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La justice sociale pour un développement harmonieux

Par :

Dr Aloys Misago
Doyen à l’ISCO, Université du Burundi
Bujumbura, Burundi
Email : misagod@hotmail.com

Introduction
Ces dernières décennies le Burundi a vécu une situation de guerre quasi
permanente qui a entamé son système de valeurs. D’où la nécessité de
mener une réflexion profonde sur l’orientation éthique de la politique et
de l’économie au Burundi.
Tout au long de l’histoire de l’humanité, des penseurs, des chercheurs,
des hommes politiques et des théologiens se sont penchés sur la question
du système politique et économique adéquat, qui puisse garantir
l’épanouissement de l’homme tout en respectant sa dignité.
Des systèmes politiques et économiques comme le mercantilisme, le
fascisme, le socialisme, le capitalisme ont vu le jour, chacun prétendant
représenter la meilleure forme de système social, économique et
politique.
Finalement le 20ème siècle a vu l’émergence de deux systèmes opposés, le
capitalisme et le socialisme, avec respectivement une coloration
religieuse opposée : le christianisme et l’athéisme.
Tout en se réclamant de la démocratie, ces deux systèmes divisèrent le
monde en deux blocks respectivement dominés par une économie de
marché et une économie planifiée. Après l’effondrement du bloc
communiste, c’est le capitalisme triomphant qui régit le monde et auquel
nous adhérons, de gré ou de force.
Que deviennent les plus faibles d’un un tel système dans lequel l’argent
semble régir le monde ? Prenons l’exemple du Burundi, qui est l’un des
plus pauvres du monde.
En 2013 son PIB/hab. était de 282 USD et il était classé en 144 ème position
sur 187 pays au classement IDH (2012 du PNUD). Malgré tout, son
niveau de vie est en nette amélioration: PIB/Hab a doublé depuis 2005.
En 2005 il s’élevait à 106 USD, en 2011 à 215 USD et en 2012 à 282 USD. A

1
cette allure, le record du meilleur PIB/Hab du Burundi obtenu sous
BAGAZA  à  311 USD (en 1986) sera dépassé d’ici 2015.
En attendant: plus des deux tiers de la population vivant sous le seuil de
pauvreté. Nous vivons une situation particulière qui exige la présence
«  d’hommes et de femmes politiques clairvoyants pour tracer au pays une vision
et un projet de société qui répondent aux meilleures aspirations de la population
burundaise »1, peut-on lire dans la lettre des Evêques catholiques du
Burundi (2008).
Selon la Constitution pastorale Gaudium et Spes, les hommes politiques
sont appelés à lutter « … avec intégrité et prudence contre l’injustice et
l’oppression, contre l’absolutisme et l’intolérance, qu’elles soient le fait d’un
homme ou d’un parti politique  ; et ils se dévoueront au bien de tous avec
sincérité et droiture, bien plus, avec l’amour et le courage requis par la vie
politique »2.

Plan du travail
1. Justice et Justice sociale
2. Paix, justice et liberté
3. Etat moderne et justice sociale
4. L’Etat social face à la corruption et malversations économiques
5. Quelques recommandations

Justice et justice sociale


 La justice veut dire d’abord que l’on doit traiter les autres de la manière
dont on veut être traité soi-même, qu’on reconnaît chacun comme une
personne et qu’on ne la désavantage pas. En rapport avec la relation
entre la personne et la société, on distingue deux sortes de justice :
 la justice légale, c.à.d. ce que l’individu doit à la société et
 la justice distributive, ce que l’Etat ou la société doit à l’individu.

Cependant, pour mieux exprimer la dynamique sociale qu’inclut la


notion de justice, l’enseignement social de l’Eglise parle de justice
sociale. La justice sociale est d’abord déterminée par l’équité et par
l’amour social. La Révolution Française a exprimé cet idéal éthique avec
le terme « Fraternité », qui correspond à l’amour social, déjà développé
par Thomas d’Aquin. Nikolas Monzel parle de l’amour comme « …
condition de vue … de la justice »3.
1
Evêques catholiques du Burundi, Burundi, d’où viens-tu? Où vas-tu ? page 3
2
GS 76,6
3
Monzel, Nikolaus, Katholische Soziallehre. Erster Band: Grundlegung, Koeln 1965, 88.
2
De la même manière Jean Paul II écrit dans l’encyclique « Dives in
misericordia » : «  L’expérience du passé et aussi de notre temps nous apprend
que la justice seule ne suffit pas, et qu’elle peut mener à sa propre négation et
destruction, s’il n’est pas permis à une force plus profonde –l’amour- de
marquer la vie dans ses différents aspects ».

Chez le Père Kentenich l’amour d’une personne est la réalisation


intégrale de l’homme, la perfection de l’être et son sens le plus profond.
C’est une attitude qui accepte l’autre dans sa valeur, rencontre l’autre
dans son être et laisse les valeurs personnelles de l’autre se créer et se
réaliser. Un tel amour est ainsi la valeur finale et la loi finale des valeurs.

Paix, liberté et justice comme valeurs fondamentales de la politique


Pour éviter un développement pouvant mener à l’éclatement d’une
société, les membres d’une communauté doivent reconnaître la dignité
de l’homme et les droits et devoirs qui en découlent comme un bien
commun central.
La justice vise à traiter chaque personne selon sa dignité et de satisfaire
les exigences légitimes découlant de sa dignité. Une fois que la justice est
manipulée, comme on a pu le voir tout au long de l’histoire du Burundi,
c’est tout le système politique qui est perturbé, car il perd de sa
légitimité.
La justice vise à traiter chaque personne selon sa dignité et de satisfaire
les exigences légitimes découlant de sa dignité. Une fois que la justice est
manipulée, comme on a pu le voir tout au long de l’histoire du Burundi,
c’est tout le système politique qui est perturbé, car il perd de sa
légitimité. Le souci d’assurer l’existence de tous les citoyens devint le
nouvel objectif de l’Etat. Ceci découlait de la reconnaissance que la paix
ne vient pas simplement de la liberté générale, mais pour la maintenir il
faut aussi assurer l’existence physique des hommes.

Théorie des races


Dans le Burundi moderne c’est la pauvreté, combinée au partage injuste
des maigres ressources nationales, qui a toujours été la menace
immédiate de la paix, en plus du traitement discriminatoire des citoyens,
hérité de la colonisation. Il est souvent affirmé, et à tort, que la
discrimination est le fruit de la colonisation. Nous savons cependant que
la structure sociale dans le pays subdivise les barundi dans des clans de
très bons, bons et mauvais. Les fonctions politiques étaient réservées aux

3
très bons et bons clans des Hutu et de Tutsi, tandis que les Twa et les
Hima étaient totalement exclus de toute responsabilité politique. De ce
fait, la colonisation n’a fait qu’institutionaliser cette structure sociale qui
existait déjà.
Selon Misago (1994)4, pendant la période coloniale au début du 19eme
siècle les stéréotypes ethniques furent systématiquement utilisés pour
mettre en catégories les composantes ethniques du Rwanda et du
Burundi, les tutsi étant présentés comme des étrangers venus d’Ethiopie.
Burton 1858 disait d’eux qu’il s’agissait d’une race blanche d’origine
Abyssinienne et que « leurs corps sont droits et bien proportionnés,
beaucoup d’entre eux ont une taille de plus de six pieds et ils ont
l’apparence d’une race male et martiale ». 

Plus tard le colonisateur Belge procèdera à la mesure des parties du


corps pour donner aux catégories Hutu et Tutsi une dimension
scientifique. Sasserath 1948 élabora l’identité ethnique des trois ethnies
du Burundi et du Rwanda comme suit :
 Les tutsi sont de hamites d’origine sémitique qui forment une
classe de seigneurs. Ils ont un long nez, un front large et des
lèvres fines. Ils sont distants, réservés, polis et aux sentiments
fins.
 Les hutu, eux sont des nègres ayant un nez plat, de larges
lippes, un front court et une tête large. Ils sont comme des
enfants, timides, paresseux et sales. Ils appartiennent à la
race des serviteurs.

Vansina (1961) définit les baganwa, les tutsi et les hima comme étant des
éthiopides pasteurs faits pour régner tandis que les hutu sont des
négroïdes qui, ensemble avec les twa pygmoïdes, potiers et chasseurs
sont domines par les tutsi. Selon Gichaoua, “Au fil du temps, les Rwandais
et les burundais donneront leur propre version de l’origine hamitique des tutsis,
ces derniers renforçant même par le vêtement et la coiffure l’allure éthiopienne
qu’on leur prête et qui, en fait, est partagée par toutes les classes les plus riches
de la société  »5 .
Cette définition des identités ethniques allait profondément marquer la
société Burundaise et Rwandaise et être à l’origine des tragédies des
peuples des Grands Lacs qu’on connait. L’administration coloniale, et
plus tard le Burundi indépendant, allaient se baser sur ces catégories
discriminatoires pour établir l’administration du pays. Au fil du temps le
4
Misago, Konzeptuelle Metapher une Soziale Organisation bei den Rundi, 1994, pages 154-162
5
Guichaoua, Les crises politiques au Burundi et au Rwanda (1993-1994), page 125

4
rwandais et le burundais définirent le monde en catégories de hutu et de
tutsi.

La paix sociale
La paix sociale ne peut donc exister que si les droits qu’on réclame pour
soi-même sont généralisés pour tout le reste de la nation. Cela vaut dans
le domaine politique, économique que sur le marché du travail.
Ainsi, la garantie de la liberté ne suffit pas pour assurer la dignité
humaine. L’inégalité naturelle existante ou l’inégalité supplémentaire
causée par la mise en application de la liberté peut représenter la
violation des droits de l’homme et aboutir à une polarisation de la
société. Le traitement égal des gens est toujours lié à la limitation de la
liberté individuelle, ce qui peut même mener à des confrontations
violentes.
Pour pouvoir comprendre la logique de la restriction de la liberté
individuelle au profit de la justice sociale, on a besoin d’une certaine
attitude spirituelle fondamentale, que la Révolution Française a appelé
« Fraternité ».

La justice comme valeur fondamentale


Une société peut permettre autant de liberté à ses membres qu’ils sont
capables d’assurer la justice. La justice est la volonté constante
d’accorder ou de garantir à chacun son dû légal, autant que cela est
possible socialement. Elle crée la paix, dans ce sens que si elle est mise en
application, la liberté de chacun est respectée.
Le point de départ de la critique du libéralisme et de la démocratie
libérale réside dans le fait que de son insistance uniquement sur la valeur
fondamentale liberté, tout en négligeant la justice. Cependant l’Etat
moderne constitutionnel doit assurer la vie commune de ses citoyens
dans la paix et la liberté en passant par plus de justice.
Si on revient au terme « justice » (ubutungane) en Kirundi, on remarque
qu’il inclut déjà la notion de justice sociale. En effet, « ubutungane », la
justice, vient du mot « gutungana », qui veut dire être parfait. Mais son
sens étymologique implique la notion de partage : gutunga-na veut dire
en fait «  être riche avec les autres  ».

L’Etat social face à la corruption et malversations économiques


Nous assistons depuis quelques temps à une course effrénée vers la
richesse individuelle au détriment du développement communautaire.
Cet état de choses est à expliquer à partir de l’héritage culturel des
burundais. Nous n’avons pas la conscience, que voler l’Etat, une
5
institution, une entreprise, c’est vraiment voler, car c’est anonyme. En
swahili on dit : mali ya uma. Les biens de l’Etat sont des biens
anonymes !
Même pour les cas individuels, nous savons toujours tourner le principe
à notre avantage pour calmer notre conscience. Ne disons-nous pas :
Igisuma ni igifashwe ? Si je vole et que je ne suis pas attrapé, je n’ai
réellement pas volé ! Puisque nous ne reconnaissons pas le mal que nous
commettons, nous mettons toute notre ingéniosité, non à éviter le vol,
mais à cacher le bien mal acquis.
Quelques fois cet argent est reconverti immédiatement dans des biens ou
des immeubles. C’est qu’on appelle le blanchiment ! Par après, nous
avons le courage d’offrir à Dieu « ic’icumi », le dixième de notre richesse
pour le remercier d’avoir volé et de ne pas avoir été attrapés ! Mana,
ndagushikaniye muvyo « nihaye » ! Quelques fois nous demandons
même aux prêtres de nous aider à célébrer une messe d’action de grâce !
Nous ne nous rendons pas compte que nous privons à des milliers de
nos concitoyens l’accès à l’eau propre, aux soins médicaux, à la
fréquentation de l’école, etc… Car toutes les sommes objets de
malversation économique réunies pourraient servir à construire des
centres de santé, des écoles et à financer l’alimentation en eau potable.
Déjà en 2008, l’OLUCOME rapportait que l’Etat devait recouvrer une
somme de 233.387.381.000.136 FBU.

Ensuite il y a la petite et grande corruption dans lesquelles les citoyens


doivent acheter der services auxquels ils avaient droit, aggravant par là-
même leur état de pauvreté. D’après une étude réalisée par le PNUD en
2000, les secteurs les plus touchés par la corruption étaient, à cette
époque:
  Douane 90.6
 Marchés publics 84.2
 Système judiciaire 68.6
 Police 59.6
 Administration communale 58.0
 Coopération internationale 40.6
 Secteur privé 77.1
 Secteur public 77.1…..

Une analyse socio-anthropologique montre les causes principales de la


corruption :
Des référents culturels (dictons, proverbes, etc.) qui transforment les
règles « publiques » et expliquent la tolérance ou la complaisance à
6
l’égard des comportements et pratiques corruptifs. « Utivye ntasumira
umwana, impene irisha aho iziritswe, … Ici interviennent également des
pratiques sociales inspirées par des représentations culturelles de
« cour » et du « don », que se font la société et l’agent public de la
« réussite sociale ». Les comportements corruptifs s’expliquent par la
recherche déterminée de la réalisation de l’élan d’un moi fait de culture
de l’« Être » et du « Paraître ».
La seconde tendance lourde de conséquences est liée aux dynamiques
politiques et aux représentations de l’Etat. Les régimes politiques que le
Burundi a connus ont créé des conditions défavorables à la construction
des attitude et comportements citoyens anti-corruptifs. En mettant en
avant les pratiques d’exclusion, de corruption et de solidarités
communautaires, ils ont condamné les idées de la chose publique et de
droits de propriété. De plus les représentations que les fonctionnaires se
font de l’Etat sont contraires aux principes de la gestion légale et
rationnelle. Chez le fonctionnaire, l’Etat étant avant tout une émanation
des réseaux communautaires, sa position doit lui permettre d’entretenir
ces liens communautaires et de réaliser son « Être social ».
La corruption s’explique ainsi par ce conflit entre les représentations
traditionnelles et modernes de l’Etat. Généralement il existe une certaine
tolérance, une sympthie ou envie face à ceux qui ont réussi, que ce soit à
travers la corruption ou la malversation. De la même manière il existe
aussi une certaine tolérance face aux injustices faites aux autres, pourvu
qu’on en profite. C’est ce qui transparaît dans les dictons « umwana i
Mwaro, Uwawe yotunga wotnga, uwutagira inasenge arisenga », …
Un fonctionnaire, un dirigeant d’entreprise, un ministre … qui s’efforce
de traiter tout le monde au même pied d’égalité se voit qualifier de
vaurien… ntaco amariye ab’iwabo… comme s’il/elle occupait cette
fonction pour servir son clan, sa colline, pour sa région, pour son parti
politique uniquement….

C’est cela qui explique en partie le succès mitigé des organes de lutte
contre la corruption et les malversations économiques : nous avons tous
le même héritage culturel (abonse rimwe)… nous nous comprenons
parfaitement, au-delà des ethnies, régions, …
D’autres éléments influencent aussi la tolérance envers la corruption, les
malversations et l’injustice. C’est entre autres l’absence de la mise en
application :
 de mesures sociales de compensation de l’Etat :
 d’une législation de la protection du travail,
 De l’assurance sociale,
7
 du droit de travail individuel et collectif,
 de plus grandes égalités dans le domaine du revenu à travers la
politique nationale de redistribution,
 à l’absence de la réconciliation des groupes de la société moderne
avec l’ordre démocratique de la liberté et de la paix.
La pratique de la corruption, des malversations économiques, du
favoritisme clanique, ethnique ou régional sont un obstacle sérieux à la
participation de tous les citoyens aux biens spirituels, moraux et
matériels de la nation. C’est uniquement lorsque tous les groupes et
toutes les couches de la population se sentent traités justement qu’ils
seront prêts à défendre la liberté de tout le système et l’ordre de la paix.
Là où cela ne se fait pas, il y a danger de guerre civile.

Le Synode africain remarque, à cet effet : « De telles injustices politiques


provoquent des tensions qui dégénèrent souvent en conflits armés et en
guerres civiles, avec de graves conséquences, comme des famines, des
épidémies, des destructions, sans oublier les massacres et la tragédie
scandaleuse des réfugiés » (Cheza:346).
L’Etat doit ainsi comprendre le souci pour plus de justice pour tous les
citoyens comme garantie de l’existence minimale. Pour cela on n’a pas
seulement besoin de lois de l’Etat, mais aussi de la disponibilité de la
société de promouvoir des institutions adéquates et des organisations
pour l’entraide mutuelle pour plus de justice.
Les burundais semblent l’avoir compris, car aujourd’hui ils ont
développé une constellation d'organisations les plus diverses – plus de 5
000- qui tentent de répondre à des besoins précis ou d'orienter la société
dans une direction particulière. Ils répondent ainsi à la recommandation
de l’article 73 de la constitution de la République du Burundi qui stipule
que « Tout individu a le devoir de contribuer à la sauvegarde de la paix,
de la démocratie et de la justice sociale ». La paix et la justice sociale sont
des mots qui reviennent très souvent dans cette constitution.

Justice, équité et amour social comme vertus


On est en principe d’accord que, dans un Etat constitutionnel
démocratique, c’est l’une de ses missions de traiter tous les citoyens
avec justice. Pour pouvoir mettre en pratique ce discernement, on a
besoin d’une certaine attitude éthique, d’un certain comportement
éthique et de certaines vertus des citoyens de cet Etat précis.
En effet on aura beau vouloir créer un Etat juste, libre et démocratique
qu’on n’y parviendra pas aussi longtemps que les citoyens n’auront pas
encore changé de mentalité. Ceci est particulièrement difficile dans des
8
sociétés de classes dont les droits sont pratiquement valables
uniquement au sein de leur communauté.

Conclusion: Cultiver les valeurs comme solution

Les institutions de l’Etat (cour constitutionnelle, Sénat, l’Assemblée


Nationale) ne sont pas là uniquement pour représenter des intérêts, mais
ce sont des institutions dont les membres doivent être conscients des
valeurs fondamentales de la constitution : pour cela la mise à niveau est
nécessaire. Ils doivent respecter les intérêts légitimes des citoyens et
prendre connaissance de tous les intérêts légitimes des citoyens et
procéder à la balance des intérêts. Bref, tous les citoyens sont appelés à
cultiver de nouvelles valeurs adaptées au monde moderne.
Comme le dit bien le Père Kentenich: « la source profonde de notre
malheur se trouve en nous-mêmes, dans le manque de liberté et dans
l’esclavage de notre propre âme. Conséquemment nous exigeons et
recherchons un renouvellement spirituel et éthique profond de chaque
individu et de toute l’humanité » (KR I, 51).

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Questions de méditation
1. Quels sont les obstacles à vivre la fraternité des enfants de Dieu
dans notre société burundaise?
2. Quelle est notre contribution comme individus et comme
groupes pour l’avènement d’un Etat social au Burundi?
Quelle initiative prendre pour faire rayonner et pérenniser le fruit
de ces ateliers sur le leadership chrétien

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