Vous êtes sur la page 1sur 35

Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.

Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.

9-703-040

RICHARD H. K. VIETOR

EMILY J. THOMPSON

Singapour Inc.
Nous sommes devenus riches en l’espace d’une génération, — un miracle peut-être — mais une
richesse acquise trop rapidement et par conséquent une richesse non assise sur des bases solides.
Allons-nous régresser au cours de la génération à venir ?

Le Premier ministre Goh Chok Tong1

Introduction
Le 1er janvier 2003, le premier ministre de Singapour, Goh Chok Tong, s'attablait
pour le petit déjeuner ; il relut attentivement ses notes pour le discours du Nouvel An
qu'il devait prononcer plus tard, dans l’après-midi. Après 40 ans de croissance
remarquable, Singapour était passé d'un revenu de 427 $ US par habitant en 1960, à un
revenu de 20 748 $ US en 2002. À cause du ralentissement de l'activité économique
globale des deux années précédentes, Singapour avait connu l'une des pires récessions
et l'un des taux de chômage les plus élevés de son histoire. Contrairement à sa
croissance de 10,3 %, en 2000, l'économie de Singapour s'était contractée de 2,2 % en
20012. Après un recul de plus de 10 % sur une base annualisée au troisième trimestre,
les perspectives de croissance de Singapour pour 2002, situées autour de 2 % à 2,5 %
n'étaient pas plus reluisantes3.

Goh et son parti, le « People's Action Party » — le Parti de l'Action du Peuple


(PAP) — devaient ramener l'économie à un niveau de croissance soutenue. Le Comité
d'Analyse économique (CAE) s'était réuni, en décembre 2001, pour évaluer les
politiques gouvernementales, afin de rendre le pays plus compétitif. Présidé par le
Traduit entièrement avec la permission de la Harvard Business School par MDE Business School (IHE-Afrique), Abidjan, Côte d’ Ivoire.
La seule responsabilité de la justesse de cette traduction est du ressort du traducteur mentionné ci-dessus. Copyright de la traduction
© 2013 par The President and Fellows of Harvard College. Le cas original, intitulé : «Singapore Inc. » copyright © 2008 a été rédigé par le
Professeur Richard H.K. Vietor et l’Associée de Recherches Emily J. Thompson de la Harvard Business School. Les cas de HBS sont
seulement conçus pour servir de base de discussion en classe et non pour servir d’approbation, de sources de données primaires ou
d’illustration d’un management efficace ou inefficace.
Translated in full with the permission of the Harvard Business School by MDE Business School (IHE-Afrique), Abidjan, Côte d’Ivoire.
The sole responsibility for the accuracy of this translation rests with the above mentioned translator. Translation copyright © 2013 by
The President and Fellows of Harvard College. The original case, entitled «Singapore Inc. » copyright © 2008 was prepared by Professor
Richard H.K. Vietor and Research Associate Emily J. Thompson. HBS cases are developed solely as the basis for class discussion. Cases
are not intended to serve as endorsements, sources of primary data, or illustrations of effective or ineffective management.
Copyright © 2013 President and Fellows of Harvard College. Pour commander des copies ou demander la permission de reproduire ce
document, appeler le 1-800-545-7685, ou écrire à Harvard Business School Publishing, Boston, MA 02163. Ce document ne doit pas être
numérisé, ni photocopié, ni reproduit de quelque manière que ce soit, ni transmis à des tiers sans la permission de Harvard Business
School.
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

vice-premier ministre (VPM) et le ministre des Finances, Lee Hsien Loong4, le CAE
publia ses premières recommandations, en avril 2002. Dans le but de positionner
Singapour comme hub pour les affaires à l'échelle mondiale et diversifier l'économie,
le CAE recommandait diverses réductions d'impôts et incitations fiscales pour attirer
aussi bien l'investissement étranger que les compétences. Afin de compenser la perte
sur les recettes, le CAE recommanda une hausse de la taxe sur les produits et les
services (TPS).

Conformément aux recommandations du CAE de réduire la dépendance de


Singapour de l'économie américaine et de l'industrie électronique, le conseil de
développement économique (CDE), l'agence gouvernementale pour le développement
de l'industrie, avait conçu une stratégie dite « stratégie de l’écosystème », destinée à
stimuler l'innovation et à diversifier l'économie. En investissant et en favorisant de
nouveaux pôles scientifiques et technologiques, Singapour envisageait de faire évoluer
son économie de la chaîne de valeurs, vers les secteurs fondés sur le savoir.

Goh devait annoncer la mise en œuvre de la première phase des réformes


fiscales dans son discours. Alors qu'il analysait son plan, il se demanda si la stratégie
bénéficiait au pays tout entier. En réduisant les impôts sur le revenu des sociétés et le
salaire du personnel, tout en augmentant la TPS, le coût des réformes serait supporté
par les personnes ayant les plus faibles revenus de Singapour. En outre, si l'économie
était axée sur le savoir scientifique, Singapour dépendrait largement de son système
éducatif naissant et courrait le risque de pénaliser un pourcentage élevé de sa
population si l’amélioration des compétences de base dans le pays n’était pas au
rendez-vous.

Historique du pays
Singapour est localisée à un degré au nord de l'équateur entre la pointe de la
Malaisie et les îles de l'Indonésie (voir l'Annexe 1). D’une superficie sensiblement
inférieure à celle de la ville de New York, la cité État se situe sur une superficie totale
de 692,7 km². Elle se compose d'une île principale (42 km par 23) et de plus de 30 îles
avoisinantes de taille plus réduite5. Avec 3.378.300 résidents en 2002, la population de
Singapour se compose de trois principaux groupes ethniques — Chinois (76,5 %),
Malais (13,8 %) et Indiens (8 %) – parlant quatre langues officielles : l’anglais, le
mandarin, le malais et le tamil6.

De la Colonie à la République

Sir Stamford Raffles arriva à Singapour en l'an 1819, à la recherche d'un port et
d'une base de commerce, pour sécuriser les itinéraires du commerce britannique dans
la région. Trouvant le port naturel et l'emplacement de l'île d’une valeur
exceptionnelle, il fit la remarque suivante : « J'ai eu la chance d'ouvrir ce comptoir
commercial en un lieu qui réunissait les conditions idéales, aussi bien géographiques
que locales7. » À cette époque, Singapour avait une population de 150 personnes et
était gouvernée par le sultanat de Johor, sous autorité néerlandaise. Singapour devint
plus tard la propriété de la British East India Company suite à son rachat par des
versements en argent comptant au sultanat et à la faveur du Traité Anglo-néerlandais

2
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

de 1824. En tant que partie des Établissements britanniques des Détroits, qui
comprenaient Malacca et Penang, le village de pêche multiculturel de Singapour se
transforma en un port prospère. L'ouverture du canal de Suez, en 1869, établissait
Singapour comme port d'escale sur l'itinéraire commercial Europe-Asie de l'Est. Sa
prospérité toujours croissante attirait des immigrés de Chine, de l'Inde, de Malaisie et
d'Europe.

En février 1942, lors de la Deuxième Guerre mondiale, les Britanniques cédèrent


Singapour aux Japonais. La colonie souffrit considérablement sous le dur règne
japonais. Des résidents de Singapour mourraient de malnutrition, ou de maladie, ou
étaient exécutés. Après le retour de Singapour sous l'autorité britannique, en 1945, les
Britanniques se prononcèrent contre la réunification de Singapour à la péninsule
malaise et proclamèrent Singapour colonie de la Couronne distincte.

Accédant aux demandes de représentation au gouvernement par la classe


marchande de Singapour, les Britanniques instituaient, en 1948, le Conseil Législatif
des Singapouriens, pour conseiller le gouverneur. Cinq ans après, les Britanniques
desserraient davantage leur emprise et créaient une commission chargée de réviser la
constitution de Singapour, pour en faire un territoire autonome avec des pouvoirs
limités. Bien que la Grande-Bretagne gardait la mainmise sur la défense, la sécurité et
les affaires étrangères de la colonie, Singapour tenait ses premières élections
législatives. Toutefois, les remous sociaux et estudiantins continuaient, compte tenu de
ces restrictions.

Une délégation envoyée à Londres réussit à persuader la Grande-Bretagne


d’accorder l'autonomie politique à Singapour et à programmer des élections. Un
membre de la délégation, Lee Kuan Yew, âgé de 35 ans, fut nommé premier ministre
après la victoire de son parti, le PAP, qui avait obtenu 41 des 53 sièges. Allié aux
communistes contre l'autorité coloniale britannique, le PAP voulait l’indépendance
totale d’avec la Grande-Bretagne, dans le cadre de la fédération de Malaya, non
communiste. Singapour se joignit à la Malaisie, à Sarawak et à la Bornéo du Nord,
pour créer la Fédération de la Malaisie, en septembre 1963.

Toutefois, des divergences apparurent très vite entre le gouvernement central


malais et le gouvernement singapourien sur les questions de revenus, de marché
commun et de pouvoir politique. Des tensions politiques s'extériorisaient dans les rues
de Singapour, avec une série d'émeutes entre les populations chinoises et malaises.
Inquiète que les Singapouriens chinois et les communistes puissent s'emparer du
pouvoir central, la Malaisie vota pour l'expulsion de Singapour. Le 9 août 1965,
Singapour devint une nation indépendante. Peiné par la séparation, Lee déclarait :
« Ce fut pour moi un moment d'angoisse. Toute ma vie, pendant toute ma vie
d'adulte, j'ai cru à la fusion et à l'unité des deux territoires8. »

Les premières années de la République

3
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

Diplômé en droit de l'Université de Cambridge en Angleterre, Lee avait fondé le


PAP en 1954. Au fil des ans, le PAP, qui faisait partie d'un front anticolonial modéré
de gauche, s’était progressivement transformé en un parti socialiste d'extrême droite.
Lee, crédité par beaucoup comme le concepteur de « Singapour Inc. » occupa les
fonctions de premier ministre, de 1959 à 1990, le plus long mandat de l'histoire. Après
1990, il servit comme ministre d'État au sein du gouvernement, puis comme conseiller
auprès du premier ministre. Alors qu'il était aux affaires, Lee modela les valeurs de
Singapour sur ses propres valeurs, mettant l’accent sur l'importance de l'éducation, de
la discipline, d'une solide éthique du travail et de la tolérance ethnique.

« Avec le départ des Britanniques qui se profilait à l'horizon, et sans ressources


naturelles propres, Singapour », notait Lee, « était confronté à d'énormes difficultés,
avec une improbable chance de survie. Singapour n'était pas un pays naturel, mais un
pays artificiel, fait de main d’homme, un poste de commerce, que les Britanniques
avaient transformé en un hub de leur empire maritime mondial. Nous avons hérité de
l'île sans son arrière-pays, un cœur sans corps9. » Un étudiant écrivait à ce sujet, « Ce
n'est qu'après 1965 que le mot “Singapourien” a été utilisé pour décrire une identité.
Ainsi, une grande partie de la culture de Singapour fut créée dans les années qui ont
suivi l'indépendance10. »

Le gouvernement dirigé par Lee établissait des priorités pour ses besoins les plus
urgents. D'abord, il devait assurer son indépendance, en renforçant ses moyens de
défense et en acquérant une reconnaissance internationale, avec un siège aux Nations
Unies. L'environnement instable, résultant de la rupture traumatique de Singapour
d’avec la Malaisie, exigeait également le rétablissement rapide de l'ordre public. Le
gouvernement créa immédiatement le Ministère de l'Intérieur et de la Défense, afin de
constituer les forces de police et les forces armées.

Le deuxième problème le plus pressant était l'économie. Au moment de son


indépendance, en 1959, Singapour avait un taux de chômage11 de 14 %. Avec le retrait
imminent des Britanniques, dont les opérations de la base militaire contribuaient à
20 % du produit intérieur brut (PIB), Singapour devait trouver une nouvelle source
d'emploi pour sa population12. Dans le souci de créer des emplois et d’affermir son
statut politique, le PAP créa en 1960, l’Office du Développement du Logement (ODL).
L'objectif principal de l'ODL était de construire rapidement des logements sociaux de
base, offrir des emplois, et proposer des maisons aux Singapouriens, à des tarifs
subventionnés. Pendant ses 18 premiers mois de fonctionnement, l'ODL construisit
suffisamment de logements pour satisfaire 30.000 personnes13. Les logements sociaux
devinrent la référence à Singapour. En 2001, plus de 85 % de la population vivait dans
des logements affiliés à l'ODL14.

Après une tentative infructueuse de substitution des importations entre 1959 et


1965, le gouvernement concluait que le futur reposait sur les sociétés multinationales
Américaines (SMA)15. La nouvelle économie de Singapour était bâtie sur une stratégie
comprenant deux volets. D'abord, en raison des relations régionales hostiles,
Singapour devrait passer par-dessus ses voisins comme partenaires commerciaux, et
tenter de séduire des entreprises étrangères à fabriquer des produits à Singapour et à

4
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

les réexporter dans les pays développés16. Ensuite, Singapour cherchait à se définir
comme « La première oasis du monde, dans une région du tiers monde17. » Comme
Lee le soulignait dans ses mémoires, « Nous avions pour principe directeur que pour
survivre, Singapour devrait être plus robuste, mieux organisée et plus efficace que les
autres dans la région 18. »

Régime politique
Singapour était régie par un régime parlementaire se composant de 84 membres
élus (9 élus directement et 75 élus en équipes de 4 à 6, pour constituer les 14 groupes
représentant les circonscriptions électorales [par exemple, les régions] et assurer au
moins un membre d'une minorité raciale par équipe)19. Les parlementaires étaient élus
pour cinq ans (lors des élections générales). Le vote était obligatoire pour toutes les
élections. Le président était élu directement comme chef d'État constitutionnel. Le
président nommait officiellement le premier ministre, en le choisissant parmi le
groupe parlementaire majoritaire. Conseillé par le premier ministre, le Président
nommait également les membres du gouvernement constitués de parlementaires. Le
gouvernement comprenait le premier ministre et 14 à 16 ministres désignés,
responsables de la conduite des affaires de l'État. En plus de ces fonctionnaires
désignés, chaque ministère méritocratique avait un secrétaire permanent principal ou
un haut fonctionnaire. Afin d’exposer l’ensemble des dirigeants à la stratégie du pays,
les permutations de travail entre les hauts fonctionnaires étaient une pratique
courante. Après avoir travaillé au Ministère de la Défense et au Ministère du Travail,
le Secrétaire Permanent au Ministère des Technologies de l'Information et des Arts
(MTIA), Tan Chin Nam, expliquait : « Le début est un défi, mais cela entretient de
nouvelles perspectives et la flexibilité au sein du gouvernement20. »

Le Pouvoir

Depuis le début de l'administration PAP en 1959, le gouvernement réclamait un


pouvoir suffisant, afin d’instaurer les réformes nécessaires à la transformation de
Singapour en une plateforme attrayante pour l'investissement étranger. Les grèves de
travailleurs, menées par les organisations syndicales, étaient des événements fréquents
à Singapour après l'indépendance. Le Président Yusof Bin Ishak, réalisant que les
remous sociaux menaçaient la capacité de Singapour à attirer des entreprises
étrangères, déclara : « Les excès de syndicats irresponsables… sont un luxe que nous
ne pouvons plus nous permettre21. » Après sa victoire écrasante à l'élection de 1968, le
PAP utilisa son pouvoir pour traiter rapidement le cas des syndicats. Les syndicats qui
violaient les lois furent interdits, et plusieurs parmi leurs dirigeants furent arrêtés.
Sous la nouvelle législation, le gouvernement réglementait désormais les salaires par
l’entremise du Conseil National des salaires et les employeurs disposaient d’une plus
grande liberté de recrutement et de licenciement. Le congrès national des syndicats fut
également créé, dans le but de défendre les intérêts des travailleurs, selon la
philosophie du PAP.

5
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

Les avantages étant habituellement liés au maintien du PAP au pouvoir,


l'opposition était quasi inexistante. Par exemple, le PAP utilisait l'ODL pour établir et
maintenir sa base politique. Quand le pouvoir du PAP donna des signes
d'affaiblissement au début des années 90, la priorité dans la rénovation fut accordée
aux circonscriptions qui votèrent majoritairement pour le parti22. « Je pense qu'ils [les
Singapouriens] savent que leur vote influencera leur bien-être personnel — leur ville,
leur localité, la valeur de leurs propriétés », expliquait le vice-premier ministre Lee23.
Les lois de Singapour renforçaient également la puissance du PAP. La loi sur la
sécurité intérieure, héritage de l'époque coloniale, permettait au gouvernement de
détenir les adversaires politiques indéfiniment, sans procès.

Les exigences contraignantes de la fonction publique et la censure


gouvernementale des médias renforçaient davantage l'autorité du PAP. En vertu de la
loi sur les journaux et les imprimeries de Singapour, le MTIA pouvait restreindre la
distribution des publications jugées coupables de « s'immiscer dans la politique
intérieure de Singapour24. » En 1993, par exemple, le gouvernement limita la
distribution de « The Economist » pour avoir refusé de publier son droit de réponse à
un article relatant les difficultés éprouvées par les candidats de l'opposition de
Singapour. Le MTIA déclarait qu'il continuerait à réduire progressivement la
distribution jusqu'à ce que la revue publie la réponse complète du gouvernement. Le
gouvernement défendait la censure au motif qu'il était nécessaire de maintenir
l'harmonie raciale délicate du pays. Après avoir découvert que la censure réprimait les
arts, le gouvernement créa un Comité d'examen de la censure en 2002, chargé
d'assouplir les restrictions. D’ailleurs, l’omniprésence de l'Internet rendait plusieurs
lois sur la censure plus symboliques que restrictives.

Des campagnes anti-crachat au début des années 60 à une interdiction de la


vente de chewing-gum, « l'État providence » maintenait un contrôle strict sur
l'environnement social et physique de l'île. Pour améliorer le niveau de vie, se
différencier en vue des investissements et accroître ses perspectives comme une
destination touristique, Singapour institua le mouvement « propre et vert » pour
embellir son environnement25. Des millions d'arbres, palmiers et arbustes furent
plantés, et la rivière Singapour complètement nettoyée. Au mois de novembre de
chaque année, les dirigeants de Singapour, y compris son premier ministre, plantaient
de jeunes arbres, lors la journée nationale de plantation d'arbres. Toute la population
bénéficia de l’amélioration des réseaux d'évacuation de l'île et de la réduction du
nombre d’insectes. Lee l’admettait : « Le verdissage est le projet le plus rentable que
j'aie lancé26. » Dans le but de renforcer les efforts d'embellissement, de lourdes
amendes étaient infligées pour les ordures et les dégradations du domaine public. Un
système de tarification électronique au périphérique facturait des tarifs plus élevés
pour l'accès au centre-ville aux heures de pointe. Le système, qui datait des années 70,
réduisait considérablement les congestions du trafic. En outre, l’accès à la possession
d’un véhicule avait été subtilement restreint par la taxation et le coût élevé des
enchères pour l’acquisition du certificat d'ayant droit — « certificate of entitlement
(COE) » —, en quantité limitée. Par exemple, en 2002, l’acheteur d'une voiture de

6
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

20.000 $ devait, d’une part, verser 10.000 $ (50 %) de taxes, d’autre part, poster ses
enchères à un montant d'au moins 30.000 $, pour pouvoir bénéficier d’un COE27.

Le taux de criminalité demeurait extrêmement bas en raison de l’application


stricte des sanctions. Amnesty International estimait que Singapour avait le taux
d'exécution par habitant le plus élevé au monde28. En 1994, Michael Fay, un Américain
de 18 ans, mit le système judiciaire de Singapour sous les feux des projecteurs du
monde. Reconnu coupable de vandalisme, Michael Fay fut condamné à six coups de
canne. Par respect pour le Président Clinton et son appel à la clémence, le châtiment
fut, par la suite, réduit à quatre coups de canne. Bien que beaucoup de gens
considéraient le pouvoir singapourien comme répressif et autoritaire, un chroniqueur
de Straits Times résumait la chose en disant que « Les Singapouriens semblent être
disposés à fermer les yeux sur le sacrifice des libertés civiles pour les avantages
pratiques d'une vie disciplinée et confortable29. »

Anticorruption

Si nous nous croyons à l'abri de la corruption, nous risquons vraiment notre avenir. C'est une
maladie à l'échelle mondiale et elle est particulièrement endémique en Asie ; nous pouvons
facilement en être frappés. Seule la vigilance constante nous a permis de la contenir jusque-là.

Le premier ministre Goh30

Classé cinquième sur 102, d’après l'indice de perception de la corruption établi


par Transparency International pour l'année 2002, le gouvernement autoritaire de
Singapour était réputé pour son honnêteté et sa transparence31. Le bureau
d'investigation sur les pratiques de la corruption (BIPC), un groupe indépendant, qui
rendait compte directement au premier ministre, fut créé en 1952 pour mettre en
application les lois anticorruption dans les secteurs publics et privés. Selon le BIPC,
quiconque se rend coupable de corruption peut encourir une amende pouvant aller
jusqu’à 100 000 dollars Singapouriens (soit 54 000 $ US), risquer une peine
d'emprisonnement de cinq ans, ou les deux. Ce qui rendait la corruption encore moins
attrayante, c’était les salaires des hauts fonctionnaires du gouvernement singapourien
qui étaient plus élevés que dans la plupart des autres pays. En 2000, le montant du
salaire du Premier Ministre était d’un peu plus de 1,1 million $ US ; son ministre le
moins bien payé gagnait environ 550.000 $ US32. Répondant aux critiques suite à la
hausse des salaires de 2000, le gouvernement déclara qu'elle était nécessaire pour
retenir le personnel compétent. Lee justifiait le salaire élevé des ministres, en
affirmant, « Cela doit être considéré par rapport à ce qui est en jeu33. » Goh affirmait
également que « Les dommages que nous avons épargnés à l'économie, lors de la crise
financière asiatique, suffisent largement pour payer les ministres et les autres
responsables pour le reste de leurs vies politiques et même encore pour de
nombreuses vies34. »

Afin qu’ils soient maintenus à un niveau concurrentiel par rapport à ceux du


monde des affaires, les échelles des salaires du gouvernement étaient déterminées par
une formule. Par exemple, un ministre débutant, ou un secrétaire permanent principal

7
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

gagnaient un salaire égal à 60 % du salaire médian des huit plus hauts revenus, dans
six professions, allant des banquiers aux PDG de multinationales35. Dans le but de
justifier les montants élevés des salaires, les primes des hauts fonctionnaires et
plusieurs budgets départementaux étaient indexés sur les résultats du PIB du pays.
« Nous fonctionnons comme un gouvernement à 100 %, mais en ce qui concerne la
discipline opérationnelle, nous travaillons avec la même rigueur que le secteur privé »,
expliquait un directeur principal au Conseil de développement économique (CDE)36.
En 2002, les ministres seniors eurent à souffrir conformément à la situation qui
prévalait.

Les Relations extérieures


L'ASEAN

Dans un effort pour favoriser le commerce et la stabilité régionale, Singapour se joignit


à la Thaïlande, à la Malaisie, à l'Indonésie et aux Philippines, pour former l'Association
des Nations de l'Asie du Sud-est (ASEAN) en août 1967. Le but principal de l'ASEAN
était de fournir aux différents membres le levier pour négocier des questions de
commerce international pour toute la région. Cependant, au début du XXIe siècle,
Singapour mécontentait plusieurs des membres de l'ANASE, en poursuivant ses
propres accords de commerce bilatéral avec les États-Unis, le Japon, la Nouvelle-
Zélande, l'Australie et le Mexique. En soutenant les actions de Singapour pour accéder
à des marchés plus libres et à la diversification, le ministre du Commerce et de
l'Industrie, George Yeo (HBS MBA 1985), affirmait, « Singapour ne projette nullement
d’abandonner la région. Plus de 70 % de tout le commerce au sein de l'ASEAN passe
par Singapour. Si la région prospère, nous tirerons davantage de profit37. »

L'ASEAN créa l'AFTA, la zone de libre-échange asiatique, dans le but d'éliminer à


terme les entraves au commerce parmi les pays membres. Il fournissait également un
forum pour résoudre les conflits relationnels régionaux. Depuis son expulsion en 1965,
Singapour connaissait constamment des relations difficiles avec la Malaisie. La
Malaisie, un concurrent direct pour l'investissement et le commerce, fournissait à
Singapour la majorité de son approvisionnement en eau. En septembre 2001, Lee et le
premier ministre Mahathir Mohamad de la Malaisie s'accordèrent pour proroger le
contrat alors en cours d'alimentation en eau. Toutefois, en 2002, les relations se
détériorèrent quand la Malaisie annonça qu'elle augmenterait les prix de l'eau. Dans le
but de réduire à l'avenir la dépendance du pays vis-à-vis de la Malaisie, les
scientifiques Singapouriens développèrent le système « NEWater » qui consistait à
obtenir de l’eau potable à partir d’eaux usées. Les citoyens le testèrent pour la
première fois en août 2002, et le gouvernement prévoyait de distribuer cette eau dans
le réseau municipal d'approvisionnement en février 2003.

La Chine

8
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

Notre plus grand enjeu est… d'assurer une niche pour nous-mêmes, car la Chine inonde
le monde avec ses produits de grande qualité, mais à moindre coût.38

P.M. Goh

Singapour, comme le reste du monde en 2002, considérait la Chine à la fois


comme sa prochaine grande opportunité de marché et comme une sérieuse menace.
En 1997, la Chine devançait la Malaisie en tant que première destination des
investissements à l'étranger39 de Singapour. En plus de ses investissements financiers,
Singapour espérait mettre à profit ses qualifications administratives et ses
connaissances particulières en infrastructure dans un partenariat avec la Chine, pour
industrialiser Singapour. Avec 400.000 ingénieurs diplômés en 2001, la Chine pouvait
fournir à Singapour un capital humain précieux40.

La Chine, décrite par un cadre supérieur singapourien comme un « trou noir »


pour les activités commerciales bas de gamme, menaçait de décrocher une grande part
du marché de fabrication de Singapour. Attirant plus de 52 milliards de dollars
américains en 2002, la Chine se taillait 70 % des investissements étrangers dans la
région41. Shanghai était sur le point de mettre en péril la position de plaque tournante
mondiale des services financiers de la région qu’occupait Singapour. Singapour
envisageait de se défendre économiquement en gardant une longueur d'avance sur la
Chine, par le relèvement vers le haut de la chaîne de la valeur ajoutée, tout en tirant
profit de la croissance de la Chine. Comme Yeo l'expliquait, « la compétitivité de la
Chine aura un effet déflationniste dans plusieurs secteurs. La seule manière pour nous
de la concurrencer est de l’exploiter. Nous ne pouvons pas la combattre, mais nous
devons la transformer en une force en utilisant les services chinois les moins chers. À
l'avenir, la Chine sera un investisseur en Asie du Sud-est, et Singapour sera un
partenaire important pour la Chine, au fur et à mesure de l’internalisation de ses
entreprises42. »

La sécurité

Entourée par des voisins adversaires, la minuscule cité État prenait sa défense au
sérieux. En 2002, Singapour dépensa 5,3 % de son PIB pour son budget de défense
(voir l'Annexe 7). En plus d'un accord de défense en tant que membre du
Commonwealth britannique, Singapour avait plus de 250.000 réservistes et un arsenal
technologiquement sophistiqué, qui comprenait plus de 350 tanks et 150 avions de
chasse43. Ancien général, Yeo l'admettait, « quoiqu'il arrive dans la région, nous savons
que nous vivons dans un voisinage difficile et que nous pourrions disparaitre. Nous
existons parce que nous prenons notre défense au sérieux44. » Avec l’arrestation de 13
ouvriers Singapouriens de Jemaah Islamiyah (prétendument liés à Al-Qaïda) en
décembre 2001 et l'attentat à la bombe de Bali en octobre 2002, la sécurité intérieure
aussi bien que régionale devenait un problème majeur pour Singapour. Se
remémorant l'histoire de Singapour avec des émeutes raciales, pendant les années 60,
très conscient de la tolérance ethnique encore fragile de Singapour en 2002, Goh
déclarait, « Le problème le plus urgent pour nous… n'est pas l'économie. La récession,
bien que douloureuse, est un problème à court terme. …. Notre plus grande

9
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

inquiétude est la menace à notre sécurité, et à notre harmonie raciale et religieuse,


suite à la découverte d'activités terroristes dans notre pays45. »

Croissance économique
Pour la majeure partie de son histoire récente, Singapour maintenait un contrôle
strict sur son économie, tout en se concentrant sur six politiques : l’investissement
dans l'État, l’incitation active à l'investissement étranger, un environnement propice
aux affaires, le libre échange, une politique monétaire stricte et une épargne élevée.
Sur recommandation d'un comité du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), le ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI) créa le
Conseil de développement économique (CDE) en 1961, pour agir en tant que « guichet
unique » pour les investisseurs étrangers46. Allant directement vers le client dans son
pays d'origine, l'objectif principal du CDE était de séduire les investisseurs étrangers,
non seulement en répondant aux besoins de leurs entreprises, mais aussi en les
surpassant. Le but initial du CDE, pendant les années 60, était de susciter les
investissements dans les quatre secteurs à forte intensité de main d'œuvre. Ces
secteurs représentent la réparation et la réfection des navires, l'industrie
métallurgique, les produits chimiques, et enfin les appareils et les équipements
électriques 47.

Les entreprises publiques

Disposant d’un secteur privé peu développé et faible dans les jours qui suivirent
son indépendance, Singapour créa des entreprises publiques et des commissions
statutaires afin de fournir l'infrastructure nécessaire pour améliorer à la fois les
conditions de vie et rendre attrayant le pays pour les investissements étrangers. Le
gouvernement se chargea, au début, des services publics essentiels (entreprises de
service public), des activités bancaires (banque de développement de Singapour), des
activités portuaires (Administration du port de Singapour), de la construction (Jurong
Town Corporation), des logements sociaux (ODL), du transport aérien (Singapore
Airlines) et des industries de la défense (Singapore Technologies). Et bientôt, il
possédait des intérêts dans presque tous les secteurs de l'économie, y compris dans
des industries comme celles de l'alimentation et du transport.

Plusieurs de ces entreprises liées au gouvernement étaient contrôlées par la


division des investissements publics, Temasek Holdings. En 2002, Temasek possédait
plus de 40 entreprises, ou 20 % de la capitalisation boursière de Singapour,
représentant 13 % de la production annuelle de Singapour48.1 Bien que Temasek
détenait souvent des parts importantes dans des entreprises spécifiques, chaque
entreprise était dirigée par son propre conseil. Justifiant son importante participation
dans l'économie, Temasek soutenait qu’elle était une entité distincte du gouvernement.
Le fait qu’une entreprise appartienne à l'État ne signifiait pas qu'elle répondait du
gouvernement ; bien au contraire, elle devait être gérée comme toute autre entreprise,

1
Le reste du secteur public représentait, en sus, 9 % du PIB de Singapour.

10
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

sans perdre de vue l'objectif du meilleur retour sur investissement49. Quand les
détracteurs réclamaient plus de concurrence, Temasek rétorquait qu'elle ne céderait
ces entités que lorsqu'elles ne seraient plus considérées comme stratégiques pour
l'économie, qu’il existerait des alternatives viables sur le marché, et que les structures
de réglementation nécessaires seraient en place50.

Singapore Airlines (SIA), un exemple d'une entreprise publique prospère, se


développa d'une petite compagnie aérienne régionale en l'un des principaux
transporteurs mondiaux de passagers. Après son retrait de la joint-venture Malaysian-
Singapour Airlines en 1972, SIA mit l'accent sur le respect des normes élevées de
qualité et de service. Le Président de SIA expliquait, « nous entretenons une culture de
service et nous la recherchons même lors des recrutements. Nous formons nos
hôtesses pendant quatre à cinq mois avant qu'elles n'entrent en contact avec un
passager. Nous prenons également très au sérieux le feedback de nos clients51. » En
2002, Singapore Airlines était également l'une des compagnies aériennes les mieux
évaluées et l'une des plus rentables au monde.

Investissements directs étrangers

Sans capital propre pendant les années 60, le gouvernement singapourien


percevait l'importance des investissements directs étrangers comme une voie de
croissance, à un moment où beaucoup de pays en développement se méfiaient des
investissements étrangers. Singapour avait très peu de restrictions concernant les
investissements étrangers et ne prélevait aucun impôt sur les plus-values. En attirant
des SMA, Singapour pouvait bénéficier d'emplois, de la technologie, de l'expertise en
gestion, et d'un capital humain pour le pays. Les SMA, à leur tour, seraient attirées par
l'économie de Singapour, ouverte et stable, un gouvernement efficace, des avantages
fiscaux et une offre en personnel discipliné. À la fin de l’année 2000, le total des
investissements directs étrangers à Singapour s'élevait à 114 milliards $ US52 (voir
l'Annexe 11a).

Efficacité et infrastructures En cherchant tout d'abord à attirer


l'industrie manufacturière à forte intensité de main-d'œuvre, le gouvernement investit
massivement dans le développement de zones industrielles, pour accueillir les
entreprises étrangères. En 1968, Jurong Town Corporation (JTC) fut créée pour
construire des usines préfabriquées et des zones industrielles. Le premier projet
d'envergure de JTC fut la transformation des zones marécageuses de la côte Sud de
Singapour en Parc Industriel de Jurong pour les entreprises de manufacture. Plus tard,
en 1991, lorsque l'industrie chimique fut ciblée comme un gisement clé pour la
croissance, JTC démarra le projet de l'île de Jurong, une mise en valeur intensive de
terre de 23 milliards de $ entre sept petites îles (voir l'Annexe 1).

En 1968, le CDE avait prouvé qu'il pouvait fournir un environnement de


démarrage rapide pour les entreprises manufacturières. En deux mois seulement, le
CDE permettait à National Semiconductor de démarrer sa production53. Comme
l'expliquait un ancien employé du CDE, « Vous pouviez juste entrer dans le bureau du
CDE, discuter de votre projet et louer un site d'usine ou une construction standard

11
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

sur-le-champ54. » Peu de temps après, d'autres SMA, y compris Texas Instruments et


Hewlett-Packard, délocalisaient des activités à Singapour. Plus récemment, le patron
américain de Citibank Singapour évaluait Singapour, avec son gouvernement
accessible et efficace, comme le meilleur endroit pour ses opérations bancaires en Asie.
Il commentait : « En cas de problèmes, je peux sans aucune difficulté approcher le
gouvernement. Il sait les traiter avec célérité. Il n'y a aucune bureaucratie à affronter.
Le gouvernement travaille comme une machine fluide et fortement lubrifiée55. »

Les avantages fiscaux En 1967, le gouvernement avait adopté la


première loi d'incitations à l’expansion économique, pour attirer les entreprises
manufacturières, en accordant des allégements fiscaux. Singapour continuait à se
servir des incitations fiscales pour attirer des industries particulières, considérées
vitales pour la stratégie économique de Singapour. Le statut de « pionnier »,
l'exonération fiscale pendant une période de cinq à dix ans, était accordé aussi bien
aux jeunes entreprises qu'aux SMA qui effectuaient des investissements significatifs à
Singapour. Des entreprises manufacturières à la fin des années 60 et des années 70,
aux entreprises de services financiers des années 80 et des entreprises de technologie
des années 90, les incitations fiscales étaient utilisées pour aider Singapour à
progresser dans la chaine de valeur à mesure que son économie devenait mature.

Une main d’œuvre éduquée Réalisant un taux de croissance du PIB de


13,6 % en 1968, l'économie de Singapour n'a cessé de croître dans les années 7056 (voir
l'Annexe 2). À la lumière du choc pétrolier mondial de 1979 et d'une pénurie
croissante de main-d'œuvre, Singapour perçut le besoin de s'orienter vers davantage
de secteurs à forte intensité de capital et à forte intensité technologique. En lançant la
« deuxième Révolution industrielle », le CDE changeait son objectif du début des
années 80 visant à restructurer l'économie et à la faire progresser dans la chaine de
valeurs. Comme le ministre du Commerce et de l'Industrie le déclarait en 1981,
« L'objectif principal du plan est de développer Singapour en une économie
industrielle moderne basée sur la science, la technologie, les compétences et le
savoir. » En 1979, le Parlement57 créait le Fonds de développement des compétences,
pour améliorer les qualifications de base des travailleurs de Singapour. Le fonds
octroyait des incitations financières aux employeurs pour former leur personnel à
travers un programme de subventions. Le gouvernement essayait de décourager les
industries bon marché en élevant les niveaux de salaire, tout en augmentant les
qualifications de base des travailleurs.

A cause de cela, l'économie de Singapour recula de 1,4 % en 1985. Le


gouvernement réagit rapidement en gelant les salaires et en réduisant les impôts des
employeurs, pour un retour de la croissance à 2,1 % en 198658. En 1988, Singapour
enregistrait à nouveau une croissance de 11,3 %, le taux de croissance économique le
plus élevé au monde.59

Esprit d'entreprise

12
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

Travail Le gouvernement singapourien considérait qu’il était dans un


partenariat unique avec les entreprises. Un haut fonctionnaire allait plus loin en
décrivant les entreprises comme des « clients » du gouvernement. Le gouvernement
tâchait de répondre aux besoins courants de ses clients, mais aussi, d'anticiper sur les
besoins futurs, en préparant les infrastructures et en formant les travailleurs, des
années à l'avance60. Même le syndicat, ou le congrès national des syndicats (CNS), était
un partenaire d'affaires. Dès le début, Lee créa un poste ministériel dans le
gouvernement pour le secrétaire général du CNS. Ainsi les syndicats seraient informés
des raisons qui sous-tendaient la politique gouvernementale et, en tant que membre
du gouvernement, le ministre pourrait soutenir les droits des travailleurs. Comme
l’expliquait le secrétaire du CNS, Lim Boon Heng, « Les syndicats se rendent compte
qu’en grande partie, ce qui est bon pour les affaires l’est, aussi, pour les travailleurs. À
Singapour, avoir un travail est la chose la plus importante. Les syndicats doivent aider
à créer les conditions nécessaires pour encourager les entreprises à investir à
Singapour61. » Les politiques de licenciement relevaient presque entièrement de la
volonté des dirigeants. On s'attendait à ce que les Singapouriens, connus pour leur
grande éthique du travail, « fassent leur part d'efforts et se rendent pertinents pour
leur employeur62. »

« Dans les années 70, le CDE était si efficace pour attirer les investisseurs locaux
comme étrangers, afin de mettre en place des projets à forte intensité de main-d'œuvre
à Singapour, que nous avons littéralement manqué de travailleurs », se souvenait un
fonctionnaire du CDE63. La main-d'œuvre étrangère suppléait éventuellement à la fois
la main-d'œuvre non qualifiée et qualifiée. Travaillant dans les secteurs de la
construction, de la réparation des navires et du travail domestique, les travailleurs non
qualifiés se voyaient établir des permis de travail de courte durée. D'une manière
générale, plus le niveau de compétence requis était élevé, plus l'obtention d'un permis
de travail devenait facile. En suivant étroitement les niveaux de chômage du pays, le
gouvernement utilisait la délivrance des permis de travail comme un outil macro-
économique pour réguler le chômage ainsi que les salaires et l'inflation. Bien qu'étant
attrayant pour les ouvriers non qualifiés, Singapour éprouvait souvent des difficultés
pour retenir sa main-d'œuvre qualifiée. Dans une enquête de AC Nielsen en 2002,
20 % des Singapouriens envisageaient de quitter le pays, avançant des motifs comme
le coût élevé de la vie, le système éducatif stressant, et le gouvernement insensible et
omniprésent. Réagissant à l’information sur cette tendance, Goh disait : « Les
Singapouriens des beaux jours s'enfuiront chaque fois que le pays rencontrera des
temps difficiles. Je les appelle des lâcheurs65. »

La productivité Le secrétaire général du CNS était également le


Président de l'Agence de Productivité de Singapour, SPRING (Standards, Productivity
and Innovation Board) — le Conseil pour la normalisation, la productivité et
l'innovation. « Nous croyons en la promotion de la productivité », indiquait le
secrétaire Lim, « parce que si nous l'augmentons, nous pourrons négocier une hausse
viable des salaires. Au lieu de nous focaliser uniquement sur le partage du gâteau,
nous devons nous concentrer sur la confection d'un gâteau plus grand. Chacun de
nous obtiendra toujours une part, mais une part plus grande66. » Les leaders

13
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

syndicaux suivaient un module de formation obligatoire sur le thème de la


productivité totale des facteurs (PTF).

Pour répondre aux besoins des investisseurs et améliorer la qualité de sa main-


d'œuvre, Singapour avait lancé, en 1981, la campagne pour la productivité comme un
élément essentiel de son programme de restructuration économique. Le Conseil pour
la normalisation et la productivité (renommé plus tard SPRING) faisait des questions
de la productivité, une priorité pour tous les secteurs du gouvernement. De la sortie
radiophonique de la chanson pour motiver « Bon, mieux, meilleur » à l'impression de
slogans tels que « Allez Singapour — faisons tous un peu plus » en passant par
l'institution du « Collège Cercle de Contrôle Qualité », SPRING travaillait dur pour
souligner l'importance de la productivité auprès des travailleurs et dans le pays tout
entier.

Malgré le lancement de cette campagne pour la productivité, la croissance de la


PTF de Singapour chuta brusquement67. La PTF représentait la partie de la croissance
du PIB imputable aux gains d'efficacité, bien au-delà de l'accumulation du capital et de
la croissance et de l’augmentation d’emploi. Les efforts de la campagne pour la
productivité visant à améliorer les qualifications du personnel et la qualité des
investissements en capital commençaient, toutefois, à porter des fruits. Le taux de
croissance de la PTF de Singapour s'améliora en passant d'une moyenne se situant en
dessous de zéro entre 1980 et 1985, à environ 3,8 % entre 1985 et 199068 (voir l'Annexe
9b). En avril 1992, Alwyn Young, un économiste du MIT, publiait une étude
prétendant que la croissance de la PTF de Singapour était légèrement négative entre
les années 1970 et 1990 (Voir " Accounting for Productivity Growth", HBS no. 794-
051)69. Il soutenait que la croissance économique de Singapour était presque
totalement due à l'accumulation du capital. Les économistes du MIT réagirent plus
tard en s'apercevant que l'article de Young n'avait pas tenu compte de certaines
caractéristiques propres à Singapour70. Ils soutenaient que si les politiques uniques de
logements subventionnés de Singapour et la population des travailleurs temporaires et
non qualifiés étaient prises en compte différemment, la croissance de la PTF de
Singapour pour la période serait plus proche de 1,6 %71.

Néanmoins, après la publication de l'étude de Young, le gouvernement intensifia


ses efforts, en se fixant un objectif de croissance annuelle ambitieux de 4 % de la PTF,
pour réaliser le taux de croissance annuelle prévu de 7 % du PIB72. Cependant, en
raison de la crise financière asiatique de 1997 à 1998 suivi plus tard du ralentissement
de l'activité économique mondiale, les taux de croissance se révélèrent irréguliers
jusqu'en 2001 (voir l'Annexe 10b). Après une baisse de la productivité de 5,4 % en
2001, le gouvernement recentra ses efforts. En avril 2002, pour parachever la transition
du pays vers une économie fondée sur le savoir, SPRING se repositionna pour
promouvoir d'autres innovations comme moteurs de la croissance de la productivité
future. Son Président soulignait : « Nous devons passer d'une ville d'efficacité à une
nation d'innovation73. »

Libre échange

14
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

À l'origine, servant d'entrepôt pour le commerce régional, Singapour était devenu


un grand exportateur mondial, à mesure que se développaient ses industries. Le
commerce servait de moteur principal de la croissance. Le volume des échanges de
Singapour était de deux à trois fois son PIB, l'un des ratios les plus élevés au monde
(voir l'Annexe 2). Singapour avait brièvement expérimenté la substitution des
importations, mais avait tout simplement constaté l'étroitesse de son marché intérieur
et l'insuffisance de ses ressources naturelles. Le gouvernement mit alors en application
une stratégie de croissance, axée sur l'exportation.

Au cours des années suivantes, le gouvernement supprima progressivement


presque tous les droits de douane et investit dans l'amélioration des infrastructures
ainsi que dans l'efficacité de ses ports. Les bases navales britanniques abandonnées
furent transformées en chantiers de réparation de navires. En 1975, Singapour était le
troisième port à conteneurs le plus utilisé au monde74. Comme le disait un analyste,
« Le gouvernement considérait le port comme un outil vital pour sa survie, consacrant
autant de capital aux équipements qu'il pouvait se le permettre. Le résultat fut un état
perpétuel d'expansion et de modernisation75. »

En 1983, le gouvernement créa l'Agence pour le développement commercial


(devenue plus tard International Enterprise Singapore), pour promouvoir les
exportations de marchandises de Singapour et positionner Singapour comme un hub
important du commerce international. TradeNet, le premier système de traitement des
échanges commerciaux en ligne, fut mis en service en 1989, par l’Agence pour le
développement commercial. Elle améliorait radicalement l'efficacité et le temps de
traitement des entreprises.

Au début du XXIe siècle, Singapour restait fortement tributaire de son


environnement externe, avec un total de ses échanges commerciaux égalant 277 % de
son PIB en 2001 (voir l'Annexe 11). Le solde courant, qui était négatif dans les années
80, devint positif en 1985 et demeura ainsi par la suite. En 2001, le solde courant
s'élevait à 17,9 milliards $ US, soit 21 % du PIB (voir l'Annexe 8). À l'exclusion des
années du ralentissement de l'activité économique, le commerce extérieur de
Singapour s'est développé souvent avec des pourcentages à deux chiffres. Comme
plusieurs entreprises multinationales américaines utilisaient Singapour comme site
pour la fabrication de composants, le deuxième plus grand partenaire commercial de
Singapour était les États-Unis. En 2000, 22,3 % de toutes les exportations non
pétrolières prirent la direction des États-Unis 76 (voir l'Annexe 12).

Politique monétaire

Un organe vital de « Singapour Inc. » l'Autorité monétaire de Singapour (AMS)


maintenait un contrôle strict sur la politique monétaire, en tant que banque centrale de
fait du pays. Dans le but de compléter les efforts de Singapour, en vue de fournir un
environnement stable pour l'investissement, l'AMS fut créée par une loi de 1970,
« dans le but de réglementer toutes les politiques monétaire, bancaire et financière de
Singapour77. » Le gouvernement accorda plus tard à l'AMS d'autres pouvoirs dans les
secteurs de l'assurance et des valeurs mobilières. Les banques principales nationales

15
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

fixaient les taux sur les prêts commerciaux et les dépôts. L'objectif principal de l'AMS
était de maintenir une économie continuellement compétitive. Grâce à une politique
centrée sur les taux de change, l'AMS maintenait un taux d'inflation bas et gardait des
taux d'intérêt au même niveau que les taux étrangers (voir l'Annexe 4). Avec un cours
flottant contrôlé, l'AMS régulait le dollar de Singapour contre un panier de monnaies
pondérées en fonction des échanges commerciaux. Bien que des restrictions sur les
prêts et les échanges avec le dollar de Singapour existent dans le cadre du contrôle
monétaire de l'AMS, quelques-unes furent assouplies en 2002, afin d’aider à
développer le secteur financier et à augmenter les mouvements de capitaux.

Épargne importante

Le fonds de prévoyance central (FPC), en tant que programme d'épargne


obligatoire géré publiquement, servait à assurer des prestations de sécurité sociale aux
Singapouriens. Créé en 1955 à l’époque coloniale, le FPC fonctionnait sur la base d'un
financement intégral. À la retraite, les Singapouriens percevaient des pensions
exonérées d'impôts, calculées sur la base de leurs cotisations majorées des intérêts78.
Les taux d'intérêt étaient basés sur les taux des dépôts à terme et des comptes
d'épargne des banques importantes et étaient assurés de payer au moins 2,5 % par
an79. Les taux des cotisations variaient selon l'âge des participants. Les cotisants ne
pouvaient effectuer des retraits qu'à l'âge de 55 ans, tout en mettant de côté une
somme minimum pour subvenir à leurs besoins essentiels. En cas de décès d'un
adhérent, l'épargne était redistribuée à ses ayants droit.

Le pourcentage des impôts déboursés par l'employeur et retenu sur le salaire des
employés était lié aux objectifs macro-économiques du pays. Maintenir un taux élevé
d'épargne permettait à Singapour de financer son propre développement, sans avoir à
dépendre de prêts étrangers. Le gouvernement pouvait emprunter du FPC à un faible
taux d'intérêt et investir le capital dans les infrastructures et de nouveaux projets de
développement économique. Par exemple, pour financer le relèvement économique de
la chaine de valeurs à Singapour au début des années 80, le taux de cotisation fut porté
à 50 % (25 % pour l'employeur) (voir l'Annexe 6a). Cependant, après la récession de
1986, le taux de cotisation de l'employeur fut immédiatement baissé à 10 %, pour
soulager la difficile situation économique sans réduire drastiquement les salaires des
employés. Le CAE était responsable de la fixation du taux des fonds à long terme.
Travaillant en étroite collaboration avec l'AMS, le Conseil d'Administration du FPC —
structure financièrement autonome représentant les employeurs, les employés, et le
secteur public — déterminait les ajustements à court terme.

À l'origine, le FPC fut créé comme un régime de retraite n'exigeant qu'une


contribution totale de 10 %. En 1968, le gouvernement élargissait le fonds pour offrir
des avantages d'accession à la propriété, par le plan de logement à caractère social. Le
taux de cotisation passait à 13 %, et les Singapouriens pouvaient utiliser leur épargne
du FPC pour acheter leurs appartements ODL. Plus tard en 1981, le programme des
propriétés résidentielles était mis en place, pour permettre aux membres d'accéder à la
propriété privée. Dans les deux cas, si les membres vendaient plus tard leur propriété,

16
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

le principal retiré et les intérêts cumulés retourneraient à leurs fonds du FPC, pour une
utilisation ultérieure. Avec le développement du pays, le FPC fut élargi pour prendre
en compte les besoins de santé (Medisave/MediShield), d’assurances (protection de la
famille) et de placements (amélioration des actifs) de la nation. Willie Tan, directeur
général du FPC, expliquait, « Aujourd'hui, le FPC sert plus qu’uniquement à subvenir
aux besoins financiers des personnes âgées. Il subvient également à l’accession à la
propriété et aux services de santé80 de ses membres. » Chaque adhérent au FPC
épargnait à la fois dans un compte ordinaire, un compte Medisave et un compte
spécial. Le compte ordinaire comprenait les économies qui pouvaient être utilisées
pour le logement, l'assurance, l'éducation, les investissements autorisés, et les
versements complémentaires aux membres de la famille (les membres pouvaient
choisir de faire des versements complémentaires sur les comptes des membres de leur
famille). Comme son nom l'indique, le compte Medisave, en association avec le plan
national de santé, couvrait les charges médicales des membres et des personnes à
charge. Le compte spécial était réservé à des investissements sélectionnés, aux
personnes âgées et aux imprévus81. Les comptes recevaient différents pourcentages de
la cotisation totale, selon l'âge du membre (voir l'Annexe 6c).

Le compte spécial et le compte ordinaire, en tant que partie du dispositif de


Asset Enhancement – renforcement des actifs —, donnaient aux membres plus de
responsabilités pour leur retraite et une occasion de bénéficier d’un rendement plus
élevé aussi longtemps qu'ils acceptaient de prendre des risques élevés82. En 2001, les
membres pouvaient investir 100 % de leurs comptes dans des produits à faible risque,
gérés professionnellement, y compris des obligations d'État de Singapour, des sicav et
des dépôts à terme83. Cependant, 35 % de l'épargne investissable84 pouvaient être
investis en actions à la bourse de Singapour. Les avoirs du FPC restaient pour la
plupart dans des placements à faible risque ; en décembre 2001, 89 milliards de $
Singapouriens sur un total de 92 milliards du FPC étaient investis dans les obligations
d'État de Singapour85. Avec 2,92 millions de participants au FPC à la fin 2001,
Singapour avait l'un des taux d'épargne intérieure les plus élevés au monde -- 46 % du
PIB86 (voir l'Annexe 5).

Écosystème d'entreprise
Alors que nous continuons de nous efforcer à faire face à de nouveaux enjeux, le CDE
tâchera de faire encore mieux pour que Singapour devienne un hub irrésistible pour les affaires
et les investissements. Le pilier de notre nouvelle approche repose sur la création d'un
écosystème d'entreprises dynamiques — un environnement complet rassemblant les grandes et
petites entreprises, les entreprises étrangères et les entreprises locales, toutes, prospérant dans
la synergie et la symbiose.

Teo Ming Kian, Président, CDE87

Réalisant qu'il ne pouvait plus rivaliser uniquement sur les coûts dans un
marché mondial toujours plus concurrentiel, Singapour prit deux décisions. D'abord,

17
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

vers la fin des années 80, elle rejoignit la Malaisie et l'Indonésie pour créer un triangle
de croissance, en développant des parcs industriels à Johore (Malaisie) et sur l'île de
Batam (Indonésie). Ensuite, le CDE se concentra davantage sur la diversification de
son économie et son évolution vers un monde basé sur le savoir. Afin de devenir
« un hub mondial irrésistible pour les affaires et les investissements », le CDE avait
conçu une double approche : continuer à se concentrer sur les puissantes « grappes »
d’entreprises de produits chimiques, d'électronique et d'ingénierie de précision, de
logistique et de services de transport, de technologies de l'information, de la
communication et des médias, tout en encourageant l'innovation et l'entrepreneuriat,
dans tous les secteurs de croissance existants et nouveaux. « Nous savons que ce que
nous avons bien fait est notre mine d'or. Nous n'avons pas l'intention de le laisser
tomber, mais nous sommes conscients que la concurrence augmente et que nous
devons être prêts pour l'affronter » affirmait le directeur général adjoint du CDE, Chua
Taik Him. La transformation de Singapour ne serait pas menée uniquement par le
CDE, mais par l’ensemble du pays. « Nous voulons encourager l'innovation et l'esprit
d'entreprise dans toute l'économie » disait Chua. « Nous le ferons en investissant dans
notre capital humain, dans la technologie et dans les infrastructures. Cela sera fait par
Singapour, pas seulement par le CDE. Nous avons une mentalité citoyenne88. »

Pour investir directement dans des entreprises privées prometteuses, co-investir


dans des entreprises basées à Singapour, et investir dans des entreprises nationales, le
CDE créa le Fonds d'Investissement en Technologie. Chua, son directeur général,
expliquait : « Le gouvernement sert maintenant de facilitateur et de catalyseur au
secteur privé. Dans le passé, le gouvernement était impliqué dans les détails. Dans un
nouveau plan pour aider à créer de nouvelles entreprises, nous laissons un
investisseur tiers agir avec la diligence requise et le CDE va contribuer à verser une
somme — jusqu'à un certain seuil — équivalente à celle investie si nécessaire.
Beaucoup de jeunes entreprises régionales sont attirées par Singapour, et beaucoup
d'incubateurs locaux et étrangers se sont installés. Les investisseurs dans les startups
qui échouent peuvent également déduire la perte en capital de leur revenu imposable.
Nous sommes devenus très souples avec les jeunes entreprises89.

Déjà très efficace, la bureaucratie gouvernementale fut également modernisée


pour répondre aux besoins des entrepreneurs. En 2002, une nouvelle entreprise
pouvait se constituer en ligne en moins de 24 heures90.

Les sciences biomédicales – Le « prochain gros morceau ? »

À titre d'exemple de l'engagement de Singapour dans la diversification de son


économie, la nouvelle « grappe » d’entreprises de sciences biomédicales (SBM)
comprenait l'industrie pharmaceutique, la technologie médicale, la biotechnologie et
les industries des services de santé91. « La première fois que nous nous sommes
intéressés à la question d'une plus grande diversification de l'économie », disait le
Président du CDE, « nous avons essayé de déterminer la prochaine grande nouveauté
qui pourrait accroître nos avantages et nos compétences. » Les sciences biomédicales
étaient une industrie bien adaptée à Singapour. « Cette industrie n'est pas à forte

18
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

intensité de main-d'œuvre, et exige un système de fonctionnement fiable. Le capital


intellectuel est la clé. Nous n'avons pas beaucoup de ressources à offrir » indiquait un
haut fonctionnaire, « mais nous avons la matière grise. »

Depuis le lancement de la stratégie intégrée des SBM en juin 2000, sous la


direction du coprésident Philip Yeo (HBS MBA 1976) de CDE et guidé par un comité
ministériel de haut niveau présidé par Dr Tony Tan, Singapour était réputée pour son
approche holistique du développement industriel. Pour tirer profit de l'avantage
concurrentiel de Singapour, eu égard à ses infrastructures, à ses lois sur la propriété
intellectuelle et à son système de santé, le gouvernement réserva 1 milliard de S $ pour
transformer Singapour en un « biopole » de l'Asie. Le gouvernement cherchait à
encourager les jeunes entreprises et à séduire les entreprises biomédicales existantes, à
localiser leur fabrication, leur programme de recherche et développement (R&D), leur
développement clinique ainsi que leurs sièges régionaux pour l'Asie à Singapour.
Comme il avait procédé pour attirer les SMA, le CDE fit tout ce qui était nécessaire
pour mettre un « guichet unique » à la disposition des entreprises et des investisseurs
dans le domaine biomédical. Le groupe des services biomédicaux du CDE était
organisé pour assister les entreprises dans la planification, les investissements et les
perspectives marketing dans le secteur biomédical. Par une combinaison des efforts de
ses organismes gouvernementaux, Singapour prévoyait de fournir les infrastructures
ainsi que le capital financier et intellectuel nécessaires, pour faire des services
biomédicaux une partie importante et viable de l'économie.

Les infrastructures Comme il l'avait fait auparavant pour les produits


chimiques et pour l'électronique, Singapour procéda à des investissements dans la
construction de l'infrastructure nécessaire pour satisfaire les besoins de recherche et de
fabrication des entreprises des SBM. Au nord, un parc industriel futuriste pour les
jeunes entreprises et les entreprises existantes abritait le complexe de 18 acres
(Biopolis), consacré exclusivement aux travaux de R&D dans le domaine biomédical.
Situé près de l'université nationale de Singapour et le Centre hospitalier universitaire
national, Biopolis espérait répondre aux besoins résidentiels et de recherche de 2 000
scientifiques et professionnels92. En 2002, le gouvernement avait entrepris la
construction des sept premiers bâtiments du complexe et envisageait que le secteur
privé prenne la relève. En ce qui concerne les exigences des essais cliniques,
l’ensemble du système de soins de santé et hospitalier de Singapour servait de centre
d'essai, à la fois pratique et approprié en Asie. Répondant aux besoins de fabrication
des entreprises pharmaceutiques, le parc biomédical de Tuas fut construit en 1998, sur
160 hectares de terres réhabilitées. L'objectif fixé au départ était d'abriter, avant la fin
de 2010, 15 grandes entreprises multinationales impliquées dans la fabrication de
produits se rapportant aux sciences de la vie avant fin 2010. En 2002, Singapour avait
déjà attiré plus de la moitié de ce nombre, y compris, Merck, Pfizer et Wyeth93.

Le capital intellectuel La réussite de la stratégie d'écosystème d'entreprises de


Singapour était subordonnée au soutien et à la stimulation que pouvait lui apporter le
système éducatif de Singapour. Considérée par beaucoup comme un frein à la
créativité et à l'esprit entrepreneurial, la méthode traditionnelle d'apprentissage par

19
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

cœur utilisée à Singapour essuyait des critiques. Le gouvernement effectua


d'importants investissements pour promouvoir de nouvelles méthodes
d'enseignement, tout en encourageant l'innovation, avec des bourses d'études et des
prix. Pour renforcer son enseignement supérieur, le CDE prévoyait d'attirer au moins
10 « institutions d'enseignement de classe mondiale », avant fin 200894. En 2003, des
établissements, comme l’INSEAD, Johns Hopkins, Wharton, et MIT avaient érigé des
campus satellites ou établi des établissements d'enseignement conjoints à Singapour.
Bien que toutes les méthodes d'enseignement aient été considérées dans le but
d'améliorer l'esprit d'innovation des Singapouriens, un intérêt particulier fut porté sur
le développement de la base de connaissance scientifique du pays.

Investissements dans les bio-industries Créé en 1991, le Bureau


National de la Science et de la Technologie (BNST) avait pour mission principale
« d'améliorer le niveau de la science et de la technologie à Singapour »95. Le BNST,
plus tard, rebaptisé “Agence pour la science, la technologie et la recherche (A*STAR)”
développa la base de connaissance scientifique de Singapour par le biais d’une série de
plans quinquennaux2. Le troisième plan quinquennal (2001-2005) de A*STAR,
également dirigé par le Président Philip Yeo, bénéficia d'un budget de 7 milliards de
dollars Singapouriens. A*STAR administrait quatre divisions : le Conseil de recherche
biomédicale (CRBM), le Conseil de recherche en science et en ingénierie" (CRSI), le
Exploit Technology Pte Ltd. (ETPL), et la Division de l'administration et de la
planification des entreprises (DAPE). Les Conseils de recherche encourageaient et
encadraient tous les travaux de R&D du secteur public de Singapour, avec le CRBM,
responsable pour l'industrie des SBM de Singapour et le CRSI, superviseur des
travaux de recherche des industries traditionnelles de Singapour, des produits
chimiques, de l'électronique, des informations-communications et de l'ingénierie.
ETPL, la branche commerciale de A*STAR, œuvrait à identifier, protéger, et à
commercialiser la propriété intellectuelle créée dans n'importe lequel des programmes
de A*STAR. Enfin, la DAPE servait de branche administrative pour la gestion des
activités de A*STAR.

Ces quatre divisions s'activaient pour financer et encourager la recherche


scientifique et l'éducation, dans le but de créer le « Boston de l'Est ». A*STAR soutenait
la majeure partie de la recherche du secteur public du pays, par le biais de subventions
et d'assistance dans la recherche de financements. Outre le fait qu’il aida à démarrer
l'Institut de Génomique de Singapour, l'Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire,
et l'Institut de Bio-Ingénierie, A*STAR, de concert avec le gouvernement et les
sponsors, octroyait des subventions pour la recherche et des bourses aux étudiants les
plus prometteurs. En sus des bourses attribuées aux deux universités locales, la
Nanyang Technological University (Université technologique de Nanyang) et la
National University of Singapore (Université nationale de Singapour), A*STAR offrait
aussi des bourses pour étudier à l'étranger dans les meilleures universités, avec
l'obligation pour l'étudiant de rentrer à Singapour pour travailler pendant un certain

2Selon le CDE, le nombre de chercheurs et d'ingénieurs pour 10,000 travailleurs a augmenté de 27,7 à plus de 80
pendant les 10 premières années.

20
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

nombre d'années après l’obtention de son diplôme. En 2003, ce fonds supportait


financièrement plus de 400 étudiants en biomédecine dans le monde entier.

Recommandations du CAE

Vers la fin 2001, le premier ministre Goh créait le CAE dans le but de développer
une nouvelle politique macroéconomique, afin de diversifier davantage l'économie de
Singapour, attirer plus d'entreprises étrangères, et développer l'environnement fondé
sur la science, l'innovation et l’entrepreneuriat, nécessaire pour une économie basée
sur le savoir. Le vice-premier ministre, Lee Hsien Loong, fut désigné pour présider le
nouveau comité. À cause de l'augmentation des salaires, et des pays comme Hong
Kong et l'Irlande qui offraient des taux d'imposition sur les revenus concurrentiels, les
hauts fonctionnaires craignaient que les entreprises et les travailleurs quittent
Singapour pour des destinations moins chères. Les avantages fiscaux joueraient donc
un rôle important pour attirer sur les berges de Singapour les secteurs du biomédical,
des produits pharmaceutiques, des soins de santé, de l'éducation et des télécom-
munications.

En avril 2002, Lee recommandait au gouvernement de réduire les impôts sur les
sociétés de 24,5 % à 22 % et les impôts sur le revenu des particuliers, de 26 % à 22 %, et
de les ramener par la suite à 20 % avant 2005. Pour encourager la diversification dans
des industries basées sur le savoir, le budget prévoyait des allègements fiscaux
supplémentaires pour la recherche et le développement. L'autorité monétaire de
Singapour estimait que les réductions des impôts pourraient augmenter le PIB réel de
1,2 % et l'investissement de plus de 10 % entre 2004 et 200796.

Bien que le gouvernement enregistrait, en général, des excédents budgétaires, il


prévoyait d'afficher un léger déficit sur le court terme. Certaines réductions d’impôts,
cependant, seraient compensées par une hausse des taxes sur les produits et services
de 3 % à 5 %, en fin 2003. Conformément au niveau élevé de l'éthique Singapourienne
du travail, le CAE privilégiait une hausse des impôts sur les produits et services : « La
TPS préserve l'incitation à travailler et encourage l'entreprise. Lorsque les salaires des
particuliers augmentent, ils tombent dans des tranches d'imposition plus élevées et
payent donc une plus importante proportion de leurs revenus sous forme d’impôt. Ce
n’est pas le cas avec la TPS »97. Le CDE espérait que l'augmentation de la taxe
rapporterait 1,3 milliard de dollars Singapouriens, un chiffre légèrement inférieur à la
perte liée aux réductions fiscales98, estimée à 1,32 milliard de dollars Singapouriens.
Afin d'atténuer les effets négatifs de l'augmentation de la taxe pour les faibles revenus,
le CAE recommandait que celle-ci soit échelonnée sur deux ans et que le
gouvernement « mette en œuvre un paquet complet de mesures compensatoires afin
d'aider les Singapouriens à s'adapter99. » Le paquet se composerait d'un type
particulier d'obligation d'État échangeable, ou ‘Nouvelle action de Singapour’.

Le CAE recommandait d'accroître la concurrence dans le but de développer une


culture plus dynamique et entrepreneuriale. Plus précisément, le gouvernement
devrait progressivement céder toutes les entreprises ‘non stratégiques’, lorsque cette
action était raisonnable d’un point de vue commercial100. Pour insister sur le fait que

21
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

les plans de restructuration de Singapour étaient à long terme, Lee affirmait, « vous
pouvez modifier les taxes, vous pouvez changer subitement de politique, mais
changer les mentalités, prôner l'esprit d'entreprise ou l'innovation, amener les gens à
être moins réfractaires au risque, ce sont là des changements qui ne s’effectuent pas du
jour au lendemain101. » Il ajoutait que « ce paquet est un élément indispensable de
notre stratégie, afin de rendre Singapour plus concurrentielle et pour créer davantage
d'emplois et de prospérité pour les Singapouriens »102.

Décision
Le premier ministre Goh rassembla ses notes. Avant de finaliser son projet de
discours, il devrait s'assurer que les changements fiscaux du CAE étaient les meilleurs
pour le pays, car il se trouvait confronté à un autre ralentissement de l'activité
économique. La combinaison de la stratégie microéconomique ciblée de l'écosystème
d'entreprise, et de la stratégie macroéconomique du gouvernement relative aux
incitations fiscales, suffirait-elle à maintenir Singapour à flot, alors que le pays se
trouvait confronté à la concurrence de la Chine, à une économie américaine affaiblie et
à une pénurie continuelle en ressources humaines et naturelles ? 103

22
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

Annexe 1 Cartes de Singapour et des pays voisins

MALAISIE

SINGAPOUR
UR

Source: JTC Corporation, Republic of Singapore

Source: JTC Corporation, Republic of Singapore

23
mes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

Annexe 2 PIB et composantes

1970 1975 1980 1985 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001

PIB nominal (S$m, 5.804 13.443 25.091 38.924 66.885 74.613 81.224 94.289 107.851 118.963 129.506 141.438 136.801 138.763 159.216 153.572
prix du marché actuel)
Croissance réelle du PIB (%) a 12,8 9,3 8,5 6,4 8,4 6,8 6,7 12,3 11,4 8,0 8,3 8,5 -0,8 6,4 9,9 -2,1
PIB par habitant (US$ au 914 2.505 4.854 6.466 12.110 13.773 15.427 17.601 20.640 23.806 25.022 25.109 20.841 20.722 22.988 20.748
prix du marché actuel)
PIB par habitant n/ a 2.860 5.471 8.088 13.768 14.867 16.275 18.368 20.427 22.270 23.748 24.917 24.210 27.024 24.970 24.910
(parité de pouvoir d'achat
en $US)
Consommation privée 67,5 60,4 51,5 45,1 46,4 45,3 45,6 45,3 44,2 41,5 41,3 40,1 39,1 41,1 40,1 42,2
(% de PIB)
Dépenses publiques 11,9 10,6 9,8 14,3 10,2 9,9 9,3 9,4 8,4 8,6 9,5 9,4 10,1 10,1 10,5 11,9
(% de PIB)
Formation brute de capital fixe 32,5 35,9 40,7 42,2 32,5 33,9 36,0 35,2 33,9 33,9 38,5 38,7 37,4 33,7 29,4 29,2
(% de PIB)
Exportations (% de PIB) n/d N/d 138,0 132,0 179,0 184,0 186,0 198,0 212,0 219,0 214,0 212,0 200,0 202,0 205,0 196,0
Importations (% de PIB) n/d N/d 144,0 135,0 174,0 175,0 177,0 189,0 198,0 205,0 204,0 202,0 183,0 184,0 189,0 174,0
Facteur de déflation (1995=100) n/d 52,4 65,3 75,0 87,3 90,8 92,0 95,2 97,8 100,0 101,2 101,9 100,1 95,3 98,6 96,6
Taux d'inflation annuel (%) n/d N/d 4,5 2,8 3,1 4 1,3 3,5 2,7 2,2 1,2 <1 -1,8 -4,8 3,5 -2
Source : Département des statistiques de Singapour; Fonds monétaire international.
* Moyennes mobiles sur cinq ans, 1970-1990
Annexe 3 PIB par secteur

Source : Département des statistiques de Singapour


mes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.

Singapour Inc. 703-040

Annexe 4 Politique monétaire

1980 1985 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Taux de change (S$/US$ moy/année) 2,14 2,20 1,81 1,73 1,63 1,62 1,53 1,42 1,41 1,48 1,67 1,69 1,72 1,79
Indice des prix à la consommation 68,4 80 85,2 88,1 90,1 92,2 95,1 96,7 98 100 99,7 99,8 101,1 102,1
(novembre 1997-octobre 1998 =100)

Changement de l'IPC (%) par an 8,4 0,5 3,4 3,4 2,3 2,3 3,1 1,7 1,4 2,0 -0,3 0 1,3 1
Taux créditeur (%) 9,4 5,0 4,7 4,6 2,9 2,3 3 3,5 3,41 3,47 4,6 1,7 1,7 1,54
Taux débiteur (%) 11,7 7,9 7,4 7,6 6,0 5,4 5,9 6,4 6,3 6,3 7,4 5,8 5,8 5,7
M2 (millions de S$) 16.065 28.148 61.845 69.542 75.728 82.130 93.980 101.968 111.951 123.444 160.784 174.474 170.898 180.909
Taux de croissance de M2 (%) n/ d 11,9 17,1 12,4 8,9 8,5 14,4 8,5 9,8 10,3 30,2 8,5 -2,0 5,9

Source : Département des statistiques de Singapour; Fonds monétaire international

Annexe 5 Épargne et investissement (en pourcentage de PIB)

1970 1975 1980 1985 1990 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Épargne
PIB (milliards de S$) 5.8 13,4 25,1 38,9 63,7 128,2 140,3 137,6 140,1 159,9 153,4
Consommation (publique et privée) 79 71 61 59 55 51 49 49 51 51 54
Ecart statistique -2 1 -1 -1 0 1 2 2 2 0 0
Épargne nationale brute 19 30 33 42 45 51 53 57 52 49 46
Investissement
Fonds nets de l'étranger 19 10 13 0 -6 -14 -19 -24 -20 -17 -21
Formation brute de capital 38 40 46 42 39 37 39 33 32 32 24
1970 1975 1980 1985 1990 1996 1997 1998 1999 2000 2001

Source : Années 1970-1990, HBS no. 793-096; Années 1996-2001, département des statistiques de Singapour.

25
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

Annexe 6a Taux des cotisations historiques au Fonds de prévoyance central, 1955-


2001 (le taux de cotisation est un pourcentage des salaires bruts)

1955 1968 1970 1973 1975 1980 1985 1986 1988a 1990 1995 1999 2000 2001

Employeur 5 6,5 8 15 15 20.5 25 10 12 16.5 20 10 12 16


(%)
Employé (%) 5 6,5 8 11 15 18 25 25 24 23 20 20 20 20

Total (%) 10 13 16 26 30 38.5 50 35 36 39.5 40 30 32 36

Source : Rapport annuel CPF (FCP) de 2001.


a après 1988, les taux variaient selon l'âge du travailleur. Les taux pour les 55 ans et en dessous sont présentés.

Annexe 6b Taux des cotisations Fonds de prévoyance central en 2001

Age Part de l'employeur (%) Part de l'employé (%) Taux de 2001 (%) Objectif à long terme (%)
55 et moins 16,0 20,0 36,0 40,0
55-60 6,0 12,5 18,5 20,0
60-65 3,5 7,5 11,0 11,5
65+ 3,5 5,0 8,5 9,0

Source : Rapport annuel CPF (FPC) de 2001.

Annexe 6c Répartition des cotisations au Fonds de prévoyance central en 2001

Age Compte ordinaire (%) Compte Spécial (%) Compte Medisave (%) Total (%)
35 et 26 4 6 36
moins

25-45 23 6 7 36
45-55 22 6 8 36
55-60 10,5 0 8 18,5
60-65 2,5 0 8,5 11
65+ 0 0 8,5 8,5

Source : Rapport annuel CPF (FPC) de 2001.

Annexe 6d Répartition des soldes des cotisations au Fonds de prévoyance central de 2001

Age # de membres Balance (S$


milliards)
35 et moins 877.531 20,4
35-45 823.353 32,6
45-55 626.934 31,4
55-60 148.726 4,0
60+ 416.647 3,6
Non spécifié 29.482 0,1
Total 2.922.673 92,2

Source : Rapport annuel CPF (FPC) de 2001.

26
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.

Singapour Inc. 703-040

Annexe 7 Recettes et dépenses publiques (en millions de S$) (exercice


budgétaire débutant le 1er avril)

1991 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002


(Budget)
Produits d'exploitation 15.697,4 28.929,7 29.181,4 27.911,0 30.645,1 33.726,3 29.871,2 29.214,0
Recette fiscale dont 12.466,1 23.205,3 23.011,1 21.551,1 22.623,5 25.627,6 24.172,4 22.905,0
a
Impôt sur le revenu 6.035,5 10.950,7 10.195,3 11.331,2 11.747,9 13.538,4 13.231,0 12.303,2
Impôts sur les actifs 1.361,5 1.823,5 2.335,3 1.529,4 1.314,1 1.605,7 1.517,5 1.410,3
b
Impôts sur les véhicules à moteur 1.379,7 1.998,2 1.743,0 1.204,7 1.719,3 2.505,8 1.972,1 2.249,3
Autres recettes fiscalesc 3.689,4 8.432,9 8.737,5 7.485,8 7.842,2 7.977,7 7.451,8 6.942,2
Autres produits d'exploitationd 3.231,3 5.724,4 6.170,3 6.360,0 8.021,7 8.098,7 5.698,8 6.309,0

Dépenses totales 11.774,5 23.286,4 23.042,7 26.933,9 25.079,0 27.908,5 27.305,3 28.328,5
Sécurité et relations extérieures 4.206,6 7.157,7 8.559,5 9.307,6 9.303,0 9.626,1 10.227,3 10.640,3
Développement social
Fonctionnemente 3.568,0 4.952,4 5.479,6 5.433,3 5.409,5 6.653,8 7.769,9 8.023,1
Développementf 2004,1 2.857,6 3.306,4 5.277,8 5.141,4 4.517,1 4.169,7 4.585,9
Développement économique
Fonctionnement 173,7 688,7 707,7 893,3 865,3 2.908,4 1.113,3 1.175,2
Développement 961,7 1.913,9 3.565,3 4.488,4 2.881,6 3.146,9 2.906,3 2.327,5
Administration publique 578,4 4.216,0 1.424,2 1.533,6 1.478,1 1.056,2 1.118,8 1.576,4
Pension 282,5 n/d n/d n/d n/d n/d n/d n/d
g
Transferts financiers n/d 1.500,0 n/d n/d n/d n/d n/d n/d

Excédents 3.922,9 5.643,4 6.138,8 977,2 5.566,1 5.817,9 2.565,9 885,5


Moins Transferts spéciauxh n/d 3.365,6 886,9 52,2 681,6 1.834,6 5.263,8 n/d
Excédent budgétaire (déficit) 3.922,9 2.277,8 5.251,8 925,0 4.884,5 3.983,3 (2.697,9) 885,5
Source : Ministère des finances, République de Singapour.

a l'impôt sur le revenu comprend les cotisations des commissions statutaires.


b les taxes sur les véhicules à moteur comprennent les frais d'inscription supplémentaires, la taxe routière, la taxe spéciale
sur les moteurs à fuel lourd, les frais liés au nombre de sièges passager du véhicule, et les cartes grises pour les véhicules
non motorisés, mais excluent les droits à l'importation sur les véhicules à moteur qui sont classés comme des taxes
douanières et des droits d'accises.
c Les autres recettes fiscales comprennent la taxe foncière, le droit sur les successions, les droits de douane et d'accises, la

TPS, les taxes sur les paris, les droits de timbre, les taxes à la consommation sélectives, et les autres impôts.
d Les autres produits d'exploitation comprennent les frais et taxes perçus, les contributions des revenus de placements nets

(RPN), et d'autres produits d'exploitation. La contribution des RPN a été introduite durant l'exercice 2000.
e Les dépenses publiques de fonctionnement se rapportent aux dépenses de main d'œuvre, aux autres dépenses de

fonctionnement (à l'exclusion des frais d'investissement et d'agence sur les ventes de terrains), et à des subventions à fonds
perdu.
f les dépenses publiques de développement excluent les prêts aux commissions statutaires, aux entreprises industrielles et

commerciales. À partir de l'exercice 2001, les postes de dépenses relatives à la terre ne sont plus classés dans les dépenses
de développement. Ces dépenses sont donc exclues à partir de la période d'avril 2001.
g Indemnisation unique pour l'arrêt prématuré des droits de monopole dans les services de télécommunications de base.

h les transferts spéciaux comprennent les nouvelles actions Singapour, transferts au FPC, et les fonds pour les soins aux

personnes âgées, la formation continue, etc.


Notes : Des améliorations ont été apportées à la classification sectorielle des ministères à partir de l'exercice 2001. Le
Ministère des Affaires étrangères a été transféré au secteur nouvellement rebaptisé « Sécurité et relations
extérieures », et le Ministère du Développement National au secteur du « Développement social ». Ces modifications
ont été apportées pour mieux refléter les fonctions principales des deux ministères. Pour la même raison, le secteur
des « Services généraux » a été rebaptisé « Administration publique »

27
mes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
Singapour Inc. 703-040

Annexe 8 Balance des paiements (en millions de US$)

1970 1980 1990 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Solde de trésorerie actuel (572) (1.563) 3.122 4.211 11.400 14.900 12.823 17.927 19.706 16.527 15.921 17.885
Balance commerciale (855) (4.200) (1.633) (2.724) 1.354 976 2.225 1.118 14.907 11.227 11.571 12.872
Exportations des marchandises 1.447 18.200 54.679 77.858 97.919 118.456 126.010 126.151 110.591 115.514 138.931 122.478
Importations des marchandises (2.302) (22.400) (56.311) (80.582) (96.565) (117.480) (123.786) (125.033) (95.685) (104.287) (127.483) (109.605)
Services nets 253 3.173 4.169 7.276 9.146 12.282 10.225 11.512 1.054 4.455 5.068 5.725
Services - crédit 489 6.085 12.811 18.597 23.044 29.649 29.958 30.493 18.125 23.690 26.761 26.168
Services - débit (236) (2.912) (8.642) (11.321) (13.898) (17.367) (19.733) (18.981) (17.071) (19.235) (21.693) (20.443)
Revenu net 38 (429) 1.006 195 1.561 2.528 1.441 6.465 4.932 2.027 595 664
Produits - crédit 67 953 6.508 8.075 9.783 12.958 12.534 13.893 12.665 16.184 16.295 14.920
Produits - débit (29) (1.382) (5.502) (7.880) (8.222) (10.430) (11.093) (7.428) (7.733) (14.157) (15.700) (14.256)
Transferts nets (8) (107) (421) (536) (661) (886) (1.067) (1.168) (1.187) (1.183) (1.314) (1.378)
Transferts - crédit n/d n/d 123 140 145 156 157 151 130 134 127 123
Transferts - débit n/d n/d (544) (676) (806) (1.042) (1.224) (1.319) (1.317) (1.317) (1.441) (1.501)
Compte de capitala n/d n/d (22) (71) (84) (71) (139) (173) (226) (191) (163) (161)
Compte financierb 173 1.583 3.947 (1.212) (8.841) (878) (4.825) (10.976) (21.008) (22.718) (10.836) (18.768)
Sortie d'investissement direct 21 (2.034) (2.152) (4.577) (3.442) (6.827) (9.360) (795) (4.277) (4.966) (10.216)
Afflux des investissements directs 93 (net) 1.117 5.575 4.686 8.550 8.788 10.372 12.967 6.389 11.803 5.407 8.609
Sortie des investissements de portefeuille (1.610) (7.833) (7.840) (7.769) (12.625) (13.088) (10.860) (7.938) (7.867) (5.256)

Afflux des investissements de portefeuille 0 (net) 13 (net) 573 2.867 114 410 938 82 929 2.311 (2.034) 720

Autres sorties des investissements (220) (7.104) (10.999) (12.150) (13.538) (41.692) 127 (20.002) (5.974) (15.472)
Autres afflux d'investissement 80 (net) 432 (net) 1.664 8.324 5.911 13.285 16.856 40.114 (16.800) 6.743 4.598 2.847
Erreurs et omissions nettes 583 643 (1.616) 4.650 2.261 (5.352) (464) 1.162 4.494 (783) 1.884 184
Variation des Réservesc (184) (663) (5.431) (7.578) (4.736) (8.599) (7.396) (7.940) (2.965) (4.194) (6.806) 860

Source : Années 1970 -1980, HBS n° 9-793-086, 1990-1997, International Financial Statistics Yearbook 2001, Fonds Monétaire International; Années 1998-2001, statistiques financières
internationales, janvier 2003, FMI.
a toutes les transactions qui comportent les transferts de capital et acquisitions ou cessions des actifs non-financiers et non-produits.

b toutes les transactions en actifs et passifs financiers externes d'une économie.

c les nombres négatifs indiquent des ajouts aux réserves.


Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.

Annexe 9a Emploi/ Productivité


1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001

Main-d'œuvre ('000) 1.554 1.619 1.635 1.693 1.749 1.802 1.876 1.932 1.976 2.192 2.119
Chômage (%) 2,7 2,7 2,7 2,6 2,7 3,0 2,4 3,2 4,6 4,4 3,4
Revenu nominal mensuel moyen 1.669 1.804 1.918 2.086 2.219 2.347 2.480 2.740 2.813 3.063 3.134
(S$)
Revenu réel mensuel moyena (S$) 1.894 2.002 2.080 2.193 2.295 2.395 2.480 2.748 2.819 3.030 3.070

Évolution réelle du salaire (%) 6,0 6,0 4,0 5,0 5,0 4,0 4,0 11,0 3,0 7,0 1,0

Évolution des coûts unitaires de 6,7 3,4 (0,9) 2,3 2,5 2,6 0,7 4,0 (10,4) (0,2) 7,3
main-d'œuvre (%)
Croissance de la productivité du 1,9 3,2 9,2 6,6 2,9 1,4 2,3 (2,8) 7,4 5,9 (5,4)
travail (%)

Croissance de la productivité totale 0,9 1,1 6,5 4,7 1,1 (0,7) 0,3 (5,2) 2,7 4,2 (6,4)
des facteurs (%)

Source : SPRING Singapour de « Statistiques de productivité 2002 ».


a l'IPC est déflateur.

Annexe 9b

29
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

Annexe 10a Contributions à la croissance du PIB et à la productivité (% par an)

1990-1995 % 1995-2000 % 1990-2000 %

Variation du PIB 8,7 (100) 6,1 (100) 7,4 (100)


Attribué à :
Productivité 4,6 (53) 2,5 (41) 3,6 (48)
Emploi 4,1 (47) 3,6 (59) 3,9 (52)
Variation dans la productivité du travail 4,6 (100) 2,5 (100) 3,6 (100)

Attribué à :
Intensité du capital 1,8 (38) 2,2 (88) 2,0 (56)
Productivité totale de facteur 2,9 (62) 0,3 (12) 1,6 (44)

Source : « Productivity Statistics, 2002 », SPRING Singapour

Annexe 10b

Source : SPRING 2001, Rapport annuel de Singapour.

Annexe 10c Croissance de la PTF de certains pays

1975-1985 1985-1990 1990-1995 1995-2001


Singapour -0,1 3,8 2,9 -0,6
Autriche 1,3 1,9 1,5 1,5
Finlande 1,5 2 1,8 3,3
Irlande 1,8 2,9 2,6 4
Suède 0,5 0,8 1,7 1,9
EU-15 1,4 1,5 1,1 1
Etats-Unis 1 0,9 0,9 1,5
Taïwan n/d 5,4 3,5 1,7
Malaisie n/d n/d 2,4 0,9

Source : SPRING 2001, Rapport annuel de Singapour

30
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.

Singapour Inc. 703-040

Annexe 11a Cumul des investissements étrangers à Singapour par origine (%)
1989 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Etats-Unis 20% 17% 17% 17% 19% 16% 16% 19%

Pays-Bas 7% 6% 5% 7% 6% 7% 14% 16%

Japon 21% 20% 19% 19% 17% 17% 15% 13%

Suisse 5% 7% 8% 8% 8% 10% 10% 9%

Royaume-Uni 9% 10% 10% 11% 11% 12% 7% 5%

Hong Kong 7% 5% 5% 5% 4% 3% 3% 3%

Malaisie 4% 4% 4% 4% 4% 4% 3% 3%

Australie 7% 4% 4% 3% 3% 3% 2% 2%

Canada 5% 3% 3% 3% 3% 2% 3% 2%

France 1% 2% 2% 2% 3% 3% 2% 3%

Autres 13% 21% 22% 20% 23% 23% 25% 26%

Investissement direct total 41.063,0 80.163,8 92.840.7 105.015,1 125.274,3 139.905,4 157.593,8 181.939,8
(S$M)
Investissements de portefeuille 5.967,1 2.867,4 1.269,0 2.839,4 4.118,5 5.774.3 7.028,1 6.736,0

Total Investissements de 47.030,1 83.031,2 94.109,7 107.854,5 129.392,8 145.679,7 164.621,9 188.675,8
portefeuille

Annexe 11b Cumul des Investissements de portefeuille de Singapour à l'étranger par


destination (%)
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Etats-Unis 6% 5% 5% 5% 5% 6% 8%

Europe 7% 10% 13% 14% 7% 7% 6%

Australie 3% 3% 3% 2% 2% 3% 3%

Japon 1% 1% 1% 1% 2% 2% 1%

Hong Kong 17% 14% 11% 10% 10% 11% 7%

Chine 5% 8% 12% 14% 18% 17% 17%

Malaisie 22% 20% 16% 11% 11% 10% 11%

Indonésie 7% 8% 7% 9% 6% 6% 5%

Thaïlande 2% 2% 2% 1% 2% 4% 4%

Inde 0% 0% 1% 0% 1% 1% 1%

Taïwan 2% 1% 1% 2% 2% 3% 4%

Autres 28% 26% 27% 31% 34% 32% 35%

Investissement direct total à 29.765,4 39.145,3 42.224,1 57.191,5 53.210,6 65.071,5 68.810,8
l'étranger(S$M)
Investissements de portefeuille) 7.289,3 10.936,6 15.640,8 14.034,1 11.656,0 16.427,5 18.717,1

Total Investissements de portefeuille 37.054,7 50.081,9 57.864,9 71.225,6 64.866,6 81.499,0 87.527,9

Source : Département de statistiques de Singapour.

31
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

Annexe 12 Commerce Extérieur


1997 1998 1999 2000 2001
Évolution du commerce (% à 1995 prix) 10,9 -6,7 7,4 15,8 -10,4
Exportations 11,6 -0,3 5,4 16,8 -8,6
Importations 10,2 -12,9 9,5 14,8 -12,4
Commerce total (S$M) 382,218 353,627 382,432 470,001 425,718

Exportations par destinations principales(%) 1997 1998 1999 2000 2001


Les Etats-Unis 18% 20% 19% 17% 15%
Hong Kong SAR 10% 8% 8% 8% 9%
La Chine 3% 4% 3% 4% 4%
Le Japon 7% 7% 7% 8% 8%
La Corée du Sud 3% 2% 3% 4% 4%
La Malaisie 17% 15% 17% 18% 17%
Philippines 2% 2% 2% 2% 3%
Taïwan 5% 4% 5% 6% 5%
La Thaïlande 5% 4% 4% 4% 4%
L'Inde 2% 2% 2% 2% 2%
L'Europe 15% 18% 16% 15% 15%
L'Australie et le Nouvelle-Zélande 3% 4% 4% 3% 4%
L'Afrique 1% 1% 1% 1% 1%
Autre 8% 8% 8% 8% 9%
Total (Millions de S$) 185,613 183,763 194,290 237,826 218,026

Importations par origine (%) 1997 1998 1999 2000 2001


Les Etats-Unis 17% 18% 17% 15% 16%
Hong Kong 3% 3% 3% 3% 2%
La Chine 4% 5% 5% 5% 6%
Japon 18% 17% 17% 17% 14%
La Corée du Sud 3% 3% 4% 4% 3%
La Malaisie 15% 15% 16% 17% 17%
Philippines 2% 2% 3% 2% 2%
Taïwan 4% 4% 4% 4% 4%
La Thaïlande 5% 5% 5% 4% 4%
L'Inde 1% 1% 1% 1% 1%
L'Europe 16% 16% 15% 14% 15%
L'Australie et le Nouvelle-Zélande 2% 1% 2% 2% 2%
L'Afrique 0% 1% 1% 1% 1%
Autre 10% 9% 10% 11% 11%
Total (Millions de S$) 196,605 169,864 188,142 232,175 207,692

Exportations par produits (%) 1997 1998 1999 2000 2001


Pétrole 9% 7% 8% 10% 10%
Non pétrolier 91% 93% 92% 90% 90%
Nourriture, boisson, et tabac 3% 3% 3% 2% 2%
Matériaux bruts 1% 1% 1% 1% 1%
Substances et produits chimiques 6% 6% 8% 7% 8%
Produits manufacturés 6% 5% 4% 4% 4%
Machines et équipement de transport 66% 66% 66% 67% 64%
Divers articles manufacturés 8% 8% 8% 8% 9%
Autre 2% 4% 2% 1% 1%
Total 100% 100% 100% 100% 100%
Source : Département de statistiques de Singapour

32
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.

Singapour Inc. 703-040

Notes de fin

1 Discours par le Premier Ministre Goh Chok Tong/'National Day Rally 2001" (The University Cultural Centre, National
University of Singapore, August 19, 2001).
2 "Economic Survey of Singapore 3rd Quarter, 2002," Ministry of Trade and Industry, p. 14.
3 Ibid., p. 41.
4 Lee Hsien Loong était le fils le plus âgé de l’ancien Premier Ministre Lee Kuan Yew.
5 "The World Factbook 2002, Singapore," Central Intelligence Agency Web site, < http:/ / www.cia.gov/ cia/
publications/ factbook/ geos/ sn.html>.
6 Singapore Department of Statistics Web site, < http:/ / www.singstat.gov.sg/ keystats/ mqstats/ mds/
mds21a.pdf>.
7 Lady Raffles, "Memoir of the Life and Public Services of Sir Thomas Raffles," in W.G. Huff, The Economic
Development of Singapore (Cambridge, UK: Cambridge University Press, 1994), p.8.
8 "Singapore is Out," Straits Times, August 10, 1965, on Our Story Asia Web site, <http:/ / ourstory.asia1.com.sg/
merger/ headline/ mpledge.html>.
9 Lee Kuan Yew, From Third World to First: The Singapore Story 1965-2000 (New York, NY: HarperCollins, 2000),
p. 3.
10 Forest Reinhardt and Edward Prewitt, "Singapore" (Boston, MA: Harvard Business School Publishing, 1993),
p.6.
11 Chan Chin Bock, Heart Work: Stories of How EDB Steered the Singapore Economy from 1961 Into the 21 s Century
(Singapore: Singapore Economic Development Board, 2002), p.15.
12 Lee Kuan Yew, From Third World to First, p. 33.
13 Lee Kuan Yew, The Singapore Story: Memoirs of Lee Kuan Yew (Singapore: Times Editions Pte, 1998), p. 344.
14 Statistics Singapore Web site, <http:/ / www.singstat.gov.sg/ keystats>.
15 Lee Kuan Yew, From Third World to First, p.57.
16 Ibid.
17 Ibid.
18 Ibid.
19 "Singapore: Political Structure, " Economic Intelligence Unit, EIU B usiness Asia, March 25, 2002.
20 Interview with Tan Chim Nam, secrétaire permanent, Ministry of Information, Communications and the
Arts, Republic of Singapore.
21 "Singapore: A Country Study," Library of Congress Web site, < http:/ / memory.loc.gov/ cgi-bin/ query/ r?frd/
cstdy:@field(DOCID+sg0035)>.
22 "Le vote permettra de prendre des decisions sur l’augmentation de la priorité," Straits Times, April 18,
1992, in W.G. Huff, The Economic Development of Singapore (Cambridge, UK: Cambridge University Press,
1994), p. 354.
23 Sumiko Tan, "PM: Your vote will have immediate impact on your life," Straits Times, December 24, 1996.
24 Moses Naim,"Singapore's Big Gamble," Foreign Policy (May/ June 2002): 35.
25 Lee Kuan Yew, From Third World to First, p 175.
26 Ibid., p. 178.
27 Hadi Soedarsono and Leow Ju Len, "Prices Down, but Pricier to Own," Straits Times, June 1, 2002.
28 "Country Profile: Singapore, 2002," Economic Intelligence Unit.
29 Cherian George, Singapore: The Air Conditioned Nation (Singapore: Landmark Books, 2000), p. 21.
30 Anna Teo and Audrey Tan, "PM Goh—Pay Hikes for Ministers, Civil Servants are Fair," Business Times
Singapore, July 1, 2000.
31 Transparency International Web site, <http:/ / www.transparency.org>.
32 Cherian George, Singapore: The Air Conditioned Nation, p. 76.
33 Irene Ng, "Fact of Life Today—Government No Longer Has Pick of Scholars," Straits Times, July 1, 2000.
34 Chua Mui Hoong, "Judge My Government by its Results, says PM," Straits Times, July 1, 2000.
35 "Paying What it Takes for a First-Class Civil Service," Straits Times, June 30, 2000.
36 Interview with Chua Taik Him, assistant managing director, Economic Development Board, Republic of
Singapore.
37 Interview with George Yeo, minister for Trade and Industry, Republic of Singapore.
38 Roger Mitton, "Asia Looks to Itself," Asiaweek, August 24, 2001.
39 Singapore Investment Abroad 1999-2000, Singapore Department of Statistics, August 2002.
40 Sue Herera, "Profile: Highly Competitive Educational System in China," CNBC: Business Center, November
15, 2002.
41 World Economic Forum Web site, <http:/ / www.weforum.org/ site/ homepublic.nsf/ Content/
Growing+Chinese+Economy+to+Benefit+Neighbors>.

33
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.
703-040 Singapour Inc.

42 Interview with George Yeo, minister for Trade and Industry, Republic of Singapore.
43 "Country Profile: Singapore, 2002," Economist Intelligence Unit.
44 Interview with George Yeo, minister for Trade and Industry, Republic of Singapore.
45 "Terror Threats, Racial Harmony are Singapore's Main Worries," Agence France Presse, February 11, 2002.
46 Tan Sek Toh in Chan Chin Bock, Heart Work: Stories of How EDB Steered the Singapore Economy from 1961 Into
the 21s Century (Singapore: Singapore Economic Development Board, 2002), p. 38.
47 Lee Kuan Yew, From Third World to First, p. 59.
48 Richard Hubbard, "No Big Singapore Inc. Sale As It Focuses Overseas," Reuters, August 28, 2002.
49 Interview with executive, Temasek Holdings.
50 "Temasek Announces New Charter," Temasek Press Release, July 3, 2002.
51 Interview with Koh Boon Hwee, chairman, Singapore Airlines.
52 Singapore Department of Statistics Web site, <http:/ / www.singstat.gov.sg/ keystats/ surveys/ fei2000.pdf>.
53 Tan Sek Toh in Chan Chin Bock, Heart Work: Stories of How EDB Steered the Singapore Economy from 1961 Into
the IVs Century (Singapore: Singapore Economic Development Board, 2002), p. 45.
54 Ibid., p. 38.
55 Entretien avec Sunil Sreenivasan, country corporate officer, Citibank, N.A.
56 Singapore Dept of Statistics Web site, <http:/ / www.singstat.gov.sg/ keystats/ hist/ gdp1.html >.
57 Economic Development Board Web site, <http:/ / www.sedb.com/ edbcorp/ aboutedbhistory>.
58 Singapore Department of Statistics Web site, <http:/ / www.singstat.gov.sg/ keystats/ economy.html>.
59 Ibid.
60 Lee Kuan Yew, From Third World to First, p. 66.
61 Interview with Lim Boon Heng, secretary-general, NTUC, chairman, SPRING, Singapore, and minister,
Prime Minister's Office, Republic of Singapore.
62 Ibid.
63 Tan Sek Toh in Chan Chin Bock, Heart Work: Stories of How EDB Steered the Singapore Economy from 1961 Into the
IVs Century (Singapore: Singapore Economic Development Board, 2002), p. 39.
64 "Growing numbers of Singaporeans want to quit the country," Agence France-Presse, September 4, 2002.
65 Ibid.
66 Interview with Lim Boon Heng, secretary-general, NTUC, chairman, SPRING, Singapore, and minister,
Prime Minister's Office, Republic of Singapore.
67 Forest Reinhardt, "Accounting for Productivity Growth" (Boston, MA: Harvard Business School Publishing,
1993), p. 3.
68 SPRING Singapore, 2001 Annual Report, p. 42.
69 Forest Reinhardt, "Accounting for Productivity Growth" (Boston, MA: Harvard Business School Publishing,
1993), p. 5.
70 "Economic Survey 3rd Quarter 2002," Economist Intelligence Unit, p. 46.
71 Ibid., p. 53.
72 "Country Profile: Singapore, 2001," Economist Intelligence Unit.
73 Entretien avec Lee Suan Hiang, chief executive, SPRING Singapore, Republic of Singapore.
74 WGBH Web site, < http:/ / www.pbs.org/ wgbh/ commandingheights/ lo/ countries/ sg/ sg_overview.html>.
75 Reinhardt and Prewitt, "Singapore" (Boston, MA: Harvard Business School Publishing, 1993), p.11
76 "Economic Survey of Singapore: 3rd Quarter, 2002," Ministry of Trade and Industry, p. 141.
77 Monetary Authority of Singapore Web site, < http:/ / www.mas.gov.sg/ >.
78 W.G. Huff, The Economic Development of Singapore (Cambridge, UK: Cambridge University Press, 1994), p. 334.
79 Entretien avec Central Provident Fund Board, Republic of Singapore.
80 Ibid.
81 Central Provident Fund, 2001 Annual Report, p. 15.
82 Ibid., p. 35
83 Entretien avec la Central Provident Fund Board, Republic of Singapore.
84 Selon le Rapport Annuel 2001 du CPF, "l’épargne investissable" est define comme "la balance du compte
ordinaire plus les montants nets retires pour l’éductaion et les investissements.."
85 Rapport Annuel 2001 du Central Provident Fund, p. 48.
86 Department of Statistics, Yearbook of Statistics Singapore, 2002, p. 62.
87 Entretien avec Chua Taik Him, assistant managing director, Economic Development Board, Republic of
Singapore.
88 Ibid.
89 Ibid.
90 Biomed Singapore Web site, <http:/ / www.biomed-singapore.com/ bms/ inv_bmsif.jsp#>

34
Ce document est exclusivement réservé aux programmes Exécutives Education de MDE Business School.Toute copie,distribution et utilisation hors de cet cadre est strictement interdite.

Singapour Inc. 703-040

91 Economic Development Board, 2001 Annual Report, p. 23.


92 Entretien avec Sally Tan Meow Ling, Manager, One North Development Group, JTC Corporation.
93 "Country Commerce: Singapore," Economist Intelligence Unit, June 2002.
94 Republic of Singapore, "Bites of the Week," MITA News, February 1-7, 2003.
95 A*STAR Web site, <http:/ / www.a-star.edu.sg>.
96 Singapore US Embassy Web site, <http:/ / singapore.usembassy.gov/ ep/ 2002/ Budget2002.html>.
97 Channel NewsAsia Web site, <http:/ / www.channelnewsasia.com/ cna/ parliament/ erc/ report8.htm>.
98 Anna Teo, "Singapore Ushers in Bold, New Tax Regime," Business Times Singapore, May, 4, 2002.
99 Economic Review Committee Web site, http://www.erc.gov.sg/frm_ERC_TaxPackage.htm
100 Economic Review Committee Web site, http://www.erc.gov.sg/frm_ERC_ExecuitveSumm.htm
101 “State of Economy: Lookng Back on 2001, What’s Ahead in 2002,” Singapore: A Monthly Update from the
Singapore Embassy (January 2002): 2
102 Anna Teo, “Singapore Ushers in Bold, New Tax Regime,” Business Times Singapore, 4 mai 2002
103 Les auteurs souhaitent rappeler l’incommensurable assistance en recherche fournie par Pak Sing Lee et le
Economic Development Board of Singapore.

35