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12 Accueil > Cours de droit pénal La définition de la complicité et

sa répression en droit pénal Par coursdedroit le 26 Janvier 2017 à


03:07
La responsabilité pénales du complice
La complicité est la participation coupable accessoire à un crime ou un délit
punissable, antérieure ou concomitante à l'infraction principale et réalisée par des
faits strictement déterminées par la loi , à savoir: la provocation à commettre
l'infraction par dons, promesses, menace, abus d'autorité ou de pouvoir,
machination ou artifice coupable; les instructions données, la fourniture de
moyens, et enfin l'aide et l’assistance dans la réalisation du délit.
Plusieurs façons pour une personne de participer à une infraction et donc
plusieurs manières de voir sa responsabilité pénale engagée. Auteur, co-auteur
ou complice.

1: Distinction avec l'auteur de l'infraction


Auteur qui participe par voie d’action. L’auteur présente 2 caractéristiques
principales: celui qui commet personnellement l’acte interdit par la loi. Article
121-1 « nul n’est responsable de son propre fait »: on ne peut pas être
responsable des actes d’autrui en matière pénale. L’auteur est celui qui a
matériellement commis l’infraction: 121-4. Ou celui qui commet un
commencement d’exécution (tentative).
En droit français, l’auteur est un auteur matériel: conséquence importante
concerne l’auteur moral ou intellectuel de l’infraction. Moral= conçoit l’infraction
mais cette personne la fait matériellement exécuté par une autre personne. A
partir de là, elle ne peut pas être qualifiée d’auteur matériel: ne pourra pas être
sanctionné comme auteur de l’infraction°. Sera sanctionné sur terrain complicité.
Dans certains cas, l’auteur moral pourra être sanctionné comme auteur de
l’infraction mais pas comme en tant que complice: dans les cas où la loi le permet.
2 hypothèses: loi sanctionne en tant qu’auteur, l’auteur matériel et auteur moral de
l’infraction: ex: 211-1 en matière de génocide: vise celui qui commet le génocide:
auteur matériel, mais aussi celui qui fait commettre le génocide: auteur
moral=auteur lui aussi. Article 432-4 vise abus d’autorité ordonné ou accompli par
un fonctionnaire.
Parfois l’infraction ne vise que l’auteur moral de l’infraction: c’est lorsque la loi vise
une personne qui a provoqué une autre à commettre une infraction ou acte
dangereux. Ex: provocation à la trahison et à l’espionnage, provocation au suicide
d’une personne, art 227-18: provoque un mineur à commettre une infraction.

2: Distinction avec le co-auteur de l'infraction: co-


action
Co-action n’est pas un mode particulier de participation à une infraction, c’est une
variante de l’action car on parle de co-auteur, quand il y a une infraction
commise avec plusieurs auteurs mais dont chacun d’entre eux répond à la
définition de l’auteur (auteur matériel et personnel). La co-action ne pose pas
de problème particulier car chacun des co-auteurs encoure à lui seul les peines
prévues par l’infraction commise. La pluralité des infractions pour certaines
infraction constituent une circonstance aggravante. Ex: vol (article 311-4). Chacun
des co-auteurs continuent à être traiter de manière personnelle et particulière: seul
celui en état de récidive par ex encoure les peines aggravés…

3: la complicité
Situation particulière. Met en scène plusieurs participants qui interviennent à des
titres différents dans la réalisation de l’infraction. 2 catégories:
- Un auteur principal: l’auteur personnelle et matérielle. Celui qui consomme
matériellement l’infraction et peut être celui qui a commis un commencement
d’exécution.
- Un complice: n’a pas matériellement consommée l’infraction: mais a contribuer à
la réalisation de cette infraction.
Ces relations entre les 2 individus reposent sur un principe essentiel en matière de
complicité. Le principe de l’emprunt de criminalité. = acte du complice si on
les prend de manière isolée, on se rend compte que ces actes ne constituent
pas une infraction pénale. Ce complice sera punissable au titre de la complicité.
Il est puni car ses actes deviennent punissables car se rapportent à un fait
principal, qui lui est punissable, ce fait principal étant l’infraction consommée ou
tentée réalisé par l’auteur principal. Ainsi, l’acte du complice emprunte au fait
principal son caractère criminel et punissable.
I. Les conditions de la complicité
2 conditions sont retenues pour que la complicité soit retenue:
1) L'existence d'un fait principal punissable. Peu importe que l'infraction commise
soit un crime, un délit ou une contravention selon les article 121-6 et 121-7 du
Code pénal. Toutefois, selon les infractions la complicité est punissable
différemment. la complicité en matière de contravention n’est retenue que de
manière restrictive en application de l’article R. 610-2 du Code pénal..
2) Il faut prouver que le complice a bien participé à la commission du fait principal
punissable.
La complicité est prévue à l’article 121-7 du CP. La complicité de crime ou de délit est
toujours punissable mais pour les contraventions, seules certaines complicités sont
punissables (complicité par instigation). Ce dernier envisage deux formes distinctes de
complicité: la complicité par instigation et la complicité par aide ou assistance d’autre
part.
Quelque soit la complicité, on retrouve toujours trois éléments nécessaires pour que le
complice soit punissable:
- L’infraction principale est punissable: l’acte commis par l’auteur de l’infraction doit avoir
abouti jusqu’à son terme. Peu importe que l’auteur principal ait été ou non condamné;
- Le complice n’a pas commis lui-même l’infraction principale mais y a participer (élément
matériel);
- Le complice a eu l’intention de participer à l’infraction principale (élément intentionnel):
il doit connaitre le caractère pénalement répréhensible du fait principal.
 La complicité par instigation (article 121-7 alinéa 2 CP)
Elle peut avoir deux formes:
- la provocation circonstanciée (accompagnée de circonstances qui la renforcent et lui
donnent plus de poids: dons, menaces, abus d’autorité ou de pouvoirs), directe (sur l’auteur
principal de l’infraction) et individuelle. Elle doit être suivie des faits. (du coté de la
contrainte exercée par le complice sur l’auteur de l’infraction);
- la fourniture d’instructions précises et exploitables (le complice s’adresse à l’intelligence
de l’auteur et va faciliter la commission de l’infraction).
 La complicité par aide ou assistance (article 121-7 alinéa 1 CP)
aide = fourniture de moyens / assistance = présence du complice sur le lieu de commission
de l’infraction
La jurisprudence a décidé qu’il n’y avait pas de complicité postérieure à l’infraction
sauf si l’acte de complicité résulte d’un accord antérieur parce qu’alors c’est un
encouragement à la commission de l’infraction.
La jurisprudence exige un acte positif d’aide ou d’assistance à l’infraction et donc, en
principe, une simple assistance morale ne suffit pas. La personne doit avoir sciemment
facilité la préparation pour la consommation de l’infraction.
La peine encourue est la même que celle encourue par l’auteur principal. Article 121-
6 CP: « Le complice est puni comme auteur, il encoure la même peine que s’il avait
été auteur principal ».
1) Le fait principal punissable.
Chambre criminelle, 25 octobre 1962, Lacour: le docteur Lacour paie un tueur à gage pour
qu’il aille tuer son beau fils. Le tueur à gage n’y va pas, encaisse l’argent et va dénoncer le
docteur à la police.
On ne peut pas poursuivre le docteur comme l’auteur principal d’un assassinat:
- il n’a pas lui-même commis les actes d’assassinat. Donner de l’argent au tueur à gage est
un acte préparatoire. Le docteur participe au meurtre par provocation (il a payé le tueur à
gage).
Il a été relaxé car il n’était complice de rien: il a été relaxé faute d’acte principal
punissable. L’acte principal peut prendre la forme d’une tentative puisqu’il faut et il suffit
que l’acte principal soit punissable. La complicité d’une tentative est punissable. En
revanche, la tentative de complicité n’est pas punissable.
Article 121-5-1 CP issu de la loi du 9 mars 2004: « Le fait de faire à une personne des
offres ou des promesses pour lui proposer des dons, afin qu’elle commette un assassinat
ou un empoisonnement, est puni lorsque ce crime n’a été ni commis, ni tenté, de 10 ans
d’emprisonnement et de 150 000€ d’amende. » > comble les lacunes de la complicité. Le
fait de recruter un tueur à gage fait encourir la réclusion criminelle à perpétuité. Si le tueur
à gage ne commet pas le crime, ce n’est pas de la complicité, c’est l’infraction de l’article
121-5-1 CP.
Chambre criminelle, 18 juin 2003: des médecins ont prescrit des substances mortifères
sans le savoir à leurs patients. Le crime d’empoisonnement ne peut être caractérisé que si
l’auteur a eu l’intention de donner la mort en prescrivant les substances mortifères.
Chambre criminelle, 8 janvier 2003: un individu est arrêté au volant d’une voiture dans les
pneus de laquelle sont mis des stupéfiants. Il est poursuivi comme auteur principal d’un
trafic de stupéfiants. Mais il a plaidé qu’il ne savait pas qu’il y avait ces stupéfiants dans sa
voiture, il a dit qu’on lui avait prêté la voiture. La preuve incombe à l’accusation et on n’a
jamais réussi à prouver qu’on lui avait prêté la voiture. Il a été facile de démontrer que
c’était un de ses amis qui avait mis les stupéfiants dans la voiture. L’auteur principal n’a
pas pu être condamné pour transport de stupéfiants faute de preuve de son intention
coupable. Le parquet poursuit celui qui a placé les stupéfiants dans les pneus. Or celui-ci
ne conduisait pas la voiture donc il ne peut pas être accusé de transport de stupéfiants. Il est
alors poursuivi pour complicité de transport de stupéfiants. L’acte matériel de complicité:
incontestablement il y a aide au transport. L’intention de participer à l’infraction résulte de
l’acte matériel lui-même. Personne n’est coupable de ce transport de stupéfiant, il n’y a
pas de transport involontaire de stupéfiant dans la loi. Le fait principal n’est pas
punissable, donc le complice aurait du être relaxé. Le fait principal punissable ne
suffisait pas que l’intention coupable soit prouvée. La CC° se contente matériellement
d’un fait objectif. Elle admet la sanction du complice même en cas de relaxe de l’auteur
principal faute d’intention en sa personne.
Cet arrêt est critiquable car il n’y a pas de condamnation d’un fait principal qui est l’une
des conditions de la sanction de la complicité.
2) Les actes matériels punissables.
L’acte matériel punissable est constitué:
- un acte matériel positif (pas de complicité par abstention);
- un acte antérieur au fait principal punissable. Exception: existence d’un accord préalable
entre les différents protagonistes des faits en cause.
Chambre criminelle, 21 septembre 1994: un passager avait incité le conducteur à ne pas
s’arrêter à la demande des policiers (= ne pas obtempérer). On n’a pas prouvé qu’il lui
avait donné l’ordre de ne pas s’arrêter. Il n’y a pas d’acte de provocation à invoquer. La
chambre criminelle a dit qu’il n’y avait pas de fourniture d’instructions car il n’y a pas
d’instruction précise.
Chambre criminelle, 18 mars 2003: un conducteur qui, alors qu’un gendarme voulait
l’arrêter, a foncé sur le gendarme avec sa voiture. Le passager lui a dit: « Fonce, fonce ! Ne
t’arrête pas ! ». Il a été considéré comme complice des violences.
II. Répression de la complicité
A. La sanction de la complicité sur le terrain de l’article 121-6
Dans l’ancien code pénal: les complices d’un crime ou d’un délit seront punis de la
même peine que l’auteur principal. La peine du complice était fixé par référence
à celle de l’auteur principal: application de l’emprunt de pénalité. Même peine: ne
visait pas les peines prononcées, peines prononcées contre les complices ne
devaient pas être forcément celle prononcé contre auteur principal. Le complice
encourait la même que l’auteur principal donc les peines prévues par la loi.
Complice d’un vol encoure même peine que l’auteur. La formule de 59 peuvent
posé problème quand l’auteur principal avait commis une infraction avec une
circonstance aggravante qui lui était propre. Du fait de cet circonstances
aggravantes l’auteur encourait une peine plus lourde. Complice allait encourir
cette peine aggravée.
Parricide: infraction autonome dans l’ancien code pénal: était punis jusqu’à la
peine de mort, alors que meurtre simple: perpétuité. Fils était complice du meurtre
de son père: complice encoure même peines que l’auteur principal: fils encourait
perpétuité pour meurtre. Inversement, un individu est complice d’un fils qui tue son
père: encoure même peine que infraction principale: la peine de mort car parricide.
La jurisprudence essayait de trouver des solutions pour contourner ces solutions.
Si on avait un fils complice du meurtre de son père: fils devenait co-auteur de
l’infraction pour éviter le parricide.
Article 121-6: « sera punis comme auteur le complice de l’infraction »: c’est à dire
le complice sera comme s’il était lui-même l’auteur de l’infraction. Il y a abandon
du principe de l’emprunt de criminalité car répression du complice ne se fait plus
par référence à la répression de l’auteur principal.
B. Les autres moyens pour sanctionner la complicité
Abandon du principe de la criminalité. Lorsque l’infraction a été commise avec des
circonstances aggravantes fait encourir des peines plus lourdes pour l’auteur.
Deux catégories de circonstances aggravantes.
Le cas des circonstances aggravantes personnelles: tient à la situation
personnelle de l’auteur de l’infraction (la récidive). Ou la qualité familiale de
l’auteur de l’infraction (ex: la qualité de fils dans le meurtre de s. S’il a un complice
qui n’est pas fils. Le complice encourt seulement 30 ans de réclusion criminelle.
Meurtre simple. La qualité personnelle du fils ne s’étend pas au fils. Différent de la
solution de l’ancien code. Si le fils est complice du meurtre de son père, l’auteur
du meurtre encourt 30 ans de réclusion. Le fils complice encourt la perpétuité. Il
est considéré comme auteur du meurtre aggravé de son père.
- La circonstance aggravante réelle: concernent les conditions de l’infraction (ex:
infraction commise avec effraction. Solution d’avant le code pénal et après l’entrée
du Code Pénal. Ces circonstances la Se communique au complice.
- Cette distinction entre les 2 catégories ont été remise en cause dans un arrêt. En
l’espèce, il s’agissait d’une circonstance aggravante de la qualité professionnelle
de l’auteur de l’infraction. Infraction était un faux en écriture publique, en principe
est punis de 10ans d’emprisonnement. Mais la loi prévoit que quand cela est
commis par certaines pers et notamment par le notaire, la peine est de 15ans de
réclusion criminelle. Un notaire avait commis un faux, donc encourait 15ans et
avait un complice qui n’avait pas de qualité professionnelle entrainant une
aggravation de la peine. La question: ce complice encoure 10ans, ou 15ans peine
aggravé ? la ch. Criminelle a dit que ce complice encourait une peine aggravée de
15ans comme l’auteur. La Chambre Criminelle a dit que « sont applicables au
complice les circonstances aggravantes liée à la qualité de l’auteur principal ».
Donc sa solution ne la limite pas à la qualité professionnelle. Donc ce principe va-
t-il pour toutes les qualités ? ou seulement professionnelle ? (7 sept 2005).
B/ les autres moyens pour sanctionner la complicité
Les règles relatives à la complicité font que dans certains cas, un acte de
complicité ne pourra pas être sanctionné sur le terrain de la complicité: des failles.
C’est pourquoi la jurisprudence et la loi ont tenté de combler cela. Jurisprudence
va jouer sur les qualités de co-auteur et de complice. Un complice traité comme
un co-auteur: co-auteur= quand il y a plusieurs auteurs matériels. Dans certains
cas, la jurisprudence va déformer la notion de co-auteur car elle va qualifier de co-
auteur, l’individu qui s’est montré solidaire de l’auteur de l’infraction même si celui-
ci n’a pas matériellement participé à l’infraction. Sous l’ancien code, le fils
complice du meurtre de son père n’encourait pas la peine de mort. La
jurisprudence traitait le fils complice comme co-auteur en disant qu’il était solidaire
du meurtre de son père. Ce qui transformait le fils en meurtre de son père donc
encourait la peine de mort.
- En matière de complicité par aide ou assistance d’une contravention: cette
complicité pour la contravention n’est pas punissable. Celui qui aide l’auteur d’une
contravention se montre solidaire de l’auteur de la contravention, donc entre dans
la définition du co-auteur, et s’il est co-auteur, il pourra alors être sanctionné
comme co-auteur.
- Un co-auteur traité comme un complice: complicité co-respective: va dire que
chacun des co-auteurs aident les auteurs à réaliser matériellement l’infraction. Il y
a aide et assistance, donc complice aussi. Ici le co-auteur sera traité comme un
complice. Cette hypothèse a un intérêt lorsqu’il y a des violences volontaires
commises par différentes personnes sur une même victime. Mais un coup entraine
la mort de la victime. Mais on ne sait pas qui a porté le coup. La chambre cri
13 Accueil > Cours de droit pénal Les conditions et éléments
constitutifs de la complicité Par coursdedroit le 26 Janvier 2017 à
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Les conditions et les éléments constitutifs de la
complicité
La complicité est prévue à l’article 121-7 du CP. La complicité de crime ou de délit
est toujours punissable mais pour les contraventions, seules certaines complicités
sont punissables (complicité par instigation). Ce dernier envisage deux formes
distinctes de complicité: la complicité par instigation et la complicité par aide
ou assistance d’autre part. Quelque soit la complicité, on retrouve toujours trois
éléments nécessaires pour que le complice soit punissable:
- L’infraction principale est punissable: l’acte commis par l’auteur de l’infraction doit
avoir abouti jusqu’à son terme. Peu importe que l’auteur principal ait été ou non
condamné;
- Le complice n’a pas commis lui-même l’infraction principale mais y a participer
(élément matériel);
- Le complice a eu l’intention de participer à l’infraction principale (élément
intentionnel): il doit connaitre le caractère pénalement répréhensible du fait
principal.

A. Conditions tenant au fait principal


Réalisées par l’auteur principal .
1. La nature du fait personnel
Le fait principal doit constituer une infraction , sinon il ne pourra pas avoir de
complicité punissable. Peut-il y avoir pour complicité de suicide ? suicide n’est pas
une infraction: donc complicité n’est en principe pas punissable. Auteurs ont écrit
« suicide, mode emploi »: peuvent-ils être poursuivis pour complicité de suicide ?
le problème, c’est que le suicide n’est pas une infraction donc pas possible. C’est
pourquoi le législateur a créé un nouveau délit 223-13 et 223-14: provocation au
suicide: personnes qui provoquent d’autres à se suicider pourront être sanctionné
pénalement mais comme auteur mais non complice: n’est retenu que s’il y a eu
suicide ou tentative de suicide suite à la provocation.
En matière de tentative: délit dont la tentative n’est pas punissable: donc complice
d’une tentative non punissable alors complices non punis.
- Au regard de la loi, la complicité peut jouer pour toutes les infractions.
- Mais parfois cas particulier: complicité d’une infraction d’habitude (implique
pour être consommé l’accomplissement de 2 actes distincts de même nature): or
le problème s’est posé de savoir si l’exigence de 2 actes jouent pour le complice:
doit-il avoir commis 2 actes de complicité ? ex: exercice illégale de banquier:
l’auteur principal: 2actes, donc infraction caractérisée, mais une autre personne
poursuivis pour complicité: n’est intervenue comme complice qu’à propos de l’un
de ces 2 actes: la chambre criminelle a considéré que cette personne peuvent être
condamné pour complicité de cette infraction d’habitude. Donc infraction
d’habitude n’exige pas que la personne de complice ait participé à au moins
2 actes = 19 mars 2008. Décision intéressante car conduit à relativiser le
principe de l’empreint de criminalité: car la complicité n’est punissable que
si elle se rattache à une infraction° mais les éléments constitutifs de cet
infraction° n’ont pas être caractérisée dans l’acte du complice.
- complicité de l’infraction° non-intentionnelle
Il faut raisonner en termes d’élément moral en tant que faute. Du point de vue de
l’élément moral ,la complicité est une infraction intentionnelle, donc pour élément
moral une faute intentionnelle. Cette faute intentionnelle consiste en la volonté du
complice de s’associer à l’infraction principale réalisé par l’auteur principal. Cela
correspondait à une volonté de s’associer au résultat délictueux qui est produit par
l’auteur principal. Le problème est que ‘l’infraction principale est non intentionnelle,
où l’auteur ne recherche pas le résultat délictueux, résultat dommage (pas
d’intention de nuire). Apparait alors une difficulté: on aurait une personne qui
voudrait un résultat délictueux, pas directement, alors que l’auteur même de
l’infraction ne recherche pas le résultat délictueux. Donc la complicité d’une
infraction non intentionnelle n’est pas punissable. Toutefois, quelque rare
décisions qui ont admis la complicité d’une infraction non intentionnelle. Ex:
accident de boxe heurté une victime qu’il a tué, le conducteur a été condamné
pour homicide involontaire, infraction non intentionnelle et ses 3 co-équipier ont
été condamné pour complicité: CA, de Chambéry mars 1956. Autre affaire:
Tribunal correctionnel de Dijon de 2003a condamné comme complice d’un
homicide involontaire le débitant de boissons qui avait continué à servir à boire de
l’alcool a un client qui était manifestement ivre, en sachant que ce client devait
reprendre la route. Cette automobiliste a provoqué un accident mortel. Débiteur de
boissons condamné comme complice d’homicide involontaire.
Ces décisions ne st pas satisfaisant: ex: lé débiteur de boissons: c’est une faute
non-intentionnelle: ce n’est pas prudent de servir la personne en sachant qu’elle
allait reprendre la route. Si on considère que c’est une faute non intentionnelle il
ne pt pas être condamné pour homicide involontaire.
Si on part du principe que c’est une faute non intentionnelle, on pt dire qu’il est
l’auteur d’une imprudence ayant contribué à la réalisation du dommage (accident
et victime tuée). C’est l’auteur d’une f. Non intentionnelle, il est alors l’auteur
indirect d’une infraction non intentionnelle: auteur et non complicité. On est en
présence d’une situation co-action c’est à dire avec 2 auteurs: l’auteur direct:
automobile ivre, et indirect: le débitant de boissons.
Le choix entre les 2 situations n’est pas anodin. Car si on fait du débitant de
boissons, un auteur indirect, on ne pourra engager sa responsabilité que pour
faute caractérisée.
Le domaine privilégié de la complicité est l’infraction intentionnelle. En outre il y a
une 3ème faute: non intentionnelle: mise en danger délibérée d’autrui (art 223-1):
risque de causé à autrui. La chambre criminelle a admis (en 2000) la complicité
pour ce risque causé à autrui. Un automobiliste a délibérément grillé un feu rouge,
il n’y avait pas d’accident, mais juges ont considéré qu’il avait exposé autrui à un
risque. Son passager qui lui avait ordonné de grillé le feu rouge a été condamné
comme complice du délit de mise en danger délibérée d’autrui.
Une évolution importante sur la notion d’infraction principale. Ce terme d’infraction
principale semble indiquer que l’acte réalisé par l’auteur principal doit être une
infraction pleinement constituée. C’est à dire une infraction, un acte avec un
élément matériel et élément moral. Or, des arrêts récents de la chambre criminelle
montrent que ce n’est pas le cas, et qu’il est suffisant au niveau du fait principal
qu’il y ait un acte objectivement punissable. C’est à dire que ce n’est pas
nécessaire que ce soit une infraction. Cela signifie que l’auteur principal a commis
un acte qui matériellement, est contraire à la loi, mais il ne l’a pas commis avec
l’élément moral requis. Est présent l’élément matériel de l’infraction, mais pas
l’élément moral (pas de dol général, pas d’intention de nuire). Donc le fait
principal ne constitue pas une infraction, faute d’élément moral, donc
l’auteur de ce fait principal sera relaxé, et pourtant dans ce cas de figure la
chambre criminelle a admis qu’une personne peut être déclarée complice de
ce fait. Cela renvoie à une personne qui est le complice, qui veut la réalisation
d’un résultat délictueux, et ce résultat va le faire matériellement réalisé par une
personne qui n’a pas conscience de commettre une infraction. L’auteur du fait
principal constitue un instrument dans les mains du complice.
Ex: l’empoisonnement: une personne qui produit un produit empoisonné à
une 2ème personne, pour que cette 2ème personne l’administre à la victime. La
1ère personne sait que le produit est empoisonné, mais la 2 ème ne sait pas.
Élément moral n’est pas présent pour la 2ème personne, donc ne sera pas
condamné pour empoisonnement. Mais pourra être condamné pour
complicité.
Autre affaire: personne poursuivie pour trafic de stupéfiant, retrouvé des
stupéfiants cachés dans sa voiture. Or elle ne savait qu’elle transportait pas des
stupéfiants donc elle est relaxée. Donc manqué l’élément moral donc relaxé. Mais
la personne qui à son insu avait placé la drogue dans véhicule, a été condamné
comme complice de trafics de stupéfiant: donc complicité alors qu’il n’y avait pas
d’infraction principale. La chambre criminelle a dit que l’existence d’un fait
punissable ayant été constaté, la relaxe de l’auteur n’exclue pas la culpabilité
d’un complice ( 8 janvier 2003, et 15 décembre 2004).
La jurisprudence ne consacre pas toujours cette solution. L’affaire de
l’empoisonnement peut faire penser à l’affaire du sang contaminé. Ce sont les
médecins qui avaient été poursuivis pour empoisonnement, comme auteur. Or la
chambre criminelle a refusé de les condamner comme auteur, car ne savait pas
que le sang était contaminé. Mais ceux qui fournissaient le sang savaient. Ils
auraient pu être condamné comme complice mais ne l’ont pas été.
Cette solution est justifiée par la dangerosité du complice, qui manipule l’auteur du
fait principal: argument de politique criminelle. Mais d’un pt de vue du droit pénal,
c’est très critiquable: atteinte au principe d’interprétation stricte de la loi pénale.
( les textes exigent toujours en matière de complicité une infraction pour le fait
principal).
Et d’autre part, solution remet en cause le principe de l’emprunt de criminalité
(principe en matière de complicité). Car on ne pt plus dire de l’acte du complice
qu’il emprunte son caractère punissable à l’infraction commise à l’auteur principal,
car n’a pas commis l’infraction. Donc principe de l’emprunt de criminalité ne
fonctionne plus. Conséquence: la responsabilité du complice prend une
certaine autonomie
2. Les caractères du fait principal
Complicité sera punissable si l’infraction punissable est punissable. Par contre peu
impose que l’auteur de l’infraction punissable soit punis.
a. Infraction principale doit être punissable, sinon l’acte de complicité ne le
sera pas. En cas de dépénalisation de l’infraction principale, amnistie réelle,
prescription de l’action publique de l’action principale, un fait justificatif. Dans ces
cas, la complicité ne sera pas punissable. Ces circonstances ont pour effet de
faire disparaitre l’infraction et donc, la condition tenant au fait principal disparait et
l’acte de complicité n’est pas punissable. L’auteur de l’infraction principale
b. L’auteur de l’infraction principale n’ a pas besoin d’être puni pour que le
complicité le soit
L’auteur de l’infraction principale n’a pas été identifiée, ou est en fuite, ou encore
lorsqu’il est décédé. Si le complice est arrêté, sera jugé et puni. Lorsque l’auteur
de l’infraction principale bénéficie d’une cause d’impunité qu’il lui est propre, et
bénéficie d’une cause non-imputabilité (état de démence). Ici on retrouve le
problème de l’analyse de l’imputabilité. On peut considérer que l’imputabilité
est une composante de l’élément moral, donc l’élément moral n’est pas constitué
(démence), donc pas d’infraction du fait principal. Donc pas de condamnation pour
la complicité.
2ème analyse: on peut considérer que l’imputabilité n’est pas une composante de
l’élément moral, mais empêche de retenir la culpabilité de l’agent. Il y a bien
élément moral, donc une infraction constituée, donc on peut retenir la complicité.
La différence n’est pas toujours aussi grande. Si on considère que l’imputabilité
relève de l’élément moral, on pourrait retrouver le cas où les juges retiennent la
complicité d’un acte qui est matériellement contraire à la loi, mais ne constitue
pas un élément moral: dans ce cas, juge pt retenir la complicité.

B. Les conditions tenant à l’acte de complicité


L’acte de complicité constitue une infraction à part entière, soumis aux mêmes
conditions. L’acte de complicité obéit au principe de légalité des délits et des
peines. L’acte de complicité donc serait punissable que dans les cas prévus par la
loi. On pt évoquer une évolution récente: pendant très longtemps il n’a existé
qu’un seul texte concernant la complicité. Toutes les poursuites se fondaient sur
ce texte. Or des lois récentes ont mis fin à cette situation. On crée de nouvelles
hypothèses de complicité, lorsqu’on sera dans ces hypothèses particulières, la
répression ne sera pas sur la base de l’article 121-7 mais sur les textes
particuliers.
- 1ère hypothèse particulière résulte du 7 mars 2007 a incriminé la pratique du
happy-slapping: le fait de filmer quelqu’un qui exerce des violences volontaire
sur une personne. Celui qui filme devient punissable. Législateur a incriminé cet
acte et en a fait un acte de complicité. Complicité se fondera sur l’art 222-33/3
du Code Pénal.
- Loi du 9 aout 2010: cause des règles particulières en matière de complicité pour
les crimes contre l’humanité (art 213-4/1), et en matière de crime de guerre
(462-7).
1. L’élément matériel de la complicité
a) Article 121-7 prévoit qu’il y a deux modalités de la complicité, deux façons
de se rendre complice d’une infraction.
- 1ère à l’article 121-alinéa 1: complice qui aide et assiste l’auteur du fait principal.
Aide et assistance: très large. (Fournir armes, faire le guet). C’est la complicité la
plus fréquente. Il n’est pas nécessaire que cette aide ait servie à l’auteur, mais il
suffit qu’elle ait été prêtée à cette fin. Cette forme de complicité ne joue que pour
les crimes et délits. Pas punissable pour les contraventions sauf dans les cas où
cette complicité est expressément incriminée (complicité tapage nocturne art R
623-2).
- 2ème modalité de complicité: article 121-7-2: complicité par instruction ou
provocation. Cette complicité est punissable si l’infraction principale est un crime,
un délit ou contravention.
1ère hypothèse: la personne qui par don, promesse, menace, abus d’autorité ou
de pouvoir, ordre, aura provoqué à une infraction. Il faut retrouver une de ces
circonstances, et le prouver pour que la complicité soit retenue. Ces circonstances
signifient que le complice (le provocateur), exerce une pression sur la personne
qui va commettre l’infraction: montre que la provocation est caractérisée. (Cette
pression n’empêchera pas de retenir la responsabilité de l’auteur qui devrait
résister à cette pression). Il faut désigner une personne précise et une infraction
précise.
2ème hypothèse: une personne qui donne des instructions pour commettre
l’infraction. Instructions sont assez proche de la provocation. Mais la différence: on
considère que ce qui est don, promesse, abus d’autorité… ne joue que pour la
provocation, donc pas besoin de cela. Pas besoin de pressions qui s’exercent sur
la pers. Cela pourra s’appliquer quand une personne a provoqué une personne,
mais on n’arrive pas à prouver qu’il y a eu don, promesse, menace… et donc on
pourra se placer sur le domaine de l’instruction.
C’est par le biais de ce type de complicité (les 2 hypothèses) qu’on va pouvoir
atteindre l’auteur moral, ou intellectuel d’une infraction, qu’on pourra sanctionner
l’auteur moral/intellectuel. Cet auteur a eu l’idée d l’infraction mais ne l’a pas
matériellement commise. Et donc cet auteur sera réprimé par le biais de la
complicité de provocation/ instruction.
Cette forme de complicité a toujours causé un problème. Si la personne qui a été
provoqué ne commet pas l’infraction, le complice ne pourra pas être sanctionné.
Or cet inconvénient est apparu dans des affaires très célèbres rendu le même j:
LACOUR, et l’affaire SCHIEB, du 25 octobre 1962: dans les 2 cas, c’était une
personne qui avait recruté un tueur pour tuer une tierce personne. C’est
l’hypothèse d’un mandant criminel (complice donne mandat de tuer quelqu’un).
Mais dans les 2 affaires, l’auteur n’a pas accomplis l’infraction, n’a pas tué la
personne. Lacour et Schieb qui avaient recruté le tueur ont été relaxé. Donc
inconvénients de ces solutions, et de l’emprunt de criminalité. La répression du
complice a un caractère aléatoire, puisqu’elle va dépendre de l’attitude de la
personne qui a reçu des instructions. Soit la personne désigné commet l’infraction:
complice punissable, soit elle ne commet pas , alors le complice n’est pas
punissable. On aboutit dans des impunités scandaleuses. C’est pourquoi des
solutions ont été envisagées.
En 1992: on a envisagé de créer un nouveau délit: la provocation à
commettre une infraction. C’est la provocation en elle-même qui aurait
constituer l’infraction sans tenir compte des effets de la provocation. Le
provocateur aurait été punis comme auteur de l’infraction autonome (provocation à
commettre une infraction) et non pas comme complice. Cette idée était de faire de
la provocation à portée générale: joué pour toutes les provocations (provocation
de vol, de meurtre). Mais cette solution n’a pas été reprise dans Code Pénal:
Code Pénal n’a prévu que quelques idées particulières de provocation non suivies
des faits: ex article 411-11: vise provocation à commettre infraction de trahison et
d’espionnage, même si l’infraction n’a pas été réalisée. 227-18 à 227-21: vise
provocation non suivie des faits: provocation des mineurs à commettre infraction.
Au lendemain du Code Pénal, la provocation n’était punissable que sur le terrain
de la complicité, mais seulement donc si l’infraction principale a été commise.
C’est pourquoi la jurisprudence a tenté d’éviter l’impunité: le recours au délit
d’associations de malfaiteurs de l’article 450-1 du Code Pénal: individu qui avait
donné de l’argent pour que celui-ci défigure le visage de son ex avec du vitriole.
Or, cette personne n’a pas commis l’infraction= ici risque d’impunité. C’est
pourquoi la jurisprudence a fait recours au délit d’association de malfaiteurs: tous
les 2 condamnés. Ch. Crim. Avril 1996
Le recours au délit d’association de malfaiteurs est intéressant mais peut sembler
être sévère car revient à condamner la personne qui n’a pas commis l’infraction.
Si on raisonnait en termes de tentative, on pourrait dire que l’individu s’est
volontairement désisté donc pas de tentative, alors que là il est condamné pour
association de malfaiteurs.
Par la suite, la loi a incriminé de nouvelles hypothèses de provocation non suivie
d’effets. Loi du 9 mars 2004: qui crée un nouvel article 121-5-1 du Code Pénal:
hypothèse du mandat criminel est incriminé. Donc pour les affaires Lacour,
SHIEB: ces personnes seraient condamnées pour infraction autonome d’auteur
de l’infraction de provocation.
Loi de 2006: art 227-3. Et loi du 9 aout 2010 qui incrimine la provocation publique
et directe à commettre un génocide, punis de la perpétuité si elle a été suivie
d’effets, et de 7ans si elle n’a pas été suivie d’effets: article 211-2.
Il y a de plus en plus d’hypothèses de provocation non suivie d’effets
incriminé par le législateur, et pour les cas où il n’y aurait pas ces textes, la
jurisprudence a recours à l’association de malfaiteurs pour sanctionner.
b/ les conditions de la participation du complice
L’acte de complicité doit être consommée. Donc la tentative de complicité n’est
pas punissable: ex: on sait qu’une personne va commettre une infraction, on lui
propose de l’aide, pers refuse: non punissable car tentative de complicité.
L’acte de complicité doit être en principe positif. Donc s’il y a une omission, la
complicité n’est pas punissable. La complicité par omission ne se conçoit pas pour
la provocation car il y aura toujours un acte positif. Mais se conçoit pour l’acte
d’assistance. La loi utilise le terme d’aide et d’assistance: donc acte positif.
Le principe c’est que l’aide par omission n’est pas sanctionnable, mais des
exceptions. C’est le cas où l’omission, l’abstention résulte d’un accord préalable
passé avec l’auteur de l’infraction: donc le complice a la volonté de s’associer à
l’infraction. Ex: douanier n’a pas contrôlé: s’était mis d’accord avec l’auteur pour
ne pas le contrôler: punissable.
Le plus souvent l’omission est sanctionné lorsqu’on est en présence d’un
professionnel qui n’a pas agis alors qu’il savait qu’une infraction est en train de se
commettre: du fait de leur profession, les juges ont considéré qu’ils devaient faire,
agir pour éviter l’infraction.
Ex: pour les professionnels de la comptabilité: qui s’abstiennent de vérifier des
comptes tout en sachant que ces comptes sont inexacts. Seront condamnés car
devaient contrôler les comptes et dire qu’ils étaient inexacts (chambre criminelle
31 janv 2007).
3ème condition: l’acte de complicité ne doit pas être postérieur à l’infraction:
pour l’aide: on pt imaginer que l’aide soit intervenue après la commission de
l’infraction: donc ce cas cette aide ne sera pas punissable. Cela résulte de l’article
121-7: vise l’aide ou l’assistance qui a facilité la préparation ou la consommation
de l’infraction. L’aide postérieure n’est pas punissable sauf si c’est une aide
prêtée en vertu d’un accord antérieur.
4ème condition: complicité peut être indirecte: c’est la complicité de la
complicité, ou la complicité du second degré. En principe, complicité est
une complicité directe: complice aide directement l’auteur. La personne qui
aide le complice qui aide l’auteur: cette personne aide indirectement l’auteur. Pour
les instructions: ce serait l’individu qui donne des instructions à des intermédiaires
qui répercutent les instructions aux auteurs.
Des arrêts récents ont tranché en faveur de la complicité indirecte: ex: cas de la
complicité d’instructions. Intermédiaires ont été condamnées pour complicité:
chambre criminelle du 31 mai 89. La chambre criminelle a dit que rien
n’exige que les instructions soit donné directement du complice aux
auteurs, et donc la complicité indirecte est punissable.
En matière de complicité par aide et assistance: le complice de l’escroc avait
eu recours à une tiers personne pour qu’elle l’aide: cette tierce personne a été
condamné pour complicité indirecte par aide. Pour la chambre criminelle: la loi
n’exige pas que l’aide soit apportée directement par le complice à l’escroc, donc
aide indirecte est punissable. Chambre Criminelle 15 décembre 2004. Les
complices des complices doivent avoir conscience de commettre une
infraction.
c. Hypothèses particulières de complicité
- Happy-slapping ( article 222-33-3): films violents. Complicité de provocation ou
instruction: la réponse est non. C’est une complicité d’aide morale: en étant
présent aide la personne à commettre l’infraction mais pas d’acte positif d’aide à
l’infraction: aide par omission: complicité par abstention. Permet de sanctionner
des comportements passifs.
- Les crimes contre l’humanité et de guerre: les textes visent le supérieur
hiérarchique de ceux qui ont commis le crime qui savait ou aurait du savoir que
ses subordonnées commettaient ou allaient commettre le crime, et qui n’a rien fait
pour les empêcher: ce supérieur hiérarchique sera condamné comme complice du
crime de guerre ou d’humanité. On lui reproche de ne pas avoir pris les mesures
nécessaires pour éviter le crime. A aidé à commettre le crime en ne les
empêchant pas de le commettre: aide par omission/abstention. L’intérêt est de
permettre de sanctionner des comportements d’abstention.
2. L’élément moral de la complicité
a. Nature de l’élément moral
Renvoie à la notion de faute. Complicité est une faute intentionnelle. Une
instruction c’est forcément intentionnel. Pour l’aide: la loi dit que c’est
intentionnelle (« la personne qui sciemment »= connaissance de cause).
Quelqu’un qui a commis une imprudence ne sera pas punis sur le terrain de la
complicité. Ex: une personne qui travaille dans un système de banque: il a trop bu,
et va révéler des secrets sur le système de sécurité, une autre personne va se
servir de ces éléments pour cambrioler la banque: on en retient pas la complicité
car faute non intentionnelle.
La faute intentionnelle du complice = la volonté de s’associer, en toute
connaissance de cause à l’infraction réalisée par l’auteur principal soit en y
apportant son aide ou en donnant des instructions, et donc de s’associer au
résultat délictueux. Cette volonté de s’associer: faut-il exiger qu’il y ait une
entente préalable, une collusion entre le complice et l’auteur ? le plus souvent
existera mais il pourra avoir volonté de s’associer donc faute donc
punissable, sans qu’existe cet accord préalable. Volonté ne suppose pas
nécessairement donc un accord préalable.
Pour le happy slapping: 2 personnes se mettent d’accord. Ou encore une
personne qui tombe par hasard sur scène de violence et la filme: peut-il être
déclaré complice ? à priori oui car en le filmant il adhère. Donc il y a la volonté de
s’y associer donc punissable. Or dans ce cas de figure il n’y a pas eu entente.
Les textes sur les crimes d’humanité et de guerres apportent visent le sup
hiérarchique qui savait ou en raison des circonstances aurait du savoir que ses
subordonnées commettaient le crime: il ne le savait pas et sera forcément
condamnée pour complicité. S’il ne le savait: faute de négligence,
d’imprudence, donc faute non intentionnelle, mais complicité est retenue =
dérogation au principe de complicité donc.
Ces 2 hypothèses de particularité (happy slapping et crimes contre l’humanité et
de guerres) marquent une rupture avec solutions classique en matière de
complicité. Rupture au niveau de l’élément matériel (abstention retenue) et rupture
au niveau élément moral (faute non intentionnelle condamnée).
b. Difficultés d’application
- Quand l’infraction principale qui comporte un dol spécial (intention
particulière). Intention particulière doit exister chef l’auteur de l’infraction. Question
qui se pose est de savoir si l’intention particulière doit exister chez le complice de
l’infraction. On pourrait dire oui car la faute de complicité c’est la volonté de
s’associer à l’infraction tel que prévue par la loi, donc il faudrait retrouver qu’il y a
l’intention particulière chez l’auteur de l’infraction. Jurisprudence prend une autre
solution. L’affaire Maurice Papon a été condamné pour complicité de crime contre
l’humanité: dol particulier: juges ont considéré que le dol spécial, le dol spécial,
n’existait pas chez Maurice Papon. Lorsqu’il y a une infraction principale qui
comporte le dol spécial, ce dol spécial n’a pas à être présent chez le
complice.
- 2ème problème: lorsqu’il n y’a pas de concordance entre l’infraction à laquelle a
voulu s’associer le complice et l’infraction effectivement réalisée par l’auteur
principal. L’auteur commet une infraction autre que celle prévue, et l’infraction
commise est plus grave que celle à laquelle il a voulu s’associer: pourra-t-il être
condamné pour complicité à cette infraction ?: L’infraction commise est totalement
différente que celle prévue au départ, que celle à laquelle le complice a voulu
s’associer, et différente à tel point qu’elle n’avait pas pu être prévu par le complice:
ici le complice échappe à la répression pénale. Ex: 13 janvier 55.
2ème hypothèse: le complice avait envisagée la possibilité de l’infraction plus grave
que celle qui avait été effectivement commise: il sera déclaré complice, car l’a
envisagé. Affaire: détenu a donné instructions à son frère pour organiser son
évasion, et dans ses instructions avait fait état d’une éventuelle suppression des
gardiens: des coups de feu avaient été tirées contre les gardiens: a été déclaré
complice d’une tentative d’assassinat: 23 mai 1993).
3ème hypothèse: infraction commise correspondait à celle prévue au départ, mais
commise avec des circonstances aggravantes. Le complice sera-t-il tenu de ce vol
aggravé par ex ? oui: la jurisprudence considère que le complice est tenu des
circonstances aggravantes qui accompagne l’infraction même si non prévu au
départ. Car la volonté de s’associer est la volonté de s’associer à l’infraction
commise. (Chambre Criminelle 21 mai 1996).