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MSP

LÊEssentiel de lÊEthique et
de la Déontologie médicales

A lÊintention de lÊagent de santé au Niger

Organisation

SNV Néerlandaise de

Développement
XXX
LÊEssentiel de lÊEthique et
de la Déontologie médicales

A lÊintention de lÊagent de santé au Niger

Elaboré par
Dr Djibo Y. Hamadou
Enseignant/chercheur
Chef Département santé Publique FSS/UAM
M. A. Nouhou Diallo
Magistrat

Avec la collaboration de
Barro Abdoulaye
Conseiller, SNV Niger
Mme Abdoulaye Mariama Diallo
Ministère de la santé Publique
SNV Niger Buco & Edit
Ave. des Zarmakoye BP. 10299
Niamey Niamey
République du Niger République du Niger
www.snvworld.org

ISBN : 978-2-9178-8739-4

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation, intégrale ou partielle


réservés pour tous pays.
Préface

Comme nous le savons tous, de nos jours les professions de santé sont confron-
tées à des questions de plus en plus complexes : d'une part, celles que soulève en
soit l'évolution des techniques d'investigations et les thérapeutiques ; d'autre part,
celles résultant de la confrontation entre les attentes nées du progrès médical et
les impératifs d'accès équitable aux soins de santé au regard des contraintes de
financement du secteur.

L'exercice médical revêt de lourdes responsabilités à la charge de l’agent et de la


structure sanitaire. Il est à haut risque dès l'instant où il s’exerce sur l’être humain.

L’agent de santé qui est placé au cœur du système de santé, et comme tout être
humain, doit pourtant gérer ses propres humeurs, celles des malades et celles de
ses collègues. Ainsi, les problèmes relatifs à l’éthique et la déontologie médicales
sont devenus un sujet de préoccupation croissant pour les établissements de santé
en raison de la fréquence de plus en plus élevée des accidents et incidents associés
aux procédures de soins. En effet, la vétusté et l’insuffisance des plateaux tech-
niques, l’insuffisance de la formation, les résultats des examens para-cliniques
peu fiables, la mauvaise utilisation des équipements et des produits de santé, l’ab-
sence de code de déontologie médicale, l’inobservance du minimum en matière de
conduite vis-à-vis des malades et de leurs accompagnants et le non respect des
droits des patients, constituent de nos jours d’importantes sources de préjudices
aux patients dans les formations sanitaires.

La problématique de l’éthique et de la déontologie extrêmement sensible devient


ainsi un enjeu majeur de santé publique qui ne peut être mis en place que lorsque
les patients, les membres de leurs familles, les prestataires de soins de santé et
les gestionnaires et décideurs de l’administration travaillent conjointement. La
connaissance de l’éthique et de la déontologie est devenue donc indispensable car
elle délimite et définit exactement les responsabilités professionnelles de chaque
agent afin de lui permettre d’accomplir convenablement sa mission qui est celle de
préserver la santé et la vie des malades. Il est donc urgent de donner aux uns et
aux autres les éléments nécessaires au discernement de la meilleure attitude diag-
nostique et thérapeutique possibles et de la prise en charge la mieux adaptée.

C’est pourquoi, le présent document destiné essentiellement aux agents de santé,


élèves et étudiants des écoles et instituts de santé et au personnel en charge de
l’encadrement et de la formation des agents de santé, viendra certainement com-
bler un vide. Nous vous exhortons donc à en faire un bon usage pour le plus grand
bien de nos laborieuses populations.

Pr NOUHOUN Hassan STRINGFELLOW William

Ministre de la Santé Publique Directeur National SNV Niger

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Sigles et Abréviation

CC Code Civil
CHR Centre Hospitalier Régional
CP Code Pénal
CCNE Comité Consultatif National d’Ethique
CNO Conseil National de l’Ordre
CSI Centre de Santé Intégré
CS Case de Santé
DEP Direction des Etudes et de la Planification
DGR Direction Générale des Ressources
DLC Direction de la Législation et du Contentieux
DS District Sanitaire
ECD Equipe Cadre de District
EM6 Etudes Médicales 6ème année
FSS Faculté des Sciences de la Santé
HD Hôpital de District
IST Infections Sexuellement Transmissibles
MSP Ministère de la Santé Publique
OMS Organisation Mondiale de la Santé
SIDA Syndrome d’Immuno Déficience Acquise
SNV Organisation Néerlandaise de Développement
UAM Université Abdou Moumouni de Niamey
VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine

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Table des matières

PREFACE _______________________________________________5
SIGLES ET ABREVIATIONS ________________________________6
TABLE DES MATIERES ____________________________________7
INTRODUCTION _________________________________________9

CHAPITRE 1 : LES FONDEMENTS ET L’EVOLUTION HISTORIQUE


DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES _________10
1.1. LES FONDEMENTS DES CONCEPTS _______________________10
1.2. L’EVOLUTION HISTORIQUE _____________________________10
1.3. LE CONTEXTE DU NIGER _______________________________12

CHAPITRE 2 : LES PRINCIPES DE L’ETHIQUE ET DE LA


DEONTOLOGIE _________________________________________13
2.1. LE PRINCIPE D’ETHIQUE MEDICALE_______________________13
2.2. LES PRINCIPES DE DEONTOLOGIE MEDICALE _______________14

CHAPITRE 3 : LE SECRET MEDICAL ________________________15


3.1. LES FONDEMENTS DU SECRET MEDICAL___________________15
3.2. LES TYPES DE SECRET MEDICAL _________________________15
3.3. LES BENEFICIAIRES DU SECRET MEDICAL _________________15
3.4. LE PROPRIETAIRE ET LE DEPOSITAIRE DU SECRET___________16
3.5. SUR QUOI PORTE LE SECRET MEDICAL ? __________________16
3.5.1. L’état ou la profession ________________________________16
3.5.2. La confidence ______________________________________16
3.6. VIS-A-VIS DE QUI LE SECRET PROFESSIONNEL DOIT-IL OU PAS
ETRE GARDE? ___________________________________________17
3.6.1. Le principe du secret_________________________________17
3.6.2. Le secret vis-à-vis de l’entourage du malade ______________17
3.6.3. Le secret dans l’équipe médico-sociale ___________________18
3.7. LES EXCEPTIONS PREVUES PAR LA LOI____________________19
3.7.1. Les Déclarations obligatoires __________________________19
3.7.2. Les déclarations facultatives ___________________________19

CHAPITRE 4 : LA RESPONSABILITE MEDICALE ______________21


4.1. LA PORTEE JURIDIQUE DE LA RESPONSABILITE EN MATIERE
D’ETHIQUE ET DE DEONTOLOGIE MEDICALES __________________21
4.2. LES FONDEMENTS DE LA RESPONSABILITE ________________21
4.3. LA SIGNIFICATION DU SERMENT DES PROFESSIONNELS DE
SANTE _________________________________________________22

CHAPITRE 5 : LES DROITS ET DEVOIRS DES PROFESSIONNELS


DE SANTE______________________________________________23
5.1. LES DROITS DES AGENTS DE SANTE _____________________23
5.2. LES DEVOIRS DES MEDECINS ___________________________23
5.2.1. Les devoirs généraux ________________________________23
5.2.2. Les devoirs envers les malades_________________________23

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5.3. LES DEVOIRS DE L’INFIRMIER (E) ________________________23
5.3.1. Les devoirs généraux de l’infirmier (e) ___________________23
5.3.2. Les obligations de l’infirmier(e) envers les malades _________24
5.3.3. Les devoirs de l’infirmier (e) envers le médecin ____________24
5.3.4. Les devoirs de l’infirmier (e) envers son employeur _________24
5.3.5. Les devoirs de l’infirmier (e) envers sa profession __________24
5.3.6. Les devoirs moraux de l’infirmier (e) envers la collectivité____24
5.4. LES RELATIONS DEONTOLOGIQUES ENTRE MEDECINS ET
INFIRMIER(E)S __________________________________________24

CHAPITRE 6 : LES DROITS ET DEVOIRS DU PATIENT_________26


6.1. LES DROITS DU PATIENT _______________________________26
6.2. LES OBLIGATIONS DU MALADE __________________________26

CHAPITRE 7 : L’ETHIQUE EN MATIERE DE RECHERCHE EN


SANTE_________________________________________________28
7.1. POURQUOI L’ETHIQUE EN RECHERCHE ?___________________28
7.2. LES TYPES DE RECHERCHE EN SANTE_____________________28
7.3. LES ORGANES DE GESTION DES QUESTIONS D’ETHIQUE SUR
LA RECHERCHE __________________________________________28

CHAPITRE 8 : DES DIFFICULTES DE LA PRISE EN CHARGE DES


PATIENTS EN FIN DE VIE ________________________________30
8.1. DU REFUS DE L’ACHARNEMENT THERAPEUTIQUE, AU DROIT
A DES SOINS PALLIATIFS __________________________________30
8.2. LE DEBAT SUR L’EUTHANASIE ___________________________30

CHAPITRE 9 : LE CONTROLE DE LA DEONTOLOGIE DES


PROFESSIONS DE SANTE ________________________________32
9.1. LES ORGANES DE CONTROLE ___________________________32
9.2. LA JUDICIARISATION DE L’ACTIVITE MEDICALE _____________32
9.3. LES CONSEQUENCES DU NON RESPECT DES REGLES D’ETHIQUE
ET DE DEONTOLOGIE PAR LES PRATICIENS ____________________32
9.3.1. Les sanctions extrajudiciaires __________________________32
9.3.2. Les sanctions judiciaires ______________________________33

CONCLUSION___________________________________________34
LEXIQUES _____________________________________________35
ETUDES DE CAS SUPPLEMENTAIRES _______________________37
BIBLIOGRAPHIE ________________________________________41

ANNEXES ______________________________________________42
ANNEXE 1 : LE SERMENT D’HIPPOCRATE ___________________42
ANNEXE 2 : LE SERMENT DE FLORENCE NIGHTINGALE________42
ANNEXE 3 : LA DECLARATION D’HELSINKI _________________42
ANNEXE 4 : LA LOI 2007-08 DU 30/04/07 RELATIVE A LA
PREVENTION, LA PRISE EN CHARGE ET LE CONTROLE DU VIRUS
DE L’IMMUNODEFICIENCE HUMAINE (VIH). _________________45

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 8


Introduction

L’exercice et l’activité des professionnels de la santé requièrent des exigences mo-


rales de plusieurs ordres dont le respect de la vie humaine, de l’esprit de service
et l’éthique ; par conséquent les professionnels de santé ont une condition juri-
dique double.

En tant que membres de la profession médicale, leur vie professionnelle est régie
par un droit qui codifie les règles d’exercice de leur profession et détermine les sta-
tuts de leur activité.

En tant que personnes, ils demeurent soumis, même lors de l’exécution de leurs
tâches, aux impératifs du droit commun (pénal ou civil) comme tous les citoyens.

La connaissance de l’éthique et de la déontologie médicales demeure le complé-


ment indissociable de la formation technique de ceux qui doivent soigner et pré-
server la santé de l’homme. Les membres de l’Equipe Cadre de District (ECD), les
membres des équipes des Centres de Santé Intégrés (CSI) et de Case de Santé
(CS), de par leur fonction de soignant et de gestionnaire du système de santé ne
sauraient échapper à cette règle.

L’éthique et la déontologie ne sauraient toutefois se résumer à un ensemble de


garde-fous : dans un contexte où la santé devient, aux yeux des citoyens, un ser-
vice essentiel qu’il serait possible d’acquérir ou de conserver, elles soulignent aussi
la responsabilité des décideurs publics et des acteurs privés vis-à-vis du système
de santé. Elles régulent également le droit qu’elles produisent, l’accès à certains
biens et services sanitaires. L’éthique et la déontologie deviennent ainsi la voie de
l’équilibre qui permet à une société, à un moment donné, de faire des choix tout
en préservant, du fait de leur intégrité, l’adhésion de ses membres à la volonté de
« vivre ensemble ». En somme, la prise en compte d’une dimension éthique et
déontologique est plus que nécessaire pour garantir l’équité du système de santé.

Le présent document est articulé en 9 chapitres dans lesquels il est traité entre au-
tres les concepts de l’éthique et de déontologie médicale dans leurs définitions,
leur fondement et leur évolution historique, et la mise en œuvre de ces concepts
dans les rapports prestataires et usagers.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 9


Chapitre 1 : Les fondements et l’évolution historique de
l’éthique et de la déontologie médicales

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à connaître l’origine des


concepts de l’éthique et de la déontologie et à comprendre l’évolution historique
desdits concepts.

1.1. Les fondements des concepts


L’éthique et la déontologie médicales sont étroitement liées, historiquement, l’une
et l’autre sont issues des concepts d’Aristote et d’Hippocrate. Cela a été exprimé
par Hippocrate dans cet extrait de son serment : « Le médecin s’engage envers
ses maîtres et leurs enfants, et envers les malades à toujours chercher le bien »…
« Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans la pureté et le respect des lois.
Dans toute maison où je serai appelé, je n’entrerai que pour le bien des malades.
Je m’interdirai d’être volontairement une cause de torts ou de corruption. […] ».
Ce serment datant de 25 siècles est toujours d’actualité.
En effet, ces principes de bienveillance guident encore chaque médecin dans son
activité quotidienne.

1.2. L’évolution historique


L’évolution de l’éthique et la déontologie médicales a été marquée à travers l’his-
toire par les progrès techniques de la médecine.
Dès le 18e siècle, Kant s’est interrogé sur les problèmes posés à son époque par
la vaccination contre la variole mise au point par Jenner. La problématique d’ac-
tualité qu’il posait déjà était la suivante : est-il raisonnable de faire confiance à la
technique alors que son efficacité n’est pas encore démontrée ? Quelles règles et
comportement doit adopter celui qui utilise la technique pour en démontrer les
bénéfices attendus ?
A l’aube du 20e siècle, les découvertes scientifiques se sont succédées dans de
nombreux domaines de la médecine. Aussi, les médecins dans leur élan de la re-
cherche du progrès médical ont adopté un comportement que Claude Bernard1 a
décrit dans ses préceptes : « Tous les jours le médecin fait des expériences thé-
rapeutiques sur ses malades […] parmi les expériences qu’on peut tenter sur
l’homme, celles qui ne peuvent que nuire sont défendues ; celles qui sont inno-
centes sont permises, et celles qui peuvent faire du bien sont recommandées ».
Par ailleurs, entre les deux guerres mondiales, les premiers courants prônant
l’existence de races et une sélection par l’eugénisme firent leur apparition. Leurs
théories rejetaient toute philosophie et restreignaient l’étude de l’homme à son
étude scientifique. Ces théories ont constitué la base sur laquelle s’est développée
l’idéologie nazie.
La seconde guerre mondiale a constitué l’apogée de cette idéologie rejetant tout
principe d’humanité dans les pratiques des médecins tournés vers un seul but, la
création d’une aristocratie raciale.
1
Claude Bernard, Médecin et physiologiste français, né le 12 Juillet 1813 à Saint-Julien et décédé à
64 ans le 10 Février 1878

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 10


Mais en 1947, la découverte des expérimentations nazies a permis une renais-
sance de l’éthique formalisée par la rédaction du Code de Nuremberg qui consa-
crait des principes tels que :
- Le consentement volontaire ;
- La liberté du sujet humain se prêtant à des expérimentations ;
- Le caractère scientifiquement solide des bases de l’expérimentation ;
- Le principe du rapport bénéfice/risque.
D’autres textes ont ensuite suivi le Code de Nuremberg, contribuant ainsi à son
évolution et à son enrichissement :
• La Déclaration d’Helsinki en 1964 a été secondaire au constat de
manques dans le Code de Nuremberg. Elle a énoncé plusieurs principes
et a été enrichie à plusieurs reprises (Tokyo en 1975 ; Venise en 1983 ;
Hong Kong en 1989 et Edinbourg en 2000). On peut citer ici onze (11)
principes énoncés à Helsinki en 1964 :
- Existence de comités d’éthique donnant leur approbation pour
la réalisation d’études ;
- Déclaration sur les implications éthiques de la recherche ;
- Notion d’une personne scientifiquement qualifiée comme res-
ponsable ;
- Notion du rapport contraintes/bénéfices ;
- Respect de la vie privée du sujet de l’étude ;
- Confidentialité des données ;
- Information appropriée ;
- Consentement libre et éclairé de préférence par écrit ;
- Notion d’un médecin tiers bien informé mais ne prenant pas
part à l’étude ;
- Notion d’un représentant légal ;
- Ethique pour les auteurs et les éditeurs.
• Le texte des Nations Unies du 16 Décembre 1966 a insisté sur la relation
entre l’éthique médicale et les droits de l’homme, en disposant que « Nul
se sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels inhu-
mains ou dégradants ; en particulier, il est interdit de soumettre une per-
sonne sans son consentement à une expérience médicale ou
scientifique.»
• La Déclaration de Manille (1981) a essentiellement individualisé certains
groupes humains « vulnérables » (enfants, femmes enceintes, malades
mentaux, etc.) par rapport aux textes précédents ;
Ces différents textes internationaux ont inspiré des textes nationaux, le premier
de ces textes en France étant constitué par la loi Hurriet-Sercusclat relative à la
protection des personnes se prêtant à des recherches biomédicales. Les lois de
bioéthique de Juin 1991 et d’Août 2004 l’ont ensuite suivie.
Ces textes Français ont contribué à créer un passage de l’éthique au droit, et à l’in-
tégrer dans la démarche naturelle du chercheur.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 11


1.3. Le contexte du Niger
Le Niger est partie de certaines conventions et traités internationaux sur l’éthique
et la déontologie médicales. Toutefois, quelques textes nationaux ont pu être éla-
borés, il en ainsi des ordonnances 88-206, 207, 208/PCMS/MSP/AS du 09 juin
1988 portant approbation des codes de déontologies des Médecins, Pharmaciens
et Chirurgiens-dentistes ; de la charte du patient ; de la création du Comité
Consultatif National d’Ethique etc.
Par ailleurs, ces dernières années l’ouverture démocratique, l’évolution des droits
humains et l’émergence du contrôle citoyen sur l’action publique au Niger confè-
rent une autre dimension à la question d’éthique et de déontologie médicales. Les
consommateurs des services publics et notamment des services de santé devien-
nent de plus en plus regardants sur les prestations qu’ils reçoivent.

Ce qu’il faut retenir :

Ces concepts d’éthique et de déontologie qui sont historiquement liés datant


de plus de 25 siècles sont toujours d’actualité. Ils constituent encore de nos
jours des valeurs importantes dans le secteur de la santé, où obligation est
faite à tout agent de santé de prêter serment avant de commencer à exer-
cer.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 12


Chapitre 2 : Les principes de l’éthique et de la déontologie

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à connaître et à respecter


les principes de l’éthique et de la déontologie.
Les principes d’éthique et de déontologie médicale sont pour la plupart contenus
dans le serment d’Hippocrate (voir annexe1). Les éléments de l’éthique alimentent
la déontologie.

2.1. Le principe d’éthique médicale


L’éthique appliquée au domaine médical constitue un ensemble de règles de
bonnes mœurs, de bonnes conduites à vocation universelle, qui oriente le savoir
et le savoir être en direction d’une finalité thérapeutique. Ces principes sont entre
autres :
Le principe de la Primauté de la personne humaine
- Le respect de l’être humain, de sa dignité, de son identité, de son intégrité
physique et psychique (la sacralisation de la vie humaine).
Les principes de garantie mutuelle des membres des professions
- Obligations de réserve et de comportement tendant à préserver l’honneur,
la moralité, la solidarité vis-à-vis de la profession ; « Même en dehors de
l’exercice de la profession le praticien doit s’abstenir de tout agissement de
nature à la déconsidérer » ;
- Réglementation interne des usagers de la profession, exercice personnel,
devoirs envers les confrères et les patients ;
- Indépendance professionnelle en ce qui concerne les médecins ;
- Responsabilité de l’agent de santé quand à la prise en charge médicale qu’il
propose à son patient.
Les préceptes particuliers aux professions paramédicales
- Probité et efficacité dans le travail ;
- Sens de subordination et celui de l’initiative nécessaire ;
- Souci de perfectionnement de la profession et préservation de l’image de
celle-ci ;
- Devoir d’éducation en matière sanitaire et professionnelle.
Les principes de devoirs et comportements
Le point de départ de la pratique repose sur le respect de la personne et de la vie
humaine. C’est vers l’homme que convergent toutes les préoccupations de la for-
mation, de la pratique, de l’administration et c’est à lui que se rapportent les
grandes qualités suivantes requises par le code :
- La compassion : la réaction humaine qui porte à partager la souffrance et
l’accablement des autres, à ressentir leur peine, leur infortune ou leur in-
digence ;
- La compétence : la possession des connaissances, des talents, de l’énergie
et de l’expérience nécessaires à la prestation des services prescrits ;
- La fiabilité : qualité qui favorise le développement et le maintien des rap-
ports de confiance. fidélité, confiance, fiabilité, signifient, au fond, foi mu-
tuelle ;

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 13


- La conscience : le sens moral de ce qui est bien ou mal dans sa conduite
personnelle, la perception des principes d’éthique appropriés et la volonté
de les appliquer ;
- L’engagement : décision prise délibérément de s’employer à respecter ses
obligations professionnelles ;
- Le dévouement de l’agent médical face à son patient ;
- La préservation de la vie du patient (interdiction de toute nuisance au pa-
tient) ;
- Le respect de la liberté du patient dans le choix thérapeutique.

2.2. Les principes de déontologie médicale


La déontologie en tant que science du devoir à accomplir édicte des principes tels
que :
- La garantie du secret professionnel ;
- L’obligation de compétences en ce sens que l’agent de santé, particulière-
ment le médecin a le devoir d’entretenir et de perfectionner ses connais-
sances et d’agir conformément aux données actuelles de la science
médicale ;
- Le respect du droit du patient à l’information, qui lui est due ;
- Le fait que la médecine doit rester au service et au bénéfice du malade.

Ce qu’il faut retenir :

La connaissance et le respect de ces principes font de l’agent de santé un


professionnel compétent et conscient de son rôle.

Etude de cas

Le Dr Ali, chirurgien compétent et expérimenté, s’apprête à terminer son


service de nuit dans un hôpital de district quand une jeune fille, accompa-
gnée de sa mère, arrive. La mère repart immédiatement après avoir dit à
l’infirmière qu’elle devait rentrer pour s’occuper des autres enfants. La pa-
tiente présente une hémorragie vaginale et souffre beaucoup. Dr Ali l’exa-
mine et pense qu’il s’agit d’une fausse couche ou d’un avortement provoqué.
Il fait vite une dilatation et un curetage et demande à l’infirmière de deman-
der à la patiente si elle peut financièrement se permettre de rester à l’hôpital
jusqu’à ce qu’elle soit sans danger. Le Dr Moussa arrive pour remplacer le Dr
Ali qui rentre chez lui sans avoir parlé à la patiente. Dégager les problèmes
d’éthiques et de déontologie soulevés dans ce cas.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 14


Chapitre 3 : Le secret médical

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à maîtriser les fonde-


ments et les contours (les types, les bénéficiaires, les propriétaires et les dépo-
sitaires) du secret médical et à connaitre les situations dans lesquelles le secret
professionnel peut être révélé.

3.1. Les fondements du secret médical


En raison de son importance, la discrétion dont doit faire preuve l’agent de santé
dans l’exercice de sa profession a été réglementée par le CP à son article 221 qui
dispose que : « Les médecins, chirurgiens, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers
et toutes autres personnes dépositaires, par état ou par profession ou par fonction
temporaire ou permanente, des secrets qu’on leur confie, qui, hors les cas où la
loi les obligent ou les autorise à se porter dénonciateur, auront recelé des secrets,
seront punis d’un emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de
10,000 à 200,000 ou de l’une des deux peines.»
Les dispositions de cet article sont rendues applicables aux élèves infirmiers et
autres étudiants des écoles se préparant à l’exercice de la profession.
Le secret médical est constitué par la connaissance de faits d’ordre médical surpris
à l’occasion de l’exercice de la profession. Le caractère « médical » des faits cou-
verts par le secret doit être entendu au sens large et comprend notamment toutes
les circonstances annamitiques personnelles et familiales L’absence d’une patho-
logie fait également partie du secret

3.2. Les types de secret médical


- Le secret naturel concerne la surprise de faits intimes d’un individu en de-
hors de toute profession ;
- Le secret confié concerne les confidences libres ou obligatoires ;
- Le secret promis exige, avant la confidence, la promesse de tenir le secret.

3.3. Les bénéficiaires du secret médical


En principe, sauf le jeune enfant, tout individu, même bien portant, qui se confie
à un agent de santé doit être assuré du secret de ses confidences. En particulier,
les adolescents mineurs ont droit au secret ; l’agent de santé ne peut pas dévoiler,
automatiquement leurs confidences à leurs parents.
Les hommes ‘publics’ (autorités de l’Etat, etc.) ont également droit au secret mé-
dical, bien que leur fonction implique un ‘abandon partiel’ de leur vie privée, no-
tamment de leur état de santé.
Les malades aliénés mentaux et ceux dans le coma ont également droit au secret.
Il en est de même pour les défunts dont la mémoire doit être respectée.
Certains caractères communautaires de la médecine, comme la médecine d’hôpi-
tal, la médecine militaire et d’autres formes de la médecine préventive, de la mé-
dicine sociale, etc., doivent être organisés dans le respect du secret médical. Les
nécessités de l’enseignement ou les considérations d’ordre scientifique ne peuvent
pas déroger à cette obligation.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 15


3.4. Le propriétaire et le dépositaire du secret
Le propriétaire du secret est le malade, puisqu’il s’agit de son droit à l’intimité et
que les faits confidentiels le concernent. Cependant, le malade ne peut disposer
librement de son propre secret médical pour trois motifs :
- Il est souvent incompétent en matière médicale ; la signification exacte
d’un diagnostic peut lui échapper ;
- L’agent de santé le tient souvent dans l’ignorance de la maladie dont il souf-
fre pour lui éviter des réactions dépressives (exemple dans le cas du can-
cer) ;
- Il arrive quelque fois que des tiers soient impliqués dans le diagnostic (ma-
ladies vénériennes, affections héréditaires, etc.).
Ces raisons font que le malade ne peut non plus délier l’agent de santé du secret.
En définitive, c’est l’agent de santé qui est le dépositaire du secret médical et qui
en est seul responsable.

3.5. Sur quoi porte le secret médical ?


Le secret médical s’applique aux personnes dépositaires par état ou par profession
du secret qu’on leur confie. Deux éléments sont donc à considérer :
- L’état ou la profession de la personne à qui on a fait la confidence,
- La confidence elle-même.

3.5.1. L’état ou la profession


Pour que la confidence revête le caractère d’un secret professionnel, il faut qu’elle
ait été faite à l’agent de santé quand celui-ci exerce sa profession. En effet, l’agent
de santé a également une vie privée : ses parents, ses amis, ses relations lui font
éventuellement des confidences, que par discrétion, il ne divulguera pas mais qui
n’ont pas le caractère du secret professionnel, du moment qu’ils ne lui ont pas été
révélées dans l’exercice de la profession.

3.5.2. La confidence
La disposition parle de « secret que l’on confie ». Brouardel1 précise que « toute
confidence est un secret ». Le terme « confidence » demande à être précisé : il
s’agit, non seulement de ce que le patient peut dire, mais également de tout ce
que l’agent de santé apprend ou découvre par le fait qu’il s’est confié à ses soins.
Il convient même d’aller plus loin : le secret peut ne pas appartenir au malade lui
même : ainsi, par exemple, l’agent de santé appelé à donner des soins dans un
laboratoire de recherches industrielles qui sera amené à apprendre un secret de
fabrication, ne doit pas le révéler. La plus grande circonspection lui est donc recom-
mandée : il ne suffit pas de se taire, mais aussi de prendre garde à ce qu’aucun
document contenant des renseignements confidentiels ne puisse être lu, commu-
niqué, volé ou égaré. Les ordonnances, les résultats d’examens, certificats, cor-
respondances relatifs à la maladie, ou toute autre pièce du dossier médical seront

1
Paul-C.H. Brouardel, (*1837 - † 1906), Médecin légiste, professeur de médecine légale de la faculté
de médecine de l'Université de Paris

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 16


conservés à l’abri des indiscrétions. L’agent de santé doit se montrer également
prudent dans les communications téléphoniques. Un renseignement, même ap-
paremment anodin, peut éventuellement fournir une indication révélatrice.

3.6. Vis-à-vis de qui le secret professionnel doit-il ou pas être


gardé ?

3.6.1. Le principe du secret


Vis-à-vis de l’employeur :
Si l’employeur insiste malgré tout pour connaître des constatations qui auraient pu
être relevées par l’agent de santé au cours des soins qu’il administre à l’employé,
ou pour qu’il fournisse un complément d’informations sur les conclusions formulées
par le médecin, l’infirmier se retranchera derrière le secret professionnel. Il souli-
gnera l’avantage pour l’employeur d’être assuré de son absolue discrétion. En
effet, la surveillance sanitaire serait compromise si la population craignait de ne
pas pouvoir compter sur la discrétion du service médical. D’autre part, la loyauté
et la fermeté avec lesquelles l’infirmier garde le secret de l’employé malade ras-
surent l’employeur de la rigueur avec laquelle il gardera également les propres
secrets de l’entreprise (secrets de fabrication, d’organisation technique, de pros-
pection commerciale, etc.).
Vis-à-vis des administrations, compagnies d’assurances, mutuelles, etc. :
C’est au médecin de faire les déclarations nécessaires dans les formes prescrites
par la déontologie médicale. L’infirmier n’est habilité à communiquer aucun ren-
seignement, ni aucune pièce du dossier.
Vis-à-vis de tiers non concernés :
Il s’agit des visiteurs, relations aux voisins du malade, vis-à-vis de qui le secret
doit également être gardé de façon absolue. C’est ici que les qualités de discrétion
et de prudence dont nous avons déjà parlées sont particulièrement recommandées
afin d’éviter toute inadvertance qui puisse fournir des éléments de révélations.
Outre le préjudice moral, pensons au cas où certains organismes (compagnies
d’assurances par exemple) tenteraient de se procurer par personne interposées
des informations qui leur seraient refusées si elles les avaient demandées réguliè-
rement.

3.6.2. Le secret vis-à-vis de l’entourage du malade


Le problème se pose de façon beaucoup plus nuancée. Dans les cas graves,
lorsqu’il s’agit d’un enfant, d’un malade inconscient ou d’un malade mental, la fa-
mille est amenée à prendre certaines responsabilités ; elle doit pouvoir le faire en
connaissance de cause. De plus un minimum d’information est indispensable à la
tranquillité d’esprit de la famille et à sa coopération ou au bien être du malade. En
règle générale, c’est le médecin qui tiendra les proches au courant du diagnostic
et du pronostic. En milieu hospitalier il arrivera que cette responsabilité incombe
à l’infirmier (e). Beaucoup de prudence et de discernement lui seront nécessaires
pour juger de ce qu’elle peut dire, et de la personne la mieux indiquée pour re-
cevoir la confidence, à la fois par son affection sincère pour le malade et par ses

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 17


qualités de caractère et d’intelligence. Cela suppose une fois de plus que l’infirmier
aura su se montrer observateur et bon psychologue.
De toute façon, les révélations se limiteront à: l’état du malade, des traitements
envisagés, les interventions à pratiquer, l’évolution probable de l’affection. Mais les
confidences personnelles du malade, les faits extra médicaux venus à la connais-
sance de l’infirmier(e) du fait de ses activités à son service ne peuvent pas être
divulgués. Lorsqu’un infirmier(e) soigne un enfant ou un adolescent mineur, amené
par ses parents ou par une personne légalement responsable le secret n’existe
pas vis-à-vis de ces personnes. Si les soins ont été prescrits par un médecin
consulté à l’insu des parents, l’infirmier, comme le médecin, sont tenus au secret
vis-à-vis de ces derniers. Comme pour l’adulte, le secret est dû dans tous les cas
aux confidences faites par l’enfant sur des sujets ne concernant pas sa maladie.

3.6.3. Le secret dans l’équipe médico-sociale


Tous les renseignements recueillis par l’infirmier (e) et qui peuvent présenter un
intérêt pour le traitement du patient doivent être communiqués au médecin, ou à
ses collaborateurs liés comme lui par le secret professionnel. L’infirmier quittant
son service transmet obligatoirement à son remplaçant les consignes que celui-ci
devra exécuter en y joignant si nécessaire des renseignements sur l’état d’esprit
du malade. Il est également de règle que lorsqu’un malade est pris en charge par
un autre service, son dossier médical l’accompagne. Cependant, l’infirmier conser-
vera au secret des faits non susceptibles d’influencer le traitement.
Vis-à-vis du personnel administratif et subalterne, ce personnel est en principe
tenu au secret professionnel. L’agent de santé s’abstiendra cependant de lui com-
muniquer tout renseignement qui ne serait pas strictement nécessaire à l’accom-
plissement de sa tâche.
Avec les services sociaux, l’infirmier et l’assistant social ne sont autorisés à se
mettre mutuellement au courant du secret professionnel que dans la mesure où
cela est exigé pour mener à bien une action concertée. Ils ne communiqueront
pas leurs dossiers. Les dossiers médicaux et les dossiers sociaux seront conservés
dans des armoires différentes et fermées à clef par les responsables.
Vis-à-vis du malade : le malade a en principe le droit de connaître l’affection dont
il est atteint et le traitement qu’il reçoit. Toutefois, la révélation de son état peut,
dans des cas graves avoir des conséquences fâcheuses sur son moral. Il convient
donc de ne lui en parler qu’avec prudence et, en tout cas après en avoir référé au
médecin. C’est au malade que le certificat médical doit être remis ; lui seul est juge
de l’usage qu’il veut en faire.
La déontologie se montre sur ce point, plus tolérante que la loi : elle admet que
le malade peut délier du secret par un consentement explicite ou même tacite
lorsqu’il s’agit de confidences autres que médicales. La loi se montre intransi-
geante, car le secret médical est d’ordre public, établi pour le bien commun. En
pratique, l’infirmier(e) fera preuve de la plus grande circonspection. Il peut lui être
impossible :
- de prouver que le malade était sain d’esprit au moment où il l’a délié du se-
cret ;

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 18


- d’administrer la preuve qu’il a effectivement été délié du secret par le ma-
lade.

3.7. Les exceptions prévues par la loi


Le CP prévoit les cas dans lesquels la loi elle-même oblige les dépositaires du se-
cret professionnel à se porter dénonciateurs (article 221).
Ces dérogations à la règle ont pour raison la volonté du législateur de préserver
l’intérêt général. L’infirmier peut avoir à faire la déclaration de maladies conta-
gieuses, de naissance ou d’enfant mort né. Ces déclarations sont faites aux admi-
nistrations concernées, mais ne doivent être divulguées à personne d’autre.

3.7.1. Les Déclarations obligatoires


Maladies transmissibles
La déclaration de certaines maladies contagieuses transmissibles est obligatoire.
La raison d’être de cette disposition est de permettre d’enrayer les épidémies par
le dépistage précoce, l’isolement des personnes malades ou suspectes et la dés-
infection.
Le médecin est le premier astreint à cette obligation. A défaut, l’infirmier peut être
amené à faire la déclaration en tant que chef d’établissement (directrice de pou-
ponnière, de garderie, de maternité, de maison maternelle, etc.) ou en tant que
personne ayant administré des soins. Il rappellera éventuellement aux autres per-
sonnes mentionnées par la loi obligation qui est la leur.
Déclaration de naissance et enfant mort-né
La déclaration de naissance est obligatoire pour tout enfant considéré comme via-
ble (180 jours de grossesse et mesurant 33 cm de long). L’enfant mort-né doit
également être déclaré.
Le secret professionnel doit être respecté si les parents le demandent. Dans ce cas,
sera uniquement mentionné « le fait matériel de la naissance » : le jour, l’heure
et le lieu, le sexe de l’enfant et les prénoms qui lui seront donnés.
A ce niveau également, l’intervention de l’infirmier n’est obligatoire qu’à défaut
de déclaration par les personnes mentionnées avant lui dans la loi. Il s’assurera
donc que ces déclarations ont été faites et rappellera au besoin aux personnes
responsables l’obligation qui leur incombe.

3.7.2. Les déclarations facultatives


A ces dispositions qui sont obligatoires s’ajoutent des autorisations légales qui,
elles, ont un caractère facultatif. La déclaration des cas de grippe ou de contami-
nation vénérienne, par exemple, est facultative. Il en est de même en ce qui
concerne l’avortement. En fait, le médecin ou l’infirmier ne dénoncent pas l’avor-
tée, ils dénoncent plutôt l’avortement si cela ne risque pas de dévoiler l’identité de
l’avortée, et si l’avorteur lui-même n’a pas participé à la confidence (en appelant
lui-même le médecin par exemple).
Mais il peut se trouver devant des situations délicates. Témoigner qu’un acte dé-
lictueux a été commis par un parent du malade peut faire tort à ce malade : même
s’il en a été la victime, celui-ci peut préférer voir cet acte demeurer impuni plutôt
que d’être indirectement atteint par le scandale qui résulterait de sa divulgation.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 19


Ce qu’il faut retenir :
Le secret médical protège la vie privée du malade en permettant les soins.
L’agent de santé doit protéger le secret médical dont il a la garde. Ce rôle de
gardien de secret est un devoir d’ordre public (protégé par la loi).

Etude de cas : Cas d’annonce tardive de SIDA

Il s’agit d’un homme de 50 ans, consultant pour un bilan médical à cause


d’une fièvre qui dure depuis plusieurs mois. L’interrogatoire ne révèle aucun
facteur de risque. Le patient est angoissé, mais ne pose aucune question sur
sa maladie. Un diagnostic de sida phase 2 est posé. Le médecin tarde à an-
noncer au patient son diagnostic. Mais au cours d’un entretien, le patient
parvient à avouer avoir eu une expérience homosexuelle. Au bout d’un mois,
sur insistance constante de l’équipe paramédicale auprès de l’équipe médi-
cale, le médecin indique au patient la nature de sa maladie, en présence de
son épouse, souhaitée par le patient même. Celui-ci révèle enfin à son
épouse qu’il a eu une expérience homosexuelle.
Mais à la suite de cet entretien, les relations entre le patient et sa femme se
sont dégradées et elle ne venait plus voir celui-ci que par devoir. Le patient
décède par la suite. Quelles questions d’éthique et de déontologie vous ins-
pire ce cas ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 20


Chapitre 4 : La responsabilité médicale

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à connaître l’origine, le


sens et la portée de la responsabilité médicale.

4.1. La portée juridique de la responsabilité en matière d’éthique


et de déontologie médicales
Tout le corps médical, toute la chaîne du système de la santé sont soumis à
l’éthique et la déontologie médicales, même si cela se manifeste à leur égard selon
des modalités et des degrés différents. C’est parce que les activités respectives des
acteurs du système de santé ont nécessairement un impact soit direct, soit indirect
sur la prise en charge des malades ; qu’il s’agisse des médecins, infirmiers et pa-
ramédicaux, administrateurs, techniciens, ouvriers, et agents d’entretien etc.
Tout cela suppose donc des responsabilités à assumer de part et d’autre.
On entend par « Responsabilité » l’obligation de répondre de ses actes ou de ceux
des personnes dont on a la garde ou encore dont on se porte garant.
On parlera ici de responsabilité professionnelle ; celle-ci suppose d’une part des
devoirs à assumer et d’autre part des droits à respecter.

4.2. Les fondements de la responsabilité


Le principe de la responsabilité repose sur l’obligation de réparer le préjudice ré-
sultant, soit de l’inexécution d’un contrat (responsabilité contractuelle) soit de la
violation du devoir général de ne causer aucun dommage à autrui par son fait per-
sonnel, ou du fait des choses dont on a la garde, ou du fait des personnes dont on
répond (responsabilité délictuelle).
Lorsque la responsabilité n’est pas contractuelle (c’est-à-dire survenue dans un
cadre non contractuel), elle est dite délictuelle (survenue à l’occasion d’un délit)
ou quasi délictuelle (suite d’une faute d’imprudence, de négligence ou d’inatten-
tion).
Ces responsabilités trouvent leur fondement dans les articles 1147, 1382 et sui-
vant du Code Civil1.
Il faut noter que la mise en œuvre de cette responsabilité civile se traduit par l’oc-
troi (souvent après condamnation) de dommages et intérêts en numéraires pour
réparer le préjudice (mal) causé.

1
Art. 1147 sur la responsabilité contractuelle : « L’auteur est condamné s’il y a lieu, au paiement de
dommages et intérêts, soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exé-
cution, toutes les fois qu’il ne justifie pas que l’inexécution provient d’une cause étrangère qui ne peut
lui être imputé, encore qu’il n’y ait aucune mauvaise foi de sa part ».
Art. 1382 sur la responsabilité délictuelle et quasi délictuelle : « Tout fait quelconque de l’homme qui
cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
Art. 1383 : « Chacun est responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait, mais en-
core par sa négligence ou par son imprudence ».
Art. 1384 : « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais
encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on
a sous sa garde »

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 21


Cette responsabilité civile pécuniaire (réparation civile, matérielle) est différente
de la responsabilité pénale, laquelle est dans son principe personnelle et trouve
son fondement dans la commission d’une infraction ou faute pénale qui sera ré-
primée par une sanction pénale (emprisonnement et ou amende).

4.3. La signification du serment des professionnels de santé


Le serment est l’engagement solennel donné selon les formes et devant l’auto-
rité qualifiée de remplir au mieux sa profession (ou mission).
Les termes du serment varient selon l’activité : serment d’Hippocrate (annexe 1)
pour les médecins et serment de Florence Nightingale (annexe 2) pour les infir-
miers.

Ce qu’il faut retenir :


L’agent de santé répond de tout acte qu’il pose dans l’exercice de sa fonction.
De ce fait, il peut être amené à réparer le dommage causé à un patient,
voire en assumer les conséquences pénales.

Etude de cas : Mort médicalement provoquée

Un homme de 42 ans, néo-hépatique au stade terminal qui n’a pas de dou-


leur physique mais présente plutôt une détresse psychologique et de la mé-
lancolie. Les médecins estiment qu’il a moins d’une semaine à vivre. C’est
ainsi qu’un matin, mal à l’aise devant ce patient triste, ils décident de le met-
tre sous morphine à haute dose mais certaines infirmières refusèrent de le
faire. Quelles sont les problèmes d’éthique et de déontologie ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 22


Chapitre 5 : Les droits et devoirs des professionnels
de Santé

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à mieux connaître et res-


pecter ses droits et devoirs.

5.1. Les droits des agents de santé


- Les agents de santé ont droit à:
- la juste rémunération ;
- la liberté d’association ;
- la protection et à la sécurité ;
- la promotion et à la récompense ;
- la formation et au perfectionnement ;
- la liberté d’exercice et de prescription (selon la réglementation en vigueur).

5.2. Les devoirs des médecins

5.2.1. Les devoirs généraux


- Respect de la vie et de la personne humaine ;
- Soins avec la même conscience pour tous les malades ;
- Secours immédiat au malade en danger ;
- Non abandon des malades en cas de danger sauf ordre formel (écrit) des
autorités qualifiées ;
- Devoirs de confraternité ;
- Devoirs envers les pharmaciens, chirurgiens dentistes, infirmiers, sages-
femmes et auxiliaires médicaux ;
- S’abstenir de tout acte de nature à déconsidérer sa profession, même en
dehors de l’exercice de celle-ci
- Obligation au secret médical.

5.2.2. Les devoirs envers les malades


- Assurer les soins appropriés en son pouvoir sans nuire au malade ;
- Agir avec humanité, correction et compassion ;
- Prendre le temps nécessaire pour le diagnostic ;
- Limiter ses prescriptions et actes au strict nécessaire ;
- Donner les soins nécessaires en cas d’urgence et sans possibilité de com-
munication avec le malade ou devant un mineur lorsqu’il ne peut recueillir
le consentement du représentant légal.

5.3. Les devoirs de l’infirmier(e)

5.3.1. Les devoirs généraux de l’infirmier(e)


- Sagesse ;
- Courage ;
- Justice et charité ;
- Tempérance et modération des désirs et passions ;
- Sincérité, synthèse du courage et de la probité.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 23


5.3.2. Les obligations de l’infirmier(e) envers les malades
- Obligation de secours a toute personne en danger ;
- Obligation de surveillance des malades, c’est à dire que l’infirmier (e) est
interdit d’abandonner les malades sauf ordre formel des autorités compé-
tentes ;
- Soins avec la même conscience et dévouement ;
- Respect de la condition du malade ;
- Respect du secret médical ;
- Assistance morale.

5.3.3. Les devoirs de l’infirmier(e) envers le médecin


- Obligation morale de subordination dans la collaboration ;
- Courtoisie et respect.

5.3.4. Les devoirs de l’infirmier(e) envers son employeur


- Respect des termes du contrat de travail ;
- Sauvegarde des intérêts de l’employeur et de l’entreprise ou du service ;
- Accomplissement de ses engagements ;
- Efficacité et efficience dans l’exercice de ses fonctions.

5.3.5. Les devoirs de l’infirmier(e) envers sa profession


- Veiller sur son aspect extérieur et son équilibre personnel
- Avoir à l’égard de ses collègues :
* Le devoir de confraternité, de franchise, de loyauté, d’entraide et de
défense des collègues au besoin,
* La conciliation amiable des différends,
* L’interdiction de calomnie, de médisance.
- Valoriser la profession et la formation des collègues, s’abstenir de tout acte
de nature à déconsidérer la profession.

5.3.6. Les devoirs moraux de l’infirmier(e) envers la collectivité


- Déférer aux réquisitions de l’autorité légitime en matière d’urgence ou de
catastrophes ;
- Prêter son concours à l’action des autorités compétentes en vue de la pro-
tection de la santé ;
- Connaître, respecter et faire respecter les règlements sanitaires par les po-
pulations.

5.4. Les relations déontologiques entre médecins et infirmier(e)s


Les devoirs moraux réciproques :
- Respect de l’indépendance et de l’intégrité de l’autre,
- Obligation d’assistance morale,
- Courtoisie.
Les devoirs communs envers les malades découlant de la même éthique
et reposant sur les mêmes principes sauf cas particulier comme la vérité
à dire au malade.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 24


Ce qu’il faut retenir :

La connaissance de ses droits et devoirs permet à l’agent de santé de mieux


entretenir ses rapports professionnels.

Etude de cas :

Le Dr Camara, nouvellement nommé anesthésiste dans un hôpital de la ville,


s’inquiète de l’attitude du chirurgien en chef dans la salle d’opération. Celui-
ci emploie des techniques dépassées qui prolongent la durée de l’opération,
augmentent les douleurs postopératoires et rallongent le temps de la guéri-
son. De plus, il fait souvent des plaisanteries grossières sur les patients qui
manifestement embêtent les infirmières. En tant que jeune membre du per-
sonnel, le Dr Camara hésite à critiquer en personne le chirurgien ou à signa-
ler son comportement aux autorités supérieures. Cependant, il pense qu’il
doit faire quelque chose pour améliorer la situation. Quelles sont les pro-
blèmes d’éthique et de déontologie ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 25


Chapitre 6 : Les droits et devoirs du patient

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à mieux connaître et


prendre en compte les droits et les devoirs des patients.

La relation agent de santé-patient est longtemps restée marquée par le « pater-


nalisme médical ». Celui-ci faisait du médecin l’unique dépositaire du pouvoir de
décision sur les traitements à mettre en œuvre, en vertu de sa compétence tech-
nique. Cependant, l’idée s’est peu à peu imposée que le malade, et plus généra-
lement l’usager des services de santé, était une personne à laquelle des droits
devraient être reconnus.

6.1. Les droits du patient


- La liberté de choisir l’établissement hospitalier pour ses prises en charge sa-
nitaire ;
- L’accessibilité des services publics hospitaliers à tous, en particulier aux
personnes les plus démunies et aux personnes handicapées dans les condi-
tions prévues par la loi ;
- La qualité de l’accueil et des traitements de soins ;
- Le droit à la confidentialité, au secret professionnel, à l’anonymat et au se-
cret médical ;
- Le droit au choix éclairé dans la prise en charge par une information com-
plète et correcte (informer sur les intentions de l’agent et des risques en-
courus par les malades) ;
- La liberté de choix du prestataire et des prestations ;
- Le droit à l’autonomie (il prend lui-même les décisions qui concernent sa
santé) ;
- Le droit à la considération et au respect de sa personne et de sa dignité ;
- Le droit à l’admission, au transfert et à la sécurité dans les services ;
- Le droit au non discrimination ;
- Le droit d’accès à son dossier personnel ;
- Le droit au consentement pour tout acte médical ou traitement à entre-
prendre sur lui-même ;
- Le droit à l’accès aux soins palliatifs ;
- Le droit à l’accompagnement à la mort ;
- Le droit aux soins contre la douleur.

6.2. Les obligations du malade


Le patient est tenu de :
- S’adresser au personnel soignant et à son administration avec égard ;
- S’acquitter des obligations pécuniaires mises à sa charge (frais de consul-
tations, d’hospitalisations, d’examens, etc.) ;
- Respecter les prescriptions relatives à la salubrité et à l’usage des appareils
audio ou audio-visuels ;
- Respecter les prescriptions faites par le personnel soignant, qu’il s’agisse
des prescriptions médicales ou diététiques) ;
- S’abstenir de tout comportement ou acte pouvant gêner ou nuire d’autres
patients ;

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 26


- Désigner une personne de confiance pour le patient admis en état d’incons-
cience ;
- Signer une décharge en cas de sortie prématurée de son fait ;
- S’abstenir de tout acte volontaire susceptible d’induire la transmission d’une
maladie.

Ce qu’il faut retenir :

Une bonne connaissance des droits et devoirs du patient permet à l’agent de


santé de mieux prendre en considération ses relations avec ce dernier.

Etude de cas :

La patiente refuse d’enlever son voile islamique pour accéder au bloc opéra-
toire.
La patiente refuse de quitter son voile et le bloc refuse de l’opérer. Après de
multiples démarches et la vie de la patiente étant de plus en plus menacée,
il a été permis à la patiente de descendre au bloc avec son voile ; là, une fois
endormie, son voile a été retiré pour procéder à l’opération chirurgicale. A
l’issue de celle-ci le voile a été replacé et la patiente découvrit à son réveil
qu’elle était toujours voilée. Quels sont les problèmes d’éthique et de déon-
tologie ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 27


Chapitre 7 : L’Ethique en matière de recherche en santé

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à comprendre l’impor-


tance de l’éthique en matière de recherche et à connaître les missions du Co-
mité Consultatif National d’Ethique (CCNE).

7.1. Pourquoi l’éthique en recherche ?


La recherche pour le progrès des sciences revêt une importance à cause :
- De la sensibilité de la recherche sur les êtres humains depuis la seconde
guerre mondiale ;
- Des questions d’éthiques très présentes en santé publique (économie de la
santé, épidémiologie, prévention) ;
- De l’émergence des mouvements de défense des droits humains.

7.2. Les types de recherche en santé


- Recherche fondamentale ayant pour but de produire des connaissances
nouvelles ;
- opérationnelle qui vise à identifier des décisions optimales ;
- Recherche action pour identifier et mettre en place des décisions opti-
males ;
- Recherche en système de santé pouvant embrasser les autres types pour
étude du système de santé.

7.3. Les organes de gestion des questions d’éthique


sur la recherche
Devant l’importance et la sensibilité des questions d’éthique, les pouvoirs publics
ont mis en place des organes consultatifs mais qui sont indépendants pour veiller
au respect de l’éthique.
Au Niger, le Comité Consultatif National d’Ethique fut créé par décret 99-
434/PCRN/MSP du 1er novembre 1999 et mis en place en octobre 2000.
Ce comité à pour mission de :
- Donner un avis sur les problèmes moraux relatifs à l’homme dans le
domaine de la santé ;
- Amender les protocoles de recherche ;
- Soulever et discuter tout problème d’éthique en matière de santé ;
- Se prononcer sur toutes questions relatives à la recherche dans le do-
maine de la santé.
Le comité est composé de :
- Un magistrat de la cour suprême ;
- Deux personnalités désignées par le MSP ;
- Un représentant du Ministère de la recherche ;
- Un représentant du ministère de la justice ;
- Un représentant du ministère du développement social ;
- Un représentant du ministère du travail ;
- Un représentant du ministère de l’industrie ;

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 28


- Un représentant de l’ordre des médecins ;
- Le doyen de la faculté des sciences de la santé ;
- Deux représentants des associations religieuses.

Ce qu’il faut retenir :

Les travaux de recherches de santé sont soumis à l’appréciation du Comité


Consultatif National d’Ethique qui est garant de la prise en compte des as-
pects éthiques des protocoles de recherche. L’accent doit être mis sur l’in-
formation et la communication des parties prenantes à la recherche.

Etude de cas :

Le Dr Rachid, médecin généraliste dans un Hôpital de District, est contactée


par une organisation de recherche contractuelle (CRO) pour participer à un
essai clinique sur un nouveau médicament anti-inflammatoire non stéroïdien
(NSAID) dans l’ostéoarthrite. Une somme d’argent lui est offerte pour
chaque patient qu’il inscrit à l’étude. Le représentant de la CRO certifie que
l’étude a obtenu toutes les autorisations nécessaires, y compris celle d’un co-
mité d’éthique. Le Dr Rachid n’a encore jamais participé à une étude et se
réjouit de cette opportunité, en particulier de cette somme d’argent supplé-
mentaire. Il accepte sans se renseigner davantage sur les aspects scienti-
fiques et éthiques de l’étude. Quels sont les problèmes d’éthique et de
déontologie posés ? Quelle devrait être la conduite à tenir ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 29


Chapitre 8 : Des difficultés de la prise en charge des
patients en fin de vie

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à mieux appréhender les


aspects d’éthique de la prise en charge des patients en fin de vie.

Il s’agit des cas particuliers de l’acharnement thérapeutique et de l’euthanasie.

8.1. Du refus de l’acharnement thérapeutique, au droit à des


soins palliatifs
L’acharnement thérapeutique est une des attitudes qui peut être adoptée par les
soignants vis à vis des patients en fin de vie pour tenter de combattre une mort
inéluctable. Cet acharnement se définit comme la mise en œuvre ou la poursuite
d’un traitement ou de gestes techniques lourds à but curatif alors même que le
malade est dans une situation où tout espoir est perdu quant à ses chances de
guérison ou de rémission.
Le soignant se trouve ainsi face à un conflit de deux valeurs éthiques fondamen-
tales qui sont pourtant contradictoires, à savoir le respect de la vie qui fait com-
battre la mort à tout prix et le respect de la dignité humaine qui veut que le corps
humain ne soit plus chosifié par des manipulations. En effet, le malade ne doit pas
être considéré comme un objet qui devrait être maintenu en vie dans le seul but
de soulager la culpabilité du soignant. La prolongation artificielle de l’existence est
unanimement condamnée par différentes instances ou cadres éthiques tels que le
serment d’Hippocrate, le conseil de l’Europe et le code de déontologie médicale
ainsi que l’OMS.
Il faut noter que le refus de l’acharnement thérapeutique s’appuie sur trois prin-
cipes :
- Ne pas poursuivre un traitement inutile ;
- La proportionnalité entre les bénéfices attendus pour le patient par rapport
à l’agressivité du traitement ;
- La conservation de la dignité humaine du patient.

L’abandon de l’acharnement thérapeutique signifie alors le passage de soins cura-


tifs aux soins palliatifs nécessaires au traitement de la douleur. Ces soins sont es-
sentiels au bien être du patient en fin de vie et à sa dignité.

8.2. Le débat sur l’euthanasie


L’euthanasie est définie comme l’action de mettre fin à la vie d’une personne jugée
être dans une situation insupportable.
On distingue classiquement l’euthanasie passive définie par l’arrêt du traitement
nécessaire au maintien à la vie et l’euthanasie active consistant en une interven-
tion directe (administration de toxine, surdosage médicamenteux). Certains com-
portements et conduites à tenir du personnel soignant peuvent être assimilés à
l’euthanasie (négligence, incompétence, retard dans la prise en charge etc.).
L’euthanasie peut être qualifiée de meurtre, lorsque l’acte de l’agent a été volon-

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 30


taire (art. 237 et 242 du CP passible d’emprisonnement à vie voir la peine de
mort) ; ou même d’assassinat lorsque le dit meurtre a été commis avec prémédi-
tation (préparation réfléchie de l’acte) passible de la peine de mort (art.238 et
243 CP). Il peut s’agir aussi d’une euthanasie « déguisée » sous la forme d’une
omission de porter secours à une personne en péril (grabataire) puni de 6 mois à
3 ans d’emprisonnement et d’une amende de F CFA 10.000 à 100.000 (art. 188
CP).
Cet acte peut avoir été sollicité ou non par le patient ou ses parents, il n’en de-
meure pas moins qu’il s’agit là d’une infraction pénale.
Cependant le cas d’accord ou de sollicitations réitérées du patient ou de sa famille
a pu être à l’origine de dilemme alors que le code de déontologie et le CP reste op-
posé à l’euthanasie passive. Ce débat accentué par plusieurs affaires récentes a
attiré l’attention du législateur français sur ces questions et sur la question du pro-
blème du respect de la volonté des patients qu’elles posaient. Elles ont abouti à la
loi sur la fin de la vie n°2005-370 du 22 Avril 2005 instaurant le « droit au laisser
mourir ». Cette loi a désormais autorisé en France la suspension des soins médi-
caux dès lors qu’ils apparaissent « inutiles ou disproportionnés ou n’ayant d’autres
effets que le seul maintien artificiel de la vie ». Elle a précisé toutefois que des trai-
tements antidouleur efficaces pouvaient être administrés au malade « en phase
avancée ou terminale d’une affection grave et incurable » même s’ils avaient pour
effets secondaires de provoquer un décès plus rapide du patient.
Il faut dire que de tels débats ne peuvent être envisagés que dans un pays forte-
ment laïcisé comme la France. Au Niger la vie demeure sacrée et seul Dieu a droit
de vie ou de mort sur ces créatures.

Ce qu’il faut retenir :


L’accompagnement du patient en fin de vie est un devoir de l’agent de santé
pour sauvegarder la dignité de ce dernier et la mémoire du défunt.

Etude de cas : Décision concernant la fin de la vie

Une vieille dame de 80 ans a été transférée d’une clinique à votre hôpital
pour un traitement de pneumonie. La femme est frêle et présente de légers
signes de démence. Vous réussissez à traiter la pneumonie, mais juste avant
de sortir de l’hôpital pour retourner à la clinique, elle est frappée d’apoplexie,
ce qui la laisse paralysée du côté droit et incapable de s’alimenter. Un tubage
est mis en place, mais semble lui causer des désagréments et après qu’elle
eut essayé plusieurs fois de l’arracher avec son bras gauche, une bride a été
fixée à son bras. Elle est par ailleurs incapable d’exprimer ses souhaits. La
recherche de ses enfants ou autres parents pouvant aider à une prise de dé-
cision concernant le traitement est restée vaine. Au bout de quelques jours,
vous concluez qu’il est improbable que son état s’améliore et que la seule
façon de soulager sa souffrance est de la mettre sous sédation ou de retirer
le tube d’alimentation pour la laisser mourir. Que devez-vous faire ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 31


Chapitre 9 : Le contrôle de la déontologie des professions
de santé

Objectif d’apprentissage : Amener l’agent de santé à connaître les organes


de contrôle de la profession et leur fonctionnement en matière d’éthique et de
déontologie et les conséquences liées au non respect de celles-ci.

9.1. Les organes de contrôle


L’Etat à travers le Ministère en charge de la santé et les ordres des différentes
professions de Santé sont les garants de l’élaboration et du respect des codes de
déontologie propre à chaque catégorie de praticien, même si certaines catégories
comme les infirmiers, sages femmes n’en disposent pas encore.

9.2. La judiciarisation de l’activité médicale


On constate que de plus en plus les patients et leur famille n’acceptent plus l’ar-
gument de la fatalité devant des cas nombreux et variés d’accidents médicaux et
de comportements fautifs des agents de santé. En effet, ils mettent souvent le
praticien en accusation allant jusqu’au procès.
Il faut par ailleurs relever que le juge a suffisamment influencé les grands choix
d’éthiques en santé. Le juge saisi d’un litige, étant tenu de le solutionner au risque
de commettre un déni de justice réprimé par la loi, est obligé de répondre ou de
combler les vides ou insuffisances trouvés dans les normes applicables. Ainsi, c’est
en statuant le plus souvent en contentieux de la responsabilité que les juridictions
judiciaires et administratives ont contribué à préciser les règles éthiques et déon-
tologiques qui s’imposent alors aux praticiens dans leur relations avec leurs pa-
tients ; c’est le cas par exemple : du droit à l’information sur les risques encourus,
du consentement aux soins, des conditions des expériences biomédicales, du prin-
cipe d’indemnisation du handicap causé, etc.

9.3. Les conséquences du non respect des règles d’éthique et de


déontologie par les praticiens
Les violations du code de déontologie peuvent conduire à deux types de sanctions:
les sanctions extrajudiciaires et les sanctions judiciaires.

9.3.1. Les sanctions extrajudiciaires


Elles peuvent être morales ou administratives.
Les sanctions morales :
Ces sanctions relèvent de la compétence des différents ordres. Elles sont infligées
en cas d’atteinte à l’image de la profession
Le Conseil National de l’Ordre, le bureau national et les conseils départementaux
ont compétence disciplinaire :
• Au niveau régional : avertissement, blâme, privation de faire partie du
conseil départemental pour 2 ans ;

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 32


• Au niveau national : suspension pour une période n’excédant pas 6 mois,
radiation du tableau de l’ordre.
Il faut noter que les mesures de sanction prises au niveau régional sont déférées
au niveau National. Quant aux sanctions prises par CNO, les recours sont portés
devant la Chambre Administrative de la Cour d’Etat.
Les sanctions administratives ;
Ces sanctions (demande d’explication, avertissement, blâme, révocation etc.) re-
lèvent de la tutelle qui est le Ministère en charge de la santé. Elles peuvent aussi
faire suite aux décisions prises par le CNO.

9.3.2. Les sanctions judiciaires


Elles sont prononcées par les juridictions nationales à travers des procès nés à la
suite des plaintes déposées par des victimes ou leur parent. Elles peuvent être ci-
viles et/ou pénales.

Ce qu’il faut retenir :

Les problèmes liés à l’éthique et la déontologie médicales sont devenus un


sujet de préoccupations croissantes pour les établissements et agents de
santé en raison de l’exigence de plus en plus accrue des patients et de la fré-
quence élevée des accidents et incidents associés aux procédures de soins
aboutissant à des instances judiciaires.

Etude de Cas :

Un patient hospitalisé dans un service de cancérologie vient d’être opéré.


Les chirurgiens sont optimistes sur le pronostic. Les soignants ayant à faire
face à d’autres patients en phase aiguë ou terminale sont rassurés quant au
sort de ce patient et ne lui prêtent pas l’attention qu’il requiert. Une chimio-
thérapie est mise en place et le patient demande :
- c’est vraiment indispensable, l’opération ne suffit pas, je croyais qu’ils al-
laient tout enlever ?
- mais si, ne vous inquiétez pas, répond la soignante et elle sort.
Dans les rencontres suivantes, le patient interroge :
- vous m’avez bien tout dit sur les effets secondaires, parce que, j’ai lu dans
une revue
Le soignant agacé par cette peur injustifiée à ses yeux, renvoie le patient au
médecin.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 33


Conclusion

Thomas d’Aquin, dans Somme théologique disait : « Toute conscience qui est en
opposition avec la raison, que celle-ci se trompe ou ne se trompe pas, est toujours
mauvaise ». La déontologie est l'application de l'éthique sous forme d'obligations
auxquelles doivent se soumettre les professionnels de la santé.
Ainsi de la relation entre les bénéficiaires et les professionnels de la santé, on doit
toujours se rappeler que derrière la maladie, il y’a la personne malade avec ses be-
soins, sa douleur, ses craintes et ses espoirs.
Il est donc important de satisfaire les quatre classes de besoins de l’être humain
(physiques, sociaux, intellectuels et spirituels) et l’épanouissement des quatre ca-
pacités qu’ils représentent (vivre, aimer, apprendre et transmettre), mais égale-
ment le développement de quatre talents qui nous aideront à nous orienter : la
conscience de soi, la conscience morale, la volonté indépendante et l’imagination
créative.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 34


Lexiques

Certificat médical : Ce sont des actes destinés à constater ou à interpréter des


faits d'ordre médical. La responsabilité pénale, civile et disciplinaire du médecin
est engagée chaque fois qu'il accepte de rédiger un certificat médical. La rédac-
tion d'un certificat ne peut se faire qu'après un examen du malade et dans des
termes mesurés et objectifs.

Code de déontologie est un recueil ordonné des règles dont la connaissance et


le respect sont exigés des membres de la profession envisagée. Il comporte la
description des principes directeurs élaborés non pas par le législateur ou l’admi-
nistration mais par les représentants de la profession sou forme de projet de texte,
soumis à l’Assemblée Nationale qui le vote sous forme de lois rassemblées dans
un recueil appelé Code.
Compétence : Combinaison de connaissances théoriques et pratiques du juge-
ment et des caractéristiques personnelles qu’un professionnel doit avoir pour pra-
tiquer de manière sécuritaire et conforme à l’éthique dans un rôle et un
environnement donnés. Les caractéristiques comprennent sans s’y limiter les at-
titudes les valeurs et les croyances.
Confidentialité : Obligation éthique de garder secrets les renseignements per-
sonnels et confidentiels au sujet d’une personne.
Compatissant : Capable de communiquer par la parole et le langage corporel
l’espoir et l’intention d’alléger les souffrances d’une autre personne. La compassion
doit coexister avec la compétence. En d’autres termes c’est un processus relation-
nel au cours duquel on se rend de la souffrance d’un autre, on éprouve soi-même
une réaction affective à cette souffrance et on agit de manière à la soulager ou de
l’alléger.
Consentement éclairé : Processus qui consiste à donner sa permission ou à faire
des choix en matière de soins. La notion est fondée à la fois sur une doctrine ju-
ridique et sur un principe éthique prescrivant de respecter les doits d’une personne
d’obtenir les renseignements suffisant pour prendre des décisions relatives au trai-
tement et soins proposés ou à sa participation à des travaux de recherche.
Déontologie : « Science qui traite des devoirs à accomplir » (Larousse).
Déontologie médicale : La déontologie des professions médicales peut se définir
comme la science des devoirs moraux de ses membres leur permettant d’être
éclairés sur l’attitude à adopter devant les situations particulières qui naissent du
fait de l’exercice de l’art médical et des relations humaines avec le malade/com-
munauté. C’est aussi un ensemble des règles qui régissent les rapports des mé-
decins entre eux, ou entre eux et leurs malades, ou entre eux et la société.
Droit : Ensemble des règles qui régissent les rapports des hommes constituant
une même société.
Equité : Dans le domaine des soins de santé, il s’agit du fait de répondre aux be-
soins de chaque personne ainsi que lui offrir la possibilité d’atteindre son plein po-
tentiel en tant que être humain.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 35


Éthique : « Discipline qui traite de la valeur, au sens moral, des actions humaines
considérées par rapport à leur conformité au Bien, à la Vertu, bref par rapport à
leur moralité ».
Éthique médicale : Ensemble particulier des règles de conduite et de bonnes
mœurs et de vertu morale dans le domaine de la médecine.
Morale : « Ensemble de valeurs universelles dont l’application et l’observance
orientent le comportement spirituel de l’homme par rapport à la notion universelle
de Bien et de Mal ».
Responsabilité médicale est pour les médecins (et leurs collaborateurs) de subir
les conséquences de certaines fautes par eux commises dans l’exercice de l’art,
fautes pouvant amener une double sanction : civile et pénale.
Secret médical : C’est un devoir du médecin ou de l’agent de santé. Il concerne
toutes les informations confiées, mais aussi tout ce qui a pu être vu, entendu,
compris, voir interprété lors de l'exercice médical. Ainsi, sont couvertes par le se-
cret : les déclarations d'un malade, les diagnostics, les thérapeutiques, les dos-
siers.
Respect de la personne : Le respect de la personne recouvre la capacité et les
droits qu’ont tous les individus d’être les arbitres de leurs propres choix et déci-
sions. Il se rapporte au respect de l’autonomie et de l’autodétermination de tous
les êtres humains, dont on reconnaît la dignité et la liberté. Une composante im-
portante de ce principe tient à la protection particulière qu’il convient d’accorder
aux personnes vulnérables.
Sanction civile : C’est la réparation pécuniaire (en argent) de la faute commise.
Elle peut être supportée par le civilement responsable.
Sanctions pénales : Ce sont des peines d’amendes et ou d’emprisonnement pro-
noncées contre le coupable. Elles sont personnelles.
Serment : C’est l’engagement solennel donné selon les formes et devant l’autorité
qualifiée de remplir au mieux sa fonction ou ses missions.
Témoignage en justice : Dans l’acte du témoignage il y a deux éléments :
• la comparution : Le fait de se présenter devant le tribunal.
• la déposition : Le récit des faits dont on a été témoin. L’infirmier est
tenu de comparaître. Mais il jouit de la dispense particulière de déposer
dont bénéficient les personnes qui sont liées par le secret professionnel.
Il a le droit de parler, mais il n’y est pas obligé. En pratique, comme le
médecin, il ne trahira pas le malade délinquant ou criminel qui s’est confié
à ses soins. Par contre, il dénoncera les crimes ou délits dont le malade
a été la victime (assassinat ou tentative d’assassinat, services, coups et
blessures, séquestration, etc.).
Sanction civile : La réparation pécuniaire (en argent) de la faute commise. Elle
peut être supportée par le civilement responsable.

Sanctions pénales : Des peines d’amendes et ou d’emprisonnement prononcées


contre le coupable. Elles sont personnelles.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 36


Etudes de cas supplémentaires

Directives concernant leur traitement


Le processus de traitement des études de cas (qui correspondent aux différents
chapitres du document) s’articule autour des étapes suivantes :
- Identifier les acteurs impliqués ;
- Déterminer le problème d’éthique et de déontologie posé ;
- La conduite à tenir ;
- Conséquences du non respect de l’éthique et de la déontologie.

Chapitre 2 :
Cas d’enfant prématuré

Max est né à la 23ième semaine de gestation. Il est sous oxygène parce que l’état
de développement de ses poumons n’est pas complet. De plus, il souffre d’hémor-
ragies cérébrales parce que le tissu de ses vaisseaux manque encore de solidité.
Il est improbable qu’il survive les cinq prochaines semaines. S’il devait demeurer
en vie, il serait certainement gravement handicapé mentalement et physiquement.
L’état de Max s’aggrave alors qu’il développe une infection grave de l’intestin. Il se-
rait possible d’extraire la partie enflammée par une opération, ce qui préserverait
le peu de chances de survie. Ses parents refusent de donner leur consentement
parce qu’ils veulent éviter à Max les souffrances de l’opération et estiment que sa
qualité de vie ne sera jamais satisfaisante. Vous pensez, comme le médecin trai-
tant, qu’il faudrait une opération, et vous vous demandez comment faire face au
refus des parents ?

Chapitre 3 :
Cas d’infection par le VIH

Monsieur Souleymane est marié et père de deux enfants scolarisés. Il est traité
dans votre clinique pour une forme rare de pneumonie qui est souvent associée
au SIDA. Les résultats de l’examen sanguin montrent qu’il est positif au VIH. Mon-
sieur Souleymane dit vouloir décider par lui-même d’informer ou pas sa femme de
l’infection et au moment qu’il juge approprié. Vous lui dites qu’il pourrait sauver
la vie de sa femme en se protégeant de l’infection. De plus, il serait important
pour elle de faire un test du VIH. En cas de résultat positif, elle pourrait alors pren-
dre des médicaments pour ralentir la propagation de la maladie et ainsi prolonger
sa vie. Six semaines plus tard, Monsieur Souleymane retourne à votre clinique
pour un examen de contrôle. En réponse à votre question, il vous dit qu’il n’en a
pas encore parlé à sa femme. Il ne veut pas qu’elle soit au courant de ses relations
homosexuelles et craint qu’elle rompe leur relation et que leur famille soit détruite.
Mais pour la protéger, il n’a eu avec elle que des « rapports sexuels sans risque ».
Comme le médecin traitant, vous vous demandez si vous devriez informer Madame
Souleymane de cette infection par le VIH contre le gré de son mari, pour qu’elle
puisse, en cas de besoin, commencer un traitement. Quelles questions d’éthique
et de déontologie vous inspire ce cas ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 37


Chapitre 5 :
Cas du traitement d’un prisonnier

Dans le cadre de vos obligations professionnelles, vous allez toutes les deux se-
maines passer un jour à voir les détenus d’une prison située à proximité. Hier,
vous avez traité un prisonnier dont le visage et le torse présentaient de multiples
éraflures. Quand vous lui avez demandé quelle était la cause de ces blessures, il
vous a répondu qu’il avait été agressé par des membres du personnel pénitentiaire
lors d’un interrogatoire alors qu’il refusait de répondre à leurs questions. Bien que
ce cas soit pour vous une première expérience, vous avez entendu parler de situa-
tions semblables par vos collègues. Vous êtes convaincus que vous devez faire
quelque chose, mais le patient ne vous permet pas de divulguer les renseigne-
ments le concernant par crainte de représailles de la part des autorités péniten-
tiaires. De plus, vous n’êtes pas certain que le prisonnier ait dit la vérité. Le
gardien qui vous a accompagné jusqu’à lui vous a dit qu’il s’était battu avec un
autre prisonnier. Vous avez de bonnes relations avec le personnel pénitentiaire et
vous ne voulez pas lui porter préjudice par des accusations non prouvées de mau-
vais traitements à des prisonniers. Que devez-vous faire ? Justifiez votre réponse.

Chapitre 6 :
Cas du diagnostic non communiqué au patient

Il s’agit d’un africain qui, ayant travaillé toute sa vie en France, ayant acquis le bé-
néfice de la sécurité sociale. Il retourne dans son pays natal pour sa retraite. Deux
mois après son retour, il tombe malade. Un diagnostic de cancer du péritoine est
posé en Afrique sans que cela lui soit communiqué. Sa famille en a cependant été
informée.
Il décide de retourner en France pour se faire soigner. Là, la prise en charge à lieu
et un traitement chimio thérapeutique est mise en œuvre durant 6 mois d’hospi-
talisation, ensuite il est soumis à une radiothérapie à visée antalgique : mais le
pronostic est fatal.
Après concertation, l’équipe médicale propose son retour au pays sans l’informer
du pronostic. Mais le patient décide de rester en France et de retourner au pays
quand il sera guéri. Malheureusement, il meurt deux jours après. Quels sont les
problèmes d’éthique et de déontologie posés ?

Chapitre 6 :
Cas de conseils contraceptifs à une adolescente

Sara a 15 ans. Elle habite dans une ville où les agressions sexuelles sont des plus
fréquentes. Elle vient dans votre centre pour vous demander de lui prescrire des
contraceptifs oraux pour la protéger des risques de grossesse au cas où elle serait
victime d’une agression sexuelle. Une grossesse mettrait un terme à sa scolarité
et rendrait la recherche d’un mari difficile.
Sara vous dit qu’elle ne veut pas que ses parents sachent qu’elle utilise des contra-
ceptifs parce qu’ils vont penser qu’elle a l’intention d’avoir des relations sexuelles
avec un petit ami. Vous doutez des motifs invoqués par Sara mais vous admirez
sa détermination d’éviter la grossesse. Vous lui conseillez de venir à la clinique

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 38


avec ses parents pour discuter du problème avec vous. Trois jours plus tard, elle
revient seule et vous dit qu’elle a essayé de parler à ses parents mais qu’ils ont
refusé de discuter.
Maintenant, que faites-vous ?

Chapitre 6 :
Cas de port du gri-gri africain

Une femme portant un gri-gri autour de l’abdomen est admise dans la salle d’ac-
couchement. La sage femme insiste à enlever le gri-gri mais la femme s’y refuse.
La femme invoque une croyance tandis que les sages-femmes invoquent l’hygiène
qui doit être préservée étant entendu que la délivrance peut intervenir par césa-
rienne. Comment résoudre ce problème d’éthique ?

Chapitre 6 :
Cas de parents non informés de la mort provoquée de leur bébé

Il s’agit du cas d’un nouveau né polymalformé. Le réanimateur demande à l’infir-


mière de faire une injection lytique en disant : « on ne peut pas laisser vivre ça ! »
Mais l’infirmière refuse. Elle et la sage-femme quittent la salle, et le réanimateur
décide de faire l’injection (potassium) sans prévenir la mère ni prendre un autre
avis.
On dit à la mère que son bébé est mort en cours de réanimation. Quels sont les
problèmes d’éthique et de déontologie posés ?

Chapitre 7 :
Cas de consentement éclairé

Un vaccin contre le VIH fait l’objet d’une étude dans 12 sites répartis dans divers
pays. Certains participants se font administrer le produit qui est mis à l’essai, tan-
dis que d’autres reçoivent un placebo (le placebo est un produit injecté qui ne
contient pas l’ingrédient actif testé censé prévenir le sida.).
Cette étude nécessite des visites régulières dans une clinique visée par l’étude
pour des prises de sang et pour remplir un questionnaire sur les habitudes de vie
et les comportements à risque. Au cours des 12 premiers mois suivant la vaccina-
tion, un nombre croissant de participants font état d’une augmentation du nombre
de leurs comportements à risque. Dans leurs réponses aux questions sur les com-
portements, beaucoup se disent convaincus d’être protégés par le vaccin. Un grand
nombre d’entre eux semblent avoir oublié qu’ils ont peut-être reçu un placebo,
dépourvu de l’ingrédient actif. Le problème se révèle particulièrement marqué
dans 4 sites. Toute cette information est communiquée aux représentants commu-
nautaires.
Questions à débattre : Que doivent conseiller les représentants communautaires
au personnel de recherche en ce qui concerne les comportements à haut risque
dont font état les participants ? Quelles modifications les représentants commu-
nautaires pourraient-ils recommander en ce qui concerne le recrutement de nou-
veaux participants ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 39


Chapitre 7 :
Cas de rumeurs

Un microbicide fait l’objet d’une étude dans 5 pays. Les participantes reçoivent
soit un microbicide actif, soit un placebo. Toutes bénéficient d’un counselling ap-
profondi et de préservatifs gratuits. Elles se présentent à la clinique une fois par
mois pour se faire faire une prise de sang, se réapprovisionner en préservatifs et
recevoir un counselling supplémentaire.
Au début de l’étude, le recrutement s’est bien passé. Les deux premiers mois, tous
les sites ont atteint ou dépassé les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Depuis ces trois
derniers mois, en revanche, il est devenu de plus en plus difficile de recruter de
nouvelles participantes. On demande aux représentants communautaires de trou-
ver pourquoi cette étude n’attire plus les gens.
En discutant avec les membres de la communauté, les représentants apprennent
que des rumeurs circulent parmi les participantes potentielles. En voici des exem-
ples :
• Les échantillons de sang des participantes sont vendus au marché noir ;
• Le gouvernement aurait introduit un produit dans les préservatifs rendant
la population stérile ;
• Le microbicide étudié rend les hommes impotents.
En outre, ces rumeurs amènent certaines participantes à revenir sur leur décision
de prendre part à l’étude. L’équipe de recherche demande aux représentants com-
munautaires d’aider à enrayer la propagation de ces rumeurs.
Questions à débattre : Quelles mesures les représentants communautaires peu-
vent-ils prendre pour contenir la propagation des rumeurs ? Quels changements
les représentants communautaires peuvent-ils recommander d’apporter au recru-
tement des nouvelles participantes ? Que peuvent faire les représentants commu-
nautaires pour prévenir la défection des personnes déjà recrutées ?

Chapitre 8 :
Cas de difficultés de la prise en charge des patients en fin de vie

Problème de la mort médicalement provoquée


Un homme de 42 ans, néohépatique au stade terminal qui n’a pas de douleur phy-
sique, mais plutôt souffre d’une détresse psychologique et de la mélancolie.
Les médecins disent qu’il a moins d’une semaine à vivre. Mais un matin (avant la
fin de ladite semaine) lesdits médecins se sentant mal à l’aise devant la tristesse
de ce patient, décident de le mettre sous morphine à haute dose (qui est certai-
nement mortelle). Les infirmières qui devaient exécuter cette prescription refusè-
rent de le faire. Comment allez-vous résoudre ce problème éthique ?

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 40


Bibliographie

Djibo, Y. Hamadou, Eléments d’Ethique et de Déontologie médicales, Université


Abdou Moumouni de Niamey, Département de Santé Publique (FSS/UAM),
(2009) Cours EM6

J.C.L. Besanceney, R. Hono, P. Michot, D. Moreau, M. Quest, L’éthique et les


soignants, Paris : Lamarre : 1996

A. Manoukian et A. Massebeuf, La relation soignant soigné, Rueil-Malmaison :


Lamarre : 2001

A. Dereymaeker, Déontologie médicale avec textes législatifs, Cercle médical


Saint-Luc (1977–1978)

République du Niger, Ministère de la Santé Publique, Direction de la Législation


et du contentieux (2008). Recueil de législation sanitaire

Association des Infirmiers et Infirmières du Canada, Code de Déontologie des


Infirmières et Infirmiers, Edition du Centenaire 2008

République Française, Ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes


Handicapées, Ethique et Professions de Santé : Rapport Commission Ethique
et Professions de Santé (2003)

B. Ludes et J.-S. Raul, (consentement ; droit patients) Ethique, et déontologie


médicale ; droits du malade : Problèmes liés au diagnostic, au respect de la
personne et à la mort, La Revue du praticien, 2003, vol. 53, no15, pp. 1709-
1714 ; [voir aussi : Faculté de Médecine (ULP) de Strasbourg, Institut de Mé-
decine Légale médecine légale, Module 1, Item 7, 2004-2005, p 14.]

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 41


Annexes

Annexe 1 : Le Serment d’Hippocrate


« En présence des maîtres de cette faculté et de mes condisciples je promets et
je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la mé-
decine. »
« Je donnerais mes soins à l’indigent et n’exigerai jamais un salaire au dessus de
mon travail. »
« Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe ; ma
langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrom-
pre les mœurs ni à favoriser les crimes. »
« Reconnaissant envers mes maîtres, je tiendrai leurs enfants et ceux de mes
confrères pour mes frères et s’ils devaient apprendre la médecine ou recourir à
mes soins, je les instruirai et les enseignerai sans salaire ni engagement. Si je
remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement
de la vie et de ma profession, honorée à jamais parmi les Hommes. Si je le viole
et que je me parjure puis-je avoir un sort contraire. »
« Je le jure ! »

Annexe 2 : Le Serment de Florence Nightingale


Plus spécialement adapté aux devoirs de l’infirmière, le «Serment de Florence
Nightingale » est prêté dans les écoles Anglo-Saxonnes par les jeunes infirmières
au moment où elles reçoivent leur diplôme.
« Je m’engage solennellement devant Dieu et en présence de cette assemblée, à
mener une vie intègre et à remplir fidèlement les devoirs de ma profession ».
« Je m’abstiendrai de toute pratique délictueuse ou malfaisante, je ne prendrai ou
n’administrerai volontairement aucun remède dangereux ».
« Je ferai tout pour élever le niveau de ma profession et je garderai, avec une to-
tale discrétion les choses privées qui me seront confiées et tous les secrets de fa-
mille que la pratique de mon service me ferait éventuellement connaître ».
« J’aiderai de mon mieux et loyalement, le médecin dans travail, et je me dévoue-
rai ou bien être de ceux qui seront laissés à ma garde ».

Annexe 3 : La Déclaration d’Helsinki


Principes de base
- La recherche biomédicale doit être conforme aux principes scientifiques re-
connus et basée sur expérimentation adéquate au laboratoire et sur animal.
- Le projet et chaque phase de l’expérimentation définis clairement dans un
protocole soumis au comité éthique pour observation et avis.
- L’expérience sur homme par des scientifiques qualifiés sous surveillance de
cliniciens compétents.
- L’expérience ne peut se faire que si l’importance du but visé en rapport avec
le risque encouru par le sujet.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 42


- Avant l’expérience, évaluer risques et avantages prévisibles pour le sujet et
les autres, intérêts du sujet toujours avant ceux de la science et de la so-
ciété.
- Le droit du sujet à sauvegarder son intégrité et sa vie à le respecter.
- Un médecin ne doit entreprendre de recherche que s’il estime être en me-
sure d’en prévoir les risques potentiels. Il doit arrêter si risques supérieurs
aux bénéfices escomptés.
- En cas de publication le médecin doit veiller à ce qu’il ne soit pas porté at-
teinte à l’exactitude des résultats.
- Lors de la recherche sur l’homme, le sujet sera informé de manière adé-
quate sur les objectifs, méthodes, bénéfices escomptés et risques potentiels
qui pourraient en résulter pour lui, droit de revenir sur son consentement
éclairé.
- Lorsqu’il sollicite le consentement éclairé du sujet à la recherche, le prati-
cien doit prendre des précautions particulières si le sujet se trouve en po-
sition de dépendance vis-à-vis de lui ou donner son consentement sous la
contrainte.
- En cas d’incapacité légale le consentement doit être sollicité auprès du re-
présentant légal.
- Le protocole doit toujours contenir une déclaration sur les considérations
éthiques impliquées dans la recherche et que tous les principes sont respec-
tés.

Principes de recherche médicale associée à des soins médicaux


- Lors du traitement d’un malade, le médecin doit être libre de recouvrir à
une nouvelle méthode diagnostique ou thérapeutique si celle-ci offre un es-
poir de sauver la vie, rétablir la santé ou soulager les souffrances.
- Peser les avantages, les risques et inconvénients potentiels de nouvelles
méthodes par rapport méthodes courantes.
- Lors de toute étude clinique avec ou sans groupe témoin, le malade devra
bénéficier des meilleurs thérapeutiques ou et moyen diagnostiques dispo-
nibles.

Principes de recherche clinique


- Si le médecin estime qu’il est essentiel de ne pas demander le consente-
ment éclairé du sujet les raisons doivent être contenues dans le protocole
transmis au comité éthique.
- Le médecin ne peut associer la recherche biomédicale avec des soins mé-
dicaux, en vue de connaissances nouvelles, que dans la mesure ou cette re-
cherche est justifiée par une utilité diagnostique ou thérapeutique
potentielle pour le malade.

Principes de recherche biomédicale non thérapeutique


- Dans l’application d’expériences scientifiques pures sur l’homme, le devoir
du médecin est de rester protecteur de la vie et de la santé du sujet de
l’expérience.
- Les sujets doivent être volontaires en bonne santé ou malades atteints d’af-
fection étrangère à l’étude.
- L’expérimentateur ou l’équipe doit arrêter l’expérience si, à leur avis, sa
poursuite peut être dangereuse pour le sujet.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 43


- Dans la recherche médicale les intérêts de la science et de la société ne
doivent jamais prévaloir sur le bien-être du sujet.

Code de Nuremberg dans la recherche médicale


- Consentement volontaire du sujet absolument essentiel par libre choix sans
contrainte ni cœrcition à partir de connaissances suffisantes des éléments
et objets de l’étude existants.
- L’expérimentation doit produire des résultats fructueux pour la société vu
que ses résultats ne pourraient être pas obtenus autre méthode ou moyen
d’étude.
- L’expérimentation basée sur les résultats de l’expérimentation animale et
les connaissances sur l’histoire de la maladie ou du problème à étudier et
résultats prévus doivent justifier l’expérience.
- L’expérimentation est à conduire de manière à éviter toute souffrance phy-
sique ou mentale ou toute lésion inutile.

Code de Nuremberg
- Aucune expérimentation ne doit être conduite lorsque, à priori, on a raison
de croire que la mort ou une infirmité s’ensuivra excepté si le médecin sert
lui-même de sujet d’expérimentation.
- Le degré de risque encouru ne devrait pas excéder celui déterminé par l’im-
portance humanitaire du problème à résoudre.
- Le sujet doit être protégé par des préparations appropriées et des facilités
adéquates contre toute possibilité présente ou éloignée de blessure, d’in-
capacité ou de mort.
- L’expérimentation doit être conduite seulement par des personnes scienti-
fiquement qualifiées.
- Au cours de l’expérimentation, le sujet doit avoir la liberté de mettre fin à
celle-ci s’il atteint un état physique ou mental où il lui est impossible de
pouvoir continuer à subir l’expérimentation.
- Au cours de l’expérimentation, l’homme de science doit être prêt à mettre
fin à celle-ci en tout temps, si de bonne foi, il est porté à croire que malgré
l’habileté supérieure et le jugement attentif requis de lui, il pourrait survenir
un préjudice, une incapacité ou la mort du sujet d’expérimentation.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 44


Annexe 4 : La Loi 2007-08 du 30/04/07 relative à la prévention, la prise
en charge et le contrôle du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH).
[Source : Recueil de législation sanitaire (2008)]

VU la Constitution du 09 août 1999 ;


Sur rapport du Ministre de la Santé Publique ;
Le Conseil des Ministres entendu ;

L'ASSEMBLÉE NATIONALE A DÉLIBÉRÉ ET ADOPTÉ,


LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE PROMULGUE
LA LOI DONT LA TENEUR SUIT :

CHAPITRE I : DES DEFINITIONS


Article 1 : Au sens de la présente loi, on entend par :
VIH : Virus de l'Immunodéficience Humaine ;
SIDA : Syndrome d'Immuno Déficience Acquis.
- « Un syndrome » est un ensemble de symptômes et signes,
- « L'immunité » est la capacité de l'organisme à se défendre,
- « Déficience » traduit l'affaiblissement du système immunitaire,
- « Acquis » parce que cette déficience n'est ni innée, ni héréditaire.

Le SIDA constitue le stade avancé de l'infection à VIH au cours duquel la personne


infectée présente des infections opportunistes et un bilan biologique perturbé.
• Mode de transmission : C'est la voie de contamination d'un individu par le
virus par la voie sexuelle, la voie sanguine et de la mère séropositive à son en-
fant pendant la grossesse, au cours de l'accouchement ou de l'allaitement ;
• Moyens de prévention : moyens de protection contre la contamination par
le virus (fidélité réciproque, abstinence, utilisation de condom, utilisation de
matériels à usage unique tranchants ou piquants, connaissance du statut sé-
rologique, respect de politique de PTME-Programme de Prévention de la trans-
mission Mère-Enfant) ;
• Personne à risque : Un individu qui est directement exposé à la contamina-
tion ;
• Stigmatisation : C'est le fait de blâmer, d'indexer et de condamner un individu
du seul fait qu'il est porteur de virus du SIDA ;
• IST : Infections Sexuellement Transmissibles ;
• PVAVS : Personne Vivant avec le Virus du SIDA ;
• Séropositif : Personne dont le test de dépistage du VIH s'est avéré positif ;
• Séronégatif : Personne dont le test de dépistage du VIH s'est avéré négatif ;
• Test de dépistage du VIH : Test de laboratoire fait sur un individu pour dé-
terminer la présence ou l'absence du VIH ;

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 45


• Test anonyme : Test de dépistage du VIH au cours duquel l'individu ne révèle
pas son identité, le nom de la personne testée étant remplacé par un chiffre
ou un symbole ;
• ARV : Ce sont les Anti Rétro Viraux, les médicaments utilisés dans le traite-
ment de l'infection à VIH, qui ont pour but d'empêcher la multiplication du
virus dans l'organisme en agissant sur son cycle de réplication ;
• Comportement à risque : Adoption d'une attitude ou d'un comportement ex-
posant au risque de contamination par le VIH/SIDA ;
• Counselling : Dialogue confidentiel entre un client et un personnel soignant
en vue de permettre au client de surmonter le stress et de prendre des déci-
sions personnelles par rapport au VIH/SIDA. Il consiste à évaluer le risque de
transmission du VIH/SIDA et à faciliter l'adoption de comportements préven-
tifs.
• Monitoring VIH/SIDA : Recueil, analyse, interprétation et diffusion des don-
nées sur le VIH/SIDA ;
• Consentement libre et éclairé : Accord verbal ou écrit donné par une per-
sonne pour se soumettre à un test ou une prise en charge médico-sociale après
avoir reçu toutes les informations y relatives (ou afférentes) ;
• Confidentialité : Relation du respect de l'obligation du secret devant prévaloir
entre une personne vivant avec le VIH et toute personne détenant des infor-
mations sur la séropositivité de cette personne ;
• Assistance médicale et psychosociale : Informations données à un individu
avant et après le test de dépistage du VIH, accompagnées d'une prise en
charge psychologique et sociale en cas de séropositivité ;
• Personne affectée : Toute personne en relation directe de parenté ou d'al-
liance avec une autre infectée par le virus du VIH/SIDA ;
• Personne infectée : Toute personne vivant avec le virus du SIDA, dévelop-
pant ou non la maladie ;
• Personnes vulnérables : Personnes qui se trouvent dans une situation so-
cioéconomique et culturelle défavorable augmentant le risque de contamination
au VIH/SIDA ;
• Médecine et pharmacopée traditionnelles : Ensemble de toutes les
connaissances, les techniques de préparation de substances, les mesures et
pratiques en usage, explicables ou non en l'état actuel de la science, qui sont
basées sur les fondements socioculturels et religieux des collectivités, et qui
servent à diagnostiquer, prévenir ou éliminer un déséquilibre du bien-être phy-
sique, mental, social et spirituel ;
• Tradipraticien : Le terme de tradipraticien s'applique aux thérapeutes, ac-
coucheuses traditionnelles, herboristes et médico-droguistes. Il concerne éga-
lement les catégories socioprofessionnelles traditionnelles des coiffeurs pour la
pose de ventouses, les scarifications et les tatouages, la pédicure et la manu-
cure.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 46


• Discrimination : Toute distinction, exclusion ou préférence fondée sur le sta-
tut sérologique, ayant pour effet de détruire ou d'altérer l'égalité de traite-
ment ;
• Mineur : Individu qui n'a pas atteint l'âge de la majorité légale telle que fixée
par la loi.

CHAPITRE II: DE L'INFORMATION ET DE LA FORMATION


Article 2 : L'Etat veille à la diffusion des informations sur le VIH/SIDA dans les
secteurs public et privé et au sein des communautés.
Article 3 : Les informations portent sur les modes de transmission, les moyens de
prévention, la prise en charge, le contrôle de la propagation et les conséquences
de l'infection à VIH.
Article 4 : Les informations sont données au public par tous les moyens de diffu-
sion autorisés par l'Etat.
Article 5 : Le Ministère en charge de la Santé, en collaboration avec les autres mi-
nistères et partenaires, veille à la disponibilité des supports d'information sur les
facteurs de risque, les modes de transmission, les moyens de prévention, la prise
en charge et les conséquences de l'infection à VIH en tous lieux où l'information
est jugée nécessaire.
Article 6 : L'Etat fournit à tous les résidents et les Nigériens en déplacement à
l'étranger des informations sur les modes de transmission, les moyens de préven-
tion, la prise en charge et les conséquences de l'infection à VIH.
Article 7 : Un volet VIH/SIDA doit être intégré dans les programmes des établis-
sements scolaires publics et privés, les universités et autres établissements de
formation non formels.
Le Ministère en charge de l'Education, en collaboration avec celui en charge de la
Santé détermine, le cas échéant, les conditions dans lesquelles l'enseignement
sur le VIH/SIDA sera dispensé dans les écoles primaires.
Article 8 : Le Ministère en charge de la Santé veille à la formation continue des
agents sur l'évolution de la maladie.
Article 9 : Les employés civils de l'Etat, ceux du secteur privé et les membres des
Forces de Défense et de Sécurité reçoivent des informations sur les modes de
transmission, les moyens de prévention, la prise en charge, les conséquences de
l'infection avec le virus VIH et les droits et devoirs des personnes infectées par le
VIH. Il en est de même pour les détenus.
Article 10 : Les structures de la société civile et particulièrement les organisations
de personnes infectées par le VIH sont des partenaires stratégiques en matière
d'information et de formation sur le VIH.

CHAPITRE III : DU TEST DE DEPISTAGE


Article 11 : Le test de dépistage du VIH est volontaire, anonyme et confidentiel.
Le consentement est présumé en cas de don de sang, d'organe, ou de tissu destiné
au traitement ou à la recherche.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 47


Toutefois, le consentement n'est pas requis lorsque :
• Le dépistage rentre dans le cadre de la surveillance épidémiologique de
la maladie où l'anonymat est garanti ;
• Le dépistage est à visée diagnostique chez une personne et que le pro-
nostic vital est engagé ;
• Le statut sérologique est demandé par voie de réquisition à expert dans
une procédure judiciaire ;
Article 12 : L'Etat doit promouvoir et encourager le dépistage volontaire, particu-
lièrement chez les individus ayant des comportements à risque, les femmes en-
ceintes et leurs conjoints, les futurs époux, les partenaires des personnes
infectées, les parents d'enfants infectés ainsi que les enfants des parents infectés.

CHAPITRE IV : DE L'ANNONCE DES RESULTATS ET DE LA


CONFIDENTIALITE
Article 13 : Le résultat du test de dépistage est confidentiel. Il est remis selon le
cas aux personnes suivantes :
• La personne ayant subi le test ;
• Le ou les parents d'un mineur testé ;
• Le tuteur du majeur incapable ;
• Le tuteur de l'orphelin testé ;
• L'autorité judiciaire ayant légalement requis le test.
Le médecin ou toute autre personne autorisée, disposant d'informations sur la sé-
ropositivité d'un individu, a l'obligation de lui faire connaître son état sérologique
sauf en cas de don de sang, de tissus, de sperme ou d'organes si le donneur ex-
prime le désir de ne pas le connaître.
L'équipe médicale apprécie les conditions dans lesquelles un mineur ou un majeur
incapable est informé de son statut sérologique, après consultation des parents ou
du tuteur.
Article 14 : Les agents de santé et les intervenants dans les centres de dépistage
sont tenus au respect du secret professionnel.
Le médecin ou la personne autorisée, les autres agents de santé et les interve-
nants dans les centres de dépistage avec qui le secret a été partagé, ne doivent
en aucun cas divulguer l'information sans l'avis préalable de la personne infectée,
sous peine de poursuites judiciaires.
Toutefois, il n'y a pas violation du secret professionnel visé aux alinéas précédents
lorsque :
a) Les responsables des établissements de santé se conforment aux exi-
gences épidémiologiques prévues par les textes en vigueur ;
b) personnel de santé et les intervenants dans les centres de dépistage di-
rectement ou indirectement impliqués dans le traitement ou les soins des
PVAVS sont informés ;
c) personnel de santé est appelé à témoigner à la requête d’un juge à l’oc-
casion d’une procédure judicaire ou la détermination du statut sérolo-

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 48


gique conditionne la solution du litige. Dans ce cas, le témoignage se fait
par écrit sous pli scellé que seule l’autorité judicaire compétente peut ou-
vrir.
Article 15 : Toute personne vivant avec le VIH est tenue d'annoncer sa séroposi-
tivité à son conjoint ou partenaire sexuel le plus tôt possible. Ce délai ne peut ex-
céder six (6) semaines révolues à compter de la date où elle a eu connaissance
de son statut sérologique au VIH.
Article 16 : Les services compétents apportent une assistance - psychosociale adé-
quate à la personne infectée par le VIH, à son conjoint ou partenaire sexuel lors
de l'annonce de la séropositivité.
Article 17 : En cas de refus d'informer son conjoint ou partenaire sexuel dans le
délai prévu ou de la constatation d'un comportement à risque au sein de la com-
munauté, 1 e médecin ou la personne autorisée, dépositaire de l'information,
après avoir informé l'intéressé, peut annoncer la séropositivité au conjoint ou par-
tenaire sexuel.
Dans ce cas, il n'y a pas violation des dispositions relatives à la confidentialité.

CHAPITRE V : DE LA PRISE EN CHARGE


Article 18 : Toute personne infectée par le VIH/SIDA bénéficie des services d'une
assistance médicale et psychosociale.
La prise en charge est gratuite et globale. Ses modalités seront déterminées par
voie réglementaire.
Article 19 : L'Etat et le secteur privé, en collaboration avec les organisations de la
société civile intervenant dans le domaine de la prise en charge, doivent prendre
les dispositions nécessaires au suivi médical et à la prise en charge psychosociale
des personnes infectées par VIH.
Article 20 : Les agents de santé doivent fournir, sans discrimination, les soins mé-
dicaux aux personnes infectées par le virus du SIDA.
Article 21 : Les enfants mineurs des personnes décédées du SIDA bénéficient
d'une assistance de l'Etat et des organismes spécialisés dans le domaine de la
prise en charge médicale, psychosociale et socioéconomique.
Article 22 : Toute personne dépistée comme séropositive doit être référée vers un
centre prescripteur agréé.

CHAPITRE VI : DES MESURES DE SECURITE MEDICALE


Article 23 : Les dons de sang, de tissu ou d'organes doivent être systématique-
ment testés avant toute utilisation.
Article 24 : Les établissements publics, privés et confessionnels de santé doivent
prendre toutes les mesures utiles pour éviter la transmission du VIH en milieu de
soins.
Ces établissements sont tenus de mettre tous les moyens nécessaires à la dispo-
sition des agents pour éviter la transmission du VIH.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 49


Article 25 : Lesdits établissements sont tenus de prendre toutes dispositions né-
cessaires, garantissant les agents exposés au risque de contamination, et de na-
ture à réparer les préjudices éventuels.
Article 26 : Le Ministère en charge de la santé veille au contrôle de la qualité des
médicaments ou autres produits ayant un lien avec le VIH et les IST.
Article 27 : Les tradipraticiens et les auxiliaires de la santé sont tenus au respect
des dispositions de l'article 25 ci-dessus.
L'Etat veille au suivi de l'application des dispositions de l'article 25 par les auxi-
liaires de la santé et les tradipraticiens.

CHAPITRE VII : DES ACTES DISCRIMINATURES


Article 28 : Les personnes infectées par le VIH jouissent des mêmes droits que les
personnes séronégatives ou supposées saines.
Ces droits ne peuvent être déniés sur la base de leur statut sérologique à VIH, réel
ou supposé.
Article 29 : Tout acte de discrimination, sous quelque forme que ce soit, est interdit
à l'égard d'une personne dont la séropositivité est réelle ou supposée, ainsi qu'à
l'égard de sa famille.
Article 30 : Les employeurs des secteurs public, semi-public ou privé ne doivent,
en aucun cas, exiger d'un ou des candidats un test de dépistage du VIH à l'occa-
sion de tout concours ou tout recrutement.
Article 31 : Le licenciement d'un travailleur, au motif qu'il est une personne vivant
avec le VIH, est considéré comme abusif et sanctionné conformément aux dispo-
sitions du code de travail.
Article 32 : Les établissements scolaires publics et privés, les universités et autres
établissements de formation ne peuvent refuser ou exclure un élève ou un étudiant
sur la base d'une séropositivité réelle ou supposée au VIH.
Article 33 : Le transport et l'entrée sur le territoire national ne peuvent être refusés
à un individu sur la base de son statut sérologique positif, réel ou supposé.
Toutefois, pour les états qui conditionnent l'entrée sur leur territoire au test de
dépistage du VIH, la règle de réciprocité est appliquée à leurs ressortissants.
Article 34 : Les sociétés d'assurance ne doivent pas conditionner la souscription à
une police d'assurance maladie à un test préalable de dépistage du VIH, ni exiger
un montant exorbitant du fait d'une séropositivité réelle ou supposée.

CHAPITRE VIII : DES DISPOSITIONS PENALES


Article 35 : La violation par tout dépositaire du secret de l'obligation de confiden-
tialité sera punie conformément aux dispositions de l'article 221, alinéa 1 du Code
pénal sur la révélation de secret.
Article 36 : Toute personne dépositaire par profession de l’information sur la sé-
ropositivité d’un individu et qui se rendrait coupable de divulgation de secret, sera
punie conformément à l'article 221, alinéa 1 du Code pénal.

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 50


Article 37 : Tout agent de santé qui refuse de dispenser les soins aux personnes
infectées par le VIH sera puni d'un emprisonnement de deux mois à un an et d'une
amende de F CFA 20.000 à 200.000 ou de l'une de ces deux peines seulement.
Article 38 : Quiconque aura soumis autrui à un test de dépistage au VIH sans son
consentement, en dehors des cas prévus à l'article 11 de la présente loi sera puni
d'un emprisonnement de deux mois à six mois et d'une amende de F CFA 20.000
à 200.000 ou de l'une de ces deux peines seulement.
Article 39 : Quiconque aura sciemment exposé autrui à un risque de contamination
par le virus du SIDA sera puni conformément à l'article 230-1, alinéa 2 du Code
Pénal. Dans ce cas, la juridiction de jugement n'accordera ni circonstances atté-
nuantes ni sursis.
Article 40 : Toute personne qui, par négligence, imprudence, maladresse, inatten-
tion et l'inobservation des mesures de sécurité médicale, aura administré à autrui
le VIH, sera punie d'une peine de deux ans à cinq ans et d'une amende de F CFA
200.000 à 1.000.000 .
Article 41 : Toute personne infectée par le VIH, connaissant son statut sérologique,
qui, par violence ou contrainte, aura entretenu des rapports sexuels avec une autre
personne sera punie d'un emprisonnement de quinze (15) ans à trente (30) ans
et d'une amende d'un million (1.000.000) à cinq millions (5.000.000) francs CFA.
Les complices seront punis de la même peine d'emprisonnement. Dans ce cas, il
n'y a ni circonstances atténuantes, ni sursis.
Article 42 : Quiconque aura contrefait ou fabriqué les certificats médicaux ou aura
sciemment établi de faux résultats de test de dépistage au VIH sera puni d'un em-
prisonnement de deux (2) ans à cinq (5) ans et d'une amende de F CFA 200.000
à 1.000.000.
Article 43 : Quiconque aura, dans l'exercice de la médecine traditionnelle, violé les
dispositions de la présente loi, sera puni des peines prévues aux articles 39 et 40
ci-dessus.
Article 44 : La diffusion d'informations erronées ou mensongères sur le VIH/SIDA
est punie d'un emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de F
CFA 50.000 à 500.000.
Article 45 : Toute personne coupable d'un acte de discrimination prévu au chapitre
VII de la présente loi sera punie d'une peine de deux mois à deux ans et d'une
amende de F CFA 50.000 à 500.000.
Les établissements de soins privés ou confessionnels, qui— se seront rendus cou-
pables de violations graves des dispositions de la présente loi encourent la peine
de fermeture provisoire de deux mois à six mois ou définitive, en fonction des cir-
constances.
Des mesures de suspension ou de retrait d'agrément dont les modalités seront
fixées par décret, en tant que de besoin, pourront être prises par le Ministre en
charge de la santé publique.
Article 46 : Tout auteur ou complice de publicité mensongère relative aux médi-
caments et autres produits de soins, au traitement du SIDA ou à la prévention du

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 51


VIH/SIDA est puni d'un emprisonnement d'un an à deux ans et d'une amende de
F CFA 100.000 à 1.000.000.
Article 47 : L'exploitation frauduleuse de l'état d'ignorance ou la situation de fai-
blesse d'une personne infectée ou affectée par le VIH/SIDA, soit pour lui proposer
un traitement fallacieux avec extorsion de fonds, soit pour faire consentir cette
personne à un acte qui lui est manifestement préjudiciable, est punie des peines
conformément aux dispositions de l'article 333 du Code pénal sur l'escroquerie.

CHAPITRE IX : DES DISPOSITIONS FINALES


Article 48 : Les modalités d'application de la présente loi seront déterminées par
décret pris en Conseil des Ministres.
Article 49 : La présente loi qui abroge toutes dispositions antérieures contraires
sera publiée au Journal Officiel de la République du Niger et exécutée comme loi
de l'Etat.
Article 50 : La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République du
Niger et exécutée comme loi dé l'Etat.

Fait à Niamey, le 30 avril 2007


Signé : Le Président de la République
MAMADOU TANDJA

Le Premier Ministre
HAMA AMADOU

Le Ministre de la Santé Publique


MAHAMANE KABAOU

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 52


Liste des participants à l’atelier de validation, tenu les 14-15 juillet
2010 à Niamey:

Habibou Kalla MSP/DGR


Maïga Aïssata Diallo MSP/DEP
Abdoulaye Mariama Diallo MSP/DLC
Assoumane Dan Doulla Sani DS/Illéla
Seyni Yacouba DS/Dosso
Abdou Ali DS/Guidan Roumdji
Dr Djibo Y. Hamadou FSS/UAM
M. A. Nouhou Diallo Magistrat, Conseiller à la Cour d’Etat
Ali Mahamadou SNV Zinder
Guiré Moussa SNV Maradi
Kimba Amadou SNV Tahoua
Barro Abdoulaye SNV Niamey

L’ESSENTIEL DE L’ETHIQUE ET DE LA DEONTOLOGIE MEDICALES 53


© 2010 SNV Niger
XXX
C on n ec tin g Peo pl e Ês C apa ci t i e s

ISBN : 978-2-9178-8739-4

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