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Centre Audiovisuel d’Études Juridiques des Universités de Paris

Licence 3 en Droit (CAVEJ) - Session de juin 2020

Votre numéro étudiant (A COMPLETER OBLIGATOIREMENT) :


(étudiants rattachés à une université partenaire: numéro attribué par l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
10829272

Enseignement : Introduction au droit comparé

I. Question de méthodologie et d’épistémologie


Si un pays européen décidait de mettre en place des applications de traçage similaire à
celle utilisées en Corée pour lutter contre la propagation du COVID-19. Pour savoir s’il pourrait
ou devrait « transposer » le cadre juridique coréen correspondant à l’utilisation et déploiement
de ces applications, il faut prendre en compte plusieurs méthodes mise en place par le droit
comparé. En effet, il faut prendre en compte non seulement les règles juridiques, mais
également les données historiques, culturelles et sociales, voire religieuses applicables en
Corée. Il ne faut pas perdre de vue qu’une méthode est intimement liée à l’objectif poursuivi.
Tout d’abord, deux méthodes peuvent être utilisé, la macro comparaison et le micro
comparaison. La première s’intéresse à des grandes questions comme la procédure appliquée
pour la résolution des litiges, le rôle du juge, la technique de la codification, elle permet ainsi au
qui porte sur des points particuliers de se situer. Ces deux points sont donc indéniablement liés.
Dans les deux cas, il s’agit d’envisager les différences et les équivalences fonctionnelles des
institutions de la Corée avec le pays européen. Pour ce faire on a besoin d’une comparabilité. La
comparabilité dépend de l’existence d’éléments communs qui relient les deux institutions, des
fonctions des résultats ou des problèmes juridiques équivalant. Mais cela n’est pas suffisant
pour transposer le droit européen à un pays européen, il faut aussi faire une distinction entre la
comparaison horizontale qui compare des ordres juridiques rapprochés dans le temps, mais
éloignés dans l’espace aux niveaux historique et ethnologique, ce qui est notre cas. Et la
comparaison verticale qui met en présence des ordres juridiques éloignés dans le temps.
Cependant, quelque soit le type de comparaison, il faut appliquer la règle des 3C posé par le
professeur Vlad Constantinesco. Ces sont trois stade successifs c’est-à-dire, Connaître
(connaissance des termes à comparer, connaître les sources du droit considéré, leur valeur, la
hiérarchie des normes et leur fonction dans l’élaboration du droit). Comprendre, c’est-à-dire,
comprendre le terme comparé dans son propre ordre juridique. Et enfin, comparer.

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L’objectif ici est d’avoir une référence lorsqu’on doit poser des solutions novatrices pour lutter
contre le COVID-19. Un pays européen ne devrait donc pas se limiter à la question de savoir
s’il pourrait ou devrait « transplanter » le cadre juridique coréen correspondant à l’utilisation et
au déploiement des applications.
Il y a d’ailleurs deux comparaisons à faire pour comprendre l’objectif du droit comparé. Il ya le
comparatisme d’évaluation qui vise à comparer pour évaluer et améliorer son système normatif
à partir de l’analyse d’autre systèmes normatifs. Et le comparatisme de modélisation qui
permet de mettre en perspective les règles juridiques de son Etat pour mieux les comprendre ou
pour tenter de les intégrer dans un cadre plus large.

II. Question d’approfondissent


Comparez le Conseil constitutionnel avec la Bundesverfassungsgericht et la Supreme Court
of the United State.

Tout d’abord, nous allons commencer par faire une brève présentation de chacune de ces
institutions.
Le Conseil constitutionnel est une institution française créée par la Constitution du 4
octobre 1958 et siège au Palais-Royal à Paris. Elle est composée des membres de droit qui
sont les anciens Présidents de la république (membres à vie) et de 9 membres désignés pour
9 ans par le Président de la république, par le président de l’assemblée national et par le
Président du Sénat. Chacun nomme trois membres. Il n’y a aucune condition d’âge ni de
qualification professionnelle, mais ils doivent prêter serment devant le Président de la
république.
Le Bundesverfassugsgericht, quant à elle, est la Cour constitutionnel allemand. Elle a été
créée en 1951 et siège à Karlsruhe. Elle est composée de 16 membres et sont tous issues du
monde juridique. Chaque chambre parlementaire (Bundesrat et Bundestag) nomme 8
personnes. La durée du mandat est de 12 ans, mais peut être raccourcie car l’âge de la
retraite s’impose à 68 ans et le renouvellement n’est pas possible.
La Supreme Court of the United State, enfin, est la Cour suprême des Etats-Unis. Elle a été
créée en 1789 et siège à Washington. Elle est composée de 9 juges qui sont tous nommé par
le Président des Etats-Unis avec l’accord du sénat. Il n’y a pas d’exigence particulière pour
être nommé membre à part avoir la nationalité. C’est une institution phare du droit
étasunien.
S’agissant de leur compétence, le Conseil constitutionnel est chargé d’assurer le respect de

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la constitution, qui est la norme suprême en droit français.


Lorsqu’elle est saisie, ne statut pas sur l’objet même du litige qui lui est soumis, mais
seulement sur la constitutionnalité d’une loi sur laquelle repose le litige. Elle se rapproche
un peut de la Cour constitutionnel allemand qui ne cesse de rappeler depuis un arrêt du 15
janvier 1958, Lueth, dans lequel elle a jugé qu’elle n’était pas une instance de super
révision. C’est-à-dire qu’elle n’examine pas la constatation de fait, l’observation de la
procédure, l’interprétation des règles de droit simple ou qualification des fais. Mais
s’oppose complètement à la Supreme Court of the United-State qui, elle, possède une
compétence comme juridiction de premier et dernier ressort pour les affaires dans
lesquelles les dignitaires étrangers sont concernés ou lorsqu’un Etats est une des parties.
Soit un conflit entre deux Etats, soit un conflit entre Etat et le gouvernement fédéral. Elle a
aussi une compétence d’appel des tribunaux inférieurs fédéraux. Elle est aussi compétant
pour tous les cas relevant de la Constitution ou des lois et les traités.
S’agissant enfin de la saisine, Le conseil constitutionnel ne peut pas s’auto saisir. En effet, il
ne peut qu’être saisi par le Président de la république, par le Premier ministre, par le
Président du Sénat et de l’Assemblée national et enfin par 60 députés et 60 sénateurs ce qui
le différencie complètement du droit allemand et du droit étasunien.
En effet, aux Etats-Unis et en Allemagne, la saisine n’est pas aussi compliquée, en effet, la
Cour suprême peut être saisie dans le cadre d’une affaire relevant de sa compétence par tout
intéressé. En Allemagne, la saisine peut être faite alors qu’il n’y ait eu aucune contestation
devant un juge ordinaire.
Cependant, depuis 2008 avec l’arrivé de la QPC (question prioritaire de constitutionnalité)
elle s’est beaucoup rapproché de ces deux droit. Désormais, elle peut être saisie par tout
justiciable lorsqu’une disposition législative applicable à son affaire porte atteinte au droit
et liberté garantis par la constitution.

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