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CONSEILS PRATIQUES POUR LA RÉDACTION

D’UNE DISSERTATION CRITIQUE

Pour une préparation efficace à


l’Épreuve uniforme de français au collégial

Table des matières

1. Qu’est-ce qu’une dissertation critique ? p. 3


2. Conseils généraux p. 3
3. Stratégie de rédaction et gestion du temps p. 4
4. Conseils de rédaction p. 6
5. Exemples de sujets p. 16
6. Exemple d’une dissertation commentée p. 20
7. Bibliographie et ouvrages recommandés p. 31

ANNEXE
Critères d’évaluation de la dissertation critique

L’Accord – Centre d’aide en français


Collège de Maisonneuve
Mars 2002
1. Qu’est-ce qu’une dissertation critique ?

« La dissertation critique est un exposé écrit et raisonné sur un sujet qui porte à discussion. Dans cet
exposé, les élèves doivent prendre position sur le sujet, la soutenir à l’aide d’arguments et à l’aide de preuves
tirées des textes proposés et de leurs connaissances littéraires.

La dissertation critique se distingue de l’essai critique par le fait qu’un point de vue sur le sujet est suggéré
par une affirmation explicite ou implicite. Les élèves doivent prendre position par rapport à cette assertion et
défendre leur point de vue.

La dissertation critique intègre les habiletés des trois cours de la formation générale : analyser, disserter,
critiquer.

La capacité d’analyse se vérifie à travers les preuves que les élèves tirent des textes à l’étude pour appuyer
leur démonstration, l’habileté à disserter passe par la discussion logique de l’affirmation proposée et
l’habileté à critiquer transparaît dans la prise de position défendue tout au long du texte. »

(Extrait d’un document d’information du ministère de l’Éducation)

2. Conseils généraux

Ø Une préparation adéquate à l’Épreuve uniforme de français repose d’abord sur une information complète.
Pour savoir à quoi s’attendre, il importe donc de lire tous les documents reçus afin de connaître la nature
de l’épreuve, son déroulement et ses critères d’évaluation.

Ø On doit développer une attitude particulière adaptée à la situation de rédaction. La dissertation critique
demandée ne s’inscrit pas dans une relation pédagogique professeur -élève, ni à l’intérieur de la démarche
d’un cours. Cela signifie que la seule base d’évaluation est la liste des critères auxquels il faut faire l’effort
de se conformer.

Ø Il est important de prendre les moyens nécessaires afin de réduire le stress avant et pendant l’épreuve.
Pour favoriser la concentration, il faut arriver à l’épreuve bien reposé et bien alimenté. Pendant l’épreuve,
il est utile de s’arrêter pour une mini-détente : fermer les yeux quelques secondes et respirer
profondément.

Ø Une bonne gestion du temps peut faire la différence entre l’échec et la réussite. C’est pourquoi il faut
décider à l’avance de l’utilisation du temps disponible. La question centrale est la suivante : « Ferai-je un
brouillon ou non ? » De toute façon, l’objectif ultime reste évidemment de se ménager une période
suffisante afin de relire et de corriger la copie finale.

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Ø Le sujet doit être choisi avec soin (un sur trois), car il s’agit de se mettre en situation de rédiger
efficacement. Il est préférable d’opter pour le sujet qui présente pour soi le moins de difficultés en tenant
compte des critères d’évaluation.

Ø Une chose à ne pas oublier est d’utiliser toutes les ressources disponibles, particulièrement celles du
dictionnaire (orthographe, définitions, mots associés, exemples, citations - en indiquant la source).

3. Stratégie de rédaction et gestion du temps

Une stratégie de rédaction efficace consiste d’abord à bien identifier les étapes du processus de rédaction ainsi
que les tâches incluses dans chacune.

L’Épreuve uniforme de français dure quatre heures trente. Il est important de bien utiliser le temps disponible et
de répartir judicieusement les diverses tâches.

LE PROCESSUS DE RÉDACTION

Vous devez accorder une place suffisante à chacune des trois étapes du processus de rédaction : préparation,
rédaction et révision. Une préparation incomplète peut entraîner l’échec; par exemple, à cause d’une mauvaise
analyse du sujet de rédaction. Cependant, nous savons que plusieurs élèves ont échoué à l’Épreuve uniforme de
français parce qu’ils ou elles n’ont pas eu le temps d’effectuer une révision complète de leur texte.
C’est pourquoi il est essentiel de planifier le processus de rédaction en fonction de cette étape ultime. Souvent,
les lacunes de l’étape de révision ont entraîné des échecs aux sous-critères 7 et 8 (maîtrise de la langue).

LE COMPTE DES MOTS

Ne dépassez pas les 900 mots demandés. Aucune pénalité n’est imposée si votre texte compte au
moins 800 mots. Utilisez une technique rapide pour compter les mots : établissez le nombre moyen de mots
par ligne à partir d’un échantillon d’une dizaine de lignes et multipliez par le nombre de lignes.

LA QUESTION DU BROUILLON

La question centrale de la stratégie de rédaction est la suivante : « Vais-je faire un brouillon ou non ? » En
effet, selon le choix qui sera fait, l’utilisation du temps alloué différera considérablement.

Nous recommandons aux personnes qui le peuvent de ne pas faire de brouillon. Cependant, cette
approche demande qu’un plan détaillé soit élaboré avant la rédaction, incluant les parties et les sous-parties
de la dissertation, précisant les idées principales et les idées secondaires, les exemples et les citations à faire.

Évidemment, faire l’économie du brouillon a pour conséquence d’augmenter le temps disponible pour la
révision. Cette stratégie de rédaction implique par contre que vous êtes capables de rédiger des
phrases correctes à partir d’un plan détaillé bien structuré.

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Par contre, si vous choisissez de faire un brouillon, vous devez prévoir le temps nécessaire à sa transcription
tout en ménageant une période suffisante pour réviser la copie finale, c’est-à-dire que cette approche oblige
peut-être à comprimer le temps alloué à la rédaction.

GESTION DU TEMPS

Voici des propositions de répartition du temps alloué, selon l’approche choisie :

SANS BROUILLON AVEC BROUILLON

PRÉPARATION À LA RÉDACTION
1. Choix et analyse du sujet 30 min 1. Choix et analyse du sujet 30 min
. Lecture des questions et des textes . Lecture des questions et des textes
. Choix du sujet . Choix du sujet
. Analyse du sujet et vérification de la . Analyse du sujet et vérification de la
compréhension du sujet compréhension du sujet

2. Élaboration des idées et plan 1h 2. Élaboration des idées et plan 30 min


. Analyse détaillée de la question . Analyse détaillée de la question
. Lecture approfondie des textes . Lecture approfondie des textes
. Réflexion et rédaction de notes . Réflexion et rédaction de notes
. Organisation des idées . Organisation des idées
. Sélection des exemples et des citations . Sélection des exemples et des citations
. Établissement du plan détaillé . Établissement du plan détaillé

RÉDACTION
3. Rédaction 2h 3. Rédaction 1 h 30
. Introduction . Introduction
. Développement . Développement
. Conclusion . Conclusion

RÉVISION
4. Première révision 30 min 4. Correction du brouillon 30 min
. Vérification de l’organisation du texte . Vérification de l’organisation du texte
et relecture de l’introduction et relecture de l’introduction
. Correction de la langue . Correction de la langue

5. Révision finale 30 min 5. Transcription du brouillon 1h

6. Révision de la copie finale 30 min

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4. Conseils de rédaction

Les phrases en italiques reproduisent chacun des critères d’évaluation de la dissertation critique (que vous trouverez reproduits à la
fin de ce document), suivis de commentaires et de remarques.

CRITÈRE I – COMPRÉHENSION DES TEXTES ET QUALITÉ DE L’ARGUMENTATION

Sous-critère 1 – Le respect du sujet de rédaction

L’élève traite de façon explicite tous les éléments de l’énoncé du sujet de rédaction.

Votre dissertation doit mentionner clairement tous les éléments du sujet choisi.

REMARQUES

Assurez-vous de bien comprendre le sujet que vous choisissez.

Ø Analysez la question ou l’énoncé du sujet : découpez ses parties à l’aide de traits de crayon. Trouvez-en
des formulations équivalentes que vous utiliserez au cours de votre texte. Voir page 18.

Ø Lors de la relecture, vérifiez que, d’une part, votre dissertation se maintient constamment à l’intérieur des
limites fixées par le sujet et que, d’autre part, elle traite de tous ses éléments sans en abandonner aucun en
cours de route.

Ø C’est particulièrement dans l’introduction et dans la conclusion que sera apparent le respect du sujet de
rédaction. Tous les éléments du sujet doivent donc figurer dans l’une ou l’autre de façon explicite.

Ø Cependant, c’est l’ensemble de votre argumentation qui doit se relier au sujet de rédaction. Chacun de ses
éléments doit être développé.

Sous-critère 2 – La qualité de l’argumentation

L’élève développe un point de vue critique à l’aide d’arguments cohérents et convaincants et à l’aide de preuves
pertinentes puisées dans les textes proposés.

Vérifiez la cohérence et le pouvoir de persuasion de vos arguments, ainsi que la pertinence de vos
preuves : ces arguments et ces preuves doivent soutenir le développement de votre point de vue critique.

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POINT DE VUE CRITIQUE

Selon le sujet choisi ou la question posée, vous devez adopter une position et la défendre par des arguments.
C’est en ce sens que cette dissertation est dite critique. Votre point de vue doit être formulé clairement. Ne
laissez pas le lecteur tenter de le déceler à travers les arguments de votre texte.

DÉVELOPPEMENT

Le point de vue critique doit comporter plusieurs aspects qui s’enchaînent l’un à l’autre. Chacun de ces aspects
doit être soutenu par des arguments et des preuves. Les arguments ne doivent pas seulement être évoqués; il
faut les développer, c’est-à-dire les expliquer en donnant des détails.

COHÉRENCE

Les arguments doivent tous être au service de votre prise de position et être liés de façon étroite. Ils ne
doivent pas comporter de contradiction interne ni se contredire entre eux. Ils doivent être expliqués avec
précision.

PERSUASION

Vos arguments doivent convaincre, c’est-à-dire amener à reconnaître la justesse de votre argumentation. Les
arguments doivent donc être assez nombreux et variés.

PERTINENCE

Choisissez des preuves qui conviennent exactement à l’énoncé de votre argument.

ARGUMENTS

Les arguments peuvent être de différentes natures : un fait (événement, fait historique ou biographique), un
énoncé général (sur un auteur, une époque, un courant, une œuvre), une observation (tirée de l’analyse des
textes et de l’expérience personnelle), etc. Les arguments doivent être directement reliés au sujet choisi et aux
textes à l’étude.

PREUVES

Choisissez dans les textes proposés des extraits ou des passages pouvant servir de preuves afin d’étayer vos
arguments. Dans votre dissertation, ces preuves prendront la forme d’exemples ou de citations. L’exemple
fait référence à un passage du texte en le résumant ou en le titrant, mais sans faire de citation (on peut écrire :
Dans le paragraphe qui raconte...; Dans la scène du...). La citation consiste à extraire, sans modification, un
fragment du texte étudié et à l’insérer dans votre argumentation.

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REMARQUES

Ø Vous pouvez rédiger votre dissertation en utilisant le pronom je pour porter votre prise de position.
Ainsi, votre texte sera simple, direct et efficace. L’utilisation traditionnelle du nous n’est pas interdite, mais
elle n’est pas nécessaire.

Ø Veillez à ce que tout résumé soit court et synthétique. La dissertation est un écrit axé sur l’argumentation :
il est exclu de raconter ou de décrire longuement.

Ø Évitez toute allusion inutile, par exemple rendre compte d’une analyse de texte non directement reliée au
sujet de la dissertation, ou encore faire un résumé sans pertinence.

Ø Faites attention de ne pas reprendre les mêmes arguments dans des mots différents.

Ø Toute citation doit être faite entre guillemets ou placée en retrait dans le corps du texte (pour les citations
de plus de trois lignes, comme à la page 27). Le texte cité doit être reproduit tel quel. Utilisez les crochets
[...] pour indiquer que vous omettez ou que vous modifiez une partie de l’extrait cité. Évitez les citations
trop longues de même que l’accumulation de citations. Voir l’exemple de la page 12.

Ø Si vous faites une citation recopiée du dictionnaire, vous devez en indiquer l’auteur et la source. Écrivez,
par exemple :

Musset dit : « On ne badine pas avec l’amour. » (cité dans Le Petit Robert 1)

(Faites attention à l’identification de l’auteur. Dans cet exemple, Le Petit Robert utilise l’abréviation
« Muss. » pour le désigner.)

Sous-critère 3 – La compréhension de textes et l’intégration des connaissances littéraires

L’élève fait preuve d’une compréhension juste des textes littéraires et de leur fonctionnement, et il sait intégrer, de
façon appropriée, des connaissances littéraires dans son texte.

Votre dissertation devra faire la preuve d’une compréhension juste et d’une bonne capacité d’analyse des
textes lus en rapport avec le sujet de rédaction.

De plus, ce critère d’évaluation impose le recours à des arguments et des preuves tirés de vos connaissances
littéraires et intégrés adéquatement à la logique de votre argumentation.

COMPRÉHENSION JUSTE

Il s’agit de bien établir le sens général du texte lu, ainsi que sa progression.

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CAPACITÉ D’ANALYSE

Le travail que vous effectuez sur les textes lus vise à repérer les éléments dont vous aurez besoin pour
élaborer votre argumentation.

REMARQUE

Ø Il faut faire attention aux erreurs de compréhension qui pourraient fausser le sens du texte lu et faire
qu’une partie de la dissertation se situe en dehors des limites du sujet de rédaction. Ne pas hésiter à
recourir au dictionnaire afin de préciser le sens de certaines phrases.

CONNAISSANCES LITTÉRAIRES

Vous devez avoir recours à des connaissances littéraires puisées dans votre culture personnelle.

On distingue « deux types de connaissances littéraires : les connaissances littéraires formelles » et les
« connaissances littéraires générales ».

« On entend par "connaissances littéraires formelles" le fait d’utiliser des procédés langagiers (figures de style,
versification, types de phrases, etc.) et des notions littéraires (point de vue narratif, genres, etc.) au service de
l’argumentation. On entend par "connaissances littéraires générales" le fait de se référer à d’autres œuvres que
les textes proposés, de relier ces textes à des courants ou tendances littéraires, ou le fait d’avoir recours à des
connaissances culturelles et sociohistoriques qui conviennent au sujet de rédaction. » (Extraits du guide de
correction de l’Épreuve)

Périodes, courants, mouvements et tendances : par exemple, en littérature française, classicisme, siècle des
Lumières, romantisme, réalisme, naturalisme, surréalisme, existentialisme, féminisme, etc.; en littérature
québécoise, romantisme, littérature du terroir, littérature engagée, littérature du pays, automatisme, écriture de
la modernité, écriture des femmes, etc.

Genres : théâtre, poésie, essai, récit (roman, conte, nouvelle, etc.), autobiographie, comédie, drame, tragédie,
fantastique, merveilleux, science-fiction, etc.

Procédés littéraires et figures de style : par exemple, énumération, répétition, comparaison, métaphore,
antithèse, narration, description, monologue, dialogue, etc.

Notions littéraires et esthétiques : par exemple, mythe, symbole, image, ironie, satire, parodie, représentation,
vraisemblance, etc.

Auteurs et œuvres : auteurs et œuvres reliés aux périodes, aux courants, aux genres et aux problèmes traités.

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INTÉGRATION APPROPRIÉE ET LIEN AU SUJET

Comme les autres arguments et preuves, les connaissances littéraires doivent être nécessaires au raisonnement
et insérées adéquatement dans le cours du texte.

REMARQUES

Ø Il ne s’agit pas d’un examen d’histoire littéraire. Remarquez que les connaissances littéraires ne font l’objet
que d’une partie du sous-critère 3. Il ne faut pas surévaluer cette exigence de l’Épreuve.

Ø Évidemment, il serait contre-productif de faire étalage de connaissances littéraires superflues et


simplement collées çà et là dans votre texte. Votre dissertation doit en comporter quelques-unes, mais bien
situées et pertinentes. Contentez-vous donc de n’utiliser que des connaissances littéraires que vous
maîtrisez minimalement.

Ø Pour éviter tout contresens, prenez le temps de vérifier au dictionnaire le sens des termes utilisés ainsi que
les notions élémentaires (par exemple, le romantisme est un mouvement littéraire du XIXe siècle bien que
son influence s’étende au XXe siècle).

Ø L’introduction et la conclusion peuvent intégrer des connaissances littéraires : par exemple, en situant les
œuvres dans des courants ou en évoquant d’autres genres littéraires en rapport avec le sujet de rédaction.
Voir la référence au théâtre réaliste dans l’introduction de la dissertation citée dans ce document (p. 28).

CRITÈRE II – L A STRUCTURE DU TEXTE

Sous-critère 4 – La structure de l’introduction et de la conclusion

L’élève rédige une introduction et une conclusion complètes et pertinentes.

Veillez à ce que votre introduction et votre conclusion soient complètes, que chacune de leurs parties soit
pertinente et qu’elles s’enchaînent avec cohésion.

INTRODUCTION

Dans l’introduction, vous devez présenter clairement le sujet de votre texte et en démontrer votre
compréhension. L’énoncé de l’introduction est généralement constitué du sujet amené, suivi du sujet posé,
ainsi que du sujet divisé. Dans le cas d’une dissertation critique, nous recommandons de formuler dans
l’introduction votre prise de position sur le sujet posé. Cela facilite la lecture et la réception de votre texte.
(Cependant, cette approche n’est pas obligatoire.) Voir l’introduction de la dissertation reproduite à la
page 26.

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Sujet amené
Vous faites des considérations générales qui ont un lien direct avec le sujet choisi. Il s’agit de présenter une vision
élargie en faisant appel à l’histoire, à l’histoire littéraire et culturelle, à l’actualité littéraire et culturelle ou à votre
expérience personnelle. Ces considérations doivent mener directement à la formulation du sujet choisi.

Sujet posé
Vous reformulez le sujet choisi dans vos propres mots. Énoncez tous ses éléments de façon explicite.

Prise de position
Vous énoncez clairement votre prise de position sur le sujet choisi.

Sujet divisé
Plutôt que de donner platement les divisions de votre texte, indiquez la démarche que vous allez suivre, en
annonçant clairement ses étapes.

REMARQUE

Ø Il n’est pas obligatoire de donner un titre à votre dissertation. Si vous le faites, ce dernier ne peut tenir lieu de
sujet posé. De plus, l’introduction doit débuter comme si le titre n’avait pas été lu, elle ne peut y faire
référence (par un pronom, par exemple).

CONCLUSION

La conclusion comporte généralement trois parties : une synthèse du développement, une réponse à la
question posée, ainsi qu’un élargissement de la réflexion.

Synthèse
La synthèse comporte un rappel du sujet. Faites ensuite le bilan de votre discussion, en rappelant brièvement
ses étapes.

Réponse
La fin de votre dissertation doit comporter une réponse, c’est-à-dire une formulation finale – claire et
explicite – de votre prise de position, en réponse au problème posé.

Élargissement
Vous pouvez (cela est facultatif) ajouter une ouverture, qui découle logiquement de la synthèse faite.
L’ouverture peut prendre plusieurs formes : une réflexion générale (sur les auteurs, les œuvres, le courant, la
période, le problème), la formulation d’une nouvelle question ou d’un nouveau problème, etc.

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REMARQUES

Ø Vérifiez bien que la conclusion correspond adéquatement à l’introduction et que ces deux parties sont en
conformité avec l’énoncé du sujet ou répondent à la question posée.

Ø Pour faire la synthèse de votre discussion, il suffit de reformuler les conclusions de chaque partie de votre
dissertation en les articulant selon la logique de votre argumentation et son aboutissement.

Ø Évitez de commencer l’argumentation dans l’introduction ou de présenter de nouveaux arguments dans


la conclusion.

Ø N’hésitez pas à rédiger une introduction et une conclusion courtes : de 80 à 100 mots suffisent (voir p. 28
et 30).

Sous-critère 5 – La structure du développement, l’organisation et la construction des paragraphes

L’élève construit un développement cohérent et des paragraphes organisés logiquement.

Vérifiez la construction de chaque paragraphe, l’organisation des paragraphes entre eux et l’enchaînement
des idées.

CONSTRUCTION DES PARAGRAPHES

Théoriquement, chaque paragraphe fonctionne comme un développement autonome : il comporte une


introduction, un développement et une conclusion.

ORGANISATION DES PARAGRAPHES ET ENCHAÎNEMENT DES IDÉES

Chaque partie de la dissertation doit être divisée en paragraphes selon les aspects traités ou les arguments
présentés. Les paragraphes doivent s’enchaîner logiquement et doivent être reliés adéquatement. Chaque partie
d’une dissertation fonctionne également comme un développement autonome et doit comporter une
introduction et une conclusion.

REMARQUES

Ø Respectez le principe d’« une idée par paragraphe ».

Ø À cause de la structure type d’un paragraphe, on ne peut habituellement pas le terminer par une citation.

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Ø Chaque citation est intégrée dans un processus qui comporte généralement quatre étapes : 1) la citation est
amenée; 2) la citation est faite; 3) la citation est commentée; 4) une transition permet d’enchaîner avec la
suite du texte.

Ø En voici un exemple, extrait de la dissertation citée plus loin (p. 28).

1) En plus, malgré qu’il soit monté sur l’échafaud, le personnage croit toujours à
2) son idéal avec conviction et sincérité. Il déclare : « Je meurs sans remords, je
n’désirais que l’bien de mon pays dans l’insurrection et l’indépendance, mes
vues et mes actions étaient sincères. » De Lorimier a toujours ce désir et cette
3) 4) croyance : son cœur «entretient encor’ du courage et des espérances pour
1) 2) l’av’nir ». Cette phrase nous force à croire qu’il pense toujours que son idéal va
3) se réaliser, même sans lui. Même lorsqu’il meurt, il garde cette conviction et
cette sincérité.

4) Nous pouvons aussi constater dans l’extrait que sa mort lui est utile en quelque
sorte pour accéder à son idéal.

Ø Le plan de votre dissertation doit découler de l’analyse que vous avez faite du sujet ou de la question.
Tous les éléments identifiés doivent se retrouver quelque part dans les différentes parties de votre texte,
non dans l’ordre où ces éléments apparaissent dans l’énoncé du sujet ou de la question, mais regroupés et reliés
selon la logique de votre argumentation. Ainsi, l’organisation de la dissertation résulte-t-elle directement de
l’énoncé du sujet ou de la question, tel que répercuté à travers votre prise de position critique. Voir
l’exemple de plan détaillé, p. 27.

Ø Vous devez fournir des indices qui permettront de retracer facilement la structure de votre texte et de
bien comprendre votre pensée.

Ø Les marqueurs de relation sont des mots ou des groupes de mots qui établissent des liens logiques entre
les phrases, les paragraphes ou les parties de votre texte. L’utilisation des marqueurs de relation est
nécessaire, mais elle doit être faite correctement. Utilisez le marqueur de relation qui convient. Les séries
de marqueurs de relation (Premièrement,... Deuxièmement,... Finalement,...; D’abord,... Ensuite,... Enfin, ...) doivent
être utilisées à bon escient. Évitez l’abus des marqueurs de relation : souvent, l’information
apportée par un nom ou un pronom suffit à établir une transition entre deux parties d’un texte.
De plus, il existe des procédés graphiques qui rendent compte de la structure de votre texte (espaces entre
les paragraphes et les parties, alinéas). Le procédé le plus simple consiste à utiliser des phrases de transition
(par exemple, « Après l’étude de cette première question, passons maintenant à l’analyse de... »). Voir le
début du paragraphe 1.2 dans la dissertation reproduite (p. 28). Dans cet exemple, les principaux
marqueurs de relation sont imprimés en caractères gras.

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CRITÈRE III – L A MAÎTRISE DE LA LANGUE

Sous-critère 6 – La précision et la variété du vocabulaire

L’élève emploie des termes précis et variés.

TERMES PRÉCIS

Utilisez des termes exacts, qui appartiennent à la langue correcte et qui respectent le sens qui leur est
généralement attribué par un dictionnaire usuel.

TERMES VARIÉS

Choisissez des expressions ou des mots différents pour exprimer une même réalité. Évitez de répéter les
mêmes termes en ayant recours à des pronoms, à des synonymes, à des périphrases, etc. S’il le faut, modifiez
la construction de la phrase. Sachez qu’il existe très peu de termes exactement équivalents : des synonymes
sont des mots ou des expressions « qui ont une signification très voisine » (Le Petit Robert). Il faut donc vérifier
si le mot choisi convient au contexte.

REMARQUE

Ø Soyez vigilant afin d’éviter les anglicismes, ainsi que les termes et les tournures relevant du langage familier
ou populaire. Par exemple, dans une dissertation, il ne convient pas de tutoyer le lecteur.

Sous-critère 7 – La syntaxe et la ponctuation

L’élève construit des phrases correctes et place adéquatement les signes de ponctuation.

Portez attention à la syntaxe et à la ponctuation dans votre dissertation.

SYNTAXE

Vérifiez que les phrases sont correctement construites, qu’elles comportent tous les mots essentiels à la
compréhension, que l’ordre des mots est correct.

PONCTUATION

Utilisez correctement les signes de ponctuation.

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REMARQUES

Ø À surveiller en ce qui concerne la syntaxe : emploi du pronom (peut-il être utilisé ? quel type de pronom
utiliser ?); forme (voix active, passive, pronominale), mode et temps du verbe (par exemple, dans tel
contexte, doit-on utiliser le mode subjonctif ?).

Ø Même s’il est toléré, le on qui a valeur de nous (première personne du pluriel) peut être utilisé dans des
constructions génératrices d’erreurs. Il est donc préférable de s’en tenir au nous, c’est-à-dire à l’usage
correct (non familier).

Ø À surveiller en ce qui concerne la ponctuation : usage du point d’interrogation (obligatoire après une
phrase interrogative directe, interdit après une interrogation indirecte), du point-virgule (ne pas confondre
avec le deux-points), du deux-points (précède une citation, une explication, une définition ou une
énumération séparée de la phrase) et de la virgule (qui sert à séparer ou à isoler des éléments de la phrase).

Ø Pour vous préparer, faites une petite révision de l’usage de la virgule.

Sous-critère 8 – L’orthographe d’usage et l’orthographe grammaticale

L’élève observe l’orthographe d’usage et l’orthographe grammaticale.

ORTHOGRAPHE D’USAGE

Vérifiez dans le dictionnaire l’orthographe de tous les mots dont vous doutez.

ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE

Vérifiez l’application des règles de grammaire.

REMARQUES

Ø Doutez souvent. Vous avez apporté des ouvrages de référence : consultez-les. Il suffit de quelques
secondes.

Ø N’oubliez pas que les erreurs concernant les majuscules, les accents, les coupures de mots, les traits
d’union, les abréviations, les unités de mesure, les signes et symboles mathématiques, les apostrophes et les
contractions sont considérées comme des fautes.

Ø Si vous identifiez une erreur à corriger, n’oubliez pas de corriger toutes ses occurrences.

Ø Que ce soit dans le dictionnaire ou la grammaire, prenez le temps de lire les exemples : cela peut se
révéler fort utile.

Ø Faites attention aux erreurs produites par l’utilisation du liquide correcteur ou une mauvaise calligraphie.
Relisez rapidement la dissertation afin d’identifier les mots manquants.

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5. Exemples de sujets

5.1. 13 mai 1998

SUJET 3

Peut-on affirmer que, dans ces extraits de Maria Chapdelaine et du Survenant, les auteurs valorisent l’attachement
à la terre ?

Textes : Un extrait de Maria Chapdelaine de Louis Hémon et un extrait du Survenant de Germaine


Guèvremont.

5.2. 12 août 1998

SUJET 1

Est-il juste de dire que, dans les deux extraits, les auteurs ridiculisent surtout les patients ?

Texte : Un extrait de Le madade imaginaire de Molière et un extrait de Knock de Jules Romains.

5.3. 16 décembre 1998

SUJET 3

Dans ces deux extraits de Ringuet et de Zola, les motifs des principaux personnages reposent davantage sur le
désir que sur l’intérêt personnel. Discutez.

Texte : Un extrait de Trente arpents de Ringuet et un extrait de La Terre d’Émile Zola.

5.4. 19 mai 1999

SUJET 1

Dans l’extrait d’Encore cinq minutes, Françoise Loranger met en scène l’impossibilité de communiquer entre une
mère et son fils. Discutez.

Texte : Un extrait d’Encore cinq minutes de Françoise Loranger.

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5.5. 15 décembre 1999

SUJET 2

Dans le conte « La Dernière Classe », a-t-on raison d’affirmer que le maître nourrit davantage le sentiment de
culpabilité que le patriotisme .

Texte : Le conte « La Dernière Classe » d’Alphonse Daudet.

5.6. 17 mai 2000

SUJET 1

Dans les poèmes « Mon rêve familier » et « Beauté cruelle », est-il juste d’affirmer que la représentation de
l’amour est similaire ?

Textes : Les poèmes « Mon rêve familier » de Paul Verlaine et « Beauté cruelle » d’Émile Nelligan.

5.7. 9 août 2000

SUJET 1

Est-il juste de dire que les poètes expriment plus la tristesse que la joie dans les poèmes « La Romance du
vin » et « Accompagnement » ?

Textes : Les poèmes « La Romance du vin » d’Émile Nelligan et « Accompagnement » de Hector de Saint-
Denys Garneau.

SUJET 3

La vengeance fait du père Milon un criminel plutôt qu’un héros. Discutez.

Texte : Un extrait de Le Père Milon de Guy de Maupassant.

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5.8. 20 décembre 2000

SUJET 1

Dans son poème « L’Eau », Anne Hébert présente une image inquiétante de l’eau. Discutez.

Texte : Le poème « L’Eau » d’Anne Hébert.

SUJET 2

Est-il vrai de dire que, dans le texte de Nancy Huston, les personnages sont victimes des événements ?

Texte : Un extrait de L’Empreinte de l’ange de Nancy Huston.

SUJET 3

Peut-on affirmer que, dans les extraits présentés, Montesquieu et Zola ne font qu’une critique négative de la
mode ?

Textes : Un extrait de Lettres persanes de Montesquieu et un extrait de Au bonheur des dames d’Émile Zola.

5.9. 16 mai 2001

SUJET 1

Peut-on affirmer que le personnage d’Ashini a trouvé l’apaisement dans l’au-delà ?

Texte : Un extrait d’Ashini d’Yves Thériault.

SUJET 2

Est-il juste de dire que la mésentente entre les personnages est de même nature dans les textes de Clémence
DesRochers et de Michel Tremblay ?

Texte : Un extrait de « Un savon perdu dans Paris » de Clémence DesRochers et un extrait de l’Impromptu
d’Outremont de Michel Tremblay.

SUJET 3

Est-il permis de conclure que, dans les poèmes « Mélodie » et « Un cheval de race », le temps est destructeur.

Textes : Les poèmes « Mélodie » de Gérard de Nerval et « Un cheval de race » de Charles Baudelaire.

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17
5.10. 8 août 2001

SUJET 1

Dans l’extrait présenté, peut-on affirmer que la relation entre les personnages est fondée sur la complicité
plutôt que sur la méchanceté ?

Texte : Un extrait d’Une saison dans la vie d’Emmanuel de Marie-Claire Blais.

SUJET 2

Peut-on dire que, dans les textes présentés, les auteurs célèbrent la venue du printemps de façon semblable ?

Texte : Un extrait du Survenant de Germaine Guèvremont et le poème « Premier Sourire du printemps » de


Théophile Gautier.

SUJET 3

Dans les textes présentés, est-il juste de conclure que les comportements sont dictés par l’amour ?

Textes : Un extrait de La Déposition d’Hélène Pedneault et un extrait du Temps d’un soupir, d’Anne Philipe.

5.11. 19 décembre 2001

SUJET 1

Peut-on affirmer que les auteurs des deux textes font une critique semblable du travail ?

Texte : Un extrait du poème « Melancholia » de Victor Hugo et un extrait de Mademoiselle Chambon d’Éric
Holder.

SUJET 2

Aurait-on raison de dire que, dans l’extrait présenté, l’amour n’est qu’un jeu ?

Texte : Un extrait du Zèbre d’Alexandre Jardin.

SUJET 3

La déception amoureuse s’exprime-t-elle de la même façon dans les deux textes présentés ?

Textes : La chanson « Gros-Pierre » de Gilles Vigneault et un extrait de Tit-Coq de Gratien Gélinas

_____
18
6. Exemple d’une dissertation commentée

6.1. Sujet (Épreuve du 17 décembre 1997, sujet 1)

Peut-on dire que les personnages de La Complainte des Hivers rouges et de Les Justes sont prêts à tout pour
atteindre leur idéal ?

Vous soutiendrez votre point de vue à l’aide d’arguments cohérents et convaincants et à l’aide de preuves
relatives au contenu et à la forme des textes proposés, preuves puisées dans ces textes et dans vos
connaissances littéraires* qui conviennent au sujet de rédaction.

Textes : Un extrait de La complainte des Hivers rouges de Roland Lepage et un extrait de Les Justes d’Albert
Camus.

* On entend par connaissances littéraires le fait d’utiliser des procédés langagiers (figures de style, versification,
types de phrases, etc.) et des notions littéraires (point de vue narratif, genres, etc.) au service de votre
argumentation. On reconnaît également comme connaissance littéraire le fait de vous référer à d’autres œuvres
que les textes proposés, de relier ces derniers à des courants ou tendances littéraires ou le fait d’avoir recours à
des connaissances culturelles et sociohistoriques qui conviennent au sujet de rédaction.

6.1.1. Analyse de ce sujet (avant la lecture des textes)

Peut-on dire que les personnages de La Complainte des Hivers rouges et de Les Justes
ACTEURS TEXTE 1 TEXTE 2

sont prêts à tout pour atteindre leur idéal ?


ATTITUDE OBJECTIF

ü Quels sont les personnages ? Ceux du texte 1. Ceux du texte 2.


ü Comparaison à faire entre le texte 1 et le texte 2.
ü Que veut dire « être prêt à tout » : prêt à tuer ? prêt à mourir ? prêt à prendre tous les moyens ? quels
moyens ?
ü Quel est leur idéal ? Dans le texte 1. Dans le texte 2.
ü Qui est prêt à tout ? Dans le texte 1. Dans le texte 2.
ü Qui n’est pas prêt à tout ? Dans le texte 1. Dans le texte 2.

_____
19
6.2. Extraits d’œuvres

6.2.1. Texte 1

Auteur : Roland Lepage, dramaturge québécois contemporain, né en 1928.

Extrait de La Complainte des Hivers rouges1

Présentation

La Complainte des Hivers rouges est une fresque dramatique composée à partir de faits historiques évoquant la vie
des habitants québécois pendant les rudes hivers de 1837-1838 et 1838-1839. Des Patriotes sont emprisonnés
et une douzaine d’entre eux sont pendus.

Neuf comédiens, cinq hommes et quatre femmes, individuellement ou groupés en chœur, jouent plusieurs
personnages.

5 HOMMES — C’est à c’temps-là qu’on est arrivés au plus rouge des hivers rouges !

FEMME 3 — El’vingt et un décembr’, la trappe s’est rouvarte.

FEMMES 1 ET 2 — Cardinal pis Duquette sont tombés dans l’trou, avec la corde au cou.

HOMMES 3 ET 4 — Pendus !

En terminant leur réplique, les Hommes 3 et 4, représentant Cardinal et Duquet, laissent


brusquement choir leurs têtes en avant, pour exprimer le coup brutal de la strangulation.

5 FEMME 4 — Au mois d’janvier, c’tait l’tour des deux Sanguinette, Hamelin, Robert, pis
Decoigne.
5 HOMMES — Pendus !

1
Roland LEPAGE. La Complainte des Hivers rouges, Montréal, Leméac, 1974, p. 90-93. La pièce a été créée le
27 mars 1974 à Montréal.

_____
20
Même geste de la tête que plus haut, tous les cinq en même temps.

FEMME 4 — Pis l’quinze février, encôre cinq autres : Narbonne, Nicolas, Hindelang,
Daunais...

10 HOMMES 1, 2, 3 ET 4 — Pendus !

Ils ont tous quatre encore une fois le geste de la strangulation.

FEMME 3 — Mais d’Lorimier, lui avant d’monter sus l’échafaud, avant d’mourir la corde
au cou, y a pris l’temps d’écrire son testament.
FEMME 1 — Y a eu l’temps d’écrire c’qu’y voulait dire.
FEMME 2 — De dire c’qu’y fallait qu’y soye entendu.

L’Homme 5, figurant Lorimier, se tient debout, la tête droite, entre les quatre autres, déjà
pendus.

15 HOMME 5 —
« Prison de Montréal, 14 février 1839,
à 11 heures du soir.

À la veille de rendre mon esprit à son créateur, je désire fair’ connaître c’que je
r’essens et c’que j’pense. Je n’prendrais pas ce parti, si je n’craignais qu’on n’représentât
20 mes sentiments sous un faux jour; on sait que le mort ne parle plus, et la mêm’ raison d’état
qui m’fait expier sur l’échafaud ma conduit’ politique pourrait bien forger des contes à mon
sujet. J’ai le temps et l’désir de prév’nir de tell’ fabrications et je l’fais d’un’ manièr’ vraie et
solennelle à mon heur’ dernière, non pas sur l’échafaud, entouré d’un’ foul’ stupide et
insatiabl’ de sang, mais dans l’silence et les réflexions du cachot.
25 Je meurs sans remords, je n’désirais que l’bien de mon pays dans l’insurrection et
l’indépendance, mes vues et mes actions étaient sincères et n’ont été entachées d’aucun
des crimes qui déshonor’ l’humanité, et qui n’sont que trop communs dans l’effervescence
de passions déchaînées. Depuis dix-sept à dix-huit ans, j’ai pris un’ part activ’ dans presque
tous les mouv’ments populaires, et toujours avec conviction et sincérité. Mes efforts ont
30 été pour l’indépendanc’ de mes compatriotes; nous avons été malheureux jusqu’à ce jour.
La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs. Beaucoup gémiss’ dans les fers, un
plus grand nombr’ sur la terr’ d’exil, avec leurs propriétés détruites, leurs famill’
abandonnées sans ressources aux rigueurs d’un hiver canadien. Malgré tant d’infortune,
mon cœur entretient encor’ du courage et des espérances pour l’av’nir, mes amis et mes
35 enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres, un pressentiment certain, ma conscienc’
tranquill’ me l’assurent. Voilà c’qui me remplit d’joie, quand tout est désolation et douleur
autour de moi.

Je laiss’ des enfants qui n’ont pour héritag’ que l’souv’nir de mes malheurs. Pauvres
orphelins ! Quand votre raison vous permettra d’réfléchir, vous verrez votre pèr’ qui a
_____
21
40 expié sur le gibet des actions qui ont immortalisé d’autres homm’ plus heureux. Le crime de
votre père est dans l’irréussite, si l’succès eût accompagné ses tentatives, on eut honoré ses
actions d’un’ mention honorable. « Le crime et non pas l’échafaud fait la honte. » Des
homm’, d’un mérite supérieur au mien, m’ont battu la triste voie qui m’reste à parcourir de
la prison obscure au gibet.

45 Quant à vous, mes compatriotes, mon exécution et cell’ de mes compagnons


d’échafaud vous s’ront utiles. Puissent-ell’ vous démontrer c’que vous d’vez attendre du
gouvernement anglais !

Je n’ai plus que quelques heur’ à vivre, et j’ai voulu partager ce temps précieux entre
mes devoirs religieux et ceux dus à mes compatriotes; pour eux, je meurs sur le gibet, de la
50 mort infâme du meurtrier, pour eux, je m’sépare de mes jeunes enfants et de mon épouse
sans autre appui, et pour eux, je meurs en m’écriant :
Vive la liberté, vive l’indépendance !

Chevalier d’Lorimier. »

FEMME 3 — Pis y est mort.


CHŒUR — Pendu !

La tête de Lorimier tombe, comme les autres précédemment.


55
4 FEMMES — Douz’ de même : pendus !
5 HOMMES — Pendus !

_____
22
6.2.2. Texte 2

Auteur : Albert Camus, écrivain français contemporain, né en 1913 et mort en 1960.

Extrait de Les Justes2

Présentation

En 1905, un groupe de révolutionnaires russes préparent un attentat contre le grand-duc. Kaliayev, dit Yanek,
est chargé de lancer la bombe sur la calèche, mais, au moment de le faire, il aperçoit deux enfants à côté du
grand-duc : il ne fait rien. Suit cette discussion entre Stepan et Kaliayev.

STEPAN, violemment.

Il n’y a pas de limites. La vérité est que vous ne croyez pas à la révolution. (Tous se
lèvent, sauf Yanek3 ). Vous n’y croyez pas. Si vous y croyiez totalement, complètement, si
vous étiez sûrs que par nos sacrifices et nos victoires, nous arriverons à bâtir une Russie
libérée du despotisme, une terre de liberté qui finira par recouvrir le monde entier, si vous
5 ne doutiez pas qu’alors, l’homme, libéré de ses maîtres et de ses préjugés, lèvera vers le ciel
la face des vrais dieux, que pèserait la mort de deux enfants ? Vous vous reconnaîtriez tous
les droits, tous, vous m’entendez. Et si cette mort vous arrête, c’est que vous n’êtes pas
sûrs d’être dans votre droit. Vous ne croyez pas à la révolution.

Silence. Kaliayev se lève.

KALIAYEV

Stepan, j’ai honte de moi et pourtant je ne te laisserai pas continuer. J’ai accepté de tuer pour
10 renverser le despotisme. Mais derrière ce que tu dis, je vois s’annoncer un despotisme qui, s’il
s’installe jamais, fera de moi un assassin alors que j’essaie d’être un justicier.

2
Albert CAMUS. Les Justes, Paris, Éditions Gallimard, 1950, p. 84-89. La pièce a été présentée pour la première fois le
15 décembre 1949.

3
Yanek est le surnom de Kaliayev.
_____
23
STEPAN

Qu’importe que tu sois un justicier, si justice est faite, même par des assassins. Toi
et moi, ne sommes rien.

KALIAYEV

Nous sommes quelque chose et tu le sais bien puisque c’est au nom de ton orgueil
15 que tu parles encore aujourd’hui.

STEPAN

Mon orgueil ne regarde que moi. Mais l’orgueil des hommes, leur révolte, l’injustice
où ils vivent, cela, c’est notre affaire à tous.

KALIAYEV

Les hommes ne vivent pas que de justice.

STEPAN

Quand on leur vole le pain, de quoi vivraient-ils donc, sinon de justice ?

KALIAYEV

20 De justice et d’innocence.

STEPAN

L’innocence ? Je la connais peut-être. Mais j’ai choisi de l’ignorer et de la faire


ignorer à des milliers d’hommes pour qu’elle prenne un jour un sens plus grand.

KALIAYEV

Il faut être sûr que ce jour arrive pour nier tout ce qui fait qu’un homme consente à
vivre.

STEPAN

25 J’en suis sûr.

KALIAYEV
_____
24
Tu ne peux pas l’être. Pour savoir qui, de toi ou de moi, a raison, il faudra peut-être
le sacrifice de trois générations, plusieurs guerres, de terribles révolutions. Quand cette
pluie de sang aura séché sur la terre, toi et moi serons mêlés depuis longtemps à la
poussière.
STEPAN

D’autres viendront alors, et je les salue comme mes frères.

KALIAYEV, criant.
30
D’autres... Oui ! Mais moi, j’aime ceux qui vivent aujourd’hui sur la même terre que
moi, et c’est eux que je salue. C’est pour eux que je lutte et que je consens à mourir. Et
pour une cité lointaine, dont je ne suis pas sûr, je n’irai pas frapper le visage de mes frères.
Je n’irai pas ajouter à l’injustice vivante pour une justice morte. (Plus bas, mais fermement.)
35 Frères, je veux vous parler franchement et vous dire au moins ceci que pourrait dire le plus
simple de nos paysans : tuer des enfants est contraire à l’honneur. Et, si un jour, moi
vivant, la révolution devait se séparer de l’honneur, je m’en détournerais. Si vous le
décidez, j’irai tout à l’heure à la sortie du théâtre, mais je me jetterai sous les chevaux.

STEPAN

L’honneur est un luxe réservé à ceux qui ont des calèches.

KALIAYEV

40 Non. Il est la dernière richesse du pauvre. Tu le sais bien et tu sais aussi qu’il y a un
honneur dans la révolution. C’est celui pour lequel nous acceptons de mourir. [...]

_____
25
6.3. Plan détaillé

Thèse : Ce ne sont pas tous les personnages des pièces de Lepage et Camus qui sont « prêts à tout pour
atteindre leur idéal ».

INTRODUCTION :
Sujet amené : – les révolutions dans l’histoire;
– les écrivains qui mettent en scène des révolutionnaires.

Sujet posé et prise de position : – énoncé de la thèse.

Sujet divisé : – étude de la pièce de Lepage : un seul personnage;


– étude de la pièce de Camus : débat entre deux personnages.

DÉVELOPPEMENT : POINT 1 : il éprouve de la fierté des gestes posés et n’a pas de


1RE PARTIE : dans la pièce de Lepage, remords;
le Chevalier de Lorimier est prêt à
tout pour atteindre son idéal; POINT 2 : il croit toujours à son idéal et à sa réalisation future;

POINT 3 : il pense que sa mort sera utile même si ses enfants


n’auront plus de père.

CONCLUSION : reprise de l’argument 1.

2E PARTIE : dans la pièce de Camus, POINT 1 : Stepan est pour le sacrifice d’innocents, alors que Kaliayev
Stepan est prêt à tout pour atteindre est contre;
son idéal, mais pas Kaliayev;
POINT 2 : Stepan est fortement convaincu des résultats de sa
position radicale, alors que Kaliayev l’est beaucoup moins;

POINT 3 : Kaliayev n’accepte la révolution que si elle respecte


l’honneur; Stepan croit au contraire que l’honneur est un luxe.

CONCLUSION : reprise de l’argument 2.

CONCLUSION :
Synthèse : – de Lorimier et Stepan sont prêts à tout pour atteindre leur idéal,
mais pas Kaliayev;

Réponse : – reprise de la thèse;

Ouverture : – ce genre de débat dans la littérature actuelle.

_____
26
6.4. Dissertation (d’après une copie d’élève)

Prêt à tout pour son idéal ?


INTRODUCTION
(106 mots) Nous pouvons dénombrer plusieurs révolutions dans
l’histoire des peuples. Au XXe siècle, certains écrivains,
Sujet amené comme Roland Lepage et Albert Camus, s’inspirent de ces
révolutions pour écrire des pièces de théâtre réalistes. Ces
auteurs nous montrent souvent comment des personnages
aux idées révolutionnaires tentent de réaliser leurs projets.
Sujet posé Cependant, il est faux d’affirmer que tous les personnages de
Prise de position La Complainte des Hivers rouges de Roland Lepage et de Les
Justes d’Albert Camus sont prêts à tout pour atteindre leur
idéal. Nous examinerons d’abord le personnage dans l’extrait
Sujet divisé du livre de Lepage pour ensuite étudier les deux différentes
positions qui s’affrontent dans l’extrait de la pièce de Camus.

DÉVELOPPEMENT
1 re partie : l’attitude du En premier lieu, le personnage du Chevalier de Lorimier est
Chevalier de Lorimier dans la décidé à tout pour arriver à son idéal dans l’extrait de La
pièce de Lepage Complainte des Hivers rouges. Même devant la mort, il est
(366 mots) fier des gestes qu’il a posés. D’abord, il ne pense pas qu’il a
fait « des crimes qui déshonor’ l’humanité ». Selon lui, son
1.1 La fierté de ses gestes seul crime « est dans l’irréussite ». Alors, il explique qu’il
reste la tête haute devant ses actions et qu’il est puni à cause
de son échec. De plus, il écrit «d’une manière vraie et
solennelle » pour ne pas perdre sa fierté personnelle. Bref, il
meurt sans remords avec le sentiment élevé de l’honneur.

En plus, malgré qu’il soit monté sur l’échafaud, le


1.2 Sa conviction maintenue personnage croit toujours à son idéal avec conviction et
sincérité. Il déclare : « Je meurs sans remords, je n’désirais
que l’bien de mon pays dans l’insurrection et l’indépendance,
mes vues et mes actions étaient sincères. » De Lorimier a
toujours ce désir et cette croyance : son cœur « entretient
encor’ du courage et des espérances pour l’av’nir ». Cette
phrase nous force à croire qu’il pense toujours que son idéal
va se réaliser, même sans lui. Même lorsqu’il meurt, il garde
cette conviction et cette sincérité.

Nous pouvons aussi constater dans l’extrait que sa mort lui


est utile en quelque sorte pour accéder à son idéal. D’abord,
1.3 L’utilité de sa mort c’est grâce à sa mort qu’il peut « dire c’qu’y fallait qu’y soye
entendu ». En effet, sans l’imminence de sa mort, le
_____
27
Chevalier de Lorimier n’aurait peut-être pas écrit ceci et
personne n’aurait fait attention à ce qu’il voulait exprimer. Il
explique qu’il ne laisse « pour héritag’ que l’souv’nir de [ses]
malheurs » à ses « pauvres orphelins ! » Selon lui, ses
malheurs sont des gestes qu’il trouve importants pour arriver
à son idéal et ses enfants vont sortir gagnants des actions de
leur père, car son « exécution » et cell’ de mes compagnons
d’échafaud vous s’ront utiles ». Donc, son idéal l’emporte sur
sa vie familiale. Ainsi, sa fierté, sa conviction et sa mort, qu’il
croit utile, nous montrent que c’est un personnage décidé à
tout pour arriver à son idéal.

2 e partie : comparaison entre Par contre, dans l’extrait de Les Justes d’Albert Camus, on
Stepan et Kaliayev dans la retrouve une opposition entre un personnage qui est prêt à
pièce de Camus tout pour atteindre son idéal et un autre qui n’est pas décidé à
(372 mots) tout faire pour arriver au même idéal. Tout d’abord, Stepan
est en faveur de sacrifier quelques personnes vivantes pour le
2.1 Pour ou contre le sacrifice peuple futur :
d’innocents Si vous étiez sûrs que par nos sacrifices et nos
victoires, nous arriverons à bâtir une Russie libérée
du despotisme, […] si vous ne doutiez pas
qu’alors, l’homme, libéré de ses maîtres et de ses
préjugés, lèvera vers le ciel la face des vrais dieux,
que pèserait la mort de deux enfants ?

Ainsi, la mort d’innocentes victimes ne l’arrêtera pas. Par


contre, Kaliayev trouve importantes les personnes qui vivent
en ce moment. C’est sûr qu’il pense au futur, mais il « aime
ceux qui vivent aujourd’hui sur la même terre » que lui. Il ne
fera aucun mal à ses frères, ce qui va à l’encontre des idées de
Stepan.

2.2 Plus ou moins de conviction De plus, Stepan est sûr qu’un jour l’innocence prendra un
sens plus grand parce qu’il a choisi d’ignorer cette innocence.
Il pense que les hommes ne vivent que de justice et c’est
pour cette raison que les hommes veulent faire un
mouvement de révolte, face à l’injustice. Pour sa part,
Kaliayev n’est pas très convaincu : il affirme qu’ « il faut être
bien sûr que ce jour arrive pour nier tout ce qui fait qu’un
homme consente à vivre ». Il croit que les hommes vivent
« de justice et d’innocence ». Encore une fois, la pensée des
deux personnages n’est pas identique.

_____
28
2.3 Pour ou contre l’honneur Ensuite, Kaliayev soutient que l’honneur fait partie de la
révolution. Il prône l’honneur « et, si un jour, moi vivant, la
révolution devait se séparer de l’honneur », il s’en détournera.
Nous pouvons affirmer qu’il accepte de faire la révolution,
mais seulement avec honneur, tandis que Stepan croit que
« l’honneur est un luxe réservé à ceux qui ont des calèches ».
Il démontre que, contrairement à Kaliayev, la révolution n’a
pas besoin d’honneur. Bref, cet extrait de Les Justes nous fait
remarquer que Stepan est prêt à tout pour son idéal et que ce
n’est pas le cas de Kaliayev.

CONCLUSION
(81 mots) Nous pouvons conclure qu’il y a deux personnages, le
Chevalier de Lorimier et Stepan, qui paraissent décidés à tout
Synthèse faire pour accéder à leur idéal (même si les situations sont
différentes). Par contre, Kaliayev refuse de poser certains
Réponse gestes pour y arriver. Donc, on ne peut pas dire que tous les
personnages de La Complainte des Hivers rouges et de Les
Ouverture Justes sont prêts à tout pour atteindre leur idéal. Ce genre de
débat se retrouve certainement dans la littérature actuelle.

Nombre de mots : 925

_____
29
7. Bibliographie et ouvrages recommandés

7.1. Quels ouvrages apporter avec vous pour l’Épreuve uniforme de français ?

Vous avez le droit de vous munir de trois ouvrages de référence. Il est essentiel de n’apporter avec vous que
des ouvrages que vous connaissez minimalement et que vous pouvez consulter rapidement et efficacement.
Dans chaque cas, utilisez de préférence l’édition la plus récente.

7.1.1. Un dictionnaire

Le Nouveau Petit Robert 1. Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française,


Dictionnaires Le Robert, 1998.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 62 $.

Le Petit Robert 1 est le dictionnaire le plus complet et le plus utile pour la rédaction française. C’est un
dictionnaire analogique, c’est-à-dire qu’il propose des termes associés à chaque sens d’un mot. Il propose des
définitions de toutes les notions littéraires utiles : courants, mouvements, tendances, périodes, genres,
procédés, figures. De plus, le Petit Robert 1 contient des milliers de citations littéraires qui peuvent être utilisées
telles quelles.

Le Petit Robert. Dictionnaire universel des noms propres, Dictionnaires Le Robert, 1994.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 53 $.

Ce volume, qu’on appelle souvent le Petit Robert 2, offre des informations plus nombreuses et précises que le
Petit Larousse illustré. Il comporte non seulement des articles sur les grands écrivains français (et quelques
québécois), mais aussi sur de nombreuses œuvres (par exemple, au moins dix titres de Balzac font l’objet
d’une entrée à ce dictionnaire). De plus, des articles encadrés présentent des bilans synthétiques des grands
mouvements et courants littéraires et culturels (entre autres, le classicisme, les lumières, le romantisme, le
réalisme).

Le Petit Larousse illustré, Librairie Larousse, 1998.


Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 37 $.

Par son caractère encyclopédique, le Petit Larousse peut fournir de nombreuses informations afin de compléter
les connaissances littéraires, surtout dans la section des noms propres : biographies d’auteurs, informations sur
les périodes, les courants et les œuvres, informations historiques.

_____
30
7.1.2. Un guide de conjugaison

Le Guide rouge. Guide complet de conjugaison d’Alain Vézina, Les Éditions HRW, 1991, 252 p.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 21 $.

Le Guide rouge est un des guides de conjugaison les plus faciles à consulter.

7.1.3. Un dictionnaire des difficultés ou une grammaire

Le Multidictionnaire de la langue française de Marie-Éva de Villers, Québec/Amérique, 1997 (Troisième


édition), 1532 p.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 37 $.

Le Multi est le plus complet des dictionnaires de difficultés et le mieux adapté aux usagers québécois.

La Nouvelle Grammaire française de Maurice Grevisse et André Goose, Duculot/Éditions du renouveau


pédagogique, 1995, 393 p.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 29 $.

Cette grammaire est la plus complète de sa catégorie.

7.2. Recommandations

Compte tenu de l’analyse qui précède, nous recommandons

1) À l’élève qui a confiance en ses connaissances littéraires et qui utilisera les ouvrages apportés
principalement pour travailler à la qualité de la langue de sa dissertation

D’apporter un Petit Robert 1, un Guide rouge. Guide complet de conjugaison (ou un guide de conjugaison
équivalent) et un Multi (ou un autre dictionnaire des difficultés de la langue française).

2) À l’élève qui aura besoin de vérifier des connaissances littéraires tout en travaillant à la qualité de la langue
de sa dissertation

D’apporter un Petit Robert 2 (ou un Petit Larousse illustré), un Petit Robert 1, et un Multi (ou un autre
dictionnaire des difficultés de la langue française). Pour la conjugaison des verbes, le Petit Robert 1
contient des tableaux généraux et le Multi donne les formes des verbes présentant des difficultés.

_____
31
3) À l’élève pour qui le français est une langue seconde

D’apporter un dictionnaire bilingue (si nécessaire), un Petit Robert 1 (utile pour ses exemples de
formulation, entre autres) et un Guide rouge. Guide complet de conjugaison (ou un guide de conjugaison
équivalent).

7.3. Livres et documents utiles pour se préparer à l’Épreuve uniforme de français

7.3.1. Préparation spécifique

BERGER, Richard, DÉRY, Diane, et DUFRESNE, Jean-Pierre. L’Épreuve uniforme de français. Pour réussir sa
dissertation critique, Laval (Québec), Groupe Beauchemin et Centre collégial de développement de matériel
didactique, 1998, 222 p.
Cote à la bibliothèque du Collège de Maisonneuve : 808.0441 B496e.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 11,35 $.

Ce livre est certainement le plus complet et le mieux adapté. Conçu par des enseignants qui ont été
superviseurs de la correction de l’Épreuve, il est à la fois à jour sur le plan de l’information et à la fine pointe
des connaissances nécessaires à la réussite de la dissertation critique.

Il compte de nombreux exemples ainsi que des exercices dont les corrigés figurent en fin de volume. Tous les
aspects de la rédaction sont touchés, y compris le vocabulaire, la syntaxe, la ponctuation et l’orthographe.
L’ouvrage comprend aussi un exemple commenté, un lexique et une proposition de gestion du temps de
l’épreuve.

L’approche de la rédaction et de la dissertation est efficace et fondée sur un vocabulaire simple et clair.
Chaque chapitre comporte une section « Questions, réponses et conseils ». L’originalité de cet ouvrage repose
notamment sur la proposition d’un grand nombre de trucs et sur l’inventaire de plusieurs erreurs à éviter. Il
propose de plus une méthode très utile de passage du sujet au texte par le biais d’un schéma de
l’argumentation (issu de l’analyse de la question) et la constitution d’un plan détaillé.

Il s’agit donc d’un ouvrage méthodologique de qualité pouvant servir de manuel dans un cours de Français
langue et littérature de la formation générale commune.

Pour une préparation individuelle à l’Épreuve uniforme de français, il faut cependant compter avec le fait que les
exercices demandent une certaine somme de travail.

_____
32
LAFERRIÈRE, André. Vers l’Épreuve uniforme de français. Comme une visite guidée., Ville Mont-Royal, Éditions
Modulo « Odyssée », 2001, 160 p.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 13 $.

Ce nouvel ouvrage a été conçu par des enseignants qui ont contribué au développement de l’épreuve
ministérielle et agi comme superviseurs des correcteurs. Afin de rendre l’épreuve plus attrayante, les auteurs
nous la présentent sous l’image d’un jardin dont il faut parcourir les quatre zones pour en saisir avec
satisfaction le paysage harmonieux. Ces zones que l’étudiant doit parcourir recoupent les étapes suivantes :
choix du sujet, formulation d’un point de vue, élaboration d’une argumentation, rédaction et révision du texte.

L’originalité de cet ouvrage réside dans la présentation de ces quatre étapes méthodologiques sous trois
angles différents : d’abord le point de vue du professeur, c’est-à-dire une explication accompagnée
d’illustrations de tout le parcours de la dissertation critique, puis celui de l’élève, encadré par son professeur et
réalisant pas à pas chacune des étapes de l’épreuve et enfin celui de l’élève se confrontant seul à l’épreuve à
l’aide de conseils et de grilles d’autoévaluation. Ces trois perspectives différentes sur la méthode de la
dissertation critique correspondent chacune à une simulation de la réalisation d’un des trois sujets proposés à
l’examen de mai 1998.

Ce livre présente donc l’avantage de se prêter à différentes formes d’apprentissage : il se révèle un outil de
référence pour l’enseignement magistral, pour le travail en ateliers avec ses nombreux exercices guidant
l’étudiant dans sa compréhension de la dissertation critique et aussi pour la préparation autonome à l’épreuve
ministérielle.

L’encadrement de l’étudiant dans son apprentissage est aussi assuré par un guide des fondements théoriques
de la dissertation critique comme le repérage de la problématique dans l’énoncé du sujet, l’identification de la
dominante thématique, l’utilisation des transitions ou encore l’intégration des citations. L’ouvrage est aussi
enrichi de la grille d’évaluation de l’épreuve uniforme de français de mai 2001, d’une fiche autodiagnostique,
d’une grille de révision linguistique et de conseils quant à la préparation intellectuelle et psychologique à
l’épreuve ministérielle.

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33
FOURNIER, Georges-Vincent. Face à l’Épreuve. Les outils - les œuvres. Guide pratique de préparation à l’Épreuve
uniforme de français. Nouvelle édition 1998, Ville LaSalle, Éditions Hurtubise HMH, 1997, 126 p.
Cote à la bibliothèque du Collège de Maisonneuve : 808.0441 F778f.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 7 $.

Ce petit manuel est le premier paru après l’imposition de l’Épreuve uniforme de français. Son auteur a participé
aux expérimentations préalables à la formulation de cette épreuve. Il peut donc être très utile afin d’en saisir
l’esprit et la forme.

Il contient des exemples de sujets, des exemples de dissertations, des conseils de rédaction, des types de plan
et un bref aide-mémoire de notions littéraires (histoire littéraire française et québécoise, définitions de
courants, de genres et de procédés). Cependant, cette section ne propose aucune information sur la littérature
française du XXe siècle.

Selon plusieurs personnes qui aident les élèves à se préparer à l’Épreuve uniforme de français, ce guide constitue un
outil de travail pertinent et efficace. Cependant, même s’il a été mis à jour en ce qui concerne les informations
sur l’Épreuve, ce livre contient des sujets de dissertation datant déjà de deux années et plus.

GARNEAU, Jacques. Pour réussir l’épreuve uniforme de français. La dissertation critique, Saint-Laurent (Québec),
Éditions du Trécarré, 1997, 107 p.
Cote à la bibliothèque du Collège de Maisonneuve : 808.0441 G234p.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 8,55 $.

Ce court document est celui qui présente le plus succinctement l’information et les conseils utiles pour assurer
une bonne préparation à l’Épreuve.

Les exigences de l’Épreuve sont citées, de même que les critères d’évaluation dont le manuel suit la séquence
de chapitre à chapitre. Chacun est expliqué, commenté et accompagné de conseils. Le chapitre III propose
une intéressante « méthode exploratoire » de compréhension de texte, qui est illustrée par un exemple
d’analyse. Un petit vocabulaire de la dissertation littéraire clôt ce livre qui ne contient qu’une seule dissertation
et qui manque souvent d’exemples.

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SITES INTERNET

BERGER, Richard. Site consacré à l’Épreuve uniforme de français.


http://pages.infinit.net/berric/EUF/euf-accueil.html

Ce site contient des informations mises à jour régulièrement concernant l’Épreuve elle-même et ses critères
d’évaluation, ainsi qu’un exposé détaillé des principes de base de la dissertation critique, accompagné de
conseils et de réponses à de nombreuses questions. Plusieurs sujets des épreuves précédentes sont cités et une
dissertation commentée est présentée.

Centre collégial de développement de matériel didactique (CCDMD)


http://www.ccdmd.qc.ca

Le site internet du CCDMD constitue une réelle plaque tournante. On peut accéder à d’autres sites, celui de
Richard Berger (cité plus haut) et celui du ministère de l’Éducation. Ce dernier présente des copies des
questionnaires antérieurs, le texte des formulaires de l’épreuve, le guide de correction et des renseignements
généraux sur l’épreuve (« Toute l’information de A à Z »). Il est aussi possible de participer à un groupe de
discussion sur le sujet. Cependant, la seule préparation technique à l’épreuve offerte par ce site consiste en la
reproduction de la dernière édition des Conseils pratiques pour la rédaction d’une dissertation critique (que vous
consultez présentement). Ce document peut être télédéchargé.

7.3.2. Préparation générale

FOURNIER, Georges-Vincent. La Dissertation, Anjou, Les éditions CEC, « Grands textes », 1998, 103 p.
Cote à la bibliothèque du Collège de Maisonneuve : 808.044 F778d.
Prix de membre à la Librairie coopérative de Maisonneuve : 6,95 $.

Ce guide, à la fois court, efficace et peu coûteux, propose des consignes claires afin de planifier, de rédiger et
de réviser une dissertation. Il peut donc être utile autant pour la préparation des travaux scolaires que pour
celle de l’Épreuve uniforme de français. La présentation visuelle est aérée, les paragraphes sont succincts, les
exemples fréquents et l’information est régulièrement synthétisée sous forme de tableaux. De nombreux
exercices simples permettent de bien saisir l’exposé.

Le mérite de cet ouvrage consiste à mettre l’accent sur la constitution rigoureuse du plan, sur la construction
cohérente du paragraphe et sur le rôle important des marqueurs de relation.

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TREMBLAY, Robert. L’Écritoire. Outils pour la lecture et la rédaction des textes raisonnés, Montréal, McGraw-Hill
Éditeurs, 1991, 189 p.
Cote à la bibliothèque du Collège de Maisonneuve : 808.066378154 G123e.

Parmi les nombreux livres de méthodologie, L’Écritoire se distingue par la clarté de son exposé et de ses
nombreux tableaux. Les chapitres 3 (« L’écriture des textes raisonnés ») et 4 (« Les qualités du texte raisonné »)
s’adaptent très bien aux exigences de l’Épreuve uniforme de français, par une approche simple et logique du « texte
raisonné ». Il donne des conseils pertinents pour distinguer l’organisation des idées et le plan de rédaction. Il
propose des analyses d’introductions, de conclusions et de structures de paragraphes.

TREMBLAY, Robert. Savoir faire. Précis de méthodologie pratique (dernière édition), Montréal,
Chenelière / McGraw-Hill, 1994, 321 p.
Cote à la bibliothèque du Collège de Maisonneuve : 378.170281 T789s.

Cet ouvrage de méthodologie a été choisi par les professeurs du programme des Sciences humaines du
Collège de Maisonneuve. Il comporte, entre autres, d’intéressantes méthodes de plans, de rédaction et de
révision (modules 35, 36 et 37).

Le chapitre sur la dissertation (module 31) constitue une courte présentation générale accompagnée de
conseils qui ne s’appliquent pas directement à l’Épreuve uniforme de français.

7.3.3. Document complémentaire

GATIEN, Louise. Des bons trucs pour réduire le stress aux examens et Passer un examen, Montréal, Collège de
Maisonneuve, Service aux étudiants (Aide à la réussite), 1993, feuillet (2 p.).
Gratuit. Disponible au Sifé et sur le présentoir du D-3603.

Conseils utiles en vue d’une bonne préparation psychologique.

Sifé
Service individualisé de français écrit Recherche et rédaction : André Lamarre
Collège de Maisonneuve Correction et mise en page : Andrée Meilleur
Local D-5631
254-7131, poste 4200 Nous remercions toutes les personnes qui nous ont
fait part de leurs commentaires et de leurs suggestions
Mars 2002 afin d’améliorer ce document.

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36
ANNEXE

ÉPREUVE DE FRANÇAIS, LANGUE D’ENSEIGNEMENT ET LITTÉRATURE


CRITÈRES D’ÉVALUATION DE LA DISSERTATION CRITIQUE

CRITÈRE I - COMPRÉHENSION DES TEXTES ET QUALITÉ DE L’ARGUMENTATION

Sous-critère 1 - Le respect du sujet de rédaction

L’élève traite de façon explicite tous les éléments de l’énoncé du sujet de rédaction.

Sous-critère 2 - La qualité de l’argumentation

L’élève développe un point de vue critique à l’aide d’arguments cohérents et convaincants et à l’aide de preuves pertinentes
puisées dans les textes proposés.

Sous-critère 3 - La compréhension de textes et l’intégration des connaissances littéraires

L’élève fait preuve d’une compréhension juste des textes littéraires et de leur fonctionnement, et il sait intégrer, de façon
appropriée, des connaissances littéraires dans son texte.

CRITÈRE II - LA STRUCTURE DU TEXTE

Sous-critère 4 - La structure de l’introduction et de la conclusion

L’élève rédige une introduction et une conclusion complètes et pertinentes.

Sous-critère 5 - La structure du développement, l’organisation et la construction des


paragraphes

L’élève construit un développement cohérent et des paragraphes organisés logiquement.

CRITÈRE III - LA MAÎTRISE DE LA LANGUE

Sous-critère 6 - La précision et la variété du vocabulaire

L’élève emploie des termes précis et variés.

Sous-critère 7 - La syntaxe et la ponctuation

L’élève construit des phrases correctes et place adéquatement les signes de ponctuation.

Sous-critère 8 - L’orthographe d’usage et l’orthographe grammaticale

L’élève observe l’orthographe d’usage et l’orthographe grammaticale.

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COTES POUR LES SOUS-CRITÈRES 1 À 6

Très bien Bien Suffisant Insuffisant Médiocre Nul


A B C D E F

COTES POUR LES SOUS-CRITÈRES 7 ET 8

Très bien Bien Suffisant Insuffisant Médiocre Nul


A B C D E F
0-9 10-19 20-30 31-45 46-60 + de 60

La troisième ligne indique le nombre de fautes relié à chacune des cotes.

Pour les sous-critères 7 et 8

Toutes les erreurs sont relevées et pénalisées. Un demi-point est enlevé pour chaque faute. Les erreurs de
syntaxe, d’orthographe grammaticale et d’orthographe d’usage sont considérées comme des fautes.

Cependant, les erreurs de ponctuation et certaines erreurs d’orthographe d’usage (les majuscules, les accents,
les coupures de mots, les traits d’union, les abréviations et les unités de mesure, les signes et les symboles
mathématiques, les apostrophes et les contractions) sont considérées comme des demi-fautes. Il faut donc
deux erreurs de ces catégories pour valoir une faute et entraîner la perte d’un demi-point.

LE SEUIL DE RÉUSSITE

Pour réussir l’épreuve, l’élève doit obtenir la cote C (suffisant) pour chacun des trois critères. Ainsi, dès
que l’élève obtient la code D (insuffisant), E (médiocre) ou F (nul) à l’un ou l’autre des trois critères, il
subit un échec. Il n’y a plus de pourcentage : la sanction finale « Échec » ou « Réussite » apparaîtra sur le
relevé de note de l’élève.

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