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FINANCEMENT BANCAIRE ISLAMIQUE : UNE SOLUTION ÉTHIQUE À LA

CRISE FINANCIÈRE

Hichem Hamza et Sana Guermazi-Bouassida

Direction et Gestion | « La Revue des Sciences de Gestion »

2012/3 n° 255-256 | pages 161 à 166


ISSN 1160-7742
ISBN 9782916490342
Article disponible en ligne à l'adresse :
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https://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion-2012-3-page-161.htm
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La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion n° 255-256 – Finance 161

Concepts et pratiques alternatives


Financement bancaire islamique :
une solution éthique à la crise financière
par Hichem Hamza et Sana Guermazi-Bouassida

L
a récurrence des crises bancaires et financières dont la plus
récente est celle des subprimes a révélé la complexité et la
vulnérabilité du système financier et bancaire conventionnel.
En effet, des défaillances ont été observées, liées en partie aux
problèmes éthiques et moraux ainsi qu’au système de finance-
ment des agents économiques. Basé sur une certaine opacité
au niveau de l’information, le système conventionnel encourage
l’endettement à travers le système de crédit et la titrisation. Dans
ce système, la maximisation du profit à travers les opérations à
effet de levier, la vente à découvert et la spéculation ont conduit
à une détérioration éthique de l’activité financière et bancaire.
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Des pratiques inappropriées et contraires à l’éthique comme
l’avidité, la cupidité, la corruption et l’asymétrie de l’information
ont caractérisé le comportement des institutions financières et
des intervenants sur le marché. Ces derniers ont augmenté leurs
opérations spéculatives contre les opérations d’investissement
Hichem HAMZA réel dans les sociétés.
Maître Assistant Dans cet environnement de turbulences financières, la finance
islamique réalise des avancées et intéresse de plus en plus la
Ecole Supérieure de Commerce de Tunis, communauté internationale en raison de sa dimension éthico-
Université de la Manouba, religieuse et de son ancrage à l’économie réelle. La crise financière
Tunisie des subprimes n’a pas freiné le développement des banques
islamiques qui réalisent aujourd’hui une percée continentale
remarquable. Ces banques proposent des produits répondant à
l’éthique islamique et encouragent l’investissement productif et le
partage du risque. Les banques islamiques ont la responsabilité
d’assurer la conformité de leurs produits, instruments, opérations
et style de management avec les règles de la loi islamique, la
Charia. Tout est fait ainsi afin d’assurer leur crédibilité et leur
différenciation par rapport aux banques conventionnelles. La
mission de contrôle de la conformité est assurée par un comité
de contrôle et de supervision appelé comité de Charia.
L’alternative islamique en matière de financement bancaire met
l’accent sur deux éléments essentiels. D’abord, l’importance
Sana GUERMAZI-BOUASSIDA du côté éthique et religieux pour la banque islamique à travers
Maître Assistante, le respect des principes de la Charia. Ces derniers s’opposent
Ecole Supérieure de Commerce de Tunis, à certaines pratiques comme l’utilisation des taux d’intérêt, la
Université de la Manouba, spéculation, la cession de dettes, le manque de transparence et
Tunisie le comportement opportuniste des dirigeants. Ensuite, l’impor-
tance de la solidité financière par le choix d’un partage équitable

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Concepts et pratiques alternatives

des risques entre la banque islamique et ses partenaires dans de la gestion d’actifs. En effet, avec ces taux d’intérêt offerts, les
le financement des opérations d’investissement. institutions financières et les gestionnaires de fonds ne peuvent
L’objectif de cet article est d’expliquer les dérives et les défail- pas offrir des contrats à long terme garantissant des rendements
lances d’origine éthique observées à la suite de la récente crise nominaux relativement élevés. Ils sont alors obligés de prendre
financière et de comprendre l’engouement spectaculaire envers plus de risques pour pouvoir honorer leurs engagements en
la finance islamique à travers ses points forts qui émanent de termes de rentabilité élevée.
la Charia. Ceci nous amène à poser certaines interrogations : Le métier de banquier et le rôle d’intermédiation financière ont
quel est l’apport éthique des principes de la finance islamique été fortement critiqués et très controversés avec les pratiques
et comment l’intégration de ces principes aurait-elle pu éviter de ces agents économiques. Le secteur bancaire peut donc être
les crises bancaires et financières ? Comment se manifeste assimilé à une entreprise où nous essayons de vendre davantage
l’application du principe de partage des pertes et des profits en de produits, qui ne sont pas toujours sains, et de maximiser les
matière de financement bancaire islamique ? profits et la rentabilité des capitaux propres. Toutes ces raisons
Ce développement s’articule de la manière suivante : dans un poussent les banques à prendre plus de risques et à investir
premier temps, nous présenterons les origines d’ordre éthique dans des produits plus hasardeux. Les institutions financières
de la crise financière actuelle. Les défaillances et distorsions ont justement cherché à maximiser les rendements des fonds,
observées au niveau du marché des capitaux révèlent un manque en usant de l’effet de levier dans le but ultime de satisfaire les
de discipline, un manque de transparence et d’éthique dans le actionnaires, sans prêter attention aux effets déstabilisateurs
rôle de l’intermédiation financière, ainsi qu’un problème d’asy- du système financier.
métrie de l’information. La deuxième section introduira l’éthique Du point de vue du fonctionnement du système financier, l’opacité
islamique en finance en expliquant les principes fondamentaux de et l’abondance des produits financiers ont été particulièrement
la Charia et leur contribution à la résolution de la crise financière compliqués même si le système semblait assez simple. En effet,
et bancaire. Une troisième section sera consacrée à l’importance le transfert de risque, via les techniques de titrisation des prêts
du principe de partage des profits et des pertes comme point consentis par les institutions financières, a contribué à compli-
fort du financement bancaire islamique où il peut constituer une quer le fonctionnement du marché. L’échec du système financier
alternative à l’utilisation de l’endettement avec taux d’intérêt. est également dû à l’immensité et à l’envergure de l’innovation
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financière ainsi qu’à l’enchevêtrement des opérations financières
(spéculation, produits dérivés, assurances, titrisation…). Ainsi, si
1. Défaillances éthiques du système l’une des composantes du système échoue ou fait défaut, tout
financier le système s’effondre.
L’asymétrie de l’information et le manque de transparence,
La crise financière actuelle a été d’une telle sévérité qu’elle a représentent des points fortement critiquables sur lesquels le
affecté aussi bien les économies émergentes que les économies système a également dérapé. En effet, les déposants avaient une
développées et ceci de manière différente et selon des degrés confiance aveugle dans un système apparemment « stable » et
variables. La crise est apparue à la suite d’un ensemble de avaient également confiance dans les dirigeants et les donneurs
phénomènes et d’une accumulation de dérapages déstabilisant le d’ordre qui le géraient. Seulement, ces déposants ne bénéficiaient
système financier. Les causes et les défaillances qui ont conduit pas d’une image claire sur l’utilisation de leurs dépôts. Selon M.U.
à la crise financière mondiale sont différentes et elles se trouvent Chapra (2008), cette asymétrie de l’information et ce manque
profondément liées au manque d’éthique et à l’absence de règles de transparence trouvent leur origine dans la rémunération via le
de bonne conduite. Effectivement, les causes les plus critiquables taux d’intérêt que percevaient ces déposants. Donc, ils apportent
à l’apparition de la crise sont les dérives qui ont émané des leurs fonds en contrepartie d’un taux d’intérêt sans se soucier
intermédiaires financiers et des différents acteurs du marché où de leur utilisation ultime. La confiance dans les dirigeants des
l’on a privilégié l’accumulation des gains et l’enrichissement des institutions financières est injustifiée d’autant plus que ces mêmes
actionnaires et des dirigeants aux dépens d’un bien-être global dirigeants et gestionnaires de fonds agissaient pour s’enrichir
et d’une stabilité au sein du système de financement. rapidement et percevaient des rémunérations excessives. Le
Le manque de discipline du marché a été considéré comme système de rémunération était basé sur le principe où les pertes
l’une des causes principales de la crise. En effet, la discipline sont endossées par les créanciers ou par les pouvoirs publics.
instaurée sur le marché a conduit à plusieurs abus et à de Ce système a ainsi encouragé les dirigeants à privilégier les
nombreux dérapages. Le surendettement et les prêts accordés produits financiers de court terme avec des rendements élevés
par les banques ont provoqué un enthousiasme particulier pour aux dépens des produits de long terme.
l’excès, d’autant plus que les taux d’intérêt appliqués étaient Un autre facteur observé, qui dénote le manque d’éthique, est
particulièrement faibles. Tout cela a incité les ménages à un l’échec du rôle des agences de notation ; leur rôle étant de noter et
endettement excessif d’où une situation de « blocage » face à d’évaluer les institutions financières afin de déterminer leur stabilité
des dettes impossibles à rembourser. Les taux d’intérêt bas ont financière et de signaler les abus et les dérapages. Seulement, ces
également encouragé des pratiques douteuses dans le domaine agences onéreusement rémunérées par les institutions financières

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Concepts et pratiques alternatives


n’ont pas honoré leurs engagements et ont été défaillantes, ce d’offrir un modèle à la fois éthique et rentable. Le but de l’activité
qui a induit en erreur les agents économiques sur la qualité et la financière islamique est d’établir un équilibre éthique, social et
clarté de l’information concernant les différents intervenants sur moral au niveau des relations financières. Les banques islamiques
le marché. Cette défaillance de la part des agences de notation constituent la pierre angulaire du système financier islamique.
ajoute un biais supplémentaire à la nature de l’information en Elles cherchent à répondre aux attentes populaires et à réaliser
circulation et renforce par conséquent, l’aléa moral. un profit légitime, tout en véhiculant une approche religieuse qui
La stabilité et l’efficience du système financier est une condition inscrit l’activité bancaire dans la sphère de l’économie réelle.
préalable pour rétablir l’ordre et la confiance des agents écono- La banque islamique cherche à offrir aux sociétés musulmanes
miques. D’ailleurs aujourd’hui, si nous essayons de repenser une des modes alternatifs de financement et d’investissement, en
nouvelle architecture financière où le système financier serait plus conformité avec la Charia. La relation entre la banque islamique
solide et plus efficace, nous devons inévitablement sortir de la et ses clients est alors basée sur la confiance mutuelle, renforcée
vision de court terme empruntée par les dirigeants et les gestion- par des convictions religieuses communes.
naires de fonds. Le système financier doit assurer une allocation Les principes et les règles de la Charia appliqués par les banques
optimale des ressources tout en veillant à assurer une rentabilité islamiques mettent l’accent sur l’interdiction des facteurs majeurs
élevée. Ce système doit se caractériser aussi par la transparence liés à la crise financière mondiale actuelle, comme les taux
tout en limitant l’aléa moral. Comme cela a été souligné dans d’intérêt, la spéculation, la titrisation, le manque de transparence
le rapport de la Banque des Règlements Internationaux sur la et la prise de risques excessive dans les opérations financières. En
crise financière actuelle, l’efficacité du système financier ne se effet, d’après I. Shayrah (2008) ; A.  Tayyebi (2009) ; A. Mirakhor et
réfère pas nécessairement à davantage de réglementation ou N. Krichene (2010), les banques islamiques ont été plus résistantes
plus de centralisation, mais elle est tributaire d’une meilleure à la crise financière récente que les banques conventionnelles.
réglementation associée à une meilleure surveillance. Cela Selon l’OCDE (2009) « Les banques islamiques sont considérées
dénote l’idée que tous les moyens et instruments nécessaires comme un refuge relativement sûr contre les turbulences des
à la réglementation et à la surveillance étaient disponibles, mais marchés financiers mondiaux, et elles incarnent un certain esprit
« mal » exploités ou plus exactement détournés pour échapper à d’équité et de justice par rapport à l’univers souvent impitoyable
leurs objectifs initiaux (A. Mirakhor, N. Krichene, 2009). de la finance occidentale ». Pendant la crise, la performance
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L’apparition de cette crise, avec les différentes causes préalable- de certaines banques islamiques était extrêmement positive.
ment citées, souligne la présence d’un problème d’ordre éthique au Aujourd’hui, Al Rajhi Bank (Arabie Saoudite), Kuwait Finance
niveau des pratiques bancaires et de la transparence sur le marché. House (Kowaït) ou encore Maybank Islamic Berhad (Malaisie)
La crise financière actuelle a fait rejaillir certaines pratiques qui concurrencent des établissements occidentaux comme Barclays,
ne sont pas conformes à la déontologie professionnelle à savoir HSBC et Deutsche Bank. (OCDE, 2009).
la spéculation, la titrisation de crédits non performants, l’effet À la différence de la banque conventionnelle, la banque islamique
de levier excessif, les scandales et les fraudes financières. Pour interagit avec deux types d’environnement : un environnement
surmonter et remédier à une crise de confiance sans précédent structurel, celui du système financier conventionnel, et un environ-
sur les marchés de capitaux, il est important de se baser sur des nement religieux régissant les transactions commerciales et
règles de bonne conduite afin de consolider le capital confiance. Il financières (Mouamalat). En effet, la Charia impose aux activités
est également important d’ancrer les principes d’une concurrence financières et bancaires des orientations précises et des limites
loyale sur le marché et d’établir un couple rendement-éthique claires, établies à partir du Coran (livre saint), de la Sunna
dans le but d’assurer la pérennité des institutions financières. (pratiques du prophète Mohamed), de l’Ijma (consensus), du Qiyas
Il semble nécessaire aussi de recourir à une nouvelle intermé- (raisonnement par analogie) et d’Ijtihad (effort de raisonnement
diation bancaire fortement ancrée à l’économie réelle et basée personnel). Dans ce cadre, la banque islamique est une banque
sur des contrats de partage des profits et des pertes plutôt que à référent religieux, participative et solidaire. D’abord religieuse,
des contrats de dettes. Toutes ces solutions semblent être les puisque les règles de fonctionnement sont basées sur la Charia
fondements du financement bancaire islamique. qui fournit les principes sous-jacents à la pratique de la finance
islamique ; c’est ensuite une banque participative, à travers les
instruments d’investissement qu’elle offre à ses clients sous forme
2. Cadre éthico-religieux du de partenariat réel ; et enfin une banque solidaire, où certaines
financement bancaire islamique opérations comme le prêt avec zéro intérêt (Khardh Hassan) sont
proposées aux personnes en difficulté.
L’Islam s’appuie sur des facteurs éthiques, moraux, sociaux Le cœur du système bancaire islamique se base sur l’interdiction
et religieux pour défendre l’égalité, l’équité et le bien-être de de l’intérêt et de l’usure appelés Riba où aucune transaction
toute la société. Dans les relations économiques, l’Islam incite financière n’autorise le paiement ou la réception d’intérêts. Selon
à l’honnêteté, à la confiance, au respect d’autrui et à la justice le secrétariat général de l’O.C.I1., le statut, les règles et les procé-
sociale. La finance islamique respecte les règles économiques
et sociales conformes à la loi islamique, ou Charia, permettant 1. Organisation de la Conférence Islamique.

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dures de fonctionnement d’une institution financière islamique finance islamique à l’économie réelle et limitent la possibilité
stipulent clairement son attachement à la loi islamique et plus d’une spéculation excessive. On cite essentiellement l’interdic-
spécialement son engagement à ne jamais payer ou recevoir des tion de vendre des droits et des biens ou des actifs qu’on ne
intérêts au titre de n’importe quelle opération effectuée. possède pas, via des produits dérivés principalement, de toutes
Selon la loi islamique, le préjudice de l’endettement et ses intérêts les formes de vente de dette contre dette comme la titrisation,
est multiple. D’abord, le débiteur se trouve souvent surchargé ainsi que le système de rééchelonnement de la dette avec
par l’endettement, ce qui le met dans l’incapacité de rembourser augmentation des taux d’intérêt. L’interdiction de la spéculation,
ses dettes. Ensuite, la dette et ses intérêts augmentent les des produits dérivés et de certaines ventes explique en partie
charges financières de l’entreprise et par conséquent, les prix à pourquoi les banques islamiques ont été épargnées par la crise
la consommation s’accroissent. En outre, les intérêts diminuent des subprimes. En effet, la valeur des instruments dérivés qui
les bénéfices et l’autofinancement, autrement dit, la richesse et ont amplifié la crise des subprimes aux États-Unis est d’environ
la capacité d’investir. Le débiteur ou l’emprunteur assume une 600 milliards de dollars tandis que la production mondiale est
part majoritaire du risque dû au fait que la rémunération qu’il de 20 milliards de dollars.
devra céder au prêteur n’est pas fonction du résultat de l’actif La finance islamique apparaît aussi comme une forme d’investisse-
financé. Le prêteur est donc assuré d’un gain sur le prêt, il reçoit ment socialement responsable qui permet d’investir dans tous les
une rémunération fixe et indépendante du succès ou de l’échec secteurs d’activité à condition qu’ils soient conformes avec la loi
de l’activité financée. Inversement, en cas de profits importants, islamique. Cela implique l’interdiction de transactions financières
le prêteur reçoit une part insignifiante des bénéfices alors que orientées vers des secteurs illicites comme l’armement, l’alcool,
l’emprunteur obtient une part importante. En d’autres termes, le le tabac, la pornographie et les jeux et qui portent préjudice à
profit attribué au capital est fixe alors que celui attribué au travail la nature et à l’environnement. L’objectif est de promouvoir le
est variable et entaché d’incertitude (Novethic, 2009). La justice bien-être des gens et des générations à venir, ce qui se réalise
sociale veut qu’emprunteurs et prêteurs partagent équitablement par la protection de leur foi, de leur vie, de leur intelligence, de
les bénéfices et les pertes, c’est-à-dire la mise en valeur du risque leur prospérité et de leur richesse. Dans ce sens, on peut dire
mutuel. Cette notion de mutualisation, ou de partage de risque, que la finance islamique est favorable au développement durable
constitue l’axe central du financement bancaire islamique. des économies.
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La finance islamique est fortement liée à l’économie réelle où Compte tenu de la contribution positive des principes de la
les transactions financières sont systématiquement liées à des finance islamique à renforcer la solidité bancaire et financière,
actifs réels. Afin de maintenir une relation étroite avec l’économie il est impératif que les produits, les opérations et les activités
réelle, la finance islamique exige que toutes les transactions soient en permanence en conformité avec la Charia. En effet,
financières et bancaires soient fondées sur des actifs tangibles les statuts des banques islamiques stipulent l’obligation de
et identifiables, ce qui limite intrinsèquement la capacité des respecter les règles de la loi islamique et l’existence d’un comité
banques islamiques à utiliser des titres de créance et freine de Charia pour protéger les intérêts des parties prenantes. Selon
l’endettement excessif avec effet de levier (A. Tayyebi, 2009). En les principes de l’Islamic Financial Services Board (IFSB, 2006),
effet, dans son activité de création de dette, la banque islamique dans une institution financière islamique un mécanisme approprié
fait l’acquisition du bien réel ; elle le garde en stock, le transfère doit être créé pour assurer la conformité à la loi islamique et qui
ensuite au client et assume une partie des risques juridiques, consiste à mettre en place un comité de Charia.
commerciaux et de marché liés à cet actif. Ces contrats de dettes Le comité de Charia est composé de membres à la fois compétents
ou de vente d’actifs réels et de location-vente, principalement en jurisprudences commerciales, financières et économiques
la Mourabaha, le Salam, l’Istisn’a et l’Ijara, sont basés sur le (Fiqh Al mouamalat), avec des connaissances suffisantes en
transfert de propriété où la rémunération de la banque est une matière de finance contemporaine. Ce comité certifie et contrôle la
partie fixe du prix de vente. Muhammed Umer Chapra (2008) conformité des produits et des opérations de la banque islamique
note que la création de la dette devrait se faire par la vente ou à la Charia. Tel que décrit par DeLorenzo Y.T. (2007), le comité de
la location de biens réels. Les actifs financiers augmentent donc Charia assiste à toutes les étapes du cycle de vie du produit ou
avec l’augmentation des actifs réels ce qui réduit l’écart entre la du service. Tout d’abord, il assiste à l’étape de précertification
sphère financière et la sphère réelle. durant laquelle le produit est en cours de développement et
La finance islamique interdit également l’incertitude, l’aléa de structuration. Ensuite, il émettra une fatwa2 pour certifier la
moral et la spéculation (Gharar, Maysir), ce qui exclut toutes les conformité du produit fini ou du service avant son introduction sur
opérations portant une part significative d’ambiguïté, d’incerti- le marché. Après cela, le comité suivra l’évolution des produits
tude et de hasard sur les caractéristiques des biens échangés par l’identification et l’élimination du risque de non conformité.
et toutes les formes de corruption dans l’activité financière. Le Dans ce sens, le comité doit travailler en étroite collaboration avec
respect de cette interdiction permet à la banque islamique de l’équipe dirigeante. L’objectif est de faire en sorte que tout ce qui
réduire le risque de marché sur ses actifs financiers et d’allouer
ses ressources financières vers des actifs réels de long terme.
2. Avis juridique donné par un spécialiste de la loi islamique sur une question
Dans la loi islamique, il existe des règles de vente qui relient la particulière.

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Concepts et pratiques alternatives


concerne le produit ou le service, principalement la transparence, peuvent être affectés par les déposants eux-mêmes aux projets
soit compris par les consommateurs et les investisseurs. Par désirés ou sont versés dans un fonds commun pour être utilisés
exemple, les membres du comité de Charia assurent qu’il existe au mieux par la banque, c’est-à-dire que le déposant autorise la
un partage des risques approprié dans une transaction, qu’il n’y banque à investir ses fonds dans un projet ou une opération de
a pas de rémunération fixe versée et que la transaction n’est pas financement qu’elle retient. Les déposants sont traités comme
de nature spéculative. des partenaires et à ce titre, le ratio de partage des profits ou
La présence d’un comité de Charia comme entité indépendante des pertes doit être convenu entre la banque et les déposants
dans l’organisation de la banque islamique, constitue, pour les avant que la transaction soit réalisée.
clients, une assurance de la compatibilité avec la Charia des Au niveau des emplois ou de l’actif bancaire, la banque islamique
produits et des pratiques des banques islamiques et renforce utilise les dépôts courants, les dépôts d’investissement et les
ainsi leur gouvernance, leur solidité et leur crédibilité auprès de fonds propres pour financer les opérations de vente et de location-
toutes les parties prenantes. vente. Ces contrats ne reposent pas sur le principe de partage de
profits et de pertes (actifs non-PLS) mais plutôt sur le transfert
de propriété d’un actif sous-jacent de la banque vers son client.
3. Le partage des risques dans le De même, les ressources bancaires permettent le financement
financement bancaire islamique de deux grands types de contrats d’investissement ou actifs
PLS à savoir, la Moucharaka et la Moudharaba. Pour ces actifs,
La notion de partage est un élément-clé dans la finance islamique et contrairement aux contrats de vente et de location-vente, la
car elle reflète les valeurs de l’Islam, à savoir la justice, l’égalité rémunération dépend du résultat du projet ou de l’opération
sociale et la fraternité. Selon les règles de la Charia, personne financée. Ces actifs constituent l’essence de la finance islamique
ne peut prétendre à aucune rémunération, sans partager les dans la mesure où ils favorisent le développement de partenariat
risques liés à l’investissement (Al-ghounm bi al-ghourm). C’est entre les banques et les entreprises, ce qui augmente l’investis-
conformément à cette règle qu’a été conçu le mécanisme de sement et la croissance économique.
partage des profits et des pertes (Profit and Loss Sharing, PLS) En effet, à travers la Moucharaka, il y a une association entre la
selon lequel les parties d’une transaction financière doivent banque islamique et un entrepreneur ou une société qui participent
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partager équitablement les rendements ex-post incertains et les conjointement au financement d’un projet ou d’une opération et
risques y afférents. assument mutuellement le risque en proportion de leur participa-
Le paradigme de partage des profits et des pertes est largement tion. Le financement par Moucharaka peut constituer une source
accepté dans la littérature juridique et économique islamique de revenus réguliers pour la banque islamique, susceptible de
comme la pierre angulaire de la finance islamique (B.S. Chong permettre d’assurer à ses déposants et à ses actionnaires un taux
et M.-H. Liu, 2009). Ce système est défini par R.S. Khan (1984) de rémunération assez intéressant. La Moucharaka se présente
comme étant un mécanisme financier qui lie le capital financier ainsi comme un mode de financement adapté aux opérations de
à l’industrie et au commerce sans utiliser le taux d’intérêt. Selon création et de développement des entreprises.
l’observateur OCDE (2009) « La justice et l’équité sont peut-être Dans le cas de Moudharaba, il existe un partenariat entre la banque
les principes les plus importants de la finance islamique. Les (Rab al Mal), qui fournit le capital et un entrepreneur (Moudharib),
bénéfices et les pertes doivent être partagés entre créancier et qui fournit l’expertise et le savoir-faire. La responsabilité de la
débiteur, au lieu d’être concentrés d’un seul côté, comme c’est gestion de l’activité repose entièrement sur l’entrepreneur. Les
souvent le cas avec les banques de la zone OCDE ». Le principe bénéfices du projet sont partagés entre les deux parties en
de partage des profits et des pertes constitue l’axe central de vertu d’un ratio préétabli. Dans le cas de perte, cette dernière
l’intermédiation bancaire islamique où il intervient au niveau des est supportée par la banque et l’entrepreneur ne perd que son
ressources et des emplois bancaires. travail. S’il y a eu négligence de gestion par l’entrepreneur, la
Au niveau des ressources ou du passif bancaire, le principe de perte est supportée par les deux parties. Dans ce type de contrat
partage des profits et des pertes a donné naissance aux dépôts financier, la rémunération de l’entrepreneur dépend directement
d’investissement appelés comptes de partage des profits et du rendement de son projet d’investissement, ce qui l’incite à
des pertes (Profit Sharing Investment Accounts, PSIA) et qui gérer au mieux les fonds qui lui sont confiés et à réduire la prise
constituent une importante ressource financière. La relation de risque excessive dans les choix d’investissement.
entre la banque islamique et les titulaires des PSIA est établie Au niveau de l’intermédiation bancaire islamique, l’actif et le passif
conformément au contrat de moudharaba. Selon ce contrat, sont intégrés dans le sens que les entrepreneurs partagent les
les titulaires des PSIA (Investisseurs ou Rab al mal) participent bénéfices et les pertes avec la banque islamique, qui à son tour
au financement de l’actif bancaire et partagent avec la banque partage les bénéfices et les pertes avec les déposants (B.S.
islamique (gestionnaire des fonds ou Moudharib) les revenus des Chong et M.-H. Liu, 2009). Dans cette structure, la banque joue
investissements. La banque, proposant des dépôts à des fins simultanément le rôle d’investisseur et d’entrepreneur. Du côté
d’investissement, ne donne aucune garantie quant à leur valeur du passif, en tant que Moudharib, elle gère des dépôts qui lui
nominale et ne verse aucun taux de rendement fixe. Les dépôts sont confiés par ses clients. Du côté de l’actif, en tant que Rab

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166 La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion n° 255-256 – Finance
Concepts et pratiques alternatives

al Mal, elle met les fonds ainsi collectés à la disposition d’autres en termes d’éthique et de partage des risques, les institutions
investisseurs (E. Jouini, 2008). Les banques islamiques sont donc financières conventionnelles devraient intégrer certains principes
structurées autour du principe de partage des risques, cela vaut directeurs de la finance islamique, non seulement pour leur
pour les sources de financement, principalement les dépôts, et propre bénéfice mais aussi pour l’ensemble de leurs partenaires.
s’applique aussi pour l’allocation des fonds (N.M. Ariffin, S. Archer Au niveau du financement, l’alternative islamique insiste sur la
et Karim R.A. Abdel, 2008). nécessité de résoudre les véritables causes de la crise bancaire
À travers leurs opérations de financement des investissements, et de remplacer progressivement le système d’endettement avec
les banques islamiques sont mieux positionnées pour absorber intérêts par le système de partage des pertes et des profits. Ce
les chocs externes car les pertes liées au financement bancaire système représente le noyau dur de la finance islamique, dans
sont partiellement absorbées par les déposants (M.S. Khan et la mesure où il permet d’impliquer l’ensemble des partenaires
A. Mirakhor, 1989, Z. Iqbal, 1997). De même, le principe de PLS de la banque islamique dans un schéma de partage équitable
permet aux banques islamiques de financer à long terme des des risques et de gouvernance partenariale.
projets avec des profils risque-rendement plus élevés et donc de
promouvoir la croissance économique (M.U. Chapra, 1992, P.S.
Mills et J.R. Presley, 1999). L’implication directe des banques Bibliographie
islamiques dans l’économie à travers des investissements réels d’Andria Aude, « Existe-t-il des alternatives aux banques capitalistes ? » Un éclairage
a pour but de réduire substantiellement le volume d’endettement sur d’autres pratiques financières (re)créant du lien social », La Revue des Sciences de
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at the forum on the global financial crisis held at the Islamic Development Bank, Jeddah,
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et l’entrepreneur, devrait permettre une plus grande discipline de Chapra Muhammed Umer. “Towards a Just Monetary System” The Islamic Foundation,
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mai-août 2012
Dossier III