa mère, sont des déesses courotrophes.Le Vase François montre Chariclô
parmi les déesses, en compagnie de Déméter, félicitant Thétis et Pélée. Une
tradition fait de sa fille Endéis la mère de Pélée. Cf. Schol. Ném., V, 12.
105. è:x-rpcx.n-e:Àov : littéralement, que l'on détourne ou rejette. Le Schol. a, qui
écrit È:v-rp-,commente par ô è:x-rpl41ixt-roav -rtç. Le mot est &n-cx~ chez Pindare et
rare ailleurs. 106. otxix8' porte à la fois sur [x6µ.av et sur xoµ.l(wv. Lier
&pxalcxv... -riµ.cx.v.Valeur de conatu de xoµ.l(wv. ~acriÀe:uoµ.lvcxv: la royauté
est exercée où xa-r' a1crav ( = contre le droit) par Pélias. 108. At6Àep : père de
Kréthée et de Salmonée, grand-père d'Aison et aïeul de .lason; cf. v. 72. Voir
la Notice et le Tableau généalogique.
124 PINDARE

Ile:u0oµo:t ycfp VLVIle:À(o:v &0e:µtv Àe:u- Ep. 5


xo:î:c_;1tt0~cro:v't'o: cppo:cr(v
110 &µe:'t'Épwv &1tocruÀiicro:t~to:(wc_;&pxe:ôtxiiv 't'oxÉwv. 1 95
' , , \ '
T OL [L , e:1te:L7tO:[L7tpCù't'OV ..,._.
E:LOOV ' ' ';.
cpe:yyoc_;,U7tspcpt0:/\0U
&ye:µ6voc_;ôe:(cro:v't'e:Ç{.>optv, xiiôoc_; wcr-
EL ' 't'E cp0L[LEVOU
' "' '
uvocpe:pov 200

È:v ôwµo:crt 0'l)X.CX[LEVOL µ(yo: X.CùXU't'CÏl yuvo:txwv,


'12'<'
xpuuoo: '
1te:µ1tov '
cr1to:pyo:votc_; ,
e:v '
1topcpupe:otc_;,
115 ' XOLVO:CTO:V't'E:Ç
VUX't'L ' '"'' Kpovto(f
ooov, '"'
"'' 't'po:cpe:v
oe: , "'~
X'tpwvt owxo:v.

110. &.µe:Tépwv : ~µe:Tépa.vB 2 &.µa.Tépwv<D11 &.µe:Tépwv


... &px_e:8Lxœv
Chaeris:
&.µe:'t"épa.v
... &px_e:8Lxœv I: 11 &px_a.L8LxœvGH l l 113. 8wµa.crL: 8wµa.'t"L<DEac 11
µlya. : µe:'t"œB µéya. Eac µécra.cac 11 114. xpuo8o: 11:osch. Triel. : xpuo8a.v codd.

109. Ile:Àla.v : Jason n'a pas l'air de savoir qu'il parle à Pélias lui-même.
&0e:µLv: attesté seulement deux fois chez Pindare, ici et P. III, 31. Àe:uxa.ï:ç
cppa.crlv: expression obscure, que ni les Anciens ni les commentateurs modernes
n'ont réussi à élucider. Hermann la rapproche d'II., IX, 119, cppe:crlÀe:uya.Àér,crL
7tL0~cra.ç,que Pindare aurait ici démarquée au prix d'une fausse étymologie.
Meilleur nous semble le rapprochement fait par DRACH11ANN (ad scho/. 194) avec
une glose de Suidas : Àe:uxa.lcppéve:ç · µa.Lv6µe:va.L
empruntée à Diogenianos;
Hésychius atteste déjà Àe:uxa.lcppéve:ç et Àe:uxwv1tpa.1tl8wv,Photius Àe:uxo:lcppéve:ç
(Turyn). 110. D'après le Scholiaste, le grammairien Chairis, le premier, écrivit
&px_e:8Lxœv, rapportant le mot à Toxéwv. La leçon antérieure était &px_e:8Lxœv,
apposition à vLV,lui-même représentant TLµœv,le sens du mot,étant <<pouvoir
légitime >>. 111-112. Noter le rapprochement Ùrte:pcpL&.Àou-Ü~pLv. xœ8oç :
honneurs funèbres. 113. µlya. (R. de µe:[yvuµL),qui est un &rta.~chez Pindare, a
été repris à plusieurs reprises par Apollonios. Xl0XU't"cj> yuvo:Lxwv: les femmes
chantent le thrè1te. 114. crrta.py&.voLç tv rtopcpupéoLç: en Né111.,I, 18, les langes
d'Héraclès sont couleur de safran; ici les langes de pourpre sont, en outre, comme
un linceul royal pour l'enfant. 115. xoLvœcra.vTe:ç
686v m. à m.<<ayant fait route
commune avec la nuit>>. L'idée est de partager la charge précieuse avec la nuit
tutélaire. I{pov[8q. : cf. P. III, début, où l'on voit Chiron, fils de Kronos et de
Philyra, éducateur de princes. 't"pœcpe:v : inf. dor.
JVe PYTHIQUE 125

'A,,),
A/\v..
, ' ,, ,,
't'OU't'CùV !J-EV X.E(j)!Xl\!XL!X /\O"'(CùV Str. 6
,,Lcr-re::.A e::UX.L7t7tCùV
' ~' ooµouç
oe:: ~' '
1tœ-re::pwv, x.e::-
ovol 7tOÀÎ:'t'!XL, i:pp&crcrœ-rɵoL crœi:pÉwç.
,1 \ ~ , I , t:° I
A LCl"OVOÇ"'(!X() 7t!XLÇ E7tLX,Cù()LOÇ
OU c..,EL-
< ' ~ ,,, ., 210
V!XV LX.!XVCù"'(!XL!XV !X/\/\CùV,
<D~p oÉ µe:: 0z'i:oç 'I&crovœ X.LX.À
flcrx.(,)V 1tpocrœuoœ. >>

120 ''"~t.Ç (j)!X't'O.


' T'ov ' ·0'OV'î' e::yvov
' E:Cl"E/\
µe::v ,, ' 0!XÀ!J-OL
oi:p ' 7t!X't'()OÇ.
'
Èx. o' &p' !Xll't'OU 1toµi:p6'Auçœv 215

o&x.puœ YYJP!XÀÉCùV
y'Ae::i:p&pwv,
<\ I ,1, \ ,
!XV 7tEpL 't'UX,!XV E:7tEL"'(!X YJCl"EV
\ '0 'l: I
1 Ec..,!XL()E't'OV
I •~\
yovov Lowv
1,,
X.!X/\/\LCl"'t'OV
•~~
œvopwv.

118. lxcxvw Madvig : lx6µ.0(v codd. 11 120. ~yvov H Mosch. Triel. :


eyvwv <I>EGCV 11 122. TTÉpLHer1nann : 1te:pl..

117. Àe:uxlTTTTCùV:
valeur lumineuse et sacrale des chevaux blancs; cf. P. IX, 83,
et surtout fr. 202 : ÀE:UXLTTTTCùV
MuxYJVO([Cùv également 0/., VI, 95, à
1tpocp/x't'O(L;
propos du cortège de Perséphone, lors des CXVO(XO(ÀUTT't'~pLO( : Àe:UXLTTTTOU...0uy()(-
't'pàc;;Éop't'cxV. 118. ÈTTLXWpLoc;; où 1;e:[VO(V: cf. les v. 78 et 80. Jason formule
sans le savoir la réalisation de l'oracle redouté par Pélias. 119. cp~p 0e:Toc;;: le
Centaure; cf. P. III, 4: cp'ijp' &yp6't'e:pov; cp~p est une forme thessalienne de 0~p
(cf. latin ferus). 'IcxcroVO(: les scholies, cherchant un sens au nom de Jason, le
rapprochent, à cause du Centaure guérisseur, de LO('t'p6c;; et de sa famille. Noter
que deux autres fils du dieu guérisseur Apollon s'appellent Iamos et Ion.
120. ~yvov : l'aor. montre la rapidité de la reconnaissance; cf. l'inverse avec où
y[vwcrxov, v. 86. 121. 1toµ.cp0Àu~e:Lv : se couvrir de bulles (1toµ.cp6Àuç,mot
médical). yÀe:cpcxpCùV dor. = ~Àe:cpcxpwv. 122. &v TTÉpL (jiuxixv.•. ycx01JO"E:V
: TTÉpL
est de sens augmentatif, comme le pensait Hermann. Sur l'ace. &v (jiuxcxvavec
ycx01Jcre:v,cf. entre autres exemples Il., VIII, 5 59, yÉy1]0e:... cppÉVO( TToLµ.~v.
122-123. Le lemme des scholies ponctue, non après ycx61Jcre:v,mais après
È:ÇO(LpE:'t'OV, x()(pcx,. 123. XCXMLO"'t'OV
et le commentaire fait état de l'u1tÉpµ.e:'t'pOc;;
&vôpwv : ne pas oublier que la beauté, pour les Grecs, est un attribut
héroïque,
PINDARE

Kex~ ' xcxcr~yV'l)'t'O~


' ' crcp~cr~v cxµcpo't'i:::po~
' , Ant. 6
125 ,,, 0OV XE~VOU
'l)AU ' ' XAEOÇ.
"(E XCX't'CX •' ' '
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µtv <l>Ép'YJÇxpcxvcxv 'Y 1ti:::pyj<'ÎcxÀ~7tCûV'
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' 225

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µi:::~A~)'._~O~(j~' , ' 'I' CXO"CùV
CXU't'OUÇ "''
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sE~ ' 'Y
t: ' V~' cxpµo1.,0V't'CX , CùV
't'EU)'._
...,
ncxcrcxv ' ,
i:::ucppocruvcxv '
't'cxvui:::v

124. crcptcrtv B : crcptv <I>EGHCV 11 129. 1têi.crcxvÈucppocruvcxvBergk : 1t.


e:ùcpp- B:E 1t. Èç e:ùcpp- <l>EGHV 1t. e:tç e:ùcpp- C.

124. xcxcr[yv"f)'t"OL
... &.µ.cp6-re:pot: les deux frères d'Aiso11, Phérès et Amythaon;
cf. Od., XI, 25 8. 125. xe:[vou xcx-rcx. xÀÉoç: cf.<< au bruit de Ronsard>>. Èyyùç =
Èyyu0e:v. Phérès est le père d'Admète et l'éponyme de la ville de Phères en
Thessalie. xpcx.vcxv'î1te:p7i8cx: '11tÉpe:LcxIl., II, 711 et VI, 457 (h. l. avec l\1e:cr(;"f)"tc;,
dont c'est la seule mention, dans la scène des Adieux d'Hector et d'Andromaque).
La forme 'î1te:p"f)°tc;est attestée seule ici; pour l'une et l'autre source, au reste,
les témoignages hésitent entre Thessalie et Laconie. Quoi qu'il en soit, le chant VI
del' Iliade est, de toute évidence, présent à la pensée de Pindare. 126. Me:crcrcx.vcxç:
il ne peut apparemment s'agir que de Messène de Laconie (Messénie), bien que
ce soit très loin d'Iolkos. Apollodore, I, 96, montre Amythaon établi à Pylos.
'Aµ.u0cx.v: dor. = 'Aµ.u0cx.Cùv/ÉCùV. Admète est le fils de Phérès, et Mélampous celui
d'Amythaon et d'Idoméné, fille de Phérès. MÉÀcxµ.1toç(forme &1tcx!;),plus connu
sous le nom de l\1e:Àcx.µ.1touç, célèbre devin et purificateur chéri d'Apollon: cl. Od.,
XI, 291; XV, 225; HoTE, II, 49; IX, 34; PAus., VIII, 18, 7. 127. &.ve:~t6ç:
cousin germain. Èv 8cxt-ràç 8È µ.o[p~: durant la part du festin, i.e. le laps de temps
consacré au festin (cl. v. 130). 128. 'Icx.crCùV8Éyµ.e:voç: c'est évidemment Aison
qui offre le festin; mais Jason accueille les hôtes, et plus particulièrement, semble-
t-il, ses cousins : l'un de ceux-ci, Admète, se joignit à l'expédition, d'après APOL-
LONIOS,I, 49-50. 129. Jason réserve (m. à m. fabrique) pour chacun le présent
qui lui convient. Malgré le rapprochement fait parfois avec l'&pµ.68tov 8e:î.'1tvov
de la Jre Néméenne (v. 21), il ne semble pas que !;e:lvtcxdésigne le festin lui-même.
-rcx.vue:v: faisait durer (la joie générale). Les v. 129 sqq. décrivent la fastueuse
IVe PYTHIQUE

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~C/.LOVÈç &px'rJ.ç &v~p 2 35
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Cùp-ro cruv X.EtvoLcrL• X.C/.L p' ~À0ov IlEÀLC/. µtyC1.pov •
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EcrcruµEvoL "'
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LcrCùX.C/.'t'Ecr't'C/.V' ~ o~, Cl.X.OU-
't'CùV , ,
' ' U7tC/.V't'LC/.crEv
()C/.LÇC/.U'TOÇ' '
.,.
11-' , IC/.()(ùV
,
Tupoüç • 1tpC1.UVo
ÈpC1.crL1tÀox.&µou'(EVECX

131. e:Ù~oLcxç Schr. : e:ù ~wiiç B<l>EGHC e:Ù~wiiçV Mosch. 11 133. 1tcxpe:-
xotvii6' : TTiicrtxotvix0' BC 1 V 11 135. e:'lcrw Mosch. Triel. : ~crw codd. J J
136. gpcxcrtTTÀOXCXfLOU C1 .
: ÀCXCTLTTÀOXCXfLOU

hospitalité thessalienne; cf. par exemple l'A!ceste d'EuRIPIDE. 130. &:0p6cxtç:


sans désemparer; l'adj. porte à la fois sur vux:re:crcrtvet cxµ,tpcxtç. 131. e:ù~olcxç
(&1tcx1;chez Pindare) = e:ù~wtcx, mot très rare : vie heureuse (cf. ARISTOTE,
Nic., I, 8). a.w-rov : voir J. DucHEMIN, Pindare, p. 234 sqq.; employé ici au
voisinage de 8pcx1tcf:iv, un peu comme avec 8ptTTCùV en 0/., I, 13; l'expression
est également à rapprocher de ~wiic; èJ.w-rov,Is., V, 12; comprendre <<cueillant la
fleur sacrée du bonheur >>,moment bref et inoubliable avant les dangers de
l'expédition.
132. l:v é:x-rq:s. e. ~µ,tpq:. À6yov 0tµ,e:voc;cr1tou8cxiov:cf. v. 276 0[µ,e:vcr1tou8cxv.
133. 1tcxpe:xotvii0'est un &1tcx1;. l:1ttcr1tov-r': les scholies lui donnent à la fois le sens
propre et le sens figuré. xÀtcrtiiva deux sens possibles: lit ou tente; le Scholiaste le
glose par crXîJVWV, désignant une sorte de hangar, ou une série de hangars ou de
tentes, dressés pour un festin aux très nombreux convives : rien de surprenant
de la part du chef d'un puissant ytvoc;. Cela se voit encore, en Orient et ailleurs.
134. p(cx), au sens homérique, bien entendu; tout le vocabulaire de ce passage
est épique. 135. e:'lcrwdépend de tcrcruµ,e:vot.XCX't'tcr-rcxv, cf. tcr-rcx0'f),V. 84.
136. Tupoüc; ye:ve:&: Pélias est fils de Tyrô et de Poseidon, et jumeau de Nélée
(cf. Od., XI, 254). tpcxcrtTTÀox&µ,ou: &1tcxi;
chez Pindare (un autre ex. chez Ibycos, ap.
Hérodien); sens : aux tresses charmantes, plutôt que comarumstudiosa (Rumpel).
128 PINDARE

µcxÀ0cxx~cpCùv~7tO't'~cr't'cx~CùV5cxpov
~CXÀÀE't'OXp'YJ7tiacxcrocpwv È1tÉCùV.
<< Ilcxi Ilocre~aiivoç; IlzTpcxlou,

''
EV't'~ '0 VCX't'(ùV
µzv ~ (f)pEVEÇ
',, (ùXU't'Epcx~ Str. 7
> ~
I ~
xzpooç; npo\ o~xcxç;oo
cx~V'YJO"l'.X~ ~I ~ IÀ
~ov Tpcx-
xzicxv tp1t6V't'(ùV1tpôÇ t7t~Oacxv8µCùç;.
&ÀÀ' ȵt XP~ xcxl crt 0eµ~crcrcxµÉvouç;op- 250
1
)'l'.XÇ
' ucpcx~VE~V
' ' À 0~7t'OV
' O' Àeuov.
Eiao't'~ 't'O~ ÈpÉCù · µ[ex ~oüç; Kp'Yj0ei 't'E µcxT'YJP
xcxl 0pcxcruµ~ae·c ~cxÀµCùvei· TPlTcx~cr~va' Èv yovcxiç; 2 55
&µµzç; cxô xz[ VCùVcpuTeu0Év-
'
't'EÇ cr0EVOÇ ' À'~OUXPUGEOV
l'.XE 1

138. ~ixÀÀe,o : ~ixÀe,o H 11 IIocreLÔixvoç <l>HCV : IlocrLÔixvoç EG IlocreL-


ô&voç B Mosch.

137. 01Xpov: discours (ici), ou chant, chez Pindare. 138. ~ixÀÀe,o Xp'f)1tÎ:Ô1X
croqi&vÈ:1tÉ(t)V: cf. P. VII, 3 : Xp'f)1t'i:ô'
&oLÔixv croqi6ç,chez Pindare= qui
~1XÀÉcr61XL.
sait. croqifuv: pleins de science. Ile,p1X[ou : pour rendre compte de cette épithète,
les scholies rapportent deux légendes : selon l'une, Poseidon aurait fendu les
montagnes de Thessalie pour faire place au cours du Pénée, créant ainsi la vallée de
Tempé; selon l'autre, un &ywv aurait été institué en l'honneur de Poseidon
IIÉ,p1XLOÇà l'endroit où le dieu aurait fait naître du rocher le premier cheval.
Voir aussi HDTE, VII, 129.
139. 1:v,l ( = etcrl) µèv ... &U' È:µÉ(142). 140. ,p1Xxe'i:1XV suggère
É:p1t6V,(t)V
un chemin rocailleux. È:TTLOÔIXV : lendemain de fête. oµ(t)ç : malgré TPIXXl::Î:IXV.
141. 6eµLcrcr1XµÉvouç: réglant dans la justice (&1t1Xé;). 142. µ[IX~ouç: elle s'appe-
lait Énarée, épouse d'Aiolos. Voir Notice et Tableau généalogique. 143. 6p1Xcru-
µ ~Ôe);~- Cf. HÉSIODE, fr. 7 :
AtoÀLÔIXL ô' È:yÉvov,o 6eµLcr,01t6ÀoL~1XcrLÀ7Ïe:ç,
l(p'f)0euç -iJô' 'A0ixµIXÇ xixt ~[cruqioç 1Xt0Àoµ~'t"f)Ç,
~IXÀµCùveuç,' Ô:ÔLXOÇ XIXLÙ1tÉp6uµoç IIepL~p'f)Ç,
143. ,pL,IXLcrLV est vrai à la lettre, mais en différents sens, de l'un et de
è:vyov1X'i:ç
l'autre. Voir la Notice, 144. ixi5: à notre tour, cr0ÉvoçixeÀ[ouxpucreov: cf. l'ex-
IVe PYTHIQUE

1 45 •/\ç,""u',.,.
vcroµsv. Motp(l(t
~ ~•
O ' ' ' l Et'' "t'tÇ sx
O(cptcr"t"O(tV"t' '' 8PO( 7tEÀEt
'
<
oµoyovotç
I •~~
O(toCù
l,f,
XO(ÀU'!'O(t. 260

Ant. 7

,, ~\'Y ~ , ,,,
xou µs 7tOVEt "t'EOV O tXOV "t'O(l)"t'O( 1topcruvoV"t' O(y(l(v,
&°AÀ~ XO(t CTX~7t"t'OV µ6v(l(pxov
XO(t 8p6voç, Q 7tOTE KpYJ8s·t~O(Ç
tyx0(8(~Cùv [1t1t6"t'O(tÇ e:68uvs ÀO(otç ~(x(l(ç •
\
"t'O( µsv
\ ,1
O(VEU
~ ~ ' I
<-,UVO(ÇO(Vt(l(Ç

145. &r.plo",IXLV-r'
V Chaeris Mosch. : &r.p[cr-rixv-r'
BH Triel. &µr.plcr-rœv-r'
<DEGC 11 147. xixÀxo-r6potç Calliergi : --r6potcrL GH --répotcrL B<DEC
-népotcrL V 11 149. -roùç CV Mosch : oôç B<DEGH 11 &noupixtç Bœckh :
&noupixç codd. 11 150. ve:µéixL<DEGH : véµe:v C1 V vuµe:ç B 11 152. 0p6voç :
0p6vov Gac H.

pression homér. [p·~ tç 'AÀxtv6oto et se rappeler la valeur divine de l'or.


145. &r.plcr-rixtv-r(o) : puissent les Moires! Joindre, comme les scholies, ixiôw xixÀu-
4JIXLà néÀe:L: une haine qui fait disparaître l'ix[ôwç. Certains érudits, lisant &r.plcr-
-rixv-r(o), l'y rattachent et comprennent : se détournent pour cacher leur honte.
147. xixÀxo-r6potçest un &nix/;qu'il faut sans doute rattacher à -re:lpeù,percé ou
creusé en bronze; cf. xixÀxo"t"ope:î:v, Anth. Plan., I 5 et xixÀxo-r6pe:u-roç,H. ÜRPH.,
16, 2. 148. -rtµ&v : cf. v. 108. ô&crixcr0ixt <<partager>> en combat singulier, juge-
ment des dieux. 149. /;ixv0o:ç: cf. r.polvtcrcrix,
v. 20 5. &ypouç : il s'agit des pacages:
cf. véµe:ixL.Voir P. CHANTRAINE,Aspects d11 vocabulairegrec. 149-150. Joindre
' '
ixnoupixtç a' -roXe:CùV.
' 151 • ixyixv
'' : beaucoup. oixov.,. comp 1. ; -rixu-rix
~ .
sujet. nop-
cruvov-r(ix) : faire avancer, accroître. 151-152. Constr. &),Ào:(µe: nove:î:) xixt
crxiin-rov xixl 0p6voç. I{pY)0e:tôixç: Aison, fils de Krétheus. 154. &.ve:u/;uviiç
&vlixç: sans(= pour éviter) une douleur qui nous serait commune.
PYTI-IIQUES 9
PINDARE
, ,, , 't: au-
'
1 55 Àucrov, aµ.µ.Lv µ.'Y) 'C'LVEW'C"E()OV
E<-, Ep. 7
~ avacr'C'aO'Y)Ç
'C'WV ' ' '
XaXOV. >>
t\ r\ r ,, , .,, , ~ ~, ,
~.!..,, ap EELitEV, ax~ 0 aV'C'-
'
ayopEucrEv xaL' II E/\Laç;
.,' • << ''Ecroµ.aL
'C'O
~oç;• {t.ÀÀ, ~?>'Y)µ.E "('Y)paLàv µ.Époç; ixÀLx(aç 280

&_µ.~LitOÀE~' O'ôV ?l' ~v0oç; ~Oaç; ~()'C'L XU-


1 s;:,1 "'' > "I ~
µ.aLVEL' ouvacraL O a~E/\ELV
~
µ.avLv X0OVLWV.
' K'.,
E/\E'C'aL '
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EaV ·" '
'fuxav 't:
XOfl,LsaL
160 <l>p(~oç; ÈÀ0ov'C'aç;1tpàç; Ai~'C'a0aÀcx.µ.ouç;
?>Épµ.a'C'E xpLOU ~a0uµ.aÀÀOV ~"(ELV,
~ itO'C''
'C'Cp ' itOV'C'OU
EX ' craw'0 'Y)

,, 'C'E µ.a'C'pULaç;
EX ~ a'0'EWV ()."I'
t-'E/\EWV. Str. 8

155. &vixcr"t"cx.o--nç;
Schnitzer : IXVIXO"TI)<TTJÇBao GHCV &vixcrTI)crlXç;<DE &vixcr-
'î't)O"r)BP0 I: (fort. &vixcr'îcx.crn) ~ &vixcr,ixL'lJ
&vixcr'î'ÎJcrEixL I: &vixcr"t"CX.r)
Schulze 11
157. "t"oroç;Mosch. Triel. : 't'OLOÜ"t"OÇ codd.

155. Noter l'extraordinaire rejet sur l'épode de ÀÜcrov.IXVIXO""t"CX.O"r)Ç est une


conjecture plausible de Schnitzer, dans l'incertitude générale de la tradition et
des scholies, qui glosent tour à tour &vixcr"t"IXL'1J, &vixcrTI)0-1),
voire &vixcrTI)<TTJIXL.
156. &xéf (&nix1;): sans éclats de voix; mot à rapprocher des homér. &x-fivou
&xÉwv. xixl IlEÀ(ixç;: Pélias a11ssi est calme. 157. -roroc;;,sans précision : << tel
que tu me souhaites >>, semble dire ce roi plein de ruse. 158. cràv, en relief
158. 8uvixcrixL8' : 8É pour 8-fi. 159. x0ov(wv : le Schol. comprend les dieux
d'en bas; mais ce peut être aussi les morts. Sur É:ixvIJiuxixvxoµ(1;ixt, voir la
Notice. 160. A propos de la fuite des enfants d'Athamas sur le bélier à toison
d'or, voir la Notice. 161. Èx 1t6V"t"OU : !'Hellespont, ainsi nommé du nom
d'Hellé, qui y tomba du haut des airs au cours du voyage.
162. µix"t"purixç;
: Inô (cf. v. 159), qui avait persuadé son mari de les immoler
à Zeus Laphystios. Sur les tragédies inspirées par cette famille, voir la Notice.
IVe PYTHIQUE

T<XU't'a
~ ' (.LOL 0auµacr't'oç' ''
OVELpoç 'LWV
' cpw-
VE~
L. M E(.LaV't'EU(.LaL
' oIl-' , '
E7tL K acr't'a/\L~,
•,
' '· "I 1 < >
EL (.LE't'a/\/\a't'OV 't'L. XaL\ WÇ 1
't'axoç 1
O't'pU-
' J. ,
VEL (.LE 't'EUXELV vai 1toµ1tav.
ToÜ't'OV &E0Àov Éxwv 't'ÉÀECl'OV• xa( ~
't'OL (.LOVapXELV
\ (J, "I 1 ,1 1
Xat t-'aCl'LAEUE(.LEV 0(-LVU(.LL 7tp0ï')Cl'ELV. Kap't'Ep6ç
''Opxoç &µµtv µcxp't'UÇ ~(l''t'(ù,
ZEUÇ 1 o' YEVE'0·/\LOÇ aµcpo't'Epo
' 1 tç. >>

~
~UV
1 0ECl'LV 't'aU't'av
1 E7taLVï')Cl'aV't'EÇ
' 1 OL
' (.LEV
' xpt '0EV.
'A 't'àp 'l&crwv aÙ't'àç ~~ï'J

170 èi'ipvuEv x&puxaç È6v't'a 1tÀ6ov Ant. 8


I
cpaLVE(.LEV ~
7taV't'~. T'axa Il-'
oE: Kpovtoao
111-

Zï')vàç utot 't'pE~Ç &xaµav't'oµcxxai

167. "Opxoc;;scripsimus 11 170. (J)pvusvBœckh : èîpvus(v) BEGCV èîpvu H


èîpv'f) <I>.

163. èîvstpoc;;twv : il s'agit du personnage vu en songe, i. e. Phrixos lui-même. On


peut comprendre 0rxuµrxcr't"oc;; èîvstpoc;;comme une apposition au sujet s. e. de
cpCùvsr. 164. 't"EUXELV s'appliquerait, plus exactement, à la nef qu'il faut construire
exprès, mais peut s'entendre litt. de noµnrxv. Ce dernier terme désigne une expé-
dition à but religieux. 165. êés0Àov: c'est bien un exploit, voire une épreuve
royale. 't"OL= crot. 167. "Opxoc;;... Zsuc;;: Zeus est lui-même le Serment. D'ordi-
naire, il porte l'épithète d' "Opxtoc;;.ysvÉ0Àtoc;;:leur ancêtre commun, dit le Schol.
Le plus souvent on fait remonter Krétheus et Salmoneus à Prométhée, par Hellen
et Deucalion. Mais une tradition (voir EURIPIDE, Ion, 63) faisait d' Aiolos un fils
de Zeus. Au surplus, dans l'épopée, tous les rois sont Ôtoysvsï:c;;. Joindre êéµµtv
et &:µcpo't"Épotc;;.168. xp(0sv, au sens de Ôtrxxp-: ils se séparèrent.
170. è6v-ra nÀ6ov, prop. part. dépendant de cprxtvɵsv. 171 sqq. La liste des
Argonautes, très restreinte, ne comporte qu'un choix de fils de dieux, énumérés
dans l'ordre des hiérarchies divines. Voir au contraire la très longue liste d' Apol-
lonios. Kpov(ôrxo : noter la fréquence chez Pindare de cette désignation. &xrxµrxv-
(Is., VII, 10) et &:xrxµrxv't"oxrxpµrxc;;
't'oµ&xrxt( &nrxç); cf. &:xrxµrxv-roÀ6yxrxc;; (fr. 184),
PINDARE

xÀÉoi:; 310
1 75

172. ÉÀtxoyÀi::cpa.pou
Schr. : -~Ài::cp-codd. 11 176. cpopµtx,à.c; : cpopµtyx,à.c;
CV.

également &1ta.~. 172. 'A1.xµ-fiva.c;... A-fiaa.c;:Héraclès et les Dioscures ne sont


pas nommés, mais désignés par le nom de leurs mères. ÉÀtxoyÀi::cpa.pou, proba-
blement<< aux paupières (yeux) mobiles>>; cf. Théog., 16, H. Aphr., II, 19 et Pindare,
fr. 123 Snell, toujours en parlant d'Aphrodite; dans Ho11ÈRE,Il., 1, 98 : ÉÀtXWTTtaa.
xoûp"YJV 'Axa.tot, que P. Jvfazon traduit par<< aux yeux vifs >>.
(Briséis), ÉÀtXlù1ti::c;
u41txa.'i:,a.t(&1ta.~): à la chevelt1re relevée; cf. dans l'Iliade, les Thraces (IV, 533
0p-fitxi::c;&xp6xoµot) et les Abantes (II, 542). On peut songer de là au xpw-
ÔùÀoc;(THc, I, 5, 3), la coiffure athénienne des vieillards de haut rang, sorte de
touffe retenue par des cigales d'or. Ces peuples se rasaient le devant de la tête, ne
gardant qu'une touffe de cheveux sur le sommet du crâne. Thésée, dans sa jeu-
nesse, aurait, d'après PLUTARQUE(Thésée, V, 1), porté ce genre de coiffure, dite
0"Y)cr"Y)lc;
xoupa. <<coupe à la Thésée >>(R. Flacelière). 173. 'Evvocrtaa. yévoc; :
cf. v. 33 à propos d'Eurypyle. a.tai::cr0év,i::c;
ŒÀXa.\l:T~\IÉa.U,W\Ia.ta. auva.µtv (Sch.)
174. ~x TE:IluÀou : c'est Périclymène. Ta.tva.pou : c'est Euphamos (cf. sttpra,
v. 22 et 44, et tout le passage). Ta.(va.poc;est ici fém., mais masc. dans ORPHÉE,
Argo11.,1364, et neutre partout ailleurs. Périclymène est dit fils de Nélée et petit-fils
de Poseidon (A. RH., I, 156 sqq.), dont Euphamos est le fils (ibid., 179 sqq.).
TW\IµÈ:vest détaillé en Eùcpa.µou TE:et cr6v,i:: II. i::Ùpu~ (a.. 176-177. È~ 'A1t6À-
Àwvoc;: le sens est évident (malgré O. KERN, Orpheus, 6) dans une liste de fils
des dieux: pour Pindare, Orphée est fils d'Apollon; cf. J. DucHEMIN, Pi11dare,
p. 107 et n. 3. D'autres traditions le font fils d'Oiagros (lui-même fils d'Arès,
ou peut-être dieu fleuve). Mais le Scholiaste déjà, se référant à Chairis, comprenait
bien que Pindare le fait, ici du moins, fils d'Apollon, et cite à l'appui diverses
JVe PYTHIQUE 1 33

Ep. 8
',,,, ,
OUÇ E7t CX'C'pU'C'OV
7t0VOV,
, , 'E , ., ,
'C'OVfLEV xtovcx, XEX/\CX-
ôOV'C'CXÇ~oq::,'C'OVo' ''Epu'C'OV. TcxxÉsç [o']
180
,cxµ.cpt
, Il cxyycxtou
, 0EfLE , 0., , ,,
e
/\OtÇ VCXtE'C'CXOV'C'EÇ
EUCXV. 320

xcxl ycxp Èxwv 0uµ.0 ysÀcxvsT.0ixcrcrov ~v-


P- "\ 1 > 1
'C'UVEV
1-'CXO'tAEUÇ
CXVEfLCùV
Z~'t'CXVKcx.Àcx·tv
'C'E7tCX't'~pBo,pÉcxç, &vopcxç7t't'EpoT.crtv
~
-
1tscpptxov't'cxÇcxµ.cpw1topcpupsotç.
VCù't'CX I I

178. xpucr6p(l(.7t'LÇ codd. 11 179. XEXÀcx.aov't'O(.Ç


Mosch. Triel. : xpucr6pp(l(.7t'LÇ :
<DacGH 11 ''Epu-rov restit. Er. Schmid ex A. RH. I, 52 : EiSpu-rov
XEXÀO(.a6-r(l(,c;
codd. 11 a• post 't'O(,XÉEc;del. Bœckh 11 180. 0i::µÉ0Àotc;Bœckh : 0ɵi::0ÀO(.
B 2 <DEH2 CV Mosch. Triel. omis. B1 GH 1 •

références très nettes. Le poème cl'Apollonios de Rhodes donne un rôle important


à Orphée, <<roi de la Piérie bistonienne >>.
178. 'Epµix.c; xpucr6p(l(,7ttc;
: sur la baguette d'or d'Hermès, voir Od., XXIV,
et surtout l' H. à Hermès. Cf. J. DucHEMIN, Hermès et Apollon. éé-rpu-rov: infatigable,
de -rpuw, user. 179. Exemple du crx'ijµO(, 'AÀXfLO(.VtX6v. Le Schol. cite en illustra-
. 1e fr. 9 d'A LCMAN: I{O(,Q''t'ù)p
tton ' '~
't'E, 7t'CùACùV '
't'O(.XECùV"" ~
OfL'YJ't''Y)pEc;
'L7t'7t'O't'O(.L
' cro<pot,
' X,O(.L
'
IloÀuai::ux'Y)c;xuap6c;. Cf. I!iade, V, 774. XEXÀO(.a6v-r(l(.c; 'i]~~. littéralement (( bouil-
lonnant >>de jeunesse. Échion et Érytos sont fils d'Hermès et cl'Antianeira.
180. La légende les fait d'habitude originaires cl'Alopé en Thessalie, et non de la
région du Pangée. Chez Apollonios, les deux jumeaux sont accompagnés d'un
troisième frère. La structure de la phrase change à partir d'~OO(.V. 181. )'EÀO(.VEÎ:
de )'EÀCX.Cù. 182. Zfi't'O(.V
(cx7t'O(.Ç), Kcx.ÀO(.°tV't'E : fils de Borée et de !'Athénienne
Orithye, fille d'Ércchthée, enlevée au bord de l'Ilissos (cf. le début du Phèdre de
PLATON).Stésichore, Phérécyde, Simonide (fr. 29 Page) en ont parlé. Les scholies
proposent de leurs deux noms des étymologies-}eux de mots, ZO(.Y'j't''YJV pour l'un et
KO(.ÀWÇ ocoV't'O(.
pour l'autre. 7t't'Epo'i:crtv... 7tE<pplxov-r(l(.c;
... 7tüp<pupÉotc; : d'après les
Scholies, certains refusaient de comprendre ces ailes au sens propre. Certaines
traditions leur prêtent des ailes aux pieds. Chez Apollonios, ils ont des ailes noires
ornées d'écailles d'or. L'un et l'autre poète les considèrent comme jumeaux. Sur la
134 PINDARE

Tàv oÈ nœµne:~0~ y"Auxov ~µ~0Éo~-


cr~v no'0 ov e:ve:oœ~e:v
' '</> ''H pœ
, "I ,
vœàc; 'Apyoüc;, !-L'YJ--r~vœ1\E:~1toµe:vov Str. ,:,
\ \ I '
't'ixv &x[ vouvov nœpœ µœ--rp~ µe:ve:~v œ~-
-
Cùvœ , ' , œ,\1\
ne:crcrov--r '••' e:n~
' ' xœ~' 0œvœ--rep
,
cpixpµœxov xixÀÀ~cr--rov &-
Èiic; &pe:--riic;
À~~~v e:ûpÉcr0œ~crüv œÀÀO~Ç.
'Ec; o' , lœ<.ùÀXOV Ène:l xœ--rÉoœvœu--riivœ<.ù--roc;, 335
tI I (
Kœ~ pœ o~

184. ÈvÉ~cxLEV Turyn : Ëv~cxLEV <DEPCGHC 2 Ë~cxLEV BE ac C1 V y' Ë~cxté:,


Mosch. np6cr~cxLEV Bœckh 11 186. µ.cx-rpl.Calliergi : µ.pt B µ.cx-rÉpt<DEGP0 H
µ."Y)-rÉptGac CV 11 188. ~• 'IcxwÀx.ov Er. Schmid : ~ 'lwÀx.ov codd. ~È
'lwÀx.ov Mosch. Triel. (cf. Po., Né,n., III, 33 x.lit 'lwÀx.ov, scil. x.cxl.F LWÀX.OV)
11 190. 0EonporcÉwv : 0EonpEnÉwv <DH Mosch. Triel. (legi nequit B).

valeur de nopq:iupÉotç, voir la note au v. 83. 184. n60ov ÈvÉ~cxLEV : la déesse


favorise Jason par haine de Pélias, qui avait violé son sanctuaire pour en arracher
une suppliante. D'après APOLLONIOS,I, 14, Pélias avait offert des sacrifices à tous
les dieux, sauf à Héra, précisément le jour où apparut Jason.
185. vcxoç 'Apyoüç : seul passage où Pii1dare nomme la nef Argô. Constr.
( wcr-rE)µ.~••. µ.ÉvELV... œÀÀ,EupÉcr8cxt. 186. cxt&vcx,ici fém. nÉcrcrov-r(cx): idée de
laisser cuire par réduction; seul exemple chez Pindare. Ènl. x.cxl.0. : fût-ce au prix
de la mort. Pour l'idée, cf. Achille dans l'Iliade, ou le Pélops de la Jre 0/.
187. cpcxpµ.cxx.ov Éœç &pE-rœç: le philtre éternisant leur valeur, i.e. la gloire acquise
par la mort. EupÉcrÛcxt: sens du n1oyen. &ÀtÇLV : les Argonautes sont bien une
classe d'âge, une sorte de ver sacrr,m. 188. Èç ~' 'IcxwÀx.6v: Iolkos est à plu-
sieurs kilomètres de la mer. Apollonios, avec une plus grande exactitude géogra-
phique, fait partir Argô de Pagases. Cf. E. DELAGE, Géographie,p. 74-75. éfw-roç :
cf. v. 13 r; ici : <<la fleur des guerriers>> (cf. J. DucHEMIN, Pindare, p. 234 sqq.).
189. ÀÉ/:;cx-ro: passa en revue ( = xcx-rEÀ). 190. µ.&v-rtç : c'est Mopsos, non
JVe PYTHIQUE 1 35

M , ,1,
o~oç ,, e
~µo~cre '
cr~p~~ov ,
npocppwv· ' ' ,::.,
ETTEL
o
x.peµ~cr~v ~yxup~ç unep 0ev,
I ' 1 f'I

, , ,.e,
xpucre~V XELpecrcrL
,
I\~OWV(flL~À~V Ant. 9
&pxoç èv npuµv~ n~~kp' Oùp~vt8ixv èy-
, z~ , ,
xstx.ep~uvov 'Y)V~,x.~t wxunopouç
, 345
, ( ' ' ' ' , 'ï ,
1 95 xuµ~~wv ptn~ç ~veµouç ~ EX~AEL vu-
x~~ç ~e x.~L' nov~ou
, XEAEU").'0ouç
&µ~~ex. ~' etScppov~x~t cpt"A(~vv6cr~oto µo'i:p~v·
Èx vecpkwv 8k ot &v~cx.ücre ~pov~ixç ~'lcrtov

nommé dans la liste des Argonautes. Apollonios lui donnera un rôle important.
àpv[ze:crcrLxœl xÀœpoLcrL : Pindare énumère les procédés de divination; le premier
est homérique; sur le second, voir P. AMANDRY,La mantiqueapollinienneà Delphes,
Paris, 1950, où l'auteur donne une grande place, que certains estiment exagérée,
à la mantique par les sorts dans le sanctuaire delphique. Le Scholiaste note que
l'on avait dans les temples des dés pour cet usage. Selon certains, il y avait trois
devins sur la nef Argô : Mopsos, Idmon et Amphiaraos. Mais Pindare ne connaît
pas la tradition de la poutre oraculaire, tirée par Athéna d'un chêne de Dodone
et placée au milieu de l'étrave (cf. A. RH., I, 524 sqq.). 191. 6 ~µ~oÀoc;(ou
-rà ~µ~oÀov) est l'éperon du navire; le Scholiaste parle d'une pièce de bois (en haut
de l'éperon, sans doute) à laquelle, du temps de Pindare, on attachait l'ancre,
mais qui n'existait pas au temps des héros; au lieu d'&yxupœ, on se servait de
pierres à l'époque héroïque : cf. A. RH., I, 1277.
193. cptœÀa:V : rite attesté encore à l'époque classique; cf. THuc., VI, 32, lors
du départ de l'expédition de Sicile (aussi ARRIEN, Anab., VI, 3). 194. &pzàc; :
Jason, ce qui va de soi pour Pindare, mais non pour Apollonios, qui raconte au
chant I sa désignation. &yze:txÉpœuvov: qui a pour javelot la foudre. Noter que
Jason invoque en partant non Poseidon, mais Zeus lui-même; on con11aît
l'importance de Zeus dans la religion de Pindare. Chez Apollonios, Jason invoque
Apollon. 195. ptnœc;: mot familier à Pindare: cf. P. IX, 48; Né,n., III, 59, etc.
On remarquera dans tout ce passage l'interpénétration des invocations divines et
de l'évocation poétique de la nature. 196. v6cr-roLoµoîpœv m. à m.<<leur part du
retour>>. ' '..
197 • œv-rœucre:: '
en reponse; ' " es t un a:1tœc,,
œv-rœuw " i:: de œuw,
'' pousser un
PINDARE

~ , 1
VEÇ (J't'Ep07tCXÇ CX7t0p'Y)"(VU[LEVCXL.

'Aµnvocxv ~, ~pCùEÇ ~(J't'(X(J(XV 0EoÜ 355


200 1tL06µEvOL • xcx.puçE ~, cxÙ't'oiç

ȵocxÀEiv XW7tCXL(JL 't'Epcxcrx61toç CX~E[- Ep. 9


, ' ,,. 'C::-
cxç EV L7t't'CùV El\ 7t LOCXÇ•
' '~'
ELpE<JL(X O '
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(JEV 't'CXXEL'èÎ...vÈx ncx"Acxµ'èiv ixxopoç •


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EV ' ' Il O<JELOCXCùVOÇ
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''
' , ï.' '
<JCXV't' ELVCX/\LOU 't'E[LEVOÇ,

198. &.1top'Y)yvl'.iµevll(.L
GHV : &.1topp'Y)yvùµevll(.L B<I>EC 11 200, TTL06µevoL
Mosch. : TTEL0-codd. 11 202. "t"ll(.XELêi.v CV 11 203. 'Açe[vou :
: "t"Pll(.XELœv
Eùçe[vou C Mosch. 11 204. elcrll(.V"t"(o)scripsirnus, ex e!µL (cf. HoM., Il., XIII,
XV, 544 : ÈELO"IXO"Û'Y]V)
191 : ercrll(."t"Q; codd. 1::cr~uvChrist 11 ELVO(.ÀLOU
: Ëcrcrll(.V"t"'
Mosch. Triel. : ÈVO(.À[ou codd. ÈVVO(.ÀLouSchr.

cri. 198. Bœckh construit cr,epo1têi.ç&.1top'Y]yvl'.iµzvll(.L, exfi,lgr,re erun1pe11tes;


nous
comprenons plutôt &x,î:veç cr,epo1têi.ç; la valeur visuelle et la valeur auditive de
l'image se superposent. 199. &.µ1tvocx.vËcr,ll(.crll(.V
: cf. 0/., VIII, 6 : ,wv µ6x0Cùv
&.µ1tvoœv(Àll(.oeî:v). 200. x&puçe, sujet "t"Epll(.crx61toç : le devin, comme aussi le
poète, est le héraut des dieux.
201. èµoll(.ÀeÏ:vdécrit le mouvement réel plus que l'ordre donné. 202. etpecr[ll(.:
le mouvement des rames, plutôt que les rameurs. UTTEXWP'YJO"EV: en réponse (u1t6 :
cf. u1toxp[voµll(.L). œxopoç : infatigable, m. à m.<< sans satiété>>. 203. N6"t"ou :
le vent du Sud est précisément celui qui conduit les navigateurs au franchissement
difficile de l'Hellespont. Cf. E. DELAGE, Géographie, p. 288. 'Açe[vou : ailleurs
(Né,11.,IV, 49) Pindare emploie EüçeLvoç. Il est le premier à employer l'un et l'autre,
qui seront maintes fois repris, le premier mot par Euripide (I. T.), Apollonios, etc.,
le second par presque tous. 204. 1::v0(0(.): sur la localisation de cet épisode,
voir la Notice. Lire e'Ccrll(.v,o(de teµll(.L, mis secondairement e11 rapport avec
e!µL) plutôt que Ëcrcrll(.v,(o) de ËvvuµL (Schol. = Ëx,Lcrll(.v)."t"ɵevoç: une tradition
parlait d'un autel élevé par Argos, fils de Phrixos, soit à Zeus Ourios, soit à
IVe PYTHIQUE ~
1 37

205 cpolvtcrcrcx. at 0pYJ'Cxlwv &yl"Acx. ' ~


't"cx.upwv u1tcx.px_sv,
XCX.L
1 VEOX't"LO''t"OV
' ÀL'8 CùV ~Cù(.LOLO
~ 8tvcx.p •
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XLVYJ 1 cx.µ,cx.tµ,cx.xs't"ov
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CX.L .... "'
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' 't"E Xptx.L7tVO't"Eptx.L
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(J''t"LX.EÇ. '••'''
CX./\/\ 'f)- •

a'f) 't"EÀsu't"cx.v xsr:voi; cx.ù't"cx.r:i;

205. ùrciipxev codd. : -'Yjpxe C 11 206. ).[0wv Triel. : ).[0Lvov codd. 11


207. léµevoL G : LɵevoLcett. 11 209. ô[ôuµœL <I>EGH : ô[ôuµoL BCV.

Poseidon. Une autre tradition, connue d' Apollonios, parle d'un autel aux douze
dieux élevé par les Argonautes eux-mêmes pendant leur longue escale chez
Phinée (cf. DELAGE, op. cit., p. 127 sqq.). 205. cpo[vLcrcrœ&.yÉÀœ:ce sont des
taureaux roux. Cette épithète, appliquée en ce seul passage à du bétail par Pindare,
est au contraire fréquente chez Bacchylide. Le Scholiaste note que chez Homère on
offre à Poseidon des taureaux noirs. 0p'Y)LXLWV : Thraces ou Bithyniens? Voir la
Notice. 206. 0évœp est un creux sur une surface plane, ici sur la pierre d'autel,
pour y déposer des offrandes. léµevoL est interprété d'ord. comme un moyen=
se lancer.
208. cruvôp6µwv rce--rpiiv: cf. cruvôpoµ&ôeçrcÉ--rpœL (EuR., I. T., 423). On les
appelle couramment, à partir d'Euripide (I. T. et Médée), les ~uµrcÀ'Y)y&ôeç. Dans
les <<Argonautiques pré-homériques >> (cf. Od., XII, 59-72), Homère les appelle
Il. 'EITT)pEcpÉeç ou Il).œyx--ro:l,ce dernier terme ayant été souvent repris ... Apol-
lonios les appelle Ku&veœL(II, 318). Pour Homère (foc. cit., 71), les vagues lan-
çaient les navires sur ces écueils. 209. ô[ôuµœLet ~wœ[, caractères sans doute
ajoutés par Pindare, nous font entrer dans le domaine de la magie. 210. cr"t'LXEÇ:
comme des rangs de guerriers. --re).eu--r&v, puisqu'elles sont vivantes. D'après le
Scholiaste, le jour où un navire passerait, les deux roches prendraient racine
(pL~w0'YjvœL), ce qui évoque deux thèmes poétiques, celui de l'île flottante
0
(cf. Délos-Astérie) et celui de l'île comparée à une fleur (Rhodes, dans la VII 01.).
PINDARE

' 0E:û)\I
'Y]µ~' -..' r:t."(r:t."(E:\I.
7t/\OOÇ '' 'E Ç m ~
'!-'ê/.0'~\I o11-, 375
~Àu0ov, ~v0r:t..xe:Àr:t..~ v6>1te:crcr~ K6Àxo~cr~ v
Ai ~"t'êf 1tr:t..p'r:t..Ù"t'~.
µe:~1;r:t..v
Il 6"t'v~r:t.. 3' ô1;u "t'ix
"t'û) v ~e:Àéû) v
1to~x(Àr:t..\l
tüyyr:t.. "t'e:"t'pixxvr:t..µov ÛÙÀuµ1t60e:v

211-212. ËnEL"t"EV ~Àu0ov <l>G1 H : Ë1tEL-r' tv~Àu0ov G 2 CV Ë1tEL-r' tv


~Àu0ov E ËnEL-r' &v~Àu0ov B 11 213. fLELÇIXV Schr. : fLLÇIXV
codd. 11 o1;u-rix-rCùV
B<l>EGH 11 214. -re-rpixx.V:xfLOV
CVElem HYP : WX.U"t"IX"t"CùV : "t"E,piXXVIXfLOV' C
-re-rp1XX.V1XfLOV(L)
I;YP 11 ÜÙÀU[Ln60evMosch. : '0ÀUfL7!60ev codd.

211. Ici seulement commence le récit de la conquête de la Toison. <l>iicrLV : le


Phase est le fleuve de Colchide (auj. le Rion : cf. DELAGE, op. cit., p. 181 sqq.),
auquel le héros Phasis, père de Colchos, aurait donné son nom. Le fr. 191
d'Eschyle (Pr. délivré) en fait une frontière entre l'Europe et l'Asie. Pindare lui-
même en fait à l'occasion (Is., II, 41) le symbole de la navigation lointaine.
212. x.EÀIXLvJinecrcrL: est-ce par analogie avec les Éthiopiens d'Homère? Le périple
du retour selon Apollonios semblerait confir111er cette idée. Les Anciens hésitent
entre l'équivalence<< noir= effrayant>> et une tradition qui ferait des Colques des
colons égyptiens (HOTE, II, 104). Reprise par Apollonios, cette théorie a encore
des partisans parmi les modernes (voir DELAGE, op. cit., p. 189 et n. 10). At~-rCf:
c'est le roi des Colques, fils du Soleil, dont la capitale légendaire s'appelait A!IX
(cf. HoTE, I, 2; VII, 197; A. RH., II, 419), nom à rapprocher de l'hom. At1XL'Y),
l'île de Circé, sœur d' Aiétès. Hérodote, pour ne pas les confondre, précise toujours
<<l' Aia de Colcl1ide >>.n6-rvLIX~EÀÉCùv: cf. n6-rvLIX0'Y)pwv.Il s'agit des flèches de
l'amour. 214. 't'.uy1;: bergero11nette
ou torcol, disent les dictionnaires. En fait, ce
sont deux oiseaux tout différents. Le Scholiaste de Pindare décrit le torcol, dont le
cou long et flexible, ainsi que la longue langue, font penser à un serpent (une de
ses variétés est le fourmilier). Mais l'explication réelle se trouve chez le Scholiaste
de THÉOCRITE, II, 17, etc. (refrain des lvfagiciennes),qui additionne assez curieu-
sement les caractéristiques du torcol et de la bergeron11ette ou hochequeue( crELcronuytç
X.IXÀOUfLÉV'Y)).Il s'agit évidemment de cette dernière, que l'on voit s'avancer en
sautillant, balançant sa croupe et redressant sa queue comme on relève une traîne,
de peur de la mouiller, la vraie coquette parn1i les oiseaux. La mythologie faisait
d'"Iuy1; une nymphe qui, par ses philtres, avait détourné l'amour de Zeus sur
elle-même ou sur Io : d'où sa métamorphose en oiseau par Héra, et son emploi
IVe PYTHIQUE 1 39

215 XUXÀCù

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µix.tve<o opvtv
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GH Mosch. : èxaLacf.crxoLcrE: <I>P B aLacf.cr-
èaLacf.crx7JcrE:
X'Y)CTE:C 1 V èxaLacf.crxoLcrlX
<I>a C 2 11 220. 1t1X'"t"pwtwvMosch. :
0 E aLacf.crxoucrix

'
'7t1X'"t"pWCùV.

en magie amoureuse. L'adjectif 1tOLxLÀixv convient parfaitement au plumage diver-


sement coloré de la bergeronnette. '"t"E:'"t"pœxvixf.1.0V
: plutôt que quatre rayons de la
roue, entendre les quatre membres de l'oiseau, ailes et pattes. ÜÙÀuµ1t68e:v•••
cpépe:v.On peut consulter J. de LA GENIÈRE, <<Une roue à oiseaux du Cabinet
des Médailles >>,R.E.A., 1958. 215. XùXÀC\): ce XùXÀoc;sera le p6µ~oc; des
Magiciennes (THCR., II, v. 30, etc.). Il est souvent représenté sur les vases peints
aux mains d'Éros ou d'Himéros. Œ. par exemple une hydrie de Meidias repro-
duite sur la pl. IV de l'édition Gow de THÉOCRITE.
216. µixLvcf.a'èSpvLv,au sens actif : l'oiseau qui frappe de µixvtix (cf. le délire
d'amour dans le Phèdre de PLATON). 217. A l'usage des charmes, la déesse
joint celui des prières que sont les incantations. Sur les mots ÀL'"t"cf.c;1"' è1tix0Laixc;,
cf. P. CHANTRAINE,Rev. phi!., 1953, p. 16 sqq. crocpov: au sens propre. Jason est
instruit par elle. Contrairement à la tradition postérieure, c'est ici Jason qui est
expert en magie amoureuse. Il gagnera ainsi l'amour de Médée <<lui arrachant
le respect de ses parents >>. 219. Dans ce vers au vocabulaire très violent,
noter aovéoL qui évoque à la fois le p6µ~oc; et des tournoiements comme ceux des
Ile:L8ouc; : chez Horace (Odes, III, 26, 11), c'est
Ménades (µixLvcf.ae:c;).µcf.cr'"t"L"(L
Cypris qui manie ce fouet. De la 1t6TILIXIle:L8w d'HÉSIODE, Tr., 73, et des autres
passages pindariqt1es (cf. P. IX, 39), nous ne gardions pas une telle image. Les
fr. 122 et 123 montrent, il est vrai, que toutes les formes d'amour sont favo-
risées par elle. 220. Les pouvoirs magiques de Médée reprennent ici leurs
PINDARE

1
cruv o ~, ,À '
E: a:tep ' ,
cpa:pµa:xwcra:tcr
(XV'ît't"Oµa:O"'t"E:f)E:<XV
OÔUV<XV
I
' ya:µov
ô&xE: xptE:cr0a:t, xa:'îa:tv'Y)cr&v't"E:XOLVOV 395
yÀuxùv Èv &M&Àot~t µEî:i;a:t.

'A··'
Al\. '' ' A'L'f]'t"(XÇ
O'î ' '~ ' ' µE:cr-
a:oa:µa:v't"tVOV
E:V ' Ep. 10
crotç &po't"pov crx(µ~a:'t"o
225 xa:t'A'i--oa:ç, oat cp/\oy
•', ,
a:1to' ~
c..,a:v- 400
~ , , , ,
0a:v yE:vuwv 7tVE:OVxa:toµEvoto 1tupoç,
' ~, ' À ~ , 1
xa:ÀXE:a:tç O 07t (XLÇa:pa:crO"E:O"XOV 0ov
"J..' ,

223. µe:'i'./;œL(µL/;œL) CVG 2 Mosch. •


• µe:L/;e:Lv(µL/;e:Lv) B<DEG1 H 11
225. çœv0éiv : /;œv0wv <DE.

droits. 1te:'tpœpest à la fois le but final et le moyen de l'atteindre. 221. cpœp-


µœxwcrœLcr( œ) : dans une préparation magique, Médée associe ( cruv) à l'huile les
plantes aux racines coupéespour servir d'antidote (&v-rL-roµœ: cf. H. Dé111.,229;
EuR., Ale., 972, etc.). L'usage des sin1ples dans les temps et les légendes archaïques
est à la fois magique et médical (voir J. DucHE111N, Hermès et Apollon, surtout
II 0 partie). Il s'agit ici d'un onguent rendant Jason invulnérable, inaccessible aux
blessures douloureuses que lui infligeraient les taureaux crachant du feu.
Cf. v. 233. 222. xœ-rœLv'l)crœv: ils tombèrent d'accord.
224. &8œµcxv-rLvov: de &8&.µœc;;
(littéralement<< l'indomptable>>), mot désignant
le fer le plus dur, c'est-à-dire l'acier, déjà chez Hésiode (Tr., 149; Théog., 161 ).
Cf. si,pra, v. 71, au sens figuré. Les scholies hésitent d'ailleurs ici entre le sens
propre et le sens figuré. Il y a là des souvenirs de magie métallurgique. Les
taureaux d' Aiétès (cf. v. 226) sont des taureaux magiques, aux sabots de bronze.
Eschyle emploie &8œµœv-r68e:-roc;; dans son P,·ométbée(v. 148, 426), et Pindare lui-
même écrit : &c;;µ~ 1t60ep xuµœLve:-rœL, ÈÇ&8&.µœv-roc;;1 'Y)crL8cxpouxe:xa.ÀXEU't"G(L
µÉÀœLvœvxœp8Lœv[ \j;uxpéf cpÀoy( (fr. 123, v. 4-6). 225. &1to1;œv0éivye:vu<ùv,
cf. V. 149 : ~owv 1;œv0cxc;; &yÉÀœc;;et 205 : cpoLVLQ"Q"G(cxyÉÀœ't"G(Up<ùv; à la couleur
naturelle des bêtes s'ajoute ici l'évocation du feu qu'elles crachent. Sur ce dernier
point, le Scholiaste cite Antimaque ( Èv Au8n, fr. 9), d'après qui ces taureaux étaient
l'œuvre d'Héphaïstos. 226. xœÀXÉœLi; 07tÀG(ti;
&µe:Lo6µe:voL: ils se répondaient en
IVe PYTHIQUE

-roùç &:ya.y(i>v~suy"Aq. nf"Aa.crcrsv µouvoç. 'Op-


' O~· (X.Uf\(X.X.(X.Ç
0(X.Ç ,,, '
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1

1
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'1)/\(X.U\I(X.\l(X.UCùf\(X.X.~(X.Ç
O opoyu ~(X.Vcrx~i.,S\IW"t"O\I
yiiç. ''Es~7tSV a' &as. << Toü-r' ~pyov ~(X.<J~Àsuç,
fi ,1 I ,, f
ocr-r~ç a.pxs~ va.oç, sµo~ -re:Àscra.~ç
''0 ~-rov cr-rpwµva.v
a.cp '''0 a.yscr w, 410

0ucr&vw. 1
>> Str. 11

227. ~euyÀq. 7t€:Àacrcrev: ~euyÀ' &1téÀacre<l>~euyÀa 7t€:7tf\(J.(Jé:


G (acrcre GPC)
11 228. &vaowÀaxlaç : &và; (,w)...(J.xlaç<l)s &và: {,wÀaxlat<; E<l>l 11àp6yutav
Hermann : èSpyutav vel àpyutà:v codd. (-à:ç wac).

frappant le sol de leurs sabots de bronze en pas alternés. 227. -roùç renvoie à
f,6aç (v. 225). ~euy)...q.: c'est la partie du joug où s'emboîte le cou de l'animal. Un
~üyov comporte deux ~eÜyÀaL(Il., XVI, 439; XIX, 406; EscH. Pr., 463, etc.).
228. Nous conservons l'&1tal; en un seul mot &vaÔwÀaxlaç, attesté par la plupart
des manuscrits et seul connu des scholies. Il s'agit de la terre (yiiç) soulevée en
mottes par le soc. Les commentateurs qui ont préféré le texte &và:(,wÀaxlaç ont
été gênés par la préposition, que certains ont voulu rattacher à op6yutav (Bœckh),
ou à crxl~e(Dissen), cependant que Bergk suggérait de comprendre &vi (,(i)Àouç.
àp6yutav : une orgye, i. e. une brasse; l'accusatif mesure la profondeur du sillon.
crxl~e : impft duratif exprimant l'effort ( de conat11). 229. f,acrLÀeuç souligne
qu'il y a bien là une épreuve royale. Voir la Notice. 230. &cp0t-rov,parce qu'elle
est d'or, donc immortelle. cr-rp(i)µvav : on couchait sur des toisons. &yécr0w :
comrne s'il poussait devant lui le bélier.
231. xwaç a1yÀiiev: la Toison étincelle, comme, ,
dans l'Iliade (II, 446 sqq.;
XVIII, 204 sqq.), étincelle aux mains d' Athéné, l'Egide de Zeus, faite de la peau
de la chèvre Amalthée. Chez Simonide, la Toison d'or est dite << de pourpre >>
(fr. 21 Bergk), parfois <<d'une blancheur éclatante >>(cf. sch. A. RH., IV, 177).
xpucréep 0ucr&vep: le mot est employé en Il., II, 449. On le traduit d'ordinaire par
<<frange>>. Le Scholiaste de Pindare le glose ici par µaÀÀ4>,<<touffe de laine >>,
ce qui nous paraît grandement préférable dans les deux passages. Il s'agit des
touffes de laine bien gonflées, particulièrement visibles sur les bords d'une belle
PINDARE
t\{""'\r ,1, ,~1 , \ I (/
.!,,,!.'":, ixp IXUOIXO'IXV"'C'OÇ
IX7t0 xpoxe:ov pL-
4JIXLÇ'I&crwv e:!µix 0e:CÏ)1tLcruvoç
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E:LXE:"t'e:pyou • 1tup oe: VLV oux e:o e:L 1tixµ-
cpixpµ&xou çe:tvixç È(j)E:"'C'[Let.rç.
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~1tixcrcrixµe:voç o "'' ixpo"t'pov,
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t-Joe:ouç o'Y)cret.LÇ, ,
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IXÙXtVIXÇ È[LOIXÀÀWV"'C',ÈpL7tÀE:Up(p(j)U~
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IXLIXVE:Ç \
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O' E:7tL"'C'
IXX "'C'
0V Cl.V'Y)p 420

232. xp6xe:ov : xpox6e:v B 11 233. È:6Àe:LBœckh : a.:t6ÀÀe:L


codd. a.:t6Àe:L ~
11 234. ~oéouç CV : ~oéoLç <I>EGH 11 8~cra.:LçHeyne : -crq:ç G -cra.:ç <I>EH
8-'tjcre:vCV 11 &v&yxq: :2:YP ; &v&yxa.:çGHCV È:v&v&yxa.:Lç 0 (-xa.:ç Ea 0) 11
<I>EP
235. è:µ,ocxÀÀCùV Mosch. Triel. : è:µ,oa.:ÀWV
codd.

toison. 232. xp6xe:ov e:!µ,a.:: le jaune (couleur extraite du safran) est aussi une
couleur royale. Cf. Ném., I, 38, à propos du berceau d'Héraclès. 0e:éi>peut être
masculin (l'Amour ou Zeus), ou féminin (Aphrodite ou Héra). Le mot peut avoir
aussi un sens général: la divinité. 233. e:'lze:-r'~pyou (gén. de la partie). Jason se
mit au travail. È:6Àe:L : conjecture de Bœckh, que l'on rapproche souvent d'un
passage où il n'est pas sûr qu'Apollonios ait songé à l'expression pindarique :
è:6ÀYJ"rO v6ov µ,e:Àe:8~µ,a.:crL
xoup'f)(III, 4 71). Hésychius glose È:6ÀY)"rCl.:L
par -re:-r&pa.:x-ra.:L,
È:1t-r6'f)-ra.:L,
c18UVY)"rCl.:L.
Et le Scholiaste, qui lit a.:t6Àe:L, lui donne pour équivalent È:-rcx-
pa.:crcre:
à l'impft. È:cpe:-rµ,a.:Tç:
les scholies donnent deux sens très différents : a) -ra.:Tç
µ,a.:ye:ta.:Lç
&ç È:ne:-re:tÀa.:-ro
(évidemment M~8e:La.:);b) parce qu'elle avait enjoint à
Jason d'user de ses onguents magiques (v. 221). Mais, d'après la scholie au mot
a.:t6Àe:L-È:6Àe:L,
l\fédée avait recommandé à Jason de ne pas se placer face au vent
(car le feu jaillissant des naseaux se serait retourné contre lui), et, au lieu de faire
retourner l'attelage pour tracer le sillon de retour, de le ramener en arrière pour
le faire repartir dans le même sens. 234-235. ~oéouç a.:ùzéva.:ç:nous adoptons,
comme Snell, la leçon &v&yxq:, attestée par l'une des scholies. Noter les
valeurs d'aspect des trois participes. 235. È:pL1tÀe:upep cpu~: Pindare emploie à
diverses reprises le mot cpu&pour parler du corps de l'homme ou des animaux.
236. a.:ta.:v~ç : qui fait gémir, de a.:t&~w.~La.:-rcxç : le mot n'est pas péjoratif chez
Pindare. Cf. P. I, 10 (Arès); VI, 28 (Antiloque); 01., IX, 75 (Patrocle), etc. &1;e:-
JVe PYTHIQUE 1 43

,, ,,
I
µe't'pov. ''lu~ ""V
'-:,"- ~,
o ' ' 7tEp
<X(j)CùVYJ'îCJ} EfL7t/XÇ <XXEL

3UV/XO'LV
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A LYJ't'IXÇ ayacr , eELÇ. I

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238. i>uvixcrLv: i>uvixµLv <'DE 11 239. É:-rixîpoLMosch. : l-rixpoL codd. 11
243. ~À7t€'t"OSchr. : 1JÀ7t€'t"O
codd. 111tpoci;ixcr6ixL
codd. : 1tpoci;ecr6ixL
Hermann
X€LVOV1t€1tpoci;ecr6ixL
Mosch.

1t6v'Y)cr'insiste sur l'effort, donc sur le mérite de Jason. 237. 'lui;ev : seul
emploi pindarique de ce verbe homérique (pousser un cri aigu), qui vient sans
doute d''luyi; (cf. v. 213-214), le gémissement douloureux ayant été constamment
chez les Grecs assimilé à un cri d'oiseau. Alliance hardie avec &cp(J}v~-r<p : Aiétès
en perd la voix articulée, mais peut pousser un cri.
239. xixp-repàv: cf. i>uvixcrLv. 240. Valeur des itnpfts. ~pe1t-rov: s'agit-il d'une
cpuÀÀoooÀLIX ou &v6oooÀLIX,comme celles que l'on pratiq1iait aux Grands Jeux?
Cf. BACCHYLIDE,XI, 17 sqq., et PINDARE,P. IX, 124. On cite à propos de ce der-
nier passage le Pédagogue de Clément cl'Alexandrie (II, 8), où il est précisé qu'après
la proclamation des prix et le rassemblement général a lieu la cpuÀÀoooÀLIX, avant la
remise de la couronne aux vainqueurs. L'expression cr-recp&voLcrL 1tolixçfait penser
à l'ache des couronnes isthmiques et néméennes. Le poète semble fondre en un
seul les deux moments de la cpuÀÀoooÀLIX et de la remise de la couronne. Peut-être
s'agit-il dans son esprit d'un ix'l-rLOV mythique, les compagnons de Jason saisissant
pour l'honorer les herbes vertes qu'ils ont sous la main. Pour H. JEANMAIRE
(Couroi et Courètes,p. 413 sqq.), ce rite doit être interprété comme un ensevelis-
sement suivi d'une résurrection. 241. 'AeÀ(ou utàç : Aiétès. i>lpµix Àixµ1tp6v :
la notion d'éclat est première dans la sacralité de l'or. Èx-r&vucrixvdécrit le geste
d'étendre à plat la peau après avoir immolé puis écorché le bélier. 243. 1tp&!;ix-
cr6ixL: c'est le futur qui est usuel après ~À1toµixLet ÈÀ1t(Ç(J}. Cf. pourtant Il., VII,
199, où un aor. a, comme ici, valeur de futur antérieur; aussi SoPH., Pi1il., 630.
PINDARE
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Àoicrt ?)' &y'Y)µ.cxtcroip(cxç É,Épotç.
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K,eive µ.È:vy"Acxuxwncx,éxvcxtç 1totxt"A6vw,ov oiptv,

244. Ào::opo-ro::-riiv
B<!>CV: -TO::TùlV
G-TIXTCùVH Ào::upo-r&,o::vE -TIXTO::LV
yevuoLv
Bergk 11 245. 7tEVT'YJX6v-repov EGV : --ropov BHC --roupov <!> 11 246. -rÉÀecrev
LYP : (l)-rÉÀe(cr)cro::vcodd. 11 248. É:-rÉpoLç : É:-rÉpo::ç<!>.

244. Ào::opo-ro::-riiv
yevUCùV(cf. V. 233, el'.xe-r'Ëpyou); littérale1nent (( tenait au.x mâ-
choires >>du dragon, i. e. était entre ses dents. el'.xe-ro = xo::-re[xe-ro. 245. vo::uv:
l'ace. avec xpo::-reï:vn'est pas unique chez Pindare. 246. Les scholies donnent
-rÉÀecrevc. exemple du crx'Yjµ.o::
IlLvao::pLx6v, emploi du verbe au sg. avec un sujet au
plur. n-Ào::yo::l
crL()œpou: le travail du fer, battu par les forgerons. D'ordinaire la
poésie grecque (Homère notamment) envisage la construction des navires comme
un travail de charpentier. Pindare songe sans doute ici aux grands chantiers
navals (Athènes, Syracuse), où il a pu voir construire des vaisseaux de guerre
avec crampons, crochets, éperons de métal susceptibles d'être évoqués par les
mâchoires du dragon.
247. &po::= xo::Lp6ç et non xp6voç. Comprendre <<le bon moment (pour le
retour) s'attache à nos pas>>. Il s'agit du retour (métaphorique) du poète (veï:cr0o::L)
à son point de départ, i.e. Arcésilas; d'où wpxecr[Ào::,au v. 250. 248. o1µ.oç :
sentier, d'où parfois récit ou chant (cf. CALL., Ze11s, 78). croqi[o::çest la qualité
primordiale du croqiàç &v~p qu'est avant tout le poète pour Pindare : il est ce/11i
qt1i sait, instruit par l'inspiration divine (voir J. DucHEMIN, Pi11dare,Jre partie) et
maître en savoir-faire poétique, ici n-epl -rà cruv-r6µ.wç ÀÉyeLv. 249. -rÉxvo::Lç peut
s'entendre de l'habileté de Jason, ou e11core de l'application des conseils de Médée,
probablement des deux à la fois, puisqu'ils ne font qu'un. yÀo::uxwn-o::: on trouve
le même mot 0/., VI, 45, à propos des serpents nourrissant Iamos; cf. aussi
IVe PYTHIQUE 1 45

wpxecr["Acx,x"Aétjlev't'e M~~eicxv cruv cxù- 445


' IT"A
~ 't'CXV
't'Cf, ' •
e icxocpovov
,, ' ,n
ev 't' .:..!.Xecxvou
,V À' ' ,
1te cxyecrcr~µ~yev 7tOV't'CJ),
't'

_ 25,o. wpxi::crLÀCX. : cT:i,' Apxi::crLÀCX.


<I>11 cx.ù-rq.: cx.ù-tjjGH cx.ù-rcj)
C~YP (scil.
't"CJ)aepi::1) 11 Ili::ÀLCX.O(j)OVOV
vel Ili::ÀLCX.Otp6vov Didy1nus : Ili::ÀLCX.O(j)OVOV
variis
accentibus GHCV Ili::ÀLcx. cp6vov B Ili::À1cx.cp6vov <I>E Ili::ÀLcx.o
cp6vov Chaeris
Ili::ÀLcx.ocpovàv post Wackernagel edd.

"(ÀCX.UXOL apa.XOV't"EÇ,0/., VIII, 37· 250. wpxecr[Àcx. = éJl'Apxi::crLÀCX.


: pourquoi
le poète appelle-t-il ainsi l'attention du roi? évidemment il prépare l'intervention
finale en faveur de Damophile. S'il interpelle le roi juste à ce moment, sans doute
est-ce qu'il attache une valeur particulière, dans cette perspective, aux deux
membres de phrase entourant le vocatif; 't"lxvcx.1c;;est le mot important; en écoutant
le poète inspiré comme Jason écouta la prophétesse, le roi, lui aussi, se débarrassera
du dragon dangereux et de tout ce qui le 1nenace. xÀlyiev : il enleva. crùv cx.Ù-rq.
désigne Médée : avec son aveu, même avec son concours. Le texte crùv cx.Ù't"cj},
déjà condamné par les Scholiastes, désignerait 't"cj}alpi::1,la toison. Ili::À1cx.ocpov6v
en un seul mot, tantôt oxyton, tantôt paroxyton, est le texte attesté par la majorité
des manuscrits et par le lemme des scholies. C'était également celui de Didyme,
qui n'hésite que sur l'accentuation. La plupart des modernes néanmoins, après
Wackernagel, et comme déjà Chairis, écrivent en deux mots. Dans l'un et l'autre
cas, le problème de l'accent se pose. Faut-il écrire cpov6vou cp6vov? considérer
Médée comme celle qui tua Pélias ou comme la mort même du tyran ? Cette
dernière interprétation est bien peu conforme au génie de la langue, même en
faisant la part belle à l'obscurité pindarique. Par contre Ili::À1cx.ocpov6v, malgré
le caractère exceptionnel d'un composé de ce type, nous paraît séduisant, car il
offre l'exemple d'un raccourci saisissant, faisant de Médée, par destination fonda-
mentale - elle et nulle autre ( 't"a.V)- <<la Tueuse de Pélias>>. Ainsi Jason emporta-
t-il avec lui, sur la nef Argô, à la fois la Toison réclamée par Pélias et Celle qui
devait mettre fin à sa vie : les deux conquêtes n'en font qu'une. Dans cette
perspective, la mort de Pélias ne peut être présentée que comme le juste châtiment
dont Médée est, par la volonté divine, l'instrument. Voir la Notice. Tout cela
est parfaitement conforme à la façon dont le poète a présenté le caractère de
Médée. 251. 'Dxecx.voü, le fleuve Océan, qu'ils rejoignent sans doute en
remontant le Phase avant d'en suivre le cours autour de la terre. Apollonios les
fait passer par l'Ister (IV, z8z sqq.). 1t6V't"CJ)èpu0pcj)ne désigne pas ce que nous
10
PYTHIQUES
PINDARE

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A 1XfLV~ocv ''0ve:~yuv1X~xwv
, e: ~ IXVopocpovwv
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,, 0IX XIX~
e:v ' yu~wv
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IXE: ' ~ '
/\O~Çe:nzoe:~- 45o
1;ocv-c-o
xp(cr~v ècr0ii-c-oç&µcp(ç,

253. xp[criv codd. : xpîµ.' Hermann metri causa (F)1v Kayser.

appelons la mer Rouge. Les Grecs donnaient ce nom à ce que nous appelons la
mer d'Oman, i. e. toute la partie de l'océan Indien délimitée par les côtes Ouest
de l'Inde, celles de l'Asie du Sud-Ouest et de l'Arabie, y compris notre golfe
Persique (cf. notamment HnTE, I, 1, etc.; ARTTE, Du Afo11de,3; XÉN., Cyr.,
VIII, 6, 20, etc.; STR., XVI, 76 5; XVII, 804, etc.; ARR., A11ab., III, 8, 5; L'Inde,
où il raconte le périple de Néarque; ProL., VI, 7, 4; VIII, 15, 2, etc., enfin le
Périple de la mer Érythrée, œuvre anonyme du 1er siècle de notre ère). La légende
lui donne un éponyme, Érythros, fils de Persée et d'Andromède. 11:ais ce nom lui
vint plutôt des sables rouges qui tapissent le fond. 252. Aixµ.viiiv : le Scholiaste
remarque que Pindare a placé cet arrêt au retour, alors qu'il avait <<en réalité >>
eu lieu à l'aller : telle est en effet la version d'Apollonios. On se représente mal,
d'ailleurs, que les amours de Jason et d'Hypsipyle aient pu se placer au retour,
alors que Médée se trouvait en compagnie des Argonautes. Cf. v. 50 sqq. et la
Notice, à propos des fils issus des arnours des Argonautes et des Lemniennes,
et qui furent les premiers colons de Théra. &:vapocp6vwv: elles tuèrent leurs époux,
qui leur étaient infidèles avec des captives thraces. L'histoire s'explique par la
malédiction d'Aphrodite se vengeant de leur impiété. 253. yulwv &:É0ÀoLç : aux
Jeux funèbres donnés peut-être en l'honneur des époux immolés, soit, plus vrai-
semblable1nent en l'hon11eur de Thoas, le roi défunt, père de la rei11e Hypsipyle.
xplcriv: au sens d'&:y&v(ix), com1ne dans l'expression 01tÀwv xp[criç; chez Pindare,
cf. 01., VII, 80; III, 21; Né111.,X, 23, le n1ètre semble s'opposer à cette leçon.
D'où diverses co11jectures. Mais Turyn propose, non sans vraisemblance, de voir
dans les deux brèves de xplcriv la monnaie de la longue atte11due. Cf. sa conjec-
ture au v. 184. Pindare, 0/., IV, 20 sqq., fait allusion à ce combat, où Erginos
fut vainqueur. Ècr0ii't'oç &:µ.cp[ç: un vêtement est le prL'l:; l'histoire, d'après le
Scholiaste, fut racontée par Simo11ide (cf. fr. 42 Page= 205 Bergk, où l'on se
borne à transcrire la scholie). La JVe 01. ne précise pas quel était le prix. Par
contre la IXe, qui loue un athlète vainqueur, rappelle qu'il remporta un manteau
de laine à Pellène en Achaïe (v. 97 sqq.). Mais c'est bien peu de chose pour Jason.
Nous pensons que le manteau offert par Hypsipyle n'est pas sans rapport, litté-
raire ou légendaire, avec le vêtement historié longuement décrit par Apollonios
JVe PYTHIQUE 1 47

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1
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'X.O(t , 0(,À À000(7t()(tÇ
'1> ~ Str. 12
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2 55 0'7tEpfL O(poUp()(tÇ 't"OU't"O('X.tÇUfLE't"Ep()(Ç 0(-
X't"~VO(Ç ~ÀO(p ~ÉÇO('t"O µotp[~tov
ifµO(p ~ VUX't"6ç • 't"60t ycxp yÉvoç Eùcp&- 455
µou , À Ot7tOV
cpU't"EU0EV ' , '
O(tEt
't"ÉÀÀE't"O • 'X.0(1 AO(XE~O(tµov[wv µtx0tv't"EÇ &v~pwv

255. cr1tÉpµ' fortasse :1: et conj. Herrr,ann : 1te:p codd. 11 &poupœLc;B


Mosch. : -ct:LO'L<I>EGHCV 11 ùµe:"t"Épœc;: ~µe:"t"Épœc; codd. :1: :
<I>Ecao 11 &x"t"î.'vœc;
Hermann 11 oÀÔep GH:l: : oÀÔou BEV oÀÔov <!>C 11 256. vux"t"6c;
&x"t"î.'voc;
<I>Mosch.
EGHC• :1:: vux"t"e:c;B 01 V VUX"t"ct:c;

de Rhodes (I, 721-767) et que le héros portait lorsqu'il se présenta devant elle.
Mais il ne sera pas question de jeux, du moins à propos de cet épisode, dans le
poème d' Apollonios.
254. xœl cruve:uvœcr0e:v : là est l'origine lointaine de Cyrène. Voir la Notice.
254-255. &ÀÀ0Ôœ1tœî.'c; &poupœLc;: cf. v. 50 : &ÀÀ0Ôœ1tciv yuvœLxwv. Le texte du
passage est très corrompu, sans doute de longue date. La scholie << &x"t"î.'vœc; • "t"O
cr1tÉpµœ>>nous conserve peut-être le vrai texte (au lieu de 1te:p)en renvoyant au
début du vers, ce qui rejoint la conjecture d'Hermann, adoptée pour des raisons
métriques par tous les éditeurs. &x"t"î.'vœc;, qui est aussi donné par les scholies, peut
être compris comme une apposition à cr1tÉpµ(œ),avec A. Turyn. On peut aussi
construire cr1tÉpµ(œ),qui, enclavé entre &ÀÀ0Ôœ1tœî.'c; et &poupœLc;, fait partie inté-
grante de la métaphore, comme apposition à &x"t"î.'vœc; : ce renversement de l'ordre
normal serait dans la manière pindarique, renforçant la métaphore &x"t"î.'vœc;. oÀ[3ep:
s. e. Q'1JVou tv : <<dans la félicité >>;cf. entre autres emplois analogues de ce mot,
Ném., X, 13, à propos de la conception d'Héraclès. 256. vux"t"6c;: << durant la
nuit>>, s'oppose à l'idée suggérée par cxµœp.yÉvoc;EûcpCX.[.LOU cpu"t"e:u0èv:
voir la scène
racontée aux v. 28 sqq., ainsi que les v. 172 sqq. et leur commentaire. Les scholies
signalent plusieurs Euphamos, descendants de !'Argonaute, dont le contemporain
d'Arcésilas. D'après Didyme, il y en avait un parmi les compagnons de Battos.
257. "t"ÉÀÀe:"t"o : de "t"ÉÀÀoµœL,naître ("t"ÉÀÀW : accomplir une route, une évolution;
faire naître); joint à ÀOL7tOV œte:l, indique la suite continuellement renouvelée des
générations. Parlant de la race d'Euphamos, ancêtre, par la Lemnienne Lamaché,
de Battos et d' Arcésilas, le poète reprend ici le dessein annoncé v. 67 sqq. : &1to
ô'œû"t"OV (le roi) Mo[crœLO'I ôwcrw,dessein que les v. 247 sqq. se disposaient à mettre
PINDARE

)J...0 '' 7tO't'$ K('/./\/\LCJ''t'('J.V


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260 cruv 0s&v TL[.L('J.~Ç
àcptÀÀeiv, &crTu xpucro0p6vou
ôL('J.vtµeiv0e~ov Kup&v('J.Ç

op0oooUÀOV[.L~'t'LV
ÈcpeupoµtVOLÇ. Ant. 12

258. ~0e:crLv~v rto"t"e:Chaeris : ~0e:crLv&.v rto"t"e:codd. (nisi fl.v <I> et ~)


)J..0
, 1 e:crL " ( = ct.Vct.
v et.V ' ') rto"t"e:H errnann
.-m '1J ' rto"t"e:Bœc kh '1J
"0 e:crL"t"ct.V "0 e:crL"t"ct.V
' "t"O"t"E
'
Bergk 11&1tcf>x'1Jcrct.v: -xLcrct.vBCV 11 259. ~v0e:v: ~v0œ <I>E11uµµL : ܵL <I> 11
260. crùv 0e:cj>Dawes e schol. : crùv 0e:wv.

à exécution. Les fils des Lemniennes allèrent de Lernnos à Lacédémone, d'où,


sous la conduite de Théras, ils allèrent coloniser l'île nommée Kallisté, <<la Très
Belle >>,qui prit ensuite le nom de l' oixLcr"t"~Ç. Cf. CALL., fr. 112 : KœllLcrTIJ 1tpo-
ouvoµct. 0~p'1J, 258. ~0e:crLv: "rœ ~0'1] signifie à date
1tixpoL0e:,"t"à ô'Ücr"t"e:pov
ancienne le séjour habituel d'animaux (HoM.), d'hommes ou de peuples (HÉs.,
EscH., HnTE, etc.). Èv... v&crov: est une lecture proposée par Chairis. Il y a quel-
ques exemples chez Pindare de la forme éolienne Èvpour e:ic;auprès d'un verbe de
mouvement (ici &rt~)X't]crct.v;cf. P. V, 3 8). Elle est, par ailleurs, bien attestée par les
inscriptions dialectales du N.-0. de la Grèce. 259. uµµL ('i:),forme éol. d'usage
épique (aussi uµµe:ç et uµµe:). Act."t"oLôœç~rtope:v: par l'oracle à Battos (cf. v. 53 sqq.
et P, V, 63 sqq.). 260. crùv 0e:wv "t"Lµct.LÇ: certains voient là une allusion aux
temples et cultes de Cyrène. crùvindique plutôt que les Cyrénéens sont accompagnés
des marques de la faveur divine. Le Scholiaste devait lire ici un texte crùv 0e:cj>,
qu'il insère dans son commentaire, rapportant "t"Lµct.LÇ à ÔcpÉÀÀe:Lv ( œu/;e:Lv
"t"à0e:1ov
1t6ÀLcrµœ). 259 sqq. Rapprocher uµµL..• Ècpe:upoµÉvoLç. Comprendre : <<Apollon
vous a donné la plaine de Libye à_faire prospérer, à vous (Cyrénéens) qui avez
trouvé le droit conseil et l'i11telligence pour gouverner la divine cité de Cyrène.>>
260. œcr"t"U : le poète superpose la notion de 1t6ÀLÇ, suggérée par ÔLct.vɵe:Lv, à l'évo-
cation de l' œcr"rufondée par les Grecs. 261. I{up&vct.ç: il s'agit de la nymphe
aimée d'Apollon : voir le mythe de la JXe Pythique.
262. ôp06oouÀov µ'Îj"t"LV: ces deux mots, encore soulignés par l'enjambement
de la strophe à l'antistrophe, ont aux yeux du poète une importance capitale.
Ils sont la charnière où vient exactement s'ajuster la supplique finale et condensent
les conseils dont Arcésilas a besoin. Pindare donne une valeur forte aux composés
IVe PYTHIQUE 1 49

r vw~0t vuv o·~ ,


~ 'îr:t..V
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È~e:pe:ttj}Y) xe:v µ.e:ycx.Àr:t..Ç~pu6ç, r:1..tcrxo-
VYJoe:~' Ot( 0r:t..'Y)'îOV
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r:t.. '
e:'t 7tO'îE ze:tµ.ÉptOV 1tÜp È~tX'Y)'îr:t..t Àotcr0tov,
~ crùv 6p0r:t..î.'çxt6ve:crcrtv
~ '
oe:cr1tocruvr:t..tcrt
v e:pe:too '
, ~ µ.e:vr:t.. 475

263. à1;u-r6µ.ep CV Mosch. : à!;u-rcx-repB<l>EGH 11 264. è:!;EpEl4J7lXEV


Bergk : è:!;EpEl4JccL
XE GH<I> è:i;Epl41cct
XE BEPC C è:1;Epl4JEXE Eac è:!;Epl41cct
xccl V
è:!;EpEl4JccL
µ.zv Hermann è:!;EpE[4JELEV Thiersch 11cctcrx_ùV7J
codd. : cctcrxùvot
Mosch. 11 265. TTEp'ccù-riiçHCP 0 : TTEp[Bcao V TTEP<I>EG.

d'àp06ç : cf. àp06ôtxccç (P. XI, 9), àp06µ.ccv-riç(Ném., I, 61), àp06TToÀLç (0/., II, 8),
et un deuxième exemple d'àp06oouÀoç (P. VIII, 75), les trois autres mots étant
des cxTTcc!;. 263. yvw0t crocp(ccv:noter le parallélisme avec µ.'ij-rtvÈ:cpEupoµ.ÉVotç,
seule transition dans la brusquerie de l'attaque. crocplccv
désigne le savoir qui permet
à un Œdipe de comprendre les énigmes. 263 sqq. Les verbes principaux sont
ÔtÔoÎ:et &µ.cpÉTTEL, tous deux à l'indicatif, leurs zones d'influence étant séparées
par~ (v. 267). La première partie, autour de ôtôoî:, débute par deux hypothétiques
coordonnées, que la tradition manuscrite présente, la première à l'optatif avec XE
du type è:!;EpEl4JccL, la deuxième au subjonctif avec cctcrxùv7),que Manuel Moscho-
poulos, pour la correction du parallélisme, remplace par cctcrxüvot.La présence
de XE dans l'ensemble de la tradition nous engage à suivre ceux qui ont opéré
le transfert inverse et à tout lire au subjonctif. 264. 0cc1)-ràvEtÔoç : même
expression IX, 108; dorien= 0Ecc-r6ç(ion. 01)1)T6ç). 265. è:oî:crcc = è:oücrcc.ÔtÔoî: :
cette forme d'indic. attestée chez Homère (Od., XIII, 350), se retrouve chez Pin-
dare (Is., IV, 30). TTEp'ccù-riiç= TTEplÉccu-r'ijç. 266. XELµ.Éptov ît'Üp : apposition
: è:1;indique probablement la sortie de la fumée. Comprendre :
au sujet. è:!;[Xî)'t"CCL
<<si jamais (le chêne), devenu feu d'hiver, achève (Àolcr0tov)en fumée son destin>>.
267. ~ introduit la deuxième possibilité. crùv àp0ccî:çxt6vEcrcrtv: parmi les colonnes
dressées. D'où le sens souvent donné à ÔEcrTTocrùvcctcrLv de<<palais d'un roi>>.Mais
le seul exemple connu par ailleurs est HoTE, VII, 102, où il signifie <<l'autorité
d'un maître >>.Il ne peut désigner ici que <<les qualités souveraines >>du chêne
ou de Damophile. Nous proposons donc de joindre crùv àp0ccî:ç xt6vEcrcrtv à
I 50 PINDARE

µ6x_0ov rJ..ÀÀOLÇcx.µcpÉ7tELOüO'TCX:VOV
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(' , , ~
EOV e:p'Y)µCùcrCX:LO'CX:
X,Cùpov.

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, O~' 'LCX:"t"'Y)
' p E7tLXCX:Lp
, ' c_,, Ilcx:L-
OTCX:TO Ep. 12
I \ ~ I
CXVTE O'OLTLµ~ Cj)CX:OÇ.
Xp~ µcx:Àcx:xcx.v
x_Épcx:1tpocrocx.À-
ÀovTcx: Tpwµcx:v ~ÀXEOÇ cx.µcpL7tOÀE~V.
'P'~ ' -ycx:p
~OLOV µe:v ' 7t0 À LV O'ELO'CX:L
1
~ ' cx:cpcx:upoTEpoLc_,
XCX:L ' ' 0

268. &:µqiÉTTe:t Heyne 11 270. crol ( crot) codd. : -rot Schr.


codd. : &:µqiÉTT:J
11 271. XÉPIX : ~WOV't"IXCV ll 't"p(i)µixv:
Mosch. : xe:Tpixcodd. 11 1tpocrocxÀÀOV't"IX
Tp6µixv éDTpixüµix C 11 272. &:<pixupoTÉpotç: qiixupoTÉpotç CV.

Èpe:t8oµÉvixet de comprendre : <<solidement établi parmi les colonnes dressées >>,


en reliant à ce qui suit 8e:crTTocruvixtcrtv,
affectée d'une valeur concessive : << avec
ses qualités souveraines, il est chargé d'u11e tâche ingrate da11s des murailles
étrangères >>( IXÀÀotç = &:ÀÀ6Tptotç),sans qu'il soit précisé si, dans son exil, il
soutient un palais, un temple ou n'importe quel édifice. 269. Èp'Y)µ(i)crixtcrix
:
<< ayant changé en désert son emplacement d'origine >>.
270. Ècrcrl8' iixTYJPÈTTtxixtp6TixToç: le roi est ici, dit le poète, le médecin le
plus indiqué en la circonstar1ce. Outre une allusion très claire à l'objet de la
supplique, il faut voir là un souvenir des magies primitives et du pouvoir guérisseur
des rois. Au début de la JVe Némée1111e, ce sont les 1'1uses et leurs filles, les &:ot8ixl,
qui guérissent toutes les blessures. Sur ce point, par où le roi s'apparente au poète
chez Pindare com1ne chez Hésiode, voir J. DucHEMIN, Communication faite au
Congrès international d'Histoire des Religions, Rome, 1954, publiée dans le vol.
La Regalità sacra(= Actes dtt Congrès= Suppl. à Nt1me11),Leyde, 1959, p. 379-
393. F. Cha1noux rappelle (op. cit., p. 192 et n. 4) que Cyrène était célèbre par
ses tnédecins, et décrit un bas-relief contemporain de notre poème, où l'on voit
un médecin donnant ses soins à un malade. Ilixt&v ou IlixtYJCùV est, dans l'Iliade,
le médecin des dieux : c'est lui qui guérit Hadès blessé par Héraclès (V, 401) et
Arès blessé par Diomède (ibid., 900). Ce dieu fut absorbé par le culte d'Apollon
guérisseur, qui garda son nom comme invocation (cf. le refrain 'l'Y) Ilixt&v).
Ici Ilixt&v est pris comme équivalent d'Apollon, qui fait resplendir Arcésilas de la
gloire de la victoire pythique : crol Ttµêf qi&:oç. 271. 'Y) Tp(i)µix ( &1tix~)= TO
Tpixüµix. µixÀixxixvxitpix : cf. Ném., IV, 3 sqq. 272. &:qiixupoTÉpotç,au compar.,
JVe PYTHIQUE
"'-'
151

h,.,.,
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XWpr:t..Ç CI..Ù'TLÇSO"O"CI..L
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' 'TO' 'X.1\SSVVO'TCl..'TOV
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1
500

273. (XÜ'"t"LÇ
: cxü0Lç;CV 11 280. µtycxpov Bœ'"t"'"t"OU
Mosch. : Bœ'"t"'"t"OU
µÉycxpov codd.

car il y a deux catégories, les forts et les faibles, dans un État. Pour le sens, cf. Il.'
VII, 235, les paroles d'Ajax à Hector,µ~ '"t"[µe:u ~u'"t"e: 1tcxtôàç;&rpcxupoü1te:tp~'"t"tÇe:.
273. ËcrcrcxL (farine &1tcx/;)est un inf. aor. act. du thème homér. e:!crcx,de Ë(û),
faire asseoir, établir; le sens est<< rétablir (la cité) debout sur (=à la tête de) la
poét. = cx30tç;. È/;cx1tlvcxç;
contrée >>.cxü'"t"L<;;, porte sur la suite. On songe aux
soudaines apparitions cl'Athéné dans l'Iliade. 275. Comprendre : <<pour toi sont
tissées (par le desti11) ces grâces >>. 276. '"t"ÀcxÛL : <<aie le courage de >>;l'aor.
imp. s'applique à la circonstance immédiate. e:ùôcx[µovoç;:Cyrène, rendue heureuse
• •
a1ns1.
277. cruv0ɵe:voç;,de cruv0Éq01XL : mettre ensemble, d'où méditer, ou plutôt
ici<< rapprocher>> de notre situation à tous deux. Le poète rappelle Il., XV, 207,
où Poseidon complimente Iris, la messagère : Ècr0ÀoV xcxt '"t"O
'"t"É'"t"UX'"t"CXL,
o'"t"'&yye:Àoç;
cxfcrLµcx e:tÔ7Î.Pindare suggère que ce vers pourrait lui être appliqué par Arcésilas:
tel est le sens de la suite: cxtSl;e:'"t"cxL
X!Xtl\1oî:crcx
(v. 279). 278. '"t"LfLŒ\I: prix, valeur.
279. È1tÉyV(J): ne signifie<< apprendre à connaître>>
, , qu'avec , l'ace. Mais - ,on connaît
À ,
un ex. c la ss. au sens cle <<1ouer >>,avec 1e gen., e:1tLytyvû)CJXû) cre:'"t"'YJ<;;
e:1ttµe: e:tcx<;;,
152 PINDARE

èv aè ~OUÀ~~ÇnpfcrOUÇ tyxup-
cr~tÇ éx~'îOV'î~e-re~ ~tO'î~,
~ onoç,
opcp~v((et µ.èv x~xcxv yÀwcrcr~v cp~evv~ç ' ,
~µ.~0e a' uôp((ov-r~ µ.tcre~v,

oùx tp((Cùv &v-r(~ -ro~ç &y~0o~ç, Ant. 13


,~, , ,-.
ouoe µ.~xuvCùv 'îeAOÇ ouoev.
,~, 'O ,
y~p x~t-
' npoç
poç ' ~v' 0peùnCùv
, A ' µ.e-rpov
1-'P~x.u , ,,
ex.et·
';' ,, 0 , ~, '
eu vtv eyveùxev · sp~nCùV oe ot, ou op~- ' ~ 1
510

cr-r~ç on~ae~. <I>~v-rl.a· ~µ.µ.ev


....,,, f '\\ I ,,1
'îOU'î ~Vt~po-r~-rov, X~/\~ ytVCùCTXOV'î ~v~yx~

285. oùx. Èp[~<ù\l : oùx. È~e:pt~<ù\lC 11 288. &vto:p6,o:,ov BcP 0 : &vto:p6-


,o:,oç; V &vto:pw,o:,ov <DEGHcac.

chez Chion d'Héraclée, épistolographe du rve siècle. 282. Èv ~ouÀo:î:'ç; : <<dans


les conseils >>et non_ Èv cppe:cr[ (schol.). 283. cpo:r;;vvéxç;
or.6ç; ne peut s'appliquer
qu'à Damophile, qui << prive la calomnie de (l'aide de) sa voix brillante >>.
284. E(.Lo:0e:semble être le mot important : <<il a appris>> depuis ( et par) sa disgrâce.
u~p[~O\l't"C(est sans doute une allusion aux u~ptcr,o:l qui l'ont compromis.
285. oùx. Èp[~<ù\l: il s'agit de la mauvaise ltptç; selon Hésiode (début des
Travar,x). Le vers entier fait penser à T,·. 716 : µ"f)i>È xo:xwv g,o:pov µ"f)i>'ècr0Àwv
ve:tx.e:cr,'Yjpo:.286. x.o:tp6ç;: l'occasion saisie par Dam op hile est celle de la victoire
pythique et du poème de Pindare. Cf. le début du vers, qui signifie en gros :
il va droit au but; de même ~po:xù µé,pov : il n'attend pas. Sous couleur de louer
Damophile, Pindare conseille à Arcésilas de saisir, lui aussi, le moment propice.
1tpoç;&v0pw1t<ùv:pour être saisie par les hommes. 287. i>pcxcr,o:ç;:soit l'esclave
fugitif (de i>ti>pcxcrx<ù),
soit le simple ma11œuvre (de i>pcx<ù), par opposition à 0e:pi:x-
1t<ùv.Les commentateurs se sont divisés. 1\·fais 01to:i>e:î:' exclut l'idée de fuite. Autre
question : le sujet est-il Damophile ou x.o:tp6ç;?Bien qu'ici aussi certains aient
hésité, il est clair qu'il s'agit de Damophile (cf. DES PLACES, Pro11on1, p. 30),
déjà sujet cl'ltyv<ùx.e:v,
et qui, si Arcésilas le rappelle, sera non tin vulgaire i>pcxcr,o:ç;,
mais un vrai Oe:pcx1t<ù\l. <I>o:v,t8' ltµµe:v : on songe à la célèbre forn1ule reprise par
Musset à Dante : <<Il n'est pire misère I Qu'un souvenir heureux dans un jour de
malheur.>> 288. xo:Àix: ,ix ,'Yjç1to:,pl8oç;xo:Àcx,commente avec raison le Scho-
JVe PYTHIQUE 1 53

E:X't'OÇ
, '
e:xe:tv
,, I ~
7tOoOC.Koct ' µocv
' xe:tvoç
- ''ATÀOCÇoùpocvéj')
npocrnocÀocte:tvüv ye: nocTpCÎ)-
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OCÇOC7t0 ~ OC7t0
, ' 't'E: X't'E:OCVWV.
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Tt't'OCVOCÇ.
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µe:Tocoo"AoclÀ~çocvToç o~pou 520

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I 'A••',, ,
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OUÀoµe:vocv
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VOU-
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Ep. 13
O'OVc'>tOCV't'À~croctç
7tO't'f
oIxov lc'>e: t v, ln' 'An6"A"Aw-
' I I , I
voç Te: xpocvC{-cruµnocrtocç e:q:ie:nwv
0uµov ' e:xoocr
'<:-'0 oct npoç
',,e 'YJUOCV ,
noÀÀocxtç,
,, -
E:V't'E: croq:iotç

290. npocrnœÀœlEL : nponcx.ÀœLELH 11 291, &rp0t-roç : &rp0t-rov E 11


294. xpcx.vq;: Kupcx.vq;GHac.

liaste. &.vcx.yxq;
: la nécessité du Destin. 289. xœt µœv : et certes, sans doute,
présente une objection précisée par vuv ye:: maintenant encore. xe:ï:voç"A-rÀœç: le
fameux Atlas. oùpœv(> npocrnœÀœtEL: cf. Od., I, 53-54 : È:XEL ôé-re:x(ovœç œù-ràç 1
µœxpœç œ'1yœï:cx.v-re:xœl oùpœvàv &.µrplçè:xoucrL.L'évocation de la stature d' Atlas
soutenant le ciel développe magnifiquement la comparaison de Damophile avec
une colonne (v. 267 sqq.). On songe aussi aux v. 347 sqq. du Pro1J1éthée enchaîné,
notamment : €crTIJXEx(ov' oùpœvou -re:xœl x_0ovàçc½µotçÈpe:(ôwv. 291. Tt-réivœç:
par Zeus, ils formaient chez Eschyle le Chœur du Prométhéedélivré.
délivrés (ÀucrF.:)
Èv ÔÈ:xp6vq> : avec le temps. oupou : le mot, qui d'ordinaire désigne un vent
favorable, est simple1nent l'équivalent poétique d'&ve:µoç. 292. µe:-rœooÀœl:
ilfaut savoir changer la direction des voiles.
293. oÙÀoµévœvvoucrov : l'exil; cf. P. X, 41 : y'fjpœç oùÀ6µe:vov.ÔLœv-rÀ~crœtç:
ayant vidé jusqu'à la lie. no-ré porte sur la suite. 294. 'An6ÀÀwvoç xpcx.vq;,cf.
HoTE, VI, 15 8 : les Libyens conduisent Battos et ses compagnons à une source
dite source d'Apollon, dont l'emplacement doit être la partie la plus ancienne de
Cyrène; voir F. CHAMOUX,Cyrène, p. 303 et pl. XIV (2). CALLIMAQUE, H. Ap., 88,
' ',:,," ~ IT'
pare1 d e 1a source K yre : OLo ounw 7t'1JY7JCTL ,,:,, À,
"-UP'tJÇe:ouvœv-rone œcrcrœL
A I
uwpte:e:ç.
cruµnocr(œç èrpénW'J<<régnant sur les festins>>; cf. EscH., Perses, 38 : Èrp.0~~œç
(ace.), <<régner sur Thèbes >>. 295. 0uµàv Èxô6cr0œL: livrer son cœur, sans
arrière-pensée. npàç ~~œv : non pas<<aux joies de la jeunesse>>, mais<<au service de
1 54 PINDARE

"t'Ct:LÇ' ' 0Lyeµzv,


'f)CJ"UXLêf '
a' Cll>"t'OÇ1tpàç CX:CJ'"t'WV. 53°
µ~T' &v "t'LVL1t~µCt:1topwv, CX:7tCt:0~ç
' xe
K ClL µu 0''f)O'ClL"t'O ' 'A pxecrL'"ACt:,
7tOLCt:V,
2 99
7
eupe ''8 Ct:µupocrLCùV
1tCt:yCt:v t
e1teCùv
''

1tp6crgiCt:Tov,0~0êf ~evCù0elç.

296. 'Y)GUXtCf HP0 cac 11 298. µu0-fJcrcx.L't"O


: 'Y)GUXtCX.Ç TTOtcx.V: µu0-fJcrcx.L0'
01tolcx.vCV 8 11 299. post 1tp6crcpcx.'t"ov,
non ante, recte distinguit Beck.

la jeunesse>>, i. e. des jeunes gens. Ce sens du mot est courant, et Eschyle, contem-
porain de Pindare, l'emploie à diverses reprises: 'EU&.ôoi; ~ôcx.i;'t"cx.y&.v (Ag., 109-
x0ov6i; (Perses, 512), etc.
110); cpLÀ't"Œ.'t"'Y)V~Ô'Y)V 296-297. èv crocpoî:i;.•• TTOÀt't"cx.Lç
doit être joint. Pindare précise que Damophile ne se borne pas à écouter, ni
même à commander une ode comme celle-ci, mais qu'il manie lui-même la cp6p-
µLyç. crocpoî:i;: <<ceux qui savent >>,est un mot-clé du vocabulaire pindarique.
296. 'Y)GUXLCf pour 'Y)crux[cx.i;,tour familier à Pindare. Le sens est : <<jo11ir de la
tranquillité >>.On songe au grand Condé, après le pardon de Louis XIV, ne
voulant plus songer qu'à son salut. 297. Ce vers formule les engagements
pris par Pindare au nom de l'exilé. 298. 1tolcx.v:de quelle qualité. 299. 1tcx.yà:v
&µôpocr[wv È:TTtc.ùV. Damophile a évidemment fréquenté Pindare en ami, peut-être
en disciple. La maison du poète et la ville de Thèbes (0-fJÔCf)sont cette source
d'où ruissellent des chants immortels. 1tp6crcpcx.'t"OV se rapporte à 1tcx.y&.v : une
source toute nouvelle, toute fraîche. Joints à µu0~crcx.L't"O, qui est le terme des
,.
rec1ts et d es contes, 1es mots TTOLcx.v,
, '
1tpocrcpcx.'t"OV, •e'
et surtout cx.µupocrLwv 'L
ETTEc.ùV,
ouvrent de mystérieuses perspectives sur la nature de ces chants immortels, sur
lesquels nous avons naguère hasardé une hypothèse : cf. Pindare, p. 38-39.
LA Ve PYTHIQUE

Nous avons dit déjà (1) ce que nous croyons pouvoir


reconstituer des circonstances dans lesquelles fut exécutée cette
Ve Pythique, par laquelle le poète, une fois sur place, remplaça
la IVe. Là-dessus, certains passages du présent poème sont, à
nos yeux, suffisamment révélateurs.

LES CIRCONSTANCES. "


CARRHOTOS

Il n'est pas, écrivions-nous, une Ode triomphalede structure


plus classique que celle-ci chez Pindare : célébration de la cité
et de ses dieux, éloge du roi vainqueur et des Jeux, les parties
traditionnelles y sont représentées avec éclat. Un point notable
toutefois : l'aurige ne disparaît pas derrière le roi, propriétaire
des chevaux ; Pindare fait en faveur de Carrhôtos une exception
comparable à celle qu'il fait dans la VJe Pythique en l'honneur
de Thrasybule, son jeune ami. L'aurige, beau-frère du roi,
n'était même pas nommé dans la JVe Pythiqtte: il est mis ici en
vedette. Mieux : il l'est en des tern1es qui donnent à penser.
En effet, après avoir rappelé au roi qt1e c'est Cyrène qui est
chantée (v. 24), le poète l'engage en termes exprès à rapporter
avant tout à la divinité la cause de toute chose, c'est-à-dire de
la victoire, et à chérir Carrhôtos par-dessus tous ses compa-

(1) Voir supra, p. 87 sqq.


PINDARE

gnons. Qu'est-ce à dire? Nous pouvons croire qu' Arcésilas


ne rendait pas à Carrhôtos la part qui lui revenait dans le
triomphe pythique. Le Scholiaste note que les éloges du poète
ne se comprendraient pas pour un aurige si celui-ci n'avait,
par ailleurs, joué le rôle de chef de mission. Mais les v. 24- 2 5,
et, plus loin, de la même veine, les v. 43-44 ressemblent fort à
un conseil précis. Et le v. 54, qui pourrait autrement passer
pour une transition maladroite, s'explique dans la même pers-
pective : Carrhôtos n'a pas échappé à son lot de peine, ayant,
dans l'enivrement de la victoire, pris une initiative qui avait
déplu. Il est des blessures que l'on peut vouloir amicalement
panser: Pindare a voulu faire la part belle à l'ami de Damophile
en rappelant la performance tout à fait exceptionnelle qu'il
avait accomplie : seul sur quarante concurrents, il avait ramené
son char intact ( I ).

L'ARCHÉOLOGIE PINDARIQUE ET LA PROPAGANDE D' ARCÉSILAS

Nulle part ailleurs chez Pindare on ne trouve semblable


description des beautés d'une cité. Nulle part, non plus, le
poète ne semble avoir donné tant de détails précis sur les ex-
voto ou les monuments dédiés dans un sanctuaire panhellénique
par le faste d'un roi ou d'une cité désirant faire étalage de sa
grandeur.
La description de Cyrène, outre ses beautés formelles, est

(1) On sait combien étaient fréquents et graves les accidents. Chez les poètes,
voir Iliade, XXIII, ainsi que chez SOPHOCLE (Électre, 698-763), le faux récit de
la mort d'Oreste, pour lequel il n'est nullement exclu que le poète tragique ait
songé à Carrhôtos.
LA ve PYTHIQUE I 57

d'une remarquable exactitude, que F. Chamoux a bien mise en


lumière (1). L'avenue rectiligne, qui n'avait sa pareille nulle
part en Grèce, où l'on voyait toujours s'accrocher aux pentes
des ruelles étroites et sinueuses (2), de,rait frapper d'admiration
les visiteurs, avec sa perspective triomphale utilisée pour le
déploiement des fêtes et des cortèges menant au tombeau
monumental d' Aristotélès Battos, le fondateur de la ville et de
la dynastie (v. 90 sqq.). Ayant agrandi les sanctuaires primitifs
(v. 89), et sans doute en ayant construit de nouveaux, il a laissé
à ses descendants un cadre grand.iose pour les cérémonies
religieuses et les banquets sacrés : l'allusion de Pindare au
banquet des Kapve:'i:a(v. 77 sqq.) ne laisse pas de doute sur le
cadre religieux et les circonstances de la célébration de l'Ode,
cependant qu'une précieuse indication de lieu nous est fournie
par l'évocation du jardin d'Aphrodite (v. 24), où Cyrène est
chantée par le Chœur qu'anime le poète. Arcésilas lui-même
a dû suggérer à Pindare ce qui n'est nullement une digression,
mais est destiné à mettre utilement en relief, célébrés par une
telle bouche, son pouvoir et sa magnificence.
Arcésilas, nous le savons par ailleurs, était fort soucieux de
sa propagande. Outre ses victoires aux Grands Jeux, il tint à
consacrer dans le sanctuaire delphique ex-voto et monuments
témoignant de sa gloire. La Ve Pythique illustre cette préoc-
cupation, mais non sans obscurités, car tout le peuple de Cyrène
comprenait Pindare à demi-mot, mais nous sommes moins
bien informés. Les v. 34 sqq. indiquent que le char vainqueur,

(1) Cyrène sous la monarchiedes Battiades, p. 176-177.


( 2 ) A voir les vieux quartiers de l' Athènes moderne, on s'en rend encore

parfaitement compte. Mais, sur le Pirée, cf. ARTTE, Politique, II, 8, 1.


PINDARE

ou plus exactement, selon le Scholiaste, sa caisse historiée ( 1 ),


fut suspendu comme un ex-voto (xpéµC(,C<~) auprès d'une statue
faite évidemment en bois et d'un seul jet ([Lov63po1tovc.pu,6v ),
sous la protection d'un abri en cyprès édifié par les Crétois
,Éys·c IlC<pvC<crcrLep: tout le passage est assez mystérieux et a, dès
l' Antiquité, suscité force commentaires. Outre les explications,
plutôt vagues, des scholies, deux passages de Pausanias peuvent
nous aider. Le Périégète décrit, en X, 1 3, 5, un char offert par
les Cyrénéens et portant une statue d' Ammon; mais le lieu
reste indécis. En X, 15, 6, il décrit un groupe important (2),
offert aussi par les Cyrénéens : on y voit Battos sur un char,
avec la Libye qui le couronne; le char est conduit par Cyrène;
le groupe est l'œuvre du sculpteur Amphion de Cnossos (3).
Il se peut que le terme &v3p~&v,~ (v. 40) s'applique précisément
à la statue d'Amman; celle-ci pouvait être fort ancienne et se
présenter sous la forme d'un 1;6C<vov, auquel s'appliqueraient
parfaitement les deux adjectifs du v. 42. Restent les mots ,Éys·c
IlC<pvC<crcrLep
et l'allusion aux Crétois. Quelles que soient les hypo-
thèses avancées pour rendre compte d'un abri soi-disant offert
par les Crétois, il est invraisemblable qu'un monarque ombra-

(1) Elle était décorée de reliefs et de ciselures exécutés e11métal par les habiles
artisans qu'employait le roi de Cyrène.
(2) Voir G. DAux, Pattsanias à Delphes, p. 161 sqq. Le groupe était placé aux
abords immédiats du temple.
(3) L'&:xµ,~de ce sculpteur se situe approximativement entre 470 et 440. Il
est tentant, avec F. CHM1oux (op. cil., p. 206 sqq.), de penser que l'œuvre, qui
évoque si clairement une victoire agonistique, a été offerte par Arcésilas après
sa victoire de 462 : cela cadrerait avec les termes employés par l'historien THÉO-
TIMOS et que rapporte le Scholiaste (= F. Gr. Rist., 470, 1), selon lesquels
<<Arcésilas couronna sa patrie>> après sa victoire. Cette œuvre est ipso facto exclue
ici des allusions de Pindare.
LA Ve PYTHIQUE 1 59

geux et puissant ait abrité son ex-voto sous le couvert d'un


autre peuple : si amicales qu'on veuille supposer les relations
de Cyrène et de la Crète (1), rien ne peut faire admettre que
les Crétois aient abrité chez eux l'offrande du roi de Cyrène !
Mais le texte ne dit rien de semblable. Ni le texte xa0scrcrav, ni le
texte xa0scrcravTo (2) n'obligent à comprendre ainsi, au contraire
avec xa0scrcrav. Que font donc ici les Crétois? La chose est
simple. La mention par Pausanias du sculpteur Amphion de
Cnossos comme auteur du groupe offert sans doute par Arcésilas
atteste, s'il en était besoin, que le roi de Cyrène employait
volontiers des artistes crétois. Pourquoi un Crétois inconnu
de nous n'aurait-il pas, à date ancienne, sculpté un 1.;6avov
d' Ammon? Pourquoi des artistes crétois n'auraient-ils pas
élevé, pour le compte des Cyrénéens, l'abri en bois de cyprès
sous lequel il était placé ? Il est alors tout naturel que Carrhôtos
y ait suspendu son ex-voto, la caisse sculptée, œuvre des plus
habiles ouvriers de Cyrène (3).

LÉGENDES, CULTES ET FONDATIONS

La JXe Pythique,composée en 474, douze ans avant celle-ci,


raconte la fondation légendaire de Cyrène par la nymphe épo-
nyme et le dieu Apollon. A vrai dire, les scholies nous indi-
quent (4) que, dans << le palais d'or>> de la Libye, existait déjà
une ville, dont il la fit reine. La Ve Pythique, dont l'un des

(1) Sur le détail de toutes ces hypothèses, voir CHAMOUX,p. 184.


(2) Voir notre commentaire à ce vers et à tout le passage.
(3) L'article de G. Roux, Pindare, le prétendu trésor des Crétois et l'ancienne
statue d'Apollon à Delphes (R.E.G., 1962), ouvre des perspectives séduisantes,
que nous n'avons malheureusement pas la place de discuter ici.
(4) Voir notre Notice à la JXe Pythique.
160 PINDARE

objets, à l'occasion de la victoire, est de chanter les origines


légendaires, nous rappelle de lointains récits se rapportant à
des migrations successives. Sans reparler ici des Argonautes,
le poète n'omet pas de rappeler la colonisation de Théra par
les Doriens, descendants d'Héraclès et d' Aigimios (v. 69 sqq.),
sans oublier de rappeler ses liens personnels avec l'illustre
phratrie des Égides, associée à cette migration. De Lacédémone
à Théra, et de Théra à Cyrène ( I ), où vinrent Battos et les siens,
se transmit le culte d'Apollon Carnéen : c'est au banquet du
dieu que les Cyrénéens prirent l'habitude de célébrer la glorieuse
destinée de leur cité.
Pindare ajoute (v. 82 sqq.) que les fils belliqueux du Troyen
Anténor possèdent (~xov-r~),c'est-à-dire protègent la cité, car
ils y vinrent avec Hélène après l'incendie de Troie. On connaît,
en effet, les longues errances de Ménélas et d'Hélène sur les
côtes d'Égypte et de Libye avant de retrouver le chemin du
retour. Outre le chant IV de l'Ocfyssée(2) et le livre II d'Héro-
dote (3), l'Hélène d'Euripide, sans parler de la Pali11odieattribuée
à Stésichore et d'un certain nombre d'autres allusions (4), en
conserve le souvenir. On sait aussi ql1e, d'après le chant III
de l'Iliade (5), Ulysse et Ménélas, venus réclamer Hélène, furent
amicalement reçus chez Anténor. Épargnés à la chute de la

(1) Voir le texte, le commentaire et la Notice de la JVe Pythiqt1e.


(2) Voir la visite de Télémaque au palais de Ménélas, le récit de Ménélas,
l'incident du népenthès, etc. (v. 1-301).
(3) II, 112-119. EURIPIDE s'en est visiblement inspiré pour son Hélè11e.Sur
le lieu du séjour d'Hélène en Égypte pendant la guerre de Troie, cf. notre article
sur /'Ile d'Hélène et la tragédied'Er,ripide, R.E.G., 1942.
(4) Voir la Notice de l'éd. Grégoire, Paris, Belles-Lettres, 1950 (t. V d'EuRI-
PIDE). Sur la Pali11odieou soi-disant telle, cf. le Phèdre de PLATON.
(5) Voir les scholies A de l'Iliade, III, 206.
LA Ve PYTHIQUE
.,._, 161

ville, les Anténorides, d'après une tradition cyrénéenne reprise


par Pindare, se seraient installés en Cyrénaïque ( 1 ). D'après
l'historien Lysimaque (2), les Anténorides auraient refusé de
cohabiter avec des colons grecs, et ai11si s'expliquerait leur
installation sur la colline (-ràv À6r_pov) située entre Cyrène et la
mer, et qui gardera leur nom. La dénomination de ce À6r_poç;
'Av-r'Y)vopLÔwv, transmise par le Scholiaste, jointe à l'è:xov-rLdu
texte pindarique (3), donne tout lieu de penser que les trois
Anténorides (4) recevaient un culte à Cyrène, probablement,
du moins à l'origine, au lieu ainsi indiqué. Il paraît hautement
vraisemblable que ce culte fut mis en rapport avec les l(i:xpvsicx,
dont Pindare parle immédiatement avant de nommer les Anté-
norides (5). Il est, par contre, en l'état actuel, impossible d'iden-
tifier autrement ces héros, et telle suggestion récente nous
paraît relever surtout de la fantaisie (6). Mais là ne s'arrêtent
pas les difficultés.
Entre les v. 84-8 5, où s'achève le rappel de l'incendie de
Troie, et le v. 89 abordant les fondations sacrées d'Aristotélès

( 1) Voir la thèse de J. PERRET, Les origines de la légende troyenne de Rome,


Paris, 1942, qui traite de l'ensemble de la question. Voir en particulier le chap. III
de la IIe partie.
(2) Cité par les scholies(= F.H.G., III, p. 337).
(3) Sur le sens d'ltxovTL, cf. Né,n., IV, A'Co:c;;I:o:Ào:µî:v' ~Xe:L1to:Tpé;'io:v.
A ce
présent, il faut donner un sens temporel, exprimant l'idée d'un culte actuel.
(4) Glaucos, Acamas et Hippolochos.
(5) Il n'est nullement invraisemblable que les I{o:pve:î:o:aient offert à l'occasion
l'hospitalité à certains cultes héroïques, et nommément, à Cyrène, à celui des
Anténorides. Cf. F. VIAN, Les A11ténorides de Cyrène et les I{o:pve:î:o:,R.E.G.,
1955, p. 307 sqq.
(6) J. DEFRADAS, dans son intéressant article Le ci,!te des Anté11orides à
Cyrène (R.E.G., 1952, p. 289 sqq.), soutient, à tort, selon nous, qu'il faut les
identifier al1x Dioscures et qu'ils étaient l'objet d'une Théoxénie.

PYTIIIQUES 11
162 PINDARE

Battos, s'insère un passage dont l'interprétation difficile a divisé


les érudits. Qui est l'ÈÀcxcrt1t1tov~0voi:;du v. 8 5 ? Sont-ce les
Cyrénéens comme le veulent les scholies et, dans ce cas, quels
Cyrénéens? Sont-ce les Cyrénéens d'avant tous ces mouve-
ments (scholie b), ou les Cyrénéens de Battos (scholie c)? En
d'autres termes, qui accueille, et qui est reçu, les Anténorides
ou les Grecs de Battos ? Les deux questions sont étroitement
liées. Et, dans sa lettre, le texte est difficile. Faut-il entendre
ôé:xov't'cx~,
au v. 86, comme un présent narratif désignant le fait
légendaire, ou comme un présent réel, désignant le rite actuel?
~0voi:;est-il sujet ou complément ? et que faire de crcpe: ? A cet
ensemble de questions nous allons essayer de répondre.
Qui désigne l'expression ÈÀcx.cr~1t1tov
~0voi:;? Assurément pas
les Grecs de Battos, qui, au moment de leur arrivée, n'ont pas
encore, suivant l'expression de P. IV, 17-18, remplacé les
dauphins par des chevaux et les rames par des rênes (1). D'accord
avec M. Brunel (2), nous pensons qu'il ne peut s'agir davantage
des Anténorides. A son argumentation, basée sur la syntaxe,
nous ajouterons que nous ne voyons pas de raison suffisante,
malgré l'avis d'un certa1n nombre de critiques, pour que ces
Troyens, si amis des chevaux soient-ils, le soient par priorité
dans un pays qui n'est pas le leur, et où les indigènes n'ont rien
à leur envier pour l'élevage des chevaux et leur habileté à les
conduire. De fait, pour les scholies, il n'y a pas de doute : il

(1) C'est ce qu'a cru à tort F. CHAMOUX,Cyrène, p. 71. Cf., du même auteur,
un article de la R.A. (Mél. Ch. Picard), 1948, I, p. 154 sqq. Par contre, W1LA-
MOWI"I'Z (Pi11daros,p. 380, n. 1) donnait déjà au rapprochement avec la JVe Pythique
sa juste valeur.
(z) Voir l'excellent article Les Anténorides à Cyrène et l'interprétation littérale
de Pi11dare,Pythiques V, v. 82-88, dans R.E.A., 1964, p. 5-21.
LA Ve PYTHIQUE

s'agit des Cyrénéens. Reste le problème de chronologie, facile à


résoudre, nous semble-t-il, pour peu que l'on fasse appel au
bon sens, comme le fait J. Perret ( I ). A la simple question :
<<Battos et ses compagnons reçoivent-ils ou sont-ils reçus ? >>,
il n'est, dans cette Épinicie à la gloire des Battiades, qu'une
seule réponse possible : ils sont reçus. La chronologie est
d'accord : qui pourrait penser un instant que les exilés de Troie
(tombée, d'après les caleuls d'Ératosthène, en II 8 3) soient
accueillis par des Grecs arrivés, d'après F. Chamoux, dans la
dernière partie du VIIe siècle ( 2) ? Évidemment, pour Pindare,
ce sont les Anténorides, fixés à Cyrène avant l'arrivée de Battos,
qui accueillent celui-ci avec des honneurs divins : le mot même
de 0ucr(oc~cr~
implique que ces honneurs ne concernent pas des
héros (3). L'indication n'en a que plus de prix : les héros protec-
teurs du sol accueillent Battos et les siens comme des dieux
venus d'un monde surnaturel et vont à leur rencontre avec des
dons propitiatoires. Mieux que cela : ils les accueillent sur la
partie du sol qui leur appartient en propre, le fameux À6cpoç:
nous savons en effet que Cyrène fut fondée sur la hauteur,
Èv &py~v6e:vT~ µoccrT0, dit la JVe Pythique (v. 8), 6x0ov Èç &µ<pt-

(1) Op. cil., p. 159 sqq. L'interprétation de J. PERRET a été admise par
J. BÉRARD(Journal des Savants, 1943, p. 124 sqq., et R.E.G., 1944, p. 75).
(2) Entre les trois dates proposées par la Chroniqued'EusÈBE, et qui reposent
en partie sur les travaux du Cyrénéen Ératosthène (1136, 761, 631), F. CHAMOUX
(op. cit., chap. II) choisit la plus basse en se basant sur la vraisemblance archéolo-
gique. Mais il n'hésite pas à voir dans la plus ancienne une projection mythique
de l'histoire, d'où il incline à penser que les Battiades de la légende auraient pu
être présents pour accueillir les Anténorides : nous avons quelque peine à
l'admettre.
(3) Les cultes héroïques étant des cultes chthoniens, on n'y saurait parler
de 0ucr(oct, mais d'èvocytcrµol.
PINDARE

1te:3ov,dit la IXe (v. 5 5), désignant la hauteur entre deux plaines,


tournée d'un côté vers la mer et de l'autre vers l'intérieur.
Nous comprenons alors pourquoi les Anténorides et leur culte
occupent dans l'Ode cette place d'honneur. Nous entendons
alors È:Àcxcrt1t1tov ~8voç comn1e sujet ad sensu,n de 3txo'J,cxt, et
l'expression désigne les Cyrénéens cavaliers ( r ).
Les difficultés qui touchent à la structure de la phrase se
laissent, dès lors, plus facilement résoudre. Il n'est même pas
nécessaire de proposer de correction, ce qui, en bonne méthode,
vaut toujours mieux (2) : &v3pe:çest une apposition au sujet
de 3txov,cxt; rattaché à oixvtov,e:ç... 3wpocp6poi,il peint parfaite-
ment la scène; &v3pe:çet 8ucrtcxtcrtse mettent réciproquement
en valeur: les Libyens de Cyrène, parmi lesquels ont fait souche
les descendants des Anténorides, accueillent, en mortels qu'ils
sont, par des offrandes et des sacrifices, ceux qui viennent à eux
comme des dieux. Qui sont ceux-ci ? Désignés par le pronom
personnel crcpe:,qui n'a rien d'un anaphorique et qui ne peut,
en aucune façon, comme l'a fort bien souligné M. Brunel, être
l'antécédent de ,ouç, il faut les chercher plus haut, assez loin
avant la double parenthèse (celle des I(cxpve:'i:o.et celle des Anté-
norides) qui occupe les v. 77-8 5 : qui seraient-ils, sinon les
cpw,e:ç Aiye:·t3cxt? Le pronom crcpe:est ensuite explicité et sa

(1) On peut penser qu'à ces Cyrénéens antiques s'étaient agrégés, dans la
pensée du poète, les Troyens a1nis des chevaux. Mais, à notre avis, depuis èv "Ape:t
(v. 85), il n'est plus question des Anténorides. Dans la JXe Pythiq11e,le poète
parle des Libyens de Cyrène en les appelant t1t1te:u-riiv
voµ.&awv.
(2) Hartung avait suggéré de corriger cxvl>pe:çen cxvl>pixç,pour four11ir
un a11técédent à la relative -roùç x-rÀ. Nous répugnons, pour notre part, à
corriger sans nécessité absolue et considérons que la glose èpx6µ.e:vot des
i.cholies, par ailleurs si éclairante, entraîne un nominatif global, d' cxvl>pe:çà
l>wpocp6pot.
LA ve PYTHIQUE ~

signification précisée par -roùç 'Aptcr-ro-rÉÀîJÇèJ:yayzv: ceux que


Battos amena sur ses nefs rapides, ouvrant la voie sur la mer
profonde. C'est en effet la colonisation de Battos, et nulle autre,
que le poète entend mettre en glorieuse lumière.

DORIENS, '
HERACLIDES, '
EGIDES

L'occasion est bonne pour Pindare, à travers Battos et les


siens, de remonter non seulement à Théras, mais aux Égides
et aux grands ancêtres doriens. En fait, il faut bien distinguer
les uns des autres. Il faut d'abord mettre à part le mythe, sans
doute postérieur à celui des Héraclides, d'Hellen et de Doras,
père d' Aigimios : sans doute Doras, comme par ailleurs Achaios
et Ion, fut-il inventé pour être l'ancêtre éponyme. Aigimios,
fils de Doras, était, certes, Dorien, mais n'avait rien d'un

Prométhée Zeus

1
Deucalion
1

1
Hellen Amphictyon

1 1
1
Doros Xouthos, ép. Créuse Aiolos Itonos
1
1 1
1 1 1

Aigimios Crétheus Boiotès Iodama


1 1 Salmoneus 1

1
1
Achaios Ion Athamas T
etc. Thébé
Dymas Pamphilos

TABLEAU GÉNÉALOGIQUE N° 1
r66 PINDARE

Héraclide. Il fut pourtant étroitement associé avec eux dans


la suite d'expéditions légendaires que les mythes appellent
<<retour des Héraclides>>, et auxquelles les historiens ont donné
le nom d'invasion dorienne. Par reconnaissance envers Héraclès,
qui l'avait délivré des attaques des Lapithes, Aigimios, dit la
légende, adopta Hyllos, fils d'Héraclès, le mettant à égalité
avec ses propres fils Dymas et Pamphilos (cf. schol. à P. I,
62 sqq. et Pausanias, II, 28, 6); d'où les noms d'Hylléens,
Dymanes et Pamphiles ultérieurement donnés aux membres
des trois tribus doriennes. Des Héraclides, Téménos s'installa
dans Argos, Cresphonte à Messène et les fils d' Aristodème en

Zeus Alcmène
1

Héraclès
ép. Déjanire
1

Hyllos
ép. Iole
1

Cléodaios
1

Aristomachos
1

1 1 1
Téménos Cresphonte Aristodème
ép. Mérope ép. Argia
1

1
Proclès Eurysthénès

TABLEAU GÉNÉALOGIQUE N° 2
LA Ve PYTHIQUE
.,.__,

Laconie. Dymas et Pamphilos, fils d' Aigimios, les accompagnent


avec les leurs (1). Quant aux Égides, noble race de Thèbes,
ils se joignirent aux Héraclides, qui les prirent avec eux lors
de leur passage en Béotie (2), et conquirent avec eux le Pélo-
ponnèse. Si Pindare, comme il semble clairement le dire, était
lui-même un Égide, il pouvait revendiquer une parenté avec
les colons de Théra, donc avec les fondateurs de Cyrène : il
n'était donc nullement un étranger dans le palais des Battiades.

'
LE METRE

La Ve Pythique est écrite dans un rythme rare chez Pindare


et que l'on appelle souvent - à tort - rythme péonique, par
confusion entre le péon et le crétique (3). Comme celui-ci, le
péon est noté -v-. Mais, alors que le péon est une mesure à
cinq temps, le crétique,comportant une longue allongée (Lv-
ou -v_J) est une mesure à six temps. Le rythme péonique est un
rythme populaire, fréquemment employé dans la comédie. Le
crétique, lui, appartient, suivant le cas, à la série iambique (et
c'est une longue de trois temps suivie d'un iambe) ou à la
série trochaïque (et c'est un trochée suivi d'une longue de trois
temps). Parallèlement, le bacchéeest un diiambe dont le second
pied a été remplacé par une longue à trois temps, cependant

(1) Pindare tient en particulière vénération les lois doriennes, qu'il appelle
tour à tour '1ïJ..t3oç cr-rcx.0µ.cx.ç
et -re0µoî:crtvAtytµtou (P. I, v. 62 et 64).
(2) Certains prétendent qu'Aigeus, éponyme à Thèbes de la phratrie des
Égides, était l'un des Spartes, nés des dents du dragon semées par Cadmos.
Faut-il voir un rapport entre le nom d' Aigeus et celui d' Aigimios ? Tous deux
reçurent en tout cas les bienfaits du Thébain Héraclès.
(3) Voir A. DAIN, Traité de métriquegrecque,p. 20, 27, 75-76, 144-146, etc.
168 PINDARE

que l' antibacchéeest un trochée précédé d'une longue à trois


temps. Le rythme lyrique où dominent ces éléments est un
rythme animé, qui convient à la célébration d'une fête joyeuse.
Il fait une large place à la danse, ce qui semble indiquer qu'il
est, du moins à l'origine, à dominante trochaïque, puisque le
rythme trochaïque est par excellence le rythme de la danse.
On le retrouve dans la JJe O!Jn:pique.
SCHÉMA MÉTRIQUE DE LA ve PYTHIQUE
= '
CX:V't"LO"t"p.

I v-v- -v- di ia + cré


vv
2 v-v- -v-v-vv- di ia + di chor.
3 v-vvv -v-vv--v di ia + glyconien
vvv- + cré
v
4 vvv vvv- ia + cré (1)
vv
5 -v-- -vv- cré + chor.
6 v- -v- ia + cré
7 --
V
---vu-v- spo + glyconien (2)
u ba + télésilleion
8 v-- --vv-v-
9 v-v- -v- -v- diia+2cré
10 -v- -vu- vvv- -v- cré + chor. + 2 cré
II v-- -v- v-v- ba+cré+di ia

'En.
IV-- vvv- v-v- -vv- ba + cré + di chor.
2. v--v v-v- v-v- glyconien + di ia
-v-v v- + phérécratien catal. (3)
3 -v-vv- vvv-vv- 2 phérécratiens catal.
4 v-v- -v-vv-- di ia + phérécratien
5 v--vv- vvv- phérécratien catal. + cré
6 -vv- vvv-vv- -v- chor. + phérécratien catal. + cré
vv UV
ba+diia+ba
7 v- - v-v v--
,
8 -v- -v- 2 cre
vvv vu glyconien + chor. + di ia
9 - --vu-V- -vu- V V-
-v- + cré

(1) Certain~ l'interprètent comme un dochmie où toutes les longues sont


résolues, sauf la dernière.
(2) Turyn, après Hermann, distingue deux côla : un palimbacchéeisolé à finale
indifférente (-- v) et un télésilleion ( = glyconien acéphale). Aux v. 69 = 80
et 100, des questions de texte se posent.
(3) Le phérécratien est un glyconien catalectique. Il se présente souvent
lui-même sous la forr11e catalectique ( Maecenasatavis).
V

APKE~IAAQI KYPHNAIQI APMATI

'0 1tÀoÜ'C'oç e:ùpucr0e:v~ç, Str. 1

8'C'aV 'C'LÇ&pe:'C'~xe:xpaµfvov xa0ap~


, \ ' I
· ~po~crLoç &v~p 1t6'C'µou 1tapa36v'C'oç aU'C'OVavayY)
.,., .,. <, 5
7t0AU(f)LAOVE:7tE:'C'aV.
5 .,Q 0e:6µop' 'Apxe:cr(Àa,
1 , ~
cru 'C'OLVLV XAU'C'aÇ
.,.

alwvoç &xpiiv ~a0µ(3<.ùv ix1to


, '"' ?::' , IC
cruv e:uoosL~ µe:'C'avLcre:aL
,, , K,
E:Xa'C'Lxpucrapµa'C'OU aO"'C'Opoç,

0
5. 0e:6µop' Er. Schmid : 0e:6µoLp' codd. 11 8. µe:,a:v[cre:a:L
B<I>P GHV :
µe:,a:vucre:a:L<I>a cao µe:,a:v[crcre:a:L
0 E µe:,a:v[crcra:La:L CPC.

1 sqq. Outre CALLIMAQUE,


H. Zeus, 95, ces vers sont à rapprocher d'un fr. de
Sappho : on-ÀoÜ,oc;rlve:u< ,ii.c;> &.pe:,ii.c; oùx &.crLv~c;n-&poLxoc;
(148 Lobel-Page).
Serait-ce une critique déguisée? en tout cas <<l'art de conseiller les rois>>... Mais
cf. 01., II, 58 sqq. : TTÀOÜ,oc; &.pe:,a:îc;ae:aa:Laa:Àµitvoc;. 2. xa:0a:p~ : lumineuse;
cf. 01., II, 58 sqq. 5. 0e:6µop(e:):qui tiens des dieux ton lot. 6. VLV, la prospé-
rité. 7. ~a:0µlawv: piédestal (et non<< degrés>>); cf. Ném., V, 1: &.ya.Àµa:,'èn-'
a:ù,ii.c;~a:Oµlaoc;É:cr,a:6,'. &.xpii.vest d'ordinaire traduit par<<premier>>au sens chro-
nologique; cf. P. XI, 10: rlxpq: cruv É:crn-épq: (=prima vespera). Il faut comprendre
plutôt<< du haut de>>. 9. xpucrocpµ&,ouK&cr,opoc;: dieu cavalier (cf. Il., III, 237:
K&cr,op& 0'tn-n-6aa:µov), Castor aurait inventé le bige. Les Dioscures présidaient
PINDARE
, \',I (\ \ / ,1 (2 I
10 EUO~C<V OÇ µE,C< XE~µEp~OV oµupov "t'EC<V

0
XC<"t'C<~ U<J<JE~ !-1-C<XC<
1
~pC<V E<J"t'~C<V.
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~ocpot aé ,O~ XtXÀÀ~OV Ant. 1

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1 1
"(EpC<ç

10. ,e:œv : t&v CVPC tixv vao 11 12. ÔÉ: 't"OLMosch. : ô' Ë,L Béf>EGH
ÔÉ:'TLCV 11 16. post tcrcr( dist. RosE, Class. Quart., 1939 11 18. ixtôot6,ix,ov
Er. Schmid : -É:cr,ix,ov codd.

aux Jeux Olympiques (cf. 0/., III, 36 sqq.), à l'instigation d'Héraclès. Pausanias
(V, 15, 5) parle d'un autel des Dioscures près de l'&cpe:crtçt7t7tWV d'Olympie, où
Castor au:.:ait remporté la course (ôp6µ.cp, cf. V, 8, 4). D'après les scholies, les
Cyrénéens célébraient des ~Locrxoupe:î.'ix depuis Battos le fondateur. Au v. 93,
le Scholiaste ajoute que le temple des Dioscures était sur la voie dallée. 11:ais les
fouilles ne l'ont pas mis au jour (CHA111oux, Cyrène, p. 272). 10. On voit là
d'habitude une allusion au.'l: troubles de Cyrène au temps d'Arcésilas. Par ailleurs
(F. CHAMOUX,op. cit., p. 177), on note l'exactitude des indications concernant le
climat de Cyrène. 11. xix,ixt0ucrcre:t : cf. P. IV, 83, sur la chevelure de Jason.
12. crocpot : ceux qui savent. 13. xixl : même celle qui est un don des dieux.
14. crÈ:ô' lpx6µ.e:vov: le participe, comme toujours, est ambigu : <<toi qui marches>>,
ou<< si tu marches>>. &µ.cpivé:µ.e:-rixt: seul exemple chez Pindare de cette expression
homérique. 15-16. µ.e:yixÀéivrcoÀtwv est rattaché le plus souvent à ~~crtÀe:i.>çtcrcrl,
parfois à ce qui suit. Rose (Class. Q11arterly, 1939) ponctue après tcrcr(, suivi par
Snell, bien que la ponctuation traditionnelle soit pleinement satisfaisante. Sur
tout le passage, voir BURTON, p. 139 sqq. 16. µ.e:yixÀéiv1toÀ(wv: les villes de la
Cyrénaïque, Taukheires, Barké, et cette Euhespérides qu'il peuplait de merce-
naires pour s'en faire un refuge, et où plus tard il fut assassiné. Cf. CHAMOUX,
op. cit., p. 164 et 172. Sur l'expression, cf. P. IV, 20. 18. ôcp0ixÀµ.àç:sur la valeur
symbolique de l'œil, voir J. DuCHEMIN, Pindare, p. 23 3-234. Rapprocher d' oµ.µ.ix
(v. 56) et surtout de ::Etxe:Àtixçôcp0ixÀµ.6c;(01., II, 11) appliqué aux ancêtres de
Ve PYTHIQUE 1 73

't'EC(.'t'OU't'o µsiyvuµsvov
fV f'V '
cppsvi •
'

:1.0 µ&xcx.p 3È xcx.t vuv, XÀEEVVixç ()'t'L


s0:x_oç ~31) 1tcx.pix Ilu0i&3oç f1t1toiç ÉÀ6)v
3t3s;cx.i't'6v3s x&µov &vÉpwv,

'A1toÀÀ6)viov &0upµcx.• 't'W crs µ~ Àcx.0É't'Cù Ep. I


I"\\'\~
K upcx.vcx.y /\UXUV cx.µcpi xcx.- 31
7tOV ' A cppooL't'CX.Ç
<:::,
' CX.ELOO
' <:::, µsvri.
'

1
7tCX.V't'L
µsv 0 \ ,, 1
EOV CX.L't'LOV 0' I'.
U7tEp't'L sµsv,
cpiÀs~v 3È K&ppw't'ov t;o:x,' É't'cx.(pwv,

23. cre µ1) Er. Schmid : µfi cre codd. 11 24. Kup&v(X.codd. : Kup&vq.
Er. Schmid Kup&V(X.Ç 8 H 2 es : -6µevov 11 26. CflLÀ€LV
Schr. 11 &etaoµÉV1)<!> codd.
Aristarchus : cpLÀeL~ (lectio ante Aristarchum vulgata).

Théron. yÉp(X.c; i. e. la royauté (cf. NÉM., VII, 38-40),


"t'OÜ"t'o, 20. O"t'Lrépond
à celui du v. 15. 21. eùx_oc;:la gloire; cf. Ném., VI, 60: eùx_oc;&y(i)VCùV &no.
21. Ilu0t-xc; : la fête, i.e. les Jeux Pythiques. 22."t'6vae x.&µov &vÉpwv:Pindare
ne l'a pas amené avec lui, comme celui dont il est question au début du Péan VI.
23. 'ArtoÀÀ(i)VLoV &0upµ(X.:l'exécution de l'ode (plutôt que les Jeux ou la vic-
toire elle-même) est<<le divertissement>> (littéralement<< le jouet>>) d'Apollon. "t'Wcre
µ1) À(X.0É"t'Cù: ainsi donc, n'oublie pas, etc. credésigne Arcésilas, malgré Snell, qui
fait de I{up&v(X. un vocatif auquel renverrait ce pronom. 24. &eta6µevov est la
leçon de presque tous les manuscrits, et on le rapporte généralement à cre, i.e. au
roi; Snell le rapporte à x.5.rrov.Mais les scholies glosent par &vuµvouµÉvî),ce qui
authentifie la leçon &etaoµÉv1)se rapportant à I{up&v(X.. Faute d'avoir vu cela, on a
voulu corriger I{up&v(X. en Kup&vq.ou I{up&v(X.c;, bien inutilement. Le sens est : <<Ne
perds pas de vue, ô roi, que Cyrène est ici chantée >>,i. e. que c'est Cyrène que
nous chantons ici. &µcp1X.Œ.7tOV 'Acppoa["t'(X.Ç
est dit par analogie avec tltoc; x.ix.rrov
(P. IX, 53). On a pensé parfois que ces mots désignent la Cyrénaïque. Mais il
y a bien là une allusion au jardin sacré d'Aphrodite (cf. CHAMOUX,op. cil., p. 185).
25-26. Pour construire la suite, il reste à donner aux inf. urrep"t'L0ɵev et cptÀeÎ:vune
valeur d'impératif: la leçon cp[ÀeL,conservée par les scholies comme antérieure
à la correction cptÀeÎ:v d' Aristarque, atteste la valeur des deux verbes. 26. S:"t'(X.Lpwv
prouve, s'il en était besoin, que la phrase s'adresse bien au roi. Sur Carrhôtos,
1 74
PINDARE

'"" ou' 'r(f.V


oç ' 'E ntµ(f. 0'e:oç (/.ywv
''
,.,, 0 I / II / B 11-~
35
O't'LVOOU uy(f.-rEp(f. pocp(f.crLV (f.'r'rLO(f.V
> / 'l'I
(f.(f)LXE-ro ooµouç
0 /
e:µtcrxpe:ov-rwv,
J.AA' &ptcr0cxpµ(f.TOV
ui(f.'rL K(X(j'r(XJ..l(Xç
/;e:vw-
0e:tç ytp(f.Ç &µcptO(f.ÀE 't'E(f.Icrtv x.6µ(1.LÇ,
40
, I t /
(XX.'Y)
p(/.'rOLÇ (f.VL(f.LÇ
Str. 2
11- / 11-111-, ,, 11- / /
7tOO(f.pXEWVowozx (XV opoµwv -re:µe:voç.
45
,.,
K (f.'rEXA(f.CTE ',
y(/.p
/ 0'
e:v-re:wv cr e:voç
'11-'
ouoe:v •
,.,.,,
(/.1V\(/.
/
xpe:µ(f.T(f.L
< I ~
35 07t0CT(f.XEp L(f.p(f.V
,,
-re:x-r6vwv i(Xli(Xt..' (Xywv

28. BO(-C-'t"taav
Mosch. : BO(-C-'t"tO(iav
codd. 11 34. xpéµO('t"/J(t
: xpéµO(V't"O(t
CV
11 36. aO([aO(À,Pauw : aO(taaÀµO(-c-' codd.

voir la Notice. 27-28. 'Errtµ.0(0éoc; u41tv6ou: souvenir hésiodique du mythe de


Prométhée dans les Travaux. Sur le nom même d'Épiméthée, cf. Tr., 84 et
Théog., 510. IIpocpO(crtçest sans doute imaginée par Pindare. &.ywv: cf. P. III, 73 :
'Yy[EtO(V&.ywvxpucré/J(v.Au début de la VJe Pythique, Thrasybule mène sur son
char vainqueur le Précepte ('Ecp'f)µocruVYJV) emprunté au poème hésiodique des
Enseignements de Chiron. 29. 0EµtcrxpE6v-c-wvest un &rr0(1;. 30-31. &ptcr0&p-
µO(-c-ov yép/J(c;: c'est la couronne pythique, gagnée par Carrhôtos, mais, suivant
l'usage, décernée au propriétaire de l'attelage vainqueur, Arcésilas.
32. &xYJpix-c-otç : intactes; les rênes ici désignent le char. 33. rroaO(pxéwv :
le mot a suscité bien des discussions. Nous ne voyons nulle difficulté à suivre
le Scholiaste, qui le comprend comme un participe, le glosant soit par ÈrrO(pxwv,
soit par -c-oï:'ç rrocrl.vÈrrO(pxécrO(ç; rroaO(pxéw signifierait <<parcourir rapide1nent >>
(cf. l'adj. rroaO(pX~ç)et aurait pour complément -c-ɵEVOÇ. iwaEx&apoµov: six fois
l'aller et le retour, i. e. douze fois la longueur de l'hippodrome (cf. 0/., II, 55).
-c-ɵEvoc; : l'hippodrome est une enceinte sacrée. 34. Cf. v. 49 sqq. Comparer
avec SOPHOCLE,Électre, v. 698-763, particulièrement les v. 729-730 : rriiv a' Èrr[µrr:-
ÀO(-C-0 l vO(UO(y[wv J{ptO'O(LOV lrrrrtxwv rr:éaov.xpéµO(-C-O(t: le char, ou plus exactement
sa caisse (-c-àva[cppov-c-où&pµO(-c-oc;, dit le Schol.), est suspendu en ex-voto. Èv-c-éwv:
les diverses parties de l'équipement du char (se dit aussi d'un harnais, d'agrès, etc.).
35. x.:ptO(p,iv: O(ITO(Ç. 35-36. OITOQ'O( aO([aO(ÀO(: il s'agit de la partie la plus remar-
Ve PYTHIQUE 1 75

Kp Lcra.: 'r:ov "A6cpov


a.:µe:L't'E:V
,, ''' e:v
' "I ' ~
XOL/\07tE:oOV
VCJ.:7tOÇ
,

0e:ou • -r6 crcp' ~XE:LXU7ta.:p tcrcrLVOV


fLÊÀa.:0pov&.µcp' &.v3pLâV't"L crxe:36v,
l(p'Yj-re:ç8v -ro1;ocp6poL-rfye:°LIl a.:pva.:crcrtep 55
, ' ,~
xa.:0e:crcra.:v-rov µovoopo1tov cpu-rov.
,
'E XOV't"L
, ,
't"OLVUV ,
7tf)E:7tE:L Ant. 2
, ' , , ( ,
voep 't"OVe:ue:pye:-ra.:vU7tCJ.:V't"LCJ.:(JCJ.:L.
'A•/\E:<-:,LULct.oa.:,
~ e , ~ , ~' , 4.
cre: 0 YJUXOfLOL • ,
Cfl/\E:"(OV't"L 60
45
Ma.:x&pLoç, 8ç ~Xe:Lç

39. -r6 codd. : -roü Bergk 11 42. xa.81::crcra.v -rov Bœckh metri causa :
xa.81::crcra.v-ro
BEGV xa.0i::cra.v-ro
C xa.0i::crcra.v
-ro <I>Hxa.0i::crcra.v-ro
< -ro > Pauw.

quable du char, la caisse, ornée de nombreuses (61t6cra.)figures en relief; le mot


ôa.[Ôa.Àa. est employé dans l' I!iade pour désigner la décoration du bouclier d'Achille
(XVIII, 482, etc.) et dans la Théogonie(v. 581), en parlant des ciselures du
diadème de Pandore. 37. Kptcra.î:ovÀ6cpov: colline située entre Delphes et la
plaine de Crisa, dans la vallée où était l'hippodrome (P. III, 74 notamment).
38. &µe:t(j;e:v: franchit. tv forme éolienne ( = tç ou e:lç) employée à diverses
reprises par Pindare (cf. P. IV, 258 et le fr. 75 des Dithyr.). 39. -r6 est souvent
interprété comme un ace. adverbial, parfois diversement corrigé. Il est bien
meilleur de le rattacher à µi::Àa.0poven lui donnant la valeur démonstrative de
<< l'article >>homérique. 40. &µcp(t)est à rapprocher de ~xe:t. 41. Kp-ïj-re:ç:
ce sont des artisans crétois travaillant pour le roi de Cyrène; cf. l'actif xa.0i::crcra.v.
-ri::ye:tIla.pva.crcrt(i): sous l'abri parnassien, i. e. situé dans l'enceinte d'Apollon.
-rov désigne la statue, qualifiée par les deux adjectifs µov6ôpo1tov et cpu-r6v.Sur
l'identification de cette statue et les différents problèmes posés par le passage,
voir la Notice.
43-44. éx.6v-rtv 6(i) Ù1ta.V't"tix.crixt
: discret conseil au roi. 44. e:Ùe:pyi::-ra.v
: noter
la vigueur du te1n1e. 45. 'AÀe:çtotix.Ôa. : c'est Carrhôtos, fils d' Alexibios. Noter
l'insistance de crz(en tête) cpÀi::yov't"t (cf. 0/., IX, 22 : µa.Àe:pa.î:ç
t1ttcpÀ1::yCilV
&otôa.î:ç).
46-47. µa.xix.ptoi;: les Anciens se demandaient si le mot s'adresse au roi ou à
Carrhôtos; µéya.'J x&µa.-rovserait alors une allusion aux troubles de Cyrène. Mais
PINDARE

50

'
Il OVWV o~' OU
,, 't"~Çet.:7tOX
' ' Àet.:pOÇ
' '
E(J''t"~V ,, , EŒZ't"et.:~.
01J't" ,,
Ep. 2
55 'O Ba:-r-rou 3' ins-ret.:~7tet.:Àet.:~-
àç oÀooç ~µnet.:v -rd: xet.:t 'Td: vtµwv,
, ~ ,,
1tupyoç (X(J'"t"EOÇ
'
oµµet.: 't"E cpet.:EVVOTet.:TOV
75
çtvo~cr~. l{ziv6v YE xet.:l ~et.:puxoµno~

1 1
47. 1te:8ix G H CV 1 : µe:8ix <J)s µe:-rix B<J)iEG 2 ( ?) H 9 V 2 11 49. µvixµ-fi-c'
Bœckh : µvY)µYftix<DEHi µvixµY)"ÎIX H 8 µvY)µ-fi"CovB µvixµ-fi"CovCV µvY)µ-fi•cœov G
µvixµe:ïix Hermann 11 50. 1te:-r6v-re:crcrLv BG : 1te:v-r6-re:crcrLv
<D 1te:v-r6v-re:crcrLv
E
(-e:crLv)H 1te:crcr6v-re:crcrLV V 11 52. œyÀœ(0V1\fosch. : &yixOwv
C 1te:1t6v-re:crcrL
B<DEGH &yixuwv V JyixO~v Mommsen 11 53. 1tix-rpw"tixv 1\fosch. : 1tix-rpwixv
codd. 11 55. ɵ1tixv: ɵ1tixç Er. Schmid 11 57. l;i::voLcrL 1\fosch. : l;e:[v- codd.

l'expression s'applique bien mieux à l'exploit de l'aurige, et la suite ne laisse aucun


doute. 1te:8&:dorien pour µe:-r&. 48-49. À6ywv qie:p-r&-rwv µvixµ-fi"C(œ)
: le poème
est un monument, un mémorial. Cf. ] . DucHEllflN, Pi11dare(III 0 partie, cl1ap. II,
et IVe partie, chap. Ier). 49-50. Les courses étaient très dangereuses, voire
meurtrières: cf. I/iade, XXIII, et SOPHOCLE,Électre (foc.cil.). =
50. 1te:-r6v-re:crcrLv
1te:croÜcrLv:pour la forme, cf. P. IV, 41 : 0e:pix1t6v-re:crcrLv.52. ~<'>YJ:
te voici revenu.
54-55. Voir la Notice. 1t6vwv : ici peines, malheurs, et non travaux. 55. ô' :
valeur forte; rapprocher de ɵ1tixv= quoi qu'il arrive, suggéré aussi par -rœ xixt
-rix vi::11.wv,que le Scholiaste cornmente en référe11ce aux deux tonneaux (ou aux
trois) <l'Iliade, XXIV, 527 sqq. Cf. aussi P. III, 81. Dans cette perspective,
É:1te:-rixLveut dire << demeure >>. -rœ xixt -rix : cette valeur démonstrative de
l'article existe chez Homère et jusqu'en grec classique. 56. 1tupyoç : rempart,
protection. 5µµix : cf. v. 18, ÔcpÜixÀµ6ç. 57. l;i::voLcrL : Pindare témoigne, étant
lui-même un l;i::voç à Cyrène. 57 sqq. Sur la légende de Battos et des lions,
Ve PYTHIQUE 1 77

.... , '~' 1
/\EOV"t'EÇ7tEpL OEL[1,il."t'~cpuyov'
i- , ' , ' t '
)'/\W(J(Jll,V E7tEL crcpLv ll.7tEVELXEVU1tEp1toV"t'Lil.V.
60 0
' ~·
O ' I
il.PX!l.)'E"t'il.Ç ,,~
EoWX ' 'A 7tOÀÀWV
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80
0~pac; atvcj) cp6ôep,
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' ....' )'EVOL"t'O


vac; il."t'E/\'Y)Ç ' '
µ.av"t'EU[1,ll.(JLV.

"O xat ~apzLii.v v6crwv Str. 3


' L ' ,, ~ \ l;"\ I
ax~crµ.aT avopzcrcrL xaL yuvaLsL vzµ.zL, 86
' ,,
1topzv "t'E XL'0apLv, ~'~ ' "t'E M OL(Jll.V
OLOW(JL ~ .,. av
OLÇ
&.1t6"Azµ.ov &.yaywv
,
zc; 1tpa1tLoac;
, ~ , '
zuvoµ.Lav,

58. cpuyov Mosch. : cpe:üyovcodd. 11 59. crcpLV


: crcpLO"LV
B<l>E.

voir la Notice. ~cx:puxoµnoLest un &ncx:1;, mais nombreux sont chez Pindare les
composés de ~cx:puç; (~cx:pux-runoç;,~cx:pucp0oyyoç;,~cx:pucrcpcfpcx:yoç;,
etc.); cf. BAc-
CHYLIDE,IX, 9 : ~cx:pucp0oyyov ÀÉov-rcx:
(le lion de Némée). 58. ne:pl.Se:tµcx:-rL
:
cf. EscH., Ch., 35 : ne:pl. cp6oep;Perses, 696 : ne:pl.-rcfpoe:L. 59. Ù1te:p1tOV't"LCX:V :
<<venue <l'outre-mer>>, plutôt que<<entendue sur la mer>>,ou simplement µe:ycxÀ1JV
(les scholies). Voir la Notice. 60. &pxcx:yÉ-rcx:ç;
: le dieu est l'instigateur de la
fondation. Didyme ne prenait pas les v. 60-61 au sens littéral, mais comprenait
que les lions s'étaient enfuis d'une contrée désormais habitée. 62. -rcx:µ(q;
suggère l'idée que Battos est chargé de distribuer aux hommes les dons du
dieu : il est l'intendant de Cyrène.
63. "O : c'est Apollon, dont l'éloge est à rapprocher de celui cl'Asclépios
dans la IJJe Pythique. 64. ixvSpe:crcrL : fo1111eépique; cf. Od., I, 358; Il., 492, etc.
65. x(0cx:pLV : variété de lyre. D'après l'Hymne à Hermès, c'est Hermès qui inventa
la lyre, puis, en dédommagement du vol des vaches, la céda à Apollon. Celui-ci
est le dieu citharèdepar excellence, jouant sur la grande cithare de concert. Sur
les divers instruments à cordes, voir Th. R.EINACH,La musiquegrecq11e, Paris, 1926.
Mo î:crcx:vdésigne ici l'inspiration poétique. Sur les Muses, voir J. DucHEMIN,
Pindare, chap. 1er. Les Muses, et, mieux encore, la Muse (voir HOMÈRE),ont dû
préexister à l'Apollon musicien, puis être absorbées par lui. 66-67. Le rapport
&rc6)..e:µoveùvoµ(cx:vest révélateur des conceptions pindariques. Sur le lien de ces
PYTHIQUES 12
PINDARE

µuxov
' , , '
'C' ix.µcpE7tE~
µix.v'C'~·~ov • 'C'<J} [ xix.l] Aix.xE8ix.(µov~
' ''ApyE~
EV 'C'E xix.~ '"'-,,a0'E<{- II',U/\Cp
,,
EVIX.CTCTEV
,,. '
IXAXIXEV'C'IX.Ç
'H ,.,
f)IX.X/\EOÇ 95
, '
EX'(OVOUÇ A'~y~µ~ou~ 'C'E. T'0 O~, Eµov
' '
CX.7t0 ~1tap'C'!X.Ç È7t~f)IX.'C'OV XÀÉoç,

50Ev '(E'(EVVIXµÉvo~ Ant. 3


75 rxoV'C'O 0~pix.v8E Cf)W'C'EÇAiyE·taix.~, 100

69. µavT~·cov· Tq> AaxeôalµovL Pauw : µavtj'Cov. Tq> xat A. codd.


µavTEÏ:ov· Tq> xat A. Hermann µavTEÏ:ov· ci'>xat A. Christ 11 72. yapueT'
B<I>EHV (yapua"t'' G) = yapt>E"t'ClL
ex schol. : yapu1::v"t''dett. y&pu:a:vHeyne
yapueL Wilam. yapuELv Her111ann post Calliergem et 1-1elanchthonem.

attributs apolliniens entre eux, voir J. DucHEMIN, Hermès et Apollon, notamment


III 0 partie, chap. II. 68-69. µuxàv µavT~·cov: littéralement <<le retrait prophé-
tique >>.On rapprochera utilement les pouvoirs d'Apollon des diverses formes
de µav[a dans le Phèdre de PLATON(244 a-245 c); cf. aussi P. III, les pouvoirs
d'Asclépios. 69. Tq>= Tq>XP'Y)crµq'>
(sch.). Sur ce vers, voir le schéma métrique.
70. IluÀep: celle de Messénie, et non celle de Triphylie, précise le Scholiaste. C'est
bien de cette Pylos, en effet, que les poètes font celle de Nestor. 70 sqq. Sur
ce rappel de la colonisation dorienne, voir la Notice. De ces trois villes où
aboutirent les Doriens, le poète, pour des raisons qu'il expose, détachera Sparte
(v. 73 sqq.). 72. Sur Aigimios et ses rapports avec les Héraclides, voir la Notice
et les Tableaux généalogiques. Cf. aussi P. I, 64: TE0µoÏ:crLv AtyLµLoÜ.yapueT(ClL)
est le texte de la plupart des manuscrits, et aussi des scholies, qui l'interprètent
comme un passif comprenant : << c'est de Sparte que vient ma gloire pleine
d'attraits >>,se demandant seulement si tµàv s'applique à Pindare (comme le
veut l'usage du poète; cf. tµot rraTépec;, v. 76) ou au Chœur. Mais on ne peut
admettre une élision en fin de vers. D'où les corrections y&.puev/yapUEL(sujet
Apollon) ou yapt>ELV,sig11ifiant : il 1ne revient de chanter... 73. ~7tapTaç
est le mot-clé de tout le passage : Sparte d'où (80ev, v. 74) sont issus les Égides
de Théra, Sparte d'où (ev0ev, v. 78) Cyrène a reçu les I{apveï:a, Sparte dont les
souverains (Hélène, v. 83, et Ménélas) ont introduit le culte des Anténorides,
greffé sur les solennités apolliniennes. 75. 0~pavôe : à Théra (KaÀÀLcrTa),puis
Ve PYTHIQUE 1 79

lt.tol 7tCX:'t'Épsç,où 0:::wv &'t'sp, CXÀÀ<X


Moî:pci 't'LÇ &ysv •
"\'0 U't'OV zpcx:vov
7t0AU ,,
è:v0sv &vcx:~si;ift.tzvoL, 105
''A 7t0AAOV,
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't'ECf,
80 Kcx:pv~·c'' Èv ~CX:L't'lcrso(~O[LEV
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Kupcx:vcx:ç, ' ,.,
cx:ycx:x.'t'L[LEVCX:V
7t0ALV.
,, ' "\ ' 1:'
EXOV't'L't'CX:V
XCX:AX.OXCX:P[LCX:L
<-,EVOL

77. 1t0Àu0u-rov ëpixvov <DE Mosch. : --rov tç ëp- BGHV 11 79. -re:~
( ...tv 8ixL-rt) codd. : -re:ix ( I{ixpv-fi'Cix)
vel ( Kixpve:tix) Mosch. 11 80. Kixpv-fi•c'
Bœckh : Kixpve:î:'codd. Kixpve:î:e: Hern1ann Kixpve:tixMosch.

à Cyrène; cf. CALI,., H. Ap., 72 sqq. ALye:·t8ixL:


nom d'une phratrie thébaine, des-
cendant de l'éponyme Aigeus, dont les membres, installés à Sparte, se joignirent
aux colons de Théra. 76. tµ,ot 1tix-rêpe:ç: le poète nous apprend ici qu'il est
lui-même issu de la race des Égides. On a discuté sur la valeur de &1-1-0[ (et même
sur son emploi comme pronom personnel ou adjectif possessif). Mais il n'est
pas douteux, pour qui connaît l'usage pindarique, qu'il se réfère au poète lui-même.
Voir là-dessus une excellente mise au point chez le P. DES PLACES,Le pronom
chez Pindare, Paris, 1947, p. 9. Apparenté aux compagnons du premier roi grec
de Cyrène, le poète peut, sans blesser les convenances ni offenser Arcésilas,
s'intéresser amicalement à la vie de la cité. Motpix : Destinée personnifiée. Rap-
procher &ye:vde lxov-ro. 77-81. Parenthèse sur les Kixpve:t'ix. 77. ëpixvoç :
les Kixpve:tix,festin où chacun offre une victime. Sur la légende des Égides en
train d'offrir le sacrifice des Kixpve:tix,lorsque les Héraclides leur demandèrent de se
joindre à eux, voir les scholies. 78. ëv0e:v: de Sparte, d'où est venue la tradition
du banquet apollinien. 79-80. -re:~( = cr7i)tv 8ixL-rl:s'adresse à Apollon, désigné
au vocatif par ''A-r:oÀÀov ... Kixpv-fi'Ce:.
Manuel Moschopoulos lisait -re:ixKixpve:t(ix).
cre:ÔL½0!-1,EV: pour les uns le sujet est le Chœur (cf. STUDNICZKA);pour d'autres
(cf. A. PUECH), il s'agirait de Pindare lui-même. Mais déjà Puech, et plus encore,
tout récemment, Burton, inclinent à penser - avec toute raison, à notre avis -
que le poète s'associe aux Cyrénéens. Voir aussi DES PLACES, op. cit., p. 9 :
Pindare ne met ses paroles dans la bouche du Chœur que dans un Péan ou un
Parthénée. 81. l{up&:vixç: la Nymphe. L'importance des Kixpve:t'ixde Cyrène est
attestée par l'Hym11eà Apol/011de CALLIMAQUE,composé précisément pour leur
célébration. 82 sqq. Sur les Anténorides, voir la Notice. 82. ëxov-rL=
PYTHIQUES 12*
180 PINDARE

TpwEç 'Av-rixvoplaixt. crùv 'E)..Év~ '


yixp µ6Àov, 110
0 ...., ' '
XIX7tVû.) ELCJ'IXV7t1XTp1XV E7tEL toov ' ,,~
'
EV ''A pzt ' O
• TO 1:-, E/\IXCJ'L7t7tOV
'., ' E''0voç ' 1:- '
EVoUXEWÇ Ep. 3
,;:.,
OEXOVTIXL 0UCJ'LIXLCJ'LV
' ,, 1:-
ixvope:ç ' ' '
OLXVEOVTEÇ 1:- '
crcpe: owpocpopot, 115
-roùç 'Aptcr-ro-rÉÀ 'YJÇ &yixye: vixucrt 0oix'i:ç
,.,, pe~ ,., 0
IX/\OÇ t-'IX SLIXV XE/\EU ov
''
ixvotywv.

84. r<'lov BVGYP HYP Mosch. : e:I<'lov <I>EGH 11 85. Èv<'lux.Éwç: tv<'lL-
x.Éwç E tv<'lLxcx[wç
H<I>11<'lÉxovTcxL GH 11 88. ~cx0e:'i:'cxv
: <'>ÉXOV"t"CXL codd. : ~Cl'.0e:(cxç
Bergk (e Schol. TTÀcx"t"e:[cxç).

~oucrL: tiennent, i.e. protègent. 83. 'AvTcxvop[<'lcxL:les fils du Troyen Anténor,


qui accueillit chez lui Ménélas (Il., III, 206 et schol. A). En reconnaissance, le
roi de Sparte, à la chute de la ville, les fit épargner et les emmena. Ils étaient à
Cyrène, d'après les indications des scholies, l'objet d'un culte héroïque, qui dut
s'insérer dans la célébratio11 des I{cxpve:'i:'cx. Ne pas oublier qu'Apollon était le
grand dieu protecteur de Troie.
85. La parenthèse sur les Anténorides (v. 82-8 5) se greffe sur celle des I{cxpve:'i:'cx
(v. 77-81). Le poète va maintenant revenir aux colons de Théra et à leur descen-
da11t Battos, ancêtre des Battiades. "t"O<'l'ÈÀcxcrLTTrrov Ë0voç désigne non les Anténo-
rides, dont il n'est plus nommément question, mais les Cyrénéens, comme
d'ailleurs l'indiquent les scholies. l\1. Brunel note avec raison la valeur le plus
souvent emphatique de l'article (ici T6) chez Pindare, ainsi que l'impossibilité
d'appliquer Ë0voç aux trois seuls Anténorides. Sur tout le passage et sur les
nombreuses discussions dont il a été l'objet, voir notre Notice. Nous y exposons
pour quelles raiso11s, à notre avis, ce sont les Libyens de Cyrène (y compris, si
l'on y tient, les descendants humai11s des hé1·os fils d' Anténor) qui accueillent,
et les compagnons de Battos qui sont accueillis. 86. <'>ÉxovTcxL a une valeur
narrative et durative à la fois : les Libyens de Cy1·ène ont reçu chez eux les Grecs,
qui y sont encore. Cf. 0/., XIII, 92 b, à propos du cheval Pégase accueilli dans les
écuries de Zeus. Ce verbe a pour sujet ad se11s11mle collectif Ë0voç, et pour cotnplé-
ment crcpe:,qui renvoie, assez loin en arrière, au-delà de la double parenthèse, à
cpw"t"e:ç dont l'idée est reprise et précisée par ToÙç'Aptcr"t"OTÉÀ'YJÇ
Atye:t<'lcxL, et la suite :
ceux (des Égides) que Battos amena. 0ucr[cxLcrLv : en simples mortels, ils
ixv<'lpe:ç
accueillent par des sacrifices (comme des dieux) les Grecs de Battos. 0ucrtcxLcrLv est le
terme propre, tandis qu' Èvcxytcrµo'i:'çs'appliquerait à des héros. 87. &ycxye:: valeur
Ve PYTHIQUE

K-rlcre:v ~, èt.Àcre:r:t..
µe:l~ovr:t..0e:6)v, 120
, , ,
$U0u-roµov T$ Xr:t..TE:
, 'A ,
0'l)X$V 71:0ÀÀCùV~r:t..~Ç
&Àe:ç~µop6-ro~ç 7t$~~CX.~r:t.. 11:0µ11:r:t..~Ç
,, ' (
e:µµe:v ~11:11:oxpo-rov
\ OOOV
O'XUpCùTr:t..V ,~, $V''0 r:t.. 1tpU-
1

µvo ~Ç &:yopa.ç ~7t~ ~lxr:t..X$~Tr:t..~ 0r:t..V6)V. 125

~
> ~
Mr:t..Xr:t..p
l \
µe:v r:t..VopCùV
1
µe:-rr:t.. Str. 4
,1 tl ~, ,1 Î f2 I
95 $Vêt..~$V
1
'l)pCùÇO $'it$~Tr:t.. /\êl..00'$U'l)Ç.
''A -re:p0e: oe:
~' 11:po
' oCù(J,r:t..TCùV
~ , ,,
e:-re:po~ ,
Àr:t..xov-re:ç
A -,., ' ,
r-r:t..cr~1\E:E:Ç
~e:po~
Èv-rl, µe:yr:t..Àa.v~, &pe:-ra.v

90. e::ù0u-roµ6vcodd. : e::ù0u-rov6v


Er. Schmid (e schol. e::ù0u-re::v'Yj)
11 93. è:nt
alxœ Rittershusius : ènlatxœ codd. 11 98-100. µe::yœÀœv a' &pe::-réiv
... pœv0e::tcrœv
vel µe::ycxÀœv a' &.pe::-rœv...
pœv0e::tcrœv: codd. et schol. dubitant.

ponctuelle de l'aor. = èxÀcrYJ


89. èJ.Àcrë.œ : 0e::&v -re::µÉVYJ (schol.). µe::[~ovœ
plus fort que µe::y&Àœ.x-rlcre::vajoute l'idée de temples bâtis. Ici commence
<< l'Archéologie de Cyrène >>.Voir la Notice. 90. e::ù0u-roµovcoupée droit
(la voie) à travers la plaine. 90-91. cx.Àe::çtµop6-rotç : il s'agit de processions en
l'honneur d'Apollon guérisseur. 91. ne::at&aœ,adj. : situé dans la plaine. Mais
il semble bien que, comme le veulent les scholies, le poète en ait fait un substantif
dont èu0u-roµov est l'épithète et dont t1t1t. crx. oa6v est le groupe attribut. 11t1t6-
xpo-rov est un &nœç. 93. crxup(.t)-rœv est un &nœç: dallée, de crxüpoç = crxî'.poç,
pierre de taille. npuµvoï:ç &.yopéiçÈ:7tt: à l'extrémité de l'&.yop&,face à la plaine
qui s'étend au-delà jusqu'à l'infini (cf. CHAMOUX,Cyrè1ze,p. 177). Le Scholiaste,
avec les manuscrits, lit èn[atxœ, à l'écart des autres rois.
94. µ&xœp, qualifiant Battos vivant, s'oppose à ~p(.t)çÀœocre::o~ç. 96. èJ.-re::-
p0e::: cf. v. 93· 1tpo a(.t)µœ-r(.t)V: peut-être devant le palais des rois. F. Chamoux
(p. 186, n. 4) émet l'hypothèse que les tombes royales, sauf celle du fondateur,
étaient les sépultures en hypogée, creusées et retrouvées vides, en contrebas de
l' Acropole. f-re::pot: tous les autres constituent le second groupe. 'A·taœv = la mort.
97. [e::pol,mais non ~p(.t)e::ç. 98. µe::yœÀ<XV a' &.pe::-riiv
... pœv0e::tcrœv : les manuscrits
et les scholies hésitent entre le génitif pluriel et l'accusatif singulier, l'un et l'autre
182 PINDARE

ip6crep µix."A0ix.x~
100 pix.v0E~O"IX.\I xwµwv [0'] Û7t0 XEuµix.cr~v
, 1
ix.xouov.~ ' 0 '
1tou X O\l~Cf cppEv~, '
' ,,., e ' ~ ' '
Œ(j)O\I 0/\UO\I U~Cp TE XO~\IIX.\I XIX.f)~\I
,, ~ '
E\IO~XO\I T
, 'A ,.,
f)XEO"~/\Cf'
' , , ~~ '
TO\I E\I IX.O~OCf\IEW\I
1tpÉ1tE~ Xf)UO"Cl.Of)IX.<DoiDO\I (Î7tUE~ \1,
,,
105 EXOVTIX. Ilu0wv60Ev
Ant. 4
TO XIX.ÀÀt\l~XO\I ÀUT~f)~O\I i IX.7t IX.\/IX.\1
~ ,
µE'"AOÇ XIX.f)~E\I,
' ''Avipix. '
XE~ \10\1 E7t!X.~\IEO\IT~ '
O"U\IETO~.
À Eyoµsvov
' , ' •
Ef)EW
1 45
' '
Xf)EO"O"O\IIX. µEV 'À ~X'~IX.Ç
IX.
110 '
\100\1 ' 6ETIX.~
(j)Ef)

100. xwµwv codd. : 1'.Sµvwvex schol. Beck 116' om. <D del. 1'fosch. 11
101. nou e schol. Hermann : no~ codd. 11103. 'Apxecr[Àq:.H. Stephanus :
'Apxea[Àoc codd. 11107. èncc~véov,L Mosch. : cctvéov,~ codd.

à la rigueur possibles avec &:xouov,~.Mais le génitif est préférable pour exprimer la


sensation directe : les rois de Cyrène entendent l'Ode triomphale. 102. acpàv :
seul exemple connu chez Pindare. oÀÔovet xcx.p~v sont en apposition à l'ensemble
de la phrase. 104. ,àv: désigne Arcésilas; noter la valeur emphatique du mot.
èv &o~iéfvéwv : cf. xwµwv, V. 100. xpucrcx.opcc : cf. Il., V, 509 et XV, 256, où
l'on comprend<< au glaive d'or>>, ainsi que dans l'H. à Ap., 123. R. &:op,de &elpw,
ce que l'on porte suspendu à un baudrier. Mais cf. PINDARE, fr. 139 Snell:
xpucrcx.op''Opcpécc, où Christ entend <<à la lyre d'or>>, ce qui est vraisemblable
en parlant d'Orphée : la lyre, elle aussi, se suspend.
106. xccÀÀ(v~xov: cf. le refrain ,~veÀÀccXccÀÀ(v~xoç célébrant le vainqueur
olympique depuis Héraclès. Faut-il e11tendre que µéÀoç désigne un semblable
refrain delphique ? ou est-ce une allt1sion à l'ode ? 107. xccp[ev suggère le rôle
des Charites dans la victoire et dans le chant triomphal. cruve,o[ : l'autre exemple
pindarique est 01., II, 93. 108. Àey6µevov èpéw : <<Je dirai ce que l'on dit. >>
Toutes les formules de ce passage, où Pindare manie l'encensoir, sont des plus
ambiguës. 109. xpécrcrovcc<XÀLxlcci;;
est-il vraiment un pur éloge, surtout associé à
Ve PYTHIQUE

y ...~ ' 't'E.


1',.Ü)(J(Jêf..V 0'apcroç OE
~\ 't'êl..VU1t''t'Epoç
1

,,, ?:' ,,,,


EV opv~s~V êl..~E't'OÇ
E1t'ÀE't'O. 150
' I ~,
aywv~aç o, Epxoç o~ov, cr Evoç·
fi 0 / 7

,, 't'E MO'~(Jêf..~(J~ 1t'O't'êl..VO


EV ' Ç êl..1t'O
, ' µa't'p OÇ
'
115 0' &pµC1..T'YJÀCX.'t'C1..Ç
1t"É(f)C1..VTC1..l croq>Ôç•
ri , ,, , , ,.., 1 ~

O(Jê/..~ 't' E~(J~VE1t'~xwp~WVXêl..ÀWVÈcrooo~, Ep. 4


,, 0" EOÇ
't'E't'OAµêl..XE. ' 't'E' O'~ 156

't'O vüv 't'E 1t'pÔq>pwv 't'EÀEÎ: auvacr~v,


xa~' 't'O
' •A0~1t'OV
' , ~
oµo~a, Kpov~oa~
'~ µaxapEç,
'
a~aoI't'' È:1t'' tpyo~cr~v &µq>l't'E ~OUÀê!..IÇ 160

120 tXE~V, µ~ q>0~V01t'Wptçcx.vɵwv


XE~µEpla Xêl..'t'CX
1t'VOCX
aaµa"Al~o~ xpôvov.
~~Ôç 't'O~ vôoç µÉyaç xuÔEpv~

111. 0&pcroi;;: 0p&croi;;<I> 11 114. 1to"t"ocvài;;


Heyne : 7tOTI)VOÇ codd. 11
118. Àot1tàv oµoî:oc,Kpov[~oct Hartung: Àot1tàv c1Kpov[~octcodd. 11 121. xoc"t"ix
codd. 11 xp6vov codd. : 1t6"t"µovBergk 11 122. "t"OL
1tvoà Bergk : XOC"t"oc1tvoà :
V.
"t"LH "t"E:

yÀwcrcrocv? 111. 0&pcroi;;:même remarque. 113. &ywvloci;;:il s'agit de l'arène,


et non du combat. ~pxoi;; otov : on songe à l'Ajax homérique, fils de Télamon.
otov a peut-être une valeur exclamative (voir DES PLACES, Pronom, p. 73).
114. lt,v"t"EMolcroctcrtX"t"À : sans doute ami des poètes plutôt que poète lui-même.
&1tàµoc"t"poi;; qi().oci;;:grâce aux leçons de sa mère? ou de naissance? Les Scholiastes
hésitent. 115. 1tÉqiocv"t"oct X"t"À: il s'agit de jeux antérieurs, courus par ArcésiJas
en personne. Cf. la suite.
116. xocÀwvest pris substantivement. lt7ttXwplwv: cf. P. IX, 103. 117. "t"E-
"t"6Àµocxe:: cf. 0&pcroi;;,v. 117. 0e:6i;;= la divinité en général. ~uvoccrtv:la puissance
d'Arcésilas. 118-120. oµoî:oc ~t~oî:"t"'it,xe:tv. 119. ~ouÀocî:i;;, joint à la suite,
sonne comme un avertissement. 120-121. qi6tvo1twpli;;et xe:tµe:p[ocdéterminent
moà (&vɵwv). qi6tvo1twpli;;de 61twpoc,la saison des fruits, i.e. l'été et l'automne.
Le Scholiaste applique l'image aux feuilles des arbres. 121. xp6vov = ~(ov.
PINDARE

"' '
ooctµov , ocvopwv
, ~ ~ cpt/\CùV.

124 Et5zoµocl VLV'0ÀUfL7tL~
't'OÜ"t'oô6µe:v yÉ:pocçË1tt Bcx."t''t'OU '
ye:ve:t.

124. ~7t'LTriel.; cum yéve:t vel ô6µe:v jungebat Er. Schmid.

123. ~o:(µov(o:) : TUXYJV. 124. vtv : Zeus. ~7t't: en outre (~6µe:v). Le vœu de
Pindare fut réalisé deux ans plus tard, mais le poète ne fut pas appelé à célébrer
cette nouvelle victoire.
TABLE DES MATIÈRES

PAGES

AVANT-PROPOS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I

Biographie de Pindare . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

La langue de Pindare . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

L'œuvre et l'histoire du texte............................. 17

Les Jeux Pythiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

Bibliographie sommaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

Conspectus S iglorum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 9

LA IIIe PYTHIQUE (Épître à Hiéron)

Notice • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 31
'
Sc h ema ' .
metr1que ................................. . 41
Texte et Commentaire .................... • • ... • • • • 43

LA IXe PYTHIQUE

Notice ........................................... .
'
Sch ema ' .
metr1que ................................. .
Texte et Commentaire ............................ .
PINDARE
p A.Gli:il

Circonstancesel rapports des IVe el Ve Pythiques . . . . . . . . . . 87

LA IVe PYTHIQUE
Notice • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 93
'
Sch ema ' .
metr1que ................................. . 107
Texte et Commentaire • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 109

LA Ve PYTHIQUE
Notice • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
'
Sc h ema ' .
metr1que ................................. .
Texte et Commentaire ............................ .
1967-3. - Imprimerie des Presses Universitaires de France. - Vendôme (France)
ÉDIT. N° 29 320 IMPRIMÉ EN FRANCE Il\IP. N° 20 196